Le soleil, 3 juin 2000, Cahier G
[" LE SOLEIL PASCAL RATTHÉ Cahier G Le samedi 3 juin 2000 LE SOLEIL CINÉMA «Xlnur Code», le dernier film du Noire Cl&neme runioiMie reprend U l>4ffr de l'&ttitoiofi «Lt?Monde de Cléineme», qu'elle a créée en 1998.« C'est peut-être par vengeance que je fais une émission sur les artisans», admet-elle.Page G 5 réalisateur Mike Figgis, a été réglé sur du papier à musique.Une choré graphie d'images et de sons qui redéfinit les normes du cinéma indépendant.Page G 3 Le déclin des ciné-parcs - «wn* I** ciné-parcs au Québec 947 000 942 700 p-faes-m- Il n\u2019existe plus qu'un seul ciné-parc dans la région de Québec, celui de Saint-Nicolas.C\u2019était soirée gratuite lundi soir, ce qui explique la forte affluence.Douce délinquance e étoile LE SOLEIL En ce mardi soir de mai, il flotte une ambiance de douce déliquance au ciné-parc Saint-Nicolas, le seul cinéma en plein air de la région de Québec.Même si le film principal, Mission: Impossible 2, ne débute que dans une heure, ils sont déjà une bonne centaine à profiter de cette première vraie belle soirée printanière.A Tère des mégacomplexes high-tech, ravenir du cinéma en plein air semble précaire NORMAND PROVINCHIR LE SOLEIL Le cinéma en plein air se meurt.Depuis une vingtaine d'années, le nombre de ciné-parcs au Québec a diminué de moitié, passant de 44 en 1980 à moins d'une vingtaine aujourd'hui.À l'ère des mégacomplexes high-tech, leur avenir semble de plus en plus précaire.I Claude Chabot, premier vice-président chez Cinéplex Odéon, ne compte pas parmi les plus optimistes.Dans dix ans, avance-t-il, les ciné-parcs ne seront peut-être plus qu'un souvenir, non pas tant en raison de leur manque de rentabilité que de la valeur des terrains qui monte en flèche.«À venir jusqu'à l\u2019an dernier, nos ciné-parcs (Odéon en possède une dizaine au Québec) affichaient une légère croissance.S\u2019ils ferment, ce n\u2019est pas parce qu\u2019ils ne marchent pas, mais souvent parce qu\u2019ils sont construits sur des terrains qui valent une fortune.À plusieurs endroits, des centres commerciaux ont été bâtis sur des terrains de ciné-parcs.» Une hausse de la valeur foncière est ce qui a entraîné, l\u2019an dernier, la fermeture du ciné-parc Beauport, pourtant le troisième établissement le plus achalandé au Canada.Cinéplex Odéon a pris cette décision afin d\u2019ériger à cet endroit un cinéma de 16 écrans qui ouvrira ses portes à la mi-juillet.Plusieurs commerces et restaurants auront également pignon sur rue dans le secteur.Une situation identique pourrait se produire pour le ciné-parc Saint-Nicolas, le seul à survivre dans la région de Québec.« Il est collé sur la route 132.Il suffirait qu\u2019un développement domiciliaire voit le jour dans le secteur et fasse passer le pied carré de terrain d\u2019une \u201ccenne\u201d à un dollar.» Mais la valeur des terrains n\u2019explique pas tout.Sur le plan du son et de l\u2019image, les ciné-parcs n\u2019arrivent pas à la cheville des cinémas modernes, même si des améliorations importantes ont été apportées au fil des ans.Des projecteurs plus LE SOLEIL STEVE DEfCHfNES la hausse de l\u2019achalandage dans certains dné-parcs proviendrait du transfert de clientèle lors de la fermeture d\u2019un cinéma en plein air dans une même région.puissants ont été installés et la diffusion par fréquence stéréo a pris la relève de la petite et médiocre boîte qu\u2019on installait à la vitre de l\u2019automobile.Voir DÉCLIN en G 2 fr- is sont venus en couples ou en groupes, des jeunes dans la vingtaine pour la plupart, à bord de leur voiture sport.Les petites familles, avec les enfants en pyjamas, c\u2019est surtout le week-end qu\u2019on les rencontre, lorsqu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019école le lendemain.L\u2019air sent bon la fraîcheur de la bru-nante.Si ce n\u2019était de la cacophonie créée par la musique qui sort de chaque véhicule, on pourrait savourer le chant des grenouilles, qu\u2019on devine dans les boisés, derrière l\u2019écran.Si l'expérience de voir un film dans un décor champêtre ne fascine plus autant qu'à l\u2019époque d'American Graffiti, elle conserve tout de même une bonne partie de son charme pour le citadin en mal de nature.PIED DE NEZ AUX INTERDITS Qui plus est, une soirée au ciné-parc est l\u2019occasion pour l'amateur de cinéma de faire un pied de nez légitime à tous les interdits des nouveaux mégacomplexes.En attendant le début de la projection, les spectateurs peuvent boire une bière, griller une cigarette (ou un joint.), dévorer le fast-food qu\u2019ils ont apporté avec eux.On peut aussi tuer le temps à se lancer le frisbee, à jouer au haki ou au volleyball.Voir ETOILE en G 2 ?Filmez vos rneill^^ns momenbs cTé-fré.HI 8 mnAÉK.S-VH c HITACHI \u2022\tCamescope Hi 8 mm\t_ M , \u2022\tViseur couleur\t¥!\u2022 V \u2022\tStabilisation électronique\tN de l\u2019imaM \u2022\tZoom 300x \u2022\tTélécommande 36v»fwntnt» d» 22°2f VHS-C 699' cran LCD couleur 2,5 pouces \u2022\tLumière Intégrée\t_____________ \u2022\tStabilisation de l'image\tOQ72r \u2022\tZoom numérique 400x J0 vwwmrmi d« ^J d* 840, ru» Bouvier (clgfsol®t1q qc.ca fS 627-0840 18 mm Ecran LCD de 2,5 pouces \u2022\tLampe intégrée \u2022\tZoom numérique 200x \u2022\t«night shot» 0 Lux \u2022 Sum a I approbation du aarvica (ta crédit, ft ogramma da paiamenti par martagaMé La taua (faitéiét aat da U.5\\ Erampia Pour un montant dadOff la» fratt du conaom nateut saront da WI» mottl pour une oWtpation du conaommataur de «ST* .285-4535 ^\t1477388 DONNACONA / G 2 LE SOLEIL Le samedi 3 juin 2000 Le « vidéo maison » a gagné la clientèle du ciné-parc DÉCLIN Suite de la G1 « Qu'on le veuille ou non, les ciné-parcs sont désuets en comparaison de la qualité technique des nouvelles salles », explique M.Chabot qui, pour son bon plaisir, avoue se payer une fois par année une sortie au ciné-parc.« C\u2019est un peu comme faire des vues dans le sous-sol.Le son n\u2019est pas si mal si t'as une bonne radio dans ton auto, mais ce n'est pas le cas de l\u2019image.Plus grand est ton ciné-parc, plus floue est l\u2019image.» PROGRAMMATION Sur le plan de la programmation, on a cessé de reprendre les grands succès périmés pour présenter plutôt des films qui passent simultanément en salles.Le film principal est projeté en ouverture, plutôt qu\u2019après le film secondaire, permettant aux spectateurs de gagner leur domicile à une heure raisonnable s\u2019ils le désirent.Une diminution des ventes au restaurant est le prix à payer pour cette nouvelle politique.A LA MERCI DE LA MÉTÉO Le cinéma en plein air demeure une activité saisonnière, tributaire des conditions météorologiques.Et lorsqu'on connaît les étés québécois.« C\u2019est très très risqué comme business », avance Carole Boudreault, directrice générale de l\u2019Association des propriétaires de cinémas et ciné-parcs du Québec.Il y a cinq ans, les ciné-parcs étaient encore florissants, mais ce n'est plus le cas, explique Mme Boudreault.Le \u201cvidéo maison\u2019\u2019 a mis la main sur cette clientèle.En général, les gens qui fréquentent les clné-parcs ne vont pas dans les salles.C\u2019est une clientèle qui loue des films à la maison.» « La saison d\u2019un ciné-parc est courte, reprend Claude Chabot.Ça commence le 15 mai et ça se termine à la fête du Travail.Il faut qu'il fasse beau.» Selon les chiffres, juillet demeure le mois le plus achalandé, avec 302 800 spectateurs en 1998, le double de juin.Les statistiques tendent à donner raison aux prophètes de malheur.Après avoir atteint les 8 millions $ en 1980, le chiffre d'affaires des ciné-parcs québécois est tombé à 6,24 millions $ en 1994, puis à moins de 5 millions $ quatre ans plus tard, selon l'Institut de la statistique du Québec.La hausse d\u2019achalandage dans les établissements encore ouverts s'expliquerait par un transfert de clientèle.C\u2019est le cas du ciné-parc Saint-Nicolas, sur la Rive-Sud de Québec, qui a drainé la clientèle laissée en plan par la fermeture du ciné-parc Beauport.Malgré le mauvais temps du mois de mai, l\u2019assistance a doublé en comparaison de l'an dernier.Chez Famous Players, on a fermé le dernier ciné-parc il y a deux ans, dans la région d\u2019Ottawa.Pour le directeur de l'exploitation dans l\u2019Est du Canada, Jean Rickli, l'avenir n\u2019est pas au cinéma en plein air, même s\u2019il croit que les ciné-parcs ne sont pas tous appelés à disparaître.« Il va toujours y en avoir dans quelques villes, mais ce ne sont plus les mêmes tendances aujourd'hui.Ce n'est pas une entreprise assez rentable, d\u2019autant plus que c\u2019est une activité saisonnière, qui nécessite de grands terrains.Nous préférons mettre l'accent sur les nouveaux complexes comme le StarCité.» S\u2019il ne s'ouvre plus de nouveaux ciné-parcs depuis belle lurette au Québec, le marché n'est pas « complètement mort», estime Claude Chabot.Par exemple, il y a deux ans, Cinéplex Odéon a construit un nouvel écran à son ciné-parc de Rock Forest.Et un troisième n\u2019est pas exclu.RELAXER DANS LA NATURE Richard Busqué est propriétaire depuis cinq ans du seul ciné-parc de la Beauce, à Saint-Georges.Situé sur le bord de la rivière Chaudière, son établissement de deux écrans attire des foules intéressantes.«Je ne fais pas de la grosse argent, mais ça augmente d'une année à l\u2019autre.J'ai une clientèle fidèle.«Je persiste à croire que les gens vont continuer à fréquenter les ciné- parcs, poursuit-il.La vie d'aujourd'hui va vite, les gens ont besoin de relaxer, de se retrouver dans la nature, en famille ou entre amis.Ça demeure un loisir à prix modique.Les étudiants et les jeunes familles arrivent avec leur lunch, leurs bières, leurs chaises pliantes, le divan dans la boite du pick-up.Ça joue au ballon avant le début du film.» Propriétaire d\u2019un ciné-parc indépendant, M.Busqué souffre d\u2019avoir à présenter des films déjà à l'affiche depuis un mois en salles.«Avec des primeurs, mon chiffre d\u2019affaires augmente de 25%, mais je passe après tout le monde.» Même s\u2019il ne se fait pas d\u2019illusions, surtout avec un bassin de population de 25 000 personnes, cet amoureux du cinéma sous les étoiles rêve de voir les exploitants investir davantage dans les ciné-parcs, de la même façon qu\u2019ils le font dans les mégacomplexes.« Par exemple, j\u2019ai enlevé les poteaux sur le terrain, j\u2019ai mis plus de gazon.C'est une façon de donner envie aux gens de revenir.» ^ Maintemant ouvert ! C INH\u2019I f \\ le nouveau cinema OniON CINEPLEX ODEON STE FOY 1700 lioulcvoi (I Onpli\u2019-.M-, Sli i(\u201ejir .t' MATINEES A Ô.5°$ PLACE CHAREST Du Pont il Boulcvoid (luucsi S29 9MS MATINEES A 3.25$ MATINEES A 3.75$ Cine Parc ST NICOLAS Roun 70 (soKiii :n i) h:ii o//h ouviiti nur A L\u2019AFFICHE I VERSION FRANÇAISE i\u2014CiNêplEX 0ÉCN\u2014^ iiESMOMCNAMIKl I PUCE CHAREST I I CINÉMA LIPO NAOCS DE LEVIS EN V.FRANÇAISE ET O RIO INA LE ANGLAISE f\u2014 CINÉPLEX ODÉON \u20141 J\u2014 CINÉPUX OOÉON \u2014-i ILAURENTIEN «I | STE-FO Y7! » CINÉ-PARC I ton IMITAI I ST-NICOUÏSl CONSULTEZ LA CHRONIQUE CINÉMA DU JOURNAL VOUS RIREZ TELLEMENT QUE VOUS EN AUREZ MAL AU COU.» XXI SffGfL GOOD pomme AMERICA\t# « UNE AVENTURE DEBILE ET DEMENTE.TOM GREEN EST VRAIMENT HILARANT.» PETER TRAVERS, ROLLING STONE A L*AFFICHE I VERNON FRANÇAISE I\u2014-CINÉPLEX OOÉONtLlSPROMÉNACCSDCLÉVISf CINÉMA LUMIÈRE\u20141 [ PLACE CHAREST! I CINEMA LIDO- 1 |STHMAEOCKAüCI~ ŒCWÉMAST-OtOPOES\u2014^\tSTARCITCi jgQWKIsilCt- I I STg-F OY - I \u2022 M MITU EN V FRANÇAISE CT ORKMNALE ANQLAISC r\u2014FAMOUS PLAYERS\u2014N |GA£l(«NUCmEn CONSULTEZ LA CHRONIQUE CINÉMA DU JOURNAL «VOUS NE TROUVEREZ PAS DE FILM AUSSI CAPTIVANT ET ORIGINAL CET ÉTÉ.___GÉNIAL!» VERSION FRANÇAISE r\u2014CINÉPUX OOtON\u2014l |i.ESP«OMÉNAD«S0ClÉVttlf\u2018NKu*»U»rt« BTAFTCITti p\u2014FAMOUS PLAYÉRS - [PLACt oiAXtr \u2022 11 CINÉMA LIDO \u2022 11 «TE-FOY \u2022 11MJMUgUÇgjjU .\tciNttl» UOO\t1 r C\u2014 CBITW-Wil \u2014, I 0 H f MA nwCESU \u20141CINf CENTW \u2014 [bIMOUSkP 11ST-OEOBOKS \u2022 llUMtK-OO-tOÙf \u2022 llBAIC-COMgAU ¦ A L\u2019AFFICHE I CONSULTEZ LA CHRONIQUE CINÉMA DU MM QMfM.v.UfMUiMAU ANULAISC XJ J'XJRNAL lL?J.lr.rw.T «Absolument hilarant.la comedie idéale pour l'ete et probablement Tannee entière.» Suson Storl.IHI DUKOU N1WS «Voss voss it mmmm katthé On compte actuellement quelque 575 ciné-parcs aux États-Unis et une vingtaine au Québec.Un symbole de r« American way of fife» NORMAND PROVSNCHER LE SOLEIL Avec le juke-box et les grosses cylindrées, le ciné-parc est l'un des plus puissants symboles de P« American way of life » des années 50.En 1958, plus de vingt ans après l'ouverture du premier « drive-in », à Camden, au NewJersey, on en comptait 5000 aux États-Unis.CJ était l\u2019époque des imposantes et rutilantes bagnoles.Les propriétaires de ciné-parcs voyaient gros eux aussi.Avec 3000 espaces de stationnement, le Troy Drive-In de Detroit et le Panther Drive-In de Luikin, au Texas, étaient les plus vastes.À l\u2019opposé, des ciné-parcs plus intimes ne pouvaient accueillir plus de 50 véhicules, voire à peine une vingtaine, comme c\u2019était le cas à Loon Lake, en Saskatchewan.À l\u2019époque, plusieurs ciné-parcs ouvraient leurs barrières trois heures avant le début de la projection, permettant aux spectateurs de profiter d\u2019une multitude de services et de divertissements bon marché: trains miniatures.tours de poney, balades en petits bateaux, golfs miniatures, exposition d\u2019animaux, concours de talents amateurs.Le Québec a longtemps été la seule province canadienne où il n\u2019y avait pas de ciné-parcs.En pleine période duplessiste, l\u2019Église s\u2019opposait farouchement à ces lieux de perdition.Les curés dénonçaient cette insouciante jeunesse livrée aux aiguillons de la Nombre de ciné-parcs au Québec Année\tNombre de ciné-parcs\tNombre d'écrans 1994\tSS\t4S 1995\t\tS3\tAS 1996\t1D\tsa 1997\t19\t37 1998\t\"ai\"\"\t40 * chair, dans l\u2019ombre et la promiscuité d\u2019une voiture.La Révolution tranquille et le changement de moeurs ont permis d\u2019élargir les esprits.En 1969, le Québec se mettait à l\u2019heure du cinéma en plein air.Vingt ans plus tard, on comptait 44 ciné-parcs (et 64 écrans) au Québec.Le véritable déclin des ciné-parcs en Amérique s\u2019est amorcé au milieu des années 80, principalement en raison de l\u2019arrivée du vidéo et de la télé payante.Aux États-Unis, ce fut l\u2019hécatombe: en seulement trois ans, le nom- Les curés dénonçaient cette jeunesse livrée aux aiguillons de la chair, dans l'ombre et la promiscuité d'une voiture.bre de ciné-parcs est passé de 4000 à moins de 900.La décennie 90 a mis fin temporairement à l\u2019érosion.On compte actuellement quelque 575 ciné-parcs aux États-Unis et une vingtaine au Québec.Bon nombre d\u2019entre eux ont deux, trois ou quatre écrans.Le record appartient à un établissement de Floride, avec 13 écrans.Si le cinéma en plein air n\u2019est plus ce qu\u2019il était en Amérique, ailleurs, on le découvre, comme c\u2019est le cas en Russie.Le premier ciné-parc au pays de Vladimir Pôutine a été inauguré l\u2019an dernier, dans un faubourg de Moscou.Un luxe réservé aux nouveaux riches de la capitale.\t.Comme dans son salon ÉTOILE Suite de la G1 « Tu peux amener ta bouffe, pas besoin de payer pour ton pop-corn et ta liqueur, plus besoin de la cacher dans ton manteau (rires), tu peux fumer, tu peux t\u2019étendre dans ton char sans déranger personne, t\u2019es ben mieux que dans un cinéma, c\u2019est vraiment Vfitn.», mentionne Samuel Roger, de Charlesbourg, venu passer la soirée à Saint-Nicolas avec un groupe d\u2019amis.« Je viens une fois par semaine », glis-se-t-il, en soulignant toutefois que les écrans auraient besoin d\u2019une bonne couche de peinture.Blanche, bien entendu.«Pourquoi je viens au ciné-parc?Ben tiens.», glisse Patrick, sourire en coin, en montrant sa grosse bière.Lui et ses deux amis de Limoilou, Nicolas et Josiane, sont des inconditionnels du cinéma à la belle étoile.Depuis la fermeture du ciné-parc Beauport, qu\u2019ils fréquentaient au moins cinq fois par été, ils prennent régulièrement la route de Saint-Nicolas.« On regarde le film comme si on était dans notre salon, même si la qualité de la projection n\u2019a rien à voir avec celle des nouveaux cinémas Ça permet de prendre l\u2019air, de faire du \u201csocial\u201d.Et puis, on peut amener notre chien.» Plus loin, un spectateur lève au ciel un gâteau avec une bougie, en entonnant une chanson pour l\u2019anniversaire de son ami.Un concert de klaxons lui fait écho.Tout le monde a le coeur à la fête.Vers 21 h, les klaxons se feront à nouveau entendre, mais cette fois pour signifier au projectionniste qu\u2019il est temps de se mettre au boulot, d\u2019autant plus que sur l\u2019écran voisin, les premières images de Fréquences viennent d\u2019apparaître.Mais encore une fois, c\u2019est fait dans une ambiance bon enfant, à travers les rires et les blagues.Les ciné-parcs demeurent véritablement les derniers refuges des cinéphiles qui ne prennent rien au sérieux.Surtout pas le cinéma Le samedi 3 juin 2000 LE SOLEIL ÉCRANS/CINEMA G 3 « LE COW-BOY DE SHANGHAI » Contre-culture Un buddy movie sans originalité sur la rencontre entre Far West et Extrême-Orient NORMAND PROVINCHBR LE SOLEIL La chose la plus incroyable à propos de Jackie Chan n'est pas tant de le voir exécuter ses propres cascades, toujours aussi périlleuses, mais que Hollywood ait été aussi lente à comprendre qu'il pouvait faire un malheur auprès du public nord-américain.À 46 ans, Chan continue à déployer une belle énergie dansZ,e cow-boy de Shanghai, mais on ne peut s\u2019empêcher de penser à ce qu\u2019il aurait pu accomplir dans la fleur de l\u2019âge, avec un scénario intéressant et un réalisateur digne de ce nom.A l\u2019exception Ae Rush Hour (dont la suite est en chantier), aucun film parmi les Zizanie dans le Bronx, Super Cop et autres Opération Condor n\u2019avaient véritablement réussi à l\u2019imposer sur une large échelle ces dernières années, malgré ses incroyables exploits.Après Chris Rock, Jackie Chan s\u2019est trouvé un autre faire-valoir en la personne du quelconque Owen Wilson dans Le cow-boy de Shanghai, un buddy movie qui fait ses choux gras du choc des cultures, entre le Far West et l\u2019Extrême-Orient de la fin du XIXe siècle.Un garde de la Cité interdite de Pékin (Chan) est envoyé en Amérique afin de retrouver une princesse (Lucy Liu) enlevée par un vil scélérat qui dirige un camp d\u2019esclaves chinois.En cours de mission, le loyal émissaire fera la rencontre d\u2019un maladroit et inoffensif cow-boy (Wilson), qui manie le colt avec la dextérité d\u2019un manchot borgne.Une fois qu\u2019ils auront appris à se connaître, c\u2019est-à-dire après s\u2019être tapés dessus, les deux hommes feront équipe pour retrouver la princesse.Une expédition d\u2019autant plus alléchante pour le cow-boy qu\u2019une caisse de pièces d\u2019or vient avec la fille.Pour son premier long métrage, après une carrière dans la publicité, Tom Dey mérite le titre de « faiseur » de la semaine, se contentant de plaquer à la queue leu leu, sans grande originalité, la série de mises en situation qui naîtra de la rencontre de ce couple inédit.On passera rapidement sur Owen Wilson, pour retenir que Jackie Chan, s\u2019il offre à ses fans quelques bonnes scènes d\u2019action, semble donner l\u2019impression, poids des ans oblige, de mettre de plus en plus en évidence son sens de l\u2019humour et sa capacité à ne pas se prendre au sérieux.Jackie Chan (à droite) s\u2019est trouvé un autre faire-valoir en la personne d\u2019Owen Wilson.> wm j .»* i Le résultat n\u2019est pas totalement vain, même si l\u2019on devine que les scénaristes n\u2019ont pas veillé tard pour pondre ce récit, dont le principal mérite est de revisiter le western avec un œil différent.La sauce finit malheureusement par coller au fond avec l\u2019accumulation des clichés sur le Far West : bagarres de saloon, duel à la gâchette dans la rue principale, saut sur le cheval à partir du second étage.Ceux qui ne connaissent pas Chan prendront un plaisir manifeste à le découvrir.Les autres resteront peut-être sur leur faim, car on l\u2019a déjà vu plus explosif.Et comme c\u2019est le cas dans tous ses film, il faut rester jusqu\u2019à la fin pour savourer un montage des scènes ratées et coupées au tournage (les fameux bloopers), autant d\u2019occasions de connaître le joyeux drille derrière le personnage.?1/2 LE COW-BOY DE SHANGHAI (VF.DE « SHANGHAI NOON »).Comédie d'arenture» réalisée par Tbm Dey.Srén.: Alfred Onugh et Miles Millar Phot.: Dan Mindel.Mus.: Randy Edelman.Aver Jackie Chan (Chon Wing).Ou en Wilson (Roy O'Bannon), Lucy Liu (princesse Pei Pei), Brandon Merrill (l'épouse indienne) et Roger Yuan (Lo Fong).États-Unis -2000.Général I h 50.Ibuchstone Pictures.Awr Galeries de la Capitate (en ver sion française et originale anglaise), StarCité, Place Charest et Lido.uncuishanghainoon.movies, com « lime Code» se déroule à l\u2019écran dans quatre cadres différents, un quatuor de JUms indépendants, qui présentent l\u2019action à mesure qu\u2019elle progresse.Danse à quatre temps Le cinéaste britannique Mike Figgis défie la norme avec Time Code DAVID OIRMAIN ASSOCIATED PRESS LOS ANGELES \u2014 Le dernier film de Mike Figgis, l'audacieux Time Code, est davantage une danse ou une symphonie qu'une simple production cinématographique.Une danse, à cause de la chorégraphie complexe des quatre cameramen, tournant les uns autour des autres, des acteurs et des passants, au moment de filmer en simultané une séquence continue de 95 minutes.Une symphonie, parce que le seul scénario auquel les acteurs ont eu droit était réglé sur du papier à musique, dont chacune des mesures comportait une minute d\u2019action et des indications scéniques.Cinéaste iconoclaste, Mike Figgis a tourné Time Code dans sa totalité 15 fois sur une période de deux semaines en novembre.Les acteurs ont travaillé en temps réel, improvisant les dialogues et leurs scènes à partir d\u2019une intrigue de base débutant à différents endroits et convergeant vers une chute mélodramatique, quoique perversement comique.La version finale de Time Code \u2014 la quinzième et dernière à avoir été tournée \u2014 a fait son apparition sur les écrans, hier.Si certains mordus de cinéma pourront y trouver un défi à leur mesure, d\u2019autres le jugeront certainement trop exigeant pour le spectateur.«J\u2019espère que les gens se risqueront à aller voir ce film, si les productions plus conventionnelles les ennuient», a laissé entendre Mike Figgis, lors d\u2019une entrevue dans un studio d\u2019enregistrement d\u2019Hollywood, où il était à assembler la bande sonore de son film.Le cinéaste britannique, qui a été mis en nomination pour les Oscars du meilleur scénario et du meilleur réalisateur pour Leaving Las Vegas en 1995, a complété Time Code grâce à un minuscule budget de 3,5 millions de dollars US.Une somme que Mike Figgis se plaît à appeler « la monnaie à café d\u2019une grosse production ».Time Code se déroule à l\u2019écran dans quatre cadres différents, un quatuor de films indépendants, qui présentent l\u2019action à mesure qu\u2019elle progresse.Quatre caméras numériques tenues à l\u2019épaule \u2014 dont l\u2019une par Mike Figgis \u2014 ont servi à capter l\u2019action.Le cinéaste n\u2019ayant fait aucun montage, le public pourra voir ce qui transpirait vraiment devant les caméras.Et ce, sans altération.À un moment donné, un policier assigné à la circulation a exigé que la limousine utilisée pour les besoins du film soit déplacée, ne réalisant pas qu\u2019elle faisait partie du tournage.L\u2019actrice Jeanne Tripplehorn, qui était à l\u2019intérieur de la limousine, a alors jeté par la fenêtre sa fausse cocaïne.«Voilà exactement ce que son personnage aurait fait si un vrai policier s\u2019était présenté, a soutenu Mike Figgis.Renoncer au montage donne toute sa crédibilité au jeu des acteurs.Le montage et la scénarisation peuvent être des outils extraordinaires en soi, mais ils sont devenus corrompus entre les mains des studios», a poursuivi celui dont les dernières réalisations comptent parmi eAesOne Night Stand,Miss Julie et The Loss of Sexual Innocence.L\u2019intrigue de Time Code porte sur un producteur de films (Stellan Skarsgard), sa femme négligée (Saffron Burrows), sa maîtresse (Salma Hayek) et.la maîtresse de sa maîtresse (Jeanne Tripplehorn).La distribution du film compte environ 25 acteurs, dont Holly Hunter, Kyle MacLachlan et Julian Sands.Le film a été tourné dans les rues, dans des bureaux et à divers endroits le long de Sunset Boulevard, dans Hollywood Ouest.Les acteurs vagabondaient hors champ et apparais-f Le réalisateur Mike Figgis a lui-même manipulé Tune des quatre caméras numériques qui ont servi au tournage.- saient quelques moments plus tard dans la scène tournée par une autre caméra.Il est arrivé que les caméras captent la même scène de quatre points de vue différents.La synchronisation se révélait d\u2019une importance capitale.Les acteurs portaient des montres numériques afin de ne pas manquer le moment crucial de leurs répliques et de leur réaction à quatre tremblements de terre.Ils avaient également à placer des appels téléphoniques à d\u2019autres personnages, filmés au même moment par les autres caméras.«Nous devions être nos propres directeurs de plateau.Le timing devait être parfait.Comme toute bonne pièce musicale, on s\u2019entendait sur les changements de tons et, à l\u2019intérieur de ces changements, nous improvisions», a expliqué Kyle MacLachlan.Après chaque séance, l\u2019équipe technique et la distribution visionnaient la pellicule en entier et la commentaient en fonction du prochain tournage.Les acteurs ont travaillé en étroite collaboration avec Mike Figgis pour la création de leurs personnages ou leur amélioration.Le cinéaste voyait le personnage de Sands comme étant un flegmatique administrateur de studio, mais l\u2019acteur a suggéré de le jouer autrement.Figgis a accepté, mais après quelques tentatives maladroites, au cours desquelles cette approche ne semblait pas fonctionner, le personnage s\u2019est finalement placé de lui-même.Tout naturellement.«Ceux qui tournent de façon traditionnelle savent qu\u2019il y a des conventions et des idées préconçues qu\u2019il est intéressant de mettre de côté à l\u2019occasion.Ensemble, nous avons réalisé une œuvre de performance.Je crois que c\u2019est pour cette raison qu\u2019autant de gens ont été attirés par le projet», a expliqué Sands.Lors de l\u2019avant-première du film.Mike Figgis a altéré le montage sonore pour que l\u2019audience entende des dialogues différents de ceux présentés dans la version destinée au grand public.Une version DVD permettra aux spectateurs d\u2019isoler les pistes de chaque dialogue et de créer leur propre montage du film.Le cinéaste espère également inclure plusieurs autres versions du film sur le DVD, ainsi que des fragments provenant des tournages des jours précédents, question de démontrer comment Time Code a évolué.«.J\u2019avais ce désir évangélique de montrer que ça pouvait se faire de façon indépendante.À vrai dire, je voulais montrer qu\u2019il y a plusieurs façon de faire un film.11 y a la manière hollywoodienne, il y a la manière indépendante et il y a cette nouvelle manière indépendante où vous utilisez la technologie numérique et la poussez à la limite.» A\th, G 4 LE SOLEIL EbRANS/CINEMA 686-3344 LA COMÉDIE Na 1 AU CANADA « HILARANT! u w MMn 'atOBiP OJ«l »1 t«U6!MNWIi' «\u2019NOM PltiS mitm RUSH HOUR, il « aim FOIS BRAVO *31 ¦ ¦ MiCNAHiP4RNfi4 WÆ «IICIR («F\u2019 n Ep 'M MOVKS MmmH ommsoii luctuu U' Covv litOY '>,; SHANGHAI £- G | FAMOUS PLAVf RS r\u2014- f AMOUS PLAYERS-, , ClNEPlEX OOEON__ ______________ [STARCITÉ STE-fOY^I ffiÂiflBillUCRHTin | PLACE QIARESf 11 UOQlÉVtS, [GÂÏHBB KLA CAPTTlif^l À L'AFFICHtï^dËË HORAIRE CINÉMA OU JOURNAL VOUS N\u2019AVEZ JAMAIS RIEN VU DE PAREIL.« LE DINOSAURE VOUS GARDERA AU BOUT DE VOTRE SIÈGE.PRENEZ VOTRE POP-CORN ET AMUSEZ-VOUS BIEN.» THE CLEVELAND NEWS-HERALD MÏV LEE GAMBLE « EXALTANT.ÉBLOUISSANT.LA FANTAISIE SE MÉLANGE MERVEILLEUSEMENT À LA RÉALITÉ.UN ÉVÉNEMENT MAGIQUE DU CRÉTACÉ! » NEWSWEEK « UN FILM VISUELLEMENT FRAPPANT QUI PLAIRA AUX ENFANTS AINSI QU\u2019AUX ADULTES.» CBS-TV DAVID SHEEHAN \u2022 LE DINOSAURE.SIDÉRANT! » USA TODAY LAMY ONG «DEUX FOIS BRAVO!» RIXiFR I BER! A THE MOVTES ROGER EBERT Fl MK HAFJA PEREIRA WWW DINOSAUR 00 COM .*¦** » WM m «r ÜfS QiSTRftn» v- y; I FAMOUS PLAYERS , fAMOUS PI AYERS\u2014\u2014, , CINEPIEX OOEON_, __ ISTAROTÉ STE-FOVt/1 [ftiWBKüiWiïMH PPUMaE CHAWESf | \\ UPQlfrB* r\u2014FAMOUS P> AYERS\u2014\u2014 râiaEKUMwÂn A L\u2019AFFICHE!
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