Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 juillet 1989, Juillet - Août
[" Volume 35, numéro 10 Juillet \u2014Août 1989 Revue bimestrielle d\u2019information missionnaire publiée par les Soeurs Missionnaires de l\u2019immaculée-Conception SOMMAIRE 291\tÉtrangers ou citoyens?292\tUne Alliance peu commune 296\tUne Parabole 298\tPromis 306\tCoup d\u2019oeil sur Mankhokwe 309\tEnsemble, rêvons! 312\tLa frousse d\u2019un retour 314\tLe grief d\u2019être étrangers ou.la joie d\u2019être frères et soeurs 316\tLa mission ici et là-bas 318\tElles partent en notre nom 319\tInvitée à la fête Date de parution: août 1989 Dépôt légal: Bibliothèque Nationale du Québec ISBN 0315-9671 Courrier de deuxième classe.Enregistrement no 0357.Port de retour garanti.Membre de l\u2019Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC).Directrice et Rédactrice en chef: France Royer-Martel, m.i.c.Collaboratrices à la rédaction: Gilberte Bleau, m.i.c.Pauline Williams, m.i.c.Maquettiste: Huguette Van Roey-Blain Comité de la revue: Thérèse LeBlanc, m.i.c.Denise Lanoie, m.i.c.Françoise Saucier, m.i.c.Bertrand Roy, p.m.é.Promotion: Gemma De Grandpré, m.i.c.Secrétariat et Diffusion: Christine Desrochers Équipe de M.I.C.et de laïcs dirigée par Suzanne Tremblay-Perron, m.i.c.Abonnement 1 an\t5,00$ Soutien\t10,00$ 3 ans\t12,00$ à vie\t75,00$ Pour tout changement d\u2019adresse, s\u2019il vous plaît, faire parvenir l\u2019ancienne et la nouvelle.Adresse: C.P.157 Suce.Laval-des-Rapides Ville de Laval, Qué.H7N 4Z4 té!.: (514) 663-6460 Imprimerie: Interweb 1981 Inc.Jeune maman guatémaltèque avec son fils (Photo: M.-P.Charbonneau, m.i.c.) 290 4.» -, Etrangers ou citoyens?Saviez-vous qu\u2019à Saint-PascaiBaylon, Montréal, 83% des paroissiens sont d\u2019origines ethniques autres que canadienne?Avez-vous entendu dire que, seulement dans les deux premières semaines de janvier \u201989, 550 Mo-zambicains se sont réfugiés au Malawi, fuyant les ravages de la guerre dans leur pays?Vous êtes-vous déjà demandé ce qu\u2019une M.I.C.pouvait bien ressentir face à un retour définitif de mission?Êtes-vous au courant qu\u2019actuellement, toujours à Montréal, on compte 45 000 Latino-Américains désireux d\u2019être accueillis par le Canada et plus de 40 000 Haïtiens établis au Nord-Est et dans les banlieues de Montréal.Saviez-vous que, l\u2019année dernière, des ressortissants de 52 pays ont fait appel aux services offerts par l\u2019Alliance Panaméricaine de la rue Champlain?Étrangers ou citoyens?Une question née à partir de FAITS RÉELS décrits dans ce numéro spécial sur les immigrants et les réfugiés.À la suite du Charpentier de Nazareth présent aux réalités sociales, politiques, économiques, religieuses et culturelles de son temps, les Soeurs Missionnaires de l\u2019imma- culée-Conception s\u2019impliquent dans les nouvelles situations vécues par les hommes et les femmes d\u2019aujourd\u2019hui.Attentives aux besoins du quartier Notre-Dame-des-Neiges/Snowdon, Montréal, ou ailleurs de par le monde, les M.I.C.engagées cherchent et inventent, avec leurs communautés chrétiennes respectives, des réponses qui soient en conformité avec leur foi et leur identité.Étrangers ou citoyens?Une question à résoudre compte tenu des BESOINS et RÉPONSES identifiés et nommés dans les articles qui suivent.Émigrées par vocation et dans la ligne de Délia toute engagée, les M.I.C.rêvent, avec leurs frères et soeurs d\u2019ici et de là-bas, d\u2019une société où tous les humains se sentiront acceptés, aimés et respectés.Car il n\u2019y a rien de plus semblable à un homme, qu\u2019un autre homme; rien de plus identique à une femme, qu 'une autre femme! Étrangers ou citoyens?Les émigrés et les réfugiés ont une idée bien claire sur le sujet et savent ce qu\u2019ils veulent.Et vous.qu\u2019en pensez-vous?France Royer-Martel, m.i.c.291 REPORTAGE Une Alliance peu commune par Marie-Paule Charbonneau, m.i.c.Ce lundi, 20 avril, un lundi en tout semblable aux autres, est devenu pour moi exceptionnel, unique, car j\u2019ai découvert une Alliance peu commune, une Alliance qui fait jaillir l\u2019espérance.Je l\u2019ai trouvée dans une vieille école désaffectée, au 1224 de la rue Champlain à Montréal.C\u2019est un véritable «carrefour des nations», un lieu où se jouent l\u2019intégration et l\u2019avenir de centaines de nos frères et soeurs qui ont choisi le Québec pour y vivre et y travailler.L'Alliance a connu de modestes débuts.Un don de 35$, une ma-chineàécrireempruntée, quelques tables et chaises recueillies ici et là.Et le plus important: quatre personnes dynamiques, sensibles à la cause des réfugiés et des immigrants, S.Gliceria Acosta, m.i.c.d\u2019origine cubaine, accompagnée de trois bénévoles.Voilà le point de départ de ce qui est devenu depuis cinq ans l\u2019Alliance Panaméricaine ou l\u2019ALPA comme on dit habituellement ici.Peu à peu l\u2019ALPA s'est fait connaître des autorités gouvernementales et des milieux concernés par l\u2019immigration.Elle s\u2019est impliquée activement dans le dossier controversé des réfugiés et immigrants pour la défense de leurs droits et l\u2019amélioration de leurs conditions de vie en terre d\u2019accueil.Devant chaque nouveau besoin identifié, l\u2019Alliance cherche une réponse adéquate.Ainsi sont nés divers services et l\u2019équipe initiale a grandi, quintuplé même.Un cas typique Carlos, son épouse Marita et Roberto, leur bébé de deux ans, ont fui leur pays parce que l\u2019enga- Gisjeunes réalisentcUffémits Irai aux communautaires et reçoivent une infopnation sur divers iw/m.8* 292 Située au coeur de révolution de la vie au Québec, lAlliance Panaméricaine s'intéresse aux besoins humains et sociaux des immigrants et des réfugiés.ALFA: un lieu de Bonne Nouvelle accueillie et partagée; une insertion réelle qui outre des chemins d'humanité, signes de la MISSION DE JÉSUS accomplie en 1989.Et si c'était l'Alliance de Dieu avec les pauvres, aujourd'hui, au 1224 de la rue Champlain, Montréal?.» gement politique de Carlos mettait en danger la vie de la famille déjà victime de représailles.Ils viennent d\u2019arriver au Québec, encore sous le coup de la frayeur vécue ces derniers mois, avec la douleur d\u2019avoir dû quitter leur patrie et l\u2019angoisse devant l\u2019inconnu qui les attend.Un cas typique qui, avec des variantes, se répétera un nombre incroyabledefoisau cours d\u2019une année.Que fait l\u2019ALPA dans une situation comme celle-là?Avec le courage, le dynamisme, le professionnalisme de ses permanents et de ses bénévoles, l\u2019Alliance se met au service de Carlos et de sa famille.Tout d\u2019abord par la recherche de logement, meubles, vêtements et aliments.C\u2019est le dépannage matériel.En même temps, ALFA oriente et accompagne les nouveaux arrivants dans leurs multiplesdémarchesauprès de l\u2019Immigration canadienne et québécoise et des institutions sociales du pays.Cours de français offerts grâce à des bénévoles compétents.Les enfants s \u2019amusent à la garderie pendant que les parents étudient le français.293 hit 11 ! J .jÆ JZM ! Cours de français Préoccupée de l\u2019adaptation harmonieuse de Carlos et Marita dans la société québécoise, l\u2019Alliance favorise leur apprentissage du français.C\u2019est l\u2019outil numéro un pour la communication, l\u2019accès à l\u2019information, l\u2019autonomie et le développement.Ces cours leur sont offerts grâce à des bénévoles qualifiés en enseignement.En 1987-88, 560 personnes en ont bénéficié.Il me faut signaler ici qu\u2019ALPA, bien que fondée d\u2019abord pour les Latino-Américains, a progressivement ouvert ses portes à beaucoup d\u2019autres nationalités.En feuilletant le rapport des activités de l\u2019an dernier, je compte des ressortissants de 52 pays venus à l\u2019Alliance pour en recevoir des services.Garderie et promotion de la femme Mais revenons à Carlos et à sa petite famille.Marita pourra-t-elle suivreen toute tranquillité les cours de français ou devra-t-elle resterà la maison pour prendre soin de Roberto?Pour les tout-petits, le Centre ALPA a organisé une garderie pendant que les mamans Gliceria Acosta, m.i.c., avec les principaux membres de son équipe de travail.(Photos: M.-P.Charbonneau, m.i.c.) 294 étudient.Un service innové cette année seulement afin de contribuer davantage à la promotion de la femme réfugiée ou immigrée.Et toujours par souci de promotion humaine de la femme, un recyclage lui est proposé en vue d\u2019une éventuelle recherche d\u2019emploi.ALPA l\u2019aide à trouver les cours qui lui conviennent soit en couture, secrétariat, ou dans la profession qu\u2019elle exerçait là-bas, dans son pays d\u2019origine.Club de placement Je laisse maintenant Carlos et Marita en train d\u2019acquérir les rudi- Réfugiés et immigrants participent aux rencontres du Club deplacemetit.À gauche, Jè et 4è:Johanne Breton et Roy Bardales, animateurs.ments de notre langue pour aller visiter un autre service d\u2019ALPA, celui de la recherche d\u2019emplois.D\u2019une durée de trois semaines, le club de placement permet aux participants de se familiariser avec les différentes techniques de recherche d\u2019emplois reconnues comme les plus efficaces et qui sont les suivantes: définition des objectifs d\u2019emploi; découverte des possibilités du marché du travail québécois et développement d\u2019un réseau de pistes d\u2019emplois; préparation et pratique d\u2019appels téléphoniques; préparation et rédaction de lettres de présentation et du curriculum vitae; obtention d\u2019entrevues d\u2019emploi et préparation adéquate poursoutenirces entrevues.Ce programme permet de briser l\u2019isolement de l\u2019immigrant chercheur d\u2019emploi, lui donne confiance en ses intérêts et aptitudes et favorise des échanges avec d\u2019autres personnes qui vivent les mêmes problèmes que lui.***' fW- Service d\u2019écoute et d\u2019orientation Dans une entrevue que me concède aimablement la directrice d\u2019ALPA, S.Gliceria, j\u2019apprends que l\u2019Alliance se préoccupe aussi d\u2019aider les familles à résoudre ce que nous appellerons ici l\u2019impact ou le choc culturel.Confrontés soudainementà uneautreculture, une autre mentalité, un autre système de valeurs, les réfugiés et immigrants sont déroutés, désemparés.La perte d\u2019identité et l\u2019assimilation passive les guettent.Ils ont besoin de recevoir une aide spécialisée afin de s\u2019insérer harmonieusement dans notre pays sans perdre leurs propres valeurs, lesquelles contribuent à l\u2019enrichissement culturel de notre pays, et sans, non plus, se laisser emporter aveuglément par le courant et l\u2019ambiance.Un service d\u2019écoute et d\u2019orientation est offert aux couples et aux familles qui vivent ce tournant délicat de leur adaptation.Dans cette ligne, des sessions de groupes sont organisées pour aider les immigrants à mieux évoluer dans leur nouvel environnement.Des personnes-ressources, avocats, travailleurs sociaux et autres professionnels y traitent des questions telles que le marché du travail, la consommation, les services publics, l\u2019éducation, la location d\u2019appartements, le milieu physique, social, culturel, les ressources du milieu.Un frein et une espérance S.Gliceria déplore cependant que beaucoup de projets ne puissent se concrétiser faute de personnel et de ressources financières.Certaines réalisations ont reçu de l\u2019aide gouvernementale et Centraide alloue maintenant une subvention à l\u2019ALPA, mais.les besoins débordent de beaucoup les entrées.Avec son enthousiasme à toute épreuve, S.Gliceria m\u2019affirme en terminant notre entretien qu\u2019en moins d\u2019une année la plupart des réfugiés deviennent autonomes et commencent à contribuer à la vie économique, sociale et culturelle de notre milieu.«De tels résultats, conclut-elle, entretiennent en nous le désir de poursuivre notre travail dans le respect et l\u2019espérance!» Oui c\u2019est vraiment une Alliance porteuse d\u2019espérance que j\u2019ai dé- couverte ce lundi-là.Et si c\u2019était l\u2019Alliance de Dieu avec les pauvres qui se réalisait, aujourd\u2019hui, au 1224 de la rue Champlain et par tous les organismes qui travaillent courageusement pour les plus démunis de nos frères et soeurs du monde.! moyens d\u2019aider nos missionnaires Les LEGS TESTAMENTAIRES Les PRÊTS À FONDS PERDUS: \u2022\tvous assurent une rente votre vie durant, \u2022\tvous permettent une réduction d\u2019impôt, \u2022\tvous donnent l\u2019occasion d\u2019aider efficacement nos missionnaires.L\u2019ASSURANCE-VIE: C\u2019est un capital-décès versé par une compagnie d\u2019assurance.\u2022\telle vous permet d\u2019aider généreusement sans léser votre famille; \u2022\tvotre contribution, sous forme de primes d\u2019assurance, est déductible de votre revenu imposable à titre de don de charité.Nous accueillons volontiers toute demande d\u2019information.Écrivez-nous à: Procure des Missions SS.Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception 121, av.Maplewood, OUTREMONT (Québec) H2V 2M2 Tél.: (514) 274-5691 NOM ADRESSE APP.CODE DATE DE NAISSANCE 295 Une Parabole \u2022¦\u2018?;.o-.\u2014i-.'***\u2014-¦ ¦ i^S'W ¦ Sh&SgEfr l^bôto Æz.^ M, Il y avait un jour, le long de la mer, à un endroit où des naufrages surviennent fréquemment, une petite station de sauvetage, toute simple et primitive.Ce n\u2019était qu\u2019une hutte, et on ne disposait que d\u2019une pauvre barque, mais les quelques individus qui s'y logeaient étaient tout feu tout flamme à surveiller constamment la mer et à partir, à toute heure du jour et de la nuit, à la recherche de naufragés dans le besoin, s\u2019oubliant eux-mêmes totalement.Beaucoup de vies furent sauvées par ce petit poste, et sa renommée se répandit.Quelques-uns de ceux qui furent rescapés des flots, et même d\u2019autres venus des alentours, désirèrent se joindre à l\u2019équipe et donner de leur temps, de leur argent et de leurs énergies pour supporter le travail accompli par ce poste.On acheta de nouveaux bateaux et entraîna de nouvelles équipes.Le petit poste se développa rapidement.Quelques membres exprimèrent leur sentiment à l\u2019effet que le poste était trop primitif et trop pauvrement équipé.Il leur semblait qu\u2019il fallait construire un abri plus confortable pour 296 accueillir les pauvres rescapés de la mer.On agrandit donc la construction, on remplaça les grabats de fortune par des lits plus confortables, et on renouvela les meubles.Le poste devint un lieu de rencontre très populaire pour ses membres; on le décora élégamment et acheta des meubles supplémentaires choisis avec goût, car le poste servait en même temps de club.De moins en moins de membres étaient intéressés à aller sur la mer à la recherche de naufragés; on engagea alors d'autres personnes pour faire ce travail.Le symbole de la station de sauvetage avait encore la première place dans la décoration du club et on pouvait voir, dans la salle où se faisaient les initiations, une belle reproduction, en miniature, d'un bateau de sauvetage.Il advint qu'un jour un énorme bateau fit naufrage non loin de là, et les équipes d'hommes à gages emmenèrent des douzaines et des douzaines de naufragés, des gens transis de froid, tout mouillés, à moitié morts.Ils étaient sales, malades; quelques-uns avaient la peau noire, d'autres la peau jaune.Le beau club qu'était devenu le petit poste de sauvetage fut pris par surprise; on paniqua.Sur le champ, le comité de la propriété fit construire, à l\u2019extérieur, une douche où les naufragés seraient lavés et nettoyés avant d'être amenés à l'intérieur.À la réunion suivante des membres du club, il y eut une discussion très animée.La plupart des membres voulaient mettre fin aux activités de sauvetage du club, donnant comme raison que cela était devenu ennuyeux et dérangeait la vie sociale normale du club.Quelques membres rappelèrent que le sauvetage était leur objectif premier et indiquèrent qu'ils s'appelaient encore «poste de sauvetage».Un vote fut pris, et ceux qui voulaient maintenir les activités de sauvetage furent défaits; on leur dit que s'ils voulaient sauver les vies de tous les gens qui faisaient naufrage dans les parages, ils n'avaient qu'à aller partir leur propre poste de sauvetage un peu plus loin.C'est ce qu'ils firent.Avec les années, le nouveau poste de sauvetage fit l'expérience des mêmes changements qu'on avait connus dans le poste précédent, et un autre poste fut fondé.L'histoire se répéta, de sorte que si vous visitez cette côte aujourd'hui, vous y trouverez un nombre impressionnant de clubs, élégants et riches, qui longent la rive.Des naufrages y surviennent fréquemment, mais la plupart des gens périssent.Martin Roberge, o.m.i.Genèse d\u2019«Une Parabole»: D\u2019abord publiée dans un article de Théodoro O.Wedel, «Evangelism\u2014The Mission of the Church to those Outside Her Life», dans The Ecumenical Review, octobre 1953, p.24.Paraphrasée et reproduite par Richard Wheatcraft, dans Letter to Laymen, mai-juin 1962, p.1.Reproduite dans Howard Ciinebell, Basic Types of Pastoral Care and Counseling, Abingdon Press, Nashville, 1984, p.13 Traduite par Martin Roberge, o.m.i., Un.Saint-Paul, Ottawa, 1987. INTERVIEW Etudiante au collège Stanislas, Fanrij Guérin, première personne intéressée' au projet ALPHA, en a invité d\u2019autres.PROMIS Souriante, les yeux pétillants, la parole facile et chaleureuse, des projets plein le coeur et avec un dynamisme qui suscite de la vie.Ainsi m\u2019est apparue S.Andrée Ménard, m.i.c., un samedi après-midi tout débordant d\u2019activités, au centre PROMIS de la rue Barclay, dans le quartier Notre-Dame-des-Neiges/Snowdon.Elle m\u2019invite à partager son souper et la conversation s\u2019engage tout naturellement.Dis-moi, Andrée, tu étais au Japon depuis 25 ans et te voilà ici dans un quartier de Montréal.Qu\u2019est-298 m.m Souriante, les yeux pétillants, la parole facile et chaleureuse.S.Andrée Ménard, m.i.c.ce qui s ést passé ?As-tu renoncé à ta mission en Orient?Non, pas du tout! Mais cette fois-ci, je suis venue au Canada sans me sentir trop pressée de retourner là-bas.Pendant douze ans, j\u2019ai travaillé dans le mouvement étudiant et maintenant il y a des responsables qui ont acquis la formation suffisante pour continuer.Un jeune du groupe est même devenu prêtre.Il est aumônier des étudiants.Et à l\u2019école de Wakamatsu où j\u2019ai aussi travaillé, je crois avoir apporté ce que je pouvais en tant que méthodes de catéchèse et d\u2019animation. par Marie-Paule Charbonneau, m.i.c.Vous, monsieur, madame, jeune, qui lisez ces lignes, avez-vous déjà PROMIS quelque chose?La parole engagée, la parole donnée ne se reprend pas.Elle dérange parfois, elle engendre du nouveau toujours.PROMIS a fait naître ici, à Notre-Dame-des-Neiges/Snowdon une situation nouvelle qui surgit de la communication entre les personnes.Seul un être humain peut dire promis! et s'engager dans sa parole, comme VAmour divin dont la Parole donnée et incarnée a transformé notre histoire.À 60 ans, je sentais le besoin de faire le pointdansma vieetde voir où je devais investir mes énergies, quel était l\u2019appel que le Seigneur me faisait entendre maintenant.Au terme de mon discernement, c\u2019était devenu clair pour moi que je devais m\u2019engager auprès des démunis.Les démunis, il y en a beaucoup.Pensais-tu à ceux d\u2019ici ou à ceux du Japon?Je pensais surtout à ceux du Japon.J\u2019avais même été demandée pour participer à un projet là-bas.Mais un concours de circonstances m\u2019a fait voir que c\u2019est ici et maintenant que je devais m\u2019engager.Mais pourquoi précisément « ici », dans ce quartier?J'ai consulté, j\u2019ai regardé, je me suis documentée.Parmi les immigrants et réfugiés, j\u2019ai compris que les femmes étaient les plus démunies.Puis je suis allée rencontrer le Curé de la paroisse Saint-Pascal-Baylon.Celui-ci m\u2019a fjov'e mbf?Déczmjà *tiUH4*'***i dit que 83% de ses paroissiens étaient d\u2019origines ethniques autres que canadienne.Il s\u2019est de plus montré très favorable à l\u2019idée que quelqu\u2019un s\u2019offre pour travailler dans le secteur.Est-ce que tu avais déjà une idée de ce que tu allais faire dans ce quartier?Non! Je ne savais pas par où commencer.Alors j\u2019ai faitquelques contacts.Une Canadienne, un Bolivien et un Haïtien ont formé avec moi le premier noyau.Un jour, nous nous sommes réunis dans un restaurant et nous avons échangé nos points de vue sur le projet.Ce jour-là nous en avons tracé les grandes lignes.Tu pourrais me les résumer?Nous voulions former un groupe multiculturel et multiconfessionnel pour travailler à l\u2019intégration des réfugiésetdes immigrantsetaussi à la promotion de la justice et des droits humains dans le quartier Notre-Dame-des-Neiges/Snowdon.Nousallionschercheràdéve-lopper le sens de l\u2019entraide dans un cadre communautaire pour bâtir une société nouvelle.Élève inetnamien faisant l\u2019apprentissage du français avec Natali Roméo.299 i \"1 - ' .w Professeiire bénévole, Mme Betsy Pi-ron, américaine, dans une classe de maths à un Vietnamien-Chinois et un Salvadorien.Promotion, multiculture, intégration, société nouvelle, c\u2019est ce qui est contenu dans votre nom PROMIS, n\u2019est-ce pas?Exactement! Et dès les premiers moments, nous avons voulu travailler en collaboration avec le Conseil Communautaire, le C.L.S.C.et les autres groupes du quartier.Mais quatre personnes, ce n'est pas beaucoup pour transformer tout un quartier! Un dimanche, avec Vénel Sanon, Haïtien, nousavonsfait l\u2019animation aux messes de la paroisse.Nous avons présenté PROMISen invitant les personnes intéressées à entrer en contact avec nous.De quatre que nous étions au début, nous sommes alors passés à neuf.Des personnes qui voulaient vraiment s\u2019impliquer sont venues enrichir 300 le petit noyau.Et en plus, nous avons recueilli quelques noms de bénévoles.Ce serait très intéressant de pouvoir suivre pas à pas l\u2019évolution de PROMIS, mais j\u2019aimerais que tu me parles plutôt de ce qui s\u2019y vit actuellement.Commençons, si tu le veux bien, par cet après-midi.J\u2019ai vu un va-et-vient d\u2019enfants, de jeunes et d\u2019adultes.De quoi s\u2019agit-il?C\u2019est le projet ALPHA pour aider les enfants du primaire qui ont des difficultés d\u2019apprentissage à l\u2019école, surtout en français et en mathématiques.On n\u2019accepte que ceux qui ne peuvent pas se payer de cours privés, qui sont contents de venir et qui peuvent venir seuls car on ne peut pas assurer le transport.La grande majorité, ce sont des enfants d\u2019immigrants.J\u2019avais présenté ce projet au Directeur de l\u2019école Saint-Pascal-Baylon.Il m\u2019a invitée à la réunion du comité de parents.Le projet a été très bien accueilli.Les Directrices des deux écoles-annexes de Saint-Pascal-Baylon m\u2019ont aussi envoyé des listes d\u2019enfants.J\u2019en ai vu une trentaine cet après-midi, c\u2019est tout un petit monde! Et il y en a encore plus en attente, près d\u2019une centaine! Mais nous n\u2019avons pasencore les locaux ni les personnes-ressources pour tant de demandes.C\u2019est vraiment un besoin dans le quartier.Les professeurs-bénévoles, comment les as-tu recrutés?Quand nous avons fait l\u2019animation à la messe, nous avions demandé des bénévoles pour la gar-derieet pourenseigner lefrançais.Le célébrant, l\u2019abbé André Du-peyré, qui estaumônierau collège Stanislas, cherchait justement une forme concrète d\u2019engagement à proposer à ses jeunes.C\u2019est par son intermédiaire que j\u2019ai connu Fanny, une étudiante.Fanny est venue, puis elle a parlé de son expérience à ses compagnes et quatre d\u2019entre elles se sont engagées.Quelques adultes et d\u2019autres jeunes se sont également intéres- Projet Halte Garderie .Murielle Valencia, fillette bolhnenne, avec S.Fleurette Duhaime, s.nj.m., responsable et Mme Marie-Thérèse Santos, infirmière portugaise à l \u2019Hôpital Ste-Jus-tine.sés au projet.Voilà comment s\u2019est formée l\u2019équipe actuelle de professeurs.Mais je poursuis toujours un projet plus vaste d\u2019intégration des jeunes du quartier.Je voudrais les amener au dialogue entre les diverses nationalités et classes sociales, à l\u2019enrichissement mutuel par l\u2019échange et le partage.Il m\u2019a semblé qu\u2019un engagement simple, Rencontre de la coordonnatrice de Promis, S.Andrée, et S.Charlotte Leduc, s.nj.m., professeure responsable des cours de français.je dirais même attrayant comme celui d\u2019ALPHA pourrait être un premier pas dans cette ligne.Je vais aller rencontrer les étudiants du quartier, de niveau collégial et universitaire.Je suis certaine d\u2019y trouver des jeunes gens désireux de participer à des projets comme celui-ci.J\u2019ai été émerveillée, tout à l\u2019heure, par la réflexion d\u2019une jeune bénévole qui avouait tout simplement: «Je ne puis pas ne pas venir, j\u2019ai besoin de mon samedi après-midi avec les enfants!.» Et des autres secteurs d\u2019activités de PROMIS, tu veux bien m\u2019en parler un peu?Il y a les cours de français pour adultes immigrants ou réfugiés qui ne sont pas admissibles au «Cofi» (Centre d\u2019Orientation et de Formation pour les Immigrants).Ils sont environ 50.Ce sont des personnes arrivées depuis peu dans le quartier.S.Charlotte W a ,, I* 9 I M ~ 301 Leduc, s.n.j.m., est la responsable de ces cours.T rois professeurs se partagent les heures de classe.Lesétudiantsfont l\u2019apprentissage du français et reçoivent des informations sur la vie et la culture au Québec en vue d\u2019une meilleure intégration dans notre société.Au sous-sol, j'ai vu un local aménagé avec des petits lits et des jouets.C\u2019est la Halte-Garderie.Nos contacts avec les femmes réfugiées ou immigrantes nous ont fait découvrir ce pressant besoin d\u2019un service gratuit et occasionnel de garderie, et cela pour mille raisons: recherche d\u2019emplois, cours de français, visites au bureau de l\u2019immigration ou à celui du bien-être social, recherche de logis, ren- Théologienne, S.Jeanne d\u2019Arc Dion, s.s.c.m., assume la responsabilité de la Pastorale des Enfants et S.Denise Arsetuiult, c.s.c., infirmière, responsable du comité Justice et foi.(Photos: M.-P.Charbonneau, m.i.c.) 302 dez-vous médical ou autres.T rois personnes assurent la continuité de ce projet: S.Fleurette Duhaime, s.n.j.m., responsable, Annie Mé-rillon, spécialiste en éducation pré-scolaire et S.Yolande de la Bruère, p.s.a., aide familiale.Elles s\u2019entourent de bénévoles pour les heures de garde.Réfugiés et immigrants adultes avec S.Hélène Prud\u2019homme, c.s.c., profes-seure de français.Je t\u2019ai entendue parler d\u2019un comité Justice et Foi.Est-ce aussi un groupe rattaché à PROMIS?En effet.Ce comité est né vers la mi-janvieret regroupe une douzaine de membres.Il a pour objectif de défendre les droits des per-sonnesetdesgroupesdu quartier aux prises avec des situations difficiles ou injustes.À date le comité a posé deux actions concrètes: une campagne de signatures de lettres pour demander aux politiciens concernés de bien vouloir considérer les critères d\u2019ordre humanitaire dans la révision des dossiers des 85 000 réf ug iés entrés avant la mise en application de la Loi C-55.Une deuxième action est la mise sur pied d\u2019un service d\u2019information en langue vietnamienne, cambodgienne, laotienne etespagnoleafin que les nouveaux venus puissent avoir accès aux différents services auxquels ils ont droit.La responsable de ce comité est S.Denise Arsenault, c.s.c., infirmière. PROMIS T An.»-f Routes humaines, chemins de Dieu (Dessin: M.Paquette, m.i.c.) INTENTIONS MISSIONNAIRES JUILLET: Pour tous ceux qui souffrent, et en particulier pour les victimes des maladies incurables.AOÛT: Pour un plus grand esprit de solidarité mutuelle et de respect entre les nations, spécialement en Amérique Latine.Et il y a encore des projets en marche ou en gestation?Oui, il y a aussi la visite aux personnes âgées et isolées.Le responsable de cette activité est Réjean Paquin; puis il y a la pastorale multiconfessionnelle que le Père Jean-Paul Asselin, c.s.c., est à mettre au point ainsi que la pastorale des enfants.S.Jeanne d\u2019Arc Dion, s.s.c.m., théologienne, prend la responsabilité de ce dernier projet.Si je comprends bien, PROMIS est comme le moteur de coordination de toutes ces réalisations?Exactement.Les divers responsables, nous nous réunissons pour nousinformermutuellement, nous évaluer, nous épauler et nous relancer dans un service toujours plus adapté à la réalité de notre quartier.Le grand nombre de personnes impliquées comme responsables, bénévoles ou bénéficiaires, c\u2019est le levain qui peu à peu transformera le quartier pour en faire une société nouvelle où toutes les femmes et tous les hommes se sentiront acceptés, aimés, respectés.Voilà PROMIS! .^ m \u2014 Projet: «Deux toits pour le Seigneur» Un MERCI sincère aux personnes qui ont appuyé financièrement le projet.Grâce à votre esprit de partage, deux communautés chrétiennes de Kany-anga, Zambie, vivront davantage leur foi! Merci beaucoup Andrée et longue vie à PROMIS! 303 Quel monde offrirons-nous à Mélanie et Manuel?(Photos: J.-P.Bourdon et M.-P.Charbonneau, m.ic.) igg.École de plein air au camp de Chifunga, district de Mwanza.(Photo: UNHCR) mmm «J\u2019étais un étranger et vous m\u2019avez accueilli».(Mt.25,35) (PhotojJH.Turcotte, m.i.,4(10,.« 'W«R ïïsm A Cuba, «immigrante par vocation» S.Claire Carrier, m.i.c.(Photo: É.Plamondon, m.i.c.) mm «Donnons un coup de coeur, notre vie s\u2019en va, et quelles oeuvres d\u2019apostolat aurons-nous à présenter au Bon Dieu! Nous, nous ne pouvons pas nous contenter d\u2019une vie de prière, notre vocation apostolique nous oblige à l\u2019action, à la lutte pour les intérêts de Dieu et le salut des âmes».(Délia Tétreault, 28 novembre 1928) «Prends l\u2019enfant et sa mère, et va.» (Mt.2,13) Immigrée ou réfugiée, la femme est souvent démunie.Approvisionnement en eau potable au camp de Mankhokwe, district de Nsanje.(Photo: UNHCR) mmc- 4 \u2022 A \"tmmÊam jgrK *>$*\u2022\u2019;t\t-'X; r*,< > :\u2022 «^: * »?'^r.Des centaines dû milliers deMoWam bicaijis ont fui les combats eflimé caritêpour se réfugiçffl&ns les pays voisins. TANZANIE MALAWI Mankhokwe ne figure peut-être pas en grosses lettres sur les cartes géographiques mais il s'écrit secours .Il signifie aide, assistance pour un grand nombre de Mozamhicains fuyant les ravages de la guerre dans leur pays.sur Mankhokwe SWAZILAND LESOTHO^ AFRIQUE DU SUD Étendue de huttes de terre battue et de toits de chaume aux limites du Sud-Malawi, Mankhokwe est devenu le refuge des Mozambi-cainsexpulséset démunis.Ils peuvent y mener une vie paisible et bien remplie tout en espérant rentrer chez eux une fois le conflit civil terminé.Très peuplé Camp de réfugiés ayant la plus forte densité de population, Mankhokwe a reçu 550 personnes durant les deux premières semaines de 1989.Nombre bien plusélevéque la moyenne des arrivées des deux dernières années.Plus que tout autre, ce camp a attiré l\u2019attention internationale.S\u2019il y avait un registre de visiteurs, plusieurs noms importants apparaîtraient.On noterait celui de M.Jean-Pierre Hocké, Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés.L\u2019accueil La visite du camp commence par le lieu d\u2019enregistrement, Nda-mera I, où l'on accueille officiellement les nouveaux arrivants.Hommes, femmes et enfants ren- L\u2019approi nsionnement en eau potable est l une des priorités dans le cadre des programmes d\u2019assistance du H.CR.contrés sont émaciés et vêtus de poches de jute.Amaigri, un jeune homme de la province de Sofala raconte: «Je me sauve des fusils».Sa pénible et dangereuse aventure vers la sécurité de Mankhokwe, c\u2019est un peu l\u2019histoire de tous les réfugiés.«J\u2019ai attendu un mois avant de pouvoir traverser le fleuve Zambèze.Et avant d\u2019arriver jusqu\u2019ici, j\u2019ai voyagé de nuit, dans des charrettes à boeufs, sans manger pen- dant quatre jours», explique le jeune homme.Une fois enregistrés, les réfugiés se rendent à l\u2019unité de soins mise sur pied par le Ministère de la Santé et dirigée par «Médecins Sans Frontières» (MSF).Là, on les traite pour une ou plusieurs des maladies courantes dont ils souffrent à peu près tous: malaria, diarrhée, tuberculose; malnutrition et rougeole chez les enfants de moins de cinq ans.Organisme de .* P**\"* «y.vv; \u2022 ^ .Mi' secours français, « Médecins Sans Frontières» fournit les vaccins contre six maladies infantiles très dangereuses: coqueluche, tétanos, tuberculose, rougeole, diphtérie et poliomyélite.Après les soins médicaux, les nouveaux arrivants sont conduits à lasalleà manger où ils prennent leur premier repas bien souvent depuis des jours, avant qu\u2019on les emmène finalement au camp à deux kilomètres de là.Les activités À l\u2019intérieur du camp, il y a beaucoup d\u2019action.Plusieurs centaines d\u2019enfants sous la tutelle d\u2019une vingtaine de professeurs récitent leurs leçons en plein air.Les salles de classe ne suffisent plus à loger immigrés et enfants du pays.Les mamans conduisent leurs bébés à la clinique des 0-5 ans.Les jeunes hommes font panser leurs blessures et les familles travaillent dans leurs potagers grâce aux efforts du « Fonds pour Sauver les Enfants du Malawi» 308 (SCF).Mais dans la plupart des cas, leurs journées se passent à attendre, aux postes de ravitaillement de la Croix-Rouge, la ration de la semaine.Beaucoup d\u2019autres ne pouvant supporter l\u2019inaction de la vie de camp, rapportent et vendent des fruits à leurs compagnons réfugiés.Face aux obstacles qui se dressent devant eux, l\u2019acharnement des réfugiés émerveille.On ne peut s\u2019empêcher de s\u2019extasier devant la bonne humeur et l\u2019optimisme que l'on sent dans le camp.Parlant de l\u2019hospitalité du Malawi envers les Mozambicains, une personne déclare: «C\u2019est vraiment incroyable ce que ce gouvernement fait! Et il le fait, d\u2019après ce que je peux voir, sans hésitation et sans amertume.C\u2019est un bel exemple d\u2019humanisme à son meilleur.» L\u2019avenir Mankhokwe demeure donc un phare d\u2019espoir pour les Mozambicains et un symbole incontestable de la générosité et de l\u2019hospitalité Classe en plein air au camp Chifunga, dans le district de Mwanza, au Mala ni.des Malawiens.Cela ne changera peut-être rien sur les cartes géographiques, maisceuxque Mankhokwe a abrités quand la vie chez eux n\u2019était plus possible s\u2019en souviendront toujours avec nostalgie.Les réfugiés sont aujourd\u2019hui beaucoup plus nombreux que les gens du pays.Cependant, Mankhokwe est destiné à recevoir encore un grand nombre de démunis.Traduit de l\u2019anglais par Christine Desrochers * Adaptation d\u2019un article paru dans le Daily Times Au camp Mankhokwe , les acthités ne manquent pas.(Les photos proviennent de l\u2019UNHCR/A.Hollmann.Reconnaissant merci.) .4 NOTRE-DAME-DU-BOIS-FRANC Ensemble, rêvons! mfù* Dans trois ans, notre continent américain célébrera 500 ans d'existence.Un grand événement que ce 5e Centenaire de l'Évangélisation de l'Amérique.Missionnaire en Bolivie et au Pérou, Gislaine-Rita Séguin, m.i.c., accompagne depuis deux ans un groupe de Latino-Américains immigrés au Canada.Avec eux, elle se met à rêver de belles choses.; laissons-la nous partager cette vision d'avenir qui ouvre à l'espérance.L \u2019auteure avec la famille salvado-rienne Polanco.Immigrés engagés dans la communauté chrétienne, Miguel-Angel et Alba, entourés de leurs enfants.par Gislaine-Rita Séguin, m.i.c.Une croix au coeur de la vie En 1492, Christophe Colomb découvre l\u2019Amérique.Un des premiers gestes du navigateur est de planter une croix sur le sol découvert.Ainsi notre terre est marquée du signe de la croix salvatrice de Jésus.Amérique du Nord, Amérique Centrale et Amérique du Sud sont liées par cette croix qui nous rappelle l\u2019Amour du Christ.Plantée au coeur de l\u2019existence, une croix conduit à la Vie et triomphe de la mort.Une Bonne Nouvelle jeune de 500 ans «Il est vivant! Il est ressuscité!» Cette Bonne Nouvelle parcourt la terre depuis 2 000 ans; notre continent, 500 bientôt.Transmise de génération en génération, quel écho produit-elle en nos coeurs, aujourd\u2019hui?Cette Parole éveille-t-elle des résonnances profondes en nos vies?L\u2019Église d\u2019Amérique Latine, pour sa part, se prépare à cet événement par un approfondissement de la foi qui mènera, espérons-le, vers une nouvelleévangélisation et une libération totale.Un regard lointain Si je vous demandais d'exprimer en quelques mots ce que vous pensez de l\u2019Amérique Centrale et de l\u2019Amérique du Sud, au premier abord, quelle serait votre opinion?Ces peuples sont plongés dans la violence, le terrorisme, la \u2018guerrilla\u2019 me diriez-vous sans doute.En effet, vous avez raison! Mais n\u2019ou- 309 blions pas que ces peuples souffrants n\u2019ont jamais cessé d\u2019affirmer leur soif de paix.Ils ont constamment manifesté et revendiqué de leur gouvernement qu\u2019il cesse la répression et qu\u2019il mette un terme au conflit armé quia causé la mort de centaines de milliers de personnes.Dans leurchair, ces gens revivent les angoisses et les déchirements du peuple d\u2019Israël.Voilà pourquoi un si grand nombre de Latino-Américains demandentau Canada de les accueillir.Actuellement, à Montréal, on en compte 45 000.Plusieurs ont déjà obtenu leur citoyenneté canadienne; un plus grand nombre encore espère l\u2019obtenir sans trop tarder.Devant cette réalité de l\u2019immigration, mon regard reste-t-il le même?Ma vision se réajuste-t-elle?Un regard proche Approchons-nous et regardons de plus près.Septembre 1987, Célébrer, chanter et partager sa foi.310 ville St-Laurent.Succursale de la Mission Notre-Dame de la Guadeloupe, l\u2019annexe Santa Rosa est inaugurée dans le but de répondre aux besoins des Laf/nos demeurant dans la région.Depuis, je côtoie avec attention plusieurs personnes provenant de divers pays sud-américains.Tous les dimanches, la jeune commu- nauté se réunit pour célébrer, chanterles louangesdu Seigneur, partager la Parole et le Pain de Vie.Ce rassemblement dominical suscite un engagement plus profond dans l\u2019Église.Et le Café de l\u2019Amitié favorise l\u2019échange, permet de mieux se connaître et de resserrer les liens fraternels.Telle une promesse De Montréal, Toronto et Québec, près de 1 000 chrétiens latino-américains, entre 15 et 80 ans, participent à un Congrès d\u2019Évan-gélisation, à la paroisse St-Arsène de Montréal.Venus du Salvador, Pedro Guzman et Salvador Gômez, missionnaires laïcs engagés animent ces journées de réflexion et de prière intense.Imprégnés de l\u2019Esprit de Jésus, ces témoins de la Parole exhortent les participants à \u2018laisser les choses du passé pour se lancer vers l\u2019avenir\u2019.Ils affirment avec conviction qu\u2019en l\u2019an 2 000, 64% des catholiques du monde entier se trouveront en Amérique Latine.L\u2019Église met beaucoup d\u2019espoir dans ce continent.«L\u2019heure est venue pour nous, Latino-Américains, d\u2019être missionnaires.Que la foi s\u2019éveille ici au Canada et que les Latinos s\u2019insè- rent davantage dans les paroisses québécoises pour partager leur foi avec les chrétiens d\u2019ici.Qu\u2019ils mettent leurs talents et leurs richesses d'être au service de la communauté chrétienne locale».Notre rêve?Une insertion réelle des diverses ethnies dans nos paroisses et un accueil bienveillant des nouveaux venus.Ce rêve deviendra-t-il réalité?Immigrés engagés depuis cinq ans dans la communauté chrétienne de Santa Rosa, Miguel-Angel et Alba prennent part à ce rêve.Désireux de s\u2019intégrer davantage dans l\u2019Église du Québec, voici le message qu\u2019ils nous communi-quent:«llya350ans, immigrante, la Bienheureuse Catherine de St-Augustin a laissé une trace de la présence du Christ en terre canadienne.Que les immigrants de 1989 laissent aussi de bonnes traces dans l\u2019Église du Québec.» Consciente de la nécessité d\u2019une insertion et dans l\u2019Église et dans la société, leur fille Daniela, étudiante à l\u2019école Cardinal Léger, nous fait part de son amour et de son intérêt pour le français: «Pour moi, échanger en français, c\u2019est agréable.En janvier, j\u2019ai participé à un concours oratoire et il me fallait parler sur le sujet VERS LE SOMMET.J\u2019étais heureuse, j\u2019ai obtenu le trophée.» Devenir frères et soeurs Pas de résurrection possible sans la croix glorieuse.Dieu remplit notre histoire de sa présence, libère son peuple et fait éclater la Vie.Amérique du Nord, Amérique Centrale et Amérique du Sud: acceptons la croix de Jésus, lais-sons-la transformer nos vies, ouvrons notre coeur pourenfin vivre en frères et soeurs qui accueillent le même message d\u2019espérance, de paix et d'amour! Ensemble, rêvons! Utopie ou réalité?( Photos:\tt H.Turcotte, m.i.c.Magazine d\u2019information missionnaire m.i.c.IjJitWUO Chaque semaine deux messes applicables aux défunts sont célébrées dans une de nos maisons à travers le monde, pour nos abonnés.J\u2019abonne à la Revue des SS.Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception «Le Précurseur».C.P.157, Suce.Laval-des-Rapides Ville de Laval, (Québec) Canada H7N 4Z4 NOM ADRESSE\tAPP.CODE 1 an 5,00$\tsoutien\t10,00$ Sans 12,00$\tà vie\t75,00$ 311 \u2014\u2014 TROIS-RIVIERES un retour Le Continental Eagle en provenance de la Géorgie, É.UA.(Photo-LI Lapointe, m.i.c.) par Lauretta Lapointe, m.i.c.Tout un questionnement En 1984, je rentre au pays.Cuba, Guatémala, Chili, Pérou: 30 ans écoulés!.Bien des questions hantent mon esprit et mon coeur.Après tant d\u2019années, finies les missions pour moi?Où va-t-on me nommer?Pour faire quoi?Être là.Faire des choses.La mission?Des choses à réaliser ou, quel que soit le lieu, une présence pour Quelqu\u2019un et au nom de Quelqu\u2019un?Quel(le) missionnaire ne connaît pas cette angoisse devant un retour définitif?En pareilles circonstances, quel(le) envoyé(e) est à l\u2019abri de toutes ces interrogations?Comme toujours, le Seigneurche-mine avec moi et m\u2019invite à créer du neuf.S\u2019agit-il de la même mission des années passées?Se peut-il qu\u2019elle prenne une forme différente, qu\u2019elle ait une nouvelle manière de s\u2019exprimer?Trente-six métiers.Un certain temps, je collabore, à Montréal, au travail en vue de la béatification de Délia Tétreault.Par la suite, un séjour à Québec me permet d\u2019enseigner à des jeunes intéressées à la vie missionnaire.Et je donne des cours d\u2019espagnol 312 à des religieuses qui, à leur tour, se préparent à vivre la mission en Amérique du Sud.Ces diverses activités terminées, je redeviens professeure à Trois-Rivières, mais cette fois comme professeure d\u2019art.Actuellement, quelque 40 élèves reçoivent des cours de peinture.La mission a bien des facettes! Car, entre-temps, il y a aussi des cours de français à dispenser à une jeune Colombienne psychologue, en vue de perfectionner ses études professionnelles.Trente-six métiers, trente-six misères.ou la joie de mettre ses talents au service des autres?Servir d\u2019interprète Le5 janvierdernier, de passage à Trois-Rivières, l\u2019aumônier des marins de Montréal, l\u2019abbé Bouillé fit appel chez-nous.Une urgence se présente! On requiert les services d\u2019une interprète auprès des marins guatémaltèques à bord du «Continental Eagle», énorme bateau en provenance de la Géorgie, É.U.A., transportant une cargaison de produits chimiques.Parmi les besoins décelés, ces jeunes nécessitent des vêtements adéquats pour le rude travail de déchargement.S.Pierrette Badeau, m.i.c., trouve vite la solution.Elle suggère d\u2019aller frapper à la porte des Artisans de Paix.Heureux ceux qui font oeuvre de paix Née pour venir en aide aux per-sonnesdans la gêne (besoinsma-tériels urgents et autres), l\u2019oeuvre des Artisans de Paix porte l\u2019inquiétude suivante: «Notre souci final ce n\u2019est pas le pain ou le riz, ce n\u2019est pas le panierde Noël ou les vêtements inadéquats.Notre souci final c\u2019est que nos soeurs et frères humains soient capables de retrouver la dignité et la fierté des hommes et des femmes; dignité qu\u2019ils ont perdue à cause de la pauvreté.» Laissés à eux-mêmes, comment nos frères du Guatémala peuvent-ils combattre la pauvreté qu\u2019on leur impose?Proies faciles d\u2019entreprises sans scrupules ou d\u2019hommes d\u2019affaires dont l\u2019unique préoccupation est le gain, ces marinsguatémaltèquesdu «Continental Eagle» représentent une main d\u2019oeuvre à bon marché.Travail ardu, longues traversées, salaires non-perçus à temps, conditions souvent difficiles, etc.C\u2019est pourquoi l\u2019existence, l\u2019aide et la mjm M Régulièrement, on entend parler de retraite et de pré-retraite.1 Une réalité de notre société pour les hommes et les femmes d\u2019aujourd\u2019hid.Tout indique qu\u2019on semble s\u2019y faire.\t^ On ne peut en dire autant du monde \"religieux .Pourquoi une MIC.panique-t-elle face à un retour définitif?Et siXe retour cachait une nouvelle manière de vivre la mission ici\u2019.Écoutons S.Laurette.\t% présence des Artisans de Paix deviennent, en ce 5 janvier \u201989, un lieu de bonheur souhaité et proclamé par Jésus: «Heureux ceux qui font oeuvre de paix!» Du simple dépannage à la rencontre humaine Ce soir-là, quelques séminaristes et leur responsable l\u2019abbé Yvon Leclerc, S.Berthe Paradis, m.i.c., et moi-même accompagnons les récents arrivés au port, pour faciliter le choix de vêtements appro-priésà notre hivercanadien.Après quoi, une visite-surprise au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap leurest réservée.Et l\u2019accueil à la basilique et au séminaire favorise cette rencontre humaine et profonde où, en confiance, nos nouveaux amis partagent joies et peines, problèmes et droits lésés, espérances et angoisses concernant familles, épouses et enfants laissés derrière eux.Peu à peu les visages se dérident et des sourires surgissent.Ainsi, ensemble, nousapprenons à aller plus loin que les besoins matériels et la relation fraternelle vécue sans artifice fait jaillir la reconnaissance.Se reconnaître frères et soeurs, quelle joie! Les mots deviennent inutiles.La mission, un lieu?Si à mon retour en 1984 je me sentais angoissée et si ma tête et mon coeurétaient lourdsdeques-tions, aujourd\u2019hui, je dois confesser que je vois les choses différemment.La frousse d\u2019un retour définitif m\u2019apporte une nouveauté face à la mission.Pour moi, actuellement, la mission n\u2019est plus un lieu géographique.Il s\u2019agittoujours de l\u2019unique mission de Jésus \u2014 l\u2019annonce de la Bonne Nouvelle \u2014 ici et maintenent, mais avec des facettes bien particulières et différentes selon les milieux.Une chose m\u2019apparaît certaine: ici le sensde la mission et l\u2019engagement missionnaire sont loin d\u2019être morts.Quant à savoir si dans le monde «religieux» on peut parler de retraite et de pré-retraite, vous est-il arrivé de vous poser la question?Æv- u : i \u2018'-SÊm : I Une nouvelle facette de la mission ici: servir d\u2019interprète. TEMOIGNAGE Le grief d\u2019être étrangers ou.la joie d\u2019être frères et soeurs par Josette Liautaud, m.i.c.Missionnaire, religieuse haïtienne, un sentiment d\u2019amour et un besoin de partage me poussent à livrer ce qui m habite aujourd\u2019hui.Je crois en l\u2019universalité et je crois dans le respect de la différence émergée du phénomène IMMIGRA TI ON .Cette différence, éclairée par la compréhension, guidée par la sagesse ne pourrait-ellepas s épanouir en actions concrètes et diligentes pour apporter la joie de vivre?Entre besoins et aspirations Dans ce temps de halte qui m'est offert au Canada, je me sens attentive à la vie de l\u2019immigré et surtout de l\u2019immigrant haïtien.Parcourant un texte de la Bible sur le droit d\u2019exister et de vivre, j\u2019ai vu dans le livre de Siracide (29, 21-28) que «les premiers besoins de la vie sont: l\u2019eau, le pain, le vêtement et une maison pour protéger son intimité»; et que «ce sont des choses pénibles pour un homme lucide d\u2019entendre le grief d\u2019être étranger et de subir les outrages d\u2019un créancier.» Je constate fréquemment qu\u2019un passé politique désastreux, une situation socio-économique misérable, une difficile recherche d\u2019emplois poussent réfugiés et immi-grantsà prendre des risques pour leur survie.Mêlées à ces défis, bougent au coeur de tout être humain des aspirations nobles comme connaître d\u2019autres peuples, agrandir de diverses manières sa culture propre, se sentir accueilli, et enfin réussir sa vie pour être plus.Cette recherche d\u2019un mieux-être ne serait-elle pas le mobile premier de l\u2019exode des Haïtiens 314 de leur sol natal qu\u2019ils ne peuvent oublier?Projets et sentiers nouveaux Chez nous, ils sont 40 000 Haïtiens établis au Nord-Est de Montréal et, sans compter, définitivement, ceux qui ont fait carrière avec leur compétence à Québec, à Toronto ou ailleurs.Ces Haïtiens ont élu domicile dans les banlieues de Montréal: Laval, Dollard-des-Ormeaux, Brossard, etc.Ont-ils tracé une route de progrès, de développement, de changement de mentalité, d\u2019épanouissement réel depuis cette décennie qui a marqué leur arrivée massive au Canada soit, entre 1960 et 1970?Un extrait du Rapport sur Haïti, publié en 1988 par un groupe de parlementaires apporte un bon éclairage sur cette question: «La fragilité des ressources naturelles donne encore plus d\u2019importance à la richesse humaine du pays.Combien de fois n\u2019a-vons-nous pas entendu vanter l\u2019inspiration créatrice des Haïtiens, dont la peinture et la littérature sont reconnues à travers le monde?Combien de fois n\u2019entendons-nous pas louer l\u2019ardeur au travail de ce peuple?À quel point nous rendons-nous compte de la qualité de l\u2019immigration haïtienne dans notre pays, du nombre important de professionnels de toutes catégories dont l\u2019adaptation au Canada s'est faite sans heurts?Combien parmi nous ne sont pas prêts à reconnaître la contribution des travailleurs haïtiens à la marche de nos usines et de nos entreprises de service public?» Je le sais, le personnel de la Communauté Haïtienne de Montréal (laïcs, prêtres, religieux) a fait des pieds et des mains pour doter notre ethnie d\u2019immenses possibilités d\u2019intégration.Cela se continueencore: Alphabétisation, Action familiale, Coopérative de taxis, formation pour les petites industries et certainement bien d\u2019autres activités que j\u2019ignore, sans oublier les Mouvements d\u2019Action Catholique comme la Légion de Marie.Et, à l\u2019avenir, après une préparation adéquate en vue de l\u2019évangélisation de leur milieu, l\u2019animation missionnaire ne pourrait-elle pasêtre la tâche des jeunes Haïtiens, conscients de leurenga-gement baptismal au coeur de l\u2019Église d\u2019ici?Tout cela doit aller de pair avec l\u2019apprentissage de travaux intellectuels et manuels de toutes sortes.Créativité, humour et dynamisme Et, que sais-je encore, de ce jeune couple habitant Brossard, dont l\u2019homme haïtien, chérissant les Mathématiques, a produit un premier jeu de stratégie pour les jeunes et le vulgarise en collaboration avec des compagnies distributrices canadiennes.Ce geste n\u2019est-il pas plein de respect, de dignité et d\u2019intégration réelle?En effet, les Haïtiens ne sont pas indifférents à la qualité de vie de la société canadienne.Que le chemin soit clair, signifiant, accueillant, respectueux de leurs nuances créoles variées, de leur sens de l\u2019humour et leur dynamisme de vie marquera le pas heureux dans cette société devenue la leur.Avec les yeux et le coeur de Dieu Vivre une intégration vraied\u2019une part et un accueil inconditionnel de l\u2019autre, c\u2019est retourner à la Source même de l\u2019Humanité en Celui qui nous appelle à la fraternité universelle.Vivre harmonieusement avec d\u2019autres ethnies invite chacun de nous à regarder les peuples avec les yeux et le coeur de Dieu.Pour vivre en harmonie.Toi qui me lis, merci de communiquer ta paix, ta joie de vivre et ta sérénité aux immigrés.Ils en ont tant besoin! Merci d\u2019ouvrir ton coeuraux grandes valeurs de l\u2019Humanité.Toutefois, tu devines la longueur du chemin qu\u2019il reste à parcourir pourvivreen harmonie.Tant de besoins à combler, de souffrances physiqueset morales à soulager, de mentalités nouvelles à façonner! Ensemble, joyeux d\u2019être frères et soeurs, continuons d\u2019unir nos efforts.Alors seulement, nous serons en mesure de porter nos différences profondes, de contribuer à bâtir une nouvelle société de paix, de justice et d\u2019amour.\u2014\u2014- HEÎS4Ê2 lVTBAO WÊÊÊÊ Mme Gerda Cèles conseillère directi Geniœ^Maïtierid ¦Guillaume, du ! : e- \u2022 Praesidium de ia Legt&n d^ Ma\\ ûaxüisse St-Sacrement de Montréài Photos: H.Tura les yeux et le coeiA 315 De Hong Kong, Aida Sabandal, m.i.c., avec imeJeune manian et son en fant, m face de leur huinble demeure ASIE\u2014OCÉANIE Pour la Justice et la Paix De Taiwan, S.Jeannette Légaré, m.i.c., nous fait part des points saillants des sessions conjointes des Troisièmes Rencontre et Forum des Religieux pour la Justice et la Paix, en Asie-Océanie.Les thèmes étudiés portent sur «la lutte des peuples pour la Justice, un défi pour notre foi » et « les dimensions culturelles de la lutte des pauvres d\u2019Asie-Océanie pour la Justice et la Paix».Solidaires de leur combat et de leur quête pour conserver leur foi et leur culture, base du Règne de Dieu, nous formulons certaines ententes.Interpréter ensemble les signes des temps, planifier une action plus efficace et renforcer les liens de solidarité deviennent des buts 316 à atteindre.Un processus de discernement nous permet de découvrir notre richesse au milieu de la pauvreté ainsi que les grandes ressources et le potentiel de nos terres et de nos gens.Les sociétés dans notre région se tournent vers un mode de production capitaliste et deviennent de plus en plus intégrées dans l\u2019économie politique globale.Les pouvoirs économiques et politiques sont de plus en plus concentrés entre les mains d\u2019un petit nombrequidomine.Ainsi lefossé entre le riche et le pauvre continue de s\u2019élargir.La révision d\u2019une longue liste de cas de violation des droits de la personne nous fait prendre cons-ciencedes causes de nosdivisions: idéologies, religions, races, castes, etc.Dans notre contexte, la communauté ecclésiale est signe de con- tradiction.Et malgré notre position privilégiée et nos nombreuses opportunités d\u2019analyse sociale, nous ne savons pas donner sa chance au pauvre.Néanmoins, nous sommes témoins du nouvel éveil des gens et des Églises; éveil évident et bien visible à travers l\u2019Asie-Océanie.Par l\u2019expression du pouvoirdu peuple, lademande d\u2019une participation sincère dans la prise de décision contre la violence systématique.Visible aussi dans l\u2019engagement pour la libération de la femme et dans l\u2019appel à une vraie solidarité et à l\u2019harmonie des peuples.Solidaires des pauvres et des opprimés, nousarrivonsdoncà la conclusion que le Régne de Dieu nous appelle à dépasser les limites Jeannette Légaré, m.i.c., à Taiwan, avec l \u2019épouse du chef du milage. de nos institutions religieuses pour participer à la lutte de tous les gens d\u2019Asie-Océanie.La FORCE et le POUVOIR peuvent DÉTRUIRE, mais ils peuventaussi CONSTRUIRE! Nous voulons être solidaires des pauvres à cause de notre FOI! (Traduit de l\u2019anglais par Christine Desrochers) ¦ Jocelyne Dallaire QUÉBEC\u2014 ST-JEAN\u2014 LONGUEUIL Une solidarité, un lien Ci-dessous, un message reçu de Jocelyne Dallaire, coopérante du Centre d\u2019Études et de Coopération Internationale (CECI) et associée aux M.I.C.(ASMIC): «Au moment où vous lirez ces lignes, je serai en pleine activité en Haiti, plus précisément au Cap-Haïtien, pour deux ans.Ouvrir un bureau et assurer la permanence avec les autres centres «Ti Moun Byen Vini » (organisation haïtienne qui vient en aide aux enfants de 0 à 6 ans, en difficulté d\u2019apprentissage), collaborer avec la responsable dans ses différentes tâches, assister à la formation et l\u2019évaluation du projet: telles sont les responsabilités que je vais assumer.«Pourquoi partir quand il y a tant à faire au Québec?Je sens Jésus-Christ présent au milieu de cet appel.Je me sens porteuse de valeurs et je suis consciente que j\u2019arriverai dans un monde porteur lui aussi de ses propres valeurs, questions et recherches.Partant pour un court séjour, je n\u2019ai pas la prétention de changer le monde qui est là pour toute une vie.Je pars parce que je sens une solidarité existant entre l\u2019Église d\u2019ici et de là-bas et je réponds à ce lien».BOLIVIE\u2014 COCHABAMBA Parole et Vie Grand événement dans l\u2019Église de Bolivie! Environ 240 personnes: Évêques, religieux(ses), prêtres diocésains, séminaristes, laïcs \u2014 hommes et femmes \u2014participent au Séminaire «PAROLE-VIE», au collège Santa Maria de Cochabamba.Il s\u2019agit d\u2019un projet préparé par la Conférence Latino-Américaine des Religieux(ses) pour rappeler le Ve centenaire de l\u2019évangélisation du continent.L\u2019objectif général du projet consiste à «Alimenter la VIE avec la PAROLE DE DIEU lue à partir des pauvres pour une mobilisation de la vie religieuse latino-américaine vers une nouvelle évangélisation.Commencé en 1988, le plan s\u2019étend sur une période de cinq ans, de 1988 à 1993.Communauté, réalité, texte: trois mots-clés qui nous aident à bien vivre le programme.C\u2019est ce que nous enseignent les pauvres du continent qui lisent la PAROLE à partir de leur réalité, en communauté, prêts à obéir au texte, à se convertir, si Dieu le demande.Plusieurs M.I.C.participent à ce Séminaire et voient, dans ce projet, une grande grâce pour l\u2019Amérique Latine, pour la vie religieuse d\u2019ici.Comme fraternité, nous nous engageons dans cette démarche.En signe de son adhésion, chacune reçoit le livre de base pour l\u2019année en cours.Alimenter la VIE avec la PAROLE DE DIEU lue à partir des pâtures ».?> \u2022 y ~£;r.-v Sl -v * Elles partent en notre nom Thérèse Blais, m.i.c.originaire de Sherbrooke, dans le diocèse du même nom.Premier départ pour le Malawi en 1958.Thérèse part pour la Zambie en août 1989.Marguerite Legault, m.i.c.originaire de St-Dominique-des-Cèdres, dans le diocèse de Valleyfield.Premier départ pour le Malawi en 1951.Marguerite retourne au Malawi en septembre 1989.Agnès Bouchard, m.i.c.originaire de Petite Rivière St-François, dans le diocèse de Québec.Premier départ pour le Pérou en 1967.Agnès retourne au Pérou en août 1989.Louise Bussières, m.i.c.originaire de Montréal, _ ««*,\tdans le diocèse du même nom./-**,\tPremier départ pour Hong Kong en 1957.Louise retourne à Hong Kong en juillet 1989.Marie-Josèphe Simard, m.i.c.originaire de St-François-de-Sales, dans le diocèse de Chicoutimi.Premier départ pour Haïti en 1975.Marie-Josephe retourne en Haiti en août 1989.Blandine Massé, m.i.c.originaire de St-Sylvère, dans le diocèse de Nicolet.Premier départ pour Haïti en 1954.Blandine retourne en Haïti en septembre 1989.Noëlla Bernard, m.i.c.originaire de Ste-Madeleine, dans le diocèse de St-Hyacinthe.Premier départ pour Madagascar en 1975.Noëlla retourne à Madagascar en août 1989.k Léontine Lang, m.i.c.originaire de Clair, dans le diocèse d\u2019Edmundston, N.B.Premier départ pour le Malawi en 1977.Léontine retourne en Zambie en septembre 1989.Catherine H.Raveronomenjanahary, m.i.c.originaire de Masoarivo, Majunga, dans le diocèse de Morondava, Madagascar.Premier départ pour Cuba en 1985.Catherine est retournée à Cuba en juin 1989.318 Invitée à la Fête «Le chant sera sur vos lèvres comme en une nuit de fête, et la joie sera dans vos coeurs comme lorsqu\u2019on marche au son de la flûte pour aller à la montagne de Yahvé.» Isaïe 30,29 Issue d\u2019une famille philippine catholique et aînée de cinq soeurs et trois frères, Antonietta entre dans l\u2019Institut en 1982 et y fait profession le 8 décembre 1985.Nommée à la Maison Provinciale, durant sa première année de scolasticat, Antonietta donne un service communautaire à demi-temps.Elle supervise la cuisine et la maintenance.Elle consacre le reste du temps aux études et à l\u2019animation vocationnelle.Au cours de sa deuxième année de formation initiale, elle demeure à la fraternité de Posai.Technicienne en radiologie, Antonietta poursuit des études, à temps plein, à l\u2019Institut de Formation pour Religieuses, dans le but de se préparer à son futur engagement missionnaire.Projet, hélas, vite contrarié.En septembre 1988, les médecins diagnostiquent un cancer.Sa jeunesse entièrement consacrée au Seigneur sera vite fauchée! Elle revient donc à la Maison Provinciale mais.cette fois-ci, à l\u2019infirmerie.Antonietta sème la joie autour d\u2019elle.À l\u2019exemple de Marie, dévouée, humble, disponible: telles sont les caractéristiques profondes de sa vie! Le Seigneur la cueille, très jeune, comme une belle fleur éclose au soleil de son Amour, de celui de ses parents très chrétiens et de sa famille m.i.c.En quittant notre terre, elle laisse le meilleur souvenir.Des compagnes soulignent le côté sérieux de sa personnalité: elle prend à coeur ses responsabilités.Très proche d\u2019Antonietta, l\u2019une d\u2019elles écrit: «Maintenant elle est près de Jésus; nous lui demandons d\u2019intercéder pour les Soeurs de la province St-Joseph, aux Philippines, qui vivent encore des moments difficiles à cause des troubles politiques.» Enfin, on note chez Antonietta une fidélité remarquable à ses longs temps d\u2019intimité avec le Seigneur.À la chapelle, on la voit souvent, Bible en mains, se nourrir de la Parole de Dieu au coeur de sa vie de service.Cette Parole vivante enrichit de façon exceptionnelle ses partages évangéliques avec la communauté.Née à San Carlos City, diocèse de Lingayen-Dagupan, Philippines, le 13 juin 1954.Décédée à l\u2019infirmerie de la Maison Provinciale, Greenhills, Metro Manilla (Philippines), le 19 avril 1989 après six ans de vie religieuse.S.Antonietta C.Ortiz ros cadeaux-départs ident nos ûssionnaires : «CADEAU-DÉPART rès apprécié missionnaire.sæK\u2019sî«\u201c*h2ï2\u201c2 evei lez ainsi solidaire travail d\u2019évangélisation.r^;.o-7-v/nus un reçu d\u2019impôt?319 POUR CORRESPONDANCE : C.P.157 Suce.Laval-des-Rapides Ville de Laval, Québec H7N 4Z4 La date d\u2019expiration de votre abonnement apparaît au-dessus de votre adresse.Nous vous conseillons de renouveler votre abonnement deux mois avant son expiration.Pour toute correspondance indiquez votre numéro d\u2019abonné.PORT DE RETOUR GARANTI A \"tl/ (Photo: M.-P.Charbonneau, m.i.c.) Immigration et intégration sociale: un rêve d\u2019enfant?Vous voulez communiquer avec les Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception?Voici quelques adresses: AFRIQUE: Provincial House P.O.Box 47, Mzimba Malawi, Central Africa AMÉRIQUE DU SUD: Casa Provincial Francisco de Orellana No 338 Lima 5 Peru, América del Sur CUBA: Calie 146, No 904, 9 y 11 Marianao 16, Ciudad Habana Cuba CANADA: Maison Généralice et Procure des Missions, 121, av.Maplewood, Outremont (Québec) H2V 2M2 ETATS-UNIS: 1417-38th Ave San Francisco Cal.94122 U.S.A.HAÏTI: Maison Centrale C.P.1085 Port-au-Prince Haïti, Les Antilles HONG KONG : Provincial House Good Hope, Clear Water Bay Road Kowloon, Hong Kong JAPON: Provincial House 8-13-16 Fukazawa,Setagaya ku Tokyo 158, Japan MADAGASCAR: Maison Provinciale Tsaramasay, Antananarivo Madagascar 101 PHILIPPINES: Provincial House P.O.Box 468, 1502 Greenhilis Metro Manila Philippines Imprimé au Canada "]
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