Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur – Utilisation non commerciale autorisée

Consulter cette déclaration

Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Septembre - Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1951-09, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" 'û % -:rk lïaiiF»^-'-' ; -W,> 1 iWÆ w A'v tïY 'v /P ëi Vol.XVI, 32» année\u2014N\u201c 5 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1951 II 0&\tfijiÂaVidJiWL Parani$ 1.00\tBulletin bimestriel publié par les Soeurs Mission- Avîe: $20.00\tnaires de ïImmaculée-Conception avec l'autori- sation de Monseigneur rArchevêque de Montréal.Les abonnements commen-\t2900, CHEMIN SAINTE-CATHERINE cent avec janvier ou juille.t\tCÔTE-DES-NEIGES, MONTRÉAL (26) Vol.XVI, 32' année\tMontréal, Septembre-Octobre 1951\tN» 5 SOMMAIRE La Sainte Vierge dans la vie de Pie X.194 La Rédaction Expédition catéchistique.197 Sœur Hélène-du-Sacré-Cœur Limhé.1^^ Sœur Saint-Germain-d\u2019Auxerre Tel un grain de sénevé .701 Frimousses noires.704 Sœur Saînt-Léon-le-Grand Dans le piège aux léopards.709 Sœur Saint-Justinien Le dispensaire du Sacré-Cœur.712 Une Missionnaire des Cayes Prière au Maître de la Moisson .714 La Rédaction Eulalie, r Ancienne.716 Sœur Marie-Paule Courrier des Missions.718 Pour la Journée missionnaire du 21 octobre 1951.220 Los Arohos.721 Sœur Marie-Vianney Le bienheureux Théophane Vénard.725 Chanoine F.Trochu Au Noviciat.729 Nécrologie .732 Set Sainteté \u2018Tie X le \u2018Tape de VSucharistie et de la Uierge. La Sainte Vierge dans la vie de Pie X ?Dès son enfance, l\u2019angélique Giuseppe Sarto eut une piété affectueuse et profonde envers Marie.A son humble maison natale de Riese, on voit encore, placée au chevet du lit qui fut sien, la belle image de Notre-Dame de la Cendriola devant laquelle il s\u2019agenouillait matin et soir.A onze ans, maître des cérémonies à l\u2019église paroissiale, Beppi employait son prestige de chef aimé à conduire ses camarades, enfants de chœur turbulents, en pèlerinage au petit sanctuaire de la Madonna delle Cendrole, non loin dans la campagne.La troupe s\u2019y rendait chantant et courant, se faisait ouvrir la porte par le fermier gardien, priait un bon moment la Vierge de l\u2019Assomption spécialement invoquée en ce lieu, et s\u2019en retournait en jouant; le chef de pèlerinage s\u2019y entendait tout aussi bien à diriger le jeu! Ce fut, il semble, la Vierge des Cendrole qui inspira à Giuseppe, premier cominuniant, la promesse qu\u2019il fit alors de rester chaste et de se consacrer au service de Dieu.Au milieu des plus brillants succès scolaires à Riese, à Castelfranco, à Padoue, le jeune Sarto ne perdit jamais le goût des choses divines; l\u2019Etoile du matin de sa jeunesse le maintint orienté vers le sacerdoce: Don Beppi ne confessait-il pas devoir sa sublime vocation à ses deux mamans, maman Marguerite et sa Mère du ciel ?Étudiant au Grand Séminaire de Trévise, Vabatino revenait chaque année à Riese pour les vacances.Son biographe, M.René Bazin, note qu\u2019il se levait à 5 heures tous les matins, faisait une longue oraison, entendait la messe, communiait et récitait l\u2019Office de la Sainte Vierge.Les Cendrole, dit encore l\u2019auteur, n\u2019étaient pas oubliées! Prêtre en 1858, Don Beppi gravit au cours de sa carrière, \u2014 et avec quelle humilité! \u2014 tous les degrés des dignités ecclésiastiques.Mais sous les traits du curé de Salzano, de l\u2019évêque de Mantoue, du Cardinal patriarche de Venise, du Souverain Pontife, se reconnaît la même physionomie spirituelle: sainteté rayonnante, zèle sans limites, charité incroyable, piété d\u2019ange, dévotion mariale contagieuse.Partout fleurit le Rosaire.A Mantoue, Mgr Sarto lui-même réunissait, le soir, la famille épiscopale pour la récitation du chapelet.Jusqu\u2019à ses générosités magnanimes qu\u2019il cachait sous le manteau de Notre-Dame! On raconte qu\u2019un jour il fit venir une vieille dame de bonnes œuvres et lui remit un fort montant pour un homme qui, dans le passé, avait écrit un livre diffamatoire contre son évêque, et se trouvait maintenant acculé à la ruine; « Surtout, conjurait le prélat, ne dites pas que c\u2019est moi qui vous envoie! Si l\u2019on insiste trop, vous pourrez dire que la personne qui a réuni cette somme d\u2019argent est la Dame la plus miséricordieuse de toutes: la Vierge du Perpétuel S6cours ! )) Peu avant d\u2019aller prendre charge du patriarcat de Venise, alors que Léon XIII venait de lui conférer la pourpre cardinalice, l\u2019évêque de Mantoue s\u2019évada quelques jours au pays de sa jeunesse: il avait à visiter ses deux mamans, maman Marguerite, qui se faisait vieille et infirme, et la Vierge tant aimée des Cendrole A 1 une, il se montra revêtu de la cappa ma%na', chez l\u2019autre il célébra une messe à laquelle se pressa tout un peuple de pèlerins.A Venise le nouveau patriarche rétablit la tradition des processions et des pèlerinages à Notre-Dame della Salute; cet expert de l\u2019action sociale savait que ses travaux ne seraient pas vains si Marie se trouvait mêlée intimement a la vie de ses chers Vénitiens.De cette époque, André Brissaud, dans son étude Pie X, le pain nouveau à la faim nouvelle, rapporte le joli trait suivant: « Un soir d hiver, à Venise, Pie X, qui n\u2019était alors que le cardinal Sarto, bavardait avec quelques amis sur la PiazzettaS.Marco; l\u2019ampleur inaccoutumée du chuchotement des flots tout proches, qu\u2019ils entendaient sans presque les apercevoir, l\u2019émut lui-même à un tel point qu\u2019il en vint à affirmer que, lorsque tout croule autour de nous et que nous n\u2019avons plus foi en rien, ainsi, au fond de notre nuit, la vigilance de la Vierge capte encore ces Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 195 appels que sont nos gémissements.Or, ajoutait-il, dans l\u2019empyrée, les anges, dont le dynamisme est capable de faire sauter l\u2019Univers, se prosternent aux pieds de cette Toute-Puissance de Supplication qui ne connaît que des enfants qui souffrent et qui ont besoin d\u2019une mère! » En 1900, on vit le patriarche, âgé de soixante-cinq ans, faire l\u2019ascension du Monte Grappa pour aller bénir à trois mille pieds d\u2019altitude une colossale statue de la Vierge qu\u2019y avaient érigée des souscriptions populaires.Le Conclave qui suivit la mort de Léon XIII plaça, le 4 août 1903, le gouvernail de l\u2019Eglise entre les mains du Cardinal Sarto qui prit le nom de Pie X.On dit qu\u2019une des premières lettres du pape fut pour le curé de Riese auquel il demandait de prier et de faire prier pour lui la Vierge des Cendrole.Le premier décret que signa le Pontife fut un décret marial confirmant la Commission de quatre Cardinaux créée par Léon XIII en vue d\u2019ordonner et de diriger les préparatifs des solennités du cinquan-tiè ne anniversai-e de la proclamation du dogme de l\u2019immaculée Conception.Au document se rattachait une admirable prière à l\u2019immaculée, due également à la plume de Pie X.La confiance et l\u2019amour d\u2019un cœur abandonné à Marie ont tracé des lignes comme celles-ci: « Ah! vous, ô notre Mère bénie, notre Reine, et notre avocate, vous qui avez écrasé la tête de l\u2019ennemi dès le premier instant de votre conception, accueillez nos prières, et, \u2014 nous vous en conjurons unis à vous en un seul cœur, \u2014 présentez-les devant le trône de Dieu, afin que nous ne nous laissions jamais prendre aux embûches qui nous sont tendues, jnais que nous arrivions tous au port du salut, et qu\u2019au milieu de tant de périls, l\u2019Église et la Société chrétienne chantent encore une fois l\u2019hymne de la délivrance, de la victoire et de la paix! » Le 2 février 1904, l\u2019immortelle encyclique Ad diem ilium allait publier de par le monde comment le Saint-Père, qui avait pour devise « Tout restaurer dans le Christ», entendait ^effectuer cette restauration avec Marie: «Car, écrivait à ce propos le chef de l\u2019Église, qui ne tient pour établi qu\u2019il n\u2019est route ni plus sûre ni plus facile que Marie par où les hommes puissent arriver jusqu\u2019à Jésus-Christ, et obtenir, moyennant Jésus-Christ, cette parfaite adoption de fils qui fait saint et sans tache sous le regard de Dieu.» Plus loin, stigmatisant l\u2019effroyable erreur de ceux qui négligent Marie sous prétexte d\u2019honneur à rendre à Jésus-Christ, il s\u2019écriait: « Comme si l\u2019on pouvait trouver l\u2019enfant autrement qu\u2019avec la Mère! » La première année du pontificat de Pie X fut consacrée en quelque sorte à renouveler le triomphe de l\u2019immaculée et à intensifier son empire sur les âmes; fêtes, exposition des chefs-d\u2019œuvre mspirés à l\u2019Art par la Vierge, congrès marial, firent affluer les foules dans la Ville Étemelle.Ici le Précurseur se doit de relever un menu fait qui se passa au Vatican le 7 décembre 1904.L\u2019on était à la veille de cette solennité des solennités en laquelle le Souverain Pontife devait ajouter une auréole de douze étoiles au diadème de la Madone couronnée par Pie IX.Ville-Marie, il va de soi, avait là-bas un illustre représentant eiula personne de son très digne archevêque.Sa Grandeur Mgr Paul Bruchési.Reçu en audience, Mgr Bruchési présenta à Pie X certains documents que lui avait remis M.l\u2019abbé Gustave Bourassa, curé de la paroisse Saint-Louis-de-France, au sujet de la fondation d\u2019une Société religieuse missionnaire canadienne dont il était le protecteur.« Très Saint-Père, exposa l\u2019évêque en toute franchise, le prêtre qui s\u2019occupait de cette œuvre vient de mourir.Cette fondation me laisse absolument indifférent; ce que vous direz de faire à son sujet sera pour moi la manifestation de la volonté de Dieu.Si vous me dites de dissoudre ce qu\u2019il y a de commencé, ce sera tôt fait; si vous me dites de continuer, je le ferai.» Avant même que Mgr Bruchési eût eu le temps d\u2019ajouter qu\u2019il croyait plus facile de faire venir quelqu\u2019une des Congrégations chassées de France pour prendre la direction de l\u2019œuvre, l\u2019ordre de poursuivre était donné et le nouvel Institut baptisé! « Fondez, fondez, avait répondu le Pape; toutes les bénédictions du ciel descendront sur le nouvel Institut auquel vous donnerez le nom de Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.» C\u2019est avec une fierté et une reconnaissance émues que le Précurseur évoque aujourd\u2019hui l\u2019incident du jubilé de 1904 qui fut sentence de vie à la Communauté dont il est l\u2019organe.A bon droit, l\u2019Œuvre de Mère Marie-du-Saint-Esprit s\u2019honore 196 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 d\u2019être marquée dans ses origines et dans son âme même du sceau de la dilection de Pie X envers l\u2019immaculée.L\u2019Immaculée! mais elle fut l\u2019Étoile de ce saint Pontife! Lors de la persécution religieuse en France, pas une lettre du Pape à l\u2019épiscopat et aux fidèles qui ne renferme un mot d\u2019espoir suprême en la Vierge sans tache, « la très douce Vierge de Lourdes »! Et la terrible encyclique Pascendi qui devait frapper mortellement les doctrines modernistes, n\u2019est-ce pas à dessein qu\u2019elle fut donnée le 8 septembre, jour où l\u2019Église célèbre la Nativité de Celle qui écrasa la tête du serpent ?1908.Nouveau jalon marial: c\u2019est le jubilé d\u2019or sacerdotal du Pape et c\u2019est en même temps le cinquantenaire des Apparitions de l\u2019immaculée sur les bords du Gave.Les pèlerins de Rome et de Lourdes associent les deux jubilés dans un commun hommage.Rien de plus logique! L\u2019enseignement patristique nous dit que Marie s\u2019identifie avec l\u2019Église, et l\u2019Église avec le Pape.« Qui aime le Christ aime celle qui l\u2019a donné au monde et celui qui le conserve au monde: Marie et le Pape! ».Et quand ce Pape est Pie X, premier des prêtres esclaves de Marie! Pour rappeler l\u2019heureux événement marial, le Souverain Pontife fait élever aux jardins du Vatican, au-dessus de la grotte de^ Lourdes, une chapelle réplique du sanctuaire des Pyrénées.De plus, il étend à l\u2019Église universelle la célébration de la fête du II février, dite de l\u2019Apparition de la Bienheureuse Vierge Marie Immaculée.Un groupe de pèlerins de Tarbes reçoit du Saint-Père ce message touchant: « De retour à vos foyers, ô heureux habitants de Lourdes, souvenez-vous du Pape devant l\u2019image de la Vierge Immaculée, et saluez-la, de ma part, par un Ave Maria !» Le glorieux pontificat de Pie X s\u2019achève aux grondements des canons de la première guerre mondiale.Peu avant sa fin, le cœur broyé des maux qu\u2019il pressentait devoir écraser des milliers de ses fils, le Père commun avait exhorté le monde catholique à invoquer la Vierge Secours des Chrétiens.Mais, tandis que pour l\u2019humanité avait sonné l\u2019heure du châtiment, pour le saint Pontife était venue celle de la récompense.Tout le paradis, et sa Reine en tête, se porta sans doute, le 20 août 1914, au-devant de celui qui avait inlassablement tout restauré dans le Christ, et qui avait accompli sa journée « par cette route la plus facile, la plus sûre: Marie » ! Sntenttonà mlàHonnaiteà pour SEPTEMBRE 1951 La formation sociale des chrétiens en pays de Mission # * * pour OCTOBRE 1951 L'Eglise en Océanie par Soeur HELENE-DU-SACRE-COEUR S M.I.C.A 7 heures, nous partions, le R.Père Bérubé, vicaire à la quelques Haïtiennes, Sœur Sainte-Valentine ^ et moi.Je n\u2019en étais quatrième mois de Mission, à ma troisième course à cheval, et ce devait être mon premier catéchisme en créole ! « Haïe donc.Rapide ! » Sur ce commandement, mon cheval se met en frais de me prouver qu\u2019il sait faire honneur à son nom.Une dizaine de minutes de ce que l\u2019on appelle ici « de la belle route », puis nous prenons un sentier où Rapide ne peut plus être rapide du tout; de grosses pierres sortent partout de terre des angles de mauvaise humeur! Mais voici: c\u2019est un quasi escalier de pierre qu\u2019il faut escalader! Écuyère-novice, ça me rend crai Vive; ma monture le sent bien et ne veut plus a /a icer.Je descends donc et tous deux.Rapide et moi, grimpons l\u2019un derrière l\u2019autre.L\u2019obstacle franchi, je saute de nouveau en selle.Mais le sentier se rétrécit tellement que la bête y trouve tout juste place.Pour ma part, arbustes et piquants me donnent une rude discipline! Une heure et trois quarts de cette chevauchée dans les mornes et nous sommes en vue de 1.\tHélène Hêtu, de Montréal 2.\tGladys McLean, de Cabano.paroisse, qu\u2019à mon 198 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 Roche-Jabouin.C\u2019est un petit village très pauvre et pas compliqué: deux seules rangées de cailles à chapeau de paille et, sur la place publique, un puits, genre puits de Jacob.Pour nous reposer, nous faisons halte quelques minutes devant la mer dont les vagues immenses s\u2019abattent à coups rythmés sur les rochers tout usés à force d\u2019être lavés à grande eau.La voix de l\u2019Océan est aujourd\u2019hui comme un grondement de tonnerre dans le lointain.C\u2019est beau et c\u2019est formidable! Roche-Jabouin n\u2019est visitée qu\u2019une fois l\u2019an.Tandis que le Père vaque à son ministère.Sœur Sainte-Valentine installe son dispensaire dans une caille.Moi, je vais sous un simple abri de chaume soutenu par quatre poteaux faire le catéchisme à une cinquantaine d\u2019Haïtiens de tous âges.Pendant une grosse demi-heure, je parle du bon Dieu et explique le catéchisme.Le créole m\u2019est encore peu familier; aussi je ne peux dire tout, tout ce que je voudrais.Il paraît que je ne m\u2019en tire pas trop mal, car une catéchiste haïtienne me dit à la fin de la séance: « M'commencé bos dans créole-là ! y> fais chanter des cantiques, distribue images et médailles et cause avec mes élèves d\u2019occasion.A m\u2019entretenir avec eux, je réalise davantage leur ignorance en matière de religion.L\u2019un ne sait pas tracer le signe de la croix, l\u2019autre me demande qui est le bon Dieu! Pour rattraper le temps perdu, je lui apprends à dire: « Bon Dié, m'raimé ! » (Mon Dieu, je vous aime!).Est-ce possible! ces gens sont pourtant des chrétiens, des baptisés! A mon tour je répète ce refrain que j\u2019ai entendu cent fois chanter par des Missionnaires d\u2019expérience: « Seigneur, envoyez à votre moisson des ouvriers évangéliques en foule! » A Roche-Jabouin, on a grand cœur malgré qu\u2019on soit bien pauvre.Avant notre départ, un bon petit dîner haïtien nous est offert: lait de coco, maïs grillé et café.Le retour me ramène au fameux escalier de pierre.Cette fois je reste sur ma bête.On admire ma bravoure.A qui me trouve audacieuse pour une débutante, je réponds que chaque fois que je monte à cheval, je demande à la Sainte Vierge de conduire avec moi.Ensuite, je prends les rênes en toute tranquillité et n\u2019ai peur de rien! Il est presque 4 heures quand nous rentrons à Port-Salut.Jamais je n\u2019oublierai ma première expédition catéchistique! Jamais autant qu\u2019en ce jour je n\u2019ai compris les infinies délicatesses de Jésus envers moi! Aux heures difficiles, le souvenir de Roche-Jabouin suffira à garder haute la flamme de mon zèle missionnaire! HOMMAGES A S.EXC.MGR MAXIME TESSIER, nouvel évêque auxiliaire du diocèse d'Ottawa, ainsi qu'à S.EXC.MGR GÉRARD CODERRE, nommé coadjuteur de S.Exc.Mgr Forget, évêque de Saint-Jean de Québec, LE PRÉCURSEUR est heureux d'offrir ses hommages les plus respectueux, avec ses meilleurs voeux de long et fructueux épiscopat. HAÏTI par Soeur SAINT-GERMAIN-D\u2019AUXERRE », M.I.G.L\u2019on aurait pu tout aussi bien dénommer ce bourg: « Josaphat », tant il donne idée de l\u2019endroit traditionnel où doivent se tenir les suprêmes assises du jugement général! Limbé, en effet, dort dans une vallée profonde entourée de hautes montagnes.Le climat y est humide, le sol très fertile.La rivière du Limbé qui passe tout près est une richesse pour la localité, car ses débordements fréquents favorisent la culture, surtout celle du riz.En novembre, particulièrement, l\u2019on est assailli par des nuées de moustiques qui prennent vie dans les mares d\u2019eau stagnante et les fossés insuffisamment creusés qui nous environnent.Les rues sont droites, sans trottoir.Durant la saison pluvieuse, c\u2019est un tour de force que de se rendre à l\u2019église sans laisser ses caoutchoucs dans l\u2019épaisse boue du chemin! A l\u2019exception de la façade qui tombe en ruines, la maison du bon Dieu fait assez bonne figure.Elle est couverte en tôle.Les fenêtres et les bancs ignorent la peinture et n\u2019ont aucun style déterminé.La plupart des habita- 1.Germaine Le-FRANçois, de Lon-gueuil. 200 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 tions sont pauvres; quelques rares résidences se distinguent de leurs voisines par leur apparence plus luxueuse, entre autres le presbytère baptiste.Différentes sectes protestantes sont en train de prendre la paroisse par les quatre coins.Les baptistes ont un séminaire et comptent 108 élèves; les adventistes en ont 110.Tous ces adversaires font un travail acharné.Pour les combattre, le Limbé, avec ses 25,000 habitants, possède un seul prêtre catholique, d\u2019origine française, le R.P.Le Bévédic.Quel fardeau pour un apôtre isolé et comme il faut prier le Maître de la Moisson d\u2019envoyer des ouvriers! Notre petit Couvent, dans sa nouvelle toilette blanche, avec ses planchers en bois fraîchement cirés, est propre et accueillant.Une étroite galerie entoure la maison.Seize portes, qui laissent entrer l\u2019air et la lumière à profusion, font oublier l\u2019absence totale de fenêtres.Dans la cour très exiguë, poussent un citronnier, une vigne, un manguier et un carossolier.En avant, une quinzaine de rosiers fournissent des fleurs pour l\u2019ornementation de la chapelle et des statues.Un mur assez élevé enclôt le terrain et nous procure une agréable solitude.Au premier étage de la maison sont installées trois classes qui, au moyen de portes mobiles, peuvent se transformer en une vaste salle pour les jours de fête à l\u2019École.La quatrième classe se tient dans un angle de la cour, sous un abri soutenu par quatre poteaux branlants, sans plancher.Les élèves sont assises sur des agenouilloirs, tandis que les bancs leur servent de pupitres.Chanceuses se comptent-elles encore d\u2019avoir un coin à l\u2019École des Religieuses! Nos fillettes sont très enjouées et, aux heures de récréation, les professeurs n\u2019ont pas à s\u2019ingénier pour organiser des jeux: elles trouvent moyen de tourner tous les chants en danses accompagnées de sauts et courbettes.Actuellement, nos Sœurs les plus rapprochées sont celles de Mirebalais, à un peu plus d\u2019une journée de trajet.Nous devrions voyager deux jours complets, en camionnette, pour nous rendre aux Cayes.Il faut nécessairement dans les deux cas passer par Port-au-Prince.Une route assez belle en temps sec conduit au Cap, à vingt-cinq milles d\u2019ici.Cette petite ville n\u2019a ni chemins de fer ni tramways, mais il y règne une grande activité, surtout à la saison d\u2019automne où les sacs.de café s\u2019entassent par centaines sur les bateaux, en vue de l\u2019exportation.En fait d\u2019apostolat, nous récoltons aujourd\u2019hui le bien que les bonnes Religieuses Filles de la Sagesse, nos devancières, ont semé pendant vingt-cinq ans.Mais il ne faudrait pas vous faire illusion et croire que nous n\u2019avons qu\u2019à recueillir des fruits.Le terrain à défricher est encore immense et il faudrait de nombreuses ouvrières pour nous aider à la tâche.Daigne la Reine des Missions y pourvoir elle-même! El \u2022 Accordez-moi, mon Dieu, de ne pas me tromper moi-même et de voir nettement le peu que je fais pour l\u2019extension de votre Église.Ce n\u2019est pas que je sois volontairement un lâche, ni que j\u2019aspire aux longues fainéantises.Mais c\u2019est sans doute que je n\u2019ai pas encore entendu le gémissement sourd de votre Esprit dans le monde, et surtout que je ne sais pas toute la puissance que votre grâce donnerait à un désir sans partage.R.P.Charles, S.J. û Ihl Vel un g^tain le àènevè « Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu\u2019un homme a pris et a jeté dans son jardin; il a poussé et est devenu un grand arbre, et les oiseaux du ciel ont niché sur ses branches.» (S.Luc, xiii, 19.) Dernièrement, une cérémonie impressionnante illustrait en l\u2019église de Gagalangin cette parabole évangélique, alors que deux cents jeunes gens voyaient bénir et sanctionner par l\u2019autorité ecclésiastique leur initiative d\u2019apostolat, laquelle, née très petitement, est maintenant un arbre où se branchent les oiseaux du ciel! Dans ses visites à domicile.Sœur Joseph-Arthur ^ rencontra un jour un jeune homme désireux de faire sa première communion.Catéchisé par notre Missionnaire, il transmit à son tour son savoir à l\u2019un de ses amis qui lui aussi voulait communier.Et l\u2019ami, dans son bonheur immense, se fit apôtre auprès de plusieurs compagnons qu\u2019il amena plus tard au Couvent Del Rosario.Les cours de catéchisme étaient nés; le grain de sénevé pointait sa tige! Des réunions d\u2019études et de prières sortit l\u2019initiative des retraites du deuxième dimanche du mois.Le groupe des convertis connut tant de succès et se multiplia avec une telle rapidité que le R.P.Directeur suggéra une organisation autonome.Ce fut ainsi qu\u2019avec l\u2019approbation du P.Pedro Pajarillo, curé de la paroisse, commença The Immaculate Conception Catholic Men\u2019s Association.Voilà en substance ce que rappelait le vice-président de l\u2019Association dans le discours qu\u2019il prononça au jour de l\u2019érection.Et ce fervent de l\u2019Action catholique terminait sur ces mots: « De nos jours, le besoin se fait de plus en plus sentir de laïques militants et énergiques.Notre organisation est la réponse à ce besoin.Elle a été formée dans l\u2019intention de propager la Foi, d\u2019encourager les cercles d\u2019études, de répandre la littérature saine, de faire mener à ses membres une vie sérieusement chrétienne, d\u2019honorer l\u2019immaculée Conception de la Très Sainte Vierge.De cette façon, nous travaillons à notre sanctification personnelle et au salut du prochain.1 Laura Thérien, de Saint-Léonard-d\u2019Acton. m y À L\u2019ACADÉMIE DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION DE GAGALANGIN, MANILLE, LES JEUNES FÊTENT UN PETIT COMPAGNON, RENÉ FERNANDEZ En arrière, à droite Sœur Madeleine-du-Sacré Cœur (Madeleine Payette, de Montréal), Supérieure des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, à gauche Sœur Marie-de-Massabielle (Anne Marie Lévesque, de Westmount), directrice de l\u2019Ecole Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 203 « Les organisations anticatholiques emploient toutes sortes de moyens pour attirer les ignorants et les non-avertis.Je voudrais que les parents sachent où s\u2019en trouvent les enfants au point de vue religion.Je sais que ceux-là veulent donner à ceux-ci le meilleur en toutes choses.Nous avons besoin d\u2019une jeunesse bien disciplinée et avertie.Nous espérons atteindre ce but avec la grâce de Dieu et le secours de la Vierge Immaculée.» M.le Président Julian Gloria ne fut pas moins ardent.Après avoir exprimé sa joie et ses craintes d\u2019endosser l\u2019honneur et la responsabilité de chef, il expliqua la devise adoptée: Caritas Christi urget nos.Puis, s\u2019arrêtant aux fruits déjà portés par l\u2019Association dans un passé vieux de six mois à peine, il s\u2019écria ému: « Nos enfants ont été instruits du catéchisme; ils ont fait leur première communion.Nous avons vu des adorateurs, groupe fervent, levain précieux; d\u2019autres parmi nous se dévouent avec zèle pour éclairer ceux qui languissent encore dans les ténèbres.Mais il est un groupe que vous n\u2019avez peut-être pas remarqué: ce sont des élèves des écoles publiques; des jeunes de dix à vingt ans qui s\u2019unissent non pour le plaisir, non pour des avantages matériels, mais pour mieux s\u2019instruire de leurs devoirs religieux et aider spirituellement leurs confrères et amis.« Cependant, tous ces efforts, tous ces commencements eussent été vains sans les sacrifices et le dévouement des Religieuses missionnaires de Gaga-langin et du vénéré pasteur de la paroisse, le R.P.Pajarillo.« Un jour, j\u2019espère que nos plans qui paraissent un rêve aujourd\u2019hui deviendront une réalité par l\u2019esprit de coopération de tous.Je remarque qu\u2019à chacun des pas que nous faisons le diable est là pour poser des obstacles.Jésus lui-même n\u2019a pas été épargné: trois fois il a été tenté.A son exemple, nous garderons foi dans le secours de Dieu; avec sa grâce nous avons l\u2019assurance qu\u2019il sera près de nous toujours jusqu\u2019au dernier appel.« Voilà les pensées que j\u2019offre à vos réflexions.J\u2019ai l\u2019espoir qu\u2019un jour nos adversaires et nous-mêmes nous nous rencontrerons dans l\u2019union et l\u2019entente!» Outre ces discours, la cérémonie comporta un sermon du R.P.Curé, la Bénédiction du Saint Sacrement, le chapelet et autres prières.Après cela eut lieu le baptême du drapeau de l\u2019Association: soie bleue portant en relief l\u2019image de la Vierge Immaculée encadrée de l\u2019inscription du mouvement d\u2019Action catholique.A ce moment, les patrons choisis parmi les paroissiens marquants de Gagalangin pénétrèrent dans le chœur tenant tous un cierge allumé, et se rangèrent autour du nouvel étendard.Un recueillement manifeste disait que l\u2019on comprenait et appréciait l\u2019acte posé.Nos braves jeunes gens reçurent force félicitations, bien méritées d\u2019ailleurs, car parmi les patrons et les assistants se trouvaient des ouvriers de la première heure.Les apôtres de la Vierge Immaculée forment une phalange puissante pour le bien et qui ne demande que l\u2019appui d\u2019une bonne direction pour accomplir des merveilles.Cette jeunesse ardente veut étendre ses conquêtes non seulement dans le secteur paroissial, qui comprend 85,000 âmes, mais encore bien au delà! Afin qu\u2019elle reste fidèle à ses heureux commencements, il lui faut la prière des amis des Missions; et c\u2019est ce que nous sollicitons de tous par la voix du Précurseur. KATETE, NYASSA-NORD rmmiMcé/ Par Soeur SAINT-LEON-LE-GRAND », M.I.C.îlom& Celle de Veregrunya (Virginie) n\u2019est pas la moins intéressante: regard pétillant, nez retroussé, sourire unique.Une physionomie qui annonce la plus espigèle et la meilleure enfant! Un jour de vacances que j\u2019allais visiter mes malades logés aux huttes de la Mission, à quelques centaines de pas du Couvent, je demandai à Veregui (c\u2019est le nom familier de Veregrunya) de m\u2019escorter.La négrillonne est aux anges de me suivre! Et la voilà qui gambade autour de moi à la recherche de ces trous dans la terre d\u2019où sortent des insectes que les Noirs croquent comme des amandes salées! Tout à coup Veregui cesse ses bonds de gazelle et, s\u2019approchant de moi, me dit d\u2019un ton pénétré: « Prions, Mère, prions la Sainte Vierge notre bonne maman du ciel!» Et les yeux baissés pour ne plus voir les fameuses bestioles, elle répond aux Avé qui s\u2019égrènent le long du sentier de la brousse.Tous les jours, en classe, la maîtresse a rappelé que même au temps des vacances il faut prier pour les pécheurs et les païens.Veregui est fidèle à son devoir d\u2019apôtre: ce n\u2019est pas elle qui y manquerait; elle sait trop bien ce que c\u2019est qu\u2019être païen! 1.Pauline Longtin, de Montréal. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 205 Oh! les petits élèves de la Mission, ils sont bien dociles quand il s\u2019agit de prier! J\u2019en ai vu un, païen de six ou sept ans, les mains sur les yeux pour les tenir fermés afin que les distractions n\u2019entrent pas chez lui pendant le chapelet à l\u2019église.N\u2019est-ce pas que notre bonne Mère du ciel doit sourire à la bonne volonté de ce jeune broussard qui n\u2019a qu\u2019un désir: devenir son enfant! Vers 11 heures, je vois ordinairement arriver au dispensaire la gent écolière externe.Ce jour-là, une troupe animée de bonnes femmes hautes comme trois pommes fait irruption.Au milieu, il y a.une victime ou une protégée.C\u2019est Tereza, la mine piteuse.Toutes ensemble m\u2019expliquent son cas: « Tereza a vomi.Mère, et n\u2019a pas voulu jouer en récréation.Notre maîtresse a voulu l\u2019envoyer se faire soigner, mais elle a refusé; c\u2019est pourquoi nous venons avec elle.» Vraiment, la scène est typique! Tereza a l\u2019air d\u2019une condamnée à mort! Malgré les plus belles promesses de guérison rapide, elle ne veut pas absorber la médecine que je lui tends.Mais dès que je dis: « Tereza va prendre ce munkwala pour plaire à Jésus », elle ouvre la bouche grande assez pour avaler une orange toute ronde! Le remède amer est engouffré.ouf! Toute la bande repart contente et Tereza, donc, qui goûte la joie d\u2019avoir fait plaisir à son grand ami Jésus! Depuis son arrivée au Boarding de la Mission Catholique, une petite pensionnaire venue d\u2019un milieu protestant épiait tous les gestes des Missionnaires.Son cœur s\u2019est laissé gagner par la charité.A sa maîtresse qui lui pansait un doigt écorché, elle dit: « Merci, vous êtes des mamans pour nous! » Et peu après elle écrivait à son père: « Ne vous inquiétez de rien.Les Missionnaires ont des cœurs de mères pour votre enfant.Si nous avons Î5 Sœur Marie-dks-Anges (Alice Pepin, de Warwick) revient d\u2019un pique-nique avec les ÉLÈVES DU Pensionnat de Katete Les jeunes filles portent sur leur tête les paniers DE PROVISIONS, LES SEAUX D'EAU, ETC. SŒUR SAINT-ÉMILE (ANNETTE CORBEIL, DE MONTRÉAL), AIDE-INFIRMIÈRE AU DISPENSAIRE DE KATETE, NYASSA-NORD Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 207 besoin de quelque chose, elles nous le donnent.Elles devinent même ce qu\u2019il nous faut.» Mais, à mon avis, les trois frimousses les plus intéressantes de Katete sont celles de nos protégés: Maria, Yosefe et Yohanne, qui forment un bourgeon d\u2019orphelinat.Maria a dix mois.Elle était si frêle quand nous en héritâmes, que Sœur Saint-Justinien ^ en fut souvent très inquiète.A force de soins, ma Sœur l\u2019a remise sur la voie de la santé.Comme nous n\u2019avons pas de local spécial pour nos orphelins, ils logent provisoirement dans une pièce contiguë à notre réfectoire.De sa couchette.Maria observe tout ce qui se passe.Par exemple, elle voit ce que fait Rosalina lorsque celle-ci apporte les plats de la cuisine.Certain jour que Sécilia l\u2019avait assise par terre à l\u2019heure du dîner.Maria voulut essayer le truc: toc, toc, toc, dans le panneau de la porte.Sœur Sainte-Brigitte ^ alla répondre, croyant avoir affaire à Rosalina.Alors, dans l\u2019embrasure, apparut la frimousse noire de Maria, qui, de ses deux seules petites dents, nous envoya le plus coquin des sourires! Yosefe, à peine cinq mois, nous est venu de Mzambazi avec la mention honorable: « Pleure jamais! », signée de Sœur Saint-Yves Histoire d\u2019acclimatation, Yosefe pleura à fendre l\u2019âme ses premières quarante-huit heures à Katete.J\u2019en fus presque découragée et pensai qu\u2019il ne pourrait vivre ici.Si faible était-il que, ô déshonneur de la race noire! il était presque aussi blanc que nous! Mais les pigments ont renforci depuis et le voilà qui tourne au jais.Yosefe a débuté sur la scène à l\u2019occasion de la fête patronale de Mgr Saint-Denis: il tenait le rôle de l\u2019Enfant Jésus à la crèche.Dans son panier d\u2019osier, il était ravissant.Son petit air doux, sa parfaite sagesse lui valurent les compliments de Monseigneur et des autres Pères Blancs.On l\u2019eût dit exercé tant il regardait tendrement et juste à propos la négrillonne qui jouait le rôle de la Sainte Vierge.Yohanne, le numéro trois, nous fut un cadeau de Noël.Sa maman étant morte quinze jours après sa naissance et son agogo (grand-mère) se trouvant incapable de l\u2019élever, son père nous supplia de le garder jusqu\u2019à l\u2019âge de deux ans au moins.Il devint nôtre; et, après un nettoyage en règle, il élut domicile.dans une caisse que nous avons dotée de pattes.Mais patience! Yohanne sera le premier à déménager dans une vraie couchette, à barreaux s\u2019il vous plaît, que je suis à fabriquer avec les montants des caisses qui ont perdu leur première forme.Si je vous parle avec amour de quelques frimousses noires de mon domaine, chacune ici pourrait vous dépeindre sa galerie! Sœur Sainte-Bernadette ^ a des merveilles de petits séminaristes; Sœur Sainte-Brigitte est fière de la bonne soixantaine de petits chats sauvages qu\u2019elle apprivoise; et Sœur Sainte-Imelda®, de ses soixante-dix Boarders sorties de la brousse et qui deviennent des demoiselles comme-il-faut.1.\tPauîe-Ida Coulombe, de Monument, P.Q.2.\tJeannette Caron, de Saint-Jean-de-la-Lande.3.\tYvette Ricard, de Grand\u2019Mère.4.\tMarie Fyfe, de Lapraine.5.\tImelda Saurette, de Letellier.Manitoba. 208 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 Je n\u2019ai pas de rapports avec nos pensionnaires, sauf au dispensaire et aux cours de First Aid que je leur donne de 6 h.30 à 7 h.45 le soir, une fois la semaine.Mes élèves sont si attentives à la leçon que j\u2019en oublie l\u2019heure.Ces chères enfants ont à cœur de se mettre en mesure de rendre le plus de services possible aux gens de leur village.Tout ce que je regrette et ne cesse de déplorer, c\u2019est que les jours n\u2019aient pas quarante-huit heures, car, après la besogne ordinaire, je trouverais du temps pour venir causer plus souvent de mes ouailles noires.Mais.rien que le mois de décembre a vu passer au dispensaire 3,941 malades, et l\u2019année 1950, 28,000 et quelques centaines; voilà qui dévore les minutes et les jours! Z» \u2022 \u2022z Maÿaàaki lait au pxoleààeux Ma^l deà obâequeà àolennelleà Nagasaki (A.I.F.).\u2014 Les funérailles officielles du professeur Paul Takashi Nagai, l\u2019illustre et savant écrivain japonais mort le 1\u201c' mai de maladie atomique, ont eu lieu le 14 mai, à Nagasaki, avec la participation des plus hautes autorités civiles et un immense concours de peuple.Jamais encore un catholique japonais n\u2019avait reçu pareil hommage posthume.Du domicile du défunt, où eut lieu la levée du corps, jusqu\u2019à l\u2019église paroissiale d\u2019Urakami, c\u2019est-à-dire sur plus de cinq kilomètres, se pressait une foule innombrable.Le maire de Nagasaki, M.Tagawa, conduisait le deuil, et près du cercueil se tenaient les deux enfants du défunt, Sei-ichi et Kayano.Plus de 40,000 personnes ne purent trouver place dans l\u2019église, où S.Exc.Mgr Paul Yamaguchi, évêque de Nagasaki, célébra la messe de Requiem et donna l\u2019absoute.Au moment où, la cérémonie religieuse terminée, les deux orphelins aspergeaient d\u2019eau bénite le cercueil de leur père, les cloches des églises et des temples bouddhistes se mirent à sonner, tandis que les navires ancrés en rade et les usines actionnaient leurs sirènes.Suivit une minute de silence en l\u2019honneur du défunt; dans la ville et la campagne, toute activité cessa; dans les usines et les ateliers, les ouvriers suspendirent leur travail et prièrent pour leur illustre concitoyen disparu.Après le service funèbre, un chœur chanta un poème écrit par le professeur Nagai, puis le cortège funèbre se forma pour conduire le défunt à sa dernière demeure, où il repose auprès de sa femme, tuée par la bombe atomique le 9 août 1945.Sur la pierre du tombeau ont été gravés ces simples mots: a Je fus un humble serviteur; je n\u2019ai rien fait que mon devoir.» De nombreux télégrammes de condoléances sont parvenus à Nagasaki de tout le Japon et de l\u2019étranger, en particulier du premier ministre, M.Yoshida, du ministre de l\u2019Instruction publique, M.Amano, du président de la Chambre des députés et du président du Sénat.Le télégramme du Saint-Père, reproduit par toute la presse, a causé au Japon une profonde impression.\u2014 {Fides.) L au^ % rt/VV^ RUMPHI, NYASSA-NORD par Soeur SAINT-JUSTINIEN S M.I.C.Rumphi, coin perdu du Nyassa-Nord et domaine de prédilection des léopards, dort dans la nuit calme.Au firmament, la lune promène Sa Majesté comme en un champ fleuri de boutons d\u2019or.La fournaise du jour s\u2019est amortie; il fait une de ces belles nuits d\u2019une douceur exquise dont les régions tropicales ont seules le secret: l\u2019hyène en perd le goût du crime et du ricanement; c\u2019est à charmer les fauves eux-mêmes! A la Mission Catholique, les ouvriers de la vigne du Seigneur réparent leurs forces en vue d\u2019un lendemain besogneux.Soudain, des cris: Odi, odi, odi ! bombardent les fenêtres *du Couvent et fracassent tous les sommeils.Des indigènes cherchent le lieu de retraite des Amayi qu\u2019ils appellent au secours.Nous sautons hors de nos lits.Soeur Supérieure et moi sommes les premières sur la véranda.Les Noirs se sont tus; on n\u2019entend plus que les faibles plaintes d\u2019un mourant.Le clair de lune met en relief une scène tragique.Presque tout un village est là accompagnant la douleur d\u2019un pauvre papa qui nous regarde avec des yeux immenses, suppliants.Dans une sorte de hamac fait d une couverture de laine attachée à deux bâtons que soutiennent deux porteurs avec d\u2019infinies précautions, est couché un petit blessé.Bien que négrillon, il s\u2019appelle mite.Son père nous conjure de faire l\u2019impossible pour lui sauver la vie.Et il nous raconte un triste accident: au cours de la journée.White, grimpé à un arbre sous lequel on avait fiché en terre des flèches servant de piège aux léopards, fit une chute qui eût été banale sans la menace des dards pointés en l\u2019air.Hélas! il tomba tout juste sur l\u2019un d\u2019eux qui lui pénétra l\u2019abdomen, chemina sur la partie postérieure du thorax pour aller sortir près de l\u2019épaule.Aux cris 1, Paule-Ida Coulombe, de Monument, P.Q. SŒUR LÉON-MARIE (LUCILLE FONTAINE, DE SAINT-ÊPHREM D\u2019UPTON) SAIT AMUSER SES GENTILLES PETITES NOIRES DE RUMPHI Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 211 désespérés de l\u2019enfant, ses parents accoururent et décidèrent de se mettre en route sans tarder pour le dispensaire de Rumphi.Partis de leur village vers 4 heures de l\u2019après-midi, ils nous arrivaient ainsi à 3 heures du matin, exténués, brûlants de soif.White a environ sept ans.Il est païen et élève à l\u2019une de ces écoles de brousse que les Pères Blancs entretiennent un peu partout pour enseigner la prière et les rudiments de la lecture.Il est trop souffrant et pas assez conscient pour comprendre parfaitement notre langage qui diffère un peu du sien.Son corps est glacé, son pouls à peine perceptible.Il a l\u2019intestin perforé et je découvre tous les symptômes d\u2019une hémorragie interne.Cela m\u2019enlève tout espoir de lui sauver la vie naturelle.Reste à lui procurer l\u2019autre, la surnaturelle! Touchée des délicatesses de la Providence envers ce négrillon qui me vient de si loin, avec bonheur je lui signe son billet d\u2019entrée à la fête éternelle.Je lui donne tous les soins en mon pouvoir, puis, avec Sœur Supérieure, je le reconduis avec toute sa caravane au dispensaire encore inachevé mais qui fournira tout de même jusqu\u2019au matin un abri sûr.A 6 heures, on vient me chercher; le petit blessé est très mal.J\u2019arrive en effet pour constater qu\u2019il est en train d\u2019expirer.Quelques légers soupirs et son âme toute blanche monte droit en paradis.Dans le piège aux léopards.White le négrillon a trouvé la clef du royaume des deux! Je m\u2019en fus à la messe qui commençait en notre chapelle remercier le Seigneur, et lui demandai si mon petit élu ne pourrait pas s\u2019occuper désormais d\u2019arracher aux pièges du démon ses frères païens de Rumphi! M-oxt de VSmpéxatxice douaixiexe du §apon Tokyo (A.I.F.).\u2014 Le 17 mai, est morte, à Tokyo, entourée de la vénération de tout un peuple, l\u2019impératrice douairière Setsuko, mère de l\u2019actuel empereur Hiro-Hito.Les catholiques conserveront pieusement la mémoire de cette femme au grand cœur pour l\u2019inlassable charité qu\u2019elle ne cessa de manifester aux plus déshérités de ses sujets, les lépreux, et pour l\u2019aide généreuse qu\u2019elle apporta si souvent aux léproseries catholiques du Japon.C\u2019est elle, en effet, qui stimula l\u2019organisation officielle de secours aux lépreux en faisant connaître au grand public japonais l\u2019importance de ce grave problème.C\u2019est elle qui dans les moments de difficultés financières sauva de la ruine les léproseries catholiques.En 1930, elle accorda personnellement un secours de 250,000 yen au R.P.Drouart de Lesey, M.E.P., Directeur de la léproserie catholique de Koyama.Cette charité de l\u2019Impératrice Douairière se traduisit souvent de façon touchante.C\u2019est ainsi qu\u2019en 1932 elle offrit aux lépreux de Koyama des érables \u2014 arbres au feuillage délicat si chers aux Japonais \u2014 avec un poème commençant par ces mots; « Allez consoler mes chers lépreux; portez-leur la joie que je ne puis leur donner moi-même.» Le R.P.François-Xavier Iwashita, successeur du P.Drouart de Lesey, bénéficia lui aussi à maintes reprises de l\u2019aide de l\u2019Impératrice, qui ne cessa de témoigner jusqu\u2019à sa mort une sincère sympathie pour cette œuvre qu\u2019elle admirait profondément.\u2014 (Fides.) â\\\\ LES CAYES, HAÏTI A xll^fiuiAam ^cUi/ Sxwrc^CotiM^ Les routes qui mènent à Charpentier, petite localité aux abords des Cayes, voient depuis quelques mois défiler journellement des caravanes d\u2019infirmes, de malades et d\u2019estropiés de toutes sortes.Cette procession de souffrants aboutit à une blanche villa, transformée depuis octobre 1950 en clinique de charité, grâce à la générosité de sa propriétaire, Mme Victor Chevalier, qui la céda aux Missionnaires en vue de cette œuvre.Deux palmiers géants, postés en sentinelle, veillent sur la rustique maison blottie sous une luxuriante végétation tropicale.La large avenue qui y conduit semble dire à tous: « Soyez les bienvenus! » Dès 3 h.30 du matin, les longues perches de la barrière s\u2019abaissent pour livrer passage aux arrivants.Ceux-ci, après avoir attaché leur monture à l\u2019ombre du bocage, s\u2019installent eux-mêmes sous la feuillée où des bancs sont disséminés: ils sont heureux de pouvoir posséder les premières cartes de passe, car il faut ici observer la consigne: « Premier arrivé, premier servi! » Pour tromper l\u2019attente, quelques-uns se postent sur le petit pont donnant accès à la clinique et surveillent le va-et-vient des véhicules, jusqu\u2019à ce qu\u2019ils aperçoivent, pointant à l\u2019horizon, le modeste coupé que conduit Sœur Eus-telle-de-l\u2019Eucharistie S accompagnée de ses deux aides haïtiennes.Il est 7 h.30.Sans perdre une minute, l\u2019Infirmière se met à l\u2019œuvre.Le nombre des patients, qui était déjà d\u2019une soixantaine, grossit à chaque instant.Tantôt c\u2019est un pauvre hère, marchant clopin-clopant, qui arrive appuyé sur son bâton; tantôt encore un cavalier sur son fougueux coursier 1.Eustelle Samson, de Lauzon. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 213 OU bien un personnage important dans sa limousine silencieuse.Car, vraiment, sur le pont du Dispensaire de Charpentier, « tout le monde y passe » ! La générosité de nos Bienfaiteurs du Canada et des États-Unis a pourvu la clinique d\u2019instruments modernes et variés, aussi Sœur Eustelle-de-TEucharistie peut-elle donner à ses malades entière satisfaction.Rien d\u2019étonnant alors si le nombre de ceux qui viennent chercher auprès du « docteur étranger » soulagement et guérison croît de jour en jour.Du même coup s\u2019amplifie le travail de l\u2019apostolat, but premier du dispensaire.Tout en soignant les corps, l\u2019Infirmière jette dans les âmes la semence des bonnes paroles, des encouragements au bien, des leçons de catéchisme qui éclairent sur leurs devoirs des gens qui se disent chrétiens parce que baptisés, mais qui souvent ignorent tout de la religion.Puisse la Vierge Inunaculée accorder sa maternelle protection à cette œuvre naissante et lui faire produire le plus de fruits possible! C\u2019est le souhait que S.Exc.Mgr Collignon formulait le 2 février 1951, en apportant la bénédiction de l\u2019Église au nouveau dispensaire.Une Sœur Missionnaire DE l\u2019Immaculêe-Conception des Cayes.VENDEUSES DE PANIERS EN HAÏTI. Uluiirt ^^ïïlvi4Mnv Seigneur, Maître de la Moisson, Nos greniers sont pleins; la saison A tassé le froment brun.L\u2019homme, Quand le sol dormira son somme.N\u2019a crainte de manquer de pain.Loué sois-tu, toi que l\u2019on nomme Le Bienfaiteur de tout jardin ! Maître de la Moisson, ce soir.Parlons de tes greniers d\u2019Espoir Où tu veux engranger le monde.Trop souvent ma prière abonde En soucis du quotidien; Trop souvent sur la mappemonde.Gémit seul ton souci divin ! Parcourons ensemble tes champs Et dis-moi tes propres tourments.Ah ! oui, l\u2019Asie a de l'ivraie Que la faucille rouge essaie D\u2019emmêler avec le bon grain.Mais, vois donc.Seigneur, rien n\u2019effraie Tes ouvriers.Regarde bien ! k Tu pleures ?Alors passons voir Ton Église au Continent Noir.Je l\u2019aperçois jeune qui pousse Dessus les horizons de brousse ! Tu souris.Une larme vient Encor ?.C\u2019est que ton âme douce Veut V Islam et tous les païens ! Des moissonneurs, ah ! je comprends, Le groupe n\u2019est pas suffisant.Je n\u2019ose te montrer ces îles Où d\u2019autres temples se profilent.Pourtant, le dévouement des tiens Y fait lever des blés dociles.Des croix hérissent les lointains.Que puis-je pour te consoler ?.Que puis-je aussi pour appeler ?.Prends le mot qui court sous ma plume, Prends un peu de la pâle brume De mon devoir de chaque jour; Et pour qu\u2019un autre cœur s\u2019allume.Prends l\u2019étincelle à mon amour ! Tu peux des prodiges de bien.Seigneur, avec ces pauvres riens.Tu glisses ta toute-puissance Dans mon infime confiance, La fonds en grâces d\u2019ouvriers, 0 toi qui gardes l\u2019intendance Et des âmes et des greniers ! M.I.C. S' \u20ac1 I yi'cn/riclmmz par Soeur MARIE-PAULE M.I.C.Comme sa sainte Patronne, elle semble remonter au iv® siècle, notre vieille Eulalie, tant elle est décrépite! Elle n\u2019a plus qu\u2019un œil, quatre dents et des oreilles qui n\u2019entendent guère.Ses membres décharnés se meuvent si lentement qu\u2019elle doit bien prendre au delà d\u2019une heure pour déguster son bol de riz.Vous vous imaginez sans doute notre petite mère-grand allongée sur une natte?.Ah! que non! C\u2019est dans la rue qu\u2019on la rejoint.En vain ai-je essayé de la rencontrer chez elle: elle était ou déjà partie ou non encore rentrée.Celles d\u2019entre nous qui, de bonne heure, circulent dans les pièces ouvrant sur la rue en arrière de notre maison la voient invariablement passer chaque matin, péniblement courbée sur le manche de son gros parapluie, son sac à la main et la tête enveloppée d\u2019un grand mouchoir de couleur.Le soir, durant notre méditation, sans même détourner les yeux, nous constatons son retour: sa silhouette cassée, longeant plus lentement encore les fenêtres de notre chapelle, nous laisse deviner son passage.t D\u2019où vient-elle?.Du marché?.Probablement a-t-elle dû y arrêter, mais pas n\u2019est besoin de dix heures pour approvisionner quotidiennement le couvert d\u2019une personne, car je dois vous dire qu\u2019Eulalie vit seule, dans une des chambres du logis de Mme Gatbonton, notre dévouée catéchiste.Celle-ci a bien des fois tenté de pénétrer la vie mystérieuse de sa protégée, mais toujours sans succès.Ce vieux cœur est fermé à cadenas comme la porte de son gîte où elle garde jalousement ses pauvres nippes et les quelques pesos 1.Marie-Paule Larocque, de Montréal. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 217 qu\u2019une de ses nièces lui octroie.L\u2019unique réponse aux inquisitions est la suivante: « J\u2019ai affaire en ville; il faut que je voie mes amies.» Et chaque fois que notre bonne catéchiste voulut rappeler à l\u2019anachorète ses devoirs de baptisée, qu\u2019elle a depuis trois quarts de siècle pratiquement oubliés, la nonagénaire a répliqué: « Je ne vous entends pas! » ou encore: « Je ne connais pas ça! » Cela, jusqu\u2019à la nuit où, par des cris d\u2019épouvante, Eulalie attira toute la maisonnée dans son ermitage! On la trouva en sueurs, la figure contrefaite, la main sur la gorge, essayant d\u2019articuler des syllabes qui ne sortaient pas.On lui donna des médicaments et lorsque l\u2019émotion fut passée, voici ce que grand-mère raconta: « Je dormais, quand soudain un jeune homme habillé de blanc comme celui de votre image (elle désignait le cadre de l\u2019Ange Gardien) m\u2019a saisi à la gorge en me disant: « Tu approches cent ans, tu vas bientôt mourir et tu n\u2019es pas allée à confesse depuis si longtemps! Si tu ne te décides pas, tu seras emportée par le diable.» Il m\u2019a alors serrée si fort que j\u2019ai cru étouffer.Dans ses yeux irrités, j\u2019ai vu qu\u2019il attendait ma réponse et j\u2019ai dit: « Oui, j\u2019y vais tout de suite! » Il faut donc que je m\u2019habille et que vous m\u2019ameniez tout de suite à l\u2019église! » Et la vieille, affermie dans sa résolution, s\u2019efforçait de se lever.On la calma, objectant que tous les prêtres étaient au repos et qu\u2019on ne devait pas les déranger, sauf pour cas de maladie.Avec bien de la peine, on la fit accepter ce court délai \u2014 il pouvait être deux heures du matin \u2014 mais il est clair que la vieille Eulalie ne se rendormit plus et qu\u2019avant l\u2019aube elle était organisée pour accomplir sa promesse.« Vous allez m\u2019aider, disait-elle sans cesse à Mme Gatbonton.Toute seule, je ne sais pas comment faire.» Notre catéchiste la prépara comme elle l\u2019aurait fait pour l\u2019une de ses jeunes élèves; elle la conduisit par la main au confessionnal puis à la Table Sainte où la brebis égarée depuis si longtemps recouvra le bonheur avec la paix de l\u2019âme.Année Sainte, année des grands retours et des grands pardons, nous bénissons tes bienfaits! Mission Chinoise de Manille, décembre 1950.LUMINAIRE DANS LES CHAPELLES des Sœurs Missionnaires de V ImmacuUe-Conception Lampes du sanctuaire.$50.00 10 sous Un lampion ou un cierge 90 sous pour une neuvaine.$ 3.00 pour un mois.35.00 pour une année. Couttlet deà ^ÀlUàionà Wakamatsu, Japon.Il y a quelque temps, une maman païenne apportait au dispensaire un bébé si maigre et si malade, que l\u2019Infirmière jugea prudent de lui donner son passeport pour le ciel avant de le laisser repartir.Mille fois heureuse, j\u2019eus l\u2019insigne privilège de verser sur ce petit front mourant l\u2019eau sainte qui fait enfant de Dieu.Émue, la main et la voix tremblantes, j\u2019accomplis ce geste si grand en prononçant la formule rituelle: « Joseph-Robert, je te baptise.» Petit ange là-haut quelques jours plus tard, ce filleul de mon cher frère prêtre fut chargé d\u2019intercéder en sa faveur et de lui venir en aide dans sa tâche délicate et difficile de médecin des âmes.La coutume au Japon veut que le corps des défunts soit brûlé, et alors les cendres, placées dans un coffret en bois recouvert de soie blanche, sont portées au temple ou au caveau familial.Mais mon protégé échappa à l\u2019incinération.Après avoir déposé la menue dépouille de son enfant dans une caisse de mikan rembourrée de vieux chiffons de papier en guise de satin blanc, la mère attacha la boîte sur son dos et l\u2019apporta à l\u2019église catholique oû eut lieu la cérémonie habituelle de la sépulture des enfants.Qu\u2019importait à présent à ce nouveau chrétien la pauvreté des habits et du cercueil, puisque son âme jouissait déjà de la vision béatifique, bonheur sans partage des élus! Sœur Sainte-Êlodie, M.I.C.(Simone Saint-Amand, de Saint-Aimé).Camp-Perrin, Haïti.Vous faites sans cesse, en esprit, le tour de nos Missions, dites-vous! Chez nous, vous trouverez un attachement toujours plus grand à notre chère Maison-Mère.La joie règne dans la petite maison de Camp-Perrin.m A L\u2019ÉCOLE DE MIREBALAIS.EN HAITI. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 219 J\u2019ai charge cette année du groupe des commençantes, j\u2019en compte 54.Les jours de pluie, les occupants de la petite classe se chiffrent à 60.et plus' C\u2019est que, pour se garantir de l\u2019orage, les poulettes grises et blanches se réfugient chez nous, et sur la galerie, les bourriques attendent une éclaircie .Chère Mère, vous aimeriez, j\u2019en suis sûre, ma modeste petite caille J\u2019y suis à cœur d\u2019année dans l\u2019esprit de Noel, puisqu\u2019elle a ressemblance frappante avec l\u2019étable de Bethléem.Jamais je n\u2019aurais pensé que l\u2019on pouvait être aussi heureuse sous un toit de chaume! Sœur Saint-Ludger, M.I.C.(Claire Gauvin, de Jonquière).Mirebalais, Haiti.Très révérende Mère Générale, A l\u2019occasion de l\u2019anniversaire d\u2019inauguration de notre École Congréganiste, nous venons vous exprimer toute notre reconnaissance.Vous êtes notre grande bienfaitrice, ô vous qui nous avez envoyé des Mères pour nous donner l\u2019éducation et l\u2019instruction' Tout le monde à Mirebalais est bien content d\u2019avoir des Religieuses, il paraît que déjà notre bourg est tout changé.Nous vous remercions encore avec un cœur joyeux pour toutes les bonnes choses que vous faites parvenir dans notre pays.Grâce à votre générosité, nous avons eu de belles récompenses à la fin de l\u2019année scolaire.Nous voudrions pouvoir dire notre merci à toutes les chantables personnes du Canada qui nous procurent des images, chapelets, livres de prières, robes, jouets, etc.Nous prions papa Bon Dieu et maman la Vierge de les récompenser pendant leur vie et après leur mort.Révérende Mère Générale, nous savons que vous nous aimez, nous Haïtiennes, car lorsque l\u2019on demande de vos Religieuses pour notre pays, vous n\u2019êtes pas capable de dire non.Nous aussi nous vous aimons et nous prions souvent pour vous.Avant de terminer, nous voulons nous recommander à vos prières.Voici les grâces que nous désirons le plus- assez d\u2019intelligence pour comprendre les belles choses que l\u2019on nous enseigne et parvenir au Certificat, si possible, la bonne conduite dans le chemin de la vie et la vocation religieuse, si c\u2019est la volonté du bon Dieu.Peut-être qu\u2019un jour l\u2019une ou l\u2019autre d\u2019entre nous deviendra Missionnaire de l\u2019Immaculée-Conception, elle ira au Canada pour devenir une Mère enseignante et puis elle reviendra pour faire la classe aux petits enfants de sa Patrie haïtienne.Quel bonheur! Notre cœur vous dit tendrement; Au revoir! Vos Haïtiennes de Mirebalais, par.Marie-Dieu-là Philistin.Seuls les grands soucis sont éducateurs.Pour chasser nos ^puérilités, il faut mettre en nous le secret désir du Seigneur (l\u2019extension de son Église) et organiser toute notre vie pour le réaliser.Je n\u2019ai compris que très imparfaitement cette grande leçon; j\u2019ai cru que le Seigneur me demandait seulement d\u2019être bien sage dans mon coin, de cultiver le potager de mes vertus et de lui laisser le soin du monde.Mais le royaume des cieux est semblable à un filet, et dans un filet toutes les mailles sont solidaires et quand il y a un trou et que les mailles sont rompues, c\u2019est tout le filet qui pâtit.Lui, le grand pêcheur dans la barque de l\u2019Église, il a le souci du filet tout entier.Je ne puis m\u2019en désintéresser en ne songeant qu\u2019à moi.R.P.Charles, S.J. Pour la Journée Missionnaire du 21 octobre 1951 Appel de S* Exc.Mgr Celse Costantini, secrétaire de la Propagande On nous persécute, mais nous résistons.(/ Cor., IV, 12.) tes 'Bîrecteurs Nationaux des Œuvres Pontificales Missionnaires se sont réunis à Rome du 30 mai au 1®'' juin, et le 3 juin ils eurent la grande joie de pouvoir assister à l\u2019émouvante cérémonie de la béatification de l\u2019angélique Pie X.Pendant les réunions des Directeurs Nationaux, nous avons pu constater une fois de plus quelle belle ferveur missionnaire anime les catholiques du monde entier; ferveur qui se traduit, cette fois encore, par un accroissement des sommes données en aumône.Voilà pourquoi S.Êm.le Cardinal Fumasoni-Biondi, Préfet de la S.C.de la Propagande, tient à adresser à tous les généreux donateurs ses plus sincères remerciements.En effet, si l\u2019aide financière aux Missions a toujours été indispensable, cette nécessité est particulièrement urgente de nos jours, alors que, en plusieurs pays de l\u2019Extrême-Orient, sévit une persécution implacable, qui détruit ou paralyse tant d\u2019œuvres catholiques et prive de leur liberté d\u2019action tant d\u2019évêques et de missionnaires.L\u2019Assemblée des Directeurs Nationaux a entendu avec grande émotion et dans un esprit de solidarité chrétienne la triste nouvelle que, en Corée, ont disparu une cinquantaine de missionnaires et de prêtres coréens, parmi lesquels se trouve le Délégué Apostolique, et que le nombre de ceux qui furent massacrés augmente à mesure que les nouvelles se font plus précises.Ailleurs aussi, d\u2019autres prêtres ont été tués.Actuellement, six évêques, deux préfets apostoliques et une soixantaine de missionnaires, de prêtres indigènes et de Sœurs se trouvent en prison.C\u2019est avec émotion que nous saluons ces hérauts de l\u2019Êvangile « qui ont été jugés dignes de souffrir des injures pour le nom de Jésus » {Actes, V, 41).La constance des missionnaires, des prêtres indigènes et des chrétiens est vraiment admirable.A un propagandiste athée, un évêque répondit: « Vous pouvez me tuer, mais vous ne réussirez pas à me séparer de Rome.» Un autre évêque nous a écrit: « Prêtres et fidèles sont fermement décidés à défendre leur foi et à donner la preuve de leur attachement indissoluble au Souverain Pontife de l\u2019Église de Rome.» Ces valeureux témoins du Christ méritent l\u2019éloge que saint Paul adressait aux chrétiens de Thessalonique: « Nous sommes fiers de vous à cause de votre constance dans la foi au milieu de toutes les persécutions et des afflictions que vous avez à supporter.» {II Thess., 1, 4.) Chers frères, vous pouvez vous imaginer la douleur qu\u2019éprouvent les missionnaires, qui, sans être jetés en prison comme tant d\u2019autres, sans être expulsés de leur mission, se trouvent toutefois dans l\u2019impossibilité de travailler et souvent ont à souffrir la faim.Un évêque nous écrit: « La situation matérielle et financière de la Mission est absolument précaire, et je me demande avec anxiété comment réussir à assurer aux confrères le minimum nécessaire à la vie.Ils se voient forcés de réduire leurs réfections quotidiennes.» Un autre évêque a été obligé de vendre son anneau pastoral pour se procurer de quoi vivre.Au temps des anciennes persécutions les chrétiens envoyaient des secours aux frères condamnés ad metalla, au travail dans les mines.Aujourd\u2019hui, les mêmes persécutions se sont renouvelées.Renouvelons, nous aussi, la même charité à l\u2019égard de ceux que saint Cy-prien appelait Milites Dei : les sentinelles du Christ aux avant-postes de la foi.Heureusement, il y a encore beaucoup de pays que l\u2019ouragan antichrétien a épargnés.Et là les missionnaires travaillent avec ardeur.Mais eux aussi ont besoin de secours pour maintenir leurs écoles et leurs œuvres de charité afin de défendre de la concurrence adverse tant d\u2019âmes naturellement bonnes.Et cette concurrence devient de plus en plus puissante et acharnée.C\u2019est donc au nom de tous les Missionnaires que j\u2019adresse au cœur des catholiques ce nouveau et pressant appel, afin que, comme toujours, ils viennent au secours des nécessités de l\u2019Église missionnaire.Le monde se renouvellera et se sauvera avec le Christ ou bien devra s\u2019effondrer avec l\u2019Antéchrist.\u2014 {Fides.) n h nnr U par Soeür MARIE-VIANNEY », M.I.C.c4u cantpo de M-aca^ua Depuis notre arrivée à Los Arabos miroitait à nos yeux l\u2019espoir d\u2019aller enseigner le catéchisme dans les campos environnants.Chaque fois qu\u2019il était question de ce projet, nous sentions s\u2019aviver nos désirs d\u2019apostolat.Malheureusement, la barrière de la langue devait nous retenir un temps.Sœur Bernard-Marie ^ et moi sommes les premières à essayer notre zèle en castillan au campo de Macagua.Ce matin-là, à 7 h.30, le Père Jean-Paul Dugal, P.M.E., est à la porte avec sa jeep.Après une demi-heure d\u2019une route bourrue qui nous cogne souvent la tête à la capote de la voiture, nous atteignons le pueblo encore endormi.Au centre, sur un terrain vaste, rasé par des tondeuses naturelles telles que cheval, chèvres, moutons, s\u2019élève la petite église blanche d\u2019apparence délabrée.Le cœur nous serre à la vue de ce pauvre temple.Depuis deux ans, le pueblo est délaissé par les Missionnaires surchargés d\u2019autres parts.Le P.Dugal, qui viendra désormais chaque semaine exercer son ministère, nous ouvre la porte.Quelle n\u2019est pas notre surprise de constater que l\u2019intérieur est très convenable; murs blanchis, plancher de ciment peint en rouge, quelques bancs de couleur foncée.Deux ans d\u2019abandon! cela dit assez dans quel état sont les ornements liturgiques, les nappes d\u2019autel et tout ce qui sert au culte.Même un petit crapaud n\u2019a pas trouvé mauvais d\u2019élire domicile sous la clochette! il semble tout surpris de se voir déloger sans façon et de si grand matin.Un premier appel de la cloche a réveillé Noirs et Blancs.Des enfants arrivent et se glissent furtivement dans les bancs.Petit à petit leur nombre s\u2019accroît, et à la fin de l\u2019office ils seront bien une quarantaine.Aux enfants se joignent la senorita Augustina, institutrice, et sa nièce, une de nos élèves de septième année, et seulement deux jeunes hommes dont l\u2019un est aveugle.Un dernier appel vole sur Macagua et la messe commence, dialoguée, car on a distribué des manuels.L\u2019assistance prie si fort et si bien que 1.\tMarie-Thérèse Sa varia, de Montréal.2.\tJuliette Desnoyers, de Saint-Henri de Mascouche. 222 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 Sœur Bernard-Marie, qui remplit le rôle de monaguillo, ne peut répondre aux prières du prêtre.Après la messe, il y a exercice de chant pour remettre en mémoire quelques cantiques déjà sus, puis, avec l\u2019aide de la senorita Augustina, je fais l\u2019inscription des enfants répartis en groupes.Les plus savants sont capables de tracer seuls le signe de la croix; les autres, et c\u2019est le grand nombre, ne savent pas trop comment s\u2019y prendre: il nous faut leur guider la main.A la fin de la leçon, nous distribuons des médailles miraculeuses, ce qui est de nature à nous attirer ces chers petits à qui nous voulons tant de bien ! Déjà on les dirait plus à l\u2019aise avec les Madré.Par eux, nous l\u2019espérons, Macagua connaîtra bientôt les beaux jours d\u2019un renouveau catholique.c4 Cuatxo Càquinaâ Depuis Macagua, deux autres centres catéchistiques ont été créés, et chaque samedi, jour de doctrine, nous avons le bonheur de prendre contact avec près de deux cent cinquante enfants auxquels se joignent nombre d\u2019adultes.Tout ce monde manifeste une réelle générosité, car nos salles de cours n\u2019ont rien de confortable.A Cuatro Esquinas, pas d\u2019autre abri que la ramure d\u2019un arbre bien fourni! Pour qui s\u2019est figuré dans ses rêves missionnaires parler du bon Dieu sous un palmier, ce campo est le poste idéal! Notre auditoire ne semble pas remarquer du tout les inconvénients de l\u2019installation sommaire tant il est avide de la Vérité.Que ne sommes-nous plus nombreuses: les centres de doctrine se multiplieraient! Combien de campas vont rester dans les ténèbres de l\u2019ignorance faute de porteuses de flambeaux! Quelques-unes de nos grandes élèves, initiées à la tâche, partagent maintenant notre apostolat.Ces catéchistes ne sont pas des docteurs ! Cependant, leur petit bagage de connaissances religieuses les place bien au-dessus de leurs ouailles.Un fait recueilli entre cent autres montre quelle faim aiguisée on a du bon Dieu.C\u2019était à l\u2019époque de la zafra.Un gamin, occupé non loin de l\u2019école improvisée à conduire six gros bœufs tirant un chariot rempli de cannes, descend de voiture et s\u2019approche du groupe.Il a déjà assisté à la leçon du samedi précédent, et il ne peut résister à la tentation de revenir au moins un moment: tandis qu\u2019il nourrira son âme, ses bêtes n\u2019auront qu\u2019à se reposer en paissant l\u2019herbe tendre! Quelques minutes se sont à peine écoulées qu\u2019une voix d\u2019homme rappelle le conducteur enfui: c\u2019est le patron sans doute! Craignant d\u2019être grondé, l\u2019enfant se sauve à toutes jambes rejoindre son attelage.Mais non! le patron veut tout simplement lui permettre de rester au cours jusqu\u2019à la fin ! Le centre catéchistique de Cuatro Esquinas a déjà à son crédit six baptêmes d\u2019enfants de un, deux, trois, sept, dix et treize ans.Le 31 mars, après la leçon ordinaire, la cérémonie du baptême se déroulait dans une humble demeure prêtée pour la circonstance, le campo n\u2019ayant pas de chapelle.Tout se passa dans un silence recueilli, étonnant pour une assemblée cubaine.Toutefois, lorsque le P.Landry déposa du sel sur la langue d\u2019une certaine bambine, celle-ci se prit à pleurer.Une compagne lui fl LEWEL, nouveau chrétien baptisé le 6 DÉCEMBRE DERNIER, COMMENCE SON APOSTOLAT AUPRÈS DE SES PETITS AMIS QU\u2019iL AMÈNE À LA CHAPELLE DU COUVENT POUR LEUR MONTRER LE BON JÉSUS DU TABERNACLE ET LEUR APPRENDRE À JOINDRE LEURS MAINS POUR PRIER Sœur Estelle-du-Saint-Sacrement (Lucienne Pelletier, de Sainte-Louise de lTslet) et Sœur Sainte-Anne-d\u2019Auray (Aline [Quirion, de Sherbrooke), Sœurs Missionnaires de lTmmaculée-Conception de Los Arabos, Cuba. 224 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 donna un biscuit pour ramener le calme; mais, dans sa mauvaise humeur, la petite jeta le cadeau par terre, ce qui décida une poulette gourmande à sortir de sa cachette d\u2019où elle suivait toutes choses.Ce qui nous toucha le plus, ce fut de voir le vieil oncle et la vieille maman d\u2019un de nos professeurs, lui, priant avec ferveur (rare pour un homme à Cuba!), elle, répondant aux questions du prêtre par un signe de tête respectueux et murmurant pieusement, les yeux baissés: Creo.A la demande du Père, tout le monde récita le Credo avec les baptisés.Quand on sait quelle ignorance religieuse est le partage des campos reculés, c\u2019est une surprise émouvante d\u2019entendre plusieurs voix dire la prière, profession de foi! Une semaine plus tôt, à Cuatro Esquinas même, une grande fille d\u2019une quinzaine d\u2019années répondait à la Madré qui l\u2019interrogeait sur ce qu\u2019est l\u2019hostie: « Una piedra.Madré » (une pierre!).Une ombre toutefois au tableau du beau jour.Une fillette de sept ans a une grosse peine qu\u2019elle essaie de dissimuler en se tenant à l\u2019écart: sa petite sœur est régénérée par l\u2019eau baptismale alors qu\u2019elle-même se voit refuser ce bienfait parce que son parrain ne peut se rendre sur les lieux.Pauvres gens! L\u2019âme de leurs enfants ne les inquiète guère; peu leur importe qu\u2019elle s\u2019ouvre à la vie surnaturelle avec deux, sept ou dix ans de retard! \tAIDEZ \tLES MISSIONS irPffl\tEn procurant du travail aux Missionnaires qui s\u2019emploient dans leurs ateliers à la confection de vêtements liturgiques, ainsi qu'à l'exécution de différents travaux de peinture à l'eau ou à l\u2019huile.1 ï tfl'IP\tMAISON-MÈRE P1\tdes Soeurs Missionnaires de l\u2019immaculée-Conception \t2900, chemin Sainte-Catherine Côte-des-Neiges, Montréal (26) 0& ShnPuuÂMijüL Jhéûphansi.OéncüuL par le chanoine F.Trochu (Suite) La porte tomba.Les païens bondirent sur le catéchiste, le saisirent violemment par les bras et à la poitrine et l\u2019entraînèrent devant leur chef.« Es-tu prêtre ou serviteur de prêtre ?interrogea Caï-Do.\u2014 Je suis serviteur de prêtre.\u2014 Mais y a-t-il avec toi un prêtre ?\u2014 C\u2019est moi qui suis ici, et non pas un prêtre.\u2014 Renversons la muraille », hurla le chef en désignant la cloison de la cachette.Quelques coups de pied y suffirent.Et parmi les gravats et la poussière, le missionnaire apparut.Il était calme, les mains jointes, les yeux baissés.Brutalement, un homme empoigna sa robe de dessus à la poitrine; la robe se déchira et fut arrachée.D\u2019autres valets arrêtaient Théophane; l\u2019un d\u2019eux, sur l\u2019ordre de Caï-Do, prenant une de ces cordes grossières qui servent là-bas à lier les buffles, ligota dans le dos les mains du missionnaire, et de la façon la plus inhumaine.Puis, sans que le Père eût eu le temps de dire un adieu à la bonne veuve atterrée, on l\u2019entraîna avec son catéchiste vers la barque du chef.Théophane, quand il s\u2019était vu découvert, avait eu la présence d\u2019esprit de serrer dans son vêtement de dessous son bréviaire, son chapelet et son crucifix de missionnaire.Il constata avec bonheur que les païens, trop contents de leur capture, s\u2019en allaient sans avoir fouillé la cachette: s\u2019ils y eussent pensé, le beau calice eût été perdu irrémédiablement! Un peu avant l\u2019arrestation, une excellente chrétienne du village, femme d\u2019une certaine aisance, intriguée d\u2019apercevoir ces hommes autour de la maison de son amie, s\u2019en était approchée dans une barque.« Pourquoi, osa-t-elle dire à Caï-Do, liez-vous si rudement ce prêtre ?Veuillez donc le traiter avec plus de douceur.» Or, comme elle parlait, observant le vénérable prisonnier, elle le vit qui, d\u2019une de ses manches, laissait tomber quelque chose dans une touffe de roseaux.Tandis que s\u2019éloignaient les ravisseurs, elle n\u2019eut pas de peine à découvrir un martinet étrange terminé par des morceaux de bambou remplis de plomb et garni de pointes.Plus tard, l\u2019objet mystérieux devait être remis à Mgr Theurel, qui l\u2019identifia: c\u2019était la discipline du Père Ven.La chrétienne fut stupéfaite de retrouver sa maison et beaucoup d\u2019autres désertes : on avait cru à un blocus en règle, et les fidèles, épouvantés, s\u2019étaient enfuis.C\u2019est seulement à leur retour qu\u2019ils apprendraient l\u2019arrestation du missionnaire.Saintement audacieuse, la femme s\u2019adressa de nouveau à Caï-Do, qu\u2019elle avait rejoint à force de rames.« Nous sommes prêts, assura-t-elle, à vous donner la forte somme, cinq ou même six talents d\u2019argent, si vous rendez la liberté à ce prêtre.\u2014 Je veux lui procurer le vrai bonheur, répondit cyniquement le misérable; je ne peux donc pas le renvoyer! » « « Cependant, Théophane, doux comme un agneau, se taisait.On avait noué au banc de la barque la corde qui le liait.La teinte violacée de ses mains, dont les veines étaient déjà toutes gonflées, indiquait qu\u2019il devait horriblement souffrir.Près de lui, libre de tout lien, était assis le catéchiste.« Dès que nous eûmes dépassé Dong-Bao, a raconté Pierre Khang, je dis à Caï Do: « Chef de canton, ne voyez-vous pas que « mon maître est lié trop étroitement ?Faites, je vous en prie, relâcher un peu cette « corde.» Et, ce disant, j\u2019avançais la main comme pour le délier moi-même; mais un des serviteurs leva sa rame.« Si tu le délies, fit-il d\u2019un ton de menace, je t\u2019envoie «cela sur la tête! » Je n\u2019insistai pas davantage, mais Caï-Do paraissait réfléchir: peu après, il fit délier le Père complètement.» 226 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 En cette froide matinée de fin de novembre, une brume flottait sur les champs inondés.« J\u2019étais glacé », a dit le catéchiste, et sans doute le missionnaire devait l\u2019être comme lui.Il y avait au milieu de la barque un réchaud allumé.Caï-Do examinait cet Européen qu\u2019il rencontrait pour la première fois, et en quelles circonstances: cet inconnu venu de si loin était son prisonnier, et il le conduisait vers les supplices et à la mort!.Mais de le voir si paisible et d\u2019aspect si aimable, un sentiment nouveau pénétrait dans le cœur de Cai-Do.Si la passion du gain n\u2019eût tyrannisé cet idolâtre, qui sait ?Il eût été capable à ce moment de relâcher le missionnaire.Théo-phane grelottait dans sa mince robe annamite.« Mettez-vous, s\u2019il vous plaît, auprès du feu», lui dit Caï-Do.Le captif accepta l\u2019offre en remerciant avec simplicité.On lui donna pour se réchauffer l\u2019intérieur quelques feuilles de bétel et des noix d\u2019arec.Il obtint qu\u2019on en donnât aussi à son catéchiste.Alors il crut le moment favorable pour adresser à Caï-Do plusieurs autres demandes.« Chef de canton, dit-il coup sur coup, veuillez laisser libre mon serviteur.Chef de canton, prenez en pitié le pauvre peuple.Ne dénoncez pas cette personne qui me donnait l\u2019hospitalité, de peur qu\u2019il n\u2019arrive malheur aux habitants de Dong-Bao.» Caï-Do, l\u2019air dur, semblait ne pas entendre.Le doux captif réitéra sa prière.« Moi, répondit enfin le chef sur un ton irrité, j\u2019ai toujours eu pitié du peuple.C\u2019est vous qui êtes cause de ses malheurs.Quel mal lui ai-je fait, moi, au pauvre peuple ?C\u2019est vous qui faites tuer les autres.Par votre faute, mon gendre s\u2019est vu réduit à la dernière misère! » Caï-Do exhalait sa rancune.L\u2019année précédente, son gendre s\u2019était permis de faire main basse sur des ornements sacrés confiés par les fidèles de Dong-Bao à un païen bienveillant; puis, en homme pratique, il avait offert aux chrétiens de leur rendre le tout en échange de deux cents ligatures.Pas de réponse.Que faire ?Le voleur, très ennuyé, était allé en cachette déposer le malencontreux paquet.dans une pagode.Dénoncé au sous-préfet de Phu-Ly puis au gouverneur de Hanoï, le gendre de Caï-Do, pour éviter la cangue, la prison ou pire encore, avait dû verser en haut lieu vingt-quatre talents d\u2019argent, presque tout son avoir.Et c\u2019est le missionnaire que le beau-père osait rendre responsable des vols et des maladresses de son gendre! Pierre Khang \u2014 ce nom signifie la Paix \u2014 n\u2019y put tenir.« Ah! conte-t-il, l\u2019homme qui nous emmenait nous accusait de causer les malheurs et la mort du pauvre peuple! Tandis que le Père gardait un silence résigné, moi je répliquai par cette sentence chinoise: Quiconque observe la loi du ciel ne cherche pas ses propres intérêts, et il y gagne.Qui suit ses vilaines passions en ne travaillant que pour le profit trouvera le malheur où il cherchait un bénéfice.Et j\u2019ajoutai en me moquant: «Pourquoi votre gendre avait-il conservé ces objets de religion?« Puisque personne ne les achetait, il aurait dû les brûler: il n\u2019aurait pas vraisem-« blablement gagné deux cents ligatures, mais, non plus, il n\u2019aurait pas craché vingt-« quatre talents d\u2019argent! » A cela Caï-Do ne sut que répondre.L\u2019algarade de Pierre Khang fut suivie d\u2019un assez long silence.Théophane le rompit pour demander une fois de plus: « Chef de canton, vraiment n\u2019aurez-vous pas pitié de tout ce pauvre monde ?\u2014 Eh! répliqua l\u2019autre, que ferez-vous pour que j\u2019en aie pitié?» Là-dessus, le catéchiste ne put s\u2019empêcher d\u2019intervenir encore.« Or çà, dit-il, pourquoi donc nous avoir arrêtés ?Est-ce pour nous livrer aux mandarins ou pour nous soutirer quelque chose ?» Pierre Khang avait touché juste.« Oui, réplique Caï-Do dévoilant enfin son but en toute cette affaire, donnez-moi cent barres d\u2019argent, et non seulement je vous laisserai en liberté, mais je vous procurerai un gîte et pourvoirai à tous vos besoins.» Cent barres, c\u2019est-à-dire une dizaine de mille francs!.Le beau-père de l\u2019ancien voleur, voleur lui-même, prétendait extorquer cette somme à ses prisonniers ou plutôt, par leur entremise, aux chrétiens pressurés et pillés déjà de toutes parts. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 227 Du reste, il ne s\u2019en cacha pas.« Bah! expliqua-t-il ironiquement à Pierre Khang qui se récriait, les chrétiens, vos chères brebis, si vous leur commandez de payer à votre place, auront bientôt réuni cent talents! » Théophane ne parut prêter aucune attention à ces basses avances.Il se contenta, un peu plus loin, de formuler une nouvelle prière: « Chef de canton, puisque me voilà votre prisonnier, je souffrirai tout, quoi qu\u2019il advienne; mais mon serviteur, de grâce, délivrez-le! » Une angoisse pa^sa dans le regard du catéchiste.Il frémit à la pensée qu\u2019on pût le séparer de son maître.« Vous nous avez pris ensemble, protesta-t-il, vous nous délivrerez ensemble; ou si vous refusez de nous délivrer, remettez-nous tous les deux aux mandarins.Car si vous me délivrez seul, je vous accuserai, et vous savez de quoi!.» Relâcher un détenu pour de l\u2019argent, c\u2019était encourir l\u2019exil.Caï-Do garda un silence prudent.Il réfléchissait à ce que lui rapporterait sa double capture.Si tout se passait bien, il toucherait certainement une grosse somme au chef-lieu de la province.Rien que la prise de l\u2019Européen, n\u2019était-ce pas déjà, d\u2019après la lettre des décrets royaux, trente talents d\u2019assurés ?Vers trois heures, on arriva à la maison de Caï-Do.Ce scélérat écrivit immédiatement au sous-préfet de Phu-Ly pour l\u2019informer de son fait d\u2019armes et réclamer des renforts: les vingt bandits qui l\u2019entouraient ne seraient pas en force si les chrétiens de Dong-Bao tentaient de délivrer les captifs.Tandis qu\u2019il rédigeait son rapport, Théophane demanda une fois encore l\u2019élargissement de Pierre Khang.« S\u2019il te rend la liberté, glissa-t-il ensuite à l\u2019oreille du catéchiste, tu t\u2019en iras.Je te défends de me suivre.\u2014 Belle affaire! répliqua Pierre en souriant, j\u2019ai lu par-dessus l\u2019épaule de Caï-Do.Il annonce au sous-préfet la prise d\u2019un prêtre européen et de son serviteur.Père, grâce à Dieu, nous resterons ensemble! » Cependant Caï-Do donnait des ordres.Puisque demain il serait grassement payé pour son beau fait d\u2019armes, pourquoi regarder aujourd\u2019hui à la dépense ?Il fit tuer un porc et préparer un festin de réjouissance .'îuquel il convia tous ses amis.Au reste, il ne se montra pas grossier envers ses captifs.En entrant chez lui, il les avait fait asseoir sur des divans et leur avait offert du thé.L\u2019air digne et calme de l\u2019Européen, malgré tout, lui imposait.Le soir vint vite.Silencieux à présent parmi le va-et-vient des domestiques, Théophane assista aux apprêts du banquet.Les invités, accourus de trop bonne heure, l\u2019entouraient; il sembla n\u2019y prendre pas garde.Tous ces gens aux dents longues durent attendre, pour se mettre à festoyer, l\u2019arrivée du mandarin.Il ne vint pas, mais à sa place se présenta un secrétaire de la sous-préfecture.Un capitaine l\u2019accompagnait, suivi d\u2019une vingtaine de soldats.On commença de servir.Caï-Do, de plus en plus subjugué par l\u2019attitude de l\u2019Européen, le mit à la place d\u2019honneur entre le secrétaire et le capitaine.Théophane avait prévenu qu\u2019il ne toucherait pas à la viande, car c\u2019était jour d\u2019abstinence pour les chrétiens.On lui prépara du poisson, dont il fit porter une part à son catéchiste, relégué dans la pièce voisine parmi la valetaille.Quelle situation que la sienne! Il fêtait avec ses ennemis jurés sa propre capture! Il demeura calme, ne montra ni dédain ni mauvaise humeur.Tandis que ses trois compagnons s\u2019asseyaient à terre, selon la coutume annamite, autour du plateau de cuivre où s\u2019alignaient les plats, le « prisonnier de Jésus-Christ » \u2014 c\u2019est ainsi qu\u2019il se nommera lui-même en ses dernières lettres \u2014 resta debout un instant, fit posément son signe de croix, récita son bénédicité et s\u2019assit à son tour.Quels furent les propos de ces quatre convives si étrangement rassemblés ?On ne sait.Le missionnaire dut se mêler quelque peu à la conversation.En tout cas, un moment il éleva le ton et prouva qu\u2019il n\u2019avait pas peur.Caï-Do, échauffé sans doute par le vin d\u2019arack, cette eau-de-vie que les Annamites tirent du riz fermenté, venait de faire remarquer à ses deux congénères combien l\u2019Européen avait la peau blanche et de jolis traits.Théophane avait paru ne pas entendre.Mais comme le païen ajoutait à son sujet des réflexions grossièrement inconvenantes: « Chef de canton, s\u2019écria le 228 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 captif saintement indigné, vous n\u2019avez pas le droit de parler ainsi.Si vous voulez plaisanter en ma présence, servez-vous de termes décents et non de paroles obscènes comme celles-ci! » Le capitaine et le secrétaire riaient sous cape; Caï-Do, tout honteux, se tut.C\u2019est dans la petite salle où l\u2019ancien chef de canton recevait les visites que le missionnaire passa la nuit.« Le Père, a raconté le catéchiste, s\u2019étendit sur une sorte de canapé, et moi sur une table mise là pour me servir de lit.Les soldats, à l\u2019intérieur comme à l\u2019extérieur de la maison, montèrent la garde avec une extrême vigilance », battant du tamtam à maintes reprises pour se tenir éveillés.it * * Les domestiques non plus ne perdirent pas leur temps.En hâte ils confectionnèrent une cage pour l\u2019Européen et une cangue pour son serviteur.La cangue, extrêmement lourde, était faite d\u2019un tronc d\u2019arbre scié en deux.La cage, fabriquée avec des tiges de bambous, contiendrait tout juste le missionnaire qui ne pourrait y entrer que ramassé sur lui-même.Rarement on avait vu de cage et de cangue pareilles.Le secrétaire et le capitaine ne protestèrent pas.Le mandarin jugerait.Le lendemain, avant le jour levé, ce fut, à la lueur des torches, le branle-bas du départ.Théophane, qui pendant une nuit d\u2019insomnie avait longuement songé aux humiliations et aux souffrances de Notre-Seigneur en sa Passion, s\u2019agenouilla devant la cage entourée de soldats et s\u2019y glissa comme il put.Le catéchiste fut chargé de la lourde cangue, et il précéda son maître que des valets emportaient sur leurs épaules.CHAPITRE II A LA CITADELLE DE PHU-LY C\u2019est encore par bateau que les prisonniers furent conduits à la sous-préfecture Aux abords de Phu-Ly, nombre de gens se tenaient sur les deux rives, curieux de voir passer un Européen.Débarqué, vers neuf heures, au milieu d\u2019une foule tapageuse, le cortège se rendit tout droit à la citadelle, où résidait le mandarin.« On porta la cage dans le tribunal, rapporte Pierre Khang, et on me plaça tout à côté.» Le sous-préfet parut.Il fit la moue, tandis que son secrétaire et Caï-Do lui détaillaient les événements de la veille.Il n\u2019aimait pas Caï-Do, ce beau-père de recéleur et qui pourchassait, moyennant finances, des prêtres inoffensifs; d\u2019ailleurs le mandarin de Phu-Ly, plutôt tolérant, partageait à l\u2019égard des chrétiens les sentiments de son supérieur, le vice-roi de Hanoï.Il salua poliment le missionnaire, et Théophane lui rendit son salut.Puis il déclara qu\u2019il recevait les prisonniers puisqu\u2019on les lui amenait, faisant entendre qu\u2019en la circonstance on lui forçait la main.Parlait-il sincèrement?C\u2019est vraisemblable.Quoi qu\u2019il en soit, il ordonna d\u2019imposer au catéchiste une cangue moins pesante, puis de briser l\u2019instrument de supplice où l\u2019on avait enfermé le missionnaire et de le mettre dans une cage moins étroite.\u2014 Les édits royaux voulaient que les prêtres venus de l\u2019étranger fussent détenus de la sorte, et le mandarin, si bien intentionné fût-il, ne poussait pas le courage jusqu\u2019à violer d\u2019injustes lois.Il fallait aussi une chaîne.Là encore, le sous-préfet agit avec bienveillance.Il fit forger pour Théophane des fers aussi légers que possible, ni trop longs ni trop courts.\u2014 Particularité curieuse, la barre de métal dont fut faite cette chaîne porte, gravé en creux, le nombre 10 en chiffres arabes.Sans doute le commerçant de Hongkong ou d\u2019ailleurs.Anglais ou autre, qui trafiqua cette barre n\u2019avait pas songé qu\u2019on en tirerait la chaîne d\u2019un martyr! \u2014 Prise dans un anneau qui enserrait le cou, elle pendait jusqu\u2019à la ceinture, s\u2019y partageait en deux branches dont l\u2019anneau terminal entravait chaque pied au-dessus de la cheville.Le tout pouvait peser neuf cents grammes.{A suivre) Mon journal, depuis si longtemps je désire confier à tes pages discrètes mes joies simples mais si réelles de novice-missionnaire! aujourd\u2019hui je te reviens profitant du magnifique congé dont nous sommes gratifiées.Oh! comme elles sont précieuses ces heures de détente où liberté entière est accordée à chacune! Avec une joie d\u2019avare je me livre à ma distraction favorite.« Toujours la même cette Niki, dirait maman; encore le nez dans les livres et le stylo à la main ! » Eh bien : oui ! Tandis que la salle de récréation se fait bruyante de rires, je m\u2019en vais en quête de solitude auprès de la grotte de la Vierge Immaculée, tout au fond du bocage.Pas de plus joli coin pour méditer: une roche large et lisse, du silence, la rivière qui glisse paisible à deux pas.De mon observatoire, j\u2019aperçois deux ou trois compagnes studieuses qui bouquinent sous les pruniers en fleurs; d\u2019autres admirent les merveilles du jardin; un instant je suis des yeux les mouvements animés d\u2019un groupe dont le meneur de jeu n\u2019est rien moins qu\u2019une fervente adepte du guidisme.Entre deux rondes, juchée sur une bûche et baguette à la main, elle dirige un canon endiablé.Mais j\u2019oublie bientôt les alentours et m\u2019absorbe dans mes pensées.EN MÉDITATION SUR LES BORDS DE LA RIVIÈRE DES PRAIRIES. 230 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 Qu\u2019elle était belle la méditation ce matin! Quelle impression profonde elle a laissée en mon âme! Reconnaissance, voilà le mot qui la résume et la contient tout entière; reconnaissance à Dieu pour le privilège insigne de notre sublime vocation missionnaire! Selon le conseil donné, je revis aujourd\u2019hui les circonstances qui ont marqué l\u2019épanouissement de la mienne.C\u2019était il y a deux ans déjà.Monique, Niki pour les intimes, nantie de ses diplômes de normalienne, a réintégré le domicile paternel depuis juin.Papa, très fier de sa grande, s\u2019attriste un peu de ses airs songeurs: il craint que l\u2019étude et les livres n\u2019aient diminué chez elle l\u2019amour de la terre qui tient si fort à son cœur d\u2019amant de la nature! Au retour de ses champs, un jour d\u2019août, papa déclare de sa voix légèrement impérative: « Les blés sont mûrs.Demain, et de bonne heure, chacun est invité à prêter main-forte aux travailleurs afin d\u2019aider à la moisson.» Un fin regard épie les réactions de la demoiselle Niki: celle-ci a tressailli; une flamme joyeuse a traversé ses yeux et un sourire de mystère a laissé présager que le problème médité depuis si longtemps pourrait bien se résoudre.Le soir suivant, le dur labeur bat encore son plein quand les moissonneurs doivent déposer leurs instruments.Tandis qu\u2019ils se hâtent vers la ferme, le chef de famille reste en arrière et jette sur la besogne tranchée un dernier regard, celui du maître.Niki aussi s\u2019attarde, mais à dessein., c\u2019est qu\u2019elle veut rentrer seule avec son père.Soucieux, le maître dit soudain: « La moisson presse; il faudrait des ouvriers plus nombreux.» C\u2019est le temps ou jamais, pense Niki qui reprend aussitôt avec gravité: « Père, vous venez de redire les paroles du grand Maître des moissons.Lui aussi a des champs où les épis se perdent faute de moissonneurs! Il demande des ouvriers; j\u2019entends sa voix.Permettez-moi de m\u2019engager à son divin service.» LES NOVICES APPORTENT DES FLEURS A L\u2019ORATOIRE DE LEUR CÉLESTE MÈRE. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1951 231 Les yeux brouillés par cette demande inattendue, papa serre dans sa rude main de travailleur les doigts de Niki.« Toi, si jeune », fait-il faiblement.Puis, songeant combien le choix du Seigneur l\u2019honore, il ajoute d\u2019un ton mal assuré: « Va, mon enfant, puisque le bon Dieu t\u2019appelle! » Tous deux s\u2019arrêtent un instant pour reprendre haleine; et Niki contemple la plaine des blés si prodigieusement belle dans le soleil couchant.Il lui semble que des têtes noires ou brunes émergent des tiges; alors, de son cœur ardent monte ce cri: « Seigneur, la moisson presse: me voici! » « La voici, la voici », répètent des voix rieuses qui font s\u2019envoler les souvenirs de Niki, novice, comme une troupe d\u2019oiseaux.« Laissez là vos rêves et vos papiers, ma Sœur, et venez avec nous ; nous allons au bois à la cueillette des lis sauvages.Vous êtes de la partie, n\u2019est-ce pas?\u2014 Oh oui! c\u2019est ça! Allons chercher des fleurs pour l\u2019oratoire de notre bonne Mère! » Toi, mon journal, au revoir! Des cœurs sont ulcérés, des larmes sont répandues chaque fois que Jésus-Christ appelle une âme d\u2019élite à la vie apostolique, sacerdotale ou religieuse.Mais, pensée bien consolante, presque à chaque fois il se trouve que les élus sont assez forts pour dire: « Mère, je vais où le Seigneur m\u2019appelle! » et que les mères ont la foi assez vive pour répondre; « Va, mon enfant, puisque c\u2019est pour Dieu et pour les âmes! » R.P.Jean Barrier, M.E.P.Donnez pour aider les vocations missionnaires.Faites cadeau à Dieu et à son Eglise d\u2019une apôtre.Eh! bien sûr, votre argent n\u2019achètera pas une vocation: elles ne sont pas à vendre; mais si l\u2019on peut employer cette expression, il y en a à revendre, pourtant! Celui qui pourvoit à la formation d\u2019une missionnaire aide efficacement à sauver des milliers d\u2019âmes.R.P.J.Boubée, S.J.Ah! ce n\u2019est pas la faute de notre Mère la Sainte Église si l\u2019œuvre de la conversion des païens n\u2019est pas assez avancée! Elle s\u2019y est employée avec un zèle incessant.Mais elle n\u2019a pas trouvé assez d\u2019ouvriers.S\u2019emparant de la parole de son céleste Époux, elle est allée répétant à travers les siècles et les peuples chrétiens: « La moisson est immense, mais il y a trop peu d\u2019ouvriers pour la recueillir.» Hélas! son cri de détresse a trouvé peu d\u2019écho dans l\u2019âme de ses enfants! Chanoine J.-M.Bouquet. :?OXX3(3ï Rêv.Sœur Marie-Andronique, des Sœurs de la Providence, sœur de notre Sœur Ma-rie-des-Martyrs; M.Edouard Sanschagrin, Charlesbourg, père de notre Sœur Sainte-Rose; M.Didace Kirouac, Bristol, Conn., père de notre Sœur Cécile-des-Anges; M.Arthur Lavallée, Québec, frère de notre Sœur Marie-Auxiliatrice; Mlle Jeannette Simard, Roberval, sœur de notre Sœur Blandine-de-Jésus; M.Gérard Gosselin, Québec, frère de notre Sœur Rita-de-Jésus; Mme Joseph Ferras, Ste-Catberine de Lapraîrîe, grand-mère de notre Sœur Aimée-de-Jésus; Mme Filteau, Trois-Rivières; M.Roland Monette, Côte-St-Paul; Mme Lucien Lefebvre, Mme Ludger Bessette, M.Henri Allard, M.J.-B.Gagnon, Mme G.Pelletier, Mme L.Desmarais, Mme Arthur Garneau, Mme O.Ménard, M.L.Saint-Pierre, M.Wilfrid Dupont, Mlle Aline L\u2019Espérance, Mme H.-P.Couillard, M, J,-P, Champagne, Mlle Jeannine Vachon, Mme P,-A.Quintal, Mme A, Lamoureux, M, Oscar Brassard, Mme J.-C, Héneault, Mme Moïse Charbon-neau, Mme Philomon Beaudoin, Mlle A.Nantel, M.Zénophile Corbeil, M.Gérard Desautels, Mme Moïse Deslauriers, M, Jean-Louis Leblanc, M, Donat Paradis, Mme A.Crochetière, Mlle Edwidge Thouin, Mme A, Legris, M.Frantz Gadbois, M, J.-A, Crevier, Montréal; Mme Z, Faucher, Montréal-Est; M, Lucien Tremblay, Montréal-Ouest; M.A.Beaudoin, Mme Noël Charlebois, Rosemont; M, J,-A.Charland, Cartierville; M, J,-H.Joannette, Ville-St-Laurent; M, Alfred Déziel, Pont-Viau; Mme Tancrède Dubois, Boucherville; Mme Joseph Bisaillon, Brosseau-Station; M, J,-Orner Fortin, Contrecœur; Mlle Sophie Arpin, St-Jean; M.Alfred-J, Catto, Dorval; Mme Jean Ladouceur, Oka; Mme Camille Ducharme, Ste-Ellsabeth; Mme Adrien Henri, Mlle Marie Coffin, Mme Hildège Tessier, Mme Stanislas Payette, Joliette; Mme Philippe Bibeau, St-Gabriel-de-Brandon; Mme Louis Dupuis, St-Jacques; Mlle Thérèse Lessard, St-Jérôme; Mme Alfred Gamache, Val-d\u2019Or; Mme Emile Laçasse, Coteau-Landing; Mme Vve Elzéar Rouleau, Hudson; M.Georges-Emile Brunei, Shawinigan-Sud; M, Joseph Barrette, St-Damien; Mme Ephrem Bédard, Québec; Mme Joseph Bélanger, Bedford; M, Agésilas Kirouac, Victoriaville; M, Arthur Fleury, Mme J,-Baptiste Bilodeau, St-Malachie; Mme Cécile Bouchard, Rimouski; Mme Louis Boucher, St-Modeste; Mlle Gérardine Harvey, Desbiens; M, Moril Breton, St-Fidèle; Mme Elzéar Gilbert, St-Hilarion; M, Vitalien Lacouture, M, W, Lacroix, Mme Horace Fortin, Mme Louis Gauthier, Marlboro, Mass.; Mme Joseph Sirois, M.Jules Girouard, Mlle Isola Courtemanche, Mme Georges Beaulieu, Mme Anna Gallant, M.Orner Gallant, Lawrence, Mass.; Mme Jane Bourneuf, M.et Mme Joseph Perreault, Haverhill, Mass.; Mme Rose-Anna Gagné, Lynn, Mass,; Mme Ern.Lagassé, Mme Marie Lussier, Mme Adèle Lavoie, Lowell, Mass.; M.Eugène Langevin, Rumford, Maine.UNE messe est célébrée chaque semaine dans la chapelle des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception aux intentions de leurs abonnés au PRÉCURSEUR et de tous leurs bienfaiteurs défunts.H FAVORISEZ NOS ANNONCEURS ET MENTIONNEZ « LE PRÉCURSEUR » Pté CAy^^ OUVREZ AUJOURD\u2019HUI MÊME UN COMPTE A evoix Vous ne savez pas ce que l'avenir vous réserve.Mais vous savez ce que vous pouvez faire maintenant en vue des événements imprévisibles de l'avenir.Et c'est de déposer régulièrement à la Banque une partie de ce que vous gagnez.EPARGNER, C EST PRÉVOIR LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA S \u2022\tMONTRE-BRACELET pour garçons et £iU«s GRATIS pour $15.00 ds vents.\u2022\tPORTE-BILLETS GRATIS pour $5.50 de vente.\u2022\t8ET DE PLUME-RESERVOIR et à billes et crayon GRATIS pour $5.00 de vents.\u2022\tCOUTELLERIE Stainless, Intachable, 24 morceaux GRATIS pour $16.00 de vente.\u2022\tChoix parmi 70 belles PRIMES.Catalogue gratuit.\u2022\tTravail Caoile, intéressant\t^*^5 xle y/Krd.L'UNION.GES JARDINIERS EnRE cSs #> P^n ?JvW ûj 3 X M O O < J4onimage de la pH0T0(il[AVM]| LIMITEE 2700 EST, RUE RACHEL MONTRÉAL TÉL.J FA.7583 ONGUENT DE Mme MOODY (autrefois de Terrebonne) POUR LES ÉRUPTIONS DE LA PEAU Médicament reconnu depuis longtemps.Très efficace contre Teczéma, les ulcères, les gerçures et les boutons.Il est cicatrisant, enlève les démangeaisons et les échauffaisons en peu de temps.Renseignements sur demande en s\u2019adressant à: ONGUENT MOODY C.P.1, Station B\tMontréal Bureau: Tel.AMherst 9480 A.DURIVAGE ET SES FILS BOULANGERS ?Pain de haute qualité Nous aeons une cuisson unique 5276, RUE FABRE - MONTRÉAL -Êÿlïijljmm HUILE INVICTA EHttHSJÎÜIÎüS TzÉisiôi^ cucu LfMITÉE ffiîÏÏBÎis DU SRNCTjj^jL braises pour encens ¦ \"\u201cnie O.Maison établie en 1896 CREVIER&FILS MOBILIER D\u2019ÉGLISES Autels - Confessionnaux - Stalles de Choeur - Catafalques - Fonts baptismaux - Banquettes - Piédestaux -Tables de communion - Chaires à prêcher - Vestiaires - Etc.Moulures - Ornements - Chapileaui 2118, RUE CLARKE, MONTRÉAL ACHETE BIEN QUI ACHETE citez 865 EST, Sainte-Catherine MONTREAL Saucisses Jambons Bacon NOE BOURASSA, Limitée 3855-3863, RUE RIVARD - MONTRÉAL Marchands de viandes en gros Téléphone s harbour 9141 * FAVORISEZ NOS ANNONCEURS ET MENTIONNEZ a LE PRÉCURSEUR» Prix: $75.00 F.O.B.Montréal « L\u2019ADDRESSERETTE » Vitesse 25 adresses par minute Cartes-adresses garanties pour 10,000 impressions < Le Précurseur » est adressé par une de nos machines ¦ Elliott Addressing Machine Co.of Canada LIMITED 640 ouest, rue Craig Tel.; UN.1316 Montréal Demandez M.O.Bernier TISSAGE INVISIBLE sur tissus de tous genres (laine, toile, soie) endommagés par mites, brûlures, accrocs, déchirures, etc.COUTURE UNIE, REPRISAGE ET RAC-COMMODAGE ORDINAIRES : chaussettes, chandails, gants, sous-vêtements de laine et autres.Heures d'ciliaires : Tous les jours, samedi compris, de 9 h.du matin à 6 h.du soir.livraison par la poste contre remboursement (C.O.D.).L\u2019AIDE AUX INFIRMES 4347, RUE SAINT-DENIS Montréal (18)\tTél.; MA.5495 A.SIMARD & FILS Rôtisseurs, importateurs et exportateurs THÉ, CAFÉ et ÉPICES SPÉCALITÉ: Café Laurentides et Moka \u2022 5407-09-11, 14® AVENUE ROSEMONT\tTél.: HO.6824 CL.6364 8684, RUE SAINTE-CLAIRE THÉO.LAMARRE & Cie Limitée Pein tre -Décora te ur Contracteur et Marchand de peinture.Présenté par Théo.LAMARRE pèi©, Théo.LAMARRE fils, Président.\tGérant général.FA.3615 Soir; AT.9258 Julien Achats et ventes à commission FRUITS ET LÉGUMES Spécialité s CHARS COMPLETS 2735, rue Notre-Dame Est Montréal Téléphone : UNniversité 3541 * Quincaillerie DURAND Limitée Serrurerie décorative Quincaillerie de bâtiment Coutellerie, outils, couleurs et vernis, articles de jardinage 804 OUEST, RUE ST-JACQUES Montréal W.Noël & Fils LAIT ET CRÈME pasteurisés Côte-de-Liesse, St-Laurent Tél.: BYwater 2818 » H ^ M ^ fa «fa U §1 cc s w H HH CO H PQ < O .s (D S .^ 6 go II .% BV S S > $ -H» fl Cz] CO g, 0) 52 O -e a ^ '«.S'g \u201c O 0(2-3|> 'Z a,\"® m ^ flTJ 5 ^ .S n O é 0) O LU O U.à6 > LU O o^ M fal 0^ CO d U .J Z O HH H ü :2 O 5 « S O «J U ^ U ° ° £ en ,.0 ?^ 5 «J PQ \"O U 12 O 3 S 3 O _Û Z 'C -« H (8 M V :3 h \u2022\\ kO W Maisons des Soeurs Missionnaires\t de rimmaculée-Conception\t AU CANADA\tAU JAPON MAISON-MÈRE, 2900, chemin Sainte-\tKORIYAMA, 96 Toramaru, Koriyama Shi, Catherine, Côte-des-Neiges, Montréal\tFukushima Ken.(26).\tWAKAMATSU, 480, sakae machi, Aiiu NOVICIAT, Pont-Viau, Montréal (9).\tWakamatsu.OUTREMONT, 314, chemin Sainte-Cathe-\tTOKYO, 108-4 cho me, Fukazawa cho.rine, Montréal (8).\tSetagaya ku.HOPITAL CHINOIS, 112 ouest, rue La-\t gauchetière, Montréal (1).\tAUX ÎLES PHILIPPINES NOMININGUE, comté de Labelle, P.Q.\tMANILLE, 1111, rue Narra.RIMOUSKI, P.Q.\tMANILLE, Gagalangin, Corner S.del JOLIETTE, 750, rue Saint-Louis.\tRosario & Antipolo.QUEBEC, 651, rue Saint-Cyrille.\tLAS PINAS, Rizal.VANCOUVER, Hôpital Oriental, 236,\tMATI, Davao.rue Campbell.\t VANCOUVER, Hôpital Général, 3080,\tAUX ANTILLES rue du Prince-Edouard.\t TROIS-RIVIÈRES, 466, rue Bonaventure.\tLES CAYES, Haïti.GRANBY, 35, rue Dufferin.\tLES COTEAUX, Haïti.GRANBY, 279, rue Principale.\tROCHE-À-BATEAU, Haïti.CHICOUTIMI, rue du Cénacle.\tPORT-SALUT, Haïti.SAINTE-MARIE-DE-BEAUCE, P.Q.\tCAMP-PERRIN, Haïti.SAINT-JEAN, P.Q., 430, rue Champlain.\tMIREBALAIS, Haïti.\ti AUX ÉTATS-UNIS\tLIMBE, Haïti.\tj MERCEDES, Province de Matenzas, Cuba, I MARLBOROUGH, Mass., 187 Pleasant\tMAR II, Iglesia Paroquial, Province de Matanzas, Cuba.St.\tMANGUITO, Province de Matanzas, EN CHINE\tCuba.CANTON, 135, Tai San Road.\tLOS ARABOS, Province de Matanzas, Cuba.TO KOM HANG, Adresse postale : 1 35,\t Tai San Road, Canton, Chine.\tEN AFRIQUE SHAMEEN, Canton.\tKATETE MISSION, Katete P.O., Nyasa- SHEK LUNG, près Canton.\tland, B.E.Africa.KOWLOON, 103 Austin Road, Hong\tMZAMBAZI, Mzimba P.O., Nyasaland, Kong.\tB.E.Africa.EN MANDCHOURIE\tRUMPHI MISSION, Njakwa P.O., Nyasaland, B.E.Africa.LEAOYUANSIEN, Mission Catholique.SZEPINGKAI, Mission Catholique.\tEN ITALIE PAITCHENGTZE, Mission Catholique.\tROME, via Giacinto Carini, 8.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa cMM)®) Il IMPRIMERIE OU MESSAQER, MONTREAL "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.