Arrêt ordonnant que Sa Majesté sera très humblement priée d'accorder à Michel Sarrazin, chirurgien, des lettres de médecin des hôpitaux de ce pays, et principalement de celui de Québec, et une pension, afin de l'engager à rester dans le pays, et par ce moyen continuer ses soins aux pauvres habitants du pays
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- Arrêt ordonnant que Sa Majesté sera très humblement priée d'accorder à Michel Sarrazin, chirurgien, des lettres de médecin des hôpitaux de ce pays, et principalement de celui de Québec, et une pension, afin de l'engager à rester dans le pays, et par ce moyen continuer ses soins aux pauvres habitants du pays
- Date de création :
- 14 mai 1699
- Genre spécifique :
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- Archives textuelles
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- Transcription du texte avec orthographe modernisée : «Sur ce qui a été remontré au Conseil par le procureur général du Roi que des l'année 1686 Monsieur le marquis de Denonville alors gouverneur général de ce pays, et Monsieur de Champigny intendant ayant été pleinement informé que le sieur Michel Sarrazin était très habile chirurgien le convièrent de rester en ce pays et pour l'y engager ils l'établirent chirurgien major des troupes que sa Majesté y entretenait par leur brevet et ordonnance du douzième novembre, ce qui fut approuvé par Monsieur de Seignelay et confirmé par un autre brevet que sa dite Majesté lui a ensuite accordé, il a exercé non seulement la fonction de chirurgien major, mais aussi celle de médecin pendant huit années tant à la satisfaction dudit sieur marquis de Denonville et dudit sieur de Champigny que des officiers et soldats et des habitants du pays qu'il visitait et traitait soit dans les hôpitaux de Québec et [...]
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- Transcription du texte avec orthographe modernisée : «Sur ce qui a été remontré au Conseil par le procureur général du Roi que des l'année 1686 Monsieur le marquis de Denonville alors gouverneur général de ce pays, et Monsieur de Champigny intendant ayant été pleinement informé que le sieur Michel Sarrazin était très habile chirurgien le convièrent de rester en ce pays et pour l'y engager ils l'établirent chirurgien major des troupes que sa Majesté y entretenait par leur brevet et ordonnance du douzième novembre, ce qui fut approuvé par Monsieur de Seignelay et confirmé par un autre brevet que sa dite Majesté lui a ensuite accordé, il a exercé non seulement la fonction de chirurgien major, mais aussi celle de médecin pendant huit années tant à la satisfaction dudit sieur marquis de Denonville et dudit sieur de Champigny que des officiers et soldats et des habitants du pays qu'il visitait et traitait soit dans les hôpitaux de Québec et de Montréal soit dans leurs maisons sans rien recevoir desdits habitants à cause de leur pauvreté se contentant de ne que le Roi et les troupes lui donnaient, qu'en l'année 1694 ayant cru qu'il lui était nécessaire pour se perfectionner davantage de passer en France. Il y a fait un cours de médecine à Paris où il a demeuré environ trois ans et a pris ses degrés à Rens, enfin quelques raisons l'ayant engagé de revenir en Canada en l'année 1697 il se trouva heureusement dans l'escadre commandée par Monsieur de Nemont où la maladie se mit, mais surtout dans la Gironde, aux malades de laquelle il rendit de si grands services particulièrement à Monsieur l'évêque de Québec que tous avouent que sans lui il en serait très peu rechapé, aussi en pensa-t-il lui-même mourir d'épuisement et de cette même maladie en arrivant en cette ville ou n'étant encore que convalescent il fut d'abord occupé à soigner non seulement les malades des navires qui furent portés à l'Hôtel-Dieu, mais encore dix à douze religieuses dudit Hôtel-Dieu la plus part attaquées de ces maladies qu'elles avaient comme il arrive très souvent contractées à l'occasion desdits soldats et matelots, desquelles religieuses il n'en mourut qu'une seule; mais comme ce gouvernement et celui des Trois-Rivières sont depuis quatre mois affligés d'une espèce de maladie d'autant plus dangereuse qu'elle est populaire et qu'elle tue dans les deux, trois et quatrième jour ceux qui ne sont pas d'abord secourus, on connaît évidemment que sans l'assiduité dudit sieur Sarrazin soit par les avis qu'il a donné par écrit aux chirurgien éloignés et même aux curés, soit par les peines qu'il s'est donné à l'égard de ceux qu'il a traité lui-même dans Québec et dans l'Hôtel-Dieu où l'on apporte presque tous les malades de la campagne, il en serait mort un bien plus grand nombre, ce qui est d'autant plus aisé de juger qu'il y a environ douze ans qu'une maladie à peu près semblable mais en apparence moins mortelle puisqu'elle résistait plus longtemps il mourut cependant plus de huit cent Français canadiens des plus forts et des plus vigoureux faute sans doute de personne capable d'y remédier, dans le cas présent que la maladie paraît cessée il n'en est tout au plus mort que cent, avec cette remarque que du grand nombre que ledit sieur Sarrazin a traité lui-même, il en est mort peu, et encore ce n'a presque été que ceux auxquels on ne pouvait plus faire de remèdes par ce qu'ils avaient été apportés trop tard à l'Hôtel-Dieu: et comme il y a bien de l'apparence que le sieur Sarrazin a eu d'autres vues en revenant en Canada que celle de traiter seulement les malades, s'appliquant beaucoup aux dissection des animaux rares qui sont en ce pays ou à la recherche des plantes inconnues on a tout lien de croire et de craindre qu'après qu'il se sera pleinement satisfait la dessus ou plutôt quelque personne de conséquence de sa profession qui nous paraissent avoir bonne part à ces sortes de recherches il ne s'en retourne en France flatté de leur protection et de son avancement par leur moyen, ce qui laisserait ce pays d'autant plus dépourvu de secours qu'il tient les chirurgiens en haleine pour bien exercer leur profession. Et comme il font le métier d'apothicaires il les oblige à se fournir des remèdes nécessaires; pour toutes ces raisons, et comme la pauvreté des habitants de cette colonie est telle que de dix personnes que le sieur Sarrazin visite, à peine y en a-t-il un en état de payer et qu'il a néanmoins une très grande assiduité à servir depuis son retour et sans intérêt les pauvres malades, surtout ceux de l'Hôtel-Dieu de Québec. Ledit procureur général d'ailleurs engagé par les pressantes sollicitations du peuple croit qu'il est d'une très grande conséquence pour le bien et pour le soutient du pays que le Conseil ordonne que sa Majesté sera très humblement suppliée d'accorder audit sieur Sarrazin ses lettres de médecin des hôpitaux de ce pays, mais surtout de celui de Québec comme de la capitale du pays qui est le lieu le plus peuplé où Monsieur le gouverneur et Monsieur l'intendant font leur résidence ordinaire et qui est le port et abord des navires et par conséquent plus exposé par les maladies qu'ils contractent par la longueur des voyages; et lui accorder pareillement une certaine pension afin de l'engager à y rester et que pour obtenir lesdites lettres et ladite pension Monsieur de Pontchartrain ministre et secrétaire d'état soit instamment prié d'appuyer cette demande auprès de sa Majesté afin de préserver par ce moyen dans de pareilles maladies populaires qui ruinent et de peuplent en peu de temps les nouvelles colonies, celle ci-qui commence d'y être fort sujette. Le Conseil étant pleinement informé du contenu audit réquisitoire et des services considérables qu'à ci-devant rendu et rend présentement ledit sieur Sarrazin dans les fonctions de médecin a ordonné et ordonne que sa dite Majesté sera très humblement suppliée de lui accorder ses lettres de médecin des hôpitaux de ce pays et principalement de celui de Québec et une pension afin de l'engager à rester en ce pays et par ce moyen de continuer ses soins aux pauvres habitants et à la conservation de cette colonie et que pour obtenir lesdites lettres et pension Monsieur de Pontchartrain ministre et secrétaire d'état sera instamment prié par mondit sieur l'intendant et par ledit procureur général d'appuyer cette demande auprès de sa dite Majesté, fait à Québec le 14 mai 1699. BOCHART CHAMPIGNY.»
- Sujets traités :
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- Hôtel-Dieu de Québec,
- Québec (Province). Secrétaire d'État,
- Sarrazin, Michel, 1659-1734,
- Absentéisme (Travail),
- Animaux rares,
- Architecture domestique,
- Chirurgiens,
- Colonies,
- Communication écrite,
- Convalescents,
- Dissection,
- Engagés,
- Fatigue,
- Fortifications,
- Fréquentation scolaire,
- Gouvernement fédéral -- Canada,
- Gouverneurs,
- Habitations,
- Hôpitaux,
- Hôpitaux -- Personnel médical,
- Intendants,
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- Malades,
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- Médicaments,
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- Pauvreté,
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- Recherche médicale,
- Religieuses,
- Satisfaction,
- Soldats,
- Villes,
- Vin,
- Voyages,
- Vues,
- Écriture,
- Évêques -- Mort
- Notice détaillée :
- Collections et fonds :
- Lieu de conservation :
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- Archives nationales à Québec
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