Le soleil, 4 janvier 2003, Cahier 4
[" h somi p«sc«< haï th| Cahier I) LE SOLEIL E SAMEDI 4 JANVIER 2003 Pendant 24 heures, le jeudi 21 novembre dernier, une équipe de journalistes et de photographes du SOLEIL a visite à sa façon la ville de Québec, fréquenté des lieux connus ou inédits pour prélever quelques fragments de la vie de ses habitants.Un an après les fusions municipales, voici un portrait grouillant et éclaté de la nouvelle ville de Quebec, celle de ses rues et du quotidien de ses citoyens.LE SOLEIL, CLEMENT THIBEAULT M J B*\u2019» i! e - i I I t t ! I v t 4 * ç % M 7* ¦ Hit H ' -J m ' «S : y ' ¦ Æ uW-1, Mm Une journée dans la vie d\u2019une ville Arrondissement Port de Québec, quai 51 Plongées dans la brume qui rampe doucement depuis le fleuve, éclaboussées par la lumière jaune de puissants projecteurs, les structures tubulaires du port semblent sorties d\u2019un film de science-fiction.Dans quelques instants, le pétrolier Yrga Dvsgngvé va larguer les amarres à destination de Montréal, avec dans ses cales * «g 14.6 millions de litres de carburant diesel.De quoi faire plus de 292 000 fois le plein d'une voiture! Aux commandes de l'imposant navire, le capitaine Alain Arsenault s'apprête à rentrer chez lui.pour la première fois depuis un mois et demi.Dans une douzaine d'heures, le capitaine et ses 15 membres d'équipage accosteront au port de Montréal.Un saut de puce, de l'avis même de ces marins rompus à la navigation sur la côte est du continent.Mais pour l\u2019instant, dans sa cabine de pilotage high-tech.Arsenault se concentre sur les délicates manœuvres de départ.«Le fleuve n'est pas difficile à naviguer à cause des tempêtes ou de la grosseur des vagues, confie-t-il.Ici.ce sont les hauts-fonds et les courants qui sont traîtres.La marée ne nous cause pas beaucoup de problèmes.i Nous partirons dès que le bateau sera plein, marée favorable ou pas.» Sur le quai, le grésillement d'un walkie-talkie vient parfois couvrir le ronronnement des moteurs qui s\u2019échauffent.Dans les vapeurs un peu âcres de fioul et le froid vif.des employés veillent à ce que l\u2019équipement ayant servi au chargement soit rapidement évacué des lieux.La routine habituelle, dans un port où environ un millier de navires ont accosté en 2001, parmi lesquels on dénombrait près de 400 pétroliers.Jean-Simon Gagné Arrondissement % Biscuits Leclerc, Saint-Augustin Il fait encore nuit noire et ça sent déjà bon les flocons de maïs grillés et les gaufrettes au chocolat dans le parc industriel François- Leclerc de Saint-Augustin-de-Desmaures.Une odeur surréaliste dans un endroit qui devrait plutôt dégager des odeurs de camions lourds et de cheminées d'usines.C\u2019est la faute à Biscuits Leclerc, ses deux usines de production qui fonctionnent jour et nuit et son Centre de découvertes de l'agroalimentaire, appelé L\u2019Aventure Leclerc.Fondée de façon artisanale par François Leclerc, en 1905, dans la basse ville de Québec, Biscuits Leclerc a explosé en s\u2019installant, en 1986.dans le parc industriel de Saint-Augustin.Aujourd'hui, l'entreprise compte 450 employés répartis dans cinq usines, dont la dernière en date est située à Williamsport, en Pennsylvanie.Chiffre d'affaires prévu pour Fan prochain: ISO millions S.Selon le vice-président.Jean Leclerc, l'entreprise exporte sa vingtaine de produits dans une trentaine de pays.Aux États-l nis seulement, elle compte 25 000 points de vente.Kt Biscuits Leclerc a réussi l'exploit de creuser son nid, en trois ans, dans le marché fermé des multinationales des céréales.Autre originalité de l\u2019entreprise : les cinq enfants de Jean-Robert Leclerc, le président du conseil d\u2019administration, travaillent dans l\u2019entreprise.L\u2019Aventure Leclerc, sorte d\u2019écono-musée, a attiré 12000 visiteurs depuis son ouverture en mai.Fn plus de sa réussite fulgurante dans l'agroali-mentaire.Biscuits Leclerc participe au tourisme régional.On n'avait jamais vu ça dans un centre industriel.La nouvelle ville de Québec compte 25 zones ou parcs industriels.Selon Florent Bélanger, du Service de développement économique, son administration tente d'orienter les petites et moyennes entreprises vers les zones industrielles du centre-ville.Celui de Saint-Augustin continuera d accueillir la grande entreprise.Ce dernier endroit n'a pas encore fait le plein, même s'il accueille déjà S4 entreprises et fournit de l'emploi à 2501 personnes.Outre Biscuits Leclerc, on y retrouve : Général Électrique du Canada.Technologies industrielles SNC, I/Ouis Garneau Sports, Brodair Canada.A.KG.Industries et Hewitt Équipement Four ne nommer que les plus grosses.Louis-Guy Lemieux Lwùne rie Rùtruite lerlerr.rions le pair inriivririel rie Saint-Augustin, fonctionne Jour et nuit.Fonder [xir François Leclerc.»\ten 1905.dans la basse cille de Québec.Biscuits lerlerr a explose en s 'installant a Saint-Augustin en 1996.JL I) 2 LE SOLEIL Le samedi 4 janvier 2003 LA NOUVEAU VISAGE DE LA VILLE DE QUEBEC L'equipe de journalistes qui a participe a la redaction de ce cahier special: ARRONDISSEMENT 1 ARRONDISSEMENT 2 ARRONDISSEMENT 3 ARRONDISSEMENT 4 f ARRONDISSEMENT 5 -, ARRONDISSEMENT ( ARRONDISSEMENT 7 \u2014 J ARRONDISSEMENT g -r- Jean-Simon Gagné ¦ISOiupun verbe très spécial «Ici.monsieur, je vois passer h* consommation de la planète.Ici.monsieur, nous nous rappelons tout le temps que le milliardaire eh.sur le même bol de toilette que le pauvre.» L'inoinerateur brûle une moyenne de 1500 tonnes d'ordures par jour, dont 10% retournent en cendres à Saint-Tite-des-Caps.pour l'enfouissement.Mais pas seulement des ordures.I n camion des Vêtements Louis Garneau Ine.s'y amène soudainement et y v ide un tas de casques à vélo imparfaits, à travers de* retailles de materiel.«Vous devriez voir le* ordure* de Reno-Depot, dit Yves Frechette, l'œil de la Ville à l'incinérateur.Il y aurait de quoi bâtir une maison dans un seul conteneur!» Ce dernier voit une certaine justice dans le fait que le* Québécois soient parfois incommodes par leur incinérateur.« Il cause des inconvénients à ceux-là mêmes qui produisent les déchets dit-il.Tandis que l\u2019enfouissement va causer ses inconvénients aux generations futures ! » Alain Bouchard Gilbert Michaud s'est installe dans la vieille meunerie il y a six ans.L' u \u2019ébéniste Gilbert Michaud range sa ponceuse avant d aller diner.L'artisan de 67 ans s'est installé il y a six ans dans la vieille meunerie du cœur historique de Charles-bourg.Il s'inquiète du brouhaha que causeront bientôt les travaux d'enfouissement des fils dans le Trait-Carré.Mais retrouve vite le sourire en décrivant ses œuvres : une huche à vaisse-I\tlier pour le Château Fron- tenac.les portes de la chapelle du cimetière sur V\tla st) Rue.l'œil-de-bœuf ' y.d'une église de l'ile Nÿ \u2019* d'Orléans, un v iv ier à ym1!* homards.A quelques pas de là.sur la so Ouest.Michelle Martin nous reçoit dans sa fudgerie Les Mignardises Doucinet.Elle en est seulement à son septième jour d'ouverture.mais déjà, l'engouement est créé.Faut dire que la maison, bâtie vers 1670 par la famille du colon dacques Bédard et rénovée par M Martin et son conjoint.Jacques Thivierge.est absolument paradisiaque.Soixante-dix variétés de fudge agacent l\u2019œil et le nez.Sur les murs, les noms des saveurs sont écrits avec une peinture couleur chocolat.Les tablettes sont couvertes de confitures fines, bonbons et coulis de bleuets.Bientôt, la gentille commerçante passionnée d'histoire accueillera ses clients, habillée en fille du roy.comme Élisabeth Doucinet.Dans son ancien poulailler transforme en atelier, le forgeron Philippe Lefebvre fignole le petit Enfant-Jésu* qu'il installera à 55 pieds de hauteur, dans les tètes de ses épinettes.Ne dans le Trait-Carré en 1935.il a été propriétaire du Moulin de* Jésuite* jusqu'à ce que la Ville lui demande de vendre il y a 20 ans.Le forgeron au doux sourire et aux cheveux gri* bouclés connaît tout de ce quartier paisible et.sait transformer les fonds de bonbonnes d'aérosol en jolis pieds d* chandelier! Isabelle Mathieu 1 LE SOLE'L STEVE I HÊNES Le samedi 4 JANVIER 2003\tle SOLEIL D r> \\lTond ment t Maison O\u2019Neill, boulevard Hamel \\ vec son toit à deux versants percé -tVde lucarnes, lune des plus \\ ieilles maisons du quartier Les Saules contraste drôlement avec la sérié de maisons préfabriquées qui jonchent le boulevard.Quatre générations de O\u2019Neill se sont succédé sur ce magnifique site, où on faisait autrefois l'élevage de chevaux sauvages.La Ville de Québec l'a racheté en 1091 et l a intégré au projet de développement du parc linéaire des rivières Saint-Charles et du Berger Mais la maison O'Neill n'est pas qu'une oasis d'histoire et de verdure La maison O'Neill, c'est aussi le premier chantier urbain pour les jeunes à voir le jour sur le territoire de la nouvelle ville de Quebec.Lors du passage du SOLKIL, cinq ou six jeunes marginaux profitaient de leur pause-diner pour discuter et écouter de la musique, volume au max.Depuis septembre, ils travaillent, avec une quinzaine d'autttH» jeunes, au reaménagement des lieux sous la supervision d'un technicien faunique employé parla Société de développement de la riviere Saint-Charles.l\\mr favoriser leur integration socio-professionnelle, ils peu- \\ent compter sur l'encadrement de deux animatrices et d'une txrordonna-trice du Carrefour Jeunesse-Kmploi de la capitale « Le projet permet aux jeunes qui n'ont jamais ou à peu près jamais tra\\ aille d'apprendre a se le\\ er le matin et à avoir un horaire de vie.Outre le tra\\ail à l exterieur.ils doivent, une fois par semaine, participer à des activités d\u2019éducation à la citoyenneté ».explique la coordonnatrice.Nancy Kmond.tiràce à ce chantier urbain.François, un jeune décrocheur dans la vingtaine, s\u2019est deeouvert une nouvelle passion: l'horticulture.«Jerealise de plus en plus que je suis fait pour travailler avec mes mains, a l\u2019extérieur.Après le projet, j'aurais envie de partir ma propre petite entreprise de jardinage», dit-il avec les yeux brillants d'un jeune qui a enfin trouve savoie.Élisabeth Fleury Armndissonient Rivière Saint-Charles hrmietuuU' dr la ri rien', à iltus [ki.'i du /xirr Cartirr-h'n'bt\u2019iif, où defUent qurlqws joym'urs t t quelques promeneurs LJ ne mitaine de canards s'ébrouent J dans un étang momentané, entre les grandes plaques de la mince i-ouche deglaccdu matin, quiest toute décorée de leurs dessins palmes.l ue jeune femme pique-nique sur une table, les deux pieds dans la neige.l.t' soleil est bon.il fait autour de zero degré.Au menu salade de riz et fougasse, «.l'ai une audition à 13h K», sur la t r' Avenue», confie Annick Brosseau.33 ans.une Sherbrookoise installée à Saint-\\iitoino-de-Till\\ Froiotypc de sa generation.Annick a trois emplois differents et les trois cartes d'affaires qui viennent avec.Mais sa passion est surtout le theatre.File va postuler chez Fpisode, une jeune entrepris** qui organise des soiixx's Meurtre et m> stères Je la supplie de m'emmener a\\ec elle C\u2019est O K Au sortir de l\u2019«épreuve», elle me raconte Les deux juges lui ont demande de vendre un crayon à mine, d'abord pour ce qu'il est réellement, et ensuite dans un sons figure « Je me suis mise à le fumer comme une cigarette et à leur cm over de la fumée dans les yeux sur un air provoeateur » File a eu U* l>oste! Mi nie est atteinte de sclerose en plaques « Mais, dit-elle avec son magnifique sourire, j'ai decide de ne pas être malade .» Alain liouehard ViTonclissenuMit Parc de la Chute-Montmorency lf SOLEIL.PATRICE l AROCHE ¦ut ¦?.¦*?¦¦¦¦¦H # » ¦* m f.'Ji N Je'- f.l.En lune de miel à la chute Montmorency.Aimée Juan et Oussama Elkoury figurent parmi les quelque 900000 touristes qui risitent le site chaque année.Les amoureux sont seuls au monde en ce début d'après-midi, sur le pont qui surplombe la chute Montmo-~ rency.Aimée Juan.28 ans.et Oussama ~ Elkoury, 27 ans.qui se sont mariés - quatre jours plus tôt à Montréal, écou- lent les dernières heures de leur lune - de miel dans la capitale.2 .Aimée et Oussama figurent au nombre - des quelque 900000 touristes qui.bon an mal an.profitent de leur passage à Québec pour admirer cette majestueuse cascade de 83 m de haut, une trentaine de plus que les chutes Niagara.Depuis huit ans, en été.le parc de la Chute-Montmorency devient le point de ralliement de 120000 amateurs de feux d'artifices.Lorsque le froid s'installe, ce sont les amateurs de sports d'hiver qui y trouvent leur compte.Le mur de glace et le Pain de sucre font les délices des fervents d\u2019escalade.Le site innove cette année avec le Parc des neiges, juste à côté du Manoir.On y retrouve une patinoire, des glissades et un fort de neige pour les petits.Les attraits touristiques de l'arrondissement Beauport ne se limitent pas au parc de la Chute-Montmorency.Les amateurs de patrimoine architectural trouvent aussi de quoi s\u2019émerveiller avec la présence de quelque 500 demeures patrimoniales regroupées dans l'arrondissement historique, sur sept kilomètres, de part et d\u2019autre de l\u2019avenue Royale.Parmi les plus connues, la maison Bellanger-Girardin, dont la construction remonte à entre 1727 et 1735.Le tourisme à Québec, c\u2019est une grosse business.L\u2019an dernier, les 3,8 millions de touristes qui ont séjourné une nuit et plus dans la région ont laissé dans les commerces et hôtels plus d\u2019un milliard de dollars.Au total, incluant les touristes d\u2019un jour, c\u2019est près de six millions de personnes qui visitent la capitale chaque année.Soixante-cinq pour cent d\u2019entre eux proviennent d'ailleurs en province.Normand Provencher Arrondissement Ç\\ ________________y ÉMMMw Arrondissement O 71 Presbytère Duberger Boulevard Père-Lelièvre, quartier Duberger.D'un côté du boulevard, des immeubles à logements, loués surtout par des immigrants et des gens à faible revenu.De l'autre, des bungalows, dont les résidants sont âgés pour la plupart.Arrêt au presbytère Duberger.où se trouvent les bureaux de Thierry Gnao.! Membre du Regroupement des Africains résidant à Duberger-Les Saules (REGARDS).Thiern Gnao siège au conseil de quartier et à la Table de concertation sur la famille et la jeunesse.« Duberger-Les Saules est devenu un quartier pauvre en raison du nombre élevé d\u2019immigrants et de gens âgés ».note M.Gnao.Selon lui.le quartier compterait entre 100 et 150 Africains.« Ils sont venus s'établir ici à cause de la 87 (l'autobus).qui se rend directement à l'université», explique-t-il.Après Saint-Sacrement et Limoilou.Duberger-Les Saules est le secteur de la ville de Québec où l'on retrouve le plus d'immigrants (surtout des Africains.mais aussi, dans l'ordre, des Cambodgiens, des Bosniaques et des Vietnamiens).Selon M.Gnao.l'Africain, «minorité visible», n'aurait pas sa place dans le quartier.« Il y a des familles qui sont chassées de leur logement à cause du bruit occasionné par les enfants, déplore-t-il.Il y a même des propriétaires sournois qui refusent de louer des appartements aux .Africains et à plus forte raison à ceux qui ont des enfants.Ça prendrait absolument des HLM et des coopératives d'habitation.» Les .Africains souffriraient également de discrimination de la part des employeurs.soutient M.Gnao.« Et comme si cela ne suffisait pas.ils sentent de la méfiance et de l'hostilité de la part des gens du quartier.Rien pour favoriser leur intégration, quoi ! » Élisabeth Heury Pavillon Alphonse-Desjardins, Université Laval Antoine La Grenade et Roger Tchouateun offrent des marguerites aux étudiants qui passent par là.pour commémorer la victoire, éphémère.des Patriotes, le 23 novembre 1837.Vous ne trouverez pas moins pure laine que Roger Tchouateun.vice-président du RQ de Laval.Camerounais qui a étudié en France et ne connaît le Québec que depuis le mois de janvier.«Je suis un citoyen du monde, partout où je vais, les problèmes de société m'interpellent.Je considère que c'est mon devoir de militer pour des causes sociales.» Antoine La Grenade, lui.ne pourrait pas être plus Québécois.Il a hérité son nom d'un ancêtre, grenadier dans l'armée française, mort devinez où ?Sur les plaines d'Abraham.pendant la célébré bataille qui nous a fait lt SOLEIL JF»» M»»l| VlUOIfUVt Dans les souterrains de ITnirersité l/u al « On ne réalise pas a quel point Ixiral est une université internationale h.affirme l'étudiant Sébastien Rétand.^ * passer du vin à la bière.« J'aimerais travailler à la construction d'un Québec moderne, souverain » et ouvert sur le monde.Sa cinquième année de secondaire, il l'a passée en Chine, puis il est retourné deux fois dans ce pays dont il est tombé amoureux.Il est allé étudier le mandarin l'année dernière à l\u2019Université de Pékin et il prévoit y retourner pour sa troisième année de bac.Sébastien Béland.lui aussi, vient de tomber amoureux, mais avec Québec.« Si tu vas dans le Vieux-Québec et que ça te laisse froid, c'est parce que t'es frigide!» Et ce qu'il aime lui aussi, c\u2019est regarder vers le monde.« On ne réalise pas à quel point Laval est une université internationale.Si on veut, on peut faire sa troisième année de bac dans un autre pays.» Pierre Asselin LE SOLEIL Ht t i ' Le >ameui 4 janvier 2003 D 6 Arrondi sscmiumi Arrondissement Rivière du Cap Rouge C\u2019 est le secret le mieux Kurde de la région.sauf pour les Carou-Ifeois.Petite promenade sur les berges de la rivière du Cap Rouge, près d»- la belle église Saint-Félix, en compagnie d\u2019André Demers.Kx-conseiller municipal et animateur du Comité sur la rivière du Cap Rouge, M Deniers est de toute évidence amoureux de su rivière.Il dit : «C\u2019est déjà l'une des plus belles rivières de la région.Avec un effort concerté de protection, de restauration des berges et de mise en valeur de ses attraits écologiques, touristiques et historiques, ce pourrait être un petit paradis.» Il signale, entre autres attraits naturels, le marais a scirpes unique qui attirent dans l'estuaire plusieurs especes d\u2019oiseaux migrateurs et de poissons.Tout n\u2019est pas rose cependant.Une étude de la firme KCOgénie, rendue publique en avril 2001, signalait des signes de perturbations inquiétants : érosion des berges, mauvaise qualité de l\u2019eau, habitats fauniques dégradés.La même étude notait heureusement plusieurs attraits écologiques.Les rives de la section coulant à l\u2019intérieur des limites de l\u2019ancienne municipalité ont conservé en grande partie leur caractère naturel en raison des parcs publics voués à la conservation qui y ont été créés.La rivière du Cap Itouge prend sa source au pied du mont Bélair et se jette dans le Saint-Laurent après un parcours sinueux de 20 kilomètres.Elle subit le phénomène quotidien des marées qui refoule l\u2019eau du fleuve sur un kilomètre.Il y a 400 ans, Jacques Cartier croyait que l\u2019estuaire de la rivière était le meilleur endroit où s'établir.Les Jésuites ont pensé la même chose 100 ans plus tard.Le Comité sur la rivière du Cap Rouge a été mis sur pied, en 2000, par le dernier conseil municipal.M.Demers précise qu'on a déjà réalisé des travaux de protection et de mise en valeur.Mais beaucoup reste à faire.Le chemin et le parc de la plage Jacques-Cartier demeurent l\u2019attrait numéro un.A eux deux, ils font près de cinq kilomètres de marche ou de course, si l\u2019on sait par où passer.Louis-Guy Lemieux LE SOLEIL, STEVE OESCHÉNES Epicerie-restaurant Lao-lndochine, quartier Saint-Sauveur >r ayaseng Bouaseng et sa famille Lachèvent de ranger la vaisselle du repas de midi.IX* délicats parfums de cumin, de papaye et de gingembre flottent encore.L'heure est a la détente.M.Bouaseng dispose de quelques minutes pour s'asseoir et pour plaisanter sur sa vie.dont on pourrait tirer un roman palpitant.Car son petit monde a basculé avec la fin de la guerre du Vietnam, au milieu des années 70.« Un nouveau gou-vernement s'est installé au Laos, explique-t-il.En tant que professeur dans une école primaire, je faisais partie des fonctionnaires de l'ancien régime, de ceux que l'on expédiait dans des camps de rééducation pour leur extirper la \u201cmentalité capitaliste\".Pour ne pas être arrêté, je me suis trouvé un emploi de projectionniste dans une petite salle de cinéma.» I Vine perdue.Bouaseng et sa famille doivent bientôt prendre la fuite vers la Thaïlande, en ordre dispersé, pour se retrouver miraculeusement réunis dans un camp de réfugiés.Certains proches de son épouse Chanhdah ont moins de chance, trouvant la mort en tentant une traversée désespérée du Mékong.Mais on préfère ne pas s\u2019éterniser sur le sujet.« Nous voulions aller en France ou au Canada, à cause du français, explique le restaurateur.A notre arrivée ici, nous avons été accueillis par des gens de la Rive-Sud.Nous ne l\u2019oublierons jamais.» Sans le savoir, la famille fait partie de la première grande vague de réfugiés en provenance du sud-est asiatique.« La vie est plus douce à Québec.La concurrence est moins féroce qu\u2019à Montréal, enchaîne Chanhda.Et puis les goûts des Québécois changent.Ils essaient de plus en plus de choses, ils deviennent de plus en plus audacieux.» Signe des temps, on remarque désormais un petit rayon africain dans l\u2019épicerie.« Mon comptable est Rwandais, il fait beaucoup de lobby pour la cuisine africaine», lance M.Bouaseng en éclatant de rire.Jean-Simon Gagné Xayaseng Bouaseng et sa famille ont fait partie de la première grande vague de réfugiés en provenance du sud-est asiatique.«Nous voulions aller en France ou au Canada, à cause du français », explique le restaurateur.Arrondissement Arrondissement O Arrondissement i CISC Orléans, chemin Royal, coin François-de-Laval Bretelle des Capucins, coin lre Rue et 8e Avenue Il n\u2019y a plus une seule place disponible dans le stationnement du ULSC Orléans en cette fin d\u2019après-midi.A l\u2019intérieur, les deux proposées à l\u2019accueil.Johanne Létourneau et Sylvie Tremblay, n\u2019ont pas le temps de se tourner les pouces.Le telephone ne dérougit pas, les bénéficiaires font la file, une dizaine de personnes sont assises dans la salle d\u2019attente.« C\u2019est la période de vaccination contre la grippe, explique M \"\" Létourneau.Cette année, des cas ont été rapportés plus tôt que d\u2019habitude.Environ 70 personnes passent ici chaque jour pour recevoir le vaccin.» Le développement des soins à domicile pour les personnes âgées est l\u2019une des spécialités du CESC Orléans.Depuis quatre mois, l\u2019établissement est devenu une sorte de «CESC du futur», dans le cadre d\u2019un projet pilote de Santé Canada.Les infirmières n\u2019ont plus à revenir au CESC pour remplir leurs dossiers ou recueillir de l\u2019information sur les patients, tout se fait maintenant sur la route, dans l\u2019automobile ou ailleurs, à partir d\u2019un ordinateur portable.Le CESC Orleans veille sur la santé et le bien-être d\u2019une population d\u2019environ tOti 000 personnes.Selon une étude de la Régie régionale, l\u2019incidence du cancer y est inferieure à la moyenne québécoise.Dur contre, on retrouve davantage de maladies de l\u2019appareil circulatoire et respiratoire.L\u2019espérance de vie à la naissance y est également plus basse que la moyenne provinciale.Normand Provencher L* ouvrier Gilles Plante attend son lift, sa boîte à lunch i sous le bras.Une autre travailleuse du secteur le ramènera à Château-Richer avec elle.« dans le temps de le dire», en empruntant l\u2019autoroute Dufferin-Montmorency.Une résidante amoureuse folle de Limoilou \u2014elle y était venue temporairement pour cuver une séparation, il y a 20 ans ! \u2014 affirme que ce quartier est le nombril de la région de Québec, pour ce qui est de la circulation automobile.La bretelle des Capucins est une porte directe sur le monde entier! s\u2019enflamme Suzanne Légaré.Par l\u2019autoroute Dufferin-Montmorency.on atteint l\u2019île d\u2019Orléans, Charlevoix, la Côte-Nord, ou, en bifurquant sur la 40.l\u2019aéroport Jean-Lesage, les deux ponts du fleuve, puis le reste du continent.« Elle a raison pour le nombril de Québec ! » lance Gilles Plante, en sautant dans la voiture presque en marche de sa concitoyenne.La sortie des Capucins mène notamment à la célèbre 3' Avenue, au cœur de l\u2019un des arrondissements les plus urbains de Québec.Où.pourtant, il se trouve à peine quelques parcomètres, autour de l\u2019hôpital Saint-François d\u2019Assise.«Quand je vous dis qu\u2019on n\u2019est pas comme ailleurs ! » crâne gentiment Suzanne Eégare.Alain Mouchard Arrondissemenl Bibliothèque Gabrielle-Roy Dans le vaste secteur réservé aux enfants, au rez-de-chaussée.quelques jeunes lecteurs bouquinent.Plusieurs écoles ont congé aujourd'hui.La ruche bourdonne un peu moins fort qu'à l'habitude.Car la bibliothèque Gabrielle-Roy.c'est un peu une maison de rechange pour des dizaines de gamins du quartier Saint-Roch et d\u2019ailleurs.«Quelques enfants viennent fain* leurs devoirs ici.C'est plus tranquille qu'un tout petit logement.Et puis, la documentation se trouve juste à portée de la main.Mais c\u2019est surtout durant les fins de semaine et durant les vacances que l'affluence est à son comble.On se sent parfois comme une deuxième maman ».confirme la responsable, Martine l-acasse.Parfois, la culture réussit à changer les choses.Plus rarement encore, elle réussit à changer la vie.A ce chapitre, la bibliothèque Gabrielle-Roy en constitue un exemple spectaculaire.Avec ses 850 000 visiteurs chaque année, el- le s'impose désormais comme l'institution culturelle la plus fréquentée à Québec.Plus que les grands musées.Plus que les grandes salles de spectacles.On l'oublie, aujourd\u2019hui, mais la véritable renaissance' du quartier Saint-Roch a commencé ici.en 10SJ.« A l\u2019epoque.explique NU Laçasse, beaucoup ne pouvaient concevoir j qu\u2019on installe la bibliothèque dans le coin le plus défavori- 1 sé de la ville.On la voyait plutôt dans la haute ville, dans i les quartiers Montcalm ou Saint-Sacrement.» Vingt ans plus tard, la bibliothèque est devenue un modt>-le.dont on s'inspire même à l'étranger.Mais la plus grande victoire, c'est sans doute de constater que les jeunes lecteurs y sont aujourd'hui plus nombreux que les adultes.«Notre rêve, ce serait qu'un nouveau Michel Tremblay emerge parmi les enfants qui viennent ici», blague M Laçasse.Jean-Simon Gagné 3 Chemin Saint-Louis, à la sortie des ponts C\u2019 est beau, toutes ces lumières rouges et blanches sur les ponts, quand on n\u2019est pas coincé dans une auto à attendre son tour.La pointe dure une heure et demie à peu près, le temps que 20 000 véhicules (trois à la seconde, disons) traversent dans un sens ou dans l\u2019autre, ee qui leur prend de 5 à 10 minutes un jeudi soir.Si on prend la première sortie en arrivant à Québec, direction chemin Saint-Louis, et qu\u2019on tourne à droite en haut de la côte, on trouve le garage d'Alcide Houle.Celui qui vous accueille à la pompe, Lucien Bédard.ressemble à un de ces saint Jean-Baptiste qu\u2019on choisissait pour les parades, une cinquantaine d'années en plus.Alcide Houle a le doigt sur une des artères vitales de Québec.Les gens qui viennent de la Rive-Sud pour travailler dans les hôpitaux de Sainte-Foy s\u2019arrêtent chez lui.pas juste pour « gazer ».pour jaser aussi.Il parle de ses problèmes d\u2019épaule avec une cliente, elle lui parle du chef des orthopédistes.avec qui elle travaille à l\u2019hôpital.Ça tombe bien pour M.Houle, non seulement c\u2019est un client, en plus c\u2019est un voisin.Et puis, il y a les touristes.«L\u2019été, c\u2019est les Américains, au mois d\u2019août, c\u2019est les Ontariens, et l\u2019automne, c\u2019est le fan.les Français arrivent Les cartes de la ville de Québec, je les achète à la caisse.J\u2019en vends au moins 500 par année.Les gens veulent trouver un hôpital, le Château Frontenac.Loto-Québec.» Et juste comme il raconte ça.une jeune fille ouvre la porte : « Le restaurant La Fenouillère.c\u2019est où ?» Heureusement pour elle, c\u2019est juste en face.Pierre Asselin C'est beau, toutes ces lumières rouges et blanches sur les ponts.quand on n est pas coince dans une auto à attendre son tour. L K S A M K 1JI 4 J A \\ V I E R '2 (10 3 LE SOLEIL enie La Ruche Vanier La coordonnatritv de la Ruche \\a-nier.\\ieole Deniers, termine sa journée de boulot.Elle reçoit LE SOLEIL avee plaisir, mais avoue d'emblée avoir la tête ailleurs «Je m'excuse, mais ce soir, je joue dans une pièce de theatre qui sera presentee au centre d'art La Chapelle et je suis un peu nerveuse ».explique-t-elle.Résidante de Vanier depuis 30 ans.M Demers se considère comme « une vraie Vaniéroise».«Mais pour les gens d'ici, si tu n'es pas née à Manier, tu n és pas une vraie Vaniéroise ! ».rigole-t-elle.« Ici, il y a les gens d'en haut, qui demeurent en haut du chemin de fer.dans la partie neuve de Vanier.et les gens d'en bas.qui habitent \"le vieux Vanier\".continue-t-elle.Pour les gens d'en bas.les gens d'en haut ne sont pas des vrais Vaniérois.» Deux jours avant notre passage aux bureaux de Nicole Deniers, la Ruche Vanier avait organisé un forum portant sur l'avenir de Vanier.Entre autres sujets abordés : la qualité de vie.« C'était un succès, se réjouit M\"\" Demers.À Vanier.les gens sont faciles à mobiliser.Tout le monde se connaît et tout le monde a envie de s'impliquer.C\u2019est une vraie mentalité de campagne.» LE SOLEIL STEVE OESCHtNES *1 ,è \u2022t>4 500 passagers annuellement, en moyenne, alors que 3,6 millions de touristes visitent Québec chaque année.Il y a là comme un problème.La directrice générale d\u2019Aéroport de Québec.Lucie Francœur.en convient facilement.Elle pense qu'un aéroport qui dessert tout l\u2019Est du Québec peut doubler cet achalandage.Son objectif à court terme: un million de passagers.Le douhk presque.Première étape: le pré-dédouanement.Il s'agit do permettre à dos douaniers américains d'être sur place et de vous rendre blanc comme neige avant même d'embarquer à destination de l\u2019Éden du Sud.C'est, selon les calculs de M Francœur.un projet réalisable à moyen terme.Autre urgence, le transport regional.Autre urgence.les vols vers l'Europe à partir ch' Québec.Gros travail.Grosse fatigue.Il y a quelqu'un à l'aéroport qui prend les choses avec moins de stress.Il s'appelle Claude Lessard.Il est barman depuis 42 ans.dont 25 ans au bar de1 l'aéroport.Il dit : « De mon poste d'observation, je peux vous dire qu'il y a une reprise dans l'achalandage'.Cet été, j'ai eu l'impression que nous avions doublé la clientèle.» La publicité récente d\u2019Aéroport de Québec annonce, dans son site Internet, 300 départs par semaine vers des destinations d'affaires, dont Boston.Détroit et Newark.Plus 10 departs par semaine vers le Sud.Et un départ hebdomadaire pour Paris.L\u2019espoir fait vivre.Et voyager.Louis-Guv Lemieux fHitfi] O Place Laurier Il n'y a pas beaucoup de monde pour un jeudi soir, mais ça roule quand même dans le hall central de Place' Laurier L'escalier roulant nous depose a deux pas du kiosque d information et d \\nik Isabelle, cheveux blonds, sou rire* et pommettes.eelle qui prend le pouls de la fourmilière « Radio-Shack ' Descende/, revenez en-dcssou>.d prenez le premier couloir.» File n'a que 22 ans.\\nik.mais elle en a travaille cinq dans une boutique, ns-sez longtemps pour en être la gérante, et I année dernière, elle s osi retrouvée au cœur de la circulation File répond à mes questions, aux gens qui cherehent le magasin de lingerie, la halte-garderie, a ses trois telephones, et elle pilonne sur son ordinateur, toujours aviv le sourire' « Il v en a qui me parlent comme' >i j étais leur amie, d autrt's qui ne* me re'gar-denl même' pas.comme' si j etais rie'it » Ce' n'est pas toujours facile la v ie dans une boutique', dit-e'llc.surtout à Noël « Les ge'tts font du !\u2022 a Ô.eVst long, les magasins sont ouverts U* dimanche' e'I il faut re'ntrer le 26.(\"est ti e's difficile.» Ils sont tie's milliers a v iv re pratieiucment entre' les bottlevards Laurier t't lle»-cltelaga Place I aurier.Place de' la Cite'.Place Sainte-I ov.a peu près X5(H) personae's travaillent dans un de' ces trois t'entres cttmnie'rciaux veiisins Rien qu'à Place Laurier, il se dépense, U'ite/ votis bien.JÔOmillittnsS par an.Xjoute/ les deux autres t't on dépasse probablt'inent les 500 millions s II v passe1 un peut plus de 30000 persemnos tin jeudi soir, mais les jt'tuiis.parait-il.ce n'est plus ce que c'était.Pit'rre* Asselin «' /iN*- ¦ * I 11 soiiil save oischEnis Quelque .itit)millions S sont dépensés chaque année a Place laiulier Tondissement #2 Ut .1\tÜü W^rdtÊk La Commode, rue d\u2019Estimauville Cl \u2019 est soir de magasinage à La ! Commode, le plus grand magasin sans but lucratif au Québec.Ouvert il y fi deux ans, ce fleuron de l\u2019économie sociale a attire l'an dernier 12000 clients et jongle avec un chiffre d'affaires annuel de plus d\u2019un million de dollars.Sylvie Levasseur et Louiselle Tel-lier sont deux employées de la premiere heure.Souriantes, affables, disponibles, les deux jeunes femmes adorent travailler dans cette friperie qu'elles ont baptisée « Les Ailes de la Commode», par analogie avee le magasin chic et guindé de Place Sainte-Foy.Pas de clinquant ni de chichi dans ce commerce spécialisé dans la vente de vêtements et d'objets recyclés, destinés aux gens a faible revenu.Les étudiants sont également nombreux a venir y faire un tour.On retrouve sur le plancher des vêtements, mais aussi des chaussures, des articles de sport, des jouets, des appareils électroniques.Les allées sont larges, le magasin est bien éclairé, la marchandise disposée avec soin sur les étagère s et les supports.Rien a voir avec les traditionnels vestiaires de sous-sol d'église.I nc friperie comme La Commode fait partie du réseau des entreprises d'économie sociale.On en compte plus de 500 dans la région de Québec : des coopératives de travail, de consommation et de solidarité, des organismes a but non lucratif, des centres de loisir.Discretes et peu connues, ces PME caritatives fonctionnent avec des moyens réduits et jouent un rôle primordial auprès des gens démunis.Normand Provencher Sylvie Ijerasseur et Ismiselle Tel lier adorent travailler dans la friperie qu'elles ont baptisée « les Ailes de la Commode ».par analogie au chic magasin de Place Sainte-Foy.Ouverte il y a deux ans.Iai ( ommode est le plus grand magasin sans but lucratif au Québec. LE SOLEIL Le samk 4 JANVIER 2 ou 3 I) 8 Cercle de fermieres de Saint-Émile Diane Cloutier et quelques dames s'échinent sur les métiers a tisser.Ia* Cercle de fermières occupe un l AlTOIUiisstMlKMlt K SOI ni PASCAl RAT!Mf Dans les coulisses du Drague, c'est l'effervescence.«Ça ne me dérange pas si les gens me considèrent comme un animal de cirque, dira Reglisse (à droite sur la photo), le maître de cérémonie de la soirée.Si cela me permet de les faire rire, je n ai rien contre.À [tart les prostitués, je ne rois pas de profession plus necessaire que celle d humoriste.» Bar le Drague, quartier Saint-Jean-Baptiste T t\u2019s showtime ! » Devant un par-''lierre de spectateurs enthousiastes, le spectacle de travestis \u2014 pardon, on dit personnificateur féminin ou transformiste \u2014 bat son plein.Beaucoup de paillettes, pas mal d'autodérision, un peu de grivoiserie et juste ce qu'il faut d\u2019aplomb pour épingler un quidam un peu épais.La recette est éprouvée.Les créatures de la nuit savent y faire.Le public en redemande.L'ambiance, un tantinet décadente, comme il se doit, oscille entre le gala des Oscars et les derniers jours de Pompéi.Voici un clone de Céline Dion, plus réussie et quasiment plus mince que l'originale.Quelques minutes plus tard, Liza Minelli enlève sa perruque au beau milieu de New York, New York.« Essayez de danser avec des talons hauts, vous m'en donnerez des nouvelles », blague le chanteur en direction de la foule.Le maître de cérémonie.Réglisse, reçoit les visiteurs dans sa loge, un joyeux capharnaüm sur lequel il règne sans partage.L'œil coquin, la moue boudeuse, il parle comme d\u2019autres tirent à la mitraillette.Dans une autre vie.Réglisse avait étudié pour devenir technicien en loisir.Aujourd'hui, il arrive tout juste de huit mois passés dans le spectacle des Follies de Paris à Lille, dans le nord de la France.La plupart du temps, il donne des spectacles, dans les bars ou les parties de bureau.Baveux, mais pas prétentieux.« Le Québec a un peu perdu le contact avec une tradition de travestis qui existait dans les années ÔO, à l'époque des cabarets, explique-t-il.Mais ce n'est jamais vraiment disparu.Moi, ça ne me dérange pas si les gens me considèrent comme un animal de cirque.Si cela me permet de les faire rire, je n'ai rien contre.A part les prostitués, je ne vois pas de profession plus nécessaire que celle d'humoriste.» Jean-Simon Gagné Arrondissement * i Centrale de police de Touest Ça fait une heure que son quart de nuit est commencé, le sergent Jean Roy est encore au poste et ça l\u2019embête.«On fait cette joh-\\a parce qu'on aime l'action, autrement on appliquerait pour une job de bureau.Moi.j'me débarrasse de tout ça (il montre une pile de papiers) pour sortir au plus vite.» La fusion, lui, ça ne l\u2019impressionne pas beaucoup.« Nous, dans l'ouest, on n'a plus d'officier de soir et de nuit.Le plus haut gradé, c'est moi, le sergent, et il faut se taper tout le travail administratif, les maladies, les vacances, les véhiculés, le matériel.J'espère qu'avec la nouvelle convention, ça va se régler.«Le travail de jour et de nuit, c'est très différent.Le jour, c'est surtout les accidents, la nuit, c'est les bars, les bagarres.les chicanes de famille quand la date du chèque approche.Ça brasse plus.» Ça fait 20 ans qu'il fait ce métier.L'horaire est difficile (sept nuits, six jours, quatre soirs et ça recommence), mais le travail intéressant.« Il faut aimer être un leader, être avec des jeunes.\\\\agang.)e la suis partout.» Sa gang, c\u2019est une équipe de jeunes policiers, et sur la vingtaine de policiers en sendee ce soir-là pour couvrir les arrondissements 3 et 8.de Sillery jusqu a Saint-Augustin et Yal-Bélair.il y a six filles.Leur shift commence tranquillement aujourd hui.Au comptoir, trois jeunes filles remplissent des déclarations pour des vols de sacoche, on a arrêté la suspecte, il se pourrait qu elle fasse partie d'un réseau.Mais pour l'action, il faudra attendre encore un peu.Pierre Asselin SOLE l STWf 0ESC«tN!S L'horaire du sergent Jean Rog.qui travaille à la centrale de police de l'ouest, n\u2019est pas facile, mais le travail intéressant.\u2022H faut aimer être un leader, être arec des jeunes.Ma gang.Je la suis partout.' Arrondissement AiTondissemeni Gérald Bemier est «dans» le taxi depuis 1971.En taxi à Charlesbourg tf SOLfIL P«SC«t BMTM( A Tous allez voir, le jeudi soir, c'est un bon '' V soir!» Notre guide et chauffeur Gérald Bemier, de Taxi Coop Charlesbourg, a bon espoir de trouver du night life dans la tranquille banlieue de Ralph Mercier.Croyons-le.il est «dans» le taxi depuis 1971.Et après tout, l'arrondissement 4 compte 17 bars, signale M.Bernier, toujours bien informé.Premier arrêt, le bar Dooly's sur la T Avenue.À cette heure, la plupart des clients ont quitté l'endroit pour aller danser ailleurs.La barmaid Josée Moisan sert son monde pendant qu'à côté, deux gars jouent au billard.On repart.Prochain arrêt, un incontournable depuis 30 ans à Charlesbourg.le restaurant-bar La Bourgeoise de la 58' Rue Est.Les fêtards ne sont pas là non plus.I n chansonnier termine son set pendant que des habitués sirotent leur bière.«Notre spécialité, c'est la côte de bœuf et la fondue chinoise ».précise la gentille serveuse Linda.Troisième halte, le Pub Corn sur Hcnri-Bouras-sa.«Quand ça brasse à Charlesbourg.c'est ici ».glisse notre chauffeur.A2h 10, la piste de danse est pleine, des dizaines de gars et de filles s< trémoussent sur Billie Jeon de Michael Jackson.Les oreilles encore bourdonnantes, on continue la tournée.Le Burger King est > fermé, le Ashton presque désert.Même | le bar I>e Clac, dans le marché aux puces jj Jean-Talon, semble avoir été oublié par ' ses fidèles.\t^ j Au bar du Zoo, dans le secteur Orsainville, un collant «sac a dos interdit » donne une idée d( l'âge de la clientèle.Sur le chemin du retour.Gérald Bernier parle de son métier, des blagues qu'il garde en réserve pour calmer les clients et des effets appréhendés de la fusion.«On va continuer aver- les anciens noms de rues, c'est certain!» Isabelle Mathieu Im \u2022 barmaid » Josée Moisan.du Dooly 's it soin msc»i Bar le Dagobert, Grande Allée Apres une folle soirée passée à gérer les rythmes et les ambiances, enfermé dans sa cage de verre, le DJ britannique Guy Ornadel prend quelques minutes de répit.Assis sur une banquette, après avoir habilement échappé aux groupies.DJ Ornadel est aussi allumé qu\u2019un bâton de dynamite.« Je me sens tellement plein d'énergie après un spectacle, tu n as même pas idée.J'aimerais prolonger ce sentiment éternellement La scene canadienne est incroyablement rafraîchissante.Moins mesquine, plus généreuse qu'au Royaume-I ni.» En pleine béatitude, DJ Ornadel n'ira pas plus loin.Demain, il officiera a Montréal.Apres-demain, à Toronto.Des villes qu'il visite, le DJ ne connaît guère les musées, l'architecture ou les bonnes adresses.Four lui, la personnalité d'une ville se résume aux centaines de corps et d'esprits (pii communient avec ses rythmes, chaque fois de manière différente.Avant de quitter les lieux.Ornadel s\u2019informe de l'adresse d'un after hours, où il pourrait aller terminer la nuit.Dehors, les derniers fêtards se dispersent.I ne fille baragouine un chant révolution-| naire espagnol passablement incompréhensible.Deux amoureux enlacés n'arrivent pas a se dire au revoir.Une voiture de police pas-L se doucement.La nuit a été calme.Même les étoiles ont l'air fatiguées.I>es derniers irréductibles attendent l'aube dans un petit resto.Demain n'est plus un vain mot.La ville se réveillera bientôt.Sur les Plaines toutes proches, les premiers joggeurs feront bientôt leur apparition.Jean-Simon Gagné * _ V A votre ii service ! m '\t,\t' î / »\tS é ^ .André Martel Agent aux consultai ions publiques Julie Michaud bibliothécaire Odette Hardy \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 Préposée aux renseignements et plaintes Réal Racine Chauffeur-opérateur .; Henri Brochu \u2022 \u2022 \u2022 Préposé au centre sportif D\u2019un arrondissement à l\u2019autre, beau temps mauvais temps, la population de Québec peut compter sur l\u2019appui et la compétence de 4 000 employés qui ne ménagent pas leurs efforts pour vous livrer des services de qualité.Jour après jour, avec fierté.VILLE DE f I ¦Stt quebec www.ville.quebec.qc.ca Photographies : Robert Greffard Deny Bergeron Arboriculteur Steve Desroches Policier Renée Desormeaux Commissaire à l\u2019entreprise Etienne Bemier Pompier Use Taschereau Policière "]
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