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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2011-10-29, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE .SO OCTOBRE 2011 LITTERATURE Reste Gilles Archambault Page F 3 ESSAI Pour une histoire des maisons hantées Page F 5 umES Les morts et les vivants d’Élise Turcotte La Guyana, ce petit pays méconnu de l’Amérique du Sud, souvent confondu avec la Guyane française, est coincée entre le Suriname et le Venezuela, dans ces West Indies plus poétiquement nommées «pays des eaux abondantes».On y parle créole à la maison, anglais à l’école, peut-être un peu français.Guyana, c’est aussi désormais le roman gigogne d’Élise Turcotte, où les récits — ceux des morts comme ceux des vivants — s’encastrent, de Montréal à Georgetown.CATHERINE LALONDE ai toujours^ pensé, écrit Elise Turcotte dans Guyana, que les événements les plus disparates se touchaient si on cherchait bien le lien, le maillon d'argent qui relie un motif à un autre.Une chaîne d’événements ou d’accidents: c’était ça une vie.Un bracelet à breloques que l’on reconstitue parfois à la fin, au moment où tout a cessé de briller.Les os, comme le sourire, la bague, ou la couleur de la peau.» Le roman est ainsi construit.Et sa pensée aussi, semble-t-il.En entrevue, Elise Turcotte voltige d’une idée à l’autre.Quand on a lu ses livres — romans, poésie, livres jeunesse —, on a du mal, la rencontrant, à faire la mise au foyer.Celle qui dans ses écrits fait parler les fantômes, pousse ses personnages aux limites, dissèque le deuil, parle de violées ou de carnage, tient, live, du feu follet.Yeux verts pétillants, Turcotte sort un carnet qu’elle n’utilisera pas; s’assoit; vous vole une feuille et griffonne; répond à deux questions; éclate de rire; vous en veut de ne pas avoir prévenu qu’un photographe en serait; commande un verre de vin; revient; vous retourne une question en imitant voix et posture de journaliste; rigole encore.Du vif-argent.Claustrophobie Elle écrit depuis trente ans.«Peut-être parce que je suis claustrophobe.J’étoufferais dans une vie sans cette possibilité de réinvention et de surlignage.Je ne parle pas de reproduction du réel, mais de creuser pour voir exactement ce qu’il est en train de me dire.Je serais étouffée.» S’enchâssent dans Guyana trois voix.Celle d’Ana, sous le choc de la mort fraîche d’un an de son amoureux.Celle de leur gars, blessé au point de préférer désormais la nuit, «la bataille au recommencement de la réalité [où son] père redevient mort, [sa] mère redevient triste».«Je redeviens Philippe avec des idées, des idées, des idées.» Et celle de Kimi, petite main du salon Joli Coif, qui arrive devant le miroir à dépouiller un peu Philippe de sa chape de deuil.Kimi, retrouvée pendue au plafond du salon de beauté, sera la chaîne lîant les breloques de cette histoire, quand Ana, un peu obsédée, voudra, à sa manière de journaliste, déterrer son histoire.«Si tu fais la somme de tous les drames dans mon livre, tu peux croire à un dramorama, mais ça Guyana ne l’est pas, parce qu’il y a une distance», précise Turcotte.La langue est celle de sa poésie, riche et rythmée, différente pour chaque voix, vrai terreau émotif sans impressionnisme, puisque le récit, avec ses rebondissements inattendus, ancre solidement l’écriture.Dans ces superpositions qui font Guyana, se glissent aussi la loi du silence, le besoin de solidarité féminine, l’affabulation qui vient teinter les versions qu’on se fait de nos vies.Et le souvenir du massacre de la secte de Jim Jones à Jonestown — 913 adeptes morts, retrouvés le 18 novembre 1978.Et les souvenirs noirs laissés par le viol sur la psyché des femmes.«Faire parler ceux qui sont déjà dans un ordre autoritaire par rapport au monde, dans un ordre accepté et consensuel, à quoi ça sert?demande Turcotte.J’aime mieux jaire parler les vaincus.Les ruines, ce qui reste, les femmes restées là, le viol de guerre sont autant de choses qui m’interpellent.Je me suis interrogée parce qu’il est question de viol aussi dans L’île de la Merci [Leméac].» Un charnier et des violées: voilà qui rappelle Ce qu’elle voit (Noroît), recueil qu’elle a écrit pendant qu’elle pondait aussi Guyana, où une suite de poèmes est Inspirée des femmes assassinées mexicaines de Cludad Juarez.Elle écrit dans Guyana: «Je me disais ça, je suis en train d’être battue, mon nom est je suis battue, mon nom est je suis violée, mon visage est écrasé sur la terre froide dans le parc où il n’y a plus personne, j’ai mal à la joue, parce qu’il y a une roche juste sous mon œil, sous ma pommette, je vais bouger, il le faut, je dois me déplacer un peu si je ne veux pas être blessée.[.] Puis j’ai pensé, ça aurait pu être pire.J’ai pensé, j’aurais pu être morte.» «Le viol est une peur que je ne veux pas transmettre à mes enfants, à ma fille surtout.» Mais comment apprendre à se protéger sans Inculquer la menace?«Il y a une crainte génétique qui se transmet.Tous ces gestes: regarder derrière soi, au-dessus de son épaule, baisser les yeux.En état de guerre, dans des situations extrêmes, et ce n’est pas moi qui le dis, les femmes et les enfants sont les plus maltraités.Et les femmes sont violées, en plus.Tout le livre est construit autour de la fin», autour d’un geste ultime d’Insoumlsslon féminine, VOIR PAGE F 2 MORTS « J’étoufferais dans une vie sans cette possibilité de réinvention» r MARTINE DOUCET F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 OCTOBRE 2011 LIVRES EN APARTE La délicieuse irresponsabilité Jean-François Nadeau Poète et éditeur, Charles Dantzig est devenu un essayiste chez les romanciers, puis un romancier chez les essayistes.Son dernier-né côté roman se déroule dans un avion en vol pour Caracas.Le narrateur s’y rend pour retrouver l’un de ses amis.Qu’est-il arrivé à Xahi Puig au pays d’Hugo Chavez?se demande-t-il.Chaque pensée de ce vol est disséquée.«Une des impostures de Châvez, raconte Dantzig, consiste à faire croire qu’il est de gauche.En 2006, il a fait rectifier le drapeau du pays, faisant courir le cheval blanc non plus de gauche à droite, mais de droite à gauche.Or son régime n’est ni à droite ni à gauche.C’est d’ailleurs à quoi on reconnaît les dictatures.Elles veulent être partout.» Dantzig parle tantôt d’une femme, tantôt de lectures, de style aussi.Et il revient toujours à cette volonté de comprendre l’univers Châvez, centre de gravité de tout le livre.S’il parle beaucoup de Châvez, Dans un avion pour Caracas n’est pas pour autant une biographie politique.D’ailleurs, l’écrivain exècre les biographies.«Aucun homme n’est une œuvre avec un début, un milieu et une fin.C’est l’illusion des Saint Genet et des romans de nous le faire croire, et de le croire.» 11 faut le dire: Dans un avion pour Caracas n’est pas toujours brillant.L’inventivité fait parfois défaut.Impossible néanmoins de laisser tomber ce curieux livre qui alterne entre le portrait de l’ami disparu, par petites touches claires, et celui du régime auquel il s’intéresse, celui du sombre Hugo Châvez.Certains passages sont d’ailleurs d’une étrange actualité.On serait parfois tenté de les transposer dans une envolée qui aurait pour point de chute le Québec: «Le pouvoir appelle la corruption quel que soit le régime, mais les peuples se laissent pencher vers la dictature quand, à force d’entendre leurs médias chanter des scandales, ils se disent qu’eux-mêmes, en tant que peuples, sont honnêtes.Cela leur permet d’entretenir l’idée délicieuse qu’ils sont ir- responsables.Les peuples ne veulent jamais reconnaître qu’eux-mêmes peuvent être corrompus.Les gens de pouvoir leur servent de marionnettes de foire sur lesquelles ils jettent des balles, mais se dire qu’ils ont voté pour eux, les ont laissés faire, se sont arrangés de leur corruption pour pratiquer la leur, jamais.» Pendant des mois, Hugo Châvez a raconté qu’il était favorable au pouvoir de Mouammar al-Kadhah.Aux premiers jours du soulèvement libyen, il y eut même des rumeurs voulant que Kadhah ait trouvé refuge au Venezuela.Le jour de la mort du colonel autoproclamé, Châvez n’a d’abord pas dit un mot à ce sujet, annonçant plutôt, dans son discours quotidien, qu’il avait finalement terrassé un cancer.Mais il s’est vite repris en dénonçant cet assassinat, qualifiant son ancien allier de «martyr».Châvez a toujours jugé «irresponsable» l’intervention en Libye, voyant plutôt Kadhah comme une figure propre à susciter une émulation internationale contre l’impérialisme des Américains.En mars, le mentor de Châvez, Eidel Castro, avait lui aussi dénoncé la guerre menée contre Kadhah, la qualihant de «fasciste».Châvez ne conservait pas moins quelques réserves contre ce régime fondé sur une mystique du désert défendue au milieu d’une société pourtant très urbaine.Pour Châvez, Kadhafi faisait tout de même ce qu’il devait faire, soit résister à une attaque extérieure, même au mépris des droits de la personne.Mais était-il le seul, au fond, à soutenir cette descente aux enfers tenant lieu de politique?La Prance venait de vendre au régime Kadhafi un système d’écoute électronique ultrasophistiqué.Le Canada, lui, construisait des prisons en Libye.Et ainsi de suite.Qn ne voyait donc rien de tout cela?Etions-nous aveuglés par cette idée délicieuse de l’irresponsabilité?11 est vrai que les images sont toujours plus faciles à rendre supportables sous le soleil.Pensez à Cuba, avec ses longues Cadillac des années 1950 et ses murs colorés, idéal pour les jolies photos de vacances au charme pittoresque.Selon Dantzig, le soleil entraîne un certain mépris de la souffrance.«Quelle malchance a eue l’URSS de manquer de soleil, et quelle maladresse de n’avoir pas su peindre ses murs en couleurs! On dit ça.Le soleil engendre le mépris de la souffrance.Le totalitarisme est assimilé au froid à cause de Staline et de Hitler, SOPHIE JODOIN Collage de Sophie Jodoin, 2009-2010.Conté, coupures de magazines, impression jet d’encre.Mylar sur papier, 28 x 21,5 cm et, en tant qu’Occidentaux rêvant de vacances, on se dit que ça n’est pas “si pire”.» Ces jours-ci, au Musée d’art de Joliette, on peut apprécier certains des travaux les plus célèbres de Prancisco Goya: les Désastres de la guerre et les Caprices.Dans cette dernière, on trouve une de ses gravures les plus connues.Le sommeil de la Raison.Le sommeil de l’esprit humain, selon Goya, engendre monstres et sorcières.La place accordée à la Raison est aussi présente dans les Désastres de la guerre.Au nom de la Raison, jusque dans les méfaits de la guerre, Goya n’a de cesse de dénoncer les inégalités et les comédies sociales, de même que l’exploita-hon de l’homme par l’homme.En marge des portraits que lui commande la cour d’Espagne, Goya propose une œuvre beaucoup plus personnelle.Bien avant d’entrer en disgrâce et de devenir tout à fait sourd, Goya eut la vraie audace de faire entrer des images de souffrance du peuple au sein des appartements royaux.Dans ses portraits de cour, il n’est d’ailleurs pas anodin d’observer que la plupart des puissants qu’il peint semblent fixer le néant comme s’il s’agissait de leur propre horizon.Les essais consacrés à ce peintre formidable ne manquent pas.Celui de Jacques Soubeyroux, Goya politique, a le mérite de nous présenter l’œuvre dans une perspechve où l’arhste se révèle sous le jour d’un combattant en lutte perpétuelle contre le monde qui l’entoure, à l’encontre du culte du beau que célèbre alors, dans la recherche des seules apparences, une société au moins aussi tordue que la nôtre.Toujours au Musée d’art de Joliette, on présente la première rétrospechve inshtutionnelle de la jeune artiste Sophie Jodoin.Son œuvre rayonnante semble descendre tout droit d’un ciel sombre, celui qui nous enveloppe justement en ce siècle de craintes en apparence sans hn.Sous le titre de Petites chroniques des violences ordinaires, Jodoin explore en quelque sorte les mêmes méandres de la douleur que Goya, mais dans une perspective bien davantage centrée sur l’mdividu.Un signe des temps.A Montréal, Sophie Jodoin lançait cette semaine, en compagnie de la poète Louise Marois, un livre d’artistes magnihque.L’objet en lui-même est si beau — tout de blanc, avec son titre embossé et ses pages pliées en double épaisseur — qu’ü peut déjà suffire.Mais il y a là bien plus, grâce à l’intelligence des coUages de Jodoin, réalisés à partir de vieilles images reliées à l’enfance, associées à l’élégance des vers de Louise Marois, dont les mots montent au ciel pour y frapper l’imaginaire avant de nous revenir telle «une ombre portée disparue».jfnadeau@ledevoir.corn DANS UN AVION POUR CARACAS Charles Dantzig Grasset Paris, 2011,299 pages GOYA POLITIQUE Jacques Soubeyroux SuUiver Cabris, 2011,189 pages DE PEINE ET DE MISÈRE Louise Marois et Sophie Jodoin Battat Contemporary Montréal, 2011, [s.p.] MORTS SUITE DE LA PAGE F 1 qu’on taira ici, «qui est pour moi encore mystérieux, mais peut-être la plus petite poupée russe» de ce livre gigogne.«Le pouvoir manipulateur m’écœure et me fascine.Comment une seule personne peut en emmener 900 autres à vouloir mourir, comme à Jonestown, et comment on vient cher- LA REFERENCE DEPUIS 1968! LACOURSIERE PROVENCHER • VAUGEOIS CANADA•QUÉBEC 1534 - 2010 Nouvelle édition mise à jour LACOURSIÈRE .PROVENCHER .VAUGEOIS CANADA-QUEBEC 1534 - 2010 CANADA-QUÉBEC HLSTXHIU 1968 2000 AUSSI DISPONIBLE EN FORMAT PDF S HJ FEUILLETAGE EN UCNEI 3325 SEPTENTRION.QC.CA ^LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC @ij CAUSERIE Olivieri librairie «-bistro À l’occasion du passage à Montréal de la grande reporter et écrivaine Anne Nivat, auteure de Les brouillards de la guerre - Dernières missions en Afghanistan Olivieri Au cœur de la littérature Jeudi, 3 novembre à 19 h ANNE NIVAT Entrée iibrei RSVP : 514.739.3639 Bistro : 514.739.3303 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Les brouillards de la guerre Anne Nivat discutera de sa récente expérience en Afghanistan avec l’armée canadienne et auprès de la population locale ainsi que de sa méthode de travail peu conventionnelle.ANiMATRicE : Danielle Laurin Journaliste et auteure de Promets-moi que tu reviendras vivant cher des gens déjà faibles pour les affaiblir encore plus.Et, oui, c’est une sorte de viol de l’esprit, de la liberté d’être.T’as plus de pouvoir, t’es assujetti, ta pensée ne t’appartient plus, dictée par l’autre.Je crois que la liberté d’esprit fait peur à beaucoup de gens.Ce n’est pas rassurant quelqu’un qui dit les choses telles qu’elles sont.Je n’aurais jamais dit ça avant, mais tout le monde n’a pas le “courage” — je n’aime pas ce mot-là — d’affronter la réalité telle qu’elle est, de dire les vraies choses, d’aller le plus loin possible dans l’analyse des choses vécues, des liens à faire entre ce qui est vécu dans la famille, la politique, etc.» De la même manière.Guyana lie le drame collectif au drame intime.Telle une des questions, insoluble, sous-tendue dans le roman: doit-on protéger les autres, les nôtres — et surtout les enfants — des drames que recèle notre histoire?Écrivain de cuisine «J’aimerais être l’écrivain qui écrit son roman de 500 pages en un an.Mais ce n’est pas ça.J’ai M Librairie , Calendrier culturel MARDI 1ER NOVEMBRE A18H30 Désolations éd.Gallmeister Causerie avec David Vann./A JEUDI 3 NOVEMBRE A19H00 De colère et d'espoir éd.Écosociété Causerie avec Françoise David.Réservations: 514.337.4083 ou evenennents@librairiemonet.conn Librairie Monet • Galeries Normandie • 2752 de Salaberry, Montréal, H3M 1L3 • Tél : 514.337.4083 • librairiemonet.coni maintenant vraiment l’impression que le temps s’imprime, que tout ce que je vis — les deuils, les joies, les peines, le monde qui m’entoure —fait une impression sur le livre.» Son roman, elle l’a écrit en passant de carnets — un pour chaque personnage, un pour la recherche générale sur le pays — à l’ordinateur.Une grande part de ses recherches n’est au hnal pas utilisée.«Ce qui m’intéresse, c’est la texture: le goût, l’odeur, savoir quelles fleurs poussent au Guyana.C’est important pour trouver la langue de Kimi, qui est plus sensuelle.C’est quelque chose que fai compris en lisant des auteurs de la Guyana et des Caraïbes.» Elle nomme La transmigration des âmes et Parole de ventriloque (tous deux chez Zoé) de Pauline Melville, Les secrets du manguier (Grasset) d’Qonya Kem-padoo et Jamaica Kincaid, «qui m’a jetée à terre.On la compare beaucoup à Toni Morrison, mais je la trouve meilleure», renché- rit celle qui est aussi professeu-re de français au cégep du Vieux-Montréal.En période d’écriture.Turcotte souhaiterait que la vie, l’enfdement quotidien, glisse davantage sur l’écriture.«J’ai le rêve que mon écriture soit organiquement présente dans ma vie.Après avoir dû tellement m’organiser — parce que f avais des enfants, parce que je travaillais et que je devais écrire de telle heure à telle heure — , de voir comment maintenant ça peut faire partie de ma vie.Je pense à l’écrivaine brésilienne Clarice Lispector, qui disait écrire avec la dactylo sur ses genoux, dans la cuisine, pendant que ses enfants lui parlaient.Je trouve ça fabuleux, mais je ne suis pas rendue là.» Le Devoir GUYANA Elise Turcotte Leméac Montréal, 2011,176 pages LES EDITIONS XYZ FELICITENT CATHERINE LECLERC FINALISTE AU PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL ESSAI éditeur THÉOmE^LITTÉRATURE Caiherirte-Laderc Des langues en partage ?www.editionsxyz.coni Des langues en partage? LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 F 3 LITTERATURE LITTERATURE QUEBECOISE Un lieu hors du monde CHRISTIAN DESMEULES Après deux mois de vacances à Lisbonne en compagnie de Clara, la femme qui partage sa vie, Antoine décide de ne plus rentrer à Montréal.La cause est entendue.Traducteur de métier, amoureux fou du Portugal, un pays qu’il a fréquenté à plusieurs reprises, il se dit prêt à tout cette fois pour y prendre racine.Simplement parce que Lisbonne, parmi tout ce qui fait son charme indéfinissable, lui offre «une sérénité impossible ailleurs».Le sermon aux poissons, premier roman de Patrice Lessard, mais second titre après les nouvelles de Je suis Sébastien Chevalier (Rodrigol, 2009), se présente comme une longue déambulation dans la Iqmineuse capitale portugaise.A mi-chemin entre la quête et la fuite, un narrateur enfin «sorti de la cage de Montréal» oscille entre le «je», le «nous», le «il».Le «sermon» du titre renvoie ainsi à une oeuvre célèbre d’Antônio Vieira, dans laquelle ce jésuite du XVIL siècle, que Fernando Pessoa considérait comme «l’empereur de la prose portugaise», donne la parole à saint Antoine de Padoue.Dans son soliloque, conscient de parler dans le vide comme s’il avait épuisé tous les recours de la parole pour convaincre la femme qu’il aime d’adhérer à son projet d’exil au Portugal, l’Antoine du roman de Patrice Lessard essaie de reconstituer un puzzle amoureux auquel il manque quelques morceaux.Construction audacieuse, un brin déstabilisante au début, deux récits convergent l’un vers l’autre.Parti à la recherche de son téléphone portable, qu’il croit avoir égaré la veille dans un bar ou chez des amis après le départ de sa blonde, Antoine ajoute quelques couches de confusion à son état d’esprit.C’est un peu aussi comme s’il cherchait son âme, Clara repartie sans retour pour Montréal, une raison (n’importe laquelle) de croire à sa propre folie.Cette quête est entrecoupée de flash-back constitués de quelques souvenirs, des derniers moments de Clara à Lisbonne et des heures chaotiques (et alcooliques) qui ont suivi.La manière de Patrice Lessard, quant à la forme, fait preuve d’audace.Les phrases nous sont livrées dans un style à la PATRICE LESEARD LE SERMON AUX POISSONS ponctuation «alternative» et un rythme essoufflant qui fait écho à celui de l’écrivain portugais José Saramago.Un style bien reconnaissable, fait de longues phrases où les virgules jouent souvent le rôle des points, où les dialogues semblent dilués dans un magma de phrases sans fin.L’«originalité», ici, on l’aura compris, opère comme un couteau à double tranchant.Tout comme est double aussi le protagoniste, qui balance entre le «je» et un «ü» plus détaché.Une façon, peut-être, d’exprimer le désarroi amoureux, l’incertitude, la distance, le passage du temps.A travers ces choix d’esthétique et de structure du récit.Le sermon aux poissons propose une intéressante façon de conjurer, à travers un roman, le mal d’amour et, tout comme le narrateur, de faire «de son passé des fictions édifiantes».Au final, écartelé entre «tous les gens, les lieux qu’on aime et qui s’évanouissent, et tout ce qu’on déteste et qui reste duns la tête comme une cicatrice», Antoine devra se résoudre à revoir les données de sa cartographie sentimentale.Des itinéraires enchevêtrés où Montréal et Iis-bonne finiront par se fondre dans la même mélasse existentielle et les mêmes questions.Seule peut-être demeure la certitude d’une autre Lisbonne, la ville fixée par l’écriture, «le lieu où nous fûmes heureux avec Clara parce que je ne l’étais pas chez moi.Un lieu hors du monde».Collaborateur du Devoir LE SERMON AUX POISSONS Patrice Lessard Héliotrope Montréal, 2011,272 pages roman non autorisé O DREE FERRETTI L'histoire'inventée de la célèbre Fleur Després, photographe, amoureuse et militante dont les reportages ont traversés tout le XX° siècle.CDLLECTiaN(^FICTIONS l’Hexagone Une compagnie de Québécor Media editionshexagone.com Celui qui reste c Laurin ¦ est un livre essen-^ tiel.Comme il y en a trop peu.Le genre de livre pudique, économe de mots, sans enflure aucune.Le genre de livre qu’on lit avec une boule dans la gorge, pourtant.Qui fait monter l’émotion d’autant plus qu’il est tout en retenue.C’est un livre grave et beau, qui laisse sans mot.On voudrait n’en rien dire que ceci: à lire absolument.Ou alors, on voudrait en citer des pans entiers, insister sur de petites phrases au passage, qui restent là, suspendues.Et qui font mal, absolument.Des phrases comme celles-ci: «Je n’ai qu’un désir, lui parler, la toucher.Je voudrais qu’elle soit présente, elle n’est plus que cendres.» C’est un livre à fleur de peau.Où l’on se projette sans cesse.Où l’on s’interroge sur la mort, le sens de la vie.Et le bonheur.Le genre de livre où l’amour, la tendresse sont palpables.Où l’attachement à l’autre qui n’est plus s’exprime avec une déchirante justesse.C’est l’histoire d’un homme de 77 ans qui vient de perdre sa femme, après 52 ans de mariage.Et qui se retrouve seul.C’est le livre d’un grand écrivain, c’est certain.Qui écrit depuis près de cinquante ans.Et qui ne peut s’empêcher de faire ça: écrire.Alors il le fait: «Je me sens amputé.J’ai perdu le seul être au monde avec qui je pouvais converser même dans le silence.Voilà pourquoi je sens le besoin de ne pas me taire.» Dès le début de Qui de nous deux?, dès les premières phrases, on est happé: «Écrire ne m’a jamais consolé de quelque peine.Ce n’est donc pas pour calmer ma douleur que j’entreprends ce petit livre.Ma femme est morte le 26 décembre.» Ce n’est pas un roman, mais un récit.Le récit que fait Gilles Archambault du vide de sa vie depuis que sa femme est partie.C’est écrit sous forme de journal.Ça commence le 7 janvier et ça va se poursuivre jusqu’au 10 mai.On alterne entre l’après et l’avant.Après sa mort à elle: le Danielle désarroi qui l’emporte, lui.Les larmes qui lui viennent constamment aux yeux.Sa présence qu’il sent constamment à côté de lui, comme si elle le regardait vivre sans elle.Cette honte de lui avoir survécu, lui pour qui «la vie peut être supportable si on a quelqu’un qui partage son désarroi».Sa solitude immense, nécessairement.Malgré ses enfants, ses quelques amis qui l’entourent.«Je me sens en exil», note-t-il.Parallèlement: le calvaire de sa maladie à elle, de sa déchéance physique, de ses souffrances, de sa mort lente.Et puis: une plongée dans les souvenirs plus anciens.Leur première rencontre, leur complicité, leurs discussions, leurs promenades, leurs voyages.Tous ces moments heureux, qui ne reviendront plus.Qui ne consolent pas non plus.Car, «d’avoir connu ce qui ressemble au bonheur ne vous console pas de l’avoir perdu».Tout cela épars, fragmentaire, elliptique.Et ramassé.Tout cela plein de non-dits qui en disent long, qui donnent à lire entre les lignes.Tout cela comme un examen de conscience en dents de scie.Avec, en toile de fond, cette question: l’ai-je rendue heureuse?Il se reproche d’avoir été un mari distrait.De l’avoir trop souvent négligée.«Vers la mi-trentaine, je me sentais parfois un peu confiné.J’avais besoin d’air, j’étais en manque de douceur.» Autrement dit: «On en vient à chercher sottement ce que l’inédit seul peut apporter.» Son insouciance.Ses maladresses, ses petites lâchetés.Et puis ceci: «Je n’ai jamais oublié en tout cas que je n’ai commencé à vivre que le jour où je l’ai connue.» Tous ces reproches qu’il se fait, maintenant qu’il est trop tard, qu’elle n’est plus là: «Je m’en veux de ne pas l’avoir regardée plus intensément tandis qu’il était encore temps.» Ce livre.Qui de nous deux?, commue un hommage, à la disparue.A sa beauté.A l’amour qu’elle lui a inspiré: «Le mystère féminin pour moi se résumait à son regard, à son sourire.» R lî^Gaspard" LE DEVOIR ALMARÈS RANG Dn 17 an 23 octobre 2011 AUTEUR/ÉDITEUR Kll HE JiFMATOWS^ Romans québécois 1 Au bord de la riviète * Tome 2 Camille Michel Oavid/Hurtubise -n 2 Les héritiers d'EnIddiev • Tome 4 Le sanctuaire Anne Robillard/Wellan 1/4 3 Stigmates et BBQ Stéphane Dompierre/Québec Amérique 5/2 4 Mémoires d'un quartier • Tome 9 Antoine, la suite Ionise TtemblasMTEssiambte/Giv SaiiKlean 2/9 5 Àtoi Kim Ihûv 1 FM JanovialÿLlie Boessbi 4/7 6 Madame Tout-le-Monde • Tome 1 Cap-aux-Biumes Juliette Thibault/Hurtaibise 3/6 7 Au bord de la rivière • Tome 1 Baptiste Michel David/Hurtubise -n 8 Maggie Daniel Lessard/Pietie Tisseyre -n 9 LA où la mer commence Dominique Demers/Québec Amérique -n 10 Les héritiets d’EnIddiev * Tome 3 Les dieux ailés Anne Robillard/Wellan 7/3 Romans étrangers 1 La trace de l’araignée Kathy Reichs/Robert Laftbnt 1/2 2 Un havie de paix Nicholas Sparte/Michel Lafbn -/I 3 Remède mortel Harian Coben/Belfond 2/3 4 La femme au mimir Éric-Emmanuel Schmitt/Albin Michel 3/7 5 Tover Gardner McKay/Chetche Midi -71 6 Le passager Jean-Christophe Gtangé/Albin Michel 4/4 7 Private Les Angeles James Patterson I Maxine Paetra/Archipel 6/4 8 Jusqu’à la folie Jesse Kelletman/Flammarion Québec 5/2 9 Cet instant-là Douglas Kennedv/Belfond -/I 10 Mise à nu Richard Castle/City 7/6 "?Essais québécois 1 Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident Diemila Benhabib/VLB 1/6 2 De quoi le Québec a-t-il besoin?J Barbe 1 M.-F.Bazzp 1V.Marissal / Leméac -/I 3 La pestion des produits * Tome 1 ta crise Maonefivier MoutientMaichand de laies 2/2 4 Labeauma ta dictature amicale David Lemelin/Michel Brûlé 5/2 5 Ne vous taisez plus! Denise Bombaidal Françoise Laborde/tâKid 3/4 6 Mafia ina Grandeur et misère du clan sicilien au Québec André Cédilot 1 André Noél/Homme 4/52 7 Liliane est au lycée.Est-il indispensable d’Stre cultivé?Normand Baillargeon/Flammarion 8/2 8 Je mange avec ma tète Élise Desaulniers/Alain Stanké 7/2 9 Et si mourir s’apprivoisait.Réflexions sur la fin de vie Seige Daneault/La Presse 6/6 10 On veut votre bien et on l’aura.Comment l’insidieuse.Jacques Nanlel 1 Ariane Kiol/TransconlrGnlal -n ^FEssais étrangers 1 Indignetvous ! Stéphane Hessel/Indigéne 1/39 2 Le crépuscule d’une idole.L’affabulation freudienne Michel Onfray/LGF 3/3 3 Le Cosmos et le Lotus Xuan Tbuan Ttinh/Albin Michel -71 4 Premier bilan après l’apocalypse Frédéric Beigbeder/Grasset 2/6 5 Tintin au pays des philosophes Collectif/Philoscphie Magazine -71 6 Le facteur Armageddon.La montée de la droite.Marc! Mcdonald/Alain Stanké 7/7 7 Le choc des révolutions arabes Mathieu Guidére/Autrement -/I 8 Pour sauver la planète, sortez du capitalisme Hervé Kempf/Points -/I 9 Nos garçons.Mieux les comprendre pour mieux les élever Michael Gurian/Albin Michel -/I 10 Les intellectuels faussaires.Le triomphe médiatique.Pascal Boniface/Jean-Claude Gawsewitch -/I JACQUES GRENIER LE DEVOIR Qui de nous deux?est le récit que fait Gilles Archambault du vide de sa vie depuis que sa femme est décédée.Que dire de plus?Sinon que l’intensité de ce livre nous renvoie à un autre récit de Gilles Archambault, publié il y a près de vingt ans: Un après-midi de septembre.Où c’est de la mort de sa mère qu’il était question.Même nécessité d’en passer par l’écriture, alors.Même besoin de rendre hommage à la disparue: «Ma mère m’a laissé plus que des souvenirs.Elle est inscrite en moi à tout jamais.Tout entière.Je n’ai jamais aimé une femme, ni connu un ami, sans puiser à ce réservoir d’amour qu’elle a déposé en moi.» Ces deux livres se répondent, s’appellent.Dans Un après-midi de sep- tembre, l’écrivain confiait que c’est grâce à ses parents s’il avait toujours cru aux histoires de couples.Il ajoutait que sa mère veuve entrevoyait le moment où elle irait rejoindre son mari.Dans Qui de nous deux?, Gilles Archambault affirme n’avoir jamais cru à la vie éternelle.«Il y a toutefois des jours où elle me paraîtrait indispensable», souligne-t-il, en parlant de sa femme.Laissant entendre qu’il ne peut s’empêcher de penser qu’il la retrouvera un jour, peut-être.QUI DE NOUS DEUX?Gilles Archambault Boréal Montréal, 2011,128 pages éditeur L£S EOmONS XYZ FELICITENT DANIEL LAFOREST LAURÉAT DU PRIX JEAN-ÉTHIER-BLAIS 2011 THÉORIE&LITTÉRATURE Daniel Laforest L archipel de Caïn Pierre Perrault et l'écriture du terntoire L’archipel de Caïn www.editionsxyz.com iRllNHÔlBrnaËl avec Pierre Jourde Ecrivain, critique littéraire, - pamphlétaire, blogueur animée par Michel Pierssens, Professeur au Département des littératures de langue française à l’Université de Montréal le jeudi 3 novembre à 17 h 30 librairie Gallimard 3700, Boulevard Saint-Laurent, Montréal sur les ventes de lines français au Canada.Ce palmaras est extrait de fitTtin/ et est constud des televds de caisse de 112 points de vente.La BIIF reçoit un snutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Sassmi.© BIIF, toute teproduction totale ou partielle est interdita RÉSERVATIONS SVP: raim Gallimard 514.499.2012 librairie@gallimardmontreal.coin www.gaiiimardmontreai.com ACTIVITE gratuite Un entretien libre pour parler de littérature, de culture, des influences de Pierre Jourde, connu pour ses pamphlets comme La Littérature sans estomac (L’Esprit des Péninsules) et plus récemment C'est la culture qu’on assassine (Balland) ainsi que de son travail d'écrivain notamment autour de son dernier récit La présence (Les Allusifs). F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 LITTERATURE Chaurette et le temps shakespearien Pour son essai consacré au dramaturge anglais, Normand Chaurette a remporté le prix de la revue Etudes Eançaises 2011.MICHEL LAPIERRE Il est fascinant que l’çn décerne le prix de la revue Études françaises à Normand Chaurette pour son Comment tuer Shakespeare.Dans cet essai intimiste, le dramaturge québécois et traducteur shakespearien raconte que, quand il s’est inscrit en études liançaises à l’Université de Montréal, on lui a dit «Vous avez CHOISI la littérature parce qu’il y avait un déchirement en vous.» Shakespeare changera sa souffrance en joie en se laissant tuer.Pour Chaurette, né à Montréal en 1954, la plupart des textes de Shakespeare furent «écrits presque sous l’emprise d’une force étrangère, insufflés plutôt qu’inspirés».Il précise qu’«îfe donnent aux écrivains qui les traduisent un avant-goût ou une réminiscence du bonheur vertigineux de la création».Partager l’intimité de l’expérience esthétique du dramaturge élisabéthain, personne dont l’identité même éveille encore un soupçon de doute, attise le désir obscur, voire inconscient de rivaliser avec lui.Pourquoi un traducteur, qui est lui-même créateur, bouderait-il son plaisir en reiisant de prolonger Shakespeare?Pourquoi hésiterait-il à porter atteinte à une oeuvre pour obéir à sa folie d’en imaginer une autre, une ju-mqlle plus bouleversante?A la suite de la jouissance d’une pièce shakespearienne, la complicité créatrice le pousse à commettre le meurtre littéraire du grand dramaturge, comme s’il s’agissait d’un crime passionnel.Chaurette avoue, bien sûr, n’aimer la figure lade de Shakespeare qu’à travers les personnages si charnels d’un génie devenu invisible.En 1991, dans sa pièce Ixs reines, il a tué, à sa façon, le maître en éliminant les personnages masculins de Richard III pour n’en conserver que les personnages féminins, pourtant secondaires.En jouant ainsi avec les créatures dramatiques, Chaurette touche à un aspect essentiel de la théâtralité: le travestissement ou, de manière plus profonde, l’ambivalence sexuelle.Il renouvelle le sens du vers shakespearien: «Le monde entier est un théâtre.» Déguisé en homme, le personnage de Rosalind, dans Comme il vous plaira, redevient une femme en apparence seulement (à l’époque élisabéthaine, il n’y a que des hommes sur scène).C’est, explique le perspicace Chaurette, comme si Shakespeare «proclamait que la vie n’existe pas, et que, conséquemment, le théâtre non plus, mais que l’un et l’autre sont une façon approximative de mesurer nos présences dans le temps».Le temps, voilà l’ultime réalité shakespearienne, dont même l’amour est esclave.Si, à l’opposé de Juliette, qui n’a bu qu’une potion soporifique, Roméo ingurgite un poison, «c’est, rappelle l’essayiste, parce qu’il ne saura pas â temps que Juliette n’est morte qu’en apparence».Elle devra se poignarder pour ne plus supporter la vue de son amank inanimé pour toujours.Comme Chaurette l’insinue, le théâtre, même le plus grand, n’est que l’expression de la vitesse du changement Collaborateur du Devoir COMMENT TUER SHAKESPEARE Normand Chaurette PUM Montréal, 2011,224 pages Olivieri librairie »’bistro Dans le cadre de la série éducative sur l’Holocauste Les relations majorité-minorités Olivieri Au cœur de la société Mardi, novembre à 19 h Wf> Centre commémoratif de l'Holocauste à Montréal Entrée librel RSVP : 514.739.3639 Bistro : 514.739.3303 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Quel legs de l’Holocauste ?Comment l’histoire de l’Holocauste contribue-t-elle à la manière dont nous pensons les relations qu’entretient la majorité d’une population avec les minorités qui la composent?CAUSERIE Deux penseurs québécois exposent des points de vue qui diffèrent.Joseph Yvon Thériault, professeur au département de sociologie à l’ÙQAM Jocelyn Maclure, professeur de philosophie à l’Université Laval.éditeur 1£S EDITIONS XYZ FEUCITENT LUCIE LACHAPELLE LAURÉATE DU PRIX FRANCE-QUÉBEC ROMAN FRANÇAIS Vivre des mots «Je n’ai pas l’impression d’avoir choisi la forme la plus apte à saisir la vérité», consigne Annie Emaux dans son journal littéraire, qu’elle a confié à Marie-Claude Char et à Michèle Gazier.Qu’en est-il de ce désir de détenir le réel ultime avec sûreté?GUYLAINE MASSOUTRE Comment raconter l’enfance?Pour Eric Laurrent, c’est faire apparaître les joies de sa chair dans les mots qui les dévoilent en longues phrases bien senties: Les découvertes en est une, joli texte bien sculpté, atmosphérique.L’effraction dans sa solitude d’enfant enchaîne les émotions retrouvées.Telle est la sensation d’un coup de foudre qui allume son feu sacré d’écrire.Son amour franc de la langue et de ses miroitements font la suite, en dix romans.Les phrases s’étirent sinueuses, voluptueuses, «son-gées».La mélancolie de se dire, cette difficulté aussi, forge l’invention de soi: on y découvre un mauvais élève, incapable de lire à l’âge d’apprendre les lettres, puis comment cette gêne se métamorphose en fascination pour les signes.Un appétit féroce le fait se ruer sur les mots, vers les images.Le corps de l’enfant fait homme est bien là, aspirant les plaisirs de la vie à longs traits.Chez Laurrent, tout cela mène à l’érotisme.Les images qui captivent l’adolescent outrepassent son milieu modeste: dans la ville noire et basaltique de Clermont-Eerrand, il est en effet rare de devenir artiste.Les découvertes raconte ainsi les premiers émois de la sexualité, le plaisir naturel de soi.Les occasions ne manquent pas.Que ces moments solitaires se transforment en révélations, c’est naturel, même si ce n’est pas neuf.Se souvenir devient alors la gestation lente d’un printemps tardif, tandis qu’éclôt un regard aussi vif qu’étonné.Ce récit se plaît aux mots rares, aux déclinaisons patientes oû le temps fige comme l’image de soi dans le miroir.Enroulé dans sa coquille de langage, l’écrivain continue de fondre, de s’engloutir, et il surnage.Les effets de basculement hésitent entre la séduction religieuse et celle du musée, mais finalement ce sont les jeux de masques et berga-masques, aux accents verlai-niens, qui l’emportent.La Sibérie d’Asie Autres réalité^?Autre stratégie, nul doute.A quatre mqins et dans un même «je», Eric Eaye et Christian Garcin, parfaits complices, racontent sans fioriture leur voyage en Russie.Sur le sol ingrat ou dans les airs, on touche une géographie inconnue dans un titre explici- te: En descendant les fleuves.Carnets de l’Extrême-Orient russe.Plus loin que la Sibérie, plus haut que le cercle polaire.De Iakoutsk à Tiksi, sur la mer des Laptev, il y a un fleuve, la Lena, que nos voyageurs descendent en touristes.Là, le monde n’est qu’une de ces Laponie fantastiques qui s’arriment fragilement à la civilisation.C’est peut-être l’enfer, vivre entre les barreaux de la vodka et du «permafrost» (marque de vodka!) ou pergélisol hostile.Nos aventuriers, déçus, s’enfuient aussi vite que la raison leur intime de protéger leur imaginaire.Explorer n’est pas une sinécure! Au-dessus de Verkhoïansk, ils désirent le Sud, effrayés d’être soudain captifs du néant, face à la vie sauvage.Les voici soulagés, aux portes de la Chine, à Khabarovsk, oû le récit suscite de vraies découvertes.Les photos donnent à imaginer un autre opéra pour E la nave va.Peu de métaphores, pas d’envolée de style.On s’ennuie en Russie, et le réel intouché s’efface.Dans les yeux de Paye et de Garcin, le reportage cherche la trace d’Olivier Rolin.Mais cette course folle dans la géographie réelle creuse à même l’irréalité du monde.On aipentera l’étrange Birobidjan, ville juive oû tout respire l’ambiance de pogrom.Surprise, c’est la ville oû s’entend finalement un écho du reste du monde.Ce sera enfin Vladivostok, dernière caresse un peu rude sur des visages impénétrables.Seul le grand compositeur-chanteur Vladimir Vyssotski pouvait y faire flamber une âme.Le travail d’écrire Quant à Annie Emaux, qui sait si bien écrire, elle livre un document.L’atelier noir.Ce sont des carnets de notes, des avant-projets, entre 1982 et 2007.Ces mots soulignés, jetés vite, forgent le travail latent de la littérature.Qui se contente d’éclats de la pensée, sans présager de ses chimères, y fréquentera des énigmes, des reliques sacrées, un livre ciboire, fait de symboles disparates, ex-plosés.A saisir pour le mica, le repentir, le désir, avec la foi du charbonnier.Collaboratrice du Devoir LES DÉCOUVERTES Éric Laurrent Minuit Paris, 2011,175 pages EN DESCENDANT LES FLEUVES Eric Paye et Christian Garcin Stock Paris, 2011,217 pages L’ATELIER NOIR Annie Emaux Éditions des Busclats S.I., 2011,203 pages LITTERATURE ERANÇAISE Transe sibérienne CHRISTIAN DESMEULES Dans une nouvelle, l’un des personnages de Tchékhov — qui est mort quand même, une coupe de champagne à la main — règle à l’emporte-pièce le cas de la «fameuse» âme russe: elle n’existe tout simplement pas.«Les seules choses tangibles en sont l’alcool, la nostalgie et le goût pour les courses de chevaux.» Dans un monologue aux tonalités incantatoires, Mathias Énard, l’auteur de Remonter l’Orénoque, du fabuleux Zowe (prix Décembre en 2008) et de Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants (tous parus chez Actes Sud), nous propose cette fois un magnifique petit livre tout imprégné de la Russie.Prolongement d’un vrai voyage rendu possible dans le cadre de l’Année Prance-Russie et adapté d’une fiction radiophonique écrite en 2010 dans le Transsibérien entre Moscou et Novossibirsk, L’alcool et la nostalgie, son sixième roman, ne dépare pas son oeuvre intense.Venu une première fois à Moscou, quelques années auparavant, pour y rejoindre Jeanne qui y poursuivait ses études, le narrateur de L’alcool et la nostalgie s’était rapidement senti de trop devant la relation qui se dessinait lentement entre elle et Vladimir, «un cosaque versé dans la littérature», polyglotte, cultivé et junkie en puissance.«Une vie plus tard», ayant appris par Jeanne, restée à Moscou, la mort de son ami Vladimir, Mathias est décidé à lui rendre un dernier hommage en accompagnant son cercueil vers la petite ville sibérienne d’oû il était originaire.Il replonge parmi les restes poussiéreux d’un triangle amoureux éclaté oû la drogue et l’alcool ont joué plus que leur part pour souder cette indéfectible amitié.Un voyage absurde au pays de la jeunesse et de la révolution (dont il «reste des morceaux en nous, débris d’un vieux rêve d’adolescent mal grandi qui n’a pas eu la chance de tenir un fusil pour défendre ses songes»).Défilent Moscou, «la ville des mille et trois clochers et des sept gares», Nijni Novgorod, Perm, Ekaterinbourg, Novossibirsk.Le train s’enfonce vers l’Est vers l’Ou- ral et l’Asie, escorté par la blancheur des bouleaux.Dans son compartiment chouchouté au fil des kilomètres par une provodnitsa bougonneuse, falter ego de Mathias Énard s’abandonne tout entier à la drogue douce du souvenir et des références voilées: Cendrars et sa petite Jeanne de Erance, recouvrant «le bruit étemel des roues en folie dans les ornières du ciel», bien sûr, l’ombre des goulags et la mémoire vibrante des grands romans russes.Animé, entêtant Collaborateur du Devoir L’ALCOOL ET LA NOSTALGIE Mathias Énard Éditions Inculte Paris, 2011,96 pages Le guide du vin maintenant en numérique ! • Plus de 2400 • Plus de 2400 vins répertoriés Michel Phaneuf et Nadia Fournier r / • Les Grappes ^ X dbr2012 Les 50 meilleurs vins ; J à moins de 15 $ ||I|H • Et bien plus |jQ encore.]ÜBi Recevez la version numérique gratuitement à l’achat du Guide du vin 2012 ou ePUB achetez-le en ligne à editions-homme.com Rivière Mékiskan EDITIONS-HOMME.COM www.editionsxyz.com ftLES EDITIONS DE L’HOMME Une compagnie de Québécor Media LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 F 5 LIVRES Pour une histoire des maisons hantées Stéphanie Sauget prouve que ces lieux bizarres sont loin de constituer un objet d’étude futile Une façade délabrée, des volets qui craquent, des cris stridents, une silhouette floue à la fenêtre.La maison hantée peuple notre imaginaire commun et constitue une intarissahle source d’inspiration littéraire et cinématographique.Tout en soulignant la méfiance des spécialistes de la période contemporaine envers cet étrange Heu, Stéphanie Sauget, spécialiste du XIX® siècle, montre de convaincante manière «qu’une histoire des maisons hantées est possible et sans doute même fructueuse».SÉBASTIEN VINCENT En analysant leurs significations philosophiques, sociales et politiques, Sauget confère aux maisons hantées le statut d’objet d’histoire culturelle.Elle les étudie, notamment sous l’angle du surnaturel, des superstitions, du spiritisme et de la science telle qu’elle §e faisait en France, au Royaume-Uni et aux É^tats-Unis entre 1750 et le début du XX® siècle.A travers une démarche rigoureuse, elle développe une approche compréhensive qui permet de documenter autrement «les phénomènes connus de redéfinition des limites entre science, pseudoscience et croyance».Pour les gens de l’époque, les maisons hantées permettaient d’aborder d’incontournables questions: la survie de l’âme après la mort, les limites entre l’humain et son environnement matériel, le rapport aux lieux et aux frontières entre divers éléments tels le matériel et l’immatériel, la super- stition et le savoir.Véritable problème à résoudre pour les scientifiques du XIX® siècle, dont Camille Flammarion, elles occupèrent le centre de débats passionnés avant d’être progressivement renvoyées à une marge discréditée aujourd’hui.Contrairement aux idées reçues, les maisons hantées du long XIX® siècle ne répondaient pas à une typologie définie.Certes, la littérature gothique les représente comme un château médiéval abandonné, une abbaye, en tout cas un lieu biscornu habité par le diable.D’autres sources, tels des ouvrages religieux, scientifiques et juridiques, et surtout la presse, évoquent plutôt des lieux calmes où de paisibles fantômes visitaient les vivants.Cela dit, les maisons hantées ont incarné l’envers du «Home sweet home», écrit Sauget.Au cours du XIX® siècle, les normes de confort ainsi quq le rôle de la femme au foyer se précisèrent.A la maison rangée de la ménagère modèle s’opposa «la folle du logis» de la maison hantée.En ce sens, cet essai se veut aussi une contribution à l’histoire des genres et à celle des femmes.Le phénomène des maisons hantées a été marqué par l’évolution des croyances et des imaginaires.Par cette contribution à une «histoire de l’insolite», Stéphanie Sauget prouve que ces lieux bizarres sont loin de constituer un objet d’étude futile et dérisoire.Collaborateur du Devoir HISTOIRE DES MAISONS HANTEES Stéphanie Sauget Paris Tallandier, 2011,252 pages 1 3 M JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR LITTERATURE JEUNESSE Sorcières, vampires et compagnie ANNE MICHAUD En se réveillant d’un horrible cauchemar dans lequel elle était poursuivie par des vampires, Noémie aperçoit des traces de morsures dans le cou de son papa.Son imagination se déchaîne: est-il possible que son gentil papa se soit transformé en méchant vampire?Sa grand-maman d’amour en chocolat fondant a beau ne pas y croire, la fillette est convaincue que c’est le cas, d’autant qu’il travaille maintenant dans un salon funéraire, qu’il porte des vêtements noirs et qu’il a le teint très pâle.Comment démasquer ce papa-vampire sans se faire mordre?Voilà tout un défi pour la pétillante Noémie! NOÉMIE Tome 21: PAPA DRACULA Gilles Tibo Québec Amérique Montréal, 2011,168 pages (8 ans et plus) Pour Julie, qui a déjà fait face à la Dame blanche, au Bonhomme Sept Heures et au Feu Follet, une nouvelle aventure débute lorsque son oncle Stéphane lui raconte la légende de la Messe de minuit.Dans cette histoire, un curé fantôme est condamné à dire une messe chaque nuit jusqu’à ce que quelqu’un accepte de prier avec lui.Aussitôt, Julie est convaincue que le curé de sa paroisse est lui aussi un curé fantôme.Heureusement que la fillette est courageuse et déterminée parce qu’elle n’a pas fini d’en voir de toutes les couleurs avec les personnages de contes et légendes auxquels elle doit faire face! Ainsi, dans une subséquente aventure, c’est la Bête à grand’queue qui vient perturber la nuit que Julie passe à la belle étoile avec ses copains du terrain de jeu.Y a-t-il vraiment une bête fantastique qui rôde dans la forêt?Ou serait-ce plutôt un tour que voulaient lui jouer deux jeunes fanfarons?Mais attention, on ne rigole pas impunément avec la Bête à grand’queue.JULIE ET LA MESSE DU REVENANT JULIE ET LA BÊTE DANS LA NUIT Martine Latulippe Québec Amérique Montréal, 2009 et 2011,80 pages (7 ans et plus) L’Halloween s’annonce catastrophique pour Julien: sa mère insiste pour qu’il porte le magnifique costume de papillon qu’elle lui a confectionné alors qu’il voudrait plutôt parader à l’école avec le costume de robot qu’il a lui-même fabriqué.Quand l’amour s’en mêle et qu’il s’agit de secourir la belle Gabrielle Labrie, Julien pense avoir trouvé la solution à son problème alors qu’en fait, il vient d’en créer un autre.Les fans de Julien Pot-vin retrouveront avec plaisir les personnages de la série: Qdile et son sourire de crocodile, Lucie Ferland dite Lucifer, Steve Mallette, etc.Et ceux qui ne les connaissent pas encore prendront sûrement plaisir à découvrir ces personnages pour qui chaque jour de la semaine apporte son lot d’aventures.t’en prie FEMME AVEC CAMÉRA Éditions du Michel Beaulieu, Poèmes (1975-1984), présenté par Denise BraSSard, œll.Ovale Je t'en prie, Jonathan Lamy Femme avec caméra, Corinne Larochelle MARDI, JOUR D’HALLOWEEN Danielle Simard Soulières éditeur St-Lambert, 2011,96 pages (8 ans et plus) Vous voulez tout connaître sur la vie des sorcières?Facile! Il suffit de consulter L’année des sorcières pour découvrir leurs passe-temps, leurs astuces modes, leurs recettes préférées (le sandwich punaises-mayo est très populai-reD, les endroits où elles passent leurs vacances et plusieurs auùes secrets bien gardés.Superbement mis en images par un quatuor d’illustrateurs chevronnés.L’année des sorcières démontre avec brio que s’amuser en lisant, c’est pas sorcier! L’ANNÉE DES SORCIÈRES Texte de Rerrette Dubé Illustrations de Marion Arbona, Jean-Paul Eid, Philippe Germain et Julie Rocheleau Éditions Imagine Montréal 2011,64 pages (5 ans et plus) DAMEI.I.E SlMAliU MARDI JOURD'HALLOWEIN m M (Tt TA EN PAPILLON?Collaboratrice du Devoir Presses de l’Université Lavai Politique Découvrez nos Nouveautés |_ __I NICOLE F.BERNIER Noroît Nouveautés www.lenoroit.cam R„mondHüdon« Christian poirier La politique, jeux et enjeux ACTION EN SOCIETE, ACTION PUBLIQUE ET PRATIQUES DÉMOCRATIQUES NICOLE F.BERNIER Un regard constructif et critique sur les politiques publiques dans notre système de santé 204 pages • 30 $ MARIE-HÉLÈNE LAROCHELLE L'auteure présente 26 thèmes de Tœuvre de Réjean Ducharme selon la formule de Tabécédaire 194 pages • 24,95 $ RAYMOND HUDON et CHRISTIAN POIRIER Cet ouvrage constitue un outil à ceux qui s'intéressent au renouvellement de la politique 482 pages • 45 $ i Littérature .É H?'à r 4^ ¦¦¦" û ^ C’* -.W, ‘N- ufo I ^ -S •” ns ' ^ Je I 23 i ^ ^ h H ^ ¦ ¦ III ^ vi DO fD J Abonnez-vous à INFO-PUL wv\riA/.P UI a va I.CO m F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO OCTOBRE 2011 ESSAIS ESSAIS QUEBECOIS Entre la folie et la cruauté Louis CORNELLIER Lm affaire Guy Turcot-^ te, du nom de ce père de famille et médecin qui a tué ses deux enfants en 2009 avant d’être déclaré non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux, a créé une commotion au Québec.Le verdict du jury n’a pas fait l’unanimité.Trop facile de se faire passer pour malade mental afin de se soustraire à sa responsabilité, ont clamé, souvent avec hargne, les mécontents.Ce cas, qu’on pourrait croire typique de notre monde contemporain déboussolé, a pourtant plusieurs précédents (avec variantes) dans l’histoire du Québec.L’historienne Marie-Aimée Cliche les répertorie et les analyse dans Fous, ivres ou méchanû?Les parents meurtriers au Québec, 1775-1965, une solide monographie d’histoire sociale.Pour désigner le meurtre d’un enfant de plus d’une semaine et de moins de dix-huit ans par ses propres parents ou substituts parentaux, Marie-Aimée Cliche parle de «filicide».En compulsant les dossiers judiciaires et les journaux de l’époque, elle en dénombre 140, au Québec, pour la période de 1775 à 1965.Les motifs les plus fréquents sont l’altruisme (éviter la misère à sa progéniture), la maladie mentale, l’élimination d’un enfant non désiré, la vengeance conjugale et la négligence.Les hommes reconnus coupables de ces meurtres sont souvent «considérés comme des êtres mauvais qu’il convient de punir», alors que les femmes sont perçues «comme des malades mentales qu’il faut soigner».Il arrive cependant que les hommes s’en tirent parce que leur rôle de pourvoyeur les protège d’une dénonciation.Enfin, surprise, pour la période couverte, on trouve plus de femmes meurtrières que d’hommes, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.Marie-Aimée Cliche montre que, à chaque époque, ces drames ont suscité un semblable débat.Les experts, en effet, depuis le XIX" siècle, se divisent en deux camps: les partisans de l’explication par la folie et ceux de l’explication par la cruauté lucide.Les premiers, cependant, sont plus nombreux, mais leur thèse rencontre beaucoup de résistance dans la population.Des éléments contextuels doivent aussi être pris en considération.Ces drames, en effet, surviennent surtout en milieux pauvres, sont parfois le résultat d’une consommation excessive d’alcool et ne peuvent être dissociés du statqt de l’enfant dans la société.A ce dernier égard.Cliche souligne que la conscience de la nécessité de protéger les enfants contre la maltraitance a beaucoup évolué de 1775 à 1965.L’historienne, dont le style pédagogique reste plutôt froid, relate, pour illustrer son Marih-Aimée CL[CE1E Fous, ivres ou méchants ?Les parents meurtriers au Québec, 1775-1965 propos, une multitude de cas.Les plus spectaculaires et déchirants sont ceux du petit Pierre Grégoire (1896), surnommé «l’enfant au toutou» parce qu’il se réconforte auprès du caniche de la maison, de la tristement célèbre Aurore Gagnon (1920) et de la petite Laurette Grenier (nom fictif; 1934), battue, privée d’eau et attachée parce qu’elle souffre d’énurésie.Aujourd’hui, comme hier, une personne saine d’esprit ne peut que conclure à la folie de ces bourreaux.Toutefois, comme le disait le juge Pelletier lors du procès de Marie-Anne Hou-de, belle-mère d’Aurore, suffit-il de déclarer «je suis fou» pour être pardonné?Rigoureux et sobre, le livre de Marie-Aimée Cliche, plutôt terne sur le plan stylistique, ne s’adresse pas aux amateurs de sensations fortes, mais à ceux qui s’intéressent déjà sérieusement à l’histoire sociale du Québec.Il nous apprend surtout que «les données statistiques révèlent que toutes les causes de filicides connues aujourd’hui avaient déjà été observées dans la province de Québec avant la Révolution tranquille».Fier d’être nazi La question qui s’applique aux parents meurtriers — sont-ils fous ou cruels?— vaut aussi pour les esprits séduits par le nazisme dans les années 1930-1940.Ami du führer canadien Adrien Arcand, bailleur de fonds de ses journaux haineux et trésorier du «Parti na^i au Canada», le docteur Paul-Emile Lalanne «est un sympathisant nazi et un antisémite virulent» et «il en est fier», nous apprend l’historien Hugues Théorêt dans Le docteur Lalanne.Le faiseur d’anges à la croix gammée.En 2010, dans une solide biographie, Jean-Erançois Nadeau racontait en détail le parcours du chef fasciste Adrien HUGUES THEORET Table à cartes du D" Paul-Émile Lalanne, un médecin montréalais qui financera les activités du nazi Adrien Arcand.Arcand.Qr l’homme, évidemment, n’était pas seul.Un de ses acolytes, qu’on rencontrait au passage dans le livre de Nadeau,,était le gynécologue Paul-Emile Lalanne (1883-1951), un personnage mystérieux qui est le sujet principal du livre de Théorêt.Médecin ayant fait fortune dans le pétrole, bon vivant por- BMÊÜÊNnïi fiESPONSHeiE KiSSrfm LesÊditiiiitseiD té sur l’alcool, les femmes et les sciences occultes, Lalanne, qui pratique à Montréal, acquiert, en 1925, une île sur le lac Saint-Erançois, près de Salaberry-de-Valleyfield, sur laquelle il fait construire un manoir.Le lieu est alors connu comme «l’île à la croix gammée» parce que «le svastika est omniprésent dans l’île» et figure partout sur le mobilier, même sur les pantoufles du maître.Le journaliste Jean-Charles Harvey, pourtant pourfendeur du nazisme, séjournera dans l’île en 1938, se fera photographier sous une croix gammée et s’of fusquera qu’on dénonce ce passage chez son ami Lalanne! La réputation de ce dernier est sulfureuse.En 1920 et en 1932, il subira deux procès pour avortement illégal, au terme desquels il sera acquitté, même s’il ne fait pas de doute qu’il est bel et bien un faiseur d’anges.En 1940, quand Arcand et onze autres fascistes canadiens seront emprisonnés, Lalanne, qui a reçu la visite de la GRC en 1939, ne sera pas embêté.«Avait-il des relations en haut lieu?», demande Théorêt.Eondé sur des sources historiques solides (qui excluent, bizarrement, la biographie d’Ar-cand par Nadeau), le livre de Théorêt ne brille pas par son style, qui reste trop scolaire, mais il ajoute une pierre originale à l’histoire du fascisme au Québec.louisco@sympatico.ca FOUS, IVRES OU MÉCHANTS ?Iæs parents meurtriers AU Québec, 1775-1965 Marie-Aimée Cliche Boréal Montréal, 2011,280 pages LE DOCTEUR LALANNE Iæ eaiseur d’anges À LA CROK GAMMÉE Hugues Théorêt GID Québec, 2011,184 pages HISTOIRE Notre Parlement né sous le bâillon MICHEL LAPIERRE L7 Acte constitutionnel de ' 1791, adopté à Londres, permit au Bas-Canada d’avoir, dès l’année suivante, un régime parlementaire.La démocratie semblait naître, mais avions-nous le droit de dire que notre Parlement était alors sans pouvoir?A la fin de 1809, Le Canadien déclara: «Sans la liberté de la presse, tout gouvernement libre devient nécessairement despotique.» En mars 1810, le député qui dirigeait ce journal de Québec, on le jeta en prison.Qrdonnée par James Henry Craig, gouverneur général de l’Amérique du Nord britannique, la détention sans procès du directeur, Pierre-Stanislas Bédard (1762-1829), chef du Parti canadien (formation appuyée par la majorité de la population), dura 13 mois.Elle s’accompagnait de la saisie du journal (répandu à travers tout le Bas-Canada) et de l’arrestation des collaborateurs.Avec d’autres, ces événements marquèrent la crise parlementaire de 1810.Le Bulletin d’histoire politique publie sur la question un riche dossier auquel ont contribué sept spécialistes qui excellent à sortir de l’ombre Bédard, ce précurseur mécon- nu de notre conscience démocratique.Même si les articles parus dans Le Canadien n’étaient pas signés, ils exprimaient la pensée du directeur: celui qui, selon la belle image de l’un des artisans du dossier, Gilles Gallichan, osa «soutenir le regard de César».La séparation des pouvoirs Le fait qui déclenche la crise de 1810 concerne la séparation du pouvoir judiciaire et du pouvoir législatif, principe défendu par l’interprétation libérale du droit constitutionnel britannique, celle que Bédard connaît à fond, comme E Philippe Reid le montre avec brio.Inspirée de ce principe, une loi sur les juges, adoptée par les députés, mécontente le Conseil législatif (non élu) qui en retarde l’application pour éviter d’exclure du Parlement un juge député, ami du gouverneur.De son propre chef, l’Assemblée, Bédard en tête, chasse alors le juge de ses rangs.Craig riposte en dissolvant la Chambre pour affronter ensuite une majorité réélue de députés toujours sensibles à la démocratie.Reid trouve exagéré, avec raison, de voir en Bédard un théoricien de la responsabilité ministé- m} JOHANNA SKIBSRUD LES SENTIMENTALISTES éditeur lohanna Skibsrud SENTIMENTALISTES LES EDITIONS HURTUBISE FELICITENT CAMILLE BOUCHARD FINALISTE AU PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL LinÉRATURE JEUNESSE Camille Bouchard UN MASSACRE MAGNIFIQUE « J’ai été captivé par l’élégance de l’intrigue et l’ingéniosité de l’écriture » Patrick Ness - The Guardian Roman hisioriqiK rielle.Il n’y a pas de ministres entre 1792 et 1841; la responsabilité d’un ministre de se soumettre à la majorité parlementaire ne sera acquise qu’en 1848, sous l’Union des Canadas.Mais il faut reconnaître que, dans un mémoire de 1814 soumis à Londres, Bédard, le hardi, a la clairvoyance de reconnaître, 25 ans avant lord Durham, que les «divisions» qui régnent à la Chambre sont «nationales»: d’un côté, le parti des «Anglais»: de l’autre, celui des «Canadiens», la «masse du peuple».Plus qu’un Parlement, il s’agit d’un champ de bataille symbolique, du heurt insoluble de deux forces anthropologiques, abyssales.Collaborateur du Devoir PIERRE-STANISLAS BÉDARD, LA CRISE DE 1810 ET LES DÉBUTS DE LA DÉMOCRATIE PARLEMENTAIRE Collectif Bulletin d’histoire politique VLB Montréal, 2011,240 pages Venez le rencontrer DESOLATIONS DAVID VANN À l’occasion de la parution de Désolations David Vann Prix Médicis étranger 2010 pour Sukkwan Island sera au Québec du 1®' au 6 novembre À Montréal : Le mardi novembre à 18 h 30 Librairie Monet, 2752, rue de Salaberry (Tel.514-337 4083) Le dimanche 6 novembre à 18h30 Librairie Le Port de tête, 262 avenue du Mont-Royal Est (Tel.514-678 9566) À Québec : Le jeudi 3 novembre à 18 h 30 Librairie La Liberté, 2360, Chemin Sainte-Foy (Tel, 418-658 3640) À Trois-Rivières: Le vendredi 4 novembre à 1 7h 30 Librairie Clément-Morin, 4000, bouleyard des Forges (Tél.819-379 4153) Gallmeister
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