Le monde ouvrier = The labor world, 1 décembre 1960, Décembre
.-1 : si tfs&hfr-*,.• » * *.* '**¥&*¦ *»'» • y ' « * * V WJ» OUVRIER QUEBEC — C'est darn un enthousiasme indescriptible — que l'envoyé spécial de "La Presse" a néanmoins qualifié de "déli-lirant" — que les quelque 500 délégués au 5e congrès annuel do la Fédération des travailleurs du Québec ont adopté, à une dissidence près, uno résolution historique prévoyant leur participation à la formation du Nouveau Parti.L'annonce du résultat du vote a été accueillie par un geyser de confetti improvisés.C'est en des termes extrêmement pratiques et concrets, ¦t non pas sous forme de for-lules creuses, que le congrès de la FTQ a manifesté son appui au projet.A la suite d'une longue discussion qui s'est déroulée dans une atmosphère de franche camaraderie et sur un ton très élevé, les délégués ont approuvé un rapport précis qui, après avoir affirmé la nécessité et l'opportunité de participer à la formation d'un nouveau parti, comportait les six recommandations suivantes : Un programme d'action concret 1— "Que la Fédération des travailleurs du Québec appuie et fasse siennes les résolutions d'action politique adoptées aux congrès du Congrès du travail du Canada, en avril dernier à Montréal et à Winnipeg en 1958, et prévoyant lo participation syndicale à la formetion du nouveau parti; 2— "Que la Fédération collabore, au sein du Comité provincial du nouveau parti, à l'envoi d'une délégation représentative du Québec au congrès national de fondation du parti, en août 1961; 3—"Que la Fédération collabore, au sein du Comité provincial, à la mise sur pied d'une organisation efficace, tant sur le plan de la circonscription électorale que sur celui de l'organisation profes- Le CTM supporte le Nouveau Parti MONTREAL.— Le Conseil du travail de Montréal, qui représente la très grande majorité des travailleurs de la région métropolitaine, a donné son appui au projet de formation du Nouveau Parti.Les délégués ont fait leur la résolution d'action politique adoptée par le congrès de la FTQ è Québec.sionnelle, en vue des prochaines élections fédérales; La FTQ au congrès provincial 4— "Que la Fédération collabore, au sein du Comité provincial, à la préparation et à l'organisation d'un congrès de fondation du nouveau parti sur le plan provincial, en vue d'y assurer une pleine représentation des travailleurs du Québec; 5— "Que la Fédération collabore, au sein du Comité provincial, à la mise sur pied d'une organisation efficace, tant sur le plan de la circonscription électorale que sur celui de l'organisation professionnelle, en vue des prochaines élections provinciales; Le nerf de la guerre démocratique 6— "Que lo Fédération s'em- ploie à faire participer pleinement ses affiliés à une prochaine campagne de souscriptions, à raison d'un dollar par membre, en vue de financer la mise sur pied d'une organisation efficace capable de faire face aux machines électorales des vieux partis, qui sont toutes deux financées par les grandes sociétés industrielles et commerciales." On trouvera, en pages centrales de ce journal, un compte rendu illustré du débat qui a précédé l'adoption quasi unanime de ce rapport.Il convient de souligner qu'au cours du congrès, environ 60% des délégués ont signé des cartes d'adhésion au Nouveau Parti et versé leur contribution d'un dollar.L'éditorial qui paraît à la page suivante dégage la leçon de ce vote historique.Dans un "enthousiasme délirant" No 12 MONTREAL - DECEMBRE 1960 NON I IL NE S'AGIT PAS LA D'UNE RETOMBEE RADIOACTIVE, mais dt la pluie da confetti qui s'est abattue sur les délégués i l'annonce du résultat du vote sur le Nouveau Parti : environ 500 voix contre une.La FTQ est sortie plus unie que jamais de cette décision dont certains pessimistes prévoyaient qu'elle allait faire éclater notre mouvement.C'est bien plutôt une explosion de joie fraternelle qui a suivi l'adoption de le résolution politique de Québec.45e année I IE MONDE OUVRIER DECEMBRE 1960 - MONTREAL - DECEMBER 1960 THE LABOUR WORLD Le doyen des (ournaux syndicaux canadiens * ONDE OUVRIER Fond* par Gustave Francq, en 1916 * Publié clans le but de promouvoir les réformes législatives nécessaires à la protection de la classe ouvrière du Québec et à l’amélioration de son sort.Organe officiel de la FEDERATION DES TRAVAILLEURS DU QUEBEC Comité exécutif Roger PROVOST, président; Edouard LAROSE, Jean GERIN-LAJOIE, vice-présidents; John PURDIE, secrétaire; Adrien GAGNIER, trésorier.Directeur: Roger PROVOST; rédacteur: Noël PERUSSE.Adresses toutes communications é : 1327 est, boul.Saint-Joseph, Montréal 34 — Tél.LAfontaine 7-1218 Imprimé par Radiomonde, 8430, rue Casgrain, DU.7-6218 109 *ufori»é comme envoi posta! de 2e classe.Ministère des Postes, Ottawa.EDITORIAL La politique nous a unis! Contrairement aux prévisions des pessimistes — qui finissent toujours, un jour ou l'autre, par avoir tort — l'action politique, bien loin de diviser les travailleurs du Québec, les a unis comme ils ne l'ont jamais été depuis la fusion de l'ancienne FTQ et de l'ancienne FUIQ, en 1957.Tous les observateurs vraiment impartiaux s'accordent pour constater l'unanimité à peu près parfaite qui régnait, au dernier congrès de la Fédération des travailleurs du Québec, à propos de cette question importante dont les alarmistes prédisaient, il y a deux ans, qu'elle allait faire éclater notre centrale.Evidemment, il aurait pu en être ainsi si une minorité à juste titre impatiente ou une trop faible majorité avait tenté, aux congrès de 1958 et de 1959, d'imposer ses vues à un grand nombre de syndiqués qui n'avaient pas encore eu le temps de se familiariser suffisamment avec le projet de formation d'un nouveau parti politique.Mais la direction de la FTQ a permis que I idée fasse son chemin, elle a favorisé l'éducation politique comme les adversaires de l'action politique l'y invitaient, et, au congrès de Québec, c'est une adhésion intelligente et enthousiaste que les représentants autorisés des travailleurs du Québec ont donnée au Nouveau Parti.Devant un tel phénomène, qui n'a pas manqué d'en étonner plusieurs, on est en droit de se demander si ce n'est pas encore I action politique qui permettra de réaliser un jour un rêve en apparence impossible : celui de l'unité syndicale de tous les travailleurs.Si le Congrès du travail du Canada et ses fédérations provinciales mènent à bonne fin le projet de création d un nouveau parti, on peut se demander jusqu'à quand nos frères séparés" de la Confédération des syndicats nationaux, des syndicats dominés par des communistes et du syndicat des Mineurs unis d'Amérique vont tolérer leur isolement.L'attrait que ne manquera pas d'exercer sur tous les travailleurs une entreprise aussi généreuse, une aventure aussi héroïque, pourrait faire disparaître bien des préjugés, des malentendus, des querelles mesquines, et amener un balayage de ceux qui s'y accrochent et qui en vivent.Maintenant que le danger de division de notre mouvement semble tout à fait passé, il reste des dirigeants syndicaux qui, de bonne foi, s'inquiètent de la somme d'énergies qui devront être distraites de la poursuite des objectifs purement économiques du syndicalisme au profit de l'action politique.Des organisateurs et des agents d'affaires pensent à tel ou tel de leurs syndicats, en proie à des luttes intestines ou momentanément livré à une poignée d'opportunistes, et où il leur apparaît impérieux de mettre un peu d'ordre avant de parler d'action politique.A ceux-là, nous répondons que les maux qu'ils déplorent sont souvent la résultante inévitable d'un "syndicalisme d'affaires .Il est normal que la poursuite d'objectifs purement matériels, et à court terme, s'accompagne d'une certaine dégradation des aspirations profondes du syndicalisme, dont le but est la libération complète du travailleur.Sans prétendre que l'action politique peut être le remède à tous nos maux, il n'est pas exagéré de dire que le syndicalisme nord-américain, auquel nous participons, souffre surtout d'une déficience idéologique, et qu'il ne pourra qu'être régénéré par une certaine "politisation", dans le sens le plus élevé du terme.Il est démontré que c'est en proposant les idéaux les plus élevés à I homme, et en faisant appel à ses vertus les plus héroïques, qu on en obtient le meilleur rendement.Il est fort possible que l'action politique et le Nouveau Parti libèrent des énergies et une générosité insoupçonnées dont le syndicalisme lui-même pourra bénéficier.Notre congrès vu par d'autres Un climat serein et démocratique J'avais pour la première fois tie ma vie l'occasion d'assister à un congrès d'une centrale syndicale.A cause de certains préjugés peut-être, je me rendais à Québec sans trop d'enthousiasme.La perspective (qui était mienne jusqu'à jeudi dernier) d'écouter des discours plus ou moins intéressants, de subir l'avalanche des subtilités techniques propres à tout organisme "spécialisé", ne me réjouissait pas tellement.J'acceptais toutefois de m'y rendre afin de me rendre compte par moi-même de ce que ça pouvait donner.J'ai été surpris, très surpris, et enthousiasmé.Plongé que j'étais dans un climat tout 6 fait démocratique, dynamique et serein (chose rare au Québec), j'ai eu l'occasion de rencontrer des hommes d'action, des hommes libres, qui ne connaissent pas l'entrave terrible de la peur, qui ont quelque chose à dire et qui le disent.Cinq cents délégués dans la salle de bal du Château Frontenac, photographes et journalistes installés en face de l'estrade où siègent les membres de l'exécutif et les invités, traduction simultanée.Une part importante du congrès est consacrée à l'approbation de résolutions.Plus de deux cents sont susceptibles d'être discutées.Faute de temps, elles ne le seront pas toutes.D'abord discutées, puis proposées par divers syndicats locaux, les résolutions sont soumises à l'approbation de l'assemblée selon une certaine procédure.Chaque délégué, s'il le veut, peut parler en faveur ou contre.Puis vient le vote.Naturellement, beaucoup de ces résolutions touchaient des questions plus strictement ouvrières.Par contre, j'ai dû me rendre compte que la centrale, loin d'être étrangère aux questions d'ordre général, prend position en face de problèmes réels, conseille les divers gouvernements, discute de politique internationale.Je dois dire que cette participation officielle de la F.T.Q.à la vie nationale m'a grandement réjoui.Le monde syndical, qui groupe la couche dynamique de notre peuple, se doit d'affirmer ses convictions.Et il le fait avec intérêt, et de façon démocratique, je tiens à le répéter.Parmi les résolutions d'intérêt général qui me sont apparues comme étant les plus importantes, je cite celles qui demandent l'abolition immédiate de la peine de mort, la reconnaissance officielle de la Chine populaire.Le Comité des Droits de l'Homme a fait adopter une résolution demandant "de faire enquête dans toutes les maisons de détention, couvents et autres institutions où des personnes sont enfermées afin de s'assurer qu'aucune d'elles n'est détenue illégalement".On a de plus demandé à nos gouvernants d'adopter des solutions immédiates et à long terme en vue d'enrayer le chômage; d'assurer l'obligation de l'assurance-automobile, de nationaliser tous les services hydro-électriques, ainsi que la Corporation de gax naturel du Québec; de considérer comme ultra vires l'interdiction du droit de grève dans les services publics; l'abolition des célèbres bills 19 et 20; l'égalité des traitements à travail égal pour les personnes des deux sexes; l'accélération des décisions de la Commission des Relations Ouvrières (parce que ça prend du temps .); le suffrage universel à Montréal (quand on sait qu'un propriétaire peut théoriquement enregistrer soixante-sept votes à une élection municipale); la revision lors de la présente session du Parlement provincial de la carte électorale du Québec; la limitation des dépenses des candidats lors de la campagne électorale et l'as-sumation par l'Etat de certaines dépenses de ces mêmes candidats, etc.Comme on le voit, chacune de ces résolutions est juste, tout à fait normale.Je n'y vois aucune tendance com-munisante.Et l'on ne comprend pas, ou l'on comprend trop bien, que nos gouvernants se fassent tellement tirer l'oreille en face de ces problèmes et ne consentent qu'à donner des miettes lorsqu'il faudrait un pain.Il me semble qu'en demeurant honnête avec moi-même, je ne pouvais faire autrement qu'accepter ces prises de position.Ça se sent, ça se crie.Je ne voudrais pas jouer Ou sociologue ou au psychologue pour la bonne raison que je n'en suis pas.Mais, à titre de citoyen ayant droit de vote et qui commencera bientôt à payer des taxes, je souscris humblement aux recommandations de la F.T.Q.Les congressistes, souf un seul, et avec beaucoup d'enthousiasme, ont signifié leur appui à la création du Nouveau Parti (qui porte déjà des majuscules, surtout depuis l'élection de Pittman I.Je me permets une réserve.Il ne faudrait pas que cet emballement se traduise en une portisonne-rie aveugle.La démocratie pourrait en souffrir.Les à-côtés du congrès furen: également très intéressants.J'ai rencontré des hommes jeunes, aux idées neuves même si les années leur ont apporté moult déceptions.Leur vigueur est tout à leur honneur et de-maure un exemple pour les jeunes.Je pense surtout au sénateur socialiste Delceyier, du Parlement de Bruxelles, à Lionel Sorel, vice-président de l'U.C.C., à Louis-Philippe Rioux, président de la Fédération de» distributeurs de lait du Bos St-Laurent, à Roger Provost, réélu, président de la F.T.Q.(tout l'exécutif a aussi été réélu), à Michel Chartrand, président provincial du P.S.D.Ils pourraient donner à beaucoup d'étudiants une leçon de tolérance et de largeur de vues.Serge Grenier ("Le Quartier Latin", 74 nov.I960.) Nos meilleurs voeux de Santé et de Prospérité à l'occasion de la nouvelle année 5T-RLEXFINDRE L.IMITÉE.LA.3-1163 Apprenez à connaître les avantages de l'épargne en ouvrant un compte à la Banque " ” ” " 1 595 BUREAUX AU CANADA ' ,i J « ^^1D 5238 LE MONDE OUVRIER DECEMBRE 1960 MONTREAL DECEMBER 1960 THE LABOUR WORLD _____ .- -— , — > - - ¦¦ ¦ - ¦¦ —• ¦ ¦¦¦ , .^ Le remaniement fiscal de Lesage : "Un impôt caché, anti-social et anti-familial", déclare la FTQ MONTREAL — Le président Roger Provost, de la Fédération des travailleurs du Québec, a déclaré récemment que le remaniement de la structure fiscale auquel s'est livré le premier ministre du Québec pour financer l'assurance-hospitalisation, constitue, en réalité, "un nouvel impôt caché, d'inspiration nettement anti-sociale et anti-familiale".Le confrère Provost trouve tout à fait "odieux" qu'un gouvernement qui avait déjà promis la gratuité complète de l'assurance - hospitalisation et qui s'était permis de se moquer d'une taxe sur l'électricité suggérée par six associations populaires représentant 1,400,000 citoyens, nous présente maintenant une formule qui viole tous les principes démocratiques de la fiscalité progressive.Sus aux petits salariés I Le président de la FTQ, qui représente 235,000 syndiqués du Québec, fait en effet observer que la mesure proposée par M.Jean Lesage impose une charge aussi lourde aux classes les plus défavorisées de la société qu'aux groupes privilégiés."A tout prendre, a dit le confrère Provost, nous aurions préféré une majoration franche du tarif de l'impôt personnel, qui aurait eu au moins le mérite de respecter la structure progressive de l'impôt et de répartir la charge supplémentaire imposée par l'assurance-hospitalisation au prorata de la capacité de payer de chacun." Le leader syndical trouve que c'est une drôle de façon de pratiquer l'autonomie provinciale et de respecter les caractéristiques du Québec que d'imiter une loi fédérale "inique" qui a déjà été maintes fois dénoncéo par le Congrès du travail du Canada.Le confrère Provost rappelle, en effet, que le mouvement syndical demande depuis longtemps à Ottawa de relever à $1,500 le revenu non imposable des célibataires et à $3,000, celui des personnes mariées.Selon, lui le projet de loi de M.Lesage "nous fait rétrograder au lieu de progresser".Entre deux maux, le pire Le confrère Provost fait observer que la taxe sur l'électricité proposée par six associations populaires, dont la FTQ, devait coûter environ $4,000,000 aux consommateurs domestiques et leur procurer l'assurance-hospitalisation complète, y compris les services externes, alors que la formule Lesage va coûter $14,000,000 aux particuliers, sans même leur procurer les services externes.Il se demande si le gou- vernement va encore accroître la charge imposée aux simples contribuables au moment d'instituer ces services.Il a fait encore remarquer que la taxe sur l'électricité devait coûter de $30,000,000 à $35,000,000 de dollars aux sociétés industrielles et commerciales, alors que le nouvel impôt de deux pour cent sur les profits des sociétés, qui prévoit des dégrèvements "injustifiés" de l'ordre de $9,000,000, ne rapportera qu'un "maigre" $11,000,000.Mauvais prétexte à la hausse Le président Provost a ajouté que le premier ministre et ministre des Finances, M.Lesage, n'a pas justifié sa hausse de l'impôt sur le revenu des particuliers à la satisfaction du mouvement syndical.Selon lui, le chef du gouvernement savait fort bien, au moment où il promettait la gratuité complète de l'assurance-hospitalisation, que le précédent gouvernement de l'Union nationale avait contracté des engagements dépassant ses prévisions budgétaires.En effet, de rappeler le confrère Provost, l'ancien leader de l'opposition libérale à l'Assemblée législative, M.Georges Lapalme, déclarait le 15 décembre 1959, que les dépenses du gouvernement Duplessis avaient dépassé les prévisions budgétaires à chaque année d'élection.En 1948, avait expliqué M.Lapalme, l'excédent avait été de $83,468,978 sur un budget de $141,990,457; en 1952, de $60,888,493, sur $260,848,493; en 1956 de $68,627,463 sur $374,101,427.Soit un excédent global des dépenses sur les prévisions budgétaires de l'ordre de près de $213,000,000 pour ces Irois années d'élection.Ç'aurait pu être pire encore Le président de la FTQ a déclaré que, si l'on considère que ces déficits "électoraux" atteignaient en moyenne 27% du budget provincial, le gouvernement Lesage pouvait prévoir pour cette année un déficit de l'ordre de $166,000,000."De telles pratiques financières, de souligner le confrère Provost, relèvent beaucoup plus de la compétence de la Commission royale d'enquête sur l'administration de l'Union nationale que de celle d'un Parlement occupé à trouver les moyens de financer équitablement une mesure de sécurité sociale." Le leader syndical ne croit pas, d'autre part, que le gouvernement soit justifié d'abaisser le minimum vital des familles de $3,000 à $2,000 sous prétexte qu'il assume une né- cessité de la vie, l'hospitalisation, qui aurait de toute façon été une catastrophe financière pour ces familles et aurait été assumée par l'assistance publique."On fait payer des gens qui ne sont pas en mesure de le faire, dit-il, pour un service incomplet qu'ils n'auraient jamais payé de toute façon, et auquel une minorité seulement aura recours." Disparu, le Mossadegh de l'Ungava Le président Provost ne trouve pas convaincant, non plus, l'argument de M.Lesage selon lequel une taxe sur l'électricité aurait provoqué une majoration dangereuse des prix de l'aluminium du Québec sur les marchés internationaux.Il a souligné que seule la Norvège peut vendre son électricité à un prix aussi avantageux que le Canada.Enfin, le président de la FTQ s'étonne que les libéraux, qui accusaient les précédents gouvernements de donner nos ressources naturelles à l'étranger sans que la population en bénéficie, hésitent maintenant à imposer la moindre taxe à ces industries."M.Lesage, de dire le confrère Provost, ne semble pas être le Mossadegh que M.Lapalme appelait naguère au secours de nos richesses pillées de l'Ungava." s- -sïi >«3SWi rSs V."NOUS VENONS DE PARACHEVER L'UNITE syndicale, à tout le moins au sein de la FTQ", a pu déclarer le président Roger Provost, à la suite des élections au Comité et au Conseil exécutifs de la Fédération.Le Comité exécutif a été réélu au complet, sans opposition.C'est sans douto pourquoi l'on reconnaît ci-contre, de gauche à droite, les figures épanouies des vice-présidents Jean Gérin-Lajoie et Edouard Larose, du président Provost, du secrétaire John Purdie et du trésorier Adrien Gagnier.Le reste du Conseil exécutif comprend six vice-présidents représentant des secteurs industriels et neuf vice-présidents régionaux.Ce sont les confrères Fernand Daoust (industrie manufacturière); Henri Desroches (transport); Roland Gocdike (alimentation et services); Jean-Paul Ménard (métiers de la construction); Maurice Silcoff (textile); Gérard Poirier (mines et métallurgie); Aldo Caluori, René Rondou et André Thibaudcau (région de Montréal); Roger Per.reault (nord du Québec); Benoît Laviolette (Gatineau.Laurentides); Jean Philip (Cantons de l'est); Oscar Longtin (sud du Québec); A.-O.Robindaine (Mauricie) et J.-B.Hurens (répion de Québec).Photo» du contré* par Fedoral Photos Bê LA BANQUE D’ÉPARGNE • (jfvOPH LA-C1TL ET DU DISTRICT de MONTRÉAL Guy Merrill DESAULNIERS AVOCAT - BARRISTER 2228 est, rue Sherbrooke Tél.: LA.6-5571-72-73 LE MONDE OUVRIER DECEMBRE 1960 - MONTREAL - DECEMBER 1960 THE LABOUR WORlD Au Bal des Midinettes 3ème conférence sur l'étiquette syndicale * i* A A Sa* , ^joyeux ijoei K Jl eurcuJe on ne et Jl nnee LA PRESSE r» Un bilan impressionnant IL Y AVAIT DE TOUT, cette année, au Bal des Midinettes : de la beauté, du folklore, de la politique et quoi encore?.La photo du haut nous fait voir la nouvelle Reine des Midinettes, la compagne Solange Turgeon, âgée de 22 ans et mariée, qui reçoit les hommages du premier ministre social-démocratique de la Saskatchewan, M.T.C.Douglas, sous l'oeil paternel du confrère Bernard Shane, vice-président de l'Union internationale des ouvriers du vêtement pour dames.Dans la photo du bas, le clou du spectacle "Tout le monde aime le samedi soir", Jacques Labrec-que, fait essayer son "capot d'ehat" au président Claude Jodoin, du CTC.SAINT-JEAN — Huit conseils du travail affiliés à la Fédération des travailleurs du Québec sont bien résolus à poursuivre, avec plus de vigueur que jamais, leur campagne en faveur de l'achat des produits de fabrication syndicale.La conférence provinciale tenue à St-Jean, le 10 décembre, l'a amplement démontré.Une trentaine de délégués, de toutes les parties de la province, répondant à l'invitation du comité de l'étiquette syndicale de la FTQ, ont consacré une journée à étudier les moyens à prendre pour atteindre le triple objectif qu'ils se sont fixé : a) créer chez les syndiqués des organismes permanents de promotion; 8) faire connaître à tous les consommateurs les avantages de l'achat des produits syndiqués; c) s'assurer le concours des marchands et des employeurs.Cette conférence étant la dernière de 1960, les participants ont examiné les décisions prises au cours de deux réunions antérieures et évalué les résultats obtenus.Le bilan est impressionnant.Un programme ambitieux A la première assemblée, au mois d'avril, à Montréal, ils s'étaient appliqués à constituer des cadres.Les conseils représentés s'étaient engagés 6 établir des comités permanents dont la tâche serait de mettre en pratique les recommandations de la Conférence provinciale qui se réunirait tous les quatre mois.En même temps, ils avaient tracé les grandes lignes d'une campagne d'éducation chez le public.Des mesures avaient également été prises pour mobiliser l'appui de marchands et d'employeurs sympathiques.De plus, ils avaient décidé, pour gagner l'attention du public, de faire proclamer, par le plus grands nombre possible de municipalités, une SEMAINE DE L'ETIQUETTE SYNDICALE.Dans l'intérêt des patrons et marchands, ils avaient préconisé la tenue d'expositions de produits syndiqués et la distribution de miltiers d'exemplaires du Guide de l'Acheteur Les conférences de Montréal et Gatineau ont servi à monter les mécanisme nécessaires à l'échelon provincial et régional pour réaliser le programme projeté.Le 10 décembre, on s'est arrêté un moment, pour régler, ajuster ce mécanisme, afin de le rendre plus efficace.On tentera mainte-maintenant de gagner l'appui des unions locales qui ne sont pas encore résolument engagées.Ça ne fait que commencer Il reste beaucoup à faire.Personne ne se leurre.Cependant tous ceux qui ont contribué à l'échafaudage de cette structure qui contribuera d'une façon appréciable à l'avance ment de la cause syndicale, sont très méritants.Ils ont droit au témoignage d'admiration que leur rendait le confrère Thomas B.Ward, secrétaire-trésorier du département de l'étiquette syndicale du Congrès du Travail du Canada, lorsqu'il a déclaré : "Cette initiative a créé un précédent qui doit être donné en exemple aux autres provinces.Je suis édifié par votre zèle et votre façon intelligente et pratique de promouvoir l'achat des produits syndiqués".La conférence de Saint-Jean était présidée par le confrère Roland Gedike, président du comité de l'étiquette syndicale de la FTQ, et les conseils du Travail de Montréol, Québec, Trois-Rivières, Hull - Gotineau, Saint-Jean, Granby, Joliette et Valteyfield, étaient représentés par les délégués suivants : Gérard Rancour t, Jeon Guy Champagne, Hélène Breoult et Juliette Prévost (Montréal) ; Jeannette Galarneau (Québec) ; Roger Lemire et Irénée Marchand i Trois - Rivières) ; Paul-H.Diotte et Rodolphe la-haie (Hull-Gatineau) ; Firmus Girard, Marcel Leblanc et Edgar Vadeboncoeur (St-Jean); René Fournier, Alfred Ouellette et Rolland Moher (Gronbyi; Gérard Frève (Joliette) ; Oscar longtin et Roger Bédord (Val-leyfield).Les outres participants étaient : Thomas B.Ward, secrétaire trésorier du département de l'étiquette syndicale du CTC ; John Purdie, secrétaire de la FTQ ; Ivan Le-gault, secrétaire-exécutif de la FTQ, représentant le confrère Roger Provost, président de la FTQ ; Jacques Dupont, de l'Union des commis du détail, et les membres du Comité de l’étiquette syndicale de lo FTQ, les confrères Rosorio lebeau, Saul Linds, Roger Amyof, Paul-E.Doucet et André Lévesque.Le maire de Soint-Jeon, M.Eugène Lasnier, a offert une réception aux délégués.Dans son allocution de bienvenue, il a invité les représentants syndicaux à revenir à Saint-Jean et les a assurés de son appui.Gérard RANCOURT.Les rapports présentés à la réunion subséquente, à Gatineau, au mois d'août, étaient très encourageants.L'ambitieux programme du mois d'avril était en partie réalisé.Des comités avaient été formés ; une quatrième édition du Guide de l'Acheteur avait été imprimée ; les maires de douze municipalités s'étaient engagés à proclamer SEMAINE DE L'ETIQUETTE SYNDICALE, la semaine de la Fête du Travail ; des expositions s'organisaient et plusieurs autres projets tels que défilés, chars de cortège, affiches publicitaires dans les montres de magasins, distribution de circulaires aux portes d'usines, visites des marchands, banquets, articles dans les journaux, etc., etc.avaient été élaborés."By Trial and Error" Devant ces réussites, on a pensé qu'il était temps de lancer une autre initiative : celle de campagnes mensuelles de promotion.Un produit serait choisi pour chaque mois et l'on s'efforcerait d'en encourager l'achat par tous les moyens possibles.Cette dernière tentative, peut-être un peu trop prématurée, n'a pas eu le succès désiré.A St-Jean, on a pris les dispositions pour y remédier.Heures bancaires supplémentaires! Nos succursales sont .OUVERTES TOUS LES SOIRS de 7 à 8B.du lundi au vendredi 1.6 MONDE OUVRIER DECEMBRE 1960 MONTREAL DECEMBER 1960 THE LABOUR WORLD Assumant le leadership> des classes laborieuses Trois minutes de vérité W/M ; hmH wsnatSL wb Le congrès de Sa FTQ adopte maintes positions avancées QUEBEC — En plus d'avoir adopté une résolution d'action politique qui lui confère le rôle de leader des classes laborieuses du Québec, la FTQ a adopté, à son congrès de novembre dernier, des positions avancées qui lo- placent nettement à l'avant-garde de notre société.C'est ainsi que les 500 délégués se sont prononcés notamment en faveur de la création d'un ministère de l'Instruction publique et de l'obolition immédiate de la peine de mort.Dans le domaine économique, le congrès de Québec a adopté une politique de dirigisme prévoyant l'étatisotion de tous les services publics, y compris les sociétés hydro électriques et la Corporation de gaz naturel, l'établissement d'usines de raffinage de ne* matières premières, ainsi que la création d'une industrie sidérurgique.Mesures immédiates contre le chômage Pour combattre le chômage, les délégués ont demandé l'c-doption d'une politique de plein emploi fondée sur une économie dirigée, mais ils on» également préconisé une politique de travaux publics, d'encouragement accru aux tre-vaux d'hiver, publics et privés, ainsi qu'un contingentement des importations et une adaptation de l'immigroticn à lo situation de l'emploi.Le congrès a recommandé que les allocations de l'assurance-chô-moge soient payables 52 semaines par année et qu'elles soient établies à 75% du salaire.les délégués se sont également prononcés en faveur de l'cssurance santé complète et de la gratuité de l'enseignement a tous ses paliers.Affirmons que l'Etat a d'autres sources de revenus à sa disposition, ils ont recommandé l'abolition de toute taxe de vente.Ils ont également demandé que les municipalités ne soient pas laissées libres de se sous-troire à la régie provinciale de* loyers, comme c'est le cas présentement.lo démocratie en action le congrès a enfin démontré son caractère parfaitement démocratique en renver- sant deux recommandations de comités.C'est ainsi qu'il s'est prononcé en faveur de l'échange de délégations syndicales avec les pays communistes et qu'il s'est opposé aux congrès biennaux.Les délégués se sont de nouveau prononcés en faveur d'un salaire minimum d'un dollar l'heure et d'un salaire égal à celui des hommes pour les femmes qui effectuent un travail semblable.Ils ont adopté plusieurs résolutions réclamant des améliorations au sort des travailleurs en forêt, dont un salaire minimum de $1.50 l'heure.Le droit de grève pour tous Enfin, les travailleurs du Québec ont réclamé l'abolition des bills 19 et 20 et affirmé qu'aucun travailleur ne devrait être privé du droit de faire la grève.Ils ont en outre demandé la retenue obligatoire des cotisations syndicales par l'employeur dans le cas où les employés sont prêts à payer leurs cotisations de cette façon.La FTQ exige une enquête royale sur Murdochville MONTREAL — Le Conseil exécutif de la Fédération des travailleurs du Québec, réuni en meeting extraordinaire à la suite du congrès de la centrale à Québec, a décidé de demander au gouvernement provincial d'étendre la portée de l'enquête royale sur l'administration de l'Union nationale, de manière que la commission puisse faire la lumière sur la grève de Murdochville.la résolution demande que che à la Commission de relations ouvrières d'avoir, du temps de l'Union nationale, reconnu officiellement un "syndicat de boutique".D'autre part, la centrale syndicale met en doute "la compétence et l'impartialité" de la CRO dans un différend survenu entre les Métallurgistes unis d'Amérique et la compagnie Campbell Chibougamau Mines.Le Conseil exécutif demande au gouvernement Lesage de faire enquête sur la conduite de la Commission, de manière à pouvoir y effectuer les réformes qui s'imposent pour garantir efficacement les droits des travailleurs.La résolution soumise par le syndicat des Métallos est accompagnée d'un historique du conflit qui tend à démontrer que les lenteurs administratives ont constitué un véritable déni de justice dans cette affaire.la commission Salvas "porte une attention particulière aux événements qui se sont produits avant, pendant et après la grève de Murdochville, y compris l'émission d'un certificat de reconnaissance syndicale par la Commission de relations ouvrières à une union entièrement dominée par la compagnie Gaspé Copper Mines".On sait que le gouvernement de Québec peut, par simple arrêté ministériel, élargir le mandat de la commission royale, qui a reçu la mission d'enquêter sur la vente du réseau gazier de l'Hydro-Québec et sur le service des achats.La résolution que vient d'adopter la FTQ accuse la Gaspé Copper Mines d'avoir embauché "des voyous et des fiers à bras au cours de la grève de 1957", et elle repro- ANGLO-CANADIAN PULP and PAPER MILLS LIMITED 'isà' We extend our sincere wishes for a iajjjjif I lew Ljear to all the workers in the Province of Quebec ‘MU*1»*C'«i«,e’
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