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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Novembre - décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1959-11, Collections de BAnQ.

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[" Vol.XXe \u201440e année Novembre \u2014 Décembre 1959 Montréal \u2014 no 12 K Le Préeurseu IL® Pt - 3 ' .- ,v La jeune Église du Nyassa-Nord dut procéder tout à la fois à son implantation et à la formation d\u2019une élite catholique.« L\u2019Église, dit le R.P.P.Charles, s.j., n\u2019est nulle part plantée; elle n\u2019est nulle part établie, 16 R.P.P.Charles, Etudes missiologiques, p.184.à demeure, tant que la fonction sacerdotale n\u2019y est point assurée dans sa permanence par les enfants de la région 16.» Afin donc que s\u2019enracine profondément et que s\u2019indigénise le plus tôt possible l\u2019Église au Nyassa- 537 Nord, Mgr St-Denis ouvrit de bonne heure une école presbytérale reconnue maintenant comme petit séminaire.Dans la serre chaude de Rumpi, se cultivent ces vocations à la prêtrise qui iront s\u2019épanouir à Kasina pour atteindre à leur maturité au Grand Séminaire de Kacebere (Nyassa central).La préfecture ne possède présentement qu\u2019un seul prêtre africain, Nyanja venu de la province du centre, mais au cours de sa deuxième décade, elle accueillera les premiers de ses fils ministres du Seigneur.Le clergé indigène fait partie de l\u2019élite catholique puisque « l\u2019élite, c\u2019est la tête 17 ».Mais l\u2019élite resterait incomplète si l\u2019on ne cherchait à former parallèlement une élite religieuse et une élite catholique laïque, Dès 1951 était fondée la Communauté africaine des Rosarian Sisters.Presque une gageure à cette époque! geste d\u2019audacieuse confiance en l\u2019Es-prit-Saint capable de renouveler la face de la terre! Jusqu\u2019en 1947, l\u2019éducation des filles avait été pratiquement nulle dans la province du nord.Un infime minorité fréquentait les écoles des Missions protestantes, et de ce nombre quelques unités seulement poussaient leurs études au delà de la 3e ou 5e année.La première école élémentaire catholique de filles, un pensionnat, commença à Katete, en 1947.Au fil des années s\u2019ouvrirent l\u2019école normale de Katete, l\u2019école élémentaire et l\u2019école secondaire de Karonga.Récemment, le gouvernement a reconnu les écoles élémentaires de Kaseye et de Nkata Bay.La plupart des Rosarian Sisters, se recrutant chez les élèves des écoles catholiques, il s\u2019ensuit qu\u2019elles fournissent une précieuse collaboration au domaine de l\u2019éducation des enfants et des femmes.Les Sœurs africaines, qui comptent aujourd\u2019hui 10 professes, 8 novices et 6 postulantes, nous 17 R.P.Pierre Charles., s.j.Etudes missiologiques, p, 184, ont paru la merveille du Nyassa-Nord.Toutes ont enlevé de haute lutte la permission d\u2019entrer au couvent.La parenté et le village s\u2019opposent, les uns à cause de la dot qu\u2019ils vont perdre \u2014 des vaches! les autres parce que ces jeunes filles refusent au clan l\u2019extension, la puissance, la richesse \u2014 des enfants! Et l\u2019on a vu ce phénomène: des Africaines qui gagnent leur dot pour la verser à leurs parents et acheter le droit de ne pas se marier! Pleines de zèle et de dévouement, fermes dans leurs convictions, payant de beaux exemples, les Rosarian Sisters marquent une victoire de choix dans le relèvement de la femme africaine et la formation d\u2019une élite féminine.L\u2019Église n\u2019a pas donné moins d\u2019attention à l\u2019éducation de l\u2019élément masculin et elle dirige une quantité d'écoles de garçons dont une normale, deux secondaires et une technique.Mais l\u2019éducation, étape initiale et nécessaire dans la formation d\u2019une élite catholique, n\u2019est pas toute la formation.Pour obtenir un laïcat africain catholique éclairé, capable de comprendre et de prendre ses responsabilités de chrétien lorsque de faux prophètes tenteront de le séduire, il faut que, par delà l\u2019école, l\u2019Église maintienne des contacts, associe étroitement ses membres à son œuvre d\u2019apostolat.S.S.Pie XI écrivait au Délégué Apostolique en Chine: « Si de fait l\u2019Action catholique est nécessaire et irremplaçable dans les nations chrétiennes.elle est beaucoup plus urgente et salutaire là où resplendit la première aube d\u2019une intense vie chrétienne 18 ».Où en est l\u2019Action catholique au Nyassa-Nord?En somme on peut considérer comme de véritables « membres d\u2019une Action catholique uniquement adonnée à l\u2019œuvre de l\u2019évangélisation ces catéchistes 19 » 18 André Rétif, s.j.Introduction à la Doctrine pontificale des Missions, p.100. Une rlctoire de choix dans le relèvement de la femme africaine: les Rosarian Sisters.que la préfecture entraîne d\u2019une façon intensive, pendant deux années, à l\u2019école spéciale des catéchistes de Rumpi.Nourris de doctrine, de morale, de Bible, d\u2019apologétique, d\u2019histoire de l\u2019Église, ces auxiliaires propagent ensuite la Bonne Nouvelle chez les païens de la brousse ou l\u2019affermissent chez les catéchumènes et les néophytes.Dans un territoire où les Missions sont aussi jeunes qu\u2019au Nyassa septentrional, on ne saurait parler encore d\u2019Action Catholique organisée telle qu\u2019on l\u2019entend au Canada: JOC, JIC, JEC, Croisade, etc.A l\u2019école, chez les garçons et chez les filles, on a lancé le mouvement scout apte à cultiver la pureté, la loyauté, le culte de la vérité, le don de soi par la B.A.quotidienne, toutes vertus non familières à la jeunesse africaine issue de milieux païens.Accepté des païens et des protestants comme des catholiques, le scoutisme influence la majorité des élèves tandis que la Croisade par exemple n\u2019atteindrait qu\u2019une très faible minorité.On ne saurait parler non plus de J.O.C.là où l'industrie et les mines ne sont pas encore exploitées; de 540 Elèves de standard VI, Katete.Application, selon la technique africaine, de notions d\u2019art culinaire.; i ' ki:< J.LC.ou de J.E.C.là où les intellectuels, des professeurs pour la plupart, se trouvent en très petit nombre et souvent dispersés dans les succursales de la brousse.En plusieurs centres de Missions, les Pères Blancs ont commencé à former des præsidia de la Légion de Marie.L\u2019an dernier, sur l\u2019invitation de Mgr J.-L.Jobidon, préfet apostolique actuel du Nyassa septentrional, M.P.Donavan, envoyé par le quartier général de la Légion de Marie, de Dublin, visitait toutes les Missions de la préfecture pour y rencontrer les missionnaires et les catholiques africains et traiter avec eux du but, de la spiritualité et de l\u2019organisation de la Légion.Cette forme d\u2019Action Catholique avec son extrême souplesse d\u2019adaptation, son dynamisme marial et sa formule de contacts directs personnels, se présente comme le mouvement idéal à acclimater au Nyassa-Nord.De fait, elle s\u2019acclimate: les præsidia de Karonga, Katete, Kaseye, etc., sont bien vivants.541 An village des catéchistes.Femmes revenant de l'école, Conclusion d\u2019après Fidei donum « Les retentissements de la situation catholique en Afrique, disait Pie XII, débordent largement les frontières de ce continent; et c\u2019est de toute l\u2019Église que, sous l\u2019impulsion de ce Siège Apostolique, doit venir la réponse fraternelle à tant de besoins °2.» Ainsi que nous l\u2019avons vu, l\u2019Eglise du Nyassa-Nord est une très jeune Église d\u2019une vitalité merveilleuse.Perspicace, elle a toujours saisi à point, dans les conditions difficiles de l\u2019époque 1947-1958, les moindres possibilités d\u2019implantation comme elle a su déceler à temps les plus subtiles menaces de la propagande athée.A l\u2019égard de tous, Africains, Indiens et Européens, elle a témoigné de la charité du Christ et du caractère supranational de l\u2019Église catholique romaine laquelle ne connaît aucune distinction de races ou de couleurs.Pas de colour bar, mais la fraternité et l\u2019égalité des enfants de Dieu! Aussi n\u2019est-il pas rare d\u2019entendre des évolués anti-étrangers, catholiques ou protestants, nous dire, après avoir 542 20 S.S.Pie XII, Fidei donum, Osservatore Romano, 3 mai 1957, p.2, Ire col. explosé en violentes récriminations contre l\u2019éducation pas assez poussée, le manque d\u2019industrie ou d\u2019exploitation minière, l\u2019exode des hommes du Nord vers les mines de la Rhodésie: « Quand nous parlons du renvoi des étrangers, nous exceptons les missionnaires.Les missionnaires sont vraiment venus pour nous aider.Avec leurs écoles ils ont fait beaucoup pour le développement du peuple.» Ces dispositions bienveillantes tiendraient-elles dans un mouvement passionné pour la totale indépendance?Ghana a eu la sagesse de garder les missionnaires et un certain nombre d\u2019Européens.Si l\u2019on veut être réaliste, il faut admettre que pour plusieurs décades \u2014 sinon un siècle \u2014 les Africains du Nyassaland auront besoin des Blancs pour assurer l\u2019ordre, l\u2019économie et la marche progressive de leur patrie.Les problèmes sociaux et politiques du pays ne sont pas insolubles de leur nature: il suffirait qu\u2019Européens et Africains les abordent dans un effort sincère de compréhension mutuelle.Mais on n\u2019ignore pas que la propagande communiste profite des plus simples malentendus, de tous les désaccords pour s\u2019infiltrer et engager « le dialogue ou la lutte » d\u2019après la technique de la dialectique matérialiste: diviser par l\u2019intérieur, diviser encore, diviser jusqu\u2019à l\u2019écroulement complet.543 Kaseye a maintenant une école de filles, approuvée par le Gouvernement.Sœur Jeanne-Françoise (Jeanne-d\u2019Arc Desrochers, de Québec.) La propagande athée est à l\u2019œuvre au Nyassa-Nord; l\u2019Église missionnaire se dresse devant elle pour défendre ses enfants.Cette Mère sera-t-elle victorieuse ?Oui, si la chrétienté entend le triple appel de Fidei donum pour sauver les Africains du matérialisme athée: « appel à la prière, à la générosité, et pour certains, au don d\u2019eux-mêmes.» L\u2019encyclique a développé longuement les trois points du devoir missionnaire.Nous les résumerons en citant trois textes des plus significatifs: « Multiplions en ces années peut-être décisives pour l\u2019avenir du catholicisme en de nombreux pays, les messes célébrées aux intentions des Missions: ces intentions sont ceîles-mêmes du Seigneur qui aime son Église et la voudrait répandue et florissante en tous les lieux de la terre 21 ».«Mais quelle serait la sincérité d\u2019une prière pour l\u2019Église missionnaire, si elle ne s\u2019accompagnait, à la mesure des possibilités de chacun d\u2019un geste de générosité22.Avec l\u2019argent qu\u2019un chrétien dépense parfois pour des loisirs fugitifs, que ne ferait pas tel missionnaire paralysé dans son apostolat faute de ressources! \u201d.» 544 21\tS.S.Pie 22\tIdem, 3e XII, Osservatore Romano, 3 mai 1957, p.2, 2e col.col. Chez Cornell© & la veillée.Une belle famille chrétienne évoluée de Katete.« Une Communauté chrétienne qui donne ses fils et ses filles à l\u2019Église ne saurait mourir.Et s'il est vrai que la vie surnaturelle est une vie de charité et qu\u2019elle s\u2019accroît par le don d\u2019elle-même, on peut affirmer que la vitalité catholique d\u2019une nation se mesure aux sacrifices qu\u2019elle consent pour la cause missionnaire24 » .Ce dernier passage ne se rapportait pas seulement aux seuls missionnaires religieux, mais encore aux missionnaires prêtres séculiers prêtés par les diocèses des vieilles chrétientés ainsi qu'aux laïques prêts à consacrer une partie de leur vie aux missions.Le Nyassa septentrional a accueilli avec joie son premier laïque missionnaire, M.R.Poulin, éducateur bien connu du Québec, qui a bien voulu mettre sa profonde expérience des œuvres sociales au service de la préfecture.Sans doute, son exemple suscitera-t-il d\u2019autres généreuses vocations missionnaires laïques.« On s\u2019enrichit de ce que l\u2019on donne », disait le R.P.Jean Bouchard, s.j., missiologue, dans un cours de missiologie.Et encore: « Les Missions ne sont-elles pas le meilleur moyen de valoriser notre vie, précisément en la donnant à pleines mains ?» 23, 24, Fidei donum, Osservatore Romano, p.2, 3e col.545 TAIPEI, FORMOSE MOL SIflO par Sœur MARIE-ELMIREm.i.c.Mou Siao, cela signifie école-mère.C\u2019est en la désignant ainsi que des jeunes filles m\u2019invitèrent à visiter leur Alma Mater, l\u2019école supérieure la plus renommée de Taipei et dont on fêtait le vingtième anniversaire de fondation.Je suis donc allée à Mou Siao avec mes amies taiwanaises.L\u2019établissement est immense, bien ordonné, mais tout de même pas encore assez vaste pour ses 3,600 étudiantes.Les classes, initialement aménagées pour quarante élèves, en reçoivent cinquante.Cependant l\u2019organisation didactique et disciplinaire parfaite fait oublier le défaut d'espace.De classe en classe, j\u2019ai admiré l\u2019exposition des travaux scolaires, devoirs et examens sur toutes les matières du programme, depuis les exercices de calligraphie chinoise dénotant une habileté peu commune de la main, jusqu\u2019à ces belles compositions en chinois ou en anglais où se trahit l\u2019âme poétique taiwanaise.Dessins et peintures s\u2019inspiraient de l\u2019art chinois; toutefois l'art occidental moderne occupait une large place et on sent qu\u2019il attire les jeunes artistes.Dans la collection, un seul sujet religieux: une Madone Sedes Sapientiæ.Avec beaucoup de charme, une étudiante catholique avait exprimé son amour pour la Sainte Mère de Dieu.Au département des arts ménagers, à côté des ouvrages classiques de couture et de tricot figuraient de fines broderies et dentelles comme seules peuvent en exécuter des fées chinoises; ailleurs, des menus chinois pour toutes les circonstances.Quelques salles présentaient des arrangements de fleurs selon l\u2019esthétique florale japonaise.De fait, le professeur en la matière est japonais.Je traversai les locaux de l\u2019enseignement ménager, de la musique, de la physique, de la chimie et de la biologie: équipement complet et moderne, technique d\u2019enseignement très au point.Avec courtoisie on m\u2019expliqua l\u2019organisation scolaire de Mou Siao.L\u2019élève y est admise en 7e année et y recevra un diplôme en 12e lequel lui permettra de se porter candidate aux concours d\u2019entrée à l\u2019université.Les trois premières années, elle appartient 546 1 Jeanne d\u2019Arc Allary, de Sainte-Mélanie au cours supérieur junior, les trois dernières au senior.En arrivant au supérieur junior, elle doit savoir lire et écrire la plupart des caractères.L\u2019anglais prend une place quotidienne et importante à l\u2019horaire, de même que les mathématiques qui m\u2019ont paru avancées.Le programme est très chargé, les leçons et les devoirs copieux, les heures de classe longues: de huit heures à midi, de une heure à quatre, plus la matinée du samedi.Mou Siao emploie des professeurs spécialisés pour chaque matière.Cependant le directeur assigne une classe déterminée à chacun d\u2019eux, afin de favoriser la discipline.Il y a là double avantage: les élèves vivent dans une atmosphère d\u2019union et forment comme une petite famille; en même temps, Sœur Marie-Elmire et ses élèves.i^MRl Airr' r - I ! JéBp VWi*L A rUniversité de Taipei : Sœur Sainte-Angéla, Sœur Marie-Elmire et son frère, le R.P.V.Allary, p.m.é.elles jouissent du privilège d\u2019avoir des professeurs compétents en tout domaine.Le dîner se prend à l\u2019école: c\u2019est le règlement.On achète son riz des restaurateurs ambulants qui passent dans la cour ou on l\u2019apporte de chez soi dans une petite boîte de fer-blanc numérotée.À midi, les boîtes sont ramassées et mises à chauffer dans de vastes fourneaux spéciaux.Bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de classe le samedi après-midi, toutes les étudiantes doivent se rendre à l\u2019école pour le ménage de leur classe respective: lavage des planchers, des vitres, 548 etc.La corvée joyeuse, rapide et démocratique est suivie d\u2019une réunion sérieuse mais non moins démocratique.Chaque classe se rassemble sous la direction de son titulaire et d\u2019un comité de responsables choisies dans le groupe, au commencement de l\u2019année.Le professeur peut donner quelques avis, des conseils, mais son rôle est plutôt de suggérer discrètement, laissant au comité le plus d\u2019initiative possible.La présidente donne le rapport de la semaine écoulée, souligne le progrès accompli, les circonstances où les élèves ont bien ou mal agi; elle propose des moyens de corriger et d\u2019améliorer.À tour de rôle, ses assistantes, les responsables des finances, des jeux, du port de l\u2019uniforme, du silence, de la politesse, de l\u2019ordre et de la propreté, prennent la parole.Les rapports connus, les autres étudiantes ont toujours liberté d\u2019émettre leurs idées, d\u2019exprimer leurs vues.Ces réunions entretiennent le bon esprit et la discipline remarquables qui ont fait la haute renommée de Mou Siao.L\u2019uniforme est obligatoire: jupe noire ou kaki avec blouse verte ou blanche, en coton.Par charité pour les pauvres, on ne tolère pas les étoffes de soie ou plus riches, de même que les souliers de cuir d\u2019un prix élevé ici: toutes les étudiantes doivent porter des sandales de toile et des socquettes blanches.Les jeunes filles pauvres ont ainsi plus de facilité pour continuer leurs études et côtoyer leurs compagnes riches.Si la charité naturelle des Taïwanais veille avec tant de délicatesse à ne pas blesser les sentiments des pauvres, qu'en sera-t-il lorsqu\u2019elle se transformera en vertu surnaturelle ?Presque toutes les écoles de Formo-se relèvent de l\u2019État; on peut leur étendre ce qui a été dit de Mou Siao quant au programme et au règlement partout les mêmes dans l\u2019Ile.La jeunesse féminine taiwanaise marque un goût très vif pour l\u2019étude.Près de la moitié des étudiants de l\u2019université de Taipei sont des jeunes filles.Celles-ci ont souffert autrefois de vivre séquestrées au foyer sans pouvoir jamais se cultiver.Elles réagissent aujourd\u2019hui contre cette sévérité par une volonté peu ordinaire de s\u2019instruire et d\u2019obtenir un emploi à l\u2019extérieur.La femme mariée met sa gloire, elle aussi, à travailler dans un bureau.S\u2019il le faut, elle se paiera le luxe de deux ou trois servantes pour garder les enfants et tenir la maison.Liseurs acharnés, les Taïwanais lisent partout: dans les autobus, les magasins, les gares.On fait la queue une revue à la main.Le long des rues, en certains quartiers, les journaux quotidiens sont affichés sur des murailles pour que les indigents aient l\u2019aubaine d\u2019une lecture.Aimer l\u2019instruction, c\u2019est aimer la vérité.Et si l\u2019on recherche la vérité intégrale, je crois que l\u2019on ne peut manquer de trouver Dieu.L'Église catholique a donc raison de fonder de grands espoirs sur le peuple de For-mose, ce peuple si affamé des nourritures de l\u2019esprit.549 MORONDAVA, MADAGASCAR J\u2019ARRIVE de la PRISON (Lettre d\u2019une missionnaire) Bien chère maman, J\u2019arrive de la prison.Mais rassurez-vous, votre fille n\u2019avait aucune sentence à purger! Depuis quelques mois, je visite régulièrement chaque semaine une pauvre détenue accusée d\u2019un certain délit de nature un peu complexe: on laisse entendre que, dans un moment de divagation ou de colère, elle a donné la mort à un homme qui partageait son existence.Ignorante de tout principe de religion, cette personne ne voyait peut-être pas beaucoup de différence entre gifler et tuer! Un jour d'avril, au retour d\u2019une course chez les Européennes pour la propagande du chapelet en famille, l\u2019idée me vint de passer au pénitencier.Inspiration divine, sans doute, je frappe et demande s\u2019il y a des femmes incarcérées.\u2014Oui, me répond le chef, nous en avons une.\u2014Me permettriez-vous de la visiter ?Sans hésitation, on me conduit au quartier des femmes où l\u2019une des gardiennes (elles sont deux et exercent la surveillance à tour de rôle) m\u2019introduit auprès de la prisonnière.A son air sauvage, triste, aigri, j\u2019ai vite deviné qu\u2019elle n'est pas chrétienne.Un sourire, un salut, une parole de bonté la laissent indifférente.« Bonjour, Madame! » se con-tente-t-elle de répondre avec froideur.La geôlière lui dit de m'appeler « Mère ».Doucement, je m\u2019en-quiers de son état de santé et lui offre de venir la voir de fois à autre pour lui apprendre à prier.Elle accepte, non sans défiance.Les visites subséquentes exigèrent des formalités, mais enfin on me concéda une permission en bonne et due forme.Et depuis, tout marche à merveille; Hangy m\u2019accueille chaque mardi avec le plus rayonnant sourire.Dès mon apparition, elle s\u2019empresse de sortir le petit chapelet bleu dont je lui ai fait présent, et nous égrenons ensemble les Avé devant une statuette de la Sainte Vierge.Suit la leçon de catéchisme.Mon élève ne sait pas lire et parle un dialecte étranger à celui de Morondava, mais elle comprend quand même toutes les explications.Une miche de pain, un fruit, parfois des bonbons apportés en cadeau la comblent de joie; et cette heure, qui s\u2019écoule trop vite à son gré, transforme toute l\u2019existence de la pauvre femme.L\u2019espérance d\u2019une vie meilleure adoucit maintenant les tristesses de son incarcération.Comme je m\u2019informais si elle désirait le 550 baptême pour devenir l\u2019enfant du bon Dieu, un oui bien sincère s\u2019échappa de son cœur encore plus que de ses lèvres.\u2014Et quel nom prendrez-vous ?\u2014Je ne sais pas.\u2014Que diriez-vous de Marie-Emma ?\u2014Oh! oui, Marie, comme la Sainte Vierge ?J\u2019ajoutai qu\u2019Emma est le nom d\u2019une mère très affectionnée à qui je dois le bonheur d\u2019être missionnaire à Madagascar.Elle sembla émue à cette confidence, et je promis de lui apporter la photo de ce trésor de maman qui est la mienne! Je sollicite donc vos ferventes prières, bien chère maman, afin que ma pauvre Hangy devienne bientôt une Marie-Emma chrétienne, fervente et exemplaire.Ce sera votre conquête, car je n\u2019aurai été qu\u2019un bien humble instrument dans cette œuvre de conversion.Si quelques secondes de vos souffrances héroïquement supportées pouvaient aussi rendre l\u2019étude du catéchisme un peu moins difficile à ma protégée!.Je voudrais tant qu\u2019elle soit prête à recevoir l\u2019ondée baptismale dès sa sortie de prison! Votre heureuse enfant missionnaire, Sœur Jean-de-1\u2019Immaculée \\ m.i.c.1 Annette Bonin, de Saint-Hyacinthe. JAPON NIKKO.KEKKO! Au Japon, il existe une coutume très prisée de la jeunesse: aux différentes étapes des cours primaire, intermédiaire, supérieur, les étudiants prennent part à un voyage de graduation organisé par leur école d\u2019après les directives du Bureau de l\u2019Éducation.Pendant toute la durée de ses études, le jeune Japonais verse une contribution mensuelle destinée à défrayer ces voyages.Le montant englobe toutes les dépenses y compris les souvenirs aux parents et amis.Nos élèves du cours intermédiaire, devant passer au cours supérieur, ont effectué leur voyage à Nikko et vous le racontent par relais.Le départ Jusqu\u2019à ce moment palpitant, je n\u2019avais pas eu l\u2019impression que s\u2019accomplirait ce voyage à Nikko.Mais debout devant la gare, ma valise à la main, je me rends à l\u2019évidence et me dis que nous verrons de nos yeux la ville célèbre.Les professeurs vérifient le nombre des voyageurs, et 552 comme personne ne manque, donnent le signal de monter dans le train.On se pousse, on se presse, il y a de l\u2019excitation dans l\u2019air.Enfin tout le groupe semble avoir trouvé place.Sœur Supérieure, Sœur Saint-Vin-cent-Ferrier1 2 et les titulaires des classes font l\u2019excursion.Sœur Moni-que-du-Saint-Sacrement *, retenue par des élèves après le signal, faillit partir malgré elle.Le train fait gatan, gatan, golan (onomatopée japonaise) et s\u2019ébranle en direction d\u2019Utsunomiya.Bientôt Sœur Directrice, nos parents et amis disparaissent dans un nuage de fumée.Alors nous causons de Nikko.A notre gré le train ne va nas assez vite, et nous le gourmandons.« Cours donc un peu plus vite! » Au Japon nous disons que les trains courent hashiru.« Koriyama! Koriyama! » crient les agents.Ici, changement de train, même problème qu\u2019au départ.Vite, cherchons des places.Nous sommes quatre-vingts: de quoi remplir bien des compartiments! Encore une fois nous voilà toutes casées.Et le train n\u2019est pas long à gronder lui aussi gatan, gatan, gatan.Vers 11 h.20, c\u2019est le dîner.Avec appétit nous dégustons le délicieux bento de riz, poisson séché et légumes salés, préparé par nos mamans.Ces chères mamans, elles voudraient tellement que nous fassions un bon voyage! De nombreux tunnels jalonnent le trajet Koriyama-Utsunomiya.Un seul cri s\u2019échappe de toutes les bouches quand nous les traversons: kya! et toutes les fenêtres se ferment bruyamment.Silence de quelques instants, puis on entend des kusu (rires étouf- 1\tIsabelle Ethier, de Montréal.2\tMonique Cloutier, d\u2019Ottawa.553 fés) qui tournent bientôt en géra, (rires par saccades).Et sans trop s\u2019en rendre compte, tout le monde entonne le refrain appris jadis à l\u2019école primaire: « Après avoir passé le sombre tunnel apparaît la grande plaine.» Et c\u2019est ainsi que, le cœur gai et chantant, nous atteignons Utsunomiya.Yuko Ishikawa Utsunomiya == Nikko Installées maintenant dans un wagon observatoire, nous quittons la gare d\u2019Utsunomiya.Une jeune fille, hôtesse et guide, parle et chante au micro.Je me prends de sympathie pour elle, car elle porte le même nom que moi « Masako ».Elle nous donne des explications intéressantes: au sommet de la montagne dont le train fait tout doucement l\u2019ascension, nous verrons le lac Chuzenji niché là dans les érables.Bientôt Irohazaka s\u2019étale à nos yeux.Mon bonheur est au comble: j\u2019avais désiré autant aller à la fameuse chute de Kegon qu\u2019à Nikko même.Cette chute, célèbre par sa beauté, l\u2019est peut-être davantage par les nombreux suicides qui s\u2019y commettent.On vient ici mourir en beauté: se jeter dans le poudroiement des eaux scintillantes comme une avalanche de diamants.Mais aujourd\u2019hui je ne veux penser qu\u2019aux charmes de Kegon.Mes compagnes braquent leurs appareils photographiques; moi, je ne me sers pas du mien, préférant imprimer la beauté dans mon esprit.Mon regard embrasse le chemin parcouru : nous avons exécuté quarante-huit courbes.La route apparaît blanche comme de la ouate de soie, et les véhicules brillant au soleil la silllonnent semblables à des bêtes métalliques.Que mon pays est beau! beau comme un jardin soigné avec art et tendresse.J\u2019ai toujours chéri ma patrie; mais en cette journée de bonheur, elle se révèle à moi encore plus séduisante.Masako Nagao A Nikko Je comprends parfaitement l\u2019adage de chez nous: « Qui n\u2019a pas vu Nikko ne peut dire kekko (magnifique).Au flanc de la montagne de Nikko, au milieu des cèdres, des fougères, des mousses et des cascades, s\u2019enchâssent une série de temples très riches, construits au temps des shogouns.Nous visitons le temple Tosho élevé à la mémoire du Tono Sama leyasu et celui de Daigonin où s\u2019abrite l\u2019esprit de lemitsu, fils du précédent.L\u2019habileté avec laquelle on a assemblé les pièces de sculpture et agencé l\u2019application de la laque a fait de ces monuments des chefs-d\u2019œuvre de l\u2019art japonais.Les couleurs vives chatoient au soleil comme des pierres précieuses dans des remous de soie verte.J\u2019admire en silence et essaie de me rappeler certaines pages de notre Histoire nationale.Pourquoi tant d\u2019oiseaux, tant d\u2019animaux fabuleux ornent-ils le temple de Tosho?On dit que leyasu aimait beaucoup les bêtes.Par exemple il ne pouvait souffrir qu\u2019on frappe un chien: c\u2019était une infraction qui méritait la prison.Une sculpture retient mon attention: il s\u2019agit d\u2019un tigre dont le pelage est dessiné par les veines naturelles du bois.Je me demande encore.Ces grands personnages qui ont laissé à la postérité les merveilles d\u2019architecture de Nikko, étaient-ils dignes des hommages qu\u2019on leur a rendus à travers 554 Au pied de la chute Kegon. les siècles?Ce qui me frappe, en me promenant au milieu de cette splendeur d\u2019or et de laque, c\u2019est que la plupart de mes compatriotes ne viennent plus ici en pèlerins mais en simples touristes.Nikko, la Ville Sainte du Japon, est devenue un endroit historique que l\u2019on visite à la façon d\u2019un musée.Hachiro Nakano A l\u2019auberge Nous voilà réunies à l\u2019auberge pour le repas du soir.Nous Sommes huit dans notre chambre.On nous apporte d\u2019abord deux grands cabarets garnis de mets recherchés.X.s\u2019exclame: « Wa sashimi! (du poisson cru) j\u2019en raffole! » N.qui reçoit le second cabaret s\u2019écrie d\u2019un ton désolé: « Du sashimi! je te donne ma part! » Le contenu des deux autres cabarets qui suivent est tout à fait différent.X.remarque en riant: « On dirait vraiment que l\u2019aubergiste savait que j\u2019aime le sashimi.» Au même instant entre l\u2019aubergiste effaré: « Holà! mes enfants, ces deux cabarets sont destinés aux professeurs! » Et sans plus de cérémonie, il s\u2019empare des cabarets au sashimi.X.reste quelques minutes pokan (sans parole) tandis qu\u2019un éclat de rire général salue sa déconfiture.Adieu le régal au poisson cru! et l\u2019on dispose devant elle un cabaret plus modeste.Le souper fini, nous sortons pour acheter des curiosités.On nous demande de ne point rentrer tard.C\u2019est facile à promettre, car nous avons du sommeil plein les yeux.Au retour, nous ne sommes pas longues à dérouler nos matelas sur les nattes de paille.Dehors rient et chantent d\u2019autres écoliers venus eux aussi visiter Nikko.Hanako Sato Chnzenji r ¦ _ ¦Ml HU !|(l i \t\t S » Le retour Au matin de la troisième journée, réveillée par la fraîcheur de l\u2019aube, je regarde les portes de papier qui ferment la chambre encore sombre.Il me semble étrange de n\u2019être pas dans un lieu accoutumé.J\u2019entends la respiration de plusieurs personnes endormies et me dis: « Ah! je suis à l\u2019auberge.» Fouillant ici et là les ténèbres, mes yeux distinguent l\u2019entourage familier d\u2019hier soir.Si je remue la tête, mon petit oreiller enveloppé d\u2019une couverture de papier fait kasa, kasa, et cela résonne dans la pièce tranquille.Petit à petit la lumière chasse les ombres, des voix arrivent jusqu\u2019à nous, il y a des pas dans le corridor.Bientôt levées, nous nous hâtons à notre toilette et remettons toute chose en ordre, car nous quitterons tout de suite après le déjeuner.A la gare se lit trois fois sur la longue suite des wagons Ami Waka-matsu.Pas d\u2019erreur: c\u2019est bien le train de Wakamatsu.Le retour est beaucoup plus paisible que l\u2019aller.Passé Koriyama, nous comptons les gares: encore trois, deux, une.la suivante! Nous nous précipitons à la portière, anxieuses de descendre les premières.De la fenêtre nous apercevons un site familier, puis la gare, puis des figures aimées.L\u2019une des élèves a un mot très joli pour exprimer le sentiment du groupe: sume-ba miyako.A chaque oiseau son nid est beau! Hiroko Suzuki PORT-SALUT, HAITI Nous sommes dodines par Sœur SAINT-ALBERIC *, m.i.c.Nous ne sommes pas des missionnaires avec un M majuscule.Mais, à l\u2019emploi de missionnaires depuis plus d\u2019un quart de siècle, nous avons vécu quand même une intéressante carrière apostolique; si bien que nous prétendons la raconter.Car nous avons travaillé ferme dans notre vie de dodines, tout en berçant selon notre nature.Des dodines, qu\u2019est-ce que c\u2019est ?Des berceuses, des rocking-chairs comme on dit en France, notre patrie.Ici, on nous appelle dodines et c\u2019est beaucoup plus joli, n\u2019est-ce-pas?Nous nous sommes très bien acclimatées en Haïti, notre pays d\u2019adoption.Lorsqu\u2019on nous a placées, jeunes et fraîches, au couvent de Port-Salut, vers 1925, nous nous sommes exclamées dans un grand coup de berceaux: « Quelle vie nous allons mener nous, des dodines, chez des Sœurs qui n\u2019ont sûrement pas le temps de se dodiner! » Il y avait de quoi faire une dépression de berceaux! Nous avons donc passé les vingt premières années de notre existence conventuelle à la salle de communauté des Mères françaises, les Filles de la Sagesse.Il nous fut donné de bercer leur légitime ambition: bâtir, à Port-Salut, une société chrétienne, solide, par l\u2019éducation de la jeunesse.Le soir, nous étions heureuses d\u2019adoucir les fatigues des Mères par quelques balancements lénifiants.Toutefois c\u2019est aux heures sombres que nous nous efforcions d\u2019être encore plus douces, plus sympathiques, parce que \u2014 vous le pensez bien\u2014 les missionnaires les plus optimistes ne peuvent pas toujours voir en rose.Que voulez-vous, quand il n\u2019y a pas de rose et que c\u2019est noir, eh bien, c\u2019est noir.Du rose surnaturel, les missionnaires en posent, mais la couleur naturelle ne s\u2019évanouit pas.Com- 558 1 Geneviève Faquin, de Saint-Ubald. prenez-vous nos explications ?La psychologie n\u2019est pas l'affaire de dodines; notre domaine, c\u2019est le mouvement qui distrait.Par exemple nous avons connu la détresse des Mères, quand l\u2019une d\u2019elles, jeune, ardente, pleine de zèle, mourut après une seule année de mission, emportée par une fièvre de quelques jours.Cette fois, nous, les dodines, avons été impuissantes avec nos consolations.Le peuple a regretté cette religieuse; et ses compagnes donc! Aujourd\u2019hui encore ses anciennes élèves parlent d\u2019elle avec émotion.Les Mères françaises demeurèrent à Port-Salut \u2014 et nous à leur service \u2014 jusqu\u2019en 1947, alors qu\u2019elles partirent pour un autre lieu d\u2019apostolat.Pour nous, les dodines, douleur de ne pas déménager et de rester immobiles, incertaines de l\u2019avenir.Puis arrivèrent des Mères canadiennes, les M.I.C.de Montréal.Elles avaient les mêmes aspirations que leurs devancières.Mais ça ne les a pas empêchées de nous reléguer dans un coin sombre pour quelques mois.Si nous avons été vexées! C\u2019était cependant histoire de nous offrir un rajeunissement, car nous devions monter dans l\u2019échelle sociale et occuper une place au parloir, près de la chapelle.Nouveau genre de vie semi-cloîtrée.nouveau genre d\u2019apostolat qui nous a valu l\u2019honneur de scander de nos bercements sentencieux d\u2019importantes décisions: - Un jeune homme raconte ses projets: il s\u2019en va étudier à l\u2019étranger, se perfectionner dans les sciences.Les Mères lui souhaitent bon voyage et bon succès, mais ne manquent pas l\u2019occasion de lui glisser ce conseil: « N\u2019oubliez pas d\u2019étudier la science des sciences, celle sur laquelle portera le jugement de Dieu.» L\u2019étudiant sourit et accepte: il ne pratique pas sa religion.Une ancienne élève en désarroi confie à celle qui fut son professeur les dangers auxquels elle se trouve exposée dans son milieu: la vertu n\u2019est pas facile.On lui remet un chapelet: c\u2019est l\u2019arme invincible.Et nous, les dodines, d\u2019appuyer d\u2019un grand élan.Un jeune père de famille avoue sa négligence à entendre la messe, le dimanche.Il se balance tranquillement, et les balancements l\u2019inclinent à se souvenir de son bonheur d\u2019autrefois lorsqu\u2019il servait la messe.Les bonnes paroles de son interlocutrice aidant, sa conscience se réveille, et d\u2019un bercement accéléré, il confirme sa résolution d\u2019observer le commandement de Dieu et de l\u2019Église.Un séminariste sollicite les prières des Mères.Bientôt sonnera l\u2019heure décisive: il sera sous-diacre.Une jeune protestante, ex-élève de l\u2019école, se fait un devoir de reconnaissance d\u2019arrêter saluer les religieuses.Entre deux coups de dodine, elle jette un œil affectueux sur la statue de la Vierge.Nous la dodinons avec précaution.c\u2019est peut-être une conversion.On ne regarde pas la Sainte Vierge comme ça, en vain.Un futur prêtre entretient les Mères de ses projets apostoliques, du bien qu\u2019il veut réaliser parmi les siens.Déjà son cœur sacerdotal souffre de la négligence endémique du peuple à pratiquer sa religion.L\u2019Amour n\u2019est pas aimé.Et c\u2019est à peine si cet apôtre se dodine tant il est préoccupé.Contraste.Une jeune fille entre.Elle se propose de conjuguer le verbe jouir à tous les temps pendant les 559 vacances.Si elle se dodine à vive allure!.c\u2019est bien toujours la jeunesse!.« N'oubliez pas.Mademoiselle, que le verbe jouir se conjugue le plus souvent au mode conditionnel et qu\u2019il laisse du vide dans l\u2019âme.» On lui remet une statuette de la Sainte Vierge.L\u2019Immaculée lui sera un rappel et une protection.Enfin une vocation religieuse s\u2019annonce: M.entre au noviciat des Filles de la Sagesse.Elle y retrouvera ses anciennes éducatrices.Sa dodine essaie de la bercer avèc beaucoup de suavité en manière de félicitations.Cinq heures.la jeune fille se dodine encore, mais la cloche appelle les Mères à la chapelle.D\u2019un bond, M.s\u2019arrache à la tentation de continuer et de causer et de se dodiner.Un dernier mot de gratitude, et elle se sauve avec une larme.Et c\u2019est ça la vie des deux dodines de Port-Salut.Nous avons savouré notre panégyrique quand M.le Vicaire a dit devant nous: « Quelle belle idée vous avez eue, ma Soeur, de mettre deux dodines au parloir.Chez nous, on aime à converser tout en se berçant.On se sent davantage de la famille.» Nous aurions pu avoir un légitime balancement d\u2019orgueil.Mais nos vingt-cinq années et plus de vie conventuelle nous ont appris l\u2019humilité Si nous aidons les Mères dans leur travail d\u2019apostolat, en berçant leurs visiteurs non d\u2019illusions mais d\u2019authentiques pensées chrétiennes, nous reconnaissons tout comme ces apôtres que nous ne sommes que de simples instruments heureux de servir.Les deux dodines.INTENTIONS MISSIONNAIRES de l\u2019Apostolat de la Prière Novembre: Que la vie privée et publique soit imprégnée d\u2019esprit chrétien à Madagascar.Décembre: Que la fête de Noël conserve son vrai sens en Asie et en Afrique, et conduise les hommes à la pleine connaissance du Christ. Très révérende et bien chère Mère, Je profite d\u2019une halte, à l\u2019occasion de ma retraite, pour vous entretenir de la portion de Vigne que le divin Maître m\u2019a assignée par votre intermédiaire.De plus en plus, cette part d\u2019héritage me comble de joie, même en dépit de labeurs incessants et de mille difficultés.Ce qui manque ici, ce ne sont pas les grappes à recueillir \u2014 elles mûrissent à vue d\u2019œil et tombent des sarments trop lourds \u2014 mais bien les ouvriers pour la vendange! Au catéchuménat, je continue à faire connaître et aimer le bon Dieu de toutes les âmes qui se présentent.L\u2019exiguïté du local ne favorise guère une assistance nombreuse, mais je ne considère pas pour cela notre Dans le riche vignoble de Hong Kong (Extrait d\u2019une lettre de Sœur Joseph-Arthur », m.i.c., à sa très révérende Mère Supérieure Générale) 1 Laura Thérien, de Saint-Léonard d'Aston.561 Mme Lan, ancienne élève de notre école Mount Good Hope et catéchiste dévouée.travail moins important, convaincue que, dans le domaine de l\u2019apostolat, il n\u2019est aucune tâche banale.La Providence, d\u2019ailleurs, semble vouloir l\u2019expansion de notre œuvre.Le gouvernement vient de construire de nouvelles maisons à plusieurs étages pour les réfugiés de Wong Daai Sin, paroisse voisine de la nôtre.Or, avec le consentement de notre bonne Mère régionale et la permission du R.P.Lerda, prêtre italien, curé de l\u2019endroit, nos trois catéchistes actuels, un homme et deux femmes, ont commencé la visite des familles.Déjà, plus de cerit catéchumènes sont inscrits.Au sortir de ma retraite, j\u2019organiserai les cours.Dans leurs courses de recrutement, nos dévoués apôtres ont rencontré une personne gravement malade qu\u2019ils ont préparée au baptême.Le prêtre lui a administré ce sacrement et aussi la Confirmation, l\u2019Eucharistie et i\u2019Ex-trême-Onction.Consciente de tant de grâces, cette âme privilégiée, dans un dernier coup d\u2019aile, s\u2019envolait en paradis.Toute sa famille, éprise des beautés et des grandeurs de notre sainte religion, désire entrer au caté-chuménat.Permettez-moi, chère Mère, de vous confier, à la louange de ma compagne, que son grand amour pour les pauvres et les miséreux nous amène beaucoup de ces affligés.On vient, souvent de loin, attiré par son dévouement à toute épreuve et sa charité inlassable, afin de chercher auprès d\u2019elle secours et consolations, et personne ne s\u2019en retourne déçu.Un si total oubli de soi et une abnégation si constante me jettent dans l\u2019admiration.Nos trois groupes de Légionnaires de Marie accaparent une bonne partie 562 Le cours de doctrine terminé, on aime recevoir un conseil ou un éclaircissement. de mon temps, aussi bien pour la distribution de la besogne que pour la préparation des causeries hebdomadaires en anglais et en cantonnais.Ce travail tout apostolique et marial est des plus enthousiasmants! Quel beau spectacle offrent ces jeunes apôtres de la Sainte Vierge qui, malgré leurs occupations journalières multiples, sacrifient de longues heures pour se dévouer au salut de leurs frères! Mon zèle s\u2019anime à leur contact.L\u2019autre jour, à la réunion des adultes, on rapporta qu\u2019une mourante âgée de quatre-vingts ans faisait la sourde oreille à toute exhortation.La pauvre vieille ne pouvait renoncer aux superstitions pratiquées depuis son enfance.Donc, cas désespéré! Non, dirent mes Légionnaires, la Sainte Vierge sauvera cette âme! Mais, pas de temps à perdre, l\u2019octogénaire n\u2019a qu\u2019un souffle de vie.Armées du Rosaire, nous nous rendons à son chevet.O merveille! le diable et tous ses adeptes, si bien installés jusque-là, déguerpissent devant Celle qui s\u2019avance plus puissante qu\u2019une colonne de bataille! La moribonde acquiesce aux vérités de notre sainte Foi, puis, confiante dans la prière, elle parvient à articuler, au milieu de ses suffocations: « Prie, prie, moi je ne le puis pas, mais quand tu le fais, je me sens su fook (à l\u2019aise).» Comme signe de paix et de contentement, la chère grand-mère entrouvre les yeux à chaque invocation récitée.Elle mourut munie de tous les sacrements.A la réunion suivante du præsidium, ce fut la jubilation complète au récit de cette conquête, et tous nos soldats de la Vierge s\u2019enflammèrent d\u2019un renouveau d\u2019amour et de confiance.Voilà, bien chère Mère, un exposé succinct de nos activités au caté-chuménat.Je ne puis m\u2019empêcher de vous redire mon plus reconnaissant merci pour vos maternels encouragements dans cette œuvre d\u2019apostolat! Avec le secours du ciel, je veux m\u2019y employer de tout mon cœur et de toute mon âme, afin de travailler à la gloire du bon Dieu et au salut du plus grand nombre d\u2019âmes possible.Ce sera, il me semble, la meilleure preuve de ma fidélité et de ma gratitude envers le Souverain Maître et envers ma chère Communauté.Sœur Joseph-Arthur, m.i.c.ROME \u2014 (AIE) Le 15 février 1959, l\u2019Attaché commercial de l\u2019Ambassade du Japon en Italie, M.Yukio Ishikawa, et son épouse ont reçu le baptême et fait leur première communion des mains d\u2019un jeune prêtre japonais.Leurs deux enfants, Anne-Marie, âgée de 8 ans, et Marie-Pia, âgée de 6 ans, ont été baptisées en 1956 et l\u2019aînée a fait sa première communion le 5 mai 1957.Fides 564 KOWLOON, HONG KONG Mon royaume < par Sœur JEANNE-MARIE1, m.i.c.Il est tout petit: l\u2019espace restreint d\u2019une classe! Et mes sujets, pas bien grands non plus: des bambins de quatre à six ans, aux minois ronds et candides, percés de deux yeux noirs en amande! Pourtant, vous chercheriez en vain reine plus heureuse que moi! En mes trente-cinq bouts de Chinois, je découvre des âmes neuves, créées par le bon Dieu et destinées à aller jouir de Lui durant l\u2019éternité.Treize ont été blanchies dans l\u2019onde baptismale; les autres portent encore un vilain point noir, le péché originel, mais j\u2019espère les voir un jour toutes revêtues de la robe de pureté.À la leçon de catéchisme, je parlais une fois du sacrement de baptême.John, tout rayonnant, dit à son compagnon: \u2014Moi, je suis baptisé et vais aller au ciel puisque je suis l\u2019enfant du bon Dieu.Et toi ?\u2014Non, moi je ne suis pas baptisé.Et sur le visage de Kenneth se lit une si profonde tristesse, qu\u2019un cri spontané monte de mon cœur vers le ciel pour cette jeune âme privée de la grâce sanctifiante.Un autre jour, je racontais la naissance de Jésus et l\u2019adoration des bergers.Apprenant que ceux-ci n\u2019étaient pas instruits, Michel repartit naïvement: \u2014Mais, pourquoi ne sont-ils pas venus à Tak Sun ?Vous voyez en quelle estime ce garçon tient son école! D\u2019après lui, elle se classe au premier rang et existe depuis toujours! Afin de stimuler l\u2019ardeur de mes écoliers, je varie les moyens d\u2019émulation.Pendant le mois d\u2019octobre, les méritants venaient chaque soir déposer une rose aux pieds de la Sainte Vierge.Le dernier jour, nous en avons compté 681, à leur grand émerveillement! En procession, on se rendit à la chapelle où le plus sage du groupe offrit le panier débordant de fleurs à la divine Mère.Au cours de novembre, le nom de l\u2019un d\u2019entre eux figurait, pour la journée, au tableau d\u2019honneur.Encore incapables de lire, mes bonshommes s\u2019évertuaient à identifier l\u2019heureux élu.Si je faisais mine un matin d\u2019oublier l\u2019inscription, trente-cinq petites voix me la rappelaient avec insistance.Jeanne Brassard, de Montréal 565 Comme préparation à la fête de Noël, il s\u2019agissait de recueillir des brins de paille pour le berceau de l\u2019Enfant Jésus.Avant les vacances, chacun apporta lui-même sa gerbe, symbole des sacrifices accumulés.John eut le privilège de déposer le divin Enfant sur sa litière fraîche et bien remplie; il y mit tout son respect et tout son amour d\u2019enfant.Ainsi coulent les heures dans mon petit royaume du Kindergarten, à Tak Sun School.Si mon peuple de marmots se montre souvent dissipé, tapageur, je l\u2019en excuse volontiers, ces défauts sont de son âge; ma seule ambition de missionnaire est de révéler le Christ à ces âmes enfantines, presque toutes païennes encore; de le leur révéler si beau, si bon, qu\u2019elles ne l\u2019oublient jamais et se tournent vers Lui, surtout aux grands moments de leur vie.John eut le privilège de déposer l\u2019Enfant-Jésus sur sa litière. Sœur Jeanne-Marie au milieu de se* jeunes « sujets w w « Les écrivains catholiques Japonais -¦àatfem-.'»\u2022 ¦ : Cet article emprunté aux Informations Catholiques Internationales est dû à la plume d\u2019une Japonaise qui a vécu assez longtemps en Occident pour rédiger une étude qui peut intéresser les plus vastes milieux.On y verra quelle place a tenu il y a trois siècles et tient encore aujourd\u2019hui la littérature catholique dans un pays où les catholiques n\u2019occupent encore eux-mêmes, numériquement, que peu de place.Après la guerre dévastatrice qu\u2019il a menée en Asie, le Japon révèle enfin sa véritable figure aux pays étrangers.Mais c\u2019est un pays encore inconnu, si on peut dire, des Européens.Certes, ils connaissent des « japonaiseries », ils ont vu des estampes ou autres œuvres d\u2019art antiques.Mais le raffinement artistique, la spiritualité du Zen, les maisons en bois et en papier ne sont que de pauvres images de ce pays où bouillonnent toutes les formes de civilisation possibles et imaginables.À l\u2019origine de ce bouillonnement et par delà les trois siècles d\u2019isolement systématique qui précédèrent la réouverture du Japon au monde extérieur en 1870, il y a le catholicisme.En 1549, saint François Xavier débarquait au Japon.Le moment était propice.Le Japon souffrait d\u2019un grand vide spirituel.Les puissances traditionnelles s\u2019écroulaient, à la suite d\u2019une longue guerre civile, et le peuple commençait à perdre sa confiance dans les religions bouddhique et shintoïste.L\u2019évangélisation fut très rapide.Le catholicisme faisait appel à la raison humaine, tout en reposant sur la révélation divine.On dit aujourd\u2019hui que les Japonais sont 568 plus émotifs que raisonneurs.Mais un homme cherche toujours le rationnel, dans tous les actes et en toutes choses.Aussi les Japonais, qui ne pouvaient, au XVIe siècle, trouver de fondements stables et raisonnables dans le bouddhisme accueillirent-ils à bras ouverts cette religion de raison.Le catholicisme a pu ainsi attirer les milieux intellectuels.Mais comme il pose aussi en principe l\u2019égalité de tous les hommes devant Dieu, il a également attiré les milieux populaires, d\u2019autant plus que, cette égalité, il la pratiquait lui-même dans ses écoles, ses hôpitaux, ses églises, etc.Pour toutes ces raisons, les résultats furent magnifiques en de très courts délais.Le nombre des fidèles aurait atteint 700,000 sur une population totale de deux millions d\u2019habitants.Il est normal qu\u2019une littérature propre à cette communauté se soit dégagée.Cette littérature occupe une place importante dans les lettres chrétiennes japonaises.Car depuis sa réouverture, le Japon s\u2019est trop occupé de rattraper son retard technique sur les pays européens pour prêter attention aux aspects spirituels de la civilisation qu\u2019il voulait adopter, et cela s\u2019est traduit par un certain vide que mit à jour l\u2019écroulement de 1945.L\u2019auteur d\u2019une anthologie de la littérature catholique des XVIe et XVIle siècles a écrit dans sa préface: « Le château en Espagne que nous avons bâti depuis l\u2019époque de Meiji avec la civilisation technique européenne s\u2019est effondré sous nos yeux avec la dernière guerre.La civilisation européenne ou américaine n\u2019est pas uniquement matérielle ou technique mais, à la base de toutes ces apparences, se cache un fondement spirituel solide: c\u2019est la tradition nourrie par le christianisme.Nous avons pensé, avant la dernière guerre, que les États-Unis n\u2019étaient pas à craindre, parce qu\u2019ils possédaient seulement la puissance matérielle et non la puissance spirituelle.Mais en réalité, nous avons su à la fin de la guerre que dans les écoles militaires américaines, il y a toujours une chapelle, que des prêtres et des pasteurs accompagnent les troupes, s\u2019occupant de la vie spirituelle des soldats.Le Japon, qui se vantait de sa puissance spirituelle, a montré sa faiblesse même dans ce domaine.Quand nous comparons le bouddhisme, ou le shintoïsme, qui n\u2019ont presque plus de rapports avec la vie quotidienne et morale des Japonais, et le christianisme, qui vit encore parmi les peuples, en Europe et en Amérique, nous comprenons comment ont été fondés le véritable esprit rationnel et les sciences modernes: sur la base d\u2019une tradition.L\u2019esprit de l\u2019humanisme chrétien, qui insiste sur l\u2019égalité des hommes créés à l\u2019image de Dieu même, doit être adopté, le plus rapidement possible, par le peuple japonais.afin que ce peuple puisse accomplir la réforme spirituelle et la véritable modernisation du pays.» C\u2019est un auteur catholique qui parle ainsi, mais ce besoin d\u2019aller jusqu\u2019à la racine même de la civilisation occidentale existe chez beaucoup de personnes, même non chrétiennes.Il est particulièrement ressenti par ceux qui entreprennent l\u2019étude de la littérature européenne, incompréhensible à qui ignore tout du christianisme.Un critique non chrétien, M.Shuichi Kato, l\u2019a noté, dans un article de la revue Sekaï : « Graham Greene cite en tête d\u2019un 569 Les librairies japonaises sont toujours achalandées.H * de ses romans une phrase de Péguy: « Au centre du monde chrétien, il y a les pécheurs ».Nous ne sommes pas en mesure de comprendre jusqu'où ces quelques mots vont nous mener.Ce que nous savons, c\u2019est que le rôle joué par le catholicisme dans l\u2019art et dans la littérature occidentale de ce siècle, spécialement de nos jours, devient de plus en plus important et profond.» C\u2019est principalement par l'étude de la littérature française que les Japonais sont amenés à reprendre aujourd\u2019hui le christianisme en considération.570 I=XVIe et XVIle siècles: une littérature populaire C\u2019est donc aux quelque cent années qui couvrent la fin du XVIe et le début du XVIle siècle qu\u2019il faut remonter pour trouver les premières traces d'une littérature catholique au Japon.Les « littérateurs » sont alors principalement des jésuites venus d\u2019Europe; mais ce sont aussi des laïcs japonais convertis.Les œuvres de l\u2019époque sont des ouvrages doctrinaux, spirituels, des biographies de saints, mais aussi des traductions des fables d\u2019Oesope ou d\u2019autres textes latins de caractère moral.En ce temps de guerre civile, la littérature était pauvre.Seul le nouveau souffle apporté par les missionnaires animait le monde désordonné du Japon.Face aux tendances aristocratiques de la production littéraire et artistique traditionnelle, la littérature chrétienne se présente alors comme populaire.Elle emploie la langue courante et non la langue distinguée et difficile en usage dans les lettres.Les ouvrages chrétiens accueillent les folklores régionaux et gardent les traces d\u2019une littérature locale très développée.Malgré cet épanouissement, l\u2019interdiction du christianisme à la fin du XVIIe siècle brisa l\u2019influence qu\u2019une telle littérature n\u2019eût pas manqué d\u2019avoir sur la littérature japonaise ultérieure.Il reste que c\u2019est à cette époque qu\u2019une forme littéraire nouvelle fut introduite au Japon, marquant une des premières rencontres des civilisations orientale et occidentale.Il reste aussi que cette époque a influencé certains auteurs modernes (Ruynoskié Akutagawa, Mokutaro Kinoshita.), voire même contemporains: Yoshio Nagayo, par exemple, dont un des romans, Le Christ de Bronze, a fait l\u2019objet d\u2019un film, ou Masuji Ibusé, Jiro Osaragi, etc.Mais ces influences ne sont que littéraires, comme nous le verrons plus loin.Quatre ouvrages présentés rapidement permettent de se faire une idée de ce qu\u2019était la littérature catholique des premiers temps, au Japon.L\u2019ouvrage le plus important de l\u2019époque est sans doute Doctrina Christan: c\u2019est une sorte de catéchisme.Ce livre a été publié en 1591, à Amakusa, dans le département actuel de Nagasaki, en caractères latins.Il fut probablement, vers la même date, publié en écriture japonaise.On pense qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une compilation des prédications de saint François Xavier.C\u2019est un Japonais, en effet, Yajiro, rencontré aux Molu-ques, qui apprit au disciple d\u2019Ignace la grandeur de ce peuple et de cette civilisation du bout du monde et qui lui inspira de venir y prêcher l\u2019Évangile.Avec Yajiro, François Xavier apprit le japonais et il composa lui-même une explication des dix commandements et du Credo.Les conversations de Myoteï En 1605, à Kyoto, ancienne capitale du Japon, paraît « Myotei Mon-do » (Conversations de Myotei).C\u2019est l\u2019œuvre d\u2019un bonze converti, devenu jésuite, frère Fabien.Comme son titre l\u2019indique, ce livre se présente sous la forme d\u2019un dialogue entre Myosho, un païen, et Yuteï, un chrétien.Des trois tomes primitifs, il ne reste que deux: le deuxième qui attaque le confucianisme et le shintoïsme, et le troisième qui présente la doctrine chrétienne.L\u2019auteur reconnaît 571 que le confucianisme est au fond un bon exposé de la morale naturelle et cette idée reflète sans doute l\u2019influence de la mission en Chine à cette époque.Dans le troisième tome, en revanche, c\u2019est la philosophie thomiste, influencée par Aristote, qui apparaît.Il faut remarquer que cette œuvre a été écrite par un Japonais, par ses seuls moyens, alors que les autres ouvrages ont souvent été réalisés par une collaboration entre des missionnaires et des autochtones.La langue est très facile et simple, écrite en caractères japonais.L\u2019Histoire des Heïké Le même frère Fabien a écrit « Heïké Menogatari » (Histoire des Heïké).Les missionnaires des XVIe et XVI le siècles avaient le double souci de connaître la civilisation japonaise à évangéliser et d\u2019éduquer les masses populaires.D\u2019où le titre de ce livre, et aussi son sous-titre: « Pour ceux qui veulent connaître la langue et l\u2019histoire du Japon, ce livre est rendu plus accessible ».L\u2019histoire est celle de la famille Heïké, de sa montée et de sa chute.Mais elle était écrite dans un style assez difficile.En outre, elle avait aussi été rédigée sous l\u2019influence du bouddhisme, et certains passages étaient très mystiques.C\u2019est donc pour la rendre plus accessible au grand nombre qu\u2019elle a été réécrite en forme de dialogues ou plutôt de drame.Rewriting avant la lettre! La préface explicite l\u2019intention :\t« Ceux qui veulent transmettre la Bonne Nouvelle aux Japonais doivent connaître les mœurs de ce peuple et parfaitement sa langue.Pour vous aider, ce livre n\u2019est pas en prose, mais en dialogues.» Anthologie de proverbes Un quatrième livre, enfin, « Kinku Shu » (anthologie des mots d\u2019or) rassemble des proverbes: 282 proverbes choisis dans les œuvres chinoises et japonaises et présentés par ordre alphabétique.Ce recueil a été composé à l\u2019usage des prêtres, afin qu\u2019en citant des proverbes, ils puissent dire beaucoup en peu de mots, dans leurs sermons.II=Influence catholique après 1870 Nous avons laissé entendre que la littérature catholique des XVIe et XVIle siècles a eu de l\u2019influence sur certains auteurs modernes.C\u2019est le moment d\u2019y revenir, mais pour préciser tout d\u2019abord que cette influence a sa source uniquement dans les caractères lyriques et exotiques de cette littérature.Ce fait est bien illustré par les œuvres de Ryunosuké Akutagawa, un des auteurs classiques les plus brillants.Retenons, pour mémoire, que Akutagawa est l\u2019auteur du roman dont fut tiré le film « Rasho-mon », primé en Europe.(À suivre) 572 Quel cadeau offrir, cette année, à vos parents et amis, à l\u2019occasion du nouvel An?POUR VOS CADEAUX \"^1 Un abonnement à une revue missionnaire, tel « Le Précurseur » ne leur ferait-il pas grand plaisir?En les intéressant aux activités missionnaires de leurs compatriotes à 1 œuvre dans les cinq parties du monde, vous donneriez en même temps à ceux qui vous sont chers un moyen de développer leur esprit apostolique.Le prix de l\u2019abonnement est de $1.00 par an.Détachez ce feuillet et adressez à: « Le Précurseur » 2900, Chemin Sainte-Catherine Côte-des-Neiges, Montréal (26) Veuillez trouver ci-joint le montant de $.pour.an d\u2019abonnement au « Précurseur », que vous voudrez bien adresser de ma part à : (1)\tM .(2)\tM .(3)\tM .Signé: Jïécrologte M.l\u2019abbé Sylvie Chénard, Québec; R.Soeur Philomène-de-Jésus, des Sœurs de la Providence, Montréal; M.Gaudies Bolduc, Saint-Henri de Lévis, père de notre Sœur Marie-du-Saint-Sauveur; Mme F.-X.Bédard, Québec, mère de notre Sœur Saint-Roch; M.A.Crevier, Laval-des-Rapides, père de notre Sœur Marie-de-l\u2019Enfant-Jésus; M.Napoléon Desmarais, Saint-Hyacinthe, père de notre Sœur Saint-Raymond; Mme Alfred Trudelle, Saint-Narcisse, comté Champlain, mère de notre Sœur Irène-de-Jésus; Mme J.-N.Ennis, Salem, Mass., mère de notre Sœur Sainte-Nina; Mme Jérémie Guay, Compton, mère de notre Sœur Jean-Théophane; M.Aurèle Dumont, Rivière-du-Loup, père de notre Sœur Marie-Théophane; M.Léon Roy, Montréal, père de notre Sœur Jeanne-de-la-Visitation; M.Tancrède Lafontaine, Belœil Station, père de notre Sœur Saint-Wilfrid; Mme Elias Dumas, Grand-Sault, N.-B., mère de notre Sœur Aline-de-1\u2019Assomption; Mme Henri Ducharme, Taftville, Conn., sœur de notre Sœur Lazare-de-Béthanie; M.André Mailloux, Sainte-Angèle, frère de notre Sœur Yvonne-de-Jésus; Mme Elphège Bois, Québec; M.Gérard Drolet, Charny; Mme J.-H.Clément, M.Orner Dansereau, M.Paul Legault, M.Lucien Mathieu, M.Joseph Saint-Laurent; M.J.-H.Bélanger, M.Henri Saint-Denis, M.Eddy Pilon, M.Théodore Provost.Mme Vezeau, Montréal; M.Maurice Julien, Mme Elzéar Soucy, M.Arthur LaPrise.Outre-mont; Mme Joseph Bourdon, Mme Henri Paul, Rosemont; Mme A.Boucher, Verdun; Mme Alfred Beaupré, Ville Saint-Laurent; Mme G.Racine, Dorval; Mme L.Caston-guay, Saint-Lambert; Mme Alfred Jolicœur, Sainte-Dorothée; Mme Ludger Legault, Sainte-Anne-de-Bellevue; M.Olivier Aubin, Lanoraie; Mme Victor Rouleau, Valois; M.Josaphat Joly, Saint-Félix-de-Valois; Mme Ananias Pigeon.Verchères; Mme Benjamin Filteau, Saint-Jean; Mme Hormisdas Saint-Pierre, Shawinigan Falls; Mme Amédée Laflamme, Thetford Mines; Mme Arthur Papillon, Mme Vve Emile Routhier, Québec; Mme Ludger Patry, Messines; Mme Joseph Dupont, Saint-Etienne-des-Grès; M.William Rémillard, Saint-Ferdinand; Mme Sylvio Durand, Bienville; Mme Joseph Forget, Saint-Calixte Nord; Mme Joseph Rancourt, Saint-Georges Ouest; Mme Cyrille Têtu, Rivière-du-Loup; Mme E.-R.Truchon, Roberval; Mme Thomas Voyer, Notre-Dame d\u2019Hébert ville; Mme Didyrne Allard, Saint-Prime; M.Joseph Boudreault, Petit Saguenay; Mme Marie-Louise Cardinal, Cumberland, Ont.; M.Ernest Lévy, M.Ildège Labbé, Lowell, Mass.; M.Eugène-J.Péloquin, Biddeford, Me.; M.Charles-S.Vaillancourt, Québec, père de notre Sœur Saint-Jean-du-Cénacle; Mme J.-B.Nantais, Montréal, mère de notre Sœur Jean-Baptiste-du-Sauveur.I/esprit C\u2019est un devoir de vous tenir au courant du développement des missions, devoir grave à une époque où il est si facile de se documenter sur toutes choses.Votre ignorance, en ce domaine, n\u2019aurait aucune excuse.Vous devriez avoir à cœur d'apprendre l\u2019histoire de ces peuples lointains, de connaître leurs vertus, leurs travaux, leurs souffrances, leur religion.L\u2019histoire de ce monde vous passionne, mais l'histoire de la grâce de Dieu en ce monde, de son avance ou de son recul dans les âmes, c\u2019est-à-dire, en fait, la véritable histoire de ce monde, vous laisse indifférents.Le succès.de la grande œuvre divine de la rédemption du monde devrait vous tenir plus à cœur que celui d\u2019une compétition sportive, d\u2019une mode, d'une lutte électorale ou d\u2019un opéra.S.Exc.Mgr Stourme, évêque d\u2019Amiens.574 Maisons des Soeurs Missionnaires de l\u2019immaculée-Conception AU CANADA MAISON MERE, 2W0, Chemin Sainte>Catherine Côte-des-Neiges, Montréal 26.NOVICIAT, Pont-Viau, Montréal 40.OUTREMONT, 314 Chemin Sainte-Catherine Montréal 8.HOPITAL CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetiére Montréal I.NOM INI NOUE, comté Labelle, Qué.RIMOUSKI, 85, rue Saint-Qermain.JOLIETTE, 750, rue Saint-Louis.QUEBEC, 1073 ouest, rue Saint-Cyrille.VANCOUVER, Refuge de l'Immaculée-Conception 236, rue Campbell.VANCOUVER, Hôpital du Mont-Saint-Joseph 3080, rue du Prince-Edouard.TROIS-RIVIERES, 1325, rue de la Terrière.GRANBY, 35, rue Dufferin.GRANBY, 279, rue Principale.CHICOUTIMI, 766, rue du Cénacle.SAINTE-MARIE DE BEAUCE, Qué.SAINT-JEAN, Qué., 430, rue Champlain.PERTH, N.-B., C.P.259.OTTAWA, Ont, 443, rue Gilmour.AUX ETATS-UNIS MARLBORO, Mass., 207 Pleasant Street.EN CHINE MAISON NOTRE-DAME-DE-FATIMA, 103 Austin Road, Kowloon, Hong Kong.NOTRE-DAME-DE-LA-PROTECTION, Clear Water Bay Road, Kowloon, Hong Kong.FORMOSE KUANHSI, Cheng Mou Yuen, Hsinchu Hsien, Taiwan, Free China.SHIH KUANG TSE, Catholic Church, Hsinchu Hsien, Taiwan, Free China.TAIPEI, 363, An Tung Chieh, Taiwan, Free China.SU AO, Catholic Mission, P.O.Box 2, Suao Vilanhsien, Taiwan, Free China.AU JAPON KORIYAM A, 96 Toramaru, Koriyama Shi, Fukushima Ken.WAKAMATSU 480, sakae machi, Aizu Wakamatsu.TOKYO, 108-4 cho me, Fukazawa cho, Setagaya ku.EN ITALIE ROME, via Giacinto Carini, 8.A MADAGASCAR MORONDAVA.Madagascar.AM BOH I BAR Y, Madagascar.EN BOLIVIE COCHABAMBA, Academia Côtnercial, Calle Oruro No 300, Casilla 1667 AUX ILES PHILIPPINES MANILLE, Immaculate Conception Anglo Chinese Academy, Gen Luna St., Intramuros.MANILLE, 2212 S.del Rosario St., Tondo.LAS PINAS, Rizal.MATI, Davao Province.DAVAO City, Our Lady of Good Counsel Hall.PADADA, Davao Province.BAGUIO, City, II, Pacdal, Mountain Province.AUX ANTILLES LES CAVES, Haiti.LES COTEAUX, Haiti.ROCHE-A-BATEAU, Haiti.PORT-SALUT, Haiti.CAMP-PERRIN, Haiti.MIREBALAIS, Haiti.LIMBE, Haiti.CAP-HAITIEN, Haiti.CHANTAL, Haiti.TROU-DU-NORD, Haiti.PORT-AU-PRINCE, cité no 2, Haiti.DESCHAPELLES, Hôpital Albert Schweitzer, Boite Postale no 4, Saint-Marc, Haiti.LA BOULE, Haiti.MERCEDES, Province de Matanzas, Cuba.MARTI, Province de Matanzas, Cuba.MANGUITO, Province de Matanzas, Cuba.LOS ARABOS, Province de Matanzas, Cuba.MAXIMO GOMEZ, Prov.de Matanzas, Cuba.COLON, Province de Matanzas, Cuba.SAN JOSE de LOS RAMOS, Prov.de Matanzas, Cuba.EN AFRIQUE K AT ETE MISSION, Champira P.O.Nyasaland, B.C.Africa.MZAMBAZI MISSION, Kafukule, P.O.Nyasaland, B.C.Africa.RUMPI MISSION, Rumpi, P.O.Nyasaland, B.C.Africa.KARONGA MISSION, Karonga P.O.Nyasaland, B.C.Africa.KASEYE MISSION, Fort Hill P.O.Nyasaland, B.C.Africa.MZUZU, Convent School, Mzuzu P.O., Box 24, Nyasaland, B.C.Africa.NKATA BAY MISSION, Nkata Bay P.O.Nyasaland, B.C.Africa.FORT JAMESON, P.O.Box 107 Northern Rhodesia, B.C.Africa.KANYANGA MISSION, Lundazi P.O.Northern Rhodesia.B.C.Africa.NYIMBA MISSION, Sacred Heart Hospital Northern Rhodesia, B.C.Afrida. Sur le bord du Rukuru à Njakwa, Nyassaland.-¦¦*V ¥*m ¦ ¦ ¦ *5.Wpq "]
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