Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 octobre 2007, Octobre - Décembre 2007, Vol. 50, No. 4
[" PRÉCURSEU VOL.50, N ° 4 | OCTOBRE ¦ NOVEMBRE ¦ DÉCEMBRE 2007 | 3.00 $ Bolivie .ET KaTERI Japon Ouverture et DÉFIS Dossier Immi choc desBIultures ?Revue des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception Kfi INTENTIONS MISSIONNAIRES SOMMAIRE VOL.50, N 4 | OCTOBRE \u2022 NOVEMBRE \u2022 DÉCEMBRE 2007 Octobre 2007 Pour que la Journée missionnaire mondiale favorise le développement d\u2019une conscience missionnaire plus profonde en chaque baptisé.Novembre 2007 Pour que l\u2019esprit de réconciliation et de paix croisse en péninsule coréenne.Décembre 2007 Pour que l\u2019incarnation du Fils de Dieu, que l\u2019Église célèbre solennellement à Noël, aide les peuples du continent asiatique à reconnaître en Jésus l\u2019envoyé de Dieu, unique Sauveur du monde.MESSES OFFERTES À VOS INTENTIONS DANS LES PAYS SUIVANTS : Janvier: Canada Février: Cuba Mars : Philippines Avril : Haïti Mai : Canada Juin : Bolivie et Chili Juillet : Malawi et Zambie Août : Hong Kong et Taïwan Septembre : Madagascar Octobre : Pérou Novembre : Japon Décembre : Canada 10 11 12 RUBRIQUES Vie spirituelle Seigneur, apprends-moi à nager André Gadbois Missionnaires laïques Bolivie.et Kateri Kateri Diab Femmes Petites mains, un fil conducteur! Marie-Paule Sanfaçon, in.i.c.Jeunes Un grand métissage ! Myriam Foley Une deuxième chance?Nguyen Thi Minh Tant Actualité missionnaire Québec : Congrès eucharistique 2008 Camille Doucet, pire 13-20 DOSSIER IMMIGRATION Choc des cultures ?À PROPOS DES MIC Femmes sans frontières Lysiane Gagnon Deux valises et un toit Marie Brassard Un rayon de soleil mexicain au Québec Geneviève Dick Équipe éditoriale Monique Bigras, m.i.c.Pauline Williams, m.i.c.Geneviève Dick André Gadbois LE PRÉCURSEUR Revue missionnaire publiée par les Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception Nos bureaux Presse Missionnaire MIC 120, place Juge-Desnoyers Laval (Québec) Canada H7G 1 A4 Directrice Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.Rédaction Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.Claudette Bouchard, m.i.c.André Gadbois Adjointe administrative Carole Guévin Révision / Correction Gilberte Bleau, m.i.c.Louise Gauvin, m.i.c.Promotion Gemma De Grandpré, m.i.c.Service aux abonnés Alma Couture, m.i.c.Thi Hien Duong Comptabilité Thérèse Déziel, m.i.c.Conception graphique et infographie CoopDesign Imprimerie Solisco Couverture PROMIS Photo:M.-P.Sanfaçon, m.i.c.Reçus aux fins de l'impôt Enregistrement : NE 89346 9585 RR0001 Presse Missionnaire MIC Dépôts légaux Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN 0315-9671 Membre de l'Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC) Abonnement (4 numéros) à l'unité : 3$ (frais d'expédition en sus) 1 an : 10$, 2 ans : 20$, 3 ans : 25$ aux États-Unis : 1 an : 15$ US à l'étranger: 1 an: 20$ Nous reconnaissons l\u2019aide financière du gouvernement du Canada par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications (PAP) pour nos dépenses d\u2019envoi postal.Canada convention de la poste-publications n° 40064029 n° d'enregistrement 09641 Téléphone (450) 663-6460 Télécopieur: (450)972-1512 Courriel : leprecurseur@pressemic.org Site Internet : www.soeurs-mic.qc.ca EDITORIAL TOUS DE LA LIGNÉE D\u2019ABRAHAM.Selon la Genèse, Dieu a fait une promesse à Abraham : Je ferai de toi un grand peuple.et toutes les nations de la terre seront bénies en toi (Gn 12,2.3).Abraham a eu deux fils : Ismaël (né de la servante Agar) et Isaac (né de Sara, sa femme).Tous deux eurent une descendance aussi nombreuse que le sable de la mer.Abraham, le père de multitudes, est le modèle du croyant en un Dieu unique.Il est reconnu comme tel par les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans.Aujourd\u2019hui, avec l\u2019ère de la mondialisation, les frontières éclatent, les immigrants affluent de partout.Villes et pays deviennent multiethniques.Le monde est entré dans un processus de changement irréversible, à l\u2019origine d\u2019un véritable choc des cultures! Femmes et hommes sont confrontés à une multitude d\u2019opinions, de manières de vivre et d\u2019agir jusqu\u2019alors méconnue.Dans ce contexte, comment bâtir une société où il fait bon vivre avec toutes ces nouvelles composantes géographiques, ethniques, sociales, historiques, religieuses et politiques ?Comment changer ce Babel en une fête de Pentecôte où, sous la mouvance de l\u2019Esprit Saint, l\u2019ouverture, la compréhension et l\u2019acceptation de l\u2019autre transformeraient cette triste dissonance en un chef-d\u2019œuvre aux harmoniques universelles?Cela relève du défi.Et un défi majeur! Le 6 juillet 2004, Jean-Paul II disait aux Irakiens: Votre noble pays, qui fut autrefois la patrie d\u2019Abraham, abrite aujourd\u2019hui une riche variété de traditions de foi.Il vous revient d\u2019édifier une nouvelle société engagée dans la véritable liberté de conscience, la justice pour tous et le dialogue pacifique.Ce numéro de la revue invite à une réflexion lucide et sereine sur la question de l\u2019immigration, sur les droits et les devoirs à respecter, autant de la part de l\u2019accueilli que de l\u2019accueillant.Des articles aideront à aller plus loin dans cette recherche de société nouvelle.Des témoignages de nouveaux arrivants ainsi que de personnes qui travaillent à faciliter leur intégration parleront à notre cœur.En tant que filles et fils de la lignée d\u2019Abraham, nous gardons confiance en l\u2019avenir.Nous croyons que l\u2019Esprit d\u2019Amour incarné dans le Christ Jésus continue son œuvre en nous et par nous en ce XXIe siècle.Seigneur, par Abraham, nous sommes membres d\u2019une immense communauté de croyants en un Dieu unique.Donne-nous le courage et la force de bien vivre cette fraternité de cœur, la seule capable d\u2019engendrer une paix durable dans ce monde.C\u2019est le souhait que je formule pour nous tous en cette année 2008 déjà à nos portes.Bonne réflexion en ce merveilleux temps des fêtes ! Illustration (détail) : Vanni Tealdi, dans Alain Decaux raconte Jésus aux enfants, Éditions Perrin À vous LA PAROLE leprecurseur@pressemic.orq vous interpelle ! Cette chronique vous appartient.Faites-nous part de vos impressions ou réagissez aux articles, pour aller plus loin.La parole est à vous ! Le Précurseur ne publiera pas les lettres non signées ni celles dont les propos sont contraires à l'éthique journalistique.Nous nous réservons le droit d'abréger les lettres.Benoît Voyer, Montréal, QC J\u2019ai parcouru avec intérêt Le Précurseur (avril-mai-juin 2007) et j\u2019ai lu plusieurs articles, comme je le faisais depuis quelques mois.Je dois vous avouer que vous m\u2019impressionnez du côté maquette et de la vision éditoriale.C\u2019est un beau virage que vous avez pris ! C\u2019est tout un changement ! Comme à l\u2019habitude, j\u2019aime lire les éditoriaux de Marie-Paule Sanfaçon.Elle a une belle plume cette religieuse.Je puise presque toujours quelque chose dans ce qu\u2019elle écrit que je transcris dans les modules de formations et de recherches que je tiens toujours près de moi.André Gadbois offre habituellement de bonnes réflexions sur l\u2019Évangile.Il est pas mal bien branché sur la nouvelle herméneutique enseignée dans les facultés de théologie.L\u2019article Mon spider-man à moi m\u2019a beaucoup plu.Votre collaboratrice a une plume très vivante et dynamique! J\u2019ai même lu l\u2019article au téléphone à une amie de Saint-Jérôme.Elle a aussi beaucoup aimé.Dans quelques heures, je lirai Musique:poursuite de l'essentiel.J\u2019en ai fait le survol et j\u2019ai hâte de lire ! Ronald Beaulne, s.m.m., pénitencier de Drummondville, QC En faisant des recherches l\u2019autre jour, je suis tombé sur un exemplaire de votre revue et j\u2019ai été séduit.Les articles intelligents et sans prétention de votre revue Le Précurseur ont la grande qualité d\u2019être à la fois divertissants et d\u2019intérêt social.500e PUBLICATION Nous remercions de tout cœur nos lecteurs et lectrices pour les dons et les nouveaux abonnements reçus à cette occasion.La Direction Jf f fc ! ' Vj\u2019 IS A4 te-ss ins M.-V 3^, v \t 1 * .J* Un.flCr/\t ¦\" *'1 \u201cW\t \t \t \t1 \tL.' ¦ 1,-1 it '¦ c iïn i Z = a.\\\t- J, \tZm&f 1\t'\tr^] SEIGNEUR, apprends-moi à nager Sur cette planète, ma tâche d'homme ou de femme consiste-t-elle à accueillir tout le monde sans distinction ?Puis-je discerner chez Jésus des points de repère pour me faire tout à tous?André Gadbois Je peux mourir dans ma prison, étouffé par mon repliement, asphyxié ou privé d\u2019oxygène, écrasé dans mon petit monde bien clôturé par la peur, la haine ou l\u2019indifférence.Au contraire, je peux mourir écartelé par mes conquêtes superficielles et mondiales, à bout de souffle, trompé par mes rêves de grandeur, sans identité aucune dans ce vaste monde niveleur qu\u2019est la mondialisation.Mes efforts peuvent m\u2019amener autant à me rapetisser comme un fruit séché qu\u2019à exploser comme un ballon trop plein.Se pourrait-il alors que ma tâche d\u2019homme ou de femme consiste à m\u2019ouvrir à la diversité pour la transformer sans cesse en une identité qui sera moi capable 4 | LE PRÉCURSEUR | AUTOMNE 2007 d\u2019accueillir sans jamais m\u2019effacer?Étonnant n\u2019est-ce pas! Cette identité, cette conscience d\u2019être moi ayant les deux pieds sur tel coin de terre, je la construis selon mon ouverture sur tout ce qui est autre: personnes, langues, cultures, religions.Un peu comme celui ou celle qui mange: qu\u2019adviendra-t-il en lui, en elle, de cette nourriture assimilée?Un peu aussi comme le disciple de Jésus qui se nourrit du Pain de vie: ira-t-il jusqu\u2019à laver les pieds des autres ?L'eau a monté En 1955, dans notre quartier montréalais de Rosemont, il y avait, parmi les familles canadiennes-françaises et catholiques, le Chinois et sa buanderie, le roux Irlandais fort comme un bœuf, l\u2019Italien VIE SPIRITUELLE 1 qui faisait son vin, le Polonais et son accent, le Juif qui vendait du linge et des biscuits à domicile, et les Anglais par qui \u2018on mangeait une volée\u2019 au football (mais on se reprenait au hockey).La langue nous divisait et nous rapprochait à la fois; nous parlions avec nos mains.Idem poulies odeurs et fumets gastronomiques sur le chemin de l\u2019école.Le compagnonnage était agréable et nos identités s\u2019édifiaient.dans tous les sens du terme.Puis,précédée du concile qui déclarait: Ce saint Synode offre au genre humain la collaboration sincère de l\u2019Église pour l\u2019instauration d\u2019une fraternité universelle., l\u2019Expo 67 a déchiré les rideaux et ouvert les fenêtres; quels savoureux menus nous ont été proposés sur des cartons vert espérance! Le Québec a serré la main du Monde et beaucoup de monde y est demeuré.Inspiré par Bob Dylan, Hugues Aufray chantait: Où que vous soyez, accourez hraves gens.L\u2019eau commence à monter, soyez plus clairvoyants.Admettez que bientôt vous serez submergés et que, si vous valez la peine d\u2019être sauvés, il est temps maintenant d\u2019apprendre à nager, car le monde et les temps changent.Apprendre à nager: une image pour dire apprendre à composer avec ce qui pourrait m\u2019étouffer, à être conscient de mes forces et de mes limites, à respirer calmement, à ne pas me laisser porter par le courant qui pourrait me conduire là où je ne veux pas me rendre, à reconnaître mes peurs et à les maîtriser, à changer de style de nage parfois, car je tiens à la Vie et c\u2019est elle qui compte.Donc être conscient de ce que je suis, de mon identité à nourrir, de l\u2019essentiel qui me tient à cœur, et du fait que je suis moi, résultat en grande partie de mes relations avec l\u2019autre.Mon ouverture aux autres m\u2019impose un devoir : celui de savoir qui je suis et de quoi je suis fait.Ai-je appris à nager ou me suis-je contenté(e) de me laisser porter par le courant?L'audace que commande l'amour La manifestation du divin dans le monde est nommée avatar chez les hindous, Jésus chez les chrétiens; les bouddhistes parlent du Bouddha comme l\u2019éveillé par excellence.Avec eux et avec Photos: Archives nationales tous ceux et celles, croyants et incroyants, Montage:Thérèse Lortie, m.i.c.qui cherchent la plénitude, je marche.parfois péniblement.Mon compagnon de route se nomme Jésus de Nazareth; il a payé cher son degré d\u2019éveil et de conscience : c\u2019est pourtant lui qui continue à m\u2019inspirer et à me donner son Souffle.C\u2019est lui qui me rappelle le rôle de la loi, la noblesse de chaque créature humaine, la priorité de la justice sur l\u2019exactitude du rituel liturgique, l\u2019audace que commande l\u2019amour, la discrétion dans la prière, le jeûne et le don, l\u2019importance de la miséricorde, la grandeur du Samaritain et du centurion, la nécessité du dépouillement et de la liberté.Mon ouverture aux autres m'impose un devoir: celui de savoir qui je suis et de quoi je suis fait.0&7 C\u2019est lui aussi qui a dénoncé le danger que courent les religions, la confusion que peuvent engendrer ceux qui se prétendent maîtres, la tromperie des fanfaronnades et des spectacles pour plaire à Dieu, et surtout le \u2018culot scandalisant\u2019 de faire endosser par Dieu les projets de puissance que nous portons en nous.C\u2019est lui, qu\u2019au fil des ans, des hommes, des femmes, le silence, la lecture et la réflexion m\u2019ont fait connaître.Il a contribué à m\u2019édifier, à construire mon identité en m\u2019envoyant vers les autres, tous les autres, sans jamais oublier de me recentrer sur la personne que je suis.comme lui savait se retirer à l\u2019écart.Dans l\u2019esprit de la chanson interprétée par Hugues Aufray, je suis conscient que l\u2019eau a monté, mais je ne veux pas me noyer, car je vaux la peine d\u2019être sauvé.Et je ne veux pas que mon peuple soit submergé, car il vaut la peine d\u2019être sauvé.Je sens combien j\u2019ai besoin du Souffle de mon compagnon de route pour continuer à m\u2019enrichir par l\u2019ouverture aux autres, tout en sachant refuser ce qui effacerait mon identité.Seigneur, apprends-moi à nager! LE PRÉCURSEUR | AUTOMNE 2007 | 5 Kateri Diab a 25 ans.Orthopédagogue de formation et oeuvrant au sein de la Commission scolaire de Sorel-Tracy, elle a choisi de quitter, pour deux ans, le confort de sa profession, l'affec- tion quotidienne de sa famille, de son ¦et Kateri copain et de ses amis, pour le travail de missionnaire laïque à Cochabamba, en Bolivie.Kateri Diab, missionnaire laïque Je marche dans les rues de Cochabamba.Je croise une femme de Potosi assise sur le trottoir avec ses petits enfants qui courent autour d\u2019elle.On les reconnaît à leurs vêtements traditionnels.Elle me tend la main pour me demander de l\u2019argent.Ça me brise le cœur à chaque fois.Lui en donner règlera-t-il sa situation?Ne faudrait-il pas enseigner à pêcher au lieu de donner le poisson?Je n'ai rien à donner Tous ces gens dans la rue, souvent des jeunes, m\u2019interpellent fortement.Où se trouve la racine du problème?Nous,pauvres étrangers, quand nous arrivons, nous pensons tout régler avec notre argent, mais parfois, on ne répond pas aux besoins réels et on ne traite pas le problème à sa racine, je n\u2019ai rien à lui donner et je me sens bien impuissante, mais je lui fais un sourire pensant que nous sommes sœurs dans le cœur du Christ.Puis, je continue mon chemin avec la conviction que ce ne sont pas les étrangers qui sauveront la Bolivie, mais les Boliviens eux-mêmes.Il faut leur donner les outils et hausser leur estime de soi qui baisse face au pouvoir des étrangers.Je me dirige vers l\u2019école spécialisée où je travaille, Consipe.f ai décidé de m\u2019impliquer dans le domaine de l\u2019éducation.D\u2019un côté, c\u2019est ma spécialité et d\u2019un autre côté, je crois qu\u2019éduquer, c\u2019est rendre chacun plus apte à se bâtir une vie meilleure.Au début de mon séjour, le système éducatif m\u2019a beaucoup ébranlée : valeurs, discipline, méthodes d\u2019enseignement, matériel, motivation des enseignants, tout était bien différent! Avec le temps, j\u2019ai dû admettre que c\u2019était à moi à m\u2019adapter.Comment changer les habitudes si on ne les accueille pas d\u2019abord?Je suis donc entrée dans ce système et peu à peu j\u2019ai cherché des façons de l\u2019améliorer en tenant compte du contexte, des gens et de leur culture.Je me rends compte que c\u2019est tout un défi et mon séjour de deux ans me paraît à présent bien court.MISSIONNAIRES LAÏQUES Construire la confiance En arrivant à l\u2019école, quelques élèves me saluent.Ils sont une de mes plus grandes joies! Le contact avec les enfants a toujours été pour moi magique, très énergisant.J\u2019avoue, qu\u2019avec les professeurs, ce n\u2019est pas aussi facile.Certains me voient comme une menace : je dois construire peu à peu la confiance.D\u2019autres me voient comme une experte de l\u2019éducation; je dois les amener tranquillement à me voir comme une collègue avec laquelle ils peuvent échanger et collaborer.Le samedi, je me rends à la Casa Azul rencontrer mon groupe d\u2019adolescents : des jeunes à risque de se retrouver dans la rue à cause de leur milieu familial fort instable.Nous optons d\u2019abord pour un travail de prévention ; ensuite, nous leur donnons une formation pour qu\u2019ils deviennent des leaders positifs.Malgré leur comportement difficile dû à leur adolescence et à ce qu\u2019ils vivent, je crois qu\u2019ils ont beaucoup de potentiel.Je les aime vraiment et ils le sentent.Dernièrement,Wilfredo m\u2019a dit qu\u2019il me voyait comme une mère.Cela m\u2019a touchée profondément.C\u2019est fou la force que l\u2019Amour peut avoir ! En arrivant à la Casa azul, je vois Lucha et Anne, deux autres éducatrices.Nous discutons de ce que nous ferons ce soir.Je me suis créé un beau cercle d\u2019amis à travers mes activités et mon travail.Cela m\u2019aide beaucoup sur le plan affectif.Etre loin de sa famille n\u2019est pas chose facile ! Source de croissance Je vis dans une fraternité composée de religieuses et de laïques.Une vie pas toujours facile, mais qui demeure pour moi source de croissance personnelle : on doit apprendre à accepter et respecter les autres avec leurs différences, leur caractère, leurs habitudes.Toutefois, c\u2019est un grand soutien pour moi; elles sont ma famille ici et je les aime beaucoup.Même si elles ne sont pas nées ici, les Canadiennes ont une connaissance approfondie de la culture, des traditions, de l\u2019histoire de la Bolivie.Une bonne référence ! Grâce à mes amis Boliviens, je pénètre davantage le cœur du peuple; avec tristesse, je découvre leurs problèmes personnels et familiaux! Plusieurs de mes amis ont des enfants dont la mère est partie au loin; d\u2019autres se sont mariés jeunes à cause d\u2019une grossesse et ne sont pas heureux comme couple.Il y a peu de sensibilisation à l\u2019éducation sexuelle.De plus, dans les familles éclatées, les jeunes vivent avec de grandes carences affectives et cherchent à les combler par des relations amoureuses.En rentrant chez moi, je croise quelques jeunes amoureux dans les parcs.C\u2019est triste de penser que dans la majorité des cas, ça tourne mal.1 Orphelinat Solomon Klein 2A la campagne Photos: Jacinthe \u2019Groupe de prévention Photo: Kateri Diab Pour aller plus loin Kateri en Bolivie http://katerienbolivietest.blogourt.fr - ; V ¦ .¦ r sl^S^^s ZLTCe auPrès de sa f t'meme da™ Peuple haïtien.\tsa Maternité et du r?&.Vos cadeaux-départs aident nos missionnaires Ci-inclus le montant de .Nom:_____________________ » Adresse :.Ville:___ App-:- Province/Pays :.Tél.:( )_ Code postal :____________________ Désirez-vous un reçu aux fins de l\u2019impôt?OUI Q NON Q Adressez à : PROCURE DES MISSIONS Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception 121, avenue Maplewood Montréal (Québec) Canada H2V 2M2 Tél: (514) 274-5691 Merci de votre solidarité ! O-OuA W^XKAÎixyrJy éLiOJü-boJy SOht> â&b K^ji^-O^vJy lpoojo tét&ihjt&.Délia Tétreault Cyprienne Miller, m.i.c.Sœur Saint-Cyprien (1907-2007) Montréal, Québec Entourée d'affection et de respect, Cyprienne a bénéficié d'une éducation soignée.Très tôt, ses talents d'artiste se manifestent.A 19 ans, elle opte pour la vie MIC où elle met son art au service du Seigneur et de ses élèves, à Montréal, à Perth (N.-B.) et à Cuba.Centenaire heureuse, elle garde toujours un amour particulier pour le Sacré-Cœur.depuis sa tendre enfance ! Marie-Claire Audy, m.i.c.Sœur Marie-Claire (1921-2007) Grand-Mère, Québec Marie-Claire a vécu une enfance heureuse dans une famille où la foi se traduisait en amour et en gestes concrets pour les démunis.MIC au Québec et à Madagascar, elle partage avec joie ses nombreux talents.Animatrice, professeur, secrétaire, mais surtout artiste, Sr Marie-Claire crée de la beauté partout.Sa vie, c'est d'être au Seigneur, de converser avec Lui.%< * Berthe Paradis, m.i.c.Sœur Marie-Xavier (1910-2007) Tingwick, Québec Malgré une santé fragile, la petite Berthe espère devenir religieuse.En 1927, Lucie, sa sœur aînée, entre au noviciat de Pont-Viau.Berthe hésite.Elle prie, consulte, puis entre à son tour en 1929.Elle sera 40 ans missionnaire en Chine et à Taïwan, au service des malades malgré les guerres, l'internement, les séismes, les typhons.Sa force: sa foi inébranlable.\u2019*¦ tr* Marie-Simonne St-Amant, m.i.c.Sœur Sainte-Elodie (1921-2007) Saint-Aimé, Québec Benjamine d'une famille profondément chrétienne, Marie-Simonne est un peu gâtée, surtout par son père.Le jour de sa communion solennelle, elle demande la grâce de devenir religieuse.Après sa profession et quelques années de service au Québec, elle part pour le Japon.Pendant 45 ans, elle annonce la Bonne Nouvelle par sa vie empreinte de joie, de bonté, de générosité.LE PRECURSEUR I AUTOMNE œuA/ 1/YloMUh^ Madeleine Payette, m.i.c.Sr Madeleine-du-Sacré-Cœur décédée le 17 juillet 2007, à l'âge de 99 ans Sr Madeleine a été une femme de prière imprégnée de la spiritualité d'action de grâces missionnaire léguée par notre Fondatrice, Délia Tétreault.Elle avait un zèle extraordinaire pour la mission.Troisième supérieure générale, Sr Madeleine a été une personne-clé dans l'histoire de notre Institut.Après les moments sombres vécus avec la fermeture de nos missions de Chine et avec les effets désastreux de la 2e guerre mondiale dans plusieurs de nos missions d'Asie, Sr Madeleine devient supérieure générale.Elle sait discerner les priorités de l'heure, relève les défis avec courage etaudace.C'estunefemme de devoir,capable de prendre des décisions, une rassembleuse gardant le cap sur la mission commune de l'Institut, dans un esprit de communion fraternelle et d'unité.Elle surmonte les difficultés grâce à son esprit de foi, à l'espérance qui l'habite et à l'amour qu'elle a pour sa communauté! Dans les années 50 et 60, notre Institut connaît des moments d'expansion importants.Sr Madeleine développe une VISION d'ensemble.Les vocations sont nombreuses, plusieurs nouvelles missions s'ouvrent et des maisons de formation initiale voient le jour dans d'autres pays.L'Institut devient international : des femmes de diverses nationalités se réunissent pour vivre le charisme de Délia Tétreault dans un projet commun d'évangélisation.La formation religieuse et professionnelle des futures missionnaires prend une nouvelle dimension.Sr Madeleine sait lire les signes des temps et prépare ses missionnaires à des insertions signifiantes et ajustées aux nouveaux besoins de la mission et de l'Église.Elle gère avec sagesse et créativité les changements de l'époque ainsi que l'évolution de la vie religieuse.Dans les services d'autorité qu'elle a assumés pendant plusieurs années à divers niveaux de l'Institut, elle a démontré beaucoup d'ouverture et un jugement clair dans les décisions à prendre.C'était une femme d'une étonnante vitalité.Elle avait un esprit de service généreux, un comportement simple et humble; elle savait être ferme et maternelle, quoique sans faiblesse.Il y a quelques années, retirée à notre infirmerie, Sr Madeleine nous révélait un peu de son vécu dans une entrevue : Mes journées sont remplies comme jamais.J'approfondis l'action du Seigneur dans ma vie et dans la vie de notre Communauté.Je me sens solidaire de toutes les sœurs de l'Institut: avec les jeunes qui commencent leur vie religieuse, comme avec celles qui vivent la mission dans divers engagements, ici et ailleurs.Elle transformait les difficultés reliées au vieillissement en source de grâces pour les personnes qui en avaient le plus besoin.Elle ne cessait de remercier le Seigneur pour ses innombrables bienfaits et cela, jusqu'à la fin.comme un chant d'action de grâces! Aujourd'hui, c'est un regard d'admiration et d'affection que nous posons sur vous, Sr Madeleine.Vous nous avez légué le témoignage d'une femme qui a vécu sa vie et sa foi pleinement, dans un processus de croissance humaine et spirituelle, à chaque étape de sa vie, en étantsans cesse vigilante aux appels de l'Esprit etsoumise à la volonté de Dieu.À votre contact, notre vie s'est enrichie.Nous rendons grâces au Seigneur pour tout ce que vous avez été pour chacune de nous et pour tout ce que vous nous avez laissé comme héritage personnel et communautaire.Louise Denis, m.i.c., Supérieure générale Messe des funérailles, Pont-Viau, le 21 juillet 2007 LE PRECURSEUR | AUTOMNE 2007 7Ê(ki'!7Dsn®ia Découvrez i SM a lUrrnf&re Télé MJImM Votre chaîne de télévision catholique Bell ExpressWi (654), illico Vidéotron
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