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Titre :
Interface : la revue de l'ACFAS
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences,1984-2000
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'ACFAS
  • Successeur :
  • Découvrir (Montréal, Québec)
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Interface : la revue de l'ACFAS, 1992-01, Collections de BAnQ.

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LA REVUE RECHERCHE v&*'' • .a.' FACE A FACE ADRESSE DE RETOUR CASE POSTALE 6060.MONTRÉAL (QUE.) H3C 3A7 ENVOI DE PUBLICATION • ENREGISTREMENT N 6489 Marianne Mareschal Dans les secrets du globe La serriculture au Québec Vers une anthropologie de l’organisation Les «postdoc»: des perles rares?977082648600521 O OOi UNIVERSITE LAVAL Génie électrique ¦ B Génie industriel r Génie mécanique ¦ IS Génie rural ¦ Géographie ¦ B Géologie ¦ B Histoire ¦ B Histoire de l’art ¦ Informatique ¦ Linguistique ¦ Mathématiques ¦ Médecine expérimentale ¦ Mesure et évaluation ¦ Microbiologie ¦ Microbiologie-immunologie (médecine) ¦ Mines et métallurgie ¦ Muséologie ¦ Musique ¦ Neurobiologie ¦ Nutrition ¦ Pédagogie universitaire des sciences de la santé ¦ Pharmacie ¦ Physique B B Psychologie B B Psychopédagogie 0 B Relations industrielles B B Relations internationales B Santé au travail B Santé communautaire B Science politique B B Sciences de l'orientation B B Sciences du bois B B Sciences et technologie des aliments B fl Sciences forestières B B Sciences géodésiques B B Sciences humaines de la religion Sciences infirmières ¦ Service social B B Sociologie B fl Sols B B Technologie de l'enseignement B B Terminologie et traduction fl Théologie fl B B Zootechnie B B Diplôme, 2e cycle ¦ Maîtrise ¦ Doctorat ¦ Aménagement du territoire et développement régional Analyse des politiques Anglais Anthropologie Archéologie classique Architecture Arts et traditions populaires Biochimie (sciences) Biologie COUPON-RÉPONSE Veuillez me faire parvenir ?Des renseignements sur le programme de: ?maîtrise en_____________ ?doctorat en_____________ ?Des renseignements sur les sujets suivants ?Des renseignements sur les programmes d'aide financière ?Un formulaire de demande d’admission Nom____________________________________________________ Adresse________________________________________________ Communication publique Développement rural intégré Économie rurale Biologie cellulaire et moléculaire (médecine) Biologie végétale Chimie Droit Droit notarial Économique Espagnol Études anciennes Français Code postal Didactique Retourner à: Bureau du registraire, Division des communications Pavillon Jean-Charles-Bonenfant Université Laval, Québec G1K 7P4 Téléphone: (418) 656-3080 PROGRAMMES DE MAITRISE ET DE DOCTORAT Champ d'études Champ d’études Champ d’études Activité physique (sciences de I') B Français, langue seconde B Pharmacie d’hôpital r Administration (sciences de T) 0 B B Génie chimique b m Philosophie B Administration et politique scolaires B B Génie civil b Physiologie (endocrinologie) B Réalisation graphique: Pierre Lamoureux i A La sernculture au Québec André Gosselin Vers une anthropologie de l’organisation REVUE BIMESTRIELLE SANS BUT LUCRATIF, INTERFACE EST PUBUÉE À L'INTENTION DE IA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE PAR L'ASSOCIATION CANADIENNE-FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES (ACFAS) AVEC L'AIDE DU MINISTÈRE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE IA SCIENCE ET DU PROGRAMME SCIENCES ET CULTURE CANADA DIRECTRICE GÉNÉRALE DE L'ACFAS: FRANÇOISE BRAUN DIRECTRICE ET RÉDACTRICE EN CHEF: SOPHIE MALAVOY SECRÉTAIRES DE RÉDACTION: JOCELYNE THIBAULT ET MICHÈLE BIAIS COMITÉ DE RÉDACTION: THÉRÈSE BOUFFARD-BOUCHARD, LAURENT LEWIS, MONA NEMER, DENISE PELLETIER ET YANICK VILLEDIEU DIRECTION ARTISTIQUE ET PRODUCTION: MATHILDE HÉBERT ET ANNIE PENCRECH RÉVISION LINGUISTIQUE: HÉLÈNE IARUE PHOTO DE IA PAGE COUVERTURE: JEAN BERNIER PUBUCITÉ : PIERETTE LEFRANCOIS TEL : (514) 466-3095 TÉLÉC: (514)466-0952 IMPRESSION: RICHARD VEILLEUX INC.LES ARTICLES D'INTERFACE PEUVENT ÊTRE REPRODUITS SANS AUTORISATION À CONDITION QUE L'ORIGINE EN SOIT MENTIONNÉE.POUR TOUTE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS, S'ADRESSER À L'ACFAS, 2730, CHEMIN DE LA CÔTE-SAINTE-CATHERINE, MONTRÉAL (QUÉBEC) H3T1B7, TÉL: (514) 342-1411, TÉLÉC.: (514) 342-9552 IA REVUE INTERFACE EST RÉPERTORIÉE DANS POINT DE REPÈRE ENVOI DE PUBUCATION ENREGISTREMENT N° 6489, JANVIER 1992 ' DÉPÔT LÉGAL : BIBUOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC, PREMIER TRIMESTRE 1992 ISSN : 0826-4864 Jean-François Chanlat ¦ r%G ! .2, s.MOLsON (g) MODEM 22 Les «postdoc» : des perles rares qui se font rares Guy Paquin CHRONIQUES JANVIER-FÉVRIER 1992 W VOLUME 13, NUMÉRO 1 EDITORIAL Fusion nucléaire: il faut investir! Richard Bolton FACE A FACE Marianne Mareschal Claire Chabot INTERFACE SCIENCE-INTER BOURSES ET I CHERCHEURS RECHERCHES SCIENCECLIPS Les secrets de Nag Hammadi Un logiciel réducteur de stress Le chariot des morts 28 La maladie du légionnaire dans votre chauffe-eau 28 Forêt: les oiseaux aiment les coupes 30 Le plastique n’a pas dit son dernier mot 31 Des cellules sur mesure fe 32 (%) SCIENCEMONDE " Liban: les effets de la guerre 34 SBoBOi 4 INTERFACE JANVIER • FÉVRIER 1992 ^ ED AL FUSION NUCLEAIRE: IL FAUT INVESTIR ! PAR RICHARD BOLTON Richard Bolton est directeur du Centre canadien de fusion magnétique (CCFM).Au milieu du mois de novembre dernier, le laboratoire du JET (Joint European Torus) en Angleterre a réussi un grand exploit expérimental dans le domaine de la fusion nucléaire contrôlée: on y a conçu un «vrai» réacteur à fusion, le premier dispositif utilisant un véritable combustible à fusion, soit un mélange de deux isotopes d’hydrogène — le deutérium et le tritium.En effectuant cette expérience avec un mélange de 15 p.cent de tritium et de 85 p.cent de deutérium, on a fait un pas significatif vers le mélange optimal de 50/50.Malgré le faible pourcentage de tritium utilisé, le JET a pu produire 1,75 MW de puissance de fusion, une valeur de loin supérieure aux records antérieurs.Ce rendement énergétique n’est que d’environ 10 p.cent, mais sa valeur résulte de la basse teneur en tritium du combustible utilisé.Avec des teneurs de 50 p.cent, le rendement devrait pouvoir atteindre 100 p.cent dans les années à venir.Ces résultats, conformes aux prévisions théoriques, sont très rassurants pour les scientifiques oeuvrant dans le domaine et ayant dédié une partie appréciable de leur vie à la fusion.Un tel progrès est également encourageant pour les politiciens et administrateurs qui, par acte de foi, approuvent et gèrent des programmes de recherche en fusion d’une grande complexité technique et dont la durée se mesure en décennies.Par ailleurs, on a assisté aussi à un second événement qui, bien que moins couvert par les médias, a une grande importance pour le futur.Il s’agit de l’approbation par les partenaires du projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) d’une entente sur la conception conjointe d’un réacteur à fusion à grande échelle.Ces partenaires sont principalement l’Europe, le Japon, les Etats-Unis et l’URSS.Depuis quelques années, le Canada s’est joint à la participation européenne à ITER et le Centre canadien de fusion magnétique (CCFM), situé à l’Institut de recherche d’Hydro-Québec à Varennes, y contribue.Cette entente prouve à quel point les décideurs, à travers le monde, sont résolus à rendre disponible cette source d’énergie, compte tenu des difficultés rencontrées avec les autres sources.Et le projet est d’envergure.Son coût est estimé à près de 5 milliards de dollars.La construction du réacteur et l’obtention des résultats devraient prendre de 15 à 20 ans.Les mêmes décideurs voient très clairement l’intérêt de partager les coûts et les risques liés à LITER, vu la complexité administrative et technique du projet.Le quartier général sera établi à San Diego en Californie, mais une partie de la conception détaillée se fera en Allemagne et au Japon.Les expériences dans le domaine de la physique ou reliées à la recherche et développement technologiques seront menées là où se trouvent les installations requises (y compris au CCFM à Varennes).Le lieu de construction d’ITER n’est pas encore choisi.qui concerne les questions d’impuretés.Or, ce sont là des questions primordiales, quand on sait que l’impulsion de puissance obtenue en novembre par le JET a été limitée à deux secondes à cause d’impuretés sur les parois du réacteur.Le Tokamak emploie 100 personnes.Près de la moitié sont des chercheurs, chercheuses, ingénieurs et ingénieures chevronnés, d’une compétence au moins égale à celle des scientifiques oeuvrant dans les laboratoires nationaux des autres pays.La pertinence des projets du CCFM est validée régulièrement par un comité d’experts internationaux.Son programme d’amélioration des installations est à mi-parcours et il rendra possibles des expériences à la fine pointe de la technologie pour des années à venir.Les retombées industrielles à plus court terme sont la preuve de la participation innovatrice du secteur privé depuis le début du projet, de concert avec le secteur para-gouvernemental représenté par Hydro-Québec et l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).Le budget du CCFM est réparti à parts égales entre le gouvernement fédéral et des sources québécoises, soit Hydro-Québec et l’INRS.Une coupure de la contribution fédérale entraînera donc automatiquement une réduction équivalente de la contribution québécoise, compte tenu de la formule de financement 50/50.Si les coupures annoncées (de l’ordre de 40 p.cent) se concrétisaient, le CCFM et le programme canadien seraient gravement affectés.Les solutions — réduire radicalement le personnel ou annuler les commandes de matériel en cours pour mettre fin au programme d’amélioration des installations — sont toutes les deux inacceptables pour la conduite d’un programme viable.Un abandon du travail scientifique relié aux tâches définies pour ITER ferait tout simplement perdre au CCFM sa crédibilité.De plus, se limiter à reproduire ou même à améliorer les résultats obtenus par des laboratoires étrangers ne correspondrait plus aux objectifs originaux du programme national.Hydro-Québec pourrait même réévaluer sa participation au projet.Le fait de se retirer des activités de collaboration internationale aurait finalement un effet très néfaste sur la perception de notre programme à l’étranger et, à la longue, sur les bénéfices technologiques que l’on peut tirer de notre participation, antérieure et future, à la recherche sur la fusion.Ce dernier aspect représente une justification importante de notre participation.Le succès à long terme, dans un tel contexte, est aussi fortement dépendant de la qualité et de la motivation de l’équipe scientifique.L’incertitude que nous connaissons actuellement a un effet désastreux sur le moral des chercheurs et chercheuses.Une certaine stabilité budgétaire est un préalable essentiel pour la survie d’une telle équipe, hautement qualifiée.¦ Face à ce succès expérimental récent et à ce projet international d’envergure, il est donc difficile de comprendre pourquoi le financement fédéral des recherches en fusion au Canada est actuellement menacé par des coupures radicales.Au Centre canadien de fusion magnétique, le réacteur Tokamak apporte une contribution importante, surtout en ce |||!!l|| CONSEIL D'ADMINISTRATION 1991-1992 ASSOCIATION CANADIENNE-FRANCAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES Bruno Battistini, étudiant, délégué du Regroupement des étudiants en maîtrise et doctorat de l'Université de Sherbrooke (REMDUS), Faculté de médecine, Université de Sherbrooke André Boudreau, langue et linguistique, adjoint à la vice-recteure aux ressources humaines, Université Laval Françoise Braun (secrétaire), anthropologie, directrice générale, Acfas Maurice Cohen, mathématiques, vice-recteur, Relations institutionnelles et finances, Université Concordia Alain Marc Couturier, étudiant, président de l'Union des gradués inscrits à Laval (UGIL), administration scolaire, Université Laval James de Finney, études françaises, vice-doyen, Faculté des études supérieures et de la recherche, Université de Moncton Gilles Y.Delisle (président), génie électrique, professeur, Faculté des sciences et de génie, Université Laval François Dubé, biologie cellulaire, professeur-chercheur, Département d'océanographie, Université du Québec à Rimouski André Fouchon, géographie, professeur, Faculté des arts et des sciences, Collège universitaire de Saint-Boniface Michel Guindon (trésorier), administration des affaires, professeur, Hautes études commerciales, Montréal Brigitte Jaumard, recherche opérationnelle, professeure-chercheuse, Département de mathématiques appliquées, Ecole polytechnique de Montréal Réal L'Archevêque (président sortant), génie électrique et électronique, vice-président, Recherche et technologie, le Groupe SNC, Montréal Maryse Lassonde (2' vice-présidente), neuropsychologie, professeure, Département de psychologie, Université de Montréal Pierre Yves Leduc, mathématiques, doyen, Faculté des sciences, Université de Sherbrooke Marcienne Lévesque, psychopédagogie, professeure, Faculté des sciences de l'éducation, Université de Montréal Bruno Maranda, biologie cellulaire et microscopie, chercheur scientifique, Maranda Technologies inc., Gatineau Henri Navert (1“ vice-président), médecine, directeur médical, Phoenix International/Sciences de la vie, Montréal Edouard Potworowski, immunologie, professeur, Institut Armand-Frappier, Laval Louise Quesnel, génie, vice-présidente, Développement corporatif, Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM) François Ricard, littérature française, professeur, Département de langue et littérature françaises, Université McGill Jean-Pascal Souque, éducation, directeur adjoint, Musée national des sciences et de la technologie, Ottawa Jean-Marie Demers (archiviste), biologie, professeur retraité, Département des sciences biologiques, Université de Montréal INTERFACE JANVIER • FÉVRIER 1992 L'Universite de Sherbrooke L’expérience par excellence R remière université au Québec et deuxième au Canada à instaurer un régime coopératif d'enseignement, l'Université de Sherbrooke continue d’innover en favorisant la formation pratique en milieu de travail.Plus de 500 entreprises participent chaque année aux quelque 3 200 stages offerts dans le cadre d'une vingtaine de programmes d'enseignement.Renseignements sur les programmes: (819) 821-7681 1-800-267-UdeS (sans frais) H UNIVERSITE DE SHERBROOKE UN PAYS DE CONNAISSANCE 6 INTERFACE JANVIER • FÉVRIER 1992 facQ ACE MARIANNE MARESCHAL DANS LE SECRET DU GLOBE PAR CLAIRE CHABOT 3* ^ % mm B :B B.mm WStâzb.DU CENTRE DE LA TERRE À SA SURFACE, 6370 KM DE FER ET DE NICKEL SOLIDIFIÉS, DE MATIÈRE EN FUSION ET DE ROCHES SE SUCCÈDENT ÇA, C’EST CE QUE L’ON SAIT.MAIS IL RESTE TOUT CE QUEL ’ON NE SAIT PAS ET QUE LES GÉOPHYSICIENS ET GÉOPHYSICIENNES, COMME MARIANNE MARESCHAL, PROFESSEE RE À L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL, CHERCHENT À ÉLUCIDER.ICI, L’AVENTURE SE PASSE SOUS NOS PIEDS.Il y a un an, alors que nous avions les yeux rivés sur nos écrans de télévision, guettant la déclaration de guerre imminente contre l’Irak, Marianne Mareschal cherchait du pétrole dans un coin perdu du Sahara, en Algérie.La nuit tombée, dans le petit campement qu’elle partageait avec un Français et huit Algériens, elle écoutait les nouvelles provenant de la petite radio à ondes courtes qui sautaient sans cesse d’un poste à l’autre, de Radio-Alger à Radio-France, de la BBC à Radio-Canada.Seule à comprendre l’anglais, elle n’osait s’engager dans la traduction simultanée des déclarations du président Bush, tandis que ses collègues algériens écoutaient les discours des leaders arabes, gardant pour eux la signification de leurs envolées.Simple politesse, peut-être.Mais surtout par égard pour cette chercheuse québécoise qui, comme eux, sondait le sol, offrant une expertise scientifique peu commune.Cette professeure de géophysique à l’École polytechnique -une des neuf femmes parmi les 209 membres du personnel enseignant — a un terrain de recherche bien vaste: le globe! Spécialisée en électromagnétisme, elle sonde la planète afin de développer de nouvelles méthodes pour repérer des champs pétrolifères ou des gisements de minerais à des profondeurs inexplorées.La grande passion de Marianne Mareschal, en fait, c’est de chercher des solutions à quelques-unes des énigmes que renferme la Terre.Et elle est sur le point d’y arriver.Tout récemment, elle a réussi à expliquer l’inexplicable devant un auditoire ébahi de géologues: pourquoi existe-t-il une forte conductivité dans la partie inférieure de la lithosphère, entre 30 et 100 kilomètres au-dessous de la Terre?Comment l’électromagnétisme influence-t-il la direction des mouvements des plaques tectoniques?Ce sont là des questions auxquelles la chercheuse s’intéresse.La géophysique ne se contente plus d’expliquer les structures du globe et de fournir les données de base aux sciences de la Terre; elle interprète les grands phénomènes terrestres.UNE CARRIÈRE AU GRÉ DES VENTS Contrairement à ce qu’on pourrait s’imaginer, Marianne Mareschal, dans son enfance, ne collectionnait pas les roches, , têé .¦ %, jtlrf ,[(#* ,#Sf' P jç 5 A 0g**' t v"' £*' L wj* flJ w lV*- \ J .J*.< et le «plat pays» de sa Belgique natale ne l’a pas inspirée outre mesure à comprendre ce qui se passait sous ses pieds.C’est à l’Université de Montpellier, en 1982, où elle collaborait déjà comme géophysicienne, avec une équipe de géologues, à l’étude des mouvements des plaques tectoniques, qu’elle a découvert la géologie.«Pour la première fois, je m’apercevais que les roches n’étaient pas toutes les mêmes, qu’il y avait des plis dans les roches, raconte la chercheuse.La géologie, c’est fantastique parce que si on essaie d’expliquer des phénomènes physiques et qu’on se donne la peine de chercher un peu, on peut tout observer.» Marianne Mareschal n’a jamais fait de plan de carrière.Son parcours résulte des occasions qui s’offraient à elle et des défis qu’elle se lançait, mais surtout de la nécessité de gagner son pain.Au début, agrégée de physique et vivant seule avec ses deux enfants, elle enseigne d’abord, de 1968 à 1970, les mathématiques et la physique dans un lycée en Belgique.Elle se marie avec un géophysicien qui travaille pour une compagnie pétrolière et a avec lui un troisième enfant.Peu de temps après, son mari est transféré à Paris; elle n’a plus la possibilité d’enseigner, dans une ï!;; France qui ne reconnaît aucun de ses diplômes belges.En 1972, le couple décide de partir à la conquête de l’Amérique.Désirant poursuivre ses études, son mari demande une bourse pour faire h un doctorat aux États-Unis.Afin d’assurer un revenu minimal à sa famille, Marianne Mareschal |r décide d’en faire autant et s’inscrit au doctorat en géophysique.«J’étais nulle en anglais et j’ai triché pour passer le test à l’ambassade américaine», avoue-t-elle.Inscrite à l’Université A&M du Texas, notre agrégée de physique se retrouve facilement dans cette nouvelle discipline.Mais au premier trimestre, on lui confie une tâche de démonstratrice en laboratoire; la barrière de la langue devient un cauchemar.«Je n’avais pas de difficulté à préparer l’expérience et à l’expliquer dans mes mots, mais lorsqu’une personne me posait une question, je ne comprenais absolument rien.Pendant plusieurs mois, on a parlé une espèce d’espéranto anglais-français.C’était horrible!» Spécialisée en géophysique externe — discipline qui concerne le champ magnétique terrestre et les interactions électromagnétiques entre le Soleil et les planètes —, Marianne Mareschal est ensuite initiée à la physique du globe par l’équipe de George Garland de l’Université de Toronto, où elle poursuit des études postdoctorales.«J’avais fait mon doctorat sans que ça me fascine vraiment, reconnaît-elle.Et pour la première fois, j’aimais ce que je faisais.» L’équipe utilise alors les phénomènes de la magnétosphère comme source d’énergie pour sonder l’intérieur de la Terre.La géophysicienne poursuit sa route.À Ottawa, elle obtient, en 1977, un poste de recherche à l’institut Herzberg d’astrophysique.Mais la vie prend un virage imprévu: son frère meurt dans un accident, laissant seule sa petite fdle de 4 ans dont la mère thaïlandaise est retournée dans son pays.Elle-même divorcée depuis quelques mois, Marianne obtient la garde de sa nièce et se retrouve en charge de quatre enfants.«Je n’ai certainement pas mis beaucoup d’énergie dans mon travail à ce moment-là! Je devais m’occuper de la petite, qui était sous le choc et ne parlait que quelques mots de français, tandis que ma fille me faisait des crises de jalousie.La fin de mon contrat approchait et je ne savais pas où la vie me mènerait.» La prochaine étape sera Edmonton.À l’Université d’Alberta, elle décroche, en 1980, un poste de chercheuse malgré ses lourdes responsabilités familiales.Un groupe d’études en archéomagnétisme se forme et encore une fois, c’est la piqûre! La géophysicienne sillonne les sites archéologiques pour mesurer le magnétisme fossilisé dans les briques et les roches qui ont servi de fours à poterie.Pourquoi?Lorsqu’on chauffe une roche au-dessus de 600 °C, elle perd tout son magnétisme; puis, à mesure que la température baisse, le magnétisme se rétablit.Mesurer le magnétisme qui s’est fossilisé dans la roche permet de déterminer à quel moment elle a INTERFACE JANVIER • FÉVRIER 1992 8 INTERFACE JANVIER • FÉVRIER 1992 ërrg ggSSjai SSE pllillifl IPÜ mmm Et VBsmsgBBaaaagm l üSrï^SSî L.‘ - .ÎBI jjSMKSttittRBitwfl 5 ; 0 mmmmrnim fjÊsMtiiSii m%4 jr^mwraa m Besaaæi STÆ’JS'SSffi été chauffée pour la dernière fois.Mais ce qui intéresse pardessus tout les géophysiciens, c’est la possibilité de dresser des cartes de variations du champ magnétique, dont on sait qu’il varie dans le temps et d’un endroit à l’autre.On observe, en effet, qu’au moment où le magnétisme se rétablit dans les roches, les petits aimants s’alignent dans la direction du champ magnétique de ce jour-là.Les mois passent et Marianne Mareschal, quant à elle, est de plus en plus attirée par l’Europe.Elle se rend en Italie et en Grèce, où on mène des projets d’archéomagnétisme, et en France, où elle veut faire connaître à ses enfants «américains» une culture plus proche de la sienne.Installée à Montpellier, sans stabilité d’emploi, elle partagera de 1982 à 1986 son temps entre l’enseignement, la recherche et la traduction pour boucler les fins de mois.VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE En 1987, Marianne Mareschal revient au Canada occuper un poste de chercheuse à l’Institut de recherche minérale de l’Ecole polytechnique.«Mes aînés entraient à l’université et j’avais besoin d’un revenu stable pour payer leurs études.» Son arrivée au pays coïncide avec le lancement du programme Lithoprobe, un projet ambitieux de recherche sur la lithosphère canadienne créé sous l’initiative du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) et auquel participe la Commission géologique du Canada.Le Canada est un des rares pays à réunir sur son territoire tous les phénomènes géologiques: les Rocheuses formées par la poussée de la plaque océanique sous le continent et ses épicentres sismiques, le vieux bouclier qui renferme les plus vieilles roches terrestres, des gisements minéraux et les zones pétrolifères de l’Ouest.Le projet Lithoprobe a circonscrit quatre régions, appelées «traverses», situées à la frontière de structures géomorphologiques et qui posent un problème géologique particulier.«L’originalité de Lithoprobe est de rassembler toutes les méthodes propres aux sciences de la Terre dans l’étude de ces traverses, explique Marianne Mareschal, et de coupler les données géophysiques, géochimiques et géologiques.» Des pays comme la France, l’Allemagne et les Etats-Unis, qui ont étudié la lithosphère, se sont contentés d’utiliser une seule méthode: la sismique.Efficace, la sismique permet d’envoyer des ondes sonores provoquées par une explosion à la dynamite et d’obtenir une image à haute résolution jusqu’à 80 kilomètres de profondeur.«La sismique nous fournit des images assez précises, mais on ne sait pas toujours à quoi elles correspondent.Les mesures de la densité, du magnétisme, de la conductivité, les analyses chimiques et l’analyse des roches nous permettent de réduire les solutions possibles et de comprendre non seulement ce qu’on voit, mais surtout ce qui s’est passé.» Voilà précisément ce qui a permis à la géophysicienne de réaliser une découverte importante dans le cadre de l’étude de la traverse de Kapuskasing.Les géologues avaient déjà remarqué un changement radical des types de roches sur une ligne traversant la petite ville de Kapuskasing, près de la fron- tière du Québec et de l’Ontario.Sur une longueur de 100 kilomètres, on peut observer en surface, d’un côté des roches de surface relativement jeunes et, de l’autre côté, des roches archéennes provenant d’une profondeur inouïe.«Pour les géologues et les géophysiciens, c’est vraiment une mine d’or; c’est comme si on entrait en profondeur dans la croûte terrestre.Dans les régions du monde où ça s’est produit, d’autres phénomènes tectoniques sont venus tout chambouler.Ici, rien n’a bougé depuis 2,5 milliards d’années!», dit la chercheuse.Les données recueillies dans le cadre du projet Lithoprobe ont permis de reconstituer les événements.Sous la compression de la croûte terrestre, une plaque tectonique est passée en dessous d’une autre, provoquant une élévation rocheuse qui s’est érodée au fil du temps et mettant à jour des roches d’origine très profonde.Depuis longtemps, les chercheurs et chercheuses avaient constaté l’existence d’une région située entre la croûte inférieure et le manteau supérieur de la Terre et entourant le noyau en fusion, qui montrait une conductivité beaucoup plus forte qu’elle ne devait l’être.Jusque-là, personne n’avait proposé une explication valable de ce phénomène.Située quelque part entre 30 et 100 kilomètres de profondeur, cette zone mystérieuse et inacessible intriguait Marianne Mareschal.Dans l’impossibilité d’entreprendre le voyage au centre de la Terre de Jules Verne, la géophysicienne eut l’idée de se servir des roches archéennes du site de Kapuskasing pour procéder à des analyses chimiques et prendre les paramètres physiques.Elle espérait que des vieilles roches formées à 25 kilomètres de profondeur lui révéleraient le mystère de la conductivité.«Je crois que ce qui produit la conductivité électrique, c’est la présence de graphite dans les roches, explique Marianne Mareschal.Lors de la formation de la croûte, il y a un passage très important de gaz carbonique et, sous certaines conditions, on constate qu’il y a une précipitation de graphite qui forme alors des films très fins sur les grains des roches en formation.» Bien entendu, il est impossible de voir le graphite à l’oeil nu ou même avec des analyses traditionnelles.Il a fallu faire des analyses spectrométriques à très haute résolution pour percevoir ces films; mais surtout, ça prenait un peu d’intuition! «L’épaisseur du graphite est d’environ 100 angstroms, c’est rien!» La découverte d’une substance conductrice sur les précieuses roches pourrait servir à élucider un phénomène géologique fondamental.Si on envoie des ondes électromagnétiques à travers la croûte terrestre, elles traversent la partie supérieure comme de l’air jusqu’à ce qu’elles soient stoppées au niveau de la zone conductrice.Les données provenant de nombreux sites ont montré des écarts importants entre les degrés de conductivité à cette profondeur.Lors de l’analyse des roches de Kapuskasing, Marianne Mareschal a remarqué que la conductivité était plus grande dans une direction particulière.Dans une région, la direction serait Nord-Ouest, tandis que dans une autre, elle pourrait être Est-Ouest.Y aurait-il un rapport avec la direction des plaques tectoniques? 9 INTERFACE JANVIER • FÉVRIER 1992 «Ce dont on vient de se rendre compte et que personne ne savait, c’est que cette conductivité électrique peut révéler des contraintes très importantes sur les directions de mouvements des plaques, dit la chercheuse.Lorsque j’ai présenté mes travaux aux géologues, ils étaient tous enthousiastes.Pour une fois, ils voyaient un intérêt à l’électromagnétisme, discipline qu’ils trouvent habituellement ennuyeuse.» La géophysicienne leur fournissait pour la première fois une explication leur permettant de résoudre quelques énigmes que pose l’observation des roches.En 1988, l’équipe de Lithoprobe a entrepris l’étude d’une nouvelle traverse géologique, celle d’Abitibi-Grenville, qui s’étend de l’Abitibi jusqu’à Terre-Neuve.En novembre dernier, Marianne Mareschal accueillait à Polytechnique 130 chercheurs et chercheuses de toutes les disciplines rattachés à cette étude et venus présenter leurs derniers résultats.Un événement qui permit la reconnaissance de Marianne Mareschal comme l’un des meilleurs éléments de cette équipe.Le succès frappe le petit Laboratoire de géophysique de l’École polytechnique, qui fait pourtant figure, en termes de ressources, de parent pauvre à côté de ceux des universités canadiennes et des centres de recherche gouvernementaux.Responsable des études électromagnétiques et assistante du responsable du projet de la traverse Abitibi-Grenville, John Ludden, Marianne Mareschal a fait tirer 1000 kilomètres de lignes sismiques.Les données seront interprétées cette année.Et l’année prochaine, les équipes retourneront sur le terrain.Il faudra toutefois attendre quelques années pour comprendre les phénomènes observés sur cet immense territoire.«On a dû subdiviser la traverse en petites zones; certaines servent uniquement aux études en exploration minérale, tandis que d’autres ont trait aux mouvements tectoniques qui expliqueraient comment la province (géologique!) de Grenville s’est jetée sur l’Abitibi.» Malgré l’estime de ses collègues et ses responsabilités, la chercheuse fit face, toutefois, à un problème majeur.l’École polytechnique ne possédait aucun système d’enregistrement sismique, ce qui l’obligeait à en emprunter un à la Commission géologique ou à en louer à des compagnies privées.Mais — et c’est plus grave — il n’y avait aucun ni aucune sismologue au Québec.«Et pourtant, même si la sismique a ses limites, c’est l’avenir!, s’exclame Marianne Mareschal.Sans sismologue, on ne pouvait être en mesure de traiter nos données, ce qui était tout à fait inacceptable.» Défiant les règles établies par l’administration universitaire, elle a demandé à John Ludden de lui venir en aide.«On a placé une annonce et un mois plus tard, on engageait un spécialiste américain de l’Université Cornell.» Pour la première fois, les recherches de Marianne Mareschal glissent vers des applications concrètes des données fournies par la sismique; l’exploration minérale.«Avant, ça ne m’intéressait pas, mais j’arrive à un bon moment: les méthodes traditionnelles sont devenues inutiles, explique la chercheuse.Les méthodes de sondage actuelles, l’électromagnétisme, la télédétection permettent de repérer les gisements près de la surface, mais comme ils ont déjà été exploités, on va désormais chercher plus en profondeur.» Aucune méthode ne permet de détecter des gisements de minerais à deux kilomètres de profondeur, la source d’avenir de la prospection minière.Pourtant, la sismique envoie des ondes jusqu’à 100 kilomètres.Le pétrole, qui est beaucoup plus en profondeur, est plus facile à repérer, car le problème avec la 'sismique, c’est qu’elle ne donne pas de bons résultats pour les trois premiers kilomètres.» Confiante dans l’avenir prometteur de la sismique, la chercheuse s’est donc appliquée à prouver le contraire.Des tests furent exécutés au-dessus des mines de Noranda, à Matagami.Marianne Mareschal révisa les méthodes, changea le type d’enregistrement, utilisa d’autres fréquences et demanda à un de ses étudiants de traiter de nouveau les données, dans le cadre de sa maîtrise, pour voir si, contrairement à tout ce que les gens disaient, on ne pouvait pas voir près de la surface.«Et ça a marché! Dans le traitement traditionnel, on jetait les données des hautes fréquences, qui seules donnent une bonne résolution pour les faibles profondeurs, parce que c’était plus brouillon et que ça demandait plus de travail.En reprenant toutes les hautes fréquences, on a réussi à sortir des horizons très près de la surface, à aller jusqu’à 300 mètres.» Encore une fois, l’intuition doublée de ténacité ont guidé la chercheuse vers le succès, prouvant au monde que la sismique ouvrait grande la porte à l’exploitation minière.Mais les succès de Marianne Mareschal ont été obtenus de longue lutte.Il lui a fallu travailler deux fois plus, selon elle, pour obtenir la confiance de ce milieu majoritairement masculin, en passant d’un emploi temporaire à un autre.À l’âge où ses collègues ont depuis longtemps un poste de professeur titulaire, elle vient à peine d’être nommée professeure agrégée.«C’est encore dur d’être une femme, parce que les hommes ne se rendent pas compte qu’ils sont encore imprégnés de leurs préjugés.Ils sont convaincus d’être ouverts — d’ailleurs, ils adorent engager des femmes —, sauf que dès qu’il y a une responsabilité à assumer, ce n’est jamais à elles qu’ils font appel.» Globe-trotter et «mère-courage», Marianne Mareschal a choisi les chemins de traverse dans un monde qui n’a de frontières que celles qu’on lui impose.Ici, elle semble enfin prête à planter un peu ses racines dans un coin de la Terre où elle satisfait avec bonheur sa curiosité de chercheuse.¦ Sur le terrain, en Alsace s i PAR ANDRE GOSSELII u'ifîil ï « .:m$% rrm N.des rendements inédits qui atteignaient même dans les conditions expérimentales plus de 80 kg/mVan7.Cependant, la rentabilité de l’éclairage artificiel pour la culture de la tomate requiert des rendements d’au moins 50 kg/m2/an, ce qui n’a jamais été obtenu pour diverses raisons dans les grands complexes serricoles québécois couvrant maintenant plus de 12 ha.En ce qui concerne la culture du concombre, nous avons observé que l’emploi de l’éclairage d’appoint augmente les rendements8, mais demande de modifier les méthodes de taille et de culture9.De plus, le concombre est moins sensible que la tomate aux longues photopériodes10 et les taux de photosynthèse sont accrus par l’éclairage d’appoint en périodes nocturne et diurne, lorsque les conditions d’ensoleillement ne dépassent pas 600 pmol.m-2.s-l.Le poivron répond également de façon très positive à l’éclairage d’appoint; la croissance, la photosynthèse et la productivité des cultures sont nettement accrues".Ce légume tire profit de longues photopériodes et, contrairement à la tomate, ne montre pas de symptômes de chloroses foliaires.Cette différence quant à l’effet de la photopériode de la tomate et du poivron, pourtant deux espèces très voisines, est présentement utilisée pour approfondir les connaissances fondamentales au sujet des effets de l’éclairage d’appoint.Une hypothèse actuellement à l’étude suggère que le transport des produits de la photosynthèse étant moins élevé dans les feuilles de tomates, leur accumulation aurait pour effet, en détruisant les thy-lakoïdes (encadré), de réduire la photosynthèse et de favoriser l’apparition des chloroses sous de longues photopériodes.L’éclairage d’appoint accroît de façon très substantielle la productivité de la laitue et réduit la durée des cycles de production de 80 jours à environ 40 en période hivernale12.De plus, l’ajout de lumière artificielle réduit la teneur des feuilles en nitrates et accroît leur valeur nutritive.Les résultats obtenus à l’Université Laval ont été confirmés sur de plus grandes superficies et notamment chez Hydroserre inc., à Mirabel, qui utilise cette technologie sur plus de 3 ha.Les recherches en cours, auxquelles collabore Louis Vézina de la station de recherche d’Agriculture Canada à Sainte-Foy, portent sur l’impact de la longueur d’onde émise des lampes sur tion d’Agriculture Canada à Saint-Jean-sur-le-Richelieu, ont démontré les avantages de l’éclairage d’appoint pour la préparation de transplants de plusieurs espèces3.Cette technologie assure une meilleure acclimatation au champ, puisque la capacité photosynthétique des transplants est accrue et leur taux de transpiration, réduit (encadré).Ainsi, on pourra produire davantage de transplants maraîchers au Québec et en réduire les importations.De plus, ces transplants sont généralement plus vigoureux et on devrait utiliser moins de pesticides pour leur culture, à l’avenir.Toutefois, la rentabilité des lampes HPS n’était pas aussi évidente pour la production commerciale des légumes et peu de serriculteurs se sont montrés intéressés par cette technologie, au début.Les premiers travaux ont porté sur la tomate, puisque cette culture est la plus importante au Québec (60 ha) et au Canada (300 ha).D’autres recherches ont par la suite été réalisées pour les cultures de concombre, de poivron, de laitue et de transplants maraîchers.Nous avons tout d’abord observé que l’éclairage d’appoint modifiait les besoins hydriques et nutritionnels des plants de tomate4.Il a donc fallu modifier les méthodes de culture ainsi que les apports en eau et en minéraux afin de mieux répondre aux exigences des FIGURE 1 plantes maintenues sous éclairage d’appoint.Ainsi éclairés, les plants cultivés nécessitent des solutions nutritives dont la conductivité électrique est modifiée et la teneur en nitrates réduite5.Il a été par la suite démontré que le flux photonique photosynthétique (FPP, niveau lumineux) et la photopériode (durée journalière d’éclairage) optimale étaient de 150 pmol.m-2.s-l et de 14-16 heures, respectivement.Lorsque la photopériode était portée à 20 ou 24 heures, les plants de tomate montraient des chloroses (jaunissement des feuilles) intemervales importantes (figure 2) qui réduisaient la productivité des cultures.Des recherches de nature plus fondamentale réalisées avec la collaboration de Robert Carpentier, du Centre de recherche en photobiologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières, sont en cours pour expliquer ce phénomène.La disponibilité de lumière et la durée des cycles de production sont des facteurs importants qui déterminent, également dans une large mesure, la densité optimale de population des plants.Les travaux préliminaires de Serge Bégin avaient déjà indiqué l’intérêt d’accroître la densité de population des plants de tomate cultivés sous éclairage d’appoint.En combinant l’emploi de l’éclairage d’appoint et de densités de population plus élevées, il a été possible d’obtenir £~ C.Complexe serricole des années 80-90 équipé d'un éclairage d'appoint, d'un système informatisé de gestion du climat et des opérations ainsi que d'un système d'économie d'énergie.Dans ces serres, la productivité est maximale.Évolution de la serriculture québécoise B.Serres jumelées des années 70.D'une structure plus haute, ces serres étaient déjà plus efficaces sur le plan énergétique, en plus de permettre un meilleur contrôle du climat, donc, un plus haut rendement.Sans être informatisées, elles étaient automatisées avec, par exemple, des minuteries.C'était également le début de la mécanisation, ce qui permit de réduire la main-d'oeuvre.A.Serres individuelles des années 60 construites avec une structure de bois relativement basse.Peu efficaces sur le plan énergétique, ces serres n'étaient pas équipées pour la mécanisation de l'entretien, de la récolte et de l'emballage des cultures. FIGURE 2 Effet de l'éclairage d'appoint sur a) les feuilles de tomates et b) les feuilles de poivrons pour différentes photopériodes (12 h, 18 h et 24 h) Chez les jeunes feuilles de tomates, l'utilisation d'un éclairage continu (photopériode de 24 h) entraîne après six semaines de traitement l'apparition de chloroses internervales (jaunissement des feuilles).Par contre, chez le poivron, l'utilisation d'une photopériode de 24 h n'entraîne aucun désordre physiologique apparent.-fl la croissance de la laitue et l’accumulation des nitrates.Du côté de l’horticulture, les recherches conduites à l’Université Laval sous la direction de la professeure Blanche Dansereau, ont démontré que l’emploi de l’éclairage d’appoint permettait d’accroître la productivité des rosiers, des potées fleuries et de l’als-tromeria.Ces travaux ont notamment mis en évidence pour la première fois l’effet de courtes impulsions lumineuses (45 s) sur la floraison du géranium et de l’exacum.Cette découverte ouvre la voie à de nombreuses applications et à des développements commerciaux importants.Plus récemment, on a entrepris des recherches sur la culture de plantes médicinales avec la collaboration de Matol Botanique International.Des essais réalisés en serre ont démontré que l’éclairage d’appoint augmentait la croissance et le développement de plusieurs espèces.Cependant, dans certains cas, l’éclairage d’appoint a réduit la teneur des plantes en prin- cipes actifs.Les chercheurs tentent actuellement d’expliquer ce phénomène.LES ÉLECTROTECHNOLOGIES À la suite des résultats prometteurs obtenus avec l’éclairage d’appoint, Hydro-Québec et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) décidaient d’appuyer un important programme de recherche sur les électrotechnologies adaptées à la serriculture, projet auquel s’est joint un consortium d’entreprises.On a construit des serres ultra-modernes pour étudier la performance de systèmes de chauffage bi-énergie utilisant des chaudières à eau chaude, des fournaises à air chaud, des unités radiantes infrarouges, une thermopompe, des installations de stockage de la chaleur et des luminaires HPS (figure 3).Le programme multidisciplinaire de recherches regroupant les professeurs chercheurs Régis Boily, Jean-Claude Dufour, Laurent Gauthier et Damien De Halleux, avait pour objectif d’optimiser l’efficacité énergétique et cultu- rale des diverses électrotechnologies de chauffage, de déshumidification, de refroidissement ainsi que d’éclairage des serres.Les résultats préliminaires démontrent que l’éclairage artificiel peut contribuer jusqu’à 40 p.cent des besoins énergétiques annuels de la serre; que l’efficacité du chauffage radiant infrarouge s’accroît à mesure que les températures extérieures diminuent; que la thermopompe permet de condenser entièrement la vapeur d’eau transpirée par les plantes et d’éliminer ainsi les besoins de chauffage pour les fins de la déshumidification; que les installations de stockage permettent de réaliser une économie importante d’énergie tout en atténuant la pointe de la demande en électricité.Le chauffage radiant infrarouge n’a pas causé d’effets directs sur la photosynthèse et la transpiration des plants de tomate, mais a indirectement affecté ces processus en accroissant la température foliaire.Nous comptons intégrer ces résultats dans un système-expert qui tiendra compte des contraintes économiques et mécaniques des équipements ainsi que des connaissances des serriculteurs, en vue d’une gestion plus efficace des serres.LES TECHNOLOGIES GAZIÈRES En 1987 et 1988, l’Université Laval procédait, avec l’appui technique et financier de nombreux organismes des secteurs privé et public, à l’aménagement de deux complexes serricoles destinés aux recherches sur les technologies gazières pour le chauffage et le conditionnement des serres (figure 4).Celles-ci étaient aménagées avec différents systèmes de chauffage et de génération de C02.Les résultats obtenus ont démontré la très grande performance énergétique des chaudières à condensation (92 p.cent d’efficacité), qui permettent en outre de récupérer le C02 des gaz de combustion pour l’enrichissement de l’atmosphère des serres.Le système de chauffage radiant infrarouge a permis de maintenir des conditions climatiques adéquates dans les serres, mais son efficacité énergétique était plus faible.Toutefois, le système de chauffage radiant infrarouge catalytique, bien que théoriquement plus efficace, engendre plusieurs problèmes techniques touchant divers aspects, dont le contrôle et la qualité des gaz de combustion ainsi que le design du procédé.Des recherches sur de nouvelles technologies gazières sont présentement menés sous la direction de Laurent Gauthier avec l’appui technique et financier de ICG Propane limitée.LES CULTURES HYDROPONIQUES ET BIOLOGIQUES La tourbe constitue une ressource naturelle du Québec.Malheureusement, peu de recherches ont été effectuées au cours des 20 dernières années sur son utilisation pour la culture horticole, une culture le plus souvent destinée à l’exportation.En fait, les différents problèmes de culture en sol rencontrés et les faibles réserves de tourbe ont amené l’industrie serricole européenne à développer diverses techniques hydroponiques.C’est pourquoi, afin de demeurer compétitifs, Tourbières Premier et l’Université Laval démarraient en 1987 un important programme de recherche sur l’utilisation de la tourbe en serriculture.Les premières recherches, réalisées avec la collaboration de Léon-Etienne Parent, ont conduit à la mise au point d’un milieu tourbeux adapté à la culture de la tomate de serre13.Par la 13 INTERFACE JANVIER» FÉVRIER 1992 FIGURE 3 Serre expérimentale utilisée pour la recherche sur les électrotechnologies Celte serre ultra-moderne du Centre de recherche en horticulture (CRH) de l'Université Laval, est équipée pour l'étude de la performance de systèmes de chauffage bi-énergie utilisant des chaudières à eau chaude, des fournaises à air chaud, des unités radiantes infrarouges, une thermopompe, des installations de stockage de la chaleur et des luminaires HPS.Les résultats préliminaires démontrent: que l'éclairage artificiel peut contribuer jusqu'à 40 p.cent des besoins énergétiques annuels de la serre; que l'efficacité du chauffage radiant infrarouge s'accroît à mesure que les températures extérieures diminuent; que la thermopompe permet de condenser entièrement la vapeur d'eau transpirée par les plantes et ainsi d'éliminer les besoins de chauffage pour les fins de la déshumidification; que les installations de stockage permettent de réaliser une économie importante d'énergie tout en atténuant la pointe de la demande en électricité.Le chauffage radiant infrarouge n'a pas causé d'effets directs sur la photosynthèse et la transpiration des plants de tomate, mais a indirectement affecté ces processus en accroissant la température foliaire.liife— jEBîiSï! UlML 11:ï Bi sjBiggoaigt «g uni suite, les chercheurs ont constaté que c’était le contrôle de l’irrigation qui limitait la performance des milieux tourbeux.Une équipe de chercheurs comprenant Robert Lagacé et Léon-Étienne Parent, de l’Université Laval, ainsi que les spécialistes de Tourbières Premier et du cégep de La Pocatière, s’est donc attaquée, en 1988, à ce problème.En 1989, un système informatisé de contrôle de l’irrigation permettait de gérer efficacement l’irrigation d’une culture de tomates14.Le système est présentement à l’essai dans de nombreuses stations de recherche et dans des entreprises commerciales.Un milieu tourbeux spécifique à la culture du concombre a également été mis au point et ces systèmes sont actuellement commercialisés par Tourbières Premier sous le nom «Allegro tomate et concombre».Les recherches en cours ont pour objectifs de déterminer les conditions de culture optimales15 et de concevoir un modèle16 intégrant la lumière, l’humidité relative ainsi que les paramètres du milieu tourbeux pour la culture de la tomate (figure J).Les systèmes hydroponiques de type NFT (technique du film nutritif) offrent l’avantage de permettre d’étudier avec précision la nutrition minérale des plantes.Ils sont donc utilisés dans de nombreuses recherches.L’une de ces études, portant sur l’oxygénation racinaire, a démontré que les systèmes à doubles canaux (SDC) servant à diviser le système racinaire en deux parties, permettaient d’atténuer les problèmes d’oxygénation racinaire en culture NFT'1.De plus, l’alternance des très hautes et basses salinités dans la solution nutritive a permis d’accroître l’alimentation hydrique, l’absorption minérale et les rendements de la tomate de serre.Par contre, les SDC, bien que favorisant l’oxygénation racinaire, n’ont pas accru la croissance ni favorisé le développement du concombre l8.Les recherches dans ce domaine portent sur le recyclage des solutions nutritives afin de protéger l’environnement et de réduire les coûts de production.Les systèmes hydroponiques sont également utilisés par l’équipe de Richard Bélanger, dans le cadre d’un important programme de lutte intégrée contre les maladies, pour étudier les effets de divers composés dont la silice, l’iode organique, les adjuvants et les chito-sanes.D’autres recherches en phyto-protection portent sur la lutte biologique contre les maladies et les insectes ravageurs des cultures de concombre (Conrad Cloutier).Plusieurs expériences ont finalement été réalisées par les professeurs Léon-Étienne Parent et Antoine Karam au sujet de l’utilisation des composts et de bio-fertilisants ainsi que de la minéralisation de l’azote.Plus récemment, les professeurs John Zee et Étienne Rochat se sont intéressés à la valeur nutritionnelle des tomates produites de façon biologique ainsi qu'aux effets anti-fongiques potentiels des composts.L'ENRICHISSEMENT CARBONÉ La teneur de l’atmosphère en CO, est souvent le facteur limitant la productivité des cultures abritées, puisque la concentration optimale pour la croissance des plantes est d’environ 1000 ppm alors que celle de l’air tourne autour de 350 ppm.En 1985, on a entrepris un programme de recherche portant sur l’enrichissement carboné de l’atmosphère des serres.Les travaux ont, d’une part, démontré les effets synergétiques de l’enrichissement carboné et de l’éclairage d’appoint sur la productivité de la tomate19 mais, d’autre part, ils ont mis en évidence la perte d’efficacité des plants à profiter des hautes concentrations en C02 à long terme.Cette perte s’est d’abord traduite par une diminution de la photosynthèse et une accumulation des sucres dans les feuilles.Elle a par la suite été expliquée partiellement par une réduction de l’activité de l’enzyme RUBISCO20, responsable de la fixation du C02 dans le processus de la photosynthèse.La perte d’efficacité des plants de tomate est atténuée par la technique de l’enrichissement carboné séquentiel, qui consiste à enrichir l’atmosphère des serres pour de courtes périodes plutôt que de façon continue21.L’enrichissement carboné séquentiel maintient des taux élevés de croissance, de photosynthèse et de productivité, contrairement à un enrichissement continu.Cet accroissement de productivité a été expliqué par une meilleure répartition des photosynthétats dans les fruits et par une activité photosynthétique accrue22.Nous n’avons pas été capables à ce jour de relier les effets bénéfiques de l’enrichissement carboné séquentiel à l’activité de la RUBISCO.LA PHOTOSYNTHÈSE Les plantes vertes (mais aussi les algues et quelques bactéries] réalisent la photosynthèse, processus par lequel elles captent l'énergie lumineuse et l'utilisent pour effectuer la synthèse de leurs composés organiques.Ce processus s'accompagne d'échanges gazeux inverses de ceux de la respiration.Ainsi, les parties vertes des plantes, à la lumière, absorbent du dioxyde de carbone (C02) et rejettent de l'oxygène, pendant que se forment des glucides (de l'amidon en particulier) mais aussi d'autres métabolites (acides aminés, acides gras ou lipides).Le résultat global est une réduction du dioxyde de carbone par l'eau en de nombreuses étapes réactionnelles dans les chloroplastes.La lumière, de par sa qualité spectrale, son intensité et sa durée (photopériode), affecte le fonctionnement et la structure de l'appareil photosynthétique.Chez les plantes supérieures, les réactions primaires de la photosynthèse, c'est-à-dire la conversion de l'énergie lumineuse émise par le soleil en énergie chimique (ATP, NADPH] utilisée ultérieurement pour la synthèse d'hydrates de carbone, ont lieu dans les membranes de vésicules appelées «thylakoïdes», contenues dans les chloroplastes.La membrane des thylakoïdes renferme de nombreuses protéines et des pigments photosynthétiques dont les chlorophylles, pigments verts récepteurs de lumière de spectre défini.Ces pigments s'associent aux protéines pour former des complexes multiprotéiques tels le PSII et le PSI (les photosystèmes), responsables des séparations de charge à partir de l'énergie lumineuse et du transport des électrons (réactions d'oxydo-réduction).Plus spécifiquement, les complexes PSII et PSI sont constitués 1) de complexes antenniques capteurs de lumière, soit les complexes pigments-protéines CPU* (forme agrégée) et CPU associés au PSII et CPI" associé au PSI; 2) de centres réactionnels formés des complexes pigments-protéines CP47 et CP43 associés au PSII et du CPI associé au PSI. 14 INTERFACE JANVIER • FEVRIER 1992 u" ¦.^èr&5f?7î- Srv&jr.jj ;çÿ < m FIGURE 4 Cette serre, du Centre de recherche en horticulture, est aménagée avec différents systèmes de chauffage et de génération de C02.Les résultats obtenus ont démontré la très grande performance énergétique des chaudières à condensation (92 p.cent d'efficacité), qui permettent en outre de récupérer le C02 des gaz de combustion pour l'enrichissement de l'atmosphère des serres.Le système de chauffage radiant infrarouge a permis de maintenir des conditions climatiques adéquates dans les serres, mais son efficacité énergétique était plus faible.Toutefois, le système de chauffage radiant infrarouge catalytique, bien que théoriquement plus efficace, engendre plusieurs problèmes techniques touchant divers aspects, dont le contrôle et la qualité des gaz de combustion ainsi que le design du procédé.Serre expérimentale ICG utilisée pour la recherche sur les technologies gazières L'ACCLIMATATION DES VITROPLANTS La serriculture est le principal utilisateur de plantes multipliées par la culture in vitro, une technique surtout commercialisée en Europe, où les principaux complexes serricoles se trouvent.L’acclimatation en serres de ces plantes produites en éprouvette constitue l’un des facteurs limitatifs de la culture in vitro.Nous avons donc démarré un programme de recherche sur l’acclimatation des vitroplants en 1986, avec la collaboration d’Yves Desjardins.Les premières études ont démontré que l’éclairage d’appoint et l’enrichissement carboné permettaient d’améliorer la croissance et le développement des plantules de fraisier et d’asperge en phase d’acclimatation et leur performance ultérieure au champ23.Les recherches ont par la suite davantage porté sur les effets de ces technologies durant la phase in LA RECHERCHE SUR LES RECOUVREMENTS DE SERRE En Hollande, le verre est le seul recouvrement utilisé en serriculture, alors que dans le sud de l’Europe et aux Etats-Unis, les matériaux plastiques sont plus populaires.Au Canada, les serriculteurs utilisent le verre et les films plastiques à peu près dans la même proportion.Une équipe de professeurs chercheurs de l’Université Laval comprenant Blanche Dansereau, Daniel de Halleux et Pierre-André Dubé a entrepris en 1990 une importante étude avec l’appui technique et financier de l’industrie et du gouvernement du Québec (figure 6).Cette étude a pour objectif de quantifier les effets de trois recouvrements plastiques et du verre horticole sur les aspects énergétiques, climatiques, culturaux et économiques de la culture en serre.Les résultats préliminaires indiquent que les films thermiques en plastique sont plus performants du point de vue énergétique, que le verre maintient des conditions lumineuses plus favorables et moins humides dans les serres, et qu’il existe des interactions entre le recouvrement, l’éclairage d’appoint et les écrans thermiques.Les recherches se poursuivront au cours des prochaines années pour préciser les effets des recouvrements sur la productivité et la physiologie des cultures, et développer un modèle simple de gestion du climat des serres selon le recouvrement et la culture.FIGURE 5 Modèle intégrant la lumière, l'humidité relative ainsi que les paramètres du milieu tourbeux pour la culture de la tomate CAPTEUR DE WM ER CAPTEUR DE L'HUMIDITE RELATIVE PLANT DE TOMATE N K'i y > y > y > y > y > y ^ \ \ \ \ \ \ \ \ \ / y N n V „ N N y \ V V / m y SAC DE TOURBE SAC DE TOURBE ORDINATEUR CONTROLEUR TENSIOMETRE Dans ce modèle, on cherche à optimiser le contrôle de l'irrigation en arrosant lorsque les sacs de tourbe atteignent un certain niveau de sécheresse, celle-ci étant mesurée par un tensiomètre.Ce niveau a déjà été déterminé et permet de minimiser les pertes en eau et en engrais qui surviennent lorsque l'irrigation est contrôlée à la main ou par minuterie.Un autre projet vise à intégrer ce système dans un programme informatique pouvant modifier les consignes d'irrigation et la concentration de la solution nutritive en fonction des conditions environnementales.SOLUTION NUTRITIVE 15 INTERFACE JANVIER» FÉVRIER 1992 FIGURE 6 Serre expérimentale Marnois utilisée pour l'étude des recouvrements rate^r ~t}- .‘ .i Dans celte serre du Centre de recherche en horticulture, on cherche à quantifier les effets de trois recouvrements plastiques et du verre horticole sur les aspects énergétiques, climatiques, culturaux et économiques de la culture en serre.Les résultats préliminaires indiquent que les films thermiques en plastique sont plus performants du point de vue énergétique, que le verre maintient des conditions lumineuses plus favorables et moins humides dans les serres, et qu'il existe des interactions entre le recouvrement, l'éclairage d'appoint et les écrans thermiques.vitro.Nous avons d’abord construit et caractérisé des chambres miniatures de culture in vitro permettant de contrôler la teneur de l’atmosphère en C02 et les conditions d’humidité dans les tubes; puis, nous avons déterminé les effets de l’éclairage d’appoint et de l’enrichissement carboné sur la croissance in vitro et l’acclimatation ex vitro1'.Des recherches plus fondamentales ont permis de déterminer que la plus grande masse des vitroplants cultivés sous enrichissement carboné ou à des niveaux lumineux supérieurs, résultait à la fois d’une photosynthèse accrue et d’une plus grande fixation carbonée anaplérotique (le C02 provient du milieu de culture).Nous avons mis en évidence pour la première fois une forte activité de l’enzyme PEPCase par rapport à la RUBISCO, activité qui pourrait être nécessaire pour l’assimilation de l’azote chez les vitroplants.Les recherches en cours conduites par l’équipe d’Yves Desjardins ont pour objectif de préciser les causes de la faible activité de la RUBISCO ainsi que la relation entre les métabolismes carboné et azoté chez les vitroplants.CONCLUSION La serriculture québécoise a considérablement bénéficié des recherches portant sur les divers aspects des cultures abritées et elle a pu compter sur la formation de nombreux spécialistes qui en a résulté.Les recherches à venir porteront davantage sur la lutte biolo-gique contre les maladies et les insectes ravageurs des cultures abritées afin d’éliminer complètement l’utilisation des pesticides.La qualité et l’innocuité des produits horticoles deviendront une préoccupation constante afin de mieux répondre aux besoins de la population.Les recherches sur l’énergie seront davantage orientées vers une utilisation plus efficace de l’électricité et des autres sources.La productivité des cultures abritées devra être accrue afin que les serriculteurs québécois deviennent plus compétitifs sur les marchés canadiens et internationaux.Compte tenu des besoins grandissants de la population nord-américaine pour des produits horticoles et maraîchers frais et sans résidus de pesticides, de l’efficacité croissante des équipements et des structures des serres — qui améliorent l’efficacité de la main-d’oeuvre et de l’énergie — et du fait que l’Europe compte plus de 60 000 ha pour répondre aux besoins de sa population alors que l’Amérique du Nord n’en compte que 6 000, il est probable que l’industrie serricole nord-américaine continuera de progresser.Il est donc à souhaiter que le contexte économique et énergétique du Québec permette à notre jeune industrie serricole de prendre la place qui lui revient.¦ Remerciements L’auteur remercie l’Uryversité Laval et les divers organismes subventionnaires qui ont appuyé au fil des ans le programme de recherche sur les cultures abritées.Des remerciements s’adressent également à tous les professeurs, professionnels et employés de soutien ainsi qu’à tous les étudiants chercheurs qui ont consacré temps et énergie pour répondre aux besoins du milieu et faire progresser les connaissances dans le domaine de la serriculture québécoise.Références 1.BEGIN, S.Influence de la lampe à vapeur de sodium à haute pression sur la croissance, le développement et la productivité de la tomate (Lycopersicon esculentum Mill.), mémoire de maîtrise, Université Laval, 1984, 52 p.2.BOIVIN-, C, GOSSELIN, A.et TRUDEL, MJ.«Effect of Supplementary Lighting on Transplant Growth and Yield of Greenhouse Tomato», Hort.Science, vol.22, n° 6, 1987, p.1266-1268.3.MASSON, J.TREMBLAY, N.et GOSSELIN.A.«Nitrogen Fertilization and HPS Supplementary Lighting on Vegetable Transplant Production.1.Transplant Growth», J.Amer.Soc.Hort.Sci., vol.116, 1991, 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•sSK§R( mm ^W$£: sSÉ&ÿS Mx&M mmï atïi£ «S ¦>Ÿ\$ i@60g«KHS£ i*wp«£o$ *•*' *• • \;,rY>~\‘\‘•:¦ fj*r v,yîÇA'.>C«A.:.V V\! $$ ïPl/î,-®: Sïïï® rSS3 V:- > 4 s ‘ * U n ; - - \ - •¦ LES SECRETS DE NAG HAMMADI En 1945, des paysans de la région de Nag Ham-m a d i en Égypte découvrirent une jarre enfouie au fond d’un cimetière.Elle contenait 13 cahiers M (codex) de Æ papyrus reliés à plat comme des Æ livres et relativement bien conservés grâce au climat sec de l’endroit.Après de nombreuses tractations, la totalité de la collection de Nag Hammadi fut rassemblée.Conservée depuis 1975 au Musée copte du Caire, elle est actuellement traduite par une équipe de recherche de l’Université Laval dirigée par Paul-Hubert Poirier et Michel Roberge.Le contenu de ces papyrus est gnos-tique.Les adeptes de cette pensée croient que le salut de l’être humain doit venir d’une connaissance (gnôsis) directement communiquée par Dieu.Ce ne sont donc pas les oeuvres qui sauvent, mais la connaissance que l’élu doit révéler aux humains.Avant la découverte de la Bibliothèque copte de Nag Hammadi, les seules preuves de l’existence d’une gnose chrétienne étaient les allusions des hérésiologues de l’Égypte primitive — par exemple, celles d’Irénée, évêque de Lyon, auteur du Traité contre les hérésies (deuxième moitié du IIe siècle-début du IIP siècle).La force et le nombre des arguments employés par les Pères de l’Église pour réfuter les thèses gnostiques indiquent que ce mouvement avait beaucoup d’importance à l’époque.Comme l’explique Louis Painchaud, membre de l’équipe de l’Université Laval: «Dès le début, plusieurs chrétiens se sont élevés contre la prétention du clergé d’exercer un monopole sur l’interprétation des écritures.Les gnostiques furent les plus acharnés parmi les opposants.» Ce qui a été découvert, ce sont les textes de ces gens si fortement décriés par les hérésiologues.Il s’agit donc d’une information historique tout à fait nouvelle.L’analyse des cartonnages de la reliure de certains cahiers a permis de fixer la date approximative des manuscrits au milieu du IVe siècle ou au début du V' siècle.Toutefois, en étudiant les écritures, les chercheurs ont constaté qu’il s’agit d’une traduction copte (langue égyptienne) de textes d’origine grecque.Plusieurs tournures de phrases sont de forme grecque et certains passages, tels que le titre du Deuxième traité du grand Seth, n’ont même pas été traduits.Louis Pain-chaud explique que l’on ne peut savoir si la traduction et les remaniements dont les textes ont fait l’objet au cours de ce processus de réécriture en font un document fidèle à la pensée d’origine.' rH' 1 U TJ IJ COCu j Kl tlvi î•» f «s v 7 *e-l vCm1-nv-o' • ;• tJod‘ Vi' IO KJ (! MxM-tS-'ir Les manuscrits coptes ont été transcrits au milieu du IV' siècle et les documents d’origine grecque, qui ont servi de base à cette traduction, pourraient remonter au II' siècle ou même, dans certains cas, au I" siècle après Jésus- -rïjly»MÎVVTW.EVÆ'ix-yvty jcîM n.VÉuj lil;l p XM (MXJ-XM ajez : >>» ?_v '’TP:-rs%X'C>*y,CMo'**-i o n>'sy 1 j’° y»»*- C Z OCM l.) rro « ¦-y p n •¦&»>:» *•/-«- / Il i-p w-Il.nil?KOvK,; ij-J w, » ic • ; 6 MùüpYri^i o^-K*yV i >.M.OO*FNl i MC-* f'Vooji./i»aL).vxc- Ay’CMO m u.»,\ X'O M-'ic.j .VAA-jX’ n>P:i:.MOnuC A) •/'(.'Dy/.IOM¦' .•>'.'yrA'o 'v-xj ?t;j > ; ¦*** ' Christ.Pourquoi traduire ces textes en copte?Difficile à dire.Il s’agissait peut-être de documents servant de base à quelque mission évangélisatrice en terre d’Égypte — qui fut chrétienne entre l’époque des pharaons et celle de la religion musulmane.Après la mort de Jésus-Christ, les hommes n’ont pas été certains de la signification qu’il fallait donner à sa venue.Plusieurs écoles de pensée ayant différents points de vue sont alors nées, le gnosticisme étant l’une d’elles.Les Pères de l’Église affirment, pendant cette période, être les seuls dépositaires de la parole des apôtres.Ils disent que tous les autres mouvements doivent être combattus au nom de l’unité, sans laquelle l’enseignement du Sauveur ne peut survivre.Les gnostiques, s’opposant à l’hégémonie d’une telle église, s’attaquent à certaines notions de la tradition biblique.«Dans le texte Témoignage de vérité, indique Louis Painchaud, on parle de la Genèse.Il y est expliqué que lorsque Dieu vient au paradis terrestre et dit: “Adam, où es-tu?”, ce ne peut être le vrai Dieu, car ce dernier voit tout.Le dieu auquel Adam et Ève ont affaire n’est qu’un gouverneur (archonte) du monde matériel.» De même, cet archonte cherche à dissuader Adam de manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bonheur et du malheur.Pourquoi?C’est qu’il a peur que l’être humain devienne son égal et lui ravisse son pouvoir.Pour les gnostiques, il existe un monde spirituel, d’où ils viennent et où ils doivent retourner.En dessous, il y a le monde mauvais dans lequel nous vivons, qui a été créé par un être mauvais (archonte).Cet être a également inventé la reproduction sexuelle pour empêcher la partie spirituelle de l’humain, qui est sa véritable identité, de retourner à son origine.Cette vision du monde a amené les gnostiques à Z 27 INTERFACE JANVIER • FÉVRIER 1992 deux types de pratique sexuelle: soit l’abstinence complète de toute relation, soit le libertisme; mais ce dernier est associé à certains rites empêchant la procréation, puisque perpétuer les corps humains, c’est perpétuer le monde mauvais.Loin de nous, cette conception?Détrompez-vous! Rashnesh Bagwan, mort récemment, privilégiait, pour ses disciples en rose, la promiscuité sexuelle afin d’aller au-delà des apparences et des préjugés de ce monde.De même, le mouvement raëlien affirme que la sensualité est le mode de communication privilégié par les extraterrestres, dont il est le porte-parole.Plusieurs associations gnostiques actuelles pratiquent le tantrisme, qui vise à maîtriser l’énergie sexuelle et comprend parfois certaines techniques empêchant la procréation.En dehors de la sexualité, la gnose chrétienne rejoint certains mouvements de pensée d’aujourd’hui.La place que l’on y fait à la femme, entre autres dans le texte L'Evangile selon Marie, est très particulière.Dans les milieux universitaires américains, certains courants féministes se sont tout de suite intéressés à ce récit où Marie-Madeleine explique comment elle a reçu un enseignement secret du Sauveur.L’apôtre Pierre, à cette occasion, ne manqua pas de faire une belle colère contre cette femme si privilégiée.Le magistère de l’Église romaine a été très souvent remis en question.Qu’il s’agisse du mariage des prêtres ou de l’avortement, pour ne nommer que ces sujets, l’autorité de l’Église «Une, Sainte, Catholique et Apostolique» ne fait pas l’unanimité.Dans le texte Apocalypse de Pierre, les évêques sont décrits comme des «canaux sans eau».Cette parole gnostique ne vient-elle pas faire écho à ce que certains pensent aujourd’hui?Plusieurs des écrits de Nag Hammadi ont déjà été traduits et édités sous une forme savante.Pour le grand public, les éditions Gallimard offriront la traduction française complète de la Bibliothèque de Nag Hammadi en un volume à la fin de 1998.BENOiT-LUC SIMARD .i-L'.;-' y.-V : • doctorat en service social soutenue en novembre dernier, à l’Université Laval, sous la direction d’André Beaudoin.Selon les commentaires recueillis à l’hôpital Sainte-Justine (Montréal) et au Centre hospitalier de l’Université Laval (Sainte-Foy) auprès de 86 parents, l’enthousiasme suscité par cette étude provient surtout du fait que, grâce au logiciel, les résultats du programme intitulé «Vie familiale et impact de la maladie» se trouvaient instantanément présentés à l’écran sous forme de graphiques accompagnés d’explications.Ainsi, une personne «Le logiciel rejoint, entre autres, un certain nombre de parents qui ne seraient pas portés, de prime abord, à consulter un professionnel ou une professionnelle, souligne Françoise Turgeon-Krawczuk.C’est un outil qui amène les couples à discuter de questions qu’ils n’oseraient peut-être pas aborder», ajoute-t-elle.Selon cette clinicienne, le logiciel interactif ne peut certes pas remplacer les professionnels.11 pourrait toutefois être fort utile et intéressant en termes de temps économisé pour le dépistage des cas les plus urgents, là où les listes d'attente n’en finissent plus de s’allonger.LYNE LAUZON UN LOGICIEL RÉDUCTEUR DE STRESS -¦- L'utilisation d’un logiciel interactif a favorisé la réduction du stress personnel et parental de même que l’émergence d’attitudes bénéfiques chez des parents d’enfants atteints d’une maladie chronique, la fibrose kystique.Ces effets positifs, plus marqués pour les pères que pour les mères, se sont révélés d’autant plus grands que le niveau de scolarité était élevé.Telles sont les grandes lignes d’une étude réalisée par Françoise Turgeon-Krawczuk dans le cadre d’une thèse de pouvait immédiatement être informée, par exemple, de la perception que peuvent avoir les autres parents face à leur rôle vis-à-vis de l’enfant malade; elle pouvait apprendre où se situait sa propre perception par rapport à la moyenne des gens.Selon le cas, elle se voyait alors rassurée, encouragée ou invitée à aller rencontrer le travailleur social ou la travailleuse sociale afin d’obtenir de l’aide. 28 INTERFACE JANVIER • FÉVRIER 1992 LE CHARIOT DES MORTS ¦ Le corbillard de luxe de la maison Gauthier & Frère de Trois-Rivières (1898), aujourd'hui conservé au Musée canadien des civilisations.Le corbillard tiré par des chevaux a connu son apogée au Québec vers la fin du XIX' siècle.A l’époque, toutes les paroisses avaient le leur.Or, ces voitures de bois, en plus de témoigner de notre histoire, étaient de véritables oeuvres d’art.Marthe Taillon a consacré son mémoire de maîtrise en histoire de l’art, effectué à l’Université Laval, à ce sujet peu commun.A l’origine, le cercueil était mis dans un vulgaire chariot tiré par des chevaux.Puis, pour des raisons de dogme, le clergé a condamné ce mode de transport, car il convenait plutôt de transporter les morts à dos d’homme jusqu’au cimetière.Mais en ce pays de grands espaces, la distance a eu son importance; c’est elle qui a forcé l’adoption de ce qu’on a d’abord appelé le «chariot des morts».«Le corbillard est véritablement un objet reflétant les classes sociales», de dire Marthe Taillon.Celui de première classe, richement orné, sculpté et fait de matériaux coûteux, est réservé aux plus riches.Par exemple, un magnifique corbillard hippomobile, conservé par les entreprises funèbres Lépine et fils à Québec, a servi aux obsèques du premier ministre canadien Louis Saint-Laurent en 1973.Le corbillard de deuxième classe est le plus populaire, tandis que celui de la troisième classe se distingue évidemment par la pauvreté et le dépouillement des ornements.Certains entrepreneurs de pompes funèbres ou paroisses ont des ornements amovibles — anges, orantes ou urnes — que l’on ajoute ou enlève selon la classe Juillet 1976: un groupe d’anciens combattants de l’American Legion, réunis en congrès dans un hôtel de Philadelphie, tombent mystérieusement malades.Les symptômes ressemblent LA MALADIE DU LÉGIONNAIRE DANS VOTRE CHAUFFE-EAU tout d’abord à ceux d’une grippe du type pulmonaire, puis arrivent des manifestations neurologiques (céphalée, confusion mentale), digestives (diarrhée) ou rénales.On parle depuis de la «maladie du légionnaire», une maladie mortelle dans 16 p.cent des cas.Elle est causée par une bactérie baptisée Legionella pneumophila.Or, selon une récente recherche effectuée dans la ville de Québec, plus du tiers des chauffe-eau électriques résidentiels sont contaminés par cette bactérie.La trop basse température du chauffe-eau, son âge et même le vieux quartier dans lequel vous habitez, sont des facteurs de contamination.Cette recherche a été effectuée par Michel Alary dans le cadre de son doctorat à l’Université Laval, sous la direction de Jean Joly.Michel Alary s’est intéressé tout particulièrement à la contamination des chauffe-eau domestiques et hospitaliers.La maladie du légionnaire est grave mais n’affecte cependant pas la majorité des gens.Seules les personnes dont le système immunitaire est déficient ris- quent d’être atteintes.La bactérie responsable serait présente sur les cinq continents.Au Québec aujourd’hui, cette maladie est considérée comme ayant un potentiel épidémique et, à ce titre, elle doit être déclarée par le médecin.Peu de gens l’attrapent chez eux, mais les hôpitaux québécois connaissent à l’occasion des épidémies.Heureusement, un traitement précoce conduit généralement à la guérison, la bactérie étant sensible à quelques antibiotiques.Sur le territoire de la ville de Québec, Michel Alary a testé la présence de la bactérie dans les chauffe-eau de 211 maisons, parmi lesquelles 178 étaient équipées d’un chauffe-eau électrique et 33 d'un chauffe-eau à l’huile.Seuls les chauffe-eau électriques étaient contaminés.Selon Michel Alary, cela s’explique par la répartition de la température de l’eau.Deux éléments chauffants se trouvent en bas et en haut de l’appareil électrique, à une dizaine de centimètres des extrémités.Il reste alors I fe luii ; billard, d ' lions sont I pants i I hike' ! élussesfo 1 En France MtÉlïi ! btoü| l tbit.«tpi %Éi I québécois I Ejckei ! I ses codsi I Mlaids ei I blliii ! Eonr const I *31(1 I Passes I S ; Nentau, a s eau, Off., R % ct^ffe % S "H s“jeiitj| “\st H Hi w »’v„ Mictii, etL x 1 ¦fille des funérailles.Ainsi, un même corbillard, dont la richesse et les décorations sont à option, peut servir aux plus pauvres comme aux plus nantis.Selon Marthe Taillon, la ségrégation en classes fut plus développée en Europe.En France, il y avait neuf classes et le corbillard de la neuvième s’apparentait beaucoup à la boîte de bois dans une charrette.Au Québec, selon elle, l’opinion publique ne tolérait pas un si grand dépouillement.En hiver, le corbillard québécois sera monté sur patins.La chercheuse s’est aussi intéressée aux constructeurs québécois de corbillards et a même découvert un spécialiste: Théode Désilets de Victoriaville.Pour construire les véhicules funèbres, il arrivait que les sculpteurs locaux s’associent aux artisans charrons.Les paroisses les plus riches des villes occupaient aussi le haut du pavé de la mode en la matière.Et par la revente de leurs anciens modèles aux paroisses des campagnes, on a même connu un marché du corbillard d’occasion.Malgré la venue suffisamment d’espace pour que de l’eau tiède stagne au fond du chauffe-eau, permettant la prolifération de la bactérie.L’eau tiède constitue, en effet, un bon milieu de prolifération.Avec les chauffe-eau à l’huile, le problème disparaît, car le brûleur étant au fond du réservoir, la chaleur est plus intense à cet endroit.Par ailleurs, une maison située dans un vieux quartier est plus sujette à la contamination.À Québec, on a constaté que la bactérie est moins présente dans les résidences construites au cours des 20 dernières années.Toutefois, malgré la contamination, il n’y a pas lieu de s’alarmer, selon Michel Alary.On ne connaît pas exactement le lien entre la présence de la bactérie dans les chauffe-eau domestiques et la possibilité de contracter la maladie.Legionella pneumophila compte plusieurs souches, dont la plupart ne seraient pas très virulentes.Une étude américaine devrait éclairer bientôt la relation entre la contamination par la bactérie et le développement de la du corbillard automobile, il a fallu attendre les années 1940 pour voir le véhicule funèbre hippomobile-entrer définitivement dans l’histoire et.pourquoi pas, dans l’immortalité! PIERRE DUBOIS Le corbillard de luxe de la maison Lépine à Québec, conçu en 1900-1901, fait aujourd’hui partie des collections du Musée de la civilisation.PHOTO : MARTHE TAILLON Un corbillard pour enfants, modèle n° 1 du catalogue du fabricant de Victoriaville, Théode Désilets.maladie chez l’humain.Au Québec, selon le chercheur, trop peu de gens — et c’est tant mieux — contractent la maladie chez eux pour qu’on puisse mener à bien une étude de ce genre.Un corbillard avec son «train d’hiver», le modèle n" 20 du catalogue du fabricant de Victoriaville, Théode Désilets.PHOTO : MARTHE TAILLON C’est en milieu hospitalier que la maladie du légionnaire fait le plus de ravages ici.Selon Michel Alary, plusieurs hôpitaux du Québec ont connu des épidémies parce que certaines personnes sont plus sensibles à la maladie en raison de déficiences immunitaires.Les personnes diabétiques, sidéennes ou âgées entrent dans cette catégorie.Encore une fois, la source du problème est le système de production d’eau chaude de l’hôpital.L’âge élevé des chauffe-eau, la basse température et la localisation sont encore parmi les facteurs explicatifs.À cause de la grande taille des réservoirs, il faut de plus ajouter la stagnation de l’eau chaude, qui favorise la prolifération de la bactérie.On devra prendre des mesures correctives à l’hôpital, mais, de dire le chercheur, il faut qu’elles soient adaptées.Par exemple, une eau très chaude capable de nuire à la bactérie peut devenir un problème pour les soins des patients et patientes, sans compter les coûts d’énergie.Chez nous comme à l’hôpital, la maladie du légionnaire fait partie du revers de la médaille des économies d’énergie.PIERRE DUBOIS 30 INTERFACE JANVIER • FÉVRIER 1992 VJ!»* tW.>:" i.mss WOk itPTpiik', PHOTO : JEAN-GUY FAUCHER, MINISTÈRE DES FORÊTS DU QUÉBEC Si les grandes coupes à blanc en forêt sont décriées à juste titre, le blâme est loin d’être aussi unanime envers les coupes forestières de plus petites dimensions.En plus des avantages que ces dernières représentent pour la reproduction de certains mammifères, des chercheurs de l’Université Laval viennent de leur trouver un autre bienfait: les oiseaux les adorent! Dans la réserve faunique de Duché-nier, au sud de Rimouski, la forêt est un mélange d’espèces résineuses et feuillues.Au cours des récentes années, on y a fait des coupes par bandes pour favoriser principalement la reproduction du cerf de Virginie.Cette forme de coupe, relativement rare au Québec, consiste en une série de petites coupes (d’une largeur ici de 60 mètres) qui alternent avec des bandes de forêts laissées intactes.C’est dans cette forêt de la région du Bas-Saint-Laurent que Patrick Beauchesne, Pierre Larue, Louis Bélanger et Jean Huot, chercheurs — les trois premiers en foresterie et le dernier en biologie —, ont étudié la réaction de la faune ailée à ce type d’aménagement forestier.Pour ce faire, ils ont regroupé les oiseaux en guildes, une classification faite selon le lieu habituel d’observation en forêt.Par exemple, les grives à dos olive et les roselins pourprés se retrouvent le plus souvent au sol tandis que la mésange à tête brune se perche sur les arbustes et que le roitelet à couronne rubis se tient dans la cime des arbres.En tout, cinq guildes divisent ainsi les oiseaux forestiers le plus souvent observés.La diversité des habitats entraîne une plus grande richesse de la flore et de la faune: il s’agit là d'un dogme en écologie.La bordure de deux écosystèmes voisins, la lisière, a donc la réputation d’être d’une grande richesse écologique.C’est le cas, par exemple, des berges, c’est-à-dire de la zone de rencontre entre la forêt et les cours d’eau.Et c’est aussi le cas pour la forêt au voisinage de la coupe.Comme l’explique Louis Bélanger, l’étude a permis de vérifier la véracité du dogme écologique.Dans la forêt, au voisinage d’une petite coupe, on remarque une plus grande abondance des types d’oiseaux que l’on observe habituellement sur le sol et sur les arbustes.Les chercheurs arrivent à ce résultat en comparant les oiseaux dénombrés près du secteur coupé à ceux - iMioupe s» rcsito s sol ini' perd» pistil is» ((il# berces.lit®® i#1 INTERFACE JANVIER • FEVRIER 1992 Structure multicouche vue au microscope électronique .u :s » n 'si; d’un autre endroit où aucune coupe n’a été faite.La diversité de la flore, occasionnée par la coupe, et surtout l’abondance de nourriture qui s’ensuit, expliquent le phénomène.Selon le chercheur, la forêt du Bas-Saint-Laurent, comme celle d’une bonne partie du Québec, est adaptée pour bien réagir aux perturbations naturelles que sont les feux et les épidémies d’insectes.La coupe, une perturbation artificielle, produit des effets similaires.Les espèces arbustives deviennent plus nombreuses et les oiseaux en profitent.Louis Bélanger fait cependant attention de ne pas généraliser trop rapidement.Il croit que les résultats sont valides seulement pour la forêt de sapins boréale, laquelle ne compte que pour 50 p.cent du capital forestier du Québec.Selon lui, les forêts nordiques d’épinette noire forment un tout autre écosystème et les oiseaux pourraient y réagir très différemment.De plus, en milieu agroforestier, comme en Estrie ou dans la région de Montréal, la faible proportion du couvert forestier entraîne, selon Louis Bélanger, une dynamique très différente.Plusieurs études américaines, réalisées sur des territoires comparables du nord-est des États-Unis, ont montré que les coupes forestières, même petites, peuvent avoir l’effet d’appauvrir les populations d’oiseaux.Ces coupes sont faites à l’intérieur de petits îlots forestiers dispersés au milieu d’importants massifs agricoles.À la suite de ces coupes, les oiseaux deviennent plus sensibles aux prédateurs que sont d’autres oiseaux ou mammifères.Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement vient d’émettre l’opinion que l’aménagement forestier doit résolument se diriger vers l’utilisation polyvalente de la forêt.La coupe ne pourra pas rester uniquement une activité industrielle d’alimentation des usines de sciage et de papier.On se tourne déjà vers des coupes visant la conservation de toutes les fonctions du milieu naturel, y compris la qualité des habitats fauniques.Cette reconnaissance de l’apport bénéfique des petites coupes sur l’habitat des oiseaux par les chercheurs de l’Université Laval, arrive donc à point.PIERRE DUBOIS Un plastique plus facile à recycler en usine et plus facile à produire a été conçu récemment par Musa Kamal, directeur du Département de génie chimique à l’Université McGill.Ce polymère monocouche remplacera éventuellement le plastique multicouche utilisé actuellement, dont les rebuts lors de la fabrication en usine sont très difficiles à recycler.Les contenants de plastique sont habituellement composés de cinq à neuf couches de polymères constituées par des chaînes chimiques de macromolécules.Le polypropylène sert souvent de matériau de base, à l’extérieur comme à l’intérieur du contenant.Parce qu’il est trop perméable à la molécule d’oxygène, cependant, on doit le jumeler à l’EVOH, un copolymère d’éthylène-alcool-vinyle qui sert de barrière chimique.Pour lier le tout, on applique des microcouches adhésives entre le polypropylène et l’EVOH.Si on veut recycler cet amalgame, il faut ajouter à ces trois matériaux deux autres couches adhésives.Cette méthode de fabrication requiert plusieurs étapes d’extrusion, au cours desquelles les substances chimiques simples (monomères) sont amalgamées pour qu’on puisse obtenir du plastique.Or, la machinerie sophistiquée essentielle pour l’extrusion est très coûteuse.Musa Kamal et son équipe ont donc cherché à fabriquer un plastique qui ne nécessiterait qu’une seule extrusion, au cours de laquelle seraient mélangés tous les composants.La recette: on incorpore la microcouche adhésive à la toute fin du procédé, dans la filière (le moule), au lieu de le faire dans le cylindre chauffant où se mélangent le polypropylène et l’EVOH.«En étirant la molécule EVOH pour la mouler au polypropylène, explique-t-il, on obtient une couche LE PLASTIQUE N'A PAS DIT SON DERNIER MOT simple à moindre coût et le contrôle de la qualité est meilleur.Le plastique obtenu est aussi résistant et imperméable que le multicouche, mais il se recycle beaucoup mieux en usine, où les erreurs de fabrication varient quand même de 5 à 20 p.cent.» Les applications du plastique sont bien connues dans le secteur alimentaire et, depuis peu, dans celui de l’automobile.Les constructeurs d’automobiles, toujours désireux de rabaisser leurs coûts de production et d’alléger les véhicules, pensent introduire plus de plastique à la place des composantes métalliques, comme dans le cas du réservoir à essence.Les recherches de Musa Kamal sont donc suivies de près par des sociétés telles Dupont, fabricant de plastiques et General Motors, géant américain de l’automobile.Selon le chercheur, l’application de cette découverte signifiera peut-être un rabais, pour le consommateur et la consommatrice, s’appliquant aux produits de plastique.L’agriculture et l’environnement vont aussi bénéficier de ces recherches.Le recyclage du film et des feuilles de plas- Structure monocouche vue au tique, utilisés pour les serres et le paillis, microscope électronique sera facilité grâce au procédé monocouche.Parce que leur vie utile varie de six mois à deux ans seulement, ces produits se retrouvaient jusqu’ici dans l’environnement.En mélangeant les déchets de plastique à du plastique vierge, le chercheur de McGill a obtenu, lors de travaux menés en Jordanie, un matériau plus durable et moins coûteux à produire, tout en supprimant les ris-ques'écologiques entraînés par son éli- _ mination.Les pays en développement, | souvent aux prises avec de sérieux pro-1 blêmes de pollution industrielle, seront 6 donc les premiers bénéficiaires de ces ï recherches.ALAIN FORTIER , * K ' 32 INTERFACE JANVIER • FEVRIER 1992 sanguins, entraînés par la présence d’antigènes sur la membrane cellulaire naturelle.En remplaçant la membrane naturelle par une enveloppe artificielle perméable, qui permet aux cellules de survivre, on pourra théoriquement transfuser de l’hémoglobine «en capsule» dans n’importe quel individu, peu importe son groupe sanguin.Le principe des cellules artificielles est le suivant: il s’agit d’incorporer une substance active dans une membrane de matière organique (protéines) ou chimique (polymères), substance qui déjouera les anticorps monoclonaux et les lymphocytes, ces organismes programmés pour détruire tout corps étranger.De l’hémoglobine, des enzymes, des multi-enzymes, mais aussi des cellules ou des microorganismes qui agissent de différentes manières sur les organes concernés, pourront dès lors Des cellules artificielles remplies d’hémoglobine pourraient bientôt remplacer les globules rouges dans les transfusions sanguines.Voilà ce que postule le D'Thomas Chang, professeur de physiologie et de médecine, directeur du Centre de recherche sur les cellules et organes artificiels de l’Université McGill.Ce médecin n’en est pas à ses premières armes: avant de s’intéresser au sang artificiel, le scientifique a jeté les bases de sa théorie en mettant au point l’hémoperfusion, une technique de détoxification du sang par filtration au travers de cellules de plastique remplies de charbon activé.Sa découverte est aujourd’hui utilisée dans tous les hôpitaux.L’objectif de départ du chercheur, qui travaille sur les cellules artificielles depuis 35 ans, était de contrer les problèmes d’incompatibilité des groupes faire leur travail sans problème dans le corps humain.Toutefois, les cellules artificielles ne sont pas encore tout à fait au point.L’hémoglobine encapsulée dans une membrane artificielle, par exemple, se retrouve rapidement éliminée par l’organisme (filtration des reins).Pour corriger la situation, des chercheurs dont ceux de l’Université McGill ont alors lié chimiquement les molécules d’hémoglobine, les liposomes et des protéines de gras, comme membrane artificielle.Les tests effectués sur des rongeurs ont démontré que 90 p.cent du sang pouvait être remplacé par ces cellules artificielles.La dyalise, traitement hebdomadaire essentiel aux personnes atteintes d’insuffisance rénale, peut elle aussi être accélérée grâce à des enzymes qui, introduites dans leur membrane artificielle, convertiront les déchets comme l’urée et l’ammoniaque en amino-acides et en protéines utiles pour l’organisme.L’équipe de l’Université McGill scrute également les maladies héréditaires telles la phénylcétonurie, une déficience enzymatique qui peut entraîner des dommages au cerveau du nouveau-né.Dans ce cas, des cellules artificielles remplies de levure de phénylalanine, l’enzyme manquante, sont administrées par voie orale dans le système digestif, où elle entre en action.La cellule artificielle s’est même révélée plus résistante que l’enzyme naturelle.En incorporant un médicament hormonal à l’acide polylactique — un polymère biodégradable qui a déjà fait ses preuves à titre de membrane perméable et résistante —, les cancérologues pourraient éventuellement agir de manière plus efficace sur les organes atteints, sans détruire les autres cellules en santé.Les chercheurs montréalais, avec le support des biotechnologies, doivent maintenant relever le défi de fabriquer des membranes artificielles compatibles et de dimension adéquate, c’est-à-dire suffisamment grosses pour transporter la bonne quantité d’enzymes, de protéines et même de médicaments, et assez petites pour se faufiler dans l’ensemble du corps humain.ALAIN FORTIER LES CAHIERS DE L'ACFAS Les cahiers scientifiques Dernières parutions Le paradoxe de la gestion universitaire: pour une nouvelle problématique Consultations publiques et stratégies de planification // Une démocratie technologique?Colloque sur la fabrication automatisée Territoires et minorités: de l'Amérique française au lac Meech Bioéthique, méthodes et fondements La pensée économique au Québec français Génétique et éthique: identification et thérapie des maladies génétiques L'Utilisation du processus d'apparition du handicap: approche conceptuelle dans la recherche ^ «Sexe faible» ou travail ardu?Recherches sur la santé et la sécurité des travailleuses L'Actualité de la recherche en lecture Iconographie et image de la Révolution française \\ Les avenues de la science politique: théories, paradigmes et scientificité La paix comme projet de justice Droits - Liberté - Démocratie Montréal: Tableaux d'un espace en transformation Les publications de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences sont vendues en librairie (distribution Prologue) Renseignements: Acfas 2730, Chemin de la Côte-Ste-Catherine, Montréal (Québec) H3T 1B7 Téléphone: (514)342-1411 Télécopieur: (514)342-9552 'imp FÉVRIER 1992 I Nil RF ACE JANVIER « LIBAN: LES EFFETS DE U GUERRE Au Liban, les affrontements entre les divers groupes politico-religieux ont entraîné, entre 1975 et 1987, le déplacement forcé, à l’intérieur même du pays, de plus de 125 000 ménages, c’est-à-dire du cinquième des ménages résidents, soit 568 000 personnes.Outre des situations très pénibles à vivre par les gens concernés, cette migration interne a déclenché la formation d’une nouvelle cartographie sociale.Afin d’en mieux cerner la réalité et de connaître l’aide dont auraient besoin les déplacés libanais, une équipe dirigée par des chercheurs de l’Université Laval, à Québec, et de l’Université Saint-Joseph, à Beyrouth, ont mené, au cours des cinq dernières années, une vaste enquête financée par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et la fondation Ford.Selon cette étude, c’est Beyrouth-Ouest qui a connu la plus grande modification de son peuplement.Ainsi, l’exode d’une partie considérable de sa population d’origine (représentant 56 p.cent des déplacés) et l’arrivée de réfugiés d’autres régions font que les déplacés formaient, en 1987, plus du tiers de la population de cette ville.QUESTION DE SÉCURITÉ Alors qu’avant le début des troubles, le mariage, l’amélioration de l’habitat, le travail ou les études constituaient les principaux motifs de changements de résidence, à partir de 1975, le mobile de première importance de la migration est devenu la recherche de sécurité.De fait, d’après les informations recueillies par le groupe de recherche, 34,2 p.cent des chefs de ménage déplacés ont déclaré avoir été contraints de changer de lieu de résidence essentiellement parce qu’ils habitaient une zone exposée.D’autres ont affirmé qu’ils se sentaient en milieu politiquement (10,1 p.cent) ou militairement (11,2 p.cent) hostile.En tout, 44,5 p.cent ont dû, de force, plier rapidement bagage.Résultat: d’une région d’installation à l’autre, l’origine des déplacés diffère et cela d’autant plus que les gens ont dès lors eu tendance à s’installer dans un milieu de même appartenance confessionnelle (chrétiens, musulmans) ou politique que la leur.L’ampleur des mouvements internes de populations occasionnés par la guerre n’est pas banale: alors qu’en 1970 la proportion de non-migrants atteignait 67,6 p.cent, en 1987, seulement 35,4 p.cent des Libanais habitaient leur lieu de résidence depuis la naissance.Bien que des mouvements non négligeables aient eu lieu, notamment en 1985-1986, les directeurs de l’étude, Robert Kasparian (Beyrouth) et André Beaudoin (Québec), relèvent principalement deux grandes vagues de déplacements.La plus importante, en 1975-1976, comptait 39,1 p.cent des ménages déplacés vivant encore leur condition de déplacés au moment de l’enquête (c’est-à-dire depuis 12 ans); la seconde, en 1983-1984, comptait 17,3 p.cent d’entre eux.DIFFICILES CONDITIONS DE VIE Avec leurs 5,43 personnes par ménage en moyenne, plutôt que 4,95, les ménages déplacés apparaissent de taille nettement plus grande que celle de l’ensemble de la population.En outre, leur composition n’est pas la même.Dans 27,4 p.cent des cas, comparativement à 22,9 p.cent pour l’ensemble de la population, les ménages déplacés sont composés d’une famille nucléaire à laquelle se greffent d’autres parents.La famille nucléaire comprend, chez 14,5 p.cent des ménages déplacés et 11 p.cent des ménages de l’ensemble de la population, une moyenne de 4,29 enfants de moins de 18 ans.Cette composition, ajoutée au fait que, dans la population déplacée, moins d’une personne sur quatre travaille — au lieu d’une sur trois normalement — expliquerait au moins partiellement pourquoi le niveau de vie de plus de 75 p.cent des ménages soumis à l’enquête (ce qui équivaut à plus de 1 755 ménages ou 9 717 personnes) se trouve § inférieur à celui de l’ensemble des rési- g dents du Liban.£ m spa; Autre élément explicatif probable: sur les 12 956 personnes interrogées, 1 539 (soit 11,9 p.cent) déclarent être affectées d’un handicap ou d’une maladie chronique, les hommes ayant un taux de handicap deux fois plus élevé que les femmes tandis que ces dernières sont légèrement plus nombreuses à souffrir de maladies chroniques.Sur ce nombre, 54,8 p.cent (soit 843 personnes) signalent ne bénéficier d’aucune aide ou assurance pour faire face aux coûts liés à leur maladie ou handicap.Les frais, en moyenne, des soins médicaux sont estimés annuellement à 35 300 livres libanaises (LL) de 1987 par personne handicapée et à 42 800 LL par malade chronique.Or, au moment de l’enquête, environ deux tiers des ménages de l’échantillon ont confié vivre d’un revenu annuel inférieur à 240 000 LL.Chose étonnante: bien que les principaux handicaps mentionnés soient la paralysie d’une moitié du corps (hémiplégie) ou des membres inférieurs (paraplégie), la guerre n’est invoquée comme cause que dans 25,2 p.cent des cas.Elle serait toutefois responsable de 16,7 p.cent des maladies nerveuses et de 3,2 p.cent des maladies chroniques.Par ailleurs, si seulement 6 p.cent des ménages déplacés (sur 2 424) n’avaient pas le statut de propriétaire ou de locataire de leur logement avant le déplacement forcé, par la suite, près de la moitié (soit 47,4 p.cent) devaient vivre de façon non autonome (c’est-à-dire aux dépens du réseau de parents, d’un parti ou d’une association) ou occuper un lieu d’habitation sans droit légal (logements réquisitionnés).PROBLÈMES À RÉSOUDRE Soulignant que l’importance accordée aux difficultés rencontrées dépend de la perception que se font d’elles les déplacés, les chercheurs constatent que, pour 57,8 p.cent des ménages concernés (notamment ceux de Beyrouth-Est), la première difficulté à surmonter apparaît d’ordre financier.Sont ensuite le plus souvent cités les difficultés d’accès aux soins médicaux, de logement et les problèmes de scolarisation des enfants.Certes, la nature de l’aide souhaitée varie quelque peu en fonction du lieu de résidence.Reste que 56,5 p.cent des ménages interrogés aimeraient recevoir en priorité de l’aide alimentaire.Presque autant (53,1 p.cent) réclament une aide médicale.Les souhaits d’une aide au logement ou à la scolarisation des enfants viennent en troisième lieu.Une enquête de nature qualitative réalisée auprès de 24 familles et ne permettant aucune généralisation, illustre certaines tendances vis-à-vis de la façon dont les personnes affrontent le stress et les problèmes occasionnés par les déplacements forcés.Ainsi, il semble que la majorité des familles aient commencé à réagir positivement seulement trois à huit mois après le déclenchement de la crise.La réadaptation malgré les déplacements successifs s’est révélée d’autant plus facile et réussie qu’une décision volontaire de prise en main de la situation a été assumée tant par le père que par la mère, ou encore, que la famille a pu retrouver un statut équivalent, voire amélioré, par rapport à celui dont elle jouissait dans son milieu d’origine.D’une manière ou de l’autre, la solidarité familiale au sens large apparaît un facteur de réussite notoire.Selon François Farah, responsable du projet au CRDI, l’ensemble des résultats de cette étude — qui sera présentée lors d’une conférence de trois jours à Beyrouth (Liban), en janvier 1992 — constitue pour la centaine d’organismes gouvernementaux ou non gouvernementaux invités, une base sur laquelle ils pourront s’appuyer pour se doter d’une stratégie d’aide plus efficace.«Cette recherche, rappelle-t-il, a permis de faire une évaluation systématique de la population libanaise, chose qui n’avait pas été faite depuis le dernier recensement, en 1932.» Ainsi, on sait désormais que la population totale compte environ trois millions d’habitants.Cet estimé est considéré actuellement comme le plus fiable dans tout le Liban.LYNE LAUZON CRDI CANADA CETTE CHRONIQUE EST RENDUE , POSSIBLE GRÂCE À LA | COLLABORATION DU CENTRE DE RECHERCHES POUR LE , DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL | (CRDI). 36 UN BRAS ARTICULÉ POUR LES PERSONNES ATTEINTES DE FIBROSE KYSTIQUE Pierre Gauthier, technicien de recherche en robotique à l’Institut de recherche d’Hydro-Québec (IREQ), et José Serrano, du Service de recherche en systèmes du réseau de Bell Canada, ont mis au point un appareil qui permettra aux personnes atteintes de fibrose kystique d’effectuer elles-mêmes leurs traitements de drainage postural.Le bras articulé multidirectionnel, couplé à un percuteur à bruit réduit, vient de faire l’objet d’une entente de transfert technologique avec Médicana inc., un distributeur d’appareils médicaux.La réalisation du prototype-laboratoire s’est effectuée avec le concours de l’hôpital Sainte-Justine et du Centre de recherche industrielle du Québec (CR1Q).Ce dispositif, développé à la demande de l’Association québécoise de la fibrose kystique (AQFK), procurera plus qu’un soulagement physique aux malades.Il leur permettra un retour à un mode de vie plus autonome, projet dont ces personnes avaient fait le deuil.La fibrose kystique est une maladie génétique qui se transmet lorsque les deux parents sont porteurs.S’il s’agit encore de la plus grande cause de décès chez les jeunes — leur espérance de vie il y a quelques décennies n’était que de trois ans —, près de 1 000 personnes atteintes vivent au Québec actuellement.Leur espérance de vie atteint même les 30 ans.Toutefois, pour que la personne survive, cette maladie exige une absorption massive d’antibiotiques, en plus d'un traitement quotidien, le drainage postural, également appelé «clapping».Ce traitement consiste en une succession de battements appliqués manuellement à 11 endroits dans le dos et sur le thorax.Il doit être donné par un ou une physiothérapeute, ou encore, par un parent du malade, afin d’éliminer le mucus qui s’accumule dans les lobes pulmonaires.L’appareil mis au point par l’équipe de chercheurs se compose avant tout d'un support articulé, le bras, qui assure une liberté de mouvement sur les plans vertical, latéral et longitudinal.Fixé au M0.0$} mmm .Lu ¦ ¦' ¦ -! •!* M 6* .„ 'ÉÈmm '.-fL-r > sigillé jplSssfgf mïw & & fr *MÊÊËÊËÈl aM?"Xr~ mur ou à un meuble, grâce à une pince ajustable, le bras articulé muni d’un percuteur à ventouse, permet à la personne malade de se traiter elle-même à domicile, ou encore, en voyage dans sa chambre d’hôtel.A l’extrémité du bras, une rotule à frein permet d’orienter le percuteur dans le bon angle de travail, au-dessus du lobe traité.Une poignée munie d’une manette de frein (semblable à celle d’un vélo) permet à l’utilisateur ou l’utilisatrice de faire varier l’angle du percuteur en dégageant la rotule.Avant de s’installer en position couchée sur la mallette de transport transformée en table de traitement, le ou la malade aura ajusté la tension du bras, grâce à un dispositif placé à sa base.Le percuteur mécanique employé avec le bras-pilote est une adaptation d’un modèle existant dont l’impact sonore a été réduit de 25 p.cent.L’appareil, connu de tous les thérapeutes, mais fort peu utilisé, agit comme une scie-sauteuse, munie d’une ventouse de caoutchouc.À un rythme de 15 impulsions par seconde, l’ancien modèle produit près de 100 db.Comme un traitement complet dure de 30 à 45 minutes, on comprend que la plupart des thérapeutes, comme les patients, préfèrent le clapping manuel! La nouvelle version des chercheurs Pierre Gauthier et José Serrano, adaptée au bras articulé, ne génère que 75 db.Elle fait l'objet d'une demande de brevet pour le compte du CRIQ.Une autre version de l’appareil de base, le percuteur-vibrateur, permettrait de traiter les enfants, dont l’ossature est plus fragile.Hydro-Québec et Bell ont d’ailleurs placé une demande de brevet pour ce modèle, dont la mise au point, de même que la fabrication plus complexe, retardent la mise en marché.Ce transfert technologique est inusité, car il est issu d’une entente entre deux entreprises étrangères au monde de la recherche médicale.Le bras articulé et les percuteurs mis au point pour venir en aide aux personnes atteintes de fibrose kystique, devraient coûter près de 600 $; ils pourraient également servir aux personnes atteintes de bronchite chronique.Ce marché potentiel est estimé à 625 000 personnes pour l’Amérique du Nord uniquement. 1 37 SCIElJ NTER INTERFACE JANVIER • FÉVRIER 1992 PAR SOPHIE AAALAVOY DU DIPLÔME AU TRAVAIL Bonne nouvelle! De 1982 à 1989, le pourcentage de diplômées et diplômés qui se sont trouvé un emploi après le baccalauréat ou la maîtrise est passé de 71 p.cent à 78,7 p.cent, et ce, malgré la croissance des effectifs.Autre point positif: le travail offert est plus souvent relié au domaine d’études.Ce constat ressort d’une enquête menée, en 1989, par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science auprès de 28 145 personnes issues de la promotion universitaire de 1987, enquête dont les résultats viennent de paraître1.Il y a, toutefois, quelques ombres au tableau: le fait, par exemple, que le pourcentage de diplômées et de diplômés qui travaillent à temps partiel soit passé de 3,5 p.cent en 1982 à 9,7 p.cent en 1989.On observe également une progression marquée de l’emploi temporaire, lequel passe d’une proportion de 12,4 p.cent des emplois en 1982 à 24,3 p.cent en 1989.C’est ainsi que le taux de placement permanent relié au domaine d’études passe de 60,9 p.cent en 1982 à 55,5 p.cent en 1989 chez les bachelières et les bacheliers.Chez les détentrices et les détenteurs d’une maîtrise, ce taux passe de 67,6 p.cent en 1982 à seulement 54,1 p.cent en 1989.Source: AUDET, M.«Qu’advient-il des diplômées et des diplômés universitaires?», ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science, gouvernement du Québec, 1991.LA SCIENCE AU RENDEZ-VOUS DE LA RELANCE ÉCONOMIQUE La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science, Lucienne Robillard, ainsi que le ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Technologie et responsable du Fonds de développement technologique, Gérard APPEL DE COMMUNICATIONS Le Centre de recherche du Collège universitaire de Saint-Boniface organise, en collaboration avec l’Acfas-Manitoba, un colloque national sur le thème «L’Etat et les minorités», les 6 et 7 novembre 1992.Les personnes intéressées à soumettre une communication doivent faire parvenir un résumé d’une demi-page avant le 30 janvier au Secrétariat du Centre de recherche, CUSB, 200, avenue de la Cathédrale, Winnipeg (Manitoba), R2H 0H7, tél.: (204) 233-0210, téléc.: (204) 237-3240.UNE CHAIRE POUR LA MULTIETHNICITÉ Le ministère du Multiculturalisme et de la Citoyenneté vient d’octroyer une somme de 400 000 $ à l’Université du Québec à Chicoutimi pour la création d’une chaire d’enseignement et de recherches multiethniques.Le but de cette chaire est d’élaborer un programme visant l’interaction sociale et la communication entre les divers groupes ethnoculturels de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean.DES PRIX, DES PRIX, DES PRIX.Louise Filion, directrice du Centre d’études nordiques de l’Université Laval, a reçu en décembre dernier le prix Léon-Lortie 1991 de la Société Saint-Jean-Baptiste, qui remettait également le prix Esdras-Minville 1991 à Marc-Adélard Tremblay, professeur d’anthropologie à l’Université Laval.Par ailleurs, Roger M.Leblanc, du Tremblay, ont annoncé en novembre dernier la mise en oeuvre du programme SYNERGIE du Fonds de développement technologique.Doté d’un budget de 32 millions de dollars et d’une durée prévue de cinq ans, le programme SYNERGIE s’adresse aux chercheurs des universités, des collèges et des organismes qui leur sont rattachés.Il vise à renforcer la capacité d’innovation technologique du Québec en soutenant financièrement des projets de recherche dont la réalisation exige une collaboration soutenue entre les milieux de la recherche et des entreprises.Par ce nouveau programme, le gouvernement du Québec vise à faciliter le transfert des connaissances des milieux de la recherche vers les entreprises; à favoriser le développement des connaissances et leur utilisation par les entreprises afin de renforcer leur capacité d’innovation technologique et, ultérieurement, leur compétitivité sur les marchés internationaux; à diminuer le potentiel d’incertitude scientifique et technologique inhérent aux projets qui ont trait au passage de la recherche à l’exploitation industrielle et commerciale de ses résultats; à favoriser une collaboration soutenue entre les milieux de la recherche et ceux de l’industrie.UN DIPLÔME DE SAGE-FEMME L’Ontario sera la première province à créer un programme de baccalauréat de sage-femme.Ce programme d’études, qui devrait être offert dès 1993, sera élaboré par les universités assurant la formation des professionnels de la santé.L’endroit où il sera implanté sera déterminé ce printemps. FÉVRIER 1992 — INRS LA FORCE DE LA SCIENCE L'Institut national de la recherche scientifique est un milieu de recherche dédié à la formation de chercheurs dans des domaines hautement prioritaires pour toute société moderne.Parmi les avantages inhérents à la poursuite de vos études à l'INRS, il faut mentionner l'offre de bourses alléchantes et un encadrement multidisciplinaire adapté aux besoins de chacun.L'obtention d'une maîtrise ou d'un doctorat à l'INRS est un gage de succès pour une carrière stimulante aux multiples défis.Les études de pointe à l'INRS Renseignements : ¦ Maîtrise en sciences expérimentales de la santé (514)630-8800 ¦ Maîtrise et doctorat en sciences de l'énergie (514) 468-7700 ¦ Maîtrise et doctorat en sciences de l'eau (418)654-2524 ¦ Maîtrise et doctorat en télécommunications (514) 765-7844 ¦ Maîtrise en analyse et gestion urbaines* (514)499-4000 ¦ Doctorat en études urbaines** (514)499-4000 • Accueil pour études en océanologie et en géoressources (418)654-2517 ¦ Stages et études postdoctorales (418) 654-2517 * Programme offert conjointement avec l'Université du Québec à Montréal et l’École nationale d'administration publique.•‘Programme offert conjointement avec l'Université du Québec à Montréal.Université du Québec Institut national de la recherche scientifique Centre de recherche en photobiophysique de l’Université du Québec à Trois-Rivières, a mérité le prix John Labatt 1991 de la Société canadienne de chimie.C’est la première fois depuis sa création en 1977 que ce prix est remis à un universitaire québécois francophone.Finalement, John Jonas, titulaire de la chaire de transformation de l’acier du Département de génie minier et métallurgique de l’Université McGill, vient de recevoir la Grande médaille de la Société française de métallurgie et des métaux.À VOS PLUMES! Le ministère de l’Éducation du Québec est en train de produire une banque de données sur CD-ROM (disque compact couplé à un ordinateur) pour l’apprentissage et l’enseignement des sciences au secondaire.L’objectif de cette banque est de promouvoir l’étude des sciences en fournissant aux élèves et aux enseignants des exemples réels de recherches effectuées dans divers domaines, comme l’écologie, les sciences physiques et la biologie humaine, ainsi que des applications des résultats de ces recherches.Tous les lecteurs et lectrices d’INTER-FACE sont invités à participer à ce projet en faisant parvenir un court article de 3 à 5 pages, illustré si possible, décrivant le sujet de leurs travaux, à M.Claude Délisle, ministère de l’Éducation, Direction des ressources didactiques, 600, rue Fullum, 8e étage, Montréal (Québec), H2K 4L1, tél.: (514) 873-0957, téléc.: (514) 864-1948. BOU PAR MICHÈLE BLAIS PRIX 39 INTERFACE JANVIER «FÉVRIER 1992 AFFAIRES INDIENNES ET DU NORD CANADA • Prix de la recherche scientifique sur le Nord Le prix est décerné à une personne qui a contribué de façon importante à la connaissance et à la compréhension du Nord canadien.Date limite: 31 mars 1992 Renseignements: Steven C.Bigras Secrétaire Comité du Prix de la recherche scientifique sur le Nord Les Terrasses de la Chaudière Ottawa (Ontario) K1A0H4 (819)953-8069 ASSOCIATION CANADIENNE , DES PROFESSEURS D'UNIVERSITES • Bourses J.H.Stewart Reid Pour études doctorales dans tous les domaines Date limite: 30 avril 1992 Renseignements: Agent des bourses Association canadienne des professeurs d’universités 294, rue Albert Bureau 308 Ottawa (Ontario) K1P6E6 (613) 237-6885 AUPELF/UREF • 40 bourses d’excellence Post-doctorat (amélioration des systèmes post-récoltes, biotechnologie animale et végétale, circuits locaux de financement et entrepreneuriat, démographie, épidémiologie du sida, génie parasécheresse, lexicologie, terminologie et traduction, recherche antipaludique — épidémiologie, immunologie et thérapeutique —, télédétection, foresterie, droit et environnement).Date limite: 15 février 1992 • 60 bourses de mobilité CIME Avoir terminé au moins deux années d’études universitaires (génie, agronomie et agro-alimentaire, gestion et droit, informatique, santé, biologie, sciences humaines et sociales).Date limite: 30 mars 1992 Renseignements: Jocelyne Méthot AUPELF/UREF Bureau Amérique du Nord Université de Montréal C.P.6128, succursale A Montréal (Québec) H3C 3J7 (514)343-7232 BUREAU CANADIEN DE L'EDUCATION INTERNATIONALE (BCEI) • Bourses de l’ACDI à l’intention des professionnels Pour des programmes originaux de travail-étude ou des emplois à court terme reliés à des projets déjà établis, dans des pays en voie de développement.Date limite: 30 avril 1992 Renseignements: BCEI 85, rue Albert Bureau 1400 Ottawa (Ontario) K1P6A4 (613)237-4820 CENTRE DE RECHERCHES POUR LE DEVELOPPEMENT INTERNATIONAL (CRDI) • Bourses des jeunes chercheurs canadiens Pour des études supérieures dans une université canadienne.A la maîtrise dans les domaines suivants: sciences de la santé, sciences de l’information, communications ou médias, politique environnementale.Au doctorat dans les domaines suivants: sciences de l’agriculture, de l’alimentation et de la nutrition; communications ou médias, sciences de la santé, sciences sociales, sciences de l’information, sciences de la terre et du génie.Date limite: Les candidatures sont acceptées toute l’année Renseignements: Division des bourses CRDI C.P.8500 Ottawa (Ontario) K1G3H9 (613) 236-6163 CONSEIL DES ARTS DU CANADA • Prix de Rome en architecture Date limite: L'avril 1992 Renseignements: Conseil des arts du Canada 99, rue Metcalfe Ottawa (Ontario) K1P5V8 (613) 598-4304 CONSEIL DES RECHERCHES EN PECHE ET AGRO-ALIMENTAIRE DU QUEBEC (CORPAQ) • Bourses d’assistance à la recherche en agriculture, pêche et alimentation Pour des études de 2" cycle dans un domaine d’intérêt pour le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.Date limite: 31 mars 1992 Renseignements: CORPAQ Direction de la coordination scientifique et technique MAPAQ 200-A, chemin Sainte-Foy 1L étage Québec (Québec) GIR 4X6 (418)646-5775 ENVIRONNEMENT CANADA • Prix d’excellence environnementale Catégorie: L’oeuvre écologique Ce prix rend hommage à une Canadienne ou à un Canadien dont l’ensemble de l’oeuvre écologique constitue une source d’inspiration.NOTE •Pour de plus amples renseignements, s’adresser aux organismes eux-mêmes ou aux universités.Vérifier l’exactitude des dates limites, car elles peuvent être modifiées en cours d’année. 40 INTERFACE JANVIER • FÉVRIER 1992 Date limite: 15 février 1992 Renseignements: Informathèque Environnement Canada 351, boulevard Saint-Joseph Hull (Québec) K1A0H3 (819) 997-2800 FÉDÉRATION DES UNIONS DE FAMILLES • Les Prix de la famille 1992 Catégorie Prix famille, organisme ou personne Un prix de 2 000 $ et une oeuvre d’art sont décernés à une famille, un groupe, un organisme ou une personne (chercheur, écrivain ou artiste) qui, par son engagement, a contribué à soutenir la famille.Date limite: 30 mars 1992 Renseignements: Aline Lévesque Fédération des unions de familles Prix de la famille 890, boulevard René-Lévesque Est Bureau 2320 Montréal (Québec) H2L 2L4 (514) 288-5712 FONDATION , DE L'UNIVERSITE LAVAL • Bourses de doctorat Pour les étudiants de toutes les universités inscrits à temps complet à un programme de doctorat à l’Université Laval.Date limite: Dmars 1992 Renseignements: André Barnard Fondation de l’Université Laval Pavillon Agathe-Lacerte Cité universitaire Québec (Québec) G1K7P4 (418) 656-7060 INSTITUT NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE (INRS) • Bourses postdoctorales Pour des travaux de recherche dans les domaines où oeuvre l’INRS.Date limite: 3 avril 1992 Renseignements: Denis Rhéaume Adjoint au directeur Service des études avancées et de la recherche INRS 2635, boul.Hochelaga Bureau 640 Sainte-Foy (Québec) G1V4C7 (418) 654-2517 FONDATION CANADIENNE DES MALADIES DU FOIE • Bourses d’été La Fondation dispose de 10 bourses d’études d’été pour permettre à des étudiants motivés et ayant obtenu d’excellents résultats scolaires de participer au Canada, durant les mois d’été, à des recherches liées aux maladies du foie.La priorité sera accordée aux étudiants inscrits dans un établissement canadien dans un programme de 1er cycle.• Bourses d’études Quatre bourses sont disponibles afin de permettre à des étudiants de 2' et Grandir au Québec.Nous y croyions en 1911.Nous y croyons aujourd’hui.!Nous sommes ici depuis 1911.Aujourd’hui, notre équipe compte quelque 2 500 employés.A Montréal.A Bromont.Ailleurs au Québec.Kl nous serons là demain.Ensemble.Au nom du progrès.lltM est mu1 mar
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