Le devoir, 2 octobre 2010, Cahier F
LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE S OCTOBRE 2010 LITTERATURE Anne Hébert, la fin Page F 3 FESTIVAL DE POESIE Entrevue avec Suzanne Dracius Page F 5 LIVRES «l’homme qui travaille reconnaît dans le Monde transformé par son travail sa propre œuvre» LOUIS CORNELLIER La Américain Mat-/ thew B.Crawford estun,drôle de gars.Elevé i dans une com- ' mune dans la- quelle il a appris le métier d’électricien, il a ensuite obtenu un diplôme universitaire de premier cycle en physique, avant de devenir docteur en philosophie de l’Université de Chicago.Après quelques mois passés à l’emploi d’un think tank de Washington, il démissionne et ouvre un atelier de réparation de motos.«Le travail manuel, conclut-il, était plus captivant d’un point de vue intellectuel.» Crawford, pour autant, n’a pas cessé, de penser et d’écrire.Dans Eloge du carburateur, sous-titré Essai sur le sens et la valei^r du travail et encensé aux Etats-Unis, il propose justement «une série d’arguments en faveur d’une forme de travail dont on peut dire qu’elle a du sens parce qu’il s’agit d’un travail vraiment utile».11 plaide pour un idéal, celui du «savoir-faire manuel et [du] rapport qu’il crée avec le monde matériel».Critique du discours postindustriel qui annonce une économie de l’information, Eloge du carburateur se veut une défense et une illustration du travail manuel qui, en permettant une véritable connaissance née d’une confrontation avec le réel, «offre une espèce d’anticipation accessible de la philosophie».Dans son Introduction à la lecture de Hegel, Alexandre Kojève écrivait que «l’homme qui travaille reconnaît dans le Monde effectivement transformé par son travail sa propre oeuvre: il s’y reconnaît soi-même, il y voit sa propre réalité humaine, il y découvre et y révèle aux autres la réalité objective de son humanité, de l’idée d’abord abstraite et purement subjective qu’il se fait de lui-même».Pour le conservateur individualiste à l’ancienne qu’est Crawford, c’est l’artisan qui incarne le mieux cet idéal.Le travail manuel, qui s’applique directement sur la matière, permet à celui qui l’exerce de devenir conscient «que les objets matériels existent hors de nous».Cette prise de conscience entraîne la nécessité d’un «engagement systématique avec le monde matériel», semblable à celui qui a caractérisé les sciences naturelles, avant qu’elles ne prennent, comme toutes les sciences, le virage des «idéalisations».L’attention et le jugement Cet engagement ne va pas sans leçons morales.11 commande, en effet, une capacité d’attention aux choses et une capacité de jugement.Cette dernière, précise Crawford, «exige que l’usager se mette en jeu, qu’il manifeste une forme d’intérêt qui ne peut être suscité que par un engagement corporel, une confrontation avec une réalité qui peut faire mal, comme un retour de kick [avec une moto]».Dans cette expérience, «l’usager assume sa responsabilité face à la réalité extérieure ainsi que sa disposition à se laisser éduquer par elle».Pour exercer une action valable sur le monde déjà créé, explique Crawford, «il faut d’abord le percevoir clairement», ce qui impose «une certaine forme d’effacement du moi».Dans cette démarche, d’ailleurs, le médecin et l’enseignant ne sont pas différents du réparateur de motos.«Ces choses [les corps, les en- fants], écrit le philosophe,/owt partie du réel, et les pratiques qui les servent exigent le type de concentration autour de laquelle une existence peut prendre forme», puisque, «dans ces professions, le praticien développe une forme avancée de jugement discriminant sur les objets de sa pratique, quelque chose qui ressemble un peu à la capacité d’appréciation esthétique».La dégradation du travail C’est à la séparation entre le faire et le penser qu’on doit, selon Crawford, la dégradation actuelle du travail.Le taylorisme, qui nous a légué la chaîne de montage, prive le col bleu de toutes les vertus qui précèdent.Or, ajoute le philosophe, la même logique prévaut désormais chez les cols blancs, «eux aussi victimes de la routinisation et de la dégradation du contenu de leurs tâches» et réduits à l’application de procédrues standardisées et de «systèmes experts».Comme, en plus, le travail de bureau ne produit souvent rien de concret, les critères utilisés pour l’évaluer sont ambigus.La contribution de chacun au bilan de l’entreprise étant difficile à calculer, l’environnement de travail se transforme «en arène d’évaluation morale» basée sur des notions de «développement personnel».Le directeur «n’est plus un patron, mais un mélange de thérapeute et de gourou», la responsabilité individuelle est diluée et «la carrière d’un individu dépend entièrement de ses relations personnelles».Etre compétent, dans ce contexte, ne veut plus rien dire.Dans cet univers du «despotisme» entrepre-neiuial doux, la flexibilité et l’adhésion à la culture de l’entreprise (une notion la plupart du temps vague et creuse) font foi de tout, c’est-à-dire de rien qui contribue au bonheru.«Les métiers manuels sont donc, conclut Crawford, un refuge naturel pour les individus qui entendent exercer la plénitude de leurs facultés et se libérer non seulement des pouvoirs mortifères de l’abstraction, mais des espoirs fallacieux et des incertitudes croissantes qui semblent inhérents à notre univers économique.» Un plombier, un menuisier et un mécanicien, en ef-feL ça ne se délocalise pas.Eaut-il alors, pour guider nos jeunes sur la voie du bonheur, tous les inciter à faire un diplôme d’études professionnelles (DEP)?Ce serait mal comprendre le message de Crawdord, qui insiste, au fond, sur la nécessité de respecter les dispositions individuelles.Ce qu’il faut surtout retenir de son ouvrage, c’est la philosophie que lui inspire l’expérience du travail manuel.«Abordez, conseille-t-il à ceux qui sont attirés par le travail intellectuel, vos études universitaires dans un esprit artisanal, en vous plongeant à fond dans l’univers des humanités ou des sciences naturelles.» 11 ne faut pas oublier, en effet, que si le mécanicien Crawford parvient à accorder autant de sens et de valeur à son travail, c’est qu’il est aussi philosophe.Collaborateur du Devoir ÉLOGE DU CARBURATEUR Essai sur le sens et la valeur du travail Matthew B.Crawford Traduit de l’anglais par Marc Saint-Upéry Logiques F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE OCTOBRE 2010 LIVRES LITTERATURE QUEBECOISE Catherine Mavrikakis, ou l’urgence de penser Après le succès retentissant du Ciel de Bay City (2008), lauréat de nombreux prix au Québec et accueilli très chaleureusement par la critique française, Catherine Mavrikakis nous revient avec L’Éternité en accéléré, un recueil de 52 textes revus et corrigés, tirés de son blogue.Ses fidèles lecteurs retrouveront dans cet «e-carnet», ou carnet d’écriture en ligne, le bouillonnement émotionnel de ses romans.Deux vases forcément communicants?L’«e-carnet» ressemble peut-être plus, par son caractère diffus, aléatoire, à la vie même.SUZANNE GIGUERE Chroniquant avec humour, lucidité et distanciation ironique, la romancière laisse échapper ses chagrins d’enfance et sa terreur devant les ravages de la vieillesse, son amour des mots, de la littérature et de la lecture.Elle partage avec nous sa lecture de l’actualité (la victoire d’Ohama, la tourmente du Moyen-Orient, la dépression capitaliste, la farce sordide qu’est la répétition de l’Histoire), ses colères et ses coups de gueule contre tous ceux «qui abattent à bout portant nos rêves les plus chers».Tout se passe comme si la plénitude de son regard nous était livrée avec urgence, les instants de noirceur pendant les hattements de paupières comme les tentatives d’éclaircies.Tout commence avec les jeux subtils avec l’identité, la mise en scène de soi par soi.L’enfance à Bay City (Michigan), puis en banlieue montréalaise durant les années soixante.La petite-fille d’immigrants, rebelle et insoumise, grandit entre une mère dépressive, nostalgique de la France, et un père (pied-noir) qui menace tous les jours de se suicider (suicides théâtraux).De nature mélancolique, la petite Catherine rêve de partir loin, et même dans le camion des éboueurs.Il y a en elle quelque chose qui aspire à la hauteur, au ciel, à l’air pur.Diffi- cile de ne pas voir dans ce désir d’évasion une recherche de transcendance que la littérature lui procurera plus tard.Premier fragment: la littérature.Peut-elle domestiquer la douleur de vivre?«La littérature est devenue un lieu où il est possible de parler de ma douleur et de pouvoir aussi en faire quelque chose.Je ne parle pas ici des livres que f écris et qui m’apportent peu de réconfort Je parle des grands livres que je lis qui présentent la douleur et la joie du monde, ces livres dans lesquels je suis là et pourtant absente, qui me renvoient à moi tout en m’allégeant de ma subjectivité».L’au-teure rien finit pas de se promener dans les mots des autres: Elfriede Jelinek, Adorno, Thomas Bernhard, Céline, Proust, CATHERINE MAVRIKAK ETERNITE EN ACCÊLÉR Barthes, Blanchot, Kafka, Gau-vreau, Agota Kristof, Melville, Fitzgerald.Un va-et-vient fluide, presque naturel entre elle et les écrivains.Deuxième fragment: la nausée.Des propos idiots, xénophobes envers les immigrants détruisent sa journée.Elle réagit devant l’incompréhension qui semble être le seul territoire habitable: «Il faut arrêter de croire que les autres cultures méprisent le Québec et ne rêvent que de s’y planquer en petites communautés sans aucun contact avec les autres [.].// est temps d’arrêter de se construire en victimes d’un complot malsain des “étrangers”.Il est temps d’engager le dialogue pour un mieux-vivre ensemble.Aucun changement possible sans prise de risque», tonne-t-elle.Troisième fragment.En cadrant son propos sur les quelques apocalypses du XX" siècle, l’auteure nous incite à rester vigilants et à ne jamais oublier que rien ne peut nous mettre à l’abri de l’horreur contemporaine.«L’Histoire de cette planète appartient à tous les êtres, à tous les peuples et nous sommes tous concernés par les choses ignobles qui se passent ailleurs.» Quatrième fragment: fondu au noir.Guetteuse mélancolique de son époque, Catherine Mavrikakis est interpellée par la tourmente du Moyen-Orient.Une lecture vient enrichir sa réflexion.Vaincre Hitler.Pour un judaïsme plus humaniste et universaliste, d’Avraham Burg (Fayard, 2008).Dans ce livre de souvenirs où l’émotion côtoie l’inquiétude, Burg déplore le fait que la Shoah soit aujourd’hui le principal fixateur d’identité d’Israël, son pays.Il ne s’agit pas de la remplacer, mais de la repositionner pour qu’elle ne soit plus omniprésente.Il propose qu’elle gagne sa place dans la mémoire JACQUES GRENIER LE DEVOIR Cafherine Mavrikakis défend ses idées avec force et conviction dans son plus récent ouvrage, L’Éternité en accéléré.collective, mais qu’elle ne soit plus une réalité politique agissante.L’auteure rêve avec lui d’un retour à la sérénité et aux valeurs universalistes et humanistes du judaïsme.Si son besoin de consolation reste impossible à rassasier, pour paraphraser le titre du court essai de Stig Dagerman (Actes Sud, 1993), Catherine Mavrikakis écrit que la vie, aux moments les plus inattendus, lui offre de petites épiphanies: «La grâce existe.» A la fin de r«e-carnet», sur un ton presque prophétique, elle écrit: «Il importe peu de nous pencher sur ce que nous n’ac- complissons pas de nous-mêmes [.], nous achevons plutôt ce que des êtres, avant nous, n’ont pu accomplir.Nous écrivons nos vies, nos récits sur et dans les blancs de l’histoire qui nous est léguée.Nous faisons exister ce qui n’a pu voir le jour pour quelqu’un que nous aimions ou que nous connaissions.» Une existence accomplie, engagée, créatrice, libératrice, en sorte, que la sienne.Façonné par l’urgence de penser, L’Éternité en accéléré est le carnet d’écriture d’une intellectuelle à l’esprit libre, en avant des courants dominants, qui ne se soumet à «aucune parole com- mune que l’on tient pour naturelle, normale».En quête de vérité, Catherine Mavrikakis défend ses idées avec force, conviction et réflexions en contre-plongée sur son époque, dans un langage éloquent, un phrasé vif et une élégance dans l’écriture qui rime avec exigence.Collaboratrice du Devoir L’ÉTERNITÉ EN ACCÉLÉRÉ (E-CARNET) Catherine Mavrikakis Les Éditions Héliottope, «Série K» Montréal, 2010,288 pages LITTERATURE QUEBECOISE Cœur de pirate CHRISTIAN DESMEULES Dans la seconde moitié du XXL siècle, le monde semble dominé (comme dans «complètement dominé») par des intérêts économiques privés.Le Québec, désormais indépendant, est pour sa part livré corps et âme à l’influence tentaculaire d’une multinatio- nale française qui s’enrichit de la vente massive d’eau potable (via le pipeline Chibougameau-Los Angeles).Mais aussi, tiens donc, de l’exploitation sans opposition de mines d’uranium à ciel ouvert et de la psychose sécuritaire.En dehors de Montréal (la zone 1), plus loin que l’immense dôme tropical installé au-dessus de Rimouski, dans ce qui Présentement en librairie L’esprit en boîte Nicolas Tremblay nouvelles L’esprit en boite Sergio Kokis Le pavillon des miroirs Si-K< i Kdkjs DlSSlMUIAl'lONS LTS USE Renald Bérubé Les caprices du sport roman fragmenté DISTRIBLTTION : DIMEDIA INC.Courriel : general@dimedia.qc,ca Site Internet: www.dimedia.qc.ca Sergio Kokis Dissimulations nouvelles L evesque éditeur reste des régions éloignées fermées par le gouvernement après la «Grande Expropriation», quelques squats parviennent tant bien que mal à subsister, poches de liberté relative, loin des caméras de surveillance, des contrôles rétiniens, de la civilisation en boîte.Comme celui de Blanc-Sa-blon, village abandonné de la Basse-Côte-Nord, où une centaine de personnes vivent le plus discrètement possible sous l’étendard de la Compagnie Collective, une organisation révolutionnaire vaguement anarchiste, aux règles strictes, qui se livre à des actes de piraterie dans le golfe Saint-Laurent — arraisonnement de pétroliers et de cargos.C’est là que vit Jappy, courageux et plutôt sympathique junkie, çn compagnie de sa blonde Élise, de leur enfant JACQUES GRENIER LE DEVOIR Michel Vézina aux pouvoirs étranges, ainsi que toute leur bande de compagnons d’armes: rescapés de la mer, cyber-terroristes.pushers ou petits couples granolas.Zones 5, la seconde contribution de Michel Vézina à «Élise», la série à plusieurs mains à laquelle il a donné le coup d’envoi il y a trois ans — une sorte de Poulpe québécois —, est un roman d’action sur fond de critique sociale et de politique-fiction.Le roman de Vézina ne s’en cache pas: il s’alimente largement à la TAZ («Zone autonome temporaire»), concept volontairement flou élaboré par Hakim Bey, qu’il cite en abondance, lui-même nourri en partie des utopies pirates.Mais des vents contraires compliquent les choses.D’un côté, ceux qui espèrent changer le monde, révolutionnaires à gogo prêts à faire prendre à chacun tous les risques.De l’autre, Jappy, presque seul de sa race, résolument pessimiste (sinon tout simplement lucide), qui croit plutôt que «plus rien de global n’est possible», préférant cultiver son jardin en marge de tout «système».Avec l’échec d’une dernière opération majeure du groupe, de plus en plus fissuré de l’intérieur, il ne manque pas d’arguments: «Aucun autre projet que celui organisé par des commerçants n’a jamais pu être contré et tous ceux qui rêvent d’un avenir plus égalitaire le font en pure perte d’énergie.» Une série à suivre plus tard cet automne avec Park Extension, de Laurent Chabin.Collaborateur du Devoir ZONES 5 Michel Vézina Coups de tête Montréal, 2010,226 pages Conference Le premier homme d’Albert Camus : une symphonie inachevée Conférencière : Agnès Spiquel, professeure de littérature française à l'Université de Valenciennes et présidente de la Société des études camusiennes (France) Lecture d'extraits de l'œuvre par le comédien Albert Miliaire Présentée en collaboration avec le Théâtre Denise-Pelletier à l'occasion du 50e anniversaire de la mort de l'écrivain GRANDE BIBLIOTHÈQUE I i î ç ! V I H É À I R E DENISE-PEUETIER Le mardi 5 octobre à 19 h 30 À l’Auditorium de la Grande Bibliothèque Entrée libre 475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal è.®©Berri-UQAM Autobus ; 30,15 et 125 i .I 514 873-1100 ou 18œ 363-9028 COt^l^O/^^dl^Ce ! banq.qc.ca ¦ [DID Bibliothèque et Archives nationales Québec g S LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE S OCTOBRE 2010 F 3 LITTERATURE Anne Hébert, la fin Æ.\ Danielle Laurin Cm est aussi bien un ^ bilan, impressionniste, de toute sa vie.Et de son oeuvre.Le bilan d’une vie consacrée tout entière à l’écriture: «La première responsabilité que j’assume pleinement est celle d’écrire sans concession, ce que j’ai fait toute ma vie», confiait Anne Hébert peu de temps avant sa mort, à l’âge de 83 ans, le 22 janvier 2000.Elle ajoutait: «Ecrire un livre, c’est chaque fois une nouvelle aventure en terre inconnue.Il est bien entendu qu’on ne se sépare jamais de soi-même.Il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir au plus profond de soi qui n’a pas encore été dit et qui réclame la parole.C’est à la fois jubilatoire et terrifiant.» Mais En route et pas de sentiment est d’abord un livre de témoignage.Le témoignage d’un grand admirateur de l’auteure de Kamouraska.Un ami de lon^e date, aussi.Michel Gosselin, instigateur du Centre de recherches sur Anne Hébert, mis sur pied en 1998 à l’Université de Sherbrooke.C’est lui qui parle.Il a découvert Le Tombeau des rois, recueil de poèmes paru en 1953, à l’âge de 16 ans.Il a traversé l’œuvre d’Anne Hébert, avant de consacrer son mémoire de maîtrise à Kamouraska, le célèbre roman adapté au cinéma par Claude Jutras.C’était il y a plusieurs décennies de cela.Il avait fait parvenir le résultat de ses recherches à la principale intéressée, elle lui avait répondu, ils avaient correspondu.Il était allé la voir à Paris, dans son appartement de la rue de Pontoise, et voilà, l’amitié entre eux deux était née comme ça.C’est lui qui parle, et qui recueille les confidences de l’écrivaine tandis qu’elle prépare son retour définitif au Québec.Quelques mois auparavant, elle a fait ime chute sur le trottoir, s’est fracturé l’avant-bras.Elle a plus de 80 ans, son médecin l’a prévenue: son bras droit ne pourra récupérer que 80 % de sa force et de sa flexibilité initiales.Retour au pays natal Elle peine à écrire, elle peine à tout faire, elle ne se voit pas I rester seule à Paris, elle veut être enterrée auprès des siens, au Québec.Elle a des amis fidèles à Montréal; elle a pris sa décision, elle va rentrer.Mais comment s’organiser toute seule?Et puis il y a Petit Chat son unique compagnon, si vieux déjà, malade: sera-t-il apte à faire le voyage?Elle est en plein désarroi.Et bien sûr, elle angoisse: comment tourner le dos à sa vie parisienne d’écrivaine?À cet anonymat ce silence, cette solitude, tout ce qui lui est cher, depuis si longtemps?Michel Gosselin vient à son secours.Il l’accompagne dans ses pénibles démarches à travers les dédales de la bureaucratie française.Il lui prête son bras lorsque vient le temps d’arpenter pour la dernière fois les lieux qui ont compté pour elle à Paris.«Nous marchons dans le passé», note-t-il.Il est là, aussi, lorsque vient le temps pour Anne Hébert de faire ses adieux aux commerçants de son quartier: son pâtissier, son boucher, sa poissonnière, sa pharmacienne.Chaque fois, elle, le dos droit, digne.Sa peine rentrée.Et cette remarque: «En route et pas de sentiment.» Puis, une fois terminées les démonstrations d’affection, les effusions de chacun: «C’est fait, c’est fini, on n’en parle plus!» Lui, qui l’accompagne, n’en revient tout simplement pas: «Je suis saisi.Je détourne la tête.Son commentaire à la fois me glace et m’émerveille.Pour avoir fréquenté madame Hébert pendant plusieurs années, je sais qu’elle a un sens aigu de la réalité.Pour elle, il ne sert à rien de s’accrocher à un passé révolu quand la décision d’y mettre fin émane de soi.» Il l’aide à trier ses papiers.En ami.Mais aussi parce qu’il est chargé de recueillir les manuscrits, la correspondance et les documents officiels d’Anne Hébert pour le centre de recherches qui lui sera consacré au Québec.Ça ne va pas de soi.L’écrivaine a beau avoir dit oui, elle a beau être «consciente de l’importance de la genèse d’une oeuvre comme source d’inspiration pour un auteur», Mi- E N BREF %.Gilles Vigneault Les mots de Vigneault Mia Dumont est allée à la pêche: elle a cherché, dans les entrevues données par le chantre national Gilles Vigneault, aphorismes, maximes et réflexions.Après les extraits du journal de Vigneault, Dumont porte, dans L’Apprenti sage II, la vivante pensée et des esquisses crayonnées par le poète.Aux éditions de l’Homme, 162 pages.- Le Devoir.Le prix de traduction John-Glassco C’est Louis Bouchard et Marie-Elisabeth Morf qui remportent cette année le prix de traduction John-Glassco, pour le roman D’ailleurs (éditions Héliotrope), de Verena Stefan, transposé de l’allemand.Le prix, décerné depuis 1982 par l’Association des traducteurs et traductrices littéraires, couronne une première traduction «dont les qualités littéraires et la ri- JACQUES GRENIER LE DEVOIR gueur sont remarquables».Du travail de Bouchard et Morf, le jury a aimé que «les traducteurs [aient] su reproduire la langue poétique et la prose fluide de l’auteure, tout en relevant avec brio les défis posés par des dialogues multilingues et une stylistique hors du commun».Une bourse de 1000 $ accompagne l’honneur.- Le Devoir Regards ob-scènes sur Nelly Arcan Le Centre de recherche interuni-versitaire sur la littérature et la culture québécoises et l’Université de Montréal organisent, im peu plus d’im an après le sitidde de la blonde auteure, une journée d’étude sur l’œuvre de Ne% Arcan, intitulée «Regards ob-scènes».Qrganisé par Catherine Mavrika-kis et Andrea Qberhuber, le colloque reçoit aussi Melikah Abdel-moumen, Isabelle Boisclair, Martine Delvaux, Marie-Claude Dugas, Gilles Dupitis, Sandrina Joseph, Lucie Lequin, Joëlle Papillon, Michel Peterson, Stéphane Rivard et Lucille Toth.Hus d’information sur www.crilcq.org/col-bques.- Le Devoir Anne Hébert en 1997, quelques mois avant son retour au Québec JACQUES GRENIER LE DEVOIR chel Gosselin craint qu’elle se ravise: «elle redoute qu’on tripatouille et farfouille dans ses papiers après sa mort».Deux temps Hormis ses confidences à elle, sur sa jeunesse, son admiration pour son père écrivain, son attachement profond à son cousin poète Saint-Denys Gar-neau, hormis sa façon toute particulière de mettre les points sur les «i», du type: «Long-temps on a cru, et certains le croient encore aujourd’hui, qu’en 1954 et en 1965 je m’étais exilée du Québec.C’est Michpl CTosselin [En route „ [et pas de sentiment IkLerl, enire l’.irisrt Montn'.il Hurtubise faux.J’ai choisi de vivre à Paris, c’est différent», et hormis la retranscription minutieuse des échanges qu’elle a eus avec Michel Gosselin, c’est lui qui parle, avec respect, tout du long.Mais en deux temps.Il y a le temps passé, celui de son journal, dans lequel il replonge.Son journal à lui, on ne peut plus précis, concernant les deux dernières années de vie d’Anne Hébert.Et il y a le temps présent.L’urgence de dire.Alors que la mort s’annonce.Sa mort à lui.En route et pas de sentiment commence là-dessus: le narrateur apprend qu’il est atteint d’un cancer; son médecin lui donne six mois à vivre, un an toqt au plus.À quoi va-t-il occuper son temps, entre deux cocktails de médicaments, les visites de la voisine bienveillante et les soins quotidieps à son animal de compagnie?À mettre en forme son fameux journal: «Il faut que je raconte ces années avec elle avant de partir.J’ai déjà trop tardé et je n’ai encore rien dit.» Qn ne sait pas trop comment réagir devant tout cela.Qn est troublé, bien sûr.Qn est face à la mort.Celle d’Anne Hébert, à rebours.La sienne à lui, toute proche.La sienne, vraiment?S’agit-il d’un livre-testament?Gu d’un sub- R ?l^Gaspard-LE DEVOIR ALMARÈS Du 20 an 26 septembre 2010 '^Romans québécois 1 Au bout de l'exil • Tome 1 La mande illusion Micheline Duff/Québec Amérique -n 2 En plein cceur.Amiand Gamache enquête bulse Penny/Rammarion Qc 3/3 3 Béatrice et Viiqlle Iriinn Martel/XYZ 1/3 4 La fille du pasteur Cullen • Tome 2 À l'abri du silence Sonia Mamien/Québec Amérique 2/4 5 La constellation du binx buis Hamelln/Boréal -n 6 Ru Kim Thév/Libre Expression 4/4 7 La fille du pasteur Cullen • Tome 1 Partie 1 Sonia Mamien/Québec Amérique 8/4 8 Au bout de l'exil • Tome 3 L'Insoutenable vérité Micheline Duff/Québec Amérique -n 9 À Mie du clocher • Tome 1 Les années folles Michel David/Hurtubise 5/4 10 Riles de Lune • Tome 4 Quête d'éternité Élisabeth Tremblay/Mortagne 7/2 Romans étrangers 1 Manqe, prie, aime (format poche) Elizabeth Gilbert/LGF 1/3 2 Une ombre sur la ville James Patterson/Archipel -n 3 L'homme du lac Amaldur Indridason/Points 3/4 4 La trilogie berlinoise Philip Kerr/LGF 4/3 5 Une fbnne de vie Amélie Nothomb/Albin Michel 2/4 6 Mange, prie, aime Elizabeth Gilbert/Calmann-Lévv 5/4 7 Les anonymes Roger Jon Rlory/Sonatine éditions 6/3 8 La carte et le tenilnlre Michel Houellebecq/Flammarion 9/2 9 Les veux jaunes des crocodiles Katherine Pancol/LGF 10/2 10 Millénium • Tome 1 (fbnnat poche) Stieg brsson/Actes Sud -n "?Essais québécois 1 L'anxiété.Le cancer de l'ême bulse Reid/JCL V4 2 Les médias sociaux 101.Le réseau mondial des.Michelle Blanc 1 Nadia Seraiocco/bgiques -n 3 Le CHUM.Une tragédie québécoise Robert bcrolx I buis Maheu/Boréal -n 4 Contes et comptes du Prof Lauzon • Tome 4 Léo-Paul buzon/Michel Brillé 3/2 5 Perdus sans la nature.Pourquoi les jeunes ne louent.François Cardinal/Québec Amérique 2/4 6 ta nadon sans la relgon?Le dérides ancrages au Québec buis-André Richard et aUPUL -n 7 Être ou ne plus être.Débat sur l'euthanasie Marcel Boisvert 1 Serge DaneauH/Voix parallèles 4/3 8 Quelgue chose comme un grand peuple Joseph Facal/Boréal -n 9 Petit cours d'autodéfense Intellectuelle Nonnand Balllargeon/Lux 5/3 10 Les femmes vintage Jocelyne Robert/Homme -n Essais étrangers 1 b visage de Dieu Igor Bogdanov I Grichka Bogdanov/Grasset V4 2 lop «le IRuquoi nous sommes prisonniets du crut lemie Jean-buis Servan-Schreiber/Albin Michel 2/2 3 b philosophe nu Alexandre Jolllen/Seull -n 4 AmoiisIristoiGsdesrclalionsenbeleshamrnesetlesleinmes JacquesAttali/LGF 9/3 5 b stratège du choc, b monlée d'un capilaisme du désastre Naomi Klein/Actes Sud 4/4 6 b crépuscule d’une Idole.L'aflabulation freudienne Michel OiriTay/Giasset 3/2 7 tus ninés dans dxans?Dette pubique :1a dernière chance Jacques Attali/Favard 5/4 8 L'Afrique noire est-elle maudite?Moussa Konaté/Fayard -n 9 C'est maintenant ! 3 ans pour sauver le monde Jean-Marc Jancotricl I Alain Grandjean/Points -n 10 Ce qis lait une vé.Essai str la violence, la guerre et le deui Judith Butler/Zones -n Lü BIIF (SociëË de gestni de la Banque de titres de langue fiangalse) est gnipridtalre du s^me d'intainatlcn et d'analyse fispm/ str les ventes de lines français au Canada.Ce palmarès est extrait de SüSfiri et est rxnstué des relevés de caisse de 141 points de venta La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimohe canadien pour le projet ÆtryMf.© Bnr, toute reproduction tolale ou partielle est inlerdita terfuge littéraire?Le malaise s’installe.Que signifie le mot «récit» sur la page couverture?Dans quelle sorte de livre sommes-nous donc?Il y a sa mort à lui, imminente, et ses regrets, ses amours gâchées parce que trop pris ailleurs pendant trop longtemps, trop pris par son dé- vouement sans faille à Anne Hébert.Qn est dans son intimité à lui.Son drame à lui.Qn n’en demandait pas tant.Mais on y est.Qn compatit.Reste un grand mystère, celui d’Anne Hébert.De sa vie personnelle, de son intimité, qu’elle a toujours cherché à protéger de façon quasi maniaque.Pour elle, seule l’œuvre comptait.Ce mystère, Michel Gosselin refuse de l’éclaircir.Parce qu’il demeure médusé lui-même devant la complexité, le côté secret du personnage?H donne quand même quelques indices, rapporte entre autres cette phrase d’Anne Hébert sur son lit de mort: «J’ai été une enfant dépossédée de l’amour par une volonté antérieure à la mienne, je devais renoncer à toute possession en cefie vie.» A nous cle trouver la clé de l’énigme.À moins qu’elle se trouve dans l’œuvre d’Anne Hébert?EN ROUTE ET PAS DE SENTIMENT Anne Hébert, ENTRE Paris et Montréal Michel Gosselin Hurtubise Montréal, 2010,456 pages Louis HAMELIN LA CONSTELLATION DU LYNX «Une formidable réussite littéraire, un livre magnifiquement construit, passionnant d’un bout à l’autre, encore plus riche que son matériau historique — et Louis Hamelin s’est hissé, à force de patience, de travail acharné et de talent, au statut des grands écrivains contemporains, tous pays confondus.» Jean Barbe, Canoë «Jamais dans la littérature québécoise tes rapports entre les humains n’auront si bien exprimé l’ambiance révolutionnaire mondiale de 1970.» Michel Lapierre Le Devoir «Parson souffle, son habileté â saisir l’esprit des 40 dernières années, il mérite simplement d’être considéré comme le grand roman québécois de notre temps.» Martine DesJardins, L’actualité Louis Hamelin ,r ’ LA CONSTELLATION DU LYNX H Retrouvez-nous sur twitter et facebook Roman • 600 pages • 32,95 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca présente le "" "'~r Lv (./Tde la \\ KX^é^i/C/ Café Morgane 15het20h-2au10 oct.Réservation 24 h d’avance Le Sacristain 15 h-5,6 et 7 oct.Maison de ia culture 15h- 2,3et5au 10oct.Musée des Ursulines 14h-2,3et6au10 oct.Bar l’Hexagone - Hôtel Delta Maison de la culture Apéro-poésie : 17 h - 7 et 8 oct.Apéro-poésie : 3 au 8 et 10 oct.Café-bar Zénob Maison Hertel de la Fresnière I Apéro-poésie : 17 h - 2 au 10 oct.Apéro-poésie : 2 et 9 oct.L’Embuscade Café Galerie Scotch et poésie : 15 h - 2,3 et 5 au 10 oct.Art de ville 20h-2,3et7au10 oct.Café Bar Zénob 20h30,23h-1au10 oct.19h-2et3oct.Café Morgane-Librairie Morin 15h-2au9oct.19h30-2au8oct.Qu i®*" au 1 a octobre 2010 (îl,é4/e^vivtioi^ Art de ville Thé-poésie : 10 h - 2,3,18,9 et 10 oct.16 h-2,3,9 et 10 oct.Au Four à bois Dîner-poésie : 12 h - 2 et 4 au 9 oct.Souper-poésie : 18 h 30 - 2 et 4 au 9 oct.Café Bar Zénob Pique-nique-poésie : 12 h - 2 au 10 oct.Café Le Bucafin Oîner-poésie : 12 h - 4 au 8 oct.Café Morgane - Mufhn et poésie : 11 h - 3 et 10 oct.Librairieli/lorin Bistro l’Ancêtre Souper-poésie : 18 h - 5 et 6 oct.I II Circo Pâtes et Passion Souper-poésie : 18 h - 6,7,8,9 oct.L’Essentiel Oîner-poésie : 12 h - 2,3,4,9 et 10 oct.Souper-poésie : 17 h 30 - 2,3,9 et 10 oct.18h-4oct.Le Lupin Dîner-poésie : 12 h - 3,5,6,7,8 oct.Souper-poésie : 18 h 30 - 2,3 et 5 au 10 oct j Le Manoir du Spaghetti Dîner-poésie : 12 h - 2,3,8,9,10 oct.Souper-poésie : 18 h 30 - 6,7,8 oct.Le Rouge-vin Souper-poésie : 18 h 30 - 3,6,7,8 et 10 oct.| Le Sacristain Tartine et poésie : 9 h - 4 au 8 oct.Souper-poésie :18 h-4 et 8 oct.Le Saint-Germain Bistro Souper-poésie : I8 h 30 - 2 au 10 oct.Maison de la culture Pique-nique-poésie : 12 h - 2 au 10 oct.Apportez votre lunch Prix de poésie Grand Pnx Québécor du Festival International de la Poésie-2010 CATALANO, Francis Prix Piché de poésie UQTR I AUBIN, Marie-Charlotte Finaliste Prix Piché de poésie UQTR MARCHAND, Audrey-Anne Prix Félix-Antoine-Savard de Poésie-2010 I et Prix Alain-Grandbois-2009 DELAND, Monique Prix Émile-Nelligan-2010 I TURCOT François Prix Jean-Lafrenière/Zénob-2009 LEBLANC-POIRIER, Daniel Prix International de Poésie Antonio Viccaro-2010 DESCENT, Jean-Marc Prix Jaime-Sabines-Gatien-Lapointe-2010 MARTEL, Émile Prix du Gouverneur Général-Poésie-2009 MONETTE, Hélène Pnx Athanase-David-2010 DESAUTELS, Denise Prix ANEL-AQPF de poésie-2010 ROY, André Pnx Études françaises-2009 DORION, Hélène Prix Jovette-Bemier 2009 MORENCY, Joanne Pnx Jacques-Poiner-2009 RINGUET, Chantal Prix Trillium-Poésie-2010 MATTEAU, Michèle (Ontario) Pnx Innovation en enseignement de la poésie-2010 BOLDUC, Étienne Finaliste Prix Innovation en enseignement de la poésie-2010 BROCHU, Josée Pnx national de poésie en immersion en langue française 2010 KEBBE, Maryam (Ontario) 1 23456789 10 Poètes québécois ATALLA, Nora BACON, Joséphine BEDDIARL Salah BERGERON, David BLAIS, Geneviève BOUCHARD, Sylvie BOUCHER, Denise BOULANGER, Patrick BRASSARD.Denise BROUILLETTE, Marc-André CANTIN, David CHAUVETTE, Annick CHEVARIER, Corinne CHOLETTE, Mario CROISETIÉRE, Mathieu CYR, Véronique DAOUST, Jean-Paul DARGIS, Daniel DAVID, Carole DESJARDINS, Louise DESPATIE, Stéphane DES ROCHES, Roger DIAMOND, Ann FIORAMORE, Pascal-Angelo GARNEAU, Jacques GAUCHER, Dominique 1 23456789 10 GUERRETTE, François HORIC, Alain I JEAN.Guy JUTEAU, Monique JUTRAS, Benoît LAFLEUR.Annie LAFORCE, Monique LALONDE, Gabriel LAFRENIÉRE, Jean-Marc LECOMPTE, Luc LÉVESQUE, Geneviève MESTOKOSHO, Rita MORENCY, Catherine PLEAU, Michel RICARD, André ROGER, Éric SALMERON, Odelin SIOUI, Jean THÉORET, France THIBAULT, Martin TREMBLAY, Tony WORLITZKY Aspasia YOUNSI, Mohamed Poètes canadiens BOURAOUI, Hedi (Tunisie/Ontano) BRIDEAU, Sarah Marilou (N-Brunswick) 1 23456789 10 CHAMPEAU, Nicole V.(Ontano) GABOURY-DIALLO, Lise (Manitoba) HARBEC, Hélène (N-Brunswick) HAUSNER, Beatriz (Ontano) MORGAN.Dwayne (Ontario) Poètes internationaux 1 23456789 10 AFANADOR, Luis Fernando (Colombie) AVECILLAS, Cristian (Équateur) BARTOLOMÉ, Efrain (Mexique) BOZIER, Raymond (France) DAINE, Véronique (Belgique) DE BRITO, Casimiro (Portugal) DELGADO ACOSTA, Fadir (Colombie) DRACIUS, Suzanne (Martinique) FUTORANSKY, Luisa (Argentine) ILEA, Letitia (Roumanie) ISTARU, Ana (Costa Rica) JAMBON, Kirby (Etats-ums) KADIISKI, Kiril (Bulgane) LAYE, Barnabé (Bénm-France) LOUBES, Jean-Paul (France) MARIN, Robinson (Colombie) MARTINEZ CARRERA, Gloria (Mexique) MARTS, Antonio (Mexique) NNA, Pierre Collin (Cameroun) O’SULLIVAN, Derry (Irlande) RADHI, Hasan Abed (Iraq) SAHIONI SOUFI, Maïak (Syrie) SALGADO, Julio César (Argentine) SALHI, Abdel-lllah (Maroc) SANDOVAL, Renato (Pérou) SEKIGUCHI, Ryoko (Japon/France) SMITH, Frank (France) SORRENTE, Dominique (France) THION, Michel (France) VERREY, Laurence (Suisse) Info-Festival : 819 379-9813 Site Internet : wvvw.fiptr.com Vous trouverez notre programmation complète chez tous les hôtes du Festival.Samedi 9 octobre 20 h.25 poètes sur scène à la Maison de la culture.Prix 15 $ taxes incluses.Réservations billetterie de la salle J.-A.-Thompson entre 11 h et 18 h : 819 380-9797 ou billetterie(g)v3r.net ou 1 866 416-9797 (sans frais).Conseil des arts et des lettres Québec O» E9 E9 Avec la participation de : - Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine - Ministère du Tourisme - Office Québec-Amériques pour la jeunesse E3E3 E3E3 1 bonjourquebec.com 1^1 Patrimoine Canadian canadien Heritage Canada Conseil des Arts du Canada Canada Council for the Arts 4 GOUVERNEUR HÔTEL TROIS-RIVIÈRES VILLE l'HISTOKE ^'^CLÆTURE TROIS-RIVIÈRES Le Devoir , ., , de regards Libre de penser sumntoimaiion ORQANISATION INTERNATIONALE DE O la francophonie ?BS AMBRES LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE OCTOBRE 2010 F 5 LIVRES Suzanne Dracius, poète, dramaturge et romancière martiniquaise Festival international de la poésie de Trois-Rivières JACQUES NADEAU LE DEVOIR Vers le Sud de Suzanne Dracius À Trois-Rivières, le Festival international de la poésie accueille pour 10 jours toute une délégation de poètes québécois, mais fait aussi, comme toujours, une grande place aux poètes étrangers.Une forte voix féminine de la Martinique, Suzanne Dracius, sera du lot.Elle nous donne des nouvelles des horizons du Sud.MELISSA GUILLEMETTE Elle n’était pas difficile à repérer dans le café où Le Devoir l’a rencontrée cette semaine.Son manteau de fourrure l’a trahie, révélant sa profonde aversion pour le froid.Tout comme ses bijoux, aussi étincelants que le soleil.Elle est cohérente jusque dans le choix de sa tisane: «fruit de la passion».Suzanne Dracius a la Martinique dans le corps.Poète, dramaturge et romancière, elle n’a jamais quitté son île pour longtemps.C’est là qu’elle est née, à Terres-Sainville, c’est là qu’elle a enseigné, c’est là qu’elle écrit et c’est là qu’elle conhe ses manuscrits pour publication.«J’en ai aussi publié chez des maisons d’édition parisiennes, sinon on vit une longue extinction», raconte l’écrivaine révélée en 1989 par son roman L’autre qui danse.Pas facile, la vie d’écrivain francophone dans la Caraïbe.Quelques maisons d’édition survivent en Martinique, plusieurs s’éteignent.Ce département d’outre-mer français a pourtant vu naître de grands noms de la littérature.Le défunt Aimé Césalre, j’un des pères de la négritude, Edouard Glissant, fondateur du concept d’antlllanlté, Patrick Chamol-seau, théoricien de la créolité, et le romancier Raphaël Conhant ont tous connu les falaises et les mangroves de la Martinique.Ces derniers ont utilisé la littérature pour revendiquer une identité — celle des Noirs, celle des Antillais, puis celle des locuteurs du créole.Ce thème de l’identité demeure toujours au centre de la littérature martiniquaise, selon Suzanne Dracius, qui écrivait d’ailleurs en 2003 le joli poème Aux horizons du Sud, paru dans son recueil Exquise déréliction métisse, qui lui servira de matière première lors des lectures publiques, à Trois-Rivières, ces dix prochains jours: «Blanche Neige, basanés, métèques/ Des mots qui nous font des bosses / Des mots qui nous donneront force / D’étre bien debout dans nos peaux».La question identitaire martiniquaise est des plus complexes; elle se tient entre la
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