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Titre :
Bulletin de la Société de philosophie du Québec
Éditeur :
  • [Montréal] :Société de philosophie du Québec,1974-
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Publications en série
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin de la Société de philosophie du Québec, 1976, Collections de BAnQ.

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[" - \u2022 : .\u2022 - Mletfo ie \\n société lie r/hilo'iOr/ïAr* qîélSiec volume 3, numéro 1 5 S 0.5^ Bulletin de la Société de Philosophie du Québec Directeur I Claude Ponaccio (UQTR) Comité de rédaction» Raymond Brouillet (Cégep de Limoilou) Yvan Cloutier (Cégep de Sherbrooke) Georges Legault (Cégep 3ois-de-Boulogne) Louise Marcil-Lacoste (U.McGill) Robert Nadeau (UQAM) Le Conseil d'administration du Bulletin est constitué par le Conseil d'administration de la Société de Philosophie du Québec, qui comprend, outre les personnes sus-mentionnées» Mme Josianne Ayoub (Cégep Vieux-Montréel) M.Maurice Bailly (Cégep Garneau) M, Guy bouchard (U.Laval) M.Gilles Boudrias (Cégep de Sherbrooke) Mme Micheline Duhaime (Cégep Ldouard-Montpetit) M, Maurice Gagnon (ü.de Sherbrooke) M, Théodore Geraé'ts ( U.d'Ottawa) M.Georges Hélai (ü.de Montréal) M.J.Nicolas Kaufmann (UQTR) M.Guy Lafrance (U.d'Qttawa) M.Alain LaJlier (Cégep de Trois-Rivières) M.Raymond Lemieux (Cégep de Rimouskr) Mme Sheila Mullet (U.Concordia) H.Paul-André Quintin (UQTR) M.Maurice Rainville (U, de Moncton) M.Martin Rhéaume (Cégep de Chicoutimi) Siège Social» 2910, Boulevard Ldouard-Montpetit, Montréal 1Ü1, Québec.< A. Dépôt Légal Bibliothèque Nationale du Québec Quatrième trimestre 1976 \u2022 ivtiÜMl 11 mm ¦ -¦ Bulletin de la Société de Philosophie du Québec Volume III, numéro 1 Novembre 1976 SOMMAIRE pages -\tLiminaire .5 Informations» -\tPhilosophiques devient l'organe officiel de la S.P.Q.7 -\tColloques et congrès .9 -\tLa Société de Philosophie\tdo Montréal .11 -\tLe concours de la revue\tCritère\t.13 -\tPublications récentes .15 -\tDu côté des revues .16 Documents t -\tPrésentation .2U -\tLallier, Alain» Compte-rendu de l'allocution de M.Léonce beaupré (24 septembre 1976)\t.\t20 -\tLallier, Alain» Compte-rendu d'une mise au point de M.Léonce beaupré (19 novembre 1976)\t 23 Contributions» -\tKocque, André» In memoriam\tMertin Heidegger\t28 -\tPanaccio, Claude» L'enseignement de la philosophie aux Etats-Unis.Notes sur un congrès .32 5 LIMINAIRE Le Bulletin da la Société de Philosophie du Québec entreprend maintenant (avec d'ailleurs un retard de deux mois dont nous nous excusons) sa troisième année d existence.Dirigé pendant les deux premières années par H.Raymond Brouillet, maintenant président de la S.P.Q., le Bulletin a dès le départ été congu comme un organe de liaison et d'information à l'usage des philosophes québé-dois, et nous ne voyons à l'heure actuelle aucune raison d'en modifier la politique.C'est dire que nous continuerons à publier essentiellement trois sortes de chosesi 1)\tdes \"informations\" relatives aux activités et aux publications d'intérSt philosophique au Québec» 2)\tdes \"documents\" provenant d'organismes ou d'institutions divers et concernant le statut ou le développement ae la philosophie au Québec» 3)\tdes \"contributions\" individuelles, consacrées soit à la situation de la philosophie au Québec, soit è des questions d'actualité susceptibles d'intéresser les philosophes d'ici.Tous les organismes concernés et tous les individus intéressés sont par conséquent invités à nous communiquer les informations et les documents qu'ils voudraient voir diffuser» et à soumettre au comité de rédaction du Bulletin le3 manuscrits qu'ils désireraient y publier.Nous entendons notamment nous pencher au cours des prochains numéros sur deux dossiers qui n'ont pas encore été abordés dans nos pages» celui d'abord des outils pédagogiques en usage dans l'enseignement do la philosophie au cégep» celui ensuite de la recherche subventionnée en philosophie.Les contributions relatives à ces thèmes seront particulièrement bienvenues.Par ailleurs, le nouveau Conseil d'Administration de la S.P.Q.a résolu, lors de sa réunion du 6 novembre dernier, d'autoriser, sans autre procédure, et nonobstant le dép8t légal, la reproduction sous quelque forme que ce soit des 6 textes publiés dans le Bulletin, à la condition expresse que la source en soit indiquée, et à moins d\u2019indication contraire.Cette dernière réserve vise à protéger les auteurs ou les organismes qui verraient d'un mauvais oeil la diffusion sauvage de leurs contributions ou documents.Une telle \"indication contraire\" sera, le cas échéant, inscrite à la fin de l'article concerné.Les reproducteurs en puissence sont par conséquent priés de bien vérifier si le texte qu'ils désirent reproduire fait ou ne fait pas l'objet d'une telle restriction.Cette autorisation globale ne vaut cependant pas pour les huit premiers numéros du Bulletin (volumes 1 et II).Mentionnons enfin que ceux qui voudraient se procurer quelque numéro passé peuvent le faire en s'adressant à la direction du Bulletin.A l'neure actuelle, seul le numéro 1 du volume II est épuisé.Un trouvera l'index complet des deux premiers volumes dans le numéro 4 du volume II (août 1976).Claude Panaccio Directeur du Bulletin 7 INFIRMAT 1 UNS PHILU5UPHIQUES DEVIENT L'URGANE UFFICIEL DE LA S.P.Q.La revue Philosophiques et la Société de Philosophie du Québec sont nées presque en même tempst le premier numéro de la revue, qui appartenait alors à la Faculté de Philosophie de l'Université d'Uttawa, est daté d'avril-1974, tandis que la S.P.Q.fut officiellement fondée au cours du Congrès de l'ACFAS en mai de la même année.Dès ce moment, des pourparlers avaient déjà été engagés entre M.Yvon Lafrance, directeur de Philosophiques.et M.Venant Cauchy, président fondateur de la S.P.U., pour explorer la possibilité que la revue devienne l'organe officiel de la Société.La première réunion du Conseil d'Administration de la S.P.Q., en juin 1974, fut largement consacrée à cette question.Le Conseil estima, à ce moment, qua la S.P.Q,, encore fragile, n'était pas prête à assumer la lourde responsabilité d'une revue scientifique» il lui fallait d'abord s'implanter dans le milieu, assuj )r un recrutement minimal, commencer en particulier à jouer un rSle auprès des professeurs de cégep.Le danger existait que la S.P.Q.ne devienne exclusivement une affaire d'universitaires.Une intima collaboration cependant fut très vite établie entre les deux organismes, le président de la S.P.Q., qui était alors M.Paul-André Quintin, siégeant à ce titre au Conseil d ' Administration de la Revue.En novembre 1975, au cours du congrès spécial de la S.P.Q.sur \"La situation institutionnelle de la philosophie au Québec\", l'atelier \"recherche et publication\" soumit à l'Assemblée Générale une proposition laconique ainsi libelléel \"Que la revue P_h i 1 g s g p h j g u o s devienne l'organe officiel de la S.P.Q.\" L'Assemblée, devant l'importance de la question, résolut de la renvoyer au Conseil d'Administration et au bureau de Direction pour qu'en soient examinées toutes lea 8 implications.Le dossier fut confié à M.Raymond Brouillet, alors vice-président de la S.P.Q.Quelques mois plus tard, le Conseil d'Administration faisait rapport à l'Assemblée Generale statutaire de mai 1976, et proposait qu'on donnât suite à la résolution de novembre 1975, à la condition qua la faculté de Philosophie de l'Université d'Ottawa accepte d'assumer le déficit financier déjà accumulé par la revus jusqu'à concurrence da mille dollars.Au cours de l'été 1976, M.Théodore Geraéts, doyen da cette faculté, signalait à M.Raymond Brouillet, entre-temps devenu président de la S.P.Q., son acccrd avec la proposition adoptée par l'Asssmblee Générale du mois de mai.Philosophiques devenait ainsi officiellement l'organe de la S.P.Q.Le 6 novembre 1976, le Conseil d'Administration de la S.P.Q, se constituait en Conseil d'Administration de Philo-8QPhijus3 et confiait la direction oe la Ke vue à M.Guy bouchard (U.Laval) et à Mme Banielle Letocha (Cégep de Rosemont), le premier devant agir en tant que directeur, la seconde en tant qu'assistant-directeur.Un comité de rédaction fut également formé, composé dos personnes suivantes» Marie-Josée de Groot (Cégep d'Ahuntsic), Claude Gagnon (Cégep tdouard-nontpetit), Maurrce Gagnon (U.de Sherbrooke), Benoît Garceau (U.d'Uttawa), J.Nicolas Kaufmann (UQTR), Yvon Lafrance (U.d'Uttawa), Nsurics Lagueux (U.de Montréal), Georges Leroux (UQAM), Shsila Mullett (Concordia).L'ancien comité de rédaction, dirigé depuis le début par M.Yvon Lafrance, accepta gracieusement a'achaver la préparation du numéro d'octobre 1976 et d'apporter son concours à celle du numéro d'avril 1977.Par le fait même, la cotisation à la S.P.Q.fut haussée en conséquence et donne maintenant droit aux quatre numéros du bulletin et aux deux numéros de Philosoohicuss. 9 COLLOQUES ET CONGRES Lg colloque \"PiuXosophÂe et Ps vchalogig\".( 23-24, octobre.J.5.7.61.Le deuxième colloque interdisciplinaire de la 5.P.Q., qui devait originalement être tenu en mars iy 76 et qui evait été retardé à cause de la grève des employés de soutien de l'uqnM, a finalement eu lieu les 23 et 24 octobre derniers au Cégep du Vieux-Montréal.Organisé conjointement par la S.P.Q.et l'UQAM, ce colloque portait sur le thème \"Philosophie et Psychologie\".Il comportait quatre tables-rondes» 1)\tLe constructivisme piagétien et les épistémologies traditionnelles; participants» K.Plante (Fac.de Philosophie, U.Laval), M.Gagnon (Dépt de Philosophie, U.de Sherbrooke), G.Noelting (Ecole de Psychologie, U.Laval), J.C.brief (Dépt des Sciences de l'Eaucation, UQAM).2)\tLes contestations contemporaines de la psychiâtrie; participants» C.Sterlin (Centre Hospitalier Douglas), P.Mayors (Centre Hospitalier Douglas), M.Laferrière (Fac.d'Education, U.McGill), R.Savoie (Dépt de Philosophie, Cégep de Saint-Laurent).3)\tBehaviorisme et philosophie; participants» J.N.Kaufmann (Dépt de Philosophie, UQTR), M.Schleifer (Dépt des Sciences de l'Education, UQAM), J.Reinbold (Centre des Services Sociaux de Sherbrooke), J.Bélanger (Dépt de Psychologie, UQAM).4)\tLes contestations contemporaines de la psychanalyse; participants» G.Charron (Fac.de Philosophie, U.d'Ottawa), L.Mouette (Dépt de Philosophie, UQAM), F.Peraldi (Ecole de Traduction, U.de Montréal), C.Lévesque (Dépt de Philosophie, U.de Montréal). 10 Le prochain colloque interdisciplinaire de la 5.P.Q.aura vraisemblablement lieu à Sherbrooke à l'automne 1977.Le département de philosophie de l'Université de Sherbrooke a déjà accepté de collaborer avec la S.P,U.dans la préparation de ce colloque dont le thème reste encore à déterminer.Le IVe Congrès ds la S.P.j.(Mai 1977).Le congrès annuel de la 5.P.Q.se tiendra encore une fois cette année dans le cadre de l'ACFAS, du 19 au 21 mai 1977 à l'Université du Uuébec à Trois-Hivières.Toutes les personnes intéressées à y soumettre une communication libre sont priées d'en faire parvenir le résumé avant la fin du mois do janvier au secrétariat général de l'ACFAS (C.P.6D6Q, Montréal, Uué., H3C 3A/, tél.i 342-1411), et d'utiliser à cet effet les formules prévues par l'ACFAS qu'ils pourront 3e procurer directement auprès de cet organisme ou encore en s'adressant à» Claude Panaccio Département de philosophie UQTR C.P.5UÜ, Troio-Hivièras, Qué.Parmi les activités déjà prévues au programme, signalons une table-ronde, tenue conjointement avec la section \"Linguistique\" de l'ACFAS sur le thème» \"Uù va la sémantique?\" Congrès de l'Association Canadienne de Philosophie.Le congrès de l'Association Canadienne ae Pnilosophie aura lieu du 27 au 3(3 mai 1977 à l'Université ce Frédéricton, au Nouveau-Brunswick.Les responsables du programme sont» -\tpour le côté francophone» M.Georges Leroux, Département de philosophie, UQAM, C.P.6838, Montréal, uué.-\tpour le côté anglophone» Mme Sheila Mullett, Concordia University, Sir George Williams Campus, Department of Philosophy, Montreal, IJue, La date limite pour l'inscription de communications était le 15 décembre 1976. 11 LA 5UCIETC DE PHILOSOPHIE DE MINT HE AL Maintenant présidée par M.Georges Hélai, de l'Université de Montréal, la Société de Philosophie de Montréal a repris ses activités de plus belle.Au cours de l'automne 1976, elle inscrivait à son programme les conférences et panels suivants; 5 octobre 12 octobra 19 octobre 26 octobre Monsieur Dominique Lecourt (Université de Picardie) Louis Althusser, la philosophie et la lutte des classes.Panel; Heidegger est-il mort?Participants; MM, Fernand Couturier (UQAM) Lrnest Joos (U.Concordia) Bertrand Riaux (U., de Mtl) Monsieur Jean-Claude Guédon (Université de Montréal) Objets de l'histoire des sciences; inventaire et critique.Conférence offerte conjointement par la Société et l'Institut d'études médiévales de l'Université de Montréal Monsieur Bernard Bazan (Université baint-Thomas, à Frédéricton) La crise rationaliste du Aille siècle.2 novembre Monsieur Hermann Baum (Université de Saarbrücken et Université Laval) Le.concept de matière dans le matérialisme dialectique .9 novembre Panel; L1 enseignement de la philosophie dans les CLGLP vu par des professeurs.Participants ; MM.Jean-Paul Cardinal (Collège Edouard-Montpetit) Robert Clavet (Collège de Matane) Roger bavoie (Collège baint-Laurent) 12 16 novembre\tMonsieur Roland Houde (Université de Montréal) Pour l1 bistolra dg.JLa philosophie au.Québec.23 novembre\tMonsieur Charles Murin (Université de Montréal) La crise reliaieuse chez .Nietzsche.30 novembre\tPanels L1enseiqnement ds la philosophie dans les CtüCP vu Dar des étuciants d'université. 13 LE Cu\u2018.:û'JR5 DE LA REVUE CRITERE La revue Critère organise et supervise un concours (lire \"jeu\" ou \u201ctournoi\" si vous voulez) pour tous les cégé-piens sur le tnè.re Es la Ville.La section \"Bi Essai\" devrait particulièrement intéresser les étudiants et les professeurs qui travaillent la oi3Cipline de la philosophie dans les différents collèges oes secteurs public et privé.Les candidatures ferment le 15 février 1977.Pour obtenir un ou plusieurs formulaires d'inscription, s'adresser ài Claude Gagnon Département de philosophie Collège Edouard-Montpetit 945 Chemin Chambly Lcngueuil, Uuébec.tél.i 514-679-263U, poste 375 Comment oorticioer?PHASE I Rédiger un travail sur le thème choisi» LA VILLE.Le sujet à explorer devrait intéresser tous les cégépiens, y compris ceux de l'éducation permanente.En effet, VIVRE EN VILLE aujourd'hui, est plus qu'une alternative mSme pour ceux qui proviennent de milieux ruraux.Le collège a déjà mis en contact avec cette réalité tous les étudiants qui le fréquentent et, plus important encore, la proportion de ceux qui iront vivre en milieu urbain sera de loin majoritaire.LA VILLE, c'est aussi le thèma du colloque organisé annuellement par la revue \"Critère\".Cette année, le colloque aura lieu au Complexe Desjardins du 26 au 29 mai 19^7.Los gagnants du concours y seront invites.Ils y recevront leurs prix» argent, bourses d études et de voyages, livres, etc.Ils pourront aussi y rencontrer les plus grandes autorités québécoises et étrangères en matière d'aménagement urbain. 14 VOUS AVEZ LE CHOIX 5ection A» PUEblE ET FICTIÜN Poème, chanson, conte ou nouvelle, accompagné d'une étude de quatre à cinq pages sur un auteur important qui a abordé le thème de la ville dans le genre choisi.Section B» ESSAI Exigences t 1.\tDiscipline principale bien identifiée} 2.\tSouci interdisciplinaire} 3.\tDimension historique} 4.\tCulture générale appropriée} 5.\tDonnées scientifiques appropriées} 6.\tSolutions concrètes} 7.\tNombre de pages» 15 à 2ü} bibliographie reflétant le respect des exigences.\t.PHASE II t Concours d'interview at quizz.Ouvert à tous ceux qui auront réussi la phase I.La phase I est terminale en ce sens qu'elle comporte une liste de gagnants et de candidats reçus# Tous les gagnants pourront toutefois participer à un concours d'interview.Il n'était pas question de ressusciter les concours oratoires, même s'ils étaient très en vogue dans les collèges d'autrefois.Quand on prend la parole, aujourd'hui, ce n'est pas pour faire un long sermon ou un grand discours fleuri, c'est, en général, pour foire le point sur une question en cinq ou aix minutes.Il fallait créer un genre conforme à cette exigence.QUIZZ» Si le nombre des gagnants à la phasa I était considérable, on pourrait aussi organiser un quizz.Alors que l'inter-viow permettrait aux participants de prouver qu'ils sont capables do défendra leurs idées ou leurs projets, le quizz leur permettrait de prouvor qu'ils connaissent bien i'ensoinble de la question étudiée.Le détail des règles eu jeu concernant 1b concours d'interview et la quizz sera donné quand le nombre des participants sara connu.Il est fort probable que le concours d'interview et lu quizz sa feront à la télévision ou à la radio et que le public sera invité è participer è l'évaluation.Jacques Dufresne, r e 9 p .du concours, Département de philosophie, Collège Ahuntsic. 15 PUBLICATIUN5 RECENTES Cetta chronique vise à signaler les récentes parutions en philosophie au Québec, ainsi que des ouvrages publiés ailleurs par des philosophes québécois.-\tGauthier, Yvon, Fondements des mathématiquesi Introduction à une philosophie constructivrste, Montréal, P.U.H., 1976.-\tHoude, Roland, Pour l'histoiru de la phtlosophia au Quépec.Montréal, Université da Montréal, 1976.-\tLuciar, Pierre, Empirisme logique et langage reliai.eux.Montréal, Bellarmin, 1976.-\tMcLuhan, Marshall, P1 oeil à oreille.Montréal, HMH, 1976 .-\tMonière, Denis, Critique épistémologique de l'analysa systé- mique de dgvrd cgston.Uttawa, editions de l'Université d'Uttawa, 1976.-\tNaud, Mndré, Les valeurs dans le proiet scolaire.Québec, Conseil Supérieur de l'Education, Lditeur officiel du Québec, 1976.-\tPanaccio, Claude, Quintin, Paul-André et al., Philosophie au Québec.Montréal, Bellarinin, 1976.-\tPevsl, Thomas, Inflexions do voix,.Montréal, P.U.M., 1976. 16 DU CUTE UES REVUE5 \u2022 Cahiers de recherche éthique Sommaire du numéro 3» Une nouvelle morale sexuelle7 -\tR.Bélangori Présentation.-\tH.Pelletier-Baillargeon» Avons-nous encore une éthique sexuelle?-\tG.M.Bertrand» Foi et sexualité» pour une refonte de la morale classique.-\tG.Durand» Progrès scientifique et évolution de la morale sexuelle.-\tA.Guindont Le langage sexuel.-\tM.Dospland» Démythiser et remythiser.-\tG.Bourgeault» Oexualité humaine» enjeux éthiques et politiques.-\tA.Bédard» Ethique théologique de la sexualité» jalons, -\tJ.M.Samson» Commentaire sur le document du Comité catholique.Sommaire du numéro 4» Le bonheur menacé, (journées universitaires de la pensée chrétienne) -\tH.Guindon» Des choix qui n'existaient pas.-\tP.Donsareau» L'environnement humain compromet- il l'avenir do l'homme?-\tJ.F.Six» Propositions chrétiennes sur le bonhuur.-\tE.Volent, J, Harvey» Commentaires.-\tH.Pelletier-Baillargeon» Lorsque tout change.-\tP.Goldborger» Si les autres ne le sont pas.-\tA, Myre: Et les béatitudes évangéliques.-F.Dumont» La crise des valeurs. 17 ¦Ç.ri*è£B Sommaire du numéro 14t La Santé.2 (juin 1976).- Y.- C.- A.- M.Mon ge au t santé.Larouchei Duf resne» Godue , C.Les priorités dans le domaine de la Cinq ans d'assurance-maladie.Radiographie de la pratique médicale.Rousseau et ü.Fischi Points de vue d'étudiants en médecine.Tétreauiti Une Définition des C.L.S.C.par les C .L .5 .C .üruneti L'équipe multidisciplinaire, une dure réalité.Gauthier» L'assistant médical.Turcottei Les limites de la clinique.Lamoureu/>.i Le biofeeuback.Chauvin» Le goût.\t, Proulx» Santé, sens et salut.Dagognet» La crise de la pensée médicale.Forget» Les difficiles priorités.Lalonde» Les problèmes de santé au Canada.F.Lllenberger» Réflexions sur la guérison.Sévignyï Jean Trémolières.Stafford» Analyse et critique de l'idéologie naturiste.Boulianne» Le médecin imaginaire.Rafla» La responsabilité du médecin à travers les Sges.Martel» Aspects juridiques de la faute professionnelle.Romeyer-dharbey» Matière et abstraction.Weinmann» De l\u2019iatrogenèse collective à l'iatrogenèse individuelle.Proulx» Le temps de vivre et de mourir.Préclaire» Santé-Magazine.Dufresne» Daedalus ou l'Amérique civilisée. 16 Sommaire du numéro 15i Pour un nouveau contrat médical.(Automne 1976) -\tJ.Dufresne! Le sens de l'humanité.-\tR.Dubos» Santé biologique et santé humaine.\u2014 H.F.Ellenberger! La médecine en évolution -\tA.Hameli Santé et autonomie vitale.-\tY Gauthieri Une médecine humaine est-elle encore possible?-\tJ.P.Escandei Coups de sonde.-\tA.L.Cochranei Priorités dans Iss soins et les traitements.-\tJ.Trémolièresi Pour une médecine du savoir-vivre.-\tG.Saucier! Pour un régime d'assurance-santé.-\tJ.Y.Rivardi Check-up de la pratique médicale.-\tJ.Rochoni Difficultés de la planification aans le domaine de la santé.-\tG.Blaini La santé Bt les contradictions de notre époque.-\tJ.bruneti Priorités dans la domaine de la santé au Québec.-\tF.Seguin! La santé et la révolution culturelle.Dialotiue- Sommaire du volume XV, no 3 (septembre 1976).-\tJ.N.Kaufmann! Entre la sociologie compréhensive et la sociologie behavioriste.-\tR.Pellorini Usage logique, psychologique et idéolo- gique de la notion de gratuité.-\tS.burns! The Humean Female.-\tL.Marcil-Lacostei The Consistency of Hume's Position Concorning women.-\tJ.T, Stevenson! Volition Under Hypnosis.\u2014 P.Saurioli La structure tétrahexaédrique du système complet des propositions catégoriques.Ainsi qu'un certain nombre de \"Discussions\" et de \"Comptes-rendus\". P.inlP5Qat)Àflye.a Sommaire du volume III, no 1 (avril 1976).-\tJ.N.Kaufmann: Structure et causalité.-\tM.Henault: Nouvel essai sur les sandales d'Empédocle.-\tLamonde, Y.et B.Lacroix: Les débuts de la philosophie universitaire à Montréal.Les Mémoires du doyen Forest, U.P.(1885-1970).-\tJ.Goulet: La philosophie sociale de Bergson,' bources et interprétation, par Guy Lafrance.-\tJ.G.Daoust: Endoctrinement et politisation dans l'enseignement de la philosophie ou d'un faux problème.-\tJ.Proulx: Par-delà l'idéologie et le soupçon: l'authenticité intellectuelle.-\tJ.P.Brodeur: Sur les justifications de la philosophie institutionnalisée.-\tû.Braybrooke: A la recherche d'une justice de structure au Nouveau-Brunswick. 20 UDCUrtLMS Présentation Les deux documents qu'on lira ici sont des cornptas-rendus de deux allocutions présentées par M.Léonce beaupré, directeur du Service des Programmes de la UIGLC, lors de deux réunions différentes des coordonnateurs provinciaux de l'enseignement collégial, tenues respectivement le 24 septembre 1976 et le 19 novembre 1976, Ces comptes-rendu3 ont été préparés par M.Alain Lallier, coordonnateur provincial de l'enseignement de la philosophie.DuCUHlNT nu I i Çi mute\u2014rendu de l'allocution de Monsieur Léonce Beaupré 124\t4?16.1 1.Pa3 de changements avant.,, Dana la pratique, il est difficile do penser des changements importants avant 1980-51 au niveau des programmes.Des changements sont possibles à partir de cette date,\tun nouveau régime pédagogique est connu avant mai 1977.2.Un .nouveau régime pédagogique?Pour Léonce Beaupré, \"ga bouge pas vite\".Le monde des collèges et les fonctionnaires \"aimeraient bien qu'il y ait das suites\" au Rapport fJadeau et au \"Point de vue\" de la DIGtC de décemDre dernier.(Rapport GTA). 21 3.La grosseur du \"si\"?\"Pas de cnangetnents avant 1980, si.\" L'importance du \"si\" repose entre les mains du ministre Lachapelle.Léonce beeupré nous suggère da lire les déclarations du ministre faites lors da la défense des crédits à l'éducetion en juin dernier et lors de l'inauguration des nouveau»; pavillons du CEGEP du Vieux-Montréal.cf.1.Journal des débats, 22 juin 1976.2.\t\"Quelques réflexions sur l'enseignement collégial\", Montréal, 23 août 1976.3.\t\"Le CEGEP est-il\" \"déshumanisé\"?Montréal, le 26 aoOt 1976.(Ahuntsic) 4.L'Après G TX , Les fonctionnaires de la D1GEC évoluent.La nouvelle convention semole avoir changé certaines données de base.A cause oe la sécurité d'emploi obtenue par les professeurs, on doit tenir compte de leur présence et de leurs droits.En conséquence, l'éducation physique demeurera obligatoire.Le français?\"Un a les profs pour 4 cours\".Même si la qualité est peut-être \"douteuse\", il y a encore un \"espace pédagogique\" pour le français.Pour la philosophie, \"faites le même raisonnement\".\"RSvon3 pas en couleur, il y a de la philosophie\".5.Les, principes de ba3e.d'un nouveau régime.Sur quoi devrait reposer un nouveau régime pédagogique?Sur quatre grands pointst A) Les outils de base universels» 1)\tla santé} les moyens pour réaliser cet objectif sont l'éducation physique et le service de santé.2)\tla lanouet par les cours de langue et de littérature. 22 3) la critique, l'analyse, la synthèse, le jugement» par la philosophie ou par d'autres disciplines.(Voir plus loin.) b) La formation dans les sciences de basa.C)\tFormation professionnelle dans un domaine particulier.D)\tAutres objectifs personnels.6.Précisions sur la réalisation des objectifs de synthèse.Juels sont les moyens mis en oeuvre pour réaliser les objectifs de donner à l'étudiant une formation à l'analyse, à la critique, à la synthèse et au jugement?En 1967, nous avons choisi la philosophie.\"11 y a peut-Otre d'autres moyens\".Si on suggère d'autres disciplines, \"on va se tirer les cheveux\".Il faudra donner une \"marge de jeu\" aux collèges pour qu'ils puissent ajouter autre chose à la philosophie.Le problème pour la philosophie, c'est que, trop souvent, les professeurs ont fait de la \"philosophie ^our la philosophie\".bi demain on choisit l'économie, on fera l'économie pour l'économie.D'où l'importance de redécouvrir les objectifs de départ.Avec le temps, \"la philosophie devra partager sa place avec d'autres\".\"ta pourra varier selon les collèges\".(txemplei trois cours de philosophie et un cours d'économie).Plusieurs combinaisons sont possibles.Les collèges pourront ainsi se donner un visage particulier.Au total, une dos tâches importantes du futur régime pédagogique sera de viser à quelque chose de plus cohérent en enlevant le plus possible de duplicateons.\"Nous devrons de toute fagon tenir compte aussi des contraintes comme la sécurité d'emploi\".\"Le personnel est en place, il a droit à toutes les considérations\".Alain Lellier Coordonnateur provincial (Philosophie) 23 DOCUMENT Nü II i Compte-rendu d'uns mise au point da M.Léonce Beaupré, ÜJL novembre 1^76).N,B,:\tLes passages entre guillemets sont à quelques mots prô3 les expressions de M.Léonce Beaupré.1.\tLes signataires du \"point de vue de la DIGEC sur l'enseignement collégial\" (Happort G.T.X.) ont modifié quelques-unes de leurs idées.\"Certains points sont maintenus; mais nous na le3 retenons pas tou3\" .2.\tLa façon de concevoir les programmes e changé.L'approche qui semble retenue maintenant en est une axée sur l'étudiant inscrit dans un programma.3* Peu importe le programme oî) l'étudiant est inscrit, il devrait obligatoirement suivre 4 cours d'éducation physique et 4 cours de français.(Objectifs provinciaux de santé et langage).4.\tTous les programmes devraient aussi permettre de développer un ensemble d'autres capacités telles que la logique, le sens critique, l'analyse, la tréativité, etc.5.\tTous les programmes devraient donc comporter les éléments suivants; A) Pour la maltra.se des outils de base universalai 1.\tla santé; par les cours d'éducation physique; 2.\tle langage; par les cours de fronçais; 3.\tles autres capacités (logique, sens critique, créativité, etc.); par des cours communs non-obligatoires; 24 -\t5 cours pourraient être consacrés à l'acquisition de ces capacités; -\t\"Laissons aux collèges les bons moyens de les développer\"; -\t\"On devra tBnir compte de la réalité\"; -\tPour ce qui est de la philosophie, \"les cours sont là\".0 ) Formation de base fondamentale» (ex.i science de la santé; biologie, chimie, psychologie, .).C)\tAutres objectifs personnels de l'étudiant.Pour développer les capacités de logique, analyse, créativité, .\t(5, A, 3), \"nous réservons l'espace pédagogique\" pour ces cours que l'étudiant ou le collège choisiraient dans l'une des arscrplrnes suivantes; philosophie, \"Humanities\", nistorra, etc.\"Ca pourrait varier selon les collèges\".(uojectifs institutionneln).\"Il ne faut pas rêver en couleur\", avec la polyvalence, il y aura des regroupements de matières\".On cherchera à dégager les fondements communs de plusieurs concentrations dans le but de ne pas incrire l'étudiant trop tSt dans des issues sans débouchés.Question ; Où allons-nous avec G.T.X.?Réponse ; Nadeau, G.T.X.et les autres prisas de positions 25 devraient servir à la préparation d'un livre blanc.Uns commission parlementaire devrait recevoir les différents avis sur ce livre blanc.9 .Questioni Quelles sont les grandes orientations de G.T.X.?Réponse i 1-\tLaisser accomplir aux collèges leur r31e le plus possible.2-\tPoursuivre divers objectifs éducatifs.L'école n'est pas au service de l'industrie mais au service de l'autonomie de l'étudiant.10.\tQuestion t Avec les Commissions de Programmes, qu'advient-il des Coordinations Provinciales?Réponsei \"La coordination va demeurer sous une forme ou une autre\", pour a)\ts'assurer de la cohérence des programmes b)\tpermettre les échanges pédagogiques.11.\tQuestion t Pourquoi ne parle-t-on plus de \"formation générale\"?.Réponse: Les concepts de \"formation générale\" et \"formation fondamentale\" posent des difficultés du lexique.\"J'essaie d'éviter la notion de formation générale parce qu'elle semble s'opposer è la formation professionnelle\".\"Comme si la formation générale ne pouvait s'intégrer à l'intérieur de la formation professionnelle\".Un c choisi la 26 philosophie en 69-70.Pourquoi la philosophie?Qn a oublié trop souvent lo point de départ.\"Il faudrait redécouvrir nos objectifs fondamentaux à chaque 5 ans\".\"Le feu n'est pas pris\", parce que l'enseignement collégial e3t bon.\"Il n'y a pas de presse\".\"Il n'y a rien de définitif!\" \"Il faut avoir un vrai ministre qui nous permette d'avancer dans le système collégial\".12.\tQuestion > Etes-vous d'accord avec les D.S.P.sur la composition des C.A.7 Maaaaa» Non.Nous continuons à croire qu'il doit y avoir 2 étudiants et 2 professeurs sur le C.A.13.Question I Est-ce que pour les objectifs provinciaux (santé, langue, outils de base universels) il y aura une évaluation provinciale?MuaiLLat Nous n'avons pas l'intention d'installer des examens provinciaux.Les collèges devront assumer leurs responsabilités.14.Questioni Pourquoi le texte de G.T.X.est-il si ambigu sur plusieurs points?Réponse t Le texto de G.T.X.se devait d'être court, parce qu'il était dostiné au Ministre.Nous avons passé plusieurs houros à lui expliquer oralement. \"Une grande partie de G.T.X.peut ee réaliser dans le cadre actuel\" (programmes, crédits, etc.).\"On se refuse à entrer dans la gestion des collèges\".\"Je ne suis pas au service du gouvernement| je suis au service de l'Etat, peu importe le parti au pouvoir\".Alain Lallier Coordonnateur provincial (Philosophie) 28 COM TRI HUT I (JUS IN H £ M O R I AM MARTIN HcIulGGLR 26.9,1809 - 26.5.1976 Martin Heidegger a été le dernier grand philosophe systématique.Depuis Heidegger, la pensée occidentale a consisté surtout en des commentaires, c'ost-a-dire en la \"finition\" (au sens de la menuiserie) de ce qui existait déjà.Rien n'est plus fondamental, faudrait-il donc croire, que l\u2019ontologie heideggerienne.Heidegger présente son oeuvre comme \"une\" voie, mais peu de gens semblent disposés à en chercher d'autres, ni même de travailler à son programme de \"destruction\" de l\u2019histoire de l'ontologie.Né à Mcsskirch en Souabe le 26 septembre 1889, il s'intéresse jeune encore à la philosophie, par le biais de l'ouvrage de Franz Lirontano De la signj.f.ication multiple de l'étant chez Aristote (1862), cadeau offert par le curé aa Messkirch (qui devint d'ailleurs par la suite archevêque do Freiburg).Cet intérêt pour la philosophie ne le quitte pas pendant ses études au Collège des Jésuites à Konstanz et au Betolds-Gymnasiun de ' reiburg, même si plus tard, à l'Université, il commence par étudier la théologie.5on goût et son intérêt pour la philosophie prennent ou plutôt reprennent cependant très rapidement le dessus et après seulornent deux semestre^ il opte pour l'étude de la philosophie, à laquelle il ajoute les mathématiques, les sciences naturelles et un semestre d'histoire.5a thèse de doctorat - \"La doctrine du jugement dans le psychologisme, une contribution positive critique à la logique\" (1914) - ne fut pas patronée par Hickert, comme le veut la Tradition, mais par le philosophe catholique A.Schneider (ce qui assura la réception de la thèse à l'université catholique qu'était 1'Albert-Ludwigs-Universitat de Freiburg).D'ailleurs, la \"Tradition\" se trompe bien souvent sur Heideyger» on attriuue à Husserl le patronage de sa thèse d'agrégation, alors que c'est précisément Heinrich Hickert, un néo-kantien de l'Ccole dite du Sud-ouest Allemand, qui fut le maître à penser de Heidegger et qui le dirigea dans la préparation de son agrégation (le sujet de sa thèse» 29 \"La doctrine des catégories et de la signification de Duns Scot'1, 1915).Ces deux thèses ainsi que son cours-conférence (Vorlesuno) sur \"Le concept de temps dans la science de l'histoire\" (1915/16) sont réunies dans un volume intitulé Frühe Schriften (Klostermann, 1972).A travers ces trois ouvrages, l'on voit déjà la naissance dans l'esprit de Heidegger de la problématique de la question dB l'être, telle qu'elle allait par la suite former le centra de ses préoccupations philosophiques et de sa pensée en général# Cb n'est qu'en 1916 que le jeune Privatdozent Martin Heidegger rencontre tdmund Husserl (qui arrivait de Gottingen) et l'influence du fondateur de la phénoménologie se fait aussitôt sentir - ou plutôt, ellu se consolide, puisque Heidegger avait commencé de lire Husserl dès le début de ses études à Freiburg.5a première série de cours-conférences après son retour du front en 191Ü porte aussi sur la phénoménologie.5i la lecture de drentano et l'enseignement de ftickert avaient servi à mettre Heidegger sur la voie de la problématique de l'Stre, l'influence du vieux professeur Husserl allait lui permettre da développer et de perfectionner 8a méthode de recherche et d'analyse.C'est au cours des cinq années subséquentes que l'on peut placer les premiers travaux préparatoires à la rédaction de L'ctre et le temps, ses cours-conférences portent en effet presque exclusivement sur des thèmes connexes à la problématique de l'ouvrage de 1927.Dès 1923, il est malgré son jeune âge professeur agrégé à Marburg et le travail de recherche autour de ses cours constitue la préparation de l'ouvrage lui-màme, dont il entreprend vers 1924 la rédaction} les titres de ses coursi \"Les débuts de la philosophie contemporaine - interprétation de Descartes\"} \"La grande scholastique et Aristote\"} \"Interprétation du 30-phiste\"i \"L'ontologie du Moyen-Age\"} \"Histoire de la notion de temps\"} \"Interprétation phénoménologique de la Critique de Ajê_ raison pure, puis da la Logique de Hegel\".L'on reconnaît là également lo travail préalable à la célèbre \"destruction\" de l'histoire de l'ontologie quo Heidegger pose comme a priori à tout renouveau de la philosophie.La phénoménologie de Heidegger n'est en 1927 cependant plus celle de Husserl.Friadrich-Ailhelm vun Herrmann, élève, héritier intellectuel et éditeur de Heidegger, l'a montré à plusieurs reprises (p.ex.dans Die 6i-lb s tin to rp re t a tion Martin H u jdc g ocra , Harn 1 '\u2022) o 4 , et Pawns:; leuin , éeit und wolt-ver-.tandni s.Klosterinan 1971), et cetta transformation, di3ons plutôt cotte mutation par Heidegger do la phénoménologie de 30 Husserl fit se plaindre ce dernier que Heidegger lui avait ruiné sa belle phénoménologie - mais la rupture ne fut jamais profonde ni totale (la Tradition voulant cependant le contraire), du moins pas avant 1933.Il semble même que dans son dernier ouvrage, Husserl avait entamé une démarche qui l'aurait mené sur la voie de Heidegger.Le \"flirt\" nazi de Heidegger n'a jamais été une chose claire, car il ne semble pas y avoir de position médiane entre les deux explications extrêmes, l'inconséquence intellectuelle d'un jeune patriote et un lien prétendu nécessaire entre l'ontologie existentiale et le socialisme national.Toujours en est-il que Heidegger devient memore du Parti et, peu de temps après, recteur de l'Univarsité de Freiburgi il démissionne moins de dix mois plus tard mais pendant co pou de temps il semble être un nazi convaincu.A Freiburg, on se plaît à raconter (à tort, d'ailleurs) comment Heidegger ressembla un jour tous les exemplaires disponibles dæ ouvrages de Husserl (qui était juif) et les brûla dans la cour devant la bibliothèque do l'Université, et comment il revint sur sa décision de patronner l'agrégation d'un autre juif, Karl Lowith, qui se rendit plus tard à Francfort sur l'invitation de Theodor Adorno.Mais il semble cependant avoir été un nazi convaincu.Indéniablement, il approuva l'arrivée au pouvoir des nazis, car comme beaucoup d'autres intellectuels allemands, il voyait en eux la dernière possibilité d'un renouveau do l'Allemagne.Mais on lui attribue dès 1934 des remarques très désobligeantes à propos du nazisme, sus cours-conférences sont des examens critiques du socialisme nationalj dans les dernières années du Heich.plusieurs de ss3 ouvrages sont interdits de publication, y compris son célébré discours inaugural comme recteur, dans lequel plusieurs ont vu un acte ae foi en le nazisme, mais qui en réalité était un uctu d'obéissance tactique contenant de sévères mises en garde - pour qui voulait entendre.Ceci ressort très bien ds la conversation posthume publiée dans le Spiupel peu do temps après sa mort (23/1976, p.193-219), où Heidegger lève le voile sur la situation en 1933/34 et sur les gestes qu'il posa.Le déclin de popularité du personnage Martin Heidegger commença avec la fin de la guerre, et c'est curieusement vers la même époque que le reste du monde commença à s'intéresser à son oeuvre, ae telle sorte qu'il est devenu impossible de tenir le pas avec la parution des commentaires.Heidegger ne donna plus que quelques conférences ut ne tint que quelques séminaires, puis à partir de 1964, on n'entendit plus parler de lui, il ne publia aucun nouvel ouvrage, préférant plutôt accumuler les manuscrits, qui seront maintenant publiés sous la direction de von Harrmann.Heidegger écrivit une lettre au Spiegel en février 196b, puis il y eut cette longue conversation le jour de son soixante-dixseptième anniversaire et qui parut la semaine suivant 3on décès, par sa propre volonté una conversation posthume» Pour nous étudiants de sa pensée et pour beaucoup d'autres aussi, Martin Heidegger était déjà une légende.En rétrospective, il semble que nous tou3 qui étudiions et travaillions à Freiburg la pensée et l'oeuvra du maître, nous croyions travailler à une tâche privilégiée.Nous nous croyions privilégiés en ce que notre philosopha d'étude vivait toujours, nous ne travaillions paa après lui, mais encore en mâme temps que lui.Heidegger exprime dans la convarsation du Spiegel la crainte que seul un dieu puisse encore nous sauver, d'autre part il exprima ailleurs et à plusieurs reprises sa conviction que quelqu'un viendrait \"après lui\" pour \"faire la synthèse\".Aucun de nous no pensait être ce quelqu'un, mais nous travaillons (comme lui dans ses manuscrits) et continqerons à travailler ou développement et à l'application de son ontologie fondamentale.Nous cherchons aussi quelles pourraient Stre ces \"autres voies\" ontologiques dont il a parlé et dont il est sûrement souvent question dans ses manuscrits.Ce fut dur que d'apprandro que notre légende vivante était mortelle.André Rocque Collège de Maisonneuve L'ENSEIGNEMENT DE LA PHILUSUPHIE AUX ETATS-UNIS Notes sur un congrès Un enseigna encore la philosophie aux Etats-Unis.Elle n'est obligatoire nulle part (du moins à ma connaissance), mais elle met apparemment son nez partout.Timidement la plupart du temps, elle s'immisce dans les écoles secondaires, voire quelquefois primaires, dans les prisons à l'occasion, dans des programmes spécialisés comme le nursing et la bibliothéconomie.Il y existe par exemple un \"National Eoruin for Philosophical Reasoning in the Schools\" (l), un 'Center for Philosophy, Law and Citizenship, Inc.\" à Now York, (2) un \"Institute for the Advancement of Philosophy for Ciiildren\", (3) une revue - récente - intitulée The Journal of Pre-College Philosophy.\t(4) un \"Centre de Documentation sur 1'tnseignement de la Philosophie\", (5) et bien d'autres curiosités encore.Nos collègues américains cependant ne voient pas sans quelque jalousie notre fameuse \"philosophie obligatoire au cégep\".Les yeux leur deviennent ronds quand ils entendent dire que dans les collèges d'ici les départements de philosophie comptent parfois jusqu'à trente professeurs.Uuant à eux, ils souffrent de l'isolement.Peu de collèges (du moins parmi les \"Two-Year Colleges\") engagent plus d'un ou deux professeurs de philosophie.Certes il y a les grands départements, ceux qui s'occupent des \"graduate students\", ceux qui offrent le doctorat en philosophie, ceux qui rassemblent les \"maîtres\".Mais je ne parle pas de ceux-là, ils ne regroupent sans doute pas la majorité des philosophes professionnels américains.Alors que font les autres?Uù sont-ils?Avec quoi, avec qui travaillent-ils?Qu'enseignent-ils aux petits noirs de l'Alabama, aux prisonniers du Maryland, aux \"undergraduates\" de New York, do Los Angeles et finalement d'un peu partout à travers le grand \"melting pot\", aux enfants des écoles secondaires de Jersey City ou d'ailleurs?Quels manuels utilisent-ils?Quel matériel audio-visuel, quels trucs scéniques et quoi d'autre encore? Eux-mêmes se le demandent, les uns à propos des autres.Chacun dans son coin s'invente un \"modus vivendi\".L'un confectionne un cours \"Philosophy for l\u2019un\" qu'il donne en surplus de ses quinze ou dix-huit heures régulières» un autre fait venir à son collège tous les films pédagogiques ayant trait à la philosophie, son cours est partout ponctué de projections» un troisième expérimente une méthode d'enseignement individualisé! il a installé son bureau dans la salle de cours qu'il occupe du matin jusqu'au soir et oîi il reçoit chaque semaine individuellement ou par petits groupes sbs deux cents étudiants! Chacun se bricole un syllabus, une méthode, un personnage, un jeu de relations avec ses étudiants et avec ses collègues des autres disciplines.Et voilà que certains du moins veulent savoir ce que font les autres.Il se crée des revues consacrées à l'enseignement de la philosophie, j'y reviendrai plus loin, il se forme des regroupements, des associations.Et finalement on organise un congrès, le premier du genre aux Etats-Unis, le \"National Workshop Conference on Teaching Philosophy\", tenu à deux cents milles au sud de Montréal, dans la petite ville de Schenectady, N.Y., du 3 au 13 aoQt dernier, sur l'un de6 plus vieux campus des Etats-Unis, celui de Union College.J'y étais, à titre de représentant de l'Association Canadienne de Philosophie.(6) Mais mes collègues du bureau de direction de la S.P.Q., qui ne reculent aevant rien de ce qui est gratuit, me font valoir que la communauté d'ici meurt d'impatience d'entendre parler de nos voisins du dessous.La chose, disent-ils, est toujours intéressante quand on habite un deuxième.L'argument est décisif, et me voici tel un espion faisant rapport à sa \"gang\".Uu'on ne s'attende pa3 à des résultats \"scientifiques\"! ma seule compétence en matière de pédagogie américaine me vient d'un congrès d'une semaine, et je ne vise ici à rien d'autre qu'à rapporter de3 impressions.Il y avait là quelque trois cents personnes, américains et canadiens, il y avait en tout et pour tout quatre québécois, et il y avait même un japonais qui nous a entretenu de l'enseignement de la philosophie dans son pays (lui-même enseigne dans un programme d'art dentaire!).A travers une série d'ateliers do travail, on a parlé de la philosophie au collège, de la philosophie au \"pré-collèce\", de l'introduction des nouveaux courants théoriques dans l'enseignement, de la philosophie dans les prisons, de \"philosophie et féminisme\", (7) 34 de méthodes audio-visuelles, d'enseignement programmé, de publication, d'évaluation des enseignements et d'évaluation des étudiants, d'ingérence politique, de jeux pédagogiques, de racisme et de sexisme.un a présenté des montages audiovisuels, fourni des bibliographies, distribué pas mal de paperasse, fait circuler des manuels, échangé oe3 syllabus, projeté des films, pris un coup, joué à des jeux (éducatifs, il va sans dire) et mangé convenablement.Un ne s'est pas beaucoup engueulé et en général on s'est trouvé bien sympathique.bref, un programme chargé, dont évidemment je n'ai pu suivre qu'une partie.Aussi mes remarques seront\u2014elles bien parcellaires.Je ne m'arrêterai qu'à quelques questions qui m'ont paru retenir l'attention de beaucoup de mondes le rapport entre l'enseignement et la recnercne, la place de la philosophie dans le fonctionnement général du système d'éducation, la discussion de certaines méthodes pédagogiques et la brûlante question de l'évaluation des enseignements.1.Enseignement versus recherche Le dilemme nous est bien connu.S'il faut en parler en premier lieu, c'est que, si du moins ma perception est juste, ce problème traversait l'ensemble du congrès.Dans son existence même, cette rencontre constituait une protestation contre le privilège jugé exorbitant que les organismes gouvernementaux, les pourvoyeurs de subventions, les associations de philosophie et les institutions académiques accordent à la recherche.Etre philosophe en Amérique du Mord, disait-on, c'est d'abord être professeur.Une sagesse, une théorie, une critique, peut-être, mais la philosophie est aussi un métier, un métier d'enseignant.5i les fonds sont relativement faciles à obtenir pour assister à un congrès dit \"scientifique»\", de l'Association Américaine de Philosophie par exemple ou de l'Association de Philosophie des sciences, ils deviennent pratiquement impossibles à dénicher pour participer à une réunion de professeurs en tant que professeurs.L'avancement dans la carrière est proportionnel au nombre de publications et do diplômes, non pas à la capacité d'enseigner quelque chose à quelqu'un.Il faut supposer, comme le disait à peu près Michael beriven, 35 que les autorités considèrent comme analytique le jugement \"un bon chercheur est un bon professeur\".Ceux en tout cas qui, à quinze ou dix\u2014huit heures par semaine selon les institutions, font carrière d'ensaignants pour \"undergraduates\", n'ont pas le temps de publier.Accomplissent-ils moins bien le travail pour lequel on les paie?Leur faudrait-il négliger leur enseignement, se soustraire à son insistance, et coûte que coûte écrire n'importe quai!1 Est-ce là ce qu'on attend d'eux?Les voilà qui s'inquiètent d'être les \"underdogs\" de la philosophie.Pourquoi l'activité même de l'enseignement ne devrait-elle pas aussi retenir l'attention des gouvernements et ces associations professionnelles?Pourquoi les revues n'en parlent-elles pas, tout occupées qu'elles sont des questions théoriques?Un mouvement se forme aux Etats-Unis, animé par quelques \"mordus\", pour redonner à l'enseignement de la philosophie une dignité professionnelle propre.C'est Michael Scriven de Berkeley, qui s\u2019y intéresse depuis longtemps déjà et qui a, dit-on, bonne audience dan3 les milieux gouvernementaux.C'est Terry Bynun de New York, directeur de Metaphilosophy,\t(8) qui depuis deux ans organise presque seul, avec des moyens financiers dérisoires cu'il n'hésite pas à complétar de sa poche, le congrès de Schenectady.C'est Arnold Wilson de Cincinnati, directeur de la nouvelle revue Teaching Philosophy, (y) à laquelle, dit-il, il essaie de donner une allure espectable pour qu'elle soit prise au sérieux sur le marché du savoir.C'est encore P.S.Schievella de Jersey City, qui, près de la retraita, lutte inlassablement pour l'enseignement de la \"philosophie critique\" au niveau secondaire, et qui dirige sa propre revue, Tho Journal of Pre-Ç.plJ,9pe Philosophy.(10) C'est Jim Friel de.\\ew Yorx qui a fondé il y a doux ans, avec bien peu d'argent en caisse, une revue de philosophie pour los \"Two-Year Colleges\", la revue AiÜS.* (11) C'est Tsiporah Kasachkoff de New York qui organisa de6 enquêtes sur l'enseignement de la philosophie dans les collèges américains.Et plusieurs autres encore qui songent à des regroupements, à une association nationale pour l'enseignement de la philosophie, à l'organisation de congrès réguliers, à la coordination de3 efforts.Terry Bynum, avec la collaboration du Philosophy Documentation Cantor de Bowling Green (Uhio), a mis sur pied tout récemment un centra national de documentation sur l'enseignement 36 ¦> da la philosophie.(12) Il entend servir de plaque tournante à l'échange d'informations, d'expériences, de suggestions.Le Philosopher's Index recensera le matériel déposé au centre et un bulletin d'inforuation sera aiffusé.Un \"Task Force\" s'est constitué en Illinois pour intervenir auprès des autorités, partout où il le faut, afin do favoriser l'enseignement de la philosophie.L'APA (Association Américaine de Philosophie), bien qu'ellu soit quelquefois soupçonnée d'avoir déjà fait preuva d'une certaine incurie à l'égard de l'enseignement, semble maintenant voir tout cela d'un bon oeil (peut-Stre encore un peu paternaliste cependant), et y apporte son appui lorsqu'elle le peut.Cette situation, dont il est évidemment assez difficile pour moi d'évaluer l'importance, constitue l'arrière-plan sur le fond duquel se détache le congrès de Schenectady.Certes aucun atelier n'y a été consacré exclusivement aux rapports de l'enseignement et de la recherche.Huis c'est que la question était omniprésente, depuis la conférence d'ouverture de Michael Scriven jusqu'à l'Assembléa finale où elle a sans douta explosé avec le plu3 de vigueur.Les conséquences futures sont encore incertaines.dn parle de fonder une association consacrée exclusivement aux problèmes de l'enseignement, ou de créer une section spéciale de l'APA.Un parle de congrès biennaux, de développement du centre de documentation, de collaboration avec l'Association Canadienne de Philosophie.Mais les choses en tout cas n'en resteront pas là.L'enthousiasme y est.2.La philosophie dans le système d'éducation Je sais bien qu'on n'a encore rien expliqué quand on a parlé de l'enthousiasme de certains individus.Le phénomène dont cet enthousiasme est l'inoice demeure caché.Que \"signifient\" ces symptômes» l\u2019apparition de revues, la création d'un centre national, la tenue de congrès?Peut-Stre y a-t\u2014il crise sur le marché du travail: les postes, semDlent-ils, deviennent très rares.Peut-Stre la distance est-elle maintenant si grande entre la rechercha de pointe et la pratique de l'enseignement que les cadres actuels en sont perturbés.Peut-Stre cette distance correspond-elle aussi à des différences appréciables dans les conditions de travail, dans les salaires, dans las intérêts.Peut-Stre aussi e'agit-il de 37 tout autre chose, y compris d'un hasard.Je n'en sais trop rien.Aussi ne cherché-je pas vraiment à \"expliquer\".Mais il paraît tout de môme nécessaire, si on prétend avoir quelque chance de \"comprendre\" le mouvement, de s'arrêter à la structure institutionnelle de l'enseignement américain, fort différente au demeurant de la nôtre et difficilement comparable.D'abord il s'agit d'un système décentralisé.L'organisation est assez semblable partout, mais nulle instance ne détient les pouvoirs exclusifs.Le gouvernement fédéral pour sa part n'agit que par subventions* il ne possède pas de réseau institutionnel d'enseignement.Les collèges publics relèvent soit des Ltats, soit des comtés, soit des villes.Les subtilités de répartition des responsabilités m'échappent encore, ce qui ne veut pas dire - loin de là - qu'elles ne soient pas importantes.A vrai dire, il est plus facile do s'y retrouver en suivant le cheminement do l'étudiant.Frais émoulu du High School vers l'âge de 16 ou 17 ans, il peut soit se lancer sur le marché du travail, soit s'inscrire au collège.Dans ce dernier cas, il a encore le choix entre des collèges qui dispensent des programmes de deux ans axés sur la préparation à une carrière (\"Two-Year Collage\"^ et des collèges qui dispensent des programmas généraux de quatre ans débouchant sur un Ü.h.et sur la possibilité de postuler un diplôme spécialisé en devenant \"graduate student\".Ces derniers (\"Four-Year College\") sont rattachés à des universités dont ils c'cu-pent souvent la plus grando partie du campus.De sorte qu'il n'y a pas entre les \"four-Year Colleges\" et les \"Graduate bchools\" la séparation administrative que nous connaissons entre le cégep et l'université.L'univursrté américaine, c'est l'ensemble formé par ces deux niveaux.Les étudiants du \"Two-Year College\" peuvent aussi en cours de routo ou à la fin de leurs études, moyennant des conditions qui semblent varier d'un endroit à l'autre, bifurquer et passer au \"Four-Year\".Un évalue (mais mes sources ici ne sont pas sûres) à morns de 25>o le nombre des étudiants qui se prévalent de cette possibilité.Les américarns, soit dit en passant, du moins ceux que j'ai rencontrés, s'étonnent quand on émet l'hypothèse - qu'ils qualifient de \"marxista\" \u2014 que la division du \"Two-Year\" et du \"Four-Year\" pourrait correspondre a une division de classe.Ils reconnaissent cependant que les conditions de travail sont beaucoup plus 38 difficiles dans les \"Two-Yuar\" et que le revenu moyen dos familles dont les enfants fréquentent cette institution est sans doute inférieur à celui de celles dent les enfants s'inscrivent au \"Four-Year\".Mais la différence, ajoutent-ils, n'est pas aussi grande qu'on pourrait le croire de 1 ' extérieur.A travers tout cela, il y a des cours de philosophie.Les professeurs de \"Two-Year\" offrent des cours optionnels dans certains programmes professionnels.Ceux du \"Four-Year\" enseignent tantôt aux étudiants (peu nombreux, dit-on) qui ont choisi leur \"major\" en philosophie, tantôt à ceux qui y prennent leur \"minor\", tantôt à des étudiants de divers programmes où figurent des cours optionnels en philosophie.Les\"maîtres\", eux, enseignent aux \"graduate\", et finalement quelques professeurs, plutôt rares semble-t-il, travaillent au High behool, voire à l'élémentaire.Je laisse de côté quelques situations tout à fait marginales, comme celle de l'enseignement dans les prisons (laquelle cependant semble connaître un certain essor).Situation donc très différente de la nôtre, mais dont on peut assez facilement deviner les problèmes institutionnels qu'elle soulève et qui à certains égards ressemblent aux nôtres» instabilité des postes, nécessité de \"vendre\" les cours optionnels, isolement des professeurs ou \"Two-Year\", distance entre la pratique réelle de l'enseignement dans le3 collèges et la production das \"Graduate bchools\".Nos collègues américains en tout cas auraient bien voulu connaîtra notre truc pour convaincra les autorités de la nécessité do la philosophie obligatoire.Nous avons dô les décevoir en leur apprenant qu'il fallait d'abord traverser presque un siècle de thomisme dans les collèges classiques et que m8ma alors les résultats demeuraient fragiles (Cf.Nadeau et son copain GTX ) .Uuoi qu'il en soit, c'est d'abord, me semble-t-il, l'existence de cos problèmes institutionnels et des questions pédagogiques qui y sont reliées qui ont suscité le besoin da regroupement autour du thème de l'enseignement de la philosophie.Me revoici encore en train d'\"expliquer\", mais puisque je n'utilise pas le schéma hempelien, on le prendra, je pense, avec un grain da sel. 39 3\u2022 Perspectives pédagogique3 3.1 Le behaviorisme et l'ingérence politique On le conçoit facilement, la plus grande partie des discussions ont tourné autour de questions pédagogiques, immédiatement reliées à la situation de l'enseignant dans sa classe.Mais la classe n'est jamais vraiment isolée.L'un des problèmes pédagogiques les plus discutés au cours du congrès constituait en fait - et on verra que je n'exagère pas - un problème politique» celui de la \"behavioralisation\" de l'éducation.Le développement aux Etats-Unis de la psychologie du comportement - à laquelle s'oppose, on le sait, non pas la psychanalyse, mais la psychologie dite \"humaniste\" (Rogers versus Skinner) - a marqué de façon directe le pédagogie.Il est de bon ton maintenant d'attribuer à l'enseignement des objectifs behavioraux.L'objectif d'un cours, en pareil contexte, ne saurait être formulé en termes de développement du \"savoir\" de 1/étudiant, en termes de \"compréhension\", d'\"approfondissement\", d'\"intériorité\"! toutes notions vague3 et indéfinies, qui ne donnent aucune espèce de prise à la vérification, et par voie de conséquence à l'évaluation de la réussite ou de l'échec de l'enseignement.Un parle plutôt de \"competency-based learning\", d'apprentissage de la compétence, c'est-à-dire de la faculté d'accomplir correctement certaines \"performances\".du 1 on e8t-il de la faculté elle-même7 Un n'en sait rien.Peut-être môme est-ce un faux problème.Mais toujours est-il qu'on peut en vérifier l'acquisition en voyant si l'étudiant réussit ou échoue dons l'accomplissement des \"performances\".Il est donc important de définir dès lo départ, et de façon précise, ce que devront être ces \"performances\".A la fin d'un crurs, l'étudiant devra êtro capable de réaliser correctement et \u2014 le facteur \"husard\" étant contrôlé - régulièrement certaines triches prédéfinies.b'il y parviant, l'éducation aura atteint son but! sinon elle aura échoué.Ln philosophie, l'étudiant devra par exemple être en masure à la fin d'un cours do reconstruire correctement les arguments en faveur d'une position donnée, aussi bien que les arguments contre.Uu bien, en d'autres contextes, il devra Stre capable de réussir certains typas d'analyses.b'il y parvient, on dira qu'il a 'fcompris\", ou plutôt qu'il a acquis la \"compétence\" désirée.binon, le processus d'opprentissage sera considéré comme un échec \u2014 partiel ou total. 4L) Inutile de le dire, los administrations académiques sont en général favorables à ce genre d'orientation, Et pour des raisons structurales» l'apprentissage behavioral se prête mieux au \"management\" que la \"formation\" de l'être intérieur.En plusieurs endroits donc, se fait insistante la requête adressée aux professeurs oe formuler leurs objectifs en de tels termes.Directive ou règlement, la requête devient même contrainte.Non pas partout certes, ne dramatisons rien, mais du moins en de nombreuses institutions.La contrainte généralement soulève des réactions, et celle-ci ns fait pas exception.D'aucuns font observer que ces \"procédures administratives\" sont déjà lourdes de philosophie, qu'il s'y glisse toute une conception de l'homme et du bien.Ils trouvent suspect l'appui que les gouvernements accordent à cette orientation behavioriste de la pédagogie.Ils protestent que de toute façon cette pédagogie ne peut pas être considérés comme plus \"scientifiquement\" fondée qu'une autre.Ils voient dans son adoption l'expression de certains intérêts en même temps qu'une atteinte à la liberté académique.Si le marxisme chez eux avait plus d'audience, ils parleraient sans doute d'\"idéologie\".Le problème est double, on le voit, à la fois théorique et politique.Les tenants du \"competency-based learning\" veulent pour leur part an faire une question toute pragmatique.De toute manière, disent-ils, quelle que soit votre orientation philosophique, métaphysiquo ou religieuse, vous ne pouvez pas ne pas vous demander - ce serait pure absence de conscience professionnelle - si votre enseignement réussit ou s'il échoue.Et de toute manière, vous essayez da le vérifier à partir Des \"performances\" ries étudiantsi travail écrit, examen, entrevue orale, rien de cela ne se passe uniquement dans la tête de l'étudiant.Ce sont tous des comportements observables.Mieux vaut dune définir da façon précise les performances qui sont attendues.Fauta de quoi, on risque fort de tricher l'étudiant lui-même, aussi bien que la société qui l'entretient.Quant à l'ingérence politique ou administrative, ils y reconnaissent d'abord une exigence de bon sens.Puisque le professeur est rétribué, son travail doit être contrQlé d'une façon ou d'une autre (et d'ailleurs il l'est toujours, autant donc en expliciter les critères).Puisque des diplômes sont émis, qui reconnaissent aux yeux de la société la \"compétence\" d'un individu, ils doivent l'être à partir de quelque chose; 41 ils doivent signifier quelque chose, qui ne peut être que cocil \"Monsieur X est capable de réussir certaines opérations\".Ils admettent cependant - ce sont des intellectuels eux aussi - que dans beaucoup de cas l'ingérence est maladroite, que les administrateurs souvent s'entichent de tout ce qui est objectif, sans en comprendre le fonctionnement ni la portée.L'explication ici - la chose sans doute est cohérente -semble tenir à l'absence de \"compétence\" des administrateurs eux-mêmes.Ce n'est pas à leurs yeux le \"competency-based iearning\" qui est en cause, mais l'utilisation aveugle qui en est trop souvent faite.Les uns craignent une société \"basée sur la compétence\", les autres tiennent qu'une société moderne ne saurait Être basée sur autre chose.Mais les uns et les autres s'entendent, rengaine familière, pour déplorer l'incompétence des administrateurs.Le problème évidemment est beaucoup plus complexe que ne le croient ceux qui sont emportés par une indignation morale dès qu'ils entendant les mots \"performance\" ou \"comportement\", ou ceux qui reconnaissent partout les sales manoeuvres du capitalisme.L)n aurait avantage sans doute à y consacrer ici quelque réflexion! les américains, on le sait, n'ont pas l'habitude de garder leurs problèmes pour eux.3.2 Questions do méthodep Mais revenons à la classe.Il s'y passe quand même quelque chose.tt qui mérite d'être examiné.Plusieurs ateliers furent consacrés à la discussion de méthodes particulières, le \"praeticum\", la \"guided design\", le \"Tips\", le \"Grips\", et combien d'autres aux noms bizarres, qui évoquant facilement à nos oreilles la présence de l'ordinateur, ou en tout cas de la programmation.Et c'est en effet le ca3 pour certaines d'entre elles; d'autres cependant s'appuient plu3 volontiers sur les techniques de la dynamique de groupe, 3ur 1'animation do dialogues, voire carrément sur des modèles plus traditionnels.Plusieurs d'entre ellos, on y verra peut-être le signe de quelque chose (mais de quoi?), sont subventionnées par la Fondation Exxon, qui dispense généreusement les bourses pour l'amélioration surtout dos méthodes programmées.Il ne faut pas évidemment s'empresser de conclure quo les ordinateurs sont capitalistes par essence, ni qu'ils représentent la forme la plus sophistiquée du diable. 42 Il serait fastidieux de passer en revue la totalité des méthodes discutées au cours du congrès.D'autant que n'ayant pas, par la force des choses, participé à tous les ateliers, je serais rapidement pris en défaut de \"compétence\".Aussi développerai-je plutôt un exemple particulier, mais qui me paraît assez significatif.La méthode que j'examinerai - et qui est précisément une de celles que subventionne Lxxon - est connue sous l'étiquette de \"Guided-Design\"; mise au point par un ingénieur de West Virginia, Charles t.Vales, elle fut adaptée ensuite à l'enseignement de la philosophie.Llle e3t basée sur une technique de \"problem-solving\", ot vise essentiellement à transmettre à l'étudiant moins un bagage d'informations, qu'une méthodologie pour aborder divers types de problèmes dont la solution n'est pas nécessairement unique ou univoque (\"open-ended problem-solving\").L'hypothèse psychologique est que l'étudiant apprend mieux quand il cherche activement à ràaou-ore des problèmes, que lorsqu'il assimile passivement des données.L'hypothèse sociologique est quo le monde d'aujourd'hui a plus besoin de gens qui savent aborder un problème, que de gens qui mémorisent des connaissances.\t, La méthode requiert donc d'abord que les objectifs et la contenu du cours soient mis en relation avec une série de problèmes de complexité croissante, qui seront successivement soumis aux étudiants réunis en équipes de quatre à sept membres.La formulation oe chaque problème emprunte un scénario concret, une \"historiette\" si l'on veut.far exemple» le profosseur Jones, de l'Université A, est appelé en expert auprès du conseil de tribu d'un village africain; il doit aider à déterminer si les sorciers du village sont de véritables hommes de science; il demande l'avis d'un groupe d'étudiants» à leur place, comment auriez-vous procédé?Le scénario est remis par écrit à chaque groupe d'étudiants, et il sa termine par la formulation d'une question précise, par exemple» quelles sont, selon vous, los informations dont lu professeur Jones aurait besoin?Chaque groupe d'étudiants travaille d'abord à faire l'unanimité, ou du moins la majorité, autour d'une réponse.ensuite la réponse est confrontée à cello que dans 1'\"histoire\" la groupe fictif d'étudiants consultés avait donnée, remise à son tour par écrit à chaque groupe d'étudiants sous l'étiquette \"Feed-Back A\". Suit une nouvelle \"instruction\u201d, c'est-à-dire une nouvelle question.Ayant reconnu par exemple qu'on aurait au minimum besoin de définir le mot \"science\" et d'établir clairement la valeur de l'activité qu'il désigne, on se demande comment y parvenir.lie nouveau les étudiants réagissent.Nouveau Feed-Back.Nouvelle instruction! et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on ait pu élaborer les différentes solutions possibles, et examiné leurs avantages et leurs inconvénients respectifs.J'ai vu tout un cours d'épistémologie fort technique bâti à partir de cette méthode.L'idée de confronter le groupe réel d'étudiants à un groupe fictif, également composé d'étudiants ou du moins de novices, est de laisser ouverte la possibilité de solutions multiples.C'est que la solution du groupe, fictif n'est pas nécessairement supérieure à celle du groupe réel; ce n'est pas forcément la bonne réponse.Quelquefois même, on y laissera volontairement dos faiblesses évidentes, ce qui produira un effet de renforcement sur la motivation du groupe réel, qui se sera révélé supérieur à son \"modèle\".Il s'agit en premier lieu d'amener les étudiants à s'apercevoir progressivement qu'il leur fout passer par un certain nombre de phases.Par exemple» collecte d'informations, identification axacta du problème et des contraintes dont sa solution doit faire l'objet, analyse des éléments en cause, identification d'une multiplicité de solutions possibles, construction de critères pour l'évaluation dos diverses solutions, prise de décision, nouvelle analyse, synthèse des opérations à effectuer, reconsidération de la décision, mise en application, évaluation des résultats.L'\"histoire\", c'est-à-dire la succession question - Feed Back - question, doit donc Strc très minutieusement programmée.Un matériel didactique doit également ôtre mis à la disposition des étudiants (livres, textes, montages audio-visuels, etc.,.).Wales estime qu'il faut au minimum deux ou trois mois de travail à temps plein pour préparer ur» cours donné selon le \"Guided-JJesign \".Le professeur est tenu de décortiquer analytiquement sa matière de fagon rigoureuse et stricte, d'établir à l'avance la séquence de3 étapes nécessaires à la découverte d'une solution.Il doit non seulement connaître parfaitement la matière, mais également prévoir les réactions des groupes d ' étudiants. 44 La méthode donc est exigeants.Elle rappelle beaucoup bien sOr le processus ae programmation des ordinateurs.Bien qu'elle n'en utilise pas elle-même, du moins pas nécessairement, elle requiert la mSine minutie et le même type d'effort.Sans doute se méfiera-t-on de cos petites historiettes apparemment enfantines qui donnent à toute l'entreprise une allure.un peu \"quétaine\"; de cette apparence de \"gadget\"; de ce recours à la programmation pour éduquer des humains; de la réduction de la philosophie à de3 \"problèmes\"; ou de l'intérêt très vif quo lui porte Exxon.On ne se méfie jamais assez, n'est-ce pasl La méfiance cependant n'est pas une réfutation.Les bases théoriques et empiriques sont à première vue solides, et la chose au minimum mérite considération.Hais quoi qu'il en soit ds la validité ou de l'efficacité de cette méthode, on la trouvera, je pense, à tout le moins significative.Et encore une fois on aura à se demander de quoil II est trop facile de répondre sans autre transition que c'est ds déshumanisation ou de lutte das classes.Il convient au moins d'examiner les médiations et les justifications intermédiaires.La liborté, si elle favorisa la spontanéité sur la programmation, n'est-elle pas cependant aussi du c8té de celui qui sait résoudre des problèmes, plutôt que de celui qui sait écouter poliment?Le travail de réflexion théorique à effectuer sur l'analyse de telles méthodes est énorme et les simplifications ae l'indignation ou de l'ironie n'ont plus ici leur place, n aies- J\tPar ailleurs, qu'on ne s'alarme pas trop vite! La v ; pédagogie américaine de la philosophie, pas plus que la nôtre, n'est encore tout entière modelée sur la programmation.ün j y trouve ae tout, depuis l'utilisation de jeux éducatifs jusqu'au cours magistral le plus traditionnel avec professeur à cravate et à boutons de manenette, estrade, micro, amphithéâtre et examens finaux.Il me faudrait parler de ce jeune i(jj8itd professeur qui animait l'atelier consacré à l'utilisation du ti»® ! Bock et du Folk Music dans l'enseignement de la philosophie; ou de ce curieux personnage à barbe qui avait tourné, à l'intention dos élèves de High School, une série de dix vidéos sur le problème ae la liberté, qui faisait dos tournées d'une école à l'autre, et qui, bien que 1b tout se terminât par une critique - eu demeurant moralement fort respectable - de la démocratie capitaliste, obtenait, semble-t-il, un succès encourageant; je devrais parler aussi de cette partie de GRIP5 (14) qui nous avait conduit dans une base lunaire où) ; nous en étions venus \u2014 Dieu sait comment - à nous interroger sur la valeur morale de la lobotomie. 45 Je devrais parler surtout du vibrant plaidoyer prononcé à la dernière réunion par Frederick Suppe en faveur de la fantaisie et de l'imagination dans l'enseignement.Nous na savons pas actuellement, disait-il en substance, reconnaîtra à coup sOr et scientifiquement JLâ meilleure méthode pédagogique.Dans ces conditions, il est inconcevable que l'on s'en tienne à un nombre aussi restreint de modèles! cours magistraux, séminaires, séminaires, cours magistraux.Il est inconcevable que l'on no cherche pas davantage.Je devrais parler de beaucoup d'autres choses encore, mais on aura déjà compris que non seulement la civilisation post-industrielle américaine n'a pas Bndormi la pédagogie, mais qu'elle y a au contraire provoqué comme une crise qui sa manifesta par une recherche fébrile dont on aurait tort de se désintéresser.4.L'évaluation des enseignements Reste bien sOr tout le délicat problème de la place, dans l'institution, du professeur pris individuellement, de son cheminement dans l'échelle, ae sa situation par rapport aux administrations, etc.Il en fut peu question.ün n'a eu, à aucun moment, l'impression de participer à une réunion syndicale.Mais un point cependant a retenu, sur l'invitatio de Michael ocrivan, l'attention des congressistes» celui de l'évaluation des enseignements.bcriven, ssmble-t-il, est devenu aux Etats-Unis une sorte d'export en ce domaine.11 a soulevé la question dès la conférence inaugurale, dont il avait été chargé, et il y est revenu au cours d'un des ateliers les plus instructifs du congrès, et qui était précisément consacré à ce thème.L'importance pratique de cette question pour notre propre milieu justifiera peut-8tre qu'on s'arrSto un peu longuement sur les propos da 5criven.Il dénonce, il va sans dire, les deux principales méthodes utilisées dans l'enseignement américain et qu'il appollB respectivement la méthode \"High bchool\" et la méthode \"berkeley\".La première consiste è envoyer de temps en temps un inspecteur vérifier sur place le travail de 11 enseignant.Méthode absurde, dit Scriven.L'objectif da l'enseignement n'eat pas quo chaque cours ou qu'un cours pris au hasard soit \"intéressant\", mais qu'au 46 bout du compte l'étudiant apprenne quelque chosB.Aucune méthode, dit-il lui aussi, ne peut être actuellement considérée comme universellement meilleure, Ün ne peut donc pa9 conclure de la méthode suivie par un professeur dans un cours donnéà injugement sur la qualité de son enseignement.La seconde, la méthode \"Berkeley\", consiste à évaluer le professeur sur ses publications et ses diplômes, ce qui nous ramène au paradoxe déjà mentionné, celui du professeur-chercheur, et à la confusion entre deux compétences totalement distinctes.Il est possible que la recherche doive compter dans l'évaluation d'un professeur, mais son enseignement devrait recevoir une attention au moins éyale.Ür acriven évalue actuellement à 8 ou 6 contre 1 en faveur de la recherche la pondération habituelle do ces deux facteurs, du moins à Berkeley.Il n'y a pas à l'heure actuelle, soutient-il, de méthode d'évaluation vraiment rigoureuse.Mais on peut tout de môrne vouloir limiter l'arbitraire qui se manifeste encore avec trop d'évidonce dans les métnodes sus-mantionnées, et a fortiori dans certaines autres qui donnent libre cours à la fantaisie (parfois politique) des administrateurs.A ce propos, Scriven suggère qu'une évaluation moins mauvaise de l'enseignement lui-môme devrait tenir compte de six facteurs! 1° Le taux d'apprentissage des étudiants.Ce qu'on attend d'un professeur, c'est qu'il apprenne quelque chose à quelqu'un; et par conséquent la première question qu'un évaluateur devrait se poser est* réus3it-il à le faire ou non?La réponse bien sOr suppose qu'on puisse mesurer \"objectivement\" le toux d'apprentissage.bcriven est en faveur de l'application systématique, au début et à la fin d'un cours (de 45 heures par exemple) de tests objectifs - au début le \"pré-test\", à la fin le test final - qui permettent de constater les modifications survenues entre-temps dans la compétence de l'étudiant en une matière donnée.Il s'étend assez longuement sur la technique à utiliser pour faire passer tests et pré-tests, tn outro, il est nécessaire, dit-il, de pouvoir comparer de ce point de vue un professeur aux autres.Sinon, comment savoir si son taux de réussite est \"bon\" ou \"mauvais\"?2° Les évaluations par les étudiants.La chose est intéressante, tout le monda le sait, mais délicate à interpréter. Ce qu'il faut surtout éviter, c'est que le questionnaire d'évaluation ne devienne l'occasion d'un concours de personnalité.Il s'agit d'expliquer clairement aux étudiante - et généralement, dit Scriven, ils le comprennent - que la question n'est pas de savoir si H.X est un bon diable ou si on l'accepterait comme ami, mais de savoir s'il fait bien sa \"job\" de professeur.Il suggère qu'on général une seule question suffit à construire un questionnaire significatif, qui serait du genre! Cotez de A à F selon la compétence comme professeur dans la matière concernée.Il suggère aussi cependant de toujours inviter les commentaires écrits.Pondérée à l'aide des autres facteurs, une telle évaluation peut s'avérer extrêmement significative.3° L'évaluation par les assistants d'enseignement.Cette formule étant ici peu répandue, je n'y insiste pas davantage.4° L'évaluation par les pairs.Scriven connaît bien l'objection classique! comment un professeur évaluera-t-il un autre professeur, puisqu'il n'assiste pas à ses cours?Il répond que de nombreux éléments peuvent tout de même être utilisés! les syllabus de cours, la connaissance des textes utilisés, les \"hand-out\" Distribués, une certaine connaissance de la compétence générale du professeur d'après ses travaux, la constatation des progrès des étudiants etc.5° La considération des activités hors-coursi services à la collectivité, encadrement des étudiants, directions de thèses, etc.6° L'absence de discrimination.C'est là un critère tout à fait à part, qui est d'ordre purement éthique.Il ne jouera qu'en cas de plainte explicite à l'endroit d'un professeur pour discrimination, racisme ou sexisme, ou pour inconscience professionnelJ.e (par exemple dans l'évaluation des étudiants).Los enquêtes, dit bcriven, devraient être menées avec le plu3 grand sérieux, mais si elles révèlent le bien-fondé de la plainte, las sanctions devraient être tré3 sévères. 48 Certes on peut différer d'opinion quant à la pertinence ou quant h la formulation do l'un ou l'autre de ces facteurs, mais on peut difficilement ne pas s'apercevoir que, liberté académique ou pas, capitalisme ou pas, l'enseignant aura à rendre compte de sen travail.quel que soit le régime, le contrôle de la transmission du savoir ne pourra ôtre très longtemps encore laissé à l'initiative individuelle.Je n'en fais pas une question de principe, mais une prédiction.Un ne gagnera rien à refuser en bloc et à jamais toute forme d'évaluation.Autant donc ss préoccuper tout de suite des critères qui serviront à ces évaluations.Au total donc beaucoup de choses, et bien d'autres encore que la brièveté m'oblige à passer sous silence.Un congrès bien rempli, et surtout surchargé de signification, symptôme d'une foule de cnoses qu'il faudrait savoir lire, signe avant-coureur peut-être.Pour nous en tout cas qui avons encore en Amérique du Nord le plus haut taux de professeurs de philosophie per capita, peut-être aurions-nous tout avantage, et sur plusieurs plans, à nous intéresser d'un peu plus près à ce qui se trame eu premier étage, chez le propriétaire.Claude Panaccio Université du Québec à Trois-tiiviàres.NUUS (1) Pour toute information supplémentaire sur ce \"Forum\" (ou pour y adhérer), s'adresser à: Jarrell H.Shepard, Executive decretory.National Forum for Philosophical Reasoning in the Schools, «ashDurn University, Topeka, Kansas 6üb21.(Le tarif pour une adhésion individuelle est da S6.UU).Le dépliant publicitaire du \"Forum\" définit la philosophie da la façon suivante» \"Philosophy as an activity means» Thinking critically; discovering alternatives; finding meanings; intagrating experiences; 49 respecting ths ideas of others.Philosophy as content involves! Understanding what constitutes sound reasoning (logic)} understanding the assumptions and reasoning underlying right acts (ethics)} understanding the unsxamined and untestad beliefs which are present in all disciplines\".(2)\tPour toute information supplémentaire, 31adresser à The Center for Philosophy, Law and Citizenship, Inc., Knapp Hall, CUNY farmingdale, N.Y.11735.(3)\tCet institut, sis au Montclair State College (au New Jersey) est dirigé par le professeur Matthew Lipman, autrefois à Columbia.L'Institut a mis sur pied un programme destiné aux enfants de quatrième année, qui vise à les amener à exprimer de façon cohérente leurs idées sur différents sujets.Le programme en question a déjà été expérimenté - avec succès semble-t-il - dans au moins une demi-douzainu a'écoles.Un projet de formation des maîtres à l'enseignement de ce programme est actuellement en préparation dans diverses université^, dont Harvard, Yale, berkeley.Le principe de base du programme est exprimé de la façon suivante par le professeur Lipmam \"Philosophy is not taught to Children.It is extracted from them.Ideas about life and death, about differences between people and about institutions are in their minds.What may not be there at first is how tu express them logically and coherently, how to spot and analyze the fallacies that sometimes distort those ideas\", (cité par le New York Times.12 janvier 1975).(4)\tThe Journal, of Pre-College Philosophy (Quarterly), édité par P.d.bchieveild, uept of Philosophy, Jersey City btate College, 2U39 Kennedy Dlvd, Jersey City, N.J.U73Ü5.(Abonnement individuel! J55.UU).Cotte revue est née des activités du National Council for Critical Analysis (Jersey City atate College).Mentionnons aussi, puisque nous y sommes, l'existence d'un Center for High School Philosophy à l'Université du Massachusetts ^Amherst, Mess.).(5)\tNational Information and rtesourco Center for the Teaching of Philosophy, (dir.Terrell Ward Bynum), Box 32, Hyde Park, N.Y 12538. 50 (6)\tJe remercie M.Normand Lacharité, président da l'ACP, d'avoir donné son assentiment à la publication de ce compte-rendu dans le bulletin de la b.P.y.(7)\tIl existe maintenant aux Etats-Unis une \"Society for Women in Philosophy\" (5WIP).(B) La revue Metaohilosophy (td.Terrell Ward üynum, State Univ.of N,Y.at Albany, 14UU Washington Avenue, Albany, N.Y.12222), qui en est maintenant à sa sixième année, s'intéressa de plus en plus à l'enseignement de la discipline (Abonnement individuel» 212.ÜU pour trois numéros; institutions» 220.OU).(9) Teaching Philosophy.Ed.Arnold Wilson, Location 47, University of Cincinnati, Cincinnati, UH 45221, biannuel, ab.indiv.J 212.U0; inst.» 22U.UU.(10) Cf supra note (4) UD iliia.Two-Year College/High School, Philosophy, lurna- nities, booial Science Magazine, Ed.Jim Eriel, Tnompson Hall 228, SUNY, at Farminydale, N.Y.11735; trois numéros par année; ab.indiv.» 23.00; inst.» 25.00).(12)\tCf supra note (5).(13)\t11 existe actuellement une série de cahiers destinés à introduire à la inCwhode du \"buided-Desiyn \".Pour toute information supplémentaire, s'adresser à» Dr Charles E.Wales, Director of Freshman Engineering, West Virginia University, Morgantown, West Virginia 26506.Si on s'intéresse surtout à l'adaptation de la méthode à l'anseigne mant de la philosophie, il serait sans douta pertinent de le préciser.(14)\tGRIPS II est un jeu éducatif conçu et produit par Len Warshaw et Hon Levy de l'Ecole d'Architecture de l'Université de Montréal (Montréal, Juébec).Il est possible de se procurer le matériel complet pour environ 215.UO s'adressant aux personnes en question.en Adresser toute correspondance relative au Bulletin ài Claude Panaccio, Bulletin de la S.P.Q., A/B Département de Philosophie, Université du Uuébec à Trois-Rivières, Case Postale 5UÜ, Trois-Rivières, CJUC. 1 "]
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