Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (7)

Références

Le devoir, 2011-03-19, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MARS 2011 LITTERATURE Gilles Archambault en novembre Page F 3 BIOGRAPHIE Robertine Barry, pionnière du journalisme Page F 6 LIVRES L BERTE DEBAT ILLUSTRATION: TIFFET Deux publications majeures tracent d’importants inventaires.La revue québécoise Liberté revient sur un demi-siècle d’essais.La revue française Le Débat marque son trentième anniversaire en reprenant une enquête originale demandant de quoi l’avenir intellectuel sera fait.Bilan.Perspective.Et en avant, comme avant.LIBERTE L’ÉCRIVAIN DANS LA CITÉ 50 ANS D'ESSAIS STEPHANE BAILLARGEON Autrefois, jadis, durant les deux ou trois derniers siècles, quand les intellectuels, les écrivains ou les ar-tistes désiraient juger le monde, avec l’espoir naïf de le transformer, ils fondaient une revue pour y publier des textes plus ou moins engagés, souvent désespérément dogmatiques, tous plus ou moins imbibés de la même idéologie.L’habitude venue de l’Europe a marcotté dans les Amériques.Relations, la revue des jésuites cana-diens-français, fête son 70® anniversaire ce mois-ci.Elle abrite un des derniers regards hyper-critiques sur le Québec.Argument, un très agréable bourgeon de la longue tradition éditoriale des publications cultivées, est apparue en 1998.Mais Argument n’est pas une revue de combat et sa sélection de textes prouve son ouverture à différentes perspectives sur le Québec contemporain, échappant d’ailleurs souvent à l’épuisante question nationale.Seulement, franchement, la vieille mécanique expressive donne de sérieux signes d’épuisement.Les intellectuels parlent beaucoup moins, ou alors juste entre eux.Qu ils débattent de problèmes qui n’intéressent plus grand monde, ce qui revient au même.Et les débats publics s’organisent maintenant autour des blogues des chroniqueurs-vedettes.D’où l’intérêt des grands bilans proposés récemment par deux grandes publi- cations en français.Liberté, probablement la plus célèbre revue québécoise, passe au tamis avec une anthologie tandis que Le Débat, certainement la plus respectée des zones d’échanges intellectuelles de Erance, reprend une vaste enquête sur l’avenir des idées dans un numéro spécial republié par Gallimard.Cinquante ans, l’âge des bilans Les essais de Liberté composent une mixture de l’essentiel de la pensée du et sur le Québec moderne et contempo- Le Québec tel qu’en lui-même portraituré dans ces textes semble s’extirper d’une cage pour s’enfermer dans une autre rain.Après tout, la «revue littéraire et de culture» fondée en 1959 autour de Jean-Guy Pilon, aux éditions de l’Hexagone, a accompagné la grande mutation de cette péninsule perdue au nord du nord du continent.Le parcours ainsi concentré se révèle à la fois stimulant et déprimant.Le Québec tel qu’en lui-même portraituré dans ces textes semble s’extirper d’une cage pour s’enfermer dans une autre.Les nouveaux technocrates remplacent les anciens curés, le trop-plein de divertissements industrialisés comble le vide culturel d’autrefois, les anciens réformistes imposent un nouveau magistère, une noirceur chasse l’autre, et tout le monde peine, se désole et s’ennuie, d’hier à aujourd’hui.Le texte fondateur de cette revue, le plus important jamais publié par Liberté à vrai dire, s’intitule d’ailleurs «La fatigue culturelle du Canada français».Il paraît dans le numéro 23, en 1962.Le brûlot répond à «La nouvelle trahison des clercs» que Pierre Elliott Trudeau vient de faire paraître dans Cité libre, la grande revue des années 1950.Hubert Aquin signe la nécrologie.«Le Canada français, culture agonisante et fatiguée, se trouve au degré zéro de la politique», écrit-il avant d’en appeler à une nouvelle vitalité culturelle et politique nationale, surtout pas folklorisante.Liberté va accompagner la vraie de vraie transmutation dans les décennies suivantes, avec ses hauts et ses bas, en fédérant bien d’autres penseurs de référence, Pierre Vadeboncœur, Pernand Quellette, trois Jacques (Brault, Eerron, Godbout), deux André (Major etBel-leau), deux Prançois (Ricard et Hébert), Gilles Marcotte ou Jean Larose, entre autres membres du club des boys, qui mettra des décennies à faire une place aux femmes.Liberté a longtemps eu un sexe.Après cette mort du Canada français (1959-1963), le découpage du florilège s’intéresse successivement à la langue (1963-1969), à l’écrivain et au pouvoir (1970-1978), à la remise en cause des institutions (1978-1990), à la désillusion tranquille (1991-2003) et finalement à la résistance culturelle des dernières années (2004-2009).Chacune des sections est introduite par un court essai confié à un intelfo actuel.Les premières périodes bouillonnent d’espoir et de revendications.Les dernières donnent des signes croissants d’une épuisante suractivité culturelle insignifiante doublée d’une implacable neurasthénie politique.La période de direction (et d’écriture) du duo des Prançois témoigne parfaitement de cette grande désillusion.Ces deux-là vont permettre de tirer à boulets rouges sur tout ce qui se sclérose, après le premier référendum, surtout Prançois Ricard, grand désillu-sionniste de la génération fyrique, la sienne, maintenant à la retraite ou à l’hospice.«Liberté s’applique alors à affiner une terrible intuition voulant que ce qui avait été auparavant porteur d’espoir, et d’émancipation concrète, est en train de se refermer sur nous comme autant de pièges», note le rédacteur en chef actuel Pierre Lefebvre dans son introduction à la section acide.«La voie royale qu’étaient le nationalisme, l’Etat québécois, les subventions à la culture, l’UNEQ ou l’UDA, les syndicats, le Parti québécois, etc., devenait lentement mais sûrement un cul-de-sac inquiétant A peu de chose près, on fonçait dans un mur, essentiellement parce que tout cela se technocratisait et s’académisait, ou peut-être, plus simplement, s’embourgeoisait.» L’empâtement culturel du Québec va même scléroser la période suivante, dite de la désillusion tranquille (1991-2003).L’anthologie, on ne peut plus honnête, parle alors d’une des plus «blafardes décennies dans l’histoire de Liberté».Le présentateur Michel Peterson la décrit aussi comme «plate à mort» et d’une «navrante monotonie», alors que les dirigeants (dont Lucien Bouchard) ne se gênent pas pour faire du Québec «la plussss belle république de bananes du monde, sans déficit, sans futur, sans vision».M.Peterson note que les dirigeants de la revue ne se donnent même pas la peine de publier des essais sur les attaques du 11 septembre 2001, fondatrices du XXI® siècle.«L’académisme sévit désormais jusqu’à presque tuer la revue», ajoute-t-if en faisant «de l’usure, de l’épuisement, d’une progressive retraite de la société civile» les motifs dominants de cette affligeante période.La «résistance culturelle» va s’organiser à partir de 2004.La publication de cette anthologie en témoigne, comme fa parution d’un manifeste en 2006.Liberté repart en neuf avec un comité de rédaction VOIR PAGE F 2: DÉBAT De quoi l’avenir intellectuel sera-t-il fait ?Enquêtes 1980,2010 le débat F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MARS 2011 LIVRES EN APARTE Les monuments des autres Jean-François Nadeau h Après l’horreur causée en août 1945 par le souffle nucléaire et les radiations, comment Marguerite Duras avait pu oser écrire, à peine quelques années plus tard, Hiroshima mon amour, le film tourné par Alain Resnais?Bien sûr, les très mauvaises langues disent depuis longtemps que Duras n’a pas écrit que des bêtises puisqu’elle en a aussi beaucoup filmé.Le nucléaire, au Japon plus qu’ailleurs, a toujours évoqué le noir corbeau, les cadavres, la putréfaction, les cendres.Mais que peut un pays comme le Japon, esclave de son expansion économique, sans s’asservir d’abord au nucléaire?Dans le parc d’artillerie des puissances économiques de la planète, ce pays ne jouit que de 18 % d’autosuffisance énergétique, dont à peine 4 % hors du nucléaire.Heureusement, les réacteurs nucléaires civils ne peuvent être confondus avec une bombe atomique.On le dit sans arrêt, partout.Mais on peut bien faire dire et faire répéter cela tant qu’on voudra, il n’en reste pas moins ce qui arrive aujourd’hui au Japon: un drame radioactif.Le coût humain, social et environnemental de pareille source d’énergie en vaut-il la peine?Le développement de spirales boursières pèse-t-il plus lourd, en fin de compte, que l’avenir très terre à terre de l’humanité?Julie Lemieux, appuyée par Normand Mousseau, professeur de physique à l’Université de Montréal, a publié un livre hélas passé inaperçu: Avez-vous peur du nucléaire?.«Vous devriez peut-être», explique l’auteur, qui s’intéresse de près aux différents aspects de cette question: les déchets radioactifs, les risques courus, le transport des matières dangereuses, la durée pharaonique de la radioactivité.Dans son livre, Julie Lemieux ne dit rien de Guy Joron, cet ancien ministre du gouvernement Lévesque.Ce monsieur mériterait pourtant un monument.C’est lui, Guy Joron, qui a empêché la construction de centrales nucléaires en série, tel qu’on les planifiait au début des années 1970.Imaginez un peu la scène: des réacteurs un peu partout sur les rives du Saint-Laurent, des centrales Gentilfy à perte de vue, grosse chacune comme un monstrueux champignon gorgé de menaces.C’est d’une autre bombe qu’il devait d’abord être question ici.Je voulais essentiellement parler de la réédition d’un journal unique qui vécut l’espace d’une année, un journal décapant et grinçant baptisé La Bombe.Ce journal, publié à Montréal en 1909, offrait à ses lecteurs la satire, l’ironie, la caricature, la critique et la parodie comme outils pour déboulonner les statues des puissants afin de voir les vers qui grouillent en dessous.La Bombe publia, à travers quelques pages en couleur, des caricatures de Joseph Charlebois, d’Alberic Bourgeois et d’Edmond Massicotte, tous de bons dessinateurs locaux en leur temps.Ce journal très rare, pratiquement inconnu, vient d’être réédité de très belle manière par Moult éditions, une petite maison qui n’a pas lésiné sur la qualité du papier, ni sur le travail graphique à fournir pour mener à bien pareil projet.Avec La Bombe, écrivent les éditeurs de chez Moult, «les gens sérieux et forts de cette certitude selon laquelle le Québec d’avant la Révolution tranquille n’aurait rien accouché de poésie, d’art ou de littérature qui puisse véritablement être considéré comme “moderne” — sinon Le Nigog, Refus global ou quelques autres exceptions qui viennent confirmer la règle — trouveront une autre belle occasion de déserter.» On l’ignore le plus souvent, mais à la fin du XIX" siècle et au début du XX" siècle, plusieurs journaux très libres, du genre La Bombe, furent publiés ici.Qui connaît La Lanterne, Le Canard, Le Crapaud, ù Violon, La Scie, Le Fantasque?Le crâne hirsute, couvert de cicatrices, à moitié chauve, la démarche difficile, il avait l’allure d’un Frankenstein échappé de justesse de je ne sais quel laboratoire.Ce soir-là, il frappait à grands coups de poing sur les murs beiges d’un corridor très quelconque, celui de l’arrière-scène d’un stupide studio de télévision.Les mots se bousculaient dans sa gorge, puis trébuchaient dans sa bouche avant de se répandre dans toutes les directions en flots ininterrompus, véritable torrent sonore plein de fracas et fort gros de menaces.On y distinguait, tant bien que mal, un chapelet de jurons et, surtout, l’intensité d’une certaine lumière que l’on nomme lucidité.De cette courtepointe sonore sens dessus dessous, on ne comprenait rien, et pourtant on comprenait tout C’est cette image toute personnelle de Gérald Godin qui m’est revenue en mémoire en visionnant cette semaine Godin, le documentaire réalisé par Simon Beaulieu et sa bande.Le documentaire flotte un peu à la surlace des choses, mais il a entre autres mérites celui de montrer l’étendue de ce personnage.Ce soir-là donc, il y a longtemps déjà, je me trouvais dans ce corridor misérable en compagnie de Doris Lussier.Parce que j’étais le plus jeune de ceux qui devaient s’adresser à la caméra, Dissier m’avait pris spontanément sous son aile et se montrait très obligeant à mon égard.Nous venions tous d’apprendre que Claude Morin, l’ancien ministre-trapéziste de René Lévesque, avait travaillé pour la Gendarmerie de Sa Majesté.Personne n’en revenait.Godin encore moins que les autres.11 suffoquait de rage, de haine, de dégoût Et à force de pester et de faire peur, ce Frankenstein en devenait beau.Doris Lussier me mit la main sur l’épaule et me dit tout bas: «Regarde bien Gérald.Regardede bien.Il est en crisssss.Et il y a de quoi! Cette colère, c’est celle d’un homme libre, un vrai.Souviens4oi(z)-en.» Depuis le temps, Godin, sommes-nous à la veille de sortir de «la saison des crânes brisés / des photos triomphantes / devant des monuments / les monuments des autres»?jfnadeau@ledevoir.corn JAPON, IA FABRIQUE DES FUTURS Jean-François Sabouret CNRS éditions Paris, 2011,78 pages AVEZ-VOUS PEUR DU NUCLEAIRE?Vous DEVRIEZ PEUT-ÊTRE Julie Lemieux Prélace de Normand Mousseau Editions MultiMondes Québec, 2009,202 pages IA BOMBE Journal satirique paru en 1909 Réédition sous la direction de Sandria P Bouliane et de Jasmin Miville-AUard Moult éditions Montréal, 2011,144 pages www.moulteeditions.com Salon du livre de Trois-Rivières Rêver d’ailleurs Le 23" Salon du livre de Trois-Rivières (SLTR), au bord du fleuve, ouvre ses portes et ses livres du 24 au 27 mars prochain.Sur le thème «Rêver d’ailleurs», auteurs et lecteurs pourront y discuter de l’évasion par la littérature et de la vision de bailleurs.L’ineffable Dany Laferrière est président d’honneur de cette édition du SLTR, aux côtés des invités Annie Groovie, Alain Stanké, Lise Dion, Dominique Fortier et de l’éditeur Robert Soulières.Rêver d’ailleurs?Dany Laferrière, Chrystine Brouillet, Robert Lalonde et le poète Jean-Paul Daoust y songeront en table ronde vendredi.La comédienne Sophie Faucher lira ensuite des extraits de L’Énigme du retour (Boréal), du président d’honneur, avant de mener une entrevue avec Laferrière.Samedi, l’animatrice Geneviève Borne, l’édijeur et écrivain Rodney Saint-Eloi, le bédéiste Tristan Demers, l’auteur de polars Jean-Jacques Pelletier et l’humoriste Lise Dion parlent de leurs visions de bailleurs, avant la lecture de L’Adieu aux armes du grand Ernest Hemingway par le comédien James Hyndman.Les jeunes auteures Dominique Fortier, Perrine Leblanc et Sophie Bouchard aborderont de leur côté, dimanche, la littérature qui fait voyager.Côté jeunesse, Louise Portai et Janette Bertrand feront la lecture aux enfants samedi.Les comédiens de l’émission Tactik, de Télé-Québec, seront sur place.Comment parleront-ils des livres?A voir.Et Annie Groovie animera un quiz sur son populaire personnage Léon.Les auteurs originaires de la Mauricie comme ceux qui y résident sont bien sûr mis en lumière.Le public pourra ainsi rencontrer le collègue du Devoir Louis Hamelin, la poétesse et romancière Monique Juteau, l’historien Jacques Lacoursière, l’écrivain Guy Marchamps, parmi de nombreux autres.La capitale de la poésie du Québec se doit également d’offrir une soirée poétique, vendredi, organisée en collaboration avec le Festival international de la poésie de Trois-Rivières.Le Devoir ¦ À l’hôtel Delta de Trois-Rivières, du 24 au 27 mars.Toute la programmation sur www.sltr.qc.ca Lawrence fk HI LL#% N ATA Lawrence ROMAN 568 PAGES 32,95 $ «Aminata est un roman gigantesque.» LORRAINE PINTAL, «Vous m’en lirez tant», Radio-Canada «Aminata n’est pas seulement un chef-d’œuvre, mais un livre incontournable qui devrait être lu par tout le monde, à commencer par les adolescents.Il s’agit d’une leçon de vie essentielle.Ce roman est profondément émouvant.» HANS JÜRGEN GREIF, Entre les lignes AMINATA est la version française du bestseller The Book of Negroes, gagnant dufcanada Reads et du Commonwealth Writers’ Prize, traduit de l’anglais par Carole Noël.DEBAT suite de la page F 1 dynamique qui veut «conquérir l’héritage», se comporter comme «de pugnaces archéologues» afin de demander à nouveau, cinquante ans plus tard: «Où en sommes-nous?c’est-à-dire, bien sûr, où en est le Québec, mais aussi où en sont la parole, la réflexion, la culture au Québec?».Un monde confus et morcelé Le même diagnostic de catalepsie de la pensée surgit de l’examen du recueil De quoi l’avenir intellectuel sera-t-il fait?(Le Débat/Gallimard).Le coup de sonde est dirigé par Marcel Gauchet et Pierre Nora, deux figures tutélaires du monde intellectuel français, cofondateur de la revue Ix Débat.Les réponses en 500 pages se déploient en trois temps.D’abord, la revue reprend un premier coup de sonde prospectif publié en 1980.Qn y retrouve une vingtaine de jeunes loups de la pensée française, dont Pascal Bruckner, Vincent Descombes, Luc Ferry et Gilles Lipovetsky.Ensuite, une relecture de ces textes prospectifs par leurs auteurs eux-mêmes, devenus vieux.Finalement, un appel à la «génération 2010» pour reprendre l’exercice.Certains jouent le jeu à fond, d’autres non.Qlivier Ferland (né en 1975), auteur d’une thèse sur l’espace public et lui-même sorti des académies (il est directeur chez Eurogroup Marketing), trace le portrait panoramique d’un triste environnement intellectuel «confus, morcelé», oû les travaux universitaires semblent ignorés du public cultivé, coupés de la société et même déconnectés entre eux.L’intellectuel, le savant, le romancier ou le philosophe est tombé de son piédestal d’autan.11 a muté en «expert».Qn pourrait en dire autant de ce côté-ci du monde libre.«A la faveur de la fragmentation de l’espace public de la connaissance, une pensée rétrécie tend ainsi à se substituer à une pensée élargie, écrit M.Ferland.Pensée rétrécie dans son ambition et repliée sur son petit pré carré, à l’abri des critiques.Pensée n’entretenant plus de liens avec quelque public que ce soit.Pensée noyée au milieu d’un flux ininterrompu de thèses, d’ouvrages et d’articles.Pour la plupart des représentants de ma génération, la production intellectuelle a d’ores et déjà changé de signification: elle ne consiste plus à s’inscrire dans un monde commun, mais à façonner d’innombrables petits mondes propres.De fait, l’extériorisation des savoirs par rapport au savoir est déjà à l’œuvre.Elle forme l’horizon indépassable des vingt prochaines années.» Le Devoir ANTHOLOGIE LIBERTÉ (1959-2009).L’ÉCRIVAIN DANS IA CITÉ 50 ans d’essais Le Quartanier, 462 pages LE DÉBAT De quoi l’avenir intellectuel sera-t-illait?Enquêtes 1980,2010 Le Débat/Gallimard, 509 pages Les Presses de l'Université Laval, le CR « Sociologie du travail » de l’AISLF, riNRS et l’ARUC Innovations, travail et emploi vous invitent à participer à une table ronde à l’occasion du lancement de l'ouvrage La signification du travaii Nouveau modèie productif et ethos du travaii au Québec DANiEL MERCURE ET MiRCEA VULTUR Table ronde Jean Bernier (président de séance) Professeur au Département de relations industrielles (UL) Daniel Mercure Professeur au Département de sociologie de l’Université Laval Mircea vultur Professeur à l’Institut national de la recherche scientifique Diane-Gabrielle Tremblay Professeure à la Télé-Université (UQAM) Paul-André Lapointe Professeur au Département de relations industrielles (UL) II I ?Daniel Herture et Mircea vultur La signification du travaii eTïfflSïdTtKQ'îS.ec Le jeudi 2a mars 2011 L'édifice iNRS à Québec 490, rue de ia Couronne À16 h 00 Un vin d'honneur et des bouchées seront servis Merci de confirmer votre présence à Linda Beaurivage : lmda.heauriragc@ucsjiirsxa 418-687-6419 LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MARS 2011 F 3 LITTERATURE Danielle Laurin Les amours imaginaires Amour & libertinage par les trentenaires d’aujourd’hui est né d’un constat: les moeurs amoureuses changent avec les é-poques, on n’aime plus aujourd’hui comme hier, nous sommes à l’ère de l’accumulation des partenaires, de l’éternel recommencement.Chez les jeunes adultes, en particulier.«Or, note-t-on dans l’avant-propos, l’addition des amours ne se comptabilise pas comme le pécule, et le vertige qui prend d’assaut l’amoureux de ce présent millénaire mondialisé à qui la planète s’offre en infinie corne d’abondance, par le biais notamment des technologies actuelles, a des répercussions sur les liens sentimentaux.» Amour & libertinage par les trentenaires d’aujourd’hui: le titre à lui seul indique qu’il pourrait s’agir d’un essai, d’un ouvrage de réflexion sociologique ou psychologique, d’un recueil de témoignages.Il n’en est rien.11 s’agit de fiction.De nouvelles, tel qu’indiqué sur la page couverture.Les deux instigatrices du projet, les journalistes littéraires Claudia Larochelle et Eisa Pépin, ont eu la bonne idée d’aborder le sujet qui les préoccupe par le biais de l’imaginaire.En demandant à une quinzaine d’auteurs dans la trentaine de «raconter une histoire sur l’amour au XXI‘ siècle».Première constatation: ça va dans tous les sens, de l’amour suicidaire à l’amour rêvé, en passant par pas d’amour du tout.Et ça va dans tous les styles, tous les genres, du réalisme le plus pur au fantastique délirant.Ce qui est plutôt réjouissant.Ce qui l’est moins, par contre, c’est le résultat dans certains cas.Une bonne idée, une réflexion, même nourrie, ne donne pas nécessairement une bonne histoire, n’est-ce pas?Inégal Bref, tout comme dans le récent recueil collectif Cherchez la femme, orchestré par l’écrivaine India Desjardins, l’ensemble est inégal.Ce qui apparaît normal, mais soulève quand même quelques questions.Une fois reçus, les textes commandés sont-ils nécessairement publiés?Y a-t-il place pour des demandes de réécriture?Jusqu’à quel point?Qui tranche et sur quelle base dans ce genre de projet collectif?Au lecteur de trancher, peut-être.Alors allons-y.Pour ma part, je retiens d’abord le texte qui ouvre le recueil.Je vous aime tous, de Véronique Marcotte.«Je vous aime tous», c’est ce qu’a écrit une jeune artiste cocaïnomane et alcoolique sur un bout de papier avant de se suicider dans sa baignoire.Son amoureux finira par mettre fin à ses jours lui aussi, par amour.C’est ce qu’on apprend dès le début de la nouvelle.Leur histoire tragique nous est relatée par une femme qui a croisé le couple dans un train quelque temps auparavant.Peu à peu, elle est aspirée par eux, par ce qui leur est arrivé.Absente à sa propre vie, à elle-même et à son amoureux, elle en vient à n’exister qu’à travers leur histoire.La nouvelle s’ouvre sur deux citations.L’une de Erançoise Sagan: «Quand on se tue, c’est pour infliger sa mort aux autres.Il est très rare de voir des suicidés élégants.» L’autre est de Kafka: «Quand tu es face à moi et quand tu me regardes, que peux-tu savoir du chagrin qui est en moi, que puis-je savoir du tien?» Ces deux citations prennent tout leur sens à la fin de la nouvelle qui, bien que longuette et un peu alambiquée, nous réserve une chute-choc, atroce.On savait déjà qu’on avait affaire à une vraie écrivaine, l’auteure de Tout m’accuse nous le confirme ici.L’amour suicidaire est aussi au cœur du texte de Claudia Larochelle.Ou plutôt, la tentative de suicide à la suite d’une peine d’amour.L’histoire de deux femmes bernées par le même Casanova briseur de cœurs qui leur a promis mer et monde avant de les laisser tomber, à plusieurs années d’intervalle.Plqtôt bien ficelé.A méditer: «Après leur trentième anniversaire, les filles jetées affichent cette mine à la fois butée et contrite, ce visage d’entre deux scénarios de vie, celui idéalisé à cinq ans à travers les contes de fées, et l’autre dans lequel les princes charmants restent des crapauds.» L’éternel dilemme entre le rêve du grand amour et la peur de l’engagement causée par le désenchantement est au cœur de Cinq personnages sur un balcon, avant la pluie, où Rafaële Germain se montre plus que jamais convaincante, et grave, sous des dehors plutôt légers.India Desjardins, de son côté, se la joue carrément badine, sur le même thème, et ça lui réussit.Elle incarne une femme qui craint tellement d’être blessée dans ses relations amoureuses qu’elle s’attend toujours au pire.Une monogame en série, c’est ainsi qu’elle se décrit: «Je fréquente le même homme depuis des années.C’est seulement que chaque fois, il porte un nom différent I.]» Mais il n’y en a pas que pour les femmes dans ce recueil.Parmi les réussites masculines: La Molécule animale de Tristan Malavoy-Racine.Un scientifique amoureux des poissons a, dans son aquarium, «quatre spécimens de sepia apama, deux mâles et deux femelles».Il les observe en train de copuler.«En effet, note-t-il, le mâle comme la femelle mouraient généralement peu de temps après la période d’accouplement, presque toujours avant l’éclosion des œufs de cette dernière.» Ça va tourner à l’obsession, au délire, jusqu’à la folie totale.Et prendre des allures, en cours de route, de roman policier.Vraiment original, étonnant.Dans une tout autre tonalité, Jean-Simon Desrochers, dont on attend un nouveau roman dans les prochaines semaines, excelle avec sa cinglante nouvelle Six jours en été pour une femme froide.La femme en question s’appelle Justine, elle a 35 ans et n’en peut plus de sa solitude agrémentée de parties de jambes en l’air.Elle se donne une semaine pour trouver la personne avec qui elle fera sa vie.Bonne chance.Notez au passage Guillaume Corbeil, auteur de L’Art de la fugue et de Pleurer comme dans les films, qui offre une variation sur le thème de la croqueuse d’hommes.Un peu caricatural, mais la chute du texte est particulièrement réussie.Aussi: Matthieu Simard et sa Licorne en shorts rouges.Qui se penche sur l’usure du couple.La fille en a marre, leur relation est au point mort.Le gars, lui, fantasme ailleurs.Une blonde imaginaire, c’est bien plus excitant et bien moins exigeant.Avec J’aime ta chatte, Stéphane Dompierre remporte la palme de l’érotisme.et de l’ironie.Ça pourrait ressembler à une comédie amoureuse: rencontre un vendredi soir dans un magasin de location vidéo, coup de foudre, sexe torride.Ça ressemble plutôt à une rêverie en solitaire, de la part d’un homme qui craint d’affronter la réalité.«Après tout, les amours qui n’ont pas lieu ne se terminent jamais mal.» Morale de l’histoire, pour ne pas dire des histoires: vive les amours imaginaires.Après tout, l’amour, c’est d’abord dans la tête que ça se passe.Trente-naire ou pas, d’ailleurs.Ma grand-mère, qui n’était plus toute jeune, disait la même chose.AMOUR & LIBERTINAGE PAR LES TRENTENAIRES D’AUJOURD’HUI Collectif dirigé par Claudia Larochelle et Eisa Pépin Les 400 Coups Montréal, 2011,208 pages En librairie le 22 mars.f f LITTERATURE QUEBECOISE Gilles Archambault en novembre LOUIS CORNELLIER Les œuvres de Gilles Archambault font entendre une petite musique triste et lancinante.Les personnages qui les peuplent vivent en suspension entre la résignation et la grise satisfaction que procure une lucidité pleine de mélancolie.Le style de l’écrivain est peut-être sans éclat, mais il est pur, sobre, classique.Il a la beauté d’une fin d’automne, après les feuilles et avant la neige.La beauté, s’il en est une, de novembre.En titrant son plus récent recueil de nouvelles Un promeneur en novembre, Archambault reste donc fidèle à la mélopée qu’il murmure depuis presque 50 ans.Les protagonistes de ses 17 nouvelles n’ont rien d’épique.Souvent en fin de parcours, ils se retrouvent devant presque rien, sinon la maladie, la fatigue et quelques sentiments mêlés quant aux souvenirs d’une existence avec laquelle on n’écrit pas de récits saisissants.Parfois en milieu de vie, ils ressentent déjà que les jardins de roses n’existent que dans les mauvais contes pour enfants.Pères, ils n’ont plus de contact avec leurs enfants.Conjoints, ils ne vivent que des amours incertaines, quand elles ne sont pas en allées.La vie de famille les obsède, mais c’est pour rien.Dans leur indispensable His- JACQUES GRENIER LE DEVOIR En titrant son plus récent recueil de nouvelles Un promeneur en novembre, Gilles Archambault reste fidèle à la mélopée qu’il murmure depuis presque 50 ans.nurtill toire de la littérature québécoise (Boréal, 2007), Biron, Dumont et Nardout-Lafarge écrivent avec justesse des personnages mélancoliques d’Archambault qu’ils «font de leurs échecs (amoureux, professionnels, etc.) le point de départ d’une méditation sur le malheur».Un art de la lamentation Les protagonistes A Un promeneur en novembre donnent à plein dans cet art de la lamentation, mais, comme toujours chez Archambault, sur un mode étranger à l’apitoiement.Dans la lumière maussade de l’inévitable automne, il leur arrive même d’être presque sereins.«Archambault, écrivent encore les auteurs d’Histoire de la littérature québécoise, n’a jamais fait partie des auteurs les plus en vue et aime se présenter comme un modeste “ouvrier de l’introspection”.» Il est vrai qu’on n’explore pas les sentiers de la déprime existentielle causée par l’ordinaire des jours en espérant devenir une star.Dans une époque colonisée par un psychologisme à deux sous qui débouche sur l’injonction de la pensée positive ou sur la complaisance dans l’horreur spectaculaire qui en est l’envers inconscient, la petite musique désenchantée de Gilles Archambault peut toutefois offrir une sorte de réconfort à ceux qui savent que la vie est ailleurs.C’est pour cela.qui est trop rare dans nos lettres, que Gilles Archambault est un des plus grands écrivains québécois vivants.Le Devoir UN PROMENEUR EN NOVEMBRE Gilles Archambault Boréal Montréal, 2011,238 pages T) lî^Gaspard-LE DEVOIR JTalmarès Dn 7 an 13 mars 2011 Romans québécois 1 Le jardin du docteur Des Œillets Denis Monette/Logiques 1/3 2 Le sectet du coffre bleu Lise Dlon/Libre Expression 2/7 3 Les folles années « Tome 1 Les héritiers Jean-Pierre Charland/Hurtubise 4/2 4 Dans mes veux émoi Josélito Michaud/Libre Expression -n 5 Revenir de loin Marie Laberge/Boréal 3/20 6 Pas ce soir ma chérie, l'ai mal é la fête Isabelle Dubé/Intouchables 8/2 7 Les folles années • Tome 3 Thalle et les âmes d'élite Jean-Pierre Chariand/Hurlubise 5/2 8 Ru Kim Thûy/Ubre Expression 7/17 9 Cherchez la femme India De^ardins et alJQuébec Amérique 6/6 10 Un bonheur si fragile * Tome 1 Lengagement Michel David/Hurtubise 9/18 Romans étrangers 1 Dernière nuit é Twisted River John Irving/Seuil 1/3 2 Une nuit sur la mer Patricia J.MacDonald/Albin Michel 2/3 3 Meicl pour les souvenlts Cecelia Ahem/Flammarion -/f 4 Marina Carlos Ruiz Zafon/Robert Laffont 3/8 5 Les Imperfectionnlstes Torn Rachman/Grasset 4/8 6 Aminata Lawrence Hill/Pleine lune 5/2 7 Le mensonge dans la peau.La tuse de Boume Eric van Lustbader/Grasset -/f 8 La rivièie noire Amaldur Indridason/Métailié -/f 9 la chute des géants • Tome 1 Le siècle Ken Follett/Robert Lafibnt 6/24 10 Faute de preuves Harlan Coben/Belfond -n "?Essais québécois 1 Mafia Inc.Grandeur et misère du clan sicilien au Québec André Gédilot I André Noël/Homme 1/20 2 Une année en Espagne Joseph Facal/VLB 2/3 3 Babvboomerang.Le retour des babv-boomers idéalistes.Serge Cabana/Homme -/f 4 II V a trop d'images.Textes épars 1993-2010 Bernard Émond/Lux 7/6 5 Le remède imaginaire Benoit Dubreuil 1 Guillaume Marois/Boréal 3/2 6 La crise fiscale oui vient Brigitte Alepin/VLB 4/5 7 Lanxiété.Le cancer de l'éme Louise Reld/JCL 8/28 8 Petit guide d'argumentation éthique Michel Métayer/PUL 6/2 9 Until et le Québec.Hergé au cœur de la Révolution tranquille Tristan Demers/Hurtubise -/I 10 La révolution des gaz de schiste Normand Mousseau/Multimondes -/I ^FEssais étrangers 1 Indignetvous ! Stéphane Hessel/Indigène 1/7 2 Faut-il manger les animaux ?Jonathan Safran Foer/LOlhrier 4/5 3 Une brève histoire de l'avenir Jacques Atlali/LGF 3/2 4 Loligarchie ca suffit vive la démocratie Hervé Kempf/Seuil 2/5 5 Tous ruinés dans dix ans?Jacques Attali/LGF 6/3 6 Faire confiance à la vie Hans Küng/Seuil 9/3 7 Le visage de Dieu Igor Bogdanov IGrichkaBogdanov/Grasset -/f 8 Futurs proches Noam Chomskv/Lux 7/2 9 Apofogie du livre.Demain, auiourd'hut hier Robert Damton/Galllmard -/f 10 le dérèglement du monda Quand nos civilisations s'épuisent Amin Maabuf/LGF 5/6 ïm éditeur Marie-Renée Lavoie La petite et le vieux H Marie-Renée Lavoie La petite et le vieux La BIIF (SaclâÉ de gestion de la Banque de titres de langue française) est propridtaire du sysËme d’infonnation ¦ textraitdef sur les ventes de lines français au Canada.Ce palmaids est extrait de Supâi et est constitud des lelevds de caisse de 152 points de vente.La BIIF reçoit un suuUen flnancier de Patrimoine canadien pour le projet fôpnf.© BIIF, toute repraduction totale ou partielle est interdita Lucie Lachapeiie Rivière Mékiskan www.editionsxyz.com F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MARS 2011 LITTERATURE La légende du roi monté Louis Hamelin La légende urbaine, bien jolie, et peut-être même vraie, qui dit qu’on peut laisser une poussette avec un bébé dedans sur n’importe quel trottoir d’une ville danoise, le temps de s’engouffrer dans une boutique, avec l’assurance de trouver, au retour, un poupon intact, épargné par les pédophiles psychopathes et consolé par les passants, possède sa contrepartie historique dans la légende du roi Christian.Pendant la guerre (la vraie, la seule, la seconde mondiale), la promenade quotidienne du souverain danois se faisait à cheval, à la ville, sans, escorte et avec zéro garde du corps en vue.A un soldat allemand de l’armée occupante qui songeait à s’en étonner, une plaisante anecdote fait répondre, par la bouche d’un gamin: «C’est tout le Danemark qui est son garde du corps.» Le Danemark n’est jamais nommé dans L’Heure du roi, ce tout petit livre de Boris Kha-zanov aux antipodes de La Guerre et la Paix et des autres clichés de la littérature russe.L’Heure du roi est d’abord une fable, ensuite un samizdat, mot qui désignait ces écrits interdits, dactylographiés et polycopiés jusqu’à la quasi-invisibilité par épuisement de l’encre (on avait alors entre les mains un exemplaire dit aveugle), échangés sous le manteau et lus à la sauvette, nuit et jour.Livres fugitifs, ne faisant quq passer le long d’une chaîne occulte.Ecoutons Elena Balzamo, la postfacière de L’Heure du roi, évoquer ses lectures clandestines dans la Russie des Soviets: «Ces circonstances, toutes contraignantes qu’elles fussent, transformaient chaque lecture en une aventure palpitante.augmentaient l’impact de l’ouvrage, en faisaient une expérience inoubliable.» Risquer cinq ans de bagne pour avoir ouvert un livre est un piment dont les consommateurs gavés que nous sommes, pour ne rien dire des écrivains lassés de leurs propres fariboles autojustifîcatrices, ne peuvent même pas rêver.La pensée totalitaire, sous cet aspect, fonctionnait au moins aussi bien que la bonne femme Winfrey et la liseuse électronique.Conte de fées pour temps de guerre Une fable, donc.D’abord publiée dans une revue israélienne russe en 1976, puis reprise en samizdat dans l’URSS de Leonid Brejnev, oui, le bon vieux zombie fossile lui-mqme, seul exemple connu d’un chef d’Etat ayant eu besoin de trois assistants pour tendre la main à un visiteur étranger.Le samizdat est devenu un petit livre de poche aux éditions Vivianne Hamy.Le Danemark n’est jamais nommé, mais l’auteur nous encourage à penser à ce pays avec des phrases comme: «La loyauté, fondée sur la confiance à l’égard des gens, d’où qu’ils viennent, constituait le trait distinctif de cette petite nation.» La ressemblance des deux monarques (Cédric l’inventé et Christian l’historique sont tous deux dixièmes du nom et férus d’équitation urbaine) va dans le même sens.Dans ce véritable conte de fées du temps de guerre, un paisible, pacifique et minuscule royaume du nord de l’Europe est envahi par son turbulent et belliqueux voisin, lequel, après avoir bousculé l’insignifiant poste frontalier situé sur son chemin, défile dans la capitale comme à la parade.Les scènes d’invasion du début, avec leur soldatesque coiffée de «pots de chambre verts», sont d’un comique irrésistible.«Ce mécanisme trop lourd et trop sophistiqué, ces Le livre de Khazanov est une petite sirène qui, narrativement parlant, navigue d’emblée, et semble-t-il volontairement, en eaux troubles généraux qui percevaient des salaires trop élevés, cette science militaire qui guidait chacun de leurs pas constituaient un ensemble trop sérieux, trop important et trop noble pour qu’on pût sans manières ni secrets, sans pompe macabre ni plan minutieux, étayé par une documentation surabondante, tordre le cou à un pays désarmé et impuissant.» On croirait lire une description de l’esprit germanique et de son militarisme en action, rédigée par une équipe de scripteurs composée de Nietzsche et de Charlie Chaplin.Si ce royaume du Nord n’est pas nommément identifié, impossible, par contre, de se méprendre sur l’identité de son agresseur: le Reich et son Eührer, dans la Grande Allemagne, y sont épinglés en toutes lettres.Quant à la charge de cavalerie qui, «sabres au clair et heaumes rutilants», donne tête baissée contre les premiers blindés allemands, elle évoque fatalement celle des lanciers polonais contre les Panzers à Krojanty.Ni chair ni poisson, quelque part entre la fantaisie du conte et un ancrage historique en apparence solide, le livre de Khazanov est une petite sirène qui, narrativement parlant, navigue d’emblée, et semble-t-il volontairement, en eaux troubles.Nous avons ainsi un pays qui n’est pas le Danemark, mais dont le monarque, comme celui de ce dernier (et au contraire de ceux des royaumes voisins de Norvège et des Pays-Bas), est demeuré sur son trône et son canasson pour affronter la tempête nazie, plutôt que d’aller participer à des émissions de radio à Londres.L’argument de la fable, à moins que je me trompe, est le suivant: le roi Cédric X, tandis que la classe politique impuissante et frappée de terreur de son royaume se met aux ordres de Berlin, va incarner tant bien que mal, au pe- tit trot de ses apparitions montées quotidiennes, l’esprit de la résistance à l’envahisseur, jusqu’à finir par épingler à son revers l’infamante étoile jaune dont l’occupant impose désormais le port à ses sujets d’origine juive, exemple qui sera bientôt repris par tout le royaume, en un triomphal défi à l’occupant et sa peste brune.L’étoile jaune Même si on voulait, ici, continuer de se cantonner dans le registre de la fable, l’utilisation de cette anecdote célèbre, ou du moins qui nous dit quelque chose, nous pousserait, comme on se connaît, à retourner feuilleter nos livres d’histoire — il serait d’ailleurs un peu dommage que la fable ait pour effet de brouiller plutôt que de mieux éclairer cette dernière.Et re-voici le Danemark: la légende qui raconte que son roi a lui-même porté l’étoile jaune par solidarité avec ses sujets juifs a vraisemblablement été lancée par Leon Ulris (ah, ces romanciers!) dans son Exodus (1958).Elle ne possède aucun fondement historique pour une raison facile à vérifier: le port de l’étoile jaune n’a jamais été imposé au Danemark.Le ()édric X de la fable de Khazanov, payant pour son beau geste, mourra fusillé.Christian X aurait sans doute aimé finir en pareille beauté tragique, lui dont les seuls gestes de résistance concrète retenus par la vraie histoire furent de répondre impoliment à une lettre de bon anniversaire du Eührer et de rester de marbre lorsque les soldats de la Wehrmacht placés sur son parcours équestre osaient le saluer.Une chute de cheval survenue en 1942 le laissa impotent.chouette.lou@gmail.corn L’HEURE DU ROI Boris Khazanov Traduit du russe par Elena Balzamo Editions Vivianne Hamy Paris, 2010,127 pages L’HOMME BLANC DE LEBLANC.DANS LA BLANCHE JACQUES GRENIER LE DEVOIR UHOMME BLANC, premier roman de Perrine Leblanc, sortira à l’automne prochain dans la collection «Blanche» des éditions Gallimard en France.D’abord publié au Québec aux éditions Le Quartanier en septembre 2010, L’Homme blanc a remporté cette même année le Grand Prix du livre de Montréal.Réjean Ducharme fut, avec L’Avalée des avalés en 1967, le premier Québécois publié dans la mythique collection «Blanche» de Gallimard.Perrine Leblanc rejoint ainsi la petite poignée d’auteurs d’ici, dont Marie-Claire Blais, Naïm Kattan et Larry Tremblay, à avoir son nom en rouge sur une couverture crème.LITTERATURE QUEBECOISE De mâle en pis jUbre!, un roman sympathique, débridé, aérien L’histoire est rocambolesque.Mieux: elle est impossible.Rodolphe Lasnes, Français né en 1971 et établi à Montréal depuis quelques années, livre un second titre après Extraits du carnet d'observation de la femme (Leméac, 2008), un habile, très voyeur et méthodique premier roman — qui explorait déjà à sa façon l’envahissement et la dépossession tranquille.CHRISTIAN DESMEULES Dans une ville «immense» jamais nommée, divisée en son centre par une li^e de «partage du temps», une ville où beaucoup de choses semblent manquer (mais jamais le café ni le rhum), les autorités livrent une chasse sans merci aux fumeurs, réduits à faire le trafic de cigarettes à l’unité et à déployer des montagnes d’imagination pour faire disparaître les résidus de leur vice.Lorsqu’Alek Salazar, fumeur pénitent, ne photographie pas le ciel {«persuadé que les nuages transportaient les morts de la journée») ou ne pratique pas l’art éphémère du portrait sur le toit de son immeuble à partir de feuilles mortes, il travaille trois nuits par semaine dans une église où il doit «restaurer, réparer, recycler ou remplacer les objets dont les fidèles essayaient de s’emparer pendant les messes».Rapidement, dans le quartier, on lui fait comprendre qu’il est le sosie d’un célèbre lutteur masqué, el Vampiro del Norte (le Vampire du Nord), disparu depuis plusieurs années après un ultime combat désastreux et humiliant Ses dénégations n’y peuvent rien et les avantages en nature sont conséquents: verres de rhum gratuits, amitiés instantanées, aura de demi-dieu.Mais si le protagoniste de / libre! n’est pas exactement lutteur (et encore moins masqué), il lui faut tout de même livrer un combat bien réel: son appartement se CONCOURS DU LOISIR LITTÉRAIRE 21® édition AU BOUT DE LA RUE.PROSE OU POÉSIE - 200 À 500 MOTS ÉCHÉANCE 1er mai Jury présidé présidé par Claudine Bertrand www.litteraire.ca info@litteraire.ca 514 252-3033 1 866 533-3755 U Culture, Commumcations et Condition féminine Québec Î5Î3 Radisson, ce héros Martin fourn.tr « jMarUtt Foumicr a LES AVENTURES ^ moUpowk dire, DE RADISSON son Radisson est humain 1 • L’enfer ne brûle pas püfmi IcS humümSj intelligent, rebondissant, immensément capable au I fil de ce récit envoûtant et palpitant.» Serge Bouchard (extrait de la préface) AUSSI DISPONIBLE EN FORMAT PDF |^|| 1 FEUILLETAGE EN LIGNE: 3078 KARINE LEGERON Rodolphe Lasnes retrouve inexplicablement colonisé, un matin, par une curieuse espèce de champignons jaunes qui vont le pousser à l’exil.C’est ici qu’atterrit un duo de personnages ambigus, Absalon «Bob» Mendoza et sa demi-sœur Azéma — aussi mystérieuse que voluptueuse —, qui voient en lui, façon dalaidama, la réincarnation de leur père spirituel, gourou d’une secte imprécise et ancien lutteur professionnel.Vous l’aurez deviné: nul autre que le Vampiro del Norte.libéré de sa mycose mais dorénavant aux mains de ces imprécateurs louches qui emploient toutes les armes de la séduction, Alek aura fort à faire pour conserver toute sa videur.Les géographies imaginaires aux accents du sud de l’Amérique semblent avoir la cote: Le Postier Passila d’Alain Beaulieu, paru chez le même éditeur il y a quelques mois, jouait du même registre flou, à mi-chemin entre Juan Rulfo et Kafka, i libre!, un mot espagnol qui renvoie au pis d’une vache et sert aussi d’interjection autant que de cri de ralliement à quelques personnages du roman, compose un univers très masculin (lutteurs, camarades de café, sbires interchangeables) dans lequel les femmes ou se fondent au décor, ou représentent une menace directe.Bien maîtrisé, le roman se dégonfle un peu vers la fin et ne livre pas vraiment toutes ses promesses.Drôle sans être jovialiste, intrigant, mais non troppo, Lasnes, qui cite d’emblée un célèbre barde cubain, revendique sans ambiguïté la couleur de sa fiction: «Je préjère parler de choses impossibles, parce que du possible on en sait déjà trop.» Sympathique, débridé, aérien.Collaborateur du Devoir ;UBRE! Rodolphe Lasnes Leméac Montréal, 2011,168 pages SEPTENTRION.QC.CA LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC _.L iiv L KIIAHGE Pour dépoussiérer vos idées sur le féminisme trois récentes parutions aux Éditions du remue-ménage www.editions-rm.ca Retour sur un attentat antiféministe École Polytechnique 6 décembre 1989 Remous, ressacs et dérivations autour de la troisième vague féministe LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MARS 2011 F 5 LIVRES HUMOUR René Goscinny en bateau SYLVAIN CORMIER C> était son bonheur.Son luxe.L’usufruit.Bien sûr, au palmarès de l’affection, il y avait au sommet les femmes de sa vie, la belle Gilberte et sa petite Anne.11 y avait les chouettes copains, à commencer par son cher Bébert, ruderzo de vous-savez-quelle-bédé.11 y avait ses personnages chéris, et l’hebdo Pilote (mâtin, quel journal!), son bébé.Mais quand René Goscinny, bourreau de travail de nature, voulait ses vacances vraiment vacantes, il savait où trouver son plaisir: bonjour le Francel 11 partait en croisière.Les paquebots, il était pour ainsi dire né dessus.«J’avais deux ans à peine la première fois que mes parents m’ont embarqué avec eux pour une longue traversée», écrit-il dans la préface de Tous les visiteurs à terre!.«Je n’étais pas encore tout à fait un passager, mais plutôt un colis, qu’il fallait éviter d’oublier avec les autres valises et paquets.» Ce merveilleux livre d’humour, évoquant avec toute l’acuité goscinnienne la vie à bord de ces villes flottantes le temps d’une traversée type, est bien souvent omis dans les biographies du génial géniteur d’Oumpah-Pah, de Falbalas et d’autres Haroun El Poussah.Paru en toute discrétion chez Denoël en 1969, réédité sans fard chez Actes Sud en 1997, le récit bénéficie maintenant d’une édition franchement épatante, richement illustrée par les photos de famille et divers artefacts — passeports, billets, brochures.© ARCHIVES ANNE GOSCINNY / IMAV EDITIONS Document illustrant Tous les visiteurs à terre!, de Goscinny menus — ramenés par les Goscinny.Gracieuseté d’Anne Goscinny, patronne d’IMAV éditions, à qui l’on doit aussi les volumes d’histoires inédites du Petit Nicolas.«C’est à la mer que je dois d’être sur terre!», s’exclame la digne fille de son père dans sa présentation, soulignant que René et Gilberte se sont rencontrés «en août 1964 à bord du paquebot Antilles».La pointe d’exagération Je n’ai longtemps connu de ce livre que les chapitres choisis d’une anthologie parue chez Seghers en 1976.Le découvrir au complet en 1997 fut une fête, le redécouvrir aujourd’hui en compagnie des Goscinny me ravit: moi qui ai le mal de mer sur le traversier Godbout-Mata-ne, je raffole de Tous les visiteurs à terre! — l’ordre qui signale le départ, soit dit en passant — dans tous ses détails et fines observations.Sur la bouffe.' «La nourriture, à bord d’un navire, joue un rôle capital.Les mauvais chejs du Potemkine et du Bounty ont été la cause d’ennuis restés célèbres dans l’Histoire.» Sur le mal de mer: «Les malades sont divisés en deux groupes: ceux qui n’ont plus la force de se déplacer et qui veulent mourir dans l’intimité de leur cabine puante, et ceux qui ont assez de volonté pour désirer rendre leur dernier hoquet face au vent, allongés dans les transats, sur le pont.» Goscinny, évidemment, excelle dans la typologie: tout au long de la traversée, nous retrouverons le petit monstre, le boute-en-train, la jolie fille dont s’entiche le petit lieutenant, le «vieux gâteux» invariablement René Goscinny, sa fille Anne et sa femme Gilberte © ARCHIVES ANNE GOSCINNY / IMAV EDITIONS assis à votre table, le «couple-qui-a-déjà-voyagé-sur-la-ligne-et-qui-connaît-le-commissaire», le mousse breton qui n’a pas le pied marin et qui «maudit la tradition maritime des Le Grohi-dec», etc.Typologie des bateaux, aussi, selon la clientèle: les guincheurs, les buveurs, les joueurs et les coucheurs.«Un bateau recèle de nombreuses cachettes propices à la bagatelle et aux entretiens intimes en tous genres.Mais dans un bateau coucheur, même les bouches d’aération et les canots de sauvetage sont pris d’assaut.» Chez Goscinny, c’est la pointe d’exagération qui fait le délice: ça dégénère toujours.Ce livre est celui d’un grand sourire: de son transat, Goscinny observe et se marre en douce.Tous les visiteurs à terre! est son ouvrage le plus facultatif, et par là le plus naturellement jouissif.Rarement aura-t-on été plus près de l’homme dans sa vie privée de nouveau riche s’assumant nouveau riche, impression renforcée par les photos de la nou- velle édition.Statut privilégié qui n’empêche pas la rigolade: le paquebot, microcosme de société, aura été pour Goscinny l’idéal terrain de jeu.Shuf-fleboard, quelqu’un?Le Devoir TOUS LES VISITEURS À TERRE ! Récit illustré René Goscinny MAV éditions Paris, 2010,195 pages Le Prix des lecteurs Radio-Canada 2011 La Mémoire de l’aile d’Andrée Christensen A partir de samedi 19 mars, le Prix des lecteurs Radio-Canada 2011 invite huit lecteurs, jurés d’occasion, à jauger la meilleure oeuvre francophone écrite hors Québec.Sous la présidence d’honneur d’Antoni-ne Maillet, le jury décidera au fil des semaines lequel, des quatre romans et du recueil de nouvelles en lice, sera déclaré lauréat de cette onzième édition du prix, le 22 avril prochain.Les finalistes sont Louis L’Allier pour Les Danseurs de Kami-lari (Vermillon), Andrée Chris- E N BREF Trois poètes québécois à Lyon Les poètes québécois Joséphine Bacon, Carole David et lan Perrier sont du Printemps des poètes de Lyon 2011.Les écrivains ont participé cette semaine à deux spectacles musicaux, à des rencontres, à des séances de signature et à ime table ronde sur la poésie orale, scénique et le spoken word dans la poésie québécoise.Cette tournée des trois poètes est organisée par la Maison de la poésie de Montréal, en collaboration avec l’Espace Pandora de Vé-nissieux.- Le Devoir Quatre poètes pour quatre saisons La soirée Poésie et jazz de la Grande Bibliothèque accueille le 22 mars à 19h30 les poètes Corinne Chevarier, Jennifer Boire, Yves Fréfontaine et Rodney Saint-Eloi.Le Trio Daniel Lessard livre entre les lectures ses compositions créées poru l’occasion.-Le DewoîV Londres au Japon En 1922, Albert Londres, peut-être le jorunaliste le plus brillant de son époque, se rend au Japon.11 y voit la naissance d’une puissance et s’évertue à faire comprendre une culture que lui-même découvre.Au Japon d’Albert Londres est publié en format de poche aux éditions Arléa.-Le Devoir tensen pour La Mémoire de l’aile (David), André Lamontagne pour Les Fossoyeurs (David), Gracia Couturier pour Chacal, mon frère (David) et le recueil de nouvelles Lointaines nouvelles de Lise Gaboury-Diallo (éditions du Blé).Chaque semaine.Le Devoir présente dans son cahier Livres une des oeuvres en lice.Avec La Mémoire de l’aile, Andrée Christensen signe un deuxième roman très ambitieux.Vrai qu’elle a déjà signé une douzaine de recueils de poésie et que son premier roman, Depuis toujours j’entendais la mer (David), sprti en 2007, lui a valu le prix Emile-Ollivier du Conseil supérieur de la langue française.Tout, de La Mémoire de l’aile, a commencé par la photographie de l’Américain Joël-Peter Witkin.Cette Woman once a Bird exhibe, dos nu, de larges cicatrices aux omoplates.Ses restes d’ailes ont inspiré Christensen, qui touche aussi à la photographie et au collage, et ont fait naître le personnage à trois visages d’An- géline, aussi un peu Lilith et un peu Mélusine.L’auteure mêle symboles, magie, fantasy littéraire, roman familial et initiatique aux citations de Eederico Garcia Lorca pour plonger dans l’âme, alambiquée, de ses personnages.Des hommes et des femmes aux pouvoirs étonnants, qui tirent plus que leur part du poids de mémoire.Se croisent au fil des pages, revues ou entrevues, les figures de Cassandre, du Minotaure, d’Ariane, entre les mentions de Van Gogh et de Picasso.Et bien d’autres.Corneilles et corbeaux, supposés oiseaux de malheur, sont du décor, aussi importants que la nature et la forêt qui englobent les personnages.Christensen tire dans ce labyrinthe le fil qui conduit le lecteur.Le Devoir LA MÉMOIRE DE L’AILE Andrée Christensen Édifions David Ottawa, 2010,371 pages V , V- - .i LaTnemoire de l’aile Présentement en librairie Orages d automne Huons r/)RRIVTAl De VIEILLES DAMES ET AUTRES HISTOIRES Henri Lamoureux Orages d’automne roman Hugues Corriveau De vieilles dames et autres histoires nouvelles Negâo et Doralice Sergio Kokis Negâo et Doralice DISTRIBUTION : DIMEDIA INC.Courriel : general@dlmedia.qc.ca Site Internet:www.dimedia.qc.ca Sergio Kokis Errances L evesque éditeur puacA PERMANENCE ET MUTATIONS DE L’UNIVERSITÉ Noam Chomsky Collection Enseignement supérieur Textes présentés par Normand Baillargeon À travers huit textes traduits suivis d'un entretien inédit dans lequel il revient sur certaines de ses idées pour les actualiser ou les préciser.Chomsky donne un exemple profondément inspirant à quiconque a à cœur la survie de cet idéal de l'université qu'il n'a cessé de défendre.Colltction Enttigntmtnt tup«ri*ur NOAM CHOMSKY ET MUTATIONS DE L'UN VERS TE Textes présentés par Normand Baillargeon et suivis d'un entretien inédit «f de l'Université du Quebec 172 pages "I Presses de rUniversité du Québec F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MARS 2011 ESSAIS ESSAIS QUEBECOIS Immigration : dégonfler les mythes « L Louis CORNELLIER E livre de la rentrée 2011», écrit Jean-François Lisée sur son blogue.«Une des contributions au débat public les plus sérieuses, salutaires et décapantes depuis longtemps», renchérit Joseph Facal dans sa chronique du Journal de Montréal.II est vrai que Le Remède imaginaire.Pourquoi l’immigration ne sauvera pas le Québec, du philosophe Benoît Dubreuil et du démographe Guillaume Marois, est un essai-choc, solidement argumenté, qui ébranle une idée reçue à peu près unanimement partagée.Ainsi, selon cette idée, une hausse de l’immigration au Québec serait absolument nécessaire pour contrer les effets du vieillissement de la population, pour combler une pénurie de main-d’œuvre et «pour soulager le fardeau grandissant sur le^ finances publiques du Québec».A gauche comme à droite, dans les milieux journalistiques et politiques, syndicaux comme patronaux, cette vision des choses fait à peu près consensus.Or, répliquent Dubreuil et Marois, elle ne tient tout simplement pas la route.Les auteurs sont bien conscients que «l’immigration n’est pas un thème comme les autres» et que quiconque remet en question sa nécessité s’expose à être traité en ennemi de la diversité, surtout si, comme eux, il appartient à la mouvance nationaliste.Aussi, ils tiennent à circonscrire clairement leur propos.«Nous souhaitons éviter à tout prix, écrivent-ils, que l’on nous comprenne mal: il existe des raisons nombreuses et légitimes d’accroître ou de réduire l’immigration qui n’ont rien à voir avec l’économie ou la démographie.» Or, puisque l’argumentaire actuel en faveur d’une hausse de l’immigration repose essentiellement sur ces deux dernières, il importe, selon les auteurs, de faire une analyse objective du phénomène à partir de ces angles.Depuis 1971, le Québec, au prorata de sa population, accueille moins d’immigrants (30 000, en moyenne) que le Canada ou l’Australie, mais plus que les Etats-Unis ou la France.Cela, bien sûr, a contribué à l’augmentation de sa population totale (900 000), mais n’a pas modifié significative- {- ment sa structure par âge.L’immigration, par exemple, n’a presque pas abaissé l’âge moyen de la population (40 ans au Heu de 41) puisque «le nombre d’immigrants reçus et l’écart entre l’âge moyen des Québécois et celui des immigrants ne sont pas suffisamment grands pour que cette influence soit significative».Seule une hausse de la fécondité pourrait renverser la tendance au vieillissement de la population.L’immigration, pour autant, n’est pas sans conséquence.Elle change la composition de la population: augmentation de la proportion d’immigrants, essor des langues non officielles, augmentation du poids démographique de Montréal par rapport aux régions et, on l’a dit, augmentation de la population totale.On peut penser ce qu’on veut de ces effets, mais on ne peut les nier.Au sujet du dernier, Dubreuil et Marois précisent deux choses: «le niveau de vie des habitants d’un pays n’est pas lié à la taille de sa population» et le maintien du poids politique du Québec au sein du Canada est certes un enjeu important, mais il ne faut pas oublier «que l’immigration, en accroissant le poids relatif du Québec au sein du Canada, vient du même coup réduire le poids relatif du français au Québec».Ce n’est pas en taisant ces enjeux, au nom de la rectitude politique, qu’on respectera la complexité du débat.L’intégration économique Après avoir dégonflé le mythe selon lequel il y aurait des centaines de milliers de postes à pourvoir au Québec, Dubreuil et Marois se penchent sur l’impact économique de l’immigration au Québec.Leur thèse est claire: si l’intégration économique des immigrants est bonne, l’impact peut être positif.Qr, depuis la fin des années 1970, cette intégration est en panne.Au Québec, le taux d’activité des immigrants est plus bas que celui des natifs et le taux de chômage, plus élevé.Au Canada, ces indicateurs sont plus favorables aux immigrants, mais les salaires obtenus par ces derniers ne sont pas meilleurs que ceux de leurs homologues québécois.En comparant la situation dans plusieurs pays, Dubreuil et Marois en viennent à 2 î JACQUES NADEAU LE DEVOIR Au Québec, le taux d’activité des immigrants est plus bas que celui des natifs et le taux de chômage, plus élevé.la conclusion que, «dans un système où la protection sociale est faible, les gens dont l’intégration au marché du travail est plus problématique sont tout de même obligés de travailler».Le Québec, à cet égard, est dans la même situation que les pays Scandinaves, avec pour résultat que les immigrants y reçoivent davantage de transferts fiscaux qu’ils ne paient d’impôts.Ces difficultés d’intégration sont souvent mises sur le compte d’un corporatif abusif d’un dédain pour les diplômes étrangers, d’une francisation défaillante et d’une discrimination à l’embauche.Dubreuil et Marois démontrent que ces explications sont simplistes et qu’il «n’existe aucune raison de penser que le capital humain acquis dans un tel contexte culturel et institutionnel doive être transférable à un autre».Dans des pages détaillées et très informées, les auteurs démontrent aussi que la grille de sélection du Québec en matière d’immigration est une vraie passoire {«55 % des candidats sélectionnés atteignent à peine le seuil d’acceptation») pleine de critères arbitraires, que la catégorie des immigrants investisseurs est une invitation à l’arnaque (ce que vous apprendrez dans ce livre à ce sujet est renversant) et que le programme de recrutement des aides familiales résidantes (des domestiques) est «une source de travail à bon marché pour les familles fortunées du Québec» qui contribue à «angliciser Mon tréal».Dubreuil et Marois insistent: ils ne sont pas contre l’immigration.Ils constatent toutefois.sur la base des faits, que l’immigration est un remède imaginaire au vieillissement de la population, à la pénurie de main-d’œuvre et au renflouement des finances publiques.«Économiquement et démographiquement, concluent-ils, le Québec n’a pas besoin d’immigration.» Cela ne signifie pas qu’il a besoin de ne pas en avoir.Qn peut, par exemple, être favorable à l’immigration pour des raisons morales, sociales et culturelles.Cela veut simplement dire que les mythes débouchent rarement sur de bonnes politiques.louisco@sympatico.ca LE REMÈDE IMAGINAIRE Pourquoi l’immigration NE SAUVERA PAS LE QuÉBEC Benoît Dubreuil et Guillaume Marois Boréal Montréal, 2011,320 pages BENOÎT DUBREUIL GUILLAUME MAROIS LE REMÈDE IMAGINAIRE Pourquoi rimmlgration ne sauvera pas le Québec BIOGRAPHIE Robertine Barry, pionnière du journalisme féminin Le deuxième tome de la biographie consacrée par Sergine Desjardins à cette féministe québécoise MICHEL LAPIERRE En 1907, se crée à Montréal le premier organisme féministe canadien-français: la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste.Les dames pa-tronnesses qui l’animent, à l’ombre de l’archevêché, n’osent,douter que Dieu ait modelé Ève à partir d’une côte d’Adam.Mais, au congrès de fondation, une conférencière cite Mark Twain au lieu de la Bible: «Ce que l’on a trouvé de mieux pour façonner l’homme, c’est la femme.» La conférencière insolente s’appelle Robertine Barry (1863-1910), connue sous le pseudonyme de Françoise.Sa biographe, Sergine Desjardins, qui raconte l’anecdote, complète, par un second tome, l’ouvrage le plus riche consacré à cette pionnière du journalisme féminin au Québec, notamment éditrice, entre 1902 et 1909, du bimensuel Le Journal de Françoise.Comme le précédent, le volume est si documenté, si vivant que l’on pardonne à l’historienne, influencée par l’art romanesque, de s’inspirer parfois de probabilités au lieu de s’appuyer sur des faits avérés.D’ailleurs, elle prend alors les précautions nécessaires en exprimant un doute.Un féminisme catholique de droite L’impertinence que se permet Robertine Barry au congrès de 1907 indispose fort M«" Paul Bruchési.Cet archevêque de Montréal est présent pour rappeler que les «féministes chrétiennes», comme se désignent elles-mêmes Marie Gérin-Lajoie (née Lacoste) et les autres dirigeantes de la nouvelle fédération, doivent éviter de parler d’une horreur de la libre pensée: «l’émancipation de la femme»\ Nos militantes s’inspirent de Marie Maugeret, qui avait fondé en France la Société des féministes chrétiennes (1896), même si elles ne tiennent apparemment pas compte du fait que cette catholique de droite avait créé deux ans après une ligue féminine nationaliste, antidreyfusarde, antisémite.Robertine Barry fait partie de SERGINE DESJARDINS * * On l’appelait & (JjaUŸ iit Monsieur ^ iP ¦& M' leur fédération et se préoccupe, elle aussi, de sujets comme l’éducation des enfants et la tempérance, mais soutient davantage les idées audacieuses.Le droit de vote féminin, elle l’affirme plus fermement que Marie Gérin-Lajoie, qui, par docilité envers l’épiscopat, ira jusqu’à démissionner en 1922 de la présidence de la section francophone du comité formé pour revendiquer ce droit aux élections provinciales.Néanmoins, à la différence de la libre-penseuse Eva Circé-Côté, elle défend un féminisme simplement circonstanciel, éloigné du principe philosophique d’une égalité foncière des êtres humains.Robertine Barry voyait, hélas, dans le cimetière une «immense république, la seule encore où se sont réalisées les creuses utopies d’égalité et de fraternité»] Fidèle à la foi de son enfance malgré un vif désaccord avec un clergé hostile à la cause des femmes, elle écrivit en 1906: «La religion canadienne est absolument dépourvue de la base qui fait le vrai catholicisme si divinement humain.» Mais même Rome n’aurait pas daigné satisfaire son idéalisme naïf et déchirant.Collaborateur du Devoir ROBERTINE BARRY Tome 2 Çer^e Desjardins Editions Trois-Pistoles Notre-Dame-des-Neiges, 2011, 496 pages Olivieri librairie »^bistro Dorénavant les Lundis soirs ! Lectures du Noroît Lundi 21 marsàISh Louise Cotnoir Les sœurs de Martin Labrosse L'obscur obstinément Mahigan Lepage Relief Carmen Yânez Paysage de lune froide, lu par Mylène Durand Animation : Patrick Lafontaine Editions du Noroît À la librairie Olivieri 5219 Côte-des-Neiges RSVP : 514-739-3639 Bistro: 514-739-3303 POUR ÉCLAIRER LES PARENTS ET PRÉMUNIR LES ENFANTSr PATRICE CO PRIVE AU et FRANCIS FORTIN i CYBERPÉDOPHILES ET AUTRES AGRESSEURS VIRTUELS ylb éditeur ylb éditeur ^ f www.edvlb.com .^1.PUQ.CA GUY COULOMBE Le goût du pouvoir public Jacqueline Cardinal et Laurent Lapierre Guy Coulombe a été de tous les chantiers structurants devant mener à l'érection d'un Québec moderne, ayant occupé des fonctions clés au sein du Conseil du Trésor, de la Société générale de financement, d'Hydro-Québec et de la Sûreté du Québec notamment.Son parcours recèle de précieuses leçons de gestion et de leadership.GUY COULOMBE Le goût du pouvoir public JACQUELINE CARDINAL ET LAURENT LAPIERRE 108 pages "I Presses de l'Université du Québec
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.