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Titre :
Lettre de Gaspard-Roch-George Chaussegros de Léry à Louis-René Chaussegros de Léry
Date de création :
26 juillet 1815 et 7 août 1815
Genre spécifique :
  • Archives textuelles
Version intégrale légèrement normalisée : «St Petersbourg 26 juillet et 7 août 1815. Depuis bien longtemps, mon cher Louis, je désire établir une correspondance suivie avec toi et j'en ai tenu tous des moyens. Mais je ne sais par quelle fatalité ou mes lettres ne vous sont point parvenues, ou je n'ai point reçu vos réponses. Je t'ai écrit, à Charles, à Alexandre, à Catherine, et toujours sans effet. Cependant aussi longtemps que j'ai été en correspondance suivie avec ma tante Jonhstone j'ai eu constamment de vos nouvelles et n'ai rien ignoré des particularités les plus intéressantes qui vous concernaient. Mais cette correspondance a eu aussi un terme et ma bonne tante, qui m'a toujours témoigné tant d'affection a cessé tout à coup de m'écrire. J'ai fait demandé en Angleterre ce qu'elle était devenue et n'ai pu rien découvrir. J'attribuai d'abord son silence à un changement de domicile qui lui aura fait perdre ma trace pendant mes [...]
Version intégrale légèrement normalisée : «St Petersbourg 26 juillet et 7 août 1815. Depuis bien longtemps, mon cher Louis, je désire établir une correspondance suivie avec toi et j'en ai tenu tous des moyens. Mais je ne sais par quelle fatalité ou mes lettres ne vous sont point parvenues, ou je n'ai point reçu vos réponses. Je t'ai écrit, à Charles, à Alexandre, à Catherine, et toujours sans effet. Cependant aussi longtemps que j'ai été en correspondance suivie avec ma tante Jonhstone j'ai eu constamment de vos nouvelles et n'ai rien ignoré des particularités les plus intéressantes qui vous concernaient. Mais cette correspondance a eu aussi un terme et ma bonne tante, qui m'a toujours témoigné tant d'affection a cessé tout à coup de m'écrire. J'ai fait demandé en Angleterre ce qu'elle était devenue et n'ai pu rien découvrir. J'attribuai d'abord son silence à un changement de domicile qui lui aura fait perdre ma trace pendant mes voyages, ou à une maladie, et à présent à une bien plus triste cause. Ainsi depuis 1804 je n'ai plus entendu un mot de vous, et je me suis vu tellement isolé de toute ma famille que je pouvais paraître n'en avoir jamais eu, car Joseph à qui j'ai écrit avec une persévérance que j'admire encore, a eu celle de ne me point répondre, jusqu'au moment où le Roi étant rentré à Paris, sa politique lui a fait juger qu'il pouvait correspondre sans danger avec un émigré. Encore cette hardiesse a-t-elle été de courte durée, car à cinq lettres que je lui ai écrites en trois ou quatre mois, je n'ai reçu qu'une seule réponse. J'ai retrouvé en lui, les mêmes sentiments et le même excellent coeur que nous lui connaissons. Il désirait extrêmement que je pusse aller le rejoindre; et moi-même emporté d'un beau zèle, et croyant que le Roi jugerait politique de s'entourer des personnes sur la fidélité desquelles il pouvait le plus compter, J'avais eu la bonhomie d'offrir mes services; et j'aurais abandonné de bon coeur les espérances que j'avais alors dans ce pays, pour rentrer dans la carrière militaire, et remplir ce que je regardais comme un devoir. Heureusement qu'on ne m'a pas pris au mot. Joseph m'écrivit, ce que je savais déjà par la voix publique, et par nombre d'émigrés qui animés des mêmes sentiments, mais un peu moins prudents s'étaient empressés de se rendre à Paris, et sont revenus furieux surtout contre un certain comte de Blacas qui n'usait de l'amitié du Roi que pour se faire donner des places, et pour écarter de sa Personne ses serviteurs les plus fidèles. Cet homme a eu le talent de se faire hair de tous les partis. Pour moi, il me paraît que l'éloignement des anciens serviteurs à une toute autre cause et qu'il est convenu depuis long temps qu'on leur ferait force compliments, si l'occasion s'en présentait; mais que les honneurs et les Profits seraient pour les autres. Dieu sait où cette belle politique mènera le Roi. On voit déjà comment il s'en est trouvé. Il ne s'en est peut-être pas fallu d'un cheveu qu'il n'ait été livré pied et poing lié à Buonaparte [Napoléon Bonaparte], et tous ces fidèles d'une nouvelle espèce dont il s'est si habilement entouré l'ont vu chasser de sa capitale, sans tirer l'épée du fourreau. ¿ voyant donc qu'il n'y avait rien à faire à Paris j'ai continué la poursuite de mes projets ici; mais les malheureux événements de France auxquels j'étais si étrangers ont eu de l'influence sur mon sort. Je change donc de But, et au lieu d'entrer dans une université sous un chef jacobin, je vais tout bonnement me faire agriculteur. Ayant toujours travaillé toute ma vie, ce nouveau genre d'étude ne m'effraye pas; je puis même dire que j'y suis point étranger. Je suis sur le point de contracter un engagement pour une petite terre en Pologne, au milieu d'un pays où j'ai beaucoup de connaissances, et où je pourrai vivre d'une manière aussi agréable qu'il m'est permis de le désirer. Tout ceci sent furieusement le roman. militaire, pédadogue, professeur, royaliste renforcé, et enfin laboureur, cela forme une carrière assez variée, pour remplir une vie des plus actifs; et je suis cependant l'homme le plus tranquille qui existe sur la terre. Si ce dernier projet ne manque pas comme tant d'autres, il est très possible que je ne sorte plus de Pologne, à moins que je sois forcé d'aller moi-même à Paris pour ma croix de St-Louis [Saint-Louis] à la place de laquelle on m'a envoyé la décoration du Lys que je ne demandais point. On me fait l'honneur de me compter parmi les Français fidèles qui méritent [déchiré] ce symbole antique de la monarchie, mais comme on a fait le même honneur à un septembriseur qui la porte publiquement à Petersbourg, [apparemment par ironie] je n'ai pas été singulièrement flatté de la distinction, et je persévère à demander la croix qui m'est due depuis long temps, j'ignore ce que Joseph a fait pendant la dernière échauffourée en France je n'ai vu son nom nulle part lui qui était le second dans le corps, et qui fut nommé par le Roi au conseil d'organisation, n'a cependant paru ni pendant que le Roi est resté à Paris après le débarquement de Buonaparte ni depuis qu'il en est sorti. Je lui écris aujourd'hui par notre ambassadeur le comte de Noailles qui part demain pour Paris. Si mes affaires avaient pu s'arranger comme je l'avais projeté d'abord, j'aurais fait un voyage en France l'année prochaine. J'ai rêvé même quelquefois celui du Canada; mais il épuiserait mes fonds, et il me faudra au moins attendre plusieurs années; si tant est que je puisse même le faire jamais. ¿ je t'ai envoyé de Dubno en 1799 un plein pouvoir revêtu de toutes les formes que nous pouvions remplir alors; j'ai depuis autorisé Catherine à toucher la partie des revenus qui m'appartenait. Marque-moi, je te prie ce que vous avez fait, si les biens sont partagés ou ont été régis en commun. Dis-moi surtout, ce sur quoi je puis compter, et si tu as de l'argent disponible, fais le moi passer jamais argent ne sera arrivé plus à propos. Je n'ai point fait jusqu'à présent un métier à m'enrichir. Tout le fruit de mes économies sera placé sur cette terre dont je t'ai parlé, et il me faut de l'argent pour commencer. Si Catherine a absolument besoin de secours, je lui en ferai passer tous les ans. Tout bizarre que paraisse cet arrangement, il est cependant assez naturel, si tu réfléchis que je place très probablement mon argent à 15 pour-cent, avantage que je n'ai certainement pas en le laissant en Canada. Du reste je t'ai confié mes intérêts. Vois à les arranger de la meilleure manière. Si Catherine ne peut pas se passer de secours, je suis plus disposé à ajouter qu'à diminuer. Mais tu conçois que ce serait en m'imposant bien des privations. J'attends la réponse vers le mois de décembre. Mon adresse est chez monsieur Bag & Co. à St-Pétersbourg. Son correspondant de Londres te donnera la sienne. Donne moi des nouvelles de toute la famille. Je n'ose en demander de personne en particulier. Après un silence de tant d'années, il faut s'attendre à bien des pertes. Dits bien, je te prie, à tous mes frères et soeurs, cousins et cousines, que la distance ni le temps n'ont altéré en rien mes sentiments pour ma famille. Puisse quelqu'un avoir conservé la même bienveillance pour moi. Qu'est devenue la bonne Charlotte Hugues? Adieu, mon bon ami, aime-moi toujours et compte sur l'amitié inviolable que t'a vouée pour la vie, ton bon frère et ami. GEORGES DE LERY. Envoie moi une empreinte bien faite de notre cachet ou un dessin tant bien que mal, mais avec tes couleurs. Le correspondant de M. M. Bag & Co. à Londres est M. B. Fayle & Co. À monsieur Louis René de Léry ou en son absence, à monsieur Charles de Léry, Québec, Canada.»
Sujets traités :
Notice détaillée :
Collections et fonds :
Lieu de conservation :
  • Archives nationales à Québec
Lien :

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Références

Lettre de Gaspard-Roch-George Chaussegros de Léry à Louis-René Chaussegros de Léry, 26 juillet 1815 et 7 août 1815, Archives nationales à Québec, Fonds Famille Chaussegros de Léry, (03Q,P386,D522).

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