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Titre :
Québécoises deboutte!
Éditeurs :
  • Montréal :Front de libération des femmes (FLFQ),1971-1974,
  • Montréal, Québec :Centre des femmes
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Québécoises deboutte!, 1974-03, Collections de BAnQ.

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r\ rl — y «V» v«y v»vs1 V* ^ V SOMMAIRE : pourquoi un journal ?.enquête auprès des abonnées.la journée internationale des femmes.est-ce qu’on veut vraiment des garderies?le pouvoir des femmes et la subversion sociale .spectacle 8 mars.chansons.BON DE COMMANDE Susan Griffin, LE VIOL, (traduction et introduction par des militantes du Centre des Femmes), Ed.L'Etincelle, 1972.$1.25 MANIFESTE DES FEMMES QUEBECOISES, Ed.L'Etincelle, 1971.EPUISE Selma James & Mariarosa Dalla Costa, LE POUVOIR DES FEMMES ET LA SUBVERSION SOCIALE, Editions Adversaires, Genève, 1974.$2.00 (disponible à la fin mars) Poster: QUEBECOISES DEBOUTTE! (vert, blanc, rouge, sur fond noir).$2.00 ( + 50ç pour frais de poste et manutention) Ci-joint un mandat de .$.à ÔÎJÏBtC?€fl S^m©EBOUTTE 4119 St-Denis -pour:.LE VIOL Montréal -pour:.LE POUVOIR DES FEMMES ET LA SUBVERSION SOCIALE -pour:.Poster QUEBECOISES DEBOUTTE! Depot Légal à la Bibliothèque Nationale, mars 1974.1 Dans un texte d'introduction à l'enquête les buts de Québécoises Deboutte! é-taient comme suit: servir d'outil de travail autant pratique que théorique, servir de plate-forme pour traiter de certaines questions importantes pour le mouvement de femmes, à savoir: l'autonomie de l'organisation des femmes, le travail ménager (en tant que travail productif pour le système capitaliste), le rôle de la répression sexuelle à l'intérieur de l'idéologie dominante.Québécoises Deboutte s'adressait, y dit-on, aux femmes en lutte et à celles qui commencent à prendre conscience.Tout cela est extrêmement important sans doute et justifie amplement la décision de lancer un journal.Mais ce dernier a—t—il atteint ces buts?Etaient-ce ceux qu'ils devaient se donner?Il aurait été téméraire de notre part d'essayer de répondre à ces questions sans consulter les lectrices au moins pour avoir quelques indices nous permettant d'amorcer le débat.Ce fut l'objet de 1'enquête auprès des abonnées de juillet dernier, ainsi qu'auprès des militantes rencontrées au cours des derniers mois.Toutes les raisons mentionnées plus haut sont excellentes mais il apparait important à l'heure actuelle de continuer à faire un journal tel que Québécoises Deboutte, bien sûr, par nécessité - il n'y aucun autre journal féministe de cette nature - pour le développement de la conscience des femmes dont il pourra servir a briser l'isolement vivement ressenti par les ménagères, comme appui aux luttes des femmes.Nous voudrions aussi que le journal facilite l'échange, la prise de contact entre nous toutes, première étape d'une organisation des femmes dont nous posons l'autonomie en principe de base.; ‘y 23.2îOD?83UO Nous avons pris conscience de l'ambiguïté qui était entretenue â l'intérieur des articles, a savoir, s'adresse-t-on â des femmes isolées ou a des femmes déjà engagées dans une lutte quelconque.Nous avons donc pris la décision de faire des textes moins théoriques. Le journal avait cessé de paraître depuis septembre dernier dû à la longueur imprévue d'une période de réflexion,d'orientation politique du groupe connu sous le nom de Centre des Femmes dont une des tâches étaient de le publier.Cette période est maintenant en partie terminée et nous commençons la réorganisation du groupe, du travail qui s'y faisait et l'organisation de celui qui s'y fera.Vous comprendrez que dans ces conditions il nous sera impossible de ne pas retarder à nouveau la parution du journal d'environ deux mois.Nous sommes confiantes que vous ferez preuve encore d'une grande compréhension et votre intérêt pour le journal n'en sera pas amoindri.Il nous faut souligner à ce sujet que malgré le long retard mentionné plus haut nous avons enregistré environ 200 nouveaux abonnements, ce qui est pour nous d'un grand encouragement.Donc, le journal Québécoises Deboutte! se réorganise.Nous pensons mettre sur pied une équipe stable dont la première tâche consistera â aller chercher la collaboration nécessaire à la rédaction et à la distribution sur laquelle nous mettrons des efforts particuliers.Il nous paraît souhaitable que de plus en plus de femmes a l'extérieur de Montréal puissent se procurer plus facilement le journal.Déjà nous pouvons dire qu'une place sera prévue pour les lectrices, soit sous forme de Chronique aux lectrices qui ne sera pas un courrier du coeur, soit sous une autre^forme.Nous espérons recevoir des lettres sur des sujets d'actualité des problèmes que vous rencontrez, des réflexions sur des textes parus dans no-’ tre journal ou ailleurs, sur ce qui se passe chez-vous dans votre quartier, votre region, etc.Des textes sur des sujets contreversés ou qui vous intéressent seront bienvenus.Nous ne nous engageons pas a tout publier mais nous écrirons aux femmes qui nous aurons envoyé des textes afin de les mettre au courant de nos décisions que nous gardions les manuscrits ou non.Si vous désirez conserver l'anonymat nous le respecterons.Notre propre politique à ce sujet reste à clarifier et nous vous en ferons part dans la prochaine livraison du journal.Nous comptons vraiment sur votre collaboration car la bonne volonté d'une ë-quipe, si grande soit-elle, ne saurait suffire a rendre le journal plus access! e car il ne pourrait traduire que la conscience d'une minorité.3 Enquête auprès des a bonnées Il ne s'agissait pas, bien entendu, d'une enquête scientifique, beaucoup de questions étaient trop générales pour cela.De plus elles s'adressaient plutôt à des militantes, à des femmes regroupées.Il serait plus réaliste de parler d'un sondage d'autant plus que la période estivale ne favorisait pas de nombreux retours de questionnaire.Toutefois et compte tenu des remarques qui précèdent nous sommes assez satisfaites des résultats du moins par leur qualité sinon par leur nombre.L'intérêt manifesté par les répondantes qui nous ont fait d'excellentes remarques nous a aidé à repenser la formule du journal.Dans l'ensemble, il n'y a pad de désaccord politique exprimé par les répondantes.Cependant, une critique revient tel un leitmotiv: les textes sont trop théoriques et s'adressent à une minorité de femmes conscientes.La même remarque nous fût faite par des militantes qui pour cette raison ne pouvaient diffuser le journal.Certaines chroniques comme Femmes en lutte.Sexe et Politique ont soulevées des remarques fort intéressantes quant â L'importance de la première qui rend compte de luttes menées par des femmes et à la seconde qui renseigne et déve-,loppe la conscience des lectrices au sujet de l'exploitation sexuelles des femmes .Quant à la chronique Humour noir les avis sont partagés.Certaines pensent qu'il est bon de rire de nos propres travers et de situations où on se trouve alors que d'autres pensent le contraire.Quelques répondantes se disent gênées par l'anonymat du journal.L'une d'elles| faisait remarquer qu'il est difficile de s'identifier a des fantômes, et j'ajoute-| rais encore moins de leur écrire.Collaboration De nombreuses offres de collaboration nous ont été faites auxquelles nous n'avons pas toutes répondues jusqu'à maintenant.Toutefois, nous comptons repren* dre contact avec toutes celles qui sont prêtes â nous aider.Il nous a été suggéré de créer une Chronique des lectrices ou encore une Tribune dans laquelle il serait possible a celles qui le désirent d'écrire sur un sujet contreversé.Plusieurs sujets et des plus variés nous ont été proposés - il serait trop long de les énumérer ici - ce qui nous aidera sans doute à mieux répondre aux désirs des lectrices.4 joume twemmme teS F6HHBS Dans chaque partie du globe, il y a des millions de femmes de toutes races, de toutes nationalités qui subissent la même discrimination et exploitation.Le sens que revêt notre journée, doit être la solidarité que dégage cette fête avec l'union de nos forces afin de vaincre.Nous québécoises: travailleuses, ménagères, étudiantes de plus en plus on a pris conscience de notre condition.Le premier pas est fait.A nous de prendre contact avec notre entourage.Soit dans nos quartiers, usines, bureaux, villages ou tous les jours on commence à s'organiser entre nous pour prendre en main nos revendications.Les luttes amorcées se clarifient d'année en année et nos ennemis ne peuvent plus rester indifférent.Ils sont Solides et nous combatives.En 1973-74, ici au Québec, plusieurs groupes de femmes se sont mis sur pied.Et d'autres ont avancé dans leur bataille.Mais malheureusement nous ne pouvons que faire un bref éventail des luttes qui se sont menées.POUR NOUS TOUTES.LE 8 MARS C'EST UNE JOURNEE DE SOLIDARITE, f 5 win une prise de conscience Au dernier congrès de la CEQ tenu au mois de juillet (du 3 au 6 juillet 1973), des enseignantes ont présenté quelques résolutions concernant la situation des femmes.Ces résolutions touchaient de près le problème des garderies, de la contraception, de l'avortement, de la discrimination et de la surexploitation des femmes sur le marché du travail; il était aussi question de l'image discriminatoire de la femme dans les manuels scolaires et des lois ou articles de lois aussi discriminatoires à l'égard des femmes.Pour ces enseignantes, il devenait urgent que les déléguées (és) se penchent sur cerjtains aspects particuliers de l'exploitation des femmes, cette centrale regroupant un peu plus de 46,000 femmes c'est-à-dire 66 2/3 % de ses effectifs.Le travail amorcé par les enseignantes au congrès ne s'est pas limité à ces quelques résolutions, heureusement adoptées.Il s'est poursuivi, mais de façon différente.Un comité sur la condition féminine a été formé au mois de septembre, et, libérées à demi-temps, cinq enseignantes ont pu entreprendre un travail d'information et de sensibilisation à travers les différents syndicats locaux de la province. F***mm- j Jusqu'à maintenant, elles ont rencontré des femmes de Thedford Mines, de Québec, des Laurentides, de la Côte-Nord, du Lac St-Jean, de Sherbrooke, de Victoriaville, De Montréal, etc.Et chose nouvelle, dans les centrales, ces rencontres n'étaient pas réservées uniquement aux enseignantes mais étaient ouvertes aux ménagères, étudiantes et autres travailleuses.Cela a permis, dans certaines régions, le regroupement de femmes, jusqu'ici isolées, mais pourtant bien motivées a se battre autour de certaines revendications qui concernent les femmes.A l'heure actuelle, 28 comités travaillent activement sur différents sujets relatifs aux problèmes des femmes dans leur région.Le comité sur la condition féminine, en plus d'organiser des rencontres avec des femmes, essaie de développer des instrumensts d'analyse et de travail comme la documentation, la recherche et l'information.7 La lutte pour l'avortement Le 29 janvier 1974; à la suite de l’acquittement du Dr.Morgentaler, la Couronne fait appel et demande que le verdict d’acquittement soit cassé et que le Dr.Morgentaler soit condamné.On attend le jugement de la Cour d’appel d’ici quelques mois.Le 12 février 1974, l’infirmière du Dr.Morgentaler est accusée de conspiration pour avortement.Le ministère de la justice demande une "enquête privilégiée" dans le cas du Dr.MacHabêe, arreté le 4 juillet’73 et accusé d’avoir commis plusieurs avortements: cela signifie, que, comme pour le Dr.Morgentaler, le ministère veut qu’il y ait un procès, automatiquement, et le plus rapidement possible.Le 21 février 1974, (un an jour pour jour après la perquisition au Centre des Femmes!) le Dr.Robert Tanguay ainsi que son infirmière et sa secrétaire sont arretés.Le docteur Tanguay a été accusé d’avoir commis 8 avortements.‘tr*- Il est clair que le gouvernement n’a pas digéré l’acquittement du Dr.Morgentaler, et qu’il continue ses attaques contre les femmes en empêchant que des avortements médicaux soient pratiqués à Montréal.Mais arrêter des médecins, c’est renvoyer les femmes chez les charlatans au risque d’y perdre leur vie.Ce n’est pas trop grave, puisqu'évidemment ce ne sont ni les femmes de juges ni les maîtresses des banquiers qui auront a subir de tels avortements.Formé en septembre'73, le "Comité de Défense du Dr.Morgentaler et pour la contraception et l'avortement libre et gratuit" a entrepris quelques actions au début de l'hiver pour appuyer le Dr.Morgentaler, en particulier(lignes de piquetages devant le Palais de justice, assemblées publiques).Tout dernièrement, une partie de ce comité (dont les militantes du Centre des femmes, de l'A.D.D.S., de la C.E.Q., du CRPS) s'est séparée pour former le "Comité de lutte pour la contraception et l'avortement libre et gratuit".Par la création de ce comité de lutte pour la contraception et l’avortement libres et gratuits, nous entendons dépasser l’aspect juridique de la lutte.Nous ne voulons pas que notre lutte devienne uniquement une lutte pour le droit des médecins a pratiquer des avortements mais une lutte véritable et organisée des femmes pour le droit à une sexualité libérée des contraintes d'une grossesse non désirée.Le contenu de notre lutte implique des revendications qui nous ccfbernent spécifiquement en autres le droit des femmes à choisir librement la maternité.8 Afin d'élargir la lutte à des milliers de femmes, ménagères et travailleuses, nous ne voulons pas nous restreindre à des actions telles que assemblées générales, lignes de piquetage, manifestation, (actions jusqu'ici employées par le comité de défense du Dr, Morgentaler).Nous croyons toutefois important de maintenir des liens avec le comité de défense et d'envisager la possibilité de travailler ensemble sur des projets précis considérés importants pour la lutte des femmes.Nous publierons prochainement un livre concernant le problème des femmes face à la contraception et â l'avortement au Québec; ce livre sera distribué largement dans tous les kiosques et librairies.De plus, le comité de lutte prendra en charge le service d'information et de références(du Centre des femmes) permettant aux femmes d'obtenir un avortement médical.Il s'agit, pour nous, d'améliorer ce service afin qu'il réponde mieux aux besoins des femmes, afin aussi qu'il nous permette d'élargir notre lutte dans le sens des intérêts véritables des femmes.Notre lutte est loin d'être terminée, et nous devons être de plus en plus nombreuses à nous y impliquer, si nous voulons vraiment gagner le droit au contrôle de nos maternités, par la contraception et 1'avcRement libres et gratuits.Les garderies* un outil necessai re.* Novembre 1973: 27 novembre : 30 novembre : 10 décembre : à 11 décembre : 13 décembre : Coupure de budget.Manifestation au bureau PIL.Occupation du MAS à Montréal et rencontre avec le ministre Forget.Occupations des bureaux de PIL à Montréal.Nous retournons occuper les bureaux de PIL.Manifestation au Parlement.Lors de cette manifestation, M.Poisson, chef de cabinet du ministre déclare que PIL est prêt a subventionner dans la mesure et à la condition que les promoteurs de ces projets aient en leur possession un document indiquant qu'une source alternative de financement continu est disponible â compter du 1er mars 1974.Pendant ce temps, â Montréal, on fait signer des pétitions dans les comtés.(tiré de "Le Bulletin", janvier 1974) La lutte dans les garderies se continue, afin que le gouvernement réalise l'importance de ce besoin, y consacre une part de son (notre!) budget mais surtout qu'il en laisse le plein contrôle aux usagers.9 EST CE QU'ON VEUT VRAIMENT DES GARDERIES?Si vous aviez le choix, aimeriez-vous mieux envoyer vos enfants à la garderie ou le garder avec vous à la maison?Si on posait cette question aux femmes québécoises, celles qui travaillent à l'extérieur comme les ménagères à plein temps, la majorité répondrait: "les garder à la maison".Pourquoi alors certaines femmes (et aussi certains hommes) luttent-elles pour que le gouvernement crée partout au Québec des garderies populaires, gratuites et contrôlées par les parents?Pourquoi alors tout ce bruit dans les journaux et à la télévision sur le problème des garderies?Pourquoi tant de tapage si au fond les mères québécoises ne veulent pas des garderies?Pourtant, le problème des garderies existe et s'il existe, c'est parce que des femmes, de plus en plus nombreuses, sentent et expriment leur besoin pour ce service.Dans ce dossier, nous allons essayer d'expliquer ce "fameux" ¦problème des garderies: - Pourquoi beaucoup de femmes ne veulent pas des garderies?- Pourquoi 'autres sont-elles prêtes à manifester dans les rues et jusqu'à Ottawa pour en avoir?Ce sont des questions auxquelles il faut répondre si on veut avoir des idées plus claires sur certains problèmes des femmes et sur l'éducation des enfants.10 V .iï Madame Lemieux Pour Madame Lemieux qui travaille à l'extérieur, et qui doit faire garder ses enfants, il n'y a pas mille solutions: - soit qu'elle puisse les confier à une parente ou une voisine fiable.en payant.- soit engager une gardienne à la maison, solution pratiquement impossible pour la majorité des femmes, vu le coût de ces gardiennes.“ soit qu'elle les place dans une garderie privée, quelquefois loin de chez-elle, et.en payant très cher, c'est-à-dire en moyenne $25.00 par semaine, par enfant.(Quand on sait que les femmes au Québec forment une main-d'oeuvre sous-payée.les garderies privées c'est pas une solution pour tout le monde.- soit, si ses enfants sont plus vieux, les habituer à se débrouiller .tout seuls.Ca coûte pas cher mais.c'est inquiétant.Quelques fois, Madame Lemieux ne pourra recourir à aucune de ces solutions et elle devra rester à la maison.Tout est bien Vous me direz.Des Madames Lemieux c'est fait pour rester à la maison, faire le ménage et s'occuper des enfants.Mais le problème, c'est qu'il y a de plus en plus de Madame Lemieux au Québec sur le marché du travail (plus d'un tiers de la population féminine en âge de travailler.).Ces femmes ont les meilleures raisons du monde pour aller travailler.Certaines doivent faire vivre leur famille.D'autres y vont pour arrondir le budget parce que le salaire du mari est insuffisant.Beaucoup y sont obligées pour réussir a payer les dettes, ou du surplus, ou simplement les études des enfants.Et enfin, certaines y vont parce qu'elles ont besoin de sortir de la maison, de voir des gens, de se créer un milieu.Ce sont toutes de bonnes raisons.Les femmes qui le veulent ont le droit de tra- vailler à l'extérieur et de recevoir un salaire.11 Mais notre société leur accorde ce droit seulement en paroles.Dans les faits, les Madame Lemieux doivent payer très cher ce droit au travail: les patrons profitent d'elles en leur donnant des jobs plates, mal payées et surtout en les obligeant a payer sur leurs salaires le coût des gardiennes ou des garderies.(Sans compter qu'en plus de leur travail, les femmes doivent aussi s'occuper de la maison).Ces Madame Lemieux auraient donc tout intérêt à réclamer du gouvernement des garderies populaires dans leur quartier, gratuites et où elles pourraient placer leurs enfants a-vec confiance parce qu'elles auraient leur mot à dire sur ce qui s'y passe.Beaucoup d'entre elles, d'ailleurs, commencent a 1 faire.Madame Tremblay Il y a aussi le cas de Madame Tremblay.Madame Tremblay travaille a la maison a plein temps.Et quand on dit à plein temps, il n'y a rien de plus vrai.Le travail ménager n'est jamais fini.C'est toujours à recommencer et surtout, il n'y a pas d'heures, pas de fins de semaine, pas de vacances.C'est un travail que chaque femme fait toute seule, dans sa maison, avec personne â qui parler â part les enfants, le mari qui rentre le soir fatigué, et peut-être une voisine ou une a-mie de temps en temps.Beaucoup de femmes sont devenues des Madames Tremblay parce qu'elles n'avaient pas le choix et qu'elles n'ont toujours pas le choix.Sans qualification, elles peuvent difficilement trouver un travail intéressant et payant.Si elles pouvaient avoir un travail, n'importe lequel, elles feraient face aux mêmes problèmes que rencontrent les Madame Lemieux.Elles préfèrent donc rester à la maison.12 Pourquoi ?Mais il y a rester à la maison et rester à la maison.Beaucoup de Madames Tremblay aimeraient avoir du temps pour elles, un ou deux jours par semaine pour faire ce dont elles ont envie.Certaines aimeraient travailler à l'extérieur à mi-temps.D'autres voudraient s'engager dans la vie de leur quartier et participer aux activités organisées par des groupes populaires (cliniques médicales, juridiques etc.) Elles retrouveraient dans ces groupes le sentiment d'être utiles et appréciées, sentiment que souvent elles ont perdu en restant toujours à la maison.Mais à qui confier les enfants sans que ça coûte trop cher et sans qu'on doive toujours s'inquiéter?Pour Madame Tremblay comme pour Madame Lemieux, le problème des garderies se pose avec la même urgence.Pourtant Madame Tremblay comme Madame Lemieux, les ménagères comme les travailleuses, continuent dans leur majorité à ignorer ce problème et à ne rien faire pour le résoudre.Pourquoi?Chaque femme a sûrement ses raisons personnelles (la famille jaserait, le mari veut pas en entendre parler etc.) mais il y a au moins deux raisons qui sont générales a presque toutes les femmes.En effet, beaucoup pensent que c'est bien mieux pour les enfants que ce soit leur mère qui les élève.Mais est-ce bien vrai?A ce sujet, les femmes sont souvent contradictoires.D'un côté, elles affirment que c'est à elles seulement que revient le travail d'élever des enfants.Mais d'un autre côté, il arrive qu'elles soient dépassées par les évènements.Et souvent on peut entendre ce genre de réflexions: "En tout cas, je les élèverai pas comme ma mère m'a ê-levée." "J'ai toujours voulu être une amie pour mes enfants, mais je me prends toujours a crier après eux autres." "Je sais pas ce que je donnerais pour avoir une heure à moi, rien qu'une heure!."Si c'était à refaire, peut-être que je recommencerais pas.Je savais pas ce qui m'attendait." 13 En effet, bien des femmes ne savent pas ce qui les attend quand elles décident d'avoir des enfants.Toute leur vie, on leur a répété qu'elles étaient faites pour être mère mais on ne les a pas préparées à l'être et on ne les a surtout pas informées de ce que seraient vraiment leurs conditions de mère.On n'a qu'à écouter les "hot lines" à la radio pour se rendre compte à quel point bien des femmes se sentent inquiètes et souvent malheureuses dans leur vie de mère et de ménagère."Je m'ennuie- J'ai pas une minute à moi - Je me sens toute seule - je sais pu quoi faire avec les enfants - Je me sens coupable de travailler pis de laisser les enfants - C'est pas drôle d'être enfermée à la maison!" Est-ce que ces femmes seraient toutes dénaturées?Peut-être que non.Peut-être qu'elles se plaignent de problèmes qui existent vraiment et qu'elles ont raison de le faire.Peut-être que si elles allaient au fond des questions qu'elles se posent, elles verraient les choses qui ne tournent pas rond dans leur vie.Et peut-être qu'elles penseraient aux garderies comme un moyen de les libérer d'une partie de leurs soucis.Car les garderies leur permettraient certainement d'avoir du temps pour elle, du temps pour faire autre chose, du temps pour sortir des quatre murs.En tout cas, c'est un pensez-y bien.Mais voilà, il n'y a pas de garderies, ou si peu.Et de plus les femmes s'en méfient.Elles ont peur que si jamais il s'en créait, leurs enfants y soient entassés comme dans une espèce de "parking" où personne ne s'occuperait d'eux vraiment.(Il y a déjà assez de problèmes à l'école où les enfants sont "paquetés" à trente dans une classe avec un seul professeur!) Certaines femmes ont même déjà fait l'expérience des garderies et elles y ont reçu un très mauvais service.ce qui les a rendues encore plus craintives , Pourtant, il y a des garderies où les enfants ne sont pas traités comme de petits animaux qu'il faut dresser mais où on pense que ce sont des êtres humains qui ont le droit d'être aimés, d'apprendre et d'être heureux.Dans ces garderies, il y a une monitrice ou un moniteur par sept enfants, tes parents sont consultés très souvent dans des réunions où l'on peut discuter de tous les problèmes d'éducation.Ces garderies sont gratuites (ou à prix très modique) et pourtant les soins et la nourriture y sont excellents. Les enfants,même très jeunes apprennent à jouer ensembles, à partager leurs jouets et ils participent â toutes sortes d'activités (bricolage, artisanat, dessin etc.) Très souvent, ces enfants y sont mieux qu'à la maison où la mère, (peut-être la gardienne) partagée entre le ménage et les enfants n'a pas toujours le temps de leur accorder beaucoup d'attention.Ce qui n'empêche pas bien sûr les enfants d'être très contents quand leur mère ou leur père vient les chercher.D'autant plus contents qu'ils ont eu le temps de s'ennuyer un tout petit peu.Ces garderies qui ne sont pas comme les autres (les privées où tout ce qui intéresse les propriétaires c'est de faire de l'argent) on les appelle les GARDERIES POPULAIRES.Si on y regarde de plus près est-ce que ces garderies ça serait pas le début d'une solution?Pour être plus en mesure de répondre à cette question, nous aurons dans le prochain numéro de ce journal un article sur les garderies populaires: comment elles sont nées, ce qu'elles sont maintenant, la lutte qu'elles ont menées contre le gouvernement, simplement pour pouvoir survivre.Tiré du Droit Populaire Volume 11, no.3 signé: Danièle Lamoureux Le pouvoir des femmes et la su bve r sio n sociale Les lectrices de Québécoises Deboutte! se souviendront sans doute d'une interview de deux féministes, Mariarosa Dalla Costa et Selma James, recueillie lors de leur passage a Montréal en mai dernier et publiée dans le no 6 du journal.Nous avions annoncé alors la traduction française d'un petit livre qu'elles avaient signé.Il vient de paraître sous le titre: "Le pouvoir des femmes etla subversion sociale".Il est sans contredit le résultat de là rencontre de deux féministes dont les expériences se complètent à merveille pour notre bénéfice.M.-R.Dalla Costa docteur en droit, assistante à l'Institut des Sciences politiques et Sociales de l'Université de Padoue (Italie) et Selma James d'origine américaine, ménagère et ouvrière, vivant en Angleterre depuis 1960, sont toutes deux très actives dans le mouvement féministe.Mariarosa et Selma qui se définissent elles-mêmes comme féministes-marxistes se sont donné pour tâche d'éclairer la vraie nature du role de la ménagère qui n'apparaissait pas clairement chez Marx.Les hommes sont trop compromis dans le rapport de pouvoir qui sous-tend leurs relations avec les femmes.C'est pour cette raison que seules les femmes peuvent se définir elles-mêmes, aller de l'avant et lutter, p.64 Dans son introduction à l'édition anglaise Selma James dit du texte de M.-R.Dalla Costa, à juste titre, qu'il est une contribution majeure a la question que pose l'existence d'un mouvement international des femmes en pleine croissance: quel est le rapport des femmes au capital, et quel type de lutte pouvons-nous effectivement mener pour l'anéantir?16 Afin de répondre a cette question Mariarosa commence l’analyse de l'exploitation des "sans salaire" de ce qu'elle appelle "l'usine sociale" dont le quartier général est la maison.Alors que nous parlons de plus en plus du salaire à la ménagère,par exemple, il me paraît nécessaire de prendre conscience du rôle de ce travail dans le monde actuel et des nouvelles possibilités de lutte qu'offre aux femmes, ménagères a temps plein ou ménagères-travailleuses, une analyse marxiste qui tienne compte du travail ménager qui selon Mariarosa est un travail productif au sens marxien du terme.Le texte de Selma, "La place de la femme" publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1953 exprime les difficultés éprouvées par les femmes ménagères et ouvrières en tant qu'immigrantes du Sud et de l'Est à destination de l'Ouest et décrit en termes simples la vie des femmes a partir d'expériences vécues.La célibataire, la femme mariée, la famille, les enfants, le mari, la femme travailleuse, les déléguées syndicales, quelque soit la place qu'une femme occupe elle se reconnaîtra quelque part dans ce texte que le temps n'a pas usé et qui apporte un éclairage direct au texte plus théorique de Mariarosa.Même s'il faut bien l'avouer, il ne s'agit pas d'abord d'une oeuvre littéraire - la traduction française laisse à désirer a maints endroits - ce petit livre demeure très important pour toutes les femmes désireuses de réfléchir sur leur condition d'êtres doublement exploitées et de travailler à briser l'isolement dans lequel nous maintient la société capitaliste.A lire et à relire.Le pouvoir des femmes et la subversion sociale, Librairie Adversaire, Genève, 147 pp.disponible a la fin de mars au Centre des Femmes, 4319 Saint-Denis, au prix de $2.17 SPECTACLE Chanson du boss (air: "Le Frigidaire".) Tant que les femmes resteront ben isolées J'f'rai mon profit, j'ferm'rai ma gueule, pis j's'rai l'patron Mais y a quéqu'chose qui m'dit qu’ça tourne pas rond Les ménagères commencent à r'mettre ça en question Avant ça marchait ben Les femmes comprenaient rien Y dev’naient des p'tites mères A partir de 16 ans Y m’faisaient des enfants Quasiment en série C'tait d'là vraie production D'main-d'oeuvre â bon marché (refrain) Avant a s'avortaient Mais au moins y en crevaient Pis celles qui survivaient En mouraient de chagrin A z'allaient s'confesser A mon chum le curé Qui les faisaient pleurer Sur leur âme damnée (refrain) J'ai t oujours mes curés Pis mes docteurs bornés En plus j'ai la TV Pis la loi d'mon côté Pourtant ça suffit pas A mettr' les femmes au pas A parlent de liberté De leur droit d'décider (refrain) J'sais qu'a veulent des enfants Mais à leurs conditions Pas n'importe comment Pis pas n'importe quand Ca y en est pas question Si j'veux garder pour moi L'contrôle d'là production Pis d'là reproduction (refrain) Y m'faut des travailleurs Pis des consommateurs Y m'faut du monde aussi Pour les entretenir C'est les femmes a maison Qui me font c'te job-la Si ça s'met â changer Mon système va casser (refrain) Les p'tites mères rêvez pas J'vous ferai pas d'cadeau La loi j'la chang'rai pas Que ça vous plaise ou non Mais, j'peux dormir tranquille J'vous ai d'jà isolées Pis du fond d'vos cuisines Vous pouvez pas lutter (refrain) 18 MARS 8 Chanson des femmes (air "M.le Président") Partir pour la famille Quand tu l'veux c'est ben beau Mettre un enfant au monde Ca t'emplit 1'coeur de joie Mais quand tu n'en veux pas Qu'est-ce qui te reste à faire Le garder malgré tout Ou ben t'faire avorter Décider d'avortej* Décider d'avorter C'est ben facile à dire Mais pas facile à faire C'est pas légalisé Tu peux tout essayer Te r'trouver chez 1'boucher Ou t'avorter toi-même Mais tu risques d'en crever C'est ça le choix des femmes C'est ça la liberté Faire l'amour tant qu'on veut Mais payer toute not'vie Avorter (sans danger) C'est ça que l'on demande Mais pouf être un sécurité Ou c'est qu'on va aller Finale bis Face à toute répression Nous développons nos armes 'Combattons notre exploitation [Il est fini le temps des larmes C'est à nous de décider Des enfants que nous voulons C'est aussi a nous de lutter Pour changer notre société Pour faire un monde ou ils pourront Connaître enfin la liberté Note: ces chansons sont une création collective des femmes ayant participé à la pièce de théâtre présentée lors de la fête du 8 mars a Montréal.19 o p i n ion d lectrices Note : Nous attendons vos lettres , opinions pour le prochain numéro avec beaucoup d'impatience. , : ¦- : ».• .Y.;-:;- *.¦ ‘ ¦m XD S -P-O On 3 CT rt publie CENTRE FEMMES mma
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