Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur – Utilisation non commerciale autorisée

Consulter cette déclaration

Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Mai - Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1981-05, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Volume XXXI, no 9, Mai-Juin 1981 éÆB 'f/Ê* 0fV:-; T^yc:, , : - -^S, '\\\" .-¦ - .W'\t%\u2022¦ -\t; J ,;#¦> -, PRECURSEUR Revue d'information missionnaire publiée par les Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception avec l'autorisation de l'Ordinaire de Montréal.i PCBSONHtS MAMDtCAPtrS NOTRE COUVERTURE: A Chipata.S.Rhéa Bigras, m.i.c., visite son ami handicapé, Robert Banda, dont l'histoire est présentée dans le présent numéro (voir p.290).En Zambie comme ailleurs dans le monde, l\u2019AlPH fait surgir d\u2019heureuses initiatives en faveur des personnes handicapées.(Photo M.I.C.) Directrice et Rédactrice en chef: Huguette Turcotte, m.i.c.Collaboratrices à la rédaction: Équipe M.I.C.Secrétaire à la rédaction: Géraldine Vaillancourt, m.i.c.Services artistiques: Fleur-Ange L'Heureux, m.i.c.Anita Julien, m.i.c.Secrétariat de l'AMIC et Diffusion: Équipe M.I.C, Abonnement: 1 an $3.00 2 ans $5.00 à l'étranger $4.00 à vie $50.00 Pour tout changement d'adresse s'il vous plaît, faire parvènir l'ancienne et la nouvelle.Adresse: AMIC C.P.157 Suce.Laval-des-Rapides Ville de Laval, Qué.H7N 4Z4 tél.: 663-6210 Composition et impression Interlitho Inc.254, Benjamin-Hudon Ville St-Laurent Tél.: 331-9721 -SOMMAIRE-> BILLET.289 L\u2019AIDE AUX HANDICAPÉS À CHIPATA par Rhéa Bigras, m.i.c.290 l\t.\t_\t.\t\u2022 VIENS.par Colette Soucy, m.i.c.293 LA VOLONTÉ ET L\u2019ESPÉRANCE FONT SOURIRE MA VIE par Remberto Torres Garcia.294 UNE CENTENAIRE TOUJOURS ADMIRÉE.301 JEAN-PAUL II AUX PHILIPPINES par Emila Marcelo, m.i.c.\t.302 L\u2019HOMMAGE D\u2019UN PEUPLE par Jeannette Légaré, m.i.c.>.305 L\u2019ÉGLISE CATHOLIQUE DU CANADA EST-ELLE TOUJOURS MISSIONNAIRE?\to par Henri Goudreault, o.m.i.308 DÉPARTS M.I.C.309 MISSIONNAIRES CHEZ NOUS.310 LE PAPE ET LES RÉGUGIÉS par Huguette Turcotte, m.i.c.31 2 JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES.316 \u2014 Dépôt légal: Bibliothèque Nationale du Quebec ISBN 0315-9671 ü Courrier de la deuxième classe.Enregistrement no 0357.Port de retour garanti.Membre de l'Association canadienne des périodiques catholiques 288 MU__________________________________________________________________ À QUOI LE BONHEUR TIENT-IL?\u201cJe suis un homme heureux\", nous dit Robert, de Zambie.Et Remberto, du Pérou, conclut l\u2019histoire de sa vie en affirmant: \u201cL'handicapé physique peut devenir un homme libre.\" Ces deux jeunes témoignent de leur dur cheminement depuis l'enfance jusqu'à l\u2019âge adulte, entremêlé d\u2019espoirs et de découragements, de luttes et d\u2019échecs.Si, aujourd\u2019hui, ils peuvent entrevoir l'avenir d\u2019un coeur serein et confiant, c\u2019est que Dieu a pu envahir leur vie, la libérer de ses craintes et la combler de sa paix.Remberto peut maintenant dire: \u201cJe vois Dieu présent dans ma vie et, pour vivre, j\u2019ai seulement besoin de sa force.\" Il y a Elizabeth et Agnès, en chaises roulantes, déjà données aux autres par l\u2019attention à leurs frères handicapés, dont l\u2019une s'en va dans une communauté africaine poursuivre son offrande par le don d\u2019elle-même au Christ.Ces témoignages recueillis spécialement pour l\u2019Année internationale de la personne handicapée, nous aideront à \u201cdécouvrir, au coeur du monde, la place de cette personne, à aller vers elle, à vivre avec elle, à la rencontrer et à établir des liens, toutes démarches que le Seigneur nous invite à entreprendre\" (Eglise de Montréal.29-1-81).Par ailleurs, à l'autre extrémité du globe, nous voyons Jean-Paul II en voyage missionnaire, apporter un message d\u2019amour, de paix et de justice aux grands de ce monde comme aux petits et aux humbles.Deux articles sur le séjour du Pape aux Philippines mettront en lumière quelques gestes, des actes et des paroles que nous voulons regarder, écouter et recueillir avidement, afin que ces événements, véritables \u201csignes des temps\", inspirent les orientations et les choix de notre propre vie quotidienne.Huguette, m.i.c.¦\\ y DEUX NOUVEAUX PASTEURS À MONTRÉAL pi*- ¦ «?^ 4 Mgr Gérard Tremblay, prêtre de Saint-Sulpice, et M.l\u2019abbé Jude Saint-Antoine, viennent d\u2019être nommés évêques auxiliaires à Montréal.Mgr Tremblay est vicaire épiscopal de la région de Laval depuis 1976 et Mgr Saint-Antoine remplit la même fonction dans la région centre-ouest depuis deux ans.Ils demeureront à la tête de leur district pastoral où ils sont bien connus et estimés.La consécration épiscopale leur sera conférée à la Cathédrale de Montréal par l\u2019archevêque, Mgr Paul Grégoire, le 22 mai prochain.Notons que Mgr Tremblay réside au Séminaire des Missions-Étrangères et que son secrétariat de vicaire épiscopal est situé dans la maison des Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 54, rue Desnoyers, à Pont-Viau.Félicitations et l\u2019assurance de nos prières à ces nouveaux pasteurs! La Rédaction 289 ZAMBIE L\u2019AIDE AUX HANDICAPÉS À CHIP AT A Par Rhéa Bigras, m.i.c.Dans le diocèse de Chipata, situé à l\u2019est de la Zambie, une campagne a été lancée pour souligner l\u2019Année internationale des personnes handicapées.Son objectif est la réhabilitation des handicapés, et plus spécialement des jeunes.C\u2019est qu\u2019il y a ici un bon nombre de personnes qui souffrent d\u2019infirmités: cécité, surdité, paralysie, etc.Même si je ne suis pas directement impliquée dans cetie campagne, puisque mon travail est de seconder S.Evelyn O\u2019Neill au Centre de Communication, j\u2019ai pu voir les développements du projet et j\u2019ai le désir d\u2019en informer le \u201cPrécurseur\u201d.Ce sera ma façon de promouvoir l\u2019AIRH car j\u2019espère bien que nos amis canadiens, après lecture, s\u2019intéresseront à l\u2019avenir des handicapés zambiens.Les Soeurs participent à la réhabilitation des handicapés, filles et garçons, surtout en offrant des cours qui les rendent capables de gagner leur vie après leur retour au village.Il y a quelques mois, onze handicapés ont suivi un cours de couture.Parmi eux, il y avait un garçon remarquablement intelligent, Robert Banda.Il m\u2019a raconté son histoire: \u201cJ\u2019avais trois ans quand mes parents s\u2019aperçurent que je ne pouvais plus marcher.Ils m\u2019amenèrent à l\u2019hôpital où je restai plusieurs mois, mais un S.Rhéa écoute l\u2019histoire de Robert.jour les médecins déclarèrent à mon père qu\u2019ils ne pouvaient rien faire de plus.Mes parents me ramenèrent au village où j\u2019ai grandi.Malheureusement, ma mère mourut peu après, et mon père aussi, en sorte que j\u2019allai demeurer chez mes grands-parents.Mes amis me demandaient parfois: \u201cRobert, ne crois-tu pas qu\u2019on t\u2019a jeté un sort?\u201d Même si je ne suis pas chrétien, je réponds toujours: \u201cNon, je ne crois pas aux sorts.C\u2019est Dieu qui a permis que je sois handicapé.\u201d \u201cAujourd\u2019hui, je puis gagner ma vie, mais avant d\u2019en arriver là, j\u2019ai dù passer par un autre hôpital où un missionnaire m\u2019a aidé.Ensuite, je suis allé dans une maison où les enfants handicapés sont traités par des Soeurs.C\u2019est là qu\u2019on m\u2019a opéré et réhabilité, puis je suis retourné dans mon village.Mon grand-père était décédé et je ne savais pas où rester.J\u2019ai alors demandé qu\u2019on m\u2019amène à j'ai commencé à coudre pour les voisins.\u201d\tChipata.Au début, j\u2019ai demeuré chez des amis ¦ -W$b*7 250 mais je désirais être plus indépendant.C\u2019est le Service social du gouvernement qui m\u2019a obtenu une machine à coudre et à partir de ce moment, tout alla mieux.J\u2019ai commencé à coudre pour les voisins et l\u2019argent ainsi gagné m\u2019a permis de construire ma propre hutte, avec l\u2019aide de mes amis.\u201cJ\u2019ai planté des petits arbres autour de ma maison et j\u2019ai un petit jardin que je cultive moi-même.Il y a encore quelques problèmes à solutionner.Par exemple, je ne sais pas tailler les vêtements mais seulement les coudre.Et il faut que d\u2019autres personnes aillent acheter pour moi les tissus et ma nourriture.Ce n\u2019est pas encore l\u2019autonomie complète mais je suis vraiment un homme heureux!\u201d En fait, Robert a de nombreux amis car il est bon, joyeux et sympathique.À chaque visite, je le trouve avec des amis qui causent avec lui tandis qu\u2019il active sa machine à coudre.Le cours suivi par Robert à Chipata fut donné par Agnès Yambani, handicapée elle-même.C\u2019est une chrétienne convaincue et une apôtre dont la vie de prière et la disponibilité sont remarquables.Elle ne manque pas l\u2019occasion d\u2019aborder des sujets religieux et d\u2019encourager ses élèves à se considérer comme des gens normaux et non pas comme des marginaux de la société.Elle disait un jour: \u201cNous n\u2019avons pas l\u2019usage de nos jambes mais Dieu nous a donné d\u2019autres dons qu\u2019il faut développer.C\u2019est à nous de faire des efforts pour conquérir les difficultés.Vous avez la chance d\u2019apprendre à coudre, il faut donc mettre tout votre coeur dans cet apprentissage et vous deviendrez de bons tailleurs et d\u2019habiles couturières.Non seulement vous serez autonomes mais vous arriverez peut-être à pouvoir aider les autres! Il ne faut pas pleurer sur notre sort mais remercier Dieu qui nous aime autant que les autres.\u201d La fin des cours a coïncidé avec l\u2019anniversaire de naissance d\u2019Agnès.Ses élèves furent heureux de la remercier avec des voeux, des chants et des cadeaux.Tous portaient les vêtements qu\u2019elle leur avait enseigné à faire.Quelques jours plus tard, Agnès apprenait avec joie son admission dans une Congrégation de Soeurs africaines à Lusaka.Une autre handicapée, Elizabeth Chulu, fut la principale collaboratrice d\u2019Agnès durant le cours.C\u2019est à notre \u201cHomecraft Centre\u201d de Chikungu qu\u2019elle a appris à coudre.Elle a eu plus de chance que Robert car ses parents, quoique pauvres, l\u2019aiment et l\u2019aident à faire sa vie.Ils ont même sacrifié une pièce de leur maison \u2014 qui n\u2019en compte que trois \u2014 pour en faire sa salle de couture.C\u2019est là qu\u2019elle reçoit ses clients.Elizabeth utilise au maximum la chaise roulante et la machine à coudre données par les étudiants d\u2019une école secondaire du Québec.Cette jeune rayonne la joie de vivre! \u201cL\u2019argent gagné m\u2019a permis de construire ma propre hutte.\" Wmmm Wmmn wumfê ïïMüïM, mÈÊm, mmÊk lit*;® ¦ Ki Dans notre petit studio du Centre de Communication de Chipata, S.Evelyn et moi, avec la collaboration de Mlle Anastasia Mwanza, nous avons interviewé plusieurs handicapés pour préparer un programme réclamé par \u201cZambia Broadcasting\u201d de Lusaka.Il sera capté dans tout le pays puisque beaucoup de gens ont un appareil récepteur et nous comptons qu\u2019il aidera à sensibiliser la population au sort et à l\u2019avenir des handicapés.Le projet de réhabilitation comporte des aspects financiers devant lesquels nous sommes perplexes.Envoyer les handicapés à l\u2019hôpital de Lusaka pour des traitements médicaux est relativement facile.Quand ils en reviennent en meilleure condition physique, nous pouvons leur offrir le \u201cJ\u2019ai un petit jardin que je cultive moi-même.-Wêrnm ; f : ¦ cours de couture.Et après?Pour retourner dans leur milieu et essayer de s\u2019y intégrer, il faut des prothèses ou des béquilles, une chaise roulante et une machine à coudre, toutes choses extrêmement chères ici.Nous avons déjà trouvé un élément de solution: un jeune volontaire de Suisse a accepté de fabriquer des chaises roulantes avec du matériel local.Même en fournissant les roues et le bois, le coût revient quand même à $150.l\u2019unité, ce qui rend l\u2019achat trop onéreux pour la plupart de nos protégés.Si des lecteurs du \u201cPrécurseur\u201d s\u2019intéressaient au sort des handicapés de Chipata, nos questions sur l\u2019avenir recevraient rapidement des réponses! Si un club de l\u2019Âge d\u2019Or faisait une partie de cartes, un bingo, ou si quelqu\u2019un sacrifiait le prix de quelques cigarettes., nous pourrions dire à nos amis qu\u2019ils auront leurs chaussures, leurs béquilles, leur chaise ou leur machine à coudre! Si.Il est permis de rêver et d\u2019attendre dans l\u2019espérance une réponse à cet appel, n\u2019est-ce-pas?Moi, je le lance à tout hasard, en laissant au Seigneur le Agnès Yambani (à l\u2019extrême droite) et les handicapés qui ont suivi son cours de couture.soin de récompenser ceux qui voudront bien aider les handicapés de Zambie.r PROJET: HANDICAPÉS DE ZAMBIE Si vous désirez collaborer au projet en faveur des handicapés de Zambie, faites parvenir votre don en utilisant le coupon ci-dessous.Merci pour ce geste d\u2019entraide fraternelle! Elizabeth rayonne la joie d'une handicapée devenue utile aux autres! ^ h J v Procure des Missions SS.Miss, de l\u2019Immaculée-Conception 121, rue Maplewood Montréal H2V 2M2 Je désire aider les handicapés par une contribution de $.Suggestions: * Prothèses, etc.$50.?*\tFrais de cours.$100.?*\tChaise roulante___-.$150.?*\tMachine à coudre__$220.\t?Toute contribution, si minime soit-elle, sera appréciée.Merci pour eux! NOM.ADRESSE .Code .Désirez-vous un reçu d\u2019impôt?oui ?non ?:J 292 VIENS.par Colette Soucy, m.i.c.Esprit qui plane sur les grandes eaux Esprit qui court sur les fleuves Viens calmer le courant De ces vagues agitées Qui secouent nos planètes Esprit venant de Vaurore Esprit venant du couchant Viens de tous vents Et de partout, les hommes sans destin Trouveront leur chemin Esprit des grandes harmonies Esprit aux mille symphonies Viens! Que jeunes et vieux À ta musique de paradis Chantent les refrains des deux Esprit qui chante sur le monde Esprit de toute louange Viens! Que Von forme la ronde Et de toute entraille de pierre Jailliront des rires en éclats Année internationale des personnes handicapées LA VOLONTÉ ET L'ESPÉRANCE FONT SOURIRE MA VIE par Remberto Torres Garcia N.D.L.R.- Dans un geste de collaboration à l\u2019occasion de l\u2019AlPH, une M.I.C.du Pérou, S.Évangéli-ne Plamondon, nous présente la vie d\u2019un jeune handicapé péruvien qu\u2019elle a traduite de l\u2019espagnol.À travers vingt-trois années d\u2019épreuves, Remberto a cherché, comme il l\u2019avoue lui-même, \u201cle pourquoi de son existence.\u201d Il a trouvé le Christ au bout d\u2019un cheminement difficile, dans l\u2019acceptation libératrice de son handicap physique, et il peut maintenant \u201csourire à la vie\".Espérons que l\u2019exemple de son courage, soutenu par une indéfectible espérance, saura inspirer le respect de tous et réconforter ses frères handicapés qui le liront.Dans mes moments de réflexion, j\u2019ai considéré les étapes décisives de mon existence pour voir comment je vis ma situation d\u2019handicapé physique.Je me présente: Remberto Torres Garcia, 23 ans.Je vis à Lima et le Pérou est ma patrie.J\u2019étudie le Droit à l\u2019Université nationale de San Marcos et présentement je poursuis le 3e cycle.La carrière que j\u2019ai choisie est possible dans ma condition de limité physique; c\u2019est à l\u2019aide d\u2019une chaise roulante que je vais au cours pour apprendre les lois de mon pays.ENFANCE Je me souviens avec une certaine nostalgie du petit village où je suis né, un tout petit village situé au coeur de l\u2019épaisse jungle amazonienne: Cam-panilla, un district du département de San Martin.Si nous le cherchons sur la carte nous le trouvons entouré de hautes montagnes et situé près d\u2019une rivière tumultueuse, La Huallaga.Là-bas, tout respire les fleurs sauvages et mille petits oiseaux y chantent.Un coin merveilleux.Vivait dans cette petite communauté ma famille, composée de 10 membres.Je suis le sixième de 4 frères et 4 soeurs et je suis né sans handicap.Vers l\u2019âge d\u2019un an et demi, je fus victime de la poliomyélite.Très fortes fièvres, mes jambes débiles commencèrent à trembler.Peu à peu, cette terrible maladie prit toutes mes forces, jusqu\u2019au moment où je me suis senti sans équilibre pour toujours.Tous me regardaient avec désespoir et tristesse, sans savoir ce que j\u2019avais.Personne ne put m\u2019aider parce qu\u2019il n\u2019existait aucun centre de santé où je vivais.J\u2019étais très jeune et ce que je peux dire de cette étape de ma vie, c\u2019est ce que maman m\u2019a raconté.C\u2019est à 4 ans que je pris conscience de ne pas pouvoir marcher.Ce fut peut-être la période la plus difficile de ma vie.ESPOIR Lorsque j\u2019eus cinq ans, on apprit l\u2019arrivée d\u2019un bateau américain sur les côtes du département de Trujillo.Le paquebot \u201cJOB\u201d était un bateau-hôpital où l\u2019on soignait gratuitement tous ceux qui se présentaient.294 Encouragé par tous les voisins du village, je voyageai avec maman, espérant une réhabilitation.L\u2019admission ne fut pas facile, mais après quelques mois d\u2019attente, j\u2019entrais dans ce gigantesque bateau.Les traitements commencèrent dès les premiers jours et tout pouvait nous faire croire à la réussite à en juger par l\u2019attention que je recevais.Heureusement, mon jeune âge ne me permettait pas de comprendre la difficile et longue expérience nécessaire pour recouvrer la santé.Les médecins luttèrent pour me faire marcher durant plusieurs mois, mais tout fut inutile.Après tous ces essais, ils voulurent me couper les jambes et me mettre des prothèses.Cette nouvelle surprit beaucoup maman qui refusa l\u2019opération.Comme ce fut difficile! Je demeurais dans la même situation.Toutes les espérances de réhabilitation étaient tombées.Abandonnant le bateau, nous avons décidé de retourner dans la jungle.Un an et demi s\u2019était écoulé sans obtenir aucune amélioration.UN GRAND DÉSIR À 7 ans, je voulus aller à l\u2019école comme tous mes frères et mes petits amis.J\u2019essuyai la première déception de ma vie lorsque le directeur me refusa.Ce fut comme un rejet pour moi et ce jour-là, je pleurai, pleurai.Dans mon esprit d\u2019enfant, je pensais que je demeurerais à l\u2019extérieur de l\u2019école toute ma vie.Je voyais avec tristesse étudier mes frères.Ils ne faisaient que leur primaire parce qu\u2019ils devaient travailler dans les champs pour survivre.Le temps passait.Je demeurais avec mes parents.De nouveau, je pensai que je devais étudier, que c\u2019était nécessaire d\u2019insister et de convaincre le directeur.Trois ans plus tard, après avoir beaucoup lutté, maman avec ses suppliques et moi avec mes larmes, le coeur du directeur s\u2019émut et il m\u2019accepta.Le premier avril 1967, je fis mon entrée à l\u2019école.Dans une toute petite classe, je me joignis à beaucoup d\u2019autres enfants.Je me souviens très bien qu\u2019un jour, mon professeur me gronda pour avoir voulu lire sans avoir appris l\u2019alphabet.Au début, j\u2019avais un grand complexe: j\u2019avais honte de ma condition physique.Je ne voulais pas me retirer du lieu où j\u2019écoutais les classes, parce que je me déplaçais avec mes mains et sur mes genoux sur un sol poussiéreux, tel un bébé qui commence à marcher.Certains compagnons voulaient me protéger, d\u2019autres riaient de moi, ce qui me mettait en colère.Je demandai à mon professeur de faire justice.Toute cette \u201cmer de faits\u201d dont je prenais conscience ne m\u2019influençait pas.Je me levais très tôt le matin pour étudier; le premier chant du coq était mon cadran.Les heures où je n\u2019étudiais pas, j\u2019avais les mêmes obligations que les autres membres de ma famille: surveiller le jardin, nettoyer les instruments de travail, donner à manger aux poules, enfin tout ce que j\u2019étais capable de faire.Quand on devait me reprendre pour quelque ouvrage mal fait, je recevais ce que je méritais de la part de mes parents et j\u2019acceptais le conseil qui me faisait reconnaître mes erreurs.À la maison, je n\u2019étais pas protégé comme celui qui ne marchait pas.J\u2019étais éduqué avec la même rigueur que tous les autres, à l\u2019exception de maman qui, quelques fois, voulait me protéger comme toutes les mamans du monde.Toujours, papa faisait prévaloir son autorité.Tout ceci que je ne compris que beaucoup plus tard, a été un grand appui dans ma formation.Mes parents m\u2019ont aidé à être un homme normal dans la société.Sans que je m\u2019en rende compte, 6 ans passèrent.Mon enfance s\u2019en alla.Que d\u2019émotions, le jour où le directeur de l\u2019école me félicita et me remit un diplôme d\u2019honneur pour avoir occupé le premier poste durant toutes mes études primaires! Regardant tous les jeunes pleins de force physique, morale, intellectuelle, cela me paraissait incroyable que ce soit moi qui reçoive les applaudissements des élèves, des professeurs, des parents de mon petit village.Enfin, j\u2019acceptai.LE PÉROU ET SES DÉPARTEMENTS 295 Sur les rives de l\u2019Ucayali, au coeur de la jungle amazonienne.7 ^ ^ n À L\u2019ÉCOLE DE LA VIE Aux temps de joie, succédèrent des temps de tristesse.Je n\u2019étudiais pas, faute d\u2019école secondaire.Tous mes compagnons préparaient leurs valises pour aller poursuivre leurs études ailleurs.Les adieux m\u2019étaient pénibles.Tous me promettaient lettres, nouvelles, et me disaient des paroles de consolation.Je ne pouvais aller plus loin: je n\u2019avais pas assez d\u2019argent et mes parents, mes frères et soeurs, devaient travailler la terre.Il ne me restait qu\u2019à vivre à la campagne, loin du village.N\u2019ayant pas d\u2019autre issue, je commençai à pêcher, à conduire les canots sur les rivières tourmentées de ma jungle, à cultiver les plantes.Je rêvais toujours d\u2019exercer un petit métier.Mon but était d\u2019apprendre la dactylographie et travailler dans un humble bureau.Tout ceci était pure utopie, quelque chose d\u2019irréalisable.Enfin, une pensée m\u2019aidait à me résigner: \u201cAinsi est mon destin: je suis né limité pour marcher.et pour étudier.\u2019\u2019 Mes frères, un peu fatigués d\u2019entendre mes aspirations me disaient: \u201cPourquoi te préoccupes-tu de quelque chose que tu ne pourras jamais atteindre?\u201d Eux, se contentaient de s\u2019orienter vers la jungle, de chasser les animaux, de cultiver la terre.Mais je pensais d\u2019une autre manière.Quelque chose en moi disait: \u201cVa de l\u2019avant, tu le peux.\u201d Mais comme c\u2019était difficile, obtenir ce que je désirais! UNE VICTOIRE Un après-midi, je me trouvais assis sur le bord de la rivière et je pensai que je pourrais apprendre à nager dans ces eaux tumultueuses.J\u2019eus l\u2019idée de traverser la rivière à l\u2019aide de mes bras.Je commençai à pratiquer la natation sur quelques troncs 296 d\u2019arbres flottants.Cette folie me coûta cher: trois fois, on me sortit de l\u2019eau, quasi noyé! Devant ces échecs, je me dis: \u201cJe suis incapable de nager!\u201d Un peu plus tard, la même idée me revint: traverser la rivière.C\u2019était au début de l\u2019été et sans attendre plus longtemps, je me lançai à la rivière plus décidé que jamais.Après quelques heures dans l\u2019eau, je sentis avec soulagement que mon corps fragile pouvait flotter dans les eaux turbulentes sans l\u2019aide de mes jambes.La joie m\u2019envahit et je criai si fort que tous eurent peur.Je venais d\u2019obtenir ce que je rêvais depuis si longtemps.Il me restait le plus difficile: traverser la rivière.Un après-midi, alors que tout le monde se baignait, je fixai l\u2019autre rive et m\u2019aventurai.Je nageai avec toute la force de mes bras sans l\u2019aide de mes jambes en me laissant flotter.Après une demi-heure d\u2019intenses efforts, je touchai l\u2019autre rive, à moitié mort.Un peu plus, et les fortes vagues m\u2019emportaient.Cette victoire fut pour moi un sujet de réflexion.J\u2019avais souvent eu le désir de réaliser tout cela et maintenant je pouvais affronter en souriant et avec satisfaction les prochains tournants.De plus, je constatai qu\u2019un handicapé ne doit pas accepter passivement ses limites.Il ne doit pas dire: \u201cJe suis ainsi et je ne peux pas.\u201d Le plus merveilleux, c\u2019est que je découvris que les limites physiques ne limitent pas la volonté, le désir, l\u2019espérance, qu\u2019un handicapé physique peut obtenir ce qu\u2019un homme sain réalise, quand il le désire de toutes ses forces.ÉTUDIER, ÉTUDIER.A la suite de cette agréable expérience, je suppliai mes parents de déménager à un endroit où je pourrais étudier.C\u2019est alors, qu\u2019aidés par la Divine Providence, nous avons pu épargner un peu d\u2019argent et déménager dans une autre province de la jungle où se trouvaient des écoles secondaires.Pucallpa fut l\u2019endroit choisi.C\u2019est une ville très chaude située près de la rivière Ucayali.Je me retrouvai dans un nouveau milieu et mes espérances grandirent, même si le complexe de mon handicap ne m\u2019abandonnait pas.Je découvrais des personnes cultivées, des jeunes de bonne situation sociale, j\u2019appréciais les moyens de transport, j\u2019avais à portée de la main les nouvelles du jour.Enfin, tout ce qu\u2019une petite ville peut offrir.Comme toujours, je m\u2019habillais de pantalons courts et d\u2019une chemisette.Je n\u2019avais pas de protection pour mes genoux et mes mains, mais j\u2019étais habitué à me déplacer ainsi en me traînant sur le sol et je trouvais cela naturel.C\u2019était raisonnable aussi puisqu\u2019il me fallait accepter ma condition économique.Pour m\u2019inscrire aux études secondaires, je me présentai à un collège près de la maison.Comme toujours, on me fit des difficultés, mais la présentation de mes bonnes notes et de mon diplôme au directeur, me firent accepter sans plus de problèmes.Ce fut difficile de m\u2019adapter à ma nouvelle situation.Je ne connaissais personne et tous me regardaient sans beaucoup d\u2019intérêt, me donnant peu d\u2019affection et d\u2019amitié.De plus, je commençai les classes avec un mois de retard et je n\u2019avais pas de matériel didactique ni de pupitre.Je m\u2019asseyais près d\u2019un compagnon, le jour suivant près d\u2019un autre, jusqu\u2019au moment où je me trouvai un coin fixe.Un jour, le professeur demanda des volontaires pour les examens oraux.Personne ne levait la main.Je savais très bien toutes les leçons mais le manque de confiance et mon complexe m\u2019empêchaient de répondre.Fortuitement, le professeur me nomma pour commencer l\u2019examen.J\u2019essayai d\u2019être fort, de ne pas me laisser vaincre par les nerfs; entre pauses et hésitations, je fis mon intervention, l\u2019unique entre toutes.À partir de ce moment-là, mes compagnons commencèrent à m\u2019apprécier, à me porter respect et pour moi, ce fut une grande victoire sur mon complexe.Je souffrais de ne pas suivre mes compagnons aux excursions, au ciné, aux fêtes, aux réunions car il aurait fallu marcher pour m\u2019y rendre! J\u2019analysais cela, j\u2019acceptais ma réalité mais non froidement.Je prenais ce temps pour faire mes devoirs, pour étudier.Et c\u2019était une grande joie lorsque les après-midis, les copains venaient à la maison pour me chercher.Souvent, je leur donnais les explications de quelques cours.C\u2019était répondre à des besoins selon mes possibilités.Je gagnais leur confiance, leur amitié, et pour cela, j'utilisais mes mains, mes paroles, mon sourire et mon coeur.L\u2019ÉCHO D\u2019UNE GUITARE Les vacances arrivèrent et je voulais faire quelque chose.Mes parents étaient toujours aux champs.Depuis ma petite enfance, je voulais apprendre la guitare, je rêvais de chanter avec mes amis, avec ma propre guitare.C\u2019était un rêve car je ne pouvais demander à mon père de m\u2019en acheter une, vu l\u2019impossibilité économique.Chaque fois que j\u2019écoutais l\u2019écho d\u2019une guitare, montait en moi le désir d\u2019en avoir une.Un jour, je dis à un compagnon: \u201cEdgar, je vais me faire une guitare.\u201d Sa réponse fut un sourire quelque peu sceptique.Je le suppliai de m\u2019apporter du bois et des outils, ce qu'il fit.Après un mois et demi de travail et de découragements, j\u2019avais en mains une guitare de forme anormale et de poids exagéré.Les amis m\u2019offrirent leurs félicitations entremêlées de rires pour cette première oeuvre.C\u2019est sur cette guitare tant désirée que j\u2019appris les premières notes de musique.Encouragé par ce succès, je fis cinq autres guitares et la dernière était de forme normale.Depuis, je joue et chante avec joie.UN AUTRE ADIEU.Mes études secondaires allaient très bien.Les professeurs me donnaient conseils et encouragements, les compagnons d\u2019études m\u2019offraient leur amitié et j\u2019essayais d\u2019y répondre.C\u2019était un temps de grande cordialité quand de nouveau, l\u2019heure des adieux arriva et une fois de plus, je sentis la douleur de la séparation.Je terminais mon secondaire plus triste que jamais parce que mes possibilités d\u2019étudier semblaient finies.Mais non mes espérances.C\u2019était totalement inutile de penser aux études supérieures.Mes amis, eux, attendaient avec impatience, la fin de l\u2019année scolaire pour partir à la recherche d\u2019universités et d\u2019études professionnelles.Et pourtant, c\u2019était moi qui avais la bourse! Une Bourse d\u2019étude que le gouvernement péruvien accorde aux étudiants qui ont conservé te premier rang durant toutes leurs études secondaires.Cette bourse permet de s\u2019inscrire dans une université de l\u2019État à n\u2019importe quelle faculté sans passer l\u2019examen d\u2019admission.L\u2019enthousiasme de mes compagnons entretenait en moi le désir d\u2019étudier.La situation n\u2019était pas facile car mes parents ne pouvaient pas m\u2019aider.Les classes terminées, une semaine passa.et je me retrouvai sur la rivière Ucayali, conduisant un petit canot motorisé pour le transport des passagers et des produits agricoles.Portant un chapeau rouge, les campagnards me reconnaissaient 297 \u201cJe conduisais un petit canot motorisé pour le transport des passagers et des produits agricoles.\" de loin et m\u2019appelaient.C\u2019est ainsi que je commençai à gagner ma vie.Je me souviens d\u2019une fois où je fis naufrage à cause d\u2019un trop grand poids de marchandises.Tous mes passagers nagèrent mais les produits furent perdus au fond de l\u2019eau.Ce que j\u2019avais appris avec tant d\u2019efforts, nager en flottant, me sauva des poissons carnivores de l\u2019Ucayali.Chaque après-midi, c\u2019était toujours pénible de revenir à la maison.Je prenais ma bourse et je me demandais: \u201cPourquoi ne l\u2019ont-ils pas donnée à un autre élève?\u201d UNE SURPRISE DU SEIGNEUR Ce qui survint dans ma vie à ce moment fut l\u2019oeuvre de Dieu qui, depuis toujours, poursuivait son Plan sur moi.C\u2019est incroyable ce qui se passa.Durant une soirée, alors que je jouais de la guitare en chantant un \u201chuayno\u201d (musique typique du Pérou andin), un homme que je ne connaissais pas s\u2019approcha de moi.Ma musique l\u2019enchantait et il me demanda un autre morceau.Tranquillement, je lui racontai ma préoccupation.Il s\u2019émut, sortit son portefeuille et me donna 30,000 soles ($120.00) en me disant: \u201cFrère, tu as touché le fond de mon coeur.Je te donne cet argent.Je désire que tu sois demain un homme utile.Prends ta bourse et va étudier.\u201d Cet homme béni et inconnu fut pour moi un envoyé que Dieu mit sur mon chemin pour m\u2019aider.Sans plus attendre, il se leva, me donna la main, joyeux: \u201cÉtudie, fils, il n\u2019y a pas de meilleure chose pour l\u2019homme.\u201d Je ne trouvais pas de paroles pour le remercier.J\u2019arrivai à dire: Que Dieu te bénisse.\u201d Jamais je ne le revis.La nouvelle surprit tout le monde.Je me décidai d voyager à Lima ou j\u2019avais une soeur.Le choix de la profession n\u2019était pas difficile: depuis toujours, je désirais étudier le Droit.Je choisis donc l\u2019université San Marcos, reconnue pour son prestige.UNE NOUVELLE VIE Cela m\u2019apparaissait un rêve, m\u2019éloigner de mon foyer, seul.Que de conseils et d\u2019orientations ai-je reçus à ce moment-là! Le jour du départ arriva.J\u2019étais bien triste, je laissais beaucoup de souvenirs.Mes parents ainsi que deux bons amis m\u2019accompagnèrent à l\u2019aéroport.Pour oublier les larmes, nous avons joué de la guitare.Je me rappelle maman.Et l\u2019avion monta.Ma nouvelle vie commençait.Durant le voyage, je songeais à mon entrée à l\u2019université et par moments, je perdais confiance.Comment y arriver?Il y a tant de jeunes qui se présentent.Et mon handicap?À Lima, personne n\u2019était à l\u2019aéroport pour m\u2019accueillir et marcher sur les genoux, comme je le faisais à Pucallpa, me parut bien difficile.J\u2019avais peur.Enfin, je pris un taxi et le chauffeur me dévisagea plusieurs fois, ce qui ne m\u2019aidait pas! Heureusement, j\u2019arrivai à la maison où tout le monde m\u2019accueillit avec surprise et joie.Il ne restait qu\u2019une journée avant l\u2019inscription des boursiers.Je ne dormis pas de la nuit.Je la passai à prier, demandant à Dieu son aide.et que Sa Volonté se fasse! Très tôt le lendemain, je me rendis à l\u2019université et pris place dans la file d\u2019étudiants.Tous me regardaient à cause de ma manière de marcher.J\u2019avais honte, j\u2019essayais de me dominer.Mes genoux et mes mains étaient très sales.La file avançait tranquillement.Alors un policier s\u2019approcha de moi, me demanda si j\u2019étais 298 V boursier.À mon oui, il me rentra rapidement dans une salle et je signai mon inscription.Quelle joie! Comme cette attente avait été difficile! Huit jours d\u2019anxiété s\u2019écoulèrent et de nouveau, je retournai à l\u2019université.Ce fut l\u2019émotion la plus grande de ma vie lorsque je vis mon nom inscrit le neuvième sur les 16 étudiants boursiers.J\u2019étais accepté! J\u2019y fumai sur-le-champ ma première cigarette.Il me restait encore une préoccupation.Comment me rendre à l\u2019université pour les cours?J\u2019aurais aimé marcher dans les rues de Lima, mais je devais continuer à me traîner.Que faire?J\u2019étais bien complexé.Je ne savais pas encore ce qu\u2019était une chaise roulante, je n\u2019en avais jamais vu.J\u2019allai solliciter de l\u2019aide aux postes de télévision, de radio, à des groupes.Personne ne m\u2019écoutait.Je perdais courage.Tout en méditant, je me rappelais les deux mois où j\u2019avais cherché de l\u2019aide.De nouveau vint à moi l\u2019espérance et la foi d\u2019un ami qui m\u2019avait toujours accompagné.Cet ami, c\u2019était le Christ.Notre Dieu n\u2019abandonne jamais.Je le suppliai de me donner Force, Volonté, Foi, Espérance.C\u2019est alors que je reçus une lettre de mon cher Pucallpa.Un ancien professeur de religion là-bas, Soeur Gabrielle Légaré, m.i.c.une religieuse canadienne au grand coeur, m\u2019offrait son aide par l\u2019intermédiaire d\u2019amis de son pays.C\u2019est grâce à eux que je reçus une chaise roulante, exactement une journée avant la rentrée à l\u2019université! Depuis, je marche avec mes \u201cnouveaux pieds\u201d.Au début, ce fut difficile de m\u2019y habituer mais avec un peu de pratique, j\u2019y arrivai.Une fois de plus, je vis Dieu présent dans ma vie.À l\u2019université, tout était nouveau et j\u2019observais sans dire un mot.Peu à peu, des liens se créèrent, de nouvelles amitiés se formèrent et je pris goût aux échanges sur la situation socio-économique, politique, culturelle de mon pays.Plus j\u2019analysais la réalité, plus je découvrais ma situation et plus je gagnais de confiance en moi.Les pantalons courts étaient maintenant remplacés par des pantalons longs! Je prenais conscience de ma profession d\u2019avocat, de mes valeurs d\u2019homme et je me lançai dans mes études.Tous les cours étaient importants pour moi.Ainsi, entre classes et grèves, je complétai mon premier cycle.NOUVEL ESPOIR Quand arrivèrent les vacances, je songeai de nouveau à une réhabilitation physique.Je voulais marcher.Les médecins consultés me dirent que je serais obligé de laisser mes études, de prendre 6 ans et que je marcherais à l\u2019aide de prothèses et de béquilles.J\u2019essayai même une petite opération mais qui me fut si douloureuse, qu\u2019une nuit, je coupai le plâtre qui gardait mes jambes allongées.Je n\u2019avais ni la force physique ni les moyens financiers.À partir de ce moment, j\u2019acceptai ma situation d\u2019handicapé physique en demandant à Dieu de faire Sa Volonté avec mes limites.J\u2019avais seulement besoin de Sa Force.TOUJOURS PLUS Mes réflexions m\u2019ont conduit à prendre conscience de ma vie actuelle et à aller plus loin.Que de questions! \u201cComment suis-je arrivé jusqu\u2019ici?A être un étudiant universitaire?Maintenant, pourquoi j\u2019étudie?Tout l\u2019appui que je reçois provient-il seulement du Hasard?Y a-t-il une autre chose supérieure que j\u2019ignore et qui agit en ma vie?\u201d Je méditai un temps et concluai: \u201cQuelque chose manque à mon âme pour être plus libre.Comment le découvrir, seul?\u201d C\u2019était difficile.C\u2019est alors que j\u2019eus l\u2019occasion de connaître Soeur Évangéline Plamondon.Cette religieuse m\u2019ouvrit des horizons et m\u2019apprit ce qui manquait R ember to est fier de montrer à S.Evangéline la guitare sortie de ses mains! 299 Le jour de sa Confirmation, Remberto exprime sa joie par la musique.à ma vie: un Dieu vivant, près de moi, que je pouvais découvrir.J\u2019appris que depuis toujours, ce Dieu agissait en moi et m\u2019offrait à vivre un rôle unique dans Son Plan d\u2019Amour.Je m\u2019engageai envers Lui et les autres et un jour je reçus la Confirmation.Je découvris aussi le plus important: que mon handicap physique n\u2019est pas une punition.C\u2019est une expression de la Volonté de Dieu dans le grand Plan de Salut.Mon handicap peut être un moyen, une manière, un \u2018\u2018chemin\u201d pensé de Dieu pour arriver plus facilement au coeur de mes frères et leur offrir un message d\u2019amour.Plusieurs fois, j\u2019eus l'occasion de le vivre ainsi.C\u2019est ce que signifie ma limite et j\u2019en suis certain, celle des autres aussi.Actuellement, je fais partie de l\u2019Union chrétienne des handicapes physiques de Lima.Nous travaillons pour nous unir, nous entraider et former une grande famille universelle.Ce que je viens d\u2019écrire m\u2019a fait revivre des heures tristes et joyeuses depuis 23 ans! Approfondissant ma propre réalité, je ne peux m\u2019empêcher de penser à tous ceux qui sont comme moi, où qu\u2019ils se trouvent dans le monde.Si aujourd'hui, je peux poursuivre mes études supérieures, c\u2019est grâce à un organisme canadien, I A.M.I.,* qui m\u2019offre un appui économique sans attendre de retour.Pour moi, cette aide est vitale.J\u2019en remercie Dieu et les personnes qui, de loin ou de près, m'accompagnent.UN MESSAGE Conscient de tout cela, je sais que j'ai bien choisi ma profession.Je suis convaincu que, dans l\u2019avenir, je lutterai pour les droits des handicapés physiques.Je crierai à voix forte: \u2018\u2018Nous avons des droits et des devoirs dans la société où nous devons vivre.L'handicapé physique peut escalader les sommets comme n\u2019importe quel homme.Il a ses limites, oui, mais il lui reste le plus important, les valeurs les plus nobles de l\u2019homme: son intelligence, sa conscience, sa volonté, sa foi, son espérance, son amour.L\u2019handicapé physique peut devenir un homme libre.\u201d Si j\u2019avais à lancer un message à tous les handicapés physiques du monde, je dirais: \u2018\u2018Il n\u2019y a pas de limites physiques pour limiter l\u2019espérance, la volonté, l\u2019amour et il n\u2019y a pas d\u2019amour pur qui ne vienne de Dieu.Ouvre ton coeur avec amour à Lui comme aux autres.Tu découvriras que \u2018\u2018ta Limite\u201d est seulement un moyen pour aller vers les autres.La limite matérielle se perd dans l\u2019immense libération spirituelle.Si tu poursuis ce \u201cchemin\u201d, nous nous rencontrerons et nous nous sourirons, un jour.\u201d * L'Assistance médicale internationale (AMI) est un organisme canadien qui a pour but d\u2019élever le niveau de la santé et d\u2019envoyer du matériel médical chez les peuples en développement.Adresse: Mme Ghislaine Bélanger, directeur général, 2090, rue Moreau, Montréal H1W 2M3.Tél.: 526-2311 I I 300 \u2019ll Une centenaire toujours admirée X a chamelle Notte -Dame de lotttdes m Les Montréalais la connaissent bien, cette chapelle accueillante du coin des rues Sainte-Catherine et Berri, puisqu\u2019elle y est présente depuis une bonne centaine d\u2019années.En effet, c\u2019est le 30 avril 1881 qu\u2019y fut célébrée la première messe par le supérieur des Sulpiciens du temps, M.Bayle.Les Messieurs de Saint-Sulpice la desservent encore aujourd\u2019hui, avec la collaboration des Petites Filles de Saint-Joseph durant 95 ans, et depuis les cinq dernières années, avec celle des Soeurs de Marie-Réparatrice.La chapelle fut construite pour commémorer à Montréal les apparitions de Lourdes et les fonds nécessaires furent souscrits par les fidèles du temps.Le principal responsable de son érection fut Napoléon Bourassa, bien connu pour ses talents d\u2019architecte, de peintre et de sculpteur.Il en fit un joyau artistique de style roman-byzantin dont la valeur est unanimement reconnue par les experts.La statue de Notre-Dame qui trône au sommet de la façade a été installée en 1904 pour commémorer le 50® anniversaire de la proclamation du dogme de l\u2019Immaculée-Conception.Celle qui domine le maître-autel est une oeuvre de Louis-Philippe Hébert, élève de Bourassa.Elle évoque d\u2019une façon saisissante l\u2019attitude de Marie lors de l\u2019apparition du 25 mars 1858 à Bernadette Soubi-rous.L\u2019éclairage de cette statue attire le regard du visiteur qui franchit la porte de la chapelle.Elle inspire un sentiment de beauté céleste et irréelle et crée une ambiance à laquelle peu de croyants peuvent résister.La preuve, c\u2019est que la chapelle est fréquentée annuellement par environ 200 000 visiteurs, de toutes les couches de la société, tant par les étudiants de l\u2019Université du Québec à Montréal dont le campus voisine le sanctuaire, que par les professeurs et les passants qui aiment y saluer Marie au hasard de leurs courses dans la métropole.La chapelle, qui n\u2019est pas une paroisse mais un oratoire public, a longtemps servi pour les mariages des Enfants de Marie.Nos ancêtres par milliers y ont échangé leurs promesses et beaucoup d\u2019entre eux y sont ensuite revenus, à l\u2019occasion d\u2019un voyage, pour évoquer les minutes émouvantes vécues dans ce lieu privilégié.En cette année du centenaire de la chapelle Notre-Dame de Lourdes, en ce mois de mai surtout, spécialement dédié à Marie, pourquoi n\u2019irions-nous pas un de ces jours raviver notre dévotion mariale dans l\u2019oratoire de la rue Sainte-Catherine, ce bijou architectural élevé par la foi de nos pères il y a cent ans?(Source: The Gazette, 10-1-81) 301 ¦ .11 JEAN-PAUL II AUX PHILIPPINES par Emilia Marcelo, m.i.c.Jean-Paul II à Manille: S.Dina Ang., m.i.c., reçoit un chapelet de l\u2019illustre visiteur.\u2022 f v:nr,>\" 'K A La visite du Pape aux Philippines, si longtemps attendue par les millions d\u2019habitants de ce pays, a soulevé partout l\u2019enthousiasme et la joie.Cet événement a été l\u2019occasion d\u2019une collaboration des chefs religieux avec les autorités civiles et son impact aura certainement d\u2019heureuses répercus- * sions sur la vie de foi de notre peuple.Mieux encore, \u201cil nous reste maintenant\u201d, comme le disait Mgr Cirilo Almario, \u201cà faire passer les enseignements 4 du Pape dans notre vie.\u201d Et c\u2019est là le défi! C\u2019est le 17 février que l\u2019avion portant le Saint Père toucha le sol philippin.Les voix de millions de personnes qui s\u2019étaient massées à l\u2019aéroport ou sur le parcours du véhicule papal s\u2019élevèrent en clameurs de joie sur son passage.Jean-Paul II avait pris place dans un véhicule d\u2019où la foule pouvait le voir et capter les gestes-de bénédictions et d\u2019amitié semés sur sa route.Ni la chaleur intense ni la crainte d\u2019être malmené par une foule innom- Jean-Paul II, accompagné ici par le Cardinal Sin de Manille, répond aux acclamations de la foule au Parc Luneta. /J&t Y A* À l\u2019église de Baclaran, le Pape s\u2019adres se à 6000 religieuses.\\ * * ' / 1 , i n f brable et délirante purent empêcher la population entière d\u2019accueillir personnellement le Vicaire du Christ.Tous voulaient le voir et vivre, ne serait-ce qu\u2019un moment, le sentiment d\u2019être \u201cavec\u201d le Pape! Le premier arrêt du cortège fut à l\u2019église de Baclaran où plus de 6 000 religieuses, y compris les contemplatives, s\u2019étaient rassemblées, les plus matinales s\u2019étant déjà placées à deux heures du matin! Les longues heures d\u2019attente, ponctuées de chants et de prières, prirent fin à 9 heures avec l\u2019arrivée du Pape.L\u2019accueil dans ce sanctuaire dédié à Notre-Dame du Perpétuel-Secours fut à la fois joyeux et chaleureux.Jeunes et moins jeunes, âgées, malades ou infirmes, toutes les religieuses prêtèrent une oreille attentive au message du pontife.Ses paroles exaltèrent la beauté d\u2019une vocation de témoin du Christ et devinrent une invitation pressante à vivre dans la vérité les grandes valeurs de la vie religieuse: prière et charité.De l\u2019église de Baclaran, Jean-Paul II se rendit à la Cathédrale de Manille où l\u2019attendaient les prêtres et les séminaristes pour une célébration eucharistique.Après ces deux rencontres avec des portions choisies de son troupeau, il put s\u2019abandonner à un bain de foule, prenant le temps d\u2019approcher toutes les classes de la société, à partir du Président Marcos dans son palais de Malaca-hang, jusqu\u2019aux ouvriers, aux réfugiés et aux enfants.LA BÉATIFICATION DE LORENZO RUIZ Le 18 février, une foule estimée à deux millions, fut témoin de la béatification de 16 martyrs exécu- tés pour leur foi au Japon en 1637.L\u2019un d\u2019eux, Lorenzo Ruiz, était un Philippin né à Manille vers 1600; il était marié et père de trois enfants.Instruit par les Dominicains, il devint leur proche collaborateur dans la paroisse de Binondo, y remplissant les fonctions de sacristain et de secrétaire.En 1 636, à la suite d\u2019une mystérieuse affaire où des soupçons pesèrent sur lui, il quitta les Philippines avec quatre Pères Dominicains et un compagnon d\u2019origine japonaise.Le groupe aborda au Japon où une grave persécution sévissait contre les chrétiens.Lorenzo et ses compagnons furent jetés en prison.Devant leur refus d\u2019aposta-sier, ils furent soumis à de cruelles tortures et, finalement, moururent pendus par les pieds sur une colline près de Nagasaki, à un endroit non loin de celui où tomba la bombe atomique en 1945.La cérémonie de béatification eut lieu en plein air au Parc Luneta, face à la splendide baie de Manille.L\u2019estrade était dominée par une haute structure \u2014 sorte de \u201cgloire du Bernin\u201d \u2014 où l\u2019on avait préparé la fresque des nouveaux bienheureux.Quand le Pape eut proclamé solennellement les noms, le voile se dégagea lentement et la foule éclata en acclamations joyeuses devant l\u2019image de notre humble et maintenant glorieux compatriote.CINQ JOURS BIEN REMPLIS Jean-Paul II a parcouru tout le pays et son périple l\u2019a mené à Cebu, Davao, Bacolod, Iloilo, Legas-pi, Baguio, Bataan et à Radio-Veritas où un groupe 303 Sur la véranda du monastère des Rédemptoristes.it: !!.III!,II! de lépreux l\u2019attendait.Dans toutes ces visites et en toutes ces occasions, il a manifesté son amour des pauvres, des malades, des petits; il a vibré et communié à la souffrance des ouvriers et des prisonniers.Il s\u2019est approché de ceux qui professent d\u2019autres religions et il a même voulu manifester son attention aux Musulmans lors d\u2019une rencontre spéciale avec eux à Davao.Dans ses discours, il a souligné la valeur sacrée de la vie, spécialement celle du bébé dans le sein maternel, et son respect de la dignité de l\u2019homme.Il a profondément remué tous les coeurs! Malgré la fatigue imposée par l\u2019horaire qu\u2019il avait accepté pour rencontrer le plus de gens possible, il a trouvé le moyen de se détendre avec des jeunes quand ils l\u2019appelèrent de son surnom \u201cLolek\u201d.À Bacolod, il s\u2019est amusé avec un groupe qui scandait à sa fenêtre: \u201cJ.P.Il, we love you!\u201d, reprenant sur le même ton: \u201cJ.P.loves you too!\u201d Lors d\u2019une sérénade à la Nonciature, le premier soir de son arrivée, des gens criaient en choeur: \u2018\u2018John Paul II, we love you!\u201d Et lui de répondre en riant: \u2018\u2018Si vous m\u2019aimez vraiment, vous devriez rentrer chez vous!\u201d À l\u2019aéroport, au moment du départ, il manifesta par des mimiques expressives, son regret de devoir partir, provoquant chez la foule un adieu inoubliable.Nous avons participé aux manifestations organisées en son honneur durant la visite papale.Mais quelques M.I.C.ont pu l\u2019approcher de plus près, comme ce fut le cas de S.Dina Ang.lors de la réunion avec la communauté chinoise de Manille, et des jeunes du \u201cGlee Club\u201d de notre Académie de l\u2019Immaculée-Conception de Gagalangin, dirigés par S, Elvira Sibayan, qui, avec ceux d\u2019une autre école et de quelques élèves d\u2019établissements publics firent les frais du chant à Malaca-hang.Ils en revinrent transportés de joie pour cette faveur inestimable, le pape les ayant bénis particulièrement avec les membres de leurs familles.Oui, nous chérirons tous tant que nous vivrons les souvenirs de cette merveilleuse rencontre avec celui qui nous a parlé si éloquemment de paix, d\u2019amour et de justice.Celui qui a souvent délaissé les tapis rouges pour aller vers le peuple, celui qui a chanté à pleine voix avec nous des cantiques à la Vierge; celui qui nous a montré son amour, et que nous avons pu voir, toucher et entendre.Celui à qui nous avons donné notre respect et notre affection, JEAN -PAUL II, le \u201cLolek\u201d des jeunes, le J.P.Il\u201d pour d\u2019autres, le Vicaire du Christ pour tous! (traduit de l\u2019anglais) La fresque des martyrs dévoilée lors des rites de béatifica tion.\u2022 \u2019« 304 TAIWAN L\u2019HOMMAGE D\u2019UN PEUPLE par Jeannette Légaré, m.i.c.La porte principale du mur d'enceinte entourant le \u201cChang Kai-shek Memorial'' à Taipei.: C\u2019est le début d\u2019une journée estivale dans la grande cité de Taipei, à Taiwan.Le soleil tropical dore de ses rayons les édifices d\u2019alentour.Je suis en route pour un bref magasinage, lorsque je rencontre inopinément Mlle Anny Wang.Guide professionnelle au \u201cChiang Kai-shek Memorial\u201d, inauguré en avril 80, elle m\u2019invite à l\u2019accompagner pour admirer de plus près le superbe monument.J\u2019accepte son invitation comme une bonne occasion d\u2019enrichir mes connaissances de la culture chinoise.Et la conversation s\u2019engage: \u2014\tAnny, parle-moi de ce superbe mur d\u2019enceinte que nous franchissons présentement, veux-tu?\u2014\tOh! volontiers.C\u2019est immense! Il mesure 1,200 mètres de long et enclôt 250,000 mètres carrés de terrain.L\u2019inscription tout au haut de la porte centrale se lit ainsi: \u201cTa Chung Chih Cheng\" (extrême droiture) et énumère les noms de l\u2019ex-président.Le mur lui-même possède dix-huit styles différents de fenêtres.Celles-ci permettent aux passants de voir à l\u2019intérieur du parc.Ce dernier est trois fois plus grand que le \u201cNew Parc\u201d de Taipei et ce n'est pas peu dire.Plus de cent espèces de fleurs, arbres ou plantes sont parsemées le long des sentiers, étangs, ponts et endroits de repos qui s\u2019étendent tout autour du monument central.\u2014\tLe marbre blanc des arcades et du monument lui-même provient sans doute des importantes et renommées carrières de marbre de Taiwan?\u2014\tNon.Bien que Taiwan soit un important producteur de marbre, le dessinateur désirait un marbre encore plus blanc que celui d'ici.Il l\u2019a trouvé en Italie et le marbre fut apporté par mer en quarante-six chargements de \u201ccontainers\u201d.\u2014\tOn m'a dit que plusieurs soumissions avaient été présentées au Comité pour la construction de ce monument, n'est-ce pas?305 \u2014\tEn effet.M.Yang Cho-cheng, originaire de Pékin, diplômé de la \u201cNankai University\u201d et de l\u2019École des Beaux-Arts de Paris, mit un an pour compléter le dessin d\u2019ensemble qu\u2019il soumit ensuite aux juges.Quarante-trois autres concurrents prirent part à ce concours; beaucoup venaient d\u2019autres pays.M.Yang dirigea lui-même les architectes et les ingénieurs durant la construction de ce monument, le plus haut du monde en son genre.Il surpasse même le \u201cLincoln Memorial\u201d de Washington.\u2014\tM.Yang est-il réellement un spécialiste du style chinois?\u2014\tOui, et l\u2019un des plus célèbres.Tu vois d\u2019ici la forme globale de la base du monument?Elle est presque carrée, un peu à la manière des pyramides d\u2019Égypte et donne un effet de stabilité aux murs qui, intentionnellement, ne sont pas droits.Cette base mesure 1 4.5 mètres de hauteur, l\u2019équivalent d\u2019une maison de cinq étages.Le corps principal de la bâtisse (24 mètres de haut) y repose.Le tout est coiffé du caractéristique double toit chinois de 31 mètres de hauteur.Tout compte fait, nous admirons un magnifique édifice de 70 mètres! \u2014\tJ\u2019aime beaucoup l\u2019architecture des toits chinois et les couleurs vives qui les décorent.\u2014\tAs-tu remarque que le toit contient des idéogrammes chinois \u201cjen\u201d?Ils signifient \u201chomme\u201d, comme tu le sais, et l\u2019architecture est agencée de multiples mains levées qui saluent le Président.L\u2019ensemble offre un spectacle unique, surtout sous les feux nocturnes repérables des milles à la ronde.Quant aux couleurs, moi aussi je les admire.Regarde, par exemple, le couronnement du toit, qui nous paraît si petit vu d\u2019ici.Il a pourtant deux étages de hauteur! Le jaune impérial employé dans sa fabrication donne, par son brillant, un aspect royal à tout l\u2019ensemble.\u2014\tOui, c'est vraiment la couronne d\u2019un chef-d'oeuvre! \u2014\tEntièrement d\u2019accord! Sais-tu que c\u2019est la première fois que cette couleur bleu royal des tuiles du toit est fabriquée à Taiwan?On a dû importer du cobalt provenant de l\u2019Afrique du Sud; mêlé au bleu, il a donné une nuance évanescente de rouge.\u2014\tL\u2019extérieur est tellement grandiose qu\u2019il me tarde maintenant de visiter l\u2019intérieur.Nous y allons?\u2014\tOui, et vois comme la statue du Président Chiang Kai-shek est naturelle; il semble sourire à ses visiteurs.\u2014\tFantastique! Cette statue de bronze naturel doit peser des tonnes.\u2014\tOui, exactement vingt-cinq.Il a fallu deux ans pour mouler et fondre cette statue de 6.3 mètres dans sa position assise sur un trône et son piédestal a 3.5 mètres de diamètre.L\u2019installation à elle seule a pris plus de quatre mois, car on a dû procéder au coulage morceau par morceau pour ensuite souder le tout de façon à ce que rien ne paraisse, comme tu vois, le dessinateur ne voulant aucun recouvrement de peinture.\u2014\tJe m\u2019étonne qu\u2019il n\u2019y ait aucune colonne visible dans cette salle, surtout ici à Taiwan où les tremblements de terre sont si fréquents?\u2014\tEn dépit de l\u2019absence de colonnes, ce monument est à l\u2019épreuve des tremblements de terre.Nous pouvons dire que la preuve en est faite puisqu\u2019il y a eu plusieurs secousses sismiques pendant la construction.\u2014\tJe trouve que l\u2019effet plutôt froid du marbre blanc des murs intérieurs fait un contraste équili- Les visiteurs défilent continuellement devant l\u2019imposante structure.\tPhotos: H.Turcotte, m.i.c.¦ 306 £1 i iPiffé ^ ' 5* « X W:.' % Du haut de son trône de bronze, le Président Chang Kai-shek semble sourire à ses visiteurs.bré par les couleurs complémentaires du plancher de granit rose, le bois naturel du plafond et le brun foncé de la statue.\u2014 Vois maintenant le plafond.Le dessin dans la voûte te semble-t-il familier?\u2014 Il me rappelle le drapeau national.Et j\u2019ai lu quelque part que les douze pointes représentent chacune une période du jour équivalant à deux heures.Le tout symbolise l\u2019incessant esprit de progrès de la nation.\u2014\tBravo! Tu as bien appris ta leçon! Maintenant, allons voir la maquette de la seconde partie du projet qui sera terminé en 1 983.Ici, de ce côté du monument, il y aura une salle de concert de 2,300 sièges et de l\u2019autre, le \u201cNational Opera House\u201d avec 1,500.Comme tu peux le remarquer, l\u2019extérieur sera de style typiquement chinois, et l\u2019intérieur de style moderne international.\u2014\tUn tel projet a dû coûter des millions?\u2014\tOn l\u2019estime à 23 millions de dollars US.Les contributions proviennent du gouvernement, des Chinois d\u2019outre-mer et de ceux de Taiwan.Après la mort de Chiang Kai-shek, le peuple chinois a cherché un moyen de lui rendre un hommage durable, qui se perpétuerait à travers les siècles pour les générations à venir.Et on a décidé de bâtir ce monument de marbre.Mais je vois un groupe de visiteurs qui a besoin de mon aide.Tu me permets d\u2019aller les rejoindre?\u2014\tCertainement, Anny, j\u2019ai eu bien de la chance de visiter le Memorial avec un guide expérimenté comme toi.Plus j\u2019entre en contact avec la culture chinoise, plus je sens que mes racines s\u2019enfoncent à Taiwan.Merci et au revoir! TIMBRES POUR L\u2019ANNÉE DES HANDICAPÉS La Direction générale des Postes de Taiwan a émis le 19 février une série de deux timbres pour commémorer l\u2019Année internationale des personnes handicapées.Les timbres sont identiques (NT$2.00 et NT$1 2.00).L\u2019illustration rappelle le cas de jumeaux siamois, Chang Chung-jen et Chang Chung-i, qui furent séparés à l\u2019hôpital de l\u2019Université nationale de Taiwan.L\u2019opération, effectuée par une équipe de chirurgiens spécialisés, dura quatorze heures.Trois dessins montrant ces enfants \"avant\u201d et \u201caprès\u201d leur séparation (voir la reproduction au dos de la revue), évoquent le besoin d\u2019attention et d\u2019affection des personnes handicapées.Une chandelle allumée symbolise la lumière et la chaleur que ces sentiments font naître dans la vie de tous les handicapés du monde.L\u2019emblème officiel de l\u2019AIRH apparaît dans le coin droit supérieur.Ce dessin triangulaire représente force et solidarité pour les handicapés, par une \u201cpleine participation dans l\u2019égalité\u201d (thème de l\u2019Année).On s\u2019efforcera aussi de mettre en évidence la contribution que ces personnes peuvent apporter à la société et promouvoir la reconnaissance de leurs droits à une vie utile et décente.Puisque beaucoup de personnes deviennent handicapées à la suite de blessures infligées par la guerre, l\u2019Année internationale se propose aussi d\u2019appuyer les campagnes en faveur de la paix dans le monde.(Collaboration de S.Olivette Côté, m.i.c.) 307 L\u2019ÉGLISE CATHOLIQUE DU CANADA EST-ELLE TOUJOURS MISSIONNAIRE?par Henri Goudreault, o.m.i.L\u2019Église catholique du Canada voit ses effectifs missionnaires à l\u2019étranger diminuer de plus en plus.Les chiffres parlent par eux-mêmes comme en font foi les tableaux suivants: Année\tAfrique\tAmérique latine\tAsie\tOcéanie\tTotal 1971\t2245\t1894\t981\t136\t5256 1975\t1901\t1780\t944\t178\t4803 1977\t1640\t1 721\t917\t169\t4447 1979\t1436\t1549\t760\t156\t3901 De 1 971 à 1 979 la diminution fut de 35.9% pour l\u2019Afrique, de 18.2% pour l\u2019Amérique latine, 22.5% pour l\u2019Asie.L\u2019Océanie a atteint un sommet en 1975 pour ensuite diminuer graduellement.Le nombre de missionnaires catholiques du Canada à l\u2019étranger est donc diminué depuis 1971 de 25.7%.On constate le même phénomène en ce qui concerne les missionnaires catholiques oeuvrant au milieu des populations indigènes du Canada.Les raisons de cette diminution d\u2019effectifs sont nombreuses: 1 ) la crise des vocations au Canada.Depuis une dizaine d\u2019années les départs de nouveaux missionnaires sont de moins en moins nombreux; 2) le retour de nombreux missionnaires à l\u2019âge de la retraite.Dans les années de 1935 à 1955, des centaines de missionnaires partaient chaque année pour les quatre coins du monde.Beaucoup sont maintenant à l\u2019âge de la retraite et reviennent à leur pays d\u2019origine; 3) la difficulté de s\u2019adapter à la situation nouvelle des pays devenus indépendants.Il faut un grand esprit de renoncement et une souplesse remarquable pour accepter de nouvelles responsabilités, travailler sous de nouveaux maîtres, exécuter des ordres qui ne cadrent pas toujours avec ses vues personnelles, vivre la spiritualité du Précurseur: \u201cÀ lui de grandir, à moi de diminuer\u201d; 4) le renvoi de certains missionnaires par les autorités civiles, le non-renouvellement des visas, la défense de faire un travail directement d\u2019évangélisation.Les missionnaires qui s\u2019engagent dans la lutte pour la justice sociale sont facilement accusés de révolutionnaires et invités à quitter.De nombreux pays, pour des raisons différentes, refusent tout missionnaire en tant que missionnaire.Une personne peut faire du travail social mais ne peut travailler à construire une communauté chrétienne dans le milieu en prêchant directement l\u2019Évangile.Les pays qui refusent ainsi le travail d\u2019évangélisation directe regroupent une population d\u2019environ un milliard de personnes; 5) la multiplication des vocations dans les pays de jeunes chrétientés.Bon nombre de jeunes Églises en Afrique et en Asie sont devenues elles-mêmes missionnaires.C\u2019est le cas du Ceylan, du Lesotho, des Indes et de plusieurs autres.Les vocations sont nombreuses dans certaines régions.Les Carmélites de Marie Immaculée de Kerala, aux Indes, auront le 11 mai 1981 une profession temporaire de 40 membres, une profession perpétuelle de 25 et 23 diacres seront ordonnés prêtres.Cette communauté envoie de ses membres en Allemagne de l\u2019Ouest, aux États-Unis, au Pérou et elle ouvrira bientôt un nouveau champ d\u2019apostolat en Zambie; 6)\tla conviction que chaque Église locale doit se prendre en mains en multipliant les apôtres sur place, surtout en travaillant à la promotion du laï-cat.On comprend de plus en plus le sens profond de ce texte de Vatican II: \u201cL\u2019Eglise n\u2019est pas fondée vraiment, elle ne vit pas pleinement, elle n\u2019est pas le signe parfait du Christ parmi les hommes si un laïcat authentique n\u2019existe pas et ne travaille pas avec la hiérarchie.L\u2019Évangile ne peut s\u2019enfoncer profondément dans les esprits, dans la vie, dans le travail d\u2019un peuple, sans la présence des laïcs\u201d (L\u2019activité missionnaire de l\u2019Église, no 21); 7)\tla prise de conscience des besoins missionnaires de vieilles chrétientés.Nos Églises de vieilles chrétientés sont redevenues des territoires de missions et elles ont de plus en plus besoin de missionnaires au sens le plus fort du mot.Pour aller en mission, il n\u2019est plus nécessaire de franchir des frontières géographiques et de changer de culture.Des groupements humains traditionnellement pourvoyeurs de missionnaires à l\u2019étranger ont besoin d\u2019être ré-évangélisés.Beaucoup de nos gens, sans avoir officiellement renoncé à leur foi au Christ, ne sont plus dynamisés par celle-ci.On parle d\u2019une sorte d\u2019hémorragie; ils ont quitté par la porte dérobée sans bruit.Ils se sont départis de leur christianisme comme on se débarrasse d\u2019un vieux manteau qui n\u2019a vraiment jamais collé à sa peau.L\u2019Eglise catholique du Canada est toujours mis- 308 Les missionnaires partent toujours.Cérémonie d\u2019envoi à la cathédrale de Montréal, juin 1980.Photo: P.Hamel, s.j.sionnaire mais depuis quelques années ses responsabilités n\u2019ont fait que croître.Elle doit oeuvrer et à l\u2019extérieur et à l\u2019intérieur.Si le nombre de ses religieuses, de ses religieux et de ses prêtres a diminué, celui de ses laïcs engagés a par contre grandement augmenté.C\u2019est là une lueur d\u2019espérance.Tous ensemble, laïcs, religieuses, religieux et prêtres, ils garderont à l\u2019Église son esprit missionnaire.Sans celui-ci, une communauté chrétienne est vouée à l\u2019asphyxie spirituelle.Elle n\u2019a plus le dynamisme nécessaire pour réparer les tissus qui se brisent à l\u2019intérieur d\u2019elle-même et elle va vers la mort.Maintenir et raviver sans cesse la flamme missionnaire demeure donc pour toute Église un objectif pastoral prioritaire.Université Saint-Paul, Ottawa.(Source:\u2018\u2018Présence\", 15-3-81) mm® i Votre \u201cCADEAU-DÉPART\u201d, joint au coupon suivant, aidera une de ces MISSIONNAIRES à atteindre son pays d\u2019adoption et vous serez ainsi solidaire de son travail d\u2019évangélisation.Il me fait plaisir de vous envoyer le montant de $.pour aider aux frais de voyage d\u2019une de vos Soeurs.Procure des Missions Miss, de l\u2019Immaculée-Conception 121, Ave Maplewood, Montréal H2V 2M2 NOM:_____ ADRESSE: VILLE:___ CODE:____ Suzanne Morneau, m.i.c.Tourville Dioc.La Pocatière Japon Thérèse Lavoie, m.i.c Montréal Dioc.Montréal Guatémaia Désirez-vous un reçu d\u2019impôt?oui ?non ?309 MISSIONNAIRES CHEZ NOUS [MŒQI S.Fernande est la voix qui répond au Centre St-Pierre.\u2022 \u2022 1** ; ; AU CENTRE SAINT-PIERRE Je suis \u201cmissionnaire chez nous\u201d en remplissant les fonctions de secrétaire et préposée à la réception au Centre Saint-Pierre de Montréal.Encore relativement jeune sous sa forme actuelle, même s\u2019il occupe des locaux d\u2019âge respectable, le Centre répond à son nom et à sa vocation.C\u2019est une ruche bourdonnante et polyvalente sous la responsabilité des Pères Oblats, regroupant une multitude de services et d\u2019activités.Je réponds au téléphone, j\u2019accueille les visiteurs et je les dirige vers les lieux et les personnes concernés.Comme les Oblats sont aussi en charge de la paroisse Saint-Pierre-Apôtre, il y a de nombreuses demandes pour des certificats de baptême, de mariage, etc.et pour d\u2019autres affaires relatives a l\u2019administration paroissiale.Je partage le travail avec une compagne très sympathique, S.Rachel Julien, des Soeurs de la Providence.Même si les appels et les visiteurs sont nombreux, il est toujours possible de dire un bon mot aux personnes qui s\u2019adressent à moi.La saveur \u201cmissionnaire\u201d du Centre me plaît et le temps file, remplissant ainsi ma vocation au Canada.Quand il y a de l\u2019amour dans le coeur, le joug du Seigneur est doux et son fardeau léger! Fernande Charbonneau, m.i.c.\u2022 De Rimouski, où elle coule paisiblement les jours de sa retraite, S.Marguerite Ouellet évoque les souvenirs du temps où elle dirigeait à la salle d\u2019expédition l\u2019envoi du \u201cPrécurseur\u201d.Écoutons-la: \u201cLe 60e anniversaire de la revue fait surgir des souvenirs d\u2019autrefois et surtout ceux de mon emploi des 43 années qui ont suivi ma profession: la diffusion et le secrétariat du \u201cPrécurseur\u201d.\u201cQuand j\u2019ai fait connaissance avec la revue, elle avait à peine un an car elle pénétra dans ma famille en 1921.Sa lecture contribua certainement à éveiller ma vocation car j\u2019entrais au postulat en 1922.Dès après ma profession, me revoilà en compagnie du \u201cPrécurseur\u201d! Et sur les routes cette fois, avec S.Irène Pelland pour m\u2019initier au travail de propagandiste.Je me souviens que je fis mes débuts dans la paroisse St-Léon de West-mount.J\u2019ai parcouru ensuite plusieurs autres paroisses de Montréal, de la région de St-Jean et de Québec.J\u2019allais aussi dans les écoles faire connaître la Sainte-Enfance, comme on appelait cette oeuvre pontificale en ce temps-là.\u201cPuis on me désigna pour le bureau d\u2019expédition de la revue.On m\u2019a raconté comment se préparaient les premiers envois, quand le tirage était plus que modeste, voire des unités.Le nom de l\u2019abonné était écrit à la main sur des bandes de papier préalablement passées au miméographe pour imprimer l\u2019adresse de l\u2019envoyeur.Les bandes étaient fixées autour des revues avec un peu de colle.Quelques récréations en groupe suffisaient pour faire l\u2019envoi à cette époque.\u201cAvec le temps, vu l\u2019augmentation du nombre d\u2019abonnés, il fallut s\u2019organiser plus adéquatement.Mais les listes de noms continuèrent d\u2019être transcrites manuellement, diocèse par diocèse, paroisse par paroisse, après vérification des feuilles insérées dans des cahiers étiquetés.Quand la revue arrivait de l\u2019imprimerie, nous faisions des corvées pour adresser et coller les bandes, ficeler les paquets et les mettre dans des sacs bien marqués pour la poste.La communauté entière était mobilisée.Devant la lenteur du procédé, on finit par décider d\u2019acheter des enveloppes pour y glisser la revue.Quelle amélioration! Cette libération des bandes collées marqua une autre étape.\u201cDurant les belles années qui suivirent, le tirage continua de monter grâce aux tournées publici- 310 taires d\u2019une quarantaine de nos Soeurs un peu partout au Québec et dans les territoires voisins: Ontario et Nouvelle-Angleterre.Et la revue franchit de nouvelles étapes: en 1938, déménagement et installation à la nouvelle Maison-Mère du 2900, Chemin Ste-Catherine.Quelle surprise de nous retrouver dans un clair et vaste local avec une machine moderne qui imprimait les adresses sur le dos de la revue! Une autre machine pour attacher les paquets vint ensuite faciliter ce travail.\u201cCe sont ces souvenirs du \u201cbon vieux temps\u201d, qui me reviennent en mémoire chaque fois que j\u2019accueille le \u201cPrécurseur\u201d de 1981 dans sa tenue moderne.J\u2019en savoure les pages car elles m\u2019apportent des nouvelles missionnaires et des échos de plusieurs compagnes connues, maintenant en pays lointains.Car aujourd\u2019hui, j\u2019ai plus de loisirs que durant les années où je travaillais à l\u2019expédition.D\u2019autres ont pris la relève et je m\u2019en réjouis car ma chère revue, à laquelle j\u2019ai consacré un gros morceau de ma vie, conserve une très grande place dans mon coeur!\u201d VERS LA MAISON OU PÈRE Deux pionnières de la communauté nous ont quittées à quelques jours d\u2019intervalle en mars dernier: S.Marie-Antoinette Perreault et S.Imelda Robitaille, toutes deux retraitées à notre maison de Pont-Viau.S\u2019étant jointes aux Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception moins de vingt ans après le début de l\u2019Institut, elles ont connu de très près la Fondatrice, Délia Tétreault.Leur attachement et leur confiance filiale envers elle en firent des témoins qui rayonnèrent sa spiritualité sur les générations subséquentes.S.Marie-Antoinette Perreault (Marie-de-la-Tri-nité), décédée à l\u2019Infirmerie communautaire le 13 mars à l\u2019âge de 83 ans, était originaire de Des-chambault.Professe en 1923, elle a vécu principalement dans nos maisons de Montréal sauf quelques années à Chicoutimi et à Québec.Elle utilisa ses talents d\u2019artiste pour la communauté avec un remarquable esprit de détachement et de reconnaissance.Sa grande dévotion à saint Joseph fut aussi un trait caractéristique de sa vie spirituelle.S.Imelda Robitaille (Saint-Ignace) était née à Montréal dans la paroisse Sainte-Cunégonde.Entrée chez les M.I.C.le 15 août 1918, elle assuma longtemps des responsabilités communautaires dans nos maisons de retraites fermées, surtout à Québec, puis à Nominingue, à la Maison-Mère et à Granby.Elle fut une travailleuse au zèle infatigable, d\u2019un caractère droit et ferme, dont le courage parvenait à triompher des difficultés, sachant tempérer par une bonté joyeuse son sens aigu du devoir.Son décès est survenu le 23 mars à l\u2019âge de 91 ans et elle fut inhumée, comme S.Marie-Antoinette, dans le cimetière communautaire de Pont-Viau. LE PAPE ET LES RÉFUGIÉS par Huguette Turcotte, m.i.c.WtÊÊÊÊÊÊÊÊÊtttlÊimÊttttÊltÊKtÊtKÊHKtKHÊtKÊÊÊttÊÊÊÊÊKÊÊÊtm \u201cL\u2019exode des réfugiés est peut-être la plus grande tragédie du monde contemporain.\u201d Jean-Paul II à Morong, 21 février 1981 -?»*¦.ta.Au cours de son séjour aux Philippines, Jean-Paul Il a fait un arrêt de quelques heures au camp de Morong, dans la province de Bataan.Environ 20,000 réfugiés y vivent, la plupart ayant été transférés récemment des camps de Thaïlande où le surpeuplement et les conditions hygiéniques Le Pape rencontre deux jeunes laotiennes lors de son passa ge au camp.7\u2014z\u2014\u2014 WSè < \u2022/\u2022yy// .V\\WÎ*v déficientes sont une grave menace pour leur survie.En arrivant aux Philippines, ces gens trouvent enfin une situation meilleure et peuvent commencer à oublier, dans un site et un climat enchanteurs, le cauchemar qu\u2019ils ont vécu depuis leur fuite du Vietnam, du Cambodge ou du Laos.Mais même si les conditions matérielles de leur vie s\u2019améliorent, l\u2019angoisse et l\u2019insécurité de l\u2019avenir demeurent.\u201cQui voudra de nous?Où irons-nous?Quand sortirons-nous d\u2019ici?\u201d Ces questions sont sur toutes les lèvres, dans tous les yeux et dans tous les coeurs.Lors de mon passage à Manille, en novembre dernier, j\u2019ai pu visiter Morong, grâce à l\u2019invitation de S.Pascale et de S.Melchora, des Filles de la Charité de St-Vincent de Paul, responsables de l\u2019oeuvre de leur communauté dans ce camp.LECAMP DEMORONG Morong est une petite ville de 9,000 habitants située à 200 kilomètres de Manille.On vient d\u2019y construire au barrio Sabang, un camp immense dont le développement est suivi de près par les autorités gouvernementales.Les bâtiments sont neufs et salubres, bien alignés dans de grands espaces entre les montagnes et la mer.La seconde phase du projet s\u2019est ouverte en octobre dernier par l\u2019arrivée de milliers de réfugiés dénués de tout.\u201cCeux qui viennent de Thaïlande ou de Malaisie n\u2019ont pratiquement rien, il faut tout leur fournir\u201d, m\u2019a dit S.Rebecca Vasquez.En novembre, il y avait déjà presque 20 000 réfugiés à Morong et des groupes de 500 personnes arrivaient une ou deux fois la semaine.La majeure 312 partie de ces gens est destinée aux États-Unis mais des groupes plus restreints sont accueillis par d\u2019autres pays.L\u2019Allemagne, par exemple, en accepte un bon nombre et envoie un professeur d\u2019allemand donner des cours au camp avant le départ.Les réfugiés sont regroupés par ethnies dans de longues baraques aux toits de tôle, chacune étant divisée en unités familiales d\u2019une seule pièce.Les robinets dispensent l\u2019eau durant trois heures chaque jour et les deux repas sont apportés par des camions de l\u2019extérieur.LA VIE AU CAMP Plusieurs confessions religieuses et organismes d\u2019aide ont des représentants au camp et tous s\u2019efforcent d\u2019apporter réconfort et assistance à ces milliers de personnes, des femmes et des enfants pour la plupart.Les Baptistes, en particulier, sont très généreux et très actifs.Les Bouddhistes ont leur temple, un joli kiosque rustique dans un bosquet près d\u2019une pièce d\u2019eau au centre de laquelle trône un Bouddha tout blanc.Les trois bonzes laotiens \u2014 le plus jeune m\u2019a semblé avoir 14 ou 15 ans \u2014 et une bonzesse habillée de blanc et non de couleur safran comme les moines, nous ont cordialement reçus, poussant la complaisance jusqu\u2019à sortir de leur maison pour nous saluer.J\u2019ai appris avec surprise que leur chef, qui demeure plus à l\u2019écart, est d\u2019origine britannique.L\u2019Église catholique est aussi présente et maintient une chapelle où la communauté catholique \u2014 quoique très minoritaire \u2014 se rassemble pour la messe deux fois par mois.Le prêtre célèbre en an- Toutes les générations se rencontrent à Morong.\\ f * glais et des interprètes traduisent en vietnamien, en laotien et en cambodgien.Pour leur part, les Filles de la Charité se sont installées au camp en avril dernier dans une maisonnette hâtivement érigée par CARITAS.Subventionnées par cet organisme, elles offrent des services à tous les réfugiés indistinctement.Un local polyvalent sert à plusieurs groupes pour les assemblées et les cours.\u2014\t\u201cQue font les réfugiés pour s'occuper?\u201d ai-je demandé à S.Clara.\u2014\t\u201cLes cours de langues sont le besoin de l\u2019heure, puisque tous les réfugiés attendent le moment de leur départ et que tous veulent commencer à \u201cNous allons visiter le temple bouddhiste situé dans un bosquet.'' ÛDDHÏft Vm 'à \u2014 ::v *** i -v 313 Nos guides à Morong: une Fille de la Charité, deux séminaristes, des enfants souriants.\u2019\u2019 apprendre l\u2019anglais.C\u2019est un problème car une armée de professeurs n\u2019y suffirait pas! Une seule personne par famille est autorisée à suivre le cours et elle en transmet le contenu aux autres.Le cours dure trois mois et débute deux semaines après l\u2019arrivée au camp.Les 200 professeurs sont rémunérés par des agences d\u2019aide.Il y a aussi des activités culturelles et sportives.Nos jeunes catholiques se sont regroupés dans un \u201cCatholic Youth Club\u201d dont la créativité est étonnante.Par exemple, ils viennent d\u2019organiser avec d\u2019autres jeunes, des bénévoles des collèges de la capitale qui nous aident occasionnellement, une vente de cartes de Noël de leur fabrication.\u201d Pour beaucoup de réfugiés qui sont majoritairement bouddhistes, la rencontre avec les Soeurs est le premier contact avec le catholicisme.Elles sont très aimées et se disent débordées de travail, quoique les premières semaines de leur séjour au camp furent consacrées surtout à observer et à déceler les besoins réels des gens.S.Melchora m\u2019a avoué qu\u2019\u201cassurer une présence aux fêtes propres à l\u2019un ou l\u2019autre groupe ethnique prend beaucoup de temps, mais nous y voyons une bonne occasion d\u2019intégration culturelle.Une fois, alors que nous avions décliné l\u2019invitation parce \u201cNotre présence aux fêtes est une bonne occasion d'intégration culturelle v SrJà h ; 314 Des jeunes du \u201cCatholic Youth Club\u201d dont la créativité est étonnante.\u201d .é DQiidâïm in 3 'r\t: '¦zmm que l\u2019assemblée avait lieu à 8 heures du soir, heure à laquelle nous sommes retirées au couvent, nos gens ont vite fait de trouver la solution: la fête aurait lieu à 4 heures pour nous accommoder!\u201d Selon le témoignage des Soeurs, le Seigneur travaille dans les coeurs de ces gens courageux qui ont été éprouvés de toutes manières.Par exemple, un séminariste vietnamien qui partira bientôt pour les États-Unis a vaincu son inimitié ancestrale pour les Laotiens et les Cambodgiens.\u201cIl collabore activement avec nous et nous pouvons maintenant compter sur lui pour traiter avec n\u2019importe qui sans discrimination\u201d, disait S.Isabel Escarcho, rencontrée lors de ma visite.JEAN-PAUL II À MORONG Le Pape a souvent parlé des réfugiés depuis le début de son pontificat.Il a voulu faire davantage et poser un geste éloquent en allant les visiter dans un camp des Philippines.À Morong, le 21 février, Jean-Paul II a invité les chrétiens à passer des paroles aux actes en disant: \u201cC\u2019est à eux (les réfugiés) que l\u2019Église tend la main, désireuse de se mettre à leur service.\u201d Madame Imelda Marcos, épouse du Président de la République, arrivée dans un hélicoptère des Nations-Unies, comme le Pape, a présenté le Centre de Morong comme \u201cune offrande du peuple philippin à l\u2019humanité souffrante.\u201d S\u2019adressant à un auditoire composé principalement de réfugiés, des représentants d\u2019organismes d\u2019aide et des habitants des environs, Jean-Paul II a dit: \u201cL\u2019Église se souvient que Jésus lui-même a été un réfugié quand il a fui la persécution durant sa vie terres- tre.À travers les âges, l\u2019Église a été appelée à secourir les réfugiés et elle continuera de le faire de toutes ses forces et de toutes ses possibilités.\u201d Le Pape a rappelé aussi que pour être un \u201cbon Samaritain\u201d, il ne faut pas se soucier des louanges ou des critiques, ni s\u2019attacher à des considérations de race, de religion ou d\u2019allégeance politique du réfugié, mais agir sous l\u2019inspiration d\u2019une charité \u201cqui fait voir en cette personne un frère ou une soeur en besoin immédiat d\u2019assistance.\u201d J\u2019ai vu beaucoup d\u2019enfants à Morong, des grappes d\u2019enfants gentils et polis, avides d\u2019un sourire et d\u2019une marque d\u2019attention.Et des jeunes en grand nombre, parfois assez hardis pour s\u2019enquérir des possibilités de parrainages au Canada.Je répondais: \u201cNous avons déjà accueilli beaucoup de réfugiés.\u201d Et eux de riposter: \u201cEt nous?Il n\u2019y a plus de place pour nous?\u201d Que dire?Comprendraient-ils nos raisons, ces pauvres victimes \u201cde la plus grande tragédie du monde contemporain\u201d, comme l\u2019a exprimé le Pape le 21 février à Morong?Durant le voyage de retour, sur la route de Manille, notre voiture a été dépassée par un autobus de Morong, plein de réfugiés.J\u2019ai vu des dizaines de têtes aux fenêtres, des petites mains d\u2019enfants qui s\u2019agitaient, j\u2019ai entendu des cris et des chants.Ils s\u2019en allaient vers le camp de transit de la capitale pour attendre l\u2019avion qui les amènera vers le pays de leurs rêves.J\u2019ai longtemps suivi des yeux cet autobus qui filait allègrement avec sa cargaison de réfugiés heureux, en route vers une nouvelle vie, vers la liberté.En route vers nous, vers la chaleur de notre accueil.au bout du long chemin de leurs misères.315 31 MA11981 JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICA TIONS SOCIALES: Portant sur un thème fixé par te Saint-Père, cette Journée instituée par le Concile Vatican II pour l\u2019ensemble de l\u2019Église catholique, veut avant tout susciter une réflexion sur les mass media afin qu\u2019ils soient toujours davantage au service de l\u2019homme, de la famille, de la société.Le thème pour 1981 s\u2019énonce comme suit: LES COMMUNICATIONS SOCIALES AU SERVICE DE LA LIBERTÉ RESPONSABLE DES HOMMES.Savoir choisir, librement et de façon responsable, c\u2019est l\u2019idéal à viser, tant par l\u2019usager que par le producteur, l\u2019un aidant l\u2019autre par ses choix.\u201cIl faudrait peut-être à ceux qui n\u2019ont pas l\u2019habitude de la liberté refaire le chemin de l\u2019école de l\u2019évangile.Qu\u2019ils se rappellent Jésus: il pourchassait la loi pour présenter un esprit.Jésus incarnait ses valeurs chez ceux à qui il les offrait; il ne refusait pas la vie, il lui donnait un sens; il ne fermait pas les yeux au monde, il le regardait en plein dans les yeux.Il n\u2019obligeait pas, il invitait.L\u2019évangile est un ensemble de valeurs qui conduisent au Royaume; et la première entre toutes, c\u2019est le respect de la liberté chez ceux qui entendent le message et le voient s\u2019incarner.\u201cJe sais bien, le plus grand problème de l\u2019homme, c\u2019est sa liberté.Mais c\u2019est aussi sa première noblesse.\u2019\u2019 (Jean-Guy Dubuc).JUBILÉ DU P.MARTELET Notre ami \u201cmoine et missionnaire\u201d de l\u2019Abbaye de Sept-Fons, en France, le P.Bernard Martelet, célébrera le 3 juin le 60e anniversaire de sa profession monastique.La publication récente d\u2019un article dont il est l\u2019auteur (\u201cPrécurseur\u201d, janv.-fév.1 981, p.231 ) l\u2019a fait connaître à nos lecteurs.Ils se joindront sans doute aux M.I.C.pour féliciter le P.Bernard à l\u2019occasion de son jubilé.La photo ci-contre fut faite par S.Carmen Ménard qui fut la première M.I.C.à visiter ce grand ami de la communauté durant un stage d\u2019études en Europe à l\u2019automne de 1980.316 SOEURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION Maison Généralice et Procure des Missions 121, Avenue Maplewood, MONTRÉAL H2V 2M2 125, Avenue Maplewood, MONTRÉAL H2V 2M2 Maison-Mère, 314 Chemin Ste-Catherine, MONTRÉAL H2V 2B4 Maison provinciale 1061 rue Dutrisac, MONTRÉAL H4L 4H7 7535 St-Dominique, MONTRÉAL H2R 1X4 64, rue Somerville, MONTRÉAL H3L 1A2 564 Terrasse Godin, STE-DOROTHÉE Ville de Laval H7X 2J2 2100 rue De Londres, MONTRÉAL H4L 3A6 5550, Avenue Louis-Colin, MONTRÉAL H3T 1T7 5720, rue Plantagenet, MONTRÉAL H3S 2K3 1436, rue Jeanne-d'Arc, MONTRÉAL H1W 3T4 4450, rue St-Hubert, MONTRÉAL H2J 2W9 790, rue Dollard, LONGUEUIL J4K 4M4 906, Chemin Sydenham, CHICOUTIMI G7H 2H3 35, rue Alexandra, GRANBY J2G 2P4 750, rue St-Louis, JOLIETTE J6E 2Z8 C.P.368, LABELLE Cté Labelle JOT 1H0 Centre Chinois, 30 Av.Goulburn, OTTAWA Ont.Kl N 8C8 Rés.des Étudiantes, 28 Av.Goulburn, OTTAWA Ont.Kl N 8C8 54, rue Desnoyers, PONT-VIAU, Ville de Laval H7G 1 A4 Solitude Délia Tétreault, 1600 Notre-Dame, ST-SULPICE JOK 3J0 466, rue Bonaventure, TROIS-RIVIÈRES, G9A 2B4 1060, Ave du Parc, app.5-4-10, QUÉBEC GIS 2W7 225, rue St-Germain ouest, RIMOUSKI G5L 4B9 430, rue Champlain, SAINT-JEAN, Qué.J3B 6W8 2950, Prince Edward St.VANCOUVER, B.C.V5T 3N3 74 Constance St., TORONTO M6R 1 S6 CUBA Apartado postal No 21, Pr.de Matanzas, COLON, Cuba Galle 146, No.904, et 9 y 11 Mariano 16, LA HA-BANA Cuba Calle Marti, No 16, Pr Ciego de Avila MORON, Cuba Galle Marti, No 126, HOLGUIN, Cuba Iglesia Catolica, Avenida 23 #3202, LOS PALACIOS, Pr Pinar del Rio, Cuba GUATÉMALA Colegio Pedro de Bethancourt, TOTONICAPAN, Gua-témala, America Central.Calle Xelaju 3-27, Puerto de CHAMPERICO, Guaté-mala, America Central.BOLIVIE CATAVI, Bolivia, America del Sur.Calle Oruro 3403, Casilla 1667, COCHABAMBA Bolivia, America del Sur.VILLA TUNARI: (Chapare) adresser: Casilla 1027, Co-chabambal, Bolivia, America del Sur.Avenida Abaroa 895, Casilla 2893, LA PAZ, Bolivia, America del Sur.CHILI Casilla 282, Calle Errazuriz 227, ANCUO (Chiloe) Chile, America del Sur.PÉROU Casa Provincial, Francisco de Orellana no 338, LIMA 5, Peru, America del Sur Napo 1124, LIMA 5, Peru, America del Sur Calle Moyobamba 281, Lima 13, PERU America del Sur Atahualpa 853, Casilla 241, PUCALLPA Peru, America del Sur SANTA LUZMILA adresser: Hnas Misioneras de la Inm.Conc.(nom de la Soeur) Apartado 5611, LIMA Peru, America del Sur YAURI, Provincia de Espinar, Dpto Cuzco, Peru, America del Sur.HAÏTI Maison provinciale, C.P.1085 Ave Hailé Sélassié.Cité 2, PORT-AU-PRINCE Haïti, Les Antilles Maison de DELMAS, C.P.1085, Delmas, PORT-AU-PRINCE, Haïti, Les Antilles La Boule: Via C.P.1085, Cité 2, PORT-AU-PRINCE, Haïti, Les Antilles C.P.63 LES CAYES, Haïti, Les Antilles C.P.81 Cap Haïtien, Haïti, Les Antilles Via C.P.63, Les Cayes, (Chantal) Haïti, Les Antilles Via C.P.1085, Port-au-Prince, Cité 2 (Hinche) Haïti, Les Antilles Via C.P.63.Les Cayes, (Les Côteaux) Haïti, Les Antilles Via C.P.81, Cap Haïtien, (Limbé) Haïti, Les Antilles Via C.P.63, Les Cayes, (Port-Salut) Haïti, Les Antilles Via C.P.63, Les Cayes, (Roche-à-Bateau) Haïti, Les Antilles Via C.P.81, Cap Haïtien, (Trou-du-Nord) Haïti, Les Antilles AFRIQUE Provincial House, PO.Box 47, MZIMBA Malawi, Central Africa Rés.de Banga, Nkhata-Bay Sec.School, P/Bag, NKHATA BAY, Malawi, Central Africa KASEYE, P.O.Box 100, Chitipa, Malawi, Central Africa KATETE, P.O.Box 8, Champhira, Malawi, Central Africa P.O.Box 3, Euthini (MZAMBAZI), Malawi, Central Africa Marymount Girls' Secondary School P O.Box 24, MZUZU, Malawi, Central Africa P O.Box 107, CHIPATA Zambia, Central Africa (CHIKUNGU), P O.Box 69, Chipata, Zambia, Central Africa KANYANGA, adr.: P O.Box 150, Lundazi (Kanyanga), Zambia, Central Africa ÉTATS-UNIS 2700 Merion Drive SAN BRUNO, Cal.94066, U S A 1417- 38th Ave.SAN FRANCISCO, Cal.94122 MADAGASCAR Maison Provinciale, Tsaramasay, TANANARIVE Madagascar AMBOHIBARY, Sambaina, Madagascar Ste-Thérèse de Mahazoarivo, B.P.146, ANTSIRABE, Madagascar.02 F 10, Route d'Ambositra, B.P.207, ANTSIRABE, Madagascar.Via B.P.53, MORONDAVA, Madagascar.HONG KONG Provincial House, Good Hope, Clear Water Bay Road, KOWLOON, Hong Kong Tak Oi Secondary School 8 Tsz Wan Shan Road, KOWLOON, Hong Kong Tak Sun School, 103 Austin Road, KOWLOON, Hong Kong TAIWAN 65, Jui An St., TAIPEI, Taiwan 106 (or Formosa) 119 Cheng I Lu, KUANHSI, Hsinchu Hsien, Taiwan 306 (or Formosa) 56-7 SHIH KUANG TZE Hsinchu Hsien, Taiwan 306 (or Formosa) 45 Roosevelt Rd.Section 5, 7th Floor, App.2, TAIPEI 117 JAPON Provincial House, 13-16 Fukazawa 8 chôme, Seta-gaya Ku, TOKYO, 158 Japan 3-18 Toramaru machi, KORIYAMA Shi 963, Fukushima ken, Japan 3-8 Momomidai KORIYAMA shi 963, Fukushima ken, Japan 1-49 Nishi Sakae machi, Aizu WAKAMATSU 965, Fukushima ken, Japan PHILIPPINES Provincial House, P.O.Box 468 GREENHIUS.Metro Manila, Philippines 3113 I C.A., P.O.Box 326 GREENHIUS.Metro Manila, Philippines 311 3 1C.A.of Manila, 2212 S.del Rosario GAGALANGIN.Tondo, Metro Manila, Philippines 2807 Intramuros, P.O Box 3400, Metro MANILA.Philippines 2801 Rosal, 10 Rosal St.Cubao, Metro MANILA.Philippines Good Counsel, Florentino Torres St.DAVAO CITY.Philippines 9501 I.H.M.Academy, MATI.Davao Oriental, Philippines 9601 Novitiate, P.O.Box 30 BAGUIO CITY.Philippines 0201 MIARAYON.Talakag, Bukidnon, Philippines 1981 : ANNÉE INTERNATIONALE DES HANDICAPÉS QUE FERONS-NOUS pour que TANNÉE INTERNATIONALE de 1981 fasse sourire à la vie un handicapé autour de nous?Si j\u2019offrais une affiliation à TA.M.I.C.à une personne handicapée que je connais?Ce serait un cadeau apprécié durant l\u2019Année qui lui est particulièrement dédiée.AMIC-PRÉCURSEUR\t1\tan .$3.00 C.P.157, Suce.Laval-des-Rapides 2\tans.\t$5.00 Ville de Laval, Qué., Canada\tà\tl\u2019étranger\t$4.oo H7N 4Z4\tà\tvie.$50.00 NOM .ADRESSE .VILLE .CODE POSTAL.(La revue PRÉCURSEURest envoyée à tous nos membres.) TAIWAN: timbres pour TAIPH (voir p.307)."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.