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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2012-04-07, Collections de BAnQ.

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[" LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 AVRIL 2012 - \u2022f ï:' I / i r f^ï Ÿ*- LE DEVOIR A !/ jfi Salon du livlé dé Le goût de lire tous les livres, venus de partout Le Salon international du livre de Québec continue de transmettre le goût de lire.Le goût de lire tous les livres, venus de partout, transmis par les éditeurs et les 950 auteurs qui planteront leurs plumes dans la Vieille Capitale.L\u2019Espace de la diversité revient avec ses stands d\u2019auteurs haïtiens et amérindiens.Quelques Européens se glissent cette année dans ce lieu, pensé par l\u2019éditeur de Mémoire d\u2019encrier, Rodney St-/ Eloi, et dont le succès l\u2019an dernier avait surpris tout le monde.S\u2019ajoute une délégation de huit auteurs \u2014 poètes, romanciers, professeurs \u2014 catalans, pour une touche d\u2019un exotisme autre.«On cherche depuis des années à provoquer des projets de coédition, raconte en entrevue le président-directeur général Philippe Sauvageau.On a reçu déjà des délégations de la Serbie et du Mexique.» L\u2019inénarrable Dany Laferrière préside le Salon cette année.«Je me souviens, a-t-il dit au Devoir, qu\u2019on avait demandé à Jorge Luis Borges, au moment où il est devenu directeur de la Bibliothèque de Buenos Aires, pourquoi il se sentait légitime à ce poste.Il avait simplement répondu qu\u2019il n\u2019avait fait que lire sa vie durant.Pour donner le goût de la lecture, il faut soi-même être un lecteur passionné, et \\ c\u2019est ce que je suis.» A ses côtés: les invités d\u2019honneur Johanne Mercier, Denise Bombardier, Jean Désy, les bédéistes Delaf et Dubuc, et le chanteur et nouvel auteur Daniel Lavoie.\\ A la programmation: tables rondes, rencontres d\u2019auteurs, animations et lec- tures se succèdent.Les jeunes lecteurs sont particulièrement choyés: 42 spectacles s\u2019adressent à eux, rappelle Philippe Sauvageau.«On a encore été obligés de refuser des groupes d\u2019enfants cette année.On ne peut en accueillir plus de 15 500.Ajoutez ceux qui viennent avec leurs parents, ça monte à 23 000 jeunes.Les éditeurs nous ont demandé d\u2019ouvrir plus tôt, dès 9h, pour les accueillir; ils les acceptent, les laissent s\u2019asseoir par terre dans leurs stands.» Rien de tel pour électriser l\u2019ambiance d\u2019un centre de congrès.Rendez-vous, donc, du 11 au 15 avril.Le Devoir ¦ Toute la programmation se retrouve sur silq.ca t-r GABOR SZILAS CHARLEVOIX 1970 GABOR SZILASI CHARLEVOIX 1970 Avec le projet Charlevoix, l\u2019objectif de Gobor consiste simplement o cueillir le fruit de l\u2019histoire.» Marcel Blouin Photographies de Gobor Szilosl avec des textes de Marcel Blouin, Dovid Harris et Jeon O\u2019Neil L'instant même, collection L\u2019instont décisif, 2012, 112 poges, 40 photos n&b 9 V4 X9 Va po, relié, 39,95 $ LinHantmême wwwinstantm emeicom F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 AVRIL 2012 SALON DU LIVRE DE \\l FESTIVAL DU POLAR Meurtres prévus, à Knowlton, en mai, à coups de plume.CATHERINE LALONDE Le Québec aura désormais son festival du polar, où les auteurs de romans noirs pourront se réunir, rencontrer leurs lecteurs et discuter des meilleurs moyens de se débarrasser d\u2019un corps.Les Printemps meurtriers de Knowlton et leurs fleurs de sang écloront pour la première fois cette année, du 18 au 20 mai.Suivez la piste.Gros coup pour un festival tout neuf: le Britannique R.J.El-lory, qui s\u2019est imposé en quelques années comme maître du roman policier avec Seul le silence et Vendetta (Sonatine), sera des invités d\u2019honneur des Printemps meurtriers.A ses côtés, Chrystine Brouillet, mère de l\u2019inspectrice Maud Graham (La Courte Echelle), et le médecin et romancier nouvellement québécois Martin Winckler (Eleuve noir).C\u2019est à l\u2019instigation de Johanne Seymour, elle-même auteure du cycle des enquêtes de Kate McDougall, que la saison du renouveau se revêt d\u2019une touche d\u2019hémoglobine.«Il n\u2019y avait pas de plateforme au Québec où les auteurs de littérature policière pouvaient se retrouver et échanger, et échanger avec le public.Ça exjste beaucoup en France, aux Etats-Unis et en Angleterre, mais pas encore ici.» Inspirés donc des Quais du \\ ^ ' i PEDRO RUIZ LE DEVOIR Chrystine Brouillet participera à des rencontres avec le public pendant Les Printemps meurtriers de Knowlton polar français et d\u2019autres variations sur le thème, les Printemps meurtriers promouvront le roman noir d\u2019ici.«Au Québec se vend énormément de littérature policière, mais ce sont en majorité des livres venus de l\u2019étranger.Les auteurs d\u2019ici gagnent à êtrç connus», rajoute Seymour.A la programmation, on retrouve bien sûr des rencontres d\u2019auteurs \u2014 R.J.Ellory et Chrystine Brouillet \u2014, mais surtout des tables rondes et des causeries.Ainsi, Martin Winck- Dany ^ LAFERRIERE DE LA DÉRIVE DOUCE f.W i - i -i-.'iÛASy't'; Dany Laferrière CHRONIQUE DE LA 4Ê DÉRIVE DOUCE Après I'Semottmima, l\u2019énigme de l\u2019arrivee PRESIDENT D'HONNEUR Salon du livre de Québec Consultez l'horaire pour les activités publiques Boréal www.editionsboreaLqc.ca ?D Roman 2i6 pages \u2022 22,95 $ A ÉGALEMENT ^ EN FORMAT NUMÉRIQUE 1er et Jean Lemieux (L\u2019homme du jeudi, La Courte Echelle) discuteront de polar et de médecine.Geneviève Lefebvre (Je compte les morts, Libre Expression) et Laurent Chabin (Le prisonnier.Coups de tête) parleront du Québec meurtrier.Jacques Côté (Le sang des prairies, Alire) et le collègue du Devoir Erançois Lévesque (La mort comme rivière, Alire) aborderont de leur côté les séries et les trilogies.Des leçons de maître seront données, autant sur l\u2019écriture que sur le contenu: André Jacques parlera du polar québécois, Jacques Côté de plan et de personnages.L\u2019expert en sciences judiciaires Erançois Julien exposera la théorie des projections de sang, ou la façon de comprendre les éclaboussures assassines.Les festivaliers pourront traquer aussi le colonel Moutarde dans la cuisine avec le chandelier, que ce soit lors de l\u2019enquête en di-rect menée par l\u2019expert en sciences judiciaires Erançois Julien ou lors de la Chasse aux indices, jeu de pistes pour adultes assoiffés d\u2019énigmes à résoudre.«C\u2019est un festival, il faut qu\u2019il y ait des jèstivités, et pas que ce soit uniquement littéraire!», insiste Johanne Seymour.w / GENEVIEVE BURKE C\u2019est à l\u2019instigation de Johanne Seymour, elle-même auteure du cycle des enquêtes de Kate McDougall, que la saison du renouveau se revêt d\u2019une touche d\u2019hémoglobine.Einalement, le prixTenebris phonie, qui remportera une ¦ Pour consulter toute la procouronnera son premier lau- bourse de 1500 $.\tgrammation, www.lesprintemps- réat, le meilleur roman de litté-\tmeurtriers.com.rature policière de la franco-\tLe Devoir ^ EREDERIC SIMARD On trouvera un peu plus de campagne que de ville dans Intimité et autres objets fragiles, le premier livre de Marie-Eve Sévigny, aussi directrice de la Promenade des écrivains.LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE La vie dans les plis CHRISTIAN DESMEULES Ici, c\u2019est un médecin urgentologue, rivé à un fauteuil roulant après un grave accident, qui s\u2019interroge sur son utilité «dans l\u2019heure creuse» d\u2019un parc de la Petite-Italie à Montréal (Le parc Dante).Là, c\u2019est une femme qui loue durant quelques semaines d\u2019hiver un chalet en Abitibi, balayant les miettes de la vie sentimentale de sa propriétaire, qui prennent la forme de bas de laine tricotés à la main, d\u2019une peau de mouton et A «un homme triste sur un lac gelé» (Intimité).Ou encore, c\u2019est un homme largué par sa seconde femme, cuisinière cinq étoiles, qui ne souhaite pas que ses collègues de travail découvrent sa nou- velle déconfiture.«Ouvrir son sac à lunch devant les collègues n\u2019est pas sans conséquence.En fait, c\u2019est presque aussi grave que de les inviter à partager notre baignoire: nous n\u2019y exposons peut-être ni cerne ni cheveu, mais nos secrets n\u2019en sont pas moins trahis, ne serait-ce que notre façon de mastiquer ou de saler la viande.» Révéler des détails intimes de sa vie aux autres?Non merci: «Tout ce qui les intéresse, c\u2019est de valider la leur par contraste.» Plus pressé de répondre aux besoins de son estomac qu\u2019à ceux de sa libido, il saura vite trouver une solution à son problème (Tout sucre, tout beurre).Quelque part sur les bords du lac Saint-Pierre, à l\u2019ombre d\u2019un vieil orme, deux enfants offrent une sçpulture à un chaton mort 64 l\u2019ombre).Une lettre d\u2019amour oubliée dans un livre souffle sur les braises d\u2019un couple flou (Une carte à la clé), tandis que s\u2019entremêlent au rythme de l\u2019entraide et de l\u2019espoir les vies de deux laissés-pour-compte (Les petits papiers) ou qu\u2019une grand-mère passionnée par Docteur Jivago et déracinée après un accident reprend vie grâce à la lecture.On trouvera, dans la dizaine de nouvelles qui composent Intimité et autres objets fragiles., le premier livre de Marie-Eve Sévigny, un peu plus de campagne que de ville: un coin de ciel en Abitibi, des souvenirs d\u2019enfance enfouis au fond d\u2019un rang, une enfilade de pluviers siffleurs sur la grève, une maison blanche adossée à la batture du fleuve.Un recueil peut-être un peu inégal \u2014 et c\u2019est souvent le cas lorsque les nouvelles, comme ici, ont d\u2019abord paru en revues \u2014, mais qui dans l\u2019ensemble est servi par une écriture forte et un talent prometteur capable de nous raconter l\u2019invisible.Collaborateur du Devoir INTIMITÉ ET AUTRES OBJETS FRAGILES Marie-Eve Sévigny Triptyque Montréal, 2012,112 pages ¦ Marie-Eve Sévigny sera présente au stand de son éditeur dimanche 15 avril de 13h30 à 14h30.5252 B2^C LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 AVRIL 2012 F 3 SALON DU LIVRE DE .Le bonbon empoisonné O a pourrait sembler anecdotique.Un peu mince comme intrigue, à première vue.Mais l\u2019écriture est ludique.Nous sommes dans le tragicomique, dans la surenchère, le pathétique.Ce qui n\u2019empêche pas l\u2019émotion de surgir, par à-coups, par en dessous.Nous reconnaissons tout de suite la griffe du jeune Simon Boulerice, auteur du roman Les jérémiades, poète, dramaturge, metteur en scène et comédien.Nous reconnaissons son univers, aussi.Nous sommes dans la tête d\u2019une adolescente de 14 ans, folle d\u2019amour.Jusqu\u2019à l\u2019obsession, jusqu\u2019au délire.Prête à tout pour séduire l\u2019objet de ses rêveries.Alors que rien n\u2019indique en réalité qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une relation qui tourne dans les deux sens.On pourrait penser à l\u2019adolescente de La sœur de Judith, de lise Tremblay, mais en plus déjantée, en plus noire.On pourrait penser au personnage incarné par Glenn Close dans le film Fatal Attraction,^ mais en plus jeune.Et en moins tordue, quand même.Quoique.Martine: c\u2019est son nom.Elle est née sur scène, à l\u2019automne 2010, à Montréal, dans une pièce de Simon Boulerice.Elle reprend vie sur papier, dans une adaptation romanesque signée par l\u2019auteur et illustrée avec beaucoup de perspicacité, d\u2019inventivité, par l\u2019artiste Luc Paradis.Danielle Laurin Le titre, Martine à la plage, fait bien entendu référence à la populaire série d\u2019albums jeunesse créée dans les années 1950 par Gilbert Delahaye et Marcel Marlier.Mais par dérision.Rien de la jeune fille sage chez la Martine de Simon Boulerice, vous l\u2019avez compris.Tout se passe en un été.A l\u2019été 2010.Alors que Martine vit dans un désert affectif, dans une solitude propice à tous les écarts de conduite.Pas de mère dans le décor.Un père très peu présent, pris par son fravail comme instructeur de conduite automobile, pas du tout conscient de ce qui se passe dans la tête de sa fille qui aura bientôt 15 ans.C\u2019est sur son nouveau voisin, marié et père d\u2019une petite Chloé, que Martine jette son dévolu.Gilbert Marcel.Gilbert comme dans Gilbert Delahaye et Marcel comme dans Marcel Marlier, oui.Il est albinos.Il est «beau à en donner mal au ventre».En plus, il est optométriste.Ça tombe bien, Martine a des problèmes de vision.Elle voit flou.De plus en plus flou.Elle voit des fantômes.Même avec les lunettes qu\u2019il lui prescrit.Raison de plus pour qu\u2019il s\u2019occupe d\u2019elle.Il va tomber sous son charme, c\u2019est sûr.Elle est craquante.Elle est magnifique, sensationnelle.Avec ses lunettes et sa robe «avec des petits motifs de gros fruits».Ou dans son maillot, avec sa «craque de boules».JACQUES GRENIER LE DEVOIR Simon Boulerice quand elle s\u2019élance dans la piscine de Gilbert Marcel.OUIJA, réponds-moi.Martine appelle les esprits.Martine communique avec des stars d\u2019une autre époque.Ses deux héroïnes, ses modèles: l\u2019actrice Jayne Mansfield, morte dans un accident de voiture en 1967 à l\u2019âge de 34 ans; la chanteuse Karen Carpenter, interprète de la chanson Close to You, morte d\u2019anorexie en 1983, à l\u2019âge de 32 ans.Martine se sent tellement d\u2019affinités avec elles: «Comme Jayne, je suis séductrice, et comme Karen, je suis fragile.Je suis un mélange des deux, dans le fond.» Martine s\u2019amuse à faire semblant.Elle fait semblant d\u2019être Jayne, d\u2019être Karen.Et elle fait semblant de conduire l\u2019auto stationnée dans sa cour, l\u2019auto «Elève au volant» qui appar- tient à son père.Tellement qu\u2019elle devient quelqu\u2019un d\u2019autre, finalement.Elle devient «quelqu\u2019un d\u2019intéressant».Martine est obsessive et elle s\u2019en fout.Elle exagère tout, elle est comme ça.Elle se nourrit d\u2019illusions et elle aime ça.Elle vit dans l\u2019absolu; pas de concessions.Martine est dans le rêve, ne voudrait pas que ça s\u2019arrête: «Je passe la nuit à rêver, la tête coiffée des caleçons de Gilbert que j\u2019ai volés pendant que Chloé dormait.Des caleçons trouvés dans la malle à linge sale.Des caleçons qui sentent légèrement le pipi.Toute la nuit je fais des rêves cochons.» On s\u2019amuse bien, on rigole, mais ce n\u2019est pas drôle.Pas drôle du tout.Martine va d\u2019échec en échec, de rejet en rejet, avec son prince albinos.Elle va droit dans le mur.Mais elle persiste, s\u2019accroche.Elle opère de toutes les façons en mode séduction.Martine vit dans le déni.Le déni de sa personne.Le déni de sa souffrance, de son désespoir, au fond.Ce n\u2019est plus un jeu.C\u2019est profond.Etre aveuglé par l\u2019amour à ce point, c\u2019est maladif, oui.Martine va bientôt dérailler complètement.Elle va perdre les pédales, c\u2019est le cas de le dire.Ça va aller, petit à petit, de mal en pis.Jusqu\u2019à la tragédie.C\u2019était inévitable, cet engrenage de la folie.C\u2019était écrit.Ce qui a commencé comme une crise d\u2019adolescence, une crise d\u2019identité tout ce qu\u2019il y a de plus banal, tourne au cauchemar.Ce qui a commencé comme une histoire d\u2019amour LITTERATURE QUEBECOISE / Echos d\u2019un très lointain secret CHRISTIAN DESMEULES Bouleversée par la mort du frère d\u2019une ancienne amie, une femme est littéralement projetée dans le passé, à l\u2019époque de sa jeunesse et des activités d\u2019un café disparu depuis longtemps qui s\u2019appelait Le Grand Jamais.Si tout cela est pourtant loin, «l\u2019idée que la petite tribu à laquelle [elle] ad-hérai[t\\ par les liens du sang et du cœur ne cesse de se dépeupler était insoutenable».Née en 1948, Danielle Trus-sart, qui a remporté le prix Ro-bert-Cliche en 2008 pour son premier roman.Le train pour Samarcande, histoire d\u2019une vieille femme qui fait le tri dans ses souvenirs, emprunte encore une fois le chemin de la nostalgie avec Le Grand Jamais une chronique rétrospective du Québec des années soixante et soixante-dix.Un bilan qui, quarante ans plus tard, prend le parfum du deuil et des regrets: «Je n\u2019avais pas saisi que les rêves vieillissent eux aussi.Que la plupart d\u2019entre eux sont mortels comme ceux qui les ont portés.» Y voyant l\u2019occasion parfaite de reprendre contact avec cette amie perdue de vue, Marianne, la narratrice s\u2019accorde le luxe d\u2019une année sabbatique et se lance à corps perdu dans le projet d\u2019écrire leur histoire.Celle de leur jeunesse des années soixante et soixante-dix pendant lesquelles elles ont participé à toutes les images d\u2019Epinal culturelles ou politiques québécoises de ces années riches: la butte à Mathieu, l\u2019Expo 67, les cellules felquistes, le sanglant défilé de la Saint-Jean-Baptiste de 1968, le Bill 63, McGill fran- çais, la Maison du pêcheur de Percé, la Crise d\u2019octobre, l\u2019élection du Parti québécois.Un parcours représentatif d\u2019un certain nombre de baby-boomers engagés, enfants d\u2019un peuple «debout face aux chacals de l\u2019histoire» (Jacques Brault), où les oscillations de l\u2019Histoire, semble-t-il, se fondent avec le destin des personnages.Son obsession du temps n\u2019a d\u2019égal que l\u2019ampleur du scandale qu\u2019est la mort.Au moyen de lettres à des amis, de réflexions nostalgiques, d\u2019extraits de son journal \u2014 qui emprunte curieusement, 40 ans plus tôt, le même style que sa narration \u2014, le roman prend la forme d\u2019une enquête auprès de gens qui ont entendu parler de cette amie ou qui l\u2019ont croisée au cours de toutes ces années.Une silhouette floue Mais Marianne, elle, demeure une silhouette floue dont l\u2019existence, hier ou aujourd\u2019hui, semble se borner à être témoin de la vie des membres de cette famille hors norme et ambiguë qui la fascine: un père qui collectionne les oeuvres d\u2019art, une mère dépressive, une ancienne actrice qui se fait appeler Olga et qui a choisi pour ses enfants des prénoms puisés dans un roman de Dostoïevski.Mais d\u2019elle-même, Marianne dévoile peu de choses, préférant suivre le regard de Catien Lapointe, dont un vers est cité en exergue du roman: «Le bras en visière sur l\u2019horizon / Je guette un très lointain secret.» Si la réflexion nostalgique règne sur Le Grand Jamais, la multiplication des anecdotes et des personnages sans beaucoup de consistance vient alourdir un thriller biographique qui ne lève jamais vraiment.Spectatrice infatigable, préférant le monologue à la confrontation, Marianne ne semble pas avoir la force de suivre ses désirs.Personnage emblématique, au fond, elle rejoint ce peuple auquel elle appartient corps et âme: «Il repousse toujours l\u2019affaire à plus tard, puis pendant ce temps-là, il s\u2019éteint à petit feu, en même temps que sa conscience et que sa colère.» Il est sans doute là, «le grand jamais» du titre: c\u2019est ce pays de Cocagne rêvé par quelques milliers de jeunes idéalistes trop vite vaincus par l\u2019impatience et l\u2019habitude du confort.Collaborateur du Devoir LE GRAND JAMAIS Danielle Trussart XYZ Montréal, 2012,242 pages ¦ Danielle Trussart sera présente au stand de son éditeur samedi 14 avril de 16h à 18h et le dimanche de 14h à 15h.P ?ÿeaspard-LE DEVOIR 1 ALMARÈS Du 26 mars au avril 2012 ___\t/\t___ ClASSEMEPfT AUTEUR/EDITEUR V Romans québécois 1 Volte-face et malaises Rafaële Germain/Libre Expression 2 GabyBemier» Tome 1 1909-1927 Pauline Gill/Québec Amérique Denise Bombardier/Robert Laffont 4 La saline * Tome 11mposture 5 Ce pays de rêve * Tome 2 La déchirure Michel Lanalois/Hurtubise 6\tPetals\u2019 pub 7 Arlette Cousture/Libre Expression ans 8 Souvenirs de la banlieue * Tome 1 Sylvie 9 La vie épicée de Chariotte Lavigne * Tome 2 Bulles.10 Voir Québec et mourir Nathalie Roy/Libre Expression Jean-Michel David/Hurtubise 1/2 2/2 -/I 5/2 -/I 4/10 3/5 6/4 ' 7/6 8/2 Romans étrangers 1\tNuit noire, étoiles mortes 2 Stephen King/Albin Michel Patricial.MacDonald/Albin Michel 3\tHôtel Adlon 4 Philip Kerr/Du Masque Roger JonEllory/Sonatine 5 Sous haute tension Harian Coben/Belfbnd 6\tFroid d\u2019enfer 7 Richard Castle/City Patricia Daniels Comwell/ITamniarion Québec 8\tJournal d\u2019un corps 9 10 Daniel Pennac/Gallimard James Siegel/Cherche Midi Deon Meyer/Seuil -n -n 1/10 3/7 2/4 7/5 -n 5/2 6/8 4/4 r'Essais québécois 1 C\u2019était au temps des mammouths iaineux 2\tComment mettre la droite K.O.en 15 arguments 3\tFin de cycle.Aux origines du malaise politique québécois Mathieu Bock-Côté/Boréal 4 L\u2019art presque perdu de ne rien faire 5 L\u2019État contre les jeunes.Comment.Dany Lafertière/Boréal Éric Duhaime/VLB ACHAT A DOMICILE - VENTE - EVALUATION 6 Les taupes irénétiques Bonheur d'occasion Librairie Mathieu Bertrand, Libraire IVIembre de la Ligue internationale de la Librairie Ancienne (LIL/^ 514-914-2142 ACHETONS EN TOUT TEMPS : Livres anciens avant 1800 Americana et Canadiana : \u2022\tRelations des Jésuites, Relations de voyages.\u2022\tIncunables québécois.Patriotes, Riel.Reliures d'art anciennes et modernes Fonds universitaires : \u2022\tLittérature, Philosophie, Sciences humaines \u2022\tPléiade Livres d'art et livres d'artiste Refus Global, Le Vierge incendié Expertise de documents et d'archives 7\tMafia inc.Grandeur et misère du clan sicilien au Québec André Cédilot | André Noël/Homme 8\tUniversité Inc.Des mythes sur la hausse.Eric Martin | Maxime Ouellet/Lux 9 Le petit tricheur.Robert Bourassa derrière le masque 10 Un cynique chez les lyriques.Denys Arcand et le Québec Jean-François Usée/Québec Amérique Cari Bergeron/Boréal 1/8 3/10 4/6 5/17 7/10 -n 9/75 10/7 m 6/3 'Essais étrangers 1 Une histoire populaire de l\u2019humanité Chris Harman/Boréal 2 L\u2019ordre libertaire.La vie philosophique d\u2019Albert Camus Michel Onfray/ Flammarion 3 Indignez-vous! (Edition revue et augmentée) 4\tLe sexe ni la mort Trois essais sur l\u2019amour et la sexualité André Comte-Sponville/Albin Michel 5\tL\u2019art de ne pas être un égoïste\tRichard David Precht/BeHond 6 Les ennemis intimes de la démocratie 7 Rendez-vous nomades Tzvetan Todorov/Robert Laffont | Versilio 8 Petit cours d\u2019autodéfense en économie.L\u2019abc.Sylvie Germain/Albin Michel Jim Stanford/Lux 9 Le triomphe de l\u2019image Daniel Boorstin/Lux 10 Une rencontre Milan Kundera/Galllmard 1/9 2/4 \u2019 4/7 ' -/I 5/4 9/2 -n 3/21 -n 8/2 4487, de la Roche, Montréal \u2022 514 522-8848 \u2022 1 888 522-8848 bon heurdoccasionObel I net.ca \u2022 www.abebooks.fr/vendeur/bon heu rdoccasion La GTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019information et d'ange Baspenl sur les ventes de livres français au r vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet B^ml.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.impossible, un pur fantasme, tourne à l\u2019horreur.C\u2019est là une très grande force de Simon Boulerice comme écrivain.Cette façon d\u2019aller jusqu\u2019au bout des sentiments exacerbés de ses personnages, jusqu\u2019à l\u2019irrémédiable.Cette façon de manier le comique et le tragique en même temps.De ne pas craindre le ridicule, la dérision.De foncer tête baissée vers le drame qu\u2019on pressent, mais dont on ne peut prévoir le véritable dénouement.Tout cela nourri d\u2019émotions rentrées.Porté par une image- rie, aussi.Une imagerie pleine de surprises.Pleine de candeur et de frivolité, en apparence.Mais où se tissent des liens souterrains, révélateurs.Du bonbon.Du bonbon acidulé.Et même, empoisonné.MARTINE À LA PLAGE Simon Boulerice Illustrations de Luc Paradis La Mèche Montréal, 2012; 80 pages ¦ Simon Boulerice sera au Salon du livre de Québec les samedi 14 avril (18h à 19h) et dimanche 15 avril (13h à 14h).Des vies d\u2019oiseaux Véronique Ovaldé Editions de I Olivier Une belle et pénétrante histoire d'amour et de liberté.François Busnel, L'Express Envoûtant et très touchant.Nathalie Collard, La Presse Une écriture charnelle et sensuelle.Claudia Larochelle, 98,5FM ACTIVITÉS PUBLIQUES \u2022\tMontréal Mardi 10 avril, de 18 h 30 à 20 h Causerie animée par Marie-Andrée Lamontagne Librairie Le Port de tête 262 Mont-Royal Est \u2022\tSalon International du livre de Québec Séances de dédicaces \u2022 Stand n° 419 Jeudi 12 avril de 18 h à 19 h Vendredi 13 avril de 17 h à 18 h Samedi 14 avril de 14 h à 15 h Activités publiques Rencontre avec Jean Fugère Vendredi 13 avril à 16 h Entretien avec Marie-Andrée Lamontagne Samedi 14 avril à 14 h 30 Editions de l\u2019Olivier 5252 F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE AVRIL 2012 SALON DU LIVRE DE Extrait de la correspondance entre Jean Désy et Geneviève Amyot Bonjour, chère Geneviève Un jour de septembre 1990, Jean Désy, médecin urgentologue fasciné d\u2019écriture et de lecture, prend la plume pour écrire à la poète Geneviève Amyot son admiration.Suivra, de Valcartier à la Beauce, de Kuujjuaq à Lévis, dix ans de correspondance entre écrivains.Au fil des lettres, les parades admiratives s\u2019estompent, les enfants grandissent, les corps lâchent, guérissent, les blondes partent, les livres s\u2019écrivent.Que vous ai-je raconté?Correspondance 1990-2000 illustre dix ans d\u2019échange et remet à l\u2019avant-plan la figure et la parole de Geneviève Amyot, emportée trop tôt par le cancer.La poète de Corps d\u2019atelier et de La mort était extravagante (Le Noroît) dévoile ainsi, a posteriori et sans le savoir, la fabrication de son écriture.Extrait d\u2019une de ses lettres.Bonjour Jean Désy, [.] Donc, il y eut l\u2019Hallo-ween.Le beau manteau plein de pièces éclatantes de ma vie de vendeuse de ballons.Le masque de plumes bleues.Acheté à la dernière heure, pour le pourcentage maximum de réduction.Et le masque de squelette.La dame du magasin ne savait vraiment pas comment prendre ça quand j\u2019ai dit que je le trouvais beau.Mais il y avait ceci de bon qu\u2019elle pouvait enfin s\u2019en débarrasser.J\u2019ai recommandé à Olivier de marcher le dos un peu courbé sous son manteau noir, un manteau de sœur acheté il y a une bonne quinzaine d\u2019années chez Emmaüs.Peut-être même une vingtaine.Il avait aussi une faucille.Il avait refusé la grosse cravate rouge à pois blancs que je lui proposais pour faire moins sévère.Il trouvait que ça n\u2019allait pas.C\u2019est vrai.Ça n\u2019allait pas.Elle est restée accrochée sur la poignée de sa porte de chambre.La citrouille, dans la fenêtre du salon, était absolument magnifique.Pour la première fois cette année, je ne me suis pas déguisée.C\u2019est Benoît qui a fait la tournée avec la petite.L\u2019an passé, j\u2019étais en sorcière.C\u2019est Magali qui m\u2019avait barbouillée de picots verts sur fond jaune orange.Deux fois.L\u2019an passé, nous nous étions déguisés deux fois.Une pour la rue, l\u2019autre pour les scouts.Cette année, j\u2019ai manqué la fête scoute.La petite avait de la fièvre.«Sans doute les streptocoques», avait dit le médecin.Bien sûr du repos.Et ne pas répandre.Bien sûr tout ce quotidien à mener à terme, et je continue de choisir l\u2019ordre, et la durée.Ce que je puis de cohérence et de sécurité.Ce que je puis leur en offrir.Et de rêve.Et de passion.En la demeure.Mais le large a de ces appels.Et je lui lance alors des cris, Jean Désy, mais des cris, quand je rentre à l\u2019heure dite, en la demeure.Ce soir-là par exemple, à la fine veille des fantômes et des \\ \u201c.-WW 'È- clowns.comme j\u2019aurais aimé tout déposer.Quelques instants.Quelques heures.Tout déposer.Comme il aurait été bon.Juste avant les citrouilles.Déposer l\u2019horloge et le petit-déjeuner, les lits, la vaisselle, les tresses, la balayeuse et les sacs et dépêche-toi, les devoirs, les patates, les crayons et les tourments, et les rhumes, et les diarrhées, les fièvres, déposer toutes les fièvres depuis la première et le visage refroidi de la petite Isabelle qui maintenant me hante au moindre streptocoque, déposer les allergies, les otites et les pieds plats, et l\u2019arthrite, et les effaces, et tant d\u2019angoisse, déposer mon mort et toutes mes pages, et mes peurs, déposer mon âge et ma propre mort dans un grand embrasement des corps, flamber avec un autre corps que celui qui est là près du mien depuis dix-sept ans, être ailleurs, dans l\u2019instant d\u2019une jeunesse renouvelée, dans le frisson premier, déposer les jambes coupées de ma mère, les démences affolantes de mon père, toute l\u2019enfance au complet, les fraises, les navets, les vaches et les chats, et mes cendres bleues, ce corps comme celui maintenant de ma fille et derrière lui la disproportion d\u2019un corps d\u2019homme, l\u2019étreinte clandesfine et bienfaisante, terrible, l\u2019étreinte coupable face à la KEVIN LAMARQUE REUTERS montagne, la solitude, et qu\u2019est-ce donc qui allait par la suite en premier lieu se brouiller, s\u2019effriter, la montagne ou la petite fille, toute la petite et la déposer un instant, la veille de l\u2019Halloween, quelques heures, auprès d\u2019un homme en visite, et qu\u2019il ne reste, hors du temps, que l\u2019absolu de la tendresse, comme une absolue réparation des blessures, que plus rien n\u2019existe que le feu des sexes niant la mort, déposer même les trois petits cochons, le Seigneur des anneaux, la petite chèvre de monsieur Séguin et la petite fille aux allumettes, mais je ne pourrais pas vivre hors de la petite fille aux allumettes, je n\u2019ai donc accepté aucune escale, et je puis rentrer chez moi, le dos un peu courbé, par le bateau de minuit trente, et le lendemain j\u2019ai fait le ménage et le lavage mais je n\u2019ai pas écrit, je suis allée acheter le masque de jeune première et celui de cavalier noir, et j\u2019ai prié l\u2019enfance de ne pas aller trop vite, et je n\u2019ai pas passé l\u2019Halloween, des sortes de larmes prises au cœur et criant vers cet ailleurs oû je ne suis pas allée, même quelques heures, malgré la tourmente de mon âge qui s\u2019y serait un instant oublié, qui y aurait nommé l\u2019éternité.Je vais faire mon marché, bien sûr je vais oublier le beur- re et il y aura beaucoup trop d\u2019œufs, et je mettrai les kiwis et les échalotes dans le panier de la dame d\u2019à côté et je m\u2019apercevrai de mon erreur à la vue d\u2019un crayon étranger déposé sur une liste, je ne mets pas mon crayon dans mon panier d\u2019épicerie, nous sourirons la dame et moi en refaisant l\u2019ordre des choses, à chaque fois que je fais mon marché c\u2019est pareil, j\u2019ai toutes sortes d\u2019idées pour les livres et j\u2019ai une misère du terrien avec l\u2019ordre des choses \u2014 enfin, enfin.Pardonnez, cher Jean Désy, l\u2019indécence de cette lettre.Je pourrais m\u2019en excuser en disant que j\u2019ai toujours considéré qu\u2019il ne peut y avoir d\u2019art sans transgression de la pudeur, mais il ne s\u2019agit pas d\u2019art dans ces lettres, je dirai simplement que je me suis donné cette permission, et que cela me fait un grand bien, en dépit d\u2019une certaine gêne oû cela me met.[.] A la prochaine, Jean Désy, et encore une fois, excusez-la.Geneviève Amyot QUE VOUS AI-JE RACONTÉ?Correspondance 1990-2000 Çeneviève Amyot et Jean Désy Éditions du Noroît Montréal, 2012,472 pages Que vous ai-je raconté?CarrfipüJidiiiice 1990-2000 ül-Nl\\IIVI AMuii Î! DfbV VENEZ RENCONTRER LES AUTEURS! STAND 740 www.prisedeparole.ca MARGUERITE ANDERSEN La vie devant elles Rencontre d\u2019auteur, le vendredi 13 avril à 16h15, scène Jeunesse Desjardins BENOIT CAZABON Mattawa, à contre-courant Table ronde «Comment le français cohabite-t-il avec des langues voisines ou parentes, telles le créole et le catalan ?», le dimanche 15 avril à 13 h 30, scène Rendez-vous littéraires.Détail des participations et horaire des séances de dédicaces : http://silq.ca/ Les PUL seront présentes au Salon du livre de Québec Stand 329 Venez ^neont^er n yios auteurs ^ _\t^\tk\tü\tj _ \\ Plus d\u2019informations sur www.pulaval.com ¦E E 5 O a a Z Q.fe 2 0 c 3 KALLInmÏ CNMtXi Un libraire dans votre salon Pour l\u2019achat en ligne de vos livres papier et numériques.Des conseils de votre libraire indépendant.Le Prix des lecteurs Radio-Canada 2012 Pour sûr de France Daigle Depuis 12 ans, le Prix des lecteurs Radio-Canada invite à la lecture d\u2019œuvres littéraires francophones pondues hors Québec.Les auteurs doivent avoir écrit ou être nés dans un des milieux francophones minoritaires du pays.Depuis le 10 mars dernier, huit lecteurs assidus deviennent jurés: ils doiveuL sous la présidence d\u2019honneur de Marie Laberge, lire les cinq romans et le recueil de nouvelles en lice afin de décider lequel de ces livres sera cette année lauréat.Le nom du gagnant sera dévoilé le 17 avril prochain.Les finalistes sont Automne Maillet avec L\u2019albatros (Le-méac), Marguerite Andersen pour La vie devant elles (Prise de parole), France Daigle avec Pour sûr (Boréal), Lise Gabou-ry-Diallo avec Les enfants de Tantale (du Blé), Jocelyne Saucier pour II pleuvait des oiseaux (XYZ) et Daniel Casfillo Durante pour Le silence obscène des miroirs (Lévesque).Chaque semaine.Le Devoir présente dans son cahier Livres une des œuvres en nomination.Cette semaine: Pour sûr de France Daigle.Certainement Installée à Moncton, France Daigle est l\u2019un des auteurs acadiens actuels les plus renommés.Elle a signé une dizaine de romans, de recueils de poésie et de pièces de théâtre.Elle a remporté en 1991 le prix Pascal-Poirier d\u2019excellence en littérature du gouvernement du Nouveau-Brunswick.Elle a également reçu le Prix du lieu-tenant-Gouverneur pour l\u2019excellence dans les arts littéraires.C\u2019est un colossal puzzle que signe France Daigle avec Pour France Daigle POUR SÛR Boreiil sûr, un sérieux jeu littéraire et une petite brique de 700 pages.Qu y trouve, en fragments, la petite histoire amoureuse et familiale de Terry et Carmen et les anecdotes qui se cousent et se décousent autour du bar Le Babar de Dieppe, livrées en chiac.Aussi, des emprunts, des références littéraires, l\u2019ironie de Daigle qui se moque par moments de ses procédés d\u2019auteu-re.Des trucs de Scrabble et la recension de parties.Des équations.Des faits sur l\u2019histoire du chiac, de la typographie ou des langues.Le lecteur accepte de se faire constamment court-circuiter en passant et en revenant d\u2019un sujet à l\u2019autre, ou prend la liberté de recoller lui-même les morceaux en recomposant une des parts des 12 x 12 x 12 extraits, soit 1728 fragments.Le Devoir POUR SUR France Daigle Boréal Montréal, 2011,750 pages EN BREF L\u2019auteur Jean-Marc Desgent Le Prix de la bande à Moebius à Desgent Jean-Marc Desgent s\u2019est vu remettre il y a quelques jours le Prix de la bande à Moebius 2011 pour son texte Le joli MARCHE ERANCOPHONE DE LA POESIE théâtre de Platon, paru dans le numérp 126 de la revue littéraire.Étaient hnalistes Catherine Cormier-Larose, Jean-Paul Daoust et Sandra Gordon.Rappelons que le Prix de la bande à Moebius couronne le meilleur texte paru dans la revue Moebius pendant l\u2019année.- Le Devoir Alain Lavigne DUPLESSIS PIÈCE MANQUANTE d'UNE LÉGENDE L'invention du marketing politique LES LIBRAIRIES INDÉPENDANTES DU QUÉBEC Patrimoine Canadian canadien Heritage 5252 www.pulaval.com/pul-promo2/ LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 AVRIL 2012 F 5 SALON DU LIVRE DE Georges Perec, une histoire de faux Georges Perec (1936-1982) Hubert Aquin aurait aimé cette histoire.Quand Georges Perec concocta un polar sur les faussaires de l\u2019art, personne ne voulut l\u2019éditer et le manuscrit disparut dans des cartons.L\u2019auteur le perdit.Jusqu\u2019à ce que son biographe, David Bellos, le déterre et que justice soit rendue à Perec.GUYLAINE MASSOUTRE S> il avait commencé par publier Le condottière, Georges Perec ne serait sans doute pas devenu l\u2019écrivain respecté et admiré pour son œuvre originale sur la mémoire, et surtout sur l\u2019absence de mémoire, qu\u2019il a symptomatiquement revendiquée.Cet énigmatique premier roman, sorti des limbes et édité par Le Seuil, n\u2019est pas un chef-d\u2019œuvre en soi.Le style lapidaire de Perec, truffé d\u2019énigmes et de jeux de piste, n\u2019est pas encore au rendez-vous, dans ce polar de 1960, Gaspard pas mort-Le condottière.Il fut refusé, récrit et refusé encore par Gallimard.On imagine la déception de Perec: «Merde pour celui qui le lira!», a-t-il écrit, disséminant ensuite des autocitations dans ses romans, reprenant le nom de son personnage, Gaspard Winckler, et des obsessions toutes peréciennes.La saga du manuscrit, que Claude Burgelin raconte, vaut son pe- AGENCE ERANCE-PRESSE sant d\u2019on Perec se serait débarrassé d\u2019une valise pleine de manuscrits, dans un geste manqué lors d\u2019un déménagement.Mais son biographe, David Bellos, déterre deux exemplaires de cet inédit, chez des lecteurs de maisons d\u2019édition.Burgelin l\u2019avait lui-même jugé illisible, à l\u2019époque: «Cinquante ans plus tard, je relis Le condottière.Avec l\u2019impression que les yeux se dessillent [.] On a là un matériau narratif à la jbis brut et sophistiqué, opaque et illuminant» Un avant-texte, d\u2019ailleurs pas le premier, kWou le souvenir d\u2019enfance et k La vie mode d\u2019emploi.Les fils de l\u2019écheveau sont noués Perqc a raccourci, récrit.En vain.A vingt-quatre ans, à Sfax La Rencontre québécoise internationale des écrivains présente 40 ANS DE Rencontres QUE VEUT LA LinÉRATURE, m?Montréal, du 12 au 15 avril 2012 Vendredi 13 avril, À 17h 30 Lecture publique Jeudi 12 avril, à 17h 30 Conférence publique (d\u2019Andrée A.Michaud Maison des écrivains (3492, avenue Laval) Maison de la culture Plateau-Mont-Royal (465, avenue du Mont-Royal Est) Entrée libre Invité/es Du Québec Oana Avasilichioaei Paul Bélanger Daniel Canty François Hébert Bertrand Laverdure Andrée A.Michaud Émile Martel Chantal Neveu Dominique Robert D\u2019ailleurs Louis Cabri (Canada) Maria Teresa Carbone (Italie) Véronique Daine (Belgique) Sylviane Dupuis (Suisse) Barbara Pogacnik (Slovénie) Lisa Robertson (Canada) Olivia Rosenthal (France) Santiago Trancôn (Espagne) Minerva Margarita Villarreal (Mexique) Comité de direction Monique LaRue, directrice Nicole Brossard Denise Desautels Hélène Dorion Louise Dupré Naïm Kattan Pierre Nepveu Académie des lettres du Québec www.academiedeslettresduquebec.ca CofMaif dw arts mitkrMirms\tb™.™ Québec aca spirale) ¦ciHuruj» m Conseil des Arts du Canada Canada Council -for the Arts ifiîÈiRadio-, Mortal prchelvetia @5 WBii^ ;;i! 'UNEQ Le Plsteau-Mont-Royal Montréal! ipPori delâ+Q* P©tSIE LHltQ\tdeMontréal La 40^^ Rencontre québécoise internationale des écrivains, sous l\u2019égide de l\u2019Académie des lettres du Québec, est organisée principalement grâce à des subventions du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des arts de Montréal, de même qu\u2019avec le soutien du Consulat général de France, du Consulat général du Mexique, de la Délégation Wallonie-Bruxelles au Québec, de l\u2019Institut Culturel Italien, de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture, de la Direcciôn General de Politica e Industrias Culturales y del Libro (Espagne).L\u2019UNEQ, Radio Spirale, CIBL, la Maison de la culture Plateau-Mont-Royal, la librairie Le Port de tête, le Festival international de Montréal Metropolis Bleu et la Maison de la poésie de Montréal sont partenaires de l\u2019événement.en Tunisie où il concocte Les choses, il pensait avoir trouvé «une figure centrale», un mystère digne de cristallisation: un tableau d\u2019Antonello da Messina, de 1475.Gaspard, faussaire, s\u2019enferme pour copier les grandes œuvres, jusqu\u2019à en devenir fou.La question du plagiat avait fait l\u2019objet d\u2019une récente exposition; on avait publié beaucoup sur ce sujet qui passionnait Perec, autant qu\u2019Aquin.Le démiurge imaginaire de Perec n\u2019est toutefois qu\u2019un minable escroc, soudain pris de vertige en reconnaissant, dans le portrait qu\u2019il copie, sa propre image.Avec son sens du ridicule, Perec traite Gaspard sur un mode mineur.Désinvolture, parodie, la moquerie bride la véritable quête.L\u2019histoire grince, un peu mince, mais jamais l\u2019auteur ne se prend pour Oscar Wilde créant Dorian Gray.Plus près de la poule aux œufe d\u2019or, Gaspard tue son commanditaire.On ne s\u2019attache guère à ses scrupules de peintre, à son identité faible, à sa projection idéale.L\u2019absurde domine, sans le drame camusien ni la grandeur hamletienne.Éric Chevillard, actuellement, manie le stylet pour abattre les idoles un peu dans le même sens.Mais le ton a beau Le style lapidaire de Perec, truffé d\u2019énigmes et de jeux de piste, n\u2019est pas encore au rendez-vous, dans ce polar de 1960 être inconsistant, on s\u2019interroge en lisant: «à l\u2019ombre du Condottière, il ne pouvait atteindre que son échec».Comment dire ce vide, lever les masques?Promesse Le roman ne manque pas de pistes intéressantes.L\u2019image de la mort omniprésente, l\u2019épopée pitoyable, le souvenir bloquant l\u2019accès au réel et favorisant la crise, jusqu\u2019au passage à l\u2019acte meurtrier, toute cette ambiance sortie d!«un musée sans âme et sans tripes» impose au personnage de franchir les apparences, mais il échoue.Le choc avec le réel ne débouche que sur un autre faux, une perte de valeurs et de sens.Quoi de plus juste, en somme?Perec visait bien: «Pour peindre un Condottière, il faut savoir regarder dans la même direction que lui.Tu cherchais cette victoire immédiate, ces signes distinctifs de l\u2019omnipotence, ce triomphe.» Ce qui lui manquait, c\u2019est de n\u2019avoir pas osé écrire de la littérature.Le polar n\u2019avait pas pu «créer un autre langage», qu\u2019il cherchait.On sait ce qu\u2019il advint de Winckler dans W ou le souvenir d\u2019enfance.Perec en fit un alter ego rêvé, qui réussit à pénétrer le monde le plus faux: le cauche- mar d\u2019une île, où la dictature eugénique réduisait les prisonniers en esclavage, épaves du trop réel camp de la mort qui le priva de sa mère, de son enfance, avec une férocité que rien, sauf peut-être le dédain du condottière, ne permet d\u2019imaginer.Ce premier Winckler échouait à se révolter.Le second renaissait en vecteur de lui-même, sorti de l\u2019histoire de l\u2019art pour interroger la vie, où les mystères de l\u2019enfance exigeraient les formes très complexes de l\u2019imaginaire qu\u2019on a depuis deviné.Collaboratrice du Devoir Georges Perec Le Condottière LE CONDOrnERE Georges Perec Seuil Paris, 2012,211 pages RENCONTREZ VOS AUTEURS Salon du livre de Québec ¦ Stand n» 419 Mathieu BOCK-CÔTÉ FIN DE CYCLE AUX ORIGINES DU MALAISE POLITIQUE QUÉBÉCOIS Essai \u2022 184 pages \u2022 22,50 $ Samedi 14 avril « 13 h a 14 h Dimanche 15 avril \u2022 14 h à 15 h Serge BOUCHARD C'ÉTAIT AU TEMPS DES MAMMOUTHS LAINEUX Essai \u2022 232 pages « 24,95 $ Samedi 14 avril \u2022 14 h à 15 h et 16 h à 17 h Dimanche 15 avril \u2022 11 h à 12 h et 14 h à 15 h Daniel D.JACQUES LA MESURE DE L'HOMME Essai \u2022 720 pages \u2022 39,95 $ Vendredi 13 avril \u2022 17 h 30 à 18 h 30 Marie-Sissi LABRÈCHE AMOUR ET AUTRES VIOLENCES Nouvelles \u2022 164 pages \u2022 19,95 $ Samedi 14 avril \u2022 13 h à 14 h Pierre NEPVEU GASTON MIRON LA VIE d'un homme Biographie \u2022 904 pages \u2022 39,95 $ Vendredi 13 avril \u2022 18 h 30 à 19 h 30 Samedi 14 avril \u2022 15 h à 16 h et 19 h à 19 h 30 Dimanche 15 avril \u2022 13 h à 14 h MATHIEU ÈOCK^ÔTÉ FIN DE CYCLE Serge Boin imrd CETAIT .\\r TEMPS DES MAMMOLTIIS LAINE! X Daniel D.JACQUES LA MESURE L\u2019HOMME Marie-Sissi Labrèche AMOUR ET AUTRES VIOLENCES Pierre Nepveu Mi Lu ., Vie d\u2019un liomnie , Boréal www.editionsboreal.qc.ca ?D 5252 F 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE AVRIL 2012 SALON DU LIVRE DE Vadeboncœur, entre l\u2019inédit et le retard Deux ans après sa mort, le regretté Pierre Vadeboncœur (1920-2010), grande figure montréalaise du syndicalisme, à la CSN jusqu\u2019à sa retraite en 1975, et de la vie intellectuelle, en tant qu\u2019essayiste prolifique jusqu\u2019à la fin, suscite plus que jamais de l\u2019intérêt.Un jeune chercheur, Jonathan Liver-nois, vient de lui consacrer une biographie qui retrace le cours d\u2019une pensée dont le progressisme éloquent n\u2019exclut pas une surprenante sinuosité.MICHEL LAPIERRE Son étude substantielle paraît parallèlement à d\u2019autres livres reliés au sujet: de Pierre Vadeboncœur, Petite comédie humaine, croquis présentés par Réjean Beaudoin (Del Busso), un recueil posthume de dessins incisifs exécutés par l\u2019écrivain; du même Réjean Beaudoin, critique littéraire.D\u2019un royaume à l\u2019autre, essai sur Vadeboncœur (Leméac); Une amitié improbable, sa correspondance avec Jean-Marc Piotte (Lux).Mais ces livres ne renouvellent pas autant notre connaissance du maître de l\u2019introspection que le travail de Livernois.Dans La ligne du risque (1963), livre phare de la Révolution tranquille, Vadeboncœur écrit.' «Le passé devra être dénoncé au nom de l\u2019avenir.» En 1978, dans Les deux royaumes, l\u2019interprète de l\u2019évolution québécoise déclare: «Pour le malheur du projet socialiste, on a adopté, à gauche, cet esprit sans mémoire et l\u2019on en est empoisonné.» Que s\u2019est-il passé?Dans Un moderne à rebours, Livernois explique l\u2019impensable.Très conscient que, chez l\u2019admirateur de la France littéraire Salon du livre de Québec Il au 15 avril 2012 (stand Dimedia) Venez rencontrer les auteurs de Lévesque éditeur Mercredi 11 17 à 19 h : Marcel Moussette, La photo de famille, roman Claude-Emmanuelle Yance, Cages, nouvelles 19 à 21 h : André Carrier, Rue Saint-Olivier, roman Stéphane Ledien, Un Parisien au pays des pingouins, récits Jeudi 12 17 à 19 h : Fernand J.Mould, Les cavaleurs, nouvelles Claude-Emmanuelle Yance, Cages, nouvelles 19à21 h: Sergio Kokis,Amerika,roman Stéphane Ledien, Un Parisien au pays des pingouins, récits Vendredi 13 15 à 17 h: Sergio Kokis,Ameriko,roman Marcel Moussette, La photo de famille, roman 17 à 19 h : Fernand J.Mould, Les cavaleurs, nouvelles Marcel Moussette, La photo de famille, roman 19 à 21 h : Andrée Laurier, Avant les sables, novella Maurice Soudeyns, Qu\u2019est-ce que c\u2019est que ce bordel I, dialogues Samedi 14 Il à 13 h: Mario Boivin,L\u2019/nterfDgato/re P//ate, fiction historique Maurice Soudeyns, Qu'est-ce que c\u2019est que ce bordel I, dialogues 13 à 15 h: Mario Boivin,L\u2019/nterrogato/re P//ate,fiction historique André Thibault, Sentiers non balisés, roman 15 à 17 h : Andrée Laurier, Avant les sables, novella André Thibault, Sentiers non balisés, roman 17 à 19 h : Daniel Castillo Durante, Le silence obscène des miroirs, roman Jean-Paul Daoust, Sand Bar, récits 19 à 21 h : André Carrier, Rue Saint-Olivier, roman Nicolas Tremblay, Une estafette chez Artaud, autogenèse littéraire Dimanche iS 11 à 13 h: Nicolas Tremblay, Une estafette chez Artaud, autogenèse littéraire Claude-Emmanuelle Yance, Cages, nouvelles 13 à 15 h ; Daniel Castillo Durante, Le silence obscène des miroirs, roman Jean-Paul Daoust, Sand Bar, récits 15 à 17 h : André Carrier, Rue Saint-Olivier, roman Stéphane Ledien, Un Parisien au pays des pingouins, récits DISTRIBUTION : DIMEDIA INC.Courriel : general@dimedia.qc,ca Site Internet :wvvw.dinnedia.qc.ca U evesque éditeur 0 Hollywood et la politique AuteurEs en dédicaces Claude Vaillancourt HOLLYWOOD ET LA POLITIQUE Samedi : 15h-16h ; Dimanche : 14h-15h Solide introduction critique au cinéma politique hollywoodien, cet essai à la fois simple et substantiel est un modèle de pédagogie citoyenne et devrait être au programme des écoles secondaires et des cégeps du Québec.Louis Cornellier, le Devoir Serge Mongeau HEUREUX, MAIS PAS CONTENT Autobiographie (1979-2011) Jeudi : 19h30-20h30 ; Samedi : 1 lh-12h ; 14h-15h Jeudi, 18h30, Scène des rdv littéraires : rencontre d'auteur avec Catherine Lachaussée Faire I économie de la haine Heureux, mais pas content Alain Deneault FAIRE L'ÉCONOMIE DE LA HAINE Douze essais pour une pensée critique Vendredi : 16h-17h : Samedi : 13h-14h Vendredi, 15hl5, espace jeunesse Desjardins : rencontre d'auteur avec Gisèle Gallichan Françoise David DE COLÈRE ET D'ESPOIR Vendredi : 19h-20h ; Samedi : 12h-13h ; 16h-17h30 Samedi, 15h, Scène des rdv littéraires : rencontre d'auteur avec Catherine Lachaussée C'esf un livre essentiel.Un livre-référence.- Pierre Foglict La Presse www.ecosociete.org Françoise David De colere et d'espoir éaxodm d\u2019autrefois, Charles Péguy (1873-1914) eut une influence persistante, l\u2019historien des idées, aussi audacieux que perspicace, apporte une lumière saisissante à sa «biographie intellectuelle et artistique de Pierre Vadeboncœur».Pour déchiffrer l\u2019ambivalence de l\u2019essayiste associé à la Révolution tranquille, il cite une réflexion de Péguy sur un autre bouleversement, européen, plus ancien et plus prestigieux, celui-là.«Les hommes de la Révolution française étaient des hommes d\u2019ancien régime.Ils JOUALENT la Révolution française.Mais ils ETALENT d\u2019ancien régime.» Serait-ce, chez Péguy, l\u2019aperçu d\u2019une attitude semblable à celle qu\u2019aura Vadeboncœur?Ce dernier se sentit d\u2019ailleurs proche du célèbre écrivain en le disant, avec à-propos, dans Un génocide en douce fVdlU), «amoureux du Moyen Age et catholique», mais défenseur de «l\u2019humanisme républicain et laïque».livernois exagère-t-il en soutenant que Vadeboncœur «EST d\u2019ancien régime et a créé un personnage moderne», lui-même?Extérieurement, la formule est juste, voire brillante.Mais, si l\u2019on va au fond des choses, elle sous-estime le frémissement du style qui correspond à un frémissement de la pensée et qui distingue le prosateur de tant d\u2019essayistes québécois à l\u2019écriture et à la réflexion beaucoup plus convenues.Parmi eux, nous trouvons Fernand Dumont, autre maître qui s\u2019efforça de marier tradition et progrès, ainsi que François Ricard et Yvon Rivard, fins commentateurs de l\u2019œuvre de Vadeboncœur et conseillers envers qui livernois se montre reconnaissant.Fauteur de La ligne du risque les dépasse, car, mieux qu\u2019«MM moderne à rebours», il est un moderne inattendu, inédit Rien ne le prouve davantage que La dernière heure et la première (1970), livre consacré à l\u2019éveil québécois.Vadeboncœur y écrit: «Voici que cette masse de paysans d\u2019hier, appelés à juste titre habitants, se manifeste, depuis son coin de pays, sur le front même de la lutte de l\u2019homme, en première ligne, au tout premier rang de la contestation universelle.NOUS SOMMES UN PHÉNOMÈNE HISTORIQUE NOUVEAU.» L\u2019admiration^de l\u2019essayiste pour le Moyen Age, à ses yeux époque mythique d\u2019une fervente unité populaire, s\u2019affranchit des lieux communs pour exprimer la participation très singulière des siens au mouvement de révolte que connaît la jeunesse occidentale à la fin des années 60.Chez le moraliste, ce phénomène international éveille pourtant de la méfiance et provoquera, plus tard, une déconcertante répulsion.En situant avec érudition Va- JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pierre Vadeboncœur, figure majeure du syndicalisme et de la vie intellectuelle québécoise (1920-2010) Livernois exagère-t-il en soutenant que Vadeboncœur «EST d\u2019ancien régime et a créé un personnage moderne», lui-même ?deboncœur dans le milieu intellectuel, littéraire et artistique montréalais de l\u2019époque, Eiver-nois, sans qu\u2019il s\u2019en rende trop compte, nous fait prendre conscience du retard historique de la sensibilité québécoise, mal qui affectait même les gens les plus évolués.Nous nous émerveillons qu\u2019en 1963, dans La ligne du risque, un novateur ait affirmé: «Borduas a changé du tout au tout notre perspective.Partant d\u2019un monde moral qu\u2019il s\u2019agissait petitement d\u2019aménager, il nous a lancés dans l\u2019illimité.» Mais le biographe nous signale qu\u2019en 1949, un an après Refus global, le même Vadeboncœur avait écrit sur «Borduas et ses disciples», dans la revue Liaison: «Leur naïveté, leur messianisme ridicule, leur prétention, leurs rengaines, me les faisaient tenir, avec leurs maîtres européens, pour les types les plus parfaits de gens qui se servent de leur autorité, de leurs vérités et du prestige de quelques noms célèbres, pour proclamer des sottises.» Ce rejet de la révolution picturale et culturelle des automa-tistes, erreur qu\u2019il répare magnifiquement une douzaine d\u2019années après dans les revues Cité libre (1961) et Situations (1962), nous oblige, aujourd\u2019hui, à nuancer la modernité de l\u2019écrivain à cause du retard qui la marque.Néanmoins, à l\u2019époque, Vadeboncœur est en avance sur presque tout le Québec lorsqu\u2019il soutient dans La ligne du risque: «Borduas est la vivante condamnation d\u2019à peu près tout ce qui l\u2019a précédé et la justification du mouvement qui le suit.» Cette confiance en l\u2019avenir, même si parfois il la refoule, le porte à croire, en 1983, que, devant le «profond déficit de civilisation» qu\u2019il décèle chez nos voisins américains, nous occupons «une position idéale pour pouvoir en avertir l\u2019Europe», la France en particulier, tellement myope, selon Ipi, lorsqu\u2019il s\u2019agit de jauger les Etats-Unis.C\u2019est comme si Vadeboncœur, à la fois juge et victime de notre société provinciale, ne pouvait se résoudre, malgré ses contradictions d\u2019essayiste, à nier l\u2019originale grandeur du Québec.Collaborateur du Devoir Un mocteme-à rebours % UN MODERNE À REBOURS Jonathan Livernois PUL Québec, 2012,356 pages UNE AMITIE IMPROBABLE (vmpooéMci 194)197?V.'' » JEAINIARC PIOTTE PIERRE VADEBONCOEUR Petite comédie humaine LUX .y J >\tRt^n BctiijJalir D liN ROYÀffMr A LAI';!!'RI- EiutB IM Rfcrrrc VaoAmcwBT Le domaine de l\u2019horreur GILLES ARCHAMBAULT On n\u2019aura pas oublié ce fait divers dévoilé en 2008.Un Autrichien avait enfermé sa fille pendant vingt-quatre ans dans une cave sans communication avec l\u2019extérieur.Profitant de cette réclusion imposée pour la dominer entièrement et la terroriser.Sept enfants sont nés de leurs rapports.Partant de cette information, Régis Jauffret s\u2019est rendu dans la petite ville autrichienne d\u2019Amstetten et a mené une enquête auprès des policiers, des experts mêlés à l\u2019affaire, de l\u2019avocat de l\u2019accusé, a visité les lieux qù se sont déroulés les faits.A partir de son enquête, il a imaginé un roman qui mêle réalité et fiction.Je n\u2019aurais jamais songé à lire un roman s\u2019inspirant d\u2019une réalité aussi sordide si je n\u2019avais pas été fasciné par son roman Microfictions, paru il y a cinq ans.Il m\u2019a bien fallu faire montre d\u2019entêtement pour aller au-delà des trente premières pages tellement était forte la sensation de céder à un voyeurisme malsain.Plus j\u2019avançais dans ma lecture, plus j\u2019étais envoûté.Il y a dans ce Claustria l\u2019évocation d\u2019un monde qui dépasse la triste morbidité.Tout en s\u2019inspirant du réel, Jauffret s\u2019en affranchit en nous faisant pénétrer dans le bunker où Fritzl donnait cours à sa folie.Il nous dépeint un univers de pure démence dans lequel invraisemblances et horreurs pullulent.Si le triste sire séquestre sa fille, c\u2019est pour son bien, affir-me-t-il.C\u2019est le moyen qu\u2019il a trouvé pour la soustraire à un monde pourri par la drogue et les mauvaises mœurs.L\u2019auteur aurait-il inventé la situation qu\u2019on aurait crié à la surcharge.Comment croire que, pendant une si longue période, Annaliese, sa femme, ne d\u2019affaires ponctué de visites dans les bordels des villes qu\u2019il visite et où sa présence n\u2019est pas toujours tolérée à cause de sa conduite violente, il réaffirme son autorité, apporte de petits présents qu\u2019il menace de retirer à la moindre contrariété.Du monde extérieur, les enfants du couple ne verront que la représentation que leur en donne la télévision.Il peut arriver que, pour de longues périodes, la nourriture vienne à manquer.Angelika sera seule pendant ses accouchements, munie d\u2019une paire de ciseaux et de coton absorbant.Dans ce simulacre de Tout en s\u2019inspirant du réel, Régis Jauffret s\u2019en affranchit en nous faisant pénétrer dans le bunker où Fritzl donnait cours à sa folie vie s\u2019entremêleront des moments de révolte, de résignation, mais aussi de joie.Difficile à croi- se soit pas rendu compte qu\u2019une vie se déroulait dans la cave et qu\u2019elle ait ajouté foi aux fariboles que lui débitait son mari?Comment imaginer qu\u2019Angelika ait pu accepter que son père la viole à répétition, qu\u2019il l\u2019oblige à mener une vie qui n\u2019est qu\u2019abjection?Fritzl est une pure ordure.Quand il revient d\u2019un voyage re, ce petit monde à l\u2019écart du monde fêtera Noël ou Pâques, mimant une liesse qu\u2019il ne peut que caricaturer.Dans la cave infestée de rats, entourée de ses enfants, Angelika peut supplier son père de lui faire l\u2019amour.Ce qui n\u2019empêche pas ce dernier de l\u2019humilier en la battant et en lui rappelant que sa taille n\u2019a plus aucune finesse et qu\u2019elle est devenue moche.Pendant le procès, Fritzl n\u2019a cessé de prétendre qu\u2019il n\u2019avait voulu que le bonheur de sa fille.Il considérait qu\u2019il avait deux familles, çelle du haut et celle du bas.A ses locataires du rez-de-chaussée, il faisait croire que les cris qu\u2019ils disaient provenir du sous-sol n\u2019étaient que le produit de leur imagination.En prison, il a même songé à faire du bunker une attraction touristique.Qn apprend qu\u2019en Autriche, on se montre d\u2019une rare clémence à l\u2019égard de l\u2019inceste.Le procès de Fritzl n\u2019a duré que trois jours et demi tellement on a craint que l\u2019affaire ne ternisse la réputation du pays.Malgré sa longueur et l\u2019aspect répugnant de l\u2019intrigue qu\u2019il raconte, ce roman est purement fascinant.Cette crapule de Fritzl, obsédé qu\u2019il est par l\u2019argent et le pouvoir, apparaît comme le produit d\u2019une société prête aux pires lâchetés pour qu\u2019on ne dérange pas sa tranquillité.La cave des ignominies devient alors un microcosme.Collaborateur du Devoir CLAUSTRIA Régis Jauffret Editions du Seuil Paris, 2012,536 pages 5252 La santé psychosociale L\u2019EVALUATION MUSEALE Redaction de courriels efficaces des eleves .SAVOIRS El SAVQIii EAIRE Economie et société Pistes de sortie de crise LE QUÉBEC À L'HEURE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE ^\tUn juste prix pour l\u2019énergie \"Rédiger avec concision du Québec?La ruse Comment travailler ' WAnelef^nc en équipe de façon efficace La pratique de L\u2019action communautaire Guide pratique Hé ier.fi s des bois DES MECANISMES POUR ASSURER LA VALIDITÉ DE L'INTERPRÉTATION DE LA MESURE EN ÉDUCATION Traite de GOUVERNANCE D'ENTREPRISE Pormation et opprenîisso^e organisationnel ii'sppnidis pcowv LES PRESSES DE LUNIVERSITE DU QUEBEC TableC' .^^f^PiCUMAy .t: L\u2019ÉCOLE D\u2019ANTAN 1S60-1960 I\t' I r ' » ' i \u2022 I I\tTcKnquîinWTUfgwsdfcommuiiicottoTi\t1\ta' h I\t&\t^\t^\tJ* LES RELATHONS ^ contraception y\tPrevalence, orèventioii ei enjeuH de société Un destin partagé?ms.LA FEMME,\tLagresslon SA SExuAfiïÉ sexuelle ET SON KXIVOIR SEKŒL\tenvers les enfants nxàwrf/i >*J'4i:f*kTlCtNCI Géopolitique d'une périphérisation du bassin caribéen bA .\tij L'ÉCHANGE de CONNAISSANCES en PETITE ENFANCE Cce>rngqr rretire ^ crrA Ik nfAwts CONNAITRE DIFFUSER L FT* A C TT?F Jli 1 Avrlri f \u201d Des pistes pov l'opprentiisoge DEBATS .RL.PROFESSIONNALISATION *,1iîi wtm U MOUVEMENT DE L\u2019ÊTRE Paramètres pour une approche ahemati'vè du traitement en santé mentale Enjeux aria place des savoirs 1,1.9UN les pratiques éducatives en contexte scolaire muvoir, tf Slgrau c\u2019est pas , /rS\\ sorcier Il suffit d'en avoir les clés ' G»vif MCD3C Enjeux des industries culturelles au Québec Idantité.moridialiMtitH, ccnvergcftce MANAGEMENT DES TÉLÉCOMS dTtats en mutation Défis et stretégies VENEZ NOUS RENCONTRER AU SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE QUÉBEC AU STAND 329, DANS L'ESPACE PROLOGUE ASSISTEZ À NOS RENCONTRES D'AUTEURS : SIMONE LANDRY, AUTEURE DE L'OUVRAGE « LE POUVOIR, C\u2019EST PAS SORCIER.IL SUFFIT D\u2019EN AVOIR LES CLÉS - LE MERCRED111 AVRIL À17H À LA SCÈNE MÉDIAS collaboration école-université «, science et techno Ibes pistes pour l'oçprsntîssogc La planification stratégique RESSOURCES HUMAINES racxjcr *1 QkI ibjaai tir-n* (t \u201c - \u2014 M'C I «1: J-nâ\u2018?ll| iJ A BibliDgrapfnyaF Canadian Inuit Periodical; lET A' Ki3r\tI I '^é'ammir DE L'OUVRAGE Métno Le F'anc Hélier, fils des bois DES INDUSTRIES CULTURELLES AU QUÉBEC ^ LE JEUD112 AVRIL A15H A LA SCENE JEUNESSE DESJARDINS Territoires et développement a richesse du Québec LES HISTOIRES DE VIE UN CARREFOUR DE PRATIQUES INITIATIVES LOCALES Communication inlemationale et communication intcrculturellc ET LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ ET l'EXCLUSION MC#™ il FAVORISER LA PROGRESSION DES STAGIAIRES EN ENSEIGNEMENT TYPOLOGIE ^DOSSIERS ^ORGANISATIONS AiMlysf iiHégiÉv il.tJis un coiitt-xte .tn.ilogiquc et nurrtérique HELENE BELLEAU, AUTEURE DE L'OUVRAGE « QUAND LAMOUR ET L\u2019ETAT RENDENT AVEUGLE.LE MYTHE DU MARIAGE AUTOMATIQUE GESTION DES RESSOURCES HUMAINES DES MECANISMES POUR ASSURER LA VALIDITÉ DE L'INTERPRÉTATION DE LA MESURE EN ÉDUCATION Zones côtières et changement climatique Letléfi de U|in(i Polar Tourism A Tool for Régional Development LE JEUD112 AVRIL A16H A LA SCENE JEUNESSE DESJARDINS /I .De chaînes Aux sources %\\erPeilLr fivwritWswrtFl L_ La DOCTRINE L'ECONOMIE SOCIALE OBAMA LA GOUVERNANCE Yiimer ^compter: en trames imnliBiit, ^ispiBlils ri if aiilr VECTEUR D'INNOVATION léxpèfience du Québec Sur l«s traces de nos Minorites de langue officielle .ncnitv*'''* I Air«ipi*duNniri funtoplm \"Ê Presses i de rUniversité du Québec PUQ.CA F 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE 8 AVRIL 2012 SALON DU LIVRE DE .L\u2019intimidation sous la loupe de Maryse Pelletier ANNE MICHAUD Alors qu\u2019elle visite une école du nord de Montréal, des élèves d\u2019une classe de «cheminement particulier» interpellent l\u2019auteure Maryse Pelletier et lui demandent pourquoi elle ne parle jamais d\u2019eux dans ses livres.«Eux», ce sont les jeunes récemment immigrés au Québec, ou nés ici de parents qui venaient d\u2019ailleurs, des jeunes confrontés à des problèmes qui vont bien au-delà de l\u2019algèbre et de l\u2019accord des participes passés! Difficultés d\u2019adaptation, choc des cultures, pauvreté liée au déracinement, incapacité des parents à les soutenir dans leurs études.À cela s\u2019ajoutent, dans plusieurs cas, l\u2019intimidation et le taxage imposés par les plus forts et les plus coriaces, ceux qui jouent le rôle des lions dans l\u2019environnement sauvage que constitue trop souvent l\u2019école.C\u2019est en pensant à eux que Maryse Pelletier a écrit Un couteau sur la neige (Soulières éditeur), le roman qui lui a récemment valu le prix Alvine-Bélisle 2012.Au cœur de ce roman, un drame terrible: le jeune Hachim a été poignardé en plein ventre et on craint qu\u2019il ne survive pas à ses blessures.Comme témoins, et peut-être acteurs, du drame il y a Fran- cis, qui était jusqu\u2019à récemment le meilleur ami d\u2019Ha-chim, et Jean-Phil, le leader d\u2019un groupe d\u2019élèves plus ou moins délinquants.Pendant qu\u2019Hachim lutte pour sa vie à l\u2019hôpital, Francis et Jean-Phil sont interrogés par les policiers chargés de l\u2019enquête.Qui a poignardé Hachim et pourquoi?Comment le couteau offert à Francis par sa mère et supposément perdu s\u2019est-il retrouvé au cœur de cet événement?Quel rôle ont joué Jean-Phil et sa bande?Bientôt, les parents des uns et des autres sont convoqués, à l\u2019hôpital ou au poste de police, et on voit se dessiner des portraits d\u2019adultes qui sont essentiellement préoccupés par leur divorce, leur travail, leur vie sociale ou leur inté^ation à la vie québécoise, et qui ont perdu de vue leur rôle de parents.Ce roman qui s\u2019adresse aux jeunes lecteurs devrait aussi être lu par leurs parents, qui s\u2019y reconnaîtraient peut-être, ou peut-être pas et c\u2019est justement là le problème.Collaboratrice du Devoir UN COUTEAU SUR LA NEIGE Maryse Pelletier Soulières éditeur Saint-Lambert, 2011,164 pages (Dès 12 ans) Lettres francophones Robinson vu par Patrick Chamoiseau Nouvelle variation sur le mythe de Robinson, L\u2019empreinte à Crusoé de Patrick Chamoiseau présente un homme amnésique engagé dans l\u2019aventure de se reconstruire malgré l\u2019absence d\u2019origine et l\u2019absence d\u2019autrui dans une île marquée simplement par une empreinte de pied laissée sur le sable.LISE GAUVIN Entre Defoe et Tournier, cette réécriture rejoint une affirmation antérieure du romancier, à savoir qu\u2019aujourd\u2019hui, «toute littérature ne peut être qu'une littérature des littératures».Récit palimpseste donc que celui-ci, signalé par un Robinson conscient du fait qu\u2019écrire, c\u2019est aussi «réécrire» et «désécrire».Rencontré lors du récent Salon du livre de Paris, Chamoiseau n\u2019hésite pas à affirmer que «Varchétype que représente Robinson, c\u2019est-à-dire un processus d\u2019individuation qui se retrouve forcé de recomposer le monde, recomposer un imaginaire, de reconstruire une intimité, est quelque chose qui s\u2019adapte parfaitement à notre époque comme d\u2019ailleurs il s\u2019adaptait aux époques où les communautés archaïques, les communautés traditionnelles, les cultures et les civilisations maintenaient la dimension individuelle à un très bas degré d\u2019intensité.» Et de poursuivre: «Je me rappelle que, lorsque fai lu Robinson, à treize ans, moi qui souffrais de beaucoup de contraintes, de beau- Salon international du livre de Québec Venez rencontrer nos auteurs et leurs livres au Stand 419 : Geneviève Amyot-Jean Désy - Que vous ai-je raconté?Normand de Bellefeuille - Mon bruit Guy Cloutier - Un lent soulèvement Corinne Larochelle - Femme avec caméra Judy Quinn - Les damnés inflationnistes Odile-Marie Tremblay - Les dieux divisibles Et les nouveautés de la dernière année Édiuons du Noroît Nouveautés www.lenoroit.cam U remise du Prix aura lieu à Québec au Salon international du livre, le vendredi 13 avril à 13 heures sur la scène des rendez-vous littéraires.(f) LU COLLEGIENS FINALISTES PRIX LITTÉRAIRE DES COLLÉGIENS 2012 Samuel Archibal Arvida Le Quartanier Jean-Simon DesRochers Le Sablier des solitudes Les Herbes rouges Catherine Mavrikakis Les Derniers Jours de Smokey Nelson Héliotrope Jocelyne Saucier Il pleuvait des oiseaux XYZ Mélanie Vincelette Polynie Robert Laffont www.prixlitterairedescollegiens.ca BANQUE NATIONALE LE DEVOIR Québec nn f) l (Un //1 Québec nn QUEBECOR fiL ^^1^ASSOCIATION\t/-^TUÏT C INTEHNATIONALE\t( .KM A .( ETUDES\t'\t^ ^QUEBECOISES coup d\u2019oppositions et de beaucoup d\u2019interdits, fêtais absolument fasciné par ce personnage qui pouvait tout faire.Il pouvait boire ce qu\u2019il voulait, construire sa maison, dormir où il voulait, faire ce qu\u2019il voulait, et cela m\u2019avait marqué.Il me semble que l\u2019homme contemporain, du fait de l\u2019éclatement des corsets symboliques communautaires, se retrouve seul.Il doit construire lui-même son architecture de principes et de valeurs et il doit picorer, d\u2019une certaine manière, dans une civilisation de civilisations et dans une culture faite de toutes les cultures du monde.» Mystérieuse empreinte Le récit se divise en trois parties, séparées par quelques pages de journal du capitaine.La première partie, intitulée «L\u2019idiot», décrit un Robinson conquérant, heureux de ce qu\u2019il a accompli et se croyant, comme celui de Defoe, «fondateur de civilisation».Mais la découverte d\u2019une mystérieuse empreinte fait basculer ce monde de certitudes et ouvre à une ample méditation sur le rapport à autrui.Pas de Vendredi cependant dans ce livre, mais un Dimanche qui accompagne la transformation du premier Robinson en un autre lui-même, «tombé en connaissance», appliqué à recopier les fragments des œuvres de Parménide et d\u2019Héraclite rescapés d\u2019une épave et éprouvant le sentiment de l\u2019unité cosmique.Peu de sexualité dans ce récit, et aucune femme à l\u2019horizon, à la différence du Robinson féminisé par Gi- MARC LE CHELARD AFP Patrick Chamoiseau raudoux^dans Suzanne et le Pacifique.A cela Chamoiseau répond que son personnage a une sexualité avec toute l\u2019île et «qu\u2019il n\u2019y a pas de femme parce que ce n\u2019est pas nécessaire» (affirmation ponctuée de rires).A la «petite personne» de la deuxiè me partie succède, dans la troisième, un Robinson «artiste», c\u2019est-à-dire un être capable de maintenir une relation ouverte avec les choses et avec l\u2019univers énigmatique.À propos de la notion de civilisation, mise en cause dans ce récit, mais aussi par certaines déclarations récentes de politiques français, l\u2019écrivain précise: «Je pense qu\u2019on n\u2019a plus besoin de la notion de civilisation.C\u2019est une notion qui a été très présente pendant les conquêtes et les dominations.Le personnage de Defoe le montre bien.Il a le sentiment que, pour récupérer son humanité, il faut qu\u2019il récupère toutes les reliques et tous les vestiges de la civilisation.[.] Aujourd\u2019hui, nous sommes des individus embarqués dans une civilisation des civilisations, dans une culture des cultures, comme dans un grand supermarché.Ce sont des maelstroms, ou ce que Glissant appelle le \u201cchaos-monde\u201d, qui produit des stimulations, des accélérations, des lieux de beauté, des lieux de terreur, des lieux d\u2019effondrement à partir desquels nous nous organisons.» Une dette envers Glissant Ce qu\u2019il doit à Glissant, le romancier le résume en ces termes: «C\u2019était un aristocrate de la littérature, quelqu\u2019un qui sacralisait énormément la littérature.E m\u2019a appris cette sacralisation, c\u2019est-à-dire à ne pas considérer l\u2019écriture comme quelque chose d\u2019anodin, mais plutôt tenter de lui conférer une très haute exigence.L\u2019autre élément est qu\u2019il m\u2019a aussi poussé à une très grande sincérité dans cette recherche littéraire.Cela ne doit pas être simplement une construction intellectuelle, mais cela doit être quelque chose qui se construit de l\u2019intérieur et qui vous construit Un roman me sert à me construire d\u2019abord avant de s\u2019adresser au lecteur.Et si une œuvre ne vous permet pas de mieux vous tenir debout dans l\u2019existence, c\u2019est qu\u2019eUe n\u2019est pas pertinente.J\u2019ai appris tout cela de lui.» Avec L\u2019empreinte à Crusoé, Chamoiseau montre à quel point son œuvre obéit à cette rigueur interne.C\u2019est ce que donne à voir avec justesse l\u2019ouvrage que lui consacre Samia Kassab-Charfi, qui salue «l\u2019émerveille de cette parole» sans cesse réinventée.Collaboratrice du Devoir L\u2019EMPREINTE À ROBINSON Patrick Chamoiseau Gallimard Paris, 2012,256 pages PATRICK CHAMOISEAU Samia Kassab-Charfi Gallimard/Institut français Paris, 2012,173 pages A VOS IVRES.Découvrez la littérature franco-canadienne au STAND 740 du Salon international du livre du Québec VENEZ RENCONTRER CES AUTEURS ET PLUSIEURS AUTRES DANIEL LAVOIE Finutilité Éditions des Plaines Photo Valerie Paquette DANIEL LAVOIE FINUTILITE En entrevue sur la scène Jeunesse Desjardins mercredi le 11 avril à 15 h 15 ROSE-HELENE TREMBLAY Les trois sœurs Éditions David En entrevue sur la scène Jeunesse Desjardins jeudi le 12 avril à 16 h 15 létreinte de la rue et la fièvre des cafés Pierre Raphaël Pelletier PIERRE RAPHAËL PELLETIER Entre Tétreinte de la rue et la fièvre des cafés Éditions David En entrevue sur la scène Médias jeudi le 12 avril à 14 h I^RECF m Secrétariat aux affaires intergouvemementales canadiennes Québec SH Apprentissage Illimité / Bouton d'or Acadie / Centre FORA / Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques / Éditions David Éditions de la nouvelle plume / Éditions des Plaines / Éditions du Blé / Éditions du Chardon bleu / Éditions du Gref / Éditions du Nordir Éditions du Vermillon / Éditions Karo/ Éditions La Grande Marée / Éditions L'Interligne / Éditions Perce-Neige / Éditions Prise de parole 5252 LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE AVRIL 2012 F 9 SALOff DU LIVRE DE Un étrange récit posthume SUZANNE GIGUERE Je pense que tu m\u2019as toi-même longtemps cru un peu désaxé.Dès ton jeune âge, quand un ami te demandait l\u2019occupation de ton père, tu prétendais, accablé d\u2019une gêne insurmontable, être le fils d\u2019un funambule ou encore d\u2019un réparateur de guillotine.Ces esquives me faisaient sourire, mais je savais qu\u2019elles cachaient un profond malaise.Inversement, ta sœur trouvait amusante mon excentricité et criait à qui voulait l\u2019entendre qu\u2019elle était la fille du professeur Tournesol.» Ecrites par le professeur Zu-kerman à son fils David, ces quelques lignes sont le préambule à un étrange récit posthume.La veille de sa mort, le professeur a déposé chez son notaire trente-quatre lettres à l\u2019at- approcher.L\u2019inspecteur Trébu-chet entre en scène, le récit se soulève, à chaque page une nouvelle interrogation, un nouveau sentiment d\u2019inquiétude avec la découverte d\u2019un cadavre brûlé dans le laboratoire et une infection mystérieuse dont est victime le professeur.Le pouls du lecteur passe d\u2019allegro à prestissimo jusqu\u2019à l\u2019identification surprenante du coupable.Grâce à un style vraiment limpide et extrêmement précis et à un travail de vulgarisation scientifique de protocole expérimental, la théorie de l\u2019évolution expliqués au fils, l\u2019allusion à Stanley L.Miller, biologiste américain rendu célèbre par ses travaux expérimentaux sur les origines de la vie et la recréation en laboratoire des conditions de la «soupe originelle»), la complexité du sujet n\u2019est en aucun mo- La veille de sa mort, le professeur a déposé chez son notaire trente-quatre lettres à l\u2019attention de son fils tendon de son fils dans lesquelles il décrit les progrès de ses travaux de recherche et relate les menaces de mort dont il a été l\u2019objet.Depuis des décennies, le chercheur tente de reproduire en laboratoire l\u2019apparition de la vie sur Terre.Des événements surprenants et inquiétants viennent entraver ses expériences scientifiques.Tous les jours, devant le laboratoire, des créationnistes scandent bruyamment des slogans pro-vie.Un matin, le professeur trouve la porte du laboratoire fracassée et, épinglé au mur, un bout de papier avec des versets de l\u2019Ancien Testament et des menaces de mort.Qui sont donc ces intégristes?«Qu\u2019est-ce qui les aveuglait au point de refuser toute démonstration scientifique contraire à leurs croyances?» Au laboratoire, le climat est de plus en plus tendu et le professeur Zukerman sent sa mort ment pesante.Ça fait beaucoup d\u2019informations à retenir, mais à la rigueur de la science, le romancier oppose l\u2019aléatoire et l\u2019imprévu.Aussi bien dire le ludique.Au terme de la lecture, intuitivement, nous sentons que les mots de l\u2019auteur disent quelque chose de singulier sur notre époque ou sur nous-mêmes.Qu\u2019ils nous offrent l\u2019occasion de nous poser la question: qu\u2019est-ce que l\u2019homme?Lauréat du Prix des écrivains francophones d\u2019Amérique 2011 pour La noyade du marchand de parapluies (Hur-tubise, 2010), Malka continue à sortir des sentiers battus littéraires québécois avec ce thriller scientifique intellectuellement très stimulant.Collaboratrice du Devoir LE TESTAMENT DU PROFESSEUR ZUKERMAN Francis Malka Editions Hurtubise, coll.«América» Montréal, 2012,210 pages E N BREF Marcel Labine chez Gabrielle Roy C\u2019est Marcel Labine, poète et romancier, qui occupera cet été la résidence d\u2019écriture sise dans l\u2019ancienne maison de Gabrielle Roy, à Petite-Rivière-Saint-François.L\u2019auteur entend y réfléchir à l\u2019usure que le passage du temps fait subir à la littérature en général et à la poésie en particulier.- Le Devoir iÉ.W Triptyque Antoine Ouellette Musique autiste Vivre et composer avec le syndrome d'Asperger essai/temoignage Préface du Dr Laurent Mottron \u2018I Antoine Ouellette Musique autiste Vivre et eomposer avec le syndrome d\u2019Asperger essai/témoignage, 313 p., 25 $ www.triptyque.qc.ca triptyque@editiontriptyque.com Tel: 514.597.1666 Michel Vais nu simplement nudité, nudisme et naturisme ^Triptyque Michel Vais Nu, simplement nudité, nudisme et naturisme essai, 173 p., 25 $ Salon du livre de Québec Séances de dédicaces stand ^419 Intimité (*l aulres ohjcls IVagiles ^ln|>G Céline De Guise Michel Côté Abécédaire Marie-Ève Sévigny Intimité et autres objets fragiles nouvelles, 99 p., 18 $ Céline De Guise Michel Côté Depuis, tout a grandi récit épistolaire, 77 p., 17 $ Ours, chat et fourchette : le trio improbable -1 la éliAKiAnNt tüCtfC EABIEN DEGLISE Cy est pas nous, c\u2019est un enfant qui le dit: «Celle-là, c\u2019est la meilleure bande dessinée»] Et pourquoi?«Parce qu\u2019elle est bien dessinée»] La logique est implacable.Elle confirme aussi qu\u2019en reposant sur papier La Mer, de Marianne Dubuc, dans la nouvelle mouture de sa collection Pamplemousse faite de livres et de bédés pour la jeunesse, La Pastèque vient de viser juste, à en croire un représentant du public visé qui, avec une candeur de circonstance, a été séduit par ce récit surréaliste mettant en scène un chat de maison et un poisson rouge de bocal.Qn se doute de la suite: l\u2019un va vouloir manger fautre, qui va prendre la poudre d\u2019escampette et entraîner le félin dans des univers où le décalage et l\u2019incroyable se construisent au crayon, aux dégradés, aux contrastes, à la finesse.Et forcément, cela fait rire les enfants.Le même résultat se produit d\u2019ailleurs avec Bobby (La Pastèque), créature de l\u2019illustratrice Mélanie Baillargé, qui fait son entrée dans cette collection que les lecteurs en devenir \u2014 tout comme les parents qui vont avec eux \u2014 apprécient.Ici, pas de «miaow» mais des «aaarrgh» produits par un ourson qui se dévoile page après page pour mieux exposer les choses fondamentales de la condition humaine \u2014 la place du nez, du nombril et celle du ventilateur au-dessus du lit.Le trait est simple, pour une efficacité redoutable.5 2, Séances de J \u2022 Venez rencontrer nos auteurs au SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE QUÉBEC qui se tiendra du 11 au 15 avril 2012 au Centre des congrès de Québec.AU KIOSQUE N° 130 Œ&m GOUSSE COMMUNICATION ÉCRITE DU STYLEÀLAPHRASE Le jeudi 12 avril et le vendredi 13 avril de 15 h à 18 h mONAUn VIVREÀLANNÉEÀBORD D\u2019UNVOILIER SURLE FLEUVE SAINT-LAURENT Le vendredi 13 avril de 19 h à 21 h Le samedi 14 avril de 13h à 16het de 19h à21 h Le dimanche 15 avril de 11 h à 14 h liane GRAVEL INITIATION FONDAMENTALE A UALPHABÉTISATION POUR ADULTES ALLOPHONES Le vendredi 13 avril de 15 h à 18 h OUELLET Le vendredi 13 avril de 13 h à 15 h AU GALOP MÉLO! Le samedi 14 avril de 11 h à 13het de 17 h à 19 h Le dimanche 15 avril de 11 h à 14 h Moins «bébé-la-la», comme dirait l\u2019autre: Fourchon (La Pastèque), de Kyo Maclear, au texte, et d\u2019Isabelle Arsenault, à l\u2019illustration, propose une incursion ludique dans funivers et les questionnements identitaires d\u2019un ustensile à part, né d\u2019une maman cuillère et d\u2019un papa fourchette.Pas clair, clair, quoi.Ni l\u2019un ni l\u2019autre, dans un milieu où le conformisme est de mise, l\u2019objet se demande bien d\u2019où il vient et surtout où il va, livrant du coup aux enfants, avec une grande subtilité, une réflexion qui, en plus d\u2019être esthétiquement savoureuse, trouve toute sa pertinence dans le ici-maintenant, y compris les ici-mainte-nants qui précèdent l\u2019heure du coucher.Le Devoir La Grenouillère au Salon intematioiial du livre de Québee FRANCF BOISVERT\t\tPASCALE BOURASSA Un vernis de culture\t\tÀ l\u2019ouest \t\t?*\u2022 .-.f ZP Vjr
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