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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2010-04-03, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE AVRIL 2010 Salon du Québec %: m PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les dix secondes les plus précieuses de sa vie CAROLINE MONTPETIT Il avait d’abord en tête d’écrire des notes à un jeune écrivain, son neveu Dany.Et surtout de ne pas penser au terrible tremblement de terre d’Haïti où il a craint de laisser la vie, le 12 janvier dernier.Mais le souvenir du séisme n’a pas quitté Dany Lafer-riére si rapidement, et ses notes pour un jeune écrivain sont vite devenues Tout bouge autour de moi, son dernier titre, paru cette semaine aux éditions Mémoire d’encrier, une suite de son «autoportrait d’un homme dans la foule», comme il aime à résumer son oeuvre.Après la première secousse, il y avait la joie d’avoir échappé à la gueule du dragon.La peur, elle est venue à la seconde secousse, raconte l’écrivain dans un café de la rue Saint-Denis, à Montréal.Cette seconde secousse, c’est comme la queue du monstre qui heurte le héros alors qu’il se croyait enfin à l’abri.«Je me sentais stupide d’avoir cru ainsi être sauvé après la première secousse, dit-il.Et c’est cela qui m’a fait peur.Pendant ces dix secondes, fêtais un arbre, une pierre, un nuage ou le séisme lui-même, écrit-il.Ce qui est sûr, c’est que je n’étais plus le produit d’une culture.J’étais dans le cosmos.Les plus précieuses secondes de ma vie.» Puis, Dany Laferrière est redevenu écrivain, ce «rival de Dieu», comme il aime le définir en citant Malraux.Et il suppléait ainsi aux journalistes en racontant cet infiniment petit, ce « Ce qui est sûr, c’est que je n’étais plus le produit d’une culture.J’étais dans le cosmos.Les plus précieuses secondes de ma vie.» petit dérisoire de tous les jours qui fait la vie quotidienne, comme cette petite fille qui demande, une fois les secousses terminées, s’il va y avoir de l’école le lendemain, comme cette femme qui recommence à vendre ses mangues tout de suite après que la terre eut tremblé.Ce tremblement de terre qui a secoué Haïti, le 12 janvier dernier, Laferrière en compare la secousse à celle qui a mené le pays à l’indépendance en 1804.Au cours de ce premier soulèvement, rappelle-t-il, l’Occident tout entier a tourné le dos à Haïti.11 faut dire, ajoute-t-il, qu’un soulèvement, surtout un soulèvement d’esclaves, est autrement plus subversif qu’un tremblement de terre.A cette époque, poursuit-il, le code noir de Napoléon traitait l’homme noir comme un animal, et Haïti faisait la démonstration que l’humanité est universelle.«Et depuis, écrit-il, l’Occident donne Haïti en exemple à tous ceux qui voudraient un jour se libérer de l’esclavage sans sa permission.» Aujourd’hui, c’est exactement le contraire qui se produit.L’Occident se tourne vers cette république unique au monde et semble bien lui tendre la main.Le 12 janvier, il y a bien eu rupture en Haïti, même si Dany Laferrière refuse d’adopter la formule de l’année zéro.Et s’il pose un regard mitigé sur l’aide internationale qui a commencé à affluer en Haïti à partir du 12 janvier, il tient à ajouter que «toute aide est bonne».Parmi les journalistes, il jugera aussi ceux qui ont «appelé le pillage» pour justifier leur présence en Haïti et au bulletin de nouvelles.Car, selon lui, il n’y a pas eu autant de pillages en Haïti que ce qu’on a dit, dans les circonstances.Mais encore une fois, il module son propos en considérant que, somme toute, et à l’exception de quelques dérapages, la couverture de presse du tremblement de terre haïtien a été respectable.S’il refuse de revenir à l’an zéro, ce qui ferait oublier l’histoire, il souhaite tout de même que l’on réserve une place spéciale VOIR PAGE F 2: LAFERRIÈRE POLAR Les nouvelles aventures de Pierre Caron Page F 4 LITTÉRATURE Les questions de Marie-Christine Bernard Page F 6 BIOGRAPHIE Robertine Barry, j ournaliste Page F 11 LITTÉRATURE Hans-Jürgen Greif Page F 3 LITTÉRATURE Yasmina Khadra Page F 6 HISTOIRE La guerre des combattants Page F 10 Salon international U livre.de Québec 7 au 11 avril 2010 Centre des congrès de Québec www.silq.ca ^LEDE '«H .1 EIEa Quebec Quebec hh Desjardins Entente.I * deveLQDoem déveLoppement culturel uatiduiaii reiuiiiiuii te Herilage canadien téléwion QUÉBEC Québec n leSoleil Musée national des beaux-arts #106,3™ Quebec PREMIERE CHAÎNE QuébecSS LE DEVOIR Presses de rUniversité Laval KL nsüLktiu tic I hi I ir tics Alt ciiqt SERGE GAGNON L’AR^GEnf dL urt dt dfTipden# 13(^ennssjih Salon du livre de Québec feriez ôaîuer noô auteurô au stand # 91 Marcelle MAUCIN L î^rmattan Être psychothérapeute autrement.De l’écoute à la « rencontre » Vendredi 9 avril de 16 h 00 à 18 h 00 Nathalie HAMEL La collection Coverdale.La construction d'un patrimoine national Vendredi 9 avril de 18 h 00 à 20 hOO Mathieu D’AVICNON La reconstruction de l’histoire des Amériques Samedi 10 avril de 13 h 00 à 14 h 00 Serge CACNON L’argent du curé de campagne Samedi 10 avril de 13 h 00 à 14 h 00 Julie DESSUREAULT et Emilie LAURIN-DANSEREAU Le Québec en action.L’apprentissage du français langue seconde Samedi 10 avril de 14 h 00 à 15 h 00 Martine ROBERGE De la rumeur à la légende urbaine Samedi 10 avril de 14 h 00 à 16 h 00 Jacinthe GRISÉ Communiquer avec une personne âgée atteinte de la maladie d'Alzheimer à un stade avancé Samedi 10 avril de 15 h 00 à 16 h 00 Christian BOISSINOT Je pense, donc je ris.Humour et philosophie Samedi 10 avril de 16 h 00 à 17 h 00 Marcel SYLVESTRE La vie - Considérations biologiques.Albert Laurendeau.Samedi 10 avril de 17 h 00 à 18 h 00 Marc VALLI'ERES Québec.histoire en bref Dimanche 11 avril de 11 h 30 à 13 h 00 Jimmy RATTÉ Le mystère de la psychothérapie pour les enfants Dimanche 11 avril de 13 h 00 à 15 h 00 Robert Weinstein L H^^attan L’orphelin du Vel’ d’Hiv Dimanche 11 avril de 13 h 00 à 15 h 00 Jacques Vallée Tout homme est mon prochain.Volume 1 Dimanche 11 avril de 15 h 00 à 16 h 00 Thomas De Koninck Philosophie de l'éducation pour l'avenir Dimanche 11 avril de 15 h 00 à 16 h 00 cAu platôir de üouô rencontrer vwvw.pulaval.com rumeur la légende urbaine Le mystère de la psychothérapie pour les enfants Philosophie fie iédinî.o F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 AVRIL 2010 SALON DU LIVRE DE .LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Bienvenue ailleurs DANIELLE LAURIN Il suffit de mettre le nez dans Le Corps de la Deneuve pour basculer dans un autre monde.Qu’est-ce que c’est?Qu’est-ce que cet objet littéraire hirsute, délirant, qui nous échappe complètement?L’éditeur présente l’ouvrage comme une «supercherie littéraire».Mais encore?Jusqu’à la fin, on se demande sur quelle planète on est tombé.Quelle mouche a bien pu piquer l’auteur pour écrire un tel roman, son premier?Il se nomme Maxime Catel-lier.Jeune poète montréalais originaire de Rimouski, il a dirigé la section Art au défunt journal Ici.L’an dernier, il signait un pamphlet en vers virulent intitulé La Mort du Canada, aux éditions Poètes de brousse.Au départ, c’est la curiosité qui prime.Le titre, à lui seul, intrigue.Le Corps de la Deneuve.comme dans Catherine Deneuve?Ce n’est pas dit tel quel, mais oui, on la reconnaît, c’est bien elle.Sauf qu’elle est morte.On finira par comprendre qu’elle a été heurtée par un grand gars sur un trottoir à Paris, qu’elle a fait une chute terrible, suivie d’une commotion cérébrale fatale.Et voilà, son corps ^t, attend d’être vidé.Attention, âmes sensibles s’abstenir.La scène d’ouverture du livre, à elle seule, est des plus morbides.Ils sont trois, trois personnages bizarroïdes, aux noms à coucher dehors, devant le corps refroidi.L’un est nécrophile, en passant.Le langage est cru, les descriptions ne laissent aucun doute quant à l’atrocité des gestes commis.C’est dégoûtant.Mais en même temps, c’est tellement gros, grossier, on est dans la distance, nécessairement.Tout à coup, un fax arrive, de Vienne.Ça dit: «Livrez le corps de La Deneuve au château de Cach- K Maxime Catellier tice.» C’est signé: comte de Saint-Germain.Commence alors l’épopée la plus folle, la plus déjantée qu’on puisse imaginer.Nos trois compères vont s’envoler à bord d’un zeppelin allemand avec le corps.Non sans avoir participé, au passage, à une orgie digne du marquis de Sade, au 56" étage de la tour Montparnasse.Dès lors, l’histoire alternera entre le voyage de type Jules Verne à bord du drôle d’engin et les déambulations dans Paris d’un vieux médecin alchimiste qui pourrait détenir le secret de la pierre philosophale.Le lien?On ne sait pas, justement.Hallucinant! Ce n’est rien.Paris n’est plus Paris depuis la disparition du corps de la grande star française.Passons sur les détails, mais tout est sens dessus dessous.D’abord, le Sacré-Cœur, à Montmartre, a disparu.Puis, la ville est devenue piétonnière.Les gens jettent bientôt leurs télés par les fenêtres.À bas la société de consommation! C’est l’orgie continuelle dans les rues.Tout est remis en question.Un genre de Mai 68 à la puissance mille.Vive la révolution! Pendant ce temps, le zeppelin, égaré, aboutira à Montréal.On ira de surprise en surprise.On prendra une pause au Che- © JOHANN CHLAGER val blanc, le temps d’une bonne bière, et d’un shooter, en prime.Entre-temps, on aura croisé les spectres de Victor Hugo, d’Alfred Jarry, d’André Breton, de Rimbaud, comme autant de clins d’œil.On aura baigné dans toutes sortes d’atmosphères, où Rabelais ne se serait pas senti étranger.On aura même eu droit à l’entièreté des paroles d’une chanson de.La Bolduc.Et on aura lu, en bas de page, s’étirant comme ce n’est pas permis, la confession d’un psychopathe né crophile qui a bel et bien existé dans la réàité.On aura eu l’impression de vivre un cauchemar éveillé.Ce que la fin du roman laisse supposer.Ce qui nous tient, tout du long?L’idée qu’il doit bien y avoir une finalité.Et la plume de Maxime Catellier, capable d’envolées qui laissent bouche bée.Ce qui nous retient, surtout: l’audace de ce jeune auteur, qui se permet tout.Collaboratrice du Devoir LE CORPS DE LA DENEUVE Maxime Catellier Coups de tête Montréal, 2010,118 pages LIRE QUÉBEC Antoine Tanguay et les éditions Alto Animateur et chroniqueur à la radio, journaliste, critique, Antoine Tanguay compte aussi parmi les premiers artisans du magazine Le Libraire, proche partenaire de la librairie Pantoute.En février 2005, il créait les éditions Alto et a très vite su tracer sa voie dans le monde difficile de l’édition.Adepte du storytelling, «Alto aime la surprise, le dépaysement, les histoires plus grandes que soi, l’étrangeté, la confusion, les expériences littéraires réalisées au nom de l’amour des mots et de la langue».Nikolski, l’excellent premier roman de Nicolas Dickner, a été le tout premier titre de leur catalogue et aussi leur premier grand succès.Une réussite que Parfum dépoussière, du Montréalais Rawi Hage, est rapidement venu confirmer.Le succès, la rigueur constante et la passion du métier sont la preuve éclatante que de concentrer ses activités ailleurs qu’à Mont- IDRA LABRIE Antoine Tanguay bliothécaire ambulant, écrivain public ou lecteur sur demande.Économie de mots, pudeur de sentiments, humilité et discrétion de l’homme: l’art de Jacques Poulin est celui «de l’émotion retenue», disait à son sujet Robert Lévesque, président du jury qui lui attribuait en 2008 le prix Gilles-Corbeil, le «Nobel québécois».réal ne condamne pas une maison d’édition à la marginalité.Jacques Poulin Après avoir vécu longtemps à Paris, l’écrivain né à Saint-Gé-déon-de-Beauce en 1937, auteur de Volkswagen Blues et des Grandes Marées, œuvres phares de la littérature québé coise contemporaine, est revœ nu il y a quelques années habiter Québec.Si la Vieille Capitale est au centre de son œuvre, son monde est quant à lui plongé tout entier dans l’atmosphè re feutrée du livre et de l’écriture.Ses protagonistes sont tour à tour écrivain, traducteur, bi- CLEMENT ALLARD LE DEVOIR Jacques Poulin LAFERRIERE SUITE DE LA PAGE E 1 aux peintres dans la reconstruction d’Haiti.«Pourquoi ne pas penser à peindre certains quartiers?écrit-il.A faire de Port-au-Prince une ville d’art où la musique pourrait jouer un rôle?Haïti doit profiter de cette trêve pour changer son image.Il n’y aura pas pareille chance (façon de parler) une deuxième fois.» Lui-même a décidé de céder la totalité de ses droits sur Tout bouge autour de moi à Mémoire d’encrier, pour encourager la maison dans son travail d’édition des jeunes auteurs haïtiens.Recommencer à vivre tout en faisant le deuil de ses 230 000 morts.Et continuer d’écrire.Dany Laferrière est pré sident d’honneur du Salon inter- national du livre de Québec, qui se tient du 7 au 11 avril à Québec.Le Devoir TOUT BOUGE AUTOUR DE MOI Dany Laferrière Éditions Mémoire d’encrier Montréal, 2010,165 pages 5252 LE DEVOIR, LES SAMEDI S ET DIMANCHE 4 AVRIL 2010 F 3 SALOff DU LIVRE DE La mort lui va si bien L’édifice romanesque que construit Hans-Jürgen Greif est terrifiant d’efficacité ^ P Danielle Laurin Il nous avait étonnés l’an dernier avec un livre rigolo comme tout, Le Chat proverbial.Un recueil de nouvelles sur le motif du chat, décliné de toutes les manières.Hans-Jürgen Greif nous surprend cette fois avec un roman sanglant, intitulé M., où le meurtre est à l’avant-plan.Décidément, cet auteur de Québec né en Alternée aime varier les genres et les sujets: il s’était déjà frotté à la peinture à l’époque de la Renaissance dans Ix Jugement et à l’art lyrique dans Orfeo, Prix littéraire du Salon international de Québec 2004.Le plus fascinant, c’est que chaque fois Hans-Jürgen Greif trouve le ton qui convient.Dans M.: le ton du meurtrier.C’est lui qui parle.Au début du roipan, du moins.Lui, M., qui confesse son crime.A qui parle-t-il?Qn ne le sait pas, on l’apprendra plus tard.Pour l’instant, tout ce qu’on sait, c’est qu’il a tué de trois coups de couteau un homme «vieux et laid», à l’haleine de «bête préhistorique», qu’il considérait comme «un sac de merde».11 l’a poignardé dans le dos.D’emblée, on a le meurtrier, la victime, les détails du meurtre.Pas de suspens de ce côté-là, donc.Qn n’est pas dans le polar classique, on s’en doutait vu la particularité de l’auteur de n’être jamais là où on l’attend.Ce qui nous manque, c’est le motif du crime.Bon, on comprend bien que la victime faisait horreur à M.Qn a quelques indications ici et là sur le Mt que M.se sentait méprisé par cet homme-là, riche à craquer, rencontré dans un bar.Qu’il se sentait ^gé: «U ne comprenait rien à rien.A ma vie, je veux dire.» Mais est-ce suffisant pour assassiner quelqu’un?Et qui était ce quelqu’un au juste?Qui est M., pour commencer?C’est là le cœur du récit Qù on avancera à pas de loup.Mais déjà, de petits détails piquent notre curiosité: on sait qu’il y a une histoire louche d’incendie dans le passé du meurtrier, qu’il a déjà fait de la prison, qu’il devrait prendre des médicaments pour contrôler ses «poussées d’adrénaline» mais qu’il refuse de les avaler pour ne pas être réduit à l’état de «légume».Surtout on sait qu’il a pris un plaisir sans nom à tuer.C’est violent plein de haine, de rage, de folie.Le premier chapitre se termine là-dessus.Tout est maintenant en place.Tous les indices que l’auteur a semés sans en avoir l’air vont maintenant prendre un sens, un à un.Admirable construction.Avec des sauts dans le temps.Et au moment où on s’y attend le moins, changement de perspective.Qn alterne entre la vie de M.juste avant juste après le meurtre, et son passé, son enfance, son adolescence.Qn a droit aussi, au passage, à des indications sur la vie de l’homme qu’il a tué.Deux époques, dans deux univers différents, se chevauchent l’époque actuelle, celle de M., au début de la vingtaine, et celle de la victime, fin cinquantaine.Jusqu’à ce que les deux se rencontrent dans le sang.C’est au compte-gouttes qu’on fait des rapprochements, que le flou se disperse.Et même à la fin, pour tout dire, on ne comprend pas tout Une part de mystère demeure.Comme s’il fallait laisser une porte ouverte sur l’insondable devant la cruauté, la monstruosité.Qu’est-ce qui fait que l’on devient un meurtrier?Comment peut-on en arriver à prendre plaisir à tuer?Pourrait-il y avoir des prédispositions particulières, détectables?D’où vient la haine de l’autre, de soi-même?C’est le genre de questions soulevées dans ce roman.En toile de fond: les mouvements d’extrême droite, le terrorisme.La fascination pour le morbide, le désir de puissance, le besoin de se démarquer.La manipulation des autres, le dédoublement Hans-Jürgen Greif de soi.La perversité, le refoulemenL l’isolement.La peur de soi, la crainte d’être qui l’on est devant les autres.Mais aussi: l’aveuglement de la famille, le laisser-faire des éducateurs, le pouvoir des riches qui se croient au-dessus de la mêlée.11 y a tout cela dans M.Sans compter le questionnement incessant sur l’idqntité sexuelle qui traverse le roman.Etrangement, tout cela se tient.Tout cela est porté par une plume alerte, malgré la complexité du propos.Tout cela est cimenté, enfin, par des incursions du côté de Mishima, de IDRA LABRIE Nietzsche, de L’Enfer de Dante et des Mille et une nuits.Qn pourra tiquer, au passage, sur certains personnages à la limite de la caricature (le père de M.).Qn aurait envie, parfois, d’en secouer certains Oa petite amie de M.).Mais l’édifice que construit Hans-Jürgen Greif est terrifiant d’efficacité.M.Hans-Jürgen Greif L’Instant même Québec, 2010,198 pages QUEBEC La salle de Tlnstitut canadien reprend vie La salle de l’Institut canadien, dans le Vieux-Québec, fermée depuis une dizaine d’années, reprendra bientôt vie sous la forme d’une Maison de la littérature.Un projet de 9 millions de dollars soutenu par la Ville de Québec.Bibliothèque, résidence d’écrivains, galerie d’exposition, le lieu patrimonial devrait ainsi devenir un véritable lieu de rencontre entre les lecteurs et les créateurs, une vitrine de la littérature québécoise en plein cœur de la capitale du Québec.Une manière d’accroître le rayonnement de la littérature et son impact dans la société.Festival international L’automne prochain, du 14 au 24 octobre 2010, la capitale nationale sera l’hôte de la première édition du festival international de littérature Les Parenthèses, consacré pour l’occasion à l’écrivain argentin Jorge Luis Borges.«Quand on aime la musique, on va à Strasbourg, déclarait Gilles Pellerin l’an dernier, au moment de sa nomination comme directeur artistique de la Maison de la littérature./’aÎOTerafs qu’on se dise, dans 15 ans, que lorsqu’on aime la littérature, on va à Québec.» Le Devoir ARCHAMBAULTSI Une compagnie de Québécor Media PALMARÈS LIVRES Résultats des ventes: du 23 au 29 mars 2010 RU Kim Thüy (Libre Expression) QIUIRE JOURS DE PLUIE Denis Monette (Logiques) IA HIREUR ET L’EHGHfllflEliiEIIT G.-H.Germain (Libre Expression) Marie-Paui Ross (Rdes) L'ARIDElAIIIÉDminON.Matthieu Ricard (Pocket) B60 6IRLIT.1 Rowan McAuiey (Héritage) PETIT CAHIER D'EXERCICES DU lACHER-PRISE R.Poietti/B.Dobbs (Jouvence) Val GONCERTD À LA NËMOIRE D’UN ANGE Eric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel) Q L’ÉLÉGANCE DU HÉRISSDN Muriel Barbery (Gallimard) [E PRENEZ LE CDHIROLE DE VOIRE APPÉTIT.Angelo Tremblay (de l'Homme) [0 LESFEIIHIIESVIllIDGE Jocelyne Robert (de l'Homme) LE SVMDOLE PERDU Dan Brown (JC LatiÈs) L’ÉNIGME DU RETOUR Dany Laierribre (Boréal) PETIT CAHIER D’EXERCICES D'ESUME.R.Poletti/B.Dobbs (Jouvence) PANDORA T.T Carolyn Hennesy ^A) lA NEmODE DENSE CHARniE Denise Chartré (La Semaine) LA dé POUR VIVRE SELON LA LH DE.J.Canfieiti/D.D.Wbtl Louis Hamelin e fais jamais on fiance à H la mémoire car elle est toujours de notre côté», écrit un personnage du dernier roman de Luis Sepulveda à un autre.«Elle enjolive l’atrocité, adoucit l’amertume, met de la lumière là où régnaient les ombres.Elle a toujours une propension à la fiction.» Un lecteur a-verti en vaut cent, et nul besoin d’être un vieux qui lisait des romans d’amour pour savoir tout ce que, comme amateurs du genre, nous devons aux jeux de la mémoire.Le conteur est un acrobate dont le fil de fer est le récit, et la perche, l’imagination.Ce fd relie deux immeubles nommés Réalité et Histoire.Et ce vide sous ses pieds, alors?L’exagération.Et si ce que je viens de faire là n’est pas une métaphore filée, alors je veux bien que le grand Cric me croque et me change en catachrèse! Sepulveda, en vieux pro, paraît donc conscient de ce danger d’enjolivement qu’une certaine nostalgie, à laquelle l’âge n’arrange rien, a tendance à aggraver.Ainsi, sur le coup d’Etat de 1973 au Chili: «Plus tard, au fil des mois et des années, on avait appris qu’Allende et le GAP (garde rapprochée du président) avaient lutté jusqu’à épuisement des munitions.Confrontés à un ennemi mieux armé et supérieur en hommes ils avaient causé, à cent contre un [sic], de nombreuses pertes; parmi les défenseurs de la Mo-neda, seuls deux étaient morts: Augusto Olivares, journaliste et meilleur ami d’Allende, et le Président lui-même.Tous les deux s’étaient suicidés.» Personnellement, et même si la vue du petit bout de film d’archives qui montre un Allende casqué en train d’organiser la résistance dans son palais bombardé m’a toujours arraché un soupir admi-ratif (imagine-t-on Harper défendre la démocratie canadienne, un casque kaki décoré de quel-ques ramilles d’érable posé sur la tête?), je me suis toujours méfié des versions héroïques de toute histoire, et pour une raison bien simple: un héros, c’est quelque chose que l’on fabrique.L’évocation de cet «autre 11-Septembre» par l’auteur de La Polie de Pinochet fait un peu trop penser au fameux Last Stand de Custer contre les Cheyennes du Nord et les La-kotas.D’autres versions existent, dont celle, très contestée, qui veut que le président socialiste chilien — officiellement, il s’est donné la mort avec une AK-47 offerte par Castro — ait en réalité été «assisté dans son suicide» par ses gardes du corps cubains.On devine que c’est cette version que préfère la droite.Contentons-nous d’y voir un rappel du fait que ce que nous appelons histoire n’est jamais que le résultat de la confrontation des thèses et des points de vue.D’après ce que nous pouvons savoir du parcours de l’écrivain chilien, il a suffisamment payé de sa personne, à l’époque de ces tragiques événements, et ensuite par l’exil, pour avoir le droit de proposer sa version de l’affaire.D’autant plus que l’acrobate du récit qui par accident verserait Venez saluer les auteurs Stand 96 Rolande Faucher Jean-Robert Gauthier.Convaincre.sans révolution et sans haine.PRIX CHAMPLAIN 2009 le jeudi 8 avril à 16 h : Rencontre d’auteur avec Rolande faucher ; Animation • Laurent Laplante Lieu'Scène des médias.Séances de signature : jeudi 19 h à 20 h ; vendredi 14 h à 15 h et 17 h à 18 h U Michel Ouelleue Fractures du dimanche Michel Ouellette Fractures du dimanche le vendredi 9 avril à 14 h : Rencontre d’auteurs avec Michel ouellfite Animation "Laurent Laplante Lieu • Scène des médias Séances de signature : vendredi 13 h à 14 h et 16 h à 17 h ; samedi 13 h à 14 h et 16 h à 17 h.Prise I aeparole httpV/pdp.recf.ca Renseignements : 705.675.6491 dans l’exagération ne se cassera jamais la gueule s’il a l’intelligence de faire preuve d’humour.Qu’est-ce que l’humour?Le parachute.11 y a du don Quichotte chez Coco Aravena, un des personnages de cette histoire et ancien militant de gauche dont les romans de chevalerie portent des titres comme Les Veines ouvertes de l’Amérique latine d’Eduardo Galeano et Concepts élémentaires du matérialisme historique de Marta Harnecker.L’humour assez souvent désopilant de Sepulveda trouve entre autres à s’exercer à l’endroit d’une orthodoxie marxiste qui, avec le recul, réussit l’exploit de dépasser en stupidité toutes les formes concurrentes de purisme tordu: langue, religion, etc.«[.] la commission chargée de l’agitation et de la propagande du parti communiste révolutionnaire marxiste léniniste maoïste, tendance Enver Hoxha, très différente de la coterie liquidationniste qui se faisait appeler parti communiste révolutionnaire marxiste léniniste pensée mao tendance drapeau rouge, l’avait chargé de la lecture d’une résolution du comité central appelée à changer l’histoire.» Ceux à qui les subtilités idéologiques des sempiternels affrontements d’extrême gauche sont familières sauront apprécier ce pastiche à peine appuyé, où ils croiront reconnaître, à trente ans de distance, nos petits bouledogues locaux d’Aw lutte! et du PCQ.Pour fonder la valeur du com-bat de ses papys qui, rentrés d’exil dans un (^hili post-pinochet-tiste et amnésique, reprennent, sinon le marteau et la faucille, du moins le flambeau, Sepulveda contourne donc, c’est tout naturel, l’encombrant héritage maoïste et stalinien pour remonter jusqu’aux sources nationales du courant qui semble maintenant jouir de toute sa faveur: l’anarchisme.S’ü faut l’en croire, le premier vol de banque de l’histoire du Chili, en 1925, aurait été commis par quatre lascars qui se sont excusés en ces termes auprès du caissier et des clients: «L’argent que nous allons emporter rendra pos- sible le bonheur des damnés de la terre.Salut et anarchie!» Comme quoi tout est moins une question d’idées que de langage, et le tenace mythe de Robin des Bois (voler aux riches pour donner aux pauvres) doit à certains mouvements de gauche d’avoir été maintenu en vie au moins jusqu’aux années 70: pour le ELQ, un hold-up était une expropriation.J’ai tout récemment lu dans un courriel que Erancis Dupuis-Déry, dans une nouvelle parution, s’intéresse aux militants anarchistes sentimentaux, ceux que la politique fait littéralement brailler.C’est une noble attitude, comme celle qui consiste à s’arracher les cheveux.Mais larme pour larme, le rire, quand îl n’est pas formaté pour un public de demeurés, n’est pas un produit de l’industrialisation du spectacle, n’attend aucun Patrice L’Ecuyer tout déconscripté pour se donner libre cours — je parle de cet autre rire que fait naître en nous la grotesque silhouette d’un don Quichotte à jamais fâché avec le monde — , m’a toujours paru être une arme plus intelligente que l’émotion, laquelle convient mieux à la sphère privée, alors que le véritable ami du pouvoir, c’est l’esprit de sérieux.Ce rire quichottesque, c’est celui qui imprègne le livre de Sepulveda.Et s’il faut absolument avoir les yeux humides, que ce soit à cause de cet âpre vin chilien qui fait monter à l’âme une lumière entêtée.Cela dit, à cause de la complexité des enjeux politiques qui le sous-tendent, j’ai trouvé Sepulveda un peu à l’étroit dans ce polar.Un Vargas Llosa de gauche?Qn peut bien rêver.hamelinlo@sympatico.ca UOMBRE DE CE ÇiUE NOUS AVONS ÉTÉ Luis Sepulveda Traduit de l’espagnol par Bertille Hausberg Métailié Paris, 2010,150 pages POLAR Gogol et les jumelles Pierre Caron donne une suite aux aventures de Paul Letendre, collectionneur de livres anciens et détective amateur JOSE ACQUELIN L’inconscient du soieii précédé de Chien d’azur JOSE ACQUELIN L inconscient du soleil CHIEN D’AZUR LES HERBES ROUGES / POÉSIE « Dans le concert des voix de l’heure, celle de José Acquelin est très atypique, bellement personnelle » {Gabriel Landry, Voix et images).LES HERBES ROUGES/COLL «TERRITOIRES » CHRISTIAN DESMEULES Dans la nuit du 23 au 24 février 1852, l’écrivain Nicolas Gogol jette au feu tout ce qu’il a déjà écrijt; pour la deuxième partie des Ames mortes, son chef-d’œuvre.A un ami, fauteur du Nez et du Journal d’un fou dira que c’est «le Malin» qui l’avait poussé à brûler son manuscrit.11 meurt une semaine plus tard.Cet autodafé est le point de départ de Letendre et les âmes mortes, second volet d’un Quatuor de Montréal commencé en 2008 avec Letendre et l’homme de rien.Cette fois, Pierre Caron imagine qu’un domestique de l’écrivain russe a réussi à sauver des flammes une partie du manuscrit.Ceux qui ont lu le premier «Letendre» savent déjà que l’homme, bibliophile, collectionneur de livres anciens, écrivain qui n’écrit plus, a la fibre morale du justicier.11 tombe un jour, sur les lieux d’un accident de la circulation dont il est le témoin indirect, sur un paquet de feuilles manuscrites rédigées en russe.Les experts consultés lui laissent entendre qu’il s’agirait d’une section inédite de la seconde partie des Ames mortes, de Gogol, un document d’une valeur littéraire et pécuniaire considérable.Malgré son intérêt, il se démène aussitôt pour retrouver leur véritable propriétaire, qu’il dénichera à Moscou au cours d’un voyage éclair dans une Russie de carton-pâte.11 apprendra que le manuscrit avait été envoyé à Montréal comme rançon pour faire libérer deux jeunes Russes, forcées de danser nues et de se prostituer, prisonnières de la mafia russe à Montréal, «purs héritiers des tortionnaires du KGB au temps de Staline».La mère des jeunes femmes promet à Letendre de lui céder les pages de Gogol s’il parvient à les retrouver saines et sauves.«Elles sont réduites à l’état d’âmes mortes et ces âmes-là sont plus importantes pour moi que le serait même le manuscrit entier du roman de Gogol», explique-t-il à ses amis et complices en leur exposant son plan bancal et risqué afin de faire libérer les jumelles russes.Très fidèle au genre, prudent sur le fond comme sur la forme, Pierre Caron enrobe son récit d’un luxe de détails qui paraîtront parfois accessoires: cartographie méticuleuse de Montréal, décors, objets et menus y enrobent une galerie de personnages sans véritable profondeur.Rien de vraiment désagréable dans ce suspense extrêmement léger toutefois, malgré un récit à la mécanique sim-plissime et un peu poussif.Qn aurait aimé, pourquoi pas, des références subtiles ou plus significatives à l’œuvre de Gogol, un clin d’œil ici ou là, rien de trop exigeant.Un peu plus d’âme.Un exemple qui illustre bien la différence qui existe, en littérature, entre le nécessaire et le superflu.Collaborateur du Devoir LETENDRE ET LES ÂMES MORTES Pierre Caron Fides Montréal, 2010,352 pages îf"- Pierre Caron 1 Letendre * et les âmes mortes Denis Bélanger VIVRE MACHU PICCHU Vous en rêvez?Le livre qu'il faut lire avant de partir! Venez au Salon du livre rencontrer l'auteur DENIS BÉIANGER vendredi le 9 avril à 17 h Stand 151 Abondamment illustré en couleurs * 29,95$ CARTE BLANCHE www.vivremachupicchu.com Ouverture officielle à 13 h Conférence prononcée par Lise Bissonnette à 13 h 30 Médias et politique, en première ligne Table ronde à 14 h 30 Médias et politique Remise des prix à 16 h 15 Finalistes - Prix de la Présidence de l’Assemblée nationale • Robert Aid et Mira Falardeau • Éric Bédard • Louis Massicotte Finalistes - Prix de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant Thèses de doctorat Mémoires de maîtrise • Luc Dancause • Marie-Christine Gilbert • OlivierTurbide * Maude Laplante-Dubé 1)1'VOIP.Profitez de la Journée pour visiter l'exposition Le Devoir : témoin de la vie politique québécoise.LA , JOURNEE duUVRE POLITIQUE AUQUÉBEC Le 6 AVRIL 2010 Entrée libre Bibliothèque de l’Assemblée nationale Édifice Pamphile-Le May 1035, rue des Parlementaires, accès par la porte 30 oh db d'h dh bo ib do '' do To ¦ çT dd 'ir V d>- ¦G’ ylSSEMBLEEFlATlOnALE QUÉISEC Place aux citoyens , tournée du livre polIÜQiie xnQjéhec assnat.qc.ca 5252 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE AVRIL 2010 F 5 SALON Dü LIVRE DE EDITION Jean-Yves Soucy part à la pêche À l’heure de la retraite, l’éditeur du Groupe Ville-Marie littérature entend faire un retour à l’écriture de fiction.Martin Balthazar, ancien directeur des éditions La Presse, lui succède.\ A 65 ans, l’éditeur et écrivain Jean-Yves Soucy quitte la direction du Groupe Ville-Marie littérature, une des branches éditoriales de Québécor.«Je vais continuer d’agir à titre d’éditeur-conseil, mais j’ai décidé désormais de retourner complètement à l’écriture.» Né en 1945 à Causapscal, dans la Matapédia, Soucy a exercé trente-six métiers, tout en menant longtemps de front une carrière d’écrivain.Il a travaillé à la Banque de Commerce autant que comme administrateur des Petits Frères des pauvres.Il a aussi été scrip-teur pour la télévision, notamment à l’émission jeunesse Pop citrouille.Il a aussi été travailleur forestier.«Je veux vraiment retourner à l’écriture.A cause de mon travail d’éditeur, j’avais mis tout ça en veilleuse, par la force des choses.» Au cours des treize dernières années, il a en effet passé l’essentiel de son temps à accompagner les livres de ses auteurs.C’est lui qui a développé chez VLB éditeur le champ des romans historiques, souvent d’énormes pavés nécessitant un travail éditorial considérable dans lequel il se jetait tout entier.Soucy n’avait pourtant jamais renoncé au libre exercice de sa propre écriture.«Mes personnages, très patients, m’attendaient! Ils ne m’en ont pas voulu puisqu’ils ont même bénéficié de cette attente: depuis le temps, fai fait bien des lectures pour les L’éditeur et écrivain Jean-Yves Soucy © JOSEE LAMBERT nourrir.» Son manuscrit n’a pour l’instant qu’un titre de travail: Little Brodeur, un roman qu’il présente comme «une étude du pouvoir et de la raison d’Etat», rien de moins.L’action de Little Brodeur se situe quelque part entre Sherbrooke et Lac-Mégantic, dit-ü.Mais avant de retourner à sa table d’écriture, Soucy part à la pêche, tout à fait libre de son temps, avec ses lignes et son moteur hors-bord tout neufs.«Je m’en vais pour trois mois sur la Côte-Nord! Il y a longtemps que je n’y suis pas allé.C’est un pays formidable, avec des rivières qui sont en vérité des fleuves.» Jean-Yves Soucy s’est d’a- bord fait connaître par son roman Un dieu chasseur, salué par la critique à sa parution en 1976 et couronné par le^prestigieux prix de la revue Etudes françaises.Il a publié plus d’une trentaine de titres à ce jour, dont plusieurs ont été traduits à l’étranger.Traducteur lui-même, Soucy a donné à lire en français l’écrivain montréalais John Glassco.C’est Martin Balthazar, qui était jusqu’ici directeur aux éditions La Presse, qui remplace Soucy à la direction du groupe.Bathalzar avait été auparavant associé au groupe Li-brex de Québécor Le Devoir Le presque roman d’Alain Stanké Vraies ou pas vraies, les histoires d’Alain Stanké?L’homme en raconte tellement qu’on finit par ne plus trop savoir.Il est partout, tout le temps, avec tout le monde.Et il aime bien que ça se sache! Dans Ceci n’est pas un roman, c’est ma vie! (éditions Michel Brûlé), l’ancien éditeur aborde sa vie en Amérique du Nord.L’homme s’est tellement raconté déjà dans d’autres livres, comme éditeur autant que comme agitateur médiatique, que l’on ne sait plus trop comment il arrive encore à se raconter, à se remettre en scène, à relancer avec son extraordinaire énergie cette machine qui carbure magnifiquement à l’ego de son nom.Stanké, né Stankevicieus en 1934 en Lituanie, montre toujours un sens de la mise en scène de lui-même hors du commun, appuyé par un sens de l’image constant et sans faille.Qui d’autre que lui songerait à se faire systématique- ment prendre en photo, depuis sa jeunesse, avec toutes les personnalités qu’il croise?Stanké ne semble pas en avoir manqué une.Le voici avec Piaf, Pierre Elliott Trudeau, Henry Miller, Charles Aznavour, Michel Berger, Jean Marais, etc.Tout cela donne lieu à une évocation de lui-même, à travers la personnalité de ses rencontres de passage, étant entendu que le principe de la célébrité des autres lui assure un peu la sienne.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le Devoir Alain Stanké I I Les heures bleues info@heuresbleues.conn Bernard Anton (Ben) SLAMS POLYGAMES Livre-CD — Éd.l’Harmattan Préface PieneCadieu EN SPECTACLE: Dimanche 18 avril, 21h30 au Quai des Brumes, 4481 St-Denis (Montréal) myspace.com/bernardanton Michel Jacques Carnets de la Beauce P.III SUMOM I IM Carntts dt tVsle-cüçc-^rncs Jean Charlebois S'ininterrompre au beau milieu d'une phrase 'A A te ' ¦/ LITTERATURE CANADIENNE Paris, années folles, rive gauche Les souvenirs de Montparnasse du Montréalais John Glassco CHRISTIAN DESMEULES Cy était avant la débâcle boursière de 1929.On y trouvait de tout: sculpteurs, photographes, peintres, musiciens, écrivains, amazones aux cheveux courts.Des poseurs en surnombre, souvent engagés dans un hédonisme frénétique.Une quantité phénoménale d’ex-patriés attirés par le faible coût de la vie et la liberté de mœurs de la capitale française.Quartier bien nommé de la rive gauche, qui tire son nom de la résidence des Muses dans la mythologie grecque, Montparnasse était le véritable centre de gravité du Paris des «années folles».C’est ainsi qu’au cours du printemps 1928, épris d’un «violent désir d’évasion», le jeune Montréalais John Glassco (1909-1981), tout frais sorti de l’Université McGill, y débarque à l’âge de 18 ans avec quelques bagages, son ami Graeme Taylor, une confortable allocation mensuelle et l’ambition résolue de devenir écrivain — malgré l’opinion de son père, pour qui il s’agissait d’une «entreprise futile et peu virile».Portrait du jeune homme en artiste A peu près tous, il fera leur connaissance.Qui?Man Ray, Kiki de Montparnasse, Gertrude Stein, James Joyce, Kay Boyle, Peggy Guggenheim, Ernest Hemingway (qui publiera avec Paris est une fête, en 1964, ses propres souvenirs enchantçs de ce Paris d’avant le chaos).A peu près tous ceux qui ont fait la légende de ce Paris enchanté.Peut-être a-t-ü croisé à La Coupole, au Dôme ou au Sélect ffô SOURCE INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY John Glassco (1909-1981) Alain Grandbois se vantant d’avoir couché Hemingway d’une savante savate au bar du Ritz.«J’ai passé les plus belles années de ma jeunesse à Paris», racontera pour sa part l’auteur dAvant le chaos.11 faut le croire.Après un flirt poussé avec la poésie surréaliste, Glassco fera une rapide conversion à la prose (heureusement pour nous), sentant tout de suite la nécessité de fixer sur le papier «une période de grand bonheur», faite de nuits blanches à la «sexualité ambiguë», d’alcool, de tabac et de drogue.Malgré ses imperfections — ou peut-être justement à cause d’elles —, Mémoires de Montparnasse est l’une des évocations littéraires les plus vivantes de cet espace-temps sans correspondance.Au pays des rêves Celui qu’on surnomme «Buf-fy» aura toutefois bientôt à tirer le diable par la queue, sa famille lui ayant coupé les vivres.Son quotidien aura la couleur de la dé- brouille et des expériences de jeunesse: séances de photos pornographiques, prostitution (épouses oisives, veuves inconsolées, vieilles hiles), veillées littéraires, beuveries.Une histoire d’amour tordue avec une riche Américaine et la tuberculose sonneront le glas de l’aventure parisienne.Lui qui n’avait connu ni la pauvreté, «ni l’ambition contrariée, ni l’amour non partagé».De retour à Montréal pour être soigné, c’est sur son lit dhô-pital que Glassco, pendant trois mois au cours de l’hiver 1932-1933, rédige la plus grande partie de ce livre.Memoirs of Montparnasse, paru en anglais en 1969, avait été traduit pour la première fois en français par Jean-Yves Soucy, chez Hurtubi-se HMH, en 1983.Ecrivain, por-nographe, traducteur (notamment du Journal et de la poésie de Saint-Denys Garneau), Glassco reste encore peu connu.«Dans ma mémoire, écrit-il dans sa préface lorsqu’il évoque le jeune homme qu’il était, il ressemble moins à quelqu’un que fai été qu’au personnage d’un roman que fai lu.» L’idéal d’excellence, de beauté et de liberté que poursuivait Glassco ne se réalise vraiment nulle part dans la «vraie vie».Montparnasse et ses habitants, c’était alors pour lui, encore accroché à l’enfance, ce qui pouvait se rapprocher le plus d’un rêve.Collaborateur du Devoir MÉMOIRES DE MONTPARNASSE John Glassco Traduit de l’anglais (Canada) par Daniel Bismuth et Viviane Hamy Paris, 2010,420 pages Julie Stanton et Régis Mathieu Carnets de l'Isle-aux-Grues www.heuresbleues.co LA REMISE DU PRIX AURA LIEU À QUÉBEC AU SALON INTERNATIONAL DU LIVRE, LE VENDREDI 9 AVRIL À 13 HEURES SUR LA SCÈNE DES RENDEZ-VOUS LITTÉRAIRES LES FINALISTES DU PRIX LITTÉRAIRE DES COLLÉGIENS 2010 SONT: Le Discours sur la tombe de ridiot Julie Mazzieri (José Corti) L'Énigme du retour Dany Laferrière (Boréal) La Foi du braconnier Marc Séguin (Leméac) Joies Anne Guilbault (XYZ) L'Œil de Marquise Monique LaRue (Boréal) ^ c«ll^giens - f-—“ pf I /'îirlîL: www.prixlitterairedescollegiens.ca BANQUE Culture LE DEVOIR arc BOUrQIS Ixjîar ot Sport QUEBECOP Québec SS U N EQ «RADIO Promière Chaîne Ubirtt ’ ÉgelUi • Pralimilt C ONSULAT GENEKil.DE iEANCE A QUEBEC 5252 F 6 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE AVRIL 2010 SALON DU LIVRE DE LITTERATURE QUEBECOISE Les questions obscures de Marie-Christine Bernard CHRISTIAN DESMEULES Sombre peuple enfile treize histoires habilement racontées où s’incarne la marginalité sous plusieurs formes — très souvent physique.Toutes les «petites dissidences» qui pourraient faire de chacun d’entre nous un marginal par rapport à quelqu’un d’autre.Ces «questions obscures» suggérées par Victor Hugo dans un poème des Contemplations, auquel Marie-Christine Bernard a aussi emprunté le titre de son troisième livre pour adultes, celles qui brûlent lentement, qu’on oublie ou qu’on refuse de considérer.Un professeur de philosophie à la retraite, dégoûté par sa voisine échevelée et son chien puant, éprouve une passion inavouable pour les romans à l’eau de rose d’une certaine Rose Dulac (Mots croisés).Une fratrie de onze simples d’esprit, dont chacun a hérité d’un prénom pigé au hasard dans la section des noms propres du Petit Larousse, se rebelle contre le petit dernier qui se comporte en véritable despote (Vie et mort de Louis-Seize Stone).Sombre peuple, c’est également la confession d’une femme laide comme un crapaud et désespérément solitaire, «naturellement et irrémédiablement inintéressante», son ultime vengeance contre la vie et contre tous les autres, le seul coup d’éclat dont elle s’imagine capable (La Crapote).La Falaise, dans lequel un «débite léger» est accusé du viol et du meurtre d’une hllette, nous rappelle que les apparences sont souvent trompeuses.Plus loin, un dentiste à la vie parfaite, mais «mièvre, beige, lisse», entrevoit un court instant la possibilité d’une existence qui serait plus conforme à ses désirs (La Belle Vie).Dans Le Stylo, un écrivain gaspé-sien reconnu, incapable de vendre ses livres à l’ouest de Qué- bec, découvre après plusieurs années qu’un critique influent de Montréal est l’unique responsable de cette anomie.Une histoire de vengeance symbolique et définitive.Presque partout dans ce recueil, à travers une conscience aiguë du corps, perce un questionnement sur la beauté et la différence.Laids, gros, difformes, loups solitaires, bigleux, «pas fins», les personnages qui évoluent dans Sombre peuple doivent affronter les préjugés les plus tenaces.Excellente conteuse, Marie-Christine Bernard nous entraîne, souvent avec un humour retenu, au fond d’un gouffre.Elle ne nous en dit jamais trop, ni trop peu.Sautant du masculin au féminin, d’une époque à l’autre, ses nouvelles témoignent d’un imaginaire particulièrement fertile.L’auteure a reçu l’an dernier le prix littéraire Erance-Québec pour Mademoiselle Personne (Hurtubise, 2008).Collaborateur du Devoir SOMBRE PEUPLE Marie-Christine Bernard Hurtubise Montréal, 2010,200 pages SOMBRl, PLIJPL.E LITTERATURE FRANÇAISE Noir je meurs GUYLAINE MASSOUTRE Les Erançois Barcelo, Tonino Benacquista, Didier Dae-ninckx, Thierry Jonquet, Michèle Lesbre, Daniel Pennac ou Ered Vargas font osciller les distinctions entre policier, roman noir, thriller, polar et fiction littéraire.Tous ont cette fluidité qu’on retrouve chez Pascal Garnier, voyageur, chansonnier et rockeur, né en 1949 et décédé le 5 mars 2010.Ce dernier publiait L’Année sabbatique chez POL, La Solution Esquimau au Pleuve noir et, chez Zulma, Comment va la douleur?ou Lune captive dans un œil mort, dont l’humour grinçant happe le lecteur.Il est mort alors qu’un de ses livres sortait dans la «littérature blanche»: Le Grand Loin, texte attachant, est joliment écrit.Histoire de distraction, il campe une décadence: au milieu d’objets hétéroclites, dans sa routine, Marc, le personnage, entreprend de défaire les liens qui l’attachent au réel.Tandis que son esprit s’écarte du quotidien, peu à peu l’irréalité grandit.Tel un livre d’enfants, ce roman dialogué reflète l’innocence.Mais sa transparence se brouille et la logique lâche prise et dérape.Un naufrage s’ensuit, qui n’est pas celui d’un couple, mais d’un psychisme en liberté.Difficile de ne pas y voir entre les lignes la mort s’approcher.L’œuvre de Pascal Garnier compte une soixantaine de titres, dont plusieurs pour la jeunesse.Les Insulaires et autres romans noirs, reprise de trois thrillers, est annoncé pour ce printemps.Riche du Grand Prix de l’humour noir 2006 pour Flux, l’écrivain laisse en deuil bien des gueules cassées.Crash Champion pour saisir une crise, un stress prolongé, une détresse refoulée, une pensée pathologique ou un faux mystère.n 1 ERIC CABANIS AFP L’écrivain algérien Yasmina Khadra Éric Chevillard n’est pas ce qu’on appelle un auteur de polar.Mais à pousser l’absurde, l’enjouement et ses farces langagières jusqu’à Choir, force est de penser que son Ilinuk doit sa verve aux traits noirs, au feu roulant des bourdes et aux névroses du milieu.Issu de cet humour pop qu’il réchauffe d’un titre à l’autre.Choir est un bon cru Chevillard.Le bipède qu’il affectionne, perdu au fond de nulle part, vaut presque zéro: il s’égare dans les poncifs du Grand Nord.Einalement, lu juste au sud de ladite banquise, sa diatribe, avec son humour éventé, a tout du procédé.La loi de la pesanteur qui échoit aux astéroïdes chus dans la glace finit par lasser: l’auteur semble dire au lecteur que, s’il insiste, c’est pour «hors de Choir bondir»] L’effet est divertissant, sans plus.On se trouble dans le vaisseau géant de Choir, devant la tentative au-toparodiée de fuir un monde ordinaire, terriblement plombé, dans l’extravagance.Choir est un pis-aller.Portraits algériens Retour sur terre dans la plèbe de Yasmina Khadra, auteur prolihque de romans policiers.Avec L’Olympe des infortunes, il se coule derrière Albert Cosse-ry, mort dans l’ombre à Paris en 2008, penché sur le sort des petites gens dans de grands romans.Mais Khadra n’a pas une telle puissance.Ce raconteur d’histoires a erré entre les drames de l’Afghanistan et ceux de l’Algérie, sans en devenir le chantre.Aussi son commissaire Uob n’est-il pas un personnage plus recommandable que ses malfrats: difhcîle d’exonérer la misogynie et les compromissions du polar, car cette œuvre primée, traduite et portée au cinéma utilise une langue appauvrie, comme la culture de personnages qu’ü lait parler.Né en 1955 d’un père combattant et d’une mère conteuse, cet écrivain algérien vit à Aix-en-Provence.Sa carrière militaire, il l’a quittée en 2000 avec le grade de commandant, après avoir combattu différentes branches armées du Eront islamique.Depuis, il a revendiqué des afhnités avec Kateb Yacine ou Nazim Hikmet, entre autres.Mais son écriture-témoin laisse l’équivoque de la situer dans la nébuleuse historique, entre les écrivains de sa génération.Depuis Camus et les écrivains franco-algériens ou algériens en exil, la vision est brouillée.Quand, dans L’Olympe des infortunes, Khadra regrette le temps où les Algériens cohabitaient sans haine, on ne sait plus si c’est l’Algérie actuelle qui le repousse, la dèche des sans-abri qui le peine ou s’il est happé par l’histoire même du pays qu’il s’est donné.Collaboratriee du Devoir LE GRAND LOIN Pascal Garnier Zulma Paris, 2010,158 pages CHOIR Éric Chevillard Minuit Paris, 2010,271 pages L’OLYMPE DES INEORTUNES Yasmina Khadra JuUiard Paris, 2010,232 pages VENEZ DECOUVRIR NOS AUTEURS au stand 92 Helen Humphreys COVENTRY COVENTRY Helen Humphreys écriture comme erranc»^^ KEROUAC Clément Moisan JEFF RUBIN DEMAIN UN TOUT PETIT MONDE DEMAIN, UN TOUT PETIT MONDE Jeff Rubin MON VIEUX Pierre Gagnon 51 iTTistoires iiirldelr livres i ii ® IN s H G '=20h Vend.: 15h-16h;Sam.: llh-12h ; 14h-16h ; Dim.: 12h3G13h30 ; 15h-16h 8 avril : Conférence Paradis fiscaux et souveraineté criminelle Université Laval, 1 lh30 - 14h Pavillon De Sève - 0224 9 avril : Lancement - 5 à 7 à La Page Noire, 265, rue Dorchester www.ecosociete.org ALA N DENEAULT SHORE Paradis fiscaux et souveraineté criminelle LE POUVOIR HORS LA LOI Par lauteur de A/oh?Canada r'** mxm 5252 Découvrez nos nouveautés "I Presses de l'Université du Québec SS Merci à C O O p notre partenaire ZOI16 im II linctMiKe NANCY lOUCHARD ei MARIE-FRANCE DANIEL PENSER LE DIALOGUE EN ÉDUCATION ÉTHIQUE Langage^ et pensée à la maternelle COLLECTIOM EDUCATION-RECHERCHE Sous b diraclion de FRANCE JUTRAS SERVICES de GARDE ÉDUCATIFS et SOUTIEN à la PARENTALITÉ La coéducation est-elle possible?L'EDUCATION À LA CITOYENNETE ENJEUX SOCIOEDUCATIFS ET PEDAGOGIQUES Sm> m «racnn «• Silles Cantin, Nathalie ligras r Liesette Iruneon Les MÉDIAS , et la SANTE De l’émergence à l'appropriation des normes sociales Littératie et inclusion Outils et pratiques pédagogiques COUECTIOH ERUCJITI SwiUéïKMn* MtNOP HÉIERT UZANNEIAFONTAINE -âi Geôgrai^ie LA SPECTACULA RE La classe créative selon Richard Florida Un paradigme urbain plausible 1 DEROUTE DE L'ISLANDE du Quebec V vite M ADOLESCENCE É etAFFILIATION ''.I Les risques de devenir soi RoiEKT LsnNME a DiNise Makchand LALITTERATIE AU PRÉSCOLAIRE UNE FENÊTRE OUVEIITE VERSLASCOIARISATIIIN «Il Service public participation et citoyenneté L organisation communautaire en CSSS Denis Bourque Rene Lachapell ESTHETIQUE CO LU Q NOUVELLE ÉDITION C MEDIATIQUES Une inlroduclion Iheonque et pranmalique ENSEMBLE AILLEURS TOGETHER ELSEWHERE FONDEMENTS ET PRATIQUES DE L’ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIREJ^ L’Mo Web social Textures lumineuses MUTATION DE LA COMMUNICATION Florence Millerand, Serge Proulx et Julien Pueft ’ ?t Sous la direction de / Edttéd by jise Poissent - Pierre Tremblav ; Venez rencontrer nos auteures STAND 91 DES MODELES DE SERVICE POUR FAVORISER L’INTÉGRATION SCOLAIRE Les grands enjeux des femmes pour un développement durable NATHALIE S.TREPANIER ET MEU\NIE PARE Des modèles de service pour favoriser l'intégration scolaire Le jeudi 8 avril de 18h30 à 20b30 LOUISE SAUVÉ Jeux et simulations éducatifs Le jeudi 8 avril de 18h30 à 20h 30 JEANNE D'ARC GAUDET ET LOUISE LAFORTUNE Les grands enjeux des femmes pour un développement durable Le dimanche 11 avril de 14h à 16h ]EUX ET SIMULATIONS ÉDUCATIFS ÉTUDES DE CAS ET LEÇONS APPRISES Sous LA OIXECTION 1)1 LOUISE SAUVÉ ET DAVID KAUFMAN : ; -.1 '.J.' T • , » '''''' www.puq.ca F 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE AVRIL 2010 SALON DU LIVRE DE QUEBEC ESSAI Des images saintes aux médias En quoi la destruction par les talibans, en 2001, des statues géantes du Bouddha à Bamyian, en Afghanistan, peut-elle avoir un rapport avec celle des tours du World Trade Center, le 11 septembre de la même année?Pour certains intégristes musulmans, ces bouddhas et ces gratte-ciels étaient des idoles.L’allergie au culte des images, l’Islam naissant aurait été jusqu’à la transmettre pour un temps au christianisme des VHP et IX® siècles! MICHEL LAPIERRE Insolite, cette réflexion surgit pour explorer des liens insoupçonnés entre le monde musulman et rOccident, phénomène que scrute Fred A Reed dans Images brisées, à la fois récit de voyage et essai historique.Dans ce livre traduit de Tanglai^, Torientaliste, originaire des Etats-Unis et installé au Québec depuis 1963, évoque, sous «une pluie mêlée de grésil» qui tombe sur Istanbul, la merveille de la ville: «la masse rouge» de Sainte-Sophie.Il s’agit de Tune des plus anciennes basiliques chrétiennes.Transformée en mosquée après la prise de Constantinople (ancien nom d’Istanbul) en 1453, elle devint beaucoup plus tard, en 1935, un musée gr^ce au laïcisme de l’homme d’Etat turc Mustapha Kemal.Dépouillées de l’enduit que les conquérants islamiques avaient appliqué sur les mosaïques pour y cacher les images du Christ, de la Vierge et d’autres personnages, Sainte-Sophie a retrouvé un peu de sa splendeur antique.Avant la chute de l’Empire byzantin, des chrétiens eux-mêmes, les iconoclastes, avaient porté atteinte à l’intégrité des églises d’Orient en y détruisant des représentations figurées, jugées idolâtriques.Même si l’on ne saurait prouver l’origine musulmane de l’icono-clastie, reprise au XVE siècle SAYED REUTERS Un des bouddhas géants de Bamyan, en Afghanistan, détruits par les talibans par les protestants, la thèse de Reed selon laquelle l’influence islamique fut déterminante dans l’élaboration de cette doctrine ne peut que séduire.Elle charme d’autant plus que l’essayiste, au cours de promenades et d’entretiens, a l’art de faire sentir toutes les odeurs de l’Orient.Celles-ci se mêlent à mille nuances politico-religieuses au sein ou en marge de l’Islam, surtout à Damas et dans le reste de la Syrie, ville et pays que Reed aime beaucoup.Peu vues, les images des bouddhas détruits de Bamyian rappellent le tiraillement des civilisations dont l’Orient est toujours le théâtre.Très médiatisées, les images des tours new-yorkaises écroulées symbolisent, au-delà de la tragédie du 11 septembre 2001, les guerres interminables d’Irak et d’Afghanistan, comme si la riposte au terrorisme devenait un fléau plus grave que le terrorisme même., Le culte des images, les Etats-Unis et tout l’Occident l’ont, par les médias, multiplié à l’infini.Reed n’est pas loin de penser que le World Trade Center en flamme serait l’objet de leur idolâtriç mondialiste et néolibérale.A leur goût du spectaculaire, le monde musulman, hostile à toute forme physique liée à la divinité, peut au moins opposer une chose: l’intériorité.Collaborateur du Devoir IMAGES BRISÉES Fred A Reed VLB Montréal, 2010,312 pages IMAGES BRISÉES Les Éditions du Noroît Salon international du livre de Québec Ces bois qui pleurent Guy Cloutier coll.Lieu dit www.lenaroit.com Six heures vingt Six heures vingt Judy Quinn Bienvenue à notre stand 34 Auteurs présents : Marco Antonio Campos, Judy Quinn, Élise Turcotte, Guy Cloutier Qui est sûr de quoi que ce soit à Cuba?Hurtubise wwweditionshurtubise corn HISTOIRE Ils ont écrit la guerre L’historien Sébastien Vincent épluche les récits des soldats canadiens-français pour témoigner de « la guerre vécue à hauteur d’homme » STÉPHANE BAILLARGEON Après une dure bataille, ne reste qu’un vaste charnier qu’il faut bien nettoyer pour donner un semblant d’ultime repos aux fragments des anciens vivants.Le lieutenant québécois Charly Forbes, soldat de la Deuxième Guerre mondiale, parle de cet inimaginable calvaire dans son livre Fantassin.Pour mon pays, la gloire et.des prunes (Septentrion, 1994).«Nous ramassons les restes putrides de nos camarades au-dessus desquels tourbillonnent des nuages de mouches, écrit-il.En enlevant les plaques d’identité des cadavres, les vers blancs collent à nos mains.Nous préparons une fosse commune à transportons les morceaux de nos camarades en les piquant du bout de nos baïonnettes.» Voilà déjà à quoi ressemble la guerre, en vrai.Pas celle des films, enfin, on se comprend (voir le texte sur la série Paci-fique en page E 4).Pas celle des jeux vidéo.Ni même celle des téléjournaux.«La réalité de la guerre vécue à hauteur d’homme», comme le résume Sébastien Vincent dans son propre livre.L’ouvrage pionnier porte précisément sur les témoignages écrits laissés par les combattants canadiens-français en Europe au début des années 1940.Une excellente idée qu’il fallait bien avoir et bien mener.Le pari a été mené très brillamment.En préface, un grand spécialiste, le Français Stéphane Audoin-Rouzeau de l’École des hautes études en sciences sociales, parle d’un «beau livre» et d’une «réussite».Cet ouvrage s’inscrit dans la foulée des travaux qui ont redéfini la compréhension de la guerre (et d’abord de la Première Guerre mondiale) en s’intéressant à r«expérience vécue» du front.L’historien britannique John Keegan a été une des sources de cette redécouverte analytique.Il a pondu des ouvrages sur une foule de sujets reliés aux conflits (les techniques de combat, la stratégie et la tactique, les causes de la guerre et le commandement militaire, par exemple), mais il a surtout fait sa marque en s’intéressant à l’expérience individuelle du soldat.On lui doit d’ailleurs un documentaire de la BBC intitulé Soldiers, a History of Men in Battle.En France, cette tendance historiographique a particuliè- ILS ONT ÉCRIT LA GUFRRF rement donné en reprenant l’analyse de la Première Guerre mondiale.«Elle cherche à comprendre la façon dont les populations européennes occidentales ont donné sens à la guerre, tant au front qu’à l’arrière, résume Sébastien Vincent en ouverture.[.] Les nouveaux angles d’étude du phénomène guerrier permettent d’aller au-delà de l’histoire militaire officielle et de la plupart des mémoires de généraux qui d’écri-vent “d’en haut” les opérations militaires, offrant du coup une vision aseptisée et désincarnée du comportement humain sur le champ de bataille.» Que des hommes Lui-même s’intéresse donc aux soldats et même aux soldats des unités primaires, tels qu’ils se révèlent dans ses récits et ses mémoires.Environ 131 000 hommes et femmes du Canada français, soit 19 % des quelque 730 000 volontaires canadiens, ont été déployés hors du pays pendant la Deuxième Guerre mondiale.Le livre se concentre sur 26 ouvrages de ceux qui ont «écrit la guerre», 26 récits parus entre 1946 et 2007, souvent chez des éditeurs marginaux.Il y a beaucoup de personnages extraordinaires dans ces mémorialistes de la guerre ordinaire et on finit par s’attacher profondément à tous.C’est le cas de Lucien Dumais, évidemment, rescapé du raid de Dieppe, qui réussit à s’évader puis à organiser un réseau de sauvetage d’aviateurs abattus en France.Il n’y a que des hommes aussi dans cet échantillon, puisque malheureusement aucune femme, aucune infirmière par exemple, n’a livré ses souvenirs de la maison des millions de morts.Le découpage thématique multiplie les points de vue et permet à l’historien de structurer l’analyse de sa masse documentaire pour finalement accoucher d’une sorte d’écriture en contrepoint rigoureux.Tout y passe.La vie sur terre, sur mer et dans les airs, la mort donnée et reçue partout, la réalité infernale des combats, les blessures psychologiques et physiques, mais aussi l’armement, la perception de l’ennemi, le traitement des prisonniers canadiens, le silence et le retour au pays.Une franchise qui a ses limites Cet examen systématique permet par exemple de s’intéresser à la peur, longtemps tabou dans l’univers machiste des soldats.«Pourquoi le cacher?confie le capitaine Sévi-gny, cité par l’historien.J’ai passé souvent de bien mauvais moments.Sous le feu, durant les grandes attaques de l’été 1944, j’ai senti ce serrement de cœur familier à tout soldat, ce tremblement convulsif des membres, cette paralysie de l’esprit devant le danger.» Cette franchise a ses limites.L’auteur, franc et critique, note que ses témoins entourent d’une «chape de silence opaque» le rapport aux femmes et à la sexualité.Aucun ne parle de crimes commis par les militaires, ni des vols, ni des viols que l’historiographie américaine récente commence à déterrer.Redisons-le une dernière fois: ce livre pionnier, traitant d’un sujet parfois insupportable à partir d’une précieuse documentation négligée, remplit parfaitement son pari de faire comprendre et d’expliquer la terrible expérience vécue autour des champs de bataille par des dizaines de milliers de Canadien français, à travers propos et confidences de quelques-uns.Mieux, ce travail essentiel y parvient dans un texte clair, limpide, immensément informé, qui fait l’honneur de son auteur et le bonheur de ses lecteurs, que l’on souhaite donc très nombreux.Le Devoir ILS ONT ÉCRIT LA GUERRE Sébastien Vincent VLB éditeur Montréal, 2010,309 pages SERONT AU STAND GALLIMARD DU SALON DU LIVRE DE QUEBEC douane volante François Place Mercredi 7 avril de 13 h 30 à 14 h 30 Jeudi 8 avril de 13 h à 14 h Samedi 10 avril de 14 h à 15 h Dimanche 11 avril de 11 h à 12 h Sylvie Brien Jeudi 8 avril de 18 h à 19 h Vendredi 9 avril de 13 h 30 à 14 h 30 Samedi 10 avril de 11 h à 12 h LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 AVRIL 2010 F 11 SALON DU LIVRE DE „ ESSAIS QUEBECOIS Un peu de métaphysique pour tout le monde Louis Cornellier « P lus un homme est inférieur par l’intelligence, moins l’existence a pour lui de mystère», écrit Arthur Schopenhauer dans Sur le besoin métaphysique de l’humanité, un court texte d’abord publié en 1859 comme supplément du Monde comme volonté et comme représentation et réédité cette année en miniformat.Pour Schopenhauer, la philosophie, et par conséquent la métaphysique qui en est la quintessence, naît «de notre étonnement au sujet du monde et de notre propre existence, qui s’imposent à notre intellect comme une énigme dont la solution ne cesse dès lors de préoccuper l’humanité».Mais qu’est-ce, au juste, que la métaphysique?Dans un solide glossaire intitulé Les Mots de la philosophie, tout juste réimprimé par la maison Belin, Alain Percher, s’inspirant d’Aristote, la définit comme «l’étude de la partie de la réalité qui échappe totalement à l’observation, mais qui explique tout le reste».Avec son habituel sens de la formule, André Comte-Sponville, dans son Dictionnaire philosophique (PUF, 2001), affirme que «faire de la métaphysique, c’est penser plus loin qu’on ne sait et qu’on ne peut savoir» pour tenter de répondre à la question «pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?».Le fait «qu’aucun savoir n’y réponde n’interdit pas de la poser, ni n’en dispense», ajoute-t-il bellement Schopenhauer identifie deux sortes de métaphysique: les doctrines de la Foi, qu’il abandonne au commun, et les doctrines de la Raison.Devant ce monde qui aurait pu ne pas exister, l’étonnement survient comme «une stupéfaction douloureuse», la philosophie commence «par un accord en mineur»-, pourquoi, en effet, ce monde, cette douleur, ces misères?Les naturalistes et matérialistes, qui se contentent d’explications physiques, se trompent, écrit le philosophe.Une physique sans métaphysique est impossible et revient à confondre le «phénomène» (ou la représentation) avec «la chose en soi» (ou la volonté).L’explication physique, nécessaire, est insuffisante en ce qu’elle «voit la raison du fait particulier dans sa cause, mais [.] la série de ces causes [.] sc poursuit dans une régression à l’infini, de sorte qu’aucune chose n’a pu être la première d’une manière absolue».Là où plusieurs métaphysiciens règlent cette aporie en désignant Dieu comme cause première, Schopenhauer, moins optimiste et clairement antireligieux (il réserve des jugements très sévères au christianisme et au Coran), formule un programme absolument immanent.«La philosophie, écrit-il, n’est donc que l’intelligence exacte et universelle de l’expérience même, l’explication vraie de son sens et de son contenu.Ce contenu, c’est la chose métaphysique, dont le phénomène n’est que le vêtement et l’enveloppe, et cette chose est au phénomène ce que la pensée est aux mots.» Qualifiant de farceurs, de fanfarons et de charlatans ceux qui prétendent détenir les clés de cette énigme, Schopenhauer nous prévient que «quelque flambeau que nous allumions, quelque espace qu’il éclaire, notre horizon demeurera toujours enveloppé d’une nuit profonde».La métaphysique, on l’aura compris, n’est pas pour les esprits Mieux et terre à terre.Schopenhauer, lui, la trouvait surtout dans la musique, cet «exercice de métaphysique inconscient dans lequel l’esprit ne sait pas qu’il fait de la philosophie».Une métaphysique joyeuse La métaphysique de Raynald Valois est plus joyeuse que celle de son prédécesseur.«Quand je contemple cet univers fascinant qui me soutient par la chaleur de son soleil et la fécondité de sa terre, qui me nourrit jour après jour, écrit le professeur à la retraite de la Faculté de philosophie de l’Université Laval, je ne puis faire autrement que de me sentir envahi par un profond sentiment de reconnaissance envers celui qui m’a choisi comme son invité, alors que je n’étais encore rien.» Dans son essai Un Dieu sans nom, Valois propose de passer de cette intuition du divin à «une idée rationnelle sur le sens de la vie».Sa position, précise-t-il, «relève strictement de la métaphysique» et ne doit pas être confondue avec un quelconque créationnisme ou «dessein intelligent».S’il y a quelque chose plutôt que rien, explique le philosophe, ce ne peut être dû seulement au hasard puisque «même si le hasard pouvait arriver à créer quelque chose, il faudrait tout de même que les éléments qu’il brasse pour y arriver existent déjà et soient prévus pour s’arrimer les uns aux autres».Valois reprend donc la preuve causale ou cosmologique de l’existence de Dieu, à la manière d’Aristote, de Thomas d’Aquin et de Descartes.Dans la chaîne des causes, on ne peut remonter à l’infini.Aussi, puisque rien ne peut venir de rien, «le contingent suppose le nécessaire: s’il y a des choses qui pourraient ne pas être, il faut dire que l’existence leur arrive et pourrait leur être enlevée.Donc, elles tiennent leur existence d’un principe distinct d’elles-mêmes», c’est-à-dire de Dieu.Cette conclusion, faut-il le rappeler, ne fait pas l’unanimité.Dans Qui suis-je et, si je suis, combien?(Belfond, 2010), un ouvrage d’introduction aux grandes questions philosophiques qui fracasse des records de vente en Allemagne, Richard David Precht la conteste.«Ne sommes-nous pas obligés de prendre Dieu comme l’origine première de toute chose, qui a tout mis en mouvement?On peut le faire, mais rien ne nous y oblige, explique-t-il.Démontrer que quelque chose ne peut pas venir du néant, c’est constater qu’il y a une cause première — mais faut-il pour autant que cette cause première soit Dieu?» Valois, lui, n’en doute pas.Ses démonstrations, savantes et abstraites mais néanmoins accessibles, sont un véritable plaisir pour l’intelligence.«Je me donne beaucoup de peine pour prouver rationnellement des choses que je sens bien plus que je ne les comprends, écrit-il.Peut-être en est-il de même de la part de mes lecteurs.» S’ils ne convainquent pas toujours, en effet, les exposés de Valois sur le Dieu intime, l’immortalité, la liberté et le mal n’en sont pas moins forts pour autant «Il est essentiel pour nous de vivre le plus possible dans la vérité», écrit le philosophe québécois.Raison pour laquelle la métaphysique n’a pas dit son dernier mot louisco@sympatico.ca SUR LE BESOIN MÉTAPHYSIQUE DE L’HUMANITÉ Arthur Schopenhauer Mille et une nuits Paris, 2010,88 pages UN DIEU SANS NOM Pour ceux qui ne croient pas Raynald Valois Le Jour Montréal, 2010,192 pages BIOGRAPHIE Notre première femme journaliste Robertine Barry bouscula les idées reçues, surtout celles du clergé qui régnait sur l’éducation MICHEL LAPIERRE Le mariage rappelle l’idée de la mort puisqu’il est le tombeau de l’amour», ose écrire en 1893, dans sa chronique de La Patrie (alors un quotidien), la première femme à faire carrière dans le journalisme au Québec: Robertine Barry (1863-1910), qui signe du prénom «Françoise».A ceux qui lui reprochent son célibat, elle aime demander: «Ne vaut-il pas mieux faire rire de soi parce qu’on est vieille fille que de ne pouvoir rire soi-même parce qu’on est mariée?» Cet humour anticonformiste surprend au sein d’une société rétrograde et repliée sur elle-même comme le Québec de l’époque.Sergine Desjardins, journaliste et romancière, le met en relief avec talent et bonhomie dans le premier tome de Robertine Barry, biographie qu’elle entend compléter par un autre volume à l’automne.Née à L’Isle-Verte (Bas-Saint-Laurent) d’un commerçant de bois d’origine irlandaise et d’Aglaé Rouleau, une Ca- SERGINE DESJARDINS nadienne française, Robertine entre en 1891 à la rédaction du quotidien libéral montréalais La Patrie grâce à l’audace du directeur et fondateur Honoré Beaugrand, libre-penseur, écrivain, ex-maire de la métropole.Son premier article est mordant.Elle y attaque «l’unanimité de ces messieurs à refuser aux jeunes filles une instruction supérieure et qui pourrait en fai- re les égales de leurs seigneurs et maîtres».Quatre ans après, elle revient sur le sujet en soulignant le retard de la succursale de l’Université Laval dans la métropole (la future Université de Montréal) par rapport à McGill en ce qui a trait à l’admission des femmes dans ses facultés.Le féminisme La journaliste bouscule les idées reçues, surtout celles du clergé qui règne sur l’éducation, et admire des lettrées françaises tournées vers l’avenir, la républicaine Juliette Adam (1836-1936) et la dreyfusarde Séverine (1855-1929), disciple de Jules Vallès.Mais elle reste croyante et même pieuse, avec une touche hétérodoxe: le goût du spMtisme.Son féminisme se rapproche plus de celui de nos dames pa-tronnesses éclairées, comme Marie Gérin-Lajoie (1867-1945), née Lacoste, que de celui d’une Flora Tristan ou d’une Louise Michel, qui avaient su insérer la cause du deuxième sexe dans la lutte de libération de toute l’humanité.Sergine Desjardins aurait dû en être plus consciente.Même si Louis Fréchette, champion de l’ouverture d’esprit, se porte avec brio à la défense de la chroniqueuse lorsque l’ultraconservateur Jules-Paul Tardivel en dénigre les attitudes libérales, Robertine Barry demeure bien sage, selon les critères actuels.Produit idéaliste et singulier de notre bonne société, elle proclame que X «amour chaste» est la «preuve la plus convaincante de l’immortalité de l’âme».Elle précise que cet amour «vit sans les baisers et les serrements de main».Faut-il s’étonner que son cousin le dominicain Raymond-Marie Rouleau, futur archevêque de Québec et cardinal, célébrera ses obsèques?Collaborateur du Devoir ROBERTINE BARRY Sergine Desjardins Éditions Trois-Pistoles Notre-Dame-des-Neiges, 2010, 408 pages ¦X.B Robertine Barry (1863-1910) SOURCE EDITIONS TROIS PISTOLES À lire, entre autres, dans le numéro 118 en kiosque et en librairie partout au Québec 2 i £ VICTOR-LÉVY BEAULIEU par ANDRÉE FERRETTI ] [.,] rien n'entrave VLB dans sa volonté de toute-puissance, source ^ de son pouvoir de créer une oeuvre monumentale, entreprise 1 totalisante « sans faux partage entre le réel et l'imaginaire » dans laquelle l'écrivain ne vise à rien de moins qu'à se créer comme mythe de lui-même et dans un même et seul mouvement à refonder le destin québécois.MIREILLE HAVET par PATRICK BERGERON Noctambule, opiomane et lesbienne volage, Mireille Havet vécut sans contraintes ni tabous [.].C'est à la postérité qu'il appartient de découvrir son oeuvre maîtresse, l'envoûtant journal, dont la publication intégrale est en cours.PIERRE VADEBONCOEUR par ROLAND BOURNEUF Pierre Vadeboncoeur m'avait accordé un long entretien, je lui envoyai ensuite ces pages qui tracent un panorama de son oeuvre.[.] je n'ai rien voulu changer à ce que j'avais écrit de lui : ses livres lumineux, l'homme droit et libre qu'il fut demeurent avec nous.TRUDEAU ET LÉVESQUE par LAURENT LAPLANTE john English, éblouissant dans Trudeau citoyen du monde, évite d'accabler le Trudeau de Regardez-moi bien aller I; Nino Ricci livre au public québécois une image de Trudeau inédite, éclairante, un peu floue ; Daniel Poliquin, polémiste percutant, porte même ses meilleurs coups avec une force excessive.Ut magazine du livre AMBITIEUX, RISQUÉ, TERRIBLE VICTOR-LÉVY BEAULIEU PIERRE VADEBONCOEUR par Roland Bourneuf encore et encore Lévesque par Lourent laplante LINDA AMYOT Le livre jamais lu MIREILLE HAVET La petite poyetesse par Patrick Bergeron Entrevues, dossiers, portraits, commentaires de lecture, actualités littéraires.Économisez jusqu'à 30°/o du prix en kiosque Offrez-vous Je m'abonne pour ?1 an (4n“):34$ ?2 ans (8 n°0:56$ taxes incl.Offrez-lui Abonnement-cadeau ?1 an (4 n°0:34 $ ?2 ans (8 n°0:56 $ taxes incl.Cadeau offert par .CORDONNÉES DE L'ABONNÉ(E) Nom .Prénom .Adresse Ville .Province .Code postal .Tél.Courriel .?Chèque à l'ordre de Nuit blanche ?VISA ?MasterCard N“ de la carte .Date d'expiration .Veuillez poster ce coupon à Nuit blanche, 1026, rue Saint-jean, bureau 403, Québec (Québec) GIR 1R7 5252 AUX TllOIS-PISTOIÆ^ LES EllABLEf ONT COlJIÆ EX BSTIE TOASTÉE DES DEUX BORDS (71'E PRIXTEMPS-CITTE ! VICTOR-LÉVY BEAULIEU f; REINE-NEGRE et autres textes vaguement polémiques SERGINE DESJARDINS i.y Fesse ce que dois ! Oublie le tue-mouche! Prends le chalumeau pis enfonce-le loin dessous l'écorce du bois mort! Varge, mon gonnebitche ! Victor-Lévy Beaulieu La Reine-Nègre et autres textes vaguement polémiques La femme nouvelle La biographie de la première femme journaliste du Québec.N'y allait pas avec le dos de la cuiller comme quand qu'on mange toute une lichée de tire d'érable ! Sergine Desjardins Robertine Barry * La femme nouvelle Le grand roman de la guerre en ex-Yougoslavie.L'exil, puis la découverte du Québec.Malgré tout, les bonnes odeurs de la sève qui bout à gros bouillons ! Anica Lazin Tisza w «â.Un monde de saveurs, d'odeurs et de couleurs qui rassasie aussi bien le corps que l'esprit.Ben évidemment qu'on y trouve des recettes de muffins à l'érable ! Germain Beaulieu Recettes végétariennes LISON BE-U'EILI' tes NOCES def Agneau Lison Beaulieu aime mâcher la gomme d'épinette en guise de sirop de calmant.Voilà pourquoi son roman se situe au-delà du tragique, dans ce qui s'appelle la beauté toute nue.Lison Beaulieu Les noces de l'Agneau DONALD ALARIE COMME ON JOUE DU PIANO CeÂ.Un beau témoignage sur l'écriture, quand l'écrivain a d'abord pour pays sa langue maternelle.À lire sans tremper ses grands-pères dans le sirop d'érable! Donald Alarie Écrire comme on Joue du piano Pierre Lab MEMOIRES ANALOGUES C'est déjà beaucoup de trembler sans qu'on s'en aperçoive.Un recueil de poésies à lire sur un bouscotte au milieu de l'érablière.Pierre Labrie Mémoires analogues RENAUD LONGCHAMPS Des poèmes enragés.Chialer pour tous les autres qui négligent de le faire.À déclamer devant la cabane à sucre.VISIONS entouré de motoneigistes! POÈMES Pierre Demers La bénédiction des skidoos ââi Il y a des forêts sur lesquelles la nuit ne tombe jamais.Un cantique quantique.Une grande et bonne coulée, à la beauceronne, Saint-Éphrem ! Renaud Longchamps Visions T ; ' ERIKA __ Editions TVois^istoieq 31, Route Nationale TroiS|-pi§toJ^^£pgOL Francine Allard La Couturière ** La vengeance de la veuve noire w’' André Morin, Christian Lamontagne, André Bolduc, Marie Dumais Nos belles Québécoises T'allais te chauffer le cul à coups de grosses Indiennes qui t'appelaient papa et moi qui t'enviais parce que tu prenais l'avion.Une pleine chaudiérée de sève en pleine face ! Erika Soucy I Cochonner le plancher l^ti«]^2j2jerre_e^ rouge Le deuxième tome de la saga populaire de Francine Allard.Dans le monde de la mode et dans celui des pères d'Oka.Accessoires de lecture recommandés : tranches de pain, crème d'habitant et sucre d'érable râpé.Francine Allard La Couturière ** La vengeance de la veuve noire Dans un superbe coffret, les deux tomes de Passion maisons et L'art de restaurer une maison ancienne.Un bijou d'édition.sans une goutte de sirop de poteau dedans! Rien que de l'authentiquë" • anches, j.( JliRliiH Venez nous rencontrer au Salon international du livre de Québec ogides 253
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