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Titre :
Mémoire de [Gaspard-Joseph] Chaussegros de Léry au gouverneur Guy Carleton
Date de création :
7 septembre 1767
Genre spécifique :
  • Archives textuelles
Version intégrale légèrement normalisée : «Votre excellence a été surprise d'apprendre à son arrivée à Québec que je cherchais à retourner en France et parut désirer de savoir les raisons pour lesquelles j'avais fait des démarches auprès de monsieur le duc de Choiseuil pour y parvenir; Je dois pour en rendre compte prendre les choses depuis mon départ de Québec avec toutes ma famille en 1761 que je me rendis à Versailles où je sollicitai une place et des grâces que mes services me semblaient avoir méritées j'éprouvai pendant près d'une année de la part de monsieur, Accaron, chef du bureau des colonies; toutes les remises, toutes les espérances et tous les refus imaginables qu'il serait trop long de rapporter ici; J'appris que les préliminaires étaient signées et le Canada cédé à la couronne d'Angleterre, je redoublai mes instances dans les bureaux pour continuer mes services, on ne m'offrit qu'une plantation à défricher à l'île Ste [...]
Version intégrale légèrement normalisée : «Votre excellence a été surprise d'apprendre à son arrivée à Québec que je cherchais à retourner en France et parut désirer de savoir les raisons pour lesquelles j'avais fait des démarches auprès de monsieur le duc de Choiseuil pour y parvenir; Je dois pour en rendre compte prendre les choses depuis mon départ de Québec avec toutes ma famille en 1761 que je me rendis à Versailles où je sollicitai une place et des grâces que mes services me semblaient avoir méritées j'éprouvai pendant près d'une année de la part de monsieur, Accaron, chef du bureau des colonies; toutes les remises, toutes les espérances et tous les refus imaginables qu'il serait trop long de rapporter ici; J'appris que les préliminaires étaient signées et le Canada cédé à la couronne d'Angleterre, je redoublai mes instances dans les bureaux pour continuer mes services, on ne m'offrit qu'une plantation à défricher à l'île Ste-Lucie [Sainte-Lucie] ou à Cayenne, j'eus beau représenter mes services, monsieur Accaron convenait qu'ils avait été distingués et finissait toujours par ses mots. Le Canada n'est plus à nous et tous ses services ont été inutiles il disait cependant que si je voulais attendre, je serais placé très avantageusement, mais que quant au moment présent il n'était pas favorable je répondis toujours que je serais enchanté de pouvoir attendre et que je le priais de m'en fournir les moyens; que j'avais à Paris mon épouse et quatre enfants, et que vingt-cinq louis à quoi le Roi avait réduit nos appointements de capitaine n'était pas suffisant pour nous soutenir dans la province de France la plus fertille et que s'il pouvait me procurer une gratification ou un acompte sur des papiers royaux dont j'étais porteur venant de mes appointements; de fournitures faites par mes fermiers à lieutenant de l'armée, et d'une terre que j'avais vendu, j'attendrais le moment d'être placé, monsieur Accaron me répondit de la part de monsieur le duc de Choiseuil que ce que je demandais n'était pas possible à faire au moment où j'écris je n'ai point encore reçu un sol de ces papiers qui en monte à 94000 livres tournois [Papiers du Canada] sur lesquels la cour de France a fait une diminuturé onéreuse et sur le produit desquels j'ai été forcé de passer des obligations pour le soutien de ma famille. Je fis encore un autre demande qui toute modique qu'elle était me fit essuyer un nouveau refus et penser que je repasserais en Canada. Après d'autres tentatives plus vives et plus réitérées et aussi infructueuses, je dis dans les bureaux que je retournais en Canada, on me répondit que je n'abandonnerais point aussi aisément l'espérance que l'on m'avait donné d'avoir une bonne place, enfin lassé d'être remis de jours en jours et craignant de me trouver avec ma famille dans la position la plus critique et d'ailleurs peu au faite de l'allure des bureaux je pris le parti d'aller à l'hôtel de son excellence le duc de Bedford pour lors ambassadeur et ministre plénipotentiaire à la cour de France, monsieur Nev. [Neville] Neuville se présenta je lui fis part de toutes les démarches ci-dessus et je le priai de demander au duc de Bedford ce que je pouvais espérer de la protection du gouvernement britannique en retournant en canada. Peu de jours après monsieur Neuvilles, me répondit de la part de son excellence le duc de Bedford qu'il avait eu des informations favorables sur mon caractère, et que si je voulais être sujet anglais étant le premier gentil homme de Canada qui repasserait dans cette colonie je pourrais me croire assuré que je serais aussi celui qui recevrait les premières grâces de Sa Majesté. Je me regarde dès lors comme sujet anglais monsieur Nev. Neuville vint le lendemain à l'hôtel d'Hollande où je logeais, faire une visite à madame de Lery et lui dit que son excellence le duc de Bedford l'avait chargé de nous assurer l'un et l'autre, du soutien et de la protection de Sa Majesté britannique et que nous ne devions rien craindre désormais. Sur les moyens de soutenir notre famille qui nous seraient abondamment fournis, il ajouta que quand le Roi son maître me donnerait une pension de 200 livres sterling cela ne pourrait point porter préjudice aux autres grâces dont les services que je lui rendrais par la suite en Canada serait susceptible; Depuis ce jour j'ai souvent vu monsieur Neuville, il m'a même offert de l'argent pour faire le voyage de Paris à Londres que je refusai parce que j'avais vendu des pièces d'argenteries qui avaient fourni assez d'espèces pour la route et deux ou trois mois que je comptais rester à Londres. Les promesses des ministres plénipotentiaires de Sa Majesté britannique joint à la réputation dont jouissait la nation anglaise à Paris ne nous laissait point lieu de douter que dès que nous eusserions parti et agissant comme nous avons fait nous n'y trouvassions les avantages promis et mérités; J'ai été quinze mois à Londres sans avoir su que monsieur Neuville ait obtenu que 400£ sterling en forme de gratification il m'a dit plusieurs fois pour lors qu'il ne tenait point à lui que j'eusse la pension annuelle qu'il m'avait fait espérer à Paris, qu'il en était pénétré de douleur, qu'il fallait prendre patience et espérer que les affaires s'arrangeraient de façon que j'aurais les 200 £ par la suite, il a même été un temps où il a pensé l'avoir obtenu comme l'annonce le billet No 2. Monsieur Nev. Neuville a dit à milord Thansend [Townsend] les mêmes choses que je viens d'exprimer et il m'a promis de l'affirmer lorsque je l'exigerais ce que je fais à présent si Sa Majesté britannique l'approuve, la lettre No L. est une preuve au soutien de ce que je dis. Le séjour que j'ai fait à Londres pendant 15 mois occasionné par les raisons que les secrétaires d'état de Sa Majesté savent ¿ la maladie de madame de Lery et la mort d'un de mes enfants m'a coûté plus du double que la gratification que j'ai reçu. Milord comte Egremont qui m'avait donné plusieurs audiences pour affaires de services, me fit l'honneur de me faire présenter au Roi par milord Eglintonne au mois de juillet 1763. J'arrivai à Québec en septembre 1764. J'eus l'honneur d'écrire à monsieur le duc de Bedford, à milord Shelburne, à milord Thansend à monsieur Charles Thansend à monsieur Nev. Neuville et à monsieur de Grenville, je faisais part au dernier de mes réflexions sur une affaire dont j'avais eu l'honneur de conférer avec lui, et disais à tous que j'avais été extrêmement surpris d'apprendre que le général Murray n'avait reçu aucune lettre de recommandations à mon sujet et je faisais ressouvenir milord Shelburne des recommandations que milord duc de Bedford lui avait fait en ma faveur lorsqu'il était premier seigneur des plantations, j'écrivis aussi à quelques amis touchant ce que j'apprenais en arrivant du local de la colonie etc. Le 4 septembre 1765, je me trouvai chez le général Murray lorsque monsieur de la Valtérie [Lavaltrie], canadien, arriva de France à la demande de monsieur son père officier âgé quatre-vingt-quatre ans qui l'avait demandé pour le voir et lui laisser son hérédité. Ce général reçu assez froidement ce jeune officier et dit que tous ceux qui venaient de France étaient autant d'espions que cette cour envoyait en Canada. Je dis au général que les officiers français ne pouvaient pas être suspecté de faire ce métier que j'espérais qu'il leur rendrait plus de justice par la suite, que monsieur de la Valtérie [Lavaltrie] s'établirait sans doute sur une seigneurie qu'avait monsieur son père [depuis le père est mort, le fils a laissé le service de France et a épousé une demoiselle canadienne et est très bien établi. Le gouverneur me dit que je faisais élever deux de mes enfants en France que cela me rendait suspect et qu'il avait des ordres à mon sujet. Je lui répondis que ces enfants étaient à Paris. Lorsque les circonstances en avaient engagé même à venir en Canada et que l'on ne m'avait point parlé de même à Londres que lui-même m'avait fait l'honneur de me dire qu'il n'avait reçu aucune lettre à mon sujet, le général me dit qu'un gouverneur n'était point obligé à dire les ordres qu'ils avaient et que si l'on ne m'avait point parlé de même à Londres, sous trois jours, je recevrais ordre de vider le colonie, je lui répondis que je serais prêt et je me retirai chez moi d'où j'écrivis sur l'heure à monsieur le duc de Choiseuil pour le prier de me procurer en France le même grade dans le service que j'avais lorsque j'en étais parti, et une pension pour mon épouse. Le général Murray me fit dire par un de ses amis qu'il n'avait aucun ordre à mon sujet que j'étais le maître de rester en Canada où j'étais aimé que ce n'était que la vivacité qui l'avait fait parler différemment, qu'il viendrait peut-être des arrangements de la cour de Londres qui ne me conviendraient point ni aux autres Canadiens que dans ce cas il me donnerait le temps nécessaire pour vendre ce que j'avais si cet arrangement n'était pas de mon goût, je me rendis quelques jours après chez monsieur le général Murray à qui je rendis compte de la lettre que j'avais écrite à monsieur le duc de Choiseuil et que je l'avais adressé à monsieur le comte de Guerchy à Londres avec prières de la faire passer. Le général m'engagea à rester je lui dis que ma lettre étant partie je devais en attendre la réponse, et me préparai à laisser la colonie si tôt que je l'aurais reçue. À l'arrivée de votre excellence à Québec je lui demandai la permission de rester en Canada jusqu'à ce que mes affaires fussent terminées. Votre excellence parut surprise de ma demande et pourquoi j'attendais encore une année à partir, ce fut dans ce moment que j'eus l'honneur de lui détailler mes liaisons avec monsieur Neuville etc. Ce que le général Murray m'avait dit le 4 septembre 1765 etc., les lettres que j'avais écrites à monsieur le duc de Choiseuil etc. , les avis que j'avais reçus etc. Votre excellence me répondit qu'il était fâché que j'eusse vendu ma seigneurie qui aurait été une ressource pour mes enfants que votre excellence n'avait aucun ordre semblable à ce que monsieur Murray m'avait dit le 4 septembre 1765 qu'il ne pouvait même point les soupçonner et que vous m'assuriez et tous les Canadiens de la bienveillance de Sa Majesté et que vous espériez que s'il venait des arrangements, il ne pourrait que nous encourager à nous attacher à votre gouvernement. Seigneurie de M. Léry, vallée de la rivière Richelieu - extrait d'une carte de Louis Franquet vers 1752. Votre excellence se souvient parfaitement que plusieurs gentilshommes canadiens lui ont dit que le général Murray leur avait dit la même chose que moi sur les arrangements qui pourraient venir de la cour et qui peut-être ne leur conviendraient point; Sur ce qui m'était revenu que le duc de Nivernois s'était plaint au duc de Pralins [Praslins] que je n'avais point été chez lui à Londres comme avaient fait plusieurs Canadiens et que même j'avais eu d'autres torts à son occasion j'eus l'honneur de lui écrire le 25 d'août 1766 pour le prévenir de ces bruits et le prier de me rendre la justice qui m'était due à cette dernière occasion. Je réitérai mes demandes à monsieur le duc de Choiseuil en 1766 et sur ce que j'avais appris des dispositions défavorables de ce ministre à mon égard parce que j'étais devenu sujet anglais, j'avais l'honneur de lui observer que je n'avais eu des liaisons avec les ministres plénipotentiaires de Sa Majesté britannique que longtemps après la signature des préliminaires et après avoir dit dans les bureaux de Versailles que puisque les services distingués que j'avais rendus au Roi en Canada et ceux de mes ancêtres ne pouvaient pas me procurer un bien être pour ma famille qui était pour lors la seule Canadienne qui fut en France je devenais sujet de Sa Majesté britannique, que je n'étais parti de Paris qu'après avoir eu les passeports des deux cours pour me rendre en Canada, que si dans les liaisons que j'avais eues avec son excellence le duc de Bedford et monsieur Nev. Neuville j'eusse manqué à ce qu'un homme d'honneur se doit, je n'aurais point eu l'honneur d'être présenté au Roi d'Angleterre et que, je n'aurais jamais pensé à retourner en France sans les arrangements que l'on faisait craindre aux Canadiens de la part de la cour de Londres et sans ce que m'avait dit le général Murray le 4 septembre 1765, enfin j'exprimais tous ce que peut penser un homme qui se voit rebuté d'une nation avec qui il a choisi de vivre et à qui il a rendu service sans y être forcé par d'autres obligations que l'envie de mériter sa confiance, et par la suite y établir un état fixé et honorable à sa famille, j'ai eu l'honneur d'écrire au secrétaire d'état de Sa Majesté britannique pour lui rendre compte des raisons qui m'ont fait demander mon retour en France il est aisé de se persuader qu'un officier qui n'est pas riche ne peut sans s'abîmer passer plusieurs fois d'Amérique en Europe et d'Europe en Amérique et d'une domination à une autre il ne faut pas moins pour s'y déterminer que les motifs qui m'y ont forcé. Ce sont les conférences que j'ai eu avec les ministres plénipotentiaires d'Angleterre et la confiance qu'ils m'ont inspirée pour leurs nations qui m'ont mis dans la position critique où je suis, et dont elle seule peut me tirer en me faisant un sort convenable à mon état, sans ses conférences et l'effet qu'elles ont produit après l¿époque du 5 septembre 1765 j'aurais pu retourner en France et y jouir des grâces du Roi comme plusieurs officiers canadiens ont fait. J'ai eu l'honneur de communiquer à votre excellence les lettres que j'ai reçu de Paris en 1766 et 1767 elle y a vu le plus grand danger pour moi si je m'expose à paraître en France, je joins ici une extrait de celles qui paraissent mériter le plus d'attention; Extraits des lettres d'avis; données de Paris au chevalier de Lery. Dans une lettre de Paris du 7 décembre 1765, en réponse à celles écrites de Québec au mois de septembre de la même année. On a parlé pour vous dans les bureaux un des chefs a dit, l'on n'est pas disposé ici en sa faveur il a travaillé hautement à Londres contre l'administration française, il sera difficile de dissuader le ministre mais l'humanité peut-être viendra au-devant de son état affligeant et fera oublier le répréhensible; Dans une lettre de la même personne du 29 janvier 1766; Le ministre a rejeté avec indignation l'article du travail qui vous concerne et après vos demandes sur ce que le général Murray vous dit le 4 septembre dernier, et monsieur s'approchant de moi je vous dirai tous bas à l'oreille [me dit-il] que monsieur le duc de Choiseuil est dans les dispositions de faire arrêter le chevalier de Lery s'il se présente en France, puisque vous êtes son ami vous pourrez lui marquer, en lui faisant mes excuses si je ne réponds point à sa lettre, il est plus fort que moi d'apprendre à quelqu'un quelque chose de désagréable, je suis bien fâché que le ministre n'ait pu être fléchi parce que j'ai entendu dire et je sais du bien du chevalier de Lery; il faut regarder sa patrie comme sa famille, et croire que nos meilleurs amis se rencontrent toujours dans nos parents quelques tracasseries que nous ayons ensemble, il est fâcheux pour lui qu'il serve d'exemples aux Canadiens; Une autre lettre du 1er mars 1766 par une dame. Ne vous exposez pas à revenir en France vous y seriez mal accueilli, j'ai su que le ministre avait dit que l'on vous arrêta, monsieur xxxxxx l'a apprit aussi il doit vous en avertir mais croit que j'en suis sûr, on vous a fait donner l'avis tous ce que la cour de Londres a désiré de vous pour le payement des papiers canadiens; ne parlez pas dans vos lettres à M. de [¿] de la confidence que je vous fais il y aurait du risque pour lui si elle était ouverte; j'ai rompue des l'anses pour vous, au reste vous étiez repassé au Canada pour n'en plus sortir; la providence n'abandonne point ses enfants et nous espérons que vos affaires prendront à la fin une bonne tournure sous le gouvernement où vous êtes, quant à celui d'ici le secrétaire d'état, qui ne veut pas que l'on lui parle de vous, persuadé peut-être que votre retraite en Angleterre n'a été occasionnée que par la misère où vous seriez tombé ici où vous dépendiez de M. Accaron ex-jésuite et l'homme le plus dur que j'ai connu, a ordonné après votre départ qu'en considération des deux enfants que vous aviez laissé à Paris le traitement de 600 livres que vous aviez comme capitaine leur serait payé ce qui a été exécuté depuis votre départ. Probablement si vous ne pouvez point replacer vos enfants en Canada vos parents de France en prendront soin je sais combien il serait dur pour vous de ne les jamais revoir ils sont de la plus agréable figure, l'aîné est un homme qu'il est temps de placer. Dans un billet de Paris du 31 mars 1767:Les affaires de notre ami n'ont point changé de face et je ne prévois pas d'événement qui puissent opérer de changement, tous les esprits sont dans la même fermentation que le premier jour il faut y être pour le croire, et les raisons que l'on pourrait donner ne sont d'aucun poids, je trouve sa situation des plus critiques et je serais fort embarrassé de lui donner un conseil là dessus; et en pareil cas je ne pouvais prendre que le parti de la prudence; Une lettre de Paris du 16 mars 1767:Les impressions que l'on a données au duc de Choiseuil de tes liaisons avec les ministres du Roi d'Angleterre sont de nature à les avoir toujours présentes et [ce] que le général Murray t'a dit le 4 septembre 1765 ne les a point effacés et il répond toujours qu'il ne veut point que l'on lui parle de toi, il a même dit qu'il te ferait arrêter si tu paraissais en France, tu en sais assez pour tirer les conséquences sur lesquelles tu dois devoir craindre ou espérer en venant en France, il vaut mieux attendre que le ministre change, ce que l'on ne peut présumer raisonnablement, jamais le duc de Choiseuil n'a été si puissant ni si absolu, il a ainsi que le duc de Pralins ton nom si présent qu'il l'entend à demi-mot. Tu as ici deux enfants de la plus agréable figure, l'aîné est grand et en âge d'entrer au service, mais à l'occasion du ressouvenir que les ministres ont de toi, si tu le destine à servir en France, il faudra lui faire changer de nom. Tu marqueras celui que tu veux qu'il porte celui Doleanson était un de tes parents qui a été brûlé par les Iroquois qui n'a point laissé d'enfant et que tu peux lui donner; Une lettre de Paris du 10 avril 1767:Le Cxxxxxxxx a parlé au premier commis toujours même réponse et point d'apparence que les préventions contre vous puissent changer, vous jugez bien que c'est avec peine que je vous le marque mais je suis trop dans vos intérêts pour ne vous pas dire les choses telles qu'elles sont, et je vous exposerais beaucoup si je vous flattais car les esprits aussi mal disposés qu'ils le sont vous courriez tous les risques imaginables en venant ici, cette affaire que je croyais n'avoir pris naissance qu'à Londres était lors de votre départ de France, où l'on veut que vous ayez eu des conférences avec l'ambassadeur d'Angleterre avant la signature de la paix et que les connaissances qu'il en a tirées ont fait tort à la France; vous voyez que l'on se croirait bien autorisé à vous maltraiter, il n'est pas possible de s'y exposer il faut que vous restiez où vous êtes, il y aurait de la folie de ne point profiter des avantages que vous pouvez trouver chez la nation anglaise surtout avec les parties que vous possédez pour les fortifications, vos connaissances en Canada où vous êtes né et aimé, et joignez à cela les Sauvages [Amérindiens] que vous connaissiez et l'obligation où les Anglais seront de vous protéger s'ils apprennent que vos liaisons avec leurs ambassadeurs ruinent votre fortune, et que le général Murray vous a dit le 4 septembre doit s'oublier, il en a paru fâché et même être votre ami à votre soeur, femme du chevalier de Répantigny [Repentigny], qui l'a vu à Londres au mois de mars dernier, à qui il dit devant témoins qu'il avait pour vous une estime particulière et qu'il ne vous voulait pas de mal de ce que vous cherchiez à retourner en France, que vous aviez mal pris ce qu'il vous avait dit qui n'était qu'un avertissement d'ami comme elle le connaît vif elle parut se contenter de cet aveu d'autant qu'il est à présumer que cela ne peut avoir de suites fâcheuses ni pour vous ni pour lui. Dans un billet il est dit:Vous avez mal fait de partir si vite de France vous étiez aimé dans les bureaux où vous n'aviez contre vous que monsieur Accaron qui n'y est plus on y a été fâché et surpris de vous savoir en Angleterre, vous avez mal fait aussi d'être présenté au Roi. On a regardé cela ici comme un serment trop authentique qui a dit on fait trop de bruit et vous fait ici un tort irréparable puisque vous n'y pouvez plus venir ce que l'on vous a dit le 4 septembre 1765 ne pourra jamais effacer vos démarches et quelques duretés que l'on ait eu ici pour votre famille. Quelques droits que vous eussiez à prétendre des grâces il y a apparence que tout est dit ici pour vous soyez sûr que l'on y sera charmé si vous savez que vous ayez ce que vous méritez, où vous êtes. Voilà tous les avis que j'ai reçus depuis deux ans; votre excellence juge bien que je ne peux pas me présenter en France et que je manquerais à la confiance qui est dû à votre gouvernement si je ne lui en rendais aussi détaillé que je le fais; Quant au local présent, votre excellence qui est à la tête de cette province depuis une année a pu savoir et a vu par cela même la conduite que j'ai tenu tant avant qu'après votre arrivée, né pour être dans l'aisance et ayant servi avec distinction une fatalité que je ne peux comprendre m'a privé des avantages que j'attendais d'abord de la France et de ceux que monsieur Nev. Neuville m'a fait espérer auprès de Sa Majesté britannique; Votre excellence sait à présent dans le détail possible l'état de mes affaires, je la prie de porter au pied du tronc de Sa Majesté britannique l'état où je suis réduit et pour quelle cause, son excellence le duc de Bedford et monsieur Neuville peuvent dire s'ils ont eu des liaisons avec moi pour quels sujets quels effets ils ont produits et pourquoi les promesses qu'ils m'ont faites n'ont point été accomplies. Je joins ici copie d'une lettre et d'un billet que monsieur Neuville m'a écrit qui est tout ce qui me reste de pièce de ma correspondance avec lui, il est à Londres à portée de leur donner la croyance qu'il mérite et les raisons pour lesquelles il les a écrites c'est à un sujet que le Roi emploie à lui rendre compte de ce qu'il a promis pour son service et point à un étranger nouveau sujet à être la victime de sa crédulité ni de la légèreté d'un ministre qui pourrait s'être un peu trop avancé, par zèle pour le service de son maître; Son excellence le duc de Bedford m'a promis de s'employer pour me faire avoir des grâces du Roi et qu'il n'oublierait point le service que j'avais rendu et ne s'emploierait pas pour d'autres gentils-hommes de Canada qu'il n'eût obtenu pour moi et qu'il s'estimerait fort heureux de rendre justice à un aussi galant homme que moi. Je n'ai parlé à personne en Canada qu'à votre excellence des promesses qui m'ont été faites. Votre excellence a vu de quel oeil je suis regardé des Canadiens et des anciens sujets,Il paraît et il est prouvé par tous les avis que j'ai reçus de France que je ne peux pas y aller sans courir des risques, parce que les connaissances que j'ai donné aux ministres d'Angleterre ont fait tort à la France, et que l'on y est persuadé que mes liaisons avec les ministres n'ont point été légales quoique, je les crois de la plus grande légitimité ne les ayant eu qu'après la signature des préliminaires qui se doient à la couronne d'Angleterre ma personne et mes biens en Canada et même après avoir averti que je partais et obtenu un passeport en conséquence,Dans l'amertume de la douleur que je ressens de l'état affligeant où m'a plongé ma liaison avec monsieur Nev. Neuville je supplie très respectueusement Sa Majesté britannique de m'honorer des marques de sa bienveillance pour le soutien de ma famille, et que si j'étais encore assez malheureux pour ne les pas obtenir de vouloir bien ordonner quel parti elle souhaite que je prenne pour que je m'y conforme. Je sais combien ce mémoire est long mais je n'ai pas pu me refuser d'entrer dans tous les détails qu'il contient si ma fortune était encore au même état où je lui vue je me serais restreint à rétablir la confiance que mes amis peuvent avoir perdu en moi depuis que monsieur le duc de Choiseuil leur persuade que j'ai manqué à ce que je me devais; à ne rien demander à l'Angleterre pour mon bien être, et à réfléchir sur les démarches que monsieur Neuville Neuville m'a fait faire pour l'avantage de sa nation, qui ont été l'occasion de fait qui m'ont été si contraire que je suis à présent dans l'état le plus critique ne pouvant point par la suite procurer le nécessaire à ma famille qui est composée de sept personnes, état que votre excellence seul sait et qui n'a point encore transpiré dans le public par les égards que j'ai cru devoir à la nation avec laquelle je me suis lié, et je ne peux croire qu'il abandonne un homme de mon caractère qui s'est engagé dans ses intérêts aussi avant que je lui fais après être devenu sujet de sa couronne. Comme les deux enfants que j'ai laissé à Paris dont un âgé de 14 ans [se nomme François-Joseph] et l'autre de cinq [René-Louis] pourraient après ce que le général Murray m'a dit occasionner des difficultés pour avoir les grâces dont Sa Majesté britannique voudrait m'honorer soit en me donnant une place dans l'armée ou une pension, j'assure que je suis disposé à les faire revenir de France dès qu'il sera nécessaire. Votre excellence connaît ma position qui ne me permet pas de payer les frais de ce voyage je la prie de demander qu'ils le soient par le Roi, et que mon fils aîné entre de suite au service en qualité d'officier,Afin de ne rien laisser d'incertain sur mes résolutions je joins ici trois lettres à cachet volant pour les personnes qui sont chargées de mes enfants à Paris qui sont monsieur de St-Amand [Saint-Amand] fermier général rue St-Marc [Saint-Marc], mesdames de Répantigny [Repentigny] et Landrieves des Bordes [Landriève Desbordes] deux de mes soeurs rue de la Hachette [Huchette ?], et une à mon fils aîné afin que si Sa Majesté accorde ce que j'ai l'honneur de demander ces lettres soit mises à la poste pour que mes deux enfants soient remis à l'ambassadeur d'Angleterre à Paris pour les faire venir à Londres et que si au contraire j'étais assez malheureux pour être refusé je prie qu'il soit jeté au feu. Après cette nouvelle démarche de ma part ce que votre excellence sait de ma conduite avant et après son arrivée dans cette province, des services que je peux rendre dont je la prie de rendre compte au Roi il ne me reste plus qu'à faire des voeux pour la réussite de mes dessins et d'être assez heureux par la suite pour que mes enfants, et moi rendions à Sa Majesté des services qui lui soient agréables. Je joins ici une lettre pour mon fils que je supplie qui ne lui soit remise que lorsqu'il sera chez l'ambassadeur d'Angleterre j'ai eu l'honneur de remettre à milord Halifax un certificat de mes services en Canada signé des généraux français; Fait à Québec le 7 septembre 1767. Le chevalier DE LERY»
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Lieu de conservation :
  • Archives nationales à Québec
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Références

Mémoire de [Gaspard-Joseph] Chaussegros de Léry au gouverneur Guy Carleton, 7 septembre 1767, Archives nationales à Québec, Fonds Famille Chaussegros de Léry, (03Q,P386,D311).

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