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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
vendredi 1 mars 2013
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2013, Collections de BAnQ.

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[" DOSSIER SPÉCIAL IL ÉTAIT UNE FOIS- LES PRINCESSES ZOOM CAMELOT Denis Trudeau LE BON JACK Volume XX, n° 5 Montréal, 1er mars 2013 www.itineraire.ca Elisapie Isaac FEMME ASSUMÉE COMPTER SES VERRES, CE N\u2019EST PAS LA MER À BOIRE.Les recherches scientifiques sont claires : les femmes devraient limiter leur consommation d\u2019alcool à 2 verres par jour et à 10 par semaine; les hommes à 3 verres par jour et à 15 par semaine.Et on ne boit pas tous les jours.kfu^ ^/coo/ La modération a bien meilleur goût.educalcool.qc.ca/2340 AU CAFÉ Le Groupe L\u2019Itinéraire est à la recherche de personnes voulant participer à la cuisine du Café.Le Café L\u2019Itinéraire est un restaurant à but non lucratif qui sert plus de 31 000 repas par année dont plus de 18 700 gratuitement grâce aux cartes-repas prépayées.C\u2019est un lieu d\u2019accueil chaleureux et sécuritaire qui ouvre ses portes aux gens les plus démunis de notre société.ACTIVITÉ DE DÉVELOPPEMENT SOCIAL Le Groupe L\u2019Itinéraire est à la recherche de gens désireux de partager leur passion pour l\u2019art en animant un atelier artistique hebdomadaire.Nous sommes ouverts aux suggestions en ce qui concerne les types d\u2019ateliers.SERVICE DE TRANSPORT Le Groupe L\u2019Itinéraire est à la recherche d\u2019une personne qui possède un véhicule et qui voudrait donner, sur une base mensuelle, 4 heures de son temps afin d\u2019acheminer des magazines à Ville Saint-Laurent.Nous recherchons aussi une personne à la retraite possédant un véhicule, qui serait disponible la semaine, pour répondre à nos besoins ponctuels.Nous ferions appel à ses services pour effectuer certaines commissions, telles que récolter des dons matériels.Si vous voulez mettre la main à la pâte, prière de communiquer avec Florence Ide par courriel à florence.ide@itineraire.ca PROGRAMME ACTION Action est un programme de pré-employabilité dont l\u2019objectif est de permettre aux personnes éloignées du marché du travail de cheminer personnellement et professionnellement.Cette expérience se vit dans un cadre préparatoire à un retour sur le marché du travail.Pour participer au PROGRAMME ACTION, la personne doit être prestataire du Programme d\u2019aide sociale ou du Programme de solidarité sociale et présenter des caractéristiques associées aux personnes éloignées du marché du travail.Si vous désirez participer au PROGRAMME ACTION, prière de communiquer avec Sylvie Gamache par courriel à Sylvie.gamache@itineraire.ca ou par téléphone au 514.597.0238 poste 222.BENEVOLES RECHERCHÉS WWW.ITINERAIRE.CA DE LA RUE , À L'ITINERAIRE itineraire.ca \t\t \t\t s -\t\t\t UN P'TIT 3$ QUI FAIT DU CHEMIN AVEC QUEBECOR, AIDEZ-NOUS A TRACER LEUR ITINERAIRE ! \t\"¦L\t-\t_.\tiR \\t } ¦ V\tEy\t\u201d\t11 1 E L\tB ,4 J\tV 9\t! f H '* - [¦¦\tHT L||| ï:; HÉ* 1\t\t\t \tfj\t\t \t\t\t \t\t\t \t\tjp\tjr\tJHr\tjdl ¦n\t\tkr f\tW\t ZOOM CAMELOT r 3 ^ Denis Trudeau LE BON JACK AUDREY NEVEU Denis Trudeau parle d\u2019une voix franche.Avec lui, il n\u2019y a pas de mensonge.Il n\u2019hésite pas à dévoiler les parcelles de son passé, qu\u2019il révèle avec une sincérité bouleversante.Le camelot qui vend L\u2019Itinéraire à l\u2019angle des rues Saint-André et De Maisonneuve, est l\u2019image même du bon gars qui a eu le courage de faire face à ses problèmes et qui a su surmonter l\u2019influence parfois négative de ceux qu\u2019on aime.VOIR LE BON CÔTÉ MALGRÉ TOUT Travaillant, Denis devient un employé fidèle dans différents domaines, mais sa consommation d\u2019alcool pose La prison, on ne se le cachera pas, c\u2019est un peu comme une école.Je suis sorti de là avec beaucoup plus de trucs pour voler et la tête mindée contre le système.Fils d\u2019une mère d\u2019origine algonquine, Denis est adopté à l\u2019âge de deux ans et élevé «dans la ouate», comme il aime le dire, dans une petite famille tranquille de Laval.Il passe une enfance normale, quelque peu marquée par le manque d\u2019affection de son père et la distance de sa sœur.À 12 ans, Denis commence à fumer et à boire beaucoup.Sa consommation de drogue et d\u2019alcool est encouragée par des amis plus vieux, qui lui fournissent ce dont il a besoin.«J\u2019ai même fréquenté des clubs de danseuses à 15 ans», confie-t-il, non sans sourire.«Je mes problème, perdais jobs à cause de la boisson, parce que je ne rentrais pas le lendemain», avoue-t-il.Avec l\u2019âge, il a réussi à contrôler sa consommation, en partie à cause de sa santé, plus fragile qu\u2019auparavant.«Je me considère comme un alcoolique, mais je l\u2019ai longtemps nié, continue Denis.Je sais que j\u2019ai un problème, qu\u2019il est là et permanent.Je dois faire attention.» Un peu avant ses 18 ans, il quitte la maison familiale et se retrouve dans la rue.Un couple l\u2019accueille chez lui, mais ce qui aurait pu être une porte de sortie est devenu une véritable déchéance.Le couple l\u2019initie au vol et Denis s\u2019y accroche solidement.À peine majeur, il entre en prison pour la première fois.«La prison, on ne se le cachera pas, c\u2019est un peu comme une école, explique-t-il.Je suis sorti de là avec beaucoup plus de trucs pour voler et la tête mindée contre le système.» Durant toute sa vingtaine, le camelot fera plusieurs séjours en prison, surtout au provincial, tant pour vol que pour conduite avec facultés affaiblies.«Je n\u2019ai jamais fait de hold-up, je ne suis pas un gars de nature violente, dit-il.Les vols de sacoche, c\u2019est le genre de choses que je n\u2019aurais jamais été capable de faire, même si j\u2019avais été en train de crever de faim dans la rue.» Tranquille durant sa trentaine, Denis fait la connaissance, à 36 ans, de Josée, de onze ans sa cadette, avec qui il restera le même nombre d\u2019années.Lorsqu\u2019il la rencontre, Josée est enceinte d\u2019un mois.«Quand sa fille est venue au monde, j\u2019étais à l\u2019hôpital, raconte-t-il.C\u2019est moi qui ai coupé le cordon.J\u2019ai toujours été son Papa Denis, jusqu\u2019à ma séparation.Ça m\u2019a chagriné beaucoup, parce que je la considère comme ma vraie fille.» Après sa séparation, son dernier passage en prison convainc définitivement Denis de ne plus y retourner.À sa sortie, il travaille un peu et rencontre un ami qui lui fait connaître L\u2019Itinéraire.Reconnaissant pour la valorisation que lui apportent l\u2019équipe et ses clients, ainsi que pour son emploi de plongeur au Café L\u2019Itinéraire, Denis se dit confiant en l\u2019avenir.«Maintenant je fais confiance au temps.Je laisse les choses aller, car j\u2019ai confiance qu\u2019elles vont bien arriver.Jusqu\u2019à maintenant le destin ne m\u2019a pas trop déçu.» # PHOTOS OLIVIER LAUZON L'ITINERAIRE 5 1sr mars 2013 SOMMAIRE ZOOM CAMELOT\tP5 DENIS TRUDEAU - LE BON JACK DOSSIER SPÉCIAL\tP8 IL ÉTAIT UNE FOIS.LES PRINCESSES ACTUALITÉ & CULTURE\tP16 Le magazine Littéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Tht/ierge et Michele Wilson, À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, LItinéraire est vendu régulièrement dans la nue.Cette publication est produite et rédigée per des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le lout de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.DÉFICIENCE INTELLECTUELLE QUAND LA FICTION DÉPASSE IA RÉALITÉ GRANDE ENTREVUE\tP18 ELISAPIE ISAAC - FEMME ASSUMÉE DÉVELOPPEMENT SOCIAL\tP24 GRAVIR L\u2019HI MALAYA POUR RETROUVER L\u2019ESPOIR\t MAUX DE TÊTE FINANCIERS DES ÉTUDIANTS\tP26 INFO RAPSIM: RENCONTRE MAJEURE DU RAPSIM AVEC LA VILLE : LE MESSAGE EST BIEN REÇU.LES ACTIONS DOIVENT SUIVRE\tP29 \t LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE\tP41 LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES.50% DU PRIX DE VENTE DU MAGAZINE LEUR REVIENT.CHRONIQUE DE RUE: HOMMAGE À MANON, STÉPHANE A PIERRE La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Sylvie Gamache, directrice générale adjointe par courriel à sylvie.gamache@itineraire.ca ou par téléphone au 514 597-0238 poste 222.RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Ste-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Ste-Catherine Est TÉLÉPHONE :\t514 597-0238 TÉLÉCOPIEUR :\t514 597-1544 SITE :\tWWW.ITlNERAIRE.CA LE MAGAZINE L\u2019ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareault Rédacteur en chef : Jérôme Savary Superviseure de la rédaction : Marie-Lise Rousseau Adjointe à la rédaction : Soraya Elbekkali Commis à la rédaction : Josée Louise Tremblay Stagiaires à la rédaction : Bastien Potereau et Audrey Neveu Coordonatrice à la conception visuelle : Catherine Joannette Photo de la une : Alex Paillon Révision : Hélène Pâquet, Sophie Desjardins, Louise-Marie Dion, Catherine Flintoff, Nadine Boccalini, Marie-Françoise Lalande, Lise Laganière, Dominique Paquette et Édith Verreault Révision des épreuves: Michèle Deteix, Anne-Laure Le Jan et Anaïs Geoffrion Design et infographie du site Internet : Vortex solution CONSEILLÈRES PUBLICITAIRES Renée Larivière: 514 461-7119 renee.larivierel 8@gmail.com Josée Poirier : 514 273-5002 josee.poirier@itineraire.ca LE CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : Stephan Morency Vice-président : Gabriel Bissonnette Trésorier : Yvon Brousseau Secrétaire : Serge Lareault Représentant des camelots : Jean-Marie Tison Conseillers : François Rousseau-Clair, Yvon Massicotte, Catherine Isabelle, André Malouin et Philippe Allard L\u2019ADMINISTRATION Directeur général : Serge Lareault Directrice générale adjointe : Sylvie Gamache Adjointe au développement social : Florence Ide Technicienne comptable: Duffay Romano Adjoint aux communications et financement : Shawn Bourdages Adjointe aux communications, publicités et relations de presse: Fanny Geoffrion GESTION DE L\u2019IMPRESSON Edition sur mesure - TVA Publications 514 848-7000 Directrice du développement des affaires : Patricia Dionne poste 5831 Coordonnatrice de production : Audrey Messier-M.poste 2249 IMPRIMEUR: IMPRIMERIE SOLISCO L\u2019ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE: aWTecç L\u2019ITINÉRAIRE EST APPUYÉ FINANCIÈREMENT PAR: [inSD \"°°\"al L'ŒLlVRt éA ! HJs,rBB,PBPBrs léger V Convention de la poste publication No 40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2103, Ste-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Nous reconnaissons l\u2019aide financière du gouvernement du Canada par l\u2019entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP), Volet aide aux éditeurs et Volet Innovation, du ministère du Patrimoine Canadien pour nos activités d\u2019édition et de projets internet.Canada QUÉBÉCOR Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.ISSN-1481-3572 n° de charité : 13648 4219 RR0001 ABONNEZ-VOUS AU WWW.ITINERAIRE.CA ou par téléphone au 514 597-0238 poste 231 EDITORIAL JÉRÔME SAVARY Rédacteur en chef jerome.savary@itineraire.ca MOISISSURES , AU PROGRAMMÉ Aux parents qui ont des enfants inscrits dans une école de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), je suggère ceci : ajoutez un masque respiratoire dans le sac à dos de votre progéniture.Leur santé est enjeu.Leur réussite scolaire également.Un masque pourrait être bientôt indispensable pour permettre aux enfants et à leurs professeurs d\u2019être en sécurité quand ils sont à l\u2019école.Sur le territoire de la CSDM, six écoles ont déjà été fermées en raison de moisissures occasionnant des troubles respiratoires, et une vingtaine d\u2019autres doivent être rénovées d\u2019urgence.Aujourd\u2019hui, la situation est tellement inquiétante que plus de 120 000 parents et membres du personnel de la CSDM ont formé récemment la Coalition pour des écoles saines à la CSDM.Manon Ricard, présidente du Comité central des parents de la CSDM, évoque des situations aberrantes : «Il est inadmissible que la santé des élèves et celle du personnel soient compromises de cette façon.[.] Les professeurs ouvrent déjà les fenêtres en plein hiver pour diluer les particules nocives dans l\u2019air de leurs classes.» Dans Hochelaga-Maisonneuve, à deux pas des bureaux du Dr Julien, trois écoles primaires ont dû fermer leurs portes : Baril, Saint-Nom-de-Jésus et Hochelaga.Ensemble, elles accueillent 1000 enfants.L\u2019automne dernier, tous ces enfants ont été déplacés dans l\u2019école secondaire Louis-Riel.Mais ces jeunes ne sont pas au bout de leurs peines, car il semblerait que là aussi, on vient de trouver des moisissures! La CSDM a déjà admis que la situation était grave et a mis sur pied tout un programme de suivi pour ses 214 établissements.Mais elle réagit bien tard.Quand on laisse une situation se détériorer au point où tous les quartiers sont touchés, avec des dizaines d\u2019écoles qui doivent subir des travaux majeurs, le montant de la facture atteint des sommets.La Coalition pour des écoles saines demande au gouvernement d\u2019investir 100 millions de dollars par année dans la rénovation du parc immobilier de la CSDM, et ce, pendant dix ans.On est loin des 10 millions de dollars qui ont été débloqués - «de façon extraordinaire», selon la ministre de l\u2019Éducation - pour rénover l\u2019école primaire Saint-Gérard, dans le quartier Villeray.Et si les parents de cette école ne s\u2019étaient pas autant mobilisés, on peut douter que la ministre aurait contribué ainsi.«On s\u2019est battus très fort, et on a su trouver les bons arguments pour convaincre le ministère et la CSDM.C\u2019est une nouvelle extraordinaire et rassurante», avait déclaré, fin janvier, le président du Conseil d\u2019établissement de l\u2019école, Alex Benjamin, au quotidien Le Devoir.Au même moment, le ministère l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport n\u2019a accordé aucune aide aux écoles Baril, Saint-Nom-de-Jésus et Hochelaga, toutes situées dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.Avec trois écoles primaires fermées, la situation est bien pire dans ce quartier que dans Villeray.Mais tous les parents ne sont pas aussi revendicateurs que ceux de l\u2019école Saint-Gérard.Dans Hochelaga-Maisonneuve, les parents ont bien d\u2019autres problèmes et sont autrement plus vulnérables; parlez-en au Dr Julien.Ces parents sont donc moins à même de défendre haut et fort le droit de leurs enfants à des écoles sans moisissures.Le message qu\u2019envoie le gouvernement est donc le suivant : mobilisez-vous et on vous aidera, ou.mettez votre masque respiratoire en attendant qu\u2019un mécène hypothétique reconstruise votre école.Les changements d\u2019école répétés, qui sont notamment le lot des enfants de l\u2019école Baril depuis l\u2019automne 2011, nuisent à la réussite scolaire.Tout ce climat met en péril le parcours académique des enfants.Sans oublier les professeurs, qui doivent eux aussi composer avec ces aléas malheureux.Rappelons que plus d\u2019un quart des nouveaux enseignants quittent la profession dans les cinq premières années.Et ils sont encore plus nombreux à le faire en milieu défavorisé.Le gouvernement ne doit pas prendre la situation à la légère.Il doit ouvrir ses coffres et permettre à la CSDM de réparer ou de reconstruire les écoles au plus vite, notamment celles où se trouvent des familles vulnérables.L\u2019avenir de dizaines de milliers d\u2019élèves en dépend.\u2022 Une erreur s est glissée dans le graphique illustrant le maigre budget de Gaétan Prince dans le dossier spécial du 15 février sur le «mal-être» social.Le total de ses dépenses aurait dû être de 608 $.Comme ses revenus sont de 733$ par mois, cela lui laisse 126$ pour assurer ses autres dépenses.Pour sen sortir il achète et vend LItinéraire.L'ITINÉRAIRE 7 1er mars 2013 DOSSIER SPÉCIAL était une fois PRINCESSES * Il était une fois, dans un royaume pas si lointain, des jeunes filles qui rêvaient de devenir une princesse.Assises devant leur écran de télévision, elles écarquillaient les yeux lorsque défilaient devant elles les belles icônes de Disney Elles voulaient les longs cheveux de Jasmine, les pantoufles de vair de Cendrillon, la robe extravagante de Belle et la crinière de feu de la Petite Sirène.Surtout, elles désiraient que le prince Charmant vienne les secourir.Pour plusieurs, ces histoires ne relèvent que du simple divertissement pour enfants.Selon certains spécialistes, elles pourraient nuire au développement des petites filles.Dans le cadre du 8 mars, Journée de la femme, L\u2019Itinéraire s\u2019est penché sur l\u2019effet de ces contes de fées sur les fillettes.ILLUSTRATION : CATHERINE JOANNETTE DOSSIER SPÉCIAL ROSE PRINCESSE VANESSA HEBERT La princesse reste seule dans sa chambre.Elle brosse ses longs cheveux en chantant, applique du rouge à lèvres, enfile ses escarpins et met sa plus belle robe.Elle se tourne vers le miroir et se fait un clin d\u2019œil.Elle se croit libérée, puisqu\u2019elle peut descendre seule de sa tour.Qui a besoin d\u2019un homme à cheval blanc de nos jours?Pourtant elle se parfume au cas où un prince passerait par là.Sait-on jamais.«On se dit libérée, mais les rôles attribués à chaque sexe sont encore plus découpés qu\u2019avant», explique Mariette Julien, professeure au département de marketing à l\u2019UQAM.Jouant de ses atouts, la femme séduit et annonce le plaisir sexuel.L\u2019homme stéréotypé, lui, jouit de sa puissance.«Les filles sont formées au paraître et les garçons sont formés à l\u2019être, à l\u2019action», explique Francine Descarries, professeure de sociologie à l\u2019UQAM et chercheuse à l\u2019Institut de recherches et d\u2019études féministes.En quête de briser les clichés qui campent fillettes et garçons dans des rôles invariables, elle pointe du doigt Disney et ses princesses : «Pour briser les stéréotypes, il faut commencer à la base.» A travers les histoires avant le dodo, entourées de jouets roses et brillants ou gavées de films de Disney, les princesses sont au centre des\tstéréotypes qu\u2019apprivoisent les fillettes dès leur plus jeune âge.«Bien que Cendrillon soit maintenant active et règne sur son royaume, on garde cette idée que c\u2019est grâce à un homme et à sa beauté quelle peut être libérée», lance madame Descarries.Petites princesses deviennent grandes, mais ne sont pas toujours conscientes de l\u2019apprentissage des genres, selon Mariette Julien.Pour la professeure de marketing, cela se traduit dans l\u2019inconscient collectif.Étudiante en communication-marketing à l\u2019Université de Sherbrooke, Laurence Pelchat-Labelle a été bercée par les princesses de Disney dans son enfance.«Elles sont l\u2019un des premiers modèles féminins autres que celui de notre mère que l\u2019on découvre lorsque nous sommes jeunes, observe-t-elle.Les princesses rejoignent divers aspects de notre féminité : être belles, aimées, admirées, coquettes, délicates, féminines.» Elle doute toutefois que celles-ci aient eu une réelle influence sur sa perception des garçons ou sur sa façon d\u2019agir.Francine Descarries pense que de telles réflexions minimisent les répercussions du découpage des sexes proposé notamment par les princesses de Disney.«Une stéréotypie forte peut entraîner une faible estime de soi, un inconfort, par exemple, chez les filles qui ne répondent pas aux canons de la beauté», élabore-t-elle.Selon Mariette Julien, ce rêve d\u2019être une princesse est lié à ce quelle qualifie d'extimité, un terme qui qualifie le besoin d\u2019un individu d\u2019être regardé pour se sentir exister.Avec un corps de rêve et une garde-robe à faire craquer de jalousie, la princesse personnifie l\u2019idéal féminin.Elle réussit à faire tourner toutes les têtes en étant la plus belle et la plus sexy.C\u2019est ce qui explique la popularité des princesses; la promesse de séduire la masse.«Derrière l\u2019idée d\u2019une princesse, il y a celle du prince Charmant qui nous entretient.De ce fait, cela justifie de parfaire son apparence, de se faire belle.Donc, l\u2019individu ne se représente que dans le superficiel et n\u2019exploite pas ses talents», dénonce Francine Descarries.Elle souligne toutefois que la petite fille qui s\u2019habille en princesse ne prend pas nécessairement conscience de la signification de son geste, mais que cette donnée reste présente dans son inconscient lorsqu\u2019elle grandit.«Aussi féministe radicale que l\u2019on puisse être, on ?Francine Descarries affirme que les représentations des genres ont une grande influence sur les individus, y compris les hommes.Selon elle, les choses doivent changer.«Dans la politique d\u2019égalité des femmes du gouvernement, la lutte aux stéréotypes sexuels a été identifiée comme l\u2019une des priorités», souligne-t-elle.Cette politique vise à sensibiliser les adultes aux répercussions des stéréotypes.Elle souligne que l\u2019on oublie souvent les garçons dans cette lutte aux clichés.«On a moins tendance à se pencher sur le cas des garçons, mais cette ambition à la virilité peut entraîner de l\u2019insécurité, précise-t-elle.Les études démontrent que plus un garçon se rapporte au stéréotype macho, moins il réussit à l\u2019école parce que dans une certaine mesure, on ne l\u2019incite pas à se valoriser par la réussite scolaire.» Selon la chercheuse, le décrochage scolaire masculin peut alors être une conséquence.«Une stéréotypie forte peut entraîner une faible estime de soi, un inconfort, par exemple, chez les filles qui ne répondent pas aux canons de la beauté.» - Francine Descarries, chercheuse à l\u2019Institut de recherches et d\u2019études féministes, qui pointe du doigt Disney et ses princesses L'ITINÉRAIRE 9 1er mars 2013 DOSSIER SPÉCIAL ESCLAVES DES APPARENCES VANESSA HÉBERT C\u2019est la fête au château.Valsant et scintillant sous les chandeliers, les filles et leurs robes illuminent le bal.Une limousine arrive.La portière s\u2019ouvre et une jeune femme en sort.Comme dans les films, la musique s\u2019arrête.Les têtes se retournent et attrapent dans leur élan un aperçu de la plus belle robe, portée parla plus jolie fille.Ce soir, elle donne l\u2019impression d\u2019être membre de la royauté.a toutes été socialisées à cette façon d\u2019entrer en rapport avec les autres.» On nous enseigne que l\u2019on doit être belle pour attirer un prince, puis vivre heureuse pour avoir beaucoup d\u2019enfants.«La société continue de définir les filles selon une féminité et une maternité éventuelle et, dans une certaine mesure, on continue de faire des distinctions.» «On a moins tendance à se pencher sur le cas des garçons, mais cette ambition à la virilité peut entraîner de l\u2019insécurité, précise-t-elle.Les études démontrent que plus un garçon se rapporte au stéréotype macho, moins il réussit à l\u2019école parce que dans une certaine mesure, on ne l\u2019incite pas à se valoriser par la réussite scolaire.» - Francine Descarries, professeure de sociologie à l'UQAM et chercheuse à l'Institut de recherches et d'études féministes Consciente des répercussions de la distinction bien définie qui sépare les sexes, Francine Descarries sait qu\u2019il est impossible d\u2019isoler les enfants des films de Disney et des contes de fées.Elle considère que dans un monde idéal, il y aurait beaucoup moins de personnages de princesses.«Moi, mon but est de démontrer qu\u2019il peut y avoir des distinctions biologiques entre les hommes et les femmes, mais aucune de ces distinctions ne justifie que l\u2019un ou l\u2019autre soit traité différemment.» \u2022 Si toutes les petites filles rêvent d\u2019être des princesses, c\u2019est au bal des finissants quelles tentent de concrétiser ce désir.«C\u2019est le besoin d\u2019être regardé pour exister», explique Mariette Julien, professeure en marketing à l\u2019UQAM.Sans fée-marraine pour faire apparaître de sa baguette magique une robe et des souliers, c\u2019est l\u2019argent du portefeuille des parents qui s\u2019envole bien souvent.«Ces nouvelles princesses modernes et sexy deviennent l\u2019idéal féminin.Avec l\u2019association de ce nouveau genre de modèle plus contemporain, les femmes pensent être libérées de l\u2019emprise des stéréotypes, mais elles sont encore esclaves des apparences.» - Mariette Julien, professeure en marketing à l'UQAM, évoque ici Kate Middleton.Diplômée du collège Saint-Joseph en Outaouais depuis juin dernier, Isabelle Beaudoin raconte comment le prix pour être belle lors de cette soirée est élevé.«Ma robe a coûté 300 $, mais en moyenne, les robes peuvent coûter autour de 400 $.» Plusieurs finissantes ratissent tout le Québec pour trouver la robe idéale.«Il y en a qui sont allées à Montréal, spécifie Isabelle.Larue Saint-Hubert est vraiment populaire.» Venant d\u2019une école secondaire pour filles, Isabelle explique que le bal de finissants, ou des finissantes dans son cas, était une grande préoccupation pour les élèves.Coiffées, maquillées et habillées, les étudiantes profitent alors du bal pour devenir de vraies princesses.«Le temps de quelques heures, elles jouent la carte sociale gagnante des gens riches et des vedettes en utilisant le glamour», commente Mariette Julien.Selon Francine Descarries, professeur en sociologie à l\u2019UQAM, il y a une raison pour expliquer que ces filles se prêtent au jeu : «Parce que c\u2019est agréable de rêver; on présente un monde de beauté, de loisirs, et un message voulant qu\u2019il suffise de paraître pour être», lance-t-elle.Selon la professeure en marketing, les années 1990 ont entraîné un engouement pour tout ce qui est glamour et sexy.Cette décennie a démocratisé l\u2019idée qu\u2019il faut donner l\u2019impression d\u2019être riche pour attirer l\u2019attention.«La princesse représente le glamour et le sexy, ce qui la rapproche de l\u2019univers du luxe, ajoute Francine Descarries.C\u2019est un personnage Il ' IQ L ITINÉRAIRE 1er mars 2013 DOSSIER SPÉCIAL POUR ALLER PLUS LOIN qui appelle à l\u2019hyperconsommation, mais aussi à l\u2019hypersexualisation.» Les princesses modernes envahissent les écrans et alimentent le rêve des petites filles.Rivées devant leur téléviseur, les fillettes du monde entier ont regardé Kate Middleton et sa longue robe blanche alors qu\u2019elle épousait le prince William au printemps 2011.«Ces nouvelles princesses modernes et sexy deviennent l\u2019idéal féminin, constate Mariette Julien.Avec l\u2019association de ce nouveau genre de modèle plus contemporain, les femmes pensent être libérées de l\u2019emprise des stéréotypes, mais elles sont encore esclaves des apparences.» Au douzième coup de minuit, les limousines disparaissent et font place aux autobus jaunes qui conduiront les jeunes à l\u2019après-bal.Les talons redeviennent des chaussures de course et les coiffures hautes redescendent sur les épaules des filles.«Tellement de temps pour se préparer pour finir en débauche dans un champ», se désole Isabelle.Nostalgique, elle affirme qu\u2019elle gardera sa robe.«Je ne pense pas la reporter, mais je ne veux pas m\u2019en défaire, c\u2019est un beau souvenir.» # * Essai : Psychanalyse des contes de fées Bruno Bettelheim, Hachette Littératures Paru en 1976, cet ouvrage a été écrit, selon son auteur, un psychiatre pour enfants, «pour aider les adultes, et plus spécialement ceux qui ont charge d\u2019enfants, à comprendre l\u2019importance des contes de fée» dans le développement des enfants.À travers plusieurs histoires populaires comme Blanche-Neige ou La Belle et la Bête, Bettelheim analyse le contenu psychanalytique des contes pour enfants, à la lumière de grands thèmes comme le complexe d\u2019Œdipe ou encore la rivalité fraternelle chez les enfants.Cet ouvrage est devenu avec les années un classique de l\u2019approche psychanalytique de ces récits.Télévision : Les Simpsons : Lisa vs.Malibu Stacey Dans cet épisode de la populaire série animée, la jeune Lisa part en guerre contre la fabricante d\u2019une poupée parlante nommée Malibu Stacey.Pourquoi?Après son achat, Lisa découvre que les seules paroles prononcées par la poupée sont sexistes et dévalorisantes pour les femmes.Elle mène alors son combat en s\u2019attaquant à la créatrice des poupées, Stacy Lovelle.Mais celle-ci n\u2019a plus aucune influence sur les produits Malibu Stacy.Ensemble, elles décident alors de créer une nouvelle Malibu Stacey qui serait un modèle positif pour les jeunes filles, avec «l\u2019intelligence de Simone de Beauvoir et la beauté d\u2019Eleanor Roosevelt».Essai : Quand Disney nous dit : «Tu seras un homme mon fils» «Tu seras une femme ma fille» - Représentations et socialisation de genre par les longs métrages classiques de Walt Disney Dagorne Elaine Mémoire de fin d\u2019études, à l\u2019Institut d\u2019Études Politiques de Lyon Année universitaire 2009-2010 Ce mémoire d\u2019une centaine de pages de l\u2019Université de Lyon démontre l\u2019importance des représentations stéréotypées du monde que Disney véhicule aux enfants.L\u2019auteure remarque que, malgré leur statut de patrimoine culturel populaire, les contes de fée et leurs princesses sont loin d\u2019être roses.«Contre l\u2019homme parfait, viril, actif, associé à la vie publique et aux responsabilités, puissance et respect associés, la femme est, elle, à double facette : idéalement belle, bonne, passive, au foyer, mère et épouse potentielle de tout temps ou maléfique, laide, jalouse, cruelle et magique.» http://doc.sciencespo-lyon.fr/Ressources/Documents/Etudiants/Memoires/ Cyberdocs/MFE2010/dagorne_e/ pdf/dagorne_e .pdf 1sr mars 2013 DOSSIER SPÉCIAL LA PAROLE AUX «PRINCESSES» PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE-LISE ROUSSEAU Entourées d\u2019une forte majorité d\u2019hommes à L\u2019Itinéraire, les femmes camelots se rassemblent chaque semaine afin de discuter de diverses questions qui les concernent et de valoriser leur sentiment d\u2019appartenance au sein de l\u2019organisme.Pour les besoins de cet article, Nadine Dubreuil, intervenante qui chapeaute ces rencontres, m\u2019a laissé carte blanche pour animer une discussion autour du sujet des princesses de Disney et de leur influence sur le développement des jeunes filles.Attablées dans la salle de réunion, les femmes en avaient long à dire sur le sujet! Cindy : Je ne sais pas si ça a rapport, mais je trouve qu\u2019on attaque souvent les hommes et qu\u2019on fait trop souvent des femmes des victimes.Josée : Ça a rapport ce dont tu parles Cindy et c\u2019est abordé dans le texte.C\u2019est une des choses que j\u2019ai apprécié dans ce dossier : on parle aussi du conditionnement des hommes.Les femmes sont conditionnées par des modèles roses, les princesses.Les hommes ont des modèles de macho comme les G.I.Joe.Ça s\u2019imprime dans le cerveau des jeunes et ça influence leurs comportements et la perception qu\u2019ils ont d\u2019eux-mêmes.Linda : C\u2019est encore pire aujourd\u2019hui à cause de la surabondance de publicités.Les jeunes sont encore plus exposés à des images stéréotypées.C\u2019est l\u2019hypersexualisation.Josée : Je pense qu\u2019il y a eu un glissement.La libération des femmes a fait qu\u2019elles ont pris leur vie et leur destin en main.Maintenant elles sont peut-être un peu déboussolées face à leur sexualité.Il faudrait que le balancier revienne au milieu.Il y a une ligne mince entre la libération sexuelle et l\u2019hypersexualisation.Nancy : Quand on regarde les mannequins, c\u2019est irréaliste! Des femmes qui n\u2019ont aucune forme, grandes et minces.Il y a de plus en plus d\u2019anorexie à cause de ça chez les jeunes filles qui n\u2019acceptent pas leurs formes.Elles n\u2019ont pas de distance critique, elles pensent que ça correspond à la réalité.Moi-même, à l\u2019adolescence, j\u2019ai souffert d\u2019anorexie, car je pensais que tout ce que j\u2019avais de beau, c\u2019était mon physique.Linda : Autrefois, les gens vivaient en famille unie.Aujourd\u2019hui, presque tous les enfants vivent dans une famille séparée, en alternance chez leur mère et chez leur père.Si le père est plus permissif, la jeune fille garde ses vêtements plus provocants chez lui.Résultat : les parents s\u2019occupent moins de l\u2019éducation de leurs enfants.Ça devrait être à eux de les éduquer à ce sujet.Nancy : Dans le temps de nos parents, l\u2019homme travaillait et la femme élevait les enfants.Aujourd\u2019hui, les deux sont actifs sur le marché du travail, ce qui est bien, mais ça a des conséquences sur les enfants.Il y a plus de laisser-aller et les enfants sont élevés par la société.12 LITINEF;aif;E LES PRINCESSES DE LEUR ENFANCE Josée : La nouvelle génération de films avec les princesses, je l\u2019ai connue adulte.Par contre, des contes, j\u2019en ai lu et entendu.Je me souviendrai toute ma vie de la princesse au petit pois.On la faisait dormir sur un beau matelas de plume, mais il y avait un petit pois dans le matelas qui l\u2019empêchait de bien dormir.Dans l\u2019histoire, ses hôtes ajoutaient un matelas de plus sous elle à chaque nuit pour quelle dorme mieux, mais elle sentait toujours le petit pois.Dans ce conte, on te dit que pour être une femme, il faut être ultra délicate, ultra douillette.Enfant, à cause de ça, je me disais : «Je ne serai jamais femme».Ça m\u2019a marquée.Aujourd\u2019hui je suis une femme et je le sais, je n\u2019ai pas ce problème d\u2019identité.Linda : Mais quand tu dors dans un lit de plumes, là, est-ce que tu le sens le petit pois?(rires) Josée : Je me disais que jamais je ne le sentirais.C\u2019est un idéal inaccessible! Dans la tête des enfants, princesse = fille.On me disait que j\u2019étais un garçon manqué, j\u2019étais un tomboy.Je n\u2019appréciais pas être cataloguée de tomboy, mais je ne détestais pas ce que j\u2019étais pour autant.Nancy : Moi aussi j\u2019étais tomboy.Je ne me brossais pas les cheveux et je m\u2019habillais en ti-gars.Mais j\u2019écoutais quand même Cendrillon et La Belle et la Bête, car ce sont de belles histoires.Je ne me disais pas que je devais ressembler à ça pour autant.Cindy : Moi ça m\u2019a beaucoup influencé quand j\u2019étais jeune.Quand je restais avec ma mère, elle était très pauvre et je n\u2019en écoutais pas.Dans ma première famille d\u2019accueil, j\u2019ai commencé à en écouter.J\u2019avais sept ans.Ça a été la découverte d\u2019un monde.Wow! Le prince charmant m\u2019a 1sr mars 2013 DOSSIER SPÉCIAL DE L\u2019ITINÉRAIRE fait rêver.J\u2019en écoute encore aujourd\u2019hui.Hier, j\u2019ai été voir Zombie malgré lui (pas un film de Disney), dans lequel c\u2019est l\u2019homme qui se fait sauver par la fille et non l\u2019inverse.Nadine : Disney s\u2019est conscientisé dans les années 2000.Dans Lilo et Stitch, la physionomie des femmes était plus réaliste.Il y a maintenant une diversification des images, ils sont même rendus avec des voitures comme personnage principal! Josée : On s\u2019entend que ces histoires se terminent là où la vraie vie commence.On ne voit jamais la princesse changer les couches de ses nombreux enfants! (rires) LES PRINCESSES EN 2013 l\u2019autre.Mais il y a des gens qui rêvent encore.Linda : Ben moi je rêve qu\u2019il n\u2019y en ait plus! Nicole : J\u2019aimerais que ce soit réaliste.On écoute des émissions et on rêve d\u2019en faire partie.On nous vend du rêve et on embarque dedans, puis on se crée des attentes, par exemple face au prince charmant.Cindy : Ça me fait penser à ma propriétaire qui vient de se marier pour la quatrième fois.Elle pense que le mariage est ce qui va la rendre heureuse.Beaucoup ont été élevés comme ça.Ils pensent que de se marier va régler tous leurs problèmes.Nancy : Il faut faire la différence entre ce qui est réel et ce qui n\u2019est pas réel.Il faut de la diversité partout.Linda : Les filles, vous ne trouvez pas ça ridicule des histoires de princes et de princesses en 2013?Que des millions de personnes aient regardé le mariage du Prince William et pleuré quand la princesse Diana est morte?Josée : Concernant la diversité, je n\u2019aime pas qu\u2019on nomme l\u2019événement «la journée de LA femme».Je dirais plutôt «la journée DES femmes», parce que LA femme, ça n\u2019existe pas.Il faut briser les moules et multiplier les modèles.\u2022 PHOTO: MARIE-LISE ROUSSEAU ILLUSTRATION : CATHERINE JOANNETTE Anne : Pour moi un prince et une princesse, ce sont simplement deux amoureux qui se respectent l\u2019un et LE GROUPE DES FEMMES DE L'ITINÉRAIRE.DE GAUCHE À DROITE : NICOLE G IARD, JOSÉE CARDINAL, CINDY TREMBLAY, LINDA PELLETIER ET NANCY BOUCHER.EN BAS, ANNE LEVASSEUR ET MAUDE SUMMERSIDE.miNERAIRE 1sr mars 2013 ACTUALITÉ & CULTURE L\u2019HISTOIRE EN ROSE VANESSA HÉBERT Il était une fois une histoire qui méritait d\u2019être racontée.Cachée dans un bâtiment sur le boulevard St-Laurent, elle s\u2019était endormie dans des boîtes rangées sur des étagères.Réveillée chaque jeudi soir par les curieux qui passaient par là, elle racontait, grâce à ses photos, ses affiches et ses articles de journaux, le récit pas toujours rose des homosexuels au Québec.Célébrant ses 30 ans ce printemps, les président des archives.Mais il y avait une archives gaies du Québec ont vu le jour volonté de garder cette histoire, parce que en 1983.C\u2019est avec la collaboration de personne d\u2019autre ne le faisait.» l\u2019anthropologue Ross Higgins et de Jacques c , T\tn \u2022\tj r ,\t, ,\t1-^1 oelon Jacques Prince, garder une trace rrince, president 3.ctu.el des ctrernves, oue le j t>i \u2022 .\u2022 j i\ti .r\t-,\t^\tde 1 histoire des homosexuels est une projet a pris forme.A la meme epoque, des r j\tj\t.r J r\t-fQ1 \u2019 façon de se comprendre comme société, archives gaies ont vu le jour a New York,\tr °\tJ\t«Chaque histoire individuelle tait partie a loronto et a San rrancisco.«Partout ,,\t, .^ .\t,\tT\t.\ti at i 1\td une histoire plus vaste.Lorsque j étais en Amérique du Nord, il y avait un\t., , V ,,\t.^\t1\tjeune, il n y avait pas d organisme comme mouvement d archivage communautaire 1\t,\t, °\tle\tnotre pour m aider a\tcomprendre, parmi les gais et lesbiennes.Dans les\t.\t^\t^\t, r\t°\tse\trememore-t-ii.C est\tdonc une années 1970,\tpersonne ne conservait rien c\t1 - r\tfaçon d aider les individus\ta mieux se dans les communautés gaies parce que\t,\t,\t,\t,\t^ , & r i1 comprendre, a évoluer et a se sentir les activistes du mouvement étaient alors\t.\t,\t.T v appréciés par la société.» Les archives gaies ciblés par la police, raconte lan Blair, vice- 14\tLITINEF;aif;E du Québec contiennent des informations qui remontent de la fin de la Deuxième Guerre mondiale à aujourd\u2019hui.«Cela permet une compréhension de l\u2019évolution des organismes en place», ajoute Jacques Prince.Selon lui, elles permettent aussi d\u2019avoir une meilleure prise sur l\u2019histoire de Montréal et du Québec.Les collections que possèdent les archives gaies du Québec proviennent de dons individuels ou d\u2019archives d\u2019organismes.Ian Blair explique qu\u2019il est difficile de mettre la main sur une copie de toutes les publications reliées à la communauté homosexuelle.«Les affiches et les brochures sont très éphémères.On ne peut pas tout avoir, mais il faut faire un effort pour chercher un échantillon de ce qui existe, lance-t-il.Il faut aussi sensibiliser les organismes et commerces à notre mission.» 1sr mars 2013 ACTUALITE & CULTURE r Des visiteurs de tous les horizons consultent les archives gaies du Québec.«Nous accueillons beaucoup de chercheurs originaires de partout dans le monde.Mais nos principaux intéressés sont des universitaires qui traitent de sujets reliés à l\u2019homosexualité.» Ian Blair ajoute que la plupart sont d\u2019ailleurs des femmes hétérosexuelles.Comme quoi les archives n\u2019intéressent pas uniquement les membres de la communauté gaie.Pour leurs 30 ans, les archives amorcent un grand changement.Ayant trouvé un local plus grand pour accueillir cette histoire grandissante, ils déménageront sur la rue Amherst en avril, entre les rues René-Lévesque et Viger.«Pour l\u2019instant, nous sommes très ouverts à la curiosité des gens, mais nous ne sommes pas bien organisés pour les recevoir, explique Ian Blair.Nous espérons qu\u2019avec plus d\u2019espace, nous aurons un meilleur système de classement.» S\u2019établissant plus près du Village, l\u2019équipe souhaite allonger ses heures d\u2019ouverture pour profiter d\u2019une plus grande popularité par sa proximité avec la communauté homosexuelle.D\u2019ici là, le récit des homosexuels du Québec dort encore dans les cartons, prêt pour le déménagement.\u2022 Pour plus d\u2019informations : www.agq.qc.ca; 514 287-9987 LOU.JE PKÛfTTÉCE timide PML0£ VINCE LES HÉ nos OnUIMAim HCtlUIUW CWftUiXK y-\" POUR M\u2019EXCUSER- MIE AUNOIVfQB .ET «8 MILUDNNAm HOMMES ÏT LUI rmm OIAH0 TU VEUX! îüïl L'ITINÉRAIRE 15 1er mars 2013 ^ J \u2014' \t DEPUIS PRÈS DE 20 ANS, GENEVIÈVE DUPONT-MORIN VIT SA PASSION POUR L\u2019ART DRAMATIQUE EN JOUANT TANT AU THÉÂTRE QU\u2019AU CINÉMA ET À LA TÉLÉVISION.ELLE POSE ICI EN COMPAGNIE DE JEAN-MARIE LAPOINTE, SON MENTOR, ÉGALEMENT COMÉDIEN.PHOTO: AUDREY NEVEU ACTUALITÉ & CULTURE o O U i \u2014 Irate llectaeile QUAND LA FICTION DÉPASSE LA RÉALITÉ L3MT AUDREY NEVEU Démystifier la déficience intellectuelle «La déficience intellectuelle se définit selon trois critères : le quotient intellectuel, les comportements adaptatifs et l\u2019âge auquel est survenu la déficience, précise Georgette Goupil, professeure spécialisée en déficience intellectuelle à l\u2019UQÀM.La moyenne de la population a un quotient intellectuel de 100 et plus on va vers les extrémités de la courbe, moins il y a d\u2019individus.» Les comportements adaptatifs représentent tous les comportements de la vie quotidienne et la capacité de la personne à les effectuer.Selon la gravité de la déficience, la personne aura besoin d\u2019une aide plus ou moins importante.«Avec du soutien personnalisé sur une certaine période de temps, la personne peut s\u2019améliorer», continue Georgette Goupil.Dans cette optique, l\u2019art dramatique peut devenir une véritable panacée pour les personnes vivant avec une déficience intellectuelle, leur permettant de s\u2019exprimer plus aisément.«Leur force est dans leur émotivité, car leur intelligence émotive n\u2019est pas brouillée, affirme Louise Archambault, cinéaste.Dans toutes les formes d\u2019art, ils peuvent aller chercher ce qu\u2019ils sont réellement et acquérir une confiance.» La Semaine québécoise de la déficience intellectuelle se tiendra du 10 au 16 mars 2013.www.aqis-iqdi.qc.ca 16 L ITINÉRAIRE 1er mars 2013 ACTUALITÉ & CULTURE Malgré de nombreuses campagnes de sensibilisation, la déficience intellectuelle demeure méconnue.Par la voie des arts, les personnes vivant avec une déficience intellectuelle se frayent un chemin vers la confiance en soi et démystifient les préjugés à leur égard.Lumière sur des arts ouverts à tous.Depuis près de 20 ans, Geneviève Dupont-Morin vit sa passion pour l\u2019art dramatique en jouant tant au théâtre, qu\u2019au cinéma et à la télévision.«J\u2019ai commencé à lire des livres sur le théâtre et j\u2019ai pris des cours, explique-t-elle.On fait du chant, du théâtre, de la danse et du mime.Mes points forts sont la danse et le théâtre.» Ayant suivi une formation au Centre des arts de la scène Les Muses, Geneviève est maintenant finissante en théâtre et poursuit sa formation en danse.Elle continue d\u2019interpréter de nombreux rôles qui l\u2019inspirent profondément.«J\u2019adore les personnages de drame», avoue-t-elle.Ayant joué dans les séries Le Négociateur, Annie et ses hommes et Tout sur moi, Geneviève ne chôme pas.Elle a également fait partie des productions Leçons et Le temps des marguerites, ainsi que deux autres créations de la compagnie Joe Jack et John.Au lieu de s\u2019attarder au fait de vivre avec la trisomie, Geneviève rayonne.Sa feuille de route est longue et impressionnante.«La beauté de travailler avec Geneviève, c\u2019est qu\u2019on peut s\u2019amuser, explique Jean-Marie Lapointe, acteur et mentor de Geneviève.Même si notre travail doit être sérieux, le fait d\u2019avoir une personne qui a une déficience intellectuelle avec moi m\u2019amène à être beaucoup plus authentique et dans le moment présent.» Travaillant très fort pour ses rôles, Geneviève refuse de se faire aider et insiste pour apprendre ses textes par cœur.Elle travaille son élocution avec un bouchon de liège dans la bouche.Déterminée, elle aimerait obtenir un premier rôle dans une production artistique prochainement.Grandement impressionnée par sa performance de danse dans le cadre de Corps atypik, présentant des danseurs au physique hors-normes, la directrice artistique de Tangente lui a d\u2019ailleurs donné sa bénédiction.Par le passé, les études scientifiques ont beaucoup porté sur les caractéristiques de la déficience intellectuelle.De nos jours, nombreuses sont celles qui soulignent l\u2019impact positif de la présence d\u2019une personne avec un tel handicap dans son entourage.«Chaque personne est unique et doit trouver sa place dans la société, comme vous et moi, fait valoir Georgette Goupil, professeure spécialisée en déficience intellectuelle à l\u2019UQÀM.Souvent ils vont apporter beaucoup dans leur famille en termes d\u2019apprentissage de l\u2019acceptation de soi.» Dévorant Tchékhov, Sophocle, Racine et Molière, Geneviève prouve que sa déficience ne l\u2019empêche pas d\u2019avoir accès à des grandes œuvres de théâtre et d\u2019acquérir un niveau de culture que bien d\u2019autres jeunes n\u2019ont pas.L\u2019Association pour l\u2019intégration sociale (AISQJ salue d\u2019ailleurs la grande ouverture du milieu artistique, particulièrement le travail de Les Muses et de Richard Gaulin, qui n\u2019hésite pas à faire confiance à ceux qui le méritent.Grâce à leur travail, ils permettent à de nombreuses personnes vivant avec un handicap de se réaliser pleinement.L\u2019espoir de vivre de leur art en anime plus d\u2019un, tout comme de nombreux jeunes hommes et jeunes femmes qui empruntent un jour la voie du cinéma et du théâtre.\u2022 LE SEPTIÈME ART OUVERT À TOUS AUDREY NEVEU Pour bien des personnes vivant avec une déficience intellectuelle, l\u2019art est véritablement une voie épanouissante tout comme pour ceux qui travaillent avec elles.«J\u2019avais envie de faire un film pas juste sur elles, mais avec elles, explique Louise Archambault, réalisatrice du film Gabrielle, qui prendra l\u2019affiche en 2013.C\u2019est fou ce quelles peuvent nous apporter quand on leur donne de la place et qu\u2019on leur fait confiance.» Travailler avec des personnes ayant une déficience intellectuelle représente un défi que Louise Archambault a voulu relever dans le respect de ses jeunes collaborateurs.«Je les ai traités comme des acteurs.Il fallait vraiment que je sois dans le lâcher-prise.Je ne pouvais pas avoir un cadre rigide.» La présence d\u2019une chorale dans le film, imposante et exigeante, leur permet de se dépasser et de se donner une certaine fierté.Pour son deuxième long-métrage après Familia, la cinéaste met en lumière la jeune Gabrielle à travers ses relations amoureuses et son cheminement pour dépasser les limites de son handicap dans sa quête d\u2019intimité.«Je me demande toujours pourquoi on a un malaise envers ces personnes, se questionne Louise Archambault.Je me demandais comment elles vont chercher leur bonheur, leur intimité?Je me rends compte qu\u2019elles n\u2019ont pas d\u2019inhibition, mais qu\u2019elles ont quand même un désir sexuel.Certaines personnes peuvent l\u2019explorer, mais d\u2019autres peuvent être limités.C\u2019est plus difficile pour elles.» UrtlNERAIRE 17 1sr mars 2013 GRANDE ENTREVUE Eemme TEXTE : MARIE-LISE ROUSSEAU PHOTOS : ALEX PAILLON [COIFFURE ET MAQUILLAGE : MÉLANIE BÉLISLE AVEC LES PRODUITS MAC 18 UmNEFlAIRE 1sr mars 2013 GRANDE ENTREVUE Le contexte était propice à parler des femmes et de leur singularité en ce mois de la journée de la femme.Elisapie Isaac a répondu avec grand intérêt à nos questions tout en s\u2019adonnant à un rituel très féminin, celui de la coiffure et du maquillage, «pas trop fifille, s\u2019il vous plaît», en vue de notre séance photo.Dans Travelling Love, son dernier album, la créatrice inuite affirme sa féminité, sa fragilité \u2014 quelle perçoit comme une force \u2014 son esprit libre et ses racines nordiques.Sur ce deuxième album en solo*, l\u2019auteure-compositrice-interprète explore les contradictions des femmes.«Des fois, on est intenses, perdues et dépassées par les émotions et, en même temps, on veut être fortes devant les hommes.On ne veut pas être prises pour acquis», exprime-t-elle en entrevue.Cette dualité entre «la femme sensible et le fauve plus instinctif», comme le définit sa biographie sur son site Web, se retrouve en elle.Elisapie se définit comme une personne moody, à l\u2019humeur très changeante.Peu friande du terme «féministe», qui selon elle fait trop peur, Elisapie croit au pouvoir de la féminité et de la force de la femme, dans la continuité d\u2019une longue lutte pour l\u2019égalité qui n\u2019est toujours pas effective sur le plan salarial.Une femme qui devient masculine dans ses manières pour grimper les échelons?Très peu pour elle.Parlez-lui plutôt d\u2019une femme capable d\u2019explorer et d\u2019assumer sa fragilité.«On ne veut tellement pas montrer notre fragilité, mais gosh\\ II faut la reconnaître!», insiste-t-elle avec une pointe d\u2019accent inuk dans sa voix douce.Cette recherche d\u2019équilibre entre la fragilité et la force est la quête personnelle de la chanteuse, de nature sensible et émotive.Elle considère l\u2019œuvre de Leonard Cohen comme une ressource importante dans sa recherche de «zenitude».Une chanson est d\u2019ailleurs consacrée au grand artiste montréalais sur Travelling Love : Leonard, it\u2019s all your fault.Quelle faute au juste?«Sa faute si je me permets d\u2019entrer dans un monde de rêverie.Il faut avoir un peu de folie dans la tête, je pense», réfléchit l\u2019artiste dont le teint basané est parsemé de taches de rousseur.«Leonard est un des rares artistes qui se permet d\u2019être rêveur, j\u2019admire beaucoup comment il peut être très zen», poursuit-elle.Les femmes québécoises et inuites sont d\u2019autres grandes sources d\u2019inspiration pour Elisapie, qui dit avoir écrit les textes de son album en pensant à elles.Voyageant beaucoup lors de ses tournées dans les autres provinces canadiennes, la chanteuse remarque avec bonheur que les femmes de la belle province sont plus expressives.«On est capable de chialer; on n\u2019aime pas se faire dire quoi faire ou se faire traiter de noms.» Les femmes inuites, elles, lui permettent de retrouver son équilibre lorsqu\u2019elle visite son village natal chaque année.Ses parents étant décédés peu après sa majorité, ces femmes sont devenues pour elles des «matantes cool», des femmes «qui viennent avec un amour qui n\u2019est pas calculé, une générosité incroyable, très présente dans la culture inuite», explique Elisapie, non sans fierté pour son coin de pays.Elle mentionne notamment sa mentor Ellashuk Pauyungie, sa professeure de radio, alors quelle débutait sa carrière dans le domaine des communications dans le Grand Nord.«Aujourd\u2019hui, je peux tout lui dire.C\u2019est une personne qui a de l\u2019humour, en plus d\u2019un leadership et d\u2019une ouverture incroyable.» Qu\u2019est-ce qui unit toutes les femmes?Selon Elisapie, il s\u2019agit d\u2019une quête d\u2019amour pur.«S\u2019il existe!», dit-elle en éclatant de rire.La plupart des femmes espèrent le trouver dans l\u2019âme sœur, dans le conjoint idéal.Elisapie l\u2019a trouvé chez Lili Alacie, sa fille de six ans.Lorsqu\u2019elle parle d\u2019elle, ses yeux en amandes deviennent étincelants et son sourire, indécrochable.«En ce moment, elle n\u2019arrête pas de dire quelle n\u2019est pas une fifille.Elle me fait penser à moi quand j\u2019étais petite.» DU NORD AU SUD Elisapie Isaac assume aujourd\u2019hui sa féminité et sa fragilité, mais cela n\u2019a pas été tâche facile par le passé.Adolescente, comme tout jeune inuit, elle a souffert d\u2019isolement et de manque d\u2019écoute.«Je pense qu\u2019il n\u2019y en a pas un qui n\u2019a pas pensé au suicide», affirme-t-elle, convaincue.Avant de quitter Salluit, son village natal de 1 200 habitants, la deuxième communauté inuite la plus au nord du Québec, la jeune Elisapie a été conseillère auprès des jeunes des écoles secondaires du Grand Nord.«J\u2019ai essayé de les aider, mais je manquais de ressources.Une personne sur deux voulait se suicider!» L\u2019artiste déplore l\u2019absence d\u2019aide psychologique dans les communautés alors que le besoin est criant.Cette expérience a apporté beaucoup d\u2019empathie à Elisapie, de même quelle lui a appris à établir ses limites.«J\u2019ai un côté Mère Teresa, mais je suis trop sensible; ça m\u2019empêcherait de dormir.» À 22 ans, Elisapie a eu le courage de quitter le Grand Nord pour aller étudier en communications à Montréal.«C\u2019était la suite logique des choses pour moi, une jeune fille un peu artistique qui se cherchait», dit-elle, sincère.Elle ne regrette en rien sa décision.Au contraire, «c\u2019est venu crinquer mon côté fonceuse», dit-elle.Elle a raconté son histoire il y a dix ans dans son documentaire Si le temps le permet, dans ?UrtlNERAIRE 19 1sr mars 2013 GRANDE ENTREVUE lequel elle questionne l\u2019identité des Inuits face à la modernité.Aujourd\u2019hui, elle se réjouit de l\u2019amélioration de la qualité de vie des jeunes du Grand Nord grâce à l\u2019existence de subventions plus importantes pour des activités culturelles.«Ça ne peut pas être pire que les 15 dernières années», dit-elle durement.Elle rappelle que le mode de vie nomade ancestral des Inuits a été complètement chamboulé il y a à peine 50 ans, et que la communauté peine encore à s\u2019adapter à la modernité tout en demeurant près de ses racines.Internet permet de briser l\u2019isolement de plusieurs, mais il manque encore beaucoup de ressources et de modèles inspirants pour les jeunes.Le mouvement Idle No More, popularisé en décembre dernier en réaction à l\u2019adoption par le gouvernement du Canada de la loi omnibus C-45, qui entraîne la violation des traités ancestraux, avec la grève de la faim de Theresa Spence, chef de la communauté d\u2019Attawapiskat, l\u2019inspire énormément.«Il était tellement temps!, se réjouit-elle.Je pense qu\u2019il y aura de plus en plus de leaders comme elle qui n\u2019auront pas peur de dire ce qu\u2019ils pensent.» Engagée, Elisapie suit le mouvement de près et n\u2019hésite pas à s\u2019exprimer sur le sujet par l\u2019entremise des réseaux sociaux.La belle artiste s\u2019anime en parlant des politiques qui affectent son Grand Nord natal, quelle visite chaque année avec sa fille.Elle avoue que de prendre la parole via le documentaire lui manque terriblement, car la musique l\u2019occupe trop.Et si elle faisait un nouveau documentaire prochainement, quel en serait le thème?«La femme!», s\u2019exclame-t-elle sans hésitation dans un grand rire.Plus précisément, sa force et les rituels qui lui sont propres, par exemple les premières menstruations ou la grossesse.«On est perdues, on est tellement modernes, et sans vouloir être ésotérique, je crois qu\u2019on a besoin de revenir à ce qui est important.» Ce qui est important pour Elisapie, ce sont les petits moments magiques, par exemple un repas spécial partagé en famille, et ses racines polaires, qui guident sa tête et son cœur.\u2022 \u2018Elisapie s\u2019est fait connaître avec le duo Taima, avant de lancer son premier album, There \u2022will be stars, en 2009.On [les femmes] ne veut tellement pas montrer notre fragilité, mais gosh\\ Il faut la reconnaître! ELISAPIE PRÉSENTERA SON ALBUM TRAVELLING LOVE EN SUPPLÉMENTAIRE AU CABARET DU MILE-END LE 10 MAI PROCHAIN.r Visionnez Si le temps le permet, documentaire réalisé par Elisapie Isaac sur le site de l\u2019ONF : www.onf.ca/film/si_le_temps_le_permet 20 E ITINÉRAIRE 1er mars 2013 SEULEMENT Au lieu d\u2019accumuler inutilement des points pour un malaxeur, vous pourriez assurer la sécurité d\u2019un défenseur des droits humains.La carte VISA Desjardins Amnistie internationale.La seule carte qui sert de vrais intérêts.Demandez cette carte via amnistie.ca/visa AMNISTIE INTERNATIONALE NOUS SOMMES NOMBREUX À CROIRE QUE LES ENTREPRISES COOPÉRATIVES BÂTISSENT UN MONDE MEILLEUR.2012 Année Internationale Coopératives Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal Coopérer pour créer l'avenir PHOTO : JEAN-FRANÇOIS HAMELIN Jérôme Savary marche sur les traces clu Dr Julien, et ce, pour une troisième saison,  chaque numéro de L'Itinéraire, es nombreuses rencontres du journaliste avec le créateur de la pédiatrie sociale, des enfants et des personnes de 'entourage de cet homme exceptionnel vous permettent de découvrir son univers AVANCER, UNE CASE À LA FOIS JEROME SAVARY Isabelle* se sent en sécurité à L\u2019Etoile, le centre de pédiatrie sociale en communauté de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie.Quand la Dre Sonia Péloquin s\u2019est penchée au-dessus de son épaule pour regarder le dessin quelle était en train de réaliser, la petite fille lui a dit tous les bienfaits que la pédiatrie sociale lui apportait : «Moi, quand je viens à L\u2019Étoile, c\u2019est comme si j\u2019avançais d\u2019une case à chaque fois, parce que vous m\u2019aidez, et vous aidez aussi mes parents.» Mère de trois enfants, Dre Péloquin s\u2019est lancée sans filet dans la pédiatrie sociale.Elle a fondé L\u2019Étoile en 2009, après avoir travaillé 15 ans en CLSC.Comme le faisait le Dr Julien à ses débuts dans Hochelaga-Maisonneuve, elle a commencé par rencontrer des enfants et leurs familles à domicile, ainsi que dans un local prêté par le CLSC.Une sorte de médecine sociale itinérante, en attendant mieux.«Au départ, réaliser ce projet de centre avait l\u2019air impossible, mais il fallait y croire», dit-elle.Cette détermination, elle la tient en partie de son expérience de médecin auprès des personnes âgées, qui l\u2019a convaincue de concentrer ses énergies sur des enfants issus de familles durement éprouvées par la vie.«Les personnes âgées me parlaient toujours de leur enfance, de la façon dont ils agissaient avec leurs propres enfants, souligne Sonia Péloquin.A force de les côtoyer, je me suis rendue compte de l\u2019importance cruciale que pouvait avoir la période de l\u2019enfance, du lien existant entre la fin de vie et ce que l\u2019on vit pendant notre enfance.Le parcours de vie et la santé des aînés ont été grandement influencés par les premières années de leur vie.» Sa rencontre avec le Dr Gilles Julien lui a confirmé que la pédiatrie sociale en communauté serait la méthode idéale à suivre pour donner le maximum de chances de réussite aux enfants de Saint-Jean-sur-Richelieu.«Le Dr Julien est allé au bout de ses convictions et, dans un souci de grande humanité, il a réussi à démontrer que la pauvreté n\u2019était pas un choix et qu\u2019une personne pauvre avait le droit autant qu\u2019une autre d\u2019accéder à tout ce que la société peut offrir.» De son côté, le pédiatre social Gilles Julien reconnaît le courage et le caractère de madame Péloquin : «En réussissant à créer L\u2019Étoile, Sonia a montré qu\u2019elle avait la trempe d\u2019une véritable entrepreneure sociale.» L\u2019équipe multidisciplinaire du centre se compose de deux psychoéducatrices (mandatées respectivement par le Centre de santé et de services sociaux du Haut-Richelieu-Rouville et par la Commission scolaire des Hautes Rivières), d\u2019une agente de relations humaines (prêtée par le Centre jeunesse de la Montérégie) et d\u2019une travailleuse sociale.Sans compter les nombreux bénévoles, qui s\u2019impliquent notamment dans les activités de fin de journée pour les 5 à 12 ans.Aujourd\u2019hui, les enfants de L\u2019Étoile, comme la petite Isabelle, constatent eux-mêmes les bienfaits de l\u2019approche de la pédiatrie sociale en communauté.Dre Péloquin le sait.Il ne reste plus qu\u2019à faire connaître la nouvelle.\u2022 *Pour préserver l\u2019anonymat des familles, le nom de la fillette a été changé.- DRE SONIA PELOQUIN, FONDATRICE DE L\u2019ÉTOILE, LE CENTRE DE PÉDIATRIE SOCIALE EN COMMUNAUTÉ DE SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU L'ITINERAIRE 23 1sr mars 2013 DÉVELOPPEMENT SOCIAL GRAVIR L\u2019HIMALAYA POUR RETROUVER L'ESPOIR FRANCIS HALIN Qui peut se vanter d\u2019avoir escaladé l\u2019une des plus hautes montagnes du monde?Neuf jeunes atteints de dysphasie, un trouble primaire du langage qui touche la compréhension et parfois l\u2019expression, ont accompli cet exploit en novembre dernier, grâce au projet La dysphasie, au-delà du sommet.En véritables héros, ils ont eu raison du Chukung Ri, une montagne de 5546 mètres d\u2019altitude.Récit d\u2019une expérience marquante qui a nécessité plus de trois ans de préparation.exemple, des parents surprotecteurs ont compris qu\u2019ils pouvaient faire davantage confiance à leurs enfants.Certains ont même vu, pour la première fois de leur vie, que leur enfant avait peut-être un avenir devant lui.«Quand on souffre de dysphasie, on a beaucoup de difficulté à communiquer.On se sent souvent très limité.Le but du voyage était donc de s\u2019affranchir de ces limites», affirme sans détour Éric Pilote, adjoint au directeur de l\u2019Association québécoise de la dysphasie (AQEA), qui est à l\u2019origine du projet.L\u2019AQEA a été créée en 1986 pour répondre aux besoins des enfants dysphasiques et pour accompagner leurs parents.L\u2019association offre du soutien téléphonique et informe les parents sur l\u2019aide qui est disponible pour eux.«Au départ, on s\u2019attendait à ce que les transformations les plus grandes aient lieu du côté des jeunes.Mais Ça fait six ans que je travaille avec des dysphasiques.Ils savent toujoun relever d\u2019énormes défis.Ils ont un potentiel énorme.- Sébastien Rojo, cofondateur de l'AQEA et coordonnateur du projet nous avons été surpris de parents ont aussi vécu métamorphose», poursuit-il, fasciné.Par voir que les une profonde Au retour du Népal, les jeunes avaient une meilleure estime d\u2019eux-mêmes.«D ès l\u2019arrivée de leurs enfants à l\u2019aéroport, des parents ont vu des changements dans la posture et dans l\u2019affirmation de leur jeune!», relate Sébastien Rojo.L\u2019aventure s\u2019achèvera en juillet lors d\u2019une expédition au Québec où enfants et parents seront réunis.Sébastien Rojo n\u2019en démord : «Si nous avions dit ça à des orthophonistes au Québec avant de partir, ils nous auraient dit : \u201cvous rêvez, ça ne se passera jamais comme ça!\u201d.» \u2022 pas Au Québec, entre 2 % et 5 % de la population est touchée par la dysphasie légère, moyenne ou sévère.Éric Pilote déplore le fait que les cas légers ou moyens soient laissés à eux-mêmes, car l\u2019État québécois s\u2019occupe principalement des cas les plus lourds.MISSION ACCOMPLIE «À l\u2019autre bout du monde, les jeunes ont réussi l\u2019exploit de marchander en anglais avec des commerçants népalais.Ça a été une réussite complète, s\u2019enthousiasme Sébastien Rojo, cofondateur et coordonnateur du projet.Les jeunes nous ont surpris.Ça fait six ans que je travaille avec des dysphasiques.Ils savent toujours relever d\u2019énormes défis.Ils ont un potentiel énorme.» «L\u2019expédition au Népal, c\u2019est surtout un moyen d\u2019intervention psycho-sociale par l\u2019aventure et la nature», précise M.Rojo, qui est aussi professeur en sciences cognitives à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi.Selon lui, le voyage a été un formidable outil d\u2019intervention auquel se sont greffés trois projets de recherches.PHOTO : SÉBASTIEN ROJO V- NEUF JEUNES ATTEINTS DE DYSPHASIE ONT ESCALADE LA MONTAGNE CHUKUNG RI DANS L'HI MALAYA EN NOVEMBRE DERNIER, GRÂCE AU PROJET LA DYSPHASIE, AU-DELÀ DU SOMMET.24 LITINEF;aif;E 1sr mars 2013 DÉVELOPPEMENT SOCIAL LA RECETTE DES FOURCHETTES TEXTE:SORAYAELBEKKALI | PHOTO : ANDRÉ FERNANDES Il faut prendre une longue rue qui ne semble jamais finir pour se rendre aux bureaux des Fourchettes de l\u2019Espoir, situés dans Montréal-Nord.L\u2019édifice est moderne et détonne légèrement dans le décor où se répètent inlassablement les mêmes immeubles à logements.A l\u2019intérieur, l\u2019endroit est calme, presque silencieux si ce n\u2019est le bruit des cuisiniers qui s\u2019activent pour préparer le dîner du jour.Le bureau de la directrice donne sur la salle à manger.Cette proximité physique est le parfait reflet de l\u2019approche de Brunilda Reyes qui, malgré des horaires contraignants, se fait un devoir d\u2019être «collée sur la réalité des citoyens» de son quartier.Brunilda Reyes s\u2019exprime avec éloquence et précision.L\u2019élégance de son tailleur rouge vif, sa posture altière, son regard vif et intelligent, son ton doux mais déterminé; tout chez Brunilda laisse paraître son caractère fonceur.Sans cela, elle ne serait probablement pas à la tête du premier organisme d\u2019aide alimentaire de Montréal-Nord.Après 15 années d\u2019exil politique en France et un court retour dans son pays d\u2019origine, le Chili, la mère de quatre enfants débarque au Québec en 1995.Elle quitte un pays encore meurtri par la dictature de Pinochet et espère trouver dans sa société d\u2019accueil plus de justice et d\u2019égalité.Très impliquée dans l\u2019école fréquentée par ses enfants, elle s\u2019étonne du fait que des élèves y arrivent le ventre vide.«Je pensais au début que c\u2019était dans la culture de ne pas déjeuner», explique-t-elle.Très rapidement, elle constate que c\u2019est plutôt des raisons financières qui privent ces enfants du plus important repas de la journée.Il n\u2019en faut pas plus pour que l\u2019idée des Fourchettes de l\u2019Espoir germe dans la tête de la travailleuse sociale.«C\u2019est vraiment un projet qui est né d\u2019une frustration, celle de voir autant d\u2019insécurité alimentaire dans un pays riche comme le nôtre», soutient celle qui avait auparavant travaillé au sein du réseau des Restos du Cœur en France.Créé en 2001, son organisme s\u2019attelle à offrir des repas à moindre coût aux citoyens de Montréal-Nord.«Ça prend beaucoup de courage pour venir chercher de l\u2019aide alimentaire, ça touche à la dignité des gens.On ne voulait pas qu\u2019ils se sentent comme s\u2019ils venaient chercher une boîte gratuite, alors on a fixé un prix accessible à tous», précise la directrice.Ainsi pour 2,50$ les citoyens ont accès à un repas congelé.Pour 50 sous de plus, on leur offre un repas complet.S'ils ajoutent quelques dollars, le repas est livré à leur domicile.Le service de cafétéria et de livraison de repas à domicile n\u2019est que le début de l\u2019aventure des Fourchettes de l\u2019Espoir.Rapidement, l\u2019organisme ajoute un volet d\u2019insertion sociale pour les jeunes décrocheurs du quartier et des environs.Pour aider les mères monoparentales, le projet Rayon de soleil a été mis en place.Il offre à ces mères un logement à coût minime (25 % de leur revenu), une place en CPE pour leurs enfants et un suivi avec des intervenants du CLSC à la seule condition quelles étudient.Des résultats sont déjà observables.Certaines mères ont terminé leur secondaire, d\u2019autres ont sauté le collégial pour entrer à l\u2019université, s\u2019enthousiasme Brunilda Reyes en ajoutant que tout cela confirme qu\u2019en matière de lutte contre la pauvreté, l\u2019approche individuelle est à privilégier.Notre entretien est terminé et l\u2019heure du midi approche.Les enfants du CPE sont assis à la table et attendent leur repas sous l\u2019œil bienveillant de deux éducatrices.Brunilda Reyes se lève et s\u2019empresse d\u2019aller les saluer.Elle est tout sourire.Comme par magie, tout le temps passé à droite et à gauche à solliciter politiciens, donateurs et autres bien nantis pour qu\u2019ils financent son organisme prend un sens : celui d\u2019un sourire d\u2019enfant.\u2022 UrtlNERAIRE\t25 1er mars 2013 DÉVELOPPEMENT SOCIAL IJ rit A TEXTE : ANNE MICHELE C.-VERMETTE ILLUSTRATION : CHARLES-ÉTIENNE BROCHU y °* j ^ VjStüL l 'TT * FJl 26 L ITINÉRAIRE 1er mars 2013 DÉVELOPPEMENT SOCIAL Les étudiants sont jeunes, en santé et en pleine possession de leurs moyens.Du moins, c\u2019est ce que veut la croyance populaire.Mais ils peuvent, comme tout le monde, souffrir de problèmes psychologiques.L\u2019Itinéraire fait la lumière sur cette réalité et sur les options qui sont envisageables.«J\u2019ai toujours eu de la difficulté à m\u2019accepter.Je me suis rendue compte que les gens autour de moi trouvaient difficile de me côtoyer parce que j\u2019ai toujours des idées noires», explique Catherine.Elle a finalement décidé de consulter un psychologue parce quelle se sentait «à bout de tout».Catherine n\u2019est pas la seule étudiante à avoir besoin de cette aide.Mais parfois les jeunes se sentent sans ressources ou ne savent pas où en trouver.Plusieurs facteurs peuvent causer de la détresse chez les étudiants.L\u2019argent peut être une source de stress et d\u2019angoisse lorsqu\u2019il y a le loyer, les études, le transport et plusieurs autres dépenses à payer.Ce genre de problème fait en sorte qu\u2019un étudiant hésite souvent à consulter puisqu\u2019il n\u2019ajustement pas le budget pour se payer de l\u2019aide psychologique (voir encadré).«C\u2019est aussi une étape de la vie qui comprend beaucoup de défis au niveau scolaire et où la performance est à l\u2019avant-plan.Les étudiants peuvent se confronter à eux-mêmes parce qu\u2019ils veulent entrer dans un certain programme, mais n\u2019ont pas les notes», souligne Dominique Meilleur, professeure en psychologie à l\u2019Université de Montréal.D es troubles d\u2019humeur peuvent également survenir pour des raisons plus personnelles.Marc-Simon Drouin, directeur du Centre de services psychologiques de l\u2019UQAM et professeur en psychologie, explique que des problèmes relationnels peuvent aussi nécessiter de l\u2019aide psychologique.«C\u2019est une période de la vie où plusieurs vivent des relations qui ne sont pas toujours gratifiantes ou qui sont parfois difficiles», dénote-t-il.D\u2019autres jeunes adultes\thésitent\taussi\tà consulter car leurs\tproblèmes\tleurs\tsemblent légers par rapport à des troubles graves comme la dépression ou le divorce.La question de l\u2019accessibilité à\tl\u2019aide psychologique est\tun problème au Québec.Les gens ont le choix entre les systèmes privé ou public.Bien que l\u2019aide psychologique provenant du système public soit moins chère, parfois même gratuite, les listes d\u2019attentes peuvent être longues.Cela peut causer problème pour les jeunes adultes, qui, parfois, n\u2019ont pas les moyens de se payer l\u2019aide du système privé, où les honoraires sont souvent très élevés, soit près d\u2019une centaine de dollars par heure de séance de consultation.«On déplore qu\u2019il n\u2019y ait pas une accessibilité égale\tpour tout le monde.C\u2019est essentiel que\tl\u2019aide psychologique soit accessible au moment où la personne en a besoin, pas deux ans plus tard», regrette Stéphane Beaulieu, secrétaire général de l\u2019Ordre des psychologues du Québec.Sans quoi, quelqu\u2019un souffrant de détresse psychologique peut devenir une bombe à retardement s\u2019il n\u2019est pas traité au bon moment.Les cégeps et les universités tentent de pallier au manque de ressources en proposant des services d\u2019aide psychologique au sein de leurs murs.A l\u2019UQAM, il existe un service de consultation à coût réduit.Des doctorants en psychologie offrent les consultations dans le cadre de leur programme de stage.Près d\u2019un patient sur deux est un étudiant.C\u2019est aussi une étape de la vie qui comprend beaucoup de défis au niveau scolaire et où la performance est à l\u2019avant-plan.- Dominique Meilleur, professeure en psychologie à l\u2019Université de Montréal C\u2019est essentiel que l\u2019aide psychologique soit accessible au moment où la personne en a besoin, pas deux ans plus tan - Stéphane Beaulieu, secrétaire général de l\u2019Ordre des psychologues du Québec D es ateliers gratuits à l\u2019Université de Montréal couvrent des sujets comme la prévention du suicide, le harcèlement, la solitude ou les problèmes relationnels.Les CLSC possèdent également des ailes jeunesses qui se concentrent sur l\u2019aide aux jeunes adultes afin de leur fournir des services à moindre coût et de prévenir des maux plus graves.\u2022 Vers des consultations gratuites pour tous?Le 5 décembre dernier, Robert Salois, commissaire à la santé et au bien-être, a déposé un rapport à l\u2019Assemblée nationale recommandant un accès universel gratuit à la psychothérapie.«La psychothérapie demeure inaccessible financièrement pour une grande partie de la population qui pourrait pourtant en bénéficier», a déploré M.Salois en conférence de presse.Le ministre de la Santé Réjean Hébert dit prendre la demande au sérieux et a promis de faire une étude sur cette recommandation.Le commissaire estime que le coût élevé de sa recommandation est un investissement à long terme qui améliorera le système de santé, (m.-l.r.) L'ITINÉRAIRE\t27 1er mars 2013 ¦Ti' Animer Montréal H ¦ i tm\ta ^\t\t\t\t\t eê tf its\ti (\t\t\t\t\t 1 Hi\t¦j\t\t\t\t\ti\t''L!-*JtT;£\t' \" ¦ V \\-À * W\t1 m'\t\t\t\t\t La radio qui donne des idées www.rapsim.org Tél.: 514 879-1949 IN 1D A DO 11\\ A Le réseau d\u2019aide aux personnes ! I N rU PlAAl O II VI seules et itinérantes de Montréal Rencontre majeure du RAPSIM avec la Ville LE MESSAGE EST BIEN REÇU.LES ACTIONS DOIVENT SUIVRE PIERRE GAUDREAU Coordonnateur du RAPSIM Le 5 février dernier, le RAPSIM a eu une rencontre sans précédent avec les autorités de la Ville.Pendant plus de 90 minutes, ses représentants ont pu discuter de la question de l\u2019itinérance avec 17 élus, dirigeants et responsables qui ont manifesté une bonne ouverture et une volonté claire.champ d\u2019action, elle peut encore faire mieux.La responsabilité de l\u2019itinérance (causes et solutions) relève davantage des gouvernements supérieurs.Ont assisté à cette rencontre le maire Michael Applebaum et trois membres du comité exécutif, notamment la vice-présidente et responsable du développement social, Emilie Thuillier, le vice-président et responsable du logement social, Benoit Dorais, et le responsable de la sécurité publique, Christian Dubois.Le chef de la police, Marc Parent, les directrices du développement social, la directrice du service de l\u2019habitation ainsi que des responsables de la STM étaient aussi présents.La rencontre a permis de traiter du contexte actuel en itinérance, marqué par un accroissement et une aggravation, et de revenir sur les interventions globales de la Ville dans ce domaine depuis dix ans.Beaucoup d\u2019actions et d\u2019interventions ont été faites.et beaucoup reste à faire.C\u2019est le cas dans le dossier du logement où l\u2019appui à des projets de logements sociaux pour sans-abri a été important.Plus de 1000 logements ont été construits par différents organismes.Cela demeure nécessaire, notamment pour sauvegarder les maisons de chambres, où le dénombrement mené dans trois arrondissements doit être terminé et étendu dans les autres quartiers visés.En ce qui a trait à la judiciarisation, le problème a été reconnu et une stratégie contre le profilage social a été adoptée par le Service de police.Celui-ci, tout comme la Cour municipale, a mis en place des programmes particuliers, mais le problème demeure important, comme en témoigne les 900 personnes qui ont utilisé les services de la Clinique Droits Devant du RAPSIM.MONTRÉAL A UN RÔLE MAJEUR Depuis plus de 30 ans, la Ville, sous ses différentes administrations, s\u2019occupe de la question de l\u2019itinérance et a apporté de nombreuses solutions.Dans son La Ville doit ainsi continuer d\u2019appuyer les demandes de logement social, la Stratégie de partenariats de lutte contre l\u2019itinérance et la Politique en itinérance.Le maire Applebaum a été clair : la ville ne reculera pas dans son action et continuera à appuyer le travail et les demandes du milieu.Cette volonté s\u2019est concrétisée rapidement avec la participation de la Ville à la tournée pour la SPLI tenue par le RAPSIM le jeudi 21 février.La Ville jouera aussi un rôle important dans le travail menant cette année à l\u2019adoption d\u2019une Politique en itinérance.D\u2019autres suivis dans différents dossiers particuliers découleront de cette importante rencontre.L\u2019administration actuelle n\u2019est en poste que pour 10 mois encore, mais beaucoup peut et doit être fait durant cette période.# UNE MAISON DE CHAMBRES AUJOURD\u2019HUI DISPARUE EN FAVEUR.D\u2019UN TERRAIN VACANT.UN EXEMPLE D\u2019UN DOSSIER OÙ LA VILLE DOIT FAIRE MIEUX.L'ITINERAIRE 29 1sr mars 2013 4 Un projet de L\u2019Itinéraire appuyé par L\u2019œuvre Léger, Moisson Montréal et la Fondation Tirelire UN REPAS COMPLET EST OFFERT À 5$.Le Groupe L\u2019Itinéraire a développé depuis quelques années le concept des cartes-repas qui permet aux donateurs de poser un geste concret dans la vie d\u2019une personne chaque jour.L\u2019Itinéraire, par le biais du Café L\u2019itinéraire, offre la possibilité à des personnes à revenus modestes de se nourrir à peu de frais et avec dignité.La carte-repas solidaire est aussi échangeable auprès des organismes Comité social Centre-Sud, MultiCaf, Resto Plateau et Chic Resto Pop.Parce qu\u2019il est inconcevable qu\u2019aujourd\u2019hui, à Montréal, des milliers de personnes souffrent de la faim.Comme moi, avant qu\u2019il ne soit trop tard, offrez des carte-repas aux plus démunis.En plus d\u2019un repas chaud et complet, ils briseront leur isolement et trouveront le réconfort d\u2019une aide psychosociale.Emmanuel Bilodeau, porte-parole 'îles cartes-repas UN P\u2019TIT 5$ QUI FAIT DU BIEN itinéraire.ca AIDEZ L\u2019ITINÉRAIRE: DONS/CARTES-REPAS/ABONNEMENT DON Je fais un don de:\t____________S1 CARTES-REPAS2 J'offre_____cartes-repas à 5$ chacune = _________S1 ABONNEMENT AU MAGAZINE Je m'abonne pour une période de: O 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) _____ $ O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) _______ $ Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) : TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $ Notes 1\tVous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don.2\tLes cartes sont distribuées par L'Itinéraire, mais si vous voulez les recevoir pour les donner dans la rue, cochez ici et nous vous les enverrons avec le Guide du bénévole.Cochez id ?IDENTIFICATION OMme OM.Nom:_______________________________ Prénom:_________________________________ Nom de l'entreprise (Don corporatif) :______________________________________ Adresse : __________________________________________________________________ Ville : ____________________________________________________________________ Province :_________________________ Code postal :_____________ _____________ Téléphone : (______)_______-________________________________________________ Courriel: __________________________________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Visa, MasterCard O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire N»de la carte : I_I__I___I__I___I___I__I___I___I__I___I__I___I___I__I___I___I Expiration_____/_________ __________________________________________________ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez ce formulaire de don et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9.Pour toutes questions, contactez-nousau 514-597-0238 poste 231.Dons et abonnement disponibles en ligne au www.itineraire.ca / NOUVELLES SUR L\u2019ITINÉRAIRE ET SES PARTENAIRES / RÉSEAU SOLIDAIRE Campagne cartes-repas 2013 EN MARS, LE REPAS SOLIDAIRE QUI RÉCHAUFFE LE CŒUR! Denise, Robert, Claude, Nancy.Des personnes qui ont pu manger un bon repas, à L\u2019Itinéraire ou dans l\u2019un des restes du cœur partenaires de notre Groupe, soit le Chic reste Pop (arr.Rosemont), le Reste Plateau (arr.Plateau Mont-Royal), MultiCaf (arr.Côtes-des-Neiges) ou le Comité social Centre-Sud (arr.Ville-Marie).Grâce à quelque 600 donateurs de L\u2019Itinéraire comme vous, elles ont eu non seulement un repas équilibré et nutritif, mais elles ont aussi eu accès au soutien d\u2019intervenants ou de pairs-aidants.Les personnes qui reçoivent une carte-repas ont plus que la possibilité de manger, elles intègrent une organisation qui peut les aider à se réinsérer en société et à briser leur isolement.La carte-repas solidaire de L\u2019itinéraire, un concept pourtant simple, est assez unique au monde.L\u2019an dernier, les Montréalais ont offert quelque 24 000 repas, grâce aux cartes qu\u2019ils ont distribuées eux-mêmes dans la rue ou à celles qu\u2019ils ont laissées à L\u2019Itinéraire pour qu\u2019on les remette aux personnes dans le besoin.Etre donateur de cartes-repas, c\u2019est faire partie d\u2019une communauté conscientisée qui désire aider concrètement.Chaque don de 51 correspond à un repas dans un endroit humain et accueillant au lieu du fast food habituel que doivent fréquenter les gens de la rue.Votre don sert uniquement à nourrir une personne.C\u2019est un investissement qui va au bon endroit.Le prix des aliments ne cesse d\u2019augmenter.Les banques alimentaires ne répondent plus à la demande croissante.De plus en plus de gens n\u2019arrivent pas à se nourrir convenablement.Vous avez généreusement donné cette année et nous vous en remercions.Si cela est encore possible pour vous, compte tenu de la demande, nous vous invitons en mars 2013 à contribuer à la campagne printanière qui a pour objectif d\u2019offrir 4 000 repas aux gens de la rue.Vous pouvez remplir le coupon en page 30 ou donner par Internet (www.itineraire.ca).Vous avez le choix de distribuer vous-mêmes les cartes-repas payées ou de nous laisser les remettre aux gens qui en ont le plus besoin.Ensemble, nous pouvons faire une différence et réduire la faim à Montréal.Merci d\u2019être avec nous! \u2022 RÉSEAU SOLIDAIRE / NOUVELLES SUR L\u2019ITINÉRAIRE ET SES PARTENAIRES / Le mardi des tuques UNE PREMIÈRE POUR L\u2019ITINÉRAIRE! Chapeautée par l\u2019organisme pancanadien Chez Toit, la Campagne des tuques est une campagne d\u2019ampleur nationale qui se déroule dans l\u2019ensemble des grandes villes du pays.Son objectif est de sensibiliser la population canadienne au problème de l\u2019itinérance tout en amassant des dons pour financer les initiatives locales d\u2019organismes partenaires, dont L\u2019Itinéraire.A l\u2019heure actuelle, environ 250 000 Canadiens sont sans-abri.À Montréal seulement, on estime leur nombre à 30 000.Le mardi 5 février dernier, au métro McGill, des bénévoles d\u2019intact se sont joints à des employés et à des camelots de L\u2019Itinéraire pour rencontrer le public et encourager les gens à poser un geste pour lutter contre l\u2019itinérance en achetant une tuque.Les organismes Spectre de rue et la Maison Nazareth ont également été épaulés par des bénévoles d\u2019intact dans d\u2019autres sites de la métropole.Des profits tirés de la vente, 80 % soutiendront les communautés locales travaillant en première ligne avec la population sans-abri.Les 20 % restants financeront les initiatives nationales de Chez Toit contribuant à apporter des solutions à long terme au problème de l\u2019itinérance.Ces 15 dernières années, la vente des tuques a permis à Chez Toit d\u2019octroyer près de 3,3 millions de dollars en soutien au travail de 145 agences communautaires desservant 70 communautés partout au Canada.\u2022 GENEVIÈVE DUCHARME, JEAN REYNAUD ET MARIE-FRANCE LIZOTTE D\u2019INTACT ONT VENDU DES TUQUES POUR L\u2019ITINÉRAIRE AU MÉTRO MCGILL. v .9\t'ü1\t, (p \u201e *\t\t p « k -h 4\t\t f P ?f t f\t\t \t\t S* Wn#iir\t\t MlilViriU ï'j II.Mirlll, Il ill I- |il b.IJ i\t\t OHfbft :0urlH- i,li-wl TL'Ji.iM ir lUrttau MkZ\t\t tvlmilrf il ''y.ii-ni i' M^E >Mi\t\t Ihl-npw fHUfrtfTT\t\t \t\t ^miÉrK-i ¦ jhhûTdii nuffü^nu: kji.i ji\t\ta.iujhtt 713 MOT LIVRES HHiiiimJtlIIIi MBBim.!Up 4T-R0YAL EST BD CD DVD BLU-RAY fEUX VIDEO D'OCCASION «¦iSK VtSIONN v:a \"LA MAISON tu fVM ÛKANJJI ' v ï 11 q ^ nu Mûhir-flDmL ww w, v m capita lcd U m< inlroyiiITconâ L'ACHAT ET LA VENTE D'UNE PROPRIÉTÉ, C'EST UNE AFFAIRE DE CŒUR ET DE SAVOIR-FAIRE \u2022 Garantie de service \u2022\tIntégrité \u2022\tMise en marché exceptionnelle \u2022\tConseils \u2022\tExpertise \u2022\tOpinion de la valeur marchande de votre propriété AGENCE DU PLATEAU 1152 Mont-Royal est 514.597.2121 AGENCE DE ROSEMONT 2339 Beaubien est 514.721.2121 Recueil de textes Point de vue d\u2019un journaliste de rue Jean-Marc Boiteau collabore, en tant que journaliste de me, au magazine Lltmâraire depuis cinq ans déjà Le present livre regroupe les testes publies dans ce journal depuis 2007.Les differents themes choisis témoignent du regard qu'il porte sur le mande et la société.Le lecteur y trouvera de nombreux sujets d'actualité sociale, economique, communautaire, culturelle, politique, de rnerne que des entrevues avec des personnalités publiques.Ces testes offrent un regard actuel et different sur le mande d'aujourd'hui, vu sous un angle particulier : celui de la marge.¦¦Ul\tji; Le fait d\u2019être journaliste et chroniqueur de rue me confère une vision autre que celle des médias traditionnels et une grande liberté en matière d\u2019opinion, Passionné de l\u2019écriture, j\u2019écris mes textes avec ardeur, humour et légèreté aussi bien que rigueur et esprit critique, n SI VOUS DÉSIREZ ENCOURAGER JEAN-MARC, RENDEZ-VOUS DIRECTEMENT À SON POINT DE VENTE, AU COIN DES RUES SAINTE-CATHERINE ET BEAUDRY ET PROCUREZ-VOUS SON RECUEIL POUR LA SOMME DE 20$.VOUS POUVEZ AUSSI LUI DONNER RENDEZ-VOUS EN L\u2019APPELANT AU 514 596-6025. Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable SOC SOL DUR ÉQU SOC SOL DUR ÉQU SOC SOL Dlr ÉQU SO SOL DUR ÉQU SOC SOL DUR 100 +123 Soril îoo +^m 100 + 10' SOCIAL 100 100 + 100 + 1^ + 123\tDurable\tDUR\t100\t+ 123 + 123\tÉquitable\tÉQU\t100\t+ 123 + 123\tSocial\tSOC\t100\t+ 123 + 123\tSolidaire\tSOL\t100\t+ 123 + 123\tDurable\tDUR\t100\t+ 123 b4|3\tÉquitable\tÉQU\t100\t+ 123 1\tSocial\tSOC\t100\t+ 123 \tSolidaire\tSOL\t100\t+ 123 \tLDjjfrable\tDUR\t100\t+ 123 \tluitable\tÉQU\t100\t+ 123 \tcial\tSOC\t100\t+ 123 \tdaire\tSOL\t100\t+ 123 \turable\tDUR\t100\t+ 123 \t1uitable\tÉQU\t100\t+ 123 \tSocial\tSOC\t100\t+ 123 \tSolidaire\tSOL\t100\t+ 123 \tDurable\tDUR\t100\t+ 123 \u201c (3\tÉquitable\tÉQU\t100\t+ 123 + 123\tSocial\tSOC\t100\t+ 123 Misons sur un développement économique.100 1QA + 123 J^idtatre + 123 100 +123 100 +123\tSocial Solidaire\tsoc SOL\t100 100\t+ 123 + 123 100 +123\tDurable\tDUR\t100\t+ 123 100 +123\tÉquitable\tÉQU\t100\t+ 123 123\tSocial\tSOC\t100\t+ 123 +123\tSolidaire\tSOL\t100\t+ 123 123\tDurable\tDUR\t100\t+ 123 ¦r*3\tÉquitable\tÉQU\t100\t+ 123 123\tSocial\tSOC\t100\t+ 123 '3\tSolidaire\tSOL\t100\t+ 123 \t\tDJÉR\t100\t+ 123 \t)U\t\t100\t+ 123 \t\t\t100\t+ 123 \t\ti\tJ\t+ 123 Social Solidaire Durable Equitable EQU lu Social Solidaire Durable DURABLE Equitable Social SOC Solidaire Durable DUR 1 Equitable EQU 100 Social Solidaire Durable DUR 100 Equitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire able Equitable EQU 100 Social Solidaire Durable DUR 100 Equitable EQU 100 Social Solidaire Durable Equitably .dre Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Solidaire Durable Équitable Social Social DUR 100 EQU 100 DUR 100 EQU 100 DUR 100 Solidair EQU 100 Durable DUR 100 EQU 100 DUR 100 EQU 100 DUR 100 EQU 100 DUR 100 EQU 100 Équitable Social\tSOC\t100\t+ 123\t5 cial Solidaire Solidaire\tSOL\t100\t+ 123\tDurable Durable\tDUR\t100\t+ 123\tÉquitable Équitable\tÉQU\t100\t+ 123\tSocial Social\tSOC\t100\t+ 123\tSolidaire Solidaire\tSOL\t100\t+ 123\tDurable Durable\tDUR\t100\t+ 123\tÉquitable Équitable\tÉQU\t100\t+ 123\tSocial Social\tSOC\t100\t+ 123\tSolidaire Solidaire\tSOL\t100\t+ 123\tDurable Durable\tDUR\t100\t+ 123\tÉquitable Équitable\tÉQU\t100\t+ 123\tSocial Social\tSOC\t100\t+ 123\tSolidaire Solidaire\tSOL\t100\t+ 123\tDurable Durable\tDUR\t100\t+ 123\tÉquitable Équitable\tÉQU\t100\t+ 123\tSocial Social\tSOC\t100\t+ 123\tSolidaire www.csn.qc.ca DUR 100 nAl M- 50% DU COÛT DU MAGAZINE POUR AIDER QUELQU\u2019UN ABONNEZ-VOUS AU MAGAZINE L'ITINÉRAIRE Vous recevez deux fois par mois un magazine unique qui pose un regard engagé sur la société à travers des entrevues de fond avec des personnalités publiques impliquées et des témoignages de vie qui aident à lutter contre les préjugés; www.itineraire.ca Vous agissez concrètement auprès d\u2019un camelot pour l\u2019aider dans sa démarche de réinsertion sociale; Vous participez à un mouvement de solidarité; CYLVIE GINGRAS Chroniqueuse de rue LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE / CHRONIQUE DE RUE / LA NUIT DES LONGUES FOURCHE ES Je suis une dormeuse génétique, mais mes troubles sévères du sommeil font que je passe de longues périodes sans dormir et ce, pour mon plus grand malheur, à mon plus grand désarroi.Oui, comme tout le monde, j\u2019ai besoin de dormir comme j\u2019ai besoin de manger.Pour moi, dormir est essentiel.A ce moment-là, mes invités attendent que je m\u2019endorme pour venir me visiter en rêve.C\u2019est aussi dans mon monde onirique que je puise mon inspiration créatrice.Par exemple, lorsque j\u2019ai l\u2019idée d\u2019écrire un texte, je le mets dans ma tête et je demande à mes anges gardiens de m\u2019éclairer, de me guider.Après quelques nuits de réflexions, il vient un matin où je m\u2019assois devant l\u2019ordinateur pour écrire mon texte et tout est fluide, tout est amalgamé et il n\u2019y a pas de corrections à faire.Sur ma table de chevet, je garde un cahier dans lequel j\u2019écris mes rêves et prends des notes pour mes textes à venir.Dormir me permet de mettre le commutateur de mon cerveau à off sinon ma tête roule toujours à 300 kilomètres à l\u2019heure.Il vient un temps où mon cerveau est essoufflé parce qu\u2019il est «tanné» de toujours penser et de jongler sans arrêt.Dans ma tête, il y a un gros rat qui court à reculons dans sa roulette.Je pense que je lui ai transmis ma névrose.J\u2019ai l\u2019idée de le remplacer par une souris à qui je donnerais du fromage gruyère en lui donnant un seul conseil : celui de ne pas manger les trous, car elle va en flatuler un coup et mourir d\u2019une explosion interne.Fini les rongeurs qui squattent dans ma tête! Ça fait trop longtemps qu\u2019ils ne paient pas leur écot.Dehors les indésirables qui brouillent ma tête comme une télé sans convertisseur! Il faut que je vous raconte un rêve que j\u2019ai fait récemment.Je suis sur une table d\u2019opération parce que j\u2019ai subi un arrêt cardiaque.Pendant que le médecin m\u2019injecte de l\u2019atropine et qu\u2019un autre met les défibrillateurs sur ma poitrine, je sors de mon corps.d\u2019eux.Soudain, une émerge d\u2019un tunnel.Je suis au-dessus très vive lumière Une force supérieure vient me chercher.Je pense que c\u2019est saint Pierre qui est le doorman de l\u2019au-delà.Il me dit : «Je vais te faire visiter deux endroits et tu me diras dans lequel tu aimerais habiter».Nous longeons un long corridor.Saint Pierre ouvre la première porte.Autour de la longue table sur laquelle une multitude de plats de nourriture sont déposés, siègent des centaines de personnes.Chacune d\u2019entre elles est munie d\u2019une très longue fourchette.Elles arborent toutes une mine renfrognée.Sur leur visage, je peux lire leur mécontentement.À chaque fois qu\u2019une personne prend sa longue fourchette pour la porter à sa bouche, ladite nourriture tombe sur son visage et sur ses vêtements.Ensuite, saint Pierre et moi nous dirigeons vers le deuxième endroit.C\u2019est le même décor qu\u2019à l\u2019endroit précédent.Longue table, de la nourriture à profusion et des centaines de convives munis d\u2019une très longue fourchette.Il règne une ambiance festive.Cette fois, ils ont le visage radieux, ils rient un bon coup, tellement que j\u2019entends leurs cascades de rires.Ils ont le vin joyeux, quoi.Je remarque tout de suite pourquoi : chaque convive prend de la nourriture posée devant lui pour ensuite la diriger vers la bouche de son voisin assis en face de lui.Ensuite, c\u2019est à ce dernier de nourrir cette personne en retour.Saint Pierre me demande quelle est la différence entre le premier endroit et le deuxième.Je donne ma langue au chat.Il me répond ceci : «Dans la première salle, les gens sont égoïstes et individualistes.Dans la deuxième salle, on retrouve des personnes généreuses qui ont compris que c\u2019est en donnant qu\u2019on reçoit.Bref, elles ont appris tout simplement à partager.» i 35 1sr mars 2013 LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE / MOTS DE CAMELOTS / Les calepins de Gérard-Horace (fragments) PIERRE SAINT-AMOUR Camelot, métro Mont-Royal Il est temps de remettre les pandas à l\u2019heure.- Yogi l\u2019Ours *** Si ta mère, ton père, tes sœurs et tes frères sont cons, ne crois surtout pas que tu es l\u2019enfant du facteur.*** Quand une prostituée fait le trottoir, est-ce quelle reçoit une enveloppe brune?*** Devinette : Qu\u2019est-ce qu\u2019un gardien de prison dit à Mom Boucher le 25 décembre?Réponse : Joyeux No\u2019Hell\u2019s! Si ta femme te trompe, plains son amant.*** La vie, c\u2019est comme le cadeau de la belle-mère que l\u2019on reçoit chaque Noël : on dit merci, par politesse, puis on le fout dans un tiroir jusqu\u2019à ce qu\u2019on lui trouve une utilité.*** Quand j\u2019amène une femme au restaurant, je lui ouvre toujours la porte comme un galant homme.Mais elle paye l\u2019addition.*** A son anniversaire, n\u2019offrez jamais à votre conjointe un pèse-personne.Un calculateur prodige, c\u2019est quelqu\u2019un À vingt ans, on la supplie de continuer; à capable de résoudre des problèmes soixante, on la supplie d\u2019arrêter, extrêmement complexes à une vitesse incroyable.Un éjaculateur précoce aussi.Un avocat GISÈLE NADEAU Camelot, métro Jarry Je demeurais à Québec, dans le temps des années 1975 à 1980.Je travaillais en tant que femme de ménage.Un jour, j\u2019ai été référée par une dame pour travailler dans une famille qui avait cinq enfants.Le père était avocat et la mère une grande pianiste, ainsi qu\u2019une enseignante.J\u2019étais dans la jeune vingtaine et très timide.Le matin, j\u2019arrive à la porte de l\u2019avocat et je sonne.Une dame vient me répondre, j\u2019entre, et elle me dit : «Bonjour mademoiselle».Elle s\u2019en va finir de préparer la table et le déjeuner.Pendant tout ce temps, j\u2019attends dans le portique.La pianiste demande à son mari d\u2019aller voir ce qui se passe dans le portique.Le monsieur vient me voir et me dit bien gentiment : «Mademoiselle, venez déjeuner avec nous, en famille.» Il me dit tout bonnement : «Ce n\u2019est pas parce que je suis un avocat.Je suis un être humain comme n\u2019importe qui et je mange par en dessous du nez comme tout le monde.» Cela m\u2019a fait me sentir bien à l\u2019aise avec lui et sa famille.J\u2019avais remarqué, à ce moment-là, que même si elles étaient des personnes importantes dans leur milieu, elles étaient des personnes sociables et très humaines envers les gens.J\u2019étais en même temps très heureuse de vivre une expérience semblable.Là, je voyais que je n\u2019avais pas à être gênée envers les personnes de quelque profession que ce soit.P.-S.- En remerciant toujours bien sincèrement mes bons clients et bonnes clientes.36 LITINEF;aif;E 1sr mars 2013 LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE / MOTS DE CAMELOTS / Le travail : pour oartir la journée du oon pied! CÉCILE CREVIER Camelot, métro Fabre et pharmacie Jean Coutu, angle Beaubien Est/29e Avenue Depuis bientôt trois ans, je travaille à la cuisine du Café sur la rue, le restaurant de L\u2019Itinéraire.J\u2019y ai occupé différents postes et, maintenant, je lave la vaisselle.Je suis polyvalente et capable de faire ce qu\u2019on me demande.Tous les jours, je me lève tôt pour venir travailler.J\u2019aime l\u2019ambiance.Nous formons une équipe qui fonctionne à merveille.A force de nous côtoyer, nous sommes devenus des amis.Mes patrons aussi sont très gentils.Ils nous écoutent et on se sent à l\u2019aise de leur parler.Moi, je suis heureuse de venir travailler.C\u2019est enrichissant et valorisant, et ça me permet de gagner ma vie.J\u2019encourage tout le monde à essayer de faire comme nous, à L\u2019Itinéraire, et à trouver un gagne-pain.Dans la vie, il faut foncer.Si on veut s\u2019aider soi-même, on le peut! Un super-héros nous quitte GABRIEL BISSONNETTE Camelot, métro Berri-UQAM et rue Saint-Denis Au début de l\u2019hiver, L\u2019Itinéraire a perdu l\u2019un de ses combattants de la première heure : Pierre Hamel.Pierre a été l\u2019un des premiers collaborateurs du journal L\u2019Itinéraire en 1994.Il avait une plume du tonnerre et une mémoire d\u2019éléphant! Le petit homme qu\u2019il était déplaçait beaucoup d\u2019air et d\u2019encre quand il se mettait derrière son crayon.Et je dis bien son crayon, parce que Pierre écrivait à la plume et non devant un ordinateur.Son écriture était extrêmement soignée et chaque mot valait son pesant d\u2019or.Ses mots étaient pensés et pesés à la virgule près.Cet homme de 5 pieds et 5 pouces n\u2019acceptait de faire aucun compromis concernant la longueur de ses textes.C\u2019était l\u2019intégralité du texte ou rien! Ce grand revendicateur n\u2019acceptait pas de se faire couper, point final! Pierre ne faisait jamais rien à moitié; après son départ, il n\u2019a pas chômé.Il s\u2019est dit : «Si je ne peux pas écrire à ma manière, et bien je vais chanter à ma façon», et Pierre a alors rejoint la chorale de l\u2019Accueil Bonneau.Le plus beau dans tout ça, c\u2019est que Pierre venait tout juste d\u2019avoir une laryngectomie totale (due à un cancer de la gorge).Il est décédé du cancer du poumon.Aucun obstacle n\u2019empêchait notre super-héros d\u2019aller de l\u2019avant.C\u2019était ça, Pierre Hamel.Les amis du camelot GAÉTAN VAILLANCOURT Camelot, angle Sanguinet/Sainte-Catherine Lorsqu\u2019on travaille à L\u2019Itinéraire, toutes les occasions sont bonnes pour échanger avec les autres camelots et les intervenants.Que ce soit au Café ou lorsqu\u2019on se croise dans la rue proche de nos points de vente, des liens d\u2019amitié se développent.On apprend à connaître davantage nos collègues lors des différentes activités qui nous sont proposées par L\u2019Itinéraire.Le souper de Noël, par exemple, est une occasion particulière où l\u2019on peut célébrer une autre année passée ensemble.Plus souvent qu\u2019autrement, les gens que l\u2019on côtoie ici deviennent des amis proches.On s\u2019appelle, on prend des nouvelles et on se soutient.Cette proximité est rafraîchissante, elle brise l\u2019isolement et nous aide à passer à travers les moments plus difficiles de la vie.Depuis quelques mois, j\u2019ai référé cinq nouveaux camelots qui étaient alors des clients, en leur donnant une carte repas pour qu\u2019ils passent nous voir au Café.J\u2019aimerais les saluer et leur souhaiter la bienvenue dans la grande famille de L\u2019Itinéraire.Le bonheur LISA GOYETTE Camelot, métro Peel (sortie Stanley) Le bonheur, ce n\u2019est pas facile à avoir.En tout cas, moi je n\u2019y suis pas habituée.Pour atteindre le bonheur, ça prend de la stabilité, du calme et du contrôle de soi-même.Il ne faut pas se stresser.Il faut avoir confiance en soi.Ça, c\u2019est nouveau pour moi.Avant, je suivais mon instinct de survie.Je devais quêter pour survivre.C\u2019était difficile et souffrant.J\u2019étais dans la rue.Maintenant, j\u2019apprends à vivre avec moi-même.J\u2019ai appris à vivre de la bonne façon.Je sais comment m\u2019organiser, mieux planifier mon budget, mieux vivre au quotidien.J\u2019ai aussi appris à être douce avec moi-même, ce qui n\u2019est pas évident, mais de plus en plus facile.Comme un enfant, j\u2019apprends à marcher dans la vie, avec une certaine crainte, mais aussi avec de plus en plus de confiance.UrtlNERAIRE 37 1sr mars 2013 LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE / MOTS DE CAMELOTS / Camelot-matelot DENIS TRUDEAU Camelot, angle boul.de Maisonneuve Est/ Saint-André Bonjour mes amis, je vous invite à venir faire un tour avec moi sur mon petit bateau de vie.Il y a de petites vagues et quelques tempêtes qui viennent brasser le tout, mais je garde le cap dans labonne direction etje finis par voir le soleil à l\u2019horizon.Ma vie m\u2019apporte parfois mon lot d\u2019épreuves, que ce soit dans ma consommation ou bien dans mes finances.Je ne suis pas du genre à baisser les bras facilement, quoiqu\u2019il m\u2019arrive de lâcher prise dans les moments de grosses déprimes.Si je manque de motivation, je me mets à boire et je ne suis pas toujours capable de m\u2019arrêter.Mon bateau navigue parfois sur des eaux houleuses.Heureusement que je suis entouré de bon monde à L\u2019Itinéraire.Cet organisme est là pour t\u2019aider à sortir de la rue et t\u2019encourage à changer ton mode de vie pour quelque chose de mieux.Aujourd\u2019hui, je dois tout de même rester vigilant.Il y aura toujours des gens pour profiter de mes faiblesses.Si je n\u2019avais pas eu L\u2019Itinéraire pour me sortir de la rue, je me demande bien à quel endroit mon bateau voguerait ces jours-ci.On l\u2019appellerait peut-être un bateau fantôme.Bonne chance à tous ceux et celles qui veulent s\u2019en sortir une fois pour toutes.Le bon samaritain YVES Préposé à la distribution Un samedi matin, il y a quelques semaines, je suis allé me chercher des cigarettes au dépanneur du coin.Voulant me débarrasser de ma monnaie, j\u2019ai posé mes billets et ma passe d\u2019autobus sur le comptoir pour pouvoir mieux fouiller dans ma poche.Comme de raison, j\u2019ai oublié le tout en partant.Vers midi, j\u2019y suis retourné m\u2019acheter de la bière et juste avant d\u2019entrer, j\u2019ai réalisé que je n\u2019avais plus ni ma passe ni mon argent.J\u2019ai commencé à paniquer.Je suis entré et ce n\u2019était plus le même commis, mais le proprio m\u2019a dit que c\u2019était Michel qui m\u2019avait servi et il l\u2019a appelé.Michel lui a répondu qu\u2019il revenait de chez moi, car aussitôt après mon départ, il a repéré mon bien et il s\u2019est empressé de le soustraire aux mains d\u2019un éventuel client un peu trop rapide! Il m\u2019a remis mon argent et quand je lui ai offert une récompense, il n\u2019a rien voulu savoir.J\u2019ai raconté cet incident à plusieurs personnes et j\u2019ai été surpris de ne pas être le seul à qui c\u2019était arrivé.Il y a encore du bon monde.Moi, Natacha NATACHA GIRARD Camelot, angle Saint-Denis/René-Lévesque Ma plus grande fierté Bonjour! Je m\u2019appelle Natacha Girard, j\u2019ai 17 ans et je suis finissante à l\u2019école secondaire Pierre-Dupuy.Commentj\u2019ai connu L\u2019Itinéraire?Eh bien, je cherchais du travail et ma sœur m\u2019en a parlé parce quelle travaille au Journal 24h.J\u2019adore ce travail qui me permet de rencontrer de nouvelles personnes et d\u2019apprendre qu\u2019il y a plein de gens qui comprennent ce qu\u2019est la pauvreté.J\u2019aimerais beaucoup être vétérinaire.Pas pour le bon salaire, non! Moi, c\u2019est pour la passion des animaux.J\u2019ai toujours eu des animaux à la maison.Présentement, j\u2019ai un husky, qui s'appelle Mouska, deux pugs, Daisy et Poggy, et un chat, nommé Mitaine.D\u2019ailleurs, en entrant aux bureaux de L\u2019Itinéraire pour écrire ce texte, j\u2019ai tout de suite été attirée par Mousseline, la chienne d\u2019une employée.Devenir vétérinaire, c\u2019est mon rêve etje sais que je vais le réaliser.Oui, ça prendra beaucoup d\u2019études et de bonnes notes.Mais ce n\u2019est pas en se décourageant et en baissant les bras qu\u2019on peut y arriver.Non! Il faut continuer d\u2019avancer vers nos rêves qui peuvent toujours devenir réalité.RICHARD T.Camelot, métro Place-des-Arts Depuis que je suis tout petit, j\u2019ai toujours été concerné par le sort de mes semblables.C\u2019est ma plus grande fierté de savoir me préoccuper des autres, de rendre de petits services sans qu\u2019on me le demande et de constater le plaisir que je fais autour de moi.Je tiens cette qualité de mon père, un gars au grand cœur, très généreux qui, quand il le pouvait, s\u2019empressait de rendre service.Souvent, il me demandait de l\u2019accompagner pour aller faire des commissions pour des voisins ou pour reconduire des personnes à l\u2019hôpital.Aujourd\u2019hui, c\u2019est à moi de l\u2019aider, car il est rendu à 89 ans et il n\u2019est plus aussi mobile qu\u2019il l\u2019était.Il habite chez ma sœur et son mari, mais ces derniers sont très occupés et ne sont pas toujours disponibles pour lui.Dans ces cas-là, il fait appel à moi et ça me fait plaisir de magasiner pour lui.Depuis que ma mère est morte, il y a maintenant 15 mois, j\u2019ai reporté toute l\u2019affection que j\u2019ai en moi sur lui.J\u2019espère le garder encore longtemps.38 LITINEF;aif;E 1sr mars 2013 LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE / MOTS DE CAMELOTS / Vive les femmes! LINDA PELLETIER Camelot devant les épiceries Metro Langelier et IGA Beaubien/28e Avenue La femme, cet être si souvent gracile Que l\u2019on dit volontiers fragile Le beau sexe! Le nomme-t-on Opinion approuvée à l\u2019unisson Le sexe faible a-t-on décrété! Autour de la terre depuis tant d\u2019années Pourtant, cette créature faible et gracieuse Parée de maintes vertus mystérieuses A su le temps de quelques décennies Conquérir son âme, ses droits, son intégrité Prouver son égalité, qui ma foi frôle la supériorité Permettez que je proclame avec fierté En cette journée qu\u2019on nous offre en hommage Notre extraordinaire ascension Notre révolution parmi quelques nations S\u2019est faite sans faire couler une goutte de sang Non messieurs vous ne nous avez rien donné Tous nos acquis c\u2019est grâce à nos mères Qu\u2019aujourd\u2019hui, nous pouvons travailler à égalité Mauvaise perception FRANCK LAMBERT Camelot, métro Frontenac et angle Saint-Laurent/Mont-Royal J\u2019ai une petite anecdote personnelle récente à partager.J\u2019ai un deuxième point de vente depuis août 2012 au coin de Mont-Royal et Saint-Laurent.Une dame passe près de moi.Elle se retourne et vient m\u2019acheter le journal.Et pourquoi donc s\u2019est-elle décidée subitement à me prendre une copie?Cette même dame m\u2019a dit quelle a pris cette décision après avoir entendu le commentaire d\u2019un autre passant près d\u2019elle.Ce même passant a affirmé tout haut que je vendais le journal pour m\u2019acheter de la drogue.C\u2019est en entendant cela que la dame, offensée par cette remarque désobligeante, est venue m\u2019encourager.Je me demande bien comment les gens peuvent encore avoir des conceptions négatives envers les camelots de L\u2019Itinéraire.Je suis de ceux qui tentent de s\u2019en sortir par la vente du journal.Je prends les moyens nécessaires afin d\u2019augmenter mes chances de réintégrer le marché du travail.J\u2019ai eu de gros problèmes d\u2019alcool et je suis abstinent depuis juillet 2007.Je suis pourtant confronté aux préjugés des gens.Ce commentaire négatif de ce passant dans le Plateau Mont-Royal reflète, dans une certaine mesure, les perceptions et les préjugés que les gens ont dans notre société.Je ne prétends pas être sociologue, mais je réalise et je constate bien des choses.UrtlNERAIRE 39 1sr mars 2013 Suivez ^ r L'ITINÉRAIRE ¦ i \" EN TOUT TEMPS I ^hiHfr ntio-iu T Le féminisme, plus actuel que jamais.pour des lendemains égalitaires.Carole POIRIER \u2022\tDéputée d'Hochelaga-Maisonneuve \u2022\tPremière vice-présidente de l'Assemblée nationale Circonscription 2065, avenue Jeanne-d'Arc Bureau 102 Montréal (Québec) H1W3Z4 Téléphone: 514 873-9309 cpoirier@assnat.qc.ca www.carolepoirier.org * .'V Cocktails \u2022 Événements corporatifs ou privés \u2022 Repas pour écoles et CPE \u2022 Service de comptoir alimentaire \u2022 Pâtisseries pour cafés, restaurants, cafétérias ou pour vos occasions personnelles \u2022 Service aux tables \u2022 Location de salle.Bis est une entrepose d'insertion sociale et professionnelle a but non lucratif s vécialisée dans la ANNONCEZ-VOUS DANS L\u2019ITINÉRAIRE ET AFFICHEZ VOS VALEURS CITOYENNES.Contactez-nous au 514 597-0238 ou par courriel à publicite@itineraire.ca pôURttlEZ-VOO S VOUS EM OCCU «P^ SI VOUS ACCEPTEZ DE LE FAIRE, VOUS DEVREZ DONC L\u2019HÉBERGER POUR LA NUIT, LE NOURRIR TROIS FOIS PAR JOUR ET LUI SERVIR UNE COLLATION, LUI FOURNIR DES VÊTEMENTS PROPRES ET, SURTOUT, L\u2019ENCADRER POUR LUI PERMETTRE DE SE RÉINSÉRER SOCIALEMENT.MAIS SI VOTRE HORAIRE NE VOUS PERMET PAS DE VOUS EN OCCUPER.ALORS, AIDEZ-NOUS À LE FAIRE.514 845-0168 poste 314 MAISONDUPERE.ORG la Mai^n du Père POUR QUE LA RUE AIT UNE ISSUE. * JEAN-MARIE TISON 1\t' i\tReprésentant des camelots de L\u2019Itinéraire LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE / CHRONIQUE DE RUE / là if HOMMAGE A MANON, STÉPHANE ET PIERRE On vit, on meurt.et puis après! On ne le sait pas \u201cAPRÈS\u201d.C\u2019est pour cette raison que lorsque ÇA arrive, on doit s\u2019arrêter et se rappeler ces visages et tenter de cerner l\u2019empreinte qu\u2019ils ont eue sur leur entourage et sur nous AVANT que ÇA arrive.On appelle ça le devoir de mémoire.Je pense à Manon Gravel que j\u2019ai bien connue et à Stéphane Boisseau, tous deux membres du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire à titre de travailleurs autonomes que l\u2019on a coutume de désigner, autant par habitude que par commodité langagière, sous l\u2019appellation de camelots.Un terme réducteur qui occulte le fait qu\u2019ils ont été d\u2019abord des ambassadeurs de L\u2019Itinéraire puisque c\u2019est grâce à leurs efforts quotidiens pour vendre le journal sur la rue «beau temps - mauvais temps» que celui-ci s\u2019est taillé une niche dans le cœur d\u2019une partie de la population.La vie ne leur a pas fait de cadeaux.On dit souvent que dans la vie «on fait ce qu\u2019on veut».Peut-être.Mais quand je pense à Manon, je me dis quelle a surtout fait «ce quelle a pu» avec ce quelle avait.Manon et Stéphane ont tous les deux eu un impact certain et positif sur L\u2019Itinéraire.Parce que le succès de L\u2019Itinéraire a été et continue d\u2019être quelque chose qui s\u2019apparente d\u2019abord à une histoire de cœur! Tout se joue au départ par la rencontre et l\u2019échange d\u2019un regard.C\u2019est l\u2019affaire de quelques secondes.C\u2019est le visage joyeux, sérieux, triste ou poqué de Manon ou de Stéphane qui a poussé certains d\u2019entre vous à ralentir votre allure et à vous arrêter avant d\u2019aller à leur rencontre alors que vous vous précipitiez au travail ou à un quelconque rendez-vous.Ensuite.Ensuite seulement, vous avez commencé à vous interroger et à chercher à comprendre.Contrairement aux grands quotidiens, l\u2019apport économique que constitue la vente du journal par ces «travailleurs autonomes» que sont les vendeurs du journal L\u2019Itinéraire constitue près du tiers du budget d\u2019opération de l\u2019organisme.C\u2019est beaucoup.Mais ce n\u2019est pas encore une assurance-vie! En vendant le journal L\u2019Itinéraire, Manon et Stéphane tentaient d\u2019abord d\u2019améliorer leur sort mais en même temps ils «militaient» pour la dignité, la justice et la vie.Pas juste la survie.En leur achetant le journal, vous outrepassiez les frontières de la générosité.Vous posiez un geste de solidarité et prouviez que «l\u2019humanisme» n\u2019est pas qu\u2019une «affaire» de compassion.Manon et Stéphane, je vous salue et je vous dis MERCI! J\u2019espère que L\u2019Itinéraire vous aura aidé autant que vous nous avez aidés! Je tiens à saluer aussi Pierre Hamel, fauché récemment lui-aussi.Pierre a été un collaborateur précieux des premiers temps.Ces textes étaient extrêmement bien écrits et surtout bien documentés; il a su me communiquer le sens de la rigueur.Le militant savait s\u2019effacer devant son sujet.Alors que nous en étions encore à écrire sur notre «MOI», Pierre s\u2019attaquait à des sujets d\u2019intérêt social de première importance et ses articles donnaient à notre journal un aspect combatif.Généreux et doux de nature, il savait néanmoins devenir un redoutable interlocuteur lorsqu\u2019on amputait ses textes d\u2019une virgule.Et il avait raison! Atteint de multiples cancers dont un à la gorge, il ajouta tout de même son «filet de voix» à la chorale de l\u2019Accueil Bonneau pendant des années.Un homme de cœur! Cet homme aura été, pour moi, une inspiration constante.NDLR : Lire également dans ce numéro le mot de camelot de GabrielBissonnette, qui rend hommage à Pierre Hamel en page 37.LrtlNERAIRE 41 1er mars 2013 LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE / CHRONIQUE DE RUE / JEAN-MARC BOITEAU Journaliste, chroniqueur de rue et auteur jeanmarcboiteau@hotmail.ca MON PREMIER LIVRE Cela fait maintenant près de huit ans que je travaille et collabore avec L\u2019Itinéraire.Participant à des programmes de réinsertion sociale, j\u2019ai fait mes débuts en tant que laveur de vaisselle.Deux jours plus tard, je fus promu cuisinier pour les déjeuners.J\u2019ai appris par la suite que les camelots pouvaient écrire dans le magazine L\u2019Itinéraire.J\u2019ai alors commencé à écrire des mots de camelot, des chroniques, des articles et comme pour boucler la boucle : un recueil.Comme plusieurs, je caressais le désir d\u2019écrire un livre.Nous sommes alors en 2011.Croyant que je n\u2019avais qu\u2019à rassembler mes textes (mots de camelots, entrevues, chroniques et articles), je me mis à la tâche.D\u2019abord, je dois préciser que j\u2019écrivais des articles, réalisais des entrevues en plus de vendre des magazines L\u2019Itinéraire et de travailler sur mon recueil! Ce n\u2019est pas comme écrire, à la retraite.Le travail, les embûches, les retards et les imprévus m\u2019ont accaparé pendant presque deux ans mais ça en valait la peine.Voici comment j\u2019ai vécu cette aventure! En premier lieu, j\u2019ai été surpris par la somme de travail qu\u2019exige l\u2019écriture d\u2019un livre.Ensuite, ne possédant pas de compte à la banque, j\u2019ai dû vendre le magazine presque tous les jours pour subvenir à mes besoins quotidiens.Cela a eu pour conséquence de retarder la réalisation et la parution du recueil! Plus le livre approchait de la fin, plus je réalisais qu\u2019il fallait que je m\u2019informe du prix de l\u2019impression et surtout de la personne qui allait assumer ces frais! Petites questions existentielles.Si vous croyez que c\u2019est moi, vous avez deviné! Cependant, pour y arriver, j\u2019ai dû retarder le paiement d\u2019un loyer de même que de la plupart de mes comptes courants.Il n\u2019était pas question d\u2019abdiquer aussi près du but.Aujourd\u2019hui, je regarde mon livre en me disant que cette aventure en valait la peine.Je suis particulièrement satisfait d\u2019être parvenu à mener ce projet jusqu\u2019au bout, en dépit des nombreux obstacles.Je suis profondément reconnaissant envers les personnes qui m\u2019ont appuyé dans ma démarche.En effet, ces complices m\u2019ont apporté leurs points de vue et expertises.Cela a contribué favorablement à la réalisation de mon livre.Merci à Serge Lareault, Julie Paquin, Jacynthe Bertrand ainsi qu\u2019aux personnes qui n\u2019ont cessé de m\u2019encourager.Par moment, j\u2019étais épuisé mais les étoiles étaient alignées en ma faveur.Bien que cela exige beaucoup de travail et de discipline, je puis vous assurer que ce livre est mon premier mais non le dernier.D\u2019ici là, je travaille à la réalisation d\u2019une opérette, Souper Mémorable, où le jeu est adapté du livre.Je prévois de publier un deuxième livre (de style plus romancé) pour l\u2019an prochain.t.+ \u2014i« »\t+\tm-,\t\u2014 1(1-1 11 Alf Au moment où j\u2019écris ce texte, il ne reste plus d\u2019exemplaires du premier tirage.Un deuxième tirage de Point de vue d\u2019un journaliste de rue a été commandé pour l\u2019occasion d\u2019un lancement du livre qui se tiendra sous peu.Au plaisir de vous y voir.Salut et merci! \u2022 42 LITINEF;aif;E 1sr mars 2013 LES COULISSES DE L\u2019ITINERAIRE Textes lus dans l'un des journaux de rue membres de l'International Network of Street Papers (INSP) / GLOBE-TROTTOIR / International Network of Street Papers L'Itinéraire est membre du International Network ofStreet Papers (Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à plus de 120 journaux de rue dans 40pays sur six continents.Plus de 200 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.TRANSFERTS D\u2019ARGENT EN SUISSE : GROS POTENTIEL ÉCONOMIQUE, PETITES SOMMES D es millions de gens à travers le monde quittent leur pays pour trouver un emploi et soutenir leurs familles.Chaque année en Suisse, des travailleurs migrants envoient des millions de dollars à leurs familles, dont la plupart vivent dans des pays en voie de développement, sans aucun accès à une banque.Cela signifie qu\u2019ils dépendent de compagnies de transfert d\u2019argent qui peuvent facturer des commissions allant jusqu\u2019à un cinquième du total transféré.Pour envoyer de l\u2019argent à une banque en dehors de son pays, il faut passer une évaluation de crédit et posséder un compte bancaire, quelques-unes des exigences auxquelles une majorité de réfugiés ne peuvent satisfaire.D e ce fait, la plupart dépendent de «porteurs» pour transporter l\u2019argent jusqu\u2019à leurs familles, mais cette alternative comporte des risques : «Il suffit de tomber sur la mauvaise personne et votre argent se retrouvera dans de mauvaises mains», déclare un migrant érythréen travaillant en Suisse.(Source : Surprise, Suisse) ÉTATS-UNIS : HAVRE DE PAIX POUR COUPLE SANS-ABRI À PHILADELPHIE De nombreux couples sans-abri décident de rester dans la rue plutôt que d\u2019être séparés de leurs conjoints par les services d\u2019aide aux sans-abri.Cependant, il n\u2019existe que cinq centres d\u2019hébergement qui acceptent les couples sans enfants toute l\u2019année aux Etats-Unis.L\u2019un de ces centres s\u2019appelle Progress Haven et se trouve à Philadelphie.Dans ce centre, le personnel réalise qu\u2019être en couple est nécessaire pour des raisons de protection et de survie et fait de son mieux pour s\u2019assurer que ces couples de sans-abri restent unis.«Nous préférons continuer à vivre dans la rue plutôt que d\u2019être séparés», affirme Shacora, qui refuse de laisser son petit ami pour aller vivre dans un centre d\u2019hébergement réservé aux femmes.«Si nous n\u2019avions pas pu venir ici (Progress Haven), je serais encore sur la rue à courir à droite à gauche comme un poulet sans tête.» Afin de pouvoir avoir une place à Progress Haven, les couples doivent tout d\u2019abord y être dirigés, après consultation, par le Department of Behavioural Health (Département de santé comportementale), vivre dans la rue au moment de l\u2019admission et avoir des problèmes de santé mentale et/ou de dépendance.(Source : One Step Away) ÉTATS-UNIS : UN ANCIEN VAGABOND DEVIENT STAR HOLLYWOODIENNE Un ancien vagabond qui a travaillé comme figurant dans plusieurs films américains, dont Shutter Island, est aujourd\u2019hui la star de son propre film.Le documentaire raconte son périple extraordinaire, de la rue au plateau de tournage.Alors qu\u2019il vivait dans la rue, Craig Schwartz, aussi appelé «Radioman» à cause de la radio qu\u2019il portait autour de son cou, faisait le tour des plateaux de tournage pour y manger la nourriture offerte.En cours de route, il a enchaîné des apparitions dans plus de 100 films et a même eu un rôle récurrent dans la série télévisée 30 Rock.Aujourd\u2019hui, l\u2019équipe de tournage est pour lui ce qu\u2019il a de plus proche et il est bien connu de l\u2019élite hollywoodienne.Mais Radioman n\u2019est pas là pour l\u2019argent.Il dit que s\u2019être fait viré d\u2019un tournage l\u2019a involontairement poussé à se faire admettre dans un asile psychiatrique, un moment décisif dans sa vie qui l\u2019a aidé à surmonter ses déboires avec l\u2019alcool.Cela fait maintenant 16 ans qu\u2019il ne boit plus et il n\u2019est plus sans-abri : «Le monde du cinéma a changé ma vie.» «QUAND TU PEUX APPELER RADIO PAR SON PRÉNOM, C\u2019EST LE SIGNE QUE TU ES ARRIVÉ AU SOMMET», A DIT L\u2019ACTEUR TOM HANKS PHOTO : THE BIG ISSUE (Source : The Big Issue, Royaume-Uni) L'ITINERAIRE 43 1sr mars 2013 LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE / CHRONIQUE ÉCONOMIQUE / GILLES L.BOURQUE Coordonnateur aux Éditions Vie économique (EVE) NOUVELLES SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES EÊËËBft r m\t- Encore aujourd\u2019hui, alors que les preuves scientifiques et les faits s\u2019accumulent pour démontrer que le réchauffement climatique est une réalité déjà à l\u2019œuvre, un mouvement de résistance s\u2019acharne à nier cette réalité.En Amérique du Nord, ce mouvement réactionnaire domine le débat public.Il est donc urgent de diffuser une information diversifiée sur les changements climatiques.LES NEGATIONNISTES DU CLIMAT METTENT NOS VIES EN DANGER Deux gagnants du prix Pulitzer s\u2019en prennent, dans un article de Newsweek, aux négationnistes qui mettent nos vies en danger.S\u2019appuyant sur les prévisions des scientifiques de 1 \u2019International Food Policy Research Institute (IFPRI), ils soulignent que d\u2019ici 2050, tous les grands producteurs de céréales (États-Unis, Canada, Australie, Chine, Russie) devraient connaître, année après année, des records de chaleur qui entraîneront une diminution de 23 à 27 % de leur production.Dans un contexte démographique en croissance, on se prépare à de sérieux problèmes.Alors que les scientifiques du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et de T'Environmental Protection Agency (EPA) confirment que la sécheresse de l\u2019été passé est d\u2019origine anthropique, les négationnistes continuent à dire que la science du climat est un canular! L\u2019ANNEE LA PLUS CHAUDE AUX ÉTATS-UNIS C\u2019est officiel : la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a déclaré dans son récent rapport State of the Climate que 2012 avait été l\u2019année la plus chaude jamais enregistrée aux États-Unis.La NOAA y a enregistré 362 journées de record de température élevée! C\u2019est 3,2°F au-dessus de la température moyenne du 20e siècle et 1,0°F supérieur à la précédente année la plus chaude (1998).Cependant, 1998 restera l\u2019année au cours de laquelle ont été enregistrés les écarts les plus extrêmes de température, et 2012 deviendra la deuxième.À l\u2019exception de l\u2019Alaska et d\u2019Hawaï, tous les États ont connu des températures au-dessus de la moyenne.Selon le rapport, les précipitations ont également été fortement à la baisse, de 2,57 pouces sous la moyenne.NUMERO SPECIAL DE NEW SCIENTIST SUR LES CHANGEMENTS CLIMATICUES La revue New Scientist publie un numéro spécial intitulé Climate change: It\u2019s even worse than we thought.Comme le souligne en introduction Michael Le Page, il y a cinq ans, le dernier rapport du Groupe intergouvememental d\u2019experts des Nations unies sur l\u2019évolution du climat (GIEC) dressait un portrait dramatique de l'avenir de la planète.Or, ce dossier démontre, selon les données actuelles sur sept grands aspects du réchauffement (dont la fonte de la glace de l\u2019Arctique, le niveau de la mer et l\u2019agriculture), pourquoi la situation est encore pire que ce qu\u2019imaginait le GIEC.En attendant le prochain rapport du GIEC (en 2014), la revue désirait faire un bilan de mi-parcours.\u2022 44 LITINEF;aif;E BRUTALITÉ POLICIÈRE LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE / COURRIERS DES LECTEURS / POUR NOUS ÉCRIRE : marie-lise.rousseau@itineraire.ca On entend régulièrement parler de brutalité ou d\u2019abus de pouvoir policier.Aussi, on entend de plus en plus souvent des gens qui les dénoncent.Mais on pense souvent que ça n\u2019arrive qu\u2019aux autres.Je travaille comme intervenant pour un organisme communautaire venant en aide à des personnes itinérantes et j\u2019entends régulièrement des itinérants en parler, soit personnellement, soit comme témoin.Mais que ça m\u2019arrive à moi, bien voyons donc, jamais de la vie! Surtout pas sur mon lieu de travail, en tentant de protéger l\u2019anonymat des usagers et la confidentialité des dossiers.C\u2019est arrivé, le dimanche 11 novembre au matin, vers la fin de mon quart de travail.Deux policiers de Longueuil se sont présentés à la porte, à la recherche d\u2019un individu pouvant présenter un danger pour lui-même.Je leur ai dit que la personne était déjà partie, ça faisait au moins une heure.Mais ils n\u2019en ont pas tenu compte.La policière m\u2019a dit qu\u2019ils devaient vérifier par eux-mêmes et elle m\u2019a donné une bonne poussée.Je n\u2019ai pas eu le choix de les laisser entrer.Elle a fait le tour de la bâtisse pendant que son collègue est resté dans la salle commune.J\u2019étais en compagnie d\u2019un usager.Le policier a menacé de lui passer les menottes et de l\u2019arrêter s\u2019il ne lui donnait pas sa date de naissance.Je lui ai dit de le laisser tranquille, ce qu\u2019il a fait au retour de sa collègue qui lui a dit quelle n\u2019avait pas trouvé la personne recherchée.Le policier m\u2019a alors dit qu\u2019il devait consulter nos dossiers.Je lui ai dit qu\u2019il n\u2019avait pas le droit sans un mandat et je me suis mis devant la porte du bureau des intervenants.Il m\u2019a alors projeté au sol sur le ventre en tentant d\u2019amener mes mains dans le dos.Mais il n\u2019a pas pu, car je lui criais que j\u2019avais très mal à l\u2019épaule gauche.Il m\u2019a alors retourné sur le dos.Sa collègue est venue nous rejoindre et ils ont continué à me tirer le bras gauche vers le haut jusqu\u2019à ce que je perde conscience.Quand je me suis ressaisi, ils fouillaient dans notre paperasse, ce qu\u2019ils n\u2019avaient pas le droit de faire, d\u2019ailleurs.J\u2019ai eu le bras étiré de l\u2019épaule et l\u2019humérus fracturé.J\u2019ai subi une opération qui a duré deux heures.J\u2019ai une plaque de métal qui retient mon bras à mon épaule pour réduire la fracture.Je ne pourrai pas travailler avant le printemps 2013.J\u2019ai porté plainte au criminel et en déontologie.Une plainte au civil s\u2019en vient, du moins je l\u2019espère.J\u2019ai décidé de parler de mon expérience au nom de tous ceux qui n\u2019ont pas la possibilité de porter plainte, comme les itinérants, par exemple.J\u2019ai eu la chance d\u2019avoir beaucoup de soutien.Je dois ajouter que tous les policiers ne sont pas comme ceux qui m\u2019ont blessé, la plupart sont très professionnels.C\u2019est important de le dire.- Réjean Cormier POUR ÊTRE PUBLIÉ DANS CETTE PAGE g Vous avez envie de nous raconter une histoire, de réagir à une actualité ou à un texte lu dans L\u2019Itine'raire, ou encore d\u2019écrire dans nos pages quelques mots à un camelot du magazine?Ecrivez-nous à marie-lise.rousseau@itineraire.ca LrtlNERAIRE 45 1sr mars 2013 \t\tI-.\t1 2» 1\tII CROISÉS\tW
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