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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2011-10-29, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 FESTIVAL La Chapelle conclut un jumelage avec ARTDANTHÉ Page E 3 I CINEMA " Le réalisateur de Gatcwa propose un thriller axé sur le temps PageE10 CULTURE PHOTOS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Cœur de pirate L’amour en transit ¦?- ir %: Z Arrivée sur les écrans radars presque sans prévenir en 2008, Cœur de pirate a connu un succès aussi éclatant qu’étonnant, et ce, même de son propre avis.Trois ans et 600 000 copies vendues plus tard, la (toujours) jeune sensation Béatrice Martin a revisité avec Le Devoir l’univers de son deuxième disque, à paraître la semaine prochaine.Attachez vos ceintures, c’est sur la route et dans les airs que ça se déroule.PHILIPPE PAPINEAU «Veux, veux pas, ma voix change avec la tournée, mais je ne trouve pas que j’articule plus ou moins qu’avant.Je suis encore Béatrice, la fille qui ne sait pas vraiment chanter mais qui sait chanter un peu ! » œur de pirate n’est plus la Cœur de pirate des premières heures.Elle n’est plus la Béatrice Martin qui soufflait à peine son Comme des enfants sur MySpace en 2007.Ni la chanteuse évanescente croisée au Divan orange en mai l’année suivante, ni encore la même auteure que sur son premier disque.Trois ans de tourbillon effréné ont clairement laissé leur marque sur la jeune femme, devenue adulte avant le temps.La voici devant nous sans chaperon médiatique, telle une seule femme, chemisier noir à pois blancs sur le dos, les yeux fardés de noir et d’or.À 22 ans — elle vient tout juste de les avoir — sa vie professioimelle a connu plus de rebondissements que celles d’un paquet de nous rassemblées.Dans les derniers mois, on a bien entendu la voix de la fli-bustière sur une demi-douzaine de chansons ou de projets (Om- nikrom, Peter Peter, Nouvelle Va^e, Armistice) et sur des dizaines de scènes, de L’Astral à l’Oljunpia de Paris.Cœur de pirate a aussi gagné les Pélix de révélation de l’année, en 2009, et d’artiste québécois s’étant le plus illustré hors Québec en 2010, en plus de décrocher en Prance le Victoire de la chanson originale.Et on en passe, des meilleurs et des pires.Alors, imaginez la vie amoureuse dans tout ça.Son deuxième disque, intitulé Blonde, porte d’ailleurs la trace d’un cœur tailladé par les amours à distance.Moins vengeur Parce que des avions, elle en a pris.Vers Paris, beaucoup, mais aussi vers Toronto ou Los Angeles, selon le concert ou l’amoureux.D’ailleurs, sur son compte Twitter, le mot clic #jet-lag est devenu une habitude.«J’ai vécu des deux côtés de l’Atlantique, que j’ai traversé tellement de fois, raconte Béatrice Martin en regardant par la fenêtre du café./c n’ose pas comp- ter, mais je pense que j’ai dû prendre l’avion près de 100fois.» Pour Cœur de pirate, son nouveau Blonde raconte à la fois «trois ans de vie de tournée et trois ans en amour».Et ce, dans une vie d’adulte, mais avec le bagage d’une adolescente.«Ça parle d’être en amour sans être présent, d’en demander beaucoup sans être là émotionnellement ou physiquement.Et c’est pas négatif, mais je n’ai pas vraiment vécu ma jeune vingtaine; alors, ma perception des relations inter- bagages depuis longtemps: «Et je ne sais plus si tu en vaux la peine / C’est plutôt dur d’en être certaine / Et quand tu seras à Pearson / Ce soir, ne m’oublie pas / Je t’attendrai au moins le temps de dire / Que j’ai voulu prendre le plus grand risque/ Un soir qui m’a rendue bien triste / Un soir, place de la République».Cette voix qu’elle a Au-delà des mots.Blonde nous transporte dans un univers plus riche, ample et varié que sur l’album initial de «Moi, à la hase, j’aurais écrit des chansons pour les autres ; mais ç’a adonné qu’il n’y avait personne pour les chanter!» personnelles est complètement bizarre.J’avais pas vraiment eu de chum sérieux avant» le succès du premier album.Ce disque, la pianiste le trouve toutefois moins vengeur, et le voit comme un hommage à ceux qui ont partagé ses amours en transit.Ça se sent ici et là sur le disque.Sur Loin d’ici, par exemple.«Et j’ai laissé mon cœur loin d’ici / Valsant dans un coin de ton pays / Sans regrets, je ne sais si l’on doit commencer / Une histoire si l’on doit se quitter».Ou sur le titre Place de la République, qu’elle traîne dans ses Cœur de pirate.On retrouve des cordes, mais aussi des cuivres, et beaucoup de claviers bien ronds au lieu du piano classique.Ici, on est dans du rock swing des aimées 1960; là, plus près d’une inspiration country; ailleurs, dans les ballades classiques françaises qu’aimeront les amateurs de Jimmy Hunt.Et c’est au Québec que tout s’est fait, avec entre autres l’aide d’Howard Billerman à la réalisation et de Michael Rault, qui a fait les arrangements de quelques morceaux.On y retrouve aussi la présence de la Canadienne Basia Bulat et de Sam Roberts, qui chante le duo VOIR PAGE E 2: PIRATE E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 CULTURE 25 ans sans Jutra y Odile Tremblay A l’angle des rues Clark et Prince-Arthur, une sculpture de Charles Daudelin, Hommage à Claude Jutra, célèbre depuis 1997 rhomme-caméra.On va la saluer au passage dans le froid qui fait crisser les feuilles mortes, déchiffrant sur le métal le texte du cinéaste qui débute ainsi: «La vocation du cinéma est d’incarner la vie.» Jutra mourut pourtant.Même que ça fera 25 ans le 5 novembre prochain.Quel temps faisait-il, ce jour-là?Qu’importe, tant l’eau devait être froide et l’impact puissant.Le cinéaste plongea vers sa mort du haut du pont Jacques-Cartier.Lui dont la mémoire flanchait sous les assauts d’un alzheimer précoce, il aura choisi le jour et l’heure du dernier saut, avec sa minutie de réalisateur maniaque.11 avait écrit «Je suis Claude Jutra» sur un papier afin d’attraper un moi fuyant, ou pour faciliter l’identification de son corps.Ce qui arriva six mois plus tard, dans le bout de Québec, après la débâcle des glaces.Entre-temps, son sort avait fait l’objet des plus folles supputations.— Mort?Allons donc! Mais le cinéaste surdoué, qui fit souffler sur le Québec un vent de modernité en 1963 à travers l’éternellement jeuneÀ tout prendre, celui qui offrit en 1971 le bijou ciselé Mon oncle Antoine — meilleur film canadien, de l’avis général —, l’ami de Jean Rouch, de François Truflaut et de Leonard Cohen, âmes soeurs en création, ce cinéaste-là se sera-t-il laissé vraiment ensevelir?J’ai appelé son vieux compagnon de route Michel Braulf qui travailla à ses côtés^comme directeur photo sur tant de films, dont À tout prendre.Mon oncle Antoine, Kamouraska, etc.11 s’étonnait: «Vingt-cinq ans déjà!» Dans la mémoire, se marient toutes les époques ef sous le nom de Claude, Michel Brault revoyait aussi leur jeunesse dans la belle maison de campagne si accueillante du papa médecin de Jutra.Claude et lui, en pleine cabane du jardinier, montaient le premier film de l’adolescent Jutra, Ix dément du lac Jean-Jeunes.Ils se posaient des colles cinématographiques.Suivirent tant d’années de travail et d’amitié.«Je lui dois tout, déclare avec humilité le cinéaste des Ordres et le coréalisteur de Pour la suite du monde, pionnier du cinéma direct dont l’QNF fut le berceau.Il fut si important dans ma vie.Claude était plus jeune que moi, mais il savait tout, alliant la poésie et la science technique.Il m’a enseigné pourquoi la lumière était absolue.Des leçons qui m’ont marqué à vie.» Aux funérailles de Jutra, Michel Brault lançait cette phrase sublime: «On dirait que le sang de Claude battait dans ses veines à 24 images.» Dans la foulée de ces obsèques-là, une journaliste avait organisé au cinéma Qutremont un visionnement d’À tout prendre pour Michel Brault et Paule Baillar-geon.La scène finale du film se clôturait par le suicide du personnage de Claude.Celui-ci se jetait à l’eau d’un quai, montait au ciel avant d’être abattu par un chasseur de canards.«Or fêtais le figurant qui jouait le chasseur, dit Michel Brault.Et ça m’a causé un tel choc d’y avoir tué Claude que je n’ai pu accorder d’entrevue après la projection, ni n’ai jamais voulu rewoiVÀ tout prendre.» Prémonitoire, cette scène?Et si le cinéaste avait voulu imiter son propre cinéma, en une hallucinante mise en abyme?Dans ce film-là, docuficton avant la lettre, libre, intime, en avance sur son époque (qui ne le comprit guère à sa sortie) mais préfigurant tous les bouleversements sociaux, Jutra semble proférer: «Je est un autre», dans le sillage de Rimbaud, son «moi» éclaté en kaléidoscope.11 y recréait sa liaison passée avec le mannequin Johanne Harel, tout en la transformant.Qn est au cinéma, après tout.Jean-Claude Labrecque et Michel Brault s’y partageaient la caméra, mais c’est ce dernier qui filma la délicate scène de confession de la belle dame noire sur ses véritables origmes d’enfant adoptée.Dans l’esprit des cinéphiles demeurent égale- MICHEL BRAULT Le cinéaste Claude Jutra, photographié par Michel Brault ment à jamais gravées les images d’un cercueil dans la neige, avec un garçon comprenant que son oncle n’est pas infaillible, que la mort demeure le lot commun, en cette veille de Noël dans un village québécois d’antan que Mon oncle Antoine rendait emblématique de toutes les initiations.«Mais non, on n’avait pas l’impression de faire des chefs-d’œuvre, déclare Brault.Penses-tu?Radio-Çanada refusait d’acheter nos films.Claude a fait A tout prendre avec 15 000 $ prêtés par son père.Pierre Lamy nous avait refilé une caméra.La liberté, c’était l’absence de moyens.» Le 5 novembre, samedi soir prochain, Artv souligne notre quart de siècle sans Claude Jutra.Sur les ondes dès 20h: une présentation d’À tout prendre, que les nouvelles générations auront plaisir à découvrir, et du brillant collectif La lutte (1961), sur les coulisses des spectaculaires combats au Forum de Montréal.«On avait filmé à plu- sieurs, mais l’auteur véritable du film, c’est Claude, ce grand monteur», assure Michel Brault.Au menu aussi: le court métrage Rouli-roulant (1966), clin d’œil de jeunesse et de liberté ayant des liens de parenté avec le film Wow que Jutra réalisa trois ans plus tard.Je demande à Michel Brault s’il a des projets de films.«Trop vieux; 83 ans, répond-il, avouant avoir de la difficulté à se pencher même pour prendre des photos, lui qui bricola jadis tant de caméras afin de leur offrir cette mobilité du direct qui changea la lace de notre cinéma.Je songeais que le septième art québécois continuerait non seulement sans Jutra, mais aussi sans Brault.Et l’automne me sembla bien plus humide tout à coup.otremblay@ledevoir.corn D’une rare pertinence Alexandre Cadieux, Le Devoir «%> Ct>rit«ildKArt} UMd«C»urKil et des lettres Québec»» CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL bî Une pièce d'Annabel Soutar ^0 h : Ste-Geneviève, salle Pauline-Julien 20 h : Montréal, Maison de la culture Frontenac 20 h : Montréal, Maison de la culture Rosemont, salle Jean-Eudes 11/11, 20 h : Longueuil,Théâtre de la Ville 12/11, 20 h : Lachine, Complexe Guy-Décary, l'Entrepôt 17/11, 20 h : Montréal, Maison de la culture Marie-Uguay 30/11, 20 h : Montréal, Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal 1/12, 20 h : Gatineau, salle Jean-Desprez 4/12,15 h 30 : St-Jean-sur-Richelieu, Théâtre des Deux Rives J AÛUE DU 11 OCTOBRE AU 19 NOVEMBRE 2011 AlVnUE-ET.TSABlirrH BOSSE.VINCEWT-GUILLAUME OTIS et MARIE TIFO 4559 Papineau, Montréal / theatrelalicorne.com / Billetterie: 514 523.2246 PIRATE «Je suis encore Béatrice, la fille qui ne sait pas vraiment chanter mais qui sait chanter un peu!» SUITE DE LA PAGE E 1 Loin d’ici en français dans le texte.«J’avais déjà une idée en tête depuis 2009, je voulais une continuité du premier album, un peu yéyé, un peu sixties, mélangé avec plein d’affaires que j’aime, des Zombies à Gains-bourg en passant par Phil Spec-tor.Et je voulais aussi le style des chanteuses à la Erance Gall et Erançoise Hardy.Je savais où je m’en allais.» Tout de même, elle s’est battue pour pouvoir crémer toutes ses chansons d’écho, mais elle n’a pas gagné à chaque coup.«Honnêtement, si ç’avait été juste de moi, j’aurais mis un océan de “reverb”, comme le groupe Camera Obscura, mais je ne peux pas, parce que je fais la musique que je fais.et que les gens n’auraient pas entendu les paroles», ajoute-t-elle d’un ton un peu cynique.Et sa voix, souvent critiquée ou parodiée, elle ne la défend pas plus que ça.Pas plus que l’ensemble de sa musique d’ailleurs, répétant souvent qu’elle est encore en apprentissage, évoquant le syndrome de l’imposteur.«Veux, veux pas, ma voix change avec la tournée, mais je ne trouve pas que f articule plus ou moins qu’avant.Je suis encore Béatrice, la fille qui ne sait pas vraiment chanter mais qui sait chanter un peu! dit-elle en rigolant.C’est vrai, je ne suis pas chanteuse.Je n’utilise pas ma voix comme un muscle.Moi, à la base, j’aurais écrit des chansons pour les autres; mais ç’a adonné qu’il n’y avait personne pour les chanter!» Pour Béatrice Martin, c’est donc embarquement immédiat pour un nouveau tourbillon potentiel.Les premiers coups de vent se lèveront à Montréal et à Québec les 8 et 9 novembre, puis la pianiste tournera en France avant de revenir ici à la fin du mois de janvier pour une «run de lait» québécoise.«Ces chansons-là, je les ai faites pour moi, d’une certaine façon; ça m’a aidée.Mais si je les ai mises sur disque, c’est pour les gens qui écoutent.» Le Devoir BLONDE Cœur de pirate Grosse boîte Offert en version numérique le 7 novembre, et le lendemain en magasin.Théâtre du Nouveau ^^onde BILLETS POUR TOUS LES SPECTACLES DE LA SAISON MAINTENANT DISPONIBLE! TNM.QC.CA 514.866.8668 CotuoH d9s arts etdaslettres : Québec 00 Conseil des Arts du Canada Canada Council for the Arts Télé-Québec LE DEVOIR D^INIC CHAMBAGNE UNE PRÉSENTATION ^ BANQUE NATIONALE :/ r ; • .'If G-.'' t\ REÜEAN DUCHARME \ avoc MARC BELAND / ANNE-MARIE CADIEUX / SOPHIE CADIEUX / FRANÇOIS PAPINEAU DÈS LE 15 NOVEMBRE LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 E 3 CULTURE DANSE Jumelages artistiques ARTDANTHÉ au Théâtre La Chapelle : un minifestival appelé à grandir dans le sillage de son vis-à-vis français FREDERIQUE DOYON T olie contraction des mots J «art», «dan^e» et «théâtre», ARTDANTHÉ est d’abord un festival bien établi au Théâtre de Vanves, en France.A Montréal, le Théâtre La Chapelle y a trouvé une parenté d’esprit avec sa propre programmation.D’où le jumelage naturel des deux institutions pour créer, en marge de la manifestation française, une déclinaison québécoise.«J’ai trouvé [à Vanves] beaucoup de résonances dans les choix artistiques, la pertinence des formes, le questionnement sur l’innovation et l’expérimentation, explique le directeur artistique de La Chapelle, Jack Uda-shkin.Il y avait là beaucoup d’artistes qui m’intéressent, que favais déjà programmés.» Du 2 au 20 novembre, sept artistes d’ici et d’ailleurs se relaieront donc sur la scène du théâtre montréalais (voir ci-dessous) .Petit programme de cinq solos et d’un duo, appelé à grandir dans une formule biennale, et concocté en écho aux éditions passées et actuelle d’ARTDANTHÉ, que pilote depuis 15 ans José Abarroba à Vanves, en périphérie de Paris.Brouiller les frontières «Ce sont des artistes qui remettent en question les formes, qui surprennent le public, très innovateurs et intelligents, indique M.Udashkin.Des bêtes étranges, partagées entre l’expérimentation et le souci d’accessibilité.» Et surtout, ils brouillent les frontières entre l’art visuel, la danse et le théâtre, évoluant souvent dans un univers plus proche de la performance.La série de spectacles remplace d’ailleurs Vasistas, précédent événement multidisciplinaire de la maison, que M.Udashkin avait rebaptisé temporairement Chaosmos.«Je cherchais une identité nouvelle, je voulais mettre en place quelque chose qui pourrait évoluer avec le temps», dit-il.ARTDANTHÉ répond aussi à la préoccupation de La Chapelle de faire une place et surtout de suivre et soutenir la jeune génération d’artistes.Jack Udashkin a déjà mis en place une résidence, pour eux, dans les studios de la Compagnie Marie Chouinard.Le jumelage avec Vanves «ouvre la porte aux collaborations avec les jeunes artistes d’ici, voire à la coproduction» de futurs spectacles.La mouture française cultive depuis des années déjà un intérêt pour les artistes québécois.Une vitrine toute québécoise, intitulée J’entends frapper, met notamment à l’afhche, en mars prochain, Frédérick Gravel, Nicolas Cantin, Marie Béland et Daniel Léveillé.Le pendanf montréalais d’ARTDANTHÉ devrait revenir à l’hiver 2014, avec la participation souhaitée d’autres théâtres.THOMAS BROCHER Le Devoir Une scène d’An Attempt to Fail at Ground Breaking Theatre with Pina Arcade Smith, d’Anthony Rizzi Des rendez-vous majeurs Corps noir De Stéphane Gladyszewki.Présenté à Tangente en 2008, ce conte autobiographique con-jugue les pouvoirs oniriques de l’image, de la lumière et du corps.Le talentueux artiste québécois est l’un des rares à convoquer l’émotion au-delà des technologies utilisées.& caméra à imagerie thermique capte en quelque sorte la lumière de nos entrées ou de notre inconscient.Ces images sont reprojetées simultanément sru le corps dont elles émanent Du 2 au 4 novembre An Attempt to Fail at Ground Breaking TTieatre with Pina Arcade Smith D’Antony Rizzi.Curieuse bête, en effet, ce Rizzi, ex-assistant de William Forsythe, chouchou de Jan Fabre et professeur chez Pina Bausch.Celui qui enfante des solos déjantés, drôles jusqu’au ridicule, s’inspire ici de la scène underground new-yorkaise du Performance Art des années 80.Il y incarne Penny Arcade, instigatrice de cette scène et superstar adolescente d’Andy Warhol, Pina Bausch, l’icône de la danse % .ù'‘ NICOLAS MINNS Corps noir ou l’inconscient convié, de Stéphane Gladyszewki expressionniste allemande, et «New» Jack Smith, réalisateur queer et parrain du Performance Art.Les 6 et 7 novembre Som Faves D’Ivo Dimchev.Le titre est la contraction de «some favorites», ces éléments choisis que l’artiste bulgare a tirés d’une liste de 100 sujets, objets ou personnes auxquels il se sent attaché.Morceaux épars qui forment graduellement, par accumulation d’actions performatives, un portrait intime de l’artiste, livré sur un ton tra-gicomique.Les 11 et 12 novembre Rouge De Julie Andrée T.C’est la couleur de l’amour, du sang, de la honte.C’est aussi le pivot de la performance qui a déjà été livrée au dernier Festival TransAmériques.Cette artiste issue des arts visuels a notamment travaillé avec Benoît Lachambre, Xavier LeRoy et Dominique Porte.La pièce prend forme à travers un délire d’accumulation d’objets et d’actions pour créer un paysage sonore et visuel en constante transformation.Du 15 au 17 novembre Conscienza di terrore 1 + Chair Homme De Sylvia Camarda et Jonathan Fortin/Vincent Morelle.La première est aussi issue de l’école de Jan Fabre, en plus d’avoir dansé pour le Cirque du Soleil.Son solo, inspiré du film Taxi to the Dark Side d’Alex Gibney, traque l’impuissance et l’inconscience derrière les frasques des militaires qui sévissent dans les prisons d’Irak, d’Afghanistan et de Guantanamo.Les seconds, l’un québécois issu du cirque et l’autre danseur français, se pen- LOUISE GIBSON Sylvia Camarda dans Conscienza di terrore 1 chent sur la dualité profonde de l’identité masculine.Les 19 et 20 novembre K D.l AGIR DE FAÇON RESPONSABLE ET DURABLE > LOUIS PELLETIER, CONSERVATEUR Depuis plus de 30 ans, la Collection Loto-Québec offre une vitrine privilégiée aux créateurs et artistes contemporains de chez nous.D'ailleurs, notre Collection compte au-delà de 4 000 œuvres réalisées par plus de 1 000 artistes québécois.LOTO OUÊBEC E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 CULTURE MEDIAS Madame cinéma Lucie Amyot, programmatrice hors pair de TFO STEPHANE BAILLARGEON Lucie Amyot a 79 ans et elle prouve à tous que ce n’est pas du tout la fin des haricots.La programmation cinéma exceptionnelle de TFO, c’est bel et bien à elle qu’on la doit depuis une bonne décennie.«Je voulais prendre ma retraite [d’un poste de direction de la chaîne] à 69 ans, quand on m’a demandé de rester pour m’occuper du cinéma, raconte Mme Amyot, jointe par téléphone dans la région de Toronto./e fais ce travail depuis dix ans.Je l’adore.» La directrice de la programmation et des acquisitions y met toute sa passion de cinéphile, et ça donne beaucoup, énormément.TFO programme un film par soir, à 21ti.Cette année, les séries de la télévision francophone, éducative et culturelle de l’Ontario rendent hommage à Bergman {Les fraises sauvages était à l’horaire hier), Rossellini, Téchiné, Rivette, Sautet et Ozu.En même temps, la grille offre des découvertes contemporaines triées sur le volet.Le mercredi «Cinéma du monde» propose des produc- tions de la Grèce et du Chili, de l’Algérie ou de Hong Kong.Cette semaine, on y verra Fausta (2009), une évocation «belle et douloureuse» (dixit Le Monde) de la guérilla qui a ensanglanté le Pérou dans les années 1980.«Je travaille l’acquisition et la programmation de concert, explique la responsable./e respecte notre mandat éducatif et culturel.En principe, je ne pro- Elle vient par exemple d’obtenir les droits pour le Faust de Sokourov, qu’elle présentera en décembre 2012.Elle songe déjà à l’inclure dans un bloc de cinq ou six films du maître.Beaucoup avec peu Et tout ça avec des moyens minuscules, quelques milliers de dollars pour une diffusion.«Nous avons un très petit budget parce que nous ne «Je me laisse guider par l’objectif de monter un programme digne d’un festival et d’une cinémathèque » gramme aucun film dont le tournage était en anglais, puisque la télévision publique ontarienne a sa chaîne anglophone.Je me laisse ensuite guider par l’objectif de monter un programme digne d’un festival et d’une cinémathèque.» Le résultat situe TFO dans une classe à part, y compris à l’échelle continentale s’il vous plaît.Mme Amyot l’avoue elle-même, en toute modestie.«Disons que je n’ai plus beaucoup de concurrence.Il n’y a rien de semblable en Amérique, même avec les chaînes spécialisées.» ME [MANUELLE BELLE PIANE MISE EN SCÈNE LUGE PELLETIER JÏEC LOUISE CARDINAL STEVE 6A6N0N JACQUES L'HEUREUX CATHERINE FAQUIN BECHARD COLUIBORIITEURS ERWANN BERNARD JULIE BRETON CATHERINE UABOUAS KATHLEEN UABNON CLAIRE L'HEUREUX OLIVIER LANDREVILLE DAVID TR0TT1ER LES ENFANTS DELA PLEINE LUNE UNE CRÉATION DU théâtre DE L’OPSIS RESERVATIONS 514-526-6582 DU 25 OCTOBRE AU 19 NOVEMBRE 2011 AU théâtre 5 NOVEMBRE .l E T H E A T B E -D E • l ' .v TT^ ^ ^ a.fTA,.O P s I § • THÉÂTRE ¦ ; PROSPERO i BËSEALIACMISSIDN IB5S.790.I945 ".un incontournable du théâtre conterrporai de l'automne 2011.” Sdmu^l Larochelle, pafuvhite.) ".une histoire très poignante, une écriture puissante, provocante, pas gratuite, mais impudique.” Annie-Soleil Proteau, Radio-Canada, C'est bien meilleur le matin " La mise en scène, particulièrement brillante de Gaétan Paré, permet au texte de bien s'enraciner et nous entraîne hors j^çonventionnels,." ISors-tu,,^a th*atra de aUAT'SOUS FAIRE DES ENFANTS UNE PRODUCTION DU THÉÂTRE DE QUAT'SOUS 18 octobre au 13 noifembre 2011 TFXTF ÉRIC NOËL GAÉTAN PARÉ OLIVIER GAU OET-SAVARO MYLÉNE CHABROL LIKDA BRUNELLE CLAUDE COURNOYER SUZANNE TRÉPAMER JEAN'FRANÇOIS GAGNON AVEC DANYBOUDREAULT SONIA CORDEAU LUOGER CÔTÉ NORMAND DAOUST DANIEL GADOUAS MARC-ANDRÉ GOULET RACHEL GRATON HÉLÈNE MERCIER ijjiiîiUiuMfm.j I ' ’ « ' I \ I T^ATCE de QUAT'SOUS I I 1 100 AVENUE ns jyin^ESTlVoVlTRÉAL BILLetTERIE 514 845-7277 IQUATSOUS.CQM présentons pas de publicité.Je dois donc être très opportuniste, toujours à l’affût, construire à partir des découvertes.Je peux même acheter des droits pour des films encore en production.J’ai par exemple présenté plusieurs Manoel de Oli-vera, qui tourne un nouveau film à 103 ans.J’ai entamé des contacts cette semaine pour pouvoir le présenter.» Sa tâche s’avère d’autant plus compliquée que les films ont une vie étrange, tortueuse, vagabonde.Les catalogues voyagent au gré des ventes, les droits s’échangent après des décès ou des faillites.Il faut parfois du temps pour dénicher un chef-d’œuvre enfoui.«Souvent, les majors ont ou- blié qu’ils ont certains films faits par des Européens ou qu’ils ont des copies sous-titrées en français.J’ai cherché Close-Up d’An-tonioni pendant deux ans, deux ans et demi.La copie est chez Warner et je viens d’envoyer un message à son sujet.Je négocie toujours avec cette maison pour le présenter.Warner veut me refiler vingt films et me faire payer trois fois ce que je donne d’habitude.J’ai bon espoir de n’acheter que Close-Up, et à bon prix.» Certains prennent bien soin de leurs trésors, et la section «Chefs-d’œuvre restaurés» en relaie tous les jeudis à 21h.Ce sera au tour de Farinelli cette semaine, puis des Enfants du paradis, en deux parties.«Je passe tout mon temps à patauger là-dedans.Je suis donc très au courant de ce qui se tourne, de ce qui est disponible.Internet me facilite maintenant beaucoup la tâche.Je reçois des News Letters de partout.» Le Web 2.0 aide aussi aux échanges avec le public de cinéphiles avertis, qui bénéheie du travail de madame cinéma.«La correspondance provient surtout du Québec.Notre clientèle est tellement “connaisseuse” qu’elle nous fait des suggestions parfois très pointues, concernant des films obscurs.» TA DERNIÈRE CHANCE! SUPPLÉMENTAIRES MERCREDI 2 NOV.+ JEUDI 3 NOV.TNIVI.QC.CA 514.866.8668 LIÊCOLE^FEMMES DE MOLIÈRE MISE EN SCÈNE yvesdi:ngag:^éi^ huHpan -'WfN i « Jubilation garantie pour le spectateur adepte d'humour absurde et de haute voltige verbale.» RADIO-CANADA, Claude Deschênes « À voir absolument !.C'est vertigineux, c'est jubilatoire, une grande célébration des mots et de belles retrouvailles.» ESPACE MUSIQUE, Marie-Christine Trottier « Le quatuor d'acteurs (.) est tout simplement renversant.» LA PRESSE, Jean Siag « Tour de force, exploit, spectaculaires acrobaties verbales.Pareille vélocité inspire de la fascination mais suscite également des cascades de rires.» REVUEJEU.ORC., Christian Saint-Pierre « Courez voir ce spectacle (.) Un exemple de virtuosité qu'on voit peu au théâtre.Chapeau I » PREMIÈRE CHAINE.Katerine Vérébély ûULiPûmuj COLLAGE ETMISE EN SCENE DENIS MARLEAU AVEC Cari Béchard | Pierre Chagnon Bernard Meney | Danièle Panneton TEXTES Italo Calvino | François Caradec François Le Lionnais I Jean Lescure I Denis MarLeau Harry Mathews | Georges Perec | Raymond Queneau MichelTremblay ÉQUIPE DE CRÉATION AngeLo Barsetti | Martin Émond I Jean Duchesneau I Dominique Gagnon Jean-François Gélinas I Isabelle Larivière Gaétan Leboeuf UBUCC.CA ESPACE GO 18 OCTOBRE AU 12 NOVEMBRE 514 845-4890 r JANET KIMBER Lucie Amyot, 79 ans, directrice de ia programmation et des acquisitions à TFO Lucie Amyot a elle-même une formation en histoire de l’art.Au début, son manque de connaissances théoriques en cinéma l’inquiétait.A la longue, elle a constaté que sa fréquentation incessante des cinémathèques depuis toujours l’avait en fait très bien préparée à ses nouvelles fonctions.Après tout, elle en a vu beaucoup, beaucoup, de fdms en plusieurs décennies.«J’ai une sorte de connaissance empirique du secteur et je fais mes classes au fur et à mesure du travail, conclut-elle.En fait, je suis le premier public cible de ma programmation.» Le Devoir K -Jean Siag, La Presse -Jean biag, Lann Je suis restée presque tétanisée par iapedormance de Mattueu :^NSie Petrowski! Six dans la cité / SRC .• «I.A nt ûllay-v! un üuiwui w - THÉÂTRE DU RIDEAU VERT T 4664, RUE SAINT-DENIS RÉSERVATIONS: 514 844-1793 '// Télé-Québec LE DEVOIR LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 E 5 CULTURE THÉÂTRE Noire comédie LA CHAISE Texte de Claude Paiement et Frédéric Desager.Mise en scène d’Eudore Belzile.Avec Frédéric Desager.A la salle Jean-Claude-Germain du Théâtre dAujour-d’hui, jusqu’au 12 novembre.MARIE LABRECQUE Les Etats américains sont peut-être presque tous passés à l’injection létale pour accomplir leur œuvre barbare et rétrograde, reste que la chaise électrique demeure une saisissante représentation de ce châtiment cruel.On est confronté à cet instrument de mort rudimentaire (frappante scénographie de Geneviève Li-zotte) dans cette création conjointe des Gens d’en bas et du Théâtre Harpagon.Les auteurs de La chaise ont trouvé dans la petite histoire de ce meuble macabre un terreau fertile et singulier, marqué par les ratés horrifiques d’une méthode d’exécution qui se voulait plus humaine et par l’implication paradoxale de Thomas Edison.La pièce dévoile la zone.d’ombre, l’ambition démesurée et les contradictions du grand inventeur de l’ampoule électrique, qui fut pourtant un abolitionniste.La chaise n’est pas pour autant un texte sur la peine capitale.Plutôt une incursion dans l’imaginaire d’un personnage pathétique, une comédie noire 91 CLAUDE PAIEMENT Frédéric Desager dans La chaise accusant le décalage creusé entre ses intentions/prétentions et l’âpre réalité.Inspiré par l’Américain Pred A.Leuch-ter — auquel l’excellent docu-mentariste Errol Morris a d’ailleurs consacré un fdm, Mr.Death —, Todd est un simple concierge chargé des sales bq-sognes après une exécution.A force de petites améliorations triviales apportées à l’instrument sinistre, ce patenteux naïf a été «promu» technicien en chaise électrique.On le verra déraper gravement à l’approche d’une mise à mort et s’enfermer dans la chambre d’exécution avec des otages (les spectateurs.).Le récit met en lumière son aveuglement: le pauvre Todd s’illusionne sur son importance, sur la nature de sa tâche {«je ne suis pas un bourreau», insiste-t-il), sur les causes du malaise qui le frappe, qu’il voit en terrnes purement mécaniques.A travers ce déni, La chaise épingle donc les compromissions humaines et les mensonges qu’on se raconte à soi-même.Il y a de la vivacité comique dans ce texte.Mais l’ironie assez mordante du début (Todd parle de l’exécution à venir comme d’un spectacle) verse dans un ton un peu bouffon.Ainsi, cette caricature d’Edison, ici un être mal dégrossi à l’accent franchouillard! Basée sur des séances d’improvisation, il me semble d’ailleurs que la pièce s’égare un peu en convoquant de nombreux personnages — quitte à devenir un spectacle solo, un tour de force pour acteur.Ils sont par contre tous campés adroitement et précisément par Erédéric Desager, qui change d’accent et de registre avec grande aisance.Ce comédien à la présence singulière apporte une humanité qui s’ignore au protagoniste, bourreau malgré lui.Bénéficiant d’une mise en scène efficace, d’une utilisation astucieuse de l’éclairage, la pièce a le mérite de nous entraîner dans des territoires inattendus.Pour emprunter un cliché, il y a là un univers.Collaboratrice du Devoir le temps texte Geneviève Billette mise en scene Rene Richard Cyr du 8 novembre au 3 décembre une creation du Centre du Theatre Benoît Drouin-Germain Monique Spaziani Benoit Gouin Benoit McGinnis Kim Despatis Bruno Marcii Frédéric Paquet Émilien Néron Alexis Piante d Aujourd hui direction artistique Marie-Thérèse Fortin informations et leseivations 3900, rue Saint-Denis, Montréal QC H2W 2M2 theatiedaujourdhui.qc.cei/contieletemps 514-282-3900 coiiaborateurs Marie-Heiene Dufort Jean Bard arie-Chantaie Vaiiiancourt Erwann Bernard Aiain Dauphinais Fiorence Cornet partenaires de saison Le Devoir BMO Groupe finoucier YANICK MACDONALD Dany Boudreault et Normand Daoust dans Faire des enfants Les basses choses du corps FAIRE DES ENFANTS Texte: Eric Noël.Mise en scène: Gaétan Paré.Une production du Théâtre de Quaf Sous présentée jusqu’au 13 novembre.ALEXANDRE CADIEUX C> est avec un mélange d’enthousiasme et de prudence qu’il faut accueillir la première production professionnelle d’un jeune auteur dramatique, surtout lorsque, comme c’est le pas avec Faire des enfants d’Eric Noël, honneurs et reconnaissance ont précédé la création à la scène.Lauréate du prix Gratien-Gélinas 2010 décerné par le Centre des auteurs dramatiques (CEAD), déjà traduite (et bientôt publiée) en langue allemande, la pièce a pris l’affiche mardi dernier au Théâtre de Quat’Sous dans une mise en scène de Gaétan Paré, remarqué notamment grâce à son travail récent sur Le moche de Marius von Mayenburg et Les bonnes de Jean Genet.On découvre en première partie le personnage de Philip- pe, jeune prostitué homosexuel entouré par les compagnons de club prêts à tout pour avoir ses fesses, le client plus âgé et vraisemblablement amoureux et la meilleure amie qui encaisse.Tous les poncifs de l’ange déchu entraîné par la quête d’amour et d’estime de sol sur le chemin de l’autodestruction à coups de baises et de drogues sont Ici réunis.SI la performance de l’acteur Dany Boudreault dans ce rôle s’avère fort juste et convaincante, la descente aux enfers de celui qui, même couvert de sa propre merde, continue de hurler: «Je veux tout!» relève d’un romantisme trash plutôt primaire.Heureusement, la seconde partie, mettant en scène la mère, le père et la sœur du protagoniste (Hélène Mercier, Daniel Gadouas et Rachel Graton, tous trois émouvants), permet au propos de prendre forme de manière plus Intéressante.Le crédit en revient entre autres à Paré: sur la petite scène vide et dépouillée des grandes toiles blanches qui l’encadraient durant le premier acte, les déplacements et les contacts entre les acteurs suggèrent avec doigté que le corps, celui qui donne la vie, qui se donne, qui se prend, qui attire ou qui dégoûte constitue l’Interface de nos rapports à autrui.L’environnement sonore Insolite conçu par le metteur en scène et les magnifiques éclairages de Claude Cournoyer créent un espace de parole où la douleur liée à l’incompréhension et à l’abandon dépasse la dimension du drame pour atteindre une poésie de l’impudeur.On restera donc enthousiaste en voyaqt le directeur artistique Eric Jean continuer d’ouvrir les portes de son Quat’Sous et les pages de sa saison régulière à de jeunes artistes comme il l’a fait récemment avec Catherine Léger ou encore Cafherine Vidal, et aujourd’hui Eric Noël et (jaétan Paré.On demeurera également prudent, mais aussi curieux, en attendant d’entendre ou de lire une seconde œuvre de ce nouveau dramaturge avant de savoir si s’élève vraiment ici une voix d’exception.Collaborateur du Devoir Variations oj résonnances www.denise-pelletier.qc.ca L’Illusion SALLE DENISE-PELLETIER E>u 9 novembre au 9 décembre 2011 De Corneille Mise en scène : Anne Miliaire Direction musicaie et composition : Samuel Véro Une production du Théâtre Denise-Pelletier Avec Isabeau Blanche, David-Alexandre Després, Vincent Fafard, Andrée-Anne Laçasse, Denis Mercier, Frédéric Millaire-Zouvi, Cari Poliquin et les musiciens Frédéric Deniers, Simon Jolicoeur-COté, Samuel Lalande-Markon, Frédéric Lapointe, Laurence Latreille-Gagné m n suffira pour vous gu’U lit dans les pensées, Et connaît et l’avenir et les choses passées; Bien n’est secret pour lui dans tout cet univers, Et pour lui nos destins sont des livres ouverts.(Acte premier, Scène première) estin tr3;gî>-c0imque de Tubby et Nottubby SALLE FRED-BARRY Du 19 octobre au 5 novembre 2011 Texte, mise en scène et interprétation : Sophie Brech et Louis Fortier Une production du Théâtre Fools and Feathers présentée par le Théâtre Denise-Pelletier “n y a des moments de théâtre qui sont de véritables moments de grâce (.) Tabby et Nottubby est de ceux-là.” Devoir, 17 septembre 2011) Billetterie 514 253-8974 E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 CULTURE EN BREF Mois de la photo 2013 Le Mois de la photo à Montréal vient à peine de se terminer que déjà les prémices de celui de 2013 sont coimues.Il aura comme point de départ l’idée que l’appareil photo travaille comme im ordinateur, voire comme im robot Drone: l’image robotiséejetïer ra im regard sur la relation entre la caméra et le corps humain.C’est le commissaire indépendant britannique Paul Wonrbell qui sera aux commandes.A noter que le prix Dazibao 2011 a été remis à Jim Verbiug.L’artiste, basé en partie à Montréal, aura droit à ime publication de la collection Les portables, éditée par Dazibao.-Le Devoir La Mecque du marché de l’art C’est en fin de semaine qu’a lieu la principale foire d’art au Canada.La Toronto International Art Fair (TIAF), ouverte jusqu’à lundi, en est à sa douzième édition.Cent neuf galeries, de treize pays, y participent parmi lesquelles h Mike Weiss Gallery de New York et la Quantum Contemporary de Londres.L’art du Québec, celui soutenu par le marché du moins, ne sera pas en reste.En plus de la forte présence de galeries québécoises, ime visite ^dée est orchestrée, aujoiud’hui samedi, par l’Association des galeries d’art contemporain.La TIAF se déroule au Metro Toronto Convention Centre.- Le Devoir Le Sobey à Young & Giroux Le prix Sobey 2011, l’un des plus prisés au Canada pour sa valeur (50 000 $), a été attribué à Halifax il y a deux semaines au duo ontarien Young & Giroux, pour la manière dont il s’approprie des systèmes informatiques et les logiciels poiu remettre en question la modernité.Les oeuvres du collectif, formé de Daniel Young et Christian Giroux, peuvent prendre la forme d’installations filmiques et de sculptures.Les autres finalistes, dont les Québécois Manon de Pauw et Charles Stankievech, ont remporté 5000 $.- Le Devoir EXPOSITIONS Une mer d’îlots conceptuels WILL WE EVER BE ABLE TO MARK ENOUGH ?Shilpa Gupta EROM AACHEN TO ISER Ricardo Cuevas Fonderie Darling, 745, rue Ottawa, jusqu’au 27 novembre.JÉRÔME DELGADO Une série d’îlots de lumière aitime la grande salle de la Fonderie Darling.Le noir ambiant les relie, les rapproche poiu mieux les opposer, comme le ferait une mer aux contours indéfi-itis.L’art à l’honneur ici, celui de Hndieime Shilpa Gupta, en est im de l’éclatement — sculpture, installation vidéo, série photo — et de la diversité des concepts.Chaque îlot est une oeuvre autonome, bien distincte, de laquelle se dégagent, se jettent à l’eau, des préoccupations sociales.La répétition d’un motif—une porte, une brique, une feuille de papier — semble être, quant à elle, le procédé esthétique privilé^é.Il laut prendre cette exposition, intitulée Will We Ever Be Able to Mark Enough?, comme pne expédition vers l’inconnu.À chaque arrêt, un nouveau contexte, un nouvel imivers à assimiler.L’image géographique n’est pas gratuite.Les questions du territoire, du déplacement ou de l’identité sont intrinsèques à la pratique de Shilpa Gupta, du moins telle que montrée lors de cette première expo en sol canadien.Entre des portes assemblées en rotonde qui ne mènent nulle part — une oeuvre «sans titre» — et l’installation vidéo Half Windows, une projection au sol qui joue siu les ambiguïtés spatiales, l’expérience est fort variée.Certaines propositions semblent rester à la surface, comme ces portes, usagées et récupérées par l’artiste lors de son séjoiu montréalais, énième vision sur le recyclage et le passage du temps.Certes, cette structure, toute simple, épate, mais parfois le meilleur n’est pas dans le plus spectaculaire.La vidéo A Map ofMy Country, réalisée avec des passants rencontrés dans les rues de Mont- GUY L’HEUREUX Vue de l’exposition Will We Ever Be Able to Mark Enough?, de Shilpa Gupta, à la Fonderie Darling réal, fait défiler une série de cartes géographiques dessinées à la main.Certaines ont le contour très précis, d’autres prennent la simple forme d’un œuf ou d’un pentagone.Qui sait si c’est volontaire, mais la feuille légèrement décalée de l’écran de projection insiste sur la spontanéité de l’exercice et sur notre rapport parfois bien iitile à ce qui est censé nous définir — un territoire, une nation.Les trois cages suspendues, et insérées l’une dans l’autre, d’une autre œuvre sans titre RIEN À FAIRE D'UN CŒUR LÔül^iÜ’ëO'MMÊ 'tiNE PIERRE.ALO’RS JE L'AI LANCÉ.PhikppG uucros lôtel-Motel Du 8 au 26 novambre MATINÉES LES MERCREDIS 16 ET 23 NOVEMBRE À14H PRÉVENTE pour les 9-10-11-12 Billetterie 514 521 4191 — Achat en ligne à ¦www.espacelibre.qc.ca 1945 rue Fuïluin, Montréal évoquent de multiples choses.Poétique et pobtique, elle prend aussi sens dans l’ombre projetée au sol, comme si au-delà de l’objet il y avait une autre vie, non matérielle.Threat, une œuvre en «savons pour le corps» alignés comme un miuet, est du même genre ambivalent.Le savon, ai> pelé à fondre, n’en deviendra-t-il pas plutôt un danger, du moins poiu l’enviroimement?There Is no Explosive in This est l’autre œuvre «montréalaise», réalisée à partir d’objets confisqués aux voyageurs passés par l’aéroport Trudeau — on y trouve même un marteau! Disposés siu une table, ceux-ci ont été recouverts d’un tissu blanc, ce qui les sacralise presque.Qn dirait des céramiques de Massimo Guerrera, prêtes à être manipulées.Autel d’objets anthropologiques, ou plutôt salle d’opération, l’œuvre dissèque cette société de la peur qui dicte nos déplacements et nos identités.Dis-moi ce que tu transportes et je t’éti-quetterai terroriste.L’audace internationale La Fonderie Darling, avec ses multiples ateliers, est devenue ime véritable fourmibère de création.Elle n’est cependant pas seulement orientée vers l’art d’ici, comme en témoignent ses différentes résidences internationales la reliant aux Amériques, à l’Australie, à la Suisse et à la France.La venue de Shilpa Gupta découle néanmoins d’un autre programme, un échange fortuit entre le Québec et la région de Maharashtra, en Inde.Le photographe Alain Paiement a exposé au printemps dans la mégapole Mumbai, où réside Gupta.Shilpa Gupta est l’artiste in-dieime de l’heiue, invitée autant dans les grandes manifestations (Bieimale de Lyon 2009) que représentée par une prestigieuse galerie, la parisienne Yvon Lambert L’expo Will We Ever Be Able to Mark Enough?, il faut le soub- gner, a été montée par Renée Baert commissaire bidépendan-te de Montréal.Si le choix d’attirer Gupta peut paraître sage, la Fonderie Darbng sait aussi se faue défricheuse.Dans la petite sabe, on montre le travab de Ricardo Cuevas, artiste mexicain qib a profité de la «résidence des Amériques».L’expo Erom Aachen to Iser rassemble une série d’œuvres plus homogènes et dépoublées, portées par la pensée de Merleau-Ponty et sa phbosophie autour des sens.Qn y trouve d’audacieux projets, tebe l’bistabation miuale qui a inspué le titre de l’ensemble, 12,000 Words Often Mispronounced.L’artiste y reproduit à la main, page par page, les mots s’étalant entre Aachen et Iser dans ce curieux dictionnaire.Mais ceci n’est qu’une étape de l’objectif ultime, soit la captation sonore de ces mots bnprononçables — et biau-dibles lors de notre visite.Collaborateur du Devoir IA CHAISE O C9 Au Théâtre d'Aujourd'hui du ]8 octobre ou ]2 novembre 20]] ce CD .13 t5T5^ Textiuirnuum Mise en scèn^ Décor et costum Direction te'chiilqü IT J FRÉDÉRIC DESAGER EUDORE BELZILEi GENEVIÈVE LIZOÏÏE lERIKPALARDYi THEATRE I D’AUJOURD'HUI Conseil des arts et des lettres Québec na FREDERIC DESAGER OSEEKLEINBAUM ANDRÉ RIOUX VROMB « Claude Paiement et Frédéric Desager ont écrit me œuvre étonnante, à la fois grave, comique, dérangeante et ludique.(.) L’acteur incarne avec force et virtuosité plusieurs personnages (.)La mise en scène d’Eudore Belzile est extrêmement précise, réglée au quart de tour (.)» - Lui Boulanger, La Presse «.la pièce saura faire rire et surprendre.» - Giegary Haeherman, iiil(Kulture.biz « Si vous aimez le théâtre, si vous aimez les performances d’acteur, allez voir cette pièce.(.) [Frédéric Desager]y montre toute les couleurs et la richesse de son talent.» - Stéphanie Boihand - CIBL « Frédéric Desager livre une intense performance.» - Unda Moussakova - Arts et Sciences « Desager s’en donne à cœur joie (.) le comédien plonge dans un univers^ a fascinant.» V - Hugo Prévost, Pieuvre.^L 11® 'estival interculturel du conte du Québec LE MARATHON DU CONTE Spectacle de clôture de la 11® édition Dimanche 30 octobre, de 12 h à 22 h, entrée libre Quarante-deux conteurs d'id et d'ailleurs se relaieront à pas contés pour construire conte par conte ce monde unique et merveiiieux où ia diversité de chacun.fait ia richesse de tous.12 h Prennières Nations Contes et chants au tambour Robert Seven-Crows, Nicole O'Bomsawin, Louise Tanguay, Germaine Mesténapéo, Joan Grégoire 13 h Québec mon amour Pierre Labrèche, Marc Sauvageau, Raynald Barbarie, Eric Michaud 14 h Femmes, femmes, femmes Joujou Turenne, Laurianne Detcheverry, Judith Poirier, Danielle Brabant 15 h Originaux et détraqués François Lavallée, Isabelle St-Pierre, Sylvain Vigneau, Éric Gauthier 16 h Enfer et paradis Alexis Roy, Hélène Lasnier, Mike Burns, Lucie Bisson www.festival-conte.qc.ca 17 h Vraies menteries et fausses vérités Dominique Breau, Marc Buléon, Ronald Larocque, Simon Gauthier 18 h Fées, sorcières et génies Francis Désilets, Claudette L'Heureux, Arleen Thibault, Danielle Vallée, Richard Léveillée 19 h Contes du monde Michal Malinowski, Françoise Diep, Franck Sylvestre, Claude Delsol 20 h Contes et musique d'Afrique Fahem Abes, Kientega Pingdéwindé Gérard, Bertrand N'Zoutani, Gisèle Ndong Biyogo f 21 h Contes coquins Stéphanie Bénéteau, Catherine Gaillard, Renée Robitaille, Viertor Cova Correa Maison de la culture Frontenac 2550, rue Ontario Est (métro Frontenac) QuébecE ¦ Patrimoine 1^1 canadien Canadian Heritage Montreal! LE DEVOIR •Cinsdl des arb et des lettres • MInIsÛe des Attira miHih^l^ des Réglons et de l’OraifeitKn du temtose • MInIstée de b Culture, des Cominunlcatlons et de la CoKltlon féminine Illustration : François Girard LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 E 7 DE VISU Le paysage et son décor ANALOGIE DU REPLI.UNE ŒUVRE PAYSAGE Maison des arts de Laval 1395, boni, de la Concorde Ouest, Laval Jusqu’au 21 novembre MARIE-ÈVE CHARRON SA il venait encore à 7 quiconque l’idée qu’il est possible de concevoir une nature sauvage en dehors de la culture, l’exposition en cours à la Maison des arts de Laval rappelle le contraire.Elle le fait même avec insistance, mais se garde bien de verser dans le didactisme.Analogie du repli.Une œuvre paysage se présente comme un décor des plus artificiels qui aurait la nature pour sujet et regroupe dans un parcours ouvert le travail de Catherine Bodmer, de Jacynthe Carrier, d’Andrée-Anne Dupuis-Bourret, d’Isahelle Hayeur et de Claudette Lemay.Cette exposition collective, les commissaires Nadège Grehmeier Forget et Manon Tourigny l’ont voulue composée uniquement d’artistes femmes, suivant la simple aspiration de «travailler ensemble», peut-on lire dans l’opuscule.La mise en commun se matérialise dans l’exposition par les œuvres qui s’offrent volontairement aux interférences entre elles, forçant à reconsidérer les limites physiques et conceptuelles qui marquent leurs frontières.Ce voisinage entre les œuvres est en général de hon ton et ramène dans l’expérience du parcours la prise en compte du réel comme représentation.L’ajout, à certains endroits, d’un éclairage vert criard, couleur par excellence de la suh-stitution et du factice, vient d’ailleurs renforcer le caractère construit de la nature.Les commissaires en herhe auraient dû toutefois faire preuve de retenue ici: ce geste scéno-graphique n’apporte rien aux œuvres et ne vient que souligner à gros traits ce dont elles traitent déjà, avec plus ou moins de subtilités.Territoires urbains Une des entrées de la salle amorce le parcours avec l’installation sonore de Claudette Lemay.Tiou! est une version remaniée, et largement bonihée, d’un projet montré le printemps dernier à la maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce.De petits haut-parleurs font entendre des voix humaines imi- tant d’après la lecture d’onomatopées, le chant des oiseaux.Absurde par son approximation, cette tentative trahit l’écart qui la sépare de la source et en même temps dévoile le désir irrépressible de s’en approcher.L’œuvre se fait entendre, surprend et décroche quelques sourires, même au-delà de la forêt de colonnes blanches qui la spatialisait au départ.Tout au plus fmit-on par en faire abstraction en regardant la vidéo d’Isabelle Hayeur.Même après avoir déjà été vue, en 2010 à la galerie Pierre-François Ouellette art contemporain.Losing Ground recèle encore des détails sur lesquels s’arrêter.Son montage maîtrisé passe d’une vieille maison brûlée, abandonnée sur un terrain désolé, aux châteaux de carton-pâte poussant à qui mieux mieux dans la banlieue anonyme.L’artiste, c’est certain, y voit une décadence.Les photographies de Catherine Bodmer, elles, refusent d’emprunter un seul point de vue sur le territoire urbain et ses transformations.Dans les deux nouveaux diptyques que présente l’artiste, le toit d’un édifice et son arrière-plan deviennent le lieu de microaltérations nous invitant à revoir la surface des choses, d’abord d’une image à l’autre, puis en fonction de ce qui nous semble approprié.Par la manipulation de l’image, l’artiste génère finement, à partir du même, des espaces autres, les plus petites n 6 GUY L’HEUREUX Vue de l’exposition Analogie du repli à la Maison des arts de Laval, avec notamment des œuvres de Catherine Bodmer (à gauche), d’Andrée-Anne Dupuis-Bourret (au sol), d’Isabelle Hayeur (au centre) et de Jacynthe Carrier (à droite) particules de la surface pouvant ainsi mieux décrire le réel qui, pourtant, en devient insaisissable.Alors que pour Bodmer chaque pixel a un potentiel de prolifération, et non de dégradation, y répondent les «bosquets» d’Andrée-Anne Dupuis-Bourret, des papiers sérigraphiés et pliés qui ajoutent du volume au sol.Si la structure modulaire de ces quasi-accessoires scéniques est bien exploitée, leurs motifs photographiés, de matières naturelles ou transformées, sont quant à eux désavantageusement gommés par l’effet de l’éclairage.L’installation photographique de Jacynthe Carrier clôt, ou pourrait amorcer, cette exposi- tion.L’œuvre pose en dualité sommaire des réalités présentes et passées au moyen d’une photo en noir et blanc s’étirant sur un panneau qui rappelle l’affichage publicitaire présent le long des routes.L’idée du dispositif ne semble pas avoir été pleinement accomplie et reprend la dichotomie un peu facile de la mise en scène: dos à nous, des gens en apparence venus d’une autre époque regardent en direction de pylônes électriques se prohlant au loin.La mise en situation intrigue néanmoins en ne disant pas si, dans leurs mains chargées, ce sont des of fraudes ou des armes qu’ils transportent.Collaboratrice du Devoir 54» EXPOSITION D'ART INTERNATIONAL BIENNALE DE VENISE MARIO MEROLA PARTICIPATION PADIGLIONE ITALIA ALL'ARSENALE Tryptique des saisons, 2009 Acrylique sur toile 182X266 cm PEINTURES MURALES 1 (514) 381-6338 www.mariomerola.net Simon Bilodeau Le monde est un zombie/Le monde est un zombie commissairB_Ka1rie Chagnon Conférence le 5 novembre à 14 h Vernissage le 5 novembre à 15 h EXPRESSION Centre d'exposition de Saint-Hyacinthe www.expression.qc.ca T 450.773.4209 expression@expression.qc.ca Le Centre d’exposition de Repentigny présente Diane Dufresne et Richard Langevin Du 20 octobre au 4 décembre 2011 3, place d'Évry, Repentigny (Québec) J6A 8H7 www.ville.repentigny.qc.ca/expositions LAPRESSE^^^KTJ Entrée libre 451 ^pentigny S'épanouir m MUSEE D’ART DE JOLIETTE AUTOMNE 2011 ALFREDO JAAR LES CENDRES DE PASOLINI ?U 18 SEPTEMBRE 2011 AU 8 JANVIER 2012 FRANCISCO GOYA LES DÉSASTRES DE LA GUERRE ET LES CAPRICES Organisée par le Musée des beaux-arts du Canada DU 25 SEPTEMBRE 2011 AU U'JANVIER 2012 CHRIS MARKER LA JETÉE ?U 25 SEPTEMBRE 2011 AU 1" JANVIER 2012 JACQUES CALLOT LES MISÈRES ET LES MALHEURS DE LA GUERRE DU 26 SEPTEMBRE 2011 AU 0 JANVIER 2012 SOPHIE JODOIN PETITES CHRONIQUES DES VIOLENCES ORDINAIRES ?U 18 SEPTEMBRE 2011 AU 0 JANVIER 2012 FILIATIO Organisée en collaboration avec l'Académie /Uitoine-Manseau DU 25 SEPTEMBRE 2011 AU 29 AVRIL 2012 145, rue du Père-Wilfrid-Corbeil, Joliette (Québec) J6E 4T4 450 756-0311 I www.museejoliette.org Mardi au dimanche, 12 h à 17 h C^â)ecu ItqLLDuutj Colloque enseignants Discussions Témoignages Films Livres et littérature Exposition Série éducatives sur l’Holocauste / 26 octobre au 6 novembre CVI LIVRES ET LITTERATURE EXPOSITION ET TEMOIGNAGES La Mémoire des Vivants | Portes ouvertes au Musée Mercredi 2 novembre -19 h 30 Musée commémoratif de l’Holocauste à Montréal 5151, Ch.de la Côte-Ste-Catherine La comédienne Françoise Faucher livre une compilation de témoignages sur l'Holocauste, ceux d’Elie Wiesel, de Primo Levi et de Vassili Grossman.Spectacle littéraire conçu et mis en scène par Marie-Louise Leblanc.Productions et Jules à mes côtés.Gratuit La mémoirej au cœur Ue no/re avenir Programmation détaillée sur mhmc.ca 514 345-2605 I info@mhmc.ca Dimanche 30 octobre -10 h à 16 h Musée commémoratif de l’Holocauste à Montréal 5151, Ch.de la Côte-Ste-Catherine Visite guidée en français à 13h English Guided Tour at 10 : 30 am Gratuit (è Centre commémoratif de l'Holocauste à Montréal E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 CULTURE CINEMA Puissante et intense Maïwenn Son film coup-de-poing Pofee, coiffé du Prix du jury au dernier Festival de Cannes, assure à Montréal l’ouverture de Cinemania le 3 novembre ODILE TREMBLAY Elle est la fougue faite femme, une battante bourrée de talent et de culot, en train de se tailler dans le cinéma français une place de premier plan.Il fallait voir avec quelle émotion elle reçut à Cannes le Prix du jury pour son acclamé Polisse, film choral sur le milieu de la Protection des mineurs de la police parisienne, réalisé après un stage dans cet univers.Sorti tout chaud dans l’Hexagone, il fait un malheur sur les écrans (plus d’un demi-million d’entrées en cinq jours).De son vrai nom Maïwenn Le Besco et sœur de l’actrice et cinéaste Isild Le Besco, elle est une enfant de la balle que sa mère, l’actrice franco-algérienne Catherine Belkhodja, traînait sur les tournages et lors des castings.Son père, un Breton d’origine vietnamienne, la violentait.Une aura entoure cette Maïwenn, qui fit ses débuts au théâtre à l’âge de trois ans, fut de la distribution de L’été meurtrier, jouant le personnage d’Isabelle Adjani version enfant.Plus tard, dans La gamine Maïwenn dans une scène de Polisse d’Hervé Palud, on l’a retrouvée partenaire de Johnny Hallyday; elle fut celle de Daniel Auteuil dans Lacenaire de Francis Girod, etc., avant d’épouser Luc Besson et dç s’exiler quelques années aux Etats-Unis.Séparée de lui, c’est à travers un spectacle solo.Le pois chiche, réglant ses comptes avec sa famille, qu’elle créa l’événement à Paris.Même déballage sur son enfance écorchée dans son premier film.Pardonnez-moi, sorti en 2006.Après son deuxième long mé- SOURCE CINEMANIA trage.Le bal des actrices, en 2009, sur les coulisses de la vie des actrices, tous ont compris que Maïwenn s’ancrait dans le paysage toutes griffes dehors.Coup de maître Mais Polisse est son coup de « 3 DANSEURS VIRTUOSES + 1 COMÉDIENNE RENOMMÉE X1 CHORÉGRAPHE INGÉNIEUX = 1 SPECTACLE PERCUTANT.» (Danse Nouvelles Montréal) - l"'’ r' dernière CE SOÏRJ Hi iifin ¦B SmüBÊk H PROGRAMME CLASS iC PROGRAMME CONTEMPORAIN ^|y NACDANCE TANZTHEATER WUPPERTAL SEULEMENT À OnAWA! PI NA BAUSCH 25-26 NOVEMBRE / SALLE SOUTHAM 20 H BILLETS À PARTIR DE 49 $ HÔTEL PARTENAIRE LORD ELGIN ticketmastenca 1-888-991-2787 (ARTÿ ^90,7 PREMIÈRE CHAÎNE cna-nac.ca 53 Elgin, Ottawa CENTRE NATIONAL DES ARTS NATIONAL ARTS CENTRE maître avant les prochains, pré-sumons-le.«Je voulais que le film soit le plus vrai possible, dit-elle, en refusant de prendre parti, en multipliant les points de vue afin que le spectateur se fasse sa propre opinion.» Maïwenn y incarne le rôle d’une photographe qui suit comme une ombre parfois encombrante les membres de la Brigade de protection des mineurs, entre enfants violés ou forcés de devenir pickpockets, les tensions de groupe et la vie privée difficile à gérer pour tout un chacun.Dans cette grosse distribution se bousculent Karin Viard, Joey Sfarr, Marina Fois, Lou Doillon, Sandrine Ki-berlain, etc.Joey Sfarr, qui lilt son compagnon, demeure sa muse.«Pour la puissance, la complexité, le sensibilité de cet homme de contrastes.» «J’ai fait un stage en amont dans cette brigade en recueillant beaucoup d’informations sur son quotidien, ce qui nourrit le film, ajoute-t-elle.Ce fut un plateau très intense et chacun voulait donner le maximum.Mais je suis amie avec certains des interprètes, qui trouvaient difficile de voir mes relations avec eux modifiées par mon chapeau de réalisatrice.Je les ai poussés dans leurs derniers retranchements et, si c’était à refaire, je n’aurais pas joué dans le film pour me concentrer sur la direction.Mais le montage fut une étape particulièrement délicate.On avait 157 heures de rushes pour Polisse.Le chiffre Maïwenn incarne le rôle d’une photographe qui suit comme une ombre parfois encombrante les membres de la Brigade de protection des mineurs peut effrayer, mais comme on tournait avec trois caméras.» Le monde qu’elle décrit dans ce film est aussi un enfer urbain, dont les enfants sont les premières victimes, et un milieu de stress intense dont les policiers ne sortent pas indemnes.Alors, ne comptez pas sur elle pour embellir le portrait global, qu’elle livre en pâture avec puissance.«Et tant mieux si un prix à Cannes sert à pousser une œuvre comme ça.Parce qu’être une star ne m’intéresse pas.Je suis libre, je suis en recherche créatrice, en éveil, je fais ce que j’aime en travaillant beaucoup.Alors, je n’ai pas l’impression d’avoir volé mon prix.On me qualifie de batailleuse, mais les cinéastes que j’admire sont habités par leurs projets.Ils sont intenses.C’est une qualité.» Maïwenn accompagnera Polisse un peu partout, mais Montréal est la première ville étrangère à sa feuille de route.Elle n’a pas de projet de scénario dans son chapeau pour l’instant.«En fait, j’ai très envie de jouer pour les autres.J’aime le regard d’un cinéaste posé sur moi.Et deux de mes cinéastes préférés sont des Québécois: Philippe Ealardeau et Xavier Dolan.S’ils m’appelaient, je serais tentée d’accepter les yeux fermés.» On notera que l’actrice-ci-néaste vient à Montréal et qu’une rencontre témoignage est prévue samedi prochain.Le Devoir y ' ^\j ^AO nydro-QL'ébe^ DI[XjPÂRUe ANDREANE LECLERC / MADÈRE 3/4/5 NOVEMBRE à 20 H 30 6 NOVEMBRE à 16 H Tangente.qc.ca |jrangÊntê| Ëi monument =onal 1182, boul.Saint-Laurent e/aefferie 514-871-2224 monument-national.qc.ca Québec SS !?! Montréal^ Québec n S AILLEURS ICI MONTRÉAL, ARTS INTERCULTURELS D’UN CARACTERE RESPECTABLE Chorégraphie : LARA KRAMER Avec : Lara Kramer et Lael Stellick fc LARA KRAMER (.) L'UNE DES PLUS BRILLANTES INTERPRÈTES MONTRÉALAISES » Brian Webb, directeur artistique, Festivai Danse Canada 3 AU 6 NOVEMBRE 2011 3680, rue Jeanne-Mance BILLETTERIE 514 982- 3386 m-a-i.qcca Montréal LE DEVOIR http://www.m-a-i.qc.ca/ LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 E 9 un poupoupiDou de Gerald Hustadie-Mathieu France.2010.102 min.Avec Jean-Paul Rouve, Sophie Quinton, Guillaume Gouix, Olivier Rabourdin, Clara Ronsot et Arsinée Khanjian.(G).CINEMA m PEDRO RUIZ LE DEVOIR Jacques Matte, directeur du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue Petit train va loin 30 ans de miracle abitibien avec Jacques Matte ODILE TREMBLAY Jacques Matte peut vous parler abondamment de l’aventure cinématographique qui dure depuis 30 ans à Rouyn-Noranda et qui démarra sous un poids de railleries.— Comme si ça pouvait marcher! Ah! Ahü Trois mille invités plus tard et avec un succès régional jamais démenti, le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, qu’il dirige, n’a plus de preuves à fournir à personne.«L’ensemble des joueurs du cinéma québécois est passé par Ijouyn», résume Jacques Matte.A la première édition, lui et les autres membres du triumvirat de tête (Louis Dallaire et Guy Parent) avaient invité l’abbé Maurice Proulx, pionnier de notre cinématographie, derrière En pays neuf.Un documentaire sur l’Abitibi (1937), premier film sonorisé au Québec.Ça fait un bail.Petit train va loin.Le rendez-vous de la capitale du cuivre a gagné depuis la confiance des distributeurs québécois, qui choisissent d’y lancer plusieurs films.«Nul n’a rien pour rien, précise Matte.Il faut qu’on remplisse le contrat en matière de visibilité, d’accueil.On a fait la job depuis 30 ans.» Matte s’avoue ravi d’avoir Le vendeur de Sébastien Pilote en morceau d’ouverture, hlm qui, après son lancement à Sundance, fut primé à San Francisco et à Mumbai, festival qui couronna aussi son interprète Gilbert Si-cotte.Le vendeur sera jumelé avec l’excellent documentaire Ix trotteur d’Arnaud Brisebois et Francis Leclerc.Tout ce beau monde est attendu en Abitibi.Alliance naturelle Trou Story, le documentaire sur les dessous des mines de Richard Desjardins et Robert Monderie, y trouve sa rampe de lancement dimanche avec point de presse des cinéastes.«Il s’agit d’une alliance naturelle.Desjardins est un fils de Rouyn qui a tourné une bonne partie de son film dans la région.Son film précédent, Peuple invisible, avait été lancé aussi chez nous.Trou Story est très attendu ici.Dimanche, on présente par ailleurs en première mondiale Mesnak d’Yves Sioui Durand, le premier long métrage de fiction réalisé par un autochtone.Une grosse partie de l’équipe sera avec nous.» Bons coups, donc, mais il y en a d’autres.«On a la primeur québécoise de Et maintenant on va où?de la Libanaise Nadine Laba-ki, qui a gagné le Prix du public au Festival de Toronto, comme du Gamin au vélo des frères Darden-ne (Grand Prix du jury au dernier Festival de Cannes), en clôture.» Au menu aussi: le muet The Artist de Michel Hazanavicius Qean Dujardin fut primé à Cannes pour le rôle), film français en marche triomphale vers les Oscar.Sans oublier Une bouteille dans la mer de Gaza du Français Thierry Binisti, cinéaste attendu au festival, fiction sur le conflit israélo-palestinien.Jacques Matte se dit heureux de donner un coup de chapeau au directeur photo Michel La Veaux, qui a tenu la caméra dans trois films de l’automne: Le vendeur de Sébastien Pilote, Décharge de Benoit Pilon et Pour l’amour de Dieu de Micheline Lanctôt.Et puis ce samedi (aujourd’hui), Bernard Derome vient donner une conférence sur sa carrière.«Quant à André Melançon, un fils du pays, notre grand frère, il viendra avec le producteur Rock Demers célébrer le 25“ anniversaire de son conte pour tous Bach et Bottine.Ce qui fera découvrir le film aux nouvelles générations.» Au programme également: le beau film autobiographique de Paule Baillar-geon.Trente tableaux, elle aussi une fille de Rouyn-Noranda.Cette année, le festival s’exporte avec ses artisans en tournée dans neuf villes, dont Chi-bougamau, Quévillon et Mataga-mi: Pour l’amour de Dieu de Micheline Lanctôt, Monsieur Laz-har de Philippe Falardeau, La run de Demian Fuica et Bumru-sh de Michel Jetté s’apprêtent à prendre l’air.(Je 30" anniversaire ouvre aussi la voie vers la postérité à un festival que Matte et ses comparses rêvent éternel.Le Devoir Sous le signe de l’envol MONSIEUR LAZHAR Réalisation: Philippe Falardeau.Scénario: Philippe Falardeau, d’après la pièce d’Evelyne de la Chenelièire.Avec Fellag, Sophie Nèlisse, Emilien Néron, Brigitte Poupart, Danielle Proulx.Image: Ronald Plante.Montage: Stéphane Lafleur.Musique: Martin Léon.94 minutes.ODILE TREMBLAY Le cinéaste de La moitié gauche du frigo et de Congo-rama n’aura jamais livré une oeuvre aussi épurée, hors du champ de fesbroufe, juste en quête de lumière.Comme s’il avait mis de côté tout ego de réalisateur pour écouter ses personnages (aucune grosse tête d’affiche), sans charger leurs propos ni appuyer les émotions, dans cette œuyre tirée de la pièce en solo d’Evelyne de la Chenelière.Philippe Falardeau ne s’attendait pas à pareil succès pour Monsieur Lazhar, ni aux prix récoltés à Locarno, à Toronto et à Namur.Il ne s’attendait pas davantage à constituer le choix du Canada pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, en livrant cette oeuvre nue et tendre, quasi minimaliste, déblayant plusieurs pistes pourtant.Ce difficile alliage d’humour, de drames affrontés, d’émotions effleurées, de questions posées sur le rapport à l’immigration, sur notre système d’éducation, sur des deuils à expliquer aux enfants, repose aussi sur un état de grâce, la note juste: fragile équilibre acquis au tournage et au montage, ce dernier as- SOURCE EILMS SEVILLE Fellag dans le rôle de Bachir Lazhar, dans le film de Philippe Falardeau suré par l’excellent monteur (et cinéaste) Stéphane Lafleur.Monsieur Lazhar, qui se déroule beaucoup dans le huis clos d’une école primaire, aurait pu verser dans la mièvrerie, à cause du charme des enfants et parce qu’il n’a pas plongé sa classe dans une école en milieu défavorisé qui l’aurait entraîné du côté de la zone, mais il a évité tous les pièges, tricotant plusieurs thèmes avec beaucoup d’habileté.Tiroirs secrets Monsieur Lazhar met en scène le Franco-Algérien Fellag, formidable en sans-papiers, figure de dignité à la fois touchante et rigide, qui remplace au pied levé l’institutrice précédente qui s’est pendue dans la classe, traumatisant ainsi tout le monde, surtout les écoliers.Il profite de la panique générale pour offrir ses services d’enseignant, lui qui n’a jamais en- seigné.Ce faisant, sur fond de choc culturel, le voici qui hausse les exigences du cours, stupéfiant d’abord les enfants, peu familiers de Balzac, s’ajustant aussi.Philippe Falardeau a appris à diriger les enfants sur le plateau de C’est pas moi, je le jure.Ici, les deux petits acteurs principaux (Sophie Nélisse et Emilien Néron, criants de naturel) sont merveilleux, lui en garçon perturbé fauteur de trouble, elle en enfant éveillée qui veut aborder le traumatisme en face.Bachir Lazhar aborde fron-talement avec les élèves le suicide de leur enseignante.En tâchant de dénouer les noeuds.La sévère directrice d’école, bien incarnée par Danielle Proulx, reste humaine, avec ses zones d’ombre, ses générosités.Il y a tant de belles choses dans ce film, à commencer par ces personnages aux tiroirs se- crets, ce monsieur Lazhar silencieux sur la tragédie familiale qu’il vient de vivre dans son pays et qui refuse les avances d’une collègue (délicieuse Brigitte Poupart), bien intentionnée pourtant et qui aurait pu l’aider à sortir de lui-même.Beaucoup de portes sont ouvertes pudiquement, entre autres sur les normes pédagogiques qui empêchent de prendre un enfant malheureux dans ses bras et sur la sous-re-présentation des enseignants masculins.Ici, la parole est reine et l’émotion, jamais tirée du côté du mélo.Tout cela sur une mise en scène délicate, des effets de caméra collés au ton réaliste, en utilisant les gros plans à propos.Ajoutez l’excellente musique de Martin Léon, qui apporte une poésie supplémentaire à un film placé sous le signe de l’envol.Le Devoir Cul-de-sac en forme d’électrochoc LAURENTIE Réalisation et scénario: Mathieu Denis et Simon Lavoie.Avec Emmanuel Schwartz, Eugénie Beau-dry, Guillaume Cyr, Martin Body, Jqde Hassouné, Simon Gfeller, Erinj^ostino.Image: Nicolas Canniccioni.Montage: Mathieu Denis.120 min.ODILE TREMBLAY Ce film courageux, âpre, lent, jamais «aimable», en rebutera plus d’un.D’autant plus que le personnage principal (Emmanuel Schwartz, extrêmement convaincant dans ce rôle ingrat), xénophobe, looser, à peu près sans mots, renvoie la pire image possible du mâle québécois (s’inscrivant dans notre filmographie québécoise, où l’homme n’a pas souvent la partie belle).C’est pourtant un désir d’électrochoc que Mathieu Denis et Simon Lavoie renvoient à une société d’une inertie désespérante, en perte de repères, qui, à leur avis, fonce droit dans le mur.Ils veulent secouer le prunier en attaquant le mal qui le ronge.Mais en ménageant aussi peu le spectateur, les cinéastes risquent de l’éloigner.Dommage, car cette oeuvre sans complaisance cogne fort.Drame urbain dans un Montréal filmé avec une caméra d’urgence, montrant les tensions entre francophones et anglophones dans une dimension tragique d’affrontements sans espoir, Laurentie est aussi un cri de solitude.Usant de nombreux plans-séquences, avec une approche radicale de ton et de forme dont la lenteur éprouvera le spectateur, Laurentie — qui possède certains points communs avec Jo pour Jonathan de Maxime Giroux dans le rythme et la perte de repères masculins — dépasse le drame personnel d’un jeune homme esseulé, antipathique, parfois violent, exilé dans sa propre société, jaloux de son voisin anglophone plus populaire et décoincé, pour embrasser un Québec troublé.Les extraits de poèmes d’Alain Grandbois, d’Hubert Aquin, d’Anne Hébert, etc., sont des percées de lumière, illustrant à la fois la vie intérieure du héros — elle existe —, mais aussi une langue et un jaillissement culturel qui a-vaient cours en un hier où l’espoir jaillissait.Il serait trop facile de s’arrêter à des scènes que certains jugeront choquantes — comme une séance de masturbation libératrice dans les toilettes — sans les relier à cette violence voulue, omniprésente, dans une bataille de rue, par exemple, où les camps anglophone et francophone en viennent aux coups.Tout ici est dénonciation par l’absurde et par l’excès d’un cul-de-sac de société, qui culminera d’ailleurs en un dénouement tragique, en rupture de ton, mais que le reste du film annonçait.Ce garçon dépossédé de lui-même — on comprend que sa blonde l’ait lâché et moins qu’elle lui revienne — est un terrible miroir tendu, que plusieurs refii-seront de regarder, mais dont le ton, le propos sans concession, d’une impitoyable crudité, vaut le détour.Ils ne font pas de cadeaux au public, Mathieu Denis et Simon Lavoie, mais pratiquent l’autopsie d’un Québec englué dans ses malaises, que seule la foudre pourrait réveiller.Cette foudre qu’ils brandissent ici à bout de bras, et qui mérite de dépasser le cri dans le désert.Le Devoir SOURCE EUNEILMS Emmanuel Schwartz est extrêmement convaincant dans un rôle ingrat consultez nobv site internet www.cinemaduparc.com A 15h30Ermi5:m FILM ESSENTIEL, ENGAGE, BRULANT D’ACTUALITE LE NOUVEAU FILM D’HUGO LATULIPPE RÉPUBLIQUE 5 ANS À VOTRE SERVICE iSSSâ'^ÇÜSISS 0 Métro Place des Arts Autobus80/129 stationnements heures:2$ «BOULEVERSANT ET DÉCHIRANT DE VÉRITÉ.DAVID BOUTIN EST IRRÉPROCHABLE.« «SOPHIE DESMARAIS EST REMARQUABLE.» ç Un film de BENOIT PILON ^ E Déchargé www.remstarfilms.com m PRESENTEMENT A L’AFFICHE VEUILLEZ CONSULTER LES GUIDES-HORAIRES «ON N'A QU'UNE SEULE ENVIE: REVOIR LE FILM AU PLUS VITE!» «UN TRIOMPHE!» Screen International «SPLENDIDE!» Radio-Canada «MAGNIFIQUE!» Minor «BOULEVERSANT!» Voir PASCALE BUSSIÈRES LUC PICARD GABRIEL MAILLÉ FRANÇOIS PAPINEAU UN FILM DE GUY ÉDOIN MARÉCAGES m FLM D'OUI PRODUIT PAR LUC VANDAL FÉUZE FRAPPIER PRODUCHEUR EXÉIXJTIF ROGER FRAPPIER CANADA I www.mar0cag8S-lefilm.(âJ (üauacia m PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! et roDolef.ijms.com CONSULTEZ LES PLUS DE 1,200.000 SPECTATEURS EN FRANCE! 2 NOMINATIONS AUX CÉSAR HEUXEUB SCÉNARIO ADAPTÉ - MEUJÆTJR ACTEUR ?«Gloire à Romain Duris, à son jeu extraordinaire et fascinant!» Brazil Il WWW.LHOMMEQUIVOULAITVIVRESAVIE-LEFILM.COM ITlétrOpOle 12 DES LE VENDREDI 4 NOVEMBRE! metropolefilms.com E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 OCTOBRE 2011 CINEMA Métaphore efficace IN TIME (EN TEMPS) Ecrit et réalisé par Andrew Nic-col.Avec Justin Timberlake, Amanda Seylried, Gillian Murphy, Johnny Gallecki, Alex Pettyfer, Olivia Wilde, Vincent Kartheiser.Image: Roger Deakins.Montage: Zach Staenbçrg.Musique: Craig Armstrong.Etats-Unis, 2011, 109 minutes.MARTIN BILODEAU Thelma & Louise et Year of the Dragon croisent Zabris-kie Point et Starmania dans le nouveau thriller futuriste du trop rare Andrew Niccol, à qui l’on doit les épatants Gattaca et Simone, ainsi que le scénario du non moins réussi The Truman Show.«Le temps, c’est de l’argent.» In Time matérialise cet adage et le pousse jusqu’au point de rupture.Nous sommes dans un futur proche, où les classes sociales sont divisées en zones marquées et hermétiques les unes par rapport aux autres.Jusqu’ici, rien de trop dépaysant.L’argent n’existe pas.La monnaie, c’est le temps.Vingt-cinq ans.C’est la «somme» attribuée à tout le monde à la naissance.Après quoi, le gène du vieillissement stoppe son ouvrage, et les réflexes de survie prennent le dessus.Car il faut se battre, travailler fort, marchander le temps, ahn de pouvoir vivre un jour, une heure, une minute de plus.Pour les Amanda Seyfried dans In Time, d’Andrew Niccol riches, point de soucis.Chez les pauvres comme Will Salas Custin Timberlake), 28 ans, la mort guette à chaque tournant.Mais lorsqu’un riche dépressif ajoute un siècle à son chronomètre imprimé sur l’avant-bras.Will devient une proie facile pour la police du temps (Cillian Murphy), à laquelle il échappe en se frayant un chemin jusque chez les riches, où la fille (Amanda Sejdried) d’un milliardaire (Vincent Kartheiser) devient sa Patty Hearst.Niccol exploite cette métaphore pour illustrer la folie d’un monde guidé par l’argent.Sa démonstration est limpide, les multiples possibilités de l’idée sont bien exploitées.Mais la réflexion sociale, économique, po- litique, ne s’élargit guère au-delà des constats de base formulés sur l’état d’un monde guidé par le profit, qui élimine la classe moyenne pour former une élite puissante et maintenir à distance un prolétariat dos-toïevskien impuissant face aux institutions et pratiquement réduit à la mendicité.L’ambition de Niccol se résume ici à des variations sur un même thème, comme le ferait un compositeur classique.Le cinéaste, qui possède l’art de voir l’avenir dans l’architecture du présent et les images fixes du passé, admire tous les angles de son diamant de bonne idée.L’intrigue qui soutient le tableau, en revanche, manque un peu d’ambition et de puissance.Il aurait SOURCE 20™ CENTURY EOX été préférable d’éliminer une portion de celle-ci, impliquant un vilain voleur de temps, pour se concentrer sur la relation que le héros entretient avec son poursuivant officiel, très bien campé par le toujours excellent Cillian Murphy, et son ennemi juré, la classe dominante, per-sonnihée par le père de sa captive devenue complice.Retenons toutefois que les hlms d’Andrew Niccol sont toujours accueillis avec circonspection à leur sortie, avant d’être érigés en modèles quelques années plus tard.Ce fut le cas de Gattaca et de Lord of War.Viendra un jour—je parie une heure là-dessus — le tour d’/w Time.Collaborateur du Devoir Etre ou ne pas être Shakespeare ANONYMOUS (V.E.: ANONYME) Réalisation: Roland Emmerich.Scénario: John Orloff.Avec Rhys Kans, Vanessa Redgrave, Sebastian Àrmesto, Rafe Spall, David Thewlis.Image: Anna Eoerster.Montage: Peter R Adam.Musique: Harald Kloser, Thomas Wander.Grande-Bretagne, 2011, 130 min.ANDRÉ LAVOIE A TA tre ou ne pas être»-, est-ce ^ i2j bien une célèbre réplique venant de la plume fébrile et de l’imagination fertile de William Shakespeare?Pour le commun des mortels et les amateurs de théâtre, la chose ne fait aucun doute.Pour plusieurs chercheurs et quelques adeptes de la théorie du complot, cette certitude ne résiste pas à fanasse, et des thèses ont été écrites pour prouver que Shakespeare n’était qu’une façade derrière laquelle se cachait, par exemple, son contemporain Ben Jonson (Volpone, La foire de la Saint-Barthélemy).D’autres hypothèses circulent, mais qui aurait pu croire que Roland Emmerich allait contribuer au débat?Cet habitué des catastrophes (2012, The Day After Tomorrow) et autres productions grandiloquentes (The Patriot, Godzilla) cachait bien jusque-là son amour du théâtre et de la littérature.Avec Anonymous, il expose une hypothèse bien en vogue parmi ceux qui tentent de percer le fameux mystère shakespearien: l’enfant chéri de Stratford ressemblerait plutôt à un acteur quasi illettré alors qu’un comte gravjtant dans la cour de la reine Elisabeth I serait le démiurge de cet univers où se côtoient Hamlet et Macbeth.Mais allez donc vous vanter de cela parmi vos nobles semblables.Peu de gens savent donc qu’Edward de Vere (Rhys Ifans), comte d’Oxford, se cache derrière les pièces qui font frémir de bonheur le public du théâtre Globe.Il propose toutefois à un auteur en vogue.Ben Jonson (Sebastian Armesto), de lui ser- vir de prête-nom, mais après ime représentation fort appréciée, un acteur flamboyant du nom de Shakespeare (IMe Spall) décide de s’en approprier la paternité.Le comte n’est d’ailleurs pas au bout de ses peines, emporté par les intri^es de la cour d’Angleterre, lui l’ancien amant de la reine (Vanessa Redgrave et sa hile Joely Richardson dans ses jeunes années, choix brillant) et le père d’un de ses enfants illégitimes.Entre ses misères présentes et celles de sa jeunesse de gamin sous la coupe d’un tuteur rigide qui deviendra plus tard conseiller de la reine, Edward de Vere sera emporté par le soufhe du changement et, au passage, quelques révélations effroyables dignes d’une tragédie grecque.Le Londres brumeux, boueux et grouillant de racaille du XVI® siècle s’avère une des vedettes de ce hlm complexe, et souvent tortueux.Le scénariste John Orloff a tissé une longue série de passages entre deux époques, transirions qu’effectue Emmerich comme si nous étions tou-joius plongés dans la même temporalité.Iæs enjeux dramariques dépassent bien sûr les simples quesrions d’idenrité arrisrique, et Anonymous montre aussi, avec plus de clarté, l’importance à la fois énorme et relative de l’art théâtral dans ce monde en clair-obscur, objet de divertissement mais aussi instrument de combat polirique.Loin de la joliesse de Shakespeare in Love, nettement plus consensuel, et porté par une dis-triburion digne des grandes productions théâtrales londoniennes, Anonymous expose une «affaire» aux ramihcarions parfois étonnantes.Mais Roland Emmerich semble encore et tou-joius plus à l’aise au milieu d’un volcan en éruprion que sous un déluge de bons mots d’esprit et de répliques assassines.Collaborateur du Devoir SELECTION OFFICIELLE Ay rtsrivAiCINtAW^ \ 2011 ^ UN FILM DE RICHARD DESJARDINS etRDBERTMONDERIE 1 «Un film fort @t troublonti» Uarc-André Lussier, La presse «Une œuvre puissante .» François Lévesque, Le Devoir «Un film important.comme l’était Le chat dans le sac pour les années 1960.» Jean-François Hamel, Ciné-Bulles EMMANUEL SCHWARTZ LAURENTIE UN FILM DE -J MATHIEU DENIS \ ^ & SIMON LAVOIE AVEC EUGÉNIE BEAUDRY JADE HASSOUNÉ MARTIN BOILY GUILLAUME CYR Gueule de bois RHUM EXPRESS (V.E.DE RUM DIARY) Scénario et réalisation: Bruce Robinson d’après le roman de Hunter S.Thompson.Avec Johnny Depp, Michael Rispoli, Aaron Lc-kart.Amber Heard, Giovanni Ri-bisi, Richard Jenkins.Photo: Da-riusz Wolski.Montage: Carol Dtt-leton.Musiquç: Christopher Young.2011, Etats-Unis, 120 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Tiré du roman du joiunaliste, essajtiste et écrivain américain Hunter S.Thompson, Rum Diary est le bébé de sa star, Johnny Depp, également pro-ducteiu.Fruit d’une très longue gestation, ce hlm toiuné en 2009 hantait le célèbre acteur depuis qu’il a défendu à l’écran un autre des alter ego de Thompson, Raoul Duke, dans Fear and Loathing in Las Vegas.C’était en 1998.L’attente fut longue, et c’est finalement à Bruce Robinson (Withnail and 1, Jennifer 8) que Depp confia la barre de ce projet aux mille reports.Porto Rico, à la hn des années 1950.Les Américains régnent en maîtres du lo^s; heurissent les salles de bowling, explose le développement hôtelier.Arrive de New York un certain Kemp, écrivain raté, journaliste par nécessité, et, ceci expliquant cela, alcoolique invétéré.Air connu, mais c’est Hunter S.Thompson, se dit-on, et Thompson, il écrivait en toute connaissance de cause.Bref, on veut bien.S’amène ensuite le promoteur véreux et sa superbe hancée pour qui Kemp a le béguin.Ce dernier accepte-ra-t-il de participer à la combine immobilière que lui propose le premier?Succombera-t-il aux yeux verts de la belle?Ouin, commence-t-on à grincer, tout à coup moins convaincu.Puis, lorsqu’on réalise que Johnny Depp s’est mis siu le pilote automatique en ressortant sa panoplie de mimiques issues de Sleepy Hollow, on jette l’éponge.Cette adaptation bancale (voir le dénouement) a pour elle un charme suranné indéniable, mais guère plus.En bâtissant son intrigue sur des lieux communs, Rum Diary aurait pu devenir un insipide carnet de voyage rétro.S’il ne le devient pas, du moins pas complètemenf le hlm ne devient pas autre chose poiu autant.Le récit de Thompson «déboule» tandis que le scénario de Bruce Robinson traîne et s’épivarde.Des enjeux sont soulevés puis abandonnés, telle la prise de conscience par Kemp des iniquités sociales.On demeure résolument en surface, d’où l’impression d’artificialité qui émane de l’affaire.Certes, l’œuvre de Hunter S.Thompson n’est pas facile à transposer au cinéma.Les univers qu’il dépeint suintent l’alcool.Elle imprègne tout, points de vue et perceptions.Qu’il s’agisse d’un roman ou d’un reportage à la première personne, les drogues hallucinogènes et les fulgurances siuréalistes qui accompagnent leur consommation sont toujoius au menu.C’est à la fois glauque et festif, romantique et cynique.La plume est crue, mais relevée.Une parenté spirituelle avec William S.Burroughs est évidente, mais les protagonistes de Thompson sont davantage dans l’action que dans la rumination.Surtout, les deux auteurs sous influence (s) se sont vu accoler l’étiquette d’inadaptables.En 1991, Naked Lunch, de David Cronenberg, exposa la bêtise de telles étiquettes, du moins en ce qui concernait Biuroughs.Avec Fear and Loathing in Las Vegas, Terry Gilliam vint confirmer sept ans plus tard que cela valait également pour Thompson.Fear and Loathing in Las Vegas se fit descendre lors de sa sortie.Dans Variety, le très respecté Todd McCarthy se demanda qui pourrait avoir envie de subir cette «virée repoussante dans les profondeurs de la drogue».Lorsque la prestigieuse compagnie Criterion fit paraître le film en DVD, le long métrage de Gilliam prit du galon.On doute qu’un tel sort attende Rum Diary, œuvre d’idées inabouties qui aurait bénéficié de la présence derrière la caméra d’un cinéaste un tant soit peu visionnaire.Collaborateur du Devoir SOURCE FILMS SEVILLE Johnny Depp dans Rum Diaiy REPRESENTANT DU CANADA AUX OSCARS® 2012 « MAGNIFIQUE! FORMIDABLE FELLAG.» MANON DUMAIS, VOIR MAGISTRAL! PETER HOWELL WESTAR « UN DES FILMS QUEBECOIS LES PLUS CAPTIVANTS DE LA DERNIÈRE DÉCENNIE.» MARTIN BILODEAU, FESTIVAL IMTERNATIONAL DU FILM DE TORONTO EEEE du film francophone FF NAMUR de Namur toronto international film festival GAGNANT MEIUEUR FILM CANADIEN GAGNANT PRIX DU PUBLIC PRIX VARIETY DES PRODUCTEURS DE INCENDIES LES FILMS CHRISTAL PRÉSENTE GAGNANT PRIX DU PUBLIC PRIX SPÉCIAL DU JURY UNE PRODUCTION MICRO-SCOPE MONSIEUR LAZHAR UN FILM DE PHILIPPE FALARDEAU AVEC FELLAG MONSIEURLAZHAR WWW.MONSIEURLAZHAR.COM Québec*.ClnnadS ^ i StÏ —VISIDNCliICW£ S A L’AFFICHE DES LE 4 NOVEMBRE! 18 ^1 PRESENTEMENT A L’AFFICHE CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS CINÉMA nXRALLÈLE 3536 BOULEVARD SAIKT-IAUREKT tous les jours: 15h30-21h30 PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE ! 01 LES FILMS CHRISTAL r CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉIMAS
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