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Titre :
Bulletin de la Société de philosophie du Québec
Éditeur :
  • [Montréal] :Société de philosophie du Québec,1974-
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Publications en série
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin de la Société de philosophie du Québec, 1976, Collections de BAnQ.

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[" 'Alrtfo e lu société é pMlosopfaic* s qnébec volume 2 numéro 3 Bulletin de 1 a Société de Philosophie du Québec Pe/t s-is^ Directeur\t: Raymond Brouillet (U.Laval) Comité de rédaction : Yvan Cloutier (Cégep de Sherbrooke) Paul Germain (U.Concordia) Pierre Gravel (U.de Montréal) Claude Panaccio (UQTR) Paul-André Quintin (UQTR) Le Conseil d'Administration du bulletin est constitué par le Conseil d'Administration de la Société de Philosophie du Québec, qui comprend, outre les personnes sus-mentionnées : Maurice Bailly (Cégep F.X.Garneau) Guy Bouchard (U.Laval) Venant Cauchy (U.de Montréal) Pierre Laberge (U.d'Ottawa) Claudette Lafond (Cégep de Rimouski) Maurice Lagueux (U.de Montréal) Alain Lallier (Cégep de Trois-Rivières) Georges Legault (Cégep Bois-de-3oul.) Robert Nadeau (UQAM) Bernard Ouellet (Cégep de Hull) Jacques Plamondon (U.de Sherbrooke) Maurice Rainville (U.de Moncton) Claude Savary (UQTR) Louis Valcke (U.de Sherbrooke) Claude Vallières (Cégep de Chicoutimi) Siège Social :\t2910, Boul.Edouard Montpetit, Montréal 101, Québec. Dépôt Légal 2e trimestre 1976 Bibliothèque Nationale du Québec Bui 1e tin de la Société de Philosophie du Québec Volume II, numéro 3 Mai 1976 SOMMAIRE Pages Informations : .4 -\tColloque : Philosophie et\tpsychologie .5 -\t11le Congrès annuel de la\tS.P.Q.6 -\tProgramme .6 -\tRésumés des communications libres .9 -\tAssemblée générale : ordre du jour proposé .13 -\tModifications aux statuts proposées .13 -\tAutres colloques et congrès .15 -\tCréation d'un prix annuel\tde la S.P.Q.16 Documents : Autour du \"Dossier Philosophie\" .18 -\tPrésentation .18 -\tExposé du président de la\tS.P.Q.au congrès de nov.1975 .\t19 -\tMémoires des départements de philosophie -\tUniversité McGill .24 -\tUniversité de Montréal .26 -\tUniversité du Québec S Trois-Rivières .48 -\tUniversité de Sherbrooke .71 Directives pour\tla présentation d'un manuscrit au bulletin .79 4 INFORMATIONS A cause de l'abondance du matériel publié dans la deuxième partie de ce numéro, les chroniques régulières \"Informations régionales\", \"Publications récentes\" et \"Ou côté des revues\" seront provisoirement suspendues le temps d'un numéro.La chronique \u201cInformations\" sera donc presque entièrement consacrée aux nombreux colloques et congrès qui marquent la fin de l'année académique.Qu\u2019il nous soit permis cependant à titre exceptionnel de signaler avec regret la disparition du Cercle de Philosophie de Trois-Rivières, annoncée le mois dernier par son président-fondateur, monsieur Alexis Klimov, professeur au département de philosophie de l'UQTR.On sait que le Cercle tenait des activités régulières depuis maintenant onze ans. COLLOQUE : PHILOSOPHIE ET PSYCHOLOGIE Le col 1ooin: intitulé \"Philosophie et psycholojie\" qui devait se tenir 3 l'Université du Québec 3 Montréal les 6 et 7 mars derniers sous les auspices conjointes de cette institution et de la S.P.Q.a dü être contremandé 3 cause de la grève des employés de soutien de l'UQAM.Plusieurs avis 3 cet effet ont été publiés dans les principaux journaux de Montréal les 4 et 5 mars.Les personnes qui se seraient tout de même déplacées pour se heurter 3 une porte close sont priées d'accepter les excuses des organisateurs du colloque ; elles comprendront certainement que les circonstances en l'occurence étaient absolument incontrôlables.La S.P.Q.cependant est heureuse d'annoncer que ce colloque sera repris 3 l'automne prochain, sans doute au mois d\u2019octobre.Les dates exactes et les modifications au programme, s'il y a lieu, seront rendues publiques aussitôt que possible. 6 Ille CONGRES ANNUEL DE LA S.P.Q.Comme on sait, le 11 le congrès annuel de la S.P.Q.se tiendra cette année encore dans le cadre de l'ACFAS, à l'Université de Sherbrooke du 12 au 14 mai.Toutes les activités auront lieu au Pavillon des Sciences de l'Education.PROGRAMME Mercredi, 12 mai 1976.10:00h.- 12:OOh.Atelier I : NEUROLOGIE ET LOGIQUE\tSalle 2 Présidence : L.Valcke (U.de Sherbrooke) Participants : G.Boudrias (Cégep de Sherbrooke) J.Thorpe (U.d'Ottawa) J.P.Landry (Cégep de Sherbrooke) Atelier II : HISTOIRE DE LA BIOLOGIE ET ECOLOGIE\tSalle 3 Présicence : C.Panaccio (UQTR) Participants : M.-M.Chornet (Cégep de Sherbrooke) Fr.Duchesneau (U.d'Ottawa) 13:30h.- 15:30h.Table ronde : IMPACT DE LA MEDECINE\tSalle 154 Présidence : M.Gagnon (U.de Sherbrooke) Participants : Y.Martin (Recteur de l'U.de Sherbrooke) J.Dufresne (Directeur de \"Critère\") Chr.Fisch (C.H.U.de Sherbrooke) 16:OOh.- 18:30h.Communications libres - # 1\tSalle 2 Présidence : P.A.Qu in tin (UQTR) Participants : - G.A.Legault (Cégep Bois-de-Boulogne) La fonction illocutoire des énoncés de valeur.16:OOh.3 16:50h.- J.G.Meunier (UQAM) Problèmes d'analyse systématique du discours idéologique.16:50h.a 17:40h.N.B.Rétroprojecteur. - C.Panaccio (UQTR) Idéologie et connotation.A prooos de Syst?e_do ia rode de Roland $a,-thes.1 7:4-_'n.3 1S : ôün.Communications libres - * 2\tSalle 3 Présidence : Y.Cloutier (Cégep de Sherbrooke) Participants: - P.McCormick (U.d'ottawa) Quatre concepts philosophiques des objets esthétiques 16:00h.3 T6:5Oh.-\tP.Gravel (U.de Montréal) Le Phèdre et la structure du désir.I6:50h.3 17:40h.-\tB.Pruche (U.de Sherbrooke) Méthode et spécificité d\u2018une philosophie de l'art.17:40h.à 18:30h.Jeudi, 13 mai 1976.9:30h.- 12:00h.Atelier I : ETHIQUE ET LANGAGE\tSalle 2 Présidence : L.-Marcil-Lacoste (U.McGill) Participants : C.Panaccio (UQTR) Sh.Mullett (U.Concordia) G.Désautels (U.McGill) Atelier II : PLURALISME ETHIQUE ET SOCIETE\tSalle 3 Présidence : C.Savary (UQTR) Participants : J.M.Samson (UQAM) J.P.Brodeur (UQAM) M.Dufour (Cégep Maisonneuve) 13:30h.- 15:30h.Labié ronde : L'ENSEIGNEMENT DE LA MORALE ET LA QUESTION Salle 1 DE SES FONDEMENTS.Présidence : J.Goulet (U.de Sherbrooke) Participants : C.Lamonde (M.E.Q.) R.Nadeau (UQAM) L.Ducharme (U.d'Ottawa) 8 16:00h.- 16:50h.Communication T i- * 3\tSalle 2 Présidence : Sh.Kullett (U.de Concordia) Participant : J.N.Kaufmann (UQTR) Structure et métamorphose.Vendredi, 14 mai 1976.9:30h.- 12 :OQh.Communications libres - # 4\tSalle 2 Présidence : J.Tchao (U.de Sherbrooke) Participants : - R.Lambert (UQAM) Le principe déterminant des droits de l'honrie : la raison ou les rapports de forces.9:30h.a 10:20h.-\tL.Karcil-Lacoste (U.McGill) Echec de l'affirmation pluraliste.10:20h.â 11:1 Oh.-\tJ.G.Meunier (UQAM) Problèmes théoriques de la lecture du matérialisme dialectique.11:1 Oh.à 12:00h.N.B.: Rétroprojecteur.Communications libres - # 5\tSalle 3 Présidence : B.Proche (U.de Sherbrooke) Participants : - J.Theau (U.d'ottawa) La philosophie mathématique de H.Poincaré.9:30h.3 10:20h.-\tTh.Geraets (U.d'ottawa) Le retour a l'expérience perceptive et le sens du Çrimat de la perception.0:20n.â 11:1 Oh.- Y.Gauthier (U.de Montréal) Philosophie et fondements contructivistes de la logique.11:1 Oh.à 12 :OOh.13:30h.- 15:30h.Assemblée générale de la Société de Philosophie du Québec (S.P.Q.) Salle 154 9 RESUMES DES COMMUNICATIONS LIBRES.B.PROCHE, Département de Philosophie, Faculté des Arts, U.de Sherbrooke, Qué.Méthode et spécificité d'une Philosophie de l'Art.Dégagée de toutes les catégories \"esthétiques\", une Philosophie de l'Art a pour méthode d'aboutir 3 une définition de l'Art 3 partir de toutes les oeuvres de tous les temps et de tous les arts, et non en fonction ni du Beau, ni du Sublime ou Gracieux, ni de la sensibilité esthétique; ce qui suppose la mise en p-lace de \"voies d'accès\" 3 l'oeuvre d'art : ici, on en proposera quatre réparties 3 plusieurs niveaux.- L'Art sera défini corme étant \"l'ensemble des démarches, orientées et motivées, qui tendent expressément 3 conduire un être d'un néant initial 3 son achèvement\".Il est dialectiquement constitué par : l'acheminement de l'oeuvre; la décision finale d'achèvement; la totalité des actes (inconscients pour la plupart) implicitement orientés, mais exacts et très précis qui président au surgissement de l'oeuvre et en assurent l'indubitable présence.Chez l'artiste, il répond 3 une \"nécessité intérieure\" qui en est l'essentiel irremplaçable.- L'art n'est ainsi ni dans l'ordre du \"dire\", ni dans celui des moyens de conmunication ou d'expression : ce n'est pas une \"méta-langue\".Il est tout entier dans Tordre créateur du \u201cfaire\".Y.GAUTHIER, Département de Philosophie, Université de Montréal.Philosophie et fondements constructivistes de la logique.La logique \"élémentaire\", logique des connecteurs et logique des prédicats du premier ordre, n'est-elle qu'une \"commodité\" linguistique, comme Quine le voudrait, ou bien doit-on en trouver une justification qui va au-del3 du pragmatisme?D'autre part, les thèses traditionnelles en philosophie de la logique n'allouent 3 la logique intuitionniste que la portion congrue.Un point de vue constructiviste renverse cette perspective et accorde la priorité 3 une logique du local.La réinterprétation \u201clocaliste\" des connecteurs et des quantificateurs commande une relativisation de la logique classique standard qui est essentiellement non-locale.Les résultats indiqués sont exposés dans deux ouvrages sous presse sur les fondements des mathématiques et la logique formelle ainsi que dans un article 3 paraître dans le Zeitschrift für Mathematische Logik und Grundlagen der Mathematik.TH.GERAETS, Faculté de Philosophie, Université d'Ottawa.Le retour 3 l'expérience perceptive et le sens du primat de la perception.En nous interrogeant sur les raisons qui motivent, chez Merleau-Ponty, le retour à l'expérience perceptive, nous découvrons la double visée présente dans la Phénoménologie de la perception : étude de l'expérience perceptive, mais aussi premier essai d\u2019une nouvelle philosophie, tendant 3 exprimer toute la variété de l'expérience, sans que cette expression s'emporte dans des significations immobilisées, mortes. 10 Le privilège de la perception, exprimé quelquefois en la qualifiant de \"savoir absolu\", doit être compris dans ce contexte: le sens du primat de la perception, c'est Que.replacé en elle, tout concept reprend sa vie, reste ouvert.Ici, il devient nécessaire de distinguer entre les divers sens que prend le terme \"perception\" sens que prend le terme \"perception\" au cours de la recherche et de dégager, notamment, le sens de la \"foi perceptive\".P.GRAVEL, département de philosophie, Université de Montréal, Le Phèdre et la Structure du Désir.La première partie du Phèdre de Platon présente en les enchaînant trois discours qui entendent cerner, et dans la perspective du platonisme, y réussissent assez bien, l\u2019être du désir.Notre question : quelle figure peut-on en extraire?Comment cette figure se manifeste-t-elle et que met-elle en cause?Voilà le sujet que nous tenterons de développer en faisant de cette figure du désir platonicien l\u2019exemplaire et le simulacre du désir philosophique.J.N.KAUFMANN, Université du Québec a Trois-Rivières, Structure et métamorphose.Il s'agit d'examiner l'argument qui réduit l'analyse structurale 3 n'être que synchronie et analyse statique et 3 se trouver dans l'incapacité de fournir une explication en termes de structures des transformations mêmes de la structure (métamorphoses).Cette position est récusée par JAKOBSON et MARTINET qui prétendent identifier des \"tendances 3 l'évolution\" des structures.Mais, d'une part, ils manquent d'identifier les propriétés structurelles responsables du changement; d'autre part ils ne voient pas comment ces tendances sont compatibles avec la supposée indétermination historique de l'évolution d'une langue.Pour résoudre ces problèmes, on peut se servir de l'analyse de DELATTRE qui recourt 3 des concepts de la théorie des graphes et définit explicitement un certain nombre de propriétés (formelles) caractérisant la \"connexité\" des structures.Elles permettent de formuler des lois de transformation 3 structure variable.Mais un examen critique découvre des présuppositions philosophiques concernant une téléonomie immanente 3 une telle théorie des métamorphoses et montre qu'il s'agit d'une explication spéculative et u-nilatérale des transformations, et que le structuralisme échoue dans cette dernière tentative de récupérer la dimension dynamique des structures.ROGER LAMBERT, département de philosophie, Université du Québec 3 Montréal, Le principe déterminant des droits de l'hotme : la raison ou les rapports de forces.L'enjeu de cette étude : si le droit est surtout un produit de la raison, il revêt un caractère de nécessité et l'avenir des peuples repose 11 sur son développement ; si au contraire il n'est que la résultante d'un rapport de forces, affrontement des groupes de pression ou lutte des classes, il répond aux intérêts des plus forts et par suite maintient ou accroît les inégalités existantes.Les diverses formes du droit où la raison s'affirme comme déterminante : le droit naturel; le droit comme réalisation du concept de liberté, Hegel; le positivisme juridique contemporain.Point commun â ces théories : elles présentent le droit comme le principal facteur de l'ordre social.Critique.Le matérialisme historique enracine le droit dans les conditions matérielles d'existence et lui assigne une fonction idéologique; il rejoint donc le deuxième membre de l'alternative : le droit contemporain est issu du rapport des forces en présence.Dès lors, pour comprendre le droit, il faut le saisir dans son articulation dialectique aux instances économique et politique.Que révèle cet instrument d'analyse appliqué au traitement des informations relatives à l'évolution actuelle du droit dans un mode de production capitaliste S unités monopolistes?La contribution du droit est-elle d'asservir ou de libérer?G.A.LEGAULT, Cégep Bois-de-Boulogne, Montréal.La fonction illocutoire des énoncés de valeur.L'utilisation systématique des catégories du langage léguées par la philosophie contemporaine nous oblige â repenser la fonction du jugement de valeur.En cherchant à appliquer les catégories de jugement de fait et de jugement de valeur aux énoncés d'un langage particulier tel celui de la publicité, nous avons rencontré quelques situations particulières qui exigent de revoir la notion de jugement de valeur dans le contexte global de la communication.Le langage de la publicité utilise des énoncés qui ne sont pas ou qui ne devraient pas tous être considérés comme des jugements de fait ou des jugements de valeur.La fréquence des actes illocutoires tels la question, le conseil, l'invitation laisse entrevoir des actes mixtes.Le conseil, par exemple, peut porter sur un fait ou sur une valeur.C'est pourquoi la notion traditionnelle de jugement de valeur doit être revisée à la lumière des autres actes illocu-toires.On doit en arriver à cerner la fonction illocutoire qui lui serait propre.Le jugement de valeur comme tout acte illocutoire est implicite ou explicite.Sa formulation explicite la plus fréquente semble être celle de la recommandation.P.McCORMICK, Faculté de Philosophie de l'Université d'Ottawa.Quatre concepts philosophiques des objets esthétiques.Après avoir formulé une question particulière sur le statut ontologique des objets esthétiques surtout dans le domaine de la poésie, cette communication aborde les critiques de quatre réponses divergentes.On pourrait énoncer ces réponses de la façon suivante : (1) un psychologisme esthétique d'après Dilthey, (2) un ontologisme esthétique d'après Ingarden, (3) une herméneutique esthétique d'après Gadamer, et (4) une métaphysique des objets esthétiques qui sera la réponse argumentée et provisoire de l'auteur. J.G.MEUNIER, Département de Philosophie, UQAM.Problèmes d'analyse systématique du discours idéologique.Comment peut-c-n analyser rigoureusement l'idéologie.Encore faut-il savoir préciser ce qu'est une idéologie, tout discours est-il idéologique?Le présent travail tentera de décrire une procédure d'analyse de l'idéologie, inspirée des travaux de sémiologie, mais surtout des modèles de compréhension automatique du langage naturel.J.G.MEUNIER, Département de Philosophie, UQAM.Problèmes théoriques de lecture du matérial isr.e dialectique.Dans une perspective marxiste, toute production théorique est liée à ses conditions d'existence matérielles.Cette thèse doit aussi s'appliquer â la production tnéorique marxiste.Mais comment la réaliser?Nous tenterons de présenter dans cette communication, les divers types de solutions à cette thèse, et nous essayerons d'élaborer divers concepts pour une lecture plus systématique du matérialisme dialectique comme programme concepteur du matérialisme historique.C.PANACCIO, Département de philosophie, Université du Québec â Trois-Rivières.Idéologie et connotation.A propos de \"Système de la mode\" de Roland Barthes.Roland Barthes définit l'idéologie comme \"la forme des signifiés de connotation\".On analysera ici la façon dont cette définition s'opérationnalise dans l'analyse du système de la mode écrite et plus particulièrement de l'idéologie de mode.On se demandera notamment : 1) quels critères sont fournis par Barthes a) pour reconnaître un phénomène de connotation; b) pour découvrir le(s) signifié(s) de connotation; c) pour valider les énoncés de l'analyste, (on verra que ces critères sont très peu rigoureux); 2) si la description de l'idéologie de mode permet de préciser la définition théorique de l'idéologie et d'entrevoir une théorie de la structure de l'idéologie.JEAN THEAU, Faculté de Philosophie, Université d'Ottawa.La philosophie mathématique d'Henri Poincaré et le principe d'induction complète.Personne n'a contesté a Poincaré le génie mathématique mais sa longue polémique avec les \"logiques nouvelles\" et ses sarcasmes sur le \"péanien\" ont souvent fait de lui, aux yeux de nos contemporains, le symbole d'une philosophie mathématique périmée.Il arrive cependant en philosophie comme en stratégie que des combats d'arrière-garde se changent en combats d'avant-garde et, puisque le triomphe du logicisme mathématique apparaît aujourd'hui plus douteux que naguère, les idées de Poincaré reprennent un intérêt inattendu.Nous voudrions montrer en nous appuyant sur les articles que Poincaré a consacrés aux rapports 13 des mathématiques et de la logique, ou plus spécialement au principe d'induction complète, qu'il s'agit d'un intérêt mérité.Car ce n\u2019était ni par ignorance ni par mésintelligence, mais pour de bonnes raisons, que le mathématicien philosophe se refusait à faire du principe d'induction soit une définition, soit un théorème, mais le maintenait parmi les axiomes a priori de la pensée.Nous essaierons de mettre en relief la cohérence et la force, tant positive que critique, de ses raisons.Car Poincaré pensait avoir démontré non sans doute l'imperméabilité du nombre 3 la logique, mais la spécificité et l'irréductibilité logiques de cette notion ainsi que des raisonnements qu'elle fonde.ASSEMBLEE GENERALE DU 14 MAI : ORDRE DU JOUR PROPOSE : 1.\tAdoption de Tordre du jour.2.\tAdoption du procès-verbal de la dernière Assemblée Générale.3.\tRapport du Bureau de direction.4.\tAmendements aux statuts (voir plus loin).5.\tCréation d'un prix de la S.P.Q.6.\tRapports entre la S.P.Q.et la revue Philosophiques.7.\tRapport du Comité de Nomination et élections : a)\tdu bureau de direction; b)\tau conseil d'administration.8.\tVaria.MODIFICATIONS AUX STATUTS PROPOSEES PAR LE CONSEIL D'ADMINISTRATION A L'ASSEMBLEE GENERALE.1.\tConsidérant que le nombre des représentants des régions de l'Acadie et de Montréal sur le Conseil d'Administration est disproportionné par rapport au nombre des membres effectifs ou potentiels de la S.P.Q.dans ces régions; Considérant qu'une modification des statuts quant au nombre des représentants régionaux (pour les régions concernées) ne saurait causer préjudice à qui que ce soit ; il est proposé Que l'article 18 des statuts soit modifié et qu'on y lise : \"Acadie (1), Montréal (4)\" au lieu de \"Acadie (2), Montréal (3)\".2.\tConsidérant que le texte des statuts est demeuré imprécis sur le \u201cComité des nominations\" 3 la suite des amendements votés lors de l'assemblée générale du 9 mai 1974; Considérant la nécessité d'assurer le bon fonctionnement de la S.P.Q.par une procédure précise de renouvellement des membres du Conseil d'Administration; il est proposé Que l'article 28 d) soit modifié et qu'on y lise : \"il (le C.A.) forme le Comité des Nominations et tout comité \"ad hoc\" qu'il juge nécessaire et s'assure de la réalisation de leurs mandats\". 3.Considérant 1\u2018existence de membres institutionnels dans la S.P.Q.; Considérant la nécessité de préciser les rôles et privilèges de ces membres; Considérant toutefois la nécessité actuelle de maintenir l'article 14 qui dit que \"seuls les membres ordinaires ont droit de voter ou d'être élus aux divers postes de la Société\"; il est proposé Que l'article 8 des statuts soit modifié par l'ajout de la phrase suivante : \u201cCes membres seront particulièrement associés aux opérations d'Information et de recrutement de la S.P.Q.En outre, par rapport aux groupes non-membres, leurs projets seront considérés en priorité quand il s'agira d'organiser des activités conjointes ou de préparer des publications\".4.Considérant la nécessité de préciser les rôles et responsabilités respectives du Comité des Nominations et de l'Assemblée Générale quant aux élections; il est proposé Que l'article 25 des statuts soit modifié et que la dernière phrase se lise comme suit : \"Tous les officiers sont élus par l'Assemblée Générale annuelle 5 partir des candidatures soumises d'une part par le Comité des Nomina- tions et d'autre part par l'Assemblée Générale elle-même\". La revue Critère, en collaboration avec le Collège Ahuntsic organise les 4, 5 et 6 juin prochain au centre d'Art d'Orford un \"Colloque interdisciplinaire sur la santé\" que les organisateurs décrivent de la façon suivante : \u201cIl s'agit d'un colloque sur la santé, non sur la médecine.Sur cette santé qui, on vient de le redécouvrir, est l'affaire de tous.Dans un climat libre de tout intérêt de grouoes professionnels, politiques ou idéologiques, dans une atmosphère favorable aux échanges vivants et S la créativité, les participants seront invités a préciser les premiers termes d'un nouveau contrat médical\".Le colloque est ouvert à tous.Pour plus d'informations, s'a dresser a Colloque interdisciplinaire sur la santé Revue Critère Collège Ahuntsic 9155, rue St-Hubert Montréal.Qué.Tél.: (514)389-5921, poste 224.Congrès annuel de l'Association Canadienne de Philosophie Ce congrès se tiendra 3 l'Université Laval a Québec du 2 au 5 juin prochain.En plus des communications libres, l'ACP annonce la tenue d'au moins trois sessions conjointes, dont deux seront organisées en collaboration avec la Société canadienne d'Histoire et de Philosophie des sciences (sur la notion de paradigme scientifique, et sur la dualité intemalisme/externalisme en histoire des sciences), et une en collabora tion avec la Société canadienne des études classiques (sur Alexandre d'Aphrodise).On prévoit aussi des sessions spéciales sur l'analyse de textes par ordinateurs, sur la logique, sur les fermes et la philosophie sur les carrières en philosophie et sur la psychanalyse.Pour toute information supplémentaire, s'adresser à : L'Association Canadienne de Philosophie 1390 ouest, rue Sherbrooke Montréal.Qué.H3G 1K2 Congrès annuel de la Société d'histoire et de Philosophie des sciences Ce congrès se tiendra du 3 au 5 juin prochain 3 l'Université Laval 3 Québec.On prévoit entre autres deux sessions conjointes avec l'Association canadienne de Philosophie (cf.plus haut).Pour informations supplémentaires, concernant le programme, s'adresser a M.Claude Savary Département de Philosophie Université du Québec 3 Trois-Rivières C.P.500, Trois-Rivières.Tél.: (819)376-5216 ¦ \u2022 ' 11* ¦Z AUTRES COLLOQUES ET CONGRES.Colloque interdise!plinaire sur la santé 16 CREATION D'UN PRIX AV,.\u2018EL DE LA S.P.Q.N.O.L.R.L'Assemblée Générale de la S.P.Q.tenue le 2 novembre 1975 avait adopté la proposition suivante : \"Que la S.P.Q.décerne annuellement un prix pour signaler la valeur d'un ouvrage de philosophie publié par un auteur québécois\".Depuis lors, le Conseil d'administration s'est penché sur les modalités d'attribution de ce prix et il adoptait 3 sa réunion du 14 février dernier le document de travail suivant qui sera soumis 3 1'Assemblée Générale du 14 mai prochain.NOM : Prix \"Louis Jolliet\" (note 1) 1.\tObjectif : Favoriser la publication et la diffusion d'ouvrages en philosophie.Une priorité sera accordée aux ouvrages publiés au Québec.2.\tEliqibi1ité : a)\tLes ouvrages éligibles devront être publiés en français par un auteur québécois, francophone-canadien, ou un auteur rattaché 3 une maison d'enseignement francophone ou partiellement francophone du Québec ou du Canada.Pour les ouvrages collectifs, la majorité des auteurs doivent répondre à ces critères.b)\tsont recevables les ouvrages publiés entre le 1er janvier et le 31 décembre de l'année précédant l'attribution du prix.c)\tseront retenus les ouvrages qui répondent 3 une des conditions suivantes : 1)\tprésentés par les auteurs 2)\tque le jury jugera bon de retenir 3)\tprésentés par un membre de la S.P.Q.d)\tles ouvrages soumis après le 1er mars pourront être refusés par le jury.e)\tles membres du bureau de direction de la S.P.Q.en fonction lors de la nomination du jury ne sont pas éligibles.f)\tles membres du jury ne sont pas éligibles.a)\tDésignation.Le bureau de direction nonne les membres du jury avant le 31 décembre de chaque année.b)\tComposition.Le jury est composé de cinq (5) membres, dont un membre (au moins) doit être rattaché 3 un Cégep et un membre (au moins) rattaché 3 une université; il ne peut y avoir plus d'un (1) membre par institution.c)\tLes noms des membres du jury ne sont divulgués que lors de l'attribution du prix.d)\tLa décision du jury est sans appel.e)\tLe jury peut ne pas accorder le prix s'il considère que les oeuvres soumises ne pépondent pas 3 ses critères. 17 4.Attribution La décision du jury sera connue dans le cadre de l'Assemblée Générale régulière de la S.P.Q., 3 savoir l'Assemblée Générale la plus rapprochée de la fin de l'année académique.(note 1) Le prix portera ce nom après'vérification. 18 DOCUMENTS : AUTOUR DU \"DOSSIER PHILOSOPHIE\" Présentation.On se souviendra qu'en avril 1974, le Conseil des Universités confiait S un groupe de travail le soin de mettre à jour et d'étudier le dossier de l'enseignement de la philosophie (aux 2e et 3e cycles) dans les universités du Québec.Le dépôt du rapport de ce groupe, aujourd'hui connu sous le nom de Dossier Philosophie ou Rapport Cazalis-Gendreau, fut suivi d'une opération de consultation menée par le Conseil des Universités auprès des départements universitaires de philosophie et auprès des diverses administrations universitaires.A notre connaissance, quatre départements ont jusqu'ici répondu S cette consultation : il s'agit des départements de philosophie de l'Université McGill, de l'Université de Montréal, de l\u2019UQTR et de l'Université de Sherbrooke.Nous pu-bl ions ici intégralement les mémoires soumis par ces quatre départements.On trouvera également, en guise d'introduction S la lecture de ces mémoires, le texte d'un exposé présenté par M.Paul-André Quintin, président de la S.P.Q., lors du congrès spécial de la S.P.Q.au mois de novembre dernier.Comme nous avons déjà publié la liste des recorrenandations mises de l'avant par le Dossier Philosophie, nous n'avons pas jugé bon de la reprendre ici et nous renvoyons à ce propos le lecteur au vol.2, no 1.du Bulletin de la S.P.Q., pp.24-26. 19 EXPOSE DU PRESIDENT DE LA S.P.Q.INFORMAT ION-DEBAT Notre intention première, lors de l'organisation de ce débat-information, c'était de fournir aux Universités l'occasion de formuler leurs réactions au Dossier Philosophie (de la même façon que nous fournissions aussi aux Céqeps, plus précisément à la coordination provinciale de philosophie l'occasion de formuler ses questions ou commentaires sur le Rapport Nadeau).L'idéal aurait été qu'un représentant des départements et facultés de philosophie vienne ici faire le point sur l'ensemble des \"réponses\" et commentaires sur le dossier en question.Pour diverses raisons, dont le retard de la parution du rapport, le décalage des échéances, les modalités diverses d'organisation des départements et facultés universitaires, l'imprécision ou 1'ambiguité presque habituelle du cheminement d'un dossier de ce type, la synthèse de ces réponses n'est pas encore faite au niveau des universités.Notons par ailleurs qu'il n'existe pas au niveau universitaire un \"pendant\" de la coordination provinciale.C'est précisément un souhait - et plus qu'un souhait - du Dossier Philosophie.Et l'absence d'un représentant universitaire \"attitré\" à cette table est peut-être â cet égard un début de réponse des universités.Mais ne préjugeons pas.Je n'ai donc pas l'intention ici de parler au nom des universités.Je n'en ai aucun droit.Je ne puis pas non plus préjuger si la Société de Philosophie du Québec prendra position sur le sujet et quelle sera sa position.Cette décision appartient â ses membres.Cependant, sur la base d'un examen attentif du dossier, d'une lecture des commentaires des membres du \"panel\" consulté, de la connaissance de certains projets de rapports, de conversations avec différents professeurs, il m'est possible d'identifier certains points chauds de ce dossier et d'indiquer ceux qui à mon avis feront certainement l'objet d'une prise de position de la part des départements et facultés de philosophie.Un premier point concerne la genèse et les motifs de l'élaboration de ce dossier.Pourquoi le Conseil des Universités a-t-il pris l'initiative de le faire élaborer et quelles sont les véritables intentions du Conseil ?Le moins que l'on puisse dire, c'est que le projet est ambigu et que sa formulation est souvent contradictoire.L'un des membres du panel a d'ailleurs posé vigoureusement la question dans ses commentaires â la cinquième version du rapport.Qu'en est-il au juste?Dans la section sur l'historique et les objectifs du dossier, les auteurs situent leur travail de la façon suivante.Je cite \"A 1'occasion de la présentation de deux nouveaux programmes, en sociologie et en 20 philosophie, le Conseil a demandé au Comité des programmes d'établir la problématique de la situation actuelle des programmes et de leur évolution 3 moyen terme, dans les deux disciplines, notamment au niveau des études graduées.Plus généralement, au moment oû les opérations de planification sectorielles fournissent leurs premiers résultats, il paraît souhaitable au Conseil des universités d'étudier l'opportunité d'une réflexion plus systématique non seule~e-t sur les programmes existants, mais sur les disciplines elles-*ê~es.Analysant pour chacune sa dynamique interne, sa contribution au corous scientifique et son rôle socio-économique, cette démarche préciserait les perspectives de développement des disciplines h Appartenant pas aux secteurs étudiés jusqu'à maintenant.En outre, se situant au niveau de la discioline, elle permettrait de mettre en oeuvre un principe d'auto-planification prôné depuis longtemps par le Conseil des universités; en vertu de ce principe, des membres de la discipline, représentant selon le cas un département ou une faculté, procéderaient périodiquement à son évaluation, avec l'aide si nécessaire d'un organisme central de planification tel que le conseil des universités.Cette évaluation terminée à l'échelle du réseau des universités, il appartiendrait 3 chacune de celles-ci de situer la discipline dans le développement général de l'établissement.Ainsi, procédons-nous ici au rodage d'un nouvel outil de planification, qui se caractérise par une collaboration étroite entre les responsables immédiats d'une discipline, professeurs et directeurs de départements, et les responsables de la planification générale, tant au niveau de l'université qu'à celui des organismes gouvernementaux et para-gouvernementaux\" .Préconisant un principe d'auto-olanification, les auteurs se mettent résolument 3 la tâche pour procéder au rodage d'un nouvel outil de planification ou, pour employer une expression de monsieur Audet, d'un nouvel outil d'auto-planification dirigée.C'est d\u2019ailleurs à la fin de cette section du dossier qu'apparaît la phrase suivante : \"(L'information préliminaire du dossier) devra être étoffée au cours de la prochaine année par les départements de philosophie eux-mêmes, avant tout essai éventuel de planification du développement de la discipline â l'échelle du réseau des universités\".Qu'il s'agisse d'une opération de planification passant par l'évaluation quantitative et qualitative des départements, voilà ce qui ne fait aucun doute.D'autant plus que les auteurs indiquent en page 29 qu'un \"comité visiteur\" pourrait éventuellement collaborer â une \"autoévaluation\" qualitative plus précise du corps professoral de chaque département.(Les professeurs d'Ontario connaissent ce qu'on appelle l'ACAP) Cette idée de planification, telle qu'exprimée, est inquiétante.Elle le devient encore plus quand, à la lecture du dossier complet, l'on s'aperçoit que les auteurs établissent un bilan qualitatif nettement négatif de la philosophie à l'aide de méthodes quantitatives et proposent W 21 d'emblée des remèdes S ce qu'ils consicèrent être les maux de la philosophie.L'auto-plarification des départements en prend pour son rhume et .peut-être aussi la philosophie.Voyons d'abord ce qui en est de ce bilan.Ce sera mon deuxième point.C'est dans les pages 6 S 24 du dossier que nous apprenons d'abord que le problème qui se pose avec le plus d'acuité n'est pas celui de la définition de la philosophie mais plutôt celui de son rôle au sein de l'université et de la société.Traitant de l'évolution intrinsèque de la philosophie au Québec, les auteurs notent que pour un observateur externe \"il ressort de ce tableau l'impression\" que jusqu'en I960, la philosophie pénètre l'université et la société alors que depuis I960, c'est l'époque du doute et des errements, avec des nuances toutefois : \"A regarder de plus près, cependant, il n\u2019est pas évident que les années soixante marquent la fin d'une orthodoxie, celle de 1'aristotélico-thomisme, et l'avènement d'une philosochie plus libre, plus totale sur le plan historique.Est-il exact par exemple que la philosophie connaîtra désormais la possibilité réelle de questionner authentiquement et philosophiquement sur la vérité?\" Et que questionnera-t-elle?Les systèmes, les idées ou la vie québécoise?Et au moment même où les auteurs semblent reconnaître la légitimité de la diversité de certaines interrogations (\"Il est normal de toute façon que les philosophes québécois soient partagés entre ces diverses interrogations.\") apparaît la phrase interrogative qui guide le reste du dossier : \"Est-il normal par contre que certains départements n'aient pas réussi encore à choisir un nombre restreint d'orientations spécifiques, compte-tenu des orientations des autres établissements du réseau, tout en assumant le oluralisre des objets et des modes d'interrogation philosophique, de même que celui des engagements personnels?La question pourrait être soumise à la réflexion des départements et de leurs membres au cours de la prochaine année\".Nous voilà ainsi au coeur du sujet.Est-il normal, demandent les auteurs qui, par ailleurs, semblent croire dur corme fer \"qu'il n'est pas normal\".Il suffit de lire le reste du raooort DOur s'en convaincre.Une telle interrogation est dans le dossier à la fois une constatation et un jugement.Elle exprime de toute façon une exigence irréalisable et contradictoire en soi, si ce n'est sous l'effet de l'intervention onnipuissante de planificateurs externes.Le plus surprenant, c'est que de cette question découle une position que l'on retrouve dans tout le dossier : plusieurs universités n'ont pas encore défini de façon rigoureuse leurs chamos de spécialisation et il serait souhaitable qu'elles le fassent, tant au niveau de l'enseignement que de la recherche.On a dit du raoport Nadeau qu'avant d'être un bilan, il était peut-être le reflet des préjugés de certains groupes sociaux et politiques.Il est peut-être utile de noter ici qu'avant d'être un bilan, le dossier Philosophie est l'expression d'une volonté de planification. 22 Il est certain que les d-oarterents de philosophie réagiront vigoureusement S cette analyse incomplète.Le bilan Qualitatif de ce qui se fait au Québec en pnilosoc-ie niveau universitaire ne se mesure certainement pas à 1'ircres>\u2019or que peuvent avoir des observateurs externes que, selon la liste des cha-rs de spécialisation fournie par les universités, les départements de philosophie et les professeurs semblent \"dispersés\" et ne pas savoir où donner ce la tête.Le bilan effectif est encore à faire.Pourtant les autejrs du rapport ont déjà des remèdes 3 apporter.Ce sera mon troisième peint.Constatant, parce qu'ils le veulent bien ainsi, que les départements de philosophie sont \"dispersés\" de façon anormale et sans d'ailleurs avoir examiné si les professeurs et les étudiants sont aussi perdus qu'ils le croient, les auteurs du rapport proposent que les départements et facultés de Philosophie réévaluent ensemble le nombre et la nature de leurs champs ce spécialisation.En d'autres termes, ils proposent que chaque département ae philosophie se choisisse des spécialités, en tenant compte des autres départements - il y aurait un réseau organique des universités à ce niveau - et que l'ensemble forme un tout complémentaire, sur le modèle des sciences, par exemple : chimie pure â Montréal, chimie organique à Trois-Rivières, biochimie à Québec, etc.Ce qui est ici en question et ce qui fera certes l'objet de discussions et d'opinions peut-être contradictoires des départements de philosophie, c\u2019est qu'il r.'est pas certain qu'une spécialisation â outrance des départements doive être \"appliquée\" compte tenu des risques de dogmatisme et de stérilité qu'elle peut entraîner.D'autre part, il faut aussi reconnaître que dans le contexte actuel, il est impensable que chaque université prétende continuer à se déveloDper au rythme des années soixante.Il y a certes ici des choix à faire.Mais ce sera aux universités elles-mêmes de prendre leurs risques, d'évaluer les situations, de s'échanger des ressources, etc.Comment pourrait-on prétendre planifier de l'extérieur ces différents éléments?Sans approfondir la auestion, j'aimerais finalement noter un quatrième thème qui ne rancuera pas de susciter des interrogations et des discussions peut-être passionnées, celui de la recherche individuelle versus la recherche en éouioe ou la recherche collective.Le Dossier Philosophie semble à cet égard donner une appréciation négative de ce qui se fait en recherche en philosophie comme si' la somme des subventions et le ncrbre fles chercheurs étaient des critères valables pour juger de la recherche en philosophie.Il est fort possible que ce problème soit carrément mal posé dans le texte.Je termine pa'- les remarques suivantes.Il m'apparaît d'abord que les différents départements de philosophie vont profiter de 1'occa- 23 sion pour formuler leurs positions ouant aux conditions actuelles de l'enseignement et de la recherche en philosophie et pour définir plus clairement leurs orientations.Je ne suis pas certain qu'ils vont répondre à toutes les Questions aui leur ont été cosées.Questions qui ne semblent pas toutes pertinentes eu formulées de façon aeéquate.11 faudra redéfinir certaines problématiques en insistant peut-être moins aue les auteurs du rapport sur la productivité, la rentabilité ou l'efficacité sociale de la philosophie.Paul-André Quintin président de la S.P.Q. MEMOIRE OU DEPARTEMENT DE PHILOSOPHIE DE L'UNIVERSITE MC GILL.D'une manière générale, nous croyons que la qualité de l'enseignement et oe la recherche en philosophie suppose une variété d'échanges et de formules de coopération.Dans ce contexte, le département de philosophie de l'Université McGill sera heureux d'accentuer sa participation à des rencontres avec des collègues d'autres départements au Québec.En ce domaine cependant nous tenons 3 souligner que nous privilégions une démarche flexible qui consiste 3 tenter de régler les problèmes 13 où ils se posent et par l'engagement de ceux pour qui ils se posent.Concernant le contenu et le cadre général du Dossier Philosophie, nous tenons 3 exprimer les trois réserves suivantes : 1.\tLe Dossier Philosophie met de l'avant des objectifs de planification et suggère des correctifs de type administratif 3 des problèmes de réseau.Cette persDective comporte l'inconvénient de privilégier des indices quantitatifs et d'en lire la signification dans un cadre où \"le réseau\" l'emporte sur la vie départementale.Nous croyons que s'il est un domaine où l'autonomie des universités et, 3 l'intérieur des universités, l'autonomie des départements doit avoir un sens, c'est précisément celui de la problématique disciplinai re.2.\tLe Dossier Philosophie propose une interprétation historique de la situation de l'enseignement de la philosophie comme s'il s'agissait de déterminer les profits et pertes d\u2019un \"empire perdu\".Cette interprétation tend 3 rendre l'activité philosophique prisonnière d\u2019une image sommaire et anachronique des choses, en demandant 3 la philosophie de trouver son \"rôle naturel dans l'université et la société\" 3 partir de couples tels que \u201ctriomphalisme VS marginalité\", \"monolithisme VS pluralisme\", \"dogmatisme VS éclectisme\", \"influence VS démission\", \"idées et systèmes VS solutions de problèmes\".Nous croyons que l'analyse qualitative de la vie philosophique doit avoir une dimension prospective et que cette dernière doit respecter l'évolution des objectifs de formation et de recherche que les philosophes eux-mêmes tentent d'assumer.3.\tLe Dossier Philosophie tend 3 traiter de façon inutilement négative certains aspects de la vie universitaire contemporaine.Le problème de 1'écla terrent des connaissances en sciences humaines est traité sous l'angle d'une concurrence, voire d'une amputation du champ philosophique, alors que ce problème se pose au sein d'une recherche des conditions de multi-disciplinarité.Les activités professionnelles et sociales des professeurs de philosophie sur base insividuelle (inter-département, inter-discipline, inter-ur.iversité, activités au sein d'associations professionnelles et activités publiGues) sont traitées comme autant d'indice d'individualisme, alors que le travail d'équipe suppose des activités indivi- 25 duel les de ce genre.La concentration des professeurs de philosophie dans leur discipline est traitée courte un indice de repliement de la philosophie sur elle-même, alors que cette concentration est plus souvent donnée comme facteur de compétence et de qualité.Au nom des professeurs, par : Alastair McKinnon directeur département de philosophie Université McGill 26 QUELQUES PKÛ8LtMES FONDAMENTAUX SOULEVES PAR LE DOSSIER PHILOSOPHIE.TABLE DES MATIERES Pages PREMIERE PARTIE Remarques préliminaires .27 DEUXIEME PARTIE Avis du département de philosophie de l'Université de Montréal .\t29 Le \"tableau de l'évolution de la philosophie universitaire québécoise\" au cours de ces vingt dernières années (D.q) .30 La philosophie et les sciences humaines (D.2.2.2 C et 2.3.1) - 33 Présence de la philosophie (D.2.2) .36 Le modèle de spécialisation départementale .37 La \"sous-productivité\" de nos programmes de deuxième et de troisième cycles selon le Dossier .39 Recherche individuelle et\trecherche collective .40 Les propositions du Dossier .41 Annexe .43 Proposition 1\t 43 Proposition 2\t 43 Proposition 3\t 43 Proposition 4\t 44 Proposition 5\t 45 Proposition 6\t 45 Proposition 7\t 45 Proposition 8\t 45 Proposition 9\t.1.45 Proposition 10 .46 Proposition 11 .46 27 PREMIERE PARTIE Remarques prëliminai res 1.\tL'occasion déclarée de ce \"dossier\" a été la présentation d'un nouveau programme.En l'occurence, l'occasion a été jugée bonne : a)\tpour élarg-ir la perspective d'examen 3 l'ensemble de la discipline et des programmes; b)\tpour procéder, dans cette perspective, 3 une évaluation globale de la situation de la philosophie dans les universités du Québec; c)\tpour tenter de cerner les \"problèmes\" que posent, ou paraissent poser, les programmes existants, \"notamment au niveau des études graduées\", maîtrise et doctorat (D.1.1).2.\tIl est douteux, toutefois, que l'occasion de la présentation d'un nouveau progranne aurait suffi 3 elle seule 3 donner le branle 3 cette entreprise.Il nous semble clair, en fait, que si l'occasion a paru bonne d'ouvrir un \"dossier philosophie\", c'est que l'intention planificatrice était déj3 présente de toute manière dans l'orientation politique du conseil des universités et que, occasion ou pas, les opérations de planifications sectorielles en cours devaient s'étendre 3 toutes les disciplines.Dans ces conditions, il va sans dire par ailleurs que si l'on peut d'emblée se convaincre soi-même, et convaincre en même temps un peu tout le monde, que la philosophie, notamment, souffre 3 son insu de \u201cproblèmes\" suffisamment graves, l'opportunité sinon la nécessité de l'intention planificatrice paraîtra aller de soi.Ainsi, discernés d'en haut, les \"problèmes\" de la philosophie seront-ils naturellement destinés 3 recevoir leur solution de la même source.Celui qui a eu, le premier, la clairvoyance de diagnostiquer le mal, s'autorise de l'acuité de sa vision pour proposer le remède sans plus de délais.Le remède porte ici le nom de \"planification\",au double 'niveau de la discipline elle-même et des prograrmies dans lesquels celle-ci est aménagée aux fins de l'enseignement et de la recherche dans chaque département.3.\tLa planification envisagée comme remède aux maux dont souffriraient la philosophie elle-même et les programmes de philosophie dans les universités du Québec, ne veut cependant pas se donner l'aDna^ence d\u2019une trop naïve indiscrétion.A l'intention de planification, qui demeure première en tout état de cause, on associera donc en cours de route un consentement 3 1'\"auto-planifi cation\" de la part ae cha-cun des departements de philosophie des universités du Québec, et s'il est possible, de la part de l'ensemble des mêmes départements.D'autre part, entre la planification et l'auto-planification, la communication sera assurée, pense-t-on, par une \"collaboration étroite entre les responsables immédiats (de la) discipline, professeurs et directeurs de département, et les responsables de la planification générale, tant au niveau de l'université qu'3 celui des organismes gouvernementaux et rara-gouvernementaux\" (D.l.l).Ainsi, le Dossier Philosophie, constitué sur l'initiative première d'un \"organisme central de olunifi cation tel que le conseil des universités\", mais ayant bénéficié, c-erin faisant, de la \"collaboration étroite\" des responsables immédiats de la discipline, peut-il se présenter comme un nouvel outil de \"planification\", qu'il ne resterait plus qu'3 roder par 1'usage.4.\tAu besoin, on voudra bien nous excuser de cette analyse des conditions, assez particulières, on l'avouera, dans lesquelles le Dossier Philosophie est né.Dans l'intérêt même de l'\"étroite collaboration\" souhaitée par le conseil, il nous a paru nécessaire de commencer par dissiper dans une certaine mesure le brouillard qui a entouré cette naissance, et qui enveloppe encore, de notre point de vue, le cheminement actuel du Dossier.5.\tLe directeur du département de philosophie de l'Université de Montréal était membre du panel invité S offrir ses \"commentaires\" et 3 formuler ses \"critiques\" autour des quatre versions préliminaires que le Dossier a connues au cours de sa préparation.En fait, pour lui comme pour ses collègues d'alors, le cadre de la discussion était défini et fixé d'avance par un Dossier philosophie déjà constitué dans ses lignes essentielles.Quiconque a fait l'expérience de cette sorte de discussion comprendra sans peine que les \"commentaires\" que le directeur du département de philosophie de l'Université de Montréal a pu offrir alors, et dont certains seulement transparaissent dans la version finale du Dossier, n'étaient 3 la vérité rien d'autre que des \"commentaires\".Bref, le directeur du département garde le sentiment, partagé du reste par l'ensemble de ses collègues, que la discussion a été mal engagée dès le départ.Les données de fait incluses dans le Dossier, partielles en tout état de cause, ne changeaient d'ailleurs pas grand-chose 3 l'affaire.Elles ne faisaient pas le poids, notamment, en regard d'une évaluation globale de la discipline et des programmes qui les avaient pour une bonne part devancées.L'interprétation, établie pour l'essentiel en dehors de la discipline, s'était rendu la partie facile en mettant les faits 3 sa remorque.Est-il nécessaire de préciser que ni la géographie ni l'administration ne constituent 3 nos yeux des titres évidents 3 une appréciation compétente et mesurée de l'état actuel de 1'enseignement et de la recherche dans une discipline comme la philosophie.Solliciter après cela les \"commentaires\" et les \"critiques\" des \"responsables immédiats (de la) discipline\" est un modèle de question rai pesée.Mais, en fait, désirait-on vraiment que les \"responsables immédiats (de la) discipline\" posent eux-mêmes les questions initiales 3 partir desquelles une discussion utile aurait pu s'engager?On nous accordera que nous avons maintenant quelques raisons d'en douter.6.\tA ce propos, nous devons d'ailleurs ajouter que nous n'avons pas appris avec beaucoup de satisfaction, en février dernier, que le conseil des universités avait lui-même décidé de procéder sans plus 3 29 la consultation des recteurs au sujet du Dossier Philosophie.Cette information a été reçue, sans autre explication, en me- e temps que les exemplaires promis du Dossier lui-même nous étaient transmis pour fins de discussion à l'intérieur de chaque déoarte'ent.avec un retard de plus de six mois.C'est dire qu'3 nos yeux à tout le moins les discussions prévues au niveau départemental étaient contournées avant même qu'elles ne commencent.Pour une opération d'\"auto-planification\" de la discipline, le geste posé par le conseil auprès des recteurs en cette occasion n'était pas de nature 3 nous rassurer ni 3 nous encourager 3 poursuivre.En fait, les choses paraissaient suivre très exactement le cours que plusieurs d'entre nous, dès le départ, redoutaient qu'elles empruntent 3 notre insu.Ni les philosophes ni personne d'autre qui a le moindre souci de l'efficacité de ses engagements n'éprouvent de sympathie particulière pour ce genre de \"consultations\", avec ou sans \"commentaires\".Nous voulons bien participer, mais dans des conditions telles que la participation ne s'annule pas d'elle-même.7.Cette appréciation générale des conditions dans lesquelles de Dossier Philosophie a été d'abord constitué, puis présenté aux membres du panel pour \"commentaires\", puis transmis 3 chaque département pour fins de discussions et d'avis, paraîtra sans doute sévère.Elle nous semble simplement juste.Nous souhaitons qu'elle ne soit en aucune manière interprétée comme un refus de collaboration.En fait, elle veut plutèt souligner, de notre point de vue, les conditions d'une collaboration utile et exprimer en même temps notre regret que l'opération ait été engagée d'une manière aussi équivoque.DEUXIEME PARTIE Avis du département de philosophie de l'Université de Montréal 8.Nous avons pris connaissance du rapport préparé par monsieur Bernard Carnois sur le Dossier Philosophie.Ce rapport, demandé par la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec, a été déposé le 20 février 1975.Dans l'intervalle, le même rapport a été porté 3 la connaissance du conseil des universités.Dans l'ensemble, les critiques formulées par notre collège 3 l'endroit du Dossier nous semblent justifiées.Nous retenons, notamment, les observations faites par monsieur Carnois autour du modèle de spécialisation que le Dossier voudrait proposer aux départements de philosophie des universités du Québec.Dans ces conditions, il nous paraît superflu de revenir en détail sur ce qui a déj3 été dit de manière satisfaisante par monsieur Carnois.Cependant, nous estimons nécessaire de tenter de clarifier quelques points pour notre propre compte.Nous le ferons d'ailleurs très brièvement. 9.Le \"tableau de l'évolution de la philosophie universitaire québécoise\" au cours de ces vingt dernières années (D.2).Les auteurs du Dossier ont jugé \"utile de placer en tête de ce dossier un aperçu de l\u2019évolution de la philosophie universitaire québécoise au cours des deux dernières décennies\" (D.2.1).En soi, l\u2019idée pouvait être bonne, a condition toutefois que la mise en oeuvre évite certaines embûches.En *ait, le Dossier ne nous offre à ce propos qu\u2019une rétrospective construite sur un médiocre échafaudage de simplifications douteuses (passage du monolithisme au pluralisme et du dogmatisme à l'éclectisme, p.9), grâce auxquelles on essaie de justifier un diagnostic établi d'avance (manque d'intégration, absence d'esprit critique, éclectisme outré, p.ll ), en attendant la politique de planification, ou d'auto-olanifi cation dirigée, qui portera remède 5 tous ces maux.Modestement, le Dossier prévoit que son \"aperçu historique\" devra d'ailleurs être \u201cprécisé\", le moment venu, par les départements eux-mêmes (p.6 ).A l'examen, nous nous demandons seulement s'il serait utile de notre part d'entreprendre de \"préciser\" aujourd'hui un \"aperçu historique\" qui n'est S nos yeux qu'une série d'erreurs de méthode et de jugement.A notre avis, mieux vaut laisser tomber totalement cette rétrospective dont n'importe qui pourra tirer les conclusions qu'il voudra, quelles que soient les \"précisions\" que nous pourrions lui apporter ici.Nous tenons cependant S faire les remarques suivantes, qui débordent en partie le cadre de 1'\"aperçu\" esquissé par le Dossier : a) La philosophie, est-il nécessaire de le rappeler, n'est pas née dans le berceau des \"disciplines\"universitaires, ni non plus dans celui, encore plus étroit, des \"programmes\" qui aménagent, avec plus ou moins de bonheur, et plus ou moins temporairement, les interrogations spécifiques de chaque discipline aux fins de l'enseignement et de la recherche.La philosophie existait avant les universités.Du point de vue de l'histoire, et en Occident à tout le moins, on pourrait même dire que la philosophie a été l'agent culturel le plus puissant et le plus actif dans la naissance de l'idée même d'\"université\".Nous ne rappelons pas ces choses pour faire valoir des titres personnels : ce qui serait assez vain de notre part, mais pour souligner ce que le Dossier semble oublier 3 peu près totalement : qu'un professeur de philosophie, ou même un étudiant inscrit en philosophie, aujourd'hui même, ne choisit pas d'abord une discipline et un programme, mais un certain champ et un certain style d' interrogation sur l'homme et sur l'univers.A cet égara, nous regrettons que le Dossier n'ait pas cru bon de consacrer le moindre paragraphe à l'option philosophique comme telle.Or, il faut bien que celle-ci soit présente de quelque manière S l'origine de toute l'entreprise; autrement, on ne voit pas ce qui pourrait encore subsister de la discipline et des programmes.Mais, de cette option capitale, on ne parle pas : ce qui permet en définitive de juger tranquillement de la philosophie par la rentabilité de ses programmes selon des critères de \"besoins\" qui, en réalité, n\u2019ont pas grand chose 3 voir avec la philosophie elle-même. 31 b)\tD'autre part, il nous semble pour le moins hasardeux de bloquer, dans l'analyse de la situation, discipline et programmes, comme le fait le Dossier, et d'entreprendre, en conséquence, de marquer d'un trait l'évolution que les programmes et la discipline ont pu connaître au cours de ces vingt dernières années.Les programmes constituent une réalité beaucoup plus directement observable que la discipline elle-même, et corrélativement, il est nettement plus facile de suivre l'évolution des programes que le développement de la discipline dans un milieu défini et au cours d'une période donnée .En fait, la discipline déborde de beaucoup les programmes, qui ne retiennent, en général, par la force des choses, qu'une partie du dynamisme et du capital intellectuels de la discipline elle-même.Ainsi, par exemple, les travaux personnels des professeurs, et même des étudiants gradués (mémoires et thèses), appartiennent-ils de plein droit S la discipline, sans pour autant entrer de plain-pied dans le cadre généralement plus étroit des prograrmies.Il est donc à nos yeux tout à fait abusif de commencer par mettre sur une seule ligne discipline et prograrrares et d'apprécier ensuite leur évolution respective suivant les mêmes critères.A cet égard, le Dossier fourmille d'ambiguïtés et d'approximations inacceptables.c)\tEn ce qui regarde le département de philosophie de l'Université de Montréal à tout le moins, le Dossier ne nous semble pas avoir été plus heureux dans le choix des grandes catégories grâce auxquelles il a cru pouvoir tracer l'évolution de nos programmes au cours de ces vingt dernières années : du monolithisme au pluralisme et du dogmatisme â l'éclectisme (p.9 ).A ce propos, nous voudrions faire remarquer ce qui suit.Premièrement, nous rappelons que la faculté de philosophie de l'Université de Montréal n'a été en mesure d'offrir son premier programme du jour qu'en 1942, date de l'installation de l'Université elle-même sur le campus actuel.Il suffit par ailleurs de consulter les annuaires de ces années (jusqu'à 1955 notamment) pour se rendre compte que le \"monolithisme\" était alors beaucoup moins accentué que ne le laisse entendre le Dossier pour la même période.En fait, nos programmes ont pratiqué une assez large ouverture dès le début, nonobstant l'option aristotélicienne et thomiste, qui définissait l'aire principale de concentration de l'enseignement et de la recherche.Selon cette orientation, les annuaires de l'époque soulignent : \"Ce que nous voulons, en réalité, c'est d'apprendre à nos élèves à penser.Nous voudrions leur donner, dans ce domaine comme dans les autres, le goût de la recherche personnelle et du travail vraiment scientifique\" (Annuaire 1950-1951, p.17).L'évolution de nos programmes vers un certain \"pluralisme\", d'ailleurs modéré, a été relativement lente et plutôt graduelle.Elle n'a pas eu ce caractère abrupt que suppose le Dossier.Elle n'est pas non plus sortie de cette effervescence des nouvelles libertés qu'on attribue trop facilement à la période de la révolution tranquille.Il serait plus juste de dire qu'elle a emprunté avant tout 32 son mouvement au dynamisme interne du style de pensée qui prévalait depuis longtemps S la faculté de philosophie de l'Université de Montréal.Deuxièmement, il ne sera pas inutile de rappeler ici que l'année même où elle a pu offrir son premier programme du jour (1942), la faculté de philosophie s'est trouvée étroitement liée 3 deux instituts de recnerche spécialisés, le premier en études médiévales, et le second, en psycnologie.Il nous est bien difficile de voir dans ce regroupement institutionnel, qui n'a pas été seulement accepté sous la pression des circonstances, mais qui a été plutôt expressément recherché en vue de satisfaire 3 des options de base, un indice particulier de \"monolithisme\", de \"dogmatisme\", ou même d'\"éclectisme\".Il nous semble plus naturel et aussi plus juste de penser que la faculté de philosophie d'alors rendait par 13 un nouveau témoignage 3 l'ouverture de sa pensée, depuis longtemps acquise, de même qu\u20183 la fermeté de son orientation en matière de recherche.Troisièmement, nous tenons 3 souligner que l'ouverture de nos programmes ne s'est pas dévelopoée unilatéralement et sans contrepoids.En fait, le département, étudiants et professeurs, a senti le besoin, autour de l'année 1968, de resserrer l'éventail de ses cours, jugé trop \"encyclopédique\", et d'opérer en conséquence un certain nombre de concentrations.Pour l'essentiel, le programme actuel est sortie de ce réaménagement.Il comporte deux volets, qui nous Daraissent s'équilibrer encore assez bien l'un par 1'autre.Le premier concerne l'héritage de la philosophie et s'arrête 3 la pensée d'un nombre relativement réduit de témoins qui nous paraissent conserver une signification plus durable, ou plus directe, dans le cadre général des grandes interrogations de notre u-nivers de culture.Faut-il le dire, notre département n'a jamais entretenu la folle ambition de proposer 3 ses étudiants cette \u201clecture de tcus les auteurs\"3 laquelle fait allusion le Dossier (p.11).Il suffit d'ailleurs de réfléchir un instant 3 l'idée d'un tel programme pour reconnaître son impossibilité pratique.La concentration de nos efforts, étudiants et professeurs, s'impose ici 3 nous comme une nécessité de fait, au double plan de la pédagogie et de la conérence de la pensée.Le second volet de notre programme, plus libre 3 l'égard de l'héritage de la philosophie, s'intéresse en revanche plus directement aux grands oroblerres contemporains : ceux d'ici et ceux d'ailleurs.Ces problèmes concernent, par exemple, la politique (violence, anarchie, idéologies et utopies), la culture et les institutions (structures ae base et facteurs évolutifs), l\u2019histoire, l\u2019esthétique et l'environnement.Il va sans dire, au surplus, qu'il n'y a pas de cloison étancne, bien au contraire, entre ce deuxième volet et le premier.On peut très bien faire appel 3 la réflexion de Platon sur les Lois pour éclairer certains traits majeurs du phénomène institutionnel contemporain. 33 Enfin, parlant du \"olural isme\", nous aiderions faire observer modestement que ce trait nous semble partaaé 3 l'heure actuelle par la très .mande majorité sinon car la totalité des Droaram-rr.es de toutes disciplines offerts par nos universités.Et comment en serait-il autrement?Et pourquoi, en raison de ce plural isme, qui s'impose comme une nécessité de 1'enseignement et de la recherche dès 13 aue les grandes hypothèses de départ sont multiples et diverses, un proqranre de phiiosoonie serait-il plus directement menacé d'\"éclectisme\" que le orocramre de n'importe quelle autre discipline?Nous aurions aimé que le Dossier nous explique en quelques mots ce petit mystère avant de se lancer dans les jugements plus que simplistes qu'il porte sur l'évolution de nos programmes.10.La philosophie et les sciences humaines (D.2.2.2 C et 2.3.1).Le Dossier semble inouiet des relations présentes de la philosophie et des sciences humaines.Parmi celles-ci, il norme au passage la sociologie, les sciences politiques, la linguistique, l'anthropologie, l'histoire de l'art et des sciences.Jugeant de ces relations, le Dossier estime qu'il n'est pas \"illégitime\" d'en \"traiter en termes de concurrence\" (p.16), supposant, au départ, oue plusieurs des sciences humaines les plus récentes ont conquis l'autonomie de leur objet et de leurs méthodes aux dépens de la philosophie et de l'histoire, notamment, de sorte que ce oui a été gagné par les unes a été obligatoirement perdu par les autres.En conséquence, la philosophie, devenue plus ou moins incertaine d'elle-même, serait en ce moment tentée de se \"replier\" sur les terres qui ne lui ont pas encore été contestées, renohçant au même coup 3 toute \"influence notable\" dans les affaires de l'université et du milieu.En ce qui regarde l'avenir, deux hypothèses majeures se présenteraient alors : ou bien, en effet, la philosophie, instruite Dar le succès des disciplines qui se sont développées en dehors d'elle et partiellement à ses dépens, sera tentée d'imiter de plus ou moins près le modèle des sciences, quitte 3 courir le risque d'être parfois accusée de \"fausse représentation\", ou bien, renonçant 3 s'engager dans cette voie jugée aussi dangereuse que stérile, la philosophie entreprendra résolument de redéfinir 3 la fois sa \u201cspécifi-cité\" et son rôle, en vue de se donner au plus tôt la nouvelle autonomie et le surcroît de confiance en elle-même dont elle semble en ce moment avoir un si grand besoin.Une fois de plus, le tableau est sombre.Mais il nous paraît aussi, en beaucoup de ses traits, extrêmement contestable.Au surolus, nous ne croyons pas utile d'instaurer ici un long débat sur les relations présentes des sciences humaines et de la philosophie.Pour être efficace, un tel débat devrait entrer dans des analyses de détail que le cadre de cet avis ne permet pas.Nous ne voyons pas bien, du reste, 3 quelle politique de développement de notre discipline et de nos proarammes la discussion qui nous est proposée par le Dossier pourrait nous conduire à court ou 3 moyen terme.Nous estimons qu'il s'agit ici essentiellement d'un phénomène évolutif 34 3 long terrée, oui impliauera bien des tassements et exigera bien des maturations et eue les pnénomènes de cette nature échappent très large-ert 5 toutes les entreprises de planification, ou d\u2019au-to-planif:cation, c^e nous courrions imaginer en ce moment.La cé-finition des objets et des méthodes, et partant des statuts et des rôles possibles, est en premier lieu affaire de recnerche et de découverte, en philosophie comme ailleurs, et il ne servirait de rien de bousculer ici 1\u2019invention sous prétexte de hâter les résultats et de mettre dès demain un peu plus d'ordre dans la place.Il est plus eue probable Que l'ordonnance oui pourra s'instaurer de fait déjouera tous nos calculs.Dans une perspective plus limitée, nous voudrions, néanmoins, faire remarquer ce qui suit .a) Premièrement, l'image suivant laquelle un certain nombre de sciences humaines plus récentes auraient constitué leur champ d'intérêt et de recherche par \"amputations\" successives de l'ancien \"empire\" de la philosophie est peut-être séduisante 3 première vue, mais nous pensons qu'à l'observation des faits comme 3 la réflexion, cette image commode se révèle passablement décevante.Nous ne renonçons pas aux métaphores, mais nous refusons de nous laisser entraîner par elles aux simplifications abusives et aux déformations dont témoigne sur ce ooint le Dossier.Au lieu de parler de \"détachements\" et d'\"amputations\" de territoires, on sera sans doute sur une meilleure voie pour une intelligence à peu près correcte de ces choses en formant l'hypothèse de processus de \"différenciation\" : ce qui est moins visualisable mais en revanche plus utile aue les suggestions de conquêtes, de partitions, d'amputations et d'annexions mises en avant par le Dossier.Nous soulignons d'ailleurs au'il ne s'agit pas 13 pour nous d'une querelle de mots : nous croyons simplement savoir que ce qui résulte d'un processus de différenciation n'est pas ordinairement la môme chose que ce qui reste après une opération d\u2019amputation.La différenciation cellulaire peut donner naissance à un enfant ; l'amputation d'une jambe ne fait qu'un infirme.b) Deuxièmement, pour des motifs semblables aux précédents, et d'ailleurs corrélatifs à l'importante distinction que nous venons de faire, nous devons refuser également que les relations présentes entre les sciences humaines et la ohilosoohie soient décrites en premier lieu \"en termes de concurrence\".C'est de nouveau une vue extrêmement simplifiée d'une réalité autrement plus complexe.A notre avis, le phénomène de concurrence, pour autant au'il existe et qu'il soit observable, est ici tout 3 fait secondaire.La pratiaue Quotidienne de la philosophie, et une connaissance quelque peu intime des grands courants qui la traversent aujourd'hui, dans notre département, dans notre université et 3S ailleurs dans le monde, nous conduit plutôt 3 Denser 3 un réaire complexe de communications et d'écnançes, toujours mouvant, certes, mais d'ores ef déjà suffisaient cotèrent pour permettre 3 chacun de savoir, ce cart et d'autre, où il se situe et ce qu\u2018'l se propose de faire.On peut songer à étendre ou à clarifier ce réaime dans une certaine mesure, mais il ne serait pas sérieux dans l'état actuel de l'épistémologie comme plus généralement des structures profondes de l'univers des connaissances, ce songer 3 le remplacer.Dans le cadre de ce régime, la concurrence n'est cu'un épiphénomène, d'ailleurs tout à fait normal.Enfin, nous nous permettons de préciser, à ce propos, que le régime oe communications et d'échanges qui s'est instauré, de fait, entre la philosophie et les sciences humaines n'est pas du tout à sens unique, comme n'importe quel observateur attentif peut s'en rendre compte par lui-même.c)\tTroisièmement, est-il superflu de faire observer également, d'une part, que la philosophie n'a pas été seule à connaître les processus de différenciation dont nous avons parlé plus haut, et d'autre part, que la philosopnie n'est évidemment pas seule non plus à pratiquer un régime plus ou moins fluide, et plus ou moins étendu, de communications et d'échanges avec un nompre relativement important de champs de recherche autres que le sien propre?En réalité, ni l'un ni l'autre de ces phénomènes n'est spécifique de la situation actuelle de la philosophie, dans notre département comme ailleurs, et, en conséquence, nous ne voyons pas comment le Dossier peut légitimement tourner les faits en un petit drame d'\"amputations\" dévastatrices et de \"concurrences\" menaçantes.d)\tEnfin, en ce qui concerne le rôle de la philosophie 3 l'endroit des autres champs du savoir, nous dirons simplement que personne d\u2019entre nous ne se considère comme un chargé de mission responsable de la bonne marche de toutes les disciplines.Aussi trouvons-nous passablement ridicule que le Dossier ait pu formuler, même 3 titre d'hypothèse, la ouestion suivante : \"Estelle (la philosophie) fondamentale au point de devoir critiquer et féconder toutes les autres réflexions disciplinaires?\" (p.12).Ces prétentions, aussi désuètes qu'exorbitantes, ne sont oas les nôtres, et nous ne voyons pas pourauoi nous devrions acceoter avec plaisir que d'autres paraissent tentés c'a\tc-e:: notre place.Plus modestement, nous croyons que l'homme, depuis l'origine, s'éduoue davantage par les questions qu'il se pose que par les réponses qu'il reçoit eu qu'il se donne, et nous croyons aussi, dans cette voie, que la première tâche de la philosophie, consiste sans doute, à rassembler des interrogations plus particulières dispersées dans l'expérience commune, dans l'horizon spé-cifioue d'autres savoirs, et notamment dans les sciences de l'homme, pour en composer une interrogation d'une morphologie et d'une efficacité propres, et amorcer ainsi les démarches ultérieures 36 de sen analyse et de son interprétation.Les chemins suivis par l'interrogation neuve ne coïncident au'en partie avec ceux de la ''critique', et reus pensons que la philosophie ira plus loin, jouera un
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