Le devoir, 10 mars 2010, Cahier C
LE DEVOIR, LE MERCREDI 10 MARS 2010 nliMiMII ilMt| .iliMHIM'' ‘''iV « Le journal indépendant: vue de l’esprit ou phare de la démocratie?», c’est le titre d’un colloque qui se tiendra à la Bibliothèque nationale du Québec le 12 mars prochain.Mais c’est aussi l’occasion d’une réflexion sur l’évolution et les transformations que subit la presse, que ce soit au Québec, aux Etats-Unis ou en Europe.Qu’en est-il de l’avenir de la presse indépendante en ces jours de financement difficile?Marc Raboy et Elorian Sauva-geau déposent leur analyse.N ombreux sont les défis qui attendent les journaux indépendants au cours des prochaines années.La crise qui a touché le monde de l’information les a aussi rejoints.100 ems de regards sur l’information Florian Sauvageau.L’exercice auquel nous convions les participants de ce colloque n’est pa^ simple.Nous leur demandons d’imaginer l’avenir.A quoi ressemblera le journal indépendant du XXI® siècle?Quel sera son public?Qui en assurera le financement?Et comment peut-on garantir son indépendance?L’avenir des journaux indépendants ne peut être envisagé sans qu’on jette un regard d’ensemble sur l’avenir de la presse.On a beaucoup parlé de la tourmente financière qui ébranle le monde du journalisme écrit depuis bientôt deux ans, tout comme de l’urgence de trouver un nouveau modèle d’affaires.L’actuel mode de financement des quotidiens (publicité, abonnements, ventes au numéro) ne fient plus la route.On cherche en yain la formule de remplacement A mon humble avis, la discussion est mal amorcée.On a mis la charrue avant les bœufs.Avant de chercher de nouvelles façons de vendre son produit, il faut se demander ce qu’il vaut.On s’interroge trop peu sur les types de contenus que les quotidiens de demain devront proposer pour survivre.La «valeur ajoutée», souvent évoquée, est rarement définie.Les journaux font face à une crise financière grave, mais la crise «existentielle» qu’ils traversent est tout aussi profonde.Marc Raboy.Les journaux indépendants sont au cœur de l’univers de l’information: s’ils n’avaient pas existé, il aurait fallu les inventer.Le défi actuel est de savoir qui va combler la soif des publics pour une information de qualité, dans quelles formes et avec quels comptes à rendre à quel «patron».Autrefois, le journal indépendant était souvent l’aflaire d’un individu, ou d’un petit noyau de mordus de l’information, avec une vision sociale, politique ou culturelle.C’est exactement ce qui se produit aujourd’hui avec Internet! Henri Bourassa n’était pas le seul de sa génération à avoir cette ambition et à avoir tenté le coup.Mais ce qui distingue le journal indépendant — toutes idéologies confondues — c’est le peu, sinon l’absence, de souci de faire des profits.Par ailleurs, il faut bien relativiser ce qu’on entend par «indépendant».Fleury Mesplet, le pionnier de la presse québécoise pamphlétaire, avait un bailleur de fonds important: Benjamin Franklin, du Congrès américain.L’indépendance est toujours à nuancer, ne serait-ce qu’en tenant compte des réseaux sociaux, voire des «causes» défendues — et sachant que les mécènes sont rarement innocents.Cela dit, j’aime mieux un bon journal bien positionné qu’une feuille qui mise sur la neutralité factice et qui ne vise que les ventes.VOIR PAGE C 3: INDÉPENDANT JACQUES NADEAU LE DEVOIR e.V % irwle imereepts ind Jive sources, INTERNATIONAL If IS 5tri li 11II JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ce qui est primordial, c’est de préserver le reportage indépendant, original et crédible, qu’il soit populaire ou rentable ou non et quel que soit le média qui le véhicule.des entreprises stables, qui peuvent làcihter la collecte des informations par des joiunahstes expérimentés, les soutenir avec de l’argent, une logistique et des services juridiques et présenter leius travaux à un grand pubhc.Préserver le reportage indépendant Le défi est de convertir Factuel moment de changement en une reconstruction du journalisme américain, qui permettrait au reportage indépendant de sortir revivifié et agrandi à l’issue du déclin des médias qui ont longtemps dominé.Il n’est peut-être pas essentiel de sauver ou de promouvoir un média d’information particulier, y compris la presse écrite.Ce qui est primordial, c’est de préserver le reportage indépendant, original et crédible, qu’il soit populaire ou rentable ou non et quel que soit le média qui le véhicule.Ce qui sera sûrement une reconstruction chaotique du journalisme américain est lardé à la fois de périls et d’occasions pour le repor- tage.Les périls sont évidents.La restructuration des journaux, qui restent essentiels pour l’avenir de l’information, est pénible, mais elle est à notre portée.Maintenant, nous voulons voir émerger plus de leaders, dans le journalisme, le gouvernement, la philanthropie, l’enseignement supérieur et le reste de la société, qui profiteront de ce moment de changements stimulants et de nouveaux départs pour assurer l’avenir du journalisme indépendant.Leonard Downie Jr est vice-président et ancien rédacteur en chef du Washington Post et professeur de journalisme à TUniversité d’État de T Arizona.Michael Schudson est professeur de communications à l’École graduée de journalisme de TUniversité Columbia.Les textes de cette page ont été traduits de l’américain par Jean-Pierre Fournier Le Devoir salue les commanditaires du centenaire iiW RADIO TELEVISION INTERNET ^ , FONDS de solidarité FTQ Desjardins LOTO QUÉBEC Montréal N|A|T|I|0|N|A|L Partenaire sûr.Regard neuf.*"’ INSTITUT DU NOUVEAU MONDE (P CENTRE D'ETUDES SUR LES MEDIAS m mEaifi@mcgill
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