L'itinéraire, 1 janvier 2015, jeudi 1 octobre 2015
[" A# Volume XXII, n\"19 Montréal, 1er octobre 2015 www.itineraire.ca |\tDOSSIER Identités autochtones \u2019\tVues par : PHILIPPE FALARDEAUp Viviane Michel Richard Kistabish Shayne Brazeau Jo-An Blanchet-Girard L\u2019ITINÉRAIRE EST FIER DE S'ASSOCIER À CAFÉ BROSSARD, nouveau partenaire et fournisseur officiel de café de L'Itinéraire.-TW*»- CAFÉ BROSSARD université Investissons pour i avenir.CSQ f facebook.com/lacsq | lacsq.org | twitter.com/csq_centrale ide aux devoirs L\u2019austérité .n\u2019a pas sa place en éducation, bss cégep Tfà** * A Wljt 5729^ 2852^) IV * Au printemps dernier, elle et sa mère avaient de plus en plus de difficulté à payer leurs factures, au point de se faire couper l\u2019électricité.Jo-An ne s\u2019est pas laissée abattre: «/e me suis dit non, il faut que je continue l\u2019école et je ne peux pas trouver un travail en même temps [.], ce serait trop et ça me causerait encore plus des crises d\u2019anxiété ».C\u2019est à ce moment qu\u2019elle a commencé à vendre L\u2019Itinéraire.Selon elle, sa situation s\u2019est beaucoup améliorée depuis: «/e peux me gâter un peu plus, acheter de la nourriture, m\u2019acheter quelques fois des nouveaux meubles».Elle a récemment pu s\u2019offrir un nouveau lit.Ses crises d\u2019anxiété ont également diminué.Elle espère poursuivre ses études jusqu a l\u2019université, en médecine ou en biochimie médicale.¦ Par Mirna Djukic Photo : Alexandra Guellil 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA ZOOM sur Camelot N°: 1400 | Age: 25 ans Point de vente: métro Angrignon Jo-An est, aux premiers abords, une jeune femme souriante, qui s\u2019exprime avec clarté et aisance.C\u2019est aussi une personne débrouillarde, accoutumée à persévérer dans des situations qui en décourageraient plus d\u2019un.On lui a diagnostiqué un trouble d\u2019attention et d\u2019hyperactivité dès son entrée à l\u2019école.«j'ai toujours eu de la misère à me concentrer, à rester assise et à rester motivée », dit-elle.Mais ni cela, ni ses crises d\u2019anxiété, ni les problèmes financiers ne l\u2019ont empêchée de poursuivre ses études.Elle est présentement en train de finir ses mathématiques enrichies et ses cours de chimie et de physique pour entrer au cégep en Sciences de la nature.Jo-An vit aujourd\u2019hui avec sa mère et entretient une belle relation avec son frère.Son père est décédé lorsqu\u2019elle avait 11 ans.Les longues marches qu\u2019ils faisaient ensemble sur le boulevard Gouin demeurent ses plus beaux souvenirs d\u2019enfance. NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ 1 À Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée par des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Le Groupe L'Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d'économie sociale et des programmes d'insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d'itinérance, d'isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L'organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l'autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, c'est aussi plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous! La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Shawn Bourdages, chef du développement social par courriel à : shawn.bourdages@itineraire.ca ou par téléphone au : 514 597-0238 poste 222.Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.Les opinions exprimées danscette publication (ou surcesite Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Canada RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone: 514 597-0238 Télécopieur: 514 597-1544 Sit www.itineraire.ca DIRECTRICECÉNÉRALE CHRISTINE RICHARD RÉDACTION Rédactrice en chef: JOSÉE PANET-RAYM0ND Journaliste, responsable société: ALEXANDRA CUELLIL Responsable de la formation des participants: CHARLES-ÉRIC LAVERY Chargé de l'accompagnement des participants: SIMON P0SNIC Conception graphique: GENEVIÈVE BRIÈRE, ARÔME GRAPHIQUE Stagiaires à la rédaction: MIRNA DJUKIC Collaborateur: IANIK MARCH Adjoints à la rédaction: CHRISTINE BARBEAU, JULIAN BALLESTER, ROBIN BÉLANGER, MARIE BRI0N, DANYCHARTRAND, SARAH LAURENDEAU, HÉLÈNE MAI, ÉLIANETHIVIERGE Photo de la une: PAUL-ANDRÉ FLEURENT/ ASSISTANT : QUENTIN DUCAD0S Révision des épreuves: PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, MICHÈLE DETEIX ADMINISTRATION Chef des opérations et des ressources humaines: DUFFAY ROMANO Responsable de la comptabilité: LYNE COUSINEAU Adjointe administrative: NANCYTRÉPANIER Responsable du financement: GESSIE VANESSA SÉRANT ISSN-l 481 -3572 n' de charité: 13648 4219 RR0001 PARTENAIRES MAJEURS Canada Québec S S Montréal# ÉQUIPE DE SOUTIEN AUXCAMELOTS Chef du développement social: SHAWN BOURDAGES Agent d'accueil et de formation: PIERRE T0UGAS Agents de soutien communautaire : GENEVIÈVE LABELLE, JEAN-FRANÇOIS M0RIN-R0BERGE, DOMINIC GRENIER Agentdedéveloppement:YVON MASSIC0TTE CONSEIL D'ADMINISTRATION Président: PHILIPPE ALLARD Administrateurs: YVES GRÉGOIRE, GUY LARIVIÈRE, JEAN-PAUL LEBEL, GENEVIÈVE B0IS-LAP0INTE, JEAN-PIERRE BONIN, JEAN-PIERRE MÉNARD QUEBEC [intact] PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS L'ŒUVRE LÉGER Jfc FONDATION ^tm Jj|p lr*ün~v*\u201dt ^\tO Canada-Vh I Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal ?3 Desjardins\tV'TELUS Caisse du Quartier-Latin de Montréal L'ITINERAIRE EST MEMBRE DE insp aMeco RAPSIM I ¦mr tteHotwtjT'1 mk à VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 Conseillère: RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L'IMPRESSION TVA ACCÈS INC.|514848-7000 Directeurgénéral: R0BERTRENAUD Chef des communications graphiques: DIANE GIGNAC Coordonnatrice de production: MARILYN FORTIN Imprimeur: TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication N\"40910015, N\"d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Croupe communautaire L'Itinéraire: 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K2H9 Québécor est Fière de soutenir l'action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.73 FSC www.fsc.org MIXTE Papier issu de sources responsables FSC® C011825 4 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2015 SOMMAIRE 15 septembre 2015, Volume XXII, n\"18 ACTUALITES CARREFOUR CULTURE jLTORIAL 7\tEt on se tournait vers^LMiumanitude» Par Me^^g.Loisel 8\tROND-PC 10 ROND-POlN®NTERNATIONAL DOSSIER 12 Jamais trop tar pour apprendre >\tL\u2019analphabétisme >\tJustice éducative >\tSylvie: «Jamais fini d'apprenl >\tDenis: «Vouloirs'en sortir» >\tCarole: «Une victoire à la fois» COMPTES À RENDRE 26 L'éducation libère?Par lanik Mardi TEMOIGNAGE 20\tJe veux apprendre à aimer.Par Cybelle Pilon 21\tCARREFOUR OPINION 23\tLes enFants-soldats Par Sylvain Pépin-Girard CHRONIQUE 24\tDe zombies, de meurtres., et de logement social.Par Mathieu Thériault 26 INFO CAMELOTS Par Jean-Pierre Ménard INFO RAPSIM Un enjeu des électio; Par Pierre Caudreau S DROITS 29\tI^KcolarisatioDVta maison Pa^^^Boyer OPINT 30\tLa paulRfT.Une Fatalité ou une^Kistrie (3e partie) Par Jean^iïnUkon IL ETAIT UNE FOL 38\tJacques CarJ ce grand ej^^rateur Par Serge Trj^ PANORj 39\tHom^Re au créateur de^flarlie-Hebdo Pç^mma Djukic 40^PMELOTS ARTISTES 1USIQUE La Norvège et le prog Par Gabriel Bissonnette 43\tZOOM CLIENT 44\tLE JOSÉE FLÉCHÉ 45\tDÉTENTE Apropos.46\tDe l'apprentissage M0S\"LECTEUR' Bonjour à l'équipe de la rédaction Je suis enseignante de francis^^Ppour les immigrants adultes, ici même, à M .réal.Lorsque j'enseigne à des groupes m^Kédiaires-avancés, je leur recommande towRTd'acheter (et de lire) votre magazine.La taJj^^es sujets traités et le niveau de langu^^Vsés dans vos articles sont parfaits pour l'an^Ration de leur français écrit.Généralement^^ront d'accord avec moi, mais ne DE CAMR0TS IR HALAIMIA AL LAMBERT ENOIT CHARTIER DANS LA TÊTE DES CAME *12 SAMUEL LAPOINTE-CHAYEF 42 MICHEL MARCIL le font malheureusement jamais.Bon, il ne faut jamais perdre espoir: la semaine passée, j'en ai encore parlé à un de mes groupes et, contre toute attente, une élève d'origine chinoise est allée s'en acheter un.Cela signifie qu'elle a parlé avec un camelot en français courant.Depuis, elle l'apporte en classe, le lit dans le métro, me pose quelques questions sur ce qu'elle y lit.Aujourd'hui, j'ai voulu le prendre pour mettl^k feuille dessus pour que ce soit plus confortl^Mour écrire.Elle l'a immédiatement retiré en mR^ant:« non, c'est très précieux pour moious ne savez pas à quel point ça m'a fait plai^Ka s'est passé devant les autres élèves; c'est un t^Aon exemple pour eux.Merci à tous et à toutes; ^Riuez votre excellent travail.On a besoin de Louise Poudrier ECRIVEZ-NOUS! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp! LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES 50 % DU PRIX DE VENTE DU MAGAZINE LEUR REVIENT La Rédaction se réserve le droit d\u2019écourter certains commentaires. Don en cartes-re| un geste solidaire! Le don d\u2019une carte-repas à 6$ permet à une personne démunie de s\u2019alimenter gratuitement au Café L\u2019Itinéraire ou chez l\u2019un de nos partenaires : Comité social Centre-Sud, MultiCaf, Resto Plateau, Le Phare et Chic Resto Pop.Grâce à vos dons, plus de 15000 repas complets sont servis chaque année aux personnes se retrouvant dans le besoin.Vous pouvez choisir de les distribuer vous même ou bien nous laisser le soin de le faire pour vous à\tM travers notre service d\u2019in- _ m tervention et de réinsertion -\t.I sociale.\t' m Pour plus d\u2019informations ou faire un don en ligne : www.itineraire.ca AIDEZ L\u2019ITINERAIRE: DONS ?CARTES-REPAS ?ABONNEMENT DON Je fais un don de: CARTES-REPAS2 J'offre_____cartes-repas à 6$ chacune = ABONNEMENT AU MAGAZINE Je m'abonne pour une période de: O 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) : IDENTIFICATION O Mme OM.S1 Nom:________________________________ Prénom:_________________________________ Nom de l'entreprise (Don corporatif) :_______________________________________ S1 Adresse: _______________________________________________________________________ Ville: ______________________________________________________________________ Province:___________________________ Code postal :____________ ______________ j Téléphone : (_________)_______-__________________________________________________ ^ Courriel : ______________________________________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Visa, MasterCard O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire TOTAL DE MA CONTRIBUTION : Notes 1\tVous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don.2\tLes cartes sont distribuées par L'Itinéraire, mais si vous voulez les recevoir pour les donner dans la rue, cochez ici et nous vous les enverrons avec le Guide du bénévole.Cochez ici ?N»de la carte : I___I___I___I___I___I__I____I___I____I__I___I___I____I__I___I___I____I Expiration______/__________ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez ce formulaire de don et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9.Pour toutes questions, contactez-nousau 514-597-0238 poste 246.Dons et abonnement disponibles en ligne au www.itineraire.ca http://itineraire.ca/ ÉDITORIAL PAR SHAWN BOURDAGES CHEF DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL «Sauvage infidèle», c'est en ces termes méprisants qu'est décrite Marie Pinesi Okijikokwe Ikwesens en septembre 1838 dans l'acte de mariage de sa Fille Elisabeth Macpherson, mon arrière-arrière-arrière grand-mère.Au mépris institutionnel de l'église catholique s'ajoutera, quelques décennies plus tard, celui du gouvernement Fédéral par l'entremise de la Loi sur les Indiens.Cette loi établissait le système des réserves et constituait un net recul par rapport à la Proclamation Royale de 1763 où était au moins reconnu aux Premières Nations le droit de négocier de nation à nation l\u2019utilisation de leurs territoires avec la Couronne.Les Autochtones furent alors cantonnés dans des territoires restreints et mis sous tutelle afin de faciliter l\u2019exploitation des ressources naturelles présentes sur leurs terres traditionnelles, une sorte d\u2019exil intérieur duquel ils étaient censés ressortir soit blancs, soit tout simplement morts.Cette constante érosion des droits des premiers peuples au Canada, et la banalité avec laquelle ceux encore consentis sont bafoués, sont frappantes.C\u2019est sans remords que nous avons kidnappé leurs enfants pour tenter de les assimiler (tout en les abusant de multiples façons ) dans les écoles confessionnelles.C\u2019est avec la même totale absence de considération que le maire d\u2019Oka décida en 1990 d\u2019accorder un permis à un promoteur afin d\u2019agrandir un terrain de golf sur un cimetière traditionnel.Le dénigrement se poursuit aujourd\u2019hui notamment par le refus catégorique du gouvernement fédéral d\u2019ouvrir une enquête concernant les quelque 1200 femmes autochtones disparues ou assassinées au cours des 30 dernières années.Génocide culturel Ces quelques exemples parmi tant d\u2019autres ne servent qu\u2019à illustrer la mauvaise foi sous-tendant notre relation avec les Premières Nations depuis le début.Le rapport de la Commission de vérité et réconciliation est d\u2019ailleurs sans équivoque quant à nos intentions: « Un État qui détruit ou s\u2019approprie ce qui permet à un groupe d\u2019exister, ses institutions, son territoire, sa langue et sa culture, sa vie spirituelle ou sa religion et ses familles, commet un génocide culturel.Le Canada a fait tout ça dans sa relation avec les peuples autochtones.» Or, ils ne sont pas morts, bien au contraire, «la population autochtone connaît une croissance démographique presque deux fois plus rapide que celle de la population canadienne en général.»* Nos concitoyens sont cependant bien mal en point.Ne serait-il pas alors temps de faire un examen de conscience collectif afin de mettre fin à cet exil intérieur?Il est bien difficile de susciter l\u2019intérêt pour cet exercice d\u2019introspection.C\u2019est pourtant sans gêne que notre société se penche sur des questions d\u2019éthique lorsque vient le temps de parler des autres, au point même d\u2019en faire un enjeu électoral.Tant au Québec qu\u2019au Canada, réfléchir à cette question revient à mettre en doute de part et d\u2019autre quelques mythes structurants.Car si le projet national québécois ne peut supplanter le droit des Premières Nations à une existence politique et culturelle sur son territoire, le Canada doit également avoir le courage de revoir son rapport aux peuples autochtones, impliquant invariablement l\u2019abolition de sa Loi sur les Indiens et la révision de sa loi fondamentale, c\u2019est-à-dire sa Constitution, afin de s\u2019affranchir de son passé colonial.¦ *http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/a u tochtones/don nees.html 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 7 û questions a Alana Boileau, coordonnatrice justice et sécurité publique de Femmes autochtones du Québec H PARMIRNA DJUKIC PHOTOS: ALAN HARRINGTON Le SPVM a signé une entente de collaboration avec la communauté autochtone montréalaise en juin dernier dans le but d'améliorer leurs relations.Femmes autochtones du Québec et le RÉSEAU pour une stratégie urbaine de la communauté autochtone de Montréal collaborent avec le service policier en ce sens.Entrevue avec Alana Boileau, coordonnatrice du plus récent comité résultant de cette entente.Quels sont les objectifs de l\u2019entente de collaboration?C\u2019est une entente formelle qui contient quatre principaux objectifs.Le premier, c\u2019est la formalisation des relations.Cela implique la création d\u2019un poste d\u2019agent de liaison autochtone au SPVM et d\u2019un comité citoyen de vigie autochtone.On voulait s\u2019assurer que les relations allaient dépendre de cette entente plutôt que de la bonne volonté des individus.Le deuxième objectif, c\u2019est une formation du personnel du SPVM, axée sur la connaissance des enjeux et de l\u2019histoire autochtone, pour assurer des interventions plus adaptées.Le troisième est une collaboration sur les projets en prévention et en sensibilisation.Le RESEAU voulait s\u2019assurer que le SPVM allait participer s\u2019il montait des projets sur les questions qui touchent la communauté autochtone.Enfin, le quatrième est de créer un protocole autour de la question des femmes autochtones disparues ou assassinées à Montréal.C\u2019est celui du comité que je coordonne.Quelles sont les missions de ce comité?A terme, ce sera un moyen de savoir enfin comment agir si une femme autochtone est portée disparue dans la ville.Idéalement, on va créer une sorte de checklist pour chacune des organisations, incluant le SPVM, pour indiquer la mobilisation et l\u2019organisation à avoir pour retrouver cette personne.Le protocole inclura aussi des lignes directrices pour la collaboration avec les familles des victimes.Souvent, ces familles ont exprimé s\u2019être senties délaissées par les enquêteurs.C\u2019est donc important de favoriser la communication.Finalement, cela inclura des initiatives en prévention, notamment pour les femmes qui sont nouvellement arrivées en ville.En quoi la sensibilisation et la prévention de la criminalité dans la communauté autochtone sont-elles distinctes?Ce n\u2019est pas pour traiter les actes criminels, mais pour assurer leur sécurité.Il s\u2019agit surtout de protéger la vulnérabilité des personnes autochtones en ville.En fait, les personnes autochtones qui arrivent en ville ont plus de chances d\u2019être victimes d\u2019un crime que de le commettre, contrairement à ce qui est véhiculé.C\u2019est difficile de se trouver un logement et un emploi.Elles se retrouvent parfois plus vulnérables encore que si elles étaient restées dans leur communauté.¦ ?Élections 2015* Simplifier la politique Belle et engagée VoteNote est une application créée par Matt Heuman, un étudiant de journalisme à l\u2019Université Concordia, qui souhaitait sensibiliser les jeunes à l\u2019importance de voter aux élections du 19 octobre.«Comment s\u2019arranger pour obtenir des votes si les citoyens n\u2019ont aucun intérêt pour la politique?», interroge-t-il.Sa solution a été de créer une application rendant l\u2019information politique compréhensible en cinq minutes.L\u2019application est disponible gratuitement via Google Play Store, en français et en anglais, pour les Android et iOS.Son fonctionnement est comme celui d\u2019un flux Twitter.Selon Elections Canada, le nombre de jeunes qui expriment leur vote est souvent plus faible.Seuls 38,8% des jeunes âgés de 18 à 24 ans se sont prononcés en 2012.(AG) Ashley Callingbull-Burnham, du peuple cri, a récemment été élue Madame Univers.C\u2019est bien la première fois qu\u2019une Canadienne issue d\u2019une communauté autochtone remporte l\u2019un des trois concours de beauté mondiaux, celui-ci étant réservé aux femmes mariées.Elle a d\u2019ailleurs profité de son élection pour inviter via son compte Twitter l\u2019ensemble des communautés autochtones à voter contre les conservateurs.En effet, Ashley Callingbull-Burnham reproche au Premier ministre de ne pas soutenir leur cause, en témoignent les inactions au sujet des nombreuses femmes disparues et assassinées.La jeune femme a essuyé de nombreuses critiques.Elle a d\u2019ailleurs expliqué sur le plateau de CBC les raisons de son engagement : « Pensiez-vous vraiment que j\u2019allais seulement rester assise là, en me contentant d\u2019être jolie ?j\u2019ai un titre, une plateforme et une voix pour changer les choses et conscientiser les gens au sujet des problèmes des Premières Nations au Canada.» Voilà une Miss qui semble contre la politique de l\u2019autruche.(AG) 8 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2015 CREDIT: OKSANA BRATANOVA (12C:F:F' Aide médicale à mourir La Californie dit «oui» En Californie, un projet de loi autorisant le suicide assisté a été voté à l\u2019Assemblée législative.Le texte autorise les médecins à fournir à des patients sans espoir de guérison un traitement mettant fin à leur vie.Après un débat passionné, la loi a été approuvée avec 43 voix contre 34.Selon ce projet de loi, deux médecins devront certifier que le patient n\u2019a plus que six mois à vivre avant de pouvoir lui prescrire des traitements.Une loi en ce sens est déjà en vigueur dans l\u2019Oregon, l\u2019Etat de Washington, le Montana et le Vermont.Pour le Québec, il faudra attendre décembre 2015, date d\u2019entrée en vigueur de la loi 52 intitulée «Mourir dans la dignité».(AG) Windsor-Essex 1 jeune sur 4 vit en situation de pauvreté C\u2019est le constat étonnant du nouveau rapport de la United Way qui donne un aperçu des nouveaux défis que les jeunes doivent affronter jusqu\u2019à l\u2019âge adulte.Selon eux, au cours de l\u2019année d\u2019imposition 2013, plus de 19 000 enfants de moins de 17 ans vivaient dans des familles dont le revenu était égal à la moitié du revenu moyen après impôt.Selon Lorraine Goddard, pdg de la United Way, la pauvreté est intergénérationnelle rappelant que la pauvreté à Windsor était «un vrai problème» qui s\u2019est aggravé au fil des années.(AG) Québec Différents visages de la pauvreté W m M fis» eâ Deux étudiantes au baccalauréat en sociologie à l\u2019Université Laval ont remis au printemps dernier un rapport de recherche de plus de 175 pages à l\u2019Accorderie, une coopérative de solidarité, dressant le portrait de la pauvreté dans la Capitale nationale.Sur 16 personnes en situation de pauvreté et d\u2019exclusion sociale, globalement âgées de 27 à 65 ans, 5 recevaient l\u2019aide sociale et 5 autres travaillaient à temps partiel.L\u2019hypothèse de recherche, qui a été vérifiée, était que les besoins des personnes étaient différents selon leur parcours de vie et que leurs besoins s\u2019adaptaient en fonction de leur âge, situation familiale et conjugale, leurs occupations et leur niveau de scolarité.«Pour nous, il était important de montrer les différentes façons de vivre la pauvreté», explique l\u2019une des étudiantes, Catherine Bonneau.(AG) Surdoses La naloxone offerte a Montréal Ce médicament qui peut sauver des vies lors d\u2019un cas de surdose est maintenant offert dans le cadre d\u2019un programme de distribution et de formation proposé depuis le mois de juin 2015 par l\u2019organisme Méta d\u2019Ame aux consommateurs ainsi qu\u2019à leurs proches.Egalement commercialisée sous le nom Narcan, la naloxone est un médicament qui est utilisé pour traiter les surdoses d\u2019opioïdes, dont le fentanyl, l\u2019héroïne et la cocaïne.Elle permet de rétablir une respiration normale et la conscience en trois à cinq minutes après l\u2019injection et est efficace pendant 30 à 90 minutes.Un certain nombre de villes et provinces ont mis en place des programmes en vue de fournir des «trousses d\u2019urgence» contenant de la naloxone et des seringues aux membres de la famille de consommateurs d\u2019opioïdes.(AG) 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 9 CREDIT: REUTERS MARGARITO PEREZ ROND-POINT INTERNATIONAL GRANDE-BRETAGNE Une guerre inefficace contre la drogue Les problèmes que la guerre contre la drogue souhaite éradiquer, soit les cartels, les gangs, la violence et la dépendance sont en fait exacerbés par la prohibition.Cèst ce que soutient le journaliste britannique Johann Hari dans son livre Chasing the Scream : The First and Last Daysofthe War on Drugs.Inspiré par des toxicomanes de son entourage, l\u2019auteur a effectué un périple de trois ans à travers 12 pays au cours duquel il a mené des entrevues auprès des forces de l\u2019ordre et du corps médical, en plus d\u2019étudier les milieux sociaux des toxicomanes de divers pays.Le journaliste propose dans son livre des mesures qui ont fait leurs preuves en Suisse, au Portugal et au Canada.Parmi celles-ci : la légalisation des Marche commémorant drogues dures «pour acculer les des victimes de vio-\tgangs criminels à la faillite ».(INSP/ lences liées à la drogue Street R00ts-USA) à Cuernacava, Mexique.ALLEMAGNE | Un journal de rue aide des détenus à tourner la page Depuis 2011, HEMPELS, un journal de rue à Kiel en Allemagne offre des ateliers d\u2019écriture à des détenus qui purgent de longues sentences à la prison de Lübeck.Le projet permet aux détenus de s\u2019exprimer et de développer la communication entre eux, puisqu\u2019ils s\u2019évaluent les uns les autres, en plus de révéler aux \u2014\tlecteurs du journal ce qu\u2019est la vie derrière les barreaux.Peter Brandhorst, le rédacteur en chef de HEMPELS qui anime ces ateliers indique que le fait de coucher sur papier leurs pensées et émotions favorise la réhabilitation sociale et améliore la confiance des détenus.Les textes sont régulièrement publiés dans le journal et le projet s\u2019est mérité le prix littéraire Ingerborg-Drewitz pour détenus en avril 2015.(INSP/HEMPELS) ÉTATS-UNIS | Katrina, 10 ans plus tard Il y a dix ans que l\u2019ouragan Katrina a dévasté le quartier Lower Ninth Ward de la Nouvelle-Orléans.Une série photos de l\u2019agence de presse Reuters montre le retour des résidents consternés à leur domicile suite à ce désastre naturel et donne un aperçu de ce à quoi ressemble leur quartier une décennie plus tard.(INSP/Reuters) .r-r,,ï te - | Elles draguent ( le sable ) pour gagner leur vie Les femmes mineuses de la région rurale d\u2019Andhra Pradesh en Inde s\u2019approprient l\u2019industrie minière du sable, en dépit des menaces des puissantes « mafias du sable» omniprésentes dans cet Etat indien, de la dégradation de l\u2019environnement et de la pauvreté.Le collectif entièrement féminin, Undavalli Mutually Aided Cooperative Society, en charge du draguage, du chargement et de la vente du sable est déterminé à faire fonctionner l\u2019entreprise qui assure aux femmes un salaire décent et un certain pouvoir de décision sur leur vie.(INSP / Inter Press Service) *8» L'Itinéraire est membre du International Network of Street Papers [Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à plus de 120 journaux de rue dans 40 pays sur six continents.Plus de 200 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.International Network of Street Papers 10 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2015 CREDIT: HEIDI KRAUTWALD OSA Orchestre Symphonique de l\u2019Agora L\u2019Orchestre symphor de l\u2019Agora présente atste muscca, fe Un concert au profit de L'Itinéraire Sous la direction de Nicolas Ellis Mendelssohn: Symphonie n\" t « L\u2019italienne », op.90 en La majeur L\u2019Orchestre symphonique de l\u2019Agora est un organisme à but non lucratif qui organise des concerts de musique classique afin d\u2019amasser des fonds pour des causes sociales, environnementales ou humanitaires.L\u2019OSA est le premier orchestre sjtmphonique au Canada à jumeler, dans sa mission, économie sociale et musique symphonique.LE REPERTOIRE: Schubert : Lieder orchestrés par Franz Liszt (soliste : Sarah Halmarson) Chopin : Concerto n°2 pour piano, op.21 en Fa mineur (soliste : Charles Richard-Hamelin) 555 Sherbrooke O.Montréal Réservez vos billets dès maintenant au : orchestre, agor a@ gmail.com octobre 19 h À la salle Pollack DOSSIER ?*!»¦« auto c Une Peuples autochtones, Premières Nations ou Amérindiens.Difficile de trouver l\u2019appellation juste.S\u2019ils sont reconnus comme étant les premiers habitants des Amériques, des problèmes surgissent quand les Canadiens tentent de les intégrer au moule multiculturel.Chose certaine, les peuples autochtones considèrent leur relation avec le Canada comme unique.Pourtant, depuis des années, les politiques et lois mises en place ne font que les brimer dans leur vie quotidienne.Taux de suicide important, alcoolisme et autres dépendances, criminalité ou itinérance, la liste est longue quant aux préjugés qui perdurent sans jamais s\u2019attarder à les connaître, tant dans leurs rêves et aspirations que leurs errances.Leur vision de l\u2019avenir repose sur la force de leur passé traditionnel.Si leurs traditions ( langue, culture, liens avec le milieu naturel) ne sont pas préservées, ils risquent de les perdre à tout jamais.Ce dossier se veut offrir une modeste réflexion sur les fondements identitaires amérindiens passés et actuels révélés aujourd\u2019hui avec le nouveau film de Philippe Falardeau, Cuibords'en va-t-en guerre, en salle dès le 2 octobre 2015. De la caricature à la réalité PAR ALEXANDRA GUELLIL PHOTOS: PAUL-ANDRÉ FLEURENT/ASSISTANT : QUENTIN DUCADOS Avec ce sixième long-métrage, Philippe Falardeau signe une comédie politique révélatrice des rapports actuels entretenus avec les communautés autochtones.Cuibord s'en va-t-en-guerre, traite ainsi avec humour et légèreté ce qu'il nomme «la débandade de la démocratie».Rencontre avec un cinéaste au franc-parler et aux positions tranchées.En humour, on peut tirer sur tout ce qui bouge y compris sur soi-même.Cette fiction met de l\u2019avant les peuples autochtones de plusieurs façons.La plupart des rôles clés sont interprétés par de véritables figures de la communauté.Pourquoi?A partir du moment où j\u2019ai voulu parler de politique et du territoire en situant un député qui représente une circonscription dans le nord (Guibord, interprété par Patrick Huard), il fallait nécessairement en parler.Qui souhaite parler de territoire doit parler des peuples autochtones qui revendiquent à raison l\u2019occupation du territoire ou la participation à l\u2019exploitation des ressources.A mon avis, cela devrait être le foyer des principaux enjeux dans les dix à vingt prochaines années au Canada.Si on ne fait pas cela, c\u2019est une faillite générale morale et politique du pays.C\u2019est d\u2019ailleurs eux qui finissent par régler le conflit qui provoque les blocages des routes principales?Je voulais leur donner une double clé.Un déclencheur dramatique en occupant les routes, à raison, et la sagesse de savoir quand lever le barrage routier tout en donnant les moyens au personnage principal de remplir sa mission de parlementaire.Dans un film où je caricature beaucoup, il était important d\u2019éviter la caricature des Autochtones ou des Haïtiens (Souverain, interprété par Irdens Exantus), qui sont deux communautés qui souffrent trop souvent des préjugés.J\u2019avais peur qu\u2019en les mettant dans une situation où ils bloquent les routes, ce soit trop cliché, mais ils m\u2019ont avoué eux-mêmes que ça ne l\u2019était pas puisque c\u2019est effectivement leur seul moyen de pression pour qu\u2019ils soient écoutés.Le blocage des routes est une technique qui ne date pas d\u2019hier et est aussi pratiquée par d\u2019autres.Effectivement, mais pour les Blancs qui ne s\u2019intéressent absolument pas à eux et qui ont toutes sortes de préjugés, je pense que le blocage de routes ne fait qu\u2019exacerber les clichés.Tout comme les dires au sujet de l\u2019exonération de taxes.Je ne peux pas croire qu\u2019en 2015, certains peuvent encore avoir ce discours-là, mais malheureusement il existe.Le racisme est des deux côtés, mais je parle du racisme que je connais, c\u2019est-à-dire celui des Blancs envers les Autochtones.Quand j\u2019entends les énormités que certains peuvent dire, c\u2019est à parier qu\u2019ils n\u2019ont jamais mis les pieds dans une réserve, qu\u2019ils ne savent pas pourquoi les Autochtones sont dans des réserves, et que beaucoup ignorent encore l\u2019histoire récente des pensionnats.Il est donc nécessaire que l\u2019on en parle dans d\u2019autres films.1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 13 Quelle a été la préparation avant le tournage afin de coller à la réalité des peuples autochtones?Je suis allé dans des réserves, dans la communauté du Lac Simon et j\u2019ai eu aussi beaucoup d\u2019aide de la part des gens de Kitcisakik (en Abitibi-Témiscamingue).Kevin Papatie, Jimmy Papatie, mais aussi les membres de la Wapikonie mobile m\u2019ont beaucoup aidé.J\u2019ai regardé des films.J\u2019ai compris très tôt que je ne pouvais qu\u2019évoquer toute la réalité de ces peuples sans leur rendre complètement hommage.Les caricatures vont plus dans le sens du gouvernement fédéral actuel et du système politique.Un clin d\u2019œil à quelques jours des élections?Je pense que les spectateurs ne seront pas dupes.Je parle en partie de Stephen Harper, mais aussi du pouvoir déconnecté des institutions démocratiques.On est clairement dans le monde de la manipulation, du tordage de bras, des offres illégitimes.On n\u2019est plus dans la pureté philosophique, mais dans de la politique de rapport de force.C\u2019est surtout cela que je voulais illustrer avec le personnage du premier ministre qui n\u2019est pas non plus un con fini: il joue du piano, a une certaine culture, est habile et intelligent.Je ne voulais pas ridiculiser ce personnage puisque je lui admets une certaine habileté.Finalement, que souhaitez-vous dire aux Québécois avec ce film?Que l\u2019on est un peu responsable du cynisme ambiant qui s\u2019installe par rapport à la politique.Oui les politiciens ont des responsabilités, mais combien de fois est-ce que l\u2019on entend qu\u2019ils n\u2019ont pas de volonté à cause de la ligne de parti ou qu\u2019ils sont tous corrompus.D\u2019abord, ce n\u2019est pas vrai.Ensuite, c\u2019est très dur d\u2019être politicien sans pouvoir.Et si on créait un laboratoire où l\u2019on donne au politicien la possibilité de trancher en s\u2019intéressant à l\u2019opinion de ses électeurs.Il va se passer exactement ce qu\u2019il se passe dans le film: les gens penseront plus à leur intérêt à eux.Le film montre aussi que la démocratie est un gros bordel et il faut l\u2019accepter.Tous les intérêts ne seront pas satisfaits et il y a un certain lot de compromis à faire.Evidemment, en choisissant la guerre comme enjeu, je montre que personne n\u2019est interpellé par le fait que des gens se fassent tuer à l\u2019étranger puisque l\u2019important c\u2019est d\u2019avoir des routes qui circulent bien.¦ |aa|aa|aa|aa|aa|aa|aa|aa|aa|aa|aa|aa|aa|aJ Le Film en bref Steve Guibord, député indépendant de Prescott-Makadewà-Rapides-aux-Outardes (circonscription fictive), détient la balance du pouvoir au Parlement et doit décider si le Canada partira en guerre.Il tente alors de se soumettre à l\u2019exercice démocratique en consultant ses électeurs.Mais au cinéma comme dans la réalité, les intérêts peuvent parfois faire dérailler un débat.(AG) ¦ij.im-.iin-.iin-.i-.iin-.iin-.ii.ia 14 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2015 «Notre culture est importante» PAR ALEXANDRA GUELLIL PHOTOS: PAUL-ANDRÉ FLEURENT/ASSISTANT : QUENTIN DUCADOS Sa parole préférée: La Terre ne nous est pas léguée par nos parents, mais empruntée à nos enfants.Shayne Brazeau, originaire de Kitcisakik en Abitibi-Témiscamingue, a eu son premier rôle au cinéma avec Robert Morin dans le film 3 histoires d'indiens, sorti en 2014.Il avait à peine 15 ans.« Robert Morin a juste débarqué dans mon village, il cherchait des figurants», se souvient-il.Cet été-là, il passe l\u2019audition et est choisi pour jouer le rôle d\u2019un garçon silencieux qui s\u2019accroche dans toutes les circonstances à la musique classique qu\u2019il écoute à plein volume dans ses écouteurs.« j\u2019étais vraiment curieux, je ne pensais pas que ça allait être un gros film, je m\u2019étais juste dit que ça allait être une autre expérience après avoir fait du théâtre.» Quelques années après, il rejoint Philippe Falardeau pour prendre part à la comédie politique Guibord s\u2019en va-t-en-guerre où il interprète le rôle d\u2019un jeune homme, acheté par des pseudo-pacifistes pour sensibiliser les citoyens de Prescott-Makadewà-Rapides-aux-Outardes (ville fictive) aux méfaits de la guerre.Pour ce film, sa plus grande difficulté aura été de retenir son texte.« Il ne fallait pas que l\u2019on ait pitié de moi avec mon niveau émotionnel, ça, je l\u2019avais bien compris.Et je n\u2019ai pas vraiment joué, c\u2019était naturel», commente-t-il.Face à lui, Philippe Falardeau se souvient de son audition.«J\u2019étais content de le voir dans ce rôle», complète le réalisateur qui souhaitait plus que tout travailler avec des Anishinabeg.«Pour le public blanc, je sais que ça n\u2019a pas trop d\u2019importance, mais je souhaitais qu\u2019eux autres se reconnaissent dans cette histoire » L\u2019importance des racines A 22 ans, Shayne est sans doute plus mature que la plupart des autres jeunes de son âge.S\u2019il se sent profondément «Amérindien », il considère comme primordial de parler sa langue natale.«A Montréal, je ne parle pas ma langue tous les jours.Ici, tout le monde parle français et anglais.Et c\u2019est un peu déracinant parce que je suis en train de perdre ma langue», dit-il avouant sentir cette différence lorsqu\u2019il retourne dans son village.Pourtant, il dit essayer le plus possible de se rappeler d\u2019où il vient, l\u2019endroit où il a été élevé.« Chaque jour, j\u2019essaye de parler ma langue un petit peu.Pour moi, c\u2019est important, ce sont mes racines.» Pour Shayne, le sentiment d\u2019appartenance est de moins en moins présent dans la communauté.«Beaucoup ne pensent qu\u2019à quitter la réserve», explique-t-il en rappelant qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019électricité et que la vie peut y être difficile.«C\u2019est dur pour moi de ne plus parler algonquin ou de voir comment les choses évoluent.Avant, toutes les familles se réunissaient pour préparer le souper ensemble, il y avait aussi des moments importants comme la purification.Et tout cela se fait de moins en moins.» Catalogué A Montréal, Shayne se sent souvent catalogué.«Dès fois, on me regarde comme si j\u2019étais une mauvaise personne.» Le jeune homme va même jusqu\u2019à tenter de décrypter l\u2019existence de ces préjugés.«Par chez nous, ça buvait pas mal et les gens pensent que [dans une réserve], tout le monde boit ou que tout le monde est mauvais».Il estime d\u2019ailleurs que le meilleur moyen de lutter contre les stéréotypes est de travailler au jour le jour à mieux faire connaître leur culture.«Si dans chaque famille, on parlait algonquin déjà, ce serait mieux», estime-t-il.Et quant aux mots blessants, Shayne estime faire ce qu\u2019il y a de bon pour lui.« Certains disent que je n\u2019ai pas de direction, que je ne vaux rien, mais je n\u2019ai jamais vraiment écouté ces gens.On a tous un but dans la vie.» Plus tard, Shayne se voit enrichi par des expériences de voyages avant de se réinstaller dans son village.Il aimerait créer un club de sport et de loisirs permettant aux jeunes de pratiquer le soccer ou le hockey tout en intégrant leur culture.«On pourrait donner des noms en algonquin aux équipes ou aux différents jeux».Parole d\u2019un jeune persévérant.¦ 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 15 PHOTO: COURTOISIE Des combats acharnés en mal d'identité PAR ALEXANDRA CUELLIL Sa réplique préférée : La philosophie?C'est la raison de nos gestes.Richard Kistabish est un Algonquin de la Première Nation Abitibiwinni au Québec.Sa vie s'est construite autour de combats axés sur la dénonciation des injustices sociales et politiques.Dans Cuibord s'en va-t-en guerre, Richard Kistabish est attaché à un arbre pour protester contre les décisions qui briment sa communauté.Un rôle qui lui Fait penser à la chanson de Ringo Starr, Act Naturally parce qu'il n'a pas vraiment joué.Rencontre avec celui qui a passé sa vie à détendre les droits, les ressources naturelles et à essayer de redresser les torts qui ont été Faits aux peuples autochtones.Que ce soit dans le film ou dans la réalité, une chose qui semble revenir est le barrage des routes.Bloquer les routes a toujours été le seul moyen de se faire entendre par les autorités.Il fallait trouver des manières pour qu\u2019ils nous ouvrent les portes et que l\u2019on puisse se parler.C\u2019est ce qui s\u2019est passé avec ce qu\u2019ils ont appelé la Crise d\u2019Oka.25 ans plus tard, les revendications formulées par nos frères Mohawk sont toujours en suspens.Alors, un peu partout, on a utilisé les mêmes moyens pour essayer de calmer les industries qui s\u2019accaparent les ressources sur les territoires.Il faut être vigilant, même si on devient comique face à la situation, cela va finir par causer de grands malheurs si on continue à ne pas s\u2019entendre et s\u2019écouter parler.D\u2019année en année, sentez-vous un certain changement?Non, je ne crois pas que ça change au contraire.Le conflit reste toujours sur le même ton, les inactions continuent.Dernièrement encore, j\u2019ai été confronté aux compagnies forestières et à leur ministère des Ressources naturelles.Alors que nous essayons de nous réapproprier notre territoire, c\u2019est toujours les mêmes discours.Et en plus, ils nous mentent ouvertement! Ils se moquent de nous! Ils ne tiennent jamais parole! Un exemple: ils nous avaient promis des arbres abattus pour nos villages.Cela fait deux ans qu\u2019on les attend.Pourquoi vous engager politiquement et culturellement en même temps?(Rires) C\u2019est intéressant d\u2019amener ce que l\u2019on vit à l\u2019écran.J\u2019aurais aimé que l\u2019on me filme pendant que je négocie avec la scierie ou le Ministère.C\u2019est la même scène dans la vraie vie et il n\u2019y a pas souvent de caméra pour les montrer.Le film de Philippe Falardeau est un pur hasard.Le cinéma peut contribuer à confondre la réalité et la fiction.Vous avez mené de nombreux combats et vous en menez toujours aussi activement.Avez-vous l\u2019impression qu\u2019il vous manque quelque chose dans tout cet acharnement?J\u2019ai passé ma vie et j\u2019ai dépensé mon énergie à me défendre et à essayer de trouver une place.J\u2019aurais tellement aimé mettre mon énergie dans le développement pour que l\u2019on puisse grandir de manière paisible, pour que l\u2019on puisse être encore plus nous-mêmes et retrouver notre identité.C\u2019est l\u2019une des grandes faiblesses que l\u2019on a actuellement dans nos communautés: le manque de connaissance de notre identité, de notre histoire.Comment définissez-vous votre identité?Par l\u2019accessibilité à nos territoires.Nous avons besoin de les nommer, de savoir pourquoi nous sommes placés là et pourquoi nous les avons appelés ainsi.Nous devons connaître le nom de nos ancêtres, la signification de ces noms par rapport à la relation qu\u2019ils avaient avec la Terre.Quelles étaient les responsabilités qu\u2019ils avaient quant à l\u2019occupation, la sauvegarde et la protection du territoire?16 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2015 Nous avions accès à toutes les ressources dans le temps, on les a gardées, on les a défendues, et elles nous ont été complètement dérobées.Et le film montre aussi que nous sommes à un stade où il faut arrêter de prendre ces ressources parce que nous aussi nous y avons droit.On ne peut pas nous laisser parqués là dans une réserve sans que l\u2019on puisse ne rien faire.C\u2019est fatal ça! Qu\u2019en est-il des jeunes?Voilà le point de départ qui manque pour commencer le développement.Des fois, il y a chez nos jeunes des soubresauts de conscience politique lorsqu\u2019ils se rendent compte de certaines choses.Mais, il y a encore de nombreux problèmes un peu plus profonds liés au manque de connexion avec le territoire.Nos jeunes se suicident parfois collectivement.On ne sait pas d\u2019où l\u2019on vient, on ignore les raisons qui font que nous sommes dans une réserve.Et dans une réserve, il y a une certaine détérioration de l\u2019esprit qui fonctionne en ghetto.Un jeune n\u2019arrivera jamais à se développer ainsi et à avoir une pleine conscience de son identité.Voilà pourquoi il faut ouvrir le débat.Et le cinéma peut être un bon moyen.Les relations familiales ne sont-elles pas un moyen d\u2019y parvenir?On pourrait facilement réaliser un autre film à ce sujet en prenant la révolte d\u2019un jeune comme fil conducteur.Cette révolution se fait en ville, par rapport à la société, mais aussi par rapport à sa famille, à ses parents ou à ses liens avec ses frères et sœurs.Des fois, ces relations familiales sont extrêmement fuckées.Il y a quelques rassemblements de famille qui commencent à se pointer, mais avant que l\u2019on arrive à se réjouir totalement, il va falloir que l\u2019on ait plus de ressources pour connaître notre identité.Quel est le proverbe qui vous guide jour après jour dans vos combats?Plus jamais.Il faut arrêter.Il ne faut plus continuer dans cet état d\u2019esprit.Si vous saviez l\u2019énergie que nos enfants ont pour se construire, se développer.Cette énergie-là dort encore.Si on pouvait juste la faire exploser, nous verrions des choses magnifiques, et même extraordinaires! ¦ W1 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 17 PHOTO:RONALD PLANTE Sensibilisation au suicide D'autres communautés, un même combat photo et texte par Alexandra guellil Depuis les dernières années, les peuples autochtones au Canada sont aux prises avec un taux de suicide beaucoup plus élevé que celui de la population générale.Si ce taux global a diminué chez les Canadiens, il n'a cessé d'augmenter chez les populations et collectivités autochtones.Idem en Guyane Française où plusieurs villages ont été touchés par de nombreux suicides de jeunes.Les liens entre le Québec et la Guyane sont de prime abord un peu surprenants, mais bel et bien réels.Seul département français d\u2019Outre-Mer situé en Amérique du Sud, la Guyane est peuplée par de nombreuses communautés amérindiennes qui sont aux prises avec des problèmes liés à leur recherche identitaire.Le pont entre les Atikamekws et les communautés amérindiennes de Guyane a pris un essor différent depuis quelques années notamment grâce aux travaux soutenus par l\u2019association ADER (Actions pour le Développement, l\u2019Education et la Recherche).Depuis 2010, un programme de promotion du bien-être, de prévention du suicide et d\u2019accès aux soins de prévention du suicide a été mis en place sur le Haut Maroni (à la frontière est), avec un principe largement inspiré de l\u2019expérience des communautés amérindiennes du Québec.L\u2019idée était de proposer aux intervenants et bénévoles une formation afin de créer un réseau de «sentinelles», dont la fonction était de repérer les personnes à risque et de faire le pont avec les services de santé.Professeur au département de psychologie de l\u2019UQAM à Montréal, Michel Tousignant a été l\u2019une des personnes clefs de ce programme.Depuis quelques années, le chercheur québécois entretient d\u2019ailleurs des liens avec les communautés du Lac-Simon et de Wemotaci, situées sur les bords de la rivière Saint-Maurice.Dès 2003, année tristement connue pour ses vagues de suicides au Québec comme en Guyane, il a pu faire quelques déplacements en Guyane afin d\u2019évaluer le travail lié à la sensibilisation au suicide.Une collaboration qu\u2019il explique par la grande expertise en recherches que possède le Québec sur cette problématique.Si loin, si proches Autre point commun selon le chercheur, le déplacement forcé des peuples qui a été marquée au Québec par la création des réserves amérindiennes et en Guyane par leur intégration trop rapide à la vie dite «moderne».Il explique ainsi que les Premières Nations situées dans la partie nordique du territoire québécois, incluant la Haute-Mauricie et l\u2019Abitibi de même que le Bas-Saint-Laurent, ont été amenées dans les années 50 et 60 à s\u2019installer dans des réserves pour permettre aux enfants de «se socialiser dans cette civilisation nationale qui deviendra globale par la suite».C\u2019est le projet scolaire en lien étroit avec l\u2019évangélisation qui a entraîné la sédentarisation de ces peuples.En Guyane, un phénomène similaire a pu être observé lorsque «/es peuples chasseurs et partiellement agricoles se sont retrouvés devant les mêmes défis provoquant ainsi un changement assez profond et dramatique ».Troisième axe d\u2019analyse possible, la pollution des eaux liées au mercure.Si le phénomène a été observé dans les années 1970 au Québec au moment des travaux préliminaires à la mise en eau du réservoir Robert-Bourassa, la situation en Guyane est bien plus dramatique à cause notamment de l\u2019orpaillage illégal.Bien que les acteurs liés à la prise illégale des territoires ancestraux ne sont pas les mêmes, les uns en lien avec les chercheurs d\u2019électricité et les autres à la recherche d\u2019or dans les rivières aurifères, M.Tousignant explique que le résultat est quasi similaire puisqu\u2019il a provoqué ce qu\u2019il nomme le « dépouillement des territoires et l\u2019affaiblissement des ressources» créant ainsi d\u2019autres problèmes de santé publique.Au-delà de l\u2019éloignement géographique, les peuples amérindiens du Québec et de Guyane ont de nombreux points communs.En témoignent les échanges entre les Centres d\u2019amitié dont le dernier date de novembre 2014 à Val-d\u2019Or.«Ils se reconnaissent spontanément des affinités qui sont plus que symboliques, liées à une façon de vivre, une façon de voir le monde et les relations sociales» témoigne M.Tousignant rappelant que cela ne serait peut-être pas le cas avec les aborigènes australiens ou ceux du Pacifique, «je sens quelque chose qui traverse les Amériques, qui partage une certaine 18 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2015 vision du territoire grandiose et infini située dans la nature.Il y a aussi un lien fort avec la forêt, qu'elle soit canadienne ou amazonienne.» Inégalités sociales et sanitaires Le Québec et la Guyane présentent des contextes différents, mais font face à des problématiques similaires.Comme le confirme Rachel Merlet, coordonnatrice à l\u2019association ADER Guyane, «/a problématique du suicide est complexe.Les causes sont multiples et les effets sont différents suivant les individus et les groupes ».La première des étapes dans le travail de sensibilisation repose donc, selon elle, sur une bonne compréhension de cette réalité sociale dans leurs représentations, attitudes et comportements.«Ce/a signifie que les groupes, communautés et individus doivent être parties prenantes de cette réflexion.Ce qui nécessite d\u2019instaurer une confiance, d\u2019être présent, disponible, à l\u2019écoute et respectueux de l\u2019identité et de la culture.» Les inégalités sociales et sanitaires entre les populations autochtones et non autochtones sont documentées et chiffrées tant au Québec qu\u2019au niveau mondial.L\u2019une des causes les plus connues est l\u2019isolement, volontaire ou naturel, des communautés autochtones.Ainsi, les peuples vivant dans des lieux géographiquement isolés (c\u2019est-à-dire éloignés du littoral ou des grandes villes) ont un accès moindre aux soins et aux services sociaux comparativement aux populations vivant près des centres urbains.De plus, les différences culturelles et les réalités vécues par les populations autochtones sont parfois méconnues par les professionnels de la santé.La réduction des inégalités sociales de santé passe donc par l\u2019amélioration des services offerts aux populations vulnérables, incluant les approches préventives, ainsi que par une adaptation des pratiques des professionnels et un renforcement du pouvoir d\u2019agir des populations.Un problème générationnel Triste constat, de plus en plus de jeunes autochtones, au Québec comme en Guyane, sont concernés par le suicide.Dans son rapport d\u2019activité de janvier 2014, l\u2019association ADER explique que si le « motif déclencheur nêst pas toujours aisé à identifier», les causes de ces phénomènes s\u2019avèrent multiples et regroupent des facteurs psychologiques, sociaux, anthropologiques, écologiques et politiques.Michel Tousignant insiste sur l\u2019importance de comprendre que certains peuples sont moins préparés à entrer dans une vie dite «moderne».Qu\u2019ils vivent dans la Haute-Mauricie ou sur le Haut Maroni, certains jeunes éprouvent des difficultés à s\u2019insérer dans la société, par manque d\u2019outils et de portes ouvertes.Le chercheur explique ainsi que les codes de socialisation ayant évolué au fil des années, c\u2019est toute la cassure avec le système traditionnel qui se révèle par ces épisodes dramatiques.En manque de repères, les questionnements se multiplient lorsque certains jeunes cherchent à se définir ou à s\u2019identifier à la fois culturellement et socialement.Somme toute, leur avenir se profile de plus en plus avec la création d\u2019outils et de moyens leur permettant de se réaliser, dans leurs projets comme dans leurs rêves.¦ Communautés amérindiennes de Guyane 2013 .- -\t.¦ .-.fi,'\u2014.'- m m ¦mm T ,J yâir?@'1 à ism- G\" ¦¦ ' Photos prises lors d'une visite de Michel Tousignant dans les villages de Elahe, Taluhwen et Antécume Pata, en Guyane.1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 19 PHOTO : MICHE LT CiUSIGNANT\tCREDIT ASSOCIATION ADER /PAC (PARC AMAZONIEN DE GUYANE) PHOTO: SIMON POSNIC y.\u2018 ' ji ENTREVUE PAR JO REDWITCH, CAMELOT SQUARE PHILIPS t > I rT f/A Viviane Michel est issue de deux cultures, innue et québécoise.Originaire de Maliotenam, près de Sept-îles, elle a commencé sa carrière comme intervenante dans une maison d\u2019hébergement pour femmes.Son côté fédérateur et sa détermination à aider les communautés autochtones pour quelles soient pleinement reconnues sur le plan politique et culturel l\u2019ont amenée à la présidence de Femmes autochtones du Québec.FAQ défend les intérêts des femmes autochtones, notamment celles évoluant en milieu urbain, et agit pour l\u2019égalité des droits et pour l\u2019amélioration des conditions de vie. (Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ) Les revendications ¦ d'une rassembleuse FIT rW55iriE ; » RPC nüTDETEÛ * inoiGrnau5 uonuK O wn ttiôhE KOnnom^uE^numt E9.tciiSkonuatiiala'IskÉnr* lit » ufiunriRtâÉhtofi ±im tioniJfj; t®*> Murale sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal.«Je serai la première à aller m'assoiravec les loups» Quels sont les dossiers qui vous tiennent le plus à cœur actuellement?Pour moi, le dossier des femmes assassinées ou disparues est primordial.Nous réclamons une commission dénquête nationale pour que justice soit faite.Une commission dénquête est plausible s\u2019il y a un changement de gouvernement.J\u2019ai espoir en certains candidats qui se présentent aux prochaines élections fédérales.J\u2019ai bien enregistré leur message quand ils ont parlé d\u2019amorcer une commission d\u2019enquête nationale.Après les élections, je serai d\u2019ailleurs la première à aller m\u2019assoir avec les loups.L\u2019important c\u2019est d\u2019être actifs et participatifs dans ce dossier.On s\u2019occupe aussi d\u2019autres dossiers comme la violence sous toutes ses formes dans les communautés.Cela fait partie de notre mission.D\u2019ailleurs, nous travaillons beaucoup à faire de la prévention, de l\u2019éducation populaire, de la sensibilisation; nous aidons des communautés qui ne sont pas encore reconnues officiellement à retrouver leurs titres, comme les Malécites par exemple.Quels sont les problèmes que vous observez au sein des communautés?La violence est un phénomène sociologique.Le gros problème, c\u2019est qu\u2019on est ignoré et mis de coté.On ne veut pas faire de la victimisation mais c\u2019est une réalité.Le manque de logement, le surpeuplement dans les maisons et le sous-financement n\u2019aident pas à résoudre les problèmes d\u2019agressions et de violence dans les communautés autochtones.On n\u2019a pas suffisamment de moyens pour aider les gens.Si une femme autochtone dénonce son agresseur, elle a besoin d\u2019être solide sur ses deux jambes parce que son réseau d\u2019amis est le même que celui de son agresseur.L\u2019article 810 du Code criminel1 n\u2019est pas respecté puisque dans une petite communauté, on peut rencontrer son agresseur sur le 1 L'article 810 vise notamment à interdire les agresseurs d'entrer en contact avec leurs victimes et de respecter une distance précise d'éloignement.1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 21 «La femme soumise a un lieu pour s'exprimer librement sur ce qu'elle vit» coin de la rue, d\u2019où l\u2019importance encore une fois d\u2019avoir une commission d\u2019enquête nationale.Est-ce qu\u2019il y a des rencontres entre femmes au sein des communautés afin de s\u2019entraider ?Je suis issue de la nation innue, ce qui dans notre langue veut dire «être humain».Chez nous, depuis environ 20 ans, les femmes se regroupent en forêt pour une semaine de guérison, sans leurs enfants.C\u2019est une semaine où elles abordent des sujets assez lourds : agressions sexuelles, violence conjugale, violence chez les aînés, toxicomanie, etc.C\u2019est un moyen de vivre ce qu\u2019elles ont à vivre et de partager leur évolution.Les femmes s\u2019impliquent sur des bases volontaires, il n\u2019y a pas de hiérarchie ni de chef pour tout coordonner.Les hommes sont-ils exclus de ces réunions?Les hommes, à un moment donné, ont demandé à y participer.La question a été posée dans un atelier: est-on prêtes à inclure les hommes dans ce processus de guérison?Certaines ont dit oui, d\u2019autres ont dit non.Il y avait comme deux réponses et nous en sommes arrivées à refuser les hommes, parce qu\u2019on n\u2019est pas encore totalement en équilibre avec nos problématiques.Si une femme avait été abusée par exemple, elle n\u2019oserait pas en parler en présence de son mari.Cela aurait pu créer des barrières.De cette façon, la femme soumise a un lieu pour s\u2019exprimer librement sur ce qu\u2019elle vit.Nous n\u2019avons pas complètement fermé la porte aux hommes mais on leur a dit d\u2019aller constituer leur propre regroupement.Peut-être qu\u2019à un moment donné, les deux groupes se rejoindront.Qu\u2019est-ce qui fait aujourd\u2019hui la particularité des femmes autochtones?La façon de fonctionner est différente.Dans la culture autochtone, les enjeux ne sont pas les mêmes.Quand on était un peuple nomade, les hommes étaient des pourvoyeurs, chasseurs et pêcheurs.Les femmes avaient le rôle de la transmission de la langue et de la culture.Hommes et femmes se complétaient.Aujourd\u2019hui, les femmes sont retournées aux études.Oui, elles arrêtent pour les enfants mais après, elles retournent beaucoup plus vite sur le marché du travail.C\u2019est une grosse proportion de femmes qui le fait aujourd\u2019hui.Nous, les femmes autochtones, on ne fait pas la différence entre les hommes et les femmes sur le marché du travail.Chez moi par exemple, il y a plus de femmes qui travaillent que d\u2019hommes, mais cela nous est égal.Il n\u2019y a donc pas de compétition.rsi Notre camelot-rédactrice Jo Redwitch en compagnie de Viviane Michel Viviane Michel, la porte-parole «J\u2019ai un coté rassembleur dans le sens où je suis premièrement issue de deux cultures, je ne peux l\u2019ignorer.J\u2019ai ce côté fort, je n\u2019ai pas connu ma mère.La revendication que j\u2019amène, c\u2019est que je ne veux pas occuper un espace juste pour occuper un espace.Si on m\u2019en donne l\u2019opportunité, je veux choisir ce que je veux dire et ce sur quoi je veux travailler, parce que la colonisation a trop changé notre façon de penser, notre façon d\u2019être et notre façon d\u2019agir.» 22 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2015 OINSOd NOIaJIS :010Hd Retrouve-t-on cette égalité au point de vue politique?Auparavant, les femmes n\u2019étaient pas admises dans les assemblées publiques.Les femmes devaient rester à l\u2019extérieur et regarder par les fenêtres.Puis, elles ont décidé d\u2019aller vers les instances gouvernementales.Elles se sont lancées.FAQ a contribué a des prises de conscience et à un réveil du leadership des femmes.Prendre sa place en tant que femme est important, sans devenir « oppresseuse ».Des communautés ont maintenant adopté la parité, c\u2019est-à-dire que s\u2019il y a quatre postes de conseillers, il y a deux postes pour les hommes et deux postes pour les femmes.Mais cela ne concerne que deux communautés, sur les dix nations reconnues au Québec ; il y a donc encore un défi à relever mais je pense qu\u2019on est dans le bon sens actuellement.On est en 2015, il y a 250 postes de chefs et conseillers, et 103 sont occupés par des femmes.Pour une fois, nous sommes mieux représentées que les Québécoises.¦ La femme autochtone qu'elle admire le plus: Alanis Obomsawin La cinéaste originaire du New Hampshire a déménagé dans la communauté autochtone d\u2019Oka, puis à celle d\u2019Odanak près de Trois-Rivières.Elle travaille depuis de nombreuses années à ses propres projets, des films documentaires qui se distinguent par leur authenticité et reflètent la réalité quotidienne des autochtones.«Lorsqu'elle va dans un endroit, elle vit et elle dort avec les gens de la place, explique Viviane Michel.Ces documentaires nous servent d'outil d'éducation.Nous avons parfois besoin d'un film pour que le peuple se prononce et que les lois changent.» Notre camelot-rédactrice Jo Redwitch en compagnie de Viviane Michel 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 23 ALEXANDRA GUELLIL I PROPOS RECUEILLIS PAR CELINE LEDUC PARCOURS Al a retrouvé son identité, ancrée dans l'histoire et la culture Anishinabek.Le Café de la maison ronde brise le cycle de l'itinérance et de l'isolement afin de le transformer en un cycle d\u2019espoir et d'intégration.Le Café de la maison ronde est un casse-croûte situé au Square Cabot à Montréal, coin Atwater et Sainte-Catherine.Il est géré et opéré par trois Anishinabek, issus des Premières Nations: Al, Shirley et Brandon.Le Café permet aux Anishinabek de retrouver leur identité et partager avec ceux qui viennent acheter un café, un pain bannock, une boisson gazeuse ou un hot dog.Le Café est très important pour de nombreuses raisons, et les personnes qui y travaillent sont des figures inspirantes.Avant sa rénovation, en juillet dernier, le Square Cabot avait une réputation d\u2019être un lieu d\u2019abus d\u2019alcool et de drogue.On pouvait aussi y rencontrer des prostitués, hommes comme femmes, qui cherchaient de l\u2019argent pour nourrir leurs dépendances ou se payer une chambre pour la nuit.La plupart des personnes qui fréquentaient le parc étaient itinérantes.Les choses se sont grandement améliorées, mais on retrouve encore des personnes sans abri sur les lieux.La vie dans la rue est dure et dangereuse.Al, Shirley et Brandon, les trois employés du Café de la maison ronde, sont tous issus des Premières Nations.Ils ont vécu l\u2019itinérance et des problèmes de dépendance.Mais ils sont différents de la plupart des personnes qui fréquentent généralement le Square Cabot parce qu\u2019ils ont la volonté de s\u2019en sortir! Le Café de la maison ronde est ouvert depuis six mois et il offre une lueur d\u2019espoir face au problème de l\u2019itinérance chez les personnes issues des Premières Nations.Quelles sont les causes de cette itinérance?Il existe des pistes de réponse.Par contre, si on prend le temps de s\u2019arrêter et écouter on comprend qu\u2019il subsiste une raison majeure: la perte de l\u2019identité.L\u2019histoire des Premières Nations ne leur a pas été enseignée à l\u2019école.On leur a enseigné au contraire qu\u2019ils étaient Blancs.Ils n\u2019ont donc pas appris qui ils étaient ni d\u2019où ils venaient.L\u2019histoire d\u2019Al Al Harrington est un Anishinabek et a été éduqué par ce «système».On a dit à Al que sa grand-mère, éprouvant des difficultés, s\u2019était entendue avec un policier pour que celui-ci s\u2019occupe de sa sœur jumelle et de lui.Al a donc été adopté par une famille blanche et a reçu une éducation de Blanc à l\u2019école et la maison.Il voulait retourner dans son village natal pour y connaître ses origines, son identité.Il est donc reparti dans sa réserve rencontrer sa mère biologique et les autres membres de sa famille.Il a été confronté à des problèmes de toxicomanie et des démêlés avec la justice jusqu\u2019à ce que l\u2019aide d\u2019un juge des Premières Nations lui permette de s\u2019en sortir.C\u2019était pour lui l\u2019opportunité d\u2019en apprendre plus sur lui-même, son peuple et sa culture.Il a décidé d\u2019aider les autres à travers l\u2019implication communautaire et l\u2019activisme.Il a travaillé au Centre d\u2019amitié autochtone de Montréal comme coordonnateur et ambassadeur de la jeunesse.Il a été impliqué dans plusieurs projets filmiques afin de donner une voix aux itinérants.Il est aujourd\u2019hui en charge du Café de la maison ronde.L\u2019origine de la maison ronde Les populations Amazigh de l\u2019Afrique du Nord habitaient dans des tentes rondes et vivaient également ensemble.Leur table était ronde, il n\u2019y avait pas de chef.Tout le monde était égal.L\u2019une de leurs belles coutumes était que les gens se partageaient la même cuillère et mangeaient dans le même bol.De cette façon, personne n\u2019était supérieur et tout le monde mangeait à sa faim.Tout le monde était uni, comme une famille.Les Européens ont par la suite repris l\u2019idée de la table ronde et l\u2019ont rendue célèbre grâce aux Chevaliers de la Table ronde.Mais ils n\u2019ont pas préservé le principe de l\u2019égalité.La soupe était servie à chacun dans un bol en bois, symbolisant l\u2019individualité des membres.Le roi était le chef et les chevaliers devaient le servir, lui obéir.24 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2015 Al a un talent, la photographie, et Shirley, la poésie.L'art, selon la tradition des Premières Nations, permet de guérira travers l'empathie et la compassion.Le Café de la maison ronde nous ramène donc à une époque où existait l\u2019égalité; des différences, certes, mais aucune division, aucune hiérarchie.Elle fait partie de la tradition Anishinabek.C\u2019est une grosse maison où logent de nombreuses familles, ensemble et dans la solidarité.L\u2019histoire de Shirley Shirley est une femme qui a aussi été adoptée et éduquée par le «système».Même si sa peau était plus foncée que celle de ses parents adoptifs, elle croyait qu\u2019elle était Blanche.Elle croyait que le teint de sa peau venait des origines de son père.Elle a été bouleversée d\u2019apprendre qu\u2019elle n\u2019était pas néerlandaise comme lui, mais bien Anishinabek.Ses parents adoptifs ne lui ont jamais dit qu\u2019elle avait été adoptée.Ils lui ont aussi caché des lettres que lui avaient écrites ses sœurs de sang.Des photos de famille ne lui ont jamais été montrées.Shirley s\u2019est révoltée, a cherché à savoir pourquoi tout lui avait été caché.Ses questions sont demeurées sans réponses.On lui a raconté des histoires contradictoires sur les raisons de son adoption: sa grand-mère l\u2019aurait rejetée ou aurait été incapable de prendre soin d\u2019elle, la Protection de la jeunesse l\u2019aurait récupérée.Elle cherche encore la vérité expliquant sa séparation de sa famille d\u2019origine.L\u2019ignorance de sa vraie identité a été pour Shirley source d\u2019une grande douleur.Sa sincérité, son amour de la vérité et sa perte de confiance envers autrui l\u2019ont éventuellement poussée à chercher en elle-même les raisons de cette souffrance.Elle avait des visions récurrentes d\u2019elle avec d\u2019autres enfants qu\u2019elle voyait comme ses sœurs.Elle était joliment vêtue, habitait dans une grosse maison gérée par des religieuses.Ses parents adoptifs lui ont dit que ses visions n\u2019étaient qu\u2019un rêve.Elle a appris récemment, quand elle a rencontré ses sœurs de sang, que ce n\u2019était pas un rêve mais un souvenir réel.Elle a reconnu sur une photo la maison et les enfants de ses souvenirs.Elle a donc réalisé qu\u2019elle n\u2019était pas folle, qu\u2019elle n\u2019imaginait rien.Malgré son histoire tragique, elle est une femme chaleureuse qui accueille tous les clients du Café de la maison ronde avec un sourire radieux qui nous fait sentir unique et le bienvenu.Le Café de la maison ronde lui permet de briser le cycle de l\u2019itinérance et de la dépendance.L\u2019argent qu\u2019elle gagne lui permet de manger à sa faim.Son expérience en tant qu\u2019itinérante lui a donné la compassion d\u2019aider ceux qu\u2019elle a côtoyés.Elle retourne à son ancien point de rencontre et discute avec ses amis.Elle souhaite être une source d\u2019inspiration pour eux et pour les autres.¦ CAFE ROUNDHOUSE Brandon et Al devant le Café de la maison ronde.CAFE DE U MAISON Roude Shirley aime son travail au Café de la maison ronde et accueille les clients avec son sourire radieux.1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 25 \\L HARRINGTON PHOTO: FREDERIQUE RIVARD INFO CAMELOTS PAR JEAN-PIERRE MENARD REPRÉSENTANT DES CAMELOTS Et ça continue.Je cède ici la parole à un camelot qui travaille Fort et qui m'aide beaucoup, mon ami Sylvio Hébert.De temps en temps, je laisserai cet espace à d'autres camelots afin qu'ils présentent leurs projets.Vous adorez la lecture.Vous lisez des biographies, des romans, des essais, des magazines comme L\u2019Itinéraire, sans oublier les journaux.Vous lisez souvent et partout, en marchant ou en vous rasant.Vous lisez même dans l\u2019obscurité.Notre organisme sans but lucratif procure un soutien gratuitement aux personnes admissibles qui nous consultent.Chaque deux semaines, le magazine L\u2019Itinéraire accueille plusieurs personnes qui produisent, d\u2019une part, un magazine, et qui d\u2019autre part, participent à des activités collectives diverses des plus enthousiasmantes.Nous voulons surtout porter à votre attention, à l\u2019occasion de l\u2019activité du «Calendrier-Agenda 2015-2016» se terminant en octobre, le désir de saluer et marquer d\u2019un signet géant le travail admirable de plus de 60 camelots.Ils démontrent aussi leur savoir-faire par leur collaboration en œuvrant à notre premier « Passeport du participant 2016».C\u2019est un petit guide reflétant les options offertes par notre groupe: code de vie, règlements, agenda, slogans de ventes, accessibilité pour les nouveaux membres camelots soutenus par notre groupe, etc.Nous tenons aussi à remercier notre directrice Christine Richard qui, en septembre, aura fait sa première année complète d\u2019implication chez nous.Nous la remercions d\u2019avoir mis le camelot davantage au centre du magazine, dans les derniers 12 numéros publiés depuis son arrivée.Tous: notre directrice, nos camelots, nos employés, nos bénévoles ont en commun le dévouement, l\u2019enthousiasme, la passion d\u2019un travail bien fait, mais surtout une voix qui veut se faire entendre, souvent reconnaissable et qui incite à la découverte.Mesdames et Messieurs, vous, les clients-lecteurs, qui achetez et lisez inlassablement nos textes composés, inspirés et avidement créés par autant de personnes dans le besoin vivant partout dans la grande région de Montréal, nous tenons aussi à vous remercier de votre soutien par l\u2019achat du magazine L\u2019Itinéraire qui revêt un caractère inestimable pour les personnes vulnérables dont je me fais humblement le porte-parole dans ces lignes.Vous contribuez gracieusement à garder bien ouverte notre fenêtre sur le monde.Je conclus par un vibrant merci et demeure dans l\u2019espoir de lire encore longtemps le porte-voix des sans voix.Merci ! De votre appui et de votre ouverture d\u2019esprit.Merci d\u2019être au cœur de L\u2019Itinéraire.Dès octobre 2015 Cordialement vôtre, Sylvio Hébert ¦ Calendrier-agenda 2016\tAidez-nous à véhiculer les valeurs conçu 100% par les camelots! de L'Itinéraire 365 jours par année! 20 000 exemplaires seront mis en vente dès le 15 octobre 2015.Un contenu de 48 pages incluant textes, photos, illustrations, témoignages, jeux, historique de l'Itinéraire, et plus encore.PI us de 200 points de vente à l'année principalement sur l'île de Montréal et quelques-uns à l'extérieur. La lutte à la pauvreté, gn oubliée des élections féd INFO RAPSIM PAR ANNE BONNEFONT, ORGANISATRICE COMMUNAUTAIRE AU RAPSIM Depuis le début de la campagne électorale, tous les partis ont une cible essentielle, la classe moyenne, représentant le plus grand vivier d'électeurs.S'il peut être souhaitable que le niveau de vie de cette partie de la population puisse s'améliorer, qu'en est-il des plus démunis?La lutte à la pauvreté n\u2019est pas suffisamment dans le radar des candidatEs, et pourtant le gouvernement fédéral a non seulement un impératif éthique à agir envers ses citoyens les plus défavorisés, mais aussi un intérêt économique à le faire.Une violation des droits humains La pauvreté est reconnue par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, comme une violation de plusieurs droits humains, en particulier le «droit à un niveau de vie suffisant pour une personne et sa famille, y compris une nourriture, un vêtement et un logement suffisants, ainsi qu\u2019à une amélioration constante de ses conditions d'existence».Plusieurs philosophes politiques mettent de l\u2019avant des principes éthiques comme la justice sociale pour justifier qu\u2019une attention prioritaire soit portée par tout gouvernement aux plus démunis.John Rawls affirme ainsi que l\u2019on mesure le degré de civilisation d\u2019une société à la façon dont elle traite les plus désavantagés de ses membres.La politique du gouvernement Harper a non seulement creusé les inégalités au cours des dernières années, mais aussi favorisé de nombreux préjugés à l\u2019endroit des personnes en situation de précarité.Ainsi, différentes mesures visant à favoriser les entreprises et classes sociales les plus aisées ont été mises en place comme le fractionnement du revenu, le doublement du plafond annuel du Compte d\u2019épargne libre d\u2019impôt (CELI) ou encore les réductions massives d\u2019impôt accordées aux sociétés.Dans le même temps, le gouvernement s\u2019est par contre notamment attaqué au filet social de sécurité indispensable que représente l\u2019assurance-emploi en coupant dans son accessibilité et le niveau des prestations, en contraignant les prestataires à accepter des emplois à rabais, et en revenant sur le droit des personnes à choisir librement leur emploi.Un investissement rentable pour tous et pour toutes Si la dimension éthique ne suffit pas aux politiques pour s\u2019engager dans la lutte à la pauvreté, il reste l\u2019argument économique.La pauvreté a un coût, largement documenté, notamment par le Conseil du bien-être social qui estimait dans son rapport en 2011 à 25 milliards de dollars le coût annuel des conséquences de la pauvreté, alors qu\u2019il ne faudrait que la moitié de cette somme pour que tous les Canadiens puissent vivre au-dessus du seuil de pauvreté.De même, dans son étude «Le coût réel de l\u2019itinérance» parue en 2012, Stephen Gaetz estime le coût annuel de l\u2019itinérance au Canada à 4,5 à 6 milliards de dollars par an, comprenant les coûts directs incluant les refuges d\u2019urgence et les banques alimentaires, mais aussi les coûts indirects comme un usage accru des services de santé, police ou justice.Par exemple, fournir une place dans un refuge d\u2019urgence coûte 1932 dollars par mois, alors qu\u2019un logement social revient par mois à moins de 200 dollars.L\u2019élimination de la pauvreté, en plus d\u2019être un objectif juste et légitime dans une société évoluée, est un investissement des plus rentables permettant de faire des économies pour tous et de favoriser un meilleur vivre ensemble.Pour cela, le gouvernement fédéral a plusieurs leviers à sa disposition.Une réforme de la fiscalité visant à mettre à contribution davantage la population la plus aisée et les grandes entreprises permettrait de générer des revenus pouvant servir par exemple à la bonification de certains programmes sociaux en faveur des personnes vulnérables (familles pauvres, aînés, sans emploi) ou encore à réinvestir de façon importante dans le développement de logements sociaux à travers le Canada, l\u2019une des interventions pertinentes afin de prévenir l\u2019itinérance.La campagne n\u2019étant pas finie, espérons que les différents partis mettront enfin l\u2019accent sur cet enjeu majeur de la lutte à la pauvreté et que des engagements seront pris.Il importera ensuite à nous, organisations communautaires et sociales, mais aussi citoyens et citoyennes, de nous mobiliser en direction du futur gouvernement pour une politique socio-économique plus juste et plus équitable.¦ 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 27 .123RF: Appartenances et identités COMPTES A RENDRE PAR IANIK MARCIL ÉCONOMISTE INDÉPENDANT Je suis toujours mal à l'aise lorsque je lis des textes écrits au «nous» collectif.«Nos» valeurs -québécoises ou canadiennes, par exemple - «notre» culture.Qu'est-ce que ça veut dire?Est-ce que les huit millions de Québécois que nous sommes partagent tous les mêmes valeurs?Si c'était le cas, il n'y aurait pas de vie politique: nous voterions tous et toutes pour le même parti politique.Certes, nous partageons certaines choses en commun, héritées de notre histoire.Notre territoire et notre langue, déjà.Nos institutions, également.Notre histoire, justement.Pourtant, de nombreux Québécois considèrent que «leur» territoire nèst pas le Canada, mais bien le Québec, qui devrait être indépendant à leurs yeux.Inversement pour d\u2019autres qui s\u2019opposent au projet souverainiste.Des anglophones revendiquent fièrement leur langue comme lieu d\u2019appartenance identitaire, sans nécessairement remettre en question la politique linguistique du Québec.Des anarchistes ou des réformistes considèrent que nos institutions sont inadéquates, pour certains d\u2019entre eux parce que nous les avons héritées d\u2019un pouvoir monarchique et impérialiste.Dans le même ordre d\u2019idées, le rapport de nombre de Québécois et de Québécoises à l\u2019histoire ne correspond pas à celui de la majorité des habitants de ce territoire.Cela est particulièrement le cas des Premières Nations.Depuis le début de la colonie (des colonies), on leur a retiré le droit de posséder leur propre histoire - sans compter qu\u2019on les a dépossédés d\u2019une large partie de leur territoire et même du droit d\u2019utiliser leur langue.Les Québécois de toutes origines auraient avantage à s\u2019intéresser aux revendications identitaires des onze nations autochtones et inuit - sans oublier les Métis.Leur combat pour se réapproprier leur mémoire historique, leur langue et leur territoire inculquerait une bonne dose d\u2019humilité et d\u2019inspiration à bien d\u2019entre nous.Un « nous » multiple D\u2019autant qu\u2019il n\u2019y a pas qu\u2019une identité des Premières Nations, bien sûr.La langue, l\u2019histoire, le mode de vie, la culture des Abénaquis ne sont pas celles des Innus, ni des Algonquins, des Inuits ou des Mohawks.28 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2015 Et c\u2019est sans compter qu\u2019au sein de chacune de ces nations coexistent de nombreux courants identitaires fort diversifiés.C\u2019est le cas, par exemple, entre les plus jeunes et les plus vieux, entre «traditionalistes» et «progressistes», entre les habitants des milieux ruraux et ceux des villes, etc.La complexité et la richesse des cultures autochtones et inuite montre combien la question de l\u2019identité nationale n\u2019est pas une simple affaire que l\u2019on peut régler à coup de slogans simplistes au «nous».Le nous est multiple, complexe, disparate et souvent contradictoire et conflictuel, également.Parler d\u2019un «nous», quel qu\u2019il soit, sera toujours réducteur, artificiel et porte une certaine dose de violence, en gommant les différences et le métissage des appartenances.C\u2019est au contraire dans un dialogue ouvert aux différences que vit une véritable communauté politique.Des nationalismes simplistes, comme il en fleurit un peu partout dans le monde, nient l\u2019essentiel de la vie politique et des liens communautaires.¦ iigSÊü K tlffàl in ïâmm mmm VOS DROITS 9 Comment réagir Face à la discrimination raciale?PAR MARIE-ANDREE B.CAMELOT-RÉDACTRICE Dans le traitement des plaintes pour des motifs de discrimination raciale, la Commission desdroitsde la personne a ouvert 221 dossiers d'enquête durant l'année 2013-2014.' Une première victoire juridique En juin 2010, un propriétaire refuse de louer un logement à une femme à cause de ses origines autochtones.Elle décide de porter plainte auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec (CDPDJ).En 2013, le Tribunal conclut que le propriétaire a refusé la sous-location du logement par discrimination et qu\u2019il a porté atteinte à la dignité de la plaignante.Le propriétaire est donc condamné à lui verser la somme de 8 452,91 $.C\u2019est une première victoire juridique pour une personne autochtone dans le domaine du logement.' ' Les gens issus des Premières Nations font souvent face à des difficultés dans l\u2019accès au logement à cause des préjugés et des stéréotypes.Cette forme de discrimination raciale est strictement interdite par la Charte des droits et libertés.L\u2019article 10 de la Charte nous informe que: « Toute personne a droit à la reconnaissance et à l\u2019exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l\u2019orientation sexuelle, l\u2019état civil, l\u2019âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l\u2019origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l\u2019utilisation d\u2019un moyen pour pallier ce handicap.» Il y a discrimination lorsqu\u2019une personne est traitée différemment en raison des motifs cités dans l\u2019article 10 de la Charte.Ces distinctions empêchent les individus d\u2019exercer pleinement leurs droits et créent des tensions entre les groupes de personnes partageant des caractéristiques personnelles communes.Que faire si vous êtes victime de discrimination?Vous pouvez vous adresser aux cours de justice afin d\u2019obtenir une réparation pour les dommages subis ou bien une ordonnance pour que cessent les actes discriminatoires.Vous pouvez également déposer une plainte écrite auprès de la Commission des droits de la personne, mandatée pour faire respecter la Charte.Leur service de défense de droits est gratuit.Il est conseillé de porter plainte le plus rapidement possible, celle-ci pouvant être refusée pour une question de délai.Préparez-vous à fournir les informations suivantes: dates importantes, noms et coordonnées de témoins, faits, gestes, paroles ou autres indices liés à l\u2019atteinte à vos droits et autres recours exercés précédemment.Une fois la plainte reçue, la Commission vérifiera si elle détient la compétence pour agir dans votre situation.Dans le cas contraire, elle vous référera vers un autre organisme : Commission des normes du travail, Commission de la santé et de la sécurité au travail, Régie du logement, syndicat, etc.Si la Commission a la compétence pour intervenir, elle transférera votre dossier à l\u2019étape de l\u2019évaluation de la plainte.Vous serez mis en lien avec un conseiller qui contactera les personnes impliquées dans la situation conflictuelle.Il tentera d\u2019aider les parties concernées à trouver un terrain d\u2019entente.Des services de médiation ou d\u2019arbitrage seront proposés dans les cas où les deux parties le consentent.Si l\u2019entente à l\u2019amiable est impossible, la Commission mènera une enquête.Si la preuve est suffisante pour appuyer la plainte, la Commission pourra proposer des mesures de redressement.Si la partie adverse ne s\u2019y conforme pas, la Commission pourra s\u2019adresser au Tribunal des droits de la personne pour les faire respecter.' ' ' ¦ 'Rapport d'activités et de gestion 2013-2014, Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse http://www.cdpdj.qc.ca/PublicationsZR A_2013_2014.pdf ''Tribunal des droits de la personne, numéro de réFérence du jugement: 150-53-000018-111, www.canlii.org/Fr/qc/qctdp/doc/2013/2013qctdp23/2013qctdp23.pdF '''Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse http://www.cdpdj.qc.ca/Fr 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 29 \t MOTS DE CAMELOTS Espoir de retrouvailles Aujourd\u2019hui, je veux parler de mon père et j\u2019ai décidé d\u2019écrire un article dans L\u2019Itinéraire.J\u2019aimerais être près de lui pour avoir une famille véritable, mais je sais peu de choses sur lui.Je me souviens qu\u2019un jour, ma mère m\u2019avait assise sur la table parce que je pleurais et il lui avait dit: «A elle, tu y fais attention ! ».Je me souviens aussi que de la parenté du côté de mon père venait me voir de l\u2019Ontario à Montréal, sur la rue Sainte-Elizabeth.A la fin de mon enfance, ma mère est décédée après avoir été rouée de coups de poings par son propre frère.Pour me protéger, les policiers m\u2019ont placée ailleurs.Je n\u2019ai plus revu mon père ni sa famille après cet événement.Dans la vingtaine, j\u2019ai revu ma tante Rachel, la sœur de ma mère.Elle m\u2019a dit d\u2019un ton sec : «C\u2019est toi la p\u2019tite Charlebois! ».Elle l\u2019a dit d\u2019une telle façon que mes épaules se sont baissées et que je me suis sentie mal à l\u2019aise.Elle m\u2019a dit: «Tu ressembles beaucoup à ton père», puis elle m\u2019a très bien parlé de lui.Elle ne se souvenait pas s\u2019il s\u2019appelait Roger ou Sylvain.Elle savait qu\u2019il animait une émission pour un poste de radio et qu\u2019il avait vécu à Tétreaultville.Mais je ne l\u2019ai jamais revu: malheureusement, j\u2019étais trop gênée pour passer à Claire Lamarche afin de le retrouver.Je n\u2019ai pas l\u2019habitude de faire le premier pas, il faut venir à moi ! Le monde est petit, on ne sait jamais.MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET MÉTRO HONORÉ-BEAUGRAND ATSAei U NUIT DES SANS-ABRI PRÉSENTENT Canada Council Conseil des arts for the Arts\tdu Canada HISTOIRE LE TEMPS J UNE SOUPE DU 15 AU 18 OCTOBRE 2015 * PLACE EMILIE-GAMELIN ffLETEMPSDUNESOUPE ATSA.QC.CA f «vcc le souiien\tr.oy Montréal# M0\u201ct'réal© 3* Village Valeurs Québec 30 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2015 _______ ALBERTO REYES ZAMORA___________ J___________________UP REYES ZAMORA L'Itinéraire a la Guerre des clans! Le vendredi 11 septembre dernier, L\u2019Itinéraire a participé au jeu télévisé animé par Jean-François Baril.Le groupe était représenté par Jean-François Morin-Roberge, agent de soutien communautaire.Il était accompagné dans son équipe des humoristes Korine Côté, François Boulianne, Kim De Falc et Gabrielle Caron.Opposée aux Services de répit Emergo, qui aident notamment les familles vivant avec des personnes autistes, l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire s\u2019est inclinée.mais les gains ont été généreusement partagés entre les deux organismes.L\u2019émission sera diffusée sur V le lundi 5 octobre à 17 h 30.On s'amuse en slamant! MC June est un poète, slameur et rappeur qui adore partager sa passion pour inspirer les autres.Il a offert plus de 500 ateliers en milieu scolaire, centres jeunesse, maison des jeunes, résidences pour personnes âgées et bibliothèques.Pour une deuxième année consécutive, les participants de L\u2019Itinéraire ont pu profiter de ses talents ( et de sa générosité ! ) dans une série d\u2019ateliers sur le slam.Au menu : textes sur leur parcours de vie, réalisation de slams en équipe, le tout accompagné par MC June au clavier.Les créations des participants vous seront partagées dans l\u2019une des prochaines éditions! ues interprète son slam avec MC June au clavier.Josée et Hamed l\u2019écoutent attentivement.CARREFOUR L\u2019équipe de L\u2019Itinéraire à la Guerre des clans (de gauche à droite): François Boulianne, Gabrielle Caron, Kim de Falc, Jean-François Morin-Roberge et Korine Côté.Au tour de Siou de performer sa création.uw w\\Y 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 31 PHOTO: MARIO ALBERTO REYES ZAMORA MOTS DE CAMELOTS Praying to God I like going to church.It is important for me.We all should go to church.I sometimes go to church without attending a mass.I just pray.I strongly believe in God and I hope to go to heaven when I die.When I\u2019m inside the church I feel like I\u2019m free: I don\u2019t have too many distractions and I feel the presence of the Creator watching over me.The more I go to church, the more I feel better about myself.When people see me inside the church, they know I\u2019m there for a reason.I\u2019m there to get closer to Jesus and save my soul from the devil.By praying and going to church I think I can defeat the devil.I know God loves me.He sees me trying to get away from bad people.He knows I work hard at work.He knows I hate the devil.I think the Creator has done a lot for me in my life, even though I know I sometimes may have let him down.I feel like I\u2019m going through a rough period in my life now, but I know God will never let me down.I want all my customers to know that I\u2019m a Christian and because they respect me for what I am, I also respect them for what they are.We have mutual respect.I know deep down in my heart that love is also outside of the church.But we have to understand God\u2019s existence, because he knows everything.I\u2019m sure God would want all Christians to go to church and feel the spiritual touch of God\u2019s love.DANIEL GRADY CAMELOT DE GAUCHETIÈRE/MANSFIELD ET DES PINS/SAINT-LAURENT L'amour.de la bullshit! Dieu créé l\u2019homme, mais ce dernier s\u2019invente un créateur à son image et selon ses fantaisies égoïstes.Nullement contrariant, ce nouveau guide d\u2019énergies spirituelles ne doit surtout pas être confrontant.Mais alors comment un parent aimant peut-il accompagner son enfant?Comment exclure toute forme d\u2019autorité, sachant que notre Créateur possède ce trait de caractère?Les tendances Nouvel Age sont faciles à manier, et ont l\u2019avantage d\u2019épargner la vulnérabilité de sentiments inexprimés.Ces adeptes proclament vivre en parfaite symbiose avec la divinité conciliante de leur choix.Quelques-uns déclarent, jurent que l\u2019amour est une perte de temps, un mensonge qui ne signifie rien de vrai.Il est une source de maux.d\u2019illusion, un concept plein de vent.Une promesse de paix.Ils apparaissent comme étant adultes et matures.Ha! Ha! Donc dignes de ma confiance.Ils se reconnaissent entre eux, affirmant bénéficier d\u2019une croyance spirituelle de l\u2019esprit bien de leur époque, actuelle.Comme je suis vieux et que j\u2019aime encore jouer.je dois être forcément vieux jeu ! J\u2019ai besoin de soutien pour demeurer vigilant face à la folie des autres, à leurs théories insensées.J\u2019ai la possibilité de m\u2019appuyer sur un quart de siècle de vie chrétienne (crétin) protestante.Découragé par leur version du monde à venir, mon attitude de victime m\u2019a poussé à devenir chrétien.Cela me semblait une décision éclairée.Dans ce temps-là, j\u2019ignorais que les croyants ont eux aussi des problèmes dans leur vie de tous les jours, et ce, même si lors de ma conversion ils me donnèrent amour, reconnaissance et sentiment d\u2019appartenance.L\u2019humanité dit évoluer, mais seule sa technologie s\u2019améliore sans cesse.L\u2019amour, pour sa part, bâtit et perfectionne encore et toujours le cœur des croyants.GILLES LEBLANC CAMELOT-PARTICIPANT 1/ 32 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2015 \u2022 v~ wipe l ¦¦¦ ; La foi d'hier à aujourd'hui n POINT DE VUE PARTUANTRIEU-HOANG CAMELOT MÉTRO HENRI-BOURASSA CJ\t.J-u .-ï ¦ I\tV*\t V&ir\t \t Ma mère est bouddhiste alors que mon père est catholique.J'ai donc eu le choix de croire en qui je voulais.Quelle que soit la religion que l'on choisisse, j'admets que les voies de Dieu sont impénétrables.C'est en eFFet beaucoup plus Facile d'avoir la Foi en un être supérieur pour invoquer quelque miracle ou guérison venu d'en haut.Ceux qui ne l'ont pas s'en remettent tout simplement à un toubib.Je n'ai pas écrit ce texte pour dénigrer les croyances d'autrui.Bien au contraire.Avec Dieu, il n'y a pas de Faux-semblants.Oui, je crois en Dieu.Mais si j'ai mal aux dents, je n\u2019appelle pas un avocat.À chacun son champ de compétences.À une époque pas si lointaine, on croyait par erreur qu\u2019une personne malade était possédée du démon et on l\u2019envoyait se faire exorciser plutôt que de l\u2019envoyer à l\u2019hôpital.Les prières du cardinal et l\u2019effet placebo constituaient le traitement idéal pour la plupart des bobos du peuple et la formule magique pour suppléer aux traitements d\u2019une médecine moderne.De leur ignorance, nombre de gens avait recours à des croyances, en des thaumaturges qui faisaient souvent office de charlatanisme! Il y avait cette alchimie qui servait d\u2019outil épicurien.La religion avait ses avenues bizarres avec ses pasteurs, ses églises et ses ministères de la guérison.Quand le Québec était une oligarchie religieuse, nombre de gens se tournaient vers les intercesseurs de Dieu comme le Frère André.Au nombre de béquilles accrochées à l\u2019Oratoire Saint-Joseph, il aurait guéri à lui seul plus de malades et d\u2019infirmes qu\u2019un hôpital en entier, et ce, à vie.Autre époque, autres mœurs.Le Frère André n\u2019est plus là et le nombre de béquilles n\u2019a pas augmenté.Je veux bien croire que le Christ ait ressuscité des morts, guéri des malades, chassé des démons.Il demeure un fait: pour n\u2019importe qui, un bilan médical est toujours la démarche logique à une recherche sur son état de santé.Croyants ou athées, en cas de malaises sérieux, devraient s\u2019en remettre à la médecine.Toutefois, je ne conseille à personne de parler de Dieu à son médecin.Ce que l\u2019Oracle peut faire, eux ne savent qu\u2019en faire! Je viens du Vietnam, un pays de plusieurs confessions religieuses où parfois, les superstitions populaires se confondent avec les religions.Un gourou m\u2019a déjà fait porter un talisman, un genre de pendentif soi-disant magique avec d\u2019étranges dessins qui devait m\u2019éloigner des forces du mal et me protéger de toute éventuelle maladie.Encore fallait-il y croire.J\u2019ai une maladie incurable: le diabète.J\u2019ai déjà participé activement à ces ministères de la guérison.Le pasteur a apposé ses mains sur mon estomac en me disant que si j\u2019avais la foi, ma maladie allait disparaître, et ainsi je n\u2019aurais plus besoin ni de mes médicaments, ni de mon médecin.Pourtant, aujourd\u2019hui, je prends toujours des médicaments pour mon diabète et je continue d\u2019aller voir mon médecin! A l\u2019ère des ordinateurs et des voyages dans l\u2019espace, je trouve déplorable qu\u2019il foisonne encore aujourd\u2019hui des impies, des charlatans, des gourous et des guérisseurs qui n\u2019hésitent pas à profiter d\u2019un moment de faiblesse et de la naïveté des gens pour leur faire croire qu\u2019ils ont le pouvoir de les guérir de leur maladie incurable.Je suis toujours incrédule devant ces guérisons miraculeuses.Le placebo a souvent pris la place de la foi elle-même et si je suis malade, je préfère aller à l\u2019hôpital plutôt que d\u2019aller à l\u2019église.¦ + Tf 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 33 MOTS DE CAMELOTS Toujours prêt Une chasseuse Jeune, j\u2019ai été formé chez les scouts à être toujours prêt et à faire de mon mieux (devise cardinale des scouts).Je suis sorti de l\u2019école avec aucune espèce d\u2019idée sur ce que je voulais faire dans la vie, mais, au gré de mes relations et de mes rencontres, j\u2019ai été amené à effectuer mille métiers et mille misères.Dans ma famille, rendre service était une des plus grandes motivations pour travailler.Mon père me disait que ce qui importe, ce n\u2019est pas tant ce qu\u2019on fait, mais comment on le fait.J\u2019ai compris que l\u2019attitude était plus importante que la tâche.Chez nous, la critique était omniprésente, donc je sentais toujours l\u2019exigence que tout travail mérite d\u2019être bien fait.J\u2019ai eu peur toute ma vie du reproche des autres et j\u2019ai tenté de vivre sans reproches.Je réalise aujourd\u2019hui que c\u2019est impossible à accomplir.« Qu\u2019est ce que tu fais comme travail?» Pendant longtemps, je n\u2019ai pas su quoi répondre à cette question.Sans réponse, j\u2019avais l\u2019impression d\u2019être un fardeau pour la société.Très vite, je me suis senti en marge.En errant d\u2019un contrat à un autre, je suis entré dans un engrenage de précarité, mon parcours a été très éclectique, mais cela a eu le mérite de me faire acquérir un grand nombre de compétences, d\u2019être débrouillard, de pouvoir m\u2019adapter aisément.A ce moment-là, j\u2019étais dans la logique de prendre tout ce qui m\u2019était proposé, mais maintenant, je veux choisir ce que je veux faire.Je refuse de travailler pour la carrière, le profit, l\u2019argent ou le prestige, mais je veux faire converger toute mon énergie vers quelque chose d\u2019utile, pour moi et pour les autres.Je suis désormais dans une perspective de partage.Ce qui me motive à présent, c\u2019est de partager mes savoir-faire et savoir-être avec les autres.TS QU'ALAIN COMMU'NOS-TERRE CAMELOT MASS0N/I3eAVENUE 34 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2015 Or pur Bonjour, je m\u2019appelle Cybelle.Moi, L\u2019Itinéraire, ça a changé ma vie ainsi que ma perception des mots partage, sympathie et réussite.A L\u2019Itinéraire, je consacre mon énergie, j\u2019investis quelques sous pour me permettre de développer un pouvoir d\u2019achat, tout en partageant un certain savoir.J\u2019y passe aussi mon temps.Ça me fait sortir de chez moi, ça me distrait et ça m\u2019occupe.Il me faut dire comment je conquiers les gens avec mes textes coup de poing.Les gens disent que ça me réussit, que même, je devrais oser plus.Plus cru, ils m\u2019ont dit.Sans vraiment m\u2019en rendre compte, je vois bien que les gens aiment l\u2019action.Wow ! Ils en redemandent et ne sont jamais rassasiés.Les gens me disent qu\u2019ils m\u2019apprécient et de ne pas lâcher toutes mes facettes mais j\u2019aimerais bien leur montrer un côté sage.Effectivement, je connais mieux la façon d\u2019aborder les gens, j\u2019apprécie les valeurs des gens qui me ressemblent et m\u2019entourent.Et surtout ceux qui me rendent heureuse, ceux qui me font rire.Sûr que l\u2019argent c\u2019est bien pour prospérer et faire du social.Des sorties en plus.L\u2019argent est partout.Je n\u2019ai pas toutes les réponses à ce sujet mais ça en prend, c\u2019est sûr et c\u2019est bien plus plaisant avec.C\u2019est sympathique.Longue vie à L\u2019Itinéraire et à Pierre ! Remerciement à Pierre Tougas pour ma réussite et mon courage.Même si je sais qu\u2019il ne s\u2019en croit pas responsable, il est pour moi un bel exemple.Merci ! CYBELLE PILON CAMELOT SAINT-ZOTIQUE/SAINT-HUBERT mmi Un bon samedi d\u2019automne, j\u2019étais sur mon point de vente à la station de métro Jarry.Je me trouvais en avant de l\u2019escalator mobile.Pendant que les gens montaient, je leur lançais mon message pour qu\u2019ils viennent me voir et pour qu\u2019ils m\u2019achètent le magazine.Je travaillais depuis un certain temps.Vers 2 h de l\u2019après-midi environ, alors qu\u2019une longue file de personnes montait, tout à coup, une dame très âgée avec de beaux cheveux blancs frisés et aussi de beaux grands yeux bleus, vint tout droit dans ma direction, à ma grande surprise.Elle me dit: « Bonjour Madame.Je suis à la chasse au camelot! Je désire acheter le magazine L\u2019Itinéraire et je suis déjà rendue à la quatrième station de métro! »Je me suis empressée de le lui vendre.J\u2019ai éprouvé un réel plaisir à voir cette personne avec autant de détermination.Cela fut très inspirant pour moi.Cela m\u2019a permis de voir que même si une personne est rendue très âgée, comme par exemple dans les 85 ans, elle peut continuer à se montrer très éveillée.Cela a aussi été très encourageant, dans le sens où ce genre de personnes nous enlève certaines peurs et craintes de vieillir.Je suis très impressionnée de voir cette énergie et ces possibilités-là.Toujours heureuse de ma clientèle, CISÈLE NADEAU CAMELOT MÉTRO IBERVILLE ET MÉTRO JARRY MOTS DE CAMELOTS Mon art Lorsque j\u2019étais adolescent et que je restais chez mes parents à Pont-Rouge, dans le comté de Portneuf, j\u2019aimais beaucoup dessiner et faire de la peinture à l\u2019eau.Mes premiers cours de peinture, je les ai pris au Cégep de Rimouski.Cést là que j\u2019ai fait ma première toile, en 1970.Ensuite, j\u2019ai exposé deux toiles sélectionnées par un jury, au Moulin de Pont-Rouge.Par la suite, j\u2019ai étudié au Cégep Lévis-Lauzon, où je me tenais souvent avec les élèves d\u2019arts plastiques, et où j ai également réalisé quelques toiles.Après être retourné dans mon village, je me suis rendu à Québec, où je me suis intéressé aux biographies de Picasso, Leonard de Vinci et Renoir.Là-bas, j\u2019ai continué à peindre et à produire de nombreux tableaux.En 1980, à Montréal, j\u2019ai pris des cours à la Mission Renaissance, cours que j\u2019ai terminés avec succès.J\u2019ai ensuite exposé deux toiles à la galerie des Peintres Inconnus, ainsi qu\u2019au Bazar sur la rue Mont-Royal, en 1987.Ma femme Gisèle et moi avons exposé au restaurant le Placard, de 2004 à 2007.Notre plus récente exposition remonte à l\u2019automne 2008, à la Galerie de Cristal Racine.Nous étions ses premiers clients, et nous avions réussi à vendre un tableau en une semaine, sur 17 exposés.Mais cést à ce moment-là que la crise financière est arrivée, et nous avons dû mettre notre travail de peintre et de pastelliste de côté.Aujourd\u2019hui, je continue à visiter régulièrement des galeries d\u2019arts avec Gisèle.Celle que je préfère est la galerie Michel-Ange, dans le Vieux-Montréal.Merci à tous mes clients.REAL LAMBERT CAMELOT LAURIER/DE LANAUDIÈRE Portes et tourniquets Devant moi, les tourniquets du métro Peel.Si quelqu\u2019un, en haut, tient ouverte la porte de la station, cést un courant d\u2019air qui s\u2019engouffre et passe sur moi, de gauche à droite.Je repense aux portes de ma vie.La plus originale était sans contredit celle avec un arbre au milieu : les gars avaient tendu la toile qui nous servait d\u2019habitation en se servant de ce tronc vivant pour la soutenir.Et comme pour tout ce qu\u2019on voit à répétition, je dois avouer qu\u2019après un certain temps, je ne le remarquais même plus.Peut-être est-ce la même chose qui m\u2019arrive sur mon point de vente.A force d\u2019y être, je me suis fondue dans le décor.Nous percevons la matière, puis elle bascule dans l\u2019inconscient.Tant que le souffle nous est prêté, cette connaissance peut être réanimée, parfois dans notre éveil et parfois dans nos rêves, nous prouvant à nous-mêmes que nous avons vécu.La porte dont je viens de vous parler nàvait pas de clé.C\u2019était un simple pan de coton.Ce canal ne devait pas être obstrué, sous peine de me couper davantage de deux de mes enfants qui vivaient alors loin de moi.Et la porte elle-même devenait un cordon ombilical, ce conduit que la vie accorde au nourrissement des êtres.LORRAINE SYLVAIN CAMELOT MÉTRO PEEL Un travailleur social hors du commun Dans la vie, nous avons toujours besoin de personnes compétentes et spécialisées pour avancer.Elles ne sont pas toujours là pour rien.On en prend et on en laisse, il y a des bons et des mauvais.Mais moi, en pensant à tous mes travailleurs sociaux et intervenants, j\u2019aimerais spécialement lever mon chapeau à un travailleur social que j\u2019ai aimé et adoré.Je lui porte une très bonne attention et je lui garde une place et un coin dans mon cœur.J espère que vous apprendrez à ne pas les mettre tous dans le même bateau.Mais un travailleur social comme Pierre Veranka, il en existe qu\u2019un seul et vous l\u2019auriez aimé.Il est hors du commun, attachant, extraordinaire et exceptionnel.Car il était d\u2019une énorme sincérité et d\u2019une sagesse particulière, serviable et comme on n\u2019en voit bien peu.Il n\u2019y en aura pas d\u2019autres plus juste et bien intentionné que lui et il faut lui donner sa place.Alors s\u2019il vous plaît, faites attention à ceux qui sont purs, généreux et exemplaires.Je tiens, mon cher travailleur social, de penser à te remercier et te féliciter pour tout le respect et la loyauté dont tu fais preuve, ton beau sens de l\u2019humour et surtout ton beau sourire et ta confiance.Je t\u2019aime.Merci pour ta simplicité.Bien à toi Pierre Verenka.Garde ton sourire.~K KATTY D\u2019AMOUR CAMELOT ONTARIO/PIE IX ET ALEXANDRE DE SÈVE/SHERBROOKE 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 35 PHOTO: KATERINA KIRILOVA (I23RF) DANS LA TETE DES CAMELOTS Nos racines Les origines familiales et l'enfance influencent considérablement le parcours de vie de chacun.Les participants de L'Itinéraire, qui ont des racines très diverses, expliquent comment celles-ci continuent encore aujourd'hui à les inspirer.À J ai des origines\t* françaises.Le nom Mardi vient A de Picardie, une région française.Mon premier ancêtre y habitait, il était soldat dans le régiment royal de Carignan.Le régiment lui a offert une terre ici pour y habiter, et la France lui a demandé de rester.Il y a une rue à Montréal qui s\u2019appelle Marcil.Avant, sur l\u2019avenue Mont-Royal, il y avait plein de grosses fermes.L\u2019une d\u2019entre elles appartenait à mes ancêtres.MICHELMARCIL CAMELOT BERRI/SAINTE-CATHERINE ET PLACE DUPUIS Je viens de Montréal.\t^ Ma famille est née dans le Centre-Sud.Ça m\u2019a fait apprendre beaucoup de choses.J\u2019ai été élevé dans un coin très dur, il y avait beaucoup de drogue dans le secteur.J\u2019ai grandi en voyant beaucoup de choses difficiles.Mon père était un Indien qui venait de Coaticook, où on fait la crème glacée! Il m\u2019a appris à me débrouiller par moi-même.Il m\u2019a appris à me lever de bonne heure pour travailler, je l\u2019aidais à travailler, à peinturer les clôtures.Il faut travailler fort et ne jamais s\u2019arrêter.Et le monde à Coaticook te parle beaucoup, ce n\u2019est pas comme à Montréal.ANDRÉ-GUY CHARRON\t.CAMELOT RENÉ-LÉVESQUE/ PANET (RADIO-CANADA) du tout français, seulement anglais.Il était marié Berri/Ontario, qui était autrefois une maison de chambres.C\u2019est aujourd\u2019hui l\u2019UQAM.Je me rappelle qu\u2019à côté, il y avait des Chinois qui possédaient une boutique de lavage et repassage du linge.J\u2019ai eu une enfance difficile, qui m\u2019a appris c\u2019était quoi, la vie.Elle m\u2019a appris à accepter les choses telles qu\u2019elles étaient, à me fier sur moi-même.Bientôt, pour me faire plaisir, je vais me payer une nuit à l\u2019Hôtel Gouverneur.ROBERTSINGH CAMELOT SHERBROOKE/ LA ROUSSELIÈRE (ÉPICERIE MÉTRO) 1 Ma mère est une Lalonde.Ma grand-mère vient de Kanesatake, une ville autochtone.Ma mère est restée là quand elle était très jeune.Mes grands parents se sont rencontrés à Caughnawaga ( Kahnawake) et ont déménagé à Ville-Emard.Quand j\u2019étais jeune, on médisait: «Eille, tu as du sang indien! »Je mettais un bandeau, je bronzais beaucoup, les jeunes à l\u2019école trouvaient que je ressemblais à un Amérindien.r DAN ETROZI CAMELOT JARRY/ LAJEUNESSE (SAQ) Mon arrière-grand-père ^ du côté de mon père était un ^ McClennan, comme le scotch.Du côté r de ma mère, ce sont des Français.Ils sont venus s\u2019installer àjonquière.J\u2019ai vécu mon enfance dans le village de Contrecœur, à Jonquière.Mon père travaillait à la plus grosse aciérie du pays.C\u2019était le fun, c\u2019était sur le bord du fleuve, je faisais de la voile avec mon père.J\u2019s eu une très belle enfance, jusqu\u2019au divorce de mes parents.Après, ce n\u2019était plus le fun du tout.Ça m\u2019a appris que le monde est méchant.YANNICK BRASSARD CAMELOT RENÉ-LÉVESQU DE LORIMIER 7 Ma marraine m\u2019a dit que mes origines sont françaises.Mes ancêtres sont T venus s\u2019établir ici dans les années 1700-1800.^ Je suis né, d\u2019après moi, à Montréal.Je sais que j\u2019ai été placé en adoption à la crèche de Rouville, qui n\u2019existe plus aujourd\u2019hui.J\u2019ai vécu le bonheur avec ma famille adoptive.Ils m\u2019ont appris à me débrouiller avec mes affaires, prendre mes responsabilités et braver les obstacles.Grâce à eux, j\u2019ai pu comprendre que c\u2019est important d\u2019aimer les autres, de bien se nourrir et aussi d\u2019étudier, parce qu\u2019ils m\u2019ont beaucoup encouragé.Mon fameux «Saint-Cybole-d\u2019Hérode! », que vous aimez tous, eh bien, ça vient de mon père adoptif., .Quand j\u2019étais jeune, je trouvais ça très drôle, A donc j\u2019ai décidé de le dire moi aussi! MICHEL DUMONT\t^|l CAMELOT MÉTRO JOLIETTE ^ JM Mes grands-parents sont Irlandais,\t1 W l\u2019autre côté plus Québécois.Je ne connais pas ' beaucoup mon arbre généalogique.Je suis né dans un quartier d\u2019ouvriers à Hochelaga-Maisonneuve.On chauffait au charbon, on était sept enfants donc on ne roulait pas sur l\u2019or.C\u2019était une vie dure.Mes oncles nous amenaient de l\u2019argent parce que mon père n\u2019en avait pas assez.On était une famille recomposée donc ce n\u2019était pas facile, il y avait beaucoup de jalousie.Mon enfance n\u2019était pas à l\u2019eau de rose.J\u2019ai appris le système D, à me débrouiller à la dure.Quand on est dans une situation difficile, on utilise la débrouillardise.Tu ne l peux pas compter sur grand-monde, seulement , B\tsur toi-même.\tA ¦V\tDANIEL RICHER U,\tCAMELOT MÉTRO VILLA-MARIA Je suis née sur la rue Saint-Hubert, dans le quartier ^ Y Rosemont.Ma mère m\u2019a eue à 18-19 ans, ' elle était encore aux études.Donc ce sont surtout mes grands-parents qui m\u2019ont élevée, mon grand-père du côté de mon père et ma grand-mère du côté de ma mère.Ils m\u2019ont appris qu\u2019il ne faut pas toujours écouter ses parents! J\u2019ai aussi appris à régler des situations, à me faire des opinions k\tsans avoir besoin des autres.CYBELLE PILON\tA CAMELOT SAINT-ANDRÉ/ SAINT-ZOTIQUE \"\tMon grand-père du côté\tÉ de ma mère est Irlandais.Mon arrière\tI grand-père du côté de mon père est Polonais.1 W C\u2019est tout ce que je sais.Je suis né à Oka.J\u2019y suis Y resté jusqu\u2019à l\u2019âge de cinq ans, après que mes parents aient divorcé.J\u2019ai vécu une enfance très difficile.Je me rappelle que tous les voisins étaient des membres de ma famille, je passais beaucoup de temps avec eux.Ma grand-mère allait chercher l\u2019eau à la rivière.Plus tard mes grands-parents ont fait construire un puits artésien pour puiser l\u2019eau.Ça m\u2019a fait réaliser qu\u2019ils avaient la vie dure.Aujourd\u2019hui, on est bien gâté, et on ne le réalise même pas ! Je me suis donc révolté contre la société.Ma révolte avait un lien avec ma prise de conscience, mais elle était k surtout reliée à mon enfance avec mes parents.i Je n\u2019avais plus d\u2019intérêt à faire les choses\tAI qu\u2019on me demandait.PASCAL SAINT-LOUIS PRÉPOSÉÀ L'ENTRETIEN MÉNAGER r\tJe suis né en Abitibi.Je n\u2019ai pas connu mes grands-parents ni mon père.Je vivais dans une famille ^ monoparentale, où ma mère était ménagère.On avait de la difficulté à joindre les deux bouts, on vivait dans la pauvreté.Malgré tout, j\u2019ai vécu une très belle enfance, j\u2019avais de très bons amis.Ma mère m\u2019a appris le savoir-vivre et l\u2019honnêteté.Elle m\u2019a enseigné des valeurs qui m\u2019ont beaucoup aidé dans la vie, qui m\u2019ont permis et me permettent encore de marcher la tête haute malgré tout ce que j\u2019ai vécu.J\u2019étais aussi un grand sportif quand j\u2019étais jeune, et cela m\u2019a L permis de toujours combattre l\u2019adversité.A CLAUDE LYRETTE\tÆ CAMELOT MÉTRO SHERBROOKE HAIKUS PAR CINDY TREMBLAY CAMELOT 29' AVENUE/ BEAUBIEN ET DE LORIMI ER/BEAU BIEN Nuit violente en larmes Bêtise suffit à ma peine Mes chatons miaulent\tDans une lune de miel Allons au 100e ciel Pour notre 1000e je t\u2019aime Dehors septembre Triste lune sur balançoires Tes pleurs empathiques\tForêt vierge Respiration écarlate Nuances de découverte Une mort incertaine Drame pendu aux événements Un verglas parfait\tUn mystère en cœur Ressens l\u2019orage de douleur Transperce mes pétales Mes lèvres glacées Je m\u2019imagine déchirée Une fontaine sanglante\tUne nuit de romance Un poignard au cœur jeune Des cordes en ruisseau Tachée de mes tripes Je vois ma vie défiler Rythme d\u2019une musique folle\tSouffrance en alcool Me noyant dans mes amours Printemps capricieux Lumière en folie Jeunes pêches à ciel ouvert Rires sur roulettes\tVision en drapeau Cappuccinos en soirée Araignée sous toile Ton cœur est un pays Ta voix est un hymne Tes lèvres ont choisi mon vote\tDes yeux saphir Un regard curieux Des souhaits encore des souhaits Conversations sombres Une perle à ma destinée Amitié déchue\tAdieu les démons Abreuvoir de whisky Bonjour les sorties Nuit seule enneigée Au milieu d\u2019une foule blasée Téquila perdue Mensonge à l\u2019horizon Forêt noire lugubre J\u2019ai compris la lune Les vagues en puissance Cheveux au vent défaits Ciel rose rayonnant L\u2019eau qui jaillit sur des rochers anciens Me déshabille Sous cette chute maîtresse Ville-Marie Quand Monica Bellucci débarque à Montréal PAR GUY BOYER CAMELOT SAINT-DENIS / DULUTH PANORAMA § r MONICA BELLUCCI PASCALE\tALIOCHA\tPATRICK BUSSIÈRES SCHNEIDER HIVON VILLE UN FILM DE GUY EDOIN WL40-\" Ville-Marie, en salle le 9 octobre, a été dévoilé au TIFF dans le cadre d'une présentation spéciale.Le Film peut se présenter comme une chronique de la vie à Montréal.Il dépeint les aléas de l'activité urbaine, l'engorgement des urgences du système de santé québécois, l'envers du décor d'un plateau de tournage.Et surtout les relations tumultueuses entre une mère et son Fils séparés depuis trois a ns, avec un père absent.Le second long métrage de Guy Édoin est l\u2019histoire d\u2019une actrice française en déclin, Sophie Bernard (Monica Bellucci), qui débarque à Montréal pour le tournage d\u2019un film réalisé par son ami de cœur.Du coup, elle renoue aussi avec son fils Thomas (Aliocha Schneider) qui fait ses études au Québec.Les principaux protagonistes français croiseront la vie de personnages bien québécois.Le métissage des accents, français parisien et québécois bien gras, donne parfois des scènes plutôt cocasses.Dans une certaine mesure, il me semble que Ville-Marie est un film sur le petit monde du cinéma.En effet, plusieurs séquences du long-métrage sont tournées sur le plateau où évoluent l\u2019actrice française et son ami de cœur.Ce film dans le film nous plonge parfois dans un certain méli-mélo.La première séquence de Ville-Marie s\u2019accompagne d\u2019une belle musique classique (à volume élevé dans le cinéma) dans les écouteurs de Thomas, le fils de l\u2019actrice; Thomas se dirige vers un arrêt d\u2019autobus.Une femme interpelle Thomas et celui-ci retire ses écouteurs ; exit la musique qui s\u2019arrête brutalement.La femme, qui porte un bébé dans ses bras, demande à Thomas de le porter quelques instants.Thomas prend le bébé et, avant qu\u2019on ne comprenne quoi que se soit, la femme se jette devant un camion qui passe par là.On ne sait pas trop ce qu\u2019il adviendra du bébé et de la femme suicidée.Thomas est perturbé par cet événement traumatisant.Le style brutal de cette entrée en matière ressemble à la première scène de Marécages, le premier long métrage de Guy Édoin.Une façon efficace mais un peu opportuniste, selon moi, de tenter de capter l\u2019attention du spectateur.Les autres personnages principaux de Ville-Marie sont une infirmière à l\u2019urgence de l\u2019hôpital Ville-Marie interprétée par Pascal Bussières et un couple d\u2019ambulanciers maladroits joués par Patrick Hivon et Louis Champagne.Tous les actrices et acteurs jouent avec justesse et la direction photo de Serge Desrosiers est irréprochable, ainsi que la direction artistique de David Pelletier.Les plans sont bien choisis et le film de Guy Édoin donne une image de Montréal fidèle à la réalité.J\u2019ai été moins convaincu par le scénario, qui a mesyeux n\u2019a ni origine ni dénouement.De plus, et c\u2019est une perception bien personnelle, l\u2019amour véritable semble absent des films de Guy Édoin.Ce n\u2019est, en tout cas, pas l\u2019amour tel qu\u2019on a l\u2019habitude de le voir au cinéma.Il s\u2019agit plutôt de relations humaines superficielles, parfois malsaines, de contacts sexuels furtifs.Mon plaisir à voir Monica Bellucci dans Ville-Marie sera décuplé à la sortie mondiale, le 6 novembre prochain, du nouveau James Bond, Spectre.En effet, Sam Mendes, le réalisateur, l\u2019a choisie pour jouer une des Bond women.Selon les premiers échos, le dernier-né de la franchise promet.¦ Guy Edoin 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 39 PHOTO : MARLENE GELINEAU PAYETTE CAMELOTS ARTISTES À L\u2019Itinéraire, en plus de montrer des qualités certains dans la vente et l\u2019écriture, les participants prouvent aussi leurs talents d\u2019artistes.Poésie, musique, peinture, dessin, leur créativité est débordante.L\u2019Itinéraire a noué plusieurs partenariats entre autres avec le Centre de ressources éducatives et pédagogiques, l\u2019Université du Québec à Montréal, l\u2019Université Concordia et le Musée des beaux-arts.Chaque vendredi, ils se réunissent désormais de manière autonome pour créer ensemble et librement.Voici quelques unes de leurs créations et les réflexions qui les ont inspirées.Norman Rickert I Joie sur la rue May II http://leseditionsnormartmuse.wordpress.com Il s\u2019agit d\u2019une aquarelle et encre de Chine réalisée au début de l\u2019été.Ce tableau fait partie d\u2019une série de trois œuvres portant sur la rue May.Cette rue de Verdun aux maisons en rangée de style victorien est collée au pont Champlain.La rue disparaîtra bientôt pour laisser place à un accès au pont Champlain.Cette rue vaut qu\u2019on l\u2019immortalise en peinture.Au moment de créer l\u2019œuvre, presque tous les résidents de la rue ont plié bagage.Triste.La rue May, c\u2019est une rue un peu anonyme, en quelque sorte un bijou qui mérité d\u2019être connu.J\u2019ai voulu recréer par la peinture, une atmosphère et des personnages à l\u2019époque du bon vieux temps.On voit ici un contraste entre un environnement, une enclave rurale dans un espace urbain et le progrès effréné de la civilisation.On peut faire un parallèle ici entre la disparition de quartiers tels que le Faubourg à M\u2019iasse ou le Red-Light sous le pic des démolisseurs.Si vous voulez écrire à Norman: normartmusic@ yahoo.ca Céline Marchand camelot métro Lasalle et Ontario/St-Denis Quand j\u2019ai fait ce dessin-là, je me sentais comme au-dessus de mes affaires.Mes projets dépassaient ma pensée, me faisaient peur.Accessibles et inaccessibles à la fois.C\u2019était étrange, comme un rêve.Dans un rêve, tout paraît réel mais ne l\u2019est pas.Par contre, rien ne nous empêche de franchir la limite du rêve et d\u2019en faire une réalité.Lorsqu\u2019on est sur une balançoire, on va de plus en plus haut, et à force d\u2019aller haut, on risque de se casser la gueule.A un moment, on doit arrêter de s\u2019élever.J\u2019ai déjà voulu ne jamais m\u2019arrêter.Quand j\u2019étais petite, on me disait que si je me balançais de plus en plus haut, j\u2019allais faire un tour.Mais j\u2019avais beaucoup trop peur.La balançoire, c\u2019est la vie.On vit comme on se balance.On peut y aller tranquillement, mais aussi se casser la gueule si on va trop haut.J\u2019admire ceux qui osent, qui prennent le risque.Ne laisse pas la peur t\u2019empêcher d\u2019aller plus haut.J\u2019ai osé, et je ne regrette pas.3 Norman Rickert, Joie sur la rue May II % / .-.Mà Céline Marchand, Balance du ciel! Jean-Pierre Ménard, Blocage en styromousse Jean-Pierre Ménard I Blocage en styromousse Par un vendredi après-midi, je suis allé à l\u2019atelier d\u2019art, suite à une journée qui avait très mal débuté.Rien n\u2019avait fonctionné comme je le voulais, bref, j\u2019avais «le feu au derrière», comme on dit! J\u2019ai demandé à Cindy : «as-tu quelque chose à briser?» J\u2019avais vraiment besoin de me défouler.Elle m\u2019a donné des morceaux de styromousse que j\u2019ai tout cassés en petits morceaux.Ça m\u2019a fait du bien! Ensuite, je me suis mis à peinturer les morceaux brisés, puis j\u2019en ai fait un collage.De la colère qui s\u2019est transformée en art grâce à l\u2019atelier de Cindy Tremblay, camelot à L\u2019Itinéraire! Merci Cindy! 40 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2015 » *c CPI* M ^ ^yvüv SIOU CAMELOT MONT-ROYAL/BORDEAUX A 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 41 lAC/DC au Stade olympique Pas comme en 1988, mais encore en formel MUSIQUE ALEX PELOQUIN PRÉPOSÉ À LA RÉCEPTION J'avais déjà vu AC/DC une première Fois au Forum en 1988.C'était malade! Lors du passage du mythique groupe de rock au Stade olympique, en 2009, les critiques avaient été Fabuleuses.Quand je suis allé les voir au Stade olympique le 31 août dernier, j'avais donc de grandes attentes, surtout que leur concert à Québec, quatre jours plus tôt, avait été très bien accueilli.Mais quand on a de trop grandes attentes, on risque d'être déçu.AC/DC est un groupe de musique originaire dAustralie qui a été formé en 1973 par Angus et Malcolm Young, deux frères.Pour l\u2019anecdote, leur sœur aurait vu le logo AC/DC - qui veut dire courant alternatif - sur une balayeuse ou une machine à coudre.L\u2019histoire n\u2019est pas claire sur ce détail.Mais chose certaine, AC/DC est un nom qui convient parfaitement au groupe! Il y a eu beaucoup de mouvement dans le groupe: changement de batteur à trois reprises, changement de chanteur deux fois.Le premier chanteur Bon Scott est décédé en 1980.Des doutes persistent encore sur les circonstances, mais selon ce que l\u2019on sait il serait mort après une nuit bien arrosée, étouffé avec son vomi.AC/DC est l\u2019un des premiers groupes de musique que j\u2019ai commencé à suivre.J\u2019écoutais tous les groupes avec un bon guitariste, c\u2019est pourquoi AC/DC faisait partie de mes favoris.Ma première idole de jeunesse - et encore mon idole -était Jimi Hendrix, mes oncles jouaient et je les écoutais.Angus Young était déjà le guitariste d\u2019AC/DC et il avait un style bien à lui, avec son habit d\u2019écolier.J\u2019ai vu AC/DC au Forum en 1988.Cela a été le meilleur show de ma vie.Je me souviens d\u2019Angus Young, pendant Hell\u2019s Bells qui s\u2019élevait sur une passerelle pendant qu\u2019une cloche géante descendait au-dessus de sa tête.Ou d\u2019une grosse poupée gonflable au-dessus de la foule pendant Highway To Hell.Je trippais! Mais le 31 août dernier, il n\u2019y a rien eu de cela.Même si j\u2019étais placé juste devant la scène, le stade est tellement grand que je ne pouvais pas voir le groupe.Je devais regarder l\u2019écran géant, comme tous les gens dans le stade.Le système de son était vraiment débile, le son était explosif, hard.Mais l\u2019acoustique du Stade olympique a tout gâché.C\u2019est tellement grand, trop grand.Cela crée des échos qui nuisent au son.On entendait moins clairement la voix de Brian Johnson, le chanteur, et la guitare d\u2019Angus Young.Le Stade n\u2019est définitivement pas un endroit adapté pour les prestations musicales.Généreux dans leur prestation, énergiques, Angus Young et Brian Johnson ont su occuper la scène toujours aussi remarquablement.Angus Young a été fidèle à lui-même, il a animé le show et a réalisé des solos de guitare mémorables comme lui seul sait le faire.Plusieurs vieux hits m\u2019ont rappelé de beaux souvenirs.J\u2019ai beaucoup apprécié Highway To Hell, en rappel.Dirty Deeds Done Dirt Cheap était mon moment marquant du concert, tout comme Let There Be Rock, T.N.T et Back In Black.Ce sont toutes des chansons de leurs premiers (et meilleurs!) albums.Malgré tout, Brian Johnson manquait de voix.A mon avis, il avait tout donné à Québec, quelques jours avant le show de Montréal.Le souffle lui manquait souvent et il ratait de petites répliques.Ce n\u2019est pas facile quand on est dans la soixantaine! Je reste avec mes souvenirs de 1988 au Forum, qui a été le meilleur show de ma vie.Les effets spéciaux étaient à couper le souffle.C\u2019est vrai, à cette époque, les membres d\u2019AC/DC étaient plus jeunes, ils avaient donc plus d\u2019énergie.Si je retourne les voir, ce sera au Centre Bell.Plus jamais le Stade! ¦ ».x-v; '\t*\u2022; 42 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2015 PROPOS RECUEILLIS PAR SIMON POSNIC PHOTO: SIMON POSNIC CLIENT Client: François Parenteau (à gauche) | Camelot: Daniel Richer c\t¦\t¦ Point de vente: place Villa Maria Infographiste de Formation, François Parenteau a aussi travaillé avec des toxicomanes.Il reprend en ce moment ses études en bureautique.François Parenteau est également passionné d'écriture, il a publié en 2013 un recueil de nouvelles, Mes histoires, ma folie.Ses nouvelles sont aussi disponibles sur son blogue*.Au CaFé de L'Itinéraire, François est venu rencontrer son camelot, Daniel Richer, pour une conversation plutôt spirituelle.Daniel: Tu te souviens de notre première rencontre?François: C\u2019était au métro Ville-Marie à l\u2019été 2013.Ce n\u2019est pas mon quartier, mais on avait jasé un petit bout, puis on est restés en contact après ça.C\u2019était une rencontre fortuite mais très intéressante, Daniel me conte ses bons coups.Daniel : Mon rôle de camelot, ce n\u2019est pas de raconter mes problèmes à ma clientèle.Elle a assez de ses problèmes personnels sans que je lui fasse subir les miens.Je suis positif en général, le négatif je le garde pour moi.François: C\u2019est vrai, Daniel a tout le temps le sourire! Daniel: Peux-tu me dire ce que représente L\u2019Itinéraire pour toi?François: L\u2019Itinéraire c\u2019est une belle initiative, un beau moyen d\u2019aider les gens à se sortir de la rue, même si je ne veux pas les cataloguer comme itinérants.C\u2019est une chance pour eux de faire autre chose, de se découvrir.Daniel: En quoi cela te rejoint?François: Je n\u2019ai pas été itinérant mais j\u2019ai eu des périodes difficiles.A un moment de ma vie, sans être à la rue, j\u2019ai squatté chez des amis, j\u2019ai été nomade.J\u2019ai vécu la précarité et l\u2019instabilité.Daniel a été un des premiers camelots à qui j\u2019ai acheté la revue J\u2019ai pris le temps de lire les articles, ça vaut vraiment la peine de lire ce magazine pour comprendre ce qui se passe.Daniel: En lisant ton texte «Ma traversée.»*, je trouve beaucoup de parallèles avec ce que je vois à L\u2019Itinéraire.François : Dans ce texte, je parle d\u2019une balle de haut calibre qui traverse un champ de bataille.Ça a un lien avec la misère, avec la difficulté de passer au travers de la vie.La vie c\u2019est dur, c\u2019est rough, mais on doit passer au travers.La balle, elle représente le point de non retour, le moment où on se dit «c\u2019est assez».Daniel: Moi, j\u2019ai vu un message d\u2019encouragement dans ce texte.François : C\u2019est exactement ça.La vie, malheureusement, elle ressemble à un champ de bataille.Dans notre tête, dans notre cœur, dans nos émotions, beaucoup de choses rendent l\u2019existence difficile, mais il faut à un moment donné voir le positif, réajuster le tout et continuer à avancer.Daniel: La conclusion, ça serait donc qu\u2019il y a toujours de la lumière au bout du tunnel.¦ * ePpecritures.wordpress.com 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 43 travailla LE JOSÉE FLÉCHÉ Purifications Belle-fille Bières Physique Corrosive Cause Néglige Empaumure Fricasser Tibia Puis Tentâtes Plantation Tronc Salve Corps gras Liée Aluminium Expéri- mentiez Dieu gaulois Solution dons le prochain numéro Solution du 1er septembre 2015 Jeu réalisé par Josée Cardinal joseecardinala! oyahoo.ca «Je m'appelle Josée, je à la et \t\t s\t¦ \\\t \t\\\t \t\t S, 4 ¦¦\t\t DETENTE HORIZONTALEMENT 1.Marquer d'un caractère étasunien Ciseau à bois - Erigne Nom de rois de Suède Sourire Réservoir - Dévoil Saison - Hélium Néant Hibemationsj^BRales - Étui 7.\tParesseux^^Kdica-ment dans ma 8.\tCoj^^F Populaces 9.\tF: Je Gilles Carie meurs s musu caloïde - Ferments tion dans le prochai fre de 1 a 9 que case vide ligne, chaque cot^ne et chaque boîté^Adélimitée par un trai^n^ épais doivent coni^w:ous Solutions du 1er septembre 2015 4 ALEMENT ivre pour apprendre l'alphabet Louables 3.\tFaire paraître - Poisson 4.\tCatégorie - Ferme provençale 5.\tA la mode - Fut connu en Occident sous le nom d'Algazel.6.\tDélimitent - Pronom ndéfini 7.\tId est - Oiseau 8.\tApparus - Véritables 9.\tŒcuménisme 10.\tLogé - Échassier 11.\tOuïr 12.\tBrames - Ouvertures du violon Jeu réalisé par Josée Cardinal joseecardinalal ©yahoo.ca Niveau de difficulté: difficile Faisons connaissance Nous sommes vos PÉRISOIGNANTS On accueille, assiste, sourit, dose, analyse, nourrit.On cuisine, répare, entretient, nettoie, prépare, soutient.On renforce, rééduque, archive, transporte, radiographie, stérilise.On travaille pour les Québécois de mille et une façons à la grandeur du réseau public de la santé et des services sociaux.Venez nous voir à perisoignants.com \t\t9\t3\t\t\t\t\t 1\t\t\t\t9\t\t3\t5\t \t3\t7\t\t8\t\t\t2\t \t1\t\t\t\t\t\t\t7 \t\t\t7\t4\t\t9\t\t \t8\t6\t\t\t\t\t\t3 5^\t\t\t\t\t\t8\t\t \t\t\t\t7\t8\t6\t5\t \t\t\t\t\t9\t\t7\t Solution dans le prochain numéro Notre logiciel de sudokus .est maintenant disponible.10 0dmdokus inédits de 4 niveaux paf^Mce expert, Fabien Savary.En vente er^Bivement sur notre site.www.les-mordus.com Jeu réalisé par Ludipresse infooles-mordus.com PERI^SQlfiNÔNTS Du métier et du cœur cng-7U- *» ' ¦* **** 1er octobre 2015 | ITINERAIRE.CA 45 PHOTO: PADSAWORN WANNAPARN ( 123RF) A PROPOS.?E T ou\u2019u»Peu',IC\"Tatt«'\"ion v;è^°foüL0S m0,rd;en«e\"»\u201cST>d'« discordance\tpréférer eoww«>swt> Mon ''\u201cduquel je Vhoriion.èJ jè'détermlnen
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