Radiomonde, 23 février 1952, samedi 23 février 1952
es distract ,0ns d Alb'rt Duquesne ?ü* a,erté fa polite et le maire Wm mm Wmm sLfcSS» :^'VWv «y*?* # *"*¦-*• £rîLïik> THÉÂ1*f.*&$x No 17 «ONntEAC.,3 ««ME, '* CENT! I I • 1 ¦*% ?* ' §0ïïM :V î.i&iSxàl • SSjügj ¦: •*c* adiomondc souvenez-vous RADIOMONDE DANS pixans ÜYO ÆHjiejflli TXans les ceitles radiophoniques, on a discuté et l’on discute encore LJ de l’attitude prise par la TS-F.canadienne à l’annonce de la mort du Ro George VI et le soir du jour des obsèques.Les uns ont approuvé sa prise de deuil, qui se traduisit par la diffusion de musique ne circonstances — comme l’on a dit — à la journée durant, à Radio-Canada (deux jours après le décès) et aux postes privés (le jour de l’événement».Les autres soutiennent que plutôt que de distiller par cette manière la mélancolie chez les auditeurs, il aurait été mieux de fermer les postes.Enfin un troisième groupe juge, qu’après avoir observé un moment de silence, les stations auraient dû continuer leurs activités.La même contreverse existe en Angleterre.Monseigneur J.C.Keenan, évêque catholique de Leeds, au cours d'un service funèbre à la mémoire du monarque, a critiqué la B B C., l’accusant d’avoir plonge "la nation dans une tristesse de commande".Au cours de son sermon, il a dit: “Je ne peux pas croire qu'on a bien honoré la mémoire de notre gracieux souverain avec le mélodrame des silences prolonges, le jour de sa mort, ou avec les sombres et tristes émissions imposées sans aucun recours, depuis une semaine à nos compatriotes.La mort d'un souverain constitutionnel ne doit pas paralyser si longtemps la détente légitime d’une nation.” Plusieurs journaux anglais ont, à peu près, jeté les mêmes reproches à la B BC.B est vrai que celle-ci, pendant plus d’une semaine, avait chassé, de ses programmes, toute émission recréative ou légère.La Société Radio-Canada a-t-elle exagéré l’expression de ses condoléances?Les postes privés ont-ils manifesté une “tristesse de commande”?Nous ne prenons pas parti au débat.Nous notons, pour mémoire, qu'à l’exception du jour des obsèques, le commeroe et l’industrie en général ont poursuivi leur besogne ordinaire.Cqui nous parait regrettable, c’est que l’on ait associé, en cette occasion, la musique symphonique, la grande musique à l’idée de tristesse.Il y a plus de vingt-cinq ans que des maures travaillent à faire comprendre et aimer cette haute musique, la décortiquent de sa sévérité apparente, en expliquant l’inspiration, la beauté et la séduction.Et voici que — dans les meilleures intentions au monde — on lui confère, à force de l’identifier avec le trépas, un caractère funèbre, fl se passera bien des semaines avant que nous ne parvenions à chasser de notre esprit cette corrélation factice de la désolation et de la beauté artistique quand nous écouterons de la musique classique.Renê-O.BOIVIN «Pensez pas qu'il n’est pas là pour décrire une partie de hockey ce Michel Normandin » Mme Giraud se défend ! P^ADIO-CANADA inaugurait, le lundi à neuf heures du soir, une saison d’opérettes françaises.Ces émissions étaient transmises par les postes du réseau Halifax-Vancouver.On avait choisi pour débuter: “Rêve de Valse", d’Oscar Strauss.On avait confié les rôles principaux à Caro lamoureux, Marthe Lapointe, Francois Brunet, Charles Goulet et Albert Viau.Jean Beaudet dirigeait.On annonçait: ’’Passionnément", de Messager; "Comtesse Marit-zo", de Kalman; "Au pays du sourire", de Lehar; "Chanson d'Amour”, de Schubert et “la Fille du Tambour-Major”, d'Offerv boch "la radio" affirme l’annonce de Radio-Programme Producers dons le carnet du Bal des Artistes, “est devenue la fille aîné* de la publicité moderne" Et un de nos collaborateurs d’ajouter: "que cette fille est encore à la mamelle, et plus que jamais au Canada français! L'avenir de la radio, chez nous, est en effet infini".(S’il faut que cette fille aînée soit encore à la mamelie, ce que ra mère — la publicité — doit être lasse.) .Mlle Jeannette Brouillette, directrice artistique du Conservatoire Lassalle, donne un interview.De Québec: “René Levesque ne fait plus que de rares apparitions au micro.Il a décidé de se consacrer sérieusement à ses études de Droit." (M.Levesque fait de plus en plus d’apparitions ou micro: "Fais ce que peux et non c* que droit”.) R.M.écrit: "N'oublions pas que pour compter, au point de vue du théâtre, nous avons besoin d’une littérature dramatique bien à nous.En créant des oeuvres d'auteurs canadiens, nos troupes québécoises accompliraient une tâche magnifique, laquelle deviendrait la source d’une moisson abondante.” (OhI optimisme!.) .Fermeture définitive du Théâtre du Mont-Royal Français — la salle Saint-Sulpice est requise par le gouvernement provincial .Une lettre est parvenue aux "Joyeux Troubadours" avec l’inscription suivant*; "Emission les Joyeux Troupe d’Ours” (Vérité dons Terreur?).L’ARCHIVISTE MOTRE JOURNAL a publié, le 9 février, un éditorial, dans lequel nous relevions certains propos publiés dans « France-Soir», journal parisien.Dans sa chronique: « Les propos de la commère».Carmen Tessier faisait écho à des commentaires de Madame Yvette Giraud — très * désobligeants » envers nous — et prenait la précaution d’avertir qu elle laissait à l’artiste toute la responsabilité de ses « déclarations étonnantes, qui n'engagent qu’elle-même ».De Madame Giraud, nous recevons, datée du 12 février, la lettre suivante adressée à René-O.Boivin: « Monsieur, « Je viens de lire votre article paru, je croit, dans « Radiomonde », Qui m’est parvenu par l’entremise d’un ami.Cet article reflète un état d’esprit plein de ressentiment que je conçoit aisément.e Quand je vous aurai dit que je ne connais pat Carmen Tessier, que je nai fait aucune declaration à la presse et que cet article n’est que du domaine de l’invention, vous comprendrez peut-être pourquoi j’attends encore, cette semaine, un démenti clair et précis de cette « dame » et que, si je ne l'obtiens pas, je la poursuis devant Ms tribunaux.- « Je vous joins la lettre, que je lui ai envoyée, le lendemain de la parution de ce soi-disant écho.* Je ne me savais pas d’ennemi Maintenant je sais seulement que je ne les connais pas.« Relisez, s’il vous plaît, cet article infâme et dites-moi quelle artiste revenant d'un pays, où je nai trouve que gentillesse de chacun — quel intérêt aurais-je pu retirer de pareils propos ?« Il n’y a aucune tenue et aucune part de vraisemblance — Vous ne deviez pas bien me connaître pour me croire capable de pareille infamie.« Bien que votre article soit extrêmement désobligeant, je veux penser que seule votre coiere légitime en était la base.Sympathiquement tôtre„ Et voici la copie de la lettre envoyée à Carmen Tessier, k 31 janvier, par Yvette Giraud: 4 Madame, « Les propos de la commére » constituent la rubrique sans doute la plus lue dans votre journal.C’est pourquoi je suis très touchée que vous m'oyiez consacré un écfio * fourni.4 Malheureusement, vos renseignements sont tris loin de la vérité — et connaissant votre souci d’objectivité, fai tenu à venir vous dire que les Canadiens seraient très surpris de lire *e que VOUS AVEZ ECRIT. ¦if./ ; *¦ : -, I.'.-* :i: ' , fârlF.¦ ¦ s*' ?, ¦ ¦' LEfa DICI ATEURS DE LA MODE MASCULINE, qui se sont réunis en congrès à Montréal, il y a quelques jours, ont décidé de faire dispandtre les bourrures d’épaules et les lignes lâches des vêtements à la sportive pour revenir à la taille élancée et à la rigide élégance des banquiers de la rue Saint-Jacques.Dans le monde de la radio, cela veut dire que le genre Fredo Oardoni aura moins de vogue, au point de vue corpulence, que le genre Baulu, Bailly.Joncas ou Normand.U • ?Il est question qu'un journaliste bien connu, cible favorite de Tarte Blanche”, à Radio-Canada, soit présenté comme commentateur radiophonique quotidien, avec le patronage d'un grand commanditaire.?• ?ON A TRADUIT PAR “Où est grand-père?’’ les paroles du prince Charles, qui demandait sans cesse ce qui était arrivé au roi George VI, qu’il ne voyait plus depuis quelques Jours.La dépêche anglaise disait: “Where is grandfather?” Mais, peut-on être absolument sûr que l’enfant, fût-il duc de Cornouailles et futur prince de Galles, n’a pas son Jargon particulier?Sa mère, qui est ruine, n'a-t-elle pas signé “Lilibet” sur la carte qui accompagnait sa couronne mortuaire?Mais, comment traduire exactement l’expression intime que l’enfant a pu empirer?Rafa traduirait peut-être par: “Qu'est-ce qu’il fabrique, l'aïeul?” Normand dirait: “Où est-ce qu’il est passé, le vieux?” Et Pellerin: “Ouaqu’il est pepére?" ?• ?Roland Bayenr a trouvé un moyen Inattendu de eontourner une difficulté.On sait comment doit se prononcer la lettre Q.Rappelez-vous eomment la maîtresse d’école évitait l’écueil en déclinant Talphabet: M.N.OJP.— lettre Indécente — R.S.T.Plus tord, on a tenté de substituer la prononciation “que”.Dans un boniment enregistré, où U est question de disques, Bayeur épelle les lettres de ce mot.On ne sait pas s’il a eu un lapsus ou s’il a voulu faire une innovation.En tout cas, il semble prononcer le Q comme un K.C'est original ü • CT SENS DU DEVOIR, désir d’éviter l'amende du retard, hantise d’un drame imminent et sens de la propriété.Tous ces sentiments se sont heurtés de front dans le cerveau de Jean Lajeunesse, jusqu'au moment, où, au beau milieu d’une répétition de “Slim Callaghan", il a éclaté en disant.“Laissez-moi partir.Je reviens dans deux minutes Le feu est dans ma voiture”.En écrasant une cigarette dans le cendrier de sa voiture, il avait en effet mis le feu à du cellophane et autres papiers.Mais, U ne voulait pas rater le début de la répétition.H arriva à temps.Mais, son esprit était ailleurs.Ses nerfs étaient en boule.Quand il a expliqué la situation et couru vers sa voiture, U a Jeté dans la neige le contenu du cendrier et aéré sa voiture, remplie d’une fumée âcre.Après cela, il fut plus à ’’aise pour dénouer les intrigues du fameux roman policier Cl • ?Les grands tailleurs de Saville Row ont désigné le petit prince Charles comme le bambin le mieux vêtu de Londres.Iis admirent surtout ses gentilles cravates à noeud papillon et ses casquettes de chasseur de biches.Même dans le cas d’un enfant de trois ans, on ne peut quand meme pas dire qu’une cravate et une casquette "habillent" bien Tas complètement en tout cas.?• O A VE/,-VOUS REMARQUE comme le ‘‘Magazine des Sports” de Radio-Canada est bien fait?Los reportages, ies commentaires et les entrevues qui le composent s écartent, la plupart du temps, des sentiers battus.Cela démontre que le sport ne tue pas nécessairement ’lintelligence Il ne faut donc pas désespérer de voir un jour, dans les journaux panadiens-français, des chroniques sportives aussi vivantes et aussi bien conçues que celles des journaux d’expression anglaise.Malheureusement, le gros du travail de nos chroniqueurs sportifs a Jusqu’ici consisté à traduire les dépêches anglaises, ce qui les a empêches de s’alimenter aux sources vives de l’information.Ils en sont vernis à se contenter de reprendre, sans originalité, même dans le style les chroniques des O'Meara, Ferguson et Carroll.On compte d’ailleurs parmi «ux un trop grand nombre de prin,aires infatués et d’anciens collégiens Qui ont mal digéré leur cours classique et croient nous impressionner avec des expressions latines tirées des pages roses du petit Larousse ?• ?Le grand magasin Messier reconnaît que son plus habile vendeur est Roger Baulu.Les conseils prenants de Roger ont un tel succès sur la clientèle que cette maison de commerce de ¦ avenue Mont-Royal a décidé de réduire ses réclames dans les journaux pour doubler celles de la radio.?• ?BARMI IES ANNONCEURS, fl y a des voix graves, des voix aigües, des voix creuses, des voix blanches, des voix épaisses, des voix sonores des voix horripilantes.Mais, je crois que.dans le moment, la voix la plus nette, celle dont tous les sons frappent l’oreille avec une régularité remar-quable, c’eA celle de Claude Duparc.C’est ce qu’on pourrait appeler une voix "découpée”.n • n La plus récente pièce de Marcel Aymé, "la Tête des Autres” a mis es juges de France aux abois.L’un des personnages du drame feiicU un Jeune juge qui vient de condamner un assassin à la guillotine et lui dit: "Votre troisième tête, mon cher! Et à 37 ans’ C 'est magnifique!" Cela rappelle ce procureur du ministère public qui déclara un jour h-s yeux remplis de fierté: T’est ma cinquième condamnation à mort.Maintenant, j"ai le droit de porter la canne” ?• ?A FEUX CROISES.— C’est maintenant une bataille de belles gueules du J?1.0™ deA5KYL' Sylvain Gameau fait la lutte à Henri Réùvesm J! w “ni ™n ftux 8*I“ *»ui demandent si Jean !ülde Juli€tte Ns n’ont pas les mêmes sortes de Oiguère mérite des félicitations pour son excel-lent travail dans le domaine des micro-reportages, à CHLP Si ron avait la télévision, les fins d'après-midi de CKVI, changeraient de ^nJ8FqUeS Normand y dlriK« »»n feu de blague* muettes (pas toujours) aient te mi^ro PCUVent *** touJours ré*ister œu* Qui ont momentané- LE FRANC-TIREUR Photo prise à l’issue d’une soirée donnée, à Lac hi ne, par quelques-unes des vedettes montréalaises de la chansonnette.A l’extrême gauche, on remarque Pierre Sara-Bournet et Gaby Laplante; à l’extrême droite, André Cantin et le pianiste Jean-Paul Délisle.Ce dernier est l’accompagnateur favori de plusieurs chanteurs canadiens.Au centre de la photo, on voit les patrons d’honneur, M.Edgar Leduc, député fédéral dr Jacques Cartier, et son épouse, à l’arrière, le maître de cérémonie Jean-Marie Bergeron.Cette soirée eut lieu à la S aile des Chevaliers de Colomb de Lachine.Les mêmes artistes se feront probablement entendre pr ochainement dans différents endroits."EVALUEZ VOTRE PARTENAIRE" L’une des préoccupations constantes de la direction d’un poste radiophonique est de présenter aux auditeurs des émissions variées.Chaque jour, le poste doit offrir des émissions susceptibles de plaire à tous les goûts.Parmi les nouveautés à l’affiche de CKAC, la demi-heure “ EVALUEZ VOTRE PARTENAIRE” en est une qui s’est assurée la faveur de l’auditoire de la salle et à l’écoute, dès la première présentation.Ce programme nouveau genre permet à des couples de se présenter au micro de CKAC pour un bref interview sur une note légère, avant de participer au questionnaire qui offre un prix de *50.à chaque couple invité.ROGER BAULU, le prince des annonceurs, déploie tous les vendredis soirs, son talent si versatile.H est assisté de Louis Bélanger.EVALUEZ VOTRE PARTENAIRE” est une présentation très élaborée qui demande un long travail de préparation.Une dizaine de personnes travaillent chaque semaine au succès de cette demi-heure.Mentionnons en plus de Roger Baulu et Louis Bélanger, le réalisateur Jean Monté, son assistante Jeannette Brouillet et le scripteur Roger Marien, parmi les principaux.Chaque semaine on reçoit à ce programme des invités spéciaux, choisis dans le monde des sports.Ce programme, entendu sur les ondes de CKAC et du radio-groupe Trans-Québec, est diffusé de la scène du théâtre Laval, rue St-Denis.MENT PREPARER SON MARIA- Quatre photos artistiques en cou-GE?Son Excellence l’assure de sa leur, hors-texte, représentant le* diverses étapes de la vie conjugale donnent à cette 7e édition un cachet de distinction tout à fait nouveau.paternelle bénédiction pour cet oeuvre qu’EUe considère comme une réponse â ses préoccupations apostoliques.“ M’aimes-tu?“ ALAIN SOPHIE COMMENT PREPARER SON MARIAGE?lTn non von h programme que von* voudrez éeonter Les Editions du Lévrier présentent aujourd’hui la 7e édition de ce fameux livre du R.Père Arthur-M.Granger, O.P.: COMMENT PREPARER SON MARIAGE ?Cette septième et nouvelle édition, revue et augmentée, a été d’une façon spéciale adaptée aux gens mariés et elle contient en appendice les principales directives récentes de S.S.le Pape Pie XII sur le mariage.S.E.Mgr Paul-Emile Léger a bien voulu en écrire la préface.En plu* de cet honneur qu’il a daigné accorder à l’auteur de COM- IKVL - IO li.n 10.15 le matin, du lundi au vendredi présenté par le* boulangerie* fjÙéâJoti ITEE.PAGE 4 “ • RadioMonde 23 FEVRIER 1952 .îS ¦ ' ** - h- —* ÎS gp|i L., ¦ •••¦•:-.:¦• », La Paix du Ciel.Le travail terminé Ma lame tricote pour Monsieur des chaussettes qui le tiendront bien chaud pour assister aux différentes joutes sportives auxquelles il doit aller pour en donner ensuite la description aux auditeurs de CHLP.Quant à Rolland, rien ne vaut pour lui un bon livre pour oublier les vicissitudes de l’existence., Madame Giguère comme toutes les femmes craint les armes à feu.Mais comme son époux suit les traces du grand Nemrod et qu'il faut bien quand même qu'il nettoie ses carabines de temps à autre, elle se tient prudemment à l'arrière, et prend un cordial pour que son mari ait du coeur au boulot!.Les Couples Heureux “On court toujours après son malheur”, dit-on, mais, par la loi des compensations, on court aussi souvent après son bonheur.Ça, les Rolland Giguère l’on expérimenté il y a déjà un bon moment.Vous voulez savoir comment ?C'est tout simple.Il y a six ans.Aline Champagne travaillait dans une compagnie de produits chimiques comme sténo-dactylo.Mais cet emploi ne l’intéressait guère.Par contre Rolland Giguère lui, était commis de bureau à la Commission du Service Civil à l'Hôtel de Vüle de Montréal.Lui non plus n’était pas satisfait de sa situation.Ayant fait du théâtre, au temps où il poursuivait ses études classiques au Collège Saint-Ignace il rêvait de radio.C’est donc ainsi que le 18 février 1946 Rolland venait auditionner au poste CHLP où il entrait comme annonceur régulier.Quelque temps après il devait obtenir une chronique sportive.A un mois de distance arrivait au poste une fort jolie jeune fille blonde, au teint dair et aux yeux verts.La belle était la nouvelle dactylo attendue par tout l’élément mâle du bureau avec impatience.Rolland évidemment, ne fut pas sans la remarquer.Et à tout moment on le voyait inviter Mlle Champagne à aller prendre le café, à déjeuner, puis suhséquemment à se rendre au cinéma.Après quatre semaines de ce petit jeu là, il arriva ce qui devait arriver, les deux jeunes gens étaient épris l’un de l’autre et sortaient, comme on dit, "sérieusement”.ET TOUT ÇA A CAUSE DUNE ROBE VERTE ET D'UNE DENTURE INEGALE: Je m'explique ! Rolland déteste les femmes qui s’habillent mal.H n'aime pas non plus les femmes dites de type juvénile.Or un beau jour, Aline se présente à son travail vêtue d'une superbe robe lime, très moulée, avec corsage à décolleté plongeant.Elle devait se rendre le soir à une réception .C’en fut fait de Rolland.Il décida du coup qu’elle serait sa femme 1 Quant à Aline, .elle remarqua chez Rolland un sourire, presque constamment épanoui qui découvrait des dents très blanches avec canines sautant sur les molaires.Ce détail là lui plût .Enfin vous savez ce que c’est .les amoureux se trouvent toujours des petites raisons ! Ils sortirent donc ensemble pendant deux ans.Et chose étonnante tous leurs goûts étaient identiques.Ainsi ils aimaient après avoir écouté un beau concert sous les étoiles, aller ensuite manger dans le China Town les mets chinois qu’ils dévoraient avec un égal appétit.Le cinéma devint pour eux une distraction sans pareille, lorsque les temps froids arrivant, les concerts à l’extérieur ne furent plus possibles.LE PREMIER CADEAU: Ça n’a l’air de rien, mais le premier cadeau que l’on reçoit, ou le premier cadeau que l’on donne a aussi son importance.Or à l’occasion de son anniversaire de naissance, Aline avait eu la délicatesse d’offrir à Rolland, une paire de chaussettes tricotées de sa blanche main.pensait-il à l’époque! Après cinq ans il a enfin appris que sa belle-mère avait fait le travail .car sa fille n’avait pas eu le temps à ce moment-là de les tricoter elle-même.Elle s'est bien reprise depuis toutefois! Quant à Rolland, pour la fête de sa bien-aimée il lui avait acheté un superbe sac à main de marocain rouge .Depuis il prétend avoir récidivé plusieurs fois.Enfin, de sorties en cadeaux, ils en sont arrivés à s’épouser en l’église Saint-Arsène, le 24 Juin 1948.Et depuis la vie continue d'être belle.Rolland qui occupe maintenant le poste de préposé aux nou- velles et aux événements extérieur boulotte serieusement.On l'entend sur les ondes de CHLP tous les soirs à 9.05 heures pour sa chronique sportive; il est l’annonceur attitré de la “Veillée du Terroir" le samedi soir de 8 30 à 9 heures; il est le titulaire des “Etoiles d# Minuit” le matin à 11.05 heures et le soir à 6.05 heures; on vient de lui confier l’émission des “Grands Succès” le samedi de 4.30 heures à 7 heures: et il doit commencer incessamment une émis.' ion que l’on entendra de 11.30 à 11.55 le soir et qui sera commanditée par le “Casino Français” une nouvelle boite de nuit.Car c’est un peu aussi la spécialité de Rolland, les boites de nuit, attendu qu'il a f«ù très longtemps "Montréal la Nuit”.Quant à Madame Giguère.durant les deux premières années de son mariage elle est demeurée à la maison.Mais comme le Ciel n'a pas encore bénit l'union des deux jeunes gens en leur envoyant les enfants qu'ils espèrent fermement avoir un jour, elle s’étiolait durant ces longues heures passées seule, au foyer d’où Rolland doit forcément souvent s'absenter.Elle est donc retournée au travail extérieur.Elle (suite à la page 11) olland rouspète en apercevant la note de l’épicier-boucher que vient de lui presenter sa femme en rentrant de faire le “marché" de la fin de semaine, voyons Pitou, peut-on dépenser autant seulement pour manger! .C'est ooni ( est inoui, le vendredi matin, mais à en juger par la ligne de notre eros.il est à craindre que durant la fin de semaine il change de thème à l’heure des repas.Rolland adore préparer lul-méme des plats compliqués qu'il réussit quelques fois, ajoute sa femme! En ce qui la concerne, lorsque son époux se sent l'âme d'un cuisinier, elle prépare toujours une bonne salade.Ainsi avec du pain français on peut toujours s’en tirer si le plat de consistance a des goûts «il des raffinements par trop exotiques! Brave Rolland tout de même! “53 FEVRIER 1952 • RadioMondc • PAGE 5 « m / = ¦ - SEMAINE ?'.NVa« Bf LLE^QUtlOWACHETER Abonnement d’un an $5.00 (Canada) Distributeurs; Benjamin News Co., 425 Guy, Montréal — Fltzroy 3561 • RadioMonde t .23 pevrier 1952 —.DANS IIS STUDIOS ft LES (OUÏSSES res artiste* qui feront partie de la distribution du premier programme dramatique qui doit être televise au mois de amr& noni pas encore « té pressentis.La raison les pourparlers entre lüiüon de* artiste» et Radio-Canada, concernant le* taux pour la T.V., ne «ont pas terminés.?* * La charmante Monique Leyrae songerait sérieusement a laisser complètement U radio et le cabaret de nuit pour me uniquement aux etudes.Elle désirerait passer son bach «MMi M but de poursuivre des études universitaires.Est-ce que les artistes auront parmi leur» membres, dans quelques années un d^teur livrai 0,.un Me Monique Leyrac?Cela est le secret de Monique.Si cette rumeur est vraie nous lui souhaitons bonne chance, mais .kmjs espérons qu elle nous reviendra de temps à autre sur les ondes.Tour la réalisation à la T.V.VuN CAPRICE” de Masset.Jean Bois-vort songe à garder la même distribution que celle des Compagnons mais aucun arrangement n'a encore été fait entre Jean Boisvert et le R.P.Legauil.* ?La rameur voulant qu'un nouveau journal hebdomadaire genre FRANCE DIMANCHE ou SAMEDI SOIR semble se ‘¦«n'r^t,sfr plus en plus.Le premier numéro sortirait fin mars.debut d»'"s Sa rédaction serait composée des meilleurs elements des salles de rédactions montréalaises.?+ * Bob Poulin, attaché au service des nouvelles de CK.V1.est a met un nouveau genre dans la présentation des nouvelles.D apres Roger Baulu c'est formidable.* * * Juliette Iluot a dansé avec les pompiers qui étaient demeures an Montmartn à la suite d'un début d'incendie survenu dans es lûtes.Après la troisième danse Juliette s'écria: “Ma robe est toute mouillée".Oue voiile/-vois mademoiselle Huot, de lui dire le pompier on a éteint le feu avec de l'eau! ?miette Huot deplore la perte de ses bottines 1900 On n’en trouve plus, tlors si par hasard une lectrice possédait une de ces paires de chaus-gu’-es d’éyoque qu’elle communique immédiatement avec Juliette.?* ?Au Saint-Germain-des-Prés de Jacques Normand un peintre a fait ses debuts lundi dernier.Il s’agit de Boris \ansier très cote en France.Il ne peint pas au St-Germain, il chante.?* On m’a chuchotté qu'un artiste dont les initiales seraient R.L.f.1e r/ai pas encore trouvé à qui elles appartiennent) serait peut-etre du prochain spectacle de Jacques Normand.h h it Notre sympathique confrère André Roche doit nous quitter au début d'avril pour se rendre à Paris afin d’y passer quelques mois.Messieurs, messieurs ne vou.faites pas d illusions.Ginette Letondal (Mme André Roi lie» suivra son mari.Depuis le temps qu'elle désire se rendre en France qui songerait à lui reprocher ce voyage ?Aiain Eoisvert, 3 ans.a tourné un court métrage pour l’Office National du Film il y a quelques mois.Il vient de recevoir une formule d impôt T.4.?\prês avoir entendn chanter Rudy Hyriffoyen on brave cure le félicitait en lui disant.Votre voix est merveilleuse cher monsieur.Vous aurez beaucoup de succès dans la vie et vous allez devenir un grand artiste.?Le plus canadien des Français Jean Rafa deviendrait, lui aussi, disque-jockey nans un poste local.Il débuterait dans quelques semaines.?Yvette Giraud n'a pas seulement écrit à notre confrère Rolland du ‘‘Canada’’ concernant l'article de FRANCE DIMANCHE.Jaeques Normand a également reçu une lettre à ce sujet.Qu’en fera-t-il?Jeudi soir .les femmes qui feront face à Jean-Pierre Masson dans le nouveau programme de C.K.A.C.HUIT COEURS UN PIQUE seront Monique Leyrac, Denise St-Pierre, Gisèle Schmidt et Claudine Thibodeau, de plus auteur des dialogues.L’ensemble musical sera composé de femmes dirige par Margot Lesage.Sous les auspices du Cercle d’Etudes et de Conférences, Mlle Cécile Chabot prononçait, ces jours derniers, au Cercle Universitaire, une causerie intitulée “Images de France".Cet événement culturel.___!_____ j ____________ a a uiu /' »|q1i unie la ti.iiifp 'nrésidenee de M.Ernest derniers, au Cercle Universitaire, une causerie îmniuee .mages uc .en qui marquait le vernissage des oeuvres de Mlle Chabot, était sous la haute'présidence Ernest Triât, consul de -France.De g.à d.: Mlle Marie Ravmond.Mme Ernest Triât.Mlle Ceciie Chabot.Mme Fernand Chabot, mère de la conférencière, et M.E rnest Triât.Innn T /nite “L’HYPNOTISME ET SON MYSTERE” par le magicien BECKMAN Le livie Te plus audacieux qui soit publié dans le domaine de l'hypnotisme ! Tous les procédés employés par les plus illustres hypnotiseurs £ VIENT DE PARAITRE V v ! RAOUL VENNAT Enrg.3770 RUE ST-DENIS MONTREAL Téléphone: LAncaster 1129 Musique en feuilles, classique et populaire — derniers succès Ouvrages de fantaisie, trousseaux de baptême Soyex à l’écoute le dimanche à 4 heures 55, ou poste CKVL Les distractions d Albert î/uquesne ont alerté la police et le maire Le grand artilie a ses distractions.— La chance lui a favours souri.— Il se destinait au sport puis aux ordres, mais le destin en fait un artiste'de théâtre et de radio.L’autre soir, Albert Duquesne se «errait des moyens que lui accordent les Nouvelles de 6 h.45, à CK AC (on le surnomme “Monsieur Moison" dans le cercle de la radio de Montréal) pour demander à la population de Montréal de lui aider à retrouver son auto, volée a la porte du Forum, quelques heures auparavant.Il donne la description de la belle voiture et le numéro de permis: Cela ne prit pas cinq minutes.Un citoyen, téléphona au poste CKAC pour dire que l’auto était stationnée en avant de la demeure de Duquesne, angle Pie IX et boulevard Gouin.Ceux qui connaissent les choses de prés ont conclu à peu près, après enquête, que ce n’était là qu’une distraction d’artiste.Ce jour-là, la température était très mauvaise et Albert, un grand sportsman devant l’Eternel, décida d’appeler un taxi pour le conduire au Forum demander ses billets pour la joute de hockey du soir au lieu de conduire sa propre voiture.Car, malgré ses nombreuses activités artistiques.Albert Duquesne ne manque jamais, ou rarement, un programme de hockey, de lutte, boxe, du grand amphithéâtre de Ste - Catherine ouest.Or,.en sortant du Forum, Albert, encore absorbé à plein coeur de ses pensées sportives, se mit à chercher sa voiture sur le grand parc de stationnement à l’ouest d’At-water au point géographique exact ou il la laisse 365 jours par année.Elle n’était pas là! Conférence avec les proposés à la garde des lieux.Appel au corps policier de Montréal, avec insistance personnelle auprès de son ami le maire, puis, finalement appel à ses nombreux auditeurs des “Nouvelles Molson”.avec le résultat précité.Albert Duquesne admet avoir été très heureux que l’un de ses voisins de rue-ait rapporté la découverte de sa voiture à la porte même de sa résidence, mais il semble un peu embarrassé de concéder que ce ne fut là qu'une distraction de sa part.Et, au reporter de Radio-monde.il tente de prouver qu’il y a plus criminel que cela dans toute l’affaire: pas seulement une simple distraction d’artiste.L'embêtement pour lui est que même les journaux anglais de Montréal ont rapporté la tragédie et qu'Albert ne veut pas passer aujourd’hui pour un étourdi, lui, lui l’athlète d’une fameuse jeunesse, le Beau Brummel du théâtre d’il y a vingt ans et encore aujourd’hui le jeune premier de tant de romans de notre radio et l’homme à la solide carrure, malgré l’âge du midi.ou plutôt de l’après-midi.HEROS MALGRE LUI ! Il y a le “Médecin malgré lui” de Molière.Il y a aussi le “Héros malgré lui”: Albert Duquesne.Albert a sauvé la vie d’un re- osait snober à coups de genoux dans l’aine l’éternel martyr canadien-français.Le chant était étourdissant quand s'amena la grande finale.A ce grand moment final du grand et noble art.tous les journalistes avaient déménagé leurs cla-vigraphes et leur santé personnelle au loin de l’arène.Justement aux premières rangées des big shots qui payaient $5.et $10.pour voir un fake sportif.Seuls Duquesne et le reporter restaient encore à le petite tribune penchée du très proche voisinage de l’arene.vie!” de murmurer Duquesne avec un peu l’intonation de l’amant de la Dame aux Camélias.Et, U avait probablement raison.Car, apres étude subséquente de l’incident avec des médecins réputés de Montréal, le reporter découvrit qu’un fragment de bouteille de whisky, disons d’un quart de pouce d’épaisseur et de quatre pouces de diamètre, qui vous traverse le crâne de la nuque jusqu'aux yeux peut vous causer de sérieux maux de tête pour le reste de vos jours LE DESTIN A SES RAISONS Nous racontons l'incident précédent comme explication première a la carrière pittoresque, et souvent fantastique d'Albert Duquesne Albert, dés sa jeunesse et dès son arrivée à Montréal, il y a déjà pas mal d’années (ne précisons pasD ambitionnait de se faire une carrière comme athlète.Il avait la carrure et le courage en conséquence.Mais commençons par le commencement, et en résumant car la vie sportive et artistique de Duquesne détaillée exigerait tout un roman de quelque 800 pages On le sait peut-être déjà, Albert est né à la Baie St-Paul.Son nom véritable est Albert Simard, car Duquesne n'en est qu’un de théâtre.Rappelons tout de suite que les Simard du bas de Québec ont fourni plusieurs personnages en vedette à la vie culturelle, politique et industrielle du Québec.Il est petit cousin de M Joseph Simard, président de Sorel Industries Ltd., et la famille Simard est l'une des plus belles et des plus anciennes du Canada français.Disons encore que la Baie St-PaUi est aussi le village natal de MM.Gérard Tremblay, sous-ministre du Trttvail dans le cabinet provincial et G.Simard sous - ministre de l’agriculture.Jean-Charles Harvey, l’une de* meilleure* plumes du Quebec, est aussi natif de la région, de même que Marcel Gagnon, gérant de nuit à la Société Radio-Canada Ce n'est pas n'importe quel village que Bai* St-Paul! Albert Duquesne s'amena donc à Montréal comme mousse et mess-boy sur le "Tadousnar” dont M.Joseph Simard (père de M Simard de Sorel) était le pilote.Mais, la carrière de marin d Albert prit fin quand le navire toucha quai à Montréal.Le Jeune marin.fatigué du mal de mer, retrouva sa famille qui résidait maintenant à l’angle Létourneux et Ontario.Presqu’lmmédiatement, il se mit à fréquenter le Parc Sohmer où le club de Lacrosse National tenait ses pratiques et ses joute*.En peu de mois, il devenait membre de l’équipe, aux côtés d'as comme les fameux Bouliane et “Daredevil" Gauthier.Mais le jeu de crosse devait tomber et le déjà colosse Albert Duquesne devait abandonner ses ambitions d’athlète.Toutefois il devait rester jusqu’à aujourd'hui l'un des plus fervents partisans de nos clubs de hockey et autres événements sportifs de Montréal.L’idéal change la vie, et la vie change l’idéal Et Albert admet aujourd'hui que la vie a été généreuse pour lui.La chance lui a toujour* souri.Vers ces jours-là donc, U fut invité à se joindre au Conservatoire Lassnlle et ses premiers compagnon* d'études dramatiques furent Son Honneur le maire de Montréal, alors comptable de banque, et le (suite à la page 10) ewms ÎW mÆs 1 m üinqsheer' porter de Montréal.Du moins, si on étudie psychologiquement et physiquement les faits.Et.le reporter, c'est justement celui qui écrit cette page.Entendons-nous bien ! C’est en 1941, exactement au Forum, tout à côté de l’arène de lutte que se passa le tragique incident dont Albert fut le héros.L’un de ces soins où les mastodontes du noble et raffiné art de la lutte (genre "catch-as-can-catch” .ou “j'vais te tuer avant que tu m’tues”) se débattaient l’une des plus furieuses batailles avant daller prendre un drink ensemble dans un club de Montréal après la séance.Autour de l’arène même, encadrée d’une plate-forme en pente où étaient installés les clavigraphes des journalistes, il y avait là O'Meara du “Star", Ferguson du “Herald”, Desjardins de la “Presse”, L’Espérance, alors de la “Patrie", Parizeau du “Canada”, Mayer du “Petit Journal”, Duquesne des “Nouvelles Molson", le reporter en question et quelques autres parasites du Forum, plus ou moins intéressés à la publicité de toute l’affaire.La séance était très rude devant une salle comble.Dès les préliminaires.les lutteurs se battaient autant sur le plancher que dans l'arène.Les quolibets, et ce qui est plus les projectiles, pleuvaient de tous les coins de l'amphithéâtre, à l’adresse du gros lutteur anglais qui Vint la grande finale.Vint aussi la grande exaspération de la foule présente.Un journaliste avait été blesse et un clavigraphe réduit en miettes dans la confusion des engagements précédents Donc, à l’un des moments le* plus furieux de la Finale, Albert Duquesne chuchota à ton voisin reporter: “Moi, j’en ai assez! Je ne veux pas me faire tuer!” Et il prit sa chaise pour la porter à quelque quinze pieds plus loin.Seul, le reporter restait sur la petite balustrade, à proximité de quelques pouces de la toile de l’arène.Pas par bravoure, mais simplement par honnêteté professionnelle et stupide: à prendre des note* au crayon du combat.— “Mouve-toi .autrement tu vas te faire tuer”, cria Duquesne au reporter.Le reporter, histoire de protéger la vie de son clavigraphe emprunté plutôt que la sienne, recula sa chaise et la machine à littérature quinze pieds en arrière, tout à côté du grand artiste plus prudent.Quelques secondes se passèrent à peine.Un éclatement violent se produisit juste au point exact que venait de quitter le reporter.Une boutfflle épaisse (et vide) de whisky, lancée par l’un des gentil-hommes-amateurs du noble sport de la lutte.Les éclats volèrent en tous sens et le pantalon toujours bien pressé de Duquesne en fut un peu aspergé.— “Tu vois.Je t’al sauvé la mW en rerfeffe YVES VETO lit VEAU le reporter ïtincjsbeer' tonm loi» noir* rfe la memalne de IOmIO à I O» I •• au poste I II El* une ftranrtinrie POUR LA PREMIERE FOIS DANS UN CABARET WILDOR COMEDIE MUSICALE ?8îème SEMAINE LILIAN DAWSON Chanteuse •« m e.LESUE CARROLL Danssut* acrobatique ?BEPAS SERVIS TOUS LES JOURS A PARTIR DE 11 M.A M.A LA FERMETURE BLUE SKY 4* OUEST, RUE SAINTE-CATHERINE HA.*832 23 FEVRIER 19S2 • RadioMonde • PAGE 7 « mmm Il y a déjà plusieurs mois je m'engageais dans ces colonnes à vous livrer un secret, celui de Mimi d'Estée; celui qui lui permet d'avoir vingt ans.,, en même temps que ses enfants! Eh bien, je tiens parole et le voici ce secret, tel qu'elle nous le livre elle-même avec un frais sourire: “Me pencher sur les problème; des autres, tous les purs, au microphone, comme exercice moral, et comme exercice physique, chasser la poussière du haut en bas de ma maison de trois étages (22 pièces).Avec ça, pas besoin de régime amaigrissant et si on ne vieillit pas, c'est qu'on n'a pas le temps!” la recette est sûrement bonne si l'on s'arrête à cette jolie silhouette, cette blondeur cendrée, ce teint frais et surtout cette attitude de jeunesse que Mimi possède, qui est faite d’enthousiasme, de courage et d'énergie.Voilà surtout ce qui est remarquable chez cette jeune maman de grands enfants, c’est que jamais elle n'a recours à des artifices ou à -une "apparence" de jeunesse.Au contraire, elle préfère les lignes tailleur "avec un faible pour les ensembles trois pièces en beau tissu flanelle anglaise grise par exemple, en- Jusqu à mercredi soir inclusivement rem un unit tua snmcte ¦le » s ANDREX AINSI QUE WALLACE & GALE Danseurs adagio LES CERNEYS Danseurs mondains COMMENÇANT JEUDI Le chanteur de réputation Internationale OTTO FASSELL LEON LACHANCE, m.t.Orch.de JOHNNY DI MARIO Trie BILL MOODY 1er ipectacle 10 h.p.oo.samedi excepte ST •Catherin* ® ft-Urbaifl * BE.7097 1 semblés qu'elle habillera d'une très jolie blouse lingerie, d'un chapeau un peu fou et d'un immense sac de crocodile Elle avoue ne posséder qu'une robe (c'est une robe-coquetel revenir chaque été, elle adopte le short comme uniforme."C’est pratique et confortable et comme nous sommes seuls dans notre beau coin, nous en profitons pour être à l'aise" $ et il en faut bien une) mais vivrait à longueur d’année da.'f un tailleur bien coupé, de lignes féminines.Elle habille bien le tout-fait, grâce à sa taille qui s'accommode d'un "quatorze-ans” parfait.Donc, là, pas de problème.Elle porte même le tailleur le soir.Rien ne lui plaît mieux qu'un fourreau égayé d’une jaquette perlée ou à revers de satin.Du moment qu'elle peut porter un chapeau.au studio, en ville, ou théâtre, partout et toujours.Mimi, c’est la femme aux chapeaux! Plus ils sont invraisemblables et difficiles à porter, plus elle les recherche.Il faut dire que sa frimousse finement modelée les accepte tous bien et qu’ils constituent la fantaisie dont toute femme a besoin pour être vraiment élégante.Surtout que le goût sobre et discret de Madame Henri Deyglun lui fait toujours choisir des teintes douces ou neutres pour ses costumes: du noir, du gris, du beige, avec quelques touches pastelles pour les beaux jours.Chez elle, vous surprendrez notre jolie vedette en "shorts" et blouson si elle travaille et si elle se repose (ce qui n'arrive pas souvent) en chaude robe de chambre de lainage.A la campagne, dans les pays d'en haut qui la voient me dit-elle.Exemple qui est d'ailleurs suivi avec joie par sa fille Micheline pour se faire dorer au soleil.Elles ont bientôt l'air de deux petites soeurs couleurs de pain d'épices! Les soi'ées fraîches les forceront à mieux se couvrir.Ce sera alors des slacks accompagnés de paletot trois-quart en gros lainage.Et voilà tout ce que comprend la garde-robe d’été.Avant de quitter notre charmante vedette, je lui demande la traditionnelle recette de beauté.Dans un éclat de rire elle me répond: "un bain par jou.\ brosse et savon, c'est tout ce que j'ai le temps de faire! Oh! bien sûr, pour sortir, un peu de rimmel aux yecx et du rouge aux lèvres, mais pas de maquillage savant.j'ai bien d'autres chats à fouetter.” Je la laisse donc à ses chats .trois programmes de radio par jour, 22 pièces à entretenir, deux grands enfants à dorloter et à aimer.totcl: une jolie femne qui n’a pas le temps de vieillir.Bravo, Mimi! NICOLE GERMAIN Des chaussures qui font mal peuvent causer des oignons, des cors, des callosités et des ongles incarnés.Une fraction de pouce de différence dans la largeur et la longueur peut mettre le pied à l'aise au lieu de lui réserver un douloureux manque de confort.PAGE 8 RadioMonde f *¦ * «.> *.* » £ RENE LECAVALIER, que l’on voit à gauche, est le créateur du Magazine des sports que l’on entend chaque samedi soir, de 8 h.30 à 9 heures, au réseau Français de Radio-Canada.Il est ici avec le joueur de baseball Paul Calvert qu'il interrroge sur sa vie comme sur les secrets du jeu qu’il pratique.L’intérêt des interviews de René Lecavalier vient justement de ce qu'il cherche à nous faire connaître l’homme derrière la vedette du sport.Son magazine explore tous les domaines : hockey ou ski, tennis, natation et mille et un autre jeux.mslm > ?.¦ Basai Vit -ITT T T T T T-Vf V-TT; ¦t r* $ TV! -VIT ITT-VVTT iniSrni T TT h TT L-TTTT v H- tt n ITT vît; HYI lin rn ,rn' t T Tl T TT hTT TT T' J1.!.vt-n SV SS nui Tl Tl il tTjtI T T ' :• nomkuj : ¦ :¦ • / c'1 ’'**•»* m*^W*W* */# mS$m0*.WÊËLÆ m -¦*> ¦ >*fc ¦'¥’ f*y-yei m-'-i i-î'rrf .• .At j -f-.-v.Vtf ‘ap-**- i- l - ;V»' £tf': VI* ^ X -x.' ^', .Jgfc •' Les émissions de REJANE DESRAMEAUX à CK AC Depuis plusieurs_ années déjà, R EJ AN K jjESB.AM-e.AUX es* fauteur et l’animatrice de nombreuses «nissions à l’antenne de CKAC.La plupart s’adressent à l’auditoire féminin.Ces émissions offrent aux dames quantité de conseils, de méthodes et de moyens qui peuvent les aider dans leur tâche quotidienne.Ces conseils présentés sous une forme agréable sont d’une grande utilité pour toutes."L’ECONOMIE CHEZ VOUS" Au cours de ces émissions Ré-jane DesRameaux suggère aux ménagères, quantité de moyens pour réaliser des économies appréciables, n existe bien souvent nombre de trucs auxquels on ne pense pas et qui, mis en pratique, aoulagent d’autant le budget familial.Réjane DesRameaux communique aux auditrices du matin, des suggestions pour économiser l’argent, les aliments et le temps (lundi, mercredi et vendredi — 10 h.05 a.m.) "BEBE QUI RIT, Toutes les mamans sont invitées à faire connaître à Réjane DesRameaux les mots drôles de leurs enfants.Les amusantes réparties, les réflexions Inattendues, les mots d’esprit les plus piquants sont primés à ce programme (lundi, mercredi et vendredi — 10 h.15 am.) Une des émissions les plus élaborées de l’après-midi, “MA REVUE", est à l'horaire de CKAC à 2 h.05 p.m.du lundi au vendredi.A ce protpâuuiie Réjane Des Rameaux présente le récit de films musicaux a succès, accompagné de la trame sonore.Aussi sous le titre “Légendes canadiennes” l’animatrice donne les biographies de chanteurs canadiens avec des illustrations musicales de leur répertoire le plus connu.A cette émission Réjane DesRameaux accorde aussi des entrevues à des vedettes du theatre et de la radio et a plusieurs personnalités qui se signalent sur la scene de l’actualité.U faut aussi mentionner la chronique de décoration intérieure, dirigée et aninfSe par Claude Hinton, décorateur et en- semblier canadien de grande réputation.Ainsi présentée.Hntérét de “MA REVUE” dépasse les cadre* de l’auditoire féminin et s’étend a tous le* radiophlles qui écoutent avec plaisir ce* émissions de Réjane DesRameaux, soigneusement préparées.On ne devrait jamais laisser un Jeune bébé boire à même un biberon maintenu en position par quelque objet.Un enfant peut très bien se noyer dans le liquide de la bouteille s’il est trop petit pour se remuer tout seul.On devrait tenir un bébé au moment de ses repas ou au moins le surveiller de près.AU RADIO-THEATRE LYRIQUE Le célèbre opéra de Oounod.“Faust", sera présenté par le "Théâtre lyrique Molson” lundi prochain, le 25 février, sur les ondes de Radio-Canada.Les principaux rôles seront confié* à Pierre Boutet, Denis Harbour, Fernand Martel et Louise Roy.L’orchestre sera sous la direction de Jean Deslauriers, la narration seja faite par Albert Duquesne, et Roger Baulu sera l’annonceur do l'émission.Le "Théfttre lyrique", commandité par Molson’s, est irradié tous les lundis soirs de B h.à 10 h.W * ¦ MÉii ô>: ï SÿÿsÂ: Ct MM Ja fwtrv nyrnn* ruittonof nota* ropptü» qrm notrt NottMna Month n» oneoro bton MUVMO Lo Canada ml* oneoro tan pava cb région* tiwtploriM pUut 11* Hcfioooot rant nombro, locouvortot do oartor foréit.rtHonntor dr oonrt 952 • RodioMonde • PAGE >a f sssSSw » mm WB/JB/ JPOUL/JÎ «SB mmmz* On prétend que les chiens savent discerner ceux qui les craignent.Et quand ils »e sentent en présence d'un de ces êtres, ils s'acharnent à l'effrayer davantage.La psychologie des chiens n'a pas encore été poussée assez loin par le docteur Ballard pour établir scientifiquement le bien-fondé de cette opinion.Mais elle correspond sûrement à un état semblable dans le genre humain., .r ,.On commence par imaginer des situations susceptibles de se produire, et Ton finit par provoquer soi-même, à force d’y penser et d'agir subconsciemment, Il n’y a pas là, bien sûr, une volonté réfléchie, il y a surtout une panique irraisonnée qui inspire des actes qu on ne poserait jamais, réflexion faite.Cher -monsieur Poulin, Peut-on vivre dans le mensonge* J’ai essayé, mais la vie n’est plus endurable.Ce n’est pas que je sois jalouse.Je ne le suis pas.Mais j'ai tait ce que j'avais o jarre pour eniprjr.-e 1rs choses de se produire n faut vous dire que ma mère est d'un naturel très méfiant et qu elle ne croit en personne.Sur les instances de ma mère, et avec son aide, j'ai entrepris et.maintenant, je me demande si je devrais défaire ce que j ai fait Mon mari est en affaires.Il avait besoin de quelqu'un pour lui aider.Bien malgré moi.il a pris dans son bureau une dame qui lui a rendu et qui lui rend encore des services très importants.U dit souvent que.sans elle dans le bureau.il ne pourrait pas faire ta moitié de ce qu’il fait.Il y avait déjà quelques mois que cette femme travaillait pour mon mari lorsque ma mère fut mise au courant.Elle m’a immédiatement mis en garde contre ses machinations, en me disant que je pouvais m'attendre o tout et que je devrais prendre des mesures immédiates pour mettre fin à une situation qui ne pouvait pas durer sans un grand danger pour moi et pour mes enfants.mais je ne voudrais pas qu’a perde confiance en moi pour le reste de sa vie.J’ai peut-être fait mal, mais mes intentions étaient bonnes.Vous pourrez vous vanter d'avoir une campo.gne auprès de mon fabriqué une situation embarras-mari pour déloger cette femme saute.Pour garder votre mari, vous de soit, bureau Je lui ai fabriqué courez le risque de lui faire tout de toutes pièces des histoires, pour perdre; vous avez noirci la réputa-lui démontrer qu’elle lui faisait tion d’une femme qui a permis à plus de tort que de bien; qu'elle votre mari de gagner votre vie et lui nuisait beaucoup et quelle fi- celle de vos enfants; et maintenant nirait par le ruiner.vous hésitez à dire la vérité parce Au bout de quelque temps, mon due votre mari pourrait ‘‘perdre mari a fini par me croire et de- confiance” en vous.Décidément.puis ce temps-là, il a fait à cette vous avez une étrange perspective.personne toutes sortes d’impoli- Vous aimez mieux tout démolir au-tesses et ce.maigre sa promesse tour de vous et ruiner votre mari.de ne rien laisser voir de ce que pourvu qu’il garde sa confiance en je lui ai dit Depuis ce temps, vous 11 ^ aemtole que le plu» naturellement, je suis devenue Praiid service que vous puissiez très nerveuse et très mal a l’aise, rendre à votre man, oe serait de La chicane est prise au bureau, lui faire comprendre de* mamte-et mon mari ne peut pas »e pas- nant qu'H a une femme hystérique, ser d’elle pour le travail, encore et qui pose sans y songer, des ge*t» moins lui remettre l’argent qu’elle d’une tragique conséquence pour a placé dans l'entreprise.Je songe ®Ue, pour lui et pour tous ceux parfois à tout dire à mon mari.avec lesquels 11 est en affaire*.que mes histoires sur le compte de Si encore vous n’aviez fait qu’une cette femme sont des fabrications, bêtise, mais c’est un crime que vous ave* commis là, et vous êtes passible devant la loi, si on vous trouve coupable.Cette femme aurait it droit de vsus poursuivre en Justice, pour des dommages considérables.Bt sans compter le tort irréparable que vous avez fait à votre mari en le séparant d’une aide indispensable à ses affaires.B s’agit maintenant de raccommoder les chose* et voub verrez que céda n’est pas facile.Vous craigniez une situation pénible entre cette femme et votre mari.Quelle ser* donc votre situation, maintenant que vous devez avouer non seulement à votre mari, mais aussi à cette • femme?Vois avez fait un si grand mal qu’un grand r tnède est évidemment nécessaire et c’est voue qui devrez le fournir, et le prendre.Car H y a une justice Immédiate.Vous devez, le plus tilt possible, tout expliquer à votre mari et vous entendre avec lui sur oe qui vous restera à faire par la suite.Voua hérite* d’une langue de vipère, évidemment Mais cela ne voue donne pas le droit de vous en servir.Avouez tout à votre mari et, s'il perd confiance en vous pour le reste de ses jours, vous l’aurez bien gagné Vous aurez été l'instrument de votre propre malheur.Mais, fi vous faudra ensuite une explication avec cette dame, a moins que votre mari ne porte l’indulgence jusqu’à vous pardonner vos torts, et bien au delà, jusqu'à les réparer.Je vous souhaite tout le courage dont vous aurez besoin peur ce grand lavage.Mais il vous faut reconnaître que la saleté est si profonde dans cette histoire.quU faut de la grande eau, et de l'eau forte.Soyez courap*use, puisque c*est is seul moyen de vous en sortir.Bt tâchez d’y trouver une leçon pour l’avenir Et, puisque votre mère est de cette catégorie, prenez garde de suivre ses conseil*, à l'avenir Bon courage, et que vm victime* vous pardonnent.Il survient de* accident* à la maison, au bureau, à la fabrique ou sur la grande route.Des notions de secourisme sont précieuse* et peuvent sauver une vie en cas d’urgence Elles seront indispensables dans l’organisme de la défense si-vile.ACHETONS Vieille* poupée* et cheveux naturel* REPARONS poupées et cheveux de tous genres; aussi nous ta iso n* le frisage.Pour plu* de détail* signalez ; MU.1-177* G.GUILBAULT (entre $ a.m.et * p m.) N'ou» allô» cherctwr *1 ^ Q!as #//*£?-r&?J?/S-p0A/c.ûfe/tflp, tes C'fsr jw Q„0 9 m!ÊMk « //s so/sr ST.a ?t feriftrf f 4%' m siai " ^^i ij» Ecoutez Oswald à Chasse-Galerie le vendredi soir à8 h.30 sur les postes CKYL — CHLN_____CKCV_____CFD A PAGE 14 • RadioMonde 23 FEVUEi 1932 par Mariette André Comme dans tous les contes de fées, U était une fois une celle jeune fille qui donnait d'un profond sommeil.Son épaisse chevelure rousse étalait sa beauté sur l’oreiUer de dentelles; la blancheur de son teint faisait contraste avec le noir de see yeux.On l’appelait Soleil-Noir, justement à cause de ses cheveux roux et radieux, de ses yeux sombres et profonds.Soleil-Noir s’était couchée, la veille, avec beaucoup de folles idées dans sa mignonne tète.Un cousin, arrivé d’Europe ce jour-là, avait éveillé en elle les sentiments d’amour, le besoin d’aimer un être qui nous rend la pareille.Mignonne avait dix-sept ans.Et Ernest en avait vingt.Il était beau, Ernest .Ses maniérés étaient pleines de cette élégance qui attire l’oeil de la femme.Richement vêtu, sa personnalité semblait rehaussée par un large sourire qui ne quittait jamais ses lèvres.Avant de prendre congé de Soleil-Noir, le soir, il avait dit: __j’ignorais que ma tante avait une si jolie fille, car je serais venu la visiter bien avant! — Vous êtes très gentil, mon cousin.— Vous êtes très belle, Mignonne.H prit sa main, la baisa, et, attachant ses yeux rieurs sur la gorge ferme de la jeune fille qui rougissait, il avoua: — Vous me séduisez, cousine, et je ne souhaiterais qu’une chose.— Quoi donc?— Une seule chose, appuya-t-il.— Mais quoi, encore?— Vous seduire à mon tour.Mignonne se dégagea rapidement des bras d’Ernest qui cherchaient sa taille, et courut vers sa chambre en lui lançant: — Bonsoir, Ernest! A demain! — J'irai vous réveiller, Joli Soleil-Noir! La jeune fille se'jeta à genoux, près de son lit, et, comme cette fille qui vient de rencontrer le grand amour, elle fit au Seigneur cette prière: “Faites qu’il m’aime, mon Dieu, car c’est le premier homme qui me remarque, le premier homme à qui je voudrais donner mon coeur.Faites qu’il m’aime vraiment, je vous en supplie.” termina-t-elle en sanglots.Le lendemain matin, quand le 6oleil d’en haut se fut levé pour braquer ses rayons sur un autre jour, Ernest vint frapper à la chambre de sa cousine.Elle donnait trop profondément pour l’entendre.Il sonda la porte.Elle était déverrouillée.Sans perdre une seconde, Ernest pénétra alors dans l’appartement de sa cousine qui sour’ait gentiment aux compagnons imaginaires de ses rêves.U referma la porte sur lui et, sur la pointe des pieds, s’approcha du lit aux couvertures de soie fine, moelleuse et lustrée.Il s'assit sur le bord du lit.passa sa main sur le bras de Mignonne, flatta sa peau douce et chaude puis pencha la tête pour baiser le front de Soleil-Noir.EUe bougea quelque peu, inconsciemment.Le jeune homme la regardait avec envie.Il se pencha à nouveau, respira la chaleur qui se dégageait du corps de la jeune fille, emplit ses sens du souffle qui sortait de cette bouche entr’ouverte, puis, soudainement, comme un animal qui saute sur une proie facile, U colla violemment ses lèvres sur celles de l’au- — Mais je vous respecte.— C’est ça que vous appelez du respect! fit-elle en hochant la têt*.Le jeune homme cherchait en vain des mots d’excuse.Mais la jeune fille’était trop en colère pour accepter aucune explication.— Sortez! ordonna-t-elle.— Mais je.— Sortez! Ernest fit quelques pas vers la porte, s'arrêta, et, se tournant vers Mignonne, il lui dit candidement: — Je vous rendrai la réponse après le déjeuner.— Merci! dit Ernest, en souriant.— Sortez, maintenant, que je passe mon peignoir.— A tout-à-l’heure, cousine! Et le jeune homme sortit en douce.Du coup s’évanouissaient tous les beaux rêves qu’avait fait Soleil-Noir au cours de la nuit.Se perdaient dans l’infini les espoirs qu’elle avait entretenus, les plans quelle avait ébauchés.P, % Les nains et les caractères des personnages des romans publiés dans Radiomonde sont absolument fictifs et ont été choisis au hasard.S’il y a ressemblance de personnages et de faits, c’est une pure coincidence.tre.dans un baiser possessif et passionne.La jeune fille aussitôt s'éveilla: — Que faites-vous ici?— Chut!.On nous entendra! — Que faites-vous dans ma chambre, Ernest?— Je .— Qui vous a donné la permission d’y entrer?— La porte n’était pas sous clé.— Est-ce une raison?— J’ai pensé venir vous éveiller moi-mème.Mignonne tira sa couverture jusqu’au cou, puis, gênée et intimidée, elle fit: — Vous devriez avoir honte de ce que vous venez de faire! Ernest rougit: — Excusez-moi Mignonne.Je me suis laissé aller aux caprices de mes instincts.— Vous êtes ignoble, Ernest ! Ignoble, vous entendez?Profiter de mon sommeil pour sauter sur moi et m’agripper comme si j’étais une fille de rue! — Le terme est fort ! — Et vos bras aussi ! Mais pas encore assez pour me retenir dans vos folles étreintes! Ernest sourit: — Ma cousine profiterait à employer un langage plus châtié.— Et vous me feriez plaisir en affichant une conduite plus correcte! — Je vous en prie.Soleil-Noir.— Ne m'appelez pas ainsi! C’est un terme réservé à ceux qui me respectent.— Puis-Je, au moins, vous demander deux faveurs?— Eh bien ! vous n'y allez pas de main morte, cher cousin! Me demander deux faveurs après votre conduite de tout à l’heure! — Puis-je?insista-t-il.— Allez, je vous écoute! Dites, toujours • — N’en soufflez mot à ma tante; elle comprendrait mal.— Je n’ai pas l’habitude d’avoir des secrets pour maman.— S’il vous plait.Mignonne.Elle hésita quelques secondes, et ajouta enfin : — Très bien, je n'en dirai rien .Mais, si jamais vous recommencez.! — N’ayez crainte.— Soit! — Et l’autre faveur, c’est de me donner l’occasion de vous parler.— Parlez-moi immédiatement! — Inutile, car vous êtes trop en colère.Disons après le petit déjeuner.— Où?— Nous Irons faire une promenade à cheval.— Vous accompagner aux champs?Jamais! Ernest la regarda tristement, et poursuivit: — Quelques minutes seulement.Il est très important que vous receviez mes excuses.— C’est donc pour vous excuser?— Et pour vous parler?Mignonne passa la main dans ses cheveux, se mordit la lèvre inférieure et répondit: L’homme, à qui elle avait promis de donner son coeur, s'était démontré indigne d'une telle offrande.Elle l'avait surpris, dans sa chambre, à l'embrasser grossièrement.C’est à tout ça qu’elle pensait en faisant sa toilette .Devant la glace, elle regarda tomber les larmes de ses yeux, les larmes d’une amoureuse déçue, à dix-sept ans.Elle resta immobile devant cette glace un bon moment, et, se resaisissant, elle se leva pour passer sa robe à son cou.C’est en ce faisant qu'elle échappa cette drôle de réflexion: — Quel beau gars, tout de même! Puis, elle descendit prendre le petit déjeuner.A table l’attendaient sa maman, veuve depuis cinq ans, et son cousin Ernest.— Bonjour maman! fit-elle, en l’embrassant sur la joue.— Bonjour, ma chérie! Ernest, hypocritement, riposta: — Tiens, bonjour Mignonne! Avez-vous passé une bonne nuit?— Très bonne, je vous remercie, fit-elle sèchement.— J’espère, reprit-il, que vous avez rêvé à moi! Elle fit mine de ne pas l’avoir entendu.Il enchaina aussitôt: — Car moi, j’ai rêvé à vous, Mignonne ! La mère sourit en remarquant : — Je suis contente de voir que ma fille et mon neveu s'entendent si bien.Mignonne se pinça le bec: — Et qu’est-ce que je faisais dans votre rêve?— De l’équitation! Nous faisions tous deux une intéressante promenade dans les bois environnants.J'étais très content de constater que ma cousine s’ingéniait à rendre mon séjour intéressant, fit Ernest malicieusement.I,a mère crut bien faire de rétorquer : — Ça, c'est une bonne idée! Ne trouves-tu pas.cherie?Mignonne fit la sourde oreille.— Mignonne?reprit la mere.— Euh .oui, maman.— Tu semblés distraite! Quelque chose qui ne va pas?— Tante, vous êtes cruelle pour ma cousine.Elle vient tout juste de se lever.Ne lui demandons pas l’impossible.Il ajouta en souriant: — Elle est probablement encore endormie .— Oui, en effet, fit Mignonne, je dors debout ce matin.— Dans ce cas, une longue course à cheval te fera du bien, ma fille.Mignonne rageait dans son for intérieur.Sa propre mère, sans s'en rendre compte, prenait la défense de celui qui lui avait fait ta pire 'insulte de sa jeune vie.Et elle lui avait promis de n’en pas souffler mot; d’ailleurs elle n’en aurait pas été capables.Ce sont des choses qu’on n’aime pas raconter; des choses qu’on se contente de regretter.Elle en prit donc son parti, et, puisqu'il était inutile de laisser voir sa colère, elle dit à sa mere: — Très bien, maman, Ernest et moi irons faire une promenade à cheval.Je crois que ça lui fera plaisir.— Bravo! fit le jeune homme, enthousiasmé.Il avait gagné son point.Elle avait perdu.Elle craignait cette course a cheval, de par les bois en compagnie d'Ernest, car elle n’était pas certaine de pouvoir continuer à repousser ses avances.Us partirent tous deux.Au grand air du mois de mai, il faisait bon galoper, puis ralentir pour respirer cet arôme embaumé du printemps.U y avait là, devant eux, tout le réveil de la nature.Le soleil avait fait fondre l’hiver pour faire place à un printemps radieux.• L'atmosphère était gaie et prenante .Arrivé dans un épais sentier, à deux pas d’un calme ruisseau, Ernest dit à sa compagne: — Mon cheval semble avoir soif.— Il y a un ruisseau tout-à-côté.— Tant mieux; je l'abreuverai.Us descendirent de monture.S'approchant du ruisseau, ils laissèrent leurs chevaux y aller boire.Le jeune flomme fit alors à sa cousine: — Mignonne.— Vous pouvez me parler à distance, fit-elle.— Vous .vous me pardonnez pour ce matin?Les deux mains derrière le dos, elle se balançait de gauche à droite, indépendante et narquoise.Son corps respirait la jeunesse, et sa jolie tête d'ingénue ne manquait pas d’attirer l'admiration d Ernest.— Vous dites?demanda Mignonne.— Je dis.je dis.U passa sa main sur son front, plissa les yeux et éclata enfin: — Je dis que je suis fou de toi, (suite à la page 17) Ecoutez "Les Secrets de la K/e" le lundi soir à 8 heu res sur les postes CKVL — CHLN — J CKCV — CJSO 23 FEVRIER 1952 RadioMonde PAGE 15 -*¦ ¦¦rm '¦Y'f- : fv •.f • » "SW® cosuvr 2-^ pt ft/ivtf,vMMrir/gi.JfWSW TeufMfpre*M/rtjS/A M /r fa#/>j/eff/} ÿTTWwa " i/'sp/s r/epsfpj 0r£Z-W//f J%W t/PSf>P '//pj' pg/ Z£ /%W/ Yr~ venl» CA.9572 cheveux bruns et aux yeux forts, se tenait très droit, sans bouger.A ses côtés, un énorme chien policier.Emest, que la passion aveuglait, voulut sauter au cou de l’homme, mais ce dernier lui appliqua un solide et foudroyant direct à la mâchoire en lui disant, d’un ton de dédain : — Brute! Mignonne ne fut pas témoin de la bataille acharnée qui s’ensuivit entre l’inconnu et son cousin, car elle s’évanouit aussitôt.Quand elle s’éveilla, elle était encore étendue au pied de l’arbre où elle avait perdu connaissance.Elle portait sur elle un veston; celui de l'étranger qui avait ainsi voulu protéger la pudeur de la jeune fille dont la robe avait été déchirée par Ernest.Elle ouvrit ses grands yeux noirs sur ceux de l’homme calme et sympathique qui était venu à sa rescousse au moment précis où elle perdait tout'espoir.— Merci, dit-elle faiblement.Il ne répondit pas, se contentant de sourire.— J’ai eu tellement peur, monsieur.— Je suis arrivé juste à temps, n’est-ce pas?— Que le Ciel vous bénisse! — Vous devez certes vous demander qui je suis?— Oui .Un étranger, sans doute, car je ne vous ai jamais vu dans ces parages.Mais qui encore?— Jacques Karelli de la Gendarmerie royale! — De la police?fit Mignonne avec stupeur.— N’ayez crainte, mademoiselle .Ce n’est pas vous, la criminelle! — Bien sûr, mais qu’est-oe que dirait maman si la police lui apprenait toute oette affaire?— Elle sait tout! — Quoi?— Je dis quelle sait tout! Vous n’avez aucune raison d’avoir peur puisque votre mère a compris la situation.— Racontez-moi, je vous prie.— J’ai vite fait de mater votre cousin.U m’a dit quel degré de p>arenté il avait avec vous, et m’a conduit vers votre mère.J’ai tout expliqué à madame Mon brave chien, pendant les quelques minutes que Je fus absent, a fait la garde autour de vous.J’ai laissé votre cousin chez vous, menottes aux mains, solidement attaché à un lit, puis je suis revenu vers vous.Votre mère a insisté pour m'accompagner, mais J’ai désiré vous parler seul.— Vous êtes trop bon, et Je ne sais comment vous remercier.— Je n’&l fait que mon devoir de policier, mademoiselle.Remercie» plutôt le ciel de vous avoir sauvé d’un homme p»areil — Que voulez-vous dire?— C'est difficile.— Votre cousin e»t un maniaque! Il s'est sauvé de la prison.On nous a signalé son évasion, et nou» nous sommes mis à se recherche.Des voisins m’ont Informé qu’un homme, répondant au signalement donné, était chez vous, prétextant "une visite de famille”.Voilà ce qui explique ma présence ici! Mignonne soupira: — Un maniaque! J’étais accompagnée d’un maniaque! — Je suis désolé de Revoir voua exploser une si brutale vérité sur le compte de votre cousin.(suite à la page 19) DEPUIS DES GENERATIONS LES BONNES PILULES ROUCES led EMMES PÂLES, FAIBLES, ANEMIQUES, TOUJOURS FATIGUEES Ci* Cfitmtqu» FRANCO Américain» Lfé», 1566, ru» St Deniz, MonlrééL VOYEZ-VOUS, DOCTEUR, 7 EZETTE NE DORT PAS LA MOITIÉ DES NUTTS ALOES,TU DOES MIEUX DEPUIS QUE NOUS AVONS VU LE MÉDECIN, 7ÉZETTE ?ET QUAND ELLE Dû ET, ELLE RÊVE,RÊVE ET RÊVE TOUJOURS.POUVEZ-VOUS FAIRE QUELQUE , CHOSE —* HUMMM, 2 ROUGES 2 BIEUS Il N’Y A RIEN COMME DE BONNES VIEILLES PILLULES TEES SIMPLE .MATHILDA / CEST POUR QU ELLE RÊVE EN TECHNICOUlEUte / POURQUOI LE DOCTEUR LUI A-T-IL DONNÉ CES PILLULES COLOREES, DÉSIRÉ?OH,OUI, PAPA/ J'ADORE ME COUCHER DE BONNE HEURE maintenant.2 JAUNES, 2 VERTES, Z VIOLETTES.2 BLEUS 2 VG2TES 2 ROUGES t W 1/ hû\ Ecoulez "Zezelle", le vendredi soir à 8 heures, aux posies CKVL — CKCV — CJSO — CHEF ===== • RadioMonde • ===== page 17 —= 23 FEVRIER 1952 ^ Reviens à moi Paroles t Guy Bélanger Musique» Nlck Battlst* Couplet L'AUTEUR Plein d'lnqul - é Dans ma so Nous somme* heureux de publier cette semaine une chanson dont la musique a été écrite par le chel d’orchestre des “Chansonniers Canadiens" et les paroles, par le réalisateur de cette émission.Ces deux artiste* donnent l’exemple aux jeunes compositeurs.Depuis plus d'un an.leur émission passe toutes les semaines sur les ondes de CKVL et tous le* chansonniers de la province sont redevables à Nick Bat- Je rêve «tu re - tour De3 heu-reux Jours De notre a - bout, Peut-à - tre chi le très ?->—u—t i f C W .Tu vas A-vec mes dé sirs Corn.* un sou-ve Refrain e-dl3-mol»Je t'al-me 3e - viens, HE-VIE MS X MOI, Comrte autre - fols Je suis à toi Coeæ au-tre-fole, Toujours le viens Viens ma ché - rl Me tar viens Sn-tre mes bras 1,0^ R* - viens à Viens com-bler an vl - a, Reviens à aoiî tista et Guy Bélanger du plus bel encouragement qu'on leur ait peut-être jamais donné.Les chansons reçues au poste CKVL sont d'abord étudiées par le réalisateur Guy Bélanger.Certaines corrections nécessaires sont faites sur le champ; l'harmonisation est revisée et corrigée s'U y a lieu, puis, la chanson est donnée à un interprète.Nick Battista reçoit lui aussi une copie de la pièce qui doit être chantée aux Chansonniers Canadiens.H en fait une orchestration soignée et.Ve soir de l’émission.de concert avec Guy Bélanger, d fait les dernières retouches avant de la lancer sur l’air.n faut dire que Nick Battista n'en est pas à ses premières armes.A CKVL, en plus des Chansonniers Canadiens, il est le directeur musical de Jouez Double la* chansons canadiennes sont entre bonnes mains et devraient connaître, d'ici peu, un essor sans précédent.Ecoutez ‘Chansonnier canadien" le samedi soir à 8 h.30, sur les postes CKVL — CHLN — CKCV • RadioMonde • PAGE 18 23 FEVRIER 1952 r Mi /a 7j « I ?; • I l\ yl «tie*- ,-x.Le Soleil-Noir s « — Je tous en prie, monsieur; vous avez déjà été trop généreux.— Laàsez-moi ajouter une choee mademoiselle.Elle braqua ses yeux sur oelui qui parlait avec tant de boute et de respect.— Cette aventure est deplorable pour vous, en effet, mais il ne faut pas qu’elle affecte votre moral, encore bien moins votre avenir.Il ne faudrait même pas qu’elle reste dans vos souvenirs.Oubliez cela, voulez-vous?Mignonne avait toujours rêvé d’un homme aussi compréhensif, aussi propre et franc.Pourquoi fal-lait-D que oet homme ne soit qu'un passant, un homme marié peut-être?Elle le regardait néanmoins avec une admiration toujours croissante qu’il ne manqua pas de remarquer.Tout à l’heure chavirée, desespérée même, elle reprenait peu à peu goût ON DEMANDE CORRESPONDANTS, CORRESPONDANTES DISTINGUES pour lonseignoments.écrivez : Mme Dolores, Cose 108 Station DeloHmier, Montréal.( inclure enveloppe aftrancbie pour réponse) T "ETES-VOUS AIMf”, ou riniz-vous ?” Il e*t maintenant poesible de le savoir.Vous n’avez qu’à envoyer par la poste votre «^nature et îk signature de la personne concernée: (Spécifiez, a’il e*t votre^mi (e).époux, (se), patron etc,.) Ajoutez un dollar en argent peur fr^s de poste et dactylo.Adresse* : t ase l'nwiaip 97.Sfa'hm O, M«*nlrr»l S, Qu^.N.B.Soyez MnurCh de tu pin* grande • discrétion.à la rie.trrkt aux bonnes parolee de Jacques Karelli.Ce dernier continuait, comme un bon père qui s’adressait à sa fille: — Vous êtes jeune encore, à dix-sept ans.mais.— J’aurai dix-huit ans.la semaine prochaine! interrompit Soleil-Noir.— Soit! répondit Karelli en souriant.Vous avez dix-huit ans.Je disais donc que vous êtes encore jeune à oet âge mais que vous êtes déjà une femme .Le ooeur de Mignonne cessa presque de battre en entendant ce charmant inconnu avouer qu’elle était une femme, donc quelle était désirable pour d’autres que pour des maniaques! Elle passa la main dans ses cheveux pour les remonter, tira sa robe quelque peu délabrée, et 1 écouta qui continuait: — Ce n’est pas à cause de cette aventure désagréable que vous allez renoncer au bonheur futur.Tous les hommes ne sont pas des bêtes comme celui, auquel vous avez eu affaire ce matin! — Non.je oom prends, fit-elle nerveusement.— Puisque vous êtes jolie et intelligente.tous ceux que vous allez rencontrer tenteront de vous faire la cour.Ne les repoussez pas; n'en ayez pas peur.Fermant les yeux.Soleil-Noir voyait déjà de nombreux soupirants à ses pieds .Des beaux et des laids; des riches et des "pauvres.Bien sûr, Karelli avait raison en prétendant qu’il ne fallait pas les craindre! Heureuse de ces bons conseils, elle n’avait flti’un regret, c’est que Ka-relli, probablement parce qu’il était mané ou pour toute autre raison qu’elie ignorait, ne songeait aucu- nement à la hri faire, la «nu- .Enfin! ça passerait! Elle en rencontrerait peut-être un semblable, plus tard, un autre qui.lui serait intéressé à elle! Entre temps, elle devait toute &a gaité.tout son regain de vie à cet homme de la police.Ils étaient maintenant debout tous deux, l’un devant l’autre.- Monsieur Karelli?— Que puis-je faire pour vous?— Me répondre à une question.— Agissez-vous toujours ainsi ?Vous transformez-vous toujours en pon père, comme ça, avec lès jeunes füles?— Non.— Pourquoi, alors, avoir mis tant de peine à me faire comprendre que je ne devais pas me décourager, que je ne devais pas repousser les autres homme*, qui me feraient la cour?— J’avais une raison! rétorqu*-t-H simplement.— Laquelle?— Je désire vous la faire moi- même! Etonnée.Mignonne haussa les épaules, saisit Karelli par les bras et demanda : — Vous dites?— Que je vous trouve adorable Elle avala et reprit: ' — Vous .vous n'ètes donc pas marié?— Moi.marié?Bien sûr que non! — Pas fiancé non plus?— Mais non! Les bras de Mignonne tombèrent, sans force à ses cotées.Elle ferma les yeur et, online, elle risqua: — Faites quelque chose, je crois que je vais m'évanouir à nouveau.— Mais, voyons, mademoiselle Mignonne.Je ne croyais pas vous faire une telle peine.Excnsez-moi.nous n'en parlerons plue?— Faites quelque chœe, J*ai dit! —.Ma» quoi?Elle passa ses bras autour du omt de Jacques et, la figure illuminée de bonheur, elle lui répondit: — Embrassez-moi! Le soleil d’en haut tenta de faire passer un rayon entre Mignonne et Jacques, mais ne le put.Deux coeurs battaient ensemble, au même rythme.quatre lèvres se rencontraient dans un même désir, quatre yeux se regardaient d’un amour identique Puis un couple marcha, par les sentiers déserts de la forêt, jusque devant la demeure de la jeune fuie.Ils s'arrêtèrent là.et, regardant à l'horizon le bleuâtre du ciel prin-tannier, ils penchèrent leurs tètes l’une contre l'autre.— C'est le printemps de l’année.Mignonne.— Appelle-moi Soleil-Noir: c’est pour les Intimes — Et c’est aussi le printemps Je notre union, Soleil-Noir .— Une union, chéri, dont je ne veux umais connaître lautoume J aequo pamt sa main autour de la taille de sa future épouse et ferma les yeux en disant: — Occupons-nous maintenant de notre prisonnier! — Avec plaisir, Jacques, car avant que tu ne le livres à la police.J’ai deux mots à lui dire.Ils montèrent à la chambre où Jacques avait attache son prisonnier.Ils le trouvèrent, baignant dans eon sang, le poignet ouvert d’une lame de rasoir, tornb-y .i ses côtés.Ernest, le maniaque, fiait mort .Le choc qui accompagne la transition d'une vie entièrement consacrée au travail à une vie de désoeuvrement donne souvent trop de choc.Avant de prendre sa retraite, on devrait organiser des passe-t“mps afin de se tenir occupés l'esprit et les mains.On trouvera à )a bibliothèque publique des ouvrages sur les arts manuels, les études ou les passe-temps.'VAL DAVID PO- Ecrivez rh or brochurett# et liste 4e ptui Hôtel 60 chambres L’endroit le plus fréquente des Laureniides Nombreuses PISTES de SKIS 3 MONTE-PENTES Sports d hiver organisés, intérieur et extérieur.TELEPHONE DANS CHALETS LES CHAMBRES POUR GROUPE OUVERT TOUTE L'ANNEE CUISINE RENOMMEE J.L.DUE RESNE INFORMATION p, VAL DAVID TRAVELAIDE OU TEL.500 BUREAU 0077 'y/ppief m-y noN r_ mut wtu/L s-A m 4k Ecoutez WilUe Lamothe et ses Chevaliers de la Plaine Samedi 8 heures.C K.V L.et C.H.L.N.23 FEVRIER 1952 • RadioMonde • PAGE 19 \/CEE0/Ri y-t'affiche I J il ilr t\co*»,, MM atÇS ¦ i wrm
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