Le devoir, 29 septembre 2012, Cahier H
[" EDITION JOURNÉE QUÉBÉCOISE DES DICTIONNAIRES Monique C.Cormier signe sa quatrième Journée Page 3 PUavenirest I numérique pour I Pascale Lefrançois Page 4 Hw C\u2019est la révoiution dans le monde des données scientifiques Page 5 CAHIER SPECIAL H > LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO SEPTEMBRE 2012 Sa plume érudite, jamais pesante ou pompeuse, toujours amicale, conviviale et chaleureuse, transmet une passion contagieuse de la lecture.Son délicieux essai, et désormais classique.Une histoire de la lecture a marqué les esprits.En début d\u2019année.Nouvel éloge de la folie poursuivait cette célébration.Et quiconque aime lire en redemande.Le 4 octobre prochain, il livrera la conférence d\u2019ouverture de la 4® Journée québécoise des dictionnaires à la Grande Bibliothèque.ETIENNE PLAMONDON ÉMOND Dans la Bible, Dieu crée les animaux et les oiseaux, puis les fait venir devant Adam pour voir comment celui-ci les appellerait.Ce passage, relève Alberto Manguel dans son essai Un lecteur de Vautre côté du miroir, a suscité un questionnement chez les érudits pendant plusieurs siècles : Adam a-t-il eu à inventer les noms lui-même ou a-t-il dû prononcer des noms qui existaient déjà?Sous le titre Im tâche d\u2019Adam, l\u2019écrivain argentin confirme que cette allégorie lui servira de point de départ lors de la conférence d\u2019ouverture de la 4® Joiu-née québécoise des dictionnaires, le 4 octobre prochain, à la Grande Bibliothèque.«L\u2019histoire d\u2019Adam racontée dans la Genèse illustre très bien nos rapports au langage, explique l\u2019écrivain dans un courriel où il répond aux questions du Devoir.Est-ce que le langage est un moyen de nommer le monde connu ou un moyen de connaître le monde ?Est-ce que les mots définissent ou créent notre expérience ?Notre définition du dictionnaire dépendra de la réponse.» Cette énigme, il la retrace aussi dans Alice au pays des merveilles, une œuvre qu\u2019il a découverte en bas âge, puis redécouverte au fil des différentes étapes de sa vie, pour fréquemment s\u2019y référer dans ses écrits.En effet, lorsqu\u2019Alice traverse le miroir, elle est transpor tée dans une forêt où les choses sont dénuées de nom.Elle se retrouve f Z MAN « La vraie lecture va à rencontre des nécessités d\u2019une société de consommation » dès lors tiraillée entre se souvenir des mots ou en fabriquer.Or Alberto Manguel, toujours dans Un lecteur de l\u2019autre côté du miroir, indique que la lecture nous aide à maintenir une cohérence au milieu du chaos, à défaut de l\u2019éliminer, à nommer les choses, à nommer les expériences, voire parfois à nommer l\u2019innommable, mais aussi à ne pas faire confiance à la surface des mots pour en explorer les profondeurs.Lire et écrire Car Alberto Man-^ guel est d\u2019abord un lecteur avant d\u2019être un écrivain.Dans son récit intitulé Place à l\u2019ombre, il raconte que, plus jeune, il ne s\u2019imaginait pas du tout prendre la plume, ne voyant pas l\u2019intérêt d\u2019ajouter sa signature, alors que les bibliothèques et librairies lui semblaient suffisamment bien garnies pour assouvir ses appétits.Un peu par accident, lors d\u2019une collaboration avec Gianni Guadalupi, il a participé à la rédaction du Dictionnaire des lieux imaginaires, dont la première version a été publiée au début des années 1980.Du moins, aujourd\u2019hui, il ne considère plus qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019écrire, mais plutôt de résumer des livres par le biais de la géographie, de la description des lieux et de l\u2019identification des coutumes les peuplant.Après avoir immigré au Canada en 1982, puis avoir enchaîné les critiques de livres pour combler son plaisir, il a appris l\u2019impensable : l\u2019un de ses professeurs du secondaire ayant nourri son engouement pour la littérature a dénoncé certains de ses élèves à la police militaire argentine.Cette révélation l\u2019a secoué, puis l\u2019a poussé à écrire ce qu\u2019il n\u2019arrivait pas à exprimer de vive voix.Lire et rêver Depuis, il a publié de nombreux romans, dont Tous les hommes sont des menteurs, et des essais littéraires, dont le foisonnant Une histoire de la lecture, récipiendaire du Médi-cis essai en 1998.Arrivé sur nos rayons en début d\u2019année.Nouvel éloge de la folie, un recueil regroupant de nouveaux et d\u2019anciens essais, poursuit cette célébration de l\u2019art de lire avec une passion si débordante que nos yeux ont l\u2019impression d\u2019enfiler les phrases sorties de ALAIN JOCARD AFP l\u2019esprit d\u2019un lecteur idéal.Le lecteur idéal, d\u2019ailleurs, il tente de le définir, non sans humour et avec une chute malicieuse, dans l\u2019un des textes à l\u2019intérieur de son dernier cru.«Le lecteur idéal aime recourir au dictionnaire», insère Alberto Manguel dans son énumération.Pourquoi?«Parce que le lecteur idéal aime les mots en eux-mêmes, comme un peintre aime les couleurs et les formes.Cocteau disait que tout chef-d\u2019œuvre n\u2019est qu\u2019un dictionnaire en désordre», précise-t-il au Devoir.Reste que, avec le numérique, la lecture tend à se métamorphoser, voire à être bouleversée.Loin d\u2019être technophobe, Alberto Manguel ne prophétise pas la fin du livre de papier, remarquant que le nombre d\u2019impressions ne semble siutout pas diminuer, et il considère qu\u2019il ne sert à rien de renier nos inventions.En ce qui concerne les dictioimaires, le papier et l\u2019ordi- nateur ne répondent pas aux mêmes besoins, laisse-t-il entendre.«Sans doute, pour chercher une définition précise, les encyclopédies et dictionnaires électroniques sont plus efficaces.Mais, pour ces autres informations qui sont le produit du hasard et nourrissent les rêves et l\u2019inspiration poétique, mieux vaut un dictionnaire en papier et en encre.» Lire ou survoler Dans Nouvel éloge de la folie, il se questionne par contre sur la façon dont, avec ces nouvelles technologies, nous serons capables de demeiuer des «lecteurs créateurs» et non des «voyeurs passifs».Il constate que, pour le lecteur sur ordinateur, qui «surfe» sur le web, «le texte n\u2019existe que comme une surface qu\u2019on survole».De plus, il note que de plus en plus de gens, particulièrement les jeunes, «ne savent plus comment on lit avec compétence».Dans son dernier livre, il souligne que le texte électronique, en étant facilement accessible, donne l\u2019illusion qu\u2019il est facile de se l\u2019approprier, alors que lire ne consiste pas seulement à avoir un texte à sa disposition ou à faire une collecte d\u2019information, mais à «pénétrer dans le labyrinthe des mots».A la question de savoir si la lecture électronique nous aiderait moins à nommer les choses et les expériences que celle siu du papier, il nuance: «Nos outils ne sont pas responsables de l\u2019usage que nous faisons, répond-il.C\u2019est sûr que la lecture profonde est mieux servie par l\u2019imprimé que par l\u2019électronique, mais cela ne veut pas dire qu\u2019il est impossible de lire profondément sur l\u2019écran, seulement que la tâche s\u2019avérera plus difficile.» D\u2019autant plus que cet environnement, en nous donnant simultanément tout à la portée de la main en tout temps, nous déconcentre et rend la lecture plus ardue que lorsque notre attention n\u2019était cernée que par les pages et les marges.S\u2019il considère qu\u2019à notre époque la plupart des personnes sont «superficiellement alphabétisées», il ne croit pas que ce phénomène découle du virage numérique, mais plutôt qu\u2019il «fait partie d\u2019un problème plus général de nos sociétés: la tendance â négliger la valeur de l\u2019acte intellectuel, â mépriser l\u2019intelligence, â se moquer de la création qui n\u2019a pas de but lucratif Dans ce contexte, il suffit de savoir déchiffrer un panneau publicitaire et signer son nom sur un contrat.La lecture, la vraie, celle qui permet de nommer notre expérience, va â l\u2019encontre des nécessités d\u2019une société de consommation, qui exige de nous la bêtise pour mieux consommer.» Collaborateur Le Devoir De multiples dictionnaires Définitions \u2022 Synonymes \u2022 Antonymes \u2022 Conjugaison \u2022 Cooccurrences \u2022 Anaiogies \u2022 Citations \u2022 Locutions \u2022 Famiiies \u2022 Anagrammes Et en prime, de puissants moteurs de recherche ultrarapides, des guides linguistiques détaillés et le meilleur correcteur orthographique, grammatical et stylistique qui soit.Antidote : le remède à tous vos mots.www.antidote.info H 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2012 DICTIONNAIRES INTERNET À l\u2019heure du numérique Comment amener les gens à consulter des dictionnaires en ligne?Vous prenez deux grandes «tendances»: celle qui pousse maintenant tout le monde à tout faire dans Internet sauf prendre sa douche.Et celle du «clic», de l\u2019instantanéité.Du tout de suite servi, sur mesure et sans délai, au bout du doigt.Clac! Ou plutôt clic.Dans ce monde où le copier-coller est la règle, qui va prendre le temps aujourd\u2019hui de consulter un dictionnaire en ligne ou, pire, en papier?Hum?MICHEL BELAIR Pourquoi se creuser la tête alors que les moteurs de recherche vous amènent partout dans le weh, au détour du moindre mot?Là où, quel que soit le sujet, c\u2019est l\u2019abondance, l\u2019avalanche, le tsunami d\u2019informations \u2014 sur n\u2019importe quoi et n\u2019importe quand \u2014 toujours touffues, omniprésentes, exponentielles même, accouchant l\u2019une de l\u2019autre, « in-bèdées » à l\u2019infini.Un dictionnaire ?Non, mais ! Pourtant, la situation porte en elle-même quelque chose de très préoccupant qui nous fait toucher concrètement, comme toute une série d\u2019autres signaux alarmants, à la menace qui pèse sur le français comme nous le parlons et l\u2019écrivons ici.Marie-Claude L\u2019Homme, professeure titulaire au Département de linguistique et de traduction et directrice de l\u2019Observatoire sens-texte de l\u2019Université de Montréal, estime qu\u2019il faut réagir rapidement.Les «professionnels du langage», ainsi qu\u2019elle les nomme \u2014 linguistes, universitaires, professeurs, écrivains, traducteurs, interprètes, journalistes et rédacteurs en tous genres \u2014 tout comme le commun des mortels ont des besoins précis ; on doit y répondre en tenant compte de l\u2019omniprésence d\u2019Internet dans la vie d\u2019un peu tout le monde.«Il y a déjà une grande variété de dictionnaires gratuits disponibles dans le web, explique l\u2019uni- versitaire au téléphone, et certains sites sont très achalandés.On ne sait pas de façon précise quel est le profil des gens qui les consultent, mais la fréquentation n\u2019est pas vraiment le problème.On sait par contre que les utilisateurs consultent pour les mêmes raisons qu\u2019ils fouillent dans les dictionnaires de papier; essentiellement pour l\u2019orthographe des mots, le sens ou encore le genre quand il s\u2019agit d\u2019apprenants.» Marie-Claude L\u2019Homme constate du même souffle la qualité très moyenne de l\u2019information fournie dans les sites les plus fréquentés; c\u2019est là que le bât blesse.«Ces sites ont en général peu de profondeur et proposent, par exemple, très peu de nuances de sens.Il importe de mettre en ligne des outils efficaces qui correspondent à ce que veulent les gens.mais sans sacrifier à la qualité et à la fiabilité.Nous devons absolument être précis, pertinents et rapides.Plus modernes aussi : le dictionnaire en ligne idéal doit se distinguer des autres outils.» La chercheuse insiste.Ce dictionnaire \u2014 qui n\u2019existe donc pas encore \u2014 doit «fournir une information valable, riche, complète et nuancée.Une information qui porte sur les mots et qui apporte des renseignements précis.» Des défis similaires Sauf qu\u2019il suffit d\u2019aller jeter un coup d\u2019œil sur quelques-uns des dictionnaires gratuits « sérieux» qui sont disponibles en ligne pour constater rapide- 1 PIERRE VERDY AGENCE ERANCE-PRESSE Les défis du dictionnaire en ligne sont les mêmes que ceux que doit relever la version en papier: un accès rapide et direct à différents secteurs enrichis.ment qu\u2019il reste encore beaucoup de travail à faire.Si le contenu de plusieurs se trouve enrichi du fait qu\u2019il n\u2019y a pas de contrainte d\u2019espace dans Internet, il est par contre impératif de rendre cet outil plus convivial qu\u2019il ne l\u2019est.Dans la plupart de ces sites, vous verrez, on a souvent l\u2019impression de se pointer dans un territoire à accès contrôlé: une sorte de poste-frontière défendu par un douanier à l\u2019air sévère qui pose des questions trop pointues pour qu\u2019on puisse même les comprendre.Aux dires de Marie-Claude L\u2019Homme, les défis du dictionnaire en ligne sont les mêmes que ceux que doit relever le dictionnaire de papier.Il faut en arriver à proposer ce qu\u2019elle identifie comme «un accès rapide et direct à différents secteurs enrichis».Présenter aussi les résultats affichés d\u2019une manière lisible pour tous et, pourquoi pas, même attrayante.«Pour y arriver, il nous faudra trouver la façon d\u2019amener les utilisateurs à accéder à plus de mises en contexte, puisque c\u2019est là que réside la grande richesse de nos outils.Tout le monde aurait, par exemple, avantage à connaître et à fréquenter certains dictionnaires «sérieux» et fort bien faits, comme la Base lexicale du français conçue par une équipe belge pour les apprenants.Bref, il nous faudra rapidement apprendre à gérer la compatibilité des besoins des utilisateurs avec les nôtres.Et, surtout, développer des interfaces simples et transparentes qui ne rebuteront personne.» Les lexicographes semblent donc sensibles aux besoins du grand public.Le défi est d\u2019amener ce grand public à exiger plus, à l\u2019amener plus loin que le wiki-dico.et lui faire découvrir la richesse des «vrais» dictionnaires.Collaborateur Le Devoir QUEBEC AMERIQUE: FIERE PARTENAIRE DE LA LANGUE DE CHEZ NOUS DEPUIS PLUS DE 35 ANS Marie-Éva de Villers - Auteure MULTI DICTIONNAIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE lU LA NOUVELLE GRAMMAIRE EN TABLEAUX ?UN RECUEIL DE CONJUGAISON MULTI CONJUGUEUR DICTIONNAIRE DES SYNONYMES ET DES ANTONYMES ni m LE COMPAGNON IDÉAL DU MULTIDICnONNAIRE Le Multidictionnaire\tLa Nouvelle Grammaire Le Multiconjugueur de la langue française en tableaux 5° édition\t5° édition Sous la direction de Jean-Claude Corbell- FRMÇUS'MGUIS H LE! DICTIONNAIRE il leminiI\t| msuel usuel Le Dictionnaire des synonymes et des antonymes Dupuis-Légaré-Hierrien Le Dictionnaire visuei Le Mini Visuei Le Dictionnaire visuei + jdlctionnairel I ] 11111111 fTnusIrél - Le Dictionnaire bilingue illustré QA International collectif Avoir la langue dans sa poche prend un tout nouveau sens.MT MULTI DICTIONNAIRE Corps ¦ humain 'M' virtuel Œf Multidictionnaire Visuel mobile Corps humain virtuel Québec Amérique www.quebec-amerlque.com DIDEROT VS WIKIPEDIA Un projet utopiste guide les encyclopédistes HELENE ROULOT-GANZMANN Diderot, Larousse et les auteurs de Wikipédia.Est-ce que les savoirs, connaissances, analyses et réflexions des encyclopédistes, savants des XVIILetXIK® siècles, ou de simples quidams, internautes du XXL siècle, se valent?Est-ce que tout le monde peut vraiment contribuer au savoir universel?Des questions auxquelles Jean-Yves Mollier^ professeur et directeur de l\u2019Ecole doctorale Cultures, régulations, institutions, territoires de l\u2019Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, en Erance, tentera de répondre le 4 octobre prochain, lors d\u2019un colloque présenté dans le cadre de la quatrième Journée québécoise des dictionnaires, n nous donne ici quelques éléments de réponse et pistes de réflexion.Le Devoir: On a de la difficulté à trouver des points communs entre l\u2019Encyclopédie de Diderot au XVIIh siècle et Wikipédia.Jean-Yves Mollier: A priori, il y a effectivement beaucoup de différences, mais le rapport entre les deux, et même entre les trois si l\u2019on considère le Grand Dictionnaire universel du XIX® siècle de Pierre Larousse, c\u2019est l\u2019utopie.Deux utopies, en fait: la première est de considérer qu\u2019on peut réunir tous les savoirs du monde, ce qui est naturellement impossible même en réunissant la meilleure équipe de savants; la deuxième est de croire que tous les lecteurs sont capables de lire et d\u2019emmagasiner les articles qui vont leur être donnés.Les encyclopédistes, quelles que soient les époques, sont tous guidés par un projet utopique au sens philosophique et généreux du terme.Nous avons cependant, d\u2019un côté, des projets rédigés par des savants triés sur le volet et, de l\u2019autre, une encyclopédie participative.Ça, c\u2019est une des idées anarchistes et libertaires des fondateurs du web.L\u2019idée que chacun vaut l\u2019autre, chacun a son lot de connaissances.Ce n\u2019était pas vrai du tout ni à l\u2019époque de Diderot, ni à celle de Pierre Larousse : l\u2019un comme l\u2019autre, entourés des équipes qu\u2019ils avaient constituées, étaient persuadés que, à eux tous, ils détenaient tous les savoirs.Ils étaient certains que, s\u2019ils demandaient à un paysan ou à un artisan de les re-joindre, lui n\u2019aurait pas ces connaissances.Alors que, dans Internet en général et Wikipédia en particulier, il y a cette idée que tout le monde peut intervenir sur tous les sujets.Et que tout le monde peut rectifier les erreurs.Et, là-dessus, les administrateurs de Wikipédia sont très honnêtes.Ils ne sont pas là pour vérifier, mais ils publient très vite toute rectification qui leur est envoyée.A la différence des encyclopédies de papier, qui doivent attendre de publier un supplément pour compléter ou corriger une information, Wikipédia est sans cesse modifié.Ç\u2019a du bon.Mais il faut aussi faire attention au recul que l\u2019on a par rapport à un événement.Qu\u2019est-ce qui fait l\u2019épaisseur d\u2019un événement?Qui décide de l\u2019épaisseur d\u2019un événement?Il faut rester vigilant face à la manipulation.Prenons par exemple un fait historique comme l\u2019affaire Dreyfus.Si vous parlez à des historiens, 100% d\u2019entre eux vont vous dire que Dreyfus était innocent.Si vous allez dans Internet, vous trouverez en grande majorité des thèses négationnistes sur le sujet.Car si, pour les premiers, le dossier est clos, les négationnistes, poussés par leur idéologie, eux, vont publier dans Internet, notamment dans une encyclopédie participative comme Wikipédia, en mal de garde-fous.Au final, selon vous, est-ce que l\u2019Information est de bonne qualité dans Wikipédia?Si on en croit ses propres auteurs, sur les 1,3 million d\u2019articles en français disponibles, 2000 ont reçu un label de qualité.Comme je suis mauvaise langue, j\u2019en conclus que 1,298 million n\u2019ont pas reçu ce label.En clair, ça veut dire qu\u2019ils reconnaissent eux-mêmes que tous les articles ne se valent pas.Il y a donc là une forme de contradiction.Il ne faut pourtant pas nier que Wikipédia est un formidable outil, une bonne première prise de contact avec un sujet, mais ça ne suffit pas.Il faut croiser les sources.D\u2019où l\u2019intérêt de la naissance d\u2019autres encyclopédies participatives dans le web, celles-ci fermées.Depuis 2008, il existe, dans le site de la librairie Larousse, une encyclopédie contributive en accès libre, qui reprend l\u2019idée de Pierre Larousse de semer à tous vents et de transmettre le savoir à tout l\u2019univers, mais dont, contrairement à Wikipédia, tous les articles sont vérifiés avant publication.Pouvalt-on faire confiance, les yeux fermés, aux encyclopédies de Diderot et de Larousse?Parce que, à l\u2019époque.Il était plus difficile de croiser les sources.Diderot a été soucieux de recruter les meilleurs collaborateurs.A 80%, les informations publiées dans cette encyclopédie du XVIIP siècle sont d\u2019excellente qualité.Ce qui ne signifie pas qu\u2019elle ne soit pas empreinte de subjectivité.Qn a affaire à des philosophes des Lumières, qui sont plutôt matérialistes, plutôt anficatholiques, qui sont contre les religions et contre les superstitions.Ils font des choix, ils ont une vision qui reflète leur propre idéologie.Mais, dès qu\u2019ils sont sur le terrain de la science ou de l\u2019analyse des métiers, ils se veulent des sortes d\u2019ethnographes, donc des gens qui, très objectivement, rendent compte de l\u2019état des connaissances et du savoir.Un siècle plus tard, avec Pierre Larousse, les choses ont bien changé.Le public a à sa disposition des dizaines de dictionnaires et d\u2019encyclopédies.Il peut confronter les sources.Mais qui a le temps et les moyens de faire ça à l\u2019époque?Bien sûr, on parle des savants et des gens qui ont beaucoup de loisirs, mais les journalistes, par exemple, les intellectuels peuvent vérifier l\u2019information de Pierre Larousse.C\u2019est une des grandes différences avec aujourd\u2019hui.L\u2019encyclopédie de Diderot s\u2019est vendue à 24000 exemplaires, Larousse à 130000, alors qu\u2019il y a des dizaines de millions de visiteurs dans Wikipédia.Nous ne sommes plus dans le même rapport et c\u2019est bien sûr une des forces du web.Collaboratrice Le Devoir Dictionnaire de la comptabilité et de la gestion financière Le mot juste au bout de vos doigts Internet \u2022 DVD \u2022 papier (couverture rigide) Visitez : boutiqueCA.ca/DCGF boutiqueCA ^ ¦¦¦¦ Comptables agréés du Canada LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO SEPTEMBRE 2012 H 3 DICTIONNAIRES Et les mots aussi s\u2019inscrivent dans le paysage numérique.« La mutation des dictionnaires nous fait changer nous-mêmes » Directrice du Département de linguistique et de traduction de TUniversité de Montréal, Monique C.Cormier est la conceptrice de la Journée québécoise des dictionnaires.Pour la quatrième édition de l\u2019événement, cette tête chercheuse invite ses conférenciers à discuter de la révolution numérique qui se déroule sous nos yeux.Sur le thème « Du papier au numérique : la mutation des dictionnaires», ce colloque international s\u2019intéresse à la transformation du support, mais surtout du contenu, puis de nous-mêmes.BENOIT ROSE Les dictionnaires m\u2019ont toujours passionnée», admet la professeure Monique C.Cormier, responsable de la 4® Journée québécoise des dictionnaires.Elle est d\u2019ailleurs spécialiste de l\u2019histoire de ces ouvrages, particulièrement les versions bilingues anglais-français des XVIP et XVIIE siècle.En mettant sur pied sa première édition en 2003, elle voulait d\u2019abord sortir le savoir de rUniversité.«La mission du professeur d\u2019université, c\u2019est bien sûr de faire des recherches, mais il a aussi un rôle de vulgarisateur à jouer auprès de ses concitoyens, croit-elle.Il doit transmettre ses résultats, ses connaissances.Ce que je voulais faire avant tout, c\u2019était une activité de transfert des connaissances à partir d\u2019un ouvrage connu, d\u2019un objet qui concerne tout le monde.» Elle a ainsi adapté pour le Québec un colloque international qui se tient annuellement en Erance, mais en lui insufflant davantage d\u2019ouverture.Si la Journée des dictionnaires à la française s\u2019adresse plutôt à des spécialistes de la lexicographie, la mouture locale de Cormier est un lieu où les discours des orateurs se veulent accessibles au grand public.Et quoi de mieux que la Grande Bibliothèque, sise boulevard de Maisonneuve, un endroit symbolique, pour accueillir cette nouvelle édition le 4 octobre prochain.L\u2019écrivain argentin Alberto Manguel, auteur d\u2019Histoire de la lecture, en sera le corrférencier d\u2019honneur.Les dictionnaires et nous Si les deux premiers colloques, en 2003 et 2005, ont eu pour objets d\u2019étude les dictionnaires Robert et Larousse, c\u2019est d\u2019abord parce qu\u2019ils nous sont très familiers.«Tout français qu\u2019ils soient, ce sont les dictionnaires que les Québécois ouvrent le plus et, dans le cas du Larousse, depuis très longtemps, explique la professeure.Il fallait donc, pour la société québécoise, présenter et étudier la nature de ces dictionnaires et, entre autres, se demander en les ouvrant dans quelle mesure ils correspondent à des besoins de notre société nord-américaine.» Puis, dans le cadre du 400® anniversaire de la ville de Québec en 2008, elle a cru bon de montrer aux amoureux des lettres que l\u2019effort de maîtriser la langue a toujours existé chez nous, depuis la Nouvelle-Erance jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.Ce souci historique a d\u2019ailleurs revêtu toutes sortes de formes, de vocabulaires, de glossaires et de dictionnaires spécialisés et généraux.Soulignons que, la même année, cette femme enthousiaste a été nommée vice-doyenne à la Eaculté des arts et des sciences de son université et élue membre du conseil d\u2019administration de l\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas).J^\u2019année suivante, elle a reçu le prix Georges-Emile-Lapalme pour sa carrière remarquable.La révolution numérique C\u2019est donc après une pause bien méritée de quatre ans que sa Journée québécoise des dictionnaires reprend du service, avec au cœur de sa réflexion la révolution numérique actuelle, qui bouleverse tout sur son passage.«Le numérique n\u2019est pas en train de modifier seulement le support, souligne la professeure, mais bien le contenu lui-méme de l\u2019information, sa présentation et le type d\u2019exigences que nous aurons désormais.» C\u2019est un sujet d\u2019étude plus difficile à aborder, puisque cette transformation se déroule présentement et à grande vitesse.Nous n\u2019en sommes qu\u2019aux premiers balbutiements: il existe donc peu de spécialistes pour nous éclairer.Au niveau du contenu, la chercheuse note qu\u2019il est en train de se renouveler profondément.« On s\u2019en va tout à fait vers autre chose.La diffusion du savoir devient beaucoup plus importante avec le dictionnaire numérique.Selon ce qui m\u2019intéresse comme utilisateur, je peux aller chercher d\u2019autres strates d\u2019information.Je peux me limiter à l\u2019article, au mot, mais, avec les hyperliens, je pourrai désormais avoir accès à la prononciation ou encore à un développement encyclopédique.En fait, le type d\u2019information auquel on peut avoir accès est presque infini.» Ce qui a pour effet de changer nos attentes.Quel est le site Internet gouvernemental le plus fréquenté ?Le Grand Dictionnaire terminologique fait peau neuve Le Grand Dictionnaire terminologique, parrainé par l\u2019Office québécois de la langue française, fait peau neuve en proposant depuis quelques mois une toute nouvelle interface qui permet à l\u2019usager d\u2019ici et d\u2019ailleurs d\u2019optimiser ses recherches sous diverses formes.Et tout cela, dans Internet.THIERRY HAROUN Te Grand Dictionnaire terminologique, l^on l\u2019appelle aussi le GDT, est un outil souple, très complet, qui est à la disposition des citoyens et des clientèles d\u2019usagers spécialisés.Le GDT inclut forcément la terminologie dans différentes catégories de la vie humaine, commerciale, industrielle, ainsi que dans les domaines de la recherche», note la présidente-directrice générale de l\u2019Qffice québécois de la langue française (QQLE), Louise Marchand.En quoi consiste le GDT1 La documentation officielle nous indique que le GDT est une banque de fiches terminologiques rédigées par l\u2019QQLE ou des partenaires de l\u2019Cffice.Chaque fiche renseigne sur un concept lié à un domaine d\u2019emploi spécialisé et présente les termes qui le désignent en français, en anglais et, parfois, dans d\u2019autres langues.Les termes qui désignent le concept sont classés par domaines d\u2019emploi et sont souvent explicités au moyen d\u2019une définition, de notes ou d\u2019une illustration.Ainsi, on peut trouver dans le GDTles équivalents français de termes anglais ou espagnols, par exemple, ou vérifier le sens d\u2019un terme appartenant au vocabulaire technique ou scientifique.«Le Grand Dictionnaire terminologique n\u2019est donc pas un dictionnaire de langue usuelle, une grammaire ou un ouvrage portant sur les difficultés du français», prévient-on.Qn soulignera de plus que, puisque l\u2019QQLE est chargé d\u2019orienter l\u2019usage du français au Québec, les fiches qui portent la signature de l\u2019Qffice sont présentées différemment des autres fiches du GDT.A ce titre, l\u2019Qffice a recours à un code de couleurs et à des pictogrammes pour renseigner l\u2019usager sur l\u2019acceptabilité des termes français consignés sur la fiche.Concrètement, le vert indique que le terme est privilégié, le jaune indique que le terme est à usage restreint et on aura compris que le rouge désigne un terme qui est déconseillé.En «vedette» cette semaine.Lors des consultations effectuées dans le site Internet du GDT aux fins de cette recherche, trois fiches étaient «en vedette» ce jour-là.Ainsi, la fiche intitulée «plage urbaine» nous indique que ce terme fait partie des domaines de l\u2019aménagement du territoire et du loisir.Qn y décline sa définition et on précise plus loin qu\u2019il existe deux types de plage ur- baine: celle constituée de sable et celle construite avec un matériau rigide comme du granule de caoutchouc ou du granite, pour empêcher l\u2019accumulation de sable dans les espaces urbains environnants.Un crochet vert lui est accolé.Et, en anglais, on dit « urban beach» ou «urbeach».Les autres termes «en vedette» étaient «grillage-moustiquaire» et «sentier polyvalent».Des milliers et des milliers de fiches s\u2019entrecroisent donc dans le site, et ce, dans tous les secteurs ou presque, de la mécanique à la plomberie en passant par l\u2019habillement, la police, l\u2019astronautique, la pétrochimie, l\u2019engagement, l\u2019international ou l\u2019alimentation.Histoire et nouveautés Sur le plan historique, on rappellera que la Banque de terminologie du Québec est devenue le Grand Dictionnaire terminologique en 1997.Sa diffusion a évolué au fil du temps : accès par terminal pour abonnés de 1981 à 1995, cédérom de 1995 à 2001 et accès gratuit dans Internet depuis l\u2019an 2000.Et une toute nouvelle interface a vu le jour en juin dernier.Qu\u2019en est-il?Qutre l\u2019ajout du concept de codes de couleur accolés aux termes, la nouvelle interface propose bien d\u2019autres choses, comme la possibilité d\u2019envoyer des fiches par courriel, note Danielle Turcotte, directrice générale adjointe des services linguistiques à l\u2019QQLE «On a ajouté un bouton sur la fiche qu\u2019on voit apparaître à l\u2019écran.L\u2019usager peut ainsi transférer la fiche telle quelle à un collègue, par exemple, avec qui il a eu une discussion pendant la journée.» Il y a aussi la possibilité de faire une recherche par mots-clés dans les notes, renchérit Louise Marchand.«C\u2019est très important, ça, parce qu\u2019il arrive qu\u2019on ne connaisse pas exactement le terme à l\u2019endroit où on veut aller.Donc, cette recherche par mots-clés facilite beaucoup la tâche de l\u2019usager.» Quoi d\u2019autre ?Il y a, entre autres, la présence de données dans d\u2019autres langues que le français et l\u2019anglais, comme l\u2019espagnol et le portugais, la possibilité d\u2019effectuer une recherche dans toutes les langues à la fois ou dans une seule langue et la présence de filtres permettant de restreindre les résultats de la recherche.«Ce sont des changements qui sont à la fois techniques et esthétiques qu\u2019on a apportés au GDT pour le rendre convivial et pour qu\u2019il corresponde à la modernité du français», insiste Louise Marchand.Tout cela est bien, mais se sert-on du GDT1 «C\u2019est le site [Internet] gouvernemental le plus utilisé, le plus fréquenté!», confirme M\u201c® Marchand, qui précise «qu\u2019ily a eu 44 millions d\u2019interrogations en 2010-2011 en provenance principalement des citoyens du Québec, mais aussi de l\u2019ensemble des pays de la Francophonie».Collaborateur Le Devoir UNIVERSITE DE MONTREAL L\u2019intérêt de la 4® Journée québécoise des dictionnaires, selon Monique C.Cormier, est d\u2019obtenir de nouvelles réponses de la part des conférenciers et de mieux saisir cette histoire en train de s\u2019écrire.«La mutation des dictionnaires nous fait changer nous-mêmes, car elle nous rend plus exigeants, par exemple pour la rapidité et l\u2019exhaustivité de l\u2019information à obtenir», observe-t-elle.Le site Wikipédia et des ouvrages encyclopédiques jadis difficiles d\u2019accès, notamment parce que volumineux ou coûteux, prennent aujourd\u2019hui place en ligne, et souvent gratuitement.Un plus pour les chercheurs et un autre pour la démocratisation des savoirs, mais aussi un repositionnement nécessaire pour les maisons d\u2019édition.Comme les organes de presse, les éditeurs doivent aujourd\u2019hui choisir un modèle commercial qui pourra à la fois assurer leur survie et satisfaire les consommateurs.Des questions et des réponses Mille et une questions se posent par rapport à cette mutation, et M\u201c® Cormier est la première à se les poser.L\u2019amoureuse des livres s\u2019interroge sur la perte des sensations matérielles, des textures et donc sur cette personnalité des supports qui influence notre rapport à l\u2019information.La chercheuse, elle, se demande si le principe des mises à jour fréquentes, qui constitue un avantage clair sur le papier, laissera un espace suffisant pour la conservation des anciens textes nu- mériques, essentielle pour comprendre notre histoire linguistique.L\u2019intérêt de la 4® Journée, selon elle, est justement de pouvoir obtenir de nouvelles réponses de la part des conférenciers, afin de mieux saisir cette histoire en train de s\u2019écrire.Parmi les invités appelés à s\u2019exprimer, nous avons mentionné l\u2019écrivain Alberto Manguel.«C\u2019est quelqu\u2019un qui a beaucoup réfléchi au livre et qui, de mon point de vue, est particulièrement intéressant, dit la responsable.Parce que c\u2019est aussi l\u2019ayenir du livre qui se joue à l\u2019heure actuelle.» Eric Brunelle, président de Druide informatique, soutiendra que le support fait le dictionnaire.Laurent Catach, des dictionnaires Le Robert, parlera des contenus éditoriaux des versions numériques.Une table ronde réunissant cinq personnes se penchera sur l\u2019épineuse question des modèles commerciaux.La 4® Journée québécoise des dictionnaires est dédiée aux professeurs Jean-Claude Boulanger et Claude Poirier, du Département de langues, linguistique et traduction de l\u2019Université Laval, pour souligner leur apport considérable à l\u2019avancement de la lexicographie.Collaborateur Le Devoir CHANTAL BOUCHARD Méchante langue La légitmité linguistique du français au Québec Ker»ss«sd« fUnivcrsiU d« Montréal Les dictionnaires Larousse GENESE ET EVOLUTION Chantal Bouchard Méchante langue Le manque de prestige du français parlé au Québec expliqué Monique C.Cormier et J.-C.Boulanger (dir) Les dictionnaires de la langue française au Québec La croissance originale d\u2019une langue européenne semée dans le Nouveau-Monde Marie-Éva de Villers Profession lexicographe Le dictionnaire, radar de la langue, comme outil du lexicographe Georges L.Bastin et Monique C.Cormier (dir) Profession traducteur Travailler la matière même des langues vivantes Monique C.Cormier et Aline Francœur (dir.) Les dictionnaires Larousse « Instruire tout le monde sur toutes choses» -Pierre Larousse Monique C.Cormier, Aline Francœur et J.-C.Boulanger (dir.) Les dictionnaires Le Robert Une œuvre lexicographique à la fois monumentale et familière Les dictionnaires de la langue française au Québec Georges L.Bastin Monique C.Cormier Les dictionnaires Le Robert CENÉSE ET ÉVOLUTION lié* Mmt/é*l 5O ans TELECHARGEZ GRATUITEMENT un des 17 titres de la collection «Profession» www.pum.umontreal.ca Les Presses de l'Université de Montréal Université de Montréal H 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2012 DICTIONNAIRES PEDAGOGIE « Le dictionnaire unique ne suffît pas ! » Le numérique est l\u2019avenir du dictionnaire Pour Pascale Lefrançois, des dictionnaires, plus il y en a, mieux on se porte.Des gros, des petits, des multis et.des numériques ! La première application à installer sur le iPad tout neuf d\u2019un élève ?Un dictionnaire numérique, plaide l\u2019ancienne championne en orthographe devenue professeure et chercheure.AMÉLIE DAOUST-BOISVERT Non, le dictionnaire numérique ne menace pas l\u2019apprentissage du français, dit la vice-doyenne de la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université de Montréal.Dés le début du primaire, les petits éléves devraient pouvoir utiliser des dictionnaires numériques tout en apprenant à fouiller de leurs petits doigts dans les imposantes versions en papier, selon Pascale Lefrançois.«Personnellement, je suis du genre à donner accès à tout ce qui est possible, mais pas à autrui, résume-t-elle.Quand je veux évaluer l\u2019élève, il peut aller fouiller dans le dictionnaire, mais pas demander à son meilleur ami!» Et cela inclut les versions numériques du livre.«Je suis une grande amoureuse des dictionnaires.Les numériques s\u2019imposent, mais, malheureusement, ce n\u2019est pas encore aussi vrai dans les écoles, explique-t-elle.Je suis certaine que vous les utilisez, et moi aussi.Tous ceux qui travaillent avec un ordinateur les utilisent.Mais un élève qui doit écrire une production écrite n\u2019a pas le droit de le faire avec le dictionnaire électronique.Il peut en utiliser un toute l\u2019année, mais il n\u2019y a pas droit à l\u2019examen!»^ Elle ne condamne pas le ministère de l\u2019Éducation \u2014 difficile, le virage numérique \u2014 mais elle estime que l\u2019école traverse une phase de transition où dictionnaires en papier et virtuel doivent se côtoyer sur les pupitres.Celle qui a remporté il y a plus de 20 ans le Championnat du monde en orthographe, à Paris, réfute la croyance que les dictionnaires rendent «paresseux» et qu\u2019il faille les interdire pour réellement évaluer un éléve.«Ceux qui vont le plus dans le dictionnaire, ce sont les forts, qui en ont le moins besoin! Ce n\u2019est pas vrai qu\u2019ils trouvent les réponses dans le dictionnaire sans apprendre.Ceux qui, au contraire, ont des lacunes n\u2019ont pas le réflexe d\u2019aller vérifier ou ne trouvent pas ce qu\u2019ils souhaitent dans le dictionnaire.» Elle croit que, loin de rendre la rédaction simpliste, le dictionnaire numérique jouit de plusieurs avantages sur la version en papier.Il pourrait même réduire le fossé entre les forts et les faibles.«Par exemple, un élève qui ne sait pas que le mot \u201chorloge\u201d débute par un \u201ch\u201d va trouver le mot quand même dans un dictionnaire numérique.Pas dans un dictionnaire de papier.» Une fois qu\u2019il a cette information en tête, parions qu\u2019il s\u2019en souviendra la prochaine fois que ce mot se présentera.«On a le potentiel d\u2019aider davantage les faibles à utiliser le dictionnaire», selon Lefrançois.Elle-même élevée dans une maison où on trouvait un dictionnaire à chaque étage, elle est une grande utilisatrice des ouvrages numériques tels Antidote.Pas tant pour la fonction de correcteur que parce que «c\u2019est un dictionnaire extraordinaire que les gens ne connaissent pas assez à mon goût.Avec les hyperliens, on a un potentiel que le papier n\u2019offre pas.Les enseignants gagneraient à savoir le faire connaître à leurs élèves!» En classe, les enseignants ont trois choix à faire.D\u2019abord: quel produit?Ensuite, sur quel support \u2014 ordinateur, tablette, tableau blanc interactif?Et finalement, avec quelle approche UNIVERSITE DE MONTREAL Pascale Lefrançois croit que le dictionnaire numérique pourrait réduire le fossé entre les forts et les faibles.pédagogique?«On a beau avoir des iPad tout neufs avec Antidote, ce n\u2019est pas garanti que les enseignants vont amener les élèves à les utiliser comme il faut!» C\u2019est ce qu\u2019elle s\u2019évertue à apprendre aux futurs enseignants formés à l\u2019Université de Montréal.Elle ajoute que les professeurs ont le devoir de présenter toute une variété de livres de référence en classe.«Le dictionnaire unique ne suffit pas!» De papier ou virtuel.Dès le primaire Dès la première année, on peut plonger les enfants dans l\u2019univers des dictionnaires numériques.«On peut travailler le sens des mots, ap- prendre le genre, les sens multiples.Ce sont des fonctions qu\u2019on peut enseigner très tôt.» Pas nécessaire de mettre un Petit Robert de papier entre leurs mains avant sa version numérique.En fait, propose M\"^® Lefrançois, pourquoi ne pas faire le contraire?«On voit des enfants de deux ans jouer avec un iPad, peut-être que ça les attire davantage, le numérique, pour ensuite les amener vers le papier.E ne faut pas non plus jeter les dictionnaires de papier.L\u2019électronique est rapide, mais, quand on veut creuser un sujet, le papier est encore précieux.Par exemple, les thésaurus, les encyclopédies, l\u2019étymologie, les citations, ce sont des dictionnaires qu\u2019on utilise moins souvent, mais pour réfléchir davantage.E ne faudrait pas perdre cette richesse.» D\u2019ailleurs, elle croit que les maisons d\u2019édition tardent un peu à développer, à l\u2019instar de ce qui est offert sur papier glacé et multicolore, des dictionnaires numériques jeunesse.«Sans sacrifier l\u2019information, ça pourrait être plus ludique et plus attrayant», dit-elle.Jeune, Pascale Lefrançois feuilletait le dictionnaire avec plaisir, découvrant des mots jamais utilisés, des mots rares qui devenaient des amis familiers.«C\u2019était un moyen amusant de me promener dans la langue», raconte-t-elle.Aujourd\u2019hui, elle estime que le numérique est appelé à prendre de plus en plus de place.«Peut-être que la génération montante ne connaîtra pas ce plaisir-là, mais la navigation dans un dictionnaire de papier est différente.La promenade numérique va se faire autrement.Mais, au bout du compte, c\u2019est encore la même langue! Le dictionnaire numérique est pratique, alors que le papier me donne un plaisir différent.Quand on aime les dictionnaires, on les aime tous!» Collaboratrice Le Devoir SUPPORTS Un numérique ! Lequel ?« Il faut s\u2019adapter à chaque plateforme » MARIO TAMA AGENCE ERANCE PRESSE Chaque version des dictionnaires numériques a des applications qui lui sont propres selon le support.JACINTHE LEBLANC \\ A ce jour, il y a trois types de support sur lesquels il est PARCE QUE palme LE SAVOIR J^adhère à VAcfas A Acfas Association francophone pour le savoir L\u2019abondance de supports informatiques tend à rendre difficile la compatibilité entre les dictionnaires numériques et les nombreuses plateformes.Les supports, mobiles ou non, sont-ils adaptés aux dictionnaires?Ou est-ce plutôt l\u2019inverse et les dictionnaires doivent-ils être spécialement adaptés à chaque support?Y a-t-il une version pour chaque plateforme ou une version générale suffit-elle?Internet y trouve-t-il sa place?Pour répondre à ces nombreuses questions.Le Devoir a rencontré Éric Brunelle, président et cofondateur de Druide informatique, une entreprise québécoise spécialisée dans l\u2019édition et la distribution de logiciels.possible d\u2019avoir un dictionnaire numérique : mobile, ardoise et bureau.Le mobile, ce sont les téléphones intelligents.L\u2019ardoise, c\u2019est la tablette informatique.Quant au bureau, il s\u2019agit de postes de travail plus traditionnels, comme le portable ou l\u2019ordinateur de bureau.A savoir si les différents supports sont bien adaptés aux diçtionnaires numériques, Éric Brunelle répond par l\u2019affirmative.Pour les mobiles, par exemple, leur écran est suffisamment grand «pour afficher de l\u2019information comme des définitions d\u2019un dictionnaire».Lorsque le téléphone intelligent a fait son apparition, M.Brunelle se rappelle que, chez Druide informatique, il a fallu refaire l\u2019interface des dictionnaires numériques.«Le concept de multiples fenêtres [n\u2019existe pas] sur un téléphone.Il y en a seulement une à la fois, explique-t-il.On glisse.Il n\u2019y a pas de menu, on touche.Il n\u2019y a pas de souris pour aller passer par-dessus un élément.Donc, il y a beaucoup de concepts de base qu\u2019on tenait pour acquis», concepts qui ont été repensés par la suite.L\u2019information est aussi présentée différemment selon le support utilisé.Pour Antidote, logiciel créé par Druide informatique et 0' J'appuie la communauté scientifique 0^ je soutiens la relève en recherche 0^ je participe au dialogue science et société Pour en savoir plus sur les bénéfices et privilèges de l'adhésion, visitez unMfw,aefas,ca regroupant dictionnaires, guides et correcteur, l\u2019idée générale, c\u2019esf d\u2019avoir un tronc commun.A partir de ce tronc commun se trouvent des branches ou des applications particulières «et ces branches dépendent du média, complète M.Brunelle.Comment le média est utilisé, la place qu\u2019on a pour le réaliser.La puissance aussi.» Adaptation, réadaptation Année après année, la technologie se raffine et les entreprises mettent sur le marché de nouveaux gadgets.Tant que la logique derrière l\u2019appareil ne change pas drastiquement, les adaptations à apporter aux dictionnaires numériques sont de simples formalités.Le support a beau changer, «mais, essentiellement, l\u2019information est la meme.L\u2019information est seulement présentée différemment, accessible différemment», précise-t-il.Toutefois, chaque version des dictionnaires numériques a des applications qui lui sont propres selon le support.Par exemple.Antidote offre un historique de chaque mot avec une ligne du temps qui défile à l\u2019horizontale.Pour un téléphone cellulaire, «c\u2019est assez complexe à afficher», mais pas pour les versions ardoise ou bureau, puisque l\u2019écran est plus grand.Le mobile n\u2019a alors pas cette option.L\u2019équipe de Druide informatique essaie donc d\u2019imaginer comment les gens se servent des objets afin de rendre les dictionnaires numériques les plus utiles et les plus efficaces possibles.«Un téléphone, on porte ça dans sa poche.On en a besoin de façon rapide, précise.À l\u2019inverse, une tablette, c\u2019est plus quelque chose où on est assis.On a plus le temps, on consulte de l\u2019infor- mation.Et donc on en a un petit peu plus», mentionne-t-il.Pour diverses raisons, le web n\u2019est pas encore prêt à servir de pivot pour les dictionnaires numériques.Certes, il y en a, mais la puissance de l\u2019interface est plus limitée dans Internet et le visuel pourrait être amélioré.L\u2019équipe de Druide informatique a songé à rendre disponibles ses produits via Internet pour, par exemple, les plateformes mobiles.Elle n\u2019est toutefois pas allée en ce sens parce que «ce que ça fait, c\u2019est que ça donne une version universelle, mais ça fait aussi une version moins bien adaptée, explique le président de l\u2019entreprise.En général, ce qu\u2019on a vu, si les gens ont le choix entre la version web et une version native, presque toujours ils vont préférer la version native.\u201cNative\u201d, ça veut dire l\u2019application locale installée sur le téléphone ou la tablette versus la version web.» Au service du public «De chaque plateforme, il faut s\u2019adapter, soutient-il.Ça, c\u2019est très important.Si on ne le fait pas, les gens les repèrent vite, les moutons noirs qui ont l\u2019air du passé.» Pour savoir à quels supports et quelles versions de ceux-ci les dictionnaires numériques doivent être adaptés.Éric Brunelle et son équipe se fient à la demande du public et aux tendances.«On ne peut pas tout supporter, mais ça vient avec la demande.Ça évolue dans le temps aussi.Il y en a qui étaient très demandés et, tout à coup, ils sont oubliés.Et des nouveaux qui surgissent à un moment donné», conclut-il.Collaboratrice Le Devoir LA UNGUE FRANÇAISE, NOTRE diffÉRENCE, NOTRE référence ® lERobERT http://www.acfas.ca/infos-adhesions LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO SEPTEMBRE 2012 H 5 DICTIONNAIRES DONNEES SCIENTIEIQUES La révolution ! « Le libre accès est un gain pour la collectivité » Les données scientifiques sont de plus en plus accessibles gratuitement en ligne.Avec les avantages et les défis que cela engendre pour la communauté scientifique.Geneviève Tanguay, vice-rectrice de TUniversité de Montréal, en témoigne.MARTINE LETARTE Le libre accès aux données scientifiques nécessite la création et le financement d\u2019infrastructures de diffusion et d\u2019archivage d\u2019énormes bases de données.En contrepartie, le web représente une chance inouïe pour les chercheurs de partager leurs découvertes avec la communauté scientifique mondiale ainsi qu\u2019avec monsieur et madame Tout-le-monde.Il n\u2019y a pas si longtemps, un chercheur en sociologie, par exemple, se limitait souvent à diffuser ses résultats de recherche dans une revue scientifique spécialisée qui est distribuée localement.«Avec le libre accès aux données scientifiques en ligne, la diffusion des travaux des chercheurs est internationale.C\u2019est un gain pour la collectivité», affirme Geneviève Tanguay, vice-rectrice à la recherche, à la création et à l\u2019innovation de l\u2019Université de Montréal.Les jeunes chercheurs peuvent aussi profiter rapidement d\u2019un rayonnement international, puisque, de plus en plus, les thèses de doctorat et les mémoires de maîtrise sont diffusés en ligne par les universités.La question du libre accès aux données scientifiques n\u2019est pas étrangère à celle du financement de la recherche.«Les recherches sont financées d\u2019abord et avant tout par des fonds publics.Plusieurs disent donc, notamment au Royaume-Uni, qu\u2019il est très important de redonner à la collectivité en assurant une plus grande diffusion possible des résultats.D\u2019ailleurs, ici aussi, plusieurs organismes subventionnaires demandent aux chercheurs de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour rendre accessibles les résultats de leurs travaux», affirme Mme Tanguay, qui était auparavant sous-minis-tre adjointe de la Recherche, de l\u2019Innovation et de la Science et société au ministère du Développement économique, de l\u2019Innovation et de l\u2019Exportation du Québec.D\u2019autres sont inquiets des contrecoups que peut avoir cette diffusion à grande échelle.«Il peut y avoir du plagiat ou, encore, certains peuvent vouloir utiliser les résultats de recherche à mauvais escient.Il faut faire attention», affirme Geneviève Tanguay.La question de la commercialisation se pose aussi dans certains cas.«Par exemple, dans le domaine des biotechnologies.Si on découvre un médicament pour un cancer donné, les chercheurs peuvent attendre d\u2019avoir leurs brevets avant de publier.Ils protègent leurs arrières», explique M\u201d® Tanguay, qui a fait son doctorat à l\u2019Université McGill en parasitologie, la science qui étudie les organismes parasites.Le libre accès aux données dans Internet donne aussi des maux de tête aux dirigeants des grandes revues scientifiques.«Auparavant, les revues étaient vendues et c\u2019est ainsi qu\u2019elles se finançaient, indique M\u201c® Tanguay.Maintenant que l\u2019accès est de plus en plus libre, ces revues doivent trouver des moyens de se financer.On voit toutes sortes de choses se dessiner.Certains éditeurs demandent aux chercheurs de payer pour être publiés.Certains facturent un montant par page.» Pour le grand public Pour la société en général, le libre accès aux données scientifiques grâce au numérique n\u2019est ni plus ni moins que révolutionnaire.Toutefois, «libre accès aux données scientifiques» ne signifie pas «vulgarisation».«L\u2019objectif des publications scientifiques, qu\u2019elles soient accessibles librement ou non, demeure le même: diffuser l\u2019information la plus juste possible, relue par des pairs pour s\u2019assurer d\u2019une méthodologie sans faille», précise Geneviève Tanguay.Par contre, grâce au web, les scientifiques et les citoyens trouvent des façons d\u2019échanger et même de collaborer.«On ne peut pas passer sous silence le phénomène Wikipédia, affirme la vice-rectrice.Il faut se rappeler que la première édition du dictionnaire d\u2019Oxford a pris 70 ans à être réalisée.Cela a été un travail de moine de rassembler tous les contributeurs.Wikipédia a été fait en très peu de temps.Vous me direz que ce n\u2019est pas la même rigueur d\u2019information, mais on est tout de même étonné de voir que ce qui s\u2019y retrouve demeure généralement assez exact.» Mais Wikipédia n\u2019est pas alimentée nécessairement par des rédacteurs encyclopédiques.«Plusieurs collaborateurs détiennent un doctorat, mais il reste que c\u2019est vraiment le travail d\u2019une communauté grouillante, précise Mme Tanguay.De plus, Wikipédia est maintenant traduit dans 285 langues.C\u2019est un accomplissement extraordinaire.» Elle donne aussi l\u2019exemple de Tela Botanica.Ce réseau de la botanique francophone compte plus de 18000 personnes inscrites qui sont des bota- DICTIONNAIKE Dictionnaire PENSEIIHS l cc nvain en herbe Dictionnaire COOCCVRRl-'.NCliS BREVIS LE BREVIS DICTIONNAIRE ORTHOGRAPHIQUE AVEC BRÈVES DÉFINITIONS Nathalie Elliott Ouvrage de consultation de tous les instants.(1440pag9slas$ DICTIONNAIRE DES TERMES GÉOGRAPHIQUES CONTEMPORAINS Raoul Etongué Mayer Yann Roche 2° édition pQQQS) 63,20$ LE GRAND DICTIONNAIRE DES COOCCURRENCES Beauchesnel etfilles Version révisée, augmentée et mise à jour du Dictionnaire des cooccurrences.impsgeslS7,7S$ DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE ET HISTORIQUE DES PATRIOTES 1837-1838 Alain Messier L'auteur révèle les traces de plus de 5000 patriotes.(608 paggs)36,20$ DICTIONNAIRE DE L'ÉCRIVAIN EN HERBE Jacques Beauchesnel Pour les élèves du primaire et toutes les personnes qui vivent l'appel de l'écriture.(192pages) 16,55$ DICTIONNAIRE DES PENSEURS PÉDAGOGIQUES Marc-Aimé Guérin Au-delà de 500 penseurs pédagogiques vous attendent dans cet ouvrage.1372pagesl3S,70$ KENZO TRIBOUILLARD AGENCE ERANCE-PRESSE Pour la société en général, le libre accès aux données scientifiques grâce au numérique n\u2019est ni plus ni moins que révolutionnaire.nistes et des amateurs de botanique présents dans différentes régions du monde.«Professionnels, chercheurs, amateurs: tous s\u2019y mettent pour dénicher des plantes.Chacun contribue à la base de données et la consulte.Au fil du temps, ces masses d\u2019information deviennent un véritable patrimoine.Ces bases de données sont même complémentaires par rapport aux collections muséales», affirme M\u201c® Tanguay.Besoin d\u2019infrastructures Rapidement, on frappe par contre le défi des infrastructures.«Il faut s\u2019assurer de continuer à développer et à soutenir ces grandes bases de données.Il y a toujours une question de sous derrière ces enjeux.Par exemple, on peut envisager des partenariats solides pour maintenir ces bases de données», affirme Geneviève Tanguay.Un exemple de partenariat important en matière de diffusion numérique de publications savantes dans les domaines de la culture, des sciences humaines et sociales est la plateforme Erudit.Créée par le consortium formé par l\u2019Université de Montréal, l\u2019Université Laval et l\u2019Université du Québec à Montréal, elle offre un seul point d\u2019accès à près de 150 éditeurs canadiens universitaires et culturels.«Si chaque université avait développé sa propre plateforme, les coûts auraient été plus importants pour chacune, affirme Geneviève Tanguay.Se regrouper constitue un grand avantage.» Collaboratrice Le Devoir 10 établissements universitaires regroupés en réseau ¦\tplus de 234 millions de dollars en subventions et contrats de recherche ¦\t750 programmes de 1®\u2019, 2® et 3® cycles ¦\t92 000 étudiants répartis dans les universités, écoles et institut Saguenay Rimouski Ro uyn-Noran da Trois-Rivieres Gatineau Montreal uquebec.ca 514 842-3481 \u2022 www.guerin-editeur.qc.ca \"Ê Université du Québec Université du Québec à Montréai Université du Québec à Trois-Rivières Université du Québec à Chicoutimi Université du Québec à Rimouski Université du Québec en Qutaouais Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue institut nationai de ia recherche scientifique Écoie nationaie d'administration pubiique Écoie de technoiogie supérieure Téié-université DICTIONNAIRE delà LANGUE FRANÇAISE Découvrez gratuitement ce nouveau dictionnaire en ligne.Le français vu du Québec Le premier DICTIONNAIRE en ligne complet, vivant et facile à consulter qui reflète les réalités québécoises et nord-américaines, tout en assurant les liens avec le reste de la francophonie.60000 mots traités 5500 tableaux de conjugaison 37000 citations franqus.ca UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE H 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2012 DICTIONNAIRES LE FRANQUS Et 60 000 mots sont mis en ligne.« Il était temps de se donner un dictionnaire qui reflétât les réalités d\u2019ici » La première version complète du dictionnaire Franqus est maintenant en ligne en mode d\u2019essai.Ce sont donc plus de 60000 mots qui y sont traités, dont notamment 10000 mots qui sont propres ou qui ont un sens particulier au Québec.PIERRE VALLÉE Ce projet de dictionnaire qu\u2019est le Franqus a été réalisé sous la direction d\u2019une équipe de chercheurs du Département des lettres et des communications de l\u2019Université de Sherbrooke.La profes-seure Hélène Cagolet-Laga-nière, Factuelle directrice, et le professeur Pierre Martel, aujourd\u2019hui à la retraite, en ont assumé la direction éditoriale.La professeure Chantal-Edith Masson en a assumé la direction informatique.«Nous avons aussi pu compter sur la collaboration de nombreux chercheurs, souligne Hélène Cagolet-Laganière, dont des chercheurs de l\u2019Université Laval, de l\u2019Université de Montréal, de l\u2019UQAM, mais aussi de l\u2019Université de Moncton ainsi que de l\u2019Université d\u2019Ottawa.» À l\u2019image du Québec Rappelons que le dictionnaire Franqus, dont l\u2019acronyme vient de l\u2019expression «français québécois d\u2019usage standard », est le premier dic- tionnaire du français usuel à ne pas avoir été élaboré en France.«Il était temps de se donner un dictionnaire qui reflétât les réalités d\u2019ici.Il vient en quelque sorte légitimer l\u2019usage et le sens des mots que nous utilisons au Québec.Par contre, on ne voulait pas non plus couper tous liens avec le reste de Francophonie et en particulier avec la France.» C\u2019est la raison pour laquelle le Franqus ne se limite pas aux seuls qu^ bécismes ou néologismes québécois mais contient aussi tous les mots du français usuel qu\u2019on peut retrouver dans des dictionnaires comme Le Petit Robert.C\u2019est plutôt l\u2019approche ici qui distingue le Franqus.«Toutes les définitions sont de notre cru, nous n\u2019avons rien emprunté aux autres dictionnaires.De même, les citations que nous donnons en exemples proviennent en très grande majorité d\u2019auteurs québécois.» De plus, le Franqus met l\u2019accent, lorsque cela est de mise, sur l\u2019usage québécois du mot.«S\u2019il s\u2019agit d\u2019un mot dont l\u2019usage et la définition sont identiques au Québec comme en France, l\u2019inscription du mot sera neutre.Par contre, si l\u2019usage et la définition sont différents, on indiquera l\u2019usage et la définition qu\u2019on en fait au Québec ainsi que l\u2019usage et la définition en France.» Ainsi, à l\u2019entrée du mot «bleuet», on trouvera la définition française, celle d\u2019une petite fleur bleue, mais aussi la définition québécoise, celle du petit fruit.On va même plus loin en indiquant qu\u2019il s\u2019agit aussi du sobriquet donné aux habitants du Saguenay-Lac-Saint-Jean.«De plus, on trouvera même les noms en usage en France qui désignent le petit fruit, comme «airelle» ou «myrtille».» Hélène Cagolet- Laganière En version informatique Si le dictionnaire Franqus paraît en premier en version électronique, c\u2019est d\u2019abord qu\u2019il a été conçu ainsi.«La version électronique permet énormément de souplesse et nous donne la possibilité de le mettre à jour presque instantanément.Par exemple, on a dû récemment rajouter le mot «caquiste».Cela donne un dictionnaire qui est en quelque sorte vivant.De plus, comme le dictionnaire est informatisé, il n\u2019y a pas la limite imposée par le format en papier.Ainsi, nous disposons de tout l\u2019espace nécessaire pour nuancer.» On a aussi consacré beaucoup d\u2019efforts au développement des logiciels qui servent au fonctionnement du dictionnaire, afin qu\u2019il soit le plus convivial possible.«Par exemple, si quelqu\u2019un fait une erreur dans l\u2019orthographe du mot qu\u2019il cherche, le dictionnaire lui fera des propositions.On a voulu que le dictionnaire soit vraiment accessible à tous.» De plus, le dictionnaire électronique est conçu de façon que l\u2019usager puisse y fureter à sa guise, chaque entrée contenant une série de liens.Si on reprend l\u2019exemple du mot «bleuet», on y trouve aussi le mot «myrtille».Un simple clic sur le mot « myrtille » mènera l\u2019usager à l\u2019entrée « myrtille », et ainsi de suite.À valeur ajoutée La version électronique a aussi permis la mise en place d\u2019un dictionnaire à valeur ajoutée.«En plus des définitions et des citations qui servent d\u2019exemples, les entrées contiennent aussi certaines informations jugées pertinentes à la bonne compréhension.Par exemple, au mot «common law», on indique que ce type de droit existe dans les pays de tradition britannique, comme le Canada, mais qu\u2019au Québec le droit privé échappe au common hw puisqu\u2019il est régi par le Code civil.» De plus, certaines entrées renvoient à des articles thématiques plus étoffés.De même, les auteurs cités ont droit à une mention biographique.En somme, ce dictionnaire se veqt le plus complet possible.A titre d\u2019exemple, jetons un coup d\u2019œil sur l\u2019entrée du verbe «faire».Non seulement y trouve-t-on toutes les défini- \\ MANU FERNANDEZ LA PRESSE CANADIENNE Les chercheurs qui ont développé Franqus ont consacré beaucoup d\u2019efforts aux logiciels qui servent au fonctionnement du dictionnaire, afin qu\u2019il soit le plus convivial possible.tions possibles du verbe «faire», mais aussi une liste de toutes les expressions et les constructions utilisant le verbe «faire».On y trouvera aussi une liste des anglicismes critiqués du verbe «faire» ainsi qu\u2019un tableau de conjugaison.« On voulait non seulement donner à l\u2019usager une définition complète du mot recherché, mais aussi les outils nécessaires pour bien l\u2019employer.» Les curieux et les amoureux du français en usage au Québec pourront s\u2019inscrire à la version d\u2019essai du dictionnaire Franqus en allant à l\u2019adresse Internet suivante: http://franqus.ca/dic-tio.L\u2019inscription à la version d\u2019essai est gratuite.Une fois la période d\u2019essai terminée, le dictionnaire sera ensuite vendu aux utilisateurs sous forme de licence.«Nous n\u2019avons pas encore déterminé le prix, mais il sera très concurrentiel.» Collaborateur Le Devoir QUEBEC AMERIQUE En 1986, le Visuel « Maintenant, on a l\u2019application pour iPhone » On rêvait d\u2019un dictionnaire nous permettant d\u2019associer une image et un mot.Une idée simplissime, mais à laquelle personne n\u2019avait pensé avant 1986, année où naît la première mouture du Dictionnaire Visuel.Vingt-cinq ans et trois éditions plus tard, allons voir comment Québec Amérique trouve encore le moyen d\u2019innover.MARIE-HÉLÈNE ALARIE Pendant quatre ans, terminologues, linguistes, chercheurs, documentalistes, traducteurs et illustrateurs, sous la direction de l\u2019éminent terminologue et linguiste Jean- Claude Corbeil, ont mis au point cet outil simple et précis.» Voilà ce qu\u2019on pouvait lire, sous la plume de Jacques Fortin, fondateur des éditions Québec Amérique, en guise d\u2019introduction à cette première édition du dictionnaire thématique visuel en 1986.«La technologie à l\u2019époque ne permettait pas de soutenir ce genre de démarche.C\u2019était un travail extrêmement fastidieux, on parle de faire des collages pour positionner à la main les termes autour des illustrations», rappelle Myriam C.Belzile, éditrice et adjointe à la direction des éditions, qui se fait aujourd\u2019hui la porte-parole de Québec Amérique pour cette entrevue.On imagine aisément la somme de travail que pouvait >¦ Des auteurs engagés, on en a vu des quantités.Les lecteurs engagés, d\u2019un autre côté, sont probablement plus rares.Mais voilà bien le rôle favori d\u2019Alberto Manguel, auteur acclamé de \\'Histoire de ia iecture et du Dictionnaire des iieux imaginaires.» Rémy Charest, Le Soleii CONFERENCE ET SEANCE DE DEDICACES Jeudi 4 octobre 2012, 9 h Grande Bibliothèque (BAnQ) 475, boulevard de Maisonneuve Est, Montréal Alberto Manguel donnera une conférence intitulée La tâche d\u2019Adam dans le cadre de la quatrième Journée québécoise des dictionnaires.De 10 h 30 à 11 h, il dédicacera des exemplaires de ses livres sur le site de la Grande Bibliothèque, au stand de la librairie Olivieri.514 524-5558 lemeac@lemeac.com représenter une édition de ce type.De plus, la tâche se démultipliait puisque, dès ses débuts, le Dictionnaire visuel s\u2019est publié en plusieurs langues.D\u2019ailleurs, le concept même de cet ouvrage est bilingue, sinon multilingue : « Un outil de référence comme celui-là comporte plusieurs domaines techniques dans lesquels on retrouve beaucoup de vocabulaire anglais.On propose des équivalences de mots en usage dans les différentes langues de l\u2019édition, plutôt que de simples traductions», explique M™'\u2019 Belzile.Recherche Pour cette immense recherche, Jean-Claude Corbeil a travaillé avec toute une équipe de terminologues et a été honoré par l\u2019attriÇution de la médaille Georges-Emile-La-palme pour sa contribution au rayonnement de la langue française.Depuis, chaque mise à jour du dictionnaire nécessite des recherches terminologiques et chaque ajout de terme résulte de la consulta- tion de références fiables dans chacun des domaines.Par chance, pour la seconde édition du Visuel en 1992, les bases de données et l\u2019infographie sont venues grandement aider les auteurs.Quand on entreprend la publication d\u2019une nouvelle version d\u2019un dictionnaire, les modifications sont généralement nombreuses.Entre la troisième édition et la quatrième, ce sont 5000 entrées et 2000 illustrations qui ont été ajoutées.Les sujets changent selon les époques: «Dans certains domaines, on doit faire des mises à jour, on pense aux vêtements par exemple, il y a aussi des domaines qui suscitent plus d\u2019intérêt, comme la bureautique, dont les termes, qui étaient auparavant réservés aux spécialistes, sont aujourd\u2019hui utilisés par tous», cite en exemple Myriam C.Belzile.Si le Visuel se veut un ouvrage grand public, on doit nécessairement y aborder des sujets plus techniques, puisque ï VOUS ETES A UN CLIC D'ÊTRE ÉRUDIT! L'essentiel de la recherche en français 130 revues de référence québécoises et canadiennes 150 000 articles numérisés 95% du contenu accessible gratuitement érudit Promouvoir et diffuser la recherche et la création n /érudit I I ©eruditorg erudit.org ceux-ci finissent toujours par faire leur apparition dans le langage quotidien : «Par exemple, dans notre toute dernière édition, on va aborder le sujet de l\u2019extraction des gaz de schiste et celui des sables bitumineux.Les termes utilisés dans ces domaines font partie aujourd\u2019hui de notre réalité quotidienne.C\u2019est très rare que les références sur ces sujets sont exprimées en images, ce qui fait qu\u2019un terme, même s\u2019il est très technique, peut être compris, parce que l\u2019image est une définition on ne peut plus claire», ajoute M\u201c'\u2019 Belzile.Mises à jour Dans la plus récente édition du Visuel, le lecteur remarquera de grandes mises à jour.Celles-ci sont rendues possibles grâce à certains ouvrages développés par Québec Amérique dans les dernières années: VEncyclopédie visuelle des aliments et VEncyclopédie familiale de la santé.Dans ces deux ouvrages, «on a fait un investissement majeur au niveau du contenu visuel pour développer une nouvelle imagerie de l\u2019anatomie humaine à l\u2019intérieur comme à l\u2019extérieur du corps.Même chose au niveau des aliments et des animaux.On va toujours faire bénéficier le Dictionnaire visuel des avancées qu\u2019on fait dans les différents domaines», explique M™'\u2019 Belzile.C\u2019est très spectaculaire de voir l\u2019évolution des illustrations contenues dans le Visuel.Dans tous ces ouvrages et depuis la toute première édition, on privilégie le dessin à la photo: «L\u2019illustration qu\u2019on a en 2011 est pourtant toujours aussi schématique que celle de 1992 et, si on compare avec une photo, l\u2019injjormation y est plus intelligible.Dans le schéma de la coupe du cœur, l\u2019illustration permet d\u2019effacer les détails accessoires qui ne sont pas pertinents à la compréhension du muscle cardiaque, pour ne garder que l\u2019essentiel.On conserve une clarté qu\u2019on ne peut avoir avec une photo.» Refonte Grâce aux commentaires des lecteurs laissés dans le site web du Visuel, l\u2019édition 2011 a bénéficié d\u2019une vaste refonte inspirée des besoins des utilisateurs.Pour cette quatrième édition, on a revu de fond en comble la structure même de l\u2019ouvrage, où on retrouve maintenant 18 thèmes au lieu de 17 : «La bureautique a dorénavant son propre thème, ce qui nous a permis d\u2019expliquer les différents types de baladeurs numériques, de présenter les tableaux blancs interactijs et les tablettes tactiles en les regroupant par famille », précise Myriam C.Belzile.Il y a aujourd\u2019hui deux éditions du Visuel: le Dictionnaire visuel 2011 dans la version bilingue et le Dictionnaire visuel plus avec des définitions et des notices encyclopédiques qui, lui, est paru au printemps 2012.«Ce sont les mêmes montages, mais le Visuel plus est très utile pour les recherches des étudiants, parce que les définitions apportent des précisions sur la nature, la fonction ou les caractéristiques de l\u2019objet ou du phénomène qui est illustré.On fait l\u2019économie dans la définition de tout ce qui est déjà visible et on ajoute des explications.» Mais le Dictionnaire visuel n\u2019existe pas seulement dans son format en papier, il est aussi très présent sous sa forme électronique : «Le logiciel a été la première formule que nous avons proposée, d\u2019abord sous forme de cédérom, et, depuis 2004, on l\u2019offre par téléchargement via notre site web.Maintenant, on a l\u2019application pour iPhone.Avec la nouvelle édition, on va, dans les prochains mois, développer différentes offres électroniques selon les plateformes qui seront les plus utilisées par le public.» Le Visuel en chiffres, ce sont des éditions en 35 langues présentes sur cinq des sept continents.Depuis l\u2019édition originale, plus de neuf millions d\u2019exemplaires du Dictionnaire visuel ont été vendus, sans compter tous les produits dérivés, puisque, à l\u2019échelle internationale, le Dictionnaire visuel est publié par différents éditeurs, ce qui permet à Québec Amérique de développer des partenariats afin de produire des ouvrages répondant à des besoins spécifiques.On peut affirmer sans se tromper que le Dictionnaire visuel est un très, très grand succès de librairie.Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2012 H 7 DICTIONNAIRES CHEZ LES DICTIONNAIRES ROBERT Il faut contrer l\u2019amalgame anarchique des savoirs « Le dictionnaire du futur sera interconnecté » Passer du nom d\u2019un homme politique à la chronologie de l\u2019histoire d\u2019un pays, de la biographie d\u2019un artiste à la galerie de ses œuvres, d\u2019un nom de plante à des photos de ses feuilles ou d\u2019un verbe à des exercices de conjugaison en ligne : avec la technologie numérique, le traditionnel article de dictionnaire s\u2019ouvre vers l\u2019infini des possibles.ASSIA KETTANI Cy est révolution du dictionnaire que Laurent Catach, responsable des éditions numériques des dictionnaires Robert, orchestre depuis prés de 20 ans.En effet, le passage du dictionnaire en format de papier à son équivalent numérique s\u2019est accompagné au fil des ans d\u2019un bouleversement complet: bouleversement des contenus, mais aussi des usages.Depuis son ancêtre de papier, le dictionnaire numérique a ainsi enrichi ses définitions d\u2019une panoplie d\u2019informations visuelles, sonores ou encore interactives.«Dans les dictionnaires numériques, le modèle de base reste l\u2019article de dictionnaire classique.Mais, depuis les années 1990, toutes sortes de contenus sont rapidement venus s\u2019ajouter, comme des images, des vidéos, des animations ou des sons», rappelle Laurent Catach.En 1996, par exemple.Le Robert numérique a intégré aux d,éfinitions de ses mots leur prononciation.A cela s\u2019ajoutent d\u2019autres types de contenus, comme des chronologies, des atlas, des exercices, des modules d\u2019entraînement, des logiciels éducatifs ou encore des outils de géolocalisation.«Il y a forcément beaucoup de choses qui se développent grâce à l\u2019évolution technologique, poursuit-il.Aujourd\u2019hui, dans l\u2019esprit des gens, cela fait partie de ce que doit proposer un dictionnaire numérique».Laurent Catach Mais ce qui révolutionne véritablement le dictionnaire, selon Laurent Catach, est le rôle à\u2019«agrégateur» qu\u2019il est désormais appelé à jouer, liant des millions d\u2019informations, de sites web et d\u2019outils interactifs au gré de la curiosité de l\u2019utilisateur.«Le dictionnaire du futur sera interconnecté, résume Laurent Catach.Il doit sortir de son cadre rigide et renvoyer de manière intelligente à des quantités importantes de ressources dispersées dans Internet: des textes, des livres, des bibliothèques numériques ou encore des vidéos.» Et, de ce fait, le dictionnaire devient une porte ouverte vers la recherche.«Le dictionnaire numérique est un outil informatique très puissant.Il est un support extraordinaire pour la recherche, puisqu\u2019il contient la nomenclature de tout.» En réseau Autre poids désormais incontournable dans la nouvelle donne des contenus numériques: l\u2019utilisateur.Car les contenus, selon Laurent Catach, doivent venir à la fois des éditeurs et des utilisateurs, pour créer une vaste plateforme au carrefour des savoirs et surpasser le modèle d\u2019encyclopédie collaborative popularisé par Wikipédia au début des années 2000.«Le dictionnaire doit avoir un socle interne, éditorialisé, mais aussi des liens vers les milliers de ressources qu\u2019on peut trouver dans Internet.L\u2019ouverture vers de nouveaux contenus viendra de manière extérieure.» Pour éviter le piège de l\u2019amalgame anarchique dçs savoirs, le rôle de l\u2019éditeur se fait ici crucial.A travers les milliards d\u2019images et de documents qu\u2019on peut trouver dans Internet, l\u2019éditeur est amené à exercer un véritable travail d\u2019orfèvre pour organiser, vérifier, trier et calibrer les informations et les liens, permettant au dictionnaire de rester une source de savoir fiable et sécuritaire où on peut naviguer efficacement.Un travail de vérification et de rigueur qui n\u2019existe pas, par exemple, dans des outils comme Wikipédia.«Sans éditeur, les encyclopédies ne sont pas utilisables par des écoliers ou des collégiens.La quantité d\u2019information n\u2019est pas proportionnelle à l\u2019importance des choses.Pour un écolier, il est difficile de savoir ce qu\u2019il JIM WATSON AGENCE ERANCE-PRESSE Ce qui révolutionne véritablement le dictionnaire, selon Laurent Catach, est le rôle d\u2019«agrégateur» qu\u2019il est désormais appelé à jouer, liant des millions d\u2019informations, de sites web et d\u2019outils interactifs au gré de la ciuiosité de l\u2019utilisateiu-.faut apprendre, ce qu\u2019il faut savoir.Et si on cherche, par exemple, un texte de Victor Hugo dans Internet, on risque d\u2019en trouver une cinquantaine de versions différentes, plus ou moins fidèles à l\u2019original.» C\u2019est bien sur ce point que les dictionnaires numériques peuvent concurrencer les encyclopédies gratuites et relever le défi de la compétitivité.«Les éditeurs ont une carte à jouer pour mettre en valeur leur savoir-faire.Ce qu\u2019apporte l\u2019éditeur là-dedans, c\u2019est sa validation, sa caution et un cadre sécurisé pour qu\u2019on puisse utiliser en toute confiance ces informations.L\u2019éditeur a un rôle de création mais aussi de mise en scène, d\u2019organisation de tout ce qui se passe autour du dictionnaire.» Contraintes Les contenus des dictionnaires sont-ils pour autant dénués de contraintes?Non, nuance Laurent Catach, car créer une banque d\u2019images ou de vidéos dans un dictionnaire contient sa part de difficultés.S\u2019il est intéressant d\u2019intégrer aux articles autant de liens et d\u2019outils qui soient, il n\u2019est pas toujours aussi facile d\u2019obtenir les droits et les autorisations nécessaires, notamment en ce qui a trait aux images et aux vidéos.«Les éditeurs peuvent être confrontés à des problèmes de coûts de création éditoriale ou à des difficultés à avoir des contenus de qualité.Les négociations sont parfois compliquées ef chères.C\u2019est un problème de mise en œuvre.» A cela s\u2019ajoute un phénomène de surenchère puisque, désormais, souligne Laurent Catach, «il faut avoir plus de contenu.S\u2019il fallait 500 images pour un dictionnaire de papier, il en faut désormais 2000 ou 5000.Le côté quantitatif augmente la tâche.» Le traditionnel dictionnaire de papier est-il pour autant condamné à disparaître, évincé par ses nouvelles versions plus interactives et plus colorées?«Non!», insiste Laurent Catach, puisqu\u2019il a encore un usage essentiel du côté des écoliers et se laisse feuilleter plus facilement.En revanche, rien ne peut empêcher la diversification des usages.Alors que les dictionnaires numériques sont aujourd\u2019hui déclinés sous forme de cédérom, téléchargeables via eBook, tablettes ou téléphones intelligents, l\u2019encyclopédie est devenue un accessoire de poche qui peut accompagner à loisir la curiosité des utilisateurs : «Cette évolution a été une étape importante et a permis de développer une nouvelle gamme d\u2019outils, sous la forme de petites applications que les gens peuvent installer sur leur téléphone.» Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un trou de mémoire au milieu d\u2019une conversation, d\u2019un dictionnaire bilingue qu\u2019on consulte lors d\u2019un voyage ou d\u2019un usage professionnel, les dictionnaires numériques ont ainsi fait leur entrée dans la vie d\u2019un public beaucoup plus large.« Une fois adopté, on s\u2019en sert beaucoup plus qu\u2019une version de papier, avance Laurent Catach.Les gens s\u2019habituent à avoir un dictionnaire numérique dans la poche, pratique et accessible.Ils sont très demandeurs d\u2019information.» Et maintenant que les dictionnaires sont aussi infinis qu\u2019accessibles, le savoir est décidément à la portée de tous.Collaboratrice Le Devoir COMPTABILITE Le Ménard fait autorité L\u2019ouvrage naît d\u2019une collaboration entre 11 auteurs La confection et l\u2019utilisation de dictionnaires ont fondamentalement changé avec l\u2019arrivée des nouveaux modes de communication que permet Internet.Non seulement on n\u2019utilise plus les dictionnaires de la même façon, mais la façon même de les confectionner a radicalement changé.Voilà ce que constate Louis Ménard, professeur retraité du Département des sciences comptables de l\u2019UQAM et auteur principal du Dictionnaire de la comptabilité et de la gestion financière, surnommé «Le Ménard».CLAUDE LAELEUR Le Ménard fait autorité sur la scène internationale.Pourtant, souligne son auteur, «les gens aiment le papier.On nous le dit souvent: \u201cN\u2019abandonnez pas le papier!\u201d, même si, aujourd\u2019hui, le numérique est à la mode.» Pour cette raison, le nouveau Ménard se décline en trois versions : papier, cédérom et Internet.Et le travail de M.Ménard s\u2019apparente à celui d\u2019un détective, un détective des mots sans cesse à l\u2019affût de pistes.«Je m\u2019y intéresse toujours, lance-t-il.Même lorsque je lis le journal, je prends des notes sur un bout de papier.J\u2019accumule tout!» Un fan de Google Louis Ménard a très bien suivi l\u2019évolution du monde des dictionnaires, puisqu\u2019il œuvre à la confection de son ouvrage, qui en est à sa troisième édition, depuis 25 ans.«C\u2019est vraiment à partir de 2004 qu\u2019on a commencé à se rendre compte de la richesse qui est à notre disposition grâce à Internet, dit-il.C\u2019est à partir de là qu\u2019on a commencé à \u201cgoogler\u201d et je reste toujours un fan de Google!» Le chercheur se sert en effet de ce moteur de recherche pour repérer tous les usages qu\u2019on fait des mots.«L\u2019objectif de notre dictionnaire, comme de bien d\u2019autres, explique-t-il, c\u2019est de répertorier l\u2019ensemble des usages des termes employés dans notre profession.Il peut y avoir dix ou douze expressions différentes et Internet nous sert à repérer tous les usages, de même que les différentes formes d\u2019expression, les va- mîÊ^ UN PARCOURS INTERACTIF OYNAMIQUE, CONVIVIAL ET LUOIQUE www.cnlnil.gc.cii/ft/illctloiulte riantes orthographiques, etc.On peut aussi faire l\u2019analyse de plusieurs sens d\u2019un même mot ou expression.On fait ce qu\u2019on appelle des analyses sémantiques fines: trouver si un mot ou une expression a plusieurs sens.On peut donc répertorier tous les usages et, dans notre dictionnaire, faire le choix du vocabulaire qu\u2019on privilégie.» Dans Internet, on retrouve bien entendu tous les textes de loi, les règlements et les avis publiés autant en Amérique qu\u2019en Europe, en français comme en anglais, relate le chercheur.Et, puisque Le Ménard se fait en collaboration entre spécialistes québécois, français et belges, le courriel et d\u2019autres modes de communication électronique sont essentiels.Mondialisation oblige ! Louis Ménard souligne que, dans les faits, la première édition de l\u2019ouvrage remonte à 1977 et est l\u2019œuvre de Eernand Sylvain, professeur de l\u2019Université Laval.«Ce professeur a publié deux éditions, la dernière en 1984, puis il est décédé quelque temps plus tard, dit-il.C\u2019est par la suite que l\u2019Institut canadien des comptables agréés m\u2019a recruté.J\u2019étais alors membre d\u2019un comité de terminologie de l\u2019Ordre des CA du Québec.» En comptabilité et en finances, la terminologie est vitale puisqu\u2019elle est à la base de l\u2019information financière, souligne-t-il.«De tout temps, j\u2019ai considéré que le choix des termes est primordial.» Son ouvrage est bien entendu un dictionnaire de spécialité.«Ce que nous voulons, c\u2019est étendre la connaissance du vocabulaire technique en usage dans la profession comptable, indique M.Ménard.Et, mondialisation oblige, nous visons également la convergence terminologique, c\u2019est-à-dire faciliter la circulation de l\u2019information dans l\u2019ensemble des^pays francophones.» A cette fin, le dictionnaire tient compte de la terminologie des Normes internationales d\u2019information financière (lERS) et d\u2019audit (ISA et NCA).Sa confection est chapeautée par quatre organisa- Louis Ménard fions de trois pays, soit l\u2019Institut canadien des comptables agréés, le Conseil supérieur de l\u2019Ordre des experts-comptables et la Compagnie nationale des commissaires aux comptes de Erance, ainsi que l\u2019Institut des réviseurs d\u2019entreprises de Belgique.«Je travaille en comité, poursuit M.Ménard.Nous sommes quatre au Canada, quatre en Belgique et trois en Erance, et nous travaillons beaucoup par courriel.Souvent, je propose à mon équipe des entrées, elle les approuve ou non.Ensuite, je les soumets à mes collègues européens et c\u2019est à leur tour de nous faire part de leurs commentaires.Et, enfin, nous décidons ensemble de la version finale.» Exception culturelle Par ailleurs, il faut que les versions de papier et électronique de l\u2019ouvrage soient autant performantes les unes que les autres, «toutes aussi utiles», dit-il, ce qui pose dans chaque cas des défis tech- niques spécifiques.«Le numérique a ses avantages, le papier aussi, constate Louis Ménard, et on essaie de minimiser les inconvénients de part et d\u2019autre.Ainsi, lorsqu\u2019on a pensé à la version électronique, il a fallu faire le bon choix de la plateforme et, entre autres, avoir une base de données qui permette de faire une recherche plein texte.» Louis Ménard a ainsi réussi le tour de force d\u2019imposer son dictionnaire à la communauté francophone.y compris la Erance! D\u2019ailleurs, il raconte, amusé, qu\u2019en 2004, à l\u2019occasion du lancement de la deuxième édition du Ménard à Lyon, les exemplaires imprimés avaient été bloqués aux douanes françaises.«Nous avions fait livrer un certain nombre d\u2019exemplaires en provenance du Canada, raconte-t-il, mais ceux-ci ont été retenus parce que les douaniers français ne comprenaient pas qu\u2019un dictionnaire puisse venir du Canada ! D\u2019habitude, c\u2019est dans l\u2019autre sens!» Collaborateur Le Devoir GDT Le grand dictionnaire terminoiogique Le grand dictionnaire terminoiogique une nouvelle interface plus conviviale et plus efficace \u2022\tDes millions de termes \u2022\tPlus de 700 000 fiches terminologiques \u2022\t200 grands domaines d\u2019activité \u2022\tDes données en d\u2019autres langues que le français www.oqlf.gouv.qc.ca Office québécois de ia iangue française Québec»» CENTRE COLLEGIAL DE DEVELOPPEMENT DE MATÉRIEL DIDACTIQUE ¦ 4^ Journée québécoise des dictionnaires COLLOQUE INTERNATIONAL Du papier au numérique: la mutation des dictionnaires JEUDI 4 OCTOBRE 2012 8h Accueil Présentatrice : Noëlle Guilloton, conseillère linguistique 8 h45 Mots de bienvenue \u2022\u2022\u2022 Monique C.Cormier, professeure titulaire et directrice, Département de linguistique et de traduction, Université de Montréal Guy Berthiaume, président-directeur général.Bibliothèque et Archives nationales du Québec Hélène David, professeure titulaire et vice-rectrice aux relations internationales, à la Francophonie et aux partenariats institutionnels, Université de Montréal Gérard Boismenu, professeur titulaire et doyen, Faculté des arts et des sciences.Université de Montréal Président de séance : Benoît Melançon, professeur titulaire et directeur, Département des littératures de langue française, Université de Montréal 9h La tâche d'Adam \u2022\u2022\u2022 Alberto Manguel, écrivain 10\th L'encyclopédie sur Internet et les projets utopistes des Diderot, Pierre Larousse et Maurice Lachâtre \u2022\u2022\u2022 Jean-Yves Mollier, professeur et directeur.École doctorale Cultures, Régulations, Institutions, Territoires, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines 10\th 30 Pause Présidente de séance : Louise Marchand, présidente-directrice générale.Office québécois de la langue française 11\th En quoi l'environnement numérique contribue-t-il au renouvellement de la pratique et du discours lexicographiques?\u2022\u2022\u2022 Hélène Cajolet-Laganière, professeure titulaire, Louis Mercier, professeur titulaire.Département des lettres et communications.Université de Sherbrooke 11\th 30 L'impact du numérique sur la confection d'un dictionnaire bilingue spécialisé \u2022\u2022\u2022 Louis Ménard, professeur titulaire.Département des sciences comptables.Université du Québec à Montréal, Jean-Jacques Lavoie, directeur adjoint.Services linguistiques.Institut Canadien des Comptables Agréés 12\th Dîner - Hôtel Gouverneur Place Dupuis \u2022\u2022\u2022 LIEU DU COLLOQUE Grande Bibliothèque, Bibliothèque et Archives nationales du Québec 475, boulevard De Maisonneuve est, Montréal © Berri-UQAM P Stationnement intérieur payant (entrée rue Berri) Présidente de séance : Sophie Montreuil, directrice de la recherche et de l\u2019édition.Bibliothèque et Archives nationales du Québec 14h Les contenus éditoriaux dans les dictionnaires numériques: bilan et perspectives \u2022\u2022\u2022 Laurent Catach, responsable des Éditions numériques.Dictionnaires Le Robert 14h30 Dictionnaires numériques: le support fait le dictionnaire \u2022\u2022\u2022 Éric Brunelle, président.Druide Informatique 15h Pause \u2022\u2022\u2022 Président de séance : Robert Vézina, président.Conseil supérieur de la langue française 15h30 Le dictionnaire numérique: un seul objet, des perspectives multiples sur les mots \u2022\u2022\u2022 Marie-Claude L'Homme, professeure titulaire.Département de linguistique et de traduction, et directrice.Observatoire de linguistique Sens-Texte, Université de Montréal 16h Les dictionnaires numériques sauront-ils faire école dans les classes du Québec?\u2022\u2022\u2022 Pascale Lefrançois, professeure agrégée.Département de didactique.Observatoire de linguistique Sens-Texte, Université de Montréal Animatrice : Suzanne Laberge 16h30 Table ronde Dictionnaires numériques : quels modèles commerciaux?\u2022\u2022\u2022 Laurent Catach, responsable des Éditions numériques.Dictionnaires Le Robert Caroline Fortin, directrice générale, Québec Amérique Luc Roberge, président et chef de la direction.Éditions Druide inc.Danielle Turcotte, directrice générale adjointe.Services linguistiques.Office québécois de la langue française 17 h Mot de la fin \u2022\u2022\u2022 Monique C.Cormier En partenariat avec Bibliothèque et Archives nationales Québec O O A Université de Montréal UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL [y niversite do moReal], n.propre ?Établissement qui explore tous les espaces ouverts par l'intelligence humaine.En français."]
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