Argus, 1 janvier 1998, Printemps - Été
[" 1 13 FJ 1 * J p >iov ^ t Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Quebec La bibliothèque scolaire d'aujourd'hui, ses problèmes et ses promesses Les écrits numériques : nature et tour d'horizon des principaux formats Creating Electronic Environments for Learning Pour un hypertexte tabulaire Printltiips^itllÿîii ^ .Des outils de pointe pour un TRAITEMENT DOCUMENTAIRE INTEGRE Depuis 1964, SDM s'emploie à traiter la documentation de langue française en respectant les normes professionnelles les plus élevées.La très grande majorité des bibliothèques de tous types au Québec l\u2019ont compris, et leur productivité en fait foi! Nos clients puisent abondamment dans nos nombreuses bases de données, enrichies quotidiennement des plus récentes nouveautés.Grâce à une normalisation poussée, ils y trouvent économie et efficacité.Notre clientèle a choisi de donner la priorité aux services d'animation et de référence et de miser sur SDM pour la réalisation de son traitement documentaire.Que ce soit par la documentation imprimée, par CD-ROM ou par Internet, l'accès à l\u2019information de langue française est facilité.La conséquence directe de ce choix pour nos clients est évidente : une satisfaction marquée des attentes et besoins de leurs usagers et leur fidélité indéfectible.Faites comme la majorité des bibliothèques du Québec! Choisissez SDM et constatez la satisfaction générale de votre clientèle ! SDM, pour Services documentaires multimedia, et plus encore*.Savoir-faire \u2022 Développement \u2022 Méthodologie CHOIX : 411 000 notices bibliographiques de livres de langue française.DAVID : 60 000 notices bibliographiques de documents audiovisuels.LOGIBASE : 9 500 notices de logiciels et de documents électroniques de langue française.REPÈRE : 279 000 notices bibliographiques d\u2019articles de périodiques et 50 000 pages de texte intégral.RVM : Répertoire de 162 000 vedettes-matière de la Bibliothèque de l\u2019Université Laval.FAUTOR : Fichier d\u2019autorité de ,218 000 entrées (noms, éditeurs et collections).TRANSIT : Transmission par Internet de notices bibliographiques en moins d\u2019une heure.SERVICES DOCUMENTAIRES MULTIMEDIA TlC 75, rue de Port-Royal Est, bureau 300 Montréal (Québec) Canada H3L 3TI Télécopie: (514) 384-9139 Téléphone: (514)382-0895 http://www.sdm.qc.ca info@sdm.qc.ca Comité de rédaction Isabelle Pilon, présidente Daphné Bélizaire Jean-François Gauvin Mircea Gheorghe Philippe Lavigueur Denis Levasseur Isabella Lévêque Bouchard Traduction Rose-Aimée Poulain-Todd Correction Pierre Blouin Sonia Guimond Page couverture LineBodiguel Infographie Linda Bernier Impression Impression BT Publicité Line Glaude (514)845-3327 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0315-9930 Tirage 1150 exemplaires ARGUS est une revue publiée trois fois l\u2019an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (C.B.P.Q.) dont le siège social est situé au 307, rue Sainte-Catherine ouest, bureau 320, Montréal (Québec), H2X 2A3.Téléphone: (514) 845-3327 Télécopieur : (514) 845-1618 Internet : info@cbpq.qc.ca Tous les textes publiés dans la revue expriment les points de vue et opinions des auteurs et n\u2019engagent que ceux-ci.L\u2019abonnement annuel est de 29 $ (10 $ le numéro) au Québec, 35 $ (14 $ le numéro) au Canada, 35 $ US (14 $ US le numéro) à l\u2019extérieur du Canada et 18 $ pour les étudiants.Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée au plus tard un mois après la date de parution au Secrétariat de la C.B.P.Q.Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être autorisée par le Comité de rédaction.Les articles de la revue son indexés dans Pascal Thema, T205 : Sciences de Vinformation-documentation, Information Science Abstracts, Library and Information Science Abstracts (LISA), Library Literature et Repère.Sommaire 3 Présentation / Isabelle Pilon Boîte aux lettres - 5 Compétences et culture de l\u2019information / Pierre Blouin 9 Un programme très philosophique sur le développement des compétences communicatives ?/ Yves Fortin Perspective _____________________________________ Il La bibliothèque scolaire d\u2019aujourd\u2019hui, ses problèmes et ses promesses / Médéea Ioneseu Chronique _______________________________________ 15 Les écrits numériques : nature et tour d\u2019horizon des principaux formats / Denis Levasseur Appren tissage __________________________________ 24 Creating Electronic Environments for Learning / Marcos Silva Modes de lecture ________________________ 29 Pour un hypertexte tabulaire / Christian Vandendorpe Congrès, colloques, symposiums 35 Le Salon du livre de Montréal 1997 : La jeunesse du livre / Mircea Gheorghe Comptes rendus de livres _________________________ 37\tDu CD-ROM à la numérisation.Développer les documents numériques en bibliothèque / Denis Levasseur 38\tInvitation à la théorie de l\u2019information / Pierre Blouin 40 Histoire du livre / Jean-François Gauvin ARGUS / Vol.27, n' 1, Printemps-été 1998 1 Academus / Gestion Documentaire Paramétrage, alimentation de la base, indexation, thésaurus, recherches multi-critères, éditions et catalogues, DSI, autorisations d\u2019accès, GED, format Marc.Academus / Bibliothéconomie Emprunts et réservations, retours, étiquettes code-barre, abonnements, bon de commande, relance fournisseurs, suivi budgétaire, recollement.Serveur WEB Internet / Intranet, recherches documentaires, revue de presse, réservation des documents, GED.Venez découvrir le www.gbconcept.com.AVt( MM fm (t/wv\\(IM« % IMMliOrô Diffusion de l'information Revue de presse, synchronisations de bases, catalogage collectif, E-Mail, export catalogues, diffusion de bases d'images.Services Récupération de données, mise en place, formation, contrat d'assistance, notes techniques.Architectures Academus est disponible en version mono-poste ou client/serveur,\tW M RC (Windows™ NT et 95) et Macintosh™.Window»* Madntoih UNICATIO G.B.N.CONCEPT 950, 5alnt Antoine Ouest #410 Montréal (Que) H3C 1A8 Tel : 676 1006 / Fax : 676 9225 e-mall : roland@4eev.com Fonction: Service : Adresse: Ville/CP: Telephone: E-Mail: Oui! je désire : ?\trecevoir une documentation sur Academus ?\têtre contacté(e) pour une étude de mon projet ?\tassister à une présentation d\u2018Academus Présentation Une nouvelle année de publication s\u2019amorce pour Argus, et c\u2019est avec fierté que le comité de rédaction vous a préparé ce premier numéro de 1998.Nous y retrouvons en premier lieu les commentaires de lecteurs relativement à certains articles publiés dans les numéros précédents, soit deux réactions qu\u2019ont suscité la parution de l\u2019article de Robert Chiasson et Pierre Manseau sur le nouveau programme en techniques de la documentation.La lecture de ces commentaires vous donnera peut-être aussi l\u2019envie de partager votre opinion avec nos quelque 1 150 autres lecteurs ! On retrouvera ensuite, sous la rubrique « Perspective », l\u2019amalgame des objectifs et des difficultés rencontrés par nos collègues oeuvrant dans le milieu scolaire.L\u2019auteure Médéea Ionescu souligne que ceux-ci doivent faire preuve de dynamisme, en plus de diversifier leurs stratégies pour s\u2019attirer un public en mutation constante, et lui donner le goût de la lecture, ainsi que la curiosité d\u2019apprendre.Fidèle à son engagement, Denis Levasseur, conseiller en gestion documentaire, alimente la rubrique « Chronique » avec son deuxième article sur la gestion documentaire électronique.Cette fois-ci, il nous initie aux principaux formats dans lesquels se présentent les documents électroniques.Sous la rubrique « Apprentissage », Marcos Silva nous énonce les possibilités et les avantages d\u2019un programme mis sur pied à l\u2019Université McGill dans le but de favoriser les échanges et l\u2019apprentissage de médias électroniques de communication auprès des enseignants et des bibliothécaires.L\u2019auteur souligne entre autres que plusieurs éléments, autant techniques qu'interpersonnels, doivent être étudiés afin de maximiser l\u2019efficacité d'un tel programme.Christian Vandendorpe nous présente les nouvelles possibilités offertes par le procédé de l\u2019hypertexte.Cette technologie fait évoluer considérablement les méthodes de recherche et de consultation de l\u2019information.En effet, les frontières des connaissances sont ainsi repoussées à des limites encore inégalées jusqu\u2019ici.L\u2019auteur nous rappelle toutefois l\u2019importance de conserver les caractéristiques tabulaires du livre, malgré les grandes possibilités de l\u2019hypertexte.Le présent numéro d'Argus serait incomplet sans la présence des rubriques « Congrès, colloques, symposiums » et « Comptes rendus de livres ».En effet, dans la première rubrique, Mircea Gheorghe nous dresse le compte rendu du Salon du livre de Montréal, édition 1997, l\u2019un des événements annuels importants à marquer le monde du livre et de l\u2019édition.Finalement, la deuxième rubrique nous propose d\u2019élargir nos connaissances, dans plusieurs domaines : au niveau des technologies de l\u2019information, avec le compte rendu du livre intitulé « Du CD-ROM à la numérisation », et à celui des aspects historiques reliés à la profession, tel qu\u2019illustré dans « Invitation à la théorie de l\u2019information » et dans « Histoire du livre ».Je termine en lançant un appel à tous pour des suggestions, des articles ou des commentaires relativement à des articles déjà parus.Argus se veut le reflet de nos intérêts et de nos préoccupations en tant que bibliothécaires et professionnels de l\u2019information.Il revient donc à chacun de nous de l\u2019enrichir ! Bonne lecture ! Isabelle Pilon, bibl.prof.Présidente du comité de rédaction ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 3 I Hill v ; ^ 'npVIPv,v, ' -Am* 0 Pour l\u2019informatisation des: bibliothèques / centres de documentation / documents administratifs / procès-verbaux / archives historiques / correspondance HI Aussi: diffusion de bases de données documentaires en Intranet-Internet / création de sites WEB / formation des usagers / programmation Perl, Java / infographie / logiciel de recherche plein-texte Conseillers en Informatique documentaire et de gestion Inc, 1300, boul.Henri-Bourassa, Est.Montréal, (Québec) H2C 1G7 téléphone: (514) 385-5510 télécopieur: (514) 385-3685 http : //www.cidg.com adhoc@cidg.com EBSCO LES SERVI CES D'ABONNEMENT CANEBSCO Un nom à retenir pour une gestion intégrée et complète de l'acquisition et la diffusion de l'information: EBSCO Information Services.Un regroupement de maîtres d'oeuvre ralliant la compétence et l'efficacité offrant: \u2022\tUn service complet de gestion d'abonnements \u2022\tDes bases de données d'articles sur CD-ROM \u2022 Un service exhaustif de livraison de documents \u2022 Un service innovateur de bases de données en direct pourvu d'une architecture client/serveur et conforme à la norme Z39.50.EBSCO E PUBLISHING EBSCO/iW ïft EBSCO HOST Membres du groupe EBSCO Information Services.6 Boul Desaulniers \u2022 Suite 308 \u2022 St.Lambert, PQ J4P 1L3 (514) 672-5878 \u2022 1-800-361-7322 Boîte aux lettres Compétences et culture de l\u2019information L\u2019article de Messieurs Manseau et Chiasson dans le dernier numéro d\u2019Argus, intitulé « Un nouveau programme de formation en techniques de la documentation », a sans aucun doute soulevé beaucoup de discussions dans le milieu.J\u2019aimerais apporter un commentaire concernant le type d'approche adoptée, qui me semble emblématique de ce que devient la bibliothéconomie.J\u2019ai bien reconnu dans cette énumération minutieuse et détaillée tout le bagage de base qui m\u2019a été donné à l\u2019EBSI, lors de mes études en 1985-87, à quelques nouveautés près.La formulation du programme est pour moi le symbole d\u2019une conception et d\u2019un discours uniquement technique de la science de l\u2019information : une mauvaise chose en soi ?Évitons tout manichéisme, et disons plutôt qu\u2019il y aurait nécessité pour deux types de discours sur l\u2019information, l\u2019un d\u2019analyse technique, évidemment nécessaire, et l\u2019autre, plus général, donnant une perspective plus élargie en intégrant la question technologique à l\u2019intérieur d'une autre problématique dont la bibliothéconomie s\u2019est départie avec le temps, Vous avez envie de réagir après la lecture d'un article de la revue?La rubrique « Boite aux lettres » est conçue spécialement pour vous.Toute personne désireuse d'apporter son point de vue, ses réflexions ou ses commentaires peut les expédier par courrier, au 307, Sainte-Catherine ouest, bureau 320, Montréal (Québec), H2X 2A3, par télécopie : (514) 845-1618 ou par Internet: info@cbpq.qc.ca, à l'intention du Comité de rédaction, au secrétariat de la C.B.P.Q.celle de la responsabilité sociétale et intellectuelle de la profession, ainsi que son insertion dans un contexte et une histoire économiques et politiques.Cette description séquentielle de tâches et de standards du programme ne risque-t-elle pas de produire un technicien informé, « cultivé », responsable certes, mais un technicien-mécanicien quand même ?Ces techniciens que Jesse Shera appelait, avec la naïveté des théoriciens de son époque, les « artistes du contrôle » (The Study of Information, 1983, pp.383-84).Et ce, malgré ce qu\u2019en dit le programme, quand il parle de responsabilisation et de capacité d\u2019appréhension intellectuelle des faits et de l\u2019information.Bien sûr, le programme vise à former des techniciens, mais il ressemble tellement à s\u2019y méprendre à celui de la maîtrise de l\u2019EBSI qu\u2019on ne sait plus trop où aller.(la refonte consacre peut-être une extension des compétences axées sur le management de l\u2019information et sur la conception de systèmes).L\u2019idée de culture et de critique dans la jungle des faits d\u2019information Par culture de l\u2019information, j\u2019entends une capacité à élargir nos horizons au-delà des nécessités professionnelles et à s\u2019interroger de façon globale.Je ne confonds pas ce terme avec celui de culture générale, bien qu\u2019il y soit relié d\u2019une certaine manière.Ce n\u2019est pas non plus une culture liée à l\u2019alphabétisation et à la promotion de la lecture, comme on semble l\u2019entendre couramment.La culture générale s\u2019acquiert bien sûr avec le temps et ne s\u2019enseigne pas.Par contre, la façon d\u2019aborder les choses, elle, peut s\u2019enseigner.Elle relève d\u2019un travail intellectuel.Lorsqu\u2019on lit que les termes « expliquer, comprendre, initier, connaître » ont été soigneusement écartés de l\u2019énumération du programme au profit de mots « opératoires, concrets », comme « appliquer » ou « utiliser » (p.28), qui expriment le faire et l\u2019action, je pense qu\u2019on passe peut-être à côté de l\u2019essentiel, qui est de relier cette action à sa source.C\u2019est faire croire aux étudiants qu\u2019un simple pas vers la « culture générale » est de la foutaise, alors que dans le plus profond d\u2019eux-mêmes, ils la désirent, cette culture, pour donner un sens aux recettes et aux formules qu\u2019ils apprennent dans leurs textes de cours laborieux et dans les travaux souvent fastidieux qu\u2019ils doivent accomplir.C\u2019est ce qu'a remarqué le Conseil supérieur de l\u2019éducation du Québec dans son dernier rapport (décembre 1997), quand il déplore une forme d\u2019éducation mise au seul service de la production économique, le système actuel étant parvenu «à la limite du tolérable ».Est-ce que le programme « Arts, lettres et sciences » récemment annoncé pour la formation générale au collégial va changer les choses ?Permettons d\u2019en douter, puisqu\u2019il est réservé aux «meilleurs» étudiants et qu\u2019il semble orienté uniquement vers des fins de polyvalence sur le marché du travail.En fait, le problème ne me semble pas de donner des notions de « culture générale » tirées de la littérature classique ou des théories de critique sociologique : avant de scruter les détails et le comment de l\u2019action et de son effet, pourquoi ne pas d\u2019abord, ou parallèlement, décortiquer le pourquoi et le contexte des notions ?Par exemple, au niveau du discours sur la théorie de l'information, pourquoi ne pas faire un historique de la société de l'information d\u2019un point de vue socio-politique, et non pas uniquement technologique ?C\u2019est ce que les membres de la revue Terminal appellent une approche sociétale de la technologie (dont les NTI font partie).De surcroît, la « clientèle » bibliothéconomique provient de tous les secteurs de la connaissance, on pourrait y faire un forum unique de réflexion transdisciplinaire; mais comme on y vient pour un second choix de carrière, on s\u2019attend à un rendement efficace de notre investissement, au risque de se contenter de cela.Je le sais pour être entré à l\u2019EBSI aussi pour cette raison-là.Mon intention n\u2019est pas de soulever une vaine polémique.Il y a toutefois un débat essentiel qui se joue actuellement en sciences de l\u2019information ; sachons le cerner le plus clairement possible.L\u2019alphabétisation, cette marotte des bibliothécaires, me semble aussi fort bien s\u2019appliquer à la lecture intellectuelle des choses : il est nécessaire d\u2019alphabétiser notre esprit pour ne pas devenir des « illettrés» dans le discours qu\u2019est la technologie, et spécialement celle de l\u2019information.Il y a le risque grandissant d\u2019aliéner nos connaissances et l\u2019institution elle-même (École ou cégep).En se spécialisant, on acquiert une maîtrise des choses qui est aussi une maîtrise des « habiletés psycho-motrices, socio-affectives » et autres (p.24), qui donne finalement à la spécialisation une valeur de culture.D\u2019aucuns en ont conclu que cette tendance, exprimée par l\u2019expression anglaise \u201cto be at the professionnal cutting-edge\u201d, a eu pour but de donner à la profession le prestige qu\u2019elle attend depuis longtemps grâce aux NTI, sans égard au poids réel de cette technologie dans le champ professionnel.En somme, aurait-on accordé trop d\u2019importance au contenant plutôt qu\u2019au contenu ?ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 5 En ce sens, on aurait grand intérêt à reprendre un sain contact avec l\u2019histoire de la bibliothéconomie, où l\u2019on trouve des débats assez prophétiques.Je ne veux mentionner que trois documents, plutôt remarquables à mon avis : Humanisme et bibliothèques, d\u2019André Cossette (Asted, 1976), dans lequel l\u2019auteur proposait un retour à la philosophie de la bibliothéconomie pour trouver sa spécificité ; un article de Michael Harris dans lequel il mettait en garde contre une science positiviste et neutre de l\u2019information qui fait fi des conditions de médiation propres à la profession, et où il posait l'urgence de concilier approche empirique et réflexion théorique (\u201cThe Dialectic of Defeat : Antimonies in Research in Library and Information Science\u201d, Library Trends, Vol.34, Winter 1986, pp.515-531).Enfin, il faut lire un ouvrage auquel a contribué Yves Khawam, professeur adjoint à l\u2019EBSl à l\u2019époque de sa publication : Conceptions of Library and Information Science : Historical, Empirical and Theoretical Perspectives (1992).Citons seulement cette courte et belle formulation d\u2019Alvin Schrader : \u201c(.) techno-driven ethics issue from the science of the possible rather than from the culture of the derirable\u201d.(\u201cA System Theory of Access\u201d, p.197).Enfin, inutile de rappeler l\u2019article percutant de John Buschman dans Argus, Vol.23, no 2, (Mai-Août 1994), pp.13-20, dont le titre parle par lui-même : \u201cTaking a Hard Look at Technology and Li brarianship: Compliance, Complicity and the Intellectual Indépendance of the Profession.\u201d Formation aux NTI ou à la problématique d\u2019ensemble de la documentation ?Dans certaines écoles universitaires de bibliothéconomie américaines, il est courant d\u2019exiger des étudiants finissants une vision synthétique assez rigoureuse.A la \u201cLibrary School of Information Studies\u201d de l\u2019Université de l\u2019Oklahoma, entre autres, on fait passer un \u201ccomprehensive examination\u201d en fin de formation, avec des questions à développement, qui demande un \u201cbody of knowledge\u201d étendu.Un point de vue personnel et une maîtrise de l\u2019expression écrite sont les critères premiers de l\u2019évaluation.Un des sujets que l\u2019étudiant peut choisir, et qui vient en tête de liste dans le programme qui lui est fourni, touche aux «fondements philosophiques et théoriques de notre discipline».(Source: http://www.ou.edu/ cas/slis/Compshan.htm) Savoir raisonner symboliquement, dépasser la pensée basée sur la commodification, la magie de ce qui est commode et efficace, voilà qui devrait nous motiver et nous enthousiasmer.D\u2019un point de vue pédagogique et humain, il m\u2019a toujours semblé que lorsqu\u2019on a vingt ans et qu\u2019 on entre avec un enthousiasme débordant dans la « vraie vie » des grands avec un esprit fonctionnaliste, on empêche quelque chose qui se nomme l\u2019idéalisme véritable, cette faculté de penser les choses autrement.La question n\u2019est peut-être pas si futile lorsqu\u2019on voit ce qui se passe dans les cégeps du Québec actuellement (violence, suicides, etc.).Comme le disait Hannah Arendt, la pensée fonctionnelle tue la beauté du monde, et le désir d\u2019élévation vers cette beauté.Après tout, la passion dans la connaissance, ce n\u2019est pas étranger à la bibliothéconomie.Les rapports sur la formation et la lecture s\u2019en gavent amplement.Ceci ne veut pas dire qu\u2019il faille rejeter la technologie, mais seulement la remettre en contexte.Si on soutient qu\u2019elle n\u2019est qu\u2019un outil parmi d\u2019autres, vous conviendrez avec moi qu\u2019elle prend à peu près toute la place dans nos discours actuels, que ce soit dans les contenus de cours, les revues ou les congrès.Et c\u2019est toujours l\u2019approche techniciste qui domine.Les réactions de rejet me semblent davantage tenir à des raisons professionnelles qu\u2019intellectuelles (modification des habitudes établies, ou encore surcharge de travail, ou refus d\u2019apprendre de la part de certaines personnes).Mais là encore, l\u2019éducation et la formation ont le premier rôle ; pourquoi ne pas y ajouter une sensibilisation à une culture de l\u2019information pour encore mieux comprendre ces technologies ?Loin de moi l\u2019idée que l\u2019approche technique est mineure ou moins valable qu\u2019une approche, disons, philosophique.Le présent numéro A'Argus en donne la preuve, s\u2019il en est, du contraire.Mais, à force de pri viligier une seule façon d\u2019aborder les choses, alors qu\u2019il existe une incroyable documentation sur d\u2019autres aspects, on risque de s\u2019enfermer et de se fermer, au lieu de s\u2019ouvrir.C\u2019est lorsque la technique devient une espèce de pensée unique, selon l\u2019expression courante en économie, qu\u2019apparaît une idéologie de la Technique.En guise d\u2019exemple frappant, voici ce que présentait une brochure d\u2019information sur les programmes de formation technique au collégial, distribuée dans La Presse du 17 janvier 1998, : « Lettre ouverte aux jeunes, à leurs parents, à leurs professeurs : Il y a de l\u2019espoir ! ».On précise que la « formation technique collégiale convient bien aux jeunes qui aiment le CONCRET et qui s\u2019intéressent plus au «COMMENT» qu\u2019au «POURQUOI» : COMMENT ÇA MARCHE PRATIQUEMENT ?(p.2, majuscules dans le Boîte aux lettres texte).Comble de l\u2019ironie, on énumère à l\u2019intention des futurs étudiants de techniques une série d\u2019affirmations, qui représenteraient les raisons pour lesquelles ils devraient s\u2019inscrire ; parmi ces dernières, «j\u2019ai besoin de bouger », « j\u2019aime résoudre des problèmes pratiques plutôt que théoriques », « J\u2019exécute rapidement des tâches concrètes » (comme un bon travailleur à la chaîne), « les cours théoriques m\u2019ennuient », « j\u2019aime prendre certains risques » et.« Je n\u2019aime pas avoir à passer du temps à faire des recherches à la bibliothèque» ! Voilà pour le savoir et pour la valeur de la bibliothéconomie !.Inutile de mentionner que le programme en techniques de la documentation n\u2019a pas été retenu pour cette publicité.Ne serait-il pas exagéré de voir dans la ressemblance du programme collégial avec celui de l\u2019EBSI une espèce de confusion presque panique, issue de la concurrence solide que se livrent les institutions dans la formation des étudiants et des spécialistes en information ?L\u2019arrivée sur la scène de la nouvelle Ecole de technologie de P information et du programme de Technologies de l\u2019information aux HEC (avec son centre de recherche, le GreSI) ajoute sans aucun doute à la crise qui était latente, et ce, quelle que soit la distinction qu\u2019on fait entre les fonctions du bibliothécaire-spécialiste et celles de l\u2019informaticien, et du gestionnaire d\u2019information.Ne serait-on pas en droit de se demander si les écoles de bibliothéconomie ne forment que des techniciens professionnels de la documentation, et non pas des professionnels qui peuvent produire une analyse autre que gestionnaire et technique ?Regardons bien autour de nous : tous ceux qui tiennent un discours profond et intéressant sur la « société de l\u2019information », qui en parlent en autrement qu\u2019 en techniciens savants, sont des philosophes, des sociologues, des politicologues, des écrivains, voire de simples journalistes, mais pas des spécialistes en information.Buschman le soulignait très justement à la fin de sa contribution dans Argus.Comme dit Peter Drucker, un théoricien et penseur-consultant économique fort connu en bibliothéconomie, puisqu\u2019on tend désormais à lui attribuer la paternité du concept de \u201cknowledge society\u201d, \u201cSpecialists are effective only as specialists -and knowledge workers have to be effective\u201d (The Post-Capitalist Society, 1993, p.50).Le parcours de Drucker est lui-même significatif : il a longtemps, avoue-t-il, favorisé une éducation généraliste, mais il y a renoncé devant les conditions du marché moderne, qu\u2019il estime insurmontables, et dont il a choisi de se faire l\u2019apologue.6 ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 Boîte aux lettres Je suggérerais donc d\u2019ajouter au programme une 27ième compétence qui pourrait se formuler comme suit: Faire prendre conscience à l\u2019étudiant en information d\u2019une vision d\u2019ensemble de cette dernière au sein d\u2019un ensemble socio-politique et de structures de pensée qui la conditionnent et la déterminent, entre autres avec le développement des réseaux.Aboutir ainsi à une formulation d\u2019une éthique de l\u2019information, afin de trouver un sens à l\u2019évolution de la « société de l\u2019information ».Évitons de confondre culture technique et culture humaine.Penser autrement le discours de l\u2019information Une dernière remarque dans la foulée d\u2019une réflexion sur une culture de l\u2019information : le nouveau programme doctoral de l\u2019EBSI fera-t-il place à une orientation différente de celle du programme de maîtrise à cet égard ?Est-il souhaitable de réserver au niveau du doctorat une réflexion plus poussée, qui se séparerait de la formation technique acquise en maîtrise et qui serait cloisonnée dans une sorte de réserve faunique académique où elle servirait à produire des thèses plus « évoluées », entendons plus spécialisées ?Le programme proposé est de toutes façons représentatif de l\u2019approche par trop techniciste et empirique de la maîtrise, cela dit avec tout le respect dû à ses professeurs et à leurs connaissances, et dont la culture profonde de plusieurs m\u2019a marqué.Dans tous les programmes d\u2019éducation, ne vaut-il pas mieux intégrer les savoirs et les réflexions basés sur les apprentissages techniques, plutôt que de produire un savoir un peu trop rassurant, qui soulève trop souvent les mêmes problématiques, telles que la sociologie de la lecture ou la description des techniques de support du savoir ?Trop de promotion para-professionnelle ou académique n\u2019ajoute pas nécessairement à une juste compréhension des enjeux.Rolando Perez, un documentaliste américain, commente ainsi la réflexion théorique en information : \u201cIt has become extremely difficult to find intellectually stimulating articles in our field.The Boortins and the pheras are rare exceptions.The writers of scientific studies will do almost anything to make their views as least controversial as possible ; and the statistical baggage helps them in this respect\u201d {The Ideology of Information Science : Considerations for Academic Librarians, 1994, p.24).Le discours s\u2019est « technologisé », perdant du coup toute sa saveur critique et ouverte.C\u2019est un discours d\u2019« usagers » et de « valeur ajoutée », constellé de sigles et d\u2019acronymes.et aussi de « compétences », qui revalorisent le métier d\u2019antan en affirmant son privilège désormais concurrentiel et en lui conférant une respectabilité.Des exceptions à ce constat : les revues plus théoriques, plus rigoureuses, comme JASIS ou Library Trends (les lit-on beaucoup ?).ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 Edi3§ se Diffusion de bases documentaires Windows 95 ou NT Développé par la firme d'ingénierie documentaire DOCUMENSA, EdiB@se.net est un logiciel multilingue de diffusion de bases documentaires sur Internet ou intranet.Les bases documentaires diffusées sont des collections de dizaines ou centaines de milliers de documents structurés en zones de texte de longueur illimitée.EdiB@se.net permet à plusieurs utilisateurs d'interroger simultanément de telles bases.Grâce à des index de recherche consultables, la recherche est beaucoup plus précise et rapide, en comparaison avec la navigation hypertexte ou la seule recherche par mots simples dans le texte.Les bases sont créées et mises à jour avec un logiciel compagnon, EdiBase iw5, qui crée automatiquement les index de recherche et génère directement des bases diffusables par EdiB@se.net.\u2022\tRecherche par index ou dans le texte.\u2022\tChoix de langue (français et anglais).\u2022\tAffichage du texte et des images.\u2022\tInterface personnalisable au choix de vos utilisateurs et de votre entreprise.\u2022\tHistoriques pour construire des stratégies de recherche ultérieure.\u2022\tAccès d'un nombre illimité d'utilisateurs à vos bases textuelles.\u2022\tConforme aux normes utilisées par Netscape Navigator et I-Explorer.\u2022\tIntègre tous les formats d'images supportées par Netscape Navigator et l-Explorer.( Sujet à la capacité de votre serveur.) \u2022\tFormats d'affichage adaptables à différents profils d'utilisateurs.\u2022\tGestion des utilisateurs et de leurs mots de passe Aide en ligne navigable \u2022\tAutomate de conversion HTML de vos bases textuelles.DOCUMENSA 801, rue Sherbrooke Est, bureau 615,Montréal (Québec) Canada H2L 1 K7 Téléphone : (514) 524 7722 Télécopieur: (514) 524 5441 marketing@documensa.com BBHMB L\u2019histoire de Nicholson Baker, cet écrivain de San Francisco qui a fait campagne pour sauvegarder le catalogue sur fiches de la bibliothèque publique de sa ville, est assez amusante à cet égard : tout ce que le type voulait, c\u2019est que les bibliothécaires répondent à leur mission première de conserver tout document, quel qu\u2019il soit (et le catalogue est un ensemble de documents sur papier) sans porter de jugement sur ce dernier.Pour Baker, amateur d\u2019histoire et de bibliographie, ce catalogue est le fruit du travail de plusieurs générations de bibliothécaires, et il contient une information précieuse pour des recherches spécifiques et pour des références plus complètes, constatant aussi une pauvreté relative des transcriptions par le service d\u2019OCLC.Le hic, c\u2019est que ce dit catalogue est désormais le déchet symbolique d\u2019un exutoire collectif des documentalistes américains devenus spécialistes, et que l\u2019innovation technologique a complètement aveuglés.L'article de Baker (\u201cDiscards\u201d , The New Yorker, 4 avril 1994) ne semble pas avoir été entièrement lu par ses détracteurs ; c\u2019est un texte remarquable de la part de quelqu\u2019un n \u2019 ayant pas de formation en documentation, un excellent exemple de journalisme allié à la recherche savante.Force est de constater que le milieu actuel de la documentation en général (dans sa grande majorité, malheureusement) est résolument réfractaire à toute forme de réflexion autre que centrée sur la technologie et son rapport avec la pratique, ainsi que sur la profession en tant que monde clos sur lui-même.Peut-être ce milieu est-il conditionné par un discours lui aussi.Le monde de l\u2019information ne se limite pourtant plus aux cercles bibliothéconomiques, ni aux seules problématiques des bibliothèques ou de la technologie, les spécialistes de l\u2019information sont les premiers à le clamer haut et fort.Or, leurs communications ne correspondent pas à leur rhétorique.On prend beaucoup de temps et d\u2019énergie à comprendre les subtilités du SGML, du \u201cdata mining\u201d et de ses algorithmes dérivés des traitements en parallèle de LIA, mais pour en faire quoi ?On examine avec une passion presque adolescente les détails sans les relier à l\u2019ensemble, sur un autre terrain, avec d\u2019autres concepts.On ne parle presque jamais directement, par exemple, des réalités humaines derrière tout cet armada (conditions de travail, comportements professionnels, investissements financiers, représentations idéologiques.).On parle par contre abondamment, et presque exclusivement maintenant, du succès des centres de documentation des entreprises qui ont adopté les méthodes nouvelles de gestion ou de standardisation, un peu à la façon des \u201cBusiness Week\u201d ou des \u201cFortune\u201d qui relatent l\u2019implantation des méthodes qu\u2019on connaît tous, inspirées des Japonais, chez leurs protégés.On ne mentionne pas les suites, voire les échecs, de ces « changements nécessaires », qui seraient de l\u2019ordre de 50 à 70 % dans l\u2019entreprise américaine.Seul compte toujours le discours théorique et lénifiant.Voir à cet égard l\u2019excellent dossier de L'Hebdo, no 45,7 novembre 1996.Une recherche en environnement de l\u2019information Tout cela pour dire que faire la vaisselle, c\u2019est bien nécessaire, et même fort agréable en groupe, mais pour ensuite pouvoir se mettre quelque chose sous la dent, et déguster.Le documentaliste devrait-il ajouter à sa mission de chercheur d\u2019information celle de penseur du statut de l'information ?De multiples pistes de réflexion s\u2019offrent ainsi à nous : comme chaque innovation technique ne cesse de nous suprendre agréablement et d\u2019emporter chaque fois notre adhésion, tacite ou pas, le besoin d\u2019information apparaît créé par les décideurs économiques ; témoin, cette intégration de la télévision où on pourra cliquer sur la robe de l\u2019actrice pour l\u2019acheter.Ou encore, la \u201cpush technology\u201d, cette version \u201cglamour\u201d de l\u2019austère DSI (diffusion sélective de l\u2019information), qui a failli en son temps.La grande thématique des communautés virtuelles s\u2019éclaire aussi de cette déclaration de Bennett Harrison, professeur à la Carnegie Mellon University, selon laquelle une appartenance à une autre communauté est nécessaire à la survie de l\u2019économie industrielle moderne, les travailleurs étant à la limite de l\u2019insécurité dans le système actuel (\u201cOnce secure workers now face \u2018survival for the fittest\u2019 \u201c, USA Today, Nov.13,\t1996, http:// www.usatoday.com/news/index/down/ down01.htm).On doit donc aussi mesurer l\u2019envers de 1\u2019«empowerment» que les médias confèrent, non pas au citoyen, mais à l\u2019Homme.Quand on constate un bon matin sur notre écran les traductions automatiques d\u2019Alta Vista ou les «mécanismes de suggestion » d\u2019Excite, malgré toutes leurs insuffisances, indécelables par le grand public du réseau, on ne peut qu\u2019être emballés et hallucinés.Cette hallucination est à prendre dans tous les sens, aussi bien intellectuel que mental ou autre, dans une économie qui devient virtuelle, où l\u2019information acquiert sa propre valeur Boîte aux lettres d\u2019échange.La possibilité pour ce grand public d\u2019explorer des milliers d\u2019idées ou de données peut être positive en soi, elle répond à l\u2019idée de progrès et de pluralisme, mais il faut aussi y voir autre chose que du discours officiel : il y a aussi une hallucination normalisée, dans un univers économique lui aussi normalisé, rentabilisé, qui a besoin d\u2019information normalisante.Il n\u2019y a pas de complot derrière cela ; c\u2019est le processus de virtualisation qui va de pair avec (et qui nous cache) une perte de réalité, celle de l\u2019environnement physique par exemple (voir la pub récente de Camlntemet avec une photo du verglas : pourquoi s\u2019aventurer dehors quand c\u2019est si sécure d\u2019explorer l\u2019univers chez soi ?).Les campagnes d\u2019information dont nous sommes de plus en plus inondés exploitent comme bien d\u2019autres le caractère stratégique de l\u2019information non économique en tant qu\u2019instrument économique.Que devient alors l\u2019information érigée en système de gestion sociale ?Voilà autant de questions qu\u2019on devrait se poser en tant que spécialiste.Plus que jamais, donc, une tête bien faite n\u2019est pas une tête bien remplie, selon l\u2019adage souvent cité.En instruisant les autres, le documentaliste doit aussi s\u2019instruire lui-même.Il n\u2019est certes pas éducateur, du moins au sens traditionnel du mot, (bien que certains, comme Buschman, voient là un rôle d\u2019avenir) mais a la responsabilité de conscientiser les gens aux problèmes de l\u2019information, puisque c\u2019est son domaine.C\u2019est peut-être là la spécificité de sa profession finalement, celle qui le définiera enfin ou contribuera à le définir.Comme le disait Roland Arpin, un des acteurs et penseurs majeurs des politiques culturelles et de l\u2019éducation au Québec, « Je privilégierais le développement de l\u2019esprit critique face à cette masse d\u2019informations venant de partout.L\u2019esprit critique se développe à l\u2019école.La connaissance, le savoir, l\u2019apprentissage et la culture: même combat (.) Il ne faut jamais distinguer culture et connaissance ».(Le Soleil, 27 déc.1997, p.D7).Pierre Blouin, bibliothécaire spécialiste de l\u2019information et de la connaissance 8 ARGUS / Vol.27, ri 1, Printemps-été 1998 Boîte aux lettres Un programme très philosophique sur le développement des compétences communicatives ?Le développement d\u2019habiletés au travail en équipe, à l\u2019animation et à la promotion nous paraissent nécessaires dans la formation du technicien en documentation.Toutefois, il doit y avoir une cohérence dans son développement.La personnalité peut développer certaines habiletés qui ne pourront pas être maximisées sans un développement personnel orienté vers le travail en public.L'éducation est une aide au développement qui ne doit pas être associée à l\u2019acquisition des éléments du Moi d\u2019un individu.Pouvons-nous obtenir un portrait-robot unique pour tous ?Une réponse à cette interrogation est fort complexe.Je tenterai d\u2019y apporter un éclairage par une réflexion alimentée par mon expérience en animation et en enseignement, ainsi que de gestionnaire de programmes culturels.Ma première réponse au programme serait d\u2019ajouter un test sur les habiletés au travail avec des groupes comme instrument de sélection pour les futurs étudiants.Nous aurions alors un profil personnel qui correspondra aux attentes des compétences à développer dans le domaine des relations humaines, augmentant ainsi les chances de pouvoir atteindre les objectifs du programme.Nous pourrions également orienter nos cours sur la psychologie behaviorale pour modifier le comportement des étudiants qui ne manifestent pas d\u2019aptitudes aux relations humaines.Mais ce sont tous là des choix administratifs qui me semblent utopiques.Le programme institutionnel doit concevoir plutôt un bloc animation-promotion.Celui-ci est un choix de spécialisations possibles à travers une session terminale du programme.Je vous adresse donc quelques suggestions de contenu sur l\u2019organisation de celle-ci : 1)\tUne introduction à l\u2019animation de groupes, ayant pour objectif de développer des habiletés sur l\u2019animation de groupes de travail et l\u2019animation d\u2019activités ; 2)\tUn cours sur la communication qui regroupe des éléments de communication écrite ; 3)\tUn cours sur les relations publiques et la promotion.La dernière partie doit être un atelier pratique sur le développement d\u2019activités de promotion et d\u2019animation et d\u2019outils d\u2019évaluation.Voilà un choix cohérent pour des étudiants qui désirent une spécialisation qu\u2019ils pourront suivre parallèlement à une orientation vers les services à la clientèle.Ce programme doit offrir certaines orientations aux étudiants qui veulent optimiser le développement de leurs aptitudes, et non pas leur offrir un moule unique.Le développement d\u2019approches qui touchent la personnalité de l\u2019individu ne peut pas être normalisé pour tous les individus.Le choix de ces approches doit être fait par l\u2019individu en fonction d\u2019un choix personnel et non pas de l\u2019obligation de subir un apprentissage qui développe des habiletés en fonction de sa personnalité.La psychologie de l\u2019apprentissage est très explicite sur le sujet.Une modification s\u2019impose dans l\u2019organisation des programmes locaux pour donner à l\u2019étudiant les outils et la possibilité de faire un choix rationnel à l\u2019intérieur de sa formation.Yves Fortin Bibliothécaire professionnel La LIBRAIRIE MERCIER a pour objectif de faire tout son possible afin de simplifier votre travail.\t(V\t Notre expérience nous permet d\u2019effectuer des recherches fréquentes pour vous, et ainsi, réduire le nombre de vos commandes et vous sauver du temps.\t\t)( h J Depuis 1952, nous desservons les institutions d\u2019enseignement et de recherche, telles que les bibliothèques municipales, scolaires, provinciales, fédérales et d'hôpitaux.\t\th Nous comptons avoir le privilège de bien vous servir très bientôt.\t\t LIBRAIRIE MERCIER librairie agréée, 40, St-Joseph, Ste-Thérèse, Qc J7E 3L6 Téléphone : (514) 435-0581 Télécopieur : (514) 430-1584\tVolumes reliés de luxe Arts et histoire Littérature Scientifiques Médicaux Service de recherche\t ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 9 Pour voir plus loin.Il vous faut REGARD le logiciel de gestion informatisée de la bibliothèque Coup d\u2019oeil S r \u2014 amé.REGARD est une solution performante fonctionnant sur micro-informatique en mode autonome ou en mode réseau.REGARD est un logiciel entièrement intégré, bilingue, sécuritaire et facile d'utilisation.L'avantage prédominant de REGARD s'explique par la grande souplesse qu'il offre à son utilisateur.\u2022\tBanques de données catalographiques personnalisées.\u2022\tZones descriptives de longueur variable.\u2022\tDistinction entre notice et document physique.\u2022\tAccès au catalogue par quatre modes de recherche adaptés à vos besoins (simplifié, expert, au moyen d\u2019un thésaurus et d'Internet).\u2022\tIndex de recherche personnalisés selon les nécessités de la banque définie.\u2022\tÉlaboration de politiques de prêt et de calendrier selon vos exigences.\u2022\tGestion intégrée de toutes les activités de circulation.\u2022\tGénération de listes, de lettres, de rapports, de statistiques et d'historiques.\u2022\tEtc.I m o A SURVEILLER La Société GRICS offrira le logiciel REGARD sous Windows.Cette nouvelle version permettra entre autres : \u2022\tle prêt entre bibliothèques et la gestion multisuccursales ; \u2022\tla réservation à la période; \u2022\tl\u2019importation et l\u2019exportation en format MARC ou normalisé Access; \u2022\tla recherche Internet évoluée ; \u2022\tla personnalisation des données et des menus de l\u2019utilisateur ; \u2022\tle fonctionnement client-serveur avec SQL.O _CATALOGUE (fichier d'autorité) _RECHERCHE (thésaurus) _ CIRCULATION _ EXPLOITATION ET IMPRESSION _ IMPORTATION* ET EXPORTATION _ INVENTAIRE ET UTILITAIRE * CHOIX, DAVID.REPÈRE, format MARC et CRSBP REGARD une solution intégrée ACQUISITIONS PÉRIODIQUES Le module de gestion des acquisitions et des périodiques est offert séparément.% GRICS Si vous désirez voir de plus près REGARD, veuillez communiquer avec le Service à la clientèle au (514) 251-3730.http://www.grics.qc.ca La bibliothèque scolaire d\u2019aujoud\u2019hui, ses problèmes et ses promesses Médéea Ionescu Bibliothécaire professionnelle Perspective Tous les responsables cherchent les meilleurs moyens d\u2019intéresser les jeunes et leurs éducateurs aux ressources d\u2019information de leur bibliothèque scolaire.Faire de sa bibliothèque un endroit attrayant, accueillant et fréquenté est le rêve de chaque bibliothécaire.11 faut faire comprendre aux jeunes que l\u2019étude et la lecture sont les clés de leurs succès futurs.La tâche est difficile à accomplir.Les demandes, les goûts et les exigences changent d\u2019une année scolaire à l\u2019autre et d\u2019une génération à l\u2019autre.Le présent article essaye de sensibiliser le lecteur à la complexité de cette profession.La personnalité et le professionnalisme du bibliothécaire ne peuvent être remplacées par l\u2019ordinateur et ses facilités.Qu\u2019est-ce que c\u2019est une vraie bibliothèque scolaire d\u2019aujourd\u2019hui ?Il n\u2019y a pas de définition précise.Mais, on sait, qu\u2019une vraie bibliothèque est surtout l\u2019endroit où l\u2019élève développe son goût pour la lecture et où il peut accomplir ses travaux quotidiens, ses projets et sa formation pour une future carrière.Et le bibliothécaire ?C\u2019est la personne ressource qui doit être le collaborateur de l\u2019élève et de l\u2019éducateur, une des personnes importantes qui ouvrent à l\u2019étudiant les portes du savoir.Today\u2019s School Library : its Problems and Promises In a period of progessively shrinking budgets, school librarians must find ways to continue to attract students to the library.The challenge is to convince them that, in addition to contributing to their scholastic success, the library can help them to make informed decisions in later life.This article presents the school librarian as more than an administrator and the school library as more than just a source of compact disks and an internet connexion.The library should be a place where teachers and students know they can find a good book as well as help with a project.The librarian should be a collaborator, a curriculum consultant, a mentor, and an expert in information technology, while at the same time fostering a love of reading and of knowledge.La bibliothèque de l'école secondaire a beaucoup évolué au cours des dernières années.Elle est devenue un centre de documentation avec des livres, des vidéos, des cédéroms et des ordinateurs.L\u2019Internet est encore un rêve, mais on y pense déjà.Chaque bibliothèque a son propre programme, son public, ses besoins et le responsable, ses préférences.Malgré cette diversité, la bibliothèque d'une école secondaire doit offrir à ses lecteurs aussi bien le mot écrit que les produits multimédia.Posséder une collection et une technologie de pointe est primordial.Mais est-ce que c\u2019est suffisant ?Il ne suffit pas de remplir les étagères de bons livres et de cédéroms, il faut réussir, et réussir, c\u2019est avoir du «succès».Et par «succès», on comprend une utilisation bonne et efficace des ressources de la bibliothèque.De quoi dépend le succès des activités menées par le responsable de la bibliothèque ?Il dépend de sa compétence et de ses qualités personnelles.Les deux aspects s\u2019entremêlent.Il n\u2019y a pas de démarcation précise ou de recette.Connaissances, motivation, compréhension, maîtrise de soi face aux situations critiques, efficacité sont des qualités nécessaires à la réussite.Comme l\u2019enseignant, le responsable de la biblio- thèque aide les jeunes à se préparer pour leur future carrière et pour la vie.Les habitudes de lecture, au-delà des portes de l\u2019école, se gagnent aussi par la lecture dans la bibliothèque.Mais, actuellement, avec la multiplication des bases de données, on parle moins de ce sujet.A l\u2019approche de l\u2019an 2000, on se préoccupe surtout de l\u2019adaptation de nos ressources et services aux nouvelles technologies.On est tous d\u2019accord que la technologie est une étape importante vers la bibliothèque virtuelle, capable à répondre à de nouveaux besoins d\u2019information des jeunes lecteurs.D\u2019après beaucoup d\u2019entre nous, elle peut aussi résoudre la plupart de nos problèmes quotidiens.Mais il y a encore tant à faire, chaque année, avec chaque groupe et souvent avec chaque élève qui vient à notre rencontre.Les difficultés sont nombreuses et complexes.?On recommence de nouveau à zéro Pour les responsables d\u2019une bibliothèque d\u2019école secondaire, chaque automne, la rentrée des classes a toujours quelque chose d\u2019excitant et d\u2019inquiétant à la fois.Fin août et début septembre, des centaines d\u2019élèves de 14 à 18 ans, professeurs et visiteurs franchissent les portes de l\u2019école et de la bibliothèque, comme partout ailleurs dans le monde.ARGUS / Vol.27, n J, Printemps-été 1998 11 La bibliothèque scolaire d'aujourd'huises problèmes et ses promesses Les jeunes arrivants, bruyants et anxieux, veulent connaître et apprivoiser un autre lieu de travail et de divertissement en dehors de leurs classes.Les autres, les anciens, s\u2019attendent à y trouver des réponses à leurs questions.Ils ont beaucoup changé.Quelques-uns ont vécu de nouvelles expériences et cherchent à les enrichir.Personne, en ces temps-ci, ne pense à évaluer ni les nouvelles acquisitions ni la qualité du service de référence ou de prêt.Malgré l\u2019enthousiasme et la joie des retrouvailles, le début reste la période la plus difficile de l\u2019année scolaire.À chaque fois, tout recommence à zéro.Nouveaux ou anciens, les élèves mettent la bibliothèque à l\u2019épreuve.Les premiers jours, accompagnés parleurs professeurs, ils écoutent.Tout a l\u2019air de bien se passer.Mais peu après, quelques-uns tentent d\u2019instituer leur propre loi : parler fort, flâner sans but précis, recourir au prêt sans carte d\u2019identité, etc.Si on adopte une attitude de laisser-faire, ce sera fini pour tous les mois à venir.C\u2019est maintenant que le responsable de la bibliothèque doit instaurer la discipline qui facilite son travail et le travail de ses lecteurs.?Faire passer le message Les bonnes habitudes de nouveau instaurées, le responsable doit trouver les moyens de faire valoir les facilités que la bibliothèque offre à ses utilisateurs.Autrement dit, il doit convaincre les élèves que ça vaut la peine d\u2019utiliser les ressources mises à sa disposition.Le bibliothécaire a la mission d\u2019aider les élèves à progresser, mais ses méthodes sont fort différentes de celles utilisées par le professeur.Le bibliothécaire est une espèce de metteur en scène qui, avec son équipe de réalisateurs, fait de son mieux pour capter l\u2019intérêt de son public.Les affiches, l\u2019étalage des nouveautés, les affiches qui dirigent le lecteur vers les sections les plus populaires de la collection ou les acquisitions de dernière heure, les babillards attrayants, la distribution des dépliants et des listes des nouveaux titres, etc., sont des moyens publicitaires qui augmentent les chances du succès auprès du public.La publicité requiert de l\u2019imagination et surtout beaucoup de temps, mais il faut la faire, car la bibliothèque ne doit pas être perçue du dehors comme un dépôt poussiéreux de livres et son responsable, comme un gérant passif.Facile, comme ABC Une autre tâche à accomplir, dès le début de l\u2019année, consiste à rendre l\u2019élève autonome et confiant dans les ressources de sa bibliothèque.S \u2019 il est à T aise quant à l\u2019utilisation de la technologie, s\u2019il arrive à découvrir seul ce qui l\u2019intéresse, il peut devenir un de ses fidèles utilisateurs.Un élève méfiant et dépendant n\u2019a presque jamais le temps d\u2019accomplir ses recherches et il s\u2019en va ailleurs pour trouver de l\u2019aide.La technologie de pointe reste impuissante si elle n\u2019est pas utilisée au bon moment ou si l\u2019utilisateur ne voit pas sa nécessité.Il est crucial que les professeurs planifient pour leurs élèves des devoirs ou des projets qui exigeront une utilisation des ressources de la bibliothèque.Très importante est aussi l\u2019approche du bibliothécaire auprès de son public.La bienveillance plutôt que la sévérité, les réponses et les solutions appropriées rapides sont des atouts qui favorisent la fréquentation d\u2019une bibliothèque et de ses ressources.?Oui, des livres.et encore des livres Les bienfaits de la lecture n\u2019ont plus besoin, aujourd\u2019hui, de soutien verbal ou écrit.On est d\u2019accord que la culture et les solides connaissances se gagnent dans des livres.Mais quelle sorte de connaissances et combien ?Une école secondaire peut avoir de nombreux titres dans toutes les catégories de la classification Dewey.Mais ce n\u2019est pas seulement la quantité ou la diversité qui rend une collection appropriée à ses usagers ; il faut penser toujours au cycle de vie de l\u2019information.Une étagère remplie à moitié avec des nouveautés vaut mieux qu\u2019une bourrée, par exemple, d\u2019atlas poussiéreux d\u2019il y a vingt ans.Cela peut faire pitié.Même si on ne jette tout, les élèves doivent avoir à la disposition des ouvrages où ils puissent lire que l\u2019URSS n\u2019existe plus, que l\u2019Allemagne de l\u2019Ouest et de l\u2019Est ne font qu\u2019un seul pays ou que le communisme comme système international est une réalité révolue.Il est préférable et même nécessaire d\u2019avoir une collection impressionnante plutôt par son actualité que par sa taille.Évidemment, le choix des livres à acheter, dans le contexte actuel des budgets qui diminuent à vue d\u2019oeil, n\u2019est pas facile.Mais cette situation n\u2019empêche pas que le développement des collections reste une des plus importantes responsabilités du bibliothécaire.?Le temps d'acheter Après des coupures et sacrifices à n\u2019en plus finir, le temps de renouvellement des collections des bibliothèques scolaires semble devenir enfin une réalité.Le ministère de la Culture et des Communications a proposé en avril 1998 une politique de la lecture, qui inclut aussi celle touchant le milieu scolaire.On espère beaucoup que la bibliothèque de l\u2019école deviendra un endroit privilégié des jeunes, où ils pourront approfondir leurs compétences en matière de lecture et d\u2019écriture.Tout ce dont les jeunes ont besoin, ce sont des livres, des informations mises à jour et un personnel compétent.Pour l\u2019auteur américain à succès, Gary Paulsen, la bibliothèque « est le meilleur endroit au monde » : l\u2019accès en est gratuit, personne ne te demande vraiment qui tu es, si ta famille est pauvre ou a de l\u2019argent, comment tu est habillé ; donc, aucun commercialisme n\u2019est censé entacher l\u2019endroit et ses services.Dans une interview, publiée dans l\u2019édition d\u2019été 1997 du School Library Journal ', Paulsen, qui a écrit plus de 130 ouvrages pour adolescents, et qui est traduit partout dans le monde, raconte avec humour et tendresse son enfance démunie.Il nous confie aussi ses premières expériences de jeune lecteur et comment les livres lui ont apporté de la richesse spirituelle et intellectuelle.« Tout ce qu \u2019on est, tout ce qu \u2019on devient, toutes nos connaissances se trouvent enfermées dans des livres et si on ne peut pas lire, tout est perdu.La seule façon de devenir des êtres humains, c\u2019est d\u2019apprendre ».12 ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 La bibliothèque scolaire d'aujourd'hui, ses problèmes et ses promesses ?Le temps de l\u2019élagage Acheter est plus facile que de faire le ménage.Assez souvent, le temps de l\u2019élagage est remis à plus tard.On a peur de laisser les rangées vides ou de manquer d\u2019information sur un sujet ou un autre.Qui n\u2019a pas entendu, d\u2019ailleurs, des remarques comme : « Pourquoi jette-t-on de si bons livres ?» Difficile ou non, se débarrasser des ouvrages dont le contenu informationnel est devenu obsolète est la seule façon d\u2019avoir une bibliothèque « jeune » pour des jeunes.On ne parle pas ici de la littérature classique : les classiques, on les garde.On parle de l\u2019information scientifique, politique ou sociologique, de géographie ou des biographies des personnalités du monde du sport ou des spectacles qui ont depuis longtemps disparu de la scène publique.La mémoire de l\u2019élève est très sélective et ce qui l\u2019intéresse vraiment est ce qui se passe maintenant, ici ou ailleurs.Le droit des jeunes à s\u2019informer Le bibliothécaire est un professionnel du livre qui essaie, par son choix, de répondre aux besoins d\u2019information ou de lecture de sa clientèle.Ses possibilités sont quand même limitées.Malgré ses efforts, il est obligé d\u2019affronter, assez souvent, le mécontentement de ceux qui ne trouvent pas certains ouvrages ou certaines solutions à la portée.Outre la difficulté de bien répondre aux demandes de l\u2019élève qui est un lecteur exigeant, il y en a une autre qui surgit quand le parent ou le visiteur occasionnel exerce le rôle de censeur, rôle déjà banni depuis longtemps dans la plupart des bibliothèques d\u2019aujourd\u2019hui.Malgré les débats publics télévisés sur les épineux problèmes moraux et éthiques de notre société, de nombreux parents pensent que les maux de notre société ne concernent pas les très jeunes qui se trouveraient à l\u2019abri de tout danger entre les murs de l\u2019école ou de la maison.On entend des remarques comme : « C\u2019est déjà trop qu\u2019ils voient la violence dans la me ou dans les endroits qu\u2019ils fréquentent.Ils n \u2019ont pas besoin d\u2019avoir encore des livres sur ça à l\u2019école ».C\u2019est tout à fait faux : la violence, la drogue, l\u2019abus, le décrochage scolaire sont présents partout et les jeunes ne sont jamais en dehors du danger s\u2019ils ne sont pas informés sur les risques et les conséquences de leurs décisions.Ces livres sont nécessaires.Un grand nombre d\u2019adolescents ne discutent, ouvertement, ni à la maison, ni avec leurs professeurs, de ces problèmes.La bibliothèque est un des endroits où les jeunes peuvent trouver des réponses à leurs questions et à leurs inquiétudes les plus personnelles.Les censeurs improvisés s\u2019attaquent parfois à la fiction aussi.Les plus visés sont les romans dans lesquels les héros sont des adolescents.C\u2019est surtout leur vocabulaire qui dérange.Le genre policier, lui aussi, n\u2019échappe pas à la critique, même si les malfaiteurs sont toujours punis.Bannir ces livres de la bibliothèque serait comme rejeter des tranches de vie.Le bibliothécaire ne peut pas et ne doit pas créer non plus des privilèges particuliers ou diviser ses lecteurs par catégories, comme on lui suggère parfois : des lecteurs filles ou des lecteurs garçons, des lecteurs plus jeunes que d\u2019autres.Une fois que les livres se retrouvent sur les étagères, chaque utilisateur peut y avoir accès.Il faut admettre que les jeunes lisent surtout des romans policiers ou des romans d\u2019aventures.Chrystine Brouillet, auteure très appréciée et connue du genre, parlait récemment de son choix2.« J\u2019écris des policiers pour encourager les jeunes à lire.En même temps, mes romans, disait l\u2019auteure, contiennent une fonction sociale, celle d\u2019éveiller l\u2019attention sur leur sécurité personnelle ».?On est tous pressés Le bibliothécaire est habitué à entendre plusieurs fois par jour les refrains : « je suis pressé » ou « c\u2019est pour demain que j\u2019en ai besoin ».En vérité, les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui sont toujours pressés.Par conséquent, le bibliothécaire, l\u2019est aussi.Il n\u2019a presque jamais assez de temps à la disposition de ses lecteurs, même si l\u2019ordinateur et le cédérom facilitent beaucoup son travail.Maintenant, on attend l\u2019Internet.Qui ne préfère naviguer sur l\u2019Internet à la poursuite de l\u2019information récente et précise au lieu de feuilleter les dossiers de presse ou les dépliants ?Quel responsable de bibliothèque peut dire qu\u2019il trouve le temps et l\u2019aide nécessaire de les actualiser régulièrement ?Et pour quelle raison ?L\u2019information vieillit vite, le papier s\u2019effrite ou s\u2019évanouit dans l\u2019espace et le temps d\u2019un semestre.On est tous fascinés par la puissance de l\u2019image.La mémoire réagit mieux quand un texte est accompagné par sa représentation visuelle.Tous les utilisateurs fervents ou occasionnels de l\u2019Internet se rendent compte déjà jusqu\u2019à quel point l'image aide à résoudre certains problèmes reliés à l\u2019information.L\u2019Internet peut remplacer avec succès une bonne partie de l\u2019actuelle information imprimée.L\u2019élève n\u2019aura plus besoin d\u2019attendre le retour ou le remplacement de certains livres.Mais si les cédéroms ont gagné déjà leur place dans la bibliothèque, l\u2019Internet reste encore un sujet controversé.Il y a la peur qu\u2019on encourage la culture technologique en dépit de la culture traditionnelle.Beaucoup pensent que l\u2019élève n\u2019a pas la maturité et la capacité de sélectionner et de synthétiser la multitude des données qu\u2019il trouve sur le web.D\u2019autres s\u2019inquiètent surtout quant à la qualité et à l\u2019utilité des sites qu\u2019il peut consulter sans aucun obstacle.Les spécialistes de l\u2019information et les éducateurs cherchent encore des solutions.Dans cette perspective, on sait que l\u2019Internet associé à d\u2019autres moyens d\u2019information représente un changement majeur, autant du point de vue technique que du point de vue intellectuel, par son impact positif sur le travail du bibliothécaire et sur les utilisateurs de la bibliothèque.ARGUS / V6/.27, n\u2019 J, Printemps-été 1998 13 La bibliothèque scolaire d'aujourd'hui, ses problèmes et ses promesses ?Rester hors des définitions La position du bibliothécaire face à sa profession est apparemment simple : il n\u2019y a pas de recette ni pour acquérir et gérer une bonne collection, ni pour satisfaire les demandes du public.Chaque année, il doit recommencer.Le bibliothécaire ressent constamment l\u2019incertitude et l\u2019espoir du travail bien accompli.Rien n\u2019est gagné définitivement.Les titres changent.Le lecteur et ses besoins aussi.Plus que dans une bibliothèque publique, la collection d\u2019une bibliothèque scolaire doit correspondre à toutes les étapes de vie franchies par les adolescents.Et les étapes ne sont pas les mêmes.Chaque génération est différente.Le bibliothécaire n\u2019a pas beaucoup de temps.L\u2019ennui ne le guette jamais.Prêt à recevoir le \u201cfeed-back\u201d de son public, il est comme l\u2019élève qui attend impatiemment les résultats de ses examens.Est-ce que sa réceptivité et son ouverture d\u2019esprit sont des qualités suffisantes pour répondre aux exigences de ses usagers?En guise de conclusion La réponse à cette question peut faire l\u2019objet d\u2019un autre article.Quelques considérations sont tout de même nécessaires.Dans le système de l\u2019enseignement secondaire, le rôle du bibliothécaire, de la bibliothèque, ainsi que les besoins des étudiants par rapport à la lecture et à l\u2019information sont encore un domaine incertain et peu défini.La bibliothèque est considérée actuellement comme une annexe de l\u2019école et son responsable, comme une personne qui se contente de faciliter l\u2019accès à l\u2019information.Si le budget lui permet d\u2019augmenter la collection et d\u2019utiliser une technologie mise à jour, sa performance est bonne.Mais, malgré ses efforts, le bibliothécaire est presque toujours oublié.Combien de directeurs, professeurs et parents pensent à sa participation aux succès de l\u2019école et de ses élèves, à son support, à ses ressources et à sa capacité d\u2019anticiper les demandes et de guider les lecteurs ?Pire encore, on voit déjà l\u2019ordinateur, les cédéroms et l\u2019Internet capables de le remplacer.Le bibliothécaire et la bibliothèque ont besoin de reconnaissance.D\u2019après le professeur Gary N.Hartzell, 3 ancien directeur d\u2019école secondaire, le bibliothécaire doit se battre seul pour l\u2019obtenir, cette reconnaissance.On est tous d\u2019accord : le bibliothécaire doit sortir de l\u2019ombre.Mais cette solution est facile et temporaire.La reconnaissance est définitivement gagnée quand la bibliothèque et son responsable seront intégrés comme une composante indispensable de la qualité de vie d\u2019une école.Notes et références 1\tDavid Gale.1997.«The Maximum Expression of Being Human.Gary Paulsen «pushes the envelope» in his writing-and in life», School Library Journal, 43, no 6, June, pp.24-29.2\tChantal Savoie.1997.« Chrystine Brouillet: écrire pour raconter des histoires, oui.pas seulement », Nuit Blanche, 68, automne, pp.40-43.3\tGary N.Hartzell.1977.« The Invisible School Librarian : Why Other Educators Are B lind to Your Value», School Library Journal, 43, no 11, November, pp.24-29.\t (periodica)\t Division de Faxon Canada\t \u2022 PERIODICA abonnements\t\u2022\tia 10,000 titres (magazines, périodiques et journaux du monde entier)\tPlus de 300 CD-ROM multimedia de langue française \u2022 PERIODICA Vidéo\t\u2022 BIRLIORAIIA 1500 titres (arts, sciences, littérature, voyage, jeunesse, cinéma de répertoire)\tTous les livres disponibles de langue française distribués au Canada PERIODICA, un guichet central\td\u2019accès aux produits d\u2019information \t 14 ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 4847563421 Les écrits numériques : nature et tour d\u2019horizon des principaux formats Denis Levasseur Professionnel de l\u2019information documentaire levasseur.denis@ireq.ca Chronique Ce texte est une introduction aux principaux types de documents électroniques à caractère textuel.Après avoir précisé la nature du document numérique (définition, origines, modes de représentation, structures physique et logique, document composite), on présente le cas des fichiers exclusifs à leur progiciel de création.On dresse ensuite un portrait des formats RTF, ASCII, Bitmap (TIFF, GIF,.) et SGML pour terminer avec les documents HTML, XML et PDF.Dans la panoplie des formats de documents électroniques existants, chacun est lié à une application ou une activité ciblée : éditique, DAO, PréAO, CAO, numérisation, conversion, diffusion sur le Web, etc.Le choix du « meilleur format » dépend des besoins et doit s\u2019effectuer en tenant compte du type de documents à gérer, de leur valeur et de leur cycle de vie, des objectifs visés, des coûts/ bénéfices, etc.On souligne que la normalisation des formats de documents devrait assurer une certaine pérennité de l\u2019information numérique.A n introduction to the various types of electronic documents The nature of the digital document (definition, origins, methods of representation, physical and logical structures, composite documents) is explained, followed by an examination of files exclusive to their software packages, and a portrait of RTF, ASCII, Bitmap {TIFF, GIF, SGML, HTML, XML and PDF formats.Each one is reviewed related to a specific application or activity : print publishing, graphics, computer-aided presentation, CAD, digitization, conversion, publishing on the WEB, etc.The choice of «the best format» will depend on the type of documents to be managed, their value and life cycle, the objectives of the project, a cost/benefit analysis, etc.Emphasis is placed on the need for standardization of formats to ensure the permanence of digital information.Cet article est le deuxième volet de notre série de trois sur la gestion des documents électroniques '.On s\u2019intéresse ici à leurs différents formats en se concentrant sur ceux principalement constitués de texte.D\u2019entrée de jeu, on définit le document numérique et on précise ses origines.On présentera par la suite ses modes de représentation et ses niveaux de structuration.La nature composite du document électronique est abordée et on s\u2019attarde aux documents dont les formats sont exclusifs à leur progiciel de création.On dressera enfin un portrait des formats RTF, ASCII, Bitmap (TIFF, GIF,.), SGML, HTML.XML et PDF.Cette présentation est accompagnée d\u2019un examen des principaux avantages et inconvénients de chaque format et d\u2019un questionnement sur la pérennité de l\u2019information sous forme électronique.Nature du document électronique ?Définition Dupoirier (1995, p.20) définit le document électronique comme « un ensemble cohérent d\u2019objets numériques (textes, graphiques, photos, images animées et sons) stockés sur des machines informatiques interconnectées, ou stockés sur des supports informatiques amovibles et transportables.» Ces supports sont les cédéroms, les disquettes, les disques optiques WORM, les cartouches de sauvegarde, etc.Les machines informatiques interconnectées sont les serveurs et les micro-ordinateurs branchés en réseau, et pour qui les documents sont de simples fichiers informatiques composés de séries de bits de valeur 0 ou 1.Un document électronique ou numérique nécessite un équipement de lecture (écran d\u2019ordinateur) ou de restitution (imprimante) pour le consulter.Il est qualifié de virtuel puisque l\u2019on ne peut pas appréhender directement son contenu comme pour un livre.Il devient un hypertexte, ou plus généralement un hyperdocument, s\u2019il comporte des liens qui permettent une lecture par navigation d\u2019un contenu à un autre.Les unités d\u2019informations qui composent un hyperdocument sont des parties distinctes d\u2019un même fichier/document ou proviennent de fichiers différents, stockés ou non sur le même disque ou serveur.Le document hypertexte devient hypermédia s\u2019il intègre des animations, du son ou des clips vidéo.?Origines Les documents électroniques ont essentiellement deux origines.La plupart sont créés à partir des différents progiciels dont une des finalités est de concevoir et/ ou de transmettre des documents.Les applications de traitement de texte, les éditeurs HTML, les progiciels de ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 15 Les écrits numériques : nature et tour d'horizon des principaux formats messagerie, les tableurs, les SGBD et les applications de PAO (publication assistée par ordinateur), DAO (dessin), PréAO (présentation) et CAO (conception) sont tous des sources de documents numériques.Les documents électroniques qui ne tirent pas leur origine d\u2019un progiciel sont généralement le fruit de la numérisation.Celle-ci est effectuée soit par balayage optique de pages, de microfilms, de plans, de diapositives, etc., ou soit par l\u2019acquisition d\u2019images fixes ou animées à l\u2019aide d\u2019appareils de photographie ou de vidéo numérique.?\tModes de représentation Trois modes de représentation d\u2019un document à l\u2019écran sont possibles : image, caractère et vecteur.Le mode image correspond au format matriciel ou Bitmap, qui fournit des pages numériques fixes dont le contenu n\u2019est pas manipulable.Les captures d\u2019écran, les télécopies et les écrits numérisés en sont des exemples.Un document électronique en mode caractère se distingue par ses caractères accessibles et ses mots qui sont indexables (texte Word, message de courrier électronique, résultat d\u2019une ROC ou reconnaissance optique des caractères, etc.).Le mode vecteur intéresse les polices de caractères « contour » et les progiciels de graphisme avec lesquels sont conçus les dessins vectoriels.Ces derniers sont aisément transformables puisqu\u2019ils sont constitués de traits et de surfaces définis par des coordonnées et des équations mathématiques.Un même document électronique peut combiner plusieurs types de représentation : par ex., un texte WordPerfect (caractère) incorporant un logo (image Bitmap) et une figure en deux dimensions (vecteur).?\tStructures Il existe deux niveaux de structuration d\u2019un document : physique et logique.La structure physique concerne l\u2019aspect extérieur et nous informe rapidement du contenu.Elle permet de déterminer si la première page d\u2019un document est celle d\u2019un brevet, d\u2019un journal ou d\u2019un article de périodique, sans jamais même la lire, par exemple si elle est écrite en langue étrangère.Cette structure comprend la mise en page en paragraphes et/ou en colonnes, les enrichissements typographiques (tailles et polices des caractères, soulignement, italique,.), la présence ou non d\u2019illustrations, la disposition des différents éléments, le format du support (page 8 Pi x 11, fiche, plan,.), etc.La structure logique représente en revanche l\u2019organisation intellectuelle du document, c\u2019est-à-dire son découpage de l\u2019information en segments de contenu : titre, auteurs, chapitres, sous-titres, sections, paragraphes, notes de bas de page, tableaux, illustrations, bibliographie, etc.La différenciation des deux structures (la forme et le contenu) pour un document électronique le rend indépendant des outils de production et des formats de diffusion.Les deux font appel au balisage où en plus des données du document, on y retrouve des codes de mise en forme (cf.structure physique) ou de délimitation des différents contenus (cf.structure logique).L\u2019expression document structuré sert à identifier les écrits électroniques dont la structure logique a été balisée.Les documents de traitement de texte produits à l\u2019aide de feuilles de styles sont des documents structurés, bien que ces feuilles associent avant tout une mise en forme aux éléments de texte.Par exemple, un titre de niveau 2 dans Word possède les caractéristiques de formatage gras et italique, avec une police de caractères Arial sur 12 points.Le balisage descriptif de la structure logique d\u2019un document numérique peut exister sans jamais être discerné par le lecteur si le document n\u2019est pas mis en forme.?Document composite Un document électronique peut intégrer des composants de diverses natures et de sources multiples.Grâce à la technologie OLE (Object Linking and Embedding) de Microsoft par exemple, un texte Word peut incorporer un graphique Excel et un icône de son WAV sur lesquels il suffit de cliquer pour les ouvrir avec l\u2019application qui leur est associé.Dans le même ordre d'idée, OpenDoc est une architecture qui offre un interface où le document est un contenant dans lequel sont assemblés des objets documentaires externes et indépendants.Ne se définissant plus comme un fichier unique, le document électronique devient le point de convergence de blocs d\u2019informations de divers formats liés chacun à leur application.Le document composite ne fait que gérer les liens vers les éléments qui le composent.De quoi compliquer sa gestion.Mais cette approche offre l\u2019avantage de s\u2019orienter sur les documents et non plus sur les logiciels.Cette conception « orientée objet » est le devenir de la gestion documentaire électronique.Formats propres aux applications Les progiciels possèdent de coutume leur format exclusif de document, d\u2019où l\u2019appellation de « format propriétaire ».C\u2019est ainsi qu\u2019on parle d\u2019un texte Word ou WordPerfect, d\u2019une feuille de calcul Excel ou d\u2019un dessin AutoCAD en référence à l\u2019application avec laquelle le fichier a été créé.L\u2019existence de centaines de formats de documents numériques non normalisés est la conséquence de la grande diversité des applications (traitements de texte, tableurs, PAO,.) et de la variété des plates-formes (PC, Macintosh, Sun,.) et de leurs systèmes d\u2019exploitation (DOS, Windows 95, MacOS, Unix,.).La myriade d\u2019extensions de fichiers qui identifient d\u2019ordinaire les documents électroniques en témoigne : .doc, .wpg, .xls, etc.Pour expliquer cette prolifération de formats, Marcoux (1994, pp.91-92) souligne quatre raisons : la facilité avec laquelle les producteurs de progiciels peuvent concevoir de nouveaux formats de documents, le lien étroit entre le balisage des formats actuels et les fonctionnalités des progiciels qui peuvent varier sans limite, le fait que l\u2019incompatibilité entre les produits a longtemps été perçue comme un moyen de fidéliser sa clientèle et enfin, l\u2019absence de concertation.U utilisateur doit donc accéder au document électronique à partir de l\u2019application qui a servi à sa création, sans quoi il risque de perdre de l\u2019information.16 ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 Les écrits numériques : nature et tour d'horizon des principaux formats L\u2019échange de documents entre des applications disposant chacun de leur propre format est à toutes fins pratiques impossible si elles n\u2019offrent pas de dispositifs de conversion.Rappelons qu\u2019un format propriétaire est un langage informatique exclusif à un fabricant, à moins d\u2019ententes spéciales entre concepteurs qui conduisent à un format de document reconnaissable par plusieurs progiciels.Mais les concertations de ce type ne sont pas monnaie courante dans une industrie où chacun désire imposer son format.Certains tendent plutôt à distribuer des visualiseurs (readers) gratuits qui permettent de consulter des documents dans des formats spécifiques à leurs produits.?Documents de traitements de texte Une large proportion des documents numériques est produite par les applications de bureautique, en particulier les progiciels de traitement de texte.Le document Word, WordPerfect ou WordPro s\u2019affranchit désormais du support papier en étant expédié en fichier joint dans un message électronique pour être lu par un destinataire qui pourra le conserver sans jamais le matérialiser à l\u2019imprimante.Néanmoins, les progiciels de traitement de texte demeurent avant tout des outils d\u2019éditique menant à la conception de documents imprimés : lettres, curriculum vitae, rapports, etc.Ils disposent ainsi de nombreuses fonctions d\u2019enrichissement typographique et de mise en page qui permettent d\u2019encoder dans un document les sauts de paragraphes et leur enlignement, la taille et la forme des caractères, la pagination, etc.A défaut de faire un usage systématique des feuilles de styles, ce balisage ne concerne que la structure physique du document en se limitant à des opérations de mise en forme destinées principalement à l\u2019impression.RTF et ASCII, le format \u201ctexte\u201d épuré On a vu que l\u2019échange d\u2019un texte électronique d\u2019une application à une autre n\u2019est souvent pas simple puisque son format doit être compatible avec le ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 7 998 progiciel dans lequel il est ouvert.Le codage exclusif des formats propriétaires est fréquemment synonyme d\u2019incompatibilité, car les outils de conversion sont peu nombreux et se limitent en général à des documents créés à partir de progiciels de même type ou conçus pour une même plate-forme informatique.Les seules possibilités de partage se limitent souvent aux formats RTF et ASCII.RTF (Rich Text Format) est un format d\u2019échange de Microsoft commun à la plupart des progiciels de traitement de texte fonctionnant sous DOS, Windows, OS/2 ou Macintosh.Il préserve les éléments standard de mise en forme d\u2019un texte numérique (polices et tailles des caractères, italique, tabulations, etc.) en autant qu\u2019ils soient reconnus par le progiciel de destination.Vers d\u2019autres applications comme les SGBD ou les progiciels de messagerie, ou vers un autre système d\u2019exploitation tel Unix, l\u2019ultime solution d\u2019échange est l'enregistrement en format ASCII à défaut d\u2019un utilitaire de conversion approprié.D\u2019ailleurs, un extrait « copié/collé » est stocké en mémoire, interprété et restitué en ASCII ou en RTF selon les applications enjeu.Le format ASCII (American Standard Code for Information Interchange) est d\u2019abord un code de représentation des caractères.Chacun est codé en 7 ou en 8 bits (ASCII étendu), le huitième bit permettant entre autres de représenter les lettres accentuées 2.Ce format n\u2019inclut aucune codification destinée à gérer l'apparence d\u2019un texte numérique.Un document dans un format propriétaire enregistré en ASCII se voit donc épuré de tout son formatage : il perd ses polices et ses tailles de caractères, sa mise en page, etc., pour ne conserver que les mots, la ponctuation, les espacements et les marques de paragraphes.Ces dernières se substituent aux sauts de ligne, de section et de page.L\u2019indéniable avantage du format ASCII est qu\u2019il autorise le partage de données textuelles peu importe la plate-forme informatique et le logiciel d\u2019exploitation.Il convient de cette façon aux courriers électroniques échangés entre les systèmes hétérogènes d\u2019Internet.Mais il provoque une dégradation de l\u2019information étant donné la disparition totale du formatage.Bitmap : le format des documents numérisés Une télécopie reçue à son poste de travail, une photographie sur le Web de la Williams Renault de Jacques Villeneuve et une lettre manuscrite de Charles Baudelaire affichable sur un écran d\u2019ordinateur ont en commun une technologie : la numérisation.Elles constituent en effet des représentations électroniques de documents à l\u2019origine sur papier ou sur film qui ont été digitalisés avec un scanner ou un appareil de photographie numérique.La numérisation a conduit à la création d\u2019images de type Bitmap (ou matriciel), en noir et blanc pour la télécopie, en niveaux de gris pour la lettre manuscrite et en couleurs pour la photographie.Un document au format Bitmap se compose d\u2019une multitude de points (les pixels) dont la finesse détermine la résolution de l\u2019image.Le nombre de bits de codage par pixel précise l\u2019éventail des couleurs ou des niveaux de gris possibles.Ainsi, une image numérisée en 8 bits permet 256 couleurs alors qu\u2019une image en 24 bits en permet plus de 16,7 millions.Une image d\u2019un seul bit par pixel n\u2019autorise que le noir et le blanc, ce qui s\u2019avère suffisant pour du texte.Précisons que plus la résolution d\u2019une image et le nombre de bits de codage par pixel sont élevés, plus grande sera la taille du fichier Bitmap du document numérisé.Des algorithmes de compression apportent cependant une solution efficace à ce problème.Il existe de nombreux formats Bitmap.Les principaux sont présentés dans l\u2019encadré 1.Après la numérisation d\u2019un texte, celui-ci est interprété par l\u2019ordinateur comme une simple image de la page (une matrice de points) et non pas comme une suite de 17 Les écrits numériques : nature et tour d'horizon des principaux formats Encadré 1 : Formats de documents numérisés (images Bitmap) BMP (Microsoft Windows Bitmap).Format créé par Microsoft et implicite dans les applications Windows.Chaque pixel peut être codé sur 1,4, 8 ou 24 bits, permettant ainsi 2 (noir et blanc), 16, 256 ou 16,7 millions de couleurs ou de niveaux de gris.Les captures d\u2019écrans sur PC sont en format BMP.Les images ne sont pas compressées par défaut, favorisant un affichage instantané.En contrepartie les fichiers BMP sont très volumineux.GIF (Graphie Interchange Format).CompuServe est à l\u2019origine de la renommée sur Internet de ce format qui intègre l\u2019algorithme de compression sans perte LZW (Lempel-Ziv-Welch).GIF est indépendant de la plate-forme informatique : PC, Macintosh, Sun, etc.Le codage des pixels est soit en 1 bit (noir/blanc) ou en 8 bits (256 couleurs ou teintes de gris).JPEG (Joint Photographie Expert Group).Se réfère à une technique de compression par perte très efficace, principalement utilisée pour compresser de volumineux fichiers d\u2019images de qualité photographique.Le codage jusqu\u2019à 24 bits permet d\u2019afficher 16,7 millions de couleurs.JPEG exige une bonne configuration matérielle pour restituer les images.PCX (Zsoft).Utilise l\u2019algorithme de compression sans perte RLC (Run Length Coding).Le nombre de bits de codage par pixel est de 8, autorisant 256 couleurs ou niveaux de gris.TIFF (Tagged Image File Format).Le classique de la numérisation des documents imprimés.Mis au point par Aldus et Microsoft, il est le format le plus populaire des systèmes d\u2019archivage électronique.Compatible avec la majorité des applications et des plates-formes, il peut utiliser différents algorithmes de compression : RLC, Groupes 3 et 4 de FUIT, JPEG, LZW.Codage jusqu\u2019à 24 bits permettant 16,7 millions de couleurs ou niveaux de gris.EPS (Encapsulated PostScript).Combinaison d\u2019un fichier PostScript (vectoriel) et d'un fichier de prévisualisation TIFF encapsulé, remplacé par PICT dans l\u2019environnement Macintosh.La partie PostScript n\u2019est pas affichable à l\u2019écran puisqu\u2019elle est uniquement destinée à l\u2019impression.caractères porteurs de signification pour la machine.Le texte numérisé, communément au format TIFF, peut être traité par un progiciel de retouche d\u2019images, mais il ne peut en aucun cas être édité, à moins d\u2019être soumis à une reconnaissance optique des caractères (ROC).Le résultat du traitement ROC est à la base un texte ASCII qui peut être modifié, indexé, réutilisé ou mis en forme par un progiciel de traitement de texte, ou encore être codé en HTML ou en SGML.Le repérage en texte intégral, impossible avec l\u2019image, et la diminution significative de la taille des fichiers (vingt fois moindre en ASCII qu\u2019en Bitmap) sont d\u2019autres attraits de la ROC.Soulignons que le type Bitmap permettait, au début de la GED, la substitution d\u2019images numériques aux archives sur papier.Cette pratique n\u2019est plus représentative aujourd\u2019hui des possibilités offertes par la documentation électronique en mode caractère, plus dynamique et évolutive.La GED image axée sur la numérisation demeure néanmoins une application importante de la gestion documentaire électronique.SGML : un format normalisé de documents structurés Rapidement s\u2019est manifesté le besoin d\u2019identifier les éléments de contenu des documents électroniques pour en faciliter le traitement, le repérage, l\u2019échange et la réutilisation, tout en les dissociant des instructions concernant leur mise en forme.Une machine informatique reconnaît l\u2019organisation intellectuelle (la structure logique) d\u2019un document numérique seulement s\u2019il est marqué avec des balises qui indiquent le début et la fin de ses différents composants : titres, sous-titres, sections, paragraphes, figures, etc.La date d\u2019écriture d\u2019une lettre peut par exemple être codée de la façon suivante : 19 février 1993 .SGML (Standard Generalized Markup Language) est un format normalisé de documents structurés, plus précisément un langage de balisage descriptif.Il réfère à la norme internationale ISO 8879 qui rassemble une série de prescriptions servant à écrire des « définitions de type de document » ou DTD (Document Type Definition).Une DTD spécifie les balises pouvant être utilisées et leurs relations pour une famille précise de documents : par ex., manuels, catalogues, revues, etc.Les DTD sont développées par les organisations selon leurs propres besoins.Mais sachons que des modèles de DTD ont été officialisés par l\u2019ISO dans la norme ISO 12083 («DTD article», «DTD serial» et «DTD book» entre autres).Le format SGML n\u2019est lié à aucun matériel informatique ou progiciel particulier.Un document codé en SGML est un simple fichier ASCII contenant des balises (écrites aussi en ASCII) conformes à une DTD spécifique (encadré 2).Puisque l\u2019objet de SGML est la représentation de la structure logique de l\u2019information contenue dans les documents, une DTD ne précise aucun code de mise en forme, contrairement à ceux introduits dans les documents issus des progiciels de traitement de texte et de PAO.La séparation du contenu des instructions de traitement facilite l\u2019exploitation de la même information pour divers médiums de distribution : papier, cédérom, Web, etc.On utilise la norme DSSSL (Document Style Semantics and Specification Language) pour la prise en charge du formatage des documents SGML.Le langage SGML tire son origine du monde de l\u2019édition.Il a été plus tard implanté dans le domaine de la documentation technique, initialement avec le projet CALS (Computer-aided Acquisition and Logistic Support 3) du Département américain de la défense qui l\u2019a imposé à ses fournisseurs de matériel militaire.Des volumes considérables de documents sur papier devaient être produits et mis à jour fréquemment, impliquant un travail de gestion colossal.Le format SGML connaît aujourd\u2019hui un véritable essor puisque de plus en plus d\u2019organisations l\u2019adoptent pour préserver leur « capital-information » des aléas des évolutions technologiques (Marcoux, 18 ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 Les écrits numériques : nature et tour d'horizon des principaux formats 1996).Il est d\u2019un intérêt certain puisqu\u2019il augmente les chances de survie des documents numériques par son statut de norme officielle et par son indépendance face aux plates-formes informatiques, aux systèmes d\u2019exploitation et aux progiciels.SGML constitue le choix de format à privilégier pour plusieurs types de documents électroniques à caractère textuel (voir plus loin), bien qu\u2019il constitue un langage relativement complexe à maîtriser.Il n\u2019y a pas si longtemps, l\u2019organisation qui s\u2019y intéressait devait faire appel à une expertise extérieure, d\u2019ordinaire un professionnel ayant des aptitudes en programmation.SGML constituait une solution de gestion documentaire impliquant des coûts élevés de mise en place.Mais aujourd\u2019hui, l\u2019apparition sur le marché d\u2019outils de balisage conviviaux et abordables permettent de créer des documents en SGML sans qu\u2019il soit nécessaire d\u2019en connaître le langage.Dans cette optique, et à l\u2019instar de Chaumier ( 1996), souhaitons le développement d\u2019un plus grand nombre de DTD normalisés.On se doit de souligner l\u2019existence d\u2019un autre format normalisé de documents structurés : ODA (Office Document Architecture, ISO 8613).Il traite à la fois de leurs structures logique et physique.ODA n\u2019a pas connu le succès remporté par SGML, qui a bénéficié de la poussée initiée par le projet CALS.Citons aussi les formats HyTime et HyperODA, qui sont des extensions à SGML et à ODA pour la création de documents hyper-média.HTML : le format universel des pages Web HTML (HyperText Markup Language) est devenu un standard de facto de l\u2019édition électronique en constituant le premier format de production de documents hyper-média sur Internet.Les documents HTML, plus communément appelés «pages Web», sont visualisables à partir de fureteurs tels Netscape Navigator et ARGUS / V6/.27, ri 1, Printemps-été J 998 Microsoft Internet Explorer.L\u2019apparence d\u2019une page dépend du navigateur utilisé, qui interprète à sa manière le codage HTML.La simplicité du langage HTML par rapport à SGML, dont il tire son origine (cf.HTML est une DTD de SGML), et le coût de production modéré des documents ont contribué à sa popularité.Il n\u2019est même plus nécessaire d\u2019en connaître les balises pour utiliser les nouveaux outils d\u2019édition WYSIWYG4.Signe de l\u2019intérêt pour ce format, des filtres HTML sont intégrés dans de plus en plus d\u2019applications de traitement de texte, de SGBD, de PAO.etc.HTML est un dérivé « impur » de SGML puisque d\u2019innombrables balises gèrent le formatage.Plusieurs versions de HTML ont vu le jour en relativement peu de temps et à défaut d\u2019être une norme officielle, ce langage semble évoluer suivant les désirs des constructeurs.Netscape et Microsoft y ont par exemple déjà ajouté des étiquettes reconnues par leur seul produit.Les efforts pour rapprocher HTML de la « logique » SGML ont échoué.HTML s\u2019est rapidement développé comme un langage élaboré de mise en page de documents pour le Web, sur lesquels interviennent des technologies (Java, VRML, ActiveX, etc.) qui les rendent plus sophistiqués et difficiles à maîtriser.Des éléments de contenu non standardisés nous obligent à disposer de lecteurs spéciaux (plug-in).Maintenant fort loin de la philosophie SGML, HTML est devenu un médium de valorisation d\u2019autres formats non compatibles entre eux.XML : du SGML simplifié pour le Web « XML (extensible Markup Language) est un dialecte simplifié de SGML.Son but est de permettre de diffuser, recevoir et traiter du SGML générique sur le Web, à la manière de ce que l\u2019on fait actuellement en HTML.» (Chahuneau, 1997).Fruit de la concertation entre la communauté SGML et celle du Web, ce dernier-né offre en perspective toute la richesse structurelle du langage SGML et la facilité d\u2019utilisation de HTML.XML est le bienvenu pour combler la faiblesse de HTML sur la distinction contenu/présentation, tout en simplifiant de manière significative SGML (XML tient en une vingtaine de pages alors que SGML en exige plus de 150).Précisons que XML prend en compte les langues internationales par son respect de la norme Unicode.De gros acteurs tels Adobe, Microsoft, NCSA, Netscape, SoftQuad, Sun Microsystems et Hewlett-Packard ont participé au développement de XML, dont la spécification 1.0 a été officiellement lancée le 10 février dernier par le World Wide Web Consortium (W3C) (http://www.w3.org/Press/1998/ XML10-REC).Ce format prometteur souffre pour le moment de son statut de nouveauté.Son succès est entre les mains des concepteurs d\u2019outils pour le Web qui ont le pouvoir de permettre une généralisation de son usage.Encadré 2 : Exemple de balisage logique SGML pour une référence bibliographique (tiré de Teasdale, 1996) Binks, F.A., 1978 Changing the Subject The Lancet July 1, IL no 8079, p.32. (Balisage conforme à la «DTD book» de la norme ISO 12083) 19 Les écrits numériques : nature et tour d'horizon des principaux formats PDF : une révolution dans le format image Sigle de «Portable Document Format», PDF est un format développé par la firme américaine Adobe Systems.Il est lié à la suite logicielle Acrobat (encadré 3) qui permet, en quelques opérations, de convertir des documents de toute origine en un unique format numérique multi-plates-formes qui conserve intégralement la mise en forme des originaux.Les outils d\u2019Acrobat peuvent traiter des documents conçus à partir de tout progiciel (traitement de texte, PAO, tableur, etc.) ou des documents sur support papier.Avec le visualiseur distribué gratuitement (Acrobat Reader), un document conçu avec FrameMaker sous Unix peut donc être lu sur un micro-ordinateur (PC ou Macintosh), même si la machine ne dispose pas de l\u2019application.Comme pour les textes en format Bitmap, on obtient avec Acrobat une image numérique du document converti par le progiciel.PDF se démarque cependant par sa nature vectorielle puisqu\u2019il repose sur le langage PostScript.Il succède ainsi avantageusement au traditionnel format TIFF pour les documents textuels en permettant particulièrement des recherches en texte intégral, sans compter qu\u2019 il est plus compact et que la qualité de restitution des caractères est assurée 5.Aussi, les documents peuvent être redimensionnés à volonté sans perte de qualité, contrairement aux agrégats de pixels des documents Bitmap (cf.contour des courbes et des caractères en escalier).Enfin, les documents PDF peuvent être enrichis de liens hypertexte, de champs de formulaires et d\u2019éléments multimédia.Les documents PDF sont désormais lisibles directement au sein de fureteurs Web, en l\u2019occurrence Netscape Navigator et Microsoft Internet Explorer.La conversion en PDF est d\u2019une grande simplicité et ne nécessite aucun balisage ou travail d\u2019édition.Ce format s\u2019est imposé comme une norme de facto en étant reconnu le plus riche format multi-plates-formes du Web.Il est par exemple privilégié par certains éditeurs de journaux qui tirent avantage de la reproduction fidèle des originaux et de la rapidité de production des documents PDF pour diffuser des pages de leurs quotidiens sur Internet.La possibilité d\u2019afficher des pages à la pièce sans la contrainte de télédécharger au préalable tout un fichier PDF est une amélioration significative apportée au format dans sa dernière version.Mentionnons aussi l\u2019affichage par rendu progressif où comme avec HTML, le texte d\u2019une page apparaît à l\u2019écran avant les liens hypertexte et les illustrations, permettant une consultation plus aisée pour le lecteur pressé.Pour le gestionnaire de documents, il n\u2019en demeure pas moins une contrariété liée à l\u2019utilisation d\u2019Acrobat : la gestion de deux versions d\u2019un même document numérique, soit l\u2019original et la copie PDF.Que ce format soit lié à un fabricant peut constituer un autre inconvénient car personne n\u2019est à l\u2019abri des effets pervers et désagréables des changements soudains de version.Sa reconnaissance en tant que norme officielle (comme pour le format TIFF d\u2019Aldus et Microsoft qui est en cours de normalisation) nous rassurerait peut-être sur la possible pérennité du format.Le choix d\u2019un format : une question de besoins ?Nécessité d'échange Un format de document électronique est en règle générale associé à une application et/ou à une activité bien ciblée : traitement de textes (Word, WordPerfect,.), publication d\u2019imprimés (PageMaker, QuarkXPress,.), comptabilité (Excel, 1-2-3,.), dessin assisté par ordinateur (CorelDRAW, FreeHand,.), diffusion d\u2019informations sur le Web (HTML, XML,.), numérisation (TIFF, GIF, JPEG,.), vidéo (QuickTime, AVI,-.), etc.De nombreux formats dépendent de leur progiciel de création mais même avec les formats multi-plates-formes reconnus plus indépendants \u2014 en particulier ASCII, Encadré 3 : Outils logiciels de la suite Acrobat 3.0 d\u2019Adobe Systems «PDF Writer» : Conçoit les fichiers PDF à partir de toute application (traitement de texte, tableur, SGBD,.).Se présente à l\u2019usager comme un simple pilote d\u2019impression numérique.«Distiller» : Convertit en PDF les fichiers PostScript (par ex., provenant de progiciels de PAO*).«Capture plug-in» : Numérise les documents papier en format PDF en effectuant une reconnaissance optique des caractères.Convertit aussi en PDF recherchable les textes au format TIFF.«Exchange» : Permet d\u2019apprêter les documents PDF pour la consultation : découpage, déplacement et suppression de pages, signets déroulants, liens hypertexte entre plusieurs documents PDF ou à l\u2019intérieur du même, liens vers des pages HTML ou des documents d\u2019autres applications, intégration d\u2019éléments multimédia, annotations, formulaires interactifs, mots de passe, et autres.«Reader» : Visualiseur de documents PDF, distribué gratuitement.Permet de consulter un document PDF, d\u2019y rechercher une suite de caractères (mot ou expression) et de l\u2019imprimer.«Catalog» : Indexe le texte intégral de collections complètes de documents PDF.La mise à jour des index est automatique lors de l\u2019ajout ou lors du retrait de documents.«Search» : Permet le repérage en texte intégral dans des collections indexées par Catalog.Opérateurs booléens, de comparaison et de proximité, troncature, masques, ressemblance phonétique, distinction majuscules/ minuscules, thésaurus et options de recherche par bordereau (titre, sujet, auteur, mots clés, date de création ou de modification).Les résultats sont triés suivant des scores de pertinence.* FrameMaker (d\u2019Adobe) permet de sauvegarder directement en format PDF.ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 20 Les écrits numériques : nature et tour d'horizon des principaux formats RTF, TIFF, SGML, HTML, XML et PDF pour les documents textuels \u2014 chacun comporte ses avantages et ses inconvénients (tableau 1).Aucun format de document n\u2019offre de solution universelle pour répondre à tous les besoins.Ce sont principalement les impératifs d\u2019échange entre systèmes informatiques hétérogènes qui nous poussent à rechercher un format de document plus autonome et transférable.Sans cette préoccupation, bon nombre d\u2019organismes se satisfont des formats propriétaires de leurs applications professionnelles favorites.Mais lorsqu\u2019un format de diffusion largement compatible est requis, le meilleur choix dépend des objectifs visés et des activités enjeu (travail en groupe, diffusion sur le Web, archivage électronique, etc.), du type de documents à gérer (nature, valeur et durée de vie), des coûts/bénéfices, etc.La solution choisie pour l\u2019édition d\u2019une encyclopédie ne convient pas nécessairement au stockage et au repérage sur disque optique d\u2019images ou de coupures de presse qui ne doivent être conservées que pour quelques années.Le besoin est-il d\u2019échanger des documents évolutifs qui exigent une mise à jour régulière sur les fichiers, ou des documents au contenu statique qui ne nécessitent seulement qu\u2019un format de diffusion économique ?La durée de vie limitée des documents ne rend-elle pas certaines conversions inutilement lourdes et coûteuses ?Dans l\u2019optique d\u2019une migration vers SGML par exemple, le contenu des documents/fichiers est-il organisé ou présente-t-il un degré d\u2019entropie structurelle trop élevé remettant en question la pertinence d\u2019investir temps, argent et énergie dans un tel projet (Teasdale, 1996) ?.Autant de questions qu\u2019il faut se poser pour faire le choix du « meilleur format ».?Constatations ASCII peut être produit de façon simple à partir de tout ordinateur, mais est inapproprié si Ton désire conserver le formatage.Il constitue pourtant l\u2019essence même des formats de documents en mode caractère (WordPerfect, SGML, HTML, courriers électroniques, etc.).Il forme la partie recherchable des systèmes d\u2019archivage électronique (par ex., Texto-GED) dans lesquels la portion image est en Bitmap, généralement en GIF ou en JPEG pour les illustrations/photographies, et en TIFF pour le texte.Le format RTF conserve les mises en forme de base des textes à échanger, mais essentiellement entre les applications d\u2019éditique et pas pour toutes les plates-formes.Bitmap demeure de son côté le format commun des images, des télécopies et des captures d\u2019écrans.Il se voit peu à peu supplanté par le format PDF pour la numérisation des documents textuels puisque ce dernier offre une meilleure qualité d\u2019affichage et qu\u2019il autorise des recherches en texte intégral dans les pages digitalisées.\u201c .les principaux formats multi-plates-formes (SGML/XML, GIF, JPEG, PDF, ASCII) ne s\u2019intègrent-ils pas dans HTML pour se compléter dans le vaste document composite du World Wide Web?\u201d HTML convient à plusieurs applications de diffusion d\u2019informations sur le Web : vitrines publicitaires, formulaires interactifs, interface pour bases de données, intranets corporatifs avec intégration du courrier électronique, etc.Pour la distribution sur disque ou en ligne de documents respectant la mise en forme des originaux, Acrobat et le format PDF offrent une solution simple et économique.PDF convient particulièrement pour des documents ayant une mise en forme complexe, lesquels peuvent être optimisés pour accélérer leur diffusion en réseau.L\u2019affichage des pages à la volée est une innovation efficace, même pour la consultation de très longs documents sur le World Wide Web.Mais la mainmise exclusive d\u2019Adobe sur le format PDF est un handicap majeur à sa viabilité dans les grands projets de bibliothèques virtuelles6.Quant à XML, il est trop tôt pour évaluer son adhésion par les acteurs et les utilisateurs du Web et ainsi juger de son avenir.SGML s\u2019intéresse aux documents évolutifs durant tout leur cycle de vie, de la création à l\u2019archivage en passant par la réutilisation et l\u2019échange.Il ne se limite pas à l\u2019unique fonction de diffusion comme PDF.C\u2019est un format normalisé au niveau international, ce qui offre un certain gage de pérennité (voir plus loin).Il est à considérer très sérieusement pour les documents ayant une valeur et une durée de vie significatives : livres, brevets, normes, manuels de maintenance, documents législatifs, périodiques, etc.Son usage doit s\u2019avérer rentable, ce qui est le cas pour les projets d\u2019édition ou pour la gestion de volumes appréciables de textes dont la mise à jour est fréquente.Une migration vers SGML est difficile à justifier pour des documents éphémères, de faible importance ou pour des textes non structurés.L\u2019idéal serait en fait que le balisage logique se fasse à la source, c\u2019est-à-dire directement dans les progiciels d\u2019éditique.Des modules SGML pour Word et WordPerfect constituent un bon présage.?Qu\u2019en conclure ?Aucun format de document électronique ne semble vouloir s\u2019imposer au détriment des autres.Le meilleur format est une question de besoins et dépend du type de document à gérer.Il est inutile de les opposer en soutenant par exemple que SGML est supérieur aux formats Bitmap et PDF, que l\u2019on qualifie de « papier numérique », puisque ces derniers ne sont pas éditables7 et que leur mise en forme hérite de l\u2019imprimé.Ces formats constituent des choix logiques pour l\u2019impression à la demande de documents prévus pour être sur papier, et pour la diffusion en ligne ou sur cédérom d\u2019images, d\u2019estampes ou d\u2019écrits anciens qui doivent être protégés, notamment des dégradations liées à leur manipulation.Même que dans ce dernier cas, seul un format image permet de reproduire la richesse typographique et la « personnalité » des documents originaux.Les imprimés ne disparaîtront pas de sitôt et c\u2019est dans cette niche d\u2019applications que les formats délibérément orientés \"paper-based\" se positionnent.Du reste, les principaux formats multi-plates-formes (SGML/XML.GIF.JPEG, PDF, ASCII) ne s\u2019intègrent-ils pas dans HTML pour se compléter dans le vaste document composite du World Wide Web?ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 21 Les écrits numériques : nature et tour d'horizon des principaux formats Pérennité de l\u2019information numérique ?Importance de la normalisation Il est impératif de disposer de formats de documents électroniques standardisés pour souhaiter préserver longtemps ses informations des aléas du marché qui provoquent la disparition des progiciels peu populaires et leurs formats exclusifs qui ne cessent en plus d\u2019évoluer vers des versions améliorées pour se démarquer de la concurrence.Bien sûr les standards de l\u2019industrie tels que GIF, TIFF, HTML et PDF n\u2019ont pas le caractère officiel de normes entérinées par les organismes de normalisation (par ex., SGML, ODA, JPEG).Ces formats se sont néanmoins imposés comme normes de facto et une tendance se dessine où elles pourront même être adoptées par les organismes officiels.En témoigne le format TIFF d\u2019Aldus et Microsoft.D\u2019ailleurs, le langage SGML ne provient-il pas du GML d\u2019IBM ?.Mais la normalisation ne garantie pas à elle seule le succès et la viabilité d\u2019un format de document.Il faut que les constructeurs l\u2019intègrent à leurs produits et que son usage se répande.C\u2019est ce qui semble avoir fait défaut à ODA qui est pourtant une norme ISO au même titre que SGML.Seul le format SGML offre pour l\u2019instant à la fois la stabilité, l\u2019indépendance, le statut de norme officielle et la popularité pour durer.Malgré tout, la pérennité de l\u2019information numérique ne se limite pas uniquement à une question de format de fichier.Le document électronique n\u2019a pas comme le document sur papier une existence autonome.Il dépend invariablement d\u2019un support de stockage et d\u2019un équipement de lecture.La pérennité des documents numériques risque de relever davantage de l\u2019obsolescence de leur médium que de la pérennité des formats de fichiers.Avec l\u2019arrivée du DVD, puis d\u2019autres technologies, le cédérom subira-t-il le même sort que le « 78 tours vinyle » et les PC, celui des tourne-disques ?Par ailleurs, pourra-t-on lire un format normalisé dans vingt ans si P algorithme de compression ou la technologie d\u2019affichage à l\u2019écran ne sont pas aussi normalisés ?L\u2019informatique évolue tellement rapidement que les normes officielles elles-mêmes peuvent être déclassées et retirées.A l\u2019extrême, le codage binaire sera-t-il encore le mode de représentation des documents virtuels dans 100 ans ?La question des archives Marcoux (1994) a bien illustré comment SGML apporte un début de solution au problème de pérennité de l\u2019information numérique puisque ce format est indépendant des matériels et des logiciels qui ne cesseront pas d\u2019évoluer8.Mais il ne faut pas pour autant penser que la question des archives électroniques se résume pour le gestionnaire de documents à s\u2019assurer d\u2019un format de conservation normalisé des documents inactifs.L\u2019archiviste se doit d\u2019intervenir dans la gestion des documents numériques actifs et semi-actifs même s\u2019ils existent en format propriétaire.Les Word, WordPerfect et autres Excel, AutoCAD et PowerPoint pullulent dans les micro- Tableau 1 : Formats numériques de documents textuels : utilisation, avantage et inconvénient principaux Format\tPrincipale application\tPrincipal avantage\tPrincipal inconvénient Traitement de texte et PAO (Word, WordPerfect, FrameMaker,.)\tÉditique\tRichesse des mises en formes\tFormat exclusif à son application ASCII\tÉchange\tCompatible avec toutes les applications\tAucune mise en forme RTF\tÉchange/ Conversion\tFormatage de base conservé\tRestreint à certaines applications et plates-formes Bitmap (TIFF, GIF,.)\tNumérisation\tInformatisation du document papier\tFichiers volumineux SGML\tÉdition structurée\tNorme officielle\tComplexité HTML\tDiffusion Web\tTrès répandu\tTrès changeant XML\tDiffusion Web structurée\tSimplification de SGML\tNouveauté PDF\tDistribution\tNécessite aucun balisage ou travail d\u2019édition\tSous licence (propriété d\u2019Adobe) 22 ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été J 998 Les écrits numériques : nature et tour d'horizon des principaux formats ordinateurs et ne disparaîtront pas de sitôt car leur usage est beaucoup trop généralisé.Et, de toute évidence, le cycle de vie d\u2019une très grande majorité de documents n\u2019est pas plus long que celui du progiciel qui les a créés.Cette précision faite, on se doit de promouvoir l\u2019usage de formats de documents standardisés et particulièrement sensibiliser les organismes à l\u2019indépendance qu\u2019offre SGML pour la production d\u2019informations à valeur permanente.Conclusion Les documents électroniques se présentent sous divers formats : image Bitmap, texte Word, feuille de calcul Excel, dessin CorelDRAW, page HTML, document PDF ou SGML, vidéo QuickTime ou MPEG, son WAV, etc.Ils sont de plus en plus le fruit d\u2019une combinaison de ces éléments pour constituer les documents composites.Les formats de documents sont pour la plupart exclusifs à leur progiciel de création et ne conviennent pas nécessairement au partage de données.C\u2019est ce besoin d\u2019échange qui nécessite de choisir un format de document plus indépendant.Parmi les formats reconnus plus universels (ASCII, RTF, TIFF.SGML, HTML, XML et PDF pour le texte), chacun comporte des avantages et des inconvénients.La solution universelle n\u2019a pas encore émergé.Le « meilleur format » est une affaire de besoins et dépend du type de document à gérer.C\u2019est dans ce contexte qu\u2019il importe de connaître les options possibles.Pour assurer leur succès, les meilleurs formats d\u2019échange doivent pouvoir être produits simplement à même les progiciels déjà en place par l\u2019usage de filtres de conversion, ou par l\u2019utilisation d\u2019éditeurs disposant d\u2019un interface avec lequel il n\u2019est plus impératif de maîtriser les langages de balisage.Le document électronique est assujetti aux médiums de stockage et de consultation qui ne cessent d\u2019évoluer.La normalisation à tous les niveaux (formats de documents, supports de stockage, équipements de lecture, langages de programmation, algorithmes de compression, architectures de télécommunication, etc.) est primordiale pour assurer une certaine pérennité de l\u2019information sous forme numérique.L\u2019indépendance matérielle et logicielle du format SGML est fort séduisante mais pour l\u2019instant, le professionnel de la documentation doit s\u2019attendre à gérer plusieurs formats de documents, qui par ailleurs n\u2019ont souvent pas la nécessité d\u2019être conservés pour très longtemps.Notes 1\tDans le premier volet de cette suite on a présenté les généralités sur la GDE, discuté son enjeu pour les professionnels de l\u2019information documentaire et exposé les diverses fonctions d\u2019acquisition, de traitement et d\u2019exploitation des documents numérisés (Levasseur, 1997).2\tL\u2019Unicode est par opposition une norme de codage en 16 bits qui permet la représentation des caractères et des idéogrammes d\u2019autres langues (grec, arabe, japonais, etc.).3\tDevenu aujourd\u2019hui «Continuous Acquisition and Life cycle Support».4\tWhat You See Is What You Get (« Ce que vous voyez à l\u2019écran lors de l\u2019édition est ce que vous obtiendrez à l\u2019affichage ou à l\u2019impression » OU « Tel écran, tel écrit »).5\tLorsque les polices de caractères utilisées dans un document ne sont pas disponibles sur l\u2019ordinateur de lecture, Acrobat les simule en créant des polices de substitution.Lors de l\u2019usage de polices spéciales, celles-ci peuvent être jointes au fichier PDF.6\tLe problème rencontré avec le projet Gallica (Teasdale, 1998) pour la numérisation d\u2019écrits du XIXe siècle (http://gallica.bnf.fr) illustre bien l\u2019infortune du choix d\u2019une technologie propriétaire, évolutive et non encore normalisée : l\u2019ancienne version de PDF utilisée ne permet pas la consultation des pages à la volée, ce qui est peu commode lorsque l\u2019on n\u2019a pas pu tirer profit de la ROC d\u2019Acrobat qui aurait permis de diminuer la taille des fichiers et ainsi faciliter leur transfert sur Internet (cf.la ROC est encore peu efficace pour les imprimés anciens).De plus, le taux de compression des fichiers PDF a largement été amélioré depuis.7\tII est possible d\u2019apporter des corrections mineures au texte de documents PDF.8\tPour les formats propriétaires, une solution envisageable est de stocker sur disque optique, en plus du document numérique que l\u2019on désire conserver pour sa valeur historique, le progiciel pour le lire.Mais une difficulté demeure : l\u2019obligation de conserver aussi et de maintenir en état de marche les appareils de lecture ; un défi muséologique! 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cognitive dissonance that occurs in regular classrooms.It also argues that networking technologies offer the means to implement large-scale education programs to instruct users how to use an electronic environment that is exponential in growth and ephemeral in nature.Lastly, it discusses an electronic web-based course at the Distance Education Program at McGill University.La création d\u2019environnements électroniques pour l\u2019apprentissage Cet article décrit l\u2019utilisation des technologies de mise en réseau pour créer des environnements d\u2019apprentissage qui miment les conditions d'interaction sociale et de divergence cognitive présentes en salle de classe traditionnelle.On soutient que les techniques de réseautage offrent la possibilité d\u2019implanter des programmes d\u2019éducation à grande échelle qui montrent à leurs usagers comment évoluer dans un environnement électronique caractérisé par une croissance exponentielle et une nature éphémère.Enfin, on présente un cours électronique sur le Web donné dans le cadre du programme de télé-enseignement à l\u2019Université McGill.The introduction of telecommunication and computer technology in Canadian schools and libraries is growing at a phenomenal rate.Whereas few schools had access to the Internet but three or four years ago, SchooINet and LibraryNet, federal projects to help schools get connected and use effectively the Internet aim to have all public libraries and schools connected by the end of 1998.Even more, SchooINet and LibraryNet have programs offering electonic training materials to all Canadian teachers and librarians.Indeed, SchooINet and LibraryNet see the provision of electronic distance education courses as the most effective way to get librarians and teachers to use the Internet.There are several reasons why library administrators and educators have supported strongly educational networking programs.First is the possibility of ending teacher isolation.That is, teachers and librarians are able to communicate with colleagues and with others about issues of mutual concern (Tinker, 1993a, 1993b).The SchooINet and forthcoming LibraryNet discussion groups are cases in point.Instructor and students can also experience the social learning and cognitive dissonance that occurs in classrooms through the use of asynchronous (electronic mail) or synchronous (Internet Relay Chat) communication.Second, research suggests that it is possible to implement collaborative classroom projects with local or remote students (Fowler & Wheeler, 1995; Riel, 1990, 1992; Riel & Harasim, 1994; Neilsen, 1993; Quintana, 1996).Or as Fowler and Wheeler claim, «The use of CMC (Computer Mediated Communication) changed the way the classroom functioned.In many cases, patterns of cooperative learning developed » (1994, p.91).Third, students working with network and information technology have the opportunity to present their work to an audience thereby situating the learning and giving it authenticity (Roschelle, 1992).That is, activities are contextualized, i.e., given purpose, making the learning deeper and more meaningful.Situated learning is made possible by what is called teleapprenticeships (Levin, Waugh, Brown, & Clift, 1994) where expert and novice replicate an apprenticeship approach to learning.As Levin, Waugh, Brown and Clift state, « another important aspect of teleapprenticeships is that they overcome the physical limitations of traditional apprenticeships, which result in a single apprenticeship experience being conducted in a single physical location » (1994, p.150).Fourth, students and teachers have access to a vast library of resources and expertise.Arguably, the information resources found on the Internet are impressive and can complement and enhance the value of traditional classroom or library resources.Furthermore, the development of new search engines and agent technologies using sophisticated search mechanisms makes the location and retrieval of information a simpler task.24 ARGUS/Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 Creating Electronic Environments for Learning Fifth, feedback is immediate, both from the instructor and from other classmates.The instructor is able to track individual progress on a daily basis.Moreover, public librarians are able to interact with remote patrons thereby helping to eliminate inequitable access to materials and expertise.Sixth, assuming the availability of hardware, large numbers of students are able to take the course regardless of location.Last, the course can be ongoing and have several instructors collaborate in the presentation and work of the course (for a more complete review see Neilsen, 1993, Reidlinger & Weir, 1995, and Silva & Breuleux, 1993).Flowever, access to computer and telecommunication technology has created new demands and needs.Among these, access to expertise and instruction on how to function in an online environment are perhaps the most important.That is, one of the most common complaints voiced by teachers and public librarians is the lack of instructional support.For example, a survey conducted by Honey and Henriquez on educational networking found that most use of the technology was entirely self-taught (1993, p.8, 12).The absence of a school district wide plan led Honey and Henriquez to state that «The survey results strongly suggest that support for telecommunications activities at the school and district level is virtually nonexistent» (1993, p.12).These findings are supported by a study on SchoolNet services conducted for the Canadian Teachers Federation (MacLeod, 1995).For example, the study found that almost 50 % of teachers surveyed reported no experience with networked computers and 24 % reported only occasional exposure to networking activities (p.12).Of importance, only 18 % of teachers saw computers as irrelevant in their work while 53,9 % stated that they needed to leam more about educational networking (p.12).It is not surprising, therefore, to find in the conclusion of the report the recommendation that « SchoolNet should provide teachers with a series of teacher training sessions to acquaint them with SchoolNet and its services » (p.84).Elementary and secondary school administrators and librarians must resolve two problems when attempting to institute training programs for staff: First, how to deal with the lack of equitable, affordable and universal access to telecommunication technologies (Reidlinger & Weir, 1995); and second, how to offer affordable ongoing training seminars to teachers/ librarians.This problem is further compounded by budgetary constraints, especially since investments in training and support often equal or suipass the original investment in hardware and software.The administrators of Newfoundland's Stem-Net, a project that aims to « provide support and services for K-12 and rural public college educators in the areas of curriculum instruction and professional development » (Stem-Net, 1994, p.1) found a novel and successful approach to train teachers connected to their network.A mobile ethemet training network travels throughout Newfoundland and allows teachers to use new Internet applications like the World Wide Web.However innovative the approach, the mobile network does not solve the problem of how to offer large-scale, ongoing seminars to all Canadian teachers and public/school librarians.The design and implementation of an Internet resources course As appreciation of the Internet and of the benefits of educational networking grew among teachers, the McGill University, Distance Education Program decided to introduce students to Internet resources and applications.Giving teachers and school librarians the knowledge of basic Internet applications and resources was the overriding objective of the course.Moreover, the course ideally would be offered over the Internet and make full use of its protocols and resources.The original design of the course based on workbook exercises and readings was deemed inappropriate because it lacked sufficient interaction and asynchronous communication.Moreover, the dynamic and ephemeral nature of Internet resources made it a necessity that modifications to the course be implemented without delay.Finally, students had to be acculturated into network behavior and etiquette, an exercise that requires an applied rather than a theoretical approach.The new course faced a number of other challenges as well.Although students are expected to have a basic understanding of computers and file management, it was decided that the project should give students some technical support and introduction to new Internet applications.Currently, home connections to the Internet and exercises like file transfers are greatly simplified.Still, some procedures remain complicated, particularly when students are inexperienced in using Windows/Mac software or Unix shell accounts.To speed the acculturation into the new environment and to emphasize the conceptual aspects of the project, a method had to be available giving the instructor the means to help students to resolve whatever initial technical problems that may arise.As well, introduction of new technologies, particularly those that offer real-time communication and interaction, requires that users become accustomed with new environments.That is, the use of new technologies for teaching changes radically the means to instruct and guide students.Often, the role of teachers is modified from one where they are information providers to one where leading and guiding becomes the primary activity.Moreover, use of the Internet also requires instruction on how to collaborate in virtual environments and on how to filter and process large quantities of data and information.Indeed, the problem of information processing and filtering is a major concern and many are questioning whether the information on the Internet is an impediment or an enhancement to learning (Duchastel & Turcotte, 1996, ARGUS / Vof.27, n 1, Printemps-été 1998 25 p.2).The information overload problem is exacerbated by the problem of information authentication and copyright.At the present time, there is almost no quality control on the information posted on the Internet.If seminar participants are novices, introduction to general online behavior and culture is necessary.The need for acculturation and «netiquette» should not be underestimated.Creating context in virtual environments depends upon certain behaviors and adherence to rules.Finally, when introducing networking and computer technology, a humanistic pedagogical approach as opposed to a systemic-based pedagogical model appears to be more ideally suited (Silva & Cartwright, 1993) for students with little computer training.However, two major problems arise when introducing and teaching networking technology.First, the Internet and its protocols are evolving at an unprecedented rate of speed.The World Wide Web (WWW) is only a few years old with new software being introduced on a monthly basis.Furthermore, because the WWW is able to integrate most other protocols, it is subsuming many of the older protocols like gopher, telnet and ftp (file transfer protocol).These protocols, however, are still utilized by many technologically underprivileged schools that must rely on Unix shell accounts or similar systems.Such rapid growth of change creates a situation where the student and instructor must be exposed to continuos renewal arising from the use of new technologies and applications.A Windows-based task, for instance, assumes a great deal of knowledge from someone who uses text-based systems.Consequently, ongoing workshops geared towards the introduction of new applications becomes a necessity.While small-group workshops and seminars are probably the most effective means to introduce new networking technologies and applications, they are unrealistic given the lack of expertise and resources, particularly since universal access to the Internet is the goal.Creating Electronic Environments for Learning The second problem, then, arises as a consequence of the first: How to offer personalized, humanistic workshops to deal with the constantly evolving, ephemeral, and dynamic environment found on the Internet ?Or, in other words, how can a school or library implement a program where learning and use of new technologies is maximized and is offered on a continuous basis to all of its teachers and administrators ?And how can a school or library offer follow up seminars and workshops and user support in a time of severe and continuing budgetary cutbacks?The virtual classroom and the provision of individualized instruction Simply stated, one of the challenges confronting Canadian schools and libraries is how to offer the provision of individualized instruction on a large-scale, ongoing basis during a time of limited resources.Recent research (Butler, 1995; Ellsworth, 1995; Kearsley, Lynch & Wizer, 1995; Lewis, Whitaker & Julian, 1995; Reidlinger & Weir, 1995; Riel & Harasim, 1994; Spargo & Kelsey, 1996), show that networking technologies may offer viable solutions to the above problem.In addition, new programming languages like Java (Sun Microsystems, 1996) and Microsoft\u2019s ActiveX have also increased the interactive potential of WWW applications like Netscape.These languages make content on the Internet dynamic by allowing small applications called applets to be sent over the network and executed on the user\u2019s WWW client (i.e., Netscape, Mosaic, etc.).Interactive exercises and teleapprenticeships are possible when using these new technologies.These research findings become particularly important in Canada where distances are immense, access to telecommunications is inequitable and where expertise is available but the tools to foster collaboration and dissemination of research are scarce.Given the above, and building on the original Internet course, the McGill University Distance Education Program decided to expand it to give teachers and librarians the knowledge to implement networking projects in their classrooms or libraries.The course would emphasize the conceptual aspects of educational networking while helping teachers and librarians deal with the technical problems associated with working in a virtual environment.However, the course faced several problems.While teachers and librarians in urban centers had easy access to the technology and expertise, teachers and librarians located in remote Northern regions of Canada lacked resources.Moreover, the traditional methods of distance education, mailings and fax, were ill suited to deal with a dynamic and evolving environment like the Internet.Teachers needed hand-on experience, meaningful tasks and technical support.Furthermore, because of the speed in the evolution of Internet applications, immediate feedback was required to maintain interest and to lessen frustration in learning and using the new technology.To meet the above demands, it was decided to design a course to maximize the interactive potential in networking technology while allowing students to experience the social learning and interaction that occurs in a real classroom.The original and present course (Internet Resources:\t432-408, http:// www.education.mcgill.ca/432-408/, username: guest, password: guest) emphasizes an apprenticeship mode of instruction thereby giving each student personalized attention.Finally, instructors and students are able to replicate the social learning that occurs in classrooms through the use of asynchronous (electronic mail) or synchronous (Internet Relay Chat).Consequently, collaborative and group work is encouraged whenever possible.During the first year of the course, electronic mail was the primary protocol utilized.Gopher and the World Wide Web were still under development and unavailable to the 26 ARGUS / Vo/.27, n 1, Printemps-été 1998 Creating Electronic Environments for Learning general Internet public.Most students used UNIX shell accounts or an IBM mainframe mailer program based on Multi-User System for Interaction Computing (MUSIC) software.Students were required to use the primary Internet protocols, telnet, file transfer protocol and electronic mail and locate materials in support of their final assignment.Use of electronic mail, through an electronic mail discussion group created for the course, allowed students to communicate with one another, with the instructor and with persons not associated with the course.From this initial course design, it became apparent to the instructors that the attractiveness and success of the course was the result of the interaction arising from the use of electronic mail.This finding parallels many of the claims made for the use of electronic mail as a means to promote classroom discussion and interaction.Students were able to work collaboratively, communicate with experts outside the classroom, receive course materials, initiate and participate in classroom discussions and work under an apprenticeship mode.And through the use of telnet and file transfer protocol, students were able to search, locate and retrieve a wealth of material in support of their work and projects.With the evolution of Internet protocols, particularly the WWW, the course encouraged students to shift from the use of UNIX shell accounts and other text-based systems to more interactive systems.By early 1995, teaching and communication were offered through a WWW homepage created exclusively for the course.Although the older protocols like gopher, telnet and file transfer protocol are still an integral component of the course, students are encouraged to forego their use, especially since Internet browsers like Netscape subsumes them making it unnecessary to learn their complicated command syntax.Still, the WWW homepage is designed to maximize communication and interaction.This is promoted through several means.First, the foundation of the original course, the electronic discussion group, remains an essential component of class activity.Students must post the answers to course modules on the discussion group and participate actively in the discussions.Second, students are able to communicate with their instructors via electronic mail or Internet Relay Chat (IRC), an Internet application that gives students the ability to communicate synchronously.Third, a USENET-based reader news group was created so as to give students an alternative means to share expertise and knowledge.The advantage of a reader news group is that the information is easier to locate and retrieve.Fourth, a section on the homepage allows the students to post their biographies, portraits, and interests.This category aims to create classroom memory while fostering classroom identification.As well, this category allows students to post their work for comment and feedback from others in the course.Last, students are able to create personalized homepages containing gopher or WWW sites found to be of interest or of use for their classmates.There are three types of assignments that students must complete to finish successfully the course.The first is divided into six practical modules covering all Internet protocols: Electronic mail, telnet, ftp, http and gopher.Here, students have the opportunity to deal technical problems and complete applied exercises.For example, in a typical module, students must telnet to the ERIC database, conduct a search on a topic of interest, save the file and mail it to their instructor.Students must also complete two brief assignments.In the first assignment, a full review of computer and telecommunication resources in their schools must be undertaken.In the second assignment, they must search the Internet for K-12 codes of behavior, compare and evaluate several codes, and create one for their schools.Both assignments integrate technical knowledge with conceptual issues: What happens if students access questionable materials, should parents sign the user code of behavior, etc.?The final assignment offers students the possibility to research in depth an issue that is of particular interest.Many have taken this opportunity to implement projects in their classrooms.Others have used the assignment to lobby their schoolboards for more computer resources and funds.The development of a homepage for their schools has also been a popular option.Whatever the assignment, it must be supported by research and deal with current issues and problems.That is, fundamental questions should be posed: Why implement a project, how to evaluate the effectiveness of a project, how to integrate traditional learning tasks with the new technology, are there gender differences in the use of the Internet, etc.?The course also strives to present different viewpoints and research.Persons that have had a significant role in the development of educational networking programs are invited as guest lecturers.Their presentations are given to students through the course electronic discussion group and are later posted on the course homepage.Again, research suggests that guest lecturing can stimulate learning in an electronic environment (Cotlar & Shimabukuro, 1995).To date, the Honourable Frank McKenna, former Premier of New Brunswick, Carol Baroudi, co-author of the book Internet for Dummies, and David Johnston, Chair of the Canadian Information Highway Advisory Council, have participated in the course.An additional resource that is appreciated by students is a virtual library that contains the full text of over 25 electronic journals on education.The library also offers access to a McGill librarian to help them with reference questions, etc.Links to databases, full-text books and dictionaries and help modules on the use of the WWW browser, Netscape are available.In addition to the library, students have access to full-text bibliography of course materials to help them complete their projects.The bibliography includes journal articles, books, reports and presentations.To resolve the problem of telecommunication costs as many students have time restrictions on the amount of time they are able to use the Internet, the entire course WWW homepage is archived on 2 diskettes.In this way students can copy the homepage onto their hard diskes and access course materials locally on their computers.This does not lessen the interactive potential of the course; they can always connect to other servers or send e-mail whenever the need arises.ARGUS / Vo/.27, n 7, Printemps-été 7998 27 Creating Electronic Environments for Learning 1996, Montreal, Canada.[URL: http:// highway and Canadian education: Discussion www.isoc.org/isoc/whatis/conferences/inet/96/ of issues and policy recommendations.[Ottawa: proceedings/c4/c4_l .htra]\tCanadian Educational Network Coalition] Conclusion The above model, although developed a university course, can be modified to meet the demands arising from any organization or institution.That is, the interactive potential of the technology, whether based on WWW applications or on text-based systems, is an ideal vehicle for introducing new technologies and applications (McComb, 1994).Regardless of the objective of the seminar, whether for college credit, professional development, or continuing education, the WWW and electronic mail offer a cost-effective and practical means for the provision of user support and instruction.It is the ability of students to communicate with each other, either one-to-one or as a group, and with their instructor that is the most important aspect of the technology.The lack of new technology necessary when creating WWW systems should not impede the design and implementation of electronic seminars and workshops; text-based systems can offer the interactivity necessary for learning to occur.Even in technologically underprivileged areas, access to computer and networking technology can be scheduled and organized to allow the maximum number of persons to participate in workshops and seminars.Electronic discussion groups and USENET reader groups continue to serve as powerful tools in the retrieval and sharing of knowledge and expertise.References Butler, Brian.1995.«Using WWW/Mosaic to support classroom-based education: an experience report».Interpersonal Computing and Technology: An Electronic Journal for the 21st Century, 3, pp.17-52.[URL: http://www.helsinki.fi/science/optek/ 1995/nl /butler, txt] Cotlar, M.& Shimabukuro, J.N.1995.«Stimulating learning with electronic guest lecturing «.Z.L.Berge & M.P.Collins (Eds.), Computer mediated communication and the online classroom; volume 3: distance learning.Cresskill, NJ: Hampton Press, pp.105-128.Duchastel, Philippe & Turcotte, Sylvie.1996.«Online learning and teaching in an information-rich context».In INET96: The Internet: Transforming our society now, the Annual Meeting of the Internet Society, 25-28 June 28 Ellsworth, Jill H.1995.«Using 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http://hub.terc.edu :70/0/hub/owner/TERC/ Chief_scientist/Telecomputing.txt] ARGUS / Vol.27, n\u2018 1, Printemps-été 1998 Pour un hypertexte tabulaire Christian Vandendorpe Département des Lettres françaises Université d\u2019Ottawa Modes de lecture L\u2019hypertexte renouvelle de manière fondamentale le support de l\u2019écrit, ainsi que la structure de l\u2019expression textuelle façonnée par le livre comme médium.Une mutation de la lecture s\u2019accomplit depuis l\u2019imprimerie : de fil, le texte devient surface, puis volume tridimensionnel avec l\u2019hypertexte.L\u2019enseignement assisté par ordinateur (EAO) bénéficie grandement du pouvoir quel\u2019 hypertexte confère à son lecteur, grâce entre autres au concept de manuel interactif, qui organise dynamiquement l\u2019information et y ajoute l\u2019image animée.For a tabular hypertext Hypertext has fundamentally transformed the foundations of the written word, as well as the structure of textual expression that has been shaped by the medium of the book.Reading has been evolving ever since the invention of the printing press : from thread, text became suiface and finally the tridimensional volume of hypertext.Computer-assisted learning derives great benefit from the power which hypertext provides the reader, particularly the concept of the interactive manual, which organizes the information in a dynamic fashion and enhances it with animated images.Notre civilisation est en train d\u2019explorer, fascinée, les nouveaux outils de gestion du savoir que l\u2019hypertexte met à sa disposition.Celui-ci n\u2019apporte pas seulement une révolution documentaire, qu\u2019il s\u2019agisse de la gestion des documents à l\u2019intérieur d\u2019une institution ou de la navigation à travers le savoir numérisé sur le réseau Internet.Plus profondément, l\u2019hypertexte est en train d\u2019interpeller la paisible assurance que nous avions de pouvoir toujours mettre le savoir à plat et l\u2019enfermer dans les limites du livre : elle marque définitivement la fin du « rêve totalisant du Livre unique » (Vandendorpe, 1996, p.155).Sans annoncer nécessairement la mort de l\u2019imprimé, l\u2019hypertexte est une nouvelle frontière appelée à diviser l\u2019histoire de l\u2019écrit entre ce qui existait avant et ce qui sera désormais, tout comme on le fait couramment à propos de l\u2019invention de l\u2019imprimerie ou, avec plus de justesse encore, à propos de la mise au point du codex.Rappelons d\u2019emblée que le livre n\u2019a pas toujours existé sous la forme qu\u2019on lui connaît et qu\u2019 il a évolué considérablement depuis sa naissance sur les bords du Nil, il y a quelque 5000 ans.Chaque mutation du support matériel a fini par entraîner, parfois après une longue période d\u2019incubation, des transformations au plan de l\u2019écriture et de la mise en forme du texte.Et celles-ci ont, à leur tour, produit des mutations de la lecture.En effet, les technologies ne sont pas neutres, et sans aller jusqu\u2019à dire, avec McLuhan, que « le medium est le message », je crois évident que la lecture n\u2019a pas toujours été ce qu\u2019elle est aujourd\u2019hui et qu\u2019elle va encore évoluer en fonction des supports sur lesquels elle s\u2019exerce.Un bref rappel historique me permettra de mettre en évidence l\u2019apport particulier de l\u2019hypertexte en comparaison du livre, d\u2019en montrer les forces et les faiblesses, et d\u2019envisager ce que pourrait être une fusion de ces deux univers.Les supports traditionnels de l\u2019écrit L\u2019écriture a longtemps cherché un support adéquat.Pendant des millénaires, on a tracé des signes et des dessins sur des arbres, des poteries, des pierres.Par son caractère impérissable, la stèle est demeurée le support monumental par excellence, élevée à la gloire d\u2019une administration ou à la mémoire d\u2019un pharaon.Cet objet est d\u2019autant plus précieux qu\u2019il a coûté du travail et que le graveur a dû vaincre la résistance du matériau.L'écriture s\u2019en ressent, naturellement.La graphie, rigide et hiératique, privilégiera les hiéroglyphes en Egypte et, chez les Grecs et les Romains, les lettres capitales.Quant au texte, il est de nature formulaire.À la fois texte et statue, ces ouvrages n\u2019appartiennent pas encore au monde du livre: ils ne sont guère transportables, et ne visent pas un usage privé.Malaisés à lire, ils découragent le lecteur, qui doit ajuster sa position de lecture en fonction du support.À la limite, d\u2019ailleurs, il n\u2019est pas nécessaire que ce dernier puisse lire les caractères situés au sommet de la colonne: l\u2019essentiel est qu\u2019il sache apprécier la majesté écrasante de la cause à laquelle l\u2019objet est consacré.ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 29 Le livre est vraiment né avec le rouleau de papyrus.À partir du moment où le calame ou la plume peuvent glisser assez librement sur une surface unie, l\u2019écriture va devenir cursive et le texte va se concevoir sous la forme d\u2019une chaîne de mots, courant ininterrompue du début à la fin du texte.Le rouleau de papyrus, que le lecteur déroule sur des longueurs allant de 15 à 40 mètres, a gardé longtemps une forme de textualité dont le modèle idéal semble bien avoir été celui de la linéarité de la parole.A une époque ancienne, et déjà sur les stèles, l\u2019écriture était du type boustrophedon.allant de gauche à droite pour la première ligne et de droite à gauche pour la suivante, et ainsi de suite.La main du scribe pouvait ainsi suivre un tracé ininterrompu que le lecteur était à son tour censé suivre des yeux de façon continue.Ajoutons qu\u2019il n\u2019y avait pas de séparation entre les mots, pas de ponctuation ni de division nette entre les paragraphes.Le titre lui-même n\u2019apparaissait qu\u2019à la fin, dans le colophon.L\u2019écriture était transcription de la parole (et, en poésie, de la parole inspirée): comme telle, elle était inféodée à l\u2019ordre linéaire.Platon, par exemple, qui avait le culte des traditions, a composé une grande partie de son oeuvre sous forme de dialogues : ce faisant, l\u2019écrit reprenait tout naturellement une structure d\u2019exposé à laquelle le lecteur est habitué depuis qu\u2019il a appris à parler.Pendant très longtemps, l\u2019écriture occupera ainsi une position ancillaire par rapport à la parole.On tenait pour acquis que le lecteur lisait de la première à la dernière ligne: il n\u2019avait pas d\u2019autre choix que de s\u2019immerger dans la lecture du texte, déroulant le manuscrit tout comme la voix du conteur déroule ses propos.Ces caractéristiques du livre-papyrus (en grec : biblios) que l\u2019on déroule se maintiendront à Byzance jusque vers l\u2019an 1000 de notre ère.Mais, parallèlement, une révolution devait se produire avec l\u2019invention du codex.D\u2019abord utilisé sous la forme de petit carnet de notes, ce nouveau format prendra plusieurs siècles à s\u2019imposer.On considère généralement que le codex est apparu vers le début de notre ère (Levarie, 1968) et particulièrement dans les communautés chrétiennes.Pendant deux ou trois siècles, le format codex va naturellement être utilisé avec le nouveau matériau qu\u2019est le parchemin mais aussi avec du papyrus.Ce n\u2019est que vers le quatrième siècle que le nouveau format donne sa pleine mesure et que le codex se libère du modèle imposé par le rouleau (de la même façon, l\u2019automobile a mis plusieurs dizaines d\u2019années avant de se dégager complètement du modèle de la voiture à chevaux: inertie des représentations culturelles dominantes !).À partir de ce moment, on verra se mettre en place divers types de repères à la surface du livre, conçus pour aider le lecteur à s\u2019orienter plus facilement dans la masse textuelle, à en faire une lecture plus efficace.Il s\u2019agit des indices tabulaires que sont le titre, la pagination, les rubriques, etc., et qui permettent au lecteur d\u2019échapper à la linéarité du texte.Dès lors, le texte n\u2019est plus un fil que l\u2019on dévide, mais une surface dont on appréhende le contenu par des approches croisées.Cette transformation est aussi celle d\u2019un rapport hiérarchique différent entre ces deux grands sens que sont l'ouïe et la vue.Pour que l\u2019œil puisse appréhender facilement et rapidement les mots du texte sans le secours de l\u2019oreille et de l\u2019oralisation, il a fallu au préalable qu\u2019ait été introduite cette technologie élémentaire qu\u2019est la séparation des mots, invention que l\u2019on attribue aux scribes irlandais et anglo-saxons du haut Moyen-Age (Chartier, p.30).La lecture ne peut devenir silencieuse qu\u2019à cette condition.Il est ainsi caractéristique, comme le note Saenger, que « au XVe siècle, le verbe veoir était dans les textes vernaculaires aristocratiques synonyme de lecture silencieuse » (p.139).Tout au cours du Moyen Age, le codex va se raffiner et on va voir se mettre en place les listes des têtes de chapitres dès le XIIe siècle, les index dès le XIIIe siècle, et dans la foulée : les titres courants, les indications de paragraphes, les renvois, les listes de noms des auteurs cités, etc.(House).Pour un hypertexte tabulaire La révolution de l\u2019imprimerie consacre et universalise tous ces acquis.On voit alors se renforcer la tabularité du livre qui est magnifiée par la régularité de la typographie.La lecture échappe alors définitivement à la dictature du linéaire grâce à la mise en place de régimes de plus en plus raffinés d\u2019entrées multiples.Grâce à ces derniers, il est alors permis au lecteur de situer précisément le point où il est arrivé dans sa lecture, d'estimer l\u2019importance respective d\u2019une section par rapport à une autre, bref, de moduler sa progression.Le lecteur a maintenant le droit d\u2019oublier les détails de ce qu\u2019il a lu plus tôt, car il sait pouvoir les retrouver rapidement.Il peut aussi se contenter d\u2019écrémer les seuls aspects du livre qui l\u2019intéressent.Avec l\u2019apparition du journal et de la presse à grand tirage, la lecture se tabularise encore davantage.Le texte a définitivement échappé à la linéarité originelle de la parole pour se présenter sous la forme de blocs visuels qui se répondent et se complètent sur la surface chatoyante de la page.McLuhan mettra un nom sur la métaphore implicite à cet arrangement textuel, contribuant à en accélérer la dominance : c\u2019est celle du texte mosaïque.Tout comme l\u2019écriture, la lecture avait longtemps été dominée par l\u2019oralisation.Jusqu\u2019à tout récemment encore, les méthodes d\u2019apprentissage visaient d\u2019abord à inculquer à l\u2019enfant un mécanisme de lecture à haute voix, comme si c\u2019était là la finalité propre de cette activité.Cela se traduisait, chez l\u2019adulte, par des habitudes de subvocalisation dont les spécialistes ont dénoncé les méfaits sur la vitesse de lecture (Richaudeau, 1969).Cette lecture convenait sans doute pour la poésie, classiquement dominée par les phénomènes de rythme et de sonorités; elle convenait encore pour les romans de Flaubert, qui affirmait ne pas écrire une phrase sans la faire passer par le « gueuloir » de la voix.Elle est totalement inadéquate à la lecture de dossiers.Mais ce n\u2019est que dans les dernières décennies que les méthodes d\u2019apprentissage de la lecture ont véritablement pris en compte ce changement radical de paradigme.30 ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 Pour un hypertexte tabulaire Avec la tabularisation du texte, le lecteur développe donc des stratégies d\u2019écrémage propres à la rapidité des perceptions visuelles.Cela se combine à une volonté croissante d\u2019avoir prise autant que possible sur ce qu\u2019on lit, de pouvoir circuler dans le texte à sa guise, sans être ralenti par des barrières artificielles ou propres à la nature du support utilisé.Aussi, les étudiants qui travaillent aujourd\u2019hui sur des textes littéraires ont-ils de plus en plus de mal à accepter les résistances et l\u2019opacité de l\u2019imprimé, quand le numérique les a déjà habitués à pouvoir retrouver sur demande et en une fraction de seconde les endroits du texte où il est question de tel ou tel thème et les mots précis utilisés par l\u2019auteur.La lecture sous hypertexte À peine la métaphore du texte mosaïque était-elle en train de pénétrer dans notre culture qu\u2019un nouveau mode d\u2019organisation textuelle faisait son apparition : l\u2019hypertexte.Celui-ci permet de concevoir la textualité non plus comme un fil.ni comme une surface, mais comme un volume tridimensionnel qu\u2019il est impossible de mettre à plat sans le défigurer radicalement.Sous ce mode de lecture, les déplacements du lecteur ne sont plus limités par le vieil ordre début/ fin, ni par l\u2019entrée alphabétique, ni par l\u2019entrée thématique.Chaque mot est virtuellement le lieu d\u2019un noeud qui permet au lecteur d\u2019enchaîner sur une nouvelle fenêtre de texte.La curiosité du lecteur qui écréme un texte est désormais susceptible de satisfaction immédiate.Celui-ci peut passer d'une information à une autre avec une souplesse totale, en obéissant à ses propres associations mentales plutôt qu\u2019à un découpage conceptuel imposé.Fort bien, dira-t-on, pour la lecture documentaire.Mais on peut penser que cette révolution technologique va entraîner des conséquences sur l\u2019écriture elle-même.En fait, on est en train de rompre définitivement le lien, déjà fort ténu, qui rattachait oral et écrit.En principe, un hypertexte n\u2019a ni début ni fin, à la différence des « grands récits » qui, depuis la nuit des temps, se sont ingéniés à capter l\u2019attention du lecteur pour une durée toujours plus longue en lui proposant comme objectif l\u2019assouvissement de sa curiosité dans la résolution finale.Dans l'hypertexte, le lecteur choisit son propre cheminement de lecture, selon une déambulation guidée par des associations mobiles et imprévisibles et qui rend factice toute mise en séquence de type début / fin, problème / solution, manque / quête.En revanche, alors que le livre s\u2019offre d\u2019emblée au lecteur, qui peut le feuilleter et y entrer à sa guise, sans craindre de perdre le fil, l'hypertexte est foncièrement opaque : il l\u2019est bien davantage, même, que le rouleau de papyrus.Devant un écran d\u2019hypertexte, le lecteur se trouve aussi désorienté qu\u2019un individu parachuté au-dessus d\u2019un territoire inconnu, sans carte ni boussole.Alors que le livre, au terme d\u2019une longue évolution, avait parfaitement assimilé la nécessité de fournir au lecteur des indices tabulaires, l\u2019hypertexte est d\u2019une pauvreté révoltante à cet égard.Avec le livre, on peut constamment évaluer, en un clin d\u2019oeil, la quantité lue et celle qui reste à lire.Cela permet au lecteur de moduler son régime de lecture, accélérant pour finir un chapitre ou ralentissant, au contraire, pour faire durer le plaisir avant un dénouement qu\u2019il pressent heureux.La conception actuelle de l\u2019hypertexte tend à priver le lecteur de ces indices essentiels, comme si on exigeait de ce dernier une confiance aveugle dans l\u2019auteur du programme.Or, on l\u2019a vu, l\u2019évolution historique a précisément été de donner à l\u2019usager une emprise toujours plus grande sur son activité de lecture et de meilleurs instruments pour la gérer.Évidemment, cette critique part du postulat que les livres sont des totalités finies qu\u2019on veut parcourir intégralement afin de s\u2019assimiler la topographie d\u2019une configuration mentale donnée, propre à un auteur particulier.Cette conception est-elle rendue caduque par l'hypertexte ?Pas nécessairement.Il ne faudrait pas croire, en effet, que l\u2019avenir de la lecture se confonde tout entier avec la navigation dans de gigantesques hypertextes du genre WWW.À titre d\u2019exemple, c\u2019est une chose que de laisser flotter son attention, dans un café, entre les multiples conversations qui s\u2019y déroulent et c\u2019en est une autre que d\u2019établir un contact ferme avec une pensée pour la comprendre.Il faut voir par là que la lecture n\u2019est pas réductible à un comportement monolithique : elle a varié au fil des époques et des supports de l'écrit.Et, aujourd\u2019hui, une réflexion sommaire permet de saisir que nous lisons de façon très différente selon que nous avons sous les yeux un magazine, un ouvrage spécialisé ou un roman.Et cette activité varie aussi selon que le texte est imprimé ou est affiché sur ordinateur, ou s\u2019il défile sur un écran.Par ailleurs, l\u2019imprimé offre, depuis longtemps déjà, des exemples de textes susceptibles d\u2019une lecture hypertextuelle: le fragment.Chacun sait que ce genre a été pratiqué avec une habileté remarquable par Montaigne, voici 400 ans.Et, à sa suite, bien d\u2019autres s\u2019y sont livrés.Il n\u2019est que de songer aux Pensées de Pascal,dont des critiques ont passé des années à retrouver l\u2019ordre de composition linéaire,et, plus près de nous, à Barthes, notamment.Si la structure du texte va changer, le mode de lecture va se modifier au moins autant.Alors que, dans le livre, le lecteur est porté par le texte, l\u2019hypertexte le force à faire des choix constamment.La lecture sur écran ne peut donc pas être cette forme de bercement auto-hypnotique par lequel le lecteur de roman se laisse emporter, voguant sur les ailes d\u2019une langue et d\u2019un imaginaire qu\u2019il accueille en lui pendant des heures, des semaines parfois.Vivant un siècle après l\u2019invention de l\u2019imprimerie, Don Quichotte aurait-il perdu l\u2019esprit, comme l\u2019affirme Cervantes, s\u2019il avait été tenu de cliquer à chaque pas qu\u2019il faisait dans la lecture de ses romans de chevalerie : « Si vous voulez que le chevalier délivre la princesse, cliquez sur ce mot.Cliquez ici si vous voulez qu\u2019il continue son chemin.».ARGUS / V6/.27, ri 1, Printemps-été 1998 31 Sous hypertexte, au contraire, le lecteur se laisse accrocher par des fragments d\u2019univers sémantique qui mobilisent son attention et sa compréhension pendant un temps souvent très bref.Il n\u2019est que d\u2019observer une conversation de l\u2019extérieur pour mesurer avec quelle facilité les interlocuteurs passent d\u2019un thème à un autre, dans une dérive parfois difficile à suivre.En obligeant le lecteur à faire constamment des choix, la lecture sous hypertexte renoue avec l\u2019action et rend plus évident le fait, affirmé par Valéry (un autre amateur de fragments), que l\u2019esprit est « de la nature d\u2019un acte » (Cahiers, 1969, p.911) ou, encore, qu\u2019il est « une opération militaire » (Cahiers, 1969, p.30).Mais, en élargissant les possibilités de choix du lecteur, l\u2019hypertexte ne risque-t-il pas de transformer la lecture en festival du zapping, avec tout ce que cela comporte de régressif et d\u2019infantile ?Le manuel interactif ou l\u2019hypertexte apprivoisé S\u2019il est un domaine où l\u2019on ne peut laisser au hasard le parcours effectué par l\u2019usager, c\u2019est bien celui des apprentissages.Les programmes d\u2019enseignement et les manuels reposent précisément sur cette évidence que l\u2019acquisition des connaissances nécessaires à la résolution d\u2019une équation à deux inconnues, ou à la traduction du Ramayana, ne peut se faire dans un ordre aléatoire, guidé par les seules associations libres du sujet.Les premières réalisations en enseignement assisté par ordinateur (EAO) ont poussé ce principe à l\u2019extrême, enfermant l\u2019élève dans un cheminement séquentiel micro-gradué où l\u2019accès à l\u2019exercice suivant était conditionné par la réussite du test précédent.On attendait de l\u2019élève qu\u2019il accepte de progresser en aveugle, sans qu\u2019il sache combien d\u2019étapes il aurait à parcourir ni, parfois, quelle compétence réelle il retirerait du parcours effectué.A cet égard, le manuel imprimé est bien plus rassurant, car on peut 32 toujours le feuilleter, lire et relire la table des matières et, le cas échéant, se persuader de suivre l\u2019ordre des chapitres afin d\u2019être en mesure d\u2019effectuer les activités si terriblement complexes présentées à la fin.\u201c (.) en élargissant les possibilités de choix du lecteur, Vhypertexte ne risque-t-il pas de transformer la lecture en festival du zapping, avec tout ce que cela comporte de régressif et d\u2019infantile?\u201d L\u2019hypertexte pourrait certes être utilisé de façon opaque et servir à contrôler totalement le parcours de l\u2019usager, en ne lui permettant de faire que les branchements acceptés par la logique du programme, confortant ainsi les pratiques traditionnelles d\u2019EAO.Mais il pourrait aussi renouveler ces pratiques et fusionner avec la technologie du manuel pour déboucher sur un produit nouveau, susceptible de multiplier l\u2019efficacité d\u2019une lecture tournée vers l\u2019apprentissage.C\u2019est ce dernier choix que j\u2019ai fait avec Communication écrite, hypertexte destiné à des étudiants qui veulent consolider leur connaissance de l\u2019écrit (Montréal, Logidisque, 1995,1997).Dans ce manuel interactif, j\u2019ai tenté d\u2019exploiter les ressources de l\u2019hypertexte non pas pour contrôler la progression de l\u2019étudiant à l\u2019intérieur de la matière présentée, mais pour donner à ce dernier une plus grande maîtrise de son parcours.En somme, ce produit se présente comme un livre, mais un livre auquel l\u2019hypertexte apporte un certain nombre de caractéristiques essentielles et qui en font un objet nouveau.Hypertexte et organisation de l\u2019information D\u2019abord, l\u2019hypertexte permet de moduler la présentation de l\u2019information de façon à la rendre attrayante et facile à assimiler.Pour un hypertexte tabulaire Pour ce faire, on peut stocker des sections d\u2019informations dans des fenêtres cachées sur la page, ou rendues accessibles dans une autre page au moyen de liens hypertextuels.Cette caractéristique de l\u2019hypertexte est importante pour un manuel, car le lecteur risque vite d\u2019être surchargé par les informations.Compte tenu que les écrans actuels sont d\u2019une faible résolution (comparativement à l\u2019imprimerie) et que leurs dimensions sont très peu fonctionnelles pour la lecture, il importe de ne pas les encombrer d\u2019informations.Par la possibilité qu\u2019il offre de cacher sur la page autant de fenêtres qu\u2019on le souhaite, l\u2019hypertexte permet de gérer un volume élevé d\u2019informations de façon élégante et visuellement attrayante.Souvent, la présence d\u2019informations complémentaires est simplement signalée par une icône ou un attribut de couleur et il appartient à l\u2019usager intéressé de produire les actions appropriées (faire glisser la souris ou cliquer sur un mot ou une icône) pour les faire apparaître.Même si les concepts de page et de livre sont parfois dénigrés comme n\u2019ayant plus cours en hypertexte (voir notamment Landow, 1992), ils me paraissent cependant tout à fait valides, tant pour l\u2019auteur que pour le lecteur.Grâce à ces concepts, en effet, l\u2019auteur peut gérer sa matière avec souplesse et rigueur, tandis que le lecteur, familier du monde du livre, se trouve en terrain connu devant sa transposition métaphorique à l\u2019écran.Surtout, celui-ci peut se représenter très concrètement le chemin parcouru et l\u2019évaluer par rapport à celui qui lui reste à faire.L\u2019identification de chaque page par un titre courant lui permet aussi d\u2019échapper au stress du voyageur égaré, si fréquent en hypertexte, et de retrouver facilement un élément d\u2019information donné.De même, le concept de chapitre reste tout à fait pertinent, parce qu\u2019il permet à l\u2019usager d\u2019embrasser d\u2019un seul coup d\u2019oeil l\u2019ensemble des pages qui gravitent autour d\u2019un même sujet et, par conséquent, de mieux gérer son activité d\u2019apprentissage.En somme, il m\u2019apparaît non seulement possible mais souhaitable d\u2019intégrer à ARGUS / Vol.27, ri 1, Printemps-été 1998 Pour un hypertexte tabulaire l\u2019hypertexte des caractéristiques tabulaires que le livre a mis des millénaires à inventer.Cela dit, il ne faudrait pas traiter la page électronique comme on le fait avec son ancêtre papier.Dans la tradition typographique, les pages sont toutes bien alignées en haut et en bas, et il n\u2019est pas d\u2019usage de laisser du vide en bas de page, sauf pour un nouveau chapitre ou pour la présentation de notes bibliographiques.Dans le livre électronique, au contraire, comme le nombre de pages n\u2019entraîne aucun coût supplémentaire, par rapport à d\u2019autres types de noeuds ou points d\u2019ancrage, et que la fixité du cadre visuel est déjà assurée (beaucoup trop nettement, hélas !) par le cadre du moniteur, il est plus adéquat de concevoir la page comme une entité visuelle consacrée à une seule unité d\u2019information.Celle-ci n\u2019a donc pas à occuper toute la surface de la page.Et si elle s\u2019avère trop importante pour entrer dans ce cadre, il faut trouver le moyen de la scinder en unités plus petites.En principe, on ne dispose dans une fenêtre coulissante que des informations secondaires, car il est plus facile et plus naturel de tourner les pages que de faire défiler des ascenseurs: les exemples supplémentaires, les renvois bibliographiques, les remarques érudites conviennent très bien à ce format.Hypertexte et animation L\u2019hypertexte permet également de proposer des séquences animées : celles-ci s\u2019obtiennent, essentiellement, en montrant et en cachant successivement un objet placé chaque fois dans une position différente.L\u2019écran devient ainsi l\u2019équivalent du tableau d\u2019une salle de classe, avec la différence que l\u2019étudiant peut y faire jouer, autant de fois qu\u2019il est nécessaire, la démonstration requise.Cette possibilité permet d\u2019illustrer la mise en oeuvre d\u2019opérations linguistiques complexes, telles que la transformation relative ou la réorganisation d\u2019un paragraphe faiblement structuré.Par son côté dynamique et ludique, cette fonction de l\u2019hypertexte est très puissante et contribue à apporter à l\u2019activité de lecture une dimension que l\u2019imprimé ne pouvait pas gérer, qui est le mouvement.Cette dimension, avec ses diverses variables spécifiques (vitesse, ampleur des mouvements, rythme.) combinées à celles de forme, de couleur, de corps et de graisse des caractères est un domaine dont on ne fait encore qu\u2019entrevoir la richesse sémiotique.Si l\u2019on songe au temps qu\u2019il a fallu pour faire de la typographie l\u2019outil raffiné et hautement codifié qu\u2019elle est devenue, on peut prévoir qu\u2019il faudra des années avant qu\u2019on ne commence à exploiter systématiquement l\u2019animation comme outil tabulaire de soutien à la composition du message et à sa lecture.\u201cEn somme, il m\u2019apparaît (.) souhaitable d\u2019intégrer à l\u2019hypertexte des caractéristiques tabulaires que le livre a mis des millénaires à inventer.\u201d L\u2019hypertexte permet évidemment aussi d\u2019insérer dans le texte photos, séquences sonores ou vidéo.Tous ces éléments contribuent à faire de la lecture une activité beaucoup plus large que la simple vocalisation des lettres, et qui se rapproche de plus en plus du spectacle et de l\u2019expérience vécue.Hypertexte et interactivité Étant gérée par ordinateur, la technologie hypertexte donne au lecteur la possibilité de créer des événements sur la page en interagissant avec le programme.L\u2019élève peut ainsi décider de répéter une même séquence d\u2019animation jusqu\u2019à ce que les concepts sous-jacents aient été parfaitement compris.Il peut choisir de lire ou non les suppléments d\u2019informations théoriques mis à sa disposition.Le programme peut aussi cacher des mots importants sous un écran, afin de susciter la curiosité de l\u2019étudiant et de tenir en éveil son attention: pour faire disparaître cet écran, il suffira, par exemple, de faire glisser la souris par-dessus.On peut aussi utiliser le même procédé de montrer/ cacher pour présenter des exemples de formes incorrectes sur lesquelles l\u2019étudiant devra cliquer afin de révéler les formes correctes.On pourrait définir cette interaction comme la capacité pour l\u2019usager de créer des événements sur la page.Idéalement, chaque page devrait comporter une opération que l\u2019usager est invité à effectuer: faire apparaître une fenêtre, démasquer une réponse correcte, modifier la couleur d\u2019un énoncé en le corrigeant, expédier au panier un élément fautif, faire apparaître des relations entre des éléments d\u2019information, proposer une séquence animée, une démonstration.L\u2019activité de lecture est associée, dans le cas du texte papier, à des dimensions physiques particulières qui interviennent le plus souvent de façon subliminale : épaisseur et caractéristique du papier, odeur de l\u2019encre et de la reliure.On peut toucher le livre, le prendre entre ses mains et le sentir comme une présence chaleureuse.Par comparaison, l\u2019ordinateur est un médium froid, inerte.Son écran lourd et figé a quelque peu le caractère monumental des stèles.Le texte qui y défile paraît hors de portée, inaccessible.Saisi purement par le regard, il est en danger de rester pour le lecteur une abstraction froide.Aussi est-il important de trouver tous les moyens qui permettront au lecteur de s\u2019approprier cet écran, de le fantasmer comme une présence chaleureuse, susceptible de réagir à ses interventions.L\u2019interaction au moyen de la souris est évidemment une façon de faire intervenir le corps du lecteur: la lecture se teinte ainsi d\u2019une action musculaire.Le fait de proposer des icônes est une autre façon de rompre avec l\u2019abstraction de la chose imprimée: les images invitent à un mode de lecture différent, d'ordre symbolique.On pourrait rappeler ici la place que les enluminures tenaient dans les manuscrits médiévaux.Enfin, la couleur, parce qu\u2019elle est saisie par la vision périphérique, contribue à ARGUS / Vol.27, n\u2019 1, Printemps-été 1998 33 donner au texte une dimension plus chaleureuse, qui compense la faible définition de l\u2019écran par rapport à l\u2019imprimé.Elle ajoute aussi à la richesse du matériau visuel et, quand elle est utilisée de façon symbolique et cohérente, elle permet une meilleure assimilation des notions présentées.Le fenêtrage à discrétion permet aussi de proposer des exercices accompagnés de commentaires aussi détaillés qu\u2019on l\u2019aura jugé nécessaire.Ces commentaires peuvent être adaptés à la nature particulière de l\u2019erreur effectuée.Tout dépend ici du talent de programmation de l\u2019auteur, des ressources dont il dispose et, surtout, de la connaissance qu\u2019il a de l\u2019usager visé et des types d\u2019erreur que celui-ci est susceptible de commettre.Hypertexte et parcours de lecture Enfin, il faut considérer la relation que le lecteur peut établir avec son objet de lecture.Avec le support papier, ce rapport est relativement naturel et aisé (sauf sur papier bible ou sur papier glacé: plus le support est luxueux, plus le lecteur se sent invité à regarder, sans toucher).Là aussi, les nouvelles technologies de programmation permettent d\u2019intégrer au support électronique ce que l\u2019on considérait comme l\u2019apanage du support papier.Avec l\u2019hypertexte, en effet, il est facile à l\u2019usager de prendre des notes en cours de travail et de les récupérer à la sortie ou, si l\u2019on préfère, de les intégrer à l\u2019ouvrage lui-même, de façon que celui-ci porte la trace personnalisée du travail de lecture que l\u2019usager en a fait.On peut aussi donner à celui-ci la possibilité de consulter la liste de toutes les pages sur lesquelles il s\u2019est arrêté, et le cas échéant d\u2019imprimer cette liste ou de l\u2019enregistrer dans un fichier, afin de conserver une trace de son travail.Lorsqu\u2019il se remettra à travailler dans son manuel, l\u2019étudiant pourra choisir de consulter ce dossier pour se rafraîchir la mémoire et, le cas échéant, se rendre directement à la page qu\u2019il désire reprendre.Vers une conception élargie de la lecture Pendant longtemps, la lecture a été vue comme simple oralisation de l\u2019écrit en vue de son interprétation subséquente.Elle était, en somme, un palliatif à l\u2019absence d\u2019oralité et le lecteur se chargeait de recréer celle-ci par la lecture à haute voix ou par subvocalisation.C\u2019est seulement au cours du XXe siècle qu\u2019on a fini par reconnaître l\u2019aspect visuel de la lecture et que les méthodes d\u2019apprentissage se sont modifiées en conséquence.Avec les nouveaux objets produits par la galaxie hypermédia (et dont nous ne faisons qu\u2019entrevoir les premiers balbutiements), une mutation plus sérieuse encore est susceptible de se produire.Ces ouvrages sont déjà en train de transformer la définition que l\u2019on avait de la lecture.Celle-ci ne peut plus se réduire à la capacité d\u2019établir des relations sémantiques à partir de textes.La lecture déborde maintenant les seules caractéristiques de la langue écrite et devient le terme dynamique correspondant à l\u2019activité de compréhension, que celle-ci porte sur le langage, le jeu typographique, la couleur, l'animation, les images ou le son.En somme, la culture est en voie de s\u2019annexer un instrument qui lui permet de transmettre virtuellement n\u2019importe quel type d\u2019information.Cela nous oblige à inventer une grammaire de la communication sous hypermédia, et qui est autrement plus complexe que la seule grammaire du texte.S\u2019il a fallu des siècles pour mettre celle-ci au point, on peut se demander combien de temps prendra la codification de celle-là.Références Chartier.R.1996.Culture écrite et société.Paris : Albin Michel.Pour un hypertexte tabulaire House, M.et R.1982.« La naissance des index », in R.Chartier et H.-J.Martin, Histoire de l\u2019édition française.Paris : Fayard, tome I.Landow, G.P.1992.Hypertext.The Convergence of Contemporary Critical Theory and Technology.Baltimore and London : The Johns Hopkins University Press.Levarie, N.1968.The Art and History of Book.New York : Heineman.Richaudeau, F.1969.La lisibilité.Paris : Retz.Saenger, P.1982.« Manières de lire médiévales », in R.Chartier et H.-J.Martin, Histoire de l\u2019édition française.Paris : Fayard, tome I.Valéry, P.1969.Cahiers.Paris : Gallimard.Vandendorpe, C.1996.« Sur l\u2019avenir du livre: linéarité, tabularité ethypertextualité », in J.Bénard et J.J.Hamm, Le livre.De Gutenberg à la carte à puce.New York, Ottawa, Toronto : Legas, pp.149-155.INFOGES Monique Dumont, M.Bibl.Tél.: (514) 629-6925 1037 Brodeur, Laval, Québec H7C4K6 Télécopieur:(514)629-6927 ¦\tConsultation ¦\tIndexation ¦\tRecherche 34 ARGUS / Vol.27, n\u2018 1, Printemps-été 7998 Le Salon du livre de Montréal 1997 : La jeunesse du livre Mircea Gheorghe Bibliothécaire professionnel Congrès, colloques symposiums S\u2019il y avait un mot clé qui aurait pu suggérer l\u2019atmosphère de cette édition du Salon du livre de Montréal, ce mot ne saurait être que «jeunesse ».D'ailleurs, la suggestion avait une base de départ « subliminale ».Cette dernière édition a été la vingtième, après le Salon du 23 novembre 1978 et quand on parle de vingtième anniversaire, c\u2019est notamment le mot jeunesse qui vient premièrement à l\u2019esprit.Cette suggestion, presque obligatoire, s\u2019est imposée d\u2019abord dans le cahier du Salon d\u2019où elle a émergé et, ensuite, a conquis, comme un mot d\u2019ordre, tout le monde \u2014 les exposants, les journalistes, les visiteurs.Ainsi, d\u2019après Mario Roy, dont l\u2019article « Déjà 20 ans! » ouvrait le cahier, le parallélisme avec le vécu humain paraissait sous-entendu.Le Salon de 1997 aurait fait son entrée dans l\u2019âge de la maturité : « C\u2019est l\u2019âge où l\u2019on sait habituellement qui l\u2019on est, ce que l\u2019on veut, ce que l\u2019on à faire, les écueils que, dans la vie, il vaut mieux éviter ».Deux pages plus loin, l\u2019enthousiaste président du Salon, Jean-Claude Germain, proposait le slogan de l\u2019édition 1997 et même des suivantes : « On a toujours 20 ans ».Terminons ces lignes préliminaires en mentionnant qu\u2019à l\u2019occasion de cette édition, les gens de 20 ans ont eu le droit de visiter le Salon gratuitement.Mais la jeunesse signifie vitalité et c\u2019est précisément la vitalité que le Salon 1997 a prouvé.Quelques données statistiques sont peut-être édifiantes: 600 stands, 1 000 maisons d\u2019édition, environ 800 auteurs présents et actifs dans des programmes d'animation, lectures publiques, séances de signatures, etc.Il faut ajouter les centaines de milliers de visiteurs qui ont donné au Salon la dimension sociale caractéristique aux grands événements culturels.Les participants étrangers ont été nombreux, et parmi eux, la présence de la France a été tout à fait remarquable.Le nombre d'exposants français, concentrés autour de leurs grandes maisons d\u2019éditions Hachette, Gallimard et Flammarion, a dépassé même le nombre des exposants canadiens.Comme d\u2019habitude, le Salon a été organisé à l\u2019instar d\u2019une ville rectangulaire, avec ses « avenues », ses « rues » et ses « places » situées, ces dernières, au nord (2) et au sud (1).Au « centre-ville », entre les avenues Félix-Leclerc et Brive-La-Gail larde, on trouvait un ensemble massif formé de trois méga-stands: Gallimard, Québec-Amérique et Éditions françaises.Vis-à-vis, de l\u2019autre côté de l\u2019avenue Félix-Leclerc, brillaient Dimédia et Fides.Vers le sud de la « ville », s\u2019imposaient Libre expression, Héritage, Gaétan Morin, Stanké et Boréal, à l\u2019est, Hachette et Flammarion ainsi que La courte échelle, Québécor et Novalis.Enfin à l\u2019ouest le visiteur était accroché par Sogides, HMH et Prologue.Cette mini-géographie à l\u2019échelle humaine n\u2019était pas sans ses raisons fonctionnelles : le visiteur qui s\u2019engageait par l\u2019une des deux entrées -de l\u2019est ou de l\u2019ouest devait traverser toute la topographie du Salon pour assister dans la « Place Alcan/Hydro-Québec », par exemple, aux entretiens de Gilles Archambault (« Confidences d\u2019écrivain ») ou à la table ronde « Cuisine et culture », animée par Francine Grimaldi dans la Place des Médias Alice-Parizeau.Même avec un objectif très ciblé, il avait la possibilité de se faire une image globale de l\u2019univers fourmillant du Salon, de la variété extraordinaire des livres et de l\u2019intérêt du public.Qu\u2019est-ce qu\u2019il pouvait voir et entendre, plus précisément, en traversant le Salon ?Premièrement, il entendait la chorale Saint-Jean-Baptiste qui, sur l\u2019estrade des éditions Stanké, jouait, avec une vivacité contagieuse, plusieurs airs d\u2019opéra et canzonettes italiennes célèbres.La musique résonnait partout, même au dehors du Salon, jusqu\u2019aux billetteries, comme un concert de Sirènes.Une fois entré, le visiteur se trouvait près de la Place Loto-Québec et devant l\u2019exposition « L\u2019enfant peintre ».Jacques-Bernard Roumanes y présentait « le plus long livre calligraphié au monde ».Une simple curiosité ?Pas du tout.Plutôt une forme originale de faire connaître une expérience artistique et psychologique touchante \u2014 l\u2019expérience de jeunes peintres qui, au début de leur carrière, font l\u2019examen lucide, parfois très sévère, mais toujours sensible, de leurs dons et vocation.ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 35 Le Salon du livre de Montréal 1997 ; La jeunesse du livre En quittant la Place Loto-Québec, le visiteur rencontrait aux éditions Boréal, le directeur de la maison, monsieur Jean Bernier qui surveillait paternellement Marie Laberge, l\u2019une de ses auteures vedettes, accaparée par sa séance de signatures et de sourires.La longue file de ses admirateurs était patiente et de bonne humeur.Un peu plus loin, au stand de La Presse, deux grands cahiers ouverts invitaient les passants à s\u2019exercer quelques minutes au métier d\u2019écrivain en complétant deux romans commencés par Benoît Dutrizac et Sonia Sarfati.Une autre onde de musique, plus délicate cette fois, plus discrète, venait du stand de Québec Loisirs.C\u2019était le pianiste Jocelyn Beauregard qui jouait une pièce de Schumann.Plusieurs fois le visiteur a dépassé des stands où les gens s\u2019embrassaient et choquaient des verres de champagne.Il s\u2019agissait d\u2019un lancement de livre ou, simplement, d\u2019une fête organisée en l\u2019honneur d\u2019un auteur.Enfin, arrivé à l\u2019endroit qui l\u2019intéresse, le visiteur allait se rendre compte que s\u2019il a vu le Salon, il lui faut encore le connaître.Après les activités animées par Gilles Archambault ou Francine Grimaldi, il va flâner peut-être longtemps sur les allées de cette grande foire aux livres.On peut noter, en passant, une innovation par rapport aux éditions antérieures : toutes les informations concernant les activités du Salon et les exposants ont été colligées dans une base de données et mises ensuite à la disposition des visiteurs sur des terminaux au bord des avenues principales.Les organisateurs du Salon ont facilité ainsi l\u2019orientation et le choix des activités préférées.Mais ils ont commis une petite étourderie : parmi les options du menu, il y en avait une très prometteuse, intitulée « Stands virtuels ».Si on avait la curiosité de la consulter sur l\u2019écran, le texte suivant apparaîssait : « La Société canadienne des Postes désire informer tous les visiteurs qu\u2019elle ne peut être présente à cette vingtième édition du Salon du livre de Montréal qui se déroule présentement à la Place Bonaventure.Veuillez noter que la séance de signatures prévue avec Yvan Cournoyer et Vladislav Tretiak a été annulée ».Vraiment ?Mais pourquoi on a choisi cet endroit pour déclarer forfait ?Pour le reste, les activités ont été, tradition oblige, très variées: lectures publiques, entretiens, ateliers, présentations d\u2019auteurs, de livres et d\u2019ouvrages d\u2019art, jeux sur la langue française, remises de prix littéraires, tables rondes, conférences, encan de livres et surtout de nombreuses, de très nombreuses séances de signatures.Les lectures publiques qui se sont déroulées toujours devant une assistance de plusieurs centaines de personnes ont été très bien accueillies.Et quand il s\u2019agit de poésie, même s\u2019il s\u2019agit de la poésie d\u2019Anne Hébert, le degré de participation du public, chaleureux et réceptif malgré le brouhaha environnant, devient encore plus significatif.Une initiative porteuse de fruits a été la multiplication des activités à caractère interactif.Outre les jeux linguistiques, il faut mentionner les deux romans manuscrits à compléter dont on a déjà parlé, le jeu-concours littéraire de Suzie Côté, « Trouve et gagne », pour les enfants de 9 à 14 ans, l\u2019atelier sur la traduction littéraire animé par Marie-Andrée Clermont et Michelle Asselin, l\u2019animation conduite par Dominique Dufour et Michel Montignac au sujet des vertus du vin (« Boire du vin pour rester en bonne santé »), les entretiens de Robert Soulières et Christiane Duchesne avec des «jeunes journalistes en herbe ».Les professionnels du livre ont trouvé intérêt à participer, en plus, au colloque « Vers une nouvelle génération de livres pour les personnes aveugles », à l\u2019atelier « Banque de titres de langue française » et à la conférence de Francine Sarrasin, « La culture s\u2019affiche ».La dernière activité du Salon a été la remise du Prix du Grand Public.Ce prix traditionnel a été décerné, cette fois, à Marie Laberge pour son roman « Annabelle », l\u2019histoire d\u2019amour de deux jeunes musiciens surdoués, la pianiste Annabelle et l\u2019aveugle Étienne.Parmi ses concurrents, on a noté les noms de Dany Laferrière, Jacques Parizeau, Pierre Godin et Michel Tremblay.Mais le dénouement était partiellement prévisible : le roman de Marie Laberge avait déjà obtenu le Grand Prix des Libraires pour le livre le plus vendu, ce qui dès le début indiquait une affection particulière de la part du public.On retient de ce Salon, parfaitement organisé, la mise en valeur de la polyvalence du livre, cet objet qui continue à dominer les habitudes culturelles de notre époque : encore une fois, on a eu l\u2019occasion de remarquer que derrière un état d\u2019âme, une pièce de théâtre, un film, une guérison, un débat, une aventure réelle ou fictive, une histoire à raconter, une compétence à acquérir, une vie à décrire, se trouve, dans la plupart de cas, un livre.La vingtième édition a eu de fortes raisons pour accentuer cette polyvalence et pour la mettre sous le signe de la jeunesse permanente.S i I v i e D elorme m.bbl., d.s.a, b ès arts Services-conseils EN INFORMATION diffusion gestion aménagement Tel.: (514) 352-1947 Fax: (514) 352-0706 courrier électronique : silvie.delorme@sympatico.ca 8969, rue Belierive, Montréal Qc H1L 3S4 36 ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 7998 Comptes rendus de livres Comptes rendus de livres Du CD-ROM à la numérisation.Développer les documents numériques en bibliothèque Sous la direction de Christian Ducharme.Villeurbanne : Institut de Formation des Bibliothécaires, collection \u201cLa boîte à outils\u201d, 1997, 172 p.ISBN : 2-910966-04-6.En France, l\u2019Institut de Formation des Bibliothécaires (IFB) est responsable des programmes nationaux de formation continue.Il publie la collection « La boîte à outils » dont chaque manuel se veut un instrument d\u2019apprentissage répondant aux besoins des bibliothécaires préoccupés par l\u2019évolution de leur profession.Dans une optique résolument pratique, ces volumes rassemblent des réflexions, des analyses, des méthodes, des trucs et des conseils sur des sujets qui touchent de près le travail en bibliothèque.Le cinquième numéro de la série est consacré au document numérique.L\u2019univers du numérique en documentation est vaste (numérisation, reconnaissance optique des caractères, édition structurée, médiums optiques, Intemet/intranet, etc.).Les auteurs se sont limités à ne discuter que de deux thématiques, le support cédérom et la numérisation, en insistant sur les problèmes reliés à la mise sur pied et à l\u2019organisation d\u2019un service public de consultation.Malgré la présence du document en réseau (cf.Internet et bibliothèques virtuelles) dans bon nombre de services d\u2019information, les auteurs abordent peu ce sujet qui fera peut-être l\u2019objet d\u2019un prochain numéro de la collection.D\u2019emblée, soulignons la pertinence du volume et son adéquation avec les nouvelles pratiques en bibliothéconomie (ce qu\u2019elles sont ou devraient être).Neuf professionnels de France ont contribué à l\u2019ouvrage qui s\u2019intéresse à la bibliothèque non seulement en tant que « consommatrice » de documents électroniques (cédéroms), mais aussi en tant que « productrice » de tels documents (numérisation).Les textes se basent sur des expériences françaises, mais les réalités dépeintes sont de notre temps et ne manqueront pas d\u2019intéresser les bibliothécaires d\u2019ici et d\u2019ailleurs.La première partie présente des réflexions sur les difficultés liées au document numérique en bibliothèque.Elle débute avec le texte d\u2019Emmanuel Colin qui dresse une typologie des utilisations du cédérom, lesquelles ont des incidences sur la configuration d\u2019un service.Par exemple, des recherches ponctuelles dans un ouvrage de référence sur support électronique exigent un accès immédiat à l\u2019équipement, car elles s\u2019accomodent difficilement à la contrainte de réserver au préalable une période d\u2019utilisation.L\u2019auteur apporte de judicieux conseils pour la réussite d\u2019un projet de diffusion de cédéroms, que ce soit la formation adéquate du personnel, l\u2019adaptation aux évolutions techniques, la maintenance des installations et leur sécurité.Annie Coisy poursuit la discussion en soulignant que la gestion des cédéroms s\u2019apparente à celle de tout autre type de support : acquisition, traitement, consultation, recherche, formation des usagers et organisation des espaces et du travail.Selon elle, une plus grande reconnaissance de la bibliothèque par son établissement d\u2019attache passe peut-être par une meilleure prise en charge de ce qui relève de l\u2019information documentaire.Numériser des documents internes pour en faciliter leur diffusion et participer à l\u2019élaboration d\u2019un site Web sont des actions à envisager.De son côté Pierrette Casseyre décrit l\u2019évolution des usages liés à l\u2019interrogation des bases de données bibliographiques qui étaient disponibles uniquement en ligne quelques années avant l\u2019avènement du cédérom.Elle aborde la problématique des périodiques électroniques qui réduisent sensiblement le rôle de la bibliothèque « fournisseur » de documents primaires.Ces derniers seront en effet de plus en plus consultés directement sur Internet.Dans cette conjoncture, la bibliothèque tend à se valoriser en éditant elle aussi des documents numériques.L\u2019auteure rejoint bien ici l\u2019idée d\u2019Annie Coisy exposée au paragraphe précédent.Jean-Jacques Donard débute la deuxième partie en présentant les généralités sur les disques optiques (définition, types, variétés, marché français).Il expose les éléments à considérer pour élaborer une politique d\u2019acquisition cohérente dans un marché où l\u2019offre dépasse largement la demande et où l\u2019on n\u2019est pas à l\u2019abri de la faible qualité de nombreux titres.Côté service, Joëlle Pinard juge que le prêt de cédéroms pour un usage à domicile est peu approprié.Moins contraignant pour le bibliothécaire, il risque toutefois de discréditer le service, car les cédéroms sont sources de frustrations pour les néophytes.Selon Mme Pinard, la bibliothèque est le meilleur endroit pour apprendre à maîtriser les nouveaux supports de l\u2019information, en autant que le personnel dispose des compétences requises.Elle livre par ailleurs d\u2019intéressants conseils sur l\u2019implantation d\u2019un service de consultation de cédéroms dans une petite communauté.Dominique Rouillard termine la section en discutant des questions juridiques s\u2019appliquant en France à l\u2019exploitation des disques optiques en bibliothèque.Dans les deux premières parties de l\u2019ouvrage, l\u2019expression « document numérique » est surtout utilisée ou interprétée comme un synonyme de cédérom : le contenu et le support ne font qu\u2019un.Cette conception limitée ne permet malheureusement pas de cerner les impacts réels, sur les pratiques bibliothéconomiques, des documents électroniques délocalisés, sans support fixe, distincts des cédéroms achetés, catalogués, rangés et prêtés comme des livres.L\u2019introduction du numérique en bibliothèque mérite pourtant cette réflexion.Ce n\u2019est que dans la troisième et dernière partie, « Produire et utiliser des documents numérisés », que l\u2019on discute un peu plus à fond du document numérique autrement qu\u2019en tant que cédérom.Par conséquent, le sous-titre du livre est trompeur, puisqu'on traite davantage de l\u2019exploitation des disques optiques.La troisième partie s\u2019intéresse au développement de bases de documents numérisés en présentant deux applications classiques de la GED : les banques d\u2019images (Luce-Marie Albigès, Joëlle Pinard) et la ARGUS / V6/.27, n\u201d 7, Printemps-été 1998 37 v/'.v.'.v numérisation de dossiers de presse (Yvette Weber).Une banque de ressources iconographiques pour un public non spécialisé doit combiner qualité des images, justesse de l'information et accès attrayant du contenu (Albigès, p.118).Et s\u2019il est une activité pour laquelle la numérisation apporte un gain incontestable, c\u2019est bien la constitution de dossiers de presse (Weber, p.142).Interface d\u2019interrogation, modes de consultation, composantes d'un projet, mise en oeuvre, moyens à disposer et contraintes rencontrées sont des thèmes examinés.Dépendant du type de projet, du financement, des compétences, etc., Christian Ducharme discute la pertinence de faire appel à un prestataire de service externe.Il termine sur un mémento énumérant les étapes essentielles à la conduite d\u2019un projet portant sur les documents électroniques, lequel revient à diriger un projet informatique, précise-t-il.L'arrivée du document électronique renforce le rôle de médiation du bibliothécaire : initiation des usagers aux différents interfaces, aux moteurs de recherche, à la navigation hypertexte, etc., et aussi sensibilisation à l\u2019existence d\u2019autres sources d\u2019informations qui sont peut-être plus appropriées pour répondre aux besoins.A cette fonction s\u2019ajoute celle de producteur de collections numériques, ce qui implique une modification du rôle traditionnel du bibliothécaire et de la bibliothèque, et une ouverture aux changements.Les comportements ancrés dans le comfort de la tradition de bibliothécaires qui persistent toujours à voir dans les NTIC des spectres indésirables, dérangeant leurs habitudes liées aux seuls imprimés, doivent changer.« Les bibliothèques peuvent de moins en moins limiter leur service à l\u2019offre d\u2019ouvrages et de revues sur des rayons, de références bibliographiques dans des fichiers.» (Weber, p.139) ; « Formation et motivation sont plus que jamais à l\u2019ordre du jour.» (Colin, p.25).Une adaptation heureuse aux bouleversements de la profession, entraînés par les NTIC, ne peut pas être réalisée sans formation continue.C\u2019est face à cette réalité que la lecture d\u2019un ouvrage comme celui publié par l\u2019IFB est bénéfique à tous les travailleurs en bibliothèque qui doivent sans relâche tenter d\u2019offrir le meilleur service à leurs clientèles.Les documents numériques ne sont pas là pour remplacer les collections existantes, ils interviennent pour les compléter et les enrichir.Denis Levasseur Professionnel de l\u2019information documentaire 38 Invitation à la théorie de l\u2019information Emmanuel Dion Éditions du Seuil, coll.Points, 1997 ISBN 2-02-029940-2 L\u2019auteur de ce petit ouvrage de vulgarisation est chercheur en gestion au Groupe ESC Nantes Atlantique, une école internationale de gestion et de management fortement axée sur une approche interdisciplinaire de la recherche en administration L\u2019auteur y est professeur en marketing et responsable des nouvelles technologies éducatives.L\u2019histoire qu\u2019il nous raconte dans ce bouquin est à la fois étonnante de simplicité et de profondeur : c\u2019est celle de l\u2019apparition et de la dérive du concept d\u2019information, qui constitue un des principaux événements scientifiques du siècle.« (.) il est tout aussi difficile d\u2019éviter les poncifs sur « l\u2019ère de l'information » ou la « révolution de l'information » que de caractériser précisément ce qui constitue la nature ou la spécificité du concept » (p.9).En nous déconseillant de succomber à « l\u2019incantation », Dion nous rappelle donc les grandes lignes de la théorie : indissociable de la recherche en cybernétique des années 50, la notion de l\u2019information se base sur la quantification du savoir, sur sa réduction en unités d\u2019information, soit le bit (le 0 et le 1, le positif et le négatif, deux états premiers du choix), afin de rendre possibles une codification et une combinatoire fluides et économiques, qui à leur tour permettent la prédiction et la mesure statistique.La communication informationnelle parfaite (dite « trans-information ») est due « au caractère systématique et « fiable » du décalage entre ce qui est dit et ce qui est compris » (p.83).En conséquence, la mesure et le contrôle de l\u2019incertitude sont essentiels au processus, ce sur quoi l\u2019auteur nous invite à méditer.Pour mieux comprendre ces grandes lignes de base, Dion nous fait l\u2019historique de la théorie : Claude Shannon, un mathématicien ayant étudié au MIT (Massachusetts Institute of Technology) de Cambridge avec Norbert Wiener, le pionnier de la cybernétique, écrit en 1948 un article dans le journal technique des Bell Laboratories (ancienne possession de AT&T, devenue aujourd\u2019hui Bellcore).L'article en question traite d\u2019une théorie d\u2019optimisation des communications électriques.Un éditeur universitaire et chercheur, Warren Weaver, incite Shannon à publier son texte dans une revue savante.C\u2019est là le début, raconte Dion, de la renommée et du malentendu, Comptes rendus de livres car la théorie repose « sur une axiomatique très légère » qui donnera prise à des utilisations et à des interprétations abusives par la suite (p.16).Selon Shannon, l\u2019information, à sa base, n\u2019est qu\u2019une mesure d\u2019un degré de certitude dans la connaissance.Le contenu informationnel d\u2019un livre, par exemple, est mesuré par le plus petit nombre de questions simples (qui nécessitent des réponses du genre oui ou non) qu\u2019on doit se poser pour connaître le contenu du texte sans le lire.Il diffère donc de toute autre forme de contenu.Ce contenu ne serait qu\u2019un début de connaissance, à l\u2019aide de briques de construction que sont les données, les bits.Shannon prend bien soin de préciser que sa théorie n\u2019a aucune « vocation à traiter des problèmes sémantiques » (p.26).Le MIT lui ouvre une chaire de théorie de l\u2019information et, malgré lui, les principes et les paradigmes de l\u2019information séduisent les chercheurs d\u2019autres disciplines scientifiques.Il est intéressant de noter que Shannon préférait le terme de « communication » à celui d\u2019«information », et que le legs de cette dernière expression est l\u2019œuvre d\u2019autres scientifiques, entre autres Marvin Minsky, lui aussi du MIT, et de Weaver lui-même (pp.36-37).Il est à noter que Jesse Shera remarquait aussi cette appropriation chez les bibliothécaires de cette notion et de ce concept de science de l\u2019information au cours des années 50, en déplorant la confusion entre transmission d\u2019un signal et communication de la connaissance (The Study of Information, 1983, pp.383-384).Le terme « information » devient-il utilisé trop fréquemment pour décrire une position scientifique purement mécaniste et réductrice ?Il y a eu un débat là-dessus jusque dans les années 60.Au colloque de Royaumont, en 1964, par exemple, un chercheur déclare même que «Shannon n\u2019a jamais défini un concept d\u2019information ; il a nié explicitement que ce concept était information (.) » (p.38).Il suggérait de nommer la mesure ainsi formulée « imprévisibilité » plutôt qu\u2019« information ».Comme souvent dans l\u2019univers de la science et du savoir académique, le vocabulaire alléchant, précise un autre intervenant, assure un grand rôle à une théorie mathématique reformulée.Abraham Moles parlait lui-même de trahison de la pensée de Shannon (p.39), et René Thom, en 1975, mentionnera la mode scientifique inspirée par la théorie, sans toutefois porter atteinte au travail de Shannon l\u2019ingénieur.Toutefois, l\u2019information en tant que principe opératoire donne essor à de nouveaux domaines de la connaissance, la biologie moléculaire entre autres, avec la notion de code génétique.Or, ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 Comptes rendus de livres encore là, comme le rappelle Jacques Monod, dans un tel modèle, « le problème du sens doit être abandonné (.) le code génétique n\u2019est pas une langue » (p.43).Plus fondamentalement, l\u2019extension de la théorie de l\u2019information aux sciences humaines pose d\u2019emblée « le problème épistémologique majeur des limites de la science et de son cloisonnement » (p.45), problème aigü qui n\u2019a cessé de prendre de l\u2019ampleur depuis lors.Est-on justifié d\u2019appliquer mots, concepts et opérateurs d\u2019un domaine de référence donné à un autre ?Le théorème de Shannon (et non les seuls mots qu\u2019il utilise) ne « porte [que] sur les codes optimaux utilisables dans un canal bruyant » (p.47).L\u2019auteur l\u2019illustrera abondamment par divers exemples mathématiques, des plus simples aux plus complexes.« En théorie de l\u2019information, en théorie des jeux et en logique donc, le monde idéel des mathématiques traite de la modélisation de phénomènes qui n'existent pas dans le monde réel : la signification, la volonté et la preuve » (p.50).Les théoriciens de l\u2019après-guerre auront-ils simplement fourni un matériau à un monde qui « voulait entendre un discours « informationnel » et « cybernétique » (.) » ?(idem).Dans une seconde partie, l\u2019auteur démontre, pour emprunter ses propres termes, la puissance et la généralité, ainsi que la beauté, des concepts essentiels.Qu\u2019il suffise ici de mentionner l\u2019opérateur logarithmique, l\u2019entropie (comme « information moyenne pondérée », p.66), et la redondance, « l\u2019envers de l\u2019information ».Ce qu\u2019on apprend là est encore assez révélateur : dans le cas d\u2019un canal bruyant (condition de base de la théorie de l\u2019information, comme on l\u2019a vu), la redondance n\u2019agit pas comme une perte, mais « positivement, comme un processus de vérification intégré » (p.75).Par exemple, si j\u2019écris « théorwe de l\u2019informmatiiong », je reconnais et décode bien le message, du fait de la redondance de la langue française (idem).Ce qui veut dire qu'on réapprend et qu\u2019on reconnaît constamment dans le processus informationnel.On en arrive ensuite à la clé la plus surprenante peut-être (au sens littéral du mot.), de l\u2019information : celle-ci se caractériserait par un « effet de surprise », en relation avec certaines notions de psychologie et de philosophie.L\u2019information, c\u2019est essentiellement ce que j'apprends de neuf, dans « un univers fini et probabilisé » (p.88).L\u2019information ne s\u2019applique que dans le cas de la réduction d\u2019un univers à un autre univers fini, plus petit (idem).Exemple : la recherche d\u2019une commune en France, grâce à un assemblage des lettres de l\u2019alphabet.Or ici joue aussi l\u2019interprétation subjective du phénomène probabiliste, bien différente de « la manipulation objective et purement instrumentale » (p.91), celle faite par les manipulations d\u2019opérateurs booléens, par exemple.C\u2019est moi, avec ma pensée, mon idéologie, mon point de vue, mes conceptions, qui donne sens au résultat de la recherche, voire à la conduite même de cette recherche.En tant que spécialistes de l'information, on ne mesure sûrement pas la portée réelle de cet axiome de base en information, à savoir l\u2019approche englobante inhérente au processus d\u2019information en tant que système structuré, et déterminé par des variables extérieures à son domaine de science exacte ou de technique.L\u2019auteur donne un autre exemple : les fautes intentionnelles d\u2019orthographe qu\u2019on a déjà lues dans ce texte vous auront frappés, certainement surpris : donc, elles sont plus informatives que le texte normal.Entendons-nous : le contenu informationnel d\u2019un message (ou d\u2019un document) est élevé lorsque la surprise produite est elle aussi élevée.La notion de pertinence est également liée à cet effet de choc de l\u2019information : n\u2019est pas pertinent ce que je sais déjà, autant que ce qui ne touche pas à mon sujet de recherche.Ou encore, ce que je ne sais pas mais qui ne ne me surprend pas, qui ne m\u2019accroche pas.Un texte dit pertinent est donc aussi celui qui nous apporte du neuf, sous forme de jamais vu.de jamais pensé.Pour Dion, l\u2019effet de surprise est un effet initiateur de sens ( mais non pas signifiant, ce qui serait exagéré), qui donne un poids au message par rapport à d'autres.L\u2019expression « information nouvelle » serait donc un pléonasme.Toute information valable, de par sa nature même, est nouveauté, le reste n\u2019est que répétition, redondance inutile, réitération ou citation, « liant informatif » (p.98), bien qu\u2019on ne doive pas complètement éliminer l\u2019allusion et ses dérivés (p.99).La reformulation du savoir n\u2019est pas à rejeter en bloc : elle s\u2019évalue à son caractère de nouveauté, à l\u2019éclairage neuf qu\u2019elle projette sur la connaissance acquise.Une seule règle : la reformulation doit être elle-même créatrice de sens.En fait, Dion nous fait prendre conscience que cette créativité et la mise en relation des connaissances associées au processus dit « informationnel » ont disparu graduellement, au profit d\u2019un concept académique et mort de l\u2019information, qui est devenu, entre autres, celui de la connaissance discursive universitaire à vocation empirique.La sagesse populaire le dit bien, lorsqu\u2019on parle des statistiques abusives.Pourquoi l\u2019information est-elle aujourd\u2019hui le processus essentiel du savoir, pourrait-on par ailleurs se demander ?À d\u2019autres époques, on apprenait dans les romans, au cinéma ou par la simple conversation qui relatait histoires, mythes et légendes.« (.) c\u2019est bien la théorie de l\u2019information qui permet de donner un sens calculatoire (je me permets de souligner) à une autre notion majeure des sciences exactes et des sciences sociales : celle de complexité » (p.95).Comme la modélisation virtuelle, l\u2019information permet de gérer la complexité, de la réduire, d\u2019en prévoir les effets.Les prévisions météorologiques sont en ce sens l\u2019information fonctionnelle et modèle par excellence, puisqu\u2019elles concernent un système en réseau ultra-fluide.Bref, conclut Dion, la capacité de l\u2019information à quantifier s\u2019applique merveilleusement à la statistique descriptive, à la psychologie expérimentale et industrielle, ainsi qu\u2019en linguistique, en sémiologie et à tous les structuralismes.L\u2019auteur ajoute que les concepts de l\u2019information qui restent aujourd\u2019hui sont « d\u2019autant plus usités qu'ils sont flous dans leur acception courante » (p.145), bien que la théorie ait servi de puissant modèle de pensée au débat scientifique.À ce petit volume aux idées foisonnantes, que peut-on ajouter, sinon qu\u2019il nous situe le concept d\u2019information dans une perspective globale et synthétique ?La formation scientifique de l\u2019auteur nous permet de relier le concept à ses vraies racines, et d\u2019en mesurer l\u2019incroyable portée dans notre monde actuel.Le seul reproche qu\u2019on pourrait lui faire serait de ne pas avoir fouillé davantage les liens entre l\u2019information et les paradigmes majeurs de notre temps.Bien que ses démonstrations mathématiques soient bien formulées (et convaincantes pour celui qui en saisit toutes les subtilités), il a négligé de s\u2019arrêter aux manifestations idéologiques de l\u2019information, toujours en rapport avec l'argumentation qu\u2019il développe depuis les premiers chapitres du livre.Par exemple, pensons à Paul Lazarsfeld, un des fondateurs de la sociologie moderne, et à sa définition du « fait d'information empirique » qui fonde la théorie sociologique : on mesure des faits ou des relations stables, sujets à répétition.Et on les traite en tableaux et en graphiques.Or, l\u2019information mass-médiatique, elle aussi, repose presque totalement sur une telle conception.Enfin, comme Emmanuel Dion apprécie beaucoup les « méditations » sur des points chauds de la théorie, proposons celle-ci, qui pourrait servir de conclusion logique à son ARGUS / V6/.27, n Printemps-été J 998 39 analyse : ainsi que la théorie de l\u2019information a envahi des domaines connexes mais distincts, dans le même mouvement, une idéologie de l\u2019information a pris possession du social et du politique.Et cette fois-ci, c\u2019est en assignant une valeur non plus abstraite, mais économique à des domaines qui, jusque là, y étaient parfaitement étrangers.Le caractère flou du concept joue encore une fois à son maximum, ainsi que le précisait un.conférencier d\u2019inet 96 à propos des réseaux: \u201c(.) [the] distinctions between data, information and knowledge are collapsed into a vague all-encompassing concept of \u201cinfor-mation\u201d(.)\u201d (William Birdsall, The Internet and the Ideology of Information Society, http://www.crim.ca/inet96/ papers/e3/e3_2.htm).Nous entrons vraiment dans un monde où l\u2019information est en voie de régler les échanges globaux, en tant que produit et commodité.Certains suggèrent même de remplacer tout de suite le terme \u201cInformation Society\u201d par celui de \u201cNetwork Economy\u201d, parce que l\u2019information y est devenue nécessaire à la gestion, au point de disparaître comme valeur autonome (voir à cet égard Wired de septembre 1997).Le petit livre d\u2019Emmanuel Dion arrive à point nommé pour remettre en place certaines de nos conceptions et nous aider à mieux penser la place de la connaissance dite généraliste dans notre \u201cmarket-place of ideas\u201d.Pierre Blouin Bibliothécaire Histoire du livre Bruno Blasselle Volume I, Paris : Gallimard, 1997, 160 p.Coll.Découvertes Gallimard ISBN 2-07-053363-8 Premier volume d\u2019une série très prometteuse, cet ouvrage retrace l\u2019évolution du livre à travers les âges.Disons d\u2019abord quelques mots sur l\u2019auteur: Bruno Blasselle est conservateur général, directeur du département des Livres imprimés de la Bibliothèque nationale de France et directeur du département «Littérature Art » de la BNF-Tolbiac.D\u2019entrée de jeu, cet ouvrage se présente comme un livre d\u2019art.La couverture est embossée, telle une plaque d\u2019imprimerie typographique, et de très nombreuses illustrations en couleurs agrémentent les pages de garde.Le papier glacé de haute densité et le soin apporté à la présentation en font un livre de collection.En guise d\u2019introduction, l\u2019auteur affirme : «Né de l\u2019écriture, témoin privilégié de la pensée humaine, le livre au cours de son histoire, semble reposer sur trois constantes : l\u2019existence d\u2019un support plus ou moins maniable, la reproduction et la diffusion d\u2019un texte selon des modalités qui peuvent inépuisablement varier.» A partir de cette affirmation, Blasselle nous présente les origines étymologiques du vocabulaire que nous employons encore aujourd\u2019hui.Par exemple, savez-vous que le terme « livre » vient du latin \u201c liber \u201d, qui autrefois désignait la pellicule qui se situe entre le bois de l\u2019arbre et son écorce et qui a porté, avec la pierre, les premières écritures ?Par la suite, l\u2019histoire du papyrus, du codex et du parchemin nous est présentée.On retrouve plusieurs photographies de livres faits à la main par les moines copistes du Moyen Âge, ce qui ajoute à l\u2019enrichissement des illustrations.Comptes rendus de livres Le deuxième chapitre est consacré à Gütenberg et à sa controversée invention.Controversée certes, car l\u2019auteur relate, sans remettre en cause la paternité de la presse typographique, que plusieurs prétendants se sont arrogés le titre d\u2019inventeur de l\u2019imprimerie, sans toutefois apporter de preuves irréfutables.Tout au long de ce chapitre, il relate la progression de l\u2019imprimerie à travers l\u2019Europe, depuis la première Bible de Gütenberg de 1454, jusqu\u2019aux portes du XVIe siècle.Sans offrir la profondeur de la Galaxie Gütenberg de Marshall McLuhan, les chapitres suivants relatent magnifiquement l\u2019évolution du livre aux XVIe, XVIIe et X Ville siècles et son impact sur la société.Ainsi, on découvre le pouvoir qu\u2019 a exercé le livre sur les transformations sociales et économiques de l\u2019époque en étant au centre de la vie intellectuelle et scientifique européenne.La dernière section du livre, intitulée « Témoignages et documents », est très intéressante, car elle présente des extraits d\u2019autres œuvres ou de textes historiques en rapport avec l\u2019histoire du livre.En somme, cette Histoire du livre est un ouvrage de référence de grande qualité, tant pour le soin apporté à sa mise en page et à la richesse de ses illustrations que pour la rigueur du texte de Blasselle.Ce livre a sa place dans toutes les collections, car il est accessible à toutes les catégories de lecteurs.À lire, donc, pour le plaisir comme pour la recherche.Jean-François Gauvin Bibliothécaire professionnel Publicité LA REVUE DES BIBLIOTHÉCAIRES PROFESSIONNELS Line Glaude Téléphone : (514) 845-3327 Télécopieur : (514) 845-1618 Courriel : info@cbpq.qc.ca 40 ARGUS / Vol.27, n 1, Printemps-été 1998 Best-Seller Entre a norme multiméd que du te \u2014 \u2014m rutre Best-Seller «C I y a les best-sellers.et les solutions Best-Seller.Voici le nouveau module d'accès public BestCAP, le premier de la gamme des produits PortFolio.Vous pouvez l'intégrer à votre système de gestion de bibliothèque, que vous utilisiez le système Best-Seller ou non ! 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