Interface : la revue de l'ACFAS, 1 novembre 1995, Novembre
Donne-t-elle autant qu’elle reçoit?1 9 9|» 5 a rechëfchejau collés ïIHM Jubli,c ?industrie alimentaire Association canadienne-françinse pour l'avancement des sciences, adresse de retour: 425, rue De ka Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L 2M7 Envoi de publication - Enregistrement n° 6489 1 PER A-sa.i î I r a BNQ | 01001026651806 Demandes d'information pour l'Université de Montréal Bureau des admissions Université de Montréal C.P.6205, succursale Centre-ville Montréal (Québec) Canada, H3C 3T5 Tél.: (514) 343-6426 pour l'École Polytechnique Bureau du registraire École Polytechnique de Montréal C.P.6079, succursale Centre-ville Montréal (Québec) Canada, H3C 3A7 Tél.: (514) 340-4713 pour l'École des Hautes Études Commerciales Écoles des Hautes Études Commerciales 5255, avenue Decelles Montréal (Québec) Canada, H3T1V6 Université de Montréal La Faculté des études UNE FORMATION POUR LE MONDE DE DEMAIN avec © 10 889 étudiants O 298 doctorats et O 2 256 maîtrises et autres diplômes d'études supérieures spécialisées décernés annuellement, l'Université de Montréal est un milieu fécond pour la recherche.Un corps professoral de grande qualité G 185 millions de dollars en subventions de recherche O quatre des neuf Prix du Québec O le prix Steacie et une des quatre bourses annuelles Steacie, © deux des quinze Bourses Killam G quatre des sept prix de l'ACFAS,« le prix scientifique de Radio-Canada.tant de consécrations confirment la valeur de nos professeurs.Chez les étudiants Une politique de financement basée sur G l'aide directe de I1 Université sous forme de bourses d'excellence G des charges de cours et des assistanats d'enseignement ou de recherche G plus de 13 millions de dollars provenant des organismes subventionnaires G des octrois à même les subventions de recherche des professeurs.Fait à souligner, deux des trois prix 1994 de l'Académie des Grands Montréalais ont été attribués à des étudiants de chez nous.Des études adaptées Création de programmes multidisciplinaires et de modèles d'encadrement des étudiants G standards de qualité de niveau international G réduction de la durée des études G accent sur la maîtrise des langages de base: français, anglais, informatique, méthodes quantitatives.La Faculté des études supérieures propose un très grand choix de programmes de maîtrise, de doctorat et d'études postdoctorales dans tous les secteurs : sciences fondamentales et appliquées, sciences de la santé, arts et lettres, sciences humaines et sociales.Importance VOLUME SEIZE • NUMÉRO S I X NOVEMBRE DÉCEMBRE 1995 SOMMAIRE 4 COURRIER 5 COMMENTAIRE L’ACFAS, C’EST QUOI DÉJÀ?Jennifer Stoddart 58 TRANSFERTS 62 SCIENCEMONDE DES CÉRÉALES QUI ONT LA JAUNISSE Pascale Guéricolas 64 INTERNET 66 SCIENCE-INTER 67 CHERCHEURS RECHERCHÉS 68 SOURCES 70 À SUIVRE V SCIENCECLIPS FACE À FACE trois visages, trois parcours Claire Gagnon La recherche au collégial concerne plus de 200 personnes réparties dans l’ensemble des cégeps et dans 1 8 centres de transfert de technologie.Nous en avons rencontré trois: Fernand Landry, Madeleine Cauboue et Suzanne Jean.RECHERCHE LES VERTUS DeT’ESPACE PUBLIC Faut-il j croire?Francine Dansereau et Annick Germain L’espace public peut-il rapprocher les habitants et les habitantes de nos villes contemporaines, et amoindrir les différences sociales, culturelles ou ethniques?Une question pertinente à une époque où l’on n’a jamais autant aménagé d’espaces de ce type.26 Les nutraceutiques arrivent Paul Paquin et Sylvie Gauthier Après les produits allégés sans gras, sans sucre, sans sel, voici venu le temps des aliments «avec»: les nutraceutiques.Avec quoi?Avec des ingrédients aux vertus thérapeutiques.Un marché de plusieurs milliards de dollars, semble-t-il.48 APRÈS LA POMME DE TERRE, LES FRAISES ET L’AIL DES BOIS.DES VAISSEAUX SANGUINS IN VITRO 49 GÉRER AVEC SA TÊTE.DE TOUT SON CŒUR! 51 OMBRE ET LUMIÈRE SUR LA SANTÉ DES QUÉBÉCOISES ET DES QUÉBÉCOIS 53 SOMMEIL AU VOLANT: GARDEZ LE SOURIRE, ON VOUS GUETTE 54 TRISOMIE 21 : BIENTÔT UN DÉPISTAGE SANGUIN 55 RENCONTRE DU DEUXIÈME TYPE AVEC LA RUBISCO ENJEUX 34 donne-t-elle autant qu’elle reçoit?Michel Trépanier Physique des particules, fusion nucléaire, décodage du génome humain.la Big Science coûte cher, au point que l’existence même de certains projets soulève des questions.56 EAUX TROUBLES DANS LES PORTS QUÉBÉCOIS 19907^5^ COURRIER ÉNERGIE ÉOLIENNE: MISE À JOUR Pour faire suite à la publication, dans le dernier numéro d'Interface (septembre-octobre), de l’article «Énergie éolienne: Hydro-Québec remet ça», il pourrait être utile de commenter un des points, soit celui se référant au rapport du Groupe de recherche en économie de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles (GREEN): «malgré les progrès enregistrés, l’énergie éolienne est toujours moins rentable que l’hydro-électricité».Les données éoliennes utilisées par le GREEN étaient basées sur une analyse que nous avions faite pour la Gaspésie en utilisant l’état de 1992.Or, bien que l’énergie éolienne soit utilisée depuis 3000 ans, la forme moderne de cette technologie est relativement jeune et elle évolue très rapidement.Depuis 1992, des développements importants ont été réalisés, époque où nous avions utilisé une éolienne de 450 KW, 35 m de diamètre.En 1993, son diamètre augmentait à 37 m.Une autre évoluait à 500 KW et 39 m.En 1995, cette dernière augmentait à 600 KW et 42 m.En 1996, deux nouvelles éoliennes de 1500 KW et 60 m de diamètre deviendront commercialement disponibles; elles subissent présentement les essais de certification.Les améliorations de performance d’un modèle à l'autre résultent en des réductions de coûts successives de 11p.cent, de 10 p.cent, de 13 p.cent et de 30 p.cent (projeté).Le résultat de ce développement technologique rapide est que le coût de l’éolien de 1997 pourrait être de l’ordre de 55 p.cent du coût de l’éolien de 1992, soit une diminution de 5,6 i viennent contaminer et éteindre les plasmas des toka-maks, le TdeV est un tokamak de taille moyenne qui permet aux scientifiques québécois d’apporter une contribution significative à un créneau de recherche dont l’importance est centrale pour les futurs réacteurs à fusion.Au point de vue financier, ce tokamak de 48 millions de dollars était acceptable pour les gouvernements, puisque les coûts de construction et de fonctionnement étaient partagés à part égale par le gouvernement fédéral et Hydro-Québec.De plus, la participation d’entreprises de haute technologie, notamment Canatom et Technologies MPB, à la conception et au fonctionnement de l’appareil assuraient des retombées technologiques intéressantes.L’exemple du TdeV montre toutefois que l’insertion d’un projet dans un contexte d’application ne garantit pas sa réussite.En effet, l’utilisation des connaissances produites dans d’éventuels réacteurs à fusion était trop lointaine et trop vague pour entraîner à elle seule une approbation rapide de la part du gouvernement canadien.Pour que le projet soit financé, il a fallu que les chercheurs de l’IREQet de l’INRS-Énergie et Matériaux trouvent un «client» suffisamment crédible, en l’occurrence une compagnie publique d’électricité, Hydro-Québec, qui se montre intéressé à investir dans cette filière énergétique.En plus, les gouvernements hésitant à s’engager dans un domaine de recherche où les retombées ne se concrétiseraient qu’à long terme, il leur a fallu faire la démonstration que leur projet aurait un impact à court terme sur des entreprises canadiennes de haute technologie.Le cas plus récent de l’Observatoire de neutrinos de Sudbury (SNO), un projet de recherche on ne peut plus fondamentale, présente les mêmes caractéristiques.Lorsqu’au début des années 80 les physiciens du Conseil national de recherches du Canada et de l’Université Queen’s entreprirent le design d’un nouveau dispositif de détection des neutrinos solaires, leur objectif était de construire un appareil pouvant contribuer à la solution d’un problème scientifique central en astrophysique: l’existence d’un écart considérable entre les niveaux de neutrinos attendus et ceux mesurés dans les appareils existants.Un des éléments clés du design proposé consistait à utiliser de l’eau lourde, ce qui rend possible la détection des trois types de neutrinos connus et donne à l’observatoire une sensibilité près de cinquante fois plus élevée que celle des autres dispositifs expérimentaux existants.Lorsqu’ils déposèrent leur projet devant le gouvernement canadien, les physiciens avaient toutefois plus à offrir que la solution à un problème intellectuel crucial en astrophysique.En effet, ils étaient en mesure d’affirmer que 90 p.cent des coûts de leur observatoire étaient déjà payés en raison du prêt de l’eau lourde par Énergie atomique du Canada — qui n’en n’avait pas besoin étant donné les faibles ventes de ses réacteurs CANDU — et du don de l’aménagement par l’INCO d’un site dans une de leurs mines.Un dispositif expérimental qui aurait nor- malement dû coûter 450 millions de dollars pouvait donc être assemblé pour 45 millions.Voilà une offre qu’un gouvernement peut difficilement refuser! Et si, en plus, les résultats prévisibles ont potentiellement tout ce qu’il faut pour attirer un prix Nobel, alors.Sur le plan financier, l’appareil était d’autant plus intéressant que le gouvernement de l’Ontario acceptait d assumer une partie des coûts et que le projet s’était aussi assuré une participation financière du Département de l’énergie des États-Unis et du Conseil de recherche en science et en génie du Royaume-Uni.Pour obtenir l’approbation finale de leur projet, les scientifiques du SNO durent toutefois démontrer que la construction et le fonctionnement de leur observatoire auraient un impact majeur et immédiat sur le développement de l’industrie canadienne de haute technologie.Dans un rapport spécial, ils indiquaient par exemple que, le détecteur devant utiliser une eau lourde d’une extrême pureté, des techniques ultrasensibles de détection de diverses particules, notamment les métaux lourds, devraient être développées et qu’elles pourraient ensuite être employées dans le domaine de la purification et du traitement de l’eau, ainsi que pour détecter des contaminants que l’on retrouve à des niveaux de trace dans l’environnement.Il est de plus en plus clair que la capacité qu’ont les chercheurs de garder à un niveau relativement modeste les coûts de leurs grands projets et d’orienter ceux-ci de façon qu’ils aient un impact immédiat sur les entreprises canadiennes de haute technologie explique non seulement la réussite de certains projets mais aussi l’échec de certains autres.C’est le cas, par exemple, du projet de construction d’une fabrique de kaons (KAON Factory) à Vancouver sur le site du TRIUMF.Évalué à plus de 700 millions de dollars, le projet KAON bénéficiait du soutien financier du gouvernement de la Colombie-Britannique et comptait sur une promesse de participation financière de la part des gouvernements américain, japonais et allemand.Sans entrer dans les détails, mentionnons seulement que l’importance des coûts joua un rôle déterminant dans la décision d’abandonner le projet.En dépit de la participation de la province et de celle, escomptée, de gouvernements étrangers, la facture, tant pour la construction que pour le fonctionnement de la machine, était trop importante compte tenu des moyens financiers à la disposition des organismes et ministères fédéraux responsables du soutien à la recherche fondamentale.Qu’il suffise de rappeler à titre de comparaison que le budget «subventions et bourses» du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) s’élevait à 477 millions de dollars en 1994! Sans compter la mise de fonds initiale, les coûts de fonctionnement de l’appareil, évalués à 100 millions par an, auraient représenté, grosso modo, 20 p.cent du budget du CRSNG! De plus, la contribution étrangère consistant souvent INTe40 ACE PHOTO: CENTRE CANADIEN DE FUSION MAGNÉTIQUE |ps > \*P".y MÊÊàmÈmm m.mi K Y ' ' Vue du Tokamak de Varennes : centré sur l’étude du contrôle des impuretés qui viennent contaminer et éteindre les plasmas, ce tokamak de taille moyenne permet aux scientifiques québécois d’apporter une contribution significative dans le domaine de la fusion nucléaire. * à fournir des équipements de haute technologie, c’était là autant de retombées économiques et technologiques qui échappaient aux entreprises canadiennes.Le projet fut définitivement abandonné au début de 1994 et, comme on peut le constater, le financement international des mégaprojets n’est pas une panacée qui viendrait garantir la réalisation de ceux-ci.• CERNER LES RETOMBÉES DE LA BIG SCIENCE • Dans le nouvel environnement que nous avons décrit, l’évaluation des retombées économiques et technologiques des mégaprojets devient un enjeu très important.Or, pour procéder à une telle évaluation, les indicateurs d’impacts les plus fréquemment utilisés, comme le nombre de brevets, le nombre de citations, les revenus tirés de licences ou de la vente du produit développé dans le cadre du mégaprojet, ne sont pas toujours bien adaptés.Dans le cas du TdeV, par exemple, l’utilisation de tels indicateurs aurait conduit à la conclusion que le projet n’a eu aucun impact; une conclusion qui aurait été fausse! En fait, pour les grands projets où les connaissances produites ne trouvent pas une application directe et immédiate, une approche socio-historique semble plus pertinente6.11 est impossible de présenter ici l’ensemble des retombées technologiques que nous avons relevées dans le cas du TdeV.Nous nous contenterons plutôt d’illustrer la pertinence de la démarche utilisée en présentant un exemple qui concerne Technologies MPB (MPBT), une entreprise étroitement associée au Centre canadien de fusion magnétique et au Tokamak de Varennes (TdeV).Cet exemple montre très bien le type d’impact que peut avoir un grand projet sur les entreprises qui gravitent autour de lui.Pour réaliser une étude des retombées d’un mégaprojet et tenter d’évaluer l’atteinte d’objectifs de développement économique et technologique, il faut cerner l’ensemble des liens commerciaux et professionnels par lesquels les scientifiques et les ingénieurs qui y sont associés peuvent avoir contribué au développement technologique et commercial d’entreprises.La technologie voyageant d’abord et surtout avec les personnes, il faut donc, pour bien cerner les retombées d’un grand projet, suivre à la trace et examiner en détail ce que les ingénieurs, les scientifiques et les techniciens font des connaissances et des savoir-faire acquis grâce à leurs liens contractuels avec le mégaprojet.Dans le cas de MPBT, on remarque que les retombées les plus importantes résultant de ses activités au TdeV ne se situent pas dans le secteur de la fusion.11 faut plutôt chercher du côté des télécommunications ou de l’électro-optique.Les retombées les plus importantes sont donc indirectes.Dans le cadre de ses travaux au Centre canadien de fusion magnétique (CCFM) qui abrite le TdeV, le personnel de MPBT développe et diversifie son expertise technique et scientifique.Les équipements qu’exige un grand projet scientifique ont, dans plusieurs cas, des caractéristiques qui demandent aux entreprises qui les conçoivent et les fabriquent de repousser les frontières de la technologie ou, à tout le moins, de repousser leurs propres limites.Les connaissances acquises par le personnel de l’entreprise au cours de ces contrats sont ensuite réutilisables dans d’autres projets ou d’autres secteurs d’activités7.Le projet du TdeV fournit à MPBT l’occasion de travailler et de maîtriser des technologies complexes qui autrement seraient trop risquées et trop coûteuses pour ses moyens: fibre optique, lasers (laser infrarouge lointain), circuits électroniques à très haut niveau d’intégration (VLSI) et fonctionnant à grande vitesse, radiofréquence grande puissance, systèmes de représentation graphique, etc.Ces expertises et connaissances sont autant d’«outils» qu’elle utilise ensuite pour résoudre les problèmes ou répondre aux besoins de ses clients.Plus les «outils» qui composent le «coffre» de l’entreprise sont nombreux et diversifiés, plus cette dernière est en mesure de tirer profit des nombreuses opportunités commerciales qui se présentent dans les créneaux de marché qui sont les siens.Pour MPBT, le TdeV est précisément un moyen privilégié d’améliorer et de diversifier son «coffre à outils».Dans certains projets complexes et importants, les «outils» acquis et maîtrisés au Centre canadien de fusion magnétique sont une condition nécessaire à l’obtention des contrats de conception et de fabrication.Un tel lien existe, par exemple, dans le cas d’un con- z trat de 64 millions de dollars que Technologies MPB a ^ obtenu d’un consortium de grandes entreprises de télé- g communications (AT&T, British Telecom, la Direction gé- °-nérale des Télécommunications de France et Teleglobe Canada) pour la conception et la fabrication de multiplexeurs sous-marins (WET-MUX), soit des dispositifs électroniques d’aiguillage de télécommunications par fibre optique.Pour concevoir, fabriquer et tester ce nouveau produit, MPBT doit faire appel aux expertises suivantes: 1) la technologie de la fibre optique; 2) le codage, la communication numérique et le multiplexage; 3) le développement de circuits électroniques à très haut niveau d’intégration (VLSI) et fonctionnant à très grande vitesse; 4) la technologie du laser pour les télécommunications.Or, dans le cas des trois premières, MPBT peut compter sur l’expérience et les connaissances acquises au cours de la conception et de la fabrication des systèmes de contrôle et d’acquisition de données de TdeV.À cet égard, il faut d’ailleurs faire remarquer que les deux principaux responsables techniques du projet WET-MUX avaient aussi été à la tête des travaux de conception et de fabrication des systèmes de contrôle et d’acquisition de données.Sur le plan technique, donc, l’existence d’un lien entre les deux projets ne fait pas de doute: INTEteACE «55-, Techniciens au travail sur le détecteur de particules OPAL du LEP (Large electron-positron collider), soit l’accélérateur le plus grand, mais non le plus énergétique au monde.Les scientifiques canadiens ont contribué à la construction d’OPAL. i guida pratique Mystérieuses anguilles I >À la rechercha Malades infectieuses : i microbe* ph» forts y* rejRÎf LES JARDINS FljEURIS Pour en savoir plus.Nadine, l ia fille-pretzel Les Débrouillards Reportages illustrés, B.D., expériences, jeux.Drôlement scientifique! Pour les 9-14 ans.Quoi faire avec un microscope Science L'événement spatial de y la décennie » *** ?teTttnologie INF# Les agents intelligents: des microvalets sur le Net Québec-Science Toute l'actualité en sciences et technologie.Fiable et passionnant depuis 33 ans! Info-Tech Le magazine de l'informatique et de la technologie au service des utilisateurs ___________ gk ae ia cecnnoiogii ™ service des utilis "Vivement la déréglementation! et des décideurs • WINDOWS 95: décevant.CJUébéCOiS.INTERFACE D« .cmniRquo dans les marges de la science lylvlcallori fconomle forasflepc les Brands prolaix la ••luresllBOB'’ Mécanisation lutte blolooiqne tcoloBla InresiiPjfjj^' j», l£|JB)jyu miniatr^* , .' ^ ¦ ^ , çjr >•*.* • «F e .Franc-Vert Découvrez la nature et l'environnement.en beauté! Forêt & Conservation Pour se brancher sur la forêt québécoise Interface Pour découvrir la science et réfléchir sur ses enjeux.L'abonnement inclut le bottin de la recherche.-, k *' 'V ' m QuébecOiseaux Québec Oiseaux Pour tout connaître sur nos oiseaux.Le magazine québécois du ciel et de l'espace ASTRONOMIC Quatre-Temps touche la botanique, l'horticulture, les sciences de la nature et de l'environnement.Astronomie-Québec le magazine qui vous amène d'une étoile à l'autre.Spectre Pour l'avancement de l'enseignement des sciences au Québec.abonnez-vous! Veuillez m'abonner au(x) magazine(s) suivant(s) pour un an Q Les Débrouillards (28,43 $) 10 nos Q Québec Science (37,60 $) 10 nos ?Info-Tech (31,13 $) 11 nos Q Franc-Vert (23,93 $) 6 nos Q Forêt & Conservation (27,35 $) 6 nos Q Interface (41,02 $ étudiants : 20,51 $) 5 nos .?Quatre-Temps (28 $) 4 nos Q Québec Oiseaux (16 $) 4 nos ?Astronomie-Québec (32 $) 6 nos Q Spectre (27,35 $) 5 nos Prénom Adresse Ville .Province Tél.: Code postal____________________________ Faites votre(vos) chèque(s) à l’ordre du(des) magazine(s) choisi(s) et postez-le(les) à : Agence Science-Presse, 3995, Sainte-Catherine Est, Montréal, Québec, H1W 2G7 (SVP, un chèque par abonnement).Toutes taxes incluses.> : .V - ., .¦ »».— ;-CT«w»xx.vv.v LE CEGEP DE BAIE-COMEAU Un collège engagé dans sa mission.Une seule raison d'être : la formation qui se déploie à travers différentes dimensions./ l'aide à l'entreprise / le transfert technologique / le développement régional / les services à la communauté / la coopération internationale et / la RECHERCHE Le personnel du cégep de Baie-Comeau effectue de la recherche depuis plus de 20 ans.Elle couvre des domaines variés (foresterie, mathématiques, pédagogie, aménagement cynégétique et halieutique, etc.) et s’appuie sur des réalisations pertinentes et de qualité.Le cégep de Baie-Comeau encourage les chercheurs et les chercheuses de son milieu et est fier de partager les résultats des différents travaux, soit par : / la participation de ses chercheurs et chercheuses à des conférences dans le cadre de colloques provinciaux, nationaux et internationaux; / l’organisation d'un colloque régional sur la recherche en 1994.Cégep de Baie-Comeau 537, boulevard Blanche Baie-Comeau (Québec) CSC 2B2 Téléphone: (418) 589-5707 Télécopieur : (418) 589-9842 APPEL DE MISE EN CANDIDATURE (échéance le 1er mars 1996) •< (forum)» PRIX FORUM 1996 pour l’excellence en recherche entreprises-universités Le PRIX BELL CANADA-FORUM Au(x) chercheur(s) exceptionnel(s) participant à des recherches en collaboration Le PRIX HEWLETT-PACKARD (CANADA) LTÉE-FORUM Pour réalisations remarquables qui facilitent la recherche entreprises-universités Pour de plus amples renseignements: FORUM ENTREPRISES-UNIVERSITÉS 1155, boul.René-Lévesque Ouest bureau 2501 Montréal (Québec) H3B 2K4 Téléphone: (514) 876-1356 Télécopieur: (514) 876-1498 4e EDITION - 1996 POUR QUI?& Les professeures et professeurs des cégeps et universités ainsi que toute autre personne faisant de la recherche dans ces établissements; 0 Les chercheuses et chercheurs des centres de recherche publics et privés; & Les étudiantes et étudiants universitaires des 2e et 3e cycles; & De plus, le concours est ouvert aux francophones du Canada résidant à l’extérieur du Québec ainsi qu’aux étudiants et chercheurs étrangers en séjour au Québec.PRIX: 0 Six prix de 2000$ répartis dans les trois catégories de participantes et participants, ainsi que la publication des textes primés.Tél.: (514) 849-0045 Téléc.: (514)849-5558 Courrier électronique: concours.v-s @acfas-2.acfas.ca COMMENT PARTICIPER?œ Soumettre un article traitant de son sujet de recherche.Cet article doit comporter un maximum de cinq feuillets à interligne double, joindre un bref curriculum vitæ.0 La qualité de la rédaction, la rigueur scientifique, le souci de vulgarisation et l’originalité du traitement seront les critères de base retenus par le jury pour la sélection des gagnantes et gagnants.Un guide de vulgarisation scientifique peut être obtenu sur demande.Pour recevoir le formulaire d’inscription au concours et le guide de vulgarisation, s’adresser à: Association canadienne-française pour l'avancement des sciences 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L 2M7 Date de clôture du concours: 1"février 1996 Projet réalisé grâce au soutien du ministère de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie du Québec. LA COURSE AUX PARTICULES: en serons-nous?Si le Canada ne possède pas d’accélérateurs «haut de gamme» lui donnant accès à de très hautes énergies, cela n’empêche pas nos scientifiques de participer — à l’étranger — à la course aux particules.Ainsi, des chercheurs et des chercheuses de l’Université de Montréal collaborent déjà, depuis de nombreuses années, avec le Laboratoire européen pour la physique des particules (CERN) situé à Genève.Ce laboratoire abrite le plus grand (mais non le plus énergétique) des accélérateurs en service dans le monde : le LEP (Large Electron-Positron Collider).Nos scientifiques ont, en particulier, participé à la mise au point d’un des détecteurs du LEP: le détecteur OPAL, une contribution qui s’élève à environ 5 millions de dollars canadiens (plus 300000$ d’entretien annuel).Actuellement, le Canada, n’étant pas membre du CERN, il ne paye aucun frais pour l’opération du LEP comme telle (budget annuel: 1 milliard de dollars canadiens).Une bonne affaire, quoi! Toutefois, il est également prévu que le Canada participe à la construction d’un des détecteurs du futur LHC (Large Hadron Collider) du CERN et, là, sa participation risque fort d’être révisée à la hausse.Il pourrait non seulement devoir contribuer au coût de construction du détecteur, mais également à celui de l’accélérateur.Serons-nous de la course?Est-ce bien important?«C’est vrai que nous avons toujours besoin d’installations de plus en plus gigantesques et coûteuses, mais il faut comprendre que nous ne cherchons pas des particules pour le plaisir de chercher des particules, explique Hannes Jere-mie, responsable du projet Opal à l’Université de Montréal.Si nous trouvons la particule de Higgs, par exemple, c’est toute la théorie de l’unification de l’électromagnétisme et de la radioactivité qui se voit confirmée, une révolution aussi importante pour la physique que la découverte de la relativité ou de la mécanique quantique ! » Va pour l’intérêt, mais est-ce bien prioritaire?« Dans un contexte de compressions budgétaires, les choix sont complexes et douloureux, je le sais.Et je sais aussi que nous sommes un peu responsables du questionnement qui entoure actuellement notre domaine.Nous n’avons pas su faire partager au public notre enthousiasme.Le problème, c’est que le monde de la physique des particules est un monde surréaliste peuplé d’entités sans dimension et d’une durée de vie quasi nulle dans certains cas.Pas très visuel ni accessible tout ça ! De fait, il nous faudrait un Hubert Reeves de la physique des particules.» Qu’en est-il des retombées possibles de cette aventure ?« Il en existe, même si leur recherche n’est pas le premier objectif de nos travaux.Par exemple, les connaissances acquises sur l’art de détecter des particules ont débouché sur la création de toute une série de détecteurs médicaux.De plus, c’est en cherchant à développer un système qui permette aux scientifiques de tous les pays qui travaillent avec le CERN de communiquer efficacement entre eux, qu’un chercheur du CERN, M.Berners-Lee, a conçu le World-Wide Web, maintenant utilisé par tous sur Internet.Mais notre véritable motivation, c’est de trouver les lois régissant notre univers.» Message reçu.Sophie Malavoy INTERFACE m c m xcv c’est dans le cadre de ses travaux pour le TdeV que MPBT a fait l’apprentissage des technologies qu’elle a utilisées dans le projet WET-MUX.Par ailleurs, pour bien cerner les retombées des mégaprojets, il faut aussi prendre en considération la crédibilité que les entreprises acquièrent à la suite de leur participation à un mégaprojet.En effet, les exigences techniques des équipements utilisés, leur caractère «high-tech» et le statut international des projets donnent souvent à un fournisseur une crédibilité technique accrue qui peut ensuite être mise à contribution et jouer un rôle positif dans l’obtention de nouveaux contrats.C’est là une retombée importante et trop souvent négligée dans les évaluations.La même remarque vaut pour les activités de formation.En effet, la formation de chercheurs peut avoir un impact non négligeable puisque ces derniers peuvent transférer dans d’autres domaines et d’autres secteurs les connaissances et les savoir-faire acquis au cours de leur passage dans un centre de Big Science.Ainsi, à ses clients qui sont souvent de grandes sociétés agissant comme intégrateurs de systèmes techniques sophistiqués et coûteux, MPBT peut faire valoir sa collaboration de longue date à un projet scientifique majeur auquel participent des institutions prestigieuses qui assurent avec succès le fonctionnement d’un appareil constitué de composants originaux, complexes et très exigeants sur le plan technique.Dans le cas du contrat pour les multiplexeurs, cette crédibilité a joué un rôle important pour convaincre des multinationales des télécommunications qu’une «petite» entreprise comme MPBT pouvait faire le travail.Finalement, les liens que MPBT entretient avec le CCFM favorisent ses exportations puisque le CCFM œuvre sur la scène internationale, ce qui donne aux produits et aux expertises développés par MPBT une visibilité mondiale et fait en sorte que la crédibilité de l’entreprise dépasse les frontières nationales.Bien réels et souvent très significatifs, ces liens entre un grand projet et le développement technologique et commercial de certaines des entreprises qui obtiennent des contrats restent le plus souvent inconnus.Par exemple, dans aucun des quotidiens ou des hebdomadaires qui ont rapporté l’«exploit» de MPBT n’a-t-on trouvé la moindre trace du lien qui existe entre le travail que l’entreprise a réalisé au TdeV et l’obtention du contrat WET-MUX.Dans un environnement où l’argent est plus rare et où la recherche se fait de plus en plus dans un contexte d’application, la situation de la Big Science dans certains domaines comme la physique des particules et l’astrophysique est devenue plus difficile.Que l’on soit ou non d’accord avec ces nouvelles orientations, il faut néanmoins constater que l’avancement des connaissances constitue de moins en moins une fin en soi et que, dans certains domaines, cet état de fait force les scientifiques à revoir la forme que prennent leurs grands projets.Pour réaliser ce travail d’ajustement au contexte, plusieurs «outils» sont à leur disposition, que l’on pense notamment au partage des coûts et à la participation de l’industrie.À cet égard, l’évaluation des retombées technologiques des mégaprojets est un outil supplémentaire dont la pertinence est élevée, à tout le moins dans les domaines où les connaissances produites ne sont pas directement et immédiatement utilisables par l’industrie, les gouvernements ou différents groupes sociaux.Elle permet, en effet, de mieux répondre aux interrogations des politiciens ainsi qu’à celles d’autres groupes de citoyens concernant le lien qui peut être établi entre les activités poursuivies et le développement économique de la société qui les soutient.Ce n’est pas, bien entendu, la solution à tous les problèmes que soulève la Big Science, mais à tout le moins ce type de démarche permet-il de mieux éclairer ce que les sociétés peuvent attendre de ces grandes aventures scientifiques, £ RÉFÉRENCES 1.GIBBONS, M., LIMOGES, C.et coll.The New Production of Knowledge, Sage Publications, 1994, 179 pages.2.BROWN, G.E.«A Perspective on the Federal Role in Science and Technology», dans M.O.Meredith, S.D.Nelson et A.H.Teich (éd.), Science and Technology Yearbook, 1991, American Association for the Advancement of Science, p.23-30.3.PRADERIE, F.«Coopération internationale en matière de science lourde», OCDE (éd.), La mégascience et son contexte, OCDE, 1993, p.27-43.4.BOILEAU, J.«Camille Limoges.Tout l’art de la controverse», entretien avec Camille Limoges, Interface, vol.16, n° 5, septembre-octobre 1995, p.11.5.Pour plus de détails sur la Big Science au Canada et, en particulier, sur l’histoire du Tokamak de Varennes, voir TRÉPANIER, Michel, L'aventure de la fusion nucléaire.La politique de la Big Science au Canada, Éditions du Boréal, 1995, 298 pages.Sortie en librairie le 22 novembre.6.Nous avons développé et utilisé une telle approche pour évaluer l’impact technologique et socio-économique du Tokamak de Varennes: TRÉPANIER, M.et BATAÏNI, S.-H.Évaluation des retombées socio-économiques et technologiques du Centre canadien de fusion magnétique (CCFM), INRS-Urbanisation, octobre 1995, 85 pages.7.Les travaux récents sur la Big Science arrivent à la même conclusion.Voir, entre autres, KARGON, R., LESLIE, S.W.et SCHOEN-BERGER, E.« Far Beyond Big Science : Science Regions and the Organization of Research and Development» dans P.Galison et B.Hevley (éd.), Big Science.The Growth of Large-Scale Research, Stanford University Press, 1992, et SMITH, B.The Space Telescope, Cambridge University Press, 1989.Voir aussi OCDE, Les retombées technologiques des activités nucléaires, 1993.Des commentaires?Interface@acfas.ca INTE^ACE C M X C V SCIENCECLIPS Après la pomme de terre, les fraises et l'ail des bois.des vaisseaux sanguins in vitro ILS ONT RÉUSSI LÀ OÙ TOUS AVAIENT JUSQU’ICI ÉCHOUÉ.LE LABORATOIRE D’ORGANOGÉNÈSE EXPÉRIMENTALE (LOEX) DE L’HÔPITAL SAINT-SACREMENT VIENT, EN EFFET, DE REPRODUIRE en laboratoire un vaisseau sanguin humain fonctionnel, un vaisseau « 100 p.cent humain».«Jusqu’ici, les chercheurs ont réussi à fabriquer des matériaux synthétiques pour greffer de grosses artères comme l’aorte.Mais il est toujours impossible de reproduire de petites artères coronaires artificielles qui soient efficaces.C’est là que notre technologie prend tout son sens», dit la coordonnatrice du LOEX, Lucie Germain.Le LOEX se spécialise avant tout dans la culture de peau à l’intention des grands brûlés (voir «Vers le donneur universel de peau», Interface, vol.13, n° 6, novembre-décembre 1992).Mais, depuis quelques années, les chercheurs tentent également de reproduire et de greffer des artères et des cartilages issus de leurs éprouvettes.Ils ont même réussi à reproduire des bronches 100 p.cent humaines! Si l’on change une pièce d’équipement du corps, pourquoi ne pas tenter de le faire avec le même matériau?C’est cette idée qui motive toutes les recherches du LOEX.«Nous en connaissons suffisamment sur la nature pour recréer le matériel de base et laisser ensuite le corps humain faire le reste», dit le Dr François Auger, directeur du LOEX.D’ailleurs, la régénération des tissus, mieux connue sous le nom d’ingénierie tissulaire, est l’une des quatre technologies médicales du XXIe siècle, clamait le Scientific American en septembre dernier.Aujourd’hui, le problème le plus important en chirurgie vasculaire, ce sont les transplantations de vaisseaux de moins de 6 mm de diamètre.À cette dimension, le sang s’agglutine sur les parois artificielles et un caillot de sang se forme.On doit donc continuellement réintervenir.Selon François Auger, ses vaisseaux «100 p.cent pur humain» seront plus efficaces dans ces cas de thrombose.Il croit aussi pouvoir intervenir dans plusieurs cas d’artériosclérose, un épaississement de l’artère souvent dû à l’hypertension artérielle ou au diabète.Le principe de fabrication, qu’on peaufine depuis la fin de 1991, est d’une simplicité désarmante.On prélève les cellules recherchées, on les multiplie in vitro, puis on les greffe.Mais, dans ce cas, comment se fait-il que des groupes de recherche américains aient dépensé des millions de dollars sans obtenir de résultats alors que le LOEX a créé un premier vaisseau sanguin avec un budget de 150 000 $ ?«Tout est une question d’axe de recherche, dit Lucie Germain.Les autres groupes de recherche ont tenté d’ajouter des biomatériaux pour augmenter la résistance de leurs vaisseaux régénérés.Ça ne leur a pas réussi.Nous avons pris un autre axe.Vous pourrez me cuisiner tout l’après-midi, mais vous ne saurez rien de plus!» En fait, tout est dans la façon de procéder.Tout d’abord, il faut, pour pouvoir départager les cellules entre elles, dénicher la bonne enzyme: celle qui, ajoutée aux cellules grossièrement prélevées à partir d’un échantillon d’artère, isole les cellules vasculaires.Heureusement, la recherche d’une telle enzyme INT 48 ACE s’est révélée plus facile pour la séparation des cellules vasculaires que pour celle des cellules du derme et de l’épiderme (découverte en 1985 par le LOEX, la thermolyzine jetait les bases des premières cultures canadiennes de peau régénérée).Toutefois, créer de vrais vaisseaux sanguins est diablement plus complexe que de faire la culture d’épiderme.Il faut savoir que l’épiderme n’a qu’une sorte de cellules, les kératinocytes.Le vaisseau sanguin, lui, est composé de trois types de cellules qui forment autant de tissus superposés.L’endothélium tapisse les parois internes, la media se retrouve au milieu et l’adventice entoure les deux autres couches de cellules.Une fois les cellules isolées, on doit ensuite reconstruire l’artère, un procédé qui nécessite deux semaines et demie de travail.Au LOEX, on effectue ces opérations en trois temps.La première opération consiste à introduire les cellules de la media dans une éprouvette au milieu de laquelle on place une tige.On y ajoute une solution à base de protéines, de produits chimiques et d’hormones de croissance.Au bout de 30 minutes, la media prend forme autour de la tige.Il faut toutefois patienter sept jours avant d’encercler ce tissu d’adventice.On utilise la même méthode que précédemment, puis on attend cinq jours.Dernière opération : insérer les cellules endothéliales au centre.Pour ce faire, on enlève d’abord la tige et on place, à chaque extrémité de l’artère, deux tuyaux par lesquels on injecte les cellules.L’artère tournera comme un méchoui pendant une semaine, le temps que les endothéliales se multiplient et s’agglutinent sur la media.Les endothéliales ne formeront qu’une couche de cellules de 15 microns d’épaisseur, laissant amplement d’espace à la circulation sanguine.Après la reconstitution d’une première artère, fin 1991, les chercheurs du LOEX n’étaient pas encore au bout de leurs peines.Les vaisseaux sanguins régénérés n’étaient toujours pas capables de résister à une pression sanguine de 300 mm de mercure.«L’organisation morphologique des vaisseaux était 9 correcte, dit Lucie Germain.Mais il fallait optimiser les conditions pour obtenir des artères plus résistantes.C’est ce que nous avons fait.» Comment?Encore là, les dieux de la cellule du LOEX conservent jalousement leur secret.Le LOEX se donne environ cinq ans avant de greffer ses premiers vaisseaux sanguins sur l’humain.D’ici à la fin de l’année, on effectuera les premières greffes sur des animaux.De leur côté, des chercheurs boston-niens seraient à un cheveu d’implanter des artères, mais cette fois-ci à l’aide de la thérapie génique.Une injection de gènes sélectionnés permettrait à l’organisme de fabriquer lui-même de nouveaux vaisseaux sanguins.«Les années 90 ont été celles du cerveau, explique François Auger.Puisqu’on vit plus longtemps, il fallait s’attaquer aux problèmes de sénilité croissante.Maintenant, on dit: “J’ai toute ma tête, mais plus mes jambes.” Ces recherches sur les artères ou sur les os jettent les bases de la décennie du corps.» Mais l’ingénierie tissulaire ne reconstruit pas seulement de la peau ou des artères.On fait aussi la culture de cartilage pour s’attaquer, entre autres, aux problèmes d’arthrite.Aux États-Unis, on a même réussi à remplacer des ménisques du genou, lequel fait l’objet de quelque 250 000 chirurgies chaque année.On a aussi greffé une oreille complète faite à 100 p.cent de cartilage humain.Mais on veut également combattre certaines maladies dégénératives, comme l’Alzheimer, en prélevant des cellules malades qu’on «reconditionne» avant de les réinjecter.Des chercheurs de Los Angeles sont parvenus à recréer un foie de toutes pièces à partir de cellules hépatiques! L’engin est toujours impropre à la transplantation, mais on l’emploie pour filtrer le sang des patients en attente d’un nouveau foie.C’est dire à quel point il est fonctionnel.On n’a pas fini d’entendre parler d’ingénierie tissulaire.STÉPHAN DUSSAULT Gérer avec sa tête.de tout son cœur ! EN AFFAIRES, PAS DE SENTIMENTS.IL EST INTERDIT D’AVOIR DES ÉMOTIONS OU, SI ON EN A, IL FAUT S’EN MÉFIER.NOS DÉCISIONS DOIVENT ÊTRE PRISES de façon rationnelle et objective en fonction des seules considérations économiques du marché.Vrai ou faux?«Depuis le début de mes études en administration, cette vision du gestionnaire désincarné — un être n’ayant ni chair, ni cœur, ni âme — me dérange.Je ne m’y reconnais pas.Et pourtant, elle est toujours enseignée», déplore Veronika Kisfalvi, professeure à l’École des hautes études commerciales de Montréal.Elle a donc décidé d’en faire son sujet de doctorat.«C’est le grand vide.On n’a que très rarement étudié le processus de décision stratégique sous l’angle des émotions.Seuls se retrouvent dans les écrits quelques travaux sur la personnalité de certains dirigeants.Or, il me semble essentiel de se questionner sur la capacité affective qu’ont les dirigeants d’exécuter les décisions prises.Quelles sont, pour eux, les portées émotionnelles de ces décisions?» demande la chercheuse.Il ne faudrait cependant pas croire que les émotions sont totalement niées INT 49 ace ' | N en gestion.De fait, elles ne le sont plus, mais, dans l’approche cognitiviste qui prédomine actuellement, elles sont considérées comme une imperfection, un biais inévitable et dangereux que l’on se doit de limiter.Un bon ou une bonne chef d’entreprise peut, et doit même, tenir compte des émotions de ses subordonnés, mais il ne lui faut pas — ô surtout pas! — succomber aux siennes.«Je suis pourtant convaincue que les émotions jouent un rôle positif dans les prises de décisions.Elles agissent comme un sixième sens, poursuit Veronika Kis-falvi.En affaires, on ne peut pas vendre une idée si l’on n’y est pas attaché.C’est avec nos tripes, nos émotions que nous prenons les risques qui nous mènent parfois à la réussite.» Des exemples?Ce n’est pas une analyse objective et rationnelle qui a poussé Henry Ford, vers 1915, à lancer le modèle T qui fit, au début du moins, la fortune de sa compagnie.Venant d’un milieu de fermiers aux revenus modestes, il voulait offrir un véhicule à prix abordable capable d’allé- ger le travail des siens.Pour réaliser ce désir, il a alors innové sur le plan technologique en appliquant les idées de Taylor.Mais la chercheuse va encore plus loin.«Des travaux récents du neurologue Antonio Damasio, du Collège de médecine de l’Université d’iowa, suggèrent qu’un degré minimal de réponse affective est essentiel à la prise d’une décision rationnelle.Damasio a montré que des patients ayant subi des dommages au lobe frontal, donc coupés de toute réponse affective, étaient incapables d’arrêter leur choix dans un processus décisionnel.Ils s’engageaient dans un processus incessant, soupesant le pour et le contre de chaque option, aucun mécanisme ne venant rompre cette spirale sans fin.» Pour ses recherches, Veronika Kisfalvi a l’intention de suivre pendant un an l’équipe dirigeante d’une entreprise, si possible manufacturière, employant de 150 à 200 personnes.«Je veux, en assistant aux réunions et par des entrevues individuelles, observer au quotidien com- APRES LE Ql, LE QE : LE QUOTIENT ÉMOTIONNEL Décidément, le émotions font couler de l’encre ces temps ci.Le chroniqueur scientifique au quotidien The New York Times et docteur en psychologie, Daniel Goleman, vient de publier un livre intitulé Emotional Intelligence.Il y vante les vertus de l’intelligence dite «émotionnelle » dont les principales caractéristiques sont la capacité de saisir ce que l’on ressent et ce que les autres ressentent, et l’habileté à composer avec ces sentiments.L’empathie, l’ouverture d’esprit, le savoir-faire face à l’anxiété et l’aptitude à entretenir des rapports harmonieux avec les autres sont autant de facettes de ce nouveau type d’intelligence, trop souvent ignorée.Pourtant, d’après Daniel Goleman, cette intelligence compte plus dans la réussite professionnelle, sociale, familiale et personnelle d’un individu que ses seules capacités cognitives mesurées par le classique quotient intellectuel (QI).Un psychologue de l’Université de Yale, Peter Salovey, a même proposé il y a cinq ans l’élaboration d’un quotient émotionnel (QE).Un résultat élevé serait le signe d’une personne équilibrée, d’agréable compagnie, responsable, engagée et capable de considérer et de respecter ceux et celles qui l’entourent.Il semblerait même qu’une organisation dont les membres possèdent un degré d’intelligence émotionnelle faible, coure à l’échec.Tiens, tiens.S.M.Sources GOLEMAN, D.«The New Thinking on Smarts», Daily News, 8-10 septembre 1995.GOLEMAN, D.Emotional Intelligence, Bentam Books, oct.1995.inte50^ace ment cette équipe cerne les problèmes à résoudre, les occasions à saisir, et comment se prennent les décisions.Par exemple, si une entreprise adopte comme stratégie l’exportation vers les États-Unis, l’un des dirigeants peut se questionner sur les problèmes de réglementation, un autre, sur la nature du nouveau marché à conquérir, et un troisième, sur les coûts de la main-d’œuvre.La question est alors de savoir lequel de ces trois éléments va prendre le dessus et pourquoi.L’affectivité des dirigeants et leurs préoccupations personnelles jouent-elles un rôle?» Pour la cher- cheuse, les luttes de pouvoir n’expliquent pas tout.«Un dirigeant va écouter certains des gestionnaires qui l’entourent, mais lesquels?On ne peut faire abstraction ni de ses relations interpersonnelles avec ces derniers ni de sa réaction affective à l’idée soumise.Un dirigeant se montrera très sensible à l’idée d’économiser de l’argent, un autre s’enthousiasmera à la perspective d’envahir de nouveaux marchés ou, au contraire, s’inquiétera des contraintes imposées par les réglementations.» En résumé, pour Veronika Kisfalvi, les gestionnaires n’ont pas à se sentir coupables de leurs émotions.Il leur faut au contraire s’en nourrir.Le fait de mieux se connaître et de reconnaître, compte tenu de leur caractère et de leur expérience, les situations particulièrement chargées d’affectivité les aide à développer un sens critique par rapport à leur comportement.Mais il leur faut surtout se rappeler que les émotions sont une précieuse aide à la décision en plus d’être source de créativité et de stratégies d’entreprise originales.SOPHIE MALAVOY Ombre et lumière sur la santé des Québécoises et des Québécois «LES QUÉBÉCOIS VIVENT MIEUX, PLUS LONGTEMPS», «NOUS SOMMES PLUS GRAS, PLUS STRESSÉS», «LES QUÉBÉCOIS CARBURENT AUX PILULES», ETC.LES MÉDIAS ONT LARGEMENT REPRIS — PARFOIS DE FAÇON CONTRADIC- TOIRE — QUELQUES FAITS SAILLANTS de l’Enquête sociale et de santé 1992-1993.Réalisé par Santé Québec, ce portrait de l’état de santé physique et mental de la population québécoise a été rendu public en septembre.Et il est imposant: 16 000 ménages visités, 800 pages d’analyse des résultats.On y trouve un lot de bonnes nouvelles, un lot de mauvaises.Mais, surtout, des chiffres difficiles à interpréter.En effet, quand on décide d’interviewer autant de gens, il est impossible de bien documenter chaque réponse.Prenons l’exemple de la hausse de consommation de médicaments.Au moment de l’étude précédente, en 1987, 45 p.cent des gens avaient consommé un médicament au cours des deux jours précédant l’enquête.En 1992, ils étaient 51p.cent.La hausse a été remarquée chez tous les groupes d’âges et les deux sexes.À première vue, c’est inquiétant.Ou, du moins, les médias s’en sont inquiétés.Mais la hausse ne vise pas les catégories de médicaments les plus sujettes aux abus, comme les tranquillisants et les laxatifs, dont la consommation tend à diminuer.La hausse touche un peu les analgésiques, les vitamines et minéraux, mais surtout les médicaments classés dans la catégorie «autres».Pour comprendre le phénomène, il faudra donc fouiller cette catégorie.Un travail qui ne sera peut-être jamais fait, faute de ressources.Interprétation possible de la hausse: «Elle peut être due à un produit qui n’était pas considéré comme un médicament en 1987, mais l’était en 1992, les médicaments homéopathiques, par exemple», explique Claudine Laurier, de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal.Responsable de la section portant sur les médicaments, la chercheuse souligne deux autres limites de l’étude : on ne sait pas si les médicaments sont consommés à titre préventif— ce qui change l’interprétation des résultats — et on ignore les doses consommées.De fait, l’enquête doit souvent être couplée à d’autres sources d’information pour offrir un portrait plus complet.C’est ce que fait Serge Chevalier, de la Régie régionale de la santé et des services sociaux, qui a rédigé le chapitre sur la consommation de drogues illégales.« L’Étude de Santé Québec permet de cerner la consommation “sociale” de Monsieur et de Madame Tout-le-monde, constate-t-il, mais elle ignore les jeunes de moins de 15 ans.De plus, elle ne rejoint pas les consommateurs et les consommatrices qui ont d’autres priorités INTE^lFACE SJ'&jJ' mfâ '«A YT* • Neuf personnes sur dix considèrent leur santé bonne ou excellente.• En 1992, huit Québécois sur dix consommaient régulièrement ou occasionnellement de l’alcool.Le nombre moyen de consommations a diminué chez les hommes : de 4,8 verres par semaine en 1987 à 4,4 verres en 1992.• La moitié des consommateurs de drogues illégales déclarent prendre uniquement des dérivés du cannabis (marijuana, hachisch).L’autre moitié consomme aussi d’autres drogues.• La proportion des gens qui n’ont jamais fumé de tabac est restée stable en 1987 et 1992.Cependant, un fumeur sur sept est devenu ancien fumeur pendant cette période.En 1992, 32 p.cent des personnes interrogées n’ont jamais fumé, 34 p.cent sont d’anciens fumeurs, et 34 p.cent sont des fumeurs occasionnels ou réguliers.• En 1987, une personne sur cinq était trop lourde selon l’indice de poids santé.La situation se dégrade: en 1992, c’est une personne sur quatre.• Chez les femmes de 15 à 44 ans, un autre problème de poids retient aussi l’attention: 21p.cent ont un poids inférieur à leur poids santé.La situation s’améliore car, en 1987, la proportion était de 26 p.cent.• La détresse psychologique est en hausse au Québec.En 1987, 19 p.cent des gens avaient un indice élevé de détresse.En 1992, ils sont 26 p.cent.- Le bilan de santé varie d’une région à l’autre.Québec présente un bilan plutôt positif; l’Abitibi-Témiscamingue, la Gaspésie— îles-de-la-Madeleine et l’Outaouais, plutôt négatif.Sur la Côte-Nord, la situation s’est dégradée entre 1987 et 1992.- L’étude couvre l’ensemble des Québécois de 15 ans et plus, sauf les Amérindiens des régions cries et inuites, ainsi que des réserves.Les gens n’ayant pas de résidence, ou habitant en résidence collective, sont eux aussi exclus de l’étude.Les personnes séjournant dans un centre de santé n’ont pas été questionnées.• Le taux de réponse a été de 87 p.cent.E.D.LA SANTÉ DES QUÉBÉCOIS ET DES QUÉBÉCOISES: QUELQUES FAITS SAILLANTS que de répondre à un intervieweur sonnant à la porte.ou qui, simplement, n’ont pas de porte! Les itinérants, les itinérantes et les junkies sont donc absents de l’enquête.On explique très clairement ces limites dans le rapport.» Pour avoir un portrait plus complet de la situation (type de drogue, prix, etc.), Serge Chevalier s’informe actuellement du côté des policiers et des travailleurs de rue, et consulte des études portant sur des groupes de consommateurs particuliers.D’autres aspects de la santé ne peuvent pas être directement abordés au moyen d’un questionnaire qui se remplit en 40 minutes.La santé mentale en est un.Les chercheurs et les chercheuses ont donc recours à un symptôme mesurable, la détresse psychologique, qui révèle la présence d’un problème mais n’éclaire pas sur sa nature ni sur sa gravité.Les gens se sont ainsi fait demander si, au cours de la semaine précédant l’enquête, ils s’étaient laissés emporter sans raison, ils avaient pleuré facilement, ils s’étaient sentis découragés en pensant à l’avenir, etc.«Les gens qui ont un indice élevé sont alors considérés comme plus fragiles, plus vulnérables», explique Aimé Lebeau, de la Direction de la santé publique de la Mon-térégie.L’un des faits saillants de l’enquête est justement l’augmentation, entre 1987 et 1992, de la proportion des gens ayant un indice élevé.Le phénomène, particulièrement évident chez les jeunes, touche beaucoup moins les adultes de 25 à 64 ans et épargne les gens plus âgés.Ce sont les étudiants, les étudiantes et les personnes sans emploi qui affichent les taux les plus élevés de détresse psychologique.Mais la hausse touche surtout les travailleurs.Ce genre de résultat, issu du recoupement de plusieurs variables, est l’un des avantages d’une enquête de ce type.«L’enquête permet au ministère de la Santé et des Services sociaux de mieux documenter sa planification et ses politiques», dit Daniel Tremblay, directeur de Santé Québec.La banque de données est aussi utilisée par de nombreux chercheurs et chercheuses, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du réseau de la santé.» INTE^ACE C M X C V •jfc» Wp À Santé Québec, on travaille actuellement au choix des thèmes et des questions pour la prochaine étude, prévue pour 1997.La continuité d’une enquête à l’autre est très importante.L’exercice, répété tous les cinq ans, permettra éventuellement de cerner des tendances à long terme.ÉTIENNE DENIS Sommeil au volant: gardez le sourire, on vous guette CONDUIRE VOUS ENDORT?RASSUREZ-VOUS : PLUSIEURS SCIENTIFIQUES S’APPRÊTENT À METTRE AU POINT DES SYSTÈMES INTELLIGENTS QUI vous libéreront des crocs de Morphée avant que vous n’empruntiez la bretelle du Paradis.Pour vous éviter de vous retrouver devant saint Pierre encore en plein sommeil, un volant dans les mains, les chercheurs et les chercheuses vous suggèrent d’abord de «faire vos nuits» car, dans les faits, plusieurs ne les font pas.La moitié des camionneurs et 20 p.cent des automobilistes interrogés par des chercheurs new-yorkais ont avoué s’être endormis au volant au moins une fois dans leur vie.L’une des études les plus exhaustives provient de l’université finlandaise d’Helsinki.Conduite entre 1984 et 1989, elle a recensé 1 586 automobilistes sobres impliqués dans des accidents mortels.Plus de 8 p.cent d’entre eux s’étaient endormis au volant (98) ou avaient ressenti de la fatigue (32).C’est pourquoi le constructeur japonais Nissan est à mettre au point une caméra placée sous le tableau de bord, rapportait la revue américaine Time en juillet dernier.Cette caméra prend à intervalles réguliers des clichés de l’automobiliste et analyse la position de ses pupilles.Si vos yeux restent trop longtemps fermés, une voix féminine implore: «Please take a rest.» Vous dormez toujours?Dans une ultime tentative, un mécanisme dégage un violent parfum de menthol et de citron.Aux États-Unis, des chercheurs ont plutôt opté pour des radars.Placés à la droite du véhicule, ils évaluent la distance séparant l’automobile de la ligne blanche aux abords de la route.Le conducteur ne doit ni s’en écarter, ni empiéter sur ce trait.La Dre Claire Laberge-Nadeau, directrice du Laboratoire sur la sécurité des transports au Centre de recherche sur les transports (CRT), juge que cette méthode manque de fiabilité.Il est difficile, pour le système, de différencier un automobiliste somnolent d’un autre voulant simplement faire une pause-pipi sur l’accotement ou dépasser à gauche.Même le système de caméra de Nissan aurait des ratés.«Un scientifique japonais a souligné que l’état de somnolence des yeux bridés était difficile à évaluer», indique-t-elle.L’équipe de la Dre Laberge-Nadeau, composée de chercheurs et de chercheuses du CRT et de l’École polytechnique, est depuis trois ans dans la course au meilleur système intelligent de détection du sommeil.«Le plus ardu est PteffctfiTÎF AtTfi' SOAMEiL.c tsr Assez ?mcwê, » de reproduire le comportement des conducteurs en état de somnolence», dit-elle.Le fruit de leurs recherches, baptisé la « boîte jaune », est présentement à l’essai sur une camionnette.Cette boîte jaune comprend une série de capteurs installés dans le véhicule et reliés à un système informatique dont le but est de déceler les symptômes de fatigue et de somnolence.Au-delà de la fermeture des yeux, on tente, par exemple, de déceler si une pression anormale du pied sur l’accélérateur peut dénoter un manque de vigilance.En analysant la vitesse du véhicule, la révolution du moteur trop basse ou trop élevée dans les cas d’un véhicule à transmission manuelle, la position du volant, la pression sur les freins, etc., on cherche à détecter toute INTE50FACE conduite jugée anormale.Mais, dans chacun des cas, les liens de cause à effet ne sont pas évidents à découvrir.«Le logiciel devrait être en mesure d’associer des combinaisons de valeurs des paramètres mesurés avec une perte de vigilance», précise-t-elle.Toutefois, avec un budget annuel d’environ 20 000 $, il est difficile d’avancer vite dans les recherches.« Lorsque nous aurons prouvé que notre système fonctionne, nous tenterons de trouver des fonds privés», dit cette spécialiste en médecine sociale et préventive.Claire Laberge-Nadeau croit même que le détecteur de sommeil pourrait devenir une pièce de série comme le sont maintenant le sac gonflable ou les freins antiblocage.STÉPHAN DUSSAULT Trisomie 21: bientôt un dépistage sanguin UNE ÉTUDE CLINIQUE, DIRIGÉE PAR LE CENTRE DE RECHERCHE DE L’HÔPITAL SAINT-FRANÇOIS D’ASSISE À QUÉBEC, DÉMONTRE QUE CERTAINES SUBSTANCES CONTENUES DANS LE SANG D’UNE FEMME ENCEINTE PERMETTENT LA DÉTECTION D’ENVIRON 65 À 70 P.CENT DES CAS DE TRISOMIE 21, APPELÉE COURAMMENT MONGOLISME, ALORS que les procédures actuelles permettent d’en détecter 20 à 25 p.cent.La trisomie 21 est l’anomalie chromosomique la plus fréquente chez les nouveau-nés dans l’ensemble de la population (1,57/1000 naissances vivantes au Québec).Actuellement, au Québec, on détecte la trisomie 21 en faisant une amniocentèse chez la femme enceinte susceptible d’avoir un fœtus trisomique (photo), c’est-à-dire une femme âgée de 35 ans et plus ou issue d’une famille ayant des anté- üâ* r.¦% W cédents du côté de cette maladie.Mais cette intervention, qui consiste à prélever du liquide amniotique à l’aide d’une seringue, peut causer des avortements spontanés, des infections chez la mère et des blessures chez le fœtus.C’est pourquoi on la propose seulement aux femmes les plus à risque d’être porteuses d’un fœtus trisomique.Avec la méthode de dépistage utilisant les marqueurs biochimiques, par contre, l’ensemble des femmes enceintes pourraient être testées afin de mieux cibler celles devant subir une amniocentèse.Comme l’explique le Dr Jean-Claude Forest, médecin-biochimiste à l’Hôpital Saint-François d’Assise et directeur du projet, «il n’y avait, au moment de commencer nos travaux, que des études rétrospectives qui affirmaient que les marqueurs biochimiques contenus dans le sang de la femme enceinte pouvaient servir à détecter la trisomie 21.Toutefois, l’étude exploratoire que nous poursuivons depuis 1989 démontre que cette méthode de dépistage est applicable durant le deuxième trimestre de la grossesse (14 à 18 semaines) avec une efficacité de détection de l’ordre de 70 p.cent.Pour le premier trimestre (9 à 13 semaines), l’efficacité est de l’ordre de 50 p.cent, mais elle peut être améliorée si on adapte les paramètres décisionnels.» La recherche a été effectuée sur plus de 16 000 femmes enceintes, recrutées sur une base volontaire parmi la clientèle des hôpitaux de la région de Québec: le Christ-Roi, l’Enfant-Jésus, le inte5#ace Jeffery-Hale, l’Hôtel-Dieu de Québec, Saint-Sacrement, l’Hôtel-Dieu de Lévis et Saint-François d’Assise.À l’automne 1995, les recherches continuent afin d’étudier l’utilisation des marqueurs biochimiques et d’en connaître la meilleure combinaison, notamment l’AFP (alpha-fœtoprotéine), l’E3 ne (oestriol non conjugué) et l’hCG (gonadotrophine chorionique) ainsi que de nouveaux marqueurs tels que la bêta HCG libre et le PAPP-A (pregnancy associated plasma protein-A).On s’intéresse particulièrement au dépistage durant le premier trimestre de la grossesse (en- tre 9 et 13 semaines).Le recrutement se fera sur l’ensemble de la population de femmes enceintes, mais toujours sur une base volontaire.On vérifiera également l’effet de ce procédé sur le comportement des femmes de 35 ans et plus.Ainsi, une femme de 35 ans dont l’analyse sanguine révèle un risque faible de mongolisme pour son enfant optera-t-elle pour une amniocentèse ou la refusera-t-elle étant donné les dangers que cela comporte?Mais les chercheurs vont plus loin.Selon leur hypothèse, il serait possible d’isoler certaines cellules fœtales en circulation dans le sang de la femme enceinte et d’en faire l’analyse chromosomique in vitro.Les recherches vont bon train dans cette voie dont les premiers résultats ne sont toutefois pas attendus avant un an.Cette nouvelle avenue offre à la recherche dans ce domaine une perspective qui est loin d’être négligeable: plus besoin d’amniocentèse et un diagnostic fiable et applicable à la détection de plusieurs anomalies chromosomiques.BENOIT-LUC SIMARD Rencontre du deuxième type avec la RuBisCo AVEC 40 MILLIONS DE TONNES PRODUITES CHAQUE ANNÉE, LA RUBISCO (RIBULOSE-1, 5-BIPHOSPHATE CARBOXYLASE/OXYGÉNASE, COMME VOUS LE SAVEZ SANS DOUTE!) EST L’ENZYME LA PLUS ABONDANTE SUR TERRE.ELLE CATALYSE LA PREMIÈRE ÉTAPE DE LA FIXATION DU C02 DANS LE PROCESSUS DE LA PHOTOSYNTHÈSE et existe sous deux formes appelées type I et type IL En consultant un manuel de physiologie végétale au chapitre «photosynthèse», vous pourrez lire que la RuBisCo de type I est présente dans tous les chloroplastes (siège de la photosynthèse) des végétaux supérieurs ainsi que chez certaines bactéries photo-synthétisantes.La RuBisCo de type II fera, quant à elle, tout au plus l’objet d’une note de bas de page, puisque cette forme rare de l’enzyme n’avait été trouvée que chez certaines bactéries pourpres anaérobies.Une découverte effectuée dans le laboratoire de David Morse, chercheur à l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) de l’Université de Montréal, risque d’entraîner quelques modifica- tions dans les prochaines éditions des manuels de physiologie végétale.Tout a commencé par une électrophorèse indiquant, chez l’algue unicellulaire Gonyau-lax polyedra, la présence d’une protéine semblable à la RuBisCo.Jusque-là rien d’étonnant, puisque ce dinoflagelié est photosynthétisant et possède des chloroplastes.«Mais, contre toute attente, le microséquençage de cette protéine a révélé une homologie plus importante avec la RuBisCo de type II qu’avec celle de type I, explique Patrick Salois, étudiant à la maîtrise dans le laboratoire de David Morse.Nous avons par la suite confirmé la nature de type II de l’enzyme à l’aide de techniques de biologie moléculaire et mis en évidence sa présence dans les chloroplastes du dino-flagellé.» Stupéfaction chez les chercheurs, le monopole de la RuBisCo de type I dans les chloroplastes venait de tomber.En utilisant entre autres la technique de RPC (réaction de polymérisation en ¦.V* , .j,V Sè'A.: jj**f N*, V ^ Sonyan 1 a po 1 y e d r a] 3.088 >: chaîne), David Morse et son équipe ont vue microscopique de plus démontré que le gène codant de l’alcue unicellulaire pour l’enzyme de type II était présent conyaulax polyedra.dans le génome nucléaire du dinoflagel-lé.Nouveau coup dur pour nos manuels, selon lesquels la synthèse des grosses sous-unités de la RuBisCo présente dans les chloroplastes est codée par un gène chloroplastique et non pas par un gène nucléaire.II n’en fallait pas plus à David Morse pour publier sa découverte dans Science (16 juin 1995) et remettre en question certains aspects de la théorie symbiotique de l’évolution des chloroplastes.INT ACE «Selon les partisans de cette théorie, explique Patrick Salois, les chloroplastes dériveraient de procaryotes photosyn-thétisants (cellules dont le matériel génétique est constitué par une seule molécule d’ADN), les cyanobactéries, qui possèdent la RuBisCo de type I.Il y a environ 1,5 milliard d’années (au début du précambrien), des cellules eucaryotes, dont le matériel génétique est constitué de plusieurs molécules d’ADN ouvertes, auraient phagocyté ces cyanobactéries.Les procaryotes se seraient alors progressivement transformés en chloroplastes auxquels ils auraient transmis le gène codant pour l’enzyme de type I.» Mais d’où viennent, dans ce cas, les chloroplastes de Gonyaulax?En plus de nous expliquer la théorie symbiotique, les manuels de physiologie végétale mentionnent également que d’autres éléments de la cellule, les mitochondries (sorte de centrale énergétique), descendraient de bactéries pourpres dont certaines possèdent le type I, et d’autres, le type II.À partir de ces hypothèses, tous les scénarios sont possibles et les spéculations vont bon train.Selon David Morse et ses collègues, l’eucaryote ancestral aurait pu, en phagocytant à la fois des bactéries pourpres et des cyanobactéries, posséder trois formes de RuBisCo (deux de type I et une de type II).Compte tenu des grands groupes d’organismes photosynthéti-sants apparus au cours de l’évolution, deux des trois formes de l’enzyme auraient disparu.Chez les dinoflagellés, seul le gène codant pour l’enzyme de type II aurait été conservé et transféré au noyau.Les chercheurs pensent également que les chloroplastes des di- noflagellés pourraient dériver directement d’un procaryote ancestral commun aux bactéries pourpres et aux cyanobactéries.À défaut de bouleverser le commun des mortels, la découverte d’une RuBisCo de type II chez Gonyaulax bouleverse les idées acquises sur l’évolution des chloroplastes.Cette dernière n’en demeure pas moins mystérieuse et fait actuellement cogiter bon nombre de scientifiques.Le séquençage d’une partie du génome chloroplastique des dinoflagellés et sa comparaison avec le génome de procaryotes actuels permettra peut-être d’élucider cette question, Viendra alors le temps, une fois de plus, de réviser les manuels.VALÉRIE BOLLIET Eaux troubles dans les ports québécois QUESTION: FAUT-IL ÉTABLIR LES PORTS LÀ OÙ LES CONDITIONS NATURELLES SONT LES PLUS ADÉQUATES?OU DOIT-ON LES RAPPROCHER DES pôles industriels et urbains?Entre les deux, la raison chavire trop souvent.Si le problème ne se pose guère pour les grands ports comme ceux de Montréal, Trois-Rivières, Québec ou Sept-îles, il en va autrement pour les havres moins fréquentés de l’estuaire et du golfe.C’est que la gent politique, faisant fi des conditions naturelles et même des déterminants économiques, a laissé proliférer marinas et ports locaux le long d’un littoral recevant chaque année des millions de tonnes de sédiments.Des dépôts qu’il faut aujourd’hui enlever moyennant une facture plutôt salée.«La majorité des ports ne sont pas installés aux bons endroits», estime Bernard Long, chercheur à l’INRS-Océanologie de Rimouski et sédimentologue de renom.Monsieur Long, qui a travaillé dans plusieurs ports européens et qui met son expertise au service de plusieurs organismes internationaux, affirme que la grande majorité des ports québécois ont été créés sans qu’on tienne compte des phénomènes reliés à la mobilité des fonds marins.«Ils sont établis là où c’est politiquement ou économiquement bien de le faire.Pourtant, on minimiserait la sédimentation en effectuant les travaux aux bons endroits; on n’aurait donc pas besoin de faire autant de dragage.Les probabilités d'accumulation sont évidemment moins fortes quand les conditions naturelles ne sont pas bouleversées.» Cette situation irrationnelle n’est pas l’apanage du Québec; elle serait même fréquente partout sur la planète.Rotterdam, le plus grand port commercial au monde, arrive en tête de liste pour le nombre de dragues installées en permanence afin de maintenir des niveaux d’eau sécuritaires pour la navigation.Le problème ne se posait pas jadis dans le port voisin d’Amsterdam, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’accroissement du trafic et la venue de bateaux de fort tonnage entraînent le transfert du gros des activités vers Rotterdam.Le démantèlement des havres naturels de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent prend racine dans l’histoire économique du Québec.Si, à la belle époque du cabotage, les mariniers profitaient des havres naturels pour installer un quai, le développement ultérieur du commerce et la mise en service de bateaux de plus fort tonnage ont mené à la création d’installations portuaires répondant à ces nouvelles exigences.Pressions politiques aidant, nombre de petites installations ont été agrandies, et les fonds, excavés.Mais on avait oublié que inte5(face PHOTO: VERREAULT NAVIGATION INC.crnr «;< la nature a horreur du vide et que tenter de débarrasser un fleuve aussi puissant que le Saint-Laurent d’une partie de ses sédiments était aussi réaliste que de vouloir vider la mer à la petite cuiller.Arriva donc ce qui arriva: envasement il y avait, industrie du dragage d’entretien il y aurait! Inutile de dire que cette solution est loin d’assurer une viabilité à long terme des ports, surtout pas celle des canards boiteux, maintenus artificiellement en vie.«Du point de vue de la rentabilité, les ports aptes à accueillir des bateaux de 200 000 tonnes et plus, comme Sept-îles, remplissent adéquatement leur mandat.Il en va tout autrement des ports de moindre importance, comme les marinas, dont le maintien n’a souvent rien à voir avec un quelconque réalisme économique», dit pudiquement Bernard Long.Les choix — discutables — des dernières décennies ont en effet donné lieu à des constructions et à des réaménagements tout aussi discutables.Situé à l’origine dans le chenal de la rivière du Loup, le vieux havre de Rivière-du-Loup a ainsi été «relocalisé» un peu plus au nord-est, le long du fleuve, afin de permettre le prolongement de l’autoroute 20.C’est que la construction d’un pont haut perché qui aurait permis le passage des bateaux s’avérait trop coûteuse.Toutefois, aucune étude sur les coûts d’entretien n’avait alors remis en question les calculs comptables.Résultat: alors que l’ancien port ne connaissait pas de problèmes, il faut aujourd’hui draguer continuellement afin de maintenir le port en activité.Les ambitions de Québec 84 et de la course Québec — Saint-Malo ont ajouté à la confusion.Au début des années 80, alors que les leaders régionaux prophétisaient une manne économique aux entrepreneurs locaux, Ottawa — le gestionnaire des voies navigables — mandatait Pêches et Océans Canada pour établir un réseau nautique.«Pour l’événement, rappelle Bernard Long, on a mis en place une structure qui n’existait pas.Des marinas, comme celle de Rivière-du-Loup, ont été agrandies pour pouvoir abriter les gros coursiers en cas de tempête ou d’avarie.» Bien sûr, le son de cloche diffère chez Pêches et Océans Canada : « Déficient par rapport aux autres voies de communication, un réseau nautique avait sa place au Québec et n’a pas été conçu en fonction des coursiers, dit Roland Lévesque, responsable du dossier au secteur Havres de plaisance.Toutefois, les projections n’ont pas évalué l’augmentation potentielle d’affluence et, ironie du sort, l’infrastructure s’est avérée non rentable.» Mais il n’y a pas qu’à Rivière-du-Loup où le bât blesse.À Matane, à l’île-aux-Coudres, à Berthier-sur-Mer, à Rimouski, partout le long du fleuve, des ports et des marins sont aux prises avec un sérieux problème d’envasement.«Les coûts d’entretien ne peuvent tout sim- plement pas être compatibles avec les revenus potentiels, explique Bernard Long.Pour parvenir au seuil de rentabilité, les frais de mise à quai seraient beaucoup trop élevés.» La réalité, c’est que le fleuve transporte naturellement à l’état particulaire son lot de matières minérales, végétales, industrielles ou agricoles.Ainsi, jusqu’à 17 000 tonnes métriques transitent quotidiennement à la hauteur de Québec.Les susceptibilités sont grandes au gouvernement fédéral quand il s’agit d’amasser de l’information sur le dragage.On apprend tout au plus que le dragage du chenal de navigation entre Montréal et le cap Tourmente coûte chaque année quelque 2,5 millions de dollars, et celui de quelques havres et ports varie entre 700 000 dollars et plus de 1 million de dollars depuis 1990.Pour éviter toute vague au sein de l’opinion publique, plusieurs des ministères fédéraux concernés par le dossier recourent à une armada de consultants et de conseillers en environnement.Selon eux, dragage et mise en dépôt s’effectuent dans les meilleures conditions environnementales possible et le surdragage — une pratique parfois courante et dommageable à maintes espèces aquatiques — est maintenant révolu.Et seul le dragage récurrent de certaines sections du fleuve peut assurer une navigation maritime sécuritaire.«Le dragage entraîne sûrement des frais élevés, mais il faut voir les économies réalisées en construction et en entretien des routes, conclut Denis Bastien, du Programme de dragage de Transports Canada.Il n’y a pas de problèmes en ce qui a trait au niveau des eaux sur la rive nord, mais il y manque d’espace pour construire les ports, et les routes sinueuses rendent le transport routier difficile.À l’inverse, sur la rive sud, les problèmes d’envasement sont plus aigus.Mais là, le réseau routier est beaucoup plus accessible et, comme il faut voir les ports comme des entités intermodales devant être reliées par un réseau routier et ferroviaire efficace, il est sans doute préférable de choisir la rive sud, quitte à devoir draguer constamment.» ANDRÉ PICHÉ inte5Ç£ace TRANSFERTS STÉPHAN DUSSAULT Accidents: trouver la cause La Ville de Québec sait que l’intersection des rues Saint-Sacrement et Borne a été le théâtre de 73 accidents entre 1990 et 1993.Mais comment se produisent ces mésaventures?À quel moment de la journée surviennent-elles?Dénombre-t-on beaucoup ou peu de blessés?Y répondre de façon précise informatisées, et y insérer une banque de données contenant tous les rapports policiers et toutes les caractéristiques du réseau routier.C’est sur quoi le GRIMES travaille depuis 1990, avec la Ville de Québec comme terrain d’essai.L’équipe concentre ses efforts notamment sur les 15 252 accidents survenus Probabilité d'accident (Beta 2) 0.85 à 1 à 0.85 (10) O 0.75 i 0.8 à 0.75 (5) à 0.7 (51) 0.25 à 0.3 à 0.25 (11) 0.15 à 0.2 0.001 à 0.15 (10) FIGURE 1 PROBABILITÉ DES ACCIDENTS À ANGLE DROIT AUX INTERSECTIONS DES RUES LOCALES ET DES ARTÈRES OU DES RUES COLLECTRICES, À LIMOILOU, ENTRE 1990 ET 1993.et rapide, c’est suggérer des pistes de solution.Comme le dit si bien le proverbe: Dis-moi tout des accidents et je te dirai comment les éviter.La somme des rapports de police peut brosser un juste portrait de la situation.Mais comment les analyser?Le GRIMES (Groupe de recherche interdisciplinaire en mobilité, environnement et sécurité) de l’Université Laval croit avoir trouvé la solution: se servir de cartes et d’informations géographiques aux 1 743 intersections de la ville ayant connu au moins un accident entre 1990 et 1993.L’intégration d’un programme d’analyse, adapté aux besoins de l’étude du risque, à l’intérieur du logiciel commercial Maplnfo permet de déterminer rapidement en quoi une intersection est plus risquée qu’une autre de même nature («achalandage», configuration, etc.).Prenons par exemple l’intersection, dans Limoilou, de la rue des Peupliers et de la lre Avenue (figure 1).En quatre ans, 38 accidents y sont survenus, soit beaucoup plus que la moyenne des intersections (8,75 accidents).Après deux minutes de travail, Maplnfo nous apprend que 61 p.cent des accidents furent le fruit de la rencontre de deux voitures circulant dans des directions perpendiculaires.La probabilité qu’un accident entre deux véhicules circulant à angle droit survienne à cette intersection est ici, comparativement aux autres intersections de même type, nettement supérieure (0,96).Une situation très particulière pour une intersection où l’on retrouve pourtant des feux de circulation.Une visite des lieux fournit toutefois deux explications : on retrouve aux quatre coins de l’intersection quatre entrées de stationnement de commerces; de plus, «le bruit visuel dû à l’affichage commercial très désordonné [.] peut confondre le conducteur», peut-on lire dans un rapport du GRIMES.Autre exemple: 32 p.cent des accidents à l’angle de Grande-Allée et d’Ar-tigny surviennent le samedi, et 52 p.cent entre 22 h et 6 h (figure 2).Pas étonnant: ce tronçon est truffé de bars.Le GRIMES se permet même ce commentaire: «Il est toutefois surprenant de constater qu’une conduite avec des facultés affaiblies n’est notée qu’une seule fois dans le rapport de police.» Bref, comme le disent les chercheurs et les chercheuses, les résultats valent ce que vaut l’information.D’abord, seulement 15 p.cent des accidents faisant intervenir un cycliste sont répertoriés dans les rapports de police.De plus, aucune «information historique sur le réseau» (réparation d’un tronçon, rue fermée) n’est conservée, ce qui peut fausser certaines analyses.Mais le plus gros du travail est derrière le GRIMES.«On discute avec la Ville de Québec INTE58 ACE pour transférer le système tout en formant le personnel requis afin de le voir fonctionner dans le quotidien d’une municipalité», dit Denise Piché, profes-seure d’architecture et coordonnatrice du projet.Lorsque le GRIMES aura répondu à la question: «Est-ce qu’un système d’information développé améliore l’efficacité des mesures de correction du réseau routier?», on saura si ce système mérite d’être diffusé.: Vamer .Nombre d'accidents Matin (de 7 è 10 h.) 1 Jour (de 10 A 16 h.) Soif (de ¦'C è 18 h.) '\ J, • Nuit (de 23 A 5 h.) "V àle •#••• Saintc-Fov £223 K • _ • • • • • • • » i |v • \ «•* • Superficie des ellipses Répartition des accidents vj Nuit Matin jcüTHUHUHHHMr Soir 0 4 8 16 2 6 10 14 18 Kilomètres carrés * FIGURE 2: ANALYSE CENTROCRAPHIQUE DES ACCIDENTS SELON LA PÉRIODE DE LA JOURNÉE, À QUÉBEC ENTRE 1992 ET 1993.LES FLÈCHES INDIQUENT LE SECTEUR DE LA CRANDE-ALLÉE.Simuler le travail d'une cuve d'électrolyse La cuve d’électrolyse, c’est le cœur même de toute aluminerie.C’est là que, sous l’effet d’un fort courant électrique, l’alumine (A1203), soit l’oxyde d’aluminium, est décomposée afin de récupérer le métal.Mais, pour être performant, le fonctionnement de la cuve doit être réglé au quart de tour.Le tout se faisant à très haute température et avec des produits extrêmement corrosifs, il est presque impossible d’effectuer des tests directs.C’est pourquoi le Groupe de recherche en ingénierie des procédés et systèmes (GRIPS) de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) a mis au point un logiciel de simulation.Le «simulateur dynamique» peut à la fois analyser l’état d’une cuve, suggérer des moyens d’optimiser ses performances et même former le personnel affecté à la tâche délicate de préserver la cuve des perturbations ambiantes.«Il peut être adapté à chaque type de cuve, ce qui donne naissance à différentes versions du simulateur», dit Rung Tien Bui, titulaire de la Chaire industrielle sur les transferts de chaleur à l’UQAC.Après trois ans de recherches et avec l’aide du Centre de recherche et développement de l’aluminium (CRDA) pour commercialiser le logiciel, les clients font presque la file.L’année dernière, le Cen- tre de recherche de Nagpur, en Inde, le Centre de technologie Noranda de Pointe-Claire et quatre usines d’électrolyse du groupe Alcan ont acheté le logiciel.Le coût variait entre 10000$ et 100 000$, selon le nombre d’options commandées.Les profits réalisés sont entièrement L’ail des bois fait partie des espèces québécoises en voie de disparition?Qu’à cela ne tienne! Pour continuer d’agrémenter votre salade aux tomates de ce condiment béni des dieux, il suffit d’acheter les plants qu’on produit depuis peu dans un laboratoire.Après la vache, le framboisier, le fraisier et le plant de pomme de terre, voici le plant d’ail des bois reproduit in vitro ! C’est Andrée Nault, du centre de recherche du Biodôme de Montréal, qui a eu l’idée de cette culture il y a plus d’un an (voir Interface, mars-avril 1995).Les Serres coopératives de Guyenne, une entreprise qui produit déjà des fraisiers investis dans le financement de recherches dans le même domaine, assure M.Bui.Le projet a reçu des subventions du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) et de l’alu-minerie Alcan.L’an prochain, on espère offrir une version améliorée du logiciel.et des framboisiers en éprouvette, ont sauté à pieds joints sur le projet.Cultiver in vitro permet surtout d’accélérer la multiplication et la croissance de nouveaux plants.«Faire pousser une graine prend au moins deux ans, sans compter que plusieurs ne germeront jamais, explique Nathalie Calero, responsable du laboratoire des Serres de Guyenne.Avec la technique in vitro, nous pouvons sans problème produire de 30000 à 40000 plants chaque année.» Pour augmenter la cadence, on gave les bourgeons d’hormones de croissance en poudre.Il ne reste plus qu’à découvrir lesquelles favorisent le plus De l#ail des bois en éprouvette inte59 ACE Cégep tfc Sainte-Foy 1500 diplômés par année dont 800 dans 20 programmes d'études techniques • Cf- LE SERVICE DE LA FORMATION CONTINUE * ¦ Formation sur mesure à temps partiel et à temps plein Téléphone: (418) 659-6620 ¦ Télécopieur: (418) 659-7919 CERF® LE CENTRE D ENSEIGNEMENT ET DE RECHERCHE EN FORESTERIE DE SAINTE-FOY Recherche appliquée, transfert technologique et formation sur mesure Téléphone: (418) 6594225 • Télécopieur: (418) 6594226 LE CONSORTIUM INTERCOLLEGIAL DE DÉVELOPPEMENT EN ÉDUCATION Formation en Afrique, en Amérique latine et au Moyen Orient Réalisation seule ou en partenariat avec l'entreprise Téléphone: (418) 656-9687 ¦ Télécopieur: (418) 6594226 CÉGEP DE SAINTE-FOY INFORMATION GÉNÉRALE ¦ Téléphone: (418) 6S9-6600 % Souper de la science Xa rencontre des générations CAMPAGNE DU 75' En vue des célébrations du 75' anniversaire de l’Acfas en 1998, COMITÉ D’HONNEUR la Fondation de l’Acfas invite la communauté scientifique à un souper bénéfice.Lionel Boulet Jeudi le 30 novembre 1995 Ruelle des Fortifications Jean-Marie Demers 360, rue Saint-Antoine Est, Montréal • Réception en présence de Pierre Bourque, Bernard Gingras maire de Montréal • Témoignages de générations de scientifiques • Conférence de Louis Berlinguet, président Lucien Huot du Conseil de la science et de la technologie • Quintette bois et cuivres de jeunes étudiantes de l’Estrie • Animation de la soirée par Charles Tisseyre Maurice L’Abbé Coût : 95 $ par personne Réal L’Archevêque (Vous pouvez réserver une table de huit personnes) Pour réservation FONDATION DE L’ACFAS 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal (Québec) H2L 2M7 TéL: (514) 849-0045 leur développement, et on pourra passer d’une pousse d’un millimètre de longueur à un plan mature en moins de trois mois.Les horticulteurs et les horticultrices du dimanche peuvent, depuis cet été, agrémenter leur jardin de plants d’ail des bois, offerts dans les magasins Canadian Tire, le partenaire des Serres de Guyenne.En mai dernier, 1 000 plants étaient prêts à attaquer le marché québécois.Il reste à savoir si les subventions du ministère de l’Environnement du Québec vont être suffisantes pour rétablir les populations du Québec à un degré acceptable.On estime qu’un plant, mise en terre non comprise, pourrait, selon la demande, coûter entre un et trois dollars.Des 60 sites recensés par Andrée Nault, plus de la moitié n’ont pas le minimum vital de 1 000 plants.Aux endroits où l’on ne retrouve plus l’ail des bois, Andrée Nault ne s’acharnera pas.«C’est très difficile de réintroduire un plant dans un milieu qui n’est plus le sien, dit-elle.Nous allons donc concentrer nos efforts sur les sites où les plants sont peu nombreux.» Contrairement aux plants de fraises, de framboises et de pommes de terre, on ne reproduit pas les plants d’ail des bois en laboratoire pour les préserver des maladies.C’est pourquoi on ne prélève pas directement les cellules reproductrices de la plante plus perméables aux virus.Pour accélérer le processus, on extrait le bourgeon au complet, qui croît dans l’éprouvette.Le plant fait des petits, qui sont désinfectés à l’aide de produits chimiques, puis empotés.Les Serres de Guyenne, situées en Abitibi, mettent également au point une culture in vitro du ginseng, une autre espèce menacée au Québec. La recherche.c'est pour vous n*atf j 0 Université d’Ottawa University of Ottawa 1001 CRDI CETTE CHRONIQUE EST RENDUE POSSIBLE GRÂCE À LA COLLABORATION DU CENTRE DE RECHERCHES POUR LE DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL (CRDI) Des céréales qui ont la jaunisse Pascale Guéricolas SCIENCEMONDE DES CHERCHEURS DE LA RÉGION DE QUÉBEC COMBATTENT DEPU DE LA JAUNISSE NANISANTE DE L’ORGE, UN FLÉAU QUI FRAPPE LES RÉCOLTES DU MONDE ENTIER.ET LE COMBAT COMMENCE À ÊTRE REMPORTÉ.PAR LES SCIENTIFIQUES.Tremblez fétus de paille, brins d’avoine, grains d’orge: le virus de la jaunisse nanisante de l’orge, VJNO pour les intimes, n’épargne aucune récolte de céréales, nulle part dans le monde.Lorsqu’il décide de passer à l’attaque, il ne laisse que tiges rabougries et épis vides de grains.Heureusement, le virus se heurte depuis une vingtaine d’années à une équipe de chercheurs de la région de Québec, aidés par le Centre de recherches pour le développement international et l'Aupelf-Uref (Association des universités partiellement ou entièrement de langue française).Ces preux combattants s'efforcent de développer des espèces de céréales résistantes au VJNO.Et — surprise ! — ils pourraient faire bientôt d’une pierre deux coups puisque leurs résultats leur permettent aujourd’hui de repérer des plantes susceptibles de mieux supporter les effets de la sécheresse.L’équipe de recherche, dirigée par André Comeau, chercheur au Centre fédéral de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures, et Claude-André Saint-Pierre, professeur au Département de phytologie de l’Université Laval, tente donc d’établir un lien rmi /.AVOINE RÉSISTANTE ET AVOINE SENSIBLE.GRÂCE AUX TRAVAUX D’ANDRÉ COMEAU, LES GÉNÉTICIENS QUÉBÉCOIS ONT PU ÉLIMINER PRESQUE COMPLÈTEMENT LES CÈNES DE SENSIBILITÉ DE L’AVOINE CULTIVÉE AU QUÉBEC (90 P.CENT DES CULTIVARS SONT ASSEZ RÉSISTANTS EN 1995 CONTRE 0 P.CENT EN 1970).entre les gènes permettant à une céréale de ne pas souffrir du manque d’eau et ceux qui la prémunissent contre le VJNO.En effet, les pathologies de la sécheresse et du virus se ressemblent étrangement, les racines de la plante étant dans les deux cas touchées.Le virus affecte, en effet, la circulation des produits de la photosynthèse, provoquant une réduction du système raci-naire.En réaction à ce manque de sucre S QUELQUES ANNÉES LE VIRUS et de minéraux, la plante délaisse alors la croissance des parties aériennes pour se retourner vers les racines, et les grains de céréales produits n’atteignent jamais la maturité.«Nous avons observé sur des cultures d’orge et de blé que les plants qui résistaient au virus supportaient également relativement bien une sécheresse, explique Claude-André Saint-Pierre.Nous supposons donc, mais sans l’avoir vérifié scientifiquement, que ce sont des gènes identiques qui réagiraient au VJNO ou à la sécheresse.» Lorsque la plante subit un stress hydrique, sa physiologie se transforme.Les chercheurs doivent donc comprendre pourquoi la croissance du système racinaire de certaines espèces s’en trouve affectée, tandis que d’autres parviennent à supporter le déficit en eau.De plus, comme le précise André Comeau, les plants les plus efficaces sont ceux qui absorbent le maximum de minéraux avec un minimum d’eau, car la plupart du temps les plantes meurent d’un manque de phosphore et autres éléments avant de souffrir d’un déficit hydrique.Des croisements inusités L’équipe de recherche travaille donc sur des croisements entre espèces cultivées et espèces sauvages, résistantes au VJNO.Certaines graminées non cultivées comme l’étyme des sables, appelée aussi l’herbe à canard, ou le vulgaire chiendent donnent déjà des résultats INTERFACE M C M X C V JCt flv NS «1 ORGE RÉSISTANTE ET ORGE SENSIBLE, AU STADE VÉGÉTATIF.L’ORGE RÉSISTANTE CONTIENT LE CÈNE YD2 INTRODUIT D’ÉTHIOPIE.CE CÈNE PROTÈGE LE RENDEMENT À 90 P.CENT DANS LES PIRES ÉPIDÉMIES.IL A FALLU 25 ANS DE TRAVAIL POUR DISSOCIER CE CÈNE UTILE DES CÈNES NÉFASTES À LA QUALITÉ AGRONOMIQUE DE LA PLANTE.LE RÉSULTAT FINAL FUT ENFIN OBTENU EN 1994.C’EST DONC UN CULTIVAR DOTÉ DE RÉSISTANCES MULTIPLES, À PLUSIEURS MALADIES ET PLUSIEURS STRESS, QUI RÉCOMPENSE CES ANNÉES D’EFFORTS.NOM PROVISOIRE DU CULTIVAR: ACCA.PLUSIEURS AUTRES CULTIVARS RÉSISTANTS SERONT DISPONIBLES D’ICI L’AN 2000.encourageants.Les plants obtenus ressemblent beaucoup au blé cultivé pour produire la farine à pain, mais ils résistent en plus au virus.Les chercheurs semblent par ailleurs sur la bonne voie pour trouver une avoine résistante au VJNO, mais ils se heurtent encore au problème de la rentabilité agronomique du croisement obtenu avec une espèce sauvage.Cette difficulté a toutefois été résolue il y a quelques années chez l’orge.Au prix de nombreux et coûteux efforts, les chercheurs ont, en effet, réussi à croiser un cultivar éthiopien qui contenait un gène YD2 assurant à la plante la résistance au virus mais dont l’intérêt agronomique était limité, et un cultivar canadien non résistant au virus, mais beaucoup plus intéressant à cultiver.Ce croisement produit une céréale qui résiste presque parfaitement à la jaunisse nanisante, tout en préservant sa productivité.Mais tout n’est pas encore rose au pays des céréales, car les agriculteurs des pays en voie de développement, dont la survie dépend de la quantité de seigle, de blé ou d’orge qu’ils produisent, subissent encore de plein fouet les attaques du virus.Souvent, ils ne peuvent se procurer les espèces résistantes au VJNO et l’arme chimique leur fait encore défaut.L’utilisation de pesticides se révèle, en effet, trop coûteuse dans des régions pauvres, et même dangereuse lorsque les agriculteurs ne peuvent lire les étiquettes d’utilisation.Certains facteurs, comme le manque d’eau graduel survenant après une saison humide, favorisent la migration des pucerons porteurs de cette maladie vers les champs cultivés.Les insectes, qui peuvent voyager parfois 400 kilomètres par jour, se multiplient dans le champ jusqu’à ce que la plante soit surchargée.Une fois infectée, cette dernière voit son système racinaire atteint dans un délai de deux à quatre jours.Pourtant, distinguer les symptômes du VJNO, soit la jaunissement des feuilles chez l’orge ou le rougissement des tiges chez l’avoine, de ceux caractéristiques d’une déficience minérale ressemble encore à un véritable casse-tête chinois.André Comeau et Claude-André Saint-Pierre ont donc mis au point un test de détection simple et peu coûteux capable de renseigner le producteur en trois heures sur la présence du virus dans son champ.Un test transportable Le test se compose en tout et pour tout d’une petite boîte et d’une lame de rasoir.Il suffit d’appliquer un morceau de tige de la plante sur une bandelette de microcellulose, comme pour prendre son empreinte.Les réactifs Élisa agissent ensuite comme le révélateur en photographie.Magie de la chimie, ils affichent la couleur violette en présence du virus.Selon les chercheurs, ce test portatif demande bien moins de manipulations que les autres méthodes de dépistage offertes sur le marché, qui bien souvent nécessitent une qualité d’échantillon particulière.La technologie mise au point sert bien évidemment à détecter la présence d’une épidémie de VJNO dans un champ de céréales, mais surtout à repérer les plantes qui, en présence du virus, ne développent pas de maladie.L’équipe de recherche de Québec travaille donc en étroite collaboration avec plusieurs chercheurs dans le monde, notamment au Maroc, pour sélectionner des souches résistantes.Comme le fait remarquer Claude-André Saint-Pierre, les travaux effectués sur le virus de la jaunisse nanisante ont permis aux chercheurs, au fil des ans, d’améliorer certains caractères génétiques des espèces de céréales afin d’augmenter la productivité de celles-ci.Si, effectivement, ils parviennent à mieux comprendre les phénomènes de défense de la plante en présence d’une sécheresse grâce à l’action de ses gènes, leur recherche prendra une tout autre dimension.De l’étude d’un simple virus, ils passeront à la découverte d’un outil de génétique moléculaire applicable à d’autres maladies.INTE^ACE PHOTOS: ANDRÉ COMEAU INTERNET iy PASSANT PAR ADEL G.EL ZAIM N Le réseau Internet s’enrichit tous les jours de nouveaux services et de la présence de nouveaux organismes gouvernementaux et de centres de recherche publics et privés.À lui seul, le serveur d’indexation Webcrawler1 a recensé automatiquement 73 434 serveurs entre le mois d’avril 1994 et le mois de juillet 1995.On estime à 23 p.cent le nombre de sites présentés dans une autre langue que l’anglais.Dans cette deuxième chronique, nous vous indiquons les adresses de plusieurs sites Internet, à visiter par curiosité, pour les besoins de votre travail ou pour entrer en contact avec des organismes de recherche et de création.Nous vous proposons également des sites de publications électroniques.1.http ://webcrawler.com et http ://webcrawler.com/WebCrawler/Facts/Size.html gnons tout particulièrement la section Science et technologie qui nous permet d’en apprendre un peu plus sur les recherches réalisées au CERCA.THE JOHN HOPKINS UNIVERSITY BIOINFORMATICS WEB SERVER http://www.gdb.org/hopkins.html Ce serveur est une véritable collection de bases de données sur les protéines.Il propose des liens avec des serveurs contenant, en plus des bases LE CRSNG http://www.nserc.ca Ce site officiel du CRSNG, présenté en français ou en anglais, nous donne de l’information sur le centre et ses programmes, ses publications, ses comités et ses relations internationales.On peut aussi consulter son annuaire pour trouver le numéro de téléphone ou l’adresse électronique de la personne qu’on désire rejoindre au CRSNG.La section Nos succès en recherche présente des équipes en cinq points et explique de façon succincte leur domaine de recherche.La plupart des explications fournies dans la section Programmes sont assez détaillées et seront très utiles aux chercheurs de subventions.LE FONDS FCAR http://www.fcar.qc.ca Finis les formulaires de demande de subvention trop étroits et difficiles à remplir.Finies les machines à écrire et les photocopies.Le site du Fonds pour la formation de chercheurs et l’aide à la recherche (FCAR) contient tout ce qu’il faut pour remplir nos demandes sans nous arracher les cheveux.Les programmes d’aide financière sont détaillés et aussi complets que s’ils étaient présentés sur papier.Les sections Publica- : Programmes d'aide financière / \ RHIontPt» centraux ÉitibUi muent de nouveaux îherdmirs Soutien aux cMuiiies
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