L'itinéraire, 1 janvier 2011, samedi 1 octobre 2011
[" PIERRE BRUNEAU À toute épreuve Au secours de L'Itinéraire Volume XVIII, n° 19 Montréal, 1er octobre 2011 ZOOM CAMELOT Sans détour PIERRE KARL PÉLADEAU La Magie des lanternes Rapprochons-nous j 9 septembre de la culture chinoise / au 31 octobre mont mal La parade du premier empereur de Chine Québec CS ES rscs Af MCPtIDCCMOfMI _____ ti murtoooT couimrr (5j) J H & espaccpourlflvie.ca 747 EXPRESS BUS La STM vous donne des ailes IÀ.V1! :\t\\ 6 Navette .De l\u2019aéroport au centre-ville de Montréal.Service aller-retour 24 h par jour, 7 jours sur 7.Seulement 8$.www.stm.info MOUVEMENT COLLECTIF ENSEMBLE NOUS POUVONS CHANGER LEUR VIE ! Faits saillants de L'Itinéraire 2 000 personnes aidées par année 31 500 repas servis au Café L\u2019Itinéraire À QUOI SERT MON DON ?Pour la réinsertion sociale L\u2019Itinéraire a pour mission de favoriser l\u2019autonomie individuelle et le développement social en brisant l\u2019isolement par la création d\u2019un milieu de vie adapté suscitant le sentiment d\u2019appartenance et en offrant une place active en société aux personnes itinérantes, toxicomanes ou éloignées du marché de l\u2019emploi par le biais de l\u2019économie sociale.LES CARTES-REPAS Soignez la faim ! En achetant des cartes-repas, vous offrez des repas complets gratuitement à des personnes dans le besoin au Café L\u2019Itinéraire.Les intervenants sur place les distribuent aux gens défavorisés qui ont faim.Des services psychosociaux sont également offerts dans nos locaux.358 vendeurs du magazine L\u2019Itinéraire L\u2019ABONNEMENT Quand on peut acheter le magazine sur la rue Votre abonnement nous permet de continuer de publier notre magazine et de maintenir nos services.L\u2019Itinéraire, c\u2019est plus qu\u2019un magazine.C\u2019est un moyen concret pour améliorer les conditions de vie des personnes de la rue.COUPON D'ABONNEMENT / DE DON / D'ACHAT DE CARTES-REPAS Pour une période de : O 12 mois, 24 numéros O 6 mois, 12 numéros : 123,04$ O Visa, Master Card 61,52$ O Chèque au nom du Groupe Communautaire L\u2019Itinéraire Un camelot vous a encouragé à vous abonner?Nom ou numéro d\u2019identification J\u2019ajoute un don de :____________________________ J\u2019achète____________cartes-repas à 4$ chaque = Les cartes seront distribuées par L\u2019Itinéraire.Vous désirez distribuer des cartes dans la rue?Nous vous enverrons le guide du bénévole et les cartes par la poste.Cochez ici ?TOTAL Monsieur O\tMadame O 1$ 1$ $ Numéro de la carte Expiration-/ 20- Mois Année\tSignature 1 Vous recevrez votre reçu d\u2019impôt début janvier suivant votre don.Prénom Nom :____ Entreprise Adresse :.Ville :_____________________________________________ Province :____________________________ Code postal Téléphone : _(_______)______________________________ Courriel : _________________________________________ Postez votre coupon et votre chèque au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire : 2100, BOULEVARD DE MAISONNEUVE EST, SUITE 001, MONTRÉAL (QUÉBEC) H2K4S1 Contactez-nous au 514 597-0238 poste 226 ZOOM CAMELOT a JOSÉE LOUISE TREMBLAY Journaliste de rue www.joseelouise.com Yvan Gauthier SANS DÉTOUR Son côté réservé caractérise Yvan Gauthier.L\u2019ex-rabatteur de livres s\u2019ouvre en abordant prudemment les sujets discutés, hésitant parfois sur les mots qu\u2019il emploit.En vendant le magazine L'Itinéraire au coin de l\u2019avenue Du Parc et de la rue St-Viateur, le camelot socialise avec les autres tout en travaillant dans un milieu qui correspond à ses valeurs.Il y a environ trois ans, Yvan Gauthier était un rabatteur de livres.Son métier incongru, il l'a appris en faisant les bazars, les ventes de garage et les Villages des valeurs de ce monde.«J'achetais des livres pour les bouquinistes du centre-ville.Au début, c'était payant mais ça l'est de moins en moins.À la fin, je travaillais 60 heures pour faire à peine 100$ par semaine.Puis, pour arriver, je courais les bouteilles vides pour les revendre.» Cette activité l'a fait capoter et il s'est mis à boire de l'alcool en grande quantité.«Pour moi, vendre L'Itinéraire, c\u2019est la moins pire solution parce que la pire, ce serait de quêter», explique celui qui a déjà connu l'itinérance, il y a plus d'une douzaine d'années.À l'époque, Yvan a su s'en tirer avec l'aide d'un psychiatre de l'Hôpital Notre-Dame.«Je me suis retrouvé quelques fois à l'hôpital; c'est là qu'on a fini par diagnostiquer une dépression majeure et par me soigner.» À L'Itinéraire, Yvan développe des amitiés et affinités avec ses collègues de travail.Sur la rue, il en va parfois autrement.«Je voulais développer des habilités sociales que je n'avais pas et qui me limitaient.Mais bon, je ne suis pas certain que c'est ça que je trouve parce que je me suis fâché avec un quèteux l\u2019autre jour», dit-il gravement.Le camelot explique avec humour ses rapports avec le public en général, même si parfois sur la rue, les gens ne sont pas toujours courtois avec lui.«Il y a des personnes sympathiques et super allumées avec qui je communique, ce que je n'avais pas avant.Ils compensent pour ceux qui ne comprennent rien à la cause», ajoute-t-il en souriant.Yvan Gauthier connaissait déjà l'organisme avant de venir proposer ses services de vendeur car il avait proposé un article à la rédaction, il y a quelques années.Depuis septembre 2010, il évolue au sein du groupe et continue de vendre le magazine parce qu'il croit en sa mission.«Tout ce que fait L'Itinéraire est valable.Que ce soit le restaurant, le magazine ou les studios multimédias pour l'insertion des jeunes, c'est génial! Tout est clair, y\u2019a pas de bullshit.Tu l\u2019sais que, quand t'achètes ton magazine 1,50$, y\u2019a 1,50$ qui va à l'organisme pour financer tous ses projets.C'est un exemple de ce que le communautaire pourrait être», ajoute-t-il, convaincu.TABOUS DESTRUCTEURS Lavallois d\u2019origine, les parents d\u2019Yvan l\u2019ont adopté très jeune.«Disons que ma mère me l\u2019a appris assez brutalement en revenant de l'école un jour puis, la famille m'a dit que c'était faux.Y\u2019avait comme un malaise autour de ça.C\u2019était tabou.Et là, j\u2019avais toujours en tête que parce que j'étais adopté, on pouvait me retourner d'où j'étais venu», dit-il, encore un peu amer de cette époque.Ce qui ne l'a pas empêché de poursuivre des études supérieures.Le camelot a étudié la géographie humaine à l'université, un domaine qui étudie les communautés en rapport avec leur habitat naturel.D\u2019un naturel philosophe, Yvan se pose des questions et s\u2019applique à y répondre.«Le plus clair de mon temps, j'utilise mon énergie à comprendre le monde dans lequel je vis», dit-il simplement.# PHOTOS : DANIEL DUMONT L'ITINEFlAIFlE 5 1 ®r octobre 2011 Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue, Le conseil d\u2019administration est composé en majorité de personnes ayant connu l\u2019itinérance, l\u2019alcoolisme ou la toxicomanie LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES.50% DU PRIX DE VENTE DU MAGAZINE LEUR REVIENT.Convention de la poste publication No 40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2100, boul.de Maisonneuve Est, Montréal (Québec) H2K 4S1 Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada par l\u2019entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) pour nos activités d\u2019édition.Canada ISSN- 1481-3572 n° de charité : 13648 4219 RR0001 RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2100,\tboul.de Maisonneuve Est, bur.001 Montréal (Qc) H2K 4S1 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101,\true Ste-Catherine Est PRODUCTION L\u2019ITINÉRAIRE 2103, rue Ste-Catherine Est, 3ê étage TÉLÉPHONES :\tADMINISTRATION 514 597-0238 SERVICES RUE STE-CATHERINE 514 525-5747 TÉLÉCOPIEUR :\t514 597-1544 SITE :\tWWW.iTINERAiRE.CA LE MAGAZINE L\u2019ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareauit Rédactrice en chef : Catherine Girouard Superviseur de la rédaction : Jérôme Savary Adjointe à la rédaction : Marie-Lise Rousseau Commis à la rédaction : Josée Louise Tremblay Stagiaire à la rédaction : Soraya Elbekkali Infographiste : Catherine Joan nette Coordonateur à la conception visuelle : Ramy Massarani Révision : Édith Verreault, Hélène Pâquet, Sylvie Martin, Sophie Desjardins, Louise-Marie Dion, Lise Berthiaume, Catherine Flintoff, Nadine Boccalini, Lise Laganière, MarilèneC.Rousseau et Marie-Françoise Lalande.Design et infographie du site Internet : Serge Cloutier, www.drafter.com CONSEILLÈRES PUBLICITAIRES Renée Larivière : 514 461 -7119 ren ee.lar iv iere@ it in er aire.ca Josée Poirier : 514 273-5002 josee.poirier@itineraire.ca LE CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : Stephan Morency Vice-présidente : Catherine Isabelle Trésorier : François Rousseau-Clair Secrétaire : Gabriel Bissonnette Conseiller, directeur général : Serge Lareauit Représentant des camelots : Yvon Massicotte Conseillère : Lyne Toupin Conseiller : Claude Lyrette Conseiller : Jean-Guy Deslauriers L\u2019ADMINISTRATION Directeur général : Serge Lareauit Coordonnatrice de l\u2019administration : Marie Lar eau Directeur marketing : Richard Turgeon Directrice médias et communications : Chloé Roumagère Directrice du développement social : Sylvie Gamache Coordonnatrice au développement des partenariats : Marie-Hélène Choinière GESTION DE L\u2019IMPRESSON Edition sur mesure - TVA Publications - 514 848-7000 Directrice du développement des affaires : Patricia Dionne poste 2362 Coordonnatrice de production : Audrey Messier-M.poste 2249 IMPRIMEUR: IMPRIMERIE SOLISCO SOMMAIRE ZOOM CAMELOT YVAN GAUTHIER - SANS DETOUR DOSSIER SPECIAL HEROINES AUX EXPLOITS ANONYMES ACTUALITE ET CULTURE 12 FEMMES, 48 PHOTOS DEVELOPPEMENT SOCIAL COUPE DU MONDE DES SANS-ABRI\t29 RESEAU SOLIDAIRE DE L\u2019ITINERAIRE PIERRE KARL PELADEAU 30 LES COULISSES DE L\u2019ITINERAIRE CHRONIQUE DE RUE - ÉVANGÉLISATION 2012\t35 ABONNEZ-VOUS WWW.ITINERAIRE.CA OU 514 597-0238 50% du prix de vente du magazine revient aux camelots.Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue, Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l\u2019itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le 514 525-5747, poste 230, L\u2019ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE: L\u2019ITINÉRAIRE EST APPUYÉ FINANCIÈREMENT PAR: aMecç Le réseau international des journaux de rue L'ŒUVRE LËÜFR 3 EDITORIAL PHOTO: IGOR STEVANOVIC/ DREAMSTIME CATHERINE GIROUARD Rédactrice en chef - Catherine.girouard@itineraire.ca Le déséquilibre fntB ÉCONOMIQUE* mW Même le Pape Benoît XVI l\u2019affirme : «une bonne économie ne tourne bien que si elle fonctionne de façon humaine».Alors que plus d\u2019un milliard d\u2019individus dans le monde sont mal logés et que de ce nombre, 100 millions vivent littéralement dans la rue*, on peut se demander si notre économie est bonne ou non.Et si le Pape commence à se mêler de l\u2019économie, c\u2019est que ça doit aller assez mal.Notre modèle économique néolibéral engendre des millions de laissés-pour-compte.Pourtant, les initiatives destinées à venir en aide aux plus démunis sont très nombreuses à travers le monde.Rien qu\u2019en feuilletant ce magazine, vous en découvrirez plusieurs : la Nuit des sans-abri, l\u2019exposition Rue-ELLES, la Coupe du monde des sans-abri, l\u2019entreprise d\u2019économie sociale Distribution L\u2019Escalier.Chacune de ces initiatives lutte à sa façon contre la pauvreté.Malgré la quantité d\u2019organismes et de gens qui travaillent en ce sens, on ne parvient pas à venir à bout de ce fléau.Les centres d\u2019hébergement débordent, les soupes populaires ne suffisent pas à la demande et des organismes ferment leurs portes, le coût des besoins à combler dépassant largement ce qu\u2019ils sont capables de supporter.N\u2019y a-t-il pas quelque chose d\u2019anormal à tout cela?Cet événement brassera sans doute de nouvelles idées.L\u2019un des principes fondateurs de l\u2019économie sociale : mettre l\u2019économie au service de la collectivité.La notion de profit à tout prix est écartée et l\u2019être humain redevient le centre d\u2019intérêt principal.À cela s\u2019ajoutent des principes de solidarité, de démocratie et d\u2019équité actuellement peu associées à l\u2019économie.Le visage d\u2019un homme qui mendie, d\u2019une femme visiblement dopée jusqu\u2019aux oreilles qui offre son corps dans la rue, ou encore d\u2019un jeune qui ère à travers la ville en traînant sa maison sur son dos, comprimée dans un sac à dos, ne semblent pas nous heurter encore assez.«La pauvreté est une chose étrange.Elle est intemporelle, internationale et apparemment permanente.Elle est tolérée, ignorée et supportée», avance l\u2019écrivain Robert Mcliam Wilson dans son livre Les dépossédés.Incroyable, non?Mais bien réel, pourtant.CHANGER NOTRE FUSIL D\u2019ÉPAULE «La notion de changement est peu fréquente sous la plume des théoriciens de l\u2019économie», peut-on lire dans une parution spéciale du magazine Sciences humaines, qui traite du changement.Comme si en économie, proposer de nouvelles avenues était tabou.Mais jusqu\u2019où laisserons-nous aller les choses?«L\u2019homme doit être le centre de l\u2019économie» et en aucun cas «l\u2019économie ne peut se mesurer par les profits maximums», a aussi affirmé Benoit XVI.Heureusement, le pontife n\u2019est pas seul à penser cela.Des centaines de personnes seront réunies ce mois-ci à Montréal pour assister au premier Forum d\u2019économie sociale et solidaire (lire l\u2019article «Ilfaut changer la logique économique», en page 26).(^L\u2019HOMME DOIT ÊTRE LE CENTRE DE L\u2019ÉCONOMIE ET EN AUCUN CAS, L\u2019ÉCONOMIE NE PEUT SE MESURER PAR LES PROFITS MAXIMUMS.^) - Benoît XVI Rappelons que l\u2019article premier de la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme stipule que : «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.» Pourquoi aurait-on besoin de coucher ces droits si évidents sur papier?Les hommes sont doués d\u2019altruisme et de compassion, mais encore faut-il parfois le leur rappeler.Ces principes fondateurs semblent avoir été oubliés en chemin, dans la course folle au développement économique.'SOURCE : UNICEF ET VOUS, QU\u2019EN PENSEZ-VOUS?WWW.ITINERAIRE.CA L'ITINÉRAIRE 7 1 ®r octobre 2011 DOSSIER SPÉCIAL Les femmes ont longtemps été considérées comme des «sous-hommes», corvéables et sans intelligence.De l\u2019époque des premiers colons jusqu\u2019à la fin des années 1970, l\u2019Histoire ne les a jamais vraiment retenues non plus, préférant jeter son dévolu sur des personnages du sexe ^>posé.Quoi qu\u2019il en soit, des femmes ont toujours réussi à s\u2019affranchir de ces stéréotypes, au prix de beaucoup de courage et d\u2019entêtement.En ce mois d\u2019octobre célébrant l\u2019histoire des femmes, L\u2019Itinéraire fait le point sur leur place actuelle dans la société.Nous vous présentons également des femmes qui ont réussi et des modèles qui les ont poussés à aller au bout de leurs ambitions.Héroïnes aux exploits anonymes JÉRÔME SAVARY Superviseur à la rédaction Etre femme et réussir à s\u2019épanouir pleinement tient du casse-tête.Entre les tâches associées à la vie famibale et celles bées au travail, toutes tentent de résoudre - non sans mal - l\u2019équation de leur double rôle.D\u2019une certaine façon, cette réalité cache une bonne nouvelle : les femmes ont conquis, de chaude lutte, leur place dans la société d\u2019aujourd\u2019hui.Mais tout n\u2019est pas réglé.«Quand j\u2019ai eu mon deuxième enfant, en janvier 1968, je n\u2019ai pas pu rester longtemps avec lui.J\u2019ai dû retourner au travail le 1er mars, moins de deux mois plus tard», se souvient Micheline Dumont, spécialiste de l\u2019histoire des femmes et mère de trois enfants.Ce n\u2019est que dans les années 1970 que les centrales syndicales ont accepté de défendre les droits des travailleuses.«Une grande victoire féministe», souligne Mme Dumont, à l\u2019autre bout du fil à partir des Cantons-de-l\u2019Est.Des congés de maternité et parentaux plus réalistes sont désormais acquis.L\u2019historienne constate que les luttes féministes ont porté des fruits : «En ce moment, les femmes peuvent faire les études de leurs choix; elles peuvent, théoriquement, exercer le métier quelles souhaitent; elles peuvent se marier et continuer de travailler, ce qui était impossible autrefois.Elles peuvent avoir des enfants sans être mariées et sans risquer les foudres de la société civile», énumère-t-elle.ABSENTES DES PLUS HAUTS ÉCHELONS Cependant, aujourd\u2019hui encore, les femmes peinent à faire leur place au haut de l\u2019échelle de la société.Les postes de direction boudent les femmes.Le quotidien Le Devoir révélait d\u2019ailleurs le 1er septembre dernier les résultats d\u2019une enquête du Conference Board du Canada selon laquelle les hommes sont, proportionnellement, deux fois plus présents dans les postes de direction que les femmes.Pour obtenir ces postes marqués par la culture masculine, les femmes qui y accèdent ne semblent pas avoir d\u2019autres choix que d\u2019adopter une attitude qui ne leur est pas naturelle.«Les femmes qui aboutissent à des postes de pouvoir adoptent des comportements masculins», explique Micheline Dumont.8 LITINEFAIFlE 1er octobre 2011 La Drc Angela-Lily Genge, première femme neurologue à travailler à l\u2019hôpital neurologique de Montréal, abonde dans le même sens : «Le fait que les femmes soient moins représentées dans ces postes de pouvoir n\u2019a rien à voir avec le manque d\u2019ambition, explique-t-elle.Les femmes que je côtoie et qui ont accédé à de tels postes ont la particularité d\u2019être très directes dans leur façon d\u2019être, tout en restant féminine.Ces femmes ont dû acquérir de tels comportements, bien quelles n\u2019ont pas été éduquées de cette façon.» BLOQUÉES APRÈS L\u2019UNIVERSITÉ Des professions qui ont été longtemps l\u2019apanage des hommes sont aujourd\u2019hui largement pratiquées par des femmes, comme celle de notaire, par exemple.Cependant, les femmes sont encore en retrait des hommes, selon Mme Dumont.«Elles ont beaucoup plus de liberté, mais les structures du capitalisme font que beaucoup de femmes sont encore dans des jobs defemmes-, 75 % des femmes présentes sur le marché du travail occupent des emplois mal rémunérés : caissières, éducatrices en service de garde, etc.» Pourtant, les femmes sont omniprésentes à l\u2019université! «Les femmes dominent partout à l\u2019université, mais elles sont incapables de transformer en réussite économique et sociale leur réussite académique, à cause de la culture et de la tradition qui continuent de favoriser la présence des hommes dans un certain nombre de professions», explique l\u2019historienne féministe.HOMMES VS FEMMES?Pascale Navarro, journaliste et auteure de trois essais sur la condition féminine, rappelle qu\u2019avancée des droits des femmes ne rime pas forcément avec combat des sexes.«Il ne faut pas voir les choses comme si les hommes étaient d\u2019un côté et les femmes de l\u2019autre, a-t-elle affirmé à L\u2019Itinéraire [lire notre entrevue en p.11].Les femmes ont fait changer des choses en 30 ou 40 ans, mais elles ne les ont pas fait changer toutes seules : elles ont dû convaincre leurs collègues [masculins] de voter pour les garderies, les congés parentaux, etc.» Si les Québécoises ont encore des luttes à mener, elles peuvent compter sur leurs forces pour y parvenir, croit pour sa part l\u2019auteure et militante féministe française Benoîte Groult.«Les femmes du Québec sont énergiques, agressives, elles savent ce quelles veulent, écrit-elle dans l\u2019ouvrage France-Québec, images et mirages, paru en 1999.[.] Je trouve que les Québécoises sont moins soumises à l\u2019opinion masculine que nous, elles ont le courage de se montrer comme elles sont.»# REPRÉSENTATION DE SUSAN LA FLESCHE PICOTTE K 1 v.-j , Pionnières JÉRÔME SAVARY Superviseur à la rédaction Première femme neurologue à l\u2019hôpital neurologique de Montréal, la Dre Angela-Lily Genge est une passionnée, de la lignée des pionnières.Des femmes de sa trempe l\u2019ont précédée, telle la première femme médecin autochtone en Amérique du Nord : Susan La Flesche Picotte.D\u2019autres Québécoises exceptionnelles ont traversé l\u2019histoire de façon anonyme.Ces destins magnifiques, présentés dans l\u2019ouvrage Elles ont fait l\u2019Amérique, ont de quoi inspirer les jeunes femmes d\u2019aujourd\u2019hui.La veille de l\u2019accouchement de son premier enfant, la Drc Angela-Lily Genge pratiquait des ponctions lombaires sur l\u2019un de ses patients.Plus d\u2019un siècle auparavant, Susan La Flesche Picotte, elle, venait au monde sous une tente de peaux durant l\u2019été 1865, pendant la chasse aux bisons, dans les plaines du Nebraska aux Etats-Unis.Si la Drc Genge, âgée aujourd\u2019hui de 51 ans, représente un modèle pour les femmes d\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est parce que d\u2019autres avant elle, comme Susan La Flesche Picotte, avaient fait littéralement exploser les conventions.Voici d\u2019ailleurs ce que disent d\u2019elle les auteurs de Elles ontfait l\u2019Amérique-.«Après ses études collégiales, Susan La Flesche prend une décision extraordinaire pour l\u2019époque : à la suite de son grand-père John Gale, elle décide de devenir médecin.L\u2019idée, déjà, semble complètement farfelue pour une femme, et pour une femme amérindienne, c\u2019est du délire.» ILLUSTRATIONS : FRANCIS BACK Quelques femmes qui ont marqué l'histoire a lèur façon »»» Marie de l'Incarnation (1599-1072) Quittant la France pour les terres inhospitalières des débuts de la Nouvelles-France, elle fonda en 1639 le couvent des Ursulines de Québec, première école francophone d\u2019Amérique.Elle contribua ainsi à éduquer des milliers de jeunes filles, dont plusieurs «petites sauvagesses».Marie de l\u2019Incarnation nous légua aussi le témoignage d\u2019une époque et de sa vie par les milliers de lettres qu\u2019elle rédigea.Aujourd\u2019hui, son école sise dans le Vieux-Québec continue d\u2019éduquer des générations de jeunes filles.Élisabeth Couc-Montour (1007-1752) Parlant l\u2019algonquin (elle est métisse, de mère algonquine), le français, l\u2019oneida, le huron et l\u2019anglais, «Madame Montour» fut interprète et se retrouva aux premières loges des grandes affaires politiques entourant la traite des fourrures.Elle fut la femme de plusieurs grands chefs amérindiens.Elle fut même espionne au profit des Iroquois et des Anglais.Personnage légendaire.L\u2019ITINÉRAIRE\t9 1er octobre 2011 DOSSIER SPÉCIAL Fille du dernier chef de la nation Omaha (un Métis, canadien-français par son père), la Drc La Flesche Picotte a voué sa vie aux autochtones malades.«Susan avait vu des gens mourir dans la réserve parce que le médecin n\u2019était pas arrivé à temps, jugeant que la vie d\u2019un Indien ne valait pas un simple déplacement.[.] Susan La Flesche voulait réparer le Mal», écrivent Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque, coauteurs de Elles ont fait l\u2019Amérique.La Drc Genge a quant à elle réussi à améliorer la façon dont les soins sont prodigués aux patients touchés par la SLA1.Devenue porte-parole de la lutte à la sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie qui touche surtout les personnes actives et à laquelle elle a consacré sa vie, elle s\u2019est récemment fait remarquer en recevant l\u2019un des prix Femmes de mérite 2011, remis par le Y des femmes.LES FEMMES, PARTOUT Cependant, les femmes ont généralement occupé une place de subalterne dans la société, comparativement à celle des hommes.«Il est vrai qu\u2019à cette époque [celle de la Nouvelle-France] les femmes restaient généralement à la maison, soumises à leur mari et au clergé, mais des femmes vivaient déjà libres, en étant extrêmement modernes, explique Marie-Christine Lévesque, littéralement amoureuse de ces personnages.Par leur tempérament, leur audace, leur franc-parler, elles étaient éminemment actuelles.Pour les Québécoises, ce sont de nouveaux modèles.» DRE ANGELA-LILY GENGE, PREMIERE FEMME NEUROLOGUE À TRAVAILLER À L'HÛPITAL NEUROLOGIQUE DE MONTRÉAL Pour les coauteurs Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque, les femmes qu\u2019ils ont choisies ont participé à construire notre identité de francophones nord-américains.«Les femmes ont fait l\u2019Amérique, tout simplement parce quelles ont pris part à toutes les grandes activités historiques \u2014 les expositions universelles, le début du cinéma, la ruée vers l\u2019or, l\u2019ouverture vers l\u2019Ouest, la naissance de la nation Métis.Une Céline Dion québécoise existait déjà au XIXe siècle [lire le portrait de la cantatrice Emma Lajeunesse en bas de page].Elles ont été dans tout, et pourtant personne n\u2019en a jamais parlé», explique l\u2019anthropologue Serge Bouchard en entrevue.La Drc Angela-Lily Genge puise pour sa part son inspiration dans la détermination de sa mère - une Terre-Neuvienne ayant décroché un doctorat après la naissance de son cinquième enfant.Et dans le combat de l\u2019une de ses patientes, Hélène Pelletier, décédée de la SLA il y a trois ans.«Lorsqu\u2019elle a appris sa maladie, au lieu de ne rien faire, cette mère de deux jeunes adolescents s\u2019est donnée comme mission d\u2019informer la population.Ce quelle a réalisé est incroyable.» 1 La SLA entraîne une paralysie progressive de tous les membres et de tous les muscles.La mort survient finalement avec V incapacité respiratoire.La rédaction de L\u2019Itinéraire a profité de ce dossier sur les femmes pour demander à quelques-unes de ses camelots quelle femme les a le plus inspirées dans leur vie.Voici ce que l'une d'elles nous a confié.Propos recueillis par Jérôme Savary Une personne très humaine LINDA PELLETIER Camelot - Provigo Beaubien / 9e avenue «Ma belle-sœur Johanne, et mon frère (son chum), m\u2019inspirent profondément pour leur courage et leur détermination à poursuivre leurs rêves.Mon frère voulait travailler en humour, et malgré le fait qu\u2019il n\u2019avait aucun contact, il a réussi à en faire son métier.Johanne, elle, a réussi à réaliser son rêve, soit d\u2019enseigner en ergothérapie, et ce, sans obtenir d\u2019aide particulière.En plus, ses étudiants l\u2019adorent : pour preuve, elle a été reconnue à plusieurs reprises par ses étudiants comme étant le meilleur professeur en ergothérapie.Tous deux ont travaillé dur et ont réussi.Ce sont des personnes droites, honnêtes et altruistes, chez qui le don de soi est très présent.Quand je sors de chez eux, je me sens énergisée au maximum.Johanne est à la fois cultivée et très simple; je suis fière de la compter au sein de ma famille.Malgré toute sa charge de travail (elle se lève à 5 h du matin pour aller travailler), elle pense à faire du bénévolat auprès des personnes âgées.» Lisez d'autres témoignages en pages 36 et 37.Marie-Anne Gaboury (mo-ms) Amoureuse d\u2019un voyageur, elle partit du jour au lendemain avec lui en direction du Grand Ouest.A l\u2019époque, nul n\u2019avait jamais vu une Canadienne sur la piste des fourrures dans les Pays-d\u2019en-Haut.Refusant de travailler pour une compagnie de traite, nomades, elle et son mari se mêlèrent aux Amérindiens.Grand-mère de Louis Riel, on l\u2019a surnommée la «marraine des Métis de l\u2019Ouest».Emma Lajeunesse, dite LAIbani (îm-mo) L\u2019Albani a pavé la voie à Céline! Née dans un Québec austère et ultra religieux, la future cantatrice doit voyager aux Etats-Unis afin de voir sa carrière décoller.Elle chantera partout à travers le monde, du Covent Garden de Londres à la cour du tsar de Russie en passant par Florence.Elle entretient une profonde amitié avec.la reine Victoria.Il était une fois une petite fille de Chambly devenue une grande diva internationale. La force de la femme.et de la mixité Les femmes ont beaucoup apporté à notre société, et elles ont encore beaucoup à donner.Mais celles-ci ont tout intérêt à travailler de concert avec les hommes et à se faire davantage confiance, croit la journaliste, chroniqueuse et écrivaine Pascale Navarro, qui a écrit plusieurs ouvrages sur les femmes, dont le dernier s\u2019intéresse spécifiquement au rôle des femmes en politique.CATHERINE GIROUARD Rédactrice en chef L\u2019Itinéraire (L\u2019I.) : Vous avez écrit le livre Les femmes en politique changent-elles le monde?Quelle est votre réponse à cette question?OPPOSER LES HOMMES ET LES FEMMES NE MÈNE À RIEN.[.] JE CROIS BEAUCOUP À LA FORCE DE LA MIXITÉ.Pascale Navarro Pascale Navarro (P.N.) : Une femme n\u2019arrive pas en politique avec une baguette magique.Mais on constate que leur présence dans ce milieu fait une différence avec les années.S\u2019il n\u2019y avait pas eu de femmes en politique, on n\u2019aurait pas de congé parental, pas de loi sur l\u2019équité salariale, pas de loi sur le divorce, pas de garderies, pas le droit à l\u2019avortement, pas le droit pour les femmes d\u2019exercer tous les métiers, etc.Mais elles n\u2019ont pas fait ces changements seules; les hommes ont du comprendre l\u2019intérêt social que constitue l\u2019égalité.Tout le monde doit changer de vision, et ne pas seulement compter sur les femmes pour changer la politique et le monde des affaires.L\u2019I.: Au Québec et au Canada, les femmes doivent-elles encore se battre pour faire leur place?P.N.: Je crois que oui.Dépendamment des domaines, des femmes doivent plus ou moins se battre.Elles doivent par exemple imposer des valeurs importantes pour elles, qui ne le sont pas pour les hommes en général.Cela s\u2019explique par les différences entre la culture féminine et la culture masculine.L\u2019I.: Croyez-vous que la guerre des sexes est encore d\u2019actualité aujourd\u2019hui?P.N.: Dans les débats sociaux et politiques, la guerre des sexes telle qu\u2019on l\u2019a connue, c\u2019est un vestige archaïque.On n\u2019a plus envie de ce genre de confrontations.Opposer les hommes et les femmes ne mène à rien.Je crois beaucoup à la force de la mixité.L\u2019I.: Quelles seront les batailles des femmes de demain?on laisse aller les choses, on ne veut pas déranger.On a déjà été plus combative qu\u2019on l\u2019est aujourd\u2019hui.L\u2019I.: Avez -vous un conseil à donner aux femmes qui veulent atteindre leurs ambitions?P.N.: Ça dépend de nos ambitions.Mais je dirais de se développer un réseau de femmes, pour pouvoir compter les unes sur les autres.Ensuite, se faire confiance et accepter de ne pas être parfaite.P.N.: J 'ai un début de réponse.Les femmes ont développé une culture du soin aux autres.Elles s\u2019occupent beaucoup de leurs vieux parents et de leurs enfants.Comment se fait-il que les femmes prennent sur elles et assument toute la responsabilité de la sollicitude?Est-ce quelles voudront continuer d\u2019être des aidantes naturelles, de ne pas avoir de temps pour elles et d\u2019en faire des burnout?Si c\u2019est si important de s\u2019occuper des autres, pourquoi ne défendent-elles pas cela sur la place publique?[.] Les femmes doivent apprendre à s\u2019imposer davantage, à laisser de côté leur modestie féminine*.On n\u2019exige rien pour nous, L\u2019I.: Quel est votre souhait pour les femmes québécoises?P.N.: De s\u2019offrir le luxe de l\u2019ambition.Je souhaite d\u2019ailleurs cela à tous les Québécois, car le Québec manque cruellement d\u2019ambition.# *sujet de son livre Pour en finir avec la modestie féminine (2002) LES FEMMES EN POLITIQUES fj-r changent-elles le monde?POUR EN FINIR AVEC LA MODESTIE FÉMININE BORÉAL i I A Robertine Barry (I863-1910) «Dans un Québec conservateur, où la femme est maintenue dans une condition d\u2019infériorité systématique [.], Robertine veut se servir de sa plume comme d\u2019une arme pour forcer des changements de mentalité», peut-on lire dans Elles ont fait l Amérique.Robertine Barry est la première femme journaliste au Québec.Maud Maloney Watt (i894-i987) «Pourquoi cette femme parcourt-elle ainsi quatre cents kilomètres dans la taïga, en traîneau à chiens, par 45 degrés au-dessous de zéro, avec ses deux enfants blottis sous les peaux?» lit-on dans Elles ont fait l:Amérique.Elle veut gagner Québec, où elle réussira à revendiquer la création des premiers territoires protégés pour la sauvegarde du castor, afin d\u2019assurer la subsistance des Cris.L\u2019ITINÉRAIRE\tN 1er octobre 2011 DOSSIER SPÉCIAL Mère a temps plein CAMILLE LAURIN-DESJARDINS Obliez le tablier à froufrous roses, le rouge à lèvres et les bigoudis dans les leveux.Virginie Dostie-Toupin est plutôt vêtue d'un simple jean et d\u2019un pli en laine, lorsqu\u2019elle ouvre la porte de sa sympathique maison colorée, ans le quartier Saint-Henri de Montréal.La jolie brunette a 27 ans, deux enfants, presque deux diplômes en poche, et elle a choisi de rester à la maison après la naissance de sa première fille, Isis, il y a quatre ans.Au Québec, les mamans comme Virginie sont encore l\u2019exception.Mais aux Etats-Unis et en Europe (majoritairement en France et en Italie), les femmes sont de plus en plus nombreuses à reprendre le chemin du foyer, après avoir fait leurs études.Mais pourquoi ce désir de ramer à contre-courant dans notre société québécoise dite moderne, où la norme pour une jeune mère est plutôt de travailler 40 heures par semaine?«Franchement, ce n'était même pas une réflexion ou un choix.Ça s'est imposé, pour moi, explique doucement Virginie.Je ne voyais pas quelqu\u2019un d\u2019autre que moi pour faire ce travail avec mes enfants.Je sentais que c'était ma place.» Il faut dire que le papa est résident en médecine, et qu'il a donc un horaire de travail assez atypique.«Comme il travaille parfois 70 heures par semaine, c'est déjà l'équivalent de deux emplois à temps plein.Je trouvais que ça faisait beaucoup trop de rajouter un autre horaire de travail.» Elle a donc arrêté de pratiquer son métier d'acuponctrice, puis a recommencé à travailler un peu chez elle entre ses deux grossesses.Mais depuis que la petite Flora est née, il y a deux ans, la jeune maman n'a plus retouché à ses aiguilles.UNE ENTRAVE AU FÉMINISME?Francine Descarries, chercheuse à l'Institut de recherche et d'études féministes (IREF) de l'UQAM, affirme qu\u2019il y a aujourd\u2019hui très peu de Québécoises qui choisissent de rester à la maison.Elle est cependant inquiète pour l'avenir de celles qui font ce choix.«Elles se mettent en situation d'insécurité économique et professionnelle.Même pour celles qui prennent une pause quand les enfants sont en bas âge, cela crée des effets pervers lorsqu'elles veulent retourner sur le marché du travail.» Mme Descarries croit également que ce choix contribue à un retour des valeurs conservatrices, puisqu'il va à l'encontre même du principe du féminisme, selon elle.«C'est un recul par rapport à l'avancée que nous avions faite : offrir aux pères le même espace domestique et parental qu'aux mères.Ce n'est pas vrai que seule la mère peut développer un lien privilégié avec l'enfant en ce qui concerne l'attachement.Le mot clé est équilibre.» Pourtant, Virginie se considère comme féministe.«Pour moi, c\u2019est un choix.Contrairement à nos grands-mères, je sais que j'ai le choix et que je peux retourner sur le marché du travail quand je veux.Je pense qu\u2019il y a de plus en plus de femmes, de parents, qui ont envie de s\u2019impliquer davantage avec leurs enfants.Je suis censée travailler de telle heure à telle heure, ne pas voir mes enfants, et c'est censé ne pas me déranger?Je ne suis pas d'accord.» Virginie ajoute d'ailleurs quelle serait la première à inscrire ses filles dans une garderie à temps partiel, s\u2019il y en avait davantage.«Mais il y en a très peu, déplore-t-elle.Tu dois embarquer à fond, et placer tes enfants quasiment 10 heures par jour, cinq jours par semaine.On se fait dire que c'est plus facile pour l'intégration des enfants.Je ne suis pas convaincue! C'est peut-être moins difficile, dans le sens qu'ils finissent par oublier qu'ils ont envie d'être avec leurs parents.C\u2019est comme s\u2019ils entraient à l'usine!», affirme-t-elle.ENTRE RÊVE ET RÉALITÉ Depuis 1976, le taux de femmes à l'emploi dans la province est passé de 41 % à près de 60 %, selon l'Institut de la statistique du Québec.Malgré cette augmentation importante des femmes sur le marché du travail, plusieurs d'entre elles ne cachent Thérèse Forget Casgrain (i896-mi) «Le redressement des injustices dont les femmes sont victimes s\u2019est imposé à moi comme un but nécessaire à atteindre», a écrit Thérèse Forget Casgrain dans ses notes autobiographiques.Politicienne et militante pour de nombreuses causes sociales, elle est connue pour avoir obtenu le droit de vote pour les femmes au Québec en 1940,20 ans après avoir commencé sa lutte acharnée pour les droits des femmes.Madeleine Parent (ms\u2014) Modèle de détermination et d\u2019engagement, Madeleine Parent est une syndicaliste et une féministe québécoise qui fut très engagée toute sa vie, jusqu\u2019à ce que son état de santé ne lui permette plus.Elle mena plusieurs combats de front, dont la défense des ouvrières et ouvriers du textile sous Duplessis, l\u2019équité salariale, le droit à l\u2019avortement et la défense des droits des femmes autochtones et immigrantes.Rien n\u2019arrêtait cette femme forte à la voix douce lorsqu\u2019il s\u2019agissait de dénoncer une injustice.Sœur Nicole Jettè (1943\u2014) Que ce soit comme enseignante ou comme religieuse, cette femme en a toujours fait à sa tête.Avec 60 ans d\u2019engagement social et une maîtrise en travail social à son actif, Sœur Nicole Jetté s\u2019est toujours dévouée pour les personnes exclues, de qui elle dit avoir appris le plus.La fondatrice du Centre Drogue-Secours milite activement depuis 20 ans au Front commun des personnes assistées sociales du Québec. pas quelles aimeraient rester à la maison, si elles en avaient les moyens.Selon les Cercles de Fermières du Québec (CFQ), près de 70 % des Québécoises seraient prêtes à délaisser leur travail pour s'occuper à temps plein de leurs enfants si on leur en donnait les moyens.Karine Gélinas fait partie de ces 70 %.Jeune infirmière de 25 ans, elle est maman depuis 9 mois.Elle n'a pas encore recommencé à travailler, et son emploi ne lui manque pas.«J'aimerais bien rester à la maison pour m'occuper de ma fille, la voir grandir, être présente pendant son développement.Je compte avoir deux à quatre enfants, et dans un monde idéal, je resterais à la maison jusqu'à ce que le dernier soit à l'école.» Mais comme le papa de la petite Léanne est encore étudiant, il est financièrement impossible pour Karine et son conjoint d'aspirer à une telle réalité, à court terme.«Peut-être que lorsque mon conjoint aura terminé ses études, nous pourrons nous permettre un tel choix de vie, mais pour l'instant, c'est impensable, malheureusement.» La présidente des CFQ, Yolande Labrie, explique le désir des femmes de rester à la maison entre autres par le manque de conciliation travail-famille que doivent subir les jeunes parents.«Ils vivent beaucoup d'anxiété, surtout pour trouver une place en garderie.Si les femmes sont de plus en plus présentes sur le marché du travail, il faudrait que les services complémentaires soient disponibles!» Marie Connolly-Pray, professeure en sciences économiques à l'UQAM, souligne pour sa part l'amélioration des mesures de conciliation travail-famille dans les dix dernières années.Selon elle, cela aurait favorisé l'augmentation du nombre de femmes sur le marché du travail.«Il est clair que si une maman qui va travailler a de la difficulté à couvrir les frais de garderie, la question de rester à la maison va se poser.Mais ici, ce n'est plus le cas, heureusement», résume-t-elle.VIVRE AVEC UN SEUL REVENU FAMILIAL Mme Connolly-Pray croit qu'il est possible pour un ménage québécois de vivre avec un seul revenu actuellement, mais à condition de faire des sacrifices.Des mesures gouvernementales (par exemple, le crédit d'impôt pour le parent qui ne travaille pas) permettent à certaines familles de faire le choix de vivre avec un seul revenu.Virginie et son conjoint ont d\u2019ailleurs dû faire des sacrifices pour arriver à vivre avec un seul salaire.Mais c\u2019est un choix qu'ils ne regrettent pas.«C'est certain que nous avons dû changer notre mode de vie, faire des sacrifices, explique Virginie.Mais ce n'est que du positif à mon avis : on réduit notre consommation.J\u2019aime beaucoup cuisiner, alors on ne mange presque jamais au restaurant, nous avons une voiture que nous n\u2019utilisons presque jamais.» Mais la jeune maman avoue que parfois, lorsqu'elle et son conjoint sont plus serrés dans leur budget, ils discutent de l'éventualité de son retour au travail.«Mais au bout du compte, nous savons que c'est un compromis.Nous avons le choix : manquer un peu d'argent et être obligés de se serrer la ceinture, ou avoir beaucoup plus de stress, tous les deux.» Évidemment, Virginie sent qu'une grande partie de la société a des préjugés défavorables envers les femmes qui, comme elle, décident de rester à la maison.«Souvent, la première question que les gens me posent est : \"Quand est-ce que tu retournes au travail?\" Ils ont hâte que je contribue.Mais je sens que je contribue d'une autre manière.Investir son potentiel dans une compagnie ou dans ses enfants, c\u2019est un choix personnel.» SELON LES CERCLES DE FERMIÈRES DU CUÉBEC (CFC), PRÈS DE 70 % DES CUÉBÉCOISES SERAIENT PRÊTES À DÉLAISSER LEUR TRAVAIL POUR S'OCCUPER À TEMPS PLEIN DE LEURS ENFANTS SI ON LEUR EN DONNAIT LES MOYENS.Suggestions de lecture - Le féminisme québécois raconté a'Camille Micheline Dumont les éditions du remue-ménage À l\u2019image des femmes présentes sur la couverture de ce livre, les Québécoises ont avancé vers leur liberté et leur autonomie, parfois en courant, parfois à petits pas.C\u2019est cette passionnante histoire, déjà longue de plus de 100 ans, dont Micheline Dumont relate les multiples épisodes, dans ce récit adressé à Camille, sa petite-fille âgée de 15 ans.(Source : les éditions du remue-ménage) Louise Arbour (1947\u2014) Les droits de la personne ont trouvé en cette magistrate d\u2019exception l\u2019une de leurs meilleures défenseures.Procureure en chef du Tribunal pénal international (TPI) pour le Rwanda, puis pour l\u2019ex-Yougoslavie, madame Arbour est devenue ensuite juge à la Cour suprême du Canada, puis haute-commissaire de TON U aux droits de l\u2019homme.Indépendante, incorruptible, exceptionnelle.Elles ont fait l'Amérique Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque Lux Editeur Les femmes sont absentes de l\u2019histoire officielle de l\u2019Amérique.Les Amérindiennes certainement, mais aussi toutes les autres, sans distinction culturelle : Inuites, Canadiennes, Anglaises, Noires, Françaises et Métisses.Plusieurs d\u2019entre elles sont des êtres d\u2019exception dont le contact avec ce vaste continent a révélé l\u2019intelligence et le caractère.Elles ont fait lAmérique rétablit la mémoire de quinze de ces « remarquables oubliées », héroïnes aux exploits invisibles, résistantes, pionnières, aventurières, diplomates, scientifiques, exploratrices ou artistes.(Source : Lux Editeur) Hélène Pedneault (1952-2008) «J\u2019aime la colère.Elle me garde envie aussi sûrement que l\u2019air, l\u2019eau, l\u2019amour et la littérature», écrivait Hélène Pedneault en 1999.Cette féministe engagée, écrivaine, dramaturge, indépendantiste convaincue et militante écologiste, tenait des propos profondément progressistes avec une énergie hors du commun.Femme de lettres, elle a en outre grandement contribué à la dramaturgie québécoise. ACTUALITÉ & CULTURE ciel étoilé ï* JY JOSÉE LOUISE TREMBLAY Journaliste de rue www.joseelouise.com Depuis 22 ans, la solidarité s\u2019exprime contre l'indifférence et les préjugés durant la Nuit des sans-abri.Cette année ne fait pas exception : le 21 octobre, activités et spectacles sont offerts gratuitement aux courageux citoyens ayant choisi de se rassembler sous le ciel étoilé dans plusieurs villes du Québec.Une opportunité rêvée pour briser l\u2019isolement et les préjugés entre la population et les personnes de la rue.Encore victime de tabous et d'ignorance, l'itinérance est considérée à tort comme un choix de vie.Pourtant, la personne en état d'errance a généralement tout perdu ou n'est simplement pas outillée pour combler ses besoins primaires.En côtoyant durant une nuit les personnes sans-abri, le citoyen a l\u2019occasion d'écouter l'histoire du «quêteux» du coin et de prendre conscience que personne n'est à l'abri.Porte-parole de l'événement depuis deux ans, Christian Vanasse, membre du groupe d\u2019humoristes les Zapartistes, propose cette année des capsules thématiques sur l'itinérance.«Moins on s'occupe de l'itinérance et de la détresse psychologique, plus ça coûte cher à l'État de traiter ces personnes.La force d'une société se mesure à la façon dont elle traite ses plus faibles», a-t-il affirmé l'an dernier à L'Itinéraire.Cette nuit vise également à aider la population à comprendre le phénomène et à démystifier les préjugés véhiculés envers les personnes de la rue.«Les citoyens sont invités à rencontrer les travailleurs sociaux afin de poser les questions qui les préoccupent», explique Nathalie Nadon, coordonatrice adjointe au Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), qui chapeaute l'organisation de l'événement avec la participation de l\u2019Auberge du cœur Le Tournant.«Cette année, on s'est concentré autour de nos objectifs du départ, dit-elle.Sensibiliser et informer la population tout en faisant la promotion d'un revenu décent garanti.»# WWW.NUITDESSANSABRI.CA - ; DOUZE FEMMES ONT CRÉE UN PANNEAU COMME CELUI-CI OUI RELATE LEUR VÉCU DE LA RUE DANS LE CADRE DE L\u2019EXPOSITION RUE-ELLES, ORGANISÉE PAR LE Y DES FEMMES DE MONTRÉAL.12 FEMMES, 48 PHOTOS MARIE-LISE ROUSSEAU Adjointe à la rédaction Avez-vous déjà vu une femme dormir dans la rue?L\u2019itinérance féminine est très peu visible et moins documentée que celle des hommes, mais elle reste la réalité du tiers des personnes itinérantes à Montréal.Douze femmes racontent leur histoire de rue en textes et en photographies dans l\u2019installation Rue-ELLES, présentée par le Y des femmes jusqu\u2019au 14 octobre à Montréal.14 LTINERAIRE 1er octobre 2011 Vera vient d\u2019avoir 25 ans.Elle est une des participantes du projet Rue-ELLES.Pendant quatre jours complets, elle a reçu une formation du Y des femmes et de l\u2019Université Concordia en photographie et en écriture pour accoucher de son panneau Rue-ELLES, qui comprend quatre photographies quelle a prises, un autoportrait et son récit personnel.Comme chaque histoire d\u2019itinérance, le parcours de Vera est unique.Alors que la majorité des femmes ne choisissent pas de se retrouver dans la rue, la jeune diplômée de l\u2019Université McGill l\u2019a fait volontairement.Vera a plongé de plein gré dans l\u2019univers de la rue, qui l\u2019attirait, tout simplement.«Je n\u2019ai pas de domicile fixe depuis 2008», raconte-t-elle de son téléphone cellulaire dans un restaurant ({comme femme, particulièrement comme JEUNE FEMME, JE SUIS BIEN PLACÉE POUR DIRE QU\u2019IL EST MIEUX DE NE PAS RESTER DANS LA RUE! [.] C\u2019EST UNE LUTTE CONSTANTE.)) - Vera, artiste de l\u2019exposition Rue-ELLES McDonald.Se sentant chez elle nulle part, elle se contentait des divans d\u2019amis, des refuges pour femmes, parfois des hôtels, lorsqu\u2019elle en avait les moyens, et de la maison de ses parents au besoin.Pendant la durée de l\u2019atelier, Vera a passé deux nuits à dormir dehors, une expérience quelle a désiré exprimer de façon positive dans sa création pour Rue-ELLES.«C\u2019était très beau! J\u2019étais avec mon chien [dont la présence est interdite dans plusieurs refuges] et on avait trouvé un matelas près d\u2019un chemin de fer où on a dormi.J\u2019ai vu un des plus beaux couchers de soleil de ma vie! Je me sentais à l\u2019aise.» Jusqu\u2019à ce que Vera se rende compte que le matelas était infesté de produits chimiques, qui lui ont causé des problèmes de peau.Ainsi va la vie de la rue : comportant toujours son lot d\u2019imprévus! Vera a donc relaté cette aventure par écrit.«Pour le visuel, j\u2019ai voulu expérimenter la photo sous une forme subliminale avec des clichés qui racontaient ma vision de la rue», explique l\u2019artiste qui adore peindre des portraits de personnages féminins «pour montrer leurs forces et leurs faiblesses».Depuis sa participation à ce projet, Vera a pris conscience de la dureté de la rue.«Comme femme, particulièrement comme jeune femme, je suis bien placée pour dire qu\u2019il est mieux de ne pas rester dans la rue! Je me suis souvent fait offrir de l\u2019argent pour des services sexuels, que j\u2019ai refusé! C\u2019est une lutte constante», dit-elle, sur un ton toujours enthousiaste malgré ses propos sombres.PAR ET POUR LES FEMMES Pour les 12 participantes de l\u2019exposition Rue-ELLES, ce fut un défi émotionnel de raconter leurs expériences difficiles sur leur panneau.«Chaque histoire est unique, mais un atelier comme on a fait permet aux femmes de réaliser quelles ne sont pas seules dans leur situation», explique Carlye Watson, agente de projet et animatrice au Y des femmes.Sans être un atelier d\u2019art-thérapie, cette formation fut pour les participantes l\u2019occasion de se découvrir de nouveaux talents artistiques.Pour sa part, Vera avait toujours été intéressée par la photographie, mais par manque d\u2019argent, n\u2019avait jamais pu se procurer d\u2019appareil.Qu\u2019est-ce que la jeune femme tire de cette expérience?«Après deux nuits à dormir dehors, j\u2019étais physiquement épuisée, je manquais de sommeil, j\u2019avais les yeux rouges, j\u2019étais beaucoup plus sensible et fatiguée, je pleurais., se souvient-elle.Alors j\u2019ai donné mon chien et j\u2019ai décidé que j\u2019allais reprendre ma vie en main.» Présentement participante à un programme de réinsertion sociale en art, la jeune femme désire développer au maximum son talent artistique pour pouvoir en vivre un jour.# PHOTO : GRACIEUSETÉ DU Y DES FEMMES DE MONTRÉAL L\u2019INSTALLATION RUE-ELLES EST EXPOSÉE AU 1410, RUE PIERCE (COIN SAINTE-CATHERINE OUEST) JUSQU\u2019AU 14 OCTOBRE.D\u2019AUTRES LIEUX D\u2019EXPOSITION SUIVRONT.WWW.YDESFEMMESMTL.ORG L'ITINEFlAIFlE I5 1 ®r octobre 2011 ACTUALITÉ & CULTURE LE CASTING WILD DE CATHERINE BOURGEOIS SORAYA ELBEKKALI Stagiaire à la rédaction Catherine Bourgeois est passionnée, inspirante, rieuse et égoïste.Oui! Vous avez bien lu.Egoïste.Et elle ne s\u2019en cache pas.Depuis deux ans, elle élabore en étroite collaboration avec ses acteurs, le spectacle idéal pour.elle-même! «Notre pièce Just Fake it donne une voix à des gens qui sont peu entendus, peu écoutés.C\u2019est cette parole que j\u2019ai envie d\u2019entendre quand je vais au théâtre.Les pièces qui ne m\u2019amènent pas à me questionner, je trouve ça plate», admet tout simplement la jeune metteure en scène québécoise.En intégrant deux acteurs ayant une déficience intellectuelle au sein de la distribution de Just Fake It, Catherine Bourgeois n\u2019avait pas la prétention de faire une bonne action ou de s\u2019investir dans une cause sociale.«Je fais seulement du théâtre avec du monde trippant en repoussant les limites et les formes de cet art», explique-t-elle.La jeune femme a toujours voulu travailler avec un casting hors-norme.A la fin de ses études, elle cofonde la compagnie théâtrale Joe Jack et John, pour pouvoir choisir ces acteurs souvent exclus des scènes.En ouvrant les scènes à des acteurs de 70 ans et plus, immigrants, ou avec des déficiences intellectuelles, Catherine Bourgeois estime qu\u2019il y a là une véritable rencontre et réflexion sur notre société.En tant qu\u2019artiste, elle veut être porteuse de ce message.En plus de se doter d\u2019un casting éclectique, la jeune compagnie théâtrale privilégie les processus de création de longue haleine.«Nos premières rencontres pour Just Fake it ont eu lieu il y a deux ans déjà.On commençait à écrire des idées, puis on rencontrait les acteurs pour en discuter et on réécrivait ensuite, se rappelle Catherine Bourgeois, les yeux brillants.C\u2019est vraiment une création collective.» Le résultat de cette incroyable collaboration est explosif.On suit un apprenti-nageur, une danseuse américaine, un vendeur d\u2019abris Tempo et une jeune femme manipulatrice qui évoluent dans un monde de faux-semblants et qui s\u2019interrogent sur les apparences et le bien-paraître.Ces quatre personnages ont des quêtes parallèles, mais ont quand même un point commun: ils fakent tous à un moment dans leur vie.«À ces histoires se mêlent plusieurs thèmes récurrents chez Joe Jack et John, comme la quête identitaire, l\u2019être social et sa représentation, explique la jeune femme.J\u2019aime beaucoup jouer avec cette ligne très mince entre le vrai et le faux.» DÉPOUSSIÉRER LE THÉÂTRE La recette de Catherine semble fonctionner puisqu\u2019un extrait de la pièce joué dans le cadre du OFFTA (la manifestation artistique annuelle créée aux abords du Festival TransAmériques) a reçu d\u2019élogieuses critiques.Cet accueil chaleureux du grand public peine parfois à trouver écho auprès du milieu théâtral.La jeune femme se désole qu\u2019encore aujourd\u2019hui les acteurs avec une déficience intellectuelle soient automatiquement identifiés à du théâtre amateur.«Dès que je dis déficience intellectuelle, on s\u2019imagine une troupe qui fait des ronds dans un sous-sol d\u2019église avec des comédiens affublés d\u2019un nez de clown», s\u2019exclame la jeune femme, en pouffant de rire.Elle Au* écurie* reprend son calme et précise que l\u2019actrice Geneviève, qui vit avec la trisomie 21, a suivi une formation en arts de la scène à l\u2019école Les muses.«On a une démarche artistique sérieuse et un produit travaillé, mais c\u2019est difficile de se faire accepter par nos pairs.En Europe, plusieurs metteurs en scène travaillent depuis longtemps avec ce genre de casting.Ici, c\u2019est perçu comme étant \u201clouche\u201d et peu garant de qualité», s\u2019indigne la jeune femme.Heureusement pour Joe Jack etJohn, les choses bougent lentement.mais sûrement.Cette année, pour la première fois depuis sa création il y a huit ans, le groupe a reçu l\u2019aide financière du Conseil des arts et des lettres du Québec.Catherine pourrait être amère; plusieurs autres compagnies de théâtre plus traditionnelles fondées en même temps que la sienne n\u2019ont pas eu à attendre aussi longtemps pour recevoir un tel support.Mais l\u2019énergique jeune femme choisit plutôt de se réjouir de ce changement et, tout enjouée, elle rebondit sur du positif.«Avant on jouait dans un loft et cette fois-ci ce sera au théâtre Aux Écuries! C\u2019est génial.Tout va très, très bien pour nous!» > PHOTOS : SIMON GRENIER-POIRIER LES QUATRE COMÉDIENS DE LA PIÈCE JUST FAKE IT, GENEVIÈVE MORIN-DUPONT, JEAN-PASCAL FOURNIER, DORIAN NUSKIND-ODER ET MICHAEL NIMBLEY.16 L! ITINÉRAIRE 1er octobre 2011 PHOTO : DANIEL DUMONT LE RAPPEUR SIR PATHÉTIK SE CONSIDÈRE DAVANTAGE AUTEUR-COMPOSITEUR-INTERPRÈTE.LA MUSIQUE, C\u2019EST DE LA MUSIQUE!», CLAME-T-IL.INFLUENCES ORIGINELLES Raphaël Bérubé, alias Sir Pathétik, est fou de sa culture et se met au parfum de tout ce qui se fait au Québec.«J'achète tout ce qui est québécois : films, musique, vêtements, etc.J'écoute de tout.C\u2019est ce qui m\u2019inspire.Je suis un analyste de la musique.Je m\u2019influence de tout», ajoute-t-il, passionné.Il y a certains styles musicaux que Sir Path n\u2019aime pas, mais en général, tout le stimule : «Je me dis \"pourquoi pas?On est comme ça, à chacun son niveau de poésie.\" Ma poésie est peut-être plus urbaine, mais ça rentre dans la même gamme que n'importe quel artiste qui écrit des chansons.De nos jours, le catalogue est très varié.» Entre le punk rock, le chansonnier, le rock, le blues et le hip-hop, il a louvoyé entre les genres et a finalement choisi le hip-hop.«J'ai aussi adopté son look et sa façon de penser.Par contre, j'ai toujours été très ouvert à la nouveauté et ça transpire dans mes compositions.» Son premier hit, L\u2019accroc du trippe, tiré de l'album 3 ans de trippe après., a permis à la bête de scène de joindre un plus large public et personne n'est resté indifférent.Cette pièce donne le ton «Pathétik» et le hisse dans le top 10 du hip-hop québécois de Musique Plus.En nomination au gala de l\u2019ADISQpour l\u2019album hip-hop de l\u2019année en 2005, 2006 et 2007, Sir Pathétik se démarque davantage avec l\u2019album Avant k\u2019tu m\u2019oublies et gagne le trophée de l\u2019album de l'année en 2009.Son petit dernier, lOième round, soulignant son dixième anniversaire de carrière, est sorti en 2010 et a reçu des critiques dithyrambiques.Pour ce CD, il s'est associé à Marie-Chantal Toupin, David Jalbert, Nick Bélanger et Dave Bourgeois, ce qui donne à cet opus un son métissé.L\u2019effet est totalement disjoncté! # SIRPATHETIK.CA Hart du hip-hop avec SIR PATHÉTIK a JOSÉE LOUISE TREMBLAY Journaliste de rue www.joseelouise.com Sir Pathétik aime provoquer.Le rappeur emploie un langage qui dérange et ne se censure pas.Il parle avec ses tripes de vraies histoires qui ne se terminent pas toujours bien.N'est-ce pas le côté «pathétique» de la réalité?Le chevalier des temps modernes «Sir Path», comme l\u2019appellent ses fans, est un homme d\u2019honneur qui a le courage de ses rimes un peu sombres.Le poète écrit sans détour.Ses textes sont francs et directs.Il dénonce les commentaires «plates» ou gratuits qu\u2019on peut faire sur des sujets d'actualité.Sa poésie parle des problèmes de notre société et elle est directement reliée au quotidien : le suicide, la politique du Québec, la rue, les filles ou la vie sous tous ses angles y sont décortiqués sous sa plume aiguisée.C'est dans la simplicité du moment et la confiance de ses amis que le poète s'est libéré de ses peurs.Lors d\u2019un voyage vers Vancouver avec deux amis guitaristes, il a osé chanter quelques mots avec eux.«Mes chums jammaient tout l\u2019temps.Et puis, une fois, j\u2019ai chanté mes mots et ils ont aimé ça.Ça m'a encouragé à explorer ce que je feelais», raconte-t-il.Ses choix et ses rencontres musicales l\u2019ont amené vers le style musical dans lequel il évolue aujourd\u2019hui.«Je mélange beaucoup les genres; je touche au reggae ou au québécois.Pourtant, on m\u2019a catégorisé dans le hip-hop», explique le rappeur qui se considère davantage comme un auteur-compositeur-interprète.Car le trentenaire déteste qu'on mette un style à sa musique.«La musique, c\u2019est de la musique! Tout se mélange! La boxe est combinée avec le karaté, on fait du taekwondo, du kickboxing, etc.», explique le Trifluvien, enflammé.LrtlNERAIRE 17 1 ®r octobre 2011 AU CŒUR DE MONTRÉAL DU 15 AVRIL AU 31 OCTOBRE 2011 'A\u2018 Ik - ir 72 parcomètres recyclés en Parcodonmd et peints par des célébrités montréalaises pour venir en aide aux plus démunis Localisez les Parcodonmd au : WWW.ITINERAIRE.CA UN DON POUR LES SANS-ABRI Liïi _ TR MD TTOIR DES CELEBRITES PARCC^DON \u2019t.ij TOUS DIFFERENTS, TOUS MONTRÉALAIS.Montra f© GRANDE ENTREVUE PIERRE BRUNEAU À toute épreuve T\u2019AS BEAU VOULOIR ATTEINDR AS TOUTES LES APTITUDES, SI TU N\u2019Y ARRIVERAS JAMAIS.^)' «Trente-cinq ans.Ça a passé comme une balle!», lance Pierre Bruneau.Présent chaque jour, «même heure, même poste», le célèbre chef d\u2019antenne de TVA en a vu de toutes les couleurs depuis ses débuts à Télé-Métropole, alors qu\u2019il n\u2019avait que 23 ans.S\u2019il a la même énergie aujourd\u2019hui qu\u2019à ses débuts, c\u2019est grâce aux gens qu\u2019il côtoie, tant ceux du public que de l\u2019équipe de la Fondation Charles-Bruneau, créée à la suite du décès de son fils.L\u2019Itinéraire l\u2019a rencontré dans les nouveaux studios de TVA nouvelles.«Venez, venez, je vais vous montrer nos nouveaux studios», lance gentiment Pierre Bruneau lorsque L\u2019Itinéraire arrive au dixième étage de l\u2019édifice de TVA-LCN.Le retour de vacances n\u2019aura pas été de tout repos pour le lecteur de nouvelles, rencontré à la fin août.Le décès de Jack Layton est survenu le jour de son retour à l\u2019antenne, amenant beaucoup de pain sur la planche.Mais le métier de journaliste n\u2019est jamais de tout repos.«Il n\u2019y a pas de routine, parce que l\u2019actualité change tous les jours», dit simplement Pierre Bruneau.E L\u2019ALTITUDE, MÊME SI TU LTU N\u2019AS PAS LATTITUDE, - Citation de Gandhi et leitmotiv de Pierre Bruneau L'ITINÉRAIRE MARIE-LISE ROUSSEAU Adjointe à la rédaction PHOTOS: CHUS (CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE DE SHERBROOKE) 1 ®r octobre 2011 GRANDE ENTREVUE En 35 ans, le lecteur de nouvelles est l\u2019un des rares à pouvoir se vanter d\u2019avoir assisté en direct à presque tous les grands événements des dernières années.Le plus marquant à ses yeux?«Polytechnique», répond-il, sans une fraction de seconde d\u2019hésitation.Il se souvient du 6 décembre 1989 comme si c\u2019était hier : «On avait entendu parler de coups de feu à Polytechnique, mais personne ne pouvait nous dire ce que c\u2019était.Plus le bulletin de nouvelles avançait, plus le nombre de morts augmentait : 2, 4, 6 morts.On est alors passé de bulletin à émission spéciale.On a été en ondes toute la soirée.Et dans ce temps-là, ce n\u2019était pas comme aujourd\u2019hui, hein! Il n\u2019y avait pas de YouTube ou de Twitter, ni personne pour prendre des images avec son téléphone intelligent.Ouf! Ça a été toute une soirée!», se remémore-t-il, une étincelle dans les yeux.Pierre Bruneau a encore des soirées comme celle-là devant lui, car à l\u2019approche de la soixantaine, la retraite n\u2019est pas à son agenda.«Je suis toujours aussi passionné.Le jour où je ne le serai plus, je vais rester chez moi», affirme-t-il.Le lecteur de nouvelles dit se nourrir du public, avec qui il a établi une relation de confiance au fil des années.Depuis ses débuts à la télévision, chaque génération de Québécois a vieilli un peu avec lui, et Pierre Bruneau se réjouit de faire partie du quotidien des gens, avec un bulletin télévisé récoltant des cotes d\u2019écoute qui dépassent souvent le million de téléspectateurs.Une présence rassurante aux yeux de plusieurs d\u2019entre eux.«Une femme m\u2019avait écrit un petit mot, me disant simplement : \u201cM.Bruneau, ça fait 20 ans que je soupe avec vous tous les soirs.Je suis seule et je prépare mon souper avec vous.Quand vous n\u2019êtes pas là, il manque quelqu\u2019un à ma table.\u201d Je trouve que c\u2019est une belle image!» POUR LES ENFANTS Sur le plan personnel, les enfants malades qu\u2019il côtoie à la Londation Charles-Bruneau, qui porte le nom de son fils (voir notre encadré), l\u2019inspirent.«J\u2019ai beaucoup appris des enfants, confie-t-il.J\u2019avais 24 ans quand mon fils a été atteint du cancer.Et ce n\u2019est pas dans la normalité des choses de voir un de nos enfants avoir le cancer quand on est si jeune.[.] Mais jamais ils ne perdent espoir, les enfants.Pour eux, la mort n\u2019est pas une fin; c\u2019est un changement.Je me rappellerai toujours qu\u2019avant son décès, mon fils disait vouloir être exposé pour voir ses amis une dernière fois.Pour lui, c\u2019est lui qui allait voir ses proches! Il y a de la magie là-dedans.» Près de 25 ans après le décès de Charles, Pierre Bruneau s\u2019engage toujours avec la même énergie auprès de la Londation.En plus d\u2019en être le porte-parole et de siéger au conseil d\u2019administration, le journaliste pédale chaque été les 900 km de vélo du Tour Charles-Bruneau.Il a aussi atteint deux fois le sommet du Kilimandjaro, une fois le camp de base de l\u2019Everest et le Machu Picchu, par le sentier des Incas, l\u2019été dernier.Toujours pour les enfants.«Lorsqu\u2019on monte, on porte un macaron avec la photo de l\u2019enfant qu\u2019on parraine.Alors, quand il y a un petit découragement dans la montagne, on regarde sa photo, et on se dit que s\u2019il pleut ou qu\u2019il y a un nuage, ça ne dure que deux jours.Eux sont pris avec très longtemps.Ça te ramène à ce qui est important, et c\u2019est extraordinaire.» Il ne fait pas de doute que le lecteur de nouvelles, dont le quotidien est déjà rempli d\u2019imprévus, aime les défis.«C\u2019est ce qui nous amène un peu plus loin, ça repousse nos limites», dit-il.Après tout, l\u2019ascension d\u2019une montagne, c\u2019est comme le chemin de la vie.«Toi t\u2019es en bas, il fait 30 degrés, c\u2019est l\u2019été, il fait chaud.Tu vois les glaciers en haut et c\u2019est ton but.Tu l\u2019as toujours à l\u2019œil.En montant, il y a des nuages, des tempêtes.Parfois, tu perds de vue ton objectif, mais tu te dis qu\u2019il est encore là.Alors tu continues et, d\u2019un coup, il y a une éclaircie qui t\u2019aide à te rapprocher.Les Africains disent \u201cPole pole\u201d, ça veut dire len-te-ment, un pas à la fois.» PIERRE BRUNEAU PÉDALANT LORS DU TOUR CHARLES-BRUNEAU Y V-jP *i 'ï .- Hr 'm- 20 L! ITINÉRAIRE 1er octobre 2011 ({même LA MORT D\u2019UN ENFANT A ÉTÉ L\u2019OCCASION POUR MOI DE DIRE: \u201cON FAIT DES CHOSES NOUVELLES, ON FAIT DES CHOSES DIFFÉRENTES.\u201d ETON S\u2019ADAPTE.LA VIE EST AINSI FAITE.)) - Pierre Bruneau «Gandhi disait: \u201cT\u2019as beau vouloir atteindre l\u2019altitude, même si tu as toutes les aptitudes, si tu n\u2019as pas l\u2019attitude, tu n\u2019y arriveras jamais\u201d», cite Pierre Bruneau.Cette citation est devenue son leitmotiv et s\u2019applique on ne peut plus à sa vision de la vie.Vision inspirante, malgré les embûches.LE POURQUOI DU COMMENT Philosophe, le chef d\u2019antenne?Peut-être.Optimiste, assurément.Le verre semble toujours être à moitié plein pour Pierre Bruneau.Loin du cynisme que l\u2019on pourrait attribuer aux journalistes, témoins privilégiés des coulisses rarement roses du pouvoir, le chef d\u2019antenne fait preuve d\u2019une résilience désarmante.«Même la mort d\u2019un enfant, ça été l\u2019occasion pour moi de dire : \u201cOn a fait des choses nouvelles, on fait des choses différentes.\u201d Et on s\u2019adapte.La vie est ainsi faite», dit-il, empreint de sagesse.Cette résilience lui provient de sa famille.Pierre Bruneau est le cadet d\u2019une famille de onze enfants - il a neuf frères (!) et une sœur.La mère du jeune Pierre a toujours banni le «pourquoi?» de sa maison.«Quand j\u2019ai été confronté au cancer de Charles, j\u2019ai comme entendu ma mère me dire : \u201cTi gars, on ne dit pas pourquoi, on dit comment!\u201d», se souvient-il en rigolant.Qu\u2019est-ce qui peut bien perturber le calme à toute épreuve de Pierre Bruneau?«Le crétinisme», lance-t-il d\u2019un ton convaincu.Par là, il entend les gens qui partent avec une attitude défaitiste, sans se donner une chance d\u2019essayer.D\u2019ailleurs, le porte-parole de la Fondation Charles-Bruneau le dit souvent aux enfants qu\u2019il côtoie : «On ne te demande pas de faire l\u2019impossible, on te demande de faire ton possible», résume celui qui perçoit la vie comme une grande course à relais où chacun, selon son talent, ses forces et ses capacités, participe à un grand travail d\u2019équipe.L\u2019histoire est connue.Agé d\u2019à peine 24 ans, Pierre Bruneau apprend que son fils est atteint d\u2019un cancer.Après un long combat, le jeune Charles meurt à 13 ans des suites de sa leucémie.Il est devenu une figure d\u2019espoir dans la lutte contre le cancer chez les jeunes avec sa célèbre phrase : «Quand je serai grand, je serai guéri».La Fondation Charles-Bruneau de l\u2019hôpital Sainte-Justine a été fondée en son honneur.Elle est toujours active, 23 ans plus tard.L\u2019objectif premier de la Fondation est la création et l\u2019aménagement d\u2019un centre de cancérologie pour «que tous les enfants atteignent leur rêve de guérison».Pierre Bruneau ne cache pas sa fierté devant les avancées accomplies.Les chances de guérison ont grimpé de 35 % à 85 % depuis la création de la Fondation.Des statistiques encourageantes pour le lecteur de nouvelles, qui admet trouver difficile de côtoyer la mort de si près.«Je ne suis pas sûr que 23 ans plus tard, sans ces résultats, je me battrais avec la même énergie, admet-il.Il reste qu\u2019en 33 ans de lutte, on a changé les choses, vraiment.» En 2004, Pierre Bruneau a publié le livre Quand je serai grand, je serai guéri, qui raconte le combat de la famille Bruneau contre la maladie.«QUAND JE SERAI GRAND, JE SERAI GUÉRI» L'ITINÉRAIRE 21 1 ®r octobre 2011 Ensemble, tout devient possible La Banque Nationale est heureuse d'appuyer des centaines d'organismes canadiens afin d'améliorer la qualité de vie des communautés.«RB ft' V»,' r* A /SH?* \u2022 \"fc- ET ACTION! BANQUE NATIONALE GROUPE FINANCIER PHOTO : JEAN-FRANÇOIS HAMELIN SlA&L&S ?A& j>bt Jérome Savary marche sur les traces clu Dr Julien,  chaque numéro de L'Itinéraire, les nombreuses rencontres du journaliste avec le créateur de la pédiatrie sociale, des enfants et des personnes de l'entourage de cet homme exceptionnel vous permettent de comprendre son quotidien et de découvrir son univers.Laissez-vous Inspirer par le Dr Julien DÉFRICHEURS MODERNES POUR ENFANTS POQUÉS JEROME SAVARY Superviseur à la rédaction «VOUS ÊTES DES PIONNIERS.» - Gilles Julien, à l\u2019attention des responsables de centres de pédiatrie sociale Tous les responsables de centres de pédiatrie sociale (CPS) le disent : le Dr Gilles Julien estle seul et véritable pionnier en la matière.Pourtant, le fondateur considère également ses pairs comme des défricheurs modernes.«J\u2019ai ouvert une trail, dit-il.Eux [les autres responsables de CPS] ouvrent d\u2019autres trails qui vont dans le même sens.» En cette journée de la fin du mois d\u2019août, le Dr Julien et une quarantaine de ses émules sont rassemblés afin de faire le point sur l\u2019état de santé des centres de pédiatrie sociale, ces lieux uniques dont la vocation est de changer la destinée des enfants vulnérables du Québec.La salle impersonnelle du centre des aînés de Saint-Jean-sur-Richelieu accueillait pour l\u2019occasion celles et ceux qui mettent tout leur cœur à faire de ces enfants de futurs adultes responsables et en santé.et pourquoi pas de beaux vieillards! Les responsables des CPS venaient de partout : Québec, Laval, Gatineau, Montréal, Lévis, Saint-Jean-sur-Richelieu, Ville Saint-Laurent et Trois-Rivières.Il fallait les voir discuter autour de la machine à café, avant que cette journée de travail et de partage des connaissances ne devienne studieuse.Chacune [ce sont surtout des femmes] semblait heureuse de constater quelle n\u2019était pas la seule à soutenir les enfants dans son coin du Québec.«Vous êtes des pionniers, leur a dit d\u2019emblée le Dr Julien.Chacun de vos modèles est unique.» La pédiatrie sociale est une discipline encore jeune.Gilles Julien a eu beau recevoir récemment l\u2019Ordre du Québec des mains du premier ministre, la pédiatrie sociale n\u2019est pas encore connue à l\u2019échelle de la province.Pourtant, dix centres, en plus des deux autres créés par le Dr Julien, existent déjà.Mais l\u2019ouverture d\u2019un centre de pédiatrie sociale ne se fait pas sans difficulté.Vu de l\u2019extérieur, cela relève même du miracle.Par exemple, à Québec, le chemin de la jeune pédiatre qui porte le projet du futur CPS est semé d\u2019embûches.«Le changement fait peur; ouvrir un nouveau centre de pédiatrie sociale demande beaucoup de convictions et de persévérance, car les obstacles sont nombreux.Pour réussir, nous devons faire chaque jour la promotion de la pédiatrie sociale», souligne Dre Marie-Camille Duquette, pédiatre responsable du projet.Mais la pédiatre y croit : «Ce qui est merveilleux en pédiatrie sociale, c\u2019est qu\u2019il est possible, en équipe, avec la famille et les différents intervenants, de changer l\u2019avenir d\u2019un enfant et d\u2019orienter sa trajectoire de vie vers celle du succès.» Lors de la pause café, au milieu des présentations de chaque CPS, le Dr Julien me lance cette phrase, sourire aux lèvres : «Tu as vu cette belle diversité?» La diversité des centres représente effectivement l\u2019une des forces du modèle pensé par Gilles Julien.Selon lui, chaque CPS doit développer son propre modèle pour s\u2019adapter aux réalités humaines de son milieu de vie.Cet éventail d\u2019approches semble cependant brouiller la compréhension de certains investisseurs potentiels et tous les CPS dépensent beaucoup d\u2019énergie à courir après l\u2019argent.«Autant de modèles différents, c\u2019est notre force, mais ça peut aussi déboussoler [ceux qui nous connaissent mal]», explique Gilles Julien.Maude Julien, sa fille, qui est à la tête du CPS de Lévis, peut en témoigner.«Démarrer un CPS n\u2019est pas comme ouvrir une franchise, confirme-t-elle.Tout est à faire, tout est à construire.» Heureusement, ces femmes et ces hommes, parmi lesquels de très nombreux bénévoles, ont du cœur à revendre.Pour rien au monde, ils ne lâcheraient «leurs» enfants.Gilles Julien est rassuré.«Tout cela m\u2019impressionne.Nous serons bientôt assez nombreux pour provoquer un changement en profondeur», confiera-t-il d\u2019ailleurs à la fin de cette journée riche.LE PREMIER SYMPOSIUM DE PÉDIATRIE SOCIALE SE TIENDRA LES 1er ET 2 DÉCEMBRE PROCHAINS, À MONTRÉAL.BANQUE NATIONALE LA BANQUE NATIONALE est flére de vous presenter Sur les pas du Dr Julien une série sur le fondateur de la pédiatrie sociale au Québec, ^ T .- I»*- DEVELOPPE NT SOCIAL Paris, la ville lumière, a accueilli au mois d\u2019août la Coupe du Monde des sans-abri pour sa 9e édition à la fin d'août.Véritable coup de pied contre la pauvreté, ce tournoi international de soccer permet à des milliers de personnes démunies d\u2019améliorer leur qualité de vie.Membre du Réseau international des journaux de rue (IN SP), L\u2019Itinéraire vous présente les moments forts de ce tournoi solidaire, relatés par l\u2019équipe de Macadam, le journal de rue parisien.«LA VIE BASCULE TRÈS RAPIDEMENT» - Emmanuel Petit, ex-footballeur MÉLANIE REMBERT ET FRANÇOIS FILLON Macadam (France) Lorsqu\u2019on l\u2019interroge sur la Coupe du Monde des sans-abri, Mel Young, fondateur de l\u2019évènement, résume son engagement en trois mots : l\u2019obscurité, l\u2019invisibilité et la lumière.L\u2019obscurité car, comme nous le rappelle cet entrepreneur écossais de 56 ans, on dénombre actuellement plus d\u2019un milliard de sans-abri dans le monde.Si cette situation est effectivement très sombre, pour Mel Young, elle est avant tout insoutenable.«Il y avait déjà beaucoup de sans-abri avant la crise financière», tient-il à préciser.La crise a accentué le phénomène, mais la plupart des gens se moquent de la situation.» La cause de cette indifférence générale?Si l\u2019on en croit Mel Young, elle réside dans l\u2019invisibilité qui affecte les sans-abri.«Une étude réalisée à partir de photographies a montré que la plupart des gens pouvaient reconnaître les logos des entreprises qu\u2019ils voyaient tous les jours, mais pas les sans-abri qu\u2019ils croisaient quotidiennement.» Pour Emmanuel Petit, parrain de la Coupe du Monde des sans-abri, il est donc grand temps d\u2019ouvrir les yeux.«Chacun doit mettre les mains dans le cambouis pour changer les choses, les mentalités, prescrit le champion de la Coupe du Monde de 1998, qui avoue oeuvrer dans le milieu carcéral depuis l\u2019âge de 18 ans.Chacun, à son niveau, doit apporter sa petite pierre à l\u2019édifice.Trop de sans-abri se font déloger uniquement parce qu\u2019ils dérangent les riverains.Les gens doivent prendre conscience qu\u2019eux-mêmes peuvent se retrouver dans la rue du jour au lendemain.La vie bascule très rapidement.» S\u2019il reconnaît le «côté bling bling» de l\u2019évènement, l\u2019ancien footballeur se dit toutefois près à «suivre la Coupe du Monde des sans-abri jusqu\u2019au bout, y compris tout ce qu\u2019il y a derrière.La situation changera grâce à l\u2019union de tous: des collectivités locales, des entreprises et des gouvernements, mais aussi et surtout des détenteurs des clés de la finance.» \"A vm 1 i XL CONFÉRENCE DE PRESSE AVEC MEL YOUNG, PRÉSIDENT DE LA COUPE DU MONDE DES SANS-ABRI, L\u2019EXFOOTBALLEUR EMMANUEL PETIT, AMBASSADEUR DE L\u2019ÉVÉNEMENT, ET PATRICK MBEU.24 LITINEFlAIFlE 1^ octobre 2011 À tous ceux qui douteraient de la vocation sociale du business footballistique, Emmanuel Petit répond en deux temps : «Le foot, en lui-même, remplit toujours sa mission d\u2019insertion sociale.Seulement, le foot professionnel est une micro-économie à l\u2019intérieur d\u2019un pays.» Selon lui, le déclin de la notion d\u2019insertion par le sport au sein du football professionnel s\u2019explique par le contrôle exercé par la ligue sur ce dernier.«Le foot professionnel est dans sa bulle.Il faudrait y introduire un fair play moral et y mener des réformes profondes.Le monde professionnel est conscient des dérives, mais le train est tellement parti qu\u2019on ne peut pas faire marche arrière.» L\u2019idée d\u2019un décalage entre foot professionnel et foot amateur prend tout son sens avec la Coupe du Monde des sans-abri, comme en témoigne Patrick Mbeu.Pour cet ancien international rwandais dégoûté du football professionnel, la Coupe du Monde des sans-abri s\u2019est présentée comme l\u2019occasion de redécouvrir le sport en tant que moyen d\u2019insertion.Alors qu\u2019il résidait lui-même dans un logement social lors de sa première participation au tournoi (Copenhague, 2007), Patrick Mbeu, qui a ensuite entraîné l\u2019équipe de Lrance en 2009 (Milan), est aujourd\u2019hui ambassadeur de la Coupe du Monde des sans-abri et représentant du comité des joueurs.«La Coupe du Monde des sans-abri doit permettre de changer le regard des gens sur les sans-abri», précise-t-il.Pour cela, «le foot est un moyen très fort, conclut Mel Young.C\u2019est une langue universelle.Avec la Coupe du Monde des sans-abri, chacun est gagnant : aussi bien les bénévoles qui s\u2019efforcent de changer la situation, que les sans-abri eux-mêmes.Ce sont toutes ces personnes qui apportent de la lumière au monde».# PHOTO PAGE 24 : FRANÇOIS FILLION PHOTOS PAGE 25 : DANIELLE BATIST UN JOUEUR DE L\u2019ÉQUIPE MASCULINE ÉCOSSAISE ENCOURAGE SES CONSŒURS DE L\u2019ÉQUIPE FÉMININE.L\u2019ÉQUIPE FÉMININE DU CANADA LORS DE LA COUPE DU MONDE DES SANS-ABRI.L\u2019ACTION ÉTAIT AU RENDEZ-VOUS PENDANT LE MATCH DE L\u2019ÉQUIPE NÉERLANDAISE CONTRE L\u2019ÉQUIPE DES PHILIPPINES LE 23 AOÛT DERNIER.ciinda L'ITINÉRAIRE 25 1 ®r octobre 2011 DÉVELOPPEMENT SOCIAL FIESS 2011 «IL FAUT CHANGER LA LOGIQUE ÉCONOMIQUE» CATHERINE GIROUARD Rédactrice en chef Dispersés autour de longues tables de travail au milieu d\u2019un entrepôt, listes de commande à la main, une dizaine de jeunes adultes s\u2019affairent calmement à remplir des boîtes avec des pots de miel, de confitures artisanales, de moût de pommes, de caramel au beurre.Une fois refermées, ces boîtes seront expédiées dans plus de 300 points de vente.Rien qui sort de l\u2019ordinaire jusqu a présent.Mais comme 7 000 autres entreprises au Québec, Distribution L\u2019Escalier a choisi l\u2019économie sociale comme modèle d\u2019affaires.Une tendance en croissance chez nous et à travers le monde, «surtout après les désastres du modèle de développement économique des 30 dernières années», selon Nancy Neamtan, présidente-directrice générale du Chantier d\u2019économie sociale du Québec.Devant les crises économiques à répétition, l\u2019écart de plus en plus grand entre les riches et les pauvres et une crise environnementale qui plane au-dessus de nos têtes, la solution est claire pour Nancy Neamtan : «Il faut repenser, changer la logique économique, affirme sans détour celle qui oeuvre depuis plus de 30 ans dans le milieu social.Ça ne veut pas dire qu\u2019il ne faut pas faire de développement économique, mais qu\u2019il faut changer la logique avec laquelle on le fait.» C\u2019est pour faire entendre leur voix et partager leur savoir que plus de 1300 personnes provenant de plus de 50 pays seront réunies du 17 au 20 octobre à Montréal pour le premier Forum international de l\u2019économie sociale et solidaire (FIESS 2011).En organisant cet événement extraordinaire, le Chantier d\u2019économie sociale du Québec cherche à ouvrir le dialogue entre l\u2019État et la société civile pour l\u2019élaboration de politiques publiques qui favoriseront l\u2019économie sociale et solidaire.Optimiste et proactive dans l\u2019âme, Mme Neamtan insiste sur l\u2019importance de ce dialogue avec l\u2019État.La figure de proue de l\u2019économie sociale au Québec est convaincue que les acteurs sur le terrain doivent communiquer efficacement leurs besoins aux élus et leur proposer des solutions pour que les choses changent.«Moi je suis une fille de développement, affirme-t-elle.Si on ne fait que demander à l\u2019état de régler nos problèmes, qu\u2019on s\u2019assoit passivement ou qu\u2019on sort simplement nos pancartes, on n\u2019arrive à rien.» NANCY NEAMTAN, PRÉSIDENTE-DIRECTRICE GÉNÉRALE DU CHANTIER D\u2019ÉCONOMIE SOCIALE DU QUÉBEC.26 LTINERAIRE L\u2019ÉCONOMIE SOCIALE, ÇA MANGE QUOI EN HIVER?Bien que les principes de l\u2019économie sociale soient mis en pratique depuis bien longtemps chez nous, le concept est encore méconnu.Pourtant, «nos vies ne seraient plus les mêmes sans cette partie de notre activité économique», affirme Nancy Neamtan.Il suffit de penser aux CPE (centres de la petite enfance) à 7 $, aux CRP (Centres de ressources prénatales), aux Caisses populaires Desjardins ou encore aux YM CA, toutes des entreprises d\u2019économie sociale, pour se rendre compte de leur importance.L\u2019économie sociale au Québec, c\u2019est un chiffre d\u2019affaires de plus de 17 milliards de dollars par année.Au lieu de chercher uniquement à engranger des profits, l\u2019objectif principal des entreprises d\u2019économie sociale est de mettre l\u2019économie au service de ses membres ou de la collectivité.«On ne fait pas des affaires juste pour faire des affaires », explique Alexandra Roy, directrice générale adjointe de Distribution L\u2019Escalier, une entreprise d\u2019insertion à l\u2019emploi pour les jeunes de 18 à 30 ans, spécialisée dans la distribution de produits du terroir (voir l\u2019encadré).Dans l\u2019entrepôt de l\u2019entreprise, située dans l\u2019est de Montréal, deux femmes arpentent des rayons bordés d\u2019étagères.Loin de l\u2019image des contrôleurs autoritaires, celles-ci soutiennent et forment les jeunes à la réalité du marché du travail.Car aider les jeunes est la raison d\u2019être de Distribution L\u2019Escalier.«En augmentant nos ventes, on cherche à réinjecter de l\u2019argent dans l\u2019organisation pour améliorer nos services aux jeunes, leur offrir un meilleur soutien et une meilleure formation», continue Mme Roy.«Quand on parle d\u2019économie, on pense bourse, actionnaires, profits.Mais ce n\u2019est pas juste ça, l\u2019économie! s\u2019insurge Nancy Neamtan.L\u2019économie sociale remet l\u2019économie au service de l\u2019être humain et de la société, au lieu que ce soit la société qui soit au service de l\u2019économie.» Ceux qui croient qu\u2019économie sociale et rentabilité sont incompatibles pourraient être surpris.«L\u2019économie sociale est un modèle économique qui se doit d\u2019être autosuffisant, O P 1er octobre 2011 affirme Alexandra Roy.Ça fonctionne très bien comme modèle.» Les exemples allant dans ce sens seront nombreux au FIESS 2011, alors que plusieurs expériences d\u2019ici et d\u2019ailleurs seront présentées, comme la Coopérative des productrices de beurre de karité de Zantièbougou, au Mali, mise sur pied pour lutter contre la pauvreté, qui est maintenant l\u2019une des principales sources de revenus de la région.Est-il utopique de rêver d\u2019une société où l\u2019économie sociale serait le modèle économique principal?«Je crois que l\u2019entreprise privée va toujours rester, mais il est possible de changer les mentalités», avance Alexandra Roy.Pour sa part, Mme Neamtan croit que l\u2019économie sociale pourrait jouer un rôle beaucoup plus important dans l\u2019économie québécoise.«Je rêve que l\u2019économie sociale soit le premier modèle de développement des entreprises au lieu du modèle d\u2019entreprise par capital-actions, dit la PDG.On peut rêver que l\u2019économie sociale devienne la norme plutôt que l\u2019exception.» L\u2019ENTREPRISE D\u2019INSERTION À L\u2019EMPLOI DISTRIBUTION L\u2019ESCALIER EST UNE DES 7000 ENTREPRISES D\u2019ÉCONOMIE SOCIALE AU QUÉBEC.PHOTOS : CATHERINE GIROUARD FIESS 2011\t//\t17 AU 20 OCTOBRE // PALAIS DES CONGRÈS DE MONTRÉAL // WWW.FIESS2011.ORG : i IL ETAIT UNE FOIS, UNE MAISON Les fondateurs des Habitations l\u2019Escalier, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, en sont venus à fonder une entreprise d\u2019économie sociale un peu par hasard.Offrant un toit depuis 1988 à des jeunes de 18 à 30 ans sans abri ou en difficulté à leur maison d\u2019hébergement, ils ont vite constaté la difficulté de plusieurs de ces jeunes à se trouver un emploi et à le conserver.C\u2019est ainsi qu\u2019est née l\u2019entreprise d\u2019insertion à l\u2019emploi Distribution l\u2019Escalier, en 1994.Elle offre aux jeunes des stages rémunérés de six mois, dans le cadre desquels ils sont formés comme commis d\u2019entrepôt ou commis à la vente.En 2003, l\u2019organisme a acquis la ferme Aux Champêtreries, entreprise d\u2019économie sociale des Cantons de l\u2019Est et productrice de la marque l\u2019Herborerie.Des jeunes y sont aussi formés au travail de la terre et à la transformation alimentaire.Aujourd\u2019hui, L\u2019Escalier distribue quelque 400 produits du terroir dans plus de 300 points de vente à travers la province.L\u2019entreprise a aussi une boutique bien à elle, Aux champêtreries, installée au marché Maisonneuve (photo ci-bas).Les jeunes y sont formés à la vente et au service à la clientèle.Parmi ceux qui terminent leur stage aux Distributions l\u2019Escalier et à la Ferme Aux Champêtreries, 75 % ^ ViP parviennent à réintégrer ;\t.\t- 1\tle marché du travail ou f jÉ m retournent aux études.LES PRINCIPES DE L\u2019ÉCONOMIE SOCIALE L\u2019économie sociale et solidaire est un secteur économique qui n\u2019appartient ni à l\u2019économie publique, ni à l\u2019économie privée.Elle regroupe l\u2019ensemble des organismes à but non lucratif, coopératives, mutuelles et associations.Elle combine la production de biens et de services visant à l\u2019intérêt général avec des structures indépendantes de l\u2019État et un mode d\u2019entreprenariat collectif.De plus, l\u2019action de ses entreprises est fondée sur des valeurs de solidarité et de démocratie qui contribuent à la fois au bien-être social et à la croissance économique.L\u2019ÉCONOMIE SOCIALE AU QUÉBEC, C\u2019EST.-\t7 000 entreprises, coopératives et OSBL oeuvrant dans 20 secteurs économiques -\tPlus de 125 000 emplois -\tun chiffre d\u2019affaires annuel de 17 milliards de dollard -\t8 % du PIB québécois SOURCE : WWW.FIESS2011.COM ON PEUT RECONNAITRE LES PRODUITS DISTRIBUES PAR DISTRIBUTION L'ESCALIER PAR CE LOGO L'ITINÉRAIRE 27 1 ®r octobre 2011 »4fl, nur\t: ¦.¦V.l Mrintrtuil SU 26ïJ-jJt 1 i m iHmntiuimi Li 14 VIH41I L'UNIQUE CENTRE D'INFORMATION CULTURELLE r ^ DU GRAND MONTRÉAL f ACHETEZ TOUS VOS SPECTACLES W EN LIGNE! WWW.LAVITRINE.COM ^Cinéma, £>eeix&iea ,v ¦ ans à vous faire vivre des émotions 2396, rue Beaubien E.Montréal, Québec H2G1N2 514.721.6060 cinemabeaubien.com EI^=-:-iîh ¦ ?+\" A tip StrJJ^ INFO RAPSIM Le réseau d\u2019iiidi?du* persorrnts scelles et ItfnécffffiHMe Mbnt;ënf T^l.: 514 879-1949 Caravane du FRAFIIU AluSitninffll LOGEMENT SOCIAL DEVANT L\u2019URGENCE D\u2019AGIR, LE FRAPRU REPREND LA ROUTE Par MAUDE MÉNARD-DUNN Organisatrice communautaire, volet logement Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) L\u2019hiver dernier, le Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) lançait une caravane qui allait parcourir le Québec pour sensibiliser la population aux problèmes de logement vécus par les locataires et exiger des gouvernements fédéraux et provinciaux des investissements massifs pour de nouveaux logements sociaux.L\u2019expérience s\u2019est révélée un véritable succès en fait de sensibilisation et de mobilisation citoyenne.La situation du logement au Québec, quant à elle, ne s\u2019est pas améliorée et pourrait même se dégrader davantage.En effet, Stephen Harper, fort de son gouvernement majoritaire, n\u2019a pas cru bon d\u2019investir un sou pour développer le logement social.Ce désengagement fédéral se répercute du côté du gouvernement de Québec, puisque Jean Charest ne respectera pas sa promesse de construire 3000 logements sociaux : ce sont plutôt 2500 unités qui seront réalisées, dont 500 dans le cadre du Plan Nord.Une somme pour le moins décevante, et qui aggrave la pénurie de logements qui sévit, quand on sait que les besoins en logements sociaux au Québec sont estimés à 50000 et que le prix des logements locatifs a bondi de 37 % en dix ans.Parallèlement, une autre ombre se dessine au tableau : la fin des hypothèques et des subventions fédérales destinées aux ménages à faible revenu.En effet, la fin des ententes pourrait mettre en péril des milliers de logements sociaux existants, car elle signifie la fin du financement par Ottawa des suppléments au loyer destinés aux personnes à faible revenu, handicapées ou vivant des situations exceptionnelles, comme les femmes victimes de violence conjugale.Les suppléments au loyer permettent à ces personnes de payer un montant semblable à celui d\u2019un HLM pour un logement sans but lucratif ou coopératif, équivalant généralement à 25 % de leur revenu.Cette conjoncture, pour le moins alarmante, a convaincu le FRAPRU, dont le RAPSIM est membre, de lancer une seconde caravane pour convaincre le gouvernement du Québec de se ranger du côté des mal-logés.Dans un contexte difficile où les refuges pour hommes et les ressources d\u2019hébergement pour femmes de Montréal enregistrent des nombres records de personnes, le logement social doit être traité en priorité par nos élus.En effet, le logement social constitue une des réponses pertinentes au débordement des ressources et représente une alternative durable et, somme toute, moins coûteuse pour les contribuables.C\u2019est donc à l\u2019occasion de la Journée mondiale de l\u2019Habitat, le 3 octobre, que les deux cortèges de la Caravane pour le logement social, composés de plusieurs dizaines de locataires, prendront la route pour sillonner la province.Pour chacune des villes où s\u2019arrêteront les équipées, des actions sont prévues.Il est à parier qu\u2019il sera difficile pour les élus de faire la sourde oreille aux porte-voix des locataires! Le premier contingent partira d\u2019Ottawa, tandis que l\u2019autre partira de Québec.Le tout se terminera par une grande manifestation nationale à Montréal où tous seront conviés à venir exprimer leur solidarité.# MANIFESTATION NATIONALE D\u2019APPUI A LA CARAVANE Dimanche, le 9 octobre 2011, à 13 h Au Métro Parc (ligne bleue) À l\u2019angle des rues Jean-Talon et Hutchison Pour la construction de 50 000 nouveaux logements sociaux Pour la préservation du parc de logements sociaux existant UrtlNERAIRE 29 1 ®r octobre 2011 RESEAU SOLIDAIRE DE L\u2019ITINERAIRE h !,\u2019*4 ft PIERRE KARL PÉLADEAU Au secours de 1- SERGE LAREAULT ET PIERRE KARL PÉLADEAU L\u2019Itinéraire et des gens de la rue ¦f ,*ijC SERGE LAREAULT Éditeur et directeur général de L\u2019Itinéraire 30 UmNERAIRE Pierre Karl Péladeau est un homme d\u2019affaires parmi les plus connus et reconnus.Québécor et ses filiales sont des incontournables du Québec inc.On connaît les luttes du magnat de l\u2019industrie québécoise des médias, mais peut-être moins le soutien qu\u2019il apporte à des causes sur les plans social et humanitaire.Pierre Karl Péladeau et son entreprise appuient des centaines d\u2019organismes, dont L\u2019Itinéraire, depuis près de dix ans.Il a accepté de rencontrer L\u2019Itinéraire pour parler de sa vision de l\u2019engagement.«Je poursuis la pensée de mon père qui disait que lorsqu\u2019on a reçu beaucoup de la vie, il faut redistribuer autour de soi», affirme Pierre Karl Péladeau.Québécor investit donc massivement dans la culture québécoise.Il a par exemple joué un rôle de premier plan dans la relance du théâtre du Rideau vert.Le spectacle pour Haïti, à la suite du tremblement de terre, est une initiative de Québécor qui a su solidariser les Québécois et les autres médias autour d\u2019une grave crise humanitaire.De plus, près de 300 organismes engagés dans diverses causes humanitaires ne pourraient continuer sans l\u2019aide de l\u2019entreprise.Entre autres causes, l\u2019homme d\u2019affaires soutient régulièrement des hôpitaux comme le CHU Sainte-Justine et des secteurs comme l\u2019éducation et l\u2019aide aux alcooliques et toxicomanes.Lorsqu\u2019on lui demande si l\u2019Etat investit suffisamment dans les causes sociales, Pierre Karl Péladeau préfère ne pas tomber dans la critique.«Je ne suis pas là pour dire au gouvernement quoi faire, affirme-t-il.Je pense que les grandes entreprises doivent contribuer et c\u2019est ce que nous faisons chez Québécor.» Le dirigeant se dit sensible aux efforts déployés par les gens qui croient en leur cause ou qui se battent pour vaincre une problématique.«Je me souviens avoir été particulièrement ému, lors d\u2019une soirée à l\u2019hôpital Sainte-Justine, par des parents qui se battaient avec courage pour que leur enfant survive.Je pense qu\u2019il faut aider ces gens-là dans ce qu\u2019ils vivent.» AU SECOURS DE L\u2019ITINÉRAIRE En tant que média avec une mission de développement social, L\u2019Itinéraire navigue entre les grandes entreprises de communications du Québec dans un marché en perpétuelle transformation.Survivre quand on est un média différent suppose de grands défis.La plupart des journaux de rue dans le monde ne peuvent compter sur l\u2019appui des grands médias.Mais à Montréal, c\u2019est une autre affaire.Québécor est le plus grand donateur de L\u2019Itinéraire depuis 2003, année au cours de laquelle le journal de rue était au bord du gouffre sur le plan financier.Les membres du groupe communautaire ont écrit directement au président et chef de la direction de Québécor pour lui expliquer qu\u2019il devait contribuer à la rentabilité du magazine pour aider plus de gens.Un homme aussi occupé aurait-il seulement le temps de lire cette lettre?A notre grande 1er octobre 2011 surprise, Pierre Karl Péladeau nous a répondu lui-même par courriel, quelques jours plus tard, et nous a annoncé qu\u2019il voulait contribuer aux efforts de soutien des gens de la rue.«Ce que j\u2019aime avec L\u2019Itinéraire, c\u2019est qu\u2019il fournit l\u2019occasion aux gens de la rue de s\u2019aider eux-mêmes, de se prendre en mains, de retrouver leur autonomie et leur estime de soi», a expliqué Pierre Karl Péladeau.Le soutien de Québécor et de ses filiales à L\u2019Itinéraire au cours des dix dernières années se chiffre en centaine de milliers de dollars.Alors que le Groupe L\u2019Itinéraire était à deux doigts de fermer, Québécor nous a donné les moyens de poursuivre notre mission sociale et de sensibiliser les Québécois au sort des plus pauvres.L\u2019expertise de Québécor a été mise à profit pour le magazine, vendu par plus de 300 personnes par année dans les rues de Montréal et dans le métro.L\u2019objectif : permettre à L\u2019Itinéraire d\u2019acquérir une autonomie financière afin d\u2019assurer l\u2019intégration au travail de plus de gens qui n\u2019arrivent pas à trouver leur place dans le marché traditionnel de l\u2019emploi.Vidéotron nous offre gratuitement des services Internet et TVA Publications, qui nous aide à réduire nos frais d\u2019impression, a aussi contribué à améliorer la qualité visuelle du magazine.Les médias de Québécor, tels que le réseau TVA, le canal Vox ou le quotidien 24 Heures, ont diffusé nos messages et ont permis de nous faire connaître à l\u2019échelle nationale.L\u2019appui de Québécor a permis à L\u2019Itinéraire de grandir et, depuis 2003, de doubler le nombre de personnes aidées.Aujourd\u2019hui, L\u2019Itinéraire accueille 2 000 personnes par an, dont 400 sont intégrées directement à des activités visant l\u2019atteinte de leur autonomie financière.L\u2019Itinéraire n\u2019aurait pu faire tout cela sans l\u2019appui d\u2019une grande entreprise comme Québécor.Les besoins en matière d\u2019aide aux plus démunis demandent la solidarité et l\u2019engagement des forces vives de notre târ société et un organisme communautaire ne peut relever seul un tel défi.«Ce que nous faisons avec L\u2019Itinéraire illustre bien notre vision de l\u2019engagement, de dire Pierre Karl Péladeau.Nous voulons mettre l\u2019expertise de notre entreprise au service des gens qui veulent progresser et faire plus pour la société.» # Des défis importants pour L\u2019Itinéraire Depuis plusieurs années, le secteur communautaire vit une grave crise financière.Le désengagement des gouvernements face aux démunis ne cesse de frapper les organismes d\u2019aide humanitaire qui n\u2019arrivent plus à aider un nombre de démunis de plus en plus important.Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire n\u2019échappe pas à cette réalité.Chaque année, nous devons déployer des efforts considérables pour réussir à aider tous ceux qui frappent à notre porte.L\u2019organisme doit compter sur des partenaires privés généreux et qui font preuve de compassion, comme Québécor.Au cours des dernières années, le nombre de personnes aidées par L\u2019Itinéraire a doublé pour atteindre 2 000 personnes par an et de ce nombre, 400 sont intégrées directement dans des activités visant l\u2019atteinte de leur autonomie financière.Le programme de développement social des personnes marginalisées de L\u2019Itinéraire a énormément progressé, et ça marche! Les camelots retrouvent une stabilité de logement après six mois de participation au programme.Chaque année, des centaines de personnes brisent leur isolement et retrouvent un réseau social auprès des membres du Groupe et des lecteurs du magazine.Le Café L\u2019Itinéraire accueille et dirige 400 personnes par semaine vers d\u2019autres organismes.Le Groupe aide aussi chaque année une trentaine de jeunes décrocheurs ou de jeunes qui se sont éloignés du marché du travail, afin qu\u2019ils retrouvent le chemin de l\u2019école ou du marché du travail.Etonnamment, le ministère de la Santé et des Services sociaux refuse d\u2019aider L\u2019Itinéraire.Le Groupe reçoit à peine 24000$ par année pour aider les sans-abri.Emploi-Québec, qui permettait au Groupe d\u2019insérer en milieu de travail une centaine de personnes par année, vient de procéder à des compressions qui vont réduire notre capacité à ramener des gens au travail.L\u2019appui des lecteurs de L\u2019Itinéraire et des partenaires privés sera plus que jamais essentiel dans les années à venir si nous voulons continuer à combattre la pauvreté à Montréal.PHOTOS: ERIC CARRIÈRE L'ITINÉRAIRE 31 1 ®r octobre 2011 RÉSEAU SOLIDAIRE DE L\u2019ITINÉRAIRE Journée de bénévolat d\u2019intact Corporation financière À LA CAMPAGNE, EN VILLE! CATHERINE GIROUARD Rédactrice en chef C\u2019est par une journée ensoleillée de la fin du mois d\u2019août qu\u2019une équipe de 18 employés d\u2019intact Assurance ont transformé le macadam sous le pont Jacques-Cartier en petit coin de campagne, le temps d\u2019une épluchette de blé d\u2019Inde, au grand plaisir des camelots de L\u2019Itinéraire et des gens de la rue qui passaient par là.Dans une ambiance festive et au son de la musique country, une soixantaine de personnes se sont remplis la panse gratuitement, repartant le sourire aux lèvres, grâce au bon travail des bénévoles d\u2019intact Assurance.Cette journée était aussi l\u2019occasion pour les employés d\u2019intact de discuter avec les camelots, les gens de la rue et les représentants de L\u2019Itinéraire, leur permettant de mieux connaître la réalité des organismes aidés par leur entreprise.Cette initiative s\u2019inscrivait dans le cadre du programme de la Journée de bénévolat en équipe d\u2019intact Corporation financière, dont l\u2019un des principaux objectifs consiste à contribuer à la sécurité, à la santé et au bien-être des collectivités où oeuvre l\u2019entreprise.Bien qu\u2019il s\u2019agissait de la première journée de bénévolat pour les employés d\u2019intact avec L\u2019Itinéraire, l\u2019entreprise et la Fondation Intact aident notre groupe communautaire depuis 2007 en appuyant particulièrement les projets d\u2019insertion jeunesse par l\u2019entremise d\u2019un programme en multimédia.En milieu d\u2019après-midi, leur mission remplie, l\u2019équipe de bénévoles est repartie enchantée de son expérience.Certains ont avoué avoir eu quelques appréhensions avant l\u2019activité, mais tous ont été agréablement surpris des belles rencontres qu\u2019ils ont faites, entre la salière et la poivrière, distribuant autant de sourires que d\u2019épis de maïs.# L\u2019ÉQUIPE DE BÉNÉVOLES D\u2019INTACT ASSURANCE QUI A PARTICIPÉ À L\u2019ÉPLUCHETTE DE BLÉ D\u2019INDE À LA CAMPAGNE, EN VILLE!, LE 31 AOÛT DERNIER, SOUS LE PONT JACQUES-CARTIER.32 L! ITINÉRAIRE 1er octobre 2011 ?IL\t NE\t RAI\t RE\t X LA CARTE-REPAS, POUR SOIGNER LA FAIM! Emmanuel b/lodeau 3°Rte-pARole Sca«tes.repas «Parce qu'il est inconcevable qu\u2018aujourd'hui, à Montréal, des milliers de personnes souffrent de la faim.Comme moi, avant qu'il ne soit trop tard, offrez des cartes-repas aux plus démunis.En plus d'un repas chaud et complet, ils briseront leur isolement et trouveront le réconfort d'une aide psychosociale.La faim n'est pas une maladie mais un besoin.Cela se passe chez nous, donnons leur un temps de répit.» \\4 $ pour Ê PRÉVENIR, T NOURRIR, Z GUÉRIR./ FAITES UN DON en remplissant le coupon en page 4 ou au www.itineraire.ca CONTACTEZ-NOUS au 514.597.0238 PNMlCS KCAMdOTSl GRÂCE À VOTRE ABONNEMENT, 50% DU COÛT DE VENTE DU MAGAZINE REVIENT AU CAMELOT! Vous remarquerez que cette année le prix de l\u2019abonnement a augmenté.Notre nouveau concept d\u2019abonnement a pour objectif de vous permettre d\u2019aider directement une personne en insertion sociale.En effet, 50% du coût du magazine auquel vous vous abonnez revient au camelot qui travaille à la vente du magazine L\u2019Itinéraire et à la mise à jour de son blogue.Vous pourrez aussi maintenant, grâce à votre abonnement, choisir un camelot, suivre son évolution et partager ses succès grâce à son blogue-camelot disponible au www.itineraire.ca.COMMENT S\u2019ABONNER?3 possibilités : \u2022\tPréférablement, par Internet au WWW.ITINERAIRE.CA \u2022\tComplétez le coupon à la page 4 \u2022\tPar téléphone au 514 597-0238 £ \u2022 4 ®\t£ '(H Un concept unique! GRÂCE À VOTRE ENGAGEMENT, 50% DU PRIX DE L\u2019ABONNEMENT REVIENT AU CAMELOT! \u2022\tVous recevez deux fois par mois un magazine unique qui pose un regard engagé sur la société avec des entrevues de fond de personnalités publiques impliquées et des témoignages de vie qui aident à lutter contre les préjugés; \u2022\tVous agissez concrètement auprès d\u2019un camelot pour l\u2019aider dans sa démarche de réinsertion sociale; \u2022\tVous participez à un mouvement de solidarité; \u2022\tVous partagez le quotidien des camelots sur leur blogue.VISIONNE/.: A MAISON Gl J Ai GftANUl LcrpiLctl uil MüriF-PÜYÏU.L'ACHAT ET LA VENTE D'UNE PROPRIÉTÉ, C'EST UNE AFFAIRE DE CŒUR ET DE SAVOIR-FAIRE \u2022 Garantie de service \u2022\tIntégrité \u2022\tMise en marché exceptionnelle \u2022\tConseils \u2022\tExpertise \u2022\tOpinion de la valeur marchande de votre propriété AGENCE DU PLATEAU 1152 Mont-Royal est 514.597.2121 AGENCE DE ROSEMONT 2339 Beaubien est 514.721.2121 wwv/.vhjiLâp itiile J qrrt unlroyà Éaj m LES COULISSES DE L'ITINÉRAIRE mjomtttpt fuit QUAPRYCE BASQUE Chroniqueur de rue Assis confortablement à la terrasse du Benelux, je «cirrhose» tranquillement, après m\u2019être entretenu de la fin du monde avec un autre de ces illuminés essayant de me faire avaler que la fin du monde est imminente.Ça ma donné l\u2019impression qu\u2019il essayait de me faire avaler une pilule sans verre d\u2019eau.Pour élucider ce mystère, je me suis «sherlockholmisé».Certains prédicateurs avaient annoncé la fin du monde le 21 mai 2011.Puisque vous me lisez présentement, c\u2019était encore du n\u2019importe quoi, comme à chaque satanée fois! À bien y penser, j\u2019ai l\u2019impression que la fin du monde est un marché lucratif en ces temps de crise économique.Question : combien de fausses vraies dates de fin du monde vont devoir nous être annoncées pour qu\u2019on arrête de se stresser avec ça?Au cours de mes recherches, je suis tombé sur un pamphlet vert (extrêmement laid) de huit pages annonçant la fin du monde imminente.Selon le pamphlet, la «grande sortie» est basée sur un talisman mystique que l\u2019apôtre David aurait supposément vu, et que seul Dieu possède.Bravo! Et où est la science, là-dedans?Où sont les références crédibles pour que je puisse croire un instant à ce tissu de bêtises?Parmi les nombreuses dates de fin du monde qui se font concurrence, pouvez-vous me dire quelle est la bonne?Quand pourrais-je enfin loader mes cartes de crédit au maximum, sans risquer la faillite?Quand pourrais-je m\u2019acheter le char de l\u2019année et n\u2019avoir à payer aucune mensualité?Il semblerait que le 21 décembre 2012 soit la bonne.Non, mais sérieusement, si on peut se priver du Noël prochain, moi je serais bien content! Malheureusement, de vrais chercheurs ont récemment déclaré s\u2019être trompés de 106 ans dans leur prévision mortuaire, ce qui fait que «la» fin du monde est prévue pour 2220.Même Charlotte Lebon, pin-up de la météo, se trompe moins souvent! Voulant en savoir plus, je me suis heurté au calendrier maya qui est, avis aux intéressés, la base de la prédiction de la fin du monde.Pour déterminer la date de 2220, les chercheurs ont transposé le calendrier maya sur le calendrier romain.Déjà qu\u2019on a du mal à passer de l\u2019anglais au français, imaginez ce que ça donne de passer du calendrier maya au calendrier romain! Ah, j\u2019allais oublier, l\u2019autre théorie de la fin du monde est basée sur l\u2019almanach de l\u2019apothicaire français Nostradamus, qu\u2019on a tous une fois reçu à Noël et qui date de 1550! Non mais, sérieusement, comme référence, il y a mieux non?Pourquoi ne pas croire alors au Bonhomme 7 heures ou à La fée des dents?Même si les probabilités de gagner à la Lotto sont de une chance sur dix millions, les chances que la fin du monde se réalise sont plus faibles.À ceux qui voient des signes partout, en voilà un à prendre en considération.Est-ce qu\u2019on pourrait arrêter de vivre constamment dans la peur?Reste qu\u2019en y pensant, alimenter la menace de l\u2019apocalypse représente la meilleure façon de régler une crise économique.La saga de la fin du monde.est-ce lucratif?Elémentaire, mes chers Watsons.Bon, je vous laisse sur cette note, je dois aller répondre à Jésus sur Lacebook.L'ITINERAIRE 35 1 ®r octobre 2011 LES COULISSES DE L'ITINÉRAIRE mrs pt cmuœrs \t\t\t \t\t\t //DANIELLE NDEZE // Camelot Mon modèle féminin a toujours été Florence Nightingale, la première et la plus grande infirmière britannique.Toutes les infirmières que j\u2019ai connues, et il y en a plusieurs dans ma famille, sont de grandes dames à mes yeux.Elles ont choisi plus qu\u2019un métier, elles ont choisi une véritable vocation.Celles que je connais font preuve à tous les jours de véritable compassion envers nous, les malades, les déprimés et les souffrants.Cela leur demande une grande capacité physique de se mettre à notre service pendant de longues heures, sans compter les sacrifices personnels et familiaux importants quelles doivent faire.Pour être infirmière, il faut souvent travailler de nuit, de nos jours, et pour moi, cela demande un grand courage.Dans certains cas, les infirmières doivent accomplir des tâches qui sont tout aussi spécialisées et qui relèvent de la haute technologie médicale, au même titre que les chirurgiens et les cardiologues.Cela veut dire que c\u2019est un métier dynamique et en profonde évolution.Les qualités premières de la plupart des infirmières sont leur personnalité charmante et leur sens de l\u2019humour.Ce sont elles notre véritable accès aux médecins et ce sont elles également qui, avec leur empathie, nous font comprendre et accepter des diagnostics parfois difficiles.36\tLITINEF;aif;E \t\t\t ¦\t\t\t //CYLVIEGINGRAS// Chroniqueuse de rue C\u2019est étrange pour moi, qui encourage notre cinéma montréalais et québécois, de préférer une comédienne qui n\u2019est pas d\u2019ici.Mais je craque pour Helen Mirren, née Yelena Vasilievna Mirona le 26 juillet 1945.Elle est la fille d\u2019un descendant de l\u2019aristocratie militaire russe et d\u2019une mère aisée.Helen Mirren obtient son premier rôle au cinéma en 1969 avec Age Of Consent.Elle a obtenu en 2006 l\u2019Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation de la reine Elisabeth II dans le film The Queen de Stephen Frears.Elle est connue du grand public pour son premier rôle dans la série Prime Suspect {Suspect Numéro Un), où elle interprète l\u2019inspecteur alcoolique Jane Tennison, qui me fait par moments penser à moi.Il y a, entre autres, une scène où elle assiste aux funérailles de son père.Elle se tient à l\u2019écart et s\u2019«enfarge» dans le premier bar qui se trouve sur son chemin.Elle engloutit alors des verres de scotch les uns après les autres, monte dans sa voiture, met sa clé dans le démarreur et ferme son cellulaire.Elle se dit quelle ne peut pas conduire dans cet état, donc elle sort un flacon d\u2019alcool de son coffre à gants et continue de boire.Ça m\u2019a fait penser à comment j\u2019agis après des funérailles : je n\u2019ai jamais compris pourquoi les gens rient et mangent, moi, je ne me souviens d\u2019aucunes funérailles d\u2019où je sois sortie sur mes deux pieds.Anyway, il y a toujours eu une personne qui est venue me reconduire à la maison alors, pourquoi me priver?Mais ce que j\u2019aime d\u2019Helen Mirren, mis à part son accent british, c\u2019est quelle ne fait pas partie du jet set.Chapeau Madame Mirren! 1er octobre 2011 0 P R À H // SYLVIE DESJARDINS // sylviedesjardins58@gmail.com Quand je suis arrivée en Ontario, en 1987, je ne parlais pas un mot d\u2019anglais.Pour apprendre cette langue qui pour moi était à ce moment comme du mandarin, j\u2019ai commencé à regarder l\u2019émission d\u2019Oprah Winfrey.J\u2019en suis venue à comprendre toutes les émissions de cette femme.J\u2019ai appris plusieurs choses qui m\u2019étaient alors inconnues : la culture afro-américaine, son club de lecture et beaucoup plus encore.J\u2019ai aimé cette personne, car elle était capable de rire d\u2019elle-même.Elle a été très pauvre dans son enfance et, comme moi, elle a été abusée par un membre de sa famille.Elle a néanmoins survécu à tout cela et a foncé.De plus, Oprah a toujours eu un problème de poids et elle a mené ce combat à la télévision pour aider les téléspectateurs.Son émission a pris fin en mai dernier.J\u2019ai eu un petit pincement au cœur.Après 25 années d\u2019écoute assidue, j\u2019en suis venue à presque connaître cette personnalité de la télé, comme si elle faisait partie de ma famille.J\u2019ai hâte de voir ses futurs projets.Salut et merci Oprah! D E Mi  F h Mi I L II E // HÉLÈNE OUELLETTE // Camelot, angle Mont-Royal / Bordeaux J\u2019avais une vieille «grand-tante» nommée Geneviève.Comme ma mère aurait eu 105 ans cette année, disons que l\u2019on va accorder à Geneviève une quinzaine d\u2019années de plus qu\u2019à Gilberte, ma mère.En effet, à cette époque, l\u2019industrie première, pour les Québécoises, était la fabrication d\u2019enfants pour enrichir le cheap labor en ville et celle de la main-d\u2019œuvre gratuite sur les terres, grassement encouragée par notre clergé et nos élus.D one, les familles avaient une trôlée d\u2019enfants et, parfois, venant de nombreux lits (remariage ou autres).De ce fait, des tantes et des nièces étaient presque du même âge, tout comme des mères et leurs filles avaient 45 ans de différence, ce qui fut mon cas.Ces femmes étaient réduites à une forme d\u2019esclavage : assujetties, pauvres et sans reconnaissance sociale.Malgré tout, elles avaient un sens de l\u2019humour particulier et une analyse pertinente de leurs conditions de vie, bien qu\u2019étant sans instruction.Elles ont eu aussi à développer une multitude d\u2019aptitudes afin de survivre dans ces limites imposées.Ces femmes étaient parfois amères, et avec raison.Ce sont elles qui m\u2019ont influencée et qui m\u2019ont donné le goût de m\u2019impliquer dans le mouvement des femmes.J\u2019ai eu l\u2019occasion de rencontrer Geneviève, femme excentrique qui était venue rendre visite à ma mère et à ma tante Jeannette.Ces trois femmes faisaient partie de ces nombreuses pionnières qui ont défendu ardemment, sans le savoir, les droits des femmes.Plus tard, Geneviève a été «placée» - comme on disait à cette époque - à l\u2019hospice, soit dans un dortoir abritant plusieurs femmes âgées pour quelles y finissent leur vie.De nos jours, plusieurs femmes croient quelles sont libres! Personnellement, je crois que seul le contexte a été modifié et que nous sommes toujours aussi restreintes dans ce que nous sommes.UrtlNERAIRE\t37 1 ®r octobre 2011 LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE mots pt cmtLors Mi Y B 0 O K BECAME // BILL ECONOMOU // Camelot, marché Atwater Shortly before leaving for my trip to Greece in June of 2008,1 was asked by Mélanie Gelinas to take notes while I was there.She\u2019s a teacher who frequently read my articles in her class and enjoyed them.I took notes often while I was there and returned in late August.In September of 2008, I began writing a book for the first time in my life called My Impressions of Greece.I stayed up many nights in order to complete it and received the appropriate help from other people, including Sue Watterson, Françoise Stake, Keen Boone and Zachariah Goldberg to make this a reality.I wrote just about everything I could think of from my heart.What made it interesting was that I talked about my truthful experiences in Greece from the beginning until the end.I exhausted myself to think as much as I could.I realised that it was tougher to write a book than I thought.At some point in February of 2010, I was stressed out knowing there was still quite a bit of work to be done.Within three months, the editing was completed and later two women revised the book.I found out there was still more work to be done.During the summer of 2010, I worked on the book one week intensively to make it more explanatory and now I was on the right track.In the winter of 2011,1 did the final polishing with Zachariah, while Brian Lewis helped me with the maps.In closing, I\u2019d like to thank everyone involved in this project.*'J3h '* f l Mi Y MOTHER //DANIEL GRADY// Camelot, angle des Pins / St-Laurent et de la Gauchetière / Mansfield I guess my mother inspires me the most.After all, she\u2019s the one that brought me into this world, that gave me birth.My mother tried her best with me when I was young.She always fed me when I was hungry.I think my mother liked me very much.My mother gave birth to me when she was forty two.She worked at the cotton mill when she lived in Cornwall.Then she worked as a dishwasher at The Bay store in Dorval for about fifteen years.I miss my mother very much, now that she is deceased.I went to my mother\u2019s funeral in Cornwall, she lived to be eighty years old.I cried when I saw her in the coffin at the funeral home.When I was a child, I don\u2019t think she taught me my native language, Mohawk.I lived on the Akwesasne Reserve for a couple of years.When I was born, I spent a few years on the Cornwall Island Reserve on the Canadian side.I remember my mother trying to teach me French when I was a child, but I didn\u2019t want to learn it.I took French in school and I like learning the French language.My mother could speak both English and French very well.My mother inspires me to go on with my life and live a normal life and try to be the best person I can be.Work hard and love another girl and always remember her loving smile.38 UrtlNEFlAIRE 1er octobre 2011 F 0 R MIDÂB LE ETE //GILLES BÉLANGER// Camelot, complexe Guy-Favreau et angle Jeanne-Mance / René-Lévesque L \u2019 ECR ITURE P O' U R S\u2019EXPRIMER // FRANCK LAMBERT // Camelot, métro Frontenac La communication prend différentes formes.Par la parole, par l\u2019écriture et par les arts, entre autres.Pourquoi ai-je choisi d\u2019écrire?C\u2019est pour moi le moyen le plus efficace de m\u2019exprimer.J\u2019ai beaucoup de difficulté à parler.Mes paroles restent dans ma gorge quand vient le temps de parler.Je bloque tout le temps quand je suis en présence d\u2019individus.Et cela depuis bien des années.Tout le monde s\u2019entendra pour dire que nous avons eu un été formidable malgré la canicule.Les gens ont donc beaucoup apprécié leurs vacances.Ceux qui ont pris plusieurs semaines de vacances ne l\u2019ont pas regretté.Certains sont allés à la plage et ont apprécié la chaleur et le soleil.D\u2019autres sont restés en ville, et ont probablement recherché l\u2019ombre et les endroits où il y avait du vent, surtout durant la canicule.Pour ma part, je suis resté en ville et j\u2019ai continué à vendre mon Itinéraire, même durant les grandes chaleurs.Je l\u2019avais prédit qu\u2019on aurait un bel été.Et je peux vous dire que l\u2019automne sera très agréable aussi.Quand vous allez revenir de vacances, vous allez peut-être trouver la première journée un peu difficile à vivre, mais vous allez vite retrouver le rythme, surtout si vous prenez les choses un jour à la fois.Je vous souhaite de revenir au travail en bonne condition physique et avec une bonne attitude afin de conserver votre bonne humeur.Donc, bon automne à tous et merci à tous mes lecteurs.Gardez votre beau sourire, votre joie et votre bonheur! Merci chers lecteurs pour le grand soutien que vous m\u2019avez apporté pendant la période des vacances.Je décide donc d\u2019écrire.Cela me permet de m\u2019extérioriser.J\u2019ai des choses à exprimer.Beaucoup de sujets qui me touchent et que je ne peux dire autrement que par l\u2019écriture.Je veux ainsi évacuer mes émotions, mes sentiments et mes opinions, articuler mes pensées et placer mes idées.Cela me permet d\u2019être plus clair dans mes conceptions de la vie.J\u2019aimerais réussir à prendre ma place dans une conversation, mais cela passe parfois par un texte.Je structure ma pensée en mettant sur papier ses points principaux.Je prends le temps de me relire, de me corriger et de développer mon expression.Cela me permet d\u2019obtenir une meilleure vision de ce que je veux réellement et de ce dont j\u2019ai besoin dans la vie.L\u2019écriture me donne l\u2019occasion d\u2019effectuer un bilan de ma vie et de définir mes points forts et mes faiblesses afin de définir une direction dans mon avenir.Bien des choses sont confuses dans ma vie et je me dois de les éclaircir.Je suis dans un tournant de ma vie, autant au niveau personnel que professionnel.Il m\u2019est utile de développer ce talent d\u2019écriture.Pour approfondir ma conception de ma vie.C\u2019est aussi pour cerner ce qui ne va pas dans mon moral et ma santé mentale.Je dois avancer afin de réussir une vie décente.Par conséquent, je serai heureux dans tous les domaines de ma vie.Advienne que pourra! POURQUOI AI-JE CHOISI D\u2019ÉCRIRE?C\u2019EST POUR MOI LE MOYEN LE PLUS EFFICACE DE M\u2019EXPRIMER. -IjSE^ELEC fwnogfj K«a ON LUTTE À VOS CÔTÉS Syndicat canadien de T la fonction publique rro Collectivement pour un monde ANNONCEZ-VOUS DANS L\u2019ITINÉRAIRE ET AFFICHEZ VOS VALEURS CITOYENNES.Contactez-nous au 514 597-0238 poste 246 ou par courriel à publicite@itineraire.ca CSC programme: action Action est un programme de préemployabilité qui vise à permettre aux personnes éloignées du marché du travail de progresser suffisamment sur le plan socioprofessionnel pour être en mesure de participer à une mesure d\u2019aide à l\u2019emploi visant à accroître leurs possibilités d\u2019accéder au marché du travail.POUR PARTICIPER AU PROGRAMME ACTION, la personne doit être prestataire du programme d\u2019aide sociale ou du programme de solidarité sociale et présenter des caractéristiques associées aux personnes éloignées du marché du travail.Elle n\u2019est pas prête à entreprendre une démarche prévue par une mesure d\u2019aide à l\u2019emploi.Si vous désirez participer au PROGRAMME ACTION, prière de communiquer avec Jocelyne Sénécal par courriel à jocelyne.senecalËPitineraire.ca ou par téléphone au 514.525.5747 poste 230 LES COULISSES DE L'ITINÉRAIRE m&ttm pt Mt VENIR UNE LINDA PELLETIER Chroniqueuse de rue L\u2019été dernier, j\u2019ai eu un chum de 32 ans, alors que j\u2019en avais 54.Pour me plaire, la première fois qu\u2019il m\u2019a rendu visite, il a téléphoné à CKOI pour me saluer publiquement.DESCARTES A DIT : «JE PENSE, DONC JE SUIS.» AUJOURD\u2019HUI, C\u2019EST PLUTÔT : «JE PARAIS, DONC JE SUIS.» Après avoir dit mon prénom, l\u2019animateur lui demande mon nom de famille et Stéphane l\u2019avait oublié.Malaise.Environ une demi-heure plus tard, on entend l\u2019animateur dire : «Linda Pelletier et Stéphane Tremblay* passent une soirée très hot ce soir.» Stéphane semblait subjugué.«Tu te rends compte, plus d\u2019un million de personnes savent que nous sommes ensemble!?» Nous n\u2019étions plus un banal couple anonyme apprenant à se connaître, car plus d\u2019un million de personnes savaient que nous étions ensemble! Comme il était un romantique, il téléphona à trois reprises pour me saluer.Heureusement, notre histoire fut plutôt courte.Ce besoin d\u2019exhibition m\u2019interpelle de plus en plus.Je me rends compte de faits qui n\u2019existaient pas il y a une vingtaine d\u2019années.Par exemple, les gyms aux devantures en verre où les gens s\u2019entraînent, collés aux vitres, à la vue de tous.De même, la plupart des restaurants récents ont des fenêtres qui donnent sur la rue et les clients s\u2019arrachent les tables placées près de leurs vitrines.Même chose pour les terrasses : on préfère s\u2019entasser les uns sur les autres, collés à la rue, alors que plusieurs cafés et restos ont des terrasses à l\u2019arrière, désertes.Quand j\u2019étais serveuse, à l\u2019ère des dinosaures, non, plus tôt quand même, il me semble que ce désir de se faire voir et d\u2019être vu n\u2019existait pas; on préférait l\u2019intimité.Prenons comme exemple le phénomène de la téléréalité qui envahit les écrans.Que ce soit pour Star Académie, Occupation double ou Loft Story, des millions de Québécois sont restés agglutinés devant leur écran et gobent comme des mouches ce qu\u2019on leur sert comme du vrai, du concret, du brut.J\u2019avoue que je n\u2019ai jamais écouté ces émissions, mais intuitivement, je me disais que ce n\u2019est pas possible d\u2019être soi-même quand on a des caméras braquées sur soi 24 heures sur 24.«On dit aux spectateurs qu\u2019ils vont voir de la réalité, mais on leur montre des émissions construites, mises en scène, où les acteurs, beaux et jeunes, ont reçu une formation minimale pour jouer devant la caméra», se désole Estelle Lebel, professeure au département d\u2019information et de communication à l\u2019Université Laval.Selon Jean-Jacques Simard, sociologue à la même université, ce mythe bien répandu que tous peuvent devenir une vedette de nos jours a pris naissance durant la prospérité économique des * NOM FICTIF années 50 : «Le parvis de l\u2019église a été graduellement remplacé par la télévision comme lieu de rumeurs et de ragots.» De plus en plus, les gens ordinaires se sont mis à croire «à l\u2019idée qu\u2019exister, c\u2019est de passer à la télé».À cet effet, Éric-Emmanuel Schmitt, le philosophe et auteur français contemporain le plus lu au monde, dans une entrevue accordée à notre ex-rédactrice en chef Audrey Coté, a déclaré que peu importe ce que nous cherchons, clichés du bonheur, richesse, célébrité, «tout cela s\u2019arrime au culte du superficiel qui a détrôné la spiritualité et participe à la perte des repères».Descartes a dit : «Je pense, donc je suis.» Aujourd\u2019hui, c\u2019est plutôt : «Je parais, donc je suis.» Je trouve bien triste que tous ces jeunes qui espéraient trouver la gloire en s\u2019exhibant à la télé soient tombés dans l\u2019oubli dès que leur émission prenait fin.répondu que ça faisait beau.PHOTO : PAVEL LOSEVSKY/ DREAMSTIME j^lTINÉRAIRl Courte anecdote en terminant : je fumais une cigarette, dehors à L\u2019Itinéraire, et je parlais avec un jeune homme qui portait une belle montre à son poignet.Quand je lui ai demandé l\u2019heure, il m\u2019a répondu, l\u2019air penaud, qu\u2019il ne savait pas, car sa montre était brisée.Surprise, j\u2019ai demandé pourquoi il la portait.Il m\u2019a LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE CHKôMMt Pt KUt CYLVIE GINGRAS Chroniqueuse de rue D E R n I E R D I SCOUR Lorsque je trépasserai, je ne laisserai personne dire ce que j\u2019appelle mon épitaphe : je l\u2019aurai écrite parce que je suis ben tannée d\u2019entendre dire des gens décédés qu\u2019ils étaient donc beaux, pis donc ben fins! D\u2019abord, il faudra faire jouer Great Gig in the sky de Pink Floyd.Ensuite, je voudrais que Serge Lareault, l\u2019éditeur de L\u2019Itinéraire, lise ce qui suit : «Comme mon prénom le dit si bien, j\u2019incarne la vie même.Je ne veux pas qu\u2019on parle de moi au passé puisque dans votre âme, dans votre cœur et dans votre mémoire, malgré le nombre d\u2019années qui passera, je serai toujours présente.Je veux qu\u2019on se souvienne de moi comme étant une conteuse de jokes invétérée; une joueuse de tours; toujours le sourire aux lèvres suivi d\u2019une cascade de rires tonitruants et surtout simple, malgré les succès liés à mon écriture.J\u2019aimerais qu\u2019on dise que je suis généreuse et attentive aux autres, que mon urgence de vivre a toujours fait en sorte que j\u2019apprécie chaque instant passé avec les gens que j\u2019aime.Mais je suis aussi capable d\u2019épouvantables colères, d\u2019une intolérance et d\u2019une impatience légendaires! Eh oui! C\u2019est moi tout craché!» J\u2019ai déjà affirmé que j\u2019ai toujours plus aimé que je ne l\u2019ai été, mais je réalise que je m\u2019étais royalement fourvoyée, car je comprends maintenant qu\u2019on n\u2019est pas tous coulés dans le même moule.Prenez par exemple les membres de ma famille : ce sont des personnes posées, modérées, pondérées, pas démonstratives de leurs sentiments, je pourrais même dire quelles sont froides, mais ce n\u2019est qu\u2019une apparence.Tous les membres de ma famille m\u2019aiment autant, sinon plus, que je les adore.Et que dire de vous, mes chers collègues?Tout d\u2019abord, je te remercie, toi, Serge Lareault, pour m\u2019avoir donné ma première chance.De plus, je tiens à vous remercier tous pour tout votre amour inconditionnel, pour avoir ri des toutes mes «folleries», pour m\u2019avoir consolée durant mes moments de grande détresse.Pour terminer, merci à mes tchums de dope pour les trips qu\u2019on a faits ensemble, et ce, malgré, envers et contre tous, l\u2019opinion ou les jugements gratuits à notre égard : les droyés n\u2019ont jamais eu bonne presse.Et rendue là-haut, je vais certainement y retrouver quelques-uns de mes pushers.Alors, que la vie et la fête continuent! Je conclurai par la chanson Cover me de Bruce Springsteen, qui m\u2019a accompagnée dans les meilleurs comme les pires moments dans mon walkman jaune, et qui, pour moi, représente la plus belle chanson d\u2019amour qui existe : The times are tough now, just getting tougher This old world is rough, it\u2019s just getting rougher Cover me, come on baby, cover me Well I\u2019m looking for a lover who will come on in and cover me Promise me baby you won\u2019t let them find us Hold me in your arms, lets let our love blind us Cover me, shut the door and cover me Well I\u2019m looking for a lover who will come on in and cover me Outsides the rain, the driving snow I can hear the wild wind blowing Turn out the light, bolt the door I ain\u2019t going out there no more This whole world is out there just trying to score I\u2019ve seen enough I don\u2019t want to see any more, Cover me, come on baby and cover me Wrap your arms around me and cover me I\u2019m looking for a lover who will come on in and cover me Looking for a lover who will come on in and cover me 42 ¦tTINEFlAIRE \u2014 1er octobre 2011 LES COULISSES DE L'ITINÉRAIRE Lu dans l\u2019un des 112 journaux de rue membres de l\u2019International Network of Street Papers (INSP) PAR NORMAN RICKERT ET ANAÏS PALMERS Journaliste et traducteur de rue Traductrice bénévole UWWWECO MENACÉE D'EXTINCTION Manuel Segovia, 75 ans, et Isidro Velâzquez, 69 ans, sont les deux dernières personnes au monde à parler l\u2019ayapaneco ou Nuumte Oote qui signifie langue juste, une langue indigène du Mexique qui a traversé les siècles dans l\u2019état du Tabasco.Or, celle-ci est sur le point de disparaître : ses deux derniers locuteurs, pourtant voisins - ils vivent à peine à 500 mètres l\u2019un de l\u2019autre! - refusent de se parler.Personne ne sait réellement pourquoi.Un linguiste de l\u2019Université de l\u2019Indiana, qui prépare un dictionnaire de l\u2019ayapaneco, a déclaré au journal britannique The Guardian que les deux hommes n\u2019avaient pas beaucoup de points communs.A ce point-là, aussi bien de se parler tout seul en ayapaneco.SOURCE : MACADAM, FRANCE VOISINAGE, FORCE À Laim, près de Munich en Allemagne, une maison pour réfugiés politiques adolescents a vu le jour récemment.L'annonce de l'arrivée du refuge a semé la peur chez certains citoyens habitant non loin de là.On connaît bien ce débat : d\u2019un côté, des gens craignent l\u2019inconnu, la chute du marché immobilier et le changement dans le quartier.De l\u2019autre, c\u2019est l\u2019espoir, celui «d\u2019une intégration qui réussit mieux et qui se fait plus rapidement, puisque [les immigrés] prennent part à un quotidien normal», selon Sabine Hodek, qui dirige le refuge.Aujourd\u2019hui, même si les habitants de Laim ne se sentent pas dérangés dans leur quotidien par le refuge, un groupe de citoyens grogne toujours.Le fondateur de cette mobilisation se montre pourtant prêt à se rapprocher de la maison pour réfugiés : «Une journée portes ouvertes serait peut-être une bonne chose», a-t-il dit sans grand enthousiasme.Qui sait, la crainte sociale pourrait se transformer en point de rencontre sociale?SOURCE : BISS, ALLEMAGNE 65 MILLIONS D'AMÉRICAINS EXCLUS DU MARCHÉ DU TRAVAIL Les chances d\u2019obtenir un emploi aux States si vous détenez un casier judiciaire sont quasi inexistantes.Pourtant, près d\u2019un quart de nos voisins du Sud, soit 65 millions d\u2019Américains, ont un casier judiciaire.La plupart des entreprises aux Etats-Unis ont des clauses dans leur politique d\u2019embauche refusant des candidats ayant été condamnés pour un crime.Voici une brève liste d\u2019entreprises américaines qui refusent automatiquement des personnes judiciarisées : Bank Of America, Burlington Railroad, Domino\u2019s Pizza, Lowes, Omni Hotels et Radio Shack.Environ 90 % des entreprises aux États-Unis effectuent une vérification d\u2019identification criminelle auprès de candidats potentiels.SOURCE : STREET SIGHTS, RHODE ISLAND L'ITINERAIRE 43 1 ®r octobre 2011 EXPRESSION ÙHRôtU&Ut ttoHoiïllaut .I Les inégalités de revenu s\u2019accroissent au Canada GILLES L.BOURQUE Coordonnateur aux Éditions Vie économique (EVE) Dans un article paru en juillet dernier dans Le Devoir, Gérard Bérubé retient notre attention sur une étude récente du Conference Board portant sur les inégalités de revenu au Canada.Selon cette étude, l\u2019écart entre les riches et les pauvres se serait fortement accru, principalement au cours des 15 dernières années.Pendant cette période, les riches auraient augmenté leur part du revenu national total, au détriment des plus pauvres et de la classe moyenne.Gérard Bérubé explique : «Le revenu moyen dans le groupe des Canadiens les plus pauvres (après impôts et transferts, et ajusté pour l\u2019inflation) est passé de 12400$ à 14500$ entre 1976 et 2009.Mais l\u2019écart avec le groupe des Canadiens les plus riches (composant le premier quartile) est passé de 92300$ à 117500$ dans l\u2019intervalle, retient l\u2019organisme indépendant d\u2019études économiques.» Dans son étude, le Conference Board mesure le degré d\u2019inégalité de la distribution des revenus sur la base du coefficient de Gini que Wikipédia définit de la façon suivante : «Le coefficient de Gini est un indice variant de 0 à 1, où 0 signifie l\u2019égalité parfaite (tout le monde a le même revenu) et 1 signifie l\u2019inégalité totale (une personne a tout le revenu [.]).» L\u2019indice calculé par le Conference Board pour l\u2019année 2009 se chiffre à 0,32.Le coefficient indique que le Canada devrait redistribuer 32% du revenu national afin d\u2019atteindre une parfaite égalité dans les revenus.Le Canada a fait des progrès au cours des années 1980 dans la réduction des inégalités, atteignant un creux de l\u2019indice à 0,28.Mais elles se sont accrues par la suite, surtout dans la foulée des politiques menées par le tandem Chrétien-Martin pendant les années 1990.En cinq ans, ces derniers ont en effet réduit les impôts des particuliers et des entreprises de 100 milliards, entraînant dans ce sillage une remontée des inégalités de revenu au Canada.La situation est appelée à empirer dans les années à venir, en raison des politiques de rigueur suivies aveuglément par les gouvernements actuels.On peut déjà remarquer que la récession de 2008 a commencé à accentuer le phénomène de croissance des inégalités : l\u2019accessibilité au marché du travail est plus difficile pour les classes moyennes et populaires, alors que l\u2019oligarchie issue des secteurs financiers et des ressources énergétiques continue à s\u2019en mettre plein les poches.Au plan fédéral, la baisse des impôts des entreprises, qui devrait se poursuivre l\u2019an prochain, et les coupures dans les dépenses publiques ne feront qu\u2019aggraver ce phénomène.Pour conclure, soulignons que l\u2019étude du Conference Board déplore plus particulièrement la montée de la pauvreté dans le segment des personnes plus âgées depuis le milieu des années 1990, après 20 ans d\u2019amélioration à ce chapitre.Entre 2006 et 2009, ce serait 128 000 personnes âgées qui auraient rejoint les rangs des Canadiens vivant avec un faible revenu, 70 % d\u2019entre elles étant des femmes.Ce constat renforce les craintes que nous avons nous-mêmes exprimées sur ce sujet dans une note d\u2019intervention de l\u2019Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) portant sur les enjeux du logement social (voir sur www.irec.net).Étant donné l\u2019importance croissante des ménages âgés, en particulier des ménages d\u2019une personne seule, ainsi que de l\u2019érosion graduelle des revenus de retraite, on peut effectivement prévoir que les 20 prochaines années seront marquées par une problématique de pauvreté chez plusieurs de nos aînés.\u2022 44 LITINEF;aif;E 1er octobre 2011 À EXPRESSION Pour nous écrire : Catherine.girouard@itineraire.ca ftwwtn pts ucrtuTLS AUTOMOBILES ET AVORTEMENT En lisant L\u2019Itinéraire, notamment beaucoup d\u2019articles sur les enfants pauvres ayant parfois une mère et un père devenus parents avant le temps et démunis devant cette tâche magistrale, mais aussi des articles sur le Dr Julien* pour faire briller l\u2019espoir, je pensais à mon ami Marc.Il me parlait de l\u2019économie américaine, des voitures surtout, du marché automobile.Il m\u2019a parlé d\u2019un livre dans lequel l\u2019auteur relate que la hausse de la criminalité due à la pauvreté prévue dans les quartiers défavorisés des États-Unis dans les années 1980 n\u2019a pas eu lieu.Pourquoi?Non pas à cause du nombre de voitures de police, mais plutôt parce que l\u2019avortement a été de plus en plus légalisé, encadré, accepté et choisi aux États-Unis.Moins d\u2019enfants non désirés sont nés, plus d\u2019enfants désirés sont nés de parents en pleine possession de leurs moyens, même pauvres.Le lien avec le marché automobile?Il faudrait redemander à Marc.Elle est jeune, pauvre, enceinte; elle vit dans une société qui ne permet pas, légalement, techniquement ou moralement, l\u2019avortement.Elle accouche de Ti-Pit, elle fait ce quelle peut; le papa disparaît, elle perd le contrôle; elle habite un quartier difficile.Lisez L\u2019Itinéraire, vous saurez.Son Ti-Pit devenu ado pourrait plus ou moins tomber dans la criminalité.Moins, c\u2019est triste pour lui et pour toute la société.Plus, il se retrouve dans une sale histoire; il tue un gars.Plus, il fête son initiation à un gang en abusant sexuellement d\u2019une fille avec quelques initiés.Plus, il meurt d\u2019une overdose.Je parle de conséquences mortelles parce que je parlais d\u2019avortement.C\u2019est aussi parce que je me souviens de ce garçon qui venait se piquer dans la ruelle derrière le commerce où je vendais des livres, qui me racontait sa vie, qui est mort.Après la victoire de Harper et la vague orange au Québec, les femmes à mon travail jasaient de leurs craintes vis-à-vis d\u2019un pouvoir conservateur choisi par nos concitoyens, qui pourrait faire reculer les droits des homosexuels et des femmes et qui menace le droit à l\u2019avortement.Un collègue pieux qui semble partager les valeurs de Harper s\u2019étonnait que l\u2019ensemble de ses collègues féminines tiennent aussi férocement au droit à l\u2019avortement et à celui des femmes d\u2019être seule maîtresse de leur corps.Elles ébranlaient ses convictions morales et religieuses.«C\u2019est mal l\u2019avortement.On tue une vie.» Les collègues masculins s\u2019en sont alors mêlés.Pour eux aussi, c\u2019est important le droit à l\u2019avortement.«Mais c\u2019est mal.» Elle est jeune, pauvre, enceinte, elle vit dans une société qui permet, légalement, techniquement et moralement, l\u2019avortement.Elle avorte, elle continue ses études; elle vit bien maintenant.Bien sûr elle repense à l\u2019avortement.Des enfants, elle en veut, et bientôt elle en a, quand elle est prête, quand elle a un chum super et une job décente, comme le chante Ariane Moffatt.Ses enfants ont une belle vie et un bel avenir.Ti-Pit n\u2019est jamais né, c\u2019est sûr.Mais il n\u2019est pas mort non plus d\u2019une overdose, après avoir zigouillé un type et violé une fille avec d\u2019autres gars.En pensant au livre de Marc, je me disais qu\u2019il faut bien analyser les choses, voir plus loin et plus large, avant de dire «C\u2019est mal.» C\u2019est comme cela qu\u2019on comprend l\u2019économie américaine et le marché automobile.-S., Haute-Claire * Merci Dr Julien, respect et admiration pour votre œuvre.Merci à L\u2019Itinéraire d\u2019exister.Merci aussi à Hun, ma camelot au métro Rosemont.** Au sujet de l\u2019avortement, je ne souhaite heurter personne, mon opinion se résume à celle-ci: j\u2019applaudis toutes les initiatives qui permettent de connaître, de choisir et d\u2019avoir accès à la contraception et à la planification des naissances.QUE PENSEZ-VOUS DUO MAGAZINE L\u2019ITINÉRAIRE m Pour nous aider à vous offrir le meilleur des magazines, répondez à notre court sondage en ligne! WWW.ITINERAIRE.CA ou écrivez-nous à catherine.girouard@itineraire.ca pour qu'on vous l'envoie.L\u2019ITINÉRAIRE 45 1 ®r octobre 2011 HORIZONTAL i 1.\tFemme, qui chante en Corse, un chant funèbre.- Touché.2.\tTransmettre par contagion morale.- Macaque à queue courte.3.\tArmer chevalier lors d\u2019une cérémonie, au Moyen Âge.-\tCalcium.- Poisson d\u2019eau douce à la chair fade et remplie d\u2019arêtes.4.\tPersonnage de la comédie bouffonne.- Contestons.- Ajd.possessif pluriel.5.\tPréposition.- Fragment de pierre façonné par l\u2019action des agents naturels.- Collège d\u2019enseignement secondaire.6.\tPartie d\u2019une voile destinée à être serrée sur une vergue.-Note.- Possédé.- Terme de belote.7.\tAvec discernement : à bon.-\tOuverture pratiquée dans la muraille d\u2019un navire de chaque côté de l\u2019étrave.8.\tMélange de fumée et de brouillard.- Habitude inconsciente.- Trompai qqn.en profitant de sa complaisance.9.\tSe soustrait adroitement à.-Plein d\u2019ardeur, de passion.10.\tAlcooliques anonymes.-Période d\u2019activité sexuelle des mammifères mâles.- La plus vieille.11.\tCreusent des rainures.- Fleuve d\u2019Italie.- Sélénium.1 2.Mises les rênes à un cheval.1 3.Compagnie.- Déprécier, amoindrir.14.Hélium.- Nuage.- Qui a de gros os.1 5.Contestés mal à propos.- Trop mûrs et altérés, en parlant d\u2019un fruit.VERTICAL Se dit de rentes, dont on possède la jouissance durant toute sa vie.- Brisure faite au tranchant d\u2019une lame.2.\tÉrotisation des fonctions urinaires.- Il conduit des baudets.3.\tDécontracté, calme.- Qui a rapport à l\u2019enseignement.4.\tDont le talon est usé.- Reptile saurien de l\u2019Amérique tropicale.- Cobalt.5.\tMaladie virale éruptive, contagieuse et épidémique.-Terme, au rugby.6.\tBière anglaise.- Réverbère.-Pronom pers.de la 1 pers.du sing.7.\tÔté la fraîcheur, l\u2019éclat de.-Titane.- Organe de l\u2019appareil génital de la femme.8.\tRoute rurale.- À la fin d\u2019une cérémonie.- Adj.démonstratif.-Grand arbre de l\u2019Inde.9.\tDésordre, confusion.- Objectif visé.10.\tQui affiche de la bravoure, du courage.- Mouchardas, dénonças.11.\tInterj.exprimant la surprise.-Capitale de l\u2019Irlande.1 2.Marque l\u2019étonnement.- Langue indonésienne.- Unité monétaire principale du Pérou.13.\tPartie de certaines philosophies anciennes qui devait rester inconnue des non-initiés.-Crochet double.14.\tChangés de poste.- Architecte et designer américain (1907- 1 978).- Point cardinal.15.\tDroit d\u2019utiliser la chose dont on est propriétaire.- Demande avec instance.- Se dit de matières textiles n\u2019ayant subi ni lavage, ni blanchiment, ni teinture.Conception : Gaston Pipon 1\t2\t3\t4\t5\t6\t7\t8\t9\t10 11\t12 13 14 15 El il b nm an mua s n s n vi 3 diva NOUS RECHERCHONS Tour Ici Fn'in.iLic'ii il-\".JtUrpBS «ri frtlttnillon ?6rm « vof 4oh(j h£Mf feront\tlofa! 4 OillllMWTI PlIDlMIM 4 4 CMlinUkU MA£ ¦\tÉ.\t¦ ¦ i -, ¦\tr'\t¦¦¦¦¦¦ * C i n mc ni *- r ¦\t¦ .' is rc i ¦\t::-u ¦ ¦\t(dilnckmvi Pwt le CïEé L'Itlctdralm of lifT ' ¦' 'IM-I*\th ('nwpiiip ¦ pii'M-'»4i ¦ Çy»** jiijd .ii* 4 .PM\".n.: '44 j iifTWirlIm \u2022 * \"Uy.4M' t 4- ?jrTiH r** MHll pu iwp feint ¦\tNctilllÉ DTu' Ifc* * I I\" ** ¦\trempli I + T.an ¦ Çiji , ¦ » ' J f JÜ (kiirt **kil - H t fe ¦\t¦ ¦ : o: ¦ iiiw i c : 4 fit IM Jip-'HI 4 P-j! 1.UNI J ClPI'KlllIdPIÉI 4 LJ JJlIr nllPl ill I 4 .¦ \u2014¦ *¦ h*1 ¦ *n .¦ .nn#vrrn Pour ip rtdatidAn et rmlo^rapttfe *\ty-r'i\"imii (Mira i .i in 1114\t: H4|W4 G'KMMFfe * ¥ HNmriHdirn 1 4 ci;.I 'l-l.'Vi.¦11111 -_C *4 ¦ 11 ¦ r n wi h n 4 L>|U ¦¦-\u2022ul Su I i||£KH P IiI.h: l«É flb .MM m -Mdlllk M [¦ 1 f tq pP Pot (F l'jrniünRfT-tnmt du l.i di\u2019 pntKtism * ¦ I ¦\t^\t1 '\tf \" If* £0^4i m *^l¥i *IP pmi « ni>4H|j|}, CfiM H » « Fli) M.lIkPl-l Nous JCChDrdnonE WUl tir\"- nericvolcs iNf'OS\tijI im i i4ci ii au Pi J 597-023a.IXSMJ 7-40 WWWjTlNEHAfHF.CA Vivez Montréal! Experience Montreal! &*¦ JK> stm !47iST* \u2014.^L- ®E^ a-»* si ® © *s «i #\t0 h «suu CULTURE, PATRIMOINE, DEVELOPPEMENT DURABLE.ENGAGEMENT CITOYEN, FESTIVAL.MODE DE VIE CULTURE, HERITAGE, SUSTAINABLE DEVELOPMENT.CITIZEN INVOLVEMENT.FESTIVALS.LIFE STYLE.Get your FREE Magazine Procurez-vous votre magazine GRATUIT WWW.GEOTOURISME.CA Montréal http://geotourisme.ca H' 'jflTBJ ^nhoutte.co^ Sw *il» SctoWlmm ; piTir itn rwjounec Van Howtte, le café au bureau qui vous aide a faire ces petits gestes qui font une grande*««««\u2022 Latte Lounge \u2022\tZsfa rl cstti Oc »pè \u2022\tScrr«l*mmT mrpQOWûilH ^\t\u2022 M'julrn *t tulmcî ni) ^ettvnvk % \u2022 Uttbuof tm tninimutn cf «nbofUiju rA* \t L J^p\t \t Al\t \t Contacter un reorésentam ju 514 728 2233 ou 866 881 2233 ServK©* de câf \u2022 WWW.VAHllaiaVll cam "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.