Le devoir, 5 juillet 2010, Cahier B
LE DEVOIR, LE LUNDI 5 JUILLET 2010 TENNIS Nadal consolide son pouvoir à Wimbledon Page B 4 CULTURE Un «Mur du son» réussi à Québec Page B 8 MOPE Monde qui rit, monde qui pleure François Brousseau Les blogues, groupes de discussion et autres «chats» sur Twitter valent ce qu’ils valent pour s’informer.Mais ils peuvent parfois donner une bonne idée de l’opinion ambiante dans certains pays, certains milieux, certaines générations.Je suis accablé par la profonde mauvaise humeur — proche du désespoir — qui hante les forums de discussion des lecteurs d’au moins deux de mes quotidiens préférés: Le Monde et le New York Times.Partout, ou presque, domine l’idée d’une crise insoluble, d’un déclin irréversible, de politiciens incapables ou saboteurs.Qu’il soit question de solidarité, de réforme financière, de dégraissage de l’État.ou de la déroute des Bleus au Mondial, l’avenir semble s’écrire en noir sur noir.Curieusement, je retrouve beaucoup moins de cette neurasthénie «blogo-médiatique» dans le troisième de mes quotidiens favoris, El Pais de Madrid.Dans un pays, pourtant, qui ne donne pas sa place pour les indices catastrophiques: 20 % de chômage ce printemps, une récession atroce en 2009, avec effondrement du secteur immobilier et renvoi pêle-mêle des immigrants attirés par le boom des années 2002-2007.Et pourtant.Un titre de la presse madrilène de ce week-end: «Indices améliorés: attention à l’euphorie.» L’euphorie! Tout ça parce que le chômage et les déficits en Espagne ont reculé, en mai, de quelques dbdèmes de petits poils de rien du tout! Erreurs de perspective, ou intuitions justes des tendances historiques?A moins que ce ne soit la bonne tenue de l’Espagne au Mondial! ?Autres continents, autre atmosphère: l’Asie et l’Amérique latine semblent vivre sur une autre planète.Prenons le tout dernier Latinobarômetro, cette grande enquête annuelle qui mesure — à l’aide de 20 000 entrevues menées dans 18 pays — l’humeur des citoyens d’Amérique centrale et du Sud, leur évaluation de la situation dans leur pays et ailleurs, leur perception du reste du monde, etc.Eh bien, au sud du Rio Grande — et en particulier au sud du Venezuela — l’humeur des Latinos n’a jamais été meilleure.Malgré la pauvreté, les inégalités, la corruption et la violence qui perdurent, l’optimisme des familles moyennes sur leur avenir matériel est en hausse.avec les deux tiers, parfois les trois quarts, des populations nationales qui voient l’avenir en rose — ou en tout cas, pas en noir! L’optimisme est le plus élevé au Brésil et au Chili, deux pays dont les success-stories économiques ne cessent de surprendre.Le Brésil, par exemple, dont le taux de croissance prévu pour 2010 est de plus de 7 %.Et le Chili, dont l’éconq-mie, d’avril 2009 à avril 2010, a crû de.8,2 %! A comparer avec le malheureux Venezuela d’Hugo Chavez, qui, malgré tout son pétrole (acheté en masse par les États-Unis), se retrouve dans la cave, avec une récession de -5,8 % depuis le printemps 2009.Dur, dur pour un pays qui prétend jouer au leader régional! Hormis donc ce «mouton noir» bolivarien, l’Amérique latine a les bons chiffres.et le moral qui va avec.Toute une région du monde, qui au ^e siècle nous avait habitués aux putschs, aux dettes insondables et aux sauvetages par les «cousins riches d’en haut».se ressaisit, prend de la hauteur, et peut désormais nous regarder avec distance.Bravo! Toujours sur l’air du «monde qui rit et du monde qui pleure», une dernière observation.euroasiatique.Les leaders chinois poursuivent avec une stupéfiante assurance leur construction du «capitalisme autoritaire».H est assez frappant de constater que Pékin, qui plus que jamais serre la vis aux minorités opprimées, verrouille toute dissidence politique, met à genoux Google et autres Yahoo.se révèle, dans les relations financières de 2010, un partenaire des plus responsables, qui pourrait en remontrer au reste du monde.A commencer par l’Allemagne! Alors que Berlin, tel un oncle Picsou chagrin et désagréable, reprend le refrain de l’austérité à tout prix, refuse de délier les cordons de la bourse, s’enfonce, devant la grave crise européenne, dans le déni et le repli, Pékin injecte 600 milliards en 2009 pour la relance, fait rebelote en 2010, augmente de 30 % sa masse monétaire en deux ans.En direct de Pékin, sur fond de crise mondiale: une leçon de capitalisme responsable.Ce pays a décidément de l’avenir.François Brousseau est chroniqueur (Pinformation internationale à Radio- Canada.Cette chronique fait relâche pour l’été.Elle reviendra le lundi 23 août.francohrousso@hotmail.corn e REUTERS Alain Joyandet (à gauche) et Christian Blanc, secrétaires d’État respectivement à la Coopération et au Grand Paris.Deux ministres français jettent l’éponge Les démissions d’Alain Joyandet et de Christian Blanc s’inscrivent dans une série de polémiques autour d’un train de vie dispendieux Paris — Deux ministres français, dont celui chargé de la coopération, ont annoncé hier leur démission, alors qu’une série d’affaires mêlant conflit d’intérêts, passe-droits et train de vie dispendieux mine le gouvernement du président Nicolas Sarko^.Main Joyandet et Christian Blanc, secrétaires d’État respectivement à la Coopération et au Grand Paris, ont présenté hier leur démission du gouvernement, qui a été acceptée, a annoncé la présidence de la République.Les fonctions d’Alain Joyandet seront exercées par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et celles de Christian Blanc par le ministre de l’Espace rural, Michel Mercier.Alain Joyandet et Christian Blanc avaient été récemment mis en cause dans la presse en raison de leur train de vie.«L’homme d’honneur que je suis ne peut accepter d’être victime d’un amalgame.Après mûre réflexion, j’ai décidé de quitter le gouvernement», a expliqué sur son blog Alain Joyandet, qui était chargé du dé veloppement et notamment des relations avec les pays africains.Joyandet avait été épinglé à deux reprises, ces derniers mois, par la presse: une première fois en mars pour avoir eu recours à la location d’un avion privé pour 116 500 euros (près de 160 000 $ canadiens) lors d’un déplacement minis- tériel en Martinique, et une autre en juin quand il a été soupçonné d’avoir bénéficié d’un permis de construire illégal pour agrandir la maison qu’il possède près de Saint-Tropez, dans le sud de la Erance.Une République exemplaire?«Pas un euro public n’a été détourné pour mon enrichissement personnel ou celui de mes proches», a souligné Joyandet, en se félicitant d’avoir «œuvré pour les pays en voie de développement, le renforcement de nos liens avec l’Afrique et la promotion de la francophonie dans le monde»., Pour sa part, le secrétaire d’État chargé du développement de la région de Paris, Christian Blanc, avait été sévèrement critiqué pour avoir acheté pour 12 000 euros (près de 16 000 dollars) de cigares cubains sur des fonds publics.Ces deux démissions s’inscrivent dans une série de polémiques autour du train de vie des ministres français et de leur implication présumée dans des affaires politico-judiciaires, qui ne cesse d’enfler depuis plusieurs semaines.Le ministre du Travail, Éric Woerth, fait figure de principal accusé: il est soupçonné de «conflit d’intérêts» pour avoir été ministre du Budget (2007 à mars 2010) à une époque où son épouse gérait une partie de la fortune de l’héritière du géant des cosmétiques L’Oréal, Liliane Bettencourt, soupçonnée de possibles finudes fiscales.Woerth est un ministre clé, chargé de porter la douloureuse et impopulaire réforme des retraites qui doit marquer la fin du mandat de Nicolas Sarkozy.D’autres membres du gouvernement sont en cause pour avoir logé dans des hôtels hors de prix ou fait occuper leur logement de fonction par leur famille.Ces révélations successives tombent au plus mal pour Nicolas Sarkozy, qui avait promis une République exemplaire, et alors que le gouvernement vient d’adopter des mesures de rigueur budgétaire.Mercredi, en recevant les députés de son parti, le chef de l’Etat avait promis de tirer «sévèrement» les conséquences de ces affaires, et annoncé qu’il remanierait son gouvernement en octobre.Son ancienne adversaire socialiste à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, a ainsi jugé que «le système Sarkozy est aujourd’hui corrompu», tandis que la dirigeante du Parti socialiste Martine Aubry a dénoncé «un entrelacs fâcheux entre le pouvoir politique et les intérêts de l’argent».Et selon un sondage Viavoice à paraître aujourd’hui dans le quotidien Libération, près de deux Erançais sur trois (64 %) jugent leurs dirigeants politiques «plutôt corrompus».Agence France-Presse CONFLIT AFGHAN Petraeus prend ses fonctions à un moment « critique » Kaboul — Le nouveau commandant en chef des forces internationales en Afghanistan, le général américain David Petraeus, a pris ses fonctions hier en soulignant que le conflit contre l’insurrection islamiste était arrivé à un moment «critique».«Nous sommes arrivés à un moment critique.Nous devons démontrer à al-Qaïda et son réseau d’extrémistes qu’ils n’auront pas la possibilité d’établir en Afghanistan des sanctuaires d’où ils pourront lancer des attaques», a déclaré le général Petraeus, vêtu d’un treillis, lors de la cérémonie officielle au quartier général de l’OTAN à Kaboul.Le général Petraeus, qui prend la tête des 140 000 soldats étrangers en Afghanistan, a renouvelé son appel à l’unité dans la lutte contre l’insurrection, dans un discours prononcé devant des responsables militaires et civils afghans et des diplomates.«Nous sommes engagés dans une lutte d’influences», a-t-il ajouté.«Nous devons démontrer à la population afghane et aux talibans que les forces de l’Isaf et de l’OTAN sont ici pour protéger le peuple afghan, et nous sommes ici pour gagner.C’est là notre objectif», a dit le général Petraeus.L’officier avait rencontré samedi le président Hamid Karzaï.Selon la présidence afghane, les deux hommes ont parlé de corruption et du blocage du versement de plusieurs milliards de dollars d’aide à l’Afghanistan, à la suite d’informations selon lesquelles de l’argent destiné au pays avait été détourné et était reparti à bord de vols AHMAD MASOOD REUTERS Le général David Petraeus, hier à Kaboul commerciaux.Le président Karzaï a rejeté ces accusations comme étant «sans fondement» mais a reconnu avec le général Petraeus que «la lutte contre la corruption représentait le pan le plus important de la guerre contre le terrorisme», a indiqué la présidence afghane.Celle-ci a ajouté que les deux hommes «avaient mis l’accent sur la coopération pour réduire» la corruption.«fai dit au président Karzaï que je saluais son engagement en faveur de la transparence, de l’intégrité et de la responsabilité», a commenté hier le général Petraeus.Le Wall Street fournal avait révélé jeudi que plus de trois milliards de dollars avaient quitté illégalement l’Afghanistan au cours des dernières années.Selon le quotidien, cet argent liquide est officiellement déclaré avant d’être chargé dans des valises ou des palettes à bord de vols au départ de l’aéroport de Kaboul.Le général Petraeus remplace à la tête de la Eorce internationale d’assistance à la sécurité (Isaf), sous commandement de l’OTAN, le général Stanley McChrystal, limogé par le président Barack Obama pour avoir tenu dans la presse des propos très critiques à l’encontre de l’administration américaine.Il prend ses fonctions à un moment où l’évolution du conflit suscite des inquiétudes chez les Occidentaux et où les pertes subies par les forces internationales atteignent un niveau sans précédent depuis le début du conflit en 2001, avec 102 soldats étrangers tués en juin.Dans la nuit de samedi à dimanche, neuf soldats de l’OTAN ont été blessés lors d’attaques au mortier contre une base dans la province orientale de Kunar, a indiqué une source militaire.Agence France-Presse B 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 5 JUILLET 2010 LE MONDE Des Français en rogne A suivre de près l’actualité française des deux dernières semaines de juin, on aurait pu croire à l’effondrement de la République française plutôt qu’à l’effondrement de l’équipe de France dans la Coupe du monde.Figé devant la télévision et les journaux dans la campagne varoi-se, j’étais stupéfait par l’ampleur de la colère et de la déception exprimées dans les médias au sujet d’un échec sportif devenu méta- John R.phore de tous les maux MacAethue sociaux.Une mauvaise passe sans doute pour l’esprit du «Black-Blanc-Beur» représenté dans les équipes victorieuses et ethniquement diverses de 1998 et 2000, mais pourquoi une telle indignation nationale?Après tout, il ne s’agit que d’athlètes narcissiques trop bien payés, mal sélectionnés, mal organisés, qui ont mal joué.Dans Marianne, Maurice Szafran Mt bien la liste des fautes «sportives, éthiques et morales» des Bleus: «Lar-rogance, la mauvaise éducation, le pourrissement individuel et collectif par l’argent, l’incapacité chronique à la solidarité — avec son pays ou avec l’Afrique qui reçoit cette Coupe du monde — l’individualisme non seulement érigé en mode de vie, mais en idéologie revendiquée et assumée, à l’inverse de tous les fondements d’un sport collectif» A la une de Libération, libérée de toute objectivité après la perte de la France 2-1 aux mains des Sud-Africains, on utilise le sarcasme tout court «Et encore bravo!.La tragi-comédie est enfin finie.» Catastrophe et désespoir Mais elle est loin d’être finie.Ayant traité cette ultime défaite comme «un peu une catastrophe» avec la conséquence «qu’on est un peu désespéré», la ministre de la Santé et des Sports, Rosefyne Bachelot, a tourné les frasques du foot en affaire d’Etat Bizarre, mais peut-être pas étonnant, qu’à son retour à Paris l’attaquant-vedette Thierry Henry ait été reçu à l’Elysée par le président de la République pour un entretien privé.On ignore le contenu des pourparlers entre Nicolas Sarkozy et Thierry Henry, mais l’on peut imaginer que s’ils avaient commenté le manque de solidarité républicaine en France, on n’avait certainement pas évoqué République solidaire, le nouveau mouvement fondé par Dominique de Villepin.Par une heureuse coïncidence, Villepin a lancé son projet d’unité gaulliste (et son éventuelle campagne pour la présidence) en plein milieu d’une crise de foot qui a pour ainsi dire détruit l’image d’une France multiculturelle et fraternelle.Alors que Sarkozy a seulement qualifié à’«inacceptables» certains «événements» au sein des Bleus, Villepin a fait une analogie directe entre le foot mal joué et la République mal menée.«Je ne veux pas que la France ressemble à notre équipe de football», a-t-il lancé lors d’une interview à la télévision le lendemain de son rallye inaugural.«Je ne veux pas que les Français se divisent.» Vengeance Il est facile de se moquer — comme d’ailleurs le font beaucoup de malins commentateurs — des motifs de l’ancien premier ministre.En fait, Villepin essaie de diviser la droite (sinon la nation) avant les élections de 2012 et de se venger ainsi de Sarkozy pour son rôle, supposé, lors de l’inculpation de Villepin dans l’affaire Clears-tream.ù Canard enchaîné note aigrement que Villepin «le rebelle» a conservé sa carte à l’UMP, «le parti au pouvoir, lequel n’est plus gaulliste depuis longtemps».Toutefois, je pense que Villepin est plutôt sincère dans son ambition de réunir les Français autour d’une idée plus large que la vanité de Raymond Domenech, l’entraîneur incompétent des Bleus, et de Nicolas Anelka, le joueur «bling bling» qui a été renvoyé de l’Equipe de France pour avoir vulgairement insulté Domenech durant la mi-temps du match perdu contre le Mexique.Et si l’échec des Bleus symbolise un déclin des valeurs républicaines exprimées par Charles de Gaulle lors de son célèbre appel aux Français depuis Londres le 18 juin 1940, où est le mal dans le choix de Villepin de lancer son propre appel aux Français le 19 juin 2010?Comme presque tout l’Occident, la France se trouve en pleine crise morale et financière, crise qui devrait encourager les politiciens à surmonter leurs petits intérêts cupides et vilains.Lorsque Villepin, dans son discours devant ses partisans, déplore que «l’Etat puisse se mettre au service de l’inté-rét particulier et que l’argent puisse prendre le pas sur l’intérét général», on ne peut que se référer aux joueurs millionnaires qui ont fait la grève pour protester contre l’expulsion d’Anelka.Quand Villepin parle de «l’humiliation des ouvriers qui ont construit une vie de travail et qui du jour au lendemain sont expulsés de leur usine», on ne peut que penser aux petites gens qui remplissent leur devoir quotidien sans se plaindre alors que les «joueurs» richissimes de la société — banquiers, courtiers, partenaires de hedge funds et footballeurs professionnels — continuent à consommer à tort et à travers.L’équipe de France sert de symbole de l’abîme croissant entre rentiers et ouvriers, entre «joueurs» et travailleurs, entre enfants gâtés et adultes matures.A présent, malheureusement, les gamins mal élevés dominent la vie publique.Selon le site Internet Street Press, le nouveau projet gaulliste n’a pas «résisté sur la toile face au soap-opera des Bleus»: au cours du week-end du 19 et 20 juin, les internautes français se sont montrés 25 fois «plus sensibles à l’exclusion de Nicolas Anelka qu’à la République solidaire de Dominique de Villepin».On peut quand même espérer.J’ai toujours admiré Villepin pour son discours à l’ONU contre l’invasion de l’Irak; le voilà encore qui dit la vérité au sujet de l’idiotie de l’Afghanistan: «Peut-on admettre que la France laisse mourir ses soldats en AJÿianistan dont elle n’a pas le courage de se retirer?» Mais quand il parle du «besoin de responsabilité», quand il dit que «les riches devront faire un effort particulier» et payer plus de taxes, que «les Bastilles de l’argent» doivent être renversées, je commence à comprendre pourquoi les Français sont tellement en rogne contre des joueurs de foot.Voilà pourquoi Villepin pourrait, peut-être, réussir.John R.MacArthur est éditeur du Harper’s Magazine, publié à New York.Sa chronique fait relâche jusqu’en août.E N BREF A Elections et pendaisons Ciudadjuarez — Quatre cadavres ont été découverts hier pendus sous des ponts de Chihuahua, dans le nord du Mexique, où les électeurs sont appelés à choisir un nouveau gouverneur comme dans 11 autres Etats du pays, selon le Parquet local.«Des tueurs ont enlevé quatre hommes, les ont torturés, tués par balles et les ont pendus à l’aube sous trois pqnts», a précisé le Parquet de l’État de Chihuahua, frontalier du Nouvequ-Mexique et du Texas.L’État de Chihuahua, dont Ciudad Juarez est la ville-frontière la plus sinistrement célèbre, est le plus meurtrier du Mexique.Ée scrutin d’hier doit y renouveler dimanche le gouverneur, les 22 députés du Parlement et 67 maires.Le Parquet n’a pas relié les quatre cadavres pendus au processus électoral, mais la campagne a été sanglante dans le nord du pays, avec notamment les as- sassinats d’un candidat gouverneur et de deux maires, sur lesquels planent l’omhre des cartels de la drogue, dont les relations avec les milieux politiques sont largement dénoncées au Mexique.C’est dans le nord du pays, au long des 3000 kilopiètres de frontière avec les États-Unis, que se concentre la guerre entre cartels de la drogue pour le contrôle de l’approvisionnement du marché américain, premier client mondial de la cocaïne.-AFP Bîden appelle les dirigeants irakiens à sortir de l’impasse Bagdad — Le vice-président américain Joe Biden a appelé hier à Bagdad les dirigeants irakiens à débloquer les négociations en cours sur la formation du gouvernement, dans l’impasse depuis les législatives du 7 mars.«A mon humble opinion, pour atteindre vos objectifs, il faut que chacune de vos communautés soit représentée de façon proportionnelle dans ce nouveau gouvernement», a-t-il déclaré à plusieurs ministres lors d’une réception à Bagdad, en présence de journalistes.«Le Bloc irakien, l’Alliance de l’Etat de droit, l’Alliance nationale irakienne et l’Alliance kurde vont tous devoir jouer un rôle important duns ce nouveau gouvernement pour qu’il fonctionne», a-t-il dit, en citant les principaux blocs politiques irakiens.Parmi les invités présents à cette réception, figuraient notamment le président irakien Ja-lal Talabani, le vice-président Tarek al-Hachémi, le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari et le ministre du Pétrole Hussein Chahristani.Biden a tenu ces propos au second jour d’une visite en Irak, au cours de laquelle il s’est notamment entretenu séparément avec les deux principaux candidats au poste de premier ministre, le sortant chiite Nouri al-Maliki leadpr de la liste de l’Alliance de l’État de droit (AED), et l’ex-chef du gouvernement et leader du Bloc irakien, lyad AUa-wi.Arrivé samedi à Bagdad avec son épouse Jill pour sa quatrième visite en Irak depuis son investiture, Biden a céjébré hier l’indépendance des États-Unis avec des militaires américains dans un ancien palais de l’ex-président irakien Saddam Hussein à Camp Victory, une vaste base REUTERS Joe Biden, à gauche, en compagnie du premier ministre irakien sortant, Nouri ai-Maliki, hier à Bagdad.militaire à l’ouest de Bagdad.11 s’était dit samedi soir «extrêmement optimiste» quant aux chances de former un gouvernement «représentatif», en relativisant l’importance du problème dans un pays qui sort de sept années de violences.Quatre mois après les législatives, les Irakiens attendent toujours de connaître le nom de leur prochain chef de gouvernement et la composition de l’exécutif.Un blocage préoccupant pour Washington qui préférerait que ses troupes de combat—qui doivent avoir quitté l’Irak le 1" septembre — laissent derrière elles un contexte politique apaisé, alors que la situation demeure instable sur le front de la sécurité.Le Bloc irakien dirigé par AUa- wi, un chiite soutenu par les sunnites, est sorti en tête du scrutin (91 sièges sur 325) devant l’AED.Si Maliki est parvenu à forger avec les chiites de l’Alliance nationale irakienne une coalition qui peut être majoritaire au Parlement avec l’appui des Kurdes, sa volonté de conserver le fauteuil de Premier ministre ne fait pas consensus au sein-même de cette alliance.De son côté, AUawi fait valoir que sa victoire en nombre de sièges lui donne le droit de devenir premier ministre et a mis en garde contre un risque de nouvelles violences confessionnelles si la voix des sunnites n’était pas prise en compte.Agence France-Presse Mort du grand ayatollah Fadlallah, proche du Hezbollah Beyrouth — Le grand ayatollah Mohammed Hussein Eadlallah, le responsable chiite le plus influent du liban, souvent présenté comme le leader spirituel du Hezbollah, est mort à l’âge de 75 ans, a annoncé hier sous le couvert de l’anonymat un responsable de l’hôpital Beh-nam, dans le sud de Beyrouth.Le bureau du grand ayatollah n’a pas confirmé son décès mais a fait état d!«une annonce importante» à venir.Mohammed Hussein Eadlal-lah était hospitalisé depuis deux semaines mais son état s’est détérioré vendredi lorsque des problèmes de foie ont entraîné une hémorragie interne.Le grand ayatollah était influent au Liban mais aussi en Irak, son pays d'origine.11 refusait d’être considéré comme le leader spirituel du Hezbollah, rôle que démentait également le mouvement chiite pro-ira-nien armé.Il avait été accusé dans les années 1980 par les médias américains d'être à l'origine des prises d'otages d’Américains au Dban par des groupes radicaux liés à l’Iran.D’autres médias le présentaient également comme un médiateur dans cette crise, mais la nature de son rôle n’a jamais été élucidée.Dès les premières années, les relations s’étaient distendues entre l’ayatollah et le Hezbollah à cause de l’influence grandissante de Téhéran sur le «parti de Dieu» mais le «Sayyed» (titre donné aux descendants du prophète Mahomet) était resté un partisan de la Révolution islamique en Iran et de la lutte armée contre Israël.Auteur de plusieurs ouvrages théologiques, il était connu pour son ouverture sur le développement scientifique et son audace dans l'interprétation des textes de l’islam (ij-tihad, propre au chiisme).Le charismatique dignitaire à la barbe blanche et au visage serein était connu pour ses avis religieux tolérants, notamment à l’égard des femmes.Associated Press et AFP Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel : petitesannonces@ledevoir.com I *N *D *E *X REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100» 199 IMMOBILIER RÉSIDENTIEL 100 *150 Achat-vente-échange 160 *199 Location 200 • 299 IMMOBILIER COMMERCIAL 200 • 250 Achat-vente-échange 251 *299 Location 300 • 399 MARCHANDISES 400 • 499 OFFRES D'EMPLOI 500 • 599 PROPOSITIONS D'AFFAIRES ET DE SERVICES 600 • 699 VÉHICULES LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 A 17H00 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l’édition du lendemain.Téléphone: 514-985-3322 Télécopieur: 514-985-3340 petitesannonces@ledevoir.com Conditions de paiement : cartes de crédit ET COPROPRIETES OUTREMONT LE TOURNESOL 1300pc, garage, rangemen^.Dois 514-712-4974 APPARTEMENTS ET lOGEMENTSÀ APPARTEMENTS ET lOGEMENTSÀ SOUS-LOCATION CHALETS A LOUER CDN, AVENUE RIDGEWOOD Grands 1 1/2 et 3 1/2 Chauffé/eau chaude inclus Contactez Kim 514710-7157 DISCRIMINAHON IPfTiRDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de et à ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap 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lucidité Aidez-nous à vaincre cette maladie mortelle qui tue 3 Québécois par semaine ! SOCIETE DE A SCLEROSE LATÉRALE AMYOTROPHIQUE DU QUÉBEC (SLA-Québec) (514) 725-2653 1-877-725-7725 (sanspis) AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s'il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s'y serait glissée.LE DEVOIR ne sera pas responsable des erreurs répétées.Merci de votre attention. LE DEVOIR, LE LUNDI 5 JUILLET 2010 B 3 ECONOMIE PERSPECTIVES Éric Desrosiers ; 1 La 3^ dépression Les marchés se sont remis à craindre le pire, et les gouvernements ne savent plus très bien à quel saint se vouer pour aider leurs économies à gagner de la vigueur et éviter qu’elles replongent ire que l’un des principaux objectifs du sommet du G20 était de rassiuer les marchés! Le gaz lacrymogène n’avait pas encore eu le temps de se dissiper dans les rues de Toronto que déjà un vent de pessimisme soufflait sur les principales places boiusières de la planète.Nourri par la sortie de mauvaises nouvelles économiques, le mouvement consistait à vendre des titres boiusiers et autres contrats à terme poiu les remplacer siutout par des bons du Trésor américain dont les rendements se rapprochent de plus en plus de zéro.Un tel mouvement n’a aucun sens à moins que l’on cherche à se protéger d’une correction des marchés ou, pire encore, que l’on s’attende à un nouvel effondrement économique.Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a tenté maladroitement de calmer les esprits, mardi.«La reprise va continuer et il n’y aura pas de récession à ' double creux», a-t-il affirmé tout en ajoutant «qu’il serait ridicule de dire qu’il n’y a aucun risque» et que ces risques étaient même «élevés».Le lendemain, le Globe and Mail titrait: «la peur de la déflation monte».Trois jours auparavant, le chroniqueur du New York Times et Prix Nobel d’économie, Paul Krugman, disait lui-même craindre le début d’une troisième dépression mondiale, 80 ans après la «Grande Dépression» des années 30, elle-même précédée par la «Longue Dépression», à la fin du XIK® siècle.Évoquée de temps à autre durant les moments difficiles, la perspective d’une déflation produit toujours son effet.Elle renvoie à cette situation contre laquelle les baisses de taux d’intérêt et les mesures de relance ne peuvent pratiquement rien et où le ralentissement économique entraîne une chute constante des prix qui incite elle-même les consommateurs et les entreprises à dépenser moins, ce qui plonge le pays plus profondément encore dans la récession.C’est entre autres pour éviter de tomber dans ce cercle vicieux que les gouvernements et les banques centrales ont déployé depuis des mois tous ces moyens pour combattre la crise économique pendant qu’il en était encore temps.Une majorité d’entre eux ont toutefois exprimé à Toronto leur désir de passer à autre chose, c’est-à-dire à l’extinction graduelle de leurs mesures de relance et à l’assainissement de leurs finances publiques.On justifie ce changement par le fait que le principal frein à la consommation des ménages et à l’investissement des entreprises serait aujourd’hui l’incertitude entretenue par l’endettement rapide des gouvernements.La thèse en vogue est que les dommages à court terme infligés par une contraction des dépenses publiques (que l’on préfère aux hausses d’impôts) finiront par être plus que contrebalancés par le retour de la confiance et la réduction du poids de la dette publique.D’ici là, estime le FMI, l’action simultanée des gouvernements du G20 n’ajouterait plus 2 % à fa croissance économique mondiale comme f’an dernier, mais fa réduirait au contraire de f % f’an prochain.Préférer l’orthodoxie à la reprise «Quelles sont les chances que cela fonctionne?Bien minces, je le crains», écrivait, il y a deux semaines, le chroniqueur-vedette du Financial Times, Martin Wolf.Les défenseurs du retour à l’austérité aiment bien citer en exemple le Canada, la Suède ou encore la Finlande des années 90, a-t-il souligné.Ils oublient toutefois de dire que le succès de ces pays a largement reposé sur une dépréciation de leurs monnaies, une baisse des taux d’intérêt et une forte augmentation des exportations, alors que les taux d’intérêt sont déjà à leurs plus bas niveaux aujourd’hui que la demande extérieure est poussive et que, par définition, tout le monde ne peut pas voir la valeur relative de sa monnaie diminuer en même temps.«C’est à croire que les marchés financiers comprennent ce que les politiciens ne semblent pas voir», disait dans sa chronique Paul Krugman à propos de ces capitaux qui continuent de fuir la Grèce et l’Irlande en dépit de leurs plans d’austérité draconiens.«Et c’est que sabrer les dépenses publiques en pleine crise économique aggrave la crise et ouvre la voie à une déflation.» Tous ne sont heureusement pas aussi pessimistes.Les économistes rappellent d’abord que l’on s’attendait déjà à un ralentissement économique en seconde moitié de l’année.Plusieurs d’entre eux disent maintenant que la reprise pourrait être simplement encore plus faible et encore plus lente que prévu.Le FMI presse les gouvernements d’attendre le plus longtemps possible avant de recourir à des compressions budgétaires.Il les invite à accorder plutôt la priorité à l’amélioration de la viabilité de leurs régimes de retraite et d’assurance maladie.Le fameux «Docteur Catastrophe», Nouriel Roubini voudrait quant à lui que l’Allemagne, le Japon et la Chine adoptent de nouvelles mesures visant à stimuler leur consommation intérieure.Martin Wolf estime pour sa part que les gouvernements ne devraient pas hésiter, au besoin, à financer leurs dépenses en faisant fonctionner la planche à billets.Il existe d’autres solutions que les compressions budgétaires auxquelles veulent recourir aujourd’hui les gouvernements, écrivait le chroniqueur.«Le problème, c’est qu’elles sont inorthodoxes et qu’un grand nombre de gens “raisonnables” préfèrent avoir des récessions orthodoxes que des reprises inorthodoxes.» SAUL LOEB AGENCE ERANCE-PRESSE Toutes les compagnies pétrolières effectuent du trading.Il s’agit de suppléer à moindre coût les déficits d’approvisionnement de la chaîne, de la production à la distribution en passant par le raffinage voire la pétrochimie.Aujourd’hui, la marée noire entraîne le trading dans son sillage.L’activité de trading de BP : victime collatérale de la marée noire MARC ROCHE Londres — Les effets de la marée noire du golfe du Mexique et les bruits de la tempête tropicale Alex qui ne cesse de se renforcer ne parviennent qu’assourdis dans les salles de marché de BP.C’est ici, à New York, à Houston ou à Londres, qu’est installée l’activité la plus secrète du groupe d’hydrocarbures britannique: le trading sur les produits pétroliers et gaziers.Pour les détracteurs, l’accent mis par le géant énergétique sur cette activité financière spéculative très rémunératrice illustre les dysfonctionnements ayant conduit à la tragédie de la plate-forme Deepwater Horizon.Motivées par le souci de bonne gestion de leurs ressources, toutes les compagnies pétrolières effectuent du trading.Il s’agit de suppléer à moindre coût les déficits d’approvisionnement de la chaîne, de la production à la distribution en passant par le raffinage voire la pétrochimie.Pour des raisons de proximité géographique ou de qualité, une major peut choisir de se procurer le brut ou les produits pétroliers manquant sur le marché international spot ou à terme.Shell, Exxon Mobil ou Total achètent ainsi de la production physique à leur propre usage, voire parfois pour d’autres, soit directement, soit en passant par des intermédiaires.Toutefois, à l’inverse des autres grands, BP a dépassé ce périmètre en transformant cette acti- vité de couverture de ses besoins énergétiques en un vaste casino spéculatif.Ses traders se sont, par exemple, servis de produits financiers complexes pour parier sur le baril-papier, un marché sur lequel on manipule des productions ou des cargaisons virtuelles.Ces génies des algorithmes comme des produits dérivés jouent sur le pétrole comme d’autres professionnels du même acabit opèrent sur les actions, les obligations ou les monnaies.Lors du dernier exercice, le trading énergétique a représenté un bon cinquième des profits de la multinationale.Comment expliquer un tel poids?L’activité de négoce de BP a pris son envol sous les auspices de Lord Browne, directeur général entre 1995 et 2007.Plus intéressé par les montages financiers que par la stratégie industrielle ou par la recherche technologique, ce patron mégalomane comptait sur cette veine de profits pour réaliser son ambition, rattraper le numéro un mondial, Exxon Mobil.C’est pourquoi, fort de son trésor de guerre amassé grâce à l’envolée des prix du pétrole et au contrôle draconien des coûts, BP a massivement investi dans ce secteur.Les plafonds de risque en vigueur étaient deux ou trois fois plus élevés que chez les rivaux.Les bonus offerts aux stars très choyées passaient pour les plus élevés de la profession.Êt, comme dans le scandale des crédits hjqjothécaires subprimes, l’état- major ne comprenait pas grand-chose à ce qui se tramait dans cet antre du jeu organisé.Mais laissés à eux-mêmes, les traders se sont allègrement joués des contrôles internes comme du régulateur.Résultat de ce laxisme, BP a écopé de lourdes amendes pour avoir tenté de manipuler les marchés.Par ailleurs, comme le montre l’importance du trading, les considérations financières l’ont longtemps emporté sur les impératifs de sécurité.S’ajoutent de surcroît les multiples conflits d’intérêts d’un pétrolier utilisant les informations tirées de ses propres activités productives pour alimenter la «bête» spéculatrice.Pour les traders de BP, les opérations des raffineries et des entrepôts maison sont riches en enseignements.Ultime signe de cette prééminence, au nom de la création de valeur pour l’actionnaire, la filiale négoce a toujours échappé aux programmes d’austérité successifs lancés par Lord Browne et son successeur.Tony Hajward.Aujourd’hui, la marée noire emporte le trading dans son sillage.Se méfiant de la solidité financière de la maison mère, les contrepartistes exigent davantage de garanties.En prévision des indemnités à verser, les capitaux mis à la disposition du négoce se raréfient.Découragés, inquiets pour l’avenir, les meilleurs éléments se transfèrent avec armes et bagages dans les sociétés de négoce ou dans les banques d’affaires.Le Monde ANALYSE Les banques centrales en péril NICOLAS BAVEREZ Economiste et historien La crise de la mondialisation s’est développée en trois temps: faillite des banques après l’éclatement de la bulle spéculative sur le crédit; déflation économique avec l’effondrement de la demande et l’explosion des défaillances d’eptre-prises et du chômage; défiance envers les États et les risques souverains, notamment en Europe, qui cumule surendettement, vieillissement démographique, sous-compétitivité et surévaluation de l’euro.Le quatrième temps verra un choc sur les banques centrales.Celles-ci ont tenu un rôle majeur à chaque phase de la crise.Leur responsabilité fut engagée dans le laxisme de la politique monétaire et l’inflation des actifs qui ont alimenté l’économie de bulles.Elles contribuèrent au sauvetage du système financier et à la lutte contre la déflation grâce à la baisse des taux, à l’accès illimité des banques à la liquidité, à l’acquisition d’actifs dépréciés sur les marchés (2,75 milliards de dollars, soit 2,2 milliards d’euros, pour la Réserve fédérale américaine — Fed —, 60 milliards d’euros pour la Banque centrale européenne, BCE).Enfin, elles ont accompagné la relance budgétaire en monétisant les déficits par des achats de titres de dette publique (35 milliards d’euros en mai pour la BCE).Mais il n’y a pas plus d’émission de liquidités à guichet ouvert que de déficits sans coûts.L’intervention massive des États s’est traduite par des dettes publiques supplémentaires équivalentes à 40 % du produit intérieur brut (PIB) pour les nations développées, désormais confrontées au problème de leur remboursement sur fond de déclin économique, de crois- sance molle et de chômage.Les banques centrales sont en passe d’être rattrapées à leur tour.Çlles ont en effet renfloué les bapques avec les États, puis elles ont renfloué les États.Leur rôle traditionnel de prêteur en dernier ressort les a conduites à étendre démesurément leur bilan.Il s’est doublé d’un statut d’acheteur ultime de titres publics ou privés dévalorisés, au risque de les transformer en gigantesques structures de défaisance.La Fed est devenue une hyper-banque centrale en assurant la liquidité en dollars aux autres instituts d’émission.Mais les doutes sur la qualité des bilans en Europe et sur le débouclage, en juillet, de l’opération de refinancement géante de 442 milliards d’euros de la BCE ont entraîné l’arrêt du marché interbancaire et la pénurie de dollars.L’exposition des institutions financières sur l’Europe du Sud et l’Irlande a atteint 3000 milliards d’euros.Ces difficultés sont exacerbées par la perspective des normes de Bâle III, dont l’application exigerait 1500 milliards d’euros de fonds propres supplémentaires, et par les projets de taxes sur les opérations bancaires.De leur côté, les États développés sont écartelés entre la brutale montée des taux d’intérêt qui accompagne la dégradation de leur signature et la crainte de retomber dans la récession avec la mise en place des indispensables plans de rigueur.Ées banques centrales seront attaquées dès que se confirmeront les fisques de défaut d’institutions financières ou d’États, notamment en Europe du Sud, où les plans de sauvetage permettent de gagner du temps, mais pas d’échapper à une restructuration de la dette.Leur déstabilisation peut avojr trois conséquences: l’inflation, possible aux États-Unis et au Royaume-Uni, mais pas en Europe, où l’Allemagne a imposé sa conception de la stabilité monétaire et de l’équilibre budgétaire; la fuite devant la monnaie et la spirale de sa dépréciation; la formation de bulles spéculatives dues à l’accumulation de liquidités.Peut-on prévenir le krach des banques centrales et secourir celles qui seront en difficulté?Cinq rjpostes sont envisageables.1) Éviter d’aggraver la pression sur la BCE avec des élargissements irresponsables de l’euro, par exemple en 2011 à l’Estonie, qui affiche un recul du PIB de 14 % et un chômage de 13,1 % en 2009.2) Renforcer la résilience du système financier en se concentrant sur le seul risque de liquidité des banques en lieu et place des arsenaux fiscaux et réglementaires coûteux et inutiles prévus par Bâle III ou Solvabilité IL 3) Acter la fin du moment keynésien de 2008-2009 en profitant d’une croissance mondiale de plus de 4 % pour engager non seulement des plans de rigueur, mais aussi la conversion du modèle de développement du monde développé, encore fondé sur l’endettement public et privé.4) Adapter le mandat des banques centrales, leur doctrine et leurs instruments à la mondialisation, par une surveillance accrue du système financier et des actifs.5) Organiser une coopération renforcée entre les institutions d’émission du monde développé et des émergents: à l’image de l’aide apportée par la Chine à la Grèce, le Sud est seul à pouvoir secourir les banques centrales occidentales.Mais à quel prix?Le Monde B 4 LE DEVOIR, LE LUNDI 5 JUILLET 2010 LES SPORTS COUPE DU MONDE 1 O 1 O DEMI-FINALES Demain Uruguay c.Pays-Bas, 14h30 Mercredi Allemagne c.Espagne, 14h30 La vieille Europe bombe le torse PHILIPPE GRÉLARD Le Cap — Avec trois équipes présentes en demi-finales du Mondial-2010, Espagne, Allemagne et Pays-Bas, la vieille Europe a pris sa revanche sur un continent américain sorti grand vainqueur du premier tour et dont rUruguay est le seul survivant dans le dernier carré.L’Europe s’offre même un «classique» avec une demi-finale Espagne-Allemagne, revanche de la finale de l’Euro-2008 remportée par la Roja.Les parcours des membres du vieux continent ne se ressemblent pas.L’Allemagne a fait sa révolution.Certes, le forfait sur blessure de Ballack avant le Mondial a précipité le rajeunissement d’une Mann-schaft insolente, avec un peu plus de 24 ans de moyenne d’âge.Mais Joachim Low avait amorcé le vent du changement en écartant des Erings, Metzel-der et Kuranyi aux jambes trop vieilles ou trop lourdes pour le style de jeu souhaité.Avec 13 buts inscrits en 5 matchs, la Mannschaft n’est plus une mécanique froide: Insouciante, décomplexée, créative, l’Allemagne fait plaisir à voir.En Espagne, la voie de la continuité a été choisie.Vicente Del Bosque a pris la succession de Luis Aragones, qui avait mené la Roja au sacre de l’Euro-2008.Le titre s’était accompagné d’un label beau jeu admiré par la planète football.Mais Del Bosque a eu du mal à entretenir le feu sacré, en dépit d’un bilan de deux défaites seulement en un peu plus de trois ans.Il y a d’abord eu ce revers surprise contre les USA en demi-finale de la Coupe des Confédérations en 2009 en Afrique du Sud.Puis il a eu cet autre coup de théâtre avec l’échec contre la Suisse pour le premier match de poule du Mondial.Et surtout, contrairement aux autres «gros» déjà éliminés de ce Mondial, l’Espagne peut compter sur un joueur clé qui confirme.Villa, qui termina meilleur buteur de rEuro-2008, est seul en tête du classement des artificiers en Afrique du Sud avec cinq réalisations.Messi et Rooney sont partis sans un but, Cristiano Ronaldo a quitté le Mondial avec un seul but.Pour les Pays-Bas, rien n’a changé et les «ego» sont toujours exacerbés.Cette année, c’est Van Persie qui persifle.«Avec Van der Vaart, Sneijder et Robben dans mon dos, nous allons faire des dégâts» avait lancé l’attaquant d’Arsenal avant le Mondial, fantasmant sur un «big four» qui n’a jamais vu le jour.Kuyt avait peu apprécié.Puis, pendant le tournoi.Van Persie a laissé éclater sa colère au moment d’être remplacé en fin de match face â la Slovaquie.Mais ce sont les nerfs des Brésiliens qui ont craqué face aux Néerlandais, alors que la Seleçao avait pourtant ouvert le score en quart.En demi-finale, les «Oran-je» rencontrent l’Uruguay, que personne n’attendait.La «Celeste» est prête â tout, privée depuis 40 ans du dernier carré d’un Mondial.On attendait un Eorlan déchaîné, mais c’est Suarez qui est devenu le héros de 3,5 millions d’habitants en arrêtant en quart un but de la main face au Ghana.Il y a 24 ans, Maradona était entré dans l’histoire avec sa «main de Dieu».Etre en finale le 11 juillet serait une divine surprise pour l’Uruguay.Agence France-Presse En battant hier le Tchèque Tomas Berdych Nadal consolide son pouvoir à W^bledon « Ça montre à quel point c’est fou la vie ! » FRANÇOIS BONTOUX Londres — Redevenu n° 1 mondial il y a un mois, Rafael Nadal a consolidé son pouvoir en s’adjugeant hier un deuxième Wimbledon au terme d’une finale maîtrisée de bout en bout face au Tchèque Tomas Berdych, battu en trois sets 6-3, 7-5,6-4.De nouveau roi de la terre battue, son domaine de prédilection, depuis sa cinquième victoire â Roland-Garros, il est désormais, comme en 2008, l’incontestable maître tout terrain grâce â ce huitième titre majeur.Et ce second règne pourrait durer.Caracolant avec une énorme avance de près de 4000 points sur ses poursuivants, c’est-â-dire la valeur de deux victoires en Grand Chelem, l’Espagnol est déjà pratiquement assuré de finir la saison en tête de la hiérarchie mondiale.Quel retournement de situation par rapport â l’été dernier! Obligé de renoncer â défendre son titre â Londres â cause de problèmes aux genoux, il avait dû regarder la finale Eede-rer/Roddick dans son canapé â Majorque.Cette année, ses articulations restaient une menace après une campagne sur terre battue aussi triomphale qu’épuisante.Si Nadal faisait évidemment partie des favoris, beaucoup doutaient de sa capacité â refaire le doublé Roland-Gar-ros/Wimbledon.«Quand je l’ai fait il y a deux ans, ce n’était plus arrivé depuis Borg [1980].Et voilà que j’y arrive pour la deuxième fois.Ça montre juste à quel point c’est fou la vie!», a dit le Majorquin.D’abord confirmées en début de tournoi (deux matchs en cinq sets), les craintes se sont évaporées en deuxième semaine, le Majorquin réussissant une spectaculaire montée en puissance parachevée par deux chefs d’œuvre, en demi-finale contre Andy Murray, puis en finale.Car s’il a manqué hier le parfum d’épopée du match remporté â la tombée de la nuit contre Eederer en 2008, Nadal est apparu au sommet de son art.Supérieur du fond du court, comme on s’y attendait, avec son phénoménal coup droit de gaucher (20 gagnants!), il a aussi dominé au service, son point faible supposé.Contre toute attente, c’est lui qui a marqué le plus de points en un seul coup de raquette (31 â 26).Aucun doute Sans cette assise, il ne faisait aucun doute que les grandes frappes â plat avec lesquelles Berdych avait sorti du tournoi Roger Eederer et Novak Djo-kovic ne suffiraient pas â ébranler le roc majorquin.Sans surprise, le Tchèque a craqué dès qu’il s’est retrouvé le dos au mur, â chaque fin de set (â 3-4, 5-6 puis 4-5).Avec ses huit titres, Nadal est désormais en septième position TOBY MELVILLE REUTERS Rafael Nadal célébrant sa victoire hier à Wimbledon, Le US Open est le dernier tournoi majeur qui manque à son palmarès.au nombre des titres du Grand Chelem remportés, â égalité avec trois autres géants de l’ère Open, Jimmy Connors, Andre Agassi et Ivan Lendl, et deux autres plus anciens, Ken Rose-wall et Fred Perry.Pour espérer les dépasser, il doit ménager son corps pour être â 100 % de la première â la dernière semaine de la saison, â l’image d’un Roger Eederer.Il sera ainsi aux soins le week- end prochain, pendant que ses camarades espagnols affronteront la France en Coupe Davis.Le sacrifice vaut la peine, car le champion, d’ores et déjà placé par John McEnroe parmi les quatre plus grands de l’histoire avec Roger Eederer, Pete Sampras et Rod Laver, peut rêver, pourquoi pas, de la toute première place.N’est-il pas en avance sur le Suisse, qui au même âge, 24 ans.n’avait gagné «que» six titres majeurs ?«Je ne pense pas à ça.Huit Grands Chelems, c’est déjà plus que ce que j’imaginais dans mes plus beaux rêves», a dit Nadal.En attendant, cela lui permettra peut-être d’arriver, pour une fois, en bon état â l’US Open, le dernier tournoi majeur qui manque â son palmarès.Agence France-Presse BOGDAN CRISTEL REUTERS Les chutes ont été nombreuses hier lors de la première étape du Tour de France, TOUR DE FRANCE Alessandro Petacchi remporte la première étape SIMON VALMARY Bruxelles — Alessandro Petacchi, un des plus grands sprinteurs des années 2000, s’est rappelé aux souvenirs de la jeune génération en remportant hier la première étape du Tour de France, sept ans après sa dernière victoire sur la Grande Boucle au ternps de son apogée.A 36 ans, «Ale Jet» a fait parler toute son expérience pour éviter trois chutes et s’imposer, comme il y a un mois lors de la quatrième étape du Tour de Suisse également marquée par une chute dans le final.Il n’était plus venu sur le Tour de France depuis 2004, absent en raison de blessures, de baisse de forme et de non-sélection.Lui-même en avait presque perdu les réflexes.«Ce matin, fêtais assez nerveux parce que ça faisait tellement longtemps que je n’avais plus disputé d’étapes sur le Tour.Puis en cours d’étape, je me suis rappelé comment ça se passait, je me suis senti mieux, la nervosité est partie», a-t-il raconté.Alors que les jeunes loups de la nouvelle génération du sprint, tels Mark Cavendish et Tyler Farrar, se frottaient et chutaient â l’approche de la ligne, lui a mené son sprint en vieux briscard.Tout maître sprinteur qu’il est, Petacchi n’aime pas jouer des coudes.«Le danger ne me plaît pas, et les sprints sont dangereux.Je ne suis pas un dégourdi qui engage des duels, ça ne me plaît pas de frôler le guidon d’un adversaire», expliquait déjà en 2003 celui que l’on surnomme «Il gentiluomo» (le gentilhomme).«Je n’ai jamais fait d’incorrections, fai perdu beaucoup de fois parce que j’ai été le premier à freiner quand il y avait de la bagarre.A la maison, ma mamma Gau-dilla éteint le Alessandro Petacchi poste de télé au dernier kilomètre et le rallume ensuite.Elle a peur comme moi», racontait-il.Elle n’a donc pas vu la plus belle victoire de son fils, face â la référence Mario Cipollini lors de la première étape du Tour d’Italie 2003, â Lecce.Il en totalisera 25 sur le Giro, un total abaissé â 20 après un contrôle non-négatif au salbutamol en 2007 qui lui vaudra un an de suspension bien que le Tribunal arbitral du sport (TAS) ait reconnu «aucune faute significative ou négligence».Cette suspension avait entraîné son licenciement de l’équipe Milram.Pas avare en paradoxes, Petacchi est loin du cliché du sprinteur italien —^beau gosse, égoïste, provocateur— incarné par Mario Cipollini.Il ne joue pas de ses yeux bleus et de son physique avantageux et se qualifie volontiers à’éiomme tranquille», «grognon» même.Son profil de sprinteur est également peu courant.Devenu sprinteur sur le tard, il est plus â l’aise sur des efforts prolongés, comme le puissant coureur d’attaque qu’il a été, «lanceur» de Fa-bio Baldato â la Fassa Bortolo, où il s’est révélé â partir de 2000.Presque oublié, le gentilhomme de 36 ans, qui compte désormais cinq succès d’étape dans le Tour, n’est pas fini.Il avait marqué son retour au meilleur niveau, l’an passé, en battant Cavendish au Giro.Au cœur d’une chute, le Britannique était absent aux avant-postes dimanche.«f espère avoir l’occasion de disputer un sprint face à Cavendish.S’il avait été là, ça ne veut pas dire que je n’aurais pas gagné.Aujourd’hui, j’ai réalisé un très très grand sprint», a assuré IJtalien.Agence France-Presse GOLF Mize vainqueur du Championnat de Montréal ALEXANDRE GEOFFRION MCINNIS Blainville— Larry Mize a attendu pendant de longues minutes que ses adversaires concluent leur ronde avant d’être finalement déclaré vainqueur du Championnat de Montréal au club de golf Le Fontainebleau de Blainville, hier.Mize, qui a remis une carte de 64 (moins-8), n’avait jamais remporté un tournoi sur ce circuit en carrière.Il a calé sept oiselets, dont trois consécutiis entre les 14e et 16e trous, pour filer directement vers la victoire.Il a ainsi affiché un cumulatif de moins-17 (199) et empoché la bourse de 270 000 $ remise au gagnant Après avoir calé son roulé sur le 18® vert, Mize s’est retourné vers la foule, a salué les gens et s’est dirigé calmement vers la tente pour enregistrer sa marque.Il ne pouvait célébrer, car plusieurs autres golfeurs étaient toujours sur le terrain, dont Russ Cochran, John Cook et Fred Couples.Cook, le meneur à l’issue de la deuxième ronde, a connu deux séquences de deux oiselets aux trous no 7 et 8, puis aux no 14 et 15 pour conclure sa fin de semaine un coup derrière Mize, à moins-16 (200).Dan Forsman a effectué toute une remontée lors de la ronde finale, calant un total de sept oise- lets pour terminer avec un cumulatif de moins-14 (202).Cette prestation a d’ailleurs été suffisante pour lui permettre de terminer à égalité en troisième place avec Pa-vin, trois coups derrière Cook.Couples, qui avait effectué une remontée chaque fois pour l’emporter en trois occasions plus tôt cette année sur le circuit, a joué 68 (moins-4) pour terminer parmi un groupe de cinq golfeurs à quatre coups de Mize en cinquième position.Le meilleur Canadien a été Jim Rutledge, de Victoria en Colombie-Britannique, qui a complété les trois rondes avec un score cumulatif de moins-6 (210).Pour sa part, Yvan Beauchemin a bouclé le tournoi avec une normale pour un total de moins-3 (213).L’autre Québécois en lice, Daniel Talbot a joué 73 (plus-1) et terminé à égalité au 63® rang de la compétition.Dave Barr, de Kelowna en Colombie-Britannique, a fermé la marche avec une ronde finale de 72 pour afficher un cumulatif de 220 (plusT).Pour obtenir une invitation en prévision de la prochaine épreuve du circuit des Champions — l’Omnium britannique senior, du 22 au 25 juillet — il fallait terminer parmi le top-10, ou bénéficier d’une exemption.La Presse canadienne E N BREF Momeau au match des étoiles New York— Le cogneur canadien Justin Morneau sera au premier but pour la Ligue américaine quand s’amorcera le match des étoiles du baseball majeur, le 13 juillet â Anaheim.La vedette des Twins du Minnesota, originaire de New Westminster en C.-B., a été de justesse le choix des amateurs, devant Miguel Cabrera des Tigers et MarkTeixeira des Yankees.Morneau en sera â sa quatrième classique du genre, mais ce sera sa première fois comme partant.Il n’y a pas eu d'autre Canadien nommé dans une formation, hier, bien que Joey Votto de Toronto, premier but des Reds de Cincinnati, est parmi cinq joueurs en lice pour la dernière place disponible dans la Nationale.Les voltigeurs Vernon Wells et José Bautista et le receveur John Buck seront les représentants des Blue Jays.Wells participera au match pour la troisième fois, tandis que Bautista et Buck ont été nommés pour une première fois.Le premier-but des Cardinals Albert Pujols a de nouveau été celui qui a obtenu le plus de votes dans la Nationale.- La Presse canadienne LE DEVOIR LE LUNDI JUILLET 2010 B 5 AUTOMOBILE La Toyota Avalon 2011 sortira-t-elle de l’anonymat ?Francis Brière Saint-Jean, Terre-Neuve — Pour le lancement de son modèle Avalon «revu et corrigé», Toyota avait choisi Terre-Neuve comme décor.Pas banal: en règle générale, les constructeurs optent plutôt pour la Californie ou l’Arizona.Est-ce pour mieux la faire connaître auprès des acheteurs canadiens?Parce qu’il faut bien le dire, cette berline se vend au compte-gouttes chez nous: 280 exemplaires Tannée dernière.Dans le seul Etat de la Eloride, il s’en vend sans doute le double, voire le triple.Tirez vos conclusions.Quoi qu’il en soit, Toyota persiste avec l’Avalon pour 2011, la plus grosse et la plus luxueuse de la gamme.Cette berline a été conçue pour les acheteurs nord-américains (et surtout pour les Américains, disons-le).L’Avalon cuvée 2011 ne subit pas une refonte en profondeur, mais de discrètes modifications esthétiques et mécaniques.Le comportement routier de TAvalon a lui aussi été rafraîchi par un vent (disons une brise!) de modernisme.Comprenons-nous bien: TAvalon n’est pas devenue une mangeuse de bitume pour autant.La génération actuelle date de 2005, mais on croit, chez Toyota, qu’une refonte en surface suffira pour attirer de nouveaux acheteurs heureux.A la bonne heure! Les Anciens et les Modernes L’ingénieur chargé du développement de TAvalon a été invité pour répondre aux questions des journalistes.Lors de sa présentation, il racontait que des groupes de discussion ont été formés pour en savoir davantage au sujet des besoins et des goûts des clients potentiels.Une femme de 83 ans aurait souhaité que la grosse berline japonaise profite d’une caisse plus moderne, plus dynamique et moins pantouflarde.Si une dame de cet âge a exprimé une telle opinion, imaginons celles des plus jeunes! Peu importe, la planche à dessin des concepteurs de Toyota n’a pas accouché d’idées folles, seulement d’une silhouette plus fluide, avec quelques garnitures de chrome ici et là, une calandre remodelée, de nouveaux phares et des embouts d’échappement doubles.Les dirigeants de Toyota, pour leur part, ont manifesté un tel enthousiasme devant la nouvelle robe de TAvalon qu’ils ont établi un groupe cible tombé des nues: les hommes de 35 à 55 ans.Eran-chement, on imagine mal un homme de 35 ans courir chez le concessionnaire pour se payer une Avalon.Décrétons plutôt 55 ans à Tinhni.La concurrence a pour nom Hyundai Genesis, Buick Lucerne, Eord Taurus, Chevrolet Impala et Chrysler 300.Justement, TAvalon a longtemps été considérée comme une Buick japonaise.C’est de moins en moins vrai: la vénérable marque américaine ne fabrique plus vraiment de grosses berlines moelleuses, à part la Lucerne, qui est en fin de carrière.Confort comme au salon Les fameux groupes de discussion ont servi à quelque chose, puisque Toyota a compris que la chaîne audio méritait une bonne mise à jour, ahn L’Avalon cuvée 2011 ne subit pas une refonte en profondeur, mais de discrètes aussi été rafraîchi par un vent de modernisme.SOURCE TOYOTA modifications esthétiques et mécaniques.Le comportement routier de l’Avalon a lui de satisfaire les tympans capricieux des occupants.Eabriqué par JBL, ce nouveau système a le mérite d’offrir une qualité sonore digne de ce nom.En comparaison avec l’équipement que Ton retrouvait à bord du modèle 2010, les changements s’avèrent timides.On a confectionné de vastes sièges confortables, mais ceux-ci manquent cruellement de soutien pour Tanato-mie.Assis derrière le volant, le conducteur se croit dans son salon.11 ne manque que les pantoufles et le journal.Et si vous avez le bonheur de prendre place à l’arrière, un confort princier vous attend (avec des dossiers inclinables s’il vous plaît!).De l’espace, il y en a: pour les jambes, les bras et le corps entier.L’Avalon bénéficie également d’une insonorisation de qualité supérieure qui accentue le roulement feutré.Seuls les bruits de vent empoisonneront l’existence des passagers les plus exigeants.Autrement, les jeunes et les moins jeunes se réjouiront de profiter des dernières technologies comme la connectivité Bluetooth, la prise audio auxiliaire pour iPod, la caméra de recul et la radio satellite.Tout cet attirail a été intégré dans une nouvelle planche de bord qui offre une ergonomie améliorée.On déplore l’absence de sièges ventilés pour rafraîchir les fesses trop chaudes des occupants.Révolution tranquille Les ingénieurs de Toyota ont décidé de conserver les mêmes composantes mécaniques pour TAvalon 2011, soit un moteur V6 de 3,5 litres développant 268 chevaux.Cet engin est jumelé à une boîte de vitesses automatique à six rapports.Le tandem produit amplement de puissance pour cette lourde berline, qui demande à être manipulée avec soin.De fait, les passages de vitesses s’effectuent sans heurt.Le moteur montre de la souplesse, mais il rugit parfois exagérément si l’accélérateur est enfoncé de façon brutale.Autrefois, on se plaisait à ridiculiser les grosses «mi- voiture ne cache aucun secret: une grande berline conçue pour le confort de ses occupants.Les spécialistes du marketing de chez Toyota ne nous apprenaient Les spécialistes du marketing de chez Toyota ne nous apprenaient rien quand ils ont mentionné que l’Avalon n’était pas destinée à un marché urbain nonnes» américaines et leur suspension guimauve qui donnait mal au cœur aux passagers.Si TAvalon se compare aux grandes berlines américaines, les Gravol ne sont plus nécessaires.Chez Toyota, on a réussi à obtenir le bon calibrage pour procurer du confort sans trop compromettre la tenue de route.Soyons doux Pour une conduite en toute tranquillité, mieux vaut avoir le pied léger.La vocation de cette rien quand ils ont mentionné que TAvalon n’était pas destinée à un marché urbain.En effet cette voiture s’apprécie sur la grand-route.11 s’agit d’une excellente routière, douce, silencieuse, confortable et spacieuse.Un trajet à la campagne ne sera pas désagréable non plus, à condition de ne pas pousser la machine à sa limite.Le plus grand défaut de cette grande berline est sans contredit sa direction qui ne rend pas justice à la voiture.Derrière le volant, le conducteur plus dynamique ne manque pas de constater le potentiel de TAvalon dont la prestation pourrait ressembler à celle d’une auto- mobile européenne.En revanche, c’est mou, trop mou pour l’amateur de conduite incisive qui souhaiterait ressentir davantage de rétroaction.11 s’agit d’une composante typique de Toyota, une direction ultra-assistée qui demande un comportement pépère de la part du conducteur.Une bonne affaire Une bpnne affaire que cette Avalon.A bien y penser, offrons-nous cette belle berline confortable et douce comme du coton pour quelques dollars de plus.En considérant l’achat d’une Camry XLS, la livrée la plus luxueuse, la facture se situe à environ 3000 $ près.En effef le prix de TAvalon 2011 a été fixé à 41 100 $.Sans affirmer qu’il s’agit d’une aubaine, mentionnons simplement que le mon- tant est honnête compte tenu du luxe et de la qualité globale du véhicule.Pas question de négocier des accessoires et des options chez le concessionnaire, c’est à prendre ou à laisser: au Canada, une seule livrée est offerte pour TAvalon.Trouvera-t-elle plus d’acheteurs que sa devancière?C’est la grande question.Plusieurs préféreront se tourner vers la marque de prestige de Toyota, Lexus.Pour le prestige, justement.Collaboration spéciale FICHE TECHNIQUE TOYOTA AVALON ¦ Moteur : V6 3,5 litres ¦ Puissance : 268 ch ¦ Consommation moyenne : 9,8 litres/100 km ¦ Prix du véhicule d’essai : 41000 $ r La nouvelle planche de bord offre une ergonomie améliorée.MOTS CROISES —été^ Val d’Or 25/19 Lever du soleil: 5h12 Coucher du soleil: 20h46 Sept-lles 14/11 Baie-Comeau 15/1 Saguenay 26/19 Québec 29/22 / Trois-Rivieres 30/24 SIterbrooke /20 Montreal neau Canada Edmonton Moncton Saint-Jean Toronto Vancouver Winnipeg Montréal Aujourd-hpJ, 32 Ciel varü Québec Aujourd-h^ 29 Ciel varitibler Gatineau AujourdJ^ii.Orages, pop 40%.Auj.Demain Plu 17/11 Sol 21/12 Var 24/17 Plu 25/17 Sol 25/16 Plu 21/16 Sol 32/23 Var 32/24 Var 20/12 Sol 24/18 Ora 26/14 Sol 23/15 Le Monde Londres Los Angeles Mexico New York Paris Tokyo ©MétéoMédia 2010 Auj.Demain Nua 21/14 Var 24/13 Sol 18/15 Sol 18/15 Ora 19/13 Plu 19/13 Sol 35/25 Sol 35/26 Plu 23/15 Var 24/12 Ave 27/25 Plu 28/26 Ce soir 25 Passages nuageux Ce soir Averses, Ce soir Demain 32/25 ICiel vj Mercredi 33/23 Possibiiil ages, pdp 40%.S?29/21 30/20 Averses, | 70%.Demain Mercredis 22 31/23*1^.Ciel variable.[ NuageullavëfeA^ percées de soleil.Averses, j 70%.Mercredi 32/21 Ciel variable Jeudi 31/24 ' Généralen ensoleillé Jeudi 31/21 Passages ^ nuageux Jeudi 32/21 Généralen ensoleillé CHERCHER SUR INTERNET.ON S'EN CHARGE ! MÉTÉOÉCLAIR : La météo en temps réel.Prévisions à court et à long terme.Le tout accessible à même votre bureau.Visitez meteomedia.com/bureau pour télécharger gratuitement MétéoÉclair.10 11 1386 HORIZONTALEMENT 1.Appel téléphonique-Vingt fois dix.2.Extravagant - On y attend l'autobus.3.Singe-araignée -Profitables.4.Infinitif - Signifie égal -Met en vente.5.Sol sec - On y parle le gaélique.6.Elle habite une pays de glaciers et de volcans.7.Surface circulaire - Point cardinal.8.Lait fermenté - Leurs feuilles sont dentelées.9.Vénéré - Amphibien.10.Principal fleuve d'Afrique - Rudiment d'un art - En outre.11.Exécutée - Alcaloïde de l'ipéca.12.Formuler - Greffé.VERTICALEMENT 4.Devenu blême -Abandonné - Indique une addition.Ingénieur allemand -Élément de poulie.Fin de verbe - Statue funéraire - Sous un navire en réparation.Défunt depuis peu -Déesse marine - Point culminant.Morceau de veau constituant la paroi inférieure du thorax.Disgracieux -Ingénieuse.10.Petite crêpe épaisse -Rebelle.11.Pente rocheuse -Mesurent du bois.12.Taillé finement - Mise en terre.1 23456789 1011 12 5.6.7.8.g.1.2.3.m s Météo 'Média À votre portée, en tout temps.Perspicace.En plus de - Découvert en 1898 par Pierre et Marie Curie.Première page - Pluie soudaine, souvent accompagnée de grêle.c O S M OlP o L 1 T E S O U K A ^E A R E N E U B A C ¦ r E C A L E R P L H C H L E 1 D 1 N E R E N E N U O pIl 1 o S E E R O N c eH T A c T P R uJt R E B U T s E A U ¦a B S U R D E U R G E nIt E S o 1 R R E E L ¦o B S E D E R F R E S QU E S E R E 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12________________________ 1385 SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO B 6 LE DEVOIR, LE LUNDI 5 JUILLET 2010 ETHIQUE ET RELIGIONS Les nominations d’évêques Le cardinal Ouellet est-il devenu une «pire menace»! Jean-Claude Leclerc A peine nommé préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Marc Ouellet a eu droit aux présentations les plus diverses.Pour le New York Times, l’archevêque de Québec dirigera à Rome un puissant comité qui choisira la prochaine hiérarchie catholique mondiale.Et le grand quotidien de citer un vaticaniste d’// Giornale, Andrea Tornielli: «La nomination du chef de la Congrégation pour les évêques est très importante, car elle détermine la classe dirigeante de l’Église catholique des vingt prochaines années.» Le Guardian de Londres annonce, lui, que le pape a promu au plus haut niveau un cardinal qui tient la «ligne dure» sur l’avortement Cette nomina-tion lui paraît d’autant plus significative que Benoît XVI a muté un autre archevêque, Rîno Fîsî-chella, quî s’étaît opposé à l’excommunîcation d’une Brésilîenne, dont l’enlant vîctime de vîol fut avortée.Et le journal de rappeler que Ouellet a subi la réprobation au Québec en tenant l’avortement pour un «crime moral» même en pareille circonstance.Et plusieurs médias voient déjà dans le nouveau préfet un successeur de Benoît XVI, dont îl partage les Idées et les convictions.Ce théologien sulplclen quî parle ime demî-douxaîne de langues connaîL en plus, les arcanes du Vatican.11 se défend de songer à devenir pape.Maïs d’aucims racontent qu’en choisissant les prochains évêques, il va aussi choisir de futurs cardinaux, ceux-là mêmes qui éliront le prochain chef de l’Eglise catholique.Entre-temps, au Québec, à travers les médias de la province, des milieux «pro-vie» ont déploré le départ imprévu de leur champion du débat public, cependant que des groupes «pro-choix» évoquaient une grande noirceru qui, des collines de Rome, pourrait bientôt s’étendre sur les sociétés progressistes d’Qccident.Le cardinal contestataire et contesté n’est pas le seul à faire passer une idéologie avant la réalité.LOUISE LEBLANC Le cardinal Marc Ouellet a été nommé préfet de la Congrégation poiu les évêques par le pape Benoît XVI.Quiconque veut avoir un minimum d’informations valables sur cette «puissante» congrégation peut néanmoins aller lire la presse religieuse.Qn y trouve sur le sujet des reportages dont le professionnalisme est remarquable.Ainsi, on y apprend que le comité du Vatican qui s’occupe des évêques compte une trentaine de dignitaires.Le fonctionnement en est secreL mais, a-t-on su, ses réunions, tenues tous les quinze jours, étudient quatre dossiers à la fois.Chaque membre doit donner son avis.Une liste soumise au pape compte trois noms pour chaque poste.Le souverain pontife est libre de désigner l’homme de son choix, mais peut aussi demander plus d’information.Des 33 membres de cette congrégation, 25 étaient l’an dernier des fonctionnaires, anciens ou actuels, du Vatican.Les dignitaires italiens y sont les plus nombreux, une douzaine, proches des dossiers confidentiels tenus sur les candi- dats.Cinq ecclésiastiques américains formaient la deuxième représentation en importance.L’un d’eux, l’archevêque de Saint-Louis, Rayrpond Burke, nommé en octobre, est célèbre aux Etats-Unis pour ses vitupérations politiques.(Aux élections de 2004, notait le National Catholic Reporter, M*" Burke a déclaré qu’il refuserait la communion au sénateur John Kerry alors candidat démocrate à la présidence du pays, si ce catholique reiisait de s’en tenir à la stricte doctrine romaine en matière de bioéthique et de morale lamiliale.) Un autre Américain de cette congrégation, le cardinal Bernard Law, devenu titulaire honorifique d’une basilique à Rome, s’est aussi rendu célèbre, involontairement cette fois, après avoir dû démissionner comme archevêque de Boston dans la triste foulée des cas de pédophilie qui ont secoué son diocèse.Les cardinaux et les évêques chargés de ce tra- vail connaissent parfois des candidatures de leru pays, mais ils doivent s’informer aussi des noms, plus nombreux, en provenance de partout ailleurs.Même dans les cas qu’ils connaissenf ils ne sont pas à même de privilégier une candidature.L’ambassaderu du pape, en effef fait une évaluation de chaque nom dans le diocèse concerné et auprès de l’épiscopat du pays.Et c’est lui qui dresse la liste que l’on étudiera à Rome.Un tel processus n’est ni public ni démocratique, mais il n’est pas non plus totalement arbitraire.Ces années-ci, de plus en plus de gens s’y intéressent, notamment en raison de la politisation de plusierus dogmes catholiques.En outre, les cas d’évêques blâmés par Benoît XVI, notamment en Irlande, ou qui ont démissionné dans des scandales, auront rendu nécessaire une sélection plus vigilante des prêtres et des religieux dignes d’acpéder à l’épiscopat.D’autres enjeux propres à l’Eglise incitent enfin le clergé et les fidèles à suivre de près la nomination des évêques.C’est le cas au Québec, où près de la moitié des évêques auront bientôt atteint l’âge de la retraite.Sur plusierus questions délicates, comme l’enseignement religieux dans les écoles ou la présence confessionnelle en milieu pluraliste, les évêques d’ici sont parvenus à s’entendre.Aune occasion, ils ont même refusé d’ouvrir un débat public auquel les conviait leru collègue de Québec.Qn voit difficilement le cardinal Quellet leru susciter une forunée de pasterus adepfes d’une défunte chrétienté.La crise de l’Église de Rome n’est pas seulement une crise des croyances ou des principaux moraux.C’est aussi une impasse dans le fonctionnement de la hiérarchie.Un scandale comme celui de la pédophilie a révélé des failles dans le recrutement et la discipline du clergé.Mais l’ampleur de cette tragédie aura également mis en lumière, à tous les paliers, l’échec du leadership institutionnel.La relève épiscopale, peut-on croire, ne pourra plus faire l’économie de l’esprit critique et du respect des gens.redaction@ledevoir.corn Jean-Claude Leelere enseigne le journalisme à TUniversité de Montréal.AVIS LEGAUX ET APPELS D’OEERES STIKEMAN ELLIOTT Soyez avisés que M" Xavier Beauchamp-Tremblay et M‘ Lucas Bastien ont respectivement, ie 28 mai 2010 et ie 25 juin 2010, cessé d'exercer le droit au sein du cabinet d'avocats Stikeman Eiiiott s.e.n.c.r.l., s.r.i.Soyez égaiement avisés que M" Mélanie Béland et M° Marie-Aude Gagnon Rousseau ont, le 2 juillet 2010, cessé d'exercer le droit au sein du cabinet d'avocats Stikeman Elliott s.e.n.c.r.l., s.r.i.Le présent avis est donné afin de satisfaire aux exigences du Code des professions du Québec.Les membres du Barreau du Québec qui exercent leurs activités professionnelles chez Stikeman Elliott s.e.n.c.r.l, s.r.l., une société à responsabilité limitée (s.r.l.) de l'Qntario, ne sont pas personnellement responsables des dettes ou obligations de la société ou d'un autre professionnel découlant des fautes ou négligences commises par ce dernier, ou d'une personne sous la surveillance directe ou la direction de ce dernier dans l'exercice de leurs activités professionnelles au sein de la société.Stikeman Elliott S.E.N.C.R.L., s.r.l.Avocats www.stikeman.com AVIS A TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s’il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s’y serait glissée.En cas d’erreur de l’éditeur, sa responsabilité se limite au coût de la parution.FONDATION JEUNES ET SOCIÉTÉ oOo or Ja oV» n O ÛS LES ENFANTS DU MONDE ONT BESOIN DE VOTRE AIDE A comme coopérant ?comme bénévole A comme donateur (514) 387-2541 poste 240 Nous vous aiderons à les aider www.monde.ca Sudoku par Fabien Savary 6 1 7 5 6 2 6 8 4 5 1 6 2 2 3 4 5 4 6 7 9 1 7 5 2 8 3 Niveau de difficulté : FACILE 1508 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solution du dernier numéro 2 1 4 7 3 5 9 8 6 6 5 3 8 2 9 7 1 4 7 8 9 4 6 1 2 3 5 9 3 6 1 7 2 5 4 8 4 7 8 3 5 6 1 2 9 5 2 1 9 8 4 3 6 7 3 6 7 5 1 8 4 9 2 8 9 5 2 4 3 6 7 1 1 4 2 6 9 7 8 5 3 1507 SUDOKU : le logiciel 10 000 sudokus inédits de 4 niveaux de difficulté par notre expert Fabien Savary En exclusivité sur le site des Mordus www.les-mordus.com Avis da ciatura d’invontairo Prenez avis que Madame Jeanne CARON, en son vivant domiciliée au 55, rue Chénier, Saint-Eustache, Québec, J7R 4Y8, est décédée à St-Eustache le 20 janvier 2010.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés sur rendez-vous avec Me Isabelle Carriére-Roussin, notaire, au 6540, rue Beaubien Est, Montréal, 514-268-8494.Régis LAVOIE, liquidateur.AVIS est donné que je suis cessionnaire des dossiers de Bruno Lefebvre, M.Ps., psychologue, lequel est maintenant retraité et a cessé d'exercer sa profession.Alain Bouchard, psychologue 5083, boul.Rosemont Montréalm H1T 2E8 alainbouchard@ alainbouchard.com 514-523-1154 Étude Guillaume Thébei^ Huissieis de justice 500-22-166710-106 COMMISSION DES NORMES DU TRAVAIL, dem.c.LUXOTICA RETAIL CANADA INC., déf.Vente par huissier le 16 juillet 2010 àl0H30au7999 boul.Les Galeries d’Anjou, Anjou (Québec) Lots de verres fumés, comptoirs, etc.tels quels.ARGENT COMPTANT.CHÈQUE VISÉ M.Boisseau HJQ MTL Étude Guillaume Thé-berge (450-581-3334) Isabelle G^né, Étude Guillaume Théberge, Huissiers de justice 10 boul.Diien, bureau 30, Repentigny (Québec) J6A4R7 Tél.450.581.3334 Téléc.450.581.3332 Appel d'offres public "S^Mercier Hoehefaga-Maisonneuve Montréal f Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h, à la date indiquée ci-dessous, au Bureau du secr^aire d'arrondissement situé au 5600, rue Hochelaga, rez-de-chaussée, Montréal, pour : Soumission no : 2010-017 Date d'ouverture : Le 21 juiilet 2010 à 14 h Description : Réaménagement du pare Saint-Aioysius Chaque soumission doit être accompagnée d'un chèque visé ou d'un cautionnement de soumission représentant une somme de 10% du montant soumissionné, émis par une compagnie d'assurances autorisée par l'autorité des marchés financiers.Un engagement d'une telle compagnie d'assurances, stipulant un cautionnement d'exécution de 50% du montant annuel de la soumission et un cautionnement des obligations de l'entrepreneur pour gages, biens et services de 50% du montant annuel de la soumission, seront accordés au soumissionnaire s'il devient l'adjudicataire du contrat.Pour être considérée, toute soumission devra être présentée en utilisant les formulaires spécialement préparés à cette fin par l'arrondissement de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve dans l'enveloppe prévue à cet effet.Les personnes intéressées peuvent se procurer les documents relatifs à cet appel d'offres public à compter du 5 juillet 2010, en payant un montant non remboursable de 101,88 $ (plus taxes), payable en argent comptant ou par chèque visé à l'ordre de la Ville de Montréal, de 9 h à 16 h 30, au Bureau Accès Montréal, situé au 5600, rue Hochelaga, bureau RC.20, Montréal.Si vous désirez obtenir des renseignements, vous pouvez communiquer avec Madame Janique Alexandre au 514 872-8696.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement au Bureau d'arrondissement, situé au 5600, rue Hochelaga, à la salle Hochelaga-Maisonneuve, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception, soit le 21 juillet 2010 à 14 h.L'arrondissement de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.DONNÉ À MONTRÉAL, CE 5^ JOUR DE JUILLET 2010.M‘ Julia Doyon Secrétaire d'arrondissement Avis public Montréal wai SiSi ENTREE EN VIGUEUR DE REGLEMENTS Avis est donné que le conseil d'agglomération, à son assemblée du 20 mal 2010, a adopté les règlements suivants : RCG 10-013 Réglement autorisant un emprunt da 30 000 000 $ afin da financer les travaux d'aménagement et de réaménagement du domaine public, incluant les travaux d'infrastructures, ainsi que l'acquisition d'immeubles, d'équipement et de mobilier urbain dans le cadre du projet Griffintown, secteur Peel-Wellington Ce règlement a été approuvé par le ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire le 21 Juin 2010.Il entre en vigueur en date de ce jour et est disponible pour consultation durant les heures normales de bureau à la Direction du greffe, 275, rue Notre-Dame Est.Il peut également être consulté en tout temps sur le site Internet de la Ville : www.ville.montreal.qc.ca/reglements Montréal, le 5 juillet 2010 Le greffier de la Ville, M“ Yves Saindon Appel d'offres public 09 Mercier Hochdsgs-Malsonneuve Montréal?Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h, à la date indiquée ci-dessous, au Bureau du secr^aire d'arrondissement situé au 5600, rue Hochelaga, rez-de-chaussée, Montréal, pour : Soumission no : 2010-022 Data d'ouverture : La 21 juiilet 2010 à 14 h Description : Réaménagement des aires de jeu au parc Louis-Riel Chaque soumission doit être accompagnée d'un chèque visé ou d'un cautionnement de soumission représentant une somme de 10% du montant soumissionné, émis par une compagnie d'assurances autorisée par l'autorité des marchés financiers.Un engagement d'une telle compagnie d'assurances, stipulant un cautionnement d'exécution de 50% du montant annuel de la soumission et un cautionnement des obligations de l'entrepreneur pour gages, biens et services de 50% du montant annuel de la soumission, seront accordés au soumissionnaire s'il devient l'adjudicataire du contrat.Pour être considérée, toute soumission devra être présentée en utilisant les formulaires spécialement préparés à cette fin par l'arrondissement de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve dans l'enveloppe prévue à cet effet.Les personnes intéressées peuvent se procurer les documents relatifs è cet appel d'offres public à compter du 5 juillet 2010, en payant un montant non remboursable de 101,88 $ (plus taxes), payable en argent comptant ou par chèque visé à l'ordre de la Ville de Montréal, de 9 h à 16 h 30, au Bureau Accès Montréal, situé au 5600, rue Hochelaga, bureau RC.20, Montréal.Si vous désirez obtenir des renseignements, vous pouvez communiquer avec Monsieur Denis Ashby au 514 872-5415.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement au Bureau d'arrondissement, situé au 5600, rue Hochelaga, à la salle Hochelaga-Maisonneuve, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception, soit le 21 juillet 2010 à 14 h.L'arrondissement de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.DONNÉ À MONTRÉAL, CE 5E JOUR DE JUILLET 2010.M° Julie Doyon Secrétaire d'arrondissement AVIS LEGAUX & APPELS D'OFFRES HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour pubiication deux (2) jours pius tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.co m/services-et-annonces/appels^-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Appels d'offres Montréal wat aol Service des infrastructures, transport et environnement Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, à la Direction du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275 rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal H2Y 1C6, pour: Catégorie : Travaux Appel d'offres: 1100 Descriptif: Construction de collecteurs d'égouts combinés (plusieurs diamètres), reconstruction d'une partie d'une structure de chute y compris le raccordement au collecteur, égouts existants à enlever, construction de deux conduites d'eau secondaires et reconstruction des chaussées, trottoirs et bordures, là où requis, dans le boulevard Décarie, deux côtés, de la rue Saint-Jacques vers le nord.(Projet du CUSM - Site Glen - LOT 3).- Arrondissement : Côte-des-Neiges Notre-Dame-de-Grâce.Date d'ouverture: 11 août 2010 Dépôt de garantie : 10 % du montant soumissionné (cautionnement) Appel d'offres: 1105 Descriptif: Travaux de maintien de la circulation et signalisation temporaire aux abords des travaux d'infrastructures, dans le boulevard Décarie, de la rue St-Jacques au boulevard de Maisonneuve pour les lots de construction 1, 2 et 3.(Projet du CUSM - Site Glen - LOT 4).- Arrondissement : Côte-des-Neiges Notre-Dame-de-Grâce.Date d'ouverture: 4 août 2010 Dépôt de garantie : 10 % du montant soumissionné (cautionnement) Documents : Les documents relatifs à ces appels d'offres seront disponibles à compter du 5 Juillet 2010 au Service : infrastructures, transport et environnement au 801, rue Brennan, 7“ étage, Montréal H3C 0G4, de8h30à12het de 13 h à 16 h 30, contre un paiement de 250,00 $ chacun, non remboursable.Renseignements et vente du cahier des charges : Yves Themens, ing., chargé de planification Téléphone : 514 872-6444 Tout paiement doit être fait au comptant ou sous forme de chèque visé à l'ordre de: Ville de Montréal.Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires préparés par la Ville et transmise dans l'enveloppe prévue à cette fin.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux de la Direction du Greffe à l'hôtel de ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 5 juillet 2010 Le greffier de la Ville M“ Yves Saindon LE DEVOIR LE LUNDI JUILLET 2010 B 7 CULTURE CONCERTS CLASSIQUES Le vieux lion rugissant FESTIVAL ORFORD Récital Anton Kuerti (piano).Bralims: Intermezzi opus 119.ScLiumann: Fantaisie opus 17, Toccata, Sonate n° 1.Anton Kuerti ^iano).Salle Gilles-Lefebvre du Centre d’arts Orford, samedi 3 juillet 2010.CHRISTOPHE HUSS Assister au récital d’Anton Kuerti m’a replongé trente ans en arrière, lorsque, à peine sorti de l’adolescence, et peu après avoir éprouvé un choc pour la T‘ Sonate de Schumann et ses changements d’atmosphères incessants, j’eus la chance de vivre l’un des derniers récitals de Wilhelm Kempff.Les doigts ne suivaient pas toujours la pensée (d’autant que Kempff interprétait ce soir-là les trois dernières sonates de Beethoven), mais le concert était baigné de merveilles de sagesse et de culture musicale.De fait, le critique peut adopter deux angles pour commenter un tel concert: se faire le comptable des erreurs et des flottements ou parler de musique.Se limiter à la première attitude serait stérile: Anton Kuerti n’est pas venu ici se mesurer avec quelque jeunot acculturé aux doigts d’acier (préservez-moi d’entendre un jour ce programme par Lang Lang ou par Ingrid Fli-ter).Mais on ne peut, au nom de l’esprit, oublier la lettre.Les problèmes de Kuerti sont assez majoritairement liés au contrôle des dynamiques lors de transitions forte-piano accompagnés d’un changement d’atmosphère, ces delicato ou tenera-mente (tendrement), ces parenthèses furtives, comme dans le Finale de la Sonate n° 1 où le pianiste a, en plus, connu un grand flottement avant de retomber sur ses pieds.Dans ces moments-là, la note ne sort pas à la djmamique voulue et le changement de climat ou de tempo en paraît malhabile.Si l’on pardonne, c’est au nom de la puissance évocatrice romantique de la musique créée par Kuerti, celui qui en en quelques notes résonantes de la main gauche dans le Finale de la Fantaisie parvient à évoquer la nuit; celui qui souligne les voix intermédiaires dans le 3* Intermezzo de Brahms, penché sur son clavier comme Rudolf Serkin; celui qui sait ce qu’est un marcato chez Schumann.Mais le Kuerti qui impressionne le plus, c’est celui qui rugit musicalement.Je n’ai jamais entendu le premier accord de la main droite (fortissimo, eh oui) de la Fantaisie asséné de la sorte.En deux notes, le pianiste exprime la passion schumanienne.Il en va de même de l’élan souvent furieux qu’il imprime, par exemple au second volet de cette Fantaisie.La hn de l’œuvre nous surprend, loin de souligner l’échappée onirique du 3® mouvemenL Kuerti reste sur terre et enchaîne attacca la Toccata, comme pour créer une sonate en quatre mouvements.Ce pari étrange ne m’a pas convaincu.Par contre, la sonate est gravée dans ma mémoire comme celles de Guilels ou de Zimerman en concert.Dans quelques jours, les flottements et scories se seront évanouis.Restera le souvenir d’un flot romantique passionné et irrépressible.Le Kuerti qui impressionne le plus, c’est celui qui rugit musicalement Le Devoir Christophe Huss était l’invité du Festival Orford et du Spa Eastman.A JESSICA RINALDI REUTERS Une femme range des livres dans une librairie.Selon les statistiques de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, la littérature générale s’est ragaillardie après la baisse de 2007.LIVRES L’édition québécoise prend dn mieux La part de marché des éditeurs scolaires a toutefois légèrement reculé FREDERIQUE DOYON L> édition québécoise maintient sa part de ' marché pendant que celle des distributeurs continue de reculer.C’est le dernier constat statistique de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec dans le domaine du livre.Les éditeurs de propriété québécoise (à plus de 50 %) ont vu leur part de marché augmenter d’un point de pourcentage, qui passe de 41 à 42 % de 2007 à 2008.Leurs ventes de livres ont diminué un peu (de 306 millions de dollars en 2007 à 296 millions de dollars en 2008), mais cette baisse est plus marquée pour l’ensemble du marché des éditeurs.En littérature générale, la part de marché de l’édition proprement québécoise a gagné un point de pourcentage, et semble donc se ra- gaillardir après la baisse enregistrée en 2007 (de 43 à 35 %).Du côté des éditeurs scolaires, c’est l’inverse: après la hausse spectaculaire de 2007 (due à l’achat d’un important éditeur scolaire par un éditeur québécois), la part de ce marché a légèrement décru en 2008 (de 64 à 63 %).Par ailleurs, il y a un recul de la contribution des distributeurs du Québec au réseau de détail par rapport à celle des fournisseurs étrangers.Les ventes de livres des distributeurs aux détaillants ont chuté de 35 millions de 2007 (415 millions) à 2008 (380 millions).Une baisse plus marquée que celle enregistrée dans le réseau de détail (-17 millions).Pendant ce temps, la part des ventes des éditeurs et des fournisseurs étrangers s’est accrue de 18 millions de dollars.Avec des ventes fermes en chute libre depuis 2005 (de 27 à 21 millions de dollars, le marché de la distribution connaît donc une contraction notable dans le marché global de la vente de livres au Québec.La valeur des ventes de distribution (dans le réseau de détail) combinée aux ventes fermes représentait 73 % du total des ventes fermes de livres en 2005.Une part qui chute à 66 % en 2008.L’industrie de la distribution tend aussi à se concentrer alors que les trois établissements les plus importants accaparent 82 % des revenus de distribution en 2008-2009, gagnant un point de pourcentage depuis 2005-2006.Notons qu’en regard des points de vente, le marché des librairies a gagné deux points de pourcentage pendant que la grande diffusion (grandes surfaces et autres points de vente) a reculé d’un point.Le Devoir Le théâtre français en deuil de Laurent Terzieff Paris — Artiste engagé, poète à l’âme tourmentée devenu une h-gure de légende du théâtre français, Laurent Terzieff s’est éteint vendredi dernier des suites de problèmes pulmonaires à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris.Il avait eu 75 ans le 27 juin dernier.L’artiste était hospitalisé à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris «depuis quelques jours», a précisé son attaché de presse, Alain Ichou, à l’Asso-ciated Press.«Pour moi, le théâtre doit être le miroir de la réalité et refléter les deux éléments fondateurs de l’existence: le monde intérieur et le monde extérieur.» La recherche permanente de cet équilibre aura jalonné la longue carrière de Laurent Terzieff, entamée sur les ERED DUEOUR AGENCE ERANCE-PRESSE Laurent Terzieff est mort à 75 ans de problèmes pulmonaires.planches en 1952, après quelques années d’un apprentissage sur le tas, à contre-courant de beaucoup des autres grands noms de sa génération, majoritairement issus de la voie roya- le représentée à l’époque par le Conservatoire et les célèbres cours d’art dramatique parisiens.Associated Press E N BREF DJ Champion combat la leucémie Maxime Morin, alias DJ Champion, lutte contre le cancer.La nouvelle, conhrmée par RueFrontenac.com, explique l’annulation le 7 juin dernier de tous les prochains concerts de l’artiste.Atteint d’une leucémie, il aurait entamé des traitements de chimiothérapie.Bonsound, son équipe de gérance, a par la suite publié un communiqué de presse conhrmant la nouvelle, décrivant le musicien montréalais né en 1969 comme «optimiste, courageux et en observation médicale depuis plusieurs semaines».- Le Devoir A lA TEIEVISION ^HîîTiîïïïï^l Le Téléjournal 18h45 Sports EIEA Des squelettes /Erance Castel Les Parent Les chefs 1 Bons baisers / Stéphane Rousseau , Alex Perron.Le Téléjournal 22h45 Sports EIEA 23h15 Nouv.sports/23h20 Des kiwis et des | hommes TVA Nouvelles Sucré salé Les Gags Le sketch show Monk/Monk et les bons numéros Dr House / Bonheur conjugal TVA Nouvelles Juste pour rire en direct 23h15 Sucré salé |23h45 INNOCENTS (2003) avecl Eva Green, Michael Pitt.KaboumI Tactik/Trols petits tours.Tactik Coureurs des bols/ChIcouté Planète science / Rooibos, le thé rouge d'Afrique KAMATAKI (V.E.) (2005) avec Matthew Smiley, Christopher Heyerdahl, Tatsuya Euji.Jeux de pouvoir Curieux Bégin I La guerre des clans Atomes crochus Wipeout Ouébec Taxi payant CSL NY /Sans visage CSI: NY/Tombés du ciel La magie de Criss Angel UEC Arts martiaux Call TV 1 RDI monde RDI économie 24 heures en 60 minutes Grands Reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le Téléjournal |23h45EIEA 24 heures I 17h50 Champ.Journal ER Ports d'attache / Heidi au Cap Congo: Les 50 ans de l'indépendance 21h35 Trésors Matière grise 22h40 Neuve TV5 le journal |23h35 Découvrir le monde Ben et Jarrod Mythes Mythes Le convoi de l'extrême Ondes de choc iTraque au prédateur Voyage d'enfer/Koweït Cinéma I Espace d'été Petites per.ByeMaison Idées-grandeur Maison en otage Ma maison Espace d'été 1 Décore ta vie Airoldi-sortie Changez déco IL'ENEER A DOMICILE (2002) | |l7h30 Palmarès L'univers M+ M+ reçoit L.A.tatouée Kat Von D.Rock N'Road Les Dudesons 1 Coup de rock Coup de rock L'univers M+ I Célébrités et pai Darazzis Top5.Musimax.com Anglo La danse des étoiles Génération 60/1963 Affaires de stars Pop Star L'index québéc Pur délice Drake et Josh Vie de palace Grenade?Dans le trouble C.A.M.P.Eamille parfaite Amitiés d'une saison Galaxie près Stan- ses stars Changement Deg rassi Hors d'ondes Les Simpson L'intrépide Johnny Test Ile des défis Défis extrêmes 6teen Les Simpson TêtesClaques American Dad South Park Les Simpson American Dad Star Wars InfoSborts Sports 30 LMB Baseball / Braves d'Atlanta c.Phillies de Philadelphie (D) Sports 30 Info Sports H20 iFITTennis I L'Antiauité La caverne d'Ali Baba Les 7 péchés capitaux / Luxure The Unit: Commando d'élite 1 Soldats Compte à rebours Dunkerque Cormoran Comme magie Rumeurs Les grandes entrevues Grands spectacles Rumeurs 1 La job Studio 12 Les experts L.A.: Enquêtes prioritaires Miss Météo Miss Météo Bones / La bonne éducation Bones / Ouel cirquel Simplement Zoé Jardins secrets La porte d'Atlantis Les nerdz Comment.fait Torchwood Partie 5 de 5 Painkiller Jane La porte des étoiles Monstres Mécaniques Comment.fait Politiaue du Congo Mini-Psych School RévolutionTranquille Artisans Montcalm.Quartier Latin Néophomk Show Business 1 Recoller Ces pavs où Bouffe en cavale / Oeufs Cyclisme - Tour de Erance Bruxelles à Spa L'Amérique à vélo / Lake Placid Transsibérien, mon amour Explorateurs iPmkyDinky Carmen camp.Panorama Piste noms Méga construction L'HORLOGER DE SAINT-PAUL (1973) Philippe Noiret.RebutGlob 1 Makusham Un soirseul ¦iItMiliMl8h15JFS[)IS UN AVENTURIER (1954) James Stewart.L'ETOEEE DES HEROS (1983) avec Barbara Hershey, Dennis Quaid, Sam Sheperd.|23h25LESENEANTSDUSL.| |l7h15 MICHAEL JACKSON:.19h10 WHITEOUT: ENEER BLANC (2009) Kate Beckinsale.Big Love Selon Tim Rire ou mourir UN PARADIS D'ENEER (2009) Steve Zahn.| Kabuki, le chemin des fleurs Le flic, le luge et l'assassin Maisons Brésil Arts martiaux De Dunkerque au Havre Venise noire Mascarade des Makishi 1 Produits du terroir I 1 Mémoire P Sprint Mêlez-vous de vos affaires 1 Le guide de l'auto Le Lab BoxeRock Le 9.5 Le guide de l'auto Mémoire P 17h00News Coronation St.22 Minutes Laugh Gags 18 to Life Little Mosque CBC Winnipeg Comedy Eestival CBC News: The National 22h55 News/23h05The Hour Ghost BUHlHIlNews eTalk Access H.Hot/Cleve.Hiccups 2 1/2 Men Big Bang CSL Miami / Getting /\xed News 1CTV News 0h05 Daily Sh.News End Leash E.T.Canada Ent.Tonight Lie to Me / Beat the Devil The Good Guys In Plain Sight News Thirsty T.Ent.Tonight Taste Buds Wonders Time Team The Agenda with Steve Paikin Midsomer Murders The Great Escape The Agenda with Steve Paikin Midsomer M.Be Millionaire World News Eox 44 News Smarter Than The Bachelorette True Beauty/ Bride m Trouble The Office |23h35News 0h05 Kimmel News Evening News Ent.Tonight Met-Mother Rules of Eng 2 1/2 Men Big Bang CSI: Miami / Getting /\xed News 123h35 David Letterman I News NBC News Jeopardvl Wheel Eortune Persons Unknown / Incoming Last Comic Standing News 23h35 Tonight Show J.Leno Eamily Guy The Simpsons 2 1/2 Men 2 1/2 Men Lie to Me / Beat the Devil The Good Guys EOX 44 News at 10 TMZ 1 Scrubs Seinfeld | News Journal Profile Antiques Roadshow History Detectives Lost Cave Temples News [Charlie Rose I News Business PBS NewsHour Antiques Roadshow History Detectives Lost Cave Temples News Charlie Rose News eTalk Access H.Hot/Cleve.Hiccups 2 1/2 Men Big Bang CSI: Miami / Getting /\xed News 1 CTV News 0h05 Daily Sh.Intervention / Shane Intervention / Jason Intervention / Gloria Intervention / Adam Obsessed / Chad & Nicole Obsessed / Russ/ Karen Intervention Wind at My Back Vida Y Danza, Cuba Dance Of Mv Heart Bodv Remix 1 Lustrale Manitowapow Law & Order/ Mega W.T race License To Drill / Hard Rock Daily Planet MvthBusters / No Pam, No Gam Dirty Jobs /Toilet Crusher 1 American Loggers Daily Planet MythBusters 1917: The Missing Dogfights / El rst Dogfighters Greatest Tank Battle EORREST GUMP (1994) avec Sally Eield, Gary Sinise, Tom Hanks.Dogfights Trailer Park Trailer Park Painkiller Jane / Eear Itself THE PEREECT ASSISTANT (2007) Josie Davis.Misfits Survivors NCIS Off the Record SportsCentre Interruption Boxing - Prizefighter Series SportsCentre Off the Record Boxing L’AGENDA L’HORAIRE TELE, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR Classification des films: (1) Chef-d’œuvre — (2) Excellent— (3) Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable B 8 LE DEVOIR, LE LUNDI 5 JUILLET 2010 CULTURE Un Mur du son réussi à Québec 15 000 personnes se sont rassemblées devant le parlement pour assister au grand spectacle ISABELLE PORTER Québec — Au moins 15 000 personnes se sont massées hier soir devant le parlement pour assister à la première de Mur du son, le grand spectacle que s’est payé la ville de Québec pour souligner la date de sa fondation et le 25® anniversaire de son accession au statut de ville du patrimoine mondial de TUNESCO.Son concepteur, Olivier Dufour nous en a mis plein les yeux, au sens propre comme au sens figuré, avec ce spectacle à grand déploiement qui était repris hier soir.L’événement, dans lequel la Ville et le ministère de la Culture ont investi 200 000 $ alors que des partenaires privés ont fourni 315 000 $, repose sur un dispositif scénique particulier: un immense mur transparent de cinq étages avec, à chaque niveau, des musiciens et choristes.Tantôt, on mise sur la transparence en montrant les chanteurs, tantôt on projette des images sur l’ensemble du mur, le tout au service d’une immense fresque en hommage à la ville.Dès lors, c’est à se demander si l’on n’a pas affaire à un nouveau Moulin à images.Contenu revu Mur du son avait déjà été présenté, l’an dernier, au festival Juste pour rire où il a récolté le prix du public pour le meilleur spectacle de rue.Or son contenu a été complètement revu pour le spectacle de Québec avec un nouveau choix de chansons et des images de la ville.Son concepteur, Olivier Dufour, qui dirige une compagnie d’organisations d’événements internationaux depuis Québec n’en est pas à son premier contrat avec la Ville puisqu’il a notamment créé le mégaspectacle Le Chemin qui marche, présenté à la '¦T”'"'" .JVeiWiy'lS YAN DOUBLET Une chorale féminine de 300 interprètes néérlandaises a entonné des chansons québécoises.baie de Beauport dans le cadre du 400®.Fait inusité, la performance de Mur du son repose sur la présence d’une chorale féminine flamande — la Scala — dont les interprètes sont néerlandophones.Elles ont quand même dû apprendre par cœur Dégénération, de Mes Aïeux, comme Le Tour de Vile, de Félix Leclerc.Pour cette dernière pièce, elles étaient accompagnées à l’avant par Yann Perreau; la chanteuse Paule-Andrée Cassidy a pour sa part interprété Si Dieu existe de Claude Dubois.Ici et là, des feux d’artifice venaient appuyer certaines chansons depuis les murs des remparts de la vieille ville.Ballades connues Pour rendre hommage à Québec, Dufour a opté pour un répertoire de ballades connues (d’Yves Duteil, de Francis Cabrel, de Barbara, etc.) et a demandé à des réalisateurs de s’en inspirer pour filmer la ville.En ont résulté de petits bijoux, comme ce portrait d’un harmoniciste de rue filmé dans son quotidien de performances entre- coupées de pauses café.Le tout avec comme bande sonore Voir un ami pleurer, de Jacques Bref On l’aura compris, cela donne à l’ensemble un style très romantique, voire sucré par moments.Des pièces comme Le vent l’emportera de Noir Désir, par exemple, n’étaient pas nécessairement bien servies par le recours à la chorale.Or le public semblait tout simplement ravi, et les feux d’artifice éblouissants de la finale ont sûrement su gagner les quelques sceptiques qui ne s’étaient pas encore laissé emporter.Seule tension de la soirée, un échange absurde d’insultes en début de spectacle entre partisans de la chaise pliante et partisans du «debouU: les uns hurlant pour qu’on leur laisse plus de place, les autres répondant «assis» pour qu’on ne leur cache pas la vue.On n’a pas frôlé l’émeute, mais c’est tout juste.Les gens se sont massés par milliers jusqu’aux portes du parlement pour assister à ce spectacle gratuit, accessible et résolument grand public.On disait pouvoir accueillir 15 000 personnes dans la zone séparant l’Assemblée nationale des remparts et, le beau temps aidant, l’objectif a été atteint sans mal.Avec cet événement à la hauteur des attentes, la Ville de Québec impose un nouveau grand spectacle «signature» qui vient s’ajouter au Moulin à images et au spectacle de rue conçu par le Cirque du Soleil pour le quartier Saint-Roch.Bref, elle se dote d’un atout de plus afin de se positionner comme une ville «festive» que vend depuis deux ans le maire Régis Labeaume.Ce dernier ne s’est d’ailleurs pas présenté samedi soir en raison d’un mal de dos contracté lors d’un voyage à Bordeaux.Le Devoir FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTREAL NOS CHOIX Sophie Hunger Sophie Hunger cartonne en Europe depuis 2008.Les raisons sont nombreuses.Sa musique, d’abord, une pop-folk de la plus grande qualité, aux multiples références.Sa voix, ensuite, un vibrant mélange de puissance et d’émotion, avec ce petit quelque chose de distinctif qui s’appelle le grain et la texture.On ajoute le charisme et, hop, un détour par l’As-tral ce soir.¦ L’Astral, 21h Guillaume Bourgault-Côté David Brubeck 2006, 2008, 2009, 2010.Dave Brubeck est un abonné du FIJM, et cela restera visiblement le cas jusqu’à sa retraite — qui ne pouçra survenir qu’à son décès.A presque 90 ans, Brubeck n’est plus le pianiste d’antan: moyens limités, art figé dans le temps.Mais Brubeck demeure Brubeck, une légende, alors bon.¦ Maisonneuve, 21h Guillaume Bourgault-Côté Emir Kusturica et le No Smoking Orchestra Vous pensez peut-être à ces cortèges déchaînés de musiciens tsiganes présents dans un film comme Undergroud d’Emir Kusturica?Vous n’y êtes qu’à moitié.Le No Smoking Orchestra est une bonne grosse blague: du gypsy-élec-tro-rock mâtiné de balalaika à cent milles à l’heure, de fanfare punk complètement fanfare et complètement punk, de musique Rom virée à l’envers, de classique destroy et de mélo irrévérencieux.L’orchestre du cinéaste acteur guitariste ne fait pas dans la dentelle, mais pour la fête en plein air, c’est parfait.Et cela dure depuis plus d’une décennie.¦ Place des Festivals, 21h30 ¦ À écouter: Emir Kusturica and the No Smoking Orchestra, Live Is a Miracle, Warner France, 2005 Yves Bernard LE CROONER DE LA DERNIÈRE DANSE m PEDRO RUIZ LE DEVOIR BEN E.KING se produisait hier au théâtre Maisonneuve de la PdA comme le crooner de doux jazz qu’il est depuis des années déjà, mais pas sans ses immortelles des années /n’b et soul, dont la présence «à ses côtés» était aussi désirée que nécessaire.Benjamin Earl Nelson ne serait pas King sans la bien-nommée Stand By Me, l’évocatrice Spanish Harlem, la suppliante Save the Last Dance for Me, et il le sait Les a-t-il jazzées?Vous le saurez en lisant la critique de Sylvain Cormier sur le site www.ledevoir.com.L’esprit positif de Joan Armatrading CAROLINE MONTPETIT Il y a plus de trente ans maintenant, les adolescentes fredonnaient interminablement ses chansons Love and Affection, ou Show Some Emotion.Et Joan Armatrading n’a pas jeté J’éponge depuis.Loin de là.À 60 ans, elle revient à Montréal aujourd’hui avec des classiques et des extraits de son dernier album This Charming Life, paru en mars.Elle sera en effet en spectacle ce soir à la Place des Arts, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.En entrevue, elle semble toujours disposer du même entrain et de la joie de vivre qui a marqué sa musique et sa carrière.«Je suis comme ça, je ne fais pas d’effort en ce sens, dit-elle au téléphone./e suis quelqu’un de très positif.Si aujourd’hui est très bien, demain sera sans doute encore mieux.» Cet esprit traverse d’ailleurs tout son disque, où elle chante par exemple, sur People Who Win, «au niveau spirituel, il n’y a pas de mon- tagne qu’on ne peut grimper».La musique a toujours fait partie de sa vie.«J’ai commencé à écrire des chansons à 14 ans.Je suis fiée pour écrire», raconte-t-elle.À l’époque, sa mère avait acheté un piano, et la jeune Joan s’y est mise naturelle- joue pas est la batterie.«J’en jouerai bien un jour», promet-elle.Sur scène, elle s’en tient cependant surtout à la guitare, laissant ses musiciens jouer de polyvalence.This Charming Life est le vingtième disque de Joan Armatrading.En 2008, à l’âge de 58 ans, elle a com-u le marathon de New York, une ville qui lui a par aillem-s inspiré une chanson de son dernier disque ment.Elle a aussi déjà perdu un emploi parce qu’elle emportait sa guitare au travail et chantait pendant ses pauses.«La musique était pour moi une obsession à cette époque», se souvient-elle.«La musique est quelque chose de très puissant, dit-elle.Elle peut aider certaines choses, aider les gens à se sentir mieux, mais on sait déjà que la musique ne peut pas arrêter les guerres.» On dit de Joan Armatrading que c’est une femme-orchestre.Sur ses disques, le seul instrument dont elle ne Les critiques ont dit de ce disque qu’il s’agissait d’un retour à ses racines pop-rock.«Mais ces chansons sont très modernes», affirme-t-elle.Joan Armatrading est aussi sportive.En 2008, à l’âge de 58 ans, elle a couru le marathon de New York, une ville qui lui a par ailleurs inspiré une chanson de son dernier disque.Heading back to New York City.A 60 ans, Joan Armatrading n’a donc pas fait prendre une ride à sa musique, et ceux qui fredonnaient ses chansons à 15 ans auront envie de la revoir et de la réentendre encore.Le Devoir Gustavsen, Jarrett, Jamal Soirées piano GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ On ne va pas voir et entendre Tord Gustavsen pour être «décoiffé» par les prouesses techniques du pianiste.Zéro pyrotechnie, tout le contraire.Mais c’est précisément dans cet art de la retenue que le public — nombreux et enthousiaste — trouve le bonheur avec Gustavsen.Trois ans après son dernier passage à Montréal, c’est un Gustavsen au crâne rasé qui s’est présenté sur la scène de Duceppe samedi soir.«J’ai perdu beaucoup de cheveux depuis 2007, mais le groupe a gagné un nouveau membre en échange», a-t-il dit d’entrée de jeu pour présenter un trio devenu quartet avec l’ajout du saxophoniste Tore Brunborg.Si la présence de Brunborg libère Gustavsen d’une partie du fardeau mélodique, elle ne change pas grand-chose aux copieurs globales de l’ensemble.À trois ou à quatre, la musique de Tord Gustavsen est faite de la même étoffe subtile et délicate.Au moyen de phrases épurées, lignes très claires et progressions harmoniques mesurées, Gustavsen s’applique à construire une ambiance introspective, explorant tous les champs de l’intime.C’est un dialogue avec la nuit qu’il suggère, une conversation sur le ton de la confidence, un chuchotement sur les tempêtes du monde.Il ne faut pas y chercher d’ex-plosion: les montées dramatiques sont des exemples de finesse, comme les arrangements en général.Mais cette musique de l’intériorité fait du bien en ce sens qu’elle s’adresse au cœur, sans bruit, en silence.Jarrett À quelques pas de là, pendant que Gustavsen déployait son bleu nordique, les spectateurs réunis à Wilftid-Pelletier pouvaient apprécier une approche jazzis-tique différente, plus rythmée et soutenue: celle de l’immense trio composé de Keith Jarrett, Jack Dejohnette et Gary Peacock.Nous n’en avons capté qu’une quarantaine de minutes: trop peu pour juger de l’ensemble, mais juste assez pour voir que Jarrett et ses troupes méritent toujours les qualificatifs les plus approbateurs.Le mot «fluidité» devrait être toujours défini par l’écoute d’un standard joué par ce trio légendaire.Car tout est parfait dans leur mode d’expression: le swing et la précision de l’attaque de Jarrett, l’assise rythmique de Dejohnette, l’élégance de la touche de Peacock, le jazz est servi de la plus admirable des manières.À un point près: Jarrett demeure absolument imbuvable quand il ouvre la bouche.Grand Jamal Autrement plus courtois, le pianiste Ahmad Jamal a livré au théâtre Maisonneuve une prestation mémorable, vendredi soir.C’était son 80e anniversaire de naissance, et son premier passage au FIJM depuis.1991.Un bail.Mais le temps n’a visiblement pas d’emprise sur lui: Jamal est encore capable de toutes les pirouettes de voltige, de toutes les intensités narratives, des ruptures de ton les plus abruptes.Jazz moderne, jazz intemporel, jazz de référence: une expérience vivifiante.Jamal terminait une soirée amorcée mollement par Robert Glasper au Gesù.Pour sa deuxième carte invitation, Glasper se produisait avec le trompettiste Terence Blanchard, et avait pris le risque de ne rien répéter avant Bravo pour l’audace, mais le résultat fut mitigé.Plus de tâtonnements que d’éclats de lumière, une attitude cabotine divertissante, mais peu instructive musicalement, avec comme résultat que le spectacle n’a jamais vraiment décollé.Il faut dire qu’avec la formule privilégiée par les manitous du FUM — des spectacles de 75 minutes —, la pâte doit lever tôt, car le temps vient vite à manquer.C’est particulièrement visible dans les séries Invitation.Dommage: l’affiche était alléchante.Le Devoir www.cinemaclupairc.conn du 2 au 22 juillet LE PLUS GRAND CINÉASTE FRANÇAIS FRANÇOIS „ 1 O TRUFFAUT consultez notre site internet I Métro Place des arts I Autobus 80 7129 DU PARC I 3575 Du Pare 514-281-1900 STATIONNEMENT 3 HEURES: 2$
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