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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 1945-09, Collections de BAnQ.

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[" L'ACTION NATIONALE L\u2019ACTION NATIONALE Un grand patriote: de Valera 3 Gérard FILION\tRéflexions sur la Législation sociale.6 Marcel RIOUX\tQu\u2019est-ce qu\u2019une Nation T.\t25 R.D.\tTristesse de la France.38 CHRONIQUES Jean NICOLET\tLes Élections du 11 juin 1945.41 Dominique BEAUDIN Des juges à Berlin.47 Roger DUHAMEL\tCourrier des lettres.57 XXX\tEn deux mots.80 VOL.XXVI - No 1 SEPTEMBRE 1945 Arborons fièrement le drapeau \u201cCarillon fleurdelysé, drapeau national des Canadiens français.Pour tous genres de drapeaux canadiens-françois, décalqueurs, insignes, grands et petits buvards, banderoles, papier à lettre avec drapeau, photographie du chanoine Lionel Groulx avec notre drapeau, coussins, plaques pour automobiles, enveloppes, timbres-drapeau, etc., adressez-vous au Comité de Propagande du Drapeau Case postale 174, Succursale postale \"C\" Montréal Téléphone: CHeacent 9089 et TAlon 1237 Demandez notre liste de prix. ~1 37 ANS de service consciencieux René DUPONT \u2014 président J.-H.DESCHENES \u2014 vice-président Jacques DUPONT \u2014 secrétaire-trésorier OUI/ MEUBLEZ VOTRE MAISON CHEZ *» \u2022»- 4020 EST.STE-CATHERINE \u2022 AM 2 COIN JIANNI D'ARC - PRIS BIVD PII IX Téléphone: AMhetst 2111 I .LANGAGE DE CHIFFRES .Réserve 1939 $ 14,663 1940 S 53,974 1941 $ 114,891 1942 $ 228,505 1943 $ 392,827 1944 $ 617,855 Véritable Réveil National LA LAUHENTIENNE Compagnie d'Assuranco sur la Vie Siège social : LEVIS.Que. mm r .'fÿtrQ Assurer l\u2019avenir de votre famille/ c\u2019est bien.Penser aussi au vôtre, c\u2019est mieux.D\u2019où la nécessité de notre police à double protection.Elle vous fait rentier à vie.Si vous mourez, nous payons une annuité aux survivants.Quel est votre âge?Nos renseignements sont gratuits.# CAISSE * NATIONALE D\u2019ÉCONOMIE 41 ou»*».S.- Jocque* Montréal - HArbow 3291 La Sauvegarde de la Famille L\u2019économie est l\u2019art d\u2019ordonner ses dépenses.Sans la pratique de cette vertu sociale, la famille ne connaît aucune sécurité, elle est vouée, tôt ou tard, à la ruine.Protégez votre foyer, préparez l\u2019avenir des vôtres, assurez-vous une vieillesse heureuse et digne en vous constituant petit à petit les réserves nécessaires.Prenez dès aujourd\u2019hui l\u2019habitude de l\u2019épargne.Banque Canadienne Nationale Actif, plus de $250,000,000 514 bureaux au Canada * 60 succursales à Montréal n.-e VIAU Marchand de meubles Confection pour hommes et femmes 4741, ave Verdun ®\t4270, St-Jacques O.Vï,'Wrïy-\u2018 IV Pour votre santé *- Mangez tous les jours 2 ou 3 carrés LEVURE LALLEMAND Les médecins recommandent la levure fraîche.La levure fraîche Lallemand est très riche en vitamines B, G et D.Sa haute qualité et sa pureté sont assurées par les années d\u2019expérience de la maison Lallemand.En vente chez les épiciers et les pharmaciens.Fraîche Vous trouverez chez nous, et à bon compte, tout ce qu\u2019il faut pour meubler votre résidence.Maison établie depuis 40 ans.\u2022 \u2022 Fltzroy 4681\t\u2022 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indépendance irlandaise, a déclaré, au scandale de tous les Britishers irréductibles, que son pays formait une république depuis le 29 décembre 1937.Une discussion acrimonieuse a suivi, au cours de laquelle les ralliés et les démissionnaires de là-bas ont vainement essayé de déplacer la question en jeu et de mettre le premier ministre en fausse posture.La situation est pourtant bien nette.L'Irlande du Sud, grâce à de Valera et à ses collaborateurs dans l'œuvre d\u2019émancipation nationale, est le seul membre du Commonwealth des nations britanniques qui ait bénéficié des clauses libératrices du statut de Westminster, promulgué le 11 décembre 1931.Malgré ce document officiel, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Union sud-africaine ont préféré conserver une politique servile à l'endroit de la Grande-Bretagne.En temps de paix, ils se permettaient bien, à l'occasion, pour satisfaire une opinion soucieuse d'affranchissement, de donner certains gages verbaux à la thèse autonomiste.Mais dès 1939, dès que l Angleterre eût décidé une fois de plus de participer à une guerre européenne contre une Allemagne qui menaçait ses intérêts commerciaux et la sécurité de son peuple, les Dominions se sont empressés de lui emboîter le pas, dans la plus pure tradition coloniale.Seule l'Irlande de de Valera a pensé à l'Irlande.Ce petit pays pauvre, qui a tant souffert au cours des 4 l'action nationale siècles de la politique d'écrasement systématique pratiquée par Londres, a cru sage d'éviter les horreurs du carnage.Il n'a vu pour lui aucun avantage à faire tuer ses fils et à faire dévaster ses villes.Des pessimistes lui prédisaient bien qu'il ne sortirait pas indemne du conflit qui ensanglantait l'Europe entière.Les pessimistes avaient tort: la guerre terminée, aucune bombe n'est tombée sur i Irlande, le pays est prêt à reprendre ses échanges commerciaux et sa vie internationale comme par le passé, à moins que d'amers ressentiments de la part de l Angleterre ne l'empêchent de prendre sa place légitime au soleil.La propagande veut faire croire que de Valera est un anglophobe farouche.C'est un mensonge.Il se reconnaît des obligations envers sa patrie, mais il ne se croit pas tenu pour autant de détester les autres pays.Au Parlement, il s'est prononcé énergiquement en faveur de relations cordiales avec la Grande-Bretagne et les autres nations du Commonwealth.Ce ne sera pas sa faute s'il n'en est pas ainsi.Il est d'avis, comme le soutiennent régulièrement les juristes britanniques, que le Commonwealth est une forme d\u2019association extrêmement souple et qu elle peut embrasser plusieurs pays indépendants qui conservent, selon leur gré, des liens différents avec l'Angleterre.Si d'aventure cette interprétation ne convenait pas à Londres, le gouvernement britannique n'aurait qu'à en aviser Dublin, et sans doute n'y aura-t-il pas de pleurs versés dans la verte Erin.Le premier ministre irlandais a souligné qu'il n'avait pas été invité aux dernières conférences des membres du Commonwealth, mais il ne veut pas encore passer jugement, puisqu'il y était surtout question de UN GRAND PATRIOTE : DE VALERA 5 problèmes de guerre et que son pays a conservé sa neutralité.Il en a toutefois profilé pour faire une déclaration qui témoigne d'une belle fierté: « Aussi longtemps que je dirigerai les affaires extérieures, je ne suis pas pour humilier mon pays en me rendant auprès de quiconque, le chapeau à la main.» Le sentiment de l'honneur n'est pas le privilège exclusif des grandes puissances.Dans la politique contemporaine, de Valera demeure un exemple de ténacité intelligente et de dignité jamais en défaut.Avec les moyens dont il disposait, sans recourir aux méthodes révolutionnaires, il a fait franchir à sa patrie des étapes importantes dans la voie de la liberté et de l'indépendance.Formons des vœux pour que cet exemple ne demeure pas indéfiniment perdu.L\u2019Action nationale.Le pauvre homme ! \u201cJe me suis laissé posséder par la nature qui m\u2019étreint sans repos.\u201d Jean-Charles Harvey Le JOUR, 21 juillet 1945. Réflexions sur la législation sociale Depuis quelques années, les Canadiens sont bénéficiaires ou victimes \u2014 tout dépend des sentiments d\u2019un chacun \u2014 de mesures et de promesses sociales comme ils n\u2019en ont jamais connu dans leur histoire.A Ottawa comme à Québec, mais principalement à Ottawa, on multiplie les lois d'assurance, de prévoyance et d\u2019assistance sociales.L'avant-guerre nous avait dotés d\u2019allocations aux vieillards, aux mères nécessiteuses, aux aveugles, d\u2019une assurance contre les accidents du travail.La guerre nous a valu l\u2019assu-rance-chômage et les allocations familiales.L\u2019après-guerre nous amènera probablement l\u2019assurance-santé, la fixation de salaires et de prix minima, la démolition des taudis et la construction de logements ouvriers, etc.Toutes ces mesures ont pour fins d\u2019assurer aux classes laborieuses une plus grande mesure de bien-être et de sécurité, de répartir plus équitablement la richesse nationale entre les divers groupes sociaux.L\u2019effort de guerre total, humain et financier, que le gouvernement exige de la population canadienne depuis six ans bientôt a fait naître dans le peuple des exigences nouvelles vis-à-vis l\u2019État.On répète couramment dans les milieux ouvriers: s\u2019il y a tant d\u2019argent pour faire la guerre, il doit y en avoir aussi pour organiser la paix.Le peuple sera, durant les années de reconstruction qui suivront la guerre, particulièrement exigeant à l\u2019endroit des gouvernements.Les partis de gauche qui mènent une propagande active dans les milieux ouvriers depuis quelques années ne manquent pas d\u2019attiser les reven- RÉFLEXIONS SUR LA LÉGISLATION SOCIALE 7 dications populaires et de promettre au peuple, s'ils prennent le pouvoir, une ère de prospérité dans laquelle les misères et les souffrances auront disparu.Les partis traditionnels, liés au monde des affaires par intérêt et par communauté d'idées, sont bien forces de reviser leur programme et même de pratiquer la surenchère démagogique; eux aussi promettent un apres-guerre dans lequel chacun donnera peu et recevra beaucoup.Cette vogue pour la législation sociale pour et par la politique pose tout de même un problème.Il s\u2019agit de savoir si les lois déjà en vigueur et celles qu\u2019on nous propose sont conformes aux principes de base sur lesquels doit reposer une saine politique sociale.La question est d importance puisqu'en matière sociale plus qu en aucune autre, il faut éviter de légiférer au hasard, au gré des revendications populaires.Les lois sociales ne sont pas rigides comme les lois qui régissent le monde physique.Les réactions humaines s'expriment difficilement par des théorèmes mathématiques.C est pourquoi il est dangereux dans ce domaine de procéder à priori, par simple déduction logique.C\u2019est une vérité banale que d\u2019affirmer que la législation sociale doit être conçue et appliquée en fonction de certaines valeurs humaines.Chez nous, il existe deux valeurs fondamentales sur lesquelles repose, depuis des generations, toute la vie de notre peuple; ce sont les traditions nationales et l'humanisme chrétien.Par traditions nationales, il faut entendre certaines habitudes collectives de penser et d\u2019agir qui différencient nettement le Canadien français de tout autre individu de race et de langue différentes.C\u2019est ainsi, par exemple, que la famille prend chez nous un sens 8 l\u2019action nationale nettement différent de celui qu\u2019elle peut avoir ailleurs, disons, pour choisir un point de comparaison extrême, chez les Musulmans.Il y a là toute la différence qui peut exister entre la famille normale, c\u2019est-à-dire constituée d'un père, d'une mère et d'un ou de plusieurs enfants et le harem tel qu il existe encore dans certaines parties de l'Islam.Il saute aux yeux que les lois affectant les familles ne peuvent être conçues et appliquées de la même façon dans le Québec qu'en pays musulman.L\u2019humanisme chrétien contient d autre part un certain nombre de notions fondamentales que ne possèdent pas les peuples dont l'esprit et les habitudes n'ont pas été informés par le christianisme.Par exemple, la notion de liberté et de dignité de la personne humaine en est une que le monde doit au christianisme et qu\u2019on ne retrouve nulle part dans les sociétés païennes où l'esclavage, sous une forme ou sous une autre, a toujours été en honneur.La politique sociale devant tenir compte des lignes de force de la population à laquelle elle s applique, il va de soi que toute importation en cette matière est excessivement dangereuse et conduit nécessairement à des résultats décevants.Ce qui peut convenir à la Grande-Bretagne, a la France, aux États-Unis, ne fera pas nécessairement l'affaire du Canada.Bien plus, ce qui peut être adapté aux provinces de langue anglaise, ne va pas nécessairement à la province de Québec.Nous avons en présence deux mentalités, des traditions différentes, une conception parfois contraire du sens de la vie.Pour être à la fois logique et pratique \u2014 ce qui est loin de s'exclure \u2014il faut rechercher des formules RÉFLEXIONS SUR LA LÉGISLATION SOCIALE 9 assez souples et assez compréhensives pour que la législation sociale s\u2019adapte aux besoins et aux habitudes de chaque groupe sans briser les traditions, sans introduire dans la vie sociale de chaque peuple des éléments étrangers qui constituent un désordre social.Nous avons déjà indiqué ailleurs(l) les éléments de base d'une saine économie.En premier lieu, vient le principe de la liberté.C\u2019est en effet par la liberté que l\u2019homme est humain, qu\u2019il se sépare de la bête.L\u2019homme est libre parce qu'il est doué d\u2019intelligence et de volonté.Parce que J\u2019homme est doué d'intelligence et de volonté, il a la faculté de choisir ce qui lui convient, il a la volonté de rechercher ce qui lui paraît profitable.Il ne faut pas confondre ici cette liberté humaine avec celle que préconise le libéralisme économique.La première comporte des droits et des devoirs, elle est morale; la deuxième fait appel uniquement à la lutte, à la violence, elle n\u2019accepte pas la contrainte morale.Or la liberté humaine, définie par la philosophie chrétienne, ne doit pas être ligotée par des lois qui rabaissent l\u2019homme au niveau d'une bête de somme .Un régime social qui enlèverait à chacun tout souci, toute initiative et toute liberté, qui remettrait entre les mains d\u2019un Etat-providence le soin de satisfaire les besoins et les désirs de chacun, serait inhumain et condamnable, même s\u2019il atteignait à un certain degré de prospérité matérielle.C'est là une des raisons pour lesquelles le communisme est condamnable, qu\u2019il ne peut et ne sera jamais accepté 1.« La Restauration sociale » Semaine Sociale d\u2019Ottawa, page 99. 10 l'action nationale par un catholique ni même par toute personne qui a le sens de la dignité humaine.Le corollaire naturel de la liberté, c'est l\u2019initiative.Rien ne pourra jamais remplacer l'esprit d'initiative individuel.C\u2019est par lui que la société humaine a progressé dans tous les domaines; autant dans celui des sciences morales et politiques que dans celui des sciences physiques.C'est par sa propre industrie que chaque homme doit travailler d\u2019abord à la satisfaction de ses besoins.Léon XIII est très explicite sur ce point dans l\u2019encyclique Rerum Novarum: « et qu\u2019on n\u2019en appelle pas à la providence de l\u2019État, car l\u2019État est postérieur à l'homme, et avant qu'il put se former, l'homme avait déjà reçu de la nature le droit de vivre et de protéger son existence ».La liberté individuelle est cependant tenue de se soumettre aux exigences du bien commun.La doctrine de l'Église enseigne, en effet, que le bien commun est supérieur au bien particulier et que chacun doit se soumettre à ses exigences.C\u2019est en vertu de ce principe que l\u2019État a le droit, pour des raisons graves, de discipliner et même de suspendre temporairement l\u2019exercice des droits individuels, au bénéfice du bien général de la nation.Il exigera en temps de guerre que les citoyens donnent leur vie, s\u2019il le faut, pour la défense de la patrie.D'aucuns se prévalent de ce principe pour prétendre que l'État a le droit de disposer de la liberté et du bien de tous les citoyens en n\u2019importe quelle circonstance.C'est la doctrine des nazis et des communistes.Cette erreur totalitaire, le Saint-Siège l\u2019a condamnée à plusieurs reprises depuis une vingtaine d\u2019années.Ceux qui, chez nous, s'en Drévalent oour préconiser des lois sociales qui viennent RÉFLEXIONS SUR LA LÉGISLATION SOCIALE 11 en contravention avec la liberté des individus, tombent dans la même erreur et sont également condamnables.La tradition chrétienne a consacré les droits inaliénables de la famille Elle la propose comme la première cellule sociale, celle qui existe avant la société civile.La famille est une société complète par elle-même avec ses lois, son économie, sa fin propre La famille peut exister sans l\u2019État, mais l'État ne peut subsister sans la famille.La famille a donc sur la société civile une priorité dans l\u2019ordre du temps et de la logique.Elle a des droits qui sont antérieurs a ceux de 1 État et que celui-ci n\u2019a pas le droit de violer.La législation sociale est donc tenue de respecter la société familiale et ce n'est que pour des raisons graves qu\u2019elle doit s'introduire dans le foyer.C\u2019est encore Léon XIII qui déclare: (( Vouloir donc que le pouvoir civil envahisse arbitrairement jusqu\u2019au sanctuaire de la famille, c\u2019est une erreur grave et funeste.Assurément, s\u2019il existe quelque part une famille qui se trouve dans une situation désespérée et qui fasse de vains efforts pour en sortir, il est juste que dans de telles extrémités le pouvoir public vienne à son secours, car chaque famille est un membre de la société ».Ces deux phrases contiennent toute l\u2019essence de la doctrine chrétienne en matière de législation affectant la famille.L\u2019État n\u2019a pas le droit de s'ingérer dans la société familiale sans de graves raisons et, s il lui arrive de le faire, ce doit être non pas en vertu d un droit qui lui est acquis, mais pour accomplir un devoir qui lui incombe. 12 l'action nationale Le troisième principe qui doit être à la base d'une saine économie, c'est l\u2019organisation professionnelle.La profession n'est pas une société essentielle comme la famille, mais elle prend de nos jours, à cause de la complexité de l'économie, une importance de plus en plus grande.A l'époque où la société vivait dans une large mesure sous un régime d'économie fermée, la famille et la profession se confondaient presque.La maison était à la fois foyer et atelier de travail.Tous les facteurs de la production: nature, capital et travail, étaient entre les mains du chef de famille.Néanmoins les hommes exerçant le même métier trouvaient profitable de s\u2019associer en corporations.Dans l'économie moderne, caractérisée principalement par la division du travail et par la séparation des facteurs de la production, capital d'un côté, travail de l'autre, la profession représente une réalité plus évidente qu'autrefois.Une saine économie doit donc tendre à deux choses: 1.faire collaborer ensemble le capital et le travail qui, par la faute du libéralisme économique, se livrent une guerre incessante; 2.forcer l'industrie à supporter elle-même les frais sociaux qu'elle crée.Si par exemple, telle industrie ou tel groupe d\u2019industries cause un problème social par suite de son caractère technique, des exigences du marché ou de la variabilité dans l'approvisionnement des matières premières, que cette industrie ou ce groupe d'industries en supporte les frais; car il nous paraît injuste de faire porter par la société en général le fardeau d'un problème particulier, tout comme il ne serait pas équitable de mettre à la charge d un conseil municipal le coût de l'épierrement d une ou de quelques terres d'une municipalité. RÉFLEXIONS SUR LA LÉGISLATION SOCIALE 13 Ces principes nous paraissent conformes à l'enseignement de Pie XI qui conseille de laisser « aux groupements d'ordre inférieur les fonctions qu\u2019ils sont en mesure de remplir eux-mêmes.)) Par groupements d\u2019ordre inférieur, il faut entendre les organisations professionnelles, patronales ou ouvrières, avec les services économiques et sociaux qui s\u2019y rattachent ou devraient s'y rattacher.L\u2019activité de l'individu, de la famille et de la profession, s\u2019exerce sur des biens actuels et futurs.Pour que cette activité soit efficace et qu\u2019elle mette en jeu les facultés supérieures de l\u2019homme, il faut que celui-ci puisse s\u2019approprier un certain nombre de biens.La propriété privée est en effet essentielle à l\u2019activité strictement humaine.Ce n\u2019est pas pour rien que la Providence a doté l\u2019homme d\u2019intelligence et de volonté; c\u2019est pour qu\u2019il soit à lui-même sa propre providence, qu\u2019il voie à la satisfaction de ses besoins présents et futurs.Or pour satisfaire ses besoins, l'homme doit posséder en propre un certain nombre de biens dont il dispose à sa guise, dont il pourra mettre une certaine quantité de côté pour pourvoir à ses besoins à venir.Transportons ce principe dans le domaine de la politique sociale et nous trouverons que, pour être efficace, toute législation sociale doit favoriser l\u2019esprit de prévoyance et de sagesse des individus et des familles.Au contraire, toute mesure qui tend à faire perdre le sens de la propriété, à émousser tout ce qui peut aiguiser le sentiment de sécurité personnelle, à décourager l\u2019esprit d\u2019épargne et de prévoyance, est intrinsèquement mauvaise; car elle vient à l'encontre 14 l\u2019action nationale de cet élément de base qui s\u2019appelle la propriété privée.Pour résumer en une formule à la fois simple et concrète les principes fondamentaux d\u2019une saine économie, disons qu\u2019à l\u2019individu appartient la liberté avec ses droits et ses devoirs; à la famille, la vie privée; à la profession la vie sociale et économique; à l\u2019État, la gérance du bien commun national, le tout centré sur la propriété privée, enrichie par l\u2019esprit d'initiative et de prévoyance des citoyens.Dans une économie qui respecterait les principes ci-dessus exposés et dans laquelle l\u2019autorité publique verrait à ce que les droits de chacun soient respectés et que les devoirs soient acquittés, le problème social ne se poserait pas avec l\u2019acuité que nous lui connaissons.Ce qui fait que la question sociale soit si difficile dans nos villes, c'est précisément que la classe la plus nombreuse, la classe ouvrière, a perdu la liberté avec son corollaire naturel, l\u2019esprit d'initiative.Dans l\u2019industrie moderne, l\u2019ouvrier n\u2019a plus à penser ni à vouloir; il a peu d\u2019initiative à exercer; il ne conduit pas la machine, c'est la machine qui le conduit; il ne décide pas de son travail, c'est le patron qui décide pour lui ; il n\u2019a presque rien à voir à la fixation de son revenu, cela se fait en dehors de sa connaissance.Même sa vie familiale et sociale lui échappe.Ce n\u2019est pas lui qui l\u2019organise, d\u2019autres s\u2019en chargent pour lui.Il ne bâtit pas son foyer, il le trouve tout aménagé.A proprement parler, il n\u2019a pas de foyer au sens familial du mot ; il n\u2019a qu\u2019un gîte où il trouve RÉFLEXIONS SUR LA LÉGISLATION SOCIALE lî abri temporairement avec sa famille, quitte à déménager tous les ans.L\u2019ouvrier n\u2019organise pas ses loisirs, ce sont des entrepreneurs à gages ou à profits qui le font pour lui.On lui crée des amusements, on le distrait, on l\u2019amuse.Qu'y a-t-il d'étonnant que dans de telles conditions, l\u2019ouvrier se sente incapable de penser et de vouloir les moyens d\u2019améliorer lui-meme son sort ?Il y a bien dans la classe ouvrière comme dans les autres une élite qui réfléchit et qui veut, mais la masse se laisse conduire au gré de la mode et des passions populaires.La législation sociale doit donc tendre à faire renaître dans la population le sens de la liberté et de 1 esprit d initiative.Pour avoir une valeur humaine, toute loi sociale doit nécessairement chercher à remettre entre les mains de la population la direction de ses propres affaires.Elle doit stimuler l\u2019esprit de recherche, elle doit raffermir les volontés, elle doit s efforcer de provoquer des initiatives collectives.Le tort de la plupart de nos lois sociales, c\u2019est de bâtir de haut en bas contre toutes les lois de la physique et du bon sens.L\u2019on crée des cadres, l'on élabore des plans Beveridge ou Marsh qui, sur le papier, paraissent des constructions de génie; quand on les transpose dans la réalité, ils ne correspondent plus aux besoins de la population.Ces constructions théoriques ont surtout le tort de tuer le peu d'esprit d entreprise et d\u2019initiative qui reste encore dans notre population.Ils habituent les gens à tout attendre d un État-providence qui, dans leur esprit, a le strict devoir de les soigner quand ils sont malades, de les faire vivre quand ils sont en chômage, de les payer pour faire naître et élever des enfants, d\u2019avoir soin 16 l'action nationale deux dans leur vieillesse et peut-être un jour de leur faire des funérailles d'État.A ce compte, la population se divisera bientôt en deux groupes : une masse informe qui n'aura plus d'humain que le nom, puisqu\u2019elle aura perdu toute faculté et toute occasion d\u2019exercer son intelligence et sa volonté, et, pour la conduire, une poignée de meneurs qui se seront hissés au pouvoir par leur habileté à flatter les passions populaires et à promettre, selon le mot de Léon XIII, « une vie exempte de souffrances et de peines, toute au repos, et à de perpétuelles jouissances ».La condition préalable de toute législation sociale efficace, c\u2019est donc de stimuler ou de faire renaître, là où elle a cessé d\u2019exister, l\u2019initiative privée, familiale et professionnelle.Il faut de plus, et cela devrait être la première condition, que la législation sociale soit conçue et adaptée de manière à ne pas détruire ce qui existe déjà.C\u2019est malheureusement le défaut de la plupart des lois conçues en fonction des besoins des milieux ouvriers et qu\u2019on cherche à adapter sans discernement ni adaptation aux milieux ruraux.Nous reviendrons sur ce sujet un peu plus loin.Contentons-nous de dire pour le moment que toute loi ou toute mesure qui a pour effet d\u2019amoindrir l\u2019esprit d\u2019initiative et de prévoyance de la classe rurale doit être considérée comme néfaste et ne peut produire à longue échéance que des résultats ruineux.Il reste quand même que l'État a des devoirs vis-à-vis ceux qui sont incapables de sortir de leur misère, soit qu\u2019ils aient totalement perdu tout ressort de volonté, soit \u2014 ce qui est beaucoup plus fréquent \u2014 qu\u2019ils soient victimes d\u2019un régime économique qui les RÉFLEXIONS SUR LA LÉGISLATION SOCIALE 17 accable et contre lequel ils ne peuvent rien.L'État se trouve ainsi à exercer ce que les théologiens appellent une fonction supplétive.Léon XIII reconnaît à l'État cette fonction quand il écrit, (nous répétons la citation à dessein) : « s'il existe quelque part une famille qui se trouve dans une situation désespérée et qui fasse de vains efforts pour en sortir, il est juste que dans de telles extrémités le pouvoir public vienne à son secours, car chaque famille est un membre de la société».Mais remarquons encore une fois que l\u2019intervention de l'État doit se faire, non pas en vertu d'un droit qui lui appartient, mais d'un devoir qu\u2019il est tenu d'accomplir.Enfin, l'État doit chercher par tous les moyens dont il dispose à contenir les appétits de ceux qui exploitent les masses ouvrières ou agricoles et qui, par les abus qu\u2019ils commettent, doivent être tenus responsables pour une bonne part des souffrances et des misères qui s\u2019étalent sous nos yeux.Le principal tort des lois sociales actuelles et avenir, c\u2019est de ne pas faire la distinction qui s'impose entre deux catégories de travailleurs, d\u2019une part, les salariés et plus particulièrement les ouvriers de la grande industrie, d\u2019autre part, les entrepreneurs autonomes.Plusieurs de nos lois sociales, entre autres celles des allocations familiales et des allocations aux vieillards, aux mères nécessiteuses, mettent sur le même pied l'ouvrier de la grande industrie et le cultivateur.Or la condition sociale des deux groupes est totalement différente.Le parallèle entre le cultivateur et l\u2019ouvrier 18 l\u2019action nationale peut se résumer à quelque chose comme ceci : le cultivateur possède la sécurité mais il lui manque ce qu'on appelle en économie moderne le niveau de vie.Par contre l\u2019ouvrier a le niveau de vie, mais il ne possède pas la sécurité.Il faut entendre par niveau de vie, non pas l'avantage inestimable de vivre au grand air avec de quoi manger abondamment et sainement trois fois par jour, car sous ce rapport le niveau de vie de la famille rurale est souvent supérieur à celui du millionnaire d'Outremont; mais il faut entendre plutôt la facilité de se procurer les biens et les services de civilisation: eau courante, chaude et froide, chauffage central, électricité, téléphone, radio, proximité des maisons d\u2019enseignement, des médecins, des hôpitaux, facilité des communications, etc.Si on donne au niveau de vie ce sens moderne ou américain, il est évident que celui du cultivateur est généralement inférieur à celui de l\u2019ouvrier, car celui-ci trouve dans le milieu qu\u2019il habite toutes ces commodités, tandis que le cultivateur doit se les procurer à grands frais et encore ne peut-il souvent les obtenir, même s\u2019il consent à y mettre le prix.Par contre le cultivateur et d\u2019une façon générale le rural possèdent la sécurité.En effet l\u2019homme de la terre et par extension l\u2019habitant des villages et même des petites villes ne sont pas exposés aux mêmes aléas que l\u2019ouvrier de la grande industrie.Le cultivateur possède une terre, des instruments, un troupeau, et il a la certitude, même durant la période de dépression économique et de chômage, d\u2019avoir de quoi manger et s\u2019habiller, un toit pour se mettre à l'abri.Il en va de même du villageois qui, dans la majorité des cas, possède une maison avec un jardin, assez souvent une vache, un porc et RÉFLEXIONS SUR LA LÉGISLATION SOCIALE 19 un cheval, et trouve moyen, par son ingéniosité, son esprit de travail et d'économie, de passer tant bien que mal à travers les pires crises économiques On a du reste constaté ce phénomène de 1930 à 1940, alors que les gens de la campagne, cultivateurs et villageois, n'ont pas enduré le centième des souffrances et des privations qu'ont subies les salariés des villes Les lois sociales présentement en vigueur et celles qu on nous propose ont presque toutes pour fins de donner à l'ouvrier ce qui lui manque, c'est-à-dire la sécurité.C est la fin que le législateur a assignée aux lois concernant les accidents du travail, l'assu-rance-chômage, les pensions aux vieillards et plusieurs autres.Ces lois ont été conçues en fonction des besoins industriels et c est pourquoi elles s'appliquent difficilement aux cultivateurs, aux pêcheurs, à l'artisan et à 1 ouvrier rural.L\u2019assurance-chômage, pour étudier un cas concret, est d'une nécessité indiscutable pour l'ouvrier de la grande industrie, car celui-ci peut difficilement trouver à s'embaucher quelque part quand 1 usine, la fabrique ou l\u2019atelier dans lequel il gagne sa vie ferme ses portes pour des raisons qu\u2019il ne connaît pas et qui échappent à son contrôle.Quand une usine de papier, un atelier de construction mécanique ou une fabrique de chaussures ferme ses portes, c est un signe probable que l'industrie concernée a atteint un point de saturation et qu\u2019on est à la veille d'un chômage plus ou moins généralisé.L ouvrier congédié trouvera difficilement à s'employer ailleurs, puisque l'industrie dans laquelle il gagne sa vie va au ralenti ou est complètement arrêtée.De plus, avec la division du travail et la spécialisation des tâches qui caractérisent l'économie moderne, 20 l'action nationale l\u2019ouvrier peut difficilement changer de métier et d'emploi du jour au lendemain.C est pourquoi 1 assurance-chômage est une institution necessaire à l'ouvrier et même au salarié des centres industriels.Dans les milieux ruraux, la situation se présente d'une façon totalement différente.En agriculture, pas de chômage.Les artisans ruraux trouvent toujours, même durant les périodes de crise, quelque chose à faire et quelques moyens de gagner leur vie.De plus, ils possèdent presque tous de quelques centaines à plusieurs milliers de dollars d economies amassées précisément en vue des mauvais jours, périodes de chômage, maladie, accidents ou vieillesse.De 1930 à 1940, il n'y a pratiquement pas eu de secours directs ni de travaux de chômage dans les centres ruraux et pourtant la population a vécu infiniment mieux qu'en ville où 1 assistance a coûte des centaines de millions de dollars.La raison fondamentale de cela c est que la population rurale n'a pas perdu l\u2019habitude ni la possibilité d'avoir soin d\u2019elle-même dans les mauvais jours comme dans les bons.Or quand une mesure sociale d'État destinée au salarié des villes vient s'appliquer dans le milieu rural, 1 on constate tout de suite un changement de mentalité inquiétant.Par exemple, la Commission d'assurance-chômage a cru bon d'étendre ses bénéfices à tous les salariés, même à ceux du monde rural.Or il se produit a la campagne, depuis un an, un phénomène qui ne manque pas d\u2019alarmer ceux que préoccupent le bien-être et 1 avenir de notre classe rurale.L\u2019on trouve dans chaque village de la province de Québec des dizaines et des dizaines de personnes, pères de familles ou jeunes RÉFLEXIONS SUR LA LÉGISLATION SOCIALE 21 gens, qui refusent de travailler « pour ne pas perdre leur chômage )).Au mois d avril dernier, il y en avait plus de cinquante dans un village d'environ 300 familles, que nous connaissons bien, tandis que les marchands, les rentiers, les artisans de ce même village ne pouvaient trouver personne à embaucher pour scier, fendre et corder le bois de chauffage, dégager les trottoirs, préparer les jardins, tondre les pelouses, réparer les clôtures, tous travaux qui sont normalement faits par les journaliers de village.Quand les allocations familiales viennent s'ajouter aux prestations de 1 assurance-chômage, une bonne moitié des journaliers de village trouveront plus payant de se croiser les bras que de travailler.On nous répondra peut-être: la faute n'en est pas au système, mais aux fonctionnaires du Service sélectif et de l'Assurance-chômage qui devraient forcer ces faineants à travailler.En théorie, c'est vrai.Mais en pratique, il n est pas facile pour les bureaux de la Commission de 1 Assurance-chômage de trouver au journalier qui aura travaillé, par exemple, deux ou trois mois au déneigement des voies de chemin de fer, un emploi équivalent dans son milieu.Encore faudrait-il pour y arriver que la Commission d\u2019assurance-chômage ait au moins un représentant dans chaque village pour recevoir les demandes de tous ceux qui ont des travaux de quelques heures ou de quelques jours à faire exécuter et répartir les tâches entre ceux qui vivent de prestations.L'on voit tout de suite que cela aboutirait presque fatalement au travail caporalisé, à la dictature du travail.L analyse des phénomènes sociaux que produisent dans le milieu rural les allocations aux vieillards et 22 l'action nationale aux mères nécessiteuses, de ceux que produiront les allocations familiales et l'assurance-santé, nous conduirait à des conclusions et à des absurdités analogues.C'est que, pour en revenir aux principes fondamentaux, les lois sociales doivent être conçues en fonction des besoins et de la mentalité des gens auxquels elles s adressent, qu elles doivent chercher a stimuler l'esprit d'initiative et de prévoyance, qu'elles doivent éviter de tuer ces qualités morales dans les milieux où elles existent Pour atteindre ces fins nos lois sociales actuelles et futures devraient faire une distinction bien nette entre la ville et la campagne, s\u2019appliquer différemment dans les deux milieux.De plus, elles devraient faire appel davantage à l'initiative professionnelle en stimulant la création et le développement de caisses mutuelles, organisées et dirigées par les intéresses avec le concours et 1 appui financier, si nécessaire, de 1 État.C est a ces conditions que la législation sociale appliquée dans la province de Québec s\u2019adaptera le mieux à notre mentalité et à nos besoins.Gérard Filion.Le sens national Le Toronto Daily Star se félicite d'apprendre que quelque vingt mille militaires canadiens ont décidé de s établir definitivement en Angleterre, une fois leur service termine.S il recon-naît cette perte de capital humain, il s en console en se disant que le Canada demeure gagnant par « l'immigration de milliers d\u2019épouses de guerre britanniques, et plus tard de beaucoup de leurs parents qui les suivront, si les épouses trouvent dans ce Dominion l\u2019accueil généreux qui devrait leur etre accorde.» En d\u2019autres termes, le caractère ethnique d une population n\u2019a aucune signification pour le journal torontois.Les Canadiens pourraient se transporter en Angleterre et les Anglais au Canada, et tout serait pour le mieux.Après tout, le Canada n est-il pas un** succursale de la Grande-Bretagne ? L\u2019ANTIQUITE EST UN TITRE DE NOBLESSE 'Coûte Iamille qui peut retxacer âei ancêtrei 250 ou 300 ans enarrière s\u2019impose au respect Les romanciers, pour nous présenter leurs plus remarquables héros, ne trouvent de meilleure formule que celle-ci : Sa famille remontait .au temps des Croisades\" .ou bien \"aux origines de la Normandie\" .ou bien, en termes généraux, \"aux temps les plus reculés\".Et si I antiquité est, par elle-même et sans aucune addition, un titre de noblesse, elle l'est, à plus forte raison, lorsque, comme dans notre cas, cette antiquité s'enrichit en cours de route de nombreux faits glorieux, héroïques.Trente et un ans de recherches patientes et une immense documentation méthodiquement accumulée nous mettent en état de retracer vos ancêtres deux ou trois cents ans en arrière, soulignant tout ce qu'il y a de glorieux pour chacun d'eux.Avec documents authentiques à l'appui., INSTITUT GÉNÉALOGIQUE DROUIN '\"Une oeuvre nationale digne de votre encouragement\u201d 4184, rue St-Denis -\t-\t.Montréal Immense documentation méthodiquement accumulée.31 ans de recherches patientes.Généalogie de tout Canadien français, Franco-Américain ou Acadien.Ecrivez-nous pour ren-saignements et honoraires. Jbeâ éditions nationale& en langue anglaise \"A FRENCH CANADIAN SPEAKS\" by Roger Duhamel reproduit du Maclean's Magazine édition du 1er janvier 1945 \"WHY WE ARE DIVIDED\" (traduction anglaise de la conférence du chanoine Groulx : \"Pourquoi nous sommes divisés\") Une première édition de 20,000 exemplaires s'est enlevée rapidement.Une nouvelle édition de 15,000 exemplaires vient de paraître.CHAQUE brochure :\t$ 0.05 l'exemplaire $ 4.00 le cent $35.00 le mille.LES EDITIONS DE L\u2019ACTION C.P.1524 Place d'Armes, Montréal MArquette 2837 6966 Qu\u2019est-ce qu\u2019une nation?Le Père Delos, dominicain français de grande culture et de réputation internationale, consacrait dernièrement deux volumes à l'étude de la nation.Le problème se rapportant à la nationalité s'insère dans celui, plus vaste et plus complexe, de la civilisation, parce que, selon l'auteur, la nation est un des éléments les plus stables et les plus puissants dans la structure du monde moderne.Nous savons déjà qu\u2019il y a plusieurs façons d\u2019entendre le mot civilisation.Ne parle-t-on pas communément de la civilisation grecque, des civilisations du passé et aussi, surtout en temps de guerre, de la défense de la civilisation.Que le mot même ne soit pas employé aussi fréquemment et aussi généralement dans tous les pays, il n'en reste pas moins que l'idée qui y est exprimée, avec quelques divergences qui s'expliquent par l'opinion que l\u2019on se fait de l\u2019homme parfait, est universelle.En Italie, « Civilta )) correspond à notre mot civilisation; la conception qu'on se fait en Angleterre du \u201cgentleman\" prime et englobe celle de l\u2019homme tout bonnement civilisé; la \"kultur\u2019\u2019 allemande se rapproche aussi de civilisation avec peut-être une note prédominante vers le côté scientifique.Chez les personnes de culture française, on peut distinguer deux façons d'entendre civilisation Selon le père Delos, l\u2019une serait « plus idéale, plus abstraite, en référence avec l\u2019absolu, l\u2019autre plus historique et plus sociologique ))1 ; donc quand nous parlons de civilisation occidentale ou de civilisations nous aurions 1.Delos, La Nation /, page 10. 26 l'action nationale en vue certaine manière de vivre et de penser qu\u2019auraient atteinte des sociétés; la civilisation désignerait plutôt l\u2019idéal ou le but que l\u2019homme se propose d\u2019atteindre.Cette nation « abstraite et idéale )) devrait être très objective et représenter un but commun à tous les hommes.Comme nous pouvons facilement l\u2019observer, il n\u2019en est pas ainsi, parce que les critères diffèrent de pays à pays; dans l'un, ce sera l\u2019écrivain qui représentera le mieux cet idéal, dans l\u2019autre ce sera le financier ou l'acteur de cinéma.Le père Delos ajoute que « s\u2019il est naturel de les étudier (civilisations) et de les comparer, il est légitime aussi de les confronter avec l\u2019idéal de vie sociale que l\u2019on croit basé sur la raison ))1.De plus, l\u2019auteur semble admettre que toute civilisation historique marque progrès sur celle qui la précède; il écrit de l\u2019humanité considérée comme corps de civilisation que «sa marche est un perpétuel progrès».2 Il nous semble primordial de définir la civilisation idéale, d\u2019en rechercher les critères en se fondant sur les données de la philosophie et de toutes les sciences et de confronter ensuite cet idéal avec les civilisations historiques et de rechercher l\u2019apport que chacune d\u2019elles a contribué à sa réalisation.Renan et Lecomte du Nouy tiennent que la civilisation est dynamique et manifeste le conflit entre l\u2019animalité et la raison.L\u2019homme étant replacé dans le contexte de l\u2019évolution, nous le verrons osciller entre « le souvenir de son évolution antérieure qui persiste en l\u2019homme et les idées spirituelles qui tendent à la lui faire oublier.» 3 1.\tOp.cit., page 14.2.\tOpus cit., page 14.3.\tNouy: L'avenir de l Esprit, p.229. qu'est-ce qu'une nation 27 Envisagé sous cet angle, « l\u2019homme parfait, selon Renan, serait celui qui serait à la fois poète, philosophe, savant homme vertueux et cela non pas par intervalles et à des moments distinctifs (il ne le serait alors que médiocrement), mais par une intime compénétration à tous les moments de la vie, qui serait poète alors qu\u2019il est philosophe, philosophe alors qu\u2019il est savant, chez qui, en un mot, tous les éléments de l\u2019humanité se réuniraient en une harmonie supérieure, comme dans l\u2019humanité elle-même.» Au sujet de la civilisation, Duhamel parle d'équilibre parfait entre les forces matérielle et spirituelles d\u2019une nation tout en insistant sur la (( subordination des premières aux secondes.)> Comme il y a eu des reculs dans l\u2019évolution des espèces, des reprises, des essais en tous sens, ainsi, dans la succession des civilisations, les mêmes phénomènes se produisent.Rares dans l\u2019histoire des siècles passés sont les exemples de l\u2019équilibre et de la juste appréciation des valeurs dont parle Duhamel.Comme les nouvelles écoles d\u2019art apparaissent souvent en reaction contre celles qui les ont précédées, ainsi en est-il des civilisations.Trop souvent on passe d'un excès à un autre.Après une guerre, une révolution, une guerre civile, apparaissent de nouvelles théories, de nouvelles manières de vivre qui apportent bien des changements à une civilisation.Sans qu\u2019il y ait toujours recul sur tous les points, souvent on voit que ces nouvelles civilisations oublient ce qui s'est accompli avant elles.Renan parlant de la Révolution française et du XVIIle siècle s\u2019exprime ainsi: « Ce siècle ne comprit bien que lui-même et jugea tous les autres d apres lui-même.Dominé par l\u2019idée de la puissance 28 l\u2019action nationale inventrice de l\u2019homme, il étendit beaucoup trop la sphère de l'invention réfléchie.En poésie, il substitua la composition artificielle à l'inspiration intime qui sort du fond de la conscience sans aucune arrière-pensée de composition littéraire \u2014 Ce siècle ne comprit pas la et nature l'activité spontanée.» Quelque bien qu'ait apporté la Révolution française, quelque nécessaire quelle ait pu être, elle enregistra des reculs sur bien des points.Ne pourrait-on pas et avec encore plus de raison, dire la même chose de l\u2019américanisme moderne ?L'Américain moyen est-il plus civilisé que le Sans-culotte ?Peut-être pas, si l'on prend comme critère la subordination de l'animalité à la raison.Chacune des civilisations historiques qui se succèdent ne marque pas nécessairement un progrès indubitable et total sur les précédentes: s\u2019il y a progrès et continuité, c'est par le legs d'idées morales et spirituelles qu\u2019elles se transmettent les unes aux autres; ces idées peuvent très bien être le fait d'une infinie minorité d\u2019hommes qui vivent à une certaine époque.« Ainsi à travers les civilisations, malgré elles parfois, la civilisation a poursuivi sa marche ascendante.Elle s'est enrichie, épurée progressivement.Elle s'enrichira encore.Mais elle devra lutter contre certaines formes matérielles du progrès qui en apparence, risqueront de l'anéantir.)) Le Père Delos affirme que la civilisation: « C'est l\u2019esprit de l\u2019homme institué dans le monde et dans l'histoire» et il ajoute: «Ce n\u2019est pas l\u2019intuition esthétique de Michel-Ange qui appartient à la civilisation mais son Moïse.Évidemment le Moïse de Michel-Ange est du domaine de la civilisation historique du XVIe siècle italien; il a aussi influencé les qu\u2019est-ce qu\u2019une NATION 29 générations suivantes.Mais qu\u2019eût été l'habileté manuelle de Michel-Ange sans son intuition esthétique ?Ce qui prouve que Michel-Ange est civilisé et qu\u2019il appartient à une époque civilisée, c\u2019est qu'il a eu cette inspiration esthétique.Les individus que nous appelons les barbares ont souvent été de très habiles artisans.Pourquoi n'ont-ils pas sculpté de Moïse ?C\u2019est parce que faisant partie d\u2019une société primitive et leur intelligence n\u2019étant pas assez évoluée, leur conception du beau était nécessairement très limitée.Le Moïse de Michel-Ange ajoute quelque chose aux civilisations, tandis que son inspiration esthétique enrichit, la civilisation.)) Quelle est la relation entre nation et civilisation ?La nation est-elle un élément de la civilisation ?Bien que le mot nation n\u2019ait pris vogue qu\u2019au XiXe siècle avec l\u2019éclosion des nationalismes, du principe des nationalités et des nations modernes, la nation elle-même renferme le premier et le plus important élément de l'évolution et de la civilisation: la tradition: « Le perfectionnement intellectuel et spirituel de l\u2019homme est inconcevable sans la Tradition.» Le comte du Nouy fait donc la place large à la tradition dans l\u2019évolution de l'homme.L\u2019anthropologiste Deniker s\u2019exprime aussi fortement: « But progress is only possible if, side by side with individual power of initiating change, there exists in the social aggregate what may be called the power of conservation.)) La tradition est ce « power of conservation ».La tradition fut d'abord gardée et enrichie dans la famille et ensuite dans le clan, la tribu, le peuple et finalement dans la nation.Le lien qui unit ces différents groupes se spiritualise à mesure que 30 l'action nationale l'histoire de l\u2019homme se déroule.De la parenté et de l'affiliation sanguine qui caractérisent la famille, il passe à l'esprit de conversation et à l\u2019utilitarisme avec le clan et la tribu pour devenir un phénomène plus spirituel et désintéressé avec le peuple.Les causes formelle et finale de la nation sont d\u2019ordre psychique; nous verrons aussi que la Tradition joue un grand rôle dans la formation de la nation et que c\u2019est une de ses forces les plus puissantes.Nous croyons aussi avec Daniel-Rops que « la meilleure façon d\u2019être fidèle à une tradition c\u2019est de trouver le point où elle pourrait s\u2019insérer dans les conditions actuelles du monde et continuer à être vivante.Ce n\u2019est pas à en calquer les apparences les plus extérieures.)) D\u2019aucuns se demanderont si la race se distingue de la nation.La division du genre humain en races est en grande partie l'œuvre des anthropologistes et n\u2019est nullement naturelle.Suivant en cela l\u2019exemple de la zoologie, l\u2019anthropologie qui s\u2019était donné pour mission d\u2019étudier l\u2019homme des points de vue physique et biologique et de le classer en espèces et en variétés, a commencé à mesurer les parties du corps humain présentant des différences physiques, à étudier la stature, la pigmentation, la craniologie et les différents organes des hommes pour les classifier.Mais de tout temps cette division du genre humain a été arbitraire et vivement discutée; en 1775, Virey reconnaissait deux races, tandis que Haeckel en mentionnait trente-quatre, en 1879.Ces savants ne s'entendirent pas sur les critères de différenciation; si l\u2019on ne prenait que la pigmentation de la peau comme critère distinctif d\u2019une race, même parmi les Blancs, il faudrait reconnaître plusieurs races; l'Es- qu'est-ce qu'une nation 31 pagnol au teint olive ne se rangerait pas dans la même catégorie que l'Anglais au teint rose.Deux individus nés du même père et de la même mère ne se ressemblent pas toujours physiquement; l\u2019un aura le nez long, les cheveux noirs, le crâne rond, les yeux gris, et l'autre aura le nez cassé, les cheveux roux, le crâne ovale et les yeux bleus.A quoi cela tient-il ?On pourrait peut-être répondre que c\u2019est là les caractéristiques hériditaires de la race qui se manifestent chez l'un et chez l\u2019autre enfant, selon qu'il tiendra de sa bisaïeule maternelle ou de son trisaïeul paternel.C\u2019est justement là qu\u2019il devient difficile de reconnaître les races chez les groupements d\u2019hommes blancs.Dans quelle proportion telle race est-elle représentée dans tel groupement ?Quelles que soient les réponses que l'on puisse donner à ces problèmes, on peut constater que les hommes d\u2019aujourd\u2019hui ne s\u2019assemblent pas à cause de leurs caractéristiques physiques.Quant à la Laurentie le facteur race n\u2019entre pas en jeu.Vous étonneriez un anthropologiste en lui demandant à quelle race nous appartenons.Quand ces savants étudient les races de l\u2019Amérique du Nord ils ne s\u2019intéressent qu\u2019aux Indiens car pour ce qui est des Blancs, on n\u2019a qu\u2019à se reporter à l\u2019Europe; au point de vue de l\u2019anthropologie, nous sommes des Européens.Or, comme nous sommes issus de la France du XVI le siècle qui a toujours été une macédoine de races, il faut reconnaître que nous qui avons depuis ce temps subi l\u2019influence de la nature et de la géographie, contracté quelques alliances matrimoniales avec d\u2019autres groupes, nous sommes loin de former une race.D\u2019ailleurs il en est ainsi de tout autre groupe civilisé. 32 l'action nationale Cependant nous avons conscience de former un groupe distinct de ceux qui nous entourent.Qu'est-ce qui nous distingue ?Si nous nous en tenions aux traits superficiels et exérieurs de notre groupement, nous verrions que nous formons ce que les sociologues appellent un groupe ethnique.Le groupe ethnique est le produit de la nature, de la géographie et de l'histoire; c\u2019est une résultante du milieu.« Tandis que les races sont des classifications qui, basées sur des critères physiques et biologiques, réunissent artificiellement les hommes sans tenir compte de leurs liens sociaux ni des communautés auxquelles ils appartiennent, au contraire le groupe ethnique a l\u2019unité et la réalité d\u2019une communauté, d\u2019un ensemble individualisé d\u2019hommes, de choses et d\u2019institutions incorporés les uns aux autres; à cela s ajoute qu\u2019il détermine le devenir des individus ; il crée de ce chef entre eux des similitudes, des solidarités qui maintiennent l\u2019unité du groupe et lui permettent de continuer son existence historique.)) Le groupe ethnique, produit de la nature et de l'histoire, forme la matière de la nation; c'est le stage antérieur de la nation.Un groupement humain qui possède une langue, des traditions, des institutions culturelles, une manière de vivre et d\u2019envisager la vie, qui lui sont propres n\u2019en restera pas là, surtout si les circonstances le mettent en contact avec des groupes différents.« Le groupe qui a déjà acquis une réalité objective, prend conscience de lui-même comme groupe.» Sa conscience de former une communauté, le vouloir-vivre commun constitue la forme de la nation. qu'est-ce qu'une nation 33 Existe-t-il une nation canadienne-française ?Le Père Delos ne se pose pas la question, mais il y répond indirectement.« Si l\u2019on voulait trouver un exemple du rôle joué par les institutions culturelles dans la formation d\u2019une nation, on n\u2019en trouverait sans doute pas de plus frappant que celui du Canada français.Un groupe colonial qui compte soixante mille âmes à la fin du XVIIle siècle se façonne un milieu et grandit en nation sous l'action de facteurs dont le plus décisif est sans contesté la fidélité à sa culture.» L\u2019auteur admet donc que notre groupe ethnique a pris conscience de lui-même et qu\u2019il forme maintenant une nation, qu\u2019il en a les droits et aussi les devoirs de conservation et surtout d'épanouissement.Soulignons que le passage de la communauté de conscience à la conscience de former une communauté est de la plus grande importance dans le problème qui nous occupe présentement; ce passage ne se fait pas sous l\u2019action de l'homme.Si le groupe ethnique est simplement un produit de la nature, de la géographie et des institutions, la nation au contraire prend conscience d\u2019elle-même, veut réaliser un idéal de vie, de culture et de civilisation en commun.« Une nation est un peuple qui prend conscience de lui-même, selon ce que l\u2019histoire l\u2019a fait; il se replie donc sur soi et sur son passé; ce qu\u2019il aime, c\u2019est lui-même tel qu il se connaît ou se figure être.» Quand la conscience nationale, quand la nation laurentienne sont-elles apparues ?En ces sortes de choses, il serait hasardeux de vouloir fixer une date précise.C\u2019est plutôt un sentiment qui éclôt d\u2019abord, 34 l'action nationale grandit lentement et prend quelquefois beaucoup de temps à s\u2019épanouir et à devenir une réalité.Plusieurs historiens français se sont posé ce problème au sujet de leur nation et l\u2019ont résolu différemment.Thierry, Renan et Bruhnes sont ceux qui reculent le plus la date de l\u2019éclosion de la conscience nationale chez les Français; selon eux, l\u2019avènement de Hugues Capet en 987 aurait réalisé l\u2019unité de la France et fait naître la nation; d\u2019autres, tel Babelon, suggèrent la victoire de Philippe-Auguste sur Othon IV d\u2019Allemagne, en 1214.Guizot fixe la date à 1328.Si les opinions varient avec les critères que l\u2019on choisit, ne peut-on pas voir là une marche progressive vers la prise de conscience nationale jusqu\u2019à l\u2019épanouissement complet sous François 1er, sous Richelieu ou sous Louis XIV ?La nation, étant un phénomène d\u2019ordre psychique, il est bien difficile d\u2019en déterminer l\u2019apparition et le développement; on peut tout de même constater que c'est surtout sous l\u2019action des contraintes historiques et des événements extérieurs et hostiles que la conscience nationale se manifeste et se cristallise.Qu\u2019en est-il des Laurentiens ?François Hertel, qui est poète et qui à ce titre voit plus loin et mieux que nous, discerne dans l'opposition de Vaudreuil à Montcalm
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