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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Mai - juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Références

Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1958-05, Collections de BAnQ.

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[" ¦ 4 Vol.XXe Mai-Juin Montréal 39e année No 3 - C; ¦ H iJ ¦ Le Précurseur ' 1 L® Piréfwimirm&iuiir 2900, chemin Sainte-Catherine \u2014 Cote-des-Neiges, Montréal 26 Imprimatur: f Mgr Paul Touchette, P.A., V.G., 6 décembre 1957.Nihil obstat: Oscar Gravel, ptre, 17 décembre 1957.Vol.XXe \u2014 39e année Montréal,.Mai-Juin 1958 No 3 Revue bimestrielle,\" publiée\tSOMMAIRE par les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception.Pourquoi pas plus nombreux.ABONNEMENT : Par an.$1.00 A vie.20.00 Litanies à Notre-Dame de la Sérénité Sœur Saint-Némèse, M.I.C.C'esi la Sainte Vierge.Sœur Sainte-Alice, M.I.C.Pour tout changement d\u2019adresse, ne pas oublier d\u2019envoyer l\u2019ancienne et la nouvelle.Notre-Dame en Haiti.La Rédaction Exposition de dessins.Sœur Sainte-Angèle-de-Mérici, M.I.C.Puisque \" nul n'est une île \".Une novice AVANTAGES : La joie de moissonner.Sœur Marie-Esther, M.I.C.Les abonnés participent aux prières, travaux et sacrifices de toutes les Religieuses de la Communauté, particulièrement des Missionnaires à l\u2019œuvre dans les cinq parties du monde.De plus, une messe est célébrée chaque semaine pour les abonnés vivants et une autre pour les défunts.Le premier évêque noir du Nyasaland Sœur Marie-de-Fatima, M.I.C.Barangay .Sœur Elisabeth-de-la-Trinité, M.I.C.Le Pont qui mène à l\u2019âme japonaise .Sœur Marie-de-la-Rcdemption, M.I.C.La fête du coton.Mrs.Ruth Yao La leçon du serpent.Sœur Sainte-Alberte, M.I.C.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.Nécrologie 99 .101 .103 106 114 116 .120 122 124 130 134 137 142 Page-couverture: Petite \"fée \u2019\u2019 japonaise Pourquoi pas plus nombreux En dépit des statistiques consolantes de 1957, à considérer les obstacles, on a l\u2019impression que la marche de l\u2019Église est bien lente.Les forces du mal disposent d\u2019hommes, d\u2019armes et de sommes en quantité illimitée, tandis que celles du bien, par pénurie de bras et d\u2019argent, doivent se résigner à des lenteurs désespérantes.Cette pénible situation n\u2019est pas imputable à l\u2019Église, mais bien à nous chrétiens.Les missions sont pauvres, c\u2019est trop vrai et il est bon de s\u2019en convaincre.Les trois grandes Œuvres missionnaires pontificales ensemble ne disposent, cette année, que d\u2019un budget de 21 millions de dollars.Cette somme paraît énorme mais elle est absolument insuffisante pour faire vivre, dans 700 missions, toutes les œuvres, depuis les séminaires jusqu\u2019aux orphelinats d'enfants abandonnés.Vingt et un millions de dollars, c\u2019est excessivement peu, quand on sait que les trois grandes œuvres des Nations Unies pour l\u2019éducation, la santé et le travail (UNESCO, OMS, OIT) ont cette année un budget de 44 millions.La somme de 21 millions de dollars recueillie pour les missions est une misère, alors que le seul transport par avion des 34,000 Hongrois réfugiés aux États-Unis en a coûté 30 millions, et que la United Nations Emergency Force, qui occupe, avec ses 6,000 soldats de 10 nations, la fameuse zone de Gaza pour empêcher une nouvelle guerre de Suez, coûtera pour cette première année 35 millions de dollars.Que sont 21 millions pour une année entière d\u2019apostolat missionnaire quand, pour endoctriner 30,000 jeunes gens, attirés à Moscou, le Kremlin a dépensé, à l\u2019occasion d\u2019un festival de quelques jours, la somme de 50 millions de dollars ?Les catholiques se rendent-ils compte qu\u2019en s\u2019imposant la privation d'un peu de superflu, ils pourraient sauver le monde ?Il est vrai aussi que les missions sont paralysées par le manque de bras et le Pape lui-même, dans son encyclique de Pâques, avertit que tout retard pourrait être fatal.Où prendre les prêtres, les frères, les religieuses et Les apôtres laïcs nécessaires ?L\u2019Église ne connaît pas de service obligatoire.Pourquoi les volontaires ne se présentent-ils pas plus nombreux ?Est-il possible que la génération qui naît devra nous reprocher un jour d\u2019avoir perdu l\u2019Afrique par manque de générosité?Est-il possible que l\u2019histoire des Missions de notre temps sera celle d\u2019une occasion manquée?FIDES LITANIES CUBA A NOTRE-DAME DE LA SERENITE par Sœur SAINT-NEMESE \\ M.LC.On m'a demandé, bonne Sainte Vierge, d\u2019écrire quelques lignes en votre honneur, à l\u2019occasion du centenaire de votre visite à Lourdes.Songez donc! on ne parle pas de vous comme on cause de température! Pour vous louer dignement, il me faudrait être poète.Hélas! je ne réussis guère les alexandrins.Si encore je savais manier les vers libres, je pourrais vous faire évoluer sur d'élégantes lignes irrégulières; ce n\u2019est pas non plus mon apanage.Alors ?Alors, bonne Sainte Vierge, m\u2019en voudrez-vous si je change ma composition en prière?En l\u2019écoutant, vous reconnaîtrez, aussitôt le prototype de vos enfants égoïstes du 20e siècle: le régiment des Ora pro nobis ! y défilera plus nombreux que celui des Laudate.Pourtant, se confier à sa maman, n\u2019est-ce pas la plus belle et la plus sincère des louanges?Permettez aussi, chère Mère, que je vous prie sous un vocable nouveau, de ma propre invention, tout à l\u2019ordre du jour cependant: Notre-Dame de la Sérénité! Cela vous plaît-il?Oui, Notre-Dame de la Sérénité, par la pureté de vos yeux baissés, apprenez-nous à bien tenir les manettes de commande des nôtres toujours exposés aux pièges des assassins de pudeur et des tueurs d\u2019âmes.In-citez-nous aussi à la grève des yeux devant tout le clinquant hypnotiseur et fascinant du monde moderne.Notre-Dame de la Sérénité, par l\u2019humilité de vos yeux baissés, inspirez aux millions d\u2019opprimés de pays soi-disant libres le support sans amertume, et à leurs oppresseurs l\u2019examen loyal de leur conscience.Notre-Dame de la Sérénité, par la douceur de vos yeux baissés, donnez-nous la parfaite maîtrise du foyer de colère qui couve en nous, ce volcan en danger d\u2019éruption à la moindre contrariété, surtout aux jours de 90° Fahrenheit! Notre-Dame de la Sérénité, par la discrétion de vos yeux baissés, en- 101 1 Claire Garceau, des Trois-Rivières. seignez-nous le contrôle prudent du mécanisme bien huilé de notre langue et de notre jugement.Notre-Damç de la Sérénité, par la patience de vos yeux baissés, formez-nous et formez tous les éducateurs, parents et maîtres, à la constance tranquille dans la tâche quotidienne.Apaisez nos petites irritations.Si Juana exige des répétitions, peut-être souffre-t-elle d\u2019une ouïe un peu dure; pour Margarita, tout devoir devient casse-tête; la pauvre! elle a manqué tant de leçons: la grippe, puis la rougeole et enfin les oreillons, voilà les vrais responsables! Et Marta, si légère, aurai-je oublié qu\u2019elle traduit inconsciemment la triste instabilité de ses parents divorcés ?Non, Notre-Dame, ne permettez pas que nous nous butions aux apparences, obtenez-nous la patience du Cœur de Jésus.Notre-Dame de la Sérénité, par la bonté de vos yeux baissés, révélez-nous la douceur du pardon généreux, de l\u2019oubli des légères offenses et des grandes aussi! Faites qu\u2019une porte reste toujours ouverte dans notre cœur au cher prochain si aimable ou même si importun! Eh quoi! serions-nous aussi ingrats que ce créancier de l\u2019Évangile, sourd à la prière d\u2019un petit débiteur après avoir reçu lui-même quittance d\u2019une énorme dette ?Notre-Dame de la Sérénité, par le recueillement de vos yeux baissés, façonnez-nous une âme de silence, sans cesse aux écoutes de l\u2019Ami divin, son guide, son appui, son conseiller.Notre-Dame de la Sérénité, par l\u2019ardeur de vos yeux baissés, brûlez-nous du feu consumant de votre Cœur immaculé, de ce feu qui purifie, réchauffe et dilate tous nos cœurs froids ou inquiets: \u2014les cœurs déchiquetés par la lame de leurs propres passions et tremblant de peur sous la menace d\u2019une nouvelle épée de Damoclès: la bombe atomique.\u2014le cœur du bon peuple au milieu duquel le Seigneur m\u2019a transplantée, ce peuple friand de fiestas mais souvent oublieux des devoirs essentiels du christianisme; rappelez-lui la grande fiesta de l\u2019autré vie, la seule vraiment digne d'exultation.\u2014le cœur de vos prêtres, de vos religieux et de vos religieuses; le cœur de mes parents et de mes amis, enfin le mien, ce pauvre cœur que votre Fils a racheté de son sang et hanté par son amour.Notre-Dame de la Sérénité, par la beauté indescriptible et la paix sans ombre de vos yeux baissés, accordez-nous d\u2019être tellement fascinés par l\u2019É-ternelle Beauté, que nos traits s\u2019imprègnent à la fin du calme imperturbable de votre pur visage, miroir de l\u2019infinie Perfection de Dieu.Notre-Dame de la Sérénité, par le sourire de vos yeux baissés, daignez enfin nous sourire comme jadis à Bernadette; alors, encouragés par ce sourire vieux de cent ans mais au rayonnement inlassable, nous pourrons un jour, à votre exemple, lever avec confiance vers le ciel nos regards héroïquement fermés aux beautés feintes d\u2019ici-bas.Ainsi soit-il.102 KUANHSf, FORMOSE Bm Smlmt® Wfftgrw® par Sœur SAINTE-ALICE \\ M.LC.Depuis quelque temps, en compagnie de Mlle Li, je me rendais deux fois la semaine dans une famille pour y faire le catéchisme.La nouvelle s\u2019en répandit.Peu à peu des voisins vinrent en observateurs, puis il se forma un bon groupe intéressant et intéressé.L\u2019heure de catéchisme se répartissait entre la récitation des prières, le chant de cantiques et la leçon de doctrine proprement dite.Les petits enfants à la mémoire neuve et habitués à parler le mandarin apprenaient beaucoup plus vite que leurs mamans.Un jour on nous dit qu\u2019une aveugle nonagénaire désirait aussi connaître la religion du Maître du ciel.Sa petite fille veut bien nous conduire auprès d\u2019elle.Nous surprenons grand-mère Hoang en train de laver des arachides.Elle se confond en excuses parce qu\u2019elle n\u2019a rien à offrir à manger et nous fait asseoir.A mon langage elle a tôt discerné que je ne suis pas du pays.La catéchiste taiwanaise lui explique que je suis une religieuse.Le terme religieuse n\u2019évoque aucun concept dans l\u2019intelligence de cette aveugle païenne.Alors grand-mère Hoang touche ma robe et mon voile, promène sa main décharnée sur ma tête, l\u2019arrête longuement sur mon crucifix, puis sur mon chapelet.Les questions pieu vent: mon pays, ma famille, mon but en venant à Formose et de si loin, etc.Et la voilà attendrie et renversée du courage de ces personnes qui s\u2019expatrient et laissent tout pour révéler le Maître du ciel à des étrangers.Alors nous parlons un peu du bon Dieu.Au départ nous promettons de revenir chaque fois qu\u2019il y aura catéchisme dans ces parages.Ainsi dit et ainsi fait.Les visites chez grand-mère Hoang vont toujours s\u2019allongeant, car cette doyenne de nos catéchumènes \u2014 et peut-être des catéchumènes du monde entier \u2014 est une élève curieuse, attentive et sympathique.Un mois plus tard, vers la fin d'avril, nous rencontrons sa petite-fille qui nous dit: « Ma grand-mère est bien malade; venez donc la voir.» Malgré la tombée du jour et la pluie torrentielle, je n'hésite pas: 1 Jeanne Bastien, de Montréal.103 Un bon groupe intéressant et intéressé se forma autour de la catéchiste.«Allons la voir tout de suite.si demain il était trop tard! » Mlle Li n\u2019est pas de cet avis: une coutume de son pays veut qu\u2019on ne visite pas les malades l\u2019après-midi.Cela pourrait donc froisser la famille et surtout le fils qui nous reçoit avec une froideur polaire; nous risquerions que l\u2019affaire se gâte.« Alors, attendons à demain », dis-je.Inquiète tout de même, je confie l\u2019âme de l\u2019aveugle à la Sainte Vierge: « Gardez-la-moi jusqu\u2019à demain.j\u2019ai bien l\u2019intention de l\u2019ondoyer le plus tôt possible.» Dans la matinée du lendemain, nous partons confiantes, non sans avoir prié la Sainte Vierge de nous précéder.Nous pressentons que le fils ne goûtera pas cette visite insolite.Là-bas personne.Nous pénétrons jusqu\u2019à la malade.Personne encore! mais à peine avons-nous commencé la préparation immédiate au baptême que survient le fils.mécontent: sa mère n\u2019est pas si malade que cela, elle 104 repose, nous sommes priées de ne pas la déranger, etc.J\u2019ai tout juste la chance de glisser une médaille miraculeuse sous la natte de ma vieille amie.L'Immaculée s\u2019est jouée de bien d\u2019autres cas de ce genre! Au matin du 2 mai, je dis à la Sainte Vierge: « C\u2019est votre mois béni.Ô ma bonne Mère, il nous faut aujourd\u2019hui l\u2019âme de grand-mère Hoang, faites que nous la trouvions seule.» Touchante faveur de la Reine de Mai, il n\u2019y a personne ni à la porte ni au chevet de la malade.Toutefois, comme on n\u2019y voit goutte dans la pièce, il faut s\u2019habituer les yeux à ce clair-obscur avant de chanter victoire.Si le fils allait surgir! Tandis que Mlle Li récapitule les principales vérités de la foi avec la catéchumène toute lucide et contente, moi, je fais le guet.\u2014 Grand-mère, désirez-vous être baptisée et devenir l\u2019enfant du bon Dieu ?\u2014Oui, je le veux.Alors je m\u2019approche munie d\u2019une petite bouteille d\u2019eau.La lueur du jour n\u2019arrive que par un semblant de fenêtre au plafond.Mlle Li soutient la tête de l\u2019aveugle de façon à ce que l\u2019eau ne dégouline pas sur l\u2019oreiller et ne trahisse notre bon coup: « Marie-Béatrice je te baptise.» Le fils pouvait maintenant paraître.L\u2019âme de sa mère était prête à aborder le rivage du ciel.Merci à l\u2019Immacu-lée, la Vierge de la Médaille miraculeuse! C\u2019est elle qui a agencé toutes circonstances avec son fin doigté.Quelle ne sera pas l\u2019extase de ma vieille aveugle le jour où, en paradis, ses yeux vont se dessiller sur les splendeurs de la Trinité et les douces beautés de la Pleine de Grâce! INTENTIONS MISSIONNAIRES de l\u2019Apostolat de la Prière Mai: Afin que dans l\u2019Inde les intérêts spirituels he soient pas un objet de préoccupation moindre que le progrès matériel.Juin: Pour que la justice et la paix régnent dans les nations arabes. Notre-Dame k PÜERTÜ RICO en Hdïti Sur des sentiers d\u2019aurore, Notre-Dame s\u2019avancait en une tournée d\u2019inspection à travers son domaine terrestre.Soudain, son pied si pur frôla les vagues légères de la mer des Antilles et ses yeux embrassèrent longuement le collier de petites îles jetées comme des émeraudes dans l\u2019écrin bleu des eaux.Des milliers d\u2019hommes, les uns doux et pacifiques, les autres féroces et belliqueux, habitaient ces contrées où le Mystère de l\u2019Incarnation du Verbe, cette « prodigieuse affaire des siècles », comme l\u2019a appelée saint Bernard, demeurait encore inconnue.Mais enfin, l\u2019heure de la grâce allait sonner pour ces peuplades au teint de bronze: on était en l\u2019an 1492.Depuis plusieurs lustres déjà, Marie préparait celui qui devait être le héraut de sa Conception Immaculée dans ce monde neuf.D\u2019après le plan le plus ordinaire des choix divins, elle l\u2019avait tiré d\u2019un milieu humble et pauvre et avait formé ce futur chevalier à la rude école de l\u2019adversité et des privations.Jamais pour lui de succès enivrants! Toutefois, elle lui accorda, dès le jeune âge, une vue claire de la noble mission qui lui serait confiée.Ses biographes, aussi bien protestants que catholiques, font observer: « Le courageux Génois possédait la ferme conviction qu\u2019un destin providentiel le marquait comme apôtre de la vraie foi.» Son nom même ne cachait-il pas un symbole de cette vocation privilégiée?Chrisloferens,\u2014 Porteur du Christ, Lumière du monde.Aussi, rien ni personne ne put le détourner de ce but, et afin de mieux y atteindre, il dédia à la Reine de ses pensées toutes ses actions.Son fils Fernand nous l\u2019apprend: « Tous ses écrits portaient comme en-tête cette devise: Je su cum Maria sit nobis in via! (Jésus et Marie soient avec nous dans toutes nos voies!) Nous ne croyons pas nous écarter de notre sujet en signalant ici certains faits évidents de la piété mariale de Christophe Colomb et de ses compagnons, lors de ses voyages en Amérique.Quelles qu\u2019aient pu être leurs faiblesses, ces hommes jetèrent sur le sol du Nouveau Monde la semence d\u2019une tendre dévotion envers la Mère de Dieu.Les marins de cette époque se classaient d\u2019ailleurs parmi les laï- 106 ques les plus dévots.Sur la Santa Maria, la Nina et la Pinta, il n\u2019était pas question de piquer l\u2019heure comme cela se pratiqua dans la suite sur les navires; pourtant à toutes les demi-heures, un matelot chantait une rengaine en retournant Yampoletta ou sablier.Avant la première veille nocturne, l\u2019équipage s\u2019assemblait sur le pont pour la prière du soir.Le Pater, l\u2019Ave et le Credo récités, on entonnait le Salve Regina.A propos de cet usage, Colomb remarque dans son journal de bord : « Les marins le chantent à leur façon, sur plusieurs tons à la fois, massacrant assez les mots latins.» N\u2019importe, cet hommage filial ne devait-il pas monter tout droit au trône de la Reine du ciel?Aussi, pendant que les caravelles fendaient avec anxiété les eaux de ces mers inconnues, les membres de la pacifique armada de Notre-Dame consacraient chaque heure de traversée par ce pieux refrain : Le Verbe s\u2019est fait chair Dans le sein de Marie.Au ciel et sur la mer, Cette heure soit bénie! Quand la terre parut pour la première fois, Colomb donna à ce lieu le nom de San Salvador; le second endroit où il débarqua fut nommé Santa Maria de la Concepcion.C\u2019était là le premier mot d\u2019une litanie mariale qu\u2019il devait égrener tout au long de ses découvertes et qui ferait de la poussière d\u2019îles de la mer des Antilles autant de joyaux au front de la Vierge: Santa Maria Redonda, Santa Maria la Antigua, Puerto de la Concepcion, Santa Maria de Monteserate, Maria Galante, Santa Maria de Helen, etc De ses deux premiers établissements fondés en Haïti, Christophe Colomb plaça celui de La Vega sous le patronage de Marie Immaculée et cette magnifique plaine fut plus tard désignée Concepcion de La Vega.En ce lieu cher à sa piété, le grand découvreur voulut ériger une modeste chapelle en l\u2019honneur de Notre-Dame, caressant l\u2019espoir d\u2019y substituer un jour une vaste cathédrale.Ses nom- Notre-Dame Les germes de dévotion mariale enfouis en terre d\u2019Hispaniola (premier nom donné par Colomb à Haïti) ne pouvaient manquer de lever et de porter des fruits.Protégée par Notre-Dame, cette première colonie établie en permanence par les Européens dans le Nouveau Monde devint la fille aînée de l\u2019Église d'Amérique.Un évêché y fut érigé par le Pape Léon X dès 1513.Parmi les Missionnaires qui accompagnaient les colons espagnols figuraient des religieux dominicains, toujours si dévoués au culte de Marie.On leur avait assigné comme portion de la vigne du Seigneur à cultiver, breuses occupations lui laissaient-elles quelque loisir, il se retirait dans cet oratoire pour prier et méditer à son aise sur les moyens les plus efficaces à la conversion des indigènes.C\u2019est de ce sanctuaire que ses ennemis l\u2019arrachèrent lorsqu\u2019à force d\u2019intrigues, ils eurent réussi à le perdre dans l\u2019estime des Souverains d\u2019Espagne.Au moment de sa mort, son plus cuisant chagrin fut de savoir que des aventuriers sans foi ni mœurs avaient honteusement opprimé les Indiens au lieu de les amener à la vérité.Sans aucun pressentiment de l\u2019immense portée de ses découvertes auxquelles se rattache toute l\u2019histoire de deux continents, Colomb mourut, désolé de l\u2019ingratitude humaine, mais parfaitement résigné à la volonté divine.Il lui suffisait d\u2019avoir été choisi de Dieu pour doter Haïti d\u2019une Mère qui garderait toujours allumé sur ces rivages le flambeau de la foi chrétienne.et Hispaniola la région qui s\u2019étend entre la plaine de l\u2019Antibonite et Les Cayes.En 1690, ils installèrent à Cul-du-Sac un centre paroissial avec une chapelle dédiée à Notre-Dame du Rosaire.Un peu plus tard, à vingt kilomètres de là, naissait une autre Mission où l\u2019on vit quelques années après une paroisse régulièrement organisée sous le patronage de l\u2019Assomption.En 1749, date de la fondation de Port-au-Prince, ces deux postes, fondus en une seule paroisse, restèrent sous ce dernier vocable.Marie voulait-elle se réserver des droits sur cet humble bourg appelé à connaître de glorieuses destinées comme capitale d\u2019Haïti?108 Durant cette ère coloniale de son histoire, l\u2019île vit surgir de multiples églises et chapelles dédiées à la Mère de Dieu sous les appellations les plus diverses: Notre-Dame de l\u2019Assomption, de la Nativité, du Rosaire, de la Purification, du Carmel, de la Déli-vrande, de l\u2019Immaculée-Conception.Notre-Dame du Perpétuel-Secours et Haïti d\u2019aujourd'hui Voyons maintenant comment Marie fut choisie pour patronne de ce pays sous son beau titre de Reine du Perpétuel-Secours.Au début de l\u2019année 1882, la variole parcourait en sinistre visiteuse les mornes et les vallées d\u2019Haïti, semant sur ses pas la terreur et le deuil.Ses méfaits s\u2019avéraient surtout redoutables dans les villes et les bourgs à population plus dense.Malgré des prodiges de dévouement de la part des praticiens, l\u2019épidémie gagnait journellement du terrain, transformant la région de Port-au-Prince en un véritable cimetière.En vain, les habitants atterrés suppliaient-ils l\u2019ange vengeur de rengainer son glaive, le ciel semblait d\u2019airain.Dans ces circonstances critiques, le curé de la cathédrale, M.l\u2019abbé Francis Kersuzan, entretint son archevêque, Mgr Guilloux, d\u2019une image de Notre-Dame du Perpétuel-Secours apportée récemment de France.Son désir de placer le tableau dans une chapelle du Bel Air, monticule voisin de Port-au-Prince, fut accueilli avec ferveur et, le 5 février, une procession partait de la cathédrale en direction du sanctuaire champêtre.Mgr Guilloux exposa à ses ouailles l\u2019historique de l\u2019image miraculeuse vénérée à Rome, les encourageant à prier la céleste Mère d\u2019accorder aussi son puissant secours au peuple d\u2019Haïti.Dès le lendemain, une neuvaine de messes débutait en son honneur.Miracle de Notre-Dame! les neuf jours n\u2019étaient pas écoulés que tous les malades atteints du fléau se trouvèrent inopinément soulagés.Mieux encore, plus un seul cas de variole ne fut signalé dans la suite.Nul ne s\u2019étonnera d\u2019apprendre qu\u2019à dater de ce jour, les Haïtiens professèrent envers Notre-Dame du Perpétuel-Secours un culte d\u2019affectueuse reconnaissance.Ils l\u2019aiment et la vénèrent comme les Français aiment et vénèrent Notre-Dame de Lourdes, les Portugais Notre-Dame de Fatima, les Mexicains Notre-Dame de la Guadeloupe.Le 23 septembre 1883, Notre-Dame gratifiait ses fidèles dévots de Port-au-Prince d\u2019une nouvelle preuve de sa maternelle bienveillance.Depuis deux jours, des incendies allumés par des mains criminelles ravageaient la ville dont les plus beaux quartiers s\u2019écroulaient dans les flammes activées par une forte brise de l\u2019ouest.La cathédrale et les bâtisses avoisinantes é-taient menacées.Tout semblait perdu, quand soudain, le vent vira brusquement et se mit à souffler du sud-est, phénomène extraordinaire à Port-au-Prince à 3 heures de l\u2019après-midi.Peu après, le feu cessait tout à fait.Quelle force mystérieuse avait donc contraint le vent à prendre une direction in- / accoutumée, et culbuté la stratégie des perfides résolus à détruire la capitale ?Dans un article sur la dévotion 109 ».****** mariale en Haïti, S.Exc.Mgr J.-M.Jan donne la clé du mystère: « Le saint archevêque de Port-au-Prince, Mgr Guilloux, avait invoqué Notre-Dame du Perpétuel-Secours dont le sanctuaire se voyait, alors comme aujourd'hui, de la galerie de l\u2019archevêché; il l\u2019avait suppliée d\u2019obtenir la cessation du fléau, s\u2019engageant à lui témoigner publiquement sa reconnaissance par un ex-voto qui serait mis à son autel.Sans aucune entente avec lui, son vicaire général avait formulé le même vœu à peu près au même moment et dans les mêmes termes.Et ce fut alors que le vent changea.» Quelque cinq ans plus tard, la dévotion à Notre-Dame du Perpétuel-Secours s'implantait aussi au diocèse du Cap-Haïtien avec l\u2019arrivée de son nouveau titulaire, Mgr Kersuzah.Le pieux évêque ayant établi Notre-Dame reine de son épiscopat, ne se lassa jamais dans la suite de proclamer avec quelle vigilance la Mère de Dieu avait répondu à sa confiance.Elle lui fit surtout sentir son intervention maternelle dans la réorganisation du Grand Séminaire d\u2019Haïti, prêt à fermer ses portes faute de vocations.En fin d\u2019année 1887, il n\u2019y restait que quatre séminaristes.Désolé, Mgr Kersuzan se jeta aux pieds de Marie et lui promit un ex-voto en son honneur si le nombre des élèves augmentait.Pour la rentrée d\u2019octobre on compta douze inscriptions et trois mois n\u2019étaient pas terminés que le chiffre des aspirants au sacerdoce avait triplé.Il fallait maintenant trouver un local plus spacieux pour abriter ces nouveaux lévites.Monseigneur multiplia ses appels à Notre-Dame du Perpétuel-Secours: « Ô notre Mère, vous nous avez donné des élèves, mais à quoi bon si nous n\u2019avons ni séminaire pour les recueillir ni direction pour les former! Achevez donc l\u2019œuvre que vous avez si bien commencée.» Un jour qu\u2019il la suppliait ainsi au milieu de ses larmes, on vint lui annoncer qu\u2019une dame désirait lui offrir un château laissé par son père en vue d\u2019une œuvre pie.Stupéfait d\u2019une aussi prompte réponse à sa requête, Mgr Kersuzan partit aussitôt visiter la maison qu\u2019il nommait intérieurement « le legs de Marie ».Quelle joie pour le saint prélat d\u2019apercevoir dans le vestibule même du château un grand tableau de Notre-Dame du Perpétuel-Secours qui lui souriait avec tendresse, et, dans chacune des pièces, une autre image semblable.De toute évidence, Notre-Dame avait préparé cet asile à ses prêtres d'Haïti.Consécration du pays à Notre-Dame du Perpétuel-Secours La consécration officielle de la République d\u2019Haïti à Notre-Dame du Perpétuel-Secours se fit le 8 décembre 1942.Port-au-Prince offrit son palais national, un bijou d\u2019architecture, pour cette inoubliable manifestation.A l\u2019arrière-plan s\u2019estompaient les ver- tes collines; en avant, le Champ de Mars, un des plus beaux parcs d\u2019Haïti, déroulait son riche tapis.A 8 heures du matin, une messe en plein air fut célébrée par S.Exc.Mgr J.Pichon, alors évêque des Cayes.Malgré la chaleur torride, plus de deux cent 112 mille personnes, accourues de toutes les parties de nie, assistaient à la cérémonie.En un bref message, S.Exc.Mgr Le Gouaze, archevêque de Port-au-Prince, rappela le double motif de la consécration du pays à Marie: hommage de reconnaissance pour les faveurs du passé, dont le miracle du Bel Air, en 1882, et l\u2019acquisition d\u2019un local pour le Séminaire en 1893; ardentes suppliques afin d\u2019obtenir une continuelle protection de la Sainte Vierge sur le peuple haïtien au milieu des épreuves et difficultés des temps présents.Dans une atmosphère de religieux silence, les cinq évêques présents récitèrent ensemble l\u2019acte de consécration, puis au son des cloches, au bruit du canon et des clameurs délirantes de deux cent mille voix, Notre-Dame inaugura son règne comme reine et patronne du pays en procédant à la revue des troupes.Et pour que cet événement demeure gravé dans le cœur de tous les habitants, S.Exc.le Président Élie Lescot décréta que le 8 décembre serait désormais une fête nationale célébrée dans toute l\u2019île.De plus, cette consécration solennelle fut commémorée par l\u2019émission d\u2019un timbre-poste à l\u2019effigie de Notre-Dame du Perpétuel-Secours avec la devise des esclaves noirs pendant la guerre de l\u2019Indépendance: « Liberté, Égalité, Fraternité », et cette simple inscription: Notre-Dame du Perpétuel-Secours, Patronne d\u2019Haïti ».Par cette reconnaissance publique de la royauté de Notre-Dame, les Haïtiens ont du même coup acclamé la royauté du Christ Jésus: Marie ne peut régner sans son Fils, et, par là, ils ont donné aux autres peuples un splendide exemple de foi, dans un monde qui chancelle au bord du gouffre du communisme athée.Trois grandes initiatives ont marqué Haïti: l\u2019érection du premier siège épiscopal dans le Nouveau Monde; la formation du premier État constitutionnel gouverné par des Noirs; enfin, la première consécration officielle d\u2019une nation à Notre-Dame du Perpétuel-Secours.Puisse la Vierge Immaculée exaucer son grand et fidèle serviteur et garder toujours à la chère Haïti le trésor de la foi catholique que lui apporta le pieux Christophe Colomb! La Rédaction.DIVW WAKAMATSU, JAPON Exposition de dessins par Sœur SAINTE-ANGELE-DE-MERICI M.I.C.Pour la deuxième fois, le Comité catholique du Japon a organisé une exposition de dessins à laquelle toutes les écoles catholiques du pays ont été invitées à prendre part.Les meilleurs travaux devaient être primés et envoyés à l\u2019exposition internationale de Bruxelles, pour devenir ensuite propriété du Vatican.Nos écoliers applaudirent vivement au projet; chacun sortit sa palette et ses pinceaux et se mit à la tâche avec enthousiasme.Au jour indiqué, quarante dessins à la peinture prenaient le train pour la Capitale où un grand jury allait examiner les chefs-d\u2019œuvre et décerner les prix.Quelle surprise pour nous, quelques semaines plus tard, quand un message du Comité nous annonce que deux de nos élèves du cours primaire, Toshiko Nishihara, fillette de quatrième année, et Sei Saburo Havashi, garçon de troisième, figurent parmi les gagnants des huit premiers prix! Deux autres recevront également des récompenses, tandis que quatorze méritent une mention d\u2019honneur.Notre école se classe ainsi au deuxième rang, après celle des Dames du Sacré-Cœur.Les parents de Toshiko et de Saburo accompagnèrent leurs enfants à l\u2019Université Sophia de Tokyo, siège de l\u2019ex- position, où se déroula l\u2019imposante cérémonie de la remise des prix.Les juges, présents à la fête, firent connaître leur appréciation sur chacun des tableaux, s\u2019arrêtant tout particulièrement à celui de Saburo, intitulé « L\u2019heure de la prière au couvent », et où notre petit homme a dessiné trois Sœurs marchant à la file sur la galerie, en récitant le chapelet.L\u2019aspect très ressemblant de la maison aurait-il déterminé le choix des jurés?Non pas, mais bien plutôt l\u2019idée limpide du garçonnet qui, parmi tant d\u2019impressions diverses reçues à l\u2019École catholique, a fait ressortir celle de la « Prière » ! Si nos rêves d\u2019apostolat au Japon n\u2019obtiennent pas toujours une prompte réalisation, du moins pouvons-nous espérer que le témoignage silencieux de la prière, apporté par notre présence, se gravera au fond du souvenir de nos chers enfants nippons et influencera peut-être un jour leur destinée spirituelle.De plus, par l\u2019entrée au Vatican de ces deux esquisses de notre Zaberio Gakouen (École Saint-François-Xavier), notre œuvre japonaise et toutes les âmes qu\u2019elle rejoint ne prennent- ' elles pas leur place sous le large manteau de Foi catholique de notre Mère la Sainte Église ?1 Marie-Jeanne L\u2019Heureux, de Loretteville.115 AU NOVICIAT Puisque \u201c Nul n\u2019est une île\u201d Cet été'là, au dire de mon cercle d'amis, les vacances étaient idéales: soleil, sports, pique-niques, parties de tous genres.Il n\u2019y avait que moi de pas heureuse.Je m\u2019en voulais presque de toujours ressentir, comme un vieux sage de l\u2019antiquité, l\u2019éphémère du plaisir.J\u2019aurais voulu que l\u2019agitation, la musique, les éclats de rire, ne se taisent jamais.Le silence, ça repose, ça détend les nerfs, ça rafraîchit l\u2019esprit; mais le silence de cette année-là, aux Laurentides, il m\u2019était insupportable à l\u2019âme.On a écrit de Pie XI que le ihilliard de païens l\u2019avaient empêché de dormir.Lui, c\u2019était bien: il était le Pape, il avait la responsabilité de l\u2019Église.Mais moi ?voyez-vous ça?.pourquoi le milliard de païens se mêlaient-ils tout à coup de me tourmenter au point que ma bonne petite vie facile m\u2019apparaisse vaine et mes mains vides ?Du silence peuplé de telles réflexions, c\u2019est vraiment pire que du bruit.Et allez donc chasser ces idées-là! elles vous assaillent plus importunes que les nuées de maringouins, sous les arbres, un soir d\u2019orage! Moi missionnaire?moi qui aime la natation, la danse, le cinéma, tout ce qui remue, 116 ufe i tout ce qui amuse, tout ce qui rit?Le bon Dieu est étrange dans ses voies \u2014 c\u2019est écrit dans la Bible \u2014 mais je n\u2019aurais jamais imaginé qu\u2019il puisse m\u2019inviter à le suivre dans ses voies étranges! Je n\u2019aurais jamais cru non plus qu\u2019une personne très simple, pas compliquée du tout, puisse en arriver à ne plus se comprendre et devienne hésitante, angoissée devant une décision.Par bonheur j\u2019allai chez Notre-Dame du Cap.Elle n\u2019ouvrit pas de nouveau ses beaux yeux de miracle; elle m'ouvrit les pauvres mien^d\u2019un signe bien humain.Le 15 août, il y avait foule au sanctuaire.Je guettai ma chance d\u2019avoir une audience de la Madone couronnée.Là, agenouillée entre des pèlerins inconnus, qui a-vaient sans doute des choses aussi intéressantes que les miennes à raconter, je priai longuement, sans paroles, avec mon cœur.Ma prière toutefois finit par une supplique très précise, en ces termes: « Sainte Vierge Marie, ma Maman du ciel, ouvrez mes yeux.Faites que je voie ce que le bon Dieu attend de moi et donnez-moi la force d\u2019être généreuse dans la\" route que vous m\u2019indiquerez.» Et dans ma naïve audace, j\u2019osai ajouter: « Don-nez-moi un signe concret de la volonté de Dieu: je suis si peu fine à la saisir! Faites donc que je rencontre, à ce pèlerinage, quelqu\u2019un qui me dise des paroles qui m\u2019éclaireront.» Qu\u2019on me pardonne les deux « qui » de ma prière: ils y figuraient, et Notre-Dame m\u2019a exaucée quand même.Au sortir du petit sanctuaire, la paix, l\u2019espoir, la confiance baignaient mon âme.Je me dirigeai vers le pont des Chapelets.Des pèlerins le franchissaient en sens inverse; d\u2019autres prenaient des photos.Je m\u2019arrêtai pour ne pas déranger ceux-ci.Une voix prononça mon nom, et d\u2019un groupe se détacha une religieuse à manteau noir, à robe et à guimpe blanches.Elle s\u2019avança vers moi.Ce fut à mon tour de m\u2019exclamer, surprise: \u2014Véronique! est-ce possible?Que fais-tu ici?\u2014Mes adieux! je suis en congé dans ma famille, car je pars bientôt pour Haïti.Nous sommes en pèlerinage chez Notre-Dame.\u2014Alors, tu es devenue une Sœur Missionnaire ?Le plus tranquillement du monde, sans laisser transparaître mon trouble, je causai quelques minutes avec cette compagne d\u2019étude que j\u2019avais perdue de vue.Elle ne tarissait pas sur son bonheur d\u2019être missionnaire et surtout de partir pour mission lointaine tout de suite après ses vœux perpétuels.Elle enleva son anneau, reçu le 5 août, et me l\u2019essaya.Je tournai l\u2019anneau à mon doigt et je dis stupidement: \u2014Il est trop grand.\u2014Tu sais, il s'en fait de plus petits! de répliquer Véronique avec un fin 118 sourire.Regarde au-dedans: on y lit le nom de mon Époux.Le nom de Jésus y était gravé en effet.\u2014Alors, il te rend heureuse ton Époux?\u2014Il me comble! Il respecte jusqu\u2019à mes rêves d\u2019enfance! J\u2019avais toujours rêvé voler en avion jusqu\u2019à ma mission.Eh bien! Je volerai de Dorval à Port-au-Prince via New York et Miami.J\u2019avais posé à Véronique une question sotte.Elle était l\u2019image même du bonheur.Le bonheur lui dansait dans les yeux, lui jouait sur les lèvres.Depuis cinq minutes que nous parlions, et elle avait employé le mot joie au moins cinq fois.Je lui souhaitai brusquement « bon voyage » ; les siens braquaient sur nous l\u2019appareil photographique.Mais au lieu de franchir le pont des Chapelets, je rebroussai chemin et rentrai au petit sanctuaire.La même foule compacte et priante s\u2019y trouvait.J\u2019attendis encore une fois ma chance de m\u2019agenouiller devant la Vierge couronnée pour la remercier de son signe.Mes yeux s\u2019étaient ouverts.Jésus m\u2019offrait un petit anneau d\u2019or fait sur mesure.à la mesure de son amour et de ma générosité.J\u2019avais compris qu'il y a un bonheur vrai et profond à se donner pour les autres, pour ces frères païens dont nous sommes solidaires; que choisie pour travailler à l\u2019extension du Royaume, je n'avais pas le droit de me dérober.puisque « Nul n\u2019est une Ile » ! Une novice 4 LA JOIE DE L'épidémie d\u2019influenza qui sévit dans nie depuis quelque temps nous amène une foule de malades.Bon nombre de citoyens de la ville sont atteints, plusieurs écoles ont été fermées et des familles entières terrassées par la fièvre.120 Une telle affluence contribue à propager au loin la renommée de notre dispensaire.Cette œuvre de charité, organisée par les soins de Mme Simone Simard de Montréal, procure aujourd\u2019hui à la généreuse bienfaitrice de douces consolations.Outre la joie de soulager les misères d\u2019autrui, elle lui fournit, à longueur de journées, un vaste champ où déployer son infatigable dévouement.Quand, à leur TAIPEI, FORMOSE MOISSONNER par Sœur MAR1E-ESTHER \" M.I.C.tour, médecins et îddes-infirmières contractent le mal, Mme Simard accourt: « Tout cela me donne des ailes.» affirme-t-elle.Pendant quinze jours, elle nous prête main-forte auprès des patients, puis, constatant que nous devions en renvoyer plusieurs, faute d\u2019espace, son cœur sensible s\u2019émeut: pourquoi ne pas utiliser le local qui a servi de premier dispensaire ?Vite, elle l\u2019aménage à ses frais en salle d\u2019hôpital pourvue de lits, de lingerie, de meubles, voire même de l\u2019hygiénique plancher de terrazo.En réponse à son zèle bienfaisant, la Providence lui ménage un bonheur tout apostolique, celui d'ouvrir le ciel à une âme d\u2019enfant.Nous avions posé comme condition: la petite devait s\u2019appeler Simone.Une chrétienne atteinte de cancer et presque mourante fut hospitalisée le même jour.Mme Simard s\u2019installa à son chevet pour les veilles de nuit, afin d\u2019épargner ce surcroît de fatigue aux Sœurs qui tenaient le dispensaire.Comme un ange gardien, elle sera là pour adoucir les derniers moments de la mourante et lui faciliter le départ pour l\u2019au-delà.Ainsi, après de longs mois de travail et d\u2019efforts pour implanter le dispensaire catholique dans la capitale formosane, Mme Simard voit mainte- * nant fructifier ses labeurs.Il est dit d\u2019elle, comme de tous les apôtres au cœur vaillant et fort: « Ils s\u2019en allaient en peinant pour répandre des semences, mais ils reviendront dans la joie, portant des gerbes dans leurs bras.» 1 Alice Buteau, de Notre-Dame-de-la-Guadeloupe.I 121 KATETE, NY AS ALAND Le premier évêque noir du Nyasaland par Sœur MARIE-DE-FATIMA \\ M.LC.Le Vicariat apostolique de Dedza, récemment détaché de ceux de Likuni et de Zomba, a reçu comme titulaire S.Exc.Mgr Cornélius Citsulo, Je premier évêque noir du Nyassa et le vingt et unième sur la liste des prélats autochtones de l\u2019Afrique.Bien que tardif, le rappel de ce mémorable événement intéressera sans doute les chers amis des Missions.Le choix d\u2019un prêtre noir comme chef d\u2019un nouveau territoire ecclésiastique entre si bien dans le mouvement d\u2019évolution de l\u2019Afrique actuelle.Aussi, est-ce avec joie et émotion que missionnaires autant que chrétiens ont participé à la cérémonie du sacre qui s\u2019est déroulée à Bembeke, mission confiée aux Pères Blancs et siège du nouveau Vicariat apostolique.Les journaux du pays avaient commenté cette promotion et annoncé d\u2019avance la date et le lieu de la fête; c\u2019est pourquoi dès la veille, Bembeke affichait des allures de grande cité: automobiles, autobus, bicyclettes et piétons encombraient ses modestes rues, mortifiées, semblait-il, de n\u2019être pas boulevards pour la circonstance! Grâce à la bienveillance et à la sollicitude toujours en éveil du R.P.M.Riopel, P.B., nos postulantes indigènes eurent le privilège exceptionnel d\u2019aller acclamer l\u2019évêque de Bonizza avec leurs frères du Nyasaland.Voyage peu banal! Bembeke est à deux cent cinquante milles de Katete et la galimoto (camionnette) compte douze occupants, dont notre chauffeur, le R.P.Riopel lui-même, Sœur Marie- 122 Marguerite Legault, des Cèdres. de-la-Présentation \\ le catéchiste de la Mission, nos huit postulantes et moi.Le trajet de huit heures s\u2019effectue sans incident fâcheux, sauf certains malaises causés par le mal de gali-molol A 4 heures de l\u2019après-midi, 8 mai, nous sommes chez les Sœurs Blanches de Bembeke, toujours si accueillantes! Déjà, les apprêts de la fête du samedi sont commencés: la mitre, la crosse, l\u2019anneau, les gants et les souliers dorés du futur évêque attendent au parloir.Sur une table, un énorme gâteau, vrai chef-d\u2019œuvre de gastrologie, représente la cathédrale de Bembeke en miniature.Les préparatifs se poursuivent avec entrain la journée du jeudi et du vendredi.Malgré son titre pompeux de ville épiscopale, Bembeke ignore l\u2019aisance et le confort; donc, comme dans toutes les missions débutantes, le système « D » (Débrouille-toi!) y fonctionne sur une large échelle.Désire-t-on des gradins quelconques pour déposer les bouquets?on habille de papier ou de coton blanc des tonneaux ou des boîtes en carton et les fleurs y sourient, plus belles que sur des consoles de marbre! Line planche posée sur deux prie-Dieu, et voilà un agenouilloir pour favoriser la dévotion de plusieurs priants.Avec bonheur, nous prêtons notre concours à ces menues besognes d\u2019installation qui s\u2019exécutent dans la cour intérieure du couvent où l\u2019autel est dressé.Au matin du samedi, le soleil brille de façon splendide; tout le monde aussi s\u2019affaire avec un air de fête! Dix heures.Une foule immense est groupée aux abords du couvent.Les membres du clergé s\u2019avancent en procession, S.Exc.Mgr J.Knox, délégué apostolique, en tête; le suivent, l\u2019évê- que de tout à l\u2019heure, accompagné du prélat consécrateur, S.Exc.Mgr Fady, P.B., de Likuni, et ses deux assistants, NN.SS.J.-B.Theunissen, S.M.M., de Blantyre, et L.Hardman, S.M.M., de Zomba, ainsi que plusieurs prêtres et séminaristes.Le mandat de Rome se lit d\u2019abord en latin puis on le traduit en Cinyan-ja.De même, chaque rite important est expliqué en langue indigène, tandis que des prêtres noirs remplissent les fonctions d\u2019acolytes.Spectacle consolant! l\u2019Église d\u2019Afrique grandit et se fortifie.Ces nouvelles fleurs du sanctuaire dont elle s\u2019enrichit l\u2019embaumeront du parfum de leurs vertus et accroîtront sa puissance et sa vitalité, en assurant son triomphe dans les luttes inévitables que lui prépare un avenir peut-être prochain.La messe terminée, le nouvel évêque, mitre en tête et crosse en main, se rend bénir la foule d\u2019environ dix mille personnes, profondément remuée par cette impressionnante cérémonie.Pendant le retour à la cathédrale, on chante en latin, en anglais et en africain: Ad multos annos! Long may you live! Zoka zinu ziculuke! Virimika vinu vitve vinandi! Nos chères postulantes, à qui Mgr Citsulo a souhaité la persévérance dans leur vocation, reprennent avec nous, le soir même, le chemin de leur home de Katete, en passant par Ka-sina où nous restons la journée du dimanche.Pour elles comme pour nous, le souvenir de cette première consécration épiscopale d\u2019un fils du Nyasaland servira de stimulant dans le travail d\u2019évangélisation des habitants de ce pays dont l\u2019enveloppe d\u2019ébène cache une âme blanche et si belle! 1 Berthe Surprenant, de Swanton, Vt.123 BARAN par Sœur ELISABETH-DE-LA-TRINITE \\ M.I.C.C\u2019est à Davao que, pour la première fois, j'entendis parler du Barangay de la Vierge.Sur recommandation des autorités ecclésiastiques, les Pères des Missions-Étrangères l\u2019avaient introduit depuis peu dans leurs paroisses et en proclamaient déjà les fruits précoces et merveilleux.Quelques jours plus tard, à Mati, belle mission du sud-est de Mindanao, j\u2019assistais à la modeste procession qui, chaque soir, après la réunion du Rosaire, reconduit la bannière de Notre-Dame au lieu de ralliement du lendemain.Édifiant mais surtout poétique, pourrait-on croire, le geste de ces pèlerins orientaux, défilant au clair de lune, entre les rangées des grands cocotiers qui récitent eux aussi leur prière du soir, la tête inclinée sur les vagues assoupies de la Baie de Pujada! Certes, le spectacle ne manque pas de pittoresque; il y a pourtant autre chose ici qu\u2019un incident romanesque ou une simple démonstration extérieure de dévotion, propre aux habitants des Iles Le Barangay est une initiative laïque récente, entrant dans les cadres de l\u2019Action catholique sous une formule essentiellement 124 1 Rhéa Allard, de Sainte-ÊJisabelh de Joliette. ÈKtëi . philippine, adaptée par conséquent à la mentalité, aux besoins et à la situation religieuse du pays.Depuis plus de cinquante ans, on le sait, la pénurie de prêtres a amené chez ce peuple autrefois si catholique une déplorable ignorance des vérités même les plus fondamentales du christianisme et un oubli presque général des devoirs religieux, sauf cependant le culte filial envers la très Sainte Vierge.Le Philippin se scandalisera peu de négligences coupables vis-à-vis des sacrements, de critiques contre l\u2019Église, ses prêtres, ses institutions, mais n\u2019allez jamais attaquer Marie en sa présence; c\u2019est une Mère que jamais il n\u2019a pu oublier, qu\u2019il aime et défend toujours.Au nom de Marie, toute porte s\u2019ouvre chez lui.Le Ba-rangay a saisi cette corde sensible et, par ce moyen, travaille à rénover la vie chrétienne au sein des familles et de la société.Fondation du Barangay La naissance du Barangay date de 1949.C\u2019était au lendemain de la dernière guerre, alors que les Philippines se relevaient avec peine des ruines semées par les bombardements et l\u2019occupation japonaise.A Silay, province de Negros, dans les Visayas, Antonio Gaston, fils d\u2019un riche planteur de canne à sucre, avait goûté, peut-être plus que tout autre, aux tracasseries et aux mauvais traitements des ennemis.La tourmente passée, ses concitoyens honorèrent son courage et sa bravoure en le choisissant pour maire de Silay.Dès le début, le jeune homme conquit l\u2019estime et l\u2019affection du peuple par son intégrité et son dévouement.Les pauvres surtout trouvaient en lui un défenseur.N\u2019avait-il pas réussi à les faire représenter au conseil de ville en divisant les municipalités en districts ou groupes appelés Barangay, suivant une coutume antérieure au régime espagnol.En effet, les Malais qui vinrent autrefois habiter les Philippines y arrivèrent sur des bateaux nommés balangay.Chacune de ces embarcations portait une famille composée des parents, enfants et esclaves.Un groupe de trente à cent familles se fixait ordinairement sur la côte et était désigné sous le nom de balangay ou barangay, comme disaient les Espagnols.Remodelés d\u2019après le style 20e siècle, les nouveaux Barangay chargeaient leurs chefs d\u2019exposer leurs réclamations au maire et celui-ci les déposait devant le conseil.Au commencement de l\u2019année 1949, cependant, la maladie obligeait M.Gaston à un séjour d\u2019hospitalisation.La Providence lui ménageait ainsi la possibilité de réfléchir sur les maux présents et sur les remèdes à employer pour les guérir.Et tandis qu\u2019à travers sa fenêtre d\u2019hôpital, le malade jetait un regard sur le monde extérieur, une lumière divine éclairait son esprit: nombre de problèmes sociaux restaient sans solution parce qu\u2019un homme essayait de les résoudre par ses propres forces.Il se souvint alors de la parole du Maître: « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau et je vous soulagerai.» Antonio Gaston se sentit tout transformé.C\u2019était au mois de mai, et dès ce moment, il eut l\u2019impression très nette de l\u2019assistance spéciale de Marie dans la formation de son futur Ba- 126 rangay.De retour chez lui, il choisit six de ses principaux amis et les invita à une soirée-causerie.Groupe bizarre ou classes et métiers divers fusionnaient et dont, avec cela, aucun membre n\u2019était catholique pratiquant.En fait, tous avaient délaissé les sacrements depuis plusieurs années, mais figuraient parmi les hommes intègres et de caractère trempé, désireux seulement de connaître la vérité pour y conformer ensuite leur vie.Le fondateur leur découvrit son plan et proposa une réunion chaque dimanche en vue de discuter certaines questions religieuses.Ce soir-là, le meeting commencé à 7 heures, ne se termina qu\u2019à 1 h.30 du matin.Les rencontres subséquentes s\u2019avérèrent un succès et le président, étonné, y voyait une récompense aux trois Ave Maria récités au début de chaque réunion pour implorer la bénédiction de la Sainte Vierge.M.Gaston avait reçu son éducation des RR.PP.Jésuites de Manille, et les connaissances religieuses acquises alors l\u2019aidaient grandement dans son nouvel apostolat.Cependant, son état de santé paraissait encore des plus précaires; le médecin lui interdit bientôt l\u2019usage de la parole, lui conseillant d\u2019écrire tout ce qu\u2019il aurait à dire.\u2014Docteur, répliqua le jeune apôtre, je puis vous obéir six jours par semaine, mais le septième, je dois parler! Les discussions hebdomadaires transformaient peu à peu les six premières recrues et leur foi traditionnelle, endormie depuis longtemps dans un manteau de doutes et de préjugés, se dégageait maintenant pour devenir une réalité vivante et agissante.Ces membres attirèrent leurs propres amis, ceux-ci leurs voisins et leurs camarades de travail, et le mouvement s\u2019accrut, sans but avoué toutefois.Un tel venait par curiosité, un autre pour régler une simple affaire de Barangay; jamais on ne les aurait vus s\u2019il s\u2019était agi de religion.L'essor En février 1950, le Barangay s\u2019enrichit d\u2019un apôtre aussi précieux qu\u2019intrépide dans la personne d\u2019Henri del Castillo, un compagnon d\u2019Antonio au collège de Manille et le saint Paul de l\u2019association, d\u2019après le témoignage du fondateur lui-même.Ensemble, les deux chefs se lancèrent à fond dans la mêlée.De Silay, l\u2019initiative courut aux barrios voisins.On créa d\u2019autres cercles dont les habitants devenaient eux-mêmes les animateurs.Les réunions comportaient une brève instruction religieuse et un débat sur les questions à l\u2019ordre du jour, le tout couronné par la récitation du Rosaire.Dans la suite, on ajouta le chant d\u2019hymnes à la Sainte Vierge.Inspiratrice du mouvement, Notre-Dame en était à présent le centre, et du jour où on le plaça sous son patronage, le Barangay se répandit comme un feu de forêt ».1 Ces renseignements sur l'origine du Barangay ont été empruntés au R.P.B.Smyth.SS.C., auteur d\u2019un article en anglais paru dans < The Sentinel >. Le Barangay d\u2019aujourd\u2019hui.Sa méthode d\u2019organisation On rassemble dix ou douze hommes parmi les plus fervents de la paroisse et, après leur avoir expliqué la nature et le but du Barangay, on leur confie la tâche de le mettre sur pied.Le premier soin de ces organisateurs ou apôtres consiste à recruter quinze familles, aussi rapprochées que possible les unes des autres, et toutes préparées à remplir les obligations imposées, à savoir; 1° prêter leur maison un soir par quinzaine pour la réunion du Rosaire; 2° envoyer un représentant à chaque réunion des quatorze autres familles.Quel est le salaire de cet organisateur?D\u2019abord, des rebuffades: on ne saisit pas bien le sens et l\u2019opportunité de la proposition, plusieurs ignorent même les notions du chapelet; à la fin cependant, on acquiesce, au nom de Notre-Dame.La première Unité du Rosaire est formée.On subdivise cette Unité en trois groupes de cinq familles représentant les mystères joyeux, douloureux et glorieux du Rosaire; à chaque maison est aussi attribué un mystère parti- Obligations particul Les membres du Barangay s\u2019engagent d\u2019abord à dire trois Ave Maria chaque jour.Un peu plus tard, ils s\u2019obligent à la récitation quotidienne du chapelet.Ils ajoutent ensuite graduellement la pratique de la confession et de la communion tous les mois, puis toutes les semaines.culier: Annonciation, Visitation, etc.Chacun des groupes est placé sous la direction d\u2019un cabeza (tête).L\u2019Unité compte donc trois cabezas dont l\u2019un devient responsable de l\u2019Unité entière ou de quinze familles sous le nom de mayor.Notre apôtre se reposera-t-il maintenant sur ses lauriers?Non pas.Poursuivant ses conquêtes, il recueille l\u2019adhésion de quinze nouvelles familles, puis de quinze autres encore et constitue de la sorte une Trinité, la première Unité symbolisant le Père, la seconde le Fils, la troisième le Saint-Esprit.Un cabeza-mayor gouverne cette Trinité.Ainsi, par son organisation même, le Barangay enseigne de façon concrète les principaux attributs de Dieu comme les mystères de la vie de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère.D'autre part, l\u2019organisateur n\u2019ayant d\u2019autre limite à son zèle que son ardeur et son dévouement même, les Trinités se multiplient, englobant parfois toute une paroisse, puis tout un diocèse.Ces Trinités relèvent du Centre du Barangay, vraie école de formation où se préparent les apôtres et d\u2019où partent les directives.ières et avantages En retour, le Barangay apporte de nombreux avantages spirituels et matériels.D\u2019après la devise inscrite sur sa bannière, il conduit les âmes « à Jésus par Marie ».Depuis sa fondation, le mouvement a introduit le Rosaire dans des milliers de foyers où on l\u2019avait depuis longtemps oublié 128 ou même jamais récité.Grâce aux quelques minutes d\u2019enseignement catéchistique et aux entretiens journaliers des membres, la religion est mieux connue et plus fidèlement observée, non seulement des associés, mais encore des masses avec lesquelles ceux-ci viennent en contact.Ces résultats se font surtout sentir par rapport à l\u2019observation du précepte dominical et à la fréquentation des sacrements.Ainsi, alors qu\u2019à l\u2019arrivée des Missionnaires canadiens à Davao, en 1937, les trois messes du dimanche réunissaient à peine une poignée de catholiques pratiquants, un an environ après l\u2019organisation du Barangay dans la ville, le Saint Sacrifice se célébrait vingt-sept fois ce jour-là et dans des églises remplies de fidèles.De plus, le Barangay procure à ses militants une aide sociale et économique fort appréciable.Établi surtout chez les pauvres et pour les pauvres, il prêche d\u2019exemple et se contente, pour ses réunions, de la modeste habitation du pauvre; il assiste et réconforte ceux que le malheur visite, suscite l\u2019esprit d\u2019entraide et de fraternité, fonde parfois des coopératives, enfin ressuscite le folklore national, quelque peu négligé durant les siècles d\u2019occupation étrangère.Mais c\u2019est principalement à la restauration spirituelle des Philippines que visent les efforts du Barangay.Et si certains éléments de ses structures n\u2019ont pas encore atteint toute la perfection désirée, telle quelle, cette initiative fournit déjà une réponse aux demandes de Notre-Dame à Fatima et se présente comme l\u2019arme providentielle destinée à lutter contre l\u2019indifférence religieuse des masses et l\u2019envahissement des fausses doctrines, en particulier du communisme athée dont les vagues de la mer de Chine transportent les idées perverses jusque sur les Iles.AU COURRIER DU PRECURSEUR Ayant pris connaissance des articles de votre intéressante revue, j\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir accompli un petit tour du monde.Le voyage a été magnifique en compagnie de vos jeunes missionnaires effectuant leurs tournées apostoliques à Cuba et en Haïti.A Hong Kong, je me suis arrêtée avec les deux révérendes Mères qui ont prié sur la tombe de nos soldats canadiens.Quel touchant spectacle de voir çes milliers de pierres blanches, ornées de la croix et de la feuille d\u2019érable, symboles de notre foi catholique et de notre beau pays.La promenade dans Taipei et dans la City of Baguio m\u2019a aussi fort intéressée.Partout, dans ces pays, le divin Père a semé les beautés de la nature, chefs-d\u2019œuvre de sa création, et il est bien vrai de dire que les cieux et la terre chantent la gloire de Dieu d\u2019un bout à l\u2019autre de l'univers! Ci-inclus, mon chèque de $2.00, dont un dollar pour réabonnement au Précurseur et l\u2019autre pour mes frais de voyage en si charmante compagnie! A mon âge, 78 ans bien sonnés, c\u2019est merveilleux de pouvoir faire un si long trajet sans fatigue! Mme T.Sainte-Marie de Beauce Le Pont qui mène à lame japonaise par Sœur MARIE-DE-LA-REDEMPTIONM.I.C.(Suite et fin) Les idiotismes japonais, dotés d\u2019une économie de mots surprenante et d\u2019une netteté de précision notoire, jouissent en plus d\u2019un coloris typique.Si bien que tantôt vous serez frappés par leur franchise, tantôt par leur aplomb condensé.Ainsi: nite mo yaite no kuenai otoko desu (individu d\u2019humeur acariâtre; littéralement: un compagnon désagréable, bouilli ou frit).Un grand nombre pétillent d\u2019humour oriental: mimi ga toi (sourd; littéralement: oreilles parties au loin) \u2014\takachan (nouveau-né; littéralement: l\u2019honorable Rouge) \u2014 o ma-wari san (agent de police; littéralement: l\u2019honorable qui fait sa tournée).Aucune expression ne s\u2019alourdit de signification évasive ou entortillée: memboku wo ushinau (perdre contenance, perdre la face; littéralement: perdre l\u2019apparence extérieure) \u2014\tosoro irimasu (je vous demande pardon, excusez-moi; littéralement: je sollicite avec grande humilité), par contre, plusieurs suscitent par leur originalité piquante et parfois fantastique de l\u2019étonnement qui amuse, surtout chez les débutants.Par exemple, hara gâtât su (se fâcher; littéralement: se hausser le ventre) \u2014 o me ni kakaru (rencontrer quelqu\u2019un; littéralement: se suspendre aux yeux de quelqu\u2019un) \u2014 o kinodoku sama (expression de sympathie; littéralement: c\u2019est un noble poison pour votre cœur.Savez-vous qu\u2019au Japon les hommes et les femmes parlent un langage différent?Madame, sous une tournure plus évoluée et plus gracieuse, évite toute contraction dissonnante, et Monsieur, dans la forme verbale la plus simple, tranche toute question avec des abréviations laconiques et brusques.C\u2019est enfreindre les éléments de la politesse que d\u2019interpeller quelqu\u2019un par son prénom même au sein de l\u2019intimité familiale.D\u2019une extrémité à l\u2019autre de l\u2019archipel, l\u2019honorifique sama (en abrégé: san pour les grandes personnes, chan pour les enfants) précède le nom de tout Japonais, aristocrate ou paysan, vénérable vieillard ou simple bambin! Quelle courtoisie ehar- 130 1 Basilisse Maillet, de St.Louis, N.-B. mante et habituelle: l\u2019enfant, en nommant quelqu\u2019un emploie toujours le suffixe chan avec une grâce exquise.Des observateurs étrangers constatent que la délicatesse inhérente au peuple japonais se reflète dans son langage.Comment expliquer cette coutume ancestrale de l\u2019emploi d\u2019un titre honorifique jusqu\u2019au degré le plus bas de l\u2019échelle sociale ?Jusqu'à un certain point, nous admettons l\u2019usage de suffixes de noblesse comme o ou go (littéralement : honorable) quand nous nous adressons à des person- nages à qui égards et honneurs sont dus; mais la question devient insoluble lorsqu\u2019il s\u2019agit, par exemple, de o salo (sucre), o yu (eau chaude), o niwa (jardin) objets communs et inanimés.En vertu de sa cordialité raffinée, peut-être le Japonais veut-il rendre ainsi hommage à ces êtres sans vie qui depuis si longtemps servent à l\u2019humanité ?Il y a environ deux cent cinquante ans, Engelbert Kæmpfer, Hollandais-Allemand, médecin des explorateurs hollandais de Nagasaki, remarquait: A l\u2019étude du japonais.Sœur Gabriel-de-1\u2019Immaculée (Gabrielle Michaud, de Plessisville) Sœur Saint-Jérôme (Thérèse Renaud, de L\u2019Orme), Sœur Françoise-du-Carmel (Madeleine Coursol, de Montréal), Sœur Sainte-Elodie (Simonne Saint-Amand, de Saint-Aimé). Je vous offre mes condoléances.(Poison de l\u2019esprit) « L\u2019attitude des Japonais, du plus humble roturier au plus noble prince ou seigneur, s\u2019avère telle, que tout l\u2019Empire pourrait être surnommé une Ecole de civilité et de politesse royale.» Cette assertion est aussi vraie de nos jours en dépit des diverses influences à tendances égoïstes et rustres introduites par une civilisation moderne déviée.Les mots à signification disgracieuse ou terne sont ingénuement remplacés par des expressions qui, tout en communiquant l\u2019idée originale, l\u2019extériorisent avec plus de délicatesse et de réserve.Ainsi shi (mort) et shi suru (mourir) sont peu usités; on préfère les euphémisme^ naku narimashita (disparaître, s\u2019éclipser; littéralement: devenir rien) ou en certaines parties du Japon, o kakure ni narimashita (se cacher, se soustraire).Le repliement de l\u2019Empire en sa coquille pour près de trois siècles a encouragé une vie sociale imbue de quiétude, de calme méditatif, et permis d\u2019élaborer, au point de vue linguistique, un répertoire de mots taillés pour n\u2019importe quelle circonstance, de la plus ordinaire à la plus extraordinaire.Y a-t-il sur terre un pays autre que le Japon où les conducteurs d\u2019autobus avertissent leurs passagers d\u2019une secousse imminente en démarrant.ugokimasu (attention, maintenant! littéralement: nous nous déplaçons), et qui s\u2019excusent d\u2019un service si peu empressé, si rustaud ?0 machido sama (je suis peiné de vous avoir fait attendre; littéralement: honorable attente vous avez eue.) Si vous gratifiez quelqu\u2019un d\u2019un léger pourboire ou d\u2019une minime récompense, en votre présence il vous remémorera sa gratitude par cette gracieuse expression: konoaida o sewa sama (beaucoup obligé; littéralement: je suis obligé pour le service honorable reçu l\u2019autre jour!) Même si ces formules de courtoisie cérémonieuses et emphatiques semblent à des Occidentaux superflues ou exagérées, qui peut leur dénier d\u2019être au moins agréables à écouter ?Idéogrammes Parfois des personnes à demi renseignées émettent cette opinion qu\u2019il devrait y avoir un moyen de sortir du labyrinthique système d\u2019écriture japonais actuel: les idéogrammes.Tel quel, le japonais ne peut être romanisé parfaitement pas plus que le chinois ne peut être rendu avec des mots anglais.Qui parviendrait à emboîter des milliers de mots abstraits, un nombre * » renversant d\u2019homonymes dans notre alphabet de vingt-six lettres?Bien plus, condenses dans l\u2019engrenage é-troit de la romanisation, la plupart des mots japonais perdent hélas! leur originalité et leur juste signification.Ils ressemblent alors à des pierres précieuses insérées dans une monture commune.Il est fort possible que la raison première de cette exclusivité graphique du Kanji (idéogrammes) au Japon est que cette sorte de sténographie des idées exerce une irrésistible attraction sur un peuple artiste.L\u2019art japonais n\u2019a-t-il pas été appelé graphique, et la calligraphie japonaise artistique! Dans son inaltérable et élégante concision une colonne de Kanii tracée avec art possède un cachet de beauté à la fois mystérieuse et fascinante.Quoi qu\u2019il en soit, apprendre à lire et à écrire les caractères n\u2019est pas un jeu pour l\u2019étudiant de l\u2019étranger.Le transfert de ce système calligraphique de la Chine au Japon a provoqué d\u2019inévitables complications.En supposant qu\u2019il eût été possible de reproduire avec exactitude les sons chinois, il eût fallu échafauder deux ou trois systèmes d\u2019écriture pour chaque caractère, car les professeurs qui vinrent au Japon ne parlaient pas tous le même dialecte.On en arriva à lire le même caractère de deux ou trois façons différentes.Pour accroître cette complexité cocasse, au lieu d\u2019imiter les sons chinois, les Japonais, en maintes occasions, traduisirent la signification des caractères dans leur propre langue avec ce résultat: une nouvelle manière de lire! Au système chinois d'écriture s\u2019ajoute un dérivé, le Kana, apparu au début du 8e siècle.Alors que le mode d\u2019écriture authentique représente des idées, le Kana figure les sons.Il s\u2019apparente au nôtre à cette différence qu\u2019il s\u2019en tient aux syllabes et non aux lettres.Bien qu\u2019à la rigueur tous les mots japonais puissent s\u2019écrire en Kana, ceux-ci n\u2019ont pas pour autant supplanté les idéogrammes.Le Kana a une valeur inférieure et joue un rôle secondaire.Son usage se réduit à indiquer les inflexions verbales et à écrire des adverbes et des prépositions.Le Kana se divise en deux classes, l\u2019une bourgeoise, le Katakana, lourd et disgracieux; l\u2019autre aristocrate, l\u2019élégant Hiragana.Selon les récits légendaires, le fameux moine bouddhiste Kobo Daishi (774-835) serait le père du Hiragana.Dans le but de faciliter la mémorisation de ce syllabaire composé de quarante-sept sons, il composa un huitain mystique inspiré de l\u2019un des Soûtras (livre d\u2019aphorismes) et agencé de telle sorte qu\u2019aucune lettre ne se répète deux fois.Sa première ligne, Iroha, a légué son nom au syllabaire proprement dit.Dans sa brièveté, ce huitain signifie: « Tout est transitoire dans ce monde transitoire.Que j\u2019échappe à ses vanités et à ses illusions! » Un comprimé de philosophie bouddhiste en quarante-sept syllabes! Il y aurait intérêt à décrire quelques-unes de ces innombrables combinaisons de mots japonais formées par les idéogrammes, mais ceci dépasserait les modestes limites de cet article.Par cet aperçu à vol d\u2019oiseau, le lecteur aura saisi les difficultés inouïes qu\u2019affronte le missionnaire essayant de maîtriser cette langue harmonieuse mais combien complexe, le pont qu\u2019il doit franchir pour pénétrer dans l\u2019âme de Yamato.1 133 /^U/ COTON par Mrs.RUTH YAO Les anciens Chinois avaient une tendance à déifier leurs sages et leurs personnages illustres, à humaniser les créatures puissantes du monde animal, les montagnes altières, les fleuves majestueux et même les plantes et les fleurs symboliques.Ainsi, la Chine antique vénérait Shen Nung, dieu de l\u2019agronomie; You Tsao, constructeur d\u2019un nid pour la race humaine; Sui Jen, découvreur du feu.Elle honorait le dragon comme régisseur des nuages et des eaux, et révérait de même les étoiles, le tonnerre, le vent et tous les éléments de la nature comme autant d\u2019êtres humains doués de pouvoirs surnaturels.Quel fut le motif fondamental qui présida à la création de si nombreuses divinités ou figures légendaires?Nul autre qu\u2019une crainte instinctive de l\u2019inconnu, des forces ou vertus mysté- rieuses qui résident dans l\u2019univers physique avec ses phénomènes si complexes de stabilité et de changement.Humaniser la grandeur ou la violence chez les objets inanimés constituait pour l\u2019âme chinoise une tentative de conciliation vis-à-vis de puissances occultes plus ou moins redoutables et un moyen de préservation contre leurs maléfices possibles.Constatant, d\u2019autre part, la nature éphémère de la vie humaine en regard de la durée de la terre, l\u2019esprit chinois divinisait les grands hommes afin d'immortaliser leur mérite, en sorte que la postérité pût tirer avantage de leur sagesse et de leurs exemples.De même, les honneurs rendus aux créatures bienfaisantes traduisaient la satisfaction et la gratitude du peuple envers elles et les invitaient à lui continuer leurs bons offices.134 ^rs C\u2019est ainsi que le coton, plante à la vérité fort commune, occupe en Chine le rang honorable de bienfaiteur de l\u2019humanité.Il forme l\u2019objet d\u2019une sorte de culte en raison du rôle primordial qu\u2019il joue dans la vie des Chinois.En fait, le coton leur procure d\u2019immenses avantages et s\u2019avère de première nécessité au pays.Il constitue pour le peuple une protection efficace et très économique contre le froid.Filé et tissé en pièces d\u2019étoffe aux mille usages, il entre en outre comme matière brute dans la confection de la soie artificielle.Ses graines se § V * i s transforment en huile précieuse pour la cuisson des aliments, la fabrication du savon, l\u2019éclairage, etc., et les tiges fournissent des substances importantes pour l\u2019industrie du papier.Dans le domaine de l\u2019hygiène et de la chirurgie, le coton hydrophile aseptique n\u2019est-il pas tout à fait indispensable ?A cause de sa vaste utilité et de ses innombrables services, les Chinois ont élevé cette plante à un ordre supérieur et quasi humain.D\u2019après la coutume de la province Kiangsu, la fête du coton se célèbre le 20e jour de la 7e lune, c\u2019est-à-dire au 29 août de l\u2019année solaire.Pour cette date, les planteurs escomptent toujours un ciel serein, car le proverbe populaire affirme: « S\u2019il pleut au 20e jour de la 7e lune, le coton n\u2019atteindra jamais le marché », ou encore: « Si les étoiles brillent au soir du 20e jour, les dettes d\u2019une année entière sont déjà acquittées.» -'fM'V Originaire de l\u2019Inde, le coton pénétra en Chine sous la dynastie T\u2019ang (A.D.618-908).Avant cette époque, l\u2019histoire n\u2019en iait pas mention.Dans le Livre des Rites, au sujet des tâches attribuées à.la femme, on spécifie uniquement ® le soin des vers;à soie ».La fabrication de la soie et la culture du chanvre étaient seules en honneur avant le 7e siècle.Aux temps médiévaux, quelques contrées du sud-est de l\u2019Asie, telles que l\u2019Annam, Java, etc., envoyaient à la Chine une certaine quantité de coton, comme tribut annuel.Plus tard, le commerce avec les pays étrangers se développa en Orient, et Canton devint le plus important poste commercial de Chine.De là, les graines de coton se répandirent à Fukien et aux autres provinces en bordure de la mer.Bientôt de larges superficies de terrain furent affectées à cette culture qui fleurit rapidement.Le négoce et l\u2019ambition du gain aidant, elle pénétra à l\u2019intérieur du pays et jusqu\u2019aux régions nordiques de la Chine. KASEYE, AFRIQUE \u2022 A Kaseye, on désirait depuis cinq ans ouvrir une école de filles.En attendant, les Sœurs se dévouaient auprès des petits garçons, vu le nombre très restreint des fillettes assidues aux classes.On lança d\u2019abord un appel aux parents: la classe enfantine serait désormais confiée à une religieuse si les élèves s\u2019y présentaient en nombre suffisant.Malheureusement, dans le passé, des laïques peu qualifiés a-vaient usé de corrections par trop sévères, ce qui avait provoqué de la répulsion à l\u2019endroit de l\u2019école.Les premiers jours, une vingtaine seulement de petits noirots s\u2019inscrivirent.Mais bientôt la bonne nouvelle s\u2019ébruita autour des cases: à la classe, on ne frappe plus les enfants.Peu après, soixante minois d\u2019ébène com- posaient mon petit peuple.Il fallut hélas! s\u2019en tenir à ce nombre.Parmi eux, pas un seul chrétien.Mes brous-sards mirent bien quelques mois à réussir leur premier exploit: faire de façon convenable le signe de la croix.Tout en enseignant l\u2019a b c, je m\u2019efforçais de mille manières d\u2019orienter mon jeune auditoire vers les croyances et les pratiques chrétiennes.Un jour, je voulus savoir si mes diablotins retenaient quelque chose du cours de catéchisme.\u2014Toi, Kenese, sais-tu bien mainte-en quoi consiste le pardon des ennemis?\u2014Oh! sûrement, Amayi, je le sais!.Tenez, fit-il en désignant du doigt son voisin, hier celui-ci m\u2019a présenté un bel épi de blé d\u2019Inde qu\u2019il La leçon serpent par Sœur SAINTE-ALBERTE, M.I.C.fGabrielle Saucier, de Montréal.) avait, à mon insu, couvert de savon.Ne m\u2019en doutant pas, j\u2019y ai mordu à pleines bouchées.Ce vilain est donc mon ennemi, aussi bien, je ne lui pardonne pas! Petit Kenese ne se décida pas tout de suite à tendre la main à son « ennemi », mais cela lui valut ensuite de mieux comprendre le sens de son Wodada Withu (Notre Père).Voici par contre l\u2019histoire d\u2019Érubé, fillette abandonnée de ses parents et recueillie par son oncle qui l\u2019envoyait régulièrement à sa classe de première année.Très intelligente, Érubé me venait souvent en aide auprès des moins doués, en leur passant mes leçons dans leur dialecte particulier.Tous les élèves la chérissaient, et moi, bien davantage, car elle manifestait les meilleures dispositions, se montrait docile et franche, qualités peu en honneur chez les enfants.Un matin, j\u2019étais à donner le cours de culture physique aux aînées du pensionnat quand on vint m\u2019annoncer que « j\u2019aurais un grand chagrin, ce jour-là ».\u2014Et pourquoi donc?\u2014Votre enfant, Érubé,.est morte.\u2014Mais, se peut-il ?.Où est-elle ?.Qui l\u2019a frappée ?.Ma stupeur était grande, car la fillette m\u2019avait quittée la veille, joyeuse et rayonnante de santé.\u2014Hélas! Amayi, un serpent cra-cheur l\u2019a mordue hier soir au retour de l\u2019école.\u2014Ma petite Érubé! morte sans baptême!.oh non! bonne Mère du ciel, vous ne pouvez le permettre! Accompagnée d\u2019une infirmière, je vole au village de Cipakama, situé à quarante minutes de la Mission.En route, nous croisons des écoliers à la mine attristée.Ceux de la classe enfantine rebroussent chemin et se joignent à nous.Nous allons en silence, à pas pressés, récitant de temps à autre un fervent Souvenez-vous.Enfin, nous sommes à la hutte, elle est remplie de monde.\u2014Laissez-nous entrer, supplié-je, je veux voir ma petite fille! Des Noirs s\u2019étonnent : \u2014Elle l\u2019appelle son enfant.Comme c\u2019est étrange! \u2014Oui, repris-je, et je l\u2019aime plus que vous qui êtes de sa famille.Ne la laissez-vous pas mourir sans traitement ni secours ?.et pourtant, vous demeurez à quelques milles seulement de la Mission et vous savez que nous avons d\u2019excellents remèdes contre les morsures de serpents! A ces mots, un silence général s\u2019établit dans la case; on nous ouvre un passage.La petite victime est encore découverte, signe évident que la mort Une récompense pour n'a pas achevé son œuvre.II n\u2019y a pas une seconde à perdre.On porte Êrubé près de la porte et j\u2019examine la cheville enflée, marquée de sept morsures.Les Noirs ont tenté d\u2019enrayer le mal en enduisant le membre de boue.\u2014Érubé, me reconnais-tu?.Je prononce mon nom à son oreille.Aussitôt, ses yeux s\u2019ouvrent avec effort.\u2014Vite, apportez-moi de l\u2019eau! « Marie-Gabnelle, je te baptise.» Ma main tremblante verse l\u2019eau sainte, je pleure à chaudes larmes.Toute l\u2019assistance suit la scène avec une émotion visible.Mes élèves surtout ne perdent aucun de mes gestes.Lorsque le cœur de l\u2019enfant a cessé de battre, nous entonnons un cantique appris à l\u2019école, « Maria, Mama uiithu.» (O notre Mère, dans notre affliction, secourez-nous).\u2014Maintenant, leur dis-je ensuite, récitons un Ave Maria pour remercier la Sainte Vierge qui vient d\u2019ouvrir le ciel à notre petite Érubé.Par ce froid matin de juin, les hommes du village se chauffent dehors auprès d'un grand feu.Leur attitude silencieuse témoigne de leur stupéfaction à la vue de ces nombreux enfants agenouillés autour du cadavre de leur jeune amie.Le père adoptif surtout paraît touché de notre sympathie.Au moment du départ, on nous apprend qu\u2019une jeune fille agonise dans une hutte voisine.Nous nous rendons auprès d\u2019elle et ma compagne a le bonheur de l\u2019ondoyer.Maria mourut quelques heures plus tard.De retour à la classe, mes petits, encore vivement impressionnés, é-changent à qui mieux mieux leurs pensées et leurs sentiments.\u2014Moi, s\u2019écrie Watson, je vais dire à mon père que je ne veux plus vivre ainsi!.je préfère être baptisé tout de suite!.Le départ si subit de leur petite sœur et son baptême à la toute dernière minute viennent d\u2019éveiller \u2014 mieux peut-être que tous mes catéchismes de l\u2019année \u2014leur désir de devenir chrétiens.ma 140 A Kaseye, les jeunes Noires transportent l\u2019eau sur leur tete. Hétrologte M.Ernest Léger, Montréal, père de S.Éminence le Cardinal Léger; M.l\u2019abbé Joseph Geoffroy, P.M.E., Montréal; M.le Curé F.Lavoie, Saint-Léon-le-Grand de Matapédia; M.l\u2019abbé H.Tremblay.Saint-Jean; Rév.Sœur Marie-Simone Lesage, des Sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil; Montréal; notre chère Sœur Saint-Guillaume (Elisabeth Carrier, Stoke Centre) ;, Mme Adélard Ross, Fall River, Mass., mère de notre Sœur Sainte-Hedwidge; Mme Adélard Délisle, Worcester, Mass., mère de notre Sœur Joseph-de-la-Sainte-Famille; Mme J.-O.-H.Ricard, Grand\u2019Mère, mère de notre Sœur Saint-Yves; Mme Philippe DeSerres, Montréal, mère de notre Sœur Dominique-du-Rosaire; M.David Champagne, Saint-Prosper de Dorchester, père de notre Sœur Marthe-du-Sauveur; Mme Jérémie Bédard, Orsainville, mère de notre Sœur Marie-Immaculata; M.Henri Chauvin, Montréal, frère de notre Sœur Marguerite-du-Sacré-Cœur; M.Alphonse Létoumeau, La Sarre, frère de notre Sœur Jeanne-de-Jésus; M.G.Vanchestein, Montréal, frère de notre Sœur Sainte-Yolande; M.José Deschênes, Montréal, frère de notre Sœur Marie - de - la - Compassion; M.Ernest Germain.Québec, frère de notre Sœur Marie-de-1\u2019Incarnation; M.Conrad Pérusse, Valleyfield, frère de notre Sœur Germaine - du - Sacré - Cœur; Mme Saint-Jorre, Montréal, grand-mère de notre Sœur Michelle-du-Sacré-Cœur; M.Louis Bélair, Saint-Barthélemy, grand-père de notre Sœur Saint-Gilbert; M.Abias Pépin, Longueuil; M.Jean-Marie Morin, M.W.Cadieux, M.A.Laberge, M.Henri Lalonde, M.le Docteur J.-A.Miller, M.Pierre Rouleau, M.Théodore Genest, M.A.Loiseau, Mme V.Carmel, Mme Alcide Thibault, M.André Labelle, M.Emile Dupont, M.Hector Ricard, M.J.-U.Bérébé, Mme Alfred Barry, Mme Orner Bouliane, Mme Lucille Pelletier, M.Médéric Lépine, Montréal; Mme Yvon Lamarre, Longueuil; M, Edouard Clermont, Cartierville; Mme J.-H.Martin, Bordeaux; Mme Camille Côté, Lachine; Mme Joseph Pigeon, Verchères; Mme Agnès Berthiaume, Mme J.-B.Plourde, M.Philisa Lord, M.W.Daigle, Saint-Jean; M.Nolasque Hébert, Saint-Valentin; Mme Alcide Plouffe, Saint-Félix de Valois; M.Odilon Desrosiers, Lanoraie; Mme Aristide Venne, Saint-Jacques; Mme Léonien Riopel, L\u2019Epiphanie; M.Philippe Piché, M.Emery Latendresse, Mme Wilfrid Houle, Joliette; Mme Adélard Lalumière, Sainte-Thérèse de Blainville; Mme A.Lapalme, Mme Rémi Fausse, Granby; Mme Théodore Paquin, Saint-Lin; Mlle Marie-Hermine Marchessault, West-Shefford; Mme L.Desfossés, Danville; M.Camille Biron.Pointe-du-Lac; M.Léo Labre, L\u2019Ascension; Mme Joseph Bisson-nette.Saint-Michel de Bellechasse; Mme J.-L.Laflamme, M.Victor Bégin, M.J-T.Perron.Québec; Mme Hervé Champagne, Saint-Prosper de Dorchester; M.Gérard Sirois, Cacouna; Mme Louis Albert, Saint-Fabien; Mme Edmond Saint-Hilaire, Saint-Louis de Courville; M.Alexis Guénette, Ferme-Neuve; M.Gabriel Mélançon, Sainte-Anne-du-Lac; Mme Joseph Marcoux, Welland, Ont.; M.Jude Vanasse, Woonsocket, R.I.; Mme Luke Comeau, Leominster, Mass.; Mme Mary Haie, Boston, Mass.; Mme Calixt* LeBlanc, Waltham, Mass.; Mme G.-E.Bussières, Pont-Rouge; M.F.-A.Desjardins, Grand-Sault, N.-B.; M.Alcide Galipeau, Saint-Jean; M.Michel Saint-Louis, Notre-Dame-du-Laus; M.Alexandre Ethier, Maniwaki: Mme Joseph Bérard, Saint-Barthélémy, grand-mère de notre Sœur Saint-Gilbert; Mme J.-C.Charbonneau, Montréal, sœur de notre regrettée Sœur Saint-Paul; M.Edouard Brais, Sainte-Martine de Châteauguay! M.Pierre Rocher, Montréal.142 Maisons des Sœurs Missionnaires de rimmacuiée-Conception AU CANADA MAISON MERE, 2900, Chemin Sainte-Catherine CAte-des-Neiges, Montréal 26.NOVICIAT, Pont-Viau, Montréal 9.OUTREMONT, 314 Chemin Sainte-Catherine Montréal 8.HOPiTAL CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetiére Montréal I.NOMININQUE, comté Labelle, Qué.RI MO US Kl, 85, rue Saint-Germain.JOLIETTE, 750, rue Saint-Louis.QUEBEC, 1073 ouest, rue Saint-Cyrille.VANCOUVER, Refuge de l'Immaculée-Conception 236, rue Campbell.VANCOUVER, HApital du Mont-Saint-Joseph 3080, rue du Prince-Edouard.TROIS-RIVIERES, 1325, rue de la Terrlére.GRANBY, 35, rue Dufferin.GRANBY, 279, rue Principale.CHICOUTIMI, 766, rue du Cénacle.SAINTE-MARIE DE BEAUCE, Qué.SAINT-JEAN, Qué., 430, rue Champlain.PERTH, N.-B., C.P.259.OTTAWA, Ont., 443, rue Gilmour.AUX ETATS-UNIS MARLBORO, Mass., 207 Pleasant Street.EN CHINE MAISON NOTRE-DAME-DE-FATIMA, 103 Austin Road, Kowloon, Hong Kong.NOTRE-DAME-DE-LA-PROTECTION, Clear Water Bay Road, Kowloon, Hong Kong.FORMOSE KUANHSI, Cheng Mou Yuen, Hsinchu Hsien, Taiwan, Free China.SHIH KUANG TSE, Catholic Church, Hsinchu Hsien, Taiwan, Free China.TAIPEI, 363, An Tung Chieh.Taiwan, Free China.AU JAPON KORIYAMA, 96 Toramaru, Koriyama Shi, Fukushima Ken.WAKAMATSU 480, sakae machi, Aiiu Wakamatsu.TOKYO, 108-4 cho me, Fukazawa cho, Setagaya ku.EN ITALIE ROME, via Giacinto Carini, 8.A MADAGASCAR MORONDAVA, Madagascar.AUX ILES PHILIPPINES MANILLE, Immaculate Conception Anglo Chinese Academy, Gen.Luna St., Intramuros.MANILLE, 2212 S.del Rosario St., Tondo.LAS PINAS, Rizal.MATI, Davao Province.DAVAO City, Our Lady of Good Counsel Hall.PADADA, Davao Province.BAGUIO, City, II, Pacdal, Mountain Province.AUX ANTILLES LES CAVES, Haiti.LES COTEAUX, Haiti.ROCHE-A-BATEAU, Haiti.PORT-SALUT, Haiti.CAMP-PERRIN, Haiti.MIREBALAIS, Haiti.LIMBE, Haiti.CAP-H AITIEN, Haiti.CHANTAL, Haiti.TROU-DU-NORD, Haiti.PORT-AU-PRINCE, cité no 2, Haiti.DESCHAPELLES, HApital Albert Schweitzer, Boite Postale no 4, Saint-Marc, Haiti.MERCEDES, Province de Matanzas, Cuba.MARTI, Province de Matanzas, Cuba.M ANGUITO, Province de Matanzas, Cuba.LOS ARABOS, Province de Matanzas, Cuba.MAXIMO GOMEZ, Prov.de Matanzas, Cuba COLON, Province de Matanzas, Cuba.EN BOLIVIE COCHABAMBA, Academia Comercial.Callc Oruro No 300, Casilla 1667 EN AFRIQUE KATETE MISSION, Katete River, P.O.Nyasaland, B.C.Africa.MZAMBAZI MISSION, Kafukule, P.O.Nyasaland, B.C.Africa.RUMPHI MISSION, Rumphi, P.O.Nyasaland, B.C.Africa.KARONGA MISSION, Karonga P.O.Nyasaland, B.C.Africa.KASEYE MISSION, Fort Hill P.O.Nyasaland, B.C.Africa.MZUZU MISSION, Nyasaland, B.C.Africa.NKATA BAY MISSION, Nkata Bay P.O.Nyasaland, B.C.Africa.FORT JAMESON, P.O.Box 107 Northern Rhodesia, B.C.Africa.KAN YANG A MISSION, Lundazi P.O.Northern Rhodesia, B.C.Africa.
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