Le devoir, 23 août 2011, Cahier A
P- Jack Layton 1950-2011 Sa vie, sa carrière Pages a 2 et a 3 L’éditorial de Bernard Descôteaux Page A 6 Sa lettre d’espoir aux Canadiens Page A 7 www.ledevoir.com4- LE DEVOIR Vol.CII NM90 4 LE MARDI 23 AOUT 2011 1,09$+taxes= 1,24$ LE CANCER A HNALEMENT RAISON DE JACK LAITON Le décès du chef du NPD crée une onde de choc au pays Jack Layton s’est éteint hier matin, entouré de ses proches, à son domicile de Toronto GUILLAUME B O U R G AU LT-C OT E Ottawa — Il aur^ eu l’optimisme rivé au cœur jusqu’à la fin.Emacié, la vok déformée par la maladie, Jack Layton affirmait il y a un mois qu’il serait de retour à la Chambre des communes pour la rentrée du 19 septembre, cancer ou pas.Mais il y a des combats inégaux, même pour les plus durs battants: le chef du NPD s’est éteint hier à l’âge de 61 ans, plongeant le pays dans le deuU.Dans le ciel bleu d’Ottawa, le drapeau rouge et blanc qui surplombe la Tour de la Paix sur la colline parlementaire a été placé en berne vers llh hier matin.Un hommage sjmibolique et traditionnel qui se faisait le juste écho de l’immense vague de sympathie qui a déferlé toute la journée sur les réseaux sociaux et les tribunes d’expression publique.Si tous savaient M.LajAon pavement malade, la mort du chef de l’opposition officielle et du Nouveau Parti démocratique a néanmoins surpris, secoué et choqué d’un océan à l’autre.Un nouveau cancer C’est Olivia Chow, députée et épouse de M.Layton, qui a confirmé à 8h42 une nouvelle que plusieurs redoutaient depuis le 25 juillet: Jack Layton est décédé à 4h45, «paisiblement» et entouré de ses proches à son domicile de Toronto.M.LajAon combattait un cancer de la prostate depuis février 2010.Il avait appris à la mi-juillet la présence d’un nouveau cancer, dont il n’a pas révélé la teneur lors de l’annonce de son retrait temporaire de ses fonctions.Certaines rumeurs ont fait état d’un cancer gé-nérabsé ou d’un cancer des os: la progression fut en tout cas fulgurante et dévastatrice.Lors du congrès du NPD à Vancouver à la mi-juin, Jack LajTon avait paru en bonne forme, n’hésitant pas VOIR PAGE A 8: LAYTON PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Jack Layton saluant des partisans lors d’un arrêt à Gatineau le 11 avril dernier, en pleine campagne électorale.La performance du chef du NPD, malgré son état de santé, avait alors forcé l’admiration.Jusqu’à la fin, un homme de convictions A Manon CORNELLIER mons, gardons espoir et restons optimistes.Et nous changerons le monde» — Jack Layton, chef du Nouveau Parti démocratique.es amis, l’amour est cent fois ^ ^ ^^itteur que la haine.L’espoir ^ ^ I I est meilleur que la peur.L’optimisme est meilleur que le désespoir.Alors, ai- La lettre est datée du 20 août, soit pas plus tard que samedi dernier, et elle dit tout.Jack Layton était un homme de convictions et Test resté jusqu’à la fin.Une fin venue trop tôt après qu’il eut tout donné pour s’approcher de son buf celui de donner aux Canadiens un gouvernement progressiste et généreux.Son décès est une perte immense.Pour ses proches, évidemmenf mais aussi pour le pays, et pour le Québec en particulier.Un Québec qu’il a su séduire le 2 mai dernier avec son charisme, son intégrité, sa passion pour les gens moins bien nantis et toutes ces familles «ordinaires», comme il disait.Avec aussi sa profonde conviction que les Québécois, même ceux tentés par la souveraineté, pouvaient, sans se trahir, réintégrer la discussion politique canadienne au sein d’un parti fédérabste et ainsi travailler de concert avec d’autres progressistes du reste du pays.VOIR PAGE A 8: CONVICTIONS ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR POLITIQUE Le PQ refuse de s’unir au Nouveau Mouvement pour le Québec « Il y avait beaucoup trop d’eîrtrémistes dans leur assemblée » ¦ À lire en page A 5 INDEX Annonces.B 4 Avis publics.B 3 Culture.B 8 Décès.B 4 Economie.B 1 Éditorial.A 6 Idées .A 7 Météo.B 6 Monde .B 5 Mots croisés.B 6 Sudoku.B 3 Télévision.B 7 Libye La bataille de IHpoU fait toigonrs rage VALERIAN MAZATAUD Après la Hesse populaire de dimanche soir, les combats ont repris dans les rues de la capitale libyenne hier, et les dernières poches de résistance fidèles à Mouammar Kadhafi combattent avec l’énergie du désespoir.Contredisant les rumeurs de son arrestation, un des fils du dictateur, Saïf al-Islam, s’est d’ailleurs présenté hier soir à la foule et aux journalistes, affirmant que Tripoli restait sous contrôle du régime.La communauté internationale se réjouit pourtant déjà de la chute du régime et enjoint aux rebelles de respecter les droits de l’homme et de ne pas rechercher la vengeance, mais Kadhafi reste pour l’instant introuvable.Attaquant de Test et de Touesf les rebelles ont pénétré dimanche dans la capitale pratiquement sans résistance.Hier au petit matin, les affrontements avaient repris dans plusieurs quartiers du centre-viUe, et des témoins ont aperçu des tireurs pro-régime embusqués sur les toits.Selon Saad Zaidi, un habitant du quartier de Gorji, au sud-ouest de la viUe, «il y a des tireurs embusqués africains venus du Tchad dans la vieille ville et, parfois, on peut entendre des tirs d’obus de mortier.Mais nous ne savons pas d’où ils sont tirés.» VOIR PAGE A 8: LIBYE BOB STRONG REUTERS Des combattants rebelles laissent éclater leur joie après avoir pris le contrôle d’un centre d’entraînement de l’armée à Tripoli.L’éditorial de Serge Truffaut, page A 6 ¦ La relance de la Libye passe par l’or noir, page B 1 ¦ L’après-Kadhafi, page B 5 77831302830035 A 2 LE DEVOIR, LE MARDI JACK LAYTON REUTERS LA PRESSE CANADIENNE Jack Layton en 1985, réélu au conseil miuiici-pal de Toronto REUTERS À son élection comme chef du Nouveau parti démocratique en 2003 Dates importantes dans la vie de Jack Layton 18 juillet 1950: Naissance à Montréal 1969: Épouse SaUy Halford.Ils divorceront en 1983.1982: Élu au conseil municipal de Toronto.1985: Réélu au conseil municipal de Toronto.9 Juillet 1988: Épouse Olivia Chow.1988: Réélu au conseil municipal de Toronto.1991: Candidat à la mairie de Toronto.Défait par June Rowlands.1993: Candidat défait du NPD dans la circonscription fédérale de Rosedale.1997: Candidat défait du NPD dans la circonscription de Broadview-Greenwood.2001: Élu président de la Fédération canadienne des municipalités.2003: Élu chef du NPD.28 Juin 2004: Élu député fédéral de la circonscription de Toronto-Danforth.23 Janvier 2006: Réélu dans To-ronto-Danforth.10 septembre 2006: Reçoit l’appui de 92 % des militants au congrès du NPD à Québec.14 octobre 2008: Réélu dans Toronto-Danforth.10 février 2010: Annonce qu’il souffre du cancer de la prostate.2 mai 2011: Réélu dans Toronto-Danforth.Son parti remporte 103 sièges et devient l’opposition officielle.25 juillet 2011: Annonce qu’il se retire temporairement de la scène politique pour soigner un autre cancer.22 août 2011: Décès chez lui, à Toronto.La Presse canadienne REUTERS M.Layton annonçant qu’il doit se battre à nouveau contre le cancer en juillet dernier CHRIS WATTIE REUTERS Le parcours d’un combattant aux convictions profondes Le sourire de «Jack», dont l’engagement politique a quelque chose d’héréditaire, cachait un débatteur assuré GUILLAUME B O U R G AU LT-C O TE Ottawa — Jack Layton était un homme souriant.Toujours, au point que certains ont douté de son sérieux à son arrivée sur la scène fédérale en 2003.Mais pour «Smiling Jack», ce sourire était plus qu’une marque de commerce: plutôt l’expression d’une conviction profonde disant que l’espoir et l’optimisme sont toujours possibles.L’annonce du décés de M.Layton a provoqué hier une avalanche de témoignages célébrant l’homme et le politicien, l’un se dissociant peu de l’autre.Normal, dit Karl Bélanger, son attaché de presse depuis huit ans et demi: «C’était la même personne.Il était dans la vie ce gars entier que les gens ont appris à connaître et à respecter en politique.En huit ans, il est devenu “Jack”pour tout le monde.Et si les gens l’aimaient, c’est parce qu’ils voyaient en lui l’un des leurs et qu’ils voyaient qu’il était absolument sincère dans ce qu’il faisait», croit M.Bélanger.La classe politique canadienne a été unanime à souligner hier les qualités de Jack Layton: respectueux de ses adversaires, facile d’approche, toujours ouvert au débat, chaleureux, capable d’une bonne dose d’autodérision, constant dans ses principes.Tous ont aussi évoqué son courage dans la maladie.Après l’annonce, en février 2010, qu’il combattait un cancer de la prostate, Jack Layton n’a pratiquement pas pris une journée de congé.Il a mené une campagne électorale tambour battant alors qu’il soignait une fracture à la hanche, et ne s’est retiré de ses fonctions qu’à l’extrême limite de ses capacités.Comme tout le monde, Karl Bélanger a été soufflé par la rapidité de la progression de la maladie de M.Layton.Selon lui, le chef du NPD était «très lucide» et savait que le combat contre le cancer pouvait être fatal.«Mais il avait aussi espoir qu’il passerait au travers.Quand il a dit qu’il voulait être de retour au Parlement le 19 septembre, c’était un vrai objectif» Cela témoigne d’un trait de personnalité que tous accordent à Jack Layton: c’était un battant qui croyait fortement en ses idées, et en sa capacité de les traduire en action.Le sourire cachait un débatteur convaincu.Il avait de qui tenir: chez les Layton, l’engagement politique est génétique.Son arrière-grand-père, un accordeur de piano aveugle, a milité avec succès dans les années 30 pour que le gouvernement fédéral accorde des pensions aux aveugles.Son grand-père, Gilbert Layton, a été ministre dans le cabinet de Maurice Duplessis, qu’il a quitté pour marquer son opposition à la position du gouvernement québécois sur la conscription.Son père, Robert Layton, a quant à lui travaillé à l’élection de Paul Gérin-Lajoie en 1962, avant de servir comme ministre sous le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney en 1984.De cet héritage, Jack Layton a gardé le goût du service public, qu’il mettra au profit de la gauche.Né à Montréal en 1950, élevé dans une banlieue (Hudson) aisée et majoritairement anglophone Qack Layton a souvent dit sa fierté d’avoir appris le français dans la rue), le jeune Layton a décidé de rejoindre les rangs du NPD dé?1970.A l’époque, il est étudiant à l’Université McGill — il sera d’ailleurs de la manifestation pour un «McGill français» — et admire le philosophe Charles Taylor, qui lui enseigne et milite activement au sein du NPD.Mais c’est l’opposition ferme du chef du parti.Tommy Douglas, à l’imposi- gars Il était dans la vie ce entier que les gens ont appris à connnaître Karl BélangeVy son attaché de presse tion de la Loi sur les mesures de guerre qui convainc M.Layton de prendre sa carte de membre du parti.Son engagement politique réel ne viendra cependant qu’à partir de 1982.Professeur de sciences politiques à l’Université (il a obtenu un doctorat en la matière), il est alors élu conseiller municipal à la Ville de Toronto.Et il attire vite l’attention.Ses cheveux en broussaille, sa moustache, son sens de la formule, sa grande énergie, sa défense obstinée de certains dossiers (transport en commun, pauvreté, sida, sans-abri.), son soutien indéfectible au vélo font de lui un incontournable de la vie politique et médiatique to-rontoise.Le Globe and Mail parle ainsi de lui comme d’une «star émergente de la gauche».Saut sur la scène nationale Réélu en 1985 et en 1988, il échoue dans sa tentative de gagner la mairie de Toronto en 1991.Même insuccès aux élections fédérales de 1993 et de 1997 (il demeure conseiller municipal durant cette période).Mais il émerge sur la scène politique nationale en 2001, lorsqu’il est élu prési- dent de la Fédération canadienne des municipalités.Suivant la démission d’Alexa McDonough comme chef du NPD en 2002, Jack Layton surprend tout le monde en remportant la course au leadership en janvier 2003.Le parti dont il hérite n’est pas au mieux, avec 13 députés à la Chambre des communes.Jack Layton entame dès lors un travail de fond pour imposer sa personnalité charismatique aux (Canadiens, tout en redéfinissant le programme du parti qu’il souhaitait «pragmatique» et ancré dans la réalité des «travailleurs ordinaires».Il met au Québec beaucoup d’efforts qui commenceront à payer en 2007, avec l’élection de Thomas Mulcair dans Outremont.A Ottawa, les gouvernements minoritaires lui permettent de jouer la carte du parti qui cherche à «faire fonctionner le Parlement».Il obtient notamment de Paul Martin des concessions majeures contre un appui au budget libéral de 2005.La stratégie générale rapporte gros: en 2004, le NPD fait élire 19 députés (2,1 millions de votes), puis 29 en 2006, 37 en 2008, et 103 à l’élection de mai dernier (4,5 millions de votes).M.Layton a été élu à chaque fois dans la circonscription de Toronto-Danforth et est devenu chef de l’opposition officielle le 2 mai.Le politicien n’était évidemment pas parfait.Il a commis des faux pas (notamment en 2004, quand il a accusé Paul Martin d’être responsable de la mort de sans-abri).Ses points de presse n’étaient souvent pas les plus précis.Mais la sincérité de l’engagement de Jack Layton envers une certaine justice sociale et un Canada plus équitable n’a jamais été remise en question et a fortement bénéficié au NPD.M.Layton a été marié à Sally Halford entre 1969 et 1983.Ils ont eu deux enfants, Sarah et Michael, lequel a été élu comme conseiller municipal à Toronto l’an dernier.En 1988, M.Layton a épousé Olivia Chow, avec qui il partageait sa vie et son action politique.Il a publié deux livres dans les dernières années: Homelessness et Speaking Out Louder.Dans une entrevue accordée au Droit à l’été 2010, Jack Layton rappelait qu’«DW va tous mourir un jour.La question est de savoir quand.Et j’ai eu une vie pleine et chanceuse.Comme le dit la chanson: It Is Well With My Soul —fai l’âme en paix».Le Devoir 23 AOUT 2011 A 3 1950-2011 Jack Layton et sa femme, Olivia Chow, s’embrassant le 2 mai dernier.Jack Layton et Gilles Duceppe au Comité chômage de Montréal en 2010.Jack Layton n’a jamais cessé de croire qu’il pouvait réussir au Québec Jean Charest Hommage à celui qui a ouvert le NPD aux Québécois FRED THORNHILL REUTERS JACQUES NADEAU LE DEVOIR ROBERT DUTRISAC Québec — Le premier ministre Jean Charest estime que Jack Layton était un «homme d’exception» qui a su rejoindre les Québécois avec un message d’espoir.«Il avait bien saisi le sentiment qui habite les Québécois lors de la dernière campagne électorale.Il était celui, aux yeux des Québécois, qui était le plus éloigné des chicanes de politiciens», a livré Jean Charest dans un entretien téléphonique accordé à Radio-Canada en provenance de Tokyo où le premier ministre amorce une mission économique.«Il faut admirer la persévérance de M.Layton.Il n’a jamais cessé de croire qu’il pouvait réussir au Québec», a dit le premier ministre, ce qui a amené le chef néodémocrate à «porter plus loin que tout autre de ses prédécesseurs la gauche canadienne», et ce, jusqu’à l’opposition officielle.Jean Charest connaissait Jack Layton et fut un ami personnel de son père, Robert, un ministre au sein du gouvernement Mulroney.Qualifié par certains de «jovialiste», Jack Lajùon a fait «de la politique différemment», a fait observer le premier ministre.«Il n’abordait pas la politique sous l’angle du dénominateur le plus bas, il ne cherchait pas à diviser les gens.Il croyait beaucoup à l’espoir.» Pour sa part, la chef de l’opposition officielle, Pauline Marois, a souligné que Jack Layton et son épouse, Qlivia Chow, ont donné, lors de la dernière campagne, «à tous ceux qui font de la politique, un brillant exemple de résilience et d’engagement».Jack Layton «avait réussi à toucher le cœur des citoyens du Québec» tout en montrant «une façon de faire de la politique positive, inspirante, proche des gens», a reconnu Pauline Marois.Pour Québec solidaire, la mort de Jack Layton laisse «un grand vide au sein des forces progressistes canadiennes», alors que le Nouveau Parti démocratique doit «combattre les politiques conservatrices de Stephen Harper».De son côté, le chef de l’Action démocratique du Québec, Gérard Deltell, voit dans Jack Layton un homme qui a «défendu ses convictions», un «véritable exemple de détermination».L’ancien ministre des Affaires intergouvemementales canadiennes.Benoit Pelletier, est d’avis que Jack Lajùon a changé le NPD de façon permanente.«Il avait une sensibilité à l’égard du Québec qui me semblait réelle», a souligné au Devoir celui qui a rencontré le chef néodémocrate à Qttawa alors qu’il était ministre libéral.«Il m’avait dit qu’il était favorable à l’asymétrie, mais seulement pour le Québec.J’ai trouvé ça intéressant» Cette «ouverture particulière» envers le Québec restera, quelle que soit l’identité du prochain chef du NPD, croit Benoit Pelletier.«Il a quand même ouvert le NPD au Québec.Ce n’était pas ricfi», a fait valoir Christian Dufour, chercheur à l’Ecole nationale d’administration publique.«Maintenant, c’est aux Québécois déjouer», a-t-U lancé à l’intention de ces députés du Québec qui forment la majorité du caucus néodémocrate.Pour le politologue Jean-Herman Guay, de l’Université de Sherbrooke, Jack Layton «ne s’est pas drapé de bleu pour séduire les Québécois».Les Québécois ont vu en lui un homme qui avait du «charisme», qui était originaire de Montréal et qui s’exprimait bien en français.«Il y avait une connivence, et les Québécois se reconnaissaient en lui», juge l’universitaire.Jack Layton a laissé comme héritage un parti néodémocrate dont la majorité des députés provient du Québec.«Ce n’est pas un legs qui est négligeable.Ça va changer complètement la culture du NPD», prédit Jean-Herman Guay.Pour Joceljm Coulon, membre de l’Idée fédérale, un groupe de promotion du fédéralisme, Jack Layton s’est avéré un défenseur des intérêts du Québec à bien des égards.«Jack Layton a toujours eu un faible pour le Québec», a souligné Jocelyn Coulon.De son côté, le politologue de l’Université Laval, Guy Laforesf a rappelé que Jack Lajùon avait livré la meilleure campagne électorale de l’histoire du NPD.Mais le chef néodémocrate n’aura pas à gérer les problèmes que sa percée historique au Québec ne manquera pas d’engendrer.«Il va y avoir une espèce de mythification de son personnage, croit Guy lÂforest.Il va devenir un martyr de la politique canadienne.» Le Devoir « C’est un exemple de courage que les gens notent avec beaucoup de force en ce moment» — Jean Chrétien, aneien premier ministre du Canada «Je n’oublierai jamais l’image de Jack menant sa campagne tel un guerrier heureux» — David Jacobson, ambassadeur des États- Unis au Canada Des députés néodémocrates tristes, mais inspirés ISABELLE PORTER Québec — Bien que saisis par la nouvelle de la mort de Jack Layton, les députés néodémocrates du Québec ont pris très au sérieux le contenu de sa dernière lettre et entendent redoubler d’efforts pour être à la hauteur du personnage.«Moi, ce que je retiens, c’est la générosité et la noblesse du geste de la lettre qu’il nous a laissée», a déclaré le jeune député de Rosemonf Alexandre Boulerice, en fin de journée.«Il nous laisse un héritage formidable, et la meilleure chose qu’on peut faire, c’est de continuer le combat pour la justice sociale.» Le député d’Abitibi, Roméo Saganash qui avait parlé à M.Layton il y a une dizaine de jours était «atterré», mais refusait, lui aussi, de se dire démotivé.«Le meilleur hommage qu’on peut lui rendre, nous, comme collègues et députés, c’est de poursuivre le travail qu’il a entamé.» Lors de leur dernière conversation, Jack Lay-ton lui aurait dit avoir «parcouru une certaine distance» avec les députés, qu’il n’allait «peut-être pas être au bout du chemin», mais que, «peu importe», il faudrait finir le travail entamé.11 ne lui avait pas dit qu’il était mouranL mais «on devinait».«J’en ai connu beaucoup tout au long de ma vie», a dit M.Saganash en parlant des gens qui sont atteints du cancer.«La voix est de plus en plus faible et, malgré toute la détermination dans ses mots et ses paroles, on sentait qu’il s’affaiblissait de plus en plus.» La députée de Charlesbourg, Anne-Marie Day, a été particulièrement touchée de retrouver dans la lettre de M.Layton l’expression «changer le monde» qu’elle avait utilisée tout récemment pour expliquer à quelqu’un ce qui l’avait amenée à se lancer en politique.«On a la même vision, on «Les mots peuvent difficilement décrire la tristesse que nous ressentons aujourd’hui» — Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la fonction publique « Il a mené une carrière publique exemplaire, et nous le regretterons» — Louise Harel, chef de Vision Montréal travaille pour les familles, pour que les paiements des cartes de crédit soient moins grands, pour que les plus riches paient plus d’impôts.» A Québec, les sept députés néodémocrates se sont hier réunis aux locaux du député de Beau-port-Limoilou pour «vivre leur deuil en famille» et en ont profité pour recevoir les médias et lire une déclaration commune.La plupart refusaient toutefois de faire des commentaires sur les conséquences du décès de M.Layton sur le parti et le risque qu’il se fragilise.Ils n’ont pas non plus voulu parler du caucus straté^que du parti qui doit avoir lieu à Québec à la mi-septembre.En même temps que tout le monde Comme la plupart des élus néodémocrates, ils ont appris en même temps que le grand public le décès de M.Layton et ignoraient que son état s’était dégradé à ce point.«Ça été un choc, je suis pris avec la réalité», a dit le député de Beauport-Limoilou Rajmiond Côté.Selon Alexandre Boulerice, «le parti avait décidé de garder les informations sur la santé de M.Layton dans un cercle très très restreint depuis la campagne électorale».D’après Anne-Marie Day, qui semblait mieux informée que les autres, les premiers signes d’une récidive avaient commencé à se manifester en juin à la fin de la session parlementaire, lors de l’interminable débat de 52 heures sur le lock-out à Postes Canada.«Il avait ressenti des douleurs qui étaient différentes de ce qui se présentait avant.C’est à la suite de ça qu’il a passé des tests.» La députée de Québec, Annick Papillon, se rappelle qu’il avait l’air affaibli.«Je voyais que, parfois, c’était très difficile pour lui, mais il était toujours souriant.» Le Devoir Déferlement d’amour et de respect sur les réseaux sociaux LISA-MARIE GERVAIS C> est à un déferlement d’amour et de respect pour le «grand homme» qu’était Jack Lajùon que l’on a assisté hier dans les réseaux sociaux.Vers 8h30, les premiers gazouillis de la twitto-sphère témoi^aient de cette triste nouvelle, que certains avaient du mal à croire.Comme une onde de choc, l’annonce de sa mort s’est néanmoins répandue comme une tramée de poudre, donnant lieu à la multiplication des commentaires et des messages de sympathie où l’on se disait ému, touché, atterré.«Symbole d’espoir», «homme de cœur», «politicien courageux», le chef du NPD, ce «bon Jack», comme certains l’ont nommé affectueusement, a reçu de nombreux hommages, en anglais comme en français.Signe qu’il faisait l’unanimité, même ses adversaires et des gens qui ne votaient pas pour son parti l’ont porté aux nues.«Une telle unanimité et un tel débordement d’amçur sont uniques», a soutenu le politologue de l’École nationale d’administration publique Christian Dufour, préférant attendre un peu avant de se mettre à faire de l’analyse politique.«C’est parce que c’était un homme ordinaire auquel tout le monde s’identifiait et qu’il a touché le sommet et le fond.Il représente le côté du canada an- glais que les Québécois aiment», a-t-il ajouté pour expliquer cette commotion.Puis, le coup de grâce.Peu après midi, la diffusion d’une émouvante lettre écrite par Jack Layton avant sa mort, relayée par tous les médias sociaux et partout sur Internet, aura suscité une autre vague d’émotion.«L’amour est cent fois meilleur que la haine.L'espoir est meilleur que la peur.L’optimisme est meilleur que le désespoir.» Ce message du grand Layton, repris maintes et maintes fois sur Twitter, émouvait visiblement le public.«Comment ne pas pleurer devant une lettre aussi touchante^», soulignait une internaute.Ils ont été nombreux à confier qu’ils versaient des larmes.Le décès de Jack Lajùon était la nouvelle la plus évoquée sur Twitter Canada et elle était au 5® rang des nouvelles les plus populaires sur Twitter monde vers midi trente, selon la firme scrutatrice des médias.Influence Communication.Ils ont également été nombreux à relayer le dernier message que Jack Layton avait écrit en anglais sur son compte Twitter.«Votre soutien et vos bons vœux sont tellement appréciés.Merci.Je me battrai [contre la maladie] et vaincrai.» Qn sait maintenant qu’il en a été autrement.Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE MARDI 23 AOUT 2011 ACTUALITES Nouveau système de radiocommunication Montréal investit 200 millions Le projet sera scindé en trois contrats JEANNE CORRIVEAU Montréal se dotera d’un système de radiocommunication moderne au coût de près de 200 millions de dollars pour remplacer ceux qu’utilisent ses policiers et ses pompiers.Afin d’éviter le fiasco du contrat des compteurs d’eau, l’administration Tremblay a décidé de prendre certaines précautions, dont celle de scinder le projet en trois contrats.Plus performant, le système de radiocommunication qui sera mis en place par l’administration permettra de mieux coordonner les services d’urgence et de géo-positionner les policiers, ont fait valoir hier le président du comité exécutif de la Ville, Michael Applebaum, et son collègue Claude Trudel, responsable de la sécurité publique.Baptisé SERAM, ce système sera utilisé par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), par le Service de sécurité incendie de Montréal (SSIM) ainsi que par les services municipaux, tels le 311 et les travaux publics.Les intervenants en sécurité publique pourront également s’en servir à l’aéroport Montréal-Trudeau et dans le réseau du métro.Précisons que le système actuel du SPVM ne permet pas de localiser les policiers lorsqu’ils quittent leur véhicule.Le nouveau système de radiocommunication remplacera celui du SPVM qui date de 1989 et celui du SSIM qui a été mis en opération en 2004.Le SERAM représente le plus coûteux projet de la Ville après les compteurs d’eau, dont le contrat, faut-il le rappeler, a été résilié en 2010.Comme l’administration ne veut pas revivre un tel cauchemar, elle a décidé de scinder le projet de manière à lancer trois appels d’offres, ce qui, dit-elle, stimulera la concurrence.Elle a également soumis le projet à l’examen d’une commission ad hoc composée d’élus des trois formations politiques à l’Hôtel de Ville.«Il y aura un suivi extrêmement rigoureux», a promis Michael Applebaum.Le comité exécutif a donc autorisé hier matin le lancement Le ^stème devrait permettre une meilleure coordination des services d’urgence d’un appel d’offres pour la première phase du projet qui consistera à faire l’acquisition d’un réseau d’antennes, d’émetteurs et de récepteurs.La Ville fera ensuite l’achat et l’installation de terminaux d’utilisateurs, puis, dans une troisième étape, dotera le métro montréalais des infrastructures requises.Le déploiement du nouveau réseau commencera à 2012 et devrait être terminé à la hn de 2013.Urgences-Santé ne participera pas au projet, estimant plus avantageux de s’associer au Réseau national intégré de radiocommunication (RE-NIR) du gouvernement du Québec.Cette décision ne semble pas inquiéter M.Applebaum: «Nous, on est prêts à aller de l’avant.Urgences-Santê n’êtait pas prêt, mais on leur offre de se joindre à nous dans le futur», a-t-il indiqué.Des doutes Dans les rangs de l’opposition, le nouveau projet de radiocommunication suscite de sérieuses réserves.«Ce n’est pas l’outil le plus performant qu’on pourrait utiliser, estime le conseiller de Projet Montréal Marc-André Ga-doury, membre de la commission qui a examiné le projet.La solution technologique permet de gêolocaliser les policiers — donc, on répond aux demandes des coroners —mais ne permet pas une qualité audio à l’intérieur des bâtiments.Si on avait choisi différents spectres d’ondes, comme quelque chose qui ressemble aux cellulaires, on aurait été capables d’assurer une communication vocale à l’intérieur des édifices.» Ce choix aurait contribué à faire baisser la facture du projet, signale M.Gadoury.Mais le système de la Ville risque de devenir désuet d’ici moins de dix ans, voire cinq ans, souligne aussi M.Gadoury qui croit qu’en louant ces équipements, la Ville aurait pu se prémunir d’une telle éventualité.Au moins, c’est la Ville qui pilote le projet, et non les firmes de génie-conseil, comme c’était le cas lors du contrat des compteurs d’eau, se console M.Gadoury.Le Devoir libre circulation des données informatiques Les gouvernements pris de vitesse Un site Internet informe les automobilistes des travaux routiers en temps réel EABIEN DEGLISE Plus vite que l’administration.Les défenseurs de la libre circulation des données informatiques détenues par les organismes publics ont fait un pied de nez hier au gouvernement Charest et à la Ville de Montréal en dévoilanL avant eux, un site Internet qui permet aux automobilistes de suivre en temps réel l’évolution des chantiers de construction partout au Québec et d’établir son itinéraire afin de mieux les contourner.La semaine dernière, les deux paliers de gouvernement avaient évoqué en choeur la possibilité de créer un tel site.Baptisé ZoneCone.ca, le projet veut faciliter la vie des automobilistes tout en incitant les organismes publics à adopter rapidement des politiques concrètes de mise en liberté des données informatiques non confidentielles, afin de laisser les ci- toyens programmeurs chercher des solutions technologiques à des problèmes sociaux, a indiqué hier le regroupement Montréal Quvert qui est à l’origine de cette démarche.«f espère que les responsables du ministère des Transports (MTQ) des données ouvertes et surtout de l’usage que les communautés de programmeurs pourraient en faire pour aider les citoyens.» En substance, ZoneCone.ca, accessible gratuitemenfi articule au même endroit sur le Web plusieurs données recueillies par M.Guidoin «Nous voulons faire la promotion des données ouvertes et surtout de l’usage que les communautés de programmeurs pourraient en faire pour aider les citoyens et de la Ville vont voir ça comme un point de départ plutôt que comme un affront», a indiqué hier au Devoir Stéphane Guidoin, informaticien qui, à temps perdu, a mis en place ce site d’informations.L’homme est chargé de projet à la Bourse de Montréal.11 est aussi membre de Montréal Quvert.«Avec ce genre de projet, nous voulons faire la promotion sur les sites Internet du MTQ et de la Ville de Montréal.«Dans une prochaine version du site, il serait aussi possible d’inclure une fonction sociale par laquelle les citoyens pourront indiquer la présence de travaux non répertoriés ou de travaux suspendus», ajoute le créateur qui estime toutefois qu’avec «une plus grande ouverture» des données détenues par la Ville et le ministère, l’information diffusée pourrait alors «devenir encore plus fiable».ZoneCone.ca est la dernière création du groupe Montréal Quvert qui, par le passé, a mis en place des sites d’informations pratiques fondées sur le recoupement de données publiques relativement faciles à dénicher sur la Toile.Patiner-montreal.com, sur l’état des patinoires à Montréal, et Resto-net.ca, qui recense et localise les inspections des restaurants de la ville, sonf au nombre de ces créations.A terme, les défenseurs des données libres espèrent que tous les paliers de gouvernement faciliteront à court terme l’accès aux données publiques, comme l’ont fait plusieurs villes d’Europe et des Etats-Unis, pour permettre la mise à profit de l’intelligence collective et de la technologie pour la recherche de solutions innovantes à des problèmes récurrents, estiment-ils.Le Devoir Effondrement sur l’autoroute Ville-Marie Transports Québec avait négligé l’inspection des assises Le ministère des Transports du Québec (MTQ) n’avait pas inspecté la solidité des assises des poutres soutenant les paralumes du tunnel Viger de l’autoroute 720 Est avant l’effondrement survenu le 31 juillet, contrairement à ce qu’il laissait entendre.Un rapport rédigé par la fir-m,e SNC-Lavalin et intitulé «Evaluation de la capacité portante du système de paralumes — Tunnel Viger direction Est», laisse entendre que la solidité des poutres et paralumes était sécuritaire, mais ses auteurs précisent qu’ils n’ont pas étudié la solidité des assises.Les auteurs rappellent à deux reprises que «les appareils d’appui et les murs supportant les poutres sont exclus du mandat» d’analyse en plus d’indiquer que les «appareils d’appui des paralumes doivent être inspectés et une cote de comportement doit leur être donnée».Des déficiences Publié en ligne vendredi, le document, qui date de janvier dernier, souligne également certaines déficiences des paralumes.11 mentionne notamment que les paralumes n’ont aucune armature transversale pour le cisaillement.Le rapport signale également que l’inspection générale de l’ouvrage en 2008 avait révélé La fêteides vendanses LAUREAT REGIONAL 1 3-4-5-10 t11 SEPTEMBRE 2011 dégustez PORTE PAROLE VÉRONIQUE CLOUTER DES MIDIS DE VÉRO DE RYTHME EM découvrez LE PLUS GRAND SITE GOURMAND DU QUÉBEC/150 EXPOSANTS fetedesvendanges.com 1 888 847.2050//81 9 847.2022 r V PEDRO RUIZ LE DEVOIR Un rapport de SNC-Lavalin précise que la solidité des assises des poutres soutenant les paralumes n’avait pas été vérifiée.«des signes de délaminage ainsi que des fissures diagonales de cisaillement dans les zones d’appui de çespoutres».A la suite de l’effondrement, au cours de plusieurs points de presse, le ministre des Transports, Sam Hamad, et sa sous-ministre, Anne-Marie Leclerc, ont affirmé que la structure même du tunnel avait été inspectée.Ils assuraient notamment que le rapport montrait que l’ouvrage ne souffrait d’aucune déficience.La Presse canadienne Écrasement au Nunavut Les boîtes noires en conrs d’analyse à Ottawa Resolute Bay, Nunavut — Les autorités du Bureau de la sécurité des transports du Canada espéraient obtenir plus de détails, hier, sur l’écrasement d’avion survenu samedi au NunavuL qui a fait 12 morts.Les boîtes noires contenant les conversations et les données du vol du transporteur Eirst Air se trouvent désormais à Qtta-wa, oû elles seront analysées.Les autorités ont toutefois souligné qu’elles auront besoin de plusieurs jours afin d’étudier l’information accumulée pendant les derniers moments du vol.La rédaction du rapport final sur l’écrasement pourrait prendre plus d’un an.Par ailleurs, des documents de Transports Canada obtenus hier révèlent qu’un autre avion de Eirst Air a atterri d’urgence samedi au Nunavut, environ deux heures après l’écrasement à Resolute Bay.Le rapport d’incident indique que l’appareil — aussi un Boeing 737 — s’est posé sans problème à Rankin Inlet peu après avoir décollé en direction de Winnipeg.Un seul de ses moteurs était fonctionnel.Le personnel de bord avait demandé le déploiement de véhicules d’urgence sur la piste d’atterrissage.Transports Canada et Eirst Air n’ont pas répondu immédiatement aux demandes d’entrevue de La Presse canadienne, mais le directeur de l’aéroport a confirmé l’incident.Ce type de rapport est plutôt courant.Samedi dernier, 30 autres événements de nature diverse ont été rapportés aux autorités, dont des urgences médicales et de fausses alarmes.La Presse canadienne E N BREF Les inspections seront pnbliqnes Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a promis que, d’ici la fin du mois de septembre, son administration rendrait publiques les informations relatives aux inspections effectuées sur les quelque 586 infrastructures de transport sous la responsabilité de la Ville de Montréal.«Ce qui est important pour moi, ce n’est pas uniquement la sécurité des citoyens, mais c’est également la perception de cette sécurité.Et la seule façon de rassurer l’ensemble des citoyens, c’est d’être le plus transparent possible», a indiqué le maire Tremblay alors qu’il répondait à une question du chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, lors de la séance du conseil municipal hier après-midi.Rappelons que, dans un rapport datant de janvier dernier, 12 structures avaient été jugées comme étant dans un état critique et que 44 étaient dans un état déficient.Seules quelque 380 structures étaient considérées comme étant en bon état -Le Devoir Les services d’embauche irritent Le regroupement des services d’embauche à la Ville de Montréal ne plaît vraiment pas à Luis Miranda, maire de l’arrondissement d’Anjou et membre du parti de Gérald Tremblay.Lors de la séance du conseil municipal hier après-midi, M.Miranda a demandé des comptes à l’administration.«A Anjou, le service d’embauche représente des coûts d’opérations de 25 000 $ par année.Vendredi, mon directeur a reçu une lettre pour l’aviser que mon arrondissement subirait une ponction de 100 000 $», a relaté M.Miranda, visiblement mécontent.11 a alors demandé le dépôt d’une liste des montants réclamés par la ville-centre à chacun des arrondissements.Le président du comité exécutif, Michael Applebaum, a rétorqué qu’il accéderait à sa demande avec plaisir tout en ajoutant que le regroupement des services d’embauche ), aux Québécois, aux jeunes Canadiens.Conscient du trou béant que son départ précipité laisse au sein du NPD, Jack Layton recommande aussi à son caucus de 103 députés de maintenir les mêmes «éthique de travail et solidarité» qui ont permis les résultats du 2 mai.«Les Canadiens vous porteront une attention toute spéciale dans les mois à venir», prévient-il.Déferlante L’annonce du décès de M.Layton a provoqué une onde de choc qui ne s’était pas apaisée hier soir.La chef intérimaire du NPD, Nycole Tur-mel, a indiqué par voie de communiqué que les «néodémocrates pleurent la mort d’un grand Ca- nadien».«Jack était un homme courageux», écrit-elle.Selon Mme Turmel, «les néodémocrates et les Canadiens doivent [maintenant] se rassembler et continuer le combat de M.Layton pour faire de ce pays un meilleur endroit où vivre.» Le premier ministre Stephen Harper a tenu un point de presse pour saluer son «ami» Jack Lay-ton.«On va se souvenir de lui pour sa forte personnalité et son dévouement à la vie publique, a indiqué M.Harper.Nous avons perdu un homme à la personnalité engageante, un homme avec des principes forts.» M.Harper a rappelé que lui et M.Layton partageaient un goût pour la musique, et a dit regretter que les deux n’aient jamais pu jouer ensemble.Il a ensuite changé de sujet pour s’exprimer sur les développements de la situation en Libye et saluer le rôle des forces armées canadiennes.En soirée, le cabinet de M.Harper a indiqué qu’piivia Chow avait accepté que des funérailles d’Etat soient organisées.Emu, le chef libéral par intérim.Bob Rae, a de son côté avoué avoir pleuré en apprenant la mort d’un politicien qu’il connaissait depuis 30 ans.«Malgré nos différences politiques, f admirais sa sagesse, sa bonne humeur et sa persévérance.[.] Il nous lègue un important héritage d’engagement envers la justice sociale.» M.Rae a souligné que M.Layton a fait une «campagne électorale absolument extraordinaire» ce printemps, alors qu’il était affaibli par des traitements contre le cancer de la prostate, une fracture de la hanche et probablement les effets du cancer non détecté qui le rongeait déjà.«Le fait qu’il ait géré une telle campagne au moment où il était clairement malade reflète le sens de l’homme.Ce n’est pas seulement une perte pour sa famille ou pour le NPD: c’est une perte pour tous les Canadiens», estime M.Rae.Joint en matinée, l’ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, dit avoir été surpris du décès de M.Layton, même s’il avait compris le 25 juillet que «c’était malheureusement la fin».«On s’est côtoyé pendant huit ans: c’était quelqu’un d’ouvert, d’une grande générosité, prêt à débattre de toutes les questions», a-t-il dit.Louis Plamondon et Vivian Barbot, dirigeants par intérim du Bloc, ont pour leur part rappelé que «l’engagement constant de Jack Layton pour les gens ordinaires est sans aucun doute un des éléments les plus déterminants de sa grande popularité.Mais c’est aussi ce qui a fait de lui un modèle pour l’ensemble des personnes engagées en politique active».Le gouverneur général, David Johnston, a souligné que Jack Layton avait «constamment cherché à rassembler les gens au profit d’une cause commune, celle d’édifier un Canada meilleur».M.Johnston a évoqué «sa droiture et son amour» envers le Canada.«Il laissera un grand vide», a-t-il dit.Et maintenant?Ce vide sera ressenti à bien des niveaux, mais jamais autant qu’au sein du NPD.Une fois remis du choc de la disparition du grand architecte des résultats historiques du 2 mai, le parti devra lui trouver un successeur.Dans l’immédiat, Jack Layton a recommandé que Nycole Turmel continue son travail jusqu’à ce qu’un nouveau chef soit élu.M.Layton recommande au parti «de tenir un vote le plus tôt possible dans la nouvelle année, afin que notre nouveau chef ait amplement le temps de reconsolider l’équipe, de renouveler le parti et le programme, et qu’il puisse aller de l’avant», écrit-il dans sa lettre-testament.En 2003, il s’était écoulé un peu plus de six mois entre la démission d’Alexa McDonough et l’élection de Jack Layton.Plusieurs regards se tourneront naturellement vers le député d’Outremont, Thomas Mulcair, actuel chef adjoint du parti et grand responsable de la performance du NPD au Québec lors des dernières élections.M.Mulcair n’a pas souhaité faire de commentaires hier: l’heure n’était pas aux calculs politiques, mais au deuil.Le Devoir CONVICTIONS SUITE DE LA PAGE 1 Champion du dialogue et de la main tendue, il comprenait la réalité québécoise et était ouvert aux compromis.Il savait que, pour bâtir des ponts, son parti devait faire son bout de chemin.Il s’est donc prononcé en faveur du français comme langue de travail dans les institutions et organismes de juridiction fédérale situés au Québec.Il a défendu le fédéralisme asymétrique et maintenu qu’il reconnaîtrait une victoire référendaire remportée à la majorité simple.Mais, plus que tout, il a refusé de traiter en brebis galeuses les anciens souverainistes tentés par son parti.Il les a acceptés comme candidats.Il s’est réjoui de leur élection.Il n’a pas mis en doute leur sincérité en leur demandant un quelconque serment d’allégeance, contrairement à trop de membres de l’élite médiatique et politique du Canada anglais.Aux détracteurs de Nycole Turmel, il a répondu en lui réitérant son appui dans sa lettre d’adieu aux Canadiens.Cet esprit d’ouverture qu’il a insufflé au NPD ne disparaîtra pas avec lui.Du moins, on l’espère.Mais, comme on l’a vu avec l’épisode Turmel, personne ne semble pour l’instant capable de défendre cette position et de l’articuler aussi bien que lui.Pour cela et bien d’autres choses, l’absence de Jack Layton va cruellement peser sur le NPD, tout frais promu au rang d’opposition officielle.Ce succès du printemps dernier n’était pas que le fruit d’une sympathie pour un homme attachant combattant la maladie, mais le résultat de huit années de travail assidu pour unir les factions du parti, moderniser son organisation, consolider son financement, nuancer son programme en lui donnant un ton plus pragmatique.Il ne laissait jamais rien au hasard, comme le démontraient encore hier les recommandations pour sa succession incluses dans sa lettre aux Canadiens.Il y écrit aussi que la cause que ses suppor-teurs et lui défendent «est bien plus grande qu’un chef».C’est vrai, mais son décès prématuré lui porte un dur coup.Le vide sera difficile à combler, car on ne voit personne, à première vue, qui allie les qualités de leader qui caractérisaient M.Layton: flair politique, sens aigu de l’organisation, entregent, talent de rassembleur.Son intégrité, sa sincérité, son empathie et son leadership inclusif ont réussi, au fil des ans, à faire de lui le politicien qui inspire le plus confiance aux Canadiens.Et cela ne s’est pas démenti hier dans le flot de commentaires attristés et louangeurs.Issu d’une lignée de politiciens aguerris, Jack Layton aimait et savait faire de la politique, mais sans jamais oublier que le pouvoir est un outil, et non une fin.Un moyen pour construire un mon- de meilleur, comme il le soulignait encore en juillet en annonçant son nouveau combat contre le cancer.Un passage en particulier résumait bien en quoi sa vision était si différente de celle de ses adversaires conservateurs.«S’il y a une chose, une seule chose que j’ai tenté d’amener en politique fédérale, c’est cette idée que l’espoir et l’optimisme devraient être au cœur de notre engagement.Nous pouvons prendre soin les uns des autres, veiller au bien-être de chacun», disait-il de sa voix méconnaissable.En cette ère où l’individualisme a la cote, où le discours politique dominant privilégie les intérêts particuliers et clientélistes, lui parlait de bien commun, de justice, d’entraide, de solidarité.Jamais il n’a reculé sur ces principes.La publicité négative, le dénigrement des adversaires, la confrontation, l’intimidation ne figuraient pas sur la liste de ses méthodes.Et cela aussi a séduit les Québécois.Jack Layton a littéralement donné sa vie pour son pays, son parti et, avant tout, son idéal.Il était le genre de politicien dont bien des citoyens rêvent et qu’ils désespèrent de trouver.Celui que les allergiques au cynisme souhaitent voir siéger au Parlement.C’est pour tout cela que la politique canadienne se retrouve aujourd’hui énormément appauvrie, mais que Jack Layton, lui, peut dire: devoir accompli.mcornellier@ledevoir.corn LIBYE SUITE DE LA PAGE 1 A la nuit tombante, l’électricité, l’eau, Internet, ainsi que le réseau de téléphonie Almadar, l’un des deux du pays, étaient coupés dans toute la ville, le secteur de Bab al-Aziziya semblant toutefois toujours alimenté.Désormais, certains habitants commencent à craindre le manque de nourriture.Des renforts Durant la journée d’hier, plusieurs navires ont rejoint Tripoli depuis Misrata, 200 km plus à l’est, avec à leur bord des combattants et des munitions, a indiqué le Centre des médias du Conseil militaire de Misrata.Les rebelles attendent désormais le renfort de milliers d’autres combattants venus du reste du pays.Ils hésitent sur la manière d’avancer, rapidement à travers les grandes avenues, mais exposés aux tirs des snipers, ou lentement à travers le labyrinthe des ruelles.A travers la ville, les points de contrôle des rebelles restaient encore rares, témoignant du fait que les insurgés n’ont pas pris le contrôle total de Tripoli.«L’époque de Kadhafi est révolue [.], mais nous ne pouvons pas dire que nous contrôlons Tripoli», a déclaré Mustafa Abdel Jalil, président du Conseil national de transition (CNT), ajoutant que «Bab al-Aziziya et certaines zones alentour ne sont toujours pas sous notre contrôle et [que], par conséquent, nous ne savons pas si Kadhafi se trouve là-bas».S’exprimant depuis Benghazi, il a exhorté les rebelles à ne pas chercher à se venger sur la population civile.«Aujourd’hui, nous célébrons la victoire, j’en appelle à votre conscience et à votre responsabilité: ne vous vengez pas, ne pillez pas, ne vous en prenez pas aux étrangers et respectez les prisonniers.Les pillages et les violences seraient une insulte et une honte pour notre révolution», a-t-il déclaré, demandant «d’épargner la vie des prisonniers, même des proches de Kadhafi, ses enfants, sa famille».Kadhafi introuvable Le «guide» reste pour l’instant introuvable et n’a pas donné signe de vie depuis la diffusion d’un message radio dimanche, dans lequel il appelait ses partisans à défendre la ville.De multiples rumeurs courent quant à la localisation du dictateur de 69 ans.Selon une source diplomatique, il se trouverait toujours dans sa résidence du quartier de Bab al-Aziziya, devant laquelle de violents combats ont eu lieu hier matin.Une trentaine de journalistes internationaux sont actuellement regroupés à l’hôtel Rixos proche de la résidence du leader libyen.Des soldats pro-Kadhafi armés de kalachnikov patrouillaient dans les rues proches de l’établissement y faisant de brèves incursions pour se reposer, se restaurer avant de repartir aussitôt, a constaté un journaliste de l’AFE C’est là que Saïf al-Islam Kadhafi s’est présenté à ses partisans, le poing levé.Il a assuré que Tripoli était aux mains du gouvernement et que son père se trouvait en lieu sûr à Tripoli.Son arrestation avait été annoncée la veille par les insurgés libyens et la Cour pénale internationale (CPI).Aux Etats-Unis, Barack Obama a appelé à en finir avec les bains de sang.«Ce n’est pas encore fini.Même s’il est évident que le régime de Kadhafi touche à sa fin, il peut toujours empêcher le sang de couler en transférant le pouvoir à son peuple et en appelant ses fidèles à déposer les armes», a déclaré le président depuis l’île de Martha’s Vineyard.Il a également mis en garde l’opposition contre la tentation de la vengeance.«La justice authentique ne vient ni des représailles ni de la violence.Elle viendra de la réconciliation nationale et de la possibilité des citoyens à déterminer leur propre destin.» Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a convoqué un sommet sur la Libye cette semaine, et le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a indiqué qu’il allait convoquer à Paris une réunion e^raordinaire du groupe de contact sur la Libye pour la semaine prochaine.Le chef de la diplomatie française a estimé que la chute du régime libyen allait «avoir des conséquences considérables sur la Syrie», où le président Bachar el-Assad doit également faire face à la contestation de son peuple.Au sud du pays, les combattants rebelles ont continué à avancer en direction de la ville de Syrte, région d’origine du colonel Kadhafi et bastion du régime.Des éclaireurs ont avancé jusqu’au-delà de la localité d’Abugrin, plus de 100 krn au sud de Misr rata, où ils ont été la cible de tirs des forces pro-Kad-hafi.Selon la chaîne Al Jazeera, un avion de l’OTAN a intercepté un missile Scud tiré de Syrte.Depuis le début du conflit, l’OTAN a effectué 19 877 sorties aériennes, dont 1210 missions de frappes, au cours desquelles 262 bombes ou missiles ont été lâchés.Selon Mussa Ibrahim, porte-parole du régime libyen, 1300 personnes auraient été tuées à Tripoli durant les 24 dernières heures, bien qu’il n’ait pas été possible de vérifier ces informations.Le Devoir Avec rAgence-France-Presse PAUL HACKETT REUTERS Saïf al-Islam est apparu hier, libre, à Tripoli.LE DEVOIR www.Iedevoir.corn Les bureaux du Devoir sont situes au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 a 17h Renseignements et administration 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au telephone Par telecopieur Par courriel Bureau de Quebec 514-985-3333 514-985-3360 redaction @ledevoir com 418-643-1541 La publicité Au telephone 514-985-3399 Par telecopieur 514-985-3390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au telephone 514-985-3344 Par telecopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir corn Les petites annonces et la publicité par regroupement Au telephone 514-985-3322 Par telecopieur 514-985-3340 Les abonnements Au telephone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 a 16h30 Par telecopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir corn Extérieur de Montreal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au telephone 514-985-3346 Par telecopieur 514-985-3390 Le Devoir peut a 1 occasion mettre la liste d adresses de ses abonnes a la disposition au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situe au 2050 rue De Bleury 9 1 imprimerie du Journal de Quebec 450 avenue Bechard Quebec qui est la propriété d organisations reconnues dont la cause les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est publie du lundi etage Montreal (Quebec) H3A3M9 II est imprime par Imprimerie Mirabel Inc 12 800 rue Brault St Janvier de Mirabel Quebec division de Québécor Media 612 rue Saint Jacques Montreal qui a retenu pour la region de Quebec les services de de Corporation Sun Media 612 rue Saint Jacques Montreal —Enregistrement n 0858 Depot legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec 2007
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.