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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2010-06-12, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE IS JUIN 2010 PREMIEES NAÏÏONS PRESENCE AUTOCHTONE LE DEVOIR i r JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jours de mémoire Avant l’Amérique, il y avait une culture amérindienne Il y aura bientôt 30 ans que le Canada s’est proclamé officiellement multiculturel.Dans le canadianisme à la Trudeau, il n’y avait plus de nations fondatrices, ou, si place il y avait, elle était si mince qu’on aurait pu croire que tous, autochtones compris, allaient y trouver matière à réjouissance.NORMAND THERIAULT En cette ère d’accommodements raisonnables, on pourrait croire que les Premières Nations y trouvent leur compte et que le débat sur la place publique fasse place aux revendications traditionnelles de ceux et celles qui furent les premiers habitants de ce continent.Pourtant, parle-t-on d’ouvrir à Ville-ray un centre d’accueil pour ces Inuits qui font à Montréal un séjour thérapeutique que déjà des voix contraires au projet s’élèvent.Et y a-t-il des Jeux olympiques à Vancouver que les mémoires des «réserves» revivent telles que le folklore des Blancs les a conservées.Sur ce territoire, comme partout en Amérique, il n’est pas facile pour les autochtones d’obtenir un traitement juste: la Bolivie s’est-elle donné un gouvernement dont le chef n’est pas de source migrante qu’aussitôt les «colons» s’entendent pour mener une action concertée contre toutes les mesures populaires qu’il dépose.Et ici, le gouvernement Ha^er dépose-t-il un nouveau projet de loi qui régit le monde des affaires amérindiennes qu’aussi rapidement des femmes des communautés amérindiennes font entendre leurs voix pour montrer que, une fois de plus, leurs droits ne sont pas reconnus: par souci d’économie, par un gouvernement qui dépense toutefois un milliard afin d’assurer pendant quelques jours la,sécu-rité des grands «chefs» d’Etati il sera donc impossible de faire en sorte que près de 50 000 autochtones voient leur statut d’Amérindien reconnu.Et ainsi de suite, pour ceux et celles qui doivent vivre en «réserve», s’ils et elles veulent maintenir ou obtenir les avantages que l’Empire britannique leur avait consentis au temps des conquêtes.Bref, y a-t-il une place dans le multiculturalisme ambiant pour les premiers peuples d’un Canada pourtant bien accueillant quand il s’agit de recevoir l’immigration économique, celle qui dépose un porte-feuille avant d’afficher ses convictions poiu une société pluraliste?Interculture Nous sommes donc loin de vivre dans une société qu’im Gérard Bouchard voudrait interculturelle.Pourtant, il y a encore quelques bonnes volontés qui travaillent à la construire.Michel Eaubert est de celles-là.Décrivant le spectacle d’ouverture de la vingtième édition de Présence autochtone, racontant les étapes de sa fabrication, il dira qu’au final on a retenu pour la scène «des autochtones et des non-autochtones, québécois et canadiens, qui ont une démarche identitaire dans leur travail artistique.C’est ça, le ciment du spectacle, et c’est épaulé par un amour pour les cultures des Premières Nations.» Et Présence autochtone poursuit son travail révélateur.Avant de lire ce cahier, qui d’entre nous en effet savait que le RabinalAchi est «le seul vestige connu, et reconnu par la communauté scienti- ONDINNOK L’équipe et les Mayas du Guatemala qui participeront au spectacle Xajoj Tun Rabinal Achi.fique, d’un théâtre amérindien précolombien et qui a été conservé vivant jusqu’à nos jours, de génération en génération»^ Pourtant, comme T’explique Yves Sioui Durand, cofondateur d’Ondinnok et metteur en scène du spectacle Xajoj Tun Rabinal Achi, «c’est un grand t^e qui a la même portée, la même valeur, que la tragédie grecque».Rien de moins! Car, il faut l’admettre, l’héritage desdites Premières Nations, s’il est d’importance, c’est dans la mesure où il a souvent permis à un groupe «blanc», soit celui qui prône la nécessité politique d’un fédéralisme centralisateur, de maintenir à distance la reconnaissance d’un peuple fondateur sous prétexte qu’il fallait refléter la pluralité des origines.Et cela fut, sans pour autant vraiment accorder plus à ceux et celles qui ont les premiers parcouru ce territoire.Ouverture Aussi, que des Erancofolies délogent l’autochtone dans la case montréalaise des festivals, cela ne doit pas surprendre.Que les organisateurs de cette «présence» se félicitent d’obtenir en re-toiu, en août, le droit d’occuper la Place des festivals, cela tient à la fois de la générosité coqune d’un esprit d’ouverture.A moins qu’on ne soit ici devant un cas réel d’«accommodement».Et si contre mauvaise fortune il faut faire bon cœiu, faisons de même.Présence autochtone sera donc im bon moment, court, certes, et aussi divisé dans le temps, où il nous sera donné dç découvrir d’autres cultures.A nous alors les spectacles et les expositions.Et, poiu qui en veut plus, il y a aussi sur le territoire québécois des lieux, des musées siutout, où s’affichent œuvres et artefacts de ces peuples qui avec nous cohabitent Quelques jours en juin et en août mais cela suffira-t-il pour admettre que, en territoire américain, il est aussi des cultures dont les produits et les œuvres sont de formes et de propos autres qu’occidentaux?Le Devoir Sur ce territoire, comme partout en Amérique, il n’est pas facile pour les autochtones d’obtenir un traitement juste MATSHINANU — NOMADES «On voulait des photos qui semblaient vraiment tirées de la vie quotidienne» Page 4 EN SCENE Un grand concert à eXcentris inaugure un vingtième rendez-vous annuel Page 2 XAJOJ TUN RABINAL ACHI Ondinnok présente une version contemporaine d’un théâtre dansé maya Page 3 MUSEES L’art autochtone en direct ! Page 4 DÈS LE 4 AOÛT «Présence» sur la Place des festivals Page 5 JOSÉPHINE BACON La réalisatrice de films poursuit en mots son travail de mémoire Page 5 G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE IS JUIN 2010 PRESENCE AUTOCHTONE Présence autochtone a 20 ans Terres en vues a raison de fêter en 2010 En 1990, « le rapprochement des cultures était nécessaire, mais ce n’était pas à l’ordre du jour » Les premières années ont été difficiles pour Présence autochtone, fondé peu de temps avant l’éclatement de la crise d’Oka.Vingt ans plus tard, en grande partie grâce à la persévérance de son président et fondateur, André Dudemaine, le festival jouit d’une pleine reconnaissance.MARTINE LETARTE Le volet extérieur du festival Présence autochtone prendra son envol à la Place des festivals le 4 août.Pratiquement une consécration, aux yeux d’André Dudemaine.«Cela suppose une reconnaissance, un lien de confiance avec les instances publiques.La Place des festivals est certainement l’endroit le plus visible à Montréal en matière de diffu- «Des groupes communautaires nous avaient permis d’utiliser leurs bureaux et leurs téléphones.Nous avons organisé un spectacle-bénéfice avec, entre autres, Richard Desjardins, pas encore très connu à l’époque, Alanis Obomsawin et Florant Voilant.C’est ce qui a permis au premier festival Présence autochtone de se tenir.C’était un événement plutôt confidentiel à l’époque.Nous avions très peu de moyens et ç’avait duré Le festival est devenu toujours de plus en plus multidisciplinaire.«On a compris que les artistes des Premières Nations avaient besoin de montrer leurs œuvres et d’échanger avec le public.» sion culturelle.D’autant plus que ce sera en plein dans la saison touristique», indique-t-il.Pourtant, diriger Présence autochtone s’annonçait plutôt ardu pendant les premières années.«Lorsque la crise d’Oka a éclaté, ça nous a grandement ralentis.Lorsqu’on parlait du festival et de nos ambitions, disons qu’on n’avait pas le momentum.Le rapprochement des cultures était nécessaire, mais ce n’était pas à l’ordre du jour.Il fallait convaincre», se sou-vient-il.Dans l’aventure de Présence autochtone, ces années ont été clairement les plus difficiles pour André Dudemaine.«Il se passait des choses importantes à Présence autochtone, mais les gens faisaient la sourde oreille.On sentait qu’on agaçait.Le climat n’était pas accueillant.Cela a été très difficile à briser.C’était probablement hérité des blessures de 1990.Ce sont des choses qui sont longues à guérir.» Lentement mais sûrement L’équipe de Présence autochtone a tout de même pu rapidement recueillir des appuis.Des alliances qui lui ont permis de croître d’année en année.Au début, c’est le milieu communautaire, d’où provenait André Dudemaine, et les artistes qui ont permis au premier festival de voir le jour.seulement un week-end», ex-p 1 i q U e M.Dudemaine.L’ONF est très rapidement devenu partenaire et la Ville de Montréal a suivi rapidement.«L’arrivée de Pierre Bourque, en 1994, a vraiment été décisive.Il avait l’idée d’augmenter les activités culturelles dans la ville, alors que, avant lui, on pensait plutôt qu’il y avait trop de festivals, alors c’était difficile de s’imposer en tant que nouveau joueur.Pierre Bourque avait aussi une grande ouverture sur le monde et une sympathie pour les Premières Nations.» Présence autochtone a ainsi pu prendre de plus en plus de place dans l’espace public.En 1996, les premières activités extérieures du festival ont été organisées, ce qui a valu à la petite organisation de faire la une d’un grand quotidien montréalais avec ses danseurs traditionnels.«C’était dans The Gazette.Notre première fois, on s’en rappelle!», s’exclame le fondateur.L’année suivante, le volet extérieur a eu plus de visibilité en s’installant à la place Emilie-Gamelin.Peu de temps après.Présence autochtone a eu l’honneur d’accueillir Jean-Marie Le Clézio, Prix Nobel de littérature en 2008.Et 2001 a marqué un tournant pour l’équipe de Présence autochtone, avec la commémoration de la Grande Paix de Montréal de 1701.«Le gouvernement provincial avait investi pour permettre la tenue d’un ensemble JACQUES GRENIER LE DEVOIR André Dudemaine, président et fondateur de Présence autochtone d’activités extérieures pendant tout l’été.Pour l’occasion, nous avons commencé à travailler avec Pointe-à-Callière.Ces activités ont été importantes puisqu’elles ont ramené dans la mémoire collective la Grande Paix de Montréal, qui était à l’époque complètement ou- bliée.Ç’a permis de remettre de l’avant le rôle des Premières Nations dans l’émergence de Montréal comme métropole des Amériques», explique M.Dudemaine.L’année 2005 a aussi été marquante grâce à la venue de Jorge Sanjinés, cinéaste bo- livien engagé.Le cinéma et le reste Le volet cinéma est d’ailleurs toujours important dans la programmation de Présence autochtone, un festival pourtant très multidisciplinaire.«En fait, au début, l’idée était d’organiser un festival de cinéma non compétitif.On voulait présenter des films et organiser des échanges par la suite, mais les autres volets se sont greffés naturellement et très rapidement», se souvient l’organisateur.D’abord, il y a eu l’organisation du spectacle-bénéfice dès la première année, puis les arts visuels.«Nous étions en train de nous préparer pour les projections à l’ONF et un peintre algonquin est arrivé avec ses tableaux sous le bras.Il nous a demandé s’il pouvait exposer dans le hall.Ç’a commencé comme ça», raconte André Dudemaine.Le festival est devenu toujours de plus en plus multidisciplinaire.«On a compris que les artistes des Premières Nations avaient besoin de montrer leurs œuvres et d’échanger avec le public.» Les cinéastes ont aussi rapidement manifesté le désir d’organiser une compétition de films.«Avoir la chance d’obtenir des récompenses est bon pour le CV.Ainsi, Présence autochtone est rapidement devenu un lieu de promotion de l’excellence artistique, et plus seulement un lieu de dialogue interculturel», remarque M.Dudemaine.Dans la gang Auprès des instances et du grand public.Présence autochtone a gravi les échelons d’année en année, lentement mais sûrement.Dernièrement, André Dudemaine a fait les manchettes aux côtés notamment de Gilbert Rozon, grand manitou de Juste pour rire, lors de l’annonce de la création du Collectif de festivals montréalais, qui mènera une initiative de promotion commune à l’échelle internationale.Peut-on affirmer que Présence autochtone fait dorénavant partie des grands?«Des grands, peut-être pas, mais nous sommes certainement dans la gang.^ Nous allons présenter une image unie au niveau international, un peu comme le fait Edimbourg.Nous prendrons l’année pour étudier et réfléchir sur la stratégie à adopter, et certainement que, l’an prochain, nous allons pouvoir mettre ça en application.» le 20" anniversaire sera donc sous le signe des grands projets pour Présence autochtone.Collaboratrice du Devoir h Coup d’envoi de Présence autochtone Un grand concert à eXcentris inaugure un vingtième rendez-vous annuel Autochtones et non-autochtones partagent leur « démarche identitaire » Le coup d’envoi du 20" anniversaire de Présence autochtone sera donné à eXcentris, le 17 juin, avec Samian, Elisapie Isaac, Robert Seven-Crows et Mary-Jane Lamond, sous la direction de Michel Fauhert.Pour réaliser ce grand événement, les organisateurs du festival peuvent compter sur deux partenaires de taille: Espace musique et CBC Radio 2.MARTINE LETARTE est la première fois que nous nous asso- cions avec Présence autochtone.Le festival célèbre son 2(1 anniversaire et l’UNESCO a proclamé 2010 l’Année inter- ALGONQUINS HURONS Samuel de Champlain A k rencontre des Algonquins et des Hurons 1612-1619 Après Les i Texte eafrinftus rnnUme iubh.anncU et préunti par Èrtc Thurry V Fondations .de VAcadie et de Québec, Éric Thierry nous présente le second volet des voyages de Samuel de Champlain, A la rencontre des Algonquins et des Hurons, qu’il a lui-même établi, annoté et présenté en français moderne.Avec les récits de ses expéditions menées de 1613 à 1618, Samuel de Champlain nous livre ici le premier grand témoignage européen sur les Algonquins et les Hurons.ESSAYEZ LE FEUILLETAGE EN LIGNE code:3172 www.museehuronwendmjia SEPTENTRION.QC.CA LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC ü S ^ 7 O S'" 5 ¦ Membre del' «S S a ^ nationale du rapprochement des cultures.C’étaient deux bonnes raisons qui nous donnaient le goût de nous associer», indique Isabelle Aubin, déléguée aux communications pour Espace musique.L’engagement est de taille pour les deux chaînes radio qui produisent le spectacle.Elles sont allées chercher Michel Faubert pour la direction artistique et Erik West-Millet-te pour la direction musicale afin de concocter un spectacle d’ouverture où les musiques autochtones traditionnelles et contemporaines rencontrent les cultures francophone et anglophone du Canada.Plus d’un an à mijoter L’organisation de ce concert, qui sera ouvert au grand public, n’a pas été prise à la légère.«On a commencé à parler du projet l’an dernier et on a pris le temps qu’il fallait.L’idée, c’était de rassembler des autochtones et des non-autochtones, québécois et canadiens, qui ont une démarche identitaire dans leur travail artistique.C’est ça, le ciment du spectacle, et c’est épaulé par un amour pour les cultures des Premières Nations», indique Michel Faubert.Les organisateurs sont donc allés voir du côté des Maritimes et ils ont lancé l’invitation à Mary-Jane Lamond, de l’île du Cap-Breton.«Je l’ai connue lorsqu’elle chantait avec Ashley Macisaac, précise M.Faubert.Maintenant, elle vole de ses propres ailes.Elle chante en gaélique des milling songs, des chants de travail que les femmes d’origine écossaise chantaient lorsqu’elles filaient l’étoffe.C’est drôle, parce que souvent, quand je fais écouter ses chansons à des gens, plusieurs croient que ce sont des chants autochtones.Il y a un lien à faire.» Robert Seven-Crows participera aussi à l’événement.«Il est micmac et je l’ai connu comme conteur, mais c’est aussi un chanteur et un musicien.C’est vraiment quelqu’un d’exceptionnel, très engagé duns sa communauté et dans le monde.Il s’est d’ailleurs beaucoup engagé auprès des jeunes en difficulté et il se servait du chant et des tambours dans sa démarche», indique M.Faubert.Fidèles au festival Présence autochtone depuis déjà quelques années, Elisapie Isaac et Samian feront également partie de la fête.«Ils n’ont pas besoin VOIR PAGE G 3: CONCERT LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 JUIN 2010 G 3 PRESENCE AUTOCHTONE Xajoj Tun Rabinal Achi Le Rabinal Achi est «le seul vestige connu d’un theatre amérindien précolombien conservé vivant jusqu’à nos jours» La compagnie Ondinnok présente une version contemporaine d’un théâtre dansé maya Ondinnok, une compagnie de théâtre autochtone professionnelle du Québec qui fête cette année ses 25 ans, présente une version contemporaine d’un théâtre dansé cérémoniel maya.Le spectacle, Xajoj Tun Rabinal Achi, aura lieu du 18 au 27 juin à eXcentris, à Montréal, dans le cadre du festival Présence autochtone.BRIGITTE SAINT-PIERRE Drame rituel maya, le Rabinal Achi fait partie de la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, mise sur pied par rUNESCO.«Le Rabinal Achi est un texte qui a été conservé d’une façon orale, en premier lieu, et qui provient d’avant la conquête espagnole [du Guatemala en 1547]», explique Yves Sioui Durand, cofondateur d’Ondinnok et metteur en scène du spectacle Xajoj Tun Rabinal Achi.11 existe maintenant des versions écrites du Rabinal Achi.L’ethnologue français Alain Breton a notamment publié en 1994 une traduction du livret de ce drame dynastique.«Je me suis mis à m’intéresser à ce texte-là, qui est le seul vestige connu, et reconnu par la communauté scientifique, d’un théâtre amérindien précolombien et qui a été conservé vivant jusqu’à nos jours, de génération en génération», mentionne Yves Sioui Durand, qui ajoute que cette forme théâtrale tirerait probablement ses origines de l’époque classique de la culture maya.«C’est un grand texte qui a la même portée, la même valeur, que la tragédie grecque.» Le Rabinal Achi raconte la capture, le procès et la mise à mort d’un guerrier rebelle, Kaweq Kiché.«Il y a toute la vie quotidienne autour de ça et la culture de ce peuple-là qui m’intéressent», mentionne également Yves Sioui Durand.Le metteur en scène affirme que le Rabinal Achi révèle en outre une «humanité assez extraordinaire».Spectacle transculturel El Baile Danza Rabinal Achi, une troupe maya du Guatemala, est la détentrice de ce drame précolombien et en fait une représentation chaque f MARTINE DOYON Le metteur eu scène du spectacle, Yves Sioui Durand année au mois de janvier dans son village, San Pablo Rabinal.Yves Sioui Durand et d’autres gens d’Ondinnok se sont rendus au Guatemala et ont rencontré des membres de cette troupe, puis ceux-ci sont venus au Québec.Une collaboration a ajnsi vu le jour.A moins qu’ils n’arrivent pas à se rendre à Montréal comme prévu, le responsable du Baile Danza Rabinal Achi, José Léon Coloch Garniga, et son bis, José Manuel Coloch Xolop, joueront aux côtés des interprètes d’Ondinnok lors des représentations Ac Xajoj Tun Rabinal Achi à eXcentris.«C’est assez fabuleux, parce que ça vient briser toutes les frontières.C’est une transculturalité hors du commun», affirme le metteur en scène.«Nous, Ondinnok, on est un théâtre autochtone du Nord, urbanisé, et on fait le lien avec ces gens-là qui sont les gardiens d’une tradition multimillénaire.» Membre de la nation des Wendats, le metteur en scène et interprète Yves Sioui Durand a réuni pour ce spectacle des comédiens et des danseurs de diverses origines.Certains viennent du Chili, de l’Equateur, du Mexique ou du Québec.Patricia Iraola a conçu les chorégraphies de Xajoj Tun Ra- binal Achi.Elle est pour sa part issue des cultures bolivienne et espagnole.Les autres interprètes sont Catherine Joncas, cofondatrice des Productions Ondinnok, Charles Bender, qui en est à sa cinquième collaboration avec la compagnie.Marco Collin, diplômé du Programme de formatipn intensive en théâtre pour les autochtones de l’École nationale de théâtre du Canada, Nicoletta Dolce, Hélène Ducharme, Lara Kramer, Mireya Bayan-cela Ordonez, Rodrigo Ramis et Leticia Vera.En mettant sur scène des interprètes de divers pays des Amériques, le cofondateur d’Ondinnok veut évoquer la «parenté amérindienne Nord-Sud» et l’influence de la culture maya sur d’autres peuples autochtones du continent.Le spectacle sera joué en différentes langues, dont le français, l’espagnol et le maya achi.Une réinterprétation «Le Xajoj Tun est une réinterprétation du Rabinal Achi.Non seulement on travaille avec le texte du Rabinal Achi, mais aussi avec deux autres textes, sauvés de la destruction [des Conquistadores]», mentionne Yves Sioui Durand.11 s’agit des anciens textes mayas Popol Vuh et Chilam Balam de Chumayel.«Si le Popol Vuh raconte la mythologie, qui est la racine, le Rabinal Achi, l’histoire, Chilam Balam, lui, raconte les prophéties au moment où les Espagnols arrivent, ce qui va arriver après», indique le metteur en scène.Des fragments de ces textes sont rassemblés pour éclairer celui du Rabinal Achi.«Par ce théâtre-là, on veut faire venir les ancêtres.C’est un théâtre qui est basé sur le culte des ancêtres», explique Yves Sioui Durand.Le metteur en scène estime que les êtres humains ne peuvent pas se détourner de leurs origines.«Le théâtre est là pour nous rappeler qu’avant nous il y avait du monde, d’autres civilisations.Dans l’échelle du temps, d’autres avant nous ont vécu ce qu’on a vécu», souligne-t-il.Yves Sioui Durand mentionne que le texte soulève des questions fondamentales, qu’on se pose encore aujourd’hui, par exemple sur nos origines, la vie, l’être humain, la justice et la mort.11 estime que, d’une certaine manière, nous sommes tous des Kaweq, au sens où nous allons tous mourir.11 souligne l’humanité de cet homme mis à mort, son attachement à la beauté de la vie, à sa famille, à ses enfants.Différent chaque soir L’histoire de Xajoj Tun Rabinal Achi sera racontée à l’aide de pierres, d’os, de masques, de costumes, d’instruments de musique, de l’éclairage et du texte, présentés par Ondinnok comme des porteurs de la mémoire des ancêtres.«Les acteurs se rendent disponibles à tout ce qui peut se produire», indique le metteur en scène.Le spectacle sera ainsi différent chaque soir.«Par exemple, on ne sait pas quel acteur va commencer le spectacle, quel acteur va devenir Kaweq.Il se laisse choisir.S’il est appelé, il monte sur scène, c’est lui.Un autre soir, ce sera un autre.» Yves Sioui Durand souhaite que sa mise en scène permette de rapprocher l’univers des Mayas du nôtre et il indique que c’est le rôle des acteurs du spectacle de faire le lien entre ces deux mondes.«On est ceux qui font l’intermédiaire de ce rendez-vous [entre ce monde et le public].» Collaboratrice du Devoir CONCERT SUITE DE LA PAGE G 3 de présentation!», s’exclame Michel Eaubert, qui, en tant que conteur et musicien, participera également au spectacle.11 est bien heureux d’accueillir la relève.«Samian, par exemple, a une démarche extraordinaire.E s’est lui-même renommé et s’est réapproprié la langue de ses ancêtres, l’algonquin.E est enraciné dans sa culture, mais aussi résolument moderne.» Musique autochtone en 2010 Musique des Premières Nations moderne?Les clichés ne semblent plus avoir leur raison d’être lorsqu’on regarde ce qui se fait actuellement dans le domaine artistique chez les membres des communautés autochtones.En fait, qu’est-ce que la musique autochtone en 2010?«Je crois qu’on comprend maintenant que, lorsqu’on parle des autochtones, il y a différentes cultures là-dedans.Auparavant, on ne connaissait pas beaucoup les cultures et les langues et on avait tendance à penser que c’était toute la même affaire», remarque Michel Eaubert.11 donne l’exemple de Sa-mi,an, qui chante en algonquin, d’Élisapie Isaac, qui fait du folk en inuktitut, et de Elorent Voilant, qui est innu.«Les Québécois commencent vraiment à connaître les différentes cultures autochtones et à être capables de nommer les différentes nations du Québec.Qn peut mettre des visages sur ces peuples.C’est entre autres attribuable à cette importante explosion culturelle qu’on a connue chez différents peuples autochtones ces dernières années», croit le directeur artistique.Michel Eaubert estime d’ailleurs que les Québécois, par leur histoire, sont prédisposés à être sensibles aux enjeux culturels et linguistiques des peuples autochtones.«Ce sont de très petites communautés qui veulent garder leur langue, leur culture et leur identité.Si c’étaient nous, les Québécois francophones, qui étions dans une situation comme ça, nous serions très inquiets.Qn peut facilement les comprendre», croit-ü.Interactions Lors de ce grand événement, on alternera entre la musique, le chant et le conte.Chaque artiste interprétera son propre répertoire, mais les autres ne se gêneront pas pour venir y faire des interventions.En creusant un peu, le spectacle permettra également de mettre en lumière différentes ramifications entre les artistes sur scène.Par exemple, entre Mary-Jane Lamond et Robert Seven-Crows.«Qn interprétera de la musique de Lee Cremo, violoneux micmac de l’île du Cap-Breton, qui s’inspire de la tradition gaélique», révèle le directeur artistique.Le spectacle sera animé en français, en anglais et en cri par Caroline Nepton-Hotte et Benjamin Masty, de CBC North.Ceux qui ne pourront assister au concert à eXcentris, boulevard Saint-Laurent à Montréal, auront l’occasion de l’entendre à la grandeur du pays en se branchant sur CBC Radio 2 le lundi 21 juin à 19h, sur CBC North Radio le 24 juin à midi et sur Espace musique-le samedi 3 juillet à 20h.Les internautes auront aussi ac- cès à un contenu spécial à l’occasion de ce grand concert Grâce à la participation du Wapikoni mobile, studio ambulant de formation et de créations audiovisuelles pour les communautés autochtones, radio-canada.ca/musique proposera dès le 21 juin une sélection de capsules audio-vidéo réalisées pendant les préparatifs du spectacle.A cbc.ca/video, dès le 18 juin, les internautes auront accès notamment à trois clips inédits tournés dans les coulisses du spectacle inaugural.Collaboratrice du Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le rappeur Samian chante en algonquin.Musée merindien (le Mashieuicitsli w, ONDINNOK présente en coproduction avec Présence autochtone XAJOJ TUN RABINAL ACHI a -r -% LA VERSION CONTEMPORAINE DU GRAND THÉÂTRE DANSÉ CÉRÉMONIEL MAYA f r ^ f ooo rà En bordure du Pelniakami (Lac-Saint-Jean) venez à la rencontre ^ de Thistoire ¦% et la culture des Pekuakamiulnuatsh.À travers ses e^ositions, son site ^ extérieur d'interprétation de la ^ flore indigène et ses activités artistiques et culturelles, le Musée amérindien de Mashteuiatsh vous accueille pour vous Élire vivre une expérience au cœur de sa communauté.D’APRES LES ANCIENS TEXTES MAYAS DU RABINAL ACHI, DU POPOL VUH ET DU CHILAM BALAM DE CHUMAYEL.Mise en scène de Yves Sioui Durand Chorégraphie de Patricia Iraola ^ Ondinnok* U 18 au 27 juin 2010 ____________à20hl lwww.ondinnok.org 'Désir secret de l’âme (.20-J PRESENCE eXcentris AUTOCHTONE 2010 3536, boul.Saint-Laurent Billetterie : 514-814-8100 J ^ ^ ^ Soyez des nôtres pour les soirées culturelles NIPIN tous les mercredis de Tété.Pour la programmation détaillée : 1 888 875 4842 — www.musceilnu.ca G 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE IS JUIN 2010 À la Bibliothèque nationale PRESENCE AUTOCHTONE Matshimm—Nomades opère une mise en contact avec les routards du Nord « On voulait des photos qui semblaient vraiment tirées de la vie quotidienne » Des Innus qui sourient en empoignant des raquettes dans une forêt enneigée, en attendant sous une tente avec une pipe entre les mâchoires ou en pagayant sur une rivière entre le Labrador et le lac Saint-Jean.Les photos sont lumineuses, au propre comme au figuré.Avec l’exposition Matshinanu — Nomades, la Bibliothèque nationale invite les gens à contempler, dans un espace décloisonné, ce qu’était le quotidien de ces infatigables routards.ETIENNE PLAMONDON EMOND Une rencontre entre l’urbanité et la nature, entre hier et aujourd’hui, entre la métropole interculturelle et les Premières Nations.La Grande Bibliothèque de la rue Berri, lieu public achalandé, accueille depuis le 25 mai dernier l’exposition Matshinanu — Nomades dans un espace aéré aux côtés des rangées de livres classés.Un endroit où ça bouge et où on peut circuler, comme les nomades de la Basse-Côte-Nord, de la Minganie et du Lac-Saint-Jean, sujets des photographies présentées.«Je trouve ça fascinant comment les deux s’intégrent bien ensemble.Comment ça se parle, l’édifice, ici, au cœur de la ville, et ces photos.Ça devient un endroit absolument magnifique, un endroit presque secret où les gens peuvent venir et faire un voyage extraordinaire», exprime Michel Côté, parolier et commissaire de l’exposition.Les photographies personnelles ou familiales, souvent minuscules à l’origine, prennent une force d’évocation De la Côte-Nord et de Mashteuiatsh Les abonnés flânent, entre deux recherches, et prennent le temps d’admirer les scènes de portage et de campement.Les photographies personnelles ou familiales, souvent minuscules à l’origine, prennent une force d’évocation insoupçonnée une fois agrandies.Ces témoignages, retrouvés au Centre d’archives de la Côte-Nord et au Musée amérindien de Mashteuiatsh, s’illuminent ici à l’intérieur de vitrines aux cadres en bois.Pour rappeler la nature sauvage, cette scénographie, à l’épuration moderne, est ponctuée de bouleaux s’éle- msoupçonnee une fois agrandies vant sur des socles.De petits écouteurs y sont accrochés et permettent d’entendre la poésie de Joséphine Bacon, tout en observant les habitudes de chasse et de pêche de ces éternels voyageurs.«C’est une façon de dire qu’on peut parler du patrimoine d’une façon très contemporaine, observe Christine Bouchard, directrice de la programmation culturelle de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).Patrimoine, ce n’est pas [synonyme de] vieux.Ça fait partie de notre histoire.Ça fait partie de nous et on peut se l’approprier, se le réapproprier, l’interpréter.Parce que, ici, c’est une interprétation, une création.» «Et ça donne une certaine connaissance aussi, non pas de ce qu’étaient les Premières Nations, [mais] de ce qu’ils sont toujours, souligne quant à lui Michel Côté.Parce que, lorsqu’on lit les poèmes, on revient dans le présent chaque fois et on se dit qu’il y a encore une voix vivante qui parle», ajoute-t-il en référence aux textes qu’il a commandés à Joséphine Bacon pour construire un pont entre les peuples autochtones et le temple de la littérature.«On n’est pas dans la nostalgie.» En direct De vieilles photos tirées d’une autre époque, mais qui apportent une vision neuve sur cette nation amérindienne grâce à la simplicité et à l’authenticité des regards posés.«On ne voulait pas de photos artistiques.On ne voulait pas de photos trop descriptives.On voulait des photos qui semblaient vraiment tirées de la vie quotidienne.Pas des photos d’ethnologue ou d’anthropologue qui prêteraient à in- mdtsh OMADE PIERRE PERRAULT BANQ Depuis une quinzaine d’années, BAnQ organise, en partenariat avec Terres en vues, des expositions dédiées à ia cuiture des Premières Nations.terprétation ou qui seraient déjà interprétées.Des photos vraiment crues, sans critère, sauf d’y voir des aspects de la vie», résume Michel Côté pour expliquer la démarche.«Pour nous, cet aspect du vrai, du sensible, de l’émotion devait être présent», renchérit Christine Bouchard.Ce n’était pas de montrer la dureté, quelque chose de pessimiste, [mais de montrer] une vie heureuse.» Peu de pédagogie et peu d’explications, donc.Essentiellement de la poésie, en images, en mots et en sons.Et des instants, fixés dans le temps par les appareils photographiques, qui se font parfois écho.Comme ces portraits de couples, l’un avec des jeunes, l’autre avec des personnes âgées, qui se répondent au comptoir du premier niveau de la Grande Bibliothèque.L’étage du haut présente une file d’attente pour le dentiste, déjà à l’œuvre avec la bouche grande ouverte d’un patient, dans une ,aire extérieure sans intimité.A côté de cette photographie se poste le cliché d’un homme tenant la main d’une jeune fille à la mine renfrognée.«Ici, notre lien, c’est qu’elle avait vraiment peur de se retrouver chez le dentiste», lance à la blague Michel Côté en pointant ladite photo.«C’est le seul endroit où on s’est amusé.On aimait beaucoup la photo, mais on ne savait pas où la mettre», confie le commissaire en éclatant de rire.Puis, en ^ise d’introduction, il y a cette image de jupes gonflées qui sèchent au vent devant un campement estival parsemé de tentes montées.Christine Bouchard révèle que ce cliché leur a «sauté aux yeux» dès les premières réunions, tenues quelques jours après le séisme dévastateur à Port-au-Prince.«Au Québec, on a des populations qui sont fortes, puissantes, qui sont capables de contrer l’ari- dité du territoire.Ce n’est pas facile de vivre une vie quotidienne dans toutes ces saisons.Et ça m’a fascinée.J’étais peut-être plus sensible, avec ce qui venait d’arriver en Haïti, parce qu’on voyait ces tentes à la télé.» Partenariat Un baptême à la photographie réussi.Depuis une quinzaine d’année, BAnQ organise, en partenariat avec Terres en vues, des expositions dédiées à la culture des Premières Nations.Mais, pour la première fois, l’établissement et l’organisme s’attaquent à ce média riche en témoignages.Une occasion en or pour BAnQ de valoriser son patrimoine documentaire, le rendre accessible, le faire découvrir.Les premières expositions, mettant en valeur des œuvres artistiques amérindiennes, se sont développées dans l’ancien édifice situé rue Saint-Sulpice, dans le cadre du festival Présence autochtone.Depuis, cet événement a pris du galon, autant dans la durée que dans la visibilité.Matshinanu — Nomades occupera le terrain de la Bibliothèque nationale jusqu’au 25 septembre 2011.«D’ailleurs, au sein de l’établissement [de la BAnQ], il y a un comité qui travaille actuellement sur la question du patrimoine autochtone», affirme Christine Bouchard, soulevant au passage l’importance des enjeux de la conservation et de la numérisation des traces laissées par les Premières Nations dans notre histoire.«Et je pense que plus on collabore [avec Terres en vues], plus on trouve de nouvelles pistes.Le prochain projet va aussi être audacieux.On va possiblement travailler sur la musique autochtone.» Des sons dans ime bibliothèque?Preuve, une fois de plus, que le patrimoine ne s’englue pas dans les normes du passé.Le Devoir De Mashteuiatsh à Wendake L’art autochtone en direct! Le Musée huron-wendat accroche une rétrospective de l’artiste ilnushkueue Diane Robertson Las des sentiers battus?Si tel est le cas, alors la visite d’un musée amérindien s’impose.Car, au-delà du dépaysement, il y a dans cette visite l’occasion de faire connaissance avec la culture et l’histoire des Premières Nations et ainsi de mieux les comprendre et les apprécier.PIERRE VALLEE Situé à Mashteuiatsh, Pointe-Bleue, au Lac-Saint-Jean, le Musée amérindien de Mashteuiatsh propose à ses visiteurs, du 13 mai au 31 octobre, l’exposition temporaire Je me souviens des premiers contacts, de l’artiste innu Ernest Dominique.L’artiste de réputation internationale — ses œuvres ayant même orné les cimaises du Louvre — présente là 24 tableaux portant sur les premiers contacts du peuple innu avec la civilisation blanche.Ces œuvres sont réalisées sur des peaux de caribou et sont peintes à l’aide de matériaux inusités tels, entre autres, des végétaux et des fruits.«Cette exposition est présentée dans notre salle principale, mais le musée possède aussi deux autres salles qui nous permettent d’accueillir deux autres expositions cet été», précise Louise Siméon, directrice du Musée amérindien Mashteuiatsh.La première de ces expositions, intitulée eishitanuatsh-au fil des saisons, réunit les œuvres du photographe ilnu Pierre Gill.«Pierre GUI est un photographe de notre communauté et son exposition traite justement de territoire et de communauté.» La seconde exposition de photographies, intitulée Réserve humaine, est l’œuvre de la photographe française Isabelle Kraiser, qui relate son récent passage dans la communauté ilnue.Les visiteurs pourront évidemment faire le tour de l’exposition permanente du musée, intitulée L’Esprit de Pe-kuakamiulnu, qui relate l’histoire des Pekuakamiunuatshs.«Nous avons réactualisé cette exposition en 2006 et, grâce à la communauté qui y a contribué son temps et son talent, une section de l’exposition est maintenant consacrée à l’actualité et à nos aspirations d’aujourd’hui.» De plus, les visiteurs pourront profiter du site d’interprétation extérieure de la flore indigène qui se décline sous le thème de s’abriter, se déplacer, se nourrir et se soigner.Musée des Abénakis C’est l’exposition La Loi des Indiens revisitée, réalisée par le Musée huron-wendat, qui prendra l’affiche, cet été jusqu’au 11 octobre, en tant qu’exposition temporaire au Musée des Abénakis à Qda-nak, situé à côté de Pierrevil-le.Dans cette exposition, huit Les visiteurs du Musée huron-wendat ont la possibilité de s’inscrire au Forfait découverte qui comprend en plus la visite de quatre attraits touristiques régionaux artistes autochtones de différentes Premières Nations au Canada revisitent à leurs façons les articles de cette loi.Ces artistes sont Prance Gros-Louis Morin (Wendat), Eruo-ma Awashish (Atikamekw), Jackie Traverse (Qjibway), Angela Steritt (Gitxsan), Maria Hupfield (Qjibway), Nadia Mjre (Algonquine), Teharihu-len Michel Savard (Wendat) et Louis Karl Picard-Sioui (Wendat).«Cette loi, qui est toujours en vigueur, a été promulguée pour régir entièrement ce que les au- tochtones pouvaient faire et se voulait une solution définitive au problème amérindien, souligne Jennifer Mahé-Trudeau, responsable des groupes au Musée des Abénakis.Par exemple, un des articles de cette loi interdit aux non-autochtones de pénétrer dans une réserve amérindienne.Une des œuvres, donc, donne le point de vue de l’artiste sur cet article.L’œuvre en question nous montre des photographies de réserves autochtones pardessus lesquelles l’artiste a posé un grillage et la mention «Entrée interdite».Il pose alors la question: qu’est-ce que le gouvernement veut cacher par cette interdiction?» L’exposition permanente du Musée des Abénakis s’intitule Wobanaki, le peuple du soleil levant.Taisant appel à diverses formes muséales, dont le multimédia, cette exposition raconte l’origine du monde selon la tradition orale millénaire des Abénakis.Une section du musée met aussi à l’honneur la cinéaste docu-mentariste Alanis Qbomsawin — une Abénakie d’Qdanak — qui a fait et fait toujours car- rière à l’Qffice national du film.Ceux qui se présenteront pour visiter le musée les 2, 3 ou 4 juillet pourront aussi assister au pow-wow abénaki annuel organisé par le Conseil de bande d’Qdanak.Musée huron-wendat L’Esprit de Diane est le titre de l’exposition temporaire qu’on pourra voir cet été jusqu’au 29 août au Musée huron-wendat, situé à Wendake, près de Québec.Qrganisée par le Musée amérindien de Mas-teuiatsh, cette exposition se veut un hommage et une rétrospective des œuvres de l’artiste ilnushkueue (femme ilnue) Diane Robertson (1960-1993).Une quinzaine d’œuvres, dont des installations, peintures, croquis, dessins et textes, permettront de se familiariser avec l’œuvre de cette artiste contemporaine autochtone.Intitulée Territoires, mémoires, savoirs, l’exposidon permanente du Musée huron-wen-date raconte les origines et le long parcours de la nation wen-date en mettant l’accent sur les thèmes qui composent le titre de l’exposidon.En retrait de l’exposidon, un parcours ludique et éducatif faisant appel à des bornes interactives intéressera les jeunes et les moins jeunes.Les visiteurs du Musée huron-wendat ont aussi la possibilité de s’inscrire au Portait découverte qui comprend, outre une visite guidée du musée, la visite de quatre attraits touristiques régionaux, soit la maison Tsawenhohi, l’église Notre-Dame-de-Lorette, la fresque des Wendats et la chute Kabir Kouba.«Cette année, en plus des deux départs, l’un à 10 heures et l’autre à 13 heures, nous offrons maintenant le Eorfait découverte à la carte, explique Valérye Tremblay, responsable des réservations et des groupes au Musée huron-wendat.Ainsi, les visiteurs pourront diviser la visite des attraits en étapes, par exemple, visiter certains attraits le matin et d’autres en après-midi, ce qui permet une pause pour le dîner.» Notons au passage que le Musée huron-wendat fait partie d’un complexe récréotouris-dque qui comprend l’hôtel Premières Nations et le restaurant gastronomique de cuisine autochtone La Traite, du chef Martin Gagné.Il est donc possible de visiter le Musée huron-wendat et les attraits touristiques régionaux tout en s’offrant un repas gastronomique et une nuitée à l’hôtel.Collaborateur du Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 JUIN 2010 G 5 PRESENCE AUTOCHTONE Dès le 4 août La Place des festivals accueillera le volet extérieur de Présence autochtone «Ce sera un parcours dans lequel on invitera les visiteurs à s’insérer» Cet été, Présence autochtone souffle ses 20 chandelles.Si, depuis ses débuts, l’événement est entièrement présenté en juin à Montréal, cette année, les festivités seront tenues en deux temps.Forcés de réviser leur calendrier en raison du déménagement des Francofolies, les organisateurs du festival ont choisi de déployer leur premier volet en juin et de tenir le second en août, du côté de la Place des festivals.EMILIE CORRIVEAU On lorgnait vers la Place des festivals depuis déjà un bon moment et on souhaitait vraiment pouvoir occuper les lieux pour notre 2(P anniversaire, mais on avait assez peu de nouvelles, à savoir quel type de programmation y serait présentée et si on allait pouvoir s’y insérer», raconte André Dude-maine, directeur de Présence autochtone.Lorsque les organisateurs des FrancoFolies ont annoncé leur intention de tenir leur 22® édition à la Place des festivals en juin, M.Dudemaine et son équipe ont compris que les dés étaient jetés et qu’il serait impossible de tenir Présence autochtone aux dates habituelles.«Pour nous,^ il était certain que la place Émilie-Gamelin n’offrait plus de possibilités de développement vers où on voulait aller, explique le directeur de Présence autochtone.En plus, ç’aurait été vraiment s’enfermer dans le rôle de parent pauvre que d’aller à la place Émilie-Gamelin quand Spectra déploie le grand décor des Fran-coFolies à trois coins de rue de là!» Aux dires d’André Dudemaine, ce changement de plan s’est révélé être un mal pour un bien.Forcés de repenser leurs modes d’intervention, les organisateurs de l’événement ont retroussé leurs manches et ont 8 OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR Selon André Dudemaine, directeur de l’événement, l’occupation de la Place des festivals devrait permettre à Terres en vues de mieux remplir sa mission.préparé un plan d’installation se déployant du 4 au 8 août, lequel a été accepté avec beaucoup d’enthousiasme par les gens du Quartier des spectacles.«En matière de calendrier, ça tombe en plein dans la haute saison touristique.Ça commande des modes d’intervention qui sont d’une autre dimension que ceux qu’on avait connus dans les années antérieures.Ce sera un beau grand pas en avant pour le festival», souligne M.Dudemaine.Heureusement pour Présence autochtone, le festival bénéficiera d’un budget à la hauteur de ses ambitions.Grâce au soutien de Tourisme Montréal, de Tourisme Québec, de Développement économique Canada et du Partenariat du Quartier des spectacles, le festival disposera d’une cagnotte d’un million de dollars, soit 250 000 $ de plus que l’an dernier.Un pas en avant Selon le directeur de l’événement, l’occupation de la Place des festivals devrait permettre à Terres en vues de mieux remplir sa mission.L’organisme, qui a pour mandat de faire connaître et apprécier les cultures premières, ainsi que d’encourager le dialogue interculturel par la diffusion d’œuvres qui expriment la vitalité culturelle et artistique des Premières Nations, sera mieux positionné pour parvenir à ses fins.«On n’a pas encore atteint notre plein potentiel de développement, à la fois sur les plans de la création et de l’arrimage des cultures, soutient M.Dudemaine.Pour la première fois cette année, nous serons vraiment coproducteurs de spectacles.Ce sont des choses qu’on avait faites par le passé, mais de façon très timide.On veut prendre cette direction de façon plus marquante, dans la mesure où il y a des créateurs qui émergent et qui ont besoin de nous.Aussi, depuis 20 ans, beaucoup de créateurs se sont fait connaître et ceux-ci ont des projets plus ambitieux.Ça fait aussi partie de notre mission de soutenir des œuvres consistantes.» Un meilleur arrimage S’il existe depuis une vingtaine d’années, le festival Présence autochtone est toujours méconnu d’une bonne partie de la population québécoise.Selon M.Dudemaine, la visibilité que conférera la Place des festivals à Présence autochtone est susceptible de changer la perception que partagent beaucoup de Québécois à l’égard des Premières Nations.«Sur le plan de l’arrimage entre le développement touristique et la présence autochtone à Montréal, il y a encore beaucoup à faire.Que le festival soit déployé sur la Place des festi- vals cette année, ce sera bénéfique à la fois pour les Premières Nations et pour l’ensemble de la population.Si on reconnaît un rôle de premier plan, dans la panoplie des festivals, à celui des Premières Nations, c’est qu’on reconnaît aussi les cultures premières dans le paysage culturel.Ça, c’est un grandpas en avant», reconnaît M.Dudemaine.Programmation Le coup d’envoi du premier volet de Présence autochtone sera donné le 17 juin prochain par un grand spectacle d’ouverture réunissant Elisapie Isaac, Michel Faubert, Samian, Robert Seven-Crows, Mary-Jane Lamond et VJ Lady Pink Rubber Lady à eXcentris.La programmation de ce premier mouvement se poursuivra jusqu’au 27 juin.Le second volet de Présence autochtone, entièrement extérieur, sera tenu du 4 au 8 août à la Place des festivals.La programmation, encore à l’état embryonnaire, devrait se préciser d’ici juillet.«Pour ce qui est des spectacles en soirée, nous travaillons fort là-dessus, mais rien n’est encore tout à fait certain.De jour, il y aura une installation design à la Place des festivals, qui utilisera les jets d’eau et qui tiendra compte des lieux.Ce sera un parcours dans lequel on invitera les visiteurs à s’insérer, un lieu où on pourra circuler, flâner, s’asseoir.Il y aura une foire artisanale, des démonstrations, de la danse, et les arts et métiers traditionnels seront à l’honneur», souligne M.Dudemaine.Les festivités culmineront le dimanche 8 août par la tenue d’une cérémonie spéciale réunissant des leaders spirituels de différentes nations.Ce sera l’occasion de souligner la Journée internationale des populations autochtones, traditionnellement célébrée à travers le monde le 9 août.Pour plus de détails sur la programmation du festival: www.nativelynx.qc.ca.Collaboratrice du Devoir Joséphine Bacon, poétesse innue «Quand les anciens s’en vont, ce sont des bibliothèques nationales qui se perdent» La réalisatrice de films poursuit en mots son travail de mémoire Joséphine Bacon, poétesse, conteuse et réalisatrice d’origine betsiamite, rayonnait quand le Marché de la poésie de Montréal lui a remis son Prix des lecteurs pour Bâtons à message / Tschissinuatshitakana (Mémoire d^encrier), le 27 mai dernier.«C’est une réelle fierté.Pour moi et les miens.C’est très important de voir que la langue innue peut s*écrire en poésie», expliquait-elle.CATHERINE LALONDE Si Bâtons à message/ Tschissinuatshitakana est son premier recueil, Joséphine Bacon écrit depuis toujours.«Surtout depuis que je suis à Montréal, depuis 1968.Sur des bouts de papier, tout le temps, dès que ça me parle, dès que c’est fort, des petits haikus innus, des images dans ma langue.» Ou en français, selon que le poème s’adresse «aux Amérindiens ou aux blancs».Pour Bacon, l’image fait naître le texte.«Je vois ce que j’écris.Quand je parle de tambour, je l’entends dans ma tête.Le rêve, la toundra, toutes les images lèvent en même temps que je les écris et que je les dis.C’est comme quand je tourne des films, dit-elle en riant, sauf que ça coûte moins cher! Et l’équipe, c’est seulement moi, mon papier et mon crayon.» Les anciens et leurs contes Car c’est comme réalisatrice que Bacon se fait connaître.En 1996, elle tourne, à la suite d’un concours de l’Office national du film du Canada, le documentaire Mishtikuashisht — Le Petit Grand Européen: Johan Beetz, sur un Belge dont le nom revient régulièrement dans les récits des vieux chasseurs.Suivent des documents sur les douze communautés innues et sur le territoire.Et une collaboration à la série Tshinanu.Pendant ce temps.Bacon récolte également les récits.Un travail qu’elle poursuit encore en traduisant l’innu pour l’anthropologue Sylvie Vincent.«C’est comme ça que j’ai commencé, en enregistrant les aînés, se remémore-t-elle, assise à l’ombre de la petite place Gérald-Godin.Quand les anciens s’en vont, ce sont des bibliothèques nationales qui se perdent.Es n’écrivent pas, ils content.C’est en écoutant, en voyant ce qui est raconté que tu apprends ton histoire.Je les ai enregistrés: leurs paroles vont rester.Je les traduit, les transcrit.Ma poésie a commencé avec eux, ils me donnaient tellement d’images.Tout était beau dans ma tête quand ils racontaient.» Est-elle inquiète pour sa langue, à voir ainsi partir les vieilles générations?«J’ai confiance.Il y a 50 ans, ils ont dit que nous ne se- LAURE MORALI Joséphine Bacon rions plus là dans 50 ans.Et on est là.Mais c’est important que l’innu soit écrit, vu, entendu.» La toundra en août Les poètes qui l’inspire?Gaston Miron, Patrice Desbiens et son ami José Acquelin, qui signe avec elle les correspondances d’Aimititau! Parlons-nous! (Mémoire d'encrier).Le rapport à la nature, à la faune, aux ancêtres et au temps est partout dans les poèmes de Bacon.«Ton cœur dit / d’où tu viens /pense à ton âme, / elle t’a donné la source / avant la naissance», écrit-elle.L’importance du territoire est aussi dans Mishapan Nitassi-nan (Que notre terre était gran- de), chanson signée pour Chloé Sainte-Marie.Avec son air de gamine de 54 ans, haute comme trois pommes.Bacon, que ses amis surnomment Bibitte, s’illumine quand elle raconte l’histoire de la chanson.«C’est une idée de Gilles Carie: il m’avait engagée pour “coa-cher” Daniel Pilon, qui jouait un Métis [dans Red].Le jour où ils tournaient la scène où Daniel retourne dans sa famille, dans le bois de Mistassini, je n’étais pas là et Daniel ne savait pas quoi dire.Alors Gilles lui a demandé de faire semblant de parler la langue, de dire tous les mots amérindiens qu’il connaissait.Oka, Chibougamau, Ship-shaw.La chanson vient de là.J’ai sorti tous les noms, Gilles Bélanger les a arrangés, c’est lui qui les a rendus musicaux.C’est quand même 65 toponymes que Chloé retient!» Bacon sera en août à la rivière George pour préparer son prochain recueil.«La toundra et moi.Je vais être là-haut, marcher où les anciens ont marché, sentir leur vibration», dit-elle, main au cœur, ses yeux gris brillants plus que jamais.En attendant ce prochain livre, on peut voir à la Grande Bibliothèque des poèmes de Bacon alliés à des photographies du peuple innu, dans l’exposition Matshinanu — Nomades, jusqu’au 25 septembre 2011.Collaboratrice du Devoir A U T 0 C H T 0 Responsable NORMAND THERIAULT 2050 rne de Blenry 9 etage Montreal (Qnebec) H3A 3M9 UE DOIS MUSÉE DES Abénakis Découvrez l'image fidèle d'une nation Expositions permanentes et thématiques Boutique de souvenirs KizSbak Forfaits de groupe et repas traditionnel Pow Wow Abénakis : du 2 au 4 juillet 2010 Consultez la programmation sur www.cbodanak.ca M ms H %.108, rue Waban-Aki Odanak (Québec) J0C1H0 450 568-2600 www.museedesabenakis.ca : 20®, anniversaire PRÉSENCE AUTOCHTONE 2010 JUIN, JUILLET AOÛT ' Montréal arts visuels matshinanu NOMADES Autour des photographies de la vie quotidienne du peuple innu, Joséphine Bacon, par sa poésie touche au cœur vibrant du territoire.du 25 mai 2010 au 25 septembre 2011 À la Grande Bibliothèque 475, bout De Maisonneuve Est Section Arts et littérature, niveau 1 et vitrines, niveaux 1 à 4 Entrée libre - www.banq.qc.ca Réalisée par BAnQ et par Terres en vues à l’occasion du festival Présence autochtone 2010 films et vidéos Images des Premières Nations 20 ans d’accomplissements prodigieux Du 17 au 23 juin Cinéma du Parc, 3575, avenue du Parc Centre Culturel Simon Bolivar, 394, boui.de Maisonneuve 0.Cinéma Parallèle, 3536, boul.Salnt-Laurent À la belle étoile, deux soirées de projections extérieures sur la Main, au coin de la rue Bagg et du boul.Saint-Laurent Vendredi 18 juin, 21 h Samedi 19 juin, 21 h 30 1* Les chemins rêvés I Usage du territoire John Sabourin Sculptures sur pierre et peintures du 4 juin au 26 juin Guilde canadienne des métiers d'art 1460, rue Sherbrooke Ouest www.guildecanadiennedesmetiersdart.com spectacles Blues, Blanc, Rouge Une célébration aux couleurs de la diversité Spectacle d’ouverture Avec Elisapie Isaac, Michel Faubert, Samian, Robert Seven-Crows, Mary-Jane Lamond et VJ Lady Pink Rubber Lady 17 juin, 20 h 30 Salle Cassavetes 1 (eXcentris) 3536, boul.Saint-Laurent Une présentatton d’Espace musique et de CBC Radio 2 En collatMtatbn avec le festival Présence autochtone et le Wapikoni mobile 1 Là où est notre maison Une démarche d’apprentissage et de création dont les résultats ne cessent d’étonner.les 19 et 20 juin, et du 25 au 27 juin 11hà17h École Rotiwenankéhte et Aronhiatékha 407, me Saint-Michel, Kanesatake Xajoj Tun I Rabinal Achi Théâtre dansé cérémoniel Maya Mise en scène de Yves Sioui Durand Chorégraphie de Patricia Iraola du 18 au 27 juin, 20 h EXcentris 3536, boul.Saint-Laurent Une présentation d'ONDINNOk en coproduction avec Présence autochtone Billetterie eXcentris : 514.814.8110 w Place des festivals du 4 au 8 août Un décor sonore e.a PLACE DES FESTIVALS aux couleurs des Premières Nations f Mm ^ i Place des festivals Coin StE-Catherine et Jeanne-Mance, i ¦ métro Place-des-Arts / ¦¦ 1 V," 7,^ ^ 'i- TERRES EN VUES ()
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