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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 1934-12, Collections de BAnQ.

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[" A nos abonnés L\u2019époque du renouvellement des abonnements est pour la plupart des revues une période grosse d\u2019ennuis, sinon d\u2019angoisses.Les abonnés resteront-ils fidèles?Verseront-ils, sans trop se faire tirer l\u2019oreille, leur nouvelle contribution?Une coutume existe, presque générale: l\u2019abonné qui, à Véchéance de son abonnement, ne donne pas un avis contraire est censé vouloir le renouveler.On continue à lui adresser la revue.Et Vacceptation du premier numéro vient confirmer son intention.Hélas! il y a loin de la coupe aux lèvres: je veux dire de l\u2019intention aux actes.Presque toutes les revues traînent des centaines d\u2019abonnés qui remettent de mois en mois le paiement de leur dette.Ce fut notre cas cette année.Janvier, février, mars, avril s\u2019écoulèrent et la majorité de nos abonnés ne donnaient pas signe de vie.Il fallut adresser une note aux retardataires et même en faire relancer quelques-uns, plus lents, par un solliciteur.Mais ces mesures comportent des dépenses supplémentaires et obèrent d\u2019autant notre budget, déjà maigre comme on sait. 218 l\u2019action nationale Nous prions donc nos abonnés d\u2019être, cette fois, plus raisonnables.La plupart des abonnements expirent avec décembre.On voudra sans doute les renouveler, car on se dit de plus en plus satisfait de notre humble effort.Nous continuerons donc d\u2019envoyer la revue à tous ceux qui ne nous avertiront pas de cesser, et nous comptons qu\u2019ils s\u2019empresseront d\u2019en solder le prix.Inutile, croyons-nous, d'insister.Tous connaissent notre situation.Nous n\u2019avons pas d\u2019autre source de revenus que nos abonnements et nos annonces.Si on est d\u2019opinion que la revue doit vivre, si on juge son rôle utile, si on aime son franc-parler et le sens patriotique qui l\u2019anime, un geste s\u2019impose, le seul logique, celui qui assurera sa survivance: payer sans tarder son abonnement.L\u2019ACTION NATIONALE DERNIERE CONFÉRENCE DE M.L\u2019ABBÉ GROULX Pour qu\u2019on vive, prononcée le 30 octobre 1934 devant l\u2019Association Catholique des Voyageurs de Commerce.Nous en recommandons la diffusion à nos lecteurs.Ils y trouveront du thème connu de 1 éducation nationale un exposé rajeuni et renouvelé.Pour toutes les commandes on devra s\u2019adresser à l\u2019Action nationale, 3472 Hutchison.L\u2019unité, 5 sous \u2014 $4.00 le cent. L'éducation nationale populaire On parle du peuple comme d\u2019une grande force.Et l\u2019on a raison.Ces milliers de gens de classes différentes et de métiers divers, qui se massent au Champ de Mars, le soir d\u2019une assemblée électorale, représentent une puissance formidable.Puissance d\u2019outil, si l\u2019on veut.Puissance aveugle dont un tribun pourra s\u2019emparer et qu\u2019il tiendra dans sa main pendant quelque temps.Mais puissance mouvante, capricieuse, facilement excitable, qui se soulève aux appels passionnés pour retomber bientôt après dans l\u2019apathie, l\u2019innombrable, l\u2019éparpillement.Sitôt la foule dispersée, le peuple redevient insaisissable : atomes perdus dans la vie tourbillonnante.Pourtant, ce qu\u2019on appelle du nom abstrait de collectivité subsiste encore.Au lieu d\u2019être une force, c\u2019est une faiblesse.Est-il quelque chose de plus faible qu\u2019un peuple disséminé, vaquant à ses occupations journalières ou se tourmentant dans l\u2019énervement de l\u2019oisiveté ?Pour qu\u2019une nation ait le sentiment de sa grandeur, il faut que les unités qui la composent vivent ensemble, souffrent ensemble, espèrent ensemble, se rencontrent souvent sur les places publiques ou communiquent entre eux d\u2019une façon suivie.Le nationalisme commande en Europe à cause de la 220 l\u2019action nationale densité des populations vivant sur des territoires restreints.Au Canada français \u2014 qui des provinces maritimes se prolonge jusque dans les provinces de l\u2019Ouest \u2014 le sentiment national ne saurait être très lié.Il y a loin de Rimouski à Québec, de Chicoutimi aux Trois-Rivières, de Nicolet à Ottawa.Nos gens s\u2019enferment dans un régionalisme étroit et terre-à-terre.Le régionalisme, excellente chose, mais non pas lorsqu\u2019il représente le but suprême, la raison d\u2019être d\u2019un groupement, non pas quand il absorbe le dévouement dû à la grande patrie.Petite patrie fait mieux aimer la grande à condition de la connaître cette grande patrie et de la bien servir.Dans la plupart des cas notre régionalisme ne dépasse pas le primo vivere.Nous faisons du patriotisme paroissial.Cela explique pourquoi le sentiment national est si peu éveillé et agissant chez nous.Penchés sur leurs besognes, vivant dans de petites communautés aux besoins évidents et encerclés, nos gens ne pensent pas à leurs compatriotes qui, établis ailleurs, pareillement penchés sur leurs besognes, vivent eux aussi dans de petites communautés aux préoccupations précises.Informez-vous auprès des Gaspésiens s\u2019ils ont suivi les phases des luttes scolaires dans l\u2019Ouest et l Ontario.Demandez aux Franco-Ontariens s\u2019ils sont au courant de la situation religieuse, sociale, scolaire des Acadiens.Les Montréalais comprennent-ils l\u2019importance de l\u2019éducation nationale populaire 221 la ruralisation de l\u2019école de campagne ?S\u2019ignorant entre eux, nos compatriotes ne se connaissent pas bien eux-mêmes, car ce n\u2019est pas bien se connaître que de ne pas soupçonner la force que donneraient à tous leurs groupes épars un même idéal et une entente parfaite dans l\u2019action.Massé, groupé, en troupe, le peuple est une puissance.Répandus sur un territoire immense, trois millions de Canadiens français deviennent les victimes faciles de l\u2019assimilation anglo-saxonne.Et c\u2019est un miracle chaque jour renouvelé que cette persistance du vouloir durer dans des circonstances géographiques et démographiques qui justifieraient l\u2019absorption graduelle des nôtres dans les cadres familiaux et sociaux des agglomérations anglaises.\u2014 I \u2014 Comment expliquer, dans ces conditions, que nous soyons encore une nation distincte?Il y a, chez nous, un vieux fond de résistance qui nous a empêchés de céder sur tous les terrains à la fois.La paroisse et la vie religieuse, la terre et la vie familiale nous ont gardés sans même que nous y songions.A l\u2019occasion, d\u2019opportunes persécutions dans 1 Ouest, en Ontario et au Nouveau-Brunswick ont secoué nos énergies endormies.Peut-être aussi la conscience que nous constituons tout de même une nation, que nous avons une histoire et des droits constitutionnels.Conscience diffuse et non 222 l\u2019action nationale pas convictions assises sur des certitudes inébranlables.Les facteurs de survivance ont-ils les mêmes vertus aujourd\u2019hui qu\u2019autrefois ?Les campagnes se vident, la famille se disloque, la paroisse n\u2019est plus le centre de toutes nos activités.Une éducation vraiment nationale ne s\u2019impose-t-elle pas plus que jamais, et nous entendons par là une éducation patriotique qui soit la même partout où vit une âme canadienne-française, que cela soit dans les provinces maritimes, le Québec, l\u2019Ontario ou les provinces de l\u2019Ouest ?Depuis quelques années surtout l\u2019on songe, en certaines provinces, à donner un enseignement spécial, donc hybride, modelé sur des besoins changeants et fondé sur des circonstances de milieu.Un Acadien ou un Franco-Ontarien ne serait pas un Canadien français vivant au Nouveau-Brunswick ou en Ontario, mais le représentant de quelque race nouvelle.Les Acadiens ou les Franco-Ontariens ne seraient plus des branches tirant leur sève du même tronc mais bien des arbres appelés à vivre d\u2019une existence distincte.Non, non.Partout au Canada les nôtres sont les mêmes.Partout.Issus des mêmes pionniers, ils ont la même histoire, parlent la même langue et sont reconnaissables aux mêmes caractéristiques.Que l\u2019on discute d\u2019une adaptation nécessaire en certaines provinces, fort bien.Mais d\u2019une adaptation seulement \u2014 qu\u2019on pourrait sans crainte laisser à l\u2019ini- l\u2019éducation nationale populaire 223 tiative des individus.Non pas d\u2019un enseignement qui chasse le génie français des intelligences et prépare fatalement le passage à l\u2019ennemi.Tout au contraire.Plus les nôtres viennent quotidiennement en contact avec les populations de langue anglaise, plus ils sont en danger et plus il nous faut les protéger d\u2019un double rempart.L\u2019union des races ?La bonne entente ?Le bilinguisme le plus intégral possible ?Lieux communs pour banquets de dupes! La Providence nous a faits descendants de Français.Restons Canadiens français avec fidélité.On nous accusera de prêcher un particularisme étroit.Sous le rapport de la nationalité, de la culture, des mœurs familiales, de notre raison d\u2019être, comme entité ethnique, plus le personnalisme sera caractérisé, le mieux ce sera.Qu\u2019on ne défende pas à rebours, sous prétexte d\u2019adaptation, la thèse de la réserve québéquoise! \u201cC\u2019est bon pour le Québec.mais n\u2019oublions pas que nous ne vivons pas dans la province de Québec, mais en Ontario, mais au Nouveau-Brunswick, mais dans l\u2019Ouest.\u201d On ne supporte pas que les Anglo-Canadiens parlent de réserve québéquoise ?Souffrira-t-on que des nôtres l\u2019érigent en doctrine pratique ?Si l\u2019on ne comprend pas que nous sommes tous de la même race et que ce qui vaut pour Québec vaut \u2014 et à bien plus forte raison \u2014 pour tous nos groupes épars, si cet état d\u2019esprit condamnable résulte du régime fédératif, eh bien! nous 224 L ACTION NATIONALE n\u2019en voulons plus de la Condéfération ! Dans certaines provinces, l\u2019on tente des expériences qui finiront par de tristes aventures! Refaire le lien qui unira étroitement les Canadiens français de toutes les provinces, voilà la tâche qui s\u2019impose.Prêcher partout: dans l\u2019Ouest, en Ontario, dans le Québec, dans les Maritimes, la même doctrine nationale.La même.Doctrine qui opérera le redressement des âmes par la noblesse du passé, la dignité de la race, la grandeur de l\u2019oeuvre qui requiert toutes les énergies.Ne pas craindre la vérité.Révéler à nos gens de la ville et de la campagne, à nos intellectuels, professionnels, ouvriers et agriculteurs, en quelles conditions périlleuses il leur faut défendre l\u2019âme française.Ne leur rien cacher.Ne pas se contenter de vivre du passé mais comparer le passé au présent pour bien montrer que nous sommes loin de poursuivre glorieusement l\u2019œuvre des fondateurs de la colonie et des abandonnés de 1760.Des concerts de louanges à l\u2019adresse des belles figures de notre histoire ne pas tomber dans l\u2019extrême opposé qui est le découragement et le pessimisme.Ne pas croire que tout est perdu.Jamais cela.Mettre dans la tête de tous et de chacun que l\u2019on peut ramasser l\u2019influence tombée, qu\u2019il faut la ramasser à n\u2019importe quel prix et le plus vite possible.Qu\u2019il le faut! Bannir de la conscience populaire ce sentiment méprisable qu\u2019on préfère nommer en l\u2019éducation nationale populaire 225 anglais: Y inferiority complex et le remplacer par la confiance en soi, confiance raisonnée et motivée.\u2014 II \u2014 Nombreux sont les moyens à prendre pour redonner à notre population une éducation nationale: sociétés, journaux, éducation au foyer, radio, cercles de jeunes gens et de jeunes filles, refrancisation du paysage, etc.Nous les étudierons à tour de rôle.Le plus facile est de fonder, partout où les nôtres constituent, ne serait-ce qu\u2019un groupement modeste, une société Saint-Jean-Baptiste et, il va sans dire, faire vivre cette société où elle existe déjà, l\u2019inciter à célébrer de façon digne la fête patron-nale, l\u2019encourager à lancer le 24 juin une souscription en faveur d\u2019une oeuvre méritante: écoles de l\u2019Ouest, cours gratuits pour jeunes chômeurs, etc.En Europe, on réussit merveilleusement à créer un mouvement d\u2019ensemble.Au Canada, le gros de la population ne se manipule pas aussi facilement.Quelques jeunes gens s\u2019empressent de porter la rose de Dollard.De bonnes âmes, arriérées sans doute, ne croient pas se déshonorer en rendant un juste hommage à un héros de notre histoire.Mais le 24 juin, si nos diverses sociétés peuvent mobiliser pour les célébrations d\u2019usage quelques bataillons de zouaves et d\u2019écoliers, la masse des gens restent sur les trottoirs, vont au 226 l\u2019action nationale cinéma ou profitent du congé pour faire une randonnée dans la campagne.Il se trouvera même des grincheux pour regarder le défilé au travers le rideau d\u2019une fenêtre, en remarquer les côtés puérils et écrire, le lendemain, des idioties sur le mouton national.D\u2019un côté, les fervents.De l\u2019autre, les criti-queux.Au-dessus, autour, partout, les indifférents, les abstentionnistes, les maestri de la finance, les intéressés du commerce, les petit-rien-du-tout, snobinettes de five o\u2019clock tea, à qui ça ne dit rien, ça, des démonstrations patriotiques par lesquelles un peuple \u2014 tous les peuples quels qu\u2019ils soient \u2014 expriment leur amour de la patrie et un sentiment communautaire.Que ces manifestations publiques, improvisées la plupart du temps par des personnes mieux intentionnées que pourvues de ressources intellectuelles, artistiques et financières, manquent parfois de goût, nous le concédons de bonne grâce.Que les chars allégoriques soient souvent de grotesques représentations de nobles gestes, nous l\u2019admettons également.Mais on est bougrement difficile et bec-pincé lorsqu\u2019il s\u2019agit de la Saint-Jean-Baptiste! Une démonstration patriotique n\u2019a pas pour but essentiel le développement du bon goût chez le peuple.Quand le bon gout ne souffre pas, quand l\u2019Art \u2014 oui, messieurs, l\u2019Art avec une majuscule pour ceux qui en parlent toujours quand l\u2019Art peut attraper du respect, à la bonne l\u2019éducation nationale populaire 227 heure.Ne confondons pas cependant manifestation artistique et manifestation patriotique.Quand on fait cette distinction nécessaire, on est sûr de ne pas écrire des sottises le matin du 25 juin.Organisons et encourageons par tous les moyens à notre disposition ces démonstrations patriotiques.Cela fait du bien au peuple d\u2019assister à des messes solennelles, de voir défiler des chars allégoriques, d\u2019entendre des sermons sur la vertu de justice et par conséquent sur l\u2019amour de la patrie, et des discours de la Saint-Jean-Baptiste.Exactement.Des discours qui ressemblent trop peut-être aux feux de la Saint-Jean! Mais qu\u2019importe ?Le sentiment patriotique doit s\u2019exprimer comme tous les autres sentiments.Ceux qui se moquent des grandiloquentes déclarations des orateurs d\u2019occasion ne sont pas les derniers à pleurnicher dans de méchants vers leurs petits bobos de cœur et leurs pâmoisons devant la nature morte et surtout vivante.Conservons à nos fêtes le plus de dignité possible.Mais quand cela cloche, fermons les yeux, passons l\u2019éponge, nous rappelant que la petite Cécile du coin n\u2019est pas affublée du costume (la plupart du temps inexact) de Madeleine de Verchères pour les professeurs de philosophie ni pour les rédacteurs-en-chef.Surtout, épargnons-nous le ridicule de faire nos petits Rochefort. 228 l\u2019action nationale \u2014 Ill \u2014 Les sociétés nationales ne font oeuvre d\u2019éducation populaire que certains jours de l\u2019année.La presse exerce une influence quotidienne.On a tout dit de la presse.Nous craignons de nous embourber dans la mare aux clichés.La vérité, c\u2019est que l\u2019on a beaucoup parlé pour et contre la presse;mais, selon nos habitudes, nous n\u2019avons pas agi.Entourés de 130,000,000 d\u2019anglophones protestants, les 3,000,000 de Canadiens français sont pressés de toutes parts.Le nombre, l\u2019argent, l\u2019organisation matérielle des voisins frappent l\u2019imagination populaire.Nos gens se tournent vers les plus forts.Et les plus forts, incontestablement, ce sont les autres.Ils inondent le pays de journaux et magazines.Constatation banale.Est-il, au Canada français, beaucoup de foyers dans lesquels on ne trouverait pas, le dimanche, un ou deux journaux américains du samedi ?Semblable constatation pour les journaux anglo-canadiens qui s\u2019efforcent d\u2019être aussi épais et ne réussissent qu\u2019à être aussi insipides que les journaux américains.Mêmes illustrations, mêmes articles baroques, mêmes services d\u2019information.Le journalisme aux Etats-Unis et au Canada anglais a le culte de la sensation, de la jambe de danseuse, du corsage ouvert de la Society Girl.Il affiche une supposée neutralité en matière religieuse alors qu\u2019au vrai il déforme systématique- l\u2019éducation nationale populaire 229 ment tout ce qui est catholique.Il va sans dire qu\u2019il ignore totalement ce qui est canadien-français.Il n\u2019y a que trois ou quatre journaux anglo-canadiens qui s\u2019efforcent à comprendre les justes aspirations et les vrais sentiments de la population française du Canada.Une campagne agressive s\u2019impose donc contre les journaux anglo-canadiens aussi bien que contre les journaux américains.Une campagne agressive, disons-nous.Pas seulement des discours et des articles.Des actes.La prédication par l\u2019exemple est de beaucoup la meilleure.Le moins qu\u2019on puisse faire, ce serait de lire d\u2019abord les journaux canadiens-français.Nous parlerons sans périphrase puisqu\u2019on nous a fait l\u2019honneur de nous demander de traiter de l\u2019éducation populaire.Vaut autant le dire tout de suite: nous serons d\u2019une extrême sévérité.Notre presse quotidienne \u2014 on nous pardonnera de ne pas parler ici de la presse hebdomadaire, sujet intéressant mais trop vaste \u2014 est de trois sortes: la presse libre, la presse commerciale et la presse de parti.Depuis une vingtaine d\u2019années, nos compatriotes doivent à peu près tout ce qu\u2019ils ont conservé à la presse libre.Elle a été le soutien de toutes les bonnes causes et l\u2019inspiratrice d\u2019excellentes réformes sociales.Sans défaut ?Non pas.La presse indépendante s\u2019appuie toutefois sur des principes solides.Elle a du courage et du désintéressement.Elle a fait beaucoup pour nous.L\u2019ingratitude hu- 230 l\u2019action nationale maine étant générale, on lui a préféré la presse commerciale.Or, c\u2019est ce que nous avons de plus triste, de plus honteux, de plus stupide et de plus dommageable.Autant la presse indépendante nous a servis, autant la presse commerciale nous a desservis.Elle n\u2019existe que par et pour l\u2019argent.Feuilles épaisses en même temps que vides, circulaires de publicité, où l\u2019on ne montre aucun discernement dans le choix de l\u2019information, où l\u2019on publie ce qui paie, surtout ce qui paie.Dirigée par des hommes étroitement liés à la politique, à la finance et au commerce, la presse commerciale est une entreprise qui rapporte des dividendes aux actionnaires et des plats de lentilles aux lecteurs.Cette presse nous livre chaque jour à l\u2019étranger.Ce n\u2019est pas assez d\u2019exposer ses torts.Ce n\u2019est pas assez d\u2019adopter à son égard une attitude défensive, de conseiller à nos gens de ne pas la lire, de ne pas la recevoir, de ne pas s\u2019y abonner, il est nécessaire de lui faire la guerre, une guerre ouverte, formidable, tenace.Il faut la contraindre à se défendre contre nos attaques et ne pas nous contenter de nous défendre contre sa néfaste influence.Et la presse de parti ?Voici.Les politiciens aiment qu\u2019on les prenne pour de fortes têtes et des célébrités.Comme on se récuse, ils achètent des journaux qui chantent leurs louanges.\u201cDis que je suis un grand homme, je dirai que tu es un grand l\u2019éducation nationale populaire 231 homme, nous dirons qu\u2019il est un grand homme, vous direz que nous sommes de grands hommes, ils diront que vous êtes de grands hommes.\u201d Au fond, l\u2019on s\u2019amuse bien! Personne n\u2019est dupe, excepté tout le monde ! Mais les journaux de parti ont ceci contre eux: ils ont la vie dure.On ne s\u2019y abonne pas.Les propriétaires les distribuent ou font un journal jaune, ce qui est le comble de la malpropreté.Les partis nous ayant tour à tour trahis, il est évident que leurs journaux ne peuvent pas être de bons formateurs du sentiment national.Dans la lutte que nous leur livrerons, aux journaux de parti et aux journaux commerciaux, n\u2019oublions pas le point de vue constructif: l\u2019encouragement à la presse indépendante, éveilleuse du patriotisme.\u2014 IV \u2014 Les foules et les individus de mentalité inférieure, a-t-on écrit, possèdent ce caractère commun d\u2019être fortement influencés par les événements présents et très peu par leurs conséquences, si inévitables qu\u2019elles puissent être.C\u2019est pour cela que le journal jouit auprès du peuple d\u2019une si grande popularité: il ne relate que les faits du jour et ne s\u2019occupe guère de leurs répercussions.Journal: université populaire.Université à courte vue, la seule que l\u2019ouvrier et l\u2019agriculteur connaîtront.On saisit immédiatement l\u2019importance, quand on veut donner 232 l\u2019action nationale une éducation au peuple, de la bataille contre le journal qui distrait le lecteur de ses préoccupations nationales et de la campagne en faveur de celui qui lui inculque des principes sains.Le foyer est le théâtre où se joue cette double partie.Les parents ont une grave responsabilité vis-à-vis d\u2019eux-mêmes et de leurs enfants.S\u2019ils acceptent n\u2019importe quel journal, ils seront bientôt n\u2019importe quelle sorte de patriotes et ce sera miracle si leurs enfants ne leur ressemblent pas.Au foyer également on devrait surveiller les programmes radiophoniques.La radio, n\u2019est-ce pas la personne encombrante qui est toujours là sans qu\u2019on l\u2019invite ?Elle viole l\u2019intimité des demeures.On n\u2019est plus seul nulle part.Qu\u2019on la laisse parler de littérature, d\u2019art, d\u2019histoire, des problèmes sociaux et nationaux, ou qu\u2019on lui permette de jouer du jazz et de nous corner les oreilles de toutes les horreurs pseudo-musicales, délices des auditeurs américains, et cela fera toute la différence du monde pour l\u2019éducation de la famille.Et puisque nous avons Radio-État, ne pourrait-il pas nous servir un cours d\u2019histoire du Canada, pas ennuyeux et fidèle ?Nos postes indépendants, qui souffrent de la concurrence de l\u2019État, seraient bien avisés de nous donner des programmes réguliers vraiment, exclusivement d\u2019inspiration nationale.Croquis, folklore, saynettes, dialogues, conférences, tout peut être mis à contribution dans l\u2019éducation nationale populaire 233 un but si noble et utile.Cela vaudrait mieux que de s\u2019aboucher aux postes américains.Pour soutenir ces diverses campagnes, rien ne vaut l\u2019apport enthousiaste des cercles de jeunes gens ou de jeunes filles.Jusqu\u2019ici on ne semble pas avoir tiré tout le parti possible des associations de jeunesse.Les jeunes veulent agir.Le champ de l\u2019action nationale est vaste.Que ne laisse-t-on pas franche liberté à la jeunesse de se dépenser ?Avec quinze jeunes gens bien convaincus et disciplinés, il est possible de transformer une paroisse en dix mois.Cela s\u2019est fait.Organisation de conférences, de soirées récréatives où l\u2019idée nationale est mise en évidence; distribution de circulaires dans lesquelles on fait appel au patriotisme des parents pour surveiller les programmes de la radio; propagande à domicile en faveur de la presse indépendante, cueillette des abonnements, vente des roses de Dollard, campagne contre les affiches anglaises, refrancisation du paysage: n\u2019est-il pas nécessaire de rendre à notre pays son visage français pour que nos gens se sentent enfin chez eux ?Les jeunes gens peuvent encore beaucoup pour réapprendre la pratique de l\u2019épargne à tous nos compatriotes qui l\u2019ont oubliée.Et ils sont légion.Ici encore, l\u2019on ne saurait calculer tous les avantages qu\u2019il y aurait à redonner aux petits employés le goût du patronat.S\u2019arrête-t-on parfois à observer combien facilement les immigrés deviennent 234 l\u2019action nationale patrons ?Ils exercent d\u2019habitude, pendant quelques années, des métiers de fortune.Puis on découvre qu\u2019ils ont ouvert qui une boutique de cordonnerie, qui un service de pressage et nettoyage d\u2019habits.On s\u2019étonne.Il y a de quoi.Ces gens-là connaissent la valeur de l\u2019économie.Voilà tout.Pourquoi le commis qui travaille à l\u2019emploi d\u2019un métèque ne se pose-t-il pas cette simple question: \u201cComment se fait-il que ce soit cet étranger, depuis 10 ans à peine au pays, qui soit propriétaire de l\u2019entreprise, et non pas mon père dont les aïeux sont au Canada depuis près de 300 ans?\u201d Posons cette question à tous nos jeunes gens, affichons-la partout dans nos salles paroissiales et nous verrons peut-être que le prétexte facile du manque de capital initial, nécessaire au départ d\u2019une entreprise, n\u2019est pas la raison véritable de notre recul dans le domaine économique.* * * Il nous faut conclure.L\u2019éducation nationale populaire doit se poursuivre sur tous les terrains à la fois.S\u2019appuyant sur les raisons profondes de notre survivance, cette éducation ne saurait sans contradiction subir des variations de nature, de qualité ou d\u2019intensité.La nation canadienne-française constitue un tout, une entité, que de simples frontières provinciales ne divisent point.On est Canadien français partout, au Nouveau- l\u2019éducation nationale populaire 235 Brunswick, dans le Québec, en Ontario, dans l\u2019Ouest, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.Dispersés sur un territoire trop grand, les Canadiens français sont enclins à vivre au jour le jour, l\u2019horizon borné par les nécessités immédiates, manquant du réconfort et du stimulant que procure le contact constant.Mais il est possible de faire appel à l\u2019instinct grégaire qui existe chez tous les peuples.A défaut de ne pouvoir marcher ensemble comme les Allemands, nos compatriotes peuvent au moins penser ensemble.Cela ne secoue pas autant les pavés mais cela réchauffe également le cœur et relève les courages défaillants.Penser ensemble, avoir le même idéal, les mêmes aspirations, voilà bien le but à atteindre.Créer une atmosphère nationale et préparer une génération qui se signalera par une orientation nette et décisive de la personnalité nationale.L\u2019action sur le peuple dépend des chefs, des chefs que nous donnera une éducation nationale à l\u2019école, au collège, à l\u2019université.Ces chefs iront au peuple.Toute action nationale doit descendre vers le peuple, ne pas rester dans les écoles, les académies, les collèges, les universités.Ne pas rester dans les cabinets d\u2019études: descendre vers le peuple.Vers le peuple qui n attend que notre parole, notre encouragement, nos conseils.Les principes ?Nous les connaissons maintenant.On les a exposés au cours de cette enquête.Il est temps d\u2019agir 236 l\u2019action nationale L\u2019éducation nationale populaire est essentiellement action d\u2019élite.A l\u2019élite de s\u2019atteler à l\u2019œuvre immense et impérieusement nécessaire.Il est temps d\u2019agir.De bâtir.C\u2019est-à-dire de s\u2019emparer du peuple, de lui donner une conscience, une volonté nationale.Le reste viendra par surcroît.Mais il faut agir! Léopold RICHER POUR LES ÉLECTIONS PROVINCIALES On vient de compléter les listes électorales.Les comtes sont déjà remaniés, pour le Fédéral, d\u2019après le recensement de 1931.Qu\u2019attend-on pour remanier les divisions provinciales?A Montréal, sur 15 députés à Québec, 10 sont canadiens-français et représentent 154,825 électeurs, soit une moyenne de 15,482 pour chacun.Trois députés de langue anglaise représentent 40,921 électeurs, soit 13,640 chacun.Deux députés juifs ne représentent en tout que 10,617 électeurs, soit 5,258 chacun.Pourquoi ce régime d\u2019exception?Les 4,715 électeurs de M.Cohen sont-ils plus patriotes, plus éclairés que les 23,652 de M.Plante et les 23,087 de M.Filion?Pourquoi faut-il ici 5 votes canadiens pour contrebalancer un vote juif à M.Cohen?Nous demandons à MM.Taschereau, David, Vautrin et Mercier de voir à mieux répartir la carte électorale de Montréal, pour les prochaines élections à la législature.Et s\u2019ils voulaient bien diminuer le nombre de députés de 90 à 65, nous leur devrions une belle chandelle. Une Nouvelle-France en Nouvelle-Angleterre C\u2019est le sujet d\u2019une thèse que M.Alexandre Goulet, un jeune Acadien de la Nouvelle-Angleterre, vient de présenter à l\u2019Université de Paris pour l\u2019obtention de son doctorat ès lettres.Le titre est évocateur et le sujet passionnant.Il ne s\u2019agit plus de la Nouvelle-France timidement encerclée dans les limites du vieux Québec.L\u2019auteur nous appelle sur des scènes de la grande Nouvelle-France rêvée par Champlain et connue des aventuriers de la vieille France.M.Goulet ne prétend pas avoir écrit l\u2019histoire de ses compatriotes.Il nous prévient que sa thèse ne présente qu\u2019une \u201cexploration sommaire\u201d.N\u2019attendons donc pas une oeuvre documentée, une synthèse.L\u2019auteur s\u2019est contenté de colliger des fragments d\u2019histoire.Ces fragments, il les a cependant choisis et agencés de façon à nous faire saisir sur le vif les différents aspects d\u2019une vie nationale dont l\u2019existence même et surtout la qualité sont souvent mises en doute.Je n\u2019ai pas l\u2019intention de résumer ici la thèse de M.Goulet, non plus que d\u2019en étudier la valeur documentaire ou littéraire.Au lecteur avide de se renseigner sur la vie et sur l\u2019activité de nos frères d\u2019outre-quarante-cinquième nous voulons 1 Paris, 1934, Librairie de Jurisprudence ancienne et moderne. 238 l\u2019action nationale réserver le plaisir de lire du tout neuf.Mais parce qu\u2019il s\u2019agit de quelque chose de tout neuf \u2014 une Nouvelle-France en Nouvelle-Angleterre, qui donc eût jamais espéré miracle plus paradoxal ?\u2014 je me permets de poser quelques questions qui me sont venues à l\u2019esprit pendant que je lisais \u201cUne Nouvelle-France en Nouvelle-Angleterre\u201d., Et d\u2019abord, sont-ce des indésirables qui sont partis du vieux Québec pour aller s\u2019établir aux États-Unis ?M.Goulet rappelle à ce propos la parole tristement célèbre prononcée en 1867 par Georges-Etienne Cartier: \u201cLaissez-les partir; c\u2019est la canaille qui s\u2019en va\u201d.Hélas! non, ce n\u2019est pas la canaille qui s\u2019en est allée.Les centaines de milliers des nôtres qui sont partis valaient bien ceux qui sont restés.Ne les accusons pas de nous avoir abandonnés dans un moment de désespoir ou sous le coup d\u2019une futile ambition.Blâmons plutôt ceux qui les ont laissés partir, ceux-là surtout qui les ont forcés à partir.Il nous reste, certes, la consolation de les voir survivre, à force de courage et de fierté; mais plaignons-nous de n\u2019avoir pas à notre crédit leur vaillance et leur énergie.Autre question beaucoup plus délicate, celle-ci: \u201cEst-il vrai que nous soyons destinés à subir, et toujours aux moments les plus critiques de notre histoire, la persécution d\u2019un peuple dont nous avons jadis pansé les blessures?\u201d Pour nous, du Québec, cette question ne s\u2019avère plus aussi ac- UNE NOUVELLE-FRANCE .239 tuelle que pour les groupes français des États-Unis et des autres provinces du Canada.Mais il devrait suffire de constater l\u2019apostasie alarmante, chez nous, d\u2019un peuple farouchement catholique pour accepter jusqu\u2019au bout le devoir, le devoir de la résistance aux tentations d\u2019assimilation.La survie de notre foi catholique est ici en jeu.Nos frères, les Franco-Américains, nous ont donné à ce point de vue des exemples trop poignants pour que nous n\u2019en fassions pas notre profit.Enfin, troisième question délicate: \u201cLes Franco-Américains ont-ils des chances de survivre comme tels, c\u2019est-à-dire comme nation ?\u201d M.Goulet semble le croire.Us ne sont plus des Canadiens français; et ils sont bien loin d\u2019être devenus des Yankees.Quelques-uns des leurs nous ont assuré, depuis quelques années, compter sur nous pour la conservation de leur vie française.D\u2019un autre côté, nous avons vu des nôtres l\u2019aller dire à nos frères de la Nouvelle-Angleterre: c\u2019est d\u2019eux que nous attendons ici un regain de vie nationale.Sans vouloir trancher la question, je me permettrai d\u2019exprimer un autre point de vue.Nous connaissons trop bien, dans la province de Québec, la richesse d\u2019idéal et la réserve de vie dont disposent nos frères de la Nouvelle-Angleterre pour négliger de les considérer comme un article de choix dans notre actif national.Mais notre devoir à l\u2019égard des groupes français du dehors, nous le concevons ainsi: organiser d\u2019abord chez nous une vie nationale intense. 240 l\u2019action nationale En nous acquittant de ce devoir, nous ferons un travail dont nos frères des groupes minoritaires bénéficieront en même temps que nous.Pour ne parler que des Franco-Américains, nous les encouragerons à résister à l\u2019assimilation, nous leur aiderons à organiser chez eux une vie nationale indéracinable, nous ferons qu\u2019ils puissent s\u2019épanouir au grand jour, sans craindre les persécuteurs, le jour où nous serons chez nous des Canadiens français cent pour cent, conscients de notre situation, fiers de notre patrimoine national et soucieux de répondre pleinement aux aspirations de notre nation.Avant de se constituer l\u2019appui des autres, et pour être cet appui, il faut d\u2019abord être fort soi-même.C\u2019est dans cet esprit que par-dessus la frontière nous tendons la main à nos frères de la Nouvelle-Angleterre.Quand nous leur disons: \u201cTenez bon, organisez-vous pour survivre\u201d, nous ne voulons pas qu\u2019ils aient le droit de nous répondre: \u201cMais quel exemple avez-vous à nous proposer ?Nous vous demandons de venir lutter à nos côtés parce que, chez vous, vous semblez vous endormir\u201d.Nous voulons au contraire que notre activité nationale ravive leur foi en la vie française.Nous voulons qu\u2019en nous voyant vivre intensément cette vie française, ils rebondissent eux-mêmes pour conquérir de haute main les positions que la Providence leur réserve.Thuribe BELZILE Pour qu\u2019on vive.Les Jeune-Canada et l\u2019éducation nationale On sait quelle place l\u2019éducation nationale a tenue à la dernière réunion publique des Jeune-Canada.Nous les remercions de l\u2019enthousiaste collaboration qu\u2019ils nous apportent.Ils ont mis, à traiter le sujet, l\u2019élan, l\u2019accent passionné de leur jeunesse.Ces jeunes gens voient venir les jours de demain.Ils ne se cachent point les problèmes de toute sorte: politiques, économiques, intellectuels, que nous aurons à résoudre.Jamais peut-être heure aussi grave ne s\u2019est offerte en la vie de notre petit peuple.Telle est la tâche.En face de la tache, l\u2019élite de la nouvelle génération fait son inventaire moral; elle sonde son esprit, son cœur.Elle cherche ses forces de résistance, ses convictions sur ses droits, ses devoirs nationaux, le rôle, la mission de sa nationalité, le sens de son histoire, de sa destinée, le prix de sa culture.Et elle aboutit à la constatation, sinon toujours d\u2019un vide effroyable, du moins d\u2019insuffisances douloureuses.La jeunesse regarde autour d\u2019elle; et elle aperçoit un pauvre peuple insouciant, désorienté, sans guide dans l\u2019ordre national, mené à l\u2019abattoir par des politiciens indignes et s\u2019y laissant conduire avec une passivité morne qui ressemble à de l\u2019hébétude.Ce régime de cauchemar, les Jeune-Canada entendent qu\u2019il finisse.Et ceux qui peuvent et qui doivent y mettre fin, ils n\u2019ont pas oublié 242 l\u2019action nationale de le dire, ce sont nos maîtres, nos éducateurs, tous, ceux de l\u2019école du rang comme ceux de l\u2019université, parce qu\u2019on n\u2019est pas maître, et maître catholique, tout uniment pour enseigner un peu de grammaire, un peu de lettres, un peu de science et beaucoup d\u2019anglais, mais pour regarder plus haut que son manuel, c\u2019est-à-dire droit à l\u2019âme de son pays, droit à l\u2019âme de la génération qu\u2019on amission d'\u201célever\u201d.Un signe des temps Un autre fait digne de remarque, à cette assemblée des Jeune-Canada, au Monument national de Montréal, ce sont quelques réactions de la foule.Elle n\u2019a pas manqué d\u2019applaudir bruyamment, chaque fois que les jeunes orateurs ont demandé, pour les petits Canadiens français, et pour les petites Canadiennes françaises, une éducation nationale plus intelligente, plus franche.Mais les applaudissements ont pris l\u2019allure frénétique chaque fois qu\u2019au passage éclatait quelque dénonciation du bilinguisme insensé en train, dans nos écoles de ville particulièrement, de détraquer l\u2019intelligence de toute une génération d\u2019enfants.Le jour approche, croyons-nous, où l\u2019on reviendra à une pédagogie de bon sens, où l\u2019on ne prendra pas toute intelligence d\u2019écolier pour une intelligence d\u2019élite, en état d\u2019absorber autant de poison que de nourriture saine.Et c\u2019en sera fini du règne de ces éducateurs anglomanes, bourreurs de crânes de l\u2019engean- POUR qu\u2019on vive 243 ce la plus terrible, dont quelques-uns nous auront fait plus de mal que la conquête anglaise.D\u2019autres passages, dans les discours des jeunes orateurs, ont aussi fait éclater les mêmes applaudissements frénétiques, et ce furent les moindres allusions à l\u2019existence d un Canada français plus autonome ou indépendant, la moindre évocation d\u2019une sécession possible de la Confédération.Les orateurs avaient beau présenter cet idéal politique et national comme le rêve d un avenir plutôt lointain, comme un pis-aller, l\u2019unique moyen d\u2019échapper à l\u2019impasse de la mort; ils eurent beau déclarer tout net: \u201cNous ne sommes pas prêts , chaque fois la foule a prévenu le correctif et elle a choisi de manifester de façon non équivoque.Décidément l\u2019esprit public a fait du chemin depuis dix ans.Et puissent nos politiciens entendre l\u2019avertissement! Il existe, dans l\u2019âme de la jeunesse et même dans l\u2019âme de la foule, pour le régime de la Confédération, un immense dégoût.Et ce dégoût, d\u2019où vient-il ?qui l\u2019a fait s accumuler jusqu a déborder ?D\u2019un régime qui aurait pu être un régime de dignité, d\u2019épanouissement libre pour notre nationalité, qui donc a fait ce régime d\u2019abjection et d\u2019étouffement où nous avons maintenant l\u2019impression de vivre ou plutôt de mourir ?Qui, si ce ne sont nos politiciens?Certes, nous ne commettrons pas l\u2019injustice de les tenir responsables, eux seuls, de toutes les violations de droit perpétrées depuis 1867.Les 244 l\u2019action nationale premiers coupables sont ailleurs et l\u2019on sait où ils sont.Mais, pour notre part, nous avons toujours cru qu\u2019en dépit de ses lacunes et de son galimatias juridico-politique, le pacte fédératif aurait pu tourner de façon différente.Les textes constitutionnels importent grandement, sans doute.Mais l\u2019on sait aussi que les attitudes et les mœurs des hommes peuvent faire fléchir tout texte de loi.La Confédération eût pu échapper à la fin ignominieuse qui l\u2019attend si seulement les Anglo-Canadiens avaient trouvé, en face d\u2019eux et pour leur parler dans les yeux, les représentants d\u2019une race digne et fière et non pas la cinquantaine de pleutres ou de piliers de tabagie invariablement expédiés à Ottawa par le Québec.Il faut avoir la loyauté de le reconnaître: si la Confédération meurt, autant que l\u2019insupportable arrogance de l\u2019Anglo-Canadien, la lâcheté canadienne-française l\u2019aura tuée.Nos politiciens, une dizaine peut être mis à part, sont-ils assez intelligents pour apercevoir ce qui s\u2019en vient, pour sortir de leur idiot esprit de parti et opérer un énergique, un prompt redressement, arrêter la vague de dégoût?Hélas 1 Qui voudrait parier pour l\u2019intelligence de ces gens-là?/ Les sports, école de formation Voici longtemps que l\u2019on nous prie de dire notre sentiment sur les sports.1 Nous nous exprimerons POUR qu\u2019on vive 245 là-dessus franchement,; comme sur tout le reste J Faisons la part du légitime.Qu\u2019il y ait lieu d\u2019amuser la foule et qu\u2019on l\u2019amuse par le spectacle,! non de la brutalité, imais de la force doublée de l\u2019adresse physique} et que ces spectacles,^ par achalandage,' publicité tapageuse,\\ ne vident pas éperdument les porte-monnaie des pauvres diables,\u2018laissent à leur rang les manifestations plus hautes de la vie normale et n\u2019aillent pas détruire ainsi, dans l\u2019esprit d\u2019un peuple, l\u2019essentielle hiérarchie des valeurs, rien, en tout cela,\\que de juste et selon la ligne d\u2019une saine civilisation.Qu\u2019en la même mesure et pour le même motif de récréation ou d\u2019amusement, il y ait lieu d\u2019introduire les sports dans les maisons d\u2019éducation, rien encore de répréhensible.Que les sports pratiqués selon certaines règles et certaine sagesse | aient leur rôle à tenir dans la formation physique de l\u2019enfant ou du jeune homme,! autre vérité qui ne nous paraît pas contestable.Mais hors de là, nous disons: erreur, faux-pas, abus, désordre.y Que des instituteurs laissent voir plus de ferveur pour des mêlées de criards et de brutes;que pour l\u2019étude et la culture des âmes; qu\u2019il leur arrive de parler plus souvent de hockey que de patriotisme ou de surnaturel, ; de lire plus assidûment les chroniques sportives que les pages des classiques; que des professeurs maigrement rétribués et qui invoquent, pour ne point acheter de livres, le prétexte de pauvreté; fassent la nuit\u2019 des 246 l\u2019action nationale 80 milles d\u2019auto pour assister à une partie de hockey; puis, qu\u2019à leur entrée en classe, le lendemain, \\au lieu de la leçon d\u2019histoire ou de littérature, ils ne trouvent rien de mieux à faire, devant des adolescents d\u2019esprit plastique, que le récit de prouesses de stadium, nous disons, pesant bien ce que nous disons, que c\u2019est là, de la part de maîtres d\u2019esprit latin, de la pure perversion.Nous n\u2019ignorons point tout ce que l\u2019on peut nous rétorquer.\u201cLes sports sont une école de morale\u201d, dira-t-on, citant une page du Richelieu de M.le comte de Saint-Aulaire.\u201cCe sont eux qui enseignent les vertus du peuple anglais, celles qui font sa grandeur et notre admiration: la maîtrise de soi (self-control), la loyauté (fair-play), l\u2019endurance, la discipline et la solidarité par la cohésion de l\u2019équipe, l\u2019aptitude à perdre la partie sans perdre le moral.Ainsi les sports ont entraîné l\u2019Anglais à ce sport souverain: la conquête du monde\u201d.Nous savons tout cela.Et nous accorderons même que les sports, bien pratiqués, peuvent constituer, sur le plan naturel, un moyen de formation morale.Mais des maîtres catholiques savent ou devraient savoir les ressources éducatives du catholicisme.Ils ne peuvent ignorer jusqu\u2019à quel point le catholicisme met l\u2019accent sur la personnalité, et comme il propose au jeune homme un idéal personnel d\u2019exaltation infinie, idéal qui dilate les capacités d\u2019action, pousse aux formes les plus sublimes de vertu, de POUR qu\u2019on vive 247 renoncement,' de donation, invite, pour tout dire, à l\u2019aventure sans bornes ni limites: celle de la conquête de Dieu, de l\u2019identification de l\u2019homme avec Dieu.Et qu\u2019après cela des maîtres catholiques/ comptent, pour la formation du héros, si largement sur l\u2019école du sport et si peu sur l\u2019école du Christ^ c est là, dirons-nous, de la part de tels maîtres, !pe qui s\u2019appelle proprement la démission de la foij Et les Crées et les championnats?L exemple des anciens Grecs ne nous impressionne nullement.Si les Grecs de Périclès n\u2019avaient eu, pour survivre,' que le culte de la force ou de la beauté physique, iou si ce culte l\u2019avait seulement emporté sur celui de l\u2019esprit,\\ il n\u2019y aurait eu chez eux que des Spartiates barbares, 'et la Grèce aurait vécu ce que Sparte a vécu.) Peu nous chaut,1 aussi bienjqueles championnats de la boxe ou du hockey / passent à d\u2019autres.I Et, mon Dieu,! qu\u2019ils passent.J Il faut oser dire que ces babioles ne sont nullement essentielles à la gloire du Canada français èt qu\u2019elles ajouteront peu à notre potentiel de vie.Nous avons mieux à faire que de dépenser tant d\u2019argent et tant d activité pour devenir des champions de sport, quand tant de carrières vitales nous échappent! et que nous subissons le rôle de valets et de suivants, en tant de domaines jd\u2019où un peuple ne se laisse évincer qu\u2019au péril de son honneur et de sa culture.Jacques BRASSIER La vie de Jeanne Mance (Marie-Claire Daveluy) En imagination je revois la scène.Elle fut touchante, pieuse, pleine de charme et de poésie.C est le printemps, le printemps neuf et clair que la fumée ne souille pas, que le bruit n\u2019envahit pas.Les arbres se couvrent d\u2019un jeune et vert feuillage.L\u2019air tiède est plein de rayons et de chants.Il y a là un autel.Un prêtre y dit la messe.Tout autour des hommes, des femmes se groupent.Non loin la rumeur des flots s\u2019unit à leur fervente priere.Coin de terre béni.C\u2019est Ville-Marie qui naît et que des âmes valeureuses vont établir, défendre, fortifier en mettant dans leur travail parfois héroïque une générosité que rien et personne ne pourront jamais affaiblir et diminuer.C\u2019est la que Jeanne Mance commence sa mission.C\u2019est là aussi qu elle va dépenser les années qu\u2019elle a encore à vivre ici-bas.Années fécondes, mission de salut.Je comprends la douceur ressentie à les raconter et à les mettre en lumière.Le sujet vaut qu\u2019on lui consacre son temps, sa peine, ses labeurs, ses talents.Il semble s\u2019être imposé à l\u2019esprit et au cœur de Marie-Claire Daveluy.U convient de l\u2019en féliciter, de noter son succès dans l\u2019œuvre entreprise LA VIE DE JEANNE MANCE 249 et si bien conduite par elle, de lui dire aussi doucement et charitablement, que tout n\u2019est pas parfait dans son livre.Elle le sait si bien qu\u2019elle permettra les réserves et les divergences d\u2019idées.* * * On a écrit déjà sur Jeanne-Mance.Il y a la naïve et pourtant érudite histoire de Faillon.C\u2019est la principale.C\u2019est là que sont allés se renseigner tous ceux et toutes celles qui ont parlé plus tard de la fondatrice de l\u2019Hôtel-Dieu.Ce n\u2019est pas la perfection.Il y manque la vie, le discernement, la critique des textes et des documents.Il y manque surtout l\u2019objectivité, l\u2019impartialité.Le docte sulpicien est visiblement gagné à Ville-Marie et à tout ce qui de près ou de loin y touche ou s\u2019en rapproche.Mademoiselle Daveluy a voulu échapper à l\u2019influence consacrée du vieil annaliste.! Elle y a réussi.Elle discute ses dires et ses assertions.C\u2019est qu\u2019elle est renseignée.A cet ouvrage qu\u2019elle vient de publier, elle a dû donner ses heures de loisir et d\u2019autres encore, depuis trois ou quatre années.Car elle a compulsé, annoté, parcouru, lu une énorme quantité de livres, de brochures, d\u2019articles de revue.La liste qu\u2019elle en a faite est longue, très longue.\\ Elle va de la page 347 à la page 357.Et encore, ajoute une note, ce n\u2019est pas tout.D\u2019autres publications ont été lues et étudiées.Quel énorme et consciencieux travail! 250 l\u2019action nationale Travail de bénédictine, si on pouvait mettre pour la circonstance bénédictin au féminin.Il faut attendre.La communauté qui est en voie de formation et d\u2019installation nous permettra peut-être de le faire bientôt.Alors on comprend que l\u2019auteur se permette de discuter, de rejeter des idées reçues et vulgarisées jusqu\u2019ici et qu\u2019elle le fasse avec autorité et succès.Ainsi on ne dira plus: le Père Rapin mais Rapine.Je le regrette.Rapin nous parlait d\u2019art, Rapine fait entrer dans notre esprit la pensée du vol et de l\u2019injustice.Plaisanterie inutile! Le nom ne fait rien à la chose.Qu\u2019il soit Rapin ou Rapine l\u2019avisé directeur spirituel de Jeanne Mance lui a indiqué les voies de Dieu.Tant mieux pour nous! Encore une autre erreur corrigée.C\u2019est le 17 et non le 18 mai que Ville-Marie a été fondée.Par les textes, les contextes, l\u2019opinion des grands historiens, c\u2019est clair et définitif.On le voit, Mademoiselle Daveluy connaît sa matière.Il faut l\u2019en louer.Dans une conférence qu\u2019elle a faite ici et là et dont les journaux nous ont parlé, elle soutient que les femmes aiment autant les livres que les hommes.Je crois qu\u2019elle se trompe, que les faits et l\u2019expérience repoussent cette assertion.Ce qui est vrai c\u2019est que, elle, Mademoiselle Daveluy, aime les livres d\u2019une manière peu ordinaire, même chez les hommes.La lecture de son volume terminée, car je l\u2019ai lu non pas en zigzag ou en diagonale, mais entièrement, je suis LA VIE DE JEANNE MANCE 251 resté dans l\u2019étonnement et l\u2019admiration.Je considère cet infatigable labeur de lecture, d\u2019annotation, de classification, de rédaction, comme un vrai tour de force.Et je ne puis m\u2019empêcher, en considérant combien de femmes gâchent, gaspillent leur existence, de dire à Mademoiselle Daveluy qu\u2019elle a bien fait de consacrer ses loisirs et son temps à l\u2019œuvre qu\u2019elle vient d\u2019achever, qu\u2019elle a donné par là un magnifique exemple aux femmes et aux jeunes filles.Je fais le vœu qu\u2019elle soit imitée.Je viens de parler de rédaction.Le style a été l\u2019objet d\u2019une attention sérieuse de la part de l\u2019auteur.En général il est correct, élégant, vivant.Il ne trahit pas l\u2019effort, une tendance trop grande à l\u2019originalité.Je voudrais maintenant faire quelques réserves.Elles sont de mon cru, je ne demande à personne de les adopter, je désire surtout que l\u2019auteur ne s\u2019imagine pas que je veuille reprendre d\u2019une façon détournée et déloyale les éloges que je lui ai faits.Je ne suis pas pour l\u2019emploi de toutes les notes recueillies sur un sujet.Que l\u2019on fasse des études latérales, supplémentaires, bien.Vouloir tout mettre, absolument, dans la question que l\u2019on traite, me paraît inhabile, éloigne du but, loin d\u2019en rapprocher.Puis j\u2019ai l\u2019impression, à la lecture, de 252 L ACTION NATIONALE lourdeur, d\u2019épaisseur, d\u2019étouffement presque.J\u2019ai lu, pas plus qu\u2019un autre mais autant qu\u2019un autre, les historiens contemporains.Je connais Taine, Sorel, Vandal, Thureau-Dangin, de la Gorce, Battifol, Madelin, bien d\u2019autres.Je ne crois pas qu\u2019ils donnent dans ce travers.Ils savent résumer et devant les horizons qu\u2019ils ouvrent à nos regards ils arrêtent le regard ravi.Je comprends et j\u2019admets la psychologie en histoire.Du moment que j\u2019entends les paroles et que je vois les actes de quelqu\u2019un, il m\u2019est possible de parvenir par ces avenues jusqu\u2019à l\u2019âme.Mais je ne saurais me servir pour cette fin de: Peut-être.Probablement.Y eut-il?.Vit-elle?.Eût-elle le pressentiment?.Sourit-elle?.Devina-t-elle?.Et j\u2019en passe, j\u2019en passe beaucoup.La gerbe est facile à faire.Malheureusement les fleurs n\u2019en sont pas de première beauté.Les dialogues sont rarement de l\u2019histoire.Je ne crois pas que permission soit donnée de les inventer de toutes pièces, surtout de leur attribuer une longueur de cinq pages (pp.159 à 165).Enfin, et c\u2019est bien assez, il y a des négligences ou des originalités de style qu\u2019à mon sens toujours il faudrait éviter.J\u2019écris ceci en maintenant, c\u2019est entendu, les éloges accordés plus haut.Les flots du St-Laurent ne sont pas soleilleux.Autrement pourquoi ne seraient-ils pas, à d\u2019autres heures, luneux ou étoileux ?Et la navigation y deviendrait l\u2019action nationale 253 dangereuse.L\u2019atmosphère ne saurait être davantage soleilleuse.Qu\u2019elle soit ensoleillée, c\u2019est suffisant.Un peu partout une tendance marquée aux formes nouvelles et bizarres.Presque du cubisme littéraire.Ainsi: De la beauté spirituelle se rythmait en le salon de la grande dame; elle se répandait en ondes musicales, à l\u2019aide de vocables qui s\u2019échappaient des lèvres frémissantes des deux mystiques, (p.60).Je trouverais cela beau, sans doute, si je pouvais comprendre, mais je ne comprends pas.$ * * Dans la dernière édition de son Histoire de la Littérature Canadienne, Monseigneur Camille Roy mentionne à la page 233 le nom de Marie-Claire Daveluy et donne la liste de ses ouvrages.Plus tard, j\u2019en ai la certitude, dans une autre édition, une plus large place lui sera donnée.Il viendra un jour où, en parlant de la part prise par les femmes dans le mouvement littéraire de notre pays, on citera les noms de Laure Conan, de Françoise, de Madeleine, de Fadette.On y joindra le nom de Marie-Claire Daveluy.Ce sera récompense et justice.Jean DOMBREVAL ou de paille Poignée de grain.SAINT-JÉRÔME DE TERREBONNE, par l\u2019abbé Elie Auclair.Un beau et fort volume de 370 pages, richement illustré.M.Auclair nous avait déjà donné Le Curé Labelle.Après l\u2019homme, voici le principal cadre de sa vie.L\u2019un et l\u2019autre auraient pu n\u2019être pas séparés.Mais la personnalité puissante du \u201ccuré\u201d a trop débordé ce cadre pour l\u2019y enfermer.Et c\u2019est tant mieux pour l\u2019historien de Saint-Jérôme.En écrivant l\u2019histoire du roi du Nord, il a pris l\u2019atmosphère de son sujet.Et cela nous vaut une belle, une tonifiante monographie paroissiale, la mieux bâtie, la mieux ordonnée, la plus étoffée de toutes celles que M.l\u2019abbé Auclair a écrites.Il s\u2019est exercé la main; il sait que l\u2019histoire n\u2019est véritable que si elle creuse en profondeur, que si elle atteint le tuf humain.Le tuf humain, c\u2019est ici l\u2019âme magnifique des défricheurs du nord, une population virile qui s\u2019est fait les muscles et le sang dans l\u2019atmosphère héroïque des Laurentides.Cette âme, l\u2019historien l\u2019a bien saisie.Son ouvrage y prend un souffle qui l\u2019élève parfois au-dessus de l\u2019histoire même.LA NATION CANADIENNE-FRANÇAISE, par Albert Lévesque.Nous espérons que l\u2019un ou l\u2019autre des critiques de la Revue reviendra sur cet ouvrage.Depuis un an ou deux, il ne s\u2019en est guère publié de plus opportun.L\u2019on peut reprocher à l\u2019auteur d\u2019avoir négligé quelques-uns des éléments qui constituent la nationalité; d\u2019avoir trop fondé la nôtre sur la notion de ses droits.Cette vue est pourtant justifiable, si l\u2019on songe que cette notion est ce qui manque le plus au Canadien français et que s\u2019il lui arrive de douter encore de la légitimité de son nationalisme, c\u2019est qu\u2019il ignore tout de la situation juridique et politique de son groupe au Canada. POIGNÉE DE GRAIN.OU DE PAILLE 255 L\u2019ouvrage est opportun pour cette autre et capitale raison que rien non plus ne manque tant, à l\u2019heure actuelle, à notre pauvre peuple, que la conscience ou le sens national.Cependant, national et nationalité \u2019sont deux choses corrélatives, si nous ne faisons erreur.Et si nous ne sommes pas une nationalité, comme se plaisent à l\u2019écrire quelques intellectuels en rage de paradoxe* à quoi riment nos rêves de survivance française et à quoi veut-on qu\u2019on les accroche ?Rien donc de plus urgent que d\u2019asséner, sur la tête de nos byzantins, des idées nettes, claires, des idées conquérantes qui nettoient notre ciel des sophismes dont on s\u2019efforce de le brouiller.Peu importe, après cela, que M.Lévesque mette en l\u2019action politique un espoir que nous estimons trop confiant.C\u2019est faire œuvre de salubrité publique que de nous désinfecter la tête.Car notre état d\u2019âme a quelque chose d\u2019inconcevable, de navrant qui fait penser à la corruption du fruit vert.SUR LES ROUTES DE FRANCE, par C.-J.Magnan.(Editions Beauchemin).Sur les routes de France l\u2019on ne découvre pas seulement de beaux sanctuaires, de vieilles et charmantes églises, de fiers châteaux; l\u2019on apprend aussi de l\u2019art et de l\u2019histoire, l\u2019histoire de la France catholique et aussi l\u2019histoire canadienne.Sur les routes de France, M.Magnan ne perd aucune occasion d\u2019évoquer les souvenirs des aïeux canadiens.Je connais peu de pages aussi touchantes que celles du pèlerinage de l\u2019auteur au berceau de ses ancêtres du Poitou.Le voyageur sait raconter, en style vif.Par son émotion de qualité saine, par son esprit chrétien, peu de livres sont aussi propres à révéler aux enfants et aussi aux grandes personnes le visage de la France que nous aimons, toute cette richesse morale et culturelle où nous avons besoin d\u2019aller retremper notre fidélité française.LES FAUCILLEURS Musiciens d\u2019autrefois.Alfred Desève Je connus Desève presque intimement.Nous n\u2019étions pas de la même génération, et Dieu sait que si les morts vont vite, les vivants vont aussi d\u2019une telle allure qu\u2019un jeune homme de vingt ans regarde toujours un aîné avec une certaine méfiance.Mais avec Desève, et malgré ses quarante ans, il n\u2019en allait pas ainsi.Sa vitalité débordante en faisait un partisan de l\u2019enthousiasme.C\u2019était un gaillard, et qui brûlait les étapes.Quand je le fréquentai, vers 1902, il était en pleine maturité.Ah! le bel homme, et beau d\u2019une beauté si mâle, si musclée.Avant que l\u2019âge ne l\u2019épaissît, il avait l\u2019allure d\u2019un dieu.Quelque chose de marmoréen dans la taille et dans la coupe du visage faisait penser à la statuaire grecque.Etant violoniste, on peut dire qu\u2019il avait le physique de l\u2019emploi et qu\u2019il savait le faire valoir.Et pourtant, il était de lignée bourgeoise; très bourgeoise.Son père, avocat au barreau de Montréal, habitait le village de St-Henri.C\u2019est là qu\u2019Alfred naquit.Ces hérédités expliquent ses goûts processifs : car il aima les procès.Il est assez rare qu\u2019un ALFRED DESÈVE 257 artiste soit un assidu aux tribunaux.La chicane et la musique semblent des muses qui s\u2019excluent.Desève passait de l\u2019une à l\u2019autre sans aucun embarras.Ses démêlés sont restés fameux, dans les annales musicales, avec un confrère.* * * Ses parents le destinaient à la carrière paternelle.Son talent de violoniste, exploité dès l\u2019âge de sept ans, eut raison du thème grec et de la version latine.A sa sortie du collège de Montréal, en 1376,' il part pour Paris.Il s\u2019inscrit dans la classe de Léonard, puis dans celle de Vieuxtemps.Pendant trois ans, il reste à cette école du grand style des deux maîtres belges.Souplesse et fermeté acquises, il se fait entendre à Paris avec grand succès.Il joue un soir en présence de la reine Isabelle II d\u2019Espagne, qui le nomme son violoniste officiel.En ce temps-là, (et dans tous les temps du reste) les rois protégeaient l\u2019art et les artistes, savaient s\u2019entourer de ce luxe indispensable de la beauté picturale, architecturale ou sonore.Les sociétés aristocratiques hument naturellement le talent et s\u2019en font les mécènes.Cela fait rêver en un temps où la médiocrité et la goujaterie démocratiques font une belle jambe aux mornes adorateurs 258 l\u2019action nationale de la platitude, aux idolâtres de l\u2019égalité, ennemie née de la supériorité.La carrière de Desève se poursuit dans le succès.Bientôt, au Canada,' on lui fait le plus chaleureux accueil.A Ottawa,1 la princesse Louise se Vattache, à la petite cour du gouverneur-général.Il repart vite, parcourt les principales villes canadiennes et recueille les plus vifs applaudissements.Se sentant promis à une carrière plus riche, il reprend le chemin de l\u2019exil.La symphonie de Boston l\u2019engage comme concert-meister.Il devient professeur au conservatoire et maître de chapelle à la cathédrale de la même ville.Il fait des tournées triomphales sur tout le continent.Du Musical Courier de New-York, qui passait dans le temps pour être intransigeant, citons ce témoignage.\u201cM.Alfred Desève possède un tempérament éminemment artistique.Il joint à la vivacité, à la fougue d\u2019Émile Sauret toute la délicatesse de Pablo de Sarasate\u201d.Incontestablement, Desève fut un maître de l\u2019archet.Devenu riche,I (la Bourse à ce moment lui sourit) il vient s\u2019établir à Montréal.Des malheurs de famille s\u2019abattent sur lui.Il se retire graduellement du monde et commence cette partie de sa vie qui finira dans la misan- ALFRED DESÈVE 259 thropie.Il donne des leçons et se jette aux affaires.Il bâtit des maisons, administre des capitaux imposants.C\u2019est la lutte entre l\u2019homme d\u2019argent qu\u2019il va devenir et l\u2019artiste qui ne veut pas démissionner.On le dit impitoyable.A son concierge qui réclame 25 sous pour un carreau remplacé, il répond sèchement: \u201cJe n\u2019ai pas donné d\u2019ordre\u201d.Au boucher qui envoie son compte, il fait une scène.De toute sa fougue naturelle, il bataille pour l\u2019argent.Il a une faiblesse: le jeu.Il fait des pertes considérablesj il n\u2019en souffre pas.A son avocat, il dit simplement : \u2018\u2018Cré bateau! (c\u2019est son juron) j\u2019ai perdu quinze mille dollars en bourse hier\u201d.Il sourit.On dirait qu\u2019il a contenté le caprice d\u2019une femme.Sa passion le poursuit partout.Au milieu d\u2019une leçon,i il s\u2019interrompt pour discuter un placement.Il s\u2019agite: perd, gagne, se fatigue.Il est harcelé de tous côtés.Mais il tient tête à la meute.Je n\u2019ai pas assez dit comme il était combatif.On disait de lui qu\u2019 il avait mauvais caractère: nous croyons plutôt qu\u2019il avait du caractère.On le voyait bien à sa façon de discuter: péremptoire, éclatant et fougueux.Aux réunions intimes chez Couture, il passait pour 260 L ACTION NATIONALE un casse-cou, tout calculateur qu\u2019il fut dans le domaine des faits.Des protagonistes de marque s\u2019y donnaient la réplique et remplissaient l\u2019étroite enceinte de clameurs assourdissantes.De sève, entre deux opérations de bourse) venait respirer un peu d\u2019air libre.On n\u2019a pas idée de la franchise et de la violence de ces discussions, assez souvent d\u2019un caractère verbal.Mais il arrivait quelquefois que le ton s\u2019élevât jusqu\u2019à l\u2019ironie cinglante.Couture était plus mordant et plus amer.Desève plus oratoire: car il avait l\u2019étoffe d\u2019un tribun, avec son encolure de paysan normand et sa verve inépuisable.Il étreignait de ses bras puissants et de ses arguments catégoriques Vadversaire récalcitrant.Ce n\u2019était pas un esprit nuancé: c\u2019était un formidable boute-en-train.Son optimisme animal nous faisait du bien et procurait la détente.* * * A ces réunions fameuses chez Couture, rue Université, on rencontrait un monde un peu mêlé.Des avocats, des professeurs, un savant.Tous attirés par l\u2019espoir d\u2019entendre d\u2019originales dissertations sur l\u2019art.On n\u2019en parlait presque jamais.On discutait souvent la question religieuse et encore que nous fussions tous ignorants de ce problème, ce tour ALFRED DESÈVE 261 d\u2019esprit fréquent indiquait que chez les artistes, il y a toujours un mystique qui s\u2019ignore.Et puis le plaisir de prendre sa revanche contre la règle catholique est traditionnel chez les nôtres.On ne prêchait pas l\u2019orthodoxie; bien au contraire, mais je crois pouvoir affirmer que 1 inquiétude de l\u2019au-delà, bannie de la vie extérieure de plusieurs d\u2019entre nous, en hantait quelques-uns.On le vit bien plus tard à la façon dont finirent Couture et De-sève.Les crises d\u2019âme, à cause du formalisme de nos habitudes religieuses et du vide de nos convictions, paraissent assez rares chez nous.Mais les artistes, étant des instinctifs, sentent avec intensité la blessure d\u2019une foi sans objet.Je me souviens d\u2019une soirée où Bossuet et son appareil d\u2019apologétique catholique furent mis en pièces.Or, savez-vous qui prit sa défense?Un protestant, huguenot par surcroît, Lafleur.Lafleur, professeur de littérature française à McGill, éminent érudit.Que venait faire en un milieu aussi pétulant cet homme rangé et distingué, avec sa figure fine de vieux pastel anglais, avec cette expression pensive et aiguë d\u2019intellectuel qui ne le 262 l\u2019action nationale quittait pas?Etait-ce le hasard des rencontres qui nous l\u2019avait amené, ou Vopposition des tempéraments?Car malgré son nom, Lafleur posait toujours l\u2019énigme protestante et anglaise, cette irréductibilité du sang, au milieu de notre exubérance canadienne-fran-çaise.Il jouait auprès de Couture, dont il était l\u2019intime, le rôle de modérateur, ramenant toutes les discussions, de sa voix basse et sourde, sur le plan impersonnel.* * * J\u2019ai dit tantôt que De sève était d\u2019une beauté classique.Devenu le favori de la société cana-dienne-française, il fit battre plus d\u2019un coeur de jeune fille.Cela finit comme dans les romans, par un mariage.Les artistes, à cette époque surtout, étaient très entourés: mais on redoutait le débraillé, Vindiscipline de plusieurs d\u2019entre eux.S\u2019ils avaient donc des succès personnels dans les milieux bourgeois, cela représentait toujours l\u2019attrait du fruit défendu.Or il arriva que Joséphine Bruneau, apparentée à la plus fine fleur et la plus exclusive du monde canadien-français, dont la mère avait épousé en secondes noces un personnage non moins considérable que le premier ministre L.-O.Taillon, il arriva, dis-je, ALFRED DESÈVE 263 que Mlle Bruneau s\u2019éprit de Desève.Des gens aussi huppés ne pouvaient accepter une telle mésalliance.Mais comme les préjugés l\u2019emportent rarement sur la nature en ces matières, comme la jeunesse et la beauté sont toujours des dieux vainqueurs, Joséphine Bruneau devint Mme Alfred Desève.Mais des événements fort piquants précédèrent cette solution.Toutes les scènes, toutes les péripéties d\u2019un amour contrarié et pathétique furent joués consciencieusement par les protagonistes du jeu de l\u2019amour, y compris l\u2019enlèvement.En ce temps-là, quand un jeune homme enlevait une jeune fille, il faisait sensation: si l\u2019honneur restait sauf, si les moeurs n\u2019y perdaient rien, tout le monde finissait par applaudir cette victoire du coeur.C\u2019est ce qui arriva aux jeunes révoltés.Le mariage eut lieu et fut accepté par la famille Bruneau.La vie d\u2019Alfred finit dans l\u2019épreuve.Je le rencontrai un jour vieilli, avec ce commencement d usure definitive qui ne trompe pas.Sa fougue naturelle reprenant le dessus, nous eûmes une de ces conversations serrées, où il finissait toujours par nous prendre au collet et nous secouer de sa poigne vigoureuse.Ses derniers mots \u2014 \u201cQuand je me convertirai, ce sera avec un Jésuite: j\u2019aime leur façon nette de procéder\u201d. 264 l\u2019action nationale Je revois encore l\u2019éclairage de la scène.J\u2019ai encore dans l\u2019oreille le son de cette voix un peu rauque et qui roulait des cailloux.Nous étions près de la montagne, et le soleil se levait obliquement sur un mélancolique paysage d\u2019automne.A côté du moins poète des hommes, du plus positif, les feuilles mortes, en danses folles, cascadaient en faisant un bruit sec.Ce fut la dernière fois que je le vis.Quelque temps après, un ami commun me dit: \u201cDesève est frappé: je crois que ça sera grave.Réconcilié avec le Dieu de ses pères, il faut l\u2019entendre répéter à satiété: \u201cQuand je pense que je suis en état de grâce! ouf, quel soulagement\u2019\u2019.Je crois qu\u2019il ne ferait pas bon se moquer de lui en ce moment.De son énorme chapelet qui ne le quitte pas, il serait encore capable de pulvériser les rieurs.\u2019\u2019 Comme Couture, avec qui il avait des affinités, il est mort dans la paix, dans la paix définitive, celle qui précède l\u2019entrée en pleine lumière, en pleine vérité.Arthur LAURENDEAU A propos d\u2019une enquête La Commission d\u2019Etude sur l\u2019étatisation, la municipalisation de l\u2019élctricité, les effets de la municipalisation des grands centres sur les régions rurales de la Province, l\u2019examen des taux actuels de l\u2019électricité/en vue de la possibilité de les réduire, 1 électrification dans les municipalités rurales, cette Commission, dis-je, bien que revêtue d\u2019aucuns pouvoirs, a eu ce grand avantage de permettre aux défenseurs du peuple de produire leurs plaidoyers devant le haut tribunal de l\u2019opinion publique La presse forcément a dû en faire grand état, apportant quelque commotion à notre somnolente apathie.Il ressort de cette enquête que la National Electric Light Association, à laquelle sont reliées nos entreprises privées, est le monopole le plus formidablej grâce à ses 1593 tentacules étendues dans presque toutes les parties du monde: agent de corruption, de domination, de dictature économique, comme le qualifie si bien le Docteur Hamel, après la lecture des quarante-deux volumes de l\u2019enquête fédérale du commerce/ aux Etats-Unis.Cette organisation dépense environ 30 millions annuellement pour fins de corruption, de contrôle de quatorze mille journaux, d\u2019achat d\u2019influences 266 l\u2019action nationale dans toutes les sphères,, de contribution généreuse aux caisses électorales et autres.La maîtrise des leviers de commande* acquise au poids de l\u2019or,lui a permis, ainsi qu\u2019à ses subsidiaires, de faire peser sur le peuple la dictature économique si vertement dénoncée dans \u201cQuadragesimo Anno .Le Monopole n\u2019existe dans cette province que par la cession, ou mieux l\u2019abandon des forces hydrauliques à la charge de faire servir ces richesses au bénéfice du peuple.La complicité et la cupidité dans le fait ont tourné cette exploitation de nos richesses naturelles en véritable exploitation du peuple.La régie publique, qui, au dire des experts, est plus dispendieuse d\u2019opération que la régie privée, permet quand même à l\u2019Hydro-Electric de la province d\u2019Ontario d\u2019offrir à ses usagers des taux de 20 à 300% meilleur marché que notre monopole privé.Comme preuve à conviction, nous n\u2019avons qu\u2019à consulter les statistiques pour savoir que les taux moyens, en 1930, pour le Canada, étaient de 2.29 sous; en Ontario, 1.75 sou; au Manitoba 1.10 sou et dans la province de Québec, proie du capitalisme, 3.93 sous.Pas n\u2019est besoin d\u2019être thaumaturge pour expliquer que les dix-sept cents industries américaines émigrées au Canada aient préféré s\u2019installer en Ontario, où le coût de l\u2019électricité est beaucoup moindre.Pourtant, les communications avec les A PROPOS D\u2019UNE ENQUETE 267 ports de mer, l\u2019intelligence et le bon esprit des ouvriers du Québec, auraient dû attirer le plus grand nombre d industries, sans cette pierre d\u2019achoppement des taux d\u2019électricité.7 ., / La dernière revision des taux de la M.L.H.& P.Consolidated favorise le gros consommateur au détriment du petit.Le pourquoi de ces taux excessifs n\u2019est un mystère pour personne.M.L.H.6s P.Cons., compagnie de contrôle, se compose d\u2019un grand nombre de Compagnies qu\u2019elle a acquises et non absorbées, et qui évoluent dans son orbite avec chacune son conseil d\u2019administration où figurent pratiquement les mêmes parasites, requérant des cachets de présence et souvent des dividendes sur des parts qu\u2019ils n\u2019ont pas souscrites.Quoi! une administration distincte qui permet de dissimuler les profits énormes réalisés par la Compagnie de portefeuille.Un de ces mignons: la Royal Electric, aurait vu, paraît-il, son capital multiplié quarante-cinq fois.Monsieur Ernest Robitaille expert comptable, a établi que, de 1927 à 1933, M.L.H.8e P.Cons.\u2019 aurait réalisé une économie de $83,295,127.00 en supprimant la division d\u2019actions et l\u2019émission d obligations, ce qui, d ailleurs, n\u2019était pas requis, et une autre économie de $35,846,310.00 qui a servi à payer des dividendes sur des actions ne représentant aucune mise de fonds, et cela, depuis 1927 seulement. 268 l\u2019action nationale Pourquoi, en 1930, en pleine crise financière, le monopole a-t-il fait souscrire à ses usagers plus de 45 millions de capital-actions ?Quelques mois après cette émission, les titres subissaient une dépréciation de 40%.Dans sa littérature de propagande, M.L.H.& P.Cons.a affirmé que l\u2019impôt sur le revenu, payé d\u2019ailleurs par le consommateur, représentait 1/3 de sou le K.W.H.Fourberie! On paya en 1931 un impôt de $913,189.00 et le 1/3 de sou sur les K.W.H.dépensés aurait réalisé la somme de $5,435,455.00.Toutes ces générosités ont-elles ému le monopole, ce corps sans âme et sans cœur ?Au pauvre chômeur, il a coupé impitoyablement le circuit, sans compassion pour les familles nombreuses, sans pitié pour les malades, prétextant qu\u2019il n\u2019était pas une institution de charité: fait parfaitement reconnu!\t_ Le tramway, pour sauver son dividende de 9/6, n\u2019impose-t-il pas sa voiture meurtrière, fatale au public et à l\u2019employé unique qui la monte ?cette merveille d\u2019homme orchestre, qui brûle sa vie sur l\u2019autel de la cupidité.Un pauvre chômeur de St.Louis, Missouri, trouva dernièrement, la somme de $21,000.00 qu\u2019il rendit à son propriétaire, le Northwestern Trust, et comme récompense, il encaissa $100.00; quelle prime éloquente a 1 honnêteté !\t^ Nos richesses naturelles n\u2019ont servi jusqu à A PROPOS D\u2019UNE ENQUETE 269 présent qu\u2019à enrichir des métèques par des taux abusifs et par l\u2019exploitation de l\u2019épargne populaire.Cette coterie conserve jalousement cette mine plantureuse pour mousser ses propres intérêts et ceux de ses congénères.Nos richesses naturelles, propriété de notre race, la dictature économique les tourne contre nous.Journaux, politiciens, banques, caisses électorales, subissent 1 influence de cet agent de domination : tout danse devant son escarcelle pleine.Les nôtres construisent, il est vrai, les lignes de transmission, font les travaux de peine, mais les millions réalisés par le fluide magique et les positions lucratives sont réservés à l\u2019oligarchie.Nos ingénieurs, nos gradués d\u2019universités restent sans emploi en leur province si féconde en richesses naturelles, mais hélas, dominée par de petites coteries d\u2019où le népotisme n\u2019est pas exclu.Les capitalistes, après avoir acculé à la ruine nos voies ferrées, les ont cédées à l\u2019État.Les folles équipées du Canada Power 6e Paper, de l\u2019Abitibi Power, de Price Power, de la Beau-harnois et de la Riordon, qui ont raflé paraît-il, des centaines de millions, la saignée de plus de 45 millions, pratiquée par le M.L.H.6e P.Cons.sur l\u2019épargne populaire en 1930, en plus de ses taux abusifs depuis plus de vingt-cinq ans; nos bûcherons victimes d\u2019une odieuse exploitation, perdant plus de 12 millions, etc., toutes ces fortunes qui tom- 270 l\u2019action nationale bèrent dans les mêmes mains, contribuèrent à l\u2019établissement de cette dictature économique.Le leitmotiv du trust: Subissons toutes les injures, mais de grâce, pas celle de la municipalisation! Si vous ruinez les compagnies privées par la concurrence, nous apprend le monopole, vous ruinez ceux qui y ont investi des capitaux.Ces dictateurs veulent se faire un rempart de leurs détenteurs d\u2019actions et brandissent les épargnes populaires, celles des veuves et des orphelins souscrites à leurs entreprises: argument de pitié évoquant le triste souvenir de ces barbares qui mobilisaient lâchement , à l\u2019arrière de la troupe en marche, des femmes et des enfants ennemis, faits prisonniers.Malgré tous les éteignoirs et les abat-jour, la vérité sur la question de l\u2019électricité commence à se faire jour et elle gagne les oreilles du peuple.On connaît en maints milieux le laborieux travail d\u2019enfantement des capitaux du trust, où l\u2019eau suinte par toutes les parts: au lieu de mettre de l\u2019eau dans son vin, il n\u2019en a mis que dans ses stocks.Insull, questionné sur son fabuleux salaire annuel d\u2019un demi-million, répondit: L\u2019ouvrier n\u2019a-t-il pas droit à son salaire?.Quel cynisme révoltant! Comment sortir de ce labyrinthe où le peuple se voit détroussé par la souscription à des actions sans valeur, et pressuré par des taux abusifs ?Rien de plus facile.Un referendum sur la question d\u2019étatisation et de municipalisation, selon le cas, prou- A PROPOS D\u2019UNE ENQUETE 271 vera que le peuple en a assez du monopole.Sous un régime électif, la voix du peuple est toujours le critère de la sagesse des gouvernants.Le droit exclusif concédé au monopole d\u2019éclairer Montréal ne l\u2019autorisait pas à asservir toute une population pour 1 avantage de quelques magnats de la finance.Une loi qui prête flanc à l\u2019iniquité n\u2019est pas une loi.Le législateur, sous la poussée de l\u2019opinion publique, accordera cette étatisation et cette municipalisation et forcera la Beauharnois à vendre à la Commission Hydro-Electrique de Montréal les chevaux vapeur requis pour les besoins de ses abonnés municipaux, au coût de dix dollars chacun, laissant ainsi une marge raisonnable de bénéfices aux exploitants.A ce prix, pour la première fois à Montréal, nous connaîtrions l\u2019électricité à bon marché.Montréal reconquis deviendra la terre promise de 1 industrie; tout le monde se chauffant à l\u2019électricité, le dictateur du charbon s\u2019enlisera dans ses produits gallois, n\u2019emportant que le mépris de notre population.Et nous laisserons en plus nos chers trustards à la rude et peu savoureuse besogne de sortir l\u2019eau de leurs capitaux et aussi à une salutaire méditation sur les dangers d\u2019un trop long abus où le peuple exploité finit toujours par relever la tête, et sur leurs tristes lendemains.Et nos parlements, amendant dans le sens de la 272 l\u2019action nationale justice sociale la loi des Compagnies, assainiront leurs méthodes financières et donneront le coup de grâce à ces chevaliers d\u2019industrie qui, protégés par l\u2019anonymat et l\u2019irresponsabilité, conspirent dans l\u2019ombre contre l\u2019épargne populaire.La crainte, qui est le commencement de la sagesse chez le menu peuple, produirait aussi d\u2019heureux effets sur les hauts paliers où logent nos écumeurs internationaux.Paul GUILLET SERAIT-CE UN GLAS?Les échos de deux événements russes, qui se sont produits en moins d\u2019un mois, pourraient bien prendre figure d\u2019un glas avec le recul du temps.Le 8 novembre dernier! le Kremlin était témoin d\u2019une réception fastueuse, qui contrastait étrangement avec le régime de la conscription du travail.Staline recevait.La musique était gaie, paraît-il, et le champagne coulait à flots dans les coupes d\u2019or que la revolution a enlevées à l\u2019ancienne Cour impériale.Les tables étaient chargées du meilleur caviar, de foie gras et de délicieux poissons frits.Le 1er décembre Kiroff tombait sous les balles d un assassin.La réception du président, comme la mort du secrétaire du parti communiste, pourrait bien provoquer de profondes réactions en Russie.Des événements, petits en soi, ont quelquefois encouragé ou mis en mouvement de formidables courants contraires.Une indisposition a empêché M.Lavergne de nous donner son article.Nous comptons 1 avoir pour janvier. A travers l\u2019actualité Dans le centre de la ville, chez l\u2019épicier du coin.Canadien-français.Cependant, affiches presque exclusivement anglaises.Une cliente proteste.Surprise du propriétaire.\u201cComment avec une clientèle en partie anglaise, puis-je faire autrement?\u201d Pour satisfaire à ce préjugé, il est prêt à faire pour le client anglophone des sacrifices que personne ne demande.La cliente n\u2019a pas froid aux yeux: elle lui dit vertement son fait.\u2014 \u201cMadame, je n\u2019ai pas besoin de client fanatique.A la porte!\u201d Mais lui n\u2019est fanatique que de l\u2019anglais.Voilà l\u2019homme.Voilà la réussite.Et c\u2019est un épicier, victime expiatoire de notre neutralité patriotique, qui tient ce langage d\u2019émasculé.Pas même l\u2019instinct de la conservation.Cet être hybride pullule.Il est à l\u2019affût de toutes les abdications.Il court au-devant de la servitude.Il plie les genoux au moindre signe.Il s\u2019efface, arrondit son épine dorsale.C\u2019est un esclave: il en a pris même le masque.Il finira ses jours à l\u2019abattoir.A moins qu\u2019un traitement, à doses massives, d\u2019éducation nationale, ne lui redresse l\u2019échine.d\u2019ici quelques années.Cela pourrait bien arriver ailleurs que sur la planète Mars. 274 l\u2019action nationale *\t* H« Le Travailleur, journal franco-américain de Worcester, doit être signalé à l\u2019attention des patriotes.Son directeur, M.Wilfrid Beaulieu, mène en faveur du français une bataille à laquelle nous voulons applaudir.Nous savons les sacrifices énormes consentis à la cause par Le Travailleur.Nous savons dans quelles difficultés il se débat.Nous n\u2019ignorons pas les conditions pénibles qui lui ont été faites^par l\u2019inertie propre à cette époque de dépression et l\u2019insouciance des nôtres.Nous ne pouvons pas intervenir dans certaines disputes qui divisent nos compatriotes des États-Unis.Mais nous sommes libres quant au reste de dire que Le Travailleur, par sa combativité, par la vigueur de ses plaidoyers en faveur de nos traditions, par son culte de la langue française, mérite l\u2019audience de tous les Canadiens français, ceux du moins qui se soucient de notre survivance.Arthur LAURENDEAU VIENT DE PARAITRE Les Jeune-Canada viennent de publier, sous la signature de Paul Dumas, une fort jolie brochure: Nos raisons d\u2019être fiers.C\u2019est jeune, c\u2019est net et c\u2019est vivant.Nous aurons sans doute l\u2019occasion d\u2019en reparler.Ce tract se vend cinq sous l\u2019exemplaire, cinquante sous la douzaine et quatre dollars le cent.On peut se le procurer en écrivant à Paul Simard, 323 carré Saint-Louis, Montréal. Vie de l\u2019Action nationale Réunion des directeurs Le 11 novembre, au Cercle Universitaire de Montréal.La plupart des directeurs de la Ligue d\u2019Action nationale sont là: M.Esdras Minville, président, M.l\u2019abbé Lionel Groulx, M.Olivier Maurault, PÆÊS., recteur de l\u2019Université.MM.Anatole Vanier, Pierre Homier, Arthur Laurendeau, Albert Rioux et Wilfrid Guérin.Des Trois-Rivières est venu M.l\u2019abbé Albert Tessier; d\u2019Ottawa, M.Léopold Richer.Retenus à des tâches urgentes, les autres directeurs sont absents bien contre leur gré ,et expriment des regrets.En dix lignes, il faut résumer ce qui s\u2019est fait et dit dans une journée entière.Le lecteur s\u2019y attend: l\u2019éducation nationale tint la première place.Des mesures ont été prises pour donner suite à l\u2019enquête.Diverses questions, dont l\u2019éducation religieuse, ont permis de profitables échanges de vue.Suivit un exposé sur la rédaction et l\u2019administration de la revue, sur les moyens de la propager, etc.Enfin, longue discussion sur l\u2019enquête de 1935.Il est presque entendu qu\u2019on s\u2019en tiendra à l\u2019éducation nationale.Tant de choses restent à dire ou à répéter?Même filon Oui, tant de choses restent à dire, même pour le chroniqueur.Nous suivons le filon.A souligner, tout d\u2019abord, que l\u2019éducation nationale jouit d\u2019une vogue croissante.Beaucoup en parlent, qui dans un discours, qui dans un article, qui à la radio, etc.N\u2019a-t-elle pas été l\u2019un des thèmes principaux lors de la récente assemblée des Jeune-Canada ? 276 l\u2019action nationale Sur ce sujet, les conférences se multiplient.M.l\u2019abbé Groulx y attache une importance telle, qu\u2019en dépit de tâches écrasantes, i! se refuse rarement à prêcher les doctrines de la revue.Aux Trois-Rivières, M.l\u2019abbé Albert Tessier n agit pas autrement.Et à Joliette Gomme autrefois Bethléem en Juda, Joliette n est sûrement pas la moindre des petites villes laurentiennes.L\u2019éducation nationale ne la laisse pas indifférente et elle a voulu savoir ce qu\u2019en pensait un conférencier connu, M.l\u2019abbé Philippe Perrier.Ce dernier a traité la question devant la Société des Conférences.Nous espérons publier un texte qui saura, bien mieux que cette atone mention, lui rendre justice.Mais nous voulons sans tarder recueillir l\u2019un de ses mots d\u2019ordre: \u201cMoins chez nous qu\u2019ailleurs, on ne peut séparer la culture du sens national, de la culture religieuse.Notre nation est née d\u2019un acte de foi, notre nation mourrait d\u2019un acte d\u2019apostasie.Dans le pays flamand, le civisme a dit cette parole sublime qui résume tout son génie: \u201cCe qui est juste, nous le voulons, et ce que nous voulons, nous l\u2019obtenons\u2019\u2019.Compatriotes, remplissez votre conscience de justice, pénetrez-vous de ce que la justice vous impose de vouloir pour votre patrie, et armés de la volonté et de la justice, dites avec un accent de conviction absolue, appuyés sur l\u2019étemelle foi en Dieu, le patron du droit, et en Jésus-Christ, la justice incarnée, dites: Ce qui est juste, nous le voulons, et ce que nous voulons, nous l\u2019obtiendrons\u201d.line lettre et un article Dans un article que publie le Devoir, le R.P.Ernest Caston-guay, O.M.I., aumônier général des Chevaliers de Carillon, VIE DE L\u2019ACTION NATIONALE 277 insiste à son tour sur l\u2019éducation nationale.Il signale l\u2019apathie de notre peuple, son manque de fierté, ses reculs en divers domaines, le défaitisme de plusieurs.Faisant appel aux forces de réaction, il préconise en terminant un \u201cpuissant congrès d\u2019éducation nationale\u201d.Une lettre d\u2019un prêtre à un directeur de la Ligue développe des idées analogues.L\u2019auteur, qu\u2019il faudrait citer longuement, écrit donc: \u201c.Si Ton sait faire désormais de nos maisons d\u2019éducation primaire ou secondaire jde vrais foyers de patriotisme ou de culture nationale bien comprise, la situation sera bientôt sauvée.Le bon sens le plus élémentaire le dit.Mais pourquoi nombre de curés ne donneraient pas, eux aussi, au bénéfice de leurs paroissiens, plus large place, dans leurs prônes, à la vertu de patriotisme ?Si je ne me trompe, il est juste qu\u2019elle soit à l\u2019honneur comme toute autre à l\u2019occasion.\u201d Témoignages Puis, parlant de la revue, le même correspondant poursuit: \u201c.Au moment peut-être le plus critique de notre histoire, après l\u2019initiative déjà si méritoir: de l\u2019\u201cAction canadienne-française, \u201cL\u2019Action Nationale\u201d est venue sonner tout de bon le réveil sauveur et donner le mot d\u2019ordre approprié.En faisant la pleine lumière sur les réalités de notre situation, elle ne peut que nous forcer à ouvrir les yeux à l\u2019évidence et à secouer une torpeur qui aurait pu nous être fatale.\u201d De Campbellton, N.-B., M.le docteur Théo.Godin adresse également au directeur de la revue une lettre élogieuse.Je tiens, dit-il, à vous assurer \u201cque les Acadiens et surtout ceux qui lisent votre revue, vous approuvent largement et ne se scandalisent pas de son ton; au contraire, nous estimons que votre revue nous ferait un grand bien si elle parvenait à secouer notre torpeur.\u201d Il faut aussi noter que plusieurs journaux se plaisent à 278 l\u2019action nationale reconnaître la valeur de \u2018TAction Nationale\u201d et la recommandent hautement.Citons simplement le Devoir, le Droit et l\u2019Action cetholicjue.De son cote, M.Olivar Asselin veut bien affirmer de notre revue qu\u2019on est \u201cen voie de l\u2019élever à un degré d\u2019excellence que certaines revues d\u2019Europe lui envieraient\u201d.En un mot, les bons témoignages sont assez nombreux pour que le chroniqueur ne sache plus renouveler ses formules de remerciements.Alors.merci à tous.Pour votre bibliothèque Voilà une conclusion inattendue.Un volume est en vente, un autre ne tardera pas à l\u2019être, et l\u2019on vous invite à vous procurer les deux.\u201cL\u2019établissement des jeunes au Canada français 1 vient de paraître.Tout en contenant bien d\u2019autres études de valeur, ce volume nous intéresse ici parce qu\u2019il renferme une causerie de M.André Laurendeau sur l\u2019éducation nationale dans ses relations avec l\u2019avenir de la jeunesse.En 1935, les articles publiés par la revue sur l\u2019éducation nationale seront réunis et mis en volume.En ce faisant, les directeurs répondent au désir exprimé par de nombreux lecteurs.Pour cette publication prochaine, gardez une place en votre bibliothèque et quelques sous en porte-monnaie.Dominique BEAUDIN 1 L\u2019établissement des jeunes au Canada français\u201d, volume de 200 pages, en vente au Secrétariat de l\u2019A.C.J.C., (840, rue Cherner, Montréal) au prix de $0.60 sous l\u2019exemplaire. 2ème année Tome IIII ( 2 semestre) Table des Matières SEPTEMBRE Un nouveau directeur \u2014 L\u2019Action nationale.3 L\u2019éducation nationale \u2014 Abbé Lionel Groulx.5 S.E.Mgr Forget \u2014 Paul Anger.26 Le leçon de nos centenaires \u2014 Alexandre Dugré, s.».32 Langue et survivance \u2014 Abbé Lionel Groulx.46 Le triomphe de l\u2019érable \u2014 Marcelle Gauvreau.63 De quelques devoirs de la critique chez nous \u2014 P.-G.Poulin.69 Pierre Radisson \u2014 René Laurence.73 Poignée de grains.ou de paille \u2014 Les Faucilleurs.78 A travers l\u2019actualité \u2014 Arthur Laurendeau.81 La vie courante \u2014 Le Guet.82 Pages documentaires.87 OCTOBRE Le péril communiste \u2014 L\u2019Action nationale.89 L éducation nationale et le couvent \u2014 Marie-Claire Daveluy 91 La protection de l\u2019épargne \u2014 Alban Poirier.105 La radio \u2014 Arthur Laurendeau.117 Pour qu\u2019on vive \u2014 Jacques Brassier.135 A propos d'immigration \u2014 Dominique Beaudin.143 NOVEMBRE Un devoir patriotique \u2014 L\u2019Action nationale.153 L\u2019éducation nationale dans la famille \u2014 Fadette.155 \u201cVivre\u201d \u2014 Lionel Groulx, ptre.171 280 L ACTION NATIONALE La Constitution canadienne est-elle illogique ?\u2014 Dollard Dansereau.177 La criée pour les âmes \u2014 Dominique Beaudin.185 A propos d'un livre \u2014 Jean Dombre val.189 Maritain à Montréal \u2014 Raymond-M.Voyer, o.p.\t193 Pour qu'on vive \u2014 Jacques Brassier.201 Prose pour les morts \u2014 L.Déguisé.206 Explications amicales \u2014 Arthur Laurendeau.210 La radio (suite et fin) \u2014 Arthur Laurendeau.211 Vie de l\u2019Action nationale \u2014 Dominique Beaudin.213 DÉCEMBRE A nos abonnés \u2014 L\u2019Action\tnationale.217 L\u2019éducation nationale populaire \u2014 Léopold Richer.219 Une Nouvelle-France en Nouvelle-Angleterre \u2014 Thuribe Belzile.237 Pour qu\u2019on vive \u2014 Jacques Brassier.241 La vie de Jeanne Mance \u2014 Jean Dombre val.248 Poignée de grain.ou de paille \u2014 Les Faucilleurs.254 Alfred de She \u2014 Arthur Laurendeau.256 A propos d\u2019une enquête \u2014 Paul Guillet.265 A travers l\u2019actualité \u2014 Arthur Laurendeau.273 Vie de l\u2019Action nationale \u2014\tDominique Beaudin.275 Table des matières.279 "]
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