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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
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Revue dominicaine, 1951-04, Collections de BAnQ.

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[" REVUE DOMiNiCMNE \t mm ¦ BONNES ADRESSES À CONSULTER Accessoires, Appareils Photographiques : Cameras, Ciné-Cameras, Projecteurs, Lanternes à Vues Fixes, Etc.: Au Royaume de la Camera Inc., 3, St-Jean, Tél.3-4327, Québec Accessoires Électriques « Bizier & Caron Ltée, 43i, St-Joseph, Tél.4-1081, Québec P.Q-Roland Electrique Enrg., 3190, 1ère avenue, Tél.3-0895, Québec Agences Commerciales Diverses i Bouffard, Mme S., 19, Foisy, Tél.1156 .Lévia, P.Q Agents Manufacturiers \u2014 Importateurs : Lortie, J.R\u201e 88, boul.Orléans, Tél.2-7735 .Giffard, P.Q.Agent Willard Batteries : Guay, Gérard, M.A.L., 101-103, Côte d\u2019Abraham, Tél.2-3707, Québec, P.Q.Architectes s Bouchard & Rinfret, 400, boul.Charest, Tél.4-0734.Québec, P.Q.Chabot, Germain, 226, St-Jean, Tél.2-6511 .Québec, P.Q.Desmeules, Gabriel, 226, St-Jean, Tél.4-3864 .Québec, P.Q.Larue, J.-Albert, 6711, Durocher, Tél.CR.2734 .Montréal Architectes Lemieux, 760, Square Victoria, LA .287O, Mtu.Ludger Lemieux \u2014 A.A.Q.P.\u2014 M.R.A.I.C.Paul M.Lemieux \u2014 B.A.\u2014 M.R.A.I.C.\u2014 A.A.P.Q.\u2014 D.P.L.G.F.Arpenteur : Bélanger, Henri, 85, Monk, apt.2, Tél.2-3848, Québec, P.Q.Arpenteurs-Géomètres et Ingénieurs Forestiers : Boucher, Germain, 72, Ste-Ursule, Tél.5-6156, Québec Bourget, Albert, 40 Des Braves, Tél.2-3848 .Québec Articles Religieux, Jouets, Libraire, Etc.s Kirouac, Marcel, 479, 6e rue, Tél.2-6383 .Québec, P.Q.Articles de Sports s Le Palais des Sports, 67, Côte d\u2019Abraham, Tél.3-2341, Québec Ascenseurs : La Cie F.-X.Drolet, 206, Du Pont, Tél.4-4641 .Québec, P.Q.Assurances Généralesi Bernardin Frères, Edifice Aldred, Ch.305, 506, Place d\u2019Armes, Tél.HA.6258, Montréal Assurance : National Life Assurance Co.i Arsenault, Bona, Gérant, 80, St-Pierre, Tél.2-6785 .Québec Assurance : La Solidarité, Cie d\u2019Assuranc»-Vie : Siège Social, 71, St-Pierre, Suite 607, Tél.5-8116, Québec, P.Q.Autobus : Autobus Lemelin, 147, Arago, Tél.5-7146 .Québec, P.Q.Autobus à Lorette, Aérodrome, Champigny, Lac St-Joseph, Ste-Catherine : Drolet, A., Ltée, 506, boul.Charest, Tél.2-8494, Québec, P.Q.Autobus Fournier Ltée : Québec au Camp Val- CARTIER, STE-FOY.LAC ST-CHARLES, ST-RAYMOND i Terminus, 501, boul.Charest, Tél.6182-34, St-Augustin, 2-5946 AUTOMOBILES (Soudure, Débossage, Peinture, Etc.) : Boutet & Fils, 131, Caron, Tél.3-3370 .Québec, P.Q.AUTOMOBILES - VENTE A SERVICE ! Giguère Automobile Ltée, 601, St-Vallier, Tél.8230 .Québec Montcalm Auto Inc., 901, 1ère av.Tél.2-5676 .Québec, P.Q.Avocats : Bélanger, P.E., 937, Père Albanel, apt 5, Tél.4-8772, Québec Boutin, J.Pierre, 80, St-Pierre, Tél.2-7004 .Québec, P.Q.St-Jacques, Henri, 18, Rideau, Tél.2-5055 .Ottawa, Ont.Banquei Banque Canadienne Nationale, Place d'Armes .Montréal Bijouterie en Gros \u2014 Spécialité : bagues de fiançailles s Marcoux, René, 37, de la Couronne, Tél.4-8722, Québec, P.Q.Biscuits et Gâteaux : Cie de Biscuits Stuart Ltée, Alf.Allard, préa., CR.2167, Mil.Blocs de Béton, Tailleurs de Pierre , Côté, Valère, Inc-, 325, Dorchester, Tél.4-4491, Québec, P.Q.Bois de Pulpe et Bois de Sciage : Coulombe, J.A.& Cie Ltée, 126, St-Pierre, Tél.2-1533, Québec Bois et Matériaux de Construction i Grier, G.A.& Sons Ltd., 2120 ouest, N.-Dame, WI.6118, Mtl.Bois de Construction,Manufacturiers de Plancher» en Bois Franc, Portes et Châssis : Dupuis, J.-P.Ltée, 1084, Av.de l\u2019Eglise, Tél.YO.0928, Verdun Boulangers (gâteaux et pâtisseries) i Boulangerie Nationale, 640, 1ère av., Tél.2-5244.Québec, P.Q.Brûleurs à l\u2019Huile : Beaudet, J.-L., 400, Charest.Tél.3-0950 .Québec, P.Q Desroches, Eug.& Fils, 1039, St-Vallier, Tél.3-8014 .Québec.Buanderies : Buanderie St-Paul, 2020, Roberval, Tél.WE.6791 .Montréal Drolet, J.A., 12, St-Sacrement, Tél.7-1613 .Québec, P.Q.Café, Thé, Confitures : J.A.Désy Ltée, 1469, Delorimier, Tél.FR.2147 .Montréal Charbon: Quebec Coal Co.Ltd., 411, boul.Charest, Tél.2-8472, Québec CHARBON (Anthracite et Bitumineux) : The Canadian Import Co.Ltd., 83, Dalhousie, Tél.2-1221, Qué.Charbon et Huile à Chauffage i Madden & Fils Ltée, 244, boul.Charest, Tél.4-3578 .Québe- Chauffage et Plomberie : Germain & Frères Ltée, 237, St-Antoine, Tél.76, Trois-Rivières Couture, Odilon Enrg., 27, Lavigueur, Tél.6-8073, Québec, P.Q.Chauffage et Plomberie (entrepreneur) : Jetté, J.-W.Limitée, 360 est, Rachel, Tél.MA.4184, Montréal Morency, Alphonse, 110, de la Ronde, Tél.3-4590, Québec, P.Q.Chauffage & Ventilation Ltée : Langlais & Frère Inc., 253, St-Paul, Tél.2-8224, Québec, P.Q.Chauffage, Réfrigération, Ventilation, Électricité : Bouchard, J.-A.-Y.Inc., 97, Côte d\u2019Abraham, Tél.4-2421, Québec Chaussures : Leclerc, Georges, 41%, St-Joseph, Tél.4-2380 .Québec Letourneau, Emile, 96.de la Couronne, Tél.3-7403.Québec, P.Q Rousseau, J.E., 317-a, St-Joseph, Tél.3-0100 .Québec, P.Q.Roy & Roy, 10-B, St-Joseph .Lauzon, P.Q.Chirurgien-Dentiste : Trottier, Dr Jean, 37, St-Eustaehe, Tél.3-6675.Québec Cierges.Chandelles, Bougies : F.Baillargeon Ltée, 51 ouest, Notre-Dame, PL.9467, Montréal Cire à Plancher Liquide et en Pâte : Les Produits Sylvia Enrg.187, des Commissair«i, Tél.6768, Québec, P.Q.III BONNES ADRESSES A CONSULTER Compliments : Complimenta d\u2019an ami : C.et G.Québec, P.Q.Compliments d\u2019an ami : J.E.S.Compliments d\u2019un ami : J.B.R.et Cie Inc.Compliments d\u2019un ami : P.Québec, P.Q Compliments de J.M.Québec, P.Q.Compliments d\u2019un ami : O.S.-P.Don d\u2019un ami : L.T.J.P.Laberge Enrg.L\u2019Honorable Sénateur Cyrille Vaillancourt .Lévis.P.Q.Un ami de la Revue.Un ami de la Revue : A.D.& Fils Ltée.Comptable agréé : Turgeon, Paul.852, St-Vallier, Tél.4-7426 .Québec, P.Q.Confection et Réparation de Chapeaux pour Dames : Le Papillon d\u2019Or (Mlle Jeanne d\u2019Arc Emond), 220, St-Jean, Tél.2-4314, Québec, P.Q.Confection pour Dames « Gil Houde Enrg., 84, D\u2019Artigny, Tél.3-8714 .Québec, P.Q.Confiserie : Boutin, L.P., 1585, 8e avenue, Tél.4-0851 .Québec, P.Q.CONTRACTEÜRS i (Construction de Chemins et D\u2019Édifices Publics) : Les Entreprises Lechasseur Ltée .Mont-Joli, P.Q.Sévigny- Antonio, 31, Des Remparts, Tél.3-2701, Québec, P.Q.CONTRACTEÜRS \u2014 ÉLECTRICITÉ -\u2014 CHAUFFAGE - Constructions, Démolition, Matériaux à Vendre i Tétrault Frères, 1200, Av.de l\u2019Eglise, Tél.TR.6611-6612, Montréal CONTRACTEUR : Réparations générales.Ciment, Stucco : Marcogliese, Pat., Isas' est, Jean-Talon, Tél.DO.3488, Mtl Courtiers : Lagueux & Desrochers Ltée, Casier Postal 218, 105, Côte de la Montagne, Tél.2-8271, Québec, P.Q.Courtier en Épiceries s Brault, Anastase, 1891, Roberval, Tél.WE.4237, Montréal Courtiers D'Obligations i La Corporation de Prêts de Québec, 132, St-Pierre.C.P.68, Tél.2-4765, Québec, P.Q.Courtier en Immeubles a Assurances i Leroux, O., 525, 3e avenue, Tél.4-3836 .Québec.P Q.Thibodeau, L.P.R., 325, boul.Charest, Tél.2-8115, Québec Couvreurs : Falardeau, Eugène Ltée, 141, Dorchester, Tél.6-9677 .Québec Crème Glacéei Crémerie Mont Blanc Enrg-, 149, Renaud, Tél.2-684] .Québec DÉPUTÉS : Bernard, Robert, 12, Marier, Drummondville, P.Q.Bernatchez, René, agronome, St-Flavien, Co.Lotbinière, P.Q.Blanchard, J.-L., notaire, Ste-Thérèse, Co.Terrebonne, P.Q.Cossette, Philippe, notaire, Causapscal, Co.Matapédia, P.Q.Desjardins, Gérard, C.P.260.Manhvaki, P.Q.Fox, C.J.W., Foster, Co.Brome, P.Q.Fleury, E., M.A.L.(Cultivateur) .St-Léonard d\u2019Aston, P.Q.Gérin, Denis, Coaticook, P.Q.Johnston, Raymond, Otter Lake, Co.Pontiac, P.Q.Lévesque, J.R., M.A.L., prop.(Epicerie Moderne Enrg.) Ste-Anne des Monts, Comté de Gaspé-Nord, P.Q.L\u2019honorable T.Labbé, M.A.L.(Epicier en Gros).644.Notre-Dame.Tél.89.Thetford-Mines, P.Q.Lizotte, Dr Fernand, M.A.L., St-Jean-Port-Joli, P.Q.Ouellette, Pierre, 108, La Salle, Baie Comeau.P.Q .Plourde, Alfred, M.A.L.Mont-Carmel, P.Q.Rémie, J.G., Assurances, Huntingdon, P.Q.Directeurs de Funérailles: Cloutier, Charles Enrg., 174, D\u2019Aiguillon, Tél.6-6210, Québec Thibault, J.P.Enrg., 9, Commerciale, Tél.131 .Lévis, P.Q.Doreurs-Argenteurs-Orfèvres , Beaugrand.Gilles, 846, de l\u2019Epée, Tél.DO.2950 .Montréal ÉDITIONS s Editions du Lévrier, 5375, Av.N.-D.de Grâce, WA.6736, Mtl.ÉLECTRICIENS - LAVEUSES, ETC.i Gravel Electrique, 511, 1ère avenue, Limoilou, Tél.3-7371, Qué.Simard Electrique Enrg., 317r, 3e rue, Tél.8-7701, Québec, P.Q.ÉLECTRICIEN -\u2014 RÉPARATIONS DE MOTEURS t Gravel, Eugène, 304, 1ère rue, Limoilou, Tél.6-6674, Québec Entrepreneur-Constructeur s Lambert, F.-X., 14, Place d\u2019Aiguillon, Tél.2-8588 .Québec Mobec Ltée, 466, St-Vallier, Tél.2-1297 .Québec, P.Q.Entrepreneurs Électriciens i Asselin Electrique, 317B, de la Canardlère, Tél.8-2002, Québec, P.Q.Latulippe, J.-P., 124, Bayard.Tél.2-7644 .Québec, P.Q.Poulin & Fils Enrg., 592, 1ère avenue, Limoilou, Tél.4-2706, Québec, P.Q.Sylvain, Lucien, 92, Ste-Agnèa, Tél.2-2987 .Québec, P.Q.Kntrepreneurs-Couvreurs i La Rue, D.Ltée, E, Centre Industriel, St-Malo, Tél.3-7500, Qué.Bureau, Antonio, 240, boul.dea Capucins, Tél.6384, Québec Entrepreneurs Généraux i Bédard, Albert, 375, Dorchester, Tél.2-3623 .Québec, P.Q.Deslauriers, A.& Fils Ltée., 68, Lalement, Tél.5-8157, Qué.Dubé et Dubé, 14, Place d\u2019Aiguillon, Tél.3-8322, Québec, P.Q.Lambert, J.-O., 6, Garagonthier, Tél.4-4498 .Québec, P.Q.Lamontagne, F.-X., 411, Boulevard Chareat, Tél.8-0E90, Québec Les Entreprises Bergerville Ltée, 111, Côte de la Montagne, Tél.2-6268, Québec, P.Q.Parent & Gosselin Enrg., 270, des Oblata, Tél.8-5876, Québec Entrïpmkeues Généraux - Importateurs de Cloches : Morissette, C.E.Ltée, 236, Latourelle, Tél.5-5023 .Québec Entrepreneur \u2014 Joints de Gypeoc - Tirage de Joints : Tremblay, Paul-Arthur, 1086, Defondville, Tél.2-6104, Québec Entrepreneurs de Menuiserie Générale i Bégin, Alphonse, 275, 13e rue, Limoilou, Tél.4-3980, Québec Entrepreneurs de Pompes Funèbres » Bureau, J.H., 2, Durocher, Tél.5-5298 .Québee, P.Q.Bouchard, F.X., 90, boul.d\u2019Orléans, Tél.66-5838, St-Grégoire de Montmorency, P.Q.ÉPICIERS : Pakenham Enrg., 976, 8e avenue, Tél.2-5681 .Québec, P.Q.Epiceries en Gros : Lamarche, J.H.Enrg., 5345, Ferrier, Tél.CR.2155, Montréal Letellier, J.-B.-E.Inc., 112 Dalhousie, Tél.2-3931 .Québec Rioux & Pettigrew, 48, St-Paul, Tél.2-1212 .Québec.P.Q.Estampes en Caoutchouci A.Derome et Cie Enrg., 25 est, N.-Dame, LA.2392, Montréal Ferronnerie d>Art : Les Frères Lebrun, 456, Niverville .Trois-Rivières, P.Q.Marchand, Adélard, 68, St-Vallier, Tél.2-2370 .Québec, P.Q.Ferronnerie en Gros : Demers, J.L.Ltée, 57, Commerciale, Zone 6-1070 \u2014 Québec, 6-5177, Lévis, P.Q.Fleuristes : Gardenia Enrg., 107, St-Jean, Tél.4-2128 .Québec, P.Q.Fourrures : Alain, P.A.Ltée, 203, St-Joseph et 79, de l\u2019Eglise, 6106, Qué.Bernard, Léo, 810, St-Vallier, Tél.3-1329 .Québec.P.Q.Desjardins Chas, et cie, 1170, St-Denis, Tél.BE.8711, Montréal Jobin, Arthur, 96, St-Joseph, Tél.6-9016 _ _ Québec, P.Q.Fourrures.Haute Qualité.Réparation, Voûte i Nadeau, J.-O., 297, Sainte-Foy, Tél.2-6429 .Québec, P.Q.Sanfaçon, Honoré, 264, St-Joseph, Tél.6-7419 .Québec, P.Q.Turcotte, N.-Geo., 201, boul.Charest.Tél.4-1469, Québec, P.Q.TV BONNES ADRESSES À CONSULTER Garage \u2014 Réparations Générales .Garage Paradis Enrg., 78, D\u2019Aiguillon, Tél.2-8777, Québec P.Q.Garage \u2014 Réparations Générales de Carrosseries D\u2019Automobiles s Beaulieu & Filion Enrg., 207, Ste-Hélène, Tél.2-2256, Québec Garagistes i Fradette, Amédée, 45, Franklin, Tél.8-2828 .Québec, P.Q.Garage Cloutier, 93, boul.Langelier, Tél.9084 .Québec, P.Q.Tanguay, H., 64, 1ère avenue, Tél.2-6788 .Gros Pins, P.Q.Grains, Foin, Ferronnerie, Peinture, Etc.: Corriveau, A., 1742, Chemin St-Louis, Tél.4-3938, Québec, P.Q.Grains, Moulées, Provisions i Larochells & Fils, Inc., 65, St-Roch, Tél.6-7494 .Québec, P.Q.Hôtels « Ch&teau Champlain, 401, St-Paul, Tél.2-2061 .Québec, P.Q.Hôtel Louis XIV Ltée, 8, Place Royale, Tél.2-0228 \u2014 Québec Hôtel Montcalm, Inc., 161, St-Jean, Tél.2-1287, Québec, P.Q.Importateurs et Fabricants d-Objets de Piété i Génin, Trudeau et Cie, 88 ouest, N.-Dame, LA.2261, Montréal Imprimeurs Médéric Parent, 50J, St-François, Tél.8-1252, Québec, P.Q.Industrie Laitière (Maohizvbs, uitixsilrs, Apr.fmo.) i Trudel, B.et Cie, 804, Carré Youville, Tél.MA.8067, Montréal Ingénieurs Constructeurs « Komo Construction Ltés.1600, St-Vallier, Tél.2-6839, Québec, P.Q.Ingénieurs-Conseils t Demers, Georges, 71, St-Pierre, Tl.8-6786 .Québec, P.Q.Halle, Jules, 189, St-Jean, Tél.2-1178 .Québec, P.Q.Langlais, Zachée, 105, Côte de la Montagne, Tél.3-6661, Québec, P.Q.Institutrice i Sturton, Mlle Ethel, 93, Crémazie, Tél.6-9571 .Québec, P.Q.Instruments de Musique : Brodrigue, Wilfrid, 37, Ch.Ste-Foy, Tél.5-6888, Québec, P.Q.Isolation \u2014 Laine Minérale : Bouchard A Robitaille Enrg., 149, d\u2019Argenaon, Tél.6-8798, Qué.Laboratoire Farley \u2014 Hull, P.Q.Fabricant des « Antalgines» contre les maux de Tête.Lait, Crème.Beurre.Œufs et Fromage i La Ferme St-Laurent Ltée, 6720, Garnier, CR.2188-9, Montréal Laiterie Arctic Ltée, 75.du Sacré-Cœur, Tél.5-7101 .Québec Laiterie Laval Enrg., 875, 4e avenue, Tél.4-3551, Québec, P.Q.Laiterie s La Fermière Syndicat Coopératif de lait, 180, Dorchester, Tél.3-3102, Québec.P.Q.La Librairie Dominicaine : 5375, avenue Notre-Dame de Grâce, Tél.WA.6766 .Montréal 95, avenue Empress, Tél.2-7363 .Ottawa, Ont.Librairie (en gros seulement) t Librairie J.A.Parent.472, St-Vallier, Tél.5630, Québec, P.Q.Libraires : Granger Frères Ltée, 66 ouest N.-Dame, LA.2171 .Montréal Machineries D\u2019Imprimerie ( répabatioîv, soudum.Etc.) > Le Matériel d\u2019imprimerie Ltée (Demandez M.Langlais), 970, de Bullion, Tél.PL.9011, Montréal Machinerie Moderne i Machinerie Moderne, 120, 4e rue, Tél.2-8111 .Québec, P.Q.Magasins à Rayon « Bouchard, L., 760-760, St-Vallier, Tél.2-5638 .Québec, P.Q.Dupuis Frères Ltée.Tél.PL.5151 .Montréal Magasin St-Louis Enrg., 26 rue St-Louis, Tél.2-4791, Québec Moncion, Thomas, Suce.J.Pharand, 85-91, Champlain, Tél.2-5315, Hull, P.Q.Mozart Ltée, 310-312, St-Joseph, Tél.2-6484 .Québec, P.Q.Manufacturier de Biscuits : Les Biscuits Dion Inc., 700, 2e rue, Tél.4-4191, Québec, P.Q.Manufacture de Chaussuresi Samson, J.E.Inc., 469, St-Vallier, Tél.6-8765 .Québec, P.Q.Manufacturier de Monuments : Gingras, Roch, Enrg., 2139, Chemin Ste-Foy, Tél.7-3147, Québec Manufacturiers de Portes et Chassis, Bois i Pilon, Jos.Ltée, 79, Boul.du Sacré-Cœur, Tél.3-1116, Hull, P.Q.Manufacturier de Sous-Vêtements pour Dames, Hommes et Enfants i Vatel Enrg., 611, 16e rue, Tél.3-7721 .Québec, P.Q.Manufacturiers de Tuyaux en Ciment : Tuyaux Vibréa, Enrg., 370, Dorchester, Tél.6325, Québec, P.Q.Manufactures de Vinaigre i La Cie de Vinaigre Lion Ltée, 74, Renaud, Tél.8-0405, Québec Manufacturiers D\u2019Insecticides, Désinfectants, Déodoranti Produits Marquette Ltée, 21, Courcelette, Tél.7-6747, Québec Marbre, Terrazzo, Tuile & Ciment : La Cie de Marbre & Tuile de Québec Ltée, 327, Dorchester, Tél.2-6900, Québec, P.Q.Marchand de Fer, Etc.i Compagnie Chinic, 55, St-Pierre, Tél.2-8293 .Québec, P.Q.Marchands de Fourruresi Cardinal, Arthur, 8, boul.Pie XII, Tél.66 \u2014 3080, Beauport, Emond, Chs-N.Enrg., 85, des Commissaires, Tél.6741, Québec Marchand de Fruits i Vézina, Adélard & Fils Enrg., 71, St-André, Tél.2-5258, Québec Marchands de Meublesi Cantin, J.-W., 446, St-Joseph, Tél.8007 .Québec, P.Q.Marchands de Sable et Pierre Concassée « Robert & Dufour Enrg., 390, 20e rue Limoilou, Tél.2-4027, Qué.Marchand de Tabaci Gagnon, Henri, 56, Côte du Palais, Tél.2-4285 .Québec, P.Q.Marchands-Tailleurs s Lefebvre, Ph., 63, Buade, Tél.8-1483 .Québec, P.Q.Mathieu, Lucien Enrg., 2251, Frontenac, FR.1803 .Montréal Matelas, Sommiers, Etc.: Matelas Frontenac Enrg., 15, Boisseau, Tél.5347, Québec, P.Q.Maternité Privée : Ouellette, Mme J.T., 10, d\u2019Artigny, Tél.2-1966, Québec, P.Q.Matériaux de Construction : Les Industries G.-I.Lachance Inc., 263, St-Paul, Tél.2-6403, Québec, P.Q.Médecins i Castonguay, Dr E.-J., 4231 est, Ste-Catherine, CH.0560, Mtl.Gratton, Dr Albert, 781, du Couvent, Tél.WE.6476 .Montréal Laflamme, Dr Charles K., 171, Grande Allée, Tél.2-8069, Qué.Pouliot, Dr Antoine, 69, Ste-Ursule, Tél.2-4455 .Québec, P.Q.Membres Artificiels s Duckett, J.A., 3651, Park Ave, Tél.HArbour 0630, Montréal Membre de L\u2019Association des Fire Chiefs International : Quebec Stop Fire Enrg., 1427, 1ère avenue, Tél.3-7155, Québec V BONNES ADRESSES À CONSULTER Merceries pour Hommes s Julien, Albert, 556, 3e avenue, Limoilou, Tél.4-9474, Québec Négociant en Gros D\u2019Appareils Électriques : Vandry Inc., 470, des Capucins, Tél.2-6656 .Québec, P.Q.Négociants en Gros (épicbhies, farine, grains) t Bégin, Noël Inc., 94, Commerciale, Tél.Lévis, 175, Québec 5-9686 Négociants en Gros \u2014 Jobbers : Bourget & Léveillé, 59, Commerciale, Tél.Zone 5-216 .Lévis Nettoyeurs, Buanderie î Pfeiffer, P., 4, McMahon, Tél.2-2021 .Québec, P.Q.Notaires : Baillargeon & Baillargeon, 38, des Jardins, Tél.2-1390, Québec, P.Q.Labrèche et Labrèche, 10 ouest, St-Jacques, MA.3373, Montréal Nouveautés, Merceries, Tapis, Prélarts i Alepin, J.et Frère Ltée, 4295 ouest, Notre-Dame, Tél.WE.1108 ; 4719, Wellington, Tél.YO.1144, Montréal Opération Forestière \u2014 Bois \u2014 Pulpe : Lagueux, E.& Fils Ltée, 35, Côte du Palais, Tél.5-9739, Qué.Opticiens D\u2019Ordonnances i Derouin, O.L., 37, Metcalfe, Tél.2-4976 .Ottawa, Ont.Lamontagne, Etienne, 1066, St-Prosper, Tél.2178, Trois-Rivières Optométristes et Opticiens i Beaulieu, Remy, 94, de la Couronne, Tél.2-3592, Québec, P.Q.Mignault, J.-Ed.& René Beauséjour, 62, St-Jean, Tél.2-1803, Québec, P.Q.Papier Asphalt \u2014 Matériaux de Construction i Bishop Asphalt Papers Ltd., 201, du Pont, Tél.2-3681 - 2-6193, Québec, P.Q.Pâtisserie \u2014 Pain i Jos.Vaillancourt Inc., 366-368, St-Joseph, Tél.2-2085, Québec Vachon, J.A.& Fils Ltée, Ste-Marie de Beauce.P.Q.Pharmaciens « Pharmacie P.-H.Soucy, 85, Cartier, Tél.2-1235, Québec, P.Q.Pharmacie Canadienne, 1661 ouest, N.-Dame, Tél.WI.1771, Mtl.Pharmacie Roy Enrg., 121, Royale, Tél.2-8736, Giffard, P.Q.Pharmaciens en Gros i Ontario Medical Supply, 139, Queen, Tél.2-5309, Ottawa, Ont.Gérant : J.-André Gaulin, Dist.pour Casgrain & Charbonneau Photographie Artistique et Commerciale : Michel Studio Enrg., 364, St-Jean, Tél.4-2798, .Québec Plombiers : Bédard, Roger, 26-27, Côte d\u2019Abraham, Tél.4-3263, Québec Plombiers-Couvreurs-Électriciens : Dorion, Jules Ltée, 213, 3e avenue, Tél.4-2916 .Québec, P.Q.Pneusi Michaud Tire Service Ltée, 207, de la Couronne, Tél.3-3901, Québec, P.Q.Produits de Salon de Beauté : Lemieux Beauty Products, 16, rue de l\u2019Eglise, Tél.3-6320, Québec, P.Q.M.A.Lemieux, résidence, Tél.2-3073, Québec, P.Q.\u2019rovisions.Poisson, Fruits, Etc.: Dominion Fish & Fruit Ltd., Tél.2-7036 .Québec, P.Q.Provisions en Gros : Turgeon, Jos., 189, Commerciale, Tél.177 .Lévis, P.Q.Provisions Générales pour Bateaux t Quebec Ship Riggers & Sail Makers, Reg\u2019d., 17, Sault-au-Matelot, Tél.3-6717, Québec, P.Q.Professeur de Musique (Guitare, mandoline, violon) i Gagnon, T.W., 208, N.-D.des Anges, Tél.2-3700, Québec, P.Q.Quincailleries Générales : Cantin & Fila Ltée, 565, St-Vallier, Tél.6-7123, Québec, P.Q.Gravel, Ludger & Fils Ltée, 7906, boul.St-Laurent, Tél.VE.2581, Montréal Grégoire, J.-R., 3605 est, Ontario, Tél.FA.1167-8 .Québec Quincaillerie en Gros et Détail i Lemieux, Jos.-E.Enrg.Québec, P.Q.Lajeunesse, Gaud.Enrg., 721, St-Vallier, Tél.2-6473, Québec O\u2019Neil & Richard Ltée, 134, du Pont, Tél.2-1694, Québec, P.Q.Quincaillerie et Ferronnerie : Terreau Racine Ltée, 196-220, St-Paul.Tél.2-2711 .Québec Radio Technicien \u2014 Haut-Parleurs : Gagnon, Jean-Paul, 960, 1ère avenue, Tél.2-1735, Québec, P.Q.Réfrigérateurs « Brindamour, W., 416, 1ère avenue, Tél.3-2449, Québec, P.Q.Rembourrage et Fabrication de Meubles : St-Hilaire, Alfred, 882, St-Vallier, Tél.3-4446, Québec, P.Q.Restaurantsi Boulevard Restaurant, 3830, Décarie.Tél.DE.0097 .Montréal Chez Marino Enrg., 34, Dauphine, Tél.3-0676 .Québec, P.Q.Service Aérien i Lea Ailes du Nord Ltée, Tél.30s.3-7-47, Sept-Ues.P.Q.Tél.7-4362 .Québec, P.Q.Savon s La Savonnerie Bourbeau Enrg., 345, Dorchester, Tél.4-2960, Québec, P.Q.Service de Construction : Moreau, L.A., 120, Dolbeau, Tél.5-8448 .Québec, P.Q.Soudure, Débossage.Peinture, Etc.: Beaulieu, L.P., 15, boul.Roosevelt-Churchill, Tél.4-4924, Qué.Stores Vénitiens i Méthot, Raoul, 213, 5e rue, Tél.2-6174 .Québec, P.Q.Syndic Licencié : LaRochelle, Victor, 111.Côte de la Montagne, Tél.3-7258, Qué.Tabac : Thos.Burns Reg\u2019d., 65, Buade, Tél.2-0034 .Québec, P.Q.Tannerie : Tannerie Daigle Ltée, 7.Lee, Tél.5-7523 .Québec, P.Q.Taxis .¦ Taxis Maguire Enrg., 1463, Maguire, Tél.3-1474, Sillery, Qué.Terra Cotta : Montreal Terra Cotta, 1010 o., Ste-Catherine.MA.1816, Mtl.Terrazzo Mosaïque a Tuile : Terrazzo Mosaïque & Tuile, 25, av.St-Sacrement, Tél.3-1071, Québec, P.Q.Transports : La Traverse de Lévis, Ltée, 71 rue St-Pierre, Tél.4-8938, Qué.St-Hyacinthe Transport, 360, Duclos, Tél.356-122, St-Hyacinthe Transport R.Dumas Enrg., 250, Ste-Hélène, Tél.3-3824, Québec, P.Q.Valeurs de Placement t Dubé, Oscar & Cie Inc., 106, Côte de la Montagne, Tél.2-4061, Québec, P.Q.Société Générale de Finance, Inc., 57 ouest, St-Jacques, 1*41.HA.6168, Montréal Valises et Bois de Construction : Ruel, Edouard Ltée, 416, St-Joseph, Tél.286W, Lauzon, P.Q.Vitres et Peinture : Franklin Glass & Paint Co., 305, St-François, Tél.2-4982, Québec, P.Q.Vitres a Peinture Pittsburgh : Hobbs Glass Ltd., 90, Côte de la Montagne, Tél.2-1538, Québec Viandes en Gros : Marché 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DE L\u2019EAU ET DES TACHES DESSIN CLICHES ELECTROS } Photogravure Artistique enr.L /2 RUE ARAGO.QUÉSIC.7cS *-2438 PHOTOS RETOUCHE FLANS VII Sommaire Avril 1951 Alfred Droin : Jardin de roses « Car la mort me dit : tes fenêtres closes, Je les ouvrirai, patiente un peu, Et tu les verras les jardins de roses, Où flambe sans fin la gloire de Dieu ».Jean-Noël Tremblay : « Les trois » du Cercle du Livre de France « Ces ouvrages marquent toutefois un effort vers quelque chose de neuf et de sérieux, de vécu.Il en faut de ces tentatives pour réussir, ne serait-ce encore que pour entretenir le courant littéraire.Nous imaginons aujourd\u2019hui la tâche du jury appelé à choisir le meilleur de ces ouvrages mineurs ».Jean Ménard : René Boylesve : le romancier, I écrivain «Ceux qui le goûtent, savent combien dans l\u2019œuvre on retrouve l\u2019homme, c\u2019est-à-dire cet être exquis incapable de la moindre bassesse, et aussi l\u2019Homme dans toute sa permanence ».Jean de Laplante : La fonction sociale de la science « La nécessité d\u2019une recherche sur la fonction sociale de la science n\u2019est-elle pas l\u2019une des premières tâches qui s\u2019impose à l\u2019heure actuelle au monde savant \u201c?La découverte des lois ou processus de ce complexe science-société serait peut-être le commencement de la sagesse pour les hommes, le commencement de la paix pour les peuples ».sens e s faits Thérèse Morisset : « Le Foyer de la Société ».A.Papillon, O.P.: « Le Rme Père Brown, O.P.».J.-M.Parent, O.P.: « La Doctrine de l\u2019Evolution ».La Direction : « Information ».L* espri t d e s li v r e s Ch.-D.Boulogne, O.P.: « Mes amis les sens » (Alban-Roux).G.Michonneau et H.Chéry, O.P.: « L\u2019esprit missionnaire » (AI.-G.T.).Georges Laplante, C.F.S.: « Le Père Eugène Prévost » (A.L.).En collaboration : « La vie franco-américaine » (A.L.).Germain Lesage, O.M.I.: « L\u2019Evêque errant » (Elie Goulet).Daniel Pézeril : « Rue Notre-Dame » (Th.Calmel, 0.P.).Berthe Bernage : « Brigitte et les routes nouvelles» (Lorraine Guérin).Jacques Maritain : « Neuf leçons sur les notions premières de la philosophie sociale ».Livres reçus à la Revue. REVUE DOMINICAINE Directeur : R.P.ANTONIN LAMARCHE, O.P.3500, Av.Laval, Montréal-18, P.Q.Vol.LVII\tTome I\tAvril 1951 Jardin de roses La mort, pas à pas, doucement me suit ; Je me sens frôlé par son aile noire ; Dans le grand silence, au milieu du bruit, Sa ch anson m\u2019émeut, comme incantatoire.J\u2019entends ses conseils, j\u2019écoute sa loi : Par elle, j apprends la science vraie, Et le siècle dur, qui régnait sur moi, Ne me nourrit plus de sa folle ivraie.Dans ma pauvreté, combien de trésors ! Mon dépouillement fait mon allégresse : Mon âme connaît de calmes essors, L aiguillon du temps jamais ne me presse.Après tant d\u2019arrêts, après tant d\u2019élans, De pauvres amours, couronnés d épines, Après tarit d horreurs et tant de ruines, Vers l éternité, quels pas de géants ! Car la mort me dit : « tes fenêtres closes, Je les ouvrirai, patiente un peu, Et tu les verras, les jardins de roses, Où flambe sans fin la gloire de Dieu ».Alfred Droin 195 «Les trois» du Cercle du Livre de France Les jours sont longs 1 Harry Bernard effectue avec ce livre un retour officiel à la littérature d imagination.Au sortir de la retraite, il est conscient de I évolution qui s\u2019est produite depuis le temps où il nous donnait Juana, mon aimée et Dolorès.Le monde littéraire adore d autres idoles.Le problème humain a gagné en acuité.La foi intransigeante dans la religion raciale accuse une baisse au Québec.Harry Bernard tente de rejoindre son époque.Les efforts réels ne réussissent pas à masquer son appartenance à une autre génération.Mal affranchi du régionalisme traditionnel, il cherche le filon psychologique.Conversion tardive, difficile à accepter parce qu elle comporte une part d artificiel imputable à 1 évolution commandée d un auteur qui n a pas assez suivi le progrès de son temps.Nous ne tairons pas la déception que nous a causée le roman.La longue réclusion de l\u2019auteur promettait davantage.L\u2019écrivain essaie de se renouveler, de se transformer.Nous concédons qu\u2019il s\u2019améliore.Mais il reste fidèle à lui-même, à sa première manière et se maintient sur le palier de son point de départ.Il évoque cette fois la longueur des jours en relatant I expérience d un citadin qui, à deux reprises, a manqué l\u2019amour.D\u2019abord fiancé à une femme qu il abandonne, il s\u2019éprend de la fille d un métis chez qui il est allé s échouer pour oublier son amertume de blasé.Celle-ci consentirait à l\u2019aimer sans réserve si elle n\u2019avait été séduite par un étranger.Elle disparaît soudain et I on retrouve son corps clans l\u2019eau de la rivière.Suicide ou accident?Le lecteur ne le saura jamais.A quel degré 1 homme est-il engagé dans le récit?Regard rétrospectif vers un passé regretté parce qu\u2019on n\u2019a pu y trouver le plaisir complet.Un relent d égoïsme profond suinte de ces pages où s\u2019étale la recherche 1.Les jours sont longs.Ed.Le Cercle du Livre de France, 1951.194 « Les trois » du Cercle du Livre de France impatiente de l\u2019amour inaccessible.L étude psychologique de I homme déçu par l\u2019amour, trahi par son propre cœur, n a pas la profondeur et la force qu\u2019on retrouve chez bon nombre d auteurs qui ont abordé ce thème.Ainsi, sans être indifférent, le livre d Harry Bernard n apporte rien de profondément neuf et sérieux.L auteur est sincère, nul doute.Sa persistance à réveiller de vieux souvenirs inquiète.Nous arrivons à douter de sa puissance de création.Nous ne pouvons lui accorder le bénéfice de I originalité.II a déjà traité le sujet du citadin qui s\u2019en va vivre à la campagne ou dans les bois, et trouve en « ces lieux solitaires » la princesse idéale.Dans juana, mon aimée, publiée en 1951 2 3, le héros est un journaliste maladif, que des raisons de santé amènent sur une ferme de I Ouest.Par hasard, il y découvre une jeune fille dont il s\u2019éprend.A la fin.Juana, mariée à un autre homme, laissera le journaliste désemparé.Dolorès \", publié en 1952, met en scène un avocat, fiancé, chargé d enquêter sur un prétendu meurtre dans une campagne isolée.Une mésaventure le conduit dans la forêt où il trouve lui aussi une belle fille qu il se prend à aimer.II en oublie sa mission et sa fiancée.A la suite de l incendie de son domaine, la jeune femme devient folle, et l\u2019avocat doit se résigner à vivre seul.Le thème de Les jours sont longs demeure à peu près le même, avec cette différence que le personnage principal est un citadin blasé qui, sans autre motif que son dégoût pour la société, accepte d\u2019aller vivre dans le bois, seul d abord, puis dans la famille d un métis.La substance des trois romans ne diffère que par I accessoire.L\u2019on y rencontre des personnages analogues : Amédée Cardinal et sa femme dans Les jours sont longs, Le beau et sa conjointe dans Juana, mon aimée, les époux Lafortune dans Dolorès, ces gens sont ou les parents ou les gardiens de la jeune fille aimée ; il y aura une rivale car Bernard reste 2.\tJuana, mon aimée.Ed.Albert Lévesque, Montréal, 1931.3.\tDolorès, Ed.Albert Lévesque, Montréal, 1932.195 Revue Dominicaine attaché au triangle mis à la mode chez nous par Bourget.Rolande et Adèle, Juana et Lucienne, Dolorès et Lucile Prévost.Donc, pas de changement notable.Seulement une progression, une perfection, à la façon cl un texte qu on reprend, qu on retouche.L affabulation romanesque des premières années devient plus vraisemblable.L histoire d amour s humanise ; de 1 eau de rose on passe à une bonne psychologie.Les frontières morales s élargissent: 1 auteur qui, en 1932, osait à peine faire embrasser ses amants, consent en 1951 à raconter brièvement >\u2014< la mésaventure d une jeune fille trompée par un goujat.11 a fallu attendre dix-neuf ans.L intervalle justifierait quelque chose de meilleur.N insistons pas sur I indigence de I inspiration.Qu\u2019il nous suffise de poser cette réserve : la littérature canadienne ne saurait trop longtemps vivre de ces œuvres où gît le romanesque des auteurs qui persistent à se nourrir encore des chimériques amours de collégiens.Découvrir son âme est une aventure ; 1 aventure prend des proportions immenses lorsqu on découvre d autres âmes, qu on y saisit 1 aspect universel de 1 homme.Cela exige la conversion au réel, le rejet violent du rêve, la conscience de sentir, de vivre.Si 1 âge ne procure pas cette lucidité, il faut désespérer.Les personnages créés par Harry Bernard réussissent cette fois à vivre.Chacun d eux avec assez de misère cependant, à l\u2019exception d\u2019A-médée Cardinal, le métis bien campé, tant qu il compromet à certains égards 1 unité du roman.Reconnaissons que 1 écrivain possède suffisamment de métier.La composition du roman est bonne.Le récit se poursuit, généralement serré et cohérent, parfois interrompu par une brève rétrospective.II y a certes du remplissage.Des descriptions prolongées et inutiles, pléthore de détails qui encombrent le texte sans lui conférer plus de force ou de relief.Nos auteurs versent souvent dans la manie de s\u2019attarder à une foule de remarques, afin de créer comme ils le croient, un climat.Réalisme extérieur qui ne rend pas nécessairement le réalisme intérieur exigé par le roman psychologique.196 « Les trois » du Cercle du Livre de France L\u2019on n\u2019encaisse pas sans malaise une accumulation comme la suivante : J avais des conserves, mais je n y puisais qu en dernier ressort, quand je n\u2019en pouvais plus d avaler des viandes sauvages, ou que me venait une fringale de légumes.J avais aussi de la farine que je devais défendre contre les souris, lesquelles en consommaient plus que moi.On se fatigue des crêpes et des beignets, des gâteaux gras-cuits, quand on les fabrique soi-même.Il fallait cependant surveiller ma farine, qui était comme une poire pour la soif, ou la faim si je puis dire (p.38).Dans les descriptions, M.Bernard adopte le ton de la vulgarisation scientifique qui rappelle les études savantes de 1 A.B.C.du Petit Naturaliste.Les œuves de 1931 et 1932 créaient par le style et le ton une atmos-plière à la Bernardin de Saint-Pierre et à la Chateaubriand.Nous sentons dans Les jours sont longs un vague relent de Bourget.On songera au Fils déchu d Alfred DesRochers en lisant les notes : Les hommes de ma famille sont des violents.Violents à froid si l on peut dire, qui parlent peu, s\u2019ennuient dans les réunions, s isolent dans une foule (p.8).Serions-nous les victimes lointaines d un atavisme particulier qui remonterait à cet ancêtre dont le souvenir reste confus (p.10).Souvenir de lecture, fidélité à des thèmes qui ont exprimé très longtemps le complexe de la race.Le dénouement d un drame cause un problème critique pour le romancier.Plusieurs connaissent là leur pierre d achoppement, I accident imprévu qui compromet une intrigue par ailleurs bien montée.Harry Bernard n a pu parer le coup ; son dernier ouvrage est clos par une noyade: deus ex machina primaire dont on use pour couper court Revue Dominicaine au récit qu il faut bien terminer.Dans Louise Genest Bertrand Vac s\u2019était servi d un truc analogue.Cbez Bernard, le style proprement dit a subi une transformation ; il s est affiné, il a pris de la couleur, gagné en variété ; la phrase est charpentée.Ainsi : Les jours sont longs, désespérément.Les années fuient sans qu\u2019on les voie, mais les jours n en finissent plus.Ils se traînent sans objet, sans signification, l un à l\u2019autre pareils.Où nous mènent-ils ?(p.7).Le soleil brillait, mais l air sec mordait au visage, aux mains.Je pagayai lentement.Des feuilles flottaient çà et là, jaunes ou pourpres, mangées des insectes.Les truites sautaient, se découpant sur le ciel, épinettes et cyprès paraissaient plus verts que d habitude.A peine une saute de vent de temps à autre (p.160).Dans le texte d une écriture assez soignée se glissent des négligences graves, des fautes de goût.A preuve, ces propositions qui ont du mal à se trouver ensemble : Les geais bleus se poursuivaient en criant dans les feuilles retombantes du maïs.Au large, une vache meugla.Quand Adèle regardait de mon côté, il me semblait discerner une lueur dans ses yeux (p.144).Nous avons relevé des réflexions baroques : S il (l orignal) n est pas mort de maladie ou de vieillesse, il court encore (p.132).Des figures incorrectes : Parf ois des feuilles tombaient à la lisière du bois, qui tournoyaient dans l air comme des oiseaux morts (p.154).4.Bertrand Vac, Louise Genest.Ed.Le Cercle du Livre de France, 1950.198 « Les trois » du Cercle du Livre de France Pont -on encore parler des « hurlements chantonnants » des loups (p.68) on écrire au sujet du lac : « S il reposait le matin, tel un cLat repu, je me méfiais » (p.70).II me souvient d avoir risqué de semblables métaphores en classe de Syntaxe.Ces remarques paraîtront pointilleuses.L on devine trop chez Harry Bernard l\u2019application à bien écrire pour attribuer à la surabondance des idées et des sentiments les faiblesses nombreuses de son style.Le romancier n\u2019écrit pas de verve.II a au fond une substance de roman assez maigre.Son problème est davantage un problème de style.Du point de vue grammatical, la langue de I auteur est correcte.Nous connaissons I existence du substantif migration ; il n\u2019y a pas que nous sachions de verbe équivalent : « Outardes et canards migreraient vers le Sud.» (p.68).Il y aurait matière à discussion sur le glossaire dont s\u2019enrichit le livre de M.Bernard.II s y trouve des mots dont l\u2019explication n est pas nécessaire : bleuets, façon, marier, romaine.Du reste, il nous vient des doutes sur l\u2019utilité de placer en appendice ces notes élaborées.Louis Hémon dans son livre Maria Chapdelaine a déjà résolu le problème d une façon à la fois scientifique et artistique.Au lieu d expliquer à la fin du livre, les expressions locales dont il a besoin, il sait donner dans le texte même, le sens des mots choisis au moyen d une brève incise qui ajoute au mouvement et à l\u2019équilibre de sa phrase : Ceux qui venaient des « rangs », ces longs alignements de concessions à la lisière de la forêt.°.Nous ne pouvons ici rapporter la question du langage canadien.Harry Bernard laisse son métis s exprimer dans une langue rude et bâtarde.Pour lui comme pour la plupart des écrivains canadiens.le problème linguistique se réduit à cette distinction primaire entre la langue écrite et le langage parlé par la masse populaire.II ne paraît pas considérer la tournure, le vocabulaire, le ton propre à chaque classe de la société et à chaque groupe d\u2019artisans.C\u2019est là l\u2019art d écrire.Quel apprentissage et quel labeur il requiert 5.Louis Hémon, Maria Chapdelaine, collection du Nénuphar.1946, p.16. Revue Dominicaine Harry Bernard est certes un travailleur consciencieux.Ce mérite lui revient.II n est plus temps, pour faire la part des choses, de souligner sa jeunesse.II a dépassé la période des tâtonnements, de I apprentissage, le stage où I on excuse les maladresses du novice, il se devait après tant d années de réclusion, de nous donner un ouvrage qui comportât un témoignage réaliste et humain.II ne nous livre même pas toute son expérience.II préfère ressasser encore une fois la crise de son premier amour déçu.Pris objectivement, son roman demeure probablement le meilleur des trois volumes publiés il y a quelque temps par le Cercle du Livre de France, même s il ne constitue pas un apport très considérable à notre patrimoine littéraire.Nous croyons que le travail ne suffit pas, là où manque la puissance de création qui caractérise les romanciers de classe.Le Dompteur d\u2019ours 1 Peu d auteurs canadiens possèdent un tempérament littéraire aussi accusé que celui d Yves Thériault.II y a chez lui une frénésie d écrire, une spontanéité, une force qui chasse toute arrière-pensée de dilettantisme.Nous sommes au sein même d un cru puissant, d un indiscutable talent qui parvient toujours à I originalité et au naturel.Il lui manque encore de loger à 1 enseigne de la technique et de I austère discipline de l art.Si Le Dompteur d ours n est ni une trouvaille ni le signe certain d une perfection, il retient I attention par sa vigueur, par la saveur de frais et de sauvage qu\u2019il jette à la figure.Le livre fermé, l\u2019on demeure sous le charme, et I appréciation objective en devient plus difficile et plus ingrate.Qu est-ce au juste que cet Hermann, « masse d homme, trapu, musclé, à la démarche dandinante, au regard fauve sous les sourcils épais » ; cet Hermann, capable, par la force de ses bras, de combattre les ours ; ce mystérieux étranger dont le passage dans un bourg vient réveiller au cœur des femmes I appétit des sensations neuves, changer la vie des villageois assemblés vainement à la fin pour voir I homme lutter avec la bête.1.Le Dompteur d\u2019Ours, Yves Thériault.Ed.Le Cercle du Livre de France, Montréal, 1951.200 « Les trois » du Cercle du Livre de France Un mythe dont se sert Thériault pour bâtir une série de contes avec ceci de commun : la présence en chacun du dompteur d ours.II faut, afin d expliquer le livre, chercher la signification du personnage central, Hermann, c est I être, I accident, la circonstance, I idée qui arrête soudain le cours paresseux et inconscient de I existence, et I aiguille vers une pensée et une vision nouvelles.C est le moment de réflexion, la présence palpable d un idéal qui fait voir la médiocrité et I aspect suranné de 1 heure présente où I âme, les yeux semblent devoir être installés à demeure.Voil à, comme il nous semble, le sens du dernier livre d Yves Thériault.II a repris en le précisant un thème que I on retrouve en leitmotiv dans ses ouvrages antérieurs : changer sa vie.« Vivre ainsi depuis toujours.Toute une vie.Je suis enfermé dans un cadre.Les montagnes sont une muraille.Je suis cerné.Je n\u2019ai plus que les pics, que les sapins, que la forêt.Cent fois la semaine, les mêmes visages, les mêmes bois, les mêmes sourires.Voilà ce qui est terrible.Une science maintenant complète.Savoir.Il n y a plus de surprise, plus d imprévu.Chaque heure numérotée, chaque geste dressé en une liste à peine longue comme ça.» (p.51 ).Contre I uniformité, les personnages se révoltent, parce que l\u2019apparition d un visiteur inconnu a créé chez ces gens le malaise du vieilli et I appétit du neuf.La Fille L aide avait déjà exprimé cet instinct : \u2014 jD où viens-tu ?-1 L)e la plaine, en bas.J\u2019ai vu les pentes et je me suis dit que d\u2019y grimper serait peut-être le soulagement au mal.\u2014 Quel mal ?\u2014 La vie.La vie en bas.La vie semblable à elle-même, de jour en jour sans espoir, changer de ciel \\ « Changer de ciel ».C est là le désir de 1 auteur ; il révèle une pensée inquiète, une âme qui s agite dans le fourmillement des idées et des 2.La Fille Laide, Yves Thériault.Ed.Beauchemin, Montréal, 1950.201 Revue Dominicaine passions.L expédient serait simpliste de réduire toute la substance du livre à cette unique volonté.Car Le Dompteur d ours recèle un tel débordement de recherche maladive du charnel, une telle atmosphère où les bons et les mauvais désirs se contredisent, qu il nous faut reconnaître que l\u2019auteur ne maîtrise pas encore sa pensée et réussit à peine à choisir ses matériaux.Cela peut éclairer le lecteur sur ce mélange de ferveur érotique, de rêve d évasion, de réflexions moralisantes dont est construit I ouvrage de 1 hériault.De ce côté, nul progrès sur ses premiers livres.N y a-t-il pas plutôt régression ?Car La Fille Laicle manifestait plus de mesure, de contrôle, de santé littéraire.Autant Le Dompteur d\u2019ours fait foi de la grande facilité de son auteur, autant il rend témoignage de son indiscipline et de sa jeunesse.Un roman n est pas un sketch radiophonique.II suppose une longue élaboration.Parce qu il a à son actif le talent et la facilité, Yves Thériault a davantage besoin de se condamner au travail forcené qu exige I art.D abord étudier les lois de la composition, sans lesquelles on risque de ne jamais produire une œuvre claire et ordonnée.1 hériault a beaucoup à acquérir dans ce sens.Il importe de comprendre que le sujet d une historiette ne justifie pas qu on compose un roman.Ou 1 on verse dans 1 incohérence, ou I on accumule des chapitres qui sont les redites des premières pages ou à peu près.Le Dompteur d ours donne 1 impression de I un et de I autre défaut.Car, à la vérité, quoi de réellement différent dans ces histoires de femmes en rut, brutalement attirées par le physique d Hermann ?Par ailleurs, le passage où le petit Clément découvre la mort et celui où les frères Jubin se convainquent du devoir de I honneur s intègrent avec difficulté dans la trame du récit.Quel piège aussi que le dénouement du drame ! Thériault s est servi, pour terminer celui du dompteur d ours, d\u2019un artifice qui a tout le charme de la légende : au moment où les gens rassemblés attendent que paraisse Hermann pour se battre avec I ours, I aventurier a fui sous le prétexte d aller brûler un cierge 202 « Les trois » du Cercle du Livre de France à léglise.Délicieux pour un conte ; dans le roman, une grossière ficelle.Pour camper un caractère, il ne suffit pas d entasser les détails d une description extérieure.L\u2019auteur doit suivre son Kéros, le laisser agir, et concentrer sur lui les réactions des autres personnages.I Kériault ne parvient pas à donner aux siens un visage réel.Ses créatures manquent du trait distinctif.Sa psycKologie reste idéaliste, ou pour le moins idéalisée.Cela, autant que les lieux vagues, manifeste le talent du conteur, pas encore toutefois celui du romancier.L imagination créatrice est une précieuse ressource.Mais seule, elle faillit à livrer le fond Kumain du personnage, à animer les dialogues.Elle ne saurait suppléer à l\u2019observation.Le genre adopté par TKériault bouleverse un tant soit peu les données traditionnelles du roman canadien.II ne convient pas de le répudier.Même si I on a raison d en suspecter I authenticité, il reste que ce genre bien compris, adapté, perfectionné, peut fournir des réalisations surprenantes.Qui sait s il ne s agit pas d une nouvelle voie par où I on pourrait fuir les paysages littéraires, depuis trop longtemps fréquentés ?Nous ne dirons pas que TKériault possède un style remarquable : trop d anarchie encore, de la prose, un je ne sais quoi de tourmenté qui captive, mais s insurge contre la mesure et le bon goût.1 out ce qu il écrit est frappé au coin d une indéniable poésie, celle de la grande nature.Une phrase simple, pleine de mouvement.1 expression colorée, le mot qui sonne : Le soleil, ce matin-là, se leva sur les toits paisibles du village.Il dévala des sommets, vint chasser les ombres dans la vallée, dora la pinède en bas de la pente, vint donner un coup de pinceau aux teintes douces des fleurs et les raviva, puis s\u2019élança vers le ciel, repoussa bien loin les roses et les bleus et s\u2019installa, glorieux lumignon de Dieu, pour y passer une belle et rutilante journée (p.180).II sourd du texte de TKériault une vie intense, un amour profond de la nature.L on sent que I imagination l\u2019inspire : 205 Revue Dominicaine Sans se clouter qu autour de lui, dans ce pays perdu, la vie se modifiait, les tremplins se balançaient doucement, attendant de projeter les événements l un après l autre ; que le curieux destin s apprêtait à ouvrir les rideaux et à révéler le nouveau décor, le nouveau drame (p.17).11 n y a pas que ces beautés de style.Nous avons à déplorer des surcharges, la présence de certaines expressions d un réalisme outrancier qui n ajoutent rien aux descriptions : Elle sauta hors du lit, ôta sa chemise de coton, prit la jupe d étoffe noire, la passa, endossa le corsage de batiste, et tira du pied le pot sous le lit.D un geste large, les deux jambes écartées, bien au-dessus du vase de grès, elle pissa avec un son clair et net dans le récipient (p.65).L on accepte mal cette figure malheureuse : Trente maisons couvrant le sein rond que faisait cette montagne, un jeune et énorme sein pointé vers Dieu en charnel hommage (p.11).Le réalisme ne requiert pas d outrepasser la frontière du bon sens.Le jour où M.Thériault saura choisir parmi les visions de son imagination celle qui frappe et résume les autres, quand il aura équilibré raison et sentiment, appris à dépouiller son écriture des ornements inutiles, il aura acquis ce style coulé, ferme, charpenté, qui caractérise 1 écrivain mûr.S il n est pas superflu de réveiller des scrupules de grammaire, nous mentionnerons les tournures défectueuses relevées dans Le Dompteur d ours, telles que « à cause de savoir », « à cause d être », etc., répétées jusqu à vingt fois.A cause n accepte pas d infinitif comme complément.Admettra-t-on ces adjectifs employés seuls : « comme un précieux chaud » 204 « Les trois » du Cercle du Livre de France (p.26), « qu\u2019il reçoive ton plus précieux » (p, 51 ), « le terrible qui s a-battait sur lui » (p.6).Vétill es ?Ne minimisons rien.Il en faut peu de ces fautes pour donner à I écriture un air facile et négligé.* * * Le Dompteur d ours ne marque aucun sommet, ni dans les lettres canadiennes, ni dans I œuvre de 1 bériault.Son livre continue une avance sur un plan droit.L auteur cbercbe sa voie.Il est profondément original, tout le monde I en loue.Pour cette raison, il sacrifie peut-être à 1 excentricité.Le scabreux qui s étale à longueur de ses textes en témoigne.Tbériault a fait connaître son nom.Le plus difficile est de se tenir à la hauteur de la renommée.Pour cela, élire son genre, travailler dans un secteur déterminé.Tbériault doit-il se résigner à n être qu un conteur ?La littérature canadienne n en compte pas tant î L acquisition serait heureuse.Solitude de la Chair 1 Le titre du roman de Charles Hamel promettait de plonger le lecteur au fond d\u2019un problème humain qu\u2019aucun auteur canadien n\u2019avait traité jusqu ici : celui de la solitude où I homme finit toujours par se retrouver.II devait, semble-t-il, exposer I angoisse des êtres qui ne peuvent satisfaire dans la chair leur appétit de vivre.II faut confesser que nous n avons pas vu de problème dans ce délayage fastidieux de réunions pédantes, de saoulerie, dans ce rappel agaçant de tout ce que la vie comporte de dégoûtant et de vil.Nous n accusons pas I auteur de n en point avoir conçu ; mais tel que le roman nous est livré, I on conviendra qu il est difficile de saisir quelque réalité humaine dans I amas hétéroclite de personnages et de péripéties qui composent Solitude de la Chair.Le sujet du livre ne manquait ni d\u2019audace ni d intérêt.Mais il a disparu sous les récits insignifiants, les épisodes cousus de fil blanc, les 1951.1.Solitude de la Chair, Charles Hamel.Ed.Le Cercle du Livre de France, Montréal, 205 Revue Dominicaine descriptions extérieures et tout le clinquant d une rhétorique amoureuse digne du grand roman populaire.La psychologie de 1 auteur résiste mal à I examen.S il se trouve des traits d observation intéressants, ce n est qu accidentel, et 1 on a tôt fait d être entraîné dans le tourbillon qui nous laisse à la fin essoufflés et dégoûtés.A quoi rime ce roman en trois tranches où le lecteur doit assister aux bêtises d un jeune journaliste dénué de personnalité, celles d une étudiante prête à se donner au premier cœur, celles enfin d André Laurent, député, directeur cl un journal libre : l Epoque.II fallait que le héros fût un homme marié à une femme riche qu il n aime plus.Et encore nous faudra-t-il connaître toutes les misères de ce caractère flasque, livré à ses passions, et incapable de sauver de la ruine son journal soutenu en sous-main par sa femme.Fidèle à son genre, M.Hamel fera à la fin se réconcilier les époux.Oh ! dramatiquement.Car Laurent, blessé par une poule de luxe avec laquelle il s est amusé, ira tomber sur le seuil de sa propre maison.Sa femme I y trouvera inconscient et, comme bien 1 on pense, ils se réconcilient.« André rendit à Jeanne son baiser » (p.242).Oh ! lendemains î Nous ne pouvons accepter le livre tel quel.Nous ne dirons pas que ! auteur n a pas de talent.II y a de bons éléments.Le thème en vaut la peine.Mais nous croyons que I œuvre manque de réalisme psychologique, de sincérité, de spontanéité ; I on devine trop d influences non encore assimilées.L\u2019expérience vitale et le métier font défaut.Un rapide coup cl œil nous convaincra que la composition défectueuse menace I unité du livre.Que penser de ce procédé du triple tableau : Fernand, Michelle, André Laurent.Il appert que Hamel a voulu écrire I histoire d André Laurent et celle de son journal.Pourquoi alors consacrer à Fernand et à Michelle une partie du récit ?L on voit bien au fond qu ils sont personnages secondaires dans ! esprit de I auteur.Au reste, Hamel tient trop à I histoire du journal -\u2014 impossible d écarter 206 « Les trois » du Cercle du Livre de France l hypothèse des souvenirs personnels pour ne pas faire de Laurent le pivot de son drame.Si la peinture du milieu journalistique est soutenable, le climat moral et physique est tel qu\u2019il rappelle les pires films à sensation du cinéma américain.Saoulerie r- 1 on ne nous épargne pas la nomenclature des boissons bataille, dialogues amoureux construits à grand renfort de « Je t\u2019aime », « tu m\u2019aimes » ?; des scènes du pire grotesque comme dans les pages où Ginette, une fille de rue, se déshabille en présence de Laurent en lui disant : « Et, tu sais, je vaux la peine d être vue, et regardée, bien regardée » (p.239).Les personnages se donnent des airs; ils lisent Sartre (p.2l)), se gargarisent de communisme (p.57).Rien de naturel ; l\u2019on devine la pose de l\u2019écrivain qui veut faire original et tête forte.Le texte déborde de ficelles.Ainsi pour couper à une situation embarrassante, Hamel envoie son personnage central au téléphone.« Michelle se demandait si cette discussion, à laquelle elle ne voulait pas prendre part, allait s\u2019éterniser.Mais Rodolphe Soulière, le libraire, vient prévenir Pasquier qu il était demandé au téléphone en bas » (p.59).Hamel se souvient encore des lois élémentaires de composition où il est prescrit que 1 exposition doit être rapide et complète.Il introduit une foule de personnages à la fois et le lecteur n\u2019a qu à les démêler (p.55 sq).L auteur abuse des descriptions conventionnelles, des lieux communs les plus fréquentés : « De longs cheveux roux dévalent sur ses épaules ; ses yeux s ouvrent très grands, d\u2019un vert intense.Et son profil est d\u2019une pureté extraordinaire » (p.41 ).« André semble au mieux avec le barman, dont la figure s épanouit quand le journaliste fait l\u2019éloge de ses cocktails » (p.90).Niera-t -on le ridicule de cette réflexion grandiloquente : Michelle raccroche, regarde un moment le téléphone avec une espèce d hostilité douloureuse.Cet appareil a été l instrument de la rupture.Combien d autres amours ont ainsi pris fin, en quelques phrases rageuses, ou perfides, ou simplement ennuyées, prononcées dans ce transmetteur d ébonite ?» (p.107).207 Revue Dominicaine Nous nous sommes demandé ce que dirait Valéry d une phrase comme la suivante : « Quand ils rentrèrent dans I arrière-boutique Fernand Richer boutonnait sa gabardine» (p.215).N insistons pas.La langue généralement correcte ne fait pas oublier les détails inutiles, I indigence du vocabulaire, I absence de force et de poésie dont le style est affligé.Au terme de ce récit, 1 auteur aurait pu nous épargner la petite note chrétienne qu il a incidemment jetée dans son ouvrage pour faire taire les scrupules des catholiques conformistes.Le problème de la solitude ne s\u2019est jamais posé à moi de la même manière qu à toi.Mais un grand ami à moi, un ami en qui j ai pleine confiance, m a dit un jour : « Il est impossible à Ihomme d échapper à la solitude par les seuls moyens humains.Mais 1 homme peut communier avec l homme dans l amour de Dieu.En Dieu s\u2019abolit toute solitude.En Dieu seul les êtres humains peuvent se rejoindre, se trouver, être unis ».En dehors de Dieu, selon cet ami, l homme est, comme tu dis, condamné à vivre seu l » (p.186).Cela tombe sans avertissement après les plus repoussantes faiblesses.Le sacrifice à I opinion s avère en ] occurrence de mauvais goût.II n\u2019atténue pas I impression de superficiel et de vide causée par le roman.Nous ne pouvons en conclusion payer à la tradition le tribut immémorial et dire que le livre de Charles Hamel est une promesse.II manifeste cependant une volonté d écrire.II y aurait une justice à rendre à I auteur, celle de lui remettre son livre pour qu\u2019il le reprenne.Et « vingt fois sur le métier » dirait Boileau.Pour conclure.Les livres canadiens publiés récemment par le Cercle du Livre de F rance dénotent une tendance nouvelle.La volonté avouée de s\u2019inscrire en faux contre ce qui a été jusqu\u2019ici le credo littéraire et artistique du % 208 « Les trois » du Cercle du Livre de France Canada français.L\u2019on perçoit le désir violent de passer les frontières consacrées, la hantise de découvrir un monde neuf et de briser avec la lourde tradition qui gêne l\u2019avance de la littérature.Cette attitude appelle des réserves, car il est téméraire de prétendre jeter par-dessus bord ce dont nous avons vécu et de le remplacer par des institutions qui ne tiendraient pas compte des données historiques et des faits présents.Néanmoins, nous avons à enregistrer une tentative de libération qui donne lieu à de sérieuses espérances, même si elle s accomplit avec lenteur et difficulté.Tout un concours de circonstances I ont favorisée et pour ainsi dire mise en branle.Il y eut, d\u2019abord la guerre de 1939 dont le premier effet a été de nous distraire de notre problème local pour nous intéresser à un problème vital.La révolution espagnole avait déjà amorcé ce changement.Notre inquiétude devenant plus humaine, nos recherches sont plus réalistes, plus psychologiques.II a fallu rompre avec l\u2019égoïsme racial pour partager la misère et I angoisse des autres nations.Nous réalisons que si I individu n\u2019a pas le droit de se refuser à la société locale, celle-ci ne peut non plus se désintéresser de la collectivité universelle.D un autre côté, la guerre nous a à la fois éloignés et rapprochés de la France.Alors qu il nous était impossible de communiquer avec ce pays pour nous approvisionner sur le plan intellectuel, bon nombre de ses penseurs, de ses écrivains et de ses artistes, nous sont venus qui nous ont aidés à prendre de la France éprouvée une conscience directe et véritable.Par ailleurs, I importance générale accrue des Etats-Unis, a fortement influencé le Canada ; la grande République devenue momentanément un centre de pensée, nous a forcés à connaître sa vie, son art naissant.Nous avons fait en particulier I expérience de sa littérature pour nous apercevoir que nous étions dépassés.Nous découvrions en même temps en Amérique du Sud une littérature dont nous ne pouvions nier la valeur.Un retour sur nous-mêmes s imposait.Réalisons-nous jusqu\u2019à quel point nous manquons d expérience ?Si nous n\u2019avons rien à dire, c\u2019est que nous pensons fort peu, seulement attachés à I immédiat ; même nos thèmes 209 Revue Dominicaine nationaux donnent le plus souvent des réalisations superficielles.Nous ne savons pas nous regarder vivre pour transposer dans des ouvrages une matière qui soit personnelle et non plus un résidu quelconque de lectures ou d imagination.Par bonheur, quelques-uns >\u2014> nos meilleurs écrivains >\u2014 ont réussi à livrer des œuvres fortes, étoffées.Le grand mal est encore de ne pas savoir écrire.Pour cette raison, le critique est obligé de relever en plus des défauts de composition, des fautes élémentaires de syntaxe et de morphologie.A qui, ou à quoi attribuer tous ces torts ?A des degrés divers, au climat intellectuel du Canada français, à notre éducation encore janséniste, à un enseignement conservateur, à ce complexe d « Aurore, I enfant martyre » dont nous commençons, sur tous les plans, à nous départir.Changer I Cela s\u2019avère de toute nécessité.Nous le concevons.Cette conversion devrait s opérer peu à peu si nous avons foi en notre puissance à nous renouveler, à créer, si nous faisons confiance à ceux qui se font les artisans de la renaissance littéraire.Confiance ne signifie pas présomption.Etablir le bilan de sa culture, de ses forces et de ses faiblesses.L\u2019écrivain sérieux ne doit pas refuser la critique.Nos lettres se meurent d avoir encaissé trop de recensions, de jugements anémiques, de dithyrambes publicitaires.Cessera-t-on enfin cet échange de critique entre écrivains qui se connaissent et ont tout intérêt à se ménager.Laissons cela aux présidents des réunions « snobs », à toutes ces tenantes de « jeudis artistiques », de « soirées littéraires » et autres produits de parvenus î Nous avons besoin d une critique sérieuse, impartiale, régulière et scientifique.Si l\u2019auteur s\u2019y soumet, il court le risque de ne pas s\u2019enliser dans une désolante stagnation.II est enviable d écrire un livre et de devenir ensuite célèbre, digne d être montré dans les salons comme un toutou savant.Au Québec cette situation de faits ne saurait s interpréter comme un critère de compétence.Avant de conclure ces remarques, jetées en vrac, nous tenons à souligner que les œuvres récemment lancées par le Cercle du Livre de France ne constituent pas une production supérieure.Nous nous posons même la 210 « Les trois » du Cercle du Livre de France question, à savoir : est-ce qu un éditeur français reconnu eût accepté de les publier ?Ces ouvrages marquent toutefois un effort vers quelque chose de neuf et de sérieux, de vécu.Il en faut de ces tentatives pour réussir, ne serait-ce encore que pour entretenir le courant littéraire.Nous imaginons aujourd Lui la tâche du jury appelé à choisir le meilleur de ces ouvrages mineurs.Quand donc pourrons-nous cesser d invoquer la circonstance atténuante : I enfance de notre littérature ?Jean-Noël Tremblay Québec, mars 1951. René Boylesve* (suite et fin) III a\u2014 Le romancier Lors de son installation dans son hôtel de Passy, Boylesve, cognant sur les murs, répondait aux compliments de ses amis : « Ecoutez I comme cela sonne creux I Pas un de ces murs n est solide I Avec quoi est-ce bâti ?» Songeait-il aux maisons de son pays dont la belle pierre blanche défie I usure des siècles ?Chose certaine, son enfance chrétienne lui avait enseigné le mépris des choses éphémères.A cette lumière, on comprendra sa vocation d\u2019écrivain.« Le rôle de 1 art, dit-il, est paradoxal ; il cherche le contour immuable des choses qui changent sans répit » 1G.L artiste berne en quelque sorte le créateur ; des choses mobiles il produit une œuvre échappant aux fluctuations de l\u2019espace et du temps.D une humble matronne avignonnaise est née l\u2019immortelle Laure dont I impossible amour fleurit à travers les âges.Après la mort de ses grands-parents, Boylesve sentit son enfance lui échapper et non content de traîner un fardeau de souvenirs s\u2019allégeant et s\u2019alourdissant à la fois avec les années, il voulut donner à cette époque de sa vie, si riche en émotions de toutes sortes, une vie nouvelle en quelque sorte supérieure à l\u2019autre.D\u2019où est né l\u2019admirable cycle tourangeau qui forme le cœur et la charpente de I œuvre.Athénaïs Blacque qui bâtissiez en imagination une immense cathédrale dont le clocher rejoignait les étoiles, Félicie Jeanneau qui fière et modeste, montriez à vos rapaces parents les 400 hectares de votre Gol-conde champêtre et dont I âme, sans doute, après un destin funeste, errait à travers des caveaux secrets renfermant la chair de l\u2019été, vous n\u2019êtes point mortes, la terre ne vous a point ensevelies, car entre vous et la terre, une âme a passé et observant vos gestés quasi hiératiques, nous nous 1.Cf.Revue Dominicaine, mars, p.158.16.Feuilles tombées, p.294.212 \t René Boylesve plaisons à cette tendre et féroce comédie que les hommes se jouent entre eux.Et ce mélancolique enfant qui observe sur les cadrans solaires la course des nuages et des heures et ces jeunes filles accoudées à des balustrades I Ah î que F œuvre de Boylesve est bien, elle aussi, à la recherche du temps perdu.Si à ce point de vue, I art s oppose à la vie, sous un autre aspect il s en rapproche.Seul est digne du nom d artiste celui qui réussit à nous tromper, à nous tendre un miroir si fidèle que nous prenons I image pour 1 objet.Au théâtre, on produit I illusion en obéissant à une certaine optique qui exige le grossissement des caractères, une intrigue aussi bien organisée que les rouages d une montre, car le public, qui doit entrer immédiatement dans le drame, a besoin d être heurté par des contrastes forts.C est pourquoi le théâtre réaliste ne semble pas viable et 1 on donnera toujours la préférence aux poètes.Le roman, conçu par Boylesve, se situe aux antipodes du genre théâtral.Les existences sans histoire, la vie de chaque jour, monotone et rarement sanglante, les caractères nuancés et complexes, ni très élevés ni franchement mauvais, voilà sa matière.Un tel réalisme, d autres l\u2019ont pratiqué et surtout LIaubert ; cependant j\u2019ose affirmer que personne ne I a poussé plus loin que Boylesve, personne n a su comme lui contourner les écueils qui menacent une telle méthode d\u2019observation et qui sont le prosaïsme et la médiocrité.Massis a pu blâmer ces œuvres où il ne se passe rien.Les romans de Boylesve sans doute procèdent de Dominique par le minimum de faits extérieurs ; ils en diffèrent par I intensité de la vie intérieure de tous les personnages et non seulement de hauteur, ne sachant que son âme.Le romancier doit-il pour autant copier la nature ?II s agit de s entendre.Les disciples de LIaubert qui se prétendaient « réalistes » ne copiaient pas le réel mais ce qui leur était permis de voir en celui-ci et ce qu ils croyaient voir : les réalités extérieures, quelquefois intérieures mais simplifiées comme si le cerveau n était rien d autre qu\u2019une mécanique bien huilée.L essentiel du drame, qui se joue «au delà des visages», leur échappait trop souvent.213 Revue Dominicaine Us voulaient ignorer le mystère qui enveloppe tout acte humain.Devant un cas concret, n avons-nous point souvent pour toute trace que des paroles trompeuses et équivoques et enfin le visage qui nous livre rarement les tréfonds de I âme humaine.A vouloir copier la nature, on aboutit à Bouvard et Péchet dont Léon Daudet a pu dire que c était « Bouvard et Flaubert ».Dans de telles tentatives c est toujours [écrivain que le lecteur finit par prendre en pitié.On se jette sur le monde extérieur faute de données sur le monde intérieur et I on croit avoir tout dit en nous donnant 1 aire d un plancher, I épaisseur d une porte, la couleur de la plume d un chapeau.Le véritable psychologue est un intuitif qui émet des hypothèses sur les motifs de tel acte, de tel fait.Dans cette curieuse nouvelle qu est Souvenirs du jardin détruit on voit un romancier qui apprend le drame d une existence grâce à un infiniment petit et qui se torture I esprit pour en trouver la cause.En écoutant sa femme chanter, le docteur Barégère perd un peu de sa maîtrise.« J\u2019entendis, nous conte Boylesve, la voix du docteur perdre toute sa sonorité comme une cloche soudainement fêlée et, en même temps, son regard si pur, si limpide, si peuplé, semblait se retirer en arrière, sur un plan reculé, et les idées nombreuses et agiles qui se mouvaient et bondissaient tout à I heure à la surface comme de jeunes bacchantes, je croyais les voir s écouler, pareilles à une foule après le spectacle terminé.Peut-être, au beau milieu d un colloque animé, songeait-il à des misères connues de lui et sur lesquelles il gardait le silence ?A quoi songeait-il ?» 17.Mais le romancier ne se contente pas d émettre des hypothèses.Ou bien il transforme à sa guise un fait réellement arrivé ou bien il bâtit une intrigue entièrement de son propre cru.Orgueil humain bien légitime, il se veut indépendant de tels faits en particulier, non des faits.Boylesve affirmait que I imagination créatrice était tout dans 1 œuvre d art et par cette dernière il entendait non pas « la folle du logis » mais celle qui imagine le réel.C est une ogresse qui se nourrit de tout : observations, 17.Souvenirs du jardin détruit, Paris, Ferenczi, 1924.214 René Boylesve souvenirs personnels et connaissances techniques.Le romancier est un ' observateur autant qu un créateur.S\u2019il a comme rôle d expliquer les actes humains, il arrive parfois que les différentes causes s entremêlent tant, et si grande est I obscurité des labyrinthes de notre âme que le psychologue doit s avouer vaincu et se contenter d exposer la situation le plus clairement possible.Souvenirs du jardin détruit est le seul roman où Boylesve ait adopté cette méthode dont des psychologues plus modernes /\u2014¦ Mauriac en particulier \u2014 allaient faire un usage plus abondant.Dans ses créatures pensée et acte sont souvent en contradiction, ce qui ne manquait pas d irriter un critique contemporain.Sur ce point il s est révélé un incomparable psychologue, les causes apparentes, à la surface de I âme n étant pas toujours les plus importantes.De même il ne néglige jamais les infiniment petits, négligeables si on les considère séparément mais qui, tous ensemble, finissent par faire déborder la coupe.La jeune fille bien élevée et Elise sont bien significatifs à ce sujet.II innovait en la matière.Rien de ce qui est humain ne lui paraît négligeable.Il est capable aussi bien de sonner le glas d une société que de nous montrer une femme du monde mâchant des billets d\u2019amour.Des esprits superficiels ont trouvé cela exquis et 1 ont apparenté à Jean de la Brète, voire à Berthe Bernage.lis ne peuvent évidemment comprendre que c\u2019est par le naturel qu on atteint le sublime.« L art viable, écrit-il, ne vient pas du temple, il vient de la rue et s achemine vers le temple » 18.Néanmoins, conscient des limites de l\u2019art, Boylesve savait que si I artiste ne doit pas « quitter la nature d un pas », ce serait illusion de croire qu\u2019il y puisse arriver.Il aura beau faire, il ne pourra jamais tout à fait éviter la thèse.Mais en pratique, il est bon de viser un peu trop haut pour ne pas du moins se voir réduit à faire sauter des marionnettes.On peut poser une objection.La plupart des romans de Boylesve ne sont pas à la troisième personne mais à la première.Fernandez a pré- 18 Femlles tombées, p.212.215 Revue Dominicaine tendu avec raison que cette manière de procéder ne permet d offrir que ce qui se passe réellement.Remarquons que Boylesve use de ce procédé pour conserver au récit une plus grande vraisemblance et aussi, par diplomatie, de violents réquisitoires contre la société perdant, en apparence, leur valeur objective pour devenir I expression d opinions purement personnelles, le fruit d observations dans un milieu bien déterminé.II accorde d ailleurs à ses personnages une clairvoyance vraiment extraordinaire qu il ne nous est pas toujours permis d avoir et qui rappelle étrangement la sienne.II ne serait pas inutile d ajouter que lorsque le récit ne peut être mené par un idéaliste ou par un esprit supérieur il prend la troisième personne, loyauté que I on ne rencontre pas souvent cbez tant de modernes qui aiment à se placer au point de vue d un monstre ou d un anormal, procédé malsain et décadent de littérateurs qui ne croient plus à rien.Non content de juger par I intérieur, il sait que le roman agit directement sur I nomme comme la vie et que de ce fait il importe de ne pas tout dire.Il affirme qu en littérature il ne faut « s attacher qu à ce qui représente un élément permanent » 19 et ailleurs « A mon sens, I art le plus élevé consiste à ne traduire de la vie que les éléments pour ainsi dire permanents, en tout cas généraux, essentiellement humains » 2u.Les théoriciens du XVIIe siècle n ont jamais tenu un autre langage.Dans cette triste histoire qu est Elise, pas un seul mot ne blesse la pudeur.Et Dieu sait pourtant s il y avait matière à des descriptions sordides.Mais n allons pas croire que Boylesve tend systématiquement au type universel comme les auteurs comiques et tragiques du XVIIe siècle \u2014 Harpagon ou I Avare, Tartufe ou le Faux Dévot, Hermione ou I A-mante.Chacun de ses personnages est fortement individualisé avec ses tics, ses défauts, son rang social.Toutefois, en prenant un individu bien marqué et caractéristique, il arrive que celui-ci, sans la moindre stylisation.se hausse vraiment à la hauteur du type.Témoin cette Félicie Planté 19.20.216 Opinions sur le roman, p.198.Ibid., p.23. René Boylesve qui représente I homme de I ancienne société si âpre au gain et si replié sur lui-même.S il excellait à décrire le choc des individualités, il a aussi écrit des romans « sociaux ».A Lien des points de vue Mademoiselle Cloque, comme le remarquait Gérard-Gailly, est une œuvre « populiste » tandis qu Elise nous montre « I homme et les hommes » à I état de conflit.Mais cette façon de voir par f intérieur peut-elle s\u2019appliquer à la nature extérieure qui tient une place si importante dans le roman ?Et il est vrai que Boylesve n est pas un grand descriptif, pas plus d ailleurs qu un Racine ou une La Fayette qui n avaient pour la nature guère plus qu un amour platonique.L Italie du Parfum des îles Borromées sent un peu trop les vacances d un jeune homme sage à moins que ce ne soit la chromo de revues féminines.Mais lorsqu il chante sa Touraine il rivalise avec Fromentin.C est à travers 1 homme qu il voit la nature, sans tomber dans les trop célèbres paysages psychologiques de Barrés pour qui les rives du Tage dispensaient de la lecture de Pascal.Il a su choisir parfaitement dans La Becquée I alternance impassible des saisons à travers les bouleversements humains.Combien pour Boylesve la nature est un état d\u2019âme choisi, on en jugera par cet extrait : « C\u2019était l\u2019heure charmante des débuts de I été où I on sent que le soir va succéder au jour.L\u2019air agitait le feuillage odorant des noyers et les oiseaux commençaient à regagner les arbres.Nous montions le mauvais chemin de la Chaume ; on donnait son attention à ne point se tourner le pied dans les ornières ; la campagne semblait déserte comme le dimanche, parce qu\u2019on ne touche pas à la terre les jours de deuil ; et nos ombres noires étaient assez chagrines.Pourtant je me souviens que quelque chose de léger et d heureux frétillait ou dansait dans le profil d une maigre avoine où dominaient les bleuets et les coquelicots » 21.On a tort de ne pas connaître les pages géniales de Mon amour sur le retour au pays natal.Elles devraient figurer dans toutes les anthologies.Parlant des crues progressives de la Loire, il nous dit qu\u2019il y a 21.La Becquée, Paris, Nelson et Colmann-Lévy, p.60.217 Revue Dominicaine « des barres horizontales gravées dans la pierre, pareilles aux mesures superposées de la croissance d un enfant » L homme chez Boylesve est présent partout.Mens cigitat mollem.Ai-je besoin d ajouter que dans toutes ses œuvres il se place à un point de vue idéaliste.C est ce qui explique son mépris de la démocratie du début du siècle qui tendait à n attacher d importance qu à 1 homme moyen, alors qu en matière littéraire seule 1 aristocratie lui paraissait soutenable.Fidèle à 1 aphorisme de Mithouard : « L art est une sublime économie », cette œuvre qui doit nous donner I illusion de la vie, il la veut non seulement humaine et intérieure mais construite de telle façon que tous les matériaux employés paraissent indispensables.Ftablissant un rapport entre 1 art et la société, il dit dans Feuilles tombées : « Où il a prodigalité, il y a art défectueux ; où il y a prodigalité, il y a misère » Il construit de solides intrigues et mène le récit sans jamais se laisser distraire par des digressions piquantes mais oiseuses ou de vaines observations psychologiques.Il est peu d écrivains aussi disciplinés et qui ont le courage de s effacer à ce point derrière leurs créatures.Car dans la création littéraire, il faut savoir sortir de soi-même.Pour décrire un personnage il se contente de traits caractéristiques et le reste demeure dans 1 ombre.Voici par exemple une vieille dame qui n a pas I habitude des voyages : « Sa peur était de perdre nos billets de chemin de fer qu elle tenait contre la paume de la main, et surveillait tous les cinq minutes par I ouverture de son gant de fil noire » 24.Voici un brave homme un peu simple qui fait son entrée dans la chambre d une moribonde.« Le courant d air que fit la porte en s ouvrant dérangea une maigre branche de buis séché, passée entre le crucifix et la croix, et Jules Panier se précipita pour la redresser comme si cela eut de I importance » A 22.\tMon amour, p.137.23.\tFeuilles tombées, p.294.24.\tLa Becquée, p.113.25.\tMademoiselle Cloque, Paris, Arthème Fayard, 1927, p.122.218 René Boylesve Dans La Marchande de petits pains pour les canards, par la mystérieuse correspondance on contradiction entre le geste et la pensée, Boylesve revient pratiquement à 1 art du mime.Cette économie apparaît davantage dans les situations tragiques : les drames les plus horribles sont racontés avec de petits mots de tous les jours r\u2014 la mort d Elise.Trois lignes suffisent pour nous avertir de la disparition de I oncle Planté.Balzac y aurait mis plusieurs pages.Dans cette maîtresse nouvelle qu est Le Conseil de famille tout I art de Boylesve consiste à nous rendre acceptable un dénouement affreux : des paysans qui transportent des « paquets blancs d aspect lourd », les tronçons du corps de I oncle Jean ' 1 auteur ne le dit pas \u2014 qui a fini ses jours sous une locomotive.Sa pudeur est si forte que parfois il n ose rapporter un drame autrement que par allusions.Dans La Becquée, un petit bout de phrase jeté dans un paragraphe du deuxième chapitre est assez habilement escamoté pour que I auteur se permette de nous apprendre la mort de sa mère.Parfois même et nous pourrions donner de nombreux exemples, il emploie un mot à double et à triple sens.Ce début de Mademoiselle Cloque : «Vers 188., vivait à Jours une vieille demoiselle très distinguée et d un grand mérite » Que de significations au mot mérite !.Et cette petite phrase si énigmatique du Meilleur ami : « Pour moi-même comme pour tout le monde, ah ! que j étais donc un garçon tranquille!.»28 Si Boylesve a employé ce procédé classique de la litote, c\u2019est par pudeur, son émotion étant si forte qu il n ose la laisser éclater devant le lecteur.Alors il parle à demi-mot, se contente de timides allusions, entasse ses idées dans le moule de la phrase comme un voyageur ses effets dans sa valise, de telle sorte qu il faut parfois un hasard pour rencontrer sa pensée.II a écrit tout un livre sur ce ton : Meilleur ami.C est le jeu de la cruauté de 1 amour.Imaginez un jeune homme follement amoureux, réduit au rôle de chandelier et qui consciemment livre à son rival la femme 26.\tLe Bonheur à cinq sous, Paris, Calmann-Lévy, 1917.27.\tMademoiselle Cloque, p.1.28.\tLe Meilleur ami, Paris, Colmann-Lévy, 1911, p.9.219 Revue Dominicaine qu il aime.Pour récompense : « Vous êtes bon, Henri, vous avez die la bonté plein la figure » 29.Ab ! qu\u2019il préférerait même entendre : « Vous êtes mécbant, mais je vous aime quand même ».Le « meilleur ami », c est le titre que lui décerne Bernerette de Cbanclos, voit cette dernière dépérir tranquillement d amour pour un liomme un peu vain, empêtré dans un ridicule et sordide mélodrame et qui n éprouve pas pour elle la moindre affection.A quelques vingt-quatre heures de la mort sous les palmiers du Midi, elle ferme les yeux et s imagine entendre son bien-aimé.Au meilleur ami incombe le rôle du remplaçant et il le fait ingratement, sans la moindre espérance.C est dans ces dernières pages du livre que Boylesve a atteint le sommet de son art et a rallié la tradition des Lettres portugaises et de Dominique.L amour avec tous ses mystères, ses abîmes, et ses sommets, nous I avons perçu à travers des mots élus entre mille, à travers de petites phrases qui fusent des tendres feuillets, comme des étoiles dans la trame d une belle nuit.« Bernerette, en s asseyant sous un palmier, eut un mot inquiétant : >\u2014> H y a des fruits, dit-elle, que je n ai pas goûtés, n est-ce pas ?Je voudrais, oh 1 je voudrais tant mordre à tous !.Je souris et feignant l indignation : Parlez-vous par parabole, Bernerette ?¦\u2014' Mais non ! dit-elle ; voyons ! un brugnon, par exemple, eh bien ! qu est-ce que c est que ça ?Je n en ai jamais mangé.Et il y a encore des goyaves, des caroubes, des arbouses.bien d autres dont je ne sais seulement pas les noms et que je voudrais goûter.\u2014 Vous ferez des voyages !.Pour le brugnon, les arbouses, il ne faut pas aller si loin !.\u2014 Oh ! mais tout de suite, dit-elle, tout de suite ! Ce Boylesve concis et ramassé c est celui de la maturité, non de la jeunesse.Le romancier du Médecin des dames de Néans, du premier état du Parfum des îles Borromées et des Bonnets de dentelle étalait en jeune 29.\tIbid., p.61.30.\tIbid., pp.221 et 222.220 René Boylesve prince tous ses trésors et se montrait avant la lettre proustien.Si plus tard il fut si lent à admirer Proust et si entier dans son abandon c est qu A la recherche du temps perdu lui faisait regretter sa première manière, abandonnée dès la trentième année.On a pu voir qu il allait la reprendre, à la lecture de Souvenirs du jardin détruit, œuvre de transition.Nul doute qu il aurait produit d admirables romans en redevenant ce qu il avait été, c est-à-dire sans aucunement imiter Proust comme on 1 a si légèrement prétendu.Il atteignait cet automne de 1 âme où 1 écrivain s aperçoit qu il lui reste beaucoup à dire encore, tant il est ricbe, et qu il doit se dépêcher car la mort plane sur lui comme un oiseau de proie.Ce n est plus la maturité où le fruit tombe à point après avoir atteint son mûrissement extrême, mais la vieillesse où le vent secoue l\u2019arbre de toutes ses feuilles.C\u2019est pourquoi la rapide disparition de Boylesve a été un deuil très grand pour les lettres françaises.Il ne faudrait pas conclure, comme Henri Clouard, qu\u2019il a manqué sa vocation.Sa vocation, c était d écrire des livres ordonnés et de se soumettre à une discipline.Tout au plus pourrait-on regretter cette pudeur vraiment excessive qui nous a privés de tant d autres chefs-d œuvre.On n est avare que de ce qu on possède mais il convient de ne pas Iêtre trop.Maître de la litote, il fut aussi un incomparable ironiste et il a su, en héritier de Molière et Montesquieu, nous montrer les deux faces tragique et comique de la vie, I une parfois se confondant avec l\u2019autre.On pourrait croire que Le Bel Avenir constitue un accident dans 1 œuvre de Boylesve tant I ironie y est poussée jusqu\u2019à la charge.Il n\u2019en est rien.Malgré un dénoûment heureux, au point de vue bourgeois, cette œuvre maligne qui contient en épigraphe une pensée de Nietzsche, nous montre, par le seul caprice du destin, les triomphes des sots sur les moins sots et des drames qui éclatent au milieu des éclats de rire.Sous le sarcasme on sent le moraliste qui se retient pour ne pas manier le fouet.II lui arrive aussi de s amuser tout simplement en bon Gaulois, connue dans cette charmante anecdote : « Un jeune homme ayant pour 221 Revue Dominicaine Barrés la plus grande admiration, va s installer près du cliâteau de MiraL eau où le grand homme prend ses vacances.Le bruit, d ailleurs, s est répandu que Barrés était là-bas très fatigué, assez sérieusement souffrant.Le jeune admirateur voit son maître, constate sa fatigue et son mauvais teint et obtient même de lui la confidence du mal dont il souffre : les intestins ne fonctionnent pas, mais pas du tout et cette abstention opiniâtre dure.Elle dure presque tout le temps que le jeune homme est à Mirabeau ; on attend, lui comme tout le château, une amélioration, et en vain.Chaque matin, la question du visiteur promu aux honneurs de la confidence est la même, et même, est la réponse du malade.Rien î Rien 1 On s entretient du mal désobligeant, on rappelle des cas semblables dans « la littérature ».Georges Sand n en mourut-elle pas ?Le « rien » devient tragique.Enfin, au bout de quinze jours, affirme-t-on, ce n\u2019est plus «rien», c est «quelque chose».L espoir renaît et la destinée d une grande œuvre littéraire n est plus suspendue à une question d ordre vulgaire.Mais le jeune admirateur est revenu de Mirabeau, touché défavorablement, atteint dans son admiration très pure.Il ne faut pas voir les grands hommes sur la chaise, ni non plus lorsqu\u2019ils en sont éloignés 31.En lui ironie et charme se trouvent étroitement liés.Le charme : qualité mineure, croit-on, et qui convient plutôt aux « fins qui ne sont que fins » qu aux écrivains de génie qui nous arrachent notre ravissement.A vrai dire, cet art si quintessencié, les sociétés extrêmement polies, les écrivains racés 1 ont pratiqué.L homme du peuple demande des sensations fortes d où son goût pour le mélodrame »\u2014 tandis que le civilisé est dupe de sa propre émotion.Comme il désire devant le beau conserver son sens critique et sa raison, il se veut sollicité discrètement par lui, non possédé.S il lui arrive de sortir de lui-même pour rentrer en son moi plus intime, que ce soit le plus naturellement possible.Dès lors, Boylesve nous attire par mille petits détails piquants, familiers 31.Feuilles tombées, pp.197 et 198.222 René Boylesve même, mille notations exquises.On trouvera dans son œuvre peu de couchers de soleil, de « pics inaccessibles ».II préfère une émotion plus secrète et un lyrisme répandu également.Dans une page des Feuilles tombées, il a expliqué excellemment sa manière.Alors qu\u2019un Bourdaloue et un Corneille « établissent un plan que I on voit toujours », Bossuet, Racine >\u2014> et notre moderne /\u2014< semblent avoir « la vue d une nébuleuse » qu ils abordent « avant d en avoir dénombré les étoiles » 32.Si les premiers se livrent en étendue et plaisent davantage aux esprits géométriques qui veulent un exposé clair et qui saute aux yeux, les seconds se liront en profondeurs et sont préférés des artistes.Ils exigent aussi des lecteurs peu pressés.Quoi qu\u2019il en soit ces deux manières se défendent parfaitement.Les moissons qui brillent au soleil de midi ne sont pas moins belles que le matin se dégageant de la nuit.De même que les musiciens ont recours au leitmotiv pour se délivrer de leurs obsessions, de même Boylesve pratique très souvent 1 art des rappels.L âme ne goûte-t-elle pas ainsi I apaisement dans la répétition et la sécurité dans la permanence des mêmes images ?Je songe, faute d un exemple plus littéraire, à certaines mélodies de Duparc : Phydilé, 1 Invitation au voyage.Dans Mademoiselle Cloque c est la marquise d Aubrebie qui agite son mouckoir par la fenêtre.Dans La Becquée c est le lit où repose tantôt I uniforme d un soldat mort à la guerre, tantôt la robe nuptiale d une jeune fille.Et ces exquises jeunes filles qui traversent les rues de Beaumont, riant et ckantant I Si Boylesve ne s était donné comme but que d amuser le lecteur, ce serait déjà beaucoup mais il veut bien davantage.II ne s\u2019interdit nullement de moraliser, non tellement par des réflexions personnelles jetées à travers 1 œuvre romanesque mais plutôt en créant une image si fidèle de la réalité qu il s en dégage un sens conforme à la morale.Cette tendance à I aphorisme, il a dû, j imagine, la réprimer souvent dans ses romans, sauf à se reprendre dans son journal qui le classe 32.Ibid., p.247.225 Revue Dominicaine parmi les meilleurs héritiers de La Rochefoucauld, Joubert et Sainte-Beuve.Les romans de Boylesve nous présentent la vie d une façon clarifiée et résumée.L image parle d elle-même de telle sorte que les idées s y trouvant en « puissance prochaine », si 1 on peut s exprimer ainsi, n ont qu\u2019à être tirées de leur virtualité.Par leur vie intense et leur impartialité, de telles œuvres sont destinées à faire peau neuve.Au contraire, les romanciers à thèse, bien qu ils puissent rendre les plus grands services, ont une position illogique devant la vie : ils mettent la charrue devant les bœufs.Ils « greffent » une histoire sur une idée au lieu de laisser le lecteur dégager les idées d une histoire.On comprendra pourquoi h œuvre de Boylesve exige la collaboration continuelle du lecteur.En revanche, elle est capable d intéresser aussi bien le littérateur que le sociologue et le moraliste.IV L\u2019écrivain Le style est tout entier au service du romancier : sa correction, sa sobriété rendent parfaitement la réalité morale.On 1 a cependant bien critiqué.On 1 a voulu sirupeux, fade, triste comme une journée de pluie à la campagne, tout à fait dans la tradition des messieurs de Port-Royal.Et il est vrai que les admirateurs des acrobaties littéraires de Giono ou des alliances de mot « poétiques » de Jammes, trouveront bien un peu terne la phrase française de Boylesve avec un sujet, un verbe et un complément.Il ne s interdit pourtant pas la haute éloquence.Le dernier mot sur I amour dépasse en virulence les pages les plus « terribles » d un Delteil.On aura tôt fait d y reconnaître I écrivain à poigne qu était Boylesve.Mais habituellement il préfère les « coteaux modérés ».II a une phrase généralement courte, robuste, bien construite, d une clarté un peu fluide, car sa pensée ne se livre jamais qu à demi.Lisez à ce point de vue le Carrosse aux deux lézards verts.Lorsqu il inventorie les sentiments du cœur, il ne craint pas les subtilités, mais tombe rarement dans la préciosité.224 René Boylesve On trouve, il est vrai, dans Mon amour de petits flots qui combattent pour la grosse joufflue indifférente >\u2014*la lune.Ailleurs la grosse joufflue tend sa lessive sur la Vienne.Que la lune avait peu de cfiance avec Boylesve.C est qu il n était pas romantique.Mais heureusement ces expressions « frisées au petit fer » sont peu fréquentes chez notre écrivain.Peu nombreuses, les images sont parfois d une admirable amplitude.Cette ph rase de La Becquée ; « Des vols de corbeaux s\u2019élevaient pour s abattre encore, pareils à un grain noir qu un grand semeur invisible et marchant à pas comptés eût semés dans le ciel d\u2019hiver » A Ni plastique, ni visue I le style est cependant musical mais sans excès.Que de phrases de Mon amour et du Meilleur ami que I on pourrait rythmer î « Les moindres de mes pensées d\u2019amour me semblent d essence si supérieure à tout ce que j entends, que je suis sans cesse irascible et indigné des propos les plus innocents » A « L air qui frappait ses dents et que ses lèvres distribuaient en syllabes toujours précipitées me causait un ravissement inexprimable » 35.Ce Casais littéraire excellait dans le mezza vocce.II n\u2019était jamais si à I aise que lorsqu il chantait à voix basse « la saveur des choses, du jour et de I ombre, du temps éternel passant, et de la mort perpétuellement suspendue » A Alors il faisait vibrer, pleurer son cœur.Qu\u2019importe si les hommes n ont rien compris à sa mélodie.II aura du moins joué jusqu\u2019au bout.* * * « Ecoutez comme cela sonne creux I Pas un de ces murs n est solide ».C est parce qu il avait tant le goût du permanent et de la qualité qu il nous a laissé « un monument plus durable que l\u2019airain ».II a écrit des œuvres parfaites qui passeront parmi les plus belles de notre siècle : La Becquée, le Meilleur ami, Elise.Que de fois pourtant cet inquiet s\u2019est 33.\tLa Becquée, p.147.34.\tMon amour, pp.81 et 82.35.\tLe Meilleur ami, p.224.36.\tMon amour, p.194.225 Revue Dominicaine posé à lui-même cette question : « N ai-je produit aucune beauté ?» Qu il soit rassuré.C est en se donnant humblement, entièrement, à cette noble vocation d écrivain qu\u2019on a plus de chance d ajouter, ne serait-ce quelques lignes au grand livre de la littérature française.II est de ceux qu on ne quitte pas.Une fois ouverts, ses livres ne se ferment plus.Sera-t-il populaire ?Je ne le crois pas : il a trop dissimulé son jeu et le grand public ne lui pardonnera pas de n avoir jamais répété le même numéro.Mais ceux qui le goûtent savent combien dans I œuvre on retrouve I homme, c est-à-dire cet être exquis incapable de la moindre bassesse, et aussi I Homme dans toute sa permanence.Jean Ménard Ouvrages à consulter.\u2014 Parmi tant d\u2019excellentes études parues sur Boylesve, je ne citerai ici que celles de M.Gérard-Gailly, qu\u2019il est indispensable de lire si l\u2019on veut connaître mieux l\u2019homme et l\u2019œuvre.Qui était Mademoiselle Cloque ?Paris, Le Divan, 1931.Boylesve, ennemi de U amour, Paris, Le Divan, 1932.Notes sur René Boylesve, Paris, Editions Albert, 1937.Hugues Rebelle et René Boylesve, Paris, G.Briffault, 1939.Interprétation de la Leçon d\u2019amour dans un parc, Paris, G.Briffault, 1941.226 La fonction sociale de la science Sous son aspect le plus immédiat perceptible, la science offre ce double caractère morphologique : a) faisceau cle disciplines dont la fin première est la découverte (science pure) ; b) instrument de recherche et de mesure dont la fin est la meilleure adaptation de l homme à son milieu (science appliqué).La science a donc une double fonction : instrument de la connaissance et instrument de la vie humaine.Une analyse plus poussée montre que ce corps de disciplines de 1 esprit présente une fonction sociale précise : la science n est pas uniquement instrument de la connaissance ni uniquement instrument de la vie adaptive; elle est, au même titre que d autres structures, institution de la vie sociale.La science vit en symbiose avec la société.Position philosophique a priori ou constatation sociologique ?Notre prétention : la sociologie constate dans la valeur-culture et la valeur-instrument étiquetées du même terme «science» tous les caractères d\u2019une institution qui donne et qui reçoit de la vie humaine organisée en sociétés.Et, à ce titre, la science doit être distinguée de la technique.Et nous préprétendons, par voie de conséquence, qu i! est possible par l\u2019adaptation des méthodes sociologiques, de construire scientifiquement une sociologie de cette institution-science, tout comme il existe déjà une sociologie du langage, une sociologie de 1 art, une sociologie de la connaissance (ou du savoir).Cette perspective est du reste, croyons-nous, neuve.Les travaux de philosophie des sciences sont nombreux, imposants et touchant parfois les plus hauts sommets qu il ait été donné à la pensée humaine d atteindre.Quelques essais de philosophie « sociale » des sciences ont été enregistrés depuis un siècle.Mais de travaux proprement sociologiques (et systématiques sur 1 institution-science) il n en existe pas beaucoup à notre connaissance ' sans doute parce que nous n avons pas assez lu ï 1 1.D\u2019intéressantes communications, des notes-brouillon devrais-je plutôt dire, ont été soumises par MM.I.Meyerson, M.Mauss, A.Lalande, J.Hadamard, Ch.Camichel, dans 'i Le travail et les techniques », Presses universitaires de France, Paris, 1948.Ouvrage collectif avec notes d\u2019introduction par Meyerson.Voir aussi article «Science» dans Encyclopedia of Social Sciences, MacMillan, New-York.22 Revue Dominicaine Nous en sommes venu à considérer I aspect institutionnel de la science, à la suite de la discussion et de la préparation d\u2019un rapport sur «les aspects sociaux de la science» avec quelques dirigeants de I ACFAS: notamment MM.Lionel Lemay, Albert Courte-Manche et Léon Lortie.Les vues que nous présenterons ici ne sont pas nécessairement celles de nos collaborateurs.Au départ, nous nous trouvions avec la désagréable sensation de nous escrimer sur des abstractions.Mais il a suffi de quelques heures de discussion pour montrer toute la complexité du problème qui s\u2019offrait à notre considération.Une enquête sommaire sur la réponse du milieu à la science et un essai de classification des institutions de vulgarisation scientifique ont été les seuls fruits concrets de cette étude préliminaire, avec une suggestion à I UNESCO d entreprendre une étude systématique à 1 échelle mondiale \u2014 puisque seule, elle possède les moyens techniques et pécuniaires pour amorcer un travail qui soit exhaustif.Notre propre travail, outre la préparation de ce rapport, est resté à I état d ébauche : 1 ) une étude systématique fragmentaire a été consignée en notes (le présent essai est tiré de ces notes) ; 2) I observation sur place du milieu scientifique s est poursuivie sporadiquement depuis octobre 1949.Les Cahiers internationaux de Sociologie que nous suivons assidûment, depuis leur publication en 1946, n ont rien rapporté qui pût orienter notre recherche du point de vue méthodologique.Ce que nous soumettons ici au lecteur sera donc un essai systématique, tamisé par l\u2019observation d un milieu restreint et des informations concrètes que nous pouvons recueillir au jour le jour.* * Notre note d introduction situe le problème de la science sur le plan institutionnel >\u2014> le seul, affirmons-nous, qui soit proprement sociologique.II importe, avant d\u2019entreprendre une analyse, de clarifier les deux concepts dont nous faisons ainsi le rapprochement : «science» et «institution».228 La fonction sociale de la science Nous affirmons que «la science est une institution de la vie sociale, fondamentalement distincte de la tecknique».La science, objet de nos études, est bien une discipline de I esprit.Mais une discipline caractérisée par le processus de découverte, découlant de l observation de la réalité, soit en milieu clos ( laboratoire ), soit en milieu naturel.Cette définition a ceci toutefois de restrictif qu elle exclut du champs de la science d observation la discipline proprement mathématique.C est une objection sérieuse contre notre définition.Car la géométrie, la mécanique, 1 analyse et les formes plus élevées de calcul algébrique, la statistique mathématique même, peuvent effectivement se passer des notions concrètes anthropomorphiques pour construire leurs algorithmes et leurs équations.Les êtres mathématiques sont des ensembles de symboles évoluant dans un cadre de propriétés logiques, qui n ont aucun rapport, in se, avec le domaine de 1 observable.Dans une discussion qui suivit un exposé de M.André Lalande (Technique et Science, op.cit.p.86) Jacques Hadamard, I un des maîtres de la pensée mathématique contemporaine, fait 1 aveu suivant : Les mathématiques sont un langage qui s\u2019avère de jour en jour plus indispensable pour exprimer des vérités précises.Mais les mathématiques par elles-mêmes, ne créent rien, c\u2019est évident.1 Sans, comme le dit Hadamard, le secours des mathématiques, les sciences d observation perdent un «langage de jour en jour plus indispensable pour exprimer des vérités précises».C est le lien qui unit observation et logique.Le domaine que nous découpons »\u2014 celui de I observation s étend d ailleurs à tout faisceau de disciplines, apparemment sans lien entre elles : depuis I astronomie jusqu à la sociologie, en passant par les secteurs des sciences physiques et chimiques, des sciences naturelles, de la biologie et de 1 écologie.Cette analyse de termes prouve combien il est difficile d établir des cloisonnements logiques, même dans l\u2019ordre des disciplines.L apparition du langage mathématique montre un premier facteur de pondération dans notre recherche, puisque les mathématiques 1.Hadamard « ne créent rien dans l\u2019ordre concret ».229 Revue Dominicaine sont d un emploi universel dans I explication scientifique.En résumé, la science que nous isolons est celle qui confine au domaine de I observation, sans toutefois rompre ses attaches avec 1 ordre logique qui débute avec le champs des mathématiques, ni avec ce que I on nomme la technique.II sera très intéressant de comparer le concept de «science» que nous avons exposé avec le concept de «technique», proposé par Marcel Mauss ( Les techniques et la technologie, op.cit., p.75) : On appelle technique, un groupe de mouvements, d actes, généralement et en majorité manuels, organisés ou traditionnels, concourants à obtenir un but connu comme physique ou chimique ou organique.Cette définition sera à retenir.La technique, ainsi définie par un sociologue, sera acte d application en vue d obtenir «un but connu».La technique connaît, elle applique un ensemble de procédés en vue d un résultat prévu.La technique ne découvre pas.Elle oeuvre, elle transforme.La technique est proprement une façon de faire.La science est le plus généralement une manière de voir un objet défini ou un ensemble d\u2019objets définis.La science constate; la technique utilise et applique.Voici donc déterminé un second facteur de pondération de notre enquête sociologique sur la science : I utilisation que fait la technique des données de la science.Le type « manuel » que Mauss a tendance à imposer à la technique peut appeler des réserves, mais encore plus le terme «traditionnel», car le critère de la tradition implique la durée, tandis que la technique peut se transformer du tout au tout, apparaître sous une forme nouvelle, sans que la tradition y soit pour quelque chose.Il reste maintenant à établir la base du terme «institution».Terme d usage universel, I «institution» est probablement I un des concepts les plus difficil es à délimiter.L\u2019étude de Florian Znaniesbi Organisation sociale et Institutions.La Sociologie au XXe siècle.Presses Universitaires de France, Paris, 1948) montre combien ce terme a fait I objet de théories «euristiques», selon I expression de hauteur.La sociologie classique française dit ; « Les institutions sont toutes les croyances et tous les modes de conduite institués par la collectivité.La sociologie peut alors être définie La fonction sociale de la science la science des institutions, de leur genèse et de leur développement » (Emile Durkheim).Mauss et Fauconnet reprendront la même définition.Croyance ou mode institués, telle est en somme la définition de 1 école sociologique française.C est une tautologie.Le contenant est défini par le contenant.II resterait à émonder ce qualificatif «institué».S agit-il d une chose socialement acceptée, partagée par I usage, insérée normalement dans le cadre de la vie socio-culturelle ?Une ckose instituée est une .institution.Sans appel au sens vulgaire du verbe «instituer» on se résoud à tourner indéfiniment dans un cercle vicieux.Ou bien I on doit admettre un ou plusieurs critères de définition concrète.La définition de Durkkeim est mauvaise.Elle élargit le cadre de I institution en un sens et elle le rétrécit singulièrement dans I autre, avec le résultat que toute une catégorie d objets, de créatures sociales concrètes se trouvent éliminées du cadre institutionnel et que le faisceau institutionnel englobe, par contre, tout ce qui constitue la culture au sens de la sociologie américaine et de sa fille, r anthropologie culturelle.Il est assez étonnant que les disciples du maître n aient pas aperçu cette construction absurde à la clef de voûte de leur système.Par contre, Maurice Hauriou parle de 1 institution comme d\u2019un «phénomène social fondamental» (La science sociale traditionnelle, p.196, cité par Znaniesld, op.cit.) qu il définira : représentation « de la réalisation durable et continue d une idée objective en tant que tâche, ou entreprise, à accomplir dans le monde social empirique» (interprétation de Znaniesld).Hauriou trace deux catégories fondamentales d institutions : les institutions-groupes et les institutions-choses, bout groupe social sera institution-groupe dans la mesure où il représentera la réalisation d une idée objective.L institution-chose sera un faisceau de relations, de rapports entre unités sociales distinctes.William G.Summer (Folkways) définit 1 « institution » : un concept plus une structure (cité par Pauline V.Young, Scientific Social Surveys and Research, p.440).Le plus récent ouvrage de synthèse sociologique français (Manuel de Sociologie, par Armand Cuvillier, deux tomes, Pres- 25 i Revue Dominicaine ses Universitaires de France, Paris, 1950), n apporte pas une lumière suffisante sur le problème.Pauline Young cite encore dans une bibliographie fort élaborée plus de cent ouvrages représentant des illustrations de théories ou d études institutionnelles.Dans Encyclopedia of Social Sciences, Walton H.Hamilton, à 1 article Institution, déclare : Institution is a verbal symbol which for want of a better word describes a cluster of social usages.The range of institutions is as wide as the interests of mankind.L\u2019analyse de toutes les définitions paraît bien se résumer dans la constatation de Znanieski, (op.cit.p.200) : Le concept d institution constitue ainsi un instrument intellectuel servant à une tâche que beaucoup de sociologues, peut-être même la plupart, ont cherché à réaliser, et qui consiste à opérer la synthèse de toutes les sciences humaines particulières, sinon de toutes les sciences humaines particulières relatives à 1\u2019«homme», comme avaient essayé de le faire les auteurs de quelques récents traités.Cette tâche est devenue plus difficile puisque le concept de société ne peut plus servir de centre autour duquel puisse s\u2019effectuer l'intégration conceptuelle des institutions.Dans la sociologie de I institution, nous relèverons un processus d objectivation à la suite de Maurice Hauriou, dont la conception est de beaucoup la plus cohérente et sûrement plus sociologique que celle de maints sociologues.Hauriou était un juriste î En second lieu, un processus de représentation concrète.Troisièmement, un processus de stabilisation relative corrélatif d un processus de socialisation, caractérisé par l\u2019adhésion d un groupe, volontaire ou contrainte.L institution est ainsi comprise comme une idée, un symbole ou un complexe culturel qui a dépassé le cadre subjectif pour s objectiver, se fixer dans I être collectif et qui, ensuite, se concrétise par des manières de penser, d être ou d agir dans le processus d\u2019échange entre les hommes ou bien s extériorise dans une structure matérielle, culturelle ou morale de la vie de la communauté.Les hommes acceptent ou subissent cette repré- 252 La fonction sociale de la science sentation concrète d une idée, représentation qui sera toujours affectée d\u2019un certain caractère de permanence.Ainsi le processus proprement institutionnel paraît être celui de I objectivation d une idée en structure permanente et concrète de la vie d\u2019un groupe social, quel qu en soit le niveau.Le groupe lui-même, en tant que représentation de ses modes de vie et de penser, peut être assimilé à 1 institution.Et, pour résumer, nous dirons qu à tout groupe social correspond un complexe institutionnel, représentatif à la fois de cet être collectif concret et de I être culturel (ou de la culture) de ce groupe.Sans entrer dans la discussion du terme sociologique de «culture», observons qu\u2019il existe une parenté très étroite entre la culture et le complexe institutionnel.La « culture » peut être donnée comme le complexe même dans sa structure idéale et 1 institution comme la représentation d une idée objectivée sur le plan social concret.Alors, comment la science peut-elle être institution de la vie sociale ?L analyse de ce problème constituera la seconde partie de notre essai.* * * La discussion précédente a mis en lumière le caractère spécifique de 1 institution sociale : une idée dont on retrouve la trace permanente dans le cadre de vie sociale.Dans cette perspective, le caractère institutionnel de la science devient une donnée de 1 expérience concrète.La science est présente dans une foule d objets que nous manipulons, dans les mots dont nous émaillons notre langage, dans Jes services d utilité que le pouvoir public met à notre disposition, dans les processus de 1 information et de la récréation, etc.Tout, autour de 1 bomme, dans la société organisée, porte le sceau de la conquête scientifique.Par de multiples ouvertures, la science fait pression sur la vie de chaque individu et sur la vie des collectivités humaines.La science eût pu se présenter comme le délassement de I honnête homme, comme une construction, une habitude de I esprit élevant le coeur vers une contemplation ineffable de l\u2019univers et de son créateur.Une telle science serait une sorte de nirvâna à 1 usage exclusif des Occi- 255 Revue Dominicaine dentaux, nourris de christianisme.Et en stricte morale, nul ne pourrait condamner I honnête homme de s enfermer en cette vie contemplative, le ramenant à la source de tout être.Mais, historiquement et concrètement, la science a choisi d être présente à presque tous les niveaux de la vie sociale.Notre discussion linguistique, en première partie, a révélé I existence d un lien fondamental entre I ordre des disciplines logiques et celui des disciplines de 1 observation : I emploi universel des mathématiques comme langage pour exprimer les « vérités précises » de la science d\u2019obser-vation; les mathématiques jouant le rôle d instrument par rapport à la science d observation.De même, les découvertes de la science d observation deviennent instrument de la technique, dans 1 ordre des réalisations et de 1 application.En premier caractère de morphologie externe de 1 institution-science s en dégage : la science est un corps de disciplines qui exprime ses vérités (ou découvertes) au moyen des matériaux que lui procurent les disciplines supérieures, proprement logiques, de la connaissance; ses découvertes sont projetées puis utilisées dans I ordre technique des réalisations et des applications.On retrouvera, dans ces propositions, les deux « facteurs de pondération » dégagés par 1 analyse des termes.Constatation qui intéresse le sociologue : la science se projette dans le social par la voie de la technique.Cependant, I introduction du donné scientifique dans le champs social se fait-elle exclusivement par cette voie de la technique ?S il en était ainsi, la science qui constitue, in se, un ordre de connaissance et par conséquent un faisceau d idées vivantes, une culture typique, serait exclue des cultures globales, de même que les valeurs morales, religieuses et esthétiques qui n ont d existence, au point de vue humain, qu en fonction de la connaissance des êtres raisonnables.Ce qui serait absurde.En tant que connaissance, que faisceau d\u2019idées connues ou connaissables, la science a une existence sociale propre ; une existence culturelle.Seconde constatation : la science se projette dans le social par la voie de la culture.234 La fonction sociale de la science La marche élémentaire de ce double processus de projection peut ainsi se résumer : (I)\tScience - Technique : Instrument de la vie sociale.(II)\tScience \u2014 Culture : Représentation conceptuelle de I individu ou du groupe Dans Tun et I autre processus, on découvre un passage, un mode intermédiaire entre la science et le champs social.Ces schémas élémentaires sont en somme caractérisés par I intermédiaire qui marque les cheminements (I) et (II).Ils expriment, deux façons différentes d atteindre le champs de la vie sociale et, par voie de conséquence, la vie consciente de I individu.Il peut aussi arriver que ces modes autonomes se combinent pour atteindre le même point dans I un ou I autre cycle.Considérons les schémas suivants : (III)\tTechnique ^ Science -\u2014¦ Culture Explication scientifique ,\u2014- 1 ech-nique e seas des f aits Le Foyer, base de la Société A la 27e session des Semaines sociales du Canada, tenue à Nicolet en septembre 1950, pour la troisième fois, on étudia : Le Foyer, base de la Société, sujet vieux comme le monde, mais d importance capitale et toujours d actualité.Le plan général portait sur la finalité de la famille dans son unité naturelle, morale, juridique et économique.On en arriva à la conclusion suivante : « C est de la fécondité surnaturelle de 1 union sacramentelle que jaillit le mystère du foyer chrétien ».Les membres de cette université ambulante que sont les Semaines sociales jetèrent un regard vers le passé pour souligner la grandeur de la famille, ce qu en ont pensé les Papes ; ils firent un examen de conscience complet du problème à partir de la préparation au mariage qui prend un bel essor chez nous depuis quelques années.L aspect économique n a pas été négligé puisqu il a été question du logement, des loisirs, du juste salaire et du budget familial.Une id ée nouvelle a surgi de cette étude : 1 organisation d une union des familles ou association familiale qui s\u2019établirait pour étudier les problèmes de la famille et permettre à celle-ci de faire entendre sa voix dans les affaires du pays.On accepte 1 aide de 1 Etat se traduisant par une politique familiale dont 1 esprit inspirerait toute la législation, et par une série de mesures concrètes destinées à aider la famille directement.Le tout écrit dans le sens catholique qui doit animer nos dirigeants.Telles sont les grandes lignes de F étude.Essayons de faire ressortir maintenant I idée maîtresse de chacun des travaux présentés.C\u2019est le mariage qui fonde le foyer et l\u2019établit dans un état de caractère surnaturel et orienté vers la poursuite d une fin religieuse.Par 1 action organisée de ses membres, par son exemple vertueux et moral, le foyer travaille à rendre le monde capable de comprendre et de vivre le mystère du Christ.Le père y représente 1 autorité, la mère y exerce cette primauté d amour faite de sécurité, d intimité, de dévouement.O r, ces valeurs fondamentales sont en danger à I heure présente.Une menace plane sur le sens de la paternité et pèse sur l\u2019amour conjugal.259 Revue Dominicaine Il faut que le foyer chrétien assume courageusement ses responsabilités et que laïcs et prêtres conjuguent leurs efforts pour redécouvrir le sens du sacrement de mariage et empêcher la désagrégation de la famille.Ce travail doit se commencer par une solide préparation au mariage.Une partie de la vie de 1 homme se passe à quelque préparation.Quand il s\u2019agit d un acte qui engage la vie tout entière, sa préparation est d une grande importance.Aussi nos jeunes doivent-ils faire 1 apprentissage de l\u2019amour vrai, pratiquer I oubli de soi, acquérir un jugement sûr et avoir foi en 1 avenir.Les mouvements de jeunesse d Action catholique, par I organisation de Services de préparation au mariage, de cours par correspondance, de propagande en faveur des retraites fermées pour fiancés, ont fourni un apport précieux pour permettre aux jeunes d entrer dans le mariage plus conscients de la grandeur de leur nouvel état de vie et de ses responsabilités.Parmi celles-ci, I éducation est le premier devoir des parents.C\u2019est à la formation totale de 1 homme que toute éducation doit viser : formation physique, intellectuelle et morale.Formation religieuse avant tout, puisqu elle est le pôle de toute éducation chrétienne.La force de 1 exemple est 1 une des clefs du succès dans ce grand œuvre dont la réussite implique I union parfaite du père et de la mère.Pour pouvoir faire une vie normale, il faut être logé convenablement.Le problème de l\u2019habitation constitue une question complexe d\u2019une large portée économique et sociale.Il est à I origine de la plupart de nos malaises sociaux.Veut-on arrêter I essor de notre nationalité en bâtissant des logis ne pouvant fournir I espace vital aux familles nombreuses ou en adoptant une politique antifamiliale du logement qui ferme la porte aux enfants.Avons-nous remédié à cette situation devenue alarmante ?Les lois nationales de l\u2019habitation et les coopératives de logement ont fait de louables efforts sans toutefois résoudre le problème.L économie au foyer contribue à 1 épanouissement spirituel de toute la famille en même temps qu elle lui assure la sécurité matérielle.Pour arriver à la pratiquer avec des résultats tangibles, pas de meilleure suggestion que le budget familial, le budget auquel tous les membres s intéressent et fournissent leur apport.Diffusons par des shetchs radiophoniques, des cercles cl éludes, des conférences, des publications I idée de l\u2019épargne au foyer, ce sera là le plus bel apostolat social à réaliser dans nos belles familles canadiennes et catholiques.240 Le sens des faits L enfant sort du foyer pour fréquenter 1 école.L éducation commencée à la maison se continue par les substituts des parents que sont les maîtres.C est dire que les relations entre la famille et I école doivent être très étroites.La collaboration entre parents et maîtres peut se faire par des rencontres individuelles, des associations ou équipes de parents, des unions de familles, des organismes familiaux sur un plan social, paroissial ou national, des journées de parents.Déjà, nous pouvons constater cbez nous de magnifiques réalisations.Souhaitons qu elles se généralisent dans le but de revaloriser le foyer.Au Congrès de Rome, Pie XII disait devant les délégués de tous les pays : « Que toutes les familles du monde s unissent pour s\u2019entraider, pour contenir et maîtriser les forces mauvaises par leur vigueur saine et féconde, c est fort bien.Un pas reste encore à faire : établir l\u2019esprit familial chrétien, à l échelon national, international, mondial ».Si la société elle-même s acharne contre le foyer fécond, IEtat est tenu d intervenir pour en sauvegarder 1 indépendance par une politique familiale ferme et adéquate.Ici, quelques suggestions sont faites.L Ordre des familles nombreuses qui récompenserait les grandes familles, des caisses de compensation qui augmenteraient les allocations des familles, des bourses d études universitaires aux grandes familles, en faveur de I enfant le mieux doué, etc., autant de moyens qui encourageraient les familles à être fières de leur prospérité.Pour que la vie de famille soit complète, il faut trouver place pour la récréation qui repose, les loisirs qui détendent.Et si les organisations de loisirs les plus parfaites remplissent leur but qui est de distraire sainement, avouons qu elles sortent la famille du foyer.A nous de trouver des amusements familiaux, des jeux d équipe qui rendent intéressante et attrayante la récréation chez soi ; à nous de former les jeunes filles à devenir des maîtresses de maison parfaites qui seront vraiment les reines de leur foyer et qui sauront le maintenir vivant et bon.Comment terminer cette étude sans revenir au foyer par excellence : la Sainte Famille, foyer modèle d amour conjugal, modèle d autorité et de soumission, modèle de sainteté.Défend ons les nôtres contre les ennemis qui les guettent.Faisons-en un sanctuaire de 1 amour et un laboratoire de sainteté.Nos familles constitueront ainsi notre première richesse et la gloire de notre beau pays.241 Revue Dominicaine Les travaux de notre université ambulante ont été présentés par des experts, dans un style simple, alerte, concis et clair.Chacun a essayé de rester dans le domaine strict qui lui était assigné, ce qui n était pas facile, les sujets se touchant de très près.Le thème n était pas neuf, mais plusieurs idées nouvelles ont été émises que nous avons essayé de mettre en lumière.Dans 1 ensemble, 1 étude constitue un document précieux sur ce qu est le foyer en 1950.Thérèse Morisset, T.S.Le Rme P.Brown, O.P.Le treize janvier dernier, Sa Sainteté Pie Xll appelait à la dignité de Maître du Sacré Palais Apostolique le T.R.P.Michael Brown, dominicain, professeur à la Faculté de Théologie de I Institut Pontifical International Angelicum, naguère Recteur de la même Université.Cette haute fonction comporte 1 honneur de prélat palatin.Son titulaire a droit à la désignation de Révérendissime : ceci de par la nomenclature officielle, non pas seulement en vertu de I ample et officieuse générosité Italienne en semblable domaine.Le Révérendissime Père Brown est membre de la province dominicaine d friande.Né le 6 mai 1877, profès le 14 septem bre 1904, il sen vint poursuivre ses études philosophiques et théologiques à Rome même.Première bénédiction, conjuguée avec celle d\u2019 habiter le vieux monastère contigu à I antique et si vénérable basilique de San Clemente.Comme milieu universitaire, I étudiant irlandais connaît alors les derniers temps du célèbre Collège Saint-Tliomas de Santa Maria sopra Minerva.Le cadre si bien organisé et si inspirateur abrite maintenant le ministère italien des Postes.L\u2019expulsion de 1875 a poussé professeurs et élèves vers deux installations improvisées, en dernier lieu dans une maison sise via di I orre Argentina.Mais la glorieuse tradition des maîtres dominicains de Rome se maintient toujours, en particulier avec le savant et pittoresque Père Enrico Buonpensiere (1835-1929).Po ur favoriser la concentration et le progrès des études ecclésiastiques, le Père Hyacinthe-Marie Cormier, Maître Général des Prêcheurs depuis 1904, transfère les Facultés dans le nouveau Collège, appelé à bon droit A ngelicum, ouvert à l\u2019automne 1909.C est là que le hrère Brown continue son cours de théologie pour, ensuite, y recevoir la prêtrise et conquérir ses grades canoniques.Après quelques années au Scolasticat dominicain de son pays natal, le Père Michael Brown est rappelé à Rome.II y devient bientôt Prieur 242 Le sens des faits de San Clemente en même temps qu il enseigne à I Angelicum.Une longue carrière d\u2019enseignement aussi solide qu apprécié dans les deux Facultés de Philosophie et de Théologie allait le conduire au Rectorat (1952-1941) pour le rendre de nouveau à son secteur professoral préféré.Si les mots ont encore un sens, je dirai que ses connaissances doctrinales et c- à noter \u2014> et aux nombreux étrangers affluant auprès d elle.Le lector désigné par le Souverain Pontife y enseignait à I instar du chanoine théologal dans chaque église cathédrale.A partir de 1312 et du Concile de Vienne, ce Stuclium devient une Université conférant la licentia ubique docendi.Ceci lui fait ajouter des professeurs auxiliaires.En 1542, leur chef est appelé Magister Sacri Palatii.La compétence reconnue de ce Maître le rend de plus en plus conseiller préféré du Pape, souvent son légat.Léon X (1515-1521) supprime l\u2019Ecole de la Curie : les Facultés ecclésiastiques romaines y peuvent désormais suppléer.Le seul Maître du Pal ais demeure en place.Il se voit confier peu à peu de nouvelles attributions : examen des manuscrits destinés à I impression, confection des listes de I Index, octroi de la permission de lire les œuvres prohibées.Des organismes spéciaux devaient plus tard monopoliser cette triple occupation dont la dernière trace disparaît en 1925.Le Maître du Sacré Palais est maintenant et exclusivement le théologien ordinaire du Pontife romain.C est le cas d écrire : honor et onus.Le titulaire de cette fonction fut, à I origine, choisi dans différents ordres religieux : cistercien, franciscain, dominicain.Après 1306, il est ordinairement un frère prêcheur.Depuis 1473, 1 élu dominicain a toujours été un italien, moins deux espagnols en 1565 et 1591.La présente nomination marque donc un retour au passé dans un usage déjà presque cinq fois séculaire.L accession du Père Brown à cette haute charge fera beaucoup d heureux dans notre pays.Celui qu une respectueuse familiarité appelait naguère Father Michael compte nombre d anciens élèves, et d es 245 Revue Dominicaine anciens très reconnaissants, à travers les diocèses du Canada.Ceux des chères et belles années d enseignement philosophique se rappelleront les propos de leur illustre professeur sur le nunc fluens : la plus stricte orthodoxie de pensée savait s y allier avec le « wit » irlandais.La marche du temps a conduit le P.Brown au Vatican ! I ous applaudiront à cette promotion, digne de ses mérites.Les élèves canadiens du Révérendissime Père Michael Brown savent comment h avenir achèvera I histoire que je viens cl ébaucher.A.Papillon, O.P.La Doctrine de l\u2019Evolution 1 La théorie de l\u2019évolution, exploitée contre le spiritualisme par trop de ses partisans, a longtemps suscité chez les scolastiques une attitude défiante et même une résistance ouverte.Les uns lui opposaient une fin de non-recevoir au nom du principe de causalité, les autres la prétendaient exclue par les affirmations de la Révélation.II y eut cependant des exceptions.Comme le rappelle la préface de M.de Koninch, le Père Gardeil avait, dès la fondation de la Revue thomiste en 1893, publié une série d articles sur 1 évolution et les principes de saint 1 bornas.II entendait montrer que la doctrine thomiste est assez ouverte pour accueillir l idée d évolution et assez ferme pour la préserver de toute interprétation matérialiste.Les découvertes accomplies depuis cette époque et les vérifications expérimentales actuellement poursuivies rendaient opportune une nouvelle confrontation des données scientifiques et de la philosophie.M.1 abbé Otis a entrepris cette tâche ardue et il l a menée à bonne fin dans les deux volumes qui lui ont valu le doctorat en philosophie de I Université Laval.Le tome premier a pour titre : un exposé des faits et des hypothèses.L intention de cet exposé, nous dit 1 auteur, n est pas de prouver I évolution, d établir qu elle est une vérité indiscutable, mais simplement de rapporter, suivant un certain ordre, ce que disent les savants sur le fait de I évolution, sur son mécanisme et sur son étendue.Cet inventaire, précédé d utiles précisions sur le sens des termes en cause et du rappel de certaines distinctions fondamentales propres à dissiper bien des malentendus, rendra service à tous ceux qui, s intéressant au problème, n ont pas le loisir de consulter les innombrables publications traitant de I aspect scientifique de Involution.1.Abbé Louis-Eugène Otis (Collection Philosophie et Problèmes contemporains).Editions Fides, Montréal, 1950.Deux volumes de 212 et 264 pages.244 Le sens des faits Le tome second étudie d abord I aspect philosophique à la lumière de 1 enseignement d Aristote et de saint Thomas.Nous lisons dans la Préface : « Pour 1 abbé Otis dont 1 étude est lestée d emprunts à de vieux auteurs qui n étaient pas évolutionnistes, Involution, à condition que les théories soient suffisamment garanties par I expérience, devient au point de vue philosophique curieusement aisée ».11 lui suffit, en effet, de remettre en valeur certains chapitres de la philosophie de la nature, trop négligés même par les scolastiques, pour montrer que 1 idée générale d évolution n est nullement incompatible avec cette philosophie.S\u2019appuyant sur une base textuelle très large, il analyse notamment le rôle de la causalité finale dans I œuvre de la nature, celui des causes universelles dans 1 organisation progressive de la matière jusqu\u2019à son actuation par I âme humaine, pour conclure qu on peut voir dans Involution un signe de la profondeur de la causalité, de la sagesse et de la bonté divines.Pareille conclusion « n\u2019exclut pas la possibilité d\u2019une création instantanée et directe par Dieu de toutes les espèces cosmiques, soit par un seul acte créateur, soit par plusieurs actes successifs au point de vue du temps, si Dieu I avait décidé ainsi.Cause créatrice de la matière elle-même, il lui eût été possible de produire, en un instant et sans I intermédiaire de causes secondes, ce que les causes créées ne peuvent faire qu avec le temps, c est-à-dire les dispositions immédiates de la matière première à toutes les déterminations actuelles.Mais alors on ne pourrait pas dire que le développement du monde s est effectué selon un procédé naturel.Car, nous savons, par I expérience, que la Nature va peu à peu du moins parfait vers le plus parfait » (pages 125-126).La dernière partie de I ouvrage montre par I exposé de la théorie augustinienne des raisons séminales que la doctrine de I évolution n est pas étrangère à la tradition théologique, même si, faute de données expérimentales, les grands docteurs chrétiens ne se sont pas engagés dans cette voie.Enfin, les Saintes Ecritures et les décisions du Magistère laissent la liberté de débattre ces questions entre savants et philosophes ou théologiens.Imprimé au moment de la publication de l\u2019encyclique Humani generis, I ouvrage de M.Otis n a pu enregistrer le passage de ce document qui reconnaît explicitement aux penseurs catholiques la liberté de discuter « si le corps humain fut tiré d une matière déjà existante et vivante ».Une déclaration aussi autorisée montre I actualité du problème traité par I auteur ; des études aussi sérieuses que la sienne contribueront à le résoudre.Josepb-M.Parent, O.P.245 Revue Dominicaine INFORMATION : André Gide _ Né le 22 novembre 1869, décédé le 19 janvier 1951.Son œuvre littéraire est incontestable et officiellement acceptée.Voici cependant quelques témoignages concernant sa vie morale.Dans cette Revue-ci, mars 1948, p.144, M.Bruno Lafleur consacra une étude solide, bien conduite, bien documentée à celui qui venait de recevoir le Prix Nobel.Pour ce qui regarde le ralentissement de sa ferveur religieuse, il écrivait : Il n y a qu\u2019un mot, terrible, mais qui est le seul juste, pour définir l attitude religieuse d André Gide : c\u2019est le refus de la foi.M.Gaillard de Cbampris y est revenu dans un article très élaboré sur les relations de Charles Du Bos et d André Gide (Cf.R.D., décembre 1950).II terminait par ces paroles sévères : « Son œuvre est pleine de lui-même, il s\u2019y est peint de face, de trois-quarts, de profil, directement et indirectement, par allusions parfois et parfois comme en filigrane, en souriant et en grimaçant, en tenue de ville et en pagne, dans 1 intimité du foyer et en la pire compagnie.Plus simplement, André Gide a dressé lui-même sa propre statue ; presque aussitôt il s est amusé à la dégrader, puis il s est appliqué à la souiller ».Dans Les Nouvelles littéraires, 22 février 1951, Gabriel Marcel a écrit : « Dans bien des cas, au moins pendant toute une période de sa vie, il s est comporté en corrupteur.J irai jusqu à dire, bêlas î qu il a aimé corrompre : qu on évoque le terrible dialogue avec un Allemand, où il exprime le désir qu on peut éprouver à faire accomplir par un autre un acte qu on ne voudrait pas accomplir soi-même.Sans doute n\u2019est-ce d ailleurs pas là-dessus qu il est permis de conclure ; je ne veux pas dire simplement que la charité et I espérance gardent leurs droits au seuil de I éternité qui vient d engloutir cette âme.Non, il me paraît équitable de rappeler que, par un surprenant détour, il y a eu au contraire des êtres, plus nombreux sans doute qu on ne serait enclin à le supposer, en qui Gide a éveillé la ferveur religieuse la plus authentique.Lui-même I a su et, chose étrange, il s\u2019en est réjoui ; je songe en particulier au jeune normalien israélite Jacques Levy, dont on publiera tôt ou tard des lettres admirables et qui, après la conversion la plus sincère, est mort comme un saint parmi les horreurs d Auschwitz.II I a dit expressément : ce sont Les Faux Monnayeurs qui I ont fait naître à la vie de la grâce ».Cet homme qui fut le sommet littéraire de son siècle avait déjà souhaité « mourir entièrement désespéré, guéri de toutes les fièvres de 246 Le sens des faits l\u2019attente ».Apparemment, il disparut desséché physiquement et moralement.Par un jour sombre et humide, le petit village de la Seine-Inférieure reçut son corps.Point de discours, point de cérémonie religieuse.Son Excellence Mgr Philippe Desranleau _ Rome vient d\u2019enrichir le Canada d une nouvelle Province ecclésiastique en élevant Sherbrooke au rang d archevêché.Nul ne contestera le développement considérable de ce diocèse depuis que Son Excellence Mgr Desranleau, le nouvel Archevêque, en a pris la direction.Les fondations et les œuvres se sont multipliées, les organisations diocésaines se sont consolidées et le présent garantit 1 avenir.Ad multos et faustissimos annos.Son Excellence Mgr C.-E.Parent Reconnu par sa piété, son dévouement, sa modestie et sa charité, cet Auxiliaire de Rimouski était tout désigné pour prendre la succession de feu Mgr Courchesne.Rome dans sa sagesse répond aux vœux des diocésains en nommant Mgr Parent deuxième archevêque de Rimouski.La Revue Dominicaine offre à ces deux nouveaux archevêques, Nos Seigneurs Desranleau et Parent, ses hommages respectueux et l\u2019assurance de son entière collaboration.Le T.R.Père Louis-Marie Régis, Q.P.^ En la fête de saint Thomas d Aquin, 7 mars, il recevait une décoration hautement convoitée dans le monde intellectuel, les palmes d officier d Académie décernées par le Ministère de I Instruction publique de France, en reconnaissance des services rendus à la culture française, aux lettres, aux arts, et à I enseignement.Ce choix ne pouvait être plus heureux.Cet honneur rejaillit également sur la belle équipe des professeurs de I Institut d études médiévales dont le Père Régis est le président.Santé et Société _ ] ej sera je sujet de la 58e Session des Semaines sociales de France, du 18 au 25 juillet, à Montpell ier.Sous ce tire, ce sont toutes les conséquences morales, sociales et politiques des récentes découvertes biologiques et de I évolution de la médecine que les Semaines sociales entendent examiner.Insémination artificielle, préformation du sexe dans I embryon, eugénisme, racisme, drogues de police, techniques psychologiques et psychanalytiques, autant de questions brûlantes qui seront étudiées avec franchise et sérénité sous I aspect de leurs effets moraux et sociaux.247 L esprit des livres Ch.-D.Boulogne, O.P.« Mes amis les sens ».Avant-propos de Maurice Chevalier, Paris, La Coiomhe, Ed.du Vieux Colombier, 1951, 222 pages.Voilà un titre qui fera peut-être sursauter.Nos sens sont nos amis ?Depuis quand, je vous prie ?Ne sont-ils pas plutôt l\u2019ennemi No 1, la source de tous nos malheurs, de nos péchés ?A qui serait trop vite tenté de se scandaliser, il serait bon de rappeler le double problème de la sensibilité : le moral et le psychologique.Le premier concerne surtout nos sens en tant qu\u2019ils sont le siège des passions.Et sous cet angle, il y a vraiment lieu de faire des réserves.Par suite du péché originel, notre amitié avec nos sens n\u2019est pas tout à fait sans nuages, il faut bien l\u2019avouer.Ce qui n\u2019empêche pas pourtant qu\u2019on pourrait écrire sur cette question un livre également intitulé « Mes ennemis les sens ».Le R.P.Boulogne n\u2019a pas voulu écrire ce livre, il le dit expressément.Ses préoccupations sont plutôt à l\u2019autre problème de la sensation, l\u2019aspect psychologique.Nos sens externes sont, de par leur connexion, avec notre intelligence, le centre de perceptions excessivement délicates et perfectionnées qui les classent, au strict plan de la sensibilité, bien loin au-dessus des sens des animaux.De plus, ils sont les aides indispensables de l\u2019intelligence, puisque, comme on sait, chacune de nos conceptions intellectuelles se réfère à du déjà vu, du déjà entendu, du déjà senti de quelque façon.On se rappelle l\u2019adage philosophique : Nil in intellectu quin prius fuerit in sensu.Cette double richesse de perception justifie largement une étude poussée de nos sensations.Le R.P.Boulogne nous la donne complète.Il descend dans l\u2019analyse de chacune de nos sensations de la vue, de l\u2019ouïe, de l\u2019odorat, du toucher et du goût, et marque les résonances profondes de chacune dans les domaines de l\u2019art, de la musique, de la liturgie, du sport.Régions laissées trop souvent inexplorées où l\u2019auteur nous découvre des trésors.Ce sont là toutes les richesses de l\u2019homme vraiment maître de sa sensibilité, richesses qui faisaient dire à saint Thomas d\u2019Aquin que les personnes sensibles \u2014 il s\u2019agit de sensibilité éduquée, amenuisée \u2014 sont les mieux douées intellectuellement : « molles corne bene aptos mente videmus » (Comm.De An., n.483 in Pirotta).Il faut rendre grâces au R.P.Boulogne d\u2019avoir coulé en un si bon français et dans un exposé clair et bien divisé une partie notable de la psychologie thomiste.Il rend ainsi au lecteur moyen un service inappréciable.Le Commentaire De Anima de saint Thomas est irremplaçable ; la juste et attrayante vulgarisation du R.P.Boulogne ne l\u2019est pas moins.Le chanteur populaire Maurice Chevalier, qui a écrit quelques mots d\u2019avant-propos à ce livre, a naguère recouvré la foi au surnaturel à la 248 L ESPRIT DES LIVRES lecture d\u2019un autre livre du même auteur, « Par delà la mort ».Il est à prévoir que beaucoup de gens, au Canada surtout, retrouveront la foi en la richesse du sensible à la lecture de « Mes amis les sens ».En tout cas, si l\u2019on veut continuer à bouder la sensibilité, qu\u2019on n\u2019y mette pas le nez : ce plaidoyer est trop solide et trop brillant pour ne pas faire de conversions.Alban-Roux G.Michonneau et H.Ch.Chéry, O.P.>\u2014> « L esprit missionnaire».Collection Rencontres, Ed.du Cerf, Paris, 1950.210 pages.« Paroisse, communauté missionnaire » est paru en 1946.L\u2019abbé Michonneau et le R.P.Chéry nous donnaient là les « conclusions de cinq ans d\u2019expérience » en paroisse de banlieue.Certains \u2014 comme les auteurs eux-mêmes le redoutaient \u2014 ont pu se méprendre sur le sens de leur ouvrage, n\u2019y voir qu\u2019un livre de « recettes », un ensemble de « trucs », plus ou moins discutables et applicables, pour donner à une paroisse une nouvelle figure.En réalité, il fallait plutôt s\u2019arrêter, par-delà les procédés à l\u2019esprit qui les inspirait et les animait.Le plus pur esprit sacerdotal et apostolique, aussi ennemi de la révolution que de la routine, toujours ardent à donner la vie de quelque façon que ce soit, jamais résigné à s\u2019endormir dans des formules creuses ou des cadres vides.En somme, Vesprit missionnaire, tel que nous le présentent l\u2019abbé Michonneau et le R.P.Chéry dans ce nouvel ouvrage.L\u2019intention du livre est explicite : « .sans plus nous occuper de méthodes ni d\u2019expériences, nous installer au cœur même du problème, ne plus parler que du prêtre et au prêtre.C\u2019est l\u2019intention de ce nouveau livre».(Préface).Il ne s\u2019agit donc plus de techniques, valables en tel ou tel milieu, mais bien de spiritualité, viable sous tous les cieux.Les auteurs se défendent de vouloir faire un traité.Il s\u2019agit plutôt d\u2019un ensemble de réflexions et de suggestions concernant la vie intérieure du prêtre comme source de son apostolat.Dès l\u2019abord, on pose ce qui devrait être une évidence pour chacun et ce qui constitue l\u2019un des premiers principes de tout apostolat : le problème missionnaire est d\u2019abord un problème sacerdotal, en d\u2019autres termes, la qualité de l\u2019évangélisation dépend de la qualité du clergé.Puis, en une suite de tableaux suggestifs, on nous dépeint les contrefaçons de l\u2019esprit missionnaire.Et particulièrement cette tendance à tout démolir avant d\u2019avoir quelque chose à mettre à la place.Viennent ensuite les deux chapitres majeurs : « Qu\u2019est-ce que l\u2019esprit missionnaire ?» \u2014 « Pour une spiritualité missionnaire », où l\u2019on nous transporte d\u2019emblée sur le plan théologal.Le dernier chapitre est une suggestion appuyée sur l\u2019expérience : « L\u2019équipe nécessaire ».Enfin un appendice examine, toujours dans le même esprit missionnaire, les relations de la paroisse et de l\u2019Action catholique.Le tout présenté d\u2019une façon un peu diffuse, mais dans ce style dynamique et imagé des hommes d\u2019action (qui n\u2019en demeurent pas moins des hommes de pensée).249 Revue Dominicaine Au fond, c\u2019est toute une théologie de l\u2019apostolat qui est ici mise en relief.Cette grande théologie de la primauté de Dieu.L\u2019apostolat est d\u2019abord et avant tout œuvre divine.La vie apostolique sera donc en premier lieu une vie théologale.Ce qui ne veut pas dire pour autant une vie désincarnée.Au contraire, la véritable charité est rarement à cours d\u2019ingéniosité dans ses procédés.Plus on s\u2019approche de Dieu, plus on s\u2019approche aussi de sa création, et particulièrement de ce monde réservé et mystérieux des âmes.Notons d\u2019ailleurs qu\u2019il est fort significatif \u2014 et qu\u2019il doit être fort rassurant pour ceux qui ont charge de premiers pasteurs \u2014 de voir ainsi l\u2019un des plus dynamiques courants d\u2019apostolat moderne prendre origine et s\u2019alimenter sans cesse à la source la plus haute et la plus pure.Telle est, semble-t-il, une des grandes leçons de ce petit livre, qui ne manquera pas de stimuler en profondeur le zèle de tout prêtre, quels que soient son milieu et son ministère.M.-G.T.Georges Laplante, C.F.S.*\u2014 « Le Père Eugène Prévost ».Librairie clu Bon-Pasteur, 32 rue Babylone, Paris ; La Pointe du Lac, P.Q., Canada.20 cm.584 pages.Ce petit livre raconte la vie du fondateur des Congrégations de la Fraternité Sacerdotale et des Oblates de Béthanie.Né à Saint-Jérôme, le 24 août 1860 \u2014 il était le sixième d\u2019une famille de treize enfants \u2014 décédé à la Beuvrière, Anjou, France, le 1er août 1946, le Père Eugène Prévost restera sûrement une des plus belles figures de l\u2019Eglise canadienne au XXe siècle.Nous croyons même qu\u2019avec le recul du temps cette figure apparaîtra dans un relief de plus en plus saisissant, comme il arrive souvent aux grands serviteurs de Dieu.De Saint-Jérôme où il est né, de Sainte-Thérèse où il fit ses études classiques, du Séminaire de Philosophie où il passa deux ans, de la Congrégation des PP.du T.S.Sacrement où il vécut de 1881 à 1900, rien d\u2019extraordinaire ne le signale à l\u2019attention de ses semblables si ce n\u2019est sa grande dévotion envers l\u2019Eucharistie.Ce n\u2019est que le 1er août 1900, alors qu\u2019il reçoit de Rome la dispense de ses vœux de religion, qu\u2019apparaît manifestement la volonté de Dieu avec les encouragements de Léon XIÏI.« Ma vie religieuse dans la Congrégation du T.S.Sacrement n\u2019a été qu\u2019un acheminement, ce n\u2019était point le terme.Jésus a voulu que je m\u2019en sépare.Cette volonté est claire pour moi comme le soleil.La Congrégation de la Fraternité Sacerdotale voilà ma vie, ma destinée» (p.119).Le Père Eugène Prévost est trop connu de notre clergé par ses retraites ecclésiastiques et conférences, par ses visites aux curés \u2014 il y laissait le souvenir d\u2019un saint et d\u2019un homme si courtois qu\u2019on désirait ses retours \u2014 pour qu\u2019il soit besoin d\u2019insister sur l\u2019intérêt de ce livre qui nous montre l\u2019homme et l\u2019œuvre.Ce qui nous touche le plus, ce sont ses épreuves, les calomnies dont il fut l\u2019objet et son silence durant ces jours d\u2019orage.250 L ESPRIT DES LIVRES En plus d\u2019une œuvre théologique et surtout eucharistique de 19 volumes, il laisse plusieurs fondations en Europe : France et Rome et deux maisons canadiennes destinées à ^\u2019aérandir et à fa re be^ucoun de hien : le Cénacle de Saint-Pierre à La Pointe du Lac et la maison Notre-Dame de la Paix au Lac Supérieur.Nul doute que ce livre sera très apprécié du Clergé, de jeunes qui cherchent leur voie, de familles nombreuses qui y verront la bénédiction du Ciel.A.L.En collaboration ,\u2014 « La vie franco-americaine ».Plymouth.N ew-Hampshire, 1950.24 cm.644 pages.« Le présent volume de la Vie franco-américaine a ceci de particulier qu\u2019en plus de relater les événements de l\u2019année, il marque un jalon important : celui du Centenaire de la Franco-américanie.La mise en application, dans la vie courante, du principe du pluralisme culturel comporte toutefois des aléas.Il est utopique de penser que l\u2019on peut faire de chaque Franco-Américain un parfait bilingue.Il y a toujours le danger que l\u2019usage d\u2019une langue l\u2019emporte sur l\u2019autre.Mais le Franco-Américain n\u2019a pas le choix.Il ne peut être véritable américain sans parler l\u2019anglais et il ne peut rester Franco sans savoir le français.En cela sa situation ressemble à celle d\u2019un Belge ou d\u2019un Suisse.Quels que soient d\u2019ailleurs les inconvénients du système et en dépit des gémissements que l\u2019on entend sur l\u2019affaiblissement de notre caractère français, il est incontestable que nos églises s\u2019emplissent chaque dimanche, nos écoles débordent, nos sociétés nationales suivent une courbe ascendante, .alors que sur le plan de l\u2019éducation supérieure nous sommes sur le point de passer du grade collégial au grade universitaire» (p.12).C\u2019est M.Alphonse Robert qui a écrit ces lignes et le livre lui donne raison.Cette somme des activités franco-américaines dans tous les domaines : religieux, scolaire, économique, national est des plus intéressantes et ceux qui doutent encore de l\u2019actif imposant des Franco-américains feront bien de lire ces pages.Ils y verront que le défaitisme collectif est encore loin malgré des capitulations individuelles nombreuses et ils y admireront des luttes épiques pour rester fidèle au passé.Bref, un gros volume qui restera le Document que les historiens devront consulter pour connaître la vie franco-américaine de 1849 à 1949.4.L.R.Père Germain Lesage, O.M.I.»\u2014 « L Evêque errant ».Les Editions de I Université d Ottawa, Ottawa, 1950.23.5 cm.206 pages, 16 photographies hors-texte.Avant d\u2019analyser le livre si édifiant que le Père Germain a consacré à Mgr Ovide Charlebois, voici quelques notes biographiques sur celui que l\u2019on a surnommé l'évêque errant : Mgr Ovide Charlebois, o.m.i. Revue Dominicaine est né à Oka, le 17 février 1862.Il entra au noviciat des Oblats de Marie-Immaculée en 1882 et fit sa première profession l\u2019année suivante.Il fit ses études philosophiques et théologiques à Ottawa où il fut ordonné prêtre le 17 juillet 1887 par Mgr Grandin, o.m.i.Missionnaire dans le district de Cumberland de 1887 à 1903, il fut principal de l\u2019école industrielle de Duck-Lake de 1903 à 1910.Vicaire apostolique du Keewatin de 1910 à 1933, il mourut, au Pas, le 20 novembre 1933 ».L\u2019auteur évoque en cinq tableaux l\u2019existence héroïque de ce missionnaire magnifique que fut le Père Gharlebois, o.m.i.Le Père Lesage utilise cette documentation de première valeur que sont les divers écrits du futur vicaire apostolique du Keewatin.Ces écrits sont le Journal spirituel : notes de retraites où le missionnaire, de 1882 à 1891, analyse ses états d\u2019âme : le Journal intime : cette série de vingt petits cahiers intitulée Privation où il écrit d\u2019une calligraphie serrée les déboires et les consolations de sa vie est destinée, à son frère Guillaume ; enfin le Journal historique : le missionnaire y raconte à sa famille les aventures de ses douze premières années le long de ces mille pages qu\u2019il a intitulées tour à tour, Journal, Echo de Cumberland, La voix du jeune missionnaire.C\u2019est certainement un homme en marche vers les sommets de la sainteté que le Père Ovide Charlebois.Qui dira toutes les misères qu\u2019il doit endurer ! Solitude physique, intellectuelle et morale ; ingratitude, incompréhension de ces pauvres Cris qu\u2019il veut gagner au Christ.Il doit faire des milles et des milles à la raquette, avaler à la hâte un maigre repas tout en grelottant, coucher dans la neige.Il y a encore les longs trajets en canot et les portages difficiles sous le soleil brûlant ou sous la pluie.Peu à peu, les Cris vaincus par cet amour sans limite du missionnaire, se prennent d\u2019affection pour lui et se convertissent.Le Père Ovide Charlebois a constaté que les conversions se font plus nombreuses lorsqu\u2019il a rencontré plus de difficultés dans ses voyages.Comme ils sont grands ces missionnaires qui quittent tout pour suivre le Maître de la Moisson !\t~\t, , h lie Coulet.Abbé Daniel Pézeril « Rue Notre-Dame ».Editions clu Seuil, Paris, 1950.Non pas sans doute un immense chef-d\u2019œuvre, mais un vrai chef-d\u2019œuvre tout de même, par un auteur qui sait voir et qui sait écrire, qui possède d\u2019instinct le secret de la notation juste et sobre, qui a beaucoup de psychologie, qui a même de la théologie ; un roman sur le prêtre par quelqu\u2019un qui a l\u2019expérience étant prêtre lui-même ; ce qui nous change heureusement de certains romans contemporains.Que l\u2019abbé Pézeril nous éclaire moins sur le cœur de l\u2019homme que Graham Greene ou surtout que le grand Bernanos, j\u2019en conviens sans peine mais comme il a vu d\u2019infiniment plus près le mystère du prêtre, celui de tous les temps et celui d\u2019aujourd\u2019hui ! comme il excelle à nous rendre l\u2019opposition entre un sacerdoce administratif et « lévitique » (or nous ne sommes plus sous la loi de Moïse mais sous la loi d\u2019Amour) et un sacerdoce évangélique.252 L\u2019esprit des livres Ce roman spécifiquement sur le sacerdoce, écrit par un prêtre et qui, sans doute, fera d\u2019abord réfléchir les prêtres, pourquoi le recommander à des laïcs ?Tout simplement parce qu\u2019il est très valable pour eux aussi ; parce qu\u2019ils doivent la vivre eux aussi cette transformation dans le Christ Jésus dont le chanoine Serrurier (c\u2019est le héros du livre) donne un exemple si émouvant ; la fonction et la hiérarchie dans le Corps Mystique ne changent rien à cette exigence foncière du Baptême.Et quelle âme de bonne volonté ne ferait son profit des notes du vieux chanoine sur Rome ou sur la Messe ; sur la Communauté des chrétiens, ou la paroisse, ou l\u2019oraison, ou le péché ?Qui sait même si le long examen de conscience du vieillard ne fera pas tomber des écailles de sur nos yeux ?La grande, l\u2019impérissable, l\u2019universelle leçon de « Rue Notre-Dame » c\u2019est de montrer qu\u2019il existe deux manières de faire son devoir \u2014 et pour tout homme d\u2019ailleurs : fonctionnaire, patron ou curé, mère de famille ou sœur enseignante ou moniale \u2014 on peut faire son devoir administrativement, on peut le faire dans la charité véritable, celle qui suppose fidélité à la Lumière de Dieu et solidarité avec ses frères, y compris les plus pauvres ; il est évident qu\u2019il n\u2019y a de place au Royaume que pour ceux qui remplissent (qui en arrivent à remplir) leur devoir dans l\u2019Amour.Pour terminer, je me permettrai de demander au bon chanoine Serrurier d\u2019aller jusqu\u2019au bout de sa Foi dans l\u2019Eglise, de sa découverte (tardive mais si vraie) que l\u2019Esprit Saint renouvelle sans cesse l\u2019Eglise (renouvelle pour lui garder sa forme).L\u2019Eglise se compose des séculiers et des réguliers indivisiblement.Pourquoi s\u2019imaginer que le Saint-Esprit négligerait les seconds ?N\u2019y a-t-il pas maints indices, n\u2019en déplaise au chanoine Serrurier, que les membres de tel couvent ou de telle congrégation retrouvent la pauvreté évangélique et qu\u2019ils ne vivent pas pour la distraction des humains parfumés ou pour « la prospection des âmes rares » mais qu\u2019ils ont pris en charge le troupeau du Christ dans la réalité de sa detresse.\tFr.M Th Calmel, O.P.Berthe Bernage >\u2014 « Brigitte et les routes nouvelles ».Pides, 1950.19 cm.248 pages.A la collection si goûtée des « Brigitte » s\u2019ajoute un onzième volume qui ne le cède en rien à ses précédents par la tenue littéraire et le vif intérêt qu\u2019il présente.Berthe Bernage a créé aujourd\u2019hui en Brigitte le modèle de l\u2019épouse et de l\u2019éducatrice.Epouse fidèle, confiante, prête à se sacrifier pour le bonheur de son époux.Mère exemplaire qui veille avec amour sur l\u2019âme de ses enfants.Educatrice consommée qui sait traiter chacun de ses petits selon son tempérament particulier.L\u2019auteur, dont le style est souple et simple, possède une langue vivante et raconte d\u2019une façon charmante et naturelle ; elle ne néglige pas les petits détails qui rendent le récit plus vif, plus naturel.Elle possède en outre une âme de poète et sait la communiquer à son héroïne.255 Revue Dominicaine « Brigitte et les routes nouvelles » est un roman que toute jeune fille aura grand profit à lire.Ce sera pour elle une joie procurée à l\u2019esprit et au cœur tout en étant un magnifique exemple de dévouement et de charité.Comme Brigitte, elle voudra, selon le mot de Georges Duhamel, se faire l\u2019apôtre de ses vérités, le propagateur de ses découvertes, le dispensateur de ses richesses morales ».Devenue plus tard épouse et mère, elle se rappellera l\u2019idéal de Brigitte et le fera sien : « me glisser, moi, petite source, dans le grand fleuve d\u2019amour et y entraîner mes fils et mes filles afin que tous et toutes, nous aidions le monde à retrouver sa paix, son bonheur ».Lorraine Guérin Jacques Maritain »\u2014 « Neuf leçons sur les notions premières de la philosophie morale ».Collection Cours et documents, Librairie Féqui, Paris, 1951.25 cm.196 pages.Dans cet ouvrage, l\u2019auteur s\u2019attache à repenser et à creuser les concepts fondamentaux de l\u2019éthique, selon l\u2019esprit de saint Thomas.Il dégage, par des considérations historiques concernant l\u2019évolution de la philosophie et des sciences morales, et par l\u2019analyse de la moralité vécue, les caractères d\u2019une authentique doctrine de la conduite humaine ; il montre qu\u2019elle doit s\u2019appuyer à la fois sur certaines vérités d\u2019ordre métaphysique, soit prérequises par elle, soit enveloppées dans sa trame conceptuelle elle-même et sur les disciplines expérimentales qui étudient les mœurs et le comportement des hommes : ethnologie, sociologie, etc.En effet, si le sociologisme, en raison de ses préjugés positivistes, reste impuissant à passer du fait au droit et à justifier les exigences absolues de la loi morale, en revanche la sociologie, convenablement assumée par la réflexion philosophique, aide celle-ci à échapper au « formalisme » de l\u2019impératif catégorique kantien et de tout rationalisme a priori.L\u2019action morale n\u2019en est pas moins réglée par la raison pratique.L\u2019obligation morale ne saurait être réduite à la contrainte sociale, ni sublimée en pur attrait mystique et supra-moral.Elle se situe au plan de la raison, au-dessous de l\u2019ordre théologal, au-dessus de tout mécanisme sociologique.Il importe de comprendre que la connaissance spontanée des valeurs morales n\u2019est pas une connaissance conceptuelle et discursive: le développement de la conscience morale de l\u2019humanité resterait inintelligible dans une pareille hypothèse.Les principes de la conduite sont connus par inclination, mais par ces inclinations de la nature humaine que la raison fait siennes et enveloppe dans son propre dynamisme.D\u2019autre part, Vexpérience morale individuelle et collective est indispensable au progrès des mœurs et de la conscience, à leur affinement, ainsi qu\u2019à leur détermination concrète.La science réflexive de l\u2019action se doit au contraire d\u2019être hautement conceptualisée.Les notions fondamentales systématiques de la philosophie morale sont centrées autour du thème du Bien : notion de valeur, notion de fin, notion de norme.254 L\u2019esprit des livres Les notions fondamentales pratiques \u2014 droit, devoir, faute, mérite, sanction \u2014 « plus purement éthiques que les précédentes, sont chargées de connotations culturelles, sociales, religieuses, juridiques.d\u2019éléments historiques, sociologiques et ethnologiques.; leur signification n\u2019est pas purement rationnelle.Elles ont à la fois une signification rationnelle et une signification historique ».La tâche que hauteur s\u2019est proposée est de fonder en raison les notions éthiques fondamentales \u2014 systématiques et pratiques \u2014 en les soumettant à un examen critique et en les résolvant dans l\u2019intelligibilité des notions métaphysiques, de soi plus primordiales, et des aperceptions ontologiques que les concepts moraux présupposent.Par là est rendue possible une analyse exacte de l\u2019obligation morale, et on voit en même temps que la considération de la valeur (ordre de spécification) et celle de la fin (ordre d\u2019exercice) sont toutes deux essentielles à la philosophie morale.Tels sont les grands traits de ce nouveau livre de Jacques Maritain.Un bref résumé est impuissant à en faire sentir l\u2019originale profondeur qui renouvelle les problèmes en appliquant avec une liberté souveraine la méthode indissolublement rationaliste et expérimentale de la grande tradition thomiste.* * * Livres reçus : Louis Bedard \u2014 « L éducation musicale du subconscient ».Les Editions Cbantecler, Montréal, 1950.21 cm.72 pages.Une méthode nouvelle et judicieuse qui permet de lire la musique avec autant de facilité que le français.L.-A.Bélisle \u2014 « Exercices de menuiserie ».Bélisle, éditeur, Québec-Montréal, 1950.16 cm.184 pages.Notre littérature technique progresse.Bibliothèque du machinisme, 4 volumes ; Bibliothèque de l'homme d\u2019affaires, 12 volumes.Et aujourd\u2019hui Exercices de menuiserie paraît.Le mérite culturel de ces ouvrages est de donner à l\u2019artisan un vocabulaire français.Mgr Tib amer Toth \u2014 « Le Cbrist et la jeunesse ».Editions Salvator, Mulhouse ; Paris-1 ournai, 1951.20 cm.254 pages.Ce livre déjà vieux sera toujours apprécié des jeunes de tous les temps.Dr ï.Klug « Les profondeurs de I âme ».Editions Salvator, Mulhouse ; Paris-Tournai, 1950.25 cm.494 pages.Réédition.Moralistes et psychologues feront bien de revenir souvent à ces profondeurs.Henri Perreyve \u2014 « Méditations sur les Saints Ordres ».Librairie Féq ui, Paris, 1951.14 cm.1 96 pages.De pieuses considérations pour les aspirants au sacerdoce.255 Revue Dominicaine Abbé P.Feige r-i «Le Sacré Cœur».Librairie I équi, Paris, 1951.14 cm.228 pages.Trente méditations tirées de l\u2019Evangile, de la tradition catholique, d\u2019auteurs spirituels éclairent cette dévotion.P.Faber « Le Purgatoire ».Librairie 1 équi, Paris, 1951.14 cm.140 p.Le Purgatoire, la dévotion aux saintes âmes, ce qu\u2019en pense sainte Catherine de Gênes.Martin Stoks >\u2014> « La Prière sacerdotale de Jésus ».Librairie Alpb on-sienne, Sainte-Anne de Beaupré, 1950.18 cm.94 pages.Commentaire doctrinal et littéraire d\u2019une des plus belles pages de l\u2019Evangile.B.Péloquin, O.F.M.r\u2014 « L urbanisme ».Les Editions Bellarmin, Montréal, 1950.19 cm.52 pages.Principes et conseils pour l\u2019aménagement et l\u2019extension des villes.Si cette brochure avait été écrite il y a 100 ans ! Urbain Milly \u2014t Remise spéciale par quantité Nouveauté CINEMA PILOTE DU MONDE MODERNE SUMY Aux éducateurs : L état de la question L\u2019action nécessaire Remise aux Ciné-Club En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 5375, AV.N.-D, DE GRÂCE \u2014 TEL.WAlnut 6765 \u2014 MONTRÉAL-28 X V'kWWWVWWWWWVVWWWVVWWVWWWVWWWVWWW Livres catéchistiques Aspects contemporains de la pastorale de l\u2019enfance, par P.Ranwez, S.J.$2.25 L\u2019enseignement de la morale, par J.Leclercq .2.50 La vie du Christ dans son Eglise, par J.Leclercq .1*75 Introduction à l\u2019étude du dogme, par P.Glorieux .2.75 Je crois en toi, par J.Mouroux .1*00 Consécration, par E.Rideau, S.J.1-00 Pédagogie chrétienne, par A.Boyer .1-50 Catéchétique, par A.Boyer .1*75 La grande pitié de l\u2019enseignement chrétien, par J.Colomb .50 Pour un catéchisme efficace, par J.Colomb (2 vol.) .1.00 Tests collectifs de catéchisme, par Marie F argue s .2.75 Le bon Dieu et ses enfants, par Marie Fargues .2.00 Dieu aime les hommes, par Marie Fargues .2.25 L\u2019éducation du sens religieux, par H.Lubienska de Lenval .1.50 Catéchisme et mission ouvrière, par L.Rétif .2.50 L\u2019organiation catéchétique, par C.-E.Roy .2.00 Notre équipement surnaturel, par le Chan.Rolin .2.00 L\u2019Institution catéchistique au Canada, par F.Porter .2.50 Pour les tout-petits des jardins d\u2019enfants, par le Chan.Quinet .1.00 Le livre de la Catéchiste, par le Chan.Quinet (1951) .2.75 Formation chrétienne de mes tout-petits, par M.M.d\u2019Aubigny (2 v.)\t2.50 Pour mes tout-petits, par le Chan.Quinet .1.50 Aux sources du catéchisme, par J.-P.Colomb (3 vol.et notes) .4.00 Carnet de préparation d\u2019un catéchiste, par le Chan.Quinet (3 vol.) 4.00 En marche vers le Sauveur, par les Religieuses du Cénacle (2 vol.) 2.75 Dieu notre Père, par l\u2019abbé Raimond (livre de l\u2019élève : $1.25) livre du maître .L50 Le Catéchisme du Concile de Trente (relié toile) .1.75 Le Catéchisme romain, par J.Bareille (9 vol.) .8.75 L\u2019Eglise notre Mère.Témoins du Christ .1.75 Solution aux problèmes de la vie, par F.Lelotte, S.J.(5 vol.) .3.25 Catéchisme populaire, par F.Spirago (relié) .5.00 Sommaire de la doctrine catholique.Paillettes d\u2019or (2 vol.) .2.50 Notre foi catholique, par Petit de Julleville (3 vol.) .3.75 La vie liturgique et sacramentelle, par le Chan.Rolin .1.00 Le combat pour la vie, par l\u2019abbé Ducasse .85 Jésus-Christ centre de la vie du Chrétien, par le Chan.Texier .1.25 Le drame de la vie, par le Chan.Plivard .60 Vision chrétienne de l\u2019homme et de l\u2019univers, par l\u2019abbé Barthélemy 1.25 Histoire du Peuple de Dieu, par l\u2019abbé Dheilly .60 Jeunes, Dieu vous parle, par le Chan.Martin .1.25 L\u2019Eglise mère des vivants, par le Chan.Boyer.90 Notre Credo vécu, par D.H.Delogne, O.S.B.3.00 Notre messe vécue, par D.H.Delogne, O.S.B.2.00 Pour le succès de nos catéchismes, par F.Cuttaz .60 O O O En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 5375, AV.N.-D.DE GRÂCE - TEL.WA.6765 - MONTRÉAL-28 VVWWV^WWWWWVWWW 'WWWWWWWVWVVVWV XII TRADUCTION FRANÇAISE Somme Théologique de saint Thomas d\u2019Aquin (Editions de la Revue des Jeunes) 52 volumes sont déjà parus, environ 12 à paraître.Les titres précédés d un R sont épuisés.Leur réimpression s\u2019effectue au fur et à mesure des possibilités.Le présent tarif est établi sans engagement.TITRES DEJA PARUS : rima Pars Dieu \t\tVol.1\t(Qu.\t1-11)\t$1.50 Dieu \t\tVol.2\t(Qu.\t12-17)\t1.50 Dieu \t\tVol.3\t(Qu.\t18-26)\t1.50 La Trinité \t\tVol.1\t(Qu.\t27-32)\t1.25 La Trinité \t\tVol.2\t(Qu.\t33-43)\t2.00 La Création \t\tVol.1\t(Qu.\t44-49)\t1.50 L'Ame Humaine \t\t\t(Qu.\t75-83)\t1.50 La Pensée Humaine\t\t(Qu.\t84-89)\t La Religion .R La Religion .Vertus sociales La Force .La Tempérance .R La Tempérance .La Prophétie .R La Vie Humaine Vol.\t1\t(Qu.80-87)\t1.50 Vol.\t2\t(Qu.88-100)\t \t\t(Qu.101-122)\t1.50 \t\t(Qu.123-140)\t1.50 Vol.\t1\t(Qu.141-154)\t1.50 Vol.\t2\t(Qu.155-170)\t \t\t(Qu.171-178)\t1.50 \t\t(Qu.179-189)\t Prima Secundœ Tertia Pars R Fin dernière : Béatitude .\t\t(Qu.1- 5)\t R Les Actes Humains .\t\t(Qu.6-21)\t Les Passions de l'âme Vol.1\t\t(Qu.22-30)\t1.50 Les Passions de l'âme Vol.2\t\t(Qu.31-39)\t2.00 La Vertu \t\tVol.1\t(Qu.49-60)\t1.50 R La Vertu \t\tVol.2\t(Qu.61-70)\t R Le Péché \t\tVol.1\t(Qu.71-78)\t Le Péché \t\tVol.2\t(Qu.79-89)\t1.50 R La Loi \t\t\t(Qu.90-97)\t La Grâce \t\t\t(Qu.109-114)\t1.50 Secunda\tSecundœ\t\t La Foi \t\tVol.1\t(Qu.1- 7)\t2.00 La Foi \t\tVol.2\t(Qu.8-16)\t2.00 L'Espérance \t\t\t(Qu.17-22)\t1.25 La Charité \t\tVol.1\t(Qu.23-26)\t2.00 La Charité \t\tVol.2\t(Qu.27-33)\t1.75 La Prudence \t\t\t(Qu.47-56)\t2.50 La Justice \t\tVol.1\t(Qu.57-62)\t1.50 La Justice \t\tVol.2\t(Qu.63-66)\t1.50 La Justice \t\tVol.3\t(Qu.67-79)\t1.50 Verbe Incarné \t\tVol.1\t(Qu.1- 6)\t1.50 Verbe Incarné \t\tVol.2\t(Qu.7-15)\t1.50 Verbe Incarné \t\tVol.3\t(Qu.16-25)\t1.50 Vie de Jésus \t\tVol.1\t(Qu.27-34)\t1.50 Vie de Jésus \t\tVol.2\t(Qu.35-45)\t1.50 Vie de Jésus \t\tVol.3\t(Qu.46-49)\t1.50 Vie de Jésus \t\tVol.4\t(Qu.50-59)\t1.50 Les Sacrements \t\t\t(Qu.60-65)\t2.00 Baptême-Confirmation\t\t(Qu.66-72)\t1.50 La Pénitence \t\tVol.1\t(Qu.84-90)\t1.50 Supplementum\t\t\t La Pénitence \t\tVol.2\t(Qu.1-20)\t1.50 L'Ordre \t\t\t(Qu.34-40)\t1.50 Le Mariage \t\tVol.1\t(Qu.41-49)\t1.50 Le Mariage \t\tVol.2\t(Qu.50-60)\t1.50 Le Mariage \t\tVol.3\t(Qu.61-68)\t1.50 L'Au-delà \t\t\t(Qu.69-79)\t La Résurrection \t\t\t(Qu.75-86)\t Nous expédions d office à nos clients les nouveautés et les réimpressions.\u2022 \u2022 LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 5375.AV.N.-D.DE GRACE TEL.WALNUT 6765 MONTREAL - 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