Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2011-02-17, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
^ : FINANCEMENT DE KAIROS L’opposition ne décolère pas contre Bev Oda; aux ministres et non aux fonctionnaires de prendre les décisions, répond Harper Nos informations en page A 3 et l’éditorial en page A 6 -?www.ledevoir.com ?- LE DEVOIR Vol.C I I N ° 3 4 LE JEUDI 17 EEVRIER 2011 1,09$+ TAXES = 1,24 247 379 signatures contre Charest Une petition qui dérange ANTOINE ROBITAILLE Québec — Extrêmement agacé par la pétition réclamant la démission de Jean Charest, le gouvernement affirme que c’est la dernière fois qu’une telle chose se produit.«Vous ne verrez plus ce genre de pétition-là», a assuré le nouveau ministre de la Réforme des institutions démocratiques, Pierre Moreau, hier après-midi.La pétition en ligne, qui a finalement recueilli 247 379 signatures entre le 15 novembre et le 15 février, a été déposée hier en matinée, en Chambre, par son parrain parlementaire, Amir Khadir.Pendant la lecture du texte par le député de Québec solidaire, le premier ministre s’entretenait avec sa ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, ne semblant pas entendre.Aux dires de Pierre Moreau, la pétition initiée par un préposé aux bénéficiaires de la région de Montréal, Steeve Brosseau, violait le règlement de l’Assemblée nationale puisqu’elle contrevenait à certains critères de recevabilité.La pétition demandait «la démission du député de Sherbrooke en tant que chef du gouvernement et premier ministre du Québec».Selon le ministre, il s’agissait donc de «destituer un membre de l’exécutif», ce qui excède les compétences de l’Assemblée nationale.Or, le VOIR PAGE A 8: PÉTITION LA CONTESTATION POPULAIRE S’ETEND M ri JOSEPH EID AGENCE ERANCE-PRESSE UN MOIS après le départ du président tunisien, Zine el-Abidine Ben Ali, chassé par un soulèvement populaire, le mouvement de protestation s’étend aux régimes du Proche-Orient.Des manifestants bravent la peur et les interdits, et réclament une ouverture démocratique à Bahreïn, au Yémen, en Iran, en Syrie, en Libye et en Jordanie.Dans l’État du Bahreïn, des milliers de personnes étaient rassemblées hier à la place de la Perle (notre photo), au cœur de la capitale Manama, pour exiger des réformes, faisant écho à l’opposition chiite qui a appelé à une «véritable» monarchie constitutionnelle.Nos informations en page B 5.PÉTROLE ET GAZ Le PLQ connaissait le potentiel québécois Confier l’exploration au privé était injustifié, soutient une ancienne ministre de l’Énergie ALEXANDRE SHIELDS Avant l’arrivée des libéraux au pouvoir, le gouvernement savait que le sous-sol québécois pouvait représenter un important potentiel en hydrocarbures, il possédait l’expertise nécessaire pour en vérifier l’ampleur et cela ne représentait pas un risque financier majeur pour Hydro-Qué-bec.C’est ce que soutiçnt Rita Dionne-Marsolais, qui était ministre de l’Énergie lorsque la société d’État a reçu, en 2002, le mandat d’évaluer les possibilités d’exploiter les ressources gazières et pétrolières du Québec.Se disant «renversée» par les propos tenus au cours des derniers jours par Jean Charest et surtout la ministre Nathalie Normandeau, Mme Dionne-Marsolais a réfuté chacun des arguments évoqués par les libéraux pour justifier leur décision de se retirer de toute exploration en 2005, avant de démanteler Hydro-Québec Pétrole et gaz et de confier l’avenir du secteur au privé.«Je n’ai jamais compris ce geste», a-t-elle lancé hier, en entrevue au Devoir.Rita Dionne-Marsolais, qui a une longue feuille VOIR PAGE A 8: PETROLE ¦ L’exploitation des gaz de schiste pourrait coûter un milliard au Québec, selon riRIS, page B 1 CATHAL MCNAUGHTON REUTERS SAGUENAY Prière au conseil : le maire portera sa cause en appel À lire en page A 2 JUSTICE Blitz de négociation entre Québec et les procureurs À lire en page A 5 INDEX Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Boiuse.B 2 Culture.B 7 Décès.B 6 Économie.B 1 Idées .A 7 Météo.A4 Monde.B 5 Mots croisés.B 8 Sports.B 6 Sudoku.B 5 Éditorial.A 6 Télévision.B 7 EESnVAL MONTREAL EN LUMIERE Carole Bouquet en tête à tête avec la folie La comédienne se plonge, sur la scène du Gesù, dans l’univers amoureux d’Antonin Artaud Quittant son île de Pantelleria, la comédienne française Carole Bouquet vient braver le froid de février ces jours-ci pour coprésider le festival Montréal en lumière et plonger dans la folie amoureuse d’Antonin Artaud.Sur la scène nue du Gesù, la comédienne prendra à bras-le-corps dès ce soir les lettres écrites par le poète maudit à Génica, son amour de jeunesse perdu.ISABELLE PARE Déconcertante, Carole Bouquet est souvent là où on ne l’attend pas.Beauté impassible aux cheveux de jais dans Cet obscur objet du désir de Luis Bunuel, faucheuse en chair et en os dans Buffet froid de Bertrand Blier, icône chic de la maison Chanel, puis bourgeoise éclatée dans Grosse fatigue, la plastique comédienne négocie depuis les virages extrêmes.Lettres à Génica, d’amour, présenté dans le cadre de Montréal en lumière, est le dernier de ces projets que la bellissime actrice a décidé d’attaquer.Un tête à tête avec la folie d’Ârtaud.Bouquet foulera la scène seule pour la première fois, dans une prestation dépouillée plus proche de la lecture que du jeu théâtral.Comme un sage assis au pied de son baobab, l’actrice se fera conteuse d’un soir et complice de la passion d’un homme dévoré par l’amour, englouti par la perte et la folie.MONTREAL EN LUMIERE Carole Bouquet copréside le festival Montréal en lumière.«On m’a dit que mon image ne cadrait pas vraiment avec celle d’Artaud.C’est stupide.Je me sens très près de lui, même si je ne souffre pas à ce point.Les gens se font de moi une image fausse», déclarait-elle en décembre, lors de la présentation de Lettres à Génica à Genève.Refrain connu.Auscultée sous toutes ses coutures, la dame en a long à dire côté image.Attrapée juste avant son départ pour Montréal, Carole Bouquet, vive au bout du fil, rectifie le commentaire.«En fait, il n’y a pas de ressemblance entre Artaud et moi, mais une immense tendresse et des émotions.Je pense que je comprends ce qu’il dit, profondément, avec le cœur, pas qu’avec les mots», dit-elle au Devoir.Jeune acteur, Artaud a rencontré Génica Anasthasiou, comédienne d’origine roumaine, en 1922 à Paris, au théâtre de l’Atelier, là même où Carole Bouquet a choisi de lancer la tournée de Lettres à Génica l’automne dernier.Après cinq ans d’une intense union, Artaud vouera un culte à cet «amour céleste».Hommage, complicité, ressemblance?Chose certaine.Bouquet dit vouloir faire connaître l’immense oeuvre d’Artaud, trop souvent occultée par l’histoire de sa folie et de ses internements.«Je pense que VOIR PAGE A 8: BOUQUET Internet: le double discours de Washington CLAUDE LÉVESQUE Sur Internet, la liberté des uns s’arrête peut-être là où commence la volonté de l’oncle Sam de protéger ses secrets.Dans un discours prononcé à Washington mardi, la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a critiqué les censeurs qui s’attaquent à Internet sous diverses dictatures tout en défendant l’attitude de son gouvernement, qui considère le site WikiLeaks comme une association de malfaiteurs.Mme Clinton a tenu des propos très virulents à l’égard du président égyptien déchu, Hos-ni Moubarak, qui avait vainement tenté de bloquer l’accès aux sites d’information en ligne et aux communications par téléphone portable quelques heures avant d’être forcé à quitter le pouvoir.«Des images et des vidéos en provenance de l’Égypte ont inondé la Toile.Des journalistes ont publié sur Fa-cebook et Twitter leurs reportages en direct», s’est-çlle félicitée.La secrétaire d’État a reproché aux autorités iraniennes de tenter elles aussi d’entraver la navigation sur la Toile, en plus d’utiliser le coffre à outils du Web 2.0 pour espionner et harceler les dissidents.«Nous croyons que les gouvernements qui ont érigé des barrières contre la liberté d’Internet, qu’il s’agisse de filtres techniques ou d’attaques contre ceux qui exercent en ligne leur droit de parole ou de réunion, se trouveront éventuellement coincés, a-t-elle déclaré.Ils devront résoudre le dilemme des VOIR PAGE A 8: INTERNET Hillary Clinton Washington critique / les Etats censeurs, mais traite WikiLeaks en malfaiteur 77831302832408 A 2 LE DEVOIR, LE JEUDI 17 EÉVRIER 2011 ACTUALITES Jean Tremblay porte sa cause en appel Le maire de Saguenay défendra la présence du religieux au conseil municipal grâce aux contributions volontaires de la population québécoise JEANNE CORRIVEAU Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a décidé de porter en appel la décision du Tribunal des droits de la personne qui lui ordonnait de cesser la récitation de la prière lors des séances du conseil municipal.Les frais juridiques liés à cette bataille ne se ront plus assumés par la Ville de Saguenay, mais plutôt par des dons sollicités auprès de la population québécoise et des sympathisants à la cause.«Je suis certain que la majorité de mes citoyens sont favorables à ce qu’on se tienne debout, à ce que les Canadiens français — ça ne se ferait pas dans une province anglaise — aient des valeurs, qu’on les reconnaisse et qu’on les respecte», a expliqué Jean Tremblay lors d’une conférence de presse hier matin à Saguenay.Le maire Tremblay ne digère pas le jugement du Tribunal qui, vendredi dernier, a ordonné que la récitation de la prière soit abolie et que les objets religieux exposés dans les salles où se tiennent les assemblées du conseil «Je suis certain que la majorité de mes citoyens sont favorables à ce qu’on se tienne debout» municipal soient retirés.Cette décision faisait suite à une plainte déposée conjointement par un citoyen, Alain Simoneau, et par le Mouvement laïque québé cois (MLQ) qui accusaient la Ville et son maire de porter atteinte, de façon discriminatoire, à la liberté de conscience et de religion de M.Simoneau.La juge Michèle Pauzé a également condamné la Ville et le maire à verser 30 000 $ à M.Simoneau pour dommages moraux et punitifs, ce qui irrite particulièrement Jean Tremblay.«Je vais être le premier maire de l’histoire du monde à être puni pour avoir récité une prière de 20 secondes avant une assemblée», a-t-il clamé.La décision d’interje ter appel fait consensus parmi les membres du conseil municipal, a dit le maire: «On ne peut pas laisser aller ces choses-là, car ç’a des répercussions partout au Québec.Imaginez-vous si on cédait.Ces gens-là vont faire la loi partout: “Enlève-moi le crucifix, enlève-moi ci, change-moi tel nom”.» Les avocats de la Ville estiment qu’une victoire en appel est VILLE DE SAGUENAY Le maire de Saguenay, Jean Tremblay possible.Jusqu’à maintenant, le dossier de la prière a coûté près de 60 000 $ aux contribuables de Saguenay, mais désormais, les procédures devant la Cour d’appel seront financées grâce à une collecte de fonds baptisée «Procès pour la prière».Le maire a d’ailleurs lancé un appel à l’ensemble des Québécois.S’il y a surplus, ceux-ci seront versés aux soupes populaires de Sague nay, a-t-il assuré.Jean Tremblay a profité de la conférence de presse pour formuler quelques remarques sur les accommodements raisonnables et sur les valeurs et traditions des Canadiens français.«Il faut apprendre la tolérance, mais surtout, avant de tolérer les autres, il faut exiger que les autres nous tolèrent, a-t-il dit.Ici, on dirait que les accommodements raisonnables, c’est bon, pourvu que ce ne soit pas en faveur des catholiques.» Le maire a aussi qualifié les Québécois de «mous» par rapport à leurs convictions, leur langue et leur religion.L’avocat du MLQ et d’Alain Simoneau, M" Luc Alarie, s’est dit peu étonné de la décision prise par Jean Tremblay.Pour sa part, la présidente du MLQ, Marie-Michelle Poisson, s’est inquiétée des propos du maire.«Il antagonise beaucoup, a-t-elle commenté.Il a insisté pour dire qu’on accorde tout aux immigrants et qu’on s’acharne sur la religion catholique.Je trouve que c’est un discours inquiétant.Ça devient très démagogique.Il va falloir faire beaucoup d’efforts pour rétablir le débat sur des bases plus intéressantes.» Le Devoir Enquête sur le vérificateur général Roquet nie la mise sur pied d’une opération d’espionnage JEANNE CORRIVEAU Dans une lettre qu’il a fait parvenir mardi au ministère des Affaires municipales, le directeur général de la Ville de Montréal, Louis Roquet, soutient que l’enquête interne menée sur le vérificateur général Jacques Bergeron a porté sur un nombre restreint de courriels et n’avait rien d’une opération d’espionnage.«En aucun temps, les enquêteurs n’ont accédé à des rapports ou projets de rapports du vérificateur, à son disque dur ou à toute autre source de données qui soient du domaine privé», écrit M.Roquet dans sa lettre adressée au sous-ministre Marc Lacroix.S’il confirme que l’analyse des courriels de Jacques Bergeron s’est déroulée sur une période de 10 mois, entre mars 2010 et janvier 2011, il soutient que les intrusions ont été occasionnelles et ciblées.«L’enquête s’est limitée aux courriels dont le titre référait à un mandat de services professionnels.L’accès à ces cour- Ce n'est pas une question de « buzz », c'est une question de flair! Le « buzz », c'est excitant et souvent bref, tandis que le flair, c'est rentable plus longtemps.À LAVAL TECHNOPOLE, nous pensons que si vous avez du flair, vous considérerez l'environnement économique de Laval, ses atouts, ses possibilités et son avenir avant d'investir ailleurs.Venez discuter avec nous; nous vous ferons découvrir Laval : son organisation urbaine, ses infrastructures institutionnelles, ses milieux de vie, ses territoires industriels, ses réseaux de transport en commun, son réseau routier local et régional, ses entreprises et la diversité de son économie.C'est la somme de ses réalités qui fait de Laval un pôle majeur de l'économie métropolitaine.Que ce soit pour y installer votre siège social ou encore une unité de production, il y a une place pour vous à Laval.LAVAL TECHNOPOLE : nous sommes au service de votre avenir.1555, boulevard Chomedey Bureau 100 Laval (Québec) H7V 3Z1 Téléphone : 450 978-5959 Télécopieur : 450 978-5970 info@lavaltechnopole.com LAVAL TECHNOPOLE DES EXPERTS AU SERVICE DES ENTREPRISES DE LAVAL www.lavaltechnopole.com riels s’est fait en quatre fois, et non pas dans le cadre d’espionnage continu», explique M.Roquet, sans toutefois préciser l’ampleur des intrusions ni les périodes couvertes.Le maire Gérald Tremblay n’a pas été mis au courant de l’enquête en cours et il en a été informé seulement lorsque le vérificateur général a communiqué avec lui, précise M.Roquet.Réplique du vérificateur Le rapport du contrôleur Pierre Reid sera déposé au conseil municipal, lundi soir prochain, mais Jacques Bergeron entend déposer son propre rapport démontrant que des documents confidentiels ont été interceptés.Pour le vérificateur, il ne fait pas de doute que les intrusions des enquêteurs de la Ville dans sa boîte de courriels sont illégales.Hier, ni le maire Tremblay, ni Louis Roquet, ni Pierre Reid n’ont voulu commenter les événements des derniers jours.Le conseiller Marvin Rotrand a toutefois indiqué à Radio-Canada que Jacques Bergeron devrait rendre des comptes au sujet des irrégularités découvertes au cours de l’enquête.Rappelons que les faits reprochés à M.Bergeron portent notamment sur deux contrats qu’il aurait accordés à sa belle-sœur et aux demandes faites à des fournisseurs visant à scinder des contrats pour éviter le recours à des appels d’offres.La Ville a par ailleurs soutenu que les caméras de surveillance installées au 12" étage de l’édifice de la rue Metcalfe, où logent les bureaux du vérificateur et du contrôleur général, et dont faisait état La Presse hier, «n’ont pas été installées pour surveiller les allées et les venues au bureau du vérificateur, mais uniquement dans le but d’assurer la sécurité des employés du bureau du contrôleur et la protection des renseignements qui s’y trouvent», a précisé Gonzalo Nunez, rela-tionniste à la Ville.Les caméras ont d’ailleurs été déplacées à la demande de Jacques Bergeron l’automne dernier, a-t-il ajouté.Une loi à modifier Le ministre des Affaires municipales, qui avait condamné mardi les méthodes d’enquête de la Ville dans cette affaire, a l’intention d’apporter des amendements législatifs pour mieux encadrer la surveillance des vé rificateurs.Selon lui, la loi comporte des flous juridiques qui devront être clarifiés.«Dans la loi, on reconnaît l’indépendance du vérificateur général.Tout le monde sait aussi qu’il ne peut pas être au-dessus de la loi, mais les mécanismes de vérification ne sont pas précisés», a indiqué Laurent Lessard en rappelant qu’au Québec, on compte dix villes de plus de 100 000 habitants et dotées d’un vérificateur général.Avec la collaboration d’Antoine Robitaille Le Devoir E N BREF Ottawa attaqué par des cyberpirates issus de la Chine Des cyberpirates en provenance de la Chine ont infiltré les réseaux informatiques du gouvernement fédéral, privant deux ministères d’un accès à Internet, a rapporté la CBC, hier.La cyberattaque sans pré cèdent, d’abord décelée au mois de janvier, a laissé les services canadiens d’espionnage dans le noir alors qu’ils tentaient de déterminer la quantité d’informations sensibles qui aurait été dérobée, et qui cherchait à les obtenir.Selon les informations de la CBC, les attaques proviennent d’un serveur informatique basé en Chine.Mai^ les sources de la société d’Etat n’ont pu préciser si les cyberpirates étaient des Chinois ou des étrangers ne faisant que passer par ce pays pour cacher les traces de leur crime.- La Presse canadienne LE DEVOIR, LE JEUDI 17 EEVRIER 2011 A 3 ACTUALITES La culture comme refus de l’économisme www.pum.umontreal.ca Le charme présidentiel Michel David epuis son arrivée au Conseil du trésor, Michelle Courchesne a réalisé un parcours sans faute dans ses négociajtions avec les différents groupes d’employés de l’État Alors que son collègue de la Santé n’était arrivé à rien pendant des mois, il lui avait suffi de quelques semaines pour conclure avec la Fédération interprofessionnelle de la santé une entente dont la présidente de la FIQ, Régine Laurent, lui avait attribué tout le mérite.Trois semaines plus tard, Mme Courchesne avait pu s’enorgueillir de la signature d’une convention collective avec les 128 000 responsables de services de garde en milieu familial, qui constituait une première du genre.Le charme de la présidente du Conseil du trésor semble avoir encore opéré hier, lors de sa rencontre «diplomatique» avec les représentants des procureurs de la Couronne et des juristes de l’État.Il vaut toujours mieux parler directement à celui ou celle qui détient les cordons de la bourse.Le président de l’Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales (APPCP), Christian Leblanc, qui afhrmait qu’une loi spéciale était déjà programmée, a soudainement découvert la «bonne foi» du gouvernement.«L’impasse totale» a hnalement débouché sur un «blitz intensif) de négociations.La porte semble maintenant grande ouverte à un règlement, mais Mme Courchese a certainement expliqué à ses interlocuteurs qu’il devra s’inscrire dans un cadre bnancier qui ne compromettra pas la crédibilité de la démarche bnanciè-re du gouvernement, qui repose sur la détermination qu’on lui reconnaîtra ou non à limiter le rythme d’augmentation des dépenses.Déjà, il existe un très fort 4oute quant à sa capacité de faire assumer par l’Éfat 62 % de l’effort nécessaire au retour à l’équilibre budgétaire en 2013-2014.?Tout le monde reconnaît le rôle crucial joué par les procureurs dans notre système de justice.L’effet de leur grève a été immédiat dans les palais de justice.Le gouvernement, qui mise sur la police et les tribunaux pour éviter la tenue d’une enquête publique sur la corruption dans l’industrie de la construction, en est le premier conscient.On peut facilement comprendre la frustration des procureurs, qui s’étaient déjà fait imposer un décret en 2005, alors qu’ils n’étaient même pas en négociation.En 2003, ils n’ont pas demandé non plus de se voir accorder un droit de grève en lieu et place de l’arbitrage obligatoire.Il est également clair que les procureurs ne disposent pas des ressources nécessaires par rapport à la véritable armée d’avocats dont dispose parfois la défense.Le président de l’APPCP se fait cependant des illusions s’il croit réellement que l’imposition d’une loi spéciale minerait la conbance de la population envers l’appareil judiciaire.A cet égard, la commission Bastarache a sans doute été beaucoup plus dommageable.En réalité, l’opinion publique risque de demeurer plutôt indifférente, voire reconnaissante envers le gouvernement de faire en sorte que les tribunaux fonctionnent à nouveau normalement.Au haut de l’échelle, le salaire d’un procureur de la Couronne est de 102 700 $ au Québec.Objectivement, cela ne peut pas être qualifié d’excessif, mais bien des gens s’en satisferaient volontiers.Dans le reste du pays, un procureur de la Couronne gagne entre 135 000 $ et 140 000 $.L’APPCP réclame un rattrapage de 40 % pour atteindre la parité avec le reste du pays, alors que le gouvernement offre 12 %.Cela laisse beaucoup d’espace à la négociation, mais les procureurs devront renoncer à l’égalité de traitement avec leurs collègues canadiens.Personnellement, je n’ai jamais admis le principe de la parité, que ce soit dans le cas des policiers, des médecins ou des procureurs.Le degré de richesse, le coût de la vie et des services offerts varient beaucoup trop d’une province à l’autre pour en faire une règle de cçnduite dans la rémunération des employés de l’État.?Ce n’est pas d’hier que la Fédération des médecins spécialistes réclame la parité avec le ROC.En septembre 2008, un «partenariat historique» entre le gouvernement et les spécialistes prévoyait un redressement de 25,3 % d’ici 2015-2016.Sept mois plus tard, le pugnace président de la FMSQM, Gaétan Barrette, revenait à la chargç et déplorait toujours un écart de 35 % à 50 %.A l’entendre, pratiquer la médecine au Québec, où la rémunération moyenne d’un spécialiste était de «seulement» 233 000 $, relevait presque de la charité.S’il fallait que le gouvernement reconnaisse le principe de la parité dans le cas des procureurs, tout le monde la réclamerait.Tous les arguments sont bons dans une négociation, mais ils ne sont pas nécessairement convaincants.Il existe sans doute un risque que certains procureurs soient tentés par le fédéral ou par le secteur^ privé, mais ils ne seraient pas très nombreux.A chaque négociation avec les médecins, le Québec s’est vu menacé d’un exode qui ne s’est jamais matérialisé.mdavid@ledevoir.corn L’opposition ne décolère pas contre Oda Aux ministres et non aux fonctionnaires de prendre les décisions, répond Harper HELENE BUZZETTI Ottawa — Les appels à la démission, autant politiques que médiatiques, n’ont pas eu raison de la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, mais ses détracteurs ne lâchent pas prise pour autant.Le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, estime que le premier ministre mine les principes mêmes de la démocratie canadienne en maintenant en poste une ministre qui a falsibé un document gouvernemental et caché la vérité aux parlementaires et aux citoyens.L’atmosphère était explosive à la Chambre des communes hier, où les députés ne décolèrent pas.Pour une seconde journée, la ministre Bev Oda n’a répondu à aucune des questions lui étant adressées.Les députés soutiennent qu’une ministre leur ayant si clairement menti ne peut rester en poste sans saper les principes démocratiques.«Le manque de respect de ce premier ministre pour cette question montre ses valeurs, son manque de respect pour la démocratie, son manque de respect pour cette Chambre, son manque de respect pour les citoyens», a lancé le chef libéral hier lors de la période de questions.Mme Oda avait toujours dit, et écrit, que c’était sur le conseil de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) que le bnancement du groupe Kairos avait été refusé.Sous la menace d’être déclarée en bris de privilège par le président de la Chambre, elle a admis lundi qu’en fait, c’est elle qui a pris cette décision, contraire à l’avis de ses fonctionnaires.Elle a aussi reconnu, après avoir plaidé l’ignorance de nombreuses fois, que c’est elle qui a demandé à son équipe politique d’ajouter un «not» à la recommandation positive de l’ACDI pour en modiber le sens.Preuve d’une démocratie saine Loin de se démonter par les attaques, le premier ministre a soutenu hier qu’au contraire, le fait que sa ministre ait inbrmé la décision de ses fonctionnaires est la meilleure preuve d’une démocratie saine.«Dans une démocratie, ce sont les ministres élus qui prennent les décisions.C'est cela, la démocratie», a déclaré M.Harper.Le premier ministre est allé plus loin en laissant entendre que Kairos avait des objectifs autres que l’aide humanitaire, sans préciser lesquels.«Ce qui est mal, a dit M.Harper, c’est quand le gouvernement suit servilement les conseils qui ont pour effet d’utiliser l’argent des contribuables, non pas r.CHRIS WATTIE REUTERS La ministre Bev Oda n’a répondu à aucune des questions lui étant adressées hier au parlement.pour les fins déterminées, comme aider les peuples dans les pays en voie de développement ou aider les pauvres et les plus vulnérables, mais pour d’autres fins.Le gouvernement a été très clair en disant qu’il s’attend à ce que l’argent des contribuables soit utilisé, non pas pour récompenser des organismes canadiens, mais pour promouvoir la politique étrangère et les objectifs humanitaires du gouvernement.» Cette réponse a fait hurler le libéral Bob Rae.«Le problème que j’ai avec M.Harper, c’est qu’il veut seulement financer les organisations qui représentent le Parti conservateur.[.] Vous pouvez voir autour du bureau du premier ministre les têtes empalées de tous ceux qui sont en désaccord avec lui.Pour moi, il est clair que c’est ce qui est arrivé ici.Nous avons affaire à un gouvernement qui punit les gens qui ne font pas ce qu’il veut.» Et Kairos ?Les partis d’opposition et Kairos lui-même désirent maintenant savoir pour quelle raison le gouvernement a coupé les vivres à un groupe d’aide jugé utile, efficace et conforme aux programmes.«Il n’y a aucune explication crédible de la raison pour laquelle nos fonds ont été abolis», explique en entrevue Mary Corkery, la directrice générale de Kairos.«Beaucoup croient que cela peut être lié aux positions que nous avons prises sur les changements climatiques, sur l’impact de l’industrie minière dans les communautés en développement ou encore à notre travail au Moyen-Orient.» Rappelons que le ministre Jason Kenney avait d’abord déclaré à Jérusalem que Kairos était puni parce qu’il était impliqué dans le boycottage international d’Israël.Kairos n’a jamais été impliqué dans une telle campagne, rappelle Mme Corkery.«Il a dû nous confondre avec un autre groupe, Kairos Palestine.» Il n’existe aucun lien entre les deux.Le Devoir Nouveau vice-président du CRTC Pentefountas devra expliquer sa nomination en comité GUILLAUME B O U R G AU LT - C OTE Ottawa — Parfaitement qualibé selon le gouvernement, mais absolument incompétent aux yeux de l’opposition, le nouveau vice-président du CRTC, Torn Pentefountas, devra se présenter en comité parlementaire pour expliquer aux élus comment Ottawa l’a choisi pour ce poste.Un député néodémocrate, Charlie Angus, a fait adopter hier par le Comité permanent du patrimoine une motion obligeant M.Pentefountas à venir témoigner.L’opposition soutient que l’avocat criminaliste ne répond à aucun des critères d’emploi liés à cet important poste, pour lequel il gagnera entre 190 000 $ et 224 000 $.M.Pentefountas n’a jamais touché de près ou de loin à des dossiers touchant le monde des télécommunications, un manque d’expérience vanté par le ministre du Patrimoine comme étant une garantie qu’il pourra faire son travail sans crainte de conbits d’intérêts.Ancien président de l’Action démocratique du Québec entre 2007 et 2008, Torn Pentefountas est un proche du sénateur conservateur Léo Housa-kos, et une connaissance du directeur des communications de Stephen Harper, Dimitri Soudas.Sa nomination a été décriée comme étant purement «parbsane» par les trois partis d’opposibon.Au Conseil de la radiodiffusion et des té-lécommunicabons canadiennes, M.Pentefountas succède à Michel Arpin, un vétéran des télécommunicabons.Controverse autour de la SRC Le même Comité du patrimoine a entendu hier le ministre James Moore au sujet du financement de Radio-Canada.et d’une petite controverse ayant fait boule de neige sur la colline parlementaire hier.Interrogé par une journaliste à savoir s’il est acceptable qu’un ministre mente ou falsifie des documents — une référence au dossier Bev Oda —, le ministre de l’Immigrabon, Jason Kenney, a rétorqué que les journalistes de «Radio-Canada mentent tout le temps».Le ministre Kenney s’est fait sarcastique à l’endroit des journalistes de Radio-Canada M.Kenney a par la suite affirmé qu’il avait dit ça de manière «sarcastique», mais les trois partis d’opposition ont tous questionné le ministrç Moore à ce sujet quelques minutes plus tard.A titre de ministre du Patrimoine, M.Moore est responsable de Radio-Canada, un média pour lequel plusieurs conservateurs avouent une aversion.«Je ne veux pas faire de commentaires sur les commentaires des autres, mais ce n’est pas mon expérience avec Radio-Canada», a répondu M.Moore.Concernant le maintien d’une enveloppe annuelle ponctuelle de 60 millions accordéq depuis quelques années à la société d’État pour les inibabves de programmation télé, M.Moore a indiqué hier qu’il n’y a «aucune raison de douter que ça va continuer».Mais les détails du soutien à Radio-Canada/CBC seront dévoilés dans le prochain budget, a-t-il dit.Le Devoir Gel des avoirs de Trabelsi Ottawa reste de marbre malgré la réception de la demande GUILLAUME B O U R G AU LT - C OTE Ottawa — Le gouvernement canadien a bel et bien reçu le 24 janvier une demande formelle de la Tunisie lui demandant de geler les avoirs des membres de la famille du président déchu Ben Ali.Jusqu’ici, rien n’a toutefois été fait, et les autorités tunisiennes s’impatientent.L’ambassadeur de la Tunisie à Ottawa, Mouldi Sakri, a ainsi demandé hier à Ottawa de procéder «rapidement» pour éviter que les biens «puissent disparaître», selon ce que rapportait l’Agence France-Presse.«La Tunisie a vraiment besoin de soutien aujourd’hui, notamment concernant le gel des avoirs et des biens bancaires que certains spoliateurs et criminels utilisent», a-t-il dit en ciblant le beau-frère de Ben Ali, Balhassen Trabelsi, réfugié à Montréal.M.Sakri a indiqué avoir rencontré des responsables canadiens, mais il ne connaît pas l’état d’avancement du dossier.Et à Ottawa, c’est motus et bouche cousue sur la quesbon.Le ministre de la Jusbce, Rob Nicholson, a indiqué hier que le «gouvernement continuera de travailler avec les officiels tunisiens.Nous voulons nous assurer que justice est faite pour le peuple tunisien».Mais il n’a pas indiqué si la demande avait bel et bien été reçue, si le Canada accepte d’y répondre posibvement et selon quels délais.Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a lui aussi fait pression hier pour que le Canada agisse rapidement dans ce dossier, comme la Suisse l’a fait pour une demande similaire concernant les avoirs du clan Moubarak.«Ce sont des artistes et des spécialistes, des experts en matière d’évasion fiscale, a répété M.Duceppe.On leur laisse tout le temps pour que l’argent vogue vers les paradis fiscaux, et par la suite on dira qu’il n’y a plus d’argent.» Le Bloc québécois demande donc un gel temporaire des avoirs de M.Trabelsi de manière à éviter que ses biens — dont une maison à Montréal — changent de mains.«La simple précaution, c’est de geler immédiatement», a-t-il dit.La communication des autorités tunisiennes, transmise par l’ambassadeur au Canada, demande de «prendre les mesures nécessaires aux fins du gel, de la conservation des biens et fonds existants au Canada pour empêcher tout usage ou transfert de ces biens à des tierces parties».Le Devoir E N BREF Fini, le sixième de la peine Ottawa — Le projet de loi conserva-teur-bloquiste éliminant la possibilité de libérer des criminels non violents après qu’ils ont purgé seulement le sixième de leur peine a bnalement été adopté hier soir.La Chambre des communes a voté à 184 voix contre 105 en faveur du projet.Tous les conservateurs, les bloquistes, Helena Guergis et André Arthur ont voté en sa faveur, fandis que les libéraux et les néodémo- crates ont voté contre.Les bloquistes ont été chahutés au moment de se lever pour enregistrer leur vote.Les libéraux avaient proposé de modiber le projet de loi de manière à ce que seuls les fraudeurs ayant commis une fraude de plus de 100 000 $ soient visés par la mesure, mais cette proposition n’a pas passé la rampe.Le Sénat doit encore adopter le projet de loi C-59 pour qu’il ait force de loi.Le Bloc québécois estime que cette initiative vise principalement les criminels à cravate et les trab-quants de drogue importants.- Le Devoir Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 A 4 LE DEVOIR, LE JEUDI 17 EEVRIER 2011 ACTUALITES « Impossible » d’éliminer 500 postes dans l’administration pour financer l’amphithéâtre ISABELLE PORTER Québec — La Ville de Québec risque d’avoir de la difficulté à supprimer des postes pour financer son amphithéâtre selon le président du syndicat des fonctionnaires, Jean Gagnon.Selon lui, il est «impossible» de supprimer 500 postes dans l’appareil parce que la Ville de Québec manque déjà de personnel et accumule les retards.«Les gens sont à bout de souffle, ils ne sont plus capables, on manque de main-d’œuvre», a-t-il déclaré hier.Lors d’une conférence de presse en matinée, il a répété aux journalistes que les «caisses s’empilent» à l’hôtel de ville, feute de personnel pour traiter les dossiers.«Il y a 32 000 dossiers résidentiels qui ont été inspectés, mais qui ne sont pas traités.» Le chef syndical avance que les services des finances et de l’évaluation auraient chacun besoin de 20 employés de plus pour fonctionner à un rythme normal.Des retards dans le traitement de la taxe de bienvenue et des nouvelles évaluations des propriétés auraient même fait perdre «entre 10 et 15 millions» à la Ville cette année.Une somme non négligeable quand on sait que Régis La-beaume et son équipe comptent dégager chaque année la même somme pour financer l’amphithéâtre.Pour ce faire, ils misent notamment sur le non-renouvellement de 500 départs à la retraite, un programme sur cinq ans lancé en 2008.Or selon M.Gagnon, il est tout simplement «impossible» de réaliser cet objectif.La preuve en est, dit-il, que les compressions réalisées jusqu’à présent n’ont pas permis de réduire la masse salariale puisque la Ville compense en multipliant les contrats avec le privé.«Remplir la caisse» M.Gagnon est même allé jusqu’à suggérer hier que l’administration Labeaume profitait de ces contrats pour «remplir sa caisse électorale».Cette accusation a fait bondir l’équipe en place, qui le menace de mise en demeure.«Ça ne restera pas là», a tonné hier le vice-président au comité exécutif, Richard Côté.«Il va devoir se rétracter.» Par contre, M.Côté a reconnu que 32 000 dossiers étaient en attente au service d’évaluation, comme l’avait avancé M.Gagnon.Cela est dû selon lui au fait que la Ville est en train de faire la transition vers un nouveau système informatisé.«On a décidé d’implanter au service d’évaluation de nouveaux processus qui vont nous rendre beaucoup plus rapides.» YAN DOUBLET LE DEVOIR Régis Labeaume compte payer une partie du nouveau Colisée en supprimant 500 postes dans l’administration publique.Le conseiller Côté assure que ce retard est «normal» et qu’il sera rattrapé au cours des prochaines semaines.Quant aux 10 à 15 millions de pertes évoquées par le chef des cols blancs, elles seraient sans fondement Le vice-président au comité exécutif n’a par ailleurs pas nié que son équipe multiplie les contrats avec l’externe.Or, c’est loin d’être la source de problèmes financiers, dit-il.«Je peux vous en trouver, moi, des contrats qui ont prouvé qu’on sauvait de l’argent.» Enfin M.Côté n’a pas voulu faire de commentaires sur un autre sujet abordé par Jean Gagnon en matinée: l’élimination de postes d’employés municipaux dans le futur amphithéâtre.Actuellement, le site du Colisée (Expo-Cité) emploie environ 150 occasionnels de la Ville comme barmans ou employés de billetterie.Convaincu que la Ville a l’intention d’éliminer ces postes, le président du syndicat des cols blancs a dit hier qu’il était prêt à les défendre bec et ongles devant la Commission des relations de travail (CRT).Le Devoir Les écoquartiers, des « clubs exclusifs » ?Des groupes craignent que les projets résidentiels excluent les moins nantis ISABELLE PORTER Québec — Des groupes actifs dans le domaine du logement social reprochent à la Ville de Québec de ne pas consulter les citoyens dans l’élaboration de ses projets d’éco-quartiers.Ils craignent que ces quartiers verts ne deviennent des «clubs exclusifs» pour gens à l’aise financièrement.«Ces projets-là ne doivent pas se faire sans les locataires, les gens qui défendent leurs intérêts et la population en général», plaide Mathieu Houle-Cour-celles, du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste.Demain soir, le Comité sera l’hôte à Québec d’un débat intitulé «Les écoquartiers: clubs exclusifs ou espaces d’inclusion?».Cet organisme, affilié notamment au ERAPRU, réclame que 30 % des habitations des futurs écoquartiers soient des logements sociaux, une proportion similaire à ce qu’on retrouve dans le quartier Saint-Roch.Sa crainte est de voir les écoquartiers pilotés par la Ville devenir aussi inaccessibles que la Cité verte, un écoquartier privé développé, par le groupe financier SSQ.A la Cité verte, déplore M.Houle-Courcelles, «il faut avoir énormément de sous pour pouvoir s’acheter le cadre de vie écolo et alternatif» qui caractérise les écoquartiers.Dans ce complexe, le logement social ne compte que pour 5 % des appartements, précise-t-il.La SSQ n’a jamais caché que son projet ne serait pas accessible à tous.Selon les dernières estimations rendues publiques, il en coûterait au minimum 350 000 $ pour résider à la Cité verte.La Ville de Québec poursuit toutefois d’autres objectifs avec les écoquartiers d’Esti-mauville et de Pointe-aux- Une part de 30% de logements sociaux sont demandés Lièvres.Dans ces quartiers totalisant environ 2000 habitations, la priorité irait plutôt à ce qu’on appelle la «mixité sociale», oû l’on prévoit la présence de logements dits «abordables», qui ne sont pas nécessairement subventionnés mais qui se situent dans la tranche inférieure des prix courants.Comme l’explique la porte-parole Marie-Christine Magnan, l’objectif est d’atteindre une certaine diversité.«La mixité sociale, pour nous, ça veut dire à la fois du logement social, du locatif, des condominiums et peut-être de la maison de ville.On veut un éventail.» Mme Magnan sursaute quand on évoque les 30 % de logements sociaux réclamés par le Comité populaire, mais elle refuse de chiffrer l’objectif de la Ville sur ce plan.La Ville encourage actuellement les promoteurs immobiliers à lui faire des propositions, une étape antérieure à l’appel d’offres.Mais pendant ce temps, les groupes sociaux lui reprochent de peu consulter les citoyens et de n’en avoir justement que pour les promoteurs.«Ils viennent d’en haut, ces projets-là», déplore Sylvie Naud, du groupe SOSACO, un organisme d’aide destiné aux gens qui créent des coopératives d’habitation.«Il ne faut pas que ce soit juste pensé en fonction des promoteurs.» Mme Naud, qui sera du débat de demain, croit que la Ville devrait tâter le pouls, non seulement des gens intéressés à vivre dans les écoquartiers, mais également des habitants des quartiers limitrophes.«Je ne crois pas à la réussite des projets si les citoyens ne sont pas embarqués dès le départ», dit-elle.Le Devoir Nomination des juges Jean Charest défend son droit de veto JOCELYNE RICHER uébec — Le premier mi-nistre Jean Charest a défendu, hier, son droit de nommer les juges, donc d’écarter une candidature considérée irrecevable.Interpellé en Chambre par la chef de l’opposition, Pauline Marois, M.Charest a dit qu’il était de sa responsabilité d’exercer son droit de veto en ce domaine, si nécessaire.L’échange entre M.Charest et Mme Marois faisait suite à l’annonce faite la veille, par le ministre de la Justice, Jean-Marc Eournier, de nouvelles règles quant au processus de sélection et de nomination des juges, à la suite des recommandations formulées par la commission Bastarache en janvier.Parmi les modifications annoncées, il a alors confirmé que le premier ministre pourrait intervenir dans le processus, en étant mis au courant du candidat privilégié par le ministre de Injustice et pouvant dès lors, en principe.bloquer une candidature.C’est ce qui a contrarié la chef péquiste, qui y voit à la fois une entorse à la tradition et une invitation aux nominations partisanes.Elle a fait valoir que tous les prédécesseurs du premier ministre Charest depuis René Lévesque, à la tête de gouvernements péquistes ou libéraux, avaient quant à eux choisi de se tenir à bonne distance du processus de nomination, qui relevait alors exclusivement du ministre de Injustice.M.Charest balaie donc ainsi «25 ans de pratique éthique», s’est-elle indignée, réaffirmant l’importance de la séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire.Sur sa lancée, Mme Marois a demandé à M.Charest pourquoi il choisissait ainsi de «s’ingérer dans le processus de nomination», laissant entendre qu’il pouvait souhaiter que les juges se sentent par la suite redevables envers lui.La Presse canadienne E N BREF Serge Ménard à runité anticorruption Le gouvernement Charest aurait choisi le député bloquiste et ancien ministre de Injustice Serge Ménard à titre de commissaire à la nouvelle unité permanente anticorruption, a révélé Radio-Canada hier soir.Québec pourrait confirmer cette nomination d,ès dimanche, selon la société d’Etat L’unité permanente anticorruption représente en quelque sorte la réponse du gouvernement libéral aux demandes répétées de mettre sur pied une commission d’enquête sur l’industrie de la construction.Lanouvelle entité regroupera entre autres la Régie du bâtiment, la Commission de la construction du Québec, des enquêteurs de Revenu Québec ainsi que de l’Escouade Marteau.Cet ancien criminaliste a notamment été ministre de la Justice et ministre de la Sécurité publique alors qu’il était député du Parti québécois dans la circonscription de Laval-des-Ra-pides.Ses débuts en politique provinciale sont revenus sous les projecteurs, à l’automne, après qu’ü eu révélé avoir refusé de l’argent du maire de lAval, Gilles Vaillancourt, lorsqu’il est devenu candidat à l’élection complémentaire de 1993.Depuis le mois de juin 2004, il est le député bloquis- te de la circonscription de Marc-Aurèle-Eortin, dans la couronne nord de Montréal.- La Presse canadienne Campus Outremont Des citoyens ont jugé insuffisant le nombre de liens automobiles et piétons entre le site de l’ancienne gare de triage, oû sera sis le campus universitaire Outremont, et l’arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc-ex-tension.«Ce qui m’a étonné quand je suis arrivée dans Parc Extension, c’est la manière dont le quartier est enclavé.Avec l’arrivée du campus Outremont, je me suis dit : ça y est, on va être désenclavés.Mais, je comprends qu’il y aura un seul passage souterrain [sous la voie ferrée]», a affirmé Cécile Ngo Holl hier, à l’occasion d’une assemblée d’information sur la dernière mouture du projet présentée au printemps.D’autres ont déploré la faible part de logements sociaux (15 %) et abordables (15 %).Le conseil municipal doit donner son feu vert au projet de l’Université de Montréal à sa prochaine séance, ou encore, à celle de mars, afin que les travaux de réhabilitation et de nivellement des sols du site de l’ancienne gare de triage puissent être amorcés en mai 2011.La construction des premiers pavillons universitaires se fera entre 2013 et 2015.- Le Devoir LE DEVOIR S™""* Libre de penser CHANTECLERC CONCOURSI En collaboration avec Al R CANADA » RSl office de Promotion du Tourisme IM wallon oifflff-SH ‘"'f .ui ^ ^ ~ il IHI* ]] w 13 41^ Bitr mmw H IJ ir mill îiniii] ' .V v-ïîl- Gagnez un voyage pour 2 en Belgique Vol aller/retour, transferts 2 nuits en café-couette à Bruxelles Transport en tram aller/retour pour la Wallonie 2 nuits en Wallonie - hôtellerie régulière 2 nuits à Bruxelles - hôtellerie régulière Visite de la maison des maîtres chocolatiers à Bruxelles Pour participer au concours, remplissez le formulaire en ligne et répondez à la question.www.lGdGvoir.coiTi/concours D’une valeur de 3800$ www.tourschanteclerc.comwww.ledevoir.com/concours www.belgique-tourisme.qc.ca Sept-îles -1/-1 .étéq.Baie-Comeau 1/-7 Saguenay Quebec 3/-1 Val d’Or Trois-Rivieres 1/-1 Shprbrooke 1 Lever du soleil 6h54 Coucher du soleil 17h24 Montréal Gatineau Canada Edmonton Moncton Saint-Jean Toronto Vancouver Winnipeg Montréal Aujourd^uL 4 Averses pd 40% Québec Aujourd-h^ 3 iCiel varü Auj.MM utilise des données d'Environnement Canada Demain Le Monde Auj.Demain Var -19/-27 Sol -19/-26 Londres Nua 10/6 Nua 9/4 Sol 1/-6 Nei 3/-4 Los Angeles Ave 15/8 Plu 17/10 Sol 4/-3 Mel 31-7 Mexico Sol 23/3 Sol 23/3 Plu 71-2 Ave 91-6 New York Sol 13/7 Plu 16/4 Ave 5/0 Ave 71-2 Pans Sol 11/4 Sol 11/2 Nei 0/-20 Nei -15/-20 Tokyo Plu 12/10 Ave 13/6 Ce soir Demain Samedi , Dimanche^ Faible pluie 40% Faible pluie 80% Ce soir pem^ 6M1 ^ -1 * Pluie ver- Faible pluie 90% glaçante pdp 30% Ce soir Demain Faible pluie‘^^d -4/-12 Quelques ffo-^ cons pdp 60% Samedi -2/-16 Quelques flo-^ cons pdp 60% -8/-14' Passages nuageux Dimanch -10/-1 Passages nuageux il.Gatineau Aujourd-hui 5 Faible plüiè 'Î3dp 80% Averses pdp 70% Samedi Dimanchç -5M3 -7/-16^ Passages’ nuageux Plutôt nuageux C’EST COMME AVOiR UN MÉTÉOROLOGUE DANS VOTRE POCHE.Obtenez la météo pour emporter avec meteomedia.com Météo Média LE DEVOIR LE JEUDI 17 FEVRIER 2011 A 5 ROBERT LATIMER ROMPT LE SILENCE « Le referiez-vous ?— Certainement ! » ANNE-MARIE DUSSAULT 24 HEURES EN 60 MINUTES CE SOIR19H Réagissez à ses propos: 24-60@Radio-Canada.ca.Émission spéciaie de deux heures avec invités.ACIUAIIIES JACQUES NADEAU LE DEVOIR C’est la première fois que le ministère de la Santé divulgue ses chiffres.Le ministère de la Santé ouvre ses livres Les dépenses ont progressé de 4,2% en moyenne par année depuis 2008-2009 LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a ouvert ses livres pour la première fois hier.L’exercice de transparence est encore timide puisqu’il rassemble des données pour la plupart déjà publiques.N’empêche qu’il y a là matière à débat, estime le ministre Yves Bolduc, qui souhaite que cette information soit «partagée, commentée et interprétée» par les décideurs comme par le public.Avec ses 32,3 milliards en dépenses projetées pour 2010-2011, le MSSS pèse de plus en plus lourd dans la balance des finances publiques.La publication annuelle des Comptes de la santé permettra de mettre ces énormes chiffres en perspective, promet le ministère.On y trouvera désormais des informations sur la croissance des revenus et dépenses, sur la nature des différents postes budgétaires et sur les sources de financement.Le premier bilan publié hier permet de constater que les dépenses ont progressé de 4,2 % en moyenne par année depuis 2008-2009.Ce sont les dépenses qui ont trait au ministère et aux fonctions nationales qui se sont taillé la part du lion, avec un bond de 14,5 %.Pourquoi ce sursaut?«Les dépenses du ministère ont à peine bougé, ce sont les fonctions nationales qui ont fait la différence», explique Claude Ouellet, de la direction des politiques et systèmes bnanciers du MSSS.Sur 116 millions, 84,8 millions proviennent de la subvention d’équilibre au fonds d’assurance médicaments.«Ix régime paie le médicament à son coût intégral, mais le gouvernement du Québec a choisi de le rembourser sans se prévaloir du prix le plus bas, explique M.Ouellet.Or, comme la responsabilité du régime pour l’écart entre le prix le plus bas et le prix réel payé demeure celle du gouvernement, c’est à lui de combler l’écart.» Un autre montant de 23 millions est attribuable à l’assurance hospitalisation hors Québec, qui s’est accrue de 23 millions en deux ans, poursuit M.Ouellet.«C’est principalement dû à des augmentations de services en Ontario et à des augmenta- JACQUES NADEAU LE DEVOIR Parmi les informations divulguées, on apprend que la contribution santé de 25 $ par adulte cette année prévoit des revenus de 180 millions pour 2010-2011.tions tarifaires dans les autres provinces.» Les dépenses de rémunération ont quant à elles bondi de 7,3 %.Cela s’explique par une augmentation des effectifs de tout près de 11 000 personnes en deux ans, mais aussi par d’importants redressements tarifaires: 25,3 % étalé de 2008-2009 à 2015-2016 pour les médecins spécialistes, 19,3 % d’ici 2016 pour les omnipraticiens et diverses indexations annuelles déjà prévues aux conventions collectives.On lit par ailleurs aussi que la fameuse contribution santé de 25 $ par adulte cette année prévoit des revenus de 180 millions pour 2010-2011, dont 110 millions seront consacrés à l’accès aux services de première ligne et 65 aux chirurgies et à l’accroissement du volume des services.11 a toutefois été impossible de savoir, tant au ministère qu’au cabinet, qui a profité de cette nouvelle manne et selon quels critères.Le Devoir SANTE Le régime public menacé par une « lame de fond » Médecins québécois pour le régime public fustige le laisser-aller du gouvernement LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Les menaces qui pèsent sur le régime public de santé n’ont jamais été aussi nombreuses et diversibées.Une vraie «lame de fond», conclut Médecins québécois pour le régime public (MQRP) dans un rapport alarmant qui interpelle directement le gouvernement Charest.L’état des lieux a été brossé mardi soir en assemblée générale par la présidente du regroupement, la D"" Marie-Claude Goulet.Selon elle, l’enjeu décisif de 2011 sera la défense de l’étanchéité de la pratique médicale, que la requête en nullité lancée par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) attaque de front.Pour MQRP, «le médecin qui opte pour une pratique publique ne peut avoir des allégeances divisées; il ne peut s’assurer d’un fonds de roulement au public et en même temps tenter sa chance au privé».Si jamais la justice devait trancher en faveur de la pratique mixte, «ce serait la fin de notre régime public tel que nous le connaissons», prévient la D"" Goulet L’urgentologue à l’hôpital Saint-Luc du CHUM entend aussi défendre sur toutes les tribunes l’idée d’un régime universel d’assurance médicaments pour freiner la montée en flèche des coûts des médicaments et mettre un terme aux iniquités du régime actuel.«Le Québec est, avec la Suisse, l’endroit au monde oû ces produits sont les plus chers.Une La défense de l’étanchéité de la pratique médicale sera Tun des défis de 2011 action vigoureuse et novatrice s’impose; on peut le faire, la Nouvelle-Zélande l’a fait, pourquoi pas nous?» 11 est également temps d’intégrer la radiologie privée à la couverture publique, comme l’a fait l’Ontario, estime MQRP.Présentement, certains examens ne sont couverts que lorsqu’ils sont pratiqués en centres hospitaliers, comme l’échographie, la tomographie ou l’imagerie par résonance magnétique.Or «les radiologistes n’ont aucun intérêt à diminuer leurs listes d’attente dans le système public puisqu’ils y puisent leur clientèle pour leurs cliniques privées».La surfacturation est également dans la mire du regroupe- ment, qui n’hésite plus à rabrouer directement les médecins qui oeuvrent en cabinet et qui ont cédé au mouvement.11 faut dire qu’ils sont de plus en plus nombreux puisqu’un nombre inégalé de plaintes font présentement l’objet d’une enquête à la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).Sans raison, juge MQRP, qui note que les médecins reçoivent déjà un montant supérieur à celui qu’ils recevraient pour offrir les mêmes soins à l’hôpital en guise de dédommagements pour diverses dépenses (loyer, équipement, personnel additionnel).«Si ce montant ne leur semble pas suffisant, ils doivent négocier cela avec le ministère de la Santé, pas avec leurs patients.» Le Devoir Blitz de négociations entre Québec et les procureurs BRIAN MYLES Les juristes, les procureurs et la présidente du Conseil du trésor, Michèle Courchesne, se sont entendus hier pour tenir un blitz de négociations dans l’espoir d’en arriver à une entente d’ici dimanche.Une rencontre au sommet entre Mme Courchesne, le président de l’Association des juristes de l’Etat, Marc Lajoie, et le président l’Association des procureurs aux poursuites pénales et criminelles (APPCP), Christian Leblanc, a généré un dialogue constructif.Juristes et procureurs étaient littéralement «sous le choc» après que les négociateurs du Conseil du trésor eurent retiré les offres et laissé planer la menace d’une loi spéciale.Les parties avaient cessé de se parler depuis deux jours.La rencontre d’hier, demandée par les procureurs et les juristes, a permis de clariber la situation.Deux jours de négociations intensives auront lieu, aujourd’hui et demain à Montréal.Si nécessaire, les parties poursuivront le dialogue tout le week-end.Plus tôt en matinée, Michèle Courchesne avait commencé à reconstruire les ponts brûlés avec les procureurs et les juristes, en les invitant à reprendre les,négociations.A l’Assemblée nationale, elle a répété qu’elle souhaitait en arriver à une entente négociée avec les 450 procureurs et les 1000 juristes de l’Etat, en grève depuis sept jours ouvrables.Elle a cependant rejeté catégoriquement l’une des demandes syndicales, soit le recours à l’ar- bitrage pour dénouer l’impasse.«La seule façon d’améliorer les conditions de travail de ces hommes et de ces femmes, c’est de se mettre autour d’une table et de négocier.Notre volonté n’a pas changé, nous sommes toujours disponibles à le faire en tout temps», a lancé Mme Courchesne.La présidente du Conseil du trésor a réfuté les allégations des procureurs et des juristes, qui taxent le gouvernement Charest de mauvaise foi.Avant la rencontre au sommet d’hier après-midi, les leaders des deux organisations reprochaient à Québec de tenir un simulacre de négociations afin de justiber l’imposi-bon d’une loi spéciale, une issue fatidique au conbit qu’ils anbci-paient dès demain.Pour l’heure, c’est donc l’accalmie.Le leader adjoint de l’opposition officielle, Bertrand Saint-Arnaud, a fait valoir que le gouvernement Charest «a lamentablement échoué» dans les négo-ciabons au cours des dernières années.Les libéraux ont fixé les conditions de travail des procureurs par décret, en 2005, avant même l’expirabon de leur contrat de travail.Et voilà maintenant qu’ils refusent de négocier «sérieusement», a afbrmé le député Saint-Arnaud.«Il est faux de prétendre qu’il n’y a pas eu de négociation.Et les personnes qui sont en cause le savent très bien», a rétorqué Michèle Courchesne.Le Conseil du trésor a tenu une vingtaine de rencontres de négociabon et quatre séances de conciliation avec l’APPCR a-t-elle rappelé.Le Devoir Avec La Presse canadienne Liens avec la mafia Un président syndical de la FTQ-Construction se retire KATHLEEN LEVESQUE La FTQ-Construction vient d’obtenir le retrait d’un président syndical pour ses liens avec la maba italienne montréalaise.Dominic Bérubé a offert sa démission mardi de l’Association nationale des travailleurs en tuyauterie et caloriâigeurs (local 618) lors d’une rencontre avec la direction de la FTQ-Construction.Une assemblée électorale sera convoquée sous peu et M.Bérubé entend bien s’y représenter.C’est ce qu’il indique dans une lettre qu’il a fait parvenir à Rue Frontenac, le site Web des loc-koutés du Journal de Montréal, qui a révélé plus tôt cette semaine que M.Bérubé avait assisté aux funérailles de Nick Rizzuto Jr en janvier 2010.M.Rizzuto était le bis de Vito Rizzuto, chef présumé de la mafia italienne, emprisonné aux Etats-Unis.M.Bérubé se dit très impliqué dans des oeuvres caritatives, tout comme l’était M.Rizzuto.C’est ainsi qu’il explique ses liens avec la famille Rizzuto.Le syndicaliste reconnaît aussi avoir des antécédents judiciaires, qu’il dit ne pas avoir cachés lors de son recrutement en 2006 par l’ancien directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis.Ce dernier est aujourd’hui accusé de fraude à l’endroit du syndicat.M.Bérubé estime que la confiance du public doit être restaurée.«Cela passe par une enquête publique», écrit-il.Le Devoir EN FIN DE JOURN FAITES LE TOUR DE L'ACTUALITÉ GENEVIEVE ASSELIN LE TELEJOURNAL RDI EN SEMAINE 21 H RDI A 6 LE DEVOIR LE JEUDI 17 EEVRIER 2011 EDITORIAL Financement de Kairos Outrage aux électeurs Trois petites lettres et puis s’en va?Pour avoir orchestré l’ajout d’un «not» manuscrit sur une décision administrative et pratiqué ensuite la contrevérité en pleine Chambre, la ministre de la Coopération internationale Bev Oda occupe désormais un siège éjectable.La seule élégance qui lui reste est la démission.U Marie-Andrée Chouinard n malheureux mais décisif petit mot de trois lettres.Ajouté à la main sur un document officiel, le mot «not» a changé une permission de financement destinée à l’organisme Kairos en un refus.L’impair instrumenté par la ministre Bev Oda, de son propre aveu cette semaine, lui était pourtant totalement inconnu, avait-elle d’abord juré en décembre 20f0 devant un comité parlementaire.Le non-financement de Kairos se sera échafaudé sur une succession de demi-vérités.Quand on apprit l’arrêt du financement en décembre 2009, le ministre Jason Kenney avait lié la fin de ce soutien à des positions trop critiques envers Israël émises par Kairos.Mme Oda s’était empressée ensuite d’affirmer plutôt que c’était l’absence de concordance entre les objectifs de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), responsable de l’octroi des subventions, et ceux de Kairos qui expliquait le choix du gouvernement.La vérité était tout autre, comme permit de le comprendre la Loi sur l’accès à l’information: l’ACDI recommandait de maintenir le financement et même de fe majorer.Mme Oda, qui avait elfe-même signé fe document, expliqua aux parlementaires qu’elle ne savait pas par-qui-par-quoi-comment le feu était passé du vert au rouge.Son équipe s’excusa d’avoir défendu une version selon laquelle les fonctionnaires de l’ACDI avaient prôné la fin du financement de Kairos.La ministre exprima ses regrets cette semaine pour fa «confusion» causée par fa saga et fâcha fe morceau.La décision de «not» financer Kairos?C’était fa sienne.Avec raison, fa Chambre retint son souffle après cet aveu.La pratique de fa demi-vérité a beau être rituelle en politique, if est rare qu’on en fasse une confession.L’art du mensonge est justement de fe maquiller.Le premier ministre Stephen Harper, exaspérant dans son rôle de gardien de f’indéfendabfe, voudrait bien que f’on ne retienne de cette affaire que sa conclusion; que «dans une démocratie c’est une ministre élue qui prend les décisions».S’il avance sin fe terrain de fa démocratie, nombreux seront ceux qui fui rappefferont que ses règles ne font place ni au mensonge ni non plus à fa dénaturation de documents.Acteins principaux de fa démocratie, fes électeurs assistent à ce théâtre de f’invraisembfabfe où un premier ministre autorise fa tromperie dans sa propre assemblée, poinvu qu’on fa masque en une confusion passagère.Cefa n’a rien de passager.Le mensonge est fa lamentable nomri-ce du monde politique, quoi qu’if en dise.Pour nous fe rappeler, chaque semaine apporte son scandale.Leur muftipfication nous entraîne dans une insidieuse banalisation.Un autre?Encore?Bof.Dans son rapport, le commissaire Bastarache n’a-t-il pas noté qu’au sujet de la prétendue rencontre du 2 septembre 2003 entre le premier ministre Jean Charest et l’ex-ministre de la Justice Marc Bellemare, il lui fut impossible de savoir qui disait vrai, la preuve présentée par les deux adversaires étant «entièrement contradictoire»^ Qui est le menteur?Vérité et politique ne font sans doute pas le meilleur des ménages, mais cela ne justifie pas qu’on laisse passer les errements lorsqu’on les repère.Nul besoin d’attendre de savoir si un outrage au Parlement fut commis poin comprendre que Mme Bev Oda n’a plus qu’un geste honorable à poser: renoncer à ses fonctions de ministre.machouinard@ledevoir.corn Crise alimentaire Le délabrement D Serge Truffaut ans les soulèvements qui ont secoué la Tunisie, l’Égypte, l’Algérie, comme d’autres pays, la variable économique a été un élément-clé.Plus précisément, tout un chacun s’accorde poin souligner que la hausse très prononcée des prix d’une foule de produits de première nécessité a dopé la colère de millions et de millions de personnes qui consacrent déjà plus de 50 % de leins revenus à la nomri-ture.Dans la foulée de ces manifestations, voilà que la Banque mondiale vient de communiquer des chiffres laissant présager une nouvelle saison des émeutes de la faim ici et là dans le monde.Selon les calculs de cette institution présidée par Robert Zoellick, la hausse des coûts entre juin et décembre dernier a fait sombrer 44 millions de personnes dans l’extrême pauvreté, soit des gens qui vivent avec moins de 4,25 $ par jour.^ Cette nouvelle cohorte a hissé à 4,2 milliard le W V- nombre total de damnés de la faim.Ce n’est pas tout.La vague de redressements de la valeur i des matières premières ne faiblissant pas, l’in- 7 — — ventaire du macabre est appelé à grossir à ^ _ coint terme.Ce n’est pas tout (bis).Climatolo^es, envi-ronnementalistes et géographes anticipent un été aussi qdverse à l’agriculture que le fut celui de 2040.À l’origine de la récente série d’augmentations, on trouve la sécheresse et les inondations en Argentine, au Canada, en Russie, en Ukraine, en France, en Australie et chez d’autres gros productems de céréales, sans oublier les intempéries observées en Inde et au Pakistan, qui ont pomri des millions d’hectares de rizières.Conséquemment à ces désastres, la Russie a ordonné un moratoire sur ces exportations de blé, ce qui a bien évidemment gonflé les prix à la vitesse de l’éclair.Aux périls provoqués par le délabrement climatique s’en est ajouté un autre, celui-là aussi vieux que la monnaie: la spéculation.Le maintien des taux d’intérêt à de bas niveaux combiné à la volatilité des Bourses en septembre et octobre a favorisé un afflux de capitaux vers la Boinse de Chicago, la Bourse des contrats à terme, la Boinse agricole par excellence.Quoi d’autre?Les fonds spéculatifs se sont eux aussi introduits dans le jeu.L’ampleur de la crise actuelle étant promise à une expansion au cours des prochains mois, le patron de la Banque mondiale a jeté un pavé flans la mare de Nicolas Sarkozy, qui préside cette année le G20.À ce dernier, le premier réclame un bouleversement de l’agenda: il voudrait qu’on s’attaque au plus vite aux défis que pose fa fièvre agricole.Autrement dit, if souhaite que Sarkozy mette un bémol à sa volonté dont l’objectif consiste à discipliner les piliers financiers à l’origine de fa crise économique.La position de Zoellick, ancien conseiller de George W.Bush et porte-étendard, avec d’autres, du néoconservatisme, a ceci de paradoxal que ces piliers financiers ont accéléré, en partie, fa crise alimentaire.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO fî^RA/errrr Un merci en français! Moi qui suis un accro de la chanson francophone, en plus d’en être un fervent défenseur, je voue tout de même une admiration à quelques groupes anglophones.Arcade Fire est du nombre.Pas seulement parce qu’ils ont gagné le Grammy du meilleur album de l’année dimanche à Los Angeles, mais parce que ce groupe est constitué de jeunes musiciens intègres, engagés, en plus d’être talentueux.Cet été, au Festival d’été de Québec, une partie des recettes de leur spectacle est allée à Haïti.Ils avaient décidé de venir en aide au peuple d’Haïti en préférant mettre à l’avant-plan une noble cause.Il s’agit sans doute du groupe anglophone le plus chéri des Québécois, pas seulement parce qu’Arcade Fire est de Montréal, mais parce que nous aimons leur musique et nous aimons son attitude et le fait que les jeunes musiciens qui constituent ce groupe soient reconnaissants de l’amour que nous leur portons et qu’ils savent reconnaître qu’une bonne part de leur succès nous est due.Voilà sans doute pourquoi, lorsqu’ils ont reçu dimanche leur prestigieux prix, ils ont dit merci à Montréal et merci au Québec en français.Deux fois plutôt qu’une, qui plus est.Les seuls mots entendus en français lors de cette soirée évidemment.Cela détonnait devant ce parterre de vedettes américaines, mais cela n’a pas du tout sonné faux, tant ces remerciements se sont faits de façon spontanée et sincère, et cela, à la face du monde entier.[.] Si bien ancrés dans les réalités de notre monde.Yvan Giguère Saguenay, le 14 février 2011 LETTRES En colère Non, je ne décolère pas contre le gouvernement Charest depuis que j’ai lu l’article d’Alexandre Shields et l’éditorial de Jean-Robert Sanslaçon dans Le Devoir.Quoi?Le gouvernement de Jean Charest aurait bradé nos ressources naturelles au secteur privé?Je suis en colère.Sous prétexte qu’Hydro n’avait pas l’expertise de les exploiter?Pourquoi alors toute l’expertise d’Hydro-Québec est-elle allée au privé?Je suis en colère.Les ressources naturelles ne doivent sous aucun prétexte devenir la propriété d’entreprises privées.Quand on découvre des mines quelque part, dans le sous-sol d’un terrain privé, ne dit-on pas que les ressources ne donnent aucun droit au propriétaire du terrain, justement parce qu’elles sont et doivent rester la propriété de la collectivité?Pourquoi donc des compagnies privées auraient-elles le droit de s’emparer de la ressource en s’achetant un bout de papier, qu’on appelle un permis?Un permis de quoi au juste?Je suis en colère, scandalisée, indignée, outrée de constater que le gouvernement Charest brade nos richesses naturelles et nous fasse régresser.Cette propension du gouvernement Charest à brader nos richesses naturelles est d’autant plus suspecte que les questions posées dans l’éditorial de M.Sansfaçon sont pertinentes.Ces questions, à elles seules, mériteraient bien une enquête publique pour en trouver les réponses ainsi que tout ce qui grouille et grenouille sous cette affaire.Comment se fait-il que les richesses naturelles ne soient pas nationalisées?Qui a intérêt à ce qu’il en soit autrement?Je suis en colère et non, je ne décolère pas.Gisèle Fillon Montréal, le 15 février 2011 Appui au maire de Saguenay Je découvris à fl ans que Dieu n’existait pas et je décidai d’agir en conséquence.Je fis part à mon entourage de ma nouvelle compréhension des choses du monde et de la vie.C’était en 1946.Je ne rappellerai pas ici les conséquences de cette affirmation de moi-même, si ce n’est que mon athéisme ajouté à mon appartenance à une famille ouvrière et, du côté paternel, analphabète, me priva de la possibilité de taire des études classiques dans les couvents catholiques, les seuls où les Canadiennes françaises.Aères de l’être, pouvaient en principe obtenir un diplôme menant à l’université.Je fus donc autodidacte.Ce long préambule pour qu’il soit bien clair que mon appui inconditionnel au maire Tremblay de Saguenay ne relève pas de mon désir de défendre le catholicisme et ses manifestations.Je contribuerai au défraiement de son appel du jugement qui l’oblige à renier nos origines, notre histoire, notre culture, parce que sans ces instances structurantes, je n’aurais même pas la chance d’être une autodidacte, consciente d’appartenir à une nation distincte, capable d’agir au milieu de toutes les nations du monde, en les enrichissant de sa spécificité, comme elles enrichissent la mienne des leurs.Je suis aujourd’hui une écrivaine québécoise, si substantiellement nourrie de la culture canadienne-française que je peux la dépasser dans des œuvres authentiques qui ne parlent pas d’elle.J’invite tous ceux et celles qui ont cette conscience d’exister comme être collectif créateur, grâce à leur passé national, accepté de gré ou de force, d’envoyer leurs sous à la Ville de Saguenay.Andrée Ferretti Le 16 février 2011 LIBRE OPINION Passer de la parole aux actes AK’INGABE GUYON Médecin spécialiste en santé communautaire Je suis médecin.Depuis longtemps, une intuition me guide et m’indique que les épreuves physiques se surmontent parfois avec une grâce et une légèreté mystérieuses, que j’ai vues tant de fois sur le visage de gens qui ont mal et qui pourtant ne semblent pas souffrir.Ces gens illustrent la distinction subtile entre avoir mal et être désespéré par la douleur.Leurs visages sont éclairés, leur présence est magnétique, et les soignants sont soufflés par tant de courage.Comme étudiante en médecine puis comme résidente en médecine familiale, j’ai accompagné quelques centaines de femmes, bien maladroitement sûrement, pour traverser cet écran entre la douleur et l’enfant qui se fraie un chemin.Je me suis approchée de ce savoir profond, ancestral et indicible en étant guidée par des médecins et des sages-femmes exceptionnels.Chez tous ces guides, un trait commun: la capacité d’accompagner et d’insuffler cette même grâce et cette même légèreté humaine à travers la douleur, mais surtout la sagesse de créer un espace de confiance pour que l’accouchement survienne avec toutes les forces de la mère, de son enfant et des accompagnants en présence.Cet espace de confiance et de sérénité existe dans le milieu hospitalier, mais est nécessairement éphémère dans un lieu où se livrent des combats pour la vie, avec des outils technologiques envahissants et miraculeux, mais aussi avec une frénésie et un éclairage souvent trop cru sur l’intimité d’un être.Après toutes ces années passées à rôder autour et au cœur de l’hôpital, j’ai décidé que mon accouchement serait en zone d’exploration, et que je rechercherais la présence d’une sage-femme, hors des murs hospitaliers qui sont pour moi des lieux de travail, de gardes exigeantes, de vie, mais aussi surtout de maladie et de mort.Mon conjoint était d’accord, et c’est ainsi qu’au cours de toute ma grossesse, j’ai été suivie par une équipe de deux sages-femmes.Cet accompagnement a été un rare moment de cohérence personnelle, entre ma parole de soutien à la pratique sage-femme et mes actes, entre la confiance en ce corps humain que j’ai vu tant de fois meurtri et mon saut dans le vide quant à un accouchement sans autres antidouleurs que mes propres ressources et le soutien avisé de ma sage-femme, issue d’une lignée de femmes pionnières d’une détermination et d’une vision hors du commun.Aujourd’hui, comme médecin spécialiste en santé communautaire, j’affirme avec immense fierté que ma fiffe est née dans un véritable système de santé, à fa maison de naissance.Un fieu où if fait bon être, où fa santé est célébrée, où fa maladie est prévenue bien en amont de ses manifestations, et où, comme médecin de santé publique, je refais fe plein de confiance en ce que notre société sait, coffectivement, générer de bon: des soignants passionnés par ce qu’ils font, et des citoyens accompagnés dans leurs douleurs et dans leurs joies avec respect et savoir-faire.Avoir fe choix d’accoucher dans un fieu sécuritaire, qui promeut fa santé des femmes, de leur conjoint et de leur enfant est un des actes de santé publique fes plus puissants dont une société peut se doter.Ce choix, seules 2 % des femmes qui accouchent au Québec en bénéficient.Êffes sont des dizaines de milliers à f’es-pérer sans pouvoir l’exercer.If est plus que temps de pratiquer fa santé et de respecter nos engagements — fa politique de périnatalité du ministère de fa Santé et des Services sociaux — pour qu’enfin, chaque femme enceinte ait fe choix d’accoucher en toute confiance accompagnée par un médecin de famille ou par une sage-femme. LE DEVOIR, LE JEUDI 17 EEVRIER 2011 A 7 IDEES L’énergie, un enjeu politique et citoyen STEPHANE SAVARD Historien à l’Université Concordia MARTIN PÂQUET Professeur au Département d’histoire de l’Université Laval et titulaire de la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du Nord rojets d’exploitation pétrolière et gazifère, vente d’électricité, investissements publics ou privés: les débats récents nous donnent l’impression que la question de l’énergie se ramène à la stricte dimension de l’économie.Au contraire, et ce, depuis longtemps, l’énergie au Québec est un enjeu politique et citoyen.Nos sociétés contemporaines étant fondées sur l’industrialisation et la technoscience, l’énergie constitue plus qu’un moyen essentiel pour assurer le développement socioéconomique: elle est aussi un enjeu de l’habilitation citoyenne.Sans le nécessaire accès à l’énergie, les citoyens ne peuvent assurer leur plein épanouissement dans la communauté politique.D’où les multiples stratégies qu’ils mettent en oeuvre, passant de la promotion à la résistance, se déployant dans l’ensemble de la société ou se circonscrivant au voisinage et au quotidien.Dès lors, par delà les strictes dimensions socioéconomiques, l’énergie est indubitablement au cœur du politique.Des enjeux à travers l’histoire Sur le plan de l’énergie, le Québec ne fait pas exception dans le monde occidental.Dès la hn du XIK® et au début du XX® siècle, les questions énergétiques occupent une place non négligeable dans les préoccupations des responsables politiques et des décideurs économiques québécois.Au-delà des strictes incidences économiques ou autres, ces questions sont foncièrement politiques puisqu’elles renvoient aux luttes entre ac-teius dans l’espace public sru les projets de développement socioéconomique et, partant, sur des conceptions divergentes d’un avenir commun.Ces débats ne sont guère récents.Avant la Première Guerre mondiale, les centres urbains deviennent les arènes d’un conflit entre les tenants du gaz et ceux de l’électricité: les protagonistes s’opposent sru des questions d’éclairage de rues et, surtout, sur le développement de nouveaux moyens de transport et de nouveaux services publics.Jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, les industriels de ces mêmes villes tentent quant à eux de trouver le meilleur moyen d’approvisionner leurs usines et lerus manufactures en énerve, ce qui les fait souvent hésiter entre la vaperu issue du chauffage au charbon, l’électricité ou la force hydraulique.Ailleurs, dans les régions plus éloignées des grands centres, les responsables politiques et les décideurs économiques misent surtout sur l’hydroélectricité, par le biais des concessions poru la construction de barrages.Partant, ces initiatives favorisent une certaine décentrahsation industrielle et, ainsi, encoruagent un développement régional centré sur l’entreprise privée ainsi que l’extraction et la transformation des ressoruces naturelles.Bien commun À Montréal notamment, un vaste mouvement populaire se manifeste au corus des années 1930 NO^ ,A/ 01 ‘R* l* 1 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Des dizaines de personnes manifestaient contre l’éclosion de la filière des gaz de schiste, en octobre dernier, en marge des consultations du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) sur le développement durable de cette industrie au Québec.contre les trusts, dont ceux de l’électricité et du gaz, qui vendent à des tarifs exorbitants un bien commun jugé essentiel.Avec la première nationa-hsation en matière d’hydroélectricité et la création d’Hydro-Québec en 1944, les responsables politiques ne se contentent plus de légiférer pour réguler le domaine de l’énergie.Qutre son rôle dans la distribution du gaz, un rôle qui est délaissé en 1957 par le gouvernement Duplessis, Hydro-Qué-bec se fait timofée dans le domaine énergétique.Toutefois, l’État québécois peut concurrencer l’entreprise privée sru un terrain de plus en plus stratégique: celui de la production, du transport et de la distribution de l’électricité.Au moment de la Révolution tranquille, le gouvernement de Jean Lesage procède à la deuxième nationalisation de l’électricité et instaure un monopole étatique sur la production et la distribution d’énergie électrique à des fins domestiques.Ce faisant, les responsables pohtiques de ce gouvernement et de ceux qui lui succèdent encouragent fortement à la fois le développement hydroélectrique du Québec et la consommation de cette énergie dite «québécoise».Cette orientation politique en matière de développement énergétique engendre un résultat probant: le Québec devient ainsi l’un des États les plus électrifiés au monde.Débats et résistances Les mêmes responsables politiques se penchent aussi sur la place que devrait prendre non seulement d’autres formes d’énergie, comme celles issues du pétrole et du gaz naturel, mais aussi d’autres fihères électriques, comme celles du nucléaire et des soruces dites «nouvelles» ou «alternatives» — à l’instar des énergies solaire, éohenne, marémotrice, etc.Là, la planification étatique et srutouL la rédaction de la première véritable poh-tique énergétique québécoise en 1978, reconnaissent au secteru de l’énergie un rôle moteru dans le développement économique du Québec.Par la suite, les pohtiques énergétiques qui sont réguhèrement revisitées au fil des ans suscitent de nombreux débats et résistances au sein de l’espace public, notamment dans les forums de la Régie de l’énergie et du BAPE.En témoignent ainsi les polémiques souvent acrimonieuses qui sruviennent au fil du temps depuis la fin des années 1970, du moratoire entourant la construction de nouvelles centrales nucléaires sous le gouvernement de René Lévesque à la déréglementation du marché de l’électricité, en passant par les péripéties du projet Grande-Baleine au torunant des années 1990.Deux échelles du politique Enfin, il suffit de se pencher sru les débuts du troisième millénaire pour s’apercevoir qu’ils furent constamment le terreau fertile pour de multiples débats entourant les enjeux énergétiques.Ces débats traduisent le caractère profondément sensible de l’énergie dans une société postindustrielle comme le Québec.Ils expriment aussi les multiples formes de résistance fondées sru l’ha-bihtation citoyenne et la prise de parole.Dès lors, l’enjeu énergétique se manifeste simultanément sru deux échelles du politique.Sru un plan d’ensemble relevant des dimensions globales de la Cité, cet enjeu renvoie à une macropo-litique qui concerne l’aménagement du bien commun et la détermination des choix de société.Sur une échelle plus réduite, il correspond à une micropohtique qui se confine plus particulièrement au quotidien des citoyens et à leurs soh-darités de base.Le phénomène du «Nimby» — «Not in my back yard» —, de ces résistances citoyennes locahsées, s’inscrit dans cet espace du micropohtique, qui n’empêche pas l’expression de stratégies macropohtiques.Dans le cas de l’enjeu de l’électricité, les exemples abondent de la prégnance du micropohtique.Qn l’a vu auparavant dès la fin des années 1980 avec les polémiques entourant la construction de lignes de haute tension à Grondines en 1988, ou à Hertel-Des-Cantons à la suite du grand verglas de 1998.D’autres initiatives, telles que l’établissement de parcs éohens, rencontrent également de fortes résistances locales de la part des citoyens.Polémique Les autres fihères énergétiques sont aussi des sources de débats macro et micropolitiques, et les motifs de polémiques abondent.L’enjeu pé-troher n’est pas exempt de controverses, comme celles des nombreuses fluctuations du prix à la pompe ainsi que des préoccupations environnementales — surtout au sujet des gaz à effet de serre (GES) et du réchauffement chmatique.Ces dernières incitent les décideurs économiques et les responsables pohtiques à trouver des solutions de rechange, dont la promotion du transport en commun et la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement en pétrole.Enfin, le gaz naturel engendre un débat déhcat au potentiel explosif — si l’on peut dire! La polémique s’alimente ici de la proximité spatiale du transport et de l’exploitation du gaz.Par delà des tenants et aboutissants macropohtiques, elle atteste toujours des expressions du micropohtique, à l’exemple du projet Rabaska de port méthanier efi évidemmenti l’exploitation des gaz de schiste dans la région des basses-terres du Saint-Laruent.Même s’ils semblent hermétiques du fait de leur nature, les enjeux énergétiques concernent depuis la fin du XIX® siècle l’ensemble des citoyens québécois.Au-delà des incidences économiques, ils touchent à la détermination du bien commun actuel et à venir, d’où l’importance fondamentale de la prise de parole citoyenne.Cet article reprend des traits de l’introduction du prochain numéro de Globe.Revue internationale d’études québécoises (vol.13 n° 2,2010).Affaire Maxime Bernier La nouvelle droite et l’identité québécoise L MATHIEU BOCK-COTE Chargé de cours et candidat au doctorat en sociologie à l’UQAM appel de Maxime Bernier à la révocation de la loi 101 a ravivé les passions.Certains y ont vu une déclaration vouée à faire croître sa popularité au Canada anglais, où la Charte de la langue française a mauvaise réputation.D’autres se demandent pourquoi prendre au sérieux un député faisant de ses «déclarations controversées» une spécialité médiatique.Pourtant, la déclaration de Bernier ne relève ni du calcul mesquin ni du «dérapage».Elle est plutôt symptomatique d’une contestation inédite de la loi 101, qui n’est plus réservée aux radicaux de la communauté anglophone, mais qui est désormais relayée chez les francophones par une frange particulière de la nouvelle droite.Bernier n’est pas le sot qu’on dit, mais plutôt un politicien travaillant fort à défaire la plupart des consensus hérités de la Révolution tranquille.La logique derrière son raisonnement, on la connaît, il s’agit de la philosophie libertq-rienne fondée sur une vision minimaliste de l’État, le droit de choisir de l’individu devenant le seul horizon légitime de l’action publique.La droite libertarienne s’est pendant un temps concentrée sur la critique socio-économique du modèle québécois, accusé d’entraver la prospérité.Sa condamnation du modèle québécois déborde désormais sur un autre aspect de l’héritage «étatiste» de la Révolution tranquille: les lois linguistiques.Ce rejet s’accom- pagne d’une disqualification plus généralisée de la question nationale.r Emancipation par l’anglais La chose est révélatrice, car l’idéologie liber-tarienne dans son expression la plus populaire semble actuellement s’enraciner chez nous dans une pathologie singulière: le mépris de soi qui a longtemps représenté le côté sombre de la culture canadienne-française.Cette pathologie se réactive aujourd’hui à travers un désir d’américanisation, notamment repérable dans les radios de Québec, où la culture québécoise est généralement assimilée à la médiocrité.C’est ce que j’ai appelé ailleurs «l’émancipation par l’anglais».Qn rêve de parler l’anglais «sans accent» (bien qu’on ne sache jamais où est parlé dans le monde cet anglais sans accent!) poru mieux masquer une origine québécoise ressentie comme honteuse et se dissoudre dans une culture que l’on croit supérieure.Qn rêve surtout d’une dissolution du particularisme historique québécois dans l’environnement nord-américain.Au mieux, on relativise la différence québécoise — au pire, on la dénigre.Dans aucun des deux cas on n’entend l’assumer et lui reconnaître une portée fondatrice.La culture québécoise est présentée comme un cadre asphyxiant dont il faudrait s’affranchir.C’est ainsi qu’on peut comprendre les revendications de plus en plus pressantes poru la bilingui-sation des jeunes générations.Le désir de s’angh-ciser est plus ou moins classé parmi les droits La langue sans culture n’a pas plus d’avenir que la culture sans la langue fondamentaux.Le libertarianisme recouvre ainsi un désir plus ou moins avoué de désaffiliation culturelle.La nouvelle droite finit par concruren-cer la gauche multiculturelle dans la déconstruction de l’identité québécoise.Défense du français Cette expatriation mentale est porutant porteuse d’un paradoxe.Car la nouvelle droite à laquelle se raccrochent les hbertariens, sans en être la seule composante, retrouve à travers cette amé-ricanité revendiquée le vieux fond occidental de l’identité québécoise, occulté par la Révolution tranquille qui a souvent été tentée de réduire l’identité québécoise à sa seule dimension francophone.Ses leaders commencent ainsi à tenir un discorus sru les «valerus occidentales» du Québec, et à réhabihter la question des «mœrus occidentales», évidemment tenue poru négh-geable par le multicultrualisme ambiant pour qui le «vivre-ensemble» saruait se suffire des grands principes contenus dans les Chartes de droits.La nouvelle droite s’essaye ainsi à la critique des accommodements raisonnables.Elle parvient par là à s’approprier une dimension de l’identité québécoise souvent négh-gée par ses défenseurs les plus officiels, associés à la mouvance souverainiste, qui font une fixation exclusive sur le français sans tenir compte du substrat historique dans lequel il s’enracine.Qn pourrait même dire que la nouvelle droite s’empare d’autant plus de la question des accommodements qu’elle abandonne celle de la défense du français.Qn peut risquer une hypothèse forte: le discorus identitaire propre à la nouvelle droite n’est peut-être que l’écho déformé d’une crise culturelle de plus en plus aisément repérable au sein même de la majorité francophone.Aujorud’hui, c’est moins l’anglais que le multiculturalisme qui inquiète les Québécois.C’est probablement poruquoi les questions fiées à la laïcité, à l’héritage cathohque et aux mœrus occidentales du Québec mobihsent davantage l’opinion que l’avenir du français.Langue sans culture?11 ne faut porutant pas se faire d’illusion: le substrat occidental de l’identité québécoise auquel souhaite en revenir la nouvelle droite est indissociable du français, qui n’est pas qu’un «instrument de communication» parmi d’autres.Les Québécois ne sont ni Slovènes, ni Allemands, ni Américains.Tous sont pourtant des Qccidentaux.C’est son caractère français qui particularise l’identité occidentale des Québécois et c’est sa défense qui caractérise la trame de notre histoire nationale dans ses dimensions les plus profondes.Dissociés, la lan^e française et le substrat occidental de l’identité québécoise s’appauvriront respectivement.La langue sans culture n’a pas plus d’avenir que la culture sans la langue.Si cette tendance se confirme, on peut aisément prévoir le résultat.Le Québec deviendrait un no man’s land identitaire progressivement déserté par un nombre croissant de ses citoyens ne voulant plus évoluer dans une société culturellement anémiée, ayant renié une fois de trop ses héritages.Sans son identité francophone, le Québec deviendra un régionalisme anonyme parmi d’autres dans l’Amérique des marchés.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gerald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andree Choumard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair-Cirmo (general), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (société) ,'Se.an Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Lisa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude RiouxSoucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) , information politique Michel Dav\A(chroniqueur), Helene Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côte (correspondants parlementaires a Ottawa), Antoine Robitaüle et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Quebec), Alec Castonguay et Kathleen Levesque (reporters) , information culturelle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frederique Doyon et Isabelle Pare (reporters), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) , information économique Gerard Berube (adjoint au directeur de l’information), François Desjardms, Eric Desrosiers et Alexandre Shields (reporters), Dominique Reny (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy 'Ta\\[ei&r (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editonale et cahier Perspectives) , Diane Precourt (responsable des pages thématiques), Emilie Eohe-Boivm (pupitre) , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) , Andreanne Bedard, Michele Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site internet), Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Erappier, Emilie Parent-Bouchard et Etienne Plamondon-Emond (commis internet) , Amehe Gaudreau (secretaire a la redaction), Genevieve Tremblay et Sophy Lambert-Racme (commis a la redaction) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE Sylvam Gnmard (directeur adjoint) de Büly, Jennifer Boily-Demers, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Stephanie Deziel, Amel Elunam, Véronique Langlois, Sunon Lanoie, Amehe Maltais, Maria M Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Berube (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service a la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathahe Eihon, Marie-Lune Houde-Brisebois , Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Celme Euro y, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Page, Monique Proteau A 8 LE DEVOIR, LE JEUDI 17 EEVRIER 2 G II ACTDALITES PETITION SUITE DE LA PAGE 1 premier critère de recevabilité d’une pétition est le suivant: «La pétition doit demander le redressement d’un grief qui relève de la compétence de l’État québécois.» M.Moreau a reproché aux fonctionnaires du secrétariat de l’Assemblée nationale d’avoir «mal interprété» les critères du règlement Sa déclaration a plongé les autorités de l’Assemblée nationale dans un profond malaise, comme à chaque fois où l’exécutif s’en prend à celui qui représente la tête du législatif, le président de l’Assemblée nationale; et à son «sous-ministre» y le secrétaire général.En guise de réaction, le directeur des communications de l’Assemblée, Jean Dumas, s’est réfugié dans la formule: «On ne commentera pas ce que M.Moreau a dit.» n a renvoyé Le Devoir à la lecture des critères sur le site assnat.qc.cOy ajoutant simplement «Si la pétition s’est retrouvée sur le site, c’est qu’il faut croire qu’elle respectait les critères.» Selon nos informations, début novembre, une équipe de juristes de l’Assemblée nationale s’est penchée sur le libellé de la pétition de M.Bros-seau avant de l’accepter.Ce dernier a révélé au Devoir hier avoir eu entre 15 et 20 communications, au sujet de son texte, avec le bureau d’Amir Khadir.L’entourage du député de QS aurait pour sa part soumis trois versions du texte au secrétariat de l’Assemblée avant de recevoir une réponse favorable.Tribunal populaire Pierre Moreau soutient que cela ne se reproduira plus.Le sujet aurait été abordé au Bureau de l’Assemblée nationale (BAN), conseil d’administration de l’Assemblée nationale, composé de neuf membres provenant des trois partis reconnus.M.Moreau affirme que lui-même, lors d’une réunion au mois de novembre, a fait part de son insatisfaction au secrétaire général de l’Assemblée, Michel Bonsaint.M.Moreau y siégeait alors en tant que whip, sa responsabilité précédente: «J’ai pété les plombs parce que je trouve qu’on ne peut pas exposer comme ça un élu à une sorte de tribunal populaire!» Selon le ministre, «la démocratie au Québec s’exprime à travers les mandats qui sont donnés aux élus», dans le «cadre d’élections».M.Moreau a soutenu alors avoir eu l’appui «unanime» des membres du BAN.Mais hier, les ailes parlementaires du Parti québécois et de l’Action démocratique niaient que la fameuse pétition ait fait l’objet d’un quelconque débat au BAN.Le PQ éprouvait un malaise à l’égard de la pétition, mais soutient que c’est le secrétariat de l’Assemblée qui doit décider en toute indépendance.Christian Dubois, porte-parole d’Amir Khadir, se demandait hier si dorénavant, «les pétitions devront cheminer par le bureau du PM avec des petits post-it avant de pouvoir être présentées».L’entourage d’Amir Khadir croit que si un citoyen présentait de nouveau une pétition en reprenant le même libellé que M.Brousseau, l’Assemblée nationale n’aurait d’autre choix que de l’accepter.Devant les médias hier, Steeve Brosseau a soutenu que le Québec devrait se doter d’une procédure de destitution des députés, comme l’a fait la Colombie-Britannique.En l’absence de ce mécanisme, ce sont les députés libéraux qui devraient «montrer la porte [à Jean Charest] ou lui signifier qu’il faudrait peut-être qu’il recule sur beaucoup de dossiers».Pour Amir Khadir, la pétition de M.Brosseau a «réussi le tour de force à clouer définitivement [.] le cercueil de la crédibilité de M.Charest sur la question de son écoute de la population».Le Devoir PETROLE SUITE DE LA PAGE 1 de route dans le secteur énergétique, souligne ainsi qu’au moment où le gouvernement péquiste de Bernard Landry a décidé de consacrer 330 millions de dollars pour l’exploration sur une dizaine d’années, on savait que la province pouvait offrir un potentiel en hydrocarbures.«Les experts du ministère nous ont présenté un certain nombre de données qui nous indiquaient que le sous-sol québécois avait la même géologie, ou encore une géologie comparable à ce qu’il y a ailleurs au Canada, notamment dans l’Ouest, où il y a des réserves confirmées.On nous a donc dit que théoriquement, il y avait un potentiel.Mais on nous disait aussi qu’il fallait l’explorer pour le connaître», rappelle-t-elle.«Les experts du ministère ont aussi indiqué au gouvernement ce qui pourrait être fait, sans risque pour Hydro-Québec.Mais j’entends la ministre [Normandeau] dire que c’est très risqué.L’investissement prévu à l’époque était de 30 millions par année, sur une dizaine d’années.Pour une Société qui fait plus de 10 milliards de revenus par année, ce n’est pas un risque énorme.On peut le prendre.» Un rôle essentiel D’autant que selon elle, le rôle d’Hydro-Qué-bec était essentiel.«Avec Hydro-Québec, on avait une assise crédible pour aller à la rencontre des grandes entreprises gazières et pétrolières afin de trouver des partenaires financiers.C’est le rôle d’Hydro-Québec de faire de telles démarches dans le secteur de l’énergie.Elle était prête à le faire et se sentait compétente pour le faire.On nous disait: “on a des compétences et celles qui nous manquent, nous irons les chercher et nous les inclurons dans la filiale Pétrole et gaz”.» L’ancienne ministre déléguée à l’Énergie rappelle aussi que le président d’Hydro-Québec de l’époque, André Caillé, avait déjà travaillé dans le secteur gazier.Même chose pour celui qui dirigeait la division production, Thierry Vandal.Bref, le Québec avait tout ce qu’il fallait pour «susciter de l’activité d’exploration en association avec des entreprises privées tout en assurant le contrôle et les retombées pour toute la société québécoise et non seulement pour quelques actionnaires».Par conséquent, «il est impossible qu’en 2003, au moment où les libéraux ont été élus, que le gouvernement ou ses mandataires n’aient pas eu connaissance de ce potentiel.À moins que les gens qui sont là aient d’autres intérêts.Je ne sais pas».Mais chose certaine, a-t-elle ajouté, «il y a anguille sous roche et je n’accepte pas cela.Je trouve qu’on fait beaucoup de tort à l’avenir du Québec avec un comportement comme celui-là.C’est triste de voir ça».«Le gouvernement a demandé à Hydro-Québec de se retirer de l’exploration.Je ne connais pas le raisonnement qui a conduit à cette décision, mais c’est possible que ce soit idéologique.On a très peu documenté cette décision.Pourtant, on ne parle pas de la gestion d’un petit commerce.» Selon Mme Dionne-Marsolais, il serait donc tout à fait pertinent de convoquer en commission parlementaire ceux qui, à l’époque, ont pris la décision de laisser le secteur privé contrôler totalement la filière des hydrocarbures, afin qu’ils justifient leur geste.Le Devoir Pétrolia refuse de rendre publique l’entente sur Anticosti ROBERT DUTRISAC Québec — La ministre des Ressources naturelles et de la Eaune, Nathalie Normandeau, était disposée, hier, à dévoiler les termes de la vente par Hydro-Québec de ses droits pétroliers sur l’île d’Anticosti à la société Pétrolia.Mais la compagnie refuse catégoriquement de rendre publique cette entente secrète.«On est en discussions avec beaucoup de monde.Alors, on n’a pas de raison de discuter nos choses sur la place publique», a indiqué, hier, au Devoir \e président de Pétrolia, André Proulx.Nathalie Normandeau a défendu la vente de ces droits pétroliers dont le potentiel est énorme, selon Pétrolia.Quand la décision de démanteler Hydro-Québec Pétrole et gaz a été prise en 2005, l’information était «différente», a-t-elle dit, ajoutant que de toute façon, ce n’était pas la «business du gouvernement de se substituer à l’entreprise privée pour faire seul des travaux d’exploration».Quant aux 30 millions qu’Hydro-Qué-bec a «flambés» entre 2002 et JACQUES NADEAU LE DEVOIR De son côté, la ministre Nathalie Normandeau affirme être disposée à dévoiler les termes de Tentente.2005 — une petite part des 330 millions que le gouvernement péquiste avait mis à la dis-position de la filiale d’Hydro-Québec, «ça n’a rien donné», a réitéré Mme Normandeau.Évidemment, il est difficile de déterminer la valeur de cet investissement puisqu’on ne connaît rien de l’entente qu’a si- gnée Hydro-Québec pour le pétrole de l’île d’Anticosti.Mais si on se fie à l’appréciation fulgurante des actions de Pétrolia depuis que la compagnie a rendu publics, le 9 février dernier, les derniers résultats de son exploration sur l’île d’Anticosti, ces gisements ont une valeur certaine.Depuis cette annonce, le cours des actions de Pétrolia a bondi de 122 %.Au cours des trois derniers jours seulement, il s’est échangé 7,757 millions de titres de Pétrolia, soit plus de 15 % de ses actions en circulation.«On est dans un marché de spéculation», a souligné la ministre.Pétrolia projette de fournir d’ici quatre ans 5 % du pétrole consommé au Québçc, soit 20 000 barils par jour.A 75 $ le baril, il s’agit de revenus annuels de l’ordre de 500 millions.La société projette de commercialiser ses premiers barils de pétrole à la fin de la présente année avec le début de l’exploitation du champ Haldimand en Gaspésie, a affirmé André Prouk.Le Devoir INTERNET Hillary Clinton a accusé le site WikiLeaks d’avoir commis un «vol» SUITE DE LA PAGE 1 dictateurs, à savoir: abattre ces murs ou les maintenir en place et en subir les conséquences.» WikiLeaks Pendant que la secrétaire d’État vantait ainsi la liberté de circulation sur la Toile, des procureurs du gouvernement américain demandaient à une cour fédérale de district le droit d’accéder aux informations confidentielles concernant trois abonnés du réseau de microbiogage Twitter ayant déjà collaboré avec le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange.«L’enjeu ici, c’est la possibilité d’utiliser Internet librement et privément sans que le gouvernement vous surveille»,^ a plaidé Aden Eine, l’avocat de l’American Civil Liberties Union, un des principaux groqpes de défense des droits fondamentaux aux États-Unis.M.Eine représente Birgitta Jonsdottir, une citoyenne islandaise visée par la requête du gouvernement américain, précise le site Internet de la BBC.Dans son discours de mardi à l’Université Georgetown, Hillary Clinton a condamné la publication par WikiLeaks de documents secrets américains, reprochant à ce site d’avoir commis un «vol».«D’aucuns diront que ce vol se justifie parce que les gouvernements doivent en tout temps travailler au grand jour.Sauf tout le respect, je ne suis pas d’accord», a-t-çlle déclaré.En revanche, la secrétaire d’État a nié que le gouvernement américain ait fait pression sur les sociétés PayPal et Amazone pour qu’elles cessent d’acheminer les dons faits à WikiLeaks.La requête présentée par les autorités américaines au tribunal d’Alexandria, en Virginie, s’inscrit dans le cadre de l’enquête qu’elles mènent sur le fondateur de WikiLeaks et sur les fuites de documents américains qui se succèdent depuis juillet dernier.Le gouvernement américain cherche à instruire un procès contre Julian Assange.Le procureur général, Eric Holder, avait laissé entendre en décembre dernier qu’il serait vraisemblablement accusé de «vol» et peut-être d’autres crimes, mais pas d’avoir enfreint la loi sur l’espionnage.La raison?Depuis des lustres, on n’a jamais réussi aux États-Unis à faire condamner pour espionnage une personne qui a transmis des documents secrets à des fins de publication.Un militaire, que le gouvernement américain tient pour responsable des fuites de documents secrets, a par ailleurs été accusé en vertu du code de conduite des forces armées.Bradley Manning est détenu sur une base militaire depuis son arrestation en juin dernier.Julian Assange, lui, réside en Grande-Bretagne en attendant une décision sur une demande d’extradition vers la Suède, où on l’accuse de harcèlement sexuel.La publication de documents secrets par WikiLeaks a illustré la difficulté croissante qu’auront les gouvernements à garder des secrets.Elle a été saluée par de nombreuses organisations vouées à la défense des droits civiques ou de la liberté de presse, dont Reporters sans frontières, mais décriée par de nombreux politiciens et diplomates.Le Devoir BOUQUET SUITE DE LA PAGE 1 tout le monde peut s’identifier à ses textes, que ce soit pour la douleur, cet appel au secours.La différence, c’est qu’on prend des moments de répit et que lui ne le pouvait pas.Il est révolté et souffrant en permanence», insiste-t-elle.Sourde révolte Eranche, directe, carrée diront même certains.Bouquet cache derrière ses éclats de rire et sa dégaine pleine d’assurance des plaies savamment camouflées.Abandonnée par sa mère, élevée par sa sœur et son père dans un cadre strict à deux pas de Versailles, la jeune Carole Bouquet confie avoir tué l’ennui et la douleur en s’évadant dans le cinéma.«Jusqu’à 15 ans, il n’y a rien d’autre dans ma vie que l’ennui et la solitude.Mon enfance est une absence de figure rassurante.Voilà ce qui a produit qui je suis», déclarait-elle sans détour la semaine dernière dans un documentaire diffusé sur Erance 5.D’où cette aisance à porter les mots d’Artaud, brûlants de douleur et d’incommunicabilité.Bouquet avoue cohabiter avec la révolte, qu’elle réussit aujourd’hui à tenir à distance, depuis que la vie lui sourit.Pas un hasard, donc, si elle se porte au secours des enfants victimes d’agression, des squatteurs de la rue des Banques, ou des femmes immigrantes des cités.«On a tous quelque chose qui vient de l’enfance et après, ça se canalise différemment.Cette faculté d’indignation, de ne pas se satisfaire du quotidien, tel qu’il est, on l’a tous», se défend-elle en entrevue, refu- sant d’ouvrir sa propre boîte de Pandore.La dame est d’un pragmatisme désarmant.Elle préfère l’action directe aux discours enflammés.«Je suis révoltée, mais mon combat est efficace, local.Je n’essaie pas de changer le monde, j’essaie de trouver des solutions à des problèmes précis.Je m’implique, mais pas tout le temps, car quand on s’engage, on ne peut laisser tomber les gens, il faut aller jusqu’au bout», dit-elle.Il y a chez Bouquet un tantinet de la Lucie Au-brac, campée aux côtés de Daniel Auteuil en 1997, dans le film de Claude Berri.Résistante, oui, mais à ses heures.Dame patronnesse parfois, mais aussi dame du monde.Bouquet s’avoue multiple.«On prend tous un chemin à un moment donné.J’aurais pu faire, oh là, bien d’autres choses! Pâtissière, cuisinière.», dit-elle en rigolant, poursuivant l’entrevue tout en négociant son passage aux douanes.«Et c’est aussi la vie qui choisit pour nous!» De ce côté, la vie l’a choyée, certes, mais son faciès d’ange descendu du ciel l’a emprisonnée dans une image dorée.Quand on est propulsé sur les écrans en sexe-symbole aux côtés de l’agent 007 et en muse de réalisateur, on ne se défait pas facilement de pareilles étiquettes.Au rayon des beautés glaciales, Carole Bouquet a donné.Aux côtés de Bernard Blier, dans ce récent documentaire de la série Empreintes, elle rappelle l’exutoire que fut pour elle Trop belle pour toi, qui l’a couronnée d’un César de la meilleure actrice en 1990.«C’était LE rôle que j’attendais!», dit-elle.Aujourd’hui, Bouquet dit vivre en harmonie avec son «problème d’image» et ne sent pas le besoin de «casser le moule» de la femme inaccessible.«Je n’ai jamais eu besoin de “casser le moule”.Le problème, c’est que les metteurs en scène ont l’imagination de ce qu’ils voient à l’image.Ça ne dépend pas seulement de nous.C’est l’occasion qui fait le larron.» Et le larron fut, à 20 ans, d’incarner cet «objet du désir» rêvé par nul autre qu’un des papes du surréalisme en guise d’épitaphe à son œuvre.«C’était merveilleux de devenir actrice avec un film de Bunuel.Il n’y a pas plus beau cadeau.Mais forcément, quand le metteur en scène se met à fantasmer, votre image [comme actrice] est très loin de la réalité», assure-t-elle.Une épicurienne entre terre et mer A l’observer sur son domaine viticole, battu par le vent entre la Tunisie et la Sicile, les deux mains plantées dans les vignes, un peu garçonne avec ses cheveux courts et ébouriffés, on se dit en effet qu’un fossé sépare l’égérie évanescente de Chanel de celle qui s’est faite vigneronne à temps partiel sur son île perdue.Comme au téléphone, avec son débit rapide et péremptoire, elle gère là-bas le quotidien à la baguette.Passe en revue ses pieds de vigne, met la main aux fourneaux et sillonne ses terres pieds nus.Dans cet endroit béni des dieux, la Calypso se passionne pour la production du mielleux ^«5-sito, un divin nectar doré extrait d’une terre autrefois laissée en friche.En 1994, venue à Montréal pour présider le jury du Eestival des films du monde, la comédienne avait aussi étonné en débarquant avec sa marmaille de huit enfants, deux étant les siens et sk autres, qu’elle trimballait comme une cheftaine dans une caravane.Les rôles, elle les laisse maintenant venir sans trop tenter d’insuffler une trajectoire à sa carrière.«Je suis très contente de ce que j’ai.Mais si on me demandait de me déguiser en sorcière, en belle-mère de Blanche-Neige, j’en serais très contente! Je laisse les accidents venir.J’aime les surprises surtout, les rencontres, c’est un tel plaisir», assure-t-elle.Un de ses prochains «accidents» sera le dernier film de Téchiné, Impardonnables, inspiré du roman Terminus des anges de Philippe Djian.Sortie prévue ce printemps sur les écrans français.Elle et André Dussolier y camperont deux amants âgés dont le passé viendra noircir le ciel d’un amour tardif.«On se rend compte quand un scénario est abouti, qu’il y a une véritable osmose.Ce sont des minutes rares.Je crois que ce sera un très, très beau film», prédit-elle.D’ici là, elle portera les mots d’Artaud à New York, puis à Washington, après les avoir trimballés dans ses bagages à travers la Erance, à Tripoli et à Bucarest, puis posera ses valises à nouveau, avant de regagner la terre de l’île des vents.Le Devoir LETTRES À GÉNICA, FOLIES D’AMOUR (Extraits d’Antonin Artaud) Centre de créativité du Gesù Les 18 et 19 février LE DEVOIR www.Iedevoir.coin Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?514-985-3333 514-985-3360 redaction @ledevoir.corn La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au téléphone 514-985-3346 Par télécopieur 514-985-3390 Le Devoir peut, a l’occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnes a la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est publie du lundi au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situe au 2050, rue De Bleury, 9" etage, Montreal, (Quebec), H3A 3M9 II est imprime par Imprimerie Mirabel Inc, 12 800 rue Brault, St-Janvier de Mirabel, Quebec, division de Québécor Media, 612 rue Saint-Jacques, Montreal, qui a retenu pour la region de Quebec les services de l’imprimerie du Journal de Quebec, 450 avenue Bechard, Quebec qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612 rue Saint-Jacques, Montreal — Enregistrement n° 0858 Dépôt legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.