Bulletin de la Société de philosophie du Québec, 1 janvier 1993, Hiver
[" PHILOSO] W J Publication de la Société de Philosophie du Québec Volume 19, numéro 1-2 Hiver 1993 SOMMAIRE \u2022En guise d\u2019introduction P 3 \u2022Lettre ouverte à la Ministre P 4 \u2022Le pourquoi d\u2019une coalition P 7 \u2022Coalition pour la défense de la philosophie au collégial P 9 \u2022Le rôle de la philosophie dans l\u2019éducation p 15 \u2022Dossier de presse p 19 \u2022Réforme des cégeps, Réflexions sur des informations partielles P 27 \u2022L\u2019enseignement de la philosophie est-il nécessaire dans les collèges ?p 52 \u2022Élimination de la philosophie p 64 \u2022Buts de la S.P.Q.(statuts) p 67 \u2022Commission parlementaire p 68 \u2022Des nouvelles du CEPH p 80 \u2022Congrès de l\u2019Acfas p 82 \u2022Tribune libre p 86 S4 Mb 2 Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 Conseil d\u2019administration DE LA SOCIÉTÉ DE PHILOSOPHIE DU QUÉBEC n epuis près d'un an, Jean-Claude Simard président Michel Seymour 1er vice-président Michel Juneau 2ième vice-président Yvon Cayouette secrétaire Michel Robert secrétaire adjoint Robert Tremblay trésorier Jacques Aumètre trésorier adjoint Josiane Boulad-Ayoub dir.Philosophiques Luc Thériault dir.Bulletin Jean-Maurice Lamy président du CEPH Patrick Imbert président SPO André Côté président sortant une nouvelle équipe de direction veille aux destinées du Bulletin de la société de philosophie du Québec.Malgré quelques petits ajustements qui sont encore à réaliser, nous sommes fiers des résultats déjà obtenus.Cependant, la direction du Bulletin ne peut tout réaliser elle-même.C'est pourquoi nous faisons appel à votre bonne volonté afin de mettre sur pied une équipe qui serait chargée de la rédaction.i Si vous désirez collaborer, veuillez nous communiquer vos nom, adresse et numéro de téléphone.Notre adresse est : Représentants régionaux Luc Bégin Léo-Paul Bordeleau Marcel Côté Jocelyne Couture Bernard Dupuis Suzanne Gauvin Jean Roy Gilbert Talbot Roger Toupin Michel Tourigny Comité de rédaction DU BULLETIN Luc Thériault Directeur Martin Godon Directeur adjoint Robert Tremblay Responsable des liens entre le Bureau de direction et le Bulletin INFOGRAPHIE ET MONTAGE: Danielle-Claude Bélanger 4* PHILOSOPHIE T Le Bulletin de la Société de philosophie du Québec.Case postale 1370 place Bonaventure Montréal, Québec H5A 1H2 * Prenez bien soin d'indiquer sur l'enveloppe qu'il s'agit de courrier destiné au Bulletin.La Société de philosophie du Québec est soutenue par le Cégep du Vieux Montréal, le Cégep de Rimouski et l\u2019Université du Québec à Montréal.Le Bulletin de la Société de philosophie du Québec est imprimé et posté par les services du Cégep du Vieux Montréal.MÊË Université ËËË du Québec Ë à Montréal Les articles signés, les annonces et les lettres qui sont publiés par le Bulletin sont la responsabilité de leurs auteurs. Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 3\t4* * £n guise d\u2019introduction Luc Thériault Directeur du Bulletin Au moment de mon immersion dans le monde philosophique universitaire, se tenait un colloque pour «que la philosophie puisse descendre dans la rue*.Treize ans plus tard \u2014 progrès oblige \u2014 le présent numéro du Bulletin se veut en « pro-action \u2022 tout contre une vulgaire tentative (à l\u2019origine) de mettre la philosophie à la aie.Les philosophes deviendront-ils les prochains sans-abri de la culture québécoise ?Puisque c\u2019est bien du pouvoir de/ dans l\u2019institution qu\u2019il s\u2019agit ?Le danger qui nous guette, c\u2019est de rester dans le mode de la réaction, c\u2019est-à-dire de se laisser piéger par l\u2019effet institutionnel de clôture engendré par un discours de dénonciation qui serait ésotérique et par le fait même sans effet en dehors de l\u2019institution.Aussi faut-il agir, s\u2019arroger le pouvoir d'indiquer plutôt que revendiquer, manifester proacti-vement et non réactiveraient notre pouvoir-faire dans l\u2019institution et la culture québécoise.Aussi, préjugeant de la déformation professionnelle du lecteur dans sa propension à se ravir de l\u2019assurance que lui inspire le geste d\u2019écriture, permettez-nous, en guise d\u2019introduction, d\u2019insister sur le caractère offensif du plan d\u2019action de la Coalition pour la défense de la philosophie.Offensons-nous activement ! Tous contre ce préjugé qui se prétend réforme ! Pour terminer, avouons que nous sommes particulièrement fiers du présent numéro.Nous avons voulu faire place à des contributions du milieu collégial qui illustrent la qualité de la réflexion de ses professeurs de philosophie.Puissiez-vous partager notre enthousiasme.g « S Js» JN, °0 Ch TJ» TH Un téléphone, un répondeur un télécopieur : la SPQ peut maintenant être contactée directement.Ce nouveau service vous permettra de communiquer avec le secrétariat et la trésorerie de la société.Pour tout problème avec votre abonnement qu Bulletin ou à Philosophiques, pour vérifier votre membership ou faire votre changement d'adresse.Pour passer votre message, un seul numéro à retenir : 987-6712.* 4 Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 Lettre ouverte de la Société de philosophie du Québec Montréal, le 26 février 1993 Madame Lucienne RobilJard Ministère de l\u2019enseignement supérieur et de la science Cabinet du ministre 1033, rue De La Chevrotière, 7e étage Québec (Québec) GIR 5K9 J.VJLadame la ministre, La Société de Philosophie du Québec est un organisme représentant quelques trois cents individus qui ont à coeur le sort de la philosophie au Québec.Qu\u2019il s\u2019agisse de professeurs de collèges ou d\u2019universités, d\u2019étudiants gradués de philosophie ou d\u2019individus qui n\u2019ont aucune attache particulière à une institution d\u2019enseignement, tous n\u2019ont qu\u2019un seul objectif fondamental en commun: la promotion de la philosophie au Québec.C\u2019est donc avec stupeur, inquiétude et indignation que nous, du Bureau de direction de la SPQ, avons depuis quelque temps pris connaissance des orientations PHILOSOPHIE nouvelles que le gouvernement entend donner à l\u2019enseignement de la philosophie au secteur collégial.Nous ne nous attarderons pas sur la question de savoir si les orientations que l\u2019on vous attribue sont des intentions bien arrêtées, des hypothèses de travail ou des ballons d\u2019essai, et nous ne chercherons pas non plus à départager ce qui relève de la nouvelle de ce qui n\u2019est que rumeur.Nous voulons simplement réitérer les principes qui guident notre action et qui ont motivé le dépôt de notre mémoire l\u2019automne dernier à la Commission parlementaire sur la réforme des collèges.L'approche-programme Il n\u2019y a en soi rien de répréhensible à promouvoir l\u2019approche-programme comme façon de concevoir l\u2019enseignement de la philosophie.Après tout, la réflexion philosophique doit, lorsqu\u2019elle s\u2019enracine dans le réel, être en mesure de s\u2019illustrer par des exemples et ces derniers seront beaucoup plus parlants pour les étudiants s'ils les touchent directement dans les programmes de formation qu\u2019ils ont choisis.Il n\u2019y a rien à dire contre une stratégie pédagogique visant à établir un rapprochement entre le professeur et ses étudiants.Nous ne voyons pas non plus de problème à ce que certains des cours de formation générale soient conçus spécifiquement en fonction de la clientèle à laquelle ils s\u2019adressent.Un programme peut inclure des cours visant des \u201cclientèles-cibles\u201d.Il s\u2019agit dans ce cas d\u2019adapter des contenus et non plus seulement des stratégies pédagogiques.Le problème surgit toutefois lorsqu\u2019on propose une réforme du contenu des cours obligatoires qui, sous prétexte d'adapter ceux-ci fonctionnellement aux besoins des étudiants, Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 5 risque de faire de tous les cours de philosophie des \"cours de services\".to habiletés intellectuelles Nous craignons que vous vous soyez engagée malencontreusement dans une telle voie.Rien n\u2019est plus révélateur que cette fameuse réduction de l'enseignement de la philosophie à un \u201cdéveloppement d\u2019habiletés intellectuelles\u201d, sans égard pour la formation fondamentale.A-t-on raison de penser que vous n\u2019avez retenu que cette dimension de l'enseignement de la philosophie?Vos échanges avec les représentants du groupe Philosophie au collège, lors de la commission parlementaire, le laissent croire.Monsieur Pierre Cohen-Bacrie recommandait le maintien de quatre cours obligatoires pour le développement de trois ensembles d'habiletés intellectuelles comme: \"premièrement, le développement de la capacité de raisonner; deuxièmement, l\u2019acquisition de compétences éthiques; troisièmement, et enfin, se situer historiquement dans la culture\u201d (Bulletin de la Société de Philosophie du Québec, Vol.18, no 4, automne 92, page 60; voir aussi page 64).Comme par hasard, les trois cours retenus, logique, éthique et histoire des idées, correspondent justement à ces trois ensembles d \"habiletés intellectuelles\".Et la philosophie ciatts tout ça?Mais la philosophie ne saurait se réduire à un ensemble d\u2019habiletés intellectuelles.Les cours de philosophie donnent accès au réservoir inépuisable de l\u2019histoire de la pensée humaine et contribuent à enrichir la culture de l\u2019étudiant d\u2019une façon privilégiée.Ils permettent de jeter un regard critique sur les préjugés qu\u2019il entretient et de contribuer à modifier sa conception du monde.Ils rendent possible l\u2019expression articulée de ses frustrations, désaccords et opinions autant sur le plan moral que sur les plans esthétique et politique.Dans la vision qui semble être la vôtre, l\u2019histoire de la pensée se trouve encapsulée dans un cours d\u2019histoire des idées.Comme si la logique et l\u2019éthique n\u2019étaient pas elles aussi des disciplines enracinées dans l\u2019histoire et comme si elles ne s\u2019inscrivaient pas elles aussi dans des courants de pensée! Nous craignons en outre que les cours de logique s\u2019enseignent seulement à l\u2019aide de manuels et d\u2019exercices qui risquent de réduire la discipline à une affaire de manipulations de symboles et de priver les étudiants d\u2019un regard philosophique.La vérité est que la logique formelle elle-même prend sa source dans l\u2019histoire de la pensée philosophique et que sa raison d\u2019être est essentiellement philosophique.C\u2019est cela que l\u2019on risque d\u2019occulter quand on restreint la logique à un jeu qui s\u2019apprend dans un manuel, à un savoir-faire où ce qui compte, c'est la capacité de manipuler des symboles.Enfin, quelqu\u2019un peut-il nous dire à quelles habiletés intellectuelles se réduit l\u2019éthique?Quelles techniques les étudiants doivent-ils maîtriser pour approfondir leurs réflexions morales?Une espèce en voie de disparition Mais une fois que l\u2019on s\u2019est décidé à rabaisser de cette manière l\u2019enseignement de la philosophie au niveau collégial, on a beau jeu de prétendre que la discipline ainsi conçue peut être enseignée par d\u2019autres que par des professeurs de philosophie.Si on ne saisit pas la spécificité de la philosophie, n\u2019importe quel professeur capable d\u2019inculquer aux étudiants ces fameuses \u201chabiletés intellectuelles\u201d peut faire l\u2019affaire.Rien ne sert de former des philosophes dans les universités, car ces derniers n\u2019ont plus de compétences exclusives en matière d\u2019enseignement de la philosophie ! Tant pis pour tous ceux qui terminent leurs études doctorales et post-doctorales.Tant pis pour tous ceux qui sont dans l\u2019antichambre d\u2019un poste au collège.Les étudiants ont déjà l\u2019impression que tout ce qu\u2019ils disent est valable du seul fait qu\u2019ils le disent et, qu\u2019à ce titre, ils sont aussi philosophes et savants que leurs profs.Faire en sorte que la philosophie n\u2019existe plus cpmme discipline et puisse être enseignée par n\u2019importe qui favoriserait ce relâchement intellectuel et encouragerait les étudiants à banaliser toutes les autres disciplines.I Les cours obligatoires Enfin, lorsqu\u2019on a ainsi opéré une révision du rôle de la 6 Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 philosophie et minimisé l\u2019importance des professeurs de philosophie, on comprend pourquoi l\u2019on pourrait se sentir autorisé à diminuer aussi le nombre de cours obligatoires.Puisque la philo n\u2019assure que le développement d\u2019habiletés intellectuelles et qu\u2019elle peut être enseignée par des non-philosophes, on ne voit pas en effet pourquoi on n\u2019en réduirait pas aussi la visibilité.En plus de priver les étudiants avancés de nos universités d\u2019un accès à des postes d\u2019enseignants, on ne se fera pas de souci à l\u2019idée que \u201cseulement\u201d 125 professeurs permanents seront mis en disponibilité.Mais il faut souligner que la réforme va entraîner aussi la mise à pied de plusieurs centaines d\u2019autres professeurs qui enseignent dans des collèges et qui ne détiennent pas de postes permanents.Ce sont les plus jeunes, qui possèdent le moins d\u2019ancienneté, qui risquent d\u2019être remerciés.Tant pis pour le sang neuf sur lequel on devrait pourtant compter pour assurer le maintien d\u2019un dynamisme véritable dans nos départements de philosophie.Et la S.P.Q.dans tout ça?Nous voulons réitérer notre opposition à la réduction du nombre des cours obligatoires de philosophie et à l\u2019éclatement de la formation philosophique fondamentale.Nous nous opposons aussi à ce que des non-philosophes puissent en principe assumer l\u2019enseignement des cours de philosophie.Sans nier la pertinence de la problématique des habiletés intellectuelles, nous rejetons l\u2019idée que l'enseignement de la philosophie puisse se réduire au développement d\u2019habiletés intellectuelles.El nous nous opposons fermement à cette idée que la philosophie doive, sur le plan du contenu des cours obligatoires, adopter une approche qui ne tiendrait pas compte de la formation générale.Où sont donc les vrais problèmes?Tout cela ne veut pas dire qu\u2019il n\u2019y a pas de problèmes dans l\u2019enseignement de la philosophie au niveau collégial.Les problèmes ne sont cependant pas là où vous semblez le croire.Par exemple, nous sommes ouverts à l\u2019idée que les professeurs fassent l\u2019objet d\u2019une évaluation périodique.Nous sommes aussi ouverts à l\u2019idée qu\u2019ils doivent éviter d\u2019enseigner une matière trop éclatée, dans laquelle on n\u2019aborderait pas les grands courants de pensée de l\u2019histoire de l\u2019humanité.Un travail énorme a d\u2019ailleurs été fait dans ce sens depuis des années.En outre, on ne peut plus faire l\u2019économie de la qualité dans l\u2019évaluation de l\u2019enseignement en philosophie ou dans les autres disciplines.Nous sommes ensuite ouverts à l\u2019idée de programmes d\u2019accès rapide à la retraite pour les professeurs qui désirent s\u2019en prévaloir.Il faut enfin s\u2019assurer aussi de faire entrer du sang neuf dans les départements.Depuis 1982, il n\u2019y a à peu près pas eu de nouveaux arrivants dans les départements et nous pensons que la présence d\u2019une relève est essentielle à la qualité autant qu\u2019au dynamisme d\u2019un département.D\u2019une manière générale, nous sommes d\u2019accord avec l\u2019idée qu\u2019il faut ne pas avoir peur de poser le problème de la qualité et de la fiabilité de l\u2019enseignement de la philosophie.Nos intérêts ne sont pas corporatistes.Ils sont ceux de la philosophie.Mais nous ne voulons pas non plus nous résigner à une rationalisation qui passe à côté des vrais problèmes et nous faire les complices d\u2019une démarche qui conduit directement au dénigrement de l\u2019enseignement de la philosophie au collégial.Veuillez agréer, Madame la ministre, l\u2019expression de nos sentiments les meilleurs.Michel Seymour pour le bureau de direction de la SPQ: Jean-Claude Simard, président (Collège de Rimouski) Michel Seymour, 1er vice-président et relationniste (Université de Montréal) Michel Juneau, 2ième vice-président (Doctorat a l\u2019Université d\u2019Ottawa) Robert Tremblay, trésorier (Collège du Vieux-Montréal) Jacques Aumètre, trésorier adjoint (Université du Québec à Montréal) Yvon Cayouette, secrétaire (Collège de Chicoutimi) Michel Roliert, secrétaire-ad|oint (Collège du Vieux-Montréal) ? Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 7 ffc* LE POURQUOI D\u2019UNE COALITION imQ Robert Tremblay Trésorier de la SPQ et de la Coalition VOVJK7 création d\u2019une Coalition pour la défense de la philosophie au collégial est un événement important dans le milieu philosophique québécois.D\u2019abord, en raison de sa composition.Ensuite, par l\u2019unité dont elle est le symbole.Enfin, à cause de ses objectifs.La Coalition est composée de responsables des principales organisations représentatives du milieu, notamment, la Société de philosophie du Québec, Philosophie au collège, la Coordination provinciale de philosophie, l'Association canadienne de philosophie, ainsi que de plusieurs organismes étudiants et comités départementaux.Le secteur universitaire est également représenté.Elle regroupe aussi de nombreux volontaires.Enfin elle entretient des rapports avec les organisations syndicales.En raison d\u2019un malencon- treux hasard, l\u2019assemblée de formation de la Coalition \u2014 une initiative du Bureau de direction de la SPQ \u2014 a eu lieu le même jour que la dernière réunion du comité pédagogique de la coordination provinciale de philosophie.Par conséquent, certaines personnes intéressées ne pouvaient y être, et l'émission subséquente de communiqués par les deux organisations \u2014 couplée à diverses rumeurs et quelques malentendus \u2014 a donné la fausse impression qu\u2019une division s\u2019était installée dans le milieu.La rencontre organisationnelle du 20 mars et l\u2019émission subséquente d\u2019un communiqué conjoint du coordonnateur provincial et du porte-parole de la Coalition ont heureusement clarifié la situation.La Coalition est un mouvement militant, aux structures souples et adaptatives, qui est le lieu et le symbole de l\u2019unité de principe et d\u2019action du milieu philosophique québécois.Sur le plan des objectifs, il faut souligner le fait que la Coalition n\u2019est ni un mouvement corporatiste, ni une organisation syndicale : c\u2019est un mouvement et un groupe de pression qui a pour finalité la défense d\u2019un acquis culturel important : l\u2019enseignement collégial de la philosophie.Dans sa déclaration de principe, la Coalition affirme que toute réforme de l\u2019enseignement collégial doit respecter les principes suivants : le maintien d\u2019une séquence de quatre cours communs obligatoires de philosophie, le maintien de la discipline philosophie et des départements de philosophie, la reconnaissance du rôle des départerhents dans la définition des cours de philosophie, et le respect de la spécificité de la discipline et des objectifs de formation fondamentale qu\u2019elle poursuit.Il Coalition pour la défense de la philosophie * Bulletin de la S.F.Q.\u2014 Hiver 1993 8 ne faut voir ici aucune contradiction avec la position de la Coordination provinciale, que la Coalition appuie, mais simplement une différence de mission.La Coordination représente les professeurs de collège en philosophie et à ce titre peut s\u2019adresser au ministère en leur nom, discuter des contenus de cours et des aménagements à l\u2019intérieur de certains paramètres ; la Coalition, par contre, est un regroupement d\u2019organismes et d\u2019individus décidés à se porter à la défense de la discipline qui n'a d\u2019autre fonction que de susciter et de canaliser l\u2019action commune de ses diverses composantes.La seconde permet d\u2019élargir le champ d\u2019action de la première en l\u2019intégrant dans un ensemble plus vaste où une pluralité d\u2019intérêts convergents autour de la défense de la discipline peuvent s\u2019exprimer.La Coalition est un front uni essentiellement tourné vers l\u2019action; elle n\u2019a donc pas à se pencher sur les détails d\u2019une éventuelle réforme, sa position fondatrice est une position de principe générale susceptible de soutenir l\u2019action commune, en quelque sorte un plus petit commun dénominateur.Si, comme la plupart des intervenants, la Coalition souhaite une réforme, elle souhaite surtout que celle-ci se fasse dans le respect de la philosophie et des professeurs de philosophie qui travaillent dans les collèges et qui, depuis de nombreuses années d\u2019ailleurs, s\u2019attachent à améliorer leur cours.Au plan de l\u2019organisation, la Coalition se caractérise par des structures souples permettant d\u2019assurer une circulation rapide de l\u2019information et des consignes d\u2019action.Son existence devrait permettre au milieu philosophique québécois de se manifester rapidement, avec force et vivacité, dans l\u2019éventualité où le projet de réforme qui sera annoncé par la Ministre s\u2019attaque de front à l\u2019intégrité de la discipline ou à son rayonnement dans les collèges : ni plus, ni moins.Elle ne se substitue à personne, et n'affecte en rien la légitimité des diverses instances et des différents organismes œuvrant dans le milieu, qu\u2019elle contribue plutôt à coordonner.« La Coalition est un mouvement militant, aux structures souples et adaptatives, qui est le lieu et le symbole de l\u2019unité de principe et d\u2019action du milieu philosophique québécois * Il est très important en ce moment que le milieu philosophique québécois soit uni et parle d\u2019une seule voix, forte et articulée.Quand la maison est en feu, ce n\u2019est pas le temps de débattre de la couleur du tapis ! Nous en aurons amplement l'occasion par la suite.Pour l\u2019instant, il importe au plus haut point que nous nous portions tous ensemble à la défense de la philosophie, non seulement parce que nous croyons qu'elle est un acquis culturel et un attribut de notre différence, mais aussi parce que les générations futures d\u2019élèves ont le droit d\u2019y avoir accès et de profiler de son apport à la formation fondamentale de la personne et du citoyen.?On peut rejoindre la Coalition pour la défense de la philosophie au collégial aux numéros suivants : Téléphones : (514) 987-6712 ou (418) 723-1880 poste 2337 Télécopieurs : (514) 987-6712 ou (418) 724-4961 PORTE PAROLE: Jean-Claude Simard Professeur au Collège de Rimouski (418) 723-7801 * Coalition pour la défense de la philosophie Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 9\t4» Création d\u2019une coalition pour la défense de la philosophie au collégial Compte rendu de la première réunion du 13 mars 1993 Robert Tremblay Secrétaire de la réunion L )rs d\u2019une réunion tenue le 13 mars 1993, au Cégep du Vieux Montréal, une coalition a été formée pour organiser des actions en voie de défendre la séquence des quatre cours de philosophie communs et obligatoires au collégial.La trentaine de personnes \u2014 issues de différentes institutions collégiales, universitaires et de divers organismes \u2014 qui ont participé à la rencontre dans un esprit d'unité et de mobilisation, ont formé un comité d\u2019organisation appelé à s\u2019élargir au plus tôt de diverses personnes représentatives du milieu.1 .t»H< Therrien, président de Philosophie au collège; Cari Witchel, coordon-nateur provincial de humanities; Josiane Boulad-Ayoub, observa-trice, Comité inleruniversitaire de ph.; Jean-Claude Simard, président de Is S.P.Q.; Dominique Lemay, étud.mvmnt.Touche pas à Socrate; Bernard Gadoua, prési-dent, asso.étud.2e-3e cycles, UQAM La résolution principale stipule \u2022 Que la Coalition s\u2019oppose fermement au projet actuel de réforme de l\u2019enseignement collégial du MESS, notamment en ce qui concerne les cours de philosophie.Elle réclame :\t, MEMBRES DU COM HÉ D ORGANI-SA 770N DÉSIGNÉS À LA RENCONTRE DU 13-03-93 ¦' Pierre Després, prof.Collège Montmorency; Nouredinne Moue-Uii, prof Cégep de Hull; Michel Robert, prof.Cégep du Vieux-Montréal, SPQ; Marie-Ève Hébert, étud.UQAM; Rolrert Tremblay, prof.Cégep du Vieux-Montréal, SPQ; Michel Seymour, prof.U.de M., SPQ MEMBRES STA1UTAIRES.Maurice Gagnon, président de l\u2019A.C.P.; Pierre Cohen-Bacrie, coordonnateur provincial de philosophie; Jean-Marie 1.\tQue soit maintenue une séquence de 4 cours communs obligatoires de philosophie.2.\tQue la discipline philosophie, et les départements de philosophie soient maintenues dans les collèges 3.\tQue soit reconnu le rôle des départements dans la définition des cours de philosophie.4.\tQue la détermination du contenu des cours de philosophie corresponde à la spécificité de la discipline et aux objectifs de formation fondamentale qu\u2019elle poursuit.En outre, la Coalition a adopté le plan d\u2019action proposé par le Bureau de direction de la Société de philosophie du Québec (comprenant une campagne de publicité et le regroupement de personnalités publiques favorables à notre cause), notamment en ce qui concerne l\u2019organisation d\u2019une grande Journée de ralliement en défense de la philosophie, le 24 avril 1993, ayant pour objectif de réunir toutes les forces engagées dans la défense de la philosophie.Il a été aussi résolu que la Coalition se coordonne avec toutes les organisations partageant ses objectifs (associations étudiantes, syndicats, etc.).D\u2019autres moyens d\u2019action ont été envisagés : lignes de piquetage, conférences de presse, participation au colloque du 14 avril sur la réforme, à l\u2019UQAM, pressions sur les partis politiques provinciaux, mise en place de chaînes téléphoniques, etc.Le tout s\u2019est déroulé dans un climat de solidarité, spécialement envers 1 les délégués de la Cooordination provinciale de philosophie qui se réunissaient simultanément en séance plénière à Québec.?Coalition pour la défense de la philosophie *lfr io Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 Coalition pour la défense de la philosophie au collégial Comité d\u2019organisation Procès verbal de la réunion du 20 mars 1993 Association générale des étudiants/es du cégep de Limoilou 1300, 8e avenue Québec ,G1K7H3 téL: 64^-6682 Limoilou, le 22 mars 1993 Monsieur Robert Tremblay Coalition pour la défense de la philosophie Objet : Appui à votre organisation Monsieur Tremblay, Depuis quelques semaines, l\u2019association générale étudiante du collège de Limoilou détient le mandat de défendre les cours de philosophie au niveau collégial.Étant membres de l\u2019ANEEQ, nous nous rallions donc à elle sur ce point.Cependant, la défense de la philosophie étant particulièrement difficile à structurer (d'où l'importance de la dite philosophie), nous nous trouvons actuellement sans grandes ressources ou document de travail pour bien faire valoir nos positions.Votre communiqué tombant donc à point, nous avons décidé en conseil exécutif de nous rallier à vous et d\u2019appuyer toutes vos actions.Nous vous prions donc de nous faire parvenir au fur et à mesure le compte rendu de vos réalisations et vos demandes d'appui sur des points particuliers.En considérant que l\u2019union ne peut faire autrement que la force et que ce n 'est que par des échanges d'informations que nous pourrons arriver à faire bouger la ministre, il nous fait plaisir de vous féliciter pour votre effort d\u2019union.Martin Cauchon Secrétaire à la pédagogie, AGEECL (Document reçu par télécopieur) C^^clre du jour adopté 1.\tÉlections de présidence et secrétariat d'assemblée 2.\tPrésentation des objectifs, et plan d\u2019action 3.\tTour de table sur les objectifs et le plan d\u2019action 4.\tAffectation des responsabilités 3.Financement des activités 6.Prochaine réunion Présences : Raymond Bélanger, Comité de défense de la philosophie du département du cégep de Montmo-rency Josiane Boulad-Ayoub, Observa trice, directrice du département de philosophie de l\u2019Université du Québec à Montréal Pierre Cohen-Bacrie, Coordonnateur provincial de philosophie Normand Corbeil, Comité de défense de la philosophie du département du cégep du Vieux Montréal Pierre Després, Comité de défense de la philosophie du département du cégep de Montmorency Maurice Gagnon, Université de Sherbrooke, Président de l\u2019Associ-ation canadienne de philosophie Christian Giguère, Comité des étudiants en philosophie de l\u2019UQAM organisant le Colloque du 14 avril Philosophie et institutions Marie-Eve Hébert, Représentante des gradués en philosophie de l'UQAM Jean-Maurice Lamy, Responsable du Comité sur l'enseignement de la philosophie de la Société de philosophie du Québec Dominique Lemay, Mouvement étudiant Touche pas à Socrate Noureddine Mouehli, Comité de défense de la philosophie du département du cégep de Hull Michel Robert, cégep du Vieux Montréal, Secrétaire-adjoint de la Société de philosophie du Québec Michel Seymour, Univérsité de Montréal, Premier vice-président de la Société de philosophie du Québec Jean-Claude Simard, Cégep de Ri-mouski, Président de la Société de philosophie du Québec Jean-Marie Therrien, Président de Philosophie au collège Robert Tremblay, cégep du Vieux Montréal, Trésorier de la Société de philosophie du Québec 1.Élections de présidence et secrétariat d\u2019assemblée : Josiane Boulad-Ayoub, présidente Robert Tremblay, secrétaire 2.Présentation des objectifs, et plan d\u2019action I.a présentation est faite par Coalition pour la défense de la philosophie Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 11 ffc* Jean-Claude Simard 3.Tour de table sur les objectifs et le plan d\u2019action Proposition 1 La Coalition acceptera de collaborer à une réforme de l'enseignement de la philosophie dans les collèges à condition que cette réforme respecte les quatre conditions suivantes: 1.\tQue soit maintenue une séquence de 4 cours communs obligatoires de philosophie.2.\tQue la discipline philosophie, et les départements de philosophie soient maintenus dans les collèges 3.\tQue soit reconnu le rôle des départements dans la définition des cours de philosophie.4.\tQue la détermination du contenu des cours de philosophie corresponde à la spécificité de la discipline et aux objectifs de formation fondamentale qu\u2019elle poursuit.Prop.: Gagnon, App.: Tremblay Adoptée à l\u2019unanimité Proposition 2 Que la Coalition appuie la position adoptée à la Coordination provinciale de philosophie du 13 mars 1993- Prop.: Després, App.: Robert Adoptée à l\u2019unanimité Proposition J Que notre plan d\u2019action comporte les éléments suivants: 1.\tCampagne de presse en faveur de notre position 2.\tPage de publicité dans les journaux 3.\tConférence de presse, le 14 avril ou le lendemealn de l\u2019annonce de la réforme 4.\tMan if es tâtions le 14 avril, ou le lendemain de l\u2019annonce de la réforme 5.\tPartlclpatlon au colloque étudiant de l\u2019UQAM, le 14 avril Philosophie et Institutions 6.\tNouvel appel de personnalités publiques à prendre position en notre faveur 7.0rganisatlon\td\u2019une journée de ralliement du 24 avril 8.\tPartlclpatlon à la soirée du 5 avril du GRIPH autour de la réforme actuelle 9.\tApproche de Jacques Brassard du PQ et d\u2019autres politiciens à prendre position sur la réforme 10.\tPartlclpatlon active au colloque interdisciplinaire de la SPQ, du 15 au 17 avril 1993 en vue d\u2019en actualiser les enjeux.11.\tToute autre action jugée opportune.Prop.: Simard, App.: Mouefili Adoptée à l\u2019unanimité Proposition 4 Que Jean-Claude Simard, président de la SPQ, soit nommé porte-parole de la Coalition.Prop.:Boulad-Ayoub, App.- Gagnon Adoptée à l\u2019unanimité Proposition 5 Que l\u2019adresse et le téléphone-télécopieur de monsieur Simard soient provisoirement les références officielles de la Coalition.Prop.:Boulad-Ayoub, App.: Hébert Adoptée à l\u2019unanimité 4.Affectation des responsabilités Nominations des responsables: Comité des communications : Marie-Eve Hébert, Michel Robert et Jean-Marie Therrien 1.\tCampagne de presse en faveur de notre position : 2.\tPage de publicité dans les journaux (position du cégep d\u2019Alma et autre) et coupon-réponse 3.\tConférence de presse, le 14 avril ou le lendemeain de l\u2019annonce de la réforme Comité de mobilisation : Dominique Lemay, Pierre Després, Marie-Josée Rhéaume 4.\tManifestations le 14 avril, ou le lendemain de l\u2019annonce de la réforme Christian Giguère 5.\tParticipation au colloque étudiant de l\u2019UQAM, le 14 avril Philosophie et institutions Maurice Gagnon et Robert Nadeau (?) 6.\tAppeler personnalités publiques à prendre position en notre faveur Comité d\u2019organisation dp la journée de ralliement : Jean-Claude Simard, Dominique Lemay, Normand Corbeil, Michel Seymour, Raymond Bélanger 7.\tJournée de ralliement du 24 avril Idées : ralliement large, personnalités publiques (Dumont, Arcand, Péladeau, Corbo, Lapointe, Taylor, Klibansky, etc.; accent mis sur des gens à l\u2019extérieur de la discipline), conférences publiques, débats, Coalition pour la défense de la philosophie * 12 Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 déclaration de principe des sommités\tdu\tcolloque interdisciplinaire\t(manifeste), événement médiatique, fête en soirée, possiblement au Tritorium.I Jean-Maurice Lamy 8.\tParticipation à la soirée du 5 avril du GRIPH autour de la réforme actuelle Noureddine Mouelhi, Michel Juneaiji, Louis Gravel, Guy Lafrance 9.\tAmener Jacques Brassard du PQ et d\u2019autres politiciens à prendre position sur la réforme Josiane Boulad-Ayoub 10.\tQu\u2019on participe activement au colloque interdisciplinaire de la SPQ en vue d\u2019en actualiser les enjeux (assorti du Manifeste).Comité d\u2019organisation dans son ensemble 11.\tToute autre action jugée opportune.12.\tInvitation sera faite aux Société de philosophie de Montréal, Société de philosophie de Sherbrooke, Société de philosophie de l\u2019Outaouais, Société de philosophie de Québec de joindre la Coalition.5.Financement des activités Proposition 6 La trésorerie de la SPQ gérera le fonds spécial de la Coalition Prop.: Robert, App.: Cohen-Bacrie Adoptée à l\u2019unanimité Proposition 7 Que tous les départements de philosophie fassent des demandes de fonds à leurs syndicats respectifs en sus des 500 $ déjà demandés, de même qu\u2019à leurs collèges.Prop.: Mouehli, App.: Després Adoptée à l\u2019unanimité Fonds de départ : 1 000 $ de la SPQ 1 000 $ de Philosophie au collège Un montant à déterminer de l\u2019ACP Proposition 8 Que la demande de fonds soit faite par Pierre-Cohen Bacrie dans un communiqué commun avec le porte-parole de la Coalition.Prop.: Robert, App.: Therrien Adoptée à l\u2019unanimité Nominations : Comité levée de fonds Pierre Cohen-Bacrie et Robert Tremblay 6.Prochaine réunion Proposition 9 La prochaine rencontre sera convoquée par le porte-parole de la Coalition possiblement pour le lundi 12 avril 1993.Il y aura rapport des sous-comités.Celte rencontre sera suivie d\u2019une conférence téléphonique après l\u2019annonce faite par la Ministre.Prop.:Després, App.:Boulad-Ayoub Adoptée à l\u2019unanimité Proposition 10 Que le secrétaire de la réunion envoie une liste des personnes avec leurs références avec le procès-verbal de la réunion.Prop.: Corbeil, App.: Seymour Adoptée à l\u2019unanimité Annexe Extrait du procès-verbal de la réunion spéciale du Comité pédagogique de la coordination provinciale de philosophie, tenue le 13 mars 1993, à Québec.// Prise de position La proposition principale, telle qu\u2019amendée, se lit maintenant comme suit : 1.\ta) Qu'il soit clairement affirmé que la philosophie est maintenue comme discipline dans la formation collégiale, b) Et que les thèmes, les contenus et les méthodes sont authentiquement philosophiques.2.\tDe même, que soit maintenus l'existence des départements de philosophie.3.\tQue soit reconnu le rôle des départements dans la définition des cours, au plan local.4.\tQue soit maintenu un lieu de rencontre, une instance provinciale, représentantive des départements de tout le réseau collégial, dans l\u2019élaboration des contenus et des objectifs des cours de philosophie.5.\tQue soit maintenue l\u2019idée d'une séquence, d\u2019une progression à l'intérieur des quatre cours de philosophie, notamment dans les habiletés intellectuelles.6.\tQue soit maintenue l\u2019idée des contenus philosophiques minimaux communs, dans chacun des coins.7.\tQu\u2019une éventuelle implantation de l\u2019approche-programme respecte les spécificités de l\u2019enseignement de Coalition pour la défense de la philosophie 13 Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 la philosophie.Si ces conditions sont respectées, les professeurs de philosophie sont prêts à collaborer à une actualisation de l'enseignement de la philosophie au Collège.Proposition adoptée à l'unanimité.II/ Plan d\u2019action Il est proposé que le sons-comité de la Coordination provinciale de philosophie présente et fasse valoir publiquement la position de celle-ci, notamment auprès de la Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Science : P : Jean-Marie Therrien, A: Alain Martineau, V: (proposition adoptée à la majorité) Il est proposé a)\tLe maintien de facto de la Coordination provinciale de philosophie; b)\tl 'établissement et le renforcement de liens d'informa-tion réciproque et, autant que possible, de coordination avec les différentes associations de philosophie, les fédérations syndicales et les principaux regroupements d'étudiants : P: Romain Gagné, A : Michen Grenier, V: 20-0-2 (proposition adoptée à l'unanimité) Il est proposé que nous proposions au Ministère, entre autres choses, la poursuite de la mise en oeuvre de la séquence des cours de philosophie, du resserrement des contenus, avec l'appui du Ministère, pendant une période de temps définie, en prévoyant un processus dévaluation de cette mise en oeuvre : P: Charles de Mestral, A : ,V : Unanimité (proposition adoptée à l\u2019unanimité) ?Coalition pour la défense de la philosophie Liste alphabétique des participants, volontaires et représentants Arseneault, Patrick 1228, Plessis Montréal (Qc) H2L 2W9 597-2356 251-9741(fax) Professeur Collège de Maisonneuve Aumètre, Jacques 4821 De MobUe Montréal (Qc) HIT 2C4 (514) 256-7929 (514) 987-4423 987-4644 (fax) Professeur UQAM Trésorier Adjoint SPQ Bélanger, Raymond 336-5625 (fax) Professeur Collège Montmorency Comité 24 Avril Boucher, Carmen Cp.501 - Suce.Côte Des Neiges H3S 2V3 739-9071 332-0083 (fax) Professeur Collège Bois-De-Boulogne Boulad-Ayoub, Josiane Département de philosophie UQAM Cp 8888, Suce.A Montréal (Qc) H3C 3P8 (514) 288-5309 (514)987-3252 (514)987-4644 (fax) Professeur UQAM Directrice Dptmnl Ph.UQAM Comité Interuniversitaire Chicoyne, Pierre 3823, Melrose Montréal (Qc) H4 A 2S3 489-0304 667-5100, *247 336-5625 (fax) Professeur Collège Montmorency Red Montmorency Cohen-Bacrie Pierre Collège Montmorency 475, rue De L'avenir Laval(Qc) 1I9H 1R8 (514) 624-8042 (514)667-5100 (514)336-0835 (fax) Professeur Collège Montmorency Coordonnateur Provincial Ph.Comité levée de fonds Corbeil, Normand 4060, St-Laurent *702 Montréal (Qc) H2W 1Y9 843-5757 82-3437 *2278 982-3448 (fax) Comité Vx Mtl Comité 24 Avril , Coté, Michel 3508, Marcil Montréal (Qc) 114 A 2Z3 488-8830 982-3437 *2278 982-3448 (fax) Professeur Collège du Vieux Montréal Comité Vx Mtl Daigle, Pierre 3971, Drolet Montréal (Qc) H2W 2L3 843-6438 667-5100 336-5625 (fax) Professeur Collège Montmorency Després, Pierre 596-0621 336-5625 (fax) Professeur Collège Montmorency Comité Montmorency Comité mobilisation Doiron, Irene 4908, Hutchison Montréal (Qc) H2V 4A3 495-8776 667-5700 *406\t! 336-5625 (fax) Professeur Collège Montmorency Drouin, Paul 337, Carré Saint-Louis Montréal (Qc) H2X 1A7 843-3188 679-2630 *599 679-5570 (fax) Professeur Collège Édouard-Montpetit Comité Édouard-Montpetit Coalition pour la défense de la philosophie Mb 14 Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 Gagnon, Jacques 1000, St-Charles St-Félicien (Qc) G8K 1Y2 679-5369 679-5412 (418)679-8357 (fax) Professeur Collège de Saint-Félicien Gagnon Maurice Université de Sherbrooke Département des Sc.humaines Sherbrooke (Qc) J1K 2R6 (819) 564-4073 (819)821-7954 (819)821-7238 (fax) Professeur Université de Sherbrooke Président Acp Comité personnalités Gingras, Richard 8316, Lajeunesse Montréal (Qc) H2P 2E6 385-1124 Étudiant Université de Montréal Bicc Et Onu (Coal.Étud.) Gravel, Louis 19 St-Onge Hull, Qc J8Y 5T4 (819) 770-4012 #376 (819)771-2092 (819) 770-3855 (fax) Professeur Collège de L'Outaouais Hébert, Marie-Eve 5238, De L'esplanade Montréal (Qc) H2T2Z5 277-1367 987-4644 (fax) Étudiante UQAM Représ.Gradués Ph.UQAM Comité communications Kantorowski, Frédéric 5066, Drolet #6 Montréal (Qc) H2T 2G9 286-9978 599-2654 Étudiant UQAM La Rivière, Bernard 1435 Chemin du Vieux-Puits Mont-Rolland (Qc) J0R 1G0 (514) 229-7398 ' (514) 436-1580 #248 436-1756 (fax) Professeur Collège de St-Jérôme Lacroix, Bruno 1360 Bernard #17 H2V 1W2 274-0552 679-5570 (fax) Professeur Collège Édouard-Montpetit Lamy, Jean-Maurice 12062 rue Daigle Montréal (Qc) H4J 1S7 331-4438 282-5108 873-8684 (fax) Professeur Institut de Tourisme et d'hôtellerie Président du Ceph Lemay, Dominique 963, Des Mésanges Longue u il (Qc) J4G 2B4 646-2463 ou 923-9856 493-2930 Étudiant UQAM Resp.Touche pas à Socrate Comité 24 Avril Massé, Jules 3553 Dorion Montréal (Qc) H2K 4B7 529-6752 Étudiant UQAM Morosoli, Michèle 308, Ch.Maheu Canton De Sefford J2G 9)6 375-0600 372-6565 (fax) Professeure Collège de Granby Mouelhi, Noureddine 259, De Clairvaux [.aval (Qc) H7N 5K2 (514)669-3199 (819)770-4012 (819) 770-3855 (fax) Professeur Collège de L'Outaouais Comité Hull Parent, François 6895, 19e Avenue HIX 2L9 593-5769 376-3211 (fax) Professeur Collège de Rosemont Pelland, Ginette 4105, Northcliffe Montréal (Qc) H4A 3L2 488-9268 332-3000 #363 332-0083 (fax) Professeure Collège Bois-de-Boulogne Pinard, Sylvain 2610 Bellechasse App.#2 Montréal (Qc) H1Y 1J3 593-1020 Professeur Collège André Grasset Comité André-Grasset Rhéaume, Marie-Josée 4266 St-Dominique Montréal (Qc) H2W 2B1 982-0694 982-3437 982-3448 (fax) Professeure Collège du Vieux-Montréal Comité Vx Mil Comité Mobilisation Robert, Michel 2625 rue Aird Appartement #102 Montréal, (Qc) HIV 2W8 (514) 254-0162 (514)982-3437, *2278 (514) 982-3448 (fax) Professeur Collège du Vieux-Montréal Secrétaire adjoint SPQ Communications Seymour, Michel 7425 Des Ecores Montréal (Qc) H2E 2W3 721-8733 343-5933 343-2252 (fax) Chercheur Université de Montréal Premier Vice-Président SPQ Comité 24 Avril Simard, Jean-Claude Collège de Rimouski 60, Évêché Ouest Rimouski (Qc) C5L4H6 (418) 723-7801 (418) 723-1880 *2337 (418) 724-4961 (fax) Professeur Collège de Rimouski Président SPQ Comité 24 Avril + Porte-Parole Thériault, Luc 3441, Champlain Mascouche (Qc) J7K 3M9 966-9897 254-7131 *662 252-3252 (fax) Professeur Collège de Maisonneuve Directeur Bulletin SPQ Therrien, Jean-Marie 686, Outremont Outremont (Qc) H2V 3M9 271-5542 376-1620 *311 376-3211 (fax) Professeur Collège de Rosemont Prés.Ph.au Collège Comité Communications Tremblay, Robert 2172 Cuvillier Montréal (Qc) 1 11W 3A5 (514) 521-2917 (514) 982-3437 * 2052 (514) 982-3448 ou 521-2917 (fax) Professeur Collège du Vieux-Montréal Trésorier SPQ Trésorier Coalition Wild ici, Cari 3817, Royal Montréal (Qc) 114 A 2M3 486-9044 457-6610 457-4730 (fax ) Professeur d'humanities Collège John Abbott Porte-Parole Humanities * Coalition pour la défense de la philosophie Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 15 4* Le rôle de la PHILOSOPHIE dans L\u2019ÉDUCATION ( JAdouvement étudiant touche pas remise en question du statut, du rôle et de la pertinence de l\u2019enseignement de la philosophie dans les Collèges (Cégeps) par la Commission de l\u2019éducation sous l\u2019égide de la ministre de l\u2019Enseignement supérieur et de la Science (MESS) Lucienne Robillard n\u2019est pas sans susciter de vives inquiétudes au sein de la population étudiante soucieuse d\u2019obtenir une formation de qualité.Les circonstances exceptionnelles, voire l\u2019urgence de la situation présente, ont ainsi conduit un certain nombre d\u2019étudiants à mettre sur pied un Comité qui préconise le maintien des quatre cours obligatoires de philosophie comme outil essentiel à la formation de l\u2019être humain et du citoyen.1)\tConsidérant que l\u2019on discute sérieusement de la possibilité de diminuer le nombre de cours de philosophie, il importe de rappeler qu\u2019aucune évaluation systématique de l\u2019enseignement de la philosophie au niveau collégial n\u2019a été faite jusqu\u2019à ce jour et, qu\u2019avant toute réforme, une telle évaluation s\u2019impose.2)\tConsidérant l\u2019apport considérable et indéniable de la philosophie dans le développe- ment intellectuel (capacité d\u2019analyse et de synthèse, capacité d\u2019élaborer un discours réflexif et critique, capacité de comprendre des situations abstraites, etc.) et dans la formation d\u2019habitudes de pensée chez les étudiants.3)\tConsidérant la spécificité de la philosophie comme discipline entièrement vouée au développement de la raison en elle-même et à la recherche de principes qui gouvernent toute pensée rigoureuse et cohérente, toute action réfléchie.4)\tConsidérant que l\u2019enseignement de la philosophie contribue par la lecture et l\u2019analyse de textes des grands penseurs ( les Présocratiques, Platon, Aristote, Epicure, Sénèque, Augustin, Machiavel, Montaigne, Descartes, Spinoza, Leibniz, Rousseau, Locke, Kant, Hegel, Marx, Darwin, Nietzsche, Freud, Heidegger, etc.) à fournir aux étudiants une perspective historique qui permet de mettre en résonance les problèmes contemporains avec la tradition et l\u2019histoire culturelle de la civilisation occidentale.5)\tConsidérant que l\u2019enseignement de la philosophie tente de réduire le plus possible l\u2019igno- à Socrate rance et les préjugés et qu'elle prépare les étudiants, futurs citoyens, à aborder avec rigueur et distance critique non seulement les thématiques éthiques et politiques, mais encore les problématiques à caractère social, économique, technologique et scientifique.6)\tConsidérant la nécessité de donner aux étudiants les moyens de prendre connaissance de la dimension historique de l\u2019expérience humaine pour qu\u2019ils soient capables de mettre en relief et en perspective la diversité des cultures, les valeurs qui les animent.7)\tConsidérant l\u2019obligation sociale de donner aux étudiants les moyens de mener une réflexion libre et argumentée sur les grands problèmes éthiques, politiques, scientifiques, etc.Le Comité propose de maintenir les quatre cours obligatoires de philosophie au niveau collégial comme l\u2019option la plus apte à atteindre les objectifs d\u2019une formation fondamentale et générale chez les étudiants.Le Comité national des étudiants pour le maintien des cours de philosophie demande donc officiellement votre appui.?Coalition pour la défense de la philosophie * 16 Bulletin de la S.p.Q.\u2014 Hiver 1993 * Le Comité national des étudiants pour le maintien des cours de philosophie Collège Édouard-Montpetit I Adresse: Comptoir postal Vieux Longueuil C.P.88059 135 ouest, rue St-Charles Longueuil, Qc J4H 1C8 Appuis et commentaires -Félicitations pour cette heureuse et essentielle initiative ! (.) je vous renvoie la pétition munie de 32 signatures.- Lise Cloutier, professeure de langues anciennes -Déjà les gens ne savent pas penser.L\u2019abolition de ces cours aggravera cette déplorable situation.» Marie Desjardins, chargée de cours, département de langue et littérature françaises, Université McGill 1 \u2022Je suis tout à fait d\u2019accord avec vous et vous souhaite le plus vif succès dans votre compagne pour le maintien de l\u2019enseignement de la philosophie dans les CEGEPS- Maurice Lebel, Professeur émérite de l'Université Laval ancien doyen de la Faculté des Lettres et ancien président de la Société royale de Canada «Plus que jamais aujourd\u2019hui, il est absolument nécessaire qu\u2019on garde la philosohpie au programme des CEGEPS.C\u2019est la philosohpie qui éclaire la conscience des humains sur leurs raisons de vivre et la manière de bien vivre.C\u2019est elle qui peut le mieux informer et former leur âme, leur apprendre à raisonner juste.-Doris Lussier ¦Je suis d\u2019accord avec tous les considérants du texte \u201cLe rôle de la philosohpie dans l\u2019éducation \u201c publié par le Comité national des étudiants pour le maintien des cours de philosophie.En conséquence, je propose de maintenir les quatre cours obligatoires de philosohpie au niveau collégial.- Raymond Poulin, Professeur de littérature, Collège militaire royal de Saint-Jean -Ce sont les seuls cours qui forment la pensée de l\u2019individu plutôt que l\u2019acquisition de connaissances.- Denis Preston, Conseiller financier -Je ne puis me permettre d\u2019-exiger-quoi que ce soit, n\u2019étant pas citoyen québécois.Je puis tout de même exprimer le profond regret de voir mis en cause l\u2019enseignement de la philosophie au CEGEP.- Maurice Rainville, professeur et vice-doyen de la Faculté des A rts, Université de Moncton (N.B.) «\u2019\u2019Apprendre à apprendre\u201d est une des principales façons de sortir de la \u201ccaverne\u201d.- Yvon Rivard, professeur, Département de langue et littérature françaises, Université McGill \u2022Attendu que le gouvernement du Québec travaille sur une réforme au niveau colllégial.Attendu qu'un des éléments possibles de cette réforme serait la réduction, voire l\u2019abolition des cours de philosophie obligatoires.Attendu que la philosophie nous apprend entre autres à réfléchir par nous-mêmes à exprimer notre pensée d\u2019une façon rigoureuse, cohérence et claire.Attendu qu\u2019elle contribue sur un plan éthique à la formation fondamentale des êtres humains et des citoyens.11 est proposé par Pierre de Bellefeuille, appuyé par François Lemieux, et résolu à l\u2019unanimité d\u2019exiger le maintien des quatre cours de philosophie obligatoires pour tous les étudiants au niveau collégial et d\u2019accorder l\u2019appui de la Société au Comité national étudiant dans sa compagne de pétition pour le maintien des cours de philosohpie au niveau collégial.- Gilbert Gardner, directeur général, Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal \u2022Je suis entièrement d\u2019accord avec le contenu de cette pétition.- Bernard Tellier, conseiler en marketing -Je suis pour l\u2019enseignement de la philosophie sans réserve à la condition qu\u2019il soit rigoureux, s\u2019appuie sur les grands auteurs et tienne compte de l'ensemble de la tradition philosophique occidentale.Le programme du ministère de l\u2019Éducation ou les directives pédagogiques de chacun des établissements selon ce qui paraîtra le plus judicieux devraient y veiller.Mais doit-il y avoir quatre, cinq ou trois cours de philosophie ?Je ne suis pas en mesure de me prononcer.- Pierre Trépan nier, professeur, département d\u2019histoire.Université de Montréal.?Coalition pour la défense de la philosophie * Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 17 4* T ORMULE D\u2019APPUI AU (jOMITÉ NATIONAL DES ÉTUDIANTS POUR LE MAINTIEN DES COURS DE PHILOSOPHIE Le gouvernement du Québec prépare une réforme des cégeps.Un des éléments possibles de cette réforme serait la réduction, voire l\u2019abolition des cours de philosophie.La philosophie apprend, entre autres, à réfléchir par nous-mêmes, à aiguiser notre sens critique et à exprimer notre pensée de façon claire, rigoureuse et cohérente.De plus, elle contribue, sur un plan éthique, à la formation fondamentale des êtres humains et des citoyens.I En conséquence, nous exigeons le maintien des quatre cours de philosophie obligatoires pour tous les étudiants du niveau collégial.Signature Nom Adresse Numéro de Téléphone Occupation Commentaires S V P postez le formulaire au Comité national des étudiants pour le maintien des cours de philosophie Collège Édouard-Montpetit\t, Comptoir postal Vieux Longueuil C P 88059 135 ouest, rue St-Charles Longueuil, Qc J4H 1C8 Coalition pour la défense de la philosophie Hh is Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 COMMUNIQUÉ pour diffusion immédiate Jean-Claude Simard porte-parole de la Coalition Position et plan d\u2019action de la Coalition pour la défense de la philosophie au collégial Lors de sa seconde réunion, tenue samedi le 20 mars au Cégep du Vieux Montréal, la Coalition pour la défense de la philosophie au collégial a arrêté sa position face au projet de réforme des collèges de Mme Robillard.Elle a en outre élaboré plus en détail le plan d\u2019action déjà esquissé lors de sa première rencontre du 13-03-93-Les membres statutaires présents ont en effet convenu de la plateforme suivante : ¦La Coalition pour la défense de la philosophie au collégial acceptera de collaborer à une réforme de l\u2019enseignement de la philosophie dans les collèges à condition que cette réforme respecte les conditions minimales suivantes : 1.Que soit maintenue une séquence de quatre cours communs obligatoires de philosophie; 2.Que la discipline philosophie et les départements de philosophie soient maintenus dans les collèges; 3- Que soit reconnu le rôle des Ol'K départements dans la définition des cours de philosophie; 4.Que la définition du contenu des cours de philosophie corresponde à la spécifiéité de la discipline et aux objectifs de formation fondamentale qu\u2019elle poursuit.- Par ailleurs, après avoir ainsi arrêté sa position de base, la Coalition a en outre manifesté son accord avec la proposition omnibus adoptée par la Coordination provinciale de philosophie lors de sa rencontre du 13-03-93 à Québec, proposition dont l\u2019esprit a été jugé tout à fait conforme aux conditions minimales retenues par la Coalition elle-même.Enfin, les membres statutaires présents ont repris et étoffé le plan d\u2019action et la stratégie esquissés lors de la rencontre précédente de la Coalition.Tel qu\u2019enrichi, ce plan comporte notamment une campagne de presse, l\u2019appui de personnalités publiques (locales ou extérieures au Québec) en faveur des positions de la Coalition, une conférence de presse au lendemain du dépôt officiel du projet de réforme par Mme Robillard, des manifestations, des pressions sur les partis politiques provinciaux, etc.Le tout sera couronné par une vaste Journée nationale de ralliement en faveur de la philosophie le 24 avril 1993.Afin de mettre en oeuvre efficacement les divers volets de cet ambitieux plan d\u2019action, des comités ont été mis sur pied : Comité des communications, Comité de mobilisation, Comité d\u2019organisation de la Journée nationale de ralliement, etc.On a aussi envisagé divers moyens de financement des activités de la Coalition, dont une demande spéciale de levée de fonds rédigée par le Coordonnateur provincial de philosophie et adressée aux syndicats des collèges, un appel aux syndicats des universités par le biais des départements universitaires de philosophie, etc.L\u2019ensemble de la rencontre s'est déroulé dans un climat de concertation et de mobilisation devant la menace sérieuse qui pèse actuellement sur l\u2019enseignement collégial de la philosophie.?24-3-93 SOURCE : Jean-Claude Simard, président de la Société de philosophie du Québec et porte-parole de la Coalition.Télép.: (418) 723-1880 ; Téléc : (418) 724-4961.Note de la rédaction : Voir aussi le procès-verbal de la rencontre, p.10.Coalition pour la défense de la philosophie Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 19 4» 72attest de fcsie4&e \"L'autopsie sera complète et sans merci\" (Lapsus ?) Lucienne Robillard Présentation: Le dossier de presse qui suit contient deux types d'extraits.D'une part, des extraits d'articles du grand public et d'observateurs de l'actualité qui expriment ce qu'ils attendent des collèges et dont nous avons ici retenu ce qui pouvait s'appliquer à notre discipline: la philosophie.Notre dossier de presse contient également des extraits d'articles de professeurs de philosophie qui exposent ce que leur discipline apporte dans l'enseignement collégial actuel.Le lecteur attentif de ce dossier de presse constatera que les demandes du public rejoignent les offres des professeurs de philosophie dans le domaine couvert par notre dossier.De plus, la séquence actuelle des quatre cours communs et obligatoires de philosophie permet de combler de façon non négligeable certaines lacunes majeures unanimement reconnues chez les collégiens et collégiennes aux plans de la langue et de la culture générale.Comité de pédagogie Département de philosophie du Cégep du Vieux Montréal \"Pas contents de ramollir les corps, ramollissons les esprits (.) On coupe la philosophie et on va donner un cours d'histoire des idées.Bien sûr, c'est tellement évident.Je suis certain que nos jeunes vont tripper pendant leur cours d'histoire des idées.Marx, Engels, Duns Scot, Aristote, Héraclite, Parménide, de beaux penseurs, de belles idées.Mais quand on a Jamais appris les bases de la pensée, comment on fait pour comprendre, pour apprécier ?(.) Pendant toutes ces années où j'ai enseigné le latin et le grec, je devais répondre à des élèves qui s'inquiétaient: \u2022Qu'ossa donne le latin?-.Je répondais: -à réfléchir (.)« C'est bien plus tard que j'ai compris qu'il y avait une autre réponse encore plus assassine: -qu'ossa donne la chimie, la physique ou l'algèbre ?Quand est-ce que tu mets du NaCI dans ta soupe ?Et faut-il lire les principes d'Archimède avant d'installer le levier sous la voiture ?Et quand est-ce que tu vas te servir de l'algèbre ou de la théorie des ensembles à la caisse du supermarché?-C'est un sophisme, je le reconnais, mais me semble que seuls les sophismes ont droit de cité dans ce ministère qui devrait s'appeler Ministère de l'avenir.\" Réjean Tremblay, chroniqueur sportif de La Presse.Extraits de \"Les technocrates sabrent dans l'avenir du Québec\", in La Presse, 14-2-1993 \"L'éducation comme moteur de la société doitfavoriser la naissance d'une autre culture, celle de la modernité où rien n'est jamais acquis\".Paul-É.Dussault et Noelle Sorin, respectivement andrago-gue et didacticienne: \"L'école de la modernité.L'éducation comme moteur de la société doit favoriser la naissance d'une culture où rien n'est jamais acquis\", in Le Devoir, 12-2-1993 \"À partir de quelles bases, je vous le demande, nos enfants trouveront-ils les moyens de développer l'esprit critique et la faculté de penser, absolument indispensables à l'exercice de leur droit à la responsabilité et leur devoir de liberté lorsqu'ils seront devenus, par vo^ bons soins, les disciples de la raison économique ?\" Suzanne Labrie, extrait de \"La philosophie au service de l'économie\", in La Presse, 17-11-1992 \"(.) après la robotisation des entreprises nous voilà maintenant rendus au phénomène de la robotisation des individus eux-mêmes, ceux-là' même qui auront à faire fonctionner nos sociétés de demain(.) Ce n'est certes pas en tout cas avec une formation de base aussi déficiente que celle offerte dans ce qui restera des collèges publics que les étudiants pourront entreprendre des études universitaires sérieusesC.) Avec quel type de citoyen Réforme de renseignement collégial * Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 4* _20___________________ \u2018Doààlen de pJttAAe .nous retrouverons-nous donc en l'an 2000 ?Dépourvus de tout sens critique, que pourront faire les jeunes devant l'assaut des idéologies montantes ?Démunis intellectuellement, lesquels, par exemple, seront encore aptes à refuser les idéologies d'extrême droite racistes et néo-nazies en vogue ?(.)\" i Pierre Desjardins, prof, de philosophie au cégep Montmorency.Extraits de \"Le démantèlement des cégeps\", in La Presse, 23-2-1993 \"Tout est sur la table a dit la ministre lorsqu'elle a annoncé la tenue de sa commission parlementaire sur l'avenir des cégeps.Tout?Pas le secondaire, en tout le cas.Pourtant, selon de nombreux spécialistes, c'est là que le bat blessei.j Les cégeps n'ont pas le choix: ils doivent multiplier les cours de rattrapage et créer des centres d'aide en mathématiques et en française.) Selon 1' APAPI, ¦les élèves admis avec le minimum d'unités sont en sérieuse difficulté dès le début des études collégiales et persévèrent très peu pour l'obtention du DEC-(.) Le professeur n'a plus le choix; il doit abaisser le niveau des cours s'il veut rejoindre tout le monde\" Michèle Ouimet, extraits de \"Le secondaire bien plus mal en point que le cégep\", in La Presse, 21-11-1992 \"Valeurs, orientation, courage, corruption de la démocratie, mollesse! Voilà les sujets de l'heure, mais voilà aussi, ô ironie! comment la philosophie envahit la société au moment précis où certains voudraient la voir quitter les écolesO.) Une chose est certaine: dans une société elle-même déboussolée et souffrant de l'être, les professeurs qui enseignent le déboussolement seront priés de faire preuve de la cohérence dont Diogène le cynique a donné l'exemple.\" Jacques Dufresne, extraits de \"Philo et éducation physique au cégep ?\" in La Presse, 21-11-92 \"11 y a de la supercherie dans l'air, à mon avis, pour la bonne et simple raison que les cégeps ont dans l'ensemble assez bien réussi.Ils ont réussi à démocratiser l'éducation d'abord, leur mission premièreC.) Ensuite, contrairement aux juniors et community college américains, par exemple, les cégeps, vu leur caractère polyvalent, ont pour effet de «réchauffer», plutôt que de refroidir, les aspirations universitaires des étudiants inscrits au secteur professionnel.Et puis les cégeps ont donné naissance à toute une nouvelle classe d'intellectuels: les profs du collégial qui, pour irritants qu'ils peuvent paraître par moments, sont drôlement articulés.Ce sont des particularités, doit-on le rappeler, uniques au Québec.Résultats?Les étudiants sont contents, les profs sont contents, les futurs employeurs sont contents.En effet, le de- gré de satisfaction -sauf pour ce qui est du français, bien sûr- est étonnamment élevé.Toutes les études le disent.Alors pourquoi s'acharner à couper les cheveux en six ?C'est que nous assistons à un virage idéologique plus ou moins subtil à l'heure actuelle.Depuis 25 ans que nous favorisons la -participation de la population à la richesse collective», voici que nous favorisons désormais la ¦productivité et le développement de l'économie».Nous pensions en terme du plus grand nombre, de droit collectif et de culture globale, nous pensons aujourd'hui en terme de premiers de classe, de droits individuels et de spécialisation.Francine Pelletier, extraits de \"Cégeps, le mythe de la médiocrité\", in La Presse du 21-11-1992 \"Q'y a-t-il de changé depuis 25 ans qui mérite la réduction et la transformation des cours de philosophie au collégial ?Les besoins en formation générale et en formation fondamentale demeurent au moins aussi importants et on pourrait même dire que les nombreuses carences enregistrées chez plusieurs élèves à ce chapitre rendent le maintien de ces objectifs encore plus évidente.) En réduisant de quatre à deux le nombre de cours de philosophie, le projet de réforme au collégial rendra inopérant un outil devenu, avec le temps, de mieux en mieux adapté à rencontrer ses objectifs et ne réussira qu 'à recréer une structure de remplacement beaucoup moins efficace (.jCe.changement semble inspiré de l'approche des -humanities» qu'on retrouve dans le système éducatif anglophone.Cette approche organise les contenus de cours dans une perspective interdisciplinaire fondée sur le postulat du caractère unitaire des sciences de l'être humain.Or sa transposition dans nos cégeps francophones se fait dans l\u2019oubli de ce postulat, et lui fait rater son but.Pourtant cet oubli n'est pas fortuit.En effet, les référents culturels québécois ont historiquement été puisés dans la tradition européenne, surtout françaiseC.)'' Madeleine Ferland, professeure de philosophie au cégep Montmorency, extraits de \"L'étude de la philosophie doit être une finalité de la formation au cégep\", in La Presse, 20-11-1992 \" Aristote doit bien se retourner dans sa tombe, lui qui a affirmé que la spécificité de la philosophie réside d'abord et avant tout dans sa totale inutilité (.) Et si la philosophie existait pour les besoins d'une réflexion critique sur les carences d'une société qui se gausse de la culture et qui est strictement axée sur les objectifs pratiques et matériels ?(.) La lâche des philosophes est de dénoncer cette vision réductrice, plutôt que d'y participer \" Ginette Pelland, prof, de philo, cégep du Bois de Boulogne.Extraits de \"Crier haro sur les opportunistes\", in La Presse, 17-11-1992 \" À l'heure où l'on insiste sur les relations qui existent en- \"Le secondaire est le maillon faible du système\" PaulInchauspé Réforme de l\u2019enseignement collégial rlb Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 ire le langage et la pensée, certains et non les moindres, le conseil des collèges, entre autres, souhaite développer les qualités langagières et intellectuelles des étudiant-e-s en insistant sur le français et en se débarrassant de la philosophie.Comment écrire correctement si noire pensée n'est pas formée.On constate dans la pratique quotidienne que les étudiant-e-s ont besoin d'une formation de cet ordre Plusieurs éludiant-e-s, à leur arrivée au collège, sont en effet incapables de distinguer une thèse d'un argument.Les capacités d'analyse, de critique, la problématisation, la conceptualisation, l'argumentation, les distinctions entre les niveaux de langage, les questions de la preuve, de la démonstration -la liste pourrait être longue- ne sont pas principalement véhiculées par les cours d'-humani-iies-(.) (la philosophie) par les problèmes qu'elle soulève, les objectifs qu'elle poursuit et le niveau du discours qui lui est propre, met l'accent principalement sur le développement des habiletés intellectuelles.\" Noureddine Mouelhi, prof, de philo, UQAM \"La philosophie est le lien qui permet de rassembler sciences empiriques et sciences humaines dans une perspective commune.Priver (et j'insiste fortement sur ce terme) les collégiens d'une telle richesse d'enseignement et d'éducation tant au niveau du langage, du jugement, du raisonnement que de la pensée serait, il me semble une erreur que nous n'aurons pas fini de regretter.\" Anne-Pascale Lizotte, extrait de \"La philosophie, la discipline la plus polyvalente qui soit \"(collège André Grasset), in La Presse, 13-12-1992 \"Déjà que la majorité de nos cégépiens ne savent pas comment écrire, voilà qu'on s'arrangerait pour qu'ils ne sachent pas non plus comment penser.C'est un comble !(.) C'est par la philosophie qu'après avoir fait l'analyse des réalités on peut en dégager des synthèses.C'est grâce à elle qu'on apprend à penser juste- «parler improprement, c'est faire du mal aux âmes-, disait PlatonC.) La culture, la culture authentique, la culture intégrale tire de la philosophie l'essentiel de sa substance et le meilleur de sa forme, Elle est faite de science et de conscience.C'est en cela qu'elle devient sagesse.Et la sagesse est ce qui manque sans doute le plus à l'homme d'aujourd'hui.Manuel de Corte a écrit joliment: '-La culture était jadis ce qui reste quand on a tout oublié; elle est maintenant ce qui manque quand on a tout appris .-Doris Lussier, extraits de \"Crime contre l\u2019intelligence\", in La Presse 3-2-1993 \"Parce que la philosophie c'est inintéressant, difficile, abstrait et que ça ne sert à rien, pensent une multitude d'étudiants et beaucoup de personnes oeuvrant dans le milieu, son enseignement est une perte de temps et il faut donc la remplacer par autre chose(.)philosophie et 21 ZWdZtfr de fvie&àe .démocratie vont ensemblei.) le recours à la raison pour comprendre et à la parole pour convaincre font échec à l\u2019arbitraire et à la violence(.) Étant le produit de la philosophie, comment notre démocratie pourrait-elle durer si ceux qui la feront fonctionner demain n'ont aucune idée des valeurs humaines qui la fondent et lui donnent son sens ?Marcel Adam, extraits de \"La philosophie ne sert à rien, sauf qu\u2019elle est indispensable en démocratie\", in La Presse du 16/2/1993 \"Nous nous contentons de dire ici que parler de formation fondamentale, c'est parler de rigueur intellectuelle, de maîtrise de la langue écrite et parlée, d'autonomie et de méthode de travail, de conscience historique et d'ouverture sur le monde(.) nous disons que le niveau collégial pourrait être ce lieu privilégié de formation fondamentale: deux ou trois ans de grâce entre l'adolescence et l'entrée dans le monde adulte(.) En ce qui concerne la formation fondamentale donc, nous disons qu'elle doit être assurée dans les deux catégories de programmes.Le futur technicien participe de la même nature humaine que le futur médecin ou le futur ingénieur.Nous ne voulons pas de -polynésien téléphonant* , comme disait Alain.Les disciplines essentielles à la formation fondamentale sont la langue maternelle, la philosophie, l'histoire, la mathématique, les sciencesC.) Précisons un point: toutes les disciplines plus haut mentionnées sont enseignées au niveau secondaire, sauf la philosophie.Nous disons donc, sans autre, que la philosophie doit apparaître dans tous les programmes de niveau collégial.-Entre les arts libéraux, commençons par l'art qui nous fait libres- (Montai-gne)(.)\" F.Caron, J.P.Desbiens, Martin Desmeules et J.N.Tremblay: extraits de La formation fondamentale doit demeurer l'objectif de i\tbase, in La Presse, 2-12-1992 \"Les grands besoins de formation générale en fonction de la formation de la main d'oeuvre qualifiée, qui est une priorité au Québec dans la stratégie dei grappes industrielles de monsieur Gérald Tremblay, ministre de l'industrie, du Commerce et de la Technologie, ont été identifiées.Ces besoins se résument en deux grands axes.La qualité de la communication est l'un de ces deux axes.L'autre est la formation intellectuelle, lescapaci-tés d'analyse et de synthèse, de raisonnement, d'ouverture d'esprit et de tolérance Ceci vaut aussi bien pour les futurs universitaires que pour les futurs technologues, qui auront d'ailleurs à travailler en équipe dans le contexte de la gestion participative impliquée dans la Qualité totale!.) Remarquons simplement l'ironie de la situation.D'une part, le Conseil des Collèges recommande de réduire de Réforme de l\u2019enseignement collégial Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 Mb _22_____________________ de fruAàc .quatre à deux le nombre de cours obligatoires de philosophie, faisant fi du tournant majeur vers le développement d'habiletés intellectuelles et un resserrement des pratiques pédagogiques entrepris depuis déjà trois ans dans l'enseignement de la philosophie au cégep.Et ceci au moment où les priorités ,en formation de la main d'oeuvre mettent l'accent sur la qualification, non seulement professionnelle, mais aussi générale, pour des emplois permanents de qualité et une compétitivité mondiale de l'économie québécoisef.) D'autre part, le ministère de l'enseignement supérieur et de la science commet deux oublis : il oublie de faire passer l'examen de français aux finissants du professionnel, et il oublie de faire passer à tous un examen sur leurs compétences en matière de raisonnement, d'analyse et de synthèse, de capacité de poser des problèmes, d'ouverture d'esprit (compétences auxquelles la discipline philosophie contribue au premier chef et à propos desquelles elle s'engage, par upe orientation pédagogique délibérée, à obtenir des résultats mesurables).Pierre Cohen-Bacrie, extraits de \"Deuxpriorités: savoir écrire et raisonner\", in La Presse, 23-9-1992 \" Nous soumettons que les -priorités des priorités- devraient être la maîtrise de la langue écrite et le développement des capacités intellectuelles de raisonnement, d'analyse et de synthèse.En fonction de telles priorités, le choix des disciplines français et philosophie, à raison de quatre cours chacune, devrait être absolument maintenu, compte tenu d'un raffermissement de telles orientations pédagogiques.En ce qui concerne la discipline philosophie, l'adoption récente, après trots ans de travail, d'une séquence de développement des habiletés intellectuelles dans les quatre cours obligatoires pour tous au cégep va dans le sens d'une adaptation aux besoins des étudiants.La philosophie est, en effet, une discipline réflexive qui met au premier plan l'utilisation consciente et le développement du raisonnement.Mais, de plus, comme cela ne se fait pas à vide, la philosophie propose aux jeunes des thèmes de réflexion et des repères culturels majeurs.\" Extrait de Jean-Marie Therrien et Pierre Cohen-Bacrie : \"Les voix de la raison\", in Le Devoir, 13-11 -1992 \"(,.)Nous posions comme postulat qu'il n'existe pas une seule et bonne pédagogie, à laquelle tout le monde doit ou devrait adhérer sous peine d'hérésie éducative.Pas plus qu'il n'existe une seule et bonne médecine, ni une seule et bonne philosophie.La pédagogie est fondée sur des valeurs, qui touchent, par exemple, à l'idée que l'on peut avoir de l'autonomie et de la liberté de la personne(.) de l'évolution des connaissances, de l'intégration dans le monde moderne.En second lieu, la pédagogie n'est pas sans lien avec la culture d'une société, avec la civilisation dominante dans laquelle baigne cette sociétéC.) Nous nous inquiétons beaucoup de voir cette source de richesse (la diversité qui est source d'innovation et de recherche) menacée de disparition au Québec.Nous sommes engagés sur la pente du monolithisme pédagogique.Le régime pédagogique du ministère de l'éducation est allé en précisant toujours davantage, jusque dans l'infime détail, ce que les enseignants et les enfants doivent faire et comment ils doivent apprendre.La marge de liberté, d'autonomie de la direction des écoles, et des enseignants est réduite à presque zéro.Et depuis quelques années, on ne cesse de la restreindre toujours davantage.L'uniformité légaliste ainsi imposée mettre fin à toute possibilité d'échapper au modèle uniqueC.) Dans la crise de civilisation contemporaine, nous observons que l'on cherche un peu partout à inventer de nouvelles formules d'avenir.C'est le cas dans la technologie, dans l'industrie, dans les organisations technocratiques, dans le secteur public tout autant que dans le secteur privé.Ce n'est que dans l'enseignement qu'on croit progresser en revenant au passé(.) Mais en réalité, le passé auquel on se réfère est celui que l'on reconstruit aujourd'hui.Dans les faits, le monolithisme que l'on est en train d'instaurer va bien au delà de ce qui a pu exister avant I960, À cette époque, les différentes communautés religieuses avaient chacune une pédagogie qui les caractérisait, même si les différences n'étaient pas toujours très grandes.Ce qui le montre bien, c'est que chacune avait ses écoles normales.Les parents et les élèves avaient ainsi le choix non seulement entre des institutions, mais entre des visions de l'éducation.Ce disant, notre intention n'est pas de glorifier ce passé, mais de débusquer la fausse image que l'on en donne en laissant croire qu'on y revient.Pour notre part, nous demandons le respect du pluralisme pédagogique, i.e.les conditions favorisant, dans le secteur public, l'éclosion et le développement de projets alternatifs de même qu'une gestion du pluralisme, elle-même innovatriceC.) Guy Rocher, Maurice Bélanger, Charles Caouette, Denise Gaudet et Louise Marcil-Lacoste: extraits de \"Innovation pédagogique: le monolithisme montant nous ramène avant les années 60\", in La Presse, 7-12-1992 \"Allan Bloom, dans un ouvrage qui a fait grand écho, a bien vu cette problématique, en dénonçant l'ignorance qu'ont les gens et, en particulier, les jeunes, des idées des grands penseurs de toutes les époques, de la Grèce antique au XXième siècle.-Parce qu'ils ne connaissent pas les grands penseurs, les jeunes acceptent comme incontestable les idées et les orientations de l'époque dans laquelle ils vivent.- Les américains d'aujourd'hui, soutient Bloom, ne pensent pas aux questions fondamentales de l'existence et n'en discutent pas non plus, parce qu'ils ne sont pas armés pour le faire, ils acceptent tout simplement les cou- Réforme de l\u2019enseignement collégial Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 23 Hb ranis de pensée à la mode.Ce qui leur manque, ce sont les racines qui leur permettraient de mieux se connaître et s'identifier, de mieux savoir d'où ils viennent et à quel univers ils se rattachentC.) Ce qui est dangereux pour la démocratie Yvon Simard, professeur de philosophie, Cégep du Vieux-Montréal; extraits de \"Il faut une bonne formation générale\", in La Presse, 31-12-1991 \"La spécialisation de la philosophie, est-ce une bonne chose ?(.) en voulant spécialiser les cours de philosophie selon le programme, les étudiants ne pourront plus échanger, se confronter au-delà des spécialisations.En se spécialisant, l'humain s'éloigne du langage universel, le langage courant.Comme ce langage est commun à tous, il est utile dans les débats, dans les discussions générales de tous les jours, peu importe nos origines diverses.À l'inverse, le langage spécialisé n'est compréhensible que par les initiés de la spécialisation.Permettez-moi de parler d'un philosophe très connu, Socrate.Lorsqu'il affirmait: -Je ne sais qu'une chose: c'est que je ne sais rien- (Apologie de Socrate), il disait une phrase forte contre la spécialisation(.)\" Sébastien Lafontaine, Collège de Joliette; extraits de \"Contre la philo cloîtrée\", in La Presse, 17-1-1993 \"(.) Or aujourd'hui d'aucuns, d'ici ou d'ailleurs, imbus des principes de la logique, que ce soit de la logique formelle ou plus simplement de la logique argumentative, s'illusionnent en croyant arriver à des vérités absolues en niant la pensée philosophique en ce qu'elle a d'essentiel, c'est à dire dans son aspect d'abord réflexif(.) Malheureusement, il faut faire le constat suivant: comme toute autre chose, le savoir est aujourd'hui devenu une marchandise.Plus spécifiquement avec l'introduction des ordinateurs dans les écoles et les universités, le «grand savoir» s'est vu progressivement réduit à un simple Peut-être un Institut de formation continue.Réforme de renseignement collégial 4* 46 Bulletin de la S.RQ.\u2014 Hiver 1993 chacun des programmes de l\u2019ordre collégial.10.\tL'augmentation de la tâche est une solution administrative simpliste digne d'une conception \u201cPME\u201d de l'éducation.On augmente quantitativement le \u201crendement\": plus de \u201cmarchandise-élève\u201d par classe et plus de \u201cmarchandise-classe\u201d par professeur.Dans ce contexte est-il encore possible de parler de qualité?Ne cherchez pas ailleurs l'origine de cette malencontreuse mode, partout présente y compris dans les évaluations du Ministère, des examens à \u201cchoix-multiples\" qui ne permettent pas à l'élève d'élaborer et d'exprimer sa pensée par écrit.Devant une telle situation, le professeur peut-il aider l'élève à progresser sur le plan intellectuel, malgré toute sa bonne volonté?Le système aura formé des \u201cexperts-cocheurs\u201d.\tFaut-il mentionner le stratagème des travaux d'équipes (une seule correction, deux élèves qui travaillent et cinq élèves qui se voient attribuer une note)?11.\tRevaloriser le statut de l'élève et de l'étudiant en valorisant l\u2019acte d\u2019étudier et en promouvant une formation dont l\u2019un des principaux buts doit être l\u2019acquisition d\u2019une compétence (pour le travail, pour les études supérieures,\tou\ttout simplement pour vivre).12.\tDémanteler complètement le réseau des polyvalentes monstrueuses et reconstruire totalement la formation dispensée par le secondaire et par le primaire.Il en va de l'avenir de la nation! 13.\tÊtre d'une rigueur stricte dans l'admission au niveau secondaire, collégial et universitaire.Cette mesure éliminerait du même coup la possibilité d'accéder à des études universitaires en ayant comme seule compétence le fait d'avoir atteint l'âge de 22 ans.Cette pratique relève de la pensée magique.14.\tResserrer les critères d'attribution des équivalences qui laissent encore trop de place à la subjectivité.Les comités d'admission de tous les niveaux devraient faire preuve de plus de rigueur et de cohérence.15.\tUn élève ne devrait pas pouvoir suivre un deuxième cours dans une discipline donnée s'il n'a pas réussi au préalable son cours d'introduction dans cette même discipline (Abolir la distinction entre pré-requis absolu et relatif, il ne devrait y avoir que des pré-requis absolus.Cette pratique existe déjà dans certains cégeps, il s'agirait de l'étendre à tous).16.Si l'objectif de la réforme vise réellement à donner à nos jeunes une \u201cCulture générale élargie et solide-, alors il faut: 1.\trendre obligatoire et séquentielle chacune des principales sciences humaines60 (anthropologie, sciences humaines de la religion, économie, psychologie, sociologie, géographie, politique, histoire); 2.\tréduire le nombre de cours par discipline, en particulier les cours dit \u201cmous\u201d6 (appelés ainsi 60 Le problème semble particulier aux Sciences humaines puisque, malgré la réforme, les élèves continuent tic \"magasiner\u201d leurs cours.par les élèves car ils leur permettent d'obtenir une note acceptable avec un minimum d'effort).17.L'État ne devrait pas accorder de subventions aux élèves qui entreprennent des éludes supérieures sans avoir préalablement obtenu leur diplôme du niveau inférieur.Ces élèves devraient payer le plein prix.Ce faisant, seuls les plus sérieux prendraient ce risque.Et si, comme individus, ils sont prêts à le prendre, tant mieux pour eux.Mais que ce ne soit pas la société et le payeur de taxes qui en fassent les frais.Évidemment, cela ne constitue pas une atteinte à la gratuité scolaire mais vise plutôt à éviter le gaspillage.Ce problème ne se pose pas si on respecte à la lettre les exigences de passage d'un niveau à l'autre.18.11 est certain que l\u2019Entreprise doit être un des intervenants dans un système d\u2019éducation, mais il est inacceptable que celui-ci soit construit par et pour l\u2019Entreprise.Nous préconisons d\u2019écarter, pour un moment, le patronat et les entreprises des centres de décision dans la réforme en cours afin qu'ils réfléchissent sur leur véritable contribution\tau\tmonde de l'éducation\t(cf.\tle modèle allemand).19Sur le plan économique, rationaliser les dépenses d'administration des établissements.Une mesure immédiate consisterait à réduire à de justes proportions\tles\tpostes de communication et de marketing ne visant qu'à \u201cvendre\u201d Peu importe la cause de cette \"mollesse\".Réforme de l\u2019enseignement collégial Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 47 l'institution, la gamine des \"produits\u201d offerts.L'éducation n'est pas un \u201cbusiness\".Que la \u201cvente\u201d des collèges se fasse au mérite et non par la sophistique.20.\tLa liberté d'une démocratie, pour reprendre une idée chère à Machiavel, ne peut être assurée ¦que si ses fonctionnaires sont élus pour des périodes définies, courtes et que l'on ne prolonge jamais-.Il est temps d'appliquer cette idée.De façon plus réaliste, une évaluation sévère s'impose! 21.\tLes administrateurs et les fonctionnaires du secteur de l'éducation devraient détenir un diplôme spécifique et se perfectionner régulièrement.Ils ont peut-être la meilleure volonté au monde, mais cela ne suffit pas devant l'ampleur et l'urgence des problèmes.22.\tMadame Robillard et ses hauts fonctionnaires devraient venir assister à nos cours de philosophie.Par le fait même, nous nous empresserons de leur donner une leçon sur le fameux crayon à la mine (il existe des milliers de pages écrites à ce sujet depuis 2500 ans de culture occidentale).À tout hasard, compte tenu de leur emploi du temps très chargé, nous leur présentons le plan de cette leçon: LEÇON SUR LE CRAYON À LA MINE A- Qu'est-ce que le crayon à la mine?Relation entre le sujet connaissant et l'objet (dialectique sujet/objet) -\tQu'est-ce qu'un objet, qu'est-ce qu'une chose (dialectique animé/inanimé.)?-\tQu'est-ce qu'un objet naturel (définition de nature)?-\tProblème de la définition.Qu'est-ce que définir ou la définition de la définition?-\tQu'est-ce qu'un objet culturel (définition de culture)?-\tRéflexions concernant le crayon: .Est-il un objet naturel?.Est-il un objet culturel?.Est-il à la fois naturel et culturel?Pourquoi?B- Le crayon à la mine et la théorie de la connaissance.Comment connaît-on les choses (problème de la représentation)?-\tConnaissance par la raison.-\tConnaissance par le coeur (intuition, imagination.) -\tConnaissance par le corps (les cinq sens).Ce crayon que vous avez devant vous est-il identique à lui-même, ou change-t-il?S'il change, comment expliquer le changement?Et s'il ne change pas, comment le devenir est-il possible?C- Le crayon à la mine et la culture.-\tDepuis quand les humains utilisent-ils le crayon et pourquoi?-\tDepuis quand est apparue l'écriture rendant potentiellement nécessaire le crayon?D- Histoire des idées.-\tComment auraient compris et expliqué le crayon à la mine: -\tles égyptiens: le crayon comme objet de culte et le métier de scribe -\tles présocratiques -\tles Ioniens (atomisme de Leucippe et Démocrite) -\tles médiévaux -\tles tenants de la science classique (mécanisme, déterminisme.) -\tles physiciens du XXe siècle (holisme, indéterminisme.) E- Problème d'esthétique.-\tLe crayon à la mine est-il beau?Cette question a-t-elle du sens?-\tPourquoi peut-on dire qu'un crayon à la mine est beau?F- Problème moral.-\tLe crayon à la mine est-il bon, juste et vrai?Cette question a-t-elle du sens?-\tLe crayon à la mine est-il dépassé, rendu désuet par l'apparition de l'ordinateur?-\tPeut-il encore contribuer à la libération de l'individu?À son asservissement?G- Les différentes visions du crayon à la mine (occasion pour l'élève de situer et d'évaluer les différents savoirs entre eux).-\tVision de l'antltropologue, du sociologue, de l'économiste, du politicologue, du psychologue et du géographe, etc.H- Finalités du crayon à la mine (réflexion sur la finalité - impertinence supposée en physique / pertinence redécouverte en biologie;.-\tPour l'artiste, l'écrivain, le journaliste, le scientifique (théorie des 4 causes).-\tInvention, imagination créatrice, pratique, pragmatique, symbolique.Si ces personnes veulent écrire 25 pages sur le Crayon à la mine, il existe de bons cours de philosophie 201, l'Etre humain et son milieu, cours qu'on semble vouloir faire disparaître.Réforme de l\u2019enseignement collégial 4h 48 BULLEÏIN DE LA S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 CONCLUSION Dans notre système d'éducation, certaines valeurs fondamentales sont mises de côté, en particulier la valeur du travail, de l'effort, du dépassement et du courage.L'avenir appartient à ceux qui savent non seulement endurer mais aussi rechercher le travail pour sa valeur intrinsèque.La vertu de l'homme -qui ne travaille que pour le gain- ne réside pas ¦dans l'éducation de soi-même, mais dans l'affairisme-62.Notre système ne doit diplômer que la compétence.Que l'élève qui n'a pas la compétence de passer au niveau supérieur, ne puisse le faire.Et que s'il veut passer au niveau supérieur, qu'il fasse les sacrifices et le travail requis pour acquérir les compétences nécessaires.Voilà par où passerait une véritable réforme, une réforme sage.À ce moment-là, l'éducation jouerait véritablement son rôle: élever la population, éduquer à la vérité, à l'effort, au sacrifice, au mérite.Ce que l'on n'a jamais voulu comprendre, c'est que ces vérités simples, fondamentales et nécessaires, sont incontournables.On se plaint du manque de main-d'œuvre éduquée, compétente, «spécialisée-, fiable.A-t-on déjà remarqué qu'il s'agit là de la description des qualités de l'élite au sens noble du terme?Nous devons inculquer à notre jeunesse une culture critique à l'égard de la science63.Toutes nos sciences et toutes nos technologies sont tout à fait vaines si elles ne sont pas mises au service de l'être humain, si elles ne concourent pas au mieux-être, au \u201cplus-être\u201d de chacun.Vivre pour la science, pour la technologie ou pour l'économie n\u2019a pas de sens.Au contraire, celles-ci doivent être au service de la vie.Mais qu'est-ce que vivre?Quel est le sens de notre vie?Aucune de nos technologies, aucune de nos Les étudiants, en arrivant du secondaire, onl développé à l\u2019égard de la science une image grandiose qui n'a rien à voir avec la réalité.On en a fail, pour parler crûment, des positivistes.Au collégial, après avoir suivi son premier cours de philosophie (principalement axé sur la logique), l'élève (peu importe son programme) devrait déjà être capable d'un jugement critique à l'égard du discours de la science.Ainsi, par exemple, si un astrophysicien lui disait que l'Univers a bel et bien commencé par un Big Bang, cet élève pourra lui répondre de la façon suivante: M.l'astrophysicien, votre affirmation est trop forte et n'est pas digne de quelqu'un qui cherche la vérité.Vous devriez plutôt dire: -Dans l'état actuel de nos connaissances, nous croyons que la meilleure théorie pour expliquer l'origine de l'univers est le Big Bang-.Cette affirmation est plus modeste, mais plus conforme à la véritable science.Au savant affirmant: \u2022notre théorie prédit tel effet, or nous observons cet effet dans la réalité, donc notre théorie est vraie, ou du moins elle est probable, ou encore, \"elle a de l'allure\"-, ce même élève sera en mesure de répondre: M.le savant, rigoureusement parlant, vous commettez le sophisme de l'affirmation du conséquent.Vous n'avez pas montré que votre théorie est vraie, ni qu'elle est probable, ni \"qu'elle a de l'allure\u201d (en passant, \u201cavoir de l'allure\" n'est pas une catégorie logique); vous avez tout au plus montré qu'elle n'est pas fausse, ce qui n'implique pas qu'elle soit vraie.Et on semble vouloir supprimer le cours de philosophie 201, où l'on aborde la philosophie des sciences, et mettre le cours de logique entre les mains de n'importe qui.sciences ne peut répondre à ces questions.C'est le lieu essentiel de la philosophie La philosophie est la discipline de la reflexion, de la critique, de la libellé, de la responsabilité et du courage.Dans toutes les sciences humaines surgit le problème des valeurs.Chacune étudiera et décrira son objet à partir de son propre point de vue.Seule la philosophie aura pour objet d'étudier la valeur de nos valeurs.Ce n'est pas la tâche du sociologue, de l'anthropologue, du psychologue de chercher la valeur des valeurs.Par définition, la philosophie cherche les fondements.Dans toutes les disciplines, on définit des concepts.En philosophie, on définit la définition.Dans toutes les disciplines, on fait appel à la pensée.En philosophie, on pense sur la pensée (la logique).Toutes les disciplines cherchent et exigent la cohérence.En philosophie, on établit les règles de la cohérence.Toutes les disciplines enseignent un savoir.La philosophie cherche à saisir la grandeur et les limites de tout savoir.Un philosophe n'enseigne jamais la logique pour faire de ses élèves des techniciens logiciens.Le but est de montrer les grandeurs et les limites de la raison.Le but ultime est de faire en sorte que s'éveille le petit philosophe qui sommeille en chacun car c'est lui qui nous montre la voie de la véritable compréhension.Pour reprendre le mot de Fichte, le philosophe n'est-il pas -l'éducateur de l'humanité-, ou, pour le moins, n'y contribue-t-il pas de manière significative?Dans notre société, la mode Grappes 62 A.Armel, 50 citations philosophiques expliquées, Marabout, Alleur, Belgique, 1990, p.106.Voir à ce sujet les passages remarquables de F.Nietzsche dans Aurores et Gai savoir est aux grappes! Réforme de l\u2019enseignement collégial Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 49 industrielles, grappes thématiques en éducation! Vive la grappe! Ce leitmotiv est omniprésent dans la publicité sur la formation technique au cégep.On affirme même que: -l.es études faites dans des programmes de formation technique au cégep DONNENT AUSSI ACCÈS À L'UNIVERSITÉ, (.) SANS AUTRE CONDITION SUPPLÉMENTAIRE, (.).Ce cheminement vers l'université, par les techniques plutôt que par les programmes préuniversitaires, prend évidemment un an de plus au cégep.Cependant, les avantages sont nombreux: des études collégiales plus pratiques, plus appliquées, plus expérimentales (apprentissage du \"comment\u201d avant le \"pourquoi\u201d); compétence technique après trois ans d'études; possibilité d'emplois à temps partiel ou d'emplois d'été mieux rémunérés et plus intéressants; possibilité d'interruption momentanée des études, avec une spécialité, entre le cégep et l'université; possibilité d'études universitaires à temps partiel, tout en ayant une spécialité collégiale permettant de bien gagner sa vie et plus tôt.C'EST À CONSIDÉRER!-65.On affirme haut et fort les avantages de l'esprit technique, pragmatique et utilitariste sur l'esprit spéculatif du savant et du philosophe66.Mais les choses ne sont pas aussi simples.Il y a là un grave problème.En effet, pour M Cahier-reportage, samedi 23 janvier 1993, inséré dans La Presse et dont le titre est J'agrippe ma grappe, et je construis notre avenir.Ce cahier porte sur la formation technique au cégep et sur les grappes industrielles.65\tCahier-reportage, La Presse, 23 janvier 1993, p 16 que la grappe soit grappe, il faut une lige centrale, une tige de liaison qui apporte la nourriture et qui élimine les déchets.Au niveau du savoir, la tige centrale est constituée par la philosophie67: par son ouverture et sa profondeur, elle apporte la nourriture intellectuelle; par son invitation constante à la transcendance et à la critique, elle élimine les déchets.Descartes disait, et l'histoire des idées lui donne raison, que le savoir est -comme un arbre dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences-.Couper les racines, l'arbre meurt.Il en va de même en politique: la vie de l'arbre de la démocratie68 a pour racine la capacité de juger.Celte capacité requiert certes des connaissances logiques, mais surtout de la sagesse.L'arbre de la démocratie, pour survivre, doit s'alimenter à un idéal élevé (Beauté, Bonté, Justice, Vérité) et au courage de passer à l'action, toutes choses qu'enseigne la 66\t-Des industriels qui embauchent les diplômés des cégeps louent leurs compétences techniques, mais déplorent les lacunes, souvent abyssales, dans leur culture générale.(.) Nos machines sont hautement informatisées.Il ne faut pas que les étudiants laissent leur cerveau au vestiaire.Nous voulons qu'ils soient analytiques, pas seulement des exécutants, relance M.Michel Côté, directeur d'usine chez Twin Pak Tel Québec (Inc), qui croit que la formation générale des jeunes techniciens laisse à désirer.-(.Le Devoir, 19novembre 1992).Selon Claude Piché, même si notre système d'éducation devient le meilleur au monde: -cela n'empêchera pas vos diplômés d'être dépassés par les nouvelles technologies et les nouvelles méthodes de travail, dans les cinq ans qui suivront leur entrée sur le marché du travail.- (La Presse, 9 janvier 1993).philosophie.L'histoire des idées montre que la vérité n'est pas démocratique (la majorité a eu tort de soutenir le géocentrisme contre l'héliocentrisme; la majorité a eu tort de condamner à mort le plus sage des hommes: Socrate) mais que, d'autre part, la démocratie comme le savoir ne peut survivre qu'en contexte d'amour de la vérité, amour de la sagesse.Il est de plus en plus clair que dans cette réforme s'affrontent deux conceptions de l'éducation: la tradition française et la tradition anglo-saxonne.En France, on vient de réviser le bac: on a apporté deux changements majeurs: on a réduit les heures consacrées aux sciences (entre autres aux mathématiques) et on a augmenté le nombre d'heures accordées aux arts, aux lettres et à la philosophie.On a justifié ces changements en soulignant la nécessité d'augmenter la qualité et la profondeur de la culture générale et la capacité de jugement des élèves.En effet, on est arrivé à la conclusion que l'instruction scientifique et technique à elle seule ne développe pas le jugement, l'esprit critique.Le risque de la formation scientifique 67\tN\u2019en déplaise à un doyen d\u2019une faculté des sciences, auquel monsieur Fernand Dumont a succédé, qui affirmait qu'-on n'a pas besoin de philosophie pour fabriquer des frigidaires-.Monsieur Dumont s'empresse d'ajouter, à juste titre: ¦Quand la culture est aux mains de pareils magistères, on peut s'attendre à ce que surviennent un jour ou l'autre de grands progrès.- (Le Devoir, 4 mars 1993).68\tOn consultera avec profit les premiers chapitres de l\u2019excellent petit ouvrage de François Châtelet, Histoire de la raison, Entretiens avec Émile Noël, Seuil, Paris 1992.Réforme de l\u2019enseignement collégial H|b 50 Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 est de faire des ignorants instmits.Le reproche le plus sévère que nous adresserons à la Ministre est d'avoir manqué de discernement en acceptant d'écouter les gens qui ont dilapidé de précieux fonds publiques en organisant une Commission parlementaire bidon et inutile.En effet, le principal problème réside dans la formation du niveau primaire et secondaire: faites les changements que vous voudrez au niveau collégial, si le niveau secondaire ne permet pas aux jeunes de savoir lire, écrire, compter, aimer à apprendre et aimer la vie, vous perdez votre temps et vous gaspillez l'argent des citoyens.Ces jeunes ne seront toujours pas compétents pour entreprendre des études préuniversitaires, ou tout simplement pour affronter les exigences du marché du travail du XXI ième siècle.Il est de plus en plus clair que nos jeunes ne peuvent s'en remettre ni au jugement, ni à l'éthique de nos gouvernants et de nos gens d'affaires.D'ailleurs, il y a des lustres que la politique s'est séparée de l'éthique.Dans ses fondements, le système d'éducation du Québec recherche la voie de la facilité, de l\u2019efficacité et du rendement.Bref, le pragmatisme.De par sa nature, l'éducation procède d'un difficile mouvement ascendant.Une bonne éducation amène la personne (jeune ou adulte) à -être plus sur le plan du corps, du coeur et de la tête*.Toute ascension exige un effort et du temps.L'effort, le sacrifice et la vérité ne peuvent être ménagés.Le but est de former une personne de qualité qui s'engagera envers les autres dans l'action.En définitive, quels que soient les changements qui interviendront à la suite de cette réforme du collégial, les résultats seront les mêmes puisque les vrais problèmes n'auront pas été abordés.Alors que l'éducation est sensée élever l'âme, le système proposé par la Ministre Robillard réduit la personne à sa stricte dimension matérielle.Pour terminer, nous aimerions rappeler ces quelques lignes, évoquant le -naufrage éventuel de la philosophie-, de Fernand Dumont: -Celle-ci est déjà confinée à un ghetto à l'université, à une faculté ou à un département.Alors que, par vocation, elle devrait être présente partout.Faut-il rappeler que, dans ce qu'il est convenu d'appeler notre civilisation, les grands scientifiques ont toujours entretenu des préoccupations philosophiques?Lire Spinoza avec ferveur n'a pas empêché Einstein de découvrir la relativité.Nous avons abandonné cet héritage pour fabriquer plus rapidement des chercheurs, ces produits de haute technologie qui remplaceraient les savants vétustes d'autrefois.Il serait donc normal que, pour achever une si noble entreprise, les collèges soient débarrassés de la philosophie.Bientôt la réforme sera donc complète.Un jour viendra où l'économisme ayant assuré notre salut, les gadgets techniques nous serviront de science et quelque pacotille religieuse nous tiendra lieu de métaphysique.Tout cela dans un français impeccable, n'en doutons pas.-9 ?Annexe Dans le programme de Humanities, on remplace les quatre (4) cours obligatoires de philosophie par quatre (4) cours obligatoires de Humanities.La réforme vise à rendre plus homogène l'enseignement de la philosophie à travers la province.Toutefois, si on adopte le système anglophone des Humanities, nous serons confrontés à la plus grande hétérogénéité qu'il soit possible d'imaginer.En effet, pour le seul cours de Humanities 101 (World Views), l'élève peut choisir son cours parmi les sujets suivants: African Studies; Approaches to Nature; Concepts of Education; Creative Experience; Educational Ideologies; Exploration of Newfoundland; Galileo; Greek Mythology; How they Lived: Studies in Biography; Human Dynamics in Organization; Human Sexuality; Information; In search of Values; Jews Through The Ages; Modern Africa; Mythes d\u2019Occident; Mythology: The Voyage of the Hero; Quebec:\tEvolution/ Revolution; Science and Faith; Shakespearean Sources and Variations; Symbolism and Surrealism; Criticism of the Marxist World Outlook; The Bandit in History; The Bible; The Canadian Mosaic; Social Themes in the 19th Century; The Cultural Mosaic of Montreal; The Latin American Connection; The Nature/Culture Debate; The World of the Ancient Greeks; Theories of the Human Nature; United Nations: Myth and Reality; Working Out a World View; World Events; World View: East West.Four le cours Humanities 201 * Réforme de l\u2019enseignement collégial Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 51 4?(Knowledge and the Universe), l'élève choisit parmi les titres suivants:\tAncient and Modem Cosmology; Ancient Greece; Art of Reason; Années 2000; Blacks and Contemporary Society; Critical Thinking; Quebec in the Sixties, Seventies, Eighties; Critical Thinking: Understanding Statistics; Developing Thinking Skills; Discovery of Canadian Culture and Society; Divine Right; Existentialism in Drama and Cinema; Formalizing Language; In Search of Meaning; Introduction to Cultural Studies; Investigating Pirates; Knowing Myself:\tAutobiographies\tof Women; Learning to Learn; Liberty, Justice\tand\tMorals; Machiavelli and Shakespeare; Reflexions II; Self Expression and Society; Studies in Prejudice; Technology\tand\tHuman\tNature; The Age\tof\tReason; The Discoverers; Scientific Revolution; Environmental Options; The World of the Middle Ages; Understanding McLuhan\tand\tthe\tSixties; Understanding Social Sciences; Values of Growth and Being; Applied Educational Theory.Pour le cours Humanities 101 (Creativity and the Arts), l'élève choisit parmi les titres suivants: Wealth and Power; Western Asia; Art and Creative Spirit; Avant-Garde Art; Classical Music; Culture for the Millions; Eastern Folklore; East/West in Art; Contemporary Art; Educational Television; Education in action; Experience of Music; Fiction et sociétés; Folklore; Ideologies of Art; Introduction to Cinema; Introduction to Mythology; Jazz and Jazzmakers; Language and Human Behaviour; Man-Woman Creative Art; Propaganda; Renaissance to Baroque Art; Speaking Out; Stories from Africa; Television and Communication, The Art of Working with Children; The Persuasive Image; The Savage Spirit; The Writes/Rights of Women.Pour le cours Humanities 401 (Focal Issues), l'élève choisit parmi les titres suivants:\tEducational Alternatives; Action-Reaction Quebec Now; Canadian Culture and Society; Cinema and Communication; Cultures: East and West; Down and Out; Future Alternatives; Çambling; Housing; Indian Culture; In the Search of the Good Society; Intimate Relations; Jews in the Modern Times; La Science-fiction et les Problèmes de l\u2019avenir; Law and Morality; Man and the Bible; Middle East Society and Politics; Negro Slavery: An Analysis; Newspapers:\tMyth/ Reality; On Justice; Peoples and Cultures of the Middle East; Poverty in Canada; Quebec Society and Politics; Reflexions IV; Revolution in the 20th Century; War Correspondence; Welfare, Poverty and the Law; Women and Culture; Marine Studies Nous vous faisons grâce des cours de philosophie qui peuvent être choisis comme cours complémentaires dans certains programmes 24 avril Journée de ralliement au Tritorium du Cégep du Vieux Montréal Un événement culturel social politique médiatique samedi le 24 avril À inscrire immédiatement à votre agenda ! Réforme de renseignement collégial : B» Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 52 L\u2019ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE EST-IL NÉCESSAIRE DANS LES COLLÈGES?(Justification de la séquence des quatre cours communs et obligatoires de philosophie) Rapport du comité de pédagogie du département de philosophie du collège du Vieux Montréal sur l\u2019enseignement de la philosophie au collégial MARS 1993 Gérard Gélinas, Füipe Batista et Marie-Josée Rhéaume Collège du Vieux Montréal Première partie p JL lusieurs raisons ont été invoquées dans les journaux ou lors de la commission parlementaire sur la réforme des collèges pour maintenir les quatre (4) cours communs et obligatoires de philosophie au collégial mais, à notre avis, il est possible de les regrouper de façon synthétique à partir de la nature de la philosophie dans son sens le plus classique.La philosophie comme fondement de la civilisation occidentale: La philosophie, comme son nom l\u2019indique, concerne la sagesse et, en ce sens, on y a toujours vu une des activités parmi les plus nobles, d\u2019autant plus que, traditionnellement, la sagesse était étroitement associée à l\u2019âge mûr : \u201cPrimum vivere, deinde philo-sophari\u201d.Le sage était en effet considéré comme celui qui, ayant d\u2019abord vécu un grand nombre d\u2019expériences et ayant acquis de vastes connaissances, avait ensuite entrepris de mettre de l\u2019ordre dans son savoir pour en tirer des règles de conduite qui lui permettraient désormais de ne plus faire d\u2019erreurs dans ses actes durant le restant de sa vie.C\u2019est ainsi que les sociétés anciennes étaient gérées par le conseil des sages à qui on confiait les décisions importantes et de qui on attendait des modèles de vie pour se guider.De même, les premiers philosophes grecs furent d\u2019abord désignés sous le nom des sept sages.Leur originalité résidait dans leur tentative de remplacement du mythe par la raison pour fixer sagement des normes à la connaissance et des règles à la conduite.L\u2019un d\u2019eux, Pythagore, se rendit compte que l\u2019être humain ne pourrait jamais devenir complètement sage, c\u2019est-à-dire mener une vie totalement exempte d\u2019erreurs (tant théoriques que pratiques), à cause de ses limites cognitives et corporelles.Il inventa alors le terme philosophie pour désigner ceux qui cherchent à acquérir le plus grand nombre possible de connaissances dans le but d\u2019en tirer des lignes de conduite grâce auxquelles on pourrait mener une vie aussi parfaite que notre nature le permet.À ce niveau, la société actuelle ressemble beaucoup à la Grèce antique où est née la philosophie.Comme la Grèce antique, le Québec a commencé à sortir de son Moyen Age mythique avec la Révolution Tranquille.Le monolithisme religieux d\u2019antan a d\u2019abord été remplacé par d\u2019autres petits catéchismes de type marxiste ou contre-culturel.Puis, les communications de masse liées à l\u2019immigration massive et à l\u2019ouverture au monde se répandant, le relativisme culturel s\u2019est mis à croître parmi nous.Il en est résulté, aux plans personnel et social, un besoin immense de philosophie pour retrouver, comme jadis dans la Grèce, une vision du monde significative correspondant à la réalité actuelle.Parallèlement à l\u2019incertitude qui nous gagne et aux échecs qui s\u2019accumulent (divorces, etc.), des mouvements salvateurs dits parallèles et des sectes se développent de toutes parts en Réforme de l\u2019enseignement collégial Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 55 4> marge des institutions au gré des besoins, des modes, des groupes de pression, des battages publicitaires ou des procès qui en résultent parfois.De la même façon, ce serait, semble-t-il, le cosmopolitisme régnant dans les cités marchandes de la Grèce orientale qui aurait autrefois provoqué l\u2019ébranlement de la pensée mythique qui régnait jusque là sans opposition.Le caractère démocratique de la société grecque a rendu possible le débat sur les représentations mythiques et, comme dit Edgar Morin, le choc des idées se transforma en virus qui s\u2019attaqua au programme religieux totalitaire.La démocratie fut cependant fortement ébranlée par la remise en question d\u2019une telle pensée, car toutes les normes traditionnelles de la vie morale et sociale protégeant les institutions sombraient alors dans le relativisme exploité par les sophistes.La crise sociale qui suivit amena la naissance des grandes philosophies qui, comme l\u2019a fortement répété François Châtelet, cherchèrent à mettre sur pied un discours qui serait plus fort que l\u2019opinion et qui pourrait trancher entre les arguments opposés déchirant la société.La recherche de la vérité fut ici, semble-t-il, commandée par la volonté d\u2019échapper aux malheurs perpétuels d\u2019une démocratie vagabonde dirigée par les discours des beaux parleurs mis au service d\u2019intérêts conflictuels privés qui cherchaient à s\u2019attirer les votes de l\u2019assemblée à leur profit.Pour réussir dans leur projet ambitieux, les philosophes constatèrent rapidement qu\u2019il leur fallait développer certaines attitudes de prudence cognitive, d\u2019humilité intellectuelle, de rigueur d\u2019esprit, de précision et de cohérence, de mise à distance, de remise en question, de curiosité insatiable, de pouvoir d'émerveillement, de patience et d\u2019honnêteté, de dialogue authentique, etc.Toute l\u2019histoire de la philosophie est le déploiement diversifié de ces attitudes à la fois épistémologiques et éthiques chez certains individus exceptionnels pour augmenter nos connaissances et les hiérarchiser de façon telle que le sens de notre vie puisse en émerger avec les valeurs qui y correspondent et ainsi guider adéquatement notre action.Inlassablement, les philosophes ont cherché comment passer de l\u2019opinion à la science authentique en raffinant les pistes de recherche en cours ou en explorant de nouvelles avenues, visant ainsi à amener les humains à passer le plus possible de l\u2019action aveugle et étroite à la conduite éclairée et ouverte.C\u2019est ce projet rationnel de transformation de l'homme en friche englué dans l\u2019étroitesse de l\u2019opinion pour en faire une personne riche et épanouie par le biais d\u2019une vie cohérente et significative qui nous permet de dire que la philosophie est un des fondements de la civilisation occidentale.C\u2019est cette démarche que les professeurs de philosophie cherchent à refaire avec les collégiens et collégiennes qui, même s\u2019ils n\u2019ont que 17 ou 18 ans, sont généralement assez vieux existentiellement pour que celte activité soit en mesure de les interpeller.En effet, déjà adultes dans leur mode de vie, beaucoup travaillent ou ont eu leurs premières expériences sexuelles et déjà fondé leur foyer; beaucoup ont vécu des événements éprouvants liés aux drogues ou à leur famille; beaucoup se sentent contradictoirement sollicités par les valeurs conflictuelles de notre société qu\u2019ils reprochent parfois aux aînés d\u2019avoir rendue trop libérale, etc.Dès lors, qui peut mieux que la philosophie aider ces jeunes adultes à se retrouver dans ce qui leur arrive souvent de façon précipitée et étourdissante?Les jeunes ont manifestement besoin d\u2019un supplément de réflexion, car ils sont actuellement confrontés à des situations inédites et la philosophie leur permet non seulement d\u2019utiliser toutes les ressources de la pensée, mais aussi d\u2019explorer de façon rigoureuse des voies d\u2019avenir en faisant craquer les cadres clos qui emprisonnent l'esprit.La marche vers la sagesse à laquelle les cours de philosophie invitent les collégiens fait sans doute usage des acquis des autres disciplines (qui relevaient autrefois de la philosophie en tant que moyens avant de se séparer d\u2019elle), mais la philosophie pose un regard tel sur la totalité du réel qu\u2019aucune autre discipline ne peut la remplacer dans sa recherche de cohérence et de sens ou de coordination des valeurs.De plus, pour accéder à la vision du monde que cherche à élaborer la philosophie, les diverses attitudes (prudence, etc.) dont nous avons parlé tantôt doivent être appliquées sur les grandes questions de fond (mort, bien et mal, étc.) que les autres disciplines abordent de façon très étroite en fonction des présupposés et des méthodes de leur spécialisation.À ce niveau, l'apport de la philosophie est donc Réforme de renseignement collégial 54 Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 unique et irremplaçable en ce qu\u2019elle aborde, comme le note la Coordination provinciale de philosophie, \u201cles problèmes les plus généraux et les plus fondamentaux de l\u2019humanité, de manière systématique\u201d.Une question mal posée : la formation fondamentale.En vertu de ce qui précède, il nous semble que le débat est bien mal engagé lorsqu\u2019il se situe, comme c\u2019est généralement le cas, à l\u2019intérieur du cadre de la formation fondamentale.Tout le monde reconnaît que ce concept manque de clarté et qu\u2019on ne s\u2019entend généralement pas sur une définition précise du terme.Il en résulte ainsi une querelle entre les disciplines, chacune estimant être en mesure d\u2019apporter une contribution importante à ladite formation.D\u2019où ce qu\u2019on pourrait appeler l\u2019inflation de la formation fondamentle en ce sens qu\u2019elle ne cesse de s\u2019enrichir sous prétexte qu\u2019elle vise l\u2019individu total.Étant donné que l\u2019être humain a des yeux, des oreilles, un sexe, une cervelle, un estomac, etc., chaque discipline peut revendiquer une de ces parties pour l\u2019éduquer et assurer ainsi le développement intégral de l\u2019individu.On se voit dès lors obligé de reconnaître que chaque discipline contribue à sa façon à la formation fondamentale mais, pour s\u2019accaparer une part plus importante de cette formation, chaque discipline entre en concurrence avec les autres dans ses tentatives pour démontrer que c\u2019est elle qui y contribue le plus et le mieux.Les disciplines non retenues ou dont la contribution reste marginale s\u2019en estiment lésées et cherchent à réactiver sans cesse le débat pour se faire une place au soleil.Cette voie conduit à l\u2019impasse et ce sont les budgets disponibles ou la longueur du calendrier scolaire qui finissent habituellement par limiter l\u2019étendue de la formation jugée fondamentale.Dans le cas de la philosophie, la situation semble différente : la philosophie n\u2019est pas un savoir particulier parmi d\u2019autres, mais elle est la discipline qui cherche un sens à toutes les activités humaines et à tous les savoirs particuliers pour les faire coexister de façon telle que l\u2019individu mène une vie plus sage.En ce sens, on pourra, au nom de la formation fondamentale, donner par exemple tous les cours de nutrition qu'on veut pour amener les gens à bien s\u2019alimenter, mais le jour où le fait de se nourrir n\u2019aura plus de sens pour eux, ceux qui n\u2019ont plus de raisons de vivre cesseront peut-être de manger.Ceci veut dire que la philosophie est à ce niveau première par rapport aux autres activités en ce sens que c\u2019est elle qui cherche à fixer les coordonnées à partir desquelles tout le reste trouve son sens.Il en est ici comme du point qui, en géométrie analytique, n\u2019a pas de signification tant qu\u2019il n'est pas situé par rapport à des axes qui lui confèrent une valeur.Tout comme l\u2019agencement significatif de tous ces points sur des axes donne une courbe mathématique aux propriétés uniques, de même la coordination des composantes de l\u2019existence humaine par la philosophie donne non seulement un sens à la vie mais la possibilité d'une sagesse authentique.Cette activité synthétique de signification est d'autant plus importante à un moment où les savoirs particuliers tendent à s\u2019émietter et à se spécialiser hermétiquement.Dans nos sociétés libérales et démocratiques, ce sont les individus qui fixent eux-mêmes les axes à partir desquels ils veulent organiser leur vie tant au plan personnel que collectif.Cette façon de faire implique que des idées et des projets s\u2019affrontent continuellement en public et que l\u2019individu ait à se situer face à elles.Plus il est capable de le faire, plus il est en mesure de participer lui-même aux débats publics et de contribuer à l\u2019avancement de sa société.Plus il est capable de le faire à partir de ce que l\u2019humanité semble avoir jusqu\u2019ici produit de meilleur, plus l\u2019individu a une existence riche grâce à laquelle il pourra vraisemblablement enrichir lui-même l\u2019humanité.À notre avis, on doit donc cesser de se demander dans quelle mesure l\u2019enseignement de la philosophie contribue à une formation fondamentale préalablement définie tant bien que mal qui engloberait potentiellement un vaste éventail de disciplines.Il faut plutôt se demander si nous voulons le type d\u2019individu qui résulte d\u2019une formation philosophique, tout en sachant que celui ou celle qui apprend à philosopher développe obligatoirement des habiletés d\u2019abstraction et de conceptualisation, des habitudes de pmdence et de rigueur intellectuelles, un esprit de méthode, la capacité d\u2019argumenter, l\u2019ouverture d\u2019esprit, le sens critique, le souci des nuances et des perspectives, etc.Toutes ces qualités sont transférables de sorte que, tant au Réforme de l\u2019enseignement collégial 55 4» Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 plan personnel que professionnel, tout le monde y gagne car, pour reprendre une expression de la Politique institutionnelle d\u2019évaluation des apprentissages du collège du Vieux Montréal, l'individu exerce alors une \u201cactivité humaine pleinement assumée\u201d qui est le but ultime de l\u2019enseignement.Dans ces conditions, un tel individu est certainement susceptible de devenir un citoyen exemplaire capable de s\u2019impliquer dans une société de plus en plus polyvalente et diversifiée où les changements s\u2019accélèrent.La place de la philosophie dam les études supérieures.Dans l\u2019état actuel de nos connaissances, beaucoup de spécialistes estiment que, pour l\u2019être humain, l\u2019individu trouve l\u2019essentiel de sa nature dans la culture environnante.D\u2019où l\u2019importance accordée, dans nos sociétés, à l\u2019éducation qui vise à faire assimiler aux individus les principaux acquis des générations passées afin qu\u2019ils n\u2019aient pas à redécouvrir les connaissances et les expériences que nos prédécesseurs ont développées de peine et de misère au fil des siècles.A ce niveau \u2014 et c\u2019est ce qui rend dramatique le phénomène de l\u2019abandon scolaire \u2014 ,on considère que plus un individu est instruit et a fait sienne une part importante de l\u2019héritage de l\u2019humanité, plus sa nature est généralement mieux développée que celle de ceux qui, démunis d\u2019une part plus ou moins importante du capital culturel de leur espèce, sont plus laissés à eux-mêmes pour actualiser leur potentiel actuellement réalisable.On dit d\u2019ailleurs de ces derniers individus qu\u2019ils peuvent subir un phénomène d\u2019aliénation, c'est-à-dire de dépossession face à leur nature dont l\u2019état idéal est fixé par les réalisations jusqu\u2019ici accomplies par l'humanité.Chaque société fait cependant ses choix dans ce qu\u2019elle peut et souhaite offrir du patrimoine de l\u2019humanité à ses membres par le biais de l\u2019éducation, surtout lorsque cette éducation est publique et gratuite.Certains éléments sont considérés comme un luxe, alors que d\u2019autres sont évalués comme indispensables et nécessaires.La question qui nous intéresse ici est de savoir si la philosophie doit faire partie de cette dernière catégorie au niveau collégial dans le Québec contemporain.Le Rapport Parent a répondu \u201coui\u201d il y a plus de vingt-cinq ans en insérant quatre (4) cours de philosophie communs et obligatoires dans la formation des collégiens des secteurs professionnel et général.D\u2019après, les rumeurs qui circulent, l\u2019actuel projet de réforme des collèges remettrait en question cet acquis.Pour y voir plus clair, disons que lorsque les individus ne trouvent pas dans la société officielle et légale ce dont ils ont besoin ou ce qu\u2019ils désirent, ils vont le chercher ailleurs.C\u2019est par exemple actuellement le cas des cigarettes : beaucoup de fumeurs estiment que le tabac est surtaxé de sorte qu\u2019ils font appel à la contrebande pour se procurer ce que la société leur refuse.Sans aller jusqu'à dire que tous les membres de la société désirent consciemment et ouvertement des cours de philosophie, on peut au moins avancer, comme le disait Maurice Lagueux au moment de la création des cégeps (Pourquoi enseigner la philosophie ?), que tout homme est naturellement philosophe dans la mesure où il cherche à mettre de l\u2019ordre dans sa vie et à lui trouver un sens.L\u2019important, ajoutait Lagueux, est que chacun le fasse le moins mal possible.Par ailleurs, dans l'optique de l\u2019évolution des besoins du psychologue Maslow, on peut estimer que plus un individu est instruit, plus son besoin philosophique a de chances de s\u2019affiner et de croître.Si on prend pour acquis que les collégiens peuvent être plus portés aux questions philosophiques, du fait même qu\u2019ils poursuivent des études supérieures qui les sensibilisent à de nouvelles données et les ouvrent à de problématiques complexes, on peut présumer que, dans la confusion culturelle actuelle dont nous avons fait état plus haut, si les institutions régulières ne leur apprennent pas à construire eux-mêmes le mieux possible leur philosophie personnelle, ceux-ci iront peut-être la chercher dans des visions du monde marginales souvent simplistes qui sont en quelque sorte l\u2019équivalent du tabac de contrebande dans notre analogie.Or nous savons que le tabac de contrebande risque de ne pas correspondre aux mêmes standards de qualité que la marchandise qui a cours légal.Un individu qui poursuit des études supérieures sera souvent confronté à des visions du monde variées et complexes qui demeureront foncièrement inintelligibles pour lui s\u2019il ne possède pas une formation intellectuelle adéquate pour les comprendre dans leurs soubassements.Et il se pourra qu'il Réforme de l\u2019enseignement collégial 56 Bulletin de la s.p.Q.\u2014 Hiver 1993 se contente ainsi de réalisations qui sont de beaucoup inférieures à ce que l\u2019humanité a depuis longtemps produit de meilleur.Par exemple, on apprenait récemment que des groupes dits néo-nazis cherchent la purification de la race alors qu\u2019il y a belle lurette que ce concept a été répudié par la science : faute d\u2019éducation, un concept périmé est encore actif auprès de certains et ce concept les fanatise stupidement.Nous avons ici un bel exemple du phénomène d\u2019aliénation dont il était question plus haut.Bien sûr la société tente de protéger ceux qui sont sans défenses intellectuelles adéquates contre les abus qui peuvent résulter de ce qu\u2019on pourrait appeler le libre marché des idées, en créant des organismes de contrôle comme Info-sectes ou en adoptant des lois qui visent à prévenir l\u2019endoctrinement de masse.Pourtant, tout comme l\u2019action de la police du tabac est plus ou moins efficace sans volonté politique ferme, l\u2019effet de mesures dissuasives reste forcément limité si, au nom de la liberté d\u2019expression, les choses les plus extravagantes peuvent être dites et imprimées dans l\u2019indifférence quasi-générale (qu\u2019on pense par exemple à ceux qui soutiennent impunément que les camps d\u2019extermination nazis n\u2019ont pas existé) et où certaines gens se laissent facilement convaincre du seul fait que ces choses soient imprimées.L\u2019aveuglement semble d\u2019ailleurs d\u2019autant plus facile que, dans le vide spirituel dans lequel se trouvent parfois ces individus, une doctrine sera d\u2019autant plus fascinante qu\u2019elle sera simple et expliquera tout à partir d\u2019une réponse unique.Une telle situation serait désastreuse chez des gens qui, accédant aux études supérieures les conduisant à des postes de responsabilités, devront plus lard prendre des décisions, faire des évaluations, etc.dans la mesure où ils feront partie de l'élite intellectuelle de notre société et à qui incombent généralement les débats d\u2019idées sur lesquels repose notre démocratie.On présuppose habituellement que, à la fin de leurs études, ces individus sont rationnels et éclairés, de sorte qu\u2019on estime que, chez eux, ce qui se rapproche le plus de la vérité finira toujours par sortir de leurs débats publics où les affirmations aberrantes et les positions mal argumentées seront fatalement éliminées.Pourtant, il n\u2019y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre et on ne naît pas au monde tout équipé intellectuellement en étant prêt à suivre ou à participer activement aux débats d\u2019idées avec un esprit de prudence ou des capacités critiques aiguisées.En général, il faut beaucoup de temps aux individus pour intégrer les acquis auxquels l\u2019humanité a pu parvenir au cours des siècles en apprenant, par exemple, à se protéger peu à peu des préjugées ou des emportements de l\u2019affectivité dans le processus de connaissance.C\u2019est du moins ce que vingt-cinq années d'enseignement de la philosophie au collégial nous ont permis de constater auprès des jeunes.Les quatre cours communs et obligatoires.Les professeurs de philosophie tentent de former intellec- tuellement les collégiens A partir de ce qui, dans notre tradition, semble avoir été produit de meilleur A ce niveau, à savoir en utilisant le corpus philosophique qui est généralement considéré comme un modèle de rigueur, de méthode, d\u2019ouverture d\u2019esprit, de prudence intellectuelle, de problématisation A l\u2019oeuvre, etc.L\u2019accession à cet univers n\u2019est pas facile et la maîtrise des habiletés et des leçons qu\u2019on peut tirer de sa fréquentation requiert non seulement beaucoup de temps, mais un synchronisme des apprentissages.C\u2019est ce que tentent de réaliser les quatre cours actuels de philosophie au moyen d\u2019une séquence graduée de contenus et d\u2019habiletés intellectuelles supérieures, notamment au niveau du degré d\u2019abstraction et de pénétration critique (voir la deuxième section du présent document et les annexes une et deux).Cependant, il semble bien qu\u2019on ne retrouverait pas ce type de formation organique, qu\u2019il a fallu vingt-cinq ans pour affiner et adapter à la clientèle des collèges, avec des cours isolés de logique, d\u2019histoire des idées et d\u2019éthique qui, selon la mineur, remplaceraient le présent programme de philosophie dans la réforme des collèges souhaitée par la Ministre Robillard.Non seulement ces cours ne semblent pas former séquence entre eux, mais leurs objectifs paraissent curieusement avoir été ramenés à leur simple titre! Si on dit \u201cOui\u201d A la philosophie, il faut bien voir que son programme de formation constitue un tout qu\u2019il est impossible d\u2019amputer sans perdre Réforme de renseignement collégial 57 Hh des aspects importants qu\u2019aucune autre discipline ne pourra combler, d\u2019autant plus que les quatre cours actuels semblent le minimum temporel nécessaire pour réaliser ce type d'apprentissage qui, visant ce qu\u2019il y a de plus profond et de plus humain dans la personne, est à la fois complexe et délicat.Beaucoup de penseurs, de psychologues et de pédagogues (Freud, Piaget, Maslow, K.Lewin, Paulo Freire) qui ont marqué la pensée occidentale ont passé toute une vie à démontrer que le raisonnement et la maturité intellectuelle ne s\u2019acquièrent avec lucidité qu'à l\u2019intérieur d\u2019un cadre rigoureux où le facteur temps joue un rôle déterminant.La contestation de la philosophie : En général, les \u201cacteurs et observateurs qualifiés de l\u2019enseignement collégial\u201d (L\u2019enseignement collégial : des priorités pour un renouveau de la formation, p.149) qu\u2019avait écoutés le Conseil des collèges pour souligner les difficultés que semble poser, aux yeux de certains, l\u2019enseignement de la philosophie se sont peu manifestés publiquement.Au contraire, l\u2019attitude du public dans les divers secteurs de la société est, en général, très positive à l\u2019égard de la philosophie dans les différentes tribunes d\u2019opinion qui sont parues dans les journaux (voir, en annexe trois, la revue de presse sur cette question).Du côté des autorités cependant, une certaine hostilité perce clairement dans les objections répétées et les questions qui ont, par exemple, été soulevées à la commission parlementaire lors de l\u2019audition du groupe \"Philosophie au Collège\u2019\u2019.Ainsi, à la suite Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 de certains de ses pairs, un député a fait état de la déception personnelle qu\u2019il a vécue face à l\u2019enseignement de la philosophie lorsqu\u2019il était au collège et il a annoncé qu\u2019il tiendrait compte de cette expérience lorsque viendrait le temps de \u201cprendre une décision à l'intérieur du gouvernement et de la commission parlementaire\u201d (Journal des débats, 11 novembre \u201892, p.CE-626).À notre avis, il ne faudrait pas que certains parlementaires se servent de leur position pour s'adonner, sur le dos de la philosophie en général, à un règlement de compte qui concerne certains cours marginaux ou relevant d\u2019une autre époque et dont ils ont gardé un mauvais souvenir (voir, plus loin, la section sur les garanties qu\u2019offre la séquence actuelle).Reste la clientèle à qui s\u2019adresse cet enseignement.Bon nombre d'élèves, a t-il été dit à la commission parlementaire, souhaiteraient la diminution ou l'élimination des cours de philosophie au collège.Même si les premiers concernés ont leur mot à dire, on peut se demander s\u2019il n\u2019en est pas ici comme des médicaments et des vaccins dont on se passerait bien si on avait le choix, d\u2019une part, parce qu\u2019ils sont amers et, d'autre part, parce qu\u2019on n\u2019en ressent généralement pas les effets bénéfiques de façon nette lorsque leur action est à long terme.Contrairement aux compagnies pharmaceutiques, il reste peut-être encore aux professeurs de philosophie à trouver des arômes plus savoureuses pour dorer la pilule d\u2019une matière abstraite et complexe mais dont les avantages sont par ailleurs indéniables.Contrairement aux années antérieures, plusieures expérimentations pédagogiques se font actuellement à grande échelle, comme en témoignent les divers manuels de philosophie qui ont été récemment mis sur le marché, mais il s\u2019agit d\u2019une entreprise complexe étant donné que les variables en jeu varient constamment (tâche d'enseignement, nature de la clientèle, conditions de travail, etc.).Du temps est donc nécessaire dans ce domaine.Conclusion de la première partie : Si on se rappelle que l\u2019enseignement de la philosophie dont il est ici question concerne le premier niveau des études supérieures, on doit prendre en considération que ceux et celles à qui il s\u2019adresse sont destinés à occuper des postes de responsabilité où les apports de la philosophie pourront s\u2019avérer capitaux lorsqu\u2019il s\u2019agira de porter des jugements, de faire des évaluations, de comparer des alternatives, de prendre des décisions, de faire des recommandations, etc.Le collège semble donc un bon endroit pour dispenser la formation philosophique, car il s\u2019agit de l\u2019étape terminale des éludes pour bon nombre de ceux qui, au secteur technique, accéderont directement au marché du travail, alors que ceux qui iront à l'université n'auront probablement pas le temps, au cours de leur spécialisation, d\u2019aborder suffisamment cet aspect de leur formation.En se plaçant du point de vue de la clientèle des collèges et du rôle qu\u2019on attend d'elle plus tard, tant au plan professionnel que social, voilà en quoi réside, selon nous, la nécessité de l\u2019enseigne- Réforme de l\u2019enseignement collégial * 58 Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 ment de la philosophie dans les collèges.Étant donné qu\u2019il faut avoir atteint une certaine expérience de vie et une certaine maturité pour aborder le corpus philosophique, cette discipline est enseignée à des jeunes adultes au moment où ils s\u2019engagent dans leurs études supérieures.Au plan personnel, cet enseignement apporte un surcroît de formation indispensable pour que la future élite puisse convenablement tenir le rôle que la société attend d\u2019elle.Des individus plus réalisés et agissant plus sagement sont incontestablement un atout non négligeable.Par ailleurs, étant donné que, dans le domaine des idées, il existe actuellement un grand éparpillement en vertu, d\u2019une part, de la spécialisation des diverses disciplines dans le monde saVant et, d\u2019autre part, de la confrontation des doctrines les plus diverses dans le grand public, la fonction synthétique et critique de la philosophie s\u2019avère d\u2019autant plus nécessaire chez ceux et celles qui entreprennent des études supérieures : il en va de la bonne santé de la démocratie et de notre capacité d\u2019aborder l\u2019avenir avec des cadres significatifs rigoureux et adaptés.Une question capitale subsiste: nous avons ici dégagé un cadre qui, sans prétendre être complet, tente de ramener le débat à un niveau rationnel, mais que faire pour qu'il s\u2019y maintienne si les protagonistes en viennent un jour à avoir réciproquement l\u2019impression que leurs interlocuteurs ne veulent ou ne peuvent plus entendre raison ?Qu\u2019on le sache : des intérêts puissants sont en jeu dans ce débat que la passion peut facilement faire déraper en dénaturant la parole dont les professeurs de français et de philosophie devraient pourtant être les gardiens par excellence au niveau de la forme et du contenu.Deuxième partie La séquence des cours communs et obligatoires /Ît présente section a deux objectifs : premièrement, expliciter l\u2019adaptation que le département de philosophie du collège du Vieux Montréal a faite de la séquence provinciale des cours communs et obligaoires récemment adoptée par l\u2019ensemble des collèges du réseau et, deuxièmement, souligner les garanties que cette séquence offre dans\tl\u2019évaluation\tdes apprentissages et la standardisation des enseignements (voir, les annexes une et deux pour consulter les documents officiels).Étant donné que la séquence dont il est ici question est actuellement en cours d\u2019implantation, nous nous limiterons à indiquer les grands principes qui guident l\u2019adaptation locale que nous sommes en train d\u2019en faire, suite à nos premières discussions.Il va de soi que, avec la poursuite de nos échanges et à la lumières des résultats que nous obtiendrons au fur et à mesure du déroulement de l\u2019expérience, la présente grille sera éventuellement modifiée et ajustée lors des versions à venir.Qu\u2019on ne considère donc pas ce qui est dit ici comme une version définitive, un bilan de programme ou une série de conclusions, mais comme l\u2019exposé de ce qui se vit en partie réellement ou est à l\u2019état de projet actif au département de philosophie du collège du Vieux Montréal depuis septembre 1991.La présente séquence est cependant le résultat des recherches et des discussions des trois dernières années, tant au plan local que provincial.En un sens, on pourrait également dire que cette séquence est le résultat de nos vingt-cinq années d\u2019enseignement dans les collèges dans la mesure où elle désigne enfin ce qui, après expérience, s\u2019est révélé peu à peu incontournable à travers toutes les formes qu\u2019ont pu prendre nos enseignements durant toute cette période.Chaque collège adaptant et expérimentant depuis septembre dernier la grille dont il est ici question, les rencontres de coordination provinciale mettront en commun les expertises acquises et modifieront possiblement en conséquence la première esquisse de notre séquence commune.les principes de base de la séquence.La première préoccupation de la nouvelle séquence des cours obligatoires communs en philosophie a consisté à opérationnaliser les apprentissages que nous voulons développer chez nos élèves et à graduer, du simple au complexe, les apprentissages de façon telle que le dernier cours rassemble ces apprentissages sous la forme d\u2019une activité qui actualiserait les acquis réalisés par l\u2019élève lors des trois premiers cours.En ce sens, les trois premiers cours sont préparatoires et, par le fait même, préalables au quatrième et dernier cours de la séquence.Autrement dit, on devrait retrouver à l'oeuvre, dans le dernier cours, le \"produit\u201d terminal Réforme de l\u2019enseignement collégial * Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 59 que nous désirons former à l\u2019aide de l\u2019enseignement de la philosophie, alors que les trois premiers cours ne présenteraient que des réalisations partielles, bien que nécessaires, de l\u2019objectif final.a) La dissertation comme point d\u2019aboutissement (au 4e cours).Partant du constat que la dissertation philosophique est le type de travail qui correspond le plus au genre d\u2019exercice qu\u2019on trouve dans le corpus philosophique, c\u2019est-à-dire à ce que les philosophes professionnels universellement reconnus ont eux-mêmes fait, il a d\u2019abord fallu identifier les opérations qu\u2019exige la dissertation philosophique.En effet, celui qui fait une dissertation philosophique doit être capable de bien repérer ce qui est en jeu dans le sujet de travail ou le texte de départ, au moyen d\u2019une activité d\u2019analyse, notamment au plan conceptuel; il doit ensuite être capable de problématiser le sujet de travail ou le texte de départ de façon philosophique, c'est-à-dire en questionnant les concepts à l\u2019oeuvre pour remonter aux grands problèmes de fond qu\u2019ils impliquent et dont l'éclaircissement est préalable à la résolution de la question spécifique rattachée au sujet de travail ou au texte de départ; de plus, la dissertation demande que des recherches d'informations et de documentation soient faites de façon à alimenter adéquatement la réflexion, ce qui implique que l\u2019auteur soit capable de bien résumer les données de ses sources; par ailleurs étant donné que la documentation risque de révéler du matériel contradictoire, l'auteur de la dissertation devra faire un tri éclairé dans ses données, ce qui implique la capacité de réflexion critique; enfin, pour traiter son sujet et arriver à des éléments de solution du problème traité, l\u2019auteur devra argumenter en confrontant les thèses et les objections pour en arriver à une position personnelle raisonnée et nuancée.La dissertation implique donc plusieurs habiletés intellectuelles que les trois premiers cours obligatoires communs, en tant que préalables, prennent pour objets.Là aussi, la façon de procéder est la même : il s\u2019agit d\u2019abord d\u2019identifier les opérations observables et mesurables que l\u2019élève devra être capable de faire à la fin de chacun de ces trois cours et de graduer ensuite celles-ci en fonction de leur complexité et du rôle qu\u2019elles seront appelées à jouer dans la dissertation.A ce niveau, l\u2019objectif terminal de l\u2019actuel 101 est le résumé de texte argumentatif (qui présuppose un travail préliminaire d\u2019analyse de texte et de repérage de concepts); le 201 fait faire des compte-rendus, aussi appelés résumés critiques et le 301 fait pratiquer le commentaire de texte.La dimension philosophique de ces trois activités sera expliquée un peu plus loin.b) L'autonomie intellectuelle à l'oeuvre ¦.Par ailleurs, la dissertation exige une grande confiance intellectuelle de la part de l\u2019auteur, car celui-ci doit fixer lui-même sa problématique en se situant au niveau de l'abstraction conceptuelle, se documenter de façon autonome, comparer et évaluer ses sources, confronter les idées, construire son argumentation, anticiper et réfuter les objections éventuelles qu\u2019on pourrait lui faire, etc.C'est pourquoi les quatre cours sont également gradués en fonction de cette composante : les activités démandées au 101 visent d\u2019abord à développer la familiarité de l\u2019élève avec des textes argumentatifs philosophiques et à l\u2019habituer à repérer la dynamique des concepts dans un texte abstrait déjà fait; autrement dit, le 101 montre à l\u2019élève à quoi ressemblent les philosophes à l\u2019oeuvre et, par le biais de résumés de textes, l\u2019élève doit simplement reproduire la démarche entreprise dans le texte philosophique d\u2019origine : un premier apprentissage par imitation d\u2019un modèle (apprentissage vicariant) se produit ici et développe une certaine aisance chez l\u2019élève face aux textes du corpus philosophique qui seront toujours le matériel sur lequel il travaillera dans les trois autres cours obligatoires.Le 201 demande de l\u2019élève un exercice moins dépendant que le résumé, car il faut maintenant doubler le résumé d\u2019une critique dans laquelle l\u2019élève commence à s\u2019affirmer.La critique interne se penche sur la qualité des définitions du texte d\u2019origine, recherche les sophismes, évalue la force des arguments par rapport à la thèse de l\u2019auteur, etc.Par ailleurs, pour aider l\u2019élève à faire également une critique externe, de la documentation antithétique sur un même sujet peut être fournie et c\u2019est par comparaison des arguments de part et d\u2019autre que l\u2019élève en vient à faire la part des choses et à porter lui-même un jugement personnel qui est à la fois nuancé et rationnel.L\u2019élève commence ici à manifester l\u2019autonomie intellectuelle à laquelle 60 Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 on fera pleinement appel dans la dissertation, sauf que, au 201, il est bien encadré par les textes qui lui sont fournis.Le 301 aborde l\u2019opération complexe de la problématisation où l\u2019élève doit passer de ce qui est apparent dans un texte à ce qui y est implicite, c\u2019est-à-dire que l\u2019élève doit identifier les présupposés de la question ou du problème qui se dégage du texte qu\u2019on lui soumet et, une fois ceci fait, l\u2019élève doit développer cette problématique dans le cadre de la pensée de l\u2019auteur étudié.Autrement dit, après avoir identifié la question de fond impliquée par les thèmes et les propos d'un texte philosophique de départ, celui qui fait un commentaire de texte doit se documenter sur le philosophe qu\u2019il étudie pour connaître sa pensée et y développer la problématique implicite dont il est question dans le texte à l\u2019élude.Cette opération élargit les horizons et fait aller au fond des choses.Dans la mesure où, pour développer la problématique qui se trouve éparse dans l\u2019oeuvre de l\u2019auteur à l\u2019étude, l\u2019élève peut rencontrer des affirmations contradictoires dans la pensée de l\u2019auteur, il doit alors interpréter les textes et se justifier en se mesurant aux commentateurs : par là, il fait preuve\td\u2019autonomie et d\u2019indépendance intellectuelles.Dans la dissertation philosophique, toutes ces opérations sont à l\u2019oeuvre de façon personnelle.c) Des contenus philosophiques adaptés.Les habiletés intellectuelles ne s\u2019exercent pas à vide, mais sur un contenu.Or, le contenu retenu dans les cours de philosopphie est celui qui, en même temps qu\u2019il permet à l\u2019élève de maîtriser les habiletés intellectuelles qu'on attend de lui, lui fait voir d\u2019où viennent ces habiletés qu\u2019on lui demande de maîtriser, quelle est la signification de ces habiletés et en quoi elles forment une part importante de l\u2019héritage culturel que l\u2019Occident nous a laissé.Par exemple, en étudiant au 101 le passage du mythe à la rationalité grecque, l\u2019élève voit les difficultés que doit surmonter l\u2019esprit pour argumenter rationnellement sur des réalités qui vont aujourd\u2019hui de soi : le développement technique, la valeur exclusive de la raison, etc.De même, en voyant les sophistes à l'oeuvre et les conséquences qu'ils ont eues sur la démocratie grecque, l'élève voit l\u2019importance de l'argumentation rigoureuse; ou encore, en voyant que Socrate fait sortir de l\u2019impasse ses discussions avec ses interlocuteurs sitôt que certaines règles de définition ou de logique sont respectées, l\u2019élève apprend la nécessité de la rigueur intellectuelle, etc.De la même façon, l\u2019étude de la naissance de la rationalité moderne au 201 fait voir la nécessité de l'esprit critique contre les pièges de l\u2019évidence et de la tradition ou encore l\u2019étude des modèles de l\u2019être humain au 301 permet de montrer comment des problématiques complexes se dégagent de données apparemment simples (par exemple, le passage avec Freud des lapsus à l\u2019inconscient et à la question du déterminisme psychologique qui pose le problème de la lilxtrté humaine que l\u2019élève pourra ensuite travailler en soi au 401 dans le cadre de I éthique).La façon de travailler les thèmes ou le niveau d\u2019abstraction et de généralité où se situent nos cours font en sorte que les apprentissages réalisés ici sont à un autre niveau de ce qui se fait dans les cours d\u2019histoire ou de psychologie.Ce sont des attitudes d\u2019esprit que nous cherchons à développer par le biais des habiletés intellectuelles et des contenus informatifs au programme.Comme plusieurs l'ont souvent répété : on n\u2019apprend pas la philosophie, on apprend à philosopher.En mettant les élèves en contact avec ce qu\u2019il nous semble y avoir de meilleur dans le corpus philosophique, nous voulons que nos élèves développent une tournure d'esprit qui ressemble aux façons de faire qu'on retrouve chez ceux qui sont considérés comme des maîtres de pensée par leur rigueur, leur ouverture d\u2019esprit, leur sens critique, etc., étant entendu que ces attitudes développent la liberté d\u2019esprit qui permet la mise à distance et l\u2019ouverture aux possibles nécessaires à la quête de sagesse à tous les niveaux.les garanties offertes par la séquence : Comme on peut le voir, la nouvelle séquence des cours communs obligatoires de philosophie offre un encadrement strict qui est capable de fournir des garanties contre un reproche qui, bien que reposant sur de simples rumeurs faute d\u2019évaluation systématique et continue des cours de philosophie comme de l\u2019ensemble du système collégial depuis vingt-cinq ans, a parfois été fait à l\u2019enseignement de Réforme de l\u2019enseignement collégial 1\tî\t1 liüll\t\t \t*\tBulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993\t6l Hb\t \tla philosophie, à savoir la trop\tcours aux départements qui en font\tdons à nos étudiants, d\u2019exercices B\tgrande disparité entre les cours\tl\u2019étude avant d\u2019en recommander ou\td\u2019explications des concepts à\t: \td'un même numéro, tant au plan\tnon l\u2019approbation par le dépar-\tl'oeuvre dans les textes au os\tdes contenus qu\u2019à celui des\ttement.Or, à ce niveau, la nouvelle\tprogramme.En somme, le nou- .\texigences.Le flou qu'entraînerait\tséquence de cours assigne aux\tveau programme nous permet, in\tcelle situation soulèverait le\tenseignements un niveau une\tentre nous, d\u2019entreprendre une \tproblème de l\u2019équivalence de ces\tbase incontournable quant aux\tdémarche pédagogique continue.\tcours entre eux et la question de\thabiletés intellectuelles minimales\t \tsavoir ce qui serait exactement\tà développer et à certains contenus\tLes enseignants nen gardent \tévalué et atteint dans des cours\tfondamentaux.A cet effet, le\tpas moins une grande latitude de\t: \taussi différents.\tdépartement s'est doté depuis\ttravail, mais nos balises com- \t\tplusieurs années d\u2019un comité\tmunes font en sorte que nos cours -\tLa dimension opératoire de\tpermanent de pédagogie qui, entre\tconvergent vers\tles mêmes \tla présente séquence permet\tautres, évalue par écrit chacun des\tobjectifs\td\u2019habiletés\tet\tde\t; \td\u2019évaluer, à l\u2019aide d\u2019exercices\tplan des cours des enseignants et\tconnaissances, de sorte que nos\t; \tstandards (résumés critiques,\tenseignantes du département à\tcours sont comparables et les \tcommentaires de textes, etc.) et\tqui une copie de cette évaluation\tévaluations\téquivalentes.\tLes \tavec précision, des habiletés et\test remise assortie de recomman-\télèves qui sont souvent plus\tJ \tdes connaissances prédétermi-\tdations du comité pour que, de\tsensibles aux contenus de cours\t;j \tnées.Ayant établi d\u2019avance, sous\tsession en session, l\u2019ensemble des\tqu\u2019aux objectifs sous-jacents ne\tj; \tforme d\u2019objectifs terminaux, ce que\tplans de cours converge vers le\tvoient cependant pas toujours bien\tij \tl\u2019élève doit être capable de faire à\tprogramme commun adopté par\tce que deux cours peuvent avoir \tla fin de chacun des quatre cours,\tl\u2019assemblée départementale.\tde commun lorsque des auteurs\t:: \tl\u2019évaluation devient rigoureuse et\t\tdifférents y sont étudiés : par\ty, \tuniforme.\tL\u2019effet unificateur de la\texemple, Platon chez l\u2019un et\tij \t\tnouvelle séquence de cours s\u2019est\tAristote chez l\u2019autre pour illustrer\tj; y:\tPar ailleurs, étant donné que\tmanifesté chez nous lors de la\tla rationalité grecque.Des rumeqrs\ti \tles cours forment une séquence où\tpremière session d'implantation\tde diversité au niveau du fond\tj \tles habiletés intellectuelles et les\tdu nouveau programme par la\tpeuvent alors circuler alors qu\u2019il ne\tij \tcontenus minimaux de chacun des\tproduction d'un examen commun\ts\u2019agit que de modalités dans la \tniveaux sont un préalable pour le\tde fin de session par tous les\tforme.\tniveau suivant, la dispersion qui\tenseignants et enseignantes du\t \tpouvait exister entre les divers\t101 : cela ne s\u2019était pas vu depuis\tLa plus value \tcours s\u2019élimine d\u2019elle-même dans la\tfort longtemps! De plus, nos\t \tmesure où la bonne marche de la\trencontres pédagogiques régulières\tséquencielle: \tséquence exige que les appren-\tnous ont permis de constater qu\u2019il\t \ttissages prévus pour chaque cours\tétait alors facile de mettre en\tEn outre, on notera que les \tse fassent sous peine de tout\tcommun nos expériences et d\u2019en\tcours de philosophie organisés en li\tenrayer.Les quatre cours de\ttirer des leçons à partir desquelles\tséquence graduée permettent la in-\tphilosophie formant un tout\tnous\tpouvons\trégulièrement\tréalisation\td\u2019objectifs\tplus !!'\torganique où les parties sont\tréajuster nos enseignements.Par\tambitieux que ne le ferait un \u2018il\tinterdépendantes, les pairs et les\texemple, afin de raffermir la\tnombre\tégal\tde\tcours \télèves eux-mêmes se trouvent à\tdimension philosophique de nos\tindépendants les uns des autres, lü\u2019\tassurer un contrôle interne sur les\tactivités et pour mieux préparer les\tcomme le seraient, semble-t-il, le r\tenseignants qui seraient tentés de\télèves aux trois cours qui suivent,\tcours de logique, cThistoire des\ti yi\tdévier des objectifs de la séquence.\tnotre expérience de la session\tidées et d\u2019éthique qui, selon la Ilï\tDe plus, les politiques insti-\tdernière nous amène actuellement\trumeur, pourraient remplacer les if\ttutionnelles\td\u2019évaluation\tdes\tà nous demander s\u2019il ne faudrait\tcours communs obligatoires actuels\tj î\tapprentissage exigent que les\tpas doubler les résumés de textes\tde philosophie.En cumulant les \tenseignants remettent leur plan de\targumentatifs que nous deman-\tapprentissages qui ont d\u2019abord été 'k\t\t\t s^ÊÊmêéii \\ ¦isiilpsgi yggiM^pi: î- x.Ægifei ;,, : s: M ?i s I\t\t\t 62 Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 gradués du simple au complexe, l\u2019actuelle séquence étale dans le temps les exercices à difficulté croissante auxquels se livre l\u2019élève en deux ans et lui permet ainsi de les intégrer pour qu\u2019ils deviennent en quelque sorte une seconde nature chez lui.Autrement dit, notre séquence ne veut pas être une simple question de techniques d\u2019argumentation ou de rédaction de résumé, puisque le but de notre enseignement est de développer chez l\u2019élève, comme on l\u2019a déjà dit, une attitude d\u2019esprit, une manière d\u2019être, une mentalité qui n'auront de véritable portée philosophique, comme acquisition d\u2019une sagesse de vie, que si elles deviennent spontanées et par le fait même transférables.En d\u2019autres mots, nous travaillons à ce que l\u2019élève applique suffisamment longtemps et de façon significative les opérations que les philosophes ont découvertes au cours des siècles pour qu\u2019il en voit le bien fondé et soit ensuite à ce point à l\u2019aise avec elles qu\u2019il continue à les appliquer le plus souvent possible après son départ du collège, aussi bien dans sa vie personnelle que professionnelle et sociale.Nous tenons à la séquence étalée sur deux ans parce que les apprentissages que nous visons se situent à la fois dans le domaine de la pensée abstraite et sont en soi complexes.En ce sens, ces apprentissages exigent beaucoup de temps et de pratique.Si nos cours devaient se réduire à un enseignement de techniques mécaniques, ils ne produiraient plus les effets philosophiques qui sont notre objectif ultime de formation : amener l\u2019élève à être globalement plus réfléchi, plus paident et humble intellectuel- lement, plus critique et nuancé en distinguant l\u2019essentiel de l\u2019accessoire, plus précis et plus sensible à l\u2019implicite, plus ouvert et plus apte à saisir des vues d\u2019ensemble, etc.sur la base des grands problèmes de fond à partir desquels se posent toutes les autres questions.On comprendra peut-être mieux ce qui est en jeu ici en faisant référence, par analogie, à certaines critiques qui sont faites de l\u2019examen ministériel de français à la fin du collégial pour ceux et celles qui se destinent à l\u2019université.On a dit que cet examen ne mesure par les habiletés réelles des élèves parce que, connaissant d\u2019avance les critères d\u2019évaluation de l\u2019examen, ceux-ci rédigent leur copie en fonction des exigences qu\u2019on attend d\u2019eux (mettre des marqueurs de relation, etc.), alors que le transfert des acquis ne se produit pas lorsqu\u2019ils ne composent plus dans le cadre de l\u2019examen.En ce sens, nous ne voulons pas que l\u2019élève définisse ses termes ou manifeste de la prudence intellectuelle uniquement dans ses travaux de philosophie parce qu\u2019il y voit un caprice de son professeur auquel il doit se plier pour avoir ses notes et qu\u2019il délaisse ces habiletés sitôt que le cours est terminé parce qu\u2019il n\u2019en aura pas vu l\u2019importance ou la nécessité dans sa vie personnelle.Nous voulons que le transfert de ce qui a été appris dans les cours de philosophie se fasse pour que la philosophie puisse atteindre son objectif ultime de formation rendre les individus plus sages dans la conduite de leur vie à tous les niveaux.La philosophie semble être la discipline la mieux placée pour réaliser cet objectif grâce à son caractère synthétique et englobant qui est tout à la fois radical et rigoureux.Bien sûr, comme toute communauté professionnelle, les professeurs de philosophie adhèrent individuellement à des doctrines diverses qui rivalisent parfois entre elles, de sorte que des conflits et des débats se produisent.La communication et les discussions peuvent être en outre compliquées du fait que nous formons une communauté nombreuse répartie sur un grand territoire, mais la séquence actuelle favorise le travail en commun et les échanges fructueux du fait qu\u2019elle est d\u2019abord construite à partir des comportements spécifiquement philosophiques que nous voulons développer chez nos élèves.De ce point de vue, certaines constantes (conceptualisation, esprit critique, sens historique, conscience éthique et politique, etc.) émergent du corpus philosophique lui-même, de sorte qu\u2019un accord minimal devient possible entre nous.Cette séquence opératoire est par conséquent un acquis très précieux qui, comme on l\u2019a dit, est en quelque sorte le résultat de vingt-cinq ans d\u2019expérience dans l\u2019enseignement de la philosophie au collégial.Pour cette raison, il serait important de lui laisser sa chance, c\u2019est-à-dire de lui permettre de produire ses effets avant de se prononcer à son égard.Conclusion générale : Sur la base de ce qui précède, ne serait-il pas à propos que l\u2019implantation de la nouvelle grille se poursuive en prévoyant qu\u2019une première évaluation en soit faite par après pour y apporter les Réforme de l\u2019enseignement collégial _* * BULLEHN DE la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 63 4» ajustements jugés pertinents et qu\u2019un bilan détaillé soit enfin réalisé afin de se prononcer à son égard?Une approbation conditionnelle et provisoire suffisamment étendue pour laisser à cette expérience le temps de faire ses preuves serait d'ailleurs sans doute un bon stimulant pour que tous et toutes participent activement et à part entière au déploiement des virtualités de notre nouveau programme.Il n\u2019est peut-être pas inutile de souligner, en terminant, que le climat actuel d\u2019incertitude a un effet néfaste sur notre pratique, notamment chez les enseignants et les enseignantes les plus jeunes dont le statut est précaire depuis des années, mais dont les forces vives sont indispensables non seulement pour assurer la relève, mais pour rafraîchir et dynamiser le corps professoral vieillissant en place.Comité de pédagogie du départe-ment de philosophie, Collège du Vieux Montréal, Mars 1993 ANNEXE Adaptation locale de la grille provinciale de la séquence de habiletés intellectuelles dans les cours communs et obligatoires de philosophie.SÉQUENCE MINIMALE D\u2019HABILETÉS INTELLECTUELLES Cégep du Vieux Montréal COURS 340-101 Habiletés intellectuelles à développer Analyser, conceptualiser Opérations intellectuelles à maîtriser -Identifier des définitions et en produire (formation de concepts) -Identifier les éléments constitutifs du discours rationnel argumentatif (concepts, propositions, arguments, objections, thèses, prises de positions) Méthodologie pertinente Analyse de textes philosophiques Résumé de textes COURS 340-201 Habiletés intellectuelles à développer Porter un jugement, comparer, critiquer Opérations intellectuelles à maîtriser -Relier des concepts, identifier et produire des relations -Identifier et produire des objections et des réponses aux objections Méthodologie pertinente Résumé critique ou compte rendu COURS 340 301 Habiletés intellectuelles à développer Argumenter et conclure, synthétiser Opérations intellectuelles à maîtriser -Relier des jugements en vue de soutenir ou de réfuter une thèse -Prendre position avec justification rationnelle -Identifier les éléments communs dans des positions différentes Méthodologie pertinente Commentaire de texte ou travail de recherche.COURS 340-401 Habiletés intellectuelles à développer Problématiser, produire un discours rationnel argumentatif.Opérations intellectuelles à maîtriser -Établir une corrélation entre différentes argumentations.-Construire une argumentation cohérente et complète.Méthodologie pertinente Dissertation.> 4» Réforme de l\u2019enseignement collégial * Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 64 H(* Projet de réforme des Cegeps r Elimination de la philosophie Michel Letourneux Collège Montmorency Ce texte de Michel Letourneux a été adopté par le département de philosophie du Collège Montmorency à la réunion spéciale du 22 février 1993.T \u2019 1 j article de Michèle Ouimet dans La Presse du samedi 13 février 1993 nous informe, dès son titre, que la philosophie est éliminée dans les Cegeps.Rien de plus juste, quoiqu\u2019on puisse soupçonner que les ensengnant-e-s de philosophie seront tout de même appelé-e-s à s\u2019occuper de trois nouveaux cours obligatoires qui sont comme des sous-produits de cette discipline : la logique et l\u2019histoire des idées, qu\u2019on retrouve dans le bloc de cours communs s\u2019adressant à tous les étudiant-e-s et le cours d\u2019éthique obligatoire relié à la -spécialisation-, La formation générale renouvelée sera en réalité affaiblie puisqu\u2019en effet ce que la philosophie est en mesure de produire comme formation sera désormais aboli au profit d\u2019un ensemble de cours dont la seule qualité est d\u2019apparaître comme plus -modernes-.En premier lieu, le cours de logique voudra probablement répondre aux besoins des élèves dans le domaine de l\u2019apprentissage du raisonnement.Le premier cours actuel de philosophie inclut en fait cette prespective de formation, mais dans le cadre d\u2019une réflexion générale sur le discours.Autrement dit, dans le cadre de la philosohpie de niveau collégial, la logique n\u2019est qu\u2019un simple moyen pratique pour permettre d\u2019accéder à la maîtrise des discours.Dans la nouvelle formation, ce moyen devient un but et l\u2019on peut déjà être assuré que ce but sera raté.Aucun cours de logique, aussi intéressant et utile soit-il, ne permettra à lui seul de faire en sorte que l'élève soit capable de saisir un concept effectif dans un discours effectif.Les discours signifiants que devra saisir l\u2019élève dans sa pratique professionnelle n\u2019ont pas l\u2019allure d\u2019une succession de syllogismes et présentent des concepts qui doivent être compris plutôt que simplement situés dans un schéma formel.Or, il est possible de former les gens pour qu'ils puissent saisir des concepts ; cela est justement le but des cours actuels de philosophie, aidés en cela par la mise en place d\u2019un apprentissage de la logique dans une portion du premier cours obligatoire.L\u2019élimination du contenu philosophique dans le cours de logique aboutira nécessairement à un affaiblissement de la formation offerte quant à l\u2019apprentissage du raisonnement.En deuxième lieu, le nouveau cours d\u2019histoire des idées semble destiné à produire une formation -culturelle- pour les étudiants-e-s.Il faut d\u2019abord souligner que les cours actuels de philosophie ne ségligent en rien, au contraire, la perspective * Réforme de l\u2019enseignement collégial Bulletin de la S.P.Q.\u2014 Hiver 1993 65
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