Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 septembre 1935, Septembre - Octobre
[" é Montréal, Septembre-Octobre 1935 No 5 Vol.VIII.16'' annee Œuvres des Soeurs Missionnaires de Flmmaculée-Conception AU CANADA MAISON MÈRE, 314, ch.Ste-Catherine, Outremont, près Montréal (F.en 1902) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Procure des missions.Atelier d\u2019ornements d\u2019église, de broderie, de dentelle et de peinture pour le soutien de la Maison Mère et du Noviciat.École de formation de catéchistes chinoises.Cercles de couture de dames et de demoiselles.Diffusion d\u2019une revue missionnaire: Le Précurseur.Bibliothèque missionnaire gratuite.NOVICIAT, Pont-Viau (près Montréal), Cté Laval HÔPITAL ET DISPENSAIRE CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetière, Montréal Enseignement du catéchisme aux Chinois.\t(Fondée en 1918) Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception visitent aussi les Chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants lorsqu\u2019on les y appelle.NOMININGUE, P.Q.(Béthanie) (Fondée en 1914) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Germain (Fondée en 1918) École apostolique pour les aspirantes aux missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.Cours privés de français, d\u2019anglais, de musique et de peinture.VILLE DE JOLIETTE, 100, rue St-Louis (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Adoration du saint Sacrement.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroirs pour les missions.VILLE DE QUÉBEC, 4, rue Simard (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Récollections pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture.VILLE DE VANCOUVER, 236, Campbell (Fondée en 1921) Hôpital Oriental.Refuge et dispensaire pour les Chinois.Cours privés de langues et de catéchisme pour les enfants et adultes chinois.Visite des Chinois à domicile.VILLE DES TROIS-RIVIÈRES, 466, rue Bonaventure (Fondée en 1926) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Œuvre chinoise.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.QUÉBEC, 651, rue St-Cyrille (Fondée en 1928) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.VILLE DE GRANBY, 35, rue Dufferin (Fondée en 1930) Bureau diocésain de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Patronage pour jeunes filles.Cercles de couture pour les missions.École.Jardin de l\u2019Enfance.CHICOUTIMI, 61, rue Jacques-Cartier (Fondée en 1930) Bureau diocésain de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Cercle de couture pour les missions.Patronage pour jeunes filles.VILLE DE GRANBY, 285, rue Principale (Fondée en 1931) Patronage de « l\u2019Immaculée-Conception » pour jeunes filles.SAINTE-MARIE DE BEAUCE (Fondée en 1932) École apostolique.VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Jean-Baptiste (Fondée en 1932) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Jardin de l\u2019Enfance.(A suivre à la page 3 de la couverture) Monlréril LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 193S Prière d\u2019aider les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception à soutenir leurs œuvres en leur procurant du travail ES Sœurs Missionnaires de l\u2019Immacu-LÉE-CONCEPTION Ont un atelier d\u2019ornements d\u2019église et de lingerie sacrée, pour le soutien de leur Maison Mère et de leur Noviciat.Qu\u2019on veuille bien remarquer que les missionnaires doivent subir une préparation de plusieurs années avant de pouvoir aller travailler dans les champs de l\u2019apostolat.A des conditions faciles, on peut se procurer à l\u2019atelier des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal, les articles mentionnés dans la page intitulée « Encourager notre atelier.» En outre, on peint sur commande des bouquets spirituels de toutes sortes, calendriers avec images de la Sainte Vierge, de la sainte Famille, de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, de sainte Bernadette Soubirous et des missions, souvenirs de première communion et confirmation ainsi que brassards, scapulaires, Agnus Dei, insignes pour congrégations, monogrammes, tableaux divers, coussins et différents objets de fantaisie.On fait aussi les Enfants-Jésus en cire de toutes grandeurs.On recommande d\u2019une manière toute spéciale les broderies et dentelles de Chine.Ces dentelles sont fabriquées par les orphelines chinoises.En encourageant ces ventes, l\u2019on coopère au salut de tant de jeunes païennes qui reçoivent dans les ouvroirs catholiques, avec le gain de la vie, la lumière de la foi. n < IVlX DONNÉS SUK DEMANDE \"JVC' >1 ^\tV0T\u201e, > ?\u20220*f^ ^ C iN-*' .Ufes* fe; Wr \u2019 f l'AROlssE^S^lîi^-JoSÊ''» ^ t \\ -iTTcf .-»«4Ë . Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 Encourager notre atelier c est venir en aide à nos missions Chasuble, damassée, galon de soie.$ 17.00 et $ 25.00 »\tmoire antique avec beau sujet.\t25.00\t»\t35.00 »\tmoire antique, riche broderie d\u2019or.\t75.00\t»\t100.00 »\ten velours, galon et sujets dorés.\t35.00\t»\t40.00 »\tdrap d\u2019or fin, sans ou avec une très riche broderie d\u2019or à la main.\t50.00\t»\t90 00 Voile huméral.7.00\t»\tplus Chape, damas, galon\tde\tsoie\tet doré.\t30.00\t»\t50.00 » moire antique, avec riche broderie , d\u2019or.70.00\t»\t90.00 » drap d or, avec beau sujet et broderie d\u2019or en\trelief\tà la main.100.00\t»\t150.00 Aube, avec dentelle guipure.8.00\t»\tplus Surplis en toile avec dentelle.5.00\t»\t» Tapis d\u2019autel en feutre, vert ou rouge.\t5.00\t»\t» Voile de tabernacle.5.00\t»\t» Voile de ciboire.4.00\t»\t» Signet pour bréviaires, peint.1.00» » Collier pour « Ligue du Sacré-Cœur ».8.00\t»\t» Grande variété de bannières et de dais confectionnés à notre atelier.Drapeaux en soie, brodés et peints à la main.Hampe en chêne.Lance et raccord cuivre verni or.Frange or mi-fin au bout flottant.Description et prix donnés sur demande.ENFANTS-JÉSUS EN CIRE Longueur 5 pouces.$ 2.50 7\t»\t 4.00 9\t»\t 7.00 12\t»\t 14.00 Longueur 14 pouces.$16.00 17\t»\t 25.00 22\t»\t 35.00 Lingerie d'autel Amicts.$12.00 la douz.Amicts, toile 2® qualité.10.80 »\t» Corporaux.8.50 Manuterges.4.50 Purificatoires.5.00 Pales.4.00 » » » » » » )) )) Nappes d\u2019autel.6.00 chacune Nous fournissons les hosties aux prix suivants: Petites.$1.20 le mille Grandes.0.40 » cent Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 MOYENS PRATIQUES d\u2019aider les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception En contribuant par des aumônes à : L\u2019agrandissement de la chapelle de la Maison Mère La construction de chapelles en pays de missions.Entretien annuel de la lampe du sanctuaire dans nos maisons du Canada et en pays de missions .$\t20.00 Fondation d\u2019une bourse pour le soutien d\u2019une Sœur missionnaire.1,000.00 Entretien annuel d\u2019une vierge catéchiste.\t50.00 Entretien et instruction annuels d\u2019une orpheline.\t40.00 Fondation d\u2019un berceau à perpétuité.200.00 Soins annuels d\u2019un lépreux ou lépreuse.\t60.00 Entretien mensuel d\u2019un berceau.\t5.00 Rachat d\u2019un bébé viable.\t5.00 Rachat d\u2019un bébé moribond_____\t0.25 Entretien mensuel d\u2019une Sœur missionnaire.\t10.00 Entretien mensuel d\u2019une novice se préparant pour les missions.10.00 S\u2019abonner au Précurseur.\t1.00 ABONNEMENT AU « PRECURSEUR » La revue Le Précurseur paraît tous les deux mois U abonnement, payable d\u2019avance, est de $1.00 par année Adresse: 314, Chemin Sainte-Catherine, Outremont, P.Q., Canada Abonnement à vie: $20.00 Le missionnaire ne doit pas être seul à se sacrifier.Il faut que tous les chrétiens s\u2019unissent et viennent en aide à son travail par leurs prières et leurs aumônes. ¦ Notice de l\u2019Institut des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception De toutes les œuvres divines, la plus divine, c'e:>t de coopérer avec Dieu au salut des âmes.S.Denis Origine.\u2014 Cet Institut, destiné aux missions étrangères, débuta le 3 juin 1902, à Notre-Dame-des-Neiges, près Montréal, sous le bienveillant patronage de Son Excellence Mgr Paul Bruchési et sous la direction de feu l\u2019abbé Gustave Bourassa, curé de Saint-Louis-de-France.Le mai 1903, la Communauté naissante se transporta au numéro 27, chemin Sainte-Catherine, Outremont.En décembre 1904, Mgr l\u2019Archevêque de Montréal, se trouvant à Rome pour prendre part aux fêtes du cinquantenaire de la proclamation du dogme de l\u2019immaculée Conception, soumettait à Sa Sainteté Pie X l\u2019œuvre projetée.« Fondez, Monseigneur, lui dit alors l\u2019auguste Pontife, et toutes les bénédictions du ciel descendront sur le nouvel Institut, auquel vous donnerez le nom de Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Con-ception.» Le 8 août 1905, anniversaire de sa consécration épiscopale.Son Excellence Mgr Bruchési recevait les vœux des deux premières religieuses et donnait le saint Habit à trois postulantes.En 1909, sur l\u2019appel de Son Excellence Mgr Mérel, vicaire apostolique du Kouang-Tong, la Société ouvrait à Canton, Chine, sa première maison.En 1913, la Mission catholique lui confiait l\u2019importante Léproserie de Shek Lung, et en 1916 le gouvernement chinois lui donnait la direction d\u2019une nouvelle Crèche à Tong Shan, près Canton ^ But de la Société.\u2014 Le but de la Société des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception est la propagation de la foi chez les nations infidèles, en esprit d\u2019action de grâces.En conséquence, chaque sujet, par l\u2019émission des vœux dans la Société, voue à Dieu ses forces et sa vie à l\u2019extension du règne de Jésus-Christ et de son Immaculée Mère, comme un holocauste de perpétuelle reconnaissance, tant en son nom qu\u2019en celui de tous les hommes.Esprit de la Société.\u2014 Les vertus qui doivent caractériser les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, sont: la reconnaissance, l\u2019humilité, l\u2019obéissance, la charité, la joie spirituelle, l\u2019amour du travail et de la vie cachée, l\u2019esprit de foi et de prière, le zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.Œuvres en pays infidèles.\u2014 L\u2019exercice de toutes les œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle: instruction des enfants indigènes, des catéchumènes et des néophytes; formation de religieuses indigènes et de vierges catéchistes, assistance des mourants païens et chrétiens; crèches, orphelinats, écoles de gardes-malades, écoles industrielles, ouvroirs, dispensaires, léproseries, etc.Œuvres en pays chrétiens.\u2014 Diffusion des Œuvres de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la Foi, ainsi que des revues faisant connaître les missions.1.Voir adresses des autres Missions sur la couverture. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 Création d\u2019écoles apostoliques ou maisons de recrutement.Procures où l\u2019on reçoit les dons en argent et en nature pour les missions.Ecoles pour les enfants des nations idolâtres résidant au pays; direction de cours spéciaux pour les adultes païens; instruction religieuse des catéchumènes et assistance des mourants chinois, nègres, etc.Ligues de prières et de sacrifices pour l\u2019extinction des sociétés antireligieuses.Retraites fermées pour les dames et les jeunes filles.Exercices spirituels.\u2014 Persuadées que la piété est l\u2019aliment de la charité et du zèle, et qu\u2019elle est indispensable aux œuvres qui leur sont propres, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception joignent la vie contemplative à la vie active.Elles vaquent aux exercices suivants: Audition de la sainte messe.Oraison matin et soir.Lectures spirituelles.Récitation du Rosaire en commun.Chemin de la croix en commun.Retraites mensuelles et annuelles.Heures d\u2019adoration devant le Saint Sacrement exposé: chaque dimanche et vendredi de l\u2019année et à toutes les fêtes de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge, le Saint Sacrement est exposé toute la journée.Il est aussi exposé tous les jours de l\u2019année dans les lieux où l\u2019Ordinaire du diocèse le désire.Fêtes principales.\u2014 La Pentecôte et l\u2019Immaculée-Conception.Conditions d\u2019admission au Noviciat.\u2014 La première des qualités exigées des aspirantes au Noviciat est un ardent désir de se dévouer à l\u2019Œuvre des Missions.Elles doivent y ajouter certaines qualités naturelles: jugement sain, droiture, simplicité, générosité et force de caractère.L\u2019Institut ne comptant qu\u2019une seule catégorie de religieuses, toutes, par des aptitudes spéciales, doivent être en condition de se rendre utiles.Les jeunes personnes qui n\u2019ont pas fait des études complètes sont admises pourvu qu\u2019elles aient une instruction au moins élémentaire et qu\u2019elles possèdent d\u2019autres aptitudes, telles que: science du ménage, de la cuisine, de la couture, etc., ou encore qu\u2019elles aient des connaissances de la musique ou de la peinture.Les aspirantes sont aussi tenues de produire les certificats suivants: extraits de baptême et de confirmation, billet de recommandation de leur curé ou de leur confesseur, certificat de santé du médecin et consentement écrit des parents si le sujet est mineur.Là durée du postulat est de six mois, celle du noviciat, de deux ans.Pendant le Noviciat, les novices étudient la vie religieuse, s\u2019exercent à la pratique des vertus, s\u2019imprègnent de l\u2019esprit de l\u2019Institut, en apprennent les règles et usages et se préparent de loin à la vie apostolique à laquelle elles se destinent.La durée des vœux annuels est de trois ans.Pendant les vœux annuels, les jeunes professes se préparent plus directement à la vie de missions.A l\u2019expiration des trois années des vœux annuels, la professe se consacre irrévocablement à Dieu par l\u2019émission des vœux perpétuels.* * * Le D'' mars 1925, l\u2019Institut des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception recevait de Sa Sainteté Pie XI im Bref de louange et l\u2019approbation de ses Constitutions, et le 7 mars 1933, l\u2019Institut recevait du Saint-Siège son approbation définitive ainsi que celle de ses Constitutions.Le 14 mai 1933, l\u2019éminentissime cardinal Pierre Fumasoni-Biondi, préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, fut nommé protecteur de l\u2019Institut, en remplacement de S.Em.le cardinal G, Van Rpssum, décédé le 30 août 1932, « Ô NOTRE MÈRE, PROTÉGEZ TOUS NOS BIENFAITEURS » Bulletin des â>ceurs! jUlissionnaires be !'3}mmacuIce=Conception Publié avec l'autorisation de Monseigneur VArchevêque de Montréal Vol.VIII.16® année Montréal, Septembre-Octobre 1935 No 5 SOMMAIRE TEXTE Deux gages de salut.Le Précurseur 259, Le scapulaire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel .Ch.J-T.Savaria 260 Notice abrégée sur les scapulaires et les médailles-scapufaires.\t263 Le chapelet.S.Alphonse de Liguori 264 Nouvel évêque canadien en pays de mission .265 Départ de missionnaires.Le missionnaire .Notre fidèle ami.L\u2019apostolat catholique au Japon Fruits de l\u2019amour.Une journée missionnaire à Rimouski Les œuvres chez les malades.Roses effeuillées .282 Echos de nos Missions.283 Extrait des Chroniques du Noviciat\t.308 La page des enfants.\t.317 Reconnaissance \u2014 Recommandations \u2014 Nécrologie\t.319 266 R.P.E.Champagne, P.B.267 .Le Précurseur 271 R.P.E.-A.Langlais, O.P.273 .278 279 Abbé Zo'él Fréchette 280 GRAVURES Enfants chinois priant pour nos bienfaiteurs\t.(hors-texte) Le scapulaire et le chapelet, trésors de l\u2019Enfant de Marie.258 Marie, Etoile de la Mer.Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception parties pour la Chine le 17 août 1935 .Notre céleste gardien.Temple Shintb à Nagasaki.Au Couvent des Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, Rimouski Ysapai, vierge catéchiste du Couvent de Canton, Chine.Un baptême d\u2019urgence à la porte du Couvent de Canton, Chine.La cueillette d\u2019une journée au Couvent de Canton, Chine.Maisons de pauvres paysans japonais .A l\u2019étude du O Koto, instrument de musique au Japon.Transplantation du riz au Japon.\t.Jour de graduation au Jardin de l\u2019Enfance des Missionnaires l\u2019Immaculée-Conception, Koriyama, Japon.Petites Japonaises sur la scène.Une salle de l\u2019Hôpital Oriental, Vancouver\t.La Très Sainte Vierge et les enfants.\t.de 266 266 270 276 279 283 284 285 296 298 301 302 303 306 318 to ©eux gages^ be salut Comme l\u2019onde qui fuit, comme le flot qui passe, Comme l\u2019herbe qui fane et la fleur qui flétrit.Ainsi coulent nos jours, ô mon Dieu, quoi qu\u2019on fasse Pour prolonger leur cours, pour empêcher la nuit.Tel à jamais l\u2019oiseau, qui de son nid s\u2019envole.Ou le beau fruit qui tombe et qu\u2019on ne revoit plus.Tel nous disparaissons de la terre où l\u2019on vole Aux parvis de la gloire, au séjour des élus. Mats à l\u2019homme méchant, ô Dieu, votre justice Ferme le paradis, ouvre le sombre enfer.Ce lieu du désespoir, de l\u2019éternel supplice Qui fut creusé jadis pour l\u2019ingrat Lucifer.Mais qui est assuré de sa persévérance Dans la vertu qui mène au salut éternel, Qui marche constamment avec cette assurance?.\u2014 Tous les pieux enfants de la Reine du ciel.Ah! nous tous qui voulons, au terme de la vie.Echanger nos chagrins pour l\u2019infini bonheur.Soyons toujours dévots à la Vierge Marie, Mettons tout notre espoir en son aimable Cœur.Gardons à notre cou son béni scapulaire.Ce gage de salut, cet invincible habit; Tenons en notre main la chaîne du Rosaire, Cette arme si terrible aux yeux de l\u2019Ennemi.Comme l\u2019onde qui fuit, comme le flot qui passe.Sur la terre d\u2019exil, ainsi coulent nos jours; Mais au sein du bonheur, dans l\u2019immuable espace.Les enfants de Marie iront vivre toujours.Le Précurseur Ht Scapulaire be i5otre-Bame-bu-Jttont-Carmel tous les scapulaires, celui de Notre-Dame-du-Mont-Carmel est le plus célèbre, et le plus populaire.La plupart des fidèles le reçoivent ordinairement dès leur jeunesse.Les bons chrétiens le portent avec respect et confiance jusqu\u2019à la mort.I.es pécheurs n\u2019osent pas s\u2019en dépouiller.Les uns et les autres voient dans ce saint habit une assurance contre les feux éternels.Mais un grand nombre, même parmi ceux qui le portent, ignorent l\u2019origine de ce scapulaire; ils ignorent également que le scapulaire brun, dont ils sont revêtus, est une partie intégrante de l\u2019habit religieux des Carmes et des Carmélites; ils ne se doutent pas non plus qu\u2019en le recevant ils deviennent les vrais associés de l\u2019Ordre du Carmel.Ce scapulaire, on le sait, fut tout d\u2019abord donné miraculeusement par la Reine du ciel aux religieux du Carmel, comme un signe spécial de sa protection, et un préservatif contre les feux de l\u2019enfer.Cet habit céleste est le trésor sacré de l\u2019Ordre et le signe de son alliance spirituelle avec la Vierge Immaculée.De toutes les faveurs accordées à cet Ordre antique, ce scapulaire est, sans contredit, l\u2019une des plus signalées.On lira certainement avec intérêt et édification ce que les leçons du Bréviaire des Carmes racontent sur le bienheureux Simon Stock, qui reçut des mains mêmes de la Vierge Marie cet habit si vénérable et si privilégié.« Saint Simon Stock, disent ces leçons, naquit dans le pays de Kent, en Angleterre, de parents nobles.Il étudia dans son enfance les lettres humaines, et fut l\u2019élu du Seigneur.A douze ans, il quitta ses biens, ses parent, les plaisirs du monde, et s\u2019en alla vivre dans la solitude d\u2019une épaisse forêt.Le creux d\u2019un arbre lui servait de demeure.Là, éloigné des hommes, il n\u2019avait de commerce qu\u2019avec Dieu.Il nourrissait d\u2019autant plus son âme de la contemplation des choses célestes, qu\u2019il accordait moins d\u2019aliments à son corps.Son repas ne se composait que d\u2019herbes, de racines et de fruits sauvages.Il ne buvait que de l\u2019eau froide.Dieu prit soin de son serviteur en lui envoyant, à des jours marqués, des chiens qui lui apportaient du pain pour soutenir sa faiblesse.Il demeurait seul dans son arbre, auquel il avait fixé un crucifix et une statuette de la Très Sainte Vierge.Il priait en poussant de profonds soupirs, et châtiait son corps en le flagellant avec des épines afin de soumettre la chair à l\u2019esprit.« Après avoir mené ce genre de vie pendant vingt ans, il fut averti intérieurement d\u2019entrer dans l\u2019Ordre du Carmel qui florissait alors en Angleterre.Les supérieurs, remplis d\u2019admiration pour son esprit et ses vertus, s\u2019empressèrent de le recevoir.Après qu\u2019il eut prononcé ses vœux, ils l\u2019envoyèrent étudier les sciences sacrées à Oxford.Son humilité était telle, que ses maîtres et ses frères furent obligés d\u2019employer les plus instantes prières pour le faire consentir à recevoir le grade inférieur de théologie.Ordonné prêtre, il s\u2019appliqua au salut des âmes.On ne peut dire tout le bien qu\u2019il opéra dans le saint ministère.Il composa plusieurs ouvrages sur la patience chrétienne et sur la Sainte Vierge, qu\u2019il honorait tout particulièrement.Étant allé en Palestine, il vécut six ans dans les grottes du Carmel.Après Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935\t261 la mort d\u2019Alain, général de l\u2019Ordre, il fut unanimement élu comme son successeur.Alors, doux pour les autres, dur pour lui-même, il multiplia ses veilles et ses mortifications.Il eut le bonheur de demeurer toujours vierge.» Dieu manifesta la sainteté de son serviteur par plusieurs miracles.Il annonçait les événements à venir, guérissait les maladies incurables.Un frère ayant fait cuire des poissons pour les lui servir, il les rendit à la vie.Il changea de l\u2019eau en vin, pour vaincre l\u2019astuce des démons qui, lorsqu\u2019il disait la messe, lui avaient enlevé le vin pour le saint sacrifice.Il obtint des Souverains Pontifes la confirmation de la règle du Carmel.Il priait fréquemment la Très Sainte Vierge de distinguer, par quelque privilège particulier, cet Ordre religieux qui lui était consacré.La Reine du ciel exauça les ardents désirs de Simon.Le 16 juillet 1251, selon l\u2019opinion générale, la Très Sainte Vierge lui apparut, accompagnée d\u2019un grand nombre d\u2019anges, et portant en ses mains le scapulaire de l\u2019Ordre.Elle lui dit en le lui présentant: « Reçois, mon cher fils, ce scapulaire, comme la livrée de ma Confrérie.C\u2019est la marque du privilège que j\u2019ai obtenu pour toi et les enfants du Carmel.Celui qui mourra revêtu de cet habit n\u2019ira point en enfer.C\u2019est un signe de salut, une sauvegarde dans les dangers, un gage de paix et d\u2019alliance éternelle.» Simon avait été envoyé du ciel pour propager en Europe l\u2019ardeur du saint prophète Êlie.Il gouverna toujours son Ordre avec une admirable prudence; il mourut l\u2019an 1265, au couvent de Bordeaux.Il était âgé de cent ans.Son corps, par un avertissement du ciel, fut exhumé trois jours après son enterrement pour être placé dans un lieu honorable, où il devint célèbre par ses miracles.Ainsi se termine la leçon du bréviaire.PREMIER MIRACLE DU SCAPULAIRE DE NOTRE-DAME-DU-MONT-CARMEL Saint Simon ne tarda pas à confirmer par un miracle éclatant l\u2019étonnante promesse de la Très Sainte Vierge au sujet du scapulaire.Le saint l\u2019opéra le jour même où il reçut cet habit sacré des mains de Marie.Ce miracle fut accompagné de circonstances si exceptionnelles, qu\u2019on est forcé d\u2019y reconnaître la main de Dieu lui-même.C\u2019est le secrétaire du saint, le P.Swanington, qui nous raconte le fait dans les termes suivants.Nous ne faisons que reproduire une version française de son récit, écrit en latin.« Le 16 juillet de l\u2019année 1251, pendant que le bienheureux Simon Stock allait avec moi à Winchester, afin d\u2019obtenir de l\u2019évêque de cette ville des lettres d\u2019introduction auprès du Souverain Pontife Innocent IV, nous vîmes arriver à notre rencontre Dom Pierre de Lington, doyen de l\u2019Église de Winchester, qui pria le bienheureux Simon Stock de venir, en toute hâte, au secours de son frère Germain qui se mourait de désespoir.Cet homme avait nom Walter.Il était pétulant, hautain, querelleur, et adonné aux arts magiques.Il méprisait les sacrements et tracassait sans cesse tous ses voisins.Dans une querelle qu\u2019il avait eue avec un noble personnage, il avait été blessé mortellement, et se voyant proche du tribunal de Dieu, en proie aux remords causés par ses crimes que le démon lui rappelait, il ne voulait entendre parler ni de Dieu, ni des sacrements; mais il s\u2019écriait en blasphémant : « Je suis damné ! C\u2019est à toi, diqble, que je laisse le soin de 262 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 me venger de mon meurtrier.» \u2014 Nous entrâmes dans la maison du malade au désespoir.Il écumait de rage, grinçait des dents, et comme un animal en fureur, roulait des yeux effrayants.Saint Simon Stock, voyant que ce malheureux allait expirer, et avait déjà perdu l\u2019usage de ses sens, fit sur lui le signe de la croix, lui mit l\u2019habit du Carmel (le scapulaire), et, levant les yeux au ciel, pria Dieu de lui accorder le temps de se reconnaître, afin qu\u2019une âme, qui était le prix du sang de Jésus-Christ, ne devînt pas la proie du démon.Tout à coup, le malade reprend des forces, recouvre l\u2019usage de ses sens et de la parole, et, faisant le signe de la croix, crie contre le démon et se met à dire, tout en pleurs; « Hélas! malheureux! que la crainte « de me damner est grande! Mes iniquités dépassent en nombre le sable « des mers! \u2014 Oh! Dieu, votre miséricorde surpasse votre justice, ayez pitié « de moi! \u2014 Et vous, mon Père, aidez-moi! » « A ces paroles, je me retirai à l\u2019écart et Dom Pierre me raconta ce qui suit: « Voyant mon frère s\u2019obstiner dans son impénitence, je me mis « en prière dans une chambre de la maison; pendant que je priais, j\u2019entendis « une voix qui me dit: « Lève-toi, Pierre, cherche mon serviteur Simon qui « est en voyage, et fais-le venir ici.» Je regardai aussitôt pour savoir qui « avait prononcé ces paroles, mais je ne vis personne.La même voix me « répéta par trois fois la même chose.Je compris que c\u2019était un avertisse-« ment du ciel, je montai à cheval pour aller à la recherche du vénérable « Simon Stock.Je rends grâces au Seigneur de l\u2019avoir rencontré si à propos.» Nos lecteurs savent ce qui arriva.« Walter, après sa confession, renonça publiquement à tous les engagements qu\u2019il avait pris avec le démon, reçut les sacrements de l\u2019Église, et donna les marques d\u2019une vraie pénitence.Il fit ses dispositions testamentaires, obligea son frère, sous la foi du serment, à restituer aux propriétaires respectifs tout ce qu\u2019il leur avait pris injustement et à réparer toutes les injures qu\u2019il avait faites.Dans la soirée de ce même jour, vers huit heures environ, il expira.» Quelque temps après, il apparut à son frère et lui dit qu\u2019il était dans le séjour de la paix, et que, par le secours de la très sainte Reine des Anges, et par l\u2019habit du bienheureux Simon Stock, il avait échappé aux embûches du démon.Le bruit de cet événement se répandit aussitôt dans la ville.Dom Pierre en écrivit la relation à l\u2019évêque de Winchester, et le pria de lui en donner son avis.Le prélat, très étonné de ce fait, assembla le conseil épiscopal où l\u2019on résolut d\u2019interroger le bienheureux Simon Stock sur la vertu de son scapulaire.Simon obéit à l\u2019invitation, répondit à tout, et sa déposition fut, par ordre de l\u2019évêque, dûment enregistrée.La renommée de ce prodige se répandit rapidement dans toute l\u2019Angleterre, et même dans les autres contrées.Un grand nombre de villes offrirent des couvents aux religieux du Carmel.Plusieurs seigneurs, désirant ardemment participer aux grâces de ce saint Ordre, sollicitèrent la faveur d\u2019y être affiliés, afin que, mourant revêtus du scapulaire du Mont-Carrnel, ils obtinssent, eux aussi, une fin bienheureuse.\u2014 Extrait de: Le Scapulaire de Notre-Dame-du-Monl-Carmel par M, le chanoine J.-T, Savaria jSotice abrégée ôur leô principaux s>capulaires> et s^ur lesJ mébaille£J=s;capulaire£f N appelle proprement scapulaire un vêtement religieux qui couvre les épaules {scapulae) et tombe en avant et en arrière, jusqu\u2019aux genoux ou même au-dessous.Il se réduit, pour les fidèles, à deux petits morceaux d\u2019étoffe en laine, réunis par des cordons qui permettent de le suspendre au cou.Excepté pour les scapulaires récents, aucune image n\u2019est requise; l\u2019étoffe seule est nécessaire.Dans cette notice, forcément très abrégée, nous parlerons des scapulaires, suivant l\u2019ordre de date de leur apparition.Le scapulaire de la Très-Sainte-Trinité, le premier de tous, fut révélé, en 1193, à saint Jean de Matha, fondateur, avec saint Félix de Valois, de l\u2019Ordre des Trinitaires.Il est composé de trois pièces aux couleurs trinitaires; croix rouge et bleue sur fond blanc.Par le port de ce scapulaire, on affirme sa foi et son amour envers le premier et le plus grand de tous les mystères; on attire sur soi des grâces spéciales de foi, d\u2019espérance et de charité; on participe aux mérites de l'Ordre des Trinitaires et on a droit à un grand nombre d\u2019indulgences plénières et partielles.Le scapulaire de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, de couleur noire, a été donné par la Très Sainte Vierge elle-même, en 1239, aux sept saints Fondateurs des Servites ou Serviteurs de Marie.Il a pour but de rappeler les Sept Douleurs que la Vierge affligée a endurées pendant sa vie et surtout pendant la Passion de son divin Fils.Cette dévotion, autrefois très populaire, est des plus agréables à Marie, et par suite, des plus sanctifiantes.On peut, à cette fin, réciter le chapelet des Sept Douleurs, et, à son défaut, sept Pater et Ave, ou encore les trois Ave Maria en l\u2019honneur des larmes de la Mère des Douleurs, pratique qui remonte aux origines de l\u2019Ordre des Servites.Le scapulaire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, de couleur brune, est sans contredit le plus célèbre et le plus en usage auprès des fidèles, en raison de la grande promesse faite, le 16 juillet 1251, à saint Simon Stock, Général des Carmes, d\u2019après laquelle « celui qui meurt pieusement revêtu de cet habit sera préservé du feu de l\u2019enfer ».De plus, comme le prouve l\u2019expérience, cette divine Vierge protège, pendant la vie.ceux qui portent ses livrées, elle a aussi promis de les secourir après leur mort, dans le purgatoire.Le scapulaire de l\u2019Immaculée-Conception est de couleur bleue; il fut révélé à la vénérable Ursule Bénincasa, le 2 février 1617.pour honorer le grand privilège de l\u2019immaculée Conception.Il est le plus riche en indulgences.Ceux qui, en étant revêtus, récitent six Paler, Ave et Gloria en l\u2019honneur de la Très Sainte Trinité et de l\u2019immaculée Conception, gagnent, s\u2019ils sont en état de grâce, un nombre incalculable d\u2019indulgences plénières et partielles, attachées à la visite des principaux sanctuaires de Rome, de Jérusalem, de la Portioncule (à Assise) et de saint Jacques de Compostelle (en Espagne).Le scapulaire de la Passion est le premier de ce que nous appelons les scapulaires récents.Celui-ci, de couleur rouge, fut donné par Notre-Seigneur à une Fille de la Charité, de Troyes, en 1846.Il a pour but d\u2019honorer la sainte Passion de Notre-Seigneur, ainsi que les saints Coeurs de Jésus et de Marie représentés sur un des pendants du scapulaire.Le scapulaire du Sacré-Cœur doit être en laine blanche.D\u2019un côté, se trouve représenté le Sacré-Cœur et de l\u2019autre, Notre-Dame de Pellevoisin, sous le titre de Mère de Miséricorde.Il doit son origine à une révélation de la Très Sainte Vierge faite à Estelle Faguette, le 9 septembre 1876.Ce scapulaire, actuellement très répandu, est enrichi de nombreuses indulgences.Le scapulaire de Saint-Joseph fut inspiré, vers 1880, à une pieuse religieuse Franciscaine de Lons-le-Saunler (Jura).Il fut approuvé et enrichi d\u2019indulgences par Léon XIII, qui confia au Général des Capucins la faculté de conférer les pouvoirs de 1 imposer.Il est composé d\u2019un tissu violet, sur lequel s\u2019adapte une petite pièce d\u2019étoffe 264 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-OctQbre 1935 jaune.D\u2019un côté, on représente saint Joseph, et de l\u2019autre, les armes pontificales.Un cordon blanc relie les deux pendants.Ces trois couleurs symbolisent l\u2019humilité, la justice et la pureté du saint Patriarche.Le scapulaire de Saint-Michel, formé d\u2019un double pendant, l\u2019un bleu et l\u2019autre noir, fut approuvé en 1880, par Léon XIII, pour attirer la protection spéciale du Prince de la Milice céleste, dans les temps difficiles que nous traversons.Remarques.\u2014 Pour jouir des faveurs auxquelles ces scapulaires donnent droit, il faut: 1° les avoir reçus d\u2019un prêtre muni des pouvoirs de les imposer; 2° les porter au moment même.Lorsqu\u2019un scapulaire est usé, il suffit d\u2019en prendre un autre semblable, sans le faire bénir.L\u2019inscription sur les registres de la Confrérie est nécessaire (sauf dispense) pour gagner les indulgences, mais non pour jouir des autres avantages propres à chaque scapulaire.Bien qu\u2019aucune prière ne soit prescrite pour le port des scapulaires, il convient d\u2019accomplir des pratiques de piété en rapport avec chaque scapulaire.Les Trois Ave Maria du matin et du soir, avec l\u2019invocation: « Marie, ma bonne Mère, préservez-moi du péché mortel pendant ce jour ou pendant cette nuit » (200 jours d\u2019ind.), sont vivement conseillés à ceux qui portent le scapulaire du Mont-Carme! ou de rimmaculée-Conception.MÉDAILLES-SCAPULAIRES Par décret authentique de S.S.Pie X, des médailles portant, d\u2019un côté, Notre-Seigneur montrant son Cœur et de l\u2019autre, la Très Sainte Vierge, sous quelque forme que ce soit, peuvent remplacer tous les scapulaires précités et d\u2019autres, s\u2019il y a lieu, sauf ceux des différents Tiers-Ordres.Une seule médaille peut remplacer tous les scapulaires, pourvu qu\u2019elle ait été bénite avec autant de signes de croix qu\u2019il y a de scapulaires à remplacer, par un prêtre ayant le pouvoir d\u2019imposer ces mêmes scapulaires.Chaque médaille remplaçant des scapulaires doit être bénite à cet effet.Imprimatur: Alfridus-Julius, Episc.Blesens.Effl ®= He cJjapelet Le chapelet, c\u2019est le livre du prêtre qui aime à le feuilleter sans cesse et le proclame sacré à l\u2019égal de son bréviaire.Le chapelet,'c\u2019est le livre de la religieuse; quand elle marche, on l\u2019entend battre à son côté avec un son clair et doux, c\u2019est son ornement d\u2019honneur, c\u2019est sa parure de gloire, c\u2019est la compensation que Dieu lui a laissée après le dépouillement de la charité.Le chapelet, c\u2019est le livre du jeune homme qui veut demeurer chaste et pur au milieu d\u2019un monde corrompu.Le chapelet, c\u2019est le livre de la mère qui balance le berceau de son enfant, en le confiant à Marie.Le chapelet, c\u2019est le livre dè l\u2019humble fille de la campagne qui s\u2019en va garder son troupeau sur la lisière du bois.Le chapelet, c\u2019est le livre du pauvre qui n\u2019a point appris les lettres humaines.Le chapelet; c\u2019est le livre du malade cloué sur son lit de souffrances et dont les yeux sont fixés sur Marie, pendant que ses doigts décharnés roulent lentement les grains bénits.Le chapelet, enfin, c\u2019est le livre du riche qui comprend la vanité des choses de la terre, et dont l\u2019âme est ouverte aux mystères de la vie éternelle.Prenons donc la résolution de réciter notre chapelet non seulement pendant le mois d\u2019octobre consacré au saint Rosaire, mais tous les jours de notre vie.Ils sont assurés de leur salut ceux qui ont soin de réciter chaque jour le Rosaire avec amour et persévérance, S.Alphonse de Liguori iSoubel ébêque canabien en papô be miôôion Le 18 juin dernier, la Sacrée Congrégation de la Propagande élevait au rang de vicariat la préfecture apostolique de Süchow et Notre Saint-Père le Pape Pie XI appelait le R.P.Philippe Côté, S.J., à la dignité épiscopale en qualité de premier vicaire apostolique du nouveau vicariat.Mgr Côté, né à Lawrence, Mass., É.-U., le 28 décembre 1896, fit ses études au College Sainte-Marie, à Montréal; il entra au Noviciat des RR.PP.Jésuites le 30 juillet 1916 et fut ordonné prêtre en 1927.Il partit pour la Chine en 1929.Le vicariat de Süchow, dans le Kiangsu, Chine orientale, a été confié aux Jésuites canadiens-français.Il avait été érigé en préfecture apostolique le R- juillet 1931.La population du territoire est de plus de quatre millions et demi d\u2019habitants, la population catholique est de 56,928.On y compte de plus une vingtaine de mille catéchumènes.S.Exc.Mgr Côté est le dixième évêque canadien actuellement en pays de missions.Au nouvel élu.Le Précurseur est heureux d\u2019offrir ses respectueuses félicitations et ses meilleurs voeux de long et fructueux apostolat.ED H DE De même que les hommes aiment à faire porter leur livrée, de même Marie aime que ses serviteurs portent son scapulaire pour montrer qu\u2019ils lui sont dévoués et qu\u2019ils font partie de sa famille.S.Alphonse de Liguori La Reine du Rosaire vous couronnera dans le ciel, si vous êtes fidèle à la couronner sur la terre.Mgr DE Sêgur -\t?ffl n - ïïnbulgence pour le bîmancbe mtoionnaîre Le Souverain Pontife, en établissant, il y a huit ans, le dimanche missionnaire en faveur de l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi, avait accordé, par un décret du 14 avril 1926 S une indulgence plénière, applicable aux défunts, à tous les fidèles qui feraient à cette occasion la sainte Communion et prieraient pour la conversion des infidèles.Reconnaissant qu\u2019il peut n\u2019être pas possible à tous les fidèles de communier ce jour-là.Pie XI accordait, dans une audience du 20 juillet 1934 au Cardinal Pénitencier, une indulgence de sept ans à tous ceux des fidèles qui, d\u2019un cœur contrit, prendront part à une cérémonie religieuse du dimanche missionnaire et prieront pour la conversion des infidèles.Le décret de la S.Pénitencerie, en date du 30 août, annonçant la nouvelle indulgence, est paru dans les Acta Aposiolicae Sedis du 14 septembre 1934 (p.526).1 Acta Aposi Sedis, vol XIX.p.23. Bépart be miôsiionnatresi A 'E 17 août dernier, à 3 heures de l\u2019après-midi, eut lieu, à la Maison Mère des Missionnaires de rimmaculée-Conception, la cérémonie du départ de deux religieuses pour la Chine: Sœur Saint-Barthélemy (Maria Lambert, de Saint-Barthélemy, comté de Joliette) pour Canton, et Sœur Marie-Bernard (Emma Vanasse, de Saint-Guillaume-d\u2019Upton) pour Tsungming, vicariat de Haimen.La modeste cérémonie fut présidée par le R.P.J.-D.Chaumont, vice-supérieur du Séminaire des Missions Étrangères de Pont-Viau, qui, dans une substantielle allocution, laissa parler son cœur de prêtre missionnaire, de fils de la Sainte Église, rappelant le devoir qu\u2019ont tous les fidèles de travailler, dans la mesure de leur possible, à la conversion des infidèles, en venant en aide aux missionnaires par leurs prières, leurs immolations et leurs aumônes.Il adressa aussi les plus réconfortantes paroles aux partantes, à la communauté réunie, aux parents et amis venus nombreux prendre part à cette petite fête d'adieu.Après la cérémonie, qui se termina par la bénédiction du Très Saint Sacrement et les prières de l\u2019Itinéraire, les deux religieuses missionnaires se rendirent à la Communauté où, selon l\u2019usage, les attendaient leurs bien-aimées Supérieures et leurs chères compagnes pour leur donner, dans une accolade fraternelle, un nouveau témoignage d\u2019affection et leur dire au revoir.là-bas ou là-haut!.Puis, ce fut le dernier repas sous le toit de la Maison Mère, familiales agapes dont on garde toujours le souvenir.Et ce fut la dernière heure.Une visite encore au Dieu du tabernacle, une suprême bénédiction implorée aux pieds de la Madone et les voitures s\u2019ébranlèrent, empor-LEs DEUX PARTANTES DU 17 AOÛT 1935\ttant les chèrcs voyageusBS, Montréal LE PRÉCURSEUR Septembre-Octobre 1935\t267 tandis que leurs compagnes, groupées près de la Vierge du parterre, comme une blanche cohorte, chantaient pieusement VAve Maris Stella.UN AUTRE DÉPART Le 16 septembre prochain, quatre autres Missionnaires de ITmmaculée-Conception partiront, à leur tour, pour la terre étrangère, à la conquête des âmes infidèles, heureuses, elles aussi, de voir se réaliser leur idéal apostolique.Elles feront route avec les Pères du Séminaire des Missions Étrangères qui se rendront en Mandchourie.Ï.C iîlisisitonnaîre SES QUALITÉS, SA PRÉPARATION Par le R.P.Émery Champagne, des Pères Blancs d\u2019Afrique (Suite) Le missionnaire peut être doué de toutes ces qualités et ne pas donner encore cependant tout ce qu\u2019on est en droit d\u2019attendre de lui.C\u2019est qu\u2019il ne lui suffit pas d\u2019être un saint, ni un être de renoncement surnaturel pour être à la hauteur de sa fonction spéciale, il ne lui suffira pas non plus de vouloir sauver son âme et d\u2019en prendre les moyens, c\u2019est là sa tâche comme chrétien et surtout comme prêtre.Comme missionnaire appelé à fonder l\u2019Église au milieu des difficultés d\u2019ordre national, politique et même économique, il devra faire preuve de jugement solide et pratique.Dans ses relations de chaque jour avec l\u2019administration étrangère au pays, il ne devra pas paraître admettre tous les abus \u2014 et Dieu sait s\u2019il y en a \u2014 dont ses ouailles pomraient être victimes, il ne pourra pas non plus faire une opposition systématique au gouvernement établi par la force des choses là où il est appelé à exercer son ministère.Pour avoir manqué de jugement dans ces circonstances, nous avons vu de saints missionnaires ruiner pour des années l\u2019œuvre qu\u2019ils étaient venus organiser.Au point de vue évangélisation proprement dite, un bon jugement n\u2019est pas moins nécessaire pour démêler le bon du mauvais dans les coutumes païennes, pour découvrir le point de contact possible par où commencer dans les âmes le travail de conversion, pour choisir au bon moment les meilleurs moyens de convaincre le païen de son erreur sans le froisser, lui fournir les motifs de crédibilité qu\u2019il peut comprendre, savoir sur quoi fermer les yeux et sur quoi insister, sans toutefois minimiser la doctrine et sans la présenter non plus trop vite dans toute la sécheresse de ses dogmes abstraits et répugnant davantage à la nature corrompue.Autant dire que pour instruire ces âmes souvent grossières et peu habituées à la réflexion, il faut des qualités d\u2019intelligence qui sortent de l\u2019ordinaire.On ne s\u2019imagine pas jusqu\u2019à quel point il faut s\u2019ingénier pour trouver les comparaisons qui portent juste et soutenir l\u2019attention des catéchumènes 268 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 au cours des nombreuses séances de catéchisme durant les années préparatoires au baptême.On doit savoir qu\u2019il est plus difficile d\u2019enseigner les ignorants que les élèves déjà formés par des parents chrétiens et instruits.On serait surpris d\u2019apprendre ce qu\u2019il faut de recherches patientes, d\u2019imagination et de ressources pour traduire seulement le résumé le plus succinct de la doctrine chrétienne.C\u2019est toute une langue d\u2019Église qui est à extraire du langage populaire, à supposer qu\u2019on ait déjà réussi à se rendre maître de tous les secrets linguistiques des tribus évangélisées.A côté de ces qualités de l\u2019intelligence, le missionnaire doit posséder les qualités du cœur qui en font un hcm,me d\u2019affection tendre et surnaturelle, qui sait montrer par l\u2019exemple de sa vie, à ses païens sans affection, ce que c\u2019est que d\u2019aimer selon Dieu.« Cet amour m\u2019a soutenu au milieu des difficultés et des travaux de toutes sortes qui ont usé ma vie avant l\u2019heure.« Aimez-les donc ces peuples auxquels vous êtes envoyés, aimez-les comme une mère aime ses fils, en proportion de leur misère et de leur faiblesse.Aimez l\u2019Afrique pour les plaies sanglantes de son esclavage, pour les cris de douleur qui s\u2019élèvent depuis tant d\u2019années de ses profondeurs.Aimez-la quoi que vous en a^œz souffert, quoi que vous puissiez en souffrir encore '.» Aimer de la sorte ne peut être évidemment le fait d\u2019une âme que n\u2019émeut aucune souffrance, que n\u2019enthousiasme aucune noble cause.Et ce n\u2019est pas tout.Un missionnaire complet sera encore un homme de ressources universelles, qui a des aptitudes pour l\u2019architecture, pour la construction, la menuiserie, la mécanique, les sciences naturelles et qui peut de la sorte rendre tous les services voulus dans ces pays éloignés de la civilisation et privés de tous secours extérieurs.La mission qui a ainsi un supérieur habile de ses mains'et préparé à tous les imprévus de la vie matérielle aura toujours plus de chances de succès.Dans un autre ordre d\u2019idées, il est regrettable par exemple de voir les protestants, les libres-penseurs et les incroyants envahir le domaine de la linguistique, de l\u2019ethnologie, de l\u2019archéologie, s\u2019y faire un nom et imposer au monde savant ou administratif les vues souvent erronées qui les dirigent dans l\u2019établissement de leurs programmes scolaires, leurs réformes sociales, leurs règlements administratifs.Le mieux placé pourtant pour connaître l\u2019indigène, ses coutumes, ses réactions devant la civilisation, n\u2019est-ce pas le missionnaire catholique qui vit de la vie de ses ouailles et a avec eux des relations si intimes?Pourquoi ne prendrait-il pas plus souvent la plume, pourquoi par son travail scientifique n\u2019arriverait-il pas lui aussi à être considéré et à mettre en évidence ses conclusions basées sur la plus stricte vérité ?Je connais tel auteur protestant qui fait maintenant loi dans les universités et les cercles administratifs: il connaît mal les indigènes sur lesquels il a écrit plusieurs volumes, il en parle cependant avec assurance et ses jugements sont acceptés au détriment de la religion bien souvent.Les missionnaires mieux informés de ces régions ne peuvent guère maintenant protester et contredire, ils arrivent trop tard.1.Le cardinal Lavlgerie à ses missionnaires Montréal LE PRÉCURSEUR Septembre-Octobre 1935\t269 On ne défait pas facilement une réputation si fermement établie dans un domaine que personne autre que le missionnaire ne peut contrôler.Un peu partout cependant, on tâche de remédier à cette lacune chez les missionnaires catholiques.La plupart des congrégations missionnaires ne craignent plus de confier aux meilleurs de leurs sujets cette œuvre théorique de l\u2019apostolat indirect par la plume pour la plus grande gloire de Dieu et de l\u2019Église.Bien que le soulagement des corps ne soit pas l\u2019objectif primordial des activités missionnaires, il est entendu qu\u2019on ne peut se désintéresser de cette œuvre de miséricorde corporelle qu\u2019est le soin des malades dans ces pays où les maladies sont souvent si répandues et si cruelles.C\u2019est dans ce but que des cours de médecine se donnent maintenant aux aspirants à l\u2019apostolat et il me semble que c\u2019est là une nécessité qui s\u2019impose.Tout missionnaire devrait pouvoir à l\u2019occasion sauver la vie à un confrère en danger.Je sais tel missionnaire qui est mort un peu de l\u2019ignorance d\u2019un confrère, lequel n\u2019avait pas su distinguer dans son diagnostic entre une dysenterie amybienne et une dysenterie infectieuse provenant de la fièvre paludéenne.Se l\u2019est-il reproché ce pauvre confrère sa dose d\u2019émétine donnée mal à propos! Et sera-t-il plus permis au missionnaire de laisser mourir par centaines ses ouailles privées de médecins, alors que la science médicale élémentaire peut lui fournir les moyens de sauver le plus grand nombre ?Pour achever le portrait du missionnaire idéal, faut-il vous confier un secret musical ?J\u2019ai souvent remarqué en effet que celui qui chante faux apprendra toujours difficilement certaines langues où des nuances essentielles se rencontrent dans les accents, les inflexions, le ton de la voix.Si l\u2019oreille ne perçoit pas ces nuances d\u2019une façon bien distincte, comment voulez-vous que la voix puisse les rendre avec perfection ?FORMATION DES ASPIRANTS-MISSIONNAIRES Après cet aperçu sur la mission spéciale de l\u2019envoyé de l\u2019Évangile et sur les qualités personnelles qui sont requises du missionnaire, nous pouvons nous demander s\u2019il n\u2019y a pas ime préparation technique à donner aux aspirants-missionnaires.Tout de suite je dis oui.Sans doute on pourra objecter que la véritable formation du missionnaire doit se faire sur place et s\u2019acquérir par l\u2019expérience.Rien de plus vrai, et surtout s\u2019il s\u2019agit de méthodes immédiatement pratiques pour tel ou tel groupe, adoptées définitivement par telle ou telle congrégation missionnaire, il n\u2019y a qu\u2019à s\u2019en remettre à la direction des supérieurs compétents.Ce serait une erreur pour un jeune missionnaire d\u2019arriver dans son coin de brousse avec un plan de vie tout détaillé et des idées toutes faites sur la manière de convertir les païens qui lui sont confiés.Chaque congrégation a fini par adopter des méthodes qui lui sont propres et que l\u2019expérience personnelle ou celle des autres a dû prouver efficaces pour le but particulier qu\u2019elle se propose et la conversion des peuples à elle confiés.Cette mise au point ne peut aller cependant contre l\u2019affirmation que je ne crains pas de mettre en avant quand je parle de la possibilité et même de la nécessité d\u2019une préparation technique aux missions.{A suivre) DIEU A COMMANDÉ A SES ANGES DE VOUS GARDER DANS TOUTES VOS VOIES (Ps.xc, 11.) i^totre fibcle ami Ah! qu\u2019il est bon, dit-on, d'avoir sur cette terre.Toujours à soi.Un véritable ami, ami tendre et sincère.De même foi.Connaissant nos besoins, le Seigneur très aimable.Tout près de nous.Plaça ce tendre ami, cet ami véritable.Fidèle et doux.C\u2019est un céleste Prince, à l\u2019aile protectrice.Au cœur aimant.Au regard vigilant, à la main conductrice.Au pas fervent.Du berceau à la tombe, à nos côtés chemine Ce bel Ami; Il veille sur nos pas, souvent les illumine.Leur donne appui.Il parle à notre esprit et doucement l\u2019invite Au choix du bien; A l\u2019heure des combats, davantage il incite Et nous soutient.Mais hélas! que de fois nous fermons notre oreille A ses avis.Et nous cherchons à fuir son doux regard qui veille.Ses yeux amis.à C\u2019est alors pour courir aux fleurs enchanteresses, Hors du chemin.Pour cueillir le poison, les peines vengeresses.L\u2019amer chagrin.Ah! ne méprisons pas les bontés de notre ange.Souvenons-nous Que toujours il voit Dieu, lui offre sa louange, A deux genoux.Souvenons-nous aussi que Dieu, dans sa tendresse.Nous a commis A ses soins vigilants, pour nous guider sans cesse Au paradis.Saluons-le de cœur quand notre esprit s\u2019éveille.Au point du jour; Soyons reconnaissants pour sa constante veille.Son pur amour.Recourons maintes fois, au cours de la journée, A son conseil; Pensons à lui encor quand vient la nuit tombée Et le sommeil.Et lorsque sonnera pour nous la suprême heure Du dernier soir.Que nous serons heureux, dans la sainte Demeure, D\u2019aller le voir! LE Précurseur ï\u2019apositolat catholique au 3apon Par le R.P.Emile-Alphonse Langlais, O.P., ex-provincial des Dominicains au Canada (Suite) L\u2019histoire religieuse ne connaît pas de persécution plus implacable que celle qui s\u2019est acharnée à l\u2019anéantissement du règne de Jésus au Japon, ni de tourments plus cruels et plus horribles, ni de courage plus sublime.Les catholiques japonais ont plus souffert pour leur foi que les chrétiens du temps de Néron.Une fois par an, tout Japonais devait fouler aux pieds une croix placée sur le sol ou quelque image de la Vierge et des saints.Cette abominable profanation appelée Ye-Fumi devait infailliblement, dans l\u2019esprit de ceux qui l\u2019avait inventée, faire découvrir les chrétiens survivants ou les obliger à apostasier.Le sacerdoce s\u2019éteignit dans le sang du dernier missionnaire et la sainte messe cessa d\u2019être célébrée avec le dernier prêtre mourant.La jeune et héroïque église martyre, crucifiée et ensevelie au tombeau, est demeurée pendant plus de deux siècles sous les scellés d\u2019une loi d\u2019exclusion rigide et infrangible et sous la garde même de ses bourreaux infiniment plus cruels que ceux de l\u2019Empire romain.Les Franciscains et les Augustins avaient suivi de quelques années au Japon les premiers missionnaires jésuites; les Dominicains y étaient revenus.Tous ont fécondé, en la sanctifiant, cette terre héroïque des martyrs.Elle a été leur patrie; ils l\u2019ont acquise de leur sang, ils ont adopté ses enfants pour leur peuple et ils peuvent dire de lui justement: populus acquisiiionis.Missionnaires, tertiaires de saint Dominique et de saint François, confrères du Rosaire, les milliers de fidèles sanctifiés par leur apostolat en sont devenus les patrons célestes et les modèles.Lorsque les Prêtres des Missions-Étrangères tentèrent au milieu du siècle dernier de pénétrer au Japon, sûrs d\u2019y trouver la mort, l\u2019entrée leur en fut interdite.Ils s\u2019épuisèrent d\u2019abord dans des efforts patients, pénibles, apparemment infructueux, lorsque tout à coup l\u2019Empereur ouvrit son pays au commerce étranger et les missionnaires entrèrent à la suite des marchands.C\u2019est alors que se manifesta le fait merveilleux, unique dans l\u2019histoire de l\u2019Église, la découverte des chrétiens.On l\u2019appelle le miracle japonais.Le récit de cette rencontre a été rappelé souvent.Il vous est connu, Excellentissimes Seigneurs et Messieurs.Il suffit de le rappeler pour évoquer aussitôt un sentiment unanime d\u2019admiration émue envers la chrétienté héroïquement fidèle et pour élever nos âmes jusqu\u2019à l\u2019Esprit-Saint, auteur véritable de cette fidélité.M.Petit-Jean, débarqué au Japon comme chapelain des résidents étrangers, venait d\u2019inaugurer son église de Nagasaki.Un mois après, le 17 mars 1865, une quinzaine de personnes se présentent pour visiter le sanctuaire.Le missionnaire les conduit jusqu\u2019en face de l\u2019autel, et voici qu\u2019une femme s\u2019approche de lui et lui dit à voix basse, comme si elle eût craint que les murs n\u2019entendissent ses paroles: « Notre cœur à nous tous ici présents est 274 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 le même que le vôtre.» Puis aussitôt elle demande: « Santa Maria nogozowa doko?Où est l\u2019image de Sainte Marie?» On devine sans peine l\u2019émotion du missionnaire.A ce mot béni de Santa Maria, la pensée lui vient sur-le-champ qu\u2019il est en présence des descendants des chrétientés anciennes recherchées en vain jusque-là.Devant l\u2019autel de la Vierge, où il les conduit, tous s\u2019agenouillent; et dans le dialogue qui se continue, au milieu des exclamations de joie: Deus Sama, Jesus Sama, Yoki Santa Maria Sama: Son Excellence la bonne Sainte Vierge, presque tous les mystères de la Rédemption sont évoqués.On les célèbre encore; et un baptiseur administre le baptême.Mais les chrétiens japonais veulent avoir l\u2019assurance que le nouveau missionnaire est vraiment le successeur de leurs anciens Pères.Aux pieds de la Vierge ils l\u2019ont reconnu; ils ont le même cœur, la même Mère.Ils demandent deux autres signes: «Obéissez-vous au Pape de Rome?\u2014 Oui, j\u2019obéis au Pape de Rome.\u2014 Avez-vous des enfants?\u2014 Des enfants! mais vous êtes nos enfants.Vous savez que nous gardons le célibat.» A ces mots, les chrétiens inclinent le front jusqu\u2019à terre et dans une indicible émotion, ils s\u2019écrient: « Ils sont vierges! merci, merci, mon Dieu! » Le culte de Marie, l\u2019obéissance au Pape de Rome, l\u2019attachement au célibat ecclésiastique leur ont valu une grâce de fidélité qui demeure unique dans l\u2019histoire de l\u2019Église.On ne redira jamais assez haut le courage surnaturel de ces générations de quelques milliers de chrétiens qui ont gardé leur foi, alors que Dieu les avait privés de tout secours sacerdotal et de toute grâce sacramentelle, hormis celle du baptême.Après deux siècles et demi, je ne dis pas de vie et de prière aux catacombes, mais d\u2019ensevelissement et de prière au tombeau, la petite Église martyre, ligata pedes et manus institis (Jean, xi, 44), se levait, témoignant de sa vie et de son héroïque fidélité à l\u2019imité catholique par ces paroles d\u2019une simplicité sublime: « Notre cœur à nous tous ici présents est le même que le vôtre.» Ce sont les « réchappés de la maison de Jacob », dirait Isaïe (x, 20, 21), le « petit reste d\u2019Israël », les fils fidèles du vrai Dieu, et non des dieux, les représentants de leur peuple.« Comme le térébinthe et le chêne, quand ils sont abattus, conservent leur souche, le tronc d\u2019Israël, de l\u2019Église japonaise, devient une semence sainte.» (vi, 13.) Vous pouvez croire à l\u2019émotion profonde et inexprimable que j\u2019éprouvai, lorsqu\u2019on mai 1930, dans l\u2019église des vingt-six martyrs, je m\u2019agenouillai devant l\u2019autel, à l\u2019endroit même de la scène révélatrice que je viens de rappeler.J\u2019y célébrai la sainte messe en face de la statue de Santa Maria Sama; et sous le regard de la Vierge, Étoile du Matin et Reine du Japon, j\u2019étais heureux de sentir, un peu, que mon cœur à m.oi aussi présent, était le même que celui de nos admirables missionnaires et de leurs cent mille fidèles.Ma prière portée par la voix de ces héroïques chrétientés et par les mérites du sang de deux millions de martyrs, unie à leurs supplications incessantes, était l\u2019offrande divine que le Sauveur élève vers son Père pour la conversion de ce peuple et pour le salut de l\u2019Empire.L\u2019historien de la Religion de Jésus ressuscitée au Japon, Mgr Marnas, a bien décrit ces faits admirables, depuis la longue « veillée des armes » des missionnaires dans les îles Riu-Kiu.La Société des Missions-Étrangères, aidée des Congrégations des Frères Marianistes, des Dames de Saint-Maur, Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935\t275 des Sœurs de Saint-Paul de Chartres et des Dames du Sacré-Cœur a été la première ouvrière de cette résurrection religieuse et elle y a écrit une page incomparable de l\u2019histoire de l\u2019Église.D\u2019autres ouvriers sont venus dans la suite se joindre à eux: les Dominicains espagnols, les Franciscains allemands, les Franciscains canadiens, les Pères du Verbe Divin, les Jésuites allemands, les Dominicains canadiens, les Salésiens italiens, les Trappistes êt les Trappistines, les Dominicaines des Iles Philippines, les Dominicaines de Nancy, les Franciscaines Missionnaires de Marie, les Sœurs de l\u2019Enfant-Jésus de Chauffailles, les Sœurs de la Charité de Nevers, les Sœurs du Saint-Sacrement, les Franciscaines de Saint-Georges, les Sœurs Servantes du Saint-Esprit, les Sœurs espagnoles de la Miséricorde, les Sœurs de Notre-Dame de Namur, les Filles de Marie Auxiliatrice, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Im.maculée-Conception de Montréal, auxquelles s\u2019ajoutent deux communautés de religieuses indigènes: les Sœurs de la Visitation du Japon et les Filles du Divin-Cœur.Au milieu d\u2019une population totale de 65,786,273 vivent 92,161 catholiques.La hiérarchie est établie au Japon, depuis 1891.Il y a actuellement douze divisions ecclésiastiques, dont un archidiocèse, quatre diocèses, deux vicariats, quatre préfectures et une mission indépendante.La Délégation Apostolique, instituée en 1919, a exercé une grande influence et l\u2019œuvre missionnaire a bénéficié des honneurs que le représentant du Saint-Siège a reçus à la cour de l\u2019Empereur et de la considération que lui portent ceux avec qui il entre en relation.Nous voudrions indiquer maintenant les difficultés de l\u2019apostolat missionnaire, ses progrès réels et ses espérances, quelques-unes de ses œuvres, et la position stratégique privilégiée que l\u2019Empire japonais occupe en Extrême-Orient pour la propagation de la foi.Saint Léon le Grand compare à l\u2019Océan la Rome païenne, au moment où Pierre entrait dans la capitale de l\u2019Empire: Ad hanc ergo Urbem, tu bea-tissime Apostate Petre, venire non metuis.Silvam istam frementium bestia-rum, et turbulentissimae projunditatis oceanum, constantior quam supra mare gradereris, ingrederis.L\u2019Empire du Japon est aussi un océan païen.L\u2019évangélisation y est une œuvre difficile et lente.En présence d\u2019erreurs et de traditions séculaires, en face d\u2019un matérialisme sans âme et d\u2019une véritable indifférence, le zèle du missionnaire semble impuissant.Il a, comme dit Notre Saint-Père Pie XI, la sensation que sa vie et ses œuvres sont littéralement une goutte d\u2019eau in mari vasto.Dans un musée moderne de Tokyo, un peintre japonais exposait, il y a quelques années, un tableau remarquable.La peinture n\u2019était pas un chef-d\u2019œuvre, mais le sujet très suggestif.Au centre, en pleine lumière et debout, se tenait un enfant; au second plan on voyait quatre hommes, et chacun lui faisait signe de le suivre.La figure de l\u2019enfant exprimait l\u2019étonnement, le trouble, une évidente perplexité; il ne savait que faire, quelle direction prendre.L\u2019enfant représentait le Japon; et les quatre hommes 275 Montréal LE PRÉCURSEUR Septembre-Octobre 1935 étaient un prêtre Shinto, Confucius, Guatama Buddha, et Jésus-Christ Notre-Seigneur.Le visiteur indifférent pouvait jeter sur cette peinture un regard rapide et passer.Pour l\u2019homme attentif au mouvement du Japon moderne, le tableau était singulièrement instructif.Une des notes caractéristiques de la pensée et de la vie religieuse au Japon, c\u2019est la confusion et le trouble.Quatre grandes religions, le Shin-toïsme, le Confucianisme, le Bouddhisme et le Christianisme, s\u2019y rencontrent, sans mentionner les autres courants d\u2019idées qui affluent de toutes les parties du monde depuis les soixante dernières années.TEMPLE SHINTO DE SUWA, À NAGASAKI Rien d\u2019étonnant si la jeunesse en particulier ressemble à cet enfant dans la peinture.Inquiète et curieuse, elle regarde, elle écoute, ne sachant quelle direction suivre.D\u2019im côté, il y a les voix du passé, l\u2019appel des ancêtres, toutes les sympathies spirituelles de la race que nous appelons aujourd\u2019hui la mentalité d\u2019un peuple; un attrait instinctif les y incline.D\u2019un autre côté, les jeunes entendent des voix nouvelles, les voix plus séduisantes du présent, les appels de l\u2019avenir, les sollicitations du progrès moderne, de la civilisation et de la vie occidentales.Et à travers tout cela, le Christ apparaît sous la figure d\u2019un étranger, avec im visage occidental, comme le dieu de l\u2019Europe et de l\u2019Amérique.Le problème est complexe, difficile à fixer, plus difficile aussi évidemment à résoudre.L\u2019histoire du Japon est celle de ses trois religions.Le Shintoïsme est la religion traditionnelle et nationale des ancêtres.L\u2019esprit japonais, oriental et insulaire, s\u2019est formé sur ses origines les conceptions qui se rencontrent ordinairement dans les théogonies païennes; et ses légendes sacrées, enfantines et grossières, rappellent la mythologie grecque MontréaJ LE PRECURSEirR Septembre-Octobre 1935\t2 77 et le culte du soleil.Le Japon est la terre privilégiée des dieux, formée et habitée par les dieux.Le Japonais est fils des dieux.La famille impériale descend en ligne directe de la déesse Amaterasu.C\u2019est une généalogie mythique qui prend naissance parmi les dieux, puis descend aux demi-dieux, et enfin s achevé à un homme de chair et d\u2019os comme les autres, mais dieu lui-même.Certains philosophes pourraient voir dans ces croyances leur doctrine de l\u2019animisme ou de la nature déifiée, ou celle du panthéisme; d autres, comme les anciens philosophes de la Grèce, y auraient peut-être reconnu leur théorie de 1 émanation.Tout le culte shintoïste se concentrera dans l\u2019attachement à la loi ancestrale incarnée dans la personne de l\u2019Empereur, dans la dévotion à la famille, à la race, à la terre des ancêtres dont les rives divines et sacrées ne furent jamais foulées par les conquérants étrangers.Le Confucianisme, importé de la Chine, est une sorte de philosophie gnostique pénétrée par un vague sentiment religieux oriental et un culte mystique pour la nature déifiée, mais avant tout un système de morale laïque et athée, acéphale.Il s\u2019épanouit dans la doctrine du Bushido, le code d\u2019honneur de la chevalerie japonaise.Le Bouddhisme vient de l\u2019Inde et de la Chine.Il est donc aussi une religion étrangère au Japon.Sa métaphysique panthéiste et mystique absorbe toute personnalité dans l\u2019anéantissement du Grand Tout et divinise l\u2019Univers Étemel.Son pessimisme s\u2019adoucit dans le sourire japonais.Son vague subjectif permet les spéculations et les croyances les plus opposées, et il s\u2019exprime en une infinité de sectes.L histoire du Japon, ai-je dit, est celle de ses trois religions, une histoire sainte.Celles-ci ont connu au cours des siècles des vicissitudes et des luttes; mais elles se sont unies, pour former l\u2019âme japonaise, et s\u2019y adapter tout à la fois; car les deux étrangères sont entrées au Japon au moment même où il sortait de l\u2019âge primitif de l\u2019enfance.Elles l\u2019ont marqué d\u2019une empreinte que certains regardent comme indélébile.Sous leur influence le Japon ancien a atteint dans les arts, dans la littérature et dans les mœurs un éclat remarquable.Elles inspirent aussi ses traditions, ses pratiques cultuelles, ses nombreuses superstitions.Le Bouddhisme lui a donné en particulier son vêtement extérieur, ses spéculations de l\u2019esprit, ses temples magnifiques, la pompe de ses cultes, l\u2019amour des beaux-arts.D\u2019ordinaire on présente les enfants un mois après la naissance au prêtre shintoïste et l\u2019on se fait enterrer par le prêtre bouddhiste.A genoux devant leurs kamis et leurs dieux bouddhistes, les vieux Japonais, ceux qui n\u2019ont pas été atteints par l\u2019école et les idées modernes, s en détachent difficilement.Un très petit nombre se convertissent.Pour eux, devenir chrétiens, c\u2019est cesser d\u2019être Japonais.Or, plutôt la mort que ce déshonneur.Ils sont la masse.Le grand public demeure toujours assez indifférent à 1 égard de la religion chrétienne; et les discussions mêmes qui ont rempli les journaux au sujet du projet d\u2019ambassade auprès du \\ atican n ont pas suffi pour lui faire prendre conscience de l\u2019-xistence du catholicisme; elles ont pu favoriser les sympathies des gens informés, si bien que toute hostilité à ce projet est, dit-on, à peu près tombée.Mais dans la masse du peuple, il n\u2019y a rien de changé au point de vue des difficultés de l\u2019apostolat.{A suivre) jFruitsi be Tumour Comme la fleur aux gracieux pétales, aux délicats parfums, la Charité s\u2019épanouit de par le monde, belle, aimable, secourable, recherchée.Fleur divine, née de l\u2019Amour, elle a sa racine dans le Cœur même de Dieu.Avant la venue de Jésus sur la terre, elle y était si rare que les anges eux-mêmes avaient peine à la découvrir, mais depuis le passage parmi nous de Celui qui a dit: « Je suis venu allumer le feu de l\u2019Amour et que veux-je sinon qu\u2019il embrase tous les cœurs! » la face de la terre a été changée.La Charité, sous toutes ses formes, est apparue aux regards étonnés de l\u2019Égoïsme qui, jusque-là, régnait en maître.Elle a tendu la main aux indigents, aux délaissés, aux orphelins, aux malades, aux pécheurs, aux infidèles; des asiles se sont élevés pour les recevoir tous, des ligues se sont formées pour les convertir, des apôtres se sont expatriés pour leur porter la Lumière de l\u2019Évangile.Et la fleur, après elle, a laissé des fruits, « Fruits de l\u2019Amour » qui demeurent jusqu\u2019à la vie éternelle.FRUITS d\u2019une année Comme le moissonneur qui, d'un dernier regard, embrasse l\u2019étendue de ses gerbes, avant le partage, elles sont venues, les dames et les jeunes filles de nos Ouvroirs « Notre-Dame-du-Saint-Esprit » et « Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus », elles sont venues, au terme de leurs réunions hebdomadaires, revoir les fruits de leur année, exhibés les 12, 13 et 14 juin derniers à la Maison Mère des Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, Outremont.Fruits de la Charité, fruits de l\u2019Amour, ces ornements d\u2019autels et cette lingerie sacrée qui iront garnir les vestiaires des pauvres chapelles de missions; fruits de l\u2019Amour, ces précieux ostensoirs, calice et encensoirs, dons de généreux bienfaiteurs et bienfaitrices; fruits de l\u2019Amour, ces petites robes, petits gilets, petits bas, etc., qui iront couvrir et réchauffer les membres souffreteux des malheureux enfants abandonnés; fruits de l\u2019Amour enfin, toute cette lingerie dont la confection a coûté tant de labeur, d\u2019application, de renoncement, d\u2019oubli de soi, pour secourir le prochain.Et ces fruits, après avoir fait ici-bas la joie et le bien-être de ceux qui en étaient privés, feront éternellement le bonheur des âmes généreuses qui ont su cultiver en elles la fleur divine de la Charité.A toutes les zélées collaboratrices de leurs œuvres, à tous les Ouvroirs qui leur font une part de leurs travaux, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Imma-culée-Conception offrent leurs sincères remerciements et elles les prient de leur continuer leur si précieuse assistance.Avec le mois d\u2019octobre, recommenceront les joyeuses et actives réunions des Ouvrières de la Charité chez les Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception; les dames et les jeunes filles désireuses de venir y prendre part voudront bien s\u2019adresser à l\u2019une ou l\u2019autre de leurs maisons ci-dessous mentionnées: Maison Mère, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont.Québec, 4, rue Simard.\tRimouski, rue Saint-Germain.Joliette, 100, rue Saint-Louis.Trois-Rivières, 466, rue Bonaventure.Granby, 35, rue Dufferin.Chicoutimi, 61, rue Jacques-Cartier. s t PHOTOGRAPHIE PRISE A L'OCCASION DE LA JOURNÉE MISSIONNAIRE A RIMOUSKI ®ne journée missionnaire à Ilimousfei N la belle fête de la Visitation de la Ttès Sainte Vierge, les jeunes filles des Ouvroirs des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception de Rimouski organisèrent une Jouïnée Tnissionnüiîe.Pouvaient-elles choisir jour mieux approprié que celui où la Sainte Église nous montre notre divine Mère nous donnant un SI grand et si touchant exemple de charité, en allant rendre service à sa cousine sainte Élisabeth ?.Nos ouvroirs, foyers de charité, ne sont-ils pas la continuation de cet esprit d\u2019amour du prochain qui s\u2019est toujours soigneusement conservé dans 1 Église du Christ, et qui est la marque distinctive de ses vrais disciples ?Dès le matin, quatre jeunes filles.Ouvrières de la Charité, partaient de la Rivière-du-Lcup pour venir se joindre à leurs compagnes de Rimouski au Couvent des Missiormaires de l\u2019Immaculée-Conception.Elles arrivèrent vers midi et le goûter s\u2019organisa sous les frais ombrages du bocage de la Maison de Retraites Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus.La journée était splendide, le soleil de ses gais rayons mettait tous les cœurs en fête, aussi les joyeux propos ne manquaient pas.Dans 1 après-midi, une conférence sur les Missions transporta tout le monde dans la lointaine Chine; un court abrégé des misères physiques et morales rencontrées là-bas donna une nouvelle ardeur à ces jeunes apôties de 1 arrière-garde.C\u2019est si beau, en effet, d\u2019aider les missionnaires et de leur procurer quelques consolations à travers leurs rudes labeurs! Puis on revint au Couvent visiter les travaux exposés par nos trois Ouvroirs; on y comptait plus de cent cinquante morceaux: gilets, petites robes, bas, mitaines, bonnets, sous-vêtements, couvertures de laine, petites couvertures de lit formées de retailles assemblées, etc.Tout ceci représentait bien des heures de travail et un nombre incalculable de mailles et de points offerts pour la rançon des malheureux enfants païens.Tout en causant, on pensait à la joie des religieuses missionnaires et de leurs pauvres petits protégés lorsque toutes ces jolies choses leur parviendraient. 280 Montréal LE PRÉCURSEUR Septembre-Octobre 1935 Vers quatre heures, le salut du Saint Sacrement clôtura cette belle journée.Jésus-Hostie dut bénir d\u2019une manière spéciale toutes celles qui avaient travaillé pom' lui dans la personne des petits infidèles, et au grand jour de la récompense ces charitables ouvrières entendront le bon Maître leur dire selon sa promesse: « Venez à moi, les bénies de mon Père, car j\u2019ai eu froid et vous m\u2019avez soulagé; j\u2019étais nu et vous m\u2019avez vêtu! » =a ^ DE ïtô œubresi les malabES CONFRÉRIE NOTRE-DAME-DES-MALADES {Sherbrooke, P.Q., Canada) Origine.\u2014 Fondée à Sherbrooke, P.Q., Canada, le 20 mars 1934, par mandement de S.Exc.Mgr Alphonse-Osias Gagnon, elle a pour but de faire des malades des apôtres par l\u2019acceptation, le support et l\u2019offrande de leurs souffrances pour l\u2019Église et pour le bien des âmes.Affiliée à la Prima Primaria, elle est en communication directe avec; 1° L\u2019Apostolat des Malades de Hollande; 2° La Journée Missionnaire des Malades; 3° L\u2019Association des Malades de Berck; 4° L\u2019Union Catholique des Malades; 5° Les Amis des Infirmes; 6° Les Équipes Sociales des Malades; 7° Les Malades de Lourdes et Lisieux; 8° Les Malades et Invalides; 9° La Pieuse Union des Malades; 10° Le Salut et l\u2019Espérance des Malades.Elle peut donc vous aider.Elle désire non seulement être la part des malades, mais surtout intéresser les personnes en santé qui n\u2019ont peut-être pas encore compris qu\u2019il y avait là une mine précieuse à exploiter, et aussi toutes celles qui ont charge des malades et des infirmes, à les aider de leurs prières, de leurs soins et de leurs aumônes.Que toutes dirigent vers une pensée d\u2019apostolat, les unes leurs souffrances, les autres leurs soins aux invalides.Approbation.\u2014 Approuvée par les Souverains Pontifes Pie IX, Pie X, Benoît XV et Pie XI, la Confrérie Notre-Dame-des-Malades n\u2019en a pas moins reçu de nombreux et précieux témoignages d\u2019encouragement des Excellentissimes cardinaux J.-M.-R.Ville-neuve, O.M.L, archevêque de Québec, et D.Dougherty, archevêque de Philadelphie, de même que de plus de quarante archevêques et évêques, tant du Canada que des États-Unis.Tous sont devenus membres d\u2019honneur de la Confrérie.But.\u2014 La Confrérie Notre-Dame-des-Malades remédie d\u2019abord à l\u2019isolem.ent déprimant que cause la maladie.Elle réconforte les malades en les orientant vers un idéal d\u2019apostolat qui les distrait de la considération exclusive de leur malheureux état, et au lieu de se regarder comme des êtres à charge à leur entourage, ils se voient, avec le secours divin, comme des êtres privilégiés.Conditions d\u2019admission.1° Accepter les souffrances comme venant de Dieu; 2° Les supporter patiemment pour sa sanctification; 3° Les offrir à Dieu pour le salut du monde ou de telle âme; 4° Envoyer ses nom, prénoms et adresse au Directeur. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935\t281 Chaque membre recevra alors un diplôme d\u2019admission et une prière pour sa guérison.Le Directeur s\u2019en remet aux offrandes volontaires que font les associés ou leurs amis au jour de leur entrée dans la Confrérie, pour l\u2019extension et l\u2019entretien de l\u2019Association.Avantages.\u2014 Chaque membre a alors droit aux nombreux avantages suivants: soit, cinquante-six indulgences plénières par année aux jours indiqués dans le diplôme d\u2019admission; qu\u2019il soit en santé ou non, peu importe, en outre, il a part à toutes les messes qui se célèbrent chaque matin par les milliers de prêtres, d\u2019évêques, de cardinaux, membres de la Confrérie.En Europe surtout, des diocèses entiers sont entrés dans la Confrérie.Nommons simplement: Paris, Lille, Bordeaux, Amiens, Besançon, Bourges, Dijon, Marseille, Nantes, Agen, Versailles, Rouen, Cambrai, Saintes, Laon, Auch, Séez, Sens et quantité d\u2019autres.Obligation.-\u2014 La seule obligation des associés est de réciter chaque jour: « Notre-Dame des Malades, guérissez-nous » trois fois avec le « Je vous salue Marie », et cette obligation n\u2019oblige aucunement sous peine de faute.Journée des malades.\u2014 Chaque année, le 15 septembre, fête de Notre-Dame des Malades, on célèbre une messe solennelle à laquelle sont invités tous les malades infirmes, impotents, aveugles, qui ne peuvent habituellement se rendre à l\u2019église.Ce jour-là, un dignitaire ecclésiastique, en chape, donne la bénédiction pour les malades et le clergé présent impose les mains aux souffrants.C\u2019est la reproduction de la scène évangélique où il est dit: « Tous ceux qui avaient des malades les lui amenaient et lui, leur imposant les mains, ils partaient guéris.» L\u2019exposition du Saint Sacrement est faite et le prêtre s\u2019en va auprès de chaque malade pour le bénir en déposant sur sa tête le pied de l\u2019ostensoir.C\u2019est la Journée des Malades qui réconforte tous les misérables que Dieu veut siens.Cette Journée des Malades est toujours précédée d\u2019une neuvaine de messes et tri-duum solennel prêché.Chaque matin de la neuvaine, des messes sont dites spécialement pour les associés et elles sont toujours payées de leurs aumônes.Le triduum a lieu les trois derniers jours avant la fête.Il est prêché.Le premier jour les hommes sont invités, le deuxième jour viennent les dames et les demoiselles, pour terminer par les enfants au soir du troisième jour.Le dernier dimanche de chaque mois, au salut du Saint Sacrement, à 6 h.45 du soir, à la chapelle de l\u2019Hôpital Saint-Vincent-de-Paul de Sherbrooke, il y a recommandation de diverses intentions à Notre-Dame des Malades: conversions, positions, vocations, malades, infirmes, parents, dettes, défunts, familles, intentions spéciales et remerciements toujours nombreux.Chaque mois aussi paraissent les Suggestions aux Malades, petit journal qui leur est destiné.Faites-en la demande.Toute lettre qui demande une réponse doit être accompagnée d\u2019un timbre-poste pour ne pas surcharger le budget de la Confrérie.Les statues de la Vierge des Infirmes sont offertes pour la modique somme de $0.75 et $1.00.Envoyez votre nom et faites circuler le feuillet de propagande.Nous sommes appelés, en nous faisant inscrire associés de cette Confrérie Notre-Dame-des-Malades, à remplacer auprès de Dieu tous les malades qui ne prient ni pour leur conversion ni pour leur guérison.Tel est le vrai but de la Confrérie.La maladie est un don de Dieu, disait saint Ignace, tout comme la santé.Gémir sur le mal, c\u2019est faire preuve d\u2019un bon cœur; y porter remède, c\u2019est faire preuve de chrétien prédestiné.L\u2019union entre malades, c\u2019est la mise en commun des ressources d\u2019énergie morale que procure l\u2019acceptation joyeuse de la maladie, dont les membres partagent avec le sourire sur les lèvres, joies et peines.Que ceux qui sentent en eux l\u2019ardeur et l\u2019énergie de travailler pour les invalides veuillent bien s\u2019adresser au soussigné qui assignera à chacun un rôle important.N.B.\u2014 L\u2019admission à la Confrérie Notre-Dame-des-Malades est gratuite, mais toute aumône sera reçue avec reconnaissance.L\u2019abbé Zoël Fréchette Hôpital Saint-Vmcent-de-PauI\tZélateur canadien Sherbrooke.P Q (©uelqueô roîics! effeuiUéesi par la patronne beô miôesîonnaîreô !.« Quand )e serai au ciel, ô Jésus, vous remplirez mes mains de roses et j'effeuillerai ces roses sur la terre.» Ste Thérèse de l\u2019Enfant-Jêsus Remerciements à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour faveurs obtenues et offrande pour les missions telle que promise.Mlle G.G., Montréal.\u2014 Vous trouverez ci-incluse mon offrande pour les missions en l\u2019honneur de sainte Thérèse.\u2014 Offrande en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour faveur obtenue.Mme D.B., Batiscan.\u2014 Je vous fais remise de cette aumône pour m\u2019acquitter d\u2019une promesse à sainte Thérèse pour faveur obtenue.Mme A.V., Montréal.\u2014 Offrande pour le rachat de petits infidèles en l\u2019honneur de sainte Thérèse pour grâce reçue.Z.B., Montréal.\u2014Offrande pour le luminaire de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus en reconnaissance de bienfaits reçus.A.H.\u2022\u2014 Aumône en reconnaissance de ma guérison obtenue par l\u2019intercession de sainte Thérèse et d\u2019une autre grande faveur après promesse de publication.Mme Y.D., Millbury, Mass.\u2014 Mille remerciements à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour sa bonté à mon égard.Veuillez publier, tel que promis.R.P.W.\u2014 Une petite offrande pour reconnaître un bienfait reçu de sainte Thérèse et pour que mon garçon trouve de l\u2019ouvrage.Mme A.de L., Worcester, Mass.\u2014 Je viens m\u2019acquitter d\u2019une promesse en l\u2019honneur de la Patronne des missionnaires et vous prie de remercier avec moi ma céleste bienfaitrice.M.L., Outremont.\u2014 Je renouvelle mon abonnement au « Précurseur ».en reconnaissance d\u2019une grande grâce obtenue par l\u2019entremise de sainte Thérèse de Lisieux.Mme A.B., Montréal.\u2014 Remerciements pour guérison et autre faveur reçue par l\u2019intercession de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Mme H.L., Lauzon-Ouest.\u2014 Bon de poste en hommage de gratitude, pour grâce obtenue de la chère « Semeuse de roses ».Mlle G.C.\u2014 Je remercie sainte Thérèse des bienfaits que j\u2019eii ai reçus et sollicite l\u2019obtention d\u2019une position.Une abonnée.\u2014 Ci-inclus, aumône en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, en accomplissement d\u2019une promesse, comme remerciement pour faveur obtenue.Mme D.-A.Lebeuf, Ville Lasalle.\u2014 Offrande pour les missions, en reconnaissance à la Patronne des rnis-sionnaires, pour la vente d\u2019une propriété.Mme L.M., Montréal.\u2014 Prix de rachat d un enfant chinois viable, en action de grâces pour bienfaits reçus par l\u2019intercession de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.J.-A.L., Longueuil.\u2014 Je vous envoie mon abonnement au « Précurseur » pour remercier sainte Thérèse de la guérison de mon mari, obtenue par son entremise.Mme D.G.Offrande pour la Bourse Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus En mai-juin\t1932.\t.$98.50\tEn janvier-février\t1934.\t.$ 38.75 En juillet-août\t)) .\t.12.25\tEn mars-avril\t)) .\t.\t15.00 En septembre-octobre\t)) .\t.85.00\tEn mai-juin\t» .\t.\t17.50 En novembre-décembre\t)) .\t.38.40\tEn juillet-août\t» .\t.\t26.45 En janvier-février\t1933.\t.77.00\tEn septembre-octobre\t)) .\t.108.25 En mars-avril\t» .\t.18.25\tEn novembre-décembre\t)) .\t.\t11.75 En mai-juin\t» .\t.30.75\tEn janvier-février\t1935.\t.188.75 En juillet-août\t)) .\t.58.15\tEn mars-avril\t» .\t.\t31.25 En septembre-octobre\t)) .\t.41.60\tEn mai-juin\t» .\t10.50 En novembre-décembre\t)) .\t,.60.75\tEn juillet-août\t)) .\t55.00 T Echo»S we MOS MissioMs'- wm CANTON, CHINE Ysapaï, l\u2019une de nos vierges chinoises, nous a quittées.Petite fleur qui n\u2019avait jamais vu le soleil, elle s\u2019en est allée dans les régions de l\u2019étemelle lumière, au mois de décembre dernier.Admise à notre crèche de la Sainte-Enfance dès ses premiers jours, Ysapaï ne connut que la famille religieuse qui la reçut.Qui était-elle, d\u2019où venait-elle?Personne ne l\u2019a jamais su.Pour celles qui l\u2019accueillirent, elle était, comme beaucoup de ses sœurs païennes, un petit être abandonné à cause de ses pauvres yeux éteints.Devenue capable de réaliser tout ce que son infirmité avait de pénible, elle se prenait parfois à envier le sort de ses petites sœurs que les anges avaient dérobées à nos berceaux, mais son esprit de foi reprenait bien vite le dessus, et alors elle disait; « Heureusement que je suis aveugle! Si le bon Dieu m\u2019avait donné des yeux, mes parents ne m\u2019auraient pas apportée ici, je serais païenne et je me serais peut-être damnée!.» Bien qu\u2019aveugle, Ysapaï avait réussi à s\u2019initier à la couture et au tricot.Intelligente et douée d\u2019une mémoire remarquable, elle excellait dans l\u2019art de faire le catéchisme; convaincue, elle était convaincante.Il serait trop long de raconter ici toute sa vie, nous nous bornerons à parler de ses derniers mois.Depuis quelque temps, la chère enfant, qui avait toujours été frêle, dépérissait: un rhume tenace devait développer une phtisie.Le médecin la vit, on la médicamenta, on la mit au repos mais déjà les germes fatals avaient fait leur œuvre.Après avoir reçu les derniers sacrements, elle parut prendre vie, mais c\u2019était l\u2019éclair de la fin.Une forte hémorragie vint lui enlever le reste de ses forces.Entourée de Sœur Supérieure, de Sœur Assistante, de quelques autres Sœurs et de ses compagnes, elle s\u2019éteignit paisiblement.Son âme prit son essor vers son Créateur, tandis que les litanies des agoni- YS.^P.iU AVEUGLE, TOUT EN TRICOTANT, ENSEIGNE LE CATÉCHISME A DEUX PETITES DE L'ORPHELINAT i 284 Montréal LE PRÉCURSEUR Septembre-Octobre 1935 sants, récitées en chinois, demandaient miséricorde à Jésus et à Marie pour elle.Nous exposâmes sa dépouille mortelle: une longue robe blanche retenue par une ceinture bleu azur lui donnait, avec la couronne de roses blanches qui encadrait son front, l\u2019aspect d\u2019une petite vierge des catacombes.Ses yeux doucement fermés nous faisaient oublier qu\u2019ils n\u2019avaient jamais joui de la lumière; tout nous disait, pendant que nous la contemplions en égrenant notre chapelet à ses côtés, qu\u2019une vision incomparable était maintenant son partage et faisait sa félicité.Que de belles âmes sont parfois cachées sous l\u2019enveloppe de ces petits êtres chétifs que le paganisme rejette avec dédain et mépris.Heureux qui aide les missionnaires à faire valoir ces trésors célestes! Entre tard et trop tard, il y a parfois un abîme.Pour plusiems petits moribonds de la grande ville de Canton, entre tard et trop tard, il y a toute la distance de la terre au ciel.Combien de ces enfants n\u2019attendent que le moment de franchir le seuil de la Mission pour prendre leur essor vers le paradis, le front encore humide de l\u2019eau baptismale qui leur en a donné l\u2019entrée.C\u2019est pendant la messe, la récréation ou les repas .tout à coup la petite cloche de la portière tinte vivement; on accourt, et l\u2019on trouve un enfant, le regard déjà voilé des ombres de la mort.Vite, l\u2019eau sainte est répandue sur le petit front qui s\u2019incline, sans vie.Écoutez notre Sœur, en devoir à la Crèche, additionnant, au soir d une de ses journées, le nombre des enfants reçus depuis la matinée: « Dix-sept et six cela fait un total de vingt-trois; voilà ma cueillette d\u2019aujourd\u2019hui.» Mais ce qu\u2019il faut pour entretenir ces petits êtres, payer les nour- UN BAPTÊME D'URGENCE A LA CRÈCHE DE CANTON, CHINE rices, les vêtir, les nourrir, etc., voilà une autre addition que notre chère Sœur, en devoir à l\u2019économat, doit aussi faire chaque jour.et parfois la somme lui paraît énorme, vu nos petits moyens.Est-il besoin de dire combien nous apprécions la lingerie, les tricots, les vêtements de toutes sortes que nous recevons du cher Canada.Nous empruntons la voix des centaines de petits protégés que nous hospitalisons pour dire nos mercis les plus reconnaissants aux dévotes ouvrières des Cercles de couture qui nous viennent en aide si efficacement.Nos chères Sœurs de la Crèche et de l\u2019Orphelinat voudraient que les caisses soient inépuisables, afin de pouvoir y puiser selon les besoins de leur grande famille.Il se sentirait épris pour cette œuvre LA CUEILLETTE D\u2019UNE JOURNÉE À LA CRÈCHE DES SŒURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION, CANTON, CHINE des petits délaissés, quiconque passerait une seule fois à travers les berceaux de nos crèches et entendrait, comme un appel à sa pitié et à sa charité, les pleurs et les vagissements des petits êtres qui les peuplent.Et notre École du Saint-Esprit ! Notre ambition, comme missionnaires, serait de faire de la gent qui la fréquente autant de chrétiennes et plus tard de bonnes mères de famille ou des vierges exemplaires, mais la tâche est ardue et se heurte à bien des obstacles.Nous comptons sur le secours des bonnes prières de nos chers parents, amis et compatriotes pour nous aider dans cette œuvre si importante.FAKOU, MANDCHOURIE Lettre d'une Sœur Missionnaire de V Immaculée-Conception de Fakou, à sa Supérieure générale Mission catholique, Fakou, 12 mai 1935 VÉNÉRÉE ET BIEN CHÈRE MÈRE, Je sais que vous aimez entendre parler des humbles labeurs apostoliques de vos filles missionnaires: aujourd\u2019hui, je vous raconterai notre première visite à un refuge païen.Ah! chère Mère, quel ramassis où foisonnent les misères physiques et plus encore les misères morales ! Nous fûmes appelées dans ce réduit pour soigner un prisonnier d\u2019une vingtaine d\u2019années se mourant apparemment du typhus.Accusé de vol, il n\u2019était en prison que depuis une dizaine de jours quand la maladie survint.Les autorités le firent transporter au refuge des mendiants, mais en lui laissant ses fers aux mains et 286 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 aux pieds.Le père et un frère du malade mirent tout en œuvre pour le délivrer, mais la mort arriva avant qu\u2019ils aient pu trouver l\u2019argent nécessaire à son rachat.Qu\u2019il était triste d\u2019entendre ce pauvre jeune homme, dans son délire, demander sans cesse à retourner auprès des siens et supplier qu\u2019on lui enlevât ses fers.Cependant le bon Dieu, si bien appelé le Père des miséricordes, se pencha vers ce pauvre prodigue pour lui donner, par le ministère du prêtre missionnaire, le sacrement qui purifie et prépare au grand voyage.Nous pûmes lui faire une dernière visite deux heures avant sa mort.Le moribond avait repris connaissance et nous eûmes la joie bien douce de lui dire quelques mots de la miséricorde du bon Dieu et de la maternelle bonté de Marie.Il eut encore la force de nous remercier par un bon sourire.Ah! chère Mère, ce sourire si expressif du prisonnier mourant, je ne l\u2019oublierai jamais.Nos visites à ce malade nous procurèrent l\u2019occasion de donner des soins à deux nouveaux hôtes de cet asile.Il nous paraît y avoir là beaucoup de bien à faire, aussi pensons-nous à demander la permission d\u2019y retourner régulièrement tme ou deux fois par semaine.S.Exc.Mgr Lapierre, dans une visite qu\u2019il fit à notre petite Communauté en décembre dernier, proposa l\u2019ouverture d\u2019un ouvroir pour les jeunes filles à qui on donnera aussi l\u2019enseignement pratique de l\u2019art culinaire et de l\u2019hygiène.De concert avec le R.P.Barbeau, recteur de la Mission, Monseigneur décida d\u2019ajouter à notre couvent une aile qui sera affectée à cette œuvre.Durant cette même visite, dans la petite église de Fakou eut lieu une cérémonie de confirmation à laquelle quatre-vingt-dix-huit néophytes furent conviés.Ces fêtes religieuses sont de grands sujets de joie pour notre vénéré Pasteur et les bons Pères qui se dépensent sans compter pour l\u2019avancement du catholicisme dans leurs missions respectives; combien large est aussi la part que nous prenons à leur légitime contentement.Le 30 janvier, nous recevions notre première orpheline, bébé d\u2019un mois, que le père donna à la Mission catholique pour ne pas la voir mourir de misère, la mère étant gravement malade.Après avoir échangé ses haillons pour une jolie robe blanche (la robe de baptême de notre chère compagne.Sœur Marie-du-Perpétuel-Secours i), la petite fut portée à l\u2019église pour le baptême et reçut en souvenir de vous, chère et bien-aimée Mère, le nom de Marie-Délia.Dans nos visites aux malades, il nous est arrivé de voir, en cours de route, un homme jetant un enfant à la voirie avec le même sans-façon qu\u2019on l\u2019y aurait vu jeter le cadavre d\u2019un petit animal.C\u2019est un spectacle qui révolte et qui nous donne de fortes envies d\u2019être riches pour recueillir ces petits êtres qui n\u2019ont comme délit que leur extrême impuissance.En finissant, je vais vous raconter une visite, entre autres, que nous avons faite à une païenne, résidant à une vingtaine de lis de la Mission.A 9 heures, nous partions.Une petite distance nous séparait encore du village de notre patiente, quand nous vîmes à notre rencontre im cavalier envoyé par la famille pour s\u2019informer de ce qu\u2019elle devait préparer pour notre dîner.Nous allions remercier et dire au commissionnaire qu\u2019il n\u2019était pas nécessaire de rien préparer, que nous avions notre goûter, quand la 1 Florine MoRrN, de Montréal. Montréal LE PRÉCURSEUR Septembre-Octobre 1935\t287 catéchiste qui nous accompagnait, craignant peut-être de revenir à jeun à Fakou, s empressa de donner une liste de ce que nous pourrions manger.,.On nous reçut avec la plus grande cordialité: notre premier soin fut de nous occuper de la malade que nous trouvâmes en grand danger de mort, puis, contrairement à notre habitude, il fallut nous mettre à table pour ne pas désobliger ces bonnes gens qui s\u2019étaient donné beaucoup de peine pour que tout fut à point.Le repas fini, nouveaux soins à la malade, suivis d\u2019un entretien sur le baptême et les grandes vérités de la foi.Après avoir reçu son assentiment, nous l\u2019ondoyâmes, car la mort semblait proche.Au retour, on signala à notre attention une belle école.« Ici, nous dit-on, il y avait autrefois un important poste desservi par les RR.PP.des Missions-Étrangères de Paris.Après la persécution des Boxeurs, en 1900, le terrain de la Mission fut vendu et les chrétiens restés fidèles se dispersèrent.Ce village, qui possédait autrefois une florissante chrétienté, ne compte plus qu\u2019une seule famille catholique.Que Notre-Dame de la Protection veuille bien garder d\u2019un semblable désastre nos divers groupements de chrétiens qui, avec la grâce de Dieu et les efforts de ses missionnaires, tendent à grossir toujours davantage pour le bien spirituel et même temporel du peuple mandchou! Parties à 9 heures pour notre course apostolique, nous fûmes de retour à 4 heures et demie, brisées par le trajet, mais fort heureuses.Bonjour, chère et vénérée Mère; veuillez agréer l\u2019expression de ma vive affection et de ma profonde gratitude.Votre enfant toujours soumise, Soexir Marie-Joséphine \\ M.I.C, TUNGLEAO, MANDCHOURIE Extraits du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Tungleao Octobre 1934 Les chrétiens qui entourent la Mission catholique sont, pour la plupart, des gens très pauvres, qui ne peuvent acheter des vêtements convenables à leurs enfants pour les amener à l\u2019église.Sœur Supérieure ayant distribué, aux plus miséreux, petits gilets et petits bas de laine, la nouvelle de cette bonne aubaine se communiqua vite de proche en proche, si bien qu\u2019en un rien de temps notre maison fut assaillie par toutes les femmes chrétiennes qui nous apportèrent leurs enfants pour les faire habiller sans frais de leur part.Sœur Saint-Vincent-de-PauD, imitant son charitable patron, distribua à chacime une petite part de bons lainages.La laine étant presque im luxe en Mandchourie, on devine avec quelle joie on reçut nos présents.Si les dames et les jeunes filles qui travaillent pour nos missions 1\tÊliane C»ravkl, de Saint-Prosper, comté de Champlain 2\tÊva Dumais, de Saint-Joseph-de-Lepage 288 Montréal LE PRÉCURSEUR Septembre-Octobre 1935 pouvaient être témoins du contentement que le fruit de leurs labeurs procure à ces déshérités de la fortime, il nous semble que ce leur serait un encouragement et une petite récompense, en attendant la grande rémimération du ciel.Leur charité atteint double but; elle soulage la misère et prévient favorablement les esprits à l\u2019égard des chrétiens ou augmente l\u2019estime des nouveaux convertis pour notre sainte religion.Novembre Notre Sœur, chargée de la visite des malades, alla au nord de la ville de Tungleao voir ime femme qui se mourait dans une chétive cabane où trônaient des fétiches, images représentant les figures les plus hideuses, qu\u2019un épais voile de poussière recouvrait.Les restes de cendre, les vestiges de bâtonnets d\u2019encens prouvaient que la malade avait grande confiance dans ses idoles.Aussi notre Sœur était-elle anxieuse de commencer la lutte qui tenterait de retirer la malheureuse de ses anciennes superstitions.Après lui avoir donné ses meilleurs soins, l\u2019esprit préoccupé de l\u2019attaque qu\u2019elle préméditait, elle offrit à sa patiente une médaille de la Sainte Vierge que cette dernière prit peut-être pour un fétiche, car elle demanda: « Que faut-il que je lui fasse brûler?» Doucement, des explications lui furent données qui l\u2019impressionnèrent; avant le départ de l\u2019infirmière, elle dit avec conviction que cette bonne mère, dont elle lui avait parlé, avait toute sa confiance.Le lendemain, nous retournâmes la voir; elle était bien souffrante mais continua de prêter une oreille attentive aux explications du catéchisme.A la fin, elle dit qu\u2019elle voulait « suivre l\u2019idée de Dieu », demanda le baptême et promit de venir se faire instruire de la religion au cas où elle recouvrerait la santé.Ses dispositions, qui ne laissaient rien à désirer, et son état de santé plus que précaire, nous pressèrent de lui donner incontinent le saint baptême.Décembre Nous avons eu à la Mission la visite de S.Exc.Mgr Lapierre qui administra le baptême à quinze catéchumènes et la confirmation à une cinquantaine de nouveaux chrétiens.Monseigneur sembla heureux du travail qui se fait à Tungleao.Le nouveau poste de Kailousien, que Son Excellence est allée visiter en camion, en partant d\u2019ici, compte déjà un bon noyau d\u2019au moins deux cents chrétiens; une quarantaine y ont reçu le sacrement de Confirmation pendant la visite de Monseigneur.Janvier 1935 Au commencement du mois eiuent lieu les examens des élèves avant les vacances d\u2019hiver.Sœur Saint-Bemardin-de-Sienne ^ donna les notes pour les travaux manuels et Sœur Marie-Céline ^ fit passer un concours de théorie musicale à ses élèves; c\u2019était intéressant, toutes ambitionnant la note cent sur cent, mais il y eut de petites déceptions.Des pensionnaires ont demandé, à l\u2019occasion des examens, la permission d\u2019acheter des chandelles pour continuer à étudier plus avant dans la nuit.Elles nous rappelaient la fable 1.\tAntoinette Füisy, de Waterloo 2,\tRéfîtna BI^LIVEau, de Saint-Paul-de-Che'^ter. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935\t289 du lièvre et de la tortue; apres avoir perdu bien du temps pendant les mois de classe, elles voulaient tout faire entrer dans leur tête à la fois.Après la sortie des élèves, ce fut à notre tour de passer nos examens.Deux professeurs de 1 école, résidant à Fakou, ne pouvant partir parce que la ville était en quarantaine, vinrent constater nos progrès dans la langue chinoise.L ambition qui ne fait pas défaut chez les élèves encourage les professeurs et leur donne à elles-mêmes de l\u2019ambition à nous enseigner car, naturellement, elles ne sont pas très enthousiastes.Nous sentons si vivement la nécessité de posséder parfaitement l\u2019idiom.e de nos chers Mandchoux, cette clef de voûte de notre apostolat, que nous mettons tout notre cœur et toute notre bonne volonté à nous l\u2019approprier.Il est vrai que le missionnaire peut aussi prêcher par l\u2019exemple, ce qui le dédommage, surtout pendant les premières années, alors qu il ne peut parler de la loi de Dieu aux pauvres païens selon ses désirs.Une habituée du dispensaire nous en fournit la preuve dernièrement.« Il y a longtemps que je viens ici, dit-elle, je vous ai examinées, je vous ai vues agir, j\u2019ai entendu expliquer votre doctrine et je ne trouve rien que de bon dans la religion catholique.Je veux m\u2019en faire instruire davantage et être baptisée.» Au temps de la prise de possession de la Mandchourie par les Japonais, elle vint se réfugier à la Mission.Un peu plus tard, son petit garçon étant malade, le père l\u2019enveloppa dans de la paille et le jeta.La mère, mue par l\u2019instinct maternel, accourut nous supplier d aller le voir, ce que nous fîmes.Par bonheur, nous réussîmes à l\u2019arracher à la mort.Depuis, elle raconte ce fait à qui veut l\u2019entendre et ne manque pas d\u2019ajouter que les catholiques ne veulent que du bien au peuple mandchou.Les Chinois observent beaucoup les étrangers, nous nous en rendons compte très souvent.Au dispensaire, nous nous efforçons de recevoir les malades avec toute la bonté et l\u2019amabilité possibles, n\u2019ayant pas toujours le temps, comme nous le voudrions, de les édifier par de petites causeries spirituelles, étant occupées à les soigner.Dernièrement, une patiente demanda à Sœur Marie-Céline s\u2019il y avait des moments où elle n\u2019était pas heureuse.« Il y a longtemps que je viens au dispensaire et je vois toujours « le docteur » content.Quand je retourne à la maison, je pense à toi, lui dit-elle, et je désirerais être à ta place.» Notre Sœur lui enseigna quelques moyens de sanctifier ses actions et de conserver l\u2019égalité d\u2019humeur, car c\u2019était une chrétienne; elle écouta attentivement la leçon et parut y réfléchir.Le bonheur de la vie religieuse reste une énigme pour ces pauvres gens, ils le constatent mais ne peuvent se l\u2019expliquer.Février C\u2019est en Mandchourie, une marque d\u2019estime et de haute déférence que d\u2019assister nombreux au départ d\u2019une personne.Tout inférieur doit se déranger pour son supérieur.Les professeurs de l\u2019école, voire même les vierges indigènes, vont-elles dans leur famille pour des vacances, plus il y a de personnes assemblées autour de la voiture au moment du départ et plus il y a de regrets énoncés, plus aussi on leur donne « la face ».Un proverbe chinois dit; « Un homme sans face est comme un arbre sans écorce.» Le R.P.Schetagne, qui vient de quitter Tungleao pour Leaoyuansien, a eu « la face » sans l'avoir recherchée.Une foule de clirétiens se sont as- 290 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 semblés à la Mission pour lui témoigner leur reconnaissance et lui donner une marque de leur estime.Le Père en profita pour leur adresser une pressante exhortation à bien remplir leurs devoirs de chrétiens.Les élèves, en vacances depuis le commencement de jan''/ier, sont revenus le 25 de ce mois.Une fois de plus, le R.P.Curé se vit dans la pénible nécessité de renvoyer plusieurs enfants, faute de logement et aussi de ressources.Aux dispensaires, l\u2019affluence des patients est de plus en plus grande, on dirait que les maladies dégèlent avec la fonte des neiges; ces pauvres gens,, grands et petits, jeunes et vieux, sentent le besoin de venir prendre quelques potions ou de faire panser leurs plaies.Le ben vieux catéchiste exhorte ses auditeurs à se faire chrétiens.Sans se lasser, il essaie de les convaincre de se faire les adorateurs du vrai Dieu qui a créé le ciel et la terre, qui récompense les bons et punit les méchants.Son zèle ne reste pas sans fruits.Un jour, étant allées voir une jeune femme bien malade, nous Commençâmes à lui parler du bon Dieu: « Oui, oui », reprennent aussitôt les personnes présentes, qui plusieurs fois avaient assisté aux catéchismes du dispensaire, « il faut croire au \\Tai Dieu qui a créé le ciel et la terre.» A mesure que nous proposions une vérité, toutes à la fois affirmaient leur croyance, a Croyez-vous au seul Dieu qui récompense les bons et punit les méchants?\u2014 Je crois », articulait la malade.Si elle retardait im peu à répondre, à cause de son oppression, les parents la pressaient: « Dis, dis que tu crois.» Après qu\u2019elle nous eut renouvelé l\u2019assurance qu\u2019elle voulait être baptisée et qu\u2019elle croyait les vérités de notre sainte religion, nous versâmes sur son front, avec grand bonheur, l\u2019eau sainte du baptême.Mars La loi, en Mandchourie, veut que les enfants, dans le cas où le père vient à mourir et que la mère contracte une nouvelle alliance, ne restent pas avec leur mère mais s\u2019en aillent dans la famille de leur père défunt.On dit, selon l\u2019expression populaire: Tso tao, marcher son chemin.Selon la logique chinoise, des enfants portant le nom de Toan, par exemple, ne doivent pas rester avec des Teung et réciproquement.En conséquence, des mères se voient enlever leurs enfants sans qu\u2019elles puissent protester.Tous les jours, nous sommes à même de constater de ces inconséquences.En revenant du dispensaire de Siaokaiki, nos yeux furent attirés par un groupe de personnes au visage troublé.Continuant notre route, nous aperçûmes un cadavre gisant sur le bord du chemin.A peine vêtue, sa dépouille avait été dissimulée sous quelques broussailles que les persormes présentes, par un reste de pudeur naturelle, avaient jetées sur lui.Une victime de l\u2019opium, nous dit-on.Le sort final de ce misérable corps nous préoccupe peu, mais sa pauvre âme, où est-elle?.A quelques pieds plus loin, un homme perclus de ses jambes se traînait sur ses genoux et ses mains de porte en porte pour demander l\u2019aumône.Celui-ci était un morphinomane, il n\u2019y avait pas à en douter: les manches de ses habits en lambeaux laissaient voir ses bras tout bleuis de piqûres.Nous n\u2019étions pas arrivées à Siaokaiki, quand nous aperçûmes, au détour d\u2019une petite rue, une autre victime de l\u2019opium dans le même triste état que la première.Nous éprou- Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935\t291 vâmes une grande tristesse.Si dans l\u2019espace de quelques « lis » tant de misères morales et physiques s\u2019étalaient devant nous, quel spectacle d\u2019horreur doit offrir aux yeux de Dieu ce malheureux pays de la Mandchourie païenne ! Avril Il y a un mois, une jeune païenne du voisinage, entraînée par l'exemple de sa belle-sœur nouvellement chrétieime, venait s\u2019agenouiller à l\u2019église et suivait pieusement les cérémonies de la bénédiction du Très Saint Sacrement; son cœur était gagné à notre sainte foi.^ Un terrible abcès à la gorge, qui la rendit bien malade, nous donna accès auprès d\u2019elle pour lui donner nos soins; après quelques jours, elle prit du mieux, mais devait se reposer quelque temps pour refaire ses forces.Le mari, impatient, voulant précipiter le retour à la santé, acheta un remède chez un prétendu médecin chinois et prépara une forte tisane qui empoisonna la malade et la précipita vers la tombe.Une chrétienne présente proposa de faire venir les Missionnaires; « Va les chercher, dit le mari, tu connais leur règlement.» A notre arrivée, la mourante descendue du kang était couchée par terre.Elle donna son acquiescement à la réception du baptême par un grand signe de tête.Quand l\u2019eau sainte coula sur son front, elle sembla sourire; quelques minutes après, elle rendait le dernier soupir.La pauvre femme laisse six enfants en bas âge.Mai Dès les premiers jours de mai, il nous est arrivé de jouer un tour au vilain.Une famille païenne, dont le bébé se mourait de méningite, appela un sorcier qui fit ses incantations et ses sortilèges pour chasser le démon dont il disait l\u2019enfant possédé.Le sorcier mécontenta les parents qui songèrent alors à faire venir des gens de la Mission catholique.Ils vinrent donc nous inviter à aller voir leur petit malade et à chasser le diable de leur demeure.Une Sœur, accompagnée d\u2019une aide du dispensaire, s\u2019y rendit et trouva l\u2019enfant agité, les yeux vitreux et la tête renversée en arrière.Elles expliquèrent aux parents que le bébé, étant à l\u2019extrémité, il était bien tard pour qu\u2019elles puissent le guérir.On les pria d\u2019essayer quand même.« Si la Sainte Vierge le veut, elle peut encore le guérir », pensa notre infirmière, et elle se reprit à espérer.Elle commença par ondoyer le petit malade et lui passa au cou ime médaille de la Sainte Vierge.« Nous avons brûlé toutes les idoles de la maison, dit le chef, chassez-en le diable maintenant.» En effet, on ne voyait aucim vestige d\u2019objets idolâtriques.Notre Sœur se mit à projeter de l\u2019eau bénite en tous sens, répétant sans interruption, et avec force, des invocations à Celle qui a écrasé et qui continue, à travers les siècles, à écraser la tête de l\u2019infernal serpent.« Jetez-en là aussi », dit le père; mais à cet endroit, elle aperçut une image de Bouddha.« Et ceci, dit-elle, en désignant l\u2019idole du doigt ?\u2014 Ceci, je vais l\u2019enlever, dit la femme, nerveusement, comme on prendrait un objet brûlant, elle arracha l\u2019image qu\u2019elle jeta au feu.\u2014 C\u2019est fini avec ces superstitions, nous voulons être chrétiens.\u2014 Pour être de l\u2019Église catholique, il vous faudra d\u2019abord venir étudier la doctrine qu\u2019elle enseigne.\u2014 Nous l\u2019étudierons tous », dirent-ils, résolument.Huit grandes persoimes habitent la maison: belle aubaine! Notre Sœur et 292 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 son aide les exhortèrent à persévérer dans leur résolution, même dans le cas où l\u2019enfant viendrait à mourir car son sort serait des plus heureux, etc.11 était tard; sur ce, elles les quittèrent en les laissant à la garde de Marie Immaculée et de leurs bons anges.Compte rendu du dispensaire de Tungleao de juillet 1934 à mai 1935 inclusivement : Baptêmes.786 Patients.31,077\tTraitements.49,607\tPansements\t,.20,059 Dents extraites.\t.\t111\tVisites à domicile 581\tVacc.anti-variol.\t786 Injections.\t.490 Abcès.32 Compte rendu du dispensaire de Siaokaiki (ouvert deux ou trois fois par semaine) de juillet 1934 à mai 1935, inclusivement: Baptêmes .\t88 Patients\t4,054\tTraitements .\t4,969\tPansements\t.\t2,214 Dents extraites\t22\tVisites à domicile.\t64\tVaccins.80 SÜCHOW, CHINE Extraits de lettres des Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception de Süchow Mission catholique, Süchow, 18 mars 1935 A NOS CHÈRES Sœurs de la Maison Mère, Au commencement du mois, nous avons eu des jours de chaleur à peu près comme en juillet au Canada.L\u2019hiver n\u2019ayant été ni long ni rigoureux, le froid n\u2019a pas détruit les microbes et la variole sévit; une femme, ayant cinq enfants, vient de s\u2019en faire enlever trois par le terrible mal.Vu la chaleur et l\u2019étroitesse du logis qu\u2019ils habitent, la plupart des catéchumènes ont dû retourner dans leur famille, bien que leurs connaissances religieuses soient encore insuffisantes; c\u2019est bien ardu pour ces pauvres Chinois de commencer à étudier à 40, 50 et même 70 ans, quoique les Missionnaires ne demandent d\u2019eux qu\u2019une science rudimentaire.En traversant la salle des catéchumènes, ces jours derniers, on pouvait en remarquer une assise à l\u2019écart, dans un coin, silencieuse, la tête dans les mains.Vous pensez peut-être qu\u2019elle était à méditer ?Oui, mais à sa façon.Elle savourait l\u2019amertume d\u2019avoir « perdu la face », ayant été surprise sur le fait, prenant un savon et le glissant dans sa poche.Les personnes connaissant sa petite aventure n\u2019avaient pas l\u2019air à trouver singulière cette manière d\u2019agir, qui semble ordinaire, en Chine, quand on a « perdu la face ».Jeudi dernier, deux catéchumènes ont été baptisées à l\u2019église de la Mission; aujourd\u2019hui, treize autres reçoivent la même faveur.La religion se développe rapidement à Süchow; les Chinois d\u2019ici ont des mœurs simples, les vérités de la religion trouvent facilement créance dans leur esprit et, petit à petit, tombent les préjugés contre la religion. Montréal Le précurseur Septembre-Octobre 1935\t293 Que faisons-nous à Süchow ?En attendant que nous puissions construire un couvent propice à l\u2019exercice des œuvres pour lesquelles nous sommes venues ici, nous nous appliquons à l\u2019étude de la langue et de l\u2019âme chinoises; on nous le dit et nous le sentons: le premier moyen de gagner les païens au bon Dieu, c\u2019est de les aimer, mettant de côté ses goûts et ses manières pour adopter les leurs.Nous nous efforçons donc de nous faire Chinoises.Entre nos heures d\u2019étude, nous soignons les malades, et, par ce moyen, il nous arrive d\u2019ondoyer des petits moribonds que les mamans nous apportent.Nous leur ouvrons l\u2019entrée du paradis en les chargeant de commissions auprès de notre divine Reine, leur confiant, entre autres, celle de nous obtenir notre permis de construction.Nous en avons ondoyé un sous les noms de Joseph-Émery, pour répondre au désir d\u2019une charitable personne du Canada qui a bien voulu nous envoyer une aumône dans cette intention.Les trois Présentandines à côté desquelles nous vivons sont vraiment bonnes pour nous, elles saisissent toutes les occasions de nous faire plaisir et de nous obliger.A Noël, ayant connu notre désir d\u2019avoir une étable pour recevoir le petit Jésus, elles nous apportèrent tout ce qu\u2019elles purent trouver en fait de personnages, d\u2019animaux, etc., et vinrent étaler leur avoir sur notre table, suivant avec curiosité chacun de nos regards et paraissant fort heureuses de notre contentement.Dans l\u2019occasion, elles prennent nos intérêts comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019elles-mêmes.Un jour, nous avions demandé à l\u2019une d\u2019elles.Fan Sien Cheng, de nous acheter une natte pour le plancher.D\u2019après la mode du pays, il faut marchander jusqu\u2019à épuisement d\u2019arguments avant de payer les articles qu\u2019on achète.A cela, notre bonne Présentandine s\u2019y entend à merveille.D\u2019abord, la natte n\u2019est pas bien faite, elle ne sera pas durable, elle n\u2019est pas tressée assez serré, les coins ne sont pas carrés, etc.Le vendeur riposte que tout cela n\u2019a pas de conséquences et trouve même plus avantageux qu\u2019il en soit ainsi.Il s\u2019est appliqué à bien faire, on ne peut trouver mieux, etc.Fan Sien Cheng se décide à payer, nouvelle discussion: le marchand veut 40 sous mexicains et elle trouve que 30 suffiraient.Enfin, on tombe d\u2019accord et le vendeur cède sa natte pour 38 sous.En une autre occasion, craignant qu\u2019on ne souffrit du froid, elles vinrent nous porter un petit poêle chinois: sorte de chaudron en fer qu\u2019on remplit de charbon de bois et qui dégage une douce chaleur dont les pieds sont heureux de profiter.Ces bonnes Vierges indigènes s\u2019occupent de l\u2019école de la Mission, l\u2019une d\u2019elles nous donne des leçons de chinois.A l\u2019occasion de leur retraite annuelle, au mois de janvier, quarante-trois Présentandines passèrent la nuit à Süchow; elles venaient de différents postes et se rendaient à Shanghaï.Le tapage que firent leurs conducteurs de pousse-pousse, quand elles arrivèrent avec leur bagage, serait difficile à décrire; ils demandaient pour prix de leurs services plus cher qu\u2019à l\u2019ordinaire, prétextant le mauvais état des chemins, la pesanteur des fardeaux, etc.Heureusement que notre bonne Fan Sien Cheng était là.Habituée à ces genres de disputes, elle eut vite réglé les différends.Les trois Présentandines de Süchow, ayant cédé leur lit à leurs compagnes de passage, vinrent dormir dans vme petite chambre de débarras au-dessus de notre cuisine; c\u2019est ce que nous avions de mieux à leur offrir. 294 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 Le lendemain, vers 10 heures, nous nous rendîmes à l\u2019école pour saluer les visiteuses, notre maison n\u2019étant pas suffisamment grande pour les recevoir toutes.En arrivant, selon la coutume du pays, elles nous firent trois grands saluts; une des trois Présentandines de Süchow nous présenta en nous nommant par notre nom chinois.\u2014 Les religieuses ont mis leur mao tse (traduction de chapeau), mais c\u2019est bien plus joli quand elles ne l\u2019ont pas, dit-elle, et elle nous invita à enlever notre capeline.Plusieurs sont âgées de soixante-dix ans, voire même davantage; l\u2019une réside dans un poste de la préfecture depuis trente ans, occupée à catéchiser.Celle qui paraissait être la supérieure, assise sur le premier banc, engagea conversation.« Vous appartenez, dit-elle, à la Société de l\u2019Immaculée-Conception.Depuis que je suis petite, moi aussi je fais partie de cette société en portant le scapulaire bleu; c\u2019est la même Sainte Vierge, n\u2019est-ce pas, alors nous avons entre nous ce trait de ressemblance.Nous sommes Présentandines, la petite Vierge du Temple et l\u2019immaculée Conception c\u2019est encore la même, autre trait de ressemblance.» Ses compagnes souriaient en l\u2019écoutant avec attention.Nous comprîmes qu\u2019elle voulait nous faire entendre que, quoique de nationalité différente, étant des religieuses consacrées à Marie, nous ne formions qu\u2019une famille, ayant une commune Mère: la Très Sainte Vierge.C\u2019était penser en chrétienne.Elles vinrent ensuite, par groupes, visiter notre pauvre petite chapelle ; quelques-unes furent les patientes de Sœur Marie-Xavier ^ jusqu\u2019à ce que sonnât l\u2019heure du départ.Les conducteurs de pousse-pousse s\u2019évertuèrent encore à faire le plus de tapage possible, et il y en avait cinquante!.Le défilé s\u2019ébranlant au milieu des bonjours, des souhaits de bon voyage, des remerciements recouverts par les cris des coureurs, présentait un spectacle assez typique.Les mêmes Présentandines revinrent le 8 février, après la retraite, et passèrent encore une nuit à Süchow dans les mêmes conditions.Les brusques changements de température amènent chez les élèves des accès de fièvre.Les premières fois que nous prîmes la température des enfants, nous fûmes inquiètes en voyant monter le thermomètre à 104°, 105° F., nous les crûmes bien malades, mais nous finîmes par nous rendre compte qu\u2019il n\u2019y avait pas à s\u2019alarmer, c\u2019est ordinaire chez elles.Avec ime telle température, elles ne paraissent pas trop abattues, elles disent avoir un peu mal à la tête et persistent à rester debout.Parmi les élèves de l\u2019école, il y a de bons cœurs.Pour ne citer qu\u2019un exemple: un jour, une élève de 14 ans vint à notre maison se faire soigner.La voyant pleurer, nous lui demandâmes la cause de son chagrin.« Je pense, dit-elle, à ma grand\u2019mère qui n\u2019a pas de bons habits ouatés comme les miens et qui a froid chez nous.» N\u2019ayant plus de mère, cette jeune fille paraît souffrir d\u2019un profond ennui, elle s\u2019apitoie sur toutes les souffrances des autres.Une élève atteinte du typhus devait retourner dans sa famille, vu que l'exiguïté de l\u2019école ne permettait pas de l\u2019isoler.La décision fut loin de lui sourire; la petite se lamentait, disait qu\u2019elle était déjà mieux, que sa tête n\u2019était plus chaude, etc.; elle eut le courage de se lever pour accréditer son 1 Berthe F^aradis, de Tingwick Montréal LË ËRECURSËUft ^ptembre-Octobre 1935\t2Ô5 témoignage, mais ses forces la trahirent bientôt.« Mes parents sont morts et personne ne m\u2019aime chez nous, nous n\u2019y avons rien à manger », etc.C\u2019était attendrissant, mais il ne fallait pas exposer les autres enfants de l\u2019école à prendre un si terrible mal.Elle fit donc trente lis, en petite voiture traînée par un homme, pour se rendre à son pauvre gîte.En bonne Chinoise, ses dernières paroles furent: « Donnez-moi donc un peu de manger pour quand je serai chez nous.» Pendant une leçon, notre professeur de chinois nous donna des détails sur d\u2019anciennes coutumes chinoises, relativement à la manière dont on traitait les enfants.Si, par exemple, le père et la mère venaient à mourir et laissaient des enfants en bas âge, on enfermait un petit garçon et une petite fille dans le caveau qui avait reçu leurs parents, après avoir placé à leur portée une provision d\u2019eau et un panier de jujubes.Dans leur sombre prison, les pauvres petites victimes mouraient lentement, c\u2019était un hommage de respect rendu au père et à la mère.Cette coutume est disparue en Chine, mais la superstition qui existe encore de nos jours de dessiner des enfants sur un carton et de les placer près des cadavres paraît en être un vestige.Dimanche 28 avril Nous reprenons notre pauvre récit pour y ajouter quelques lignes avant de vous l\u2019envoyer, ne voulant pas tarder davantage à vous faire part de l\u2019événement d\u2019aujourd\u2019hui, si consolant pour tous les Missionnaires de Süchow.Pour clôturer l\u2019année sainte du Jubilé de la Rédemption, plus de cent néophytes ont reçu le sacrement de Confirmation des mains de Mgr Marin, S.J.Il y en avait de toute condition et de tout âge, depuis l\u2019enfant jusqu\u2019au vieillard.C\u2019était un spectacle vraiment touchant!.Veuillez agréer, chères Sœurs, l\u2019assurance de notre fraternelle affection; au loin comme au près, nous vous restons sincèrement unies et nous nous recommandons à vos ferventes prières.Vos Sœurs de Süchow WAKAMATSU, JAPON Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Wakamatsu Lundi 14 janvier 1935 Une élève païerme vient assister pour la première fois à la leçon de catéchisme.Au Jardin de l\u2019Enfance, nous enseignons la religion aux enfants chrétiens et aux païens qui en manifestent le désir, mais jamais pendant les heures de classe pour leur laisser pleine liberté du côté religieux.Ine Ko San, c\u2019est le nom de notre petite élève, chantait à la maison des cantiques appris à l\u2019école; sa mère lui aurait demandé qui était Maria Sama.« C\u2019est la Mère de Jésus et notre Mère à nous aussi », aurait répondu la petite.Cette déclaration et d\u2019autres réflexions de l\u2019enfant eurent le don de toucher le cœur de la maman païenne qui accorda à la fillette la permission d\u2019assister aux leçons de catéchisme. 296 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 Dimanche 20 janvier A la demande du R.P.Larose, eut lieu, cet après-midi, à notre couvent, la réunion des jeimes filles de notre voisinage.Ce cercle, commencé en juin dernier avec trois chrétiennes et quelques catéchumènes, compte actuellement une vingtaine de membres dont six nouvelles chrétiennes.Nous espérons que cette association deviendra un foyer de conversions.Les jeunes filles se réunissent ime fois par mois pour s\u2019entraîner dans l\u2019exercice de la charité.Elles consacrent leurs loisirs à confectionner des vêtements qu\u2019elles distribuent aux indigents.Nous sommes allées nous-mêmes porter quelques secours à des familles pauvres et nous avons pu constater ce qu\u2019elles doivent MAISONS DE PAUVRES PAYSANS JAPONAIS souffrir dans leurs misérables réduits; les étables de notre pays sont encore plus habitables que les demeures de certains pauvres de cette région.Point de combustible pour réchauffer l\u2019unique pièce de la maison, si ce n\u2019est quelques morceaux de charbon de bois qu\u2019on allume à l\u2019heure des repas pour préparer la maigre pitance.Les murs de terre, dégradés en maints endroits, laissent voir le treillis de bambous.Des journaux sont collés sur les fentes pour couper le vent; à l\u2019extérieur, des sacs de paille sont suspendus aux fenêtres car le simple papier dont sont garnis les carreaux n\u2019est pas de nature à préserver du vent et de la neige.Un autre exemple d\u2019indigence locale: une jeune fille étant allée soigner une malade et ne trouvant aucune nourriture chez sa patiente, lui acheta du lait, mais grand fut son embarras de ne pouvoir trouver une tasse dans toute la maison.Avisant rme canne malpropre, elle voulut la laver et s\u2019en servir en guise de tasse; nouvel embarras, il n\u2019y avait pas d\u2019eau.Semblable pauvreté se voit rarement, peut-être même point du tout, dans notre Canada.L\u2019on conçoit qu\u2019im père de famille qui gagne 30 sen (10 sous canadiens) par jojir, pour faire vivre six enfants, ne puisse leur donner même le nécessaire et cependant, au dire des chrétiennes venues avec nous dans nos visites de charité, il y a ici des gens plus mal partagés encore que ceux que nous avons vus.Vous supposez avec quelle recoimaissance ces pauvres reçurent nos humbles cadeaux, ils avaient des larmes plein les yeux. Montréal LE PRÉCURSEUR Septembre-Octobre 1935\t2 9 7 Jeudi 7 février Parties mardi pour assister à la cérémonie de bénédiction d\u2019une chapelle à Fukumezawa, petit poste dans la campagne, à trois heures d\u2019ici, nous sommes revenues cet après-midi après avoir goûté à la tempête de neige, une tempête de poudrerie comme celles du Canada.Après une marche d\u2019une heure environ de la station de Tajima au village de Fukumezawa, nous avons été reçues dans une famille chrétienne avec toute la courtoisie japonaise.Mgr Dumas, les RR.PP.Larose et Lebel rehaussèrent de leur présence une jolie séance qui fut donnée le soir par une dizaine de chrétiens de Wakamatsu.Une de nos petites élèves de 5 ans, enfant du catéchiste, exécuta un morceau de gymnastique; le programme fut bien goûté par les cent cinquante personnes présentes.Bon nombre durent retourner sur leurs pas, faute de place dans la maison.Hier matin, eut lieu la bénédiction de la nouvelle chapelle par Mgr Dumas, assisté des RR.PP.Larose et Lebel.Monseigneur y célébra aussi la sainte messe pendant laquelle les chrétiens étaient heureux de voir présents bon nombre de pères de famille païens ou protestants.Puisse ce modeste temple catholique, comme un phare lumineux, rayonner au loin et y dissiper les ténèbres de l\u2019erreur.Après l\u2019action de grâces, le bon chrétien, qui voyait aux frais de la fête, annonça le service du thé; en attendant ce prélude du déjeuner, on fit cercle autour du feu de charbon de bois placé au centre d\u2019une petite pièce, à fleur de terre, dans une boîte tôlée.Pendant que la tasse de thé se prépare, mille questions sont posées au Père par les païens, ce qui lui donne l\u2019occasion, ainsi qu\u2019au catéchiste, de faire un petit cours de religion.La vue de religieuses au milieu d\u2019eux piquait leur curiosité qui fut satisfaite par l\u2019explication qui leur fut donnée de la vie religieuse, point sur lequel il leur tardait de s\u2019éclaircir.Après une petite heure d\u2019attente, la bienfaisante tasse de thé fit son apparition, accompagnée de galettes sucrées qui avaient une saveur toute spéciale, car il était dix leures passées!.Pendant que la théière faisait la ronde, le chrétien, doyen de la réunion, proposa de faire la cérémonie de présentation: chacun à son tour se nomma et déplia très modestement ses titres, son métier, son âge, etc.Cette cérémonie est de nature à faire rire quiconque n\u2019est pas Japonais.C\u2019est vers midi seulement que les cabarets du déjeuner furent annoncés; il était temps, car malgré la tempête qui faisait rage au dehors, on commençait à voir des étoiles.Les bourrasques devenant de plus en plus violentes, nous n\u2019avons pu revenir qu\u2019aujourd\u2019hui, au grand contentement des bons chrétiens de Fukumezawa qui auraient même voulu nous retenir davantage; nous avons été vivement touchées de leur bon cœur.Lundi 4 mars M.Matsuyama, directeur d\u2019un Jardin de l\u2019Enfance de la ville, vient nous rendre visite.Tout en louangeant l\u2019organisation du nôtre, il insinue que chez lui on sert gratuitement aux enfants un bol de bouillon tous les deux jours; il dit trouver nos conditions plus onéreuses que les siennes, bien qu\u2019il sache qu\u2019en dehors de la pension nous n\u2019exigeons aucune contribution, comme cela se pratique dans les autres maisons similaires.Le Jardin de l\u2019Enfance qu\u2019il dirige relève d\u2019un temple païen et est sous le contrôle des 298 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre Î9!^5 militaires.Il compte trente ans d\u2019existence et n\u2019est actuellement fréquenté que par une cinquantaine d\u2019élèves.Certains journaux de la ville ont publié des articles de nature à nuire au recrutement de notre école, croyant probablement qu\u2019elle porterait préjudice aux écoles enfantines déjà établies et tenues par des païens, ce qui n\u2019empêcha pas un païen distingué, demeurant non loin d\u2019ici, de nous adresser une bonne lettre pour demander l\u2019admission de sa petite fille au nombre de nos élèves.Le mois de saint Joseph, que nous nommerions volontiers le mois des grâces, nous fait espérer tout un parterre de petites fleurs japonaises pour notre Jardin.Samedi 16 mars Mlle Suzuki, nouvelle chrétienne, vient nous aider dans les travaux de la maison tout en s\u2019initiant à la vie religieuse qu\u2019elle désire embrasser.Ses parents, tous païens, taxèrent de folie son passage du paganisme au catholicisme.La voyant persévérer dans sa foi, ils l\u2019excluèrent de la famille, pensant la vaincre par ce suprême moyen, mais ils n\u2019y réussirent pas; la courageuse jeune fille trouve dans sa foi la force de traverser joyeusement cette grande épreuve et reste ferme.Cette jeune personne était du nombre des sept adultes qui furent baptisés à Noël dans l\u2019église de Wakamatsu, ainsi qu\u2019une jeune fille, professeur à notre Jardin de l\u2019Enfance.Mercredi 20 mars Nos petits élèves nous arrivent, ce matin, vêtus de leurs plus beaux habits pour clôturer l\u2019année scolaire; quatre des plus grands, étant d\u2019âge à DEUX ARTISTES EN HERBE D\u2019O KOTO, INSTRUMENT DE MUSIQUE PRÉFÉRÉ DE LA FEMME JAPONAISE entrer à l\u2019école élémentaire, viennent recevoir leur brevet du Jardin de l\u2019Enfance comme cela se pratique au Japon.La réouverture des classes aura lieu dans les premiers jours d\u2019avril.Nos bambins, fidèles observateurs de l\u2019étiquette de leur pays, rapportent à la maison ce qui est resté des bon- Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935\t299 bons et pistaches que nous leur avions offerts pour la circonstance.C\u2019est une règle de bienséance qui, cette fois, ne leur impose pas un gros acte de renoncement.Samedi Saint 20 avril L office de ce matin est précédé de la cérémonie du baptême de trois adultes qui font leur premiere communion pendant la messe, au milieu de la joie des premiers alléluias de Pâques.Nous nous sentons saisies d\u2019une profonde émotion chaque fois que nous voyons couler l\u2019eau régénératrice sur des fronts japonais, c est un bonheur qui fait oublier au missionnaire les peines qui s attachent à sa vie et qui lui donne le courage de rester au poste joyeusement, jusqu\u2019à la fin.Dimanche de Pâques 21 avril Pour célébrer un si beau jour, notre blanche chapelle est décorée de roses et de lis.De jolis rideaux blancs, don d\u2019une bienfaitrice, en ornent les fenêtres et contribuent à donner à notre sanctuaire un cachet de pieux recueillement.La fête est complète à l\u2019église de la mission: grand\u2019messe solennelle et bénédiction du Très Saint Sacrement, cantiques à la gloire de Jésus ressuscité, assistance nombreuse.Au sortir de l\u2019église, tous sont invités à prendre part au repas de famille servi dans la salle de réunion des chrétiens qui, étant venus a jeun, trouvent une saveur plus douce au bol de riz rose qui leur est servi accompagné de légumes sucrés ou salés.Ces repas de fête sont propres à entretenir l\u2019union et la charité entre chrétiens, ils nous font penser aux agapes des premiers fidèles de l\u2019Église.Samedi 11 mai Étant allées faire une promenade à la campagne avec nos élèves, nous rencontrons nombre de voitures chargées de roches que tirent péniblement des femmes âgées pour la plupart.Arrivées au bord de la rivière, nous en voyons une douzaine d autres occupées à retirer de l\u2019eau, au moyen de paniers, sable et roches.Elles travaillent dans l\u2019eau, n\u2019ayant pour se préserver les pieds qu\u2019une seniellc de paille; une serviette, enroulée autour de la tête, les garantit des rayons du soleil.On serait porté à les plaindre mais, en voyant avec quel entrain et même avec quelle gaieté elles paraissent s\u2019acquitter de leur tâche, l\u2019impression de ce spectacle nous est moins pénible; il serait meme consolant si on les savait chrétiennes car leur mérite pourrait être grand.La belle nature japonaise nous offre à cette époque la richesse de ses fleurs, toute la nature est en éveil.Comme c\u2019est le beau mois de Marie, nous aimons à découvrir, dans les parterres fleuris, des symboles de la Vierge toute belle et tout immaculée, encore si peu cormue dans ces païennes régions.Pour le Japonais, rien n\u2019égale la fleur du Sakura (cerisier), elle est pour eux le symbole de la fidélité, de la loyauté, de la grandeur d\u2019âme de leurs vaillants guerriers d\u2019autrefois; en tombant, elle conserve sa beauté, elle se dessèche sans subir de flétrissure au contact de la terre.)ans une couple de jours, il ne serait pas si agréable de faire une promenade, on aspirerait plus de poussière que d\u2019air frais.De par les lois du 300 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 pays, c\u2019est le jour fixé pour le grand ménage des habitations.Tout ce que peut contenir tme maison est exposé au soleil, dans le jardin, ou, à défaut de jardin, dans la rue.Les nattes qui recouvrent les planchers sont vigoureusement secouées, meubles et ustensiles reçoivent un grand lavage en plein air, tandis qu\u2019à l\u2019intérieur le balai fait bonne besogne.Le soir, tout sera remis en place et la famille pourra jouir en paix du contentement qu\u2019apporte toujours l\u2019accomplissement d\u2019un devoir, car c\u2019en est un au Japon.et s\u2019y soustraire serait encourir les réprimandes de la police qui fera l\u2019inspection des maisons.Vendredi 24 mai Sœur Supérieure, partie mercredi pour assister à la bénédiction du nouvel établissement des RR.SS.de la Congrégation de Notre-Dame, à Fukushima, nous revient aujourd\u2019hui chargée des affectueux messages de nos chères Sœurs de Koriyama qu\u2019elle a rencontrées.Ce soir, nous avons le plaisir de recevoir deux RR.SS.de l\u2019Assomption de Nicolet, arrivées à Aomori l\u2019automne dernier et venues dans nos parages pour les cérémonies de Fukushima.Combien il fait bon, surtout sur la terre étrangère, resserrer les liens de fraternité religieuse qui font de toutes les Communautés une seule famille tendant vers un but imique: la propagation de notre sainte religion.Samedi 25 mai Malgré notre désir de les retenir plus longtemps, nos chères visiteuses nous quittent à midi pour retourner à Aomori qu\u2019elles n\u2019atteindront que ce soir, vers 11 heures.Nous formons des vœux pour le plein succès de leurs œuvres.Lundi 3 juin Vive notre Mère! Ce chant de l\u2019amour filial qui jaillit spontanément, en cet anniversaire, du cœur de toute Missionnaire de l\u2019Immaculée-Concep-tion, avec quelle gratitude nous le redisons! Notre journée est offerte aux intentions de notre vénérée Mère qui, à pareille date, il y a trente-trois ans, jetait les fondements de notre cher Institut.Maintes fois, nous nous transportons en esprit à la première petite maison de la Côte-des-Neiges, puis au chez-nous d\u2019Outremont où tout doit porter à l\u2019allégresse et à l\u2019action de grâces.Comme une grande fête ne va pas sans un grand congé, nous nous récréons avec entrain.A la fin de l\u2019après-midi, le R.P.Lebel vient nous donner la bénédiction du Saint Sacrement.Depuis une semaine, les cultivateurs font diligence dans leurs rizières.Hier soir, les digues ont été ouvertes et, ce matin, tout le terrain est submergé.Dès 4 heures, nous pouvions voir une dizaine de femmes, nos voisines, alignées au bout d\u2019un champ, dans l\u2019eau à mi-jambes et coiffées d\u2019un large chapeau conique.Par-dessus leur kimono, elles ont enfilé leur mompe, sorte de jupe à plis peu profonds se terminant en pantalon étroit enserrant la jambe.Pour aligner les plants, elles se servent d\u2019un treillis à carreaux d\u2019un pied carré qu\u2019elles placent à fleur d\u2019eau, elles fixent un plant dans le sol à chaque angle du carreau puis déplacent le treillis, ayant soin de faire accorder les lignes, car il faut obtenir un travail parfait de rectitude.Parvenues au bout du champ, elles font fête pour célébrer la plantation du riz. 1: i k k ilmaiis'.,! (i,;'ii\\i] LA 1RANSPLANTATION DU RIZ AU JAPON KORIYAMA, JAPON Mercredi 20 mars 1935 Sous la présidence du R.P.Laporte, O.P., a lieu cet avant-midi la séance de fin d\u2019année de nos élèves.On distribue certificats, prix d\u2019assiduité, de bonne conduite.Tous les petits minois japonais ont l\u2019air aussi contents que s\u2019ils avaient décroché un grade de bachelier.La fête se termine par l\u2019hymne national japonais.Les parents qui y prennent part nous font la gracieuseté de se cotiser dans le but d\u2019acheter une balançoire pour la cour des élèves.La réouverture des classes aura lieu vers le 8 avril.Lundi 25 mars La fête de l\u2019Annonciation nous a apporté une violente tempête de vent qui, en quelques instants lança la clôture de notre jardin ici et là, tandis que les débris des toits voisins venaient s\u2019accumuler dans la cour.La maison a été tellement secouée qu\u2019on se serait cru en bateau.Nous avons pu conserver notre couverture, plus heureuses que nos voisins qui, la tempête finie, durent se mettre à la recherche des restes de la leur pour la refaire.Vendredi 3 mai A la demande d\u2019une chrétienne, nous nous rendons voir une jeune fille de 19 ans, très souffrante et qui désire notre visite.La malade dit avoir confiance en notre Kami Sama (le bon Dieu).Nous lui donnons quelques médicaments et n\u2019oublions pas de lui remettre une médaille de la Sainte Vierge.« Si les remèdes ne peuvent pas me guérir, dit-elle, votre Dieu le peut lui.i) Quelle n\u2019est pas notre surprise, en arrivant à l\u2019église pour le mois de Marie, d\u2019y voir la mère de la malade s\u2019avancer vers nous pour nous saluer et nous dire qu\u2019elle était venue remercier notre Dieu de ce que nous faisions pour sa fille.Une de nos élèves étant gravement malade, deux maîtresses se sont rendues à l\u2019hôpital pour s\u2019enquérir de son état.La petite était dans le JOUR DE GRADUATION AU JARDIN DE L'ENFANCE DES MISSIONNAIRES DE L'IMMACULÉE-CONCEPTION, KORIYAMA, JAPON délire et répétait: « Sœur Supérieure nous a dit, en nous parlant du Kami Sama, que le ciel était une bien belle place et l\u2019enfer une bien mauvaise où il ne faut pas aller.Je ne veux pas aller là! » Son père, fervent bouddhiste, se tenait au chevet de la fillette, ainsi que plusieurs membres de sa famille.Dans les hôpitaux japonais, il est difficile de se trouver seul auprès d\u2019im malade; ordinairement toute la famille se tient dans sa chambre, y prend ses repas et même y couche.Mercredi 5 juin C\u2019est la fête des petits garçons au Japon, on la nomme aussi Ayami no sekku ou fête des iris parce qu\u2019elle tombe à l\u2019époque où apparaissent ces fleurs.Ce jour-là, on fait dans la maison un étalage de petits guerriers en miniature, de chevaux, sabres, flèches, tambours.On y place aussi un éventail et des fleurs.Le pourquoi de ceci est de rappeler aux Japonais de demain les vertus traditionnelles de bravoure comme aussi de courtoisie des anciens samurai.De plus, au dehors, au bout de longues perches, on suspend des carpes qui s\u2019agitent et se gonflent au vent.La carpe étant un poisson qui remonte le courant des eaux, on l\u2019offre au petit Japonais comme emblème pour lui signifier qu\u2019il lui faudra se vaincre, remonter le courant et dompter les difficultés pour parvenir, se créer une position honorable, etc.Les Japonais sont habitués dès l\u2019enfance à l\u2019endurance.La fête des petites filles ou la Hina Matsuri est fixée au 2 mars.Des poupées sont disposées siu une étagère de quatre degrés.Sur le premier, figurent l\u2019empereur et l\u2019impératrice, sur le deuxième, trois dames de la cour, sur le troisième, cinq musiciens et des gardes armés, sjir le quatrième, on place une foule d\u2019objets: petites armoires, ustensiles de cuisine, offrandes pour les dieux, etc.Par cette démonstration, les Japonais veulent développer chez les jeunes filles l\u2019attachement à la maison impériale et leur faire comprendre que leur rôle futur d\u2019épouse, de mère, de maîtresse de maison est intimement lié à la grandeur et à la gloire de la nation. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935\t3 03 Vendredi 7 juin Une femme, récemment arrivée à Koriyama, vient conduire sa fillette à notre École, la petite ne cessait d\u2019importuner sa mère pour obtenir la faveur de venir au Jardin de l\u2019Enfance où il y a une croix et une fête de Noël.Nous voyons par là, que les travaux que nous nous imposons pour rendre cette fête inoubliable à nos bambins n\u2019est pas sans porter des fruits, le premier est d\u2019en attirer d\u2019autres sous un toit catholique, et de leur faire aimer, dès l\u2019enfance, tout ce qui touche notre religion.Le nombre des élèves actuellement inscrits est de 44.Nous avons aussi de grandes élèves de tricot, de cuisine, d\u2019anglais et de piano.AU COURS D'UNE PETITE SÉANCE AU JARDIN DE L\u2019ENFANCE DES MISSIONNAIRES DE L'IMMACULÉE-CONCEPTION.KORIYAMA, JAPON VANCOUVER Extrait du Journal de nos Sœurs de VHopital Oriental Saint- Joseph Jeudi 10 janvier 1935 Notre salle d\u2019enfants de trois lits hospitalise actuellement un petit Japonais de 7 ans, un Chinois de 10 ans et un jeune Whiteboy de 6 ans.Le père de ce dernier est Chinois et sa mère Indienne, l\u2019enfant dit être a little white boy.Sa figure candide nous fait songer qu\u2019il faudrait donner à son âme, par le saint baptême, l\u2019innocence dont elle semble avoir soif.C\u2019est tout à fait gentil de voir ce trio plein de gaieté enfantine.Mercredi 23 janvier La mère de notre petit Whiteboy est admise à l\u2019Hôpital, elle nous en exprime son contentement: « Enfin, dit-elle, j\u2019ai obtenu ce que je désirais: être dans le même hôpital que mon petit garçon.» Après une courte conversation, nous apprenons que la malade a été baptisée à sa naissance mais n\u2019a pu rien apprendre de sa religion; son père étant catholique et sa mèrç 304 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 protestante, elle fut élevée en dehors de tout principe religieux.Nous nous hâtons de faire venir son extrait de baptême et constatons qu\u2019elle fut en effet baptisée par le R.P.Rhor, O.M.I., missionnaire, qui dépense sa vie pour ses Indiens.Le bon Dieu a des vues de miséricorde sur cette âme, nous voulons essayer de les seconder de notre pauvre mieux.Dimanche 27 janvier C\u2019est le jour du triomphe du pauvre Arasaki, patient japonais qui entre, par le saint baptême, dans le sein de l\u2019Église romaine, sous les noms de Joseph-Paul.Ce malade ayant quitté l\u2019Hôpital en décembre, contre l\u2019ordre du médecin, y fut réadmis vendredi dernier en la fête de la conversion de saint Paul; nous l\u2019avons retrouvé tout changé et converti, le malheureux fanatique d\u2019autrefois se montre reconnaissant pour les moindres services qu\u2019il reçoit et se félicite de son changement, s\u2019en trouvant si heureux; preuve de plus que le bonheur et la paix ne se trouvent que dans la conscience en accord avec la loi de Dieu.Vendredi 1\"' février Sept de nos malades font, ce matin, leur premier vendredi du mois; l\u2019un d\u2019eux, la pauvre brebis revenue au bercail en la fête de saint Paul, va, vers midi, rejoindre au ciel son illustre patron.Samedi 2 février Au cours de l\u2019avant-midi, nous recevons la visite du R.P.Reid, O.P., missionnaire arrivant du Japon.Nous sommes heureuses de pouvoir lui offrir l\u2019hospitalité pendant son séjour à Vancouver et heureuses aussi d\u2019avoir des nouvelles de nos chères Sœurs de Koriyama et Wakamatsu.Lundi 11 février C\u2019est sous les auspices de la Sainte Vierge, en sa belle fête de la Purification, que nous avons commencé notre retraite annuelle, c\u2019est encore en une de ses fêtes que nous la clôturons par la profession perpétuelle de notre chère Sœur Sainte-Élise t A 3 heures, le R.P.Hingston, ex-provincial des Jésuites du Haut-Canada, prédicateur de notre retraite, préside la cérémonie et a la bonté d\u2019adresser à l\u2019élue du jour une courte mais très pieuse exhortation.a Cet anneau de la fidélité que vous allez recevoir, dit le révérend Père, est le symbole et le sceau du contrat que vous signez aujourd\u2019hui et que vous présenterez au Seigneur lorsqu\u2019il vous fera entendre le Vem de Libano.» Les cérémonies de la chapelle terminées, nous rompons le silence qui nous enveloppe depuis huit jours par l\u2019accolade fraternelle et l\u2019offrande de nos félicitations à notre « petite princesse », comme l\u2019a nommée le révérend Père.Bientôt la cloche nous convie au réfectoire pour le souper; selon notre coutume, notre chère Sœur Sainte-Êlise y est couroimée de lis au chant du Veni Sponsa Christi.Chez nos malades, deux sont faits enfants de Dieu par le saint baptême, ce qui ajoute à l\u2019allégresse de notre petite famille.1.Alphonsine ChéNard, du Bic, comté de Rimouski. Montréal LE PRECURSEUR SepLembre-Octobre 1935\t305 Jeudi 14 février Que le Seigneur est bon! Que ses miséricordes sont grandes envers les âmes qu\u2019il a rachetées de son sang! Quelle confiance par conséquent ne devons-nous pas avoir en lui! L\u2019histoire d\u2019une Japonaise de 20 ans, Mlle Shinde, admise à notre Hôpital en mai dernier, nous en fournit une preuve tangible.Elle se montra toujours bien disposée envers le catholicisme, mais remettait à plus tard le règlement de la question du baptême chaque fois qu\u2019elle lui était proposée.Au mois de novembre, elle devint bien mal à la suite d\u2019hémorragies, mais ne voulant rien faire contre la volonté de ses parents qu\u2019elle aimait tendrement, elle leur demanda leur avis.Ceux-ci réussirent à la convaincre qu\u2019elle ne comprenait rien en fait de religion et qu\u2019elle ne voulait plus être chrétienne.Cependant la maladie faisait de rapides progrès.Les 11, 12 et 13 février, la petite malade, en causant avec Sœur Marie-de-la-Présentation S exprima sa volonté bien arrêtée d\u2019être baptisée; et comme notre Sœur feignait ne pas prendre ses paroles au sérieux, elle y revint disant qu\u2019elle savait bien ce qu\u2019était le baptême et qu\u2019elle voulait le recevoir le jour même.Le R.P.Benedict étant absent, elle déclara vouloir l\u2019attendre lors même qu\u2019il reviendrait tard.A son retour, le révérend Père vint s\u2019assurer de -ses dispositions et les trouvant bonnes, il résolut de baptiser la malade sur l\u2019heure, la fit communier en viatique et lui donna l\u2019extrême-onction.Il est difficile de décrire l\u2019impression qui se peignit smses traits après la réception des sacrements, le Père en fut frappé et nous en fit la remarque.Dans la salle des femmes où se trouvent plusiems protestantes, quelques-unes fment déçues en apprenant cette nouvelle, elles s\u2019en entretinrent avec animation.Avant la nuit, Sœm Marie-de-la-Présentation alla, selon son habitude, faire faire quelques prières aux malades, puis entrant chez la néophyte elle y trouva une de ses amies, Mlle Katsuko Okada, anglicane, mais bien bonne enfant.Mlle Shinde pria son amie de répéter à notre Sœm et de dire à toutes les femmes de la salle ce qu\u2019elle venait de lui communiquer au sujet de son baptême.« Depuis trois soirs, lui avait dit Mlle Shinde, le crucifix suspendu au mm de ma chambre devenait gros comme une personne et semblait s\u2019animer.Notre-Seignem me regardait tristement en me tendant les bras pom m\u2019inviter à me faire catholique.Par moments, je fermais les yeux, mais dès que je levais la vue, je revoyais Notre-Seigneur qui m\u2019invitait à me faire baptiser et cela le jour même.Je ne pouvais résister plus longtemps.J\u2019ai senti, dès mon arrivée dans cet hôpital, que je devais me faire catholique et j\u2019ai tant résisté à cette inspiration que j\u2019y ai dépensé toutes mes forces; mais, maintenant, je suis hemeuse, heureuse!.Je ne sens plus le poids qui me pesait tant sur les épaules.Répétez bien aux autres femmes ce que je vous ai dit.» 11 est difficile de savoir au juste si ce que raconte Mlle Shinde est imaginaire ou réel, mais les fruits de paix et de joie que produisit cet événement dans l\u2019âme de notre néophyte sont une preuve qu\u2019il lui a été ménagé par le bon esprit.Nous avons donné à la nouvelle baptisée le nom de Marie-Bernadette en l\u2019honneur de la chère 1.Berthe Surprenant, de Swanton, Vt. 306 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 petite sainte de Lourdes, la première missionnaire de l\u2019immaculée Conception.Depuis son baptême, notre nouvelle chrétienne paraît prendre du mieux.Dimanche 17 février A 4 heures, dans la salle Notre-Dame-de-Lourdes, a lieu le baptême de Frank Amai, Japonais de 16 ans, qui a fréquenté l\u2019école du dimanche des protestants mais qui l\u2019a ensuite abandonnée parce qu\u2019il trouvait qu\u2019il ne s\u2019y enseignait rien de sérieux.« Je préfère, dit-il, l\u2019école catholique.» Lorsque le R.P.Benedict, religieux qui s\u2019occupe des Japonais à Vancouver, lui demanda quel nom il voulait porter, il répondit: « Gabriel », expliquant qu\u2019il l\u2019avait choisi parce que c\u2019est le nom de l\u2019Archange de l\u2019Annonciation.Jeudi 28 février A la fin de février, nous lisons au registre de notre modeste Hôpital oriental: cinq baptêmes solennels, deux à l\u2019article de la mort, vingt-cinq communions chez les malades et quatre extrêmes-onctions.Dimanche 3 mars Le bon Dieu favorise de la grâce du baptême une jeune bouddhiste de 17 ans qui se meurt de tuberculose.Ayant entendu la clochette annonçant le passage du Saint Sacrement porté à une malade, sa voisine, elle s\u2019informa de ce que c\u2019était.En réponse à sa question, on lui donna les explications qui mirent à jour la question de la nécessité du baptême.Satisfaite de ce qu\u2019elle venait d\u2019apprendre, elle demanda à ses parents païens l\u2019autorisation de se faire baptiser, ce qui lui fut accordé.Son père est un pasteur bouddhiste.Mlle Hana Nishikawa, devenue Marie-Délia au baptême, eut le bonheur de recevoir Jésus dans son cœur comme sa voisine LA SALLE NOTRE-DAME-DE-LOURDES DE L\u2019HÔPITAL ORIENTAL CHINOIS DES MISSIONNAIRES DE L'IMMACULÉE-CONCEPTION, VANCOUVER Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935\t3 07 malade dont elle avait envié le sort.Elle reçut aussi l\u2019extrême-onction.Sa vie touche à son terme, quelques jours la séparent du bonheur étemel qui l\u2019attend.Dimanche 24 mars Le petit Akira, baptisé d\u2019aujourd\u2019hui, disait hier soir avant de s\u2019endormir: « Ma Sœur, demain, ce sera le plus beau jour de ma vie.» En apprenant le Confiteor, il fit connaissance avec saint Jean-Baptiste et voulut se nommer ainsi, mais Sœur Marie-de-la-Présentation lui ayant fait connaître la vie du saint, il ne voulut plus avoir son nom parce qu\u2019il avait eu la tête tranchée.« Je veux bien être missionnaire quand je serai grand, mais je ne voudrais pas perdre ma tête, je m\u2019appellerai « saint Joseph » avec quelque chose de la Sainte Vierge; il fut donc décidé qu\u2019il se nommerait Joseph-Bernard.A 2 heures, cet après-midi, le jeune catéchumène est conduit à la chapelle; Mme Leblanc et son fils lui servent de parrain et de marraine et le R.P.Benedict préside la cérémonie.Akira récite à haute voix le Pater et le Credo et répond aux questions.Le prêtre demande le nom de l\u2019enfant.« Joseph-Bernard », répond une Sœur; mais le petit homme, qui avait pris une dernière décision, de reprendre avec fermeté: « Non, je veux m\u2019appeler Jean-Baptiste.» Alors le Père de prononcer à haute voix: « Jean-Baptiste, je te baptise, etc.» Immédiatement après, a lieu la bénédiction du Saint Sacrement.Depuis plus d\u2019un an, le nouveau petit chrétien récitait son chapelet tous les jours sans y manquer, il n\u2019est pas étonnant que la Sainte Vierge lui ait obtenu la grâce incomparable qu\u2019il reçoit aujourd\u2019hui.Ce soir, le R.P.Sharkey administre le saint baptême à deux adultes Chinois.Vendredi 29 mars Notre petite Marie-Bernadette (Mlle Shinde) est appelée aujourd\u2019hui au repos étemel.Deux Chinois reçoivent à leur tour le saint baptême et partent eux aussi pour la commune patrie.Jeudi 11 avril Pour la première fois a lieu dans notre chapelle une bénédiction nuptiale: celle d\u2019un Chinois et d\u2019une Indienne, M.et Mme Lung; le sacrement de baptême est ensuite administré à deux de leurs enfants.Après la cérémonie.Sœur Supérieure fait servir un bon repas chinois aux parents et à leurs quatre enfants.Ils se préparent maintenant, la mère et un petit garçon à leur première communion, le père et une petite fille au baptême, quand ils seront suffisamment instruits.Jeudi 2 mai Sous les auspices de notre Mère Immaculée nous commençons, ce matin, à prendre des leçons de langue chinoise.Nous voulons y mettre tout notre cœur, car cela nous sera d\u2019im grand secours dans notre apostolat auprès des malades.Notre professeur, Mme Yip, nous donnera aussi des leçons de cuisine chinoise.Servir aux Célestes des plats apprêtés à la chinoise est un moyen sans pareil de leur faire plaisir. C HH OMÎQUE^pu Mo vicÎAT DÉBl'ÉES A NOS CHEBS PARENTS Vendredi 24 mai 1935 Le printemps, jusque-là si avare de ses splendeurs, se pare de soleil et d\u2019azur pour fêter l\u2019incomparable bienfaisance de notre Immaculée Mère, que l\u2019Église salue aujourd\u2019hui du beau titre de Notre-Dame Auxiliatrice.Et nous qui ressentons sans cesse la douce efficacité de son céleste secours, pourrions-nous ne pas chanter aussi ses louanges ?.Dans notre vie, tout empreinte de paix et de suma-tiuelle joie, les jours consacrés à célébrer la Sainte Vierge sont comme autant de haltes bénies qui nous apportent une recrudescence de lumière et de bonheur.Chacun des jours du calendrier présenterait-il à notre vénération un vocable nouveau à l\u2019honneiir de Marie, nous ne nous lasserions jamais de nous réjouir en elle et d\u2019exalter ses grandeurs.Nous sommes heureuses de fêter aussi Dollard des Ormeaux, notre héros national.Nous ne pouvons nous empêcher de faire im rapprochement entre la célèbre victoire des chrétiens à Lépante, attribuée à l\u2019intercession de notre céleste Mère, qui a donné occasion à la solennité d\u2019aujoiud\u2019hui, et l\u2019héroïque défense du Long-Sault qui, près d\u2019un sièéle plus tard, sauva la ville de Marie.Cette puissante protectrice ne veillait-elle pas sur la jeune colonie qui lui était toute dévouée ?Nous prions avec ferveiu: notre bonne Mère de protéger toujours notre patrie et de la sauver encore des malheurs qui la menacent.Ce soir, par une de ces délicatesses d\u2019amour dont elle est prodigue, Notre-Dame de Bon Secours veut nous associer à son œuvre bienfaisante: elle nous confie ime âme qu\u2019elle veut sauver.Par un appel téléphonique, nos Sœurs de l\u2019Hôpital chinois recommandent à nos prières un pauvre malade que des souffrances extrêmes portent au désespoir et dont le salut est en danger.Oh! oui, boime et céleste Mère, nous voulons vous aider à conquérir cette âme.Agréez dans ce but nos petits sacrifices et nos ardentes supplications, et donnez-lui la paix et le bonheur.Vendredi 31 mai Il est déjà terminé le beau mois de Marie! Ce soir, quand nous chantons notre dernier cantique, im sentiment de tristesse tente d\u2019envahir notre âme: il faisait si bon revenir chaque joiu implorer l\u2019assistance de cette incomparable Mère et lui redire notre filial amour.Plus qu\u2019en tout autre temps, ce semble, elle nous accueillait maternellement et nous tendait une main secourable.Pourtant, il ne faut pas que notre chant d\u2019adieu soit teinté de mélancolie, mais plutôt qu\u2019il vibre sous les accents de notre reconnaissance. Montréal LE PRÉCURSEUR Septembre-Octobre 1935\t3 09 Pour nous aider à traduire nos sentiments, laissez-nous, ô Marie, emprunter la voix des fleurs multiples qui ornent en ce moment votre autel béni: leur langage est parfois si éloquent.Petits lis si simples et si blancs qui avez mérité de donner votre nom à la Vierge pure, \u2014 vrai « Lis de la vallée », \u2014 exprimez à votre Reine notre admiration et notre désir de lui ressembler dans sa blancheur virginale.Frais lilas, prêtez à nos prières votre délicieux parfum.Tulipes multicolores qui ouvrez bien grandes vos élégantes corolles, demandez à Marie de dilater nos âmes, de les remplir du divin amour.Gentils muguets, agitez vos clochettes délicates pour carillonner à notre Mère le merci de ses enfants.Et vous, fougères fragiles qui tendez toujours vos bras vers le ciel, traduisez nos élans, dites notre impatience d\u2019aller contempler là-haut la plus belle de toutes les fleurs, Notre-Dame de Mai.Dimanche 2 juin La messe de communauté a lieu une demi-heure plus tôt ce matin; on se hâte ensuite d\u2019aller déjeuner, puis s\u2019établit aussitôt une circulation mouvementée: d\u2019un pas pressé, on voyage de la maison au jardin et du jardin à la maison; on transporte nappes, vaisselle, tartines, gâteaux, etc.Quel pique-nique s\u2019organise donc?.et de si bonne heure?.C\u2019est aujourd\u2019hui le pèlerinage annuel à Notre-Dame-des-Missions de nos zélées coopératrices des différents cercles de couture de Montréal: elles viennent au nombre de cent quinze.Le R.P.Sainte-Marie, S.S.S., les accompagne; il célèbre pour elles le saint Sacrifice et leur donne une substantielle et encourageante allocution, les assurant qu\u2019elles sont vraiment missionnaires: « Vous êtes les petites sœurs d\u2019âme de nos Missionnaires », a-t-il dit.Afin de faire participer un plus grand nombre de personnes à ce banquet de la parole apostolique, nous reproduisons ici en entier cette allocution qui fut tant goûtée par tout notre auditoire: « Chaque année, vous êtes gracieusement invitées à venir passer quelques heures avec vos bonnes Sœurs Missionnaires, et je soupçonne bien que c\u2019est pour vous une joie intime, comme une fête du cœur que ce pèlerinage.« Les gens du monde, qui ne goûtent que ce qui peut satisfaire ou flatter leur amour-propre, ne comprendraient rien à votre démarche d\u2019aujourd\u2019hui et souriraient de pitié.Mais vous, mes sœurs, je n\u2019en doute pas, vous avez désiré ce jour, et vous vous êtes rendues volontiers à l\u2019invitation de vos Sœurs Missionnaires.« Je dis bien: de vos Sœurs, et voilà toute la raison intime de la joie qui rayonne sur votre physionomie, vous êtes les petites sœurs d\u2019âme des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception; vous êtes quelque chose d\u2019elles-mêmes, partageant le même idéal, les mêmes préoccupations, les mêmes désirs.« Aussi je n\u2019hésite pas à affirmer que non seulement, comme toute bonne catholique, vous vous faites un devoir de vous intéresser à l\u2019œuvre des Missions, d\u2019y coopérer par vos prières et vos aumônes, mais que vous avez un esprit, ime âme missionnaire, un cœur d\u2019apôtre dont vous devez être intimement fières. 310 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 « Comme membres de ces divers Cercles missionnaires, vous concourez le plus activement possible à sauver les païens, les travaux que vous faites sont les appâts dont se servent vos Sœurs pour atteindre les âmes et leur assurer la grâce de la foi catholique.« Missionnaires, vous l\u2019êtes donc, mes sœurs, parce que pour vous dévouer ainsi aux œuvres des Missions, il faut vous sacrifier.Et c\u2019est précisément ce qui vous crée une âme missionnaire dans ce qu\u2019elle a d\u2019essentiel: le sacrifice.« Émile Baumann, dans ses Béatitudes sanglantes, fait dire à l\u2019un de ses héros: « Mon avenir n\u2019est pas d\u2019être heureux comme les autres, c\u2019est de faire « germer l\u2019incorruptible vie au fond du cœur des hommes qui l\u2019ont perdue.« Je dois être un porte-croix qu\u2019on suivra à la trace de son sang, un expia-« teur, un immolé.» « N\u2019est-ce pas là le portrait idéal de l\u2019apôtre missionnaire ?Porteur de croix, expiateur immolé.lui aussi on peut le suivre de par le monde à la trace du sang qu\u2019il a versé pom que les autres vivent.« Qu\u2019est-ce donc que sa vie, sinon un martyre de tous les jours, de toutes les heures et de tous les instants?De lui aussi le Maître peut dire: « Je lui montrerai combien il devra souffrir pour mon nom! » Telle est la loi universelle, la condition sublime.mais douloureuse de toutes les semailles apostoliques.« Bossuet, de son regard d\u2019aigle, a parfaitement pénétré ce qui fait le fond même de l\u2019âme missionnaire: « Le sang de Jésus, a-t-il dit, est un sang « de sacrifice, et même lorsqu\u2019il coule dans d\u2019autres veines, il sent encore « le besoin d\u2019être répandu.» « En plus de cette loi, de cette obligation que l\u2019apôtre ne saura jamais éluder sans s\u2019amoindrir, sans dégénérer, il est pour lui un motif plus pressant peut-être de se sacrifier, car c\u2019est en lui-même qu\u2019il le trouve.D\u2019un côté, il voit l\u2019immense besoin des âmes, il vit au milieu de masses profondes que son zèle pourra à peine entamer, il entend monter vers lui, lugubre, plaintif, le sanglot, même inconscient, de tant de pauvres êtres qui vivent et qui mourront sans que la lumière de la foi soit venue irradier leur front et leur montrer la route du ciel.« Il constate bien vite l\u2019impuissance de ses moyens d\u2019action, il éprouve la sensation de se sentir si petit avec ime mission si grande.Il voit les âmes se perdre, il est venu pour les sauver, c\u2019est à lui qu\u2019elles sont confiées.Il sent l\u2019écrasante responsabilité qui pèse sur ses épaules, et il sait pertinemment qu\u2019en partie le salut de ces âmes dépend de lui.« Dès lors, il comprend bien vite qu\u2019employer les moyens humains pour les atteindre, c\u2019est peu, trop peu.Il sent même que la prière, sa force à lui, et la « faiblesse de Dieu », ne suffit pas pour sauver.Aussi, un moyen lui reste, un moyen tout-puissant, au-delà duquel il ne pourra plus rien: souffrir, s\u2019immoler.« Le sacrifice désarme Dieu, il le sait.Nous autres, nous ne pouvons pas voir le sacrifice qui passe sans nous sentir émus, parfois même bouleversés.Dieu ne peut pas être insensible aux choses qui nous bouleversent; quand le sacrifice monte vers lui, son Cœur se trouble et la miséricorde l\u2019emporte sur la justice, Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935\t311 « Apprenons de là ce que nous devons faire nous-mêmes pour l\u2019œuvre des Missions catholiques; nous devons nous sacrifier pour nos frères, peu importe de quelle nationalité ou couleur qu\u2019ils soient: ce sont des âmes rachetées dans le Sang de Jésus-Christ et que Jésus-Christ ne veut sauver, règle ordinaire, que par notre intermédiaire.Il veut que nous acquittions ainsi notre dette de reconnaissance pour notre propre rachat, en étant sauveurs à notre tour, par le sacrifice de nous-mêmes ou de quelque chose de nous-mêmes.« Vous vous sacrifierez donc, d\u2019abord par la prière.Voyez l\u2019Église qui aime tous ses enfants, que fait-elle ?Dans ses litanies, dans ses actes officiels de consécration, ses amendes honorables, comme dans sa liturgie, elle intéresse tous ses enfants fidèles à la conversion des infidèles et de ses enfants prodigues.« Soyez le Roi de tous ceux qui sont égarés dans les ténèbres de l\u2019ido-« latrie et de l\u2019islamisme, c\u2019est-à-dire les mahométans, et ne refusez pas de « les attirer tous à la lumière de votre royaume.Regardez avec miséri-« corde les enfants de ce peuple qui fut jadis votre préféré, à savoir: les « Juifs; que sur eux descende, en Baptême de Rédemption, le Sang qu\u2019au-« trefois ils appelaient sur leurs têtes.» « Vous ne seriez pas de vraies filles de l\u2019Église si vous ne partagiez pas ses sentiments, ses sollicitudes, ses craintes comme ses désirs.Nous ne pouvons pas nous désintéresser du sort de tant d\u2019âmes qui se perdent.A tout le moins, nous leur devons le sacrifice de la prière.« L\u2019âme qui pense à prier pour la diffusion de l\u2019Évangile est certainement une âme généreuse et d\u2019un christianisme authentique.Vous vous sacrifierez pour la Propagation de la Foi par vos efforts de vertu, par vos bonnes œuvres, par vos pénitences volontaires, afin de mériter aux âmes à convertir ces grâces plus puissantes, plus surabondantes sans lesquelles ces âmes ne se convertiraient pas.« Et pourquoi tous ne choisirions-nous pas un jour chaque mois pour en faire le jour consacré aux missions catholiques ?Ce jour-là, nous multiplierions nos bonnes œuvres pour aider les missionnaires dans l\u2019œuvre d\u2019évangélisation des païens.« En second lieu, nous nous sacrifierons par nos aumônes.« Il importe, « disait Benoît XV, que les fidèles se rendent compte du devoir sacré qui « leur incombe d\u2019aider les missions chez les païens, car Dieu a fait une loi « à chacun de s\u2019intéresser à son semblable, et ce devoir se fait d\u2019autant plus « impérieux que le prochain se trouve placé dans une plus grande détresse.» « Or, est-il des hommes méritant davantage la charité de leurs frères que les infidèles que l\u2019ignorance de Dieu voue au déchaînement aveugle des passions et tient enchaînés dans le plus odieux esclavage : celui des démons ?Aussi, c\u2019est un devoir de nous intéresser, dans la mesure de nos ressources, aux immenses besoins d\u2019argent des missions.« Enfin, il est ime autre manière de s\u2019intéresser à l\u2019œuvre des Missions, c\u2019est celle que vous avez choisie, vous, mes sœurs, membres de Cercles missionnaires.Comme telles, en effet, vous prenez ime part, la plus immédiate et la plus intime, à l\u2019apostolat même de vos Sœurs missionnaires: par la prière, par vos ouvroirs, par vos sacrifices, par ce don de vous-mêmes. 312 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 de votre travail personnel, de votre temps, de vos loisirs, de vos initiatives, de votre bonne volonté pour répondre aux exigences du Cercle auquel vous appartenez.« Je me refuse de dire ce que supposent de renoncements tous vos travaux pour les missions.Je préfère vous redire que Dieu, lui, les connaît et en tient compte, et s\u2019il a affirmé dans l\u2019Évangile que celui qui reçoit son apôtre en tant qu\u2019apôtre du Christ recevra la même récompense que cet apôtre, vous avez donc tout lieu d\u2019espérer qu\u2019après avoir participé si grandement à l\u2019apostolat de vos Sœurs missionnaires ici-bas, vous aurez une part non moins grande à la récompense qui leur est réservée au ciel.» La messe est suivie de l\u2019exposition du Saint Sacrement, puis toutes les « Abeilles de Notre-Dame des Missions » s\u2019en vont au jardin prendre la modeste réfection que nous leur avons préparée.Bien qu\u2019en général elles soient des étrangères les unes pour les autres, à les voir si bien fraterniser, et s\u2019amuser avec un si jovial abandon, on dirait une communauté de « petites Sœurs ».Le pèlerinage se termine par la récitation du petit Office de l\u2019Immaculée-Conception et toutes nous quittent, animées des meilleures dispositions pour travailler avec plus d\u2019ardeur que jamais à l\u2019œuvre si belle qu\u2019elles ont entreprise.A notre tour, ce soir, nous prenons les agapes fraternelles sous les frais ombrages, ce qui n\u2019est pas de nature à briser l\u2019appétit de tous les Oiseaux de la Volière.Le repas étant terminé et toutes choses remises à l\u2019ordre, on improvise un « Concert sous le ciel », nous dirions volontiers un « Concert dans le ciel » tant le bonheur pur qui chante dans notre âme nous donne un avant-goût de ce que l\u2019on doit savourer dans le vrai paradis du bon Dieu.Les petits oiseaux accordent leurs trilles joyeux aux vibrations des violons et des voix.Tout un répertoire de chants pieux ou patriotiques nous enthousiasme si bien que nous nous disons en terminant: Nous y reviendrons!.Dimanche 9 juin, fête de la Pentecôte L\u2019Esprit de lumière est venu ce matin allumer un grand jeu de joie dans nos cœurs, et cela pour deux motifs: d\u2019abord parce que c\u2019est la fête des apôtres et qu\u2019il nous est permis d\u2019espérer que ce divin Esprit opérera en nous, comme jadis au Cénacle, son œuvre d\u2019amour qui fera de chacune des humbles enfants de l\u2019immaculée, des missionnaires ferventes.Deuxièmement, parce que c\u2019est la fête patronale de notre vénérée Mère Fondatrice, ce qui nous donne droit, pensons-nous, de puiser avec plus d\u2019abondance dans les trésors célestes en faveur de Celle qui a tant de titres à notre filial attachement et à notre vive reconnaissance.Pour présenter les vœux du Colombier à cette chère Mère, Sœur Supérieure et quelques professes se rendent à Outremont où nos esprits et nos cœurs les accompagnent.Ce soir, nous sommes conviées à une représentation qui nous transporte dans la lointaine Afrique et déroule à nos regards les douloureuses et véridiques aventures d\u2019une petite esclave noire.Après avoir perdu son père, Montréal LE PRÉCURSEUR Septembre-Octobre 1935\t313 dévoré par un lion sous les yeux des siens, Suéma, âgée de huit ans, est vendue comme esclave par un créancier impitoyable.Sa mère, dont elle est l\u2019unique trésor, se livre elle-même à l\u2019esclavage pour suivre son enfant, mais, ses forces trahissant son courage, elle meurt sous les coups d\u2019un maître cruel pendant qu\u2019on arrache de ses bras sa fille éplorée.Vaincue par la douleur et les fatigues d\u2019un long voyage, notre héroïne arrive à Zanzibar dans un tel état qu\u2019on ne peut l\u2019exposer sur le marché des esclaves.Que va-t-elle devenir?.Dieu veille sur elle, ses malheurs lui ont mérité la grâce des grâces.Pour s\u2019en débarrasser, son maître la fait jeter au cimetière pour y être la proie des chacals.Déjà ces bêtes altérées de sang s\u2019acharnent sur elle, quand un missionnaire, averti par une chrétienne, la délivre et la place dans un orphelinat où elle trouve bientôt, avec la grâce de la foi et du saint baptême, l\u2019inappréciable bienfait de la vocation religieuse.Cette histoire vécue fait couler bien des larmes et monter de nos cœurs un cri de reconnaissance envers Dieu qui nous a épargné tant de maux, comblées de tant de bienfaits, et qui daigne nous donner encore ce gage d\u2019une prédilection spéciale en nous appelant à aller au secours des âmes malheureuses qui gémissent sous le joug tyrannique du paganisme.Samedi 15 juin Au Noviciat, la date du 16 juin a une vigile, mais une vigile sans silence et sans jeûne, une vigile tout imprégnée de la plus vive allégresse.C\u2019est la date choisie pour présenter nos vœux filials à notre bien-aimée Maîtresse dont saint Jean-François Régis est le patron.Une cantate exécutée par le chœur des novices et accompagnée de pianos et de violons ouvre gracieusement le programme.La pièce principale, cette année, a pour titre Jeanne d\u2019Arc et est grandement goûtée.Une comédie interprétée par quelques postulantes vient ensuite jeter une note très gaie dans l\u2019atmosphère religieuse et impressionnante qu\u2019avait créée le drame précédent.La lecture d\u2019ime adresse dans laquelle sont exprimés nos vœux et nos sentiments de gratitude, avec la présentation d\u2019une jolie gerbe de roses, termine notre si agréable soirée.C\u2019est le cœur en joie que nous allons prendre notre repos en songeant au beau congé que demain nous réserve.Mardi 18 juin Nous avons le privilège d\u2019entendre une intéressante causerie par le R.P.Gustave Sauvé, O.M.L, frère de l\u2019une de nos sœurs.Le P.Sauvé est docteur en sociologie et ses études spéciales sur le commimisme expliquent très bien pourquoi il a choisi comme sujet de son entretien : « Moscou et Mexico ».C\u2019est donc dire qu\u2019il alla chercher à sa source, au lieu de sa naissance, ce monstre qui étend sur l\u2019imivers ses serres gigantesques.Après avoir fait passer sous nos yeux ce terrible ennemi de Dieu, notre érudit conférencier nous le montre royalement assis sur le trône mexicain, écrasant de son sceptre sanglant tout ce qui a trait à la religion.Voulant illustrer le carnage qu\u2019opère au Mexique ce système plus que sauvage, le P.Sauvé nous relate quelques-unes des scènes terribles qui s\u2019y déroulent depuis près de vingt ans.Avec quelle barbarie on fait arrêter et mourir tous ceux quj veulent rester fidèles à Jésus-Chrisf et à sa sainte 314 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 Mère, et qui versent leur sang avec la générosité et le courage des premiers chrétiens!.Si jusqu\u2019ici nous avons prié pour l\u2019extinction des sociétés antireligieuses, plus que jamais nous voulons rendre notre croisade fervente afin de contrebalancer tout le mal qui se fait à Dieu et aux âmes par le bolchevisme.Dimanche 23 juin C\u2019est la Fête-Dieu; comme les jours précédents, le ciel est chargé de nuages et le soleil, caché dans leurs plis vaporeux, fait la sourde oreille à nos pressantes invitations.Ne se décidera-t-il donc pas à paraître pour rendre hommage à Jésus-Hostie?.La procession aura lieu, nous en sommes assurées, car nous avons demandé à la Sainte Vierge de pourvoir elle-même au triomphe de son divin Fils, et nous avons déposé pour cela à ses pieds, comme tribut de confiance et de reconnaissance, toute une gerbe de rosaires.Vers 9 heures, nous nous rendons à l\u2019église paroissiale pour nous joindre aux pieux fidèles qui vont escorter le Roi des rois.L\u2019astre du jour reste voilé tout le temps de la procession, mais le divin Soleil de justice illumine nos âmes, et sous ses ineffables rayons tout est pour nous lumière et splendeur.Lundi 24 juin La Saint-Jean-Baptiste nous procure l\u2019occasion de donner libre cours à nos sentiments patriotiques et, comme ils sont ardents et enracinés bien au fond de nos coeurs, nous cherchons à rendre notre fête nationale aussi solennelle que possible.Nous y avons préludé hier par ime soirée en famille où les gloires du Canada furent célébrées avec entrain.On exécuta la petite pièce Un peuple sans histoire et toutes nous applaudîmes au courage et à l\u2019heureux plaidoyer de la pseudo Madeleine de Verchères, sentant battre en nous son vif amour de la patrie.Une comédie.Mon premier voyage, jouée par les postulantes et parfaitement réussie, nous fit rire aux larmes.Des morceaux de musique et de chant, tous bien canadiens, complétaient le programme.Ce matin, la messe est chantée en l\u2019honneur de notre saint Patron; sa statue, placée dans le sanctuaire, est, comme l\u2019autel, décorée de l\u2019emblème que nous aimons, la feuille d\u2019érable.Nous prions ardemment pour notre cher pays, afin que, par l\u2019intercession de saint Jean-Baptiste, il soit fidèle aux traditions de foi qui ont fait sa prospérité et son bonheur.Une partie de la journée se passe à préparer la manifestation de ce soir.Elle est bien réussie et nous intéresse vivement.Cette année, notre parade, qui bientôt méritera l\u2019épithète de « traditionnelle », a surtout pour objet de représenter nos grandes dévotions canadiennes; et nous remarquons avec fierté que notre culte et nos hommages montent vers des intercesseurs tout-puissants, vers ceux qui tiennent de plus près à Notre-Seigneur, la Sainte Vierge, saint Joseph, saint Jean-Baptiste, sainte Anne.Voici le défilé qui s\u2019avance.C\u2019est d\u2019abord un corps de musique, « la bande », nous dit l\u2019inscription indicative: cinq violons, quatre tambours, et plusieurs instruments fantaisistes.Le premier char est celui de saint Joseph, patron du Canada.Solennellement proclamé sous ce titre dès le xvip siècle, ce bon Père n\u2019a-t-il pas montré, Montréal LE PRÉCURSEUR Septembre-Octobre 1935 3 1 5 en établissant sur les flancs du mont Royal le trône de ses libéralités et de son amour, qu\u2019il veut être plus que jamais pour nous le pourvoyeur des grâces et le médiateur toujours écouté?.Il est représenté portant dans ses bras l\u2019Enfant Jésus et tenant la symbolique tige de lis.La bannière de sainte Anne, notre si bonne grand\u2019mère, nous apparaît ensuite, escortée d un groupe de pieuses pèlerines (nos Sœurs postulantes) se rendant sans doute à notre célèbre sanctuaire québécois, et qui chantent avec ardeur le cantique connu: Daignez, sainte Anne, en un si beau jour.De vos enfants, agréer l\u2019amour.Mais pourquoi nos rires joyeux fusent-ils en les voyant, bien recueillies pourtant, et toutes préoccupées d\u2019honorer dignement la bonne sainte Anne ?C\u2019est que, en vérité, lems accoutrements, empruntés à notre assortiment, un peu ^deilli, de costumes laïques, offrent un coup d\u2019œil amusant.Mais celles qui ont lu la carte annonçant ce deuxième numéro du programme n\u2019ont pas à être surprises, car on l\u2019a prudemment intitulé: Groupe de Dames de Sainte-Anne, 1895.Voici maintenant une vision d\u2019un passé bien autrement éloigné.Nous sommes transportées au début de la colonie: Madame de Champlain est là, gracieuse et bonne, instruisant deux jeunes sauvagesses assises à ses pieds.Puis, brusquement ramenées à notre époque, nous admirons un char magnifique, tout drapé de pourpre et bien d\u2019actualité celui-là.Nous reconnaissons sans peine dans les deux personnages qui l\u2019occupent le roi et la reine d\u2019Angleterre, nos souverains, avant même d\u2019avoir lu l\u2019inscription qui précède et qui porte ces mots: Jubilé d\u2019argent, 1910-1935.^ L\u2019autre char, beaucoup plus modeste, illustre la belle coutume de la prière du soir aux foyers de chez nous.L\u2019avant-demier numéro nous reporte aux Plaines d\u2019Abraham; le canon est là, quoiqu un p>eu mutilé., il nous semble le voir fumer, mais c\u2019est, bien sûr, une illusion car il est en carton.Montcalm, notre valeureux défenseur, vient d\u2019être atteint par une balle ennemie, et, chancelant, s\u2019appuie sur un de ses officiers.Bientôt, faisant contraste avec cette scène guerrière, c\u2019est comme un coin du ciel qui s\u2019offre à nos regards.Ce char final porte l\u2019indication: Sous le regard de Marie.Entouré d\u2019anges et tout orné de blanc et de bleu, ne dirait-on pas un nuage de la voûte azurée que ces célestes messagers ont incliné jusqu à nous, portant le Roi et la Reine du paradis et le héros de cette fête ?Notre Immaculée Mère est assise sur son trône de gloire, ayant auprès d elle son tout petit Jésus qu\u2019un bel ange couvre de son ombre protectrice.Assis en face du divin Enfant, le petit saint Jean le contemple avec amour.L ensemble est des plus charmants et provoque l\u2019admiration générale.Le chœur qui a fait entendre déjà 0 Canada et 0 Carillon, entonne alors le cantique Notre-Dame du Canada et notre procession s\u2019achève dans cette prière fervente et émue à notre bonne Mère du ciel.Mercredi 28 juin L\u2019état de santé de notre vénérée Mère Fondatrice a pris, depuis quelques jours, une tournure qui nous jette dans l\u2019angoisse et fait craindre pour sa 316 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 vie.Les médecins se déclarent impuissants à la sauver, mais notre foi, aidée de nos ardentes prières, obtiendra, nous en avons la confiance, la prolongation d\u2019une existence si précieuse.Mercredi 5 juillet Sœur Supérieure passe la journée à Outremont auprès de notre bien-aimée Mère.Le mal s\u2019aggrave toujours et menace de se rendre victorieux.Dans cette lutte si acharnée contre une maladie mortelle, nous dirions même contre le ciel qui réclame son élue, notre foi demeure invincible et notre vénérée malade reste calme et résignée toujours à la volonté de Dieu, elle est prête à tout, semblable à une victime qui attend l\u2019immolation finale.Nous vivons des heures d\u2019angoisse indicible.La souffrance du cœur met des larmes dans les yeux.Savoir sa mère malade et si souffrante, et se sentir impuissante à la secourir, à la sauver!.Seigneur! si vous voulez, vous pouvez la guérir!.Laissez-vous toucher par nos prières, par nos larmes!.Vendredi 5 juillet Les figures souriantes d\u2019aujourd\u2019hui sont éloquentes: elles disent tout de suite que notre chère malade a pris du mieux.En effet une grande amélioration s\u2019est opérée dans l\u2019état de notre bien-aimée Mère.Sœur Supérieure passe la journée près d\u2019elle et revient avec des nouvelles plus consolantes.L\u2019émotion nous gagne, les yeux se mouillent, mais cette fois ce sont des larmes de bonheur.Notre première pensée est de remercier Dieu qui veut bien avoir pitié de nous.Dimanche 7 juillet Le grand silence est aujourd\u2019hui l\u2019hôte du « Colombier ».c\u2019est la retraite du mois.Comme c\u2019est la coutume, nous faisons en ce jour la procession de la Sainte Vierge, mais au lieu du parcours ordinaire dans 1 intériexu\" de la maison, nous nous acheminons vers le parterre.Au chant des litanies, nous marchons deux à deux dans l\u2019allée bordée de vert feuillage et de fleurs qui exhalent l\u2019encens de leur parfum et qui inclinent, au passage de la « Reine des fleurs », leurs corolles, ornées de diamants par une pluie récente.Le chemin nous conduit au cœur du bocage où une jolie niche a été préparée pour la statuette de la Madone.Là, la procession fait halte et aussitôt nous entonnons le Magnificat.A nos voix viennent se joindre celles de la nature: délicieux gazouillis d\u2019oiseaux, doux murmure du vent dans la feuillée, confus bourdonnement d\u2019insectes qui butinent le trèfle parfumé, et ce concert de louanges monte vibrant et harmonieux vers le divin Créate\\ir.Le chant a cessé.Seule maintenant la voix de notre Maîtresse dit pour nous toutes VActe d\u2019aveugle abandon et d\u2019amouïeuse confiance en la douce Vierge Marie.« Douce Vierge Marie, j\u2019ai placé en vous toute inon espérance et je ne serai pas confondue.c\u2019est de vous seule que.j espère et j\u2019attends.l\u2019union à Jésus dans le temps et l\u2019éternité.» puis la parfaite guérison de notre bien-aimée Mère.Par delà les nuages gris qui nous dérobent le ciel bleu, Marie contemple, de ses yeux de mère bienveillants et attendris, le spectacle de cette phalange revêtue de ses propres livrées et accueille favorablement, nous n\u2019en doutons pas, cette fervente protestation de confiance et d\u2019amour. Mes chers Enfants, Combien je suis heureux de revenir causer avec vous!.Je ne vous ai pas oubliés pendant les vacances, loin de là, j\u2019ai pensé à vous tous les jours, et mon « petit doigt » m\u2019a appris bien des choses sur votre compte.J\u2019ai su, à ma grande joie, que plusieurs d\u2019entre vous ont été bons enfants, allant souvent à la messe le matin, y faisant la sainte Communion, se montrant obéissants, charitables, dévoués.Leurs chers Parents ont été bien consolés de leur conduite.Mais, hélas! j\u2019ai appris aussi autre chose.J\u2019ai su, à ma grande peine, que bon nombre d\u2019entre vous, fermant l\u2019oreille à la douce voix de leur bon Ange, ont écouté celle de la paresse, de la désobéissance, de la gourmandise, de l\u2019égoïsme, de la colère, etc., et leur céleste Gardien, si fidèle et si dévoué, et leur Grand Ami qui les aime tant, ont pleuré.mais aussi ils ont prié pour eux, afin que le bon Jésus et sa sainte Mère les rendent meilleurs.Au revoir les Vacances, à l\u2019année prochaine!.Bien! mes chers Enfants, vous voilà presque tous revenus sur les bancs de l\u2019école pour y faire une précieuse année d\u2019étude et de formation, à la bonne heure! C\u2019est votre avenir que vous préparez et c\u2019est là une chose très importante, car l\u2019on se ressent ordinairement toute sa vie des principes dont on s\u2019est imprégné dans l\u2019enfance et la jeunesse.Ce n\u2019est pas tout de dire: Quand je serai grand, je ferai un cultivateur, un marchand, un médecin, un notaire, un avocat, etc., il faut premièrement viser à devenir un bon chrétien, à vivre en futur citoyen du ciel.Un jour, en cheminant, je rencontrai quelques enfants.M\u2019attardant auprès d\u2019eux, j\u2019appris bientôt que Gisèle, très sérieuse pour ses onze ans, ferait une Sœur quand elle serait grande.Lucille, sa turbulente sœur cadette, augurait faire plus tard « comme maman ».Roland, avec la candeur de ses huit ans, m\u2019apprit qu\u2019il ferait un Père missionnaire, c\u2019était chose décidée.« Et toi, dis-je à Robert, qui, se tenant bien droit sur ses petites jambes de trois ans, écoutait cela avec de grands yeux, et toi, que feras-tu?.» Point de réponse.« Feras-tu, comme Roland, un Père missionnaire pour aller loin, loin, ramasser les petits enfants qui sont jetés dans les champs et mangés par les rats ?.\u2014 Non, dit-il, en branlant la tête.\u2014 Feras-tu im enfant de chœur pour servir à l\u2019autel et porter une belle 318 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1935 robe rouge les jours de fête ?.\u2014 Non.\u2014 Feras-tu comme M.le curé qui dit la messe et prend le petit Jésus dans ses mains?.\u2014 Non, fit-il encore, en soupirant.\u2014Mais que feras-tu donc ?.» S\u2019avançant alors avec l\u2019aplomb d\u2019un petit soldat : « Moi, dit-il enfin, je ferai.un homme! » Cette réponse fit éclater de rire les sœurs et frère aînés, elle fit aussi sourire votre Grand Ami, qui, après avoir fait une caresse au bambin, s\u2019éloigna se disant: « Voilà comment de sages leçons nous viennent souvent de la bouche des enfants.Brave petit Robert, tu es philosophe sans le savoir.Non, tu ne sais pas qu\u2019il y a sur la terre beaucoup d\u2019hommes qui ne vivent pas comme des hommes, mais comme des êtres privés de raison, qui, tout comme les bêtes, ne songent qu\u2019à satisfaire leurs appétits et leurs passions, sans souci de leur âme immortelle créée à l\u2019image et à la ressemblance de Dieu, sans souci de gagner l\u2019éternité bienheureuse et de contribuer au salut de leurs frères.Oui, petit Robert, tu as bien dit: Fais un homme! Tu ne sais pas encore pourquoi, mais la Sagesse a parlé par ta bouche.» MATIN ET SOIR Voici un bon moyen, chers Enfants, pour vous aider à rester bons et à préparer votre avenir, il a réussi à bien d\u2019autres.Il consiste à dire chaque matin et chaque soir un Je vous salue Marie avec ces paroles: « O Marie, ma bonne Mère, préservez-moi de tout péché pendant ce jour (ou pendant cette nuit), bénissez mes études, bénissez mon travail et faites-moi connaître ma vocation.» Sous la protection de cette divine Vierge, si justement appelée la Mère du bel Amour, de la Science et de la sainte Espérance, vous ne ferez pas fausse route.Elle vous apprendra à imiter son divin Fils Jésus et vous méritera d\u2019aller le voir un jour dans le beau ciel.LA TRÈS SAINTE VIERGE ATTIRAIT LES ENFANTS A SON DIVIN FILS JÉSUS.Votre Grand Ami, Le Précurseur Quand le diable a réussi à éloigner une âme de la communion, il a tout agné et Jésus pleure.Ste Thérèse de l\u2019Enfant-Jesus Reconnaissance à la Sainte Vierge POUR FAVEURS OBTENUES 0 Marie, l'univers entier périrait avant que vous refusiez votre assistance à qui vous implore du fond de son cœur.J\u2019ai obtenu la grâce que je sollicitais, j\u2019en remercie de tout cœur notre bonne Mère du ciel et lui demande de nouveau sa protection.Mme U.H., La Plaine.\u2014 Grand merci à la Sainte Vierge pour grâce reçue.Une abonnée, Granby.\u2014 Vive gratitude à Marie Immaculée pour ma guérison.Mme N.V.\u2014 Sous pli, aumône pour le rachat d\u2019un enfant chinois, en reconnaissance d\u2019une faveur obtenue.Mme J.-A.T., St-Prosper de Dorchester.\u2014 Veuillez trouver, ci-inclus, le prix de rachat d\u2019un enfant chinois moribond, en action de grâces envers notre bonne Mère du ciel.Mlle C.P., St-Guillaume-d'Upton.\u2014 Je vous envoie mon abonnement au « Précurseur » et une offrande destinée à racheter un enfant chinois, comme témoignage de reconnaissance envers la Sainte Vierge pour plusieurs bienfaits reçus.Mme A.A., Montréal.\u2014 Remerciements pour faveur obtenue.Un abonné, Montréal.\u2014 Je dis ma plus vive reconnaissance à notre bonne Mère du ciel pour l\u2019obtention d\u2019une faveur qui paraissait irréalisable.Mme J.-E.B.\u2014 Bon de poste pour les missions, en action de grâces pour bienfait reçu par l\u2019intercession .\tdel Immaculée Conception.Mme E.P.\u2014 Je viens m\u2019ac- quitter de la ÿtte de reconnaissance que j\u2019ai contractée envers notre bonne Âlère du ^ obtenu une amélioration dans mon état.Mme J.H.\u2014 Offrande ppur le rachat d un enfant chinois en remerciement à l\u2019immaculée Conception.Mme A.R.En reconnaissance envers notre bonne Mère du ciel pour deu,x faveurs obtenues par son entremise, je vous envoie ci-joint un bon postal.Mme C.G., Ste-Tustine.\u2014 Nous remercions de tout cœur la Vierge toute bonne pour la guérison de notre petite Thérèse.M.et Mme W.-K.b., Montréal.\u2014 Mes plus reconnaissants mercis à la Sainte Vierge pour la grande faveur qu elle m a obtenue.Ci-inclus, une aumône pour le rachat d\u2019un entant chinois viable.Mme M.L., Salem.\u2014 Abonnement au « Précurseur » et offrande ÿstinee au rachat de pauvres enfants païens, en remerciement pour bienfait reçu.M.C.PI.1., Port-Alfred.Ayant été bien malade, j\u2019avais promis de racheter un enfant chinois en reconnaissance, si je revenais à la santé.J\u2019ai obtenu une amélioration et m\u2019acquitte immédiatement de ma promesse en demandant à la Sainte Vierge de compléter ma gué-nson.J.P.\u2014 Je renouvelle mon abonnement au « Précurseur » pour remercier le bon Dieu par 1 intercession de sa Sainte Mère des faveurs que j\u2019ai reçues et pour solliciter de nouveaux bienfaits.Mme N.M.\u2014 Recevez, ci-joints, mon abonnement au «Précurseur » et une petite aumône en acquit d\u2019une promesse, comme gage de reconnaissance E.G.\u2014 Remerciement pour la location d\u2019un logement.Mme O B Montreal.\u2014 Vive gratitude pour emploi obtenu.M.A.G., Maisonneuve.\u2014 Offrande pour le rachat de quatre bébés chinois moribonds en reconnaissance à la Sainte Vierge pour grace reçue.C.B.Abonnement au « Précurseur », en reconnaissance pour dame de Joliette.\u2014 Merci à la Sainte Vierge pour faveurs obtenues.M e E.de y., Montreal.\u2014 Remerciements à la Sainte Vierge pour faveur obtenue.Mlle C.Landreville, St-Paul, Joliette.RECONNAISSANCE A DIVERS SAINTS En reconnais^nœ à la Sainte Vierge et à saint Joseph, j\u2019inclus une messe d\u2019action de grâces.Mme G.F., Joliette.\u2014 J\u2019ai recommandé une conversion à Mgr Charlebois et J ai été exaucee; je fais une aumône en reconnaissance.Mme B., Montréal.\u2014Aumône Mur les missions en reconnaissance pour guérison attribuée à l\u2019intercession de Gérard Raymond.Mme E.L., St-Urbain.\u2014 Je vous envoie le prix de rachat d\u2019urt enfant païen moribond en 1 honneur du bon saint Antoine pour faveur obtenue par son crédit J- V-, Ottawa.\u2014 Renierciements au Sacré-Cœur de Jésus, à saint Joseph et à sainte Therese de 1 Enfant-Jésus pour position obtenue après promesse de faire publier dans le « Précurseur ».Mme E.B., Montréal.\u2014 Reconnaissance à saint Antoine pour succès en affaires.E.-C.L., Springfield, Mass.I JNE messe est célébrée chaque semaine dans la chapelle du Noviciat des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, aux intentions de leurs abonnés au PRÉCURSEUR et de tous leurs bienfaiteurs vivants. RECOMMANDATIONS Aimer Marie, quelle consolation ici-bas, la faire aimer, quelle assurance pour l\u2019heure de la mort.\u2014 S.Bernard.O Marie, conçue sans péché, pries pour nous qui avons recours â vous! S\u2019il VOUS plaît, intercédez auprès de notre Mère du ciel pour la conversion de mon mari, afin que je puisse retrouver la paix et le bonheur.Je lui en serai reconnaissante.Un cœur qui souffre beaucoup.\u2014 Une jeune fille de vingt ans me cause de vives inquiétudes en allant au cinéma deux fois la semaine.Je m\u2019aperçois qu\u2019elle n\u2019a plus de goût pour la prière, elle ne porte plus de médaille-scapulaire et n\u2019aime plus le travail.Demandez, s\u2019il vous plaît, à la Sainte Vierge et à sainte Thérèse, sa patronne, de lui inspirer de bonnes résolutions.Une mère affligée.\u2014 A la Sainte Vierge, je demande de l\u2019ouvrage.Si je peux me placer, en reconnaissance, je ferai une offrande chaque mois pendant un an.Rainey, Montréal.\u2014 L\u2019obtention d\u2019une faveur très importante que je désire sous peu.En remerciement, je promets m\u2019abonner au « Précurseur » pendant cinq ans.S.L., Montréal.\u2014 Je renouvelle l\u2019abonnement de mon petit garçon.Je le recommande spécialement aux prières pour qu\u2019il conserve l\u2019innocence et recouvre la santé du corps.Mme D.C., Montréal.\u2014 Avec grande confiance, je sollicite la guérison d\u2019une oreille dont la surdité est complète.Si la Sainte Vierge me l\u2019obtient, en reconnaissance, je m\u2019abonnerai au a Précurseur ».Mme P.Goulet, Montréal.\u2014 Je joins une aumône à mon abonnement, en recommandant des intentions spéciales à notre Immaculée Mère.Mme J.-M.B., Valleyfield.\u2014 Je voudrais bien me trouver de l\u2019ouvrage, priez pour moi, s\u2019il vous plaît.Mlle M.-A.Bertrand.\u2014 Que la Vierge Marie daigne acquiescer à ma demande si telle est la volonté de Dieu; je suis très malheureuse.Quand je serai exaucée, en action de grâces, je paierai l\u2019entretien mensuel d\u2019une novice se préparant pour les missions, ainsi qu\u2019un abonnement.Anonyme.\u2014 Je recommande une personne qui souffre beaucoup.M.J,, Montréal.\u2014 Je suis abandonnée de mon mari et j\u2019ai huit enfants, dans le moment je n\u2019ai pas de position.Si j\u2019obtiens celle que je désire, je prendrai un an d\u2019abonnement en reconnaissance.Mme L.\u2014 Meilleure santé dans notre famille; relèvement de notre commerce, afin que nous puissions vivre et payer nos dettes; préservation d\u2019accidents d\u2019autos; consolation pour une parente dans la détresse.Mme B.\u2014 L\u2019obtention d\u2019une position pour mon mari dans un court délai.Comme gage de gratitude, je m\u2019abonnerai au « Précurseur » pendant cinq ans et ferai aussi une aumône.Mme B.B., Montréal.\u2014 Ci-inclus, le prix d\u2019une neuvaine de lampions en l\u2019honneur de Marie Immaculée et de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus à qui je confie les faveurs suivantes: 1° amélioration de conduite et changement de caractère d\u2019un jeune homme; 2° règlement pour le mieux d\u2019un projet de vente de propriété; 3° courage à supporter les épreuves et contrariétés.Avec promesse d\u2019une offrande en remerciement si Dieu daigne nous favoriser.M.et Mme J.-M.J., Ville-Saint-Pierre.¦\u2014 Je suis mère de plusieurs enfants et atteinte de surdité.Je demande ma guérison à notre céleste Mère.En reconnaissance je donnerai le prix de rachat de deux bébés viables.Une fermière de St-Hyacinthe.\u2014 Avec grande confiance, je demande des prières pour me conformer à la volonté de Dieu.C.S., Montréal.\u2014 Je viens solliciter une neuvaine pour obtenir une faveur importante par l\u2019entremise de la Sainte Vierge.En reconnaissance, je paierai l\u2019entretien annuel d\u2019une vierge catéchiste.Une abonnée du comté de Boulanges.\u2014 Je demande à la Vierge Immaculée le succès dans mon commerce qui semble péricliter de jour en jour, depuis le commencement de la crise, et une position permanente.Promesse d\u2019abonnements au « Précurseur », en remerciement, si exaucée.W.R., Montréal.\u2014 Veuillez supplier la Sainte Vierge de m\u2019obtenir la conversion de mon mari qui ne fait plus de religion.Une vieille abonnée au « Précurseur \u2014L\u2019obtention d\u2019une grâce particulière et des lumières sur ma vocation.Anonyme, Valleyfield.\u2014 Une mère de famille recommande aux prières deux guérisons et cinq vocations.M.F.D., St-F.\u2014 Je viens solliciter des prières pour le changement de vie d\u2019un jeune garçon.J.P.\u2014 Je demande, par l\u2019intercession de notre bonne Mère du ciel, une position pour un jeune homme.Une Enfant de Marie de Lachine.\u2022\u2014 Une guérison.Mme N.Clément, Ste-Agathe.\u2014 Ci-inclus, aumône destinée au rachat de petites âmes païennes.Je demande des prières pour l\u2019obtention d\u2019une position.F.B., Verdun.\u2014 Bon choix d\u2019un état de vie, santé pour un père et une mère, succès en affaires, conversions, position, vocations, intentions particulières.Une abonnée.\u2014 Demande de prières spéciales pour une enfant malade.Mme Paul Brouillette, Montréal.\u2014 La réussite d\u2019un procès.Mme M.L.\u2014 Recevez les économies de mes deux enfants de 6 et 7 ans pour le rachat d\u2019enfants chinois moribonds.Je me joins à eux pour demander la conversion de leur père.Mme G.L.On sollicite des prières aux intentions suivantes: conversions, 28; positions, 38; guérisons, 58; faveurs spéciales, 91; vocations, 11. t NECROLOGIE M le curé J -Ulric Geoffrion, Très-Saint-Rédempteur de Montréal, Mme A Lamarre, Montréal, mère de notre Sœur Marie-des-Martyrs, Mme Pierre Le Bel, Val-Brillant, comté de Matapédia, mère de notre Sœur Catherine-d\u2019Alexandrie; Mlle Pearly Ayers, Lachute Mills; Mlle Marie-Anne Guérin Montréal; Mme Vve Charles Gagné, Ste-Blandine, Mme F Sauvé, Montréal; Mme Alphonse Maurais! Me-Anne-de-la-Pocatière; Mme S.Therrien, Montréal; M Jos.Thibault, St-Phihppe-de-Néri; M Aurèle Demers, St-Apollmaire; Mme David Lanthier, Montréal, Mme David Bolduc, Asbestos, M Joseph Boucher, Montréal; Mme Rémi Bellerose, St-Michel-des-Samts; Mlle Angéiine Deschette, Montréal, Mlle Cécile Lepage, Drummondville; Mme C.-H.Tardif, Montréal; M Joseph Jacob, Hérouxville! Mme Vve Pierre Laplante, Montréal; M Edouard Plourde, Leominster, Mass ; M.Israël Renaud, Tecumseh, Ont ; M Léo Lemoyne, Leominster, Mass ; Mme Alfred Viger, Montréal; Mlle Anna Denis, Vaudreuil; M Arthur Lévesque, Montréal; Mme Nestor Lachance, St-Jean, 1.O ; M Modeste Gemme, Montreal, M Gaudias Turcotte, St-Jean, I O ; Mme E Papineau, Montréal; Mlle Madeleine Poui iot, St-Jean, I O ; Mme Athanase Giroux, Ste-Marie de Beauce, M Joseph Veilleux, St-Georges de Beauce, M Richard Drouin, St-Joseph de Beauce; M Emilien Giroux, St-Casimir; M.Valère Vachon, St-Joseph de Beauce, M Ch -Edouard Picard, St-Hyacinthe; M Jean-Marc Forget, Mont-Laurier; M François Saint-Amand, St-Hyacinthe; M.J -B Reid, Mont-Laurier; M Aimé Gendron, St-Hyacinthe, Mme H Robert, Mont-Laurier; M Pierre-J.Allard, Webster, Mass ; M Wilfrid Touchette, Mont-Laurier, M Joseph Jacob, Webster, Mass ; M Orner Forget, Mont-Launer; M.Henri Plasse, Webster, Mass , Mme Adalbert Lépine, Chicoutimi, M.Roland Boudreault, St-Bruno, comté du Lac-Saint-Jean, M.Alph' Tardif, St-Joseph de Beauce, M.Arthur Miville-Deschènes, St-Roch-des-Aulnaies; Mme Yvonne Wild, Montréal; Mme Elvina Gagnon, Ottawa; Mme Dosithée Martineau, Napierville; M.Frédéric Gibeau, Sherrington, M Hormisdas Denis, Villeray; Mme Délima Lauzier, Asbestos-Mines, Mme Vve H Levasseur, Montréal, Mlle Béatrice Corriveau, St-Maunce de Thetford, M Victor Clavette, St-Alphonse de Thetford, M Alphonse Dumas, Pmtendre, Mme Patrick Sheedy, St-David; M Fortunat Dumont, Pmtendre; M Herménégilde Boutin, St-Félicien; M.Georges Couture, Pmtendre; Mme Désiré Lafortune, St-Hyacinthe; Mme Vve Alexis Coulombe, Lac-Baker, N -B ; M Réal Pimpare Three-Rivers, Mass ; M J -Israël Robert, Montréal, M Wilfrid Taillon, L\u2019Annonciation; M R -O Lambert, Montréal, M.Joseph COTÉ, St-Augustin, MM.Lionel et Paul Lauzon, Montréal, M Donat Frenette, St-Marc-des-Camères; Mme Moïse Lavallée, Cap-Santé; Mme Trefflé Bonin, St-Thomas-d'Aqum! Mme Hilaire CÔTÉ, Asbestos, Mme J -B.Saint-Denis, Montréal; M Nap -N Ayotte, Attleboro, Mass , M Ovila Bousquet, Worcester, Mass ; Mme Hector Dubuc, Woonsocket, R -I ; M Nap.Lalumière,' Worcester, Mass ; Mme D.Chaput, Montréal; Mme Jérémie Saint-Jacques, St-Augustm, M.Joseph Chayer, Montréal; Mme Foisy, Ste-Julienne; M Jean Grégoire, Ste-Sophie-d\u2019Halifax; M.DAmase Leclair, Ware, Mass ; Mme Cyrille Quintal, Montréal; M.Rodrigue Courchesne, Aldenville, Mass , M Nap Bouchard, Montréal, M.Guy Demers, Aldenville, Mass ; M et Mme J -A.Gendron Montréal; M.Moïse Descoteaux, West-Sprmgfield, Mass ; Mme J -O Tellier, Berthierville, M.Domina Chenail, Ludlow, Mass , M.A Bélisle, West-Sprmgfield, Mass , Mme Octave Lebeau, Springfield Mass ; M William GiLiNSKY, West-Brookfield, Mass , M Arthur Montmeny, Chicopee-Falls, Mass ; M C -A.Bonhomme, Montréal; Mme Vve Nestor Lachance, St-Jean, I O ; M Arthur Ayotte, Montréal, M Joseph Gauthier, Pont-Viau; Mme J-B Théyeur, Montréal; M Henri Gaudreau, Ste-Agathe-des-Monts; M.Ovila Lafontaine, Montréal; Mme Timothée Plourde, St-Alexandre; M.Henri Goyer, Montréal, M Charles Rhéaume, Clarenceville; Mme Joseph Caya, Richmond, Mme Nap Pelletier, Long-Island, N.-Y ; M Pierre GODBOUT, Ste-Justme; Mme E Dupuis, Leominster, Mass ; M Rodolphe Le Tarte, Fitchburg, Mass ; M.Philorum Duquette, South-Fitchburg, Mass ; Mme Marie Hamel, Gardner, Mass ; Mme Georgiana Laplante, Worcester, Mass ; M.Henn Betty, Gardner, Mass ; M Cé-lestm Rioux, Rivière-du-Loup; M J -A.Mercier, Outremont; Mme J Robillard, Montréal; M William Thibault, St-Eugène de l\u2019islet; Mme Joseph Bélanger, St-Henn de Mascouche.¥TNE messe de « Requiem » est célébrée chaque semaine dans la chapelle du Noviciat des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception aux intentions de leurs abonnés au PRÉCURSEUR et de tous leurs bienfaiteurs défunts. 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Bienfaiteurs de la Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019ImmacuIée-Conception 1.\t\u2014 Sont fondateurs ceux qui assurent à la Société un capital de $1,000.00 et plus.2.\t\u2014 Sont protecteurs ceux qui, par une somme de $500.00, pourvoient à l\u2019entretien d\u2019une novice pauvre.Une paroisse, une communauté ou une famille, en réunissant leurs aumônes, peuvent avoir droit à ces titres.Un diplôme de fondateur ou de protecteur est décerné aux personnes qui font les offrandes plus haut mentionnées.3.\t\u2014 Sont souscripteurs ceux qui versent une aumône annuelle de $25.00.4.\t\u2014 Sont associés ceux qui donnent la somme de $2.00 par an.La Société considère aussi comme ses bienfaiteurs, tous ceux qui, par une offrande quelconque, soit en argent, soit en nature, viennent, en aide à ses œuvres.Avantages accordés aux bienfaiteurs Tout en laissant à Dieu le soin de récompenser lui-même, selon leur générosité, leurs différents bienfaiteurs, les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception leur assurent une participation aussi large que possible au mérite de leurs travaux apostoliques, ainsi qu\u2019aux prières et souffrances de tous les malheureux confiés à leurs soins.En outre, les bienfaiteurs ont droit aux avantages spirituels suivants: 1° Un souvenir particulier dans toutes les messes entendues et les communions faites par les religieuses; 2° Une messe chaque mois à leurs intentions: 3° Tous les vendredis et dimanches de l\u2019année, les religieuses, se succédant auprès du saint Sacrement exposé dans la chapelle de leur maison mère, offrent l\u2019heure d\u2019adoration tout entière aux intentions de leurs bienfaiteurs (les noms des fondateurs et des protecteurs sont déposés sur l\u2019autel de l\u2019exposition); 4° Aux mêmes fins, est faite tous les jours, par les membres de la communauté, la Garde d\u2019honneur de Marie, laquelle consiste dans la récitation ininterrompue du Rosaire au pied de l\u2019autel de la sainte Vierge.Cette Garde d\u2019honneur est faite aussi en Chine, à la léproserie de Shek Lung.Là, les pauvres lépreuses se succèdent, par groupes de quinze, pour offrir à l\u2019intention des bienfaiteurs de la Société, les prières du saint Rosaire, 5° Un service est célébré, chaque année, pour les bienfaiteurs défunts; 6° Aux bienfaiteurs défunts est aussi appliquée une participation aux mérites du chemin de la Croix fait chaque jour par les religieuses; 7° Chaque semaine, dans la chapelle du Noviciat des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, deux messes sont célébrées spécialement pour les abonnés au Précurseur et les bienfaiteurs vivants et défunts.J MESSAGER, MONTREAL "]
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