L'ingénieur, 1 juin 1956, Été
ÉTÉ 1956 42ÉME ANNÉE 1 6 6 sais» fevsiQj: CANADIENNE TRIMESTRIELLE REVUE UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL ÉCOLE POLYTECHNIQUE ÉCOLE D'INGÉNIEURS — FONDÉE EN 1873 Le programme d'études prévoit la formation générale dans toutes les branches du génie et l'orientation dans les spécialités suivantes : TRAVAUX PUBLICS et BÂTIMENTS MÉCANIQUE et ÉLECTRICITÉ MINES et GÉOLOGIE GÉNIE CHIMIQUE et MÉTALLURGIE Les élèves reçoivent à la fin du cours les diplômes d'ingénieur et de Bachelier ès Sciences Appliquées avec mention de l'option choisie.Des études post-universitaires peuvent être entreprises a la fin du cours régulier et conduire aux grades universitaires de Maître et de Docteur és Sciences Appliquées.CENTRE DE RECHERCHES ET LABORATOIRES D'ANALYSES Prospectus et renseignements sur demande 1430, rue SAINT-DENIS, MONTRÉAL SCI E N C E S I ARTS I ECONOMIE I CULTURE I REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE LA VOIE MARITIME DU SAINT-LAI RENT par L'Honorable Lionel Chevrier.P.C., C.R.9 L’INDUSTRIE DE L ALUMINIUM AU CANADA par Jean Cl a tel .16 LA CITE HEUREUSE par Claude Robillard, In g.P.23 FORMATION DES TECHNOLOGUES par Norman Fisher .29 LEONARD DE VINCI, INGÉNIEUR par Arthur Piché.Ing.P.31 L ÉNERGIE ATOMIQUE par Sir Christopher Hinton.Ai.A VIE DE L’ÉCOLE 39 REVUE DES LIVRES ET PÉRIODIQUES .47 INDEX DES ANNONCEURS ASSOCIATION DES DIPLÔMÉS DE P 0 L YT EC H N I Q U E—M 0 NTR É A L RUE ST-DENIS — MONTRE7 Al 1 4 3 0 , P.F.BEAUDRY, Pré s.Ing.P.INGÉNIEURS ET CONSTRUCTEURS LIMITÉE — ENGINEERS AND BUILDERS LIMITED 7000, Chemin Côte-des-Neiges Road 7-3689 Montréal, P.Q.M.GÉRIN, Vice-Près.Ing.P.M.LAMARCHE, Sec.-Très.Ing.P.ARTHUR SURVEYER, D.Eng.SURVEYER, NENNIGER & CHENEVERT INGÉNIEURS CONSEILS CHAMBRE 1012 ÉDIFICE KEEFER UN.6-7721 E.NENNIGER, Ing.P.MONTRÉAL J.G.CHÊNEVERT, Ing.P.MA.4287 MA.4288 LEBLANC & MONTPETIT Ingénieurs Conseils Spécialistes : PLANS et DEVIS Electricité Chauffage Electrification rurale Plomberie Ventilation Air climatisé Egouts et Aqueducs Municipaux 515 est, rue Demontigny Chambre 213 Montréal, Qué.2 —ÉTÉ 1956 L'INGÉNIEUR Usines à: MONTREAL, OTTAWA, TORONTO, WINNIPEG, CALGARY, VANCOUVER Compagnies associées à: QUÉBEC, SAULT-STE-MARIE, EDMONTON Dans les Maritimes: ROBB ENGINEERING WORKS LIMITED, AMHERST, N.E.LA CHAUFFERIE D'UN CENTRE ÉDUCATIF T OUT problème de chauffage est individuel.Qu'il s'agisse d'une école, d'un hôpital ou d'une autre institution, les chaudières Dominion Bridge peuvent vous aider à obtenir la vapeur requise au prix le plus bas possible.Les Chaudières Dominion Bridge comprennent toute la gamme des petits appareils de chauffage jusqu'aux puissants générateurs à vapeur pour fins de fabrication, et de développement d'énergie.Nous serions heureux de travailler de concert avec vos ingénieurs conseils pour trouver une solution au problème de votre chauffage.Demandez la brochure No BYY-113F.* Autres départements : Mécanique, Structure, Entrepôts.L'on voit ici des chaudières Dominion Bridge installées dans cette école technique où trois chaudières aquatu-bulaires Dominion Bridge, du type SB, fournissent à bas prix la vapeur nécessaire Chaque chaudière a un débit de 15000 livres heure. du MEILLEUR BÉTON à Prix plus Modique avec LE CHLORURE DE CALCIUM BRUNNER MOND QuanV , û’a" A** n\o,)eT't'e Ou»t'sse roet" ÛUCV« 1Æ CaCI, CONTROLE Quantité de ciment sacs ver.eu.Le graphique indique que le Chlorure de Calcium produit une force initiale supérieure à celle d’un sac supplémentaire de ciment.Pour égaler la force après 3 jours de 5 sacs de ciment mélangé à du Chlorure de Calcium, il faut 1 Va sac additionnel de ciment.WÊÊÊÊÈdm^.Du béton “ajouté" de Chlorure de Calcium Brunner Mond a été utilisé pour la construction de la nouvelle Ecole Vétérinaire Provinciale à Saint-Hyacinthe, province de Québec.(Terminée l’été de 1953) Dans la construction comme dans la fabrication de divers produits, l'addition de Chlorure de Calcium au mélange du béton vous épargne du temps et de l'argent .tout en améliorant la qualité du produit.Depuis un quart de siècle, les manufacturiers de produits de béton: blocs de béton et de cendre, tuyaux de béton, caveaux, fosses septiques et autres produits semblables, connaissent les avantages d'utiliser le Chlorure de Calcium.Il rend le mélange plus malléable, en augmente la force initiale et accroît la rapidité et l'uniformité du durcissement.Voici pourquoi le béton traité au Chlorure de Calcium est meilleur: LA PRISE INITIALE ET FINALE se font plus rapidement.Le Chlorure de Calcium réduit des Vz le temps requis d’ordinaire.LA FORCE INITIALE est accrue.Le Chlorure de Calcium fait plus que doubler la force du béton d’un jour.Il la double après 3 jours et l’augmente du tiers après 7 jours.LA FORCE DÉFINITIVE, si l’on en croit des expériences minutieuses faites sur ce sujet, est accrue de 9% environ après 3 ans et de 10% après 5 ans.LA DENSITE du mélange peut être accrue, sans nuire à sa malléabilité, en diminuant la quantité d’eau utilisée de près d’un demi-gallon par sac de ciment avec le Chlorure de Calcium.LA RÉSISTANCE À L’USURE EN SURFACE est augmentée de 100% pour le béton contenant 2% de Chlorure de Calcium, à comparer au béton seul.LA PROTECTION PAR TEMPS FROID: A mesure que la température descend, le durcissement du Chlorure de Calcium s’accentue.A 40°F.le béton contenant du Chlorure de Calcium et à un jour est égal, en durcissement, au béton de trois jours.LE BÉTON SÉCHÉ À L'AIR est d’ordinaire plus lent à faire des progrès surtout au début.L’accélération due au Chlorure de Calcium fait plus que compenser à ce retard.Le Chlorure de Calcium Brunner Mond est entièrement fabriqué au Canada BRUNNER, MOND CANADA SALES, LIMITED MONTREAL TORONTO 4 —ÉTÉ 1956 Ifftl ¦H L’INGÉNIEUR fclÜMpÜWUUUJlA, qsMJumx- TRAVAUX SUR LA CANALISATION DU ST-LAURENT ECLUSE ET APPROCHES À CÔTE S T E - C A T H E R I N E CANAMONT & CANIT THE KEY CONSTRUCTION LIMITED GÉRARD A.LAPOINTE.Ing.P., président ENTREPRISE GÉRANTE DESCHAMPS & BÉLANGER LTÉE DUFRESNE ENGINEERING CO.LTD.A.JANIN & COMPAGNIE LTÉE THE KEY CONSTRUCTION LTD.CANIT CONSTRUCTION LTD.J^ÜAAociaiwn, ÇtuwmonL & Çanit caL Acuacuah.dsL pardicipsiA.cl Icl maqMfiqjuiL AccdÎAcdiüJL dsL Icl amaliAaiioiL dw L'INGÉNIEUR ÉTÉ 1956 — 5 Les avantages de l’électronique s’étendent partout.améliorant notre mode de vie par l’électricité radio deux-voies radar électronique industrielle appareil à calculer télévision communications micro-ondes Depuis l’avènement de la radio,de la télévision et des appareils de calcul, l’électronique a constamment accéléré le progrès dans l’industrie, la défense, les communications, la sécurité et le confort domestique Vous souvenez-vous des premiers appareils radiophoniques?Ils n’avaient rien de comparable aux appareils perfectionnés d’aujourd’hui, pourtant ils ont contribué à transformer notre mode de vie parce qu’ils représentaient les débuts de l’électronique.Bien que sa principale application soit dans la radio et la télévision, l’électronique remplit aussi une foule de fonctions à chaque pas de notre existence.L’électronique élimine les distances par les micro-ondes qui transmettent mots et images à la vitesse de la lumière.La radio deux-voies nous sert de mille et une façons.Le calculateur électronique accélère les recherches et le: modalités de fabrication.Le radar protège nos frontières et otfre une nouvelle protec- tion à nos voies maritimes et aériennes.Ses applications industrielles telles que la télévision en circuit fermé, classeurs électroniques et indicateurs de qualités accélèrent et améliorent les modalités de production.Les avantages de l’électroniques s’étendent constamment de maintes façons.Notre Compagnie fut, au Canada, le pionnier dans la fabrication des appareils de réception et transmission télévisées, de la radio-communication deux-voies, des communications microondes et des lampes électroniques.La liste des produits électroniques qu’elle développe pour la défense, l’industrie et l’usage domestique s’accroît sans cesse .afin de faciliter notre mode de vie.Le progrès est notre important produit CANADIAN GENERAL ELECTRIC COMPANY LIMITED 6 —ÉTÉ 1956 L’INGÉNIEUR ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES affiliée à l'Université de Montréal TROIS ANNEES D ETUDES OUVERTURE DES COURS : le deuxième mardi de septembre.DEUX ANNÉES DE FORMATION ÉCONOMIQUE ET COMMERCIALE GÉNÉRALE UNE ANNÉE DE SPÉCIALISATION Section générale des affaires — Section économique Section comptable — Section des sciences actuarielles PROGRAMME SPÉCIAL POUR LES INGÉNIEURS, AVOCATS, NOTAIRES ET AGRONOMES Demondez notre prospectus 535 ave Viger, Montréal .une banque pour aider au financement des entreprises industrielles au Canada MONTREAL 901.carré Victoria TORONTO 85 ouest, rue Richmond WINNIPEG 195 est, ave Portage VANCOUVER 475, rue Howe L'INGÉNIEUR ÉTÉ I956 — 7 Rédocteur en chef REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Publication de l'Association des Diplômés de Polytechnique 1430 rue Saint-Denis — Montréal 18 — Canada CONSEIL D ADMINISTRATION Exécutif : MM.Maurice GÉRIN, Ing.P., président.Ernest LAVIGNE, Ing.P., D.Sc., secrétaire-administrateur.Jacques-M.DÉCARY, B.A., trésorier.Ignace BROUILLET, D.Sc.A., président de la Corporation de l’École Polytechnique.Henri GAUDEFROY, D.Sc., directeur de l’École Polytechnique.Membres : Monseigneur Olivier MAURAULT, P.S.S., P.A., C.M.G.MM.Arthur SURVEYER, D.Eng.Théo.-J.LAERENIÈRE, D.Sc.A., ingénicur-cn-chcf au Ministère de la Santé; professeur à Polytechnique.Paul DUFRESNE, Ing.P.Guy MONTPETIT, Lt-Col., Ing.P.Charles-E.TOURIGNY, Ing.P., Roger LESSARD, Ing.P., secrétaire-trésorier de l’Association des Diplômés de Polytechnique.Édouard des RIVIÈRES, Ing.P., président de la section de Québec de l’A.D P.François LEDUC, D.Sc., président de la section Ottawa-Hull de l’A.D.P.Laurent THAUVETTE, Ing.P., président de la section nord de Québec et d’Ontario de l’A.D.P.COMITÉ SCIENTIFIQUE MM.Jean-C.BERNIER, M.Sc., Ing.P., directeur du Centre de recherches à Polytechnique— président.Roger-P.LANGLOIS, M.Sc., Ing.P., professeur agrégé à Polytechnique — secrétaire.Roger BRAIS, Ph.D., Ing.P., professeur titulaire à Polytechnique.Georges WELTER, D.Sc., professeur titulaire à Polytechnique.ABONNEMENT : $5.00 par année, Canada et U.S.A.$6.00 ” ” Autres pays Adresser toute correspondance à : L'INGÉNIEUR, 1430 rue St-Denis, Montréal 18, Canada Louis TRUDEL, Ing P L'INGÉNIEUR paraît en mars, juin, septembre et décembre Les auteurs des articles publiés dans L’INGENIEUR conservent l’entière responsabilité des théories ou des opinions émises par eux.• Les manuscrits doivent parvenir, en duplicata, à la Rédaction, au moins deux mois avant la date de publication.— Ils ne sont pas retournés.• Les auteurs reçoivent gratuitement, sur demande, 10 exemplaires du numéro dans lequel leur article a paru.• Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.• La reproduction des gravures et du texte des articles parus dans L’INGENIEUR est permise à la condition d’en indiquer la source et de faire tenir à la Rédaction un exemplaire de la publication les reproduisant.Agent d'annonces : LES ÉDITIONS COMMERCIALES INC.3587, ave Papineau, Montréal 24 Tél.: LAfontaine 5-1665 Autorisée comme matière postale de deuxième classe, Ministère des Postes, OTTAWA.8 —ÉTÉ 1956 L'INGENIEUR LA VUIL MARITIME DU SAINT-LAURElYT PROGRÈS À DATE par l’Honorable Lionel Chevrier, P.C., C.R., Président de l'Administration de la Voie Maritime du Saint-Laurent Dans cet article écrit spécialement pour L'Ingénieur, l'auteur passe en revue les progrès à date clans l’immense projet où s’est engagé notre pays.L’Honorable Chevrier est avocat par profession.11 fut admis au Barreau d’Ontario en 1928.Flu député au Parlement d’Ottawa en 1935 et réélu aux quatre élections générales ultérieures, M.Chevrier représenta le comté de Stormont jusqu’à sa résignation, le 1er juillet 1954, alors qu’il assuma la présidence de l’Administration de la Voie Maritime du Saint-Laurent.Nommé Adjoint-parlementaire du Ministre des Munitions et des Approvisionnements en 1943, il fut nommé Ministre des Transports en 1945, à l’âge de 42 ans.Kn 1948, il devait présider la délégation canadienne à l’Assemblée générale des Nations-Unies à Paris.Jamais peut-être des travaux d'ingénieurs n'auront marqué la terre canadienne comme ceux de la canalisation du fleuve St-Lau-rent.Jamais encore les travaux du génie n'auront aussi délibérément ouvert le pays à une nouvelle ère économique, à une nouvelle phase de son développement.La genèse s'en déroule sous nos yeux à une vitesse telle que, de semaine en semaine, certains aspects du fleuve et de ses aménagements deviennent méconnaissables.D'un trait de géant, l'ingénieur dessine ici pour les hommes une nouvelle nature qui facilitera leur mieux-être.La Voie Maritime du St-Laurent est la quatrième phase du développement progressif du réseau navigable des Grands Lacs à l'océan.Les présents travaux ont pour but de porter sa profondeur de 14 à 27 pieds.En fait, ce qu'on appelle communément la "canalisation" représente les travaux d'aménagement du fleuve sur un distance de 180 milles, de Montréal à Prescott.Ce parcours sur lequel la dénivellation du fleuve est de 225 pieds comporte encore 21 écluses, alors que le nouveau système offrira aux navires une profondeur de 27 pieds, ne comportant que 7 écluses, dont cinq sont canadiennes.L'ancien parcours ne permettait que le passage de navires de 3,000 tonnes alors que le nouveau système permettra à des navires de 8,500 tonnes de circuler plus facilement.Le grain et le minerai de fer pourront donc se déplacer sans les transbordements de naguère, et la circulation par voie navigable s'apprête non seulement à donner à Montréal son prolongement naturel sur la rive sud, mais encore à activer la création de nouveaux districts industriels et économiques.Le plan de l'entreprise a divisé les travaux en cinq sections principales : Lachine, Soulanges, Lac St-François, Rapides Internationaux, Mille-Iles, auxquels on peut joindre la section additionnelle du canal Welland.Section de Lachine C'est la section de Lachine qui, du point de vue des travaux, s'avère la plus importante de la voie maritime.Elle s'étend du port de Montréal jusqu'au lac St-Louis, et la dénivellation y est de 50 pieds.C'est ici que seront effectués les travaux les plus onéreux de l'Administration de la Voie Maritime, puisque, sur $220,000,000 que doit coûter le projet au Canada, plus de $120,000,000 sont dépensés dans la seule section de Lachine.La section de Lachine commence à un point situé en aval du pont Jacques-Cartier.Le canal va y prendre naissance dans le chenal maritime de 35 pieds de la navigation, puis, protégS par une digue, il se dirigera vers la travée sud du pont Jacques-Cartier.De là, le canal et la digue qui le protègent se poursuivent en ligne droite vers le pont Victoria, cependant que la bande de terrain asséché entre le canal et le rivage de St-Lambert est progres- L’INGÉNIEUR ÉTÉ 1956 — 9 INGENIEUR o LACHINE MONTREAL CAÜGHNAWAGA L0N6UEUN.»TL*i coatTRucnoa ce ife »ili« Mceuct o»m*.mtmrn, ST LAMBERT cvfeou* NUNS ISLAND Sit!>QM _ A-A StCTlQW Q-0 COTE STEi CATHERINE COTE STE CATMERIIK L0( «CCTIOH >-¦ 4 ' R / È KMIIMi THE ST LAWRENCE SEAWAY AUTHORITY LACHINE SECTION SiCT'OR C-C CONTRACT LOCATION PLAN LAPRAIRIE %m* _ •* rsmr- W„ Vue à vol d'oiseau de la vaste aluminerie d'Arvida.Cette usine couvre une superficie d'un mille de long sur trois-quarts de mille de large et produit environ deux millions de livres d’aluminium par jour que des arrangements furent conclus pour l'achat de 100,000 h.p.de la nouvelle centrale qui était construite à l'Isle Maligne.C'est ce qui donna naissance à Arvida.Au Saguenay, la jeune industrie, qui comptait à peine 25 ans, allait trouver quelques-uns des facteurs essentiels à son épanouissement : c'est-à-dire de grandes réserves d'énergie électrique à prix abordable; une faible demande pour l'énergie disponible; l'accès au transport par voie fluviale à proximité des alumineries : enfin une main d'oeuvre abondante et stable.Il serait trop long de faire ici tout l'historique du progrès de l'industrie de l'aluminium au Saguenay.De très nombreux articles publiés dans des revues canadiennes et étrangères l'ont souligné.Dans une région où, il y a trente ans, l'on ne voyait que quelques fermes éparses, s'élève aujourd'hui un centre industriel important avec non seulement ses usines, mais aussi ses villes modernes, ses installations portuaires, etc.Plus de 10,000 travailleurs, dans la région du Saguenay seulement, sont au service de cette industrie et retirent en salaire plus de $40,000,000 par année.En même temps que ceux-ci trouvèrent un emploi stable, la population de la région qui était de 75,000 âmes en 1921 est passée à 300,000 en 1955.Elle a plus que triplé en 30 ans.Cette augmentation de population est due, il n'y a aucun doute, à la présence de cette industrie importante dans la région.L'industrialisation du Saguenay y a amené l'établissement d'industries secondaires et d'entreprises commerciales; même l'industrie agricole y a trouvé son profit puisque maintenant la population de la région peut absorber sur place les produits de ses fermes.Arvida, centre mondial de l'aluminium Des 6,000 h.p., nécessaires pour alimenter l'usine de Shawinigan Falls, on passait maintenant à 100,000 h.p.L.'usine d'Arvida pouvait alors produire 30,000 tonnes d'aluminium par année; c'était beaucoup plus que les propres besoins du Canada.Mais alors, pourquoi construire si grand ?de- L'INGÉNIEUR ETE 1956—19 mandait-on.C'est que l'on envisageait la possibilité de vendre sur les marchés du monde entier.Jusqu'à cette date, l'entreprise canadienne était sous le contrôle immédiat de la compagnie américaine, mais en 1928, une décision importante était prise.Une compagnie canadienne était incorporée, et celle-ci acquérait tous les intérêts étrangers de la compagnie américaine.Ces intérêts se trouvaient situés un peu partout à travers le monde et il s'agissait de réorganiser ces usines et les intégrer dans la nouvelle compagnie canadienne.Au cours de la période qui suivit l'organisation de la nouvelle entreprise, un effort d'envergure fut entrepris par la compagnie canadienne afin de conquérir les marchés étrangers.Pour cela, il fallait produire à bon marché.Le prix de revient du métal produit au Canada fut, dès le début, inférieur à celui des producteurs européens.Notre pays se mit à exporter plus d'aluminium sur les marchés desservis auparavant par l'Europe.Dès le début, la grande partie des capitaux investis fut consacrée à la construction d'usines pour la production d'aluminium brut et de centrales électriques situées dans la région du Saguenay.Ces usines, dans leur ensemble, représentaient des aménagements de production de beaucoup supérieurs aux besoins du Canada.Il était donc important de développer des marchés d'exportation pouvant absorber le surplus de la production canadienne.Un très grand nombre de pays ne possédaient pas d'usines de transformation; il fallait donc y établir ces usines.La compagnie canadienne, qui jusqu'ici avait consacré son activité à l'établissement d'usines de production et de centrales électriques au Saguenay, acquérait des usines de fabrication déjà existantes et entreprenait un programme de construction d'usines de fabrication dans un grand nombre de pays.Le Canada approvisionne les Nations Alliées La dépression économique qui s'abattit sur le monde quelques - V: \ ., •'¦V *m>, * ¦ v L'aménagement hydroélectrique de Shipshaw situé sur la rivière Saguenay, à proximité d'Arvida, est la plus importante centrale de l'Alcan au Saguenay.A l'avant plan, la centrale numéro II d'une puissance de 1,200,000 h.p.et à l'arrière plan, la centrale de Chute-à-Caron d'une puissance de 300,000 h.p.A gauche, on aperçoit le Pont Arvida, le premier pont routier entièrement en aluminium.20 —ÉTÉ 1956 L INGÉNIEUR années après frappa durement l'industrie naissante.Le marasme fut, heureusement, de courte durée.Durant ce temps on avait mis au point de nouveaux usages pour les métaux légers et leurs alliages.Les entreprises de transport et de construction utilisaient davantage l'aluminium.L'aviation se développait considérablement.Un renouveau industriel se faisait sentir dans le monde et contribua à l'augmentation de la production canadienne.En 1939, la production canadienne était le double de ce qu'elle était en 1929, mais ce n'était qu'un début.En 1940, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l'Australie placèrent des commandes qui obligèrent l'industrie à doubler sa capacité de production.On agrandit l'usine d'Arvida et d'autres usines furent établies à l'Isle Maligne, à Shawinigan Falls, à la Tuque et à Beauhar-nois.Les centrales électriques de l'Isle Maligne et de la Chute-à-Caron n'étaient plus suffisantes pour fournir toute l'électricité requise.On construisit Shipshaw ! La construction de cette centrale en un temps record fait époque dans les annales de l'industrie.La production passait de 100,-000 tonnes en 1940 à 450,000 tonnes en 1943.Par contre, en 1945, elle était tombée à environ 200,-000 tonnes, mais en 1948 elle atteignait 330,000 tonnes pour passer à 500,000 en 1952.En 1955, elle a été de 640,000 tonnes.Cette augmentation progressive surtout depuis la fin de la guerre est due à deux causes.La première est une plus grande utilisation de l'aluminium dans tous les domaines de l'activité industrielle.L'architecture, par exemple, utilise des quantités de plus en plus considérables.Le deuxième facteur est que l'industrie canadienne de l'aluminium a intensifié son expansion à l'étranger et que les exportations ont augmenté considérablement.L'industrie canadienne de l'aluminium en est maintenant à ce qu'on peut appeler la quatrième période de son programme d'expansion.La première période, échelonnée sur la décimie qui suivit l'organisation de la compagnie canadienne en 1928, a surtout consisté dans la réorganisation technique et financière des nombreuses usines réparties tant au pays qu'à l'étranger.La deuxième période touche les années de guerre, soit de 1939 à 1945, alors qu'il fallait augmenter la production d'aluminium brut dans des proportions considérables pour répondre aux besoins des Nations Alliées.En 1945, avec la fin des hostilités, une troisième période s'ouvrait.Il s'agissait d'augmenter la capacité des usines de fabrication situées dans le monde entier et construire de nouvelles usines afin d'assurer un débouché plus grand pour les lingots d'aluminium produits au Canada.Nouveau programme d'expansion Une quatrième période a débuté il y a cinq ans environ : l'expansion tant dans le domaine hydroélectrique que dans celui de la production.Les nouveaux aménagements se situent, pour une grande partie, dans la province de Québec, et pour l'autre, en Colombie-Britannique.Dans le Québec, on procéda à l'extension et à l'intégration des installations hydroélectriques et métallurgiques de la région du Saguenay.En marche aujourd'hui, les nouvelles centrales de la chute à la Savane et de la chute du Diable augmentent de 540,000 h.p.la puissance des aménagements dans le Québec, et cnt permis d'augmenter la production de l'usine de l'Isle Maligne.Tout récemment, une nouvelle phase du programme d'expansion dans le Québec était annon- cée.Elle comporte un nouvel aménagement hydroélectrique à la Passe Dangereuse, dans la partie haute de la rivière Péri-bonka et l'agrandissement de l'usine de l'Isle Maligne.On estime que plus de 600,000 h.p.seront produits par la nouvelle centrale, ce qui permettra d'augmenter de 150,000 tonnes par année la production d'aluminium brut au Saguenay.L'autre phase du programme comporte un aménagement hydroélectrique à Kemano, Colombie-Britannique, à environ 400 milles au nord-ouest de Vancouver, et la construction d'une usine d'aluminium et d'un centre d'habitation à environ 50 milles de là, à Kitimat, sur le littoral du Pacifique.Il n'est pas facile, dans le cadre restreint de cet article de donner une idée exacte de l'ampleur des travaux de Colombie-Britannique.Un article complet pourrait y être consacré, mais en voici les grandes lignes.Dans la région du parc national Tweedsmuir à 450 milles au nord de Vancouver, une succession de lacs alimente la rivière Nechako qui coule vers l'est.Un barrage a été construit sur cette rivière afin de porter le niveau des lacs tributaires du côté ouest, à 2,800 pieds au-dessus du niveau de la mer.A environ 100 milles à l'ouest du barrage, où l'eau endiguée est refoulée vers les montagnes, un tunnel de dix milles percé à travers la montagne, amène l'eau jusqu'aux turbines à 2600 pieds plus bas.La centrale électrique, du côté de l'océan, est située à Vi de mille à l'intérieur de la montagne.Cette centrale aura une capacité éventuelle de 2,240,000 h.p.Une ligne de transmission d'environ 50 milles de longueur transporte l'électricité de la centrale jusqu'à une usine d'aluminium située à l'extrémité d'un profond fjord, sur l'emplacement d'un L'INGÉNIEUR ÉTÉ 1956 — 21 Vjr • - i 1 Lo construction de l'usine de Kitimat commencée en 1951 était terminée au cours de l'été 1954.En effet, c'est le 3 août 1954 que son Altesse Royale le Duc d'Edimbourg assistait au coulage du premier lingot produit à Kitimat.Depuis, la capacité de l'usine a été augmentée et l'on prévoit qu'en 1959 on y produira 330,000 tonnes d'aluminium par année.ancien village indien appelé Kitimat.A cet endroit se trouve un port ouvert toute l'année, permettant l'accès facile de matières premières requises pour la production de l'aluminium et permettant aussi l'expédition rapide et à bon compte des lingots d'aluminium à bord des océaniques en partance.On semble surpris en certains milieux du vaste programme d'expansion que vient d'entreprendre l'industrie canadienne de l'aluminium; programme d'expansion qui, depuis 1950 jusqu'à 1959, s'élèvera à plus d'un mil- liard de dollars, soit une moyenne de deux millions par semaine.Si l'on jette un regard en arrière, on se rend compte que durant la période de 1900 à 1950, la demande pour l'aluminium a toujours doublé de décade en décade.Au rythme où vont les choses, les besoins de 1960 seront le double de ce qu'ils étaient en 1950; il faut donc que la production suive cette tendance.Cette industrie se doit d'être en mesure de satisfaire la demande.Confiants dans les perspectives d'avenir, les dirigeants de cette industrie ont préparé les plans pour augmenter la production dans des proportions considérables.L'aluminium, métal magique du 20ième siècle, est en demande partout.C'est au Canada, grâce à sa position prédominante comme producteur, que revient le rôle d'alimenter les marchés mondiaux en aluminium brut.Nos vastes ressources d'énergie électrique assurent à notre pays une supériorité sur la plupart des autres pays producteurs d'aluminium.C'est à l'industrie canadienne de l'aluminium de voir à ce que le Canada garde toujours cette supériorité.22 —ÉTÉ 1956 L'INGENIEUR LA CITÉ HEUREUSE par Claude Robillard, Ing.P.Ue texte d’une causerie prononcée devant les membres du kiwanis St-Laurent le 4 mai 1955 est reproduit avec la gracieuse permission de l'auteur qui a eu l’obligeance de remettre les chiffres à date.M.Robillard est diplômé en génie électrique de l’Université McGill (1935).Attaché à la compagnie de téléphone Bell comme ingénieur, de 1935 à 1942, il devint par la suite ingénieur-électricien adjoint à la compagnie Quebec Power (1942-1944).I n 1944, il est nommé assistant du régisseur de la circulation au ministère fédéral des munitions et approvisionnements.II entra au service de la Vaille de Montréal comme préposé aux relations extérieures et à la publicité au cabinet du directeur des travaux publics.Hn mai 1951, il est nommé ingénieur-surintendant à la division des parcs et jeux du service des travaux publics.Le 1er mai 1953, la division des parcs et jeux devint le service des parcs et M.Claude Robillard fut nommé le premier directeur du nouveau service.Il paraît que pour des amoureux la meilleure façon de se comprendre, c'est de ne pas trop s'expliquer.Pour les autres, comme vous et moi qui ne lisons plus Paul Gé-raldy, la bonne vieille habitude de mettre cartes sur table reste la meilleure façon d'éviter tout malentendu.Je vous livre donc, dès le début de cet entretien, deux chiffres significatifs : le service des parcs de Montréal apportera cette année au trésor municipal une recette de $200,000 et il soutirera dudit trésor $4,500,000.Ainsi vous voilà fixé : je ne me présente pas à vous en homme d'affaires.Tout au plus vous affirme-rai-je que j'entends bien ne pas gaspiller un seul de ces dollars de vos taxes dont on me confie l'administration, mais c'est indéniable, j'ai eu et j'aurai tous les ans un gros déficit.C'est du moins ce qu'affirme la comptabilité.Pour penser le contraire, il n'y a guère que les rêveurs, les poètes et ceux qui, d'une façon générale, ont encore la faiblesse de croire que l'homme est composé d'un corps et d'une âme.Pour ceux-là, les dividendes ne se paient pas tous en espèces sonnantes, les chiffres n'ont pas toujours la plus grande éloquence, le profit ne s'évalue pas nécessairement en dollars.Au bilan du service des parcs, en regard d'une dépense de quatre millions, je pense qu'il faut inscrire dans la colonne des recettes, des mots qui apparaissent rarement dans les rapports financiers, mais qui ont quand même leur valeur : santé, détente, joie de vivre, bonheur.On peut imaginer une ville parfaitement organisée où la circulation s'écoule "comme sur des roulettes'', où chacun dort tous les soirs sous un toit bien étanche, touche à la fin de chaque semaine un chèque de paie qui lui permet de ne rien devoir à l'épicier et de vêtir convenablement sa femme et ses enfants : une ville où l'eau ne manque jamais, où les égouts sont toujours suffisants, où les rues sont bien éclairées et les pompiers bien stylés, où la police ne laisse échapper aucun assassin, aucun tapageur nocturne, ni aucune "machine à boules".Cette ville serait-elle à coup sûr "La cité heureuse"?Il est permis d'en douter, car on peut s'ennuyer à mort dans une ville où ne seraient bien organisés que les services essentiels à la vie physique.Même la populace romaine, qui n'était pas exigeante, réclamait encore, après le pain, des jeux.Pour être heureux, l'homme ne se satisfera jamais de manger trois fois par jour.Son esprit, comme son ventre, exige sa nourriture.Cette nourriture, pour la majorité d'entre nous, n'est plus dispensée pendant les heures de travail : heureusement qu'il reste les heures de loisir .pourvu qu'on s'en occupe.Les heures de loisirs doivent être peuplées utilement et agréablement.Pour cela, elles doivent garder leur strict caractère d'heures de détente, de bonheur supplémentaire entre deux périodes de travail créateur ou bien, comme c'est encore malheureusement trop souvent le cas dans notre civilisation, entre deux périodes de labeur quotidien.Si notre cité théorique de tout à l'heure, "parfaite réalisation technique", est encore du "monde où l'on s'ennuie", c'est que l'homme n'y trouverait pas dans son temps libre l'aliment que recherche son âme, son esprit.Vous avez deviné ce que je vais dire : il manque encore dans cette cité un bon service des parcs.L’INGÉNIEUR ÉTÉ 1956 — 23 La fonction d'un service public tel que celui que j'ai l'honneur d'administrer se dégage en effet très nettement de ce qui précède, comme par voie de contraste.Rendre la cité heureuse, notre service n'a en somme pas d'autre but.C'est évidemment très ambitieux, mais c'est un idéal que nous voulons élever et auquel nous tendons par toute l'énergie dont dispose notre équipe : c'est en somme substituer à la technique asservissante la technique au service de l'homme, aider l'homme à se grandir, à s'épanouir, à s'enrichir de sa substance revalorisée par le contact avec le travail créateur librement ordonné ou la culture vivante, sous ses formes diverses.Au delà des budgets, au delà des techniques administratives, dont bien entendu nous reconnaissons quand même la fondamentale utilité, nous avons placé l'homme total, et nous cherchons à le servir tout entier, avec ses besoins de culture et de détente, de distraction et d'enrichissement Vos parcs comptent donc : facilités récréatives, programmes de cjalture et de loisirs collectifs, éléments de beautés et d'épanouissement spirituel.Autrement dit, — et pourquoi hésiterais-je à l'affirmer devant un auditoire composé d'hommes d'affaires et de professionnels qui ont manifesté leur intention non équivoque de servir la cause de l'enfance malheureuse et des classes déshéritées ?Autrement dit, nous cherchons à insérer dans notre travail concret une philosophie de l'homme qui a droit avant tout à sa dignité, qui demande plus que le soulagement de ses misères matérielles, qui demande d'abord le grandissement de soi et l'épanouissement de l'esprit.Cette philosophie va plus loin dans ses exigences : elle insiste sur la solidarité naturelle des hommes et, par elle, nous voulons faire notre part pour aboutir à l'ultime harmonie entre les groupes dont se compose notre société.C'est un idéal que nous pouvons revendiquer en commun, messieurs, puisque les bienfaits dont vous avez comblé les institutions de l'enfance montréalaise ne se comptent plus.Cet esprit de compréhension que vous manifestez par delà les frontières, par delà les différences de races et de religions peuvent même nous servir de guides dans le travail que nous effectuons au niveau de la grande cité.Comme vous qui vous penchez sur la détresse de l'enfance, les membres de la famille des parcs se sont donnés au service de l'homme.Comme vous, l'équipe des parcs aime voir venir les petits enfants et les jeunes, sans dis- tinction entre le fils du riche et le fils du pauvre, entre l'infirme et le jeune athlète, le laideron ou la fillette au teint clair, donnant toujours à chacun la mesure de ce qu'il peut recevoir.L'équipe des parcs se veut pourvoyeuse de bonheur pour tous et chacun dans le grand Montréal, en particulier pour vos enfants, qui deviennent "nos" enfants, au moins quelques heures durant la semaine.Nous voulons que ces quelques heures soient pour chacun d'eux l'occasion de devenir meilleurs, de s'épanouir dans le sens le plus noble de leur jeune personnalité, — nous voulons que les enfants viennent à nos parcs, à nos centres récréatifs et en repartent avec quelque chose de plus, grandis d'un cran dans leur stature spirituelle.ŸxA ¦ S x **• WWaü Les vertes frondaisons du parc Mont-Royal sont une invite, durant la belle saison, au pique-nique familial.L'hiver les longues pentes sont propices au ski.Les 37,000 arbres qui peuplent les 485 acres du parc Mont-Royal constituent une magnifique réserve de verdure au centre de la ville.24 —ÉTÉ 1956 L'INGÉNIEUR I Au centre Maisonneuve I Bennett I, une monitrice s'occupe spécialement de l'artisanat féminin et de la couture I broderie, appliqués, smocking, etc.l.L'artisanat féminin se pratique sous d'autres formes, tissage, cuir repoussé, pyrogravure etc., dans la plupart des autres centres récréatifs gérés par le service des parcs.A cet idéal, parvenons-nous autant que nous le désirons ?Y pouvons-nous parvenir, toucher de si près la perfection dans nos efforts que nous ne puissions jamais plus désirer mieux ?Si je vous disais que nous sommes parfaitement satisfaits de nous-mêmes et que vos parcs sont déjà tout ce que nous voulons qu'ils deviennent, vous ne me prendriez pas au sérieux et vous auriez raison .Mais "En croyant à des fleurs souvent on les fait naître'', et nous y croyons sûrement, aux fleurs ! Qui mieux que nous peut y croire ?D'autant plus que déjà bien des fleurs sont nées.Déjà nous avons près de 3,000 acres de parcs en bonne voie d'aménagement.Déjà nous avons une équipe admirable de moniteurs et de monitrices qui sont lame de notre programme récréatif.La peinture est une des occupations qui s'inscrit au programme de la plupart des sept centres récréatif» et des quatre parcs-écoles régis par le service municipal des parcs.A maintes occasions, des expositions rassemblent les petits chefs-d’oeuvre des artistes en herbe.f\ ^VN AA/V\* j/i /y\ , .4-***>/< L'INGÉNIEUR ÉTÉ 1956 — 25 * A' IP * a PM ¦ m ¦ r i V* .¦ Kfll - Le spectacle des marionnettes jouit auprès des enfants d'une vogue sons cesse croissante.Non seulement les enfants confectionnent-ils les petits acteurs de carton, mais ils apprennent, sous la direction de moniteurs compétents, à brosser les décors et à y faire évoluer les sujets qu'ils ont créés eux-mêmes.Les moniteurs apportent les secrets de l'art, des sciences naturelles, du bricolage, de l'artisanat, de l'athlétisme, de la photographie, du cinéma, et que sais-je encore .Ils ne distribuent pas de sous.Mais ils donnent plus et mieux que des sous.Et les enfants deviennent, en jouant, des as de la danse, des peintres au talent prometteur, des comédiens bien campés, des collectionneurs de bestioles, des apprentis attentifs à la reliure, au tissage, à la couture, aux travaux d ebéniste-rie; ils apprennent à distinguer une "pierre chanceuse", une belle photo, le pourquoi de l'organisation biologique de la grenouille, le secret de la présence des feuilles hors du sol et des racines qui fouillent les entrailles de la terre.Puis les mêmes enfants se retrouvent sur la patinoire ou le terrain, pratiquant les jeux d'équipes variés, se perfectionnant peu à peu dans l'art de l'athlétisme.Tout cela n'est évidemment possible que parce que les moniteurs peuvent appliquer un programme dont la souplesse s'adapte à tous les milieux et à différents groupes d'âge.Certains éléments de notre programme s'étendent déjà aux catégories d'adultes, jeunes et moins jeunes,— sans compter les bienfaits de nos 18 piscines intérieures, de notre golf municipal, de nos 87 courts de tennis, tous éclairés, de nos cinq patinoires de glace artificielle, de nos terrains de sport, de notre magnifique Mont Royal, de notre incomparable île Ste-Hé- lène, de notre admirable jardin botanique en un mot, de nos 247 parcs et des 115 terrains de jeux organisés qu'ils contiennent.Notre désir serait de donner autant à l'adulte qu'à l'enfant.Un jour, espérons-le, nous y parviendrons pleinement.Tout de même, nous avons atteint dans une certaine mesure un résultat en profondeur, j'oserais même affirmer que nous avons contribué et contribuerons encore plus dans l'avenir à former des Montréalais de meilleure qualité.Nous avons chez nous, comme dans toute organisation qui se respecte, des spécialistes de la statistique.Permettez-moi d'extraire de leurs dossiers les renseignements suivants : 26—ÉTÉ 1956 L'INGÉNIEUR L'été dernier, plus de 60,000 enfants se sont inscrits sur nos terrains de jeux; le chiffre de la fréquentation, au cours des vacances, a dépassé 1,500,000 et celui de la participation aux jeux a été légèrement supérieur à 10,000,000.Dans nos centres récréatifs — nous n'en avons encore que douze — la fréquentation de l'année dernière a été de 320,000 et la participation, de 1,900,000 Le patin ?2,580,000 présences au cours de l'hiver; 19,000 joueurs de hockey et de ballon-balai répartis en un peu plus de 1,200 clubs et 125 ligues.170 clubs de baseball évoluent sur nos 26 losanges, dont 3 sont maintenant éclairés.Pour la balle molle, c'est 318 clubs et 88 terrains, dont 2 sont éclairés.Pique-nique à l'Ile Ste-Hélène.Les parcs Anqrignon, Jerry, La Fontaine, Mont-Royal, Raimbault comportent également des terrains équipés à cette fin.On m'a présenté à vous, tantôt, comme un ingénieur professionnel.Pendant que je vous parlais de vos parcs, de votre temps libre et de votre bonheur, vous vous demandiez sans doute ce qu'un ingénieur peut bien faire dans une galère comme celle-là .Ce sera mon dernier point.Vous vous expliquez très bien qu'un ingénieur soit directeur de Polytechnique et qu'à la Ville un autre règne sur les destinées du service des travaux publics.Mais dans les parcs, qui sont ces personnages suspects qui sont membres de la savante Corporation et qui savent encore un peu manier la règle à calcul, mais qui au lieu de parler toujours de chiffres et de graphiques, de calories et de décimaux, de triangulation et de modules d'élasticité, mêlent dans leurs propos les racines de chèvrefeuilles aux racines carrées, les troncs d'arbres aux troncs de cônes, les moments dramatiques aux moments d'inertie, le beau au précis, l'agréable à l'utile ?Tout est dans les définitions, l'ai essayé de vous décrire vos parcs "pourvoyeurs de bonheur".N'est-ce pas là aussi le rôle de l'ingénieur ?Le génie n'est pas de la science pure, mais une science appliquée, le génie est même plutôt un art qu'une science.Un chimiste, un physicien qui consacrent leur vie à de savants travaux de recherches sont bien différents d'un ingénieur qui doit avant tout, à l'aide de la science mais non pour elle, appliquer son art à rendre service à ses semblables.Le savant travaille sur de la matière inerte; l'ingénieur travaille pour des hommes qui vivent en société.Pour l'un, c'est affaire de réactions chimiques; pour l'autre, de réactions humai- rmih mai , HSLA Le service municipal des parcs administre 18 piscines intérieures et trois extérieures.Près d'un million d'entrées ont été enregistrées en 1955.Plus de 60 concours s'y sont disputés.Les cours de natation ont été suivis par 8,103 candidats et près de 5,000 certificats ont été décernés.L’INGÉNIEUR ÉTÉ 1956 — 27 nés.L'ingénieur ne construit pas de ponts théoriques, mais tel pont, sur telle rivière, pour l'usage des habitants de telle et telle ville, selon les exigences du paysage et des constructions existantes.Le pont est raté non seulement s'il n'est pas solide, mais aussi s'il n'est pas bien placé, s'il n'est pas beau, s'il jure dans la parfaite ordonnance des environs, s'il dérange des habitudes de vie auxquelles ceux à qui il est destiné tenaient plus qu'au pont lui-même.L'ingénieur est un artiste, même s'il appartient à cette catégorie d'artistes qui ont les deux pieds bien campés sur le sol.L'ingénieur n'a qu'un rôle : employer son art et ses connaissances à rendre la vie plus agréable à ses concitoyens.Construire des égouts ou des pavages, éclairer les rues, bâtir des réserves, perfectionner les machines à écrire ou les moteurs d'autos, voilà autant de fonctions de l'ingénieur, autant de façons de rendre service.Ces services qu'il rend pour embellir la vie pendant les heures de travail, pourquoi l'ingénieur considérerait-il qu'il n'est plus de son domaine de les rendre lorsqu'il s'agit des heures de loisirs ?La vie continue pendant les heures de loisirs.C'est même pour la plupart d'entre nous la partie la plus intéressante de la vie.Là comme ailleurs l'ingénieur est à sa place lorsqu'il s'emploie à rendre service.Vous voyez que si j'ai pris toutes mes précautions pour que vous ne me traitiez pas d'homme d'affaires, je suis par ailleurs très fier de mon titre d'ingénieur et des services que rend notre profession.Rendre service est d'ailleurs une source de joies profondes, et ce n'est pas aux membres du Club St-Laurent-Kiwanis que je pourrais rien apprendre là-dessus.Rendre service est votre raison d'être, comme la nôtre, et c'est en nous donnant la main pour le faire mieux chaque jour que nous créerons ensemble "la cité heureuse".w,.'A Kg SÊ.\MUÊ» Les trois magnifiques piscines de l’Ile Ste-Hélène, relevant du service municipal des parcs, inaugurées en 1953, connaissent un magnifique succès de foule.En juillet 1955, plus d'un demi-million de baigneurs étaient enregistrés.Outre les bassins, conçus suivant les méthodes les plus modernes, il a été construit un pavillon abritant la chaufferie, la chambre des filtres, une clinique de premiers soins, quatre salles d'habillage pouvant loger 5,000 personnes, 122 douches et deux salles.Un personnel de 75 employés assure le bon fonctionnement de cette vaste organisation.Des cours de natation gratuits sont donnés par 42 instructeurs.28 —ÉTÉ 1956 L'INGÉNIEUR FORMATION DES TECHNOLOGUES DONT A BESOIN L'INDUSTRIE MODERNE Norman Fisher Directeur de l’Institut du Personnel de l'Office National du Charbon du Royaume-Uni.L'Angleterre doit faire face à une demande forte et toujours accrue de personnel scientifique spécialisé.Dans le domaine de la science pure, elle n'a rien à envier aux autres pays pour ce qui est du nombre et de la qualité de ses diplômés universitaires; mais il n'en est pas de même dans celui des sciences appliquées, où le nombre des spécialistes est relativement peu élevé et est nettement insuffisant pour les besoins de l'industrie britannique.Le Gouvernement vient de publier un Livre Blanc passant en revue ce qui a été fait ces dernières années pour améliorer la situation, et les mesures qu'il se propose de prendre à l'avenir.Au-dessus du niveau de l'ouvrier spécialisé, il est commode de diviser l'éducation technique en deux degrés distincts, mais en rapports étroits l'un avec l'autre.Le niveau le plus élevé est celui des technologues, qui ont le degré de compétence requis pour aspirer à faire partie des grands ordres professionnels.Le technologue doit être capable de faire entreprendre des recherches et d'organiser de nouvelles fabrications dans l'industrie.Il est appelé à exercer une haute responsabilité dans l'administration industrielle.Le degré inférieur est celui du technicien, qui a reçu une formation technique spécialisée le rendant apte à travailler sous la direction générale du technologue.On estime que l'industrie a besoin de cinq à six techniciens pour un technologue.Le système proposé n'a rien de radicalement nouveau Le Libre Blanc ne propose rien qu'on puisse qualifier de radicalement nouveau dans le domaine de l'éducation technique : il s'agit plutôt d'améliorer et de développer les institutions déjà existantes.Depuis la guerre, le nombre des étudiants obtenant des diplômes de sciences dans les universités britanniques a doublé; la plupart d'entre eux, il est vrai, étudient les sciences pures et non les sciences appliquées, mais une proportion de plus en plus forte d'entre eux entrent dans l'industrie.Le développement des études scientifiques dans les universités a déjà coûté 18 millions de livres environ, et on doit consacrer 20 autres millions de livres en cinq ans à la construction de nouveaux bâtiments et à l'acquisition de matériel destiné aux Sciences appliquées.Les trois-quarts de cette somme serviront aux agrandissements de l'Institut Impérial des Sciences, qui fait partie de l'Université de Londres, et est appelé à devenir le principal centre de formation des technologues de l'Angleterre.L'industrie anglaise a toujours été partisan très ferme de la formation pratique.La majorité de ses technologues ont reçu une instruction à temps partiel dans les instituts techniques.Il existe, rien qu'en Angleterre, plus de 500 instituts techniques dépendant des autorités municipales et régionales de l'éducation; la majorité de ces établissements forment des ouvriers spécialisés et des techniciens.150 donnent des cours plus poussés destinés aux technologues; sur ce total, on en compte 34 qui ont une proportion importante de technologues parmi leurs élèves.La plupart des cours qu'ils organisent sont sanctionnés par des diplômes nationaux, dont le plus élevé est à peine inférieur à une licence.On envisage maintenant de surclasser un certain nombre de ces instituts (tant en Angleterre et dans le Pays de Galles qu'en Ecosse), qui se consacreront alors à la formation de technologues.On va demander aux autorités régionales de l'éducation de donner à ces instituts un caractère de liberté et d'indépendance analogue à ce qui est de règle dans le monde universitaire, et de faire bénéficier leur personnel d'un régime analogue à celui qui règne dans les universités.On s'efforcera en outre d'obtenir la coopération active de l'industrie à la direction et au financement des instituts.Leur personnel sera invité à se livrer à des recherches et à jouer le rôle d'ingénieur-con-seil dans l'industrie.A l'Institut Technique Royal de Glasgow I Ecosse I.Un jeune élève étudie la structure moléculaire grâce à un modèle, au laboratoire de physique.L'INGÉNIEUR ÉTÉ 1956 — 29 A l'Institut de Technologie de Loughborough I Angleterre!, Section du Génie Chimique.Le professeur, M.H.K.Shuttle lau centreI fait examiner à deux étu- - - ^ diants un séchoir rotatif afin de leur faire Remplacement des cours du soir par des cours pendant la journée Proposition qui sera particulièrement bien accueillie, le Livre Blanc suggère que les technologues et techniciens reçoivent leur instruction pendant la journée, et non plus à des cours du soir.Un grand nombre de ceux-ci et quelques-uns de ceux-là continueront évidemment à se préparer à leurs diplômes en suivant des cours à temps partiel tout en occupant des emplois dans l'industrie, et il faut espérer que les employeurs voudront bien les libérer pour assister aux cours pendant la journée.On recommande tout particulièrement les cours dits "sandwich", qui combinent des périodes d'études à plein temps avec des périodes d'emploi à plein temps.Ces propositions sont-elles adéquates ?Il serait sot de sous-estimer les difficultés.Dans un pays démocratique, un progrès comprendre un certain point technique.de la nature de celui qui est envisagé ne peut être réalisé uniquement par décret du Gouvernement.Le succès du projet dépendra de la coopération des parents, des employeurs et des étudiants, ainsi que de celle des enseignants et des autorités régionales et municipales de l'enseignement.En outre, s'il dépend des gouvernements de fournir les fonds et les bâtiments nécessaires, on n'improvise pas du jour au lendemain des professeurs ayant les capacités requises.D'où viendront les futurs technologues ?Le Gouvernement compte que les jeunes filles se consacreront dorénavant en bien plus grand nombre aux sciences appliquées — source de recrutement à laquelle on n'avait guère songé par le passé.Il est probable en outre qu'un certain nombre des étudiants se recruteront parmi ceux qui à l'heure actuelle se consacrent aux sciences pures, tandis que d'autres pourraient se recruter parmi ceux qui font aujourd'hui des études littéraires.L'esprit d'entreprise Le plus important de tous ces problèmes, c'est celui de la qualité du système d'éducation ainsi amplifié.L'industrie moderne ne saurait co contenter de capacités scientifiques très poussées : il y faut également un esprit technique très développé et un haut degré d'adaptabilité.La technologie moderne exige de plus en plus que l'on sache organiser, diriger et faire régner l'harmonie dans les relations industrielles.Elle a besoin d'hommes combinant en eux le plus haut degré de capacités scientifiques et administratives, mais doués également de ferveur, d'imagination et de sagesse.L'éducation technologique est-elle capable de développer toutes ces qualités?A mesure qu'avance la technique, la spécialisation se fait de plus en plus étroite, ce qui rend difficile de donner aux étudiants des sciences une bonne éducation générale.Tout effort pour leur donner de la largeur de vues devra donc se baser sur l'expérience personnelle des étudiants et sur les sujets qui les intéressent.Cela sera peut-être plus facile en technologie qu'en sciences pures et en mathématiques, étant donné le retentissement profond de la technologie sur la société humaine.Les écoles anglaises ont un niveau d'études élevé; de plus, l'enseignement anglais a tendance à se méfier du type d'éducation générale diffuse qui se donne dans d'autres pays.Le problème que posera le Livre Blanc aux établissements d'enseignement sera donc le suivant : combiner un niveau d'études élevé avec la production d'esprits alertes, avides du désir de développer leur éducation et capables de s'intéresser à bien des matières — que cet intérêt se soit développé à l'école ou ailleurs.30—ÉTÉ 1956 L’INGÉNIEUR L'art et la science n'ont pas la réputation de faire bon ménage.Un jour pourtant, la science, encore méconnue des hommes, rencontra l'art sur son chemin.Tous deux se plurent tellement qu'ils s'associèrent pour un temps.On les vit alors accomplir des oeuvres si belles, des choses si merveilleuses qu'on en parle encore aujourd'hui et qu'on se demande pourquoi une union si profitable ne pourrait pas se réaliser plus souvent.L'esprit universel Léonard de Vinci présente au monde le magnifique exemple d'un homme qui sut utiliser à son maximum sa faculté de penser, de sentir et de créer.A notre époque de spécialisation à l'extrême, un esprit universel comme celui du grand peintre de la Renaissance ferait figure d'anachronisme et deviendrait vite l'objet d'une étrange méfiance.Cinquante métiers, cinquante misères, dirait-on aujourd'hui, tellement le siècle nous a habitués à notre petite tâche quotidienne, seule et unique, et tellement on s'imagine, avec nos amis les Anglais, qu'un "Jack of all trades" doit nécessairement être un "master of LÉONARD DE VINCI, ingénieur par Arthur Piché, In g.P.Né à Montréal, l’auteur gradua à l’Ecole Polytechnique en 1931.Après des emplois de courte durée à la Truscon Steel et à l’Anthracite Service, il entrait au Ministère provincial de l’Agriculture, dans l’office du drainage, en 1934.De 1937 à 1946 il fut à l’emploi du Ministère fédéral des Travaux Publics dans le district de Québec.11 est actuellement ingénieur de service à la Ville de Québei et donne le cours de génie municipal à la Faculté des Sciences de l’l diversité Laval.none." Pourtant, comme c'est être injuste et cruel envers l'intelligence que le Créateur nous a donnée, que de la cantonner dans un tout petit recoin du savoir et de se convaincre qu'il n'est pas bon de l'en sortir ! Léonard de Vinci était particulièrement doué.Il possédait de belles qualités et excellait dans une foule de choses.Grand, d'une rare beauté et d'une force physique peu commune, il était au surplus d'un commerce agréable et son insatiable curiosité le poussait sans cesse vers de nouveaux champs d'action, de nouvelles recherches, de nouvelles études.Il abordait tout avec une étonnante facilité.Il fut peintre, sculpteur, architecte, musicien, inventeur, ingénieur.La géométrie, la mécanique, l'optique, la botanique, l'anatomie, l'hydraulique et la géologie le passionnèrent.Il n'avait guère qu'une seule lacune; mais à l'époque où il vivait, à l'aube de la Renaissance, au temps des humanistes qui ne juraient que par l'antiquité, c'était impardonnable.Songez donc, il n'avait ni grec, ni latin ! C'est incroyable tout de même où l'on peut atteindre avec, pour unique atout, le génie.Courte biographie En 1952, on a commémoré le cinq centième anniversaire de la naissance du grand peintre.Léonard vint au monde près de Florence, à la fin du Moyen Age, quarante ans avant la découverte de l'Amérique, dans une Italie en pleine effervescence littéraire et artistique, mais divisée en petits états plus ou moins rivaux et dont les moindres n'étaient pas ceux du pape.Le premier talent, et le plus reconnu d'ailleurs, qui se manifesta chez cet enfant illégitime, mais comblé du ciel, fut évidemment la peinture.A vingt ans, il surpassait déjà son maître Verrocchio.Après des débuts prometteurs à Florence, il s'en fut à Milan où il demeura de 1482 à 1500.La "Vierge aux Rochers" et la "Cène" datent de cette époque.Il parcourut ensuite le pays et revint finalement à Florence où il peignit, entre autres choses, sa fameuse "Joconde".Puis il retourna à Milan pour quelque temps; mais, en 1513, dans l'espoir que sa renommée attirerait sur lui l'attention de la cour pontificale, il partit pour Rome, où se L'INGÉNIEUR ÉTÉ 1956 — 31 construisait alors la basilique Saint-Pierre et où convergeaient tous les talents et aussi toutes les ambitions.Malheureusement, la faveur du pape était déjà acquise à Bramante, ainsi qu'aux jeunes Michel-Ange et Raphaël.Le maître sexagénaire fut ignoré.Profondément déçu, Léonard, a-près un séjour assez obscur de deux ans dans la ville éternelle, résolut de quitter à jamais l'Italie.Répondant à l'invitation de François 1er, il vint finir ses jours en France, au château de Cloux, près d'Amboise, où il mourut célibataire, à l'âge de 67 ans.Le peintre est bien connu; ses tableaux encore davantage.Ce qu'on sait moins, c'est l'oeuvre gigantesque qu'il a accomplie en-dehors de son art.Les notes nombreuses qu'il a laissées sur ses travaux et ses recherches scientifiques en témoignent.A lire sa vie et à parcourir ses écrits, on s'étonne qu'il ait pu trouver, à travers ses multiples activités, ses diverses expériences, le temps de faire de la peinture et l'on se demande si, par hasard, il n'aurait pas manié le pinceau à temps perdu seulement, comme "hobby".Sûrement non; mais on affirme néanmoins qu'il a toujours pensé devenir célèbre par ses découvertes scientifiques et ses inventions, plutôt que par ses peintures.Génie militaire Comme ingénieur et inventeur, c'est au domaine militaire que Léonard s'intéressa surtout au début.Lors du siège de Florence par les troupes pontificales en 1479, il étudie des projets d'armes et de machines de guerre.Il conçoit une bombarde "qui ne recule pas" et, le premier, il semble a-voir eu l'idée d'une mitrailleuse.Il monte en trois rangées sur un tambour à section triangulaire, trente-trois fûts de canon légers, dont onze peuvent tirer à la fois; on tirerait une rangée pendant qu'on en chargerait une autre et que la troisième refroidirait.Malheureusement pour Léonard, la paix revient avant qu'il ait pu réaliser ses inventions.Plusieurs projets subséquents, hélas ! auront le même sort : ils ne dépasseront jamais le stage de dessins soigneusement faits.A une époque où le savoir livresque seul compte, on manque trop de sens pratique pour apprécier l'ingénieur et ses idées.Léonard, une couple de siècles en avant de son temps, et d'ailleurs dépourvu de lettres, sera toujours considéré comme manquant de culture et ne recevra jamais des grands tous les encouragements qu'il mérite.A trente ans, il décide de tenter fortune à Milan, où règne a-lors Ludovic Sforza, dit le More à cause de son teint basané.Fait à signaler, ce n'est pas comme peintre que Léonard lui offre ses services, mais comme ingénieur militaire.Il lui adresse un mémoire élaboré accompagné de dessins et dans lequel il prétend pouvoir construire toutes sortes d'engins de guerre et effectuer des travaux de génie susceptibles de donner à son "très illustre Seigneur" une supériorité incontestable en cas de conflit.Ce n'est qu'à la fin du mémoire, et comme si ça lui revenait tout à coup, qu'il avoue brièvement savoir peindre et sculpter.Il est question dans ce document, de ponts légers, démontables, très forts et faciles à transporter, véritables précurseurs des ponts Bailey de la dernière grande guerre.Pour venir à bout des places fortes, il suggère de percer des tunnels et de miner aux endroits stratégiques.Il a aussi l'idée de détourner les cours d'eau pour battre en brèche les remparts dont les fondations ne sent pas sur le roc.Il soumet le dessin d'une boule "qui roule toute seule et jette des gerbes de flammes longues de six brasses"; avait-il découvert le principe de la fusée ?.Un autre projectile, espèce de bombe à gaz remplie de poudre, de soufre et de balles, est censé exploser "dans un laps de temps qui ne dure pas plus qu'un Ave Maria." Il soumet encore les plans du premier char d'assaut digne de ce nom.C'est une espèce de tourelle conique sur roues, d'apparence assez massive et munie de trous à la base pour laisser passer la gueule des canons.Véritable cuirassé de terre, ce tank était mis en marche à la main au moyen d"un système de manivelles, de bielles et de pivots.Il faudra tout de même attendre le moteur à explosion pour rendre l'invention pratique.Il imagine aussi une bombarde qui se charge par la culasse, ainsi qu'un canon à vapeur qui devait faire un grand fracas.Tout cela, sans parler des autres engins, tels que catapultes, arquebuses, balistes, etc., qu'il se fait fort d'améliorer.Malgré tant de promesses et tant d'assurance, l'auteur du mémoire n'obtient pas la charge convoitée d'ingénieur militaire.Il s'impose néanmoins à l'attention de Ludovic qui en fait éventuellement son grand maître des arts et l'ordonnateur des fêtes du palais.Pendant seize ans, Léonard sera, à l'occasion, le metteur en scène des divertissements de la cour.On n'aura pas lieu de le regretter d'ailleurs.Ses talents d'ingénieur et d'artiste lui permettront de réaliser parfois des décors et de monter des spectacles dont Hollywood aurait pu être jaloux.Léonard conservera longtemps un faible pour le génie militaire.Ce n'est cependant qu'une vingtaine d'années plus tard qu'il aura la chance de mettre à profit ses connaissances dans ce domaine.En 1502, il passera au service de César Borgia qui le nommera en effet ingénieur général avec mission "de visiter toutes les citadelles et les fortifications"; mais la situation dont il a rêvé si longtemps ne sera pas de longue 32 —ÉTÉ 1956 L'INGÉNIEUR durée.L'année suivante, il sera déjà de retour à Florence.Urbanisme En 1490, on voit Léonard de Vinci s'intéresser aux grands problèmes d'urbanisme.Dans ce domaine, il y a pour le moins autant à faire à cette époque qu'au-jourd'hui, surtout pour un ingénieur sanitaire.Les villes ne sont pas précisément des sanctuaires de confort et de propreté.Les pauvres s'entassent dans des taudis sombres et infects.Les rues ne sont que trop souvent des dépotoirs publics où viennent échoir les ordures qu'on ne se gêne pas pour lancer par les fenêtres au plus grand mépris des passants.On ne s'embarrasse pas non plus de choisir ses lieux d'aisance.Jusqu'aux salles des palais et aux angles des escaliers qui servent de vespasiennes.L'atmosphère est empestée.On tente bien d'y remédier par des parfums; mais ceux-ci sont sans effet sur les microbes.Justement on sort d'une épidémie de peste ou de choléra qui a causé de grands ravages.Il faut faire quelque chose.Léonard soumet à Ludovic des plans d'urbanisme.Il propose de construire, au bord de la mer, ou sur les rives d'un grand fleuve, dix villes de dix mille maisons chacune pour décongestionner les capitales.Les eaux de surface et les eaux d'égoût seront canalisées vers le fleuve, ou vers la mer.Des lieux d'aisance publics seront aménagés.Même la fumée disparaîtra des villes, grâce à une installation spéciale dans les cheminées.Et nous qui croyions que le problème de la fumée datait de l'expansion de l'industrie aux XlXè et XXè siècles ! La cité de ses rêves se compose de deux villes superposées : une haute ville pour la noblesse et une basse ville pour le peuple.A cette époque, beaucoup plus qu'aujourd'hui, on ne conçoit pas que les grands puissent se mêler aux gens de basse extraction En somme, un genre de cité futuriste dont l'audace étonne, même au XXè siècle, avec ses édifices à des niveaux différents et ses rues superposées se croisant à angle droit.Et Léonard de conclure son mémoire en tentant la vanité de son prince : "La ville fera de la beauté, la compagne de son nom; elle te sera utile, t'apportera beaucoup d'argent et te procurera, par sa grandeur, une gloire éternelle.'' On ne se figure pas nos urbanistes modernes parlant sur ce ton à nos gouvernants dans leurs mémoires.Autre temps, autres moeurs.Le projet pourtant ne fut pas réalisé.Les esprits n'étaient certes pas mûrs pour une pareille révolution.On trouva probablement aussi que le statu quo coûtait meilleur marché.Mécanique Cependant les échecs ne sauraient détourner Léonard de sa double vocation.Il continue de porter ses recherches sur toutes les branches du génie accessibles à l'époque.Comme complément à des études antérieures sur la répartition des charges sur les poutres et les fondations, il projette un traité de la résistance des matériaux.Puis, il aborde la mécanique, où l'on n'en est encore qu'à la science des Grecs; la dynamique alors est à peine soupçonnée.Léonard se demande quelle est la cause et la nature de cette force qui produit le mouvement.Ses travaux pratiques lui laissent entrevoir les notions d'inertie, de moment, de rendement, de frottement, de centre de gravité et d'équilibre.Il se livre à des essais sur la chute des corps, et la courbe qu'il trace des distances parcourues en fonction du temps constitue la première tentative de représentation graphique d'une expérience scientifique.Un siècle avant que Galilée en formulât le principe, Léonard avait pressenti la conservation de l'énergie.En étudiant les machines et les mécanismes, il se rend compte qu'on gagne en puissance ce qu'on perd en vitesse, et inversement.Toujours, suivant l'esprit du temps, il ne manque pas d'émailler ses textes de considérations philosophiques et d'expressions imagées qui ne sont pas sans saveur.Ainsi, il écrit que la force est engendrée par la profusion ou le besoin, qu'elle naît de la violence, qu'elle augmente dans l'effort et disparaît dans le repos.On est encore loin de la précision du langage mathématique.Hydraulique L'hydraulique eut son tour des faveurs du maître.Il écrira un traité "Sur le mouvement et la mesure de l'eau." Déjà, Léonard avait fait des considérations sur le niveau des mers.Il tente maintenant de trouver comment les pressions se transmettent dans une masse liquide.Et puisque, juge-t-il, les recherches intellectuelles sans l'expérience sont vaines, il fait des essais.C'est ainsi qu'il peut un jour répondre à l'un de ses congénères : "Tais-toi, toi qui veux tirer une masse d'eau plus lourde que le poids qui pèse sur elle".Il invente des instruments pour mesurer la vitesse des courants et fait une étude détaillée, avec croquis, des tourbillons qui se forment au pied d'une chute.Ses connaissances en hydraulique lui seront certainement d'un précieux secours quand viendra l'heure de ses grands projets de canalisation et de drainage.Le détournement de l'Arno par exemple.Ce fut à l'occasion d'une guerre entre Pise et Florence en 1503.Il est alors revenu dans la cité des Médicis.Les deux villes sont sises sur les rives du même fleuve, l'Arno; L'INGÉNIEUR ÉTÉ 1956 — 33 la première, presqu'à son embouchure sur la Méditerranée et l'autre, à quelque quarante-cinq milles plus haut.Il s'agit ni plus ni moins de creuser un canal pour détourner le cours du fleuve en amont de Pise.Ainsi privée d'eau et d'un accès à la mer, la ville serait facilement réduite.Projet audacieux qu'on aurait sûrement mis de côté n'eut été l'urgence de la situation.Les travaux sont décidés.Léonard fait les relevés nécessaires et construit dragues et grues de son invention pour mener à bien la gigantesque entreprise.En bon ingénieur, il analyse le rendement de ses manoeuvres, qu'il surestime d'ailleurs; un terrassier peut déblayer quatre brasses carrées par jour et exécute son travail en six mouvements.Du vrai taylorisme.Cependant, les difficultés inhérentes à toute entreprise d'envergure ne tardent pas à surgir.La politique s'en mêle, la main-d'oeuvre est exigeante, et nous ne sommes pourtant qu'au début du XVIè siècle.Les travaux traînent en longueur.De plus, il faut faire garder le canal par les troupes par crainte de l'ennemi.La direction d'un chantier de construction n'est pas une mince affaire.Léonard, toujours bon ingénieur, se débat dans tout ça.Mais un jour, la Providence intervient.En frappant, d'abord deux Borgia, le pape et le césar, puis un Médicis, elle fait disparaître pour Florence toute éventualité d'attaque par derrière et lui redonne un sentiment de confiance et de force qui transforme bientôt une mesure de guerre en un ouvrage pacifique.Il s'agira désormais de construire un canal navigable reliant Florence à la mer.Tant pis pour Pise assiégée.Les travaux reprennent donc avec un nouvel espoir.Léonard se préoccupe davantage maintenant du côté économique de l'affaire.Le cours du canal devra être modifié de façon à desservir les localités intermédiaires qui en profiteront.Seulement la question finance, comme toujours, est embarrassante.11 faudrait bien réduire les salaires.Pauvres ouvriers !.Les difficultés techniques aussi surviennent.Léonard ne rêve plus que de pompes, d'écluses, de tunnels et de siphons gigantesques.Il étudie des projets pour déplacer des montagnes.Mais la deveine s'acharne sur l'entreprise.A la veille de franchir la dernière étape, une tempête effroyable se déchaîne; des pluies diluviennes laissent les chantiers dans un état lamentable.A l'embouchure, des bateaux sombrent, des marins périssent.La superstition populaire y voit un signe de la malédiction divine.La main-d'oeuvre déserte les travaux, les soldats sont rappelés et les Pisans délivrés n'ont rien de plus pressé que de manifester leur joie en remplissant de terre ce canal qui avait bien failli devenir pour eux une terrible réalité.Quant à Léonard, il se console de sa défaite en redevenant le peintre de génie qu'il n'a d'ailleurs jamais cessé d'être.Mais cela ne l'empêche pas de revenir assez souvent à ses secondes amours.Le plus lourd que l'air Le mystère du vol des oiseaux a toujours intrigué Léonard de Vinci.Depuis longtemps il se demande pourquoi l'homme ne pourrait pas voler lui aussi.Il observe le comportement des oiseaux au décollage, en plein vol et à l'atterrissage.Il prend des notes, fait des expériences, des mesures de force musculaire et des croquis.Il se rend compte du rôle important du centre de gravité et du centre de poussée.Enfin, quand il croit en savoir assez long pour tenter la grande expérience, Léonard construit un genre de planeur aux ailes articulées et projette d'effectuer son premier essai sur le Monte Cecero, le mont du Cygne, qui a quelque 1300 pieds d'altitude.Dans son enthousiasme, et peut-être prématurément, il note : "Pour la première fois, le Grand Oiseau prendra son vol .comblant l'univers de stupeur, remplissant de sa renommée tous les écrits.Gloire éternelle au lieu où il naquit !" La tentative eut-elle vraiment lieu ?Cet ingénieur de talent, doublé d'un artiste de génie, et par surcroît quinquagénaire, a-t-il vraiment répété l'exploit d'Icare ?Il planera toujours un doute là-dessus; Léonard n'en souffle mot.Il reste cependant ces paroles quelque peu méchantes du fils d'un de ses amis : "Le vol a mal réussi aux deux hommes qui l'ont entrepris ces derniers temps.Léonard de Vinci a aussi essayé de voler, mais mal lui en prit; c'était un excellent peintre." Les marais Pontins Quelques années après, il est à Rome où on l'a chargé d'étudier une tâche qui avait occupé bien des siècles passés et à laquelle devaient s'atteler aussi les siècles à venir.Ces marécages insalubres et à proximité de la ville des papes ne sont pas sans inquiéter Léon X.Léonard fait des cartes en couleur de la région.Il propose d'élargir et de régulariser des cours d'eau qui traversent le marais.Les boucles seront coupées et les méandres redressés, réduisant ainsi le parcours de l'eau et augmentant d'autant sa vitesse.Les eaux du marais seront entraînées avec plus de force vers la mer et tout le territoire sera asséché.Magnifique projet, fort semblables à ceux qu'on élabore de nos jours pour drainer nos savanes.34 —ÉTÉ 1956 L'INGÉNIEUR Projet, cependant, qui ne sera jamais exécuté du vivant de Léonard.Et plus tard, quand les travaux seront entrepris, la spéculation à laquelle ils donneront lieu et les procès qui s'ensuivront compromettront tellement le succès de l'affaire que l'entreprise ne sera jamais complétée, sinon par Mussolini à notre époque.Au pays de France En 1515, quand François 1er revient de Marignan, il emmène avec lui Léonard de Vinci et emporte la Joconde dans ses bagages.Le roi de France n'est peut-être pas le mécène inné qu'étaient les Médicis; mais il estime assez l'artiste et le savant pour l'installer dans le voisinage de son propre château d'Amboise et lui verser une pension annuelle de sept cents écus.Cependant, le maître n'est plus jeune; il sent ses forces décliner; il est même paralysé du bras droit.Heureusement qu'il est gaucher et que sa volonté de travail ne l'a pas quitté.Il continuera son oeuvre en pays étranger.A la cour de France, on compte sur Léonard pour organiser les fêtes au château.Comme à Milan, une trentaine d'années auparavant, il devient le réalisateur des spectacles divers, mascarades, tournois et autres jeux, organisés pour divertir le roi et sa suite.Mais ce genre d'activités est trop futile pour l'occuper uniquement.Il lui faut des projets plus sérieux.François 1er est d'ailleurs lui-même l'homme aux rêves démesurés.Le monarque et l'ingénieur sont faits pour s'entendre.Les deux s'intéressent au projet de reconstruction du château d'Amboise.Belle occasion pour Léonard de faire valoir ses talents d'architecte.Pour lui cependant, l'aspect technique d'un projet et les innovations pratiques ont toujours passé avant les considérations purement artistiques.Aussi ne se surprend-on pas qu'un jour il ait l'idée de construire des maisons démontables, ancêtres de nos maisons préfabriquées d'aujourd'hui, qu'on assemblerait avec des joints de bois et qui serviraient aux gens du pays.Cependant, le défaut de routes de l'époque et les difficultés de communications qui s'ensuivaient font renaître chez Léonard les grands projets de canalisation qui ont toujours hanté son esprit.Il intéresse François 1er en lui proposant de construire un réseau de canaux qui relieraient tous ses châteaux de Touraine.Pour obtenir les renseignements nécessaires à la préparation d'un plan d'ensemble, il parcourt les rives de la Loire, du Cher et de la Sauldre.Les différences de niveau ne semblent pas trop l'embarrasser.Il écrit que "là où un fleuve, à cause de sa profondeur, ne peut pas être dévié vers un autre, il faut le faire monter au moyen de barrages, si haut pour qu'il puisse descendre dans un autre, qui était autrefois plus élevé." Il songe alors à installer des écluses telles qu'il en avait construites autrefois en Italie.Il ne dit pas cependant ce qu'il adviendra des terres inondées, ni comment il s'y prendra pour régler les réclamations.Evidemment, nous ne sommes pas au XXè siècle.Le problème ne se posait peut-être pas de la même façon qu'aujourd'hui.Apparemment, ce fut là le dernier projet de l'ingénieur.En mai 1519, usé par le travail, l'âge et la maladie, il s'éteignit, à la grande consternation de tous, mais surtout du roi de France qui le pleura amèrement.Ingénieur ou artiste ?Il paraît qu'au seuil de l'éternité, toute vie, si bien remplie fut-elle, paraît vide.Vincent de Paul, à la fin de ses jours, se plaignait avec amertume de n'avoir rien fait.Léonard de Vinci fut assailli par le même regret.L'homme à l'esprit scientifique et à l'âme d'artiste se figurait avoir raté sa vie.Etait-ce reproches d'avoir trop sacrifié le peintre à l'ingénieur, ou inversement ?On rapporte qu'il pleurait sur son lit de mort "parce qu'il avait offensé Dieu et les hommes de ce monde, en ne travaillant pas dans son art comme il convenait." Mais quand on sait, d'une part, l'ardeur avec laquelle il s'est acharné à déchirer le voile de la science, à reculer les frontières des connaissances humaines, quand on connaît, d'autre part, les obstacles insurmontables auxquels il s'est buté, le peu de compréhension dont il a bénéficié de son vivant, la quantité d'inventions et de projets qu'il a conçus et qui n'ont jamais été réalisés parce qu'ils n'étaient pas faits pour un siècle d'humanistes, on devine que ses larmes pouvaient bien être aussi l'expression d'un regret en face d'un destin merveilleux, toujours poursuivi, mais jamais atteint : celui d'acquérir l'immortalité par quelque grande découverte scientifique ou quelque grand ouvrage de génie.Si Léonard de Vinci avait vécu à notre époque, il aurait sûrement été un éminent ingénieur, ou un savant distingué qui, dans ses loisirs, aurait peint des toiles superbes.Le XXè siècle n'aurait peut-être pas pris le peintre de talent au sérieux; mais au moins eut-il mis à la disposition de l'ingénieur toutes les ressources de sa technique et de sa science.Le XVè siècle, au contraire, présentait une atmosphère éminemment favorable à l'artiste; mais il n'avait malheureusement pas grand'chose à offrir à l'homme de science.A cette époque, dans ce domaine, c'était la forêt vierge; tout était à faire ou à refaire.Il y avait bien un certain empirisme hérité de l'expérience et de l'antiquité, mais là même, combien de lacunes et combien d'erreurs ! Au surplus, la mentalité du temps n'était pas mûre pour apprécier les nouveautés scientifiques que Léonard apportait au monde.On était alors L'INGÉNIEUR ÉTÉ 1956 - 3b volontiers peintre, poète et musicien; mais le savant, le chercheur, était un peu regardé comme une espèce de sorcier.C'était l'âge d'or de l'alchimie.Dans un autre ordre d'idées, le défaut de force motrice semble avoir été l'obstacle capital sur lequel sont venus se buter trop des inventions et des travaux de Léonard.Un véhicule qu'on met en marche à force de bras ou de jambes a de quoi rebuter en effet bien des bonnes volontés.Si cet homme génial avait connu l'électricité, le moteur à explosion, la machine à vapeur, ses inventions eussent été plus faciles à faire fonctionner et leur valeur pratique eût été mieux démontrée.Qui sait alors si le monde n'eût pas bénéficié, quatre cents ans plus tôt, de choses qui nous sont si utiles aujourd'hui et que nous n'avons connues qu'hier, telles que l'automobile, l'avion et le sous-marin ?Malgré tout, comme précurseur de nos savants et de nos ingénieurs modernes, Léonard de Vinci reste un géant.Avec des moyens rudimentaires, il a conçu et réalisé des merveilles pour l'époque.Il fut l'inventeur de tant de choses, petites et grandes, qu'on ne sait plus bien laquelle de ses inventions est la plus importante.Il était tellement en avance sur son temps que ses contemporains, tout en appréciant le peintre, ont peu compris l'ingénieur et le savant.C'était l'homme aux projets gigantesques, aux idées avancées,, aux visions fantastiques que lui- même avait peine à traduire parfois.Castiglione, auteur du temps, écrivit un jour en parlant de Léonard : "Un des premiers peintres du monde méprise l'art où il excelle et s'est mis à apprendre la philosophie; et là, il est arrivé à des conceptions si extraordinaires et à des chimères si nouvelles qu'avec tout son art, il ne réussira jamais à les peindre." Après Léonard de Vinci, il y eut d'autres peintres de génie, il y eut d'autres savants de renom, d'autres grands ingénieurs.Mais un homme qui fut un maître dans deux sphères aussi dissemblables que l'art et la science, qui sut répondre avec un égal talent aux exigences de l'une et de l'autre, qui sut mener de front ses travaux dans l'une et dans l'autre, ça ne s'est jamais revu.ct'fcn&hqisL Ûlomiqus, par SIR CHRISTOPHER HINTON, M.A.Cet exposé servait d'introduction à une conférence sur les réacteurs atomiques et la production d'énergie électrique donnée par Sir Christopher Hint on à l'Institut des ingénieurs mécaniciens en Grande-Bretagne.Les principes de la science atomique y sont exposés de façon claire et concise.La version française est empruntée du Journal Sha-winigan.LES atomes dont toute matière est composée peuvent être considérés comme de minuscules systèmes solaires.Ils ont au centre une agrégation de particules qui s'appelle le noyau et qui correspond au soleil de notre système solaire.Autour de ce noyau, des particules appelées électrons circulent dans des orbites tout comme les planètes circulent autour du soleil.Chaque électron porte une unité de charge électrique négative.Dans le cas qui nous occupe, les noyaux peuvent être considérés comme renfermant deux sortes de particules : des protons, dont chacun porte une unité de charge électrique.Etant donné qu'un atome normal ne révèle aucune charge électrique, il suit que dans cet atome le nombre de protons qu'il y a dans le noyau est égal au nombre d'électrons circulant dans des orbites autour.Les propriétés chimiques de tout atome dépendent seulement du nombre de protons qu'il y a dans son noyau; les atomes ayant le même nombre de protons dans leur noyau ont toujours les mêmes propriétés chimiques.Pour tout nombre donné de protons dans le noyau, cependant, le nombre de neutrons peut varier, et quand le nombre de neutrons dans le noyau change, la masse et les propriétés physiques de l'atome changent aussi.Deux atomes qui ont le même nombre de protons dans leur noyau (et par conséquent les mêmes propriétés chimiques), mais des nombres différents de neutrons dans leur noyau (et par conséquent des propriétés physiques différentes) sont appelés des isotopes de la même substance chimique.Vu que les atomes sont composés de particules porteuses de charges électriques, ils sont évidemment porteurs d'énergie.36—ÉTÉ 1956 L'INGÉNIEUR La réaction chimique Quand une réaction chimique s'opère entre deux ou plusieurs atomes, les noyaux de ces atomes demeurent séparés et inchangés.Tout ce qui se passe, c'est que le mouvement des électrons dans leurs orbites se trouve modifié.La structure atomique qui résulte d'une réaction chimique renferme aussi une certaine quantité d'énergie et, si la teneur en énergie des structures atomiques qui existent après une réaction chimique est moindre que la teneur en énergie des structures atomiques qui existaient avant la réaction chimique, la différence entre ces deux quantités d'énergie se trouve libérée, normalement comme chaleur.Dans une réaction nucléaire, le changement qui se produit ne trouble pas seulement le mouvement des électrons autour des noyaux; des changements se produisent à l'intérieur même des noyaux.Ils peuvent grossir et devenir des structures plus complexes ou bien se fractionner en structures plus petites.Comme dans le cas d'une réaction chimique, la différence entre la teneur en énergie des structures atomiques qui existaient avant le changement et la teneur en énergie des structures atomiques nouvelles se trouve libérée sous forme de chaleur.Dans le cas d'une réaction nucléaire, cependant, la différence est de beaucoup plus forte qu'elle ne peut l'être dans le cas d'une réaction chimique et, pour cette raison, la chaleur dégagée par une réaction nucléaire exothermique peut être de l'ordre d'un million de fois plus grande que la chaleur obtenue au moyen de réactions chimiques avec les mêmes quantités de matière.Malheureusement, quand il s'agit de tirer de l'énergie des réactions nucléaires, il est très difficile d'opérer ces réactions dans des conditions normales.Il y a, cependant, une exception et c'est la fission nucléaire.Les atomes fissiles ont un grand nombre de protons dans leur noyau; quand le noyau d'un atome fissile est heurté par un neutron, tout son système solaire d'atome se fend en deux systèmes solaires séparés, dont chacun possède environ la moitié du nombre de protons dans son noyau et la moitié du nombre d'électrons circulant autour.Ces nouveaux atomes s'appellent des produits de fission.Quand une fission nucléaire se produit, la teneur en énergie des systèmes résultants est moindre que la teneur en énergie du système initial, et le reste de l'énergie se trouve libéré sous forme de chaleur.Donc, il résulte d'une fission nucléaire à la fois la formation de produits de fission, de la chaleur et un nombre de neutrons.Il n'existe qu'un seul atome fissile dans la nature, et c'est l'isotope de l'uranium, qui a une masse de 235.La masse critique Dans cette réaction, une moyenne de 2.5 neutrons est libérée à chaque fission qui se produit.Si la fission se produit dans une masse suffisamment grande de matière fissile, les neutrons libérés peuvent servir à causer d'autres fissions et le nombre de fissions augmente à un rythme exponentiel dans toute la masse.Inévitablement, des neutrons s'échapperont de la surface de la masse fissile et seront perdus; si le nombre des neutrons perdus est si grand que le nombre qui reste après chaque fission pour causer d'autres fissions est inférieur à un, la chaîne de réactions sera convergente au lieu d'être divergente et elle s'éteindra.Mais plus la masse de matière fissile sera grande, moins ce résultat sera susceptible de se produire, car le nombre des atomes qui s'offrent au choc d'un neutron augmente en fonction du cube tandis que la surface d'où le neutron peut s'échapper augmente en fonction du carré.La masse minimum de matière fissile à travers laquelle l'action peut se propager s'appelle la masse critique.Or, l'uranium naturel ne contient que 0.7 pour cent de l'isotope fissile U-235.Le reste est U-238, un isotope qui n'est pas fissile.Il est impossible de séparer U-235, qui est fissile, de U-238, qui ne l'est pas, par des moyens chimiques, parce que chimiquement, ces atomes sont identiques.Ils peuvent, cependant, être séparés par des moyens physiques, et le moyen physique le plus employé s'appelle la diffusion gazeuse.Avec ce procédé, on exploite le fait que les molécules les plus légères se diffusent plus facilement à travers des membranes poreuses que des molécules plus lourdes.L'uranium dont la teneur en U-235 fissile a été augmentée par diffusion s'appelle de l'uranium enrichi.Quand le noyau d'un atome de U-238 est frappé par un neutron, aucune fission ne se produit, mais le neutron est capturé par le noyau pour former un autre isotope d'uranium, U-239, qui n'existe pas dans la nature.Cet isotope est instable, car après un certain laps de temps, il expulse de son noyau une unité de charge négative.Cela équivaut à l'acquisition par le noyau d'une unité de charge positive et, par conséquent, le nouvel atome a 93 charges positives (protons) dans son noyau; il cesse donc d'être de l'uranium, et c'est un atome qui n'existe pas dans la nature et que l'on appelle neptunium.Cet atome de neptunium lui aussi est instable et le processus se répète pour former un atome dont le noyau possède 94 charges positives.C'est l'atome du plutonium; c'est un atome raisonnablement stable et, comme l'uranium-235, il est fissile.L’INGÉNIEUR ÉTÉ 1956 — 37 La réaction s'amorce Nous pouvons donc amorcer une chaîne de réactions en bombardant le noyau d'un atome de U-235 avec un neutron; des produits de fission se formeront, il se dégagera de la chaleur et 2.5 neutrons, en moyenne, seront émis.Nous assumerons que nous allons inévitablement perdre une moyenne de 0.5 neutron et qu'il nous faudra employer l'un des deux neutrons restants pour le faire absorber par un atome de U-238, pendant que l'autre neutron heurtera un atome de U-235 pour provoquer une autre fission qui permettra à tout le processus de se répéter.Comme auparavant, la partie centrale de la pile atomique où ces changements se produisent et qui s'appelle le loyer doit avoir une certaine grosseur minimum (la grosseur critique), car autrement la pile perdra trop de neutrons pour que la chaîne de réactions puisse durer.Une fois que nous aurons dépassé la grosseur critique, nous pourrons amorcer notre chaîne de réactions et lui faire atteindre toute intensité convenable.En pratique, cette intensité est déterminée par la rapidité avec laquelle nous pouvons enlever la chaleur du foyer, et c'est ce qu'on appelle la puissance spécifique du combustible.Le modérateur Dans un réacteur chargé d'uranium naturel ou légèrement enrichi, il y a une forte probabilité que tous les neutrons émanés d'une fission soient absorbés par des atomes de U-238 et ne provoquent pas d'autres fissions en heurtant des atomes de U-235.Cela est évident, car il y a environ 140 atomes de U-238 disponibles comme cibles pour chaque atome de U-235 présent dans l'uranium.Il nous faut faire quelque chose pour remédier à cela ou bien notre chaîne de réactions mourra.Quand des neutrons sont expulsés d'un atome, ils sont animés d'une très grande vitesse (neutrons rapides).En les obligeant à ralentir leur course, on peut augmenter la- probabilité qu'ils heurtent des atomes de U-235 et causent d'autres fissions, avec diminution correspondante de la probabilité qu'ils soient absorbés par des atomes de U-238.Pour ralentir les neutrons, nous plaçons sur leur chemin des atomes convenables.Les matières qui peuvent servir à ralentir les neutrons sont ce qu'on appelle des modérateurs; les plus fréquemment employés sont le graphite et l'eau lourde.Les neutrons sont ralentis par les modérateurs à des vitesses qui correspondent à la température du modérateur et, après avoir été ralentis de cette façon, ils deviennent ce qu'on appelle des neutrons thermiques.C'est pourquoi un réacteur qui utilise un modérateur est appelé réacteur thermique.Si nous désirons qu'un réacteur travaille d'une façon uniforme, il faudra que le nombre des neutrons capables de causer d'autres fissions demeure constant.Nous pouvons réaliser cet état de choses en absorbant les neutrons excédentaires.Cela se fait en introduisant dans la pile une plus ou moins grande quantité de matière capable d'absorber des neutrons.La matière normalement employée pour cela est le boron, que l'on introduit ou retire sous forme de barres appelées barres de contrôle.Plus la barre de contrôle est enfoncée dans la pile, plus elle absorbe de neutrons et moins il reste de neutrons pour provoquer des fissions.En employant un nombre suffisant de barres, on peut mettre la pile au repos en cas d'urgence.Dans le foyer d'une pile, la radio-activité est extraordinairement intense, et tuerait ceux qui travaillent autour s'ils n'étaient pas protégés contre les neutrons et les rayons gamma (rayons semblables aux rayons X).Pour les protéger, on entoure le foyer d'épais murs de béton qui réduisent la radiation à une intensité biologiquement sûre.C'est pourquoi le mur de béton s'appelle "bouclier biologique".Mais ce mur de béton pourrait être endommagé s'il était trop violemment bombardé de neutrons é-manant du foyer, et on le couvre donc d'épaisses plaques d'acier qui absorbent ces neutrons thermiques; ces plaques sont donc des boucliers thermiques.Dans le réacteur thermique, il nous a fallu employer un modérateur pour ralentir nos neutrons, simplement pour nous assurer que les atomes U-238 non fissiles n'absorberaient pas trop de neutrons.Si notre combustible nucléaire est surtout composé d'atomes fissiles, nous pourrons maintenir notre chaîne de réactions sans avoir à ralentir nos neutrons, car il y aura assez d'atomes U-238 présents pour absorber autant de neutrons qu'il faudra pour modérer la chaîne de réactions.Nous pourrons donc travailler sans modérateur et employer des neutrons rapides pour causer d'autres fissions.C'est pourquoi un réacteur semblable s'appelle réacteur rapide.Parce qu'il n'y a pas de modérateur dans un réacteur rapide, il s'y perd inutilement moins de neutrons par absorption.Grâce à cette économie de neutrons, il sera possible de faire absorber tant de neutrons par absorption.Grâce à cette économie de neutrons, il sera possible de faire absorber tant de neutrons par des atomes de U-238 que le nombre d'atomes de plutonium créés dépassera le nombre d'atomes de U-235 détruits.Nous aurons alors produit une quantité additionnelle de matière fissile et, pour cette raison, les réacteurs de ce genre sont parfois appelés réacteurs générateurs.Et on appelle parfois matière fertile la matière qui engendre les nouveaux atomes fissiles.38 —ÉTÉ 1956 L’INGÉNIEUR OLYTf '46 DE L'ÉCOLE ^sto SnWNVvv CÉRÉMONIE HISTORIQUE À POLYTECHNIQUE Le 16 mai dernier, à 4 heures de l'après-midi, avait lieu la traditionnelle cérémonie de la pose de la pierre angulaire du nouvel édifice de l'Ecole Polytechnique actuellement en voie de construction sur le campus de l'Université de Montréal.Le nouvel édifice est une conception de l'architecte Gaston Gagnier.La préparation des plans de structure à été confiée à l'étude Lalonde 192 pages, 48 figures, broché : 1,900 francs.Paris, Masson et Cie, éditeurs.C'est la troisième série de Conférences publiées dans cette nouvelle collection annuelle, sous la direction du Professeur J.-A.Gauthier, titulaire de la Chaire de Chimie Analytique de la Faculté de Pharmacie de Paris.11 se propose de résumer chaque année les faits nouveaux les plus frappants qui intéressent la Chimie Analytique Générale et, plus spécialement, les applications de cette science aux composés organiques et biologiques, ainsi qu'à l'essai des aliments; cette dernière spécialité est d'ailleurs tout spécialement visée en égard à l'importance accrue du contrôle des substances comestibles du point de vue de l'hygiène alimentaire.A cet effet, le Professeur J.-A.Gautier fait appel à la compétence particulière des différents spécialistes français et étrangers qui viennent rendre compte des progrès réalisés, chacun dans leurs domaines.Les auteurs ne se proposent pas, en général, d'épuiser les sujets traités, susceptibles le plus souvent d'un développement considérable, mais bien plutôt d'en mettre en lumière un aspect original et d'en faire connaître les dernières acquisitions.Propagation des ondes dans les milieux périodiques par LÉON BRILLOUIN et MAURICE PARODI.Un volume, éd.1956, 10 x 6^/2» 348 pages, avec 185 figures, broché : 4,000 francs, cartonné toile : 4,600 francs.Paris, Masson et Cie, éditeurs.Ce livre contient un exposé de problèmes dont l'origine physique est très différente, mais dont la réduction mathématique conduit à des équations possédant des caractères communs et des solutions qui se ressemblent beaucoup certaines de ces questions proviennent de l'électrotechnique et de la théorie des télécommunications; d'autres se sont posées à propos d'études sur les vibrations; d'autres enfin se rattachent à la théorie des réseaux cristallins et à la propagation des ondes élastiques, électromagnétiques ou électroniques dans les réseaux Une introduction historique précise les principales tentatives effectuées, de Newton à Born, à propos de la propagation des ondes élastiques dans un réseau à une dimension formé de masses ponctuelles, et permet de souligner au passage l'intervention des concepts fondamentaux.La première partie de l'ouvrage est consacrée à l'étude de la propagation des ondes dans un réseau à une dimension, puis à 2 et 3 dimensions : remarques générales sur les problèmes traités; discussion qualificative des différentes particularités; étude mathématique autonome (en particulier : polynômes de Gegenbaur, équation de Mathieu, et méthode pratique d'étude de l'équation plus générale de Hill); retour constant aux points de vue de la physique dans la discussion des résultats; mise en évidence de rapprochements entre diverses questions habituellement disjointes (par exemple : file d'oscillateurs couplés élastiquemeni et files de petits aimants sur laquelle se propage une perturbation mécanique; similitude entre la question du raccord d'une ligne téléphonique aérienne à une ligne souterraine urbaine et l'étude du mouvement du réseau de chlorure de sodium à une dimension).La notion d'impédance caractéristique est discutée en détail, car ce concept est fondamental pour l'étude des structures à une dimension telles que les lignes et filtres électriques ou mécaniques.Son extension aux cas de deux ou trois dimensions est difficile, et la notion de flux d'énergie est alors mieux adaptée.Enfin, les derniers chapitres traitent : — de l'application de l'algèbre des matrices à l'étude de la propagation des ondes le long des lignes électriques (ces problèmes permettent de donner l'exemple de physique classique où interviennent diverses matrices qui jouent un rôle important en théorie du spin, et d'expliciter le rapport entre la théorie des filtres et celle de l'électron à spin élaborée par Pauli et Dirac), — de l'application de certains polynômes de Gegenbauer à l'étude des filtres électriques (en particulier, analogie entre la théorie des filtres électriques et le problème de la propaga- L'INGÉNIEUR ÉTÉ 1956 — 57 Jean doucft, ing.p.sec.-trés.AUGUSTE DOUCET prés.DULCET H DULCET LIMITÉE ENTREPRENEURS PLOMBERIE — CHAUFFAGE 1640 rue North, coin Rockland GR.9364 Voyez LaSalle pour PRODUITS INDUSTRIELS Fl B ERG LAS Le merveilleux produit de fibre de verre aux 101 usages ISOLANTS FIBERGLAS pour TUYAUX • BOUILLOIRES • ENTREPOTS FRIGORIFIQUES • TOITURES • CONDUITS • CONSTRUCTION DOMESTIQUE • FILTRES A AIR "DUST STOP" •Marque déposée Montréal: 159 rue Jean-Talon O.CA.5721 Québec: 80, avenue des Erables MU.3-4906 BREVETS D'INVENTION MARQUES DE COMMERCE DROITS D'AUTEUR £n.Jtouiu jaaijjL.MARION 6l MARION ROBIC & BASTIEN Fondée en 1892 1510, rue Drummond, Montréal 25 COMMERCIAL and INDUSTRIAL VENTILATION Ltd.Henri Dagenais, Ing.P.— Po.'47 1065, rue Papineau MONTRÉAL LAfontaine 2-3119 R.Riopelle, Ing.P.Vice-Président P.Dorval, T.D.L.Dufresne, Ing.P.Directeur J.-P.Morel, T.D.METROPOLE ELECTRIC INC.Entrepreneurs-Electriciens L.E.DANSEREAU, Près.MONTRÉAL — QUÉBEC — OTTAWA 58—ÉTÉ 1956 L'INGÉNIEUR tion des rayons X dans les cristaux), — des guides pour ondes lentes des propriétés des ondes électromagnétiques se propageant dans les guides avec une vitesse inférieure à celle de la lumière sont étudiées par une méthode analogue à celle utilisée à propos de filtres électriques), — du mouvement d'un électron dans un champ périodique, mouvement (étude par la mécanique classique, étude par la mécanique ondulatoire où le problème conduit à une généralisation de l'équation de Mathieu, mise en évidence des différences entre les circonstances du mouvement dans ces deux théories) — Qu'il s'agisse d'ouvrages classiques ou qu'il soit fait appel aux publications originales des auteurs ou d'autres auteurs, les références bibliographiques sont indiquées au fur et à mesure et d'une manière détaillée.Théorie générale de l'équation de Mathieu et de quelques autres équations différentielles de la mécanique par ROBERT CAMPBELL Un volume, éd.1955, 93/4 x 6V4, 272 pages, avec 23 figures, broché : 2,400 francs; cartonné toile : 2,900 francs.Paris, Masson et Cie, éditeurs.L'équation de Mathieu se rencontre dans de multiples branches de la physique : mouvements vibratoires (en particulier acoustique), diffraction, électromagnétisme, modulation de fréquence; en gros chaque fois qu'intervient l'équation de la propagation avec des contours de forme elliptique ou ellipsoïdale.Mais tandis que les équations de Legendre ou de Bessel, ses voisines, ne rebutent plus personne (les fonctions de Legendre et de Bessel étant devenues presque aussi usuelles que celles de la trigonométrie élémentaire), l'équation de Mathieu est encore aujourd'hui considérée comme un obstacle.Elle reste une mauvaise rencontre; on la connaît mal, elle est entourée d'un halo mystérieux qui n'évoque rien de bon.Cette réaction défavorable ne ressortit pas, il est vrai, qu'à la superstition pure; l'équation et les fonctions de Mathieu sont moins maniables que les autres "fonctions spéciales'' de la physique mathématique, parce que leurs "valeurs propres'' sont difficiles à calculer.Cependant quand le travail est fait, peu importe à l'usager qu'il ait été pénible, et il est fâcheux de penser que la plupart des gens s'imaginent encore que, dans le domaine de l'équation de Mathieu, tout reste à faire.Le présent ouvrage se propose précisément d'avertir le large public des ingénieurs et des physiciens (et aussi des mathématiciens), qu'il y a eu des travaux importants réalisés sur cette question et qu'on dispose, pour utiliser les fonctions de Mathieu, d'appréciables résultats.Ils sont même si nom- breux qu'il n'a pas été possible ici de les donner tous, le souci fondamental de l'auteur ayant été de rester clair et de ne pas rebuter le lecteur, de le reconcilier même, si l'on peut dire, avec un sujet que sa réputation n'a que trop desservi.Ce n'est pas dire qu'on trouvera là l'exposé facile d'une question tout à fait résolue; il est bien précisé au contraire que le problème est en plein essor et appelle la collaboration de tous.La question reste ouverte, et voilà qui ne fait d'ailleurs qu'accroître l'intérêt qu'elle doit susciter : elle se développe, elle vit.C'est pourquoi l'auteur a cherché, plutôt qu'à consigner tous les résultats actuellement connus sur ces fonctions, à rendre compte de la variété, de la puissance (ou de la limitation) des méthodes employées, méthodes susceptibles d'ailleurs de s'appliquer aussi à d'autres équations, et dont les principales sont envisagées ici.Il a tenu enfin à situer l'équation de Mathieu dans cette classe générale d'équations différentielles linéaires que, depuis Klein, on appelle "équations de la physique mathématique'', montrant clairement par là que l'objet de ce travail, loin d'être isolé, et de se réduire à la confection d'un simple outil, est en connexion profonde avec les autres branches fondamentales de l'analyse.Analyse dimensionnelle et théorie des maquettes par H L LANGHAAR traduit par C.Charcossett, préface de M.Sédille.Un volume, éd.1955, 8V2 x 5V2.230 pages, 19 figures, broché Paris, Dunod [Montréal, Fomac Limitée, 480 ouest, rue Lagau-chetière.] La commande hydraulique : applications industrielles.Numéro spécial — mars 1956.La Technique Moderne.Un volume, éd.1956, 12V2 x 9V2.120 pages, avec 230 figures, broché : 1,350 francs.Paris, Dunod [Montréal, Fomac, $6.25].Le rapide développement des techniques nouvelles des transmissions et des moteurs hydrauliques dans tous les domaines industriels : machines-outils, copieurs, manutention des pièces entre deux postes de travail, matériel de sidérurgie, appareils de manutention, chariots à fourche, tracteurs agricoles, matériel de travaux publics, presses à forger, à mouler, à injecter, bennes basculantes, automobiles, aviation, servo-commandes hydrauliques, varia-teurs de vitesse, commande des disjoncteurs, raccords, valves, tuyaux flexibles, joints, etc., ont incité Lcr Technique Moderne à publier en 1956 un numéro spécial (1), véritable ouvrage sur les applications de la commande hydraulique.En effet, les avantages du matériel équipé de commandes hydrauliques dans de multiples branches de l'activité industrielle donnent à ces questions un grand intérêt d'actualité.Les études de ce numéro spécial, signées par des ingénieurs spécialistes, apporteront à tous ceux qui emploient (ou qui envisagent d'employer) la commande hydraulique, tous renseignements techniques et pratiques leur permettant des applications rationnelles et l'obtention du meilleur rendement.Manuel pratique du charcutier moderne par CHARLES IAEGER (Encyclopédie Roret).Un volume, éd.1954, 7 x 41/2, 144 pages, broché Paris, Dunod [Montréal, Fomac Limitée, 480 ouest, rue Lagauchetière.] Science et Technique : Les Problèmes de la Philosophie des Sciences par RENÉ BOIREL Un volume, éd 1955, 71/2 x 5, 116 pages, broché $2 50.Paris, Dunod, [Montréal, Fomac Ltée.] Technique et utilisation des jauges de contrainte par U.ZELBSTEIN.Un volume, éd.1956, 9 x 5^2- 255 pages, relié $8.80 Paris, Dunod [Montréal, Fomac Ltée., 480 ouest, rue Lagauchetière.] Les applications scientifiques de la notion de régularité par PIERRE VERNOTTE.Publications Scientifiques et Techniques du Ministère de l'Air no 307) Un volume, éd.1956, IOV2 x 7, 83 pages, broché : 750 francs.Paris, Au Service de Documentation Technique de l'Aéronautique.Contribution à l'étude de l'effet de paroi en écoulement plan incompressible par JACQUES BARBIEUX, préface de M.TOUSSAINT.Publications Scientifiques et Techniques du Ministère de l'Air no 304.Un volume, éd.1955, 103/4 x 7, 247 pages, broché : 2,800 francs.Paris, Au Service de Documentation et d'information Technique de l'Aéronautique.Contribution à l'étude des milieux poreux par MLADEN M.BORELI, préface de I.KRAVTCHENKO.Publications Scientifiques et Techniques du Ministère de l'Air no 305.Un volume, éd.1955, 103/4 x 7, 129 pages, broché ; 1,700 francs.Paris, Au Service de Documentation et d'information Technique de l'Aéronautique.L'INGÉNIEUR ÉTÉ 1956— 59 SLenview 6195 1610, O., Sherbrooke J.A.Beauchemin & Associés Ingénieurs conseils J.-A.BEAUCHEMIN W.H BEATON H.LAPOINTE R O.BEAUCHEMIN Montréal-25 TORONTO Consultation — Surveillance — Inspection Mécanique des sols-Etude des fondations Surveillance de construction Inspection et contrôle de soudure-Analyse des vibrations Inspection radiographique, ultrasonique, magnétique Estimations foncières-Evaluations industrielles RACEY, MacCALLUM AND ASSOCIATES LIMITED Firme contrôlée et dirigée par des Ingénieurs Conseils MONTRÉAL 5890, avenue Monkland VANCOUVER Gérard-O.Beaulieu Ing P., B.Sc.A., Chargé du cours de ponts à Polytechnique.Marc-R.Trudeau, Ing.P., B.Sc.A., Chargé du cours de structures à Polytechnique.Robert Dubuc, Ing.P., B.Sc.A., J.-René Lalancette, Ing.P., B.Sc.A.Pierre-G.Beaulieu, Ing.P., B.Sc.A., Chargé du cours de constructions métalliques à Polytechnique.Ingénieurs conseils SPÉCIALISTES EN CHARPENTES Bâtisses religieuses, civiles et industrielles Ponts, viaducs, tunnels, réservoirs et piscines 5810 Côte St-Luc, Montréal 29 — HL BEAULIEU, TRUDEAU, DUBUC LALANCETTE & BEAULIEU Æégih, Char/ahd Va tique tie Ingénieurs professionnels 6902 Côte-des-Neiges MONTRÉAL 26 ESTIMATIONS FONCIERES ÉVALUATIONS MUNICIPALES 1-51 35 Les Ingénieurs Associés Ltée • LABRECQUE, LABRECQUE & GAGNON Ingénieurs conseils HENRI LABRECQUE, B.Sc.A., Ing.P.ANDRÉ LABRECQUE, B.Sc.A., Ing.P.LUC GAGNON, B.Sc.A.Ing.P.A.G.10 ouest, rue ST-JACQUES, SUITE 604 MONTRÉAL — AV.8-1246 — AV.8-1247 BÉTON ARMÉ TRAVAUX PUBLICS ÉVALUATION ARPENTAGE Lalonde, Girouard & Letendre Ingénieurs conseil 7379, rue Saint-Hubert — Tél.CR.4111 MONTRÉAL, QUÉ.J.-B.Nobert, Ing.P.CHARLES-ED.GRAVEL Ingénieur Conseil M.Hêtu, Ing.P.R.Levasseur, Ing.P.G.Ouellet, Ing.P.J.Chagnon, Ing.P.B.Faucher, Ing.P.P.Laforest, Ing.P.A.Levac, Ing.P.P.-A.Sauriol, Ing.P.TRAVAUX MUNICIPAUX Spécialités : Usine de filtration, Usine d épuration Traitement des eaux, Urbanisme.BUREAU : Abord-à-Plouffe 3717 Boul.Lévesque — MU.1-1692-3 Montréal 9.60—ÉTÉ 1956 L'INGÉNIEUR Étude de la diffusion dans les gels à l'aide des isotopes radioactifs par SUZANNE CORDIER.Publications Scientifiques et Techniques du Ministère de l'Air.Notes techniques no 57.Un vol.éd.1956, 103/4 x 7i/4, 71 pages, broché : 450 francs.Paris, Au Service de Documentation et d'information Technique de l'Aéronautique.Étude expérimentale des écoulements gazeux par MARIE MERLE, préface F.CANAC.Publications Scientifiques et Techniques du Ministère de l'Air no 308.Un volume, éd.1956, IOV2 x 7, 90 pages, broché : 1,100 francs.Paris, Au Service de Documentation et d'information Technique de l'Ac-ronautique Étude expérimentale et théorique de la décompression explosive et des effets physiologiques par FRANÇOIS VIOLETTE, préface A.M.MONNIER.Publications Scientifiques et Techniques du Ministère de l'Air, Bulletins des Services Techniques 118.Un volume, éd.1955, 10% x 7, 106 pages, broché : 1,000 francs.Paris, Au Service de Documentation et d'information Technique de l'Aéronautique.Étude de la lubrification sous pression rapidement variable : cas des lubrifiants plastiques, existence de leur anisotropie par FERNAND CHARRON.Publications Scientifiques et Techniques du Ministère de l'Air no 310.Un volume, éd.1956, 10% x T^h, 27 pages, broché : 450 francs.Paris, Au Service de Documentation et d'information Technique de l'Aéronautique Introduction à la mécanique des millieux continus par PAUL ANGLÈS d'AURIAC, préface de JULIEN KRAVTCHENKO.Publications Scientifiques du Ministère de l'Air no 306.Un volume, éd.1955, 10% x 7, 139 pages, broché : 1,300 francs.Paris, Au Service de Documentation et d'information Technique de l'Aéronautique.Mise en équations et résolution des réseaux électriques en régime transitoire par la méthode Tensorielle par le Commandant A.KAUFMANN, préface F.ESCLANGON.Publications Scientifiques et Techniques du Ministère de l'Air, notes Techniques no 56.Un volume, éd.1955, 10% x 7, 104 pages, broché : 1,100 francs.Paris, Au Service de Documentation et d'information Technique de l'Aéronautique.Mouvement oscillatoire avec viscosité et inertie par CLAIRE CLARION, préface de JACQUES VALENSI.Publications Scientifiques et Techniques du Ministère de l'Air no 303.Un volume, éd.1955, 10% x 7, 76 pages, broché : 1,000 francs.Paris, Au Service de Documentation et d'information Technique de l'Aéronautique.* * * Nouvelle méthode approchée de calcul des couches limites laminaire et turbulente en écoulement compressible par ALFRED WALZ, préface de M.EDMOND A.BRUN.Publications Scientifiques et Techniques du Ministère de l'Air no 309.Un volume éd.1956, 10% x 7%, 87 pages, broché : 950 francs.Paris, Au Service de Documentation et d'information Technique de l'Aéronautique.Structure cristalline de la cancrinite par PIERRE NITHOLLON, préface de PIERRE VERNOTTE.Publications Scientifiques du Ministère de l'Air.Notes Techniques no 53.Un volume, éd.1955, 10% x 7, 48 pages, figures, broché : 425 francs.Paris, Au Service de Documentation et d'information Technique de l'Aéronautique.Sur un curieux cas d'alternance de tourbillons par EDMOND A.BRUN, LOUIS CASTEL et DIETER FAUL-MANN.Publications Scientifiques et Techniques du Ministère de l'Air.Notes Techniques no 58.Un volume, éd.1956, 10% x 7y4, 27 pages, broché : 350 francs.Paris, Au Service de Documentation et d'information Technique de l'Aéronautique.Physique atomique par MARCEL ROUAULT.Collection Armand Colin (section de physique) no 302.Un volume, éd.1955.6V2 x 41/2- 220 pages, broché : Paris, Librairie Armand Colin.* * * Les turbines par PAUL CHAMBADAL.Collection Armand Colin (section de Mécanique et électricité industrielle no 304).Un volume, éd.1956, 6^2 x 41/2, 216 pages, 44 figures, broché : 300 francs.Paris, Librairie Armand Colin.Dans un précédent ouvrage, Les Machines Thermiques, publié également dans la Collection Armand Colin, M.P.Chambadal expose les principes généraux de la thermodynamique appliquée et passe en revue les différents types de machines conçus suivant ces principes et destinés soit à la transformation de la chaleur en travail, soit à la transformation inverse.L'ouvrage qui paraît aujourd'hui est consacré à un type particulier de machine thermique, notamment la turbine fonctionnant avec un fluide compressible.Cette turbine fait partie d'un ensemble d'appareils dont la nature dépend de celle du fluide traversant la turbine : vapeur d'eau, gaz de combustion, air, etc.Mais, quel que soit ce fluide, le fonctionnement de la turbine obéit toujours aux mêmes lois générales, ce qui permet à l'auteur d'exposer une théorie valable à la fois pour les turbines à vapeur et pour les turbines à gaz.Cette théorie comporte, d'une manière générale, les lois de l'écoulement dos fluides compressibles et celles de la transformation de l'énergie thermique de ces fluides successivement en énergie cinétique et en énergie mécanique.La dernière partie de l'ouvrage traite de l'adaptation des turbines à vapeur ou à gaz à la variation des différents facteurs qui définissent leurs conditions de fonctionnement.Le livre de M.Chambadal rédigé par un ingénieur qui joint à la connaissance théorique du sujet traité une expérience pratique acquise dans l'exercice d'une activité professionnelle, est illustré de 44 figures, graphiques, diagrammes ou schémas.De plus, la bibliographie qui le termine permettra au lecteur, spécialiste ou amateur éclairé, d'entreprendre, le cas échéant, une étude plus approfondie des questions qui pourront l'intéresser.American Heritage.The Magazine of History, sponsored by the American Association for State
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