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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2012-03-29, Collections de BAnQ.

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[" Hydro-Québec hausse son bénéfice à 2,6 milliards Page B 1 Anne Dorval et Marc Labrèche réunis dans une comédie à Télé-Québec Page B 8 www.ledevoir.com4- LE DEVOIR Vol.ClII N\u201c69\t?LE JEUDI 29 MARS 2012 1,09$+taxes= 1,25$ Budget fédéral Possibles compressions de 7 milliards Les conservateurs refusent de dire de quelle façon ils fourniront les détails aux Canadiens HELENE BUZZETTI Ottawa \u2014 C\u2019est au tour du ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, de présenter aujourd\u2019hui son budget d\u2019austérité.L\u2019horizon financier s\u2019améliore, assure le ministre, mais pas suffisamment, semble-t-il, pour écarter les compressions budgétaires promises.Les rumeurs font maintenant état de réductions de 7 milliards de dollars, ou 8,75 %, des budgets compressibles d\u2019Ottawa.Comme cela est la tradition.Jim Flaherty s\u2019est rendu hier dans une boutique de chaussures pour se procurer «de nouveaux souliers à un prix raisonnable».Mais pourquoi acheter du neuf alors que M.Flaherty s\u2019était amusé dans le passé à adapter la tradition, faisant plutôt poser de nouvelles semelles à ses chaussures pour envoyer un message de irugalité?«Parce que les choses prennent du mieux, a répondu le ministre.La situation budgétaire s\u2019améliore, nous regardons à plus long terme et de nouveaux souliers sont donc appropriés.» Les choses prennent peut-être du mieux, mais le solde budgétaire fédéral ne sera pas encore écrit à l\u2019encre noire pour autant.Dans sa mise à jour économique de novembre, le gouvernement conservateur a dû annoncer que l\u2019atteinte de l\u2019équilibre budgétaire était repoussée d\u2019un an, VOIR PAGE A 8: BUDGET Jim Flaherty REUTERS SPORTS Deux milliards pour les Dodgers La chronique de Jean Dion: Le sang bleu \\ ¦ A lire en page B 6 INDEX Annonces.B 4 Avis publics.B 5 Bourse.B 2 Culture.B 8 Décès.B 4 Économie.B 1 Idées .A 7 Météo.B 6 Monde.A 5 Mots croisés.B 6 Sports.B 6 Sudoku.B 3 Editorial .A 6 Télévision.B 7 Rencontre Castro-Benoît XVI AGENCE ERANCE-PRESSE Le pape Benoît XVI a reçu hier le père de la révolution cubaine, l\u2019ancien président Fidel Castro, à La Havane, au dernier jour de sa visite pastorale à Cuba.Il s\u2019agissait de la première rencontre entre les deux hommes.Fidel Castro avait rencontré par deux fois Jean Paul II, en 1996 et 1998.Page A 5 Fernando Arrabal à Montréal Lunettes sur un monde en folie ODILE TREMBLAY Il est arrivé hier au Cabaret du Mile-End de Montréal, sinon sur son cheval fou, du moins avec trois paires de lunettes, posées des yeux au iront L\u2019octogénaire Fernando Arrabal, créateur aussi mythique qu\u2019explosif, précisait d\u2019entrée de jeu n\u2019avoir rien à vendre, ni carrière à bâtir.«Je ne sais pas si demain je vais danser, chanter, faire des poèmes.» Invité partout sur une planète qui roule plus vite que jamais, le voici! Libre et fou, rêvant à un ordre immanent par-delà la confusion du monde.«Celui qui ne regarde pas le monde à l\u2019envers, comment pouvons-nous le regarder?», demande-t-il, avec un bon sens irrécusable.François Yo Gourd, honorable président du Symfolium, accueille, comme l\u2019an dernier, Alejandro Jodorowsky, Arrabal dans sa nef des fous: cinq jours de festival pour un homme seul et rare occasion pour les Montréalais de plonger avec lui dans son œuvre.Les Foulosophes offraient VOIR PAGE A 8: ARRABAL i ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR «Celui qui ne regarde pas le monde à l\u2019envers, comment pouvons-nous le regarder?», demande Arrabal.Conflit Québec-étudiants Legâult tente une médiation Les étudiants rejettent la proposition du chef caquiste ANTOINE ROBITAILLE Québec \u2014 François Legault a tenté en vain de se poser en médiateur dans le conflit entre les étudiants et le gouvernement hier, esquissant une proposition d\u2019amélioration du système de prêts et bourses assortie d\u2019un programme de Remboursement proportionnel au revenu (RPR).Le ministre des Finances Raymond Bachand a soutenu que le gouvernement était «prêt à regarder ces idées-là», reprenant une formule de Jean Charest de la veille selon laquelle le système de prêts et bourses était toujours perfectible; notamment sur le plan de l\u2019accès aux études supérieures de la classe moyenne.M.Bachand a tout de suite déploré que les associations étudiantes ne veuillent «discuter de rien, squf du gel des droits de scolarité».La ministre de l\u2019Éducation, Line Beauchamp, avait déclaré la même chose avant la période de questions, ajoutant qu\u2019en Ontario, les droits de scolarité ont été baissés cette Les leaders étudiants ont qualifié d\u2019intéressante la sortie du chef caquiste VOIR PAGE A 8: LEGAULT ¦\tLe climat se dégrade dans les universités, page A 4 ¦\tL\u2019éditorial de Marie-Andrée Chouinard, page A 6 Grippe aviaire et porcine La surveillance du virus est déficiente à travers le monde PAULINE GRAVEL La revue Nature dresse un tableau inquiétant de la piètre surveillance effectuée à travers le monde des virus de la grippe aviaire et porcine qui sont en circulation.En raison des multiples carences qu\u2019elle a relevées, elle doute de notre capacité à voir poindre le virus qui provoquera la prochaine pandémie de grippe.La revue scientifique britannique a comptabilisé le nombre de prélèvements effectués et le nombre de séquences génétiques de virus de la grippe aviaire et porcine décodées et publiées à travers le monde entre 2003 et 2010.Elle a ainsi remarqué que la plupart des séquences recueillies ne provenaient que d\u2019une poignée de pays et que la majorité des pays effectuaient peu de surveillance, voire pas du tout En plus d\u2019être iragmentaire, la surveillance est apparue plutôt ponctuelle, s\u2019accroissant uniquement lors d\u2019éclosions de la maladie ou à la suite de projets de recherche temporaires.«Pourtant, Les pays les plus pauvres sont souvent peu encouragés à signaler les éclosions de grippe VOIR PAGE A 8: VIRUS 1 \u2022Vk i\tJ I : ARIE-LOUISE ARSENAULT ce soir |20H ¦ LE COMBAT DES LIVRES Grande finale: quel panéliste saura le mieux défendre le livre que tous devraient lire?Réalisation: Marie-Claude Beaucage #95,1 PREMIERE CHAÎNE Radio-Canada.ca/combat 77831302832413 A 2 LE DEVOIR LE JEUDI 29 MARS 2012 ACTUALITES EN BREF Rencontre Dntil-Tremblay Le ministre de la Sécurité publique, Robert Outil, rencontrera sous peu le maire Gérald Tremblay pom discuter de la demande de la métropole pom un financement accru en matière de sécurité publique.Près de 1000 manifestations se déroulent chaque année à Montréal et depuis plus d\u2019un mois, les manifestations étudiantes ne font qu\u2019augmenter la facture que doit assumer la Ville.Dans ce contexte, Montréal voudrait que le gouvernement lui verse 35 millions annuellement pom l\u2019aider à assumer les frais liés aux services policiers.Hier le ministre est demeuré prudent.«J\u2019aurai une rencontre avec M.Tremblay le plus tôt possible et nous discuterons de ce problème et de bien d\u2019autres, a-t-il dit.Je ne veux pas émettre de commentaires sur le résultat éventuel de nos discussions.On verra.» - Le Devoir Vive les publicités négatives Ottawa\u2014Le chef intérimaire du Parti libéral.Bob Rae, remercie Stephen Harper pour sa première salve de publicités «soi-disant négatives» le prenant pom cible.Le PLC avait immédiatement envoyé une lettre à ses sympathisants demandant de l\u2019argent pour contrer ces publicités.Le Parti libéral espérait récolter au corns du week-end TOO 000 $.11 en a finalement obtenu plus du double.«Il nous a aidés à gagner225 000 $.Mors, je remercie M.Harper pour la publicité négative.Ça nous a beaucoup aidés avec les gens qui veulent venir à l\u2019institution du Parti libéral», a ironisé M.Rae hier.-Le Devoir PTFT^»! [il LE BUDGET FEDERAL 2012 à LA LOUPE |URiTDUT[SâVmRnUN[SEULiENDRQITi:iRADIQ^CAN 'HU116 H SUR TOUTES NOS PLATEFORMES À LA PREMIÈRE CHAÎNE À LA TÉLÉVISION DE RADIO-CANADA ET SUR RDI SUR INTERNET Émission spéciaie en direct d\u2019Ottawa animée par Patrice Roy avec Emmanueiie Latraverse et Géraid Fiiiion Émission spéciaie en direct d\u2019Ottawa Les faits saiiiants, entrevues et anaiyses ainsi que vos réactions sur Radio-Canada.ca/budget animee par Jean-Sébastien Bernatchez TELEV S ON NTERNET Légalisation des maisons de débauche La prostitution n\u2019est pas un choix, dénoncent d\u2019ex-prostituées BRIAN MYLES La légalisation des maisons de débauche livre en pâture au crime organisé des femmes vulnérables, ont dénoncé hier trois ex-prostituées qui ont témoigné à cœur ouvert de leurs expériences respectives de violence et de privation de liberté dans l\u2019industrie du sexe.Reprenant le credo des abolitionnistes, Julie, Marie et Maïté ont vivement dénoncé le jugement unanime rendu lundi par la Cour d\u2019appel de l\u2019Ontario, qui a invalidé les dispositions du Code criminel interdisant de tenir des maisons de débauche et de vivre des fruits de la prostitution (sauf s\u2019il y a exploitation).La prostitution n\u2019est pas un choix, c\u2019est ime forme dangereuse d\u2019exploitation sexuelle dont les femmes ne ressortent pas indemnes.Elle laisse «des marques ineffaçables et des blessures profondes»: abus de substances, détresse mentale, suicide, sjmdro-me du stress post-traumautique, etc.«Il n\u2019y a pas un chat là-dedans qui aurait voulu que sa fille fasse ça», résume Marie.Marie avait f 5 ans quand elle a fait ses premiers pas dans la prostitution de rue; son errance a duré f 5 ans.Elle est horripilée par le discours d\u2019acceptation et de banalisation de la prostitution, présentée comme «un métier» sinon un «choix individuel».«La moyenne d\u2019âge d\u2019entrée, c\u2019est 14 ans, dit-elle.Ce sont les femmes vulnérables et en particulier les enfants qu\u2019on va chercher dans la prostitution, et on ne met pas ça en question.» Comment parler de choix à cet âge, quand il n\u2019existe aucime autre solution?Si la prostitution est un métier, il faudra bien l\u2019enseigner à l\u2019école, ironise Maïté.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Julie avait 16 ans lorsqu\u2019elle est entrée dans une agence d\u2019escortes avec des clients de trois fois son âge.Julie avait 16 ans lorsqu\u2019elle est entrée dans une agence d\u2019escortes avec des clients de trois fois son âge.Sa proxénète a feint d\u2019ignorer qu\u2019elle était mineure.«Elle n\u2019a rien dit.Elle voulait avoir de la belle marchandise fraîche pour ses clients», a-t-elle témoigné.Elle craint que la légalisation éventuelle des bordels rende invisible et plus accessible la prostitution juvénile, le créneau des mineures étant déjà fort prisé des clients.«Les hommes aiment les jeunes femmes mineures.C\u2019est pour eux un moyen d\u2019avoir plus de pouvoir sur la personne», dit-elle.La CLES Les trois femmes ont fait part de leurs expériences à l\u2019invitation de la Concertation des luttes contre l\u2019exploitation sexuelle (CLES), une partie intervenante dans le litige devant la Cour d\u2019appel de l\u2019Ontario.La CLES déplore le raisonnement du tribunal, qui a légalisé les bordels au nom du droit à la sécurité des femmes.La violence ne cessera pas en faisant des distinctions entre les proxénètes «gentils» et les «exploiteurs», affirme Diane Matte, porte-parole de la CLES.11 est illusoire de penser que le crime organisé et les proxénètes laisse-ront les femmes s\u2019organiser entre elles à la suite de ce jugement.«Es veulent de l\u2019argent, toujours plus d\u2019argent, et la Cour d\u2019appel leur offre de l\u2019argent sur un plateau», dit-elle.La CLES souhaite que le gouvernement Harper s\u2019inspire de l\u2019approche abolitionniste des Suédois.Depuis f999, la Suède applique une politique asymétrique de décriminalisation pour les prostituées et de criminalisation pour les clients et les proxénètes.Le Devoir Compteurs intelligents Hydro One se distingue en Amérique du Nord LOUIS-GILLES FRANCŒUR ¦ IJ ydro One, le principal .n.transporteur et distributeur ( \u2019électricité en Ontario, vient ( \u2019obtenir le prix du «meilleur réseau IMA» Onfrastructure de mesurage avancé) d\u2019Amérique du Nord grâce au choix du système de communications intégrées conçu par la société Trilliant et produit à Saint-Hubert par Varitron.Le modem de transmission Trilliant-Varitron, qui utilise lui aussi des radiofréquences, a été éliminé par Hydro-Québec dans son appel d\u2019offres pour ses 3,8 millions de compteurs intelligents.C\u2019est précisément cet appareil qui pourrait présentement accueillir une fonction de dormance qu\u2019on peut activer à distance, ce qui aurait permis d\u2019acheminer gratuitement à Hydro-Québec les rapports de consommation des clients «électrosensibles» une seule fois par semaine, au lieu d\u2019émettre des radiofréquences toutes les 50 secondes en moyenne.C\u2019est dans le cadre de la conférence 20f 2 du Networked Grid, un réseau de spécialistes nord-américains en gestion de réseaux électriques, qu\u2019Hydro One recevra le prix du meilleur réseau IMA du continent.Cette conférence se tiendra les 4 et 5 avril à Raleigh-Durham, en Caroline du Nord.Le dévoilement des lauréats technologiques du «top ten» 2042 a été publié hier par Greentech Media, qui alimente ce réseau de spécialistes.Encadré par les directives du gouvernement ontarien à la suite de l\u2019adoption du Green Energy Act, Hydro One a «entrepris le programme AMI le plus complet d\u2019Amérique du Nord», souligne Greentech Media.Ce dernier ajoute que cette réussite s\u2019est réalisée malgré l\u2019intégration d\u2019un très grand nombre de fonctions touchant à la fois les relevés domestiques, la gestion des réseaux de transport à haute puissance et la distribution locale.«L\u2019épine dorsale du réseau de communications d\u2019Hydro One, précise-t-on sur Greentech Media, est fournie grâce à l\u2019architecture du réseau autorégularisé de 2,4 GHz de Trilliant», qui peut indifféremment transmettre ses données au moyen de radiofréquences, de communications par cellulaire ou de Wi-Ei, ou encore via la fibre optique.Pour Martial Vincent, le directeur général de Varitron, c\u2019est autant la fiabilité que la puissance et la souplesse d\u2019adaptation de ce système qui lui vaut cette reconnaissance de haut niveau par l\u2019industrie nord-américaine.Le modem Hydro One a d\u2019ailleurs acheté le même compteur intelligent qu\u2019Hydro-Québec, soit le Landis-i-Gyr.Mais c\u2019est le modem de transmission de Trilliant-Varitron qui équipe ses compteurs et qui constitue l\u2019épicentre de son réseau global de communications.Ce réseau, en plus de lier f ,3 million de résidences ontariennes, gère avec un logiciel intégré les TOGO sous-stations du réseau de distribution et de régularisation du principal gestionnaire privé d\u2019électricité de la province voisine.Et il intègre aussi toutes les variables de la «production décentralisée» qui a pris un essor fulgurant dans cette province avec des tarifs garantis aux filières solaire et éolienne.Un des succès les plus remarqués de la stratégie ontarienne réside dans le fait qu\u2019un peu plus d\u2019un million de clients d\u2019Hydro One sur f ,3 million équipés de compteurs intelligents ont choisi l\u2019option de la tarification différenciée, qui leur accorde des rabais s\u2019ils diminuent leur consommation aux heures de pointe.En Ontario, cette stratégie vise à réduire les pics de demande et, partanf la nécessité de construire de nouveaux barrages et de nouvelles centrales thermiques ou nucléaires.Le Devoir Khâdr pourrait rentrer au Canada en mai Toronto \u2014 Omar Khadr pourrait être de retour au Canada d\u2019ici la fin du mois de mai, Ottawa et Washington étant disposés à autoriser son départ de la prison de Guantanamo, où le criminel de guerre reconnu coupable est détenu depuis près d\u2019une décennie, a appris La Presse canadienne.Une source au fait du dossier a indiqué que le secrétaire américain à la Défense, Leon Panet-ta, devrait signer l\u2019ordre de transfert d\u2019ici une semaine.Khadr est coincé dans un imbroglio bureaucratique depuis qu\u2019il est devenu admissible à quitter la prison américaine à Cuba, en octobre dernier, en vertu des termes d\u2019un accord de culpabilité conclu une année auparavant Originaire de Toronto et aujourd\u2019hui âgé de 25 ans, Khadr a plaidé coupable, devant une commission militaire américaine, à cinq accusations de crimes de guerre qu\u2019il a commis en Af ghanistan, en juillet 2002, alors qu\u2019il avait 45 ans.En échange, le citoyen canadien a écopé d\u2019une peine de huit ans de prison, avec un an à purger à Guantanamo et le reste au Canada.Le gouvernement Harper ne s\u2019est toutefois pas empressé d\u2019approuver la demande de transfert soumise par les avocats de Khadr aux deux gouvernements il y a un an.En vertu du processus qui doit aller de l\u2019avant le retour de Khadr en terre canadienne pourrait survenir d\u2019ici la fin du mois de mai, a ajouté la source.Le porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Todd Breas-seale, a confirmé que le secrétaire de la Défense attendait qu\u2019Ot-tawa donne son accord pour le transfert de Khadr et que les procédures allaient de l\u2019avant La Presse eanadienne 51 LE DEVOIR, LE JEUDI 29 MARS 2012 A 3 ACTUALITES Quelle surprise ! Michel David Sans blague, quelqu\u2019un est-il réellement surpris d\u2019apprendre que la communauté anglo-québécoise est indifférente au sort du français au Québec?C\u2019est le contraire qui aurait été étonnant.D\u2019ailleurs, connaissez-vous beaucoup de francophones qui se préoccupent de ce qui pourrait arriver à la minorité anglophone?Dès le départ, la majorité des anglophones ont perçu le bill 101 comme une atteinte à leurs droits fondamentaux et l\u2019ont combattu de toutes leurs forces, sur le plan politique aussi bien que juridique.Ils se sont conformés aux dispositions de Charte de la langue française qui ont survécu aux tribunaux parce que c\u2019était la loi, mais on ne pouvait pas exiger qu\u2019ils y adhèrent.Les deux solitudes n\u2019ont jamais disparu.Les 85 % d\u2019anglophones qui ignorent qui est Régis La-beaume manquent sans doute un spectacle pittoresque, mais les francophones sont probablement moins nombreux à savoir qui est le maire de Westmount.De prime abord, il peut sembler un peu étonnant de constater, à la lecture des résultats du sondage effectué pour le compte de L\u2019actualité et du 98,5, que la sjunpathie pour la cause du français est proportionnelle à l\u2019âge.On aurait pu croire que la perspective d\u2019un retour à la prédominance de l\u2019anglais à Montréal sourirait davantage à la «grosse maudite Anglaise de chez Eaton» dont parlait un ancien ministre de Robert Bourassa, qu\u2019aux 18-34 ans, qui ont grandi dans le Québec d\u2019après la loi 101 et ont souvent été plongés dans une immersion française.Or, c\u2019est tout le contraire.Est-ce réellement la mondialisation qui explique le plus grand scepticisme des jeunes anglophones quant à la possibilité que le français demeure la langue de travail?Ou est-ce plutôt le constat de la lassitude croissante des francophones eux-mêmes, qui semblent baisser les bras?Que près de 300 000 personnes puissent vivre et travailler uniquement en anglais à Montréal comme s\u2019ils étaient à Toronto en dit long sur notre indolence collective.Pourquoi les anglophones, sans parler des allophones, s\u2019imposeraient-ils l\u2019effort de parler français, alors que même nos universités se mettent à l\u2019anglais?Il y a maintenant des embouteillages à l\u2019entrée des cégeps anglais en raison du nombre de jeunes francophones qui désirent s\u2019y inscrire.Une étude intitulée Le français et les jeunes, publiée en mai 2008 par le Conseil supérieur de la langue française (CSLF), tendait à démontrer qu\u2019ils ne sont pas plus soucieux de la présence du français au travail que lerus vis-à-vis anglophones.Il ne s\u2019agissait pas d\u2019un sondage, mais d\u2019une enquête qualitative effectuée à partir d\u2019entrevues avec des groupes de jeunes de six grandes villes québécoises.Les enquêteurs avaient noté la facilité particulière avec laquelle les jeunes Montréalais passaient d\u2019une langue à l\u2019autre sans trop s\u2019en apercevoir.«Peu de gens remettent vraiment en question la grande place de l\u2019anglais dans le milieu du travail québécois, la plupart semblant au contraire l\u2019accepter assez facilement Pour eux, l\u2019usage de l\u2019anglais est un incontournable dans le milieu du travail.C\u2019est LA langue du commerce et des affaires, la langue internationale, celle qui ouvre toutes les portes», constatait l\u2019étude du CSLF.Si les jeunes francophones en sont convaincus, comment peut-on reprocher aux jeunes anglophones de l\u2019être aussi?Aucune loi ne pourra forcer les francophones à le demeurer malgré eux, mais il est clair qu\u2019ils en seront incapables sans un encadrement législatif suffisant.Trente-cinq ans après son adoption, la loi 101 a clairement fait la démonstration de ses limites.Il est vrai que dans l\u2019esprit de ses concepterus, le Québec n\u2019était pas destiné à demeruer indéfiniment une simple province dans une fédération où son poids politique et la place du français iraient sans cesse en s\u2019amenuisant.Ils n\u2019avaient sans doute pas vu le jolu où le gouvernement fédéral en arriverait à nommer des commissaires unilingues anglais au brueau montréalais de la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié.Les Anglo-Québécois détestent s\u2019entendre dire qu\u2019ils forment la minorité la plus gâtée du monde, mais ils n\u2019en disposent pas moins d\u2019un réseau d\u2019institutions, publiques et privées, qui constitue im formidable pôle d\u2019attraction pour les immigrants.La nouvelle Charte de la langue française proposée par Pierre Curzi ferait non seulement en sorte que l\u2019accès aux services de garde et aux cégeps anglais soit limité aux seuls anglophones de souche, mais aussi que le statut d\u2019organisme reconnu bilingue soit réservé aux établissements de santé et de services sociaux dont plus de 50 % de la clientèle est composée d\u2019anglophones et non pas simplement de personnes qui parlent «une langue autre que le français», dont le nombre va sans cesse en augmentant.Qn ne peut pas forcer les Anglo-Québécois à se préoccuper de l\u2019avenir du français au Québec, mais il n\u2019y a aucune raison pour que de^ institutions financées entièrement par le seul Etat francophone en Amérique du Nord contribuent à son anglicisation.Malheureusement, cela semble toujorus échapper à la ministre responsable.mdavid@ledevoir.corn l ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La ministre responsabie de i\u2019appiication de ia Charte de ia iangue française, Christine St-Pierre, rejette en bioc ie projet de ioi déposé par Pierre Curzi visant à renforcer ia Charte.Eiie affirme répondre ainsi à «i\u2019attitude de fermeture» du député indépendant à l\u2019égard de son propre projet de loi sur les écoles passerelles.Modification de la Charte de la langue française St-Pierre ferme la porte à Curzi ROBERT DUTRISAC La ministre responsable de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, rejette en bloc le projet de loi 593 présenté par le député indépendant Pierre Curzi et visant à renforcer la Charte de la langue française.La ministre, toujours chargée de l\u2019application de la Charte de la langue française bien que cette fonction ne figure plus dans son titre officiel, a la mémoire longue.Elle en veut au député de Bor-duas qui a refusé de discuter de son projet de loi 103 sur les écoles passerelles lors de son étude en 2010.«Le député [.] a eu une attitude de fermeture.Il n\u2019a jamais voulu étudier aucune proposition qu\u2019on faisait, alors je lui envoie la même réponse pour son projet de loi», a-t-elle déclaré hier, dans un bref point de presse.Le projet de loi 593, qui se veut une refonte de la Charte de la langue française, en étend l\u2019application aux cégeps, aux établissements de formation professionnelle et aux services de garde ainsi qu\u2019aux écoles privées non subventionnées qui peuvent servir d\u2019écoles passerelles poru l\u2019obtention du droit de fréquenter l\u2019école publique en anglais.Christine St-Pierre a réitéré la position du gouvernement Charest au sujet du droit des étudiants francophones et allophones de fréquenter le cégep en anglais.«On pense que, rendu à cet âge, un étudiant a la maturité pour choisir ce qu\u2019il veut pour lui», a-t-elle indiqué.Le projet de loi 593 vise les entreprises de 25 à 49 employés, qui ne sont pas à l\u2019heure actuelle dans l\u2019obligation d\u2019obtenir un certificat de francisation en vertu de la Charte, comme les entreprises de 50 employés et plus.Ces petites entreprises seraient tenues d\u2019instituer un comité de francisation et d\u2019obtenir un certificat de conformité \u2014 un nouveau vocable pour désigner le certificat de francisation\u2014si elles veulent conclure des contrats avec je gouvernement ou recevoir des subventions de l\u2019État Pour la ministre, cette mesure accroît la bureaucratie.«On a fait des calculs.Ça veut dire 7,5 millions, ça veut dire alourdir la bureaucratie pour ces petits entrepreneurs qui ont plus besoin d\u2019accompagnement que 4\u2019alourdissement», a fait valoir Christine St-Pierre.À l\u2019heure actuelle, l\u2019Qffice québécois de la langue française (QQLF) dispose d\u2019un budget annuel de 23 millions.Des amendes réduites Pierre Curzi propose également de déjudiciariser les amendes imposées aux personnes ou aux entreprises pour avoir contrevenu aux règles sur l\u2019affichage, l\u2019étiquetage ou la langue des contrats, par exemple.Plutôt que de déférer les dossiers d\u2019infraction au Directeur des poursuites criminelles ou pénales pPCP), les inspecteurs de l\u2019Qffice auraient le pouvoir de distribuer des amendes sur-le-champ, im peu comme les contraventions données par les préposés mimidpaux pour stationnement illégal.Ces amendes seraient réduites par rapport à leur valeur actuelle.Depuis 2010, pour ime première infraction, les amendes de TQQLF varient de 750 $ à 2100 $ dans le cas d\u2019un individu et de 1500 $ à 20 000 $ pour une entreprise.En vertu du projet de loi, les amendes seraient ramenées à des montants allant de 50 $ à 100 $ pour un individu et de 250 $ à 1000 $ pour une entreprise.«Pour ce qui est des amendes, écoutez, je tombe à l\u2019envers.Ils diminuent les amendes qu\u2019on a augmentées; cherchez la logique là-dedans», s\u2019est insurgée Christine St-Pierre.Le projet de loi 593 confère à la Charte de la langue française un statut quasi constitutionnel qui inscrit les droits fondamentaux des anglophones, définis comme des personnes de langue maternelle anglaise, des autochtones et des Inuits.En matière de raisons sociales, le projet de loi 593 inscrit dans la Charte les dispositions actuelles fixées par règlement et vulnérables sur le plan juridique.Ainsi, le nom d\u2019une entreprise dans l\u2019affichage ou la publicité devra être en français.Il pourra comprendre une marque de commerce en anglais, mais devra absolument être accompagné d\u2019un terme générique en français, par exemple: Les magasins généraux Canadian Tire.Le projet de loi stipule que les communications écrites de l\u2019administration publique destinées aux immigrants doiyent être en français.Les filiales des sociétés d\u2019État comme la Caisse de dépôt et placement du Québec et Hydro-Québec seraient soumises à la politique linguistique de l\u2019administration.En outre, avant de publier une offre d\u2019emploi qui fait de la connaissance de l\u2019anglais une condition d\u2019embauche, un employeur devrait justifier cette exigence auprès de l\u2019QQLF.Le Devoir Commissaires à Fimmigration unilingues : des cas dans les deux langues, se défend le ministre MARIE VASTER Ottawa \u2014 Le ministre de l\u2019Immigration ne trouve pas saugrenu qu\u2019il y ait des commis-safres unilingues anglophones au Tribunal de l\u2019immigration de Montréal, car y siègent aussi des unilingues francophones.Mais les partis d\u2019opposition trouvent inacceptable que deux commissafres soient incapables de travailler en français dans le bureau québécois.Le siège de la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié (CISR) à Montréal compte 32 commissaires: deux unilingues anglophones, neuf unilingues francophones, les autres sont bilingues.La Presse révélait hier qu\u2019un des anglophones s\u2019est vu remettre un document traduit de l\u2019espagnol au français et plutôt que d\u2019attendre une nouvelle traduction vers l\u2019anglais, le commissafre a indiqué qu\u2019il allait se «démener» pour déchiffrer.La demande a été rejetée, mais son jugement a été infirmé en Cour fédérale, où sa compréhension de la preuve a été mise en doute.Qr, le ministre estime qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019enjeu, car le tribunal de Montréal compte des commissafres unilingues des deux langues officielles.«Suggère-t-il que nous congédions les neuf francophones unilingues?Non, parce que c\u2019est un pays bilingue.Nous respectons les droits des francophones et des anglophones, y compris les 30 % de demandeurs à Montréal qui déposent leur demande en anglais», a-t-il rétorqué aux critiques de l\u2019opposition, aux Communes.Les commissaires de la CISR sont nommés par le gouverneur en conseil, après recommandation de la CISR Au tribunal de la métropole, on a refusé de préciser les critères de sélection sur lesquels se base le ministre \u2014 et si ceux-ci comportent un aspect linguistique.Le porte-parole a dirigé Le Devoir vers le ministère de l\u2019Immigration, qui de son côté a renvoyé la balle au bureau du ministre.De ce côté, on n\u2019a pas répondu à la question du Devoir.La CISR, elle, établit sur son site Internet que «la maîtrise des deux langues officielles constitue un atout».Le porte-parole de la CISR a toutefois précisé qu\u2019il y a d\u2019autres commissafres unilin^es anglophones au pays, mais aucun autre unilingue francophone dans le reste du Canada.« Inadmissible » «Voir si, à Toronto, ils vont mettre deux personnes francophones unilingues.Voyons donc! Ça n\u2019arrivera jamais.Je ne crois pas au père Noël! [.] On demande juste la même chose, le respect total des deux langues officielles», a scandé le néodémocrate Yvon Godin.Son chef ,Thomas Mulcair, estime «qu\u2019à Montréal, c\u2019est inadmissible qu\u2019une personne puisse ne pas comprendre le français en entendant une cause, point à la ligne».«Alors pourquoi on [les] nomme?Est-ce que c\u2019est juste parce que c\u2019était des amis conservateurs?», a questionné le libéral Denis Coderre.«A Montréal, le minimum, le respect, c\u2019est d\u2019avoir des commissaires bilingues», a déploré cet ex-ministre de l\u2019Immigration, tout comme la bloquiste Maria Mourani.Le Devoir Finalement, il ne sera pas interdit d\u2019interdire l\u2019unifolié Les députés adoptent une version adoucie du projet de loi C-288 HELENE BUZZETTI Ottawa \u2014 Le gouvernement conservateur a finalement complètement émasculé le projet de loi de son député John Carmichael qui visait à interdire l\u2019interdiction du drapeau canadien.Adopté hier, ce projet de loi ne fait plus qa\u2019«encourager» les pro-priétafres d\u2019immeubles à permettre îe déploiement de la feuille d\u2019érable.Toute pénalité a été purgée.Le projet de loi 0288 avait été déposé par un député d\u2019arrière-ban, mais avait obtenu l\u2019appui du ministre du Patrimoine, James Moore.Il avait suscité la controverse immédiatement Une société de condominiums s\u2019étant dotée d\u2019une politique restreignant l\u2019affichée dans les fenêtres et balcons, par exemple, aurait dû fafre une exception pour J Tunifolié, mais pas pour le fleurdelisé ou le drapeau de la fierté gaie.Le projet de loi permettait à la personne se sentant lésée dans son patriotisme de s\u2019adresser à im tribimal pour obtenir ime injonction.De plus, les récalcitrants s\u2019exposaient à ime amende ou même à deux ans de prison.Tout cela a disparu.Non seulement la peine de prison a-t-elle été retirée, comme une rumeur en avait fait état en décembre, mais l\u2019amende a aussi disparu, tout comme la possibilité de s\u2019adresser à un tribunal.Le projet de loi modifié ne vise plus qu\u2019à «encourager».«Quiconque est responsable d\u2019un immeuble d\u2019appartements [.] ou d\u2019un ensemble résidentiel protégé est encouragé à permettre le déploiement du drapeau national du Canada conformément à l\u2019étiquette du drapeau», est-il écrit.M.Carmichael n\u2019est pas déçu pour autant.«Les pénalités que nous avions prévues au départ étaient trop sévères pour ce que nous voulions faire», a-t-il expliqué au Devoir hier.En l\u2019absence de pénalité, le député reconnaît que cette loi n\u2019empêchera donc pas les interdits de drapeau contre lesquels certains Qntariens se sont plaints au cours des dernières années, mais tel n\u2019était pas nécessairement son objectif, dit-il.«L\u2019objectif de départ était de lancer un dialogue.On veut que les gens en parlent de manière productive et fespère que ce projet de loi fera cela.» Le projet de loi a été adopté hier à la Chambre des communes à 187 voix contre 103.Conservateurs et libéraux l\u2019ont appuyé, tandis que le NPD s\u2019y est opposé.Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE JEUDI 29 MARS 2012 ACTUALITES QUEBEC La voie réservée dans Henri-Bourassa aura ses propres bus ISABELLE PORTER Québec \u2014 Une nouvelle ligne d\u2019autobus dite 500 tera son apparition dans la voie réservée de l\u2019autoroute Robert-Bourassa, à Québec.Ces nouveaux express vont relier le nord de la ville au secteur du boulevard Laurier, qui est en pleine croissance.«Les nouveaux 500 vont aller directement dans le secteur à commerces et à bureaux sur le boulevard Laurier», a expliqué hier le président du Réseau de transport de la capitale (RTC), Raymond Dion.D\u2019autres lignes dites «300» joueront un rôle complémentaire.Contrairement aux 500, les autobus 300 sont déjà présents dans le réseau, mais leur rôle sera revu.«Les 300, eux, vont aller directement sur le campus [de rUniversité Laval] et on va enfin desservir le cégep Garneau.» M.Dion pense que ce nouveau service va permettre d\u2019augmenter l\u2019achalandage dans le réseau.«Avec les séries qu\u2019on va faire avec les 300 et les 500, c\u2019est sûr qu\u2019on va faire des gains appréciables.» Vaste protestation La voie réservée sur Robert-Bourassa a fait couler beaucoup d\u2019encre à Québec depuis deux ans.En 2010, un vaste mouvement de mécontents s\u2019était mobilisé contre ce projet éventé alors que des travaux causaient déjà des bouchons monstres dans l\u2019artère.Des radios de Québec, dont le 93,3, avaient littéralement fait campagne contre ce projet et le dossier avait déclenché une crise à l\u2019Hôtel de Ville.C\u2019est dans ce contexte que le maire de Québec, Régis Labeaume, avait traité ses fonctionnaires «d\u2019incompétents» et que le directeur général adjoint Guy Renaud avait quitté ses fonctions.C\u2019est finalement cet été que seront réalisés les travaux nécessaires à la voie réservée.Le ministère des Transports prévoit que l\u2019autoroute sera fin prête en 2013.Connue auparavant sous le nom d\u2019autoroute du Vallon, l\u2019autoroute Robert-Bourassa est l\u2019une des plus achalandées de la capitale.Elle s\u2019étire du secteur résidentiel Lebourgneuf, dans le nord de la ville, au cœur de l\u2019ancienne ville de Sainte-Eoy.La voie réservée permettra de relier rapidement deux boulevards clés: Lebourgneuf et Hochelaga, qui lui se trouve tout près du boulevard Laurier.Le Devoir La clientèle du RTC augmente Le RTC a dévoilé hier une hausse significative de son achalandage.Les déplacements ont augmenté de 7,5 % en janvier et février par rapport à l\u2019an dernier, soit l\u2019équivalent de 546 000 déplacements de plus.Pour retrouver une hausse comparable, il faut remonter à l\u2019année record de 2008 (7,2 %).Selon Raymond Dion, c\u2019est d\u2019autant plus étonnant que l\u2019hiver est normalement une période difficile pour l\u2019organisation.Le RTC a aussi observé une hausse des ventes de ses laissez-passer et une augmentation particulière sur les parcours à fort débit (Métrobus 800,801,803).«On s\u2019aperçoit que les gens veulent beaucoup de fréquence», dit-il.Au cours des derniers mois de 2011, on observait aussi une hausse oscillant entre 2,1 % et 2,5 %.Pour M.Dion, la récente récolte en est une de bonnes résolutions du Nouvel An et les nouveaux venus sont surtout des travailleurs et des étudiants.Des facteurs «externes» ont peut-être aussi joué en leur faveur, croit-il.«L\u2019hiver a été doux et l\u2019essence est un peu plus chère.» MONTREAL Décès de l\u2019ex-conseiller Pierre Lorange Un ancien vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Pierre Lorange, est mort le 21 mars dernier en Eloride à l\u2019âge de 82 ans.11 a perdu la vie accidentellement à Port Lauderdale.M.Lorange a été élu cinq fois au conseil municipal, de 1966 à 1982, pour le Parti civique.11 a été un important organisateur politique du maire Jean Drapeau.Au cours de sa carrière politique, il a aussi été l\u2019un des diri- geants de l\u2019ancienne Communauté urbaine de Montréal (CUM).Les funérailles de Pierre Lorange auront lieu samedi prochain, à llh, en l\u2019église Nativi-té-de-la-Sainte-Vierge, dans Ho-chelaga-Maisonneuve.C\u2019est dans ce quartier qu\u2019il a tenu un établissement de bijouterie pendant plus de 60 ans.11 laisse dans le deuil son épouse et deux enfants.La Presse canadienne i Film documentaire Ci QUESTIONS NATIONALES » suivi d'un débat avec Pierre Curzi, Jean-Martin Aussant et Jocelyn Desjardins Lundi 2 avril à 19 h Auditorium de ia Grande Bibiiothèque 475, boul.De Maisonneuve Est, Montréai (Métro Berri-UQÀM) Entrée : 10 $ en prévente jusqu'au 29 mars à www.imperatif-francais.org 12 $, à la porte I^IlVipÉRATiF Françaîs JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des étudiants ont occupé hier ie port de Montréai et bioqué ia rue Notre-Dame.GRÈVE ÉTUDIANTE Le climat se dégrade dans les universités EISA-MARIE GERVAIS En cette sixième semaine de grève, la tension est montée d\u2019un cran dans les établissements.Alors que certains campus imposent la ligne dure aux manifestants, d\u2019autres préfèrent lever les cours et permettre les piquets de grève, pour éviter toqt conflit.A l\u2019Université Concordia, l\u2019administration n\u2019entend pas rigoler.Dans une lettre obtenue par Le Devoir, elle signifie que toute personne qui bloque l\u2019accès aux cours devra s\u2019identifier, sans quoi elle sera «photographiée et poursuivie une fois que son identité sera confirmée».Une étudiante l\u2019a appris à ses dépens, lundi, lorsqu\u2019elle a reçu un coup au visage en filmant un gardien de sécurité.Depuis le début de la semaine, les étudiants sont incités à porter plainte si on les empêche d\u2019aller en classe.Pour Maude Matton, il n\u2019est pas facile de faire la grève devant cette «intimidation».«Depuis le début [l\u2019administration] essaie de rendre le mouvement illégitime en envoyant des e-mails pour dire que le piquetage ça entraîne la suspension ou l\u2019expulsion.On reçoit des lettres intimidantes», a souligné l\u2019étudiante au Département des beaux-arts, qui est en grève depuis quatre semaines.Le climat est «horrible», note-t-elle.«Ça m\u2019est arrivé de m\u2019engueuler avec des étudiants de mon propre cours.On a l\u2019impression d\u2019étre des marginaux.» Le climat est tout aussi tendu à l\u2019Université McGill, où des étudiants en grève se plaignent de la répression excessive.Le vice-principal adjoint.Jim Ni-cell, a rappelé à la communauté universitaire que toute perturbation empêchant les cours d\u2019avoir lieu constitue une violation du code de conduite, passible de sanctions disciplinaires.Depuis, deux étudiants ont été suspendus cinq jours pour avoir participé à des activités en lien avec la grève.L\u2019hostilité envers les grévistes est telle que six professeurs du département de langue et littérature françaises (DLLE) leur ont écrit une lettre de solidarité qui circule dans les réseaux sociaux.Pris en sandwich entre les pro et les anti-grève, ils ont déploré la confusion qui règne quant à leurs obligations.«A ce stade crucial du conflit, nous considérons nécessaire [.] d\u2019assurer à chacun des étudiants du DLLF que nous nous engageons activement à faire entendre la légitimité et l\u2019im-porfance de leur combat» A l\u2019Université Laval, l\u2019impatience de certains étudiants à l\u2019égard de la grève s\u2019est traduite par une demande de recours col lectif pour faire reconnaître les piquets de grève et autres blocus comme un outrage à magistral a rapporté Le Soleil.L\u2019Université Laval a été sommée de comparaître en cour lundî.Autres mœurs en région A l\u2019Université du Québec à Rimouski (UQAR), la situation est tout autre.Après quatre semaines de grève générale illiml tée, le campus de Rimouski est toujours fermé.La direction ad- Les étudiants poursuivent leurs manifestations Les principales actions tenues hier -\tBlocage de la permanence du Parti libéral du Québec à Montréal -\tQccupation du port de Montréal et blocage de la rue Notre-Dame (usage de poivre de Cayenne par les policiers) -\tManifestation erratique au départ du parc Emilie-Gamelin qui s\u2019est terminée dans le métro Berri -,Gccupation pacifique de la rue Gentilly près du cégep Edouard-Montpetit et cours à ciel ouvert -\tManifestation en soirée devant la résidence privée du premier ministre Jean Charest à Westmount -\tTenue du procès symbolique de Jean Charest à Sherbrooke -\tBlocage de l\u2019entrée de l\u2019édifice Price, où loge Jean Charest à Québec -\tPerturbation d\u2019une commission parlementaire à l\u2019Assemblée nationale par huit enseignantes qui ont déployé des bannières rouges Les actions prévues aujourd\u2019hui -\tUne manifestation appelée la Grande Mascarade, qui commencera au square Philips à midi et se terminera à la Place des Arts, devrait perturber le centre-ville de Montréal pour plusieurs heures -\tUne marche qui culminera par un grand mariage collectif devant le Palais de justice critiquera le système de prêts et de bourses -\tUne manifestation se mettra en branle au cégep Lionel Grouk met avoir tenté de maintenir les cours au début, en dépit d\u2019un pl quet de grève hermétique.«Ça a donné des conditions qui n\u2019étaient pas propices pour la poursuite des études», a soutenu Marie-Thérèse Brunelle, l\u2019une des porte-parole de l\u2019UQAR.«On a ensuite décrété une levée de cours avec une entente de non-ingérence.A partir de là, on s\u2019est dit qu\u2019on allait respecter le vote s\u2019il était fait démocratiquement», a-t-elle indiqué.Dans de plus petits campus, on vit à «échelle humaine», a-t-elle lancé.«Les autres recteurs des universités nous disaient de faire venir la police si les étudiants rentraient dans nos bureaux.Mais nous, ce sont nos étudiants qu\u2019on connaît.C\u2019est très différent.» Le Devoir Selon une étude commandée par TUnion des producteurs agricoles Le Québec n\u2019est pas à l\u2019abri de l\u2019accaparement de terres MARCO BÉLAIR-CIRINO Le Québec n\u2019est pas à l\u2019abri de la spéculation alimentaire et de l\u2019accaparement de terres, souligne à grands traits une étude dévoilée hier par l\u2019Union des producteurs agricoles (UPA).Plus de 200 millions d\u2019hectares, la superficie du Groenland, ont fait l\u2019objet de transactions majeures ces dix dernières années.«La crise financière de 2008 a généré les conditions pour une véritable \u201cruée\u201d vers les terres, considérées comme une valeur refuge par les gestionnaires de fonds en temps de crise», a indiqué le directeur de l\u2019Institut de recherche en économie contemporaine 0REC), Robert Laplante.En 2011, des gestionnaires de fonds de retraite auraient consacré entre 5 et 10 milliards de dollars pour faire l\u2019acquisition de terres agricoles situées surtout en Afrique et en Asie.Déjà rondelette, cette somme pourrait doubler d\u2019ici 2015, selon l\u2019organisation non gouvernementale GRAIN.«L\u2019augmentation de la demande de produits de base, en particulier la nourriture et les biocarburants, ainsi que la financiari-sation du secteur agricole, a transformé les terres en actifs sûrs et rentables pour le portefeuille des investisseurs», a souligné l\u2019auteur du rapport coiffé du titre L\u2019accaparement des terres et les dispositijs d\u2019intervention sur le foncier agricole, Eran-çois L\u2019Italien.«Malgré nos lois et règlements visant à protéger notre patrimoine agricole et malgré la valeur foncière relativement peu élevée de nos terres, comparativement à certains pays occidentaux, il reste que [.] plusieurs grandes fortunes québécoises et acteurs financiers privés se positionnent déjà dans le marché des actijs fonciers au Québec et au Canada», s\u2019inquiète le président général de l\u2019UPA, Marcel Groleau, citant en exemples les compagnies Canadian Farmland Corp., Agriterra et Solifor.«Nous sommes face à un enjeu qui interpelle l\u2019ensemble de la société et nécessite une prise de conscience et des actions concertées», a-t-il ajouté.En plus de prendre l\u2019ampleur du phénomène de l\u2019accaparement des terres agricoles au Québec, l\u2019UPA insiste sur l\u2019importance «d\u2019agir rapidement» afin de protéger l\u2019une des composantes au cœur du modèle agricole québécois, le propriétaire exploitanf en mettant sur pied un Bureau d\u2019enregistrement et de surveillance \u2014 cal qué sur les Sociétés d\u2019aménagement foncier et d\u2019établissement rural (SAFER) \u2014 visant à répertorier et à autoriser toute transaction foncière en exerçant un droit de préemption sur la base d\u2019unités régionales.La «voix» des agriculteurs québécois demeure persuadée qu\u2019une politique agricole «efficace» et «dynamisante» constitue «le meilleur rempart» contre l\u2019accaparement des terres.Le Devoir Renseignements : 819 684-8460 ou www.imperatif-francais.org Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 E N BREF Sainte-Catherine sera piétonne Un compromis a finalement été trouvé dans le dossier de la pié-tonnisation estivale de la rue Sainte-Catherine Est.Seul un court segrnenl entre les rues Berri et Saint-Huberf sera retranché de la zone de piétonnisa-tion habituelle cet été, ont convenu la Société de développement commercial du Village, le Service de police de la Ville de Montréal et l\u2019arrondissement de Ville- Marie.Les autorités avaient songé à renoncer à la piétonnisation à l\u2019ouest de la rue Amherst en raison de problèmes de sécurité liés à la présence de revendeurs de drogue ej d\u2019itinérants autpur de la place Emilie-Gamelin.A compter du 17 mai, la rue Sainte-Catherine Esf entre l\u2019avenue Papineau et la rue Saint-Huberf sera donc réservée aux piétons, et ce, jusqu\u2019au 3 septembre.Le tronçon entre la rue De Bleury et le boulevard Saint-Laurent sera également fermé à la circulation tout l\u2019été.- Ix Devoir LE DEVOIR, LE JEUDI 29 MARS 2012 A 5 LE MONDE Damas intensilie encore ses opérations Damas \u2014 L\u2019armée syrienne intensifiait hier ses opérations contre les rebelles à travers, le pays, violant ainsi selon les Etats-Unis les dispositions du plan de paix de l\u2019émissaire Kofi Annan, accepté selon l\u2019ONU par Damas.Il est «clair» que le président syrien n\u2019a pas pris «les mesures nécessaires» pour appliquer le plan de l\u2019émissaire international Kofi Annan, comme il l\u2019avait promis, a pstimé hier le département d\u2019Etat américain, appelant à «maintenir la pression» sur Bachar al-Assad.Le chef de l\u2019ONU Ban Ki-moon a appelé Damas à appliquer «immédiatement» le plan prévoyant notamment la cessation des violences par toutes les parties, la fourniture d\u2019aide humanitaire et la libération des personnes détenues arbitrairement.Le régime syrien, qui a accepté ce plan selon l\u2019ONU, a averti en revanche qu\u2019il rejetterait toute nouvelle initiative émanant du sommet arabe au-jourd\u201dhui à Bagdad.«Depuis sa suspension de la Ligue arabe, la Syrie traite avec les Etats membres de cette organisation à titre bilatéral La Syrie rejettera par conséquent toute initiative émanant de la Ligue arabe», a déclaré le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères.Jihad Makdessi.La crise syrienne était au centre de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères à Bagdad, qui ont commencé à rédiger une résolution finale appelant pouvoir et opposition au dialogue.L\u2019acceptation par Damas du plan de sortie de crise proposé par l\u2019émissaire Annan suscitait le scepticisme de la communauté internationale.Cette décision est «un important pas initial» a estimé Ban Ki-moon, tout en soulignant qu\u2019il «n\u2019y a pas de temps à perdre».«Nous exigeons la mise en oeuvre complète du plan de paix [.] à commencer par l\u2019arrêt immédiat de la répression», a indiqué le ministère français des Affaires étrangères.La Syrie n\u2019a pas directement annoncé son acceptation du plan Annan, approuvé par le Conseil de sécurité de l\u2019ONU: le gouvernement syrien a écrit à l\u2019envoyé spécial des Nations unies et de la Ligue arabe pour accepter son plan, a indiqué mardi son porte-parole.Cela n\u2019a pas empêché les chars syriens de prendre d\u2019assaut Qalaat al-Madiq, ville du centre du pays assiégée depuis deux semaines.De violents combats y ont éclaté entre les forces du président Assad et des groupes rebelles, faisant au moins treize morts, dont 4 civils, selon l\u2019Observatoire syrien des droits de l\u2019Homme (OSDH).Des affrontements ont également secoué les provinces de Homs (centre), de Deraa (sud) etd\u2019Idleb (nord-ouest).Au total, 21 personnes sont mortes dans les violences à travers le pays mercredi.Agence France-Presse REPERES L\u2019art républicain de se tirer dans le pied Le procès de l\u2019assurance maladie, une des mesures phares du président Obama, a commencé cette semaine devant la Cour suprême des Etats-Unis.Curieusement, c\u2019est en s\u2019attaquant à un principe longtemps défendu par leur propre mouvance, soit l\u2019obligation de contracter une police, que les requérants conservateurs et républicains tentent de faire casser cette loi.Ce principe, qui était bien sûr au centre du système mis en place par Mitt Romney au Massachusetts en 2006, revient à dire que les hôpitaux, qui sont tenus de porter assistance à toute personne en danger de mort, ne devraient pas refiler à ceux qui ont pris soin de s\u2019assurer le coût des soins prodigués à ceux qui ne l\u2019ont pas fait.Le Parti républicain n\u2019a pas toujours été aussi conservateur qu\u2019aujourd\u2019hui.Au vu de ce qui précède, on devrait plutôt dire qu\u2019il n\u2019a pas toujours été aussi inconséquent ou aussi extrémiste qu\u2019aujourd\u2019hui.Avant que Erank-lin.D.Roosevelt fasse prendre à l\u2019autre grande formation, le Parti démocrate, un virage à gauche avec son New Deal, il n\u2019était pas vraiment plus à droite que ce dernier.Aujourd\u2019hui, évidemment, c\u2019est «à droite toute!», et ce, jusqu\u2019à la caricature.On voit les candidats à l\u2019investiture républicaine rivaliser de démagogie pour séduire des microélectorats (homophobes, xénophobes, misogynes, libertariens, etc.) qui, même additionnés ensemble, ne font probablement pas le poids devant la multitude des modérés.Comme il faudra bien convaincre une partie de l\u2019électorat raisonnable au mois de novembre, le porte-parole de Mitt Romney, probable adversaire de Barack Obama, a maladroitement comparé son patron au jeu d\u2019Etch-A-Sketch, cet écran «magique» dont on peut facilement effacer le contenu pour en créer un nouveau.Une façon un peu cavalière de dire que le peuple américain, distrait ou car- Claude Lévesque rément amnésique, n\u2019y verra que du feu.Comme formation politique, le Gand Old Party est en train de se désintégrer.Dans un article très instructif publié dans le New York Times, l\u2019auteur de romans historiques Kevin Baker expliquait récemment comment ce parti a commencé à semer les germes de son déclin dans les années 1970 en «sous-traitant» sa stratégie, la conception de son programme, ses activités de recrutement, bref sa substance à toutes sortes de groupes qui n\u2019ont à cœur ni l\u2019intérêt général ni les succès électoraux du GOP Dans les années 1970, des penseurs conservateurs proches de ce parti ont prétendu que la presse et d\u2019autres institutions américaines étaient tombées aux mains des libéraux, voire des gauchistes.En réalité, les médias ultracon-servateurs existaient et ne se gênaient pas pour livrer le fond de leur pensée, mais il est clair que les lois votées par des élus républicains les ont aidés à prospérer et à devenir plus virulents au cours des dernières décennies.Depuis quelques années, les bonzes du parti s\u2019inquiètent de l\u2019influence des grandes gueules des ondes, comme Rush Lim-baugh et Glenn Beck, réalisant que ces individus, qui ne pensent qu\u2019à leurs cotes d\u2019écoute, non seulement poussent une partie de l\u2019électorat vers le coin droit de l\u2019échiquier politique, mais obligent quasiment les candidats républicains à parler comme eux.Il n\u2019est pas étonnant, dans les circonstances, que certains candidats se soient effectivement convertis en animateurs de télévision.On pense à Sarah Palin.Enfin, la libéralisation des lois sur les dépenses électorales a donné naissance à des Super-PACs alimentés par des milliardaires un peu toqués, qui permettent à des candidats plus ou moins marginaux de prolonger leur campagne.Le Devoir L\u2019avocat de DSK demande que la plainte de Nafissatou Diallo soit classée BRIGITTE DUSSEAU New York \u2014 Un avocat de Dominique Strauss-Kahn a demandé hier à un juge du Bronx de classer la plainte au civil déposée à New York par la femme de chambre Nafissatou Diallo pour agression sexuelle, faisant valoir que DSK était protégé par une immunité au moment des faits.«La plainte doit être classée», a déclaré l\u2019avocat Amit Mehta, lors de la première audience de la procédure civile devant le juge Douglas McKeon, qui l\u2019a pressé de questions, semblant sceptique face à ses arguments.Cette audience civile est intervenue deux jours après la mise en examen de l\u2019ancien patron du PMI à Lille pour «proxénétisme aggravé en bande organisée» dans l\u2019affaire du Carlton, un crime passible de vingt ans de réclusion criminelle et trois millions d\u2019euros d\u2019amende.Hier, ni Mme Diallo, qui ac- cuse DSK d\u2019agression sexuelle dans sa suite du Sofitel de New York le 14 mai dernier, ni M.Strauss-Kahn, qui dément l\u2019avoir contrainte, n\u2019étaient présents.Une sorte d\u2019immimité Son avocat a affirmé que l\u2019ancien ministre bénéficiait en tant que patron du PMI à l\u2019époque des faits, de la «même sorte d\u2019immunité diplomatique que d\u2019autres hauts responsables et diplomates» et ne pouvait être poursuivi au civil.Il a évoqué la Convention internationale sur les privilèges et immunités des agences spécialisées, adoptée par les Nations unies en 1947.Pendant plus d\u2019une heure, le juge McKeon, 63 ans, lui a posé des questions parfois très techniques, lui relisant les détails de certains des textes invoqués par la défense de DSK.«Vous ne diriez pas qu\u2019il agissait dans le cadre de ses fonctions» lorsqu\u2019il a rencontré Mme Diallo?a-t-il également interrogé.Pourquoi DSK n\u2019a-t-il pas fait valoir cette immunité lors de la procédure pénale, a également interrogé le juge, dénonçant une utilisation «à la carte» de cette immunité, valable selon les avocats de DSK jusqu\u2019à son retour en Prance l\u2019été dernier, et donc même après sa démission du PMI en mai.Le juge, qui a précisé qu\u2019il rendrait sa décision «rapidement», a notamment évoqué la réglementation du PMI selon laquelle ses responsables et employés peuvent prétendre à une immunité, mais dans le cadre de leurs fonctions.Sur une audience de 90 minutes, plus d\u2019une heure a été consacrée à l\u2019interrogatoire des avocats de DSK.Après l\u2019audience, l\u2019un d\u2019eux, William Taylor n\u2019a voulu y voir aucun présage.Il a accusé Mme Diallo de vouloir «plus d\u2019argent, mais elle n\u2019aura pas ça de M.Strauss-Kahn».Et il n\u2019a pas exclu de faire appel si le REUTERS Les avocats de Mme Diallo.juge ne devait pas retenir l\u2019argument de l\u2019immunité.Douglas Wigdor, qui représentait Mme Diallo, a affirmé que DSK ne pouvait se prévaloir d\u2019une immunité totale, lorsqu\u2019il a, a-t-il accusé, «sauvagement agressé» la femme de chambre le 14 mai.Agence France-Presse REUTERS OSSERVATO ROMANO Le père de la révolution et le Saint Père ont fait connaissance.Benoît XVI demande plus de liberté religieuse et rencontre Fidel Castro La Havane \u2014 Le pape Benoît XVI a célébré hier une messe devant 500 000 Cubains sur la place de la Révolution de La Havane, demandant aux autorités d\u2019«aller de l\u2019avant» dans la liberté religieuse, avant de rencontrer avant son départ le père de la Révolution cubaine, Pidel Castro.Le pape q reconnu des progrès pour l\u2019Église: «E faut reconnaître avec joie qu\u2019à Cuba des pas sont actuellement en train d\u2019être accomplis pour que l\u2019Eglise mène à bien son incontournable mission d\u2019exprimer publiquement et ouvertement sa foi».«Cependant, je désire encourager les instances gouvernementales de la nation à renforcer ce qui a déjà été obtenu et à avancer sur ce chemin d\u2019un authen- tique service du bien commun de la société cubaine tout entière», a-t-il affirmé.Cette messe, dans ce lieu symbolique du pouvoir communiste, survient quatorze ans après celle de Jean Paul II qui avait apporté aux catholiques l\u2019espoir de voir leurs droits reconnus.Le pape polonais avait demandé que «Cuba s\u2019ouvre au monde pour que le monde s\u2019ouvre à Cuba».Le pape Benoît XVI a reçu hier le père de la Révolution cubaine, l\u2019ancien président Eidel Castro, à La Havane, au dernier jour de sa visite pastorale à Cuba, a annoncé le porte-parole du Vatican, Eederico Lombardi.L\u2019entretien a duré une trentaine de minutes à la nonciature du Vatican à La Havane, a indiqué le porte-parole du Vatican sans fournir aucun autre détail.Eidel Castro avait mis fin au suspense autour de cette possible rencontre en annonçant dans la nuit qu\u2019il verrait le pape hier.«Je saluerai avec plaisir demain mercredi son excellence le pape Benoît XVI, comme je l\u2019avais fait avec Jean Paul II», avait écrit Eidel Castro dans une de ses «réflexions» qu\u2019il publie régulièrement sur le site officiel cubain Cubadebate.Il s\u2019agit de la première entrevue entre le Lider Maximo, 85 ans, et le pape allemand, 84 ans.Eidel Castro avait rencontré par deux fois Jean Paul II, en 1996 au Vatican, puis lors d\u2019une visite historique de celui-ci à Cuba, en 1998.Agence France-Presse Loi sur l\u2019assurance maladie aux États-Unis Jeu serré à la Cour suprême Washington \u2014 La Cour suprême des Etats-Unis a débattu hier, au dernier jour d\u2019une audience marathon, de la question de la survie de la réforme sur la santé chère à Barack Obama, si elle devait être amputée de sa pièce maîtresse: l\u2019obligation de se doter d\u2019une assurance maladie.La haute juridiction, à majorité conservatrice, s\u2019est demandée si la myriade de dispositions contenues dans les 2700 pages de la loi allaient disparaître, si elle décidait en juin que la disposition clé de la réforme est contraire à la Constitution.Les juges progressistes ont lutté pour sauver le texte tandis que les conservateurs ont semblé face à un dilemme: abroger cette disposition controversée ou gommer purement et simplement toutes les mesures votées par le Congrès.Plus de la moitié des États américains, une organisation patronale et quatre particuliers réclament le rejet de la pièce maîtresse de la loi qui oblige tous les Américains à souscrire une assurance maladie d\u2019ici à 2014 sous peine de sanctions financières.Les neuf sages (cinq nommés par un président républicain et quatre par un démocrate) se sont montrés divisés mardi, au deuxième jour d\u2019audience, et le sort du «coeur de la réforme» semble être désormais entre les mains d\u2019un seul juge.Anthony Kennedy, qui vote tantôt à droite tantôt à gauche.Les plaignants demandent que la loi dans son ensemble soit retoquée, estimant que toutes les dispositions du texte sont imbriquées les unes dans les autres et que la réforme ne serait plus qu\u2019une «coquille vide» sans cette disposition sur le mandat indivi- duel.«Si le mandat individuel est anticonstitutionnel, le reste de la loi ne tient plus, a déclaré Paul Clement, l\u2019avocat des 26 États plaignants.On ne peut simplement pas imaginer que le Congrès aurait voté cette coquille vide sans le coeur de la loi».La loi, qui aspire à fournir une couverture santé à 32 millions d\u2019Américains qui en sont dépourvus, exige en particulier des compagnies d\u2019assurance qu\u2019elles prennent tout le monde en charge d\u2019ici 2014, quel que soit leur état de santé.Selon les analystes, le mandat individuel est essentiel pour faire fonctionner le plan.«Sans d\u2019importantes cotisations, il n\u2019y aucun moyen de demander aux compagnies d\u2019assurance de couvrir tout le monde au même tarif», a écrit l\u2019experte Ruth Marcus.Agence France-Presse Le président malien n\u2019est pas prisonnier de la jnnte Bamako \u2014 Le président malien Amadou Toumani Tou-ré, renversé le 22 mars par un coup d\u2019Etat militaire, a affirmé hier à l\u2019AEP qu\u2019il était actuellement «à Bamako» et «pas prisonnier», alors qu\u2019un possible compromis est évoqué entre l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et la junte sur une transition.«Je suis bien à Bamako, et Dieu merci ma famille et moi nous nous portons tous bien», a déclaré lors d\u2019une courte conversation téléphonique avec un journaliste de l\u2019AEP l\u2019ex-chef de l\u2019État, dont on ignorait le sort exact depuis le putsch.Interrogé sur le lieu oû il se trouve, ATT a répondu: «Est-ce bien la peine?Ce qu\u2019il est important de savoir, c\u2019est que je ne suis pas prisonnier».Le chef de la junte, le capitaine Amadou Sanogo, et la Éran-ce avaient tenu des propos rassurants sur sa situation, mais sans donner de détails.Constitution Plusieurs milliers de personnes ont marché hier à Bamako pour soutenir la junte, qui a annoncé mardi soir avoir adopté une nouvelle Constitution et promis qu\u2019aucun de ses membres ne participerait aux prochaines élections présidentielle et législatives, à une date indéterminée.Les pro-putschistes portaient pancartes et banderoles sur lesquelles pn pouvait lire «A bas ATT», «A bas la Erance», ou encore «Vive la junte».Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibril Bas-solé, a évoqué sur REI une possible piste de compromis.Les dirigeants de la Cornmu-nauté économique des États d\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CE-DEAO), réunis mardi en sommet à Abidjan, envisagent «une transition» qui serait dirigée par Dioncounda Traoré, président de l\u2019Assemblée nationale dissoute par la junte, a-t-il déclaré, Une délégation de chefs d\u2019É-tat ouest-africains conduite par l\u2019Ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la CE-DEAO, doit aller aujourd\u2019hui à Bamako pour en discuter avec la junte afin d\u2019assurer dans les plus brefs délais un retour à l\u2019ordre constitutionnel.Afin de préparer leur venue, plusieurs chefs d\u2019états-majors des pays de la CEDEAO sont arrivés hier dans la capitale.Le sommet d\u2019Abidjan, qui a suspendu le Mali de la CEDEAO, a également autorisé «la montée en puissance de sa force pour parer à toute éventualité» et nommé médiateur le président burkinabé Biaise Compaoré.Agence France-Presse A 6 LE DEVOIR LE JEUDI 29 MARS 2012 EDITORIAL Charte de la langue française Se réveiller La ministre Christine St-Pierre n\u2019a pas dit «no way», mais c\u2019est tout comme.Les propositions de Pierre Curzi pour renforcer la Charte de la langue française viennent de passer à la trappe, sans égard à l\u2019inquiétante situation linguistique.Que faudra-t-il pour que le gouvernement sorte de sa torpeur?D Josée Boileau ans un pays normal, dans une société cohérente avec elle-même, la ministre responsable de l\u2019application de la Charte de la langue française s\u2019occuperait précisément de cette mission, s\u2019assurant que les dispositions de celle-ci corrigent toujours les failles qui en ont justifié la naissance, prévoyant qu\u2019elle reste en phase avec l\u2019évolution démographique.Se livrer, au fond, à l\u2019exigeant travail de réécriture de la Charte qu\u2019a fait l\u2019ex-député péquiste maintenant indépendant Pierre Curzi et qu\u2019il a présenté cette semaine.A la décharge de la ministre, il est vrai qu\u2019on ne sait trop si notre société est si «normale».On la soupçonne plutôt, elle qui tient tellement à ne pas déranger, d\u2019être encore traumatisée de l\u2019électrochoc que fut en son temps la loi 101.En dépit des «conditions favorables» de l\u2019époque, Camille Laurin avait dû tenir son projet à bout de bras pour le faire accepter.Des décennies n\u2019ont pas encore eftacé la culpabilité que les Québécois traînent toujours de s\u2019être ainsi imposés.Alors si l\u2019administration publique communique en anglais avec des gens dont ce n\u2019est pas la langue maternelle, on ne va quand même pas en faire un plat, n\u2019est-ce pas.Que l\u2019anglais s\u2019installe pour de bon dans des universités francophones, n\u2019est-ce pas une simple adaptation à la concurrence internationale?L\u2019affichage en anglais?Mais c\u2019est comme à Paris! Et le service, lui, en anglais à Rosemont comme au centre-ville?Bah, Montréal est si cosmopolite.Quant à imposer la francisation aux petites entreprises, quelle folie! Comme le disait pas plus tard qu\u2019hier madame St-Pierre, avez-vous pensé à combien ça peut coûter?Plus de sept millions de dollars! Les finances du Québec poiuraient-elles s\u2019en remettre?Et nous voilà ainsi à analyser tous les problèmes à l\u2019envers.L\u2019Université de Montréal a beau espérer le contraire, elle ne sera jamais McGill.Paris affiche en anglais, mais sait toujours construire des phrases en français, alors qu\u2019ici, c\u2019est l\u2019apprentissage de l\u2019anglais qui est devenu «la» vraie affaire à l\u2019école primaire.Et qu\u2019est-ce qu\u2019une PME ou un petit commerce à Montréal?La porte d\u2019entrée du fravail poiu une large part des nouveaux arrivants.Les couper du français, c\u2019est leur imposer une ghettoïsation qu\u2019ils n\u2019ont pas demandée, mais qui leiu sera poiutant reprochée.D\u2019autant plus qu\u2019ils n\u2019ont pas d\u2019obligation de suivre des coius de français à leiu arrivée, que la qualité de ces coius est très variable, et que bien des orgaitismes d\u2019aide aux arrivants, poiutant dûment subventionnés, fonctionnent sans vergogne en anglais seulement.Il faudrait être vraiment bête, quand on débarque ici, pour ne pas comprendre le message.Le gouvernement libéral, lui, par piu clientélisme électoral, s\u2019en lave les mains.C\u2019est une chose que l\u2019anglais soit une langue séduisante puisqu\u2019elle facilite les échanges siu cette petite planète, c\u2019en est une autre qu\u2019une société aussi particulière que la nôtre ne préserve pas collectivement son identité linguistique.On connaît maintenant les limites de la Charte, c\u2019est un devoir de les corriger.On peut questioimer certaines des propositions de M.Curzi, mais certainement pas la nécessite du coup de balai souhaité.Ce n\u2019est pas une question de parti politique, mais d\u2019avenir \u2014 qui ne se limite pas qu\u2019à l\u2019obsession économique.Grève étudiante Dégeler l\u2019impasse quoi reconnaît-on le véritable coiuage?S\u2019agit-il de celui dont se targue le premier ministre Jean Charest poiu justifier une hausse des droits de scolarité devenue à ses yeux aussi noble que nécessaire?S\u2019agit-il plutôt de l\u2019audace affichée par ces dizaines de milliers d\u2019étudiants grévistes contestant toujoius dans l\u2019adversité?On finira bientôt par conclure que les courageux cachent des pleutres.Des poltrons qui ne voient de propice que leur proposition, qui restent campés siu fétus positions, qui font fa sourde oreille aux compromis ici et fà soumis au débat.De ceux-fà, if y a dans les deux camps.Etudiants, qui n\u2019acceptent de voie autre que fe gef ou fa gratuité; gouvernement, qui refuse d\u2019envisager fe dialogue.Après fe ministre des Einances Rajunond Bachand, qui avait timidement évoqué fa bonification possible de f\u2019aide financière, fe premier ministre a poussé mardi un brin plus cette porte entrouverte pour dire que des améliorations étaient envisageables.Mince, mince, mince ouverture.Hier, la ministre de l\u2019Éducation Line Beauchamp a plutôt maintenu la ligne drue, repoussant toute possibilité de discuter avec ses vis-à-vis étudiants, en dépit d\u2019appels de plus en plus pressants \u2014 venus même du patronat.Une certaine nervosité s\u2019est ajoutée à la fébrilité de la grève.Des doués poiu les sorties de crise se font entendre.Par exemple, hier, le chef fondateur de la Coalition avenir Québec, Eran-çois Legault, a mis au jeu de nouvelles règles fiscales dans le but de dénouer l\u2019impasse, qui commence à l\u2019excéder, avec raison! C\u2019est aussi siu un certain ton impatient qu\u2019en nos pages l\u2019ex-recteur de l\u2019Université de Montréal, Robert Lacroix, a soumis à l\u2019analyse des propositions qui, pour un partisan farouche de la hausse tel que lui, présentent un véritable mérite: celui de prétendre à un «dégel» de l\u2019impasse.Il pense à la mise sur pied d\u2019un système de remboursement des prêts proportionnel au revenu gagné; à la révision du seuil de revenu annuel des ménages pour éviter de pénaliser les familles de classe moyenne à faible revenu, un des nœuds de la crise; et à la création d\u2019un conseil des universités permettant de «dépolitiser» le débat\u2014 riche idée! Depuis la montée de ce crescendo étudiant, les avis et conseils ont été nombreux: il fut ainsi question de runiformisation des droits de scolarité et des droits institutionnels obligatoires, afin de créer un montant global réel; d\u2019une augmentation graduelle et raisonnable des droits; d\u2019une révision automatique annuelle moulée à l\u2019inflation; d\u2019un impôt post-universitaire mis en fonction après diplomation; de maints scénarios de remboursement proportionnels au revenu; sans compter le nombre de mises en garde sur le niveau d\u2019endettement des étudiants et les effets possibles d\u2019une hausse sur l\u2019accessibilité et la combinaison travail-études des futurs diplômés.Impossible de conclure qu\u2019un entre-deux n\u2019est guère possible: la matière, bien au contraire, est riche pour nourrir le dialogue.Le gouvernement ne peut plus se défiler.Les étudiants doivent concéder qu\u2019ils peuvent négocier.Des deux côtés de la clôture: courage à l\u2019étude! A Marie-Andrée Chouinard LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO \t \t HE, Û'*! \\/ÎANl>t\u2018 ûE\tLEUR prêter L'ARôEnT uA fRA\u2018\u20185JfE y ScoLAÉdI.17 CHAREfT-' 'A loa-fyVi Blanche symphonie C\u2019est tandis que résonnent hautes les clameurs.Portées par le peuple, attisées par la passion.Qu\u2019un peuple sait reconnaître les chefs de cœur; Ou qu\u2019il prendra leur relève après leur pâmoison.Cette nation restera à jamais la nôtre: Théâtre de nos vies, planches opiniâtres Et pas question d\u2019y jouer les figurants Au fond d\u2019un sombre, austère antre platonicien.C\u2019est d\u2019attaquer notre dignité, cher Ministre, Que de vous contenter de nous reléguer Au second rang, telles de futiles banalités.Bien humblement, votre attitude m\u2019attriste.Bien fâcheuse que cette attitude De vous complaire dans l\u2019intransigeance.Quels prix ont vos décisions, sans diligence.Sans approbation?Que vaines décrépitudes.Dans l\u2019ère évoluée des communications Les dialogues se doivent de l\u2019emporter Sur les blocus moraux exempts de raison; LETTRES Comblons dès maintenant, sans tarder, le fossé.C\u2019est au plus fort de la tempête que l\u2019on voit Si les valeurs nationales ne croulent pas sous le poids Des embûches capitales de l\u2019économie.Si l\u2019honneur du capitaine s\u2019accroche à la vie.Notre terre est forte, nos citoyens sont dièses.Et de nos valeurs, menons-en l\u2019exégèse! Afin de ne sombrer, enterrés dans le sol.Sous les airs d\u2019une symphonie en do bémol.Rodrigue Tiugeon Etudiant pour l\u2019avancement Le 27 mars 2012 Attitude inadmissible d\u2019Hydro-Québec J\u2019habite une maison oû le compteur électrique est situé dans la chambre à coucher.La lecture se fait depuis tpujours automatiquement par téléphone.Étant donné sa localisation, et par mesure de précaution légitime, je me vois contrainte, pour éviter les intelligents «compteurs merveilleux» (dixit M® Richard Lassonde, président des audiences en cours de la Régie de l\u2019énergie), à l\u2019unique et abusive «option de re- trait», prévue par Hydro-Québec.Selon les modalités proprement surréalistes de ladite option de retrait, j\u2019aurais à payer des «frais d\u2019installation» de 98 $ pour mon compteur déjà en place (!).Je pensais cependant au moins éviter la seconde modalité tout aussi surréaliste prévue: les frais mensuels absolument exorbitants de 17 $ exigés dorénavant pour la lecture du compteur.Pourquoi?Parce que chez nous, ces lectures se font automatiquement par téléphone.ERREUR! Hydro vient, sans préavis et sans qu\u2019on le sache, de débrancher notre compteur électrique de la ligne téléphonique par laquelle s\u2019effectuait automatiquement le relevé.C\u2019est un employé qui nous l\u2019a appris, en venant en faire la lecture ce matin pour la première fois.Vraiment! Hydro-Québec se prend pour qui et nous prend pour quoi en piégeant ainsi ses clients captifs?Et que dire des audiences actuelles de Régie de l\u2019énergie, avec son régisseur Lassonde, complètement biaisé, et en conflit d\u2019intérêts évident avec Hydro-Québec (voir ses accointances avec Thierry Vandal et Georges Abiad, révélées dans les articles de Louis-Gilles Erancœur, Le Devoir des 24-25 mars).Comment peut-on prétendre sans rire à r«acceptation sociale» dans de telles conditions?Je trouve ça proprement scandaleux de la part de pouvoirs publics.Louise Toupin Montréal, le 27 mars 2012 LIBRE OPINION Regards d\u2019une Française au Québec VIRGINIE TOURNAT Chercheuse au CNRS, Sciences Po Grenoble A' l\u2019heure oû des dizaines de milliers d\u2019étudiants défilaient dans les rues de Montréal, avec fougue et détermination, pour protester contre la hausse des droits de scolarité annoncée par le gouvernement Charest, la commission parlementaire du Québec sur le droit de mourir dans la dignité rendait public son rapport.Eruit d\u2019un travail de consultations amorcé deux ans plus tôt, il répond aux vœux du législateur qui impulsa, à l\u2019initiative de la députée de Joliette, la création d\u2019une commission spéciale sur cette question.Les thématiques du suicide assisté, de l\u2019euthanasie, des interruptions de traitements en fin de vie, de la sédation palliative et des directives médicales anticipées jalonnent l\u2019actualité québécoise ainsi que celle d\u2019une ^ande partie du monde depuis une trentaine d\u2019années.Il faut attendre 2009, année oû le Collège des médecins du Québec publie un document de réflexion avançant que, sous certaines circonstances exceptionnelles, l\u2019euthanasie peut s\u2019inscrire dans le continuum logique des soins appropriés de fin de vie des patients mourants.Véritable coup d\u2019accélérateur à la mise à l\u2019ordre du jour parlementaire de ces questions relatives à la bioéthique, le rapport va beaucoup plus loin que le reste du Canada et notre loi Leonetti en Erance, qui se limite à dénoncer l\u2019acharnement thérapeutique à l\u2019encontre de la volonté des patients, mais préserve l\u2019interdiction de donner volontairement la mort.En d\u2019autres termes, le cadre français autorise des traitements en vue d\u2019abréger les souffrances pouvant avoir pour effet secondaire d\u2019abréger la vie, mais ne répond pas aux situations d\u2019incurabilité des personnes en situation de fin de vie «complexe» qui demandent expressément le droit de mourir.En contrepoint, le rapport de la commission parlementaire du Québec s\u2019inscrit en continuité directe des réflexions du Collège des médecins.Bien que les soins palliatifs répondent majoritairement aux souffrances des personnes en fin de vie, ces ensembles de pratiques, telles qu\u2019elles sont accomplies aujourd\u2019hui, n\u2019empêchent pas la survenue de sérieuses limites au regard de douleurs difficilement contrôlables par l\u2019artillerie pharmacologique contemporaine, de la pénibilité de certains symptômes physiques ou des perspectives de dépendance extrême imposées par les maladies dégénératives à un stade avancé.S\u2019il reste à transposer ces recommandations en projet de loi, la Commission propose des procédures extrêmement précises, cadrées et contrôlées des demandes médicales d\u2019accompagnement vers la mort.Cette aide médicale à mourir passe par la demande libre et éclairée de la personne atteinte d\u2019une maladie grave, incurable marquée par une déchéance avancée de ses capacités, et sans perspectives d\u2019amélioration ou de soulagement médical.Elle requiert l\u2019avis de médecins indépendants et les décisions prises sont centralisées dans une instance de contrôle et d\u2019évaluation de l\u2019aide médicale à mourir.Cette proposition permettrait ainsi la tenue régulière d\u2019un registre des situations de souffrances exceptionnelles ayant nécessité ce type de re- cours médical.L\u2019encadrement de la fin de vie est un sujet traditionnellement occulté par nos décideurs politiques.Au mieux, les enjeux sont dépeints de façon éthérée, car les positionnements individuels ne renvoient que très faiblement aux clivages partisans du monde politique.Ils sont essentiellement biographiques et reposent sur le rapport que chacun entretient avec sa propre finitude et ses convictions spirituelles.Dès lors, l\u2019investissement politique de ces questions reste périlleux et incertain.On ne peut ainsi que saluer ce soubresaut législatif québécois, encore unique dans un contexte oû le gouvernement fédéral apparaît assez frîleux.Goutte d\u2019eau dans le foisonnement d\u2019actes juridiques destinés à protéger les droits et libertés des minorités, ce rapport propose de donner une valeur juridique contraignante aux directives médicales anticipées grâce auxquelles tout individu peut indiquer ses souhaits relatifs à sa fin de vie en cas d\u2019incapacité à exprimer sa volonté.Ce printemps érable des droits de la fin de vie, consacré à la protection d\u2019une minorité, dont l\u2019appartenance momentanée s\u2019acquiert paradoxalement par une mort prévue à plus ou moins brève échéance, prend alors une consonance toute singulière.L\u2019accompagnement médical à la mort n\u2019est pas le seul effet d\u2019une convergence des valeurs sociales, d\u2019une médecine et du droit.C\u2019est d\u2019emblée un accompagnement charnel, nous plaçant à l\u2019unisson du cœur collectif qui bat, celui qui doute et nous fait vivre sa régulière pulsation jusqu\u2019au bout du chemin.Un sacre du printemps. LE DEVOIR, LE JEUDI 29 MARS 2012 A 7 IDEES iiSrAiV \\ g té-yÀ ikft ^.é .^f- j ¦»'» r J JACQUES NADEAU LE DEVOIR La route 167, qui doit être proiongée dans ie cadre du Pian Nord pour devenir «une nouveiie porte d\u2019entrée pour accéder aux ressources du Nord québécois», seion Québec.La réplique > Ressources naturelles Prendre le train en retard.RENAUD LAPIERRE Président de Viridis environnement et ex-sous-ministre adjoint au ministère des Ressources naturelles e dernier budget Bachand nous donne la mesure d\u2019un gouvernement qui, sous la pression populaire, agit toujours trop tard, et de façon incomplète.Ainsi le gouvernement Chare^t annonce-t-il (enfin!) que l\u2019État doit rebâtir son expertise en matière de développement des ressources naturelles.Pour ce faire, il crée Ressources Québec \u2014 sans regrouper sous le même chapeau la Société du Plan Nord et le Fonds Plan Nord \u2014, apfès avoir en pratique détruit les instruments d\u2019État, où logeait cette expertise (REXFOR, SO-QUEM, SOQUIP, division gaz et pétrole d\u2019Hydro-Québec), et laissé aller leurs actifs au privé pour des miettes.Dans la foulée, il propose une nouvelle série de mesures qui, individuellement, vont dans le bon sens, mais dont le tout manque de cohérence.Vision parcellaire Pour preuve, voici une liste non exhaustive de cette vision parcellaire: On prétend sans gêne, en invoquant les experts, que nous devons nous presser à exploiter nos ressources, mais, en même temps, à travers de savants calculs, on confirme que les prix devraient demeurer élevés par rapport au niveau historique.Non, la précipitation n\u2019est pas la bonne stratégie! On nous annonce, seulement pour le secteur des mines, 33 milliards de dollars d\u2019investissements sur 25 ans, dont 11 milliards pour les cinq prochaines années.Mais Ressources Québec n\u2019aura de disponibilité, pour investir directement ou par l\u2019intermédiaire du Fonds Capital mines et hydrocarbures, qu\u2019un milliard de dollars, histoire d\u2019être prudent.Les multinationales, qui, c\u2019est bien connu, aiment perdre de l\u2019argent, feront, quant à elles, le gros des profits.On nous indiqjue que ces nouvelles sommes souscrites par l\u2019État pour prendre des participations dans les entreprises exploitantes seront gérées sans qu\u2019aucune directive rigoureuse ne soit donnée à Ressources Québec sur les filières à privilégier permettant, notamment, une transformation optimale au Québec ou la création d\u2019un Québec inc.des ressources naturelles.Non, il faut que, à la suite d\u2019une analyse appropriée, le gouvernement indique avec force les options qui comportent le maximum de retombées au Québec.Trop peu trop tard On cherche à nous convaincre que les redevances sont à un niveau maximum sur les mines \u2014 compétition des autres provinces oblige \u2014 et que l\u2019on doit limiter nos espoirs de recevoir, pas avant 2016-2017, au maximum 415 millions, mais on inscrit un passif de 3,2 milliards au seul chapitre de la restauration des sites contaminés et Le déclencheur > Nos projets miniers Dans le discours du budget 2012-2013 prononcé à Québec le 20 mars 2012, le ministre des Finances, Rajmiond Bachand, déclarait: «Les Québécois veulent retirer leur juste part de leurs ressources naturelles: en conséquence, nous allons prendre des participations dans les projets miniers prometteurs.J\u2019annonce la création de Ressources Québec, une nouvelle filiale d\u2019investissement Québec spécialisée dans les mines et les hydrocarbures.SOQUEM et SOQUIP deviennent des filiales de Ressources Québec.Cette dernière dispose d\u2019emblée d\u2019une expertise d\u2019investissement dans ces domaines et d\u2019un portefeuille de plus de 235 millions.En plus d\u2019investir pour son propre compte.Ressources Québec conseillera le gouvernement dans la gestion d\u2019un nouveau fonds.» abandonnés.Non, huit ans sans revenus réels pour la collectivité, juste des montants pour corriger le passé, c\u2019est trop peu! On s\u2019ouvre aux suggestions de M.Jacques Pqrizeau de monnayer les investissements de l\u2019État en infrastructures, tarifs d\u2019électricité avantageux, crédits d\u2019impôt additionnels contre une participation dans l\u2019actionnariat des entreprises bénéficiaires.Mais, simultanément, après avoir vendu sans raison valable le contrôle de Gaz Métro à des intérêts non québécois, on offre de payer 75 % des 40 premiers millions de dollars d\u2019une étude de faisabilité pour amener le gaz naturel sur la Côte-Nord.Et, comme si ce n\u2019était pas encore assez, on ajoute que le gouvernement compensera Gaz Métro pour les volumes manquants pour rentabiliser l\u2019investissement.J\u2019étais aux premières loges lorsque le gouvernement du Québec, par l\u2019intermédiaire de la Caisse de dépôt et placement du Québec et de SQQUIP, a acheté de Conrad Black le contrôle de Gaz Métro permettant de développer le réseau de distribution jusqu\u2019à Québec.Et maintenant qu\u2019il serait logique de le rendre à Sept-Iles, il faudrait le repayer! Non, redonnez-nous le contrôle si vous ne voulez pas courir de risques.Quelques cachettes inquiétantes On nous affirme que l\u2019on va négocier une option de prise de participation dans les projets où un soutien gouvernemental est demandé.Bravo.Mais sur quelle base de négociation?Selon M.Bachand, cela doit se faire sur la base de gré à gré.Pourtant, pour la plupart des entreprises étrangères exploitantes, elles auront eu accès à nos ressources pour des coûts de permis insignifiants.Non, ce qu\u2019elles doivent savoir, c\u2019est que, pour celles qui sont encore à l\u2019étape de l\u2019exploration, nous interviendrons dans leur capital sur la base du coût des dépenses effectivement engagées en soustrayant tous les mon- tants qu\u2019elles auront obtenus en aide gouvernementale.Pour les autres, qui sont déjà rendus à l\u2019étape de l\u2019exploitation, oui, pour le gré à gré, mais en tenant compte des aides gouvernementales de toutes sortes obtenues.On nous projette de minuscules mesures incitatives pour stimuler la transformation du minerai et des produits forestiers.Non, nous devons avoir une politique plus proactive.Et pourquoi, dans certains cas, ne pas faire des conditions préalables à la délivrance de permis?Autre cachette dangereuse, après que le gouvernement Charest eut cédé les droits d\u2019exploration à l\u2019île d\u2019Anticosti que détenait H.-Q.Pétrole et Gaz au privé (à un prix aussi caché), on nous annonce que le gouvernement évalue la nécessité de mettre en place une mesure incitative particulière pour favoriser la production d\u2019hydrocarbures sur ce territoire.Non, marchandons notre aide, et ce, au gros prix, s\u2019il vous plaît.On nous présente un nouveau régime pour l\u2019émission des permis visant les hydrocarbures (mise à l\u2019enchère).Formidable! Hélas, une bonne partie du territoire est déjà alloué et, pour ces entreprises ayant déjà leur permis, que l\u2019on pourrait qualifier de chanceuses, l\u2019augmentation du prix des permis es( minime.Non, nous souhaitons qu\u2019à l\u2019avenir l\u2019État conserve 50 % des droits sur ces nouveaux permis et que, pour ceux qui sont déjà délivrés, on ajuste le prix des permis en fonction des prix qui seront payés dans les mises à l\u2019enchère.Où sont ces dépenses ?Nous cherchons aussi, sans trouver dans ce budget, hormis des mots, l\u2019annonce de mesures substantielles pour assurer que tous les projets seront faits conformément aux principes du développement durable et d\u2019autres qui permettraient une reconversion des régions visées après la fin de l\u2019exploitation de ces ressources.Enfin, en ce qui concerne la mise à jour du suivi annuel des revenus et des dépense^ projetés pour les cinq prochaines années que l\u2019État anticipe du Plan Nord, comme par miracle, le tout fait un léger profit (15 millions), sauf que, poiu ce faire, Hydro-Québec doit contribuer aux revenus poiu 50 millions.Mais où sont comptabilisées les dépenses suivantes: les 30 millions poiu payer l\u2019étude de faisabilité de Gaz Métro?les 10 millions poiu les études d\u2019H.-Q.poiu planifier d\u2019amener l\u2019électricité de la Grande jusqu\u2019à Nunavik?le montant qu\u2019investira la Caisse de dépôt et placement du Québec en partenariat avec le CN poiu évaluçr la faisabilité d\u2019une liaison ferroviaire entre Sept-Iles et la fosse du Labrador?les 70,3 millions à la disposition du ministère des Affaires municipales poiu soutenir les infrastructures municipales qui ne pourraient voir le jour autrement?Le budget Bachand fait, en effet, bouger le gouvernement dans la bonne direction.Toutefois, c\u2019était trop lui demander de convaincre son premier ministre qu\u2019une vision cohérente du développement des ressources appartenant à la collectivité était également urgente.Les défis de Thomas Norman Norman Spector Au début, il semblait que Brian Topp \u2014 lui qui est parfaitement bilingue, natif du Québec et qui a vécu et travaillé à travers le Canada \u2014 était le successeur tout désigné de Jack Layton, ou du moins le favori de ses proches.Tout indiquait que leur plan de match allait être de tenir un vote rapidement afin d\u2019exclure Thomas Mulcair de la chefferie du NPD.Petit à petit, au fil des semaines, ïestablishment du parti s\u2019est rallié à M.Topp.Et peu de joiuna-listes croyaient que M.Mulcair avait des chances d\u2019être vainqueur.C\u2019est alors que Torn Mulcair a fait une habile manoeuvre politique: en menaçant de ne pas se présenter à moins que la campagne à la chefferie ne soit prolongée, il a forcé le parti à prendre conscience de ce que son absence signifierait poiu le NPD au Québec.Et les néodémocrates ont compris que la note allait être salée.Pourtant, même avec une campagne étendue dans le temps, nombre de médias demeuraient sceptiques quant aux réelles chances de M.Mulcair: avec Cpc tnntpc une majorité écrasante de membres du NPD établis dans premières le reste du Canada, il leur paraissait improbable que le dé- questions puté d\u2019Qutremont puisse rallier\t,\t, .suffisamment de nouveaux posees a la membres au Québec pour ga- Chambre des gner le leadership.Mais cette analyse souffrait communes deux failles importantes.En Colombie-Britannique, indiquent par exemple, on devient membre du parti fédéral lors-qu\u2019on se joint au parti provin- jyj Mulcair cial (réalité qui n\u2019existe pas au Québec).Et un bon nombre a entrepris de ces membres n\u2019appuient pas le NPD au niveau fédéral.sa route vers Deuxièmement, le système , de vote électronique du NPD pouvoir a échoué le week-end dernier, augmentant le poids de ceux qui ont voté avant d\u2019arriver à Toronto et prévenant une poussée du vote «quiconque sauf Mulcair».La campagne à la chefferie fut longue, ce qui a coûté cher au NPD dans les sondages, mais en fin de compte, ils ont franchi un pas de plus vers le pouvoir.Il est même permis d\u2019imaginer maintenant M.Mulcair au 24 Sussex, à la tête d\u2019un gouvernement minoritaire après les élections de 2015.Poiu empêcher Stephen Harper de former un deuxième gouvernement majoritaire, il faudra que le nouveau chef du NPD brise la coalition unissant l\u2019Qntario et l\u2019ouest du pays, union mise sur pied par les conservateurs en mai 2011.Afin de devenir premier ministre, M.Mulcair devra créer sa propre coalition.Ses toutes premières questions posées à la Chambre des communes indiquent sans l\u2019ombre d\u2019un doute que M.Mulcair a entrepris sa route vers le pouvoir.Il a d\u2019abord compris qu\u2019il lui importe de conserver un grand nombre de sièges au Québec.C\u2019est pourquoi il demandera aux Québécois de se joindre aux progressistes répartis à travers le Canada dans le but de renverser le gouvernement Harper.Reste à voir de quelle manière il conciliera cette position avec une autre, asymétrique: qu\u2019ad-viendra-t-il du retrait par le Québec des programmes fédéraux adoptés au Éarlement du Canada grâce à l\u2019appui des députés du Québec?Ensuite, même s\u2019il peut ga^er un plus grand nombre de sièges en Colombie-Britannique et au Manitoba, la clé du succès pour le NPD en 2015 sera de recréer la coalition Québec-Qntario qui a gouverné le Canada pendant la majeiue partie de notre histoire.Stephen Harper comprend tout ça, et sait aussi que son défi sera de convaincre les Qntariens qu\u2019un avenir prospère repose sur le développement des ressoiuces en Alberta.Il lui importera de ne pas attaquer l\u2019Alberta \u2014 comme l\u2019a fait Pierre E.Trudeau et comme M.Mulcair pourrait être tenté d\u2019y succomber.Ne nous étonnons donc pas si M.Harper, en opération séduction, dépense davantage de fonds fédéraux en Qnta-rio d\u2019ici 2015.Entre-temps, un gouvernement péquiste plus ou moins dévoué à la souveraineté pourrait être élu au Québec.M.Mulcair se retrouverait alors en position de vulnérabilité en Qntario en raison de sa position sur la loi sur la clarté.D\u2019autre part, les Qntariens pourraient fort bien se joindre aux provinces de l\u2019Atlantique pour reprocher à M.Harper cette tournure des événements, créant alors une ouverture pour le NPD \u2014 ou pour ce qu\u2019il restera d\u2019un Parti libéral du Canada face à un ancien libéral comme Thomas Mulcair! Norman Spector est chroniqueur politique pour le Globe and Mail L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec)YeAA&n D&gh.s&(société), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Dsa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-Boisvertf^stïw^éJ ; information politique : Michel Dav\\A(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Guillaume Bourgault-Côté et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane BaÜlargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; informationéconomique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins, Éric Desrosiers et Alexandre Shields^ {reporters), Gérald Dallaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy 'TaiWeier (reporters) ,j&axi-V\\eTr& Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Emilie Folie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, Karl Rettino-ParazeUi et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noël (Québec) .PUBOClTE , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web)(RaxiseX Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxim-Olivier Leclerc (responsable par intérim service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena BÜyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 8 LE DEVOIR, LE JEUDI 29 MARS 2012 ACTUALITES BUDGET SUITE DE LA PAGE 1 à 2015-2016.Même en comptabilisant les économies espérées de Texamen stratégique et fonctionnel des dépenses, le déficit devait s\u2019élever à 26,4 milliards pour Tannée qui s\u2019amorce, à 15 milliards Tannée suivante et à 3,5 milliards en 2014-2015.On saura donc aujourd\u2019hui si M.Flaherty peut renouer avec son plan initial en accélérant les compressions.Depuis le dernier budget, les conservateurs ont piloté des fuites faisant état d\u2019un exercice de compression des dépenses deux fois plus important que ce qui avait été annoncé, soit de 10 % des dépenses compressibles au lieu de 5 %.La dernière de ces fuites, rapportée hier par La Presse canadienne, établit ces économies annuelles à 7 milliards de dollars au lieu de 4 milliards, ou 8,75 %.En admettant que le même échéancier de compressions soit maintenu, le déficit serait ppur ainsi dire éliminé en 2014-2015 (-0,5 milliard).A titre de comparaison, le dernier budget du gouvernement du Québec prévoit des réductions de 0,9 % des dépenses de tous les rninistères à l\u2019exception de ceux de la Santé, de l\u2019Éducation et de la Famille.Le budget fédéral doit en théorie indiquer où ces milliards seront retranchés.Les déclarations du ministre Flaherty laissent croire que seule une ventilation grossière des compressions sera fournie.Le ministre responsable du Conseil du trésor.Tony Clement, a refusé de dire hier de quelle façon il fournirait les détails supplémentaires à la population canadienne.s\u2019il les fournit un jour.Comme Le Devoir en faisait état en juin dernier, Ottawa n\u2019a jamais donné les détails des quatre précédents examens stratégiques menés par le gouvernement conservateur.Même après avoir placé des demandes médiatiques et avoir attendu des semaines une réponse, la moitié des ministères n\u2019avaient jamais expliqué où la hache s\u2019était abattue.Le budget doit en outre faire la lumière sur la réforme de la Sécurité de la vieillesse avec laquelle jongle le gouvernement Harper.La possibilité de repousser de 65 à 67 ans Tâge d\u2019admissibilité semble bien réelle.Le budget devrait aussi indiquer comment Ottawa entend alléger le processus d\u2019évaluation environnementale des grands projets, notamment d\u2019exploitation pétrolière.Les partis d\u2019opposition se tiennent prêts pour ce budget.Le nouveau chef du Nouveau Parti démocratique a prévenu le premier ministre hier que ses troupes n\u2019accepteraient pas sans broncher un budget qui choisirait d\u2019oublier les familles canadiennes de la classe moyenne et de couper les services qui leur sont dus.Car tout est une question de choix, a-t-il martelé.«Si les conservateurs abandonnent leur promesse de créer des emplois et qu\u2019à la place ils s\u2019attaquent à notre système de santé et à notre régime de pensions, M.Harper, vous allez nous retrouver sur votre chemin», a averti Thomas Mulcair en s\u2019adressant à son caucus en matinée.Il a toutefois peu d\u2019espoir de voir les conservateurs changer de cap et renoncer au plan de match envisagé.«J\u2019espère que c\u2019est ça qu\u2019il [M.Harper] fera.Mais il ne faut pas rêver en couleur, surtout pas avec lui [.] S\u2019il le fait, nous serons là pour lui tenir tête à toutes les étapes du processus, je peux vous le garantir.» Les libéraux, eux, mettent en garde contre la «propagande».«C\u2019est un budget qui va prétendre, en donnant quelques millions à quelque chose [.], que c\u2019est un budget de croissance, mais ils vont couper des milliards et vont continuer de dépenser des millions sur les publicités, les avions et les prisons, a lancé le chef libéral par intérim.Bob Rae.Alors, moi, je ne m\u2019attends pas à grand-chose.Et mon problème avec les conservateurs, c\u2019est qu\u2019ils ne parlent jamais du fait qu\u2019il y a beaucoup plus d\u2019insécurité dans le public qu\u2019avant.» ,M.Rae reconnaît que certaines dépenses de l\u2019État pourraient être réduites, mais pas nécessairement celles désignées par le gouvernement.Il a maintes fois rappelé que, sous Stephen Harper, les dépenses de publicité avaient explosé.Le chef bloquiste, Daniel Paillé, espère que le gouvernement tiendra compte des demandes du Québec.Il n\u2019est pas opposé aux compressions, lui non plus, surtout si elles s\u2019attaquent à ce qu\u2019il considère comme un gaspillage «monarchique».«Il n\u2019y a pas de petites économies.» Si furieux soient-ils de voir le gouvernement imposer d\u2019importantes coupes à l\u2019appareil gouvernemental, les partis d\u2019opposition ont été forcés de concéder qu\u2019ils ne pourraient pas bloquer grand-chose, confrontés qu\u2019ils sont à la majorité conservatrice.Mais le travail se fera auprès de l\u2019opinion publique, car celle-là, «les conservateurs ne peuvent pas juste [la] balayer» sous le tapis, a affirmé le néodémocrate Peter Julian.Avec la collaboration de Marie Vastel Le Devoir Contribution de la Chambre des communes La Chambre des communes n\u2019a pas été soumise à l\u2019examen stratégique et fonctionnel des dépenses de l\u2019État, mais elle a quand même choisi d\u2019apporter sa contribution.Elle retranchera 30,3 millions de dollars de ses dépenses de manière progressive d\u2019ici 2014-2015, soit 6,9 % de son budget.Les budgets des bureaux des députés seront réduits de 2 %.Ceux des chefs de parti, des leaders à la Chambre, des whips et des présidents de caucus seront diminués de 600 000 $.Ces budgets servent notamment à payer les services de traduction et les technologies de l\u2019information.Pour leurs déplacements, enfin, les députés devront désormais acheter des billets au tarif Tango Plus, sauf lorsqu\u2019il s\u2019agit de retourner dans leur circonscription et que la durée du vol est de plus de deux heures.Helene Buzzetti AKRABAL SUITE DE LA PAGE 1 à Arrabal, outre son buste en bois sculpté par Gilles Bissonnette, une cape brochée de lunettes et un chapeau tricorne également lunetté pour l\u2019ensemble de ses yeux, le troisième inclus.Il coiffa et endossa toute la panoplie, en recevant son diplôme de Grand Rectum de l\u2019Université de Foulosophie, adoubé et ravi.Pape de la contre-culture?Il n\u2019aime pas l\u2019expression, préfère son statut de pataphysicien.Les quatre piliers de la modernité, Arrabal les a tous fréquentés, gobés et régurgités à sa sauce: le dadaïsme (il fut proche de Tristan Tzara), le surréalisme (il fut membre trois ans du groupe d\u2019André Breton), le Mouvement Panique, qu\u2019il fonda avec Alejandro Jo-dorowsky et Roland Topor, la pataphysique dont l\u2019illustre Collège le compte pour membre.L\u2019Espagnol Arrabal a beau vivre en France depuis 1955, il se définit comme un desterrado, mi-ex-patrié, mi-exilé.Né en 1932 dans l\u2019enclave espagnole de Melilla au Maroc, son berceau tanguait déjà entre deux rives.Autant choisir en ces cas l\u2019humour noir et rouge de la poésie.Il s\u2019y appliqua.Son œuvre protéiforme, en images, en mots, en tout ce qu\u2019on voudra, violente, sexuelle, cruelle, à jamais marquée par la guerre civile espagnole et le franquisme, explose comme un cri répercuté par mille échos: 14 romans, non moins de 800 recueils de poésie, une centaine de pièces de théâtre, sept longs métrages, etc.L\u2019ex-ami de Picasso, de Tzara, de Dali, de Beckett, d\u2019Allen Gingsberg, d\u2019Andy Warhol, lui à qui Jorge Luis Borges et Louise Bourgeois demandèrent de rédiger leurs testaments, affirme se sentir tout étonné d\u2019avoir survécu à ces génies.Homme de théâtre joué partout à travers le monde, grand joueur d\u2019échecs, il est la mémoire de révolutions culturelles qui furent pourtant aussi les siennes.Arrabal apprécie les cénacles et déplore la disparition de ces cercles éclairés.Alors il tient salon littéraire et culturel à Paris, qu\u2019il nomme ses agapes: festins semi-sacrés, accueillant Milan Kundera, Michel Houellebecq et autres esprits rebelles.En 1982, Gilles Carie dans le documentaire-suspense Jouer sa vie, sur les grands joueurs d\u2019échecs, remontant l\u2019histoire du maître jeu, mettait notamment Arrabal en scène, film que la Cinémathèque avait reprogrammé hier soir.Un impératif: le film d\u2019Arrabal Viva la muerte réalisé en 1971.Des dessins de Topor, une comptine inoubliable et une vache découpée vivante, sur fond d\u2019enfance déchirée, de catholicisme masochiste et de guerre civile avaient transformé ce chef-d\u2019œuvre sanglant et surréaliste en objet du scandale.Il y enfourchait sa tragédie; le père antifranquiste dénoncé par sa mère catholique bien-pensante qui le fit d\u2019abord passer pour mort.Toute sa vie, Arrabal se sera mis en quête du père disparu.Il combattit à sa suite le fascisme, lui dont la célèbre Lettre au général Franco, publié du vivant du dictateur, créa la commotion dans sa patrie.Arrabal fut emprisonné en Espagne en 1967 pour ses positions politiques, malgré les vives protestations d\u2019Arthur Miller, de François Mauriac, de Samuel Beckett.L\u2019auteur A En attendant Godot écrivit pour défendre sa pomme: «Si faute il y a qu\u2019elle soit vue à la lumière du grand mérite et de la grande promesse de de- main et par là pardonnée.Que Fernando Arrabal soit rendu à sa propre peine.» Mais ne traîne-t-il pas sa peine de toute façon, à travers ses tragédies de rouge dérision?«La science, les mathématiques, la vie sont absurdes, estime-t-il.Sans confusion, sans ambiguïté, pas de monde.» A cette ambiguïté, il trouve des variantes en nommant ses grands chantres: Rabelais, Cervantes, Shakespeare.«Mais ça va changer.On va trouver de nouvelles formes d\u2019expressions: la mécanique quantique.» Alors si vous voulez rencontrer Arrabal et connaître son œuvre, depuis hier et jusqu\u2019à lundi, entre la Cinémathèque, la Grande Bibliothèque, le Cabaret du Mile-End, le Lion d\u2019Or, L\u2019Espace Libre etc., l\u2019artiste se fait festival à lui seul: conférence-théâtre, spectacle solo et exposition collective, joute d\u2019échecs, lecture d\u2019extraits de ses pièces, cabaret-hommage, soirée d\u2019impro, sans compter le reste.Mieux vaut d\u2019ailleurs consulter le site http://ud-fou.com pour en apprendre le détail.Samedi et dimanche, il viendra au cinéma du Parc accompagner quatre de ses films, éclaireurs de son âme.Viva la muerte, également J\u2019irai comme un cheval fou (1973), plongé dans le meurtre de la mère doublé d\u2019une rencontre initiatique en plein désert.Le cimetière des voitures (1983), œuvre postapocalyptique de paranoïa et de trahisons ei L\u2019arbre de Guernica (1975), magnifique cri de révolte contre le fascisme.«Nous pouvons tous théoriser quant à la part maudite des Terriens, parce que nous faisons tous partie de la malédiction», se plaît à répéter ce survivant de tous les drames et de toutes les rebellions artistiques, sans se piquer d\u2019illusions, mais en faut-il?Le Devoir VIRUS SUITE DE LA PAGE 1 un virus de la grippe susceptible de menacer la planète entière peut émerger n\u2019importe où, n\u2019importe quand», déclare Declan Butler, l\u2019auteur de l\u2019article de Nature signalant les carences de la surveillance.«Une surveillance globale des virus de la grippe chez l\u2019animal est cruciale non seulement pour identifier les menaces de pandémie, mais aussi pour dépister les éclosions, surveiller comment les virus évoluent, comprendre les facteurs qui permettent leur disp ersion et garder les vaccins et les diagnostics destinés aux animaux à four.» Plus précisément, les observateurs de Nature ont noté que le nombre de séquences virales de la grippe aviaire issues d\u2019échantillons recueillis chaque année s\u2019était graduellement accru de 2003 (année de l\u2019émergence de H5N1) à 2007 (année où sont apparus les premiers cas de H5N1 en Amérique), avant de chuter par la suite.Cet accroissement correspondait au déplacement de la souche H5N1 de l\u2019Asie vers l\u2019Europe et l\u2019Afrique en 2005 et en 2006.«Plusieurs années peuvent s\u2019écouler entre le moment des prélèvements et celui de leur séquençage», fait remarquer Sylvie van der Werf, chef du Laboratoire de génétique moléculaire des virus respiratoires de l\u2019institut Pasteur à Paris.Ce délai découle de plusieurs facteurs, par exemple un manque de financement ou parce que les chercheurs gardent secrètes leurs séquences tant que leurs résultats de recherche n\u2019ont pas été publiés.L\u2019analyse réalisée par Nature a également révélé qu\u2019à peine 7 pays sur les 39 où prospéraient plus de 100 millions de volailles en 2010 ont pré- levé plus de 1000 échantillons de virus de la ^ip-pe aviaire entre 2003 et 2011.Huit pays, soit le Brésil, le Maroc, les Philippines, la Colombie, TÉ-quateur, l\u2019Algérie, le Venezuela et la République dominicaine, n\u2019ont procédé à aucun prélèvement.Treize pays en ont effectué moins d\u2019une centaine en huit ans, tandis que onze en ont exécuté entre 100 et 1000.Encore moins de séquences de virus porcins ont été recueillies, puisqu\u2019un tiers des pays qui hébergeaient plus de quatre millions de porcs n\u2019ont effectué aucune surveillance.«La taille de la population de volailles dans le pays ne prédit absolument pas le nombre d\u2019échantillons que celui-ci prélève et analyse»,^ résume M.Butler de Nature.Qui plus est, plusieurs des pays qui n\u2019ont procédé qu\u2019à peu de séquençages de virus, ou à aucun, sont dotés de piètres programmes vétérinaires et de systèmes d\u2019élevage favorisant la propagation des virus de la grippe, comme des fermes attenantes à la maison ou des fermes où cohabitent des porcs et des volailles, et qui se retrouvent souvent à proximité de canards sauvages et d\u2019autres réservoirs de virus de la grippe.De plus, les éleveurs des pays les plus pauvres sont souvent peu encouragés à signaler les éclosions de grippe dans leur troupeau, car ils ne recevront aucune compensation pour le bétail abattu.Certains pays éludent carrément toute surveillance afin de s\u2019éviter des problèmes commerciaux.Sylvie van der Werf, de l\u2019Institut Pasteur, déplore dans l\u2019article de Nature ces multiples lacunes autant géographiques que temporelles dans la surveillance.«Plusieurs années consécutives de surveillance sont nécessaires pour voir comment les virus évoluent», dit-elle.Des données contemporaines sont importantes pour maintenir une surveillance en temps réel, qui nous permettra, par exemple, de repérer des changements (mutations ou réarrangements) annonciateurs de l\u2019apparition de souches dangereuses, souligne pour sa part Malik Peiris, virologue de la grippe et expert en surveillance de l\u2019Université de Hong Kong.Les experts de la grippe croient toutefois que la situation pourrait être corrigée rapidement en créant un réseau de sites «sentinelles» \u2014 concentrés surtout dans les pays et les régions les plus à risque \u2014 qui prélèveraient des échantillons et les séquenceraient en temps réel.«Un tel réseau serait probablement moins coûteux que la surveillance fragmentée et sans coordination qui est en place actuellement», estime Jeremy Farrar, directeur de TOxford University Clinical Research Unit à Hô Chi Minh-Ville, au Vietnam.L\u2019autre problème est qu\u2019il n\u2019existe à l\u2019heure actuelle aucun organisme international ayant la responsabilité de surveiller la circulation des virus de la grippe chez l\u2019animal au niveau international.L\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) dirige un réseau international de laboratoires de surveillance de la grippe humaine qui sélectionnent les souches qui entreront dans la composition des vaccins contre la grippe saisonnière.L\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (FAO), quant à elle, se préoccupe avant tout de la sécurité alimentaire, et l\u2019Organisation mondiale de la santé animale (OIE) s\u2019intéresse principalement à la santé animale et au commerce.Jeremy Farrar considère qu\u2019une instance internationale est requise pour assurer une surveillance «systématique et efficace» de la circulation et de l\u2019évolution des virus de la grippe aviaire et porcine, à partir desquels émergera probablement le virus de la prochaine pandémie.Le Devoir LEGAULT La CAQ abolirait le crédit d\u2019impôt non remboursable pour les droits de scolarité SUITE DE LA PAGE 1 semaine, mais sont toujours beaucoup plus élevés qu\u2019au Québec, et qu\u2019il en serait de même après la hausse prévue.Sur la proposition de RPR, le ministre des Finances a souligné que la Commission-Jeunesse du Parti libéral.Tété dernier \u2014 et encore la semaine dernière \u2014 avait proposé une formule de ce type: «Je suis content que M.Legault s\u2019inspire des idées de notre commission jeunesse.[L\u2019économiste] Luc Godbout aussi.Ce sont des choses qui ont déjà été étudiées.» En 2010, en effet, au sommet sur le financement de l\u2019éducation postsecondaire, le RPR avait aussi été considéré et rejeté.Leaders étudiants consultés En début d\u2019après-midi, hier, M.Legault a révélé s\u2019être entretenu plus tôt en matinée avec les présidents de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) pour leur soumettre son esquisse de solution.«Je n\u2019ai pas senti de fermeture à cette proposition.Je n\u2019ai pas senti qu\u2019il était hors de question de considérer cette proposition.Au contraire, ils m\u2019ont dit: \u201con peut la considérer, maintenant, on aimerait la bonifier\u201d.Pour ça, il faut négocier avec le gouvernement.» Récemment, lorsqu\u2019il avait prôné l\u2019ouverture des conventions collectives d\u2019employés du secteur public, M.Legault avait pourtant lancé: «Ce n\u2019est pas vrai que ce sont les groupes de pression qui vont décider de ce qui se passe au Québec.» Hier, M.Legault a expliqué que le RPR consisterait \u2014 pour un citoyen qui vient de sortir de l\u2019université et qui a obtenu son premier emploi \u2014\tà rembourser ses prêts à coups de 5 % par,année pendant 10 ans.Après cette décennie, l\u2019État s\u2019engagerait à effacer toute dette qui resterait.Autre mesure suggérée par le chef caquiste (qui, rappelons-le, est favorable à la hausse) : hausser le seuil d\u2019admissibilité au régime de prêts et bourses pour les familles ayant un revenu inférieur à 60 000 $.Pour que l\u2019implantation de ces deux mesures se fasse «à coût nul», M.Legault abolirait le crédit d\u2019impôt non remboursable pour les droits de scolarité, ce qui dégagerait 120 millions par année selon ses calculs.Les leaders étudiants ont qualifié A «intéressante» la sortie du chef caquiste.«Ce n\u2019est plus juste les partis qui sont pour le gel qui le réclament un dialogue», a noté Martine Desjardins, présidente de la FEUQ.«L\u2019intention est bonne, de tenter de trouver une solution au conflit», a pour sa part dit Léo Bureau-Blouin, de la FECQ.Les deux leaders ont toutefois accueilli avec scepticisme la proposition caquiste.Certes, le rehaussement à 60 000 $ du seuil de revenus pour obtenir des prêts et bourses est considéré d\u2019un bon œil par Martine Desjardins: «Ça fait longtemps qu\u2019on demande que le seuil soit haussé à 45 000 $ et M.Legault monte déjà plus haut que ce qu\u2019on proposait!» Autre opinion favorable: l\u2019abolition du crédit d\u2019impôt plaît aussi à la FEUQ, mais croit qu\u2019il devrait servir plus directement à la bonification de l\u2019aide financière aux études.Du reste, la marge qui pourrait être dégagée serait moindre; 100 millions et non 120 millions par année comme le soutient M.Legault.Mme Desjardins refuserait toutefois totalement de discuter de la mise en place éventuelle d\u2019un système de RPR lors d\u2019une négociation.En Australie, où ce système a été appliqué, soutient Mme Desjardins, «les pauvres s\u2019endettent encore plus et les riches qui peuvent payer leurs frais de scolarité diminuent leur endettement de manière proportionnelle».Aux dires de la FEUQ, le RPR aurait aussi un effet haussier sur les droits de scolarité.Du reste, selon Léo Bureau-Blouin, de la FECQ, François Legault «sous-évalue de beaucoup le coût de l\u2019augmentation du seuil de contribution parental à 60 000 $».Hausser ce seuil coûterait plus cher \u2014 entre 150 et 200 millions \u2014\tque le montant dégagé par l\u2019abolition du crédit d\u2019impôt.Par conséquent, selon M.Bureau-Blouin, il vaudrait mieux annuler simplement la hausse des droits de scolarité de 1625 $ sur cinq ans qui, elle, devrait rapporter 200 millions par année: «Visiblement, les calculs ont été faits un peu vite du côté de la CAQ», a conclut le président de la FECQ.Commission perturbée En après-midi hier, la Commission de la culture et de l\u2019éducation qui étudiait le projet de loi n\"56 visant à lutter contre l\u2019intimidation et la violence à l\u2019école a été perturbée par des militants contre la hausse.«Huit professeures du regroupement Profs contre la hausse [.] ont déployé de larges bannières rouges en pleine Assemblée.Nous pouvions y lire \u201c6 semaines d\u2019indifférence, c\u2019est assez!\u201d», selon la description faite dans un communiqué du regroupement.Le cabinet de Mme Beauchamp a refusé de commenter le geste.Avec la collaboration de Lisa-Marie Gervais Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.corn Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel Bureau de Québec 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com 418-643-1541 La publicité Au téléphone\t514-985-3399 Par télécopieur\t514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514-985-3344 Par télécopieur\t514-985-3340 Par 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