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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
samedi 8 août 1908
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1908-08-08, Collections de BAnQ.

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[" PREMIERE SECTION PAGES l à 8 £41\u201c ANNEE\u2014N° 236 MONTREAL» SAMEDI 8 AOUT 1908 CIRCULATION 'l'OTAX.DB LA IBMAtNB ¦ 642,264 DEUX CENTINS LES NVYADES, ttürs/causes ^ %.^ ignorance! 5! tDevGuemenr I OTRE page est d une lugubre actualité.Tous les ans, notre beau fleuve et nos admirables cours d\u2019eau, ainsi que nos lacs, dévorent des centaines d'existences et, malheureusement, on peut dire que la majorité de ces drames sont le fait de leurs victimes.Notre dessinateur a exprimé avec assez de clarté ces différents accidents pour que nous nous dispensions d\u2019insister sur les causes qui les provoquent, et nous espérons que ces ¦mages, éloquentes par elles-mêmes, serviront de leçons à ceux qui s\u2019exposent à ces dangers.On ne devrait jamais aller sur l\u2019eau quand on ne sait point diriger une embarcation, ou quand on ne connaît pas la rivière sur laquelle on s aventure.On ne devrait jamais surcharger l\u2019embarcation, ni se déplacer lorsqu'elle est ,nu large, surtout si l'on monte un ba'eau à quille ronde.On ne devrait jamais peidre son sang-froid, ni se risquer dans un courant qui peut vous entraîner dans le gouffre malgré votre force musculaire et votre science de la rame.C\u2019est sur tout sur les embarcations à voile qu'il faut redoubler de prudence et de savoir.L'eau, avide de vies humaines, engloutit aussi chaque année des braves qui vont au secours d\u2019êtres en périls.A ceux-là qui se dévouent pour leui prochain, nous ne saurions trop recommander la prudence.Si elle leur fait défaut, c\u2019est deux morts au lieu d\u2019une que nous avons à déplorer. LA PRESSE SAMEDI 8 AOUT 1908 Pim iimimi i r-> « yj) ¦/ 'J ,l' LA FAMILLE1*GRAND-PAPA LA CLOCHE (à DIEU A VOULU QUE' LES PETITS ENFANTS EUSSENT | UN CHARME OUI LES FIT AIMER.LE 11 DON DE DIEU U Par des solennités extraordinaires, la vieille capitale vient de célébrer le troisième centenaire de sa fondation.Cette date restera trèsjraln les hommages de la Jeunesse tn ENFANTS D\u2019AUTRICHE Récemment, les élèves des écoles ont présenté leurs hommages à l'empereur A l\u2019occasion du soixantième anniversaire de son avènement Des milliers d'enfants, les garçons en costumes foncés, les filles en robes blanches, avec écharpes aux couleurs nationales, remplissaient la grande pelouse située dans le parc de Schoenbrunn, devant le chateau, sur la terrasse duquel l'empereur *e tenait avec les membres de la famil le Impériale.Tous les membres du Corps di plomatique, les personnes de la cour, les hauts fonctionnaires et un grand nombre d\u2019autres invités asslsr talent à la cérémonie qui a causé une vive impression à l'empereur et autres personnes présentes.Les élèves ont Joué une pièce patriotique avec accompagnement de musique; une actrice travestie en Austria a ensuite rendu hommage à l'empereur au nom des enfants de l\u2019Autriche, et une autre représentant Vlndobona a exprimé au souve- La petite paroisse de Lande-Fleurie avait une vieille cloche et un vieux curé.La cloche était s! fêlée que sa sonnerie ressemblait à une toux de vieille femme, qui faisait mal à entendre et qui attristait les laboureurs et les j bergers répandus dans les champs.Le curé, l'abbé Corentin, était so-I lide encore, malgré ses soixante-quinze ans.Il avait une figure d'enfant, ridée, mais rose, encadrée de cheveux blancs pareils aux écheveaux que filaient les bonnes femmes de Lande-Fleurie.Et il était adoré de ses ouailles, à cause de sa bonhomie et de sa grande charité.Comme l'époque approchait où l'abbé Corentin devait accomplir la cinquantième année de son sacerdoce, ses paroissiens résolurent de lui offrir un cadeau d'importance pour fêter cet anniversaire.Les trois marguilliers firent secrètement la quête dans toutes les maisons, et, quand ils eurent 'éuni cent écus, ils les portèrent au curé, en le priant d'aller à la ville et d'y choisir lui-même une cloche neuve.\u2014Mes enfahts, dit l\u2019abbé Corentin, mes chers enfants.c\u2019est évidemment le bon Dieu qui.pour ainsi dire.en quelque manière.Et il n\u2019en put dire plus long, tant il était ému.I! ne sut que murmurer: \u2014Nunc dlmltis servum, tuum.Domine, secundum verbum tuum in pace.cable dans l'histoire de la cité ! (les.«coles de Vienne.On a ensuite l prononcé des allocutions, entonné de Champlain.\tIdes chants et récité des vers dans Les événements auxquels ont don- né lieu ces grandes fêtes, ont fait écho dans le monde.Avec lé Canada tout entier, trois grandes puissances ont pris part aux manifestations : l\u2019Angleterre, notre mère-patrie, la France, notre ancienne mère-patrie, et les Etats-Unis, nos voisins.Notre futur Souverain, le Prince de Galles, a assisté à nos cérémonies, les a présidées.Son Altesse Royale a pu constater l'attachement des Canadiens-Français au trône d'Angleterre et aussi leur amour pour la vieille France qui les a enfantés.Le fils du Roi a vu le spectacle d\u2019un peuple fidèle à ses vieilles traditions de foi, de loyauté.Edouard VII a mis le comble à la délicatesse, en déléguant pour le représenter, avec son royal fils, Mgr ks duc de Norfolk, le chef laïque des catholiques d\u2019Angleterre.Sa Majesté a réussi, une fois de plus, à faire plaisir à ses sujets ca-nadlens-françals, en agissant de cette façon.Mgr le Délégué apostolique s'est aussi rendu en la vieille capitate pour la circonstance.Cette réunion de l\u2019autorité religieuse et de l\u2019autorité civile a montré à tous l'entente qui existe entre elles ; c\u2019était donner une grande leçon à la \u201cnation amie\u2019\u2019 qui avait cru devoir se faire représenter aux fêtes de Québec, par des personnages antipathiques aux catholiques de notre pays.Maintenar* mes enfants, que ces solennités ont pris fin, que nous reste-t-il à faire ?Nous devons nous demander si nous avons bien été fidèles à notre vocation de peuple catholique et fiançais sur ce continent américain.En Jetant un regard sur le passé, il ne nous est pas difficile de voir tout le dévouement, l'héroïsme dont nos pères ont fait preuve, en maintes circonstances, pour conserver leur foi et leur langue ; il ne nous est pas difficile non plus de constater le zèle de nos prêtres et de nos religieuses pour maintenir au milieu de nous l\u2019esprit catholique et français.Ce \u201cdon de Dieu\" celui de la foi, donnée ux premiers colons de la Nouvelle-France, ceux-ci l ont transmis à leur filt; qui nous l'ont transmis à leur tour.Nous.les descendants de ces preux des siècles passés, serons nous comme eux, fidèles à notre mission de ca* oil^ues et de français Be-lteurs qui ne pourrait prendre le mê-rons-nous fidèles à conserver le pré- nie moyen pour arriver au même lesquels était louée la bonté de l\u2019empereur.On a aussi exécuté des rondes et d\u2019autres danses, et la cérémonie s\u2019est terminée après une apothéose à laquelle ont pris part tous les enfants et dans laquelle figuraient des tableaux représentant les initiales de l'empereur et le chiffre 60.Le souverain, visiblement ému, est descendu dans le parc et a exprimé plusieurs fols ses remerciements de la façon la plus gracieuse aux organisateurs de la fête et aux enfants qui y prenaient part.A la fin de la cérémonie, l\u2019hymne impérial a été entonné par des milliers d\u2019enfants.COMMUNIER SOUVENT Au soir du beau jour de sa Première Communion, Benjamin Richard (qui devait devenir l\u2019archevêque de Paris), au lieu de se rejouir, pleurait.On s\u2019en étonna et on lui demanda le motif de ses larmes.\u2014 C\u2019est que je pense qu'il ne me sera pas possible de communier demain.C\u2019était, en effet, l'époque où le venin janséniste, comme l'appelle Pie X, empoisonnait encore la piété même des \u201cmaîtres spirituels de bon renom.'' La communion quotidienne était rare chez les fidèles, et, pour les enfants, après la Première Communion, on interdisait l\u2019aliment divin pendant plusieurs semaines, quelquefois plusieurs mois, et Jusqu'à \u201cun an!\u201d Le confesseur du Benjamin de Nantes fut sans doute inspiré-; du ciel, car, brisant avec le préjugé alors général, ce saint prêtre consola le premier communiant en lui permettant de s\u2019approcher de la Sainte Table dès le lendemain, puis les jours suivants.Mgr Richard a donc pu communier tous les Jours pendant près de quatre-vingt ans.TOUT A SA MERE Dès le lendemain, l\u2019abbé Corentin se mit en route pour acheter la cloche.Il devait faire à pied deux lieux de pays, jusqu\u2019au bourg de Ro-sy-les-Roses, où passait la diligence qui menait à la bonne ville de Pont-l\u2019Archevêque, chef lieu de la province.Il faisait beau.La vie des arbres, des oiseaux et des plantes utiles ou agréables brulssait sous le soleil, des deux côtés du chemin.- Et le vieux curé, la tête déjà pleine des beaux carillons futurs, marchait allègrement, en louant Dieu, comme saint François, de la gaieté de la création.Comme il approchait de Rosy-les-Roses, 11 vit sur le bord de la route, une voiture de saltimbanques dételée.Non loin de cette voiture, un vieux cheval était couché sur le flanc, les quatre jambes allongées et raidies, les cerceaux des côtés et les os pointus de la croupe crevant la peau usée, du sang aux naseaux, la tête énorme et les yeux blancs.Un viel homme et une vieille femme, vêtus de haillons bizarres et de maillots de coton rosâtre étoilés de reprises, étaient assis au bord du fossé et pleuraient sur le vieux cheval mort.Une fille de quinze ans surgit du fond du fossé et courut vers l\u2019abbé, en disant: \u2014La charité, monsieur le curé! la charité, s\u2019il vous plaît! La voix était rauque et douce à la fois et modulait sa prière comme une chanson de zingara.L\u2019enfant, dont la peau avait la couleur du cuir fraîchement tanné, n\u2019était vêtue que d\u2019une chemisette sale et d\u2019un Jupon rouge; mais elle avait de très larges prunelles noires et veloutées et les lèvres comme des bigarreaux mûrs; ses bras jaunes étaient tatoués de fleurs bleues, et un cercle de cuivre retenait ses cheveux noirs, étalés en éventail de chaque côté de son visage maigre, comme cela se volt aux figures égyptiques.L\u2019abbé, ralentlsant sa marche, avait tiré de son porte-monnaie une pièce de deux sous.Mais, ayant rencontré les yeux de l\u2019enfant, 11 s\u2019arrêta et se mit à l\u2019interroger.\u2014Mon frère, expliqua-t-elle, est en prison, parce qu\u2019on a dit qu\u2019il avait volé une poule.C\u2019est lui qui nous faisait vivre, et nous n\u2019avons pas mangé depuis deux jours.L\u2019abbé remit les deux sous dans sa bourse et en tira une pièce blanche.\u2014Moi, continua-t-elle, je sais jongler, et ma mère dit la bonne aventure.Mais on ne nous permet plus de faire notre métier dans les villes et dans les villages, parce que nous sommes trop misérables.Et, maintenant, voilà que notre cheval est mort.Qu'pst-ce que nous allons devenir?\u2014Mais, demanda l\u2019abbé, ne pourriez-vous poJnt chercher de l\u2019ouvrage dans le pays?\u2014Les gens ont peur de nous et nous Jettent des pierres.Puis, nous n\u2019a- deux \u201cdon de Dieu\u2019\u2019 ?Qui a fait de notre peuple canadien - français un peuple à pe-t ?Est-c\"1 que ce n'est pas sa fidélité aux vieilles traditions ?sa fidélité à la foi des ancêtres ?sa fidélité à sa langue ?Gardez-Ies, mes enfants, ces vieilles coutumes de piété que pratiquaient nos pères, et demandez à Dieu, chaque Jour, de I S.cristal satin.(é, va.lEIL- \u2022feu il ir In $ $ \u2019A\u2019 i * » K ,/ ^ j \u2022 1 \\ i«v« V LA PRESSE SAMEDI S AOUT 1908 lUIaKS! 3R7V -.vsr.1RL E CS T O TV CE QU\u2019IL EN DIT.Un correspondant nous demandait ü y a quelques jours, ce que vraiment le Pape dit de la France à l'heure actuelle.Nous lui répondons, en liV mettant sous les yeux, ces paroles que Sa Sainteté adressait récemment à Mgr Amette, archevêque de Paris lorsque celui-ci lui a présenté ur groupe de pèlerins français et lui a lu une adresse:\tt \u201cJe vous remercie, Vénérable Fré re, des sentiments qu\u2019en votre non au nom des évêques présents et det pèlerins accourus de tor.s les points de la France, vous Nous avez exprimés à l\u2019occasion de Notre jubilé sacerdotal.Je vous remercie de tout ce que vous ajoutez et que je ne me sens point la force de reprendre, car le coeur a ses exigences, et l'émotion que me fait éprouver votre présence ne me permettra pas de parler longtemps.Je vous remercie spécialement à cause des circonstances où vous accomplissez ce pê'erinage.Si vous étiez venus après avoir reçu de Nous quelque motif de contentement temporel, quelque avantage matériel, Nous pourrions penser que c\u2019est pour quelque satisfaction d\u2019ordre secondaire que vous êces venus vénérer les tombeaux des apôtres et voir le Pape.Mais vous venez après que Nous avons dû, malgré le sacrifice que cela Nous coûtait personnellement et la répugnance centre laquelle Nous avons lutté, repousser les présents insidieux d\u2019un gouvernement qui cherchait à rendre esclave l\u2019Eglise de France, à détacher les fidèles de leurs évêques et par conséquent du Pape.Les avantages offerts n\u2019étaient qu\u2019apparents, matériels, et Nous avons jugé en présence de Dieu qu\u2019il fallait les repousser pour conserver intact le dépôt qui nous a été confié et sauver les principes sur lesquels repose l\u2019existence même de l\u2019Eglise.C\u2019est avec douleur que Nous avens dû plusieurs fois déjà vous imposer de grands sacrifices.Je souffre moi-méme de ne pouvoir être au milieu de vous, dans vos villes et vos campagnes, pour montrer par le fait que je suis prêt à tout spuffrir pour garder le dépôt que le Christ m\u2019a confié.\"Je vous remercie de cette démarche qu>3 vous faites pour m\u2019apporter vos hommages et l\u2019attestation de votre allégresse à l\u2019occasion de ce jubilé en même temps que l\u2019affirmation de votre obéissance et de votre attachement au Saint-Siège.\"Votre venue à Rome en ces circonstances et quelqv.es heures à peine après la publication de Notre récente décision \u2014 celle relative aux cultuelles \u2014 est une nouvelle preuve qui m\u2019assiïre que vous êtes animés de la vraie foi, des vrais sentiments chrétiens catholiques, que vous êtes de vrais fils de la Sainte Eglise.\u201cJe vous félicite de cette obéissance dont, au nom de tous, Monseigneur vient de faire la solennelle protestation sans me causer d\u2019ailleurs aucune surprise.Car je connais la générosité des Français, Je sais leur attachement dont j\u2019ai reçu déjà des preuves si nombreuses.Je sais que les catholiques français sont disposés à tout, à la croix s\u2019il le faut et au martyre, pour conserver la foi qui a toujours été la gloire la plus précieuse de la France justement appelée, la Fille aînée de l\u2019Eglise.Je vous remercie de ce® consolations réconfortantes pour.-mon coeur.Je voudrais que vous puissiez lire dans mon esprit et dans mon coeur; vous y verriez à quel point le Pape aime la France, qu\u2019il est vraiment votre Père, qu\u2019il veut uniquement votre bien temporel et spirituel.\"Je vous remercie de tout ce que vous faites pour soutenir l\u2019Eglise dans la situation précaire où ses ennemis l\u2019ont placée.Je sais vos sacrifices pour maintenir en dépit de la spoliation universelle vos églises, vos séminaires, vos évêques et vos prêtres.Je sais que vous êtes disposés à les maintenir non pas seulement une année, mais jusqu\u2019au jour où la main toute-puissante du Seigneur aura raison de ceux qui ont mené la France & de tels malheurs., \u201cChaque matin, durant le Saint-Sa-orifice de la messe, lorsque je prie pour mes fils répandus dans le monde entier, ma première pensée est pour les catholiques de France.Je demande au Seigneur de les conserver dans la foi, de leur donner la force nécessaire pour les saintes luttes de son Eglise jusqu\u2019au moment où sonnera l\u2019heure marquée par lui pour la victoire.NOUVELLE PAROISSE \u201cQua la bénédiction du Seigneur descende sur tous, évêques, prêtres, familles, parents, enfants.,.De retour chez vous, dites à tous que le Pape aime les Français, qu\u2019il les porte dans son coeur, qu\u2019il leur veut toute la prospérité possible en ce monde et dans le ciel.\u201d On a bien lu: Le Pape aime les Français, Il les porte dans son coeur.Les paroisses de Montréal se multiplient comme par enchantement.Il y en aura bientôt cinquante dans les Imites de la grande cité.La dernière en date, qui est un démembrement Je la .paroisse jig .a y\u2019.ile Saint-Louis, a été itacée sous le vocable de saint leorgeg.fille comprend 210 familles t se trouve situé exactement entre es rues Hutchison, Saint-Vlateur, Loretta et la voie du G.P.R.(au tord de Montréal l.Les premiers ex-ircices paroissiaux ont eu lieu dans a chapelle inférieure \u2014 soubasse- rnt \u2014 de l\u2019ég-\u2019lse du Salnt-Enfant-ésus, le dimanche 19 juillet, jour de \u2022 a fête de saint Vincent de Paul.Ht c\u2019était là une coïncidence intéressante.C\u2019est en effet à la congrégation des Frères de f-aint-Vlncent de Paul que Mgr l\u2019archevêqueaconflé la charge et la direction de la nouvelle paroisse de Saint-Georges, et c\u2019est M.Emi\u2019.e Piché \u2014 le premier prêtre canadien de la dite Congrégation.\u2014 qui, en ayant été nommé curé, présidait, ce dimanche dernier, les exercices du jour du Seigneur.L\u2019évcnement mérite qu\u2019on le remarque.Ce sera une dace, tout permet de l\u2019augurer, dans la vie déjà si riche de l\u2019expansion des oeuvres catholiques et religieuses de la ville de Maisonneuve et de Bourget.En dépit de leur nom, lequel de prime abord semble dire autre chose, les Frères de Saint-Vincent de Parti, fondés à Paris, en 1855, par trois admirables laïques : MM.Le Prévost, Myonnet et Maurice Maignen, constituent pourtant une congrégation sacerdotale.La direction en effet de toutes leurs oeuvres est et doit être exclusivement confiée à des prêtres.Communément on appelle ces derniers les Pères de Saint-Vincent de Paul ; niais, à strictement parler et selon la teneur des règlements, le supérieur général seul \u2014 qui est aujourd\u2019hui M.Anizan \u2014 a droit au titre de Père.Avec les prêtres, Il y a, dans cette congrégation, des religieux qui n\u2019ont pas reçu les saints ordrss.Ils sont associés aux prêtres et travaillent sous leur direction aux mêmes oeuvres.N\u2019étant pas employés au service domestique, ils participent de plein droit à l\u2019administration, au développement et à la vie des oeuvres de la communauté.Ce sont donc tous des \"frères\u201d, même les prêtres, et, en effet, leur vie à tous très active est pleine d\u2019une fraternité admirable, qui déborde au dehors largement.On peut affirmer ou» ce sont eux, ces Frères, si magnifiquement nommés de Saint-Vincent-de-Paul, qui ont lancé, au moins en grande partie, ces oeuvres sociales et catho\u2019^ques dont le monde moderne avait tant besoin et qui, de fait, ont déjà donné, en France et ailleurs, de si bienfaisants résultas.La congrégation a des maisons en France, en Belgique, au Canada \u2014 à Québec, à Lévis et à Saint-Hyacln-'the \u2014 et aussi à Rome, où, sur la demande personnelle de Pie X, elle vient presque de s'installer aux \"Pra-ti del Castelli\u201d.Désormais, elle aura aussi sa maison à Montréal, dans cette nouvelle paroisse de Saint-Georges, où, avec l\u2019oeuvre paroissiale proprement dite, les Frères de Saint-Vincent-de-Paul auront la facilité de faire connaître leurs oeuvres spéciales, et d\u2019où, sans doute, pour l\u2019avantage général de notre ville, ils sauront les faire rayonner partout.Ces oeuvres spéciales, disions-nous, ce sont les oeuvres sociales et catholiques.Le but propre de la fondation de MM.Le Prévost, Myonnet et Maignen fut, en effet, de travailler au relèvement spirituel et temporel de la classe ouvrière, selon que le besoin s\u2019en fait sentir, par les \"patronages\u2019\u2019, par les \"cercles\u201d, par les \"corporations ouvrières\u201d \u2014 que d\u2019autres appellent des \u201csyndicats\u201d, \u2014 par 'les \"maisons de familles\u201d enfin et par >¦ \u201cprédication des missions\u201d dans les centres ouvriers.Nous n'entreprendrons pas de raconter ici ce que les Frères de Saint-Vincent-de-Paul ont accompli depuis cinquante-trois ans dans l\u2019immense Paris.Nous voudrions le pouvoir : on ignore trop, au loin, ce qui se fait de bien dans cette ville où il se fait hélas ! tant de mal.Mais l\u2019espace nous est mesuré.Combien d\u2019ouvrier et de soldats, combien d'humbles et de petits, combien d\u2019abandonnés et d\u2019orphelins ont dû aux patronnages et aux cercles la conservation de leur fol, ou leur retour à cette même foi ! C\u2019est l\u2019un des trois fondateurs, M.Maurice Maignen, qui découvrit, au lendemain de l'anné terrible, la belle vocation oratoire et apostolique du grand champion catholique qui s\u2019appelle le Comte Albert de Mun.C\u2019est au cercle Montparnasse, d\u2019abord, \u2014 alors sous la direction de M.Maignen, \u2014 devenu prêtre \u2014 et que le nouveau curé de Saint-Georges, M.Piché, diilgeait encore tout récemment \u2014 c'est au cercle Montparnasse, que le brillant officier de cavalerie se révéla à lui-même et aux autres l'admirable orateur qu'il est depuis quarante ans, et tous ceux qui iont suivi les choses de France savent Isl elles ont été belles et généreuses lia carrière de M.de Mun et celle des j cercles catholiques ouvriers ! Un jour \u2014 c'était au temps de Napoléon III \u2014 l\u2019un des premiers confrères de ce cercle Montparnasse, M.Vrignault s'adressait au ministère des finances de l'empereur pour son dln^r des pauvres.\u201cQue vous faut-il\u201d, lui demanda-t-on ?\u201cLes pauvres sont les membres souffrants de Jésus-Christ\u2019\u2019, répond-il, \"il me faut les traiter en rois!\u2019\u2019 Ce jour-là, ce fut la vaisselle de Saint-Cloud, aux armes Impériales, qui servit aux pauvres que visitaient les membres du cercle Montparnasse.Tout l'esprit de la congrégation des Frères de Saint-Vincent-de-Paul est dans cette anecdote : traiter les pauvres en rois e\u2019 les ouvriers en frères 1 Ce nous est donc une Joie de souhaiter la bienvenue à cette active et méri\u2019ante communauté.Déjà nous savons, en partie du moins, quel bien elle a fait aux populations ouvrières de Québec, de Lévis et de Saint-Hyacinthe, et si nous sentions le besoin de lui donner un certificat, nous n'cnC choisirions pas d'autre que celui de| ses oeuvres chez nous.\tI Notons en plus que Mgr l'archevêque les appelle à Montréal au moment où Pie X vient de les Invl'er a .fixer à Rome, e\u2019 où Mgr Amette, le nouvel archevêque de Paris, vient de demander à tous ses curés de fonder, chacun dans leur paroisse, une \u201cmaison d'oeuvre\u201d, semblable aux \"maisons\u201d, si florissantes et si bienfaisantes, de Frères de Saint-Vincent-de-Paul.UN MIRACLE pied redressé et qui remuait avec al-| sance; elle passait la main dans son dos sur le centre même de la maladie, sans provoquer aucune douleur, et elle répétait avec insistance : \u201cLalssez-mol nie lever, lalsscz-moi me lever, je vous dis que je suis guérie.\u201d Il fallut livrer une lutte véritable pour la maintenir dans son lit ; \u201cAttends, mon enfant, attends, lui disait sa mère, qui ne pouvait crol LA FETE DU TRAVAIL Le dimanche, 6 septembre, auront lieu dans nos églises de Notre-Dame et de Saint-Patrice les cérémonies accoutumées à l'occasion de la fête du travail.Plus que jamais les travailleurs, de quelque métier qu\u2019ils soient, sont appelés en nos âges démoerati ques, à prendre une part active, au moins indirectement, par leurs votes re à tant de bonheur.Laissons finir pai* l'attitude des \u201cunions ' dont (De la \u201cSemaine Religieuse\u201d Montréal) ,de UN ARTISTE C\u2019est de M.René Bazin, dont il s\u2019agit.On lit aiv sujet de son recent livre \u201cMémoires d\u2019une vieille fille\u201d.Ce Jour-là, 6 septembre 1897, un coitège étrange traversait les rues de Tours, qui conduisent à la gare.Dans un étroit lit d'osier, une jeune fi!!e était étendue, immobile, livide, Inanimée A côté d'elle, son père et sa mère marchaient, abattus, non pourtant sans espérance, le legard attaché sur leur chère malade, qui ne les reconnaissait plus, mais l\u2019âme tournée veis les rives bénies du Gave, où ils allaient demander à l'immaculée de leur rendre le seul enfant qui restât à leurs vieux Jours.Cependant, n\u2019était-ce ç'as tenter Dieu que de solliciter un tel miracle, et comment s\u2019excuser de faire enten-prendre un si long voyage à une pauvre malade, qui avait perdu connaissance dès les premiers cahots de la route ?M.et Mme Tulasne entendaient ces réflexions autour d\u2019eux.Quelques-uns Celle qui inspirait tant de pitié al- la procession, nous verrons ennui Mais la procession n\u2019était pas finie que le chef des brancardiers donna l\u2019ordre d\u2019emmener la jeune fille.ils fout partie, à la gouverne de la chose publique.Leur responsabilité se trouve augmentée d\u2019autant, lis en ont conscience, et c\u2019est à bon droit.C\u2019est pourquoi, il convient à nos Deux mille pèlerins suivirent parifavailleurs chrétiens, lorsque le jour I il r ri va ripe nmr*AK«innR At manifAHl jà- derrière, au pas de course, comme dé- arrlve des processions et manifestations grandioses, de s'inellner d\u2019abord un cortège triomphal qu aurait uc-jaa ^ de\tdu Dieu qul ^ bandé 1 enthousiasme.\t, fa|l ja(j|s ie fj]s (ju charpentier de Na- Arrivée dans la cour de 1 hôpital,\t^ quj au reste relèvent toute Jeanne sauta de son lit à terre, sans ^liggtince, toute force, toute activité, aucun appui.On entre à la chapelle; J et en définitive tout succès véritable, elle se met à genoux et prie un lus- j Nombreux seront, nous n\u2019en doutant en silence.\u2019\t| tons pas, le dimanche soir, t> septem- Séparés de leur fille par la foule, ! bre, à 7.30 heures, sous les voûtes de qui courait plus vite qu\u2019eux, les pa-1 Notre-Dame* et sous celles de Saint-rents arrivaient à ce moment devant, Patrice, les ouvriers canadiens-fran- les lignes suivantes, dans la \"Croix\u201d | même disaient : \"Il n\u2019y a donc pas de de Paris:\tpolice à Tours, pour empêcher des Nous ne sommes pas assez fiers de j parents fanatiques de commettre une M.Réné Bazin.Il nous appartient, ce-.telle barbarie.Pauvre enfant 1 Ils la loi-là; il est nôtre, nôtre tout en-j ramèneront dans un cercueil\u201d, tier.Ce n\u2019est pas un catholique de péristyle, mais de sanctuaire.Et cela ne l\u2019empêche pas d\u2019être un grand artiste, il a le don de crêer> °a th 'a| lait avoir vingt ans.Elle s'appelait valeur des mots, la musique des phra- .ses.la couleur et le relief des images Quelques années auparavant, elle Il me semUle qua nous commettrions ^ ^\t^\t^ ^ ^ ^ berculose pulmonaire.Atteinte elle-même, depuis ceux ans, de la tuberculose vertébrale, elle suivait le même chemin que son aîné, et, pas à pas, allait au terme où il était allé.Dès le mois d\u2019octobre 1895, les docteurs T.et M.lui avaient appliqué un corset de plâtre suivant l'usage claslque dans cette terrible maladie.Six mois après deux autres médecins, les docteurs A.et Th.en mirent un second.Puis on envoya la jeune malade passer plusieurs mois au bord de la mer.Le médecin du pays, qui la soigna alors, le Dr D.M., coupa le corset et fit des pointes de feu autour des vertèbres, dévorées par la carie tuberculeuse.Tout fut inutile, et la maladie continua sa marche fatale.La jeune fille dut garder une im-mobl'.lté absolue.Un abcès froid avait apparu; comme 11 arrive souvent dans cete cruelle infirmité, l\u2019un des pieds s\u2019était contourné, une inflammation très vive avec enflure s\u2019était déclarée au niveau de la cheville, la jambe elle-môme avait subi une contacture; et, dans la région dorso-lombaire, trois saillies angulaires formaient une gibbosité caractéristique, qui ne permettait aucune hésitation sur la nature du mal.Les hommes étant désormais impuissants, Jeanne s'étalt tournée vers la Madone des roches Massabielle, suprême espérance des désespérés.XXX On arriva à Lourdes le mardi 7 septembre.Le lendemain, à la procession du Saint Sacrement, l\u2019archevêque de Tours officiait.On sait que, dans cette touchante cérémonie, le célébrant s\u2019arrête un instant devant chaque maflade et le bénit avec l\u2019ostensoir.Mgr Renou s'arrêta donc devant sa jeune diocésaine, qu\u2019il avait visitée durant le voyage, à un moment où l\u2019on croyait qu'elle allait mourir.Elle priait tout haut, et le pieux archevêque espérait que Dieu voudrait bien l\u2019entendre.Aussi resta-t-il devant son lit d\u2019oslcr plus longtemps qu\u2019il n'est d'usage : 11 attendait l'heure de la Providence.Mais l\u2019heure de la Providence ne venait pas.\u201cJe partis donc, m\u2019a-t-il raconté à moi-même.Il me semblait que les douze ou quinze mille personnes qui m\u2019entouraient trouvaient déjà un sacrilège à ne voir en lui qu\u2019un semeiir d'idées saines et de sentiments évangéliques.Ne mutilons pas le chef-d\u2019oeuvre de Dieu.Il y a chez M.Réné Bazin un grand chrétien et un grand poète; l'un et l'autre ne font qu\u2019un.Ils sont également notre honneur, notre orgueil.Quand le Maître tenait à la main le lis des champs et le comparait à Salomon dans toute sa gloire, il n'exigeait pas qu\u2019on ne vit dans la petite fleur que le symbole, 11 permettait qu'on en admirât les nuances, qu\u2019on en respirât le parfum.Une fleur a poussé sur les marches de nos autels; elle est à nous.Elle n'est pas seulement sainte; elle est belle, elle est exquise.Il est temps que nous le sachions et que nous le disions.1 .Ce livre \u2014 Mémoires d\u2019une vieille fille\u201d\u2014 est un livre d'artiste.M.R.Bazin écrit des choses ravissantes sur les yeux, sur les mains.\"On admire certaines mains et j\u2019en sais d\u2019émouvantes.Ce ne sont ni les plus blanches, ni les plus fines; elles ont pris de la peine, elles ont bq|eé, cousu, ravaudé, tricoté,., et elles en ont gardé des rides et des piqûres.Ce sont des mains qu'on ne baise pas, mais qui auraient le droit de bénir .La main de M.R.Bazin aussi a écrit des livres qui s\u2019en vont par le monde, .emportant avec eux comme un souffle et un rayon de l'Evangile.Et je connais des lecteurs qui voudraient la baiser, car lis l\u2019aiment rien que pour cela, pour l\u2019exquise harmonie des couleurs qu\u2019elle mêle, des mots qu\u2019elle combine et des lignes qu'elle trM.eR.Bazin nous fait comprendre ce que J.du Bellay voulait dire quand il parlait de \u201cla douceur angevine.\u201d Chacune de ses phrases s'en va fluide et murmurante comme les ruisseaux ou les rivières de sa province, claire comme son ciel na\u2019al, émaillé de fleurs, spontanée comme cette-terre heureuse où les zinnias et les marguerites poussent dans les blés.La comparaison est devenue banale depuis que la \u2019\u2019Terre qui meurt\u201d, les \u201cOberlé\u201d, le \u201cBlé qui lève\u201d l\u2019ont évoquée à l'esprit.Elle est toujours vraie quand même, et je la renouvelle au risque de prouver l'indigence de mou esprit.Voilà un livre qui est fait de pièces et de morceaux, de nouvelles nouées en gerbe, de causeries mises en tas.Il ressemble à quelques autres.qui ne m\u2019ont laissé qu'un* mauvais souvenir de pensum.Et, celui-ci, je l\u2019ai lu d\u2019une haleine, sans qu\u2019un chapitre donnât d\u2019autre envie que de courir au suivant.Et c\u2019était toujours autre chose : ici, une scène de la rue ; là, une vision de mansarde pauvre ; plus loin, un portrait de Parisienne, une silhouette de laboureur, un croquis de presbytère.Il y de tout, comme dans la vie d\u2019une \u201cvieille fille\u201d qui court la charité à l\u2019aventure et qui chasse à la souffrance sur tous les domaines où elle s\u2019abat.Les livres fragmentaires sont facilement monotones ; ces \"mémoires\u201d ne sont qu\u2019une surprise d\u2019un bout à l\u2019autre.L'esprit y pétille, coquet un peu par moments et comme ravi du bruit délicieux qu\u2019il éveille ; mais on lui pardonne d\u2019être fier de sa grâce : elle est si fraîche, si neuve, si bien à lui et si bien dans la note, qu\u2019il a le droit d\u2019en Jouir avec nous et autant que nous.Le Jour où M.René Bazin vint conquérir devant les Jurys parisiens son diplôme de bachelier en droit, Francisque Sarcey ne put retenir un cri d\u2019étonnement.C\u2019était la premier étudiant de nos Facultés libres qui comparaissait â la barre et l'article fut intitulé : \u2018\u2018Le Miracle d\u2019Angers\u201d.Le \"Miracle d'Angers' s\u2019est renouvelé bien des fols depuis lors.Pas I une année ne s\u2019écoule qu\u2019on ne salue j à la vitrine des libraires un de ces ' beaux livres, chargés de pensées bienfaisantes et travaillés comme des Joyaux, toujours signés du rn'menom Celui-ci vaut les autres, livre d\u2019arstis-Celu!-cl vaut les autres, livre d\u2019artis-chrê'ien.Je tiens aux deux mots comme aux deux motifs de mon affectirn et de mon admiration.C.D\u2019ARTOIS.rents arrivaient à ce moment la grille fermée de la cour, heurtèrent à une.consigne impitoyable: \u2018Ouvrez-moi, ouvrez-moi, criait Mme Tulasne au brancardier de service, je suis la mère de la miraculée.\u201d \u2014Oh 1 je suis fixé, répondit le brancardier sans s'émouvoir.D ici à une heure, vingt personnes auront été sa mère.\u201d Mais la voix de la nature parla si clairement que le brancardier la le-connut enfin et ouvrit.X X x Une heure après, la famille était â table, et Jeanne dînait, assise sur une *\u20191 chaise, comme tout le monde, droi'e et assurée sur cette colonne vertébrale,, qui lui refusait tout service depuis plus de vingt mois.Toute 1 nu-leur, tout infirmité avait disparu, et dans le dos, ô merveille ! il n y avait plus de gibbosité.On l\u2019observa dès le soir même.Le lendemain,dans la salle des constatations, la miraculée fut examinée par des médecins étrangers au bu-i^au.L\u2019examen fini, le Dr V.déclara, au nom de tous ses confrères, que les trois vertèbres ne formaient plus de saillies, que le pied bot n\u2019existait plus, que les mouvements de la jambe, tout atrophiée qu\u2019elle était, se trouvaient libres ; bref, la guérison paraissait complète.Elle l\u2019était en réalité et elle l\u2019est Ils se'Cais ceux langue anglaise qui ' sont catholiques, pour entendre les sermons et recevoir les avis dont ils sentent le besoin, en même temps que pour rendre à Dieu l\u2019hommage publie et social auquel U a droit de la part du monde du travail.De plus, cette année, Mgr l\u2019archevêque a décidé, sur la demande qui lui en a été faite par un groupe de la Fédération Nationale de la Saint-Jean-Bptiste, que les femmes canadiennes-françaises qui appartiennent à la classe de plus en plus nombreuses des employées de bureaux, des commies, des travailleuses enfin à quelque titre que ce soit, auraient-elles aussi, leur fête religieuse du travail.Cette fête, nos compatriotes, toujours RE.s otre pro- ntre mon pla- nner lell- ou le le îtué car-son-u rte ionc rler, n'Ia TOUS Meu, vo- Dleu ces pelé, e ne tien pas.erï-vole s ou j\u2019ai con-ex- mme fl-tard SNT hère l'a-tant tant qiioi pulr r 11 vous allu-t les p de donc pour A p.UES e, si irait lent phi-pays blis-de-x se de pîa-i les i es-rmé.ssel, îlter po- jnes.killt» que© ?aux isee- |ues.vrer de 6.20.des ad- giv- res ré- I L\u2019AVIATEUR DE L\u2019AVENIR ! y\tï g ,,\t^ ^ C %jÈ*M ~ 1\tm V Vj,v*yÿ'»\tdaa^ctwt Cm k mm! '«aklr * 3n»i« k b»! A rvti a» de c^.cmux J» \u2022».r.!.a.fcayit dirait ft une dame do U Haute une patiente.- **t «.n m~ vous, lemtne.s, aile/.vn,i- en servir .'^recommande la \u201cCremo de Gouraud\" c*>m-«ne la moins olieoa|\\ e de toutes les t-réiiarntl.ms poor la i ea ».A vendre chez tous les puai maciens et les marchands d'articles de fantaisie.Fuites venir le catalogue qui donne des renseigtieiuents Smplett et meniionner.la \u2018l'rexse\u201d.Ferd.f opkin*.Prop.37 Great Jones fct, N.*\\-fer m\tAS*\u2014S.JA» kl U W < EN VOYAGE ^ LE SECRET DE LA BEAUTE du teint, la peau et les formes, dans des milliers et des milliers de cas se trouve dans l'emploi du LAIT DES DAMES ROMAINES surnommé \u2018'Nourriture de la Peau.\" Il emève comme p«-r magie les taches de rousseur», les rides, les boutons à tête noire, guérit les éruptions, Irritations, coupures, piales, etc.Il adoucit et parfume la peau plus que toute poudre ou eau de toilette, et rend le teint clair et couleur do rose.Pour développer et raffermir le Buste, remplir les creux du cou et des Joues, il opère des merveilles quand les meilleurs spécifiques ont échoué.Faites-en l'essai, il ne coûte que BOe, partout, ou si vous le préférez, nous vous en enverrons par la malle à nos frais.Adressez: Cooper and Co.199 Des Commissaires, Montréal.42\u2014an A D Poitrine Parfaite SANS MASSAGE AVEC les FAMEUSES Pilules Persanes S1.00 la boite.8 boite» pour 35.00 jn, Société do Produits Per-V^j/lï ians.Boite postale 1031, ^\tMontréal.A D 1.S.15,22.29 FCILS FOLLETS CHEVEUX ET B4R3E SUPERFLUS Du Visage, du Cou, des Bras ou du Corps.Quelque Touffus qu\u2019ils soient détruits radicalement sans douleur et eans endomdfcigfcr en aucune façon la peau la plus délicate, avec la RAZORINE du Dr Simon, de Paris, France, $Ô0 de récompense à quiconque ne réussit pas.Et nous n\u2019avons pas peur de la faire essayer.Envoyez-nous 10c pour frais de poste, et nous vous enverrons un paquet assez gros pour vous convaincre de sa parfaite Infaillibilité: expédié partout, franco.Adressez: COOPER AND CO., Dépt.3, 199 Commissaires, Montréal, ou & W.Brunet et Cle, Québec.Méfiez-vous des Imitations.\t158\u2014s\u2014n \"Tous à bord:\u201d Le conducteur ayant lancé, deux fols, ce cri, nous échan-,'eAmes à la hâte une poignée de mains, un dernier \u2022 bonjour, et notre train soi'.it lentement de la gare.Nous avons à peine une centaine de milles en chemin de fer, et c\u2019est heureux, car, malgré la grande chaleur, nous devons fermer les fenêtres, le train rapide en même temps qu\u2019il ques exclamations banales, l'admiration grandit toujours, mais plus elle devient intense, moins on peut l\u2019exprimer, et.nous nous taisons.xxx 4.30 p.m.\u2014 Tout en haut, Eur le 2ième pont, à l\u2019avant du vapeuv, je domine.Nous fendons le vent, qui fait flotter derrière mol, comme un frissonnement d'ailes.mon voile, les v é\\, - - Le chalet et le phare.fend l\u2019espace, nous envoyant des nuages de charbons en poussière.Dans le wagon, tous membres d\u2019une même asosciation, on fraternise gaiement, et tout en faisant de l\u2019esprit on commente le temps, le voyage, etc.Tout le monde se moque un peu, de lout le monde, mais, surtout des \u201ccharbonniers\" qui ont voulu de Tair, à tout prix.Le rapide file.& toute vapeur.Prescott! Nous descendons sur un quai tout baigné de soleil.Déjà toutes les places sont prises dans les voitures, par les voyageurs plus alertes, ou plus., qu\u2019importe?.On nous promet d\u2019ailleurs, qu\u2019elles seront de re-'our pou- nous conduire au bateau.Nous expédierons toujours le bagage.Qî.rlques messieurs discutent.Si nous marchions.Un mille.C\u2019est un peu long pour les dames.Nous nous consultons.Bah! En marche.L\u2019exercice sera bon, après ces deux heures d\u2019immobilité, et, puis nous verrons un peu Prescott.Ma foi, la place ressemble à toutes ces très petites villes de province, et Je crois vraiment qu\u2019il y a plus d\u2019un mille, nous n\u2019arrivons plus.La deuxième charge nous a mê- j pavillons de toutes couleurs hissés | là-haut.Un bruit confus de voix mon-j te du pont, de la foule.A Tinfini du bleu., du bleu encore, avec tout I là-bas, une ligne à peine plus sombre, j qui démarque la terre, si loin, déjà., i Et, c\u2019est quelque chose de délicieux, que cette sensation exubérante, qu\u2019apporte le souffle puissant du large.8.30 p.m.Sans m\u2019en douter, à la recherche de mes amis ,j ai interrompu un tête-à-tête.Quel dommage! et, quelle fâcheuse! Ils étaient tout près, la main dans la main, et, j\u2019ai deviné plutôt que je n\u2019ai vu l\u2019embarras causé.Ce sont peut-être de jeunes mariés.nous sommes, paratt-il en pays de \"lunes de miel.\u2019\u2019 Instinctivement, je m\u2019éloigne avec discrétion, mais l\u2019esprit de malice, me suggère l\u2019échelle, tout près, donnant accès au pont supérieur, et je reviens sur mes pas.Déjà, Ils sont repris par leur rêve.Ah! le rêve prenant.Il s\u2019emparerait de moi aussi à cette vue, si je n\u2019avais autre chose à faire \u2018en ce moment.Escalader une échelle.seule! Bast! c\u2019est une MARQUAGE DU LINGE Quand un paquet est envoyé à une buanderie la première chose à faire est de placer sur chacun des articles qui y sont contenus, une marque spéciale.Cela sert & l\u2019identification.Mais quand il y a des mouchoirs et des serviettes de table dans ce paquet, les marques les patent toujours.Il appartenait à la buanderie de découvrir une méthode permettant de se dispenser de ces marques.Après plusieurs mois d\u2019expérimentation, la TOILET LAUNDRY \"la buanderie qui connaît son affaire\", a découvert cette méthode et mainte-iiant nous laverons vos mouchoirs et vos serviettes de table sans aucune marque que ce soit.425 rue Richmond.TiiMlI\u2019Hom: ri»\tS» WÊÊÊÊÊMMKüT'WÊÊmM RII, ,\t m,\tJ,\t»^ POITRINE IDEALE Développement et Fermeté du Buste en deux mo.s par Les PILULES ORIENTALE T> Sful moyen pour la ranime U\u2019ac-qu4rlr ou de recouvrir une poitrine opu»ente et ferme.Mémo-r de absolument «an>.danger, an f prouvée par le* célébrlt1* in4-i dlcales.Vlaron avec conseils \\ 3 1.75 Discrétion absolue.ÏTIE, phatmacien.5, pab a»çft Ver-deau, Paris.Dépftt à Montréal: Ph.DECARY, ungrle des rues Salnte-Cather!ne et fialnt-Denls.\t\"T\u2014an \u2014 \u2022\t«, ~if >,-vy.\t-\t«*¦ reapirer l\u2019air pur de cette nuit étoilée, infiniment calme.Dimanche: Levés, juste à temps pour l\u2019arrivée dans le port.Il est à peine sept heures, mais le so-iei! est déjà haut.Un brouillard argenté flotte sur la ville encore endormie.D'ailleurs, Toronto ne se réveille qu à demi, le dimanche.De hautes bâtisses, un clocher ici-et-là pique la brume, et s\u2019élève fièrement dans l\u2019air.L\u2019Installation à l\u2019hû-tel, le déjeuner, la messe occupent la matinée.Dans l\u2019après-midi nous visitons, sans rien voir.\u2014 tout est fermé.Il y à de très jolis endroits, de superbes bâtisses.la ville est propre, mais tout ça m\u2019intéresse médiocrement.Toronto est plat.il me semble que les gens doivent l\u2019être aussi, comme les choses.Je suis contente de rentrer.Le lendemain il faut magaziner un peu.Vers onze heures, nous partons pour Niagara, et de nouveau, c'est l'immensité, l\u2019air enivrant qui dilate les poumons,.où l\u2019âme aussi se perd.De Toronto à Lewiston le trajet est court, deux heures àpeine.En mettant pied-à-terre, salués par une foule de gamins, qui nous vantent tous ensembles leurs marchandises.Souvenirs ou fruits, cartes ou magazines.Nous montons prendre le tramway qui doit nous conduire aux Chutes, en longeant les rapides.Ici, le spectacle devient saisissant.Le tramway court à toute vitesse sur la route étroite.D\u2019un côté, un rocher immense, de l\u2019autre pieds plus bas, la gorge profonde, ou les eaux se précipitent avec fureur.Il semble qu'un léger écart suffirait pour nous jeter dans l\u2019abîme.et, la grandeur sauvage du tableau, ajoute à sa beauté.Nous visitons les falo.Ici, tout le monde est pressé ; on sent la vie qui palpite, partout.Les gens nous communique leur activité, et nous courons ici et là.Dans les magasins, où nous entrons par curiosité d\u2019abord, la fièvre bientôt nous gagne, et nous vol\u2019.à chargés de menus paquets, \u2014 les poches de nos compagnons n\u2019y tenant plus compter les trophées que nous épinglons t nos cois, sur nos manteaux, etc.Six heures, déjà ! Il faut dîner.La grande salle, où sur les nappes blanches, brillent les cristaux et i argenterie.le service silencieux, 1 orchestre, dont la musique nous arrive un peu vcVAe, avec le parfum subtil des fleurs, qui vient vers nous.tout repose et berce.Lasse, je voudrais m'attarder, ma\u2019s nous n\u2019avons guère le temps.A la hâte, nous adressons quelques cartes, et, c'est une course pour le train.Là, enfin je puis sommeiller un peu.Soir : Nous arrivons à Charlotte.En bas, le bateau attend son heure, pour reprendre sa course.Allégée de tous mes achats, je monte sur le pont.Il fait nuit maintenant.Je suis seule à l\u2019avant du bateau, sur le grand pont désert.D\u2019un côté, de gros nuages noirs, que sillonne 1 é-clair, de temps à autre.A droite, la lune argentée, se lève Inondant cette partie de la rivière de ses rayons.Quelquefois, pour un Instant, un lourd nuage me la voile, mais, elle réparait bientôt.C\u2019est un tableau du Maître, aussi, comme toujours, J'admire silencieusement, en réalisant de nouveau, comme tout ce qu\u2019il a fait est grand, à côté de notre humanité.petite ! Jeucr : ce matin, je suis un peu fatiguée, et je n'apprécie pas toute la beauté des choses.L'horizon vaste qui s\u2019étend devant mol.les jolies places d\u2019eau.et, tous les paysages Une partie du pont de Buffalo.Au bord de Tonde.me devancés.Vrai, nous sommes les derniers, et nous voilà sur les quais, dans le sable jusqu\u2019aux genoux.Voyons., du coeur.Nous y sommes, enfin! A bord du vapeur \"Kingston\u201d.\u2014 Malgré la lenteur des employés qui font bougonner 'leur monde, on finit bientôt pas s'accommoder, et chacun disparait dans sa cabine, pour reparaître un peu plus tard.\u2019\u2019 \u2018\u2018décharbon-nés\u201d.Et, c\u2019est très attrayant de voir toutes ces jolies femmes en robes claires., quelques-unes, la tête enveloppée d'un gaze léger, qui tout en préservant les cheveux, fait valoir la fraîcheur du teint.La grands affaire, maintenant, est de dîner.Nous sommes encore les derniers, mais tout va bien.Puis, nous montons sur le pont.Quel tableau pittoresque s\u2019offre à nos yeux.Nous traversons les Mille-Iles.Je n'esale-ai pas de décrire toute la beauté de ces paysages.Tant j d'autres ont passés là.et, des mat-| 'res.Ici-ct-Ià.je me contente de i prendre un \u2019\u2019Instantané\".Après quel- gamlnerie.nous en verrons d'autres, en voyage! J\u2019ai retrouvé mes amis.Nous sommes accostés au quai d'une petite ville américaine.Plusieurs des passagers ont voulu visiter la place.nous préférons la vue \"à vol d\u2019oiseau.\u201d La nuit est très noire.A droite, un parc électrique dont les mille petites lumières scintillent dans l\u2019ombre, plus épaisse encore.Sauf ce point lumineux ou toute l\u2019énergie de la place se concentre, la ville semble morte.Des groupes d'excursionnistes se détachent, claires silhouettes, sur le fond très sombre des arbres.Des éclats de voix montent vers nous, un peu assourdis par le bruit que font les pauvres diables occupés à charger le charbon.L'opération est plus Intéressante encore pour nous ,que pour eux.Onze heures: La besogne finie, le vapeur tourne lentement, et nous reprenons le large.Nous restons encore longtemps sur le pont.à chutes.La même impression de grandeur nous émeut, et les lèvres ;e taisent pour laisser parler l'âme car les yeux, qui reflètent un peu, le toutes ces beautés entrevues.Je m\u2019éloigne à regret, toute vibrante encore d\u2019une émotion intense.Nous errons par les rues larges, encombrées de touristes, attendant \"heure du retour.Sur le lac, la iluie commence.Je guette le emps, espérant une temptèe.D\u2019au-res, ne la goûterait pas comme mol, >eut-être.aussi la pluie continue, tais le temps ne se fâche pas.Mardi : Invitée à dîner chez des mis, j'ai accepté et j\u2019en suis fort lise ; ce!a m'a permis de modifier mon opinion des gens de Toronto.Us cont charmants.Très accueillants.Us s'efforcent de me rendre l'heure légè-e.Malheureusement, nous partons dans l'après-midi.On m'invite à revenir pendant l\u2019Exposition, et, si Je uls m'écha piper encore, Je retourne-ai certainement.Au retour, nous descendons à Charlotte, passer les deux heures d'arrêt dans le parc.Puis, nous décidons de rester à terre, pour reprendre le bateau le lendemain soir.La nuit est sereine Le grand air pur et frais favorise le sommeil, et nous reposons bien.iviercredl : Rafraîchis et alertes, nous partons ce matin pour Rocbes-|ter, qui est bien une des plus jolies villes que nous ayons vus.Partout des fleurs à profusion, des arbres touf-|fus, des allées verdoyantes où le re-|gard se perd.où l'on devine, encore |des fleurs dans l'air embaumé qui ; monte vers nous.Il y a aussi la ri-jvière Genese, avec ses deux chutes,\u2014 moins grandioses que Niagara, \u2014 mais, d'un charme tout personnel.Nous dînons, puis, en route pour Buf- I Votre \u2022muate\u201d dé- I veloppé de deux pouces dans un nio.e,.avec le Buttino ] J 1 Dr Simon, Paris I France.(.'.'J de rt- j compense à quiconque ne réussit pas ; Nous n\u2019avons pas.peur de le faire es- ; soyer.Envoyez dix cents I pour frais de poste et empaquetât:.\u2019, «i vous recevrez un échantl'.on tvc.poui-phlet: Art du Massage.Carre ondmee confidentielle: expédition dlv/ i '-'e.Prix i 11.00 le traitement, expédié partout it nos frais.Adressez Dr Simon.19'* Cotr.- | mlssalres.Montrés\u2019.\tM'1 -s-n Plus de Cheveux Blancs ni de Tètes Chauves avec la Prodigieuse |jj( c CHEVLURINE D£ PARIS jtV' / * \u2022uiuomuu) iNou.iltuio Je, $TÂË \u2022 j Cheveu* .r«ciouûo aux cheveu* bUnc» ou frlf leur hcll« couleur de Jeune»*» eau» les telndie.t It blond, châtain, rbun ou noir, détruit les belllcule».arrête la chut» de?cheveux et fait pousser luxuriant»; *»t!«f»ction garantie ou argent reml*.Partout 5-»c la bouteille, ou écrive* Cooper and Co dépt t.1 HP Comn'Naalrr», Montrés!.n»i A W \u2022r^fiat #t Cl».Qu*bao- r* '\t\u2022' .»* A, / \u2022\u2022 '/ S/tt f, exquis qui se déroulent à mes yeux.A dix heures, nous débarquons à Prescott, pour prendre le train jusqu\u2019à Coteau Landing.Nous stationnons longtemps, en plîin champs.Des champs, tout parsemés de petites marguerites au coeur d\u2019or.fleurant bon le foin nouveau.Et, maintenant, nous fuyons très loin.Il fait bon se sentir emportée ainsi, à toute vitesse.Plus tard : Nous n\u2019avons plus que quelques heures, et tout ça.sera le Passé.Tout le monde est sur le pont, attendant avec un petit frisson de plaisir ou de crainte, les premiers \u201crapides\u201d.Un groupe de jeunes misses anglaises m\u2019amusent surtout.On y discute l\u2019expérience toute neuve, avec des airs dédaigneux et superbes.d\u2019autres ont des petites mines drôles, où se devine un vague effroi.Sautés ! les premiers rapides ! Et, mes anglaises bavardent.Quelques-unes, \u2014 les délicates \u2014 sont un peu pâles.D\u2019autres semblent désappointées, tandis que d\u2019autres encore, attendent les yeux brillants, ravies, une autre secousse.Mais, je cesse bientôt de les observer.Un peu penchée, recevant au visage, à tout Instant, l\u2019embrun, les lèvres avides, je me grise éperduè-ment.Prise toute, je reste ainsi, jusqu\u2019aux derniers rapides.et, le vapeur file, triomphant sous le pont Victoria.C\u2019est fini ! Heureux de se retrouver dans ce vieux Montréal, on rentre chez soi, dans le joli home, où i notre présence a manquée un peu.Et, 'de ce voyage féerique, il ne reste rien.Rien qu'un souvenir clair, tout au fond de l'âme.et, qu\u2019on ira chercher aux jours mauvais et tristes, pour s\u2019en faire une joie, très douce.de souvenir ! ADRIENNE D\u2019OUVILLE.Juillet, 1908.L\u2019ESPACE Vu* de la Chuta principal*.A J.T.N\u2019as-tu pas quelquefois rêvé, lorsque la ville S\u2019endort de son sommeil vaste et silencieux > N\u2019as-tu pas cheminé près du fleuve tranquille Où se réfléchissait l\u2019abîme obscur des cieux ?Les astres immortels, fils de l'ombre nocturne, N\u2019obsèdent pas les yeux des foules sans espoir ; Mais le coeur trop profond d\u2019un poète est une urne Où s\u2019amassent les pleurs qui tombent du ciel noir.Est-il vrai qu\u2019au delà des astres innombrables Nulle voix n\u2019ait jeté des paroles d\u2019amour.Que l'Olympe éloigné des Dieux inexorables Ne doive pas s\u2019ouvrir à nos espoirs d\u2019un jour ?Vous qui luirez toujours, étoiles immobiles.Clartés dont la douceur étonne les enfants.Nous voyez-vous, nous tous qui souffrons dans les villes ?Entendez-vous les voix qui pleurent dans les champs ?Merveilleux univers sourd à l\u2019homme qui pense.Ton espace infini m'épouvante, et j\u2019ai peur De son immensité moins que de son silence.Gouffre où nous n'entendons battre que notre coeur.PAUL BOURGET.de P Académie française.Il ajoute: \"Les Françaises sont minces de la tailie au delà de toute expression ; ©M9S s* plaisènt à enfler leurs robes, de la ceinture au bas, var des toiles apprêtées et des vertugadlns, ce qui augmente a Sr\u201c' ce de leur tournure.Elles mettent beaucoup de coquetterie à se chausser, soit de la pantoufle basse, soit de l\u2019escarpin.Le cotillon qu\u2019à Venise on appelle \"la carpetta\" est toujours de grande valeur et de l\u2019élégance la plus recherchée chez les bourgeoises aussi bien que chez les nobles.Quant à la robe de dessus, pourvu qu'elle soit de serge ou d'escot, on n\u2019y fait pas grande attention, parce que les femmes, quand elles vont à l\u2019église, s agenouillent et même s\u2019asseyent dessus.Pardessus la chemise, elles portent^ un 1 buste ou corsage, qu\u2019elles appellent corps rlqué, qui leur donne du maintien ; Tl est attaché par derrière, ce qui avantage la poitrine.Les épaules se couvrent de tissus très fins ou de réseaux ; la tête, le cou et les \u2019ora\u2019j sont ornés de bijoux.L\u2019arrangement des cheveux est toute autre qu\u2019en Italie : elles se servent de cercles de fer et de tampons sur lesquels sont tirés les cheveux, pour donner plus de largeur ?.u front.La plupart ont les cheveux noirs, ce qui fait ressortir la pâleur de leurs joues ; car la pâleur, si elle n'est pas maladive, est regardée en France comme un agrément\".a Notre observateur vénitien s\u2019ac quitte merveilleusement de sa tâche, et il faut avouer que son portrait des dames françaises du temps ne laisse rien à désirer.Il est aussi du dernier galant.Ce vénitien frâquetalt la haute société, les belles dames de la cour.Ce qu\u2019il nomme un \u201ccorps piqué ressemble fort au corset actuel, qui déjà sangiait la raille des femmes, ré solues à se rendre minces, bon gré mal gré, d\u2019autant plus que les hom mes, nous l\u2019avons dit, se déclaraient leurs rivaux pour la finesse de la taille, et se serraient d\u2019une manière incroyalÿe.A leur tour, les femmes empruntèrent aux hommes le caleçon, forme particulière de pourpoints avec des hauts-de-chausses.Quelques-unes portèrent des caleçons par-dessous leurs robes.Mais cette mode ne fut certet pas généralement adoptée,parce qu\u2019elle ne s\u2019accordait guère avec les accessoires du costume.Nous avons parlé du masque ; occupons-nous du fard, que le masque devait couvrir.Plus d\u2019une beauté se colorait le soi; avec du sublimé, et, le matin, il fallait combattre les ravages de cetie substituée corrosive.Elles se couvraient la peau de pommades et d\u2019eaux réfrigérantes.Le parfumeur fabriquait les drogues de toilette en pilant et en incorporant ensemble, pour les faire cuire, des pieds et des ailes de pigeon, de la térébenthine de Venise, des fleurs de lis, des oeufs frais, du miel, des coquilles de mer appelées \"porcelaines\u201d, des perles broyées et du camphre.Le tout se di-tillait en alambic, au bain-marie, avec un peu de musc et d\u2019ambre gris.Quel mélange 1 on dirait la cuisine |de Méphistophélès.J'ignore si nos | parfumeurs d\u2019aujourd'hui usent encore de pareilles recettes ; mais je sais que nos dames ont fait revivre un peu trop, à mon avis, l\u2019usage de se peindre la figure.Passons.Jean de Caurres, écrivain du seizième siècle, dit que les demoiselles masquées de son temps portaient un miroir sur l\u2019estomac, mode qui tendait à se généraliser, \u201cest-ce qu\u2019avec le temps ajoute-t-il, il n\u2019y aura bourgeoise ni chambrière qui par accoutumance n\u2019en veuille porter.\u201d Cet usage étrange ne se conserva pas.Catherine de Médicls, dont on admirait les épaules, échancra les robes autant par devant que par derrière.On suivit cette mode à sa cour, et bien des personnes mal faites n\u2019osèrent pas faire altrement que leur souveraine, à qui l'on devait l'extension en France de la mode des corsages baleinés, si funestes à tant de générations féminines.La courtisanerie n'admettait pas les oppositions.Au surplus, et quelles que soient les critiques de détail adressées aux femmes du règne de Charles IX, rendons-leur cette justice, que leurs toilettes possédaient une grâce enchanteresse et une grande harmonie d\u2019ensemble.Quoi de plus riche et de meilleur goût que ces costumes en étoffes brochées blanches ?Quoi de mieux disposé que ces garnitures en pierres ou en verroterie de couleur ?Et cette espèce de mantelet en fourrure qu\u2019une belle dame jetait sur ses épaules, aussitôt que l\u2019air frais menaçait sa délicate santé ! Et ces gants de peau blancs, aujourd\u2019hui si répandus,alors si rares ! Et ces fraises de dentelles ! Et ces jolis chaperons blancs, d\u2019où s\u2019échappait, par derrière, un long voile blanc qui cachait à moitié la taille ! Que concevrait-on encore de plus approprié à une toilette sévère que ces doublures rouges d\u2019étoffes foncées, que ces gorgerettes de linon empesées, et que ce chapeau noir, gracieux dans sa simplicité ?A.CHALLUMEL.(A suivre) MENU GU DIMANCHE Souoe blanche.Epaule de veau aux oignons.Céciles.Towates rôties.Tartes anglaises aux fruits.Blanc-mange à la mousse d'Irlande.Crème Espagnole.SOUPE BLANCHE EPAULE DE VEAU AUX OIGNONS Enlevez l\u2019os d\u2019une épaule de veau sans couper le dessus de la viande et mettez à la place des oignons pelés et coupés en tranches, salés et poivrés.On peut mettre moitié oignons et moitié chapelure.Cousez et troussez l\u2019épaule, mettez dans la lèchefrite avec les os en-dessous et faites saisir rapidement le dessous dans un four bien chaud.I^orsque le dessus est roux, salez, poivrez, saupoudrez de farine, et arrosez avec le Jus qui tombe dans la lèchefrite.Faites cuire vingt minutes pour chaque livre de viande ou jusqu'à ce que le Jus qui décou'e n\u2019att plus de trace de couleur rouge.Une heure avant qu\u2019il soit cuit, vous pelez une douzaine eu plus de pommes de terre de moyenne grosseur, si vous les mettez à cuire avec la viande, vous les tournez de temps â KEMOKRJJES GUEhlES À DOMICILE j:ar la Kouveih Méthode d\u2019Aksorptian.St vous souffrez d'hémorroïdes fluentes, cuisantes, sèchts ou sablantes, envoyez-mol votre adresse, et je vous dirai comment vous guérir à domicile çar le nouveau traitement par absorption ; et Je vous enverruï aussi un échantillon de ce traitement domestique gratjs à l\u2019essai, avec certificats venant de votre propre localité si vous le désirez.Soulagement immédiat et guérison radicale assuré*.N\u2019envo/ez pas d\u2019argent, mais parlez de cette offre aux autres.Ecrivez aujourd\u2019hui à Mme M.Summers,boîte P.41, Windsor, Ont.\ty vi A Lfiipwd, Purificateur du Sang ftit'uiètie 8a u vu K* Lu plu*.£ ruuti cuiupuvé (le racine» sur terre.Kssal absolument glatis 'istlir (eûtes maladies.décrive* votre tas.MADAME J.L.IlOVKK * CIE, Manchester, N.-H., et Incluez 4 cents en timbre.______________100\u2014».n.D autre pour qu\u2019elles cuisent également, et lorsque le veau est cuit, vous les arrangez autour, sur un plat chaud.Faites une sauce avec le Jus de la lèchefrite, après avoir ôté la viande; mettez la poêle au feu avec le jus, et démêlez-y une grosse cuiller à thé de farine, faites roussir, puis versez graduellement une chopine d\u2019eau bouillante, salez et poivrez.Faites bouillir la sauce une minute et servez avec l\u2019épaule de veau et un plat de pommes de terre bouillies ou cuites au four.CECILES 2 tasses de viande froide culte, hachée menue, 2 jaunes d\u2019oeufs; 3 cuillers à thé de beurre; 4 cuillers à soupe de mie de pain rassis; ya cuiller à thé de jus d\u2019oignons; 1 cuiller à thé de sel; M de cuiller à thé de poivre noir.Mettez tous ces ingrédients dans la poêle à frire et faites cuire sur le fourneau jusqu\u2019à ce que le tout soit bien mêlé et chaud.Faites refroidir.Lorsque ce sera froid, faites des balles à peu près de la grosseur d\u2019une noix.Plongez dans l\u2019eeuf battu, puis dans la chapelure; faites cuire dans le beurre chaud.Servez avec une sauce Béchamel.TARTES ANGLAISES AUX FRUITS Les tartes anglaises aux fruits sont une sorte de tar:es épaisses sans croûte en-dessous.Elles ont !e mérite d'être plus saines et plus juteuses que les tartes américaines, avec leurs croûtes inférieures trop lourdes.Pour faire une de ces tartes, on remplit de fruits mûrs un plat à pudding peu profond, qui tient à peu près une chopine et demie.On prend pour le pâté le quart des ingrédients mentionnés dans la recette pour la pâte peur les tartes et on roule de manière à ce que la feuille de pâte dépasse un peu les bords du plat, tout en reproduisant la forme.On la perce de trous avec une fourchette et on l\u2019étend sur les fruits en repliant le bord.On fait cuire trois quarts d\u2019heure dans un fourneau modîrémeut chaud.Si les fruits sont des bluets ou des mûres, on en prend une chopine et demie avec une demie roquihe de sucre mêlé avec une cuiller à soupe de farine et une pincée de muscade râpée.Versez là-dessus trois cuiUers à soupe d\u2019eau.Les groseilles et les gadelles demandent le double de sucre; les pommes à peu près autant que les groseil'es, mais pas de farine.Les Anglais répandent du sucre sur la tarte avant de la mettre sur la table.CREME ESPAGNOLE Vz bette de gélatine, 2 tasses de lait, 5 cuillers à thé de sucre, 2 oeufs, 1 cuiller à thé de vanille.Faites tremper la gélatine dans une tasse de lait, mettez le reste du lait sur le poêle et lorsqu\u2019il est chaud, versez-y en brassant le sucre, la gelatine trempée et les jaunes battus des oeufs.Dès que ça commence à épaissir, ôtez du feu et mettez les blancs d\u2019oeufs battus en neige solide avec une cuiller à thé de vanille, puis mettez en moule.Se sert avec de la crème et du sucre.BLANC-MANGE A LA MOUSSE D\u2019IRLANDE % tasse de mousse d\u2019Irlande, 1 pinte de lait doux.Après a\u2019.'oir lavé soigneusement la mousse d\u2019Irlande, on la met dans le lait, et on fait cuire à la vapeur pendant une bonne demi-heure, puis on passe et on met en moule.APRÈS LES REPAS «A Avez-vous une sensation ™ de tristesse et de lourdeur\u2014 comme si vous aviez trop mangé ?Dans ce cas, c'est que vous souffrez de mauvaises digestions.Pour éviter ces ennuis, vous mangerez, sans doute, moins à J\u2019avenir.Alors, vos forces l diminueront et votre esto-\t, mac deviendra encore plus\ti faible.Ce régime ue peut amener qu\u2019une santé délabrée.Le seul moyen de vous guérir, c\u2019est de vous for tifier l'estomac eu prenant le Sirop de la Mère Seigel.Lisez ceci :\u2014 \u201c Depuis un an, ma femme souffrait de mauvaises digestions, et son état devint si grave qu'elle pouvait à peine se teflir debout.Mais, dès qu'elle commença à prendre le Sirop de la Mère Seigel son état s\u2019améliora et, maintenant, elle se porte très bien.\u201d \u2014M.Firmin Cyr, Siegas, Vic-¦ toria Co., N.B., 22 jan.1908.PRENEZ\t^ LE SIROP DE LA MERE OUI GUr.KiT LA DYSPEPSIE.En Vente Partout, pii* 6 > et».U bouteille.^ AJ White ht Ci*., Ltd.M>vra«Ai.^ A w D f A *\t4 .rj ! I '* < v, L(W/ rJf>J VIE iJJ r~ '¦ cn-,-, ! I r î Î ! \\ l 1 i (T^l -i I LEnRES OUVERTES XKTKE FILLEULE ET ITAEK-KAINE Voici deux voisins .sinon en relations de mitoyenneté, du moins dont les demeures sont rapprochées l'une de l'autre et qui puisent, dans ce rapprochement même, des causes de discordes fréquentes, assez acerbes parfois.En se plaçant au point de vue des généralités de l'existence, auquel! des deux est-il possible de donner raison?S\u2019il était aisé de répondre, à cette interrogation, de façon péremptoire, voilà qui simplifierait fort la tâche des moralistes; voilà qui trancherait une procédure aussi vieille que le monde; voilà qui terminerait un conflit dont les \u201cconsidérants\" n\u2019ont rien à envier, ni en nombre, ni en poids, à ceux qui se déroulent devant dame Thémis.Si seulement on pouvait arriver à trouver, entre ces plaideurs éternels, un terrain d\u2019entente.Il n\u2019en est jamais ainsi, ou peu s'en faut.Et pourtant, cette question, presque insoluble, est une de celles qui méritent que l\u2019on s\u2019y arrête avec grande attention.En effet, le champ d\u2019opérations, le territoire contesté de ces deux puissances, n\u2019est autre que nous-mêmes.C\u2019est notre propre conduite, notre propre manière de vivre, que chacune d'elles entend régir, diriger, dominer.Ces deux antagonistes prétendent exercer une souveraineté sans partage, au nom de cette justice distri-outive qui considère assez volontiers, comme axiome, le \"Moi seul et c\u2019est assez!\u201d , Placés entre eux, ainsi qu\u2019entre les deux termes d\u2019un dilemne, tiraillés, sollicités comme le métal qu\u2019attirent, tour à tour, deux aimants contraires, il nous est bien permis d\u2019imiter quelque peu l\u2019hésitation de l\u2019âne célèbre de Buridan.De la Tête ou du Coeur, de ces deux guidas qui n\u2019engagent guère à suivre même'chemin, quel est celui dont nous rvons intérêt à écouter les conseils, disons même à accepter les ordres?Quel est colui qui nous enseignera la route la plus sûre, qui nous épargnera len heurts les plus pénibles?La Bruyère, l\u2019illustre auteur des \u201cCaracttfces\" qui, vers l\u2019an 1685, longtemps, par conséquent, avant Balzac, étudiait, sur le vif, les personnages de l\u2019éternelle \u201cComédie humaine\u201d, a dû dépeindre bien souvent et opposer des personnalités dominées, soit par la Tête, soit par le Coeur.Sans nous appesantir à chercher dans son oeuvre, pourtant si parlante ,les \u201cpour\u201d et les \u201ccontre\u201d en nombre infini, nous pouvons approcher de la vérité, d\u2019une bonne petite vérité moyenne et bien sage, en regardant, de nos simples yeux, et, sans loupe, ce qui se passe autour de nous.Voici un monsieur, un jeune homme parfois, une dame, souvent même une jeune fille dont on dit: \u201cMauvaise tête sans doute, mais bon coeur! ah quel bon coeur!\u201d Eh bien !je dois vous avouer que, dans ce cas, ce \u201cBon Coeur\u201d tant vanté ne me séduit que bien incomplètement.Une mauvaise tête, en eff^t, nn de ces caractères aigus, pour ne pari employer un terme plus vif, est, pour qi»i s\u2019en trouve affligé, et, plus encore, pour son entourage, ! une source de bien fréquents ennuis, de déceptions pénibles, de multiples désenchantements.Au \u201cBon Coeur\u201d, les occasions manquent quelquefois pour se manifester ou, du moins, ne se produisent-elles que rarement.Tandis qu\u2019à la \u201cMauvaise Tête\u201d, les incidents de la vie quotidienne, même les plus insignifiants en apparence, servent, à tout moment, de prétexte pour s\u2019affirmer d\u2019une manière des moins agréables.Il s\u2019ensuit qu\u2019étant donnée l\u2019acception dans laquelle nous prenons lcd, tout d\u2019abord, le mot \"Tête\u201d et le mot \"Coeur,\u201d je suis assez tentée de considérer comme privilégiés ceux qui possèdent un caractère bien équilibré, bien pondéré, un jugement sain, portant moins d\u2019envie à ceux qui n\u2019ont, pour compenser l\u2019absenco de pareils avantages, que des facultés affectives et émotives quelque peu vibrantes.Oui, Je l\u2019avoue, dans le courant ordinaire de l\u2019existence, l\u2019influence de la Tête me paraît véritablement prépondérante, tant vis-à-vis de nous-mêmes, d\u2019une manière dlrette, qu\u2019indlrecte-ment vis-à-vis de notre cercle Intime.La régularité, la fixité, la suite du caractère, seront donc des qualités primordiales que nous aimerons à rencontrer chez nos proches, que nous demanderons à un fiancé, à une fiancée, à des amis et qu\u2019il conviendra, par réciprocité,' de leur offrir nous-mêmes.Il est incontestable qu\u2019en nous soumettant aux impulsions cérébrales raisonnées, nous avons chance d\u2019assurer à notre vie une direction stable, une marche méthodique, de subordonner nos actions, nos efforts, nos travaux à un but bien défini, mûrement déterminé, poursuivi sansl irrésolution.N'est-ce pas là, précisément, la | réunion de tous les éléments qui doivent conduire au succès?La Raison veut que notre réponse ¦oit nettement affirmative! xxx Mais alors, que ferons-nous du Coeur, me disent des voix que j'entends anxieuses, que Je pressens même un peu étonnées?Je l'avoue, mes chères lectrices, c\u2019est ici que l\u2019auteur s'embarrasse et qu'il est tenté de s\u2019écrier: \u201cIncontestablement, j\u2019ai raison; mais, faites, faisons cependant quelquefois, comme tl J\u2019avais tort.\u201d N\u2019étouffons pas, de propos délibéré, la voix qui sait être à la fois dangereuse et charmante, comme l\u2019était, d'après la fable, celle desj '// / f a certaines nhrases, au contraire, que l'on doit lire avec une intonation un peu moins accentuée et S voix plus basse.On pourrait presque d re.avec p\u2019us d\u2019indifférenre.pour faire comprendre qu\u2019elles ne tiennent teur* essence de Ia Pensée de Vau- Teües sont W citations, les nhrq-ses Incidentes, les parenthèses \u2019es r*.flexions sortant du sujet lui-même En reprenaut anr,.s -es gnez dw°fr
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