Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 septembre 1937, Septembre - Octobre
[" ff/ ^¦1 i:- VoL.IX.18\" année Montreal, Septembre-Oct03Re 1937 Œuvres des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception AU CANADA MAISON MÈRE, 314, ch.Ste-Catherine, Outremont, près Montréal (F.en 1902) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Procure des missions.Atelier d\u2019ornements d\u2019église, de broderie, de dentelle et de peinture pour le soutien de la Maison Mère et du Noviciat.École de formation de catéchistes chinoises.Cercles de couture de dames et de demoiselles.Diffusion d\u2019une revue missionnaire; Le Précurseur.Bibliothèque missionnaire gratuite.NOVICIAT, Pont-Viau (près Montréal), comté de Laval HÔPITAL ET DISPENSAIRE CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetière, Montréal Enseignement du catéchisme aux Chinois.\t(Fondée en 1918) Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception visitent aussi les Chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants lorsqu\u2019on les y appelle.NOMININGUE, P.Q.(Béthanie) (Fondée en 1914) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Germain (Fondée en 19181 École apostolique pour les aspirantes aux missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.Cours privés de français, d\u2019anglais, de musique et de peinture.VILLE DE JOLIETTE, 100, rue St-Louis (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Adoration du Saint Sacrement.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroirs pour les missions.VILLE DE QUÉBEC, 4, rue Simard (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Recollection pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture.VILLE DE VANCOUVER, 236, rue Campbell (Fondée en 1921) Hôpital Oriental.Refuge et dispensaire pour les Chinois.Cours privés de langues et de catéchisme pour les enfants et adultes chinois.Visite des Chinois à domicile.VILLE DES TROIS-RIVIÈRES, 466, rue Bonaventure (Fondée en 1926) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.QUÉBEC, 651, rue St-Cyrille (Fondée en 1928) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.VILLE DE GRANBY, 35, rue Dufferin (Fondée en 1930) Bureau diocésain de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Patronage pour jeunes filles.Cercles de couture pour les missions.École.Jardin de l\u2019Enfance.CHICOUTIMI, 61, rue Jacques-Cartier (Fondée en 1930) Bureau diocésain de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Cercle de couture pour les missions.Patronage pour jeunes filles.VILLE DE GRANBY, 279, rue Principale (Fondée en 1931) Patronage de « l\u2019Immaculée-Conception » pour jeunes filles.SAINTE-MARIE DE BEAUCE (Fondée en 1932) École apostolique.VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Jean-Baptiste (Fondée en 1932) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Jardin de l\u2019Enfance.VILLE DE SAINT-JEAN, P.Q., 430, rue Champlain (Fondée en 1936) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.{A suivre à la page 3 de la couverture) Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937 Prière d\u2019aider les Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception à soutenir leurs œuvres en leur procurant du travail ES Sœurs Missionnaires de l\u2019Immacu-LÉE-CoNCEPTiON ont un atelier d\u2019ornements d\u2019église et de lingerie sacrée, pour le soutien de leur Maison Mère et de leur Noviciat.Qu\u2019on veuille bien remarquer que les missionnaires doivent subir une préparation de plusieurs années avant de pouvoir aller travailler dans les champs de l\u2019apostolat.A des conditions faciles, on peut se procurer à l\u2019atelier des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal, les articles mentionnés dans la page intitulée « Encourager notre atelier.» En outre, on peint sur commande des bouquets spirituels de toutes sortes, calendriers avec images de la Sainte Vierge, de la sainte Famille, de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, de sainte Bernadette Soubirous et des missions, souvenirs de première communion et confirmation, ainsi que brassards, scapulaires, Agnus Dei, insignes pour congrégations, monogrammes, tableaux divers, coussins et différents objets de fantaisie.On fait aussi les Enfants-Jésus en cire de toutes grandeurs.On recommande d\u2019une manière toute spéciale les broderies et dentelles de Chine.Ces dentelles sont fabriquées par les orphelines chinoises.En encourageant ces ventes, l\u2019on coopère au salut de tant de jeunes païennes qui reçoivent dans les ouvroirs catholiques, avec le gain de la vie, la lumière de la foi. Prix DONNÉS sur demande m Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937 Encourager notre atelier c\u2019est venir en aide à nos missions Chasuble, damassée, galon de soie.$ 17.00 et $ 25.00 »\tmoire antique avec beau sujet____\t25.00\t»\t35.00 »\tmoire antique, riche broderie d\u2019or.\t75.00\t»\t100.00 »\ten velours, galon et sujets dorés.\t35.00\t»\t40.00 » drap d\u2019or fin, sans ou avec une très riche broderie d\u2019or à la main.\t50.00\t»\t90.00 Voile huméral.7.00 » plus Chape, damas, galon de soie et doré.30.00 »\t50.00 » moire antique, avec riche broderie d\u2019or.70.00\t»\t90.00 » drap d\u2019or, avec beau sujet et broderie d\u2019or en relief à la main.100.00\t»\t150.00 Aube, avec dentelle guipure.8.00\t»\tplus Surplis en toile avec dentelle.5.00\t»\t» Tapis d\u2019autel en feutre, vert ou rouge.\t5.00\t»\t» Voile de tabernacle.5.00\t»\t» Voile de ciboire.4.00\t»\t» Signet pour bréviaires, peint.1.00\t»\t» Collier pour « Ligue du Sacré-Cœur ».8.00\t»\t» Grande variété de bannières et de dais confectionnés à notre atelier.Drapeaux en soie, brodés et peints à la main.Hampe en chêne.Lance et raccord cuivre verni or.Frange or mi-fin au bout flottant.Description et prix donnés sur demande.ENFANTS-JÉSUS EN CIRE Longueur\t\tLongueur\t 5 pouces.\t\t$ 2.50\t14 pouces.\t\t$16.00 7 »\t\t 4.00\t17\t»\t\t 25.00 9\t»\t.\t\t 7.00\t22 » .\t\t 35.00 12 » .\t\t 14.00\t\t \tAmicts\t\t\t.$12.00 la douz.Lingerie d\u2019autel Amicts, toile 2® qualité.10.80\t»\t» Corporaux.8.50\t»\t» Manuterges.4.50\t»\t» Purificatoires.5.00\t»\t» Pales.4.00\t»\t» Nappes d\u2019autel.6.00 chacune Nous fournissons les hosties aux prix suivants: Petites.$1.20 le mille Grandes.0.40 » cent Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937 MOYENS PRATIQUES d'aider les Sœurs Missionnaires de rimmacnlée-Conception En contribuant par des aumônes à : Chapelle de la Maison Mère.Construction de chapelles en pays de missions.Entretien annuel de la lampe du sanctuaire dans nos maisons du Canada et en pays de missions.\t20.00 Fondation d\u2019une bourse pour le soutien d\u2019une Sœur missionnaire.1,000.00 Entretien annuel d\u2019une vierge catéchiste.50.00 Entretien et instruction annuels d\u2019une orpheline.\t40.00 Fondation d\u2019un berceau à perpétuité.200.00 Soins annuels d\u2019un lépreux ou d\u2019une lépreuse.60.00 Entretien mensuel d\u2019un berceau.5.00 Rachat d\u2019un bébé viable.5.00 Rachat d\u2019un bébé moribond.0.25 Entretien mensuel d\u2019une Sœur missionnaire.10.00 Entretien mensuel d\u2019une novice se préparant pour les missions.10.00 S\u2019abonner au Précurseur.1.00 ABONNEMENT AU « PRECURSEUR » La revue Le Précurseur paraît tous les deux mois U abonnement, payable d'avance, est de $1.00 par année Adresse: 314, Chemin Sainte-Catherine, Oütremont, P.Q., Canada Abonnement à vie: $20.00 AVIS.\u2014 Nos abonnés qui changent de domicile voudront bien faire parvenir à l\u2019Administration du Précurseur leur nouvelle adresse avec l\u2019ancienne, ou mieux encore renvoyer l\u2019enveloppe elle-même avec l\u2019adresse corrigée. Notice de l\u2019Institut des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception De toutes les œuvres divines, la plus divine c'est de coopérer avec Dieu au salut des âmes.S.Denis Origine.\u2014 Cet Institut, destiné aux missions étrangères, débuta le 3 juin 1902, à Notre-Dame-des-Neiges, près Montréal, sous le bienveillant patronage de Son Excellence Mgr Paul Bruchési et sous la direction de feu l\u2019abbé Gustave Bourassa, curé de Saint-Louis-de-France.Le 1\" mai 1903, la Communauté naissante se transporta au numéro 27, chemin Sainte-Catherine, Outremont.En décembre 1904, Mgr l\u2019Archevêque de Montréal, se trouvant à Rome pour prendre part aux fêtes du cinquantenaire de la proclamation du dogme de l\u2019immaculée Conception, soumettait à Sa Sainteté Pie X l\u2019œuvre projetée.« Fondez, Monseigneur, lui dit alors l\u2019auguste Pontife, et toutes les bénédictions du ciel descendront sur le nouvel Institut, auquel vous donnerez le nom de Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Con-ception.» Le 8 août 1905, anniversaire de sa consécration épiscopale.Son Excellence Mgr Bruchési recevait les vœux des deux premières religieuses et donnait le saint Habit à trois postulantes.En 1909, sur l\u2019appel de Son Excellence Mgr Mérel, vicaire apostolique du Kouang-Tong, la Société ouvrait à Canton, Chine, sa première maison.En 1913, la Mission catholique lui confiait l\u2019importante Léproserie de Shek Lung, et en 1916 le gouvernement chinois lui donnait la direction d\u2019une nouvelle Crèche à Tong Shan, près Canton *.But de la Société.\u2014 Le but de la Société des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception est la propagation de la foi chez les nations infidèles, en esprit d\u2019action de grâces.En conséquence, chaque sujet, par l\u2019émission des vœux dans la Société, voue à Dieu ses forces et sa vie à l\u2019extension du règne de Jésus-Christ et de son Immaculée Mère, comme un holocauste de perpétuelle reconnaissance, tant en son nom qu\u2019en celui de tous les hommes.Esprit de la Société.\u2014 Les vertus qui doivent caractériser les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, sont: la reconnaissance, l\u2019humilité, l\u2019obéissance, la charité, la joie spirituelle, l\u2019amour du travail et de la vie cachée, l\u2019esprit de foi et de prière, le zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.Œuvres en pays infidèles.\u2014 L\u2019exercice de toutes les œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle: instruction des enfants indigènes, des catéchumènes et des néophytes; formation de religieuses indigènes et de vierges catéchistes, assistance des mourants païens et chrétiens; crèches, orphelinats, écoles de gardes-malades, écoles industrielles, ouvroirs, dispensaires, léproseries, etc.Œuvres en pays chrétiens.\u2014 Diffusion des Œuvres de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la Foi, ainsi que des revues faisant connaître les missions.1- Voir adresses des autres Missions sur la couverture. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937 Création d\u2019écoles apostoliques ou maisons de recrutement.Procures où l\u2019on reçoit les dons en argent et en nature pour les missions.Ecoles pour les enfants des nations idolâtres résidant au pays; direction de cours spéciaux pour les adultes païens; instruction religieuse des catéchumènes et assistance des mourants chinois, nègres, etc.Ligues de prières et de sacrifices pour l\u2019extinction des sociétés antireligieuses.Retraites fermées pour les dames et les jeunes filles.Exercices spirituels.\u2014 Persuadées que la piété est l\u2019aliment de la charité et du zèle, et qu\u2019elle est indispensable aux œuvres qui leur sont propres, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception joignent la vie contemplative à la vie active.Elles vaquent aux exercices suivants: Audition de la sainte messe.Oraison matin et soir.Lectures spirituelles.Récitation du rosaire en commun.Chemin de la croix en commun.Retraites mensuelles et annuelles.Heures d\u2019adoration devant le Saint Sacrement exposé; chaque dimanche et vendredi de l\u2019année et à toutes les fêtes de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge, le Saint Sacrement est exposé toute la journée.11 est aussi exposé tous les jours de l\u2019année dans les lieux où l\u2019Ordinaire du diocèse le désire.Fêtes principales.\u2014 La Pentecôte et l\u2019Immaculée-Conception.Conditions d\u2019admission au Noviciat.\u2014 La première des qualités exigées des aspirantes au Noviciat est un ardent désir de se dévouer à l\u2019Œuvre des Missions.Elles doivent y ajouter certaines qualités naturelles: jugement sain, droiture, simplicité, générosité et force de caractère.L\u2019Institut ne comptant qu\u2019une seule catégorie de religieuses, toutes, par des aptitudes spéciales, doivent être en condition de se rendre utiles.Les jeunes personnes qui n\u2019ont pas fait des études complètes sont admises pourvu qu\u2019elles aient une instruction au moins élémentaire et qu\u2019elles possèdent d\u2019autres aptitudes, telles que: science du ménage, de la cuisine, de la couture, etc., ou encore qu\u2019elles aient des connaissances de la musique ou de la peinture.Les aspirantes sont aussi tenues de produire les certificats suivants: extraits de baptême et de confirmation, billet de recommandation de leur curé ou de leur confesseur, certificat de santé du médecin et consentement écrit des parents si le sujet est mineur.La durée du postulat est de six mois, celle du noviciat, de deux ans.Pendant le Noviciat, les novices étudient la vie religieuse, s\u2019exercent à la pratique des vertus, s\u2019imprègnent de l\u2019esprit de l\u2019Institut, en apprennent les règles et usages et se préparent de loin à la vie apostolique à laquelle elles se destinent.La durée des vœux annuels est de trois ans.Pendant les vœux annuels, les jeunes professes se préparent plus directement à la vie de missions.A l\u2019expiration des trois années des vœux annuels, la professe se consacre irrévocablement à Dieu par l\u2019émission des vœux perpétuels.* * ?Le mars 1925, l\u2019Institut des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception recevait de Sa Sainteté Pie XI un Bref de louange et l\u2019approbation de ses Constitutions, et le 7 mars 1933, l\u2019Institut recevait du Saint-Siège son approbation définitive ainsi que celle de ses Constitutions.Le 14 mai 1933, l\u2019éminentissime cardinal Pierre Fumasoni-Biondi, préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, fut nommé protecteur de l\u2019Institut, en remplacement de S.Em.le cardinal G.Van Rossum, décédé le 30 août 1932. 1 « ô NOTRE MÈRE, PROTÉGEZ TOUS NOS BIENFAITEURS » Bulletin des] â>œur£i iîlisisüonnaireâ be r3(mmaculée=Conception Publié avec Vaniorisalion de Monseigneur l\u2019Archevêque de Montréal Vol.IX, 18'\u2019 année Montréal, Septembre-Octobre 1937 No 5 m SOMMAIRE TEXTE Pour le salut du monde\t.Le très saint Rosaire Indulgences attachées à la récitation du saint Rosaire Chapelet perdu et retrouvé La Société des Missions-Étrangères de la province de Québec fonde lippines .Sous d\u2019autres cieux La VOIX du Papie\t.\t.Béthanie .Pieux et reconnaissant souvenir .\t.Vers la reconnaissance .\t.Faisons-nous des amis Le Père Damien.Roses effeuillées.Échos de nos Missions .\t.\t.Extrait des Chroniques du Noviciat.\t.La Page des Enfants.\t.Reconnaissance \u2014 Recommandations \u2014 Nécrologie Le Précurseur 258 Abbé C.Rolland 260 Fr D de S.261 .264 une mission aux Phi-A Paradis, PME 267 .268 .269 Une reiraitanle 272 .273 Le Précurseur 274 .276 Mme A Craven 278 .281 .\t.\t.283 .\t304 314 318 GRAVURES Enfants chinois priant pour nos bienfaiteurs .\t.(hors-texte) L\u2019Étoile de la Mer .\t.\t.\t.\t.\t268 Maison de retraites fermées des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, Nomi- ningue.\t.\t.\t.\t.\t272 Visite de S Exc.Mgr Marius Zanin, délégué apostolique en Chine, à l\u2019École du Saint- Esprit, Canton.\t.282 L\u2019orchestre de l\u2019École du Saint-Esprit, Canton, Chine .\t.\t.284 Nouveaux baptisés, Canton.\t.285 Une scène de tous les jours à la Léproserie de Shek Lung .\t.286 Un magasin en plein air, Szepingkai, Manchoukouo\t.\t.289 Orphelines de Pamientcheng se préparant à se rendre à l\u2019école.\t.\t292 Exerçant la charité au dispensaire de Pamientcheng, Manchoukouo.293 Prenant leur repas.Orphelinat de Pamientcheng .\t.\t.\t.294 A l\u2019ouvroir de Paitchengtze, Manchoukouo.\t.295 Œuvres des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception à Paitchengtze.296 Réparation des murs en terre, Paitchengtze.298 Sous les cerisiers en fleurs, Wakamatsu, Japon.\t.300 Ruines du vieux château fort de Wakamatsu\t.\t.\t301 Petits du Jardin de l\u2019Enfance de Wakamatsu, en pique-nique\t.\t.\t303 Berceau de l\u2019institut des Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception .\t.\t306 La, douce assistance de l'Ange gardien.315 La moisson est abondante .317 » ÿ S 1 S F ÿ S F F ^our le éalut ïiu monbe ^1 Pour récolter le blé qui nourrira le monde, Le semeur dans le champ s'en va jetant du blé; Il sourit au sillon, à la terre féconde.De joie et d'espérance, il est déjà comblé.Mais le monde, dit-on, menace cataclysme.Le mal de tous côtés l\u2019inonde à grands torrents; Il surgit des bas lieux, s\u2019appelle communisme.Enrôle les pervers, trompe les bonnes gens.Pour vaincre ce grand mal, il faut, de par la terre.Semer en toutes parts immensément de bien; Personne ne doit dire: ((Ah! moi, que puis-je y faire ?.\tà Je laisse agir autrui, ne me mêlant de rien.» Il faut, de tous les bons, que chacun soi apôtre.Pour défendre sa foi, sa paix, sa liberté; Le zèle des méchants doit être au moins le nôtre.Pour combattre pour Dieu et pour la vérité.Si je n\u2019ai d un lutteur la vaillance trempée.Si je n\u2019ai pas la voix d\u2019un prudent orateur.Ni comme l\u2019écrivain une plume inspirée, J ai pour semer le bien d\u2019autres grains de valeur. Je puis semer sans fin, dans ma modeste sphère, Le bon grain de l\u2019exemple, à toute heure du jour; Je puis semer sans fin les fieurs de la prière.Dont le parfum s\u2019élève à l\u2019immortel séjour.Parmi ces riches fieurs, qui éclosent sur terre.Je puis semer partout les roses de /\u2019Ave; Les cueillir une à une aux grains de mon rosaire.Et les jeter sans bruit au sillon délaissé.Semence pour l\u2019enfant, pour son âme innocente Qu\u2019environnent le mal et ses dangers constants; Semence pour l\u2019adulte à la foi chancelante.Pour le pauvre pécheur et ses besoins pressants.Semence pour le prêtre et son grand ministère.Pour l\u2019âme virginale et son heureux trésor.Pour l\u2019âme du mourant, pour le missionnaire Et les peuples assis à l\u2019ombre de la mort.Oui, je puis, ô mon Dieu, quoique rien sur la terre.Sans bruit et sans éclat, semer beaucoup de bien.En attirant des deux, par l\u2019ardente prière.Des pardons, des faveurs et des grâces sans fin.Pour récolter le blé en la terre féconde.Le semeur dans le champ s\u2019en va jetant du blé.Pour récolter le bien qui sauvera le monde.Moi, je sème en tous lieux les roses de /\u2019Ave.Le PRECURSEUR %e très Saint Eoëairc OUS savons tous ce qu\u2019est le saint rosaire.C\u2019est une manière de prier qui a été enseignée par la très Sainte Vierge elle-même à son fidèle serviteur saint Dominique, le fondateur de l\u2019ordre des Frères prêcheurs.Le rosaire consiste à réciter quinze dizaines à.'Ave Maria, chacune précédée d\u2019un Pater et suivie d\u2019un Gloria Patri, en méditant à chaque dizaine un des principaux mystères de notre foi.On distingue cinq mystères joyeux, savoir; l\u2019Annonciation, la Visitation, la Naissance de Notre-Seigneur, sa Présentation au Temple, et son Recouvrement au Temple après trois jours d\u2019absence.Il y a cinq mystères douloureux: l\u2019Agonie de Jésus au jardin des Oliviers, la Flagellation, le Couronnement d\u2019épines, le Portement de la croix et le Crucifiement.Il y a également cinq mystères glorieux: la Résurrection, l\u2019Ascension, la Pentecôte, l\u2019Assomption de la très Sainte Vierge et son Couronnement dans le ciel.On donne à cette belle formule de supplication plusieurs noms, mais il y en a trois en particulier qui sont très beaux et très expressifs.On l\u2019appelle d\u2019abord le psautier de la Sainte Vierge, parce que le rosaire est composé de trois fois cinq dizaines à.\u2019Ave Maria, comme le Psautier est formé de trois fois cinq dizaines de psaumes.De même que le Psautier renferme tout ce que l\u2019Écriture a de plus essentiel et de plus exquis, de même le rosaire contient tous les plus grands et les plus nécessaires objets de notre foi, sous la forme de la louange et de l\u2019invocation: la piété n\u2019y trouve pas seulement la vérité divine, elle la célèbre, l\u2019exalte et la chante.\u2014 On donne encore au rosaire le nom de couronne, parce qu\u2019il célèbre les glorieuses prérogatives de Marie, et parce qu\u2019en joignant les louanges aux louanges il dépose, sur le front de la Reine du ciel, une sorte de diadème d\u2019honneur qui étincelle, comme de quinze perles, de la méditation des quinze mystères.\u2014 Enfin, le dernier nom de la dévotion que nous étudions est le rosaire, parce que c\u2019est une de ces prières qui montent vers le ciel comme une odeur de suavité.La dévotion au saint rosaire, cet abrégé complet de l\u2019Évangile, comme dit le P.Faber, doit nous être chère, et cela pour les raisons les plus convaincantes: c\u2019est une dévotion très recommandée par les Souverains Pontifes; c\u2019est ime dévotion admirable considérée dans les éléments qui la composent; c\u2019est une dévotion très féconde en fruits de salut.Sans parler du Credo, qui,^au jugement des saints Docteurs, renferme en abrégé tous les trésors de l\u2019Écriture et de la tradition, et dont les douze articles, relique la plus auguste des apôtres, sont les fondements inébranlables de la doctrine catholique; Sans parler de la doxologie du Gloria Patri, qui condense en quelques mots toutes les louanges des cantiques inspirés, il y a l\u2019incomparable Pater ' et l\u2019admirable Ave Maria.De plus, le rosaire n\u2019est pas seulement l\u2019occupation des doigts qui égrènent le chapelet, ni celle de la langue qui récite quelques prières; il est aussi Xoccupation de l\u2019esprit qui pénètre les mystères de notre rédemption et qui étudie Jésus-Christ.Voulez-vous donc réciter utilement le chapelet ? Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937\t261 Joignez la piété à l\u2019exercice corporel, l\u2019esprit à la lettre, la méditation des mystères à la récitation des prières; et, comme dit saint Paul, priez de cœur et priez avec intelligence.Quand un vrai serviteur de Marie dit le rosaire, il fait une espèce d\u2019anatomie des mystères qu\u2019il veut méditer.Il en pèse les plus petites circonstances; rien ne fatigue sa sainte curiosité.Pense-t-il, par exemple, à Jésus naissant ?L\u2019étable, la crèche, l\u2019inclémence de la saison, le dénuement, les larmes de Jésus l\u2019occupent successivement.O vous qui, en récitant ainsi le chapelet, méditez les mystères de notre rédemption, dites-nous quels fruits vous en retirez! Quels sentiments d\u2019amour et de reconnaissance ne sentez-vous pas naître dans vos cœurs, quand vous considérez les merveilles de l\u2019enfance de Jésus dans les mystères joyeux?Quels regrets ne concevez-vous pas de vos péchés, quand vous réfléchissez qu\u2019ils ont causé la mort de Jésus-Christ, dont vous méditez les souffrances dans les mystères douloureux?Quel empressement, quels désirs ne sentez-vous pas pour les biens de l\u2019éternité, quand vous les admirez dans les mystères glorieux ?Dans ces conditions, il n\u2019y a rien d\u2019étonnant que Dieu, par l\u2019intercession de l\u2019auguste Marie, récompense la dévotion du saint rosaire par les grâces les plus précieuses, tant dans l\u2019ordre public que dans l\u2019ordre individuel.Abbé C.Rolland 3Dnbulgence!^ attacliéeâ à la récitation bu £iaint roi^aire Pour gagner les indulgences du très saint rosaire, il faut d\u2019abord obéir aux lois qui régissent le gain des indulgences en général.Il faut donc; 1° avoir l\u2019intention, au moins virtuelle, de gagner ces indulgences, c\u2019est-à-dire qu\u2019il n\u2019est pas nécessaire de l\u2019avoir à chaque coup; il suffit de la formuler une fois pour toutes, quoique ce soit une excellente habitude de renouveler chaque matin son intention de gagner au cours de la journée toutes les indulgences possibles; 2° être en état de grâce; c\u2019est pour l\u2019assurer que la confession et la communion sont nécessaires, de la manière que l\u2019on sait, pour l\u2019obtention des indulgences plénières; 3° accomplir toute l\u2019œuvre demandée pour le gain de l\u2019indulgence avec les conditions de temps et de lieu déterminées, spontanément aussi.L\u2019œuvre doit être surérogatoire; il ne faut pas, en effet, qu\u2019elle soit requise à un autre titre ou réponde à une obligation antérieure, sauf quand il s\u2019agit d\u2019une pénitence sacramentelle.Il semble pourtant que celui qui serait tenu à la récitation du rosaire en suite d\u2019un vœu privé ne perdrait pas les indulgences, car il avait certainement l\u2019intention de les gagner en faisant ce vœu; peut-être même n\u2019a-t-il fait ce vœu que pour être plus sûr de faire bénéficier des indulgences, par exemple, les âmes du purgatoire.On est libre de déterminer soi-même l'objet de cette promesse à Dieu qu\u2019est essentiellement le vœu.Mais pour gagner toutes les indulgences du rosaire, il faut de plus veiller à deux choses; d\u2019abord à réciter vraiment le rosaire, ensuite à se servir d\u2019un chapelet rosarié.Le rosaire n\u2019existe, en effet, que par l\u2019union aussi intime que possible de la récitation des dizaines (corps du rosaire) et de la méditation des mystères (âme du rosaire)\u2019.Qui prive le rosaire de son âme le tue; il n\u2019y a plus de rosaire (et partant plus d\u2019indulgences du rosaire) lorsqu\u2019on n\u2019a pas l\u2019intention de penser aux mystères selon la teneur et l\u2019ordre que VÉglise a adoptés.Mais il suffit que chacun s\u2019y efforce selon ses moyens.Il n\u2019est pas nécessaire dans la récitation privée d\u2019énoncer le titre de chaque mystère, ^quoique ce 262 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937 soit très bienfaisant et très recommandé.Par contre, il le faut dans une récitation publique du chapelet.Que d\u2019indulgences perdues ainsi par la faute du directeur de l\u2019exercice qui néglige d\u2019appeler chaque mystère par son nom et commence ainsi: nous dirons cette quatrième dizaine pour telle intention.Paier nosier.Se servir d'un chapelet rosarié \u2014 c\u2019est-à-dire béni par un Père dominicain ou par un prêtre qui a reçu des pouvoirs spéciaux, distincts du pouvoir d\u2019appliquer, par exemple, les indulgences apostoliques \u2014 assure le gain de toutes les indulgences du très saint rosaire.Le même chapelet peut recevoir d'autres indulgences, par exemple celles de sainte Brigitte, les indulgences apostoliques, etc.; mais on ne peut cumuler les indulgences, c\u2019est-à-dire se servir d\u2019une unique récitation pour tout emporter.On peut, exceptionnellement, avec les indulgences du rosaire, gagner celles de sainte Brigitte (cent jours par grain) et celles des Pères croisiers (cinq cents jours par grain).Seuls des chapelets de cinq, dix ou quinze dizaines peuvent être rosariés (à l\u2019exception par conséquent des anneaux et dizaines).La matière n\u2019importe pas, pourvu qu\u2019elle soit résistante.Ils peuvent être prêtés ou donnés et ils ne perdent leurs indulgences que lorsqu\u2019ils sont notablement changés ou vendus.Lorsque la récitation du rosaire se fait en commun, il suffit qu\u2019une seule personne tienne son chap'ëlet à la main.Lorsqu\u2019elle est solitaire, un récent décret de la Sacrée Congrégation permet de gagner les indulgences sans se servir de son chapelet, pourvu qu\u2019on le porte sur soi et qu\u2019on ait une raison suffisante pour ne pas le sortir.Voici maintenant un sommaire des principales indulgences du très saint rosaire: POUR TOUS LES FIDÈLES POUR LA RÉCITATION DU ROSAIRE Une indulgence plénière au jour de leur choix une fois l\u2019an, pour la récitation quotidienne d\u2019un chapelet rosarié.Une indulgence plénière le dernier dimanche du mois pour une récitation commune du chapelet trois fois dans la semaine, aux conditions ordinaires.Une indulgence plénière chaque jour, pour la récitation d\u2019un chapelet (tertiam Beatae Mariae Virginis Rosarii parlem) devant le Très Saint Sacrement exposé ou non (Pie XI, 4 septembre 1927).Cette précieuse indulgence est perdue lorsque le prêtre néglige, dans la récitation publique, d\u2019indiquer les mystères.Cent jours pour chaque grain, pour chaque chapelet rosarié.Cinq ans et cinq quarantaines pour chaque chapelet.Dix ans et dix quarantaines une fois le jour pour la récitation commune d\u2019un chapelet.Une indulgence plénière (aux conditions ordinaires) au jour de son choix pendant une neuvaine en l\u2019honneur de la Reine du très saint Rosaire, trois cents jours les autres jours de cette neuvaine.POUR LA FÊTE DU TRÈS SAINT ROSAIRE Une indulgence plénière en la fête du très saint Rosaire, à chaque visile que l\u2019on fera en l\u2019honneur de la victoire de Lépante, depuis midi la veille jusqu\u2019à minuit de la fête, à l\u2019autel de la Confrérie du Rosaire, partout où elle sera érigée, en priant aux intentions du Souverain Pontife (six Pater, Ave et Gloria aux conditions ordinaires).Une indulgence plénière un jour au choix, de l\u2019octave, aux mêmes conditions.Une indulgence plénière au jour de la fête ou pendant l\u2019octave, pour la récitât on d\u2019un chapelet quotidien pendant ces huit jours (aux conditions ordinaires).Une indulgence plénière, au choix, un jour du mois d\u2019octobre, après l\u2019octave, pour avoir récité dix fois le chapelet pendant le mois; sept ans et sept quarantaines pour un chapelet aux autres jours du mois.POUR LES CONFRÈRES DU ROSAIRE Deux indulgences plénières pour l\u2019inscription dans la Confrérie, communion dans l\u2019église de la Confrérie et la récitation d\u2019un chapelet. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937\t263 Une indulgence plénière, chaque jour, pour la récitation d\u2019un rosaire entier pour le triomphe de la sainte Église et la visite d\u2019une église (on a le droit de séparer les dizaines).Une indulgence plénière une fois dans la vie pour avoir obéi régulièrement à l\u2019obligation de la Confrérie (un rosaire dans la semaine).Toutes les indulgences de la Couronne d\u2019Espagne pour un rosaire entier récité dans un jour naturel.Cinq ans et cinq quarantaines chaque fois qu\u2019on prononce dévotement le nom de Jésus.Une indulgence plénière le jour de l\u2019Annonciation pour un rosaire entier.Trois indulgences plénières le premier dimanche du mois pour assister à la procession du rosaire, visiter la chapelle de la Confrérie et assister à l\u2019exposition du Très Saint Sacrement, en priant aux intentions du Souverain Pontife.Une indulgence plénière pour assister aux processions des fêtes de la Purification, de l\u2019Annonciation, de la Visitation, de l\u2019Assomption, de la Nativité, de la Présentation et de l\u2019immaculée Conception de la Sainte Vierge.Une indulgence plénière pour visiter la chapelle de la Confrérie et prier aux intentions du Souverain Pontife: aux fêtes de Noël, de l\u2019Épiphanie, de la Résurrection, de l\u2019Ascension et de la Pentecôte : aux fêtes de l\u2019immaculée Conception, de la Nativité, de la Présentation, de l\u2019Annonciation, de la Visitation, de la Purification, de l\u2019Assomption et de la Compassion (vendredi de la Passion) de la Très Sainte Vierge; le jour de la Toussaint, un jour de l\u2019octave des morts, deux vendredis du carême au choix, le dimanche dans l\u2019octave de la Nativité de la Sainte Vierge, le troisième dimanche d\u2019avril.Indulgences des stations de Rome pour ceux qui visitent aux jours des stations cinq autels de n\u2019importe quelle église; Une indulgence plénière, une fois le mois au jour choisi, pour ceux qui font quotidiennement oraison pendant au moins un quart d\u2019heure; sept ans et sept quarantaines chaque fois qu\u2019ils font oraison pendant une demi-heure; cent jours pendant un quart d\u2019heure; Trois ans et trois quarantaines pour chaque visite à des confrères malades.Toutes ces indulgences sont applicables aux âmes du purgatoire.Cinq indulgences plénières à l\u2019article de la mort.Quand nous aurons ajouté que nous avons omis de citer bien d\u2019autres indulgences plénières et partielles, on conviendra sans peine que le rosaire est la « reine des dévotions indulgenciées ».Fr.D.de S.{La Sematne religieuse de Paris) EO ^ OE L\u2019AVEU DU DIABLE Un jour, saint Dominique, le grand dévot de Marie et le propagateur du Rosaire, faisait un exorcisme à Carcassone.Il y avait une foule considérable.Le saint voulut en profiter pour répandre la confiance en Marie.Il ordonna au démon de publier, avant de sortir du possédé, la puissance et la miséricorde de Marie.Le démon, forcé d\u2019obéir, fit cet aveu; « Nous n\u2019avons aucun pouvoir sur les serviteurs de Marie; beaucoup, malgré leur peu de mérite, se sauvent à la mort en l\u2019invoquant.Nous sommes forcés d\u2019avouer que nul ne se damne de tous ceux qui persévèrent dans la dévotion à la Mère de Dieu, car elle obtient aux pécheurs un véritable repentir avant la mort.» Cfjapelet perbu et retrouvé ¦)NE belle matinée du mois d\u2019août.Le ciel est sans nuages, une brise légère se joue à travers les arbres et doucement incline leurs branches.Les oiseaux gazouillent et semblent pleinement jouir de la splendide saison d\u2019été.Quelle invitation à quitter la ville pour une promenade, là-bas, au fond du bois, où il y a moelleux tapis de mousse et clair ruisseau, où tout chante l\u2019agrément et la fraîcheur! C\u2019est pour répondre à cette charmante invitation que deux jeunes gens s\u2019enfoncent gaiement dans la forêt, tout en y fredonnant un refrain populaire.Soudain, l\u2019un d\u2019eux s\u2019arrête et ramasse quelque chose à demi caché dans l\u2019herbe.\u2014 Un chapelet! s\u2019écrie-t-il avec mépris, et pas des plus élégants.Il est sur le point de le lancer dans les broussailles, lorsque son compagnon le lui arrache des mains.\u2014 Non, Arthur, ne fais pas cela.Donne-le-moi.Des années et des années ont passé depuis cette promenade dans une allée du bois.Nous rencontrons Charles, non plus en pleine excursion de vacances, mais dans un hôpital, exerçant son ministère au milieu des malades et des mourants, des malheureux et des fatigués de toutes sortes.Voyez-le dans la vaste salle, aller de lit en lit, s\u2019arrêter quelques instants près de la couche des malades, donnant une parole de consolation à ceux qui le reçoivent.Il s\u2019assied bientôt au chevet du lit d\u2019un malade.L\u2019homme se retourne, et, voyant le prêtre près de lui: \u2014 Vous encore ?dit-il avec impatience.\u2014 Oui, encore moi, répond Charles avec une grande affabilité.Comment êtes-vous aujourd\u2019hui ?\u2014 Pas mieux, et sans espoir de guérison; vous le savez bien.Ne pouvez-vous pas me laisser mourir en paix, sans toutes vos prières et vos sermons ?\u2014 Sûrement mes prières, répond le prêtre, ne peuvent vous nuire.Vous ne m\u2019entendez pas les dire.Quant aux sermons, vous ne me donnez pas la chance d\u2019en faire un, même si je le désirais.Il y eut un moment de silence; puis Charles continua avec la même paisible expression: \u2014 Allons-nous dire ensemble une dizaine de chapelet ?Cela ne vous fatiguera pas.\u2014 Ne me parlez pas de chapelet, reprend vivement le malade.Sans le chapelet, je ne serais pas ici aujourd\u2019hui; je lui dois tous mes malheurs.\u2014 Tous vos malheurs.à un chapelet ?Que voulez-vous dire ?\u2014 Écoutez, continue l\u2019autre.Il y a bien des années, j\u2019avais une grande dévotion au chapelet.Chaque soir, je le récitais avec mon père et ma mère.Mon père vint à mourir; et, comme bien d\u2019autres, je me mis à fréquenter de mauvais camarades; je ne tardai pas à abandonner toutes mes pratiques Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937\t2 65 de religion.Ma pauvre mère désolée essaya l\u2019impossible pour me ramener à de meilleurs sentiments; tout fut inutile.J\u2019allai de mal en pis, et je quittai mon village pour aller errer dans le monde.Au moment du départ, ma mère me donna sa bénédiction et mit un chapelet entre mes mains, me suppliant d\u2019en dire au moins une dizaine par jour.Pour me débarrasser de ses importunités, je lui promis, mais aussitôt que je la perdis de vue, je sortis le chapelet de ma poche, le jetai par terre et allai mon chemin! De ce jour, je ne connus plus de paix; rien ne me réussit, et me voici, jeune encore, au seuil de l\u2019éternité, et la malédiction me poursuit toujours, sans trêve ni merci.Les anneaux de ce chapelet ont formé une chaîne qui m\u2019entraîne aux derniers abîmes de l\u2019enfer! Non, jamais je n\u2019oublierai ce jour-là, s\u2019écria-t-il, frissonnant de terreur.Oh! le maudit jour que celui du 23 août 1867! C\u2019était dans le bois des Abelles, non loin de la ville de R.Ce fut pour le prêtre toute une révélation.Il avait, en effet, trouvé son petit chapelet à cette même date et à ce même endroit, son petit chapelet qu\u2019il gardait précieusement comme une relique et auquel il croyait devoir sa sainte vocation.\u2014 Moi aussi, dit-il vivement, j\u2019ai des raisons de me rappeler cette date et pour un chapelet! Oh! quel bonheur! Voyez plutôt, ajouta-t-il en montrant le chapelet: c\u2019est le vôtre, n\u2019est-ce pas?c\u2019est celui que vous donna votre pieuse mère au jour de votre départ ?Le pauvre malade, l\u2019œil hagard, les mains tremblantes, examina le chapelet: \u2014\u2022 Oui, c\u2019est bien le chapelet de ma mère, c\u2019est bien celui que j\u2019ai rejeté loin de moi dans la forêt des Abelles! Et de grosses larmes, brûlantes de regret, de repentir, tombèrent abondantes des yeux de cet homme.\u2014 Consolez-vous, mon ami, continua le prêtre.Dieu a mis votre chapelet sur ma route.Je lui dois ma vocation sacerdotale.Vous le voyez, la Sainte Vierge n\u2019a voulu ni perdre son bien, ni l\u2019enfant prodigue qui méprisait sa maternelle protection.Elle a choisi quelqu\u2019un qui sût garder ce chapelet que la bénédiction et les larmes d\u2019une mère avaient rendu d\u2019un prix inestimable.Aujourd\u2019hui, pour la première fois, je sais à qui je suis redevable de la faveur qui a apporté un si grand changement dans mon existence.Puis, plaçant le chapelet entre les mains du malade, Charles ajouta en souriant : \u2014 Vous savez que la restitution est pour tout homme un devoir sacré.Je vous rends donc votre bien, et il ne vous sera plus permis de dire que les anneaux du chapelet ont formé une chaîne qui vous a entraîné dans toute sorte de malheurs sur cette terre, et à votre perdition éternelle.Non, non, cher ami, car c\u2019est la Sainte Vierge qui vous tend la main pour vous élever vers le ciel ! Le prêtre se tut quelques minutes devant la trop forte émotion du malade, puis il reprit: \u2014 Chaque jour, j\u2019ai prié pour vous, propriétaire inconnu de ce chapelet, de notre chapelet, devrais-je plutôt dire.Dieu, dans sa bonté, m\u2019a 266 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937 accordé de trouver, contre toute espérance, son bien-aimé prodigue.Maintenant, mon ami, mon frère, couronnons la bonne œuvre que nous avons commencée ensemble, et, par la vertu du pouvoir que me donne mon ministère sacerdotal, laissez-moi vous débarrasser du fardeau qui alourdit votre âme et vous tient éloigné de votre Père céleste.Le malade prit affectueusement la main du prêtre, puis, le cœur contrit, il commença l\u2019humble confession de sa vie passée.L\u2019absolution lui rendit la paix de l\u2019âme et lui donna le gage de sa réconciliation avec Dieu qui l\u2019avait tant aimé.Le lendemain matin, le malade reçut son Sauveur dans la sainte communion.Des larmes de paix et de bonheur coulaient le long de ses joues décolorées.Il serrait entre ses mains le chapelet si providentiellement retrouvé.\u2014 Il me semble, dit-il au prêtre, que ce sont les mains de la Sainte Vierge que je presse entre les miennes; je sens qu\u2019elle m\u2019attire vers ce beau ciel que j\u2019ai failli perdre pour toujours! Je n\u2019ose regarder en arrière où tout me paraît si sombre ! Mais avec le secours de Marie, ma si miséricordieuse Mère céleste, je ne crains rien, car elle ne me laissera pas sombrer! Le soir même ce malade mourut sur son lit d\u2019hôpital, sans douleur, doucement, l\u2019air calme et heureux, tenant dévotement entre ses doigts le petit chapelet si miraculeusement retrouvé.Charles, le prêtre qui l\u2019avait assisté à ses derniers moments, le messager providentiel qui avait ramené la foi, l\u2019espérance du ciel dans son âme purifiée et repentante, s\u2019agenouilla devant la couche funèbre, et pria l\u2019ange gardien de cet enfant prodigue de l\u2019introduire dans le paradis, auprès de Marie, sa divine et si bonne mère.Oh! que Charles, devenu prêtre de Jésus-Christ, était heureux d\u2019avoir ramassé le petit chapelet trouvé dans l\u2019herbe du bois des Abelles! {Trésor d\u2019Histoires sur la Sainte Vierge) Il est impossible qu\u2019un serviteur de Marie périsse éternellement.Saint Bernard EO ^ OE Luminaire de la Sainte Vierge dans la chapelle des Soeurs Missionnaires de F Immaculée-Conception Pour répondre au désir de plusieurs personnes pieuses, dévouées à la Sainte Vierge, nous insérons ici le prix de lampions et de cierges que l\u2019on désirerait faire brûler au pied de la statue de Marie, dans notre modeste chapelle de la Maison Mère, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, Montréal, soit en action de grâces, soit pour obtenir quelque faveur de cette tendre Mère.[\t10 sous.Un lampion ou un cierge.j 75 sous pour une neuvaine.$20.00 pour une année entière. ILa â>ociété bes! iWisiîJionsi étranaèreô be la probince be (ISucbec fonbe une misiôion aux ^bilippin^si ETTE année 1937 fera époque pour la Société des Missions Êtran-jf 1=^' gères de la province de Québec.Jusqu\u2019à maintenant, nous n\u2019avions qu\u2019un vicariat, celui de Szepingkai, au Manchoukouo, et partir pour les missions cela signifiait invariablement partir pour Szepingkai.Désormais, il n\u2019en sera plus ainsi.Le 18 mai dernier, Rome détachait du vicariat de Szepingkai la partie qui lui avait été ajoutée en 1932 pour en faire la préfecture de Lintong.De plus, tout récemment, le 7 juin dernier, le Séminaire des Missions Étrangères acceptait comme nouvelle mission la province de Davao, au diocèse de Zamboanga, dans l\u2019île de Mindanao, aux Philippines, et décidait d\u2019y envoyer dès septembre prochain cinq de ses prêtres.Nous aurons donc désormais à répartir nos missionnaires entre trois territoires d\u2019apostolat: Szepingkai, Lintong et Davao.Ainsi, le 14 septembre prochain, dix de nos missionnaires quitteront ensemble Pont-Viau; le 18 septembre, ils prendront {\u2019Empress of Asia; mais pendant que MM.Laurent Beaudoin, Paul Guilbault, Alexandre Gauvreau, Eustache Dumais et Philippe Vincent quitteront ce vaisseau à Kobé, Japon, pour se rendre les trois premiers au vicariat de Szepingkai et les deux derniers à la préfecture de Lintong, MM.Clovis Rondeau, Clovis Thibault, Conrad Côté, Orner Leblanc et Léo Lamy continueront leur route sur le même navire jusqu\u2019à Manille où ils arriveront le 9 octobre, pour de là atteindre Davao à sept cents milles plus loin, à l\u2019extrémité sud des Philippines.Ce premier départ pour ce nouveau territoire est notre réponse aux sollicitations pressantes faites en novembre 1934 par l\u2019évêque de Zamboanga en personne, S.Exc.Mgr Luis Del Rosario, jésuite.Sa Sainteté Pie XI, S.Exc.Mgr Piani, délégué apostolique pour les Philippines, l\u2019ont facilité et hautement encouragé.Il a fait l\u2019objet des vœux du récent Congrès eucharistique de Manille auquel assistait S.Exc.Mgr J.-L.-A.Lapierre.qui, dans une lettre récente, se montrait très en faveur du projet.Alexandre Paradis, P.M.E.iSoubeau préfet apositolique Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, par la voix du Précurseur, sont heureuses d\u2019offrir leurs félicitations et leurs meilleurs vœux à Mgr Edgar Larochelle, P.M.E., récemment élevé par le Souverain Pontife, au poste de préfet apostolique de Lintong, Manchoukouo. ê>ou£( b\u2019autresi tieux Le 14 septembre prochain, la Maison Mère des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, à Outremont, sera témoin d\u2019un nouveau départ pour les pays d\u2019Orient.Sept religieuses diront adieu à leur oasis bénie, à leur vénérée Mère Fondatrice, à leurs Sœurs tendrement aimées, pour aller au loin faire connaître le nom de Dieu et de la Vierge Immaculée.Elles s\u2019arrêteront à leur maison de Vancouver, l\u2019hôpital oriental Saint-Joseph, où elles s\u2019adjoindront une compagne.Au nombre de huit, elles s\u2019embarqueront sur VEmpress of Asia, le 18 septembre, pour se diriger vers le Japon, les îles Philippines, la Chine ou le Manchoukouo.Aux nouvelles messagères du saint Évangile, souhaitons « bon voyage » et que nos prières les accompagnent, que notre dévouement, que nos aumônes leur viennent en aide dans leurs œuvres multiples! Si nous partageons leurs travaux, nous partagerons leurs mérites.« Celui qui aide l\u2019apôtre aura la récompense de l\u2019apôtre.» ^eure be prbe à la ê^amte ^(etge Le premier samedi de chaque mois, de 8 heures du matin à 6 heures du soir, une garde d\u2019honneur spéciale est faite au pied de l\u2019autel de la Sainte Vierge, dans la chapelle de la Maison Mère des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, 314, chemin Ste-Catherine, Outremont, Montréal.Toutes les personnes qui désirent prendre part à ce concert d\u2019amour, de reconnaissance, de réparation et de supplication sont les bienvenues.L\u2019unique condition est de choisir une heure à sa convenance et de venir la passer aux pieds de la Vierge Immaculée dont les mains pleines de grâces sont toujours prêtes à répandre ses bienfaits sur ses dévots serviteurs.Dans l\u2019après-midi, à 3 heures, a lieu une instruction sur les prérogatives de la Mère de Dieu, laquelle est suivie de la bénédiction du Saint Sacrement.;d 4 a= iLampion à perpétuité le premier ôamebl bu mois! Vous vous assurez un lampion à perpétuité, en versant la somme de vingt-quatre dollars, laquelle, placée à 5%, fournira annuellement le prix de douze lampions (un lampion coûtant dix sous) qui brûleront devant la statue de la Sainte Vierge, dans la chapelle des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont, toute la journée du premier samedi de chaque mois. Ha boix bu ^ape Encyclique Divini Redemptoris aux patriarches, primais, archevêques, évêques et autres Ordinaires en paix et communion avec le Siège apostolique, sur le communisme athée PIE XI, PAPE (Suite) Le libéralisme a frayé la voie au communisme 16.\tPour comprendre comment le communisme a réussi à se faire accepter sans examen par les masses ouvrières, il faut se rappeler que les travailleurs étaient déjà préparés à cette propagande par l\u2019abandon religieux et moral où ils furent laissés par l\u2019économie libérale.Le système des équipes de travail ne leur donnait même plus le temps d\u2019accomplir les devoirs religieux les plus importants, aux jours de fête; on ne s\u2019est pas mis en peine de construire des églises à proximité des usines ni de faciliter la tâche du prêtre; au contraire, on a favorisé le laïcisme et continué son œuvre: On recueille donc l\u2019héritage des erreurs tant de fois dénoncées par Nos prédécesseurs et par Nous-même; il n\u2019y a pas à s\u2019étonner qu\u2019en un monde déjà largement déchristianisé se propage l\u2019erreur communiste.Propagande insidieuse et étendue 17.\tDe plus, la diffusion si rapide des idées communistes, qui s\u2019infiltrent dans tous les pays grands et petits, civilisés ou moins développés, au point qu\u2019aucune partie du monde n\u2019y échappe, cette diffusion s\u2019explique par une propagande vraiment diabolique, telle que le monde n\u2019en a peut-être jamais vu: propagande dirigée par un centre unique et qui s\u2019adapte très habilement aux conditions des différents peuples; propagande qui dispose de grands moyens financiers, d\u2019organisations gigantesques, de congrès internationaux, de forces nombreuses et bien disciplinées; propagande qui se fait par des tracts et des revues, par le cinéma, le théâtre et la radio, dans les écoles et même dans les universités, qui envahit peu à peu tous les milieux même les meilleurs, si bien que le poison pénètre presque insensiblement et toujours davantage les esprits et les cœurs.Conjuration du silence dans la presse 18.\tUn troisième facteur contribue largement à la diffusion du communisme, c\u2019est la conjuration du silence dans une grande partie de la presse mondiale non catholique.Nous disons conjuration, car on ne saurait expliquer autrement le fait qu\u2019une presse aussi avide de commenter les menus incidents de la vie quotidienne ait pu si longtemps garder le silence au sujet des horreurs commises en Russie, au Mexique et dans une grande partie de l\u2019Espagne, qu\u2019elle parle relativement peu d\u2019une organisation mondiale aussi vaste que le communisme dirigé par Moscou.Cette conjuration est due en partie à des raisons inspirées par une politique à courte vue ; elle est 270 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937 favorisée par diverses organisations secrètes, qui depuis longtemps cherchent à détruire l\u2019ordre social chrétien.CONSÉQUENCES DOULOUREUSES Russie et Mexique 19.\tCependant les douloureux effets de cette propagande sont sous nos yeux.Là où le communisme a pu s\u2019affirmer et dominer \u2014 et ici Nous songeons avec une particulière affection paternelle aux peuples de la Russie et du Mexique, \u2014 il s\u2019est efforcé par tous les moyens de détruire (et il le proclame ouvertement) la civilisation et la religion chrétienne jusque dans leurs fondements, d\u2019en effacer tout souvenir du cœur des hommes, spécialement de la jeunesse.Évêques et prêtres ont été bannis, condamnés aux travaux forcés, fusillés et mis à mort de façon inhumaine ; de simples laïques, pour avoir défendu la religion, ont été suspectés, malmenés, poursuivis et traînés en prison et devant les tribunaux.Horreurs du communisme en Espagne 20.\tEt là où, comme en Notre chère Espagne, le fléau communiste n\u2019avait pas eu le temps encore de faire sentir tous les effets de ses théories, il s\u2019est déchaîné, hélas! avec une violence plus furieuse.Ce n\u2019est pas l\u2019une ou l\u2019autre église, tel ou tel couvent qu\u2019on a abattus, mais, quand ce fut possible, ce sont toutes les églises et tous les couvents et toute trace de la religion chrétienne qu\u2019on a voulu détruire, même quand il s\u2019agissait des monuments les plus remarquables de l\u2019art et de la science.La fureur communiste ne s\u2019est pas contentée de tuer des évêques et des milliers de prêtres, de religieux et de religieuses, s\u2019en prenant plus particulièrement à ceux et à celles qui justement s\u2019occupaient avec plus de zèle des ouvriers et des pauvres, mais elle fit un nombre beaucoup plus grand de victimes parmi les laïques de toute classe, qui, encore maintenant, chaque jour, peut-on dire, sont massacrés en masse pour le seul fait d\u2019être bons chrétiens ou du moins opposés à l\u2019athéisme communiste.Et cette épouvantable destruction est perpétrée avec une haine, une barbarie, une sauvagerie qu\u2019on n\u2019aurait pas crues possibles en notre temps.Aucun particulier de jugement sain, aucun homme d\u2019Êtat, conscient de sa responsabilité, ne peut, sans frémir d\u2019horreur, penser que les événements d\u2019Espagne pourraient se répéter demain en d\u2019autres nations civilisées.Fruits naturels du système 21.\tOr, on ne peut dire que de telles atrocités soient de ces phénomènes passagers qui accompagnent d\u2019ordinaire toute grande révolution, des excès isolés d\u2019exaspération comme il s\u2019en trouve dans toutes les guerres; non, ce sont les fruits naturels d\u2019un système qui est dépourvu de tout frein intérieur.Un frein est nécessaire à l\u2019homme pris individuellement comme à l\u2019homme vivant en société.Même les peuples barbares trouvèrent ce frein dans la loi naturelle gravée par Dieu dans l\u2019âme humaine.Et quand cette loi naturelle fut mieux observée, on vit des nations anciennes monter à un niveau de grandeur qui étonne encore, plus qu\u2019il ne conviendrait, des observateurs superficiels de l\u2019histoire.Mais lorsque du cœur des hommes l\u2019idée Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937\t271 même de Dieu s\u2019efface, leurs passions débridées les poussent à la barbarie la plus sauvage.Lutte contre tout ce qui est divin 22.\tC\u2019est, hélas! le spectacle qui s\u2019offre à nous: pour la première fois dans l\u2019histoire nous assistons à une lutte froidement voulue et savamment préparée de l\u2019homme contre « tout ce qui est divin M>.Le communisme est par sa nature antireligieux et considère la religion comme « l\u2019opium du peuple », parce que les principes religieux qui parlent de la vie d\u2019outretombe empêchent le prolétaire de poursuivre la réalisation du paradis soviétique, qui est de cette terre.Le terrorisme 23.\tMais on ne foule pas aux pieds impunément la loi naturelle et son Auteur: le communisme n\u2019a pu et ne pourra réaliser son but, pas même sur le plan purement économique.Il est vrai qu\u2019en Russie il a contribué à secouer hommes et choses d\u2019une longue et séculaire inertie et à obtenir par des moyens souvent sans scrupules quelque succès matériel; mais nous savons par des témoignages non suspects, dont certains sont récents, que de fait, ce qu\u2019il s\u2019était promis, il ne l\u2019a pas atteint; sans compter l\u2019esclavage que le terrorisme a imposé à des millions d\u2019hommes.Même sur le terrain économique, on ne peut se passer de la morale, du sentiment moral de la responsabilité, pour lequel il n\u2019y a pas de place dans un système aussi matérialiste que le communisme.Pour en tenir lieu, il n\u2019y a que le terrorisme, tel que précisément nous le voyons maintenant en Russie, où les anciens camarades de conspiration et de lutte se détruisent les uns les autres; un terrorisme qui, au demeurant, ne réussit pas à endiguer la corruption morale ni même à empêcher la désorganisation de la structure sociale.UNE PENSÉE PATERNELLE POUR LES PEUPLES OPPRIMÉS EN RUSSIE 24.\tEn parlant ainsi, Nous ne voulons aucunement condamner en masse les peuples de l\u2019Union Soviétique, auxquels Nous portons une affection paternelle.Nous savons que beaucoup d\u2019entre eux gémissent sous le joug qui leur est imposé de force par des hommes souvent étrangers aux véritables intérêts du pays, et Nous reconnaissons que beaucoup d\u2019autres ont été trompés par des espérances fallacieuses.Ce que Nous accusons, c\u2019est le système, ses auteurs et ses fauteurs, qui ont considéré la Russie comme un terrain plus propice pour faire l\u2019expérience d\u2019une théorie élaborée depuis des dizaines d\u2019années, et qui de là continuent à la propager dans le monde entier.III.\u2014 La lumineuse doctrine de REglise 25.\tAprès avoir exposé les erreurs et les moyens d\u2019action violents et trompeurs du communisme bolchevique et athée, il est temps désormais, vénérables Frères, de leur opposer brièvement la vraie notion de la « Cité humaine », de la Société humaine, telle que vous la connaissez, et telle que nous l\u2019enseignent la raison et la révélation par l\u2019intermédiaire de l\u2019Église magistra gentium.\u2014 (A suivre) 1.Cf.Il Thessal., II, 4. i I I Maison de retraites fermées des Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception « Béthanie ».Nominingue, comté de Labelle, P Q Pittanie i N haut de la colline, isolée du monde où l\u2019on s\u2019agite, une maison blanche dans un cadre de verdure.Une maison toute blanche, silencieuse et recueillie, dont le seul aspect est prometteur de joie et de sérénité.Vision de clarté sur un horizon merveilleux.Une croix qui protège, une Vierge qui veille: « Béthanie! » Maison du repos, nous dit l\u2019Écriture, parlant du petit bourg de Judée.Maison du repos.; maison de la paix, du bonheur, du pardon, ajoutent les privilégiées qui connaissent « Béthanie », la solitude accueillante où se dévouent à l\u2019œuvre des retraites fermées les Sœurs Missionnaires de l\u2019Imma-culée-Conception.Béthanie! nom qui évoque l\u2019intimité d\u2019un foyer où le Maître a souvent frappé.Nom qui rappelle les haltes bienfaisantes après les longues journées de travail évangélique.Béthanie.où plane toujours le souvenir de Marie-Madeleine.Pouvait-on mieux nommer maison de retraites fermées.?Il faut avoir goûté la solitude féconde de cette « Béthanie » des Lau-rentides, il faut avoir connu la quiétude heureuse qu\u2019on trouve sous son toit, pour savoir ce qu\u2019est la vraie joie.La joie pure et puissante qu\u2019on va chercher à la Source même.La joie pleine et ardente qui triomphe de toutes les lassitudes, qui renouvelle toutes les énergies, qui transforme toute une vie.La grande joie des certitudes que rien ne peut ébranler, des immolations qu\u2019on accepte sans bruit.Entrer à « Béthanie », c\u2019est pénétrer dans un havre de silence, de paix.Dans un sanctuaire privilégié où ne s\u2019introduisent pas les bruits et le vacarme, où ne sauraient nous atteindre les soucis journaliers, où ne pourraient nous rejoindre les inquiétudes et les tracas laissés sur le seuil. Montréal LE PRECURSEUR Septembre Octobre 1937\t273 L\u2019atmosphère de « Béthanie » est sereine et calme.Tout y respire la plus entière sécurité.Il semble qu\u2019entre ses murs le seul devoir soit celui d\u2019être heureux.Heureux d\u2019un bonheur que le monde ne connaît pas, qu\u2019il ne saurait donner.Heureux parce que se sont voilées toutes les lumières vacillantes qui parfois nous aveuglaient et que seule rayonne la Grande Lumière.Parce que se sont évanouis les bruits assourdissants, le tumulte des paroles inutiles et que seule résonne dans notre âme la Voix per sua vise du Maître.Heureux parce qu\u2019à côté de notre faiblesse impuissante.Dieu a mis sa force à Lui.Heureux parce qu\u2019il se révèle à nous, que Son amour illumine notre route, remplit notre cœur, le grandit, le transforme.Heureux parce qu\u2019il est tout près, qu\u2019il parle.et qu\u2019on l\u2019écoute.« Béthanie ».maison du repos.Puisses-tu rayonner toujours plus loin ton action bienfaisante, et ouvrir ta solitude à un nombre toujours plus grand de privilégiées! Une retraitante Effl 'ê> B - 3^itnx et reconnaisisiant s^oubenir Le R.P.Joseph-Alfred Roy, C.S.V., curé de la paroisse de Saint-Viateur d\u2019Outremont, est mort le samedi 19 juin, à l\u2019hôpital Notre-Dame.Il était âgé de 69 ans.Le R.P.Roy était né à Lauzon, comté de Lévis, le 14 juillet 1868.Il fit ses études primaires et commerciales au collège Saint-Joseph de Lauzon et il entra au noviciat des Clercs de Saint-Viateur à Joliette le 21 octobre 1884; il prononça ses premiers vœux le 31 juillet 1886 et ses vœux perpétuels le 31 juillet 1891.Il fut ordonné prêtre, à Montréal, par S.Exc.Mgr Bruchési, le 28 mai 1904.Le P.Roy enseigna à l\u2019École Saint-Louis de Montréal, à Vaudreuil, à Lanoraie et pendant près de dix ans à l\u2019Académie Saint-Jean-Baptiste de Montréal, puis à Saint-Remi et à Beauharnois.En 1900, il devenait directeur du juvénat des Saints-Anges, à Outremont, et en 1902, professeur de belles-lettres au Séminaire de Joliette.En 1908, il était nommé visiteur provincial, avec résidence à Outremont.Le l'\u201d' septembre 1914, il devenait vicaire à la paroisse de Saint-Viateur, dont il fut ensuite nommé curé le 9 mars 1930.Ses funérailles ont eu lieu à Saint-Viateur, le mardi 21 juin, puis ses restes mortels ont été transportés à Joliette où ils furent inhumés au cimetière de la communauté.Le regretté défunt fut un véritable pasteur d\u2019âmes, un modèle de charité et de dévouement, surtout auprès des affligés, des malades et des mourants.Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception gardent du bon Père un pieux et reconnaissant souvenir.Il s\u2019intéressa toujours à leur communauté, dont il vit les débuts et à laquelle il prodigua plus d\u2019une fois ses sages conseils et ses encouragements paternels. ^ers la reconnaisfôante Au sein de la nature, où toute chose attire, Charme les cœurs.Rien, non rien, semble-t-il, n'appelle le sourire Comme les fleurs.Blanc lis, joli muguet, gai lilas, fraîche rose.Plaisent aux yeux.Et jusqu\u2019au fond de l\u2019âme où le calme repose.Rendent joyeux.L\u2019aimable enfant se penche et sitôt fait cueillette Devant les fleurs; Le front chagrin sourit à leur grâce secrète.Sèche ses pleurs.Joyaux de l\u2019univers, si riche en sa nature.Si beau, si grand.Les fleurs, en vérité, forment de sa parure.Le complément.Quel charme de les voir aux versants des collines.Dans les jardins.Dans les bois, dans les prés, près des eaux cristallines Aux gais refrains! La beauté, les parfums de leurs tendres corolles.Font que, de plus.Elles sont à jamais les gracieux symboles De nos vertus.Car notre âme immortelle est aussi une terre.Où le Seigneur A jeté la semence, épanché la lumière Et la chaleur. A nous de cultiver, chacun pour sa personne, Tous les semis; La moisson de nos fleurs sera notre couronne Au paradis.Les fleurs de nos vertus, toutes dans leur essence.Plaisent à Dieu; Mais il y en a une à laquelle l'on pense Souvent trop peu.Le Seigneur la chérit, la bénit et l'admire Du haut des deux.Et là-haut, on la chante aux accords de la lyre.En chœurs nombreux.C\u2019est la reconnaissance, aimable et gracieuse.Au doux parfum; De joie et de sourire elle est toujours porteuse Envers chacun.Mais elle ne peut croître avec magnificence Et sûreté Qu'à l\u2019ombre de la foi, l\u2019amour et l\u2019espérance, La pureté.Cultivons donc en nous, avec soin et constance.Cette vertu; Pour le moindre bienfait, conservons souvenance Et cœur ému.Sachons remercier le bon Dieu, notre Père, A deux genoux; Du bien que nous a fait le prochain, notre frère.Souvenons-nous.Et nous irons un jour chanter reconnaissance Dans le beau ciel.Le front ceint de nos fleurs, en l\u2019auguste présence De r Éternel.Le Précurseur Jfais!ons;=nou£( bcs amtô UI n\u2019est avide d\u2019être aimé?.Qui est insensible à l\u2019affection d\u2019autrui?.Personne, assurément.Chacun est bien aise de se sentir aimé sincèrement.Et cependant, que de cœurs, ici-bas, sont sans aucun ami véritable.Pourquoi ?.Parce qu\u2019ils sont sans charité.Le cœur égoïste qui ne pense qu\u2019à soi, qui ne sait pas se priver joyeusement pour autrui, se dévouer, se donner, ne sait pas aimer ni se faire aimer.Par contre, que de cœurs égoïstes se flattent d\u2019avoir de nombreux amis, parce qu\u2019ils se créent beaucoup de relations pour des fins toutes matérielles, tout égoïstes, quelquefois même coupables; mais ces amis d\u2019apparat sont de ceux dont il est dit: « Aujourd\u2019hui ils sont pour vous, mais demain ils seront contre vous.» Et il en est ainsi de toutes les amitiés qui n\u2019ont pas leurs fondements plus haut que la terre.Mais l\u2019amitié qui repose en Dieu, qui est née de la charité survit au tombeau et exerce sa bienfaisance jusqu\u2019en la vie éternelle.« Employez, dit Notre-Seigneur Jésus-Christ, les richesses d\u2019iniquité à vous faire des amis qui vous reçoivent dans les tabernacles éternels.» Ces amis seront les pauvres que nous aurons, ici-bas, secourus, nourris, vêtus, hospitalisés; les malades que nous aurons assistés; les affligés que nous aurons consolés; ce seront aussi les âmes que nous aurons sauvées par les œuvres de miséricorde spirituelle.Ces véritables amis, après nous avoir aimés sincèrement sur la terre, béni notre nom et prié pour nous, seront nos avocats auprès du juste Juge quand, au terme de notre vie, nous comparaîtrons en sa divine présence.Alors Notre-Seigneur, qui regarde comme fait à lui-même tout le bien, si minime soit-il, même le don d\u2019un verre d\u2019eau froide, que nous faisons aux pauvres, aux malheureux, nous dira selon sa promesse, en nous ouvrant les bras: « Venez, les bénis de mon Père, j\u2019ai eu faim et vous m\u2019avez donné à manger, j\u2019étais nu et vous m\u2019avez vêtu, j\u2019étais sans asile et vous m\u2019avez secouru, j\u2019étais malade et vous m\u2019avez visité.Venez prendre possession du royaume qui vous a été préparé.» HOMMAGE DE GRATITUDE Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, par la voix du Précurseur, expriment leur vive gratitude à toutes les charitables ouvrières des divers cercles de couture qui les font bénéficier des fruits de leurs labeurs pour les orphelins et les œuvres qui leur sont confiés dans leurs lointaines missions.Cette lingerie, soigneusement emballée, sera emportée par les nouvelles missionnaires qui partiront le 14 septembre pour la Chine, le Manchoukouo et les îles Philippines.Elle ira là-bas faire des heureux et des amis.Des heureux, parce qu\u2019elle soulagera bien des misères, des amis parce que les missionnaires apprennent à leurs protégés à aimer leurs bienfaiteurs d\u2019outremer et à prier chaque jour pour eux. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937\t277 Merci bien reconnaissant à toutes les dames et jeunes filles qui se dévouent à ce bienfaisant apostolat.CORDIALE INVITATION Avec les mois de septembre et octobre, les agréables réunions hebdomadaires, interrompues à l\u2019époque des vacances, reprendront leur cours.Bienvenue aux anciennes ouvrières, bienvenue aussi aux nouvelles qui désireraient y consacrer leurs loisirs.Pour toute information au sujet de ces réunions charitables chez les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, s\u2019adresser à l\u2019un ou l\u2019autre des endroits ci-dessous : 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont 4, rue Simard, Québec 61, rue Jacques-Cartier, Chicoutimi 100, rue Saint-Louis, Joliette Rue Saint-Jean-Baptiste, Rimouski 466, rue Bonaventure, Les Trois-Rivières 35, rue Dufferin, Granby 279, rue Principale, Granby 430, rue Champlain, Saint-Jean ECHO DES TROIS-RIVIERES Les 26 et 27 mai dernier avait lieu, à notre couvent des Trois-Rivières, l\u2019exposition des ouvrages faits au cours de l\u2019année par les dévouées dames et demoiselles de notre ouvroir pour les Missions.Le divin Maître a sans doute des trésors de grâces en réserve pour ces généreuses bienfaitrices qui, cette année surtout, se surpassèrent en zèle et en ardeur pour soulager par leur travail le plus grand nombre possible de pauvres délaissés.L\u2019une d\u2019elles surtout, outre quantité de morceaux faits aux réunions de l\u2019ouvroir auxquelles elle était bien fidèle, réussit, au moyen de mille industries, à offrir quatre cents autres morceaux de lingerie de toutes sortes: gilets, bas, robes, tabliers, manteaux, couvre-pieds, etc., etc., confectionnés soit par elle, soit par quelques dames amies, heureuses de participer à son généreux dévouement.A d\u2019autres ne sachant pas coudre, elle sollicitait une aumône: dix sous, vingt-cinq sous pour l\u2019achat de matériel, laine, fil, etc.Le bon Dieu doit regarder avec complaisance ces âmes dévouées qui, leurs devoirs de vie familiale remplis, consacrent leurs talents et tous leurs moments libres au salut des enfants païens.Car si ces ouvrières de la charité n\u2019ont pas comme les missionnaires le bonheur de moissonner sur le champ lointain des missions, à elles revient l\u2019honneur de leur fournir ces moyens puissants qui les aideront à conquérir plus sûrement les âmes.A elles aussi revient cette assertion: « Celui qui aide l\u2019apôtre a droit à la récompense de l\u2019apôtre.» C\u2019est avec une vive reconnaissance que nous les remercions de leur bienveillante collaboration à nos œuvres missionnaires et les prions de vouloir bien continuer à nous prêter leur précieux concours pour attirer toujours plus d\u2019âmes dans la voie du céleste bonheur. He ^ère Bamien Apôtre des lépreux de Molokaï par Mme Augustus Craven née La Ferronays (Suite) VII Je n\u2019ai point eü, dans ces pages, la prétention d\u2019écrire la vie du Père Damien.Son nom vivra dans l\u2019Église, et des mains plus habiles que la mienne lui tresseront une bien autr-e couronne! Ce que j\u2019ai tenu surtout à signaler, c\u2019est la beauté d\u2019une âme et d\u2019une vie rayonnant, sans le savoir, si loin du lieu où elles avaient voulu se cacher.C\u2019est cet ensemble de qualités humaines et surhumaines qui donnèrent au plus humble des hommes la rare puissance d\u2019attirer à lui ceux qui ne l\u2019avaient jamais approché, et d\u2019élever au-dessus d\u2019eux-mêmes les esprits et les cœurs! M.Edward Clifford, dont on a lu le nom dans la lettre de M.Chapman citée plus haut, est un artiste distingué et connu, possédant un grand talent et, ce qui est plus rare que le talent, la faculté d\u2019éprouver pour la beauté morale plus d\u2019enthousiasme encore que pour toute la beauté de la nature et des arts.En apprenant ce que l\u2019amour de Dieu et des hommes avait su inspirer à un pauvre missionnaire, il se sentit, quoique protestant, pénétré de la même admiration que son ami le recteur de Saint-Luc et, comme lui, il éprouva le plus vif désir de connaître le Père Damien.D\u2019impérieux devoirs empêchaient le recteur de céder à ce désir; mais quant à M.Clifford il n\u2019avait à quitter que ses intérêts, que ses occupations, que ses affaires, que ses plaisirs, que tout ce qui empêche enfin tant de gens de faire tant de choses moins difficiles.Il mit tout cela de côté sans hésiter et annonça qu\u2019il partait pour les îles Sandwich.Alors une foule de personnes vinrent lui apporter les objets de toute nature destinés à être remis entre les mains du missionnaire, et distribués par lui, selon son gré.Chargé de ces témoignages d\u2019intérêt universel et, de plus, porteur d\u2019une huile, à laquelle il croyait une puissance de soulagement efficace pour les lépreux, M.Clifford s\u2019embarqua à la fin de novembre 1888 pour Honolulu, et de là pour Molokaï, où il fut bientôt en présence de celui dont il était venu, de si loin, contempler les traits et vénérer la sainteté.Voici quelques passages d\u2019une lettre inédite de M.Clifford, datée de Molokaï, le 26 janvier 1889.On y trouve, prises sur le fait, les impressions imprévues, nouvelles et mélangées qui s\u2019y succédèrent pour lui.«.Cette île est étrange!.Elle est belle dans la vie de ses saints comme dans ses vallées et ses montagnes.Elle est terrible dans ses volcans et ses abîmes mystérieux! L\u2019air est doux et délicieux, la mer d\u2019un bleu de saphir.Les pauvres lépreux semblent singulièrement heureux; tout ici est nouveau et étrange pour moi.Je me représentais ce lieu comme une sorte d\u2019enfer et, en vérité, à beaucoup d\u2019égards, il en est ainsi, et pourtant je me demande parfois s\u2019il n\u2019y a pas ici des jouissances qui n\u2019existent pas ailleurs.Il est positif que les lépreux ne désireraient pas être guéris, si la condition en était pour eux de quitter Molokaï.Leurs souffrances ne sont pas toujours très grandes et leur vie est facile, et néanmoins.rien n\u2019est plus horrible!. Montréal LE PRÉCURSEUR Septembre-Octobre 1937\t2 79 « Le Père Damien est tout ce que je m\u2019étais imaginé! C\u2019est un homme aussi facile à aimer qu\u2019à vénérer, il n\u2019a pas l\u2019ombre d\u2019idée qu\u2019il soit un martyr et un saint, jamais on n\u2019a vu une pareille insouciance de soi-même; heureux, enjoué, affectueux, simple, le plus rude et habile travailleur, charpentier, excellent maçon, organisateur, comptable!.La lèpre l\u2019a déjà, hélas! profondément marqué, mais il me semble que l\u2019huile lui a fait déjà quelque bien et que l\u2019enflure de son front a un peu diminué.Il a moins d\u2019oppression la nuit, dit-il.Que Dieu en soit loué!.Mais c\u2019est un remède dont les pauvres lépreux consentiront difficilement à se servir.Le Père Damien est maintenant assisté par deux prêtres de son ordre et trois Sœurs.» Après quelques jours, il ajoute à sa lettre les lignes suivantes: « Je me sens heureux, parce qu\u2019il me semble que le Père Damien va mieux.Dimanche, il a pu chanter à la messe, ce qui ne lui était pas arrivé depuis plusieurs mois.Il a toujours l\u2019air réellement heureux, et cependant on a peine à se représenter ce que doit être pour le cœur et pour les nerfs ce contact permanent avec cette épouvantable maladie et, avec cela, travailler comme il le fait de toutes les manières, infatigablement!!! » Les notes que nous ajouterons plus loin à ce qui précède furent publiées par M.Clifford à son retour.Elles ajoutent à ce tableau plus d\u2019un trait intéressant, et font mieux ressortir encore la simplicité surprenante qui caractérisait le P.Damien.Pour le soulagement de ses lépreux, il acceptait avec gratitude les preuves de sympathie qui lui parvenaient de si loin, mais pour lui-même, non seulement il ne les désirait pas, mais il était beaucoup plutôt tenté de les regretter.Il est impossible de jamais apercevoir dans ses lettres un sentiment personnel.Dans une lettre à sa mère, datée de 1876, lorsque sa réputation n\u2019était pas cependant encore ce qu\u2019elle devint plus tard, on lit ce passage: « Ma bien chère mère et mes frères, excusez-moi de n\u2019avoir pas répondu à vos lettres du 10 mai.La cause de ce retard a été que, chaque jour, j\u2019espérais avoir des nouvelles de Pamphile; mais aussi parce que j\u2019avais été contrarié de trouver que ma dernière lettre à vous avait été insérée dans les Annales.Une fois pour toutes, laissez-moi vous dire que je n\u2019aime pas cela du tout.Je veux demeurer inconnu au monde, et maintenant voilà qu\u2019à cause de ces lettres on parle de moi de plusieurs côtés, et même en Amérique.» On comprend pourtant que la mère d\u2019un tel fils fût tentée de se consoler de son absence en parlant de lui! Cette consolation, son autre fils, le P.Pamphile, la partageait avec elle.Privé de la joie qu\u2019il avait ambitionnée de servir Dieu dans les missions lointaines, fixé sans en avoir jamais bougé dans son monastère de Louvain, il suivait avec une joie généreuse l\u2019apostolat de son frère et bénissait la Providence qui lui avait donné un pareil remplaçant.Tous, dans cette famille, semblaient posséder le même courageux oubli d\u2019eux-mêmes.Toutefois, lorsque la pauvre mère apprit que son héroïque enfant était enfin atteint du mal horrible qui l\u2019avait si longtemps épargné, son cœur se brisa et elle mourut avant lui.Ce fut ici-bas une dernière épreuve pour le P.Damien, mais aussi une joie de plus ajoutée à celles que lui promettait la mort!. 280 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937 Voici quelques extraits des notes de M.Clifford pendant son séjour à Molokaï: « Lorsque le médecin reconnut en lui les premiers symptômes de la lèpre, il hésitait à le lui dire, il craignait de lui causer une pénible émotion, mais il ne lui en causa aucune.« \u2014 Je m\u2019y suis toujours attendu, répondit-il, et depuis quelque temps j\u2019en étais sûr.« Et il continua à travailler avec le même joyeux courage en acceptant sans hésitation et sans murmure la volonté de Dieu.« Il me répéta plusieurs fois qu\u2019il n\u2019accepterait pas d\u2019être guéri, s\u2019il lui fallait ensuite quitter l\u2019île et renoncer à ses travaux.« Parmi plusieurs lettres, j\u2019en lus une un jour devant lui d\u2019une dame qui écrivait « qu\u2019ayant quitté toutes les choses de ce monde pour servir Dieu « et son prochain, elle pensait que le P.Damien devait maintenant posséder « une joie que rien ne pouvait lui ravir ».« \u2014 En effet, me dit-il avec un tranquille sourire, je la possède, cette joie, cela est vrai.« .Pendant que je faisais son portrait, il lisait, et, de temps en temps, s\u2019arrêtait pour écouter une hymne que l\u2019on chantait près de nous, ^n regard avait alors une expression d\u2019une singulière douceur.« Lorsque mon dessin fut fini, il le regarda pendant quelques instants un peu tristement; « \u2014 Quelle laideur! dit-il.Je ne savais pas que le mal avait déjà fait autant de progrès.» Les miroirs, on le pense bien, sont rares à Molokaï.Il est impossible d\u2019apercevoir en lui la moindre attitude qui puisse faire supposer qu\u2019il s\u2019imagine être un martyr, un héros ou un saint.Évidemment, il croit n\u2019être rien de tout cela.« Pendant mon séjour à Molokaï, j\u2019habitais la maison réservée aux étrangers.Le P.Damien ne voulut jamais y entrer, de peur d\u2019y apporter la contagion.Mais il s\u2019asseyait le soir, en plein air, au bas des marches de la véranda, et là il causait volontiers et longtemps avec moi, avec son agrément, sa simplicité et son enjouement ordinaires, tandis que les étoiles étaient brillantes au-dessus de nos têtes, et la vallée tout entière baignée dans la clarté dorée de la lune.« Cette île est cependant parfois bouleversée par de terribles tempêtes; et parfois aussi balayée par un vent furieux, le ciel demeurant néanmoins brillant de soleil ou étincelant d\u2019étoiles.» « Le P.Damien, ainsi que les deux Pères qui maintenant le secondent, vivent avec tous ces pauvres lépreux dans les termes les plus intimes et les plus affectueux.Ils sont ainsi avec eux dans un contact perpétuel, et non seulement ils les soignent jusqu\u2019à la fin, mais, comme le fit souvent le P.Damien, ils les ensevelissent et les enterrent de leurs mains.Il n\u2019est pas possible, humainement, pour eux, de ne pas être, un jour ou l\u2019autre, atteints par la contagion.(yl suivre) (Quelques; xoètè effeuillées par la patronne Des! misifiiionnairesiî.« Quand je serai au ciel, ô Jésus, vous remplirez mes mains de roses et j'effeuillerai ces roses sur la terre.» Ste Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus Vive reconnaissance envers sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour faveurs reçues.Je sollicite de nouveau son intercession pour obtenir une guérison et une conversion qui me tiennent à cœur.Mme A.Boily, Longue-Pointe.\u2014 Veuillez publier ma vive gratitude envers sainte Thérèse de Lisieux pour la guérison de ma petite fille.Mme E.S., Montréal.\u2014 La chère Patronne des missionnaires m\u2019a obtenu la guérison demandée, qu\u2019elle en soit mille fois bénie! Mme A.D., Sorel.\u2014 Hommage de reconnaissance envers la petite « Fleur du Carmel » pour faveur reçue.Mme A.-L.B., Outremont.\u2014 Je m\u2019acquitte d\u2019une dette de reconnaissance envers sainte Thérèse et lui demande ma guérison parfaite.G.Giguère, Longue-Pointe.\u2014Remerciements à sainte Thérèse pour faveur obtenue.Mme P.Lamarche, Thetford.\u2014 Sincères remerciements à la petite « Fleur du Carmel » pour grâces reçues par son intermédiaire.Mme E.T.L\u2019Islet.\u2014 Vive reconnaissance à la Patronne des Missionnaires pour faveur obtenue.Je la supplie de faire trouver des positions à mes deux fils.Mme A.R., Louiseville.\u2014 Sainte Thérèse a exaucé mes prières, veuillez la remercier avec moi.Mlle M.B., St-Roch-de-l\u2019Achigan.\u2014 Je désire remercier l\u2019aimable sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus d\u2019une très grande faveur obtenue par son intercession.Mlle E.Bouchard, Brownsburg.\u2014 J\u2019accomplis ma promesse en l\u2019honneur de sainte Thérèse de Lisieux, en remerciement d\u2019une faveur obtenue.Mme J.B., Stafford Springs, Conn.\u2014 Action de grâces en l\u2019honneur de la petite « Fleur du Carmel » pour bienfaits reçus.J.-A.G., Williamstown, Mass.\u2014 Sainte Thérèse de Lisieux m\u2019a obtenu ce que je lui avais demandé, je l\u2019en remercie sincèrement et la conjure de me faire sentir de nouveau sa protection en m\u2019obtenant ma guérison.L.V., Thetford.\u2014 Grand merci à la Patronne des missionnaires.Mlle R.C.Ste-Madeleine de St-Hyacinthe.\u2014 Reconnaissance à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour faveur obtenue.Mme A.C., Rosemont.\u2014 Grand merci à la chère « Semeuse de roses » pour bienfait reçu par son entremise.L.H., Keene, N.-H.\u2014 Hommage de gratitude envers sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour guérison obtenue après promesse de publication.Mme Ludger Désilets, St-Sylvère.\u2014 Sincères remerciements à la chère Semeuse de roses pour bienfait reçu.Une abonnée, St-Remi.\u2014 Ma vive reconnaissance à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour une faveur obtenue par mon fils.Mme A.-G.R., Montréal.Offrande pour la Bourse Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus Nous recevons avec reconnaissance toute offrande, faite en action de grâces pour faveurs obtenues ou demandes de nouveaux bienfaits, pour la formation d\u2019une nouvelle Bourse en l\u2019honneur de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Daigne la « Patronne des missionnaires » inspirer à des âmes généreuses la pensée d\u2019adopter une missionnaire, et, en retour, faire tomber sur elles une pluie de roses! En septembre-octobre 1935.$ 29.50 En novembre-décembre\t» .7.00 Année 1936.417.47 En janvier-février 1937.162.80 En mars-avril 1937.$ 4.50 En mai-juin\t» .48.10 En juillet-août » .29.75 J VISITE DE S.EXC.MGR ZANIN, DÉLÉGUÉ APOSTOLIQUE EN CHINE,  L\u2019ÉCOLE DU SAINT-ESPRIT, CANTON, CHINE De gauche à droite; Les RR.PP.Narbaïs, Veyres, Favreau; LL.EE.NN.SS.Yu Pin, de Nankin; Ford, vicaire apostolique de Yeung Chow; VoGEL, de Swatow; Carlos, vicaire apostolique de Lanlong; Fourquet, évêque de Canton; Zanin, délégué apostolique en Chine; Nunes, évêque de Macao; Valtorta, vicaire apostolique de Hong Kong; Albouy, de Nanning; de Jonche, de Yunanfu; Penicaud, de Pakhoï; Canezei, salésien, de Shui Chow; Yeung, auxiliaire de Canton; debout: le R.P.Fabre, Mgr Juliotte, préfet apostolique de Haïnam, et le R.P.Jarreau.En avant; Les membres de l\u2019orchestre en costumes de pages et les personnages allégoriques du dialogue.En arrière: Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception avec leurs élèves et leurs orphelines. Echos oe Mos MissioinS' CHINE Visite de S.Exc.Mgr Zanin, délégué apostolique en Chine, à notre Ecole du Saint-Esprit de Canton, Chine Le 22 janvier dernier, notre Maison était en liesse: nous avions l\u2019insigne honneur de recevoir S.Exc.Mgr Marius Zanin, délégué apostolique en Chine.Une semaine d\u2019Action catholique a réuni à Canton, sous la présidence de l\u2019illustre représentant du Saint-Siège, un nombre imposant de prélats et de dignitaires ecclésiastiques de plusieurs provinces.Son Excellence fit son entrée dans la salle de réception de notre École du Saint-Esprit après avoir traversé les rangs des Sœurs alignées dans le corridor et leur avoir donné une paternelle bénédiction et son anneau à baiser.Elle alla prendre place sur l\u2019estrade dans le fauteuil d\u2019honneur, tandis que se groupaient à ses côtés douze évêques et plusieurs prêtres dont voici les noms: LL.EE.NN.SS.Nunes, évêque de Macao; Fourquet, évêque de Canton; Carlos, vicaire apostolique de Lanlong; Yeung, évêque auxiliaire de Canton; Albouy, vicaire apostolique de Nanning; Valtorta, vicaire apostolique de Hong Kong; Pénicaud, vicaire apostolique de Pakhoi; Canezei, vicaire apostolique de Shui Chow; Ford, vicaire apostolique de Yeung Chow; de Jonghe, vicaire apostolique de Yunnanfou; Vogel, vicaire apostolique de Swatow; Yu Pin, évêque de Nankin; Mgr Meyer, préfet apostolique de Ping Nam; Mgr Juliotte, préfet apostolique de Haïnam; les RR.PP.Jarreau, Favreau, Fabre, Veyres, Narbaïs-Jauréguy, de la mission de Canton.Le spectacle de cette vénérable assemblée était vraiment impressionnant.Le fond de l\u2019estrade, décoré pour la circonstance, portait une élégante draperie d\u2019étoffe rouge.Des écussons disposés çà et là sur les murs parlaient de notre Immaculée Mère, de Rome et de la Chine.Après un duo, les élèves firent entendre un chant de bienvenue, puis l\u2019orchestre de l\u2019école rendit un morceau de son répertoire.Son Excellence approuva à maintes reprises et eut une parole d\u2019appréciation pour la petite qui remplissait le rôle de chef d\u2019orchestre.La musique, paraît-il, est l\u2019art de prédilection de Mgr Zanin.Entre les rangs des élèves, on vit alors s\u2019avancer deux personnages à costume différent: l\u2019un, vêtu de la robe nationale, représentait le peuple chinois; l\u2019autre, sous les plis du drapeau et déployant sur sa poitrine l\u2019étoile à douze pointes, personnifiait la Jeune Chine, pleine d\u2019élan et d\u2019idéal.Un dialogue palpitant d\u2019actualité s\u2019engagea entre eux.Le Peuple se plaignait: «Je souffre, disait-il, je ne suis pas heureux! \u2014 Mais, reprenait la Jeune L\u2019orchestre de l'École du Saint-Esprit avec sa directrice, Sœur Marie-Immaculée (Alice Vanchestein, de Saint-Michel de Napierville) Chine avec bonté, pourquoi parlez-vous ainsi ?Je comprends qu\u2019autrefois vous avez traversé des temps malheureux, votre existence était pénible, les impôts étaient considérables, les charges écrasantes, mais depuis mon avènement, n\u2019est-ce pas que les choses ont changé ?J\u2019ai réparti le travail plus uniformément, j\u2019ai aboli les fléaux de l\u2019esclavage et de l\u2019opium, j\u2019ai ouvert des routes, facilité le commerce, je n\u2019ai pas oublié votre avenir; pour cela j\u2019ai créé des centres d\u2019amusements et surtout j\u2019ai généralisé l\u2019éducation de vos fils et de vos filles.Et quoi encore?.N\u2019est-ce pas assez pour vous procurer le bonheur?\u2014 O cher pays, je sais tout cela, j\u2019apprécie les avantages que vous avez apportés à nos enfants, mais, j\u2019ose le dire, je ne suis pas, avec tout cela, vraiment heureux; le corps et l\u2019esprit bénéficient de tous ces avantages, mais il me manque encore quelque chose que je ne peux définir, quelque chose pour le plus intime de moi-même.» La Jeune Chine, vraiment bienveillante, cherchait ce qu\u2019elle pourrait faire de plus pour son Peuple, quand arriva auprès des deux interlocutrices un troisième personnage, de jaune et mauve vêtu, avec une large croix d\u2019étoffe dorée sur la poitrine.C\u2019était la Religion, qui, ayant entendu le dialogue, s\u2019avançait pour s\u2019informer de la cause de la tristesse du Peuple et lui déclarer qu\u2019elle possédait pour lui le secret du bonheur.Immédiatement la Jeune Chine la conjura de lui faire connaître ce secret et, d\u2019abord, de lui dire son nom.(( Je me nomme Religion Catholique, répondit-elle, mes lois et mes bienfaits peuvent assouvir la soif de l\u2019Humanité pour le vrai bonheur.Le Pape, mon Chef, que S.Exc.Mgr le délégué apostolique représente aujourd\u2019hui sous ce toit, est le dispensateur de mes biens.» Sur ce, la Jeune Chine assura qu\u2019elle avait tant à cœur le réconfort et le bonheur du Peuple qu\u2019elle se faisait une joie d\u2019accueillir la Religion.En signe de parfaite sincérité, elle s\u2019avança vers le prince de l\u2019Église et, s\u2019agenouillant à ses pieds, baisa Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937\t2 85 avec respect son anneau pastoral.Son Excellence bénit la Jeune Chine et s\u2019informa si cette élève était chrétienne.« Non, pas encore, répondit Sœur Supérieure, mais elle le sera bientôt.» Se tournant alors vers l\u2019élève qui représentait la Religion: « Celle-ci, dit Son Excellence, est catholique, je la reconnais.» (Cette jeune fille était catéchumène lors de la première visite de Mgr Zanin à Canton.) Pour elle aussi.Monseigneur eut une bénédiction toute particulière.Le groupe s\u2019étant retiré, l\u2019orchestre fit entendre un nouveau morceau, puis la Jeune Chine revint, accompagnée d\u2019une élève et d\u2019une orpheline, lire une adresse et offrir une corbeille de fleurs.Son Excellence parla ensuite en latin, un latin de cristal, que Mgr Yeung, auxiliaire de Canton, traduisit en chinois.Obéir et travailler résument les précieuses paroles du bon délégué.Un chœur nombreux entonna alors solennellement et très pieusement le Pater en chinois et une dernière bénédiction descendit sur l\u2019assistance.Nos distingués visiteurs parcoururent les différentes pièces où avaient été exposés les travaux des élèves et des orphelines.Dans le département de ces dernières se trouvait, entre autres choses, une bannière de la Sainte Vierge dont Son Excellence admira attentivement la broderie et le tissu.Sœur Supérieure lui exprima son désir de la présenter à sa bénédiction et, en bon père, il y acquiesça incontinent; la cérémonie fut remise au lendemain matin.Avant son départ, la digne assemblée réunie au jardin voulut bien nous laisser un souvenir de ce jour mémorable en posant devant l\u2019appareil photographique.Sœur Marie-de-Loyola, M.I.C.(Orphise Boulay, de Coaticook), Sœur Marie-Célina (Gracia Blanchette, de Drummondville) et les nouveaux baptisés de la Pentecôte 1937 286 Montréal LE PRÉCURSEUR Septembre-Octobre 1937 Extraits de lettres de Sœur Claire-de-Jésus, Missionnaire de rimmaculée-Conception, hospitalière à la léproserie de Shek Lung, à sa Supérieure générale Le 13 avril 1937, nous recevions de Hong Kong un contingent de vingt-cinq malades.Trois cent soixante-cinq jours par année, un problème se pose devant l\u2019esprit de ceux qui tiennent lieu de père et mère à la grande famille habitant l\u2019île de Shek Lung: procurer quotidiennement une livre de riz, du poisson salé et des légumes, à plus de sept cents malades.Le riz se vend treize sous la livre et le sel, le gros sel, quarante sous.On ne peut en donner qu\u2019une pincée par-ci par-là; les Chinois ont un goût marqué pour le sel.Que l\u2019on calcule la somme requise chaque année pour nourrir, vêtir et donner les soins médicaux à cette population! Le concours est ouvert à toute âme généreuse qui se sent capable de résoudre le problème en tout ou en partie.La prime., elle est dans l\u2019Évangile; « Un verre d\u2019eau donné en mon Nom ne restera pas sans récompense.» En la fête du Patronage de saint Joseph, qui est la fête patronale du R.P.Marsigny, directeur, et celle de notre lazaret, dix-huit lépreux arrivés l\u2019an dernier, six femmes et douze hommes, ont été baptisés.Au nombre de ces derniers se trouvait un protestant, ministre ou catéchiste.Son premier soin, après son admission à la Léproserie, fut de se faire des adeptes.Son zèle, par trop intensif, finit par nous ouvrir les yeux.Nous l\u2019avons averti que cela n\u2019était pas permis ici ; il se hâta de faire des excuses et promit non seulement de ne pas recommencer, mais de se mettre lui-même à l\u2019étude de la doctrine catholique, ce qu\u2019il fit et d\u2019une manière très édifiante.Il a pris au baptême le nom de Paul et veut marcher sur les traces de son illustre patron.Une païenne, le lendemain de son admission, nous dit avec conviction: « Heureusement que j\u2019ai cette maladie, car je n\u2019aurais jamais connu le bon Dieu.» Nous entendons parfois semblables réflexions tomber de la bouche de quelques-unes de nos malades, mais pas avant plusieurs années d\u2019étude de la doctrine; la lèpre inspirant tant d\u2019horreur, il faut une foi bien trempée pour faire accepter l\u2019humiliation avec une telle joyeuse résignation.Le mari de cette patiente étant venu la voir, elle conseilla à son pauvre défunt, comme disent certaines de nos bonnes vieilles, de se chercher une autre compagne pour finir sa course, car elle ne voulait plus partir d\u2019ici.Mais Sœur Saint-Raphaël (Malvina Biron, de Coteau Landing), hospitalière À la Léproserie DE Shek Lung, œNDuiSANT un pauvre malade en chaise roulante Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937\t2 87 le fidèle compagnon ne l\u2019entendit pas ainsi; « Je n\u2019en veux pas d\u2019autre que toi, tu vas guérir et je reviendrai te chercher.» Nos nouveaux et nos anciens patients ont un zèle à toute épreuve pour prendre des injections d\u2019huile de chaulmoogra; une moyenne de cent vingt femmes et de cent quatre-vingts hommes reçoivent de ces piqûres deux fois par semaine; nous en sommes rendues à acheter cette huile par trois cents livres à la fois.Ce traitement fait beaucoup de bien aux malades; de tous ceux qui l\u2019ont suivi depuis quatre ans, il n\u2019y a qu\u2019un jeune homme de décédé.Avant que nous donnions ces injections, la majorité des patients avaient des ulcères qui causaient une indicible répulsion même à ceux qui habituellement vivaient en contact avec eux.Il est à espérer qu\u2019avec les découvertes de la science la lèpre pourra se guérir comme tous les autres maux.Le docteur Wellington, de Hong Kong, et son épouse.Anglaise convertie, avant leur départ pour l\u2019Angleterre, où ils se rendent en passant par le Canada, ont visité chacune des chambres de nos pauvres malades et leur ont témoigné une touchante sympathie.Le docteur a été tout étonné de l\u2019amélioration produite dans l\u2019état de santé de la majorité des lépreux depuis sa dernière visite.Il déplore qu\u2019il n\u2019y ait pas de médecin qui fasse un rapport de temps en temps sur les résultats obtenus avec les injections.Vers la fin d\u2019avril, la canonnière française l\u2019Argus, qui est venue visiter Shek Lung l\u2019an dernier, a fait cette année le même honneur à notre île.M.le commandant nous a rendu, ainsi qu\u2019à nos Sœurs de Canton, des services inappréciables; par reconnaissance, nous lui avons envoyé une gerbe de fleurs de notre jardin dans laquelle les lis dominaient.Lorsqu\u2019elle fut apportée, presque tout l\u2019équipage vint l\u2019admirer et le commandant de dire: « Les magnifiques lis! Notre belle fleur de France! » Ce charitable Français nous a fait sa visite d\u2019adieu, car il doit retourner dans son pays pour ne plus revenir; c\u2019est à regret que nous voyons s\u2019éloigner ce dévoué bienfaiteur.Le 11 mai, notre famille s\u2019est encore augmentée de soixante malades, dont trois femmes et cinquante-sept hommes envoyés par le bureau d\u2019hygiène de Canton.Il est vrai que quelques-uns, particulièrement à cette époque de l\u2019année, quittent leur misérable dépouille pour aller, nous l\u2019espérons, revêtir la livrée des invités au banquet céleste, mais il n\u2019en reste pas moins vrai que nous devons trouver nourriture, vêtements et remèdes pour plus de sept cents indigents, avec une caisse vide assez souvent; les malades n\u2019ont cependant jamais manqué de riz.A ceux qui osent douter de la Providence, nous disons: « Venez à Shek Lung.» Le R.P.Marsigny, devant cette population toujours croissante, refuse parfois d\u2019accepter de nouveaux patients.Si quelqu\u2019un plaide la cause des nouveaux venus, le Père, pas fâché de s\u2019être laissé gagner, dit: « Bien, soit pour cette fois, mais qu\u2019on n\u2019y revienne pas, je n\u2019en accepte aucun de plus.» A la première occasion, il faut voir comme le charitable Père se laisse de nouveau bel et bien gagner.Le 17 mai, nous avons assisté à la bénédiction de la nouvelle chapelle de Seumg Ping, par S.Exc.Mgr Fourquet, de Canton.La première petite église tombait en ruines, mangée par les fourmis blanches qui causent en Chine de véritables désastres en s\u2019attaquant sournoisement aux poutres des 288 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937 bâtiments.Bon nombre de chrétiens s\u2019étaient rendus à la gare où les visiteurs furent accueillis au son et sous les feux des pétards qui ne cessèrent d\u2019éclater pendant une vingtaine de minutes.Pour une circonstance si solennelle, tous avaient revêtu leurs plus beaux habits et de tous les petits groupes disséminés le long de la route nous arrivaient, au passage, de gracieux Tin Tsu po yao.Neuf missionnaires des postes voisins ont pris part à la fête.L\u2019un d\u2019entre eux, un vénérable prêtre chinois, âgé, paraît-il, de quatre-vingt-cinq ans, vient de fêter son jubilé d\u2019or et est encore chargé d\u2019un district.Après la fête religieuse, ce fut la mort au veau gras!!!.Tous les païens des villages environnants se sentirent attirés vers Seurng Ping: le veau ne suffisant pas, il fallut y ajouter le porc.Sachant comment la divine Providence se sert parfois des moyens les plus vulgaires pour attirer les âmes, le révérend Père répondit à ses chrétiens qui craignaient de dépenser trop: « Allez, donnez, donnez.» Ceux-ci ne se le firent pas dire deux fois.Après le festin, ce fut la bénédiction du Saint Sacrement, puis vint le moment du départ.La pluie qui avait tombé toute la journée ne nous ménagea pas à notre retour, il nous fallut marcher plusieurs arpents sous l\u2019averse et sur un petit sentier de terre glaise où nous ne pouvions pas mettre un pied en avant de l\u2019autre, mais un pied de travers à côté de l\u2019autre, sinon nous risquions de tomber dans le ruisseau assez profond qui borde le sentier.De fait, deux personnes qui se tenaient par le bras dégringolèrent en bas, mais nous avons eu garde d\u2019imiter la femme de Loth, nous allions droit notre chemin sans nous retourner.Nous sommes arrivées au couvent exténuées de fatigue, mais réjouies des espérances que donne l\u2019érection de ce nouveau temple pour la Mission de Seurng Ping.Sœur Claire-de-Jêsus, M.I.C.^ MANCHOUKOUO Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Szepingkai Jeudi 29 avril 1937 Mardi dernier, un télégramme de Linsi nous apprenait la mort de Han Maliya, professe de la communauté mandchoue de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire.Cette nouvelle stupéfia ses compagnes; c\u2019était la première fois que la mort passait dans leurs rangs.Han Maliya a une sœur cadette faisant partie de la même congrégation indigène.11 y a quelques semaines, toutes deux et quelques compagnes natives de Linsi entreprirent le voyage à leur village natal.Les parents de Han Maliya, croyant améliorer chez leur fille une santé un peu délabrée, lui firent prendre des médecines chinoises, qui, loin de lui faire le moindre bien, ne servirent qu\u2019à précipiter l\u2019heure fatale.Il ne lui fut pas même possible de revenir à son foyer religieux, elle 1.Exilda Côté, de Montréal. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937\t2 89 mourut à Linsi.Les Pères de la Mission l\u2019assistèrent dans ses derniers jours; si elle ne manqua pas de secours spirituels, elle souffrit néanmoins de mourir loin de ses compagnes et de son couvent.Ce matin, a lieu dans notre chapelle un service funèbre chanté par S.Exc.Mgr Lapierre.Comme à l\u2019occasion du décès de nos propres Sœurs, nous offrons une semaine de prières et bonnes œuvres pour le repos de l\u2019âme de la chère défunte.Han Maliya apporte au paradis, où nous aimons nous la représenter, les prémices de la petite congrégation mandchoue.Nous recevons un billet de banque portant les caractères de dix mille dollars chinois; c\u2019est une valeur fictive, car il ne vaut rien.A la mort d\u2019une personne, il est d\u2019usage chez les païens de brûler ces sortes de papiers sur UN MAGASIN EN PLEIN AIR, DANS UNE RUE DE SZEPINGKAI.MANCHOUKOUO la tombe du défunt, ce qui, croit-on, procure au disparu une somme d\u2019argent qui lui permettra de se pourvoir dans l\u2019autre monde de tout ce dont il aura besoin.Il est des marchands qui font commerce de ces faux billets; un paquet de cent feuilles se vend ordinairement quinze sous.Comme il ne s\u2019en fabrique pas ici, les commerçants en importent.Dans la seule ville de Szepingkai, il s\u2019en brûle annuellement, nous a-t-on dit, une moyenne de six chars.Ce pauvre peuple vivant dans un état de gêne extrême, souffrant de la faim, se fait ainsi exploiter par le diable qui trouve son compte en ces ridicules et extravagantes superstitions.Quand une mère s\u2019aperçoit que son enfant a mauvais caractère, elle fabrique, avec du bambou, une poupée de la taille de son fils ou de sa fille, la revêt d\u2019une robe de soie et s\u2019en va la brûler dans une pagode, aux pieds de Bouddha, en lui demandant avec force lamentations, qu\u2019en considération de cette destruction, les dieux veuillent bien effacer le mauvais caractère de son enfant.Elle fait aussi brûler de l\u2019encens pour une valeur d\u2019environ deux dollars.Si l\u2019enfant ne redevient pas meilleur, la mère s\u2019en prendra à elle-même, supposera qu\u2019elle a omis des détails dans son offrande et après quelque temps recommencera le cérémonial.Une des grandes appréhensions des païens est d\u2019être changés en lièvre après leur mort.Cet animal symbolise le vice; par une sorte de pudeur, ils 290 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937 évitent même de le nommer.Toute personne qui aura bien vécu, pensent-ils, renaîtra dans une autre qui sera riche, puissante, etc.D\u2019autres reviendront sur la terre sous l\u2019enveloppe de certains animaux plus ou moins parfaits suivant le degré de leurs mérites.Il n\u2019est pas rare d\u2019entendre dire, à la vue d un infirme.« Ce n est pas sa faute, c\u2019est dû aux péchés de l\u2019autre personne qui s\u2019est incarnée en lui.» Ceci est une preuve que tout homme, même le plus grossier et le plus ignorant de la doctrine chrétienne, a, au fond de l\u2019âme, l\u2019intuition d\u2019un juste rémunérateur qui récompensera ou punira les humains après l\u2019épreuve de la vie.Dimanche de la Pentecôte, 16 mai Dès l\u2019aurore de ce beau jour, nos pensées s\u2019envolent vers le cher Outremont pour offrir à notre vénérée Mère, en union avec notre famille religieuse, les souhaits de notre filiale affection.Après une messe basse dans notre chapelle, nous assistons à une messe pontificale célébrée à la cathédrale avec une pompe encore inconnue à Szepingkai.L\u2019assistance est très nombreuse; plusieurs chrétiens, habitant les campagnes éloignées, sont rendus à la Mission depuis hier et avant-hier; ils y arrivent comme à la maison paternelle.Outre l\u2019entrée et la sortie processionnelles au son de l\u2019orchestre, celui-ci se fait encore entendre à l\u2019offertoire, à l\u2019élévation et à la commurîion.Il y a sermon par le R.P.Damase Bouchard, P.M.E.Lne heure après la messe, la cloche rappelle les chrétiens pour une cérémonie de confirmation; le groupe des confirmands, pour la plupart adultes, atteint le beau chiffre de cent cinq.S.Exc.Mgr Lapierre adresse aux nouveaux soldats du Christ une chaude allocution, les engage à se souvenir toujours des obligations que leur impose la foi catholique et du devoir qu ils ont de la défendre.La matinée, si religieusement employée, se termine par la bénédiction solennelle du Saint Sacrement.Samedi 22 mai A 1 heure du souper, une jeune fille vient nous chercher pour visiter sa mère qu\u2019elle dit être gravement malade.Le trajet à faire pour nous rendre à destination est long et, vu l\u2019heure tardive, nous hésitons à l\u2019entreprendre, car il nous faut marcher, n ayant pas de voiture.Nous proposons de donner un remede et de nous rendre voir la malade demain dans la matinée, mais sur les instances de la jeune personne nous partons.Tour à tour, l\u2019Infirmière et la Vierge chinoise qui l\u2019accompagne portent la valise de medicaments qui finit par se faire lourde.Enfin, parvenues au but de notre course, nous trouvons non la malade qu\u2019on nous avait décrite, mais une femme en bonne santé souffrant seulement d\u2019un malaise passager.Quelques minutes apres, nous prenons le chemin du retour en songeant que notre promenade à la brunante n\u2019est rien moins que banale.Mais soudain quelqu un sort d une cour voisine et nous interpelle: « Venez donc voir mon bébé qui se meurt.Volontiers », lui répondons-nous, et nous gagnons sa maison avec l\u2019espoir que notre marche pourrait avoir là plus d\u2019utilité.En effet, le pauvre petit être est à la porte du paradis, il semble attendre que nous la lui ouvrions, ce que nous faisons sans tarder en l\u2019ondoyant.Que la Providence est aimable dans ses voies! Si nous savions toujours nous abandonner à elle! Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937\t291 Mercredi 26 mai La population du Manchoukouo compte déjà beaucoup d\u2019immigrants japonais et le nombre s\u2019en accroît sans cesse.Dans les écoles, l\u2019enseignement du japonais est obligatoire; l\u2019étude de cette langue, de même que celle du chinois, s\u2019impose aussi aux missionnaires.Recommencer à vingt-cinq, trente ans à s\u2019asseoir sur les bancs de l\u2019école, à pencher son front sur un livre de classe, il n\u2019y a là rien de bien poétique.Ce qui électrise, c\u2019est la pensée qu\u2019une parfaite maîtrise des langues nous vaudra un plus grand nombre de conquêtes apostoliques.On est parfois porté à croire que les Chinois et les Japonais ont à peu près les mêmes habitudes et le même genre de vie; s\u2019ils se ressemblent sur certains points, ils diffèrent sur quantité d\u2019autres.Voici quelques exemples tirés de la vie domestique: le Mandchou aime à se nourrir de mets préparés à l\u2019huile et à la graisse; le Japonais, au contraire, préfère une nourriture pauvre que les étrangers trouvent sans saveur.On verra ordinairement le Mandchou vêtu de noir ou de bleu, tandis que pour la confection du kimono national, le Japonais aime les étoffes aux dessins très variés et aux couleurs chatoyantes.Tout Japonais est horticulteur; l\u2019entretien d\u2019un parterre ou de quelques arbres fait ses délices et, si restreintes que soient les dimensions de son jardin, il trouvera moyen d\u2019y cultiver quelques plantes rares.Quant au Mandchou, il préfère consacrer ses loisirs à l\u2019aviculture.La tortue est regardée comme porte-bonheur chez les Japonais, tandis que chez leurs voisins, cet animal est en horreur.La plus sanglante injure qui puisse être infligée à un Mandchou est de lui lancer l\u2019épithète « œuf de tortue ».Au Japon, les nombres impairs sont considérés comme heureux; les troisième, cinquième et septième anniversaires ne passent pas inaperçus; un travail important se commencera le trois, le cinq ou le sept.Chez les Mandchoux, ce sont les nombres pairs qui sont prometteurs de succès.Le Mandchou fera preuve de bon ton et vous témoignera même une grande marque d\u2019intérêt en vous posant des questions comme celles-ci: « Quel est votre âge ?Quel est votre salaire ?Où allez-vous ?D\u2019où venez-vous ?» ce qui est regardé comme très impoli par le Japonais.Par contre, ce dernier rencontrant son ami sait lui faire plaisir en lui demandant des nouvelles de son épouse, ce que le Mandchou trouve bien étrange.Les coutumes de nos pays d\u2019Occident sont à leur tour en contradiction avec celles de l\u2019Orient.Par exemple, l\u2019usage à table d\u2019ustensiles qui servent tantôt aux uns tantôt aux autres est, d\u2019après les Japonais, peu hygiénique; les bâtonnets que l\u2019Oriental consacre à son usage exclusif sont de beaucoup préférables.Quand il compare la minuscule vaisselle dont il se sert avec celle des Occidentaux, il lui semble que ces derniers doivent consommer d\u2019énormes victuailles.Les usages, comme les goûts, ne sont pas à discuter.Compte rendu du dispensaire de Szepingkai, de janvier à avril 1937 inclusivement: Baptêmes .\t.41 Patients\t9,908 Traitements .14,070 Pansements .2,002 Dents extraites.43 Injections.\t246 Visites à domicile.183 Vaccins.570 292 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937 Extraits de lettres des Sœurs Missionnaires de V Immaculée-Conception de Pamientcheng, à leurs Sœurs de la Maison Mère Bien chères Sœurs, Pamientcheng, mai 1937 Les fillettes de l\u2019Orphelinat forment la plus intéressante portion de nos protégés; la variété d\u2019âges et de caractères donne du piquant à leurs faits et gestes quotidiens.Une quinzaine vont maintenant à l\u2019école.Éveillées dès cinq heures par la cloche de la Mission, toutes se lèvent et font leur Les orphelines de Pamientcheng se préparent pour la classe.Sœur Saint-Lazare (Juliette Rainville, de Beauport) fait la revue des mains et s\u2019assure SI chaque enfant a son mouchoir toilette, puis les plus grandes préparent le déjeuner sous la surveillance d\u2019une gardienne, pendant que les moyennes transforment en réfectoire la même pièce qui leur a servi de dortoir.A 5 heures 45 tout le personnel se rend à l\u2019église pour la prière du matin, laquelle est suivie de la messe et de l\u2019action de grâces.Revenues au couvent, les grandes font manger les benjamines, déjeunent ensuite elles-mêmes et remettent tout en ordre.A 8 heures, un coup de cloche rappelle au petit monde que l\u2019heure est venue de se rendre à l\u2019école.Aussitôt, des bassins d\u2019eau sont disposés sur le parquet, selon l\u2019usage du pays, et les ablutions commencent, après quoi chacune des enfants va montrer ses mains à Sœur Saint-Lazare ', qui s\u2019enquiert en même temps si toutes ont leur mouchoir; alors a lieu l\u2019exode vers l\u2019école.Nous enseignons à ces chères orphelines les divers travaux à l\u2019aiguille, le tricotage, la confection des souliers et des robes.Les patients du dispensaire, en traversant la cour où s\u2019amusent les plus jeunes, passent leurs réflexions tout haut: « Comme ces enfants sont propres et paraissent en santé ! Qui donc prend soin de ce petit monde ?Six, dix, de même grandeur », etc., etc.Il faut parfois les rappeler à l\u2019ordre, car ils 1.Juliette Rainville, de Beauport, P.Q. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937\t2 93 entreraient dans l\u2019orphelinat pour s\u2019exclamer de nouveau devant l\u2019habileté des grandes, employées aux divers travaux, ou devant le charme des quelques bébés couchés sur le kang ou buvant à longs traits leur bol de lait qu\u2019ils serrent bien fort de leurs petites mains malhabiles.Il faut dire que chez nos Mandchoux les compliments et les exclamations sont de toutes les occasions.Le R.P.Recteur vient de faire pratiquer dans le jardin un puits avec pompe; des alentours, on accourt le voir à l\u2019envi.Au nombre des admirateurs est un vieillard de quatre-vingts ans.« Comment trouvez-vous notre puits neuf ?lui demande-t-on.\u2014 Ting Hao » (rien de mieux), répond-il, puis s\u2019échangent quelques phrases sur un autre sujet.On s\u2019informe de sa santé, de ses yeux: « Je ne vois plus, déclare le pauvre vieux.\u2014 Mais alors, comment pouvez-vous dire que le puits est beau?\u2014 Ah!.mais c\u2019est la coutume.» De ce temps-ci, les tulipes aux vives couleurs commencent à s\u2019épanouir et donnent un charme de plus à la Mission de Pamientcheng.Ces fleurs nous rappellent les bons souvenirs de la maison paternelle, où nous trouvions tant de plaisir à regarder nos mamans cultiver le parterre familial et à surveiller avec elles l\u2019apparition des premières fleurs.Maintenant, il est d\u2019autres fleurs que nous cultivons avec amour sur la terre mandchoue: ce sont les fleurs immortelles confiées à notre vigilance, soit à l\u2019orphelinat, soit au dispensaire.Nous visitons, depuis le 20 mars, un élève de l\u2019école de la Mission, Yu Yeoulin, dont le cas au début nous parut désespéré.Par suite de la Sœur Saint-Jean-d'Êphèse (Laurette Moran, de Saint-Boniface, Manitoba), donnant DES soins au petit malade Yu Yeoulin, hospitalisé a la Mission de Pamientcheng mauvaise récolte de l\u2019automne dernier, sa famille se trouve dans une gêne extrême.Ému de compassion, le R.P.Gilbert fit transporter 1 enfant à la Mission catholique; le 11 avril au soir il était installé sur le kang, au ca-téchuménat; son état s\u2019aggravant, il fut baptisé, reçut l\u2019extrême-onction et chaque matin le prêtre lui portait la sainte communion.C\u2019était l\u2019abondance après la disette.Un jour, il refusa de prendre le remède présenté; 294 Montréal LE PRECURSEUR âeptembre-Octobre 1937 pour ne pas le fatiguer, l\u2019infirmière n\u2019insista pas.Après son départ, le petit malade pleura une partie de l\u2019après-midi : « J\u2019ai fait de la peine au docteur », répétait-il à sa mère, la suppliant de le porter auprès de notre UNE PARTIE DU RÉFECTOIRE DE L\u2019ORPHELINAT DE PAMIENTCHENG Deux Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, Sœur Saint-Lazare (Juliette Rainville.DE Beauport) et Sœur Blandine-de-Jésus (Blandine Simard, de Roberval) VOIENT AU repas DE LEURS PETITES PROTÉGÉES Sœur pour lui demander pardon.N\u2019est-ce pas là une belle petite fleur jaune du parterre de Pamientcheng ?Le dimanche de la Fête-Dieu, vers trois heures de l\u2019après-midi, dans l\u2019enceinte de la Mission, eut lieu la procession du Saint Sacrement.Après la messe, on s\u2019employa à préparer le reposoir, à orner les cours de fleurs, de drapeaux et de banderoles.Le dais, peu commun en son genre, était en coton blanc enjolivé de dentelle, de fleurs et de dorure.Chrétiens et catéchumènes firent escorte à Notre-Seigneur.Quelques païens, que le chant et les prières avaient attirés, se dirent: « Ces gens-là doivent prier leur dieu pour avoir de la pluie.» C\u2019est ordinairement le but des processions aux pagodes.Nous hâtons de nos vœux le jour où notre bon Sauveur pourra être porté par les rues de Pamientcheng comme un roi dans ses domaines.Vos HEUREUSES SœURS DE PAMIENTCHENG Compte rendu du dispensaire de Pamientcheng de février à mai 1937 inclusivement : Baptêmes.24 Patients.8,849 Traitements.10,692 Pansements.6,294 Dents extraites.47 Visites à domicile 154 Injections.342 Vaccins.166 Nous désirons que chaque paroisse devienne un foyer de charité et de zèle à l\u2019égard des missions.Pie XI Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1937\t295 Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Paitchengtze UNE RÉCRÉATION À L\u2019OUVROIR La cloche vient de donner le signal de la récréation.La température maussade et surtout le grand vent qui souffle empêchent les élèves de prendre leurs ébats dehors.Les plus jeunes s\u2019installent autour des tables ou sur les pupitres avec leur parchési et autres jeux, pendant que les grandes, chrétiennes et païennes, préfèrent causer avec leur maîtresse.Les figures sont un peu soucieuses.On vient d\u2019apprendre qu\u2019une compagne de l\u2019ouvroir, pleine de santé il y a quelques jours, est mourante.Les réflexions volent de bouche en bouche.« Ah! je voudrais bien mourir à sa place, dit une païenne.\u2014 Et moi aussi, reprend une seconde; plus tôt mourir, plus tôt subir le doux effet de la transformation.» On sait que les païens croient à la métempsycose.« Il se pourrait fort bien que tu sois changée en cheval, toi qui aimes tant à courir, rétorque une espiègle.\u2014 Mais que deviennent ceux qui, pendant leur vie, ont vécu honnêtement et ceux qui, au contraire, ont été méchants ?interroge Sœur Sainte-Denise ' pour connaître la pensée de chacune.\u2014 Mais, c\u2019est facile à dire, reprend l\u2019une d\u2019elles, les premiers vont au lieu dit de l\u2019espoir, les autres, les méchants, vont au lieu de la prison.» L\u2019occasion étant propice, notre Sœur en profite pour parler à son auditoire de ce domaine éthéré dont toute âme humaine a le pressentiment et même la certitude; de la bonté de Dieu qui a fait le ciel, de sa justice qui a créé l\u2019enfer.« C\u2019est pour vous faire connaître ce grand Dieu, si beau, si puissant, que votre Maîtresse a quitté sa famille et son pays.» La plus 1.Odile Malbœuf, de Sudbury, Ont.Sœur Sainte-Angèle-de-Mérici (Marie-Jeanne L\u2019Heureux, de Loretteville) et Sœur Marie-DE-L\u2019Assomption (Alice Larouche.de Sweetsburg, P Q.) dirigeant les travaux des jeunes filles de L\u2019OUVROIR DE PAITCHENGTZE Mission BE \"Pki Tchew» TfeE\u2014MAUcwowwo SoEURa H SsiONNAÎRES OE ü'ImI'TACUIjE\u2019e-CONCEPTION, J > a 1 I I fe'i-> \u201c\u2018\u2018«'A , CXWy I- z < tn UJ 3 a: CRANE Pompes automatiques Robinetterie Raccords Tubes CRANE LIMITED, Siège social: 1170, Square Beaver Hall - Montréal CRANE-BENNETT, Ltd., Siège social: 45-51, rue Leman, Londres\t-\tAngleterre Succursales el bureaux de seules dans 21 silles du Canada el des Iles Britanniques Usines: Monlréal el Si Jean, Québec.Canada, el Ipswich, Anglelerre LAPORTE - HUDON - HÉBERT LIMITÉE\t, MONTRÉAL IMPORTATION ET GROS EN ALIMENTATION PMACMACIC C.COUTLCE 51, rue St-Joseph\t29}4, chemin Ste-Foy TÉL.4-4031\t,\tTel 7960 QUEBEC PRODUITS \u201cARCTIC\u201d LAITERIE DE QUÉBEC, Limitée -\t- Téléphone 7101 Lait, Crème, Beurre et Crème à la glace A l\u2019avenir la crème à la glace sera livrée avec DRY ICE wmm L ï micep LE SEUL ATEL 1ER CANADIEN-FRANÇAIS SPÉCIALISÉ DANS LA SIMILIGRAVURE EN COULEURS. FAVORISEZ NOS ANNONCEURS ET MENTIONNEZ « LE PRÉCURSEUR » O O -S ® « TD P(JJ H s w ^ N ' ^ O 0) 4> .S 3 g 2 ^-q «i O C H S« H I S 13 i w ® O w ^,1» W (0 O y lO w?* N >iO\u2018 y ^ C U) (Q V b T) '«J) » J3 C S .U 3 ^2 £ rt ^ ee ^ ,2 ^ JJ ® fl >> ï U -O Ü>3 - J 2 = \u201d\t-4^ tJ « U fl ü CC c/) NH O a Tout le monde a besoin d\u2019argent Il y a des dépenses prévues: instruction, assurances, vacances, souscriptions, cadeaux.Mais il y a aussi des dépenses imprévues: maladie, accidents, revers, voyages, occasions diverses.Ne vous laissez pas prendre au dépourvu.Quoi que vous ayez, dépensez moins.Ne dissipez pas vos ressources.Le superflu d\u2019aujourd\u2019hui sera peut-être le nécessaire de demain.Mettez de l\u2019argent de côté régulièrement.Ouvrez un compte d\u2019épargne à la Banque Canadienne \"\t' 534 BUREAUX AU CANADA 65 SUCCURSALES A MONTRÉAL BENOIT & MATHIEU \u2022 1215, rue Saint-Timolhée, Montréal Tél.HArbour 6243 \u2022 MANUFACTURIERS: MENUISERIE ET BOIS DE TOUTES SORTES Portes, fenêtres, panneaux, planche murale, moulures, etc.4P hil ippe 2?eauliien & erip ^ ACCESSOIRES ELECTRIQUES V >\ten gros 563,2, av*.du Parc MONTREAL\tCA.5731* RIOUX & PETTIGREW, Limitée épiciers 7\t.\tEN GROS MAISON FONDÉE EN 1860\t\u2014 THÉ ET CAFÉ 48, RUE SAINT-PAUL QUEBEC CREVIER & FILS MOBILIERS D\u2019EGLISES Autels - Confessionnaux - Stalles de Chœur - Catafalques - Fonts baptismaux - Banquettes - Piédestaux - Tables de communion Chaires à prêcher - Vestiaires - etc.\u2014 Moulures - Ornements - Chapiteaux.2118, RUE CLARKE^ MONTREAL \u2014 Maison, établie en 1896 J.-P.DUPUIS, Limitée Bois et matériaux de construction CHARBON, HUILE ET BOIS DE CHAUFFAGE Bureau-chef: 1084, AV.DE L'ÉGLISE Tél.YORK 0928* Verdun, P.Q.SUCCURSALES: ISO OUEST, RUE BEAUBIEN Montréal Tel.DOllard 3566 5327, RUE DRAKE Côte-St-Paul Tél.FItzroy 0609 89, RUE VICTORIA Lachine, P.Q.Tél.Lachine 485 et WAlnut 4911 0661 FAVORISEZ NOS ANNONCEURS ET MENTIONNEZ « LE PRÉCURSEUR » Tel.Lancaster 8718 W.Lecompte FERBLANTIER-COUVREUR Corniches en cuivre et en tôle galvanisée Spécialité, couverture» en gravoi» 4012, av.de I\u2019Holel-de-Ville Montréal Bureau: Tel.Amherst 9480 A.DURIVAGE BOULANGER ¦§> Pain de haute qualité Nous avons une cuisson unique 5276, RUE FABRE MONTRÉAL CARRÉ PHILIPPE MONTRÉAL Articles ecclésiastiques TÉL.DOLLARD 7646 La Plomberie Moderne, Liée J.ST-AMAND Gérant Plombiers-Couvreurs Poseurs d\u2019appareils à gaz et à eau chaude Spécialité : Réparations 1024 OUEST, RUE LAURIER *\tCatalogue sur demande FROST STEEL and WIRE Co., Limited nos OUEST, RUE NOTRE-DAME - WI.1149 Par un Ami du Précurseur Tél.Dollard 9013 J.-A.BÉLANGER SPÉCIALISTE EN FOURRURES 6935, RUE ST-HUBERT (coin Bélanger) Montréal Tél.CAlumel 3779\tHeures de bureau: 9 h.à 6 h.et 7 Ii.à 9 h.Dr Alfred Bélanger CHIRURGIEN-DENTISTE 6931, RUE ST-HUBERT (près Bélanger) Montréal MAISON FONDÉE EN 1845 Germain Lépine -LIMITÉE Directeurs de funérailles et embaumeurs SERVICE D\u2019AMBULANCE Manufacturiers d\u2019articles funéraires JOUR ET NUIT TÉL.2-2119 283, rue Saint-Vallier :: Québec H Z U ü Vi bi 04 O 1-4 H c4 -O ^ S3 \"O c 3 (O 2 -, O O ^ 0.T3 tu 3Ï (A U O 1/3 lU a H «3 a O Pi a H» Pi tn t^ (0 Ml) kl Ti i O 0 ¦ü § 1 c O -û U (d X U O 03 0) C X O U* U CÛ J 'S SD a O Q 1 H c/3 Ui m CO 00 n* H.DUBOIS & CIE 273-277 est, rue Saint-Paul Montréal Provisions en gros BEURRE \u2022 OEUFS \u2022 FROMAGE Commandes: HArbour 4274-4275 Bureau: HArbour 4280 Xlll FAVORISEZ NOS ANNONCEURS ET MENTIONNEZ « LE PRÉCURSEUR Q 5 5 I h) § h) \u2022J § PS 2 S U S?h â ÿS % U « O \u2022 .SÆ \" =iip w (0 \u2022 U Qâ .
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.