Le devoir, 16 juillet 2011, Cahier E
LE DEVOIR LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 JUILLET 2011 ¦ jil DOCUMENTAIRE Andrew Rossi filme, de l’intérieur, \e New York Times 5 || Page E 5 ^nd where il :ould happen again ROMAN ^.-43 L’homm qui Imissait les femmes: .Where it aj) ÿarte< retour fictif sur Polytechuique JI' Q/' a Page E 7 Cultur ivres FANTASIA / FESTIVAL INTERNATIONAL DE FILMS «Pour attirer de gros noms, il feut que les médias d ici et d ailleurs parlent de Les fantaisies de Fantasia ( J V.1 fh' SOURCE POLYGRAM FILMED ENTERTAINMENT ET UNIVERSAL STUDIOS Scènes du film Au Atucncan Werewolf in London de John Landis Les fantaisies de Fantasia?Réunir le cinéaste Guillermo Del Toro, la charnelle Danielle Ouimet, les folies sur 24 images/seconde de Jean Leloup et reprendre le bon vieux Fantôme de l’Opéra.Pour sa 15® édition, le plus gros festival de films de genre en Amérique du Nord réalise certains fantasmes.FRANÇOIS LEVESQUE Fantasia a débuté jeudi avec la projection du drame d’horreur Red State de Kevin Smith, une première canadienne dont les billets se sont envolés en quelques minutes.Attablé à un café rue Sainte-Catherine, le président de la manifestation consacrée au cinéma de genre, Pierre Cor-beil, a bien raison de sourire.Certes, il en est pour croire que Fantasia n’en a que pour Godzilla.Erreur.Fantasia, c’est aussi un théâtre Maisonneuve plein à craquer de cinéphiles en communion devant un montage inédit de Metropolis.C’est encore 105 000 spectateurs passionnés autant par la rigueur d’un 13 assassins — que le Japonais Takashi Mii-ke a présenté ce printemps à Cannes — que par l’expérimentation tous azimuts d’un Karaoké Dreams, l’œuvre en progrès de Jean lœloup-Iœclerc.«Les deux premières éditions étaient très axées sur le cinéma de Hong Kong, se souvient Pierre Corbeil.On savait cependant dès le départ qu’on voulait s’ouvrir au cinéma mondial.» Se côtoient ainsi dans la programmation courante Robot, le Bolljwood le plus dispendieux de l’histoire du «On savait cependant dès le départ qu’on voulait s’ouvrir au cinéma mondial» cinéma indien, avec la ravissante Aishwarya Rai.Et Retreat, un huis clos insulaire angoissant du Britannique Cari Tibbetts dans lequel Jamie Bell, le petit Billy Elliot d’hier, se révèle aujourd’hui beaucoup plus inquiétant.La première nord-américaine il y a deux ans à’Inglourious Bas-terds, de Quentin Tarantino, conféra à la rencontre un lustre certain dans l’œil de qui persistait à voir en Fantasia un repaire de chantres mésadaptés du psychotronisme.D’aucuns estimaient toutefois quasi impossible de surpasser ce coup d’éclat.Eh bien, c’est chose faite: pour cette f 5® édition.Fantasia accueille nul autre que Guillermo Del Toro, auteiu mexicain dont l’œuvre fantastique, de L’Echine du diable jusqu’au Labyrinthe de Pan, a conquis des hordes de spectateurs réfractaires aux bibittes et aux frissons.Histoire de sous De telles visites résultent d’un travail de longue haleine de la part de l’équipe.«Pour attirer de gros noms, il faut que les médias d’ici et d’ailleurs parlent de nous.Et pour que les médias internationaux parlent de nous, il nous faut de gros noms.» Inviter la presse étrangère constitue l’option logique, mais cela nécessite des fonds dont Fanta- sia, en dépit de sa popularité, ne dispose pas.«Nous ne sommes subventionnés que depuis 2005», rappelle Pierre Corbeil.Siu un budget de fonctionnement total de f ,2 million de dollars, 350 000 $ viennent des gouvernements provincial et fédéral.La Ville de Montréal ne finance Fantasia qu’à hauteur de 15 000 $.«Je n’en ai contre personne, précise Pierre Corbeil, faisant référence au Festival des films du monde et au Festival du nouveau cinéma.Je ne crois pas qu’il faille retirer à l’un pour donner davantage à l’autre.C’est le modèle qu’il faudrait repenser.Des festivals de films à travers le monde, il y en a des milliers, mais seuls quelques-uns sont des rendez-vous incontournables.Dans le créneau du film de genre, Eantasia pourrait devenir l’un d’eux avec le coup de pouce financier approprié.» On se désole de ce que Montréal ait perdu la bataille festiva- lière au profit de Toronto.Et si Fantasia représentait une seconde chance inattendue?Anniversaires et hommages En attendant que les décideurs se penchent sur la question, cette 15® édition comporte son lot d’œuvres intrigantes, nouvelles et anciennes.L’un des invités de marque cette année est John Landis, réalisateur américain à qui l’on doit le vi-déoclip Thriller, de Michael Jackson, et qui connut un vif succès dans les années 1980 avec une pléthore de films devenus cultes: National Lampoon’s Animal House, The Blues Brothers, ainsi qu’Aw American Werewolf in London, drame d’horreur mâtiné d’humour noir dont les effets spéciaux novateurs, signés Rick Baker, menèrent à la création de l’Oscar VOIR PAGE E 2: FANTASIA .Et pour que les médias internationaux parlent de nous, il nous faut de gros noms.» Affiche de la première version du film Le Fantôme de l’Opéra Images du film La Cité entre les murs d’Alain Fournier E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 JUILLET 2011 CULTURE Festival Juste pour rire Arthur : le producteur qui rêve de devenir humoriste FABIEN DEGLISE Il a tout effacé pour recommencer, la faute à la technologie.Quand, en 2009, l’humoriste français Arthur, de passage à Montréal pour deux semaines à l’occasion du festival Juste pour rire, est monté sur scène avec son deuxième spectacle solo, initialement intitulé Ix iShow, la douche a été froide.Portant sur notre rapport à la technologie (en gros), la créature scénique s’est effondrée après une semaine à peine.Le constat a été dur pour Arthur: «Le iPhone, le iPad: très peu de spectateurs en avaient un, surtout en province, et ils ne savaient donc pas de quoi je parlais», dit-il.11 poursuit «En France, ces appareils sont la propriété d’un million de personnes, sur 66 millions.» Pas assez pour faire vivre un spectacle d’humour voulant délier les cordons des bourses des masses laborieuses.Pas assez non plus pour Arthur, une grosse pointure du paysage médiatique français, producteur, animateur populaire qui, depuis près de quatre ans, revendique fort sa place dans la tribu des comiques, habitué à la gloire, au luxe, aux cotes d’écoute élevées, et qui, pour rester dans le confort de l’adulation format géant a re- mis deux auteurs au travail et quelques producteurs de punch Unes pour réécrire un spectacle.La vie, la vie Le résultat s’intitule désormais Arthur en tournée et va être présenté la semaine prochaine à la Place des Arts de Montréal.Une minuscule portion du truc parle techno, «quand j’évoque le jour où ma mère a envoyé son premier mail», a-t-il indiqué au Devoir à heures de grande écoute, dans les ménages français et qui, forcément connaît les recettes gagnantes.En France, du moins.En 2008, son premier passage à Montréal dans le cadre du même festival a été reçu avec tiédeur par les critiques et le public exposé alors à ses assemblages de blagues vides et éculées de niveau cours de récréation.Arthur, qui aime lustrer son image et tient sa personne en haute estime, dément Arthur, ce producteur recyclé en clown, a bâti sa carrière en amenant la téléréalité dans les ménages français l’occasion d’une rencontre dans le hall d’un hôtel branché de la ville.Quant au reste, «c’est un spectacle d’observation dans lequel je parle des relations entre hommes et femmes à travers les générations», ajoute Arthur, que l’état civil ne reconnaît que sous le nom de Jacques Essebag.«Dans mon premier spectacle, je racontais ma vie.Dans celuidà, je vais raconter la vôtre.» Le ton est donné, dans toute sa prévisibilité, avec le couple au cœur des préoccupations de ce producteur recyclé en clown, qui a bâti sa carrière et sa fortune en amenant la télé-réalité, aux cette affirmation: «Le public était mort de rire.J’ai joué six soirs et j’ai reçu six standing ovation.Ce sont les spectacles tièdes qui marchent le mieux.» Puis, il reconnaît: «Les critiques ont été mitigées peut-être à juste titre: quand je suis venu la dernière fois, f avais 100 représentations de mon spectacle dans les jambes.Avec celuidà, j’en ai 400.Et je crois aussi avoir trouvé mon propre univers.» Le coup manqué du premier contacL Arthur n’aime finalement pas trop qu’on en parle, préférant détourner les regards sur ses liens avec Hollywood — v IL UNE PRÉSENTATION DE LA SAO LE VINlf CHEZ LES GAULOIS# ^.='4:“ À POINTE-À-CALLIÈRE POINTE-À-CAluiËË I Al R CANADA® (î) INTERCONTINENTAL |ü““„trtal www.paciiiusee.qc.ca departement i Montréal 0 © RMN / JEAN-GIL1£S DERIZZI (SAINT-GERMAIN-EN-LAYE, musée D'ARCHÉOLOGIE NATIONALE) / MUSÉE GALLO-ROMAIN, LYON-FOURVIÉRE / MUS^ DES OEAUX-ARTS DE LYON, PHOTO : FRANÇOIS PLANET E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 JUILLET 2011 LIVRES ESSAI Luc Ferry, un philosophe pour notre temps Entretiens sur la vie et l’œuvre d’un des plus solides penseurs actuel Vedette de la philosophie française et ancien ministre de l’Éducation nationale, Luc Ferry fait beaucoup parler de lui.Certains le considèrent comme un de ces pen-r ^ seurs média- I « tiques un 1 .Y peu superfi- V * ciels qui pul- .lulent en X France.Fer- ry, pourtant, estunvraide vrai philo-Louis sophe dont CORNELLIER 1 ’ œ U V r e , riche, profonde et de plus en plus accessible, constitue une formidable boussole pour penser notre temps.Adversaire du «conformisme révolutionnaire» qui pousse plusieurs penseurs actuels à cultiver un radicalisme de gauche spectaculaire mais déconnecté du réel, tels Badiou, Hessel, Sloterdijk, Zizek, Ferry se déb-nit comme un «républicain de droite libéral et social-démocrate».Au Québec, on le dirait plutôt de centre gauche.Dans L’Anticonformiste.Une autobiographie intellectuelle, Ferry répond aux questions substantielles d’Alexandra Lai-gnel-Lavastine, spécialiste de l’histoire des intellectuels.Il revient sur son enfance, sur son parcours et, surtout, sur les idées fortes de son œuvre.Cet essai est une magistrale introduction à l’univers d’un des plus solides penseurs de notre temps.Le prestigieux parcours de Ferry pourrait laisser croire qu’il est né avec une cuillère d’argent dans la bouche.Le philosophe s’en défend, rappelant ses origines modestes.Son père, pilote et concepteur de voitures de course, et sa mère avaient peu d’instruction et vivaient modestement.Ils vouaient toutefois un culte à la musique et à l’instruction.Deux des frères de Ferry deviendront, comme lui, professeurs de philosophie et l’autre sera marchand de violons.Malheureux à l’école, le jeune Luc fera une bonne partie de ses études à la maison.Il découvrira la philosophie à 15 ans, grâce à son frère aîné qui lui conseille de lire Kant.«Je comprenais les mots, je pouvais suivre les phrases, mais en vérité je ne voyais toujours pas vraiment de quoi il retournait, se souvient Ferry.C’était à la fois très décevant et très passionnant.» Anti antihumanisme En 1968, Ferry est à l’université, mais il ne participe pas à l’agitation.Fils d’un prisonnier de guerre gaulliste qui a connu les camps nazis, il est heurté par les slogans de type «CRS = SS» qui banalisent le nazisme.Son combat à venir contre les outrances philosophiques est déjà en germe.Il faut se souvenir qu’à cette époque la philosophie française est animée par un fort courant antihumaniste qui proclame la «mort de l’Homme».Inspiré par Marx, Nietzsche, Freud et Heidegger, ce courant, dont les tètes d’affiche françaises sont Derrida, De-leuze.Foucault et Bourdieu, entend déconstruire la métaphysique moderne qui fait du sujet le «maître et possesseur de la nature».La raison moderne.V CLÉMENT ALLARD LE DEVOIR Le philosophe et ancien ministre de l’Education nationale en France Luc Ferry plaide pour un «humanisme non métaphysique».disent ces penseurs, s’est «retournée contre elle-même», comme en témoignent le nazisme et la colonisation.Il importe donc d’en finir avec l’illusion du sujet conscient et autonome et de comprendre que nos idées et nos choix sont «les purs produits inconscients de réalités extérieures ou matérielles censées nous déterminer de part en part, qu’il s’agisse de notre classe sociale, de notre milieu d’origine ou de nos pulsions sexuelles».Dans son célèbre ouvrage La Pensée 68 (Gallimard, 1985), écrit en collaboration avec Alain Renaut, Ferry conteste cette thèse et plaide pour un «humanisme non métaphysique».Il ne nie pas les déterminismes relevés par les penseurs de la déconstruction, mais il soutient que l’homme reste capable de se distancier de ces déterminations et de distinguer le bien du mal, grâce à une forme de libre arbitre.Contrairement à l’animal qui est programmé par la natu- re, l’humain n’a pas d’essence, pas de «destinée tracée a priori», il est un être d’histoire qui s’invente.Ferry parle d’une «transcendance de l’humain par rapport à lui-méme».Il réhabilite l’humanisme des Lumières en le débarrassant de ses naïvetés.La révolution de l’amour Ce premier humanisme, celui de la raison et des droits de l’homme, ne suffit toutefois pas à rendre compte de la situation actuelle, caractérisée par ce que Ferry appelle un deuxième humanisme, celui «du cœur et de la transcendance de l’autre».Concevant la philosophie comme «une concurrente laïque de la religion», c’est-à-dire comme «une quête de la “vie bonne” qui ne passe ni par Dieu ni par la foi».Ferry affirme que toute philosophie authentique se structure selon trois axes: théorique (comprendre ce qui est), pratique (comment vivre avec autrui) et sotériolo-gique (y a-t-il un sens à tout cela?).Le philosophe, depuis une quinzaine d’années, s’intéresse surtout au troisième et cherche à définir une «spiritualité laïque» pour les mortels.Selon lui, «le temps présent est traversé par deux mouvements»: la mondialisation libérale — accélérée par l’arrivée d’Internet et issue à la fois de la logique capitaliste et de la logique bohème et contestataire opposée aux valeurs traditionnelles — et «l’émergence de nouvelles figures du sens», liées à la sphère privée.Le capitalisme a détruit les valeurs communautaires, et sa version mondialisée tourne à vide, dominée par une logique compétitive privée de si-gnihcation.Dans le même mou- vement, le capitalisme, en permettant l’émancipation des individus, est aussi à l’origine de la famille moderne, du mariage d’amour et de la sacralisation de l’humain qui s’ensuit.Cette «révolution de l’amour» ne se résume pas à un repli sur la sphère privée.Ferry la voit à l’œuvre dans la naissance de l’humanitaire et dans le souci pour les générations futures.«C’est parce que nous faisons, avec nos proches, l’apprentissage du fait que nous sommes prêts à sortir de nous-mêmes, à admettre la transcendance de l’autre, donc à trouver ou retrouver du sacré et du sens, que nous pouvons aussi nous mobiliser pour des causes touchant les générations futures», les étrangers et le bien commun.Ferry parle d’une «transcendance des valeurs» au sein même de l’immanence.«Quoique situées en moi [immanence], tout se passe comme si ces valeurs s’imposaient à ma subjectivité, comme si elles venaient d’ailleurs [transcendance]», explique-t-il.Malgré, donc, une mondialisation libérale qui malmène la quête de sens au profit de l’idéal de l’hyperconsommation, Luc Ferry ne désespère pas de la sagesse de ses frères humains mortels.Il nous invite brillamment à la lucidité, à la responsabilité et à l’amour.louisco@sympatico.ca LUC FERRY L’ANTICONFORMISTE Entretiens avec Alexandra Laignel-Lavastine Denôel Paris, 2011,400 pages Ernest Hemingway, la fête continue rfyf- STE/AEP Ernest Hemingway CLAIRE DEVARRIEUX La famille Hemingway propose une nouvelle édition de Paris est une fête, les souvenirs du grand homme, où il fait revivre sa jeunesse parisienne, dans les années 20, avec sa première femme, Hadley, quand ils étaient heureux.«Mais Paris était une très vieille ville et nous étions jeunes et rien n’y était simple, ni même la pauvreté, ni la richesse soudaine, ni le clair de lune, ni le bien, ni le mal, ni le souffle d’un être endormi à vos côtés dans le clair de lune.» Hemingway avait mis au point dix-neuf chapitres, mais il n’a pas terminé Paris est une fête: il s’est suicidé en 1961 et le livre a paru à titre posthume en 1964.Les chefs-d’œuvre inachevés font rêver, on peut s’acharner dessus sans hn.En l’occurrence, le dernier des hls Hemingway encore en vie, Patrick, et Sean, petit-fils d’Ernest, neveu de Patrick, proposent The Restored Edition, établie à partir des manuscrits originaux.«Ce qu’il faut c’est écrire une seule phrase vraie.Ecris la phrase la plus vraie que tu connaisses», s’enjoignait Hemingway à lui-même, dans sa mansarde, l’œil sur les toits.La vérité est que cette édition ne change rien, Paris sera toujours Paris, une fête.A Moveable Eeast, «une fête mobile», dit le titre, qui n’est pas de l’écrivain lui-même, mais vient d’une phrase qu’il a prononcée.La plupart des titres de chapitres, l’ordre, la hn et la préface signée Hemingway, tout cela a été bricolé, avec beaucoup de soin, par Mary Hemingway, la quatrième et dernière épouse.L’unique intérêt de cette édition revue et augmentée, ce sont les «vignettes inédites», que l’écrivain (ou l’exécutrice testamentaire) n’aura pas eu le temps, ou l’envie, d’intégrer à l’ensemble.Il y en a huit, plus des fragments en vrac où Hemingway écrit que «ce livre a pour ambition de distiller plutôt que d’amplifier», et où il travaille sur quelques paragraphes qu’il remet sans cesse sur le métier.Telle était sa manière.Ces textes inédits sont inégaux.Les pages les plus importantes, aux yeux des héritiers, sont celles que Mary avait retaillées pour en faire la chute de Paris est une fête.Le dernier chapitre tel qu’on le connaissait se terminait sur une note mélancolique, à cause de «la fille dont [il était] tombé amoureux», pendant qu’il est marié à Hadley.Cette fille s’appelait Pauline, Hemingway l’a épousée, Patrick et Sean Hemingway sont issus de ces deuxièmes noces.On peut comprendre qu’ils aient jugé primordial d’inclure dans la nouvelle version de Paris est une fête des phrases qui jettent un jour flatteur sur les premiers temps de la vie avec Pauline, leur mère ou grand-mère.Par exemple.Mary n’avait pas retenu une phrase où il est question de «l’incroyable sentiment d’un bonheur fou».La «vignette» inédite la plus réjouissante.L’éducation de Mr.Bumby, voit le fils aîné d’Hemîngway, tout petit encore, amélîorer son françaîs auprès de Touton, le mari de la femme de ménage.«Papa, me confiait-il, il y a quatre poules pas mal qui sont passées pendant que tu travaillais.— Qu’est-ce que tu sais des poules, toi?— Rien.Je les observe.Qn les observe.— Qu’est-ce qu’en dit Touton?— Qn ne les prend pas au sérieux.— Qu’est-ce qu’on doit prendre au sérieux, alors?— Vive la Erance et les pommes de terre frites.— Touton est un grand homme, dis-je.— Et un grand soldat, dit Bumby.U m’a appris énormément de choses.» Dans un entretien mené par George Plimpton pour la Paris Review, peu avant la mort d’Er- nest Hemingway, celui-ci dit, histoire de conclure: «A partir des choses qui sont arrivées et à partir des choses telles qu’elles existent et à partir de toutes les choses que vous connaissez et de toutes celles que vous ne pouvez connaître, vous fabriquez grâce à votre imagination quelque chose qui n’est pas une représentation mais une chose tout à fait nouvelle, plus vraie que tout ce qui est vrai et vivant, et vous la faites vivre, et si vous le faites bien, vous lui donnez l’immortalité.» Libération PARIS EST UNE FÊTE Ernest Emingway Traduit par Marc Saporta Gallimard Paris, 2011,299 pages T) ii^Gaspard-LE DEVOIR JTalmarès Dn 4 au 10 juillet 2011 Romans québécois 1 II Double disparition.Une enquête de Maud Graham Chrvstine Brouillet/Courte échelle 1/4 2 Les folles années • Tome 4 Euqénle et l'enfont retieuvé Jean-Pierre Charland/Hurtubise 2/4 3 Au bord de la rwlére * Tome 1 Baptiste Michel David/Hurtubise 4/11 4 Mémoires d’un quartier • Tome 8 Laura, la suite Louise TremblayTfEssiambre/GuySaiit-Jean 3/4 5 Dans mes veux à moi Josélito Michaud/Llbre Expression 6/18 6 Les héritiers d'EnkidIev • Tome 3 Les dieux allés Anne Roblllard/Wellan 7/14 7 AN.G.E • Tome 9 Cenotaphium Anne Roblllard/Wellan 5/9 8 Ru Kim Thüy/Libre Expression 10/2 9 Le secret du coffre bleu Lise Dion/Libre Expression 8/2 10 Lescapade sans retour de Sophie Parent Mylène Gilbert-Dumas/VLB 9/14 Romans étram^rs Il Létranqe voyaqe de monsieur Daldry Marc Lévy/Robert Laffont 1/9 2 La confession John Grisham/Robert Laffont 5/6 3 Lappel de l’anqe Guillaume Musso/XQ 2/13 4 Les neuf draqons.Une enquête de Harry Bosch Michael Connellv/Seuil 6/6 5 Quand reviendras-tu ?Mary Hlqqins Clark/Albin Michel 4/7 6 Létésauvaqe Elin Hilderbrand/Lattès 3/3 7 Larmée furieuse Fred Vargas/Viviane Hamy 7/4 8 Le cimetière de Piaque Umberto Eco/Grasset 8/11 9 Lenfont de personne Charlotte Link/Presses de la Cité -n 10 Le don d'Anna Cecilia Samartin/Archipel 10/2 Essais québécois 1 il Mafia inc.Grandeur et misère du clan sicilien au Québec André Cédilot | André Noêl/Homme 1/37 2 Poinq à la lione Nonnand Lester/Intouchables 3/15 3 101 lettres è un premier ministre.Mais que lit Stephen Haiper?ïbnn Martel/XYZ -n 4 Montréal la créative Marie-Andrée Lamontagne/Héllotrope 9/3 5 Contre Harper.Bref traité philosophique sur la révolution.Christian Nadeau/Boréal 2/2 6 Le retour turbulent de Dieu.Politique, religion et laïcité Sami Aoun/Médiaspaul 5/10 7 II v a trop d'images.Textes épars 1993-2010 Bernard Émond/Lux 6/9 8 Les vieux La vieillesse : une merveilleuse étape de notre vie Rose Legauit/Quebecor -n 9 Troisième millénaire.Bilan final - Chroniques Impertinentes Jean-Francols Lisée/Alaln Stanké -n 10 Une enfance pour la vie Mario Pmulx et aUBayard Canada 7/2 "?¦Essais étrai^rs Il Noire poison quolidien Marie-Monique Robin/Alain Stanké 1/9 2 Les mots de ma vie Bernard Pivot/Albin Michel 2/9 3 Indignez-vous 1 Stéphane Hessel/Indiqène 3/24 4 Une brève histoire de l'avenir Jacques Attali/LGF 4/19 5 Amour.Déconstruction d'un sentiment Richard David FYecht/Belfond 10/2 6 Demain, qui gouvernera le monde ?Jacques Attali/Favard 8/1D 7 La bombe.De l'inuélité des bombardements aériens Howard Zinn/Lux -n 8 Œil ouvert et coeur battant.Comment envisaqer.François Chenq/Desclée De Brouwer -n 9 Y a-t-il un grand architecte dans l'Univers ?Stephen William Hawking/Odile Jacob 6/5 10 Létincella Révoltes dans les pays arabes Tahar Ben Jelloun/Gallimard -n UBTLFC surlesveiites(leliviesfranQ^autada.Ce palmaiÈs est extrait de &sim} etestconstituddes relevés de caisse de 172 points de vente.La BRF reçoit un soutien ünancier de FMrimolne canadien pour le projet Sastmi © BRF, toute reproduction totale ou partielle est interdita m} éditeur Mane-Renee Lavoie La petite et le vieux Marie-Renee Lavoie La petite et le vieux ïm éditeur Jocelyne Saucier Il pleuvait des oiseaux Jocelyne Saucier Il pleuvait des oiseaux "ÆfWophowi www.editionsxyz.com
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