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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2015-06-03, Collections de BAnQ.

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[" LA PRESSE Montréal mercredi 3 juin 2015 Le plus grand quotidien français d\u2019Amérique 131® année No187 52 pages, 3 cahiers 1,10$ taxes en sus - Édition provinciale 1,20$ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées PETRY RESTE À MONTRÉAL Le défenseur signe un contrat de 6 ans de 33 millions avec le Canadien.SPORTS PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE 70 JACQUES PARIZEAU 1930-2015 LE QUÉBEC SALUE UN GRAND HOMME D\u2019ÉTAT» Les élus de tous les partis et ex-collaborateurs de Jacques Parizeau ont rendu hier un vibrant hommage à l\u2019ancien premier ministre du Québec.PAGES A2 ET A3 - M ADIEU, «MONSIEUR» Un grand portrait d\u2019Isabelle Hachey PAGES A4 À A7 VINCENT MARISSAL\tPATRICK LAGACÉ\tNATHALIE PETROWSKI LE GARDIEN DUPHARE\tCOMMENT DEVENIR\t«MONSIEUR» AIMAIT LACULTURE PAGE A3\tUN HOMME D\u2019ÉTAT PAGE A10\tARTS PAGE A27 YVES BOISVERT\tANDRÉ PRATTE\tJEAN-PHILIPPE DÉCARIE MONSIEUR LE PROFESSEUR\tUN GRAND QUÉBÉCOIS\tARCHITECTE DUQUÉBEC PAGE A9 jmr'\tPAGE A22\tMODERNE AFFAIRES PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE HUGO DUMAS LA TÉLÉ QUÉBÉCOISE A-T-ELLE OUBLIÉ LES VINGTENAIRES?ARTS PAGE A28 FIFA SEPP BLATTER DÉMISSIONNE UNE FIN DE REGNE QUI SOULÈVE BIEN DES QUESTIONS SPORTS PHOTO RUBEN SPRICH, REUTERS MON CLIN D'ŒIL STÉPHANE LAPORTE « Bon, René, voici où l\u2019on en est.» - Jacques Parizeau QBt Venez voir mon blogue! www.lapresse.ca/laporte L-V 621 924987651 De Surrey ou de Sherbrooke.Jusqu'à chez vous ou tout près.Du monde en ligne jusqu'à vous\" POSTES CANADA CANADA POST MCMarque de commerce de la Société canadienne des postes.postescanada.ca 621924987651 A 2 LA PRESSE MONTRÉAL MERCREDI 3 JUIN 2015 JACQUES PARIZEAU HOMMAGES À UN BÂTISSEUR Chaleureusement salué par les élus de tous les partis à l\u2019Assemblée nationale, l\u2019ancien premier ministre du Québec qui s\u2019est éteint lundi aura droit à des funérailles d\u2019État et donnera son nom au siège social de la Caisse de dépôt et placement.PHOTO ANDY CLARK, ARCHIVES REUTERS Jacques Parizeau s\u2019adressant aux sympathisants du Parti québécois après avoir remporté l\u2019élection provinciale du 12 septembre 1994.\t\t1 \t Amusez-vous !\tSPORTS 10 Arts\tA 27àA29 Astrologie du jour\tSPORTS 5 Avis et encans\tAFFAIRES 12 CV\tAFFAIRES 11 Débats\tA 23àA25 Décès\tSPORTS 6 à 9 Horaire télévision\tA 28 Monde\tA 20 et A 26 Petites annonces\tSPORTS 5 et AFFAIRES 4 Sudoku\tAFFAIRES 4 Météo\t Généralement ensoleillé, minimum 9.SPORTS 5\tmaximum 20, VOUSAVEZUNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE ?nouvelles@lapresse.ca UN COMMENTAIRE SUR NOTRE JOURNAL?commentaires@lapresse.ca TOMMY CHOUINARD ET MARTIN CROTEAU QUÉBEC \u2014 Son nom a toujours été associé à la naissance de la Caisse de dépôt et placement.Il sera maintenant rattaché à l\u2019institution symboliquement.Le siège social de la Caisse, à Montréal, portera en effet le nom d\u2019édifice Jacques-Parizeau en l\u2019honneur de l\u2019ancien premier ministre, qui s\u2019est éteint lundi soir à l\u2019âge de 84 ans.Philippe Couillard a également annoncé hier la tenue de funérailles d'État pour «Monsieur».On lui avait découvert un cancer généralisé la semaine dernière, après des mois de dialyse en raison de reins qui ne fonctionnaient plus.Sa mort a bouleversé le monde politique.L'Assemblée nationale a annulé tous ses travaux hier, un geste exceptionnel.Il faut remonter à 1996, à la mort d'un autre ancien premier ministre, Robert Bourassa, GENÈVE JOAILLIERS % U MANUFACTURE D'ETERNITE DEPUIS 1755 260 ans d\u2019histoire ininterrompue reflètent la transmission de notre savoir-faire horloger, PATRIMONY QUANTIÈME PERPÉTUEL * VACHERON CONSTANTIN CHATEAU D\u2019IVOIRE Montréal, 2020 rue de la Montagne 514 845 4651 ¦ Sans-frais ¦ 888 883 8283 pour trouver un précédent.Les députés de tous les partis ont rendu hommage à Jacques Parizeau au Salon bleu, en après-midi.«L'État québécois de 2015, qui lui doit tant, doit proposer une façon durable de prolonger sa mémoire, a affirmé le premier ministre Philippe Couillard en conférence de presse.J'annonce donc l'intention du gouvernement de faire en sorte que le siège social de la Caisse de dépôt et placement du Québec à Montréal porte à l'avenir le nom d'édifice Jacques-Parizeau.» L'Assemblée nationale a par la suite entériné cette proposition dans une motion unanime.La femme de M.Parizeau, Lisette Lapointe, a remercié les parlementaires pour leur geste dans un message diffusé sur les réseaux sociaux.Jacques Parizeau est l'« un des grands bâtisseurs du Québec moderne, notamment de la prise en main par les Québécois des outils financiers et économiques nécessaires à notre développement», a soutenu Philippe Couillard.Il a participé à la création de la Caisse de dépôt, « devenue si importante et utile à notre progrès».Tous les Québécois sont en deuil, « privés d'un homme d'État exceptionnel qui a consacré sa vie au Québec et au service public », a ajouté M.Couillard.Le premier ministre s'est entretenu avec les membres de la famille de M.Parizeau en matinée pour leur offrir ses condoléances.Il leur a proposé la tenue de funérailles d'État, ce qui a été « accueilli favorablement ».La famille lui a signalé que M.Parizeau « avait laissé des instructions détaillées sur la tenue des funérailles».Des échanges auront donc lieu entre la famille et le gouvernement au sujet des cérémonies.À l'Assemblée nationale, les élus de toutes les couleurs politiques ont salué l'héritage de « Monsieur» Parizeau.Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a présenté l'ancien premier ministre comme une « figure de proue » et une « source d'inspiration permanente » pour sa formation politique.Et ce, même si M.Parizeau avait pris ses distances du PQ au cours des dernières années.M.Péladeau a salué la liste « impressionnante » des réali- sations auxquelles M.Parizeau est associé : nationalisation de l'électricité, création de la Régie des rentes, de la Caisse de dépôt et placement et de la Société générale de financement.« Jacques Parizeau, c'est l'homme de la modernité du Québec», a-t-il résumé.Le chef péquiste dit avoir rencontré Jacques Parizeau à son domicile de L'Île-des-Sœurs il y a quelques années.Il lui a communiqué une telle passion pour le service public qu'il a commencé à réfléchir à son tour à l'idée de se lancer en politique, a-t-il relaté.François Legault a salué l'héritage de Jacques Parizeau, un homme qu'il a décrit comme un « visionnaire » dont l'œuvre marque toujours l'économie du Québec aujourd'hui.« C'est un grand homme d'État que le Québec vient de perdre, a déclaré le chef caquiste.Un homme hors du commun, qui laissera un héritage hors du commun.» Il a dit perdre « un mentor».Il a souvent échangé avec M.Parizeau alors qu'il militait au Parti québécois, notamment lorsqu'il a rédigé le budget de l'an 1 d'un Québec indépendant.M.Legault a aussi rappelé que comme ministre des Finances, M.Parizeau avait créé le Régime d'épargne-actions du Québec.Sans ce programme, Air Transat n'aurait peut-être jamais vu le jour, a indiqué le chef caquiste, qui a cofondé cette entreprise de transport aérien.Quant à Françoise David, elle a souligné la contribution de Jacques Parizeau à l'avancement des femmes.C'est sous son gouvernement que le Québec a entériné la perception automatique des pensions alimentaires.Il a également promis une loi sur l'équité salariale, loi qui a été adoptée en 1996, après sa démission.Mme David rappelle que M.Parizeau a marché pendant plusieurs heures à ses côtés, au printemps 1995, à l'occasion de la Marche du pain et des roses.Cette marche de 10 jours a culminé avec un rassemblement de 15 000 personnes devant l'Assemblée nationale pour promouvoir la lutte contre la pauvreté.« M.Parizeau avait compris l'importance d'appuyer les revendications des femmes qui demandaient plus d'égalité», a affirmé Mme David.« L\u2019État québécois de 2015, qui lui doit tant, doit proposer une façon durable de prolonger sa mémoire.» \u2014 Philippe Couillard, premier ministre du Québec FUNÉRAILLES D\u2019ÉTAT Les funérailles d\u2019État sont réservées aux ex-premiers ministres ou à un premier ministre en exercice, et très exceptionnellement à un ex-ministre, explique le ministère des Relations internationales.«Le cérémonial formel prévoit que la salle du Conseil législatif de l\u2019hôtel du Parlement peut être retenue pour l\u2019exposition de la dépouille d\u2019un ex-premier ministre ou d\u2019un premier ministre en exercice.Le public peut s\u2019y déplacer pour rendre hommage au défunt et présenter ses condoléances à la famille.La mise en berne du drapeau du Québec se fait dès l\u2019annonce du décès et dure jusqu\u2019au crépuscule du jour des funérailles, pour tous les drapeaux visés par le Règlement sur le drapeau du Québec.Enfin, des agents de la Sûreté du Québec portent le cercueil, qui est recouvert du drapeau du Québec.» LA MOTION Texte de la motion déposée par le chef du PQ Pierre Karl Péladeau et adoptée à l\u2019unanimité par l\u2019Assemblée nationale «Que l\u2019Assemblée nationale rende hommage à M.Jacques Parizeau, premier ministre du Québec de 1994 à 1996, ministre des Finances de 1976 à 1984, député de L\u2019Assomption de 1976 à 1984 puis de 1989 à 1996, et conseiller économique et financier du gouvernement du Québec pour sa contribution exceptionnelle au développement du Québec moderne.Afin d\u2019honorer sa mémoire, qu\u2019elle recommande que l\u2019édifice abritant le bureau principal de la Caisse de dépôt et placement du Québec, à Montréal, porte désormais le nom d\u2019édifice Jacques-Parizeau.» LA PRESSE MONTRÉAL MERCREDI 3 JUIN 2015 A3 NllllllllllllMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllNllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllim 1930-2015 ILS ONT DIT.Toute la journée, responsables politiques et représentants de la société civile se sont succédé pour rendre hommage au 26e premier ministre du Québec.Ex-adversaires et ex-alliés ont tous souligné sa vivacité d\u2019esprit et la force de sa volonté politique.Voici quelques réactions.«Bien sûr, il y a son message politique qui lui appartient.Mais son legs principal est un legs économique de confiance pour nous, les francophones.Il était possible, dans ces années, avec ses compagnons de l\u2019époque, de prendre en main les outils de notre développement.» \u2014\tPhilippe Couillard, premier ministre et chef du Parti libéral « Le rôle qu\u2019il a joué au sein du PQ, le rôle qu\u2019il a joué au sein de la collectivité du Québec, le rôle qu\u2019il a joué dans l\u2019objectif qu\u2019est l\u2019article 1 du PQ de faire du Québec un pays est incontournable.» \u2014\tPierre Karl Péladeau, chef du Parti québécois « Il a été, pour moi, une inspiration, une des raisons pour quoi je me suis lancé en politique.J\u2019ai eu ensuite le privilège d\u2019avoir de longs lunchs privés avec lui, c\u2019était toujours passionnant.Aujourd\u2019hui, je regrette plus qu\u2019un ancien premier ministre, mais aussi un mentor, un guide, un sage.» \u2014 François Legault, chef de la Coalition avenir Québec «Pour nous, l\u2019héritage de M.Parizeau, c\u2019est celui de la clarté, c\u2019est celui de refuser les compromis, c\u2019est celui d\u2019avoir confiance dans le jugement du peuple québécois.On a failli y arriver, à l\u2019indépendance, en 1995, il faut quand même le dire.» \u2014 Françoise David, députée de Québec solidaire « Très touchée, je garde de lui le souvenir d\u2019un homme de conviction qui a consacré sa vie à la construction d\u2019une nation québécoise forte, une nation vraiment libre de ses choix et de son destin.[.] Pour toutes celles et tous ceux qui croient dans notre avenir, pour tous les militants de l\u2019indépendance, c\u2019est un homme inspirant qui s\u2019éteint.Pour ses proches, c\u2019est un conjoint, un père ou un grand-père qui est perdu.» \u2014 Pauline Marois, ex-première ministre « Il a donné de la crédibilité au gouvernement Lévesque sur les enjeux économiques.Il a fait progresser la cause de la souveraineté.Au référendum de 1995, il met devant nous un choix.En politique, c\u2019est une qualité importante.On a beau être intelligent, encore faut-il avoir cette volonté de faire bouger les choses.Il avait cette volonté.» \u2014\tJean Charest, ex-premier ministre « Comme premier ministre, il s\u2019était engagé à faire un référendum sur l\u2019indépendance du Québec, et il l\u2019a fait, avec Lucien Bouchard et Mario Dumont.Même sur son lit de mort.il réitérait qu\u2019un combat aussi noble que celui de l\u2019indépendance ne pouvait pas être abandonné et que c\u2019était le temps de repartir avec courage et énergie, suivant ce qu\u2019il a toujours fait.» \u2014\tBernard Landry, ex-premier ministre « On ne pouvait faire autrement que respecter cet homme.Il avait des arguments et il fallait être prêt.Il n\u2019y avait pas de hargne.C\u2019était un homme digne.[.] On n\u2019était pas de la même famille politique , mais j\u2019ai eu beaucoup de respect pour cet homme.C\u2019était un des grands serviteurs de l\u2019État qui ont contribué de façon très concrète au Québec moderne.» \u2014 Denis Coderre, maire de Montréal « Au nom de tous les Canadiens, Laureen et moi offrons nos plus sincères condoléances à la famille et aux amis de l\u2019ancien premier ministre Jacques Parizeau.» \u2014 Stephen Harper, premier ministre du Canada PHOTO MATHIEU BELANGER, REUTERS L\u2019Assemblée nationale a annulé tous ses travaux hier, un geste exceptionnel.Il faut remonter à 1996, à la mort d\u2019un autre ancien premier ministre, Robert Bourassa, pour trouver un précédent.wi o Vo ! À - \u2022 ¦ s* mr Le gardien du phare j ^ VINCENT MARISSAL CHRONIQUE e plus grand héritage de Jacques Parizeau ?Probablement d'avoir fait des gestes innovateurs, révolutionnaires même, pour l'économie du Québec.Des gestes dont on sent encore les effets tous les jours.Politiquement, personnellement, monsieur Parizeau n'avait pas l'aura de René Lévesque ou le charisme de Lucien Bouchard, mais il aura été, sans contredit, le politicien le plus important de l'histoire économique moderne du Québec.Il n'aura fallu que quelques heures au gouvernement Couillard pour annoncer que l'immeuble de la Caisse de dépôt et placement du Québec portera le nom de l'ex-premier ministre, ce qui démontre la reconnaissance unanime de sa contribution à l'épanouissement économique du Québec post-Révolution tranquille.La première fois que j'ai « couvert » Jacques Parizeau, c'était en 1994, lors d'une rencontre des dirigeants des provinces canadiennes et des États de l'est des États-Unis, dans la petite ville portuaire de Portsmouth, au New Hampshire.Ce soir-là, Mike Harris venait d'être élu premier ministre de l'Ontario et tout le monde s'inquiétait du « vent de droite » qui allait souffler sur cette province.tristement célèbre déclaration sur l'« argent et les votes ethniques ».Réduire la carrière de M.Parizeau à cette seule phrase serait évidemment injuste et réducteur, mais elle le suivra dans les livres d'histoire et restera, pour bien des Québécois, un épisode pénible.Dans sa dernière longue entrevue (accordée à Michel Lacombe, de Radio-Canada), M.Parizeau reprochait au PQ de se perdre dans des débats byzantins sur la date du prochain référendum et de ne pas y croire vraiment, au fond.« Est-ce que ce sera dans le premier mandat, ou non, peut-être dans le deuxième, divisé par la longueur de la barbe du capitaine?Ben voyons, c'est ridicule, c'est enfantin ! » On pourra reprocher à Jacques Parizeau de ne pas avoir toujours respecté le devoir de réserve, mais la transparence dont il a fait preuve dans sa démarche référendaire rend plus percutantes ses critiques.Il aura été le dernier chef souverainiste à se faire élire en promettant un référendum dans le premier mandat (dans un horizon de 12 mois, avait-il même précisé).C'était en 1994.Un peu plus de 20 ans plus tard, au moment où le PQ vient d'élire un nouveau Il faisait très « old school » avec ses complets trois pièces, mais il était, jusqu\u2019à récemment, le seul leader souverainiste capable de remplir les amphithéâtres des cégeps.«Monsieur», lui, avait simplement noté que M.Harris est un « partisan du libre-échange, ce qui est une très bonne nouvelle pour le Québec».Une anecdote parmi mille qui résume toute la vie publique de Jacques Parizeau: l'épanouissement du Québec par le développement économique.Sur le front politique, on l'a souvent caricaturé en belle-mère du PQ, mais en réalité, il était plutôt le gardien de phare, qui a maintes fois allumé le projecteur pour guider le bateau en rade.Bien sûr, ses sorties publiques répétées ont souvent fait grincer des dents au sein de sa propre famille politique.En 1998, Bernard Landry, vexé par une énième critique de son ancien chef, avait même affirmé que Jacques Parizeau était devenu « l'allié objectif de [ses] adversaires».Quelques années plus tard, Monsieur a expliqué ainsi au collègue Denis Lessard les réactions à ses sorties publiques: «C'est l'histoire de ma vie.Je dis ce que je pense et, plus encore, je fais ce que je dis ! » Puis il a ajouté : « Je me suis fait tellement injurier comme politicien.J'étais l'ennemi public number one au Canada anglais.» Ennemi public numéro un et même renégat à abattre, selon certains, dont la chroniqueuse Diane Francis, qui avait écrit qu'il faudrait arrêter et pendre Jacques Parizeau pour trahison.Au Parti québécois, on retenait son souffle chaque fois qu'il prenait publiquement la parole ou qu'il publiait une lettre ouverte dans les journaux.Monsieur avait le sens du « timing » : il ressortait souvent juste avant un rassemblement du PQ, ce qui ne manquait pas, chaque fois, de bousculer les plans de communication du parti.Jusqu'à tout récemment, il réfléchissait à voix haute sur l'état du Parti québécois et du mouvement souverainiste, qu'il qualifiait de « champ de ruines ».Au PQ, certains lui reprochent toutefois d'avoir contribué à créer ce champ de ruines, du moins auprès des immigrants, avec sa chef, la question référendaire crée encore un malaise et alimente les débats.Des débats « oiseux», comme aimait le dire Monsieur.Jacques Parizeau avait aussi autre chose qui semble avoir échappé à ses successeurs : le pouvoir de rassembler les jeunes.C'est le paradoxe: il faisait très « old school» avec ses complets trois pièces, mais il était, jusqu'à récemment, le seul leader souverainiste capable de remplir les amphithéâtres des cégeps.À première vue, il appartenait à un modèle de politicien d'une autre époque, mais il était aussi capable de se renouveler, d'être de son temps et de construire un discours économique cohérent qui savait rejoindre les jeunes.Monsieur avait aussi le sens du « punch » et le don de nous ramener sur terre quand certains débats dérapaient.À propos de la charte des valeurs québécoises, il dénonçait un moyen d'« ostra-ciser les femmes musulmanes; c'en est gênant».À propos des odeurs de corruption au Parti libéral du Québec et des révélations de la commission Charbonneau: « Y fait chaud, ça pue, pis on est ben! » À l'ancien premier ministre albertain Ralph Klein, qui menaçait de couper les liens commerciaux avec un Québec indépendant: « Are they going to stop the train at the border and shoot the cows ?» Aux fédéralistes qui pensaient pouvoir recoller des morceaux du Québec au Canada après un Oui : « Tough luck ! » Parmi ses très nombreux écrits, un passage de la préface du livre Carré rouge du photographe Jacques Nadeau, consacré à la lutte étudiante de 2012, me revient, brûlante d'actualité: «Quel plaisir, sur mes vieux jours, de voir ces jeunes que l'on disait collectivement amorphes, montrer une telle vitalité pour résister à l'alliance trop étroite du pouvoir politique et de l'argent, à une gestion néolibérale et comptable de la société et à une démocratie du genre \"j'ai gagné, t'as perdu, je fais ce que je veux\" ». A4 LA PRESSE MONTRÉAL MERCREDI 3 JUIN 2015 NllllllllllllMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllNllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllim JACQUES PARIZEAU ADIEU, «MONSIE Jacques Parizeau a connu peu d\u2019échecs dans sa vie.Diplômé de la prestigieuse London School of Economics, professeur adulé à l\u2019École des hautes études commerciales (HEC), révolutionnaire tranquille sous Jean Lesage, brillant ministre des Finances sous René Lévesque.« Monsieur» a tout réussi.Sauf le combat de sa vie.Submergé par l\u2019amertume, le 30 octobre 1995, il a prononcé un discours qui a signé son arrêt de mort politique.Mais la vie de Jacques Parizeau ne se résume pas en une phrase, loin de là.mm V Va* *¦.; .a ' \" QUE RETIENDRA L\u2019HISTOIRE DE JACQUES PARIZEAU ?1 L\u2019ARISTOCRATE Jacques Parizeau passera à l\u2019histoire pour sa contribution à la modernisation de l\u2019économie du Québec et son combat pour l\u2019indépendance, soutiennent des historiens, sociologues et économistes consultés par La Presse.Paul-André Linteau, historien: C\u2019est l\u2019aspect économique de la carrière de Jacques Parizeau que l\u2019on retiendra au premier chef, estime Paul-André Linteau.« Il a été un acteur fondamental de la transformation économique du Québec et de la place accrue des entrepreneurs francophones.Ce ne sont pas les hommes politiques qui développent les entreprises, mais il a contribué à leur essor, notamment avec le programme d\u2019épargne-actions, qu\u2019il a lancé.» Jean Provencher, historien : «C\u2019est un nouvel éclairage que l\u2019homme jetait sur notre économie, sur nos possibilités», rappelle Jean Provencher.Ce dernier souligne la contribution de M.Parizeau à la création de la Caisse de dépôt et son appui au lancement du Fonds de solidarité.«Ce qui m\u2019étonne aujourd\u2019hui, c\u2019est que personne avant lui ne se soit imaginé qu\u2019on pouvait se donner des institutions aussi puissantes.C\u2019est vraiment un grand homme pour cela», dit l\u2019historien.Pierre Fortin, économiste: L\u2019économiste n\u2019hésite pas à décrire Jacques Parizeau comme «le plus grand économiste québécois de sa génération».«Il a eu à la fois les pieds à l\u2019université et dans la vie publique.C\u2019est un économiste complet qui n\u2019a pas passé sa vie dans une tour d\u2019ivoire.» Pierre Fortin croit également que le nom de Jacques Parizeau sera associé à la Révolution tranquille.« Il a été des décisions qui ont lancé tout cela.C\u2019est évident que les gens qui vont raconter la Révolution tranquille vont sans aucun doute parler de lui.» Anne Trépanier, historienne: Pour la femme qui a eu la chance d\u2019avoir accès au fonds d\u2019archives de Jacques Parizeau de son vivant, l\u2019histoire retiendra d\u2019abord les réalisations concrètes de celui qui fut successivement haut fonctionnaire, ministre des Finances et premier ministre.« Il a quand même créé la Caisse de dépôt.Je pense que c\u2019est pour cette réalisation qu\u2019on va se le rappeler, davantage que pour sa malheureuse phrase de la soirée référendaire, a-t-elle estimé.L\u2019héritage de René Lévesque, c\u2019est un rêve.Son héritage à lui a vraiment fait en sorte que le Québec existe.Qu\u2019il soit indépendant ou pas.» Guy Rocher, sociologue: Jacques Parizeau n\u2019a peut-être pas réussi à faire du Québec un pays, mais sa constance à défendre ce projet politique fera néanmoins partie de sa marque sur l\u2019histoire du Québec, estime le sociologue Guy Rocher.« Il y a un grand fait historique qui traverse les 60 à 70 dernières années du Québec: c\u2019est le mouvement indépendantiste.Il est évident que quand on refera l\u2019histoire de ce mouvement, peu importe quelle en sera l\u2019issue, le personnage de Jacques Parizeau sera très intégré à cette histoire.» Les historiens mettront peut-être davantage la figure de René Lévesque en avant, mais le sociologue croit que Jacques Parizeau ne sera pas loin.\u2014 Pierre-André Normandin et Philippe Teiscera-Lessard ISABELLE HACHEY À Québec, les correspondants parlementaires bougonnent.Jacques Parizeau, le tout-puissant ministre des Finances du gouvernement de René Lévesque, semble les éviter comme la peste.Pourquoi accorde-t-il si peu d'entrevues?«Tout simplement parce que Jacques Parizeau est un Monsieur, et les heures d'un Monsieur sont précieuses, leur explique son attaché de presse, Louis La Rochelle.Pour rencontrer un Monsieur, il faut inévitablement prendre rendez-vous.»* Nous sommes à la fin des années 70.Ce jour-là, Jacques Parizeau devient «Monsieur» pour les journalistes de la colline parlementaire et, bien vite, pour tous les Québécois.Le surnom le suivra jusqu'à la fin de ses jours.On ne trouvera jamais mieux pour décrire cet homme cultivé, loyal, à la réserve toute britannique, aux manières d'un autre temps.Un grand homme, toujours respecté, à défaut d'être aimé.Un Monsieur.Jacques Parizeau voit le jour à Notre-Dame-de-Grâce, le 9 août 1930.Son père, Gérard Parizeau, est un riche assureur.Sa mère, Germaine Biron, est originaire de Westmount.Au moment d'emménager à Outremont avec son mari et son petit Jacques, elle s'exclame : « Ah, nous allons vivre à la campagne ! » Jacques Parizeau est le pur produit de ce milieu aisé.Au contraire des autres militants indépendantistes de la première heure, qui rejettent volontiers l'ordre établi, le bourgeois d'Outremont est loin d'être un rebelle contestataire.Il aime la musique classique, les livres savants et les joutes oratoires.Et il porte invariablement un complet trois pièces.« C'est un aristocrate, dit Louis Bernard, ancien chef de cabinet de René Lévesque.Il a le sens du devoir et de l'honneur.On ne l'aborde pas avec une tape dans le dos.» Quand Jean Royer entre à son service au ministère des Finances, en 1976, Jacques Parizeau lui demande de couper sa queue de cheval, de raser sa barbe et de s'acheter un habit.Le militant de 20 ans emprunte des sous à sa mère et file chez Bovet pour acheter un costume.« Un jour, j'entre dans son bureau sans veston.Il me dit tout de suite : \"Allez vous habiller!\" » Deux décennies plus tard, Jean Royer, devenu le chef de cabinet du premier ministre Parizeau, sera celui qui le convaincra, en pleine campagne référendaire, de céder le plancher à son éternel rival Lucien Bouchard, immensément plus populaire auprès des Québécois.Malgré la proximité des deux hommes, malgré toutes ces années à travailler ensemble, ils ne se tutoieront jamais.« Il aura établi, dès le début, une distance infranchissable.Il m'appellera toujours Monsieur Royer.Jamais par mon prénom, jamais de tutoiement.Entre nous, cela aura été très formel.» La confiance Son attitude de grand seigneur ne fait pas de Jacques Parizeau le politicien favori des Québécois.« C'est un homme hors du commun, surtout au Québec, où on ne connaît pas l'aristocratie, admet Louis Bernard.Il a une très forte personnalité, une très grande intelligence.» Il n'a jamais brillé dans les sondages de popularité.« Je comprends parfaitement que certains ne l'aiment pas, dit Jean Royer.Cette distance peut passer, pour quelqu'un qui ne le connaît pas, pour une forme d'arrogance.Mais quand vous saisissez l'individu, et que vous vous en approchez, sa confiance est facile à obtenir.» La confiance.« C'est le mot qui représente tout Jacques Parizeau », dit l'ex-chef du Bloc québécois Daniel Paillé, qui a fait partie de son « clan» dès 1970.« Quand il fait confiance, il fait confiance.Il dit aussi qu'il faut avoir confiance en nos institutions, en nous-mêmes.Et on peut affirmer qu'il a très confiance en lui.» «Dans un corridor, Jacques Parizeau occupe toujours le milieu de l'espace, dit Jean Royer.Il ne longe pas les murs.Avec lui, j'ai compris que la confiance en soi n'est pas un défaut.» Dès 1960, quand Jean Lesage recrute Jacques Parizeau pour conseiller son équipe du tonnerre, le jeune économiste « brille déjà d'un éclat un peu spécial » par rapport aux autres fonctionnaires, raconte Louis Bernard.«Tout au long de sa carrière, il est un peu au-dessus des autres.Ministre des Finances, il domine ses homologues dans les conférences fédérales-provinciales.Il sort de l'ordinaire et il le sait.Il a l'assurance d'un homme habitué à dominer.» La passion du Québec Au sein du gouvernement Lévesque, « Monsieur » n'appelle jamais ses collègues; il fait plutôt appeler son chef de LA PRESSE MONTRÉAL MERCREDI 3 JUIN 2015 A 5 .1930-2015 5 à PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE cabinet.Un excès de protocole qui en insulte plus d'un.« Je n'ai jamais eu un appel de lui, se rappelle Claude Morin, alors ministre des Relations intergouvemementales.C'était une méthode européenne.Je l'aurais très bien vu dans la série Downton Abbey.» « Il a la pudeur britannique, la réserve française.Il n'a pas honte de l'émotion, mais il préfère la harnacher dans des actions.L'émotion, il la craint.Il est surpris, mal à l'aise, mais il se reconnaît dans les émotions collectives de son peuple », analyse l'ancien ministre péquiste - et psychiatre - Camille Laurin, en 1989, dans le magazine L'actualité.« De l'extérieur, on le perçoit comme un homme froid, qui considère la politique comme un jeu d'échecs.Mais quand on le côtoie à l'interne, on se rend compte que c'est un être bouillonnant.Un être d'émotions, mais d'émotions contenues», raconte Jean-François Lisée, son ancien conseiller.« C'est un passionné, Jacques Parizeau, confirme Daniel Paillé.Il ne s'épanche pas, mais il a une passion pour le Québec.D'ailleurs, il ne fait pas de la politique pour faire de la politique.Il en fait parce que c'est un moyen pour lui d'atteindre l'indépendance.Il n'a jamais confondu le moyen et l'objectif.» * L\u2019anecdote est tirée de la biographie en trois tomes de Jacques Parizeau, rédigée par Pierre Duchesne et publiée aux Editions Québec Amérique.Ce dossier spécial est d\u2019ailleurs basé en bonne partie sur le travail de recherche colossal de l\u2019ancien journaliste de Radio-Canada, ainsi que sur des entrevues réalisées en 2014 avec d\u2019anciens collègues de M.Parizeau.«SI JE MEURS DEMAIN, J\u2019AIMERAIS QUE L\u2019HISTOIRE RETIENNE QUE J\u2019AI APPARTENU À CETTE VINGTAINE DE PERSONNES QUI ONT FAIT LA RÉVOLUTION TRANQUILLE.C\u2019EST LE PLUS GROS CHANGEMENT AUQUEL J\u2019AI PARTICIPÉ.» Sur cette photo de 1972, on voit l\u2019économiste Jacques Parizeau (à gauche) en compagnie de René Lévesque et de Camille Laurin, alors chef parlementaire du Parti québécois à l\u2019Assemblée nationale.2 L\u2019ÉCONOMISTE L\u2019article du Soleil, publié le 17 décembre 1965, présente les «véritables architectes de la société nouvelle qui s\u2019édifie depuis quelques années dans le Québec».Parmi les hauts fonctionnaires figure un jeune économiste à la moustache bien lissée et au regard sombre, diplômé de l\u2019École des hautes études commerciales (HEC): Jacques Parizeau.ISABELLE HACHEY À défaut d'avoir donné naissance à un pays, «Monsieur» aura modernisé l'économie du Québec en profondeur.Au bout du compte, c'est ce qui aura été sa plus grande fierté.« Si je meurs demain, j'aimerais que l'histoire retienne que j'ai appartenu à cette vingtaine de personnes qui ont fait la Révolution tranquille.C'est le plus gros changement auquel j'ai participé», a-t-il d'ailleurs confié à son biographe, Pierre Duchesne.En effet, la contribution de Jacques Parizeau à l'édification de l'État providence a été majeure, estime l'économiste Pierre Fortin, de l'UQAM.«Parmi les économistes qui ont eu une carrière universitaire et qui se sont impliqués dans la vie publique, Jacques Parizeau est le plus grand que le Québec ait connu depuis Champlain.C'est un grand bonhomme.Il a fait quelques erreurs, mais dans l'ensemble, il laisse un très bel héritage au Québec.» «Il a été le premier Canadien à obtenir un doctorat à la London School of Economics.C'est quand même extraordinaire.Un Québécois! Le premier au Canada!», s'exclame l'ancien premier ministre Bernard Landry, lui-même diplômé en économie et en finance.« À l'époque, je lisais ce qu'il publiait, j'écoutais ses conférences, et j'avais l'impression - et je l'ai gardée - que c'était le plus brillant économiste de l'histoire contemporaine du Québec.» Le révolutionnaire tranquille Jacques Parizeau a 30 ans lorsqu'il abandonne l'enseignement aux HEC pour s'engager auprès de l'« équipe du tonnerre » de Jean Lesage, qui vient de prendre le pouvoir à Québec.En 1960, un vent nouveau souffle sur la province.Proche conseiller économique de Jean Lesage, puis de Daniel Johnson, le distingué économiste sera de toutes les réformes pendant cette décennie charnière.«Il a touché à tout: l'assurance hospitalisation, l'assurance maladie, la nationalisation de l'électricité, la révolution scolaire, la valorisation de la fonction publique, les allocations familiales, la Caisse de dépôt et placement, la Régie des rentes du Québec.», énumère Pierre Fortin.Pour Jacques Parizeau, c'est une période exaltante.Quelques années plus tôt, il est rentré de Londres avec de grandes idées en tête : celles de James Meade, son directeur de thèse à la London School of Economics, et celles de John Maynard Keynes, son maître à penser, qui prônait une intervention musclée de l'État pour soutenir les économies en récession.De retour au pays en 1955, Jacques Parizeau avait « la désagréable impression de replonger dans un purgatoire: le Québec brumeux et sclérosé de Maurice Duplessis», écrit Pierre Duchesne.Le régime de Duplessis, son système de patronage et de copinage avec les intérêts privés, soulevaient en lui un «haut-le-cœur », une « répugnance », a expliqué Jacques Parizeau au biographe.« Les idées de Keynes» lui manquaient, et il sentait que, « quand on n'est pas trop bête et qu'on a un certain dévouement pour la cause publique, on peut, et à l'égard de l'économie et à l'égard de la société, changer les choses».«Dans les années 50, Maurice Duplessis refusait de s'endetter pour financer les infrastructures au Québec: le réseau routier, les écoles, les hôpitaux, etc., explique Pierre Fortin.Tous les gouvernements en Amérique du Nord empruntaient pour financer les infrastructures, sauf M.Duplessis.M.Parizeau a observé cela et a eu parfaitement raison de dire à M.Lesage: il faut emprunter pour développer l'économie.» À l'époque, le secteur public québécois se limitait au « crédit agricole, à un bout d'Hydro-Québec, puis à la Commission des liqueurs», a rappelé Jacques Parizeau à son biographe.«Avec l'arrivée de Jean Lesage, l'obsession du jeune docteur en économie va consister à élargir le champ d'intervention du secteur public et à lui donner du prestige et du pouvoir.» « C'était correct à l'époque, quand le poids de la dette représentait 10 % du produit intérieur brut (PIB), dit Pierre Fortin.Le problème, c'est que M.Parizeau a conservé cette mentalité antiduplessiste, même [des décennies plus tard], quand le poids de la dette est passé à 60% du PIB, ce qui était passablement excessif pour une province.Pour Jacques Parizeau, la dette, ça n'a jamais été bien grave.» Le «père des déficits publics» Après la victoire électorale de René Lévesque, en 1976, Jacques Parizeau hérite tout naturellement du ministère des Finances.Pendant huit ans, le tout-puissant ministre invente « une multitude de nouveaux outils financiers dans le but avoué d'accroître l'influence de l'État québécois sur la gestion de sa dette et de son financement», écrit Pierre Duchesne.N'empêche, les années Parizeau coûtent cher au Québec.Ses huit budgets sont marqués de nombreux dépassements.La dette s'alourdit, au point d'en devenir, aux yeux de certains analystes, écrasante.Ceux-là qualifient l'économiste, tout brillant qu'il soit, de « père des déficits publics».Même après son retrait de la vie politique, Jacques Parizeau continuera de mettre en garde les politiciens contre ce qui est rapidement devenu le culte du déficit zéro, souligne Pierre Fortin: «Il leur a dit: \"Attention avec l'austérité, il faut quand même que les gouvernements soutiennent l'économie tant que le secteur privé n'a pas pris le relais pour assurer une bonne reprise économique.\" C'était une idée-force chez M.Parizeau, et c'est une idée qui est encore valable.» rÆ, ; \u2022' .'\t.J .' A 6 LA PRESSE MONTRÉAL MERCREDI 3 JUIN 2015 NllllllllllllMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllNllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllim JACQUES PARIZEAU 3 LE FÉDÉRALISTE CONVERTI ISABELLE HACHEY « Je suis monté dans le train à Montréal fédéraliste, et j'en suis ressorti trois jours plus tard en Alberta souverainiste », avait l'habitude de raconter Jacques Parizeau.Le voyage en question a lieu en octobre 1967.Le haut commis de l'État québécois a été invité à Banff pour prononcer un discours dans le cadre d'une Conférence nationale sur les fondements économiques de l'unité canadienne.Y assisteront des politiciens de tout le pays, dont le premier ministre, Lester B.Pearson.À bord du train, Jacques Parizeau n'a pas d'illumination; en réalité, sa décision est mûrie de longue date.Mais le long périple à travers les Prairies lui donne le temps de préparer minutieusement son discours.« Le Québec voudra toujours davantage et la vapeur n'est pas près d'être renversée, déclare-t-il à Banff, devant un parterre médusé.Quand une société cherche pendant aussi longtemps le moyen de se réaliser et le trouve finalement au-dedans d'elle, il m'apparaît bien peu probable qu'on puisse la détourner de son but.» Un but qui deviendra le combat de sa vie.Le nationalisme à la Duplessis Dans sa jeunesse, Jacques Parizeau avait pourtant été un fédéraliste convaincu, tout comme son père, le riche assureur Gérard Parizeau.Le bourgeois d'Outremont avait peu d'affinités avec le Québec de l'époque.Dès son plus jeune âge, il avait fréquenté une garderie anglaise, puis le collège français Stanislas, avant de faire des études supérieures en France et en Angleterre.Il méprisait le nationalisme de Maurice Duplessis.Que ce mandarin du gouvernement de Daniel Johnson adhère si rapidement à l'idée de l'indépendance du Québec a d'ailleurs « un peu surpris» Louis Bernard, militant de la première heure, qui deviendra par la suite le chef de cabinet de René Lévesque.« Je ne m'attendais pas à ce qu'il saute directement au soutien de M.Lévesque, avoue-t-il.Lui et moi, nous étions fédéralistes, comme tout le monde à l'époque.Nous travaillions à augmenter la place du Québec à l'intérieur du Canada, mais quand Pierre Trudeau a pris le dessus, nous savions qu'il n'y avait pas d'espoir de renouveler le fédéralisme.Alors, nous nous sommes dit que la solution de M.Lévesque avait plus d'avenir.» Son passage à la Banque du Canada, où le docteur en économie de la London School of Economics avait été recruté.pour traduire en français les rapports annuels de l'institution, a aussi contribué à précipiter les choses, écrit Pierre Duchesne dans sa biographie : « À mariner trop longtemps dans la marmite du mépris et de l'exclusion, le nationalisme de Jacques Parizeau va lentement mais irrémédiablement changer d'allégeance.La victoire de Jean Lesage et dix ans de Révolution tranquille vont terminer le travail et anéantir chez lui toute forme d'engagement envers le Canada.» « La bataille est engagée » En septembre 1969, Jacques Parizeau plonge dans la vie politique active.Il adhère officiellement au Parti québécois, dirigé par René Lévesque.« La bataille de l'indépendance du Québec est irrémédiablement engagée, écrit à l'époque l'éditorialiste Mario Cardinal dans Le Magazine Maclean.Avec l'entrée en scène de Jacques Parizeau, la notion d'un Québec séparé prend une dimension nouvelle.L'indépendance devient une option politique valable, qui se discute au mérite.Lévesque lui avait donné ce caractère sérieux qu'elle n'avait jamais eu.Avec Parizeau, elle cesse d'être une aventure.» > 1969, Jacques Parizeau prend la parole lors d\u2019un congrès du Parti québécois.mm PHOTO PIERRE McCANN, ARCHIVES LA PRESSE 5 LA DOUBLE DEFAITE ISABELLE HACHEY Toute la journée, Jacques Parizeau avait été anxieux.Tellement fébrile qu'il avait eu du mal à glisser son bulletin de vote dans l'urne.En ce 30 octobre 1995, le premier ministre a rendez-vous avec son destin.L'aboutissement de 25 ans de travail acharné pour faire du Québec un pays.Ce soir-là, les partisans du Oui sont réunis au Palais des congrès de Montréal.La salle est chauffée à bloc.Dans la suite réservée à Jacques Parizeau et à son entourage, toutefois, l'ambiance est tendue.Jacques Parizeau arpente la pièce de long en large, sans sourire, sans prononcer le moindre mot.« Il n'est pas lui-même.Je l'ai rarement vu dans cet état.Nous, autour, nous sommes positifs, encouragés par les derniers sondages.Mais pour lui, l'heure est grave », raconte Marie-Josée Gagnon, son ancienne attachée de presse.Jean Royer, chef de cabinet du premier ministre, a étalé devant lui les prédictions pour les 125 circonscriptions du Québec.À partir de 20 h 15, on l'appelle de tous les coins de la province pour lui donner les résultats; il est un peu plus rapide que Radio-Canada.«Le premier résultat sort, aux Îles-de-la-Madeleine, plus fort qu'on ne l'avait prédit.Puis, un deuxième résultat, plus fort aussi.Je vois bien M.Parizeau qui marche de long en large.Chaque fois que j'ai un appel, il est tenté de me demander: pis?» 20 h 30, le Oui mène.À 20 h 30, le Oui mène avec 56,3 % des voix.Dans la grande salle du Palais des congrès, la foule de militants souverainistes triomphe.Jacques Parizeau reste impassible.« Mais je crois qu'il voit le Québec comme pays, dit Jean Royer.Comme Ulysse approchant d'Ithaque, il voit le pays.Sans qu'on se parle, je vois dans ses yeux, je sens qu'il croit à la victoire.» Puis, les résultats en provenance de l'ouest de Montréal commencent à sortir.Brusquement, le vent tourne.« Il y a des sections de votes où le taux de participation est de près de 100 %, et où le vote est à 100 % pour le Non.Là, je dis \"oups\".» Jean Royer se tourne vers Jacques Parizeau.« Il va nous en manquer.», dit-il à son patron.« Il me regarde, abasourdi.Il se dit que je me trompe.Le décalage est trop grand entre sa visualisation du pays et ce que je dis.» Pourtant, Jean Royer a raison.Un appel après l'autre, la dégringolade se confirme.À 22 h 20, Radio-Canada prédit la victoire du Non par quelques dizaines de milliers de votes.Le résultat final est incroyablement serré: 50,6% pour le Non et 49,4% pour le Oui.Mais pour Jacques Parizeau, ça ne change rien.C'est une défaite atterrante, point.L'échec de toute une vie.« M.Parizeau est un mauvais perdant, dit Jean Royer.Ce n'est plus notre défaite ; ça devient la sienne.Une forme de colère s'installe.» « C'est une colère de tous les diables.Je suis furieux d'avoir mis tous mes œufs dans le même panier pendant 25 ans », a confié Jacques Parizeau à son biographe, Pierre Duchesne.«C'est ça, mon objectif et j'ai raté ! J'ai raté! Rien que ça.J'ai échoué ! » Furieux, il monte sur la scène du Palais des congrès pour prononcer son discours.Marie-Josée Gagnon l'écoute avec appréhension.« Un moment donné, il dit \"nous\".Je suis à côté de Jean-François Lisée.On se regarde.On sait.On sait qu'il ne s'en va pas dans la bonne direction.» Peu après, Jacques Parizeau jette le blâme sur « l'argent et les votes ethniques » pour la défaite.Ses alliés sont catastrophés.«C'est effrayant, on vient de tout perdre», confiera Lucien Bouchard, 19 ans plus tard, dans le documentaire Nation.« On a tout perdu.On savait que toutes les caméras du monde ont filmé ça et tous les micros du monde ont entendu ça.C'était comme perdre deux fois.» L\u2019onde de choc Dans son discours, Jacques Parizeau déclare aussi qu'« on n'attendra pas encore 15 ans » le prochain référendum.Et pourtant.« L'échec référendaire, on dira tout ce qu'on voudra, cela a cassé un ressort.Je pense qu'il est encore cassé aujourd'hui», commente l'exchef bloquiste dans Nation.Jacques Parizeau a commis un « péché politique » en tenant un référendum alors que les intentions de vote favorable à la souveraineté n'atteignaient pas 40 %, estime pour sa part l'ancien ministre péquiste Claude Morin.« Faire ce genre de référendum dans ces conditions, ç'a été une erreur, à cause de ses conséquences épouvantables », tranche-t-il.« Bien des gens ont conclu que le Québec ne parviendrait jamais à la maîtrise de ses propres affaires, et qu'il était devenu inutile et même dangereux de se livrer à toute nouvelle confrontation constitutionnelle », explique le père de l'étapisme dans son livre, Je le dis comme je le pense.La défaite référendaire mais surtout les propos de Jacques Parizeau ont hanté le mouvement souverainiste pendant de longues années, dit Marie-Josée Gagnon.« Ç'a tué le mouvement.Pourquoi ?Probablement parce que Jacques Parizeau était un grand leader, une très grande figure de l'indépendance.» Ses paroles ont atteint en plein cœur la crédibilité qu'il avait su donner au mouvement souverainiste.Et la sienne, du même coup.Jean Royer n'était pas aux côtés de Jacques Parizeau quand ce dernier s'est dirigé d'un pas vif vers la scène du Palais des congrès.Il était déjà parti.Le discours, il l'a entendu à la radio, dans sa voiture.Des années plus tard, il s'en veut encore, terriblement.« J'aurais dû être là.Peut-être que si j'avais marché avec lui jusqu'à la scène, j'aurais pu.» Fidèle jusqu'au bout, Jean Royer refuse de critiquer les propos controversés de son ancien patron.« Je sais qu'il a eu plusieurs fois l'occasion de s'expliquer, ce qu'il n'a jamais fait.Il assumait ce qu'il a dit.Mais je trouve injuste de ramener l'existence de cet homme à cette phrase-là.C'est disproportionné, par rapport à tout ce qu'il a fait.» À 22h20, Radio-Canada prédit la victoire du Non par quelques dizaines de milliers de votes.Le résultat final est incroyablement serré: 50,6% pour le Non et 49,4% pour le Oui.Mais pour Jacques Parizeau, ça ne change rien.C\u2019est une défaite atterrante, point.PHOTO ROBERT NADON, ARCHIVES LA PRESSE LA PRESSE MONTRÉAL MERCREDI 3 JUIN 2015 A 7 .1930-2015 4 LE PUR ET DUR ISABELLE HACHEY Une platée de spaghetti.C'est à ce mets bon marché que Jacques Parizeau compare l'étapisme dans un éditorial du Jour, le quotidien qu'il a fondé avec René Lévesque et Yves Michaud.« Tout Québécois sait par expérience que quand on commence à lui dire que quelque chose se fera graduellement, cela veut dire que la chose ne se fera pas, écrit-il.Tout cela consiste à offrir à ceux qui veulent un idéal profond et tenace une platée de spaghetti.» C'était le 10 septembre 1974.À ce sujet, Jacques Parizeau, un souverainiste « pur et dur », ne changera jamais d'idée.Au départ, il ne croit même pas qu'un référendum soit nécessaire pour proclamer l'indépendance du Québec.À son avis, une victoire électorale péquiste est amplement suffisante.«Le Québec est entré dans la confédération sans référendum et il se retirera de la confédération sans référendum, conformément aux règles du parlementarisme britannique», écrit-il dans une brochure du PQ en novembre 1972.Claude Morin n'est pas d'accord.Il rallie aisément le chef péquiste à son point de vue.«René Lévesque lui-même trouvait que cela n'avait pas de bon sens, raconte-t-il.On ne pouvait pas faire la souveraineté avec 40 % des votes.D'ailleurs, si je n'avais pas eu l'idée d'un référendum, un autre y aurait pensé; c'était tellement une idée naturelle ! » Le référendum En 1974, par 630 voix contre 353, le référendum est donc introduit dans le programme du PQ.Claude Morin devient « le père de l'étapisme ».À l'opposé, Jacques Parizeau entre dans la catégorie des « purs».L'expression est de René Lévesque.Elle a collé à la peau des souverainistes pressés.« Jacques Parizeau tenait à cette image de pur et dur, d'inflexible, dit Claude Morin.Il était sincère dans ses orientations, mais n'était pas porté à s'adapter aux circonstances, comme on doit le faire, je crois, en politique.L'étapisme, c'est prendre les gens comme ils sont et avancer avec eux.Les guider.Il y a un mur en ce qui concerne la souveraineté, et il faut le contourner.Mais c'est bien plus glorieux de foncer dedans.» Pour Jacques Parizeau, le problème n'est pas le mur, mais plutôt le terrain, rétorque son ancien chef de cabinet, Jean Royer.« M.Lévesque est un intuitif.Il voit le piège, l'endroit où il ne faut pas s'enfarger.M.Parizeau voit tellement loin que l'inclinaison sur le terrain, il ne la voit pas.Il s'enfarge.Les deux hommes s'entendent parfaitement sur l'objectif: faire du Québec un pays.Mais pour s'y rendre, ça discute fort.Cela dit, à la fin, quand la décision est prise, Jacques Parizeau finit toujours par se ranger.» En 1980, Claude Morin persuade René Lévesque que le Oui n'a aucune chance de l'emporter si le référendum porte sur l'indépendance.Il vaut mieux se contenter d'obtenir des Québécois un mandat de négocier.Une fois de plus, Jacques Parizeau n'est pas d'accord avec la stratégie.Mais il se rallie.En campagne référendaire, les stratèges péquistes tentent de le cacher.« Je suis considéré par l'entourage de René Lévesque comme assez dangereux, confie-t-il à son biographe, Pierre Duchesne.On a toujours peur que je fasse un esclandre.On m'envoie dans des endroits où il n'y aura que l'écho de la gazette de Sept-Iles ou de Trois-Rivières-Ouest.Qu'est-ce qu'on m'a fait courir.» L'épreuve du pouvoir Quinze ans plus tard, Jacques Parizeau devient lui-même premier ministre.Cette fois, c'est lui qui doit tempérer les ardeurs des péquistes radicaux.Et admettre que la tenue d'un référendum constitue une étape incontournable vers la souveraineté.« Je n'ai pas le droit de revenir sur des engagements auxquels je me suis associé, dit-il à Pierre Duchesne.On ne peut pas établir pendant un quart de siècle des règles du jeu, puis les changer! » Mais l'épreuve du pouvoir ne le détourne pas de son objectif ultime: l'indépendance.« Il dit toujours qu'on ne doit pas déroger, se rappelle son vieux compagnon de route, Serge Guérin.Ce qu'il ne veut pas, c'est qu'on utilise une certaine conjoncture pour glisser, petit à petit, jusqu'à perdre de vue l'objectif.Il craint ces glissements, qui obligent à changer de discours.Et lorsqu'on change de discours, les gens cessent de nous croire.» Deux décennies après avoir quitté la scène politique, Jacques Parizeau continuera à pourfendre le flou référendaire.Dans une chronique du Journal de Montréal, il expliquera la dégelée infligée au PQ, lors des élections de 2014, par cette stratégie de taire l'enjeu de l'indépendance pour ne pas effrayer l'électorat.« La souveraineté du Québec devient alors une sorte de drapeau que l'on agite de temps à autre devant les militants de façon à les garder en appétit et dans les rangs.Bien des souverainistes ont refusé cette espèce de supercherie.» «LE QUÉBEC EST ENTRÉ DANS LA CONFÉDÉRATION SANS RÉFÉRENDUM ET IL SE RETIRERA DE LA CONFÉDÉRATION SANS RÉFÉRENDUM, CONFORMÉMENT AUX RÈGLES DU PARLEMENTARISME BRITANNIQUE», ÉCRIT-IL DANS UNE BROCHURE DU PQ EN NOVEMBRE 1972.LÉNIGME PARIZEAU JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE Jacques Parizeau après la victoire du Parti québécois aux élections du 12 septembre 1994.À ses côtés, Lucien Bouchard, alors chef du Bloc québécois.IHBi DENIS LESSARD ANALYSE QUÉBEC \u2014 Pour Jacques Parizeau, c\u2019était «la patrie avant le parti ».Les relations du leader souverainiste avec son parti auront toujours été équivoques.Il aura été d\u2019une abnégation sans borne pour épauler les militants péquistes sur le chemin de l\u2019indépendance, mais il a aussi été un trouble-fête incorrigible, même au risque de nuire aux siens.Jacques Parizeau emporte avec lui une énigme : quels étaient ses rapports véritables avec le Parti québécois?Il aura toujours été le fer de lance d'une faction du parti, très conscient de son ascendant sur les militants les plus souverainistes.Il n'hésite pas à mesurer sa popularité à celle de René Lévesque lors d'un congrès où, stratégiquement, il feint de s'être trompé de micro - des militants en liesse avaient cru qu'il allait s'opposer à « l'étapiste » René Lévesque.Plus tard, en novembre 1984, ce sera finalement la rupture, sans appel : Jacques Parizeau fait savoir qu'il ne veut rien entendre du « beau risque » du fédéralisme qu'avait entrevu René Lévesque avec l'élection de Brian Mulroney.Parizeau part avec plusieurs ministres influents, le PQ est décimé, Lévesque sera forcé de partir à son tour en juin 1985.Pendant des années, Parizeau verra le PQ comme une machine de guerre, l'outil susceptible de l'amener à la réalisation de son objectif.Aussi il ne comptera pas son temps, toujours prêt à se rendre en région pour un discours quand il faut fouetter les militants.Il est particulièrement conscient de l'importance des centrales syndicales, ménagera des rapports soutenus avec la FTQ et ses leaders.Ses loyautés envers ses collaborateurs seront diverses : il passera un coup de fil humiliant à Robert Bourassa pour qu'on trouve un travail à un compagnon de longue date, Serge Guérin, mais une fois au pouvoir, il permettra le congédiement d'Adrienne Lafortune, proche d'Andrée Bourassa, au Palais des congrès de Montréal.À Hydro-Québec, il envoie son conseiller juridique Yvon Martineau comme président du conseil d'administration.Jacques Joli-Cœur devient chef du protocole.À l'arrivée de Lucien Bouchard, Martineau et Joli-Cœur feront leurs valises rapidement.Parizeau était-il loyal envers ses disciples ?La réponse n'est pas évidente.Quand il annonce sa démission après le référendum d'octobre 1995, même avec un pied dans la porte, il éjecte le tout dévoué Jean Campeau du ministère des Finances.Ce fidèle parmi les fidèles est relégué aux Transports, pour laisser la place à Pauline Marois, son ancienne attachée de presse.Lucien Bouchard, et surtout Bernard Landry, n'auront cure de cet arrangement, et Pauline Marois sera à nouveau déplacée deux mois plus tard.Stratégies bouleversées Comme chef de guerre, Parizeau aura vu ses stratégies bouleversées par le cours des événements.Ses sbires lacéraient constamment les flancs de Pierre Marc Johnson, mais jamais Parizeau n'aurait pensé que ce dernier démissionnerait aussi vite.Entraîné plus tôt que prévu, il doit affronter Bourassa en 1989, dans une élection qu'il sait perdue d'avance.Tout indépendantiste qu'il soit, Parizeau préconise alors des « référendums sectoriels », bien conscient que la population ne le suivrait pas sur la voie de la séparation du Québec.Il sera sauvé par le naufrage de l'entente du lac Meech, qui a décuplé la ferveur souverainiste.Le référendum de 1992 repousse l'entente de Charlottetown, au Québec comme pratiquement partout ailleurs au Canada.Contre l'avis de plusieurs de ses conseillers, pugnace, Parizeau tranche et décide d'utiliser l'enregistrement des conversations téléphoniques de deux mandarins qui estiment que Robert Bourassa s'est « écrasé » durant les négociations.En 1994, c'est « l'autre façon de gouverner » du PQ qui l'emporte.Toutes ses décisions seront prises en tenant compte du référendum à venir « dans les premiers mois » du mandat.Une structure bancale de « délégués régionaux » est mise en place pour favoriser l'organisation partout au Québec - un « nid à chicane » évident, mais deux fois plus de porte-parole pour promouvoir l'option.La souveraineté n'avance pas suffisamment vite ?Il faudra user «d'astuces».le gouvernement mettra en place des « commissions régionales » sur l'avenir du Québec, avec des ténors comme Marcel Masse et Jean-Paul L'Allier pour mettre en relief les avantages d'un Québec souverain.Les limites de l\u2019abnégation Les militants et les alliés, Jacques Parizeau n'aura jamais hésité à recourir aux uns comme aux autres pour atteindre son but.Jusqu'à la décision déchirante de se mettre en retrait pour laisser passer Lucien Bouchard durant la campagne référendaire de 1995, parce que le chef du Bloc était le plus susceptible de faire avancer le Oui au référendum.Mais l'abnégation a ses limites.Jacques Parizeau n'a jamais hésité à donner un coup de Jarnac à son successeur Lucien Bouchard.À chaque passage délicat pour Bouchard, au moment des conseils nationaux ou dans des débats controversés, Jacques Parizeau n'hésite pas à publier des textes, touffus, mettant en pièces la stratégie du nouveau maître du PQ.À tel point que le ministre Bernard Landry tranche : Jacques Parizeau est « devenu l'allié objectif de nos adversaires».Même s'ils sont tous les deux sortis de la politique, Jacques Parizeau en remet: «Nous, les Québécois, avons déçu M.Bouchard, quel dommage!», lance-t-il, ironique au « lucide » Bouchard, qui juge que les Québécois ne sont pas assez productifs.Jacques Parizeau, homme de parti ?La question reste pendante.Il n'a jamais digéré l'affront de Pauline Marois et de sa conseillère Nicole wStafford envers sa femme, Lisette Lapointe.Cette dernière démissionnera avec fracas en juin 2011.Encore aigri, trois ans plus tard, à quelques semaines des élections, l'ancien chef décrit le mouvement souverainiste comme « un champ de ruines » et donne tacitement son appui à Jean-Martin Aussant, d'Option nationale, un parti avec un premier et seul objectif, l'indépendance du Québec.«Monsieur» nous avait prévenus : avec lui, cela aura toujours été « la patrie avant le parti ».Pendant des années, Parizeau verra le PQ comme une machine de guerre, l\u2019outil susceptible de l\u2019amener à la réalisation de son objectif. LA MARQUE AUTOMOBILE QUI CONNAÎT LA CROISSANCE LA PLUS RAPIDE AU CANADA Selon le volume des ventes au détail des marques à gamme complète et calculé de façon continue sur une période de 12 mois.Innover pour exalter NISSAN E MON CHOIX DE NISSAN EST DE RETOUR DECIDEZ PARMI NOS CHOIX LES PLUS GENEREUX A CE JOUR sur modèles 2015 sélectionnés OBTENEZ JUSQU'À 1500*' DE RABAIS EN ARGENT OU MENSUALITES A NOS FRAIS OU GARANTIE PROLONGEE EN PLUS DES AUTRES OFFRES EN VIGUEUR LOCATION OU FINANCEMENT A PARTIR DE sur modèles 2015 sélectionnés* MICRA JUKE VERSA NOTE ALTIMA PATHFINDER SENTRA ROGUE PROPRIETAIRES DE NISSAN, OBTENEZ AUSSI JUSQU\u2019A 1000 DOLLARS FIDELITE SUR LES MODÈLES SELECTIONNES.** CONSULTEZ CHOISISSEZNISSAN.CA POUR PLUS DE DÉTAILS l L'ASSOCIATION DES CONCESSIONNAIRES NISSAN DU QUÉBEC ir le climatiseur (si applicable), les rabais du manufacturier et les contributions Ces offres sont en vigueur du 2 au 30 juin 2015 chez les concessionnaires Nissan participants.Les offres sont d'une durée limitée et sont soumises à l'approbation de crédit par Nissan Canada Finance.Les frais de transport et de prélivraison, la surcharge des concessionnaires sont inclus.Le permis de conduire, l'immatriculation, les assurances, les droits spécifiques sur les pneus neufs (15 $) et les taxes sont en sus et exigés à la signature du contrat.Les modèles illustrés sont à titre indicatif seulement.Les offres sont exclusives et peuvent être modifiées, prolongées ou annulées s préavis.Ces offres n'ont pas de valeur d'échange au comptant.Les concessionnaires peuvent fixer leurs propres prix.Visitez votre concessionnaire Nissan du Québec participant pour tous les détails.* Le rabais est applicable à l'achat, à la location ou au financement à l'achat d'un modèle 2015 neuf suivant: Micra (excluant le modèle S) / Versa Note / Sentra / Altima / Juke / Rogue / Pathfinder.Le rabais de 500 $ / $700 / 1 000$/1 000$ / 750 $ / 1 000 $ / 1 500 $ est composé d'un montant en argent de 350 $ / 500 $ / 750 $/ 750$/500 $/700 $/1 200 $ provenant de NCF et d'un montant de150$/200$/250$/250$/250$/300$/300$en contribution du concessionnaire.± Le congé de paiement est disponible pour les clients qui louent ou financent un modèle 2015 neuf suivant Micra (excluant le modèle S) / Versa Note / Sentra / Altima / Juke / Rogue / Pathfinder par l'entremise de Nissan Canada Inc et Nissan Canada Finance (NCF) et réfère au deux (2) premiers paiements mensuels de location ou de financement à l'achat.Les deux (2) premiers paiements des clients (incluant les taxes) seront défrayés jusqu'à un maximum de 225 $ / 250 $ / 375 $ / 400 $ / 375 $ / 400 $ / 600 $ par mois, taxes incluses.Après les deux (2) premiers versements, le consommateur devra effectuer tous les versements réguliers prévus pour le reste de la durée du contrat.Les clients doivent recevoir l'approbation de NCF pour pouvoir louer ou financer.Les clients qui achètent au comptant ou qui ne sont pas financés par Nissan Finance ne sont pas éligibles pour ce choix.T La garantie prolongée sans frais est valide jusqu'à 60 mois ou 100 000 km (selon la première de ces éventualités) à partir de la date d'entrée en vigueur de celle-ci et de zéro (0) km.Certaines conditions ou restrictions s'appliquent.La garantie prolongée sans frais est le Programme Sécuritaire Prolongé Nissan (« PSP »), qui est administré par Nissan Canada Extended Services Inc.(« NCESI »).Dans toutes les provinces, NCESI est l'administrateur.Cette offre inclut le niveau de garantie Or.Valeurde vente au détail du programme sécuritaire prolongé basé surPDSFde 1 200 $/ 1 400$/1 500$/1 500$/1 700 $/ 1 700$/2 000$pourles modèles neufs suivants : Micra (excluant S trim)/Versa Note/Sentra/Altima/Juke / Rogue / Pathfinder.Les concessionnaires peuvent fixer leurs propres prix.+ Exemple de financement à l'achat pour le modèle Pathfinder S 4x2 2015 (5XRG15 AA00), basé sur un prix de vente de 31 318 $ à un taux de financement de 0% pour un terme de 24 mois, ce qui équivaut à un versement mensuel de 1 305 $ avec 0 $ en comptant initial (requis à la signature du contrat).Frais de crédit de0$ pour une obligation totale de 31 318$.Le rabais de 1 500 $ est inclus dans l'offre et est disponible uniquement sur le modèle Pathfinder S 4x2 2015 (5XRG15 AA00).+Exemple de location applicable pour le modèle Pathfinder S 4x2 2015 (5XRG15 AA00).Offre disponible à un tauxde location de 0% pour un terme de 24 mois, ce qui équivaut à un versement mensuel de 556 $ avec 0$ en comptant initial et 0$ en dépôt de sécurité (requis à la signature du contrat).Premier paiement mensuel requis à la signature du contrat.Location basée sur une allocation annuelle de 20 000 km avec kilométrage additionnel de 0,10 $ le km.Les frais d'enregistrement auprès du RDPRM et les frais d'agent pour l'inscription (jusqu'à 77 $ au total) à la location ne sont pas inclus et sont payables à la signature du contrat.++ L'offre fidélité Nissan (l'« offre ») ne s'adresse qu'aux clients admissibles qui (en date du 1er février 2015) sont ou étaient propriétaires d'un véhicule de marque Nissan de l'année modèle 2009 ou plus récente, ou dont ils effectuent ou effectuaient la location, ou à l'égard duquel ils ont ou avaient contracté un financement (un « véhicule existant »).L'admissibilité à l'offre sera établie par Nissan Canada inc.(« NCI ») à son absolue discrétion.Il est obligatoire de présenter une preuve de la propriété, de la location ou du financement actuel ou antérieur.L'offre ne peut être transférée ni cédée, sauf àun copropriétaire ou àun colocataire du véhicule existant qui réside dans le même foyer que la personne ayant l'intention de se prévaloir de l'offre.Si le client admissible choisit de louer ou de financer un véhicule de marque Nissan neuf n'ayant pas été immatriculé auparavant (excluant la gamme des véhicules NV, les parcs de véhicules et les véhicules de location quotidienne) (un « véhicule admissible neuf ») par l'entremise de NCI et de Services Financiers Nissan Canada inc.(collectivement, « SFNC »), il recevra un montant spécifié de Dollars Fidélité pouvant être jumelé à un autre montant (les « Dollars Fidélité ») selon ce qui est indiqué ci-après : I.Micra / Versa / Sentra (500 $); II.Juke / Altima / Rogue (600 $); III.Frontier / Xterra / Leaf / Murano / Pathfinder (800 $); et IV.Maxima / Z / Titan, Armada / GT-R (1000 $).Les Dollars Fidélité seront appliqués avant les taxes.Par ailleurs, si le client admissible choisit d'acheter ou de louer / faire financer un véhicule admissible neuf (sauf la GT-R et la Leaf)) autrement que par l'entremise de SFNC, il recevra un plan de vidange d'huile et de permutation des pneus d'une durée de trois ans ou 48 000 kilomètres (selon l'éventualité qui se produit en premier) qui consiste en un maximum de 6 visites d'entretien comportant chacune 1 vidange d'huile (avec huile à moteur 5W30 classique) et 1 service de permutation des pneus.Veuillez communiquer avec votre concessionnaire pour tous les détails sur le plan de vidange d'huile et de permutation des pneus.Cette offre n'est pas monnayable et peut être combinée à d'autres offres.L'offre est valide sur les véhicules admissibles neufs achetés / loués / financés et livrés entre le 1er mai 2015 et le 31 juillet 2015.Certaines conditions s'appliquent.Les modèles illustrés le sont à titre indicatif seulement.Cette offre peut être modifiée ou annulée sans préavis.Jusqu'à épuisement des stocks.Adressez-vous à votre concessionnaire ou consultez le site www.nissan.ca pour obtenir tous les détails.©2015 Nissan Canada inc.et Nissan Canada Finance, une division de Nissan Canada inc.Les noms, logos, slogans, noms de produits et noms des caractéristiques de Nissan sont des marques de commerce utilisées sous licence ou appartenant à Nissan Motor Co.Ltd.ou à ses filiales nord-américaines. LA PRESSE MONTRÉAL MERCREDI 3 JUIN 2015 A 9 JACQUES PARIZEAU 1930-2015 Monsieur le professeur rr.YVES BOISVERT CHRONIQUE PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE Jacques Parizeau au congrès national du PQ à Montréal en décembre 1979.T-V,-.- i ê à m Cheveux gominés, moustache taillée, complet marine, le professeur Parizeau s'avançait vers le lutrin.Il y déposait ses notes qu'il ne consulterait pas une seule fois pendant les trois heures de cours magistral.Jamais en effet cours ne fut plus magistral.Nous n'avions jamais rien vu de tel.Le grand personnage déambulait tranquillement devant une classe éblouie par le spectacle de son intelligence et la profondeur de son savoir.Les chiffres, les dates, les noms, les concepts, tout coulait de source.Il faisait jaillir l'ordre du chaos des finances publiques.C'était dit de cette voix chaude au grain si particulier.Et avec rigueur, bien sûr, mais une rigueur souriante.C'était en 1986.Monsieur Parizeau avait quitté la politique et René Lévesque en 1984 avec fracas.On le savait en réserve de la République, comme on le disait du général de Gaulle avant son retour triomphal au pouvoir en 1958.Il s'est déjà décrit un jour en riant comme un politicien français de province des années 30 égaré dans la politique québécoise contemporaine.C'était pour avouer la sorte d'anachronisme qui émanait de lui.Mais pour nous, enfin quelques amis d'université et moi qui lui vouions une admiration assez intense, c'était une sorte de De Gaulle québécois.L'incarnation de la compétence, de la confiance, même de la grandeur des choses de l'État québécois.René Lévesque savait soulever les foules.Lui savait construire un État.Après tout, il a été de cette poignée de hauts fonctionnaires tout frais sortis des grandes facultés anglaises, américaines, françaises des années 50 et 60 qui ont construit à peu près toute la charpente de l'État québécois, du financement d'Hydro-Québec à la création d'un régime de retraite public distinct de celui du Canada.Il a été un de ceux qui ont présidé à la prise en main de l'économie du Québec par ceux qu'on appelait les Canadiens français.Cette libération-là aussi est historique.Avec son style grand seigneur et ses manières de baron d'un siècle passé, il ne serait jamais un leader charismatique.Mais il savait faire.Et il savait dire les choses avec clarté, quitte à être brutal, quitte à perdre.Après 48 heures de nouvelles continues, on aura sans doute entendu 150 fois la triste « petite phrase » amère du 30 octobre 1995, dans son discours de défaite.C'était un ratage considérable, d'autant plus que l'homme a été un authentique « libéral » au sens que la philosophie politique donne à ce terme.Il suffit de relire ce qu'il a écrit sur la « charte des valeurs » de Bernard Drainville, à laquelle il s'est opposé violemment.Dans le documentaire que Francine Pelletier lui a consacré, on le voit amer : Trudeau a mis des centaines de personnes en prison sans mandat et il est considéré comme un grand défenseur des droits et libertés; moi, pour une phrase.Il y a une injustice dans la sentence médiatique, en effet.On n'a plus idée aujourd'hui de ce que c'était, pour un grand bourgeois du milieu économique, que de se présenter pour le Parti québécois en 1970.Et encore en 1973.Et de perdre les deux fois.Il fallait une conviction proche de la foi.Il fallait aussi croire en quelque chose de grand, qui puisse passer par l'action politique.S'il n'a pas réalisé son rêve d'indépendance, il a changé le Québec profondément comme très peu de gens peuvent se vanter de l'avoir fait.L'idée que les Québécois se font d'eux-mêmes est indissociable de sa pédagogie politique et économique, même s'ils ne l'ont pas suivi là où il voulait aller.L'idée selon laquelle « on est capables ».Même si Robert Bourassa n'a pas accepté sa main tendue, après l'échec de l'accord constitutionnel de Meech, en 1990.Cet enseignant exceptionnel qui n'a jamais cessé de l'être a apporté de la clarté et de l'intelligence en quantité dans les idées politiques au Québec.Et parfois même de la grandeur.a Pour joindre notre chroniqueur: yves.boisvert@lapresse.ca S\u2019il n\u2019a pas réalisé son rêve d\u2019indépendance, Jacques Parizeau a changé le Québec profondément comme très peu de gens peuvent se vanter de l\u2019avoir fait.Des réactions de la communauté anglophone Quel souvenir les politiciens issus de la communauté anglophone garderont-ils de Jacques Parizeau?«Lors de ma maîtrise, Jacques Parizeau a été mon professeur d\u2019économie.À l\u2019époque, j\u2019étais unilingue anglophone et il parlait tellement vite que je ne comprenais rien.Il a accepté de me rencontrer toutes les deux semaines pour une heure de discussion.À la fin du cours, j\u2019ai fait mon exposé oral en français.C\u2019était un homme très chaleureux, très humain, très distingué.C\u2019est un moment très triste, un moment de réflexion pour penser à l\u2019engagement et à la passion de cet individu qui a fait beaucoup de choses pour le Québec.» \u2014 David Levine, ex-ministre de la Santé sous le gouvernement Landry, ancien président de l\u2019agence de la Santé et des Services sociaux de Montréal «M.Parizeau était sur la même longueur d\u2019onde que moi sur presque toutes choses.sauf une! Mais je l\u2019ai toujours apprécié.Il a toujours été un gentleman avec moi même si je n\u2019étais pas d\u2019accord avec le plus grand but de sa vie, l\u2019indépendance du Québec.Chaque fois qu\u2019on se rencontrait, il était toujours très poli, c\u2019était un politicien de l\u2019ancienne école.Il se comportait avec dignité, respect et élégance.» \u2014 Peter Trent, maire de Westmount «Je l\u2019ai connu de l\u2019autre côté de la Chambre, donc c\u2019est un homme que j\u2019ai connu de loin, mais j\u2019ai apprécié son intelligence et sa compétence professionnelle comme ministre des Finances.À l\u2019époque, ses déclarations à la suite du référendum de 1995 m\u2019ont rendu malheureux.J\u2019ai trouvé les mots mal choisis.Ma réaction immédiate a été négative, mais par la suite, quand je l\u2019ai croisé, je lui ai donné la main sans hésiter.Avec le recul, je pense que M.Parizeau a vidé son cœur de façon émotive, mais ce n\u2019était pas un homme qui était animé par des préjugés.Je ne voyais pas en lui un antagoniste ou un ennemi de ma communauté.» \u2014\tVictor Goldbloom, député libéral de 1966 à 1979, ministre de 1970 à 1976.Président du Congrès juif canadien, région du Québec, depuis 2007 \u2014\tPropos recueillis par Daphné Cameron -jfr MARCHEZ S!SS! CUSM *MTL
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