Le devoir, 21 avril 2012, Cahier E
[" Nanodanses pour cinéma éphémère en direct à Temps d\u2019images Page es Kim Nguyen signe avec Rebelle un film pleinement africain £ P CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 AVRIL 2012 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La metteure en scène Alice Ronfard et le comédien Jean-François Casabonne sur le plateau d\u2019Une vie pour deux {La chair et autres fragments de l\u2019amour) Évelyne de la Chenelière adapte pour l\u2019Espace Go un roman de Marie Cardinal où les êtres et les paliers de réalité se superposent étrangement.MICHEL BELAIR CA est une histoire telle-^ ment trouble qu\u2019en ^ grattant un peu la surface des choses.elle en devient troublante.Du côté de l\u2019anecdote, on rencontre d\u2019abord un couple qui se cherche en vacances au bord de la mer ; jusqu\u2019ici, ça va.Sauf qu\u2019en sortant de l\u2019eau, l\u2019homme découvre le cadavre d\u2019une femme rejeté par les vagues.Et bientôt, le couple va imaginer une histoire et une vie à cette femme dans l\u2019étrange es- «Au bout du compte, la structure de la pièce n\u2019est pas du tout celle du roman : elle est beaucoup moins linéaire, plus \u201callusive\u201d, plus ouverte» poir de raviver ainsi la flamme qui a quitté leur relation.Brrrr.Mais en arrière-plan, la situation est encore beaucoup plus complexe.Alice Ronfard, qui signe la mise en scène, et Jean-François Casabonne, qui joue Jean, nous expliquent de quoi il en retourne.Superpositions en tous genres «Il faut d\u2019abord dire qu\u2019Evelyne [de la Chenelière] est l\u2019instigatrice de ce projet, raconte Alice Ronfard.Elle voulait à la fois jouer avec Violette Chauveau \u2014 qui est Simone ici \u2014 et adapter un roman pour la scène.Elle proposa donc une série de textes à Ginette [Noiseux, la directrice de Go].qui ne se laissa convaincre que par un roman épuisé et mal connu de Marie Cardinal, Une vie pour deux.Voilà la genèse de toute l\u2019opération.» Précisons encore que, puisque l\u2019on n\u2019ar- rivait pas à se brancher, Ronfard décida elle-même de proposer ce petit livre qui l\u2019avait profondément marquée dans sa jeune vingtaine ; du coup, tout le monde se mit d\u2019accord.et le rideau se mit, lui, à s\u2019épaissir.C\u2019est Jean-François Casabonne \u2014 que l\u2019on voit partout, il n\u2019y a pas de hasard \u2014 qui souligne la profonde étrangeté entourant cette production.« C\u2019est assez troublant, toutes ces coïncidences, dit-il en plissant le coin des lèvres.L\u2019aventure que vivent Jean et Simone repose sur une histoire vraie, doublement vraie même.Parce que Marie Cardinal s\u2019inspire d\u2019un fait divers.Un fait divers qu\u2019elle a vécu elle-même alors que le couple qu\u2019elle formait à l\u2019époque avec Jean-Pierre Ronfard prenait l\u2019eau, si l\u2019on peut dire : sur la plage, en Irlande, ils ont découvert une femme morte.Quand j\u2019ai lu le texte après qu\u2019Alice Ronfard m\u2019a proposé de jouer le rôle de Jean [Pierre], je me suis dit que je mettais les pieds dans un étrange bateau.» Ronfard reprend.« Evelyne s\u2019est approprié l\u2019œuvre de façon remarquable : elle ne la trahit jamais.mais c\u2019est un texte complètement Evelyne de la Chenelière, et c\u2019est ce que je souhaitais dès le départ.L\u2019ajout qu\u2019elle a fait au titre même [La chair et autres fragments de l\u2019amour] l\u2019illustre très bien.Au bout du compte, la structure de la pièce n\u2019est pas du tout celle du roman : elle est beaucoup moins linéaire, plus \u201callusive\u201d, plus ouverte.^ Comme dans le livre de Marie Cardinal, Evelyne y parle de vie et de mort, mais elle débouche aussi sur des niveaux de réalité et des situations qui ne sont pas du tout dans l\u2019histoire de départ.» Jean-François Casabonne acquiesce, emploie l\u2019image de la fusion de deux métaux précieux, la laisse flotter devant nous.puis revient sur ces superpositions diverses qui le fascinent dans cette production.«Il n\u2019y a pas seulement le fait que l\u2019au-teure du roman raconte son histoire et que c\u2019est sa fille qui met en scène la version théâtralisée de son père et de sa mère, il y a aussi le fait que l\u2019au- teure de l\u2019adaptation est là sur, scène puisque Evelyne joue le rôle de la femme retrouvée morte.Pour moi qui écris aussi, c\u2019est un choc de m\u2019imaginer l\u2019auteur dans même : ce cadavre trouvé sur la plage est en relation sur scène avec deux acteurs qui portent ses mots.Ça enclenche, qu\u2019on le veuille ou non, une lecture par strates du texte et, plus on avance dans la pièce, plus je me vois avoir une perception \u201carchéologique\u201d de ces strates.» Marée vivante Alice Ronfard dira aussi que tout cela l\u2019amuse et l\u2019excite.Elle qui voit de plus en plus souvent Ronfard à travers Casabonne, elle affirme qu\u2019elle a toutefois réussi à «passer rapidement par-dessus l\u2019anecdote pour aborder un texte de théâtre dans son unité et sa singularité.Un texte qui braque le projecteur sur un sujet universel qui concerne tout le monde puisque ça parle d\u2019osmose et de fusion dans le couple.» Pas étonnant que la chose ait intéressé Evelyne de la Chenelière, qui aime bien naviguer elle aussi dans ces eaux VOIR PAGE E 3 : NOUS ET L\u2019AUTRE «Quand j\u2019ai lu le texte après qu\u2019Alice Ronfard m\u2019a proposé de jouer le rôle de Jean [Pierre], je me suis dit que je mettais les pieds dans un étrange bateau.» sa fiction.Plus E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 AVRIL 2012 CULTURE.CINEMA V être ou ne pas y être « c Odile Tremblay annes, Cannes, vous nous assommez avec ça.Ya pas que la Côte d\u2019Azur pour propulser un film! Allons donc!», grognent des fâcheux qui n\u2019y vont pas.Mais un tic à leur œil dénonce, tapie sous la hargne, quelque sournoise envie.Certes, certes.\u2014 on concède prudemment.Les clés sont multiples pour ouvrir les portes au film phare.Juste dans notre cour, tenez.Incendies de Denis Villeneuve et Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau firent partie des exclus du chic festival français.Et quelles trajectoires, pourtant! Ne cherchez pas là-bas de justice immanente.Existe-t-elle ailleurs, au juste ?Les recalés de Cannes, ceux qui se voyaient déjà monter les marches et repartir avec la Palme d\u2019or, se sentent incompris, avec raison parfois.D\u2019autres n\u2019en reviennent pas d\u2019être adoubés et, durant la projection de leurs films, on se demande çà et là nous-mêmes pourquoi.Il y a des humeurs, des erreurs, des choix politiques, le bal des ego, des prises de bec.Ce festival-là, devant sa baie toute bleue, où cinéphilie et fric se côtoient sans trop de casse, demeure la drogue de ses habitués, qui y savourent la crème du 7® art.De grosses pointures en compétition cette année, par surcroît! Mais à travers les branches circule le bruit que des ténors décevront le parterre.La fébrilité est là tout de même.Ça commence le 16 mai.Oq s\u2019y sent déjà.A force d\u2019entendre naître là-bas des buzz autour des films chouchous, de voir les couperets médiatiques décapiter des œuvres dès leur première séance, et sous les huées encore, on s\u2019excite à l\u2019avance comme des enfants en prévision de Noel.La Croisette s\u2019offre ses cruautés, ses ronds de jambe, ses A c A.' « Un moment de grâce, une expérience fragile, pleine d\u2019émotions » La Libre Belgique CESENA + EN ATENDANT ANNE TERESA DE KEERSMAEKER /BRUXELLES « Castellucci et sa Socletas ont réveillé le théâtre Ils l\u2019ont dépouillé de ses fastes, débarrassé de son superflu.Le réel, l\u2019irréel, la folie, l\u2019humain, voilà leur matière » 1 Le Point « Intelligent et savoureux» Le Devoir yjgjr NICOLAS CANTIN mÉLANIE DEMERS ^ DANIÈLE DESNOYERS CLARA FUREY + BENOÎT LACHAMBRE DANA GINGRAS DANIEL LÉVEILLÉ EMMANUEL SCHWARTZ ANNABEL SOUTAR + CHRIS ABRAHAM JULIE ANDRÉE! ISABELLE VAN GRIMDE INFO-FESTIVAL 514 844 3822/1 866 984 3822 VIDÉOS SUR FTA.nC.CA f FTA-FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES ©FTAMONTREAL / #FTA2012 » \u2019* L YVES HERMAN REUTERS Xavier Dolan à Cannes en 2010 coups de cœur, ses donjons et dragons, ses couronnes.Un vrai jeu vidéo.Y être ou ne pas y être.Les cinéastes subissent les affres d\u2019Hamlet avant le grand jour de l\u2019annonce officielle.Survient le coup de téléphone qui dit oui, qui dit non.Tout s\u2019écroule ou s\u2019éclaire.Ça faisait des semaines que la machine à rumeurs s\u2019emballait.On savait que David Cronenberg avec Cosmopolis et Walter Salles {On the Road) seraient en compétition, tous deux ayant été prévenus plusieurs semaines à l\u2019avance.Dans ces cas-là, des nouvelles, ça court vite.Une cadence accentuée par les nouvelles technologies.Un blogue au nom du Festival de Cannes, mais sans lien avec lui, vil usurpateur, avait même lancé, en poisson d\u2019avril, une liste de films en compétition fantôme.Grande fut la confusion et nombreux furent les blogues et les articles à avoir relayé le canular.Fausse et vraie liste se recoupent en partie aujourd\u2019hui.Tout le monde savait peu ou prou quels films seraient portés par le vent.Avec erreurs glissées.The Master de Paul Thomas Anderson n\u2019est pas terminé, ni The Burial de Terrence Malick.Quant à Laurence Anyways de Xavier Dolan, annoncé en compétition sur cette liste fantôme, il atterrit à Un certain regard.Ça déçoit forcément.Le fait d\u2019avoir été à Cannes avec ses trois films, à un âge aussi tendre, relève aussi de l\u2019exploit.On se console.Thierry Frémaux est le grand manitou de la Sélection officielle, entre Compétition et Un certain regard, mais toute une équipe sous pression s\u2019agite à ses côtés.Pour eux, la nuit de mercredi à jeudi dernier, précédant l\u2019annonce des titres en lice, fut blanche, noire aussi de cafés bien corsés.D\u2019ultimes revirements de situation surviennent à la 23® heure, après coup également.De fait, les plaques telluriques bougent encore.D\u2019autres titres peuvent sortir du chapeau, des pions changer de case.Inch Allah ! En 2008, la présence en compétition d\u2019Entre les murs de Laurent Cantet, conquise de haute lutte, fut déterminée à quelques minutes de la conférence de presse.Bien leur en prit, puisqu\u2019il fut palmé d\u2019or.L\u2019an dernier, The Artist de Michel Ha-zanavicius, d\u2019abord prévu hors concours, se voyait in extremis envoyé dans la course.Si Jean Dujardin n\u2019y avait pas remporté le prix d\u2019interprétation masculine, l\u2019œuvre muette aurait-elle participé au bal des Oscar?Pas sûr! Xavier y sera donc.On est amis et je laisserai à un autre le soin de critiquer son film, tout en suivant de près l\u2019accueil qui lui est réservé, comme à d\u2019autres compatriotes.Car le Québeç sera à Cannes bien en selle et on s\u2019en réjouit.A Un certain regard également: La Playa du Montréalais d\u2019origine colombienne Juan Andrés Arango.En compétition des courts métrages: Chef de meute de Chloé Robichaud.Des sections parallèles, la Semaine de la critique et la Quinzaine des réalisateurs dévoileront leurs couleurs la semaine prochaine.De nouveaux titres québécois pourraient s\u2019y glisser.Je vais à Cannes depuis vingt ans.Assez pour avoir vu des étoiles au firmament perdre du lustre au fil du temps : Le Russe Mikahlkov, le Serbe Kusturika, le Grec Angelopoulos, qui en fin de parcours s\u2019étiolait.Depuis, l\u2019Asie a pris du lustre, l\u2019Amérique du Sud a relevé la tête, un petit pays comme la Roumanie épata tout le monde en dévoilant des talents exceptionnels, dont celui de Cristian Mungiu, de retour en compétition avec Beyond the Hills, après sa Palme d\u2019or de 2007.Quant au Québec, dont Denys Arcand a porté plusieurs années là-bas le drapeau à bout de bras, il diversifie son tir.Xavier y a trouvé une famille, d\u2019autres noms montent aussi.Gageons d\u2019ailleurs que Cannes jettera en Sélection officielle un œil plus affûté aux prochains films de Villeneuve et de Falardeau, déjà présents sur la Croisette dans le passé, vraiment auréolés par leurs récents succès.Car parfois Cannes découvre, mais parfois aussi, eh bien, il suit.otremhlay@ledevoir.corn J01JIR''JX>SQU'À la MORT! Céline Bonnier Momentum Du 1®^ au 19 mai PRÉVENTE pour les 2-3-4-S Billetterie 514 521 4191 \u2014 Achat en ligne à www.espacelibre.qc 1945 ruG Fullum, Montréal LE DEVOIR ESPACE GO g THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL SAINT-LAURENT, MONTRÉAL BILLETTERIE 514845-4890 ESPACEGO.COM ConKll des Arts ^transat i PARTENAIRE VEILLÉE PRESENTE DE JOYCE CAROL OATES Du 24 avril au 19 mai 2012 Mise en scène Carmen JOLIN Traduction Mai^se WARDA Avec Andrée LACHAPELLE ' Ansîe ST-MARTIN ' Debbie LYNCH-WHITE et Jacques BARIL Partenaire de production Hydro Vdb.Québec Concepteurs Loïc lACROIX-HOY Stéphane MÉNIGOT \u2022 Marie-Noelle KLIS \u2022 Nikita U THÉÂTRE PROSPERO BILLETTERIE 514.526.6582 RÉSEAU ADMISSION 1855.790.1245 WWW.THEATREPROSPERO.COM QQ\tConseil des Arts\tCanada Coundl QuébeCElEl\tduCanada\tfortheAits LE DEVOIR i*-. LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 AVRIL 2012 E 3 CULTURE.DANSE mm TEMPS D\u2019IMAGES Kiss & Cry, par la chorégraphe Michèle-Anne De Mey et le cinéaste Jaco Van Dormael : une danse de doigts.Nanodanses pour cinéma éphémère en direct Les Belges Michèle-Anne De Mey et Jaco Van Dormael présentent Afes & Cry au festival Temps d\u2019images FREDERIQUE DOYON Danse de doigts, conte miniature, théâtre de poche, cinéma éphémère, bricolage : Kiss & Cry est tout cela à la fois, et plus encore.La production belge cosignée par la chorégraphe Michèle-Anne De Mey (Sinfonia Eroi-ca, 12 Easy Waltz) et le cinéaste Jaco Van Dormael (Toto le héros, Le huitième jour), s\u2019arrête à TUsine C dans le cadre du festival Temps d\u2019images.La pièce atypique s\u2019inscrit parfaitement dans l\u2019ADN de ce festival-réseau qui a des antennes dans toute l\u2019Europe, puisqu\u2019elle découle d\u2019une réflexion sur l\u2019arrimage du cinéma, de la danse et du théâtre.Menée d\u2019abord chez les créateurs, qui forment un couple dans la vie, avec l\u2019apport continu d\u2019autres collaborateurs (décor, éclairage.texte).Pour une véritable création collective.« On essayait de trouver quelque chose où ce n\u2019est pas le cinéma qui est au service de la danse, ou la danse au service du cinéma, raconte en entrevue Jaco Van Dormael, qui cherchait depuis longtemps une manière de travailler avec sa femme chorégraphe.On a commencé dans la cuisine en disant : \u201cTiens, si on faisait un long métrage qui ne sort pas de la table de la cuisine et une chorégraphie qui ne danse qu \u2019avec les mains.\u201d » Ils y ont intégré les vieux jouets oubliés de leurs enfants devenus grands, la maison Playmobil de leur fille et le train électrique de leur garçon, en plus de bricoler une batterie d\u2019accessoires.Le texte, signé Thomas Gunzing, est venu un peu plus tard.Sa prémisse : une vieille dame assise sur un banc, sur le quai de la gare, se remémore ses amours.Et le souvenir de ses amants se limite à leurs.mains.Le drame sentimental d\u2019adultes, soutenu en musique, se réclame aussi d\u2019une naïveté enfantine.La gravité côtoie l\u2019humour, le jeu, la tendresse et la mélancolie.Renverser les perceptions Les coauteurs ont rapidement retenu l\u2019idée de travailler dans l\u2019univers miniature parce qu\u2019il permettait à la caméra d\u2019ajouter à l\u2019expérience du spectateur.De lui révéler de petites choses qu\u2019il ne verrait pas autrement.« On a la possibilité de révéler une tout autre échelle, une tout autre narration perceptible, une sensualité, un tout autre sens, explique Michèle-Anne De Mey (MADM) un peu plus tard dans un autre entretien téléphonique.Le spectateur a deux lectures, deux sentiments, deux perceptions dijférentes.» La première, celle des yeux, donne à voir arrx spectateurs non seulement la microscène des nanodanses, mais aussi le grand ballet des neuf artistes qui s\u2019agitent autour pour leur donner vie : les danseurs MADM et Grosjean, cerrx qui changent les minidécors bricolés, éclairent avec des lampes de poche, font la pluie, la neige, le vent.La seconde, plus macroscopique, est imposée par la caméra qui filme et projette ses images en direct.Plusieurs narrations se télescopent donc : le texte, la danse des mains, mais aussi celles des corps-marionnettistes, le film, et surtout son making of, les coulisses de tout ce drôle d\u2019objet scénique.« Du bout des doigts, on p)eut faire vibrer toute une sensualité », affirme la chorégraphe, venue à quelques reprises à Montréal, dans les années 1990.« L\u2019investissement est semblable, confie celle qui met souvent les mains au cœur de son travail chorégraphique, rappelant à ses interprètes de danser jusqu\u2019au bout des doigts.Tout le corps doit être là, on est investi entièrement.fe patine sur le plateau, je me noie, je fais un ballet aquatique, je deviens un dinosaure, je suis poisson, je suis un cœur qui bat, je suis tout cela.» Formée chez Maurice Bé-jart, MADM a été une proche collaboratrice d\u2019Anne Teresa De Keersmaeker pendant six ans, qui ont vu naître les pièces mythiques Ease et Rosas danst Rosas.Quant à Jaco Van Dormael, en plus du plaisir à réinventer Kiss & Cry à chaque représen- tation, il œuvre au scénario de son prochain film, qu\u2019il résume pour le moment ainsi : «Dieu existe.Il habite à Bruxelles et II est insupportable avec sa fille.» Titre de travail : La fille de Dieu.Et parlant de titre.Kiss & Cry renvoie à la zone où les patineurs artistiques en compétition attendent le résultat du jury.Une aire munie de chaises, de moniteurs transmettant les résultats et des extraits de la performance et d\u2019un décor patenté, propice aux prises de vue télévisées.Un espace où se prolonge le spectacle, entremêlé à la vraie vie et où l\u2019émotion brute s\u2019exprime.Ce que promet finalement de distiller l\u2019œuvre collective des Belges.Le Devoir Kiss & Cry, à TUsine C du 25 au 29 avril NOUS ET L\u2019AUTRE SUITE DE LA PAGE El (Henri & Margaux, Des fraises en janvier) constamment redéfinies par la vie.La metteure en scène poursuit.« Évelyne est vraiment dans l\u2019énergie du couple Cardi-nal-Ronfard ; son texte est magnifique et tire sur des fils que je n\u2019avais pas vus et qu\u2019elle développe de façon tout à fait inédite.Mais j\u2019avoue que c\u2019est un agréable défi pour moi : ce sont bien des personnages de théâtre avec lesquels je travaille et des acteurs qui les incarnent.Mais c\u2019est quand même tout un contrat parce que quelque part, oui, il y a papa et maman sur scène.».En rappelant qu\u2019elle a monté plusieurs textes récents d\u2019Evelyne de la Chenelière {L\u2019imposture au TNM, l\u2019an dernier.Les pieds des anges à Go en 2009), la metteure en scène dira aussi que l\u2019univers de la dramaturge la fascine parce qu\u2019on le reconnaît entre tous sans qu\u2019il soit jamais tout à fait le même puisqu\u2019il ne se laisse deviner que dans la tonalité de fond qu\u2019on y entend.Jean-François Casabonne enchaîne.« Un monde de tonalités, oui.D\u2019effluves presque, qui s\u2019affirment puis se dissipent.Sur scène, le texte nous amène à faire partie du paysage flou ; on est ce paysage qui va et qui vient au rythme des vagues.Une sorte de marée vivante qu\u2019Alice fait monter et descendre en nous faisant respirer IZABEL ZIMMER Evelyne de la Chenelière a adapté pour la scène le dernier roman de Marie Cardinal, Une vie pour deux.dans le texte.C\u2019est un exercice exigeant, mais particulièrement enrichissant pour moi.» On pourra se fondre parmi les embruns dès mardi, boulevard Saint-Laurent.Le Devoir UNE VIE POUR DEUX (LA CHAIR ET AUTRES ITIAGMENTS DE UAMOUR) Texte d\u2019Evelyne de la Chenelière d\u2019après le roman de Marie Cardinal.Mise en scène : Alice Ron-fard.Une production de l\u2019Espace Go présentée du 24 avril au 19 mai à l\u2019Espace Go.Théâtre de OUAT'SOUS MISE EN SCfNE ERICJEAN DRAMATURGIE PASCAL CHEVARIE TFXTF PASCAL CHEVARIE FT EPIC JEAN, EN COLLABORATION AVEC LES COMÉDIENS ET LES CONCEPTEURS AVEC JASMINE BEE JEE MATTHIEU GIRARD SIMON-XAVIER LEEEBVRE AUDE RIOLAND SASHA SAMAR MARIE-HÉLÈNETHIBAULT KLERVITHIENPONT SCÉNOGRAPHIE PIERRE-ETIENNE LOCAS COSlUMbS CYNTHIA ST-GELAIS ÉCLAIRAGES MARTIN SIRQIS MUSIQUE VINCENT LETELLIER EMOVERE 24 avril au 20 mai 2012 UNE PRODUCTION DU THEATRE DE QUAT'SOUS yPARTENAIRE DE PRODUCTION DESJARDINS h\t\\____ \\ \\ TARIFAVANT- l ¦\t\\ PREMIÈRE 1 19/05/12 \u2014 ÂU f HlÂîRi D'ÂyjOURD^HUÜ CIRQUE DU SOLEIL.Québec SH /THEATRE ^D\u2019AUiOURD\u2019HUl SK) S-lmorrlaques ^ ^ CD \u2022 £ % 2 t/î Ü£ THEATRE Province apocalyptique L\u2019auteur et comédien Mathieu Gosselin imagine une humanité décimée par des animaux en rébellion PHILIPPE COUTURE Collaborateur Dix ans déjà que le Théâtre de la Banquette arrière fait ses marques sur la scène montréalaise.La troupe issue du Conservatoire d\u2019art dramatique de Montréal, rassemblant Mathieu Gosselin, Sophie Cadieux, Renaud La-celle-Bourdon, Sébastien Dodge et consorts, a proposé au fd du temps un théâtre de plus en plus ancré dans leurs préoccupations sociales, de plus en plus porteur d\u2019une réflexion sur le sens du vivre-ensemble.r Eclectiques Ils sont éclectiques, ne s\u2019engagent pas dans un territoire esthétique précis, mais on les sent de plus en plus conscients de leur rôle social en tant qu\u2019artistes.Mathieu Gosselin, comédien-auteur, explorait déjà discrètement en 2006, dans Gosselin a toujours été proche du terroir et défenseur d\u2019une vision fantasmagorique de la campagne québécoise où des personnages pittoresques et des animaux inquiétants prennent un visage mythique La fête sauvage, sous le couvert d\u2019une réflexion sur le deuil et l\u2019amitié, la notion de communauté.Le revoici avec une pièce atypique intitulée Province, une fable fantaisiste, imprégnée de textures rurales et de climats apocalyptiques, dans laquelle une galerie de personnages colorés fait face à une étrange rébellion des animaux, jusqu\u2019à craindre l\u2019anéantissement de l\u2019humanité.Pas de surprises ici.Gosselin a toujours été proche du terroir et défenseur d\u2019une vision fantasmagorique de la campagne québécoise, où des personnages pittoresques et des animaux inquiétants prennent un visage mythique et deviennent les symboles d\u2019une société déroutée, individualiste, en perte de sens commun et, ici, en décalage avec la nature.Une fresque écologique ?Après Les mutants, pièce à haut contenu politique (pour ne pas dire nationaliste), la Banquette arrière se lance donc dans une fable environ-nementaliste ?Indéniablement.Mais Mathieu Gosselin et le metteur en scène Benoît Vermeulen se méfient de l\u2019étiquette.Ils insistent sur l\u2019aspect mythologique et poétique de la fable, ne veulent pas qu\u2019on en emprisonne le sens dans un discours militant trop catégorique.« Je pense, dit Gosselin, que ces animaux qui risquent de détruire la province doivent être considérés comme un contexte sous-jacent qui me permet d\u2019explorer une variété de comportements humains.Je ne pense pas parler précisément du Québec, d\u2019ailleurs.Le constat d\u2019une société domestiquée, éloignée de la nature et par le fait même un peu déshumanisée, s\u2019applique à l\u2019Occident entier.La pièce parle de notre indifférence devant la destruction de l\u2019environnement et de notre individualisme, certes, mais elle est ouverte à différentes interprétations et je ne veux pas dire que l\u2019être humain est responsable du désastre sans exposer les nuances qu\u2019un tel discours impose.» « Plus largement, ajoute Benoît Vermeulen, en naviguant dans les quêtes des différents personnages, le spectacle aborde des thèmes comme l\u2019obsession de l\u2019image ou la cyberdépen- dance.Mais aucun de ces enjeux n\u2019est présenté à la manière d\u2019un discours affirmé ou d\u2019un point de vue tranché ; ce n\u2019est pas comme si on prenait parole sur ces sujets précis.On veut plutôt jeter un regard large, faire un constat englobant.» Une pièce à tiroirs ?Pas facile à décrire, cette pièce.Chacun dans leur espace, mais unis par une conscience endormie du groupe auquel ils appartiennent, les personnages s\u2019engagent dans des chemins distincts.«Je n\u2019avais pas de plan précis avant de commencer à écrire, explique l\u2019auteur.Ce n\u2019est pas mes habitudes.Je me suis laissé guider par mon inconscient, je suis allé là où l\u2019écriture me menait, en ouvrant de nombreux tiroirs et de nombreuses portes.Ça donne une sorte de fresque chorale.» Dans le coin gauche : deux frères et une sœur abandonnés par leur mère, que l\u2019on retrouvera dans un paradis luxuriant et sensuel en compagnie d\u2019un Adonis qui lui promet mers et mondes.Le premier frangin est avalé par les jeux vidéo ; le deuxième a un problème d\u2019insensibilité ; leur sœur aînée dissèque les animaux pour essayer de comprendre la menace qui les guette.Dans le coin droit : un trio de jeunes gens superficiels, engagés dans une quête inébranlable de beauté plastique.Entre les deux : Carole, une femme obèse qui cherche insatiablement à attirer le regard de l\u2019autre.Quelque part autour : Ti-Caille, sorte de nar-rateur-choryqihée, que Gosselin décrit comme un « idiot prophétique ».Décontenancés Devant la menace, n\u2019arrive-ront-ils pas à faire preuve de solidarité et à prendre conscience de la présence des autres ?« Oui et non, dit l\u2019auteur.Je dois dire que je suis assez pessimiste par rapport à la possibilité d\u2019une réelle solidarité.Ils sont décontenancés.Certains proposent de s\u2019unir ; ils voient le momentum parfait pour quitter l\u2019individualisme, mais ils n\u2019y arriveront pas vraiment.» « C\u2019est précisément cet aspect de l\u2019œuvre qui a le plus guidé mon travail de mise en scène, ajoute Benoît Vermeulen.J\u2019ai imaginé que ces personnages étaient hyperconscients de la situation catastrophique qui les attend ; mais malgré cette ultra-conscience, ils n\u2019arrivent pas à s\u2019activer et à sortir de l\u2019inertie, de la nonchalance, ils ne connaissent que le repli sur soi.Ainsi, ils ne sont jamais dans l\u2019instant présent, ils ont un regard distancié sur eux-mêmes, ils sont détachés de l\u2019action qu\u2019ils devraient entreprendre pour contrer la menace des animaux.» Rien de terre à terre Rien n\u2019est très réaliste ou très terre à terre, de toute façon, dans l\u2019univers de Mathieu Gosselin.On imagine mal ses personnages dans une action concrète et rationnelle.Jusque dans la langue, qui oscille entre la quotidienneté et le registre poétique.« J\u2019aime, dit-il, donner à mes personnages une langue plus grande qu\u2019eux, mais je cherche à provoquer des allers-retours entre le concret et l\u2019abstrait.Ça permet des contrastes frappants, qui contribuent à une sorte de transcendance du réel.» Le Devoir PROVINCE De Mathieu Gosselin.Mise en scène : Benoit Vermeulen.Une production de la Banquette arrière présentée à La Licorne du 24 avril au 12 mai 2012.w ANNIK MH DE CARUFEL Benoît Vermeulen et Mathieu Gosselin insistent sur Taspect mythologique et poétique de la fable.Théâtre du ]>^ouvhau IVIondh a\" Hydro Québec GRAND PARTENAIRE V \\ % 51 866.8668 71 LA DOULEUR invitation internationaie MARGUERITE DURAS PATRICE CHEREAU 71 LES FEMMES SAVANTES MOLIÈRE DENIS MARLEAU 71 CHRISTINE, LA REINE-GARÇON MICHEL MARC BOUCHARD SERGE DENONCOURT 71 LE ROI SE MEURT EUGÈNE IONESCO FRÉDÉRIC DUBOIS 71JOCASTE REINE NANCY HUSTON LORRAINE PINTAL 71 LE CHANT DE SAINTE CARMEN DE LA MAIN MICHEL TREMBLAY RENE RICHARD CYR DANIEL BELANGER MDIOlTËlIVISIONllinERNEr dri^ a! astral I AFFICHAGE E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 AVRIL 2012 CULTURE >MÜSIQIIE JAZZ Dense J.Miller SERGE TRUEEAUT Bon.Il y a la nouvelle brute, factuelle, la nouvelle du ras des pâquerettes.Ce soir à l\u2019Ups-tairs, le saxophoniste Joel Miller va lancer son nouvel album intitulé Swim sur étiquette Origin-Records, album excellent parce que virevoltant de la nanoseconde numéro 1 à la dernière.La « combientième » ?Heu.on ne les a pas comptées.Désolé.Bien.Il y a maintenant la nouvelle plus compliquée-complexe, donc tout aussi essentielle que la précédente, si ce n\u2019est davantage.Car elle est faite de défis géographiques et qu\u2019elle est également un symbole, à plus d\u2019un égard, du jazz d\u2019aujourd\u2019hui.De-que-cé ?La nationalité respective des musiciens conviés en studio par Miller.La géographie ?Le virtuose pianiste américain Geoffrey Kee-zer « habite à San Diego.C\u2019est lui qui a parlé de moi à John Bishop, le fondateur du label Origin-Records situé à Seattle.Il a donné son OK.» Après quoi «fai fait appel au batteur Greg Ritchie, qui est originaire du Nouveau-Brunswick comme moi.On se connaît bien parce que nous avons étudié en même temps à McGill.Depuis plusieurs années, Ritchie habite à Brooklyn ».A la contrebasse, on retrouve « Fraser Hollins, qui vit à Montréal».L\u2019enregistrement a été effectué à Montréal, au studio de Pierre Marchand pour être précis.Le programme ?Dix des onze pièces proposées ont été composées par Miller.L\u2019exception s\u2019appelle Time of the Barracudas écrite par Wayne Shorter au début des années 60 au bénéfice d\u2019Art Blakey.Le tout est détonnant.Il en est ainsi parce que tant la facture des compositions que le jeu des musiciens logent à l\u2019enseigne de la densité.Dit autre-menf c\u2019est tricoté serré.Et pas à peu près.C\u2019est dense, nerveux, très dynamique.C\u2019est même épuisant, mais dans le meilleur sens du terme.Car chaque pièce commande une écoute attentive.Oui, une écoute de tous les instants.« Ma manière de composer est simple à dire : f écris beaucoup de solos.Puis je travaille avec toutes les versions.Ensuite, il s\u2019agit de faire le pont entre ce qui est écrit et l\u2019improvisation.D\u2019ailleurs, en studio, Keezer a joué un rôle très important II m\u2019a guidé.Il me disait souvent de prendre mon temps.Il a été très encourageant » Résultat ?Cet album, ce Swim, est tout d\u2019une pièce.Bravo ! R-S.: ce soir à l\u2019Upstairs, John Rooney sera au piano.Gala Lys Blues Demain soir, on connaîtra le score respectif des candidats participant au premier tour de l\u2019élection présidentielle de la Vieille France.Après quoi on connaîtra les gagnants des 11 catégories fixées par l\u2019équipe du Gala Lys Blues.Le gala en question se déroulera au Théâtre Plaza.En attendant le dévoilement du nom des vainqueurs, voici la liste des musiciens qui occuperont la scène du Plaza : Adam Karch Band, Greenwood Band, Brian & The Bluestorm, Jim Zeller & Friends, Steve Hill Band, Nanette Workman, Andrée Dupré et Jean Miliaire Blues Band.Le Devoir y ITSaNE 0 7^ édition FESTIVAL TEMPS D'IMAGES 191-^27 AVPH 2012 2^''\" SEMAINE MICHÈLE ANNE DE MEY/ JACOVANDORMAEL MARIE BRASSARD STÉPHANE GLÂDYSZEWSKI MARTIN TETREÀULT CLAUDIE GAGNON PURFORM CAROLINE GAGNÉ MARTIN MESSIER/ CAROUNE LAURIN-BEAUCAGE LLOYD NEWSON / DV8 MARLENE MILLAR/ PHIUPSZPORER SPECTACLES * PERFORMANCES * INSTALLATIONS * PROJECTIONS * ATELIERS * RENCONTRES * CHANTIERS USINE-C.COM / BILLETTERIE 514.521.4493 MÔntiéâi® LüDliVïllli\t@^5\" ^LiaiaoFT jtrtp MUSIQUE CLASSIQUE Rififî dans la distribution de disques CHRISTOPHE HUSS Le nombre de points de vente se rétrécit et les ventes de disques chutent.Tous prédisent un transfert vers la dématérialisation des supports et le téléchargement.L\u2019arrivée dHarmo-nia Mundi Canada, un nouvel acteur sur le marché de la distribution de disques, en ce début d\u2019année 2012, est donc pour le moins surprenante.Sur le marché du disque classique, on distingue traditionnellement les majors et les éditeurs indépendants.Historiquement, Columbia, Victor, Polydor, His Master\u2019s Voice ont été les majors de J\u2019édition phonographique.A la fin des années 80, Columbia a été rachetée par Sony et RCA-Victor, par BMG.Vin^ ans plus tard, ces deux entités fusionnaient, tant et si bien que des cinq majors des années 90, Universal, FMI, Warner, Sony et BMG, il ne reste aujourd\u2019hui plus en classique que Sony Classical, qui exploite les étiquettes Sony et RCA, et Universal, en attente de l\u2019approbation de son absorption d\u2019FMI.Un nouvel acteur Ces concentrations se sont opérées parallèlement à une multiplication des étiquettes indépendantes, nées de la diversification exponentielle du répertoire enregistré et du faible coût de production du CD.Parmi les principaux éditeurs indépendants, on compte Naxos, Har-monia Mundi, Naïve, Hyperion, Chandos et BIS.Au Québec, les indépendants ont pour nom Analekta, Atma et XXI.Depuis une dizaine d\u2019années, un nouveau phénomène voit le jour : des orchestres ou artistes deviennent leurs propres éditeurs.Le Symphonique de Londres et le Concertgebouw d\u2019Amsterdam ont été les pionniers du mouvement.Ils ont été rejoints depuis par Chicago, San Francisco, Philadelphie, la fedio bavaroise, le Philharmonique d\u2019Israël.Parmi les artistes, Jordi Savall a été imité par John Fliot Gardiner et Philippe Herre- weghe.Ces petits éditeurs ne peuvent pourvoir à leur diffusion internationale dans les magasins.Ils sont donc en quête de distributeurs, des structures spécialisées.Certains éditeurs ont eux-mêmes lancé des structures de distribution.Naxos est devenue en quelques années le distributeur international le plus courtisé.Au Canada, Pelléas est le seul acteur québécois dans un marché essentiellement réparti entre Naxos et SRI, une société implantée depuis plus de 30 ans, importatrice des « beaux labels » du marché classique : Harmonia Mundi, Chandos, BIS, Hyperion, etc.Fn janvier 2012, coup de tonnerre et remue-ménage : Harmonia Mundi (HM) annonçait la création d\u2019une société canadienne.Le catalogue d\u2019HM distribution fait son miel dans celui distribué depuis parfois plus de 25 ans par SRI.Parallèlement, Naxos n\u2019a de cesse d\u2019ajouter des labels à son portfolio.Les derniers en date sont impressionnants : le catalogue de rééditions Warner, les parutions sous licence Brilliant et Newton.Le discophile canadien n\u2019a jamais été aussi bien servi ! Jusqu\u2019à quand ?Quel support pour la musique ?Un observateur candide pourrait comparer le fait de lancer une maison de distribution en 2012 à un achat d\u2019antennes de diffusion radiophonique AM ou à l\u2019investissement dans la production de pellicules photo argentiques ! Chez Harmonia Mundi, le directeur commercial international, Jean-Baptiste Rivail, défend sa décision en mettant en avant trois arguments : « la facilité logistique, due à l\u2019existence d\u2019une structure aux Etats-Unis ; la densité de magasins supérieure à celle d\u2019autres pays ; et le fait que le Canada est une terre de concerts pour les artistes Harmonia Mundi.» Quant à l\u2019évolution du métier, M.Rivail note que les produits à valeur ajoutée, telle la musique classique, basculent moins vite vers le téléchargement.«Nous avions besoin d\u2019une politique mondiale cohérente, faite de politiques de prix communes et de dates de sortie identiques.Ce fait très nouveau dans la vente de musique classique est dû à une porosité extrême des marchés.» Il constate qu\u2019aux « Etats-Unis, où Amazon est devenue le premier revendeur de musique, les représentants n\u2019ont quasiment plus d\u2019impact ».Par contre, un nouveau souci semble émerger : « faire de bons produits ne suffit plus, il faut trouver le prescripteur ».La décision de créer une plateforme de téléchargement propre n\u2019est pas à l\u2019ordre du jour chez Harmonia Mundi : « Ixs investissements seraient très conséquents et nous n\u2019avons pas vocation de présenter d\u2019autres labels que les nôtres.Or, sur Internet, l\u2019offre sélective n\u2019a pas vraiment de sens.» Pour M.Rivail le métier « va continuer à se \u201cdésinter-médialiser\u201d, avec de moins en moins de prescripteurs et de plus en plus de ventes en ligne ».Il exprime ainsi la crainte d\u2019une grosse perte d\u2019expertise sur le catalogue, une expertise utile pour canaliser les consommateurs vers des produits à valeur ajoutée artistique.Quant au téléchargement, le sort du classique lui semble très lié au développement du téléchargement haute qualité, vocable dans lequel il englobe le nouveau standard sonore d\u2019iTunes, le format sonore FLAC et la qualité Studio Master, qui « peut offrir des expériences techniquement meilleures que la qualité CD ».Greg Pastic, président de SRI, est plus conservateur : « Mon expérience dans le classique depuis 30 ans m\u2019enseigne que le CD est un produit très mature qui a été vivant plus longtemps que n\u2019importe quel support auparavant.» Mais, constatant çpf «Internet a eu plus d\u2019impact sur la musique pop que sur le classique », il considère que « le consomma- teur de classique existe toujours, achète moins, achète davantage en ligne mais ne télécharge pas ».Greg Pastic rappelle que « même le président de Naxos a admis le mois dernier que les millions investis dans une plateforme de téléchargement n\u2019ont pas encore rapporté un sou et que la vente physique est plus profitable ».Pour lui, « tant que ne s\u2019imposera pas une nouvelle méthode pour livrer au consommateur un son de haute qualité, facile à stocker et à reproduire, les consommateurs de classique achèteront des CD ».Naxos est, des trois acteurs, celui qui a misé le plus sur la dû-fusion par Internet, à la fois en streaming, via la Naxos Music Library, pour la vente et le téléchargement, et sur le site Clas-sicsOnline.C\u2019est pour cela que Naxos assure désormais «sur un plan mondial les distributions numériques et physiques » des étiquettes.Philippe Adelfang, représentant de Naxos au Québec, reconnaît pourtant que, «pour la clientèle classique, cela reste important d\u2019avoir un livret et un produit physique ».Troîs acteurs, troîs vîsîons très différentes.SRI est adepte d\u2019un travail à l\u2019ancienne visant des consommateurs qui achètent moins, mais qui n\u2019ont pas vraiment changé.Harmonia Mundi prend son destin en main, mais pas dans la diffusion numérique, et semble obnubilé par la raréfaction des sources d\u2019information menant le mélomane à consommer.Quant à Naxos, la société est parée sur absolument tous les fronts, même si l\u2019énorme masse de produits distribués (autour de 200 nouveaux par mois) ne permet à personne d\u2019avoir une vision complète du catalogue.Bref, c\u2019est la fuite en avant, mais, dans le métier, cela fait vingt-cinq ans que cela dure, et l\u2019hécatombe n\u2019a pas encore débuté.Pour le momenf avec plus de produits et davantage de bonnes affaires, c\u2019est le consommateur qui en profite.Le Devoir I g.zumiï ¦ 18 mi 2W2 P\u2019v Eis JOORS m J\t7 % i '\"\u2018\"\u201cSI THEATRE EMERGENT premieracte.ca RTSE 'DdNSE 'NOXflLESTECHNaGIES P A A QUE D/l R POUR RESTER H U M/l! N Musée de la civilisation 85, me Dalhousie 26, 27 Avril à 20h et le 28 Avril à 15h.\u2022T RHIZOME 4I8 643-8I.U 1*1 cp QllEBEC Québec ci I.K DKVOIIi Hydro Québec ©S f#/ 2ar->-29 AVRIL PLUS DE 200ACTIVITES X quebecdanse.org Renseignements: 514 849-4003 LE DEVOIR Montréal Libre de penser http://bit.ly/fpt8tH?r=qr LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 AVRIL 2012 E 7 îDE VISÜ Dix ans de raptures ENTEÎE DES ERAGMENTS DE CHOSES, D\u2019ESPACE ET DE TEMPS Martin Désilets Maison des arts de Laval, 1395, bout, de la Concorde Ouest, Laval Jusqu\u2019au 6 mai.JÉRÔME DELGADO Collaborateur D » *V/ .A- - ¦ - ^ /.'\t, A ¦ ¦ \\ epuis une quinzaine d\u2019années, Martin Désilets observe le monde, l\u2019interprète à travers ses yeux, ou ses mains, et ne cesse de livrer des ensembles fort enrichissants.Ses peintures, dessins ou photographies, présentés toujours en série, puisent dans diverses sources, l\u2019approche documentaire d\u2019une part, la citation d\u2019une autre.Peu importe la manière, l\u2019artiste semble être doté d\u2019une âme de poète, sensible et imaginative.Premier bilan de la pratique de Martin Désilets, l\u2019exposition Entre des fragments de choses, d\u2019espace et de temps réunit neuf ensembles réalisés depuis 2001.Elle révèle son insatiable acuité pour les petits détails de la vie, ces amas de déchets ou ces traces de peinture qui deviennent chez lui des odes pleines d\u2019ambiguïtés.Une énumération des titres donne une bonne idée de son élan poétique : Les élégies, Etudes pour aphorismes, Latences et crépuscules, Dictons et proverbes.Ici, à la Maison des arts de Laval, il ne manque des exemples que de deux séries.Cabinets des surfaces et Cabinets des observations.Réalisés en 2006, ces deux groupes avaient formé avec un troisième \u2014 Cabinets des amoncellements \u2014 sa plus importante exposition jusqu\u2019à ce jour, intitulée Le grand voyage (centre Plein sud, à Longueuil, 2007).Celle-ci avait même donné lieu à une publication plus large que le simple catalogue d\u2019exposition, qui permettait déjà de jeter un regard d\u2019ensemble sur la production de l\u2019artiste.Après Longueuil, Laval \u2014 comme s\u2019il avait fallu souligner par là le travail en bordure de ce photographe-peintre.L\u2019actuelle expo, amorcée en février, a été montée avec la contribution de Patrice Loubier, commissaire indépendant lui-même attiré par les arts dans les marges.11 ressort de l\u2019accrochage un plaisir évident pour la fragmentation (d\u2019où le titre), pour l\u2019errance à travers sujets et motifs, pour l\u2019accumulation presque fortuite des éléments les plus banals.Mise à jour Ce bilan est aussi une mise à jour.Aux côtés des séries anciennes sont exposées des séries plus récentes et inédites.C\u2019est le cas des Eading Icons (2011-2012), qui poursuivent sur la veine non figurative, très graphique et picturale, que Désilets semble privilégier depuis son expo à Plein sud.Définies comme des « peintures photographiées », ces oeuvres tentent d\u2019exprimer une sorte d\u2019amour-haine envers l\u2019héritage déjà lointain de l\u2019abstraction géométrique \u2014 Malevitch, Modrian et, côté québécois, Molinari.Par le jeu de l\u2019image brouillée, de l\u2019effet de mouvement, elles acquièrent un aspect transparent et léger.Elles rompent ainsi avec les surfaces très pleines et massives auxquelles l\u2019artiste était parvenu d\u2019abord dans Cabinets des surfaces, puis dans Les élégies (2010), série inspirée des murs abîmés du circuit Gilles-Villeneuve de File Notre-Dame.La rupture, c\u2019est ce qui anime Martin Désilets, c\u2019est à travers elle qu\u2019il s\u2019est toujours réinventé.L\u2019exposition est à l\u2019image de son travail.On peut autant s\u2019attarder à la mosaïque intitulée Les agglomérations (2001-2006), un assemblage hétéroclite de vues urbaines et de ^\t- A.' GUY L\u2019HEUREUX Vue d\u2019ensemble de l\u2019exposition Entre des fragments de choses, d\u2019espace et de temps à la Maison des arts de Laval détails architecturaux, que tomber au hasard de notre visite sur une image isolée.L\u2019artiste, du moins dans sa pratique de la photographie, fonctionne ainsi.Ses déambulations en ville, à Montréal, mais aussi à Beyrouth, comme pour Les agglomérations, le mènent à porter son attention sur une variété de choses, certaines imposantes, d\u2019autres insignifiantes.Patrice Loubier a choisi de disperser quelques images, notamment celles extraites de Marquer le territoire -transformer l\u2019espace.Cet ensemble, qui avait ouvert les portes du Musée d\u2019art contemporain à Désilets en 2005 (l\u2019expo collective Territoires urbains), se présente comme une nomenclature des interventions furtives qui surgissent ici et là dans l\u2019espace urbain.En galerie aussi, ces interventions sont éparses et distancées, voire isolées, comme ce graffiti va- guement géométrique et à la matière dégoulinante.Quelques ensembles gagnaient à être rapprochés, tels Les dictons et proverbes des îlets (2001) et Etudes pour aphorismes (2009).Ces deux groupes d\u2019œuvres exécutées à l\u2019acrylique et au crayon sont portés par la même spontanéité et le même commentaire faussement simpliste que ceux de la photographie urbaine de l\u2019artiste.Ils relèvent aussi du paysage et de l\u2019identification à un territoire, traits caractéristiques chez Désilets.Dans Carte particulière des îlets, sérigraphie rehaussée à l\u2019acrylique en préambule aux Dictons., on retrouve, en condensé, tout l\u2019humour et la fantaisie qui parsèment l\u2019expo.Des figures anodines (un canot perdu en mer) et les archi-pel§ aux noms les plus farfelus (« Ilet de la digression continue », par exemple) relèvent sinon autant du souci pour le détail que du regard humaniste.Les photographies intitulées Les élégies, ces «tableaux trouvés », comme le souligne Patrice Loubier, nés de l\u2019impact des bolides de la El, côtoient pour leur part les Eading Icons.Voilà un riche face-à-face, ou une étonnante approche à double face de la picturalité.Les premiers sont comme des images arrêtées de la vitesse, de l\u2019exécution d\u2019un geste ; les seconds, comme la gestualité d\u2019un modèle qui a pourtant fait école pour sa non-expressivité \u2014 le « carré noir sur fond blanc » est-il en voie d\u2019extinction ?Le commissaire résume bien la force de cette signature : «Dans un esprit ludique, Martin Désilets amène à se rencontrer deux grands récits antagonistes de l\u2019art du 20 siècle : la réflexion de la peinture sur elle-même ayant marqué le développement de l\u2019abstraction et l\u2019ouverture au non-art par le biais du readymade et de la photographie.» Le Devoir Il ressort de l\u2019accrochage un plaisir évident pour la fragmentation (d\u2019où le titre), pour l\u2019errance à travers sujets et motifs, pour l\u2019accumulation presque fortuite des éléments les plus banaux Museé des beaux-arts Printemps gilles BOISVERT GALERIE BERNARD 3926, rue Saint-Denis, Montréal T.; 514.277.0770 www.galeriebernard.ca GATINEAU - 28 avril ART ET SACRÉ : EXPOSITION DIEUQQ MONTRÉAL - 6 mai - CONFÉRENCE En préparatoire au voyage à SHELBURNE - ALBANY- COOPERSTOWN du 13 au 15 août OTTAWA-31 mai EXPOSITION VAN GOGH DE PRÈS jE Les, peaux detours CIRCUITS www.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont DIMANCHE SS AVRIL \\ 14h Les Dimanches-famille en musique La grande tortue Pour les 6 à 12 ans MERCREDI S5 AVRIL \\ 19 h 30 Concert de la relève Nouvel Ensemble Moderne (NEM) Stéphane Tétreault, violoncelle Mira Benjamin, violon MERCREDI s MAI \\ 19h30 COMPLET et JEUDI 3 MAI \\ 14h Les Violons du Roy L\u2019Estro Armonico de Vivaldi Eric Paetkau, chef VENDREDI SS MAI \\ 18h30 Tableaux en musique Hommage à Leduc, Borduas et Riopelle Quatuor Bozzini et Quatuor de saxophones Quasar JEUDI 7 JUIN \\ 18h Les 5 à 7 en musique Musiciens de l\u2019Orchestre Métropolitain Yannick Nézet-Séguin, piano Œuvres de Brahms VENDREDI 8 JUIN \\ 18h30 Tableaux en musique Les Jacobins Mathieu Lussier, direction Le Chant du Départ, ouvertures pour un Empereur Œuvres pour vents d\u2019Étienne-Nicolas MéhuI sallebourgie.ca - 514-285-2000 (option 4) 1339, rue Sherbrooke Ouest MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL ARTE MUSICA \u2014^ ^ ^ - d\ti f ;'i vv I ¦^ // -y A# I m MUSEE D'ART DE JOLiETTE HIVER 2012 POUR LA SUITE DES CHOSES DU 29 JANVIER AU 29 AVRIL 2012 Cet hiver, le Musée d'art de Joliette mobilise ses salles d'expositions temporaires afin de dévoiler ses plus récentes acquisitions.Une exposition d'envergure regroupant le travail d'artistes tels que Heinrich Aldegrever, Nicolas Baier, Kenojuak Ashevak, Sonia Delaunay, John Richard Fox, Pascal Grandmaison, Geoffrey James, François Laçasse, Naomi London, John Max, Georg Penz, Ed Pien, Yann Pocreau, Jean Paul Riopelle, Henri Rouault et Henri Venne.1 i EGALEMENT PRESENTEES ALFREDO JAAR DU 10 SEPTEMBRE 2011 AU 29 AVRIL 2012 FILIATIO Organisée en collaboration avec l\u2019Académie Antoine-Manseau DU 25 SEPTEMBRE 2011 AU 29 AVRIL 2012 .i 2-1 ^ § ë Sü-g 145, rue du Père-Wilfrid-Corbeil, Joliétte (Québec) J6E 4T4 450 756-0311 I vvvvw.museejoliette.org Mardi au dimanche, 12 h à 17 h Li03aJIa> | TkOMtiCodl C^âiecn E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 AVRIL 2012 CULTURE>CINEMA Fabrice Éboué et Thomas Ngÿol parlent d\u2019anachronisme.et d\u2019esclavage ODILE TREMBLAY Cy est parti d\u2019une blague, explique Thomas Ngi-jol.Fabrice et moi avions fait des spectacles solos, partagé la scène, puis cette idée marrante nous est venue.Mise un temps de côté, elle revenait nous hanter.Comme dans Les visiteurs, en jouant sur les codes d\u2019anachronisme et en confrontant les réalités d\u2019époque, on a expédié dans le passé d\u2019esclavage nos deux personnages.» A Paris, Joël, un Noir (Ngi-jol), se sent tout le temps lésé à cause de, sa couleur ; Régis, mulâtre (Éboué), Roger bon temps, a renié ses racines.Demi-frères d\u2019un père antillais qu\u2019ils ont à peine connu, les voici conviés outre-Atlantique au chevet de son lit de mort.Papa leur offre en guise d\u2019héritage l\u2019acte d\u2019affranchissement de l\u2019esclavage, ils le déchirent, et une vieille tante à pipe se vengera de leur crime en les expédiant en 1780, dans des Antilles où mieux valait être blanc.Car les voici esclaves dans une plantation et forcés d\u2019évoluer pour conjurer le sort et retrouver leur époque.Rare cas de figure, Case départ e§t réalisé à six mains, Fabrice Éboué et Thomas Ngijol ayant demandé l\u2019appui de Lionel Steketee, assistant réalisateur de plusieurs films, dont Lucky Luke et Le pacte des loups.« On n\u2019était pas aguerris du côté de la réalisation, étant des habitués de la scène », explique Thomas Ngijol.Le tandem d\u2019humoristes avait d\u2019autant plus besoin d\u2019appui sur ce premier long métrage que tous deux s\u2019offraient les rôles principaux.R KKK A BRIQUE Lionel Steketee, Fabrice Éboué et Thomas Ngijol, les trois complices à la réalisation de Case départ « C\u2019est un film sur l\u2019identité, poursuit Thomas Ngijol.Nos deux personnages ont beaucoup à apprendre l\u2019un de l\u2019autre et chacun évoluera dans l\u2019adversité à sa façon.Mon Joël arrêtera de pleurer et Régis, joué par Fabrice, découvrira la solidarité.» Sur le fil du rasoir ils ont puisé leurs modèles en eux, également chez leurs pères immigrés, collaborant avec des historiens au scénario quant au reste.En Martinique et en Guadeloupe, plusieurs békés, descendants des planteurs blancs, conservent les attitudes racistes de leurs ancêtres.De fait, certains békés de la Martinique leur ont défendu de tourner sur leurs terres, ils sont allés fdmer à Cuba, avec certaines scènes très fortes émotivement.« Nous avons tourné dans un vrai marché aux esclaves, mais le ton devait demeurer comique », dit Thomas.Fabrice aimait aussi marcher sur le fil du rasoir avec ce sujet délicat à la sauce humoristique.« C\u2019était le défi du film.» « Pour l\u2019ambiance d\u2019un dîner de famille avec un curé où les propos racistes s\u2019enfilent, on s\u2019est inspirés un peu du film Ridicule de Patrice Leconte, commente Fabrice.Ils ignoraient qu\u2019ils étaient racistes, se croyant supérieurs aux Noirs.On a eu l\u2019idée d\u2019un ecclésiastique mythomane.L\u2019Eglise catholique a été un instrument de soumission d\u2019une race par l\u2019autre.Par ailleurs, selon le Code noir, les Juifs n\u2019avaient pas le droit de posséder d\u2019es- claves et on s\u2019en est servi comme ressort de comédie, en lançant le débat absurde : Qui, des Noirs ou des Juifs, a le plus souffert de discrimination ?Quant à la figure de la vieille tante des héros, elle représente en fil rouge la sagesse et la mémoire.La comédienne qui l\u2019incarne est cubaine.Elle disait son texte en espagnol avec des bouts en créole.Il fallut la doubler en français.» Quand ils sont venus présenter leur film en Martinique, les cinéastes-acteurs se faisaient klaxonner dans les rues.« Nous étions devenus là-bas des vedettes instantanées », s\u2019étonne encore Fabrice Éboué, qui a pris comme son comparse la piqûre du cinéma.Le Devoir VTVA^CE et Ensemble 6 percussion SiXTMiyi présentent Œuvres frappantes pour chœur et percussions ! Le vendredi 4 mai 2012 à 19 h 30 Saiie de concert Redpath \u2022 Université McGiii, 346^, rue McTavish, Montréai Biiietterie; 514398-4547 ADMiS5ION :\t1 -855-790-1245 ou en iigne au www^dmission.com Renseignements : www.vivavoce-montreai.com \u2022 514 489-3739 eOBseddeserti\tII\t^\tCONSEIL DES ABT» 1^;\t\"\u201cSTébecSS \u201c«tÉ umm ^ La Société de Musique de Chambre de Montréal présente Le premier récital à Montréal du phénoménal violoniste MAXIM VENGEROV ANDRE LAPLANTE PIANO LUNDI 30 AVRIL 2012 20H A LA MAISON SYMPHONIQUE, PDA Mozart, Beethoven et Lizst Une présentation Hydro Québec QC Québec u STANDARD LIFE Mu^S Renseignements / Abonnements [promusico.qç.co] ou [514.845.0532] Billets à l'unité disponibles ©lapiacedesarts.com 514 842 2112 /1 866 842 2112 r-t; Nouvel Ensemble Moderne sous la direction de Lorraine Vaillancourt 14 mai, 20h \u2022 Maison symphonique « Maxim Vengerov est un de ces artistes qui apparaissent une fois tous les 100 ans.» The Strad Oeuvres de Haendel, Bach, Brahms Avec le pianiste Patrice Laré Informations : 514-483-2021 ¦ www.smcm.ca laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866842 2112 ESPACE musique ^ Desjardins La Scena Musicâf« I SOCIÉTÉ MÉTROPOLITAINE OU DISQUE J2^CLü1^2( ?SECOR\tLE DKVOIR [je (\u2019entre\t* SlKTiUoii .Mondial\tj 1Q S CHRISTOPHER MAYO PHILIPPE LEROUxl^ ANDRÉ PRÉVOST Pojection de « MENUHIN .PRÉSENCE, je me souviens.» un court métragfe de James Dormeyer nf LE CONCERT DE LA RELEVE Mira Benjamin Salistes Stéphane Tétreault ^^coproduction avec iltëndation Arte Musica SALLE BOURGIE MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL 1339 Sherbrooke, ouest WEDNESDAY APRIL 25 [7:30 PM] Billetterie 514-285-2000 option 4 514-343-5636 info@lenem.ca www.lenem.ca Un parfum d\u2019autan LA GUERRE DES BOUTONS Réalisation : Yann Samuell.Scénario : Yann Samuell, d\u2019après le roman de Louis Per-gaud.Avec Vincent Eres, Salome Lemire, Tristan Vichard, Eric Elmosnino, Mathilde Sei-gner, Fred Testât, Alain Chabat.Image : Julien Hirsch.Montage : Sylvie Landra.Musique : Klaus Badelt.105 minutes.ODILE TREMBLAY Voici donc Yann Samuell à la barre d\u2019une des deux récentes adaptations françaises de La guerre des boutons de Louis Pergaud.Et le spectre du film d\u2019Yves Robert, grand classique de 1962, planait derrière Lune et l\u2019autre, tant il est toujours risqué de revisiter les œuvres-cultes.Cette guerre, version Samuell, a pris des libertés face au livre paru en 1912.Il a situé l\u2019action au début des années 60 pendant la guerre d\u2019Algérie, afin de créer un parallèle entre la guerre des enfants et celle des adultes.Aussi parce que ces voies de fait, avec frondes et bâtons, vandalisme, etc., précipiteraient sans doute les enfants à l\u2019école de réforme de noç jours.A travers cette ode à la liberté et à la nostalgie dans une France qui n\u2019était pas encore à fheure de la rectitude politique (mais on y battait aussi beaucoup les enfants), Yann Samuell eut la bonne idée d\u2019ajouter une héroïne à la troupe de garçons.Il invente une amourette entre le chef Lebrac et Lanterne, une recrue en jupons, faisant éclater les suprématies masculines.Place donc aux enfants de deux villages voisins, Longe-verne et Velrans, qui s\u2019affrontent dans les champs et bosquets avant de s\u2019arracher leurs boutons en guise de butin après assauts.L\u2019action est perçue à travers la lorgnette du clan Longeverne.En vedette : le chef Lebrac (Vincent Bres, très bien en tendre dur) et le P\u2019tit Gibus (Tristan Vichard, presque aussi craquant que celui d\u2019Yves Robert).Mais le chef du groupe adverse (Théo Bertrand) paraît de son côté une absurde caricature de méchant.Le fossé entre les clans, trop profond, l\u2019un sympathique, l\u2019autre odieux, nuit à la crédibilité du film.Ces batailles à la campagne sont néanmoins pleines de charme et on salue le naturel de ces enfants qui s\u2019affrontent ou s\u2019entraident à travers une hiérarchie jamais remise en cause.Leur violence s\u2019exprime avec ses cruautés d\u2019usage.L\u2019époque revit aussi à travers les rapports parents-enfants, tissés de punitions et d\u2019incompréhension, sans appuyer la charge.En classe, les liens d\u2019autorité du maître se mêlent de tendresse, îlot de contestation d\u2019autorité pourtant.Hélas ! les acteurs adultes sont beaucoup moins forts que les enfants non professionnels transformés en guerriers de Longeverne, qui crèvent l\u2019écran.Eric Elmosnino et Alain Chabat, ici instituteurs des villages en guerre, comme Fred Testot dans la peau d\u2019un doux curé en soutane, paraissent engoncés dans des rôles trop fabriqués.Mais la palme du mauvais casting revient à Mathilde Sei-gner.En mère dure et fermée de Lebrac, qui pour des raisons jamais expliquées change d\u2019attitude sans crier gare, son personnage ne possède à vrai dire aucun sens.Qu\u2019à cela ne tienne ! Grâce à une caméra célébrant la belle lumière naturelle posée sur les champs de blé et les chemins des villages, ces jeux dégagent un parfum d\u2019antan et une séduction quand même prenante, par-delà les fausses notes.Cette guerre ne possède pas pour autant la charge comique de l\u2019adaptation d\u2019Yves Robert, qui demeure indétrônée.Le Devoir SOURCE AZ FILMS Dans La guerre des boutons, la caméra célèbre la belle lumière naturelle posée sur les champs de blé et les chemins des villages.|3 O U r c .on du IM IVI Nouvel Ensemble Moderne sous la direction de Lorraine Vaillancourt 3 CREATIONS Michaël Larocque À p/us tard Pluton Yves Daoust Calme chaos\t- Brian Current strata II\t_ la CONCERT DU PRINTEMPS Wolfg'ong Rhim ChifflV^I^82) Sonsf^Tacques Drouin, piano Chiffre II Silence fo be beaien(1983) MERCREDI 2 MAI [ 20h 1 SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE 220 AV.VINCENT-D\u2019INDY / tAONTRÉAL ( MÉTRO ÉDOUARD-MONTPETIT ] 514 343-5636 www.lenem.ca 20$/10$/5$ BILLEUERIE A LA FACULTE DE MUSIQUE DE L'UdeM, RÉSEAU ADMISSION 514 790-1245 OU SUR PLACE LE SOIR DU CONCERT rt des lettres Québec SS Université rHi pqndatio^ flRJF MUSICA LE DEVOIR de Montreal La Scena Musicale LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 AVRIL 2012 E 9 ICINEMA '\u2022Sir*; LE HAVRE LE HAVRE de Aid Kaurismaki Rnleinde/France.2011.90 min.Avec André Wilms, Blondin Miguel, Kati Outinen, Jean-Pierre Darroussin et Jean-Rerre Léaud.(G).f ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Dans Dérapages, l\u2019animateur et documentariste Paul Arcand se penche sur le rapport que les jeunes conducteurs entretiennent avec la vitesse et l\u2019alcool.Dérapage contrôlé Pour son troisième passage derrière la caméra, Paul Arcand a choisi de se pencher sur la conduite automobile des jeunes friands d\u2019alcool et de vitesse, un mélange souvent létal.FRANÇOIS LEVESQUE Collaborateur Après Les voleurs d\u2019enfance et Québec sous ordonnance, la productrice Denise Robert et l\u2019animateur et documentariste Paul Arcand refont équipe pour Dérapages, un documentaire percutant et souvent poignant se penchant sur le rapport que les jeunes conducteurs entretiennent avec la vitesse et l\u2019alcool.En donnant la parole aux principaux intéressés, tant des survivants que des pratiquants de la conduite casse-cou, Paul Arcand dresse un état des lieux troublant.Aller plus loin «Il faut se reporter en juin 2010, explique ce dernier de sa voix grave, posée.A la radio, je voyais passer pas mal d\u2019accidents routiers et, durant cette période en particulier, il y en a eu beaucoup avec un nombre élevé de victimes.» Père de deux garçons dans la vingtaine, Paul Arcand ne peut s\u2019empêcher de tracer des parallèles, de repenser à ses propres comportements de jeunesse.Comprenant qu\u2019il souhaite aller au bout de cette réflexion, il approche Denise Robert, qui a produit ses deux projçts précédents.«A l\u2019époque où je tentais de monter Les voleurs d\u2019enfance, je me demandais qui serait en mesure de fouiller le sujet sans lâcher le morceau, se souvient la productrice.Paul est comme ça en entrevue, c\u2019est pour ça que fai pensé à lui et que je suis allée le chercher.» Depuis, Denise Robert a toute confiance en lui.« Ce que je trouve formidable dans Dérapages, c\u2019est que Paul laisse toute la place aux jeunes.Il ne les juge pas et on ne sent jamais de condescendance dans son regard.Sur le plan technique, je constate son évolution.Aujourd\u2019hui, il est très conscient des paramètres inhérents au cinéma.Il s\u2019implique jusque dans la salle de montage.Il connaît son matériel sur le bout des doigts.» Animateur de radio célébré pour la qualité de ses entrevues, justement, Paul Arcand pourrait se contenter de rester dans sa zone de confort.Or, pour lui, le documentaire se situe dans la continuité de son premier métier.« Le documentaire permet d\u2019approfondir un sujet, ne serait-ce que grâce à la durée.Il y a souvent un lien de confiance à tisser avec les gens.Ils ne disent pas nécessairement oui tout de suite.» De candeur et de douleur On prend la mesure de cette confiance lors des séquences captées dans le CHSLD (centre hospitalier de soins de longue durée) où réside Mickaël, un jeune homme de 24 ans qu\u2019un double traumatisme crânien a laissé incapable et belliqueux.Ses parents se confient, chacun gérant la situation différemment, avec dignité, mais aussi avec une peine immense.Rarement les conséquences de la témérité au volant frappent-elles l\u2019imaginaire avec autant de force.« Les parents de Mickaël ont accepté de nous rencontrer à la seule condition qu\u2019on montre tout : le fait qu\u2019il crie, qu\u2019il est agressif et complètement dépendant.C\u2019est à ça que ça ressemble, un traumatisme du lobe frontal », lâche le réalisateur.La mère de la petite Bianca Leduc, fauchée à trois ans sur le terrain de sa gardienne, livre elle aussi un témoignage bouleversant.Cela dit, c\u2019est largement des gars entre 18 et 22 ans qui interviennent, parfois avec une candeur à donner froid dans le dos.« Mon but n\u2019était surtout pas de jouer les vieux cons moralisateurs, assure Paul Arcand.Je désirais que les jeunes y aillent de leur vision des choses, de leurs contradictions, mais également de leurs pistes de solution.Les jeunes le disent dans le documentaire : les publicités-chocs de la SAAQ ne les atteignent pas.Il y a une distance.Avec Dérapages, je voulais réduire cette distance autant que possible afin qu\u2019ils se sentent concernés.» Des visionnements préliminaires auprès du public cible tendent à lui donner raison.Dérapages prend l\u2019affiche la semaine prochaine.Le Devoir Un grand cri de résilience Kim Nguyen signe avec Rebelle son œuvre la plus poétique et la plus achevé REBELLE Réalisation et scénario : Kim Nguyen.Avec Rachel Mwanza, Alain Bastien, Serge Kanyinda, Ralph Prosper, Mizinga Mwinga.Image : Nicolas Bolduc.Montage : Richard Comeau.90 minutes.ODILE TREMBLAY Kim Nguyen est un cinéaste étonnant.Déjà son premier long métrage.Le marais, nous entraînait en 2003 du côté de l\u2019insolite.Il aura exploré depuis le polar fantastique dans Truffe, puis le drame historique de guerre à travers La cité.On ne s\u2019attendait guère à le retrouver derrière un film aussi pleinement africain, collé à la tradition des œuvres d\u2019Idrissa Ouedraogo et de Suleymane Cissé, mais où les acteurs délaissent le récitatif au profit de la vérité du jeu.Ce cinéaste québécois, capable de pénétrer les mondes parallèles d\u2019une géographie intérieure et extérieure, signe avec Rebelle son œuvre la plus poétique et la plus achevée.En compétition au dernier Lestival de Berlin, le film valut à sa jeune interprète congolaise, Rachel Mwanza, une enfant de la rue, le prix d\u2019interprétation féminine.Renouvelant un thème déjà exploré au cinéma, celui des enfants soldats, Nguyen marie ici la chronique sociale à des envolées magiques, tirant parti des croyances et des pratiques animistes du Congo, pays où le film fut tourné.Le destin de Komona Le documentaire de Raymonde Provencher sur les fillettes soldâtes avait fait découvrir leur sort, moins connu que celui des garçons, kidnappées comme eux par les troupes rebelles dans plusieurs pays d\u2019Afrique subsaharienne.C\u2019est à travers la voix hors champ de Komona (Rachel Mwanza), adolescente enceinte du commandant qu\u2019elle déteste, que son destin nous sera livré, tragique mais avec des plages de beauté et de mystère.Le charisme de cette interprète non professionnelle, qui vit son rôle sans jamais le jouer, ajoute au naturel d\u2019un film capté sans académisme, avec une grâce stylistique, des images magnifiques et hantées (les combats de brousse en particulier) et des dialogues à demi improvisés.Obligée de tuer ses parents quand les rebelles pillent son village, elle deviendra soldate maltraitée, protégée par le statut de sorcière que sa troupe lui prête, et amie d\u2019un jeune garçon albinos, le magicien (Serge Kanyinda), fabriquant de magnifiques grigris, bientôt son amoureux.Nguyen est parvenu à incorporer le monde des esprits à celui de l\u2019horreur au quotidien sans rien cacher des détresses et des tueries, mais en leur adjoignant une dimension supérieure d\u2019amour et d\u2019occultisme.Et ELMOSNINO laGUERRE desBOUTOJsLS MATHILDE AVEC LA PARTICIPATION DE 5EICNER ALAIN CHABAT ?\ti 1961 - Un classique du cinéma\tJ français naissait.10 millions d'entréesi Aujourd'hui, la version moderne arrive et «.\u201efait mouche».^-TÉLÉ 7 JOURS -JT r PRIX TFO 2011 i Cinéfranco \u2022 U» www.cinemaduparc.com conmultox notro mito Int&rnot LES CHEFS-D'ŒUVRE D'ANIMATION DE STUDIO GHIBLI LE FESTIVAL DU CINEMA LATINO-AJVIÉRICAIN DE MONTREAL 4e FESTIVAL DE 22 FILMS DE L\u2019ENVIRONNEMENT PÉTROLE : RICHESSE OU CATASTROPHE?www.aznlm8.ca 3575 Du Parc 514-201-1900 J ^ Autobus80/129 A L'AFFICHE! roiSSnERariTila^rM'^ilfnaggsaifiii \u2014I ^ MÉOArPLEX\" QUZZO ^ I-CINÉMA-11-CINÉMA PME-il-CINÉMA-1 rCINEPLEXDIWRnSSEMBfTT g IpONT^HAU lellST-EIISTACHE II STE-ADELE N LE CLAP II BEAUPORT I ^\tCONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES «NÉMAS ' 'À » .s\" METROPOLE EILMS Rachel Mwanza vit son rôle sans jamais le jouer, ajoutant au naturel du film.les fantômes des parents, aux corps et aux visages simplement blanchis sans effets spéciaux particuliers, semblent émerger des perceptions candides de la jeune fille.Le film est une quête initiatique, à travers la guerre, également le périple des deux enfants qui traversent le pays pour trouver le rare coq blanc dans un énigmatique village d\u2019albinos, indispensable cadeau pour leurs épousailles.Il se poursuivra au village de l\u2019enfance, pour exorciser son mal et accepter son bébé.Le dénouement poignant dans un camion bondé ouvrira sur l\u2019espoir, sans la mièvrerie d\u2019un happy end traditionnel.Rebelle pousse un cri de résilience dans un film envoûtant qui refuse de réduire le Congo aux monstres qu\u2019il enfante, mais en exaltant aussi son immense poésie.Le Devoir METROPOLE FILMS Komona deviendra soldate maltraitée, protégée par le statut de sorcière que sa troupe lui prête, et amie d\u2019un jeune garçon albinos, bientôt son amoureirx.28' FESTIVAL INTERNATIONAL DE - CINÉMA ttXXXXXXXXXXXXXXXXKXXXXXXXXKXXXXXKXKXXXX VUES m SOIREE D\u2019OUVERTURE VENDREDI 27 AVRIL ÀI9H CINÉMA IMPÉRIAL I430,RUEDEBLEURY CENTRE SANDRA ET LÉO KLÉBER SALLE LUCIE ET ANDRÉ CHAGNON PROJECTION DU FILM 30° COULEUR, DE LUCIEN JEAN-BAPTISTE ET PHILLIPPE LARUE.SPECTACLES MUSICAUX ET ANIMATIONS PRESENTEES PAR FRANCE ZOBDA, ACTRICE ET PRODUCTRICE.SUIVI D\u2019UN BUFFET E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 AVRIL 2012 iCIMMA Instinct de vengeance DEUX SILENCES (V.F.DE ANOTHER SILENCE) Réalisation : Santiago Amigorena.Scénario : S.Amigorena, Nicolas Buenaventura.Avec Marie-Josée Croze, Ignacio Rogers, Benz Antoine, Toni Mardi, Ailin Salas, Luis Ziem-browski.Photo : Lucio Bonelli.Montage : Véronique Bruque.Musique : Yves Desrosiers.France, Argentine, Canada, Brésil, 2011, 90 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Collaborateur En banlieue de Toronto, un père et son petit garçon partent précipitamment pour une partie de hockey.Bonne humeur, complicité.Marie, épouse et mère indulgenfe, les laisse filer même s\u2019ils n\u2019ont pas soupé.A une intersection, la fourgonnette familiale est criblée de balles.Marie, épouse et mère endeuillée, ira en Argentine confronter l\u2019assassin.La protagoniste étant une policière, on s\u2019attend à ce qu\u2019elle joue du revolver à tout bout de champ.Or elle l\u2019utilise somme toute bien peu, et rarement à des fins létales.C\u2019est que la prémisse A\u2019Another Silence laisse présager un banal récit de loi du talion.Rapidement toutefois, l\u2019approche sobre de Santiago Amigorena distingue son film des Death Wish, Death Sentence et autres The Brave One.Les rares scènes d\u2019action sont traitées de manière expéditive et réaliste.Point de dilatation temporelle ou de chorégraphie prolongeant les échanges de coups, ici, la violence n\u2019est pas le sujet.L\u2019esprit est plutôt méditatif, surtout en Argentine.Seule face au paysage désertique, Marie pourrait être une héroïne de Wim Wenders.Sa route est ponctuée de rencontres dont chacune contribue à révéler un peu plus d\u2019elle.Certaines invraisemblances font tiquer, mais la retenue générale emporte l\u2019adhésion.Et il y a cette force d\u2019évocation à l\u2019image.La mise en scène, hormis qu\u2019elle témoigne d\u2019un sens marqué du cadre, est d\u2019une simplicité ingénieuse.Suivant d\u2019abord le personnage en plan serré, nerveux, la caméra se calme et FILMS SEVILLE Seule face au paysage désertique, Marie (Marie-Josée Croze) pourrait être une héroïne de Wim Wenders.s\u2019éloigne graduellement à mesure, qu\u2019un certain apaisement se profile à l\u2019horizon.A l\u2019inverse, devant l\u2019apparente froideur de l\u2019héroïne, on observe initialement à distance.Qu\u2019adviendra-t-il lorsqu\u2019elle fera face au tueur ?Et si l\u2019enjeu, c\u2019était le voyage, et pas la destination ?Pour soutenir ce genre de récit raconté principalement du point de vue d\u2019un personnage si- lencieux, il faut un interprète capable d\u2019imposer une présence et de suggérer un état psychologique avec sa posture, son regard.Douze ans après Maelstrom, Marie-Josée Croze joue du silence en virtuose.La scène suivant le drame dans laquelle Marie contemple les jouets de son fils, l\u2019air hagard, campe la peine immense de la protagoniste du côté d\u2019un mu- tisme traumatique.L\u2019actrice est tellement crédible que par la suite on ne remet jamais en question l\u2019absence de larmes sous ses yeux clairs.Marie évolue dans un lieu par-delà la peine, un lieu que Marie-Josée Croze, habitée, nous laisse entrevoir.Le Devoir Du roman à l\u2019écran Écrivain célébré, David Foenkinos s\u2019est essayé à la réalisation, avec l\u2019aide de son frère Stéphane, en adaptant lui-même son roman Za délicatesse] Audrey Tautou est la vedette du film FRANÇOIS LEVESQUE Collaborateur r Ecrire un roman, c\u2019est raconter une histoire.Paire un film, c\u2019est aussi raconter une histoire, mais autrement.N\u2019empêche, sur le fond, littérature et cinéma partent du même désir.Sachant cela, il ne faut pas s\u2019étonner de ce qu\u2019un cinéaste écrive un roman et qu\u2019un écrivain prenne place derrière la caméra.Philippe Claudel, auteur estimé de la chronique villageoise Les âmes grises, fit le saut au cinéma en tournant II y a longtemps que je t\u2019aime, avec des résultats plus que concluants.Après de nombreux succès de librairie, c\u2019est au tour de David Poen-kinos de troquer le clavier pour l\u2019objectif Le Devoir s\u2019est entretenu avec lui.C\u2019est Jacques Doillon (Bo-nette) qui convainquit jadis David et Stéphane Poenki-nos de travailler ensemble.«On a donc tourné un court métrage.Il était clair ensuite qu\u2019on voulait tourner un long.Mais pour ça, il fallait un bon sujet.Et puis j\u2019ai écrit La délicatesse.Après l\u2019avoir lu, Stéphane a décrété que c\u2019était ça.» David Poenkinos en fut heureux, estimant avoir mis beaucoup de lui-même dans cette histoire-là.Nathalie a renoncé à l\u2019amour.jusqu\u2019à ce qu\u2019elle embrasse un collègue en apparence pas très intéressant et pas très beau (Prançois Damiens).Autour, on sourcille, on s\u2019agite.Nathalie, elle, renaît.Au bout du compte, c\u2019est un peu comme si David Poenkinos s\u2019était attelé trois fois au même récit: Au bout du compte, c\u2019est un peu comme si David Foenkinos s\u2019était attelé trois fois au même récit: en roman, en scénario, puis en film Tous ses thèmes de prédilection s\u2019y côtoient: la nature imprévisible de l\u2019amour, la mort, la famille.La délicatesse relate le deuxième éveil sentimental d\u2019une jeune veuve, Nathalie (Audrey Tautou).Bien qu\u2019elle enflamme malgré elle le désir de tout un chacun.en roman, en scenario, puis en film.«D\u2019habitude, une fois que j\u2019ai écrit un roman, j\u2019ai envie de passer à autre chose, mais pas avec celui-là.J\u2019ai donc écrit le scénario, j\u2019ai changé des trucs, fen ai ajouté d\u2019autres.Le plus important pour moi, c\u2019était de demeurer fidèle à l\u2019esprit du bouquin, mais pas de faire un simple copier-coT ler.Il fallait créer des situations de cinéma.» Seulement voilà, la page et l\u2019écran sont deux canevas fort différents.À l\u2019écrit, on s\u2019applique à trouver les mots justes.A l\u2019image, on dépend de ce que les interprètes seront ou non capables d\u2019incarner ces mots.«C\u2019est vrai, d\u2019où l\u2019importance du casting.Or il se trouve que mon frère Stéphane est un directeur de casting très connu en Europe.Il a travaillé pour François Ozon, Woody Allen.Pendant le tournage, il s\u2019occupait davantage de la direction d\u2019acteurs, et ils l\u2019adorent tous, et moi, du cadre, de la technique.» S\u2019il confirme qu\u2019il y aura d\u2019autres films, David Poenkinos n\u2019en confesse pas moins que sa passion première reste la même.«Mon coup de foudre de vie, il demeure littéraire.» Celui mettant en scène Audrey Tautou et Prançois Damiens prend l\u2019affiche vendredi prochain.Le Devoir «Catherine Hébert a dans la peau tout un continent.» André Lavoie, Le Devoir ?«Carnets d\u2019un grand détour est un film poétique, sensuel, flâneur.» André Duchesne, La Presse «Générosité et sensibilité imprègnent le film de bout en bout.» Sami Gnaba, Revue Séquences rUN GRAND DETOUR UNHLMDE CATHERINE HEBERT m TOUJOURS A L'AFFICHE! EXC3NTRIS- ?\u2022UN FILM SUPERBE! ILYADANS LE SCÉNARIO DE HM NGUYEN UNE PAIX ET UN ESraiRTANGIDI£S;IAVIE FINISSANT MR L1MrainiR,i MBMiwiAintwn Haw «LYRIQUE El BOULEVERSANT.À NE PAS MANQUER!» ¦iminMiM MBie/ IMPRESSIONNANT!» «REUELLEACE PETIT QUagUE CHOSE QUE LES AUTRES FILMS N\u2019ONT PAS.» ¦PUISSANT ET BEAU!» ¦HIM EUnfll, Sif(lÉB «AVOIRABSOLUMENT! OETOliïE BEAUTÉ!» ITEmQ, SHEN «\u2018¦ff'!;'! Ûmada v,™™\tmétrqjde V.O.av9C sous-tatros anglais CINÉMAS AMC CINÉMA BEAUBIEN Baaubion E.721-aOflO 1 pwinEruAuivEniieecmEni-i ¦\tCINEMASMMC\t| irQUÆRTIER latin!\tFORUM 2^ française ONcao DES LEZ7AVRIL! [^1^° MAISON DU CINËM etropo!efi!ms.co BTXS&MBO&T FILMS CT HKaPBfiSSlfTCMT IiE VOYAGE EXTRAORDINAIRE LA OBAH DB AVENTOSS O'VH PlOMHlXtR DO CIKÙWA FAA xAa SEhOE r kOUEEKL 6 tKIC EAKCE juAe.BT, rocs LA\trOIB AC CIHBHA DAHS sa VBSSIOH COCLBCBS D'OBIOXMC SBBtÂcbBÊJ LE VOYAGE DANS LA LUNE CM FILM fTCl/TE DB .1^ nOR(TS î fllfs I UrIRInaie t HUGOGABBBr.» i ç\tAlaihEIioU) SÉLECTION OFFICIELLE FeamMLOC CMWct ?« U» COMPI^MEMT mSISPEaiSABLE «CMEŒRTVRE PHARE DU 7®\u201cAHT.» MARCOASSIVIf TIOIS EXC3NTRIS PRÉSENTEMENT  L\u2019AFFICHE ! | Tousles Jours :13h-17h15-19h |\t514 o47-ZZ0d TOUT LE MONDE VEUT TON «Un film singulier au eharme entêtant.» Olivier de Bruyn, Positif «Un miraele de drâlerie.» Thomas Sotinel, Le Monde SEMAINE DEIACRTTIQUE CANNES 2011 EMMANUEUeIxVOS BBWMMjÉIlllllSe TU PlIfUr UNRLM DE KAT1A LEVVKOMCZ # laxanwEf IgOâdg G PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE ! rCINÉMA BEAUBIEN] rSïfïfSiïïnf\t-1 I 2306.BaaubleiiE.721-eoeo II QUARTIER LATIN II LE CLAP I Consultez les guides-horaires des cinémas 92866^ 6458309^ 6^9607 "]
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