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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
samedi 1 octobre 2016
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2016, Collections de BAnQ.

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[" Lin.$ Volume XXIII, n°19 Montréal, 1er octobre Mon tréa l, 1er octobre 2016 www.itineraire.ca DOSSIER Des camelots et autres ex-détenus témoignent sur leur passage en prison.Comment réussir la réinsertion et éviter les pièges une Fois remis en liberté ?La prison OPINION Mike Ward et Jérémy Gabriel ou l'arroseur arrosé CINÉMA Ne pas interviewer Xavier Dolan, c'est pas la Fin du monde UiotoM&e,, \u2019tm&wMje, et qûamovi ! Dimanche 30 octobre 2016 à 14 h Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, Montréal EN VOUS PROCURANT DES BILLETS POUR LE CONCERT CARDINAL LÉGER VOUS CONTRIBUEZ À LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ ET L'EXCLUSION SOCIALE, AU QUÉBEC ET DANS LE MONDE.Cette année, L'OEUVRE LÉGER vous convie à un cocktail après le concert pour souligner le 25e anniversaire du décès du Cardinal Léger et rendre hommage à notre cher fondateur.Célébrons nos incroyables actions communautaires innovantes et mobilisatrices pour le mieux-être des personnes vulnérables et marginalisées.Billet parterre et cocktail VIP 250 $ Billet parterre 125 $ Billets corbeille ou balcon 75 $ Tirage pendant le concert d'une paire de billets d'avion offerte par la Fondation Air Canada ! Au profit de L'ŒUVRE LÉGER 514 495-2409 \u2022 leger.org 1 ¦» zq0M '\u2022 Norn Suzanne Leblanc | Camelot n° 1484 | Âge 34 ans Point de vente Saint-Denis/Ontario Suzanne n\u2019a pas la confidence facile : « Hey, ce n'est pas facile de parler d\u2019nous autres ! ».Attentive à ceux qui l\u2019entourent, elle est soucieuse du bien-être de ses proches.Elle aime son homme, Sébastien, comme au premier jour.Elle partage sa vie avec lui depuis huit ans maintenant, « mais pas mon appartement ! ».Un contexte familial difficile Suzanne est née à Montréal.Elle a passé ses premières années en centre d\u2019accueil mais garde très peu de souvenirs de son enfance.Vers l\u2019âge de 12 ans, elle est partie vivre en famille d\u2019accueil, puis en foyer de femmes en difficulté quand elle a atteint la majorité.Suzanne n\u2019a pas eu la chance de connaître son père.Ou très peu : « fai été en Cour mais je n\u2019ai pas eu le droit de le voir.Il est venu une fois dans ma famille d\u2019accueil me donner de l'argent et une petite affaire de Jésus.[.] Il est décédé d\u2019une mort assez difficile je pense, je ne suis pas sûre.».Suzanne n\u2019a jamais vécu avec sa mère ; « je l\u2019aime beaucoup, je ne la vois pas souvent mais je l'aime.» Sa sœur, l\u2019aînée, vient de se marier.C\u2019est lors de ces grandes occasions que la famille se réunit : son petit frère, son neveu qu\u2019elle souhaiterait voir davantage, sa demi-sœur qu\u2019elle côtoie rarement.Elle est aussi entourée de la famille des Grands frères, Grandes sœurs du Grand Montréal, un organisme communautaire de mentorat.Sa « grande sœur », Myriam, veille sur elle depuis qu\u2019elle est enfant.Des petits jobs dans la vingtaine Durant sa vingtaine, Suzanne a suivi quelques stages et occupé différents emplois, dans une friperie notamment, mais n\u2019a jamais trouvé une stabilité professionnelle.Elle s\u2019est finalement installée à Lachine, puis a rencontré Sébastien, l\u2019homme de sa vie.Il cherche un emploi dans le domaine de l\u2019informatique et l\u2019a encouragée à s\u2019inscrire à L\u2019Itinéraire.La toute « jeune » camelot a rejoint le groupe en janvier dernier.Grâce à ce travail, Suzanne occupe son temps, trouve un revenu supplémentaire, et s\u2019ouvre au monde.Elle est aussi très fière d\u2019avoir écrit plusieurs articles.« je suis contente, ça me rend vraiment heureuse de travailler ici.Moi j\u2019aime ça, faire des sourires au monde, leur parler, ressentir de la chaleur humaine.» Si vous la croisez sur son lieu de vente, elle vous apostrophera avec un grand sourire et un : « Bonjour! L\u2019Itinéraire ! Voulez-vous ça combattre la pauvreté ?» Une vie épanouie Quand elle parle de son « amoureux » comme elle l\u2019appelle, elle sourit.Il la rend heureuse et ça se sent ! Suzanne est une femme enjouée, coquette, qui apprécie les petits plaisirs de la vie, tout particulièrement les sushis et les crèmes glacées.Elle aime les animaux, elle aime chanter et est amatrice de karaoké, surtout les chansons de Marjo et d\u2019Isabelle Boulay.Suzanne fêtera ses 35 ans le 14 octobre prochain, alors si vous la croisez devant le restaurant Frite alors ! sur la rue Saint-Denis, souhaitez-lui un bon anniversaire.Elle vous le rendra bien avec son beau sourire et sa mine enjouée.Par Laëtitia Thélème, bénévole à la rédaction Photo : Alexandra Guellil A e reconna lu magazi roi cce NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ 1 à Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Le magazine bimensuel est produit par l'équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L'Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d'économie sociale et des programmes d'insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d'itinérance, d'isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L'organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l'autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous ! La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Shawn Bourdages, chef du développement social par courriel à : shawn.bourdages@itineraire.ca ou par téléphone au : 514 597-0238 poste 222.Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur cesite Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Canada ISSN-l 481 -3572 n° de charité : 13648 4219 RR0001 PARTENAIRES MAJEURS 11*1\t,\tvme-iviarie Canada Québec SS Montréal# Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l'île-de-Montréal pour leur contribution financière permettantainsi la poursuitede notre mandat.QUEBECOR PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS ŒUVRE JuA Hfcf R ft laiBfliKji.& fondation Carmand Normand E51 Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal EPS Desjardins Caisse du Quartier-Latin de Montréal Fondation du Grand Montréal HA1\" U^upperkut \u2018\u2019stm RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LECAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514597-0238 Télécopieur 514597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTRICE GÉNÉRALE : CHRISTINE RICHARD RÉDACTION Chef du secteur magazine et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYM0ND Journaliste, responsable sociét ALEXANDRA CUELLIL Photograph' MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Responsable de la formation des participants : CHARLES-ÉRIC LAVERY Chargé de l\u2019accompagnement des participants : SIMON P0SNIC Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Responsable de la création numérique : MACALIE PAQUET Journaliste affectée à la version numérique : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIKMARCH Webmestre bénévole JUAN CARLOS JIMENEZ Adjoints à la rédactioi CHRISTINE BARBEAU, MARTINE BOUCHARD-PIGEON, MARIE BRI0N, LOUISE BRUNET, DANY CHARTRAND, SARAH DÉRY, SARAH LAURENDEAU, HÉLÈNE MAI, PIERRE DE M0NTVAL0N, JENNIFER PIT0SCIA, LAËTITIATHÉLÈME, CHANTAL VANASSE Révision des épreuves PAUL ARSENAULT, MICHÈLE DETEIX, LUCIE LAPORTE Illustration de la une EL DIABLO ADMINISTRATION Chef des opérations et des ressources humaines : DUFFAY ROMANO Responsable de la comptabilité ANYA SANCHEZ Adjointeadministrative : NANCYTRÉPANIER Responsable du financemen DOMINIQUE RACINE DÉVEL0PPEMENTS0CIAL Chefdu développement social :SHAWN BOURDAGES Intervenant psychosocial JEAN-FRANÇOIS M0RIN-R0BERGE Responsable du Café PIERRE T0UCAS Responsable de la distribution MÉLODIE ÉTHIER CONSEIL D'ADMINISTRATION Présiden GUY LARIVIÈRE - Glasford InternationalCanada Trésorier GRÉGOIRE PILON - Ernsts Young S.R.L./S.E.N.C.R.L.Vice-président: JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L'Itinéraire Administrateur ALEXANDRE PÉL0QUIN - Camelot de L'Itinéraire ISABELLE M0NETTE - Fondation CSN KATHERINE NAUD- Perspectives Jeunesse Représentant des camelots: GUY THIBAULT - Camelotée L'itinéraire VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 Conseillère RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L'IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE 1514 848-7000 Directeur général ROBERTRENAUD Chef des communications graphiques DIANE GIGNAC Chargée de projet; MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication N°40910015, ^d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K2H9 L'ITINERAIRE EST MEMBRE DE insp AjgECQ fï/yPSLM X.A-A faim Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'/tfnéra/re en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.A\tMIXTE V-||J FSC vrtvw.fsc.org\tPapier issu de sources responsables \tFSC* C011825 4 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2016 MOTS DE CAMELOTS Guy Thibault.11 DanielGrady.11 P'tit Fred.33 Michel Dumont.33 Raoul Joubert.33 Rose.42 Gilles Bélanger.42 France Lapointe.42 SOMMAIRE ÉDITORIAL.7 La vie après la prison Par Josée Panet-Raymond ROND-POINT.8 ROND-POINT INTERNATIONAL.9 DANS LA TÊTE DES CAMELOTS.26 INFO CAMELOTS.29 Salut à un pionnier Par Guy Thibault DOSSIER LA PRISON.ET APRÈS?\u2022\tUn système carcéral sous asphyxie \u2022\tLe système carcéral en chiffres \u2022\tL'incarcération et ses conséquences \u2022\tSoutenir les détenus et leurs proches Garder le goût d'apprendre \u2022\tFemmes criminalisées et judiciarisées INFO RAPSIM.30 Un rôle important du Fédéral Par Anne Bonnefont, organisatrice communautaire au RAPSIM COMPTES À RENDRE.31 Qu'est-ce que la liberté ?Par lanik Mardi, économiste indépendant OPINION.32 Jérémyades wardiennes ou l'arroseur arrosé Par Norman Rickert Mcfc-LECTEURS Choisir de s\u2019en sortir Par Alexandra Cuellil \u2022\tLes portes tournantes des prisons Par Yves Manseau \u2022\tVivre après sa sentence Par Mathieu Thériault \u2022\tJustice réparatrice : Quand ex-victimes et ex-détenus guérissent ensemble Par Jo Redwitch LECTURES.34 L'étiquette de délinquant, ça suFFit ! Par David Blanchard POÉSIE URBAINE.36 Avez-vous dit lieux-dits?Par Mario Alberto Reyes Zamora CINÉMA.38 Juste la fin du monde Critique et entrevue avec Xavier Dolan Par Luc Deschênes VIE DE QUARTIER.40 Al Hoceima, Maroc Par Mostapha Lotfi DÉTENTE.44 À PROPOS DELA LIBERTÉ.46 Les camelots sont des J'aimerais donner mes commentaires au sujet de la publication sur Dino Tavarone.J'ai trouvé intéressant de voir à quel point Tuan Trieu-Floang a mené ses questions directes sur la vie de Dino etj'ai aimé la façon dont Dino répondait avec simplicité.Il m'a touché sur le fait qu'il n'a pas hésité à livrer ses réponses parfois drôles, profondes et sincères sur sa période vécue en prison.Tuan a su mettre de la couleur dans ce reportage et c'est de loin le plus intéressant à date pour moi, et possiblement pour d'autres, qui sait.J'espère en lire davantage sur d'autres sujets tout aussi intéressants à l'avenir.Non pas que les autres reportages d'avant n'étaient pas intéressants, mais je peux vous dire que celui-ci dépasse de loin les autres.C'est curieux tout ce que les gens ont à nous conter sur leur vie personnelle et de voir que les tabous sont de moins en moins cachés.Bravo au camelot et ami Tuan Trieu-Floang et merci à Dino Tavarone pour sa complicité et sa simplicité.Sylvie Gagnon À la camelot Lucette Belanger : félicitations pour ton article La Femme de demain très positif.Chaque femme devrait penser comme ça.Trois fois bravo ! Salutations.Claude F.Gagnon travailleurs autonomes JV vo du prix de vente du magazine leur revient.ÉCRIVEZ-NOUS ! COURRIER@ITINERAIRE.CA La Rédaction se réserve le droit d'écourter certains commentaires.DSS l©ttf0S COUftSS 0t sigfl00S, SVp ! S-C MERITE UNE CHANGE EGALE décrire s«w avenir Centrale des syndicats du Québec lacsq.org *A F \u2014 * L'appétit vient en donnant.ÏÏUBM« kî ÜCV \u2018-un'don itineraire.ca/faire- nsKiTü Oui, j'appuie L'Itinéraire DONS CARTES-REPAS ABONNEMENT Pour rejoindre notre service aux donateurs : © 514 597-0238, poste 240 @ dominique.racine@itineraire.ca JE FAIS UN DON DE: O 40$ O 50$ O 75 $ O 100$ ou JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J'offre_______cartes-repas à 6$ chacune =_______________ IDENTIFICATION Nom :_________ O Mme OM.TOTAL DE MA CONTRIBUTION : DONS + CARTES-REPAS Prénom Adresse Ville :__ .Code postal :___I__L J__L JE VEUX M'ABONNER AU MAGAZINE : Je m'abonne pour une période de : 012 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 06 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) :_ Courriel 1 Pour respecter l'écologie et réduire ses frais postaux, L'Itinéraire envoie le reçu d'impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Uili.NE RAI RE Qx4ùwci/ Téléphone:!______) __________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire O Visa O MasterCard N°de la carte : I_I_I_I_I__I_I__I__I__I__I__I__I__I__I__I_I__I Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca N\" de chante de l'organisme : 13643 4219 R R0001 Expiration_____ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L'Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9 La vie après la prison Y\tÉDITORIAL k PAR JOSÉE PANET-RAYMOND L\tRÉDACTRICE EN CHEF Ces dernières années, le monde carcéral n'aura jamais été aussi populaire à la télé, qu'on pense à Unité 9, Orange Is the New Black, The Night Of et autres séries du genre.On nous oFFre un regard parFois criant de vérité, souvent romancé de la vie derrière les barreaux.Mais très peu sur ce qui arrive après.Aborder le sujet de la prison et de la réinsertion des ex-détenus riest pas chose facile, ni très « sexy » non plus, mais nous estimions important dèn parler.L\u2019incarcération et ce qui suit, c\u2019est une réalité qui a touché plusieurs de nos camelots, mais aussi des milliers de Québécois et leurs familles.Dans notre dossier principal, nous dressons un état des lieux du système carcéral et nous nous interrogeons sur la possibilité des ex-détenus de se réintégrer en société et sur le marché du travail.Le travail, un facteur important de réinsertion Effectivement, il est souvent difficile pour les ex-détenus non seulement de s\u2019adapter à être « dehors » après un long séjour en prison, mais encore plus de trouver un emploi.Avoir un casier judiciaire et des gros trous dans son CV ne font rien pour aider à dénicher du boulot.Et pourtant, selon Alter Justice, un organisme d\u2019aide et d\u2019information aux personnes judiciarisées que notre journaliste a interviewé, l\u2019emploi est un facteur d\u2019intégration important et diminue le risque de récidive.Malheureusement, trop d\u2019employeurs rejettent systématiquement les candidatures de personnes ayant un casier judiciaire.Et s\u2019ils donnaient une chance à ces gens qui ont payé leur dette à la société ?Bon nombre d\u2019ex-détenus ont fait des démarches pour reprendre le droit chemin, à l\u2019aide d\u2019organismes de réhabilitation.On y gagnerait tous, cela ferait moins de gens au chômage qui vivent du rejet et croient que la société ne veut rien savoir d\u2019eux.Ça n\u2019aide en rien l\u2019estime de soi.Tout le monde a droit à une deuxième chance.On en a la preuve vivante ici à L\u2019Itinéraire.Des participants de notre organisme qui ont connu la détention, la toxicomanie, la rue et que d\u2019aucuns donnaient pour irrécupérables s\u2019en sont sortis.Vous pourrez lire leurs témoignages dans nos pages, tout comme ceux d\u2019hommes et de femmes qui ont accepté de partager leur vécu derrière les barreaux et celui après leur libération.Des articles poignants qui font voir un autre côté de la médaille.Le sens du mot « liberté » Au départ, j\u2019aurais voulu consacrer mon éditorial au sujet de la liberté, question de nous faire prendre conscience d\u2019un état et d\u2019un concept que nous tenons peut-être parfois pour acquis, mais notre collaborateur lanik Marcil a eu la même idée.Il aborde d\u2019ailleurs très éloquemment et avec son habituelle justesse le sens de la liberté ou l\u2019absence de ce que nous croyons être la liberté.Aides précieuses Pour réaliser plusieurs des reportages, nos camelots participants à la rédaction ont pu compter sur l\u2019aide de Miville Tremblay, un ancien journaliste chevronné qui leur a ouvert des portes pour obtenir des entrevues et les a assistés dans la recherche, les entrevues et la réalisation de leurs reportages.Un grand merci à ce professionnel qui a si généreusement partagé - de façon bénévole - son temps, son expérience et son savoir.Un autre très grand merci à El Diablo, Boris Dolivet de son vrai nom.Il a lui aussi donné gratuitement de son talent et de son temps pour illustrer le dossier et la page couverture sur le monde carcéral.Un travail de qualité que celui de ce célèbre bédéiste, créateur des Lascars, qui s\u2019est d\u2019abord fait connaître en France et qui mérite de l\u2019être autant au Québec, sa terre d\u2019accueil où il s\u2019engage socialement.Bien que ses dessins soient humoristiques, l\u2019artiste donne matière à réflexion à des enjeux bien sérieux.Ses illustrations vont droit au but.Pour voir d\u2019autres exemples de l\u2019immense talent d\u2019El Diablo : www.elfunkydiablo.tumblr.com (toiles) www.eldiablocinema.tumblr.com (cinéma).¦ 1er octobre 2016 | ITINERAIRE.CA 7 ROND-POINT PAR ALEXANDRA GUELLIL 4 questions a Didier Jutras-Aswad Il n'existe actuellement aucun médicament pour diminuer l'état de manque et contrer la dépendance à la cocaïne, qui touche des milliers de personnes au Canada.C'est donc en connaissance de cause que le Dr Didier Jutras-Aswad, médecin-psychiatre et chercheur au CHUM évalue, à l'aide d'un essai clinique, si un médicament à base de cannabidiol (CBD) pourraitaiderà traitercette Forme de toxicomanie.O Comment reconnait-on un état de manque ?C\u2019est un état qui peut avoir différents visages, dépendamment de la substance.Si on parle par exemple de l\u2019alcool ou des opiacées, cet état se caractérise par différents symptômes physiques, qu\u2019on associe aux sevrages classiques, qui causent des malaises gastro-intestinaux.Pour d\u2019autres substances comme la cocaïne, il peut y avoir moins de symptômes physiques.Les patients vont notamment plus parler des symptômes psychologiques comme la dépression, les changements d\u2019humeur, la baisse d\u2019énergie, ou les idées suicidaires s\u2019ajoutant au « craving », c\u2019est-à-dire au désir intense de consommer quasi incontrôlable.O D\u2019où vient la nécessité de mettre en place un essai clinique pour évaluer un médicament qui permet de contrôler l\u2019état de manque de cocaïne ?On sait que pour d\u2019autres substances comme les opiacées ou l\u2019alcool, nous avons des interventions psychothérapeutiques et pharmacologiques qui peuvent aider ceux qui veulent cesser ou diminuer leur consommation à reprendre le contrôle.Pour ce qui est de la cocaïne, il existe certaines interventions non pharmacologiques comme la psychothérapie et toutes les autres interventions en prévention de la rechute qui peuvent donner un coup de main à certaines personnes.Mais, malheureusement, peu de personnes répondent à ces interventions et nous n\u2019avons pas d\u2019interventions pharmacologiques qui peuvent les aider à sortir de la consommation active de cocaïne.D\u2019où l\u2019importance de pouvoir innover et de tester de nouveaux traitements qui pourraient peut-être faire partie des options de traitements que nous pourrions offrir à ceux qui en ont besoin.© Ce médicament est à base de cannabidiol et non de THC.Quelle est la différence entre ces deux composantes que l\u2019on retrouve notamment dans le cannabis ?Effectivement, dans le cannabis, on retrouve plusieurs substances différentes.Celle qui est associée aux effets désirables et parfois indésirables est le THC qui peut créer une dépendance voire des symptômes psychotiques chez certaines personnes.Dans les autres dizaines de substances, il y a aussi le cannabidiol qui est retrouvé en très faible concentration dans le cannabis, fumé ou administré comme médicament.On s\u2019entend que ce sont deux substances très différentes avec des effets distincts.Par exemple, le cannabidiol n\u2019est pas addictif en soi et ne crée pas de symptômes psychotiques.Dans cet essai clinique, nous testons donc cette dernière substance avec un plus fort dosage afin d\u2019essayer de traiter la dépendance.O Que peut-on espérer de cet essai clinique?Dépendamment des résultats obtenus, ce que l\u2019on peut espérer de ce médicament est qu\u2019il aide à diminuer l\u2019envie intense de consommer.Une envie ressentie bien souvent lorsque l\u2019on arrête de consommer de la cocaïne.Ce qui permettra donc de prévenir la rechute.De façon plus générale, on peut aussi espérer qu\u2019il s\u2019agira d\u2019une option de traitement pour les personnes qui ont une dépendance à la cocaïne, mais qui veulent diminuer ou cesser de consommer.¦ Cann&bidiûl Oral ^ !*8liQn: New Drug - Limitedh Ne:\t(68-77*f#2'8 * 1q07031G, Mfg- for însys!> Solution Üraic ^ ^ h\tSolution Orale ^îxpcrimentale - U3*®8 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2016 Le recrutement de volontaires est en cours.Cet essai est financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et le médicament est fourni par Insys Therapeutics.Principaux critères d\u2019admissibilité \u2022\tÊtre âgé entre 18 et 65 ans; \u2022\tSouffrir de trouble lié à l\u2019utilisation de la cocaïne modérée ou sévère; \u2022\tAccepter de participer à une étude clinique d\u2019une durée de 92 jours.Pour participer à cette étude Contactez Diego Arizala 514-890-8000 poste 30950 diego.arizala.chum@ssss.gouv.qc.ca PHOTO : DIANA CARIBONHPS ?\u2014¦ ' \"¦fr srKL rAHiotatf V ** '*r* # PORT Amr Arafa est le fondateur d\u2019Emer-gencyBnB, une plateforme web qui répond au même concept quAirBnB, mais qui est destinée aux personnes plus vulnérables et sur le point de se retrouver en situation d\u2019itinérance.Quelles soient réfugiées ou victimes de violences familiales, ces personnes peuvent désormais bénéficier d\u2019une plateforme pour trouver un abri.L\u2019hôte volontaire leur propose ainsi un logement le temps quelles se remettent sur pied.« Il est temps que l\u2019économie de partage soit considérée comme un moyen d\u2019aider les autres et non pas seulement comme une opportunité économique », insiste Amr Arafa.En lançant EmergencyBnb, ce dernier reste conscient du contexte électoral tendu qui règne actuellement aux Etats-Unis.« Il ne s\u2019agit pas d\u2019une action politique, mais d\u2019aider ceux qui sont dans le besoin.C\u2019est une faculté qui est dans notre instinct d\u2019humain, mais, qui a malheureusement été perdue au milieu des agendas politiques et des intérêts privés.» Selon les dernières statistiques, chaque année aux Etats-Unis, un peu plus de 70 0 00 personnes sont légalement admises en tant que réfugiées tandis que de plus en plus de femmes subissent des violences de la part de leur partenaire.[StreetSense) MEXIQUE | Disparitions douteuses ! ÉTATS-UNIS | Un AirBnB pour les plus vulnérables ROND-POINT INTERNATIONAL SERBIE | Liceulice, le journal de rue serbe crie à laide Le seul journal de rue en Serbie fait appel à la communauté internationale pour l\u2019aider à survivre.Abandonné par plusieurs de ses donateurs Liceulice craint devoir fermer ses portes après six ans d\u2019opération.Depuis 2010 le journal de rue a soutenu plus de 200 camelots, qui sont des personnes parmi les plus marginalisées en Serbie.« Nous avons fait face à des crises dans le passé, et nous nous sommes toujours relevés, mais cette fois-ci, avec le retrait de grandes fondations et de philanthropes, nous ne nous en tirerons pas sans votre aide », plaide le rédacteur en chef, Milosav Marinovi-, Liceulice (qui signifie face à face en français), dont les pages couverture et le design bien léchés ont souvent été nominés pour des prix à l\u2019INSP demande aux gens de l\u2019appuyer en le suivant sur les réseaux sociaux et en s\u2019abonnant.Le prix d\u2019un abonnement d\u2019un an pour cette revue rédigée en serbe est de 20\u20ac.Pour plus d\u2019infos : redakcija@liceulice.org et liceulice.wordpress.com [INSP) Maximiliano Gordillo, 19 ans, est porté disparu depuis le 22 août dernier.Lui et son ami, tous les deux originaires de la communauté Tzinil, ont quitté leur village pour se rendre dans la ville touristique de Playa del Carmen, située au sud-est de Quintana Roo.Ils étaient partis à la recherche d\u2019un travail.Alors qu\u2019il était à bord d\u2019un autobus, des agents de l\u2019Institut national des migrations ont arrêté Maximiliano Gordillo pensant qu\u2019il était guatémaltèque alors même que ce dernier leur avait montré ses papiers mexicains.Son ami, dont l\u2019identité a été cachée, n\u2019a pas pu intervenir en raison de la menace des agents de le faire passer pour un trafiquant de migrants.Bien que la famille Gordillo a signalé la disparition de Maximiliano, les recherches ne sont pas officialisées.Son cas est loin d\u2019être unique puisque plus de 150 personnes, originaires du Chiapas, ont disparu le long des routes mexicaines.S\u2019ajoutent à cela des milliers de migrants originaires d\u2019Amérique centrale.Selon les organisations pour aider les migrants et leurs familles, la plupart des victimes ont été contraintes par la police et d\u2019autres agents du gouvernement à intégrer des groupes criminels ou sont utilisées comme main-d\u2019œuvre.Selon la Commission nationale des droits de l\u2019homme, 21 000 enlèvements de migrants ont été répertoriés pour l\u2019année 2011.(IPS-INSP) L'Itinéraire est membre du international Network of Street Papers {Réseau International des Journaux de Rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à près de 120 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à [a vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org.International Network of Street Papers 1er octobre 2016 | ITINERAIRE.CA DOSSIER U frison La prison et le système carcéral, nous en entendons parler lors de quelques Faits divers relayés par les médias traditionnels.Au-delà des évasions spectaculaires et des grèves syndicales des agents correctionnels qui dénoncent leurs conditions de travail difficiles, rares sont ceux qui se sont attardés à comprendre ce qui se passe réellement derrière les barreaux.Surpopulation, conditions de détention, situation des Femmes, vie Familiale ou réinsertion sociale et proFessionnelle, ne sont que quelques problématiques qui concernent les détenus d'aujourd'hui.S'ils Finissent tant bien que mal par « payer » leur dette à la société, sur quelles bases peuvent-ils construire leur vie après la prison ? MOTS DE CAMELOTS PuyTMai*, 31 Garder l'espoir d'une réinsertion Une photo vaut mille mots.Voilà ce dont j\u2019avais l\u2019air à l\u2019époque, en 1994.Triste souvenir, je n\u2019entrerai pas trop dans les détails si ce n\u2019est pour dire que j\u2019avais été arrêté, puis incarcéré et forcé de faire un sevrage d\u2019héroïne à froid sans méthadone.J\u2019avais terminé mon diplôme d\u2019étude secondaire.C\u2019est de cela dont je me souviens : trois méchantes longues années.A l\u2019époque, après être passé par le Centre régional de réception à Sainte-Anne-des-Plaines, un centre qui sert de classement pour voir à quel établissement vous allez dépendre, on m\u2019avait envoyé au Leclerc à Laval pour vol dans des institutions financières.Ça s\u2019est passé cela fait très longtemps et j\u2019ai payé très cher mes erreurs.J\u2019aimerais vous faire part d\u2019une statistique qui m\u2019avait fait sursauter, qui m\u2019avait été donnée en 1994: 7 personnes sur 10 sont incarcérées au fédéral pour des crimes directement ou indirectement reliés à la drogue si on inclut l\u2019alcool comme drogue.Cela en dit beaucoup sur les ravages que les drogues font dans notre société.Je suis totalement rendu ailleurs aujourd\u2019hui et ces tristes souvenirs sont bien loin de ma réalité désormais.Il y a trois ans et demi, quand j\u2019ai atterri à L\u2019Itinéraire, j\u2019étais sur le go (cocaïne) mais j\u2019achetais des revues puis j\u2019allais les vendre, et cela 7^ GUY THIBAULT CAMELOT AVENUE MONT-ROYAL m\u2019a gardé libre.J\u2019étais sans domicile fixe, ça a duré 15 mois, mais il n\u2019était pas question de retourner 20 ans en arrière.J\u2019avais aussi entamé des démarches pour me sortir de la misère en allant au Centre de réadaptation en dépendance de Montréal.J\u2019en viens à la conclusion que la réinsertion et la prise en charge de moi-même par moi-même ont été très avantageuses et gratifiantes.Bref, j\u2019ai expérimenté prison et réinsertion.J\u2019aurais juste le goût de dire que les deux sont nécessaires.Dans notre société, je privilégierais la réduction des méfaits et promouvrais le communautaire et la réinsertion qui, à mon avis, sont beaucoup plus avantageux et responsables comme choix de société.Et à tous ceux qui travaillent à aider les gens à l\u2019intérieur comme à l\u2019extérieur des murs, je dirais de ne jamais perdre espoir car tout le monde a le potentiel de s\u2019en sortir ; c\u2019est juste que des fois, les gens ont de la difficulté à se trouver des motivations.Moi, je crois beaucoup au potentiel immense que nous avons chacun en nous.Il s\u2019agit juste de le ressentir et de s\u2019écouter.Aujourd\u2019hui, j\u2019aide de façon bénévole mes pairs et je peux ainsi redonner au suivant, par mon statut de représentant des camelots.L\u2019Itinéraire est une excellente ressource pour pouvoir aider les personnes judiciarisées.J\u2019en connais beaucoup qui ont bénéficié des services de L\u2019Itinéraire et qui sont maintenant vraiment réinsérées.J\u2019en connais aussi qui ont gardé des valeurs criminelles mais celles-là ne restent pas : elles finissent toujours par partir ou par se faire mettre dehors car à L\u2019Itinéraire comme partout ailleurs, il y a des règles et un code de vie qui se résument en gros au bon sens.f k Life in prison When I was around 21 years old, I spent some time in prison.For a year, I sold hashish in a bar in the West Island and I got caught.It was a very tough bar at the time, there were motorcycle gangs who used to go there.I was in prison for two years and life behind bars could be pretty violent.We\u2019ve all seen the movies and everything, but, as far as I\u2019m concerned, I think movies don\u2019t tell the true story.I stayed in the hospital after my stay in prison and I struggled with a lot of mental difficulties.I received a shock treatment to forget everything about the prison.In those days, they actually gave quite a few people the shock treatments after their stay.I personally don\u2019t remember a thing about prison nor the hospital treatment.I believe I was treated with shocks because of how violent I had become due to the prison environment.Later on, I got picked up for drinking and I spent 4-5 days in prison.That time, on the inside, it wasn\u2019t too bad.We had three meals a day, we spent time out of the cell three quarters of the day and we could watch TV and had people to talk to.However, it was a locked atmosphere, so it wasn\u2019t a bowl of cherries.There were people watching over your every move so it could be pretty bad.You couldn\u2019t go watch a movie, walk in the streets or go to McDonald\u2019s.In prison, you can\u2019t enjoy life.Some people feel better in prison than outside of it.They feel that it is their home.Maybe they\u2019ve been institutionalized for so long that they don\u2019t know anything else anymore.Also, you can work in prison, for example, in the kitchen.Some people are able to find jobs in prison.There are work programs available for them after having been incarcerated.It\u2019s not just work, but other services too, such as art programs.I went to Saint-James United church art program.They have an art class for people who have been institutionalized and it works! All in all, I think prison changes you.You\u2019re looking at the dark side of things, you\u2019re not free really and you\u2019re locked up inside walls with other criminals.So it\u2019s you that has to make the decision to change your life for the better.11 w octqbre 2016 | ITINERAIRE.CA DANIEL GRADY\t1/ CAMELOT DE GAUCHETIÈRE/ MANSFIELD ET DES PINS/ SAINT-LAURENT WW k.Vi-'i m m % v VMM ï .Ww; L'école du crime TEMOIGNAGE PAR GAETAN PRINCE CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE AV J'ai commencé trop tôtà Faire de la prison.Alors que j'avais 15 ans et demi, je devais aller dans un centre de prison juvénile, mais il n'y avait pas de place pour moi.Je me suis Finalement retrouvé en prison avec les majeurs.J'ai le sentiment que le système a commis une erreur en me mettant là.C'était, à mes yeux, une sorte d\u2019école du crime.Tout jeune, au milieu des plus grands criminels du Québec j\u2019étais curieux, je posais plusieurs questions : « Qu\u2019est-ce que tu as fait ?Comment tu as fait ça ?».J\u2019enregistrais tout ce qu\u2019on me disait, et mon état d\u2019esprit ne faisait qu\u2019empirer.Quand je suis sorti de prison, j\u2019avais la mentalité de quelqu\u2019un de 25 ans, alors que j\u2019avais à peine plus de 15 ans.J\u2019ai été dirigé vers une école de réforme pour les jeunes délinquants jusqu\u2019à ma majorité.La majorité était alors fixée à 21 ans, mais en 1975, la loi a changé et on devenait majeur à 18 ans.Le lendemain du jour où la loi a été adoptée, on m\u2019a ainsi renvoyé à l\u2019extérieur, sans préparation.Je me sentais comme une bombe, plus rien ne m\u2019impressionnait et j\u2019étais prêt à tout.De 21 ans à environ 35 ans, j\u2019ai fait 8 à 10 ans de prison, en plusieurs étapes.C\u2019était constamment in et out.A cette époque, il n\u2019y avait aucun programme de réinsertion sociale au provincial.A chaque fois que je sortais, je n\u2019avais aucune ressource.J\u2019étais calme pendant un moment, mais je finissais toujours par retomber dans mes vieilles habitudes.Quand on rentre en prison, la première personne qu\u2019on rencontre, c\u2019est un médecin.Il nous administre rapidement des pilules : une pour dormir, une pour se calmer, etc.Il ne nous diagnostique pas.J\u2019étais toxicomane avant d\u2019aller en prison.J\u2019allais voir régulièrement le médecin pour faire augmenter ma dose.Les médicaments, ça devient notre drogue.Quand je suis ressorti, je ne dormais plus, j\u2019étais stressé.En sortant, avec le manque de médicaments, on retombe dans la drogue.« En prison, je me sentais comme à l'extérieur » La dernière fois que j\u2019ai été en prison, c\u2019était en 2008, pour trafic de stupéfiants.J\u2019ai trouvé cette fois-là un peu plus dure, je me sentais vieux.La mentalité avait beaucoup changé à l\u2019intérieur.Les gangs de rue étaient regroupés pour éviter les situations conflictuelles.Sur place, on joue beaucoup avec notre réputation.Tout le monde me connaissait alors je n\u2019ai pas eu de problème.Mais j\u2019étais devenu le vieux au milieu des jeunes, je n\u2019étais plus capable d\u2019endurer ça.J\u2019ai connu beaucoup de criminels qui sont devenus, en quelque sorte, mes chums.Finalement, je me retrouvais avec les mêmes connexions que j\u2019avais dans le milieu de la drogue.J\u2019étais en prison, mais je me sentais comme à l\u2019extérieur.On planifiait déjà des plans pour notre sortie.Trente jours avant la fin de ma peine, en 2009, j\u2019ai demandé à voir un spécialiste pour m\u2019aider à préparer ma sortie.Autrement, on ne nous propose aucune aide et on ne sait pas où on va se retrouver.On ne nous aide pas à sortir de notre milieu, à se trouver un endroit où aller vivre.Avant d\u2019aller en prison en 2008, j\u2019ai été victime de plusieurs tentatives de meurtre.Dans cette guerre de territoires, je savais qu\u2019il y avait plusieurs personnes qu\u2019il ne fallait pas que je recroise.Je devais donc décider rapidement quoi faire de ma vie, si je ne voulais pas continuer dans la voie du crime.« Une fois dehors, on est livrés à soi-même » Qu\u2019on ait un plan de sortie ou pas, on doit partir quand même.En 2009, ils sentaient que je commençais à être anxieux alors je n\u2019avais pas de place où aller, et ils me redonnaient encore des médicaments pour l\u2019anxiété.Quand j\u2019ai mentionné que je voulais vivre à Montréal pour changer de milieu, ils m\u2019ont donné une liste d\u2019endroits où je pouvais aller qui m\u2019offraient seulement cinq jours d\u2019hébergement.Ça n\u2019a rien de permanent, je n\u2019appelle pas ça de la réinsertion sociale.Une fois dehors, on est livré à soi-même.La première année à Montréal a été vraiment difficile pour moi.Le monde n\u2019a pas la même mentalité qu\u2019en région, les gens ne se parlent pas beaucoup, sont stressés, pressés.Je me sentais isolé car le rythme de vie est très différent.Je n\u2019étais pas habitué aux bruits autour de moi.En région, quand j\u2019entendais un bruit, ça voulait dire qu\u2019il se passait quelque chose.Ici, j\u2019étais constamment en alerte.Mon frère m\u2019a ensuite proposé d\u2019aller vendre le magazine L\u2019Itinéraire.C\u2019est vraiment ce qui m\u2019a aidé à m\u2019intégrer.J\u2019ai vu une autre facette de Montréal.Autour de moi aujourd\u2019hui, je vois des gens souriants, qui me disent bonjour.Je n\u2019ai pas l\u2019impression de travailler, je m\u2019en vais plutôt m\u2019amuser.Ce qui me tient debout, c\u2019est ce contact social.¦ 12 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2016 Un système carcéral sous asphyxie PAR ALEXANDRA GUELLIL Paradoxe quelque peu déconcertant : depuis plus d'une dizaine d'années, le taux de criminalité est en baisse au pays alors même que la population carcérale augmente.C\u2019est un fait, les prisons du Québec sont pleines à craquer.Pour exemple, l\u2019Etablissement de détention de Québec où, selon les chiffres du ministère de la Sécurité publique (MSP), le taux d\u2019occupation était de 113 % en 2011-2012.Et, quand ce n\u2019est pas le taux d\u2019occupation qui gonfle, c\u2019est le nombre de transferts qui devient impressionnant.Pendant la même période, 3 638 détenus de l\u2019Etablissement de détention de Québec ont été transférés vers une autre prison de la province.Il est possible d\u2019expliquer cette surpopulation en comprenant le phénomène de la détention provisoire.Selon les tendances de son utilisation au Canada qui ont été collectées par Statistique Canada, « au cours de la dernière décennie, la composition de la population correctionnelle du Canada a changé surtout en raison d\u2019une hausse du nombre d\u2019adultes admis en détention provisoire ».Ce type de détention temporaire place l\u2019individu en attente de son procès ou de sa sentence avant qu\u2019il ne commence à purger une peine d\u2019emprisonnement.Il s\u2019agit d\u2019une détention jugée nécessaire « pour veiller à la protection, à la sécurité du public ou pour maintenir la confiance du public envers l\u2019administration de la justice ».L\u2019augmentation du nombre de personnes détenues a de nombreuses répercussions sur le fonctionnement des services correctionnels.Selon les dernières statistiques, plus de la moitié des personnes derrière les barreaux (58 %) sont en détention provisoire.« Ils ne sont donc pas détenus, mais prévenus », explique le futur directeur général de l\u2019Association des services de réhabilitation sociale du Québec (ASRSQ), David Henry.« Ils sont en attente d\u2019un procès, donc jusqu\u2019à preuve du contraire et selon la loi, ils sont encore innocents ».ü^6SÏftâs ce!JLui£s's'\\ /W \\Ajifc.suiie u\\c?J V « Le précédent gouvernement a durci le système de justice pénale en créant de nouvelles infractions.Et ces peines minimales ont évidemment eu un impact sur les prisons provinciales », vulgarise David Henry.Effets de la loi C-10 Depuis l\u2019entrée en vigueur des peines minimales obligatoires (loi C-10), adoptées par le gouvernement Harper en 2012, la population carcérale a augmenté de 10 %.Ceci alors que le nombre de personnes incarcérées dans un établissement de détention québécois pour une peine discontinue a bondi de 63 % en à peine trois ans.La loi C-10 regroupe neuf projets de loi couvrant différents aspects relevant du Code criminel.L\u2019énoncé prévoyait notamment l\u2019imposition de peines minimales pour certaines infractions limitant ainsi le recours aux peines avec sursis et rendant, de facto, plus sévère la justice pénale pour les adolescents.Le projet de loi a été adopté à majorité bien que 129 députés s\u2019y soient opposés.Plus longtemps en prison L\u2019autre élément qui pourrait aider à comprendre la surpopulation dans les prisons est la baisse d\u2019année en année du taux de libération conditionnelle.Les demandes accordées par les Commissions provinciales des libérations conditionnelles du Québec sont passées de 45,6 % en 2008-2009 contre 52,1 % en 2006-2007.L\u2019absence de récidive comprend à la fois les taux de succès et le non-respect des conditions de la sortie conditionnelle.Par exemple, si l\u2019individu n\u2019a pas le droit de se trouver dans un lieu où l\u2019on sert de l\u2019alcool et qu\u2019il est aperçu sur un de ces lieux sans toutefois consommer, selon la loi, il ne respecte pas sa condition de » 1er octobre 2016 | ITINERAIRE.CA 13 remise en liberté.« Il faut comprendre que quelqu'un peut obtenir une libération conditionnelle au tiers de sa sentence et ainsi purger le reste dans sa communauté, tout en restant sous surveillance et en respectant certains critères.Cela signifie que les individus restent plus longtemps en prison, ce qui contribue évidemment à l\u2019accroissement de la population carcérale », explique David Henry.Précisons que très peu de personnes obtiennent une permission de sortir.Selon les chiffres collectés par l\u2019organisme Alter Justice, en 2014-2015, « 97,6 % des personnes libérées au tiers de leur sentence (libération conditionnelle) n\u2019ont pas récidivé.Pour cette même année, 99,7 % des personnes qui ont obtenu une permission de sortir préparatoire à la libération conditionnelle (à partir du 1/6e de la sentence) n\u2019ont pas récidivé ».Et le rapport annuel de 2014-2015 de la Commission québécoise des libérations conditionnelles (CQLC), va d\u2019ailleurs en ce sens : « Parmi les 997 personnes contrevenantes ayant bénéficié d\u2019une libération conditionnelle, 974 n\u2019ont pas récidivé pendant la durée de cette mesure ».« Deux ans moins un jour » C\u2019est avec le Code criminel que l\u2019on détermine si la personne condamnée pour une infraction fédérale doit purger sa peine dans un pénitencier ou dans un établissement de détention en fixant la règle du « deux ans moins un jour ».Une personne condamnée à une peine d\u2019emprisonnement de deux ans moins un jour ou à plusieurs peines d\u2019emprisonnement dont la durée totale est inférieure à deux ans au moment de leur imposition purge sa peine dans un établissement de détention du Québec, communément appelé « prison provinciale ».Si cette personne est condamnée à une peine d\u2019emprisonnement de deux ans ou plus ou à plusieurs peines d\u2019emprisonnement dont la durée totale est de deux ans ou plus au moment de leur imposition, elle purge sa peine dans un pénitencier, communément appelé « prison fédérale » sous l\u2019autorité du Service correctionnel du Canada.' \u2022s- ¦ *3* acadewy* Au Québec, ce sont les Services correctionnels qui ont la garde des personnes prévenues.Ces dernières sont incarcérées temporairement dans l\u2019attente de leur procès ou du prononcé de leur sentence.+4+4- -444+\t++H\t++H\t-W4-+\t-HH\t444-1- ++44-\t444+-\t+444-\t+444-\t444+\t+444-\t4+44- 1+44.44+4-\t+++4\t++44\t44++-\t++44 \u2018 :\t++++\t4+4+\t-H++\t-HH\t1+44 -44++ -444 +4+4\t4+44-\t4++4\t+444-\tH+-+\t44+4 +444- -H++\tT+++\t+++4\t++44\t++H\t+444- Les services correctionnels au Québec Le partage des compétences fédérales et provinciales est en vigueur depuis 1867, date de l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord britannique.Le Parlement fédéral détient ainsi l\u2019autorité législative exclusive sur le droit criminel.Cela inclut le pouvoir « de créer un crime, l'assortir à une peine et régir le déroulement de l'exécution de la peine ».Les provinces peuvent déterminer une peine uniquement à l\u2019égard des lois provinciales.Ainsi, c\u2019est au Parlement fédéral d\u2019entretenir et d\u2019administrer les pénitenciers alors que les provinces ont pleine compétence sur les prisons publiques (établissements de détention) et les maisons de correction.14 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2016 Conditions de détention Eric Belisle, coordonnateur de l\u2019organisme Alter Justice, pense pour sa part qu\u2019il existe « énormément de problèmes qui durent depuis trop longtemps.Mais les conditions de détention dans les services correctionnels québécois n\u2019intéressent que très peu.Ce qui permet de les balayer sous le tapis et de ne pas intervenir ».Avant de préciser que « les mythes et les préjugés sur les conditions de détention sont nombreux ».Pour étayer son raisonnement, M.Belisle prend l\u2019exemple d\u2019une personne accusée de conduite avec facultés affaiblies et propose de réfléchir aux moyens de s\u2019attaquer aux facteurs qui l\u2019ont amenée en détention.« Cela se pourrait, par exemple, que cette personne ait des problèmes de dépendance à l'alcool.Si on ne fait rien pour l\u2019aider, cela se pourrait qu'elle récidive et qu'elle retourne vite en dedans », alerte-t-il.Manque de ressources, agents correctionnels débordés, retard dans les évaluations des personnes incarcérées, permissions de sorties retardées, etc.Ce « cercle vicieux » oblige, sans doute, à se questionner sur le rôle de la prison.¦ PHOTO : COURTOISIE Criminalité et population carcérale % Au début de l'année 2015, Statistique Canada a dévoilé que le taux de crimes déclarés par la police est descendu à son plus bas niveau depuis 1969.^ Si les chiffres révèlent qu'il y a moins de criminalité, le nombre de détenus sous responsabilité fédérale a augmenté de 17,5 % entre 2005 et 2014.Ainsi, « au cours de la même période, la proportion de détenus autochtones a crû de 47,4 % et la proportion de détenus de race noire, de plus de 80 %.» ^ Selon l'organisation non gouvernementale John Howard Society, 55 % des détenus sont en fait des prévenus, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas encore été jugés, donc présumés innocents.^ 4,2 millions de Canadiens, 700 à 800 000 Québécois ont un casier judiciaire.Sources : Rapport de l\u2019enquêteur correctionnel du Canada, 2015 / GRC / Sécurité publique Canada, Sécurité publique Québec Logement, santé et décès ^ La majorité des détenus avaient un domicile au moment de leur incarcération et consommaient de la drogue tous les jours.Les problèmes de dépendance à l'alcool et aux drogues sont fréquents parmi la clientèle correctionnelle.^ 63,9 % des détenus ont reçu un diagnostic de problème d'ordre émotionnel ou psychologique.En 2011, la Protectrice du citoyen a dénoncé le fait que les établissements de détention n'étaient pas adaptés pour cette clientèle de plus en plus importante.^ Entre 2001-2002 et 2010-2011, le taux de suicide était d'environ 70 suicides pour 100 000 personnes chez les détenus sous responsabilité fédérale et d'environ 43 pour 100 000 chez les détenus sous responsabilité provinciale.^ Sur la même période, 5,5 % des décès de détenus sous responsabilité fédérale et 1,5 % des décès de détenus sous responsabilité provinciale étaient dus à des homicides.Sources : Sécurité publique Canada / Sécurité publique Québec / Alter Justice Coût de la détention ^ Exception faite du Yukon et du Nunavut, les dépenses relatives aux services correctionnels pour adultes, comprenant aussi les salaires et les coûts d'exploitation, ont atteint 4,1 milliards de dollars en 2010-2011.^ En 2015, au Canada, les dépenses liées aux services correctionnels atteignaient 4 790 239 551 $, soit un coût par habitant de 132,49$.% Le coût d'incarcération comprend tout le budget de fonctionnement des Services correctionnels, dont une grande partie comprend évidemment les salaires du personnel.Il ne s'agit pas forcément du montant nécessaire pour couvrir les besoins de la personne incarcérée, mais plus ce qu'il en coûte pour assurer sa garde en détention.^ Selon l'organisme à but non lucratif Alter Justice, « il en coûte en moyenne environ 4,65 $ par jour pour les repas d'une personne incarcérée dans les prisons québécoises et 5,03 $ par jour au fédéral.En comparaison, ces coûts sont de 6,26 $ pour un patient en hôpital et 6,32 $ en CHSLD ».Sources : Sécurité publique Canada, Sécurité publique Québec, Alter Justice Le susrëme carc&ai en dffres Depuis quelques années, on assiste à une augmentation importante des dépenses liées aux services correctionnels au Canada.Si le taux de criminalité est en baisse, la population carcérale ne cesse d\u2019augmenter.Voici quelques faits saillants sur notre système carcéral.- Données compilées par Alexandra Guellil Population correctionnelle du Québec ^ Selon les données de 2012-2013, 94,6 % des détenus sont des hommes.19,4 % ont entre 18 et 24 ans.Et ils sont à 80,5 % de religion catholique.La majorité des personnes incarcérées dans les prisons québécoises le sont pour des infractions contre la propriété, majoritairement le vol (11 %) et les introductions par effraction (8 %).Environ 16 % des personnes incarcérées le sont pour une infraction contre la personne, dont la grande majorité pour des voies de fait (11 %).^ Seule une faible proportion de la clientèle correctionnelle est née à l'extérieur du Canada et pour la grande majorité de ces personnes (86 %), elles habitent le Canada depuis au moins cinq ans.En 2007-2008,1,2 % des personnes incarcérées dans les prisons québécoises n'étaient pas citoyens canadiens.^ Les Autochtones sont surreprésentés dans les établissements de détention.Ils constituaient 4,3 % de la population carcérale présente dans les prisons québécoises en 2007-2008, alors qu'ils ne représentaient que 1,2 % de la population totale du Québec à cette même période.^ La majorité des détenus ont des enfants (55,1 %) et entretiennent une relation conjugale (61 %).Un peu plus de 60 % d'entre eux ont décroché de l'école et 65,4 % n'ont aucun diplôme.Très peu d'entre eux travaillaient au moment de leur incarcération (44,6 %).Source : Profil correctionnel 2007-2008 : la population correctionnelle du Québec / Sécurité publique Québec / Alterjustice 1er octobre 2016 | ITINERAIRE.CA 15 L'incarcération et ses conséquences Soutenir les détenus et leurs proches PAR ALEXANDRA CUELLIL « j\u2019ai purgé 17 ans de pénitencier, une sentence à vie.J\u2019ai assassiné le conjoint de ma mère qui était violent », dit Daniel Benson.L\u2019homme qui a fait les manchettes dans les années 1980 avoue sans mâcher ses mots son crime.Serein et calme, il semble aujourd\u2019hui avoir repris le contrôle de sa vie et souhaite partager la réalité des personnes incarcérées comme celle de leurs proches.« On ne pense que très rarement aux proches et aux familles des détenus, mais c\u2019est essentiel d\u2019en parler », pense-t-il.Sa sentence à perpétuité a été prononcée en 1982, alors qu\u2019il n\u2019avait que 18 ans.L\u2019emprisonnement à perpétuité est la peine la plus importante du Code criminel et est prononcé suite à « une trahison, un meurtre au premier degré ou une récidive en matière de meurtre ».Un minimum de 25 ans de peine est nécessaire avant de pouvoir bénéficier d\u2019une libération conditionnelle.Et, même libérées, ces personnes restent sous le contrôle de la Commission des libérations conditionnelles jusqu a la fin de leur vie.système actuel qu\u2019il considère comme seulement punitif et ne croyant que très peu en la volonté gouvernementale de réhabiliter les détenus.« En voyant ma mère se faire battre par son conjoint pendant plusieurs années, illustre-t-il, je suis devenu aussi une victime de ce crime, car témoin de toute cette violence.Pourtant, pendant toutes mes années d\u2019incarcération et depuis que je suis sorti de prison, personne n\u2019a abordé ma victimisation ».Ce dont il parle, c\u2019est d\u2019une responsabilité « sociale » qui devrait être assumée par la société à l\u2019égard des enfants qui sont victimes de violence.« Comprendre le crime ne veut pas dire forcément qu\u2019on l\u2019excuse, mais qu\u2019on est conscient que certaines personnes auraient pu prendre un chemin différent si elles avaient été aidées à temps.» La prison laisse de nombreuses séquelles psychologiques, tant pour les personnes incarcérées que pour leurs proches.Que ce soit pendant ou après la peine, l'une des premières difficultés, héritée de la pression sociale, est d'aller au-delà du crime commis et de considérer le détenu, mais aussi ses proches, comme des individus à part entière.Au-delà du crime Pendant qu\u2019il était en prison, dans les années où « beaucoup de choses violentes se passaient », Daniel Benson a complété un baccalauréat avec majeure en théologie.A sa sortie, il est devenu représentant publicitaire avant d\u2019être recruté en tant qu\u2019intervenant pour Option vie, un service qui vient en aide principalement aux délinquants qui ont purgé de longues sentences.« j'ai travaillé chez les hommes, chez les femmes, avec des personnes qui avaient des problèmes de santé mentale.Pendant une dizaine d\u2019années, j\u2019ai aussi travaillé avec des femmes qui, pour la grosse majorité avaient tué un conjoint agresseur.» Une situation qu\u2019il dit difficile pour les enfants avec qui elles vivent des relations conflictuelles en raison des reproches.« Des fois, le père pouvait être violent avec la mère sans l\u2019être avec les enfants », ajoute-t-il.« C\u2019esf sûr que lorsqu'un crime est commis, il faut qu'il y ait une punition parce que cela fait partie de nos règles sociales.Mais, la question fondamentale qu\u2019il faut se poser est de savoir si la prison est réellement la solution à tous les problèmes », interroge Daniel Benson en décrivant le Familles suspectes Cette aide sociale devrait, selon lui, être aussi mise en place pour les familles et proches des détenus.Aujourd\u2019hui persuadé que sa mère n\u2019avait jamais fait le choix de quitter son conjoint violent, Daniel Benson se dit que cette dernière a dû vivre avec sa décision à lui de mettre un terme à la vie de son beau-père.« Elle a toujours été là et m'a toujours soutenu durant mes années d\u2019incarcération.Vous savez, quand des familles vont visiter des personnes en prison, elles sont considérées comme des suspects, car fouillées, scrutées et jugées elles aussi coupables.» Il se souvient d\u2019une visite de sa grand-mère qui était venue le voir durant ses premières années d\u2019incarcération.« Ils l'ont fouillée et l'ont déshabillée, j'ai trouvé cela abominable de faire cela à une femme de cet âge-là! ».Bien que ces fouilles soient justifiées par le risque de contrebande, l\u2019intervenant rappelle que c\u2019est juste un exemple qui révèle à quel point les familles sont exclues de l\u2019ensemble de la procédure.16 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2016 ÎSSWv Vingt-six ans après la création de Souverains anonymes, une émission de radio consacrée aux détenus de la prison de Bordeaux, Mohamed Lotfi revient sur l\u2019importance de mettre à leur disposition des outils de création, de communication, d\u2019éducation.Le dernier projet baptisé La vie devant soi a pour but de les amener à parler de l\u2019avenir.« Lhvenir, c'est la chose la plus importante pour un détenu.C'est ce qui lui appartient totalement.Et pour cela, il faut qu'il l\u2019envisage, se projette, qu'il le prépare.Le but du projet est qu'ils en parlent.» Le journaliste et réalisateur de l\u2019émission les aide à trouver les mots qui bien souvent manquent.« A force de projeter leur avenir, ils finissent par croire en leurs projets et en leurs rêves.A force dên parler, ils deviennent plus confiants ».Des « Souverains », comme ils les appellent, Mohamed Lotfi en croise encore aujourd\u2019hui.« Détenues ou pas, certaines personnes passent à côté de leurs rêves.Souvent, elles n'y croient plus elles-mêmes et la seule façon pour elles d'y croire est dên parler », ajoute-t-il avant de rappeler que peu de personnes s\u2019intéressent réellement à ce qu se passe derrière les murs de la prison.En savoir plus : souverains.qcca « Les familles sont à tel point mises à l\u2019écart que parfois, certains apprennent la mort de leur proche en recevant ses cendres par la poste ! C\u2019est horrible ! », ajoute Daniel Benson, en faisant allusion à l\u2019affaire de Martin Pinkus, un ex-détenu d\u2019une prison de l\u2019Alberta.Pour rappel des faits, alors qu\u2019en août dernier, le Service correctionnel du Canada était fiché pour son manque de transparence et de compassion envers les familles de détenus morts dans un établissement carcéral, un homme a affirmé aux médias avoir appris la mort de son frère en recevant un colis contenant ses cendres sans avoir aucune autre indication, exception faite qu\u2019il s\u2019agirait d\u2019un suicide.Séquelles psychologiques et sociales Pour la psychologue Isabelle Crouzet, les conséquences de la détention peuvent être multiples à la fois pour les détenus, mais aussi pour leurs familles.Pour ces dernières, la première difficulté est de « vivre dans la honte et le secret.Dépendamment des milieux sociaux, évidemment, mais d\u2019un point de vue général, on n\u2019aime jamais dire que l'on a un fils ou un conjoint en prison.C'est souvent une information cachée qui mène à la culpabilité.» La psychologue explique ainsi que certains parents, quand il s\u2019agit d\u2019un enfant incarcéré, vont se demander ce qu\u2019ils ont « raté » dans l\u2019éducation de ce dernier tout en se questionnant sur ce qu\u2019ils n\u2019ont pas vu avant qu\u2019il ne commette le crime.« Le parent capte ainsi qu\u2019il y a un problème.C\u2019est tout un questionnement qui commence et qui remet en question la responsabilité parentale ».Au niveau des conjoints incarcérés, c\u2019est plus un sentiment de honte qui prendrait le dessus.« Que va penser mon entourage ?Comment puis-je en parler à nos enfants ?Voilà quelques questions que certains conjoints vont se poser », ajoute Isabelle Crouzet.« Il existe un moyen d\u2019expliquer la situation à un enfant par exemple, en trouvant les mots appropriés en fonction de son âge.Il s'agit juste d\u2019informer mieux les proches, de les déculpabiliser, de les rassurer et de leur expliquer qu\u2019ils n\u2019ont pas à porter le crime ou la honte et que s\u2019ils aiment cette personne, ils doivent rester proche d'elle parce que c\u2019est important.» La psychologue termine en décrivant les regards fuyants et l\u2019attitude hésitante de certains proches qui vont visiter des détenus.« Il m'est arrivé de voir certaines mères dans les salles de visite, ne sachant pas trop comment être et regardant le sol ou ailleurs.Et je leur disais souvent, en souriant, que si elles étaient là, c\u2019est qu\u2019elles étaient déjà de bonnes mamans ! » ¦ Rêves marginalisés en ondes iDaniel Benson] % V PHOTO: ALEXANDRA GUELLIL £T Lk^! 10 V GULaiS ET LWGyn Pas uw spa Femmes criminalisées et judiciarisées Choisir de s'en sortir PAR ALEXANDRA GUELLIL Un peu hésitante, Brigitte, 55 ans, se questionne sur ce qu'elle doit dire et ce qu'elle doit taire.C'est que raconter ouvertement un passé lié à la prison et à la consommation est loin d'être évident.Si elle a accepté de livrer un tel témoignage, c'est avant tout pour sentir qu'elle avance malgré tout.Native de Drummondville, Brigitte s\u2019est installée à Montréal quand elle avait 27 ans.« j\u2019ai été itinérante quasiment vingt ans de temps.C\u2019était à cause de la toxicomanie, je suis tombée dans le crack suite à plusieurs événements.» Issue d\u2019une famille qu\u2019elle qualifie de « dysfonctionnelle » à cause de l\u2019alcoolisme de son père et d\u2019une mère « insécure », elle a subi les conséquences de leur divorce alors qu\u2019elle n\u2019avait que quatre ans.« j\u2019étais laissée à moi-même quand j\u2019étais jeune.Mes soeurs sont parties tôt de la maison parce que ce n\u2019était pas un cadeau, j\u2019ai touché à ma première bière vers 10 ou 11 ans.Et je fumais aussi.» De fil en aiguille, elle avoue qu\u2019elle en est à sa troisième fois à la Société Elizabeth Fry du Québec, un organisme ayant comme mission de venir en aide aux femmes qui doivent faire face à la justice pénale et qui sont déterminées à s\u2019en sortir bien qu\u2019incapables d\u2019y parvenir seules.« Aujourd\u2019hui, je sais que c\u2019est vraiment mon dernier séjour ici ! j\u2019ai fait du in ef out d Tanguay et même à Leclerc pour vol à l'étalage, je volais toutes sortes de choses dans les magasins.Ce qu\u2019on me commandait, j\u2019étais capable de l\u2019avoir pour payer ma consommation.» De Tanguay à Leclerc Lorsqu\u2019elle a été condamnée pour la première fois, Brigitte n\u2019avait que 20 ans.« j\u2019ai pogné un mois ou deux, je me souviens la première fois que je suis arrivée à Tanguay, c\u2019était encore le fédéral qui gérait la prison, j\u2019ai eu peur.C\u2019était ma première fois, je pleurais ma mère ! Même les murs sont bizarres, comme s\u2019il y avait eu beaucoup de suicides ou des choses pas correctes », confie-t-elle en rappelant qu\u2019à cette époque, elle ne se retrouvait pas dans la société.« je crois que c\u2019était à cause de cela que je consommais, de ce manque de communication dans la société d'aujourd'hui.» En octobre 2013, à sa sortie de la Maison Tanguay, où étaient détenues des femmes, elle allait bien jusqu\u2019à rechuter et retomber dans la consommation.« Comme j\u2019ai eu beaucoup de récidives, cela a été difficile de venir ici.Mais je ne voulais pas rester à Leclerc parce que c\u2019était l\u2019enfer! Le médical, ça ne fonctionnait pas bien.On dirait que personne n\u2019était préparé à avoir des femmes là.» Brigitte confie que lorsqu\u2019elle est arrivée en détention à la prison Leclerc, elle faisait une pneumonie, n\u2019ayant pas accès à des soins médicaux, elle même dit avoir été enfermée dans une cellule bien plus froide.Quant à ses relations avec les autres détenues, elles n\u2019ont pas été toujours faciles.« Faut comprendre que les filles entre elles sont bitch.C\u2019est la loi du plus fort », ajoute-t-elle en se rappelant de la fois où elle a été enfermée dans sa cellule « pour un rien, par jalousie, par méchanceté ».D\u2019autres réalités Ces conditions de détentions sont liées à la fermeture, en 2015, de la Maison Tanguay puisque les femmes détenues ont été transférées vers l\u2019Etablissement de détention Leclerc qui a une capacité d\u2019accueil de 330 détenus avec 250 places pour les femmes.Si elles ne représentent en moyenne que 10 % de la population carcérale, les femmes vivent des réalités quelque peu différentes de celles des hommes incarcérés.Ruth Gagnon, directrice générale de la Société Elizabeth Fry du Québec, constate que ce pourcentage est en augmentation.« // y a une croissance carcérale de la clientèle féminine, que ce soit au niveau provincial ou fédéral.Et ce constat est le même dans la plupart des pays industrialisés ».Pour expliquer cette augmentation, Mme Gagnon relève plusieurs facteurs liés notamment à la pauvreté des femmes et aux inégalités 18 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2016 PHOTO : ALEXANDRA GUELLIL sociales.« Les femmes, devenues plus actives dans la sphère sociale, elles ont de plus en plus de responsabilités et sont donc exposées à des situations qui pourraient les amener à prendre des décisions qui ne sont pas forcément légales ».Ces gestes sont statistiquement souvent en lien avec une criminalité dite économique, comme les vols ou les fraudes.Si brosser le portrait de ces femmes semble complexe, certains éléments ressortent, comme le faible revenu et la faible scolarité.Quant aux origines ethniques, force est de constater que la ligne nést pas aussi bien tracée qu\u2019aux Etats-Unis par exemple.« Si on regarde en Ontario, on se rendra compte qu\u2019il y a une surreprésentation des femmes noires tandis que dans l\u2019ouest du Canada, il s'agit surtout de femmes autochtones.Au Québec, le groupe le plus présent est blanc, a entre 30 et 45 ans, est souvent monoparental, a un faible niveau de scolarité et a une expérience de la maternité », appuie Mme Gagnon.Système adapté ?Ruth Gagnon interpelle aussi sur le fait que le système carcéral et le système pénal semblent avoir été construits en fonction de la majorité, soit les hommes.Leurs besoins sont donc autres surtout en termes d\u2019infrastructures.« Ce ne sont pas des infrastructures adaptées aux besoins des femmes, bien que certains établissements se soient améliorés depuis les années 90.Par exemple, les femmes sont plus autonomes, n\u2019ont pas forcément besoin de vivre dans une cellule.Mais, au provincial, le seul établissement qui avait été pensé pour les besoins des femmes, même si elle était traditionnelle, c\u2019était la Maison Tanguay.» Quant à leurs besoins particuliers pendant leur incarcération, ils sont surtout liés à l\u2019architecture et à l\u2019environnement carcéral jugés parfois inadaptés par Ruth Gagnon.« Quand tu entres dans un établissement aussi sécuritaire, cèst un choc.Les femmes ont besoin d\u2019un environnement qui leur permet de retrouver leur autonomie, de se reconstruire, et de retourner dans la communauté.» Même son de cloche du côté de Sarina Ferrari, conseillère clinique à la Maison Thérèse-Casgrain qui estime que les besoins des femmes incarcérées sont aussi liés au besoin « de se retrouver avec elles-mêmes, en tant que mères, que femmes, qu\u2019individus dans un milieu encadrant et encadré.» Besoin de se reconstruire Brigitte est finalement sortie de la prison Leclerc le 30 mai dernier pour entamer sa transition à la Société Elizabeth Fry du Québec.Elle ne nie pas l\u2019importance de la foi qui a permis de supporter ses années d\u2019incarcération, notamment grâce à l\u2019écoute de Sœur Marguerite, « qui écoute beaucoup les filles en détention depuis de nombreuses années ».Les larmes lui montent aux yeux quand elle se souvient de tout ce qu\u2019elle a pu voir en prison.« Il y avait beaucoup de violence verbale, d\u2019agressivité et d\u2019injustices.» S\u2019ajoute à cela l\u2019importance qu\u2019elle mettait à travailler, que ce soit à la buanderie ou pour nettoyer les parloirs parce qu\u2019elle était consciente qu\u2019en « se gardant en activité, cela l'aiderait beaucoup.» D\u2019année en année, Brigitte dit avoir pris du recul sur sa période de détention.« C\u2019est vrai que mes proches ont vécu avec moi ces années de détention.Il y a eu une perte de confiance suite à mes rechutes.Mais rendue où j\u2019en suis, je le sais que je n\u2019y retournerai plus, j\u2019ai été jusqu\u2019au bout.» J^HcMre 2016 | ITINERAIRE.CA PHOTO : ALEXANDRA GUELLIL PHOTO: Ml VILLE TREMBLAY Réal et Yves Manseaul PAR YVES MANSEAU CAMELOT À SAINT-JÉRÔME Les portes tournantes des prisons « Papi, arrête défaire des niaiseries !» Cet ordre donné par un petit bout de Femme de 9 ans a bouleversé le vieux dur à cuire qui achevait sa peine.« Pour moi, c'était plus fort que le coup de marteau d'un juge », raconte Réal, 63 ans dont 42 derrière les barreaux pour vols de banque à main armée et autres bêtises.C'est « l'amour et la tendresse de mes petits-enfants et de mon fils», dont il ne veut plus se passer, qui ont eu raison de ce rebelle.De 13 à 18 ans, ce fut une succession d\u2019internements dans des écoles de réforme.A 20 ans, il est repêché dans les ligues majeures : « fai écopé de 10 ans de pénitencier, étirés à 19 ans pour évasion et crimes commis en prison ».Puis, une oasis dans la vie de Réal : « En liberté durant trois ans, je me suis marié, j\u2019ai eu un enfant et j\u2019ai démarré une entreprise d\u2019horticulture ».SEMAINE Mcchmel Les dangers de la ghettoïsation « Ici, c\u2019est une soupe populaire pour les plus démunis de Saint-jérôme.Nous servons 120 personnes par jour, dont les trois quarts ont connu la prison », affirme Robert Taylor, directeur de Soupecafé-rencontre.Une douzaine de détenus condamnés à des travaux communautaires participent à la tâche.Les gens aidés affrontent des problèmes multiples : toxicomanie, santé mentale et pauvreté.« Il faut sensibiliser les autorités au fait qu\u2019ils ont besoin de thérapie, de meilleurs soins en santé mentale, d\u2019un travail et d\u2019un logement décent, dit Taylor.Pas plus de prison ! » Réal réside depuis peu dans une maison de transition à Saint-Jérôme, où il est libre de circuler le jour.« En transition il y a beaucoup de désoeuvrement, mais on nous donne des clés, c\u2019est à moi de bien les utiliser».Réal a pris sa vie en main, renoue ses liens familiaux et fait du bénévolat à Soupecafé-rencontre.« Qui va embaucher quelqu\u2019un qui a 42 ans de prison dans son CV ?je m\u2019épanouis en aidant, c\u2019est très valorisant, j\u2019aimerais que mes expériences en prison servent à ma communauté.» 20 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2016 Portage et les toxicomanes « Nous réservons 15 % de nos places aux détenus.Des gens d\u2019horizons très variés viennent ici pour acquérir des compétences pour les aider à se libérer de leurs dépendances et à bien vivre avec eux-mêmes, leurs proches et la société », explique François Lemieux, directeur des services cliniques de Portage.Il est important que le détenu en cure fermée de six mois «se retrouve dans une communauté représenta- tive de la société qu\u2019il veut réintégrer I 'V ¦ Robert Taylor, directeur du Soupecafé-rencontre, établi au sous-sol de la cathédrale de Saint-Jérôme PHOTO: Ml VILLE TREMBLAY REMBLA\\ Létourneau, travailleur de ruel ÏM Le vrai travail commence à la sortie de thérapie, où une rechute est possible, voire probable.C\u2019est pourquoi Portage offre un programme de suivi.Toutefois, toute consommation est souvent interdite à une personne en liberté conditionnelle, à défaut de quoi elle retourne directement en prison plutôt qu\u2019en thérapie, même s\u2019il n\u2019y a pas eu délit criminel.« je n\u2019ai jamais rencontré une personne, qui en se levant le matin, dit qu'elle va demeurer dans la rue, ou prostituer sa femme pour sa dose », affirme Jean Létourneau, travailleur de rue avec l\u2019Ecluse des Laurentides, dont la mission est d\u2019aider les personnes en rupture sociale.Jean explique le phénomène des portes tournantes : ça commence tôt.Le jeune a des problèmes, les Centres jeunesse le prennent en charge, il fugue, on ne le comprend pas, ça ne marche pas et on serre la vis.Adulte, ça mène à la prison.A la sortie de tôle, il a perdu son logement, son réseau, sa famille et les effets rassurants des institutions qui s\u2019occupaient de lui depuis des années.Bien réel est alors le risque de récidive, que le travailleur de rue cherche à réduire.« L\u2019important, c\u2019est d\u2019être présent, sans jugement.» Lorsque Jean perçoit un désir de changer chez l\u2019ex-détenu - « un moment crucial » -, une démarche de réintégration sociale peut s\u2019amorcer en suggérant des pistes d\u2019actions et des ressources.Le travailleur de rue l\u2019accompagne, « mais cêstlui qui doit aller de l'avant ».Prison et santé mentale On fait malheureusement trop souvent fausse route en criminalisant des personnes sujettes à des problèmes de santé mentale.Jean parle toutefois avec enthousiasme d\u2019une initiative locale: le Programme d\u2019accompagnement justice et santé mentale, qui cherche, lorsque c\u2019est possible, à offrir des thérapies centrées sur le contrevenant au lieu de l\u2019engager sur une voie pouvant mener à la prison.Cette nouvelle approche table sur un partenariat entre des représentants de la magistrature, des services correctionnels, de l\u2019aide juridique et du Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides, explique Mathieu Morel-Bouchard, intervenant en santé mentale de ce dernier organisme.En attente de procès «A partir de huit ans, j\u2019ai passé mon adolescence en centre avec barbelés et cellules barrées », raconte Jean-Yves Dion.Le jeune gaillard de 37 ans ne montre aucune amertume en racontant son adolescence.« je n\u2019ai pas connu mon père.Ma sœur et moi avons grandi dans une famille reconstituée stable.Mes parents ont fait de leur mieux, mais j\u2019étais un enfant difficile, violent à la maison, j\u2019ai bien fonctionné dans les centres jusqu\u2019à 18 ans.Le trouble revenait lorsqu'on tentait de me renvoyer en famille.» Entre 18 et 20 ans, « j\u2019ai eu une copine et un enfant dont je me suis bien occupé au début.Mais j\u2019étais attiré par les gangs criminalisés qui confrontent l\u2019autorité et critiquent l\u2019hypocrisie du système.Trop coupé de la société, je ne voyais qu'eux comme alternative ».Bien qu\u2019il n\u2019ait jamais rejoint un de ces groupes, il reconnaît avoir pris un mauvais chemin.« j\u2019étais toujours marginal et j\u2019ai connu la rue, l\u2019anarchie, la drogue, les vols de nourriture » et autres petits larcins.A partir de vingt ans, il fait plusieurs courts séjours en prison provinciale, au sujet de laquelle il est intarissable : « Une prison ça fonctionne comme une ligne de production.Tout le monde doit passer par le même trou.On est très désœuvrés, on développe des connaissances et des relations reliées au crime.Au fédéral, où j\u2019ai fait trois ans, c\u2019était mieux, car j\u2019ai pu étudier et recevoir un encadrement un peu plus humain.» Jean-Yves est lucide.« Là, je suis en attente de procès, j\u2019admets que je fais encore de mauvais choix ; pourtant c\u2019est sûr que je ne veux pas retourner en prison.» Il vit dans un petit logement, qui lui sert de refuge.« j\u2019y retrouve le sentiment de sécurité des cellules de mon enfance.» Sa gang, ce sont les gens de la rue, qu\u2019il passe beaucoup de temps à aider.«Il y a toujours quelqu\u2019un à soutenir.Souvent, j\u2019héberge des amis, juste quelques heures, le temps de dormir, de prendre une douche ; parfois quelques jours, mais jamais trop longtemps, car j\u2019ai besoin de ma solitude.» En 2013, suite à la fermeture de deux ressources pour itinérants, Jean-Yves et d\u2019autres utilisateurs ont formé une association de gens de la rue.« On avance lentement au rythme de nos gens, puis les citoyens et intervenants du milieu ne sont pas habitués de voir des itinérants et ex-itinérants s\u2019organiser pour s\u2019entraider et prendre la parole sur la place publique comme tous les autres citoyens et citoyennes.C\u2019est sûr qu'on a besoin d\u2019aide pour bien fonctionner, mais on veut que ce soit dans la dignité et le respect mutuel.» Le succès de cette initiative, conjuguée à d\u2019autres, pourrait freiner la porte tournante qui ramène trop souvent en prison les itinérants ex-détenus.¦ Uean-Yves Dion 1er octobre 2016 | ITINERAIRE.CA 21 ¦iff' PAR MATHIEU THÉRIAULT CAMELOT DE L'ÉPÉE/BERNARD Vivre après sa sentence Vous sortez de prison.Une sentence de 3 mois, de 3 ans ou de 30 ans.Vous Faites quoi après?Disons que vous avez eu votre leçon, que vous avez payé votre dette à la société.La game, c'est assez pour vous, vous allez marcher droit.Est-ce que c'est possible de redevenir « un bon citoyen » ?Est-ce qu'on peut se réintégrer dans le système quand on est un ex-détenu ?Est-ce qu'on peut se remettre à travailler comme tout le monde et Faire comme si cette immense tache sur notre CV n'avait jamais existé ?Suivons les traces de ceux qui Font le pari de la réinsertion sociale.£T \\K>b MOMCV Pierre en est un qui a fait ce parcours du combattant.Ancien détenu d\u2019un pénitencier, il est aujourd\u2019hui sur le marché du travail depuis trois ans.« Oui, ça a été pénible et j\u2019ai galéré.Quand tu as fait de l'argent comme de l'eau et puis que tu ne tés plus occupé de rien pendant des années, tu ne sais pas vraiment comment tu vas recommencer au bas de l\u2019échelle.» Comme des dizaines d\u2019autres, Pierre est passé par un organisme de réinsertion sociale appelé Opex 82, spécialisé dans l\u2019employabilité des personnes judiciarisées.Pour y être admis, il « suffit » d\u2019avoir 18 ans et un casier judiciaire.Son directeur, Michel Monette, confirme : « Avoir un casier judiciaire aujourd\u2019hui, c\u2019est une sentence-vie ».En effet, suite au passage de Harper, il faut maintenant dix ans pour obtenir une demande de pardon et les frais sont passés de quelque 75 $ à plus de 631 $, ce qui fait en sorte que pratiquement plus personne ne fait la demande.Pour les anciens détenus, nombre de secteurs d\u2019emplois sont tout simplement hors de portée.« Tout travail avec une clientèle considérée vulnérable (hôpitaux, écoles, garderies, CHSLD, etc.) est à exclure d\u2019emblée, et bon nombre de grandes entreprises privées discriminent également.C\u2019est normal qu\u2019on vérifie les antécédents, sauf qu\u2019on s\u2019attarde uniquement à la présence du casier et non à son contenu.Le fait d\u2019avoir fraudé il y a dix ans empêche-t-il vraiment de placer des clous ou de passer la moppe ?» Une démarche volontaire.ou fortement encouragée Et Pierre, en effet, a dû en faire, des démarches.Chez Opex, ils sont quelques dizaines chaque semaine qui viennent faire leurs demandes d\u2019emploi.On leur offre cafés et biscuits, mais surtout * Nom d'emprunt 22 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2016 un endroit pour utiliser fax, internet et téléphone.Ici, on demande des comptes-rendus quotidiens, si bien qu\u2019il n\u2019est pas possible de bullshiter bien longtemps.Chez Opex 82, on insiste à dire que le programme est volontaire, mais on reconnaît que certains visiteurs sont « fortement encouragés » - pour ne pas dire obligés - à s\u2019inscrire à ces démarches par leur agent de probation.Car il faut comprendre que pratiquement tous les détenus sortent de détention avant la fin de leur sentence, généralement au tiers ou au deux tiers de leur peine.A ce moment, ils sont transférés François Bérard, directeurde la Maison Saint-Laurent.Les résidents peuvent franchir^ la porte de cette maison de transition tous les jours pour.^M)aller travailler, chercher] du travailou étudier, mais* -siIs doivent généralement y ^revenir dormir tous les soirs, I^^Bsauf les week-ends.¦ O O LL Ml VILLE TREMBLAY dans une maison de transition, qui doit à la fois s\u2019assurer que la personne respecte ses conditions de libération et qu\u2019elle fait des démarches concrètes pour se réinsérer dans la société.François Bérard dirige justement une de ces maisons de transition, la Maison Saint-Laurent.Selon lui, il n\u2019y a pas de contradiction entre son mandat d\u2019exercer le contrôle exigé des services correctionnels et son mandat de réinsertion sociale basé sur le soutien et la confiance.Cela en dépit du fait que plus de 30 % des détenus qu\u2019ils sélectionnent sont « recalés » et doivent retourner en prison.« Le contrôle fait partie de l\u2019aide.Si le client décide de ne pas respecter ses engagements, c\u2019est qu\u2019il a choisi de retourner en détention », estime-t-il.Pourtant, il est facile de comprendre que le parcours de quelqu\u2019un qui sort de prison est extrêmement difficile et qu\u2019il n\u2019est pas toujours évident de savoir à qui faire confiance, surtout quand on est tiraillé par des conflits de valeurs et par des modes de vie souvent irréconciliables.« Déjà qu\u2019il faut savoir où est la clôture exactement, après il faut apprendre de quel côté marcher », de philosopher Pierre.Et de continuer : « Écoute, tout le monde a dans ses conditions de ne pas consommer de drogue ou d'alcool et les agents nous mettent un maximum de pression pour qu\u2019on se trouve une job.Les maisons de transition relaient cette pression-là.Alors céstsûr qu'il vient un temps où tu bullshites un peu et que tu essaies juste de faire ton chemin entre ce qu\u2019il faut que tu fasses et ce qu\u2019il faut que tu dises.» Réintégrer, réinsérer ou déserter ?David Henri est le futur coordonnateur de l\u2019Association des services de réhabilitation sociale du Québec (ASRSQ), dont est membre par exemple Opex 82.Il confirme lui aussi que le fait d\u2019avoir un travail est un facteur prépondérant dans une réintégration réussie, mais qu\u2019il est loin d\u2019être le seul.« On considère souvent que le fait d\u2019avoir un chum ou une blonde\u2019 non judiciarisé est le plus important facteur d\u2019une réintégration réussie ! » M.Henri et les gens d\u2019Opex le confirment, les années Harper ont été dures pour les détenus.Pour un gouvernement qui se proclamait champion de la loi et de l\u2019ordre, un nombre incroyable de programmes visant la réinsertion ont été coupés sous sa gouverne.Ainsi, en détention, on ne peut plus faire son cégep, il n\u2019y a pratiquement plus de formations vers de vrais métiers et il n\u2019y a plus de conseillers d\u2019Opex par exemple pour outiller les futurs libérés vers un retour à la vie civile et à l\u2019emploi.Autant d\u2019outils qui servaient autrefois tant les détenus que ceux qui travaillaient à leur réinsertion.M.Monette reconnait que les jobs maintenant offertes en prison préparent mal au marché de l\u2019emploi.« Quand tu as été balayeur de rangée, ça en fait pas long à mettre dans ton CV », confie-t-il.Et pour ce qui est des prisons provinciales, le séjour moyen d\u2019une durée de trois mois ne permet guère d\u2019entreprendre quoi que ce soit.En sa qualité de coordonnateur d\u2019un regroupement des divers organismes œuvrant auprès des détenus, M.Henri a une vue d\u2019ensemble de la problématique.Il se réjouit que le nouveau gouvernement fédéral ait l\u2019intention de procéder à une réforme globale du système pénal, en tenant compte de l\u2019avis d\u2019organismes comme le sien.Alors que les conservateurs refusaient même d\u2019entendre leur opinion.Sentences courtes, meilleures chances de réintégration Il rappelle que les crimes sont en baisse au Canada depuis des années, alors que la population carcérale ne cesse d\u2019augmenter.Bien souvent une blonde, puisque 91 % des personnes judiciarisées sont des hommes.DECOUVREZ L'ITlHËRMRE EXTRA Entrez dans les coulisses de L'Itinéraire ! =-Photos EXTRA E- Reportages EXTRA =\u2022 Vidéos EXTRA ITINERAIRE.CA/EXTRA Pourtant, toutes les études démontrent que plus les détenus sortent rapidement, moins le risque de récidive est grand.Ainsi, le taux de récidive lorsque les gens sont en maison de transition ou en libération conditionnelle est pratiquement nul, alors que ceux qui ont fait de longues sentences sont les cas les plus difficiles à réintégrer.« Il faut parfois un énorme travail pour qu\u2019un détenu de longue date réapprenne à utiliser sa carte de banque, à prendre l'autobus, à vivre en société.De là à trouver une job.» de dire Caroline Lebel, coordonnatrice d\u2019Opex 82.M.Henri est toutefois formel : « Plus il y a de libérations conditionnelles, moins les gens font de longues sentences, meilleures sont les chances de réintégration.» Pierre est d\u2019ailleurs là pour le confirmer.Oui il a fait du temps.Oui il a replongé.Oui il a fait encore plus de temps.Puis il a décidé qu\u2019il essaierait de ne plus jamais en faire.Alors il fait son temps à l\u2019ouvrage comme il dit.Et il se questionne encore souvent pour savoir de quel côté sont la loi et la justice.¦ 1er octobre 2016 | ITINERAIRE.CA 23 PAR JOREDWITCH CAMELOT MÉTRO MCGILL Justice réparatrice Quand ex-victimes et ex-détenus guérissent ensemble René a enlevé la vie à deux personnes ; Chantal a été abusée par son grand-père de ses 4 à 12 ans.L'exdétenu et l'ex-victime étaient habités par la même volonté : cesser de souffrir de leur passé.René et Chantal se sont connus lors d\u2019une rencontre de ressourcement.René racontait son histoire et Chantal a été interpelée par la façon dont il s\u2019exprimait en parlant de sa « prison intérieure ».Ils ont échangé sur leurs souffrances et c\u2019est là que Chantal a entendu parler pour la première fois du Centre de services justice réparatrice (CSJR).Elle avait besoin de sortir, de se libérer de son passé.Elle est allée rencontrer Estelle Drouin, la coordonnatrice du CSJR de Montréal.De peur d\u2019être jugée, elle gardait pour elle son secret depuis plus de 40 ans.« Quand Nathalie Simard a parlé de ses agressions, ça a réveillé quelque chose en moi.je me réveillais la nuit avec les odeurs de la personne qui m'a agressée, je faisais des cauchemars.» Chantal avait déjà commencé à déterrer le passé en thérapie mais elle n\u2019avait jamais réussi à accorder son pardon ultime.C\u2019est seulement lorsqu\u2019elle a débuté sa démarche avec le CSJR qu\u2019elle a pu commencer un processus de pardon et que tout s\u2019est débloqué.Après ce premier échange avec la coordonnatrice, Chantal a pu être accompagnée sur plusieurs rencontres hebdomadaires.Au pénitencier, le CSJR organise des rencontres entre quatre ex-dé-tenus, quatre ex-victimes et deux membres de la communauté, des citoyens impliqués bénévolement dans la démarche.Le but : créer un espace de parole où les victimes et les offenseurs peuvent se rencontrer et s\u2019exprimer librement.Ces rencontres ont été très libératrices pour Chantal.Suite à cela, elle a compris qu\u2019elle était enfin prête pour un face à face au pénitencier avec un détenu condamné pour avoir commis de l\u2019inceste sur sa fille.Cet homme ressemblait étrangement à son L\u2019esprit de la justice réparatrice est tiré d\u2019une tradition autochtone.Le concept moderne a commencé au Québec dans les années 1990 mais s\u2019est officialisé en 2001, avec l\u2019ouverture du Centre de services de justice réparatrice (CSJR) à Montréal.L\u2019organisme intervient actuellement auprès d\u2019une quarantaine de personnes annuellement.î£ SMS SlNCÈReMCNf oêsoïc cr je vous P^ÉSBMte toures Mes Excuses grand-père avec ses cheveux blancs, ses yeux bleus et sa forte taille.Chantale a reconnu dans cet homme son grand-père.La transposition de souffrance s\u2019est ouverte au travers de leurs conversations.La réparation et le pardon se sont ainsi faits tranquillement pour eux.Chantal a enfin pu pardonner à son grand-père, décédé quelques années plus tôt.Chantal et René, très impliqués au CSJR, sont devenus amis: « René c\u2019est mon ange vivant sur la planète.On n\u2019a pas vécu la même chose mais on se comprend.Aujourd\u2019hui, ma vie cèst wow! ».« je pensais que la société était contre moi » Malgré la gravité de son acte, la prise de conscience ne s\u2019est pas faite immédiatement pour René : « Après mon arrestation, au poste de police, c\u2019était comme irréel, je me disais que ce n\u2019était pas possible que jèn sois arrivé là.Ce que j\u2019ai fait, on appellerait ça aujourd\u2019hui une psychose toxique ».René n\u2019en était pas à son premier séjour en prison.Mais après avoir été condamné pour un double meurtre, il continuait sa vie comme il avait l\u2019habitude de la vivre.Il se sentait à l\u2019aise à l\u2019intérieur des murs et continuait de se geler pour ne pas sentir ses émotions.Il ne prenait pas réellement conscience des gestes qu\u2019il avait commis.« je pensais que la société était contre moi, se souvient-il.j\u2019étais partagé entre la colère et la peur.» C\u2019est seulement quelques années plus tard que sa vie a basculé.En regardant dehors, une journée comme toutes les autres, il s\u2019est mis à étouffer.Il est entré dans un état de panique en réalisant qu\u2019il pourrait ne jamais sortir de prison.« Cèst une méga crise qui a duré 10 ans.C\u2019était de la survie, je vivais quelques secondes, quelques minutes à la fois, je voyais ma sentence ne jamais finir, je gardais toujours des lames dans les poches, je pensais passer à l\u2019acte.» René voulait que la souffrance cesse mais ne savait pas comment s\u2019en 24 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2016 PHOTO: SIMON POSNIC sortir.La drogue ne lui faisait plus d\u2019effet.C\u2019est là qu\u2019il a commencé à réellement prendre conscience de ses crimes.La culpabilité et la honte venaient le hanter au quotidien, mais il ne pouvait pas mettre de mots là-dessus.Les flash-back d\u2019homicide étaient répétitifs, interminables et insupportables.« je pensais très négatif, [avais tellement mal en dedans, je pensais juste à m\u2019évader et à tuer tout le monde, je pensais que je ne pouvais pas être autrement de qui [étais, je pensais qu\u2019on ne pouvait pas être bon juste en essayant d\u2019être bon.je pensais que la bonté n\u2019était pas en moi.» Initié à la justice réparatrice par un autre détenu Puis René a rencontré un détenu qui lui est venu en aide en l\u2019invitant à un groupe de discussion.Il l\u2019écoutait et l\u2019acceptait tel qu\u2019il était, avec son passé et ses dépendances.En quelques mois, René a changé tout son entourage.Il s\u2019est fait de nouveaux amis qui ne consommaient pas.Il a aussi décidé de demander de l\u2019aide professionnelle en rencontrant la psychologue du pénitencier.Enfin, il s\u2019est ouvert.« Un jour, je suis parti en larmes et ça a comme explosé en dedans de moi.Tout s'est ouvert.On aurait dit que pour la première fois, je touchais à la vie.Après cela, je n\u2019étais plus capable d\u2019arrêter de pleurer et je me suis senti habité.» René dit avoir été touché par une dimension spirituelle qui a tout le temps été là, mais qui était enterrée au plus profond de lui.Dans le but de s\u2019améliorer en tant que personne, il a fait tout ce qui lui était possible de faire en détention en reprenant les études et en s\u2019impliquant dans les différents ateliers.Un autre détenu lui a alors parlé de la justice réparatrice.Aussitôt, René a couru voir Jean-Guy, l\u2019aumônier, pour connaître les procédures.Ces rencontres l\u2019ont aidé à comprendre les conséquences de ses crimes.C\u2019est ainsi qu\u2019il a connu Micheline, dont le fils avait été tué.« Elle a complètement changé après les deux premières rencontres.Son visage sèst décrispé et elle semblait plus détendue.Cela faisait 10 Refaire confiance après la violence Le CSJR, en partenariat avec l\u2019Institut de guérison des mémoires d\u2019Afrique du Sud, offrira un atelier de guérison des mémoires du 7 au 9 octobre à Pierrefonds.Michael Lapsley, fondateur de cet institut, l\u2019animera.Il donnera également une conférence publique le mercredi 5 octobre, à 19 h 30, à la librairie Paulines, sur le thème « Refaire confiance après la violence ».Pour plus d'informations : www.csjr.org ans que son fils avait été tué et elle n'avait pas encore commencé son processus de pardon », nous dit René.Il a compris que même un vol par effraction pouvait avoir des conséquences terribles pour ses victimes.« Après une seule rencontre, on se rend compte qu\u2019on n\u2019est plus détenu et victime.C\u2019est la souffrance qui nous réunit et on est là pour la même raison : pour se réparer.» Donner au suivant Et à un moment donné, René a senti un certain lâcher-prise.« je dis souvent que cela va me prendre 10 000 ans avant de réparer ce que j\u2019ai fait, je suis toujours dans ce processus de réparation.» Il n\u2019a pas demandé sa libération conditionnelle.Il estimait ne pas la mériter.C\u2019est son agente qui lui a dit qu\u2019après 26 années de détention et grâce aux nombreuses démarches qu\u2019il avait entreprises, il pouvait envisager une sortie.Aujourd\u2019hui, cela fait 10 ans que René est libre.Il travaille dans un organisme comme travailleur de rue, il s\u2019implique avec des ex-dé-tenus qui ont des problèmes de consommation et est toujours en relation d\u2019aide avec le CSJR.«S/ je peux réparer un cœur ici et là, c\u2019est déjà ça.» I René\u2019 Je me sens comme un des plus privilégiés sur Terre.Si je veux réparer un tant soit peu le mal que j\u2019ai fait, il faut que je choisisse de vivre, ne serait-ce que par respect pour les personnes à qui j\u2019ai enlevé la vie.Si je reste dans l\u2019apitoiement, je ne réparerai rien. DANS LA TETE DES CAMELOTS L'argent est salutaire La liberté, c'est de faire ce que l'on veut sans obliger les autres à faire ce que l'on veut.Comme disait mon père : ma liberté s'arrête à celle de mon prochain.Etre vraiment libre pour moi, c'est de vivre sans contraintes.Les contraintes à ma liberté, ce sont ce que les autres pensent à mon égard, la loi, car je ne peux pas faire ce que je veux, par exemple je ne peux pas enlever ma chemise dehors car avoir le torse nu c'est illégal.Il y a aussi le travail, car il faut s'engager à faire ce que le patron veut qu'on fasse.Tu n'es pas libre de ton temps lorsque tu travailles.Mais d'un autre côté il faut travailler pour avoir de l'argent, qui est une autre contrainte dans la société.Si j'avais de l'argent, je serais plus libre de pouvoir magasiner, faire du lèche-vitrine et acheter toutes les choses dont j'ai vraiment envie.ROBERT MÉNARD CAMELOT MÉTRO MONK La santé libératrice La liberté, c'est de ne pas empiéter sur le terrain des autres et de ne pas se faire empiéter sur son terrain.En étant camelot, je peux vendre aux heures que je veux, mais je suis limité par des raisons de santé.À 59 ans, je souffre beaucoup d'arthrose et ça fait que physiquement, je suis limité et ça brime ma liberté.Je prends conscience que je manque d'énergie à mon âge ; passer quatre heures debout à vendre L'Itinéraire c'est dur pour mes genoux.Quand la santé va, tout va ! C'est la santé qui me permettrait d'être plus libre ! BENOÎT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE FRONTENAC ET MÉTRO RADISSON Plusieurs de nos camelots ont passé du temps en prison, certains quelques mois, d\u2019autres des années.Sont-ils vraiment plus libres depuis qu\u2019ils sont dehors ?Plusieurs ont aussi connu la rue et la pauvreté.Se sentiraient-ils plus libres s\u2019ils avaient davantage d\u2019argent ?Voici leurs réflexions sur la notion de liberté.Des barrières partout La liberté, c'est un peu comme une illusion, parce que je ne pense pas que nous sommes vraiment libres ; il y a toutes sortes de barrières qui nous empêchent d'être vraiment libres.Par exemple, tout le monde a le droit de voyager, mais si tu n'as pas de cash tu ne peux pas le faire.S'éduquer à l'université, c'est un autre exemple car tune peux pas y aller si tu n'as pas les moyens.C'est sûr qu'il y a toujours les prêts et bourses, mais ça mène à l'endettement.Avec L'Itinéraire, j'ai un sentiment de liberté car je n'ai pas de patrons et j'ai des heures variables.C'est un moyen de m'exprimer dans le magazine, une sorte de liberté d'expression, mais évidemment selon la ligne éditoriale.On ne peut pas dire n'importe quoi, on a quand même des balises à respecter.ISABELLE RAYMOND CAMELOT LAURENDEAU / BIENCOURT Pauvre et libre C'est une très bonne question ! Premièrement, il y a la liberté d'expression, car on est libre de faire des choix et de les exprimer.On est libre d'être soi-même.La liberté, c'est un état d'esprit : nous avons les clés de notre propre prison et nous nous faisons incarcérer nous-mêmes.Libre est celui qui veut vivre ; si tu ne veux pas vivre, tu es mort au sens figuré.On entend par liberté qu'on n'a pas de contraintes mais parfois, même si on a des contraintes, on est libre.Etre libre, c'est choisir défaire ce que tu aimes faire.Il n'y a rien de plus contraignant dans la vie que défaire un travail que tu n'aimes pas.Vaut mieux être pauvre et libre que riche et en prison ! CÉLINE MARCHAND CAMELOT PROMENADE MASSON S'ouvrir aux autres Quand s'informer rime avec liberté La liberté, c\u2019est d\u2019avoir le choix défaire les choses que j\u2019aime tout en ayant un impact sur mon prochain.Par exemple, je donne le journal Métro à Longueuil et j\u2019aime bien taquiner les enfants tout en leur montrant l\u2019importance de connaître l\u2019information.Je fais des petits jeux et des mimiques pour les inciter à prendre le journal.J'applique le même principe à la vente du magazine L'Itinéraire.Ceux qui ne connaissent pas L'Itinéraire sont toujours très enjoués après leur première expérience de lecture.Je crois sincèrement que c'est de cette façon que nous devons faire avancer la société.Je vous dis bonne lecture ! MARCSÉNÉCAL CAMELOT SAQ ATWATER La liberté, c'est le travail autonome Premièrement, il y a la liberté d\u2019expression, comme nos goûts musicaux, de films ou vestimentaires.Tout le monde est différent et chaque personne est unique.Des fois il y en a qui ne respectent pas la liberté d\u2019expression des autres ; c\u2019est un peu plate quand ça arrive.Deuxièmement, chaque personne a le droit de vivre à sa façon même par rapport à sa culture.Mais c\u2019est toujours plus l\u2019fun quand on ouvre nos horizons et qu\u2019on s'intéresse à tout.Même si de l'extérieur ça a l'air différent, si on veut que les gens viennent vers nous, il faut faire preuve d'ouverture d'esprit.Quine tente rien n'a rien.Il ne faut pas avoir peur de s'accepter comme on est, peu importe l'orientation sexuelle ou religieuse.Il ne faut pas avoir peur d'aider les autres si on veut qu'ils nous aident eux aussi.SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN MÉNAGER Une liberté éternelle « Donnez-moi la liberté ou donnez-moi la mort ».Étant activiste, je ne veux pas condamner ceux qui sont riches et possèdent tellement plus que ce qui est raisonnable, mais dans une société de consommation, il faut orienter les jeunes à se contrôler et les réglementer afin d'obtenir de bons résultats.Comme militant, j'aimerais voir le développement d'une économie dynamique moins contrôlante.Pour la liberté complète et éternelle, j'attends le Christ.Bonne chance à tous ! DEL WILKIE CAMELOT MÉTRO PEEL En étant travailleur autonome, ça m'apporte de la liberté.C'est moi le boss, c'est-à-dire que c'est moi qui décide de mes heures de travail.En quelque part, en étant itinérant, cela m'apporte une certaine liberté.Faire ce que je veux quand je le veux.La liberté c'est très important parce que si t'en as pas, tu deviens obligé de te conformer aux règles.J'aime faire les choses quand j'en ai besoin et quand ça me tente.Si j'étais privé de liberté, je vivrais mal car je suis habitué d'être libre ; ça fait 10 ans que je suis camelot et je fais moi-même mon horaire.En m'enlevant ma liberté, je me sentirais obligé de me conformer au système.STÉPHANE AVARD CAMELOT MÉTRO PLACE-D\u2019ARMES Demeurer célibataire Pour moi la liberté, c'est de ne pas avoir de blonde et de n'avoir personne qui est après moi, ne pas avoir ma famille dans les jambes aussi.Le point positif, c'est de pouvoir faire tout ce que l'on veut.Je trouve difficile de m'engager car je préfère garder ma liberté.Être libre, c'est aussi ne pas être en prison.C'est important de respecter les lois et de se tenir tranquille dans la vie.Je me sentirais également plus libre si j'avais de l'argent car je pourrais faire des sorties, aller à La Ronde et faire des voyages.C'est important pour moi d'avoir de l'argent car quand on en a, on peut acheter tout ce que l'on veut, aller au restaurant et manger ce qui nous tente.L'argent permet de réaliser nos rêves et nos désirs.DENIS KLÉON BOURGEOIS CAMELOT JEAN-TALON / CHRISTOPHE-COLOMB ££3 Tés Là ŸoW ^T/bTh VoL c'ÊWifl se Tes f/jjToT Actif ou $&jf 7 ^ PluTôT co^T£MPLATtF 25 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2016 PHOTO : MARIO FAUBERT f* rrr-:- ' l si ¦\"iv-y [Maroc avec Google Earbh| I L\u2019exode rural C\" En 1976, à Al Hoceima, nous avions bâti une baraque.À l'époque, nous n'avions ni eau potable, ni électricité.Cet endroit était situé à la limite de la ville.Il était déserté et servait d'entrepôt à ciel ouvert pour d'énormes troncs d'arbres coupés, d'où son nom : Troncoth, troncos en espagnol.Plus tard, j'ai appris que certains l'appelaient Turismo, dénomination quelque peu péjorative à mon goût.Heureusement, ily a un an, dans le cadre d'un programme de lutte contre les bidonvilles, ma Famille a été relocalisée.Elle est désormais logée dans des appartements en dur, comme tout le monde.Activités paysannes et pastorales j- Maison parentale campagnarde! Maison transitoire détruite pour relogement social 40 ITINERAIRE.CA | 1er octobre 2016 El Colegio : un lieu de brassage culturel\tq.,-^Al Hoceima : la perle de la Méditerranée Al Hoceima regorge de plages splendides au sable doré et au bord d'une ^ mer relativement calme.L'une d'elles, Cala Bonita, m'est particulièrement chère.C'est là où j'ai appris à nager.J'y ai passé de bons moments à jaser entre amis et à siroter le thé à la menthe au café adjacent.Cala Bonita : la belle plage ; æ M\t* ^4 Le port : un poumon qui Fait respirer la ville ^^El Colegio Melchior de Jovellanos, nommé d'après un grand écrivain espagnol du XVIIle siècle, était un lieu où nous pouvions assister à de beaux matches de soccer.J'y ai aussi découvert le cinéma espagnol.Cet établissement continue à jouer le rôle d'un pont entre deux cultures : l'une arabo-musulmane, l'autre ibérique, deux cultures que je chérissais tant.En dégringolant une pente escarpée vers le bord de la mer, le voyageur croise sur son chemin le port, un poumon qui permet à la ville de respirer.Il est une source de revenus pour des milliers de familles.Il était aussi un endroit de promenades nocturnes et d'interminables bavardages autour de sardines grillées et de verres de thé.Au fil du temps, le port s'est métamorphosé à l'instar de la ville, et à l'heure actuelle, il est subdivisé en trois parties : un port de pêche, un port de voyageurs et un port de plaisance en cours d'aménagement.Hélas, la pêche est en train de mourir, entrainant le déclin économique de la ville.Cebadilla : le débarquement espagnol Plus à l'ouest se trouve la plage Cebadilla.Elle me rappelle deux événements tragiques.Le premier est collectif et l'autre personnel.C'est à partir de cet endroit qu'ont débarqué en 1925 les Espagnols, commandés par le général Villa San Jorgo.C'est lui qui a donné son premier nom à la ville.Ensuite, la ville a changé de nom pour devenir Al Hoceima, dérivé d'AtKhouzama, la lavande en arabe.Cette plage a aussi été la scène où s'est noyé l'un de mes meilleurs amis Farid, à l'âge de 15 ans.Activités économiques et plaisancesr ¦É*pFS\tA p\tR\tE\t\t>S\tU\tE\tR 8\t\t\t\t\t\t\t4\t2 \t\t\t\t\t6\t\t\t1 \t\t7\t1\t\t8\t9\t\t 9\t\t6\t\t\t\t5\t1\t \t\t2\t9\t4\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t\t\t3 \t3\t\t\t9\t1\t\t\t6 4\t6\t8\t\t\t3\t\t\t 1\t\t\t\t\t\t\t8\t EXPERT DIFFICILE Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Source : Éditions Goélette Solution dans te prochain numéro 4\t9\t6\t7\t3\t5\t8\t2\t1 8\t7\t1\t2\t9\t4\t3\t6\t5 5\t3\t2\t8\t1\t6\t7\t9\t4 2\t4\t7\t9\t6\t3\t1\t5\t8 3\t8\t9\t1\t5\t7\t2\t4\t6 6\t1\t5\t4\t2\t8\t9\t3\t7 1\t5\t3\t6\t7\t2\t4\t8\t9 7\t6\t4\t3\t8\t9\t5\t1\t2 9\t2\t8\t5\t4\t1\t6\t7\t3 \tgmI\trj?\tSyndicat canadien de la fonction publique ftq \t A PROPOS DE.[a liberté Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité.Être libre, rien n'est plus grave ; la liberté est pesante, et toutes les chaînes qu'elle ôte au corps, elle les ajoute à la conscience.Victor Hugo Il faut que l'homme libre prenne quelquefois la liberté d'être esclave.Jules Renard La liberté de l'individu doit être ainsi bornée : il ne doit pas se rendre nuisible aux autres.Spike Milligan La liberté ne se conquiert jamais au détriment de celle des autres.Etre libre, c'est dominer.Dans le dernier cas, la liberté n'est acquise qu'au détriment de soi.Pierre Reverdy La liberté appartient à ceux qui l'ont conquise.André Malraux Les libertés ne se donnent pas, elles se prennent.Pierre Kropotkine La liberté de la conscience est un droit que tous les hommes ont reçu de la nature avec la vie.William Penn La liberté est une sensation.On peut parfois l'atteindre, enfermé dans une cage comme un oiseau.Camilo José Cela Une preuve de la liberté tuerait la liberté.Alain Là où la liberté est sans limites, l'insurrection est sans excuses.Emile de Girardin La liberté, c'est de n'arriver jamais à l'heure.Alfred Jarry Quand, dans un État, vous ne percevez le bruit d'aucun conflit, vous pouvez être sûr que la liberté n'y est plus.Edouard Herriot PHOTO : ALLAN SWART ( 1OT'RF) AU CŒUR DE MONTRÉAL MOUVEMENT COLLECTIF BD stm.info/50ans B CAFEBROSSARD.COM 514 321-4121 .1 800 361-4121 g La promesse d'un café savoureux, torréfié de main de maître qu'on prend plaisir à déguster tous les jours.*-*À I "]
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