Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Argus
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ),[1971]-2021
Contenu spécifique :
Hiver
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
trois fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de nouvelles (Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (6)

Références

Argus, 2009, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" r Corporatip r^| des bibliothécaires professionnels du Québec r*WI ARGUS La revue québécoise des professionnels de l\u2019information documentaire Corporation\tCorporation des bibliothécaires of Professional professionnels\tLibrarians du Québec\tof Quebec :ARBAnQ & // France Québec un à // Créer et animer un club de lecture L .\tiâ // La bibliothéconomie, au-delà des frontières b mm* TAi arw // De McGill à Berne, un parcours à l'étranger r' ! jfeSiv c // L'avenir numérique du livre T^I // // Sondages sur les services de référence de la Grande Bibliothèque à\\ ~ Une tâche ingrate, l'évaluation du rendement S9smijp Des bibliothécaires d'élite // Un Centre d'affaires à Brossard T~ >rv,-:A-.At W-fB // Regard, portrait d'un SIGB X' // Nouvelles bibliographies en littérature jeunesse i/\\ 1 POSTE PUBLICATION 40021801 ^TVyi LÏNCONTOURNABLE DE TOUS OUT| LES ACTEURS DU MILIEU DU ________LIVRE AU QUÉBEC REPERE CHOIXMEDIA TRANSIT OUTILS DE TRAITEMENT La vitrine idéale des éditeurs, des diffuseurs et des distributeurs La source d\u2019information enrichie des libraires Et l\u2019allié indispensable des bibliothécaires www.sdm.qc.ca \\ sommaire 1 Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Quebec Rédaction Jean-François Barbe, rédacteur en chef Marie D.Martel, responsable de la section Tribune libre Frédéric Champoux, responsable de la section État des milieux Linda Patry et Aminata Keita, responsables de la section Comptes-rendus 1 le mot de présentation par Jean-François Barbe 5 tribune libre France Québec un à par François Bon Traduction Brigitte Lafond Révision Véronique Parenteau Jean-François Barbe Page couverture Fig Communications figcom@sympatico.ca Graphisme Manon André manonand@videotron.ca Impression CRL Imprimerie Publicité Rodica Demian (514) 845-3327 _6 La bibliothéconomie, au-delà des frontières par Réjean Savard _9 De McGill à Berne, un parcours à l'étranger par Patrice Landry 11 Quand l'information devient un moyen de lutter contre le SIDA par Sharon Pipon 13 Comment faire de la coopération internationale par Tristan Müller et Lionel Villalonga 15 L'avenir numérique du livre par Roger Chartier Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0315-9930 Poste publication 40021801 Tirage 1000 exemplaires 18\t2010, année numérique?par Émilie Paquin 21 Sondages sur les services d'information et de référence offerts à la Grande Bibliothèque par Danielle Chagnon ARGUS est une revue publiée trois fois l'an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (C.B.P.Q.) dont le siège social est situé au : 353, rue St-Nicolas, bureau 103, Montréal (Québec), H2Y 2P1 Téléphone : (514) 845-3327 Télécopieur : (514) 845-1618 info@cbpq.qc.ca Tous les textes publiés dans la revue expriment les points de vue et opinions des auteurs et n'engagent que ceux-ci.Abonnement annuel 33$ (Québec tarif individuel) 12$ le numéro Québec institutionnel 40$ (15$ le numéro) Canada 48$ (17$ du numéro) Extérieur du Canada 48$ US (17 $ US du numéro) Étudiants 23$ Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée au plus tard un mois après la date de parution au Secrétariat de la C.B.P.Q.Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être autorisée par le Comité de rédaction.Les articles de la revue sont indexés dans: \u2022\tPascal Thema.T 205, Sciences de l'information-documentation \u2022\tInformation Science Abstracts \u2022\tLibrary and Information Science Abstracts (USA) \u2022\tLibrary Literature \u2022\tRepère 24\tUne tâche ingrate, l\u2019évaluation du rendement par Stéphanie A.Grenier 25\tCréer et animer un club de lecture par Andrée Martin 28 Des bibliothécaires d'élite par Marcel Lajeunesse 30 Regard, portrait d'un SIGB par Richard Coveny 32 Deux nouvelles bibliographies en littérature jeunesse par Marie-Ève Roch 34 état des milieux Un Centre d'affaires à Brossard par Julie Desautels 37 comptes-rendus par Jean-Pierre Germain, Dominique Lapierre, Denis Thibault et Olivier Le Deuff 40 on nous écrit Journalistes et bibliothécaires, deux solitudes par Jean-Sébastien Marsan [ 1 ] Vol.38, n° 3, hiver 2009-2010 [ ARGUS ] rnr^?rm rr*1*\u2014r 71 a * life?^ 3Tr p-\" i.jOOS 101 \" i la Librairie Monet un salon des nouveautés mensuel, des espaces de travail, des libraires d\u2019expérience et un service personnalisé.Un service aux institutions qui s\u2019adapte à vos besoins! Consultez notre site www.librairiemonet.com 7> arâf 'U üp L -T» sr-** -f nous reinventons la librairie Galeries Normandie \u2022 2752, de Salaberry, Montréal (Québec) H3M 1L3 \u2022 Sortie 4 de l'autoroute 15 \u2022 514.337.4083 photo Denis Bernier [ le mot de présentation 1 Jean-François Barbe rédacteur en chef Ensemble avec Haïti Face à l'ampleur du drame haïtien, que faire?La Corporation suggère de mieux faire connaître la littérature haïtienne et ses auteurs, dont les Georges Anglade, Marie-Célie Agnant, Georges Castera, René Depestre, Jean Metéllus, Kettly Mars et Lyonel Trouillot.Un outil : une liste de titres à l'adresse www.cbpq.qc.ca/divers/Titres_haitiens-description.pdf.La mise en valeur de collections qui font réfléchir, qui élargissent l'accès au savoir, qui donnent à voir et à partager le goût de vivre et la beauté du monde, voilà une de nos missions.En popularisant la culture haïtienne et sa « résilience », nous poserons aussi un nécessaire geste de solidarité qui s'ajoutera aux autres, nombreux et émouvants, du peuple québécois envers les descendants de la République fondée par Toussaint Louverture qui doivent tout reconstruire.Comme le montre ce numéro d'Argus, des bibliothécaires créent des clubs de lecture.Il y a tant de chemin à faire! Rappelons qu'un jeune Québécois sur trois se situe sous le seuil acceptable en lecture, un « défi colossal » dans le combat contre l'exclusion, comme l'a dit Daniel Baril (Argus, printemps 2009).Et comme nous le verrons, les bibliothécaires peuvent également, lors de leurs vacances, transmettre leurs connaissances dans des pays en voie de développement.D'autres enjeux se posent.Roger Chartier, président du Conseil scientifique de la Bibliothèque nationale de France, et Emilie Paquin du Consortium Érudit nous entretiennent des collections numériques permettant l'accès à distance des fonds conservés dans nos rayonnages.Car « la bibliothèque a tant à faire plutôt que seulement ranger des livres! », comme l'affirme l'écrivain François Bon, « en résidence » à Gabrielle-Roy.Bonne lecture! La LIBRAIRIE MERCIER a pour objectif de faire tout son possible afin de simplifier votre trauail.Notre expérience nous permet d\u2019effectuer des recherches fréquentes pour uous, et ainsi, réduire le nombre de vos commandes et uous sauver du temps.Depuis 1952, nous desservons les institutions d'enseignement et de recherche, telles que les bibliothèques municipales, scolaires, provinciales, fédérales et d'hôpitaux.Nous comptons avoir le priuilège de bien uous servir très bientôt.LIBRAIRIE MERCIER librairie agréée, 40, St-Joseph, Ste-Thérèse, Qc J7E 3L6 Téléphone : (450) 435-0581 Télécopieur : (450) 430-1584 Volumes reliés de luxe Arts et histoire Littérature Scientifiques Médicaux Service de recherche Vol.38, n° 3, hiver 2009-2010 [ ARGUS ] [3] Bibl'°Mndo On y pense pour vous! www.bibliomondo.com France Pays-Bas Allemagne Canada Grande-Bretagne États-Unis [ tribune libre 1 François Bon fbon@tierslivre.net A France Québec Un d Vous dites ça aussi, au Québec, pour un match à égalité: « un à » ?Parler à des bibliothécaires du Québec m\u2019impressionne: pas de leçon à donner.Et les écrivains ne sont pas forcément les mieux placés pour parler des bibliothèques et ceux qui les animent : on a un rapport un peu fétiche aux livres, on préfère les débusquer et les acheter que les emprunter.Depuis quelques années, pour moi, le rapport aux bibliothèques s\u2019est déplacé sur celui d\u2019un enjeu commun : la littérature, avoir à la défendre et la transmettre ensemble, et là, quoi de mieux que le lieu qui accueille les livres?L\u2019hiver dernier, une résidence dans une forte médiathèque de l\u2019immédiate banlieue de Paris, avec des ateliers Internet, des interventions scolaires.Cette année, une « classe maître » (mot qui m\u2019impressionnait beaucoup) à la bibliothèque Gabrielle-Roy de Québec.D\u2019abord, je pense à ce livre si étonnant, Incident Reports, de Martha Baillie.Depuis le comptoir de prêt de la bibliothèque de Toronto, ou bien les bureaux du personnel, la salle où on ouvre les boîtes à lunch, le quotidien d\u2019une bibliothèque publique chez vous, à coups de miniportraits remarquables qui vous attrapent les gens tout crus.Lisant Martha Baillie, l\u2019impression que le même livre aurait pu être écrit à Gabrielle-Roy.La grande diversité de visages qui sont chacun un monde, et l\u2019extrême singularité de ces êtres, qui poussent de toute façon la porte de la maison des livres.En même temps, ces six mois, j\u2019ai appris à réviser ma géographie : Toronto n\u2019est pas chez vous - le livre de Martha Baillie n\u2019est pas traduit, et si j\u2019espère bien qu\u2019il le sera bientôt, ce serait plutôt en faisant le crochet par la France.En perdant quoi, alors, du trait d\u2019union direct de deux villes à distance de car, sur vos autoroutes bien droites?Après, justement, en quoi ce livre - moi Français - me surprend.J\u2019ai la chance, depuis quelques semaines, à Québec, d\u2019habiter à quelques minutes de marche de la bibliothèque.Là où en France j\u2019aurais l\u2019impression d\u2019avoir à faire une démarche volontaire, ici, tout naturellement, j\u2019entre m\u2019y poser une heure, pose mon ordi sur les tables de bois, et fais mon petit coin de travail.C\u2019est mieux que tout seul à son bureau (ou, du moins, une respiration).Mais est-ce qu\u2019on vient ici pour les livres?Certainement, oui, et c\u2019est curieux, quand on s\u2019assoit, de découvrir ces bizarres assemblages des recherches, pile à l\u2019abandon.Est-ce que précisément, la porte ouverte des bibliothèques publiques, jusqu\u2019au signal de 21 h, ou dans les heures vides du dimanche, ce n\u2019est pas d\u2019abord l\u2019expression toute simple de cette curiosité qui nous fait homme?Que cette curiosité s\u2019exprime de façon commune, dans cette maison où lire est prédicat avant le livre (lire incluant écouter, voir, ou enquêter, ou l\u2019oeuvre d\u2019art qu\u2019on emprunte, ou l\u2019ordinateur qu\u2019on prend pour une demi-heure), parce que justement c\u2019est ce qui nous constitue comme communauté?Mais cette tradition du bâtiment ouvert sur ville, en France le livre est trop sur son socle pour qu\u2019on y arrive vraiment - et les bibliothécaires n\u2019en sont pas responsables.Ici, où l\u2019histoire s\u2019est faite hors du livre, s\u2019exprime cette curiosité même, dans un ici et maintenant qui la rend indépendante de ses supports.Quel serait le pas en avant?Comme chez nous, les sections jeunesse sont mouvements, activités et couleurs.Comme chez nous, les salles de presse et magazine ont un petit air de salle d\u2019attente, consommation sans retour.Mieux que chez nous, le best-seller ici se loue, on marque la différence avec le livre choisi par la bibliothèque.Alors, vouloir quoi?A deux pas, la librairie Pantoute dispose d\u2019une très belle salle équipée, très vaste, où projeter, lire à haute voix, s\u2019assembler.Deux pas encore, et le bistrot le Cercle laisse ses outils de son et d\u2019images aux expérimentateurs d\u2019ici.Il me semble que, ces trois ans, les médiathèques françaises ont pris ce chemin, rassembler tout ça dans ce qui était heu presque exclusif des livres, et qu\u2019ici ça reste encore à faire - à Québec le programme Première Ovation, qui accueille jeunes artistes, pas seulement écrivain, est lié à la bibliothèque, mais ne s\u2019y manifeste pas.Probablement, ces écrans qui deviennent le premier partage, y compris sur les tables de la bibliothèque (en France, là désavantage : on n\u2019accorde pas comme ici la wi-fi übre et facile), viendront multiplier le rôle et l\u2019importance de la bibliothèque -non pas si on fait d\u2019eux ici les rois -, si simplement ce fait acquis de la porte ouverte, et qu\u2019est-ce que je le jalouse, en tant que Français, m\u2019asseyant à Gabrielle-Roy.Ce n\u2019est pas par l\u2019écran que je voudrais ajouter ce qui se passe dans nos bibliothèques en France à ce qui se passe ici, et symétriquement.L\u2019écran passe déjà par mille fils - je le vois bien aux échanges purement Québec, ces mois-ci, sur « mon » Facebook ou « mon » Twitter ou les visites de mon site.Je voudrais, à Québec, que ce qu\u2019on va faire au Cercle ou au Studio B de Pantoute, on l\u2019installe en plein hall.Pour cela que m\u2019a fasciné le livre de Martha Baillie : cette richesse et cette singularité de qui vous accueille - comment les emmener où la littérature d\u2019abord se doit d\u2019être vivante?La bibliothèque a tant à faire plutôt que seulement ranger des livres.François Bon est écrivain.Il est l'auteur de plus d'une trentaine de livres dont L'incendie du Hilton (2009), un récit qui se déroule lors du Salon du Livre de Montréal en 2008.Son célèbre blogue le tiers livre est un phare de la littérature contemporaine francophone (www.tierslivre.net/).Navigateur au long cours du web et « turboprof », il aura circulé cette année, lors de son séjour québécois, entre sa résidence d'écrivain à la bibliothèque Gabrielle-Roy et l'Université de Montréal où il enseigne, en animant un cortège de médias sociaux entre les deux.Vol.38, n\" 3, hiver 2009-2010 [ ARGUS ] [5] La bibliothéconomie, au-delà des frontières Réjean Savard rejean.savard@umontreal.ca L'auteur entend démontrer la nécessité de s'ouvrir sur le monde.Il présente l'Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes (AIFBD) comme un outil favorisant l'internationalisation.Why should one be interested by the international field in library sciences?The author's intention is to demonstrate the need to open up on the world.The Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes (AIFBD) is introduced as a tool that promotes internationalization.Découvrir de nouveaux horizons, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel, a toujours été un besoin profondément humain relié à la volonté de se dépasser, d\u2019aller au-delà, d\u2019agrandir son espace, de se réaliser davantage.En ce qui concerne le monde intellectuel, depuis longtemps déjà les grands esprits ont communiqué entre eux au-delà des frontières et les bibliothèques ont été parties prenantes de ce phénomène.La Bibliothèque d\u2019Alexandrie ne réussissait-elle pas à exercer une influence sur tout un empire, réunissant en ses murs un aréopage international de savants en provenance de toutes les régions du monde connu de l\u2019époque?Plus tard, au Moyen-Âge, les monastères chrétiens n\u2019étaient-ils pas regroupés dans un « réseau virtuel » par lequel les moines copistes s\u2019échangeaient les manuscrits à travers les différentes régions d\u2019Europe?Plus tard, des bibliothécaires réputés comme Gabriel Naudé n\u2019étaient-ils pas recrutés par les rois et reines de différents pays pour mettre sur pied et organiser ce qui est devenu par la suite des bibliothèques aux collections uniques?Et des personnalités comme Melvil Dewey et Ranganathan n\u2019ont-elles pas rayonné à travers le monde entier?La bibliothéconomie n\u2019a jamais eu de frontières.Cela est d\u2019autant plus vrai maintenant avec Internet qui permet, plus que jamais, les échanges internationaux.Aujourd\u2019hui, les bibliothécaires communiquent plus facilement entre eux d\u2019un pays à l\u2019autre.On assiste même à une internationalisation de la clientèle.Les bibliothèques ne reçoivent plus seulement des demandes d\u2019information de leurs clientèles immédiates ou locales, mais les questions peuvent venir de partout dans le monde, que ce soit pour des renseignements bibliographiques ou factuels.Les expériences de référence en ligne, par exemple celle de SINDBAD à la Bibliothèque nationale de France1, récoltent un pourcentage élevé de questions de l\u2019étranger.Chargés de transférer le savoir et l\u2019information dans ce monde de plus en plus ouvert, les bibliothécaires se doivent donc d\u2019avoir une vision internationale de leur métier.Outre cet élargissement des clientèles, il ne faut pas oublier l\u2019importance de s\u2019ouvrir à l\u2019international afin de pouvoir comparer ses méthodes de travail et ses performances.Pour être à jour dans son métier, il est nécessaire d\u2019aller ailleurs.Les contacts internationaux, que ce soit grâce aux congrès et aux colloques, mais aussi par des initiatives individuelles ou institutionnelles, permettent aux bibliothécaires d\u2019apprendre davantage, de se développer professionnellement, de devenir meilleurs et par conséquent de mieux réaliser leur mission.Le réseautage et les échanges avec des collègues dans d\u2019autres pays renforcent également la visibilité de nos services, par exemple vis-à-vis de nos autorités de tutelle.Un élu sera toujours ravi de constater que son bibliothécaire réussit à démontrer que sa bibliothèque est performante sur le plan international.Ou à l\u2019inverse, il pourra mieux comprendre l\u2019importance d\u2019investir dans telle ou telle innovation quand on lui démontrera, preuve à l\u2019appui, que sa bibliothèque est en retard par rapport au reste du monde.Les contacts internationaux permettent en effet de mieux documenter les dossiers que l\u2019on doit défendre au sein de notre hiérarchie.L'essor de la bibliothéconomie comparée Pour faciliter ces comparaisons, on pourra se référer à la méthodologie de la bibliothéconomie comparée.La bibliothéconomie comparée peut être définie comme l\u2019analyse systématique des pratiques et des problèmes reliés aux bibliothèques tels qu\u2019ils se rencontrent dans différentes circonstances, la plupart du temps dans différents pays, et qui tient compte des facteurs historiques, géographiques, politiques, économiques, sociaux, culturels et autres qui ont pu influencer la situation faisant l\u2019objet de l\u2019étude2.Essentiellement, elle constitue une approche importante visant à déterminer les causes et les effets relatifs au développement des bibliothèques et la compréhension des problématiques qui les concernent.En cette ère de mondialisation, nul doute que la bibliothéconomie comparée connaîtra un nouvel essor dans les années à venir.Diminuer la fracture informationnelle Nord-Sud constitue un autre important apport de l\u2019internationalisation en bibliothéconomie, comme en témoigne le rapport de l\u2019UNESCO sur les sociétés du savoir : « Par leur contribution à la diffu- [6] [ ARGUS ] Vol.38, n\" 3, hiver 2009-2010 sion des savoirs, les bibliothèques peuvent devenir des acteurs cruciaux du développement, en vue de réduire la forte polarisation de notre monde en ce qui concerne l\u2019accès aux biens culturels et à l\u2019information »\\ Pour ce faire, il faut davantage encourager la coopération professionnelle, les jumelages de bibliothèques Nord-Sud, les échanges d\u2019expertise et les partenariats.C\u2019est dans cette optique qu\u2019a été récemment créée l\u2019Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes (AIFBD).Sa mission : favoriser le réseau-tage, permettre aux bibliothécaires et aux documentalistes du monde francophone de se connecter entre eux, de comparer leurs services et d\u2019apprendre les uns des autres.Un premier congrès, tenu au Québec en 2008, a permis à plusieurs d\u2019entre eux de prendre contact, de connaître les réalisations les plus intéressantes de la Francophonie et d\u2019apprécier diverses expériences concrètes4.La création de cette Association, qui regroupe des membres de près d\u2019une trentaine de pays, était plus que jamais nécessaire, car, depuis plusieurs années, aucun regroupement francophone international n\u2019était opérationnel.Ces réseaux avaient été bâtis autour de communautés assez spécialisées, telles des bibliothèques universitaires, des associations professionnelles et des écoles de formation, et étaient tournés vers les institutions, ce qui limitait leur rayonnement et l\u2019adhésion des membres.L\u2019AIFBD se veut plus inclusive et s\u2019adresse à la fois à tous les individus, bibliothécaires et documentalistes5, ainsi qu\u2019à tous types d\u2019institutions, bibliothèques et associations.Ses programmes d\u2019action sont encore en développement.L\u2019an dernier, grâce à une importante subvention de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie, l\u2019Association a offert une douzaine de bourses aux francophones, surtout du Sud, afin d\u2019assister au congrès de l\u2019IFLA à Milan.L\u2019Association participe activement à la traduction des textes de conférences de l\u2019IFLA de même qu\u2019au bulletin de nouvelles destiné aux congressistes de l\u2019IFLA (IFLA Express).L\u2019AIFBD a aussi financé le voyage d\u2019une étudiante de l\u2019EBSI au congrès de l\u2019IFLA de Milan où elle a participé à l\u2019équipe d\u2019IFLA Express en français.L\u2019AIFBD prépare également un programme international d\u2019échange de postes appelé Vice-Ver sa.Elle gère aussi la liste de diffusion Bibliodoc qui compte des centaines d\u2019abonnés, intéressés par ce qui se passe dans les bibliothèques et centres de documentation francophones.Un portail donnant accès à de nombreuses ressources francophones est également en ligne.D\u2019autres projets sont en gestation, notamment le prochain congrès de l\u2019Association qui aura lieu en août 2011 en marge de celui de l\u2019IFLA à Porto Rico.Défense de la liberté intellectuelle Défendre la langue française et le multilinguisme est aussi un objectif sous-jacent à la création de F AIFBD.Plus que tous les autres francophones, les Québécois sont peut-être plus conscients de l\u2019importance de cette ambition, car ils vivent encerclés par des millions d\u2019anglophones.Cela n\u2019est pas toujours le cas pour les autres francophones qui ont un rapport différent avec la langue française.Il faut donc se battre sur plusieurs fronts pour la faire valoir, et l\u2019AIFBD se charge de le faire principalement sur le plan de la bibliothéconomie internationale.Les bibliothécaires québécois peuvent d\u2019ailleurs jouer ici un rôle important d\u2019intermédiaires, car ils appartiennent à la fois à la communauté francophone et à l\u2019Amérique du Nord, souvent considérée comme un lieu d\u2019excellence en ce qui a trait aux bibliothèques.Cette démarche concernant la langue française et le multilinguisme se justifie d\u2019autant plus que la question linguistique ne saurait être séparée de la problématique de la diversité culturelle et des points de vue.La langue que nous parlons est liée à plusieurs aspects culturels, sociaux, voire politiques, et on peut penser que défendre le multilinguisme c\u2019est aussi lutter contre la pensée unique.Nous ne sommes pas loin ici de la défense de la liberté intellectuelle, une valeur professionnelle que partagent tous les bibliothécaires du monde, et à laquelle souscrit l\u2019AIFBD.Une nouvelle association francophone était devenue nécessaire.Pour conclure, je dirais que si l\u2019internationalisation procure énormément d\u2019avantages sur le plan professionnel, il apporte plus encore, car l\u2019ouverture à l\u2019international, c\u2019est aussi l\u2019ouverture à l\u2019autre, à « l\u2019humain ».Car il n\u2019est pas rare que les contacts professionnels débouchent sur des amitiés durables.Ils procurent à tous ceux qui s\u2019y adonnent un enrichissement personnel et culturel inestimable.Après plusieurs années de coopération internationale en Francophonie, à l\u2019IFLA et dans les pays du Sud, je vous le confirme! N\u2019hésitez pas à vous engager dans cette voie, le monde vous est ouvert et vous en retirerez énormément de bienfaits! Notes 1.\tBibliothèque nationale de France.SINDBAD.[http://www.bnf.fr/PAGES/accedocu/reponses_distance.htm] 2.\tCollings, Dorothy.1968.in Encyclopedia of Library and Information Science.New York : Dekker.3.\tVers les sociétés du savoir.Paris : UNESCO, 2005.p.67 4.\tLes Actes sont maintenant disponibles : Gazo, Dominique et Réjean Savard (dir.).2009.Francophonies et bibliothèques.Innovations, changements et réseautage.Montréal : AIFBD.536 p.5.\tPerçus souvent comme deux professions différentes dans certains pays francophones Professeur de bibliothéconomie à l'Université de Montréal et président de l'Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes (AIFBD).Vol.38, n° 3, hiver 2009-2010 [ ARGUS ] [7] 'SVM RÉPERTOIRE DE VEDETTES-MATIÈRE ?E L\u2019 UNIVER5ITÉ LAVAL Notre expertise à votre service Optimisez votre traitement documentaire grâce aux outils d\u2019avant-garde développés par nos spécialistes.LE SERVICE DE TRADUCTION AUTOMATISÉE ((NOUVEAU)) ¦ Traduction automatisée anglais-français ou français-anglais des vedettes-matière des Library of Congress Subject Headings (LCSH), des Canadian Subject Headings (CSH), du Art and Architecture Thesaurus (AAT), des Medical Subject Headings (MeSH) et du RVM de l\u2019Université Lavai LE RVM DE L'UNIVERSITÉ LAVAL ¦\tReconnu comme norme nationale francophone d\u2019indexation ¦\tAccès à plus de 260 000 vedettes-matière françaises ¦\tOffert sur trois supports : cédérom, site Web et fichier FTP LE GUIDE PRATIQUE DU RÉPERTOIRE DE VEDETTES-MATIÈRE (RVMI Guide pratique du Mfxrtotf» Ot ««(SOtcvmttUrt Édité en collaboration avec l\u2019Association pour l\u2019avancement des sciences et des techniques de la documentation (ASTED) ¦\tOutil de référence simple et efficace pour indexeurs débutants ou expérimentés ¦\tRègles d\u2019utilisation du RVM expliquées de façon détaillée Pour plus d\u2019information : rvm@bibl.ulaval.ca\tbibl.ulaval.ca O O O UNIVERSITÉ LAVAL Bibliothèque De McGill à Berne, un parcours à l'étranger Patrice Landry Patrice.Landry@nb.admin.ch Bien des bibliothécaires québécois peuvent accéder au marché du travail américain.Mais qu'en est-il de l'Europe?From McGill to Bern, a journey abroad Many Québec's librarians have access to the American labour market.But what about Europe?Je suis employé par la Bibliothèque nationale suisse depuis janvier 1996.L\u2019aventure a en fait débuté en août 1995.Dans le cadre de mon travail à la Bibliothèque nationale du Canada, je consultais alors la liste de discussion AUTOCAT, consacrée aux questions de catalogage et d\u2019indexation.Des bibliothèques étrangères affichaient, à l\u2019occasion, des offres d\u2019emplois sollicitant des bibliothécaires nord-américains.En août 1995, la Bibliothèque nationale suisse recherchait des candidats afin de pourvoir des postes de gestionnaires en catalogage et en indexation.Cette institution était impliquée dans un grand projet de modemisaüon et souhaitait recruter des bibliothécaires ayant des compétences de gestionnaires dans l\u2019application de nonnes bibliographiques internationales.À la suite d\u2019un entretien téléphonique suivi d\u2019une entrevue à Berne, j\u2019ai reçu une offre pour le poste de responsable de l\u2019indexation matières.Il s\u2019est avéré que ma formation, soit une maîtrise en science de l\u2019information à l\u2019Université McGill, et mon expérience professionnelle à la Bibliothèque nationale du Canada correspondaient aux exigences du poste.Qu\u2019une carrière internationale soit planifiée ou pas, la situation familiale demeure l\u2019élément clé de toute décision de travailler à l\u2019étranger.Les activités de la conjointe ou du conjoint, la situation scolaire des enfants et même l\u2019état de santé des parents constituent autant de motifs pouvant s\u2019opposer à un séjour prolongé à l\u2019étranger.Notre cas se présentait ainsi : ma conjointe finissait ses études universitaires, j\u2019avais deux enfants de six et neuf ans ainsi que des parents âgés.Après discussions en famille et avec mon employeur, nous nous sommes alors engagés pour une période de trois ans auprès de la Bibliothèque nationale suisse.Cette solution avait été rendue possible par un congé sans solde accordé par mon employeur de l\u2019époque.Bilan de l'expérience Ma principale responsabilité consiste à gérer un service de onze personnes.Mon poste a évolué au gré des années à la suite de l\u2019introduction de la norme d\u2019indexation germanophone SWD/RSWK en 1998 et de la Classification décimale Dewey en 1999, avec le projet de numérisation des anciens catalogues matières en 1999-2002, avec la participation de la Bibliothèque à divers projets européens tels MACS et TELplus ainsi qu\u2019avec une participation croissante aux activités de l\u2019IFLA.Travaillant à Berne, capitale de la Suisse, j\u2019ai eu à m\u2019adapter à un milieu dont la principale langue de travail n\u2019est pas le français, mais l\u2019allemand.L\u2019adaptation aux pratiques culturelles quotidiennes, la façon de saluer les collègues, les formules de politesse - par exemple le vouvoiement systémaüque -\tsont des facteurs d\u2019intégration importants qui doivent être rapidement reconnus par le nouvel arrivant.En Suisse, l\u2019organisation du travail est basée sur des conditions particulières, comme le fait d\u2019avoir un plus grand nombre de postes à temps partiel, plus d\u2019heures de travail, et davantage de journées de vacances.Ces conditions demandent des ajustements dans la façon de fixer des délais, d\u2019organiser des séances et surtout de gérer son temps de travail.Il existe également des différences importantes par rapport à la gestion du personnel.À la Bibliothèque nationale suisse, le pointage des heures de travail s\u2019effectue automatiquement par le badge porté par l\u2019employé, lors de chaque sortie et entrée de la bibliothèque, incluant la pause du midi.Cette pratique permet à un gestionnaire de savoir qui est au bureau et elle facilite la prise de rendez-vous.De plus, chaque employé, appelé ici collaborateur, doit enregistrer son emploi du temps -\tsoit l\u2019ensemble de ses tâches accomplies quotidiennement -dans une application Web.Cette application permet aussi de calculer le temps consacré aux tâches opérationnelles, aux projets et aux séances régulières par chaque collaborateur et unité de travail.Des rapports sont produits et ces données sont régulièrement utilisées, par exemple lors des entretiens d\u2019évaluation annuelle ainsi que pour les exercices de planification.Grâce à ces pratiques, il y a rarement conflit au sujet des heures travaillées ou de la charge de travail.Les objectifs personnels sont proposés, négociés et évalués avec chaque employé en tenant compte de ces données.Les syndicats sont rarement appelés à intervenir, les conflits étant résolus par discussion et négociation.Des acquis professionnels Sur le plan professionnel, cette expérience m\u2019a permis de me familiariser avec des normes bibliographiques peu Vol.38, n° 3, hiver 2009-2010 [ ARGUS ] [9] connues en Amérique.Des listes matières comme RAMEAU, utilisé en France, Nuovo Soggettario, utilisé en Italie, ou la SWD/RSWK, utilisée dans les pays germanophones me sont En Suisse, les emplois sont rares Les possibilités d\u2019emplois en bibliothéconomie sont-elles courantes en Suisse et en Europe?À part dans des organisations internationales, il est assez rare que des postes de bibliothécaires soient ouverts aux non-Européens, sauf en Grande-Bretagne où les conditions d\u2019emplois sont plutôt favorables aux professionnels des pays du Commonwealth.Le cas de la Suisse semble particulier.Une grande partie de sa main-d\u2019œuvre professionnelle et qualifiée provient de l\u2019étranger, notamment de l\u2019Allemagne et de la France.La Suisse attire des travailleurs canadiens et québécois dans certains domaines précis, par exemple des infirmières et des hygiénistes dentaires et, parfois même, des joueurs et des entraîneurs de hockey.Quant aux bibliothécaires, ils sont peu nombreux dans des institutions publiques, surtout à Genève, Lausanne et Neuchâtel.On en trouve aussi quelques-uns à l\u2019emploi d\u2019organisations internationales à Genève et à Lausanne.Dans la majorité des cas, tous reçoivent une offre d\u2019emploi garantie, préalablement à leur venue, et pour la plupart, dans les domaines universitaires et de l\u2019enseignement bibliothéconomique.Les candidats non européens ne sont recrutés que lorsqu\u2019il est impossible de trouver des candidats suisses et européens correspondant aux exigences.Conseils pour une carrière à l\u2019étranger \u2022\tAbonnez-vous à des listes de discussion de portée internationale.\u2022\tLors de congrès internationaux, discutez de votre intérêt pour une carrière à l\u2019étranger.\u2022\tFaites l\u2019apprentissage de plusieurs langues.\u2022\tVoyagez régulièrement à l\u2019étranger pour être en contact avec différentes cultures.\u2022\tDéveloppez de solides expériences professionnelles.\u2022\tDéterminez la durée initiale pour un séjour à l\u2019étranger, car il est plus facile de se concentrer sur une plus courte période.\u2022\tNe croyez pas qu\u2019une façon de faire différente de celle de votre pays équivaille à un problème.\u2022\tPrévoyez votre retour en gardant contact avec vos milieux professionnels d\u2019origine.aujourd\u2019hui aussi familières que les listes RVM et LCSH ayant cours au Canada et au Québec.Les derniers dix ans m\u2019ont aussi permis d\u2019être à la fois témoin et participant dans l\u2019implantation progressive de la Classification décimale Dewey (CDD) en Europe.De concert avec la Deutsche Nationalbibliothek, la Bibliothèque nationale suisse a été partenaire dans le projet de traduction allemande de la CDD, ce qui a mené à la publication de la DDC 22 en édition allemande en 2005.Ce projet a aussi abouti à la mise sur pied du European DDC Users \u2019 Group (EDUG) visant à favoriser l\u2019intégration d\u2019aspects européens à la CDD et la promotion de la CDD dans une dizaine de pays européens.Mon développement de carrière s\u2019est articulé autour du poste pour lequel j\u2019avais été embauché.La mobilité professionnelle, soit la possibilité d\u2019accéder progressivement à d\u2019autres postes, a été limitée par les contraintes liées au permis de séjour ainsi que d\u2019ordres linguistique et administratif.Les acquis dans l\u2019apprentissage de l\u2019allemand, dans la connaissance de la bibliothéconomie européenne, notamment dans les langages documentaires et la possibilité de participer activement à des projets européens, ont toutefois largement compensé les occasions plus limitées de promotions professionnelles.Et la famille dans tout cela?L\u2019intégration de la famille dans un nouveau milieu est plus difficile et plus longue que l\u2019intégration au milieu professionnel, que ce soit par le choix d\u2019une école pour les enfants et leur adaptation à un nouveau système scolaire ou par l\u2019intégration de la conjointe au marché du travail.Heureusement, mes enfants se sont rapidement intégrés à la société suisse, que ce soit à l\u2019école, avec les amis ou dans des clubs sportifs.Pour ma femme, l\u2019intégration a été un peu plus longue en raison, notamment, de la question de la reconnaissance des diplômes.Devenue professeur de langues dans une école privée, cette intégration professionnelle a été un facteur déterminant de son adaptation à notre pays d\u2019adoption.Alors que notre séjour en Suisse était initialement prévu pour une période de trois à cinq ans, il s\u2019est trouvé à s\u2019allonger d\u2019année en année.Après treize ans, nous y sommes toujours et l\u2019aventure risque de se poursuivre longtemps encore, du moins jusqu\u2019à ma retraite.dans dix ans.Ainsi, en août, j\u2019amorcerai un nouveau mandat à l\u2019IFLA comme membre de l\u2019exécutif et président du comité professionnel.Et à la Bibliothèque nationale, les travaux de planification prévoient d\u2019autres développements de nos activités et le prolongement des projets actuels.Aujourd\u2019hui, nos enfants sont à l\u2019université, l\u2019une en Suisse, l\u2019autre au Canada.C\u2019est probablement là une situation normale que de vivre à cheval sur deux continents avec des sentiments d\u2019appartenance partagés entre deux pays.Quant à nous, il nous reste une grande question, à laquelle il faudra bien trouver réponse : où vivrons-nous notre retraite.au Canada, en Suisse ou ailleurs?Responsable, Indexation matières à la Bibliothèque nationale suisse.[ 10] [ ARGUS ] Vol.38, n° 3, hiver 2009-2010 Quand ^'information devient un moyen de lutter contre le SIDA Sharon Pipon sharon.pipon@pfizer.com Récit d'une expérience de trois mois en coopération internationale menée en Ouganda, dans le cadre de la lutte contre le SIDA.When information becomes a means to fight against AIDS Three months of international co-operation in Uganda, in the fight against AIDS.En 1982, un premier cas de SIDA fut diagnostiqué en Ouganda.Quatre ans plus tard, plus de 29 % de la population du pays en était atteinte.Près d\u2019un million de personnes en sont mortes, et plus d\u2019un million d\u2019enfants perdirent leurs parents et devinrent orphelins.L\u2019Ouganda est cependant considéré comme un rare exemple de succès de lutte contre cette terrible épidémie en raison de ses campagnes de prévention et d\u2019éducation.Divers organismes publics et ONG ont combiné leurs efforts, contribuant ainsi à abaisser la prévalence du SIDA à quelque 5 % de la population ougandaise en 2001.L\u2019organisme Traditional & Modem Health Practitioners Together Against AIDS and Other Diseases (THETA) est l\u2019un des acteurs clés de ce mouvement.Fondé au début des années quatre-vingt-dix par Médecins Sans Frontières, THETA vise à promouvoir la collaboration entre médecine traditionnelle et médecine occidentale afin d\u2019enrayer trois maladies endémiques : le SIDA/VIH, la malaria et la tuberculose.Ses principaux axes d\u2019activités sont la formation des guérisseurs, la recherche clinique appliquée aux plantes médicinales et l\u2019accès à l\u2019information.Considérant que les guérisseurs sont présents dans toutes les communautés et activement consultés par la population, THETA s\u2019est donné comme mission de former les guérisseurs afin qu\u2019ils puissent mieux connaître les premiers symptômes du SIDA et administrer des plantes médicinales pour soulager les symptômes, et de les inciter à adresser les patients à des médecins.C\u2019est dans ce contexte que s\u2019est déroulé, en 2006, mon séjour de trois mois au sein de cet organisme à titre de Pfizer Global Health Fellow.Établi par Pfizer en 2003, ce THETA Experience ¦ THPs involved in rural health care have greatly contributed to increased access to HIV/AIDS prevention and care services in Uganda programme encourage les employés de l\u2019entreprise à œuvrer au sein d\u2019une organisation non gouvernementale (ONG) de pays en voie de développement afin de favoriser le transfert des connaissances.Mon mandat comportait trois volets : la systématisation de la collection des documents de l\u2019organisme THETA, l\u2019identification et l\u2019accès à de nouvelles sources d\u2019information ainsi que la formation de la responsable de l\u2019information, une jeune femme de 22 ans fraîchement diplômée de l\u2019université.On réinventait la roue Dès mon entrée en fonction, j\u2019ai mené diverses entrevues qui m\u2019ont rapidement fait constater que l\u2019accès à l\u2019information de qualité était presque inexistant.Plusieurs m\u2019ont ainsi avoué avoir l\u2019impression de « réinventer la roue », par exemple en développant des protocoles de recherches cliniques probablement déjà menées ailleurs ou en mettant sur pied des programmes de formation qui calquaient probablement des modèles établis.Mentionnons que l\u2019accès à Internet n\u2019existait alors que depuis quelques mois et que la seule utilisation résidait dans le courrier électronique.De plus, l\u2019état général des bibliothèques en Ouganda était à l\u2019image du pays, soit sous-développé.Aussi, plus que l\u2019implantation du logiciel de bibliothèque et le catalogage des documents, la priorité résidait Vol.38, n\" 3, hiver 2009-2010 [ ARGUS ] [ 11 ] manifestement dans la maximisation de l\u2019usage d\u2019Internet afin d\u2019identifier des sources pertinentes, actualisées, d\u2019application immédiate et gratuites.Le simple accès à Medline (PubMed), tenu pour acquis dans le secteur de la santé, devenait à Kampala une nouvelle source, ô combien précieuse.Mes recherches m\u2019ont également conduite à identifier une panoplie de ressources gratuites telles des périodiques scientifiques mis à la disposition des pays les plus pauvres par des ONG.Il me fallait planifier des journées sans électricité.L\u2019identification de nouvelles sources ne valait rien en soi si la responsable du centre de documentation et ses collègues de THETA ne pouvaient y accéder.Aussi, la rédaction de manuels de formation \u2014 catalogage, recherche au catalogue, sur Internet, PubMed, accès aux articles scientifiques \u2014 ainsi que la conception d\u2019un portail Web devinrent une de mes principales occupations.Forte d\u2019expériences antérieures en coopération internationale, dont plus de six ans passés en Équateur à œuvrer à la mise sur pied de centres de documentation spécialisés et de bibliothèques publiques rurales, la période de trois mois en Ouganda fut suffisante pour remplir les différents volets de mon mandat et établir des liens de coopération entre l\u2019organisme THETA et la bibliothèque de santé de l\u2019Université Makarere de Kampala.Ce séjour a toutefois comporté son lot de défis, par exemple le fait de planifier ses journées de travail en fonction de la disponibilité de l\u2019électricité, soit une journée sur deux, de former une jeune bachelière n\u2019ayant aucune notion en recherche d\u2019information, et d\u2019amener les usagers à comprendre les rudiments d\u2019Internet pour ensuite les guider à travers les méandres de la Toile afin de distinguer le bon grain de l\u2019ivraie.À mon départ, le centre de documentation était fonctionnel.Il était surtout évident qu\u2019un autre objectif, majeur, avait été accompli, soit la prise de conscience par les collaborateurs de THETA de l\u2019existence d\u2019une somme gigantesque d\u2019information, accessible et fiable, sur laquelle ils pouvaient désormais compter.Responsable du Service d'information stratégique de Pfizer Canada.TRANSPORTS LAC MBE 5644, rue Hochelaga Montréal(Quéèec), HVN3L7 ?él 514-256-0050, léléc.514-256-1650 Courriel: info@transportslacom6e.com %rous sommes fes spéciafistes du déménagement de 6i61iotfèques, d arc fives et de centres de documentation au Quéôec, depuis 1974 .(Biôliothèque Nationale Cégep du Nieu^-Montréal Hautes études commerciales (JÆÇ) !École de technologie supérieure ((ETS) Archives nationales du Quéèec (planification, Codification, (Démontage,
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.