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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2011-11-26, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 NOVEMBRE 2011 PHOTO Le regard de Diane Arbus sur FAinérique qui dérape Page E 3 DE VISU ^ Les frères Caillebotte et d’autres 3 aspects de la modernité au MNBAQ Page E 7 CULTURE n Image du film Sky Song de l’Estonien Mati Kütt, qui sera projeté en première québécoise à la soirée d’ouverture, jeudi prochain.SOURCE CINEMATHEQUE QUEBECOISE SOMMETS DU CINEMA D’ANIMATION DE MONTREAL Quand le fantastique fait son nid Ils ont dix ans cette année, reçoivent la plus importante délégation internationale de leur courte histoire, ajoutent un volet compétitif à une sélection tissée de programmes spéciaux, d’expositions et d’hommages.Du 1“ au 4 décembre, les 10®" Sommets du cinéma d’animation de Montréal invitent le grand public, tous âges confondus, à la Cinémathèque québécoise, maître d’œuvre de la manifestation.là /fié ODILE TREMBLAY Les admirateurs du délicieux film W.A.LL-E.des Studios Pixar (2008) sa-vaieut déjà à quel poiut la fiu du moude et sa re-coustructiou de bric et de broc trouveut daus le ciuéma d’auimatiou uu véhicule de rêve.Nombreux sout les ciuéastes qui s’y frotteut à leiu tour.«Ce thème en fil rouge relie plusieurs films de la dixième édition des Sommets, explique Marco de Blois, couservateiu eu ciuéma d’animatiou à la Ci-uémathèque.La disparition, le chaos dominent, en apportant une touche spectaculaire aux oeuvres présentées.Le fantastique est roi partout.» L’auge du bizarre aussi.Surtout daus l’hallu-ciuaut Sky Song (45 mi-uutes) de l’Estouieu Mati Kütt projeté eu première québécoise à la soirée d’ouverture jeudi prochaiu.Ce moyeu métrage est dédié à Alfred Hitchcock, Salvador Dali, Luis Bunuel, Sigmund Freud.Vrai bijou baroque avec marionnettes et objets divers transformés en tout ce qu’on voudra, Sky Song est un voyage dans l’imagination débridée du cinéaste, même sur la Lune comme Méfiés.Hommage au surréalisme, avec références à Un chien andalou de Dali et Bunuel, «Au Québec, on est plus ouverts à l’expérimental que dans bien d’autres cinématographies » mais aussi à l’univers pictural du maître catalan aux longues moustaches, ce délire visuel, truffé de références, éblouit.Démarches multiples À l’ouverture, aussi: l’émouvant et sompre Paula du Québécois Domi-nic-Etienne Simard (première mondiale), réalisé dans le cadre du concours Cinéaste recherché à l’ONF.Ce court métrage puissant s’appuie sur le procédé rotosco-pique: des acteurs en mouvement auxquels des dessins sont superposés en déformant ici les corps.Le cinéaste s’est inspiré d’événements réels qui l’ont choqué.D’où cette oeuvre sociale au rythme hachuré, en noir et blanc avec touches de couleur pour évoquer la violence.Place au quotidien sordide d’une prostituée d’Hochelaga-Mai-sonneuve qui fait le tapin dans un Montréal hostile, qu’un enfant et un chi,en seuls humanisent.À voir aussi: Metachaos de l’itahen Alessandro Bavari, où le monde explose comme il se doit avec ime furein ju-bilatoire.Tout comme le très attendu Ifs Such a Beautiful Day de l’Américain Don Hertzfeldt, en première canadienne (23 minutes), dernier volet d’une trilobé sin la maladie, mêlant les dessins minimahstes de personnages en allumettes avec des images en prises de vue réelles.À travers une narration morcelée, la confusion d’im homme en perte de mémoire l’entraîne vers l’ailleurs, sur une maîtrise du mouvement et des moments poignants.«Toutes les démarches se valent, dit Marco de Blois.Les oeuvres aux techniques les plus sophistiquées ne sont pas nécessairement les meilleures.Parfois, la simplicité vient chercher l’émotion., comme chezHertsfeldt.» La fantaisie règne cette année jusque dans le programme concocté par les Archives françaises du film: «Le fantastique dans l’animation française» servira des oeuvres patrimoniales, comme Renaissance de Wale-rian Borowczyk (1963) et Barbe-Bleue d’Olivier Gillian (1978).Le Néerlandais Rosto accompagnera sa rétrospective Rosto, gothique and Roll, qui gambade à travers les dimensions.Dans son Jonas/Tomberry, l’écrivain Borges y rencontre le cinéaste Mmnau.«L’imagerie de Rosto fait appel au cinéma d’horreur, précise Marco de Blois.Il montre l’impureté de l’image, intègre le vivant et l’animé avec des films au fini singulier et bizarre.» Imposer un événement Des oeuvres d’animation, la Cinémathèque québécoise en projette depuis les années 60.Mais les Sommets lurent mis sm pied en 2002 pour combler un manque.«Au Québec, on a une culture forte de l’image en mouvement, précise Marco de Blois, une grande expertise VOIR PAGE E 2: ANIMATION SOURCE CINEMATHEQUE QUEBECOISE Le film Paula du Québécois Dominic-Etienne Simard sera présenté en première mondiale à l’ouverture du festival.Une œuvre sociale au rythme hachuré, en noir et blanc avec touches de couleur pour évoquer la violence E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 NOVEMBRE 2011 CULTURE Ne pas changer la vie -y w Odile Tremblay « A voir voulu changer la vie / S’endormir avec l’ennui / Après avoir perdu son temps / Personne a pu faire autrement», chantait au milieu des années 70 Robert Charlebois dans Fais-toi z’en pas, sur des paroles résignées de Réjean Ducharme.Elles me revenaient en tête l’autre soir en sortant de HA ha!.au TNM.Sauf que, dans cette pièce-là, les héros de Ducharme hurlaient, se déchiraient et ne consolaient personne à coups de «Fais-toi z’en pas tout le monde fait ça».Ils s’en faisaient, justement, le verbe mauvais, les griffes dehors.L’auteur avait frappé un mur, de toute évidence, avant de libeller son HA ha!., comme un pamphlet aux dieux décadents de la médiocrité.D’où ce feu d’artifice théâtral, pas résigné pour deux sous, ivre de désenchantement et de souffrance aveugle.Ce show-là nous est rentré dedans.Au théâtre, faut que le moindre détail fonctionne pour que ça lève.Une petite roche de rien dans l’engrenage du texte ou du jeu, des éclairages trop crus ou pas assez, un foutoir mal contrôlé aux décors, et le mobile part de guingois.Mais tout explosait à l’unisson au TNM.La charge de HA ha!.imposa à Dominic Champagne son rythme, son ton, une violence indomptable qu’il fallut dompter pourtant.Peut-être l’auteur fantôme s’était-il glissé incognito dans la salle pour voir sa pièce.Gageons qu’il en est ressorti galvanisé, saoul, sonné comme nous par ses anges déchus.Rimbaud avait voulu aussi changer la vie mais, faute d’y croire encore, avait rangé sa plume.Ducharme a continué, mais il mit ses héros à mort.Sur scène, François Papineau joue avec une désinvolture écorchée ce Roger, poète avachi dans son fauteuil, cruel, rêveur brûlant ce qu’il n’a pu aimer, grisé par ses échecs.L’extraordinaire Anne-Marie Cadieux nous fait oublier qu’elle est une actrice et non cette Sophie ardente, prisonnière de son tourbillon sans but.Marc Béland devient ce Bernard noyé dans sa bouteille et sa lâcheté.Sophie Cadieux bouleverse en pauvre Mimi prenant au sérieux la dérision des autres, mais refusant le contact de sa peau.De grands rôles pour de grands interprètes.Et dans cet appartement médiocre en unité de lieu, c’est la société québécoise qui prend son trou, prompte à parler, paralysée dans l’action.HA ha!.est un dîner de cons, où le seul être fragile doit être immolé.«Quelque chose en moi se délecte de ce sacrifice sans fin dans une médiocrité sans fond», lance Roger, en citant Stanislaw Ignacy Wit-kiewicz.Cette phrase et d’autres sont projetées sur les murs, sitôt sorties des lèvres des acteurs, rendant à la littérature son alphabet.Car tout est création et prétend l’être.Ducharme détruit dans sa pièce le théâtre lui-même, qui voulut échapper au réel et doit en payer le prix.J’ai couru à la librairie acheter la pièce pour rester dans l’ambiance, comme on dit.Jean-Pierre Ronfard, le premier en 1978 à monter HA ha!., en avait signé la préface.11 la tenait pour une des grandes oeuvres de la dramaturgie contemporaine, avouant s’être d’abord effrayé à l’idée de s’y frotter.A plus de trente ans d’intervalle, Dominic Champagne aussi recula: monter une pièce aussi cynique, brutale, sans poussée d’espoir dans notre Québec en manque de lumière, allons donc! Mais les comédiens, en répétition, fouettés par la puissance du texte, eurent rai-sop de ses réticences.A travers les mots écrits, j’ai plongé une deuxième fois dans cet étrange langage.Rien de l’imaginaire exploréen façon Gauvreau.Plutôt une langue hybride et poétique entre jouai et tournures littéraires, avec des mots d’anglais et des répétitions en leitmotiv.«Tout le monde parle chinois dans sa propre langue pour être sûr que je comprenne rien», s’indigne Mimi, dont la tête tourne.«Langue impure?Oui! Magnifiquement bâtarde.Moderne», résumait Ronfard.En ajou- 1 YVES RENAUD Une scène de HA ha!.de Réjean Ducharme au TNM tant plus loin: «HA ha!.rappelle que le théâtre est une fête de la parole et qu’il n’y a pas de fête sans ivresse, sans débordements anarchiques, sans transgression du quotidien.» On ne pourrait pas l’écrire aujourd’hui, cette folle pièce-là.Les désenchantements arborent d’autres couleurs, plus politiques, moins psychédéliques et exaltées.Les poètes sachant d’avance qu’ils ne changeront pas la vie tombent de moins haut, en somme.Mais le texte ne paraît pas daté pour autant.Comme si cette révolte anarchique là couvait sous les cendres en attendant son heure.Et la poésie de Ducharme persiste à nous aspirer dans sa valse baroque et absurde: «Frôlez, torchons brûlés, laveurs de vassaux, vestales d’eau de vaisselle.Frôlez, frottez, poumons crottés, chignons crêpés, grandes opérations, poils au menton, bas-du-cul du bas du fond! Caressez!» On veut bien.otremblay@ledevoir.corn ANIMATION SUITE DE LA PAGE E 1 dans le domaine.Il fallait mettre ces talents en valeur, aider les cinéastes d’ici et d’ailleurs â échanger.» En 2008, l’événement devint festival et prit de l’ampleur.Le conservateur traque les perles dans les rendez-vous consacrés, dont Annecy, Ottawa, Zagreb, etc.De plus en plus, on lui soumet des films aussi, prouvant que les Sommets se sont imposés.«Au bloc initial des meilleurs films de l’année, on a ajouté des rétrospectives, des rencontres avec cinéastes, développé le rayonnement international.J’essaie d’éviter l’académisme dans ma sélection, mais cette année le cru était exceptionnel.Prochaine étape: développer un marché pour les professionnels.» Le festival a ses programmes pour adultes, d’autres pour enfants.Ces derniers pourront voir, entre autres, une sélection de films muets français du début du XX® siècle accompagnés au piano par Gabriel Thibodeau.Partout, les oeuvres québécoises trônent en force, bien entendu.«L’ONF, gros joueur, soutient la production nationale en cinéma d’animation, mais depuis une dizaine d’années, on assiste â l’émergence des indépendants.Aux Sommets, on présente, entre autres.Rivière au Tonnerre de « C'est vraiment un spectacle à voir I J’ai adoré pour le jeu d’acteur, pour le texte inspirant, la mise en scène magnifique.Ça fait du bien.» E/sa Pépin, Voir, Téié-Québec « Toute la distribution est étincelante, mais dans le rôle-titre.Benoit Drouin-Germain transmet à merveille l’exaltation intellectuelle qui anime Galois : une fébrilité que l'acteur donne à voir par une interprétation frénétique, à fleur de peau.» Phiiippe Couture, Le Devoir « Une pièce brillante et touchante à ne pas manquer.» Louise Bourbonnais, Le Joumai de Montrôai « La pièce captive et émeut, inscrit notre soif de justice sociale dans la continuité de ceux et celles qui nous ont précédés.» Christian Saint-Pierre, RevueJeu.org « Contre le temps [.] se révèle un spectacle magistral qui confirme à nouveau l’intelligence, | la profondeur et la sensibilité de l’une des plus remarquables plumes du théâtre québécois contemporain.» Oiivier Dumas, Mortheatre.qc.ca « Une des histoires les plus originales qui m’ait été conté depuis longtemps.» Emiiie Perreauit, Que ie Québec se iéve, 98,5EAf « Le théâtre de Geneviève Billette captive par sa singularité.» Karyne Lefebvre, Désauteis Benoît Drouin-Germain, Monique Spaziani, Benoit Gouin, Benoit McGinnis, Kim Despatis, Bruno Marcii, Frédéric Paquet, Émilien Néron et Aiexis Piante collaborateuis Marie-Hélène Dufbrt, Jean Bard, Marie-Chantale Vaillancourt, Enwann Bernard, Alain Dauphinais et Florence Cornet Contre ie temps texte Geneviève Biilette mise en scene René Richard Cyr du 8 novembre au 3 décembre 2011 une création du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui direction artistique Marie-Thérèse Fortin informations et réservations 3900, rue Saint-Denis, Montrôai QC H2W 2M2 theatredaujourdhui.qc.ca/contreietemps 514-282-3900 partenaires de saison Le DEVÎ )ni DMO Groupe financier Pierre Hébert.Fn contemplation de paysage, il dessine sur des images réelles et le banal devient irréel.Daniel Faubert a fait L’axe, oû les acteurs sont utilisés comme des marionnettes.Dans Crépuscule, Eric Falardeau verse dans l’horreur, le gore.Au Québec, on est plus ouverts â l’expérimental que dans bien d’autres cinématographies.McLaren n’a jamais cessé d’influencer notre animation.» Cette année, une délégation suisse vient aux Sommets avec des films étudiants et de la jeune relève.Deux expositions sont au menu: une sur le cinéaste et pionnier de l’animation québécoise René Jodoin, avec croquis, dessins, documents d’archives; l’autre sur l’artiste montréalaise Suzie Sjm-nott, qui proposera de son côté Figures cristallines, une installa- SOURCE SOMMET DE L’ANIMATION Image du film NuIIarbor d’Alister Lockhart et Patrick Sarell tion lumineuse en projections multiples.Une partie de la programmation des 10®® Sommets est présentée dès cette fin de semaine à Québec au Musée de la civilisation.Le Devoir Théâtre du Nouveau NIonde COMPLET JUSQU’AU 10 DÉCEMBRE SUPPLÉMENTAIRES MARD113 DÉC.+ JEUD115 DÉC.«(.) exaltante mise en scène ! (.) De ce spectacle se dégage une insatiable soif de liberté, un grisant anticonformisme (.) Du beau travail porté par une distribution férocement engagée.Le Devoir DOMINIC CHAMPAGNE CrHOIirESABIt UNE PRÉSENTATION BANQUE NATIONALE SS cMARC BELAND, ANNE-MARIE CADIEUX, SOPHIE CADIEUX, FRANÇOIS PAPINEAU TNM.QC.CA 514.866.8668 LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 NOVEMBRE 2011 E 3 CULTURE COPYRIGHT © THE ESTATE OE DIANE ARBUS Sans titre (6) 1970-71 Diane Arbus au Jeu de Paume : sur la traque de l’Amérique qui dérape « Je crois qu’il y a des choses que personne ne verrait si je ne les photographiais pas » î I La critique sociale de Diane Arbus dans ce parcours de plus de 200 œuvres dépasse largement celle que proposa, par exemple, Andy Warhol en 1964 COPYRIGHT © THE ESTATE OE DIANE ARBUS Enfant avec une grenade en plastique dans Central Park, New York 1962 ANNIE COHEN-SOLAL La rétrospective Diane Arbus au musée du Jeu de Paume, avec son affiche des célèbres vraies jumelles, en robe sombre, bandeau, col, manchettes et bas blancs, a, pris les Parisiens par surprise: le portrait des Etats-Unis des fifties et des sixties y est beaucoup plus dérangeant qu’on ne l’imagine au départ, et la critique sociale de la photographe dans ce parcours de plus de 200 oeuvres dépasse largement, dans son acuité décapante, celle que proposa, par exemple, Andy Warhol en 1964, chez lleana Sonnabend, avec sa série Death & Disaster.Dès la première salle, le visiteur est assailli par les acteurs d’un monde chaotique et bigarré: nains, géant, patriotes ridicules exhibant leur drapeau — «I am proud», explique le badge porté par l’un d’eux —, drag queen en bigoudis, avec ongles vernis, triplées sérieuses assises sur un lit, famille d’obèses sur une plage, arbre de Noël sinistre et penché, dans un coin de sqlon lugubre.N’est-ce pas le souvenir de ces Etats-Unis de la guerre froide et du maccarthysme, stigmatisés par Sartre avec son célèbre «L’Amérique a la rage»1 Lorsqu’Arbus, piéton de New York et de ses environs, saisit ses objets dans des lieux publics, son regard ne s’attache qu’à ce qui se cache derrière les apparences sociales.Mais lorsqu’elle se rend dans des lieux réservés (plages de nudistes, coulisses de bar, de cirque, loges de théâtre et autres chambres d’hôtel), elle fige travestis, artistes, écrivains ou acteurs dans leur intimité: c’est Norman Mailer dans une pose arrogante ou Marcello Mastroianni perdu dans sa chambre d’hôtel, qu’elle épingle avec la même insolence que cet hermaphrodite tranquille, en costume de scène, après le spectacle.Portraits de femmes Comment ne pas repérer, surtout, cette sensibilité particulière à la femme, dans toute sa trajectoire de vie: enfant, teenager, jeune, adulte, vieillissante?Eemme ordinaire (femme à un comptoir de bar, fumant, qui, dans sa désespérante solitude, rivalise avec celle d’Edward Hopper), femme célèbre (Susan Sontag seule sur un lit, 1965, tellement présente, avec livres et cigarettes), femme populaire (avec l’opulente mère de famille portoricaine surmaquillée), femme bourgeoise (telle l’exubérante femme au masque en forme d’oiseau, ou la ridicule et mondaine Mrs.Dagmar Patino sortant de l’Opéra, suivie de son escorte en black tie).Mais nous en retiendrons deux: Femme au cigare à Central Park, 1963, dont le regard fuyant laisse transparaître la part masculine qui est en elle, et Jeune fille à l’eye-liner, 1967, avec son chignon sage de cheveux noirs, son visage pâle, et l’impeccable trait A’eye-liner qu’elle vient de confectionner dans sa mise en scène de soi.Elle est belle, composée, construite, mais elle est triste, et son regard semble dire: «A quoi bon?» On ne peut s’empêcher de penser aux analyses du sociologue Erving Goffman, selon lequel les acteurs sociaux, dans leur aliénation, ne font qu’«adopter les normes de la conduite et de l’apparence que le groupe social y associe».Quand Arbus s’intéresse au mariage, elle le décrit comme une entreprise d’hypocrisie et d’enfermement, dénonçant l’insupportable fa- i COPYRIGHT © THE ESTATE OE DIANE ARBUS Jeune homme en bigoudis chez iui, 2(L Rue, N.Y.C.1966 talité qui menace.On retiendra le Couple de teenagers sur Hudson Street, où ces tristes enfants de 15 ans se comportent comme s’ils en avaient 70, le Jeune marié embrassant sa femme, où le baiser a l’air d’un viol, ou encore le Couple juif dansant, dans lequel rayonne un homme épais, luisant, au sourire satisfait, à la chevalière agressive.r Les Etats-Unis de l’opulence Alors qu’au début de sa carrière, elle semblait encore capter ses personnages dans la lé- gèreté ou l’éphémère, peu à peu l’entreprise générale de décapage Arbus se met irqplacable-ment en marche pour s’attaquer aux Etats-Unis de l’opulence, empêtrés dans la guerre du Vietnam.Et c’est dans la dernière partie de l’exposition, pudiquement intitulée Sans titre, 1969-71, que Diane Arbus, fille de famille de l’Upper West Side, larguant les dernières amarres, atteint vraiment le sommet de son art, avec une série de scènes que l’on pourrait intituler «Bal masqué chez les trisomiques».A la nuit tombée, dans des paysages et des lumières sublimes, elle compose des scènes surréelles, comparables à des tableaux d’Ensor ou de Goya.Derrière des masques de carnaval dignes de Venise, derrière des atours de fête dignes du château de Versailles, ce qu’elle révèle pour nous, ce sont des femmes souriantes, heureuses, fêtardes, mais des femmes marginales et exclues, dans des scènes de joie presque insoutenables.Dans les deux salles finales, présentant de riches éléments biographiques, on peut lire un extrait des carnets de la photographe: «Je suis allée assister à une fête d’Halloween, dans le New Jersey, avec des femmes retardées mentales, et fai trouvé ENFIN ce que je cherchais», écrivait-elle en novembre 1969, deux ans avant son suicide.C’est bien dans une spirale vertigineuse d’interrogations sans fin que nous entraîne Arbus, affirmant solennellement que toute société se construit sur ses marges et ne se comprend vraiment que si l’on intègre les déviants et les «monstres».Collaboration spéciale DE FAÇON RESPONSABLE ET DURABLE > LOUIS PELLETIER, CONSERVATEUR Depuis plus de 30 ans, la Collection Loto-Québec offre une vitrine privilégiée aux créateurs et artistes contemporains de chez nous.D'ailleurs, notre Collection compte au-delà de 4 000 œuvres réalisées par plus de 1 000 artistes québécois.r W/; LOTO OUÊBEC E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 NOVEMBRE 2011 CULTURE THEATRE La choralité à tour de bras MICHEL BELAIR Ly œuvre de Witold Gombro-' wicz se porte plutôt court de ce côté-ci de l’Atlantique.Mis à part le Groupe La Veillée, qui a jusqu’ici monté un doublé en 2004 avec Le banquet chez la comtesse Fritouille et Trans-At-lantique — une adaptation de Teo Spychalski reprise en 2007 —, et Ferdydurke, une autre adaptation de roman, cette fois par Carmen Jolin en 2006, le dramaturge polonais est peu joué chez nous.Peut-être parce qu’il donne allègrement dans la critique sociale et que la trame de ses pièces laisse deviner la montée de l’absurde traduisant l’emprise des totalitarismes qui allaient mener à la boucherie de la deuxième grande guerre.Gombrowicz aura laissé une œuvre virulente, grinçante, souvent considérée comme difficile.11 est surtout joué dans les écoles de théâtre puisque ses pièces demandent souvent un nombre impressionnant de comédiens: le dramaturge aime peindre des fresques dégoulinantes d’humour sombre portées par des hordes de personnages.11 n’y a donc pas vraiment de hasard à ce que le Théâtre Point d’orgue (TPO), une jeune compagnie formée en, 2008 par des finissants de l’Ecole supérieure de théâtre de l’UQAM, présente Yvonne, princesse de Bourgogne sur la scène principale du Prospero à compter de mardi.Un miroir démultiplié A une semaine de la première, le jeune metteur en scène Louis-Karl Tremblay est plutôt calme alors que l’on est en train d’installer le décor du spectacle dans la grande salle du Prospero.L’air décidé, la voix passionnée, il parle d’abord de sa fascination pour ce qu’il appelle la «choralité».«Quand on parle du chœur, on pense tout de suite à la tragédie, dit-il.Et bien sûr, oui, je suis très attiré par la forme de la tragédie antique où le chœur vient ancrer carrément le texte et le propos de la pièce.» Le metteur en scène explique que le chœur incarne pour lui un regard global sur la société — «Le chœur, c’est la société!» — et que depuis son passage à rUQAM, il a découvert le plaisir de travailler avec de grands groupes.Une façon de faire qui se situe aux antipodes, faut-il le souligner, de la tendance actuelle où l’économie est en train d’imposer un théâtre à peu de personnages où le texte, et même parfois PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le metteur en scène Louis-Karl Tremblay, de la jeune équipe du Théâtre Point d’orgue, présente une version avec chœur d’Yvonne, princesse de Bourgogne chez Prospero.un esthétisme «extrémiste», vient pallier le manque de moyens.Désormais, seules les grandes compagnies peuvent se payer des distributions importantes.en grugeant ailleurs sur le budget de la production.Bref, Tremblay dirige ici une équipe de 15 comédiens alors que la version des Troyennes qui a fait connaître le TPO il y a deux ans en comptait 25.Ce qui laisse croire que l’équipe du TPO est habitée par, disons, la foi.Ils viennent d’ailleurs d’un peu partout, de toutes les écoles: l’UQAM, Sainte-Thérèse, Saint-Hyacinthe.Ils entourent deux comédiens chevronnés: Marquita Boies et Peter Batakliev, que l’on ne voit pas assez souvent.Louis-Karl Tremblay a rassemblé tout ce monde à partir de sa perception de l’œuvre de Gombrowicz, qu’il voit comme une sorte de miroir démultiplié tourné sur la société moderne et lui renvoyant son image.C’est la justesse du regard du dramaturge, son regard impitoyable sur la société et sur l’homme en général, et le fait aussi qu’il pose une série de questions accablantes sans y répondre qui attirent là le jeune metteur en scène.Contrepoint «Le texte de Gombrowicz est une sorte de conte intemporel pourtant très actuel», poursuit Tremblay dans le petit café du Prospero où tout le monde semble s’être soudainement donné rendez-vous pour tâ- ter du plafond en sirotant un café.«Il met en scène des personnages qui pourraient vivre aujourd’hui parce qu’ils se définissent par le paraître, par leur image, leur apparence.Chacune de leurs actions, chacun de leurs gestes n’est posé que duns le but de se faire voir et de se positionner par rapport aux autres et par rapport au pouvoir.» Dans sa comédie en forme de conte de fées surréaliste, Gombrowicz parvient à exacerber encore plus la donne en transposant l’action à la cour, on le sait, alors que le prince de Bourgogne se force à choisir comme épouse l’insupportable Yvonne, qui en plus est laide et ne parle pas.«La choralité fait ressortir clairement l’opposition qu’il y a entre l’identité individuelle et l’identité sociale.Le chœur est une microsociété; il montre concrètement des individus qui oublient leur identité pour se fondre dans un groupe.C’est une sorte “d’échantillonnage valable” de la société, comme on dit dans les sondages.Alors qu’Yvonne, elle, est le contrepoint du chœur.C’est un personnage muet, contemplatif, qui incarne la vérité.» Le personnage d’Yvonne est effectivement une sorte de repoussoir.On la voit surtout de dos, elle ne regarde pratiquement jamais les autres.On sait que c’est une fille du peuple, «ordinaire», gauche.Rien ni personne ne l’atteint; rien ne colle à elle.Ni les courbettes ni les injures.En ne parlant pas, en ne réagis- sant pas, elle renvoie aux gens l’image de ce qu’ils pensent qu’ils sont puis de ce qu’ils sont vraiment avec leurs propres mensonges et leurs propres colères.«Yvonne est une sorte de miroir assassin, poursuit Louis-Karl Tremblay.Elle ne fait pas d’effort pour se conformer et bientôt elle tue tous les efforts des autres.Elle tue le faux et les apparences en tous genres en en montrant le vide.» Comme dans toutes les «vraies» comédies, pourrait-on dire.A l’époque de la publication en 1938 — la pièce de Gombrowicz ne fut créée qu’en 1957, à Varsovie —, on pouvait voir se profiler des régimes totalitaires à l’horizon de l’histoire, mais aujourd’hui, on peut faire une lecture tout aussi dérangeante en pensant au monde qui est le nôtre, explique en terminant le metteur en scène.11 a bien raison: quand on vit dans une société où le progrès et le développement reposent sur l’accroissement de la consommation, il y a peut-être effectivement un petit air «gombrowiczien» dans la fuite en avant étalée tous les jours à la une des journaux.Le Devoir YVONNE, PRINCESSE DE BOURGOGNE Texte de Witold Gombrowicz mis en scène par Louis-Karl Tremblay.Une production du Théâtre Point d’orgue présentée au Prospero du 29 novembre au 17 décembre.de CLARE DUFFY (Ecosse) et PIERRE YVES LEMIEUX (Québec) Mise en scène de SERGE DENONCOURT UNE COPRODUCTION BILINGUE D'IMAGO THÉÂTRE ET LA COMPAGNIE ÉCOSSAISE STELLAR QUINES % 22 NOVEMBRE AU 10 DECEMBRE 2011 ESPACE 514.845.4890 • 4890 boul.St-Laurent, Montréal GO www.espacego.com • www.imagotheatre.ca/ana INTERPRETES: Catherine BÉGIN, Alain GOULEM, Dominique LEDUC, Magalie LÉPINE-BLONDEAU (Québec) Selina BOYACK, Usa GARDNER, Frances THORBURN (Écosse) CONCEPTION: Louise CAMPEAU, GEODEZIK, Martin LABRECQUE (Québec) Megan BAKER, Philip PINSKY (Écosse) Desjardins ¦a CaissedesVcrsanls du mont Royal \ MMtN» lOMIAHIItll ?KAYJON Québec?Du 28 novembre au 17 décembre 2011 UN SOLO DE Marcel Pomerlo Une coproduction de MOMENTUM et du THÉÂTRE FRANÇAIS DU CNA EN CODIFFUSION AVEC LE THÉÂTRE DE QUAT’SOUS texte, mise en SCÈNE ET INTERPRÉTATION Marcel Pomeiio I ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE ET RÉciE Martin Boisioly I œil extérieur Dominique Leduc I scénographie Cédric Lord et Marcel PomeiTo [d’après les tableaux de Marc Tremblay] I costumes Marcel Pomerlo I Musique Éric Forget avec la complicité de Marcel Pomerlo I images vidéo Olivier Bochenek I accessoires + assistance aux costumes Audrey Gaudet I éclairages Marc Parent I direction de production Lucie Mineau I direction technique Geoffrey Levine I MUSE Geneviève Robitaille ¦«¦••aviiiivi THÉÂTRE DE QUAT’SOUS yjyyHjmyl iHrl 100, avenue des Pins Est, Mil theatremomentum.ca Ü2J Métro Sherbrooke BILLETTERIE : 514-845-7277 «ATM»: quat50us.com admission.com MEDIAS une seule vie n y suffirait pas UNE PREMIERE MONDIALE Ici Radio-Couronne Radio-Canada lance une couverture multimédia du 450 STEPHANE BAILLARGEON C> est fou ce qu’on manque quand les médias de la métropole se concentrent entièrement et exclusivement sur le noyau dur au milieu du centre.La routine habituelle, quoi.A Longueuil, des proxénètes liés à des gangs de rue recrutent des jeunes à la sortie des écoles secondaires.En 2010, la police municipale a extirpé une quarantaine de jeunes filles de réseaux de prQstitution longueuillois.A Sainte-Angèle-de-Monnoir, une petite ville située à 25 très longs kilomètres de Montréal, des dizaines de foyers n’ont pas accès à Internet haute vitesse.Plusieurs autres municipalités de la Montérégie se retrouvent coincées dans ce tiers-monde virtuel d’où l’on aperçoit la tour du,Stade olympique.A Blainville, à Boisbriand ou àTerrebone, le football a le vent dans les voiles.Le nombre d’équipes a doublé en cinq ans et plusieurs d’entre elles viennent de remporter des championnats.Ainsi va la vie dans le 450, réputé auto-boulot-dodo, enfin, quand on ne s’y intéresse jamais, ou trop peu et si mal.Ainsi vont les vraies de vraies banlieues dans les tout nouveaux tout beaux sites radio-canada, ca/rive-sud et radio-canada.ca/rive-nord, précisément mis en place pour couvrir la couronne montréalaise, où vit un Québécois sur quatre.«Notre objectif, c’est de nous adapter et d’évoluer pour répondre aux désirs légitimes des citoyens tout en participant à la vie démocratique de ces régions, explique en entrevue au Devoir Louis Lalande, vice-président principal des Services français par intérim.M.Lalande remplace Sylvain Lafrance, qui a quitté ses fonctions en octobre.«Nous offrons du journalisme de terrain et des liens directs avec les citoyens.C’est une toute nouvelle manière de concevoir l’information.» Louis Lalande refuse toutefois d’y voir un désaveu de prétendues pratiques montréalo-centristes, sinon carrément dans l’axe Outremont-Pla-teau-Saint-Lambert, qui semblent pourtant traverser si souvent la perspective de la tour de Radio-Canada et de bien d’autres médias.Le Devoir compris.«Ce n’est pas du tout ça, explique le patron.Il faut concevoir cet ajout en complémentarité de notre offre de service.Nous voulons être en phase avec la réalité et la réalité, c’est que la Rive-Sud et la Rive-Nord comptent deux millions d’habitants sur les trois millions du Grand Montréal.» Sur toutes les plateformes Le projet a germé au cours des derniers mois autour d’une petite équipe de pionniers vi- sionnaires.Le résultat s’articule concrètement autour d’informations de base (circulation, nouvelles locales et régionales, politiques municipales.) et de discussions concernant les enjeux sociaux.Les sites annoncent déjà qu’en décembre, en amont du dépôt des budgets municipaux, la nouvelle mécanique informationnelle et interactive tentera de fédérer les attentes et les opinions des contribuables.On peut difficilement faire plus néotecho + 2.0.Les six journalistes, dont quatre sur le terrain, deux au nord et deux au sud, sont en fait des reporters multimédias qui prennent et relaient du son, des images et du texte.La formule souple leur permet d’en mener large et de rebondir sur toutes les plateformes de la Société radio-canadienne, la convergence (pardon, le décloisonnement) étant une autre caractéristique essentielle du travail journalistique de pointe.L’interactivité et la proximité font aussi partie de Î’ADN de cette nouvelle manière de faire.Radio-Canada parle des banlieues et les banlieues répondent.Les sites Rive-Sud et Rive-Nord proposent une division tripartite toute simple: une portion magazine pour les nouvelles, une section de discussions et une autre pour poser des questions.Sitôt le projet en ligne, une dame de Deux-Montagnes a demandé pourquoi la forêt autour de chez elle est «grugée par la construction résidentielle alors que le gouvernement avait propiis de la protéger».La société d’Etat a répondu (ces textes ne sont pas signés) en faisant référence au Plan métropolitain d’aménagement qui recommande un gel des terres du dézonage.D’autres réponses tombent dans l’autopromotion un peu ladle, par exemple pour souligner «un reportage qui vous inspirera», sauf erreur toujours une production maison.Le vice-président Lalande réplique alors que «l’interaction va évoluer» et que de toute manière la grande majorité des réponses ne repiquent pas ce modèle en odeur de piston.Le Devoir SOURCE RADIO-CANADA La camionnette de Radio-Canada Rive-Sud Ik ( DU 1er AU iz DECEMBRE 2011 VENDREDI 2 DÉCEMBRE À 18H30 Suivi d'une table ronde avec Maxime-Olivier Moytier, Régine Robin et Jonathan Morier.JEUDI 8 DÉCEMBRE À 19H Suivi d'une discussion avec l'équipe artistique.PRÉVENTE PPUR LES 2-3-6-Z DÉCEMBRE ESPACE LIBRE, 194S rue|Fullum (métro Frontenac) Billetterie : 514 521 4191i / www.espacelibre.^c.ca • I II^CIRAAM .CARIE PREMIÈRES Le Devoir www.ciiaam -org LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE NOVEMBRE 2011 E 5 CULTURE DANSE La présence quasi transparente de Carol Prieur On s’est trouvée la semaine dernière bouche bée devant le solo de Carol Prieur dans Désillusions de Venchante-ment, de Tony Chong.Elle y était, sous nos yeux éberlués, tour à tour princesse diaphane, fée Carabosse, vieille louve et sorcière.Cette semaine.Prieur a repris, dans Le nombre d’or (live) de Marie Chouinard, le rôle qui lui a valu d’être nommée danseuse de l’année 2010 par le magazine européen Tanz.Elle y brille de la lumière des étoiles.Portrait.CATHERINE LALONDE Dans la toute jeune histoire de la danse contemporaine, où les interprètes sont souvent effacés derrière les noms des chorégraphes, on compte les grandes sur les doigts d’une main.L’isado-rienne Margie Gillis, avec son corps sculptural et son bonheur contagieux de bouger.Anik Bis-sonnette et sa musicalité sans effort Louise Lecavalier, qui continue de fasciner par son énergie atomique.Chacune semble luire de sa propre lumière.Carol Prieur est à les rejoindre.La danseuse est un peu intimidée quand elle reçoit Le Devoir plus tôt cette semaine, en plein rush avant la première montréalaise du Nombre d’or, mais s’amuse rapidement à chercher comment dire sa danse.«C’est quelque chose que je n’ai jamais pu mettre exactement en mots.Mais j’ai toujours senti que le mouvement était une façon de m’expnmer, que par cette voie je pouvais me connecter à quelque chose qui me semblait être une vérité.» Le cru, le sauvage et le doux A 41 ans, la danseuse, au sommet de sa forme, possède une présence quasi transparente tant on y capte la moindre fluctuation d’émotion et d’énergie, tant la plus petite transformation se communique.Son corps aux longs membres, éternellement adolescent, est hyper-articulé.Sa crinière blonde rajoute une couche de cliché à sa beauté.Carol Prieur dans Désillusions de Venchantement qu’elle sait déformer et défaire comme de Xa plasticine pour toucher au cru, au sauvage ou au doux.Quand elle danse, ses lèvres bougent, lâchant d’inaudibles bribes d’un conte qu’elle inventerait en nous le livrant Née en Mande, Carol Prieur a grandi un peu en France avant d’atterrir avec sa famille à Vancouver.«J’ai toujours suivi des petits cours ici et là.Je me souviens d’avoir suivi des cours de danse africaine à Paris avec ma mère et mon frère; j’ai fait toutes sortes de styles, comme autant de petits goûts différents.» AYancomer, elle intègre à 15 ans Arts Umbrellla Youdi Dance Company, une troupe déjeunes de 9 à 17 ans, où elle travaille pour la première fois auprès de chorégraphes et commence à donner des spectacles de facture professionnelle.Suivent l’Université Simon Fraser, puis la formation en danse à la Winnipeg’s Contemporary Dancers et son intégration à cette compagnie.Elle y touche, auprès de Torn Stroud, au théâtre.«Ça m’a ouvert, dans des chorégraphies, tout un autre monde: les paroles, Shakespeare, la théâtralité physique.» Assise en indien au milieu du studio tout blanc de la Compagnie Marie Chouinard, tickets de taxi et paperasses à disMbuer \ SYLVIE ANNE PARE Une scène d’Henri Michaux - Mouvements aux danseurs pas très loin, elle parle dans son français structuré encore par la syntaxe anglaise.En 1995, elle rejoint la Compagnie Marie Chouinard.«Ç’a été vraiment difficile.Une grande, grande transition pour moi.E fallait pouvoir apporter son individualité, et si jeune, tu n’es pas sûre de savoir qui tu es, ni comment partager, être ça dans toute sa folie et tout son potentiel.Je comprenais en regardant les autres, ou quand Marie démontrait: je voyais l’énergie changer devant moi.Tout à coup, elle n’était plus une femme, mais une bête, un dragon, autre chose.Je le voyais, mais comment le faire?Ç’a été une bataille pour y plonger, pour ouvrir cette porte.» Se connecter pom- comprendre Cette porte, c’est celle de l’imaginaire.«C’est le corps, laphysicali-té qui ouvre la voie de l'imagination, et après l’un nourrit l’autre: l'imaginaire me pousse à aller plus loin duns le coips, et en plongeant, mon imaginaire continue à explorer.C’est une conversation que je cherche à avoir.» C’est pour entendre d’autres voix qu’elle se joint, malgré son horaire chargé, à des projets ponctuels auprès de Bill Coleman, Sabrina Reeves, Tony Chong et consorts.«Parfois, j’ai l’impression que je suis en train de regarder à travers les yeux de quelqu’un d’autre — des gens que j’ai connus, que j’ai vus, que j’imagine, mais qui deviennent réels par la mise en corps.Parfois, j’essaie d’établir une relation énergétique, comme si l’énergie était faite de lignes concrètes, claires, de filaments.Il n’y a pas de limites à l’imaginaire! Tout est possible.» Dans son pull de soccer trois fois trop grand, les pieds et la tête gardés au chaud par les lainages, elle est terre à terre malgré l’évanescence du propos, et ses yeux brillent quand elle précise sa pensée.Son voyage en Inde, où elle a travaillé l’art martial Kalarypayat- « (.) Autant de traits d'intelligence qui permettent de dire que Junkyard/Paradis est un foutu beau désordre.Et que Mélanie Demers est en train de devenir une grande chorégraphe.Chapeau.» Le Devoir USINE C_1345, AVENUE LALONDE „ BILLETTERIE 514.521.4493 / WWW.USINE-C.COM I DAVE MacLEOD / ITSNOTSTAGE COM tu, l’a beaucoup influencée.«La vie en Inde est tellement intense, comme une haute dimension en trois dimensions où toutes les possibilités existent en même temps.» Elle a pensé, plusieurs fois au fil du temps, arrêter de danser, «souvent quand quelque chose bloquait, quand j’avais l’impression de ne pas arriver à communiquer».Des moments à travers lesquels elle est passée «en entrant toute seule en studio, en criant, en dansant.J’ai tellement, tellement d’amis qui sont restés pris dans des dépressions, des tristesses, qui ont arrêté de bouger.Je crois que le mouvement sert à ça aussi.» Elle s’entraîne désormais selon son humeur et les besoins de la pièce en cours, parfois en natation, en continuum avec linda Rabin, en Pilâtes.Une pratique, la danse?«Oui.Les gens cherchent parfois à comprendre la danse.E n’y a rien à comprendre.C’est énergétique.Je crois vraiment au potentiel du mouvement de toucher, d’ouvrir à une sensibilité, de faire le choix de suivre une émotion, de la vivre, de réagir, d’avoir une conscience, une présence, une connexion au monde.C’est du travail.C’est sûr que c’est plus facile de mettre la switch à off Mais même dans la violence de la vie, une beauté existe, à laquelle il faut se connecter pour comprendre.Ne pas éviter.Ne pas éviter la mort, la vieillesse, qui font partie de l’humanité, de l’évolution.Comprendre pour continuer à évoluer.» Et à danser.Le Devoir Cabaret Gainsbourg Fable impressionniste pour tête de chou ISABELLE PARÉ Il n’a cessé de dire qu’il s’en va et qu’il aimait lui non plus.Et pourtant, le voilà de retour, une énième fois.Après l’hommage dansé de Jean-Claude Gallotta en 2009 et la fresque cinématographique de Joann Sfar atterrie sur grand écran en 2010, voilà Gainsbourg ressuscité sur scène en pantin désarticulé.Chaudement accueilli à Québec, le Théâtre Pupulus Mordicus déballe à Montréal son cabaret musical jazzé, courtepointe ésotérique tricotée autour du Gainsbourg des premiers jours.Pour cette huitième production, le théâtre de marionnettes iconoclaste, qui multiplie depuis 1995 les créations survol-tées, saute à pieds points dans la mare fumeuse et alcoolisée du grand Serge.Grande mare que celle-là.Pas biographiques pour deux sous, la quinzaine de tableaux musicaux du Cabaret Gainsbourg s’inspirent plutôt librement des pièces tirées de l’album Jazz dans le ravin, époque prolifique où Gainsbarre n’avait pas encore envoyé Gainsbourg se faire voir ailleurs.«J’ai commencé par détester Gainsbourg, en raison de l’image publique détestable qu’il projetait.Puis j’ai redécouvert sa musique, celle de la période dandy, ainsi que tout ce qui se cachait derrière», confie Martin Genest, directeur artistique et metteur en scène de ce voyage impressionniste au cœur du mythe de l’homme à la tête de chou.Marionnettes et musiciens-comédiens Personnages phalliques, ballet aquatique, vers de têtes et méduses cosmiques se croisent dans ce cabaret vaporeux, tout droit sorti des années 60, qui cède la scène à une vingtaine de marionnettes et six musiciens-comédiens.Le voyage ludique du Pupulus prend la forme d’un fantasme musical, dopé au jazz, mais aussi à la danse et à la peinture en direct, explique Martin Genest.Le tout nappé du ton irrévérencieux que permet l’usage de pantins surréels.«La chanson des sucettes, ça ne passerait jamais la rampe avec des acteurs.E y a des sujets plus délicats, comme la sexualité et la pédophilie, que les marionnettes nous permettent d’aborder de plein fouet», croit Genest, qui a travaillé aux côtés de Robert Lepage et de Michael Curry pour l’opéra marionnettique Le Rossignol.Avec une chanson pastiche signée Anne-Marie Olivier, le Pupulus prend aussi ses libertés par rapport au mythe Gainsbourg.«C’est d’abord un spectacle sensoriel, sans histoire racontée, dans lequel on doit se laisser emporter.On s’est laissés guider par la musique, même si l’on aborde aussi l’histoire de l’être fragile, blessé par la laideur», ajoute Genest.Gainsbourg au cinéma, Gainsbourg chorégraphié, jusqu’au dernier fils de Gainsbourg, Lulu de son petit nom, dont l’album sort ce mardi, qui ressuscite à nouveau les chansons de feu papa.Risque-t-on la surdose d’homme à tête de chou?Hasard, rétorque le Pupulus, dont le projet amorcé au milieu des années 2000 a mis du temps à prendre forme en raison des délais pour obtenir les droits des chansons du Jazz dans le ravin au Québec.«E y a peut-être quelque chose dans l’air du temps qui fait que personne ne se lasse d’entendre ses chansons.Mais notre approche est totalement différente de ce qui a été fait au cinéma et en danse», affirme Genest.Ce Gainsbourg halluciné pourrait d’ailleurs prendre bientôt la route puisque le Festival mondial de marionnettes de Charleville-Mézières, en Ardennes, a offert au Pupulus sa scène en septembre dernier.Une belle offre que les créateurs, toujours en attente des droits internationaux, ont dû décliner.Mais qu’ils tiennent à relancer.mordicus.Le Devoir CABARET GAINSBOURG Une creation du Théâtre Pupulus Mordicus presentee du 1®" au 10 décembre a la Cinquième salle de la Place des Arts.SOURCE THEATRE PUPULUS Marionnettes et comédienne de Cabaret Gainsbourg AVEC 14 DANSEURS LE NOMBRE D’OR (LIVE) CHOUINARD 24 > 25 > 26 NOV.ïhéôLre M aisonnsuve laplacedesarts.com I2dansedanse.net 514 842 2112/1 866 842 2112 E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 NOVEMBRE 2011 CULTURE JAZZ Le vice-doyen SERGE TRUEEAUT On aime beaucoup Kevin Dean.Tout d’abord parce qu’il est un trompettiste si enclin à la nuance qu’il excelle dans les ballades.Ensuite parce qu’il s’emploie depuis des années à dynamiser la scène dite locale.Enfin parce qu’il propose un nouvel album sur étiquette Cellar Live intitulé, à juste titre d’ailleurs, A Message From the Dean, car dean il a été et demeure à l’Université McGill.On l’apprécie également parce qu’il compose des morceaux aux accents si classiques qu’ils passent l’épreuve du temps.Il en est ainsi parce qu’il a une maîtrise des ponctuations, du rythme, qui rappelle celle d’un Kenny Dorham, d’un Blue Mitchell, d’un Joe Gordon et d’autres champions de la catégorie des mi-moyens.De ces illustres aînés, il a hérité d’un sens de la mesrue qui met en relief sa sensibilité, qui, au ras des pâquerettes, lait que jamais il ne distille l’ennui.Jamais on ne zappe ses pièces.Des 9 minutes et 34 secondes de Thank You Notes, on goûte chaque instant parce que c’est un régal de bout en bout.On respecte Kevin Dean poru sa loyauté ou sa constance.On ne sait comment dire.Mais encore?Les membres de son quartet étaient aujourd’hui ce qu’ils étaient hier: le fin Dave Lamg à la batterie, le très solide et concentré Alec Walkington à la contrebasse et.André White au piano, qui défend admirablement l’étendard d’un style déployé par John Lewis, Bill Evans, Hank Jones ou Tommy Elana-gan, soit l’assemblée des capitaines du classicisme.Ce long copinage, synonjune évidemment d’amitié, s’est traduit dans les faits par quelque chose de très concret: le quartet du gentleman Dean est l’un des plus soudés en Amérique du Nord.On insiste: pas de Montréal ou des Etats-Unis, mais du continent nord-américain.On admire monsieur Kevin Dean pour sa manière franche du collier qu’il a d’annoncer les couleurs d’entrée.Dès les premières notes, il met la table du jazz de nuit.De ce jazz qui n’est ni bavard, ni agressif.Dès l’amorce de Famous Last Words, premier morceau des dix proposés, il installe une ambiance qui rappelle celle si chère à Horace Silver.Si vous appréciez ce dernier, vous aimerez, c’est garanti, A Message From the Dean.Si vous appréciez les ballades, les déhanchements latins, les mélopées be-bop qui ont tant distin^é Silver, alors vous serez ravi.Il y a autre chose.Cet album a ceci de remarquable, de séduisant comme de convaincant qu’il est le plus emblématique des albums sortis cette année du jazz qu’on qualifie désormais de classique.Il est l’écho actuel des petites merveilles enregistrées en d’autres temps par Blue Note, Riverside et Prestige.Chapeau — style Fork Pie Hat—, Mr.Dean! En rafeles ¦ Yes! L’Upstairs est le premier club au Canada à proposer la diffusion en direct, àït streamin’, sur le «ouaisbeu», dit le Web, des shows à l’affiche.Qui plus est, ces shows, si l’on a bien compris, seront archivés.Parlant de l’Upstairs, ce soir le quintet du saxophoniste alto Ben Van Gelder est au programme avec au piano le réputé Aaron Parks, au vibraphone Peter Schlamb, à la contrebasse Rick Rosato,et à la batterie Craig Weinrib.A retenir que les 2 et 3 décembre prochains, les Chateauguay Tenors, soit les saxophonistes Al McLean et Cameron Wallis, ont invité le baryton new-yorkais Gary Smulyan.¦ Le 2 décembre, à la salle Wil-frid-Pelletier, le pianiste Oliver Jones et la chanteuse Ranee Lee feront la première partie du spectacle de Pionne Warwick.Ce soir sera également lancé le Live in Baden Switzerland que Jones avait enregistré en compagnie de Reggie Johnson à la batterie et d’Ed Thigpen à la batterie.¦ De 5 à 7 aujourd’hui, le groupe Kawandak, fondé par le contrebassiste Normand Guilbeault, occupera la scène du Quai des briunes.Cette formation travaille à la conjugaison du jazz avec la musique traditionnelle autochtone.Rachel Bonneau est au chanL Sylvain Provost à la guitare et Claude Lavergne à la batterie.Le Devoir PUPULUS MORDICUS Mise en scène / MARTIN GENEST DU 1 AU 10 DÉCEMBRE UNE ORGIE FOLLE, UN DELIRE À LA GAINSBOURG ! Dans cette exploration de l'univers fantasque du célèbre chanteur, la sensualité, l'irrévérence et la musique font un ménage à trois des plus extravagants.PRÉSENTÉ PAR COLLARORATION AVEC FACEBOOK.CA/CINQUIEMESALLE laplacedesarts.com 5M.6^2.2112 Place des Arts Qjebec» MUSIQUE CLASSIQUE Gustav Mahler : deux anniversaires Il y a eu indigestion de musique de Gustav Mahler dans de nombreuses villes, à l’exception notable de Montréal.Et pour cause: le compositeur morave, celui dont la redécouverte a marqué la seconde moitié du XX® siècle, a été commémoré deux années de suite.En 2010 pour le 150® anniversaire de sa naissance et en 2011 pour le centenaire de sa mort.Quel bilan discographique de ces célébrations peut-on tirer?Manfred Honeck est la grande révélation des deux années Mahler CHRISTOPHE HUSS J> ai devant moi huit versions de la Symphonie n° 2, la sjunphonie «Résurrection».Huit nouvelles versions parues ces six derniers mois; six en CD et deux en DVD.Et encore, il en manque, car un DVD (Accen-tus) documentant un concert de Riccardo Chailly et une soirée à Salz-bourg menée par James Levine le 19 août 1989 et publiée en CD par Qrfeo ne semblent pas (encore) distribués au Canada.Levine y dirige le Philharmonique de Vienne, mais l’amateur peut se consoler en achetant le disque Helicon d’un concert donné le 27 février 1989 par le même James Levine à Tel-Aviv! Comment le discophile peut-il faire poru s’y repérer?Les nouveaux mahlériens L’édition phonographique, qui a constitué d’emblée — chez DG et EMI — des «intégrales idéales» à bas prix, ne nous a pas inondés de nouveaux coffrets: les eiuegistre-ments d’orchestres sont chers et non rentables sru le plan économique.Ce sont donc les orchestres qui prennent en charge lerus propres éditions.Celui de San Francisco a constitué depuis plusierus aimées une intégrale Mahler avec Michael Tilson Thomas, qui s’est achevée à point nommé: disques isolés (pas de coffret), interprétations souvent maniérées mais très détaillées.Le Sjunphonique de Londres édite une intégrale confiée à Valery Gergiev.Son parcours assez erratique est déjà oublié avant même d’être achevé.Trois exceptions notables à la nouvelle mode de l’orchestre qui s’autoédite: David Zinman avec la Tonhalle de Zurich chez RCA, Jonathan Nott à Bamberg pour l’étiquette suisse Tudor et Manfred Honeck, à Pittsburgh, qui a séduit l’étiquette japonaise Exton.L’intégrale Zinman est déjà constituée, mais le chef a manqué ses Mahler par rapport à ses lectures remarquables de London Philharmonie Orchestra MAHLER SYMPHONY N0.2 'RESURRECTION' VLADIMIK lUKOWSKI tondütitu ADIIANA KIICEKOVA iopmno CHR(ÿTlANNE ST07IJN meizoiofitone LONDON PHILHARMONIC OCtCHeSIRAa/Kl CHOIR Beethoven, Strauss, Schumann et, récemment, Brahms.Certains disques sont comme plombés par une lassitude.Manfred Honeck est la grande révélation des deux années Mahler.Ses enregistrements cultivés et très «Mitteleuropa» sont patients et détaillés, à la limite du maniérisme, mais sans y tomber, contrairement à Tilson Thomas.Face à Honeck, le scrupuleux Nott a gagné de l’expérience et presque fait oublier sa 5‘ Symphonie, dans laquelle la percussion en folie est en avance d’une mesure à la fin, sans que personne s’en soit aperçu! De tout cela on retiendra qu’il faut suivre les parutions de Manfred Honeck à Pittsburgh — si l’orchestre survit à la crise financière — et qu’il est sage d’en rester aux inté^ales traditionnelles: Bernstein-DG, Chailly-Decca, Haitink-Philips et Gielen-Haenssler.Rush sur les 2® et 3“ Symphonies Dix nouveaux enregistrements — dont huit en notre possession — se disputent nos faveurs dans la 2” Symphonie.Nous avons aussi reçu quatre nouvelles gravures de la 3‘ Symphonie en deux mois.Cette 3‘ Symphonie nous permet bien de caractériser des tendances interprétatives.Manfred Honeck, Mariss Jansons, Jonathan Nott et Klaus Tenns-tedt (un concert de 1986) se trouvent face à face.Jansons à Amsterdam (RCQ Live) est le plus luxueux et le plus équilibré.Tout n’est que beauté, au point de paraître lisse.Honeck (Exton) est plus «décadent», plus onctueux, très viennois.Dommage que la prise de son soit un peu trop globale.Nott (Tudor) montre ses limites: tout ce qui coule si bien chez Honeck paraît prémédité et appliqué chez lui.Mais c’est l’ex-pert d’il y a 25 ans.Klaus Tennstedt 0CA Classics), qui vient chercher le plus de sève mahlérienne.Tennstedt traite l’orchestre à pleine pâte; il mai- K SOURCE INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY Gustav Mahler (1860-1911) Tu conducts Symphony No.6 SAISON suivez la Chang Yn-Hsiin Four Metaphors from the Autumn iSymon Heniy L’heure des sons et des odeurs Wang Tiantian Dance of Banteay Srey Eric Nathan Four to One Sam Park The Colour of Light Maron Matalon Trame XI Yannick Chênevert, contrebasse MERCREDI VAUTOUR ^DES 8 CORDES r DECEMBRE [ 20h ] CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR 514 343-5636 info@lenem.ca Reservation www.lenem.ca DEMOKTRtAi Université 41.de Montreal Li: DKVdIR Mofitréal0 trise tous les élans et son concert nous agrippe.Pour la Symphonie «Résurrection», la situation est limpide: les DVD de Pierre Boulez et Alan Gilbert n’apportent rien, le premier étant lisse, le second, inconsistant.Parmi les CD, Simon Rattle (FMI) est ridicule de fatuité et de grandiloquence face à Mariss Jansons (RCQ Live), aussi somptueux ici que dans la 3* Symphonie.Avec les Symphonies n” 2, 3 et 5 k Amsterdam et la Symphonie n° 7 k Munich (BR Klassik), Jansons a été le chef le plus consistant et le plus régulier dans Mahler ces trois dernières années.Mais c’est un nouveau venu qui nous fait dresser les cheveux sur la tête comme le fit un certain Zubin Mehta il y a quarante ans: Vladimir Ju-rowski, avec le Philharmonique de Londres, nous donne, dans la 2‘ — parmi les nouveautés —, le disque Mahler de l’année.Je persiste et signe: ce chef de 39 ans est, au sein de sa génération, le plus grand artiste et l’un des très rares visionnaires musicaux.Il a tout pour devenir une légende de la direction d’orchestre.Archives bénies L’autre symphonie qui a été abondamment servie a été la Sixième.Plus que le réenregistrement de Boulez, qui domine les «nouveautés», cette symphonie a vu l’édition des deux archives les plus exceptionnelles: un concert à Tel-Aviv avec le chef hongrois Antal Dorati, une excellente mono de 1963 (Helicon) et, primus inter pares, une vision dantesque incarnée par le Russe KiriÛ Kon-drachine à la tête de l’Qr-chestre du SWR de Baden Baden en janvier 1981 (Haenss-1er).Prise de son formidable, explosion apocalyptique, ver- FRITZ WUNDERLICH DIETRICH FISCHER-DIESKAU MAHLER da5 lied von der erde oser Kt ii-s ANTAL DORATI The Israel Philharmonic Orchestra Mahler - S^phony no 6 sion de référence.Enfin, Le chant de la terre a vu l’édition par Deutsche Gram-mophon d’un magique concert viennois de 1962 regroupant Fritz Wunderlich et Dietrich Fischer-Dieskau, deux légendes du chant, sous la direction de Joseph Krips.Iæ seul nouveau Chant de la terre notable est celui de Kent Nagano et de l’QSM.Son baryton soliste, Christian Gehaher, a également gravé un renversant programme de lieder avec piano pour RCA Le Devoir Discographie Mahler: ce qui a changé Symphonies 1,3,5, 7,8 et 9: rien.Symphonie rf 2: Jurowski (LPO) -Symphonie n° 4: Honeck (Exton) et Fischer (Channel) — Symphonie n° 6: Kondrachine (Haenssler) — Chant de la terre.Krips (DG) et Nagano (OSM).Lieder.Gerhaher-Huber (RCA Serhiy Salov Piano Hommage à Franz Liszt Wagner/Liszt, transcription Liebestod Sonate en si mineur Rhapsodie Hongroise no.12 Six Études d’après Paganini Valse Méphisto Chapelle historique du Bon-Pasteur 15 décembre, 20h Billets: www.admission.com / 1 855 790-1245 http://www.facebook.com/Cinquiemesalle LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 NOVEMBRE 2011 E 7 DE VISU Dans l’œil de la modernité CABINET D’IMAGES.L’ŒUVRE DE L’ART Jusqu’au 29 avril 2012 DANS L’INTIMITÉ DES FRÈRES CAILLEBOTTE.PEINTRE ET PHOTOGRAPHE Jusqu’au 8 janvier 2012 Musée national des beaux-arts du Québec Parc des Champs-de-Bataille, Québec MARIE-ÈVE CHARRON La programmation actuelle du Musée national des beaux-arts du Québec (MN-BAQ) donne à voir deux expositions bien différentes portant sur l’art et la modernité, voire le modernisme.L’une, réunissant le travail de frères Caillebotte, nous plonge dans le Paris de la fin du XIX® siècle; l’autre retient des œuvres de l’art contemporain au Québec, qui ont pour dénominateur commun de faire référence à l’art lui-même.C’est de l’art à propos de l’art, ou de cet aspect de l’art moderne voulant que les œuvres aient une dimension réflexive, dont il est question dans l’exposition Cabinet d’images.L’œuvre de l’art.Marie-Josée Jean en est la commissaire, invitée par le Musée à travailler à partir des œuvres de sa collection.La quarantaine de pièces choisies couvrent la période des années 1970 jusqu’à aujourd’hui.La forme de l’exposition s’inspire toutefois du modèle plus ancien du cabinet de curiosité, dont elle retient le type d’accrochage, touffu et éclectique, et son déploiement dans un espace restreint.C’est d’ailleurs ce pour quoi cette exposition séduit.L’ensemble de l’accrochage se laisse saisir en un coup d’œil, ou presque, révélant une grande cohérence entre les œuvres qui partagent plusieurs similarités ou se complètent par de nombreux jeux de renvois formels ou autres.Sans égard aux époques et aux différences de modes d’expression, l’accrochage fait résonner en un seul tableau, pour ainsi dire, les connivences intrinsèques entre les œuvres, par exemple celles abstraites, chromatiques, dTves Gaucher, de Charles Gagnon, de Stéphane La Rue, de Fernand Leduc et de Francine Savard.En plus sobre, moins éclaté et plus modeste, cet accrochage rappelle celui en constellation de l’expositioq Bleu commissariée par Marie-Eve Beaupré au Musée d’art contemporain de Montréal au printemps 2011.Cette exposition proposait également une relecture, peu conforme et dérangeante pour certains, des œuvres de la collection.En faisant du concept de réflexivité sa trame, Marie-Josée Jean poursuit ici des intérêts à saveur conceptualiste qu’elle a développés ces dernières années à Vox, ?! DENIS LEGENDRE Code tf2 (1989), de Charles Gagnon où elle est directrice artistique.Cet angle d’approche engage un propos autrement plus pointu sur les œuvres qui pourra cependant passer pour trop aride aux yeux du visiteur non averti.Dans l’essai du catalogue, dont la conception graphique, signée Feed, est impeccable, l’auteure dresse un survol historique du discours sur l’autoréférentialité en art Même si ce n’est pas clair dans lintention, l’exposition est heureusement moins portée à reconduire la prétention à l’autonomie de l’art, son repliement sur lui-même, que ce discours a construit au fil du temps.Les œuvres de Raymonde April, de Sorel Cohen, de Pierre Ayot et de Michel de Broin sont d’ailleurs là pour introduire un doute, une faille, dans ce cercle en apparence fermé.Le peintre et le photographe Elle a remporté un franc succès à Paris au Musée Jacquemart-André, coproducteur avec le MNBAQ, où elle a été présentée plus tôt cette année.Dans l’intimité des frères Caillebotte.Peintre et photographe est une exposition qui a en effet tout pour plaire.D’abord parce qu’elle montre les œuvres d’une des hgures désormais populaires du mouvement impressionniste, Gustave Caillebotte, mais aussi parce qu’elle a une dimension biographique qui stimule une lecture réconfortante de lœuvre à travers la vie du créateur.Cette incursion dans la vie personnelle se fait surtout par le Canotier au chapeau haut de forme, de Gustave Caillebotte, vers 1877-1878 truchement des photographies du frère, Martial, dont quelque 150 spécimens sont montrés.Bien que les toiles de l’aîné aient pour sujet la vie domestique et les loisirs à la campagne de son entourage, les photographies du cadet ont un coefficient plus élevé de prise avec le réel qui rejaillit sur l’ensemble.Toiles et photos ont surtout le mérite de camper un contexte social plus large, le Paris d’alors.Bien que les œuvres phares du peintre n’y soient pas (Les raboteurs de parquet, Rues de Paris; temps de pluie), l’exposition montre plusieurs tableaux forts et saisissants de Gustave dépeignant notamment l’urbanisme parisien transformé par le préfet Hausmann.Le caractère novateur de ces peintures s’exprime entre autres par des vues en plongée sur la ville, cadrage qui inspirera parfois Martial dans ses photos.Cette réunion inédite entre le travail des deux frères permet d’ailleurs de faire ressortir un peintre plus photographique que le photographe dans ses photos.Tous les deux ont par contre voulu révéler le théâtre de la vie moderne et ça se prend comme du bonbon.Collaboratrice du Devoir Le Centre d'exposition de Repentigny présente Diane Dufresne et Richard Langevin Du 20 octobre au 4 décembre 2011 3, place d'Évry, Repentigny (Québec) J6A 8H7 ville.repentigny.qc.ca/expositions Entrée libre Dernières semaines Repentigny S'épanouir -GALERIE D'ART- Stewart Hall ¦ART GALLERY- Du 26 novembre 2011 au 22 janvier 2012 LA NOUVELLE COLLEQION 2012 DE L’ARTOTHÈQUE Dessins - Peintures - Photographies -Estampes -Technique mixte Pius d’une centaine d’œuvres d’artistes de ia région VERNISSAGE : Dimanche 27 novembre, à i4 h Causerie Mercredi 30 novembre.A iO h LATRIENNALE QUÉBÉCOISE 2011 avec François LeToumeux Conservateur adjoint, Musée d’art contemporain de Montréal Entrée libre INFO: 514 630-1254 www.ville.pointe-claire.qc.ca ENTREE LIBRE! INFO:5l4 630-1254 www.ville.pointe-clair«.qc.ca CAUSERIES - DEMYSTIFIER L’ART Mercredi 18 janvier, à 10 h Séné sur l’art et la valeur Une sérîQ spéciale sur les fondements de la valeur attribuée à l’art historique contemporain.Définir ia valeur (i/4) avec Lon Dubinsl^ (en anglais) Mercredi 8 février, à 10 h Toble Steinhouse avec Joyce Millar (en anglais) Mercredi 29 février, à 10 h Série sur l'art et h valeur La valeur de la formalité (2/4) avec Lon Dubinsl^ (en anglais) CINÉ-ART - SÉRIES DE FILMS Mercredi 15 février 2012, à 19 h MARGRITTE, LE JOUR ET LA NUIT (en français) Mercredi 7 mars 2012, à 19 h Wanda Koop : In Her Eyes Gordon McLennan (en anglais) Ibutas les activités sont suivies d’une période de questions bilir^es ambiguïtés EXPO-VENTE AU BENEFICE DU CIRCA du 26 novembre au 17 décembre 2011 / vernissage samedi le 26 novembre de 15H00 à 18H00 Pascale Archambault Marc Dulude Francine Larivée David Moore Marie-France Brière André Fournelle Mathieu Latulippe Jean-Pierre Morin Éric Cardinal Sylvie Fraser Pierre Leblanc Joëlle Morosoli Philippe Caron Lefebvre Michelle Furlong Chloé Lefebvre Louise Paillé Guillaume Clermont Simon Gaudreau Lisette Lemieux Francesca Penserini Caroline Cloutier Monique Giard Maude Léonard-Contant Jocelyn Philibert Annie Conceicao-Rivest Karine Giboulo Véronique Lépine Élisabeth Picard Cozic Michel Goulet Janet Logan Gilbert Poissant Laurent Craste Gordie Ishizuka Yves Louis-Seize Claude Prairie Jannick Deslauriers Christian Kiopini Jennifer Lupien Denis Rousseau Marie-Michelle Deschamps Guillaume Labrie Maclean Michel Saulnier Lalle Douglas Étienne Lafrance Jennifer Macklem Judith Schwarz Jean-Robert Drouillard Francine Lalonde Paryse Martin Karen Trask Jean Dubois Pamela Landry Gilles Mihalcean Louise Viger Guy Laramée Francis Montillaud 59 artistes de toutes générations / des oeuvres entre 300$ et 1500$ ciiToax 372 Ste-Catherine Ouest Espace 444 - Montréal, Québec T (514) 393-8248 F (514) 393-3803 www.circa-art.com VERNISSAGE DANIELLE SCHEFFER le jeudi décembre 2011, à partir de lyh •r*' r 207, ave Laurier Ouest, Montréal | 514.273.8111 daniellescheffer.com | royerboutique.com Investir dans un cadeau en Art du 12 nov.-31 déc.La plus importante collection de petits formats d’œuvres de grands maîtres au Canada ! Barbeau Cosgrove Dallaire Ewen Ferron Gagnon Jackson Little Masson Picasso Pilot Robinson Suzor-Côté ^aione XDiaade 2160 rue Crescent, Montréal, www.lafitte.com depuis 1975* 514.842.1270 E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 NOVEMBRE 2011 CULTURE EN BREF Un encan de fanssaires chez Articnle Le centre Articule, à Montréal, tiendra aujourd’hui un encan-bénéfice qui se distingue par sa formule.Intitulé Les Faussaires, l’événement offre à la vente douze oeuvres qui ont été inspirées d’ime oeuvre de Claude Tousi-gnant, elle aussi comprise dans le lot Aucune oeuvre n’est attribuée, pas même celle du maître plasticien.On la sait toutefois en compagnie des copies originales proposées par Gwenaël Bélanger, Sylvain Bouthillette, Cari David Ruttan, Barry Doupé, karen elaine spencer, Graham Hall, Maclean, Edwin Janzen, Billy Mavreas, Adrian Norvid, Kristi Ropelesld et Douglas Sctioles.L’encan débute à 18h30.www.articule, org - Le Devoir Table ronde sur Raymond Gervais Dans le cadre de l’exposition Raymond Gervais 3 r, la galerie Leonard et Bina Ellen tiendra aujourd’hui ime table ronde qui s’intéressera aux rapports que le travail de l’artiste entretient avec l’écoute d’enregistrements musicaux, au rôle joué par différentes technologies bées à la musique et à son approche conceptuelle.Autoiu de la table seront présents le compositeiu, musicien et professeiu à la Trent University (Peterborough) Martin Arnold, le professeiu à la Chaire de recherche du Canada et directeiu de rinstitute of Comparative Studies in literature.Art and Culture de l’Université de Carleton (Ottawa) PaulThéberge et David Tomas, artiste et,théoricien, aussi professeur à l’Ecole des arts visuels et médiatiques de rUQAM.La communication, en anglais, aiua Heu à 14h à l’Amphithéâtre York de l’Université Concordia.-Le Devoir Une rétrospective Marc Séguin au MACL Une exposition d’envergure consacrée à l’artiste de renommée internationale Marc Séguin ouvrira ce dimanche à 14h au Musée d’art contemporain des Laïuentides.La commissaire Andréanne Roy a fait appel aux indéfectibles et passionnés col-lectionneius privés de l’œuvre de l’artiste poiu monter cette exposition couvrant le travab des 15 dernières années.Marc Séguin: la foi du collectionneur, en référence aussi au titre du roman de l’artiste La foi du braconnier (Leméac, 2009), réunit une cinquantaine d’œuvres révélatrices des sujets variés abordés par le peintre, de sa facture hybride abiant la précision du des-sbi et la gestualité.L’exposition, qui sera ensuite mise en circulation à travers les centres d’e^o-sition du Québec, se poiusuit jusqu’au 12 février 2012.-Le Devoir SOURCE REMSTAR CINEMA Pas si sûr.NOTRE JOUR VIENDRA Réabsation: Romain Gavras.Scénario: R Gavras, Karim Boukercha.Avec Vincent Cassel, Obvier Barthélémy, Justine Lerooy, Vanessa Decat.Photo: André Chemetoff.Montage: Benjamin Weib.Musique: Sébastien Akchoté.France, 2010,95 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Ils sont plus ou moins roux, mais c’est à cette pigmentation capblaire qu’üs attribuent la source de tous leurs maux.Ils s’appellent Patrick et Rémy.Le premier est un psy dont il vaut mieux éviter le cabinet tandis que le second est un adolescent peu bavard qui dissimule une masse appréciable de névroses sous des dehors taciturnes.Ils sont évidemment faits poiu s’entendre et leur rencontre provoquera une fuite en avant où se côtoient les thèmes de la mar^-nabté, de la révolte, de l’identité sexuebe.Bref, on est dans l’univers de Bertrand Bber, période jeune.Sauf que Notre jour viendra n’est pas un film de Blier, mais de Romain Gavras.Son premier.Comme son maître à penser, Romain Gavras place d’emblée ses protagonistes dans un rapport dominant-dominé qu’il inverse à mi-parcours (rappelez-vous Tenue de soirée).De même, les escapades hors la loi des deux antihéros connais- sent une gradation proportionnelle à la dégradation mentale des personnages.Incapables d’articuler les motifs profonds de leur rébellion, de leiu ras-le-bol, les compères partent à la dérive, puis dérapent.En fait, le personnage de Patrick (Vbicent Cassel, formidable) en serait capable.Or il n’en a plus l’envie.11 est blasé.Le jeune et (très relativement) fringant Rémy, un Olivier Barthélémy terne, est à l’inverse dans l’action alors que le dis-coius lui échappe.Peut-être que si Patrick avait été biteiprété par un acteiu plus âgé, la dbnension «soixante-huitarde emboiugeoi-sée» du personnage aurait davantage passé la rampe.Tel quel, ce motif se noie dans la mer de sous-thèmes que le scénario effieiue.11 convoque très, très fort le souvenir des Valseuses, le fils de Costa-Gavras.De Merci la vie aussi, un peu, en version mas-cubne.Entendu, l’écriture n’est pas la même et, à ce chapitre, force est de constater que Romain Gavras a encore des croûtes à manger.Son pas de deux en mode absiude, désabusé dans sa vision du monde, s’avère en effet un brin redondant et, ceci expliquant cela, longuet par bouts.Qui n’est pas familier de l’œuvre de Bber trouvera peut-être une certaine nouveauté à la proposition de Romain Ga- vras.Si tel est le cas, une visite au club vidéo s’impose.Si le récit paraît trop emprunté, le second sait en revanche quoi fafre avec une caméra.Derrière une dfrection photo âpre et exempte de toute joliesse, il y a des images bien composées.Le dernier acte, qui voit nos deux lurons courir dans de vastes étendues bidustriebes décaties, dégage une poésie du désespoir assez transcendante.Figures in a Landscape, de Joseph Losey, n’est alors pas loin.Cet erre d’aller tardif, le jeune cinéaste parvient à le conserver jusqu’à ce dernier plan porteur d’un espoir bien éphémère.Collaborateur du Devoir Pierre Schoeller et les hommes d’influence Après s’être attardé aux marginaux et aux exclus sociaux dans le film Versailles, Pierre Schoeller braque sa caméra sur la faune opposée: la classe politique.Un milieu plus nuancé qu’il n’y paraît, affirme l’auteur en entrevue.FRANÇOIS LEVESQUE Cinéaste qui monte, Pierre Schoeller voit dans son plus récent film.L’exercice de l’État, ainsi que dans son précédent, Versailles, une méditation sur le pouvoir.«Les deux films parlent de la puissance et de l’impuissance à agir sur les choses et les gens, explique-t-il en se calant dans l’un des canapés ornant la mezzanine spartiatement meublée du chic hôtel Sofitel.Dans Versailles, un sans-abri change la vie d’un enfant tandis que dans ce film-ci, un ministre s’interroge sur ce qu’il peut faire, sur sa pertinence.» Les hommes du président L’exercice de l’État s’arrime à la trajectofre d’un politicien en pleine ascension: Bertrand Sabit-Jean, ministre des Transports français promis à de grandes choses.Entre grenouillages et compromissions, ce dernier tente de conserver une vue d’ensemble, s’accrochant à des prbicipes jugés désuets auxquels, il s’avère, il est prêt à renoncer en se faisant croire que le bien commun sera mieux servi ainsi.Ce qui fascine, c’est que jamais les personnages n’apparaissent fourbes ou bêtement malicieux.Tous pratiquent le même jeu, le même exercice, et tous essaient de rester en place (hauts fonctionnaires, éminences grises) ou d’avancer (assistants, mbiistres).Ainsi, pour acéré qu’il soifi le regard de l’auteur n’est jamais cjmique.«Je voulais éviter le cliché de la classe politique faible et facilement condamnable, confirme Pierre Schoeller.La crise économique a en outre grandement marqué l’écriture du scénario, qui est devenu plus tendu, plus noir, non pas désespéré, mais plus urgent.» Pur présent Cette idée d’urgence, d’ailleurs, se traduit par un rythme soutenu.Les événements se bousculent; la priorité de tout à l’heure est déclassée par la dernière rumeur, la dernière tragédie.«Je crois que les politiciens traitent bel et bien les petites et grandes catastrophes qui se produisent, mais brièvement, parce qu’il y a toujours quelque chose d’autre qui arrive.C’est cette impression de pur présent que j’ai essayé d’illustrer, bien plus que de narrer une histoire classique.» Le film présente en effet un bout de vie, un tronçon du parcours professionnel et personnel d’un homme politique.Début, milieu et fin canoniques doivent eux aussi céder leur place.De fait.L’exercice de l’État est une œuvre qui se déroule plus qu’elle n’est racontée.«Je voulais un film qui carbure à l’empathie humaine et non aux péripéties.» Les événements pivots qui surviennent, tels un accident d’autocar et un accident de voiture, ne deviennent jamais des moteurs dramatiques, mais prennent plutôt valeur d’anecdotes.Tout du long, c’est le protagoniste, magistralement campé par Obvier Gourmet, qui génère lui-même la progression narrative.Un portrait d’une densité admirable qui allie complexité dra-maturgique et Ibnpidité de lecture, L’exercice de l’État prend l’affiche vendredi prochain.Collaborateur du Devoir SUR MESURE II Oumar Ndiaye, Jason Rosenblatt et Shtreiml, Anouar Berrada et I ensemble Burdah, Victor Simon, Yadong Guan et Soraya Benitez chantent en français accompagnés de Roberto Lopez Infos et billets : www.mcahuntsic.com ou ventes à la porte (10 $) Maison de la culture Ahuntsk-Cartierville I 10 300, rue Lajeunessel "étage | Métro Henri-Bourassa | Informations: 514 872-8749 Ahuntsic-Carticrvillt MontréaU Secrétariat à la politiqtM linguistique Québec»» maison LA culture AHUNTSIC CARTIERVILLE LES VIOLON DU ROY • + LA CHAPELLE y ^ DE QUÉBEC + BERNARD ^ LABADIE UN INCONTOURNABLE! LE MESSIE T" DE HANDEL OPTIMUM, A fi 8* ET 9 DÉCEMBRE À 20h | PALAIS MONTCALM 11 DÉCEMBREÀ 15h | MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL BERNARD LABADIE, CHEF LACHAPELLE DE QUEBEC, CHŒUR PALAIS M()NTCALM /»7t5/‘.5o/7 la.418 641 -6040 / 1 -877-641 -6040 LYDIA TEUSCHER, SOPRANO JAMES TAYLOR, TENOR MATTHEW WHITE, CONTRE-TÉNOR TIM MIRFIN, BASSE « Par la remarquable qualité d'interprétation des chœurs et de l'orchestre, cette exécution du Messie est la meilleure qu'il m’ait été donné d’entendre depuis de nombreuses années.»j ^ * Le concert du jeudi 8 décembre est une présentation de la Fondation Lorraine et Jean Turmel.laplacedesarts.com Québec! PARTENAIRE DE SAISON A QUÉBEC 514 842 2112/1 i 5 842 2112 (Québec Hydro (hiébec LE DEVOIR VIOLONSDUROY.COM LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 NOVEMBRE 2011 E 9 CINEMA LE BALCON SUR LA MER de Nicole Garcia TTÎTT^^B FrancG.2010.105 min.Avec Joan Dujarcin, Marie-Josée CrazQiToni Servilb, Sandrine Kiberlain, Michel Aumont et Claudia Gaidinale.(G).THEATRE DUTREMDNT Billetterie 5 1 4 435-3944 1 24S> AVENUE Bernard auEST Derrière le fantasme CRAZY HORSE Réalisation et montage: Frederick Wiseman.Image: John Davey.Dociunentaire.ODILE TREMBLAY Quand les dernières Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) ont présenté en ouverture ce Crazy Horse du cinéaste américain Frederick Wiseman, plusieurs réalisateurs, producteurs et cinéphiles s’étaient alors indignés du fait qu’une «œuvre complaisante et sexiste» puisse assurer l’ouverture de ce festival.Ce à quoi la direction des RIDM avait répondu en invoquant, entre autres, la liberté du regard d’auteur qui a l’habitude d’aborder sans jugement les rouages des institutions culturelles, filmées entre coulisses et performances.La question est intéressante, car en se concentrant sur la préparation du spectacle Désirs par le chorégraphe Philippe Decouflé et le directeur artistique Ali Mah-davi au mythique cabaret Crazy Horse de Paris, qui se pique de présenter les meilleurs spectacles de nus au monde, Frederick Wiseman pénètre dans un univers où effectivement le corps des femmes est e5q)loité.Mais son film, qui ne réinvente pas le genre sur le plan formel, n’occulte pas cette dimension.Il en témoigne en laissant le public se faire une opinion.Le Crazy Horse existe.Autant jeter un œil dans ses coulisses.D’ailleurs, le documentaire démystifie tout le côté bombes sexuelles de ces filles, qu’on découvre pudiques.Psychologiquement, elles sont violentées par le chorégraphe qui leur demande de se toucher au cours de leurs performances, ce qu’elles détestent.Une scène apparaît vraiment sordide: celle des auditions, où les pauvres filles déshabillées, jugées sur leurs seuls atouts corporels, ont l’air de bétes de concours.Wiseman la met en exergue, cette scène-là, sans qu’on sache très bien s’il en décèle tout le sexisme sous-jacent.Mais le spectateur le voiL lui.Documentaire classique Hors dimension morale.Crazy Horse se révèle un documentaire classique, avec des images pops et colorées, qui tiennent au show lui-méme, mais aussi au jeu d’ombres chinoises auquel s’amuse le cinéaste avec bonheur.On s’intéresse à la préparation du spectacle, malgré des longueurs, qui brise l’image des femmes hyper-sexualisées pour montrer de bonnes danseuses très professionnelles.La nudité, les éclairages, les effets spéciaux les transformeront en fantasmes sur scène, mais elles semblent n’en avoir rien à cirer.Le film illustre aussi à quel point tout spectacle est un jeu de compromis entre les producteurs et les créateurs.En fin de course, des extraits de Désirs, finalement assez kitsch, se révèlent moins intéressants que le processus de création nourri du rapport de force entre chorégraphe et danseuses.Par l’absurde, ce film casse l’image de la femme éternelle, dont le cabaret célèbre la beauté effeuillée et dandinante pour mettre en scène des artistes qui s’amusent parfois, s’ennuient souvent en répétition et bossent le reste du temps.Le Devoir Scène de spectacle du Crazy Horse, à Paris VINCENT CASSEL OLIVIER BARTHELEMY RENSÏÀRFILIiS.CON ROMAIN GAVRAS Cr.lemstan B PRESENTEMENT A L’AFFICHE I-CINÉMA-1 pCINEPLEX DIVERTISSEMENT-i [ BEAUBIEN II QUARTIER LATIN I VEUILLEZ CONSULTER LES GUIDES-HORAIRES SOURCE 20™ CENTURY EOX The Descendants d’Alexander Payne présente une faune colorée dans les paysages paradisiaques d’Hawaii.Épreuves et rédemption THE DESCENDANTS Réalisation: Alexander Payne.Scénario: Alexander Payne, Nat Faxon et Jim Rash d’après le roman de Kaui Hart Hemmings.Avec George Clooney, Shailene Woodley, Amara Miller, Nick Krause, Judy Greer, Matthew Pillard, Robert Forster, Beau Bridges.Image: Phedon Papami-chael.Montage: Kevin Tent 115 minutes.ODILE TREMBLAY On s’ennuyait d’Alexander Payne, brillant cinéaste et dialoguiste américain {Citizen Ruth, Election, About Schmidt), qui n’avait pas tourné depuis le décapant et tordant Sideways (Oscar du meilleur scénario adapté en 2005).Avec l’excellent The Descendants, dans lequel George Clooney tient son meilleur rôle, il nous entraîne dans un univers moins cynique, plus émouvant que d’habitude, plus profond, plus classique et moins iconoclaste.On attend de pied ferme aux Oscar cette comédie douce-amère, qui dépasse son cadre pour embrasser la paternité en quête de sens (thème de l’heure), le deuil qui transforme les proches, l’éthique personnelle à construire, le respect de l’héritage patrimonial et de l’histoire.Payne, dont les réparties relèvent habituellement d’un étincelant jeu de ping-pong, adopte ici un rythme de lenteur, sans remiser ses punchs.Cette histoire d’épreuves et de rédemption ouvre sur plusieurs niveaux de sens.Le tout sur des paysages enfin montrés au cinéma américain: ceux d’Hawaii, paradisiaques même quand le héros tente de nous présenter les côtés sombres d’Honolulu.L’archipel abrite aussi une faune de tous les métissages qui fait plaisir à voir dans sa bigarrure.On salue également la qualité des chansons hawaïennes traditionnelles, composant une merveilleuse trame sonore, ainsi que les étonnants décors et la caméra inventive.Voici George Clooney en Matt King, père et mari absent, avocat à Honolulu, confronté à l’épreuve: sa femme est dans le coma après un accident.Il retrouve ses deux filles qu’il connaît à peine, sa préado Scottie (Amara Miller) et son ado brillante et frondeuse Alexandra (Shailene Wood-ley, remarquable d’aplomb et de finesse) en tentant de faire face à une situation qui lui échappe.Pour Facteur, il s’agit d’un rôle de maturité qui use de ses dons comiques tout en l’entraînant dans le champ de l’émotion.Clooney joue ici hors séduction, ses chemises hawaïennes criardes contribuant à lui faire perdre de son charme de toute façon.Son épouse le trompait, ap-prend-il.La drôlerie du film et ses revirements reposent beaucoup sur le contraste entre le deuil assumé et la colère de Matt contre une infidélité à ses yeux inacceptable.Des personnages secondaires au départ absurdes: le beau-père irascible (Robert Forster, punché et drôle), l’ami stupide d’Alexandra (Nick Krause), mais moins monolithiques qu’il n’y paraît, viennent pimenter la sauce.Entre famille dysfonctionnelle, chambre d’hôpital où tout le monde défile et road movie dans une île paradisiaque, avec des hectares à sauvegarder ou à vendre et un adversaire à pourfendre, The Descendants mélange ses accents.Une scène de bar avec musiciens locaux donne au film un côté documentaire, mais tous les tons se marient, du burlesque au cérémonial sacré.Une voix hors champ très présente au début disparaît sans problème.Le happy end est prévisible, mais charmant.Alexander Payne, en adaptant ce roman de Kaui Hart Hemmings, sort de l’ironie pure, ce qui déroutera une partie de ses admirateurs, mais il enrichit aussi son registre d’une part d’humanité qui lui confère une lumière.Le Devoir ANTOINE POUPEE «Un très beau film! Romain Durls offre une performance remarquable!» Mare-Andrd LusslBr, la Presse J I S metropolet4lms.com REPRESENTANT DU CANADA AUX OSCARS’^ PLUS DE 1 300 000$ AU BOX OFFICE ?HOWmomiE THEGOSnE J0Uf9ia.il/SIW ZA PRESSE ?joŒmLfÆMomuÉa PRODUCTEURS DE INCENDIES UN COUP DE CŒUR ABSOLU ! «Une œuvre de haute maîtrise, fluide, sur un scénario sans failles.» Odile TVemblay', Le Devoir «Une œuvre fascinante, à la fois amusante et inquiétante.Lumineux et exubérant!» Marc CassKri, La Presse LA PEAU QUE J'HABITE ANTONIO BANDERAS ELENA ANAYA MARISA PAREDES JAN CORNET ROBERTO ÂLAMO wwwJopsauquejhabitis.ca un film de PEDRO ALMODOVAR soNTHcnn^Ks n.xztrnr métrotDole PRESENTEMENT A LAFFICHE! rCINEMA BEAUBIEN I QUARTIER LATIN | I eaoe.Beaubien e.721-eooo VERSION ORIGINALE ESPAGNOLE AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS CINÉMA BEAUBIEN] EXC3NTRIS CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS 514847-2206 VERSION ORIGINALE ESPAGNOLE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS CINÉMAS AMC Ile forum 22 ÿmetropolef ilms.com « MAGNIFIQUE! REMARQUABLEMENT INTERPRET BAR LE CHARISMATIQUE FELLAG MANON DUMAIS, VOIR M VRAIMENT UN TRÈS TRÈS TRÈS BEAU,FILMï» MARC-ANDRÉ LUSSIER, LA PRESSE « MAGIS' PETER HOWELL, THE SrAR « UNE ŒUVRE BRILLAN^^^V ET ÉMOUVANTE QUI A'^^K TOUS LES ATOUTS POURTIH; CHARMER UN LARGE PUBLICT»V MAXIME DEMERS, JOL/RUMLæMD/VTITÊIL ^ I' « LES JEUNES COMÉDIENS FONT PREUVE D’UN APLOMB ABSOLUMENT INCROYABLE.» NORMAND PROVENCHER, LESOLBL « UN FILM MAGNIFIQUE, BOULEVERSANT, i» FRANÇOIS HOUDE, LENOUmUSTE LES FILMS CHRISTAL PRÉSENTE : ^ -TSt' UNE PRODUCTION MICRO-SCOPE MONSIEUR LAZHAR UN FILM DE PHILIPPE FALARDEAU IJmONSIEURLAZHAR I WWW.MONSIEURLAZHAR.COM | t SODEC DÜZn QuÉbecsa fuirai msoifv HORAIRES DES CINÉMAS LES FILMS CHRISTAL E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 NOVEMBRE 2011 CINEMA wszystko CO kocham tout ce que DEMCEK BORCUCH • ^ POLOGNE POUR L'OSCAR I I Ad FILM ÉTRANGER 2011 ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ isoEFiaEiusaoii ^ ^ Ail that I lOve iManuuFBiiwL B .niM FBmai BOTTEBMN^ loH yv IvyVEEl LJ E version oricjnsle polonaise rCINEMA BEAUBIEN] consultez les guides-loüifal avec sous-titres français I 23S6.DeaublanE.721-6080 I HORAIRES DES CINÉMAS I / P f" '' ‘i À.' ,j- .f‘l'k ¦ ^ - 'A- ¦¦ ' t:ii% y f ., m .^r ¦ - T 7 ¦) ' " /'¦’-A ¦¦?¦-'¦ V '> ’¦ - -:?¦-/ ¦ ' -1 ^ -Æ ^ - r ¦ ' " ^ '-iJ ^ Vp^./> •Wr- ^-':' ¦.; ¦ f¦ ' '-%, ¦ 7 .>S.£ .V-S>t -r 'i'-uf.- > - J, /V fk ¦ ^.if‘% }.-¦.r'\* -• ¦'-r-' ^ 7?^ f -¦y-a-' f., ^»' / VÀ—ai'- "• , ^V:ï';:2v" .^G-.T.- V.-' r.n.' '•' ¦•'.¦-¦ f i ¦yf ¦i'-Ci ti ’ ’> -js-L' k'ÆA’rt'./V,."' L’amour au temps du flou TOUT CE QUE J’AIME Réalisation et scénario: Jacek Borcuch.Avec Mateusz Kosdu-kiewicz, Olga Frycz, Jakub Gierszal, Mateusz Banasiuk.Image: Michal Englert.Montage: Agnieszka Glinska, Krzysztof Szpetinanski.Musique: Daniel Bloom.Pologne, 2009,96 min.ANDRE LAVOIE Dans Tout ce que j’aime, les bruits de la révolution ressemblent à un murmure télévisé tandis que ceux de la musique punk remplissent les oreilles des jeunes protagonistes.Au milieu de leur tumulte préfabriqué, ils entendent parfois la cacophonie d’un mouvement social dont ils ignorent encore la portée historique.Au début des années 1980, le syndicat Solidarnosc rugissait déjà sur les chantiers navals de FILMS AMERIQUE Le portrait d’une jeunesse en déroute, mais combien fringante.Gdansk, mais avant que toute la Pologne s’indigne à l’unisson, il faudra bien des privations, d’autres grèves, une loi martiale et la force de persuasion d’un pape pas comme les autres.Tout cela constitue la discrète trame de fond de cette tranche d’adolescence du réalisateur polonais Jacek Borcuch, puisant dans ses souvenirs pour illustrer un temps flou, celui d’un pays à la croisée des chemins et d’un garçon portant parfois mal ses 17 ans, cet âge dit ingrat.Janek (Mateusz Kosciukiewicz, d’un naturel confondant) en profite d’ailleurs pour hurler ses rêves et ses frustrations, ensorcelé par la musique punk, celle qui permet de crier sa soif de liberté sous des tonnes de décibels, une manière d’échapper au contrôle impitoyable des autorités communistes.Avec les membres de son groupe, fébriles à l’idée d’être sélectionnés dans un festival de musique (un enjeu inabouti, passé sans doute à la trappe du montage), Janek se croit parti pour la gloire.Celle-ci sera de courte durée, limitée surtout à son quartier sans histoire, du moins en apparence, car il n’échappera pas aux remous de cette période, surtout avec un père militaire obéissant aux ordres et une copine troublée de voir le sien, syndicaliste convaincu, emprisonné par celui du garçon qu’elle aime.ï .» ¦ V \ FILMS AMÉRIQUE Il apparaît hasardeux de juger le cinéma polonais à partir des rares hlms capables de traverser le rideau de fer de nos écrans, de moins en moins nombreux pour les cinématographies étrangères.On peut toutefois concéder à Jacek Borcuch un désir de rupture avec les grandes hgures d’autrefois, très loin du lyrisme révolutionnaire d’un Andrzej Wajda, et une envie certaine de se coller à certaines formules efficaces empruntées ailleurs, dont celle du récit d’apprentissage sur fond de turbulences sociales.Remplacez la Pologne de Solidarnosc par l’Amérique de Woodstock ou la France de Mai 68 et les parallèles surgissent d’eux-mêmes devant Tout ce que j’aime.Ce portrait d’une jeunesse en déroute (mais avec le diable au corps et un brin d’impertinence devant des adultes ébranlés dans leurs certitudes) offre quelques moments d’une belle authenticité, recréant le climat de suspicion qui prévalait dans cette société étouffante ou la maladresse des jeunes devant leurs aînées malades et vieillissantes, surtout quand elles ha-Ijitent la campagne lointaine.A côté de ces instants fugaces de vérité, d’autres scènes obéissent aux diktats du genre: les premiers émois amoureux, les vertiges de la sexualité, les brouilles sentimentales effacées par un baiser, etc.Même une Mrs.Robinson version polonaise surgit sans crier gare pour prodiguer quelques conseils pratiques à Janek qui, dans ses rêves les plus lubriques, n’en espérait pas tant.En effet, ce n’est pas dans un film de Wajda ou de Kieslowski qu’on aurait vu ça.Collaborateur du Devoir Vers l’abîme INSIDE LARA ROXX Réalisation et scénario: Mia Donovan.Image: Mia Donovan, Carlos Luis Rodriguez.Montage: Omar Majeed.Music: The High Dials.81 min.ODILE TREMBLAY Tourné avec une caméra à l’épaule qui bouge sans relâche, en une sorte de journal filmé entre Montréal et Los Angeles, Inside Lara Roxx, premier film de Mia Donovan, suit un parcours de détresse.Car après avoir travaillé deux mois (trois films) dans l’industrie de la porno à Hollywood, la Montréalaise Lara Roxx (nom de scène) a contracté à 21 ans le virus du sida d’un partenaire qui infecta trois femmes.Son histoire fit les manchettes des journaux en 2004, bientôt remplacée au profit d’une nouvelle plus juteuse.Puis la documentaliste la retrouva dans un hôpital pour malades mentaux (elle se dit bipolaire), avant de suivre Lara plus tard, entre 2005 et 2010, à travers ses pérégrinations.Le film montre aussi le lien fragile entre la cinéaste, dont la voix hors champ est très présente, et son modèle; lien qui se casse souvent.Car pourquoi témoigner?Et en qui placer sa confiance?Le spectateur lui-même, troublé, bousculé, se sent parfois voyeur.Le voici néanmoins récupéré par l’émotion, la douleur de Lara, son regard hanté ou égaré.Toxicomanie, alcool, révolte contre les parents à l’adolescen-ce (sa mère témoigne à l’écran), séjour dans un centre jeunesse, métier d’escorte un bout de temps; le parcours habituel, puis le cinéma porno à ¦ té^.-—ALL ^ Lara Roxx: «Le courage n’existe pas, c’est juste une absence de peur.» ARCHIVES LE DEVOIR Hollywood, porte vers le succès et la fortune.Manque d’estime de soi, mais surtout dose énorme de naïveté.«Le courage n’existe pas, c’est juste une absence de peur», ex- plique Lara.Elle eût mieux fait de se méfier davantage.Défilent à l’écran des personnalités de l’industrie porno: producteurs, acteurs, ex-actrices, etc., lors du retour de Lara à Los Angeles, avec rencontres, bataille infructueuse pour la protection des travailleurs du sexe, rechute au crack; autant d’étapes vers l’abîme.Une scène, trop courte, montre le petit ?— LE MÉTRO REMARQUABLE.— Ntonn CUTiala, VOIR LeVendeurLeFilm I www.LeVendeuMe1llm.com ?«FORMIDABLE.» — DrQixtan K^lly, THE GAZETTE ?— LE JOURNAL DE MONTRÉAL ?— SH0W01ZZ.NET .IMPRESSIONNANT.— Ntoc-Anrfré Lussier, LA PRESSE LES FILMS SÉVILLE et L’ACPAV PRÉSENTANT GILBERT SICOTTE NATHALIE CAVEZZALI LEVENDEUR UN FILM DE SÉBASTIEN PILOTE produitkr BERNADETIE PAYEUR et MARC DAIGLE “Scan ÏSÎ?Æ aS”' iS» ®s c O' iTCl'i ÎO l'Os V INft 2T PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE ! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS LES FILMS SEVILLE ami de Lara avec un chandail couvert du sang de celui qu’il a poignardé, sans plus d’explications.Toutes sortes de trames s’entrelacent.Le montage y perd çà et là son bl, sans enlever au documentaire sa vie écorchée.Inside Lara Roxx est aussi une critique de l’industrie de la porno.Le port du condom n’y est pas populaire, le public trouvant ça peu excitant.Acteurs et actrices sont testés pour le VIH avant un tournage, mais comme la période d’incubation demeure asymptomatique, toutes ces pénétrations devant l’écran deviennent des questions de vie ou de mort.Lara avouera s’être sentie utilisée par le réalisateur, qui lui plaisait et pouvait tout lui imposer, même des pratiques douloureuses avec de§ partenaires douteux.A Montréal, l’hôpital n’est jamais bien loin d’elle.Et la jeune femme se désagrège sous nos yeux.Son corps tremble sous trop de substances ingérées, elle va se faire traiter au Portage.Le hlm se clôture sur cette note optimiste, sans nous faire croire aux lendemains qui chantent.Mia Donovan aura du moins su transmettre, à travers une œuvre imparfaite et indispensable, un immense désarroi qui bouleverse.Le Devoir ?Le Monde Télérama Positif ?« Une fiction survoltée et lucide.» « Magistral.» Libération Le Nouvel Observateur 11 I PRDCjFIPRESCI UN CERTON REGA .feitivaL de camhb f J ZABOI OLIVIER GOURMET MICHEL BU\NC ZABOU BREITMAN L’EXERCICE ede L’Etat UNFILNDE PIERRE SCHŒLIER www.fuirillm.ca - www.facebook.conVfiirillmdlstributloii B DES LE VENDREDI 2 DECEMBRE
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