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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
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Revue dominicaine, 1940-10, Collections de BAnQ.

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[" REVUE DoniNicviNE On ECOLE TECHNIQUE DE QUEBEC 185, Boulevard Langelier-Telephone 2-6864 Les COURS SONT ORGANISÉS COMME\tBOURSES AUX ÉLÈVES MÉRITANTS J° COURS RÉGULIERS :\txjf (Üm&i; %\t2° COURS ABRÉGÉS D'AUTOMOBILE: ® TECHNIQUE, 4ANNÉES D'ÉTUDES\t$\t\u2014 10 MOIS D'ÉTUDES- ® DES MÉTIERS, 3ANNÉES D'ÉTUDES\t3 ° COURS DE SOIRS Diplôme Officiel\t.comprenant de nombreux cours u ms PROSPECTUS sur DEMANDE ENTREPRENEURS Tuile, Terrazzo, Morbre,Ardoise, Pierre Artificielle, Pavages, Trottoirs, etc.J.I6N.BILODEAU PRÉS.ETQÉRAMT TEL.2-11-43 Escalîers en fer pour intérieur et extérieur Sauvetaqe en fer Clôtures en fer de tous modèles.Châssisen acier 02, RUE RICHELIEU, QUEBEC.-J.LA9ELLE \u2014 Tél.S2l6 J.S-Ru\tDiplômé General Molors IGHcIIIi] CARR< Répara Hans dAutomobiles' et de Rembourage Carrosserie endommagée et dé boss age de tous genres.2,Christophe Colomb\t3SSIER Spécialité:\u2014 Peinturage Duco DuponE Vitrage des Chars Mécanique.\t» Québec, RQ.ANTONIO BlfliiiAIJ \u201e Lampadaires et 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prendre leur place au foyer familial qu'ils avaient, plus de deux siècles et demi auparavant, établi et consolidé.Les nouveaux venus n\u2019eurent pas la moindre difficulté à faire revivre les traditions de travail apostolique et de fructueux succès de leurs devanciers.Ces traditions de gloire, ils les ont continuées.Ils ont organisé les études.D'une extrémité à l'autre de notre vaste pays, ils ont prêché de parole et d'exemple ce en quoi et par quoi existe et vit vraiment notre religion chrétienne.Ils se sont sans cesse préoccupés d'éclairer chez les nôtres l\u2019œil de l\u2019âme.Avec une ardeur soutenue, ils savent magnifiquement mettre le savoir au service de Pamour.Leur beau travail pour former des âmes chrétiennes simplifiées et dépouillées, des âmes vivant du Christ Jésus, le T.R.P.Gaudrault, Provincial des Dominicains, l'a rappelé et décrit avec une claire ferveur dans son discours commémoratif du vingt-neuf septembre dernier, en l\u2019église franciscaine de la rue Dorchester â Montréal.C'est une grande joie po,ur les Frères Prêcheurs que leur chef ait été ainsi appelé à se faire l\u2019interprète, en cette circonstance solennelle, des sentiments que le clergé et les fidèles éprouvent à l\u2019égard de la famille 113 Revue Dominicaine séraphique du Canada.Car notre pieux et héréditaire amour pour les Frères Mineurs nous rend très douces et très appréciées toutes choses qui les concernent, ci plus forte raison le bilan de cinquante années cl\u2019apostolat en notre pays.Au temps où les étudiants franciscains poursuivaient leur travail de formation intellectuelle au couvent de Saint-Joseph, (i Montréal, et ceux de l\u2019Ordre de Saint-Dominique au couvent de Notre-Dame du Rosaire, à Saint-Hyacinthe, les visites d\u2019un groupement èi Vautre pendant les vacances d\u2019été apportaient aux uns et aux autres le bonheur de doubler ou de tripler la célébration rituelle de la fete de chacun des deux Fondateurs.Le dix-sept juillet 1897, les jeunes Dominicains venaient de goûter la si fraternelle hospitalité du monastère de la rue Dorchester.Ils rentraient à Saint-Hyacinthe.Quelques heures plus tard, le Père-Maître de Montréal, le P.Colomb an-Marie Dreyer, qui devait devenir archevêque et délégué du Saint-Siège, écrivait au P.Raymond-Marie Rouleau, futur cardinal-archevêque de Québec : « Nos chers petits frères sont partis ce matin et la journée est assez avancée pour que je puisse ni apercevoir que le bon Dieu les favorise d\u2019un temps splendide qui leur permet de faire agréablement leur voyage ci pied.Merci, mon Révérend Père, pour la faveur que vous nous avez accordée et le plaisir qu\u2019ils nous ont causé.Ils ont vécu, ils ont prié, ils se sont réjouis ensemble comme des frères sous le même toit, faisant la joie du ciel et Védification de la terre.Le séjour de vos chers enfants n'a pas été bien long, cependant les fidèles ont pu être témoins de la charité fraternelle qui nous unit, et nos frères ont eu le temps d'en serrer plus fort encore les liens déjà si intimes.Je me réjouis très fort de voir que le berceau de nos deux provinces 114 Saint François au Canada canadiennes est embaumé du parfum de cette union qui faisait le bonheur de nos deux Patriarches et de nos deux Docteurs.» Que pourrais-je ajouter, sinon le beau souhait liturgique : Dominus qui incepit, ipse perficiat per multa et faustissinia sæcula ! * >(î * Le premier juillet 1890, deux religieux français de l'Ordre des Frères Mineurs Capucins, les PP.Ladislas de Paris et Alexis de Barbczieux, arrivaient à Ottawa.De discrètes informations et les pieux conseils d'amis de la grande famille franciscaine les avaient incités à diriger leurs pas vers la capitale du Canada.Bans doute cette ville nouvelle était, dans son ensemble, moins romaine par la foi et moins française par le cœur que tel ou tel centre de la vieille province de Québec.Mais on disait Varchevêque clairvoyant et paternel ; sous sa direction avisée?le catholicisme étendait peu ci peu son domaine d'action.Les deux moines-éclaireurs espéraient donc trouver à Ottawa un accueil favorable pour eux-mêmes et pour leurs frères de France toujours sous la menace d'une nouvelle expulsion.Favorable, Vaccueil de Monseigneur Duhamel le fut, certes.De la part du P.P.Alexis, le pontife accepta même plus qu'un simple témoignage de respect ecclésiastique.Celui-là ne s\u2019écriait-il point clans la basilique-cathédrale d\u2019Ottawa, le cinq juillet 1909, à l'occasion du service de trentaine de Monseigneur Duhamel : «l'archevêque qui, petit enfant, avait lu la vie de saint Laurent de Brincles, reconnut dans les deux étrangers des disciples du thaumaturge.Il les accueillit paternellement.Dès lors, aussi, qu\u2019on me permette l\u2019allusion présomptueuse, l\u2019âme de Jonatlias s'attacha étroitement à l\u2019âme de David» (B.P.Alexis, O.F.M.115 Revue Dominicaine Cap.y Oraison funèbre de Mgr J.-T.Duhamel, Québec, IJAction Sociale, 1900, page 4) \u2022 Mais la faveur ou Vamitié cl\u2019un accueil même prolongé ne règle pas un projet de fondation.Lorsque les deux «oiseaux d\u2019aventure » (R.P.Alexis, loc.cit., page 1) parlèrent d\u2019obtenir un nid permanent, si pauvre, si franciscain fût-il, le vieil administrateur qu\u2019était Monseigneur Duhamel se réveilla dans le père et ami de fraîche date.La situation financière des paroisses de la capitale était encore fragile et délicate.Autoriser rétablissement d\u2019un monastère de religieux mendiants, et donc exempts, c'était aller au-devant d'un double inconvénient : l'église conventuelle arracherait des fidèles aux églises paroissiales qui en avaient grand besoin ; la sainte quête traditionnelle des Capucins occasionnerait une diminution des ressources déjà modestes dont les curés avaient un plus grand besoin encore.Aussi l\u2019archevêque de conclure : je ne vois qu\u2019une solution, c'est que vous preniez la direction d'une paroisse à laquelle votre monastère serait uni ; mais cette paroisse, où la trouver ?Les circonscriptions urbaines de langue française sont pauvres, et elles ont à faire face à de lourdes dettes.\u2014 Comme on le voit, l'avenir était moins que fixé pour les deux enquêteurs à la recherche d'un gîte canadien.Or les Dominicains se trouvaient installés à Ottawa depuis six ans (19 août 1884).Us avaient succédé au clergé séculier dans la desserte de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, récemment érigée (1872), de population ouvrière pauvre, et maintenant grevée d'une dette de soixante mille dollars.A la première nouvelle de l\u2019arrivée à l'archevêché des deux Capucins français, la vieille amitié des Prêcheurs pour les Mineurs se réveilla.Le P.Dominiquc-Ceslas Gonthicr, supérieur et curé de Saint-Jean-Baptiste, s\u2019en fut inviter les fils de saint François.A la fin du repas fraternel, les PP.Ladislas et Alexis 116 Saint François au Canada exposèrent ta situation angoissante où les mettait la condition posée par l'Ordinaire du diocèse : ou repérer une paroisse, ou chercher résidence ailleurs.Sans un mouvement de calcul ou d'hésitation, le cceur du P.Gonthier résolut le dilemme : « sous caution du consentement de Monseigneur, voulez-vous la moitié de notre paroisse ?» On devine la suite : allégresse des deux visiteurs qui passaient de l'angoisse à l'exultation reconnaissante ; joie plus intime mais non moins profonde des Frères Prêcheurs heureux de confirmer, sur une terre nouvelle, la solide et si douce amitié des fils de saint Dominique pour ceux de saint François.Monseigneur fut on ne peut plus satisfait de pouvoir réaliser en son for intérieur Vembrassement du père et de Vadministrateur.Les sections de la paroisse Saint-Jean-Baptiste appelées Mechanics ville, Manchester ville et Hintonburg formèrent donc une nouvelle circonscription religieuse autonome sous le patronage tout indiqué du Patriarche él\u2019Assise.Dès le mois d'octobre .1890, les travaux de construction de l'église et du monastère furent commencés et poussés avec tant de vigueur que, le premier mars 1891, l\u2019église paroissiale était livrée au culte et les religieux entraient dans un couvent régulier.Huit étudiants étaient déjà arrivés à Ottawa en octobre 1890.Le six juillet 1891, le Père Louis-Ma rie de Lombez, premier gardien, prenait possession de sa charge.Dieu, qui aime les Capucins, ne fit pas les choses èi moitié.Les Dominicains avaient été ses intermédiaires pour résoudre le premier problème, celui d'une pai 'oisse à trouver et à diriger.Il choisit les curés de la capitale et de Hull pour régler le second, celui de la quête.Les nouveaux venus demandèrent à Monseigneur Duhamel : si tous les pasteurs des paroisses d\u2019Ottawa et de Hull donnaient leur consen- ti Kevue Dominicaine tement, nous permettriez-vous de pratiquer la sainte quête selon nos us et traditions ?U archevêque répondit oui, et tous les curés des deux villes répondirent, eux aussi, un oui fraternel et cordial.Ce fut magnifique, et cela dure encore.Ce début d'octobre 19 J fi, qui nous ramène la fête liturgique de saint François, sonne donc aussi le cinquantenaire du premier établissement des Capucins dans la Puissance du Canada.Du même cœur que leurs pères de 1890, les Prêcheurs canadiens leur redisent aujourd'hui en désirant le leur prouver encore et toujours : pax et bonimi ! Jadis, au dix-septième siècle, les Capucins de France exercèrent un apostolat fructueux en terre acadienne.Après leur ultime départ \u2014 en 1658 \u2014 deux cent trente-deux ans devaient s\u2019écouler avant que la bure capucine ne reparût, mais cette fois dans le Canada entier.Comme pour bien marquer la continuité de vie apostolique et de travail généreux, c'est un religieux ordonné prêtre à Saint-François d\u2019Ottawa en 1896, le R.P.Candide de Fiant, qui a décrit Une Mission Capucine en Acadie (1 vol.grand in-8 de 338 pages, Paris, 1927).Les cinquante premières années du retour des Capucins chez nous reçoivent, ce mois-ci, leur enluminure d'or.Tous, prêtres et laïques, nous estimons que grâce à sa section canadienne maintenant jubilaire, l'Ordre illustre des Frères Mineurs Capucins novo frondescit honore.A.Papillon, O.P.118 L enseignement de la littérature française Un enseignement bien organisé de la littérature française doit comporter deux phases.Une première où l\u2019étudiant, sous la direction d\u2019un maître, entre en contact avec les chefs-d'œuvre de la poésie et de la prose française : c\u2019est l\u2019étude des textes.La seconde, où il apprend à exprimer ses idées en une langue correcte et fidèle : c\u2019est la composition.Ce second aspect ayant été traité ici-même, par mon confrère le Père Lussier, il me reste à parler de renseignement des textes et de son complément nécessaire, l\u2019histoire littéraire.Demandons-nous d\u2019abord pourquoi l'enseignement des humanités françaises.Pourquoi obliger les mieux doués de nos jeunes gens à consacrer deux ou trois des années les plus précieuses de leur vie à l\u2019étude d\u2019écrivains comme Ronsard, Corneille, Pascal etc., tous gens qui sont bien loin de nous et de nos préoccupations actuelles ?Il y a tant de connaissances plus pratiques qu\u2019il leur importe d'acquérir, et qui seraient, pour eux, sans contredit, d\u2019une utilité plus immédiate dans la vie.Pourquoi, à la vérité, l\u2019étude des Belles-Lettres ?Je réponds sans hésiter : Pour apprendre au jeune homme à bien penser, à bien sentir et à exprimer ses sentiments et ses pensées avec exactitude et correction.L\u2019étude des chefs-d\u2019œuvre est destinée à introduire des jeunes intelligences dans un monde nouveau : le monde de l\u2019esprit.L'homme est un roseau pensant, dit Pascal, faisant écho en son langage imagé à la définition philosophique traditionelle : Homo est animal rationale.Penser, réfléchir, sentir en profondeur, voilà la fonction humaine par excellence.L\u2019homme se révèle vraiment homme lorsqu'il se penche sur le mystère de son être pour 119 Kevue Dominicaine en découvrir l\u2019origine et la destinée, pour scruter l\u2019abîme infini de ses amours, de ses désirs et de ses angoisses, lorsqu\u2019il s\u2019arrête à contempler la nature et l\u2019homme dans la nature, lorsque, surtout, à l\u2019apogée de son exaltation, il parvient à la saisie de l\u2019Absolu immanent et transcendant au monde.Il n\u2019est malheureusement pas facile d\u2019accéder à une telle vie.Elle présuppose des dons de nature.Elle exige une initiation.Or, le meilleur moyen de s'initier au travail de l\u2019esprit est de converser avec ceux des hommes qui au cours de l\u2019histoire y ont le mieux excellé : les grands écrivains.Voilà pourquoi, l\u2019étude des chefs-d\u2019œuvre a toujours été considérée comme une des plus hautes fonctions de l\u2019homme.Ceux qui s\u2019y consacrent, on les appelle humanistes.Pensons à tout ce que signifie le mot « humanités ».Voilà pourquoi aussi les renaissances intellee tuelles et artistiques se sont presque toujours opérées par un retour à l\u2019étude de maîtres anciens.Il y a eu une renaissance carolingienne, au De siècle, en Europe.Après les invasions barbares et les siècles d\u2019ignorance qui les ont suivies, l\u2019Occident, sous l\u2019impulsion de Charlemagne et d\u2019Alcuin, tenta de renaître à la vie de l\u2019esprit.Or ce renouveau intellectuel se fit par un retour à l\u2019étude des Grecs et surtout des Latins.Il y a eu une autre renaissance en Europe, au 12e siècle.Elle s\u2019est prolongée jusqu\u2019au 13e.L\u2019humanité atteignit alors une élévation de pensée qui n\u2019a peut-être jamais été égalée et dont la chrétienté vit encore.C\u2019est, encore une fois, sous le sceau de la philosophie grecque et des classiques latins, que cette réussite s\u2019est opérée.Les périodes les plus brillantes de la pensée humaine en Occident ont été marquées par un culte plus intense et plus fervent de l\u2019Antiquité grecque et latine.Rappelons-nous la grande Renaissance ; rappelons-nous Guillaume Budé, Ronsard, Rabelais etc.et leur 120 L'enseignement de la littérature française candide enthousiasme pour les Anciens.A la Arérité, l\u2019individu humain, fût-il un génie, ne peut atteindre que de médiocres résultats, s'il est laissé à lui-même.Il en est ainsi dans tout domaine, à plus forte raison dans l\u2019ordre intellectuel.Nous nous élevons à la vie de l\u2019esprit par un retour aux rares époques de réussite et en nous mettant à l'école des grands écrivains.Aussi, le signe le plus infaillible de la culture d\u2019un peuple réside dans son culte des humanités grecques, latines et françaises, et la société qui en est privée apparaît comme une société découronnée.Il faut aller jusque-là, si nous Amulons saisir la raison profonde de l\u2019étude des Belles-Lettres.Ces connaissances ne servent à rien, dit-on souvent ; mieux vaudrait diriger l\u2019élite de nos jeunes qui se destinent au monde, vers des sciences pratiques.Ici, certaines distinctions s'imposent.Je crois, pour ma part, qu'il serait opportun que quelques-uns de nos collèges classiques organisent à côté de l\u2019enseignement des humanités, une section consacrée surtout à la formation scientifique.Les jeunes gens pourraient ainsi, avec le conseil de leurs parents et d\u2019éducateurs compétents, opter, dès le début de leurs études secondaires, entre les sciences et les lettres.Des propositions analogues ont déjà été faites, si j\u2019ai bonne mémoire.Ne disons pas que la formation scientifique relève des écoles techniques ou de renseignement primaire supérieur.Comme on l\u2019a fait remarquer dans un article récent le rôle de renseignement secondaire est de « former au travail de l'esprit par l\u2019étude et la réflexion », celui de l\u2019enseignement primaire, de fournir « des connaissances et des habiletés manuelles ».Il y a une manière d\u2019enseigner les sciences qui a 1.P.Alcantara Dion, dans L\u2019Action Nationale, avril 1940.121 Kevue Dominicaine pour but d\u2019habituer les esprits à trouver les raisons des choses.Et cette sorte d\u2019enseignement est d'une évidente nécessité.Des réformes de ce genre ont déjà été réalisées dans certaines institutions d\u2019Europe et des Etats-Unis.Par exemple, le Boston College, tenu par les Pères Jésuites américains, offre à ses étudiants un programme de sciences à côté d\u2019un programme de lettres.Tous deux sont répartis sur une période de cinq années.Ce régime donne, paraît-il, d\u2019excellents résultats.Pourquoi les Pères Jésuites canadiens n'introduiraient-ils pas, dans deux ou trois de leurs collèges, une section scientifique et économique adaptée à nos besoins ?Leurs institutions secondaires sont des « collèges » et non des « séminaires », et la plupart d\u2019entre elles, si je 11e m\u2019abuse, préparent les jeunes gens à la vie du monde.Pourquoi 11e pas donner à ces jeunes gens le choix entre la formation secondaire scientifique et la formation littéraire, ou plutôt, entre une formation secondaire à prédominance scientifique et une autre à prédominance littéraire ?Pourquoi faut-il que tous 110s collèges classiques adoptent un programme uniforme et donnent une même formation intellectuelle ?Ceci dit, il faut proclamer bien haut la nécessité de garder ia première place, dans notre enseignement secondaire, à l\u2019étude des Belles-Lettres.A la vérité, ce dont notre peuple a surtout besoin actuellement, c\u2019est d\u2019une culture, des bienfaits et du prestige d\u2019une culture.Les sciences économiques, sociales et politiques connaissent actuellement une grande faveur, au Canada français.On peut s\u2019en réjouir ; 011 le doit même, étant donnés notre condition et 110s besoins.Mais, il ne faut pas que ce progr ès se fasse aux dépens du culte des lettres et de la philosophie.En ce cas, nous aurions à enregistrer un recul, non un progrès.Au risque de surprendre, j\u2019avoue que je suis inquiet 122 L\u2019enseignement de la littérature française lorsque je vois tant de 110s jeunes gens, régler nos problèmes économiques et politiques, ne lire que des œuvres de sociologie ou de sciences immédiatement pratiques, manifester même un certain dédain pour la culture dite désintéressée.Je ne suis pas sûr que nous ayons, des valeurs spirituelles, une appréciation plus exacte et plus profonde que (celle de) nos aînés.N\u2019oublions pas du reste que la meilleure manière de préparer nos étudiants qui en sont capables, à être des chefs, même dans l\u2019ordre économique, est de les habituer à penser, à voir loin, à regarder au-delà du compte de banque et de la cornue.Or, une vision large du monde s\u2019acquiert par l\u2019étude de l\u2019histoire, par la fréquentation des chefs-d\u2019œuvre littéraires, philosophiques et scientifiques.Gardons-nous bien de renoncer à notre héritage spirituel.Si les humanités n\u2019ont pas donné dans ce pays les résultats attendus, c\u2019est parce que nous 11e les avons pas assez étudiées.Nous aurions besoin de retrouver la candide ferveur qui anima les maîtres du moyen âge, lorsqu\u2019après des siècles de ténèbres, ils découvri-> rent les chefs-d\u2019œuvre de l\u2019Antiquité.« Nous sommes des nains portés sur les épaules de géants », s\u2019écrie l\u2019humaniste Pierre de Blois.Et il ajoute dans un autre passage : « L\u2019on 11e s\u2019élève des ténèbres de l\u2019ignorance à la lumière de la science que par la lecture toujours plus assidue et plus fervente des anciens, de tcnebris ignorantiœ ad lumen scientiœ non ascenditur, nisi anti-quôrum scripta propensiore studio relegantur ».C\u2019est alors que le grand romancier chrétien de Troyes reprend, pour le développer en langage poétique, le fameux thème littéraire : De Translatione Studii, dont le moyen âge s\u2019est enchanté : Par les livres que nous avons Les faits des anciens savons 123 Revue Dominicaine Et du siècle qui fut jadis.Ce (cela) nous ont 110s livres appris, Que Grèce eut de chevalerie Le premier los (gloire) et de clergie.(culture) Puis vint chevalerie à Rome Et de la clergie (culture) la sonie, Qui or (maintenant) est en France venue.Dieu doint (fasse) qu\u2019elle y soit retenue Et que le lieu lui abelisse Tant que jamais de France n'isse (sorte) L'honneur qui s\u2019y est arrêté.Le souffle de la culture s\u2019est autrefois levé sur la Grèce.De la, il a passé à Rome, puis après plusieurs siècles, en terre de France.La France, héritière des Grecs et des Latins ! ce n\u2019est pas la pure fantaisie de poète, mais l\u2019intuition profonde de la formidable histoire qui allait bientôt s\u2019écrire.Nous qui avons, entre nos mains, les chefs-d\u2019œuvre de cinq siècles de littérature française, nous savons bien que c'est une réalité.« Dieu doint qu\u2019elle y soit retenue ».Fasse Dieu que la culture 11e s\u2019éloigne jamais de la terre française, même de la terre française du Canada.Tel est l'héritage spirituel que le professeur de littérature française a mission de révéler aux petits Canadiens qui lui sont confiés.S'il en est ainsi, la première de ses tâches sera de leur communiquer la substance même de cet héritage, à savoir : les textes des grands écrivains français.L\u2019enseignement de la lit térature doit consister principalement dans l\u2019étude de textes que l\u2019étudiant apprendra à lire.Cet enseignement manquerait son but, si 011 le ramenait purement à de l'histoire littéraire.Nos 124 L\u2019enseignement de la littérature française étudiants pourraient alors devenir des érudits, mais non des penseurs.L\u2019enseignement de la littérature française, au Canada, a souffert de cette maladresse, qui consiste à faire apprendre par cœur un manuel d\u2019histoire littéraire, Desgranges ou autres, et à se contenter de l\u2019explication de deux ou trois textes plus ou moins représentatifs.Encore un coup, renseignement de la littérature a pour but essentiel d\u2019apprendre aux étudiants à bien penser et à bien sentir.Or une telle habitude s\u2019acquiert par l\u2019étude et la compréhension des chefs-d\u2019œuvre, non par l\u2019accumulation de dates et de sèches nomenclatures dans la mémoire.Il importe peu de savoir que Pascal a écrit ses Pensées vers 16G0, ou que Corneille a composé une tragédie qui s\u2019appelle Eodogune, et qui est médiocre.Il est autrement important qu\u2019on ait lu les pensées de Pascal, senti passer en soi le frisson de l\u2019infini qui habitait cette âme de feu, et goûté cette langue de prophète, instrument incomparable d\u2019une incomparable pensée.L\u2019histoire littéraire 11e doit intervenir qu\u2019à titre de complément dans un enseignement de la littérature.Il est bon que l\u2019étudiant connaisse les grandes lignes et les courbes principales de l\u2019histoire littéraire française.Comme le temps lui manque pour parcourir une à une les œuvres qui la composent et se faire sur chacune d\u2019elles une idée personnelle, force lui est de recourir à un manuel.Mais voir exclusivement la culture française à travers un manuel \u2014 fût-il de l\u2019excellent abbé Calvet \u2014 c\u2019est manquer le but de renseignement des lettres.Apprendre aux élèves à lire les textes, telle est la fonction capitale du professeur de littérature.Ne croyons pas que 110s étudiants soient en état de comprendre seuls, les chefs-d\u2019œuvre français, même ceux des écrivains contemporains.Claudel et Péguy ont besoin d\u2019être expliqués, de même que Mallarmé el 125 Revue Dominicaine Valéry.A plus forte raison, les auteurs des 16e et 17e siècles.Il faut, dans ce cas, procéder d\u2019abord à une étude textuelle, au moyen de l\u2019histoire et de la philologie.Pour comprendre un poème, une pièce de théâtre ou un essai, il importe de connaître le milieu social et intellectuel dans lequel l\u2019écrivain a évolué, sa vision du monde, les événements qui sont à l\u2019origine de ses œuvres.Il faut surtout comprendre la langue qu'il emploie.C\u2019est ici que la philologie trouvera sa place.Il est surprenant que nous ayons si peu songé au Canada à tirer parti de cette science que les Européens cultivent avec tant de satisfaction et de succès.On en a même exagéré l'importance là-bas.Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019histoire de la langue et la philologie sont indispensables pour la lecture de textes du 16e et du 17e siècle.Dans chaque vers de Molière ou de La Fontaine, dans chaque phrase de Fénelon ou de LaEruyère, il y a un mot, une expression dont le sens a évolué et qu'il est nécessaire d\u2019expliquer.Nous avons, du reste, pour ce travail, d\u2019excellents instruments à notre disposition : les différentes éditions du Dictionnaire de VAcadémie, Le Seizième Siècle en France de Darmesteter et Hatzfeld, la Syntaxe française du 17c siècle de Jlaase, l\u2019excellent petit lexique de Cayrou pour le français classique.Pour les mots encore en usage au 19e siècle, le Dictionnaire Littré donne, avec des exemples, tous les sens qu\u2019ils ont pu revêtir au cours de leur histoire.Une telle méthode aura pour effet d\u2019habituer nos jeunes à la précision des termes ; elle les guérira à jamais de la grandiloquence.De toutes façons, elle leur fournira le sens exact des textes qu'ils ont à étudier.Nos étudiants doivent aussi voir toutes les faces de la culture française.Mettons-leur donc entre les mains des textes appartenant à toutes les périodes remarquables de la littérature française.On s\u2019est trop limité jusqu\u2019ici au 17e siècle et à certains 126 L\u2019enseignement de la littérature française auteurs du 17e siècle, enseignés d\u2019ailleurs d\u2019après les principes d\u2019une vision unilatérale, conformiste et désuète.Il faudra, un jour, faire le procès de notre classicisme \u2014 je dis notre classicisme et non les classiques \u2014 fruit d\u2019un intellectualisme fermé et desséché dont Anatole France et « Monsieur » Taine sont les stériles prototypes.Le moins qu'on puisse en dire est qu\u2019il ignore la nature, la vie et le mystère.Faisons donc résonner toutes les cordes de la lyre française : Villon, Ronsard, Lu Bellay, Scève, d\u2019Aubigné, Rabelais, Garnier, les classiques, les principaux romantiques, les modernes.Un enseignement de la littérature centré sur la seconde moitié du 17e siècle, vue à travers les règles de Boileau, se condamne dès le principe à une fausse conception de notre culture.La seconde moitié du 17e siècle ne constitue pas toute la littérature française.En poésie, elle n\u2019est même pas la période la plus brillante et la plus riche.Le grand siècle de la poésie française, c\u2019est le 16e.Von qu\u2019il ait produit des poètes supérieurs à Villon ou Racine.Mais sa fécondité et sa variété sont sans égales.Surtout, c'est à cette époque qu\u2019on a eu en France, avant le 26e siècle, la conception la plus juste de la poésie.Dans les œuvres de Scève, de Ronsard, de Du Bellay, dans celles de d\u2019Aubigné surtout, la poésie n\u2019apparaît pas comme un jeu de salon régi par de sottes bienséances et destiné au divertissement des belles clames et des fils de famille désœuvrés ; elle se présente pour ce qu\u2019elle est en réalité : une évasion vers l\u2019infini, un contact mystérieux avec la nature, l\u2019être humain, l\u2019ineffable ; un duel tragique avec le mystère où tout l'homme se trouve engagé.Le 16e siècle est aussi l\u2019époque où la langue française devient une langue de civilisation et de culture.Jusque-là, on l\u2019avait surtout réservée aux genres secondaires.Les grandes œuvres de littérature ou de science s'écrivaient alors en latin.Calvin et 127 Revue Dominicaine François de Sales ont été les premiers à user de la langue française en théologie, Ambroise Paré en médecine, Montaigne et Descartes en philosophie etc.On sait que le grand rêve de la Pléiade a été d\u2019acquérir à la langue française le prestige du latin et du grec, et cl\u2019en faire un instrument capable d\u2019exprimer les plus hautes spécifications de la pensée.Quelle révélation pour nos étudiants, si nous les faisions assister à cette entrée de leur langue dans le rang des grandes langues de civilisation ! Quel profit pour eux, si nous pouvions leur faire voir les péripéties de cette conquête et les conditions de cette réussite ! Ils auraient de plus l\u2019avantage de goûter la saveur et la plénitude de cette langue adolescente, encore maladroite parfois, mais que n\u2019a pas encore appauvrie la règle des mots nobles et que les bienséances n\u2019ont pas encore séparée de la nature.L\u2019étude de Villon, de Ronsard, de Montaigne leur donnera une idée de la sémantique et les habituera à la précision que procure la philologie.Elle leur apprendra à user comme eux d'un langage direct, simple et dru.Rabelais, à cet égard, serait d\u2019un grand profit.Je n'ignore pas les difficultés que présente la mise au programme de son œuvre.Non qu\u2019il soit dangereux.Ses grosses plaisanteries 11e peuvent que procurer le gros rire ou.offusquer les délicats.Mais je serais étonné qu'elles inspirent des pensées troubles ou malsaines.Rabelais, à mon avis, 11'est pas plus dangereux que Molière, dont la liberté d\u2019allure est souvent grande.Il l\u2019est beaucoup moins que Racine avec ses terribles femmes, entraînées irrésistiblement par leur amour fatal.Ne serait-il pas préférable d\u2019ailleurs que 110s jeunes gens lisent les œuvres de ce genre, sous la direction d\u2019un maître compétent et consciencieux, au lieu de les aborder seuls, à leur corps défendant.Elles 11e risqueraient pas alors d\u2019exercer sur eux l'attrait du fruit 128 L'enseignement ue la littérature française défendu.Ils apprendraient aussi à 11e pas s\u2019effrayer pour des ombres et à voir la vie bien en face.La véritable formation ne consiste pas à cacher les difficultés et les dangers, mais à procurer la force d\u2019âme et les vertus qui permettent de les rencontrer sans faiblir.Mais Rabelais est scabreux ! Il n\u2019est cependant pas impossible d\u2019extraire de son œuvre quelques passages d\u2019une excellente tenue (L\u2019Abbaye de Thélème, L\u2019introduction à Gargantua etc.) que le professeur pourra expliquer à ses élèves sans le moindre inconvénient.Quoi qu\u2019il en soit, un tel retour à la langue primitive est indispensable pour une formation littéraire complète.E11 matière de langue et de style, comme dans l\u2019ordre de la pensée, « c\u2019est par un regard attentif sur leurs origines, qu\u2019on peut acquérir des choses la plus parfaite connaissance » (Aristote).Loin de moi l\u2019idée de céder au goût du paradoxe et de magnifier le lGe siècle aux dépens du 17e.Notre enseignement, secondaire ou supérieur, devra toujours faire une place de choix à des auteurs comme Racine, Pascal, LaFontaine.Mais il est inadmissible qu\u2019on les fasse toujours voir à travers l\u2019Art Poétique de Boileau, comme si les règles de ce dilettante contenaient le secret infaillible de la création artistique.Ce bourgeois n'a jamais rien compris à la poésie.Et la théorie qu\u2019il en donne ne peut qu\u2019étouffer à sa racine un génie naissant.LaFontaine s\u2019est bien moqué de ces règles.Pascal aussi.Car la véritable poésie se moque de la poésie, comme la véritable éloquence, de l\u2019éloquence.Ce 11e sont pas la « nature » et la « raison » de Boileau qui ont produit les chefs-d\u2019œuvre du 17e siècle.Ces mots chez lui son! synonymes de convention et conformisme.Les maîtres du 17e siècle ont été grands poètes et grands écrivains, malgré les règles codifiées par lui.129 Revue Dominicaine Disons-nous bien aussi que le 17e siècle, si grand qu'il soit, n\u2019est pas toute la culture française.Je l\u2019ai déjà dit.Il est encore moins, avec sa manie des idées claires à la Descartes, le type achevé de l\u2019humanisme, quoi qu\u2019en pense Charles Maurras et quoi qu\u2019en dise Julien Benda dans sa « Trahison des Clercs ».Si les clercs ont trahi, ce n\u2019est pas au sens de M.Benda.En poésie surtout, le 17e siècle s\u2019avère nettement déficient.L\u2019âme humaine n\u2019est pas seulement raison, et on n\u2019a pas tout dit de l\u2019homme, du monde ou de Dieu quand on croit s\u2019en être formé une connaissance claire, au moyen de concepts rigoureusement définis.Si beau et si ennoblissant que soit le rôle de l\u2019esprit qui entre en possession de l\u2019Univers et de Dieu, par un travail rationnel, il faut bien reconnaître que tout le réel qui s\u2019offre au poète, ne saurait se ramener à des concepts et à des raisonnements.Le mystère existe au-dessus de nous, autour de nous, en nous.Et le mystère est ineffable.Il est irréductible à la conceptualisation et au raisonnement.Or, c\u2019est précisément au sentiment du mystère et de l\u2019ineffable que la poésie doit conduire, \u2014 jusqu\u2019au frisson de l\u2019infini.« Aimez-clonc la raison », dit Boileau.Je veux bien admettre la raison dans son domaine et apprécier les bienfaits qu\u2019elle y apporte.Mais, dites-moi, qu\u2019a-t-elle à faire dans un art dont l\u2019objet principal est précisément de la dépasser.La poésie 11e se nourrit pas de syllogismes, et un poème construit en « barbaras » bien alignés, fût-il doté de la plus heureuse des formes, pourrait être le plus mauvais des poèmes.Et si par hasard il est excellent, ce 11e sera pas à cause de ses syllogismes.L\u2019expérience poétique, comme l\u2019expérience mystique, déborde le domaine des concepts et les lois du raisonnement.Sachons donc reconnaître, à côté de ses grandeurs, les réelles déficiences de la littérature française du 17e siècle.Elle exagère, 130 L\u2019enseignement de la littérature française Pascal excepté, le rôle de la raison dans la saisie et dans l\u2019expression de l\u2019objet littéraire.Elle apparaît souvent éloignée de la nature et de la vie.L\u2019objet même qu\u2019elle s\u2019est donné, est loin d\u2019embrasser tout le réel que l\u2019écrivain de génie a mission d\u2019évoquer et d\u2019exprimer.Elle se cantonne dans la psjœliologie, surtout la ps}Tcbologie de l\u2019amour humain.Le sens du mystère métaphysique lui échappe presque totalement.Ici encore, il faut mettre à part le grand, l\u2019incomparable Pascal.Surtout, n\u2019allons pas voir en elle, l\u2019expression achevée de l'humanisme chrétien.Au vrai, Dieu et son action mystérieuse dans le monde, le drame de la rédemption des hommes, l\u2019aventure chrétienne, tous ces grands thèmes y tiennent peu de place.Je n\u2019oublie pas que Corneille a écrit Polyeucte et que Racine est l\u2019auteur d\u2019Esther et d\u2019Athalie.Mais ces quelques œuvres suffisent-elles à faire de ces maîtres les représentants authentiques de rhumanisme chrétien ?A un prêtre qui adressait à Claudel un reproche d\u2019obscurité, celui-ci répondit : .Vous me dites : « Pourquoi n\u2019écrivez-vous pas comme Racine ?» Parce que je ne suis pas Racine et que je n\u2019ai pas les mêmes choses à dire.Et la grande différence c'est que Racine avait mis Dieu cl\u2019un côté et le monde de l\u2019autre.On pourrait dire que la plupart de ses pièces auraient pu être écrites par un païen, si l\u2019on n\u2019y trouvait cette noblesse, cette délicatesse clu cœur, cette élévation des sentiments, cette finesse infaillible du jugement qu'il n\u2019a pu trouver que dans la méditation et dans la pratique de sa foi ».On ne peut mieux dire.Racine a été de son temps, et la conception que les grands auteurs du 17e siècle ont eu de la culture s'avère de plus en plus incomplète.Elle est loin de mettre en valeur toutes les richesses de l\u2019humanisme chrétien.C\u2019est pourquoi, il faut la compléter et la corriger en faisant voir d'autres conceptions de la culture, et puisque lions 131 Revue Dominicaine sommes en littérature française, d\u2019autres époques du patrimoine littéraire français.J\u2019ai déjà dit l\u2019importance du lGe siècle, pour la poésie.Les romantiques et les symbolistes du 19e siècle pourront aussi fournir ce complément.Surtout les contemporains Péguy, Claudel, Valéry, Apollinaire, Psicliari.sans oublier leurs aînés : Rimbeau, Mallarmé, Baudelaire, Verlaine.Avec des auteurs comme Péguy et Claudel, la muse française qui, aux siècles précédents paraissait vouloir se limiter au domaine psychologique, aborde le problème métaphysique, « la métaphysique des saints ».Elle s\u2019installe décidément dans le mystère pour en faire éprouver le sentiment et l\u2019angoisse : mystère de l\u2019Univers, mystère de l\u2019humanité sans Dieu, mystère de la poursuite et de la saisie de l\u2019Absolu par l\u2019homme.Ce n\u2019est plus de passions frivoles que la poésie va nous entretenir, mais du drame immense de l\u2019homme à la poursuite de Dieu et de Dieu à la poursuite de l\u2019homme.« Laissez-moi l\u2019Absolu, s\u2019écrie Claudel, 11e me rendez pas à moi-même ».La littérature n\u2019est plus ce que trop souvent elle a été : un jeu de dilettantes satisfaits.Elle devient l\u2019art d\u2019évoquer et d\u2019exprimer le mystère dans lequel l\u2019homme se trouve engagé par toutes les fibres de son être.Il serait aisé de citer des textes à l\u2019appui de ces affirma fions.Ainsi, telle page de Claudel dans La Messe Là-Bas rappelle la doctrine métaphysique de la création, en des termes qui dépassent saint Thomas d\u2019Aquin lui-même : De quoi te servirais-tu pour séparer ta personne de la mienne ?Quelle est la partie de ton être où je 11e sois et qui 11e m\u2019appartienne ?132 L\u2019enseignement de la littérature française Ego sum.C\u2019est moi.Ta maison est assez grande pour qu\u2019elle me contienne.Avant que tu le saches, j\u2019étais là, et je demeure avec cet homme que j'ai fait.Tu cesserais d\u2019exister si je me retirais.Viens avec moi, où Je suis, en toi-même, et je te donnerai les clefs de l\u2019existence.Là où Je suis, c\u2019est là éternellement qu\u2019est le secret de ta naissance.Dans de telles œuvres, nous avons vraiment « toute la Ivre ».Non pas assurément au sens de Victor Hugo.Nous avons le Credo entier des choses visibles et invisibles.Avec Claudel, les échos de l\u2019Orient millénaire viennent rejoindre les accents de notre moderne Occident.La culture méditerranéenne s\u2019ouvre à l\u2019intuition asiatique et apporte enfin au monde une littérature qui ose se conformer aux dimensions de l\u2019Univers, \u2014 à la mesure de la Rédemption.Bien des écrivains modernes, je 11e l\u2019ignore pas, se prêtent difficilement à renseignement scolaire.Il faudrait cependant que 110s étudiants au sortir du college classique sachent au moins qu'ils existent.A plus forte raison, les rares privilégiés qui ont accès chez nous aux études supérieures des lettres.Il faut surtout qu\u2019ils sachent que pendant les cinquante dernières années le génie français a fait preuve d'une étonnante fécondité et que, dans tous les domaines : littérature, beaux-arts, philosophie, science, théologie même, il 11\u2019a cessé de jeter à la face du monde d'immortels chefs-d'œuvre.La génération qui peut rassembler des noms comme Claudel, Péguy, Valéry, Bergson, Meillet, Claude Monet, Cézanne etc.11'a rien à envier aux autres temps, et le 133 Revue Dominicaine peuple qui, à la richesse de ses siècles passés, ajoute les œuvres de pareils maîtres apparaît comme un des plus inspirés que l\u2019histoire ait connus.(Je 11e parle pas des saints que la France 11e cesse de fournir à l\u2019Eglise).Cela, 110s jeunes gens doivent le savoir.Ils se trouveront alors dispensés d\u2019entonner le couplet monstrueux sur la décadence de l\u2019esprit français.Ils concevront plutôt le désir de se mettre à cette école et d\u2019apprendre de ces maîtres, l\u2019art de regarder l\u2019homme, la nature et Dieu, le secret de la création artistique.Peut-être aussi comprendront-ils jusqu\u2019à quel point, intellectuellement et spirituellement, nous dépendons de la France, et que sans elle nous sombrerions dans l'insignifiance sinon dans le néant.Fort bien, dira-t-on, mais comment faire entrer pareille matière dans des cadres scolaires forcément limités ?Où trouver le temps nécessaire à l\u2019étude de tous ces auteurs ?D\u2019autant que vous recommandez la lecture des textes mêmes, et qu'un résumé d\u2019histoire littéraire vous paraît insuffisant.\u2014 J\u2019estime, en effet, que la lecture des chefs-d\u2019œuvre est capitale dans renseignement des lettres, \u2014 comme d\u2019ailleurs dans tout enseignement.L\u2019histoire littéraire 11'est qu\u2019un complément.Il 11e me paraît pas impossible cependant de concevoir un programme d\u2019auteurs parfaitement adapté aux circonstances où nous nous trouvons.Qn\u2019011 choisisse, par exemple, dans chacune des périodes les plus importantes de la littérature française, deux ou trois écrivains particulièrement représentatifs, et dans l\u2019œuvre de ces écrivains, une pièce ou un extrait, 20 ou 25 pages.On arrive ainsi à un total de 10 à 12 auteurs, avec environ 250 pages à expliquer, ce qui n'est assurément pas trop pour une période de deux ou trois années.L'histoire littéraire remplira les vides.L\u2019étudiant aura ainsi appris à lire des œuvres de toutes les 131 L\u2019enseignement de la littérature française «3 époques et sera en état de compléter par lui-même.Dans l\u2019intérêt des élèAres et surtout des professeurs, il sera bon de varier les auteurs tous les deux ou trois ans.Bien entendu, renseignement supérieur devra élargir ce programme et l\u2019approfondir davan tage.Au surplus, je n\u2019ai pas la prétention d\u2019apporter ici des directives infaillibles et définitives.J\u2019aurais atteint mon but, si les quelques idées émises plus haut, pouvaient amener à douter de certaines valeurs, et à envisager des méthodes nouvelles.11 importe surtout de 11e pas centrer notre enseignement des lettres françaises sur le 17e siècle ; de 11e pas donner ainsi à 110s jeunes gens l\u2019impression que tout a été dit par les écrivains de ce temps et qu\u2019il ne nous reste plus, à nous du 20e siècle, qu\u2019à les imiter.ou à mourir.Il faut aussi que 110s étudiants, au sortir de leurs études, se rendent compte de la valeur de la culture qu\u2019ils ont à représenter, et qu\u2019ils aient le désir ardent de la faire rayonner autour d\u2019eux.Si la langue et la littérature française n\u2019ont pas en Amérique le rayonnement et le prestige qu\u2019elles devraient avoir, nous en sommes, en partie, responsables.Nos universités devraient fournir des professeurs de français à toutes les Universités anglaises du Canada et des Etats-Unis.Pour atteindre un tel résultat il faudrait que nous ayons d\u2019abord la mystique de la culture française ; il faudrait que notre enseignement s\u2019impose par sa valeur ; il faudrait renouveler 110s méthodes, élargir 110s cadres, faire appel à toutes 110s compétences tant laïques qu'ecclésiastiques.Un mot pour terminer sur la littérature canadienne-frau-çaise.Il est juste que 110s jeunes gens soient informés des principaux événements littéraires de notre courte histoire et qu\u2019ils connaissent les œuvres notables que les écrivains de notre pays 135 Revue Dominicaine ont produites.Qu\u2019on n'aille pas cependant leur donner l\u2019impression que l\u2019histoire littéraire du Canada français peut se comparer à celle des peuples qui ont derrière eux des siècles de culture ; n\u2019ayons pas la naïveté de leur faire admirer des écrivains comme Bibaud, Quesnel ou Fréchette, au môme degré que Racine, Chateaubriand ou Verlaine.Celui qui considère attentivement nos productions littéraires et qui réfléchit sur l\u2019état de notre culture, se rend aisément compte que nous sommes à peine entrés dans le monde de la pensée et que nos chefs-d\u2019œuvre littéraires sont encore à venir.Ne craignons pas de révéler à nos jeunes gens cet état de choses.Disons-leur que, peuple jeune, notre histoire est devant nous et que cette histoire sera ce qu\u2019ils voudront qu\u2019elle soit : splendide ou médiocre.Faisons-leur comprendre la grandeur de la vocation littéraire, les difficultés qu\u2019elle rencontre, l\u2019ascèse qu\u2019elle présuppose, la persévérance qu\u2019elle exige.Disons-leur que la plus grande fonction de l\u2019homme est de penser, et qu\u2019appartenant à un des peuples les plus intelli gents et les plus spiritualistes que l\u2019histoire ait connus, ils doivent être fidèles aux appels de l\u2019esprit et accepter généreusement les sacrifices que toute vocation spirituelle demande.Gérard Paré, O.P.136 L éducation musicale de 1 enfance Un grand nombre de penseurs et d\u2019écrivains ont glorifié la musique et l\u2019ont placée au premier rang des arts.Shakespeare allait jusqu\u2019à écrire que « riiomme qui n\u2019a pas de musique en lui, ou qui n\u2019est pas ému par l\u2019harmonie des doux sons, est fait pour les trahisons, les stratagèmes et les larcins.Défiez-vous d\u2019un tel Lomme ».L\u2019opinion d\u2019Aristote fut une des premières à envisager l\u2019éducation musicale de l\u2019enfance quand il écrivit : « Il est impossible de ne pas reconnaître la puissance morale de la musique : et puisque cette puissance est reconnue il est nécessaire de faire entrer la musique dans l\u2019éducation des enfants ».La musique est l\u2019art d\u2019exprimer la pensée et les sentiments par des sons harmonieux.La joie, la peine, l\u2019abattement, l\u2019espoir, l'enthousiasme exprimés par la musique donnent des plaisirs délicats et purs.La musique fait appel avant tout aux sentiments et chaque sensibilité peut jouir du plaisir musical, soit de la simple impression physique, soit des joies plus fortes dues à des effets nerveux, à des excitations motrices, à des influences morales.Elle seule, disait Goethe, peut exprimer l\u2019inexprimable.Elle dispose des moyens les plus naturels, en particulier le chant, qui se prête à exprimer un débordement du cœur, des forces sensibles et intellectuelles.On n'a qu\u2019à observer l\u2019homme aux prises avec un travail aimé, qui traduit son plaisir par un chant.Nos fêtes patriotiques et religieuses sont animées par l\u2019inspiration et le stimulus de la musique.La musique joue donc un grand rôle dans nos vies journalières.Toutes les personnes normales éprouvent un plaisir en écoutant de la musique, mais toutes n\u2019ont pas le même degré 137 Bevue Dominicaine d\u2019aptitude pour l\u2019exécuter ou l\u2019apprécier.Une bonne éducation musicale, contribuera à cultiver, à élever le plaisir éprouvé dans la musique.Pourvu qu'on sache diriger cette formation sans nuire à l\u2019attrait naturel, aucun enseignement n\u2019apportera plus de joie dans l\u2019âme de l\u2019enfant.Le don de la composition musicale n\u2019est donné qu\u2019au petit nombre ; il en est de même pour ceux qui ont l\u2019aptitude spéciale d\u2019interpréter les pièces plus difficiles soit par le chant ou par le jeu d\u2019un instrument quelconque.Mais nous pouvons tous éprouver un véritable plaisir en écoutant les belles œuvres interprétées par les artistes.C\u2019est le moyen par excellence de se récréer.C\u2019est donc à l\u2019école primaire qu\u2019incombe la tâche cl\u2019éveiller l\u2019amour et le goût de la bonne musique.L\u2019école ne se chargera pas de cet enseignement pour la seule fin de donner un plaisir à l\u2019enfant, mais aussi parce qu'elle sera une force pour diriger la pensée et l\u2019action.La musique, étant une forme d\u2019expression, doit nécessairement exprimer quelque chose.Quand nous voulons provoquer chez l'élève une appréciation plus riche, il faut lui faire connaître les différentes pensées et les différents sentiments qu\u2019elle exprime.Comme en littérature, une connaissance est requise de ce que la race nous a légué dans les œuvres des grands maîtres pour pouvoir bien comprendre toutes les possibilités de la musique.Au mo3Ten de la radiophonie et du gramophone il est maintenant possible de créer un vrai milieu musical au foyer.Les parents soucieux d\u2019initier leurs enfants à toutes les formes de musique aideront beaucoup à leur éducation musicale.Il est prouvé que l\u2019enfant appartenant à une famille de musiciens sera redevable de ses progrès moins à l\u2019hérédité qu\u2019à la valeur et au 138 L'éducation musicale de l\u2019enfance nombre d\u2019exercices et d\u2019auditions auxquels il prendra part, surtout s\u2019il s\u2019en trouve de particulièrement adaptés à ses moyens.Il suffit d\u2019assister à une matinée des Concerts Symphoniques pour voir avec quel intérêt les parents suivent l\u2019initiation à la musique de leurs enfants.On ne saurait trop féliciter les organisateurs de ces concerts conduits d\u2019une façon si intéressante.Les programmes de ces matinées, avec leur petite biographie d\u2019un grand compositeur, devraient être conservés par les parents comme référence.Nous allons classifier la musique d\u2019une façon très simple : en musique pour les « pieds », pour le « cœur », et pour la « tête ».La musique pour les pieds nous porte à vouloir suivre le rythme par l\u2019action : c\u2019est la musique de la danse, du jeu, de la marche.Elle peut aussi nous faire éprouver des joies d\u2019ordre intellectuel ; elle peut exprimer la poésie, les activités, les idéals d'un peuple.Beaucoup de chants nationaux et de marches patriotiques appartiennent à cette classe.La musique du cœur fait appel à la romance sentimentale, à l\u2019amour, à l\u2019affection, aux rapports sociaux.La musique de tête porte à la réflexion, à la pensée ; elle tend à nous faire méditer sur les valeurs réelles de la vie.Ce groupe comprend un bon nombre de chants religieux.Quelques grands opéras, certaines parties de symphonie et certaines pièces de concert qu\u2019on nomme « lourdes », nous portent aux réflexions sérieuses.L\u2019éducateur ou le parent pourra trouver une foule d\u2019œuvres illustrant cette classification, qui feront plus facilement comprendre les différences de rythme et les autres éléments techniques.Une autre classification utile de la musique chantée est celle-ci : chansons, romances, chant du folklore, chants patrio- Eevue Dominicaine tiques, ballades, cantiques, chants pour festivals, fêtes ou démonstrations spéciales.En signalant le but de ces chants divers, on peut éveiller un plus grand intérêt pour la méthode du compositeur et ainsi mieux faire apprécier ses œuvres.Dans la musique du folklore l\u2019occasion est offerte de faire comprendre les diverses caractéristiques des tempéraments nationaux.Dans la musique écossaise on trouve une vivacité, une verve et des sons parfois étranges.Les chansons irlandaises expriment l\u2019humour et le pathos.Les chansons des pays Scandinaves reflètent les conditions géographiques et le climat.C\u2019est de la musique sérieuse avec des passages parfois tristes tout comme dans leur littérature.Les chansons des pays latins se caractérisent par leur sentimentalité, leur gaieté et la spontanéité typique des pays ensoleillés ! Les chansons russes nous font ressentir la vie sombre des siècles d\u2019esclavage, tempérée par des crises soudaines de joie exagérée.Si l'on attire l\u2019attention des enfants sur ces qualités de la musique du folklore, ils verront comment les peuples tendent à exprimer leurs caractères dans leurs chansons et cela leur fera comprendre la façon dont les conditions de milieu, le tempérament, les idéals, se reflètent dans la musique.Ils saisiront mieux le grand fait que la musique tend à exprimer la pensée et le sentiment, Cela les incitera à rechercher dans chaque pièce les intentions du compositeur.L\u2019étude des différents moyens d\u2019exprimer la pensée et les sentiments portera à des considérations sur les instruments de musique.Xous pourrions intéresser les enfants au développements des orchestres et des fanfares.Ils verront qu\u2019il y a trois classes d\u2019instruments de musique : les instruments à cordes, à vent et de percussion.Pour les enfants qui 11e peuvent bénéficier 140 L'éducation musicale de l\u2019enfance des matinées d\u2019initiation à la musique, on peut se procurer des cartes offrant les images des divers instruments avec des disques qui illustrent le ton de l\u2019instrument ainsi que sa valeur dans l\u2019ensemble musical.Voici un programme pour des enfants de neuf à douze ans qui peut aider les parents dans leur choix : Enfants de 9 ans Pour développer le rythme : Musique descriptive : Les danses de folklore : Of a Trailer and a Bear (MacDowell) ; To a Water Lily (MacDowell) ; Witches\u2019 Dance (MacDowell) ; Au Ruisseau (Boisdeffre) ; Marche funèbre d\u2019une marionnette (Gounod) ; Chanson du Rouet (Mendelssohn) ; Suite Casse-noisettes ( Tchaikovsky).Pour écouter dans le calme, la tranquillité : Traumerei (Schumann) ; Chanson du soir (Schumann) ; Le cygne (Saint Saens) ; Mélodie in F (Rubenstein) ; Largo (Hændel) ; Wings of Song (Mendelssohn) ; Feuilles d\u2019Album (Wagner) ; Méditation de Thaïs (Massenet).Pour reconnaître la Valse et le Menuet : Valse no 2 (Brahms) ; Valse des Fleurs de la Suite Casse-noisettes (Tchaikovsky) ; Menuet (Bach) ; Menuet (Boccherini).Enfants de 10 ans Pour les thèmes qui se répètent : Le Matin (Grieg) ; In the Hall of the Mountain King (Grieg) ; Farandole (Bizet) ; Ecossaises (Beethoven) ; Amaryllis (Ghys) ; Humoresque 141 Revue Dominicaine (Dvorak) ; Danse Hongroise no 7 (Brahms) ; Boîte musicale (Liaclow).Pour reconnaître les différentes sortes de marches : Marelle Militaire ( Schubert ) ; La relève de « Carmen » ( Bizet ) ; Marche Turque des «Ruines d\u2019Athènes» (Beethoven) ; Chœur des Soldats de «Faust» (Gounod) ; Grande Marche d\u2019« Aida » (Verdi) ; Marche des petits soldats (Kreisler) ; Marche Nuptiale (Mendelssohn) ; Marche Funèbre (Chopin) ; Pomp and Circumstance (Elgar) ; La marche des Prêtres d\u2019« Athalie » (Mendelssohn).Pour différentes danses : Menuet en Ré (Mozart) ; Menuet (Gluck) ; Menuet Antique (Boccherini) ; Gavotte de «Mignon» (Thomas) ; Gavotte (Gluck-Brahms) ; Amaryllis (Gavotte) ; Valse des Fleurs (Tchaikovsky) ; Valse du Bleu Danube (Strauss) ; Bois de Vienne (Strauss) ; Valse de « Coppelia » (Delibes) ; Valse de «Faust» (Gounod).Pour musique descriptive : Marche des Nains (Grieg) ; Naïades à la Source (Juan) ; Chanson du Printemps (Mendelssohn) ; Danse des Flûtes et la Danse chinoise de «Casse-noisettes» (Tchaikovsky) ; Poupée valsante (Poldini) ; Le Cygne (Saint-Saëns) ; Chanson du Rouet (Mendelssohn) ; Danse des Heures ( Ponchielli ).Pour la musique pure: Andante d\u2019« Orpheus » (Gluck) ; Musette (Gluck) ; Andante de «Raymond» (Thomas) ; Prélude en la majeur (Chopin).Pour le son des instruments : Disques : « Instruments of the Orchestra ».112 7 L\u2019éducation musicale de l\u2019enfance Les Cordes : Vonmelancl (Chanson de folklore suédois) Danse d\u2019Anitra (Grieg).Pour les bois et les cuivres : La relève de « Carmen » (Bizet) ; Marche des petits soldats de plomb (Pierné).Bois : Boîte musicale (Liadow) ; Danse chinoise et danse des flûtes (Tchaikovsky).Harpe, cuivres, bois, cordes : Valse des Fleurs (Tchaikovsky).Enfants de 11 ans Pour reconnaître la musique en mineur : Marche funèbre (Chopin) ; Prélude en do dièze mineur (Rachmaninoff) ; Valse en do dièze mineur (Chopin) ; Marche du Chef Caucase (Oppo-litoff-Ivanoff ).Pour reconnaître la musique en majeur : Chanson du Printemps (Mendelssohn) ; Bleu Danube (Strauss) ; Valse des Fleurs (Tchaikovsky) ; Compositions en majeur et mineur : Amaryllis (Gliys) ; Humoresque (Dvorak) ; Marche militaire (Schubert) ; Marche funèbre d\u2019une marionnette (Gounod) ; Andante de la Symphonie Surprise (Haydn) ; Menuet de la Symphonie en sol mineur (Mozart) ; Valse Op.34, no 2 (Chopin).Pour reconnaître les différentes sortes de musique: Suites: Henri VIII (German) ; Scheherazade (Rimsky-Korsakoff) ; Peer Gynt (Grieg) ; Casse-noisettes (Tchaikovsky) ; Moldan (Smetana) ; Petite Suite (Bizet).143 Revue Dominicaine Ouvertures : Rêve cl\u2019une nuit mi-été (Mendelssohn) ; Mignon (Thomas) ; Guillaume Tell (Rossini) ; Fingal's Cave (Mendelssohn) ; Oberon (Weber).Scherzo : du Rêve de mi-été (Mendelssohn) ; de la Quintel (Schubert) ; Nocturne de (Chopin) ; Prélude Op.28, no 15 (Chopin) ; Prélude en do dièze mineur (Rachmaninoff).\u2022% Pour distinguer entre la musique descriptive et la musique pure.\u2014 Musique descriptive : L\u2019aurore, La Tempête, Le calme, de l\u2019Ouverture Guillaume Tell (Rossini) ; Danse macabre (Saint-Saëns) ; Le Rouet d\u2019Omphale (Saint-Saëns).Musique pure : Largo (Hændel) ; Largo de la symphonie du Nouveau-Monde (Dvorak) ; l\u2019Andante de la Symphonie Surprise (Haydn) ; Rondo du Trio no 3 (Haydn).Pour la sonorité des instruments P orchestre : Le jeune Prince et la jeune Princesse (Rimsky-Korsakoff).Cordes, hois : L\u2019ouverture de Guillaume Tell (Rossini) ; L\u2019aurore (Cello-timbales) ; La tempête (Cordes, cuivres, flûtes) ; Le calme (cor anglais, flûte) ; Finale (cuivre) ; Nocturne (Mendelssohn) (cors français) ; Scherzo (Mendelssohn) (flûtes, cordes) ; ouverture « Mignon » (Thomas) (cors français, harpe).Enfants de 12 ans Sélections de l'opéra : Prélude, marche nuptiale, Prélude acte III de «Lohengrin» (Wagner) ; Ouverture, chœur des Pèlerins, L\u2019Etoile du Soir de « Tannhauser » (Wagner) ; Chan son « Mastersingers » (Wagner) ; Chevauchée, Feu magique des Walky ries» (Wagner) ; Ouverture de «Mignon» (Thomas) ; 144 L\u2019éducation musicale de l'enfance Barcarolle (Offenbach) ; Grande Marche, Céleste Aida, de «Aida» (Verdi) ; « Anvil Chorus» « Trovatore » (Verdi) ; La relève, Danse et Habanera, «Carmen» (Bizet) ; Intermezzo de Cavalleria Rusticana (Mascagni), etc.Musique de Chambre : Andante Cantabile (op.II Quatuor pour Cordes) (Tchaikovsky) ; Andante de «Quatuor l\u2019Empereur» (Haydn) ; Pastorale de «Noël», Concerto Grosso no 8 (Corelli).Symphonie : Premier mouvement de la « Symphonie Inachevée » (Schubert) ; Deuxième mouvement de la cinquième symphonie (Beethoven) ; Largo de la symphonie du «Nouveau monde» (Dvorak) ; L\u2019Andante de la «Symphonie Surprise» (Haydn) ; Troisième mouvement (Menuet de la symphonie en sol mineur (Mozart) ; Deuxième mouvement de la symphonie no 8 (Beethoven) ; Finale de la symphonie no 4 (Tchaikovsky) ; Finale de la symphonie no 1 (Beethoven).Pour la sonorité des instruments : Le Village (Ippolitoff-Ivanoff) (viola, cor anglais, hautbois) ; Marche du Chef Caucase (Ippolitoff-Ivanoff) (piccolo, basson, clarinette) ; Largo de la symphonie du «Nouveau-monde» (Dvorak) (Cor- anglais) ; Rhapsodie Hongroise no 2 (Liszt) (basse, clarinette, flûte, cuivre) ; Chanson de l\u2019Inde (Rimsky-Korsakoff) (cordes, bois) ; La Moldan (Smetana) (bois, cordes) ; Danse de la Fée Dragée (Tchaikovsky) (céleste, clarinette, basse) ; Marche Slave (Tchaikovsky) (bassons, double-basses, hautbois, cuivres) ; 1812 Ouverture (Tchaikovsky) (Glockenspiel, cloches) ; Chevauchée des Walkyries (Wagner) (cordes, piccolo, cuivres) ; Largo, (Hændel) (orchestre et orgue) ; Rhapsodie Espagnole (Chabrier) (orchestre, castagnettes) ; Sérénade espagnole 145 Revue Dominicaine (Bizet) (castagnettes) ; Ouverture «Mignon» (Thomas) (cor français ).Les enfants qui auront la chance d\u2019entendre toutes ces pièces seront frappés par un instrument ou l\u2019autre qu\u2019ils aimeraient à jouer.Les parents devraient laisser l\u2019enfant libre de choisir l\u2019instrument de son choix.Trop de petits perdent à tout jamais le goût de la musique et même la prennent en horreur parce qu\u2019un parent ambitieux a insisté pour qu\u2019ils apprennent et pratiquent pendant des heures un instrument qu\u2019ils n\u2019aiment pas du tout.Beaucoup de professeurs de musique inspirent une horreur de leur art parce qu\u2019ils tiennent les enfants à des gammes et des exercices sans intérêt pendant des mois et des mois.Toute école et institution devrait posséder son orchestre ou sa fanfare.Il n\u2019y a pas de meilleur moyen de mettre de la vie dans une institution.Cela ne demande pas qu\u2019on ait des génies dans une école car il y a très peu d\u2019enfants qui 11e manifestent pas d\u2019aptitude pour un instrument ou l\u2019autre.Il serait facile de déterminer ces aptitudes au commencement de l\u2019année scolaire et d\u2019encourager l\u2019enfant à se procurer l\u2019instrument qui lui convient.Il existe plusieurs tests (épreuves) d\u2019aptitude musicale, le mieux connu étant celui de Seashore.Les tests de Seashore mesurent le timbre, le temps, l\u2019intensité, consonance et mémore des tons.Il y a aussi des tests par Dalcroze, de Chavais, de Kwal-wasser qui peuvent compléter les tests de Seashore.Les éducateurs musiciens qui s\u2019intéressent à la question des tests d\u2019aptitude spéciale trouveront des renseignements plus complets dans les travaux suivants : 146 L\u2019éducation musicale de l\u2019enfance Tests pour aptitude musicale Gaw, E.A.: A survey of Musical Talent in a Music School.University of Iowa Studies, no 8 Psychological Monographs, Vol.XXXI, pp.128-156, 1922.Kwalwasser, Jacob : Tests and Measurements in Music.C.C.Birchard Tests of Melodic and Harmonic Sensitivity, Victor Records no 35773 avec Manuel de Directives.Kwalwasser et Dykema, Peter : K-D.Music Tests.Victor Records.Mosher, Raymond : A study of Group Methods of Measurement of Sight-Singing.Teachers\u2019 College, Columbia U.1925.Ream, Merril : The Tapping Test ; a measure of motility.University of Iowa Studies no 8 Psychological monographs, Vol.XXXI, pp.293-319, 1922.Ruch, G.M.et Stoddard, G.D.: Tests and measurements in High School Instruction, World Book Co.Schoen, Max : Tests of Musical Feeling and musical understanding Journal of Comparative psychology, Vol.V, pp.31-52, Feb.1925.Schoen, Max : Validity of Tests of Musical Talent, Journal of Comparative psychology, Vol.Ill, pp.101-121, April 1923.Sandeford, Peter : Educational Psychology, Longmans, Green & Co.Seashore, Carl E.: Manual of Instructions and Interpretations for the measures of musical talent.Bureau of Educational Research and Service, State University of Iowa, Iowa City.147 Kevue Dominicaine Measures of musical talent.Six disques.Columbia phonograph Co.\u2014 Psychology of Musical Talent.Silver Burdett & Co.Sur-vey of musical Talent in the Public Schools.University of Iowa.Studies in Child Welfare, Vol.I, no 2, 1919.Stanton, Hazel M.: Inheritance of Specific musical capacities.Psychological monographs, Yol.XXXI, pp.151-204, April 1922.Psychological tests of Musical Talent.University of Kochester.Il en existe encore un grand nombre mais l\u2019espace nous manque pour les indiquer tous.L\u2019éducateur sagace peut développer un beau vocabulaire musical.En suivant notre programme pour l\u2019appréciation il pourra faire distinguer les termes musicaux tels que valse, aria, barcarolle, prélude, cantate, concerto, fugue, messe, mazurka, menuet, marche, berceuse, polonaise, sérénade, sonate, symphonie, oratorio, pastorale, polka, opéra, nocturne, étude, allegro, etc.On pourrait encore lier cette étude à l\u2019étude de la vie sociale des peuples où ces diverses pièces sont en vogue.Les enfants aimeront encore à distinguer et apprécier les différentes qualités de la voix telles que soprano, contralto, ténor, baryton et basse pour exprimer divers sentiments.Ils aimeront à chercher quelles sont les pensées et les sentiments qui sont mieux exprimés par le violon, la clarinette, le trombone, etc.Tout ceci créera un intérêt permanent pour la musique dans l\u2019âme de l'enfant et portera des fruits pendant toute sa vie.Il saura apprécier les beaux concerts à la radio, à la salle de concert parce qu'il comprendra ce qu\u2019il entendra.La musique étant l\u2019expression de la pensée et du sentiment, elle procurera une plus grande joie à l'enfant si elle est adaptée 148 L\u2019éducation musicale de L'enfance à la maturation de ses intérêts.L\u2019expression musicale de la pensée et du sentiment ressemble beaucoup à celle de la littérature pour ce qui regarde cette maturation.Les chansons des jeunes enfants devront exprimer des intérêts enfantins.Elles devront être surtout gaies, vives et bien rythmées.Les petits aimeront à prendre leur part dans un petit orchestre de rythme.Dans plusieurs systèmes scolaires on forme des corps de fifres, clairons et tambours quand les enfants sont trop grands pour l\u2019orchestre de rythme.Il est ensuite facile de former une vraie fanfare en mettant les joueurs de clairons sur les cuivres, les joueurs de fifres sur les bois, et les joueurs de tambours sur la percussion.Cette progression a eu beaucoup de succès.Tous ces enfants 11e deviennent pas des virtuoses mais ils sont armés à tout jamais contre l\u2019ennui.Avec le progrès de la machine, ils auront de plus en plus de temps libre.S\u2019ils n\u2019apprennent pas l\u2019emploi sain de ce temps les problèmes de délinquance se multiplieront.U11 éminent éducateur américain disait : « A boy who learns to blow a horn will never learn to blow a safe ».Les succès d\u2019éminents médecins tel que Wilhelm Van de Wall avec des anormaux et des criminels sont des témoignages précieux de la valeur de la musique pour la santé mentale qui a bien ses répercussions sur la santé physique.Dans les foyers où les enfants jouent des instruments et s\u2019unissent en trio ou en ensemble quelconque nous voyons une joie et une entente peu ordinaires.Dans une de 110s villes de la province, le maire et ses six enfants tous musiciens passent des soirées d\u2019une gaieté merveilleuse.Ses enfants adorent leur foyer et 11e se réfugient jamais dans des endroits malsains, remplis de fumée, pour voir et faire des contorsions au bruit de rythmes barbares sans mélodie.On 11e peut visiter ce foyer sans désirer 149 Revue Dominicaine ardemment que tous les parents prennent de semblables moyens pour maintenir au foyer le centre d\u2019intérêt où les jeunes peuvent s\u2019amuser d\u2019une façon saine pour le corps et l\u2019âme.Du point de vue professionnel la connaissance d\u2019un instrument de musique peut être d\u2019une grande utilité.Même si l\u2019enfant ne devient pas un musicien professionnel il pourra parfois s\u2019in troduire avec beaucoup plus de facilité dans la Amie qu\u2019il aura choisie.Plusieurs grandes compagnies qui ont leurs fanfares ou orchestres donnent une préférence au musicien ; et même des municipalités se chargent de trouver un emploi pour le jeune homme qui pourra jouer son rôle dans l\u2019organisation musicale de la ville.L\u2019éducation musicale aidera aussi à la formation du caractère.L\u2019enfant constatera mieux qu\u2019il faut beaucoup) d\u2019effort individuel, mais que cet effort doit s\u2019harmoniser avec les efforts des autres.Il suffit d\u2019assister à nue répétition musicale pour comprendre la valeur de cette éducation.L\u2019élève qui connaît sa partie à fond mais qui doit attendre des heures pour que toutes les parties s\u2019harmonisent, jouent ensemble, etc., peut comprendre plus facilement l\u2019application de cette règle dans son propre comportement.Que les parents encouragent tous les concerts des enfants, que ce soit des chorales, des orchestres, fanfares ou tout autre groupe musical ; même si les premiers résultats n\u2019égalent pas celui des virtuoses, ils y trouveront ce rythme de la jeunesse qui les rajeunira et ils encourageront leurs enfants par leur présence.Une innovation qu\u2019on devrait encourager est celle de la discothèque.Dans les années à venir nous verrons sans doute la plupart des foyers a\\rec ces albums de disques et dans des moments de loisirs les membres de la famille pourront écouter 150 L\u2019éducation musicale de l\u2019enfance avec plaisir les chefs-d\u2019œuvre des grands maîtres exécutés par les artistes et les orchestres les plus renommés.Ces discothèques devraient faire partie des bibliothèques municipales et les disques ou albums de disques se prêter, aux mêmes conditions que les volumes.Ceci permettrait à tous les gens sans distinction de fortune d\u2019éprouver les joies de la belle musique et d\u2019y puiser en maintes occasions, les ressources nécessaires pour maintenir l'équilibre de la vie affective, condition de l\u2019hygiène mentale.Avec une éducation musicale l\u2019enfant le plus pauvre devient riche ! Louis Chatel Commission des Ecoles Catholiques de Montréal Professeur à l\u2019Institut Pédagogique et médico-Pédagogique 151 Le Sens des Faits L'Heure Mariale dans nos journées Pour saisir et retenir l\u2019attention des esprits aux affaires du monde on a de nos jours réalisé toute une série d\u2019organisations quotidiennes annoncées sous la rubrique : Heures.Et c\u2019est ainsi que nous avons l\u2019heure du foyer, l\u2019heure de la musique classique, l\u2019heure de la chansonnette française, l\u2019heure des nouvelles de la B.B.C.Pour saisir et retenir l\u2019attention des esprits aux affaires les plus sérieuses dans la vie d\u2019un homme, les affaires morales et spirituelles chacun devrait ainsi marquer certaines étapes de sa journée.Ainsi on réaliserait moins facilement l\u2019oubli des devoirs les plus importants, les devoirs religieux.Saint Paul l\u2019avait déjà noté : « la piété est utile à tout ».C\u2019est-à-dire à tous les temps et à toutes les circonstances d\u2019une vie d\u2019homme.On devrait donc trouver dans la journée une place marquée d\u2019avance et désirée, et qu\u2019on appellerait l\u2019heure de la prière.Et avec l\u2019heure de la prière, on insérerait aussi dans son programme quotidien de vie, l\u2019Heure Mariale.C\u2019est-à-dire l\u2019heure du souvenir quotidien à la Mère de nos âmes, à la Très Sainte Vierge Marie.Au cours d\u2019une journée bien des souvenirs se présentent à l\u2019esprit humain.Et malheureusement ce ne sont pas toujours des souvenirs intéressants.II faut vouloir et savoir s\u2019arrêter à ceux qui peuvent nous apporter un bon résultat pour l\u2019esprit et pour le cœur.Or parmi tous les souvenirs bienfaisants à la pensée humaine et chrétienne, le souvenir de Marie est l\u2019un des plus salutaires et des plus agréables à ramener à notre attention et à notre cœur.J\u2019admets que la vie de la pensée ne soit pas toujours aimable.Mais on peut par des efforts répétés et réguliers la hausser à une atmosphère de pure beauté et d\u2019enthousiasme vrai.Or toute les sources profondes d\u2019une amabilité permanente : joie dans l\u2019action, amour dans le sacrifice, espérance dans la peine, se rencontrent dans la prière à la fois douce et virile du Rosaire.C\u2019est là le point de vue élevé du chapelet de nous rendre facilement attentifs aux seules réalités qui 11e passent pas.152 Le Sens des Faits Se rappeler au cours de nos misères et de nos luttes quotidiennes que nous avons dans les mains une arme facile à manier et en même temps très puissante contre l\u2019ennemi de nos âmes, la prière mariale par excellence, le Rosaire ou le Chapelet.C\u2019est là une façon très pratique d\u2019éveiller son esprit à un souvenir des plus lieureux et des plus féconds, le souvenir de Notre-Dame de toutes grâces et de toutes joies.Dans nos familles de la terre, tout enfant bien élevé pense souvent au cours de la journée à saluer sa maman.C\u2019est très beau et c\u2019est là la marque d\u2019une bonne éducation et d\u2019un bon cœur.Ainsi dans cette grande famille chrétienne qu\u2019est l\u2019Eglise catholique, tous les chrétiens ayant Marie pour Mère, feront preuve de bonne éducation spirituelle en se faisant un devoir de politesse de saluer tous les jours Marie la Mère de leur vie surnaturelle.Le chrétien bien élevé c\u2019est l\u2019homme qui tous les jours, avec respect et amour, dit à sa Mère du Ciel : Je vous salue Marie.Octobre est tout désigné pour fixer désormais dans le programme quotidien de nos journées notre Heure Mariale.Ce sera l\u2019heure de la récitation attentive, amoureuse et fervente de notre chapelet.Reprenons la récitation quotidienne du chapelet avec une brève, mais affectueuse considération sur l\u2019hagiographie du Christ et de Notre-Dame, synthétisée dans les tableaux-mystères du Rosaire.Et en plus du souvenir bienfaisant que cette prière bien faite apportera à notre esprit, elle nous obtiendra les grâces de lumière et de réconfort nécessaires dans nos difficultés de chaque jour.Alors c\u2019est entendu, prenons chacun nos montres et déterminons dès maintenant quelle sera dans chacune de nos journées l\u2019heure durant laquelle Marie nous parlera et où nous parlerons a Marie.\t-»»-\t^ Tî M.-\\ .Masson, O.P.Pie XI [ à la Minerve Le vingt-cinq mars 1870, suivant une vénérable et chère tradition des pontifes romains, Pie IX, le Pape-Roi, se rendit du Vatican à l'église dominicaine de Sainte-Marie-sur-Minerve.Louis Yeuillot, qui se trouvait à Rome pour adresser à son journal le compte-rendu des séances du concile œcuménique, a raconté l\u2019événement en quelques pages d\u2019une tendre et virile beauté.« Quand le Pape va quelque part, c'est pour offrir le saint sacrifice ou y 153 Revue Dominicaine assister, pour prier, pour honorer Dieu et répandre des grâces.Le printemps et le Pape, cela peut remplir une journée.Les haies, qui fredonnaient il y a deux ou trois semaines, commencent d\u2019être en pleine voix.Et quelle lumière tombe de l\u2019azur ! Fête de l\u2019œil, fête de l\u2019oreille, fête de l\u2019intelligence.Des éclairs et des courants de pensée inconnus ailleurs traversent ce théâtre incomparable.J\u2019ai vu passer le Pape, j\u2019ai vu passer la vie.Les Romains ont bien raison d\u2019aimer le train de ce grand gala, et de courir à ce spectacle.C\u2019est une pompe très noble et très aimable, fort animée et fort ordonnée, et qui n\u2019a rien de tumultuaire.Même au physique, le Pape est le seul homme en ce monde qui ait bien l\u2019air de savoir où il va.Il a un chemin tracé, un pas réglé ; il va lentement, comme celui qui sait qu\u2019il arrivera.Ici les hommes revoient ce qu\u2019ils ont vu enfants, ce qu\u2019avaient vu leurs pères ; et ce que voient les pères, les enfants le verront.Toute la population quitte le reste de la ville et se concentre sur ce parcours entre le Vatican et la Minerve.La foule, épaisse partout, est compacte sur la place de la Minerve et aux abords.Là où un pied peut se poser, il y a quelqu\u2019un, une bouche qui sourit, un cœur qui bat.(Le Pape) jette en passant la bénédiction de la miséricorde et de la justice, la bénédiction de la douceur, de la lumière et de la paix.Je l\u2019adulerais, je lui crierais ce que l\u2019on criait jadis ici à César, et ce que nous seuls dans le monde ne crions plus qu\u2019au vrai Pontife du vrai Dieu : Ab ævo vinces ! Sois victorieux dans le cours des âges, toi par qui seul nous serons délivrés ! Intencle, prospéré procédé et régna, suis ton chemin de lumière invisible, dont la lumière visible suit les pas, et qu\u2019elle reste où tu l\u2019auras portée, et qu\u2019elle atteigne et déchire par toi toutes les nuits du monde !» (Rome pendant Je Concile, tome premier, Paris, 1872, pages 390-392 et 394-395).Hélas ! les hommes ne devaient plus revoir ce qu\u2019ils avaient vu enfants.Le vingt septembre 1870 et les odieuses petitesses qui le suivirent allaient empêcher toute répétition du gracieux cortège minervitain.Au moins, ce que venaient de voir les pères, leurs enfants le verraient-ils un jour ?Pendant longtemps, on ne l\u2019espéra plus.Et voici que cette année 1940, pourtant si inquiète et si troublée, a vu un autre Pie, un autre Pape-Roi, se rendre, en cortège officiel, du Vatican à la Minerve.Le vingt-cinq mars tombant cette année le lundi de Pâques, la fête de l\u2019Annonciation perdait sa date traditionnelle.Les Frè- n 154 Le Sens des Faits res Prêcheurs pensèrent donc à fusionner le premier et le dernier jour d\u2019avril, la solennité liturgique de Maria Santissima Annun-ziata et celle de sainte Catherine de Sienne, et à prier le Souverain Pontife de daigner se rendre à la Minerve le dimanche après le trente avril.Par la plus heureuse coïncidence, ce dimanche, cinq mai, marquait la fête d\u2019un Pape dominicain ayant le nom de Pie : saint Pie V, et l\u2019ayant illustré surtout par sa légendaire dévotion envers la Vierge Marie.Donc, à neuf heures trente-cinq du matin, Sa Sainteté quitta le palais du Vatican.Cinq voitures automobiles remplaçaient les cinq carosses de 1870.Et pour s\u2019en venir de la Place Saint-Pierre au Tibre, le cortège défila par une artère appelée via délia Conci-liazione.Deux signes des soixante-dix années écoulées, chacun à sa manière et dans son domaine.A part cela, la description de Louis Veuillot garde toute sa fraîcheur et conserve sa minutieuse exactitude.Comme Aroici soixante-dix ans, un peuple en fête, des draperies et des fleurs.Comme alors, une Place de la Minerve ne pouvant contenir la foule qui se presse et qui acclame.Comme en 1870, le Maître Général et le Provincial romain des Prêcheurs recevant le Vicaire du Christ au seuil du couvent de la Minerve.La même entrée solennelle sur la sedia gestatoria pour assister à la messe célébrée par le Cardinal Titulaire.La même offrande d\u2019un calice précieux par le gouverneur de la ville au nom du « Sénat et du Peuple Romain ».Seulement, quand S.E.le Cardinal Tisserant a terminé le saint sacrifice, Pie XII désire parler à son peuple de Rome.Deux fois avant son accession au souverain pontificat, il avait gravi les degrés de cette chaire de la Minerve pour y chanter la gloire de saint Albert le Grand et celle de saint Dominique.Aujourd\u2019hui devenu Pape, il veut y évoquer l\u2019intercession de la Mère de Dieu et celles de sainte Catherine de Sienne et de saint François d\u2019As-sise qu\u2019il avait récemment proclamés patrons de toute Pltalie.Il termine par une supplication d'une extrême vigueur au Christ-Roi pour obtenir de Lui la fin des rancœurs entre les peuples et la cessation du gâchis international par l\u2019authentique organisation chrétienne de chaque nation.En quittant la basilique, Pie XII se dirige vers la grande salle de la Bibliothèque Casanate, partie intégrante du couvent de la Minerve jusqu\u2019aux spoliations du dix-neuvième siècle.Le sénateur Fedele offre au Pape le premier volume de la nouvelle 155 Revue Dominicaine édition critique de l\u2019épistolier de sainte Catherine.Le R.P.Tau-risano, O.P., présente la récente réédition de sa biographie de la dominicaine siennoise.Puis un volume de mélanges contenant, entre autres, deux études du professeur Luigi De Gregori : A) La Bibliothèque Casanate ; B) Le cloître de la Minerve et les 1/éditaitones du Cardinal Torquemada.Le docteur Donati, de la Vaticane, présente également une monographie sur le cloître du couvent de la Minerve.Après les remerciements de Sa Sainteté, le cortège papal se reforme pour rentrer au Vatican.Il est une heure dix minutes.Le long du trajet, la même foule empressée et agenouillée.Les cloches de Saint-Pierre saluent le retour de leur auguste maître.«Voilà une journée de Rome», comme écrivait Veu il lot, une journée historique rejoignant 1870 après juste soixante-dix ans d\u2019arrêt.Avant de terminer, et à propos des publications offertes en hommage au Souverain Pontife, on me permettra de céder, pendant quelques instants, à une mienne « déformation professionnelle ».En complément des travaux de De Gregori et de Donati sur la Casanate et la Minerve, je souhaiterais vivement l\u2019édition prochaine et complète de deux manuscrits dominicains.Le premier est la Storia délia Biblioteca Casanatense, écrite à partir de 1881 par son dernier préfet dominicain, le P.Pio Tommaso Masetti, décédé le 17 mars 1900.La publication en fut commencée jadis dans les Memorie Domenicane mais trop vite interrompue.L\u2019autre est la Lumen Domus du couvent de la Minerve, diaire et cérémonial rédigés au dix-huitième siècle par Domenico Olmi, O.P., et toujours conservés parmi les manuscrits de la Casanatense.C\u2019est un travail fondé en histoire, et d\u2019une précision minutieuse sur toutes et chacunes des journées liturgiques de la Minerve, en particulier sur le grand jour annuel de la visite du Pape.U.J.c.c.Dimanche, neuf octobre 1938.Dans la capitale de notre pays, tous les groupes de jeunesse catholique, de langue française ou d\u2019expression anglaise, de l\u2019est ou de l\u2019ouest, sont enfin réunis.Ils fusionnent sans se confondre, pour un premier et joyeux départ en avant.Leur mot d\u2019ordre : en face des difficultés grandissantes, s'assembler et se connaître pour apprendre à s\u2019épauler.15G Le Sens des Faits On répète partout que le monde est enténébré et inquiet comme rarement il le fut.C\u2019est donc le moment pour les jeunes catholiques de chez nous de réaliser une seule force en vue de posséder Jésus-Christ maître et souverain du Canada, comme de conserver le Canada au Christ-Roi.Telle avait été l\u2019idée directrice lancée avec force et entrain par Mgr Mozzoni, alors chargé d\u2019affaires de la Délégation Apostolique.Filiales et empressées, les adhésions étaient venues de tous les coins du pays.A mesure que les lointaines provinces rejoignaient les premiers arrivés, la réunion et l\u2019union se faisaient de plus en plus compactes et vivantes.La température, d\u2019abord défavorable puis incertaine, finit par se mettre à l\u2019unisson de cet éblouissant baptême de jeunesse.L\u2019après-midi dominical débuta dans une lumière d\u2019été semblant prolonger sa vie.Seule, la brise fraîche révélait l\u2019insidieuse présence de l\u2019automne.Par les larges et calmes avenues de la capitale, sous le feuillage rouge et doré, le cortège juvénile se dirigea vers VAuditorium.Là, sous la direction de son Eminence le Cardinal Villeneuve, fut promulguée la grande charte de la Jeunesse Catholique du Dominion.Les séances et les comités des jours suivants précisèrent les détails.Désormais existe et agit un vaste et unique mouvement national juvénile sous deux appellations linguistiques : Union des Jeunesses Catholiques Canadiennes (U.J.C.C.) ; Canadian Catholic Youth Union (C.C.Y.U.).Au tout premier début, dans certains milieux provinciaux ou locaux irlandais comme canadiens-français, quelques spécialistes des horizons rétrécis avaient pu émettre des vaticinations pessimistes.Mais ce 11e fut pas long, et ce fut rare.Le dimanche précédant la fondation, je prêchais, pour la solennité du Saint-Rosaire, aux six messes de l\u2019église Saint-Joseph de Hull, la populeuse et vivante paroisse de M.le Chanoine L.-C.Raymond.Au prône, tous les jeunes gens furent convoqués à une assemblée locale préparatoire à la grande organisation qui approchait.Pendant qu\u2019auprès de la salle paroissiale ils attendaient l\u2019heure fixée, un jeune ouvrier dit à son voisin : « A quoi ça va servir cette union avec les Irlandais ?» Et l\u2019autre de répondre sans la moindre hésitation : « C\u2019est pour bloquer le communisme, le divorce, le chômage et tout ce qui nous embête ; et c\u2019est pour favoriser tout ce qui 110ns rendra meilleurs, nous autres catholiques.Tout le monde ensemble, ça sera plus sûr de gagner ». Revue Dominicaine C\u2019est ainsi que l\u2019on a saisi le pourquoi vital de cette fédération juvénile a mari usque ad mare.Il lui reste à gagner les diverses batailles qui s\u2019imposent à sa clairvoyance et à son activité.Dans leur belle revue Union, les chefs ont déjà eu l\u2019occasion de signaler combien il leur est difficile de perforer la carapace de nos gouvernants d\u2019Ottawa.Pour le problème de « l\u2019aide à la jeunesse », en particulier.Mais ce qui compte, c\u2019est d\u2019agir ; agir avec patience, courage et un indomptable esprit de suite.Pour cela, il fallait commencer et il fallait continuer.C\u2019est fait.Le troisième item : la victoire, ou mieux les victoires, est une question de temps.L\u2019automne dernier, l\u2019U.J.C.C.avait pensé commémorer son premier anniversaire par un grand congrès national.La déclaration de guerre à l\u2019Allemagne par les chambres canadiennes vint l\u2019en empêcher.La durée des hostilités et l\u2019angoisse accrue de l\u2019heure présente ont conseillé pareillement, cette année, la suppression de toute manifestation solennelle et collective.Ce fut une bienheureuse abstention, à mon avis du moins.Car au lieu de l\u2019éclat extérieur de ce qu\u2019on appelle « un grand congrès », les dirigeants se sont rencontré pour une semaine de communications, d\u2019échanges et de discussions.Ce fut du vingt-cinq août au vendredi soir, trente, au camp De La Salle, sur la rive nord du lac Simcoe, près de Toronto.Je n\u2019ai pas à publier ni même à résumer ici l\u2019abondant programme réalisé.L\u2019U.J.C.C.s\u2019est chargée elle-même d\u2019en informer au jour le jour les principaux quotidiens du pays.Je m\u2019arrêterai à un seul point.Dans la partie de langue française, le grand organisme juvénile catholique est constitué par l\u2019A.C.J.C.avec les nombreux et souples secteurs de ses mouvements spécialisés.Chez nos frères de langue anglaise, on est, jusqu\u2019ici, allé moins loin.Leurs divers groupements d\u2019avant octobre 1938 se sont fusionnés sons le signe de la Catholic Youth Organization (C.Y.O.) venue des Etats-Unis.On connaît la ductilité de la C.Y.O.tant dans son introduction locale que dans le nombre et le mode de ses ramifications.Je pourrais lui appliquer ces lignes de M.II.McMorrow dans la revue Union d\u2019avril-mai 1910, page 8 : « The perfect method of initiating a parish youth organization has not yet been discovered and probably never will be.The starting point might be a hockey team, study club, dramatic society, literary circle, or hobby group.In this case expediency would seem a 158 Le Sens des Faits sound rule to follow».Probably never will be : les Canadiens français répondent : la formule a été trouvée et sa réalisation est chez nous un fait quotidien.Nos mouvements spécialisés d\u2019Action Catholique Juvénile 11e s\u2019accrochent pas, clans une période plus ou moins tardive et selon un rythme plus ou moins mitigé, à 110s cercles d\u2019étude ou à 110s clubs sportifs.Ils sont institués d\u2019emblée, et ils existent par eux-mêmes et pour eux-mêmes.D\u2019ailleurs, nous les avons cherchés, trouvés et institués précisément pour réaliser ce qui n\u2019existait pas suffisamment dans nos cercles, associations et clubs : la vie divine mieux connue, pénétrée et vécue.E11 cela repose une incontestable supériorité de 110s mouvements spécialisés de Jeunesse Catholique sur tous les cercles d\u2019étude, tous les clubs de boxe et n'importe quel hobby group de la Catholic Youth Organization.Je sais bien que PU.J.C.C.ou C.C.Y.U., comme telle, n\u2019est pas un mouvement officiel d\u2019Action Catholique.Elle est la fédération de tous les groupements de jeunes catholiques canadiens, quelle que soit la formule adoptée et le but poursuivi par chacun, par exemple jouer \u2014 et jouer bien \u2014 au hockey.Mais la sève chrétienne et divine 11e coulera-t-elle pas plus riche et plus puissante chez des sportifs ou des acteurs ou des musiciens ou des habitués de cours du soir qui seront d\u2019abord jécistes ou jocistes ?Lundi matin le vingt-six août, au lac Simcoe, S.E.Monseigneur McGuigan a exprimé une claire et précise réponse à cette question.Ainsi va l\u2019Union des Jeunesses Catholiques Canadiennes.Elle sait dépasser la zone d\u2019habileté tactique, pour pénétrer dans les bases et dans la substance d\u2019une structure vitalement catholique.Elle 11e connaît d\u2019autre ambition que de garder et d\u2019intensifier jusque dans les réalités profanes l\u2019ordre chrétien au Canada.Si divers soient ses membres, ils 11e sont pas étrangers les uns aux autres puisqu\u2019ils 11e composent qu\u2019un seul corps.Depuis deux ans, leur évolution naturelle parce que surnaturelle a fait plus que le vouloir des autorités ecclésiastiques : elle opère une coordination profonde de forces d\u2019ailleurs parfaitement convergentes, sans que pour cela elles se confondent.En français comme en anglais, une même charité fraternelle et une même conviction de l\u2019âme fait monter l\u2019appel : si vous croyez au Christ vivant, venez à nous.A.Papillon, O.P.159 Revue Dominicaine Allemands « nazis » et Allemands tout court Dans Je terrible réquisitoire qui se fait contre l\u2019Allemagne depuis le début de la guerre dans presque tous les pays du inonde, il y a lieu de tenir toujours présente à l\u2019esprit la distinction à faire entre les adeptes du parti National-Socialiste ou « nazi » qui gouvernent actuellement l\u2019Allemagne et les citoyens de ce même pays qui 11e veulent avoir rien de commun avec ce parti.Il n\u2019est donc que juste de se rappeler en toutes circonstances qu\u2019il y a en ce pays une forte proportion de la population, composée de catholiques et de protestants, qui souffre au-delà de tout ce que l\u2019on peut dire de l\u2019état de chose qui existe en pays allemand parce qu\u2019elle 11\u2019y a été pour rien et parce qu\u2019elle est victime de la haine des ennemis de l\u2019Eglise et du nom chrétien.Nos coreligionnaires, en effet, \u2014 car nous voulons nous borner ici aux catholiques \u2014 qui voulaient et qui continuent à vouloir être d\u2019honnêtes et honorables citoyens de leur patrie et des adeptes fidèles de leur religion, sont radicalement opposés à l\u2019idéologie néfaste du parti National-Socialiste ainsi qu\u2019au régime tyrannique que les adeptes de ce parti ont instauré à la tête du pays.S\u2019il leur était loisible de le faire, ils stigmatiseraient et condamneraient ouvertement et sans cesse les abus et les méfaits dont se rendent coupables les chefs du gouvernement et ceux qui sont à leurs ordres.Mais, hélas ! ils 11e le peuvent aucunement car défense absolue leur est faite, sous la menace des peines les plus sévères, de s\u2019opposer, de quelque manière que ce soit, aux iniques projets qu\u2019ont entrepris de réaliser ceux qui président actuellement aux destinées de l\u2019Allemagne.Les catholiques allemands souffrent donc doublement de la situation qui existe en leur pays ; d\u2019abord, en ce que l\u2019odieux régime qui y a été installé depuis quelques années est diamétralement opposé à leur idéal d\u2019un gouvernement juste et sage ; puis, parce qu\u2019ils subissent une cruelle persécution de la part de ce même régime en raison de leur attachement à leur religion.Aussi longtemps qu\u2019ils purent jouir de la liberté d\u2019exprimer leurs sentiments, nos frères d\u2019Allemagne 11e manquèrent pas de condamner énergiquement les abus de toute sorte dont les gouvernants se rendaient coupables.Nul parmi ceux qui les ont lus n\u2019a pu oublier les admirables discours que prononça en 1937, en sa ville épiscopale, Son Em.le cardinal Faulhaber, archevêque de 160 Le Sens des Faits Munich, ni les intrépides Lettres pastorales publiées par les Evêques d\u2019Allemagne à l\u2019occasion de leurs réunions annuelles de Fulda, ni, enfin, les écrits courageux parus dans la presse catholique du pays alors qu\u2019on en tolérait encore l\u2019existence.Doublement en proie à la persécution dans leur propre pays, nos coreligionnaires méritent donc, avec un juste traitement de notre nart, le tribut de notre sympathie la plus profonde.A eux, donc, va notre admiration la plus sincère pour l\u2019exemple de force héroïque \u2014 oh, combien digne d\u2019éloge celle-ci ! \u2014 et de fidélité inébranlable à leurs principes et à leur foi, qu\u2019ils donnent au monde depuis des années entières sous l\u2019étreinte de l\u2019une des persécutions les plus terribles qu\u2019ait connues l\u2019Eglise en leur pays.\u2014 Comme leurs voix ne peuvent plus se faire entendre et que leurs actes d\u2019héroïsme ne peuvent plus être connus à l\u2019extérieur, nous, du dehors, sommes peut-être portés d\u2019instinct, à croire que les Allemands, comme peuple, sont responsables des actes d\u2019injustice et de violence qui se sont commis et qui conti nuent à se commettre depuis le commencement de la guerre.Pour peu que nos coreligionnaires allemands eussent connaissance d\u2019une telle méprise de la part des catholiques à travers le monde, quelle souffrance ne s\u2019ajouterait-elle pas à celles qu\u2019ils endurent déjà, à la pensée qu\u2019ils sont englobés dans l\u2019universelle réprobation dont leur patrie est l'objet, eux dont la fidélité invincible à tous les bons principes comme à leur foi, s\u2019affirme à un aussi haut prix.Il est donc opportun de se rappeler qu\u2019il n\u2019y a rien de moins représentatif de la véritable Allemagne que les adeptes du parti National-Socialiste, et, tout particulièrement, ceux parmi eux qui détiennent actuellement le pouvoir en ce pays.Soyons justes, par conséquent, à l\u2019endroit d\u2019une partie considérable des habitants de ce pays \u2014 tant protestants que catholiques \u2014 qui n\u2019ont contribué en rien à ce que le nom de leur patrie soit devenu un objet d'horreur pour la quasi totalité du genre humain.Ne condamnons donc pas à l\u2019aveugle tous les citoyens de ce pays pour les actes de violence et d\u2019injustice dont sont seuls responsables les hommes iniques et sanguinaires qui sont à la tête du gouvernement et qui, dans leur cynique duplicité voudraient faire croire au monde entier que leurs actes criminels ont l\u2019approbation et l\u2019appui de tous les Allemands sans distinction.Sachons donc faire le discernement entre Allemands « nazis » et Allemands tout 161 Eevue Dominicaine court et nous bornerons ainsi notre réprobation à ceux-là seuls qui la méritent.Et, comme conclusion pratique à cet exposé, nous ajouterons les recommandations suivantes.Ne nous contentons pas d\u2019une justice ni d\u2019une charité purement négatives à l\u2019endroit de nos frères persécutés en nous abstenant de les condamner, ou en reconnaissant leur mérite et en souhaitant leur prochaine délivrance des maux dont ils souffrent.Que notre attitude soit, plutôt, celle de frères véritables qui compatissent effectivement aux maux du prochain.Prions donc pour eux comme aussi pour toutes les autres personnes également victimes de la haine des sectaires et soumises aux mêmes tourments que nos frères, parce qu\u2019elles aussi aiment mieux obéir à Dieu qu\u2019aux hommes.Nos prières, espérons-le, leur mériteront les grâces de force et de consolation dont elles ont si grandement besoin pour endurer jusqu\u2019au bout leur long martyre.\u2014 Quant aux persécuteurs eux-mêmes, quelles que soient leur culpabilité et leur indignité, au lieu de les haïr \u2014 ce qui serait tout à fait stérile et condamnable, car, un catholique n\u2019a pas le droit de haïr qui que ce soit, fût-ce son ennemi personnel le plus déclaré \u2014 prions aussi pour eux afin que Dieu, dans son infinie miséricorde, daigne les éclairer et les ramener dans le droit chemin.Outre que ce sera là faire un acte très méritoire, ce sera aussi prendre l\u2019un des moyens les plus efficaces pour obtenir pour notre monde troublé \u2014 parce qu\u2019il s'y trouve tant de cœurs vides de charité \u2014 cette paix dont il a un si grand besoin et que tous nous appelons de nos vœux les plus ardents.A.-M.Kicher, O.P.162 L'Esprit des Livres R.P.Georges Simard, O.M.I.\u2014 « Maux présents et foi chrétienne ».1 vol.in-12 de 210 pages.Ottawa, Editions de PUni-versité, et Montréal, Editions Beauchemin, 1940.La Revue Dominicaine de mars dernier, page 160, a rendu compte de l\u2019excellent ouvrage du R.P.Simard sur Les universités catholiques.Leurs gloires passées, leurs tâches présentes.Au moment même ou paraissait ce volume, l\u2019Auteur entreprenait un long et important apostolat radiophonique.Dans sa Bio-Bibliographie du R.P.Georges Simard, O.M.L, parue il y a exactement un an (octobre 1939), Sœur Marie-Raymond l\u2019avait annoncé en termes légèrement ampoulés : « Arrêtons-nous un instant pour saluer dans le R.P.Georges Simard, O.M.I.le conférencier attitré pour toutes les causeries radiodiffusées de la capitale canadienne, à YHeure dominicale de cette présente année 1939-1940.Elles ont pour titre général : Maux présents et foi chrétienne.Que le révérend père soit félicité et remercié de trouver ainsi le secret d\u2019éclairer les intelligences, de réconforter les âmes en ces temps troublés que nous traversons» (op.cit., p.15).Comme ceci est suavement prophétisé et en authentique style bonne sœur ! Les causeries viennent donc de paraître en volume.Ce sera tant mieux pour ceux qui n\u2019ont pu suivre leur égrenage sur la voie des ondes.Tant mieux aussi pour tous ceux qui les entendirent à la radio et pourront de la sorte en profiter davantage.Il leur sera loisible, également, de pouvoir porter sur elles un jugement plus complet parce que plus rassis.Déjà, le cinquième entretien, intitulé : Le mal et les empires, avait été livré à l\u2019impression dans la Revue de l\u2019Université d'Ottawa, fascicule d\u2019avril-juin (Tome X, pages 129-138).Sa parution produisit une réaction plutôt acerbe chez le directeur de L\u2019Action Nationale de Montréal.M.André Laurendeau entreprit donc de dénoncer « Les jeux d\u2019une théologie aventureuse » dans le fascicule de mai 1940 de son périodique (volume XV, pages 344-354).Aux pages 350-353, le jeune et ardent directeur intercale la consultation théologique d\u2019un « clerc » dont il signale avec raison « la compétence et l\u2019autorité» (loc.cit., p.350).De plus, le « clerc » en question se fait remarquer par un verbe dru et ferme.Celte réaction a provoqué les contre-réactions d\u2019un individu aux initiales P.C.dans Le Droit du 15 août 1940, page 3 ; et dans le Devoir du 10 du même mois, page 7, celle du R.P.Robert Fortin, S.S.S., qui, seul de ce trio batailleur, a authentiqué sa prose.Quoi qu\u2019il en soit de tout ce bruit, il faut relire ce chapitre cinquième : Le mal et les empires (pages 61-73).A la page 83, après avoir évoqué l\u2019assaut des barbares contre l\u2019empire romain, l\u2019Auteur continue : « cette fois (en 1939), ce n\u2019est plus la superstition luttant contre la foi véritable, c\u2019est le christianisme se déchirant lui-même.Nulle part la religion avant le nationalisme ».Affirmation très nette, que les combattants locaux ont de par trop négligée.163 Revue Dominicaine Au compte de ce malheureux chapitre V, on pouvait craindre pour le sort de la publication de l\u2019ensemble des causeries.Heureusement, il n\u2019en fut rien.Donc, après une brève et pertinente lettre-préface du R.P.L.Deschâtelets, O.M.I., Supérieur du Scolasticat Saint-Joseph à Ottawa, et à la suite des préambules de rite, l\u2019ouvrage apparaît divisé en trois sections.A) De la page 17 à la page 84 : Le mal et la foi chrétienne.B) De la page 87 à la page 167 : Le bien et la foi chrétienne.C) De la page 171 à la page 206 : Applications au Canada.Malgré ce troisième volet du triptyque, des applications on ne peut plus directes et claires à la situation canadienne se rencontrent déjà auparavant, dans les deux premiers panneaux, v.g.page 73 à propos de notre participation à la présente guerre ; et page 156 au sujet du problème du bilinguisme chez nous.Pour l\u2019armature de son travail et le fond de ses exposés, le R.P.Simard s\u2019en remet avec une filiale confiance à celui qu\u2019il appelle son « maître » : saint Augustin.Chacun de ses examens bi-mensuels entremêle les aperçus historiques et les énoncés dogmatiques.Je n\u2019ai pas l\u2019intention de souligner ici ce que les historiens de métier penseraient de cette méthode.Qu\u2019il me suffise de rappeler ceci : souvent l\u2019Auteur applique des appréciations de l\u2019évêque d\u2019Hiponne soit à l\u2019univers entier, soit à notre Canada en particulier, sans se souvenir suffisamment hic et mine du milieu psychologique (je n\u2019écris même pas : historique) où la pensée augustinienne est éclose.En certains endroits, sans doute à cause de la composition hâtive de ses radio-causeries, l\u2019Auteur frise le galimatias philosophoïdal.La troisième partie \u2014 pars canadiensis \u2014 présente un caractère plus dégagé, une allure plus personnelle.Orose nous laisse la paix à propos de nos affaires, j\u2019ai remarqué de spéciale façon la belle causerie intitulée : L'éducation supérieure et nationale (pages 195-206).Aux pages 201 et 202, le R.P.Simard prône l\u2019ouverture auprès des universités de convicts destinés à recevoir, pour le temps de leurs études philosophiques élémentaires (avant le B.A.), les jeunes gens qui ne pensent point à entrer dans le clergé : « l\u2019éducation des jeunes qui s\u2019apprêtent à des carrières profanes devant être assez différente de celle des futurs prêtres ou religieux ».Ce serait une élégante solution aux déficiences de la formation des philosophes se destinant à la vie du siècle dans les petits séminaires et collèges secondaires de la Province de Québec.Le Révérend Père ne touche pas, pour cette fois, aux questions s'enchaînant à la première : la formation de ce laïcat catholique doit-elle être confiée exclusivement à des prêtres et à des moines ?Ou bien exclusivement à des laïques dûment choisis, suivant la thèse chère à Messieurs G.Berber et M.Montassut, de l\u2019Ecole des Roches ?Ou bien aux deux éléments à part égale ?Ou bien à l\u2019un d\u2019entre eux avec prépondérance marquée sur l\u2019autre ?Veuille l\u2019éminent éducateur de l\u2019Université d\u2019Ottawa nous exposer un jour sa manière de voir sur cet important problème.La forme, maintenant.Dans son Avant-Propos, pages 12 et 13, l\u2019Auteur fait mention des répétitions, des recroisements, des coutures et des raccordements auxquels l\u2019ont entraîné les conditions de préparation et les données exécutives de son œuvre.Le R.P.Simard me permettra de regretter qu\u2019il n\u2019ait pas pris le temps de refondre et d\u2019unifier certaines parties de son travail.Le 164 L\u2019EsrRiT des Livres style, aussi, est ici et là relâché.Il tend parfois au rococo.Pages 52-53-54, l\u2019Auteur entreprend de nous brosser un tableau du mal de la guerre à travers les âges.Il gambade depuis les Grecs et les Troyens «également épris des yeux de la belle Hélène », jusqu\u2019à Napoléon Bonaparte, en passant par « la veuve de Sychée » (vulgo : Didon).J\u2019ai rencontré l\u2019an dernier à Cumberland, comté de Russell, un jeune Irlandais qui, dans ses lectures françaises, éprouve un attrait invincible pour le clinquant.Je lui en signale quelques spécimens de choix : « au ciel orageux de l\u2019histoire commençante » (p.42) ; « nous de la race sereine des métaphysiciens ou de celles plus inquiètes des psychologues et des mystiques » (p.43) ; « engagé dans un maëlstrom périlleux » (p.73) ; « remettre son glaive de guerre dans le fourreau de la paix » (p.84) ; « l\u2019oratoire des papes à la mesure du chapelinat de la chrétienté» (p.143) ; «la première entrée tumultueuse de l\u2019éternel paganisme» (p.197).Soit dit en passant, chapellenie vaudrait beaucoup mieux que chapelinat.Enfin, l\u2019Auteur aurait gagné à supprimer une phrase comme celle-ci : « Moïse, eût-il été vhomiste, eût-il étudié la Somme de saint Thomas.qu\u2019il n\u2019aurait pas raconté dans un ordre différent les faits dont l\u2019inspiration de l\u2019Esprit-Saint se rend garante » (pages 37 et 38).Le R.P.Simard n\u2019indique pas à laquelle des traductions françaises des œuvres de saint Augustin il emprunte ses nombreuses citations.Si c\u2019est à la traduction personnelle du premier des augustinisants canadiens, qu\u2019il veuille nous le dire, afin que nous puissions lui en exprimer nos respectueuses félicitations.Le présent ouvrage constitue le volume dixième des Editions de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Pour cet heureux décennal, la direction des Editions ne pouvait mieux faire que de recourir au talent si remarquable et si apprécié du R.P.Georges Simard.A.Papillon, O.P.André Baudrillart \u2014 « Saint Philippe Néri, fondateur de l\u2019Oratoire romain (1515-1595) », \u2014 1 vol.in-12 de 196 pages (collection Les Saints, Paris, Lecoffre, J.Gabalda et Cie, 1939.M.Baudrillart n\u2019en est pas à son premier essai dans l\u2019hagiographie.I! a déjà inscrit, à la même collection « Les Saints », saint Séverin et saint Paulin de Noie.Peu avant la guerre, il nous laissait ce « saint Philippe Neri ».Quel était, cette fois, son intention ?L\u2019auteur la dicte lui-même.Nous transcrivons, ici, quelques lignes retirées de l\u2019avant-propos qui, en plus de nous renseigner sur ces intentions, auront l\u2019avantage de nous aider à mieux juger de la teneur de l\u2019œuvre ci-mentionné.« Notre vœu le plus cher serait, pour tout dire d\u2019uu mot, que ce court volume mît en goût le lecteur de faire plus ample connaissance avec le plus original peut-être et à coup sûr l\u2019un des plus aimables parmi les saints.» Reste à savoir si Monsieur Baudrillart a réalisé la fin proposée.Le lecteur attentif qui achève les 200 pages du volume, demeure avec une connaissance précise de la personnalité de saint Philippe Néri.patron de la joie 165 Revue Dominicaine chrétienne ; cette connaissance se doublera du désir de pénétrer plus avant dans l\u2019âme du saint, d\u2019y voir précisément comment on peut allier grâce et nature, gaieté et ascétisme, joie et sacrifice, et comment il peut y avoir deux aspects cle la même joie, dans le même homme ; l\u2019aspect amusant et l\u2019aspect édifiant.comment, en somme, peut se réaliser concrètement l\u2019utilisation surnaturelle de son tempéramment naturel.L\u2019auteur a su profiter d\u2019une riche documentation (Il s\u2019inspirera de « Philippe Néri et la Société romaine de son temps » : l\u2019ouvrage scientifique de MM.Ponnelle et Bordet, fruit de vingt ans de recherche) ; et par une collaboration habile des faits, relatés par ailleurs avec soin et agrément, il a réussi non seulement à intéresser le lecteur mais aussi à l\u2019instruire et surtout à éveiller son âme en faveur du saint dont il racontait la vie.L\u2019auteur a réalisé ainsi son but.11 doit en être félicité ainsi que remercié pour cette généreuse et heureuse contribution qu\u2019il apporte à l\u2019hagiographie.Et nous^devons souhaiter que, revenus les jours meilleurs, M.Baudrillart nous présentera une nouvelle figure de saint.fr.Benoît-Marie Lacroix, O.P.R.P.Angélus Walz, O.P.\u2014 « Clironotaxis vitæ et operum Sancti Thomæ de Aquino ».\u2014 Un tableau de 32.5 x 44 centimètres, imprimé sur papier fort.Rome, Institut Pontifical International Angelicum, 1940.A Y Angelicum de Rome, le R.P.Walz a occupé ou détient les chaires d\u2019histoire de l\u2019Eglise, d\u2019histoire de l\u2019Ordre des Prêcheurs, de méthodologie historique et d\u2019introduction aux œuvres de saint Thomas d\u2019Aquin.Cette quadruple compétence a déjà porté son heureux possesseur à tracer une appréciable Delineatio vitæ S.Thomæ de Aquino (Rome, 1927).Aujourd\u2019hui elle lui inspire la composition d\u2019un simple mais très utile tableau de la vie et des œuvres du Docteur commun de l\u2019Eglise.Le R.P.Walz a lui-même présenté et publié pour la première fois son œuvre dans la revue : Angelicum, volume XVI (année 1939), pages 463-473.Parmi ses références bibliographiques, l\u2019Auteur mentionne le travail des RR.PP.J.Parent et A.Guillemette, de la Province dominicaine du Canada : Chronologie des écrits de saint Thomas d'après le P.Mandonnet, O.P.(Ottawa, 1937).Mais pourquoi le R.P.Walz s\u2019obstine-t-il à orthographier Guillermette (page 464 et page 469) le nom du jeune professeur du Collège Dominicain d\u2019Ottawa ?En cette page 469, le professeur romain vante la supériorité de son tableau sur celui des deux travailleurs canadiens.« Tabula sequens non solum chronologiam operum præbet, sicut earn PP.Parent et Guillermette (sic) texerunt, sed addit cursum vitæ \u2014 necnon in complementum \u2014 laudem posteram, qua sanctus Thomas coram Ecclesia et historia fulget ».Sans doute, mais les RR.PP.Parent et Guillemette savaient ce qu\u2019ils voulaient réaliser en intitulant leur travail : Chronologie des écrits.Ceci une fois rappelé, je n\u2019ai' aucune difficulté à reconnaître les avantages de l\u2019insertion du curriculum vitæ en fonction des œuvres d\u2019un écrivain.Quand je revins à Ottawa en 1938, je IGG L\u2019Esprit des Livres remarquai qu\u2019un de nos meilleurs élèves, aujourd\u2019hui étudiant formel, avait ajouté ce complément manuscrit à son exemplaire du tableau Parent-Guille-mette.Enfin, mais ceci ne dépendait pas des deux excellents professeurs d'Ottawa, le tableau publié en cette dernière ville voici trois ans a été imprimé sur un papier sans consistance et avec une trop vaste marge qui en rend le maniement difficile et fastidieux.L\u2019œuvre du R.P.Walz ne laisse rien à désirer sous ce rapport.Dans la distribution chronologique des œuvres de saint Thomas, le R.P.Walz fait preuve d\u2019une critique avertie.Je signalerai le cas du commentaire In Boethium de Trinitate.Alors que Mgr Grabmann lui assigne la date de 1269-1272, ce qui le rendrait de beaucoup postérieur au début de la Summa Théo-logiœ (1266), le maître de l\u2019Angelicum suit le T.R.P.Chenu qui, à la suite du P.Mandonnet, le met vers 1257-1258.Pour finir, deux détails de technique.Fidèle aux normes scientifiques prônées par l\u2019éminent professeur docteur B.Geyer, le R.P.Walz écrit toujours : Sanctus Thomas de Aquino, et Summa de Theologia.Ainsi doit-on écrire exclusivement le nom du plus grand docteur de l\u2019Eglise ainsi que celui de son œuvre principale.C\u2019est la seule leçon des plus anciens et plus sûrs manuscrits.Espérons qu\u2019on ne rencontrera plus chez nous ces orthographes défectueuses : Thomas Aquinas, et : Summa theologica, si fréquentes jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.A.Papillon, O.P.IL P.H.Guindon \u2014 « Une âme mariale : Marie de Sainte-Cécile de Rome» \u2014 1 vol.in-12 de 111 pages.Ottawa-Eastview, Les Editions Montfortaines, et Québec, L\u2019Action Catholique, 1940.L\u2019Auteur, un jeune religieux de la Compagnie de Marie de Montfort, a envoyé \u2014 ou a fait expédier par l\u2019éditeur \u2014 son petit livre à la Revue Dominicaine.Celle-ci en a rendu compte, sous ma signature, dans le fascicule de juin 1940, pages 330-331.L\u2019appréciation peut se résumer en deux phrases, a) Le caractère marial complet, général, de l\u2019héroïne est à peine esquissé et prouvé, au bénéfice de l\u2019illustration de son âme montfortaine (et non pas contemporaine, comme a imprimé le prote, ce qui ne signifie rien dans le cas présent), b) Dans cette démonstration montfortaine qui occupe la quasi totalité de la plaquette, l\u2019auteur me semble tabler trop facilement sur les essais poétiques de la religieuse de.Sillery : tentatives en vers qui sont remplies de vénérables poncifs, d\u2019expressions de communi virginum, et de chevilles désolantes.C\u2019est la partie la.plus faible et la moins personnelle de l\u2019œuvre écrite de Mère Marie de Sainte-Cécile.Mieux valait gloser ses remarquables exposés en solide prose de chez nous.A cette seconde remarque, le R.P.Henri Guindon n\u2019a rien à objecter.A propos du premier item, il me prie de signaler qu\u2019il relève la pratique par son héroïne de plusieurs manifestations de piété mariale : angélus, litanies de 167 Ivevue Dominicaine Lorette, appartenance à la congrégation des Enfants de Marie, exercices des mois de mai et d\u2019octobre, etc.Je me rends très fraternellement à ce désir du jeune auteur.Mais je dois ajouter que de tels renseignements, dans son mince volume, apparaissent aussi brefs que sporadiques.Tout catholique canadien affectionne les pratiques mariales en question ; et parmi les catholiques, le devotus (Mariœ) femineus sexus ; et parmi les congréganistes de la Vierge, les couventines.A ce compte, les âmes mariales sont nombreuses.Et c\u2019est vrai ; mais pas dans le sens où l\u2019auteur aurait voulu l\u2019établir : celui d\u2019un climat marial tel qu\u2019il féconde et mûrit tout dans l\u2019évolution chrétienne d\u2019une âme.Je souhaite à l\u2019auteur de continuer son apostolat marial écrit.Pour la forme, qu\u2019il veuille bien procéder moins hâtivement, ce qui ne sera pas sans mérites dans une existence aussi mangée que la sienne.Et puissent les Editions Montfortaines lui accorder à l\u2019avenir un plus ample espace de fond.A.Papillon, O.P.Accusés de réception Les représentants de la France an Canada au XIXe siècle par Francis-J.Audet, archiviste émérite.Tiré à part in-8 de 31 pages.Les Editions des Dix, Montréal, 1939 (précieux travail où sont colligés les renseignements biographiques sur les consuls généraux français au Canada dans la seconde moitié du XIXe siècle).Rendez à César.par M.G.-E.Marquis, 16 pages, Québec, 1940.C\u2019est une défense fortement documentée du Bureau des Statistiques de la Province, en réponse à M.Jean Bruchési déclarant que « les bibliothèques des institutions d\u2019enseignement sont beaucoup plus riches que l\u2019on se l\u2019imagine ordinairement, si l\u2019on s\u2019en tient aux statistiques officielles ».Grand Séminaire de Montréal, album bilingue de 170 pages, préparé par une équipe d\u2019anciens élèves : Mgr Maurault, MM.Valérien Bélanger, Yvon Charron, Georges-Henri Laçasse, Gérard Yelle, P.S.S., et René Marinier, ptre.Cet ouvrage, imprimé sur papier de luxe, orné de nombreuses gravures, et couvrant tout le champ des activités sulpiciennes, souligne heureusement le centenaire 1840-1940.168 , "]
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